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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de RENNES
Rennes vient de Riedones, nom de la tribu gauloise peuplant cette partie d'Armorique au IIème siècle avant Jésus-Christ.
Placé sur un promontoire au confluent de l'Ille et de la Vilaine, le site initialement surnommé Condate est choisi par les Riedones ou Redones (dont l'un des magistrats civils connu se nomme Titus Flavius Postuminus) comme chef-lieu d'une civitas. D'après la tradition, la christianisation de l'Armorique a commencé par le pays de Rennes. Celui-ci aurait été évangélisé par saint Maximin, au Ier siècle. La tradition affirme que la première église fondée à Rennes fut dédiée au martyr romain Etienne. La légende nous apprend aussi que Suffrenius, Rambertus et Servius succédèrent à Maximin, de 67 à 163. Les trois pasteurs suivants furent martyrisés : saint Just en 180, saint Honorat en 253 et Placide en 303, Saint-Lunaire, abbé-évêque, occupa le siège de Rennes, toujours d'après la tradition, de 303 à 357. Le premier évêque connu de Rennes est Fébédolius, vers 439. Après l'incursion germanique de 275, la Civitas Riedonum (nom qui évoluera progressivement pour aboutir à la forme actuelle : Rennes) est fortifiée avec l'édification d'une muraille d'enceinte d'une longueur d'environ 1200 mètres (hauteur d'au moins 6 mètres pour une largeur de 3,5 à 4 mètres). L'enceinte d'un peu moins de 9 hectares délimite le coeur de la cité médiévale et en constitue jusqu'au XVème siècle la seule défense. Cette cité médiévale est le siège d'un évêché dès le Vème siècle. Au VIIIème siècle, Rennes fait partie de la marche instaurée par Pépin le Bref pour servir de zone-tampon entre le royaume franc et les Bretons installés à l'ouest. En 875 et en 920, l'abbaye Saint-Melaine est pillée par les Normands.
Au XIIIème siècle, les édifices de culte se réduisent à la cathédrale Saint-Pierre, à l'oratoire du manoir épiscopal, à l'église Saint-Sauveur et à cinq petites chapelles disséminées à l'intérieur de l'enceinte fortifiée de Rennes : les chapelles Saint-Denis (XIIIème siècle), Saint-Martin (1231), Saint-Moran (1224), Saint-Michel (1103) et Notre-Dame de la Cité. A ces édifices, il faut encore ajouter l'hôpital Saint-Yves, fondé en 1358, par Eudon La Bouteiller. L'essor urbain des XIVème et XVème siècle se traduit par la reprise de la première fortification et l'édification de deux nouvelles enceintes : la ville neuve au nord de la Vilaine et la nouvelle ville au sud. Au XVème siècle la ville de Rennes est administrée par un procureur des bourgeois, renouvelé tous les ans, qui prend le titre de procureur-syndic à partir de 1568. Le titre de maire apparaît à la fin du XVIIème siècle.
Les fiançailles de la duchesse Anne de Bretagne, avec le roi Charles VIII, célébrées dans la chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, en 1491, sonnent le rattachement de la Bretagne à la France officialisé en 1532 par le Traité d'Union. En 1561, l'installation du parlement de Bretagne, créé par Henri II en 1554, consacre la ville dans son rôle de capitale de Bretagne. La fronde parlementaire, qui débute avec la révolte du papier timbré en 1675 et l'exil du parlement à Vannes jusqu'en 1690, se poursuit en 1765 par l'affaire de La Chalotais (procureur général). Le grand chantier du parlement a duré un siècle (1618-1706). L'incendie du 29 décembre 1720 ampute le cœur de la ville de Rennes de 33 rues et 900 maisons en pans de bois. L'ingénieur Isaac Robelin (directeur des fortifications de Bretagne), puis Jacques V. Gabriel (architecte du roi) à partir de 1724, sont chargé de la reconstruction.
En 1790, Rennes compte 10 paroisses : Saint-Aubin (4 000 personnes), Saint-Etienne (5 000 à 6 000 personnes), Saint-Pierre-en-Saint-Georges (environ 1 000 personnes), Saint-Germain (7 000 à 8 000 personnes), Saint-Hélier (2 000 personnes), Saint-Jean (2 000 personnes), Saint-Laurent (2 000 personnes), Saint-Martin (2 000 personnes), Saint-Sauveur (2 000 personnes) et Toussaints (8 000 à 10 000 personnes). A la restauration du culte en 1803, huit paroisses seulement sont reconstituées à Rennes : Saint-Pierre, renfermant le territoire des anciennes paroisses de Saint-Jean et de Saint-Pierre en Saint-Georges, et devenu Notre-Dame en 1844, - Saint-Etienne, - Saint-Sauveur, - Toussaints, - Saint-Aubin, formé des anciennes paroisses de Saint-Aubin et Saint-Martin, - Saint-Germain, - Saint-Hélier, - et Saint-Laurent. De ces paroisses, les quatre premières, érigées en 1803 en cures cantonales, sont devenues en 1859 chefs-lieux des doyennés de mêmes noms ; - les trois suivantes ont été faites cures, l'une de première classe, les deux autres de deuxième classe, - et la dernière est restée succursale.
Le Pouillé de Rennes (Guillotin de Corson) nous donne des informations sur chacune de ces paroisses (en les prenant telles qu'elles existent actuellement et dans l'ordre alphabétique, commençant toutefois par les chefs-lieux de doyenné ; nous rattacherons à chacune d'elles ce qui concerne les anciennes paroisses qu'elles ont remplacées.
1°
paroisse
de Notre-Dame.
— Cette paroisse ayant remplacé d'abord Saint-Jean, puis Saint-Pierre, et
renfermant aussi l'ancien territoire de Saint-Pierre en Saint-Georges, nous
commencerons par parler de chacune de ces trois paroisses, aujourd'hui
disparues.
- A.
ancienne paroisse de Saint-Jean. — Si
l'on considère l'antiquité de l'abbaye de Saint-Melaine, dont la fondation est
certainement antérieure à l'an 650, l'on est amené à croire que Saint-Jean,
paroisse de ce monastère, devait également remonter à une époque très-reculée.
Saint-Jean dépendit toujours, en effet, des Bénédictins de Saint-Melaine ;
leur abbé en présentait le recteur, pris souvent jusqu'au XVIIème siècle
parmi ces religieux eux-mêmes. Nous croyons donc que l'établissement de
Saint-Jean se rattache aux premières origines paroissiales de Rennes.
Toutefois, son existence n'est constatée dans nos chartes que vers le XIème siècle.
Le Livre blanc de Saint-Florent mentionne, en effet, du temps de Gervais,
nommé abbé de Saint-Melaine en 1081, l'église paroissiale de Saint-Jean,
voisine dès lors de l'église abbatiale de Saint-Melaine. Au siècle suivant,
nous voyons en 1158 Josse, archevêque de Tours, en 1170 Etienne, évêque de
Rennes, et en 1185 le pape Luce III confirmer successivement les religieux de
Saint-Melaine dans la possession de l'église Saint-Jean-Baptiste de Rennes, «
ecclesiam Sancti Joannis Baptistœ Redonensis » (Cartulaire de l’abbaye de Saint-Malaine).
Le recteur de Saint-Jean habitait au haut de la rue Saint-Melaine la maison
existant encore au n° 38 ; ce presbytère et son jardin dépendaient de
l'abbaye à charge pour le recteur d'une rente de 20 deniers monnaie, du devoir
de chevauchée le jour de la foire aux Oignons, et d'obéissance envers l'abbé
de Saint-Melaine. Lorsque Mgr de Crissé visita la paroisse Saint-Jean le 30 mai
1713, il s'y trouvait neuf prêtres. Le dernier recteur de Saint-Jean, M. Quéru
de la Coste, déclara en 1790 qu'outre la jouissance du presbytère, son bénéfice
valait 1 048 livres de rente, savoir : une pension congrue que lui payait l'abbé
de Saint-Melaine, 500 livres ; — sa part des fondations, 188 lires ; — sa
part du casuel, 300 livres ; — enfin, la chapellenie de Plaisance, dont il était
titulaire, située sur le terrain des Visitandines, qui lui payaient pour cela
une rente de 60 livres. Mais sur ce revenu brut de 1 048 livres le recteur de
Saint-Jean devait acquitter cent une messes fondées, payer les décimes,
entretenir son presbytère, etc. (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine,
1 V, 26). En dehors de leur monastère, les moines de Saint-Melaine possédaient
à la même époque dans la paroisse Saint-Jean : — la chapelle de Saint-Just,
déjà sécularisée et affermée 60 livres ; — la maison de l'Aumônerie et
la terre des Mothais, 115 livres ; — le jardin de l'Aumônier, près la
Barre-Saint-Just, 18 livres , — et le four à ban de la rue Saint-Melaine, 150
livres (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 1 V, 26).
Note :
liste non exhaustive des recteurs de l'ancienne paroisse de Saint-Jean : —
Jehan Noblet, témoin
âgé de quarante ans en 1323. — Jehan
Raberge, témoin en 1345. —
Jehan Biet rendit
aveu aux moines de Saint-Melaine, le 6 juillet 1426, pour son presbytère, sis
rue Saint-Melaine. —
Georges Rouault
(1570). — Julien Gobery,
recteur en 1601, obtint l'année suivante de l'abbé de
Saint-Melaine permission de bâtir une sacristie à Saint-Jean ; décédé en
1624 et inhumé le 10 juin en son église par les moines de l'abbaye. — Dom
Julien Riou, bénédictin de Saint-Melaine, succéda au précédent en juin
1624. —
Dom
Alain Madic était également moine de Saint-Melaine (1649) ; décédé en
1657 et inhumé le 29 août en l'église abbatiale. — Dom
Jean Bertault, bénédictin de l'abbaye de Rouillac, au diocèse de
Cahors, fut présenté par l'abbé de Saint-Melaine le 22 septembre 1657 ; mais
dom Noël de Montalembert, ancien religieux de Saint-Melaine, se fit également
pourvoir ; ni l'un ni l'autre ne demeurèrent. — Julien Coueffé se fit, en
effet, pourvoir en cour de Rome et prit possession le 1er
septembre 1658
; il fut maintenu contre les précédents par
un arrêt du grand conseil daté du 21 mai 1659, puis résigna en faveur
du suivant, avec réserve d'une pension. — Christophe Anger, pourvu vers 1662,
fit en 1665 une transaction au sujet de son presbytère et devint chanoine théologal
de Dol en 1666 ; il demeura néanmoins à Rennes, perdit sa prébende et eut à combattre
un certain Gervais, qui se disait publiquement en 1670 et 1671 «
prestre compétiteur et ennemi du recteur » ; il finit par résigner
en faveur de son neveu, qui suit. — Julien-André
Anger de la Haye prit possession le 27 mars 1687. —
Julien
Gédouin de la Dobiais, fils de René marquis de la Dobiais et d'Elisabeth de Montclair, prit part au synode de 1701
; décédé vers 1707. — Yves-Georges Bouros, né à Rennes en 1672 de René
Bouros, maître fourbisseur, et de Michelle
Sureau, remplaça le précédent le 11
février 1707 ; il fonda des messes et des saluts dans son église en
1727 ; décédé âgé de quatre-vingt-huit ans, le 9 juillet 1760.
— Gilles-Pierre Bertin fut pourvu le 13 juillet 1760 ; décédé en 1776. —
Pierre Quéru de la Coste, pourvu le 5 septembre 1776, gouverna jusqu'à la Révolution
et fut député à l'Assemblée nationale.
