Rennes : Histoire, Patrimoine, Noblesse (commune chef lieu de canton)

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RENNES

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La commune de Rennes (pucenoire.gif (96 octets) Roazhon) est chef lieu de canton. Rennes dépend de l'arrondissement de Rennes, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne).         

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de RENNES

Rennes vient de Riedones, nom de la tribu gauloise peuplant cette partie d'Armorique au IIème siècle avant Jésus-Christ. 

Placé sur un promontoire au confluent de l'Ille et de la Vilaine, le site initialement surnommé Condate est choisi par les Riedones ou Redones (dont l'un des magistrats civils connu se nomme Titus Flavius Postuminus) comme chef-lieu d'une civitas. D'après la tradition, la christianisation de l'Armorique a commencé par le pays de Rennes. Celui-ci aurait été évangélisé par saint Maximin, au Ier siècle. La tradition affirme que la première église fondée à Rennes fut dédiée au martyr romain Etienne. La légende nous apprend aussi que Suffrenius, Rambertus et Servius succédèrent à Maximin, de 67 à 163. Les trois pasteurs suivants furent martyrisés : saint Just en 180, saint Honorat en 253 et Placide en 303, Saint-Lunaire, abbé-évêque, occupa le siège de Rennes, toujours d'après la tradition, de 303 à 357. Le premier évêque connu de Rennes est Fébédolius, vers 439. Après l'incursion germanique de 275, la Civitas Riedonum (nom qui évoluera progressivement pour aboutir à la forme actuelle : Rennes) est fortifiée avec l'édification d'une muraille d'enceinte d'une longueur d'environ 1200 mètres (hauteur d'au moins 6 mètres pour une largeur de 3,5 à 4 mètres). L'enceinte d'un peu moins de 9 hectares délimite le coeur de la cité médiévale et en constitue jusqu'au XVème siècle la seule défense. Cette cité médiévale est le siège d'un évêché dès le Vème siècle. Au VIIIème siècle, Rennes fait partie de la marche instaurée par Pépin le Bref pour servir de zone-tampon entre le royaume franc et les Bretons installés à l'ouest. En 875 et en 920, l'abbaye Saint-Melaine est pillée par les Normands. 

Au XIIIème siècle, les édifices de culte se réduisent à la cathédrale Saint-Pierre, à l'oratoire du manoir épiscopal, à l'église Saint-Sauveur et à  cinq petites chapelles disséminées à l'intérieur de l'enceinte fortifiée de Rennes : les chapelles Saint-Denis (XIIIème siècle), Saint-Martin (1231), Saint-Moran (1224), Saint-Michel (1103) et Notre-Dame de la Cité. A ces édifices, il faut encore ajouter l'hôpital Saint-Yves, fondé en 1358, par Eudon La Bouteiller. L'essor urbain des XIVème et XVème siècle se traduit par la reprise de la première fortification et l'édification de deux nouvelles enceintes : la ville neuve au nord de la Vilaine et la nouvelle ville au sud. Au XVème siècle la ville de Rennes est administrée par un procureur des bourgeois, renouvelé tous les ans, qui prend le titre de procureur-syndic à partir de 1568. Le titre de maire apparaît à la fin du XVIIème siècle.

Les fiançailles de la duchesse Anne de Bretagne, avec le roi Charles VIII, célébrées dans la chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, en 1491, sonnent le rattachement de la Bretagne à la France officialisé en 1532 par le Traité d'Union. En 1561, l'installation du parlement de Bretagne, créé par Henri II en 1554, consacre la ville dans son rôle de capitale de Bretagne. La fronde parlementaire, qui débute avec la révolte du papier timbré en 1675 et l'exil du parlement à Vannes jusqu'en 1690, se poursuit en 1765 par l'affaire de La Chalotais (procureur général). Le grand chantier du parlement a duré un siècle (1618-1706). L'incendie du 29 décembre 1720 ampute le cœur de la ville de Rennes de 33 rues et 900 maisons en pans de bois. L'ingénieur Isaac Robelin (directeur des fortifications de Bretagne), puis Jacques V. Gabriel (architecte du roi) à partir de 1724, sont chargé de la reconstruction.

En 1790, Rennes compte 10 paroisses : Saint-Aubin (4 000 personnes), Saint-Etienne (5 000 à 6 000 personnes), Saint-Pierre-en-Saint-Georges (environ 1 000 personnes), Saint-Germain (7 000 à 8 000 personnes), Saint-Hélier (2 000 personnes), Saint-Jean (2 000 personnes), Saint-Laurent (2 000 personnes), Saint-Martin (2 000 personnes),  Saint-Sauveur (2 000 personnes) et Toussaints (8 000 à 10 000 personnes). A la restauration du culte en 1803, huit paroisses seulement sont reconstituées à Rennes : Saint-Pierre, renfermant le territoire des anciennes paroisses de Saint-Jean et de Saint-Pierre en Saint-Georges, et devenu Notre-Dame en 1844, - Saint-Etienne, - Saint-Sauveur, - Toussaints, - Saint-Aubin, formé des anciennes paroisses de Saint-Aubin et Saint-Martin, - Saint-Germain, - Saint-Hélier, - et Saint-Laurent. De ces paroisses, les quatre premières, érigées en 1803 en cures cantonales, sont devenues en 1859 chefs-lieux des doyennés de mêmes noms ; - les trois suivantes ont été faites cures, l'une de première classe, les deux autres de deuxième classe, - et la dernière est restée succursale.

Le Pouillé de Rennes (Guillotin de Corson) nous donne des informations sur chacune de ces paroisses (en les prenant telles qu'elles existent actuellement et dans l'ordre alphabétique, commençant toutefois par les chefs-lieux de doyenné ; nous rattacherons à chacune d'elles ce qui concerne les anciennes paroisses qu'elles ont remplacées.

paroisse de Notre-Dame. — Cette paroisse ayant remplacé d'abord Saint-Jean, puis Saint-Pierre, et renfermant aussi l'ancien territoire de Saint-Pierre en Saint-Georges, nous commencerons par parler de chacune de ces trois paroisses, aujourd'hui disparues.

- A. ancienne paroisse de Saint-Jean. — Si l'on considère l'antiquité de l'abbaye de Saint-Melaine, dont la fondation est certainement antérieure à l'an 650, l'on est amené à croire que Saint-Jean, paroisse de ce monastère, devait également remonter à une époque très-reculée. Saint-Jean dépendit toujours, en effet, des Bénédictins de Saint-Melaine ; leur abbé en présentait le recteur, pris souvent jusqu'au XVIIème siècle parmi ces religieux eux-mêmes. Nous croyons donc que l'établissement de Saint-Jean se rattache aux premières origines paroissiales de Rennes. Toutefois, son existence n'est constatée dans nos chartes que vers le XIème siècle. Le Livre blanc de Saint-Florent mentionne, en effet, du temps de Gervais, nommé abbé de Saint-Melaine en 1081, l'église paroissiale de Saint-Jean, voisine dès lors de l'église abbatiale de Saint-Melaine. Au siècle suivant, nous voyons en 1158 Josse, archevêque de Tours, en 1170 Etienne, évêque de Rennes, et en 1185 le pape Luce III confirmer suc­cessivement les religieux de Saint-Melaine dans la possession de l'église Saint-Jean-Baptiste de Rennes, « ecclesiam Sancti Joannis Baptistœ Redonensis » (Cartulaire de l’abbaye de Saint-Melaine). Le recteur de Saint-Jean habitait au haut de la rue Saint-Melaine la maison existant encore au n° 38 ; ce presbytère et son jardin dépendaient de l'abbaye à charge pour le recteur d'une rente de 20 deniers monnaie, du devoir de chevauchée le jour de la foire aux Oignons, et d'obéissance envers l'abbé de Saint-Melaine. Lorsque Mgr de Crissé visita la paroisse Saint-Jean le 30 mai 1713, il s'y trouvait neuf prêtres. Le dernier recteur de Saint-Jean, M. Quéru de la Coste, déclara en 1790 qu'outre la jouissance du presbytère, son bénéfice valait 1 048 livres de rente, savoir : une pension congrue que lui payait l'abbé de Saint-Melaine, 500 livres ; — sa part des fondations, 188 lires ; — sa part du casuel, 300 livres ; — enfin, la chapellenie de Plaisance, dont il était titulaire, située sur le terrain des Visitandines, qui lui payaient pour cela une rente de 60 livres. Mais sur ce revenu brut de 1 048 livres le recteur de Saint-Jean devait acquitter cent une messes fondées, payer les décimes, entretenir son presbytère, etc. (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 1 V, 26). En dehors de leur monastère, les moines de Saint-Melaine possédaient à la même époque dans la paroisse Saint-Jean : — la chapelle de Saint-Just, déjà sécularisée et affermée 60 livres ; — la maison de l'Aumônerie et la terre des Mothais, 115 livres ;  — le jardin de l'Aumônier, près la Barre-Saint-Just, 18 livres , — et le four à ban de la rue Saint-Melaine, 150 livres (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 1 V, 26).  

Note : liste non exhaustive des recteurs de l'ancienne paroisse de Saint-Jean : Jehan Noblet, témoin âgé de quarante ans en 1323. Jehan Raberge, témoin en 1345. Jehan Biet rendit aveu aux moines de Saint-Melaine, le 6 juillet 1426, pour son presbytère, sis rue Saint-Melaine. Georges Rouault (1570). — Julien Gobery, recteur en 1601, obtint l'année suivante de l'abbé de Saint-Melaine permission de bâtir une sacristie à Saint-Jean ; décédé en 1624 et inhumé le 10 juin en son église par les moines de l'abbaye. — Dom Julien Riou, bénédictin de Saint-Melaine, succéda au précédent en juin 1624. Dom Alain Madic était également moine de Saint-Melaine (1649) ; décédé en 1657 et inhumé le 29 août en l'église abbatiale. Dom Jean Bertault, bénédictin de l'abbaye de Rouillac, au diocèse de Cahors, fut présenté par l'abbé de Saint-Melaine le 22 septembre 1657 ; mais dom Noël de Montalembert, ancien religieux de Saint-Melaine, se fit également pourvoir ; ni l'un ni l'autre ne demeurèrent. — Julien Coueffé se fit, en effet, pourvoir en cour de Rome et prit possession le 1er septembre 1658 ; il fut maintenu contre les précédents par un arrêt du grand conseil daté du 21 mai 1659, puis résigna en faveur du suivant, avec réserve d'une pension. — Christophe Anger, pourvu vers 1662, fit en 1665 une transaction au sujet de son presbytère et devint chanoine théologal de Dol en 1666 ; il demeura néanmoins à Rennes, perdit sa prébende et eut à combattre un certain Gervais, qui se disait publiquement en 1670 et 1671 « prestre compétiteur et ennemi du recteur » ; il finit par résigner en faveur de son neveu, qui suit. — Julien-André Anger de la Haye prit possession le 27 mars 1687. Julien Gédouin de la Dobiais, fils de René marquis de la Dobiais et d'Elisabeth de Montclair, prit part au synode de 1701 ; décédé vers 1707. Yves-Georges Bouros, né à Rennes en 1672 de René Bouros, maître fourbisseur, et de Michelle Sureau, remplaça le précédent le 11 février 1707 ; il fonda des messes et des saluts dans son église en 1727 ; décédé âgé de quatre-vingt-huit ans, le 9 juillet 1760. — Gilles-Pierre Bertin fut pourvu le 13 juillet 1760 ; décédé en 1776. — Pierre Quéru de la Coste, pourvu le 5 septembre 1776, gouverna jusqu'à la Révolution et fut député à l'Assemblée nationale.

 - B. ancienne paroisse de Saint-Pierre en Saint-Georges. — Il est fait mention pour la première fois de l'église de Saint-Pierre du temps de Triscan, abbé de Saint-Melaine vers la fin du Xème siècle ; dès cette époque reculée c'était une église paroissiale, « signo apud parochialem Sancti Petri ecclesiam sonante » (Vita Sancti Melanii, apud Bolland., I, 334). Il semble qu'à l'origine elle dépendait même d'un monastère. En 1032, Alain III, duc de Bretagne, et la duchesse Havoise, sa mère, du consentement du comte Eudon, donnèrent cette église, appelée alors Saint-Pierre-du-Marché, « ecclesiam Sancti Petri de Marcheil », à l'abbesse et aux religieuses de Saint-Georges ; ils stipulèrent toutefois que celles-ci ne jouiraient de cette église qu'après la mort d'un certain Ratfred, qui la possédait alors. En faisant ce don à Saint-Georges, le duc Alain III et sa mère concédèrent en même temps à ce monastère un droit de bouteillage consistant en ceci : Tout habitant de Rennes qui vendait vin dans les limites du cimetière de Saint-Pierre-du-Marché devrait à Saint-Georges la redevance d'une bouteille sur chaque tonneau plein, et d'une demi-bouteille sur chaque demi-tonneau. Le Cartulaire de Saint-Georges renferme le récit d'un procès qui eut lieu vers 1050 au sujet de cette redevance, contestée aux religieuses par deux bourgeois de Rennes, nommés Grossin et Thescelin, « en proie aux feux de l'envie et de l'avarice ». Le duc Conan, neveu de l'abbesse Adèle, fit justice de la mauvaise foi de ces bourgeois récalcitrants et maintint ferme les Bénédictines dans leur droit (Cartulaire de l’abbaye Saint-Georges, 102 et 103). Les papes Alexandre III en 1164, Innocent III en 1208 et Eugène IV en 1442 confirmèrent successivement l'abbaye de Saint-Georges dans la possession de l'église Saint-Pierre-du-Marché et de toutes ses dépendances, « ecclesiam Sancti Petri de Foro cum omnibus pertinenciis suis » (Cartulaire de l’abbaye Saint-Georges, 169, 172 et 279). Nous verrons plus loin que l'église de Saint-Pierre-du-Marché étant tombée en ruine au XIIIème siècle, les religieuses de Saint-Georges abandonnèrent aux paroissiens une portion de leur église abbatiale ; c'est à partir de cette époque que la paroisse prit le nom de Saint-Pierre en Saint-Georges. Cette paroisse comprenait une partie des rues avoisinant l'abbaye de Saint-Georges ; en dehors de la ville elle se divisait en quatre traits, appelés la Sirenne, les Grandes-Cours, Joué et la Lande-Morin. Lors de la visite épiscopale de Mgr de Crissé, le 31 mai 1713, elle renfermait onze prêtres. L'abbesse de Saint-Georges levait à la douzième gerbe toutes les dîmes de la paroisse de Saint-Pierre en Saint-Georges ; elle présentait aussi le recteur et lui fournissait une pension consistant, en 1633, en 43 boisseaux de froment et une pipe trois quarts de vin breton. En 1790, cette redevance en nature était remplacée par une somme de 1 050 livres que l'abbesse payait au recteur de Saint-Pierre et à son curé pour leurs portions congrues (Archives d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 63 ; 1 V, 26. — M. Marteville dit dans son Dictionnaire de Bretagne, II, 589 que le recteur de Saint-Pierre devait à l'abbesse de Saint-Georges une couronne de fleurs, le dimanche dans l'octave de l'Ascension ; il la lui offrait à la grille du choeur et recevait en échange 3 livres de l'abbesse).

Note : liste non exhaustive des recteurs de l'ancienne paroisse de Saint-Pierre en Saint-Georges : — Guérin, « Guarinus sacerdos Sancti Petri de Foro » (1153). — Georges Fauvel fonda, le 15 mars 1448, la chapellenie de Saint-Yves dans l'église abbatiale de Saint-Georges. — Georges Rouaud figure en diverses chartes en 1477 et 1485. — R... Le Conte donna en 1521 à son église un calice d'argent doré, conservé encore en 1675, et portant cette inscription gravée sur le pied : R. Le Conte, rectour de S. Georges, m'a donné céans l'an M Vc XXI. — Jean Bigot, chanoine de Rennes (1566). — Yves Mordret (1571). — Jean Mordret, prêtre du Mans, fut présenté par l'abbesse de Saint-Georges, le 20 septembre 1575, pour remplacer le précédent. — Julien Gilles, recteur en 1598 ; décédé le 19 février 1608. — Jean Thorry dut succéder an précédent ; il se démit le 30 juillet 1621 ; décédé peu après. — Pierre de la Noë se démit le 29 juin 1632 ; décédé le 15 septembre suivant. — Jean Théaud, prêtre de Saint-Malo, fut présenté le 29 juin 1632 ; décédé en août 1644. — Jean Quenouillère fut présenté le 12 août 1644 ; décédé le 26 mars 1675 et inhumé le 27 à Gévezé, sa paroisse natale. — Julien Roussigneul, natif de Fougères, présenté le 27 mars 1675, prit possession le 6 avril ; il fit diverses fondations en son église; décédé le 11 septembre 1711. — François Doucet, prêtre du diocèse, succéda au précédent et résigna en faveur du suivant ; décédé âgé de soixante-quatorze ans, le 9 février 1735, et inhumé le 10 en son église. — Joseph Doucet, prêtre de Vannes, fut pourvu le 27 avril 1734 ; décédé âgé de soixante-dix-neuf ans, le 27 septembre 1776. — Joseph-Joachim Doucet, précédemment recteur de Domloup, présenté le 31 décembre 1776, fut pourvu le 3 janvier 1777 ; décédé  âgé de trente-six ans, le 21 avril 1778. — François-Antoine Bossard, né à Montours de Guillaume Bossard et de Renée Giboire, le 5 février 1747, fut présenté par l'abbesse de Saint-Georges le 2 mai 1778 ; pourvu le 8 mai, il prit possession le 11 et gouverna jusqu'à la Révolution.  

- C. ancienne paroisse de Saint-Pierre. — La Révolution détruisit la paroisse Saint-Jean. En 1803, le territoire de celle-ci, augmenté de la plus grande partie de la paroisse Saint-Pierre en Saint-Georges, également supprimée, fut de nouveau reconstitué en paroisse ; mais comme l'église de cette nouvelle paroisse dut servir en même temps — provisoirement au moins — d'église cathédrale, on lui donna pour titulaire saint Pierre, patron du diocèse. Il en résulta que cette paroisse érigée en 1803 prit elle-même le nom de Saint-Pierre, qu'elle conserva jusqu'en 1844. C'est ainsi qu'il y eut à Rennes, durant ce laps de temps, un curé de la cathédrale, fait complètement anormal chez nous. En 1844, l'ancienne cathédrale ayant été reconstruite, l'évêque et le Chapitre quittèrent l'église paroissiale où ils officiaient depuis 1803, et reprirent possession de leur propre église. L'évêque et les chanoines partis, la paroisse qu'ils aban­donnaient se trouva sans titulaire, la cathédrale reprenant naturellement son titre de Saint-Pierre. Ce fut alors que le curé, M. Meslé, sollicita de l'ordinaire la permission de dédier son église paroissiale à la Sainte Vierge. Mgr Saint-Marc y consentit, et par ordonnance datée du 8 avril 1814 il lui donna le nom de Notre-Dame de Rennes (nota : Ce titre fut approuvé par le Souverain-Pontife, et plus tard l'église de Notre-Dame de Rennes fut affiliée par Sa Sainteté, le 13 novembre 1859, à la basilique romaine de Sainte-Marie-Majeure, avec participation aux indulgences, privilèges et pré­rogatives de cette église insigne). Mais comme cette église n'était, en réalité, que l'ancienne église abbatiale de Saint-Melaine, elle est plus connue du peuple sous le nom de Notre-Dame en Saint-Melaine. C'est aussi de cette façon que l'on désigne ordinairement à Rennes la paroisse dont nous nous occupons. Nous venons de dire qu'elle renferme en grande partie le territoire des anciennes paroisses de Saint-Jean et de Saint-Pierre en Saint-Georges et qu'elle est chef-lieu du doyenné de Notre-Dame de Rennes.

paroisse de Saint-Etienne. — Cette paroisse était jadis considérée comme la première et la plus ancienne de Rennes. Lorsqu'un nouvel évêque prenait possession de son siège il devait, avant d'entrer dans sa cathédrale, se rendre à Saint-Etienne et y prêter entre les mains du recteur un serment de fidélité aux coutumes du diocèse. Le recteur de Saint-Etienne avait toujours d'ailleurs la première place parmi les recteurs aux processions générale (nota : Après lui marchaient, dans le dernier siècle, le recteur de Toussaints, puis celui de Saint-Germain. Les sept autres recteurs se plaçaient par ordre d'ancienneté, suivant la date de leur prise de possession. On voit que cet ordre de préséance différait complètement de celui admis en 1415, sauf pour le recteur de Saint-Etienne occupant de tout temps le premier rang) ; il était appelé le premier au synode, et c'était chez lui que se réunissaient les autres recteurs de Rennes quand des affaires communes d'administration exigeaient qu'ils s'assemblassent. Cependant le recteur de Saint-Etienne, présenté par l'un des membres du Chapitre de Rennes, n'était considéré à l'origine que comme un vicaire perpétuel, le Chapitre se réservant en cette paroisse les droits de recteur primitif. Dès le XIIème siècle, en effet, le pape Alexandre III (1159-1181) confirma les chanoines de Rennes dans la possession de l'église Saint-Etienne, de ses dîmes et de ses autres dépendances, « ecclesiam Sancti Stephani Redonensis cum decimationibus et aliis appendiciis suis ». (Necrol. Sancti Petri Redon.). La présentation de la cure de Saint-Etienne, bénéfice monoculaire, fut attribuée au chanoine de Rennes jouissant de la quatrième prébende. Pour maintenir ses droits à Saint-Etienne, le Chapitre se rendait assez fréquemment en cette paroisse : il y allait en procession et y chantait la grand'messe le jour Saint-Etienne (26 décembre) ; il y recueillait même ce jour-là la moitié des oblations faites au maître-autel ; il y retournait processionnellement chanter la grand'messe à la fête de saint Grégoire (12 mars) et y faisait la procession des Rameaux le dimanche des « Pasques fleuries ». A la Quasimodo, nouvelle assemblée de l'évêque et de ses chanoines dans l'église et le cimetière de Saint-Etienne, pour le jeu des pelotes et pour recevoir deux florins et demi d'or que le recteur devait au Chapitre. Enfin le 3 août, fête de l'Invention du corps de saint Etienne, le Chapitre allait en procession dire la grand'messe à l'autel de la Vierge en l'église Saint-Etienne (nota : Au siècle dernier, les recteurs de Saint-Etienne cherchèrent à se soustraire à cette autorité du Chapitre dans leur église ; le 26 décembre 1761, notamment, le recteur, M. de Châteaubriant, fit dire une grand'messe paroissiale avant l'arrivée des chanoines, n'alla point leur présenter l'eau bénite et refusa de quitter son étole pastorale pendant la grand'messe chantée par le Chapitre. Il fut poursuivi pour cet acte de rébellion et condamné à rendre aux chanoines les devoirs accoutumés. Un arrêt du Parlement, daté du 15 juin 1763, défendit même à tous les recteurs de Rennes de porter l’étole, malgré le Chapitre, aux processions générales et à la cathédrale). Les chanoines abandonnèrent au recteur de Saint-Etienne toutes les dîmes qu'ils levaient en cette paroisse pour lui tenir lieu de portion congrue. En 1790, le recteur, M. de Forsanz, déclara qu'il jouissait de ce qui suit : le presbytère et son jardin, situés près de l'église Saint-Etienne, joignant au Midi la rue d'Echange, à l'Ouest le cimetière Saint-Etienne et à l'Est le jardin de Bonne-Nouvelle ; — la totalité des dîmes de la paroisse, valant de 1 800 livres à 2 000 livres ; — une rente foncière de 19 livres 12 sols 6 deniers sur le terrain de Mauvinet, près de Saint-Cyr ; — et un casuel estimé 400 livres. C'était un total brut d'environ 2 400 livres. Mais les charges consistaient en la pension de deux vicaires, le paiement des décimes et l'entretien du chanceau et du presbytère (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 54 ; I V, 26. — La fabrique de Saint-Etienne avait aux siècles derniers le droit de faire la quête à la porte de la cathédrale pendant tout l'Avent, et le lundi des Rogations à Saint-Cyr, lorsque le Chapitre y venait en procession). La paroisse Saint-Etienne renfermait autrefois le territoire de Bréquigny, et la chapelle de ce manoir fut pendant quelque temps considérée comme vicariale ; nous en reparlerons plus loin.   

Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Saint-Etienne : Guillaume, « Guillermus capellanus Sancti Stephani », témoin en 1158. Jean de Gahard consentit en 1237 à céder la chapelle Saint-Martin aux moines de Paimpont. Jean Fordoux, chanoine de Rennes, décédé en 1317, le lundi avant la Saint-Benoît, fut inhumé le jour même de cette fête dans la cathédrale, où il avait fondé son anniversaire. Robert de Lorrie ou de Loine consentit en 1358 à la fondation de l'hôpital Saint-Yves, établi dans sa paroisse. Pierre Breczaud, recteur en 1413, « persona ecclesie Sancti Stephani », fonda dans la cathédrale son obit, valant 100 sols de rente. Nicolas Brochart (1435). Pierre Buttault (1438). Georges de Coëtlogon (1474 et 1482). Jean de Trélan donna en 1525 un capital de 1 300 livres aux hôpitaux Saint-Yves et Sainte-Anne. Chanoine de Rennes et recteur de Saint-Hélier en même temps que de Saint-Etienne, il fut inhumé dans la cathédrale. — Jehan Le Bigot, chanoine de Rennes (1544 et 1558). — Jean Tual (1564). — Jean Le Tournoux (1578) ; décédé le 6 février 1580 et inhumé le 7 dans son église. Pierre Alleaume, chanoine de Rennes, était en 1597 gardien des hôpitaux réunis Saint-Yves et Sainte-Anne ; il fit en 1612 la fondation d'une messe en son église et gouverna jusqu'en 1632. Pierre de Lorgeril, fils de Charles de Lorgeril, seigneur de Folliderec, et de Louise de Rondier, fut pourvu en 1632 et résigna en 1675. — Pierre Monnerays ou de la Monneraye était fils de Pierre Monnerays, sieur de Mézières, conseiller au Présidial, et de Gabrielle Bourgonnière. Bachelier en Sorbonne et recteur de La Bazouge-du-Désert, il succéda au précédent en 1675 ; il fit en 1697 enregistrer ses armoiries : d'or à une bande de gueules chargée de trois têtes de lion arrachées d'argent, accompagnée de deux dragons d'azur ; décédé âgé de cinquante-deux ans, le 30 janvier 1698. — Louis-Marcel Bourdais , précédemment recteur de Chantepie, fut pourvu en 1698 ; décédé en 1700. — Jacques Le Loué, prêtre de Tréguier, docteur en théologie, fut pourvu le 17 novembre 1700 ; il eut en 1707 un procès avec le Chapitre au sujet des inhumations ; décédé en 1743 et inhumé le 26 octobre dans le choeur de son église. — Jean-Marie Boutin, prêtre de Saint-Malo, doyen de la collégiale de Saint-Annian, au diocèse de Bourges, fut pourvu le 19 décembre 1743 ; il se démit l'année suivante. — Grégoire de Marquez, prêtre de Nantes et docteur en théologie, fut pourvu le 24 décembre 1744 ; il devint chanoine de Vannes et résigna sa cure en 1748. — Charles-Hilaire de Châteaubriant, prêtre de Saint-Brieuc et recteur de Saint-Germain-de-la-Mer, en ce diocèse, fut pourvu le 25 décembre 1748 ; il permuta avec le suivant en 1767. — Joseph-Eléonore de Forsanz du Houx, seigneur de Lesnen, licencié en droit, prêtre de Saint-Malo, précédemment recteur de La Bazouge-du-Désert, fut pourvu le 2 juin 1767 ; il établit en 1776 un Bureau de charité dans sa paroisse et gouverna jusqu'à la Révolution. — Pierre-Benit Touchet (1803, décédé en 1807). Julien-Mathurin Hunault (1808, décédé en 1816). François Percevaux (1817, décédé en 1824). Louis-Jean Robiou de la Tréhonnais (1824-1836), devenu évêque de Coutances. Pierre Panaget, chanoine honoraire (1836, décédé en 1872). Pierre Blanchet, chanoine honoraire (à partir de 1872), ....