- B. ancienne paroisse de Saint-Pierre en Saint-Georges. — Il est fait mention pour la première fois de l'église de Saint-Pierre du temps de Triscan, abbé de Saint-Melaine vers la fin du Xème siècle ; dès cette époque reculée c'était une église paroissiale, « signo apud parochialem Sancti Petri ecclesiam sonante » (Vita Sancti Melanii, apud Bolland., I, 334). Il semble qu'à l'origine elle dépendait même d'un monastère. En 1032, Alain III, duc de Bretagne, et la duchesse Havoise, sa mère, du consentement du comte Eudon, donnèrent cette église, appelée alors Saint-Pierre-du-Marché, « ecclesiam Sancti Petri de Marcheil », à l'abbesse et aux religieuses de Saint-Georges ; ils stipulèrent toutefois que celles-ci ne jouiraient de cette église qu'après la mort d'un certain Ratfred, qui la possédait alors. En faisant ce don à Saint-Georges, le duc Alain III et sa mère concédèrent en même temps à ce monastère un droit de bouteillage consistant en ceci : Tout habitant de Rennes qui vendait vin dans les limites du cimetière de Saint-Pierre-du-Marché devrait à Saint-Georges la redevance d'une bouteille sur chaque tonneau plein, et d'une demi-bouteille sur chaque demi-tonneau. Le Cartulaire de Saint-Georges renferme le récit d'un procès qui eut lieu vers 1050 au sujet de cette redevance, contestée aux religieuses par deux bourgeois de Rennes, nommés Grossin et Thescelin, « en proie aux feux de l'envie et de l'avarice ». Le duc Conan, neveu de l'abbesse Adèle, fit justice de la mauvaise foi de ces bourgeois récalcitrants et maintint ferme les Bénédictines dans leur droit (Cartulaire de l’abbaye Saint-Georges, 102 et 103). Les papes Alexandre III en 1164, Innocent III en 1208 et Eugène IV en 1442 confirmèrent successivement l'abbaye de Saint-Georges dans la possession de l'église Saint-Pierre-du-Marché et de toutes ses dépendances, « ecclesiam Sancti Petri de Foro cum omnibus pertinenciis suis » (Cartulaire de l’abbaye Saint-Georges, 169, 172 et 279). Nous verrons plus loin que l'église de Saint-Pierre-du-Marché étant tombée en ruine au XIIIème siècle, les religieuses de Saint-Georges abandonnèrent aux paroissiens une portion de leur église abbatiale ; c'est à partir de cette époque que la paroisse prit le nom de Saint-Pierre en Saint-Georges. Cette paroisse comprenait une partie des rues avoisinant l'abbaye de Saint-Georges ; en dehors de la ville elle se divisait en quatre traits, appelés la Sirenne, les Grandes-Cours, Joué et la Lande-Morin. Lors de la visite épiscopale de Mgr de Crissé, le 31 mai 1713, elle renfermait onze prêtres. L'abbesse de Saint-Georges levait à la douzième gerbe toutes les dîmes de la paroisse de Saint-Pierre en Saint-Georges ; elle présentait aussi le recteur et lui fournissait une pension consistant, en 1633, en 43 boisseaux de froment et une pipe trois quarts de vin breton. En 1790, cette redevance en nature était remplacée par une somme de 1 050 livres que l'abbesse payait au recteur de Saint-Pierre et à son curé pour leurs portions congrues (Archives d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 63 ; 1 V, 26. — M. Marteville dit dans son Dictionnaire de Bretagne, II, 589 que le recteur de Saint-Pierre devait à l'abbesse de Saint-Georges une couronne de fleurs, le dimanche dans l'octave de l'Ascension ; il la lui offrait à la grille du choeur et recevait en échange 3 livres de l'abbesse).
Note :
liste non exhaustive des recteurs de l'ancienne paroisse de Saint-Pierre en Saint-Georges : —
Guérin, « Guarinus sacerdos Sancti Petri de Foro » (1153). — Georges
Fauvel fonda, le 15 mars 1448, la chapellenie de Saint-Yves dans l'église
abbatiale de Saint-Georges. — Georges Rouaud figure en diverses chartes en
1477 et 1485. — R...
Le Conte donna en 1521 à son église un calice d'argent doré, conservé encore en 1675, et portant cette
inscription gravée sur le pied : R. Le Conte, rectour de S. Georges, m'a donné céans
l'an M Vc XXI. —
Jean Bigot, chanoine de Rennes (1566). — Yves Mordret (1571). — Jean Mordret,
prêtre du Mans, fut présenté par l'abbesse de Saint-Georges,
le 20 septembre 1575, pour remplacer le précédent. — Julien Gilles,
recteur en 1598 ; décédé le 19 février 1608. — Jean Thorry dut succéder
an précédent ; il se démit le 30 juillet 1621 ; décédé peu après. —
Pierre de la Noë se démit le 29 juin 1632 ; décédé le 15 septembre suivant.
— Jean Théaud, prêtre de Saint-Malo, fut présenté le 29 juin 1632 ; décédé
en août 1644. — Jean Quenouillère fut présenté le 12 août 1644 ; décédé
le 26 mars 1675 et inhumé le 27 à Gévezé, sa paroisse natale. — Julien
Roussigneul, natif de Fougères, présenté le 27 mars 1675, prit
possession le 6 avril ; il fit diverses fondations en son église; décédé le 11
septembre 1711. — François Doucet, prêtre du diocèse, succéda au précédent
et résigna en faveur du suivant ; décédé
âgé de soixante-quatorze ans, le 9 février 1735, et inhumé le 10 en
son église. — Joseph Doucet, prêtre de
Vannes, fut pourvu le 27 avril 1734 ; décédé âgé de
soixante-dix-neuf ans, le 27 septembre 1776. — Joseph-Joachim Doucet, précédemment
recteur de Domloup, présenté le 31 décembre 1776, fut pourvu le 3 janvier
1777 ; décédé âgé de
trente-six ans, le 21 avril 1778. — François-Antoine
Bossard, né à Montours de Guillaume Bossard et
de Renée Giboire, le 5 février 1747, fut présenté par l'abbesse de Saint-Georges le 2 mai 1778 ; pourvu le 8 mai, il prit possession
le 11 et gouverna jusqu'à la Révolution.
- C. ancienne
paroisse de Saint-Pierre.
— La Révolution détruisit la paroisse Saint-Jean. En 1803, le territoire de
celle-ci, augmenté de la plus grande partie de la paroisse Saint-Pierre en
Saint-Georges, également supprimée, fut de nouveau reconstitué en paroisse ;
mais comme l'église de cette nouvelle paroisse dut servir en même temps —
provisoirement au moins — d'église cathédrale, on lui donna pour titulaire
saint Pierre, patron du diocèse. Il en résulta que cette paroisse érigée en
1803 prit elle-même le nom de Saint-Pierre, qu'elle conserva jusqu'en 1844.
C'est ainsi qu'il y eut à Rennes, durant ce laps de temps, un curé de la cathédrale,
fait complètement anormal chez nous. En 1844, l'ancienne cathédrale ayant été
reconstruite, l'évêque et le Chapitre quittèrent l'église paroissiale où
ils officiaient depuis 1803, et reprirent possession de leur propre église. L'évêque
et les chanoines partis, la paroisse qu'ils abandonnaient se trouva sans
titulaire, la cathédrale reprenant naturellement son titre de Saint-Pierre. Ce
fut alors que le curé, M. Meslé, sollicita de l'ordinaire la permission de dédier
son église paroissiale à la Sainte Vierge. Mgr Saint-Marc y consentit, et par
ordonnance datée du 8 avril 1814 il lui donna le nom de Notre-Dame de Rennes
(nota : Ce titre fut approuvé par le Souverain-Pontife, et plus tard l'église
de Notre-Dame de Rennes fut affiliée par Sa Sainteté, le 13 novembre 1859, à
la basilique romaine de Sainte-Marie-Majeure, avec participation aux
indulgences, privilèges et prérogatives de cette église insigne). Mais
comme cette église n'était, en réalité, que l'ancienne église abbatiale de
Saint-Melaine, elle est plus connue du peuple sous le nom de Notre-Dame en
Saint-Melaine. C'est aussi de cette façon que l'on désigne ordinairement à
Rennes la paroisse dont nous nous occupons. Nous venons de dire qu'elle renferme
en grande partie le territoire des anciennes paroisses de Saint-Jean et de
Saint-Pierre en Saint-Georges et qu'elle est chef-lieu du doyenné de Notre-Dame
de Rennes.
2° paroisse
de Saint-Etienne.
— Cette paroisse était jadis considérée comme la première et la plus
ancienne de Rennes. Lorsqu'un nouvel évêque prenait possession de son siège
il devait, avant d'entrer dans sa cathédrale, se rendre à Saint-Etienne et y
prêter entre les mains du recteur un serment de fidélité aux coutumes du diocèse.
Le recteur de Saint-Etienne avait toujours d'ailleurs la première place parmi
les recteurs aux processions générale (nota : Après lui marchaient, dans
le dernier siècle, le recteur de Toussaints, puis celui de Saint-Germain. Les
sept autres recteurs se plaçaient par ordre d'ancienneté, suivant la date de
leur prise de possession. On voit que cet ordre de préséance différait complètement
de celui admis en 1415, sauf pour le recteur de Saint-Etienne occupant de tout
temps le premier rang) ; il était appelé le premier au synode, et c'était
chez lui que se réunissaient les autres recteurs de Rennes quand des affaires
communes d'administration exigeaient qu'ils s'assemblassent. Cependant le
recteur de Saint-Etienne, présenté par l'un des membres du Chapitre de Rennes,
n'était considéré à l'origine que comme un vicaire perpétuel, le Chapitre
se réservant en cette paroisse les droits de recteur primitif. Dès le XIIème
siècle, en effet, le pape Alexandre III (1159-1181) confirma les chanoines de
Rennes dans la possession de l'église Saint-Etienne, de ses dîmes et de ses
autres dépendances, « ecclesiam Sancti Stephani Redonensis cum
decimationibus et aliis appendiciis suis ». (Necrol. Sancti Petri Redon.).
La présentation de la cure de Saint-Etienne, bénéfice monoculaire, fut
attribuée au chanoine de Rennes jouissant de la quatrième prébende. Pour
maintenir ses droits à Saint-Etienne, le Chapitre se rendait assez fréquemment
en cette paroisse : il y allait en procession et y chantait la grand'messe le
jour Saint-Etienne (26 décembre) ; il y recueillait même ce jour-là la moitié
des oblations faites au maître-autel ; il y retournait processionnellement
chanter la grand'messe à la fête de saint Grégoire (12 mars) et y faisait la
procession des Rameaux le dimanche des « Pasques fleuries ». A la
Quasimodo, nouvelle assemblée de l'évêque et de ses chanoines dans l'église
et le cimetière de Saint-Etienne, pour le jeu des pelotes et pour recevoir deux
florins et demi d'or que le recteur devait au Chapitre. Enfin le 3 août, fête
de l'Invention du corps de saint Etienne, le Chapitre allait en procession dire
la grand'messe à l'autel de la Vierge en l'église Saint-Etienne (nota :
Au siècle dernier, les recteurs de Saint-Etienne cherchèrent à se soustraire
à cette autorité du Chapitre dans leur église ; le 26 décembre 1761,
notamment, le recteur, M. de Châteaubriant, fit dire une grand'messe
paroissiale avant l'arrivée des chanoines, n'alla point leur présenter l'eau bénite
et refusa de quitter son étole pastorale pendant la grand'messe chantée par le
Chapitre. Il fut poursuivi pour cet acte de rébellion et condamné à rendre
aux chanoines les devoirs accoutumés. Un arrêt du Parlement, daté du 15 juin
1763, défendit même à tous les recteurs de Rennes de porter l’étole, malgré
le Chapitre, aux processions générales et à la cathédrale). Les chanoines
abandonnèrent au recteur de Saint-Etienne toutes les dîmes qu'ils levaient en
cette paroisse pour lui tenir lieu de portion congrue. En 1790, le recteur, M.
de Forsanz, déclara qu'il jouissait de ce qui suit : le presbytère et son
jardin, situés près de l'église Saint-Etienne, joignant au Midi la rue d'Echange,
à l'Ouest le cimetière Saint-Etienne et à l'Est le jardin de Bonne-Nouvelle ;
— la totalité des dîmes de la paroisse, valant de 1 800 livres à 2 000 livres
; — une rente foncière de 19 livres 12 sols 6 deniers sur le terrain de
Mauvinet, près de Saint-Cyr ; — et un casuel estimé 400 livres. C'était un
total brut d'environ 2 400 livres. Mais les charges consistaient en la pension
de deux vicaires, le paiement des décimes et l'entretien du chanceau et du
presbytère (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 54 ; I V, 26. —
La fabrique de Saint-Etienne avait aux siècles derniers le droit de faire la quête
à la porte de la cathédrale pendant tout l'Avent, et le lundi des Rogations à
Saint-Cyr, lorsque le Chapitre y venait en procession). La paroisse
Saint-Etienne renfermait autrefois le territoire de Bréquigny, et la chapelle
de ce manoir fut pendant quelque temps considérée comme vicariale ; nous en
reparlerons plus loin.