paroisse de Saint-Sauveur. — Il est fait mention dans une charte de la fin du XIIème siècle de l'église de Saint-Sauveur, située dans l'enceinte de Rennes : « Actum est hoc ante ecclesiam Sancti Salvatoris in urbe Redonensi ». Au siècle suivant cet édifice appartenait au Chapitre de Rennes, qui en fit don en 1230 à l'abbaye de Saint-Georges, parce que l'abbesse de ce monastère s'engagea à reconstruire l'église paroissiale de Saint-Pierre-du-Marché ; les chanoines délaissèrent en même temps à cette abbesse le droit de présenter le prêtre chargé du service de la chapelle («  Dedimus capellam Sancti Salvatoris de civitate Redonensi, et tantum ejusdem capelle jus patronatus quod ad nos pertinebat » - Cartulaire de l’abbaye de Saint-Georges, 219). Mais le Chapitre de Rennes continua de s'intéresser à Saint-Sauveur. En 1323 il y faisait trois processions solennelles aux trois jours de fête de la Sainte-Trinité, « in tribus festivitatibus Trinitatis vadat processio (Sancti Petri Redon.) ad Sanctum Salvatorem ». Il s'y rendait également le jour de la Transfiguration et à la fête de saint Jean l'Evangéliste (Necrol. Sancti Petri Redon.). Dans son très-curieux Inventaire ms. des archives de Saint-Sauveur, Languedoc a prétendu que Saint-Sauveur fut de bonne heure, dès le XIIIème siècle au moins, érigée en paroisse. « C'estoit, dit-il, l'unique paroisse de la Cité, ayant son recteur particulier, sa fabrice, ses fonts baptismaux, l'administration des sacrements et généralement tous les autres attributs des paroisses les plus qualifiées et les plus estendues ; aussy est-elle dénommée telle dans le plus grand nombre des actes anciens (tant au XIVème qu'au XVème siècle) où sont référés quantité de dons de rentes faits avec attribution d'une moitié d'icelles au recteur » (Inventaire ms. des archives de Saint-Sauveur – Archives départementales d’Ille-et-Vilaine). Examinons un peu toute cette série d'assertions et voyons si elles sont fondées. Il est certain qu'au XIIIème siècle la Cité de Rennes, c'est-à-dire la ville cernée de murailles, n'avait pas d'église paroissiale dans son enceinte si Saint-Sauveur n'était qu'une chapelle ; outre celle-ci cette enceinte ne renfermait, en effet, que la cathédrale et plusieurs petits sanctuaires qui n'ont jamais prétendu aux honneurs paroissiaux (nota : Rennes eut successivement trois enceintes de murs : la première, entourant ce qu'on appelait la Cité, était fort exigus ; d'origine gallo-romaine, elle fut relevée d'abord au IXème siècle, puis au XIIème siècle ; elle n'avait que quatre portes, nommées Jacquet, Baudraère, Aivière et Mordelaise ; — la deuxième enceinte, comprenant les rues à l'Est de la Cité, eut quatre nouvelles portes (outre la porte Saint-Michel ouverte dans l'enceinte primitive lorsqu'on rasa le château de Bennes) : ce furent les portes aux Foulons, Saint-Georges, Saint-Germain et de Vilaine ; elle fut bâtie de 1422 à 1448 ; — enfin la troisième enceinte réunit aux précédentes tout le quartier méridional au-delà de la Vilaine ; élevée dans la seconde moitié du XVème siècle et le commencement du XVIème, elle eut trois nouvelles portes : de Villeblanche, de Toussaints et du Champ-Dolent. Dans la première enceinte il n'y avait donc point à l'origine d'église paroissiale ; dans la seconde étaient Saint-Germain et Saint-Pierre en Saint-Georges ; dans la troisième se trouvait Toussaints. Toutes les autres églises étaient hors les murs.). Mais rien n'obligeait à avoir une église paroissiale dans cette enceinte renfermant la cathédrale, église-mère du diocèse entier. Languedoc se trompe d'ailleurs quand il affirme que Saint-Sauveur avait son recteur particulier, car les noms qu'il cite de Bertrand de Moucon (1310), de Louis Cadier (1578), etc., appartiennent à des recteurs de Toussaints. Quant aux fonts baptismaux, Languedoc avoue lui-même quelque part qu'ils ne furent établis à Saint-Sauveur qu'en 1424, preuve que jusqu'alors cette église ne jouissait pas du droit essentiellement paroissial de conférer le sacrement de baptême. L'existence d'une fabrique et l'administration des autres sacrements ne prouvent rien non plus en faveur de la thèse de Languedoc ; la plupart des chapelles frairiennes jouissaient de ces privilèges. Il en est de même des legs faits au recteur de Saint-Sauveur, qui n'était autre que celui de Toussaints considéré dans ses rapports avec Saint-Sauveur. La preuve indiscutable que Saint-Sauveur n'était pas une paroisse, c'est que le Livre des Usages de l'Eglise de Rennes ne met point le recteur de Saint-Sauveur au nombre des « neuf recteurs de Rennes », dont il parle plusieurs fois, et ne mentionne jamais Saint-Sauveur que comme une simple chapelle. Bien plus, dans l'ordre observé en 1415 pour le portement des reliques de saint Golven, comme il y avait cinq processions et seulement neuf recteurs, il est dit que le cinquième jour le recteur de Saint-Germain se trouvant seul à porter le saint corps, le Chapitre devait nommer quelqu'un pour lui aider ; s'il y eût eu alors un recteur de Saint-Sauveur, ce besoin de recourir à un étranger n'eût point eu lieu. Il en résulte donc que Saint-Sauveur n'était pas paroisse au XVème siècle ; il en était de même au XVIème siècle, puisque nous possédons les registres baptismaux de Saint-Sauveur depuis 1501 et qu'il ne s'y trouve aucun nom de recteur avant 1667 (nota : On y voit, en revanche, l'installation, le 27 février 1555, du curé Jean Le Songeoulx, chargé de desservir l'église : « Nos Joannes Somniator presbyter Redon. diœces. de parochia Tresboyensi, curam ac primiciam in sacra œde Sancti Salvatoris suscepimus » - Note ms. de M. Saulnier). Voici donc notre conclusion : les religieuses de Saint-Georges, possédant dès 1164 Toussaints, jouissaient de cette église depuis assez longtemps déjà, lorsqu'elles reçurent la chapelle Saint-Sauveur. Comme les origines paroissiales de Toussaints sont également fort obscures, on ne peut rien préciser ; il est toutefois vraisemblable que cette dernière paroisse existait en 1230. Aussi l'abbesse de Saint-Georges, qui présentait le recteur de Toussaints, le chargea-t-elle de desservir en même temps Saint-Sauveur dont le patronage venait de lui être donné. Le recteur de Toussaints dut accepter avec d'autant plus d'empressement que son église paroissiale se trouvait alors hors les murs de Rennes. Mais à cause de l'importance relative de l'église Saint-Sauveur, il prit le titre de recteur de Toussaints et de Saint-Sauveur, parfois même celui de recteur de Saint-Sauveur tout simplement, quand il s'agit surtout des intérêts de cette dernière église ; puis, par la force même des choses, à la suite de l'augmentation de la population rennaise et de l'agrandissement de l'enceinte murale, il permit peu à peu de faire à Saint-Sauveur la plupart des fonctions curiales et commit à cet effet un curé et quelques autres prêtres. Les choses étaient en cet état lorsqu'en 1632 les habitants de Saint-Sauveur demandèrent leur séparation de Toussaints ; l'évêque se prononça en leur faveur ; mais le recteur de Toussaints, fort mécontent, en appela de cette sentence et fit continuer la procédure que termina un arrêt définitif du Parlement de Bretagne, daté du 7 octobre 1667 et consacrant la disjonction de Saint-Sauveur et de Toussaints. L'ordinaire n'attendit pas toutefois cet arrêt pour continuer d'agir en faveur de Saint-Sauveur : ayant obtenu dès le 5 avril 1667 le consentement de l'abbesse de Saint-Georges, — qui se réserva la présentation du recteur et stipula que ses paroissiens le logeraient et le nourriraient, — l'évêque érigea l'église de Saint-Sauveur, « cy-devant trève et fillette de Toussaints », en église paroissiale, et conféra la nouvelle cure, le 24 avril 1667, à Nicolas Le Febvre, que lui présenta l'abbesse de Saint-Georges (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 67). Dès 1539 la fabrique de Saint-Sauveur possédait un presbytère situé dans la rue de la Miterie (nunc rue de Montfort), à l'Ouest et vers la rue du Four-du-Chapitre. François de Keraldanet, recteur de Toussaints, fut alors condamné à y faire pour 140 livres de réparations. Mais la fabrique de Tous­saints réclamait de son côté la propriété de cette maison ; elle en rendit même aveu au roi en 1554, disant toutefois que « en ceste maison presbytérale le subcuré dudit Toussaint servant à la chapelle de Sainct-Saulveur est demeurant », mais que « le recteur dudit Toussaint et son vicaire en disposent comme bon leur semble » (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 67 – Ce presbytère est mentionné dès 1445 ; les recteurs de Toussaints rendirent encore aveu pour cette maison en 1516 et 1645). Cependant le premier recteur de Saint-Sauveur, M. Le Febvre, prit possession le 24 avril 1667 de ce presbytère, et il paraît qu'il demeura définitivement à la fabrique de Saint-Sauveur ; celle-ci le fit reconstruire et l'échangea en 1693 avec l'archidiacre du Désert contre la maison de son archidiaconé, dont l'emplacement était nécessaire à la reconstruction de l'église Saint-Sauveur. La fabrique de Saint-Sauveur fit vers le même temps bâtir près de l'église une maison qu'elle céda comme logement à son recteur, s'y réservant seulement une salle basse pour tenir ses délibérations. Elle s'engagea aussi, le 8 août 1691, à payer une pension de 100 livres à ce recteur et à acquitter ses décimes. Mais en 1790 cette pension était de 300 livres, et le recteur, M. Le Barbier, déclara qu'avec ses messes et sa part d'honoraires et de casuel il se faisait un revenu de 1 283 livres 11 sols, en y comprenant sa pension et la location d'une baraque proche l'église affermée 60 livres. Toutefois il était obligé de donner 200 livres à son vicaire, et comme il affermait 250 livres le presbytère proche l'église, il habitait rue Du Guesclin un appartement qu'il louait 400 livres (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 1 V, 26). On possédait aux siècles derniers les Comptes des trésoriers de Saint-Sauveur depuis 1388, et Languedoc nous en a laissé un intéressant résumé (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine – Languedoc a aussi dressé la liste des trésoriers de Saint-Sauveur depuis 1391 ; elle a été publiée par le P. Fautrel à la suite de son Histoire de Notre-Dame des Miracles). Nous en extrayons quelques notes : En 1407, première mention de la distribution du pain bénit. — 1450, achat d'un grand crucifix et des statues de Notre-Dame et de saint Jean, le tout posé sur une poutre traversant le milieu de l'église. — 1484, dorure du sacraire, qui était une pyramide de quinze pieds de haut. — 1493, premières orgues. — 1512, mention de « six pardons célébrés en l'église et augmentation d'iceux par l'évesque ». — 1520, tenture de « grant nombre de tapisseries en ladite église ès jours de festes solemnelles » ; mention de « quatre charretées de paille pour servir à ladite église à mettre et esvailler en icelle », de « jonc, feilles, pavaill et rameaux d'arbres pour mettre et parer en ladite église tant ès jours et festes de Sacre, jours de pardons qu'ès jours et festes solemnelles de l'an » ; enfin, « vin d'Anjou, blanc et clairet, avec vin breton acheté pour distribuer aux paroissiens de ladite église après avoir esté communiés en icelle, tant ès jour et feste de Pasque que ès autres jours et festes solemnelles de l'an ». — 1592, poudre à canon « à faire des feux jettés à la descente d'un pigeon à la feste de la Pentecoste ». — 1593, « tuiles vertes pour mettre sur les tombes de ceux qui le souhaitent dans l’église ». — 1594, don de deux « robes de fourrure pour la statue de Nostre-Dame », etc. (Inventaire ms. des archéologies de Saint-Sauveur – Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 67). Terminons en disant qu'à la visite épiscopale faite à Saint-Sauveur le 26 mai 1713, il y avait vingt-deux prêtres en cette paroisse.   

Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Saint-Sauveur : — Nicolas Le Febvre, présenté par l'abbesse de Saint-Georges et pourvu le 24 avril 1667, prit possession le même jour ; décédé vers 1687 et inhumé dans son église, où il avait fait une fondation. Les trésoriers firent placer une pierre tombale sur sa fosse, devant le balustre du maître-autel, et arrêtèrent que tous les recteurs de Saint-Sauveur seraient inhumés en ce lieu. — Antoine Baudet, prêtre de Clermont et bachelier en théologie, précédemment recteur de Toussaints, prit possession le 24 mai 1687 ; il résigna en faveur du suivant, qui lui céda la chapellenie de Notre-Dame-de-l'Hostellerie, en La Bouillie, au diocèse de Saint-Brieuc. — Louis Méheust, prêtre de Saint-Brieuc, pourvu le 21 décembre 1701, résigna en 1730. — René-François Halligon, prêtre du diocèse, fut pourvu le 10 février 1730 ; décédé en 1739. — Pierre-Félix d'Oultremer du Margat naquit à Rennes, en 1714, de Michel d'Oultremer, sieur du Margat, substitut du procureur général, et d'Etiennette Guérot. Présenté le 20 décembre 1739, il fut pourvu le même jour et prit possession le 30 ; décédé le 29 décembre 1767, à la Trésorerie, et inhumé le 31. — Joseph-Jean Le Barbier, prêtre du diocèse, fut pourvu le 5 janvier 1768 ; il devint grand-pénitencier en 1781, gouverna jusqu'à la Révolution et fut enfermé à Saint-Melaine en 1792. — Joseph 0lliviéro (1803, décédé en 1825). — Michel Beaulieu, chanoine honoraire (1825, décédé en 1848). — Joseph Thébault, chanoine honoraire (1848, décédé en 1860). — Jean-Marie Lelièvre, chanoine honoraire (à partir de 1860), ....   

paroisse de Toussaints. — Il est difficile de savoir ce qu'était Toussaints à l'origine. D'après une tradition, la première église de Toussaints appartint à des Augustins, qui furent transférés à Vitré vers la fin du Xème siècle. Ce qui est positif, c'est que ce sanctuaire dépendait au XIIème siècle de l'abbesse de Saint-Georges. Les papes Alexandre III en 1164, et Innocent III en 1208 confirmèrent, en effet, cette dame dans la possession de la chapelle de Toussaints et de toutes ses dépendances, « capella Omnium Sanctorum cum omnibus pertinenciis suis » (Cartulaire de l’abbaye Saint-Georges, 169 et 175). Faut-il conclure de ce texte que Toussaints n'était point encore érigée en titre d'église paroissiale au XIIIème siècle ? Nous ne le pensons pas, car si le Pape l'appelle simplement chapelle en 1208, il nomme dans la même charte églises Saint-Donatien, Saint-Exupère et Sainte-Foi, et cependant ces sanctuaires rennais n'étaient vraisemblablement point des églises paroissiales ; il ne faut donc pas, semble-t-il, attacher un sens trop strict à cette expression capella Omnium Sanctorum. Il en est de même de la qualification de moustier donnée jadis à l'église de Toussaints. En 1370, la dame de Laval, vicomtesse de Rennes, — dans le fief de laquelle se trouvait l'église de Toussaints, — donna mandement à ses officiers de payer une rente de 9 sols à Michel Angier, « prestre rectour et curé dou moustier de l'église de Toussaints et aux trésoriers de la fabrice d'icelle » (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 70). On ne peut pas admettre, en effet, qu'à cette époque Toussaints fût un monastère, puisque cette église dépendait alors depuis plus de deux cents ans de l'abbaye de Saint-Georges ; il faut donc prendre ici le mot moustier dans le sens général d'édifice religieux. Notre conclusion est en faveur de l'antiquité de la paroisse de Toussaints, quoique nous ne puissions pas déterminer l'époque de son érection. Profitant du voile qui recouvre les origines paroissiales de Toussaints, on imagina au XVIIIème siècle de lui créer des titres constitutifs la plaçant à la tête de toutes les paroisses de Rennes. Comme ces prétendus titres sont conservés à Toussaints, nous ne pouvons point les passer sous silence. C'est d'abord une bulle apocryphe du pape Sylvestre II, datée de l'an 1004 et adressée sous forme de lettre à Geoffroy, duc de Bretagne. Il y est dit qu'à la demande de ce prince le Pape érige l'église de Toussaints, fondée par les ducs de Bretagne et naguère abbatiale des ermites de Saint-Augustin, en église paroissiale et collégiale royale, permettant au recteur, à ses vicaires, diacre et sous-diacre d'office, grand-chantre et prêtres-chantres de porter l'aumusse et le chaperon. Malheureusement, il suffit de lire cette prétendue bulle pour voir que c'est une pièce fausse : son style est tout moderne, ces titres d'église abbatiale d'ermites et de collégiale royale en l'an 1000, cette mention des diacre et sous-diacre d'office au XIème siècle ne peuvent pas être pris au sérieux. La bulle est d'ailleurs, avons-nous dit, datée de 1004, c'est-à-dire d'un an après la mort de Sylvestre II, auquel elle est attribuée ; de plus, il y est fait mention de l'abbaye de Saint-Georges vingt-six ans avant la fondation de ce monastère. Cette bulle est inscrite dans une charte extraite, dit-on, des archives de l'abbaye de Saint-Georges, et cette charte est elle-même plus singulière encore que la bulle. Il s'agit dans cet acte des devoirs du recteur de Toussaints envers l'abbesse de Saint-Georges, devoirs qu'Isabeau Turpin exigea, le 1er avril 1424, de Jean-Louis de Lisle de Richebourg, recteur de Toussaints ; mais ici il nous faut citer textuellement : « L'an 1008, est-il dit, Geoffroy, duc de Bretaigne, Ier du nom, donna la présentation de l'église paroissiale et collégiale de Toussaints à Adèle sa fille, abbesse de Saint-Georges, et lui accorda et à jamais aux abbesses de Saint-Georges le privilège d'obliger chaque nouveau recteur de Toussaints de se présenter à son abbaye en compagnie des six premiers officiers de son église, tous revestus d'un habit de choeur conforme, scavoir en hiver d'un grand camail avec le chaperon de drap noir ouvert par devant et garny de velours rouge, et en été d'un surplis et d'une aumusse blanche d'un costé mouchetée de noir et l'autre costé d'un gris tout uny. Et le nouveau recteur, estant arrivé à l'abbaye, doit rendre hommage à la dame abbesse et est obligé de lui présenter deux tourterelles et plein son bonnet quarré de seigle une fois pendant sa vie et à son entrée dans la paroisse ; et la dame abbesse est obligée de lui présenter la moitié d'un pigeon grillé, quatre onces de pain et deux coupes de vin rouge dont est rapporté acte » (Archives paroissiales de Toussaints). Que dire de ce duc Geoffroy Ier donnant en 1008 la présentation de l'église de Toussaints à sa fille Adèle, abbesse de Saint-Georges, lorsque l'histoire nous apprend que l'abbaye ne fut fondée qu'en 1030 par le duc Alain III ? Et ce « bonnet quarré » en 1424 ne prête-t-il pas un peu à rire ? Evidemment, cette charte ne peut être considérée comme un document sérieux. C'est cependant sur cette pièce que s'appuie une assignation envoyée en 1733 par l'abbesse Elisabeth d'Alègre à Jean-Louis du Chesne, recteur de Toussaints, pour le sommer de lui rendre l'hommage ci-dessus mentionné ; comme ce dernier acte ne nous apprend rien de nouveau, n'en parlons pas davantage. Mais voici une lettre-circulaire imprimée, sans nom d'imprimeur, signée de Mgr Le Tonnelier de Breteuil, évêque de Rennes, et datée de 1732. L'on y lit ce qui suit : « Le clergé de l'église royale de Toussaint, comme la seule église collégiale de la ville de Rennes et la première du diocèse, marchera immédiatement devant la croix de la cathédrale aux processions générales ; le recteur, comme premier chanoine de son église, portera la soutane violette aux jours des festes principales, fera porter le bâton de grand-chantre dans son église, permettra à ses curés, officiers et à douze prêtres originaires de sa paroisse de porter l'aumusse et le grand camail... le tout en conséquence des privilèges accordés à ladite église de Toussaint par les ducs de Bretagne et depuis confirmés par Louis XII le 15 mars 1500 ». L'évêque termine sa lettre en confirmant lui-même les sus­dits privilèges du recteur de Toussaints. Il est à remarquer que cette lettre, adressée aux fidèles, est signée du 18 mars 1732, c'est-à-dire un mois avant la mort de Mgr de Breteuil. Elle est suivie d'une note de son successeur, Mgr de Vauréal, la confirmant et ordonnant à « M. du Chesne, recteur chanoine de l'église royale et collégiale de Toussaints, de la mettre à exécution ». Cette note est datée du 6 septembre 1732. L'imprimé qui renferme ces deux actes épiscopaux porte — chose singulière dans une lettre pastorale — les armoiries du roi de France, de la Bretagne et de la ville de Rennes, ainsi que celles de Mgr de Breteuil (Archives paroissiales de Toussaints). Eh bien ! malgré cette série de documents, nous ne pouvons admettre l'existence de la collégiale de Toussaints et des privilèges prétendus au XVIIIème siècle par son recteur et ses prêtres. Comment, en effet, une collégiale, c'est-à-dire une église importante, — la première du diocèse, dit l'auteur de la lettre épiscopale, sans songer que ce titre ne peut appartenir qu'à la cathédrale, — comment une collégiale aurait-elle pu exister à Rennes pendant sept siècles consécutifs sans laisser quelque trace de son existence dans les archives de l'évêché, du Chapitre et de la ville de Rennes ? Cependant dans les importants fonds des archives de ces trois grandes institutions il n'en est fait nulle mention. Cette prétendue collégiale dépendait, dit-on, de l'abbaye de Saint-Georges ; or, dans le Cartulaire de cette abbaye et dans le riche fonds de ses archives il n'est jamais question de cette église insigne, dont l'abbesse eût dû s'enorgueillir. Bien plus, nous avons les Registres des insinuations ecclésiastiques du diocèse de Rennes, contenant les nominations des chanoines aux derniers siècles, tant de la cathédrale que des collégiales de Champeaux, Vitré et la Guerche ; or, aucun chanoine de Toussaints n'apparaît dans ce recueil. Enfin, il existe au dépôt des archives départementales d'assez nombreuses liasses concernant la paroisse de Toussaints, et dans aucune ne se trouve un seul acte faisant même allusion à la fameuse collégiale. Un tel silence dans tous les documents manuscrits et imprimés pendant huit cents ans serait inexplicable si réellement Toussaints avait joui des privilèges en question. Il faut donc avouer que les quelques pièces [nota : il y en a trois en tout : l’acte de 1424, relatant la bulle de 1004 (encore n’est-ce qu’une copie) ; - l’assignation de 1733 – et l’imprimé de 1732] les lui attribuant ne sont pas authentiques. Par qui et pourquoi ces chartes fausses ont-elles été faites ? La réponse à cette question nous entraînerait trop loin. Terminons en rappelant qu'au siècle dernier Toussaints était considérée comme la deuxième paroisse de Rennes, ce qui était déjà fort honorable, mais renonçons à sa collégiale, qui n'exista jamais qu'en rêve. En 1790, Toussaints était « la plus peuplée et la plus étendue des paroisses du diocèse de Rennes ; elle avait trois curés, dont le dernier n'avait point de pension ». Le recteur et les deux premiers vicaires recevaient une portion congrue des décimateurs, qui étaient l'abbesse de Saint-Georges, le Chapitre de Rennes et le chapelain de la Magdeleine ; celui-ci payait le douzième de la pension, le Chapitre le sixième, et l'abbesse le reste (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 1 V, 26. — Dès 1153 le Chapitre de Rennes et l'abbaye de Saint-Georges se partageaient les dîmes de Toussaints. En 1790, la part de l'abbesse dans la portion congrue du recteur et des curés de Toussaints montait à 1 050 livres – Cartulaire de l’abbaye Saint-Georges, 149 et 468). A cette même époque, le recteur, M. de la Tribonnière, déclara qu'il jouissait, outre sa portion congrue, du presbytère (nota : Ce presbytère, situé proche l'église de Toussaints, avait probablement remplacé la « maison enclose au cimetière de Toussaints », où demeurait en 1554 « le subcuré dudit Toussaints », lequel était tenu « à une messe chaque dimanche pour feu Jan Bougueret, en son temps diacre de Toussaints, fondateur de ladicte chappellenie » - Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 77), d'une maison adjacente et d'un petit jardin. Quant à la fabrique de Toussaints, elle possédait en 1790, outre le presbytère susdit, une maison sur la place de Toussaints et une prestimonie à Maurepas (nota : Il est fait mention en 1279 et 1281 des vignes de Maurepas, « vineœ apud Malum Repastum ». La prestimonie de ce nom fut fondée vers 1568 par un prêtre nommé Jean Garnier ; consistant en une messe hebdomadaire, elle était dotée d'une terre « sise sur le chemin pavé de Rennes, à la Croix-aux-Allemans, en Sainct-Laurent ». — Quant à la maison sur la place, c'était peut-être celle que la fabrique déclara dès 1554 comme ayant « l'enseigne de la Rose »), le tout estimé valoir 1 360 livres de rente ; — 478 livres 18 sols 3 deniers de rentes hypothéquées et 958 livres de rentes constituées (nota : Une partie de ces dernières rentes étaient au profit des pauvres de la paroisse) ; — et, enfin, sept maisons avec leurs dépendances, dont jouissaient les officiers de l'église, c'est-à-dire le sacriste, le diacre, le sous-diacre et les quatre chantres-prêtres (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 1 V, 26). Rétablie en 1803 comme cure de première classe, Toussaints se compose depuis lors de l'ancienne paroisse de ce nom et d'une partie des anciennes paroisses de Saint-Germain et de Saint-Etienne.  

Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Toussaints : Bertrand de Moucon fut pourvu en 1310 de la chapellenie de Tréal, en la cathédrale ; il est alors appelé recteur de Saint-Sauveur, titre qu'il porte aussi en 1323 dans une déposition qu'il fit à l'âge d'environ cinquante ans. Il fonda son anniversaire en la cathédrale, où il fut vraisemblablement inhumé (« MAIUS, VIII Kal. Obiit dominus Bertrannus de Moucon, rector ecclesie Omnium Sanctorum, ad cujus anniversarium habemus decimam de Moucon valentem duo quarteria sigali » - Necrol. Sancti Petri Redon.). — Olivier de la Motte, chanoine de Rennes, fut aussi recteur de Toussaints à une époque que nous ne pouvons déterminer ; il fonda également son obit en la cathédrale, où il dut recevoir la sépulture (« NOVEMBER, IX Kal. Obiit magister Oliverius de Mota, canonicus Redon. et rector Omnium Sanctorum, ad cujus anniversarium habemus XX sol. super vinea magistri Stephani de Fago in closo dou Perier apud Sanctum Laurencium » - Necrol. Sancti Petri Redon.). — Michel Angier (1370).  Louis de Vitrovo, décédé en 1394, fut inhumé dans la cathédrale, au bas et au milieu de la grande nef. En 1755 on y voyait encore sa tombe, portant ces mots : Cy gist dom Louis Had. de Vitrovo, recteur de Toussaint de Rennes, qui décéda le premier jour de février, l'an 1394. — Robert de la Vizeule, décédé en 1402, fut inhumé comme ses prédécesseurs en la cathédrale, où il avait fondé son obit (« Obitus Roberti de Vizola nuper rectoris ecclesie Omnium Sanctorum Redon. valet quinquaginta solidos » - Necrol. Sancti Petri Redon.). — Alain de Bintin, clerc du diocèse, présenté par l'abbesse de Saint-Georges pour remplacer le précédent, fut pourvu le 28 septembre 1402. — Jean-Louis de Lisle de Richebourg (1424). — Jehan du Houx, docteur en droit (1435 et 1464). — Yves Pinaye (1507). — Jean Belloneau, neveu du cardinal Guibé, d'abord scholastique, puis archidiacre et chanoine de Rennes, prieur de Gahard, etc., était recteur en 1514 ; il fit son testament le 9 mai 1522 et fut inhumé à la cathédrale, dans la chapelle des Guibé. — André Hamon, également neveu du cardinal Guibé, figure sur une ancienne liste des recteurs de Toussaints après le précédent ; il devint abbé de Saint-Gildas de Rhuys et évêque de Vannes. — François de Keraldanet soutint en 1539 un procès au sujet du presbytère de Saint-Sauveur ; il figure aussi en 1540. — Jacques Cadier, chanoine et official de Rennes, recteur en 1553, fonda en 1555 la chapellenie de Saint-Jérôme en la cathédrale de Rennes ; il fut inhumé en cette église, dans les recherches du choeur. — Louis Cadier, chanoine de Rennes, était recteur en 1570 ; il devint scholastique, puis archidiacre, vicaire général et official ; décédé vers 1590. — Gilles d'Argentré, seigneur de Listré, fils du sénéchal Bertrand d'Argentré, seigneur de Gosne, et de Jacqueline de Listré, fut, d'après Du Paz, quelque temps recteur de Toussaints vers cette époque ; il fut aussi archidiacre de Dinan, chanoine de Rennes et de Saint-Malo, official de Rennes, etc. — Jean Le Provost, recteur en 1595, fut chanoine et official de Rennes ; décédé le 1er juillet 1607 et inhumé dans le collatéral du Sud en la cathédrale, sous une tombe portant ces mots : Cy gist Noble homme Missire Jan Le Provost, vivant chanoine, vicaire général et official de Rennes, recteur de Toussaints, qui décéda le premier jour de juillet 1607, a fondé céans l'octave de la feste de saint Pierre. Pierre Forest, prêtre de Chartres, fut présenté le 30 juin 1607, sur la démission du précédent ; il fut aussi chanoine de Rennes. — Robert Landays succéda au précédent et prit possession le 15 août 1615 ; il résigna en 1661 en faveur du suivant ; décédé le 24 mai 1666. Guillaume du Feu prit possession en 1661 de la cure de Tous­saints et de Saint-Sauveur, son annexe ; décédé le 9 avril 1676. — Claude de la Fayette, docteur en Sorbonne, pourvu en 1676, résigna en faveur du suivant, moyennant une pension de 300 livres ; il était alors abbé de Saint-Aubin-des-Bois. — Antoine Baudet, prêtre de Clermont et bachelier en théologie, pourvu le 7 novembre 1685, prit possession le 19 ; il résigna le 22 avril 1687 en faveur du suivant, à condition que celui-ci paierait les 300 livres de pension dues à Claude de la Fayette ; il devint alors recteur de Saint-Sauveur. — Pierre Perrin, prêtre de Saint-Brieuc, docteur en théologie, fut pourvu en 1687 ; il devint vicaire général et official de Rennes et se démit de sa cure en 1730 ; décédé âgé de soixante-dix-sept ans et inhumé le 1er avril 1733 (nota : Voici les titres qu'on lui donne dans les actes de sa sépulture : « Cy devant provôt et chanoine de la cathédrale de Chartres, grand-chantre et chanoine de Rennes, prieur des prieurés de Hingré et de Saint-Aubin, pensionnaire du roi sur l'évêché de Saint-Brieuc et l'abbaye de Jouy, ancien recteur de Toussaints pendant quarante-six ans, vicaire général et official de Rennes pendant plus de trente ans »). — Jean-Louis du Chesne, prêtre de Saint-Brieuc, pourvu le 9 juin 1730, résigna en 1755. — Jean-François Frigart, prêtre d'Evreux, pourvu le 4 septembre 1755, permuta avec le suivant et échangea sa cure contre quelques chapellenies de Nantes. Louis-Alexandre Le Normant, prêtre de Nantes, pourvu le 19 janvier 1757, permuta en 1770 avec le suivant. — Charles-Hilaire de Châteaubriant, prêtre de Saint-Brieuc et précédemment recteur de La Bazouge-du-Désert, fut pourvu le 22 janvier 1770 ; il résigna en 1776 en faveur du suivant ; décédé âgé de soixante-quatorze ans, au Val-aux-Bretons, en Pleine-Fougères, le 12 août 1782, et inhumé le 13 sous le chapitreau de l'église de Pleine-Fougères. — Jacques-Marie Ruaux de la Tribonnière, né à Hédé en 1733 de Jean Ruaux, sieur de la Tribonnière, et d'Anne Piroys, fut pourvu le 11 juillet 1776 ; il fut exilé à Jersey en 1793, réinstallé en 1803 et fait chanoine honoraire ; décédé en 1804. — Pierre-Amable Poisson (1804, décédé en 1818). — Noël Petit (1819, décédé en 1821). — Guy-Jean-Baptiste Brette, chanoine honoraire (1821, décédé en 1836). Joseph Berthelot, chanoine honoraire (1836, décédé en 1856). — Charles Nouvel, chanoine honoraire (1857-1864), puis évêque de Quimper. — Jean-Marie Gandon, chanoine honoraire (à partir de 1864), ....

 paroisse de Saint-Aubin. — Cette paroisse, — appelée aujourd'hui Saint-Aubin en Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, parce que son église renferme le tableau miraculeux de la Sainte Vierge qui se trouvait jadis au couvent de Bonne-Nouvelle, — se compose du territoire des anciennes paroisses de Saint-Aubin et de Saint-Martin ; nous allons donc parler de l'une et de l'autre. 

A - ancienne paroisse de Saint-Aubin. — La paroisse de ce nom est évidemment fort ancienne, quoique nous ignorions la date de son érection. En 1158 Josse, archevêque de Tours, en 1170 Etienne, évêque de Rennes, et en 1185 le pape Luce III confirmèrent successivement l'abbaye de Saint-Melaine dans la possession de l'église Saint-Aubin, sise dans le faubourg de Rennes, « ecclesiam Sancti Albini in ipso suburbio Redon. constitutam » (Cartulaire de l’abbaye de Saint-Melaine). L'abbé de Saint-Melaine présenta jusqu'en 1770 le recteur de Saint-Aubin, et en 1790 les Bénédictins de Saint-Melaine jouissaient encore de la moitié des dîmes de la paroisse ; ils y possédaient aussi la métairie du Bois-l'Abbé, de sorte que leurs revenus en Saint-Aubin atteignaient 2 000 livres. A la même époque, le recteur, M. Bienvenue, déclara jouir de l'autre moitié des dîmes, estimée 600 livres, de deux petites rentes valant ensemble 60 livres, et du presbytère avec un petit jardin. Ce presbytère, situé rue Saint-Aubin (nunc rue Saint-Louis), relevait de l'abbaye de Saint-Melaine à charge d'une rente de 20 deniers. Malgré la modicité de ses revenus, le recteur de Saint-Aubin était tenu en 1790 de payer une pension de 350 livres à son vicaire [Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 1 V, 26 — Marteville dit (Dictionnaire de Bretagne, II, 594) qu'en 1791 la cure de Saint-Aubin possédait 2 314 livres de rentes foncières et 578 livres de rentes constituées, en tout 2 892 livres ; mais il veut dire la fabrique. Le recteur de Saint-Aubin était loin d'être aussi riche]. Il est fait mention au XIVème siècle du sceau de la paroisse de Saint-Aubin ; malheureusement nous n'en avons pas la description. 

Note : liste non exhaustive des recteurs de l'ancienne paroisse de Saint-Aubin : — Thomas Guillemaud semble avoir précédé le suivant. — Jehan Guillemaud, frère, croit-on, du précédent, consentit en 1463 à la fondation de la chapelle du Bois-l'Abbé ; décédé vers 1468. Raoul Cadore (1492 et 1493). — Pierre Huet (1503). — Pierre Lohéac, chanoine de Rennes (1526), décédé vers 1540 et inhumé « au grand de l'église », dans la cathédrale, où il avait fondé la fête de saint Yves. Jehan Bouys fut présenté le 21 mai 1540 par l'abbé de Saint-Melaine. — N... du Moulin, vers 1550. — Guillaume Le Liepvre (1561 et 1581). — Laurent Couppé, natif de La Bazouge-du-Désert (1593) ; décédé le 22 octobre 1606. — Macé Atteignant succéda au précédent. — Pierre Le Gros (1634) ; décédé en 1639. — André Compadre, présenté par l'abbé de Saint-Melaine et pourvu le 10 février 1640, prit possession le 11 et céda le 18 au suivant tous ses droits, moyennant une pension de 60 livres tournois. Jean Bazille avait été pourvu dès le 31 décembre 1639, mais il ne survécut pas à son arrangement avec le précédent ; décédé en 1640. Olivier Nepveu, sous-diacre de Saint-Malo, pourvu le 8 avril 1640, prit possession le 19 et résigna presqu'aussitôt en faveur du suivant. Mathurin Baudouin, prêtre de Dol, fut pourvu sur la double résignation du précédent et d'André Compadre ; il prit possession le 22 novembre 1640 ; il débouta Julien Chrestien et Etienne Meignan, prêtre de Saint-Louis-des-Français à Rome, qui prétendaient à sa cure. — Julien Aubry, décédé le 26 septembre 1659. — Jean Bonnier, fils de Raoul Bonnier, sieur des Bagottières et procureur au Présidial, et de Jeanne Deshayers, présenté le 27 septembre 1659, prit possession le lendemain. Il fonda en 1673, pour tous les jeudis, une messe du Saint-Sacrement, suivie de prières sur la tombe de ses père et mère, inhumés dans l'église de Saint-Aubin ; décédé âgé de soixante ans, le 21 janvier 1693. Rodolphe Bonnier, recteur de Visseiche, succéda au précédent ; il fit beaucoup de bien aux hospices de Rennes et fonda en son église une octave de saluts du Saint-Sacrement ; décédé le 27 avril 1700. — André Drouet, fils d'André seigneur de Montgermont, bachelier en Sorbonne et recteur de Montgermont, remplaça le précédent ; il devint en 1708 grand-chantre et en 1709 chanoine de Rennes ; il résigna alors sa cure. — Jean Jamoays, né en Saint-Aubin de Julien Jamoays, sieur des Fontaines, avocat au Présidial, et de Jacqueline Jamoays, fut pourvu le 11 mai 1709 ; décédé âgé de soixante-cinq ans, le 9 janvier 1737. — Jacques Jamoays de la Muce, né en Saint-Aubin de Jacques Jamoays, sieur de la Muce, receveur des fouages, et de Charlotte de Lourmel, docteur en théologie, fut pourvu le 12 janvier 1737 ; décédé âgé de cinquante-cinq ans, le 27 août 1749 (nota : Son acte de sépulture lui donne ces titres : « Subdélégué de l'archevêque de Tours en Bretagne, syndic du clergé de l'évêché de Rennes, l'un des directeurs des hôpitaux, examinateur du concours pour le diocèse, supérieur de la communauté du Bon-Pasteur, etc. » - Registre. de l'état civil). — André-Jacques Mongodin, prêtre du diocèse, fut pourvu le 18 septembre 1749 ; il fonda en 1769 un Bureau de charité pour les pauvres de sa paroisse ; décédé âgé de soixante-trois ans, le 25 février 1775 (nota : Le général de la paroisse décida qu'on graverait sur sa tombe des épitaphes latine et française. Voici la dernière, qui traduit l'autre : Cy gît N. André-Jacques Mongodin, recteur de cette paroisse, syndic du clergé, administrateur des hospices de cette ville. - Ses vertus jusqu'au tombeau  - Firent du bon pasteur une image accomplie, - Il mourut, comme lui, en immolant sa vie - Au salut de son troupeau. Mort dans le confessionnal, le 25 février 1775, à huit heures du matin.). — Jean-Baptiste Bienvenue, né à Hédé, en 1732, de Jacques Bienvenue de Colombel et de Olive Gaisnel, recteur de Notre-Dame de Vitré, fut pourvu le 29 mars 1775 ; il fut enfermé à Saint-Melaine en 1792 et devint plus tard chanoine de Rennes ; décédé le 23 janvier 1810. — Suzanne-Gilles Vanneau (1803, décédé en 1804). — Julien-Mathurin Hunault (1804-1808). — François Percevaux (1808-1817). Ange-Félix de Léon des Ormeaux, chanoine honoraire (1817, décédé en 1829). — Louis Jéhannin, chanoine honoraire (1829, décédé en 1871). — Henri Charil des Mazures, chanoine honoraire (1874, décédé en 1878). Henri Durant, chanoine honoraire (à partir de 1878), …     

B - ancienne paroisse de Saint-Martin. — Cette paroisse était appelée au moyen-âge Saint-Martin-des-Vignes , « Sanctus Martinus de Vineis », parce qu'elle se trouvait en dehors de la ville et dans les vignes qui couvraient la campagne de Rennes à l'Orient. Les moines de l'abbaye de Saint-Melaine furent confirmés dans la possession de l'église Saint-Martin, « ecclesiam Sancti Martini quœ in suburbio Redon. constituta est », en 1158 par Josse, archevêque de Tours, en 1170 par Etienne, évêque de Rennes, et en 1185 par le pape Luce III (Cartulaire de l’abbaye Saint-Melaine). En 1329, l'abbé de Saint-Melaine et le clerc Jean Le Barbier, recteur de Saint-Martin, firent un accord devant l'official de Rennes au sujet du droit d'autel. Les moines, qui avaient le patronage de l'église Saint-Martin, y jouissaient des deux tiers des oblations et prémices constituant ce droit (« Duas pertes altelagii in oblationibus, primiciis vellerum, agnorum, lini, canabi atque aliorum ad altalagium spectantium ») ; le recteur, recueillant lui-même l'autre tiers, fut autorisé par eux à recevoir le tout, à condition de payer à l'abbaye une somme de 60 sols monnaie courante, chaque année, aux fêtes de la Pentecôte, ce que promit de faire Jean Le Barbier (Cartulaire de l’abbaye de Saint-Melaine, 211). En 1790, M. Saquet, recteur de Saint-Martin, déclara recevoir des Bénédictins de Saint-Melaine une portion congrue de 500 livres ; il jouissait, en outre, du presbytère et de son jardin. Ce presbytère était situé dans la rue Saint-Martin, près du cimetière, entre le chemin du moulin du Roi et la pièce des Périères. L'abbaye de Saint-Melaine levait les dîmes de la paroisse et possédait en outre, en Saint-Martin, le pré Trublet, la Buanderie et d'autres terres estimées valoir en 1790 environ 1 494 livres de rente (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 1 V, 26). Lorsque Mgr de Crissé visita l'église de Saint-Martin en 1713, il s'y trouvait cinq prêtres.  

Nota : liste non exhaustive des recteurs de l'ancienne paroisse de Saint-Martin : — Jean Le Barbier, « Johannes Barbitonsor » (1329). — Robert Blondel, témoin en 1486. — Pierre Botherel (1562). — Jean Botherel, décédé vers 1583. — Julien Moreau, prêtre d'Angers, fut présenté par l'abbé de Saint-Melaine le 10 septembre 1583. — Julien Robert résigna vers 1590. — Pierre Huet fut présenté le 10 octobre 1590 ; décédé peu de temps après. — Oliver Mérault, prêtre de Rennes, licencié ès-droits, fut présenté le 13 septembre 1591 ; il fut aussi chanoine de Rennes et composa quelques poésies religieuses ; décédé vers 1606. — André Lyot, recteur en 1615 ; décédé vers 1625. — Dom Joseph de la Marqueraye, licencié en droit, bénédictin de Saint-Melaine, pourvu vers 1626, devint en 1639 recteur d'Ercé-en-la-Mée ; il résigna en 1640 sa cure de Saint-Martin en faveur du suivant, avec réserve de 400 livres de pension. — Pierre Trochet, sieur de Lancé, fils de Jean Trochet, sieur de la Motte, avocat au Parlement (nota : Jean Trochet, devenu veuf, entra dans les Ordres ; âgé de quatre-vingt-deux ans, « prestre et doyen des avocats », et inhumé le 7 février 1656 à Saint-Martin), et de Bertranne Mérotte, sous-diacre et étudiant à Paris, pourvu en cour de Rome, prit possession le 1er octobre 1641 ; décédé le 13 novembre 1656. — Pierre Herfroy résigna en faveur du suivant. — Marguérit Gauquelin, prêtre du Mans et docteur en théologie, prit possession le 9 février 1662 ; décédé le 10 septembre 1662 et inhumé le 12 en la cathédrale, proche la chapelle du Voeu. — N... Fonsay s'occupait beaucoup en 1670 de l'instruction des jeunes clercs. — Joseph Touzée, recteur de Talensac, fut pourvu vers 1677 et gouvernait encore en 1698. — Julien Morel, prêtre du diocèse, fut pourvu vers 1742 ; décédé le 25 juillet 1727, âgé de soixante ans, après avoir donné de grands biens à son église. — Jean Saiget, prêtre du diocèse, fut pourvu le 28 juillet 1727. — Gabriel-Julien Garnier, prêtre du diocèse, remplaça le précédent le 14 janvier 1739 ; licencié en droit, il devint juge des délégués de Tours et promoteur de l'officialité diocésaine ; décédé âgé de soixante-quinze ans, le 9 juin 1769. — Etienne Saiget, pourvu le 14 juin 1769, résigna peu après. — Hippolythe Courvoisier, fils de Mathurin Courvoisier et de Marie Dupré, fut pourvu en 1770 ; décédé le 16 décembre 1773, âgé de trente-six ans. — Guillaume-Jacques Gérard, pourvu le 10 janvier 1774, se démit en 1781 et devint recteur du Rheu. — Julien-François Sacquet, natif de Rennes et aumônier du Calvaire de Saint-Cyr, fut pourvu en 1781 ; martyr, exécuté à Rennes le 14 août 1794.

La nouvelle paroisse de Saint-Aubin formée en 1803 se composa, avons-nous dit, des anciennes paroisses de Saint-Aubin et de Saint-Martin, et d'une partie de celle de Saint-Germain ; elle forma d'abord une simple succursale, mais elle fut érigée par ordonnances royales, le 24 avril 1824 en cure de deuxième classe, et le 22 juin 1825 en cure de première classe.

paroisse de Saint-Germain. — Alexandre III, pape de 1159 à 1181, confirma les chanoines de Rennes dans la possession de l'église Saint-Germain, de ses dîmes et de toutes ses dépen­dances, « ecclesiam Sancti Germani Redon. cum decimationibus et aliis appendiciis suis ». Aussi le Chapitre se considérait-il comme recteur primitif de cette paroisse ; il en recueillait les dîmes et y allait solennellement célébrer la fête patronale le 31 juillet (nota : Ce jour-là, la fabrique de Saint-Germain offrait une collation au Chapitre. En 1655, on dépensa 4 pots de vin clairet et 2 sols de pain « tant pour Mre de Saint-Pierre que pour les officiers de Saint-Germain ». — Le même Compte des trésoriers signale 40 pots de vin blanc et 3 pintes de vin clairet pour la communion pascale, — 4 pots et une pinte de vin clairet pour la fête de l'Ascension, — 6 pots de vin clairet et 6 sols de pain pour la collation au retour de la procession « d'autour les bleds », — et « 4 pots de vin clairet et 2 sols de pain pour la collation servie à la sacristie le jour la Feste Dieu » - Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 58) ; de plus, la présentation du recteur de Saint-Ger­main appartenait au chanoine jouissant de la sixième prébende de Saint-Pierre (Nécrol. Sancti Petri Redon.). On voit par là que Saint-Germain remonte tout au moins au XIIème siècle, et non pas au XIVème seulement, comme l'a dit M. Marteville (Dictionnaire de Bretagne, II, 594). C'était au moyen-âge une paroisse fort étendue, figurant dans les derniers siècles au troisième rang parmi les paroisses de Rennes. Elle comprenait alors, non-seulement les rues voisines de son église, mais, au-delà de la Vilaine, tous les environs du collège jusqu'à la Porte-Blanche et une partie des rues Vasselot, du Pré-Botté et des Carmes ; elle renfermait, de plus, la rue Haute et une portion de la rue Basse et de la place Sainte-Anne ; aussi la chapelle Sainte-Anne était-elle desservie par un prêtre de Saint-Germain, pour les besoins de ce quartier, comme nous le verrons plus loin. Il est dit en 1434, dans les lettres ducales de Jean V, que Saint-Germain était « une des plus grandes et nobles paroisses de Rennes, en laquelle y a plus grand nombre de peuple » ; en 1466 on y comptait 10,000 âmes, en 1771 20,000 âmes, et en 1790 15,000 âmes (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 58 ; 1 V, 26). Lorsque Mgr de Crissé visita l'église de Saint-Germain le 19 mai 1713, il y constata que trente prêtres y étaient atta­chés. Cependant le recteur de Saint-Germain n'était pas plus riche que les autres recteurs de Rennes ; en 1614, un arrêt du Parlement lui adjugea la dîme des lins et chanvres que lui refusait le Chapitre, mais c'était peu de chose. En 1790, le recteur, M. Després, déclara qu'il n'avait alors ni dîme, ni pension : il jouissait seulement de l'ancien presbytère, qu'il affermait 300 liv. ; du nouveau presbytère, avec jardin, qu'il habitait, et de son casuel, lui rapportant environ 1,200 liv. Sur ce revenu total de 1,500 liv., il devait payer la pension de trois vicaires, 1,050 liv. ; 24 liv. de décimes et 160 liv. pour l'entretien des presbytères [Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 1 V, 26 — Le presbytère de Saint-Germain se trouvait dans la rue de Corbin dès 1445 ; c'était alors fort peu de chose, mais Jean Guériff et Guillemette Bourgneuf, sa femme, y adjoignirent un jardin et quelques logements, pour une messe par mois chantée à l'autel de Saint-Nicolas ; ces logements devinrent l'habitation des officiers de l'église, les diacre et sous-diacre, les quatre chantres et le sacriste. En 1699, on construisit un nouveau presbytère dans le jardin de l'ancien, et celui-ci demeura entre les mains du recteur, qui put l'affermer à son profit. Ces presbytères furent vendus de nos jours et remplacés en 1831 par le presbytère actuel, rue Saint-Georges, ancien hôtel de la Bourdonnaye-Montluc. (Notes ms. de M. de la Bigue Villeneuve)] ; il ne lui eût presque rien resté pour vivre s'il n'avait eu des fondations très-nombreuses dans son église. En 1668, Marie Loz, veuve de Claude du Matz et douai­rière du Hallay, fonda 100 liv. de rente pour les pauvres honteux de la paroisse. Rétablie en 1803, la paroisse de Saint-Germain n'a plus la même étendue que jadis ; d'abord simple succursale, elle a été érigée en cure de deuxième classe par ordonnance royale datée du 8 juin 1825.   

Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Saint-Germain : Bertrand, « Bertrannus capellanus Sancti Germani », fut témoin d'une transaction passée au sujet des moulins d'Estival, sur la rivière d'Ille, entre Philippe de Champaigné et Guillaume Privé, abbé de Saint-Melaine (1160-1180). — Alain de Bourgon (1345). — Eon Barat (1412). — Jehan Menfeny (1438 et 1443). — Thébaut de Bintin fit en 1451 opposition à l'établissement des grands Carmes à Rennes ; il devint chanoine de Dol et gouvernait encore en 1469. — Jehan Bauëdrier, pourvu vers 1470, devint chanoine de Rennes, doyen d'Aubigné et recteur de Saint-Hélier ; il fonda en la cathédrale la chapelle de Saint-Claude, où il fut inhumé. — Pierre Bourgneuf, fils de Gilles Bourgneuf, seigneur de Cucé, et de Françoise Bouëdrier, succéda au précédent ; il fut aussi trésorier et chanoine de Rennes, prieur de Tremblay, etc. ; décédé le 3 juin 1523 et inhumé dans le cimetière de Saint-Germain, près la croix. Il avait fondé en cette église un obit et une grand'messe dite par le Chapitre le 31 juillet, et, de plus, l'érection d'une chapelle dans le cimetière. — Rolland Harel (1530-1550). — Guillaume Le Coq (1550-1567). — Jehan Duchesne (1567-1583). — Jean Anger (1583-1588). — Pierre Radenatz, sieur de la Ménardaye et du Mezeray, succéda au précédent ; il fonda le 20 mars 1621 une messe hebdomadaire en son église, où il choisit sa sépulture devant le maître-autel, avec une pierre tombale portant ses armoiries ; peu après. — René Rozé (1621-1631). — Jean Quesnel (1631-1633). Antoine Quintin (1633-1637). Jean Chassot, pourvu vers 1637, « non originaire du royaume », rendit aveu au roi en 1643 ; il résigna en 1672 et fonda en 1674 une procession le jour de l'Annonciation et une messe solennelle à la fête de saint François de Sales. Jean Le Gal, docteur en Sorbonne et sieur du Pesle, fils de François Le Gal, sieur de la Haye, avocat à la Cour, et de Geneviève Aougstin, fut pourvu vers 1672 ; il permuta avec le suivant en 1695 ; décédé à Rennes le 10 mai 1710 et inhumé le 12 à Saint-Etienne. — Guillaume Mellet, sieur de Roulefort, précédemment recteur de Guémené-Penfao, gouverna peu de temps (1695-1696). — Marin Moraud du Déron (1696-1697). Jacques-Emmanuel de Montalembert, docteur en Sorbonne, fut pourvu en 1697 ; il devint vicaire général en 1725 et official en 1728. En 1729 il permuta sa cure avec le suivant contre un canonicat de Rennes, et fut nommé en 1730 archidiacre du Désert ; décédé le 7 mai 1738. François-Joseph Simon, prêtre de Quimper et licencié en l'Université de Paris, ancien recteur de Rannée, pourvu le 16 janvier 1730, prit possession le 30 ; décédé en 1744, laissant deux volumes de Prônes imprimés chez Vatar. Mathurin Bouvier, prêtre du diocèse, fut pourvu le 11 janvier 1745 ; décédé âgé de quatre-vingts ans, le 12 décembre 1782. — François-Alexis-Jérôme Després, pourvu le 19 décembre 1782,  s'exila à Jersey en 1793 ; il fut réinstallé en 1803 ; décédé le 31 août 1804. Patrice-Guillaume Guignette (1804, décédé en 1847). — Philippe-Marie-Guy Carron (1817-1823) ; décédé évêque du Mans. — Joseph-Marie Dartois, chanoine honoraire (1823, décédé en 1859). — Charles-Ange-Marie Carron, chanoine honoraire (1859, décédé en 1870). — Jean-Evangéliste Duver, chanoine honoraire (à partir de 1870), …

paroisse de Saint-Hélier. — Vers l'an 1080, Guillaume, fils de Geffroy, voulant éviter les anathèmes lancés contre les laïques qui retenaient par droit d'hérédité les biens ecclésiastiques, et voyant sa fille entrer dans le cloître de Saint-Georges, donna à cette occasion aux religieuses de ce monastère une portion de la dîme de la paroisse de Saint-Hélier, « partem decime de parrochia Sancti Helerii ». Raoul et Jean, frères du donateur, approuvèrent cette bonne œuvre de Guillaume, dont se firent caution Guillaume et Even de Montgermont (Cartulaire de l’abbaye de Saint-Georges, 158). Il est aussi fait mention de la paroisse de Saint-Hélier dans plusieurs chartes du XIIIème siècle : on y signale en 1261 le Bourg neuf de Saint-Hélier, « Burgum novum de parrochia Sancti Hellerii », et en 1297 l'hébergement de la Bouquinaye et le fief de l'abbesse de Saint-Georges  (Cartulaire de l’abbaye Saint-Georges, 241, 252, 257). Les religieuses de ce monastère reçurent aussi de bonne heure la propriété des moulins à eau de Saint-Hélier, situés sur le bord de la Vilaine, dans la possession desquels elles furent confirmées successivement par les papes Alexandre III en 1164, Innocent III en 1208 et Eugène IV en 1442. Enfin, en 1665 elles jouissaient, en outre, d'un fief appelé Bailliage de Saint-Hélier, et s'étendant en cette paroisse et en celles de Cesson et de Chantepie, et elles levaient un trait des dîmes de Saint-Hélier, dont elles abandonnaient la moitié au recteur (Cartulaire de l’abbaye Saint-Georges, 170, 174, 279, 361 et 363). En 1790, les dîmes de Saint-Hélier appartenaient à l'abbaye de Saint-Georges et au Chapitre de Rennes : l'abbaye en levait les deux tiers, affermés 1 495 livres, et l'autre tiers, affermé 745 livres, restait au Chapitre. C'était le chanoine occupant la dixième prébende de la cathédrale qui présentait le recteur de Saint-Hélier. Celui-ci déclara en 1790 qu'il n'avait qu'une portion congrue de 700 livres et la jouissance du presbytère et de son jardin, estimés 60 livres de revenu (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 1 V, 26). Ce presbytère relevait en 1682 du vicomte de Rennes et était soumis au devoir de chevauchée ; rebâti au XVIIIème siècle et racheté depuis la Révolution, il se trouve à côté de l'église. La fabrique de Saint-Hélier possède un intéressant Livre de paroisse rédigé par les recteurs de 1609 à 1790 ; notons-y ce qui suit : En 1609 on célébrait très-solennellement le Pardon des fêtes de Pâques, pour lequel le recteur, M. Touart, avait obtenu en 1607 des indulgences du pape Paul V ; les paroisses voisines se rendaient processionnellement en cette occasion à Saint-Hélier, surtout le lundi de Pâques [nota : Le dimanche de la Quasimodo, octave de Pâques, se tenait l'assemblée de Saint-Hélier, qui subsiste encore à la fin du XIXème siècle ; mais autrefois tous les nouveaux mariés dans l'an, hommes et femmes ayant épousé dans l'église de Saint-Hélier, devaient comparaître ce jour-là devant les juges de la vicomté de Rennes, « et chacun desdits hommes doit leur présenter deux esteux blancs bien unis et sans couture qui sont moins gros que des balles de paume ; l'un d'eux jeté par ordre desdits juges dans la place des cep et collier de la vicomté, à vis-à-vis dudit cimetière ; après quoy lesdits hommes mariés sautent dudit cimetière dans le grand chemin, de la hauteur d'environ six pieds ; et les femmes comparaissent dans ledit grand chemin et disent chaque leur chanson en dansant, le tout sous peine de 60 sols monnoie d'amende » (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine). On voit par là que ce droit féodal n'appartenait point à l'abbesse de Saint-Georges, comme le dit par erreur M. Marteville (Dictionnaire de Bretagne, II, 591), mais au vicomte de Rennes]. — En 1610 on jonchait l'église de paille aux fêtes de Noël et de la Toussaint, parce qu'elle restait ouverte toute la nuit. — A cette époque on faisait de longues processions, allant en 1620, le lundi de la Pentecôte, à Notre-Dame de la Rivière, en Domloup ; en 1625 à Saint-Roch de Moucon, en Cesson, et à la Motte-Bruslon, en Saint-Laurent, etc. — Les enfants de la paroisse allaient à la fin de l'année chanter des noëls en quêtant pour l'église ; ils recueillirent ainsi 24 livres 10 sols en 1663. — Enfin, lorsque Mgr de Crissé visita l'église de Saint-Hélier, le 1er juin 1713, il y trouva quatre prêtres attachés à son service. Après la Révolution, Saint-Hélier ne fut rétabli en 1803 que comme annexe de Toussaints ; elle fut érigée en succursale seulement en mars 1820 ; mais une nouvelle ordonnance royale, datée du 9 juillet 1829, l'érigea en cure de 2ème classe.   

Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Saint-Hélier : Guérin, « Guarinus sacerdos Sancti Elerii » (vers 1140). — Jehan Bouëdrier, chanoine de Rennes, précédemment recteur de Saint-Germain (1498). — Jean de Trélan, chanoine de Rennes et recteur de Saint-Etienne (1521). — Pierre Martin était aussi en 1539 chapelain de Notre-Dame-du-Pilier, en la cathédrale, et de la Freslonnière, en Saint-Sauveur. — Julien Chevrel (1579 et 1585). — Michel Bouasard, décédé le 19 juillet 1607 et inhumé le lendemain en la cathédrale. — François Touart (1607). — Pierre Hattes (1609 et 1610). — Julien Bellay (1621) ; décédé vers 1626. — Nicolas Hussenet fut présenté par un chanoine de Rennes le 13 juin 1626 ; il fut lui-même chanoine et archidiacre de Rennes ; décédé le 28 avril 1647 et inhumé dans la cathédrale. Julien Lambaré succéda au précédent et écrivit une Légende de saint Hélier, ajoutée à la Vie des Saints de Bretagne par Albert Le Grand (édition de 1659) ; décédé en 1665. Guillaume Mellet, sieur de Roulefort, pourvu vers 1666, s'occupa de l'instruction des jeunes clercs et fit imprimer pour eux en 1668 un Manuel des Ordinants. — Renaud Mellet de Plavistre (1670 et 1672). — Pierre de Bordeaux de Mesterville (1675). — Guy-Claude Macé, prêtre du diocèse (1679), résigna vers 1718. — François Blays, prêtre du diocèse (1718) ; décédé en 1749. — François-Henri Hervagault, recteur de Saint-Symphorien, fut pourvu le 9 septembre 1749 et résigna dès l'année suivante. — André-René Cosson, prêtre du diocèse, fut pourvu le 2 octobre 1750 ; décédé le 14 janvier 1784. — Pierre-Benit Touchet, pourvu le 26 janvier 1784, prit possession le 1er février et gouverna jusqu'à la Révolution ; il demeura pendant la Tourmente à Rennes, y rendant beaucoup de services, et devint en 1803 curé de Saint-Etienne en cette ville. — Toussaint Hillion (1803, décédé en 1811). — René-François Jamois (1811, décédé en 1820). — Louis Rouxel, chanoine honoraire (1820, décédé en 1851). — Armand Gavouyère, chanoine honoraire (1851-1864). — Edouard Courteille, chanoine honoraire (1864-1876). — André Hilliard, chanoine honoraire (1876, décédé en 1878). — Eugène Carfantan, chanoine honoraire (à partir de 1878), ….

paroisse de Saint-Laurent. — Quoique la paroisse de Saint-Laurent soit certainement ancienne, elle ne figure cependant qu'au XIIIème siècle dans nos chartes ; il est fait mention en 1293 de ses vignes, « vinee in parrochia Sancti Laurentii juxta Redones », et on l'appelait encore au XVIème siècle Saint-Laurent-des-Vignes. En 1713 il y avait trois prêtres attachés à cette paroisse. Le Chapitre de Rennes y levait la dîme, valant en 1790 environ 1 706 livres de rente, et il y possédait en outre deux champs et une prairie. Le recteur de Saint-Laurent était présenté par le chanoine occupant la treizième prébende de la cathédrale. Ce recteur déclara en 1790 qu'il ne recevait du Chapitre, grand décimateur, qu'une portion congrue de 300 livres, mais qu'il jouissait en outre des dîmes novales, rapportant 100 livres, et du presbytère et de son pourpris, composé de deux vergers et de deux jardins « pour parfaire les 500 livres, chiffre légal de toute pension congrue ». A la même époque, la fabrique de Saint-Laurent avait trois rentes constituées, dont la troisième, au principal de 1 200 livres sur les Etats de Bretagne, était au profit des pauvres de la paroisse (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 1 V, 26 — Le presbytère de Saint-Laurent se trouvait dans le fief du Chapitre, et les recteurs en rendaient aveu aux chanoines). La paroisse de Saint-Laurent fut rétablie en 1803 comme succursale de Saint-Pierre (nunc Notre-Dame) ; toutefois elle demeura sans recteur de 1813 à 1820.  

Note : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Saint-Laurent : — Bertrand Duprat consentit en 1472 à la construction de la chapelle de la Motte-Bruslon. — Jehan Cheminel résigna vers 1495. — Jehan Clérot , chanoine de Rennes, fut présenté en 1495 par un autre chanoine. — Guillaume Rouault (1565). — Jean Apuril (1612) rendit aveu au Chapitre, en 1616, pour son presbytère ; décédé vers 1638. — Denis Le Loucze, diacre de Tréguier, fut présenté en 1638 ; décédé recteur de Chavagne. — François Ciron permuta avec le suivant le 10 mars 1640. — Jean Jehanne, précédemment recteur de Dompierre-du-Chemin, pourvu en cour de Rome, prit possession le 7 octobre 1640. — Pierre Gouzian, docteur en théologie (1659). Il fut vicaire général et official de l'archevêque de Tours en Bretagne, chapelain de la Magdeleine et de la Rivaudière ; décédé le 7 août 1667 et inhumé dans la cathédrale, en la chapelle du Vœu ; on y voyait encore en 1755 sa tombe et une plaque de cuivre attachée à la muraille et portant ces mots :  Ossa Sebastiani Gouzian presbyteri, Hic tumulus servat in diem judicii. — Nicolas Glart (1677) ; décédé le 8 octobre 1704. — Pierre Feudé, prêtre du diocèse, pourvu le 18 décembre 1704, prit possession le 21 ; il se démit en 1735. — Joseph de la Boucherie, prêtre de Léon, fut pourvu le 14 août 1735 ; décédé âgé de soixante-dix ans, le 23 août 1744, et inhumé dans le sanctuaire de son église. — Louis Rageul, prêtre du diocèse, fut pourvu le 24 août 1744 ; décédé en 1774. — Guy-Etienne Genouel, natif de Montautour, pourvu le 11 août 1774, gouverna jusqu'à la Révolution ; décédé à Vitré en 1795 et inhumé dans un jardin de la rue Sainte-Croix, exhumé en 1840 et déposé en terre sainte. — Pierre-Louis Feudé (1803, décédé en 1813). — Jean-Marie Moranne (1820-1837). — Adrien Jolivet, chanoine honoraire (1837, décédé en 1862). — Jean-Marie Ménard (1862, décédé en 1867). — Charles Macé (1867, décédé en 1875). — Victorien Théard (1875-1883). — Célestin Moy (à partir de 1883), ...

Le village de la Bouquinais est cité dès 1297 sous le nom de Boquinée et relevait de l'Abbaye de Saint-Georges de Rennes. Le village de Sancé est cité dès le XIIème siècle. Le village de la Mettrie est cité en 1421 et celui de la Poterie est mentionné dès le XIIème siècle. Le village de Cleunay est mentionné dès 1153 comme existant déjà depuis longtemps "pretermissis antiquis cassamentis veteris ville Cloonei" (Pouillé de Rennes) : il relevait de l'Abbaye de Saint-Georges puis du Chapitre de Rennes. Lieu de réunion des Calviniste, le village de Cleunay possédait un temple incendié par les catholiques en 1654 et démoli en 1685. Le village de Quincé est cité dès 1211.

Les fourches patibulaires à quatre piliers de l'Abbaye de Saint-Georges de Rennes qui étaient primitivement près des fossés de la ville, au bas de la Motte, ont été transférées au Champ des Pendus ou de la Grande Carrée au début du XVIIème siècle. Les fourches patibulaires de la haute justice de Saint-Hélier se trouvait en 1484 dans le village du Landry.

A l'ombre des dix clochers de Rennes, les établissement religieux sont nombreux: deux abbayes, les Bénédictins de Saint-Melaine pour les hommes, l'abbaye Saint-Georges pour les femmes ; 7 chapelles ; 10 prieurés ; 7 couvents d'hommes (Jacobins, Carmes, Cordeliers, Capucins, Augustins, Minimes et Carmes "déchaux") ; 13 communautés de femmes (Grandes et Petites Ursulines, Calvairiennes de Saint-Cyr et celles de Cucé, Filles de la Sagesse, Soeurs de la Charité, Filles du Bon-Pasteur, de Saint-Thomas de Villeneuve, Hospitaliers de Saint-Yves, Visitandines du Colombier et celles de Saint-Mars, Carmélites, Soeurs de l'ordre de la Trinité) font de Rennes, une ville ecclésiastique. 

Nota : l'archidiaconé du Désert comprenait autrefois environ la moitié des paroisses de l'ancien évêché de Rennes. Il renfermait presque en entier les cantons actuels nord-est, nord-ouest et sud-ouest de Rennes et ceux de Mordelles, de Hédé, de Saint-Aubin-d'Aubigné, de Châteaugiron, de Janzé, de Bain, du Sel, de La Guerche et de Retiers. L'ancien diocèse de Rennes regroupe en 1789, près de 221 paroisses, 10 "villes", 211 prieurés et 11 trèves, soit de 320 000 à 350 000 âmes. En 1766, le diocèse de Rennes est desservi par 850 prêtres. 20 évêques se succèdent à Rennes de 1502 à 1790, 8 au XIXème siècle.