Note :
liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Saint-Etienne : —
Guillaume, «
Guillermus capellanus Sancti Stephani », témoin en
1158. —
Jean
de Gahard consentit en 1237 à céder la chapelle Saint-Martin aux moines
de Paimpont. —
Jean
Fordoux, chanoine de Rennes, décédé en 1317, le lundi avant la
Saint-Benoît, fut inhumé le jour même de cette fête dans la cathédrale, où
il avait fondé son anniversaire. —
Robert
de Lorrie ou de Loine consentit en 1358 à la fondation de
l'hôpital Saint-Yves, établi dans sa paroisse. — Pierre Breczaud, recteur en 1413, « persona
ecclesie Sancti Stephani », fonda
dans la cathédrale son obit, valant 100 sols de rente. —
Nicolas Brochart (1435).
—
Pierre
Buttault (1438). — Georges de Coëtlogon (1474 et
1482). —
Jean de Trélan donna
en 1525 un capital de 1 300 livres aux hôpitaux Saint-Yves et Sainte-Anne.
Chanoine de Rennes et recteur de Saint-Hélier
en même temps que de Saint-Etienne, il fut inhumé dans la cathédrale. —
Jehan Le Bigot, chanoine de Rennes (1544 et 1558). — Jean Tual (1564). — Jean
Le Tournoux (1578) ; décédé le 6 février 1580 et inhumé le 7 dans son
église. — Pierre Alleaume, chanoine de Rennes, était en 1597
gardien des hôpitaux réunis Saint-Yves et
Sainte-Anne ; il fit en 1612 la fondation d'une messe en son église et
gouverna jusqu'en 1632. — Pierre de Lorgeril, fils de Charles de Lorgeril,
seigneur de Folliderec, et de Louise de
Rondier, fut pourvu en 1632 et résigna en 1675. —
Pierre Monnerays ou de la Monneraye était fils de Pierre Monnerays, sieur de Mézières,
conseiller au Présidial, et de Gabrielle Bourgonnière. Bachelier en Sorbonne
et recteur de La Bazouge-du-Désert, il succéda au précédent en 1675 ; il fit
en 1697 enregistrer ses armoiries : d'or à
une bande de gueules chargée de trois têtes de lion arrachées
d'argent, accompagnée de deux dragons d'azur ; décédé âgé de
cinquante-deux ans, le 30 janvier 1698. — Louis-Marcel
Bourdais , précédemment recteur de Chantepie, fut pourvu en 1698 ; décédé
en 1700. — Jacques Le
Loué, prêtre de Tréguier, docteur en théologie, fut pourvu le 17 novembre
1700 ; il eut en 1707 un procès avec le Chapitre
au sujet des inhumations ; décédé en 1743 et inhumé le 26 octobre dans
le choeur de son église. — Jean-Marie Boutin, prêtre de Saint-Malo, doyen de
la collégiale de Saint-Annian, au diocèse de Bourges, fut pourvu le 19 décembre
1743 ; il se démit l'année suivante. — Grégoire de Marquez, prêtre de
Nantes et docteur en théologie, fut pourvu le 24 décembre 1744 ; il devint
chanoine de Vannes et résigna sa cure en 1748. — Charles-Hilaire de Châteaubriant,
prêtre de Saint-Brieuc et recteur de
Saint-Germain-de-la-Mer, en ce diocèse, fut pourvu le 25 décembre 1748
; il permuta avec le suivant en 1767. — Joseph-Eléonore
de Forsanz du Houx, seigneur de Lesnen, licencié
en droit, prêtre de Saint-Malo, précédemment recteur de La
Bazouge-du-Désert, fut pourvu le 2 juin 1767 ; il établit en 1776 un
Bureau de charité dans sa paroisse et gouverna jusqu'à la Révolution. — Pierre-Benit
Touchet (1803, décédé en 1807). — Julien-Mathurin
Hunault (1808, décédé en 1816). —
François Percevaux
(1817, décédé en 1824). —
Louis-Jean
Robiou de la Tréhonnais (1824-1836), devenu évêque de
Coutances. —
Pierre Panaget,
chanoine honoraire (1836, décédé en 1872). —
Pierre Blanchet,
chanoine honoraire (à partir de 1872), ....
3°
paroisse
de Saint-Sauveur.
— Il est fait mention dans une charte de la fin du XIIème siècle de l'église
de Saint-Sauveur, située dans l'enceinte de Rennes : « Actum est hoc ante
ecclesiam Sancti Salvatoris in urbe Redonensi ». Au siècle suivant cet édifice
appartenait au Chapitre de Rennes, qui en fit don en 1230 à l'abbaye de
Saint-Georges, parce que l'abbesse de ce monastère s'engagea à reconstruire l'église
paroissiale de Saint-Pierre-du-Marché ; les chanoines délaissèrent en même
temps à cette abbesse le droit de présenter le prêtre chargé du service de
la chapelle (« Dedimus capellam Sancti Salvatoris de civitate
Redonensi, et tantum ejusdem capelle jus patronatus quod ad nos pertinebat »
- Cartulaire de l’abbaye de Saint-Georges, 219). Mais le Chapitre de Rennes
continua de s'intéresser à Saint-Sauveur. En 1323 il y faisait trois
processions solennelles aux trois jours de fête de la Sainte-Trinité, « in
tribus festivitatibus Trinitatis vadat processio (Sancti Petri Redon.) ad
Sanctum Salvatorem ». Il s'y rendait également le jour de la
Transfiguration et à la fête de saint Jean l'Evangéliste (Necrol. Sancti
Petri Redon.). Dans son très-curieux Inventaire ms. des archives de
Saint-Sauveur, Languedoc a prétendu que Saint-Sauveur fut de bonne heure, dès
le XIIIème siècle au moins, érigée en paroisse. « C'estoit, dit-il,
l'unique paroisse de la Cité, ayant son recteur particulier, sa fabrice, ses
fonts baptismaux, l'administration des sacrements et généralement tous les
autres attributs des paroisses les plus qualifiées et les plus estendues ;
aussy est-elle dénommée telle dans le plus grand nombre des actes anciens
(tant au XIVème qu'au XVème siècle) où sont référés quantité de dons de
rentes faits avec attribution d'une moitié d'icelles au recteur »
(Inventaire ms. des archives de Saint-Sauveur – Archives départementales
d’Ille-et-Vilaine). Examinons un peu toute cette série d'assertions et voyons
si elles sont fondées. Il est certain qu'au XIIIème siècle la Cité de
Rennes, c'est-à-dire la ville cernée de murailles, n'avait pas d'église
paroissiale dans son enceinte si Saint-Sauveur n'était qu'une chapelle ; outre
celle-ci cette enceinte ne renfermait, en effet, que la cathédrale et plusieurs
petits sanctuaires qui n'ont jamais prétendu aux honneurs paroissiaux (nota :
Rennes eut successivement trois enceintes de murs : la première, entourant ce
qu'on appelait la Cité, était fort exigus ; d'origine gallo-romaine, elle fut
relevée d'abord au IXème siècle, puis au XIIème siècle ; elle n'avait que
quatre portes, nommées Jacquet, Baudraère, Aivière et Mordelaise ; — la
deuxième enceinte, comprenant les rues à l'Est de la Cité, eut quatre
nouvelles portes (outre la porte Saint-Michel ouverte dans l'enceinte primitive
lorsqu'on rasa le château de Bennes) : ce furent les portes aux Foulons,
Saint-Georges, Saint-Germain et de Vilaine ; elle fut bâtie de 1422 à 1448 ;
— enfin la troisième enceinte réunit aux précédentes tout le quartier méridional
au-delà de la Vilaine ; élevée dans la seconde moitié du XVème siècle et
le commencement du XVIème, elle eut trois nouvelles portes : de Villeblanche,
de Toussaints et du Champ-Dolent. Dans la première enceinte il n'y avait donc
point à l'origine d'église paroissiale ; dans la seconde étaient
Saint-Germain et Saint-Pierre en Saint-Georges ; dans la troisième se trouvait
Toussaints. Toutes les autres églises étaient hors les murs.). Mais rien
n'obligeait à avoir une église paroissiale dans cette enceinte renfermant la
cathédrale, église-mère du diocèse entier. Languedoc se trompe d'ailleurs
quand il affirme que Saint-Sauveur avait son recteur particulier, car les noms
qu'il cite de Bertrand de Moucon (1310), de Louis Cadier (1578), etc.,
appartiennent à des recteurs de Toussaints. Quant aux fonts baptismaux,
Languedoc avoue lui-même quelque part qu'ils ne furent établis à
Saint-Sauveur qu'en 1424, preuve que jusqu'alors cette église ne jouissait pas
du droit essentiellement paroissial de conférer le sacrement de baptême.
L'existence d'une fabrique et l'administration des autres sacrements ne prouvent
rien non plus en faveur de la thèse de Languedoc ; la plupart des chapelles
frairiennes jouissaient de ces privilèges. Il en est de même des legs faits au
recteur de Saint-Sauveur, qui n'était autre que celui de Toussaints considéré
dans ses rapports avec Saint-Sauveur. La preuve indiscutable que Saint-Sauveur
n'était pas une paroisse, c'est que le Livre des Usages de l'Eglise de
Rennes ne met point le recteur de Saint-Sauveur au nombre des « neuf
recteurs de Rennes », dont il parle plusieurs fois, et ne mentionne jamais
Saint-Sauveur que comme une simple chapelle. Bien plus, dans l'ordre observé en
1415 pour le portement des reliques de saint Golven, comme il y avait cinq
processions et seulement neuf recteurs, il est dit que le cinquième jour le
recteur de Saint-Germain se trouvant seul à porter le saint corps, le Chapitre
devait nommer quelqu'un pour lui aider ; s'il y eût eu alors un recteur de
Saint-Sauveur, ce besoin de recourir à un étranger n'eût point eu lieu. Il en
résulte donc que Saint-Sauveur n'était pas paroisse au XVème siècle ; il en
était de même au XVIème siècle, puisque nous possédons les registres
baptismaux de Saint-Sauveur depuis 1501 et qu'il ne s'y trouve aucun nom de
recteur avant 1667 (nota : On y voit, en revanche, l'installation, le 27 février
1555, du curé Jean Le Songeoulx, chargé de desservir l'église : « Nos
Joannes Somniator presbyter Redon. diœces. de parochia Tresboyensi, curam ac
primiciam in sacra œde Sancti Salvatoris suscepimus » - Note ms. de M.
Saulnier). Voici donc notre conclusion : les religieuses de Saint-Georges, possédant
dès 1164 Toussaints, jouissaient de cette église depuis assez longtemps déjà,
lorsqu'elles reçurent la chapelle Saint-Sauveur. Comme les origines
paroissiales de Toussaints sont également fort obscures, on ne peut rien préciser
; il est toutefois vraisemblable que cette dernière paroisse existait en 1230.
Aussi l'abbesse de Saint-Georges, qui présentait le recteur de Toussaints, le
chargea-t-elle de desservir en même temps Saint-Sauveur dont le patronage
venait de lui être donné. Le recteur de Toussaints dut accepter avec d'autant
plus d'empressement que son église paroissiale se trouvait alors hors les murs
de Rennes. Mais à cause de l'importance relative de l'église Saint-Sauveur, il
prit le titre de recteur de Toussaints et de Saint-Sauveur, parfois même celui
de recteur de Saint-Sauveur tout simplement, quand il s'agit surtout des intérêts
de cette dernière église ; puis, par la force même des choses, à la suite de
l'augmentation de la population rennaise et de l'agrandissement de l'enceinte
murale, il permit peu à peu de faire à Saint-Sauveur la plupart des fonctions
curiales et commit à cet effet un curé et quelques autres prêtres. Les choses
étaient en cet état lorsqu'en 1632 les habitants de Saint-Sauveur demandèrent
leur séparation de Toussaints ; l'évêque se prononça en leur faveur ; mais
le recteur de Toussaints, fort mécontent, en appela de cette sentence et fit
continuer la procédure que termina un arrêt définitif du Parlement de
Bretagne, daté du 7 octobre 1667 et consacrant la disjonction de Saint-Sauveur
et de Toussaints. L'ordinaire n'attendit pas toutefois cet arrêt pour continuer
d'agir en faveur de Saint-Sauveur : ayant obtenu dès le 5 avril 1667 le
consentement de l'abbesse de Saint-Georges, — qui se réserva la présentation
du recteur et stipula que ses paroissiens le logeraient et le nourriraient, —
l'évêque érigea l'église de Saint-Sauveur, « cy-devant trève et
fillette de Toussaints », en église paroissiale, et conféra la nouvelle
cure, le 24 avril 1667, à Nicolas Le Febvre, que lui présenta l'abbesse de
Saint-Georges (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 67). Dès
1539 la fabrique de Saint-Sauveur possédait un presbytère situé dans la rue
de la Miterie (nunc rue de Montfort), à l'Ouest et vers la rue du
Four-du-Chapitre. François de Keraldanet, recteur de Toussaints, fut alors
condamné à y faire pour 140 livres de réparations. Mais la fabrique de Toussaints
réclamait de son côté la propriété de cette maison ; elle en rendit même
aveu au roi en 1554, disant toutefois que « en ceste maison presbytérale le
subcuré dudit Toussaint servant à la chapelle de Sainct-Saulveur est demeurant
», mais que « le recteur dudit Toussaint et son vicaire en disposent
comme bon leur semble » (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 9
G, 67 – Ce presbytère est mentionné dès 1445 ; les recteurs de
Toussaints rendirent encore aveu pour cette maison en 1516 et 1645). Cependant
le premier recteur de Saint-Sauveur, M. Le Febvre, prit possession le 24 avril
1667 de ce presbytère, et il paraît qu'il demeura définitivement à la
fabrique de Saint-Sauveur ; celle-ci le fit reconstruire et l'échangea en 1693
avec l'archidiacre du Désert contre la maison de son archidiaconé, dont
l'emplacement était nécessaire à la reconstruction de l'église
Saint-Sauveur. La fabrique de Saint-Sauveur fit vers le même temps bâtir près
de l'église une maison qu'elle céda comme logement à son recteur, s'y réservant
seulement une salle basse pour tenir ses délibérations. Elle s'engagea aussi,
le 8 août 1691, à payer une pension de 100 livres à ce recteur et à
acquitter ses décimes. Mais en 1790 cette pension était de 300 livres, et le
recteur, M. Le Barbier, déclara qu'avec ses messes et sa part d'honoraires et
de casuel il se faisait un revenu de 1 283 livres 11 sols, en y comprenant sa
pension et la location d'une baraque proche l'église affermée 60 livres.
Toutefois il était obligé de donner 200 livres à son vicaire, et comme il
affermait 250 livres le presbytère proche l'église, il habitait rue Du
Guesclin un appartement qu'il louait 400 livres (Archives départementales
d’Ille-et-Vilaine, 1 V, 26). On possédait aux siècles derniers les Comptes
des trésoriers de Saint-Sauveur depuis 1388, et Languedoc nous en a laissé
un intéressant résumé (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine –
Languedoc a aussi dressé la liste des trésoriers de Saint-Sauveur depuis 1391 ;
elle a été publiée par le P. Fautrel à la suite de son Histoire de
Notre-Dame des Miracles). Nous en extrayons quelques notes : En 1407, première
mention de la distribution du pain bénit. — 1450, achat d'un grand crucifix
et des statues de Notre-Dame et de saint Jean, le tout posé sur une poutre
traversant le milieu de l'église. — 1484, dorure du sacraire, qui était une
pyramide de quinze pieds de haut. — 1493, premières orgues. — 1512, mention
de « six pardons célébrés en l'église et augmentation d'iceux par l'évesque
». — 1520, tenture de « grant nombre de tapisseries en ladite église
ès jours de festes solemnelles » ; mention de « quatre charretées
de paille pour servir à ladite église à mettre et esvailler en icelle »,
de « jonc, feilles, pavaill et rameaux d'arbres pour mettre et parer en
ladite église tant ès jours et festes de Sacre, jours de pardons qu'ès jours
et festes solemnelles de l'an » ; enfin, « vin d'Anjou, blanc et
clairet, avec vin breton acheté pour distribuer aux paroissiens de ladite église
après avoir esté communiés en icelle, tant ès jour et feste de Pasque que ès
autres jours et festes solemnelles de l'an ». — 1592, poudre à canon «
à faire des feux jettés à la descente d'un pigeon à la feste de la
Pentecoste ». — 1593, « tuiles vertes pour mettre sur les tombes de
ceux qui le souhaitent dans l’église ». — 1594, don de deux «
robes de fourrure pour la statue de Nostre-Dame », etc. (Inventaire ms. des
archéologies de Saint-Sauveur – Archives départementales
d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 67). Terminons en disant qu'à la visite épiscopale
faite à Saint-Sauveur le 26 mai 1713, il y avait vingt-deux prêtres en cette
paroisse.
Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Saint-Sauveur : — Nicolas Le Febvre, présenté par l'abbesse de Saint-Georges et pourvu le 24 avril 1667, prit possession le même jour ; décédé vers 1687 et inhumé dans son église, où il avait fait une fondation. Les trésoriers firent placer une pierre tombale sur sa fosse, devant le balustre du maître-autel, et arrêtèrent que tous les recteurs de Saint-Sauveur seraient inhumés en ce lieu. — Antoine Baudet, prêtre de Clermont et bachelier en théologie, précédemment recteur de Toussaints, prit possession le 24 mai 1687 ; il résigna en faveur du suivant, qui lui céda la chapellenie de Notre-Dame-de-l'Hostellerie, en La Bouillie, au diocèse de Saint-Brieuc. — Louis Méheust, prêtre de Saint-Brieuc, pourvu le 21 décembre 1701, résigna en 1730. — René-François Halligon, prêtre du diocèse, fut pourvu le 10 février 1730 ; décédé en 1739. — Pierre-Félix d'Oultremer du Margat naquit à Rennes, en 1714, de Michel d'Oultremer, sieur du Margat, substitut du procureur général, et d'Etiennette Guérot. Présenté le 20 décembre 1739, il fut pourvu le même jour et prit possession le 30 ; décédé le 29 décembre 1767, à la Trésorerie, et inhumé le 31. — Joseph-Jean Le Barbier, prêtre du diocèse, fut pourvu le 5 janvier 1768 ; il devint grand-pénitencier en 1781, gouverna jusqu'à la Révolution et fut enfermé à Saint-Melaine en 1792. — Joseph 0lliviéro (1803, décédé en 1825). — Michel Beaulieu, chanoine honoraire (1825, décédé en 1848). — Joseph Thébault, chanoine honoraire (1848, décédé en 1860). — Jean-Marie Lelièvre, chanoine honoraire (à partir de 1860), ....
4° paroisse
de Toussaints.
— Il est difficile de savoir ce qu'était Toussaints à l'origine. D'après
une tradition, la première église de Toussaints appartint à des Augustins,
qui furent transférés à Vitré vers la fin du Xème siècle. Ce qui est
positif, c'est que ce sanctuaire dépendait au XIIème siècle de l'abbesse de
Saint-Georges. Les papes Alexandre III en 1164, et Innocent III en 1208 confirmèrent,
en effet, cette dame dans la possession de la chapelle de Toussaints et de
toutes ses dépendances, « capella Omnium Sanctorum cum omnibus pertinenciis
suis » (Cartulaire de l’abbaye Saint-Georges, 169 et 175). Faut-il
conclure de ce texte que Toussaints n'était point encore érigée en titre d'église
paroissiale au XIIIème siècle ? Nous ne le pensons pas, car si le Pape
l'appelle simplement chapelle en 1208, il nomme dans la même charte églises
Saint-Donatien, Saint-Exupère et Sainte-Foi, et cependant ces sanctuaires
rennais n'étaient vraisemblablement point des églises paroissiales ; il ne
faut donc pas, semble-t-il, attacher un sens trop strict à cette expression capella
Omnium Sanctorum. Il en est de même de la qualification de moustier donnée
jadis à l'église de Toussaints. En 1370, la dame de Laval, vicomtesse de
Rennes, — dans le fief de laquelle se trouvait l'église de Toussaints, —
donna mandement à ses officiers de payer une rente de 9 sols à Michel Angier, «
prestre rectour et curé dou moustier de l'église de Toussaints et aux trésoriers
de la fabrice d'icelle » (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 9
G, 70). On ne peut pas admettre, en effet, qu'à cette époque Toussaints fût
un monastère, puisque cette église dépendait alors depuis plus de deux cents
ans de l'abbaye de Saint-Georges ; il faut donc prendre ici le mot moustier dans
le sens général d'édifice religieux. Notre conclusion est en faveur de
l'antiquité de la paroisse de Toussaints, quoique nous ne puissions pas déterminer
l'époque de son érection. Profitant du voile qui recouvre les origines
paroissiales de Toussaints, on imagina au XVIIIème siècle de lui créer des
titres constitutifs la plaçant à la tête de toutes les paroisses de Rennes.
Comme ces prétendus titres sont conservés à Toussaints, nous ne pouvons point
les passer sous silence. C'est d'abord une bulle apocryphe du pape Sylvestre II,
datée de l'an 1004 et adressée sous forme de lettre à Geoffroy, duc de
Bretagne. Il y est dit qu'à la demande de ce prince le Pape érige l'église de
Toussaints, fondée par les ducs de Bretagne et naguère abbatiale des ermites
de Saint-Augustin, en église paroissiale et collégiale royale, permettant au
recteur, à ses vicaires, diacre et sous-diacre d'office, grand-chantre et prêtres-chantres
de porter l'aumusse et le chaperon. Malheureusement, il suffit de lire cette prétendue
bulle pour voir que c'est une pièce fausse : son style est tout moderne, ces
titres d'église abbatiale d'ermites et de collégiale royale en l'an 1000,
cette mention des diacre et sous-diacre d'office au XIème siècle ne peuvent
pas être pris au sérieux. La bulle est d'ailleurs, avons-nous dit, datée de
1004, c'est-à-dire d'un an après la mort de Sylvestre II, auquel elle est
attribuée ; de plus, il y est fait mention de l'abbaye de Saint-Georges
vingt-six ans avant la fondation de ce monastère. Cette bulle est inscrite dans
une charte extraite, dit-on, des archives de l'abbaye de Saint-Georges, et cette
charte est elle-même plus singulière encore que la bulle. Il s'agit dans cet
acte des devoirs du recteur de Toussaints envers l'abbesse de Saint-Georges,
devoirs qu'Isabeau Turpin exigea, le 1er avril 1424, de Jean-Louis de Lisle de
Richebourg, recteur de Toussaints ; mais ici il nous faut citer textuellement : «
L'an 1008, est-il dit, Geoffroy, duc de Bretaigne, Ier du nom, donna la présentation
de l'église paroissiale et collégiale de Toussaints à Adèle sa fille,
abbesse de Saint-Georges, et lui accorda et à jamais aux abbesses de
Saint-Georges le privilège d'obliger chaque nouveau recteur de Toussaints de se
présenter à son abbaye en compagnie des six premiers officiers de son église,
tous revestus d'un habit de choeur conforme, scavoir en hiver d'un grand camail
avec le chaperon de drap noir ouvert par devant et garny de velours rouge, et en
été d'un surplis et d'une aumusse blanche d'un costé mouchetée de noir et
l'autre costé d'un gris tout uny. Et le nouveau recteur, estant arrivé à
l'abbaye, doit rendre hommage à la dame abbesse et est obligé de lui présenter
deux tourterelles et plein son bonnet quarré de seigle une fois pendant sa vie
et à son entrée dans la paroisse ; et la dame abbesse est obligée de lui présenter
la moitié d'un pigeon grillé, quatre onces de pain et deux coupes de vin rouge
dont est rapporté acte » (Archives paroissiales de Toussaints). Que dire
de ce duc Geoffroy Ier donnant en 1008 la présentation de l'église de
Toussaints à sa fille Adèle, abbesse de Saint-Georges, lorsque l'histoire nous
apprend que l'abbaye ne fut fondée qu'en 1030 par le duc Alain III ? Et ce «
bonnet quarré » en 1424 ne prête-t-il pas un peu à rire ? Evidemment,
cette charte ne peut être considérée comme un document sérieux. C'est
cependant sur cette pièce que s'appuie une assignation envoyée en 1733 par
l'abbesse Elisabeth d'Alègre à Jean-Louis du Chesne, recteur de Toussaints,
pour le sommer de lui rendre l'hommage ci-dessus mentionné ; comme ce dernier
acte ne nous apprend rien de nouveau, n'en parlons pas davantage. Mais voici une
lettre-circulaire imprimée, sans nom d'imprimeur, signée de Mgr Le Tonnelier
de Breteuil, évêque de Rennes, et datée de 1732. L'on y lit ce qui suit : «
Le clergé de l'église royale de Toussaint, comme la seule église collégiale
de la ville de Rennes et la première du diocèse, marchera immédiatement
devant la croix de la cathédrale aux processions générales ; le recteur,
comme premier chanoine de son église, portera la soutane violette aux jours des
festes principales, fera porter le bâton de grand-chantre dans son église,
permettra à ses curés, officiers et à douze prêtres originaires de sa
paroisse de porter l'aumusse et le grand camail... le tout en conséquence des
privilèges accordés à ladite église de Toussaint par les ducs de Bretagne et
depuis confirmés par Louis XII le 15 mars 1500 ». L'évêque termine sa
lettre en confirmant lui-même les susdits privilèges du recteur de
Toussaints. Il est à remarquer que cette lettre, adressée aux fidèles, est
signée du 18 mars 1732, c'est-à-dire un mois avant la mort de Mgr de Breteuil.