A noter aussi l'existence à Rennes de plusieurs : ABBAYES. — 1° Saint-Melaine, — 2° Saint-Georges, l'une et l'autre de l'Ordre de saint Benoît. PRIEURES. — 1° Saint-Cyr, membre de Saint-Julien de Tours ; — 2° Saint-Michel, membre de la Roë ; — 3° Saint-Martin, membre de Paimpont ; — 4° Saint-Moran, membre de Montfort ; — 5° Saint-Denis, membre de Rillé. ANCIENS MONASTERES. — Le Temple, — Saint- Cyr, — Saint-Pierre-du-Marché. COUVENTS D'HOMMES. — Augustins, — Capucins, — Grands Carmes, — Carmes déchaussés, — Cordeliers, — Dominicains, — Eudistes, — Jésuites, — Minimes, — Lazaristes, — Récollets, — Oratoriens, — Prêtres de l'Immaculée-Conception, — Frères des Ecoles Chrétiennes, — Frères de l'Instruction Chrétienne. ANCIENS COUVENTS DE FEMMES. - Filles du Bon-Pasteur, - Calvairiennes, - Carmélites, - Filles de la Charite, - Filles du Coeur immaculé de Marie, - Dominicaines, - Hospitalières de la Miséricorde, - Hospitalières de Saint-Thomas, - Filles de Notre-Dame de Charité, - Filles de la Sagesse, - Ursulines, - Filles de la Sainte-Vierge, - Visitandines, - Maisons de retraite. NOUVEAUX COUVENTS DE FEMMES. - Soeurs de l'immaculée-Conception, - Petites Soeurs des Pauvres, - Dames de l'Adoration perpétuelle, - Soeurs du Bon-Secours, - Soeurs de Marie-Joseph, - Soeurs de la Providence de Ruillé, - Soeurs de la Providence de Saint-Brieuc, - Dames du Sacré-Coeur, - Filles du Saint-Esprit, - Soeurs de l'Espérance, - Soeurs Marthes, - Filles de Sainte-Marie. HOPITAUX. - Léproserie, - Saint-Thomas, - Saint-Jacques, - Hôtel-Dieu, - Sainte-Anne, - Sainte-Marguerite, - Sanitat, - Hôpital-Général, - Saint-Méen, - les Incurables, - la Piletière, - Assistance publique, - Orphelinats. ECOLES. - Anciennes écoles, - Collège Saint-Thomas, - Hôtel des Gentilshommes, - Hôtel des Demoiselles, - Grand-Séminaire, - Petit-Séminaire, - Institution Saint-Vincent, - Institution Saint-Martin, - Ecoles diverses.

Liste non exhaustive des maires de Rennes : Pierre Gardin de la Gerberie (en 1693), Toussaint François Rallier du Baty (en 1695), Guillaume Alexis Bodin (en 1735), Antoine Le Roy du Tertre (en 1739), Jacques Julien Hévin (en 1742), Antoine Le Roy du Tertre (en 1742), Jean Baillon (en 1743), Jacques Julien Hévin (en 1758), Yves Vincent de La Motte-Fablet (en 1781), Julien Tréhu de Monthierry (en 1788), Joseph de Talhouët Boishorand (en 1790), Louis Joseph du Plessis de Grénédan (1792-1793), François Malézieux (le 20 août 1793), Sébastien Elias (le 20 septembre 1793), Jean Leperdit (le 4 ventôse 1794), Philippe Jouin (en 1795, brumaire an IV), Parcheminier (en 1797, vendémiaire an VI), Louis Bonnal (en 1800, prairial an VIII), Lorin (en 1801, pluviôse an IX), Charles de La Bourdonnaye de Blossac (en 1808), Charles Marie Desnos de La Grée (le 9 septembre 1814), Guy Lorin (du 22 avril au 12 mai 1815), de la Villebrune (en août 1815), Morel des Vallons (on octobre 1815), de La Marre (en 1816), de Roquefeuil (en avril 1821), Louis de Lorgeril (en 1821), Philippe Jouin (en 1830), Tétiot (en 1836), Emmanuel Pongérard (en 1841), Frédéric de Moncuit de Boiscuillé (en 1853), Ange de Léon des Ormeaux (en 1855), Amand Constant Robinot de Saint-Cyr (en 1861), Armand Gaultier de La Guistière (en 1867), Théophile Bidard de La Noë (en septembre 1870), Edgard Le Bastard (en janvier 1871), Pierre Martin (en mai 1871), Edgar Le Bastard (en 1880), Pujet (en septembre 1889), Aristide Bébin (en novembre 1889), Edgard Le Bastard (en septembre 1890), Vincent Morel (en juillet 1892), Auguste Poulin (en mai 1896), Auguste Lajat (en août 1897), Eugène Pinault (en mai 1900), .......

Liste non exhaustive des curés de Saint-Pierre (cathédrale) : Jean-Louis Augustin de Bourges de Bléry, chanoine honoraire (1803-1804), N... Maugendre, chanoine honoraire (1804-1815), Mathieu Lego, chanoine honoraire (1815-1825), Joseph Meslé, chanoine honoraire (1825-1844). Liste non exhaustive des curés de Notre-Dame : Joseph Meslé, chanoine honoraire (1844-1873), Pierre-Désiré Lecerf, chanoine honoraire (1873-1878), Jean-Baptiste Turmel, chanoine honoraire (à partir de 1878).

Vue de la ville de Rennes en 1624

Chronologie :

- en 276 - 282, destruction de la ville de Rennes et début de la construction des remparts ;
- vers 550, fondation de l'abbaye Saint-Melaine ;
- en 843, Rennes est assiégée par Charles le Chauve ;
- en 875, pillage de l'abbaye Saint-Melaine par les Normands ;
- en 920, nouveau pillage de l'abbaye Saint-Melaine par les Normands ;
- en 1032, fondation de l'abbaye Saint-Georges, par le duc Alain III. Sa soeur Adèle en fut la première abbesse ;
- en 1037, fondation du prieuré Saint-Cyr, par Menguenée de La Guerche, membre de la famille épiscopale ;
- en 1141, fondation de l'hôpital de la Madeleine ;
- en 1182, Rennes est prise par Henri II d'Angleterre ;
- en 1230, Henri III d'Angleterre à Rennes ;
- en 1340, fondation de l'hôpital Sainte-Anne ;
- en 1343, siège et prise de la ville de Rennes par Charles de Blois, puis siège de la ville par les Anglais ;
- en 1356, siège de la ville de Rennes par le duc de Lancastre. Il est repoussé par Du Guesclin ;
- en 1358, fondation de l'hôpital Saint-Yves ;
- de 1430 à 1448, construction de la deuxième enceinte de la ville de Rennes. Celle-ci s'étend à l'est de la Vieille Cité englobant les grands établissements religieux : l'abbaye Saint-Georges, le couvent des Franciscains et l'église Saint-Germain. En tout quatre portes et douze tours (dont la tour Le Bât détruite en 1840) sont édifiées ;
- en 1432, début de la construction de l'église Saint-Germain ;
- de 1449 à 1476, construction de la troisième enceinte de la ville de Rennes. Celle-ci s'étend au sud de la Vilaine, afin de protéger la "Nouvelle Ville" englobant la paroisse Toussaints et le couvent des Carmes fondé rue Vasselot en 1448. En tout onze tours et trois portes fortifiées ;
- de nombreuses épidémies en 1463 (peste), en 1472, 1475, 1483, 1488, 1492 et 1498 ;
- en 1489, couronnement d'Anne de Bretagne ;
- en 1491, fiançailles d'Anne de Bretagne avec Charles VIII, dans la chapelle de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle et siège de Rennes ;
- en 1532, réunion de la Bretagne à la France ;
- en 1553, construction du Parlement de Bretagne ;
- en 1561, installation du Parlement de Bretagne à Rennes ;
- en 1563, création de l'hôpital de la Santé ;
- en 1586, les ligueurs prennent le contrôle de la ville ;
- en 1597, grande disette ;
- en 1598, Henri IV fait son entrée à Rennes ;
- en 1618-1655, construction du Palais du Parlement ;
- en 1624-1632, période d'épidémies de peste ; 
- en 1663, création de l'hôpital Saint-Méen ;
- en 1675 (avril - octobre), révolte du Papier timbré, exil du Parlement à Vannes ;
- en 1690, retour du Parlement à Rennes ;
- en 1694, grave famine ;
- en 1720, incendie de la ville de Rennes ;

Nota : UN MOT SUR L'INCENDIE DE RENNES EN 1720. On comprend aisément la crainte provoquée à Rennes par tout commencement d'incendie, si l'on songe que le souvenir était encore vivant des terribles ravages accomplis dans cette ville par celui de 1720. Dans la nuit du 21 au 22 décembre 1720, le feu éclata vers le milieu de la rue Tristin, les uns l'attribuent à l'imprudence d'un menuisier ivre, d'autres prétendent qu'il fut mis en dix endroits, à la fois, par la vengeance d'un régiment qui s'était trouvé mal accueilli par les habitants de Rennes. Ceci est la tradition populaire, motivée par la rapidité extraordinaire avec laquelle le fléau se développant, crût en étendue et en intensité. En un instant, les deux côtés de la rue Neuve furent embrasés et l'incendie devint bientôt général. Cette rapidité d'extension du terrible fléau s'explique, du reste, de la façon la plus naturelle. En effet, à cette époque, la plupart des maisons de Rennes étaient construites en bois, et les rues extrêmement étroites facilitaient leur embrasement. « La charpente de l'horloge, située sur la tour, derrière Saint-James, fut brûlée. La cloche qui pesait près de cinquante milliers, tomba avec toute sa charpente, le 23, vers deux heures du matin, faisant un bruit terrible. Le feu dura sept jours puisqu'il ne s'éteignit que le 29. Il y eut huit cent cinquante maisons consumées, dans une étendue de 14 cordes carrées (c'est-à-dire une surface de 7 à 8 hectares) ce qui faisait à peu près le cinquième de la ville... Les titres de la plus grande partie de la province, qui se trouvaient chez les juges, avocats, procureurs et notaires, furent brûlés, presque sans exception » (Ogée, Dictionnaire de Bretagne). Aux malheurs et aux pertes considérables, causés à la ville par cet affreux désastre, il y eut du moins quelques compensations. C'est, en effet, à l'incendie de 1720, que la ville de Rennes, réédifiée sur les plans de l'ingénieur Robelin, doit d'être aujourd'hui plus agréable et plus saine, offrant un coup d'oeil de régularité et de beauté digne de son titre de capitale de la Bretagne. « A quelque chose, dit-on, malheur est bon » (J. Baudry).

Voir aussi Ville de Rennes (Bretagne) "Evénements chronologiques à Rennes"

Voir aussi Ville de Rennes (Bretagne) "Quelques hommes de guerre natifs de Rennes"

Voir aussi   Ville de Rennes (Bretagne) "Quelques artistes bretons au XVIème siècle"

Voir aussi   Ville de Rennes (Bretagne) "Les peintres verriers de Rennes"

Voir aussi   Ville de Rennes (Bretagne) "Ordonnance de police pour la ville de Rennes, en 1478"

Voir aussi   Ville de Rennes (Bretagne) "La peste à Rennes, en 1483"

 

Plan de la vieille ville ou cité de Rennes et de la nouvelle ville de Rennes

Voir aussi   Ville de Rennes (Bretagne) "Culte de la Sainte Vierge dans la ville de Rennes"

Voir aussi   Ville de Rennes (Bretagne) "Culte de la Sainte Vierge dans l'archidiocèse de Rennes, en dehors de la ville métropolitaine"

Bretagne : Histoire, Voyage, Vacances, Location, Hôtel et Patrimoine Immobilier

PATRIMOINE de RENNES

la cathédrale Saint-Pierre (1560-XVII-XIXème siècle). Une première église est édifiée au VIème siècle. Elle est remplacée au XII-XIIIème siècle, par un sanctuaire dans la construction s'étend jusqu'en 1348 ou 1359. Des chapelles latérales sont construites pendant la seconde moitié du XIVème siècle et au XVème siècle. Il ne semble subsister aucun vestige de cette église ou cathédrale gothique. L'édifice actuel présente une façade dont la construction commencée vers 1560 s'étire jusqu'au XVIIème siècle par la réalisation de deux tours et d'un porche dessiné par les lavallois Tugal Caris, Pierre Corbineau et François Huguet. En 1784, l'édifice est complété par Mathurin Crucy et Philippe Binet. Des travaux commencés en 1786 sont interrompus en 1791 puis repris en 1820. En 1855, Charles Langlois pare de stuc les colonnes en pierre de Crazanes transformant l'édifice en basilique romaine. Le fronton date de 1687. La tribune et le buffet des grandes orgues, oeuvre de Cavaillé Coll, datent de 1872. Le maître-autel, constitué des marbres offerts par le pape Pie IX, date de 1871. La peinture murale du déambulatoire retraçant le Tro Breiz, oeuvre d'Alphonse Le Hénaff, date de 1869-1876. Le tableau, représentant Saint Pierre délivré de prison par un ange, oeuvre d'Henri Joseph de Forestier, date de 1821-1824. Dans la chapelle située avant le bras droit, se trouve un retable en bois doré, représentant des scènes de la vie de la Vierge et qui date, semble-t-il, de 1520 (il provient de l'ancienne cathédrale) ; 