Elle est suivie d'une note de son successeur, Mgr de Vauréal, la confirmant et
ordonnant à « M. du Chesne, recteur chanoine de l'église royale et collégiale
de Toussaints, de la mettre à exécution ». Cette note est datée du 6
septembre 1732. L'imprimé qui renferme ces deux actes épiscopaux porte —
chose singulière dans une lettre pastorale — les armoiries du roi de France,
de la Bretagne et de la ville de Rennes, ainsi que celles de Mgr de Breteuil
(Archives paroissiales de Toussaints). Eh bien ! malgré cette série de
documents, nous ne pouvons admettre l'existence de la collégiale de Toussaints
et des privilèges prétendus au XVIIIème siècle par son recteur et ses prêtres.
Comment, en effet, une collégiale, c'est-à-dire une église importante, — la
première du diocèse, dit l'auteur de la lettre épiscopale, sans songer que ce
titre ne peut appartenir qu'à la cathédrale, — comment une collégiale
aurait-elle pu exister à Rennes pendant sept siècles consécutifs sans laisser
quelque trace de son existence dans les archives de l'évêché, du Chapitre et
de la ville de Rennes ? Cependant dans les importants fonds des archives de ces
trois grandes institutions il n'en est fait nulle mention. Cette prétendue collégiale
dépendait, dit-on, de l'abbaye de Saint-Georges ; or, dans le Cartulaire
de cette abbaye et dans le riche fonds de ses archives il n'est jamais question
de cette église insigne, dont l'abbesse eût dû s'enorgueillir. Bien plus,
nous avons les Registres des insinuations ecclésiastiques du diocèse de
Rennes, contenant les nominations des chanoines aux derniers siècles, tant
de la cathédrale que des collégiales de Champeaux, Vitré et la Guerche ; or,
aucun chanoine de Toussaints n'apparaît dans ce recueil. Enfin, il existe au dépôt
des archives départementales d'assez nombreuses liasses concernant la paroisse
de Toussaints, et dans aucune ne se trouve un seul acte faisant même allusion
à la fameuse collégiale. Un tel silence dans tous les documents manuscrits et
imprimés pendant huit cents ans serait inexplicable si réellement Toussaints
avait joui des privilèges en question. Il faut donc avouer que les quelques pièces [nota
: il y en a trois en tout : l’acte de 1424, relatant la bulle de 1004
(encore n’est-ce qu’une copie) ; - l’assignation de 1733 – et
l’imprimé de 1732] les lui attribuant ne sont pas authentiques. Par qui et
pourquoi ces chartes fausses ont-elles été faites ? La réponse à cette
question nous entraînerait trop loin. Terminons en rappelant qu'au siècle
dernier Toussaints était considérée comme la deuxième paroisse de Rennes, ce
qui était déjà fort honorable, mais renonçons à sa collégiale, qui
n'exista jamais qu'en rêve. En 1790, Toussaints était « la plus peuplée
et la plus étendue des paroisses du diocèse de Rennes ; elle avait trois curés,
dont le dernier n'avait point de pension ». Le recteur et les deux premiers
vicaires recevaient une portion congrue des décimateurs, qui étaient l'abbesse
de Saint-Georges, le Chapitre de Rennes et le chapelain de la Magdeleine ;
celui-ci payait le douzième de la pension, le Chapitre le sixième, et
l'abbesse le reste (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 1 V, 26. —
Dès 1153 le Chapitre de Rennes et l'abbaye de Saint-Georges se partageaient les
dîmes de Toussaints. En 1790, la part de l'abbesse dans la portion congrue du
recteur et des curés de Toussaints montait à 1 050 livres – Cartulaire de
l’abbaye Saint-Georges, 149 et 468). A cette même époque, le recteur, M.
de la Tribonnière, déclara qu'il jouissait, outre sa portion congrue, du
presbytère (nota : Ce presbytère, situé proche l'église de Toussaints,
avait probablement remplacé la « maison enclose au cimetière de Toussaints
», où demeurait en 1554 « le subcuré dudit Toussaints », lequel
était tenu « à une messe chaque dimanche pour feu Jan Bougueret, en son
temps diacre de Toussaints, fondateur de ladicte chappellenie » - Archives
départementales d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 77), d'une maison adjacente et d'un
petit jardin. Quant à la fabrique de Toussaints, elle possédait en 1790, outre
le presbytère susdit, une maison sur la place de Toussaints et une prestimonie
à Maurepas (nota : Il est fait mention en 1279 et 1281 des vignes de
Maurepas, « vineœ apud Malum Repastum ». La prestimonie de ce nom fut
fondée vers 1568 par un prêtre nommé Jean Garnier ; consistant en une messe
hebdomadaire, elle était dotée d'une terre « sise sur le chemin pavé de
Rennes, à la Croix-aux-Allemans, en Sainct-Laurent ». — Quant à la
maison sur la place, c'était peut-être celle que la fabrique déclara dès
1554 comme ayant « l'enseigne de la Rose »), le tout estimé valoir 1
360 livres de rente ; — 478 livres 18 sols 3 deniers de rentes hypothéquées
et 958 livres de rentes constituées (nota : Une partie de ces dernières
rentes étaient au profit des pauvres de la paroisse) ; — et, enfin, sept
maisons avec leurs dépendances, dont jouissaient les officiers de l'église,
c'est-à-dire le sacriste, le diacre, le sous-diacre et les quatre chantres-prêtres
(Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 1 V, 26). Rétablie en 1803
comme cure de première classe, Toussaints se compose depuis lors de l'ancienne
paroisse de ce nom et d'une partie des anciennes paroisses de Saint-Germain et
de Saint-Etienne.
Note :
liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Toussaints : —
Bertrand
de Moucon fut pourvu en 1310 de la chapellenie de Tréal,
en la cathédrale ; il est alors appelé recteur de Saint-Sauveur,
titre qu'il porte aussi en 1323 dans une déposition qu'il fit à l'âge
d'environ cinquante ans. Il fonda son anniversaire en la cathédrale, où il fut
vraisemblablement inhumé (« MAIUS,
VIII Kal. Obiit dominus Bertrannus de Moucon, rector ecclesie Omnium Sanctorum, ad cujus anniversarium habemus decimam de Moucon valentem duo quarteria sigali » - Necrol.
Sancti Petri Redon.). —
Olivier de la Motte, chanoine de Rennes, fut aussi recteur de Toussaints à une
époque que nous ne pouvons déterminer ; il fonda également
son obit en la cathédrale, où il dut recevoir la sépulture (« NOVEMBER,
IX Kal. Obiit magister Oliverius de Mota, canonicus Redon. et rector
Omnium Sanctorum, ad cujus anniversarium habemus XX sol.
super vinea magistri Stephani de Fago in closo dou Perier apud Sanctum Laurencium » - Necrol. Sancti Petri
Redon.). —
Michel Angier (1370). — Louis de Vitrovo, décédé en
1394, fut inhumé dans la cathédrale, au bas et
au milieu de la grande nef. En 1755 on y voyait encore sa tombe, portant ces
mots : Cy gist dom Louis Had. de Vitrovo, recteur de Toussaint
de Rennes, qui décéda le premier jour de février, l'an 1394. — Robert
de la Vizeule, décédé en 1402, fut inhumé comme ses prédécesseurs
en la cathédrale, où il avait fondé son obit (« Obitus
Roberti de Vizola nuper rectoris ecclesie Omnium Sanctorum Redon. valet
quinquaginta solidos »
- Necrol. Sancti Petri Redon.). —
Alain de Bintin, clerc du diocèse, présenté par l'abbesse de Saint-Georges
pour remplacer le précédent, fut pourvu le 28 septembre 1402. — Jean-Louis
de Lisle de Richebourg (1424). — Jehan du Houx, docteur en droit (1435 et
1464). — Yves Pinaye (1507). — Jean Belloneau, neveu du cardinal Guibé,
d'abord scholastique, puis archidiacre et
chanoine de Rennes, prieur de Gahard, etc., était
recteur en 1514 ; il fit son testament le 9 mai 1522 et fut inhumé à la
cathédrale, dans la chapelle des Guibé. — André
Hamon, également neveu du cardinal Guibé, figure sur une
ancienne liste des recteurs de Toussaints après le précédent ; il
devint abbé de Saint-Gildas de Rhuys et évêque de Vannes. — François
de Keraldanet soutint en 1539 un procès au sujet du presbytère de
Saint-Sauveur ; il figure aussi en 1540. —
Jacques Cadier, chanoine et official de Rennes, recteur en 1553, fonda en 1555
la chapellenie de Saint-Jérôme en la cathédrale de Rennes
; il fut inhumé en cette église, dans les recherches du choeur. — Louis
Cadier, chanoine de Rennes, était recteur en 1570 ; il devint
scholastique, puis archidiacre, vicaire général et official ; décédé vers
1590. — Gilles d'Argentré, seigneur de Listré, fils du sénéchal Bertrand d'Argentré,
seigneur de Gosne, et de Jacqueline de Listré, fut, d'après
Du Paz, quelque temps recteur de Toussaints vers cette époque
; il fut aussi archidiacre de Dinan, chanoine de Rennes et de Saint-Malo,
official de Rennes, etc. — Jean Le Provost,
recteur en 1595, fut chanoine et official de Rennes ; décédé le 1er juillet 1607 et inhumé dans le collatéral du
Sud en la cathédrale, sous une tombe
portant ces mots : Cy gist Noble homme
Missire Jan Le Provost, vivant chanoine, vicaire général et official de
Rennes, recteur de Toussaints, qui décéda le premier jour de juillet 1607, a fondé céans l'octave de la feste de saint Pierre.
— Pierre Forest, prêtre de Chartres, fut présenté le 30 juin 1607, sur
la démission du précédent ; il fut aussi chanoine de Rennes. — Robert
Landays succéda au précédent et prit possession le 15
août 1615 ; il résigna en 1661 en faveur du suivant ; décédé le 24 mai 1666.
— Guillaume du Feu prit possession
en 1661 de la cure de Toussaints et de Saint-Sauveur, son annexe ; décédé
le 9 avril 1676. — Claude de la Fayette, docteur en Sorbonne, pourvu en 1676, résigna
en faveur du suivant, moyennant une pension de 300 livres ; il était
alors abbé de Saint-Aubin-des-Bois. — Antoine Baudet, prêtre de Clermont et
bachelier en théologie, pourvu le 7 novembre 1685, prit possession le 19 ; il résigna le 22
avril 1687 en faveur du suivant, à condition que celui-ci paierait les 300
livres de pension dues à Claude de la Fayette ; il devint alors recteur
de Saint-Sauveur. — Pierre Perrin, prêtre de Saint-Brieuc, docteur en théologie,
fut pourvu en 1687 ; il devint vicaire général
et official de Rennes et se démit de sa cure en 1730 ; décédé âgé
de soixante-dix-sept ans et inhumé le 1er avril 1733 (nota : Voici
les titres qu'on lui donne dans les actes de sa sépulture : « Cy devant
provôt et chanoine de la cathédrale de Chartres, grand-chantre et chanoine de
Rennes, prieur des prieurés de Hingré et de Saint-Aubin, pensionnaire du roi
sur l'évêché de Saint-Brieuc et l'abbaye
de Jouy, ancien recteur de Toussaints pendant quarante-six ans, vicaire général
et official de Rennes pendant plus de trente ans »). —
Jean-Louis du Chesne, prêtre de Saint-Brieuc, pourvu le 9 juin 1730, résigna
en 1755. — Jean-François Frigart, prêtre d'Evreux, pourvu le 4 septembre
1755, permuta avec le suivant et échangea sa cure contre quelques chapellenies
de Nantes. — Louis-Alexandre Le
Normant, prêtre de Nantes, pourvu le 19 janvier 1757, permuta en 1770
avec le suivant. — Charles-Hilaire de Châteaubriant, prêtre de Saint-Brieuc
et précédemment recteur de La Bazouge-du-Désert, fut pourvu le 22 janvier
1770 ; il résigna en 1776 en faveur du suivant ; décédé âgé de soixante-quatorze ans, au Val-aux-Bretons, en Pleine-Fougères, le 12
août 1782, et inhumé le 13 sous le chapitreau de l'église de Pleine-Fougères.
— Jacques-Marie Ruaux de la Tribonnière, né à Hédé en 1733 de Jean
Ruaux, sieur de la Tribonnière, et d'Anne Piroys, fut pourvu le 11 juillet 1776
; il fut exilé à Jersey en 1793, réinstallé en 1803 et fait chanoine
honoraire ; décédé en 1804. — Pierre-Amable
Poisson (1804, décédé en 1818). —
Noël Petit (1819, décédé en 1821). — Guy-Jean-Baptiste Brette, chanoine honoraire (1821, décédé
en 1836). — Joseph Berthelot, chanoine honoraire (1836, décédé
en 1856). —
Charles Nouvel, chanoine honoraire (1857-1864), puis évêque de Quimper. —
Jean-Marie Gandon, chanoine honoraire (à partir de 1864), ....
5° paroisse de Saint-Aubin. — Cette paroisse, — appelée aujourd'hui Saint-Aubin en Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, parce que son église renferme le tableau miraculeux de la Sainte Vierge qui se trouvait jadis au couvent de Bonne-Nouvelle, — se compose du territoire des anciennes paroisses de Saint-Aubin et de Saint-Martin ; nous allons donc parler de l'une et de l'autre.
A - ancienne paroisse de Saint-Aubin. — La paroisse de ce nom est évidemment fort ancienne, quoique nous ignorions la date de son érection. En 1158 Josse, archevêque de Tours, en 1170 Etienne, évêque de Rennes, et en 1185 le pape Luce III confirmèrent successivement l'abbaye de Saint-Melaine dans la possession de l'église Saint-Aubin, sise dans le faubourg de Rennes, « ecclesiam Sancti Albini in ipso suburbio Redon. constitutam » (Cartulaire de l’abbaye de Saint-Melaine). L'abbé de Saint-Melaine présenta jusqu'en 1770 le recteur de Saint-Aubin, et en 1790 les Bénédictins de Saint-Melaine jouissaient encore de la moitié des dîmes de la paroisse ; ils y possédaient aussi la métairie du Bois-l'Abbé, de sorte que leurs revenus en Saint-Aubin atteignaient 2 000 livres. A la même époque, le recteur, M. Bienvenue, déclara jouir de l'autre moitié des dîmes, estimée 600 livres, de deux petites rentes valant ensemble 60 livres, et du presbytère avec un petit jardin. Ce presbytère, situé rue Saint-Aubin (nunc rue Saint-Louis), relevait de l'abbaye de Saint-Melaine à charge d'une rente de 20 deniers. Malgré la modicité de ses revenus, le recteur de Saint-Aubin était tenu en 1790 de payer une pension de 350 livres à son vicaire [Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 1 V, 26 — Marteville dit (Dictionnaire de Bretagne, II, 594) qu'en 1791 la cure de Saint-Aubin possédait 2 314 livres de rentes foncières et 578 livres de rentes constituées, en tout 2 892 livres ; mais il veut dire la fabrique. Le recteur de Saint-Aubin était loin d'être aussi riche]. Il est fait mention au XIVème siècle du sceau de la paroisse de Saint-Aubin ; malheureusement nous n'en avons pas la description.
Note :
liste non exhaustive des recteurs de l'ancienne paroisse de Saint-Aubin : —
Thomas Guillemaud semble avoir précédé le suivant. — Jehan Guillemaud, frère,
croit-on, du précédent, consentit en 1463 à la fondation de la chapelle du Bois-l'Abbé ;
décédé vers 1468. — Raoul
Cadore (1492 et 1493). —
Pierre Huet (1503). — Pierre
Lohéac, chanoine de Rennes (1526), décédé vers 1540 et inhumé
« au grand de l'église », dans la cathédrale, où il avait fondé la
fête de saint Yves. — Jehan Bouys fut présenté le 21
mai 1540 par l'abbé de Saint-Melaine.
—
N... du Moulin, vers 1550. — Guillaume Le Liepvre (1561 et 1581). — Laurent
Couppé, natif de La Bazouge-du-Désert (1593) ; décédé le 22 octobre 1606. —
Macé Atteignant succéda au précédent. — Pierre Le Gros (1634) ; décédé
en 1639. — André
Compadre, présenté par l'abbé de Saint-Melaine et pourvu
le 10 février 1640, prit possession le 11 et céda le 18 au suivant
tous ses droits, moyennant une pension de 60 livres tournois. —
Jean
Bazille avait été pourvu dès le 31 décembre 1639, mais il ne
survécut pas à son arrangement avec le précédent ; décédé en 1640. —
Olivier
Nepveu, sous-diacre de Saint-Malo, pourvu le 8 avril 1640,
prit possession le 19 et résigna presqu'aussitôt en faveur du suivant. —
Mathurin Baudouin, prêtre
de Dol, fut pourvu sur la double résignation
du précédent et d'André Compadre ; il prit possession le 22 novembre
1640 ; il débouta Julien Chrestien et Etienne Meignan,
prêtre de Saint-Louis-des-Français à Rome, qui prétendaient à sa
cure. —
Julien Aubry, décédé le 26 septembre 1659. — Jean
Bonnier, fils de Raoul Bonnier, sieur des Bagottières et procureur au Présidial,
et de Jeanne Deshayers, présenté le 27 septembre 1659, prit possession le
lendemain. Il fonda en 1673, pour tous les jeudis, une messe du Saint-Sacrement,
suivie de prières sur la tombe de ses père
et mère, inhumés dans l'église de Saint-Aubin ; décédé âgé de
soixante ans, le 21 janvier 1693. — Rodolphe
Bonnier, recteur de Visseiche, succéda au précédent ; il
fit beaucoup de bien aux hospices de Rennes et fonda en son église une
octave de saluts du Saint-Sacrement ; décédé le 27 avril 1700. — André
Drouet, fils d'André seigneur de Montgermont, bachelier en Sorbonne et
recteur de Montgermont, remplaça le précédent ; il devint
en 1708 grand-chantre et en 1709 chanoine de Rennes ; il résigna alors
sa cure. — Jean Jamoays, né en Saint-Aubin de Julien Jamoays, sieur des Fontaines,
avocat au Présidial, et de Jacqueline Jamoays, fut pourvu le 11 mai 1709 ; décédé
âgé de soixante-cinq ans, le 9 janvier 1737. — Jacques
Jamoays de la Muce, né en Saint-Aubin de Jacques Jamoays,
sieur de la Muce, receveur des fouages, et de Charlotte de Lourmel, docteur en
théologie, fut pourvu le 12 janvier 1737 ; décédé âgé de
cinquante-cinq ans, le 27 août 1749 (nota : Son acte de sépulture
lui donne ces titres : « Subdélégué de l'archevêque de
Tours en Bretagne, syndic du clergé de l'évêché
de Rennes, l'un des directeurs des hôpitaux, examinateur du concours pour
le diocèse, supérieur de la communauté du Bon-Pasteur, etc. » - Registre. de l'état
civil).
— André-Jacques Mongodin, prêtre du diocèse,
fut pourvu le 18 septembre 1749 ; il fonda en 1769 un Bureau de
charité pour les pauvres de sa paroisse ; décédé
âgé de soixante-trois ans, le 25 février 1775
(nota : Le général de la paroisse décida qu'on
graverait sur sa tombe des épitaphes latine et française. Voici la dernière, qui
traduit l'autre : Cy gît N. André-Jacques Mongodin, recteur de cette paroisse, syndic du clergé,
administrateur des hospices de cette ville. - Ses vertus jusqu'au tombeau - Firent
du bon pasteur
une image accomplie,
- Il mourut, comme lui, en immolant sa vie - Au salut de son troupeau. Mort dans le confessionnal,
le 25 février
1775, à huit heures
du matin.). —
Jean-Baptiste Bienvenue, né à Hédé, en 1732, de Jacques Bienvenue de
Colombel et de Olive Gaisnel, recteur de Notre-Dame de Vitré,
fut pourvu le 29 mars 1775 ; il fut enfermé à Saint-Melaine en
1792 et devint plus tard chanoine de Rennes ; décédé le 23 janvier
1810. — Suzanne-Gilles Vanneau (1803, décédé en 1804). — Julien-Mathurin
Hunault (1804-1808). — François Percevaux
(1808-1817). — Ange-Félix de Léon des Ormeaux, chanoine honoraire (1817, décédé en
1829). —
Louis Jéhannin, chanoine honoraire (1829, décédé en 1871). — Henri Charil
des Mazures, chanoine honoraire (1874, décédé en 1878). Henri Durant,
chanoine honoraire (à partir de 1878), …
B - ancienne
paroisse de Saint-Martin.
— Cette paroisse était appelée au moyen-âge Saint-Martin-des-Vignes , «
Sanctus Martinus de Vineis », parce qu'elle se trouvait en dehors de la
ville et dans les vignes qui couvraient la campagne de Rennes à l'Orient. Les
moines de l'abbaye de Saint-Melaine furent confirmés dans la possession de l'église
Saint-Martin, « ecclesiam Sancti Martini quœ in suburbio Redon. constituta
est », en 1158 par Josse, archevêque de Tours, en 1170 par Etienne, évêque
de Rennes, et en 1185 par le pape Luce III (Cartulaire de l’abbaye
Saint-Melaine). En 1329, l'abbé de Saint-Melaine et le clerc Jean Le Barbier,
recteur de Saint-Martin, firent un accord devant l'official de Rennes au sujet
du droit d'autel. Les moines, qui avaient le patronage de l'église
Saint-Martin, y jouissaient des deux tiers des oblations et prémices
constituant ce droit (« Duas pertes altelagii in oblationibus, primiciis
vellerum, agnorum, lini, canabi atque aliorum ad altalagium spectantium »)
; le recteur, recueillant lui-même l'autre tiers, fut autorisé par eux à
recevoir le tout, à condition de payer à l'abbaye une somme de 60 sols monnaie
courante, chaque année, aux fêtes de la Pentecôte, ce que promit de faire
Jean Le Barbier (Cartulaire de l’abbaye de Saint-Melaine, 211). En 1790, M.
Saquet, recteur de Saint-Martin, déclara recevoir des Bénédictins de
Saint-Melaine une portion congrue de 500 livres ; il jouissait, en outre, du
presbytère et de son jardin. Ce presbytère était situé dans la rue
Saint-Martin, près du cimetière, entre le chemin du moulin du Roi et la pièce
des Périères. L'abbaye de Saint-Melaine levait les dîmes de la paroisse et
possédait en outre, en Saint-Martin, le pré Trublet, la Buanderie et d'autres
terres estimées valoir en 1790 environ 1 494 livres de rente (Archives départementales
d’Ille-et-Vilaine, 1 V, 26). Lorsque Mgr de Crissé visita l'église de
Saint-Martin en 1713, il s'y trouvait cinq prêtres.
Nota :
liste non exhaustive des recteurs de l'ancienne paroisse de Saint-Martin : —
Jean Le Barbier, « Johannes Barbitonsor » (1329). — Robert Blondel, témoin
en 1486. — Pierre Botherel (1562). — Jean Botherel, décédé vers 1583. —
Julien Moreau, prêtre d'Angers, fut présenté par l'abbé de Saint-Melaine le
10 septembre 1583. — Julien Robert résigna vers 1590. — Pierre Huet fut présenté
le 10 octobre 1590 ; décédé peu de temps après. — Oliver Mérault, prêtre
de Rennes, licencié ès-droits, fut présenté le 13 septembre 1591 ; il fut
aussi chanoine de Rennes et composa quelques poésies religieuses ; décédé
vers 1606. — André Lyot, recteur en 1615 ; décédé vers 1625. — Dom
Joseph de la Marqueraye, licencié en droit, bénédictin de Saint-Melaine,
pourvu vers 1626, devint en 1639 recteur d'Ercé-en-la-Mée ; il résigna en
1640 sa cure de Saint-Martin en faveur du suivant, avec réserve de 400 livres
de pension. — Pierre Trochet, sieur de Lancé, fils de Jean Trochet, sieur de
la Motte, avocat au Parlement (nota : Jean Trochet, devenu veuf, entra dans
les Ordres ; âgé de quatre-vingt-deux ans, « prestre et doyen des avocats
», et inhumé le 7 février 1656 à Saint-Martin), et de Bertranne Mérotte,
sous-diacre et étudiant à Paris, pourvu en cour de Rome, prit possession le
1er octobre 1641 ; décédé le 13 novembre 1656. — Pierre Herfroy résigna en
faveur du suivant. — Marguérit Gauquelin, prêtre du Mans et docteur en théologie,
prit possession le 9 février 1662 ; décédé le 10 septembre 1662 et inhumé
le 12 en la cathédrale, proche la chapelle du Voeu. — N... Fonsay s'occupait
beaucoup en 1670 de l'instruction des jeunes clercs. — Joseph Touzée, recteur
de Talensac, fut pourvu vers 1677 et gouvernait encore en 1698. — Julien Morel,
prêtre du diocèse, fut pourvu vers 1742 ; décédé le 25 juillet 1727, âgé
de soixante ans, après avoir donné de grands biens à son église. — Jean
Saiget, prêtre du diocèse, fut pourvu le 28 juillet 1727. — Gabriel-Julien
Garnier, prêtre du diocèse, remplaça le précédent le 14 janvier 1739 ;
licencié en droit, il devint juge des délégués de Tours et promoteur de
l'officialité diocésaine ; décédé âgé de soixante-quinze ans, le 9 juin
1769. — Etienne Saiget, pourvu le 14 juin 1769, résigna peu après. —
Hippolythe Courvoisier, fils de Mathurin Courvoisier et de Marie Dupré, fut
pourvu en 1770 ; décédé le 16 décembre 1773, âgé de trente-six ans. —
Guillaume-Jacques Gérard, pourvu le 10 janvier 1774, se démit en 1781 et
devint recteur du Rheu. — Julien-François Sacquet, natif de Rennes et aumônier
du Calvaire de Saint-Cyr, fut pourvu en 1781 ; martyr, exécuté à Rennes le 14
août 1794.
La
nouvelle paroisse de Saint-Aubin formée en 1803 se composa, avons-nous dit, des
anciennes paroisses de Saint-Aubin et de Saint-Martin, et d'une partie de celle
de Saint-Germain ; elle forma d'abord une simple succursale, mais elle fut érigée
par ordonnances royales, le 24 avril 1824 en cure de deuxième classe, et le 22
juin 1825 en cure de première classe.
6° paroisse
de Saint-Germain.
— Alexandre III, pape de 1159 à 1181, confirma les chanoines de Rennes dans
la possession de l'église Saint-Germain, de ses dîmes et de toutes ses dépendances,
« ecclesiam Sancti Germani Redon. cum decimationibus et aliis appendiciis suis
». Aussi le Chapitre se considérait-il comme recteur primitif de cette
paroisse ; il en recueillait les dîmes et y allait solennellement célébrer la
fête patronale le 31 juillet (nota : Ce jour-là, la fabrique de
Saint-Germain offrait une collation au Chapitre. En 1655, on dépensa 4 pots de
vin clairet et 2 sols de pain « tant pour Mre de Saint-Pierre que pour les
officiers de Saint-Germain ». — Le même Compte des trésoriers signale 40
pots de vin blanc et 3 pintes de vin clairet pour la communion pascale, — 4
pots et une pinte de vin clairet pour la fête de l'Ascension, — 6 pots de vin
clairet et 6 sols de pain pour la collation au retour de la procession «
d'autour les bleds », — et « 4 pots de vin clairet et 2 sols de pain pour la
collation servie à la sacristie le jour la Feste Dieu » - Archives départementales
d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 58) ; de plus, la présentation du recteur de
Saint-Germain appartenait au chanoine jouissant de la sixième prébende de
Saint-Pierre (Nécrol. Sancti Petri Redon.). On voit par là que Saint-Germain
remonte tout au moins au XIIème siècle, et non pas au XIVème seulement, comme
l'a dit M. Marteville (Dictionnaire de Bretagne, II, 594). C'était au moyen-âge
une paroisse fort étendue, figurant dans les derniers siècles au troisième
rang parmi les paroisses de Rennes. Elle comprenait alors, non-seulement les
rues voisines de son église, mais, au-delà de la Vilaine, tous les environs du
collège jusqu'à la Porte-Blanche et une partie des rues Vasselot, du Pré-Botté
et des Carmes ; elle renfermait, de plus, la rue Haute et une portion de la rue
Basse et de la place Sainte-Anne ; aussi la chapelle Sainte-Anne était-elle
desservie par un prêtre de Saint-Germain, pour les besoins de ce quartier,
comme nous le verrons plus loin. Il est dit en 1434, dans les lettres ducales de
Jean V, que Saint-Germain était « une des plus grandes et nobles paroisses de
Rennes, en laquelle y a plus grand nombre de peuple » ; en 1466 on y
comptait 10,000 âmes, en 1771 20,000 âmes, et en 1790 15,000 âmes (Archives départementales
d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 58 ; 1 V, 26). Lorsque Mgr de Crissé visita l'église
de Saint-Germain le 19 mai 1713, il y constata que trente prêtres y étaient
attachés. Cependant le recteur de Saint-Germain n'était pas plus riche que
les autres recteurs de Rennes ; en 1614, un arrêt du Parlement lui adjugea la dîme
des lins et chanvres que lui refusait le Chapitre, mais c'était peu de chose.
En 1790, le recteur, M. Després, déclara qu'il n'avait alors ni dîme, ni
pension : il jouissait seulement de l'ancien presbytère, qu'il affermait 300
liv. ; du nouveau presbytère, avec jardin, qu'il habitait, et de son casuel,
lui rapportant environ 1,200 liv. Sur ce revenu total de 1,500 liv., il devait
payer la pension de trois vicaires, 1,050 liv. ; 24 liv. de décimes et 160 liv.
pour l'entretien des presbytères [Archives départementales
d’Ille-et-Vilaine, 1 V, 26 — Le presbytère de Saint-Germain se trouvait
dans la rue de Corbin dès 1445 ; c'était alors fort peu de chose, mais Jean Guériff
et Guillemette Bourgneuf, sa femme, y adjoignirent un jardin et quelques
logements, pour une messe par mois chantée à l'autel de Saint-Nicolas ; ces
logements devinrent l'habitation des officiers de l'église, les diacre et
sous-diacre, les quatre chantres et le sacriste. En 1699, on construisit un
nouveau presbytère dans le jardin de l'ancien, et celui-ci demeura entre les
mains du recteur, qui put l'affermer à son profit. Ces presbytères furent
vendus de nos jours et remplacés en 1831 par le presbytère actuel, rue
Saint-Georges, ancien hôtel de la Bourdonnaye-Montluc. (Notes ms. de M. de la
Bigue Villeneuve)] ; il ne lui eût presque rien resté pour vivre s'il n'avait
eu des fondations très-nombreuses dans son église. En 1668, Marie Loz, veuve
de Claude du Matz et douairière du Hallay, fonda 100 liv. de rente pour les
pauvres honteux de la paroisse. Rétablie en 1803, la paroisse de Saint-Germain
n'a plus la même étendue que jadis ; d'abord simple succursale, elle a été
érigée en cure de deuxième classe par ordonnance royale datée du 8 juin
1825.
Note :
liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Saint-Germain : —
Bertrand, « Bertrannus capellanus Sancti
Germani », fut témoin d'une
transaction passée au sujet des moulins d'Estival, sur la rivière
d'Ille, entre Philippe de Champaigné et Guillaume Privé, abbé de
Saint-Melaine (1160-1180). — Alain de Bourgon (1345). — Eon Barat (1412).
— Jehan Menfeny (1438 et 1443). — Thébaut de Bintin fit en 1451 opposition
à l'établissement des grands Carmes à Rennes ; il devint chanoine de Dol et
gouvernait encore en 1469. — Jehan Bauëdrier, pourvu vers 1470, devint
chanoine de Rennes, doyen d'Aubigné et
recteur de Saint-Hélier ; il fonda en la cathédrale la chapelle de
Saint-Claude, où il fut inhumé. — Pierre
Bourgneuf, fils de Gilles Bourgneuf, seigneur de Cucé, et
de Françoise Bouëdrier, succéda au précédent ; il fut aussi trésorier
et chanoine de Rennes, prieur de Tremblay, etc. ; décédé le 3 juin 1523
et inhumé dans le cimetière de Saint-Germain, près la croix. Il avait fondé en cette église un obit et une grand'messe dite par le
Chapitre le 31 juillet, et, de plus, l'érection d'une chapelle dans le
cimetière. — Rolland Harel (1530-1550). — Guillaume Le Coq (1550-1567). —
Jehan Duchesne (1567-1583). — Jean Anger (1583-1588). — Pierre Radenatz,
sieur de la Ménardaye et du Mezeray, succéda au précédent ; il fonda le 20
mars 1621
une messe
hebdomadaire en son église, où il choisit sa sépulture devant le maître-autel, avec
une pierre tombale portant ses armoiries ; peu après. — René Rozé
(1621-1631). — Jean Quesnel (1631-1633). —
Antoine Quintin
(1633-1637). —
Jean Chassot, pourvu
vers 1637, « non originaire du royaume », rendit
aveu au roi en 1643 ; il résigna en 1672 et fonda en 1674 une
procession le jour de l'Annonciation et une messe solennelle à la fête
de saint François de Sales. —
Jean Le Gal, docteur
en Sorbonne et sieur du Pesle, fils de François Le Gal, sieur de la Haye,
avocat à la Cour, et de Geneviève Aougstin,
fut pourvu vers 1672 ; il permuta avec le suivant en 1695 ; décédé à
Rennes le 10 mai 1710 et inhumé le 12 à Saint-Etienne. —
Guillaume Mellet, sieur de Roulefort, précédemment recteur de Guémené-Penfao,
gouverna peu de temps (1695-1696). — Marin Moraud du Déron (1696-1697). —
Jacques-Emmanuel de
Montalembert, docteur en Sorbonne, fut pourvu
en 1697 ; il devint vicaire général en 1725 et official en 1728. En
1729 il permuta sa cure avec le suivant contre un canonicat de Rennes, et fut nommé en 1730 archidiacre du Désert ; décédé
le 7 mai 1738. — François-Joseph Simon, prêtre de Quimper et licencié
en l'Université de Paris, ancien recteur de
Rannée, pourvu le 16 janvier 1730, prit possession le 30 ; décédé en
1744, laissant deux volumes de Prônes imprimés chez Vatar. —
Mathurin Bouvier, prêtre du diocèse, fut
pourvu le 11 janvier 1745 ; décédé âgé de quatre-vingts ans, le 12 décembre
1782. — François-Alexis-Jérôme
Després, pourvu le 19 décembre 1782, s'exila
à Jersey en 1793 ; il fut réinstallé en 1803 ; décédé le 31 août 1804.
—
Patrice-Guillaume
Guignette (1804, décédé en 1847). —
Philippe-Marie-Guy Carron (1817-1823) ; décédé évêque du Mans. —
Joseph-Marie Dartois, chanoine honoraire (1823, décédé en 1859). —
Charles-Ange-Marie Carron, chanoine honoraire (1859, décédé en 1870). — Jean-Evangéliste
Duver, chanoine honoraire (à partir de 1870), …
7° paroisse
de Saint-Hélier.
— Vers l'an 1080, Guillaume, fils de Geffroy, voulant éviter les anathèmes
lancés contre les laïques qui retenaient par droit d'hérédité les biens
ecclésiastiques, et voyant sa fille entrer dans le cloître de Saint-Georges,
donna à cette occasion aux religieuses de ce monastère une portion de la dîme
de la paroisse de Saint-Hélier, « partem decime de parrochia Sancti Helerii
». Raoul et Jean, frères du donateur, approuvèrent cette bonne œuvre de
Guillaume, dont se firent caution Guillaume et Even de Montgermont (Cartulaire
de l’abbaye de Saint-Georges, 158). Il est aussi fait mention de la paroisse
de Saint-Hélier dans plusieurs chartes du XIIIème siècle : on y signale en
1261 le Bourg neuf de Saint-Hélier, « Burgum novum de parrochia Sancti
Hellerii », et en 1297 l'hébergement de la Bouquinaye et le fief de
l'abbesse de Saint-Georges (Cartulaire de l’abbaye Saint-Georges, 241,
252, 257). Les religieuses de ce monastère reçurent aussi de bonne heure la
propriété des moulins à eau de Saint-Hélier, situés sur le bord de la
Vilaine, dans la possession desquels elles furent confirmées successivement par
les papes Alexandre III en 1164, Innocent III en 1208 et Eugène IV en 1442.
Enfin, en 1665 elles jouissaient, en outre, d'un fief appelé Bailliage de
Saint-Hélier, et s'étendant en cette paroisse et en celles de Cesson et de
Chantepie, et elles levaient un trait des dîmes de Saint-Hélier, dont elles
abandonnaient la moitié au recteur (Cartulaire de l’abbaye Saint-Georges,
170, 174, 279, 361 et 363). En 1790, les dîmes de Saint-Hélier appartenaient
à l'abbaye de Saint-Georges et au Chapitre de Rennes : l'abbaye en levait les
deux tiers, affermés 1 495 livres, et l'autre tiers, affermé 745 livres,
restait au Chapitre. C'était le chanoine occupant la dixième prébende de la
cathédrale qui présentait le recteur de Saint-Hélier. Celui-ci déclara en
1790 qu'il n'avait qu'une portion congrue de 700 livres et la jouissance du
presbytère et de son jardin, estimés 60 livres de revenu (Archives départementales
d’Ille-et-Vilaine, 1 V, 26). Ce presbytère relevait en 1682 du vicomte de
Rennes et était soumis au devoir de chevauchée ; rebâti au XVIIIème siècle
et racheté depuis la Révolution, il se trouve à côté de l'église. La
fabrique de Saint-Hélier possède un intéressant Livre de paroisse rédigé
par les recteurs de 1609 à 1790 ; notons-y ce qui suit : En 1609 on célébrait
très-solennellement le Pardon des fêtes de Pâques, pour lequel le recteur, M.
Touart, avait obtenu en 1607 des indulgences du pape Paul V ; les paroisses
voisines se rendaient processionnellement en cette occasion à Saint-Hélier,
surtout le lundi de Pâques [nota : Le dimanche de la Quasimodo, octave de
Pâques, se tenait l'assemblée de Saint-Hélier, qui subsiste encore à la fin
du XIXème siècle ; mais autrefois tous les nouveaux mariés dans l'an, hommes
et femmes ayant épousé dans l'église de Saint-Hélier, devaient comparaître
ce jour-là devant les juges de la vicomté de Rennes, « et chacun desdits
hommes doit leur présenter deux esteux blancs bien unis et sans couture qui
sont moins gros que des balles de paume ; l'un d'eux jeté par ordre desdits
juges dans la place des cep et collier de la vicomté, à vis-à-vis dudit
cimetière ; après quoy lesdits hommes mariés sautent dudit cimetière dans le
grand chemin, de la hauteur d'environ six pieds ; et les femmes comparaissent
dans ledit grand chemin et disent chaque leur chanson en dansant, le tout sous
peine de 60 sols monnoie d'amende » (Archives départementales
d’Ille-et-Vilaine). On voit par là que ce droit féodal n'appartenait point
à l'abbesse de Saint-Georges, comme le dit par erreur M. Marteville
(Dictionnaire de Bretagne, II, 591), mais au vicomte de Rennes]. — En 1610 on
jonchait l'église de paille aux fêtes de Noël et de la Toussaint, parce
qu'elle restait ouverte toute la nuit. — A cette époque on faisait de longues
processions, allant en 1620, le lundi de la Pentecôte, à Notre-Dame de la Rivière,
en Domloup ; en 1625 à Saint-Roch de Moucon, en Cesson, et à la Motte-Bruslon,
en Saint-Laurent, etc. — Les enfants de la paroisse allaient à la fin de
l'année chanter des noëls en quêtant pour l'église ; ils recueillirent ainsi
24 livres 10 sols en 1663. — Enfin, lorsque Mgr de Crissé visita l'église de
Saint-Hélier, le 1er juin 1713, il y trouva quatre prêtres attachés à son
service. Après la Révolution, Saint-Hélier ne fut rétabli en 1803 que comme
annexe de Toussaints ; elle fut érigée en succursale seulement en mars 1820 ;
mais une nouvelle ordonnance royale, datée du 9 juillet 1829, l'érigea en cure
de 2ème classe.
Note :
liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Saint-Hélier : —
Guérin, «
Guarinus sacerdos Sancti Elerii » (vers 1140). — Jehan
Bouëdrier, chanoine de Rennes, précédemment recteur de Saint-Germain (1498).
— Jean de Trélan, chanoine de Rennes et recteur de Saint-Etienne (1521). — Pierre
Martin était aussi en 1539 chapelain de Notre-Dame-du-Pilier,
en la cathédrale, et de la Freslonnière, en Saint-Sauveur. —
Julien Chevrel (1579 et 1585). — Michel
Bouasard, décédé le 19 juillet 1607 et inhumé le lendemain en la cathédrale.
— François Touart (1607). — Pierre Hattes (1609 et 1610). — Julien Bellay
(1621) ; décédé vers 1626. — Nicolas Hussenet fut présenté
par un chanoine de Rennes le 13 juin 1626 ; il fut lui-même chanoine et archidiacre de
Rennes ; décédé le 28
avril 1647 et inhumé dans la cathédrale. —
Julien Lambaré succéda
au précédent et écrivit une Légende de saint
Hélier, ajoutée à la Vie des Saints de Bretagne par Albert Le
Grand (édition de 1659) ; décédé en 1665. — Guillaume Mellet, sieur de
Roulefort, pourvu vers 1666, s'occupa de l'instruction des jeunes clercs et fit imprimer
pour eux en 1668 un Manuel
des Ordinants. — Renaud
Mellet de Plavistre (1670 et 1672). — Pierre de Bordeaux de Mesterville
(1675). — Guy-Claude Macé, prêtre du diocèse (1679), résigna vers 1718.
— François Blays, prêtre du diocèse (1718) ; décédé en 1749. — François-Henri
Hervagault, recteur de Saint-Symphorien, fut pourvu le 9 septembre 1749 et résigna
dès l'année suivante. — André-René Cosson, prêtre du diocèse, fut pourvu
le 2 octobre 1750 ; décédé le 14 janvier 1784. — Pierre-Benit
Touchet, pourvu le 26 janvier 1784, prit possession le 1er février et gouverna
jusqu'à la Révolution ; il demeura pendant la Tourmente à Rennes, y rendant beaucoup de
services, et devint
en 1803 curé de Saint-Etienne en cette ville. —
Toussaint Hillion (1803, décédé en 1811). — René-François Jamois (1811,
décédé en 1820). — Louis Rouxel, chanoine honoraire (1820, décédé en
1851). — Armand Gavouyère, chanoine honoraire (1851-1864). — Edouard
Courteille, chanoine honoraire (1864-1876). — André Hilliard, chanoine
honoraire (1876, décédé en 1878). — Eugène Carfantan, chanoine honoraire (à
partir de 1878), ….
8° paroisse
de Saint-Laurent.
— Quoique la paroisse de Saint-Laurent soit certainement ancienne, elle ne
figure cependant qu'au XIIIème siècle dans nos chartes ; il est fait mention
en 1293 de ses vignes, « vinee in parrochia Sancti Laurentii juxta Redones
»,
et on l'appelait encore au XVIème siècle Saint-Laurent-des-Vignes. En 1713 il
y avait trois prêtres attachés à cette paroisse. Le Chapitre de Rennes y
levait la dîme, valant en 1790 environ 1 706 livres de rente, et il y possédait
en outre deux champs et une prairie. Le recteur de Saint-Laurent était présenté
par le chanoine occupant la treizième prébende de la cathédrale. Ce recteur déclara
en 1790 qu'il ne recevait du Chapitre, grand décimateur, qu'une portion congrue
de 300 livres, mais qu'il jouissait en outre des dîmes novales, rapportant 100
livres, et du presbytère et de son pourpris, composé de deux vergers et de
deux jardins « pour parfaire les 500 livres, chiffre légal de toute pension
congrue ». A la même époque, la fabrique de Saint-Laurent avait trois
rentes constituées, dont la troisième, au principal de 1 200 livres sur les
Etats de Bretagne, était au profit des pauvres de la paroisse (Archives départementales
d’Ille-et-Vilaine, 1 V, 26 — Le presbytère de Saint-Laurent se trouvait
dans le fief du Chapitre, et les recteurs en rendaient aveu aux chanoines). La
paroisse de Saint-Laurent fut rétablie en 1803 comme succursale de Saint-Pierre
(nunc Notre-Dame) ; toutefois elle demeura sans recteur de 1813 à 1820.
Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Saint-Laurent : — Bertrand Duprat consentit en 1472 à la construction de la chapelle de la Motte-Bruslon. — Jehan Cheminel résigna vers 1495. — Jehan Clérot , chanoine de Rennes, fut présenté en 1495 par un autre chanoine. — Guillaume Rouault (1565). — Jean Apuril (1612) rendit aveu au Chapitre, en 1616, pour son presbytère ; décédé vers 1638. — Denis Le Loucze, diacre de Tréguier, fut présenté en 1638 ; décédé recteur de Chavagne. — François Ciron permuta avec le suivant le 10 mars 1640. — Jean Jehanne, précédemment recteur de Dompierre-du-Chemin, pourvu en cour de Rome, prit possession le 7 octobre 1640. — Pierre Gouzian, docteur en théologie (1659). Il fut vicaire général et official de l'archevêque de Tours en Bretagne, chapelain de la Magdeleine et de la Rivaudière ; décédé le 7 août 1667 et inhumé dans la cathédrale, en la chapelle du Vœu ; on y voyait encore en 1755 sa tombe et une plaque de cuivre attachée à la muraille et portant ces mots : Ossa Sebastiani Gouzian presbyteri, Hic tumulus servat in diem judicii. — Nicolas Glart (1677) ; décédé le 8 octobre 1704. — Pierre Feudé, prêtre du diocèse, pourvu le 18 décembre 1704, prit possession le 21 ; il se démit en 1735. — Joseph de la Boucherie, prêtre de Léon, fut pourvu le 14 août 1735 ; décédé âgé de soixante-dix ans, le 23 août 1744, et inhumé dans le sanctuaire de son église. — Louis Rageul, prêtre du diocèse, fut pourvu le 24 août 1744 ; décédé en 1774. — Guy-Etienne Genouel, natif de Montautour, pourvu le 11 août 1774, gouverna jusqu'à la Révolution ; décédé à Vitré en 1795 et inhumé dans un jardin de la rue Sainte-Croix, exhumé en 1840 et déposé en terre sainte. — Pierre-Louis Feudé (1803, décédé en 1813). — Jean-Marie Moranne (1820-1837). — Adrien Jolivet, chanoine honoraire (1837, décédé en 1862). — Jean-Marie Ménard (1862, décédé en 1867). — Charles Macé (1867, décédé en 1875). — Victorien Théard (1875-1883). — Célestin Moy (à partir de 1883), ...
Le village de la Bouquinais est cité dès 1297 sous le nom de Boquinée et relevait de l'Abbaye de Saint-Georges de Rennes. Le village de Sancé est cité dès le XIIème siècle. Le village de la Mettrie est cité en 1421 et celui de la Poterie est mentionné dès le XIIème siècle. Le village de Cleunay est mentionné dès 1153 comme existant déjà depuis longtemps "pretermissis antiquis cassamentis veteris ville Cloonei" (Pouillé de Rennes) : il relevait de l'Abbaye de Saint-Georges puis du Chapitre de Rennes. Lieu de réunion des Calviniste, le village de Cleunay possédait un temple incendié par les catholiques en 1654 et démoli en 1685. Le village de Quincé est cité dès 1211.
Les fourches patibulaires à quatre piliers de l'Abbaye de Saint-Georges de Rennes qui étaient primitivement près des fossés de la ville, au bas de la Motte, ont été transférées au Champ des Pendus ou de la Grande Carrée au début du XVIIème siècle. Les fourches patibulaires de la haute justice de Saint-Hélier se trouvait en 1484 dans le village du Landry.
A l'ombre des dix clochers de Rennes, les établissement religieux sont nom