Note 1 : Une cathédrale est non-seulement, comme l'indique son nom, le temple où siège l'évêque, mais encore l'église-mère de tout un diocèse ; le moyen-âge avait tellement bien cette haute idée de la première église de l'Evêché, qu'il la considérait comme devant hériter de toutes les autres églises diocésaines. Ainsi, la fabrique de la cathédrale de Rennes jouissait du quart des revenus des autres fabriques paroissiales, l'année qui suivait la vacance de chaque cure : « A la fabrique de liglise de Rennes appartient la quarte partie de la revenue des yglises veuves de l'évesché de Rennes, soit par cause de mort, de permutacion que de mutacion de personne, à en joir dès le premier an ». Pour assurer ce paiement, la même fabrique de Rennes avait recours « sur la recepte du bénéfice et celi qui le tient » ;  en outre « les oblations que len fait ès reliques hors du cueur de liglise, aussi au tronc, et les leigs (legs) que len y fait appartiennent à ladicte fabrique ». Le tiers de toutes les quêtes faites dans le diocèse appartenait aussi à la cathédrale : « La tierce partie des questes que len fait en aumosnes par l'évesché de Rennes, en tout le cours de l'an, appartient à ladicte fabrique » (nota : Pour avoir les revenus appartenant à la fabrique de l'église de Rennes - Livres des Usages en 1415). Enfin, la fabrique de Saint-Pierre possédait quelques rentes (nota : « Aucunes rentes y ont esté données de gens de bone devocion, qui y appartiennent, savoir est quarante sols de rente deuz à la purificacion Nostre-Dame, de Guillaume Hervé, de Gevezé, données par très-révérend Père en Dieu Monsr Ancel de Chantemelle, évesque de Rennes ; item de Georges Bercoais deix sols que doivent les heirs (héritiers) Alemot Guiheneuc, de Saint Grégoaire, par chacune Nativité Nostre­Dame ; item cinq sols de rente que doivent Robin et Guill. les Gorions de près Sainte Foix en la paroisse de Toussains, audit terme, par cause de Mestre Antoine Goriou leur frère qu'il laissa en son testament ; item de Jouhan Ruyaux paissonnier estagier du chappitre, demourant en la ville de Rennes en la rue au Griffon près l'osteil (l'hôtel) où demoure Mr Pierre Levesque chanoine de Rennes, six sols de rente à la mi-aoust que y donna Guillemine fame feu Denis Orri demorante à Rennes » (Livre des Usages) et prélevait la moitié des honoraires dus pour les sonneries faites à la cathédrale « qui doivent estre pour les inhumations et services d'au moins quatre livres pour les grands personnages et soixante sols pour les moindres ; desquels tornera au proffit de la fabrique une moitié et au secretain (sacriste) de liglise ou à son lieutenant l'autre moitié » (Livre des Usages). Quant aux obligations de cette même fabrique, voici comment le Livre des Usages les résume en 1415 : « Pour savoir en quoi la fabrique est tenue à fère : à fère couvrir liglise de Rennes, à visiter les sains (c'est-à-dire les cloches) grants et petitz, à y fornir de bataills et de randres, curer et neteyer liglise par les festes et lorsque elle en a mestier (en a besoin), visiter et reparer les vitres, et fournir de cleffs et de claveures ». L'administrateur de la fabrique de Saint-Pierre portait le nom de fabriqueur et était nommé par le Chapitre ; c'était parfois un des chanoines qui remplissait lui-même cet office, et nous trouvons dans les Registres des Délibérations capitulaires le règlement fait en chapitre, le 8 janvier 1477, pour « le fabricqueur de liglise de Rennes » (nota : Voici quel est ce règlement, qui, dans ses détails, ne manque pas d'intérêt : « A esté ordonné qu'au temps à venir il (le fabricqueur) mettra ses comptes par l'ordre qui en suit: Scavoir les rentes ordinaires à part ; les pardons à part ; les oblacions de troncs, bouestes et sanctorum à part ; les leiz (legs) à part et les sermens à part ; et que, à la fin de chacun mois, il monstrera ses receptes et mises à deux des seigneurs (chanoines) de ladite église qui seront ordonnés, et appelera à ses grands marchés et à l'ouverture des tronz et bouestes deux des seigneurs de ladite église, et aussy fera deux cahiers de compte dont lesdits seigneurs auront un signé de lui » - Archives départementales). La fabrique de Rennes possédait au XVIème siècle une maison qui servait de logement à son administrateur ; elle était située rue Saint-Yves, et nous voyons Jehan Chantebel, nommé fabriqueur le 18 novembre 1541, en prendre possession le 28 décembre suivant. Plus tard, en 1640, les ressources de cette fabrique, — qui avait perdu l'usage de ses droits sur les églises du diocèse, — devinrent si minimes, que son revenu n'atteignait plus que le chiffre presque insignifiant de 200 livres ; ce mince revenu se composait seulement alors des rentes de fondations, plus nombreuses que bien payées, et, des réceptions de dignitaires, cotées comme suit : réception de l'évêque, 72 livres ; des dignités, 36 livres ; des chanoines, 18 livres, et des semi­prébendés, 9 livres. Lorsque vint la Révolution, la fabrique de Saint-Pierre possédait un revenu fixe de 1 818 livres 9 sols 4 deniers, et un casuel très-modique, dépendant d'évènements assez rares, tels que baptêmes et sépultures de quelques membres des familles distinguées par leur noblesse ou par leur position sociale (Tableau présenté en 1785 à l'assemblée générale du Clergé). Jamais, en effet, la cathédrale de Rennes ne fut église de paroisse : église-mère de tout le diocèse, elle se trouvait dans l'enceinte de la vieille cité, en dehors et au-dessus de toutes circonscriptions paroissiales. Ses commencements sont fort incertains. Si l'on admet les traditions du Chapitre, — traditions fort respectables assurément, — le culte du vrai Dieu fut d'abord rendu à Rennes dans la petite chapelle gallo-romaine de Notre-Dame de la Cité, dont nous avons eu déjà occasion de parler. C'est au VIème siècle seulement que fut construite la cathédrale dédiée au prince des Apôtres, et rien n'empêche de croire que cette première église Saint-Pierre fût l'oeuvre de nos glorieux évêques saint Amand et saint Melaine, comme quelques-uns l'ont dit. Quoi qu'il en soit de cette primitive construction, à cette antique basilique succéda, vers la fin du XIIème siècle, une église édifiée sur un nouveau plan, mais sur le même emplacement et dans le goût de l'architecture religieuse qui dominait alors. En 1181, l'évêque Philippe jeta les fondements de cet édifice et en bâtit le chevet. « Les chroniques nous ont conservé une légende merveilleuse se rattachant à ces premiers travaux. Guidé par une révélation, le prélat constructeur fouilla dans les décombres du temple démoli et y trouva un trésor qui le mit à même de faire face aux dépenses du nouvel édifice. Continuée par Herbert, l'évêque thaumaturge qui ressuscitait les enfants morts et se faisait obéir des animaux sans raison, puis par les autres évêques de Rennes ses successeurs, la construction de la cathédrale ne s'acheva qu'au milieu du XIVème siècle ». Charles de Blois y contribua par ses largesses : il fit faire la grande rose du transept septentrional, la décora de peintures aussi bien que toutes les vitres éclairant le haut du choeur, bâtit quelques autels et fonda plusieurs chapelles en l'honneur des saints rois ses prédécesseurs sur le trône de Bretagne, Salomon et Judicaël, et des autres saints bretons Yves, Donatien et Rogatien ; il donna des tapisseries d'Arras pour orner le sanctuaire, des statues, des tableaux et beaucoup d'objets précieux. Enfin la cathédrale, ainsi achevée et décorée par la générosité de ce vertueux prince, put être consacrée, et, en 1359, l'évêque de Rennes Pierre de Guémené en fit la solennelle dédicace le 3 novembre. « Toutefois, postérieurement encore, il y eut des constructions nouvelles ajoutées au plan primitif, des chapelles fondées à la fin du XIVème siècle, pendant le XVème et même au XVIème siècle. Cette église, comme presque toutes nos vieilles cathédrales, affectait la forme d'une croix latine : elle se composait d'une nef principale avec collatéraux, transepts et choeur terminé en hémicycle, accompagné de bas-côtés flanqués de chapelles rayonnantes » (M. Paul de la Bigne Villeneuve, Bulletin de l'Association bretonne, II, 104). Enfin, quelques autres chapelles furent encore ajoutées durant le XVIIème siècle aux transepts et au collatéral méridional de la nef. Quant aux dimensions de cette cathédrale, elles étaient assez vastes, car l'église avait 114 mètres de longueur depuis le parvis jusqu'au fond de la chapelle absidale ; la largeur de la nef était de 22 mètres, et les transepts mesuraient 34 mètres de l'une à l'autre de leurs extrémités. Il ne reste plus rien aujourd'hui de ce vénérable monument, qui devait offrir un curieux modèle pour étudier la marche de l'art chrétien dans notre pays ; car il présentait, sans doute, dans ses diverses parties construites à différentes époques, le résumé des phases successives qu'a parcourues le style ogival. Mais, à l'époque de la renaissance, plusieurs parties de cette basilique inspirèrent des craintes pour leur solidité. « Dès 1527 un architecte, nommé Thomas Pihourt, fut chargé par le Chapitre de réparer et consolider les murs côtiers du choeur, du côté de l'épître », c'est-à-dire vers le Midi. En 1533, le Chapitre, « informé du danger qu'offrait la ruine imminente de la tour de l'église, ordonna qu'on la démolît jusqu'à la moitié de sa hauteur » (nota : Il est bon de remarquer ici que sous la dénomination de la tour au nombre singulier, tous les documents du XVIème et du XVIIème siècle comprennent le portail et les deux tours de la façade occidentale ; cependant on pourrait aussi peut-être croire que cette tour tombant en ruines au XVIème siècle était un dernier débris de la première construction romane). En 1536, il décida qu'il fallait relever cette tour et y appliqua une portion de ses revenus. Enfin, en 1537, l'évêque Yves Mahyeuc y consacra le produit du don synodal (M. Paul de la Bigne Villeneuve - Mélange d'Histoire et d'Archéologie bretonne, II, 131). Bien plus, des lettres patentes du roi François Ier, datées du 4 février 1540, condamnèrent tous les ecclésiastiques bénéficiers en l'église cathédrale de Rennes, évêque, dignitaires, chanoines, chapelains, etc., à verser « le quart des fruits et revenus de leursdits bénéfices, pour reparer, reffaire et restaurer icelle église, comme ils y sont tenuz de droit ». On lit même dans ces lettres du Roi que « la tour du bas d'icelle église, où sont les plus grosses cloches, tomba en grant partie, la nuit de Noël dernier (1539) et mesme la coustière (le mur latéral) devers le manoir épiscopal ; et en brieff ladite église tombera du tout, si elle n'est reparée ainsi que oculairement et magnifestement appiert ». En exécution de ces prescriptions royales, le pieux prélat Yves Mahyeuc, au mois d'août 1541, peu de jours avant sa mort, fit remettre au Chapitre sa cotisation épiscopale de 500 livres ; de son côté, le Chapitre ordonna à son prévôt de payer à « Vincent Rabault et à Robert Jarde, maîtres de l'oeuvre pour la reconstruction de la tour », à chacun 7 sols tournois, et à leurs ouvriers 3 sols par journée de travail. A ces deux premiers architectes qui conçurent et tracèrent le plan des tours qui existent encore, succédèrent plus tard Tugal Cariste, qui semble avoir présidé aux travaux depuis 1640 jusque vers 1654, Pierre Corbineau, de 1654 jusqu'en 1678, et enfin François Huguet, de 1678 à 1704. Comme l'on voit, les tours Saint-Pierre mirent cent soixante ans à s'élever. Leur fondation fut l'objet de l'inscription suivante, placée primitivement au tympan supérieur du portail central : JACTA FUERUNT MOLIS HUJUS FUNDAMENTA SEPTEMBRIS XV . ANNO CHRISTI . 1541 . - PAULO III° PONTIFICE MAX° - FRANCIS° I° GAL . REGE. - HENRICO BRIT . DUCE. - YVONE REDON . PRESULE. Quant aux écussons qu'on voyait sur ces tours avant que le vandalisme révolutionnaire les eût martelés, c'étaient ceux : de Mgr de la Mothe-Houdancourt, évêque de Rennes, et de Charles de la Porte, duc de la Meilleraye, lieutenant-général au gouvernement de Bretagne, placés vers 1660 ; — de l'évêque Mgr de Beaumanoir, du marquis de Lavardin, son frère, et du duc de Chaulnes, gouverneur de Bretagne, sculptés en 1678 ; — l'écusson de Louis XIV, « d'azur à trois fleurs de lys d'or », supporté par deux anges, accompagné d'un soleil dardant ses rayons sur la fière devise : NEC PLURIBUS IMPAR ; — et enfin les doubles clefs en sautoir, armoiries du Chapitre de Rennes. A mesure que très-lentement et à grands frais s'élevaient ainsi la façade principale et les tours de la cathédrale, le corps de l'église lui-même s'affaissait de plus en plus. Un procès-verbal, dressé en 1700 par trois architectes, constatait qu'à cette époque « le total d'icelle église menace une ruine prochaine et qu'elle ne peut subsister longtemps, qu'il n'est pas possible d'y faire aucune reparation, et par conséquent qu'il est à propos et même nécessaire, pour en prévenir la chute, de l'abattre et de la rebâtir à neuf ». Malgré cela, comme on n'avait pas de fonds suffisants pour entreprendre aussitôt cette grande construction nouvelle, force fut d'attendre encore ; mais le péril allait toujours en augmentant, et la plus grande partie de la nef était près de s'écrouler. Les Etats de Bretagne, craignant des accidents, voulurent bien donner plusieurs grosses sommes pour la démolir ; le Chapitre les accepta et fit tomber cette grande nef dans sa partie voisine des tours. Malheureusement, les parties centrales et supérieures de l'édifice restées debout n'étaient guère plus solides que la portion sacrifiée. « Les présages d'un total écroulement prochain devinrent plus fréquents sur la fin de 1753 et au commencement de 1754 ; un de ces accidents, arrivé le 11 février de cette même année, porta le Chapitre à effectuer sans délai ce qui avait été résolu depuis si longtemps : au moment qu'on s'assemblait pour chanter vêpres, il se détacha une grosse pierre et quantité de terre de la voûte d'une des recherches », c'est-à-dire du déambulatoire de l'abside. Après une nouvelle descente d'experts qui constatèrent une fois de plus le danger que présentait l'édifice, le Chapitre délibéra de s'adresser à l'évêque pour requérir l'interdiction de l'église et la translation de l'office canonial. Mgr de Vauréal ne tarda pas à statuer sur une demande aussi juste, et, « le 25 février 1754, il rendit une ordonnance par laquelle, vu la nécessité de pourvoir à la décence du culte divin et à la sûreté publique, il fixa au mercredi 27, à neuf heures du matin, la translation du Saint-Sacrement, du service divin et de l'office canonial dans la chapelle de l'Hôtel-Dieu, et interdit l'église cathédrale avec défense d'y faire aucune fonction ecclésiastique. Enfin, un arrêt du Conseil du Roi, en date du 2 juin 1754, ordonna la prompte démolition de cet édifice. Par un autre de 1755, la connaissance de tout ce qui concernait cet objet fut attribuée à l'intendant de Bretagne (M. Le Bret), et l'entière démolition, sauf les tours, fut achevée en 1756 » (Mémoire historique concernant la démolition de la cathédrale - Archives départementales). L'intendant Le Bret fit heureusement dresser en 1755 et 1756, avant cette démolition, des procès-verbaux relatant tous les monuments et intersignes qui existaient alors dans les diverses parties de l'église, et les accompagna d'un plan par terre de l'édifice. C'est le seul document qui nous reste pour donner idée de l'ancienne cathédrale de Rennes, dont on n'a conservé ni dessin, ni croquis. Ces procès-verbaux nous apprennent que le choeur de Saint-Pierre était éclairé par onze fenêtres décorées de riches verrières resplendissant des armoiries de France et de Bretagne, du dauphin, des seigneurs de Châteaubriant, d'Espinay, de Goulaine, de l'évêque Aymar Hennequin, du cardinal Arnaud d'Ossat, de plusieurs chanoines, etc. Les murs, au pourtour du choeur et de la nef, étaient peints et semés d'hermines sans nombre, et les colonnes ainsi que les arcades couvertes de fleurs de lys. Un magnifique retable en bois sculpté et doré s'élevait derrière le maître-autel, représentant, dans plusieurs groupes de personnages en plein relief, diverses scènes de la vie de la Sainte Vierge ; ce retable avait des volets rouvrant tous ces groupes, et on ne les ouvrait qu'à certains jours de fête réglés par le Chapitre et mentionnés dans le Livre des Usages [nota :   Ce beau retable, transporté, après la démolition de la cathédrale, dans la chapelle Sainte-Anne, a échappé aux iconoclastes de 93 ; rendu à Saint-Pierre par S. Em. le cardinal Saint-Marc, il a été placé dans la première chapelle du collatéral méridional de la métropole actuelle ; c'est un objet d'art qui mérite qu'on en fasse la description : « Ce retable, dit M. André, est divisé en trois parties perpendiculaires par des pinacles très-élégants, et subdivisé horizontalement de manière à présenter deux compartiments dans les parties latérales et trois au centre. Dans la partie basse du centre, par où il faut commencer, est figuré le Mariage de la Sainte Vierge ; à droite, l'Adoration des bergers ; à gauche, l'Adoration des Mages ; dans l'étage supérieur, à droite, la Circoncision, à gauche, la Vie dans le temple, au centre, la Mort de la Sainte Vierge ; en supériorité, l'Assomption. Des centaines de personnages, hauts de deux pieds, entrelacés au milieu des nervures flamboyantes fouillées comme de la dentelle, sont les acteurs pleins de vie de ces scènes évangéliques » (Exposition artistique et archéologique de 1872, à Rennes.) Malheureusement, les volets de ce retable, qui devaient présenter d'intéressantes peintures, n'existent plus]. Les premières stalles du choeur de Saint-Pierre furent faites par ordre de l'évêque Anselme de Chantemerle, mort en 1427 ; voici, en effet, ce qu'écrivait en 1422 le chanoine Jean de Beaumont, secrétaire de ce prélat : « Celuy très révérend Seigneur, voiant que le choeur de son église de Rennes estoit desoncques despourveu d'oeuvre de bois et de tresdos sur les haults sièges de celuy choeur, qui n'estoit pas honneste chose ; et qu'en aultres églises cathedralles il y estoit pourveu ; par son devis, par son ordonnance et aide, la charpenterie de minuiserie et de tresdos qui y sont à clairvoiez, à ouvrages et à pinacles y furent et sont faits et édiffiez, comme l'en peut voir » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine). D'après ce texte, on peut se faire une idée de la décoration de ces stalles anciennes, qui évidemment étaient exécutées dans le style ogival, et auxquelles Anselme de Chantemerle avait fait ajouter des dossiers ou trédos surmontés de dais sculptés à jour et ornés de pinacles, dans le goût des sculptures du XVème siècle. Ne faudrait-il pas aussi attribuer à Guillaume Brillet, successeur, immédiat de ce prélat, la construction du retable placé au maître-autel, et dont nous venons de donner la description ? Il est à remarquer qu'en 1755 on voyait sur ce retable deux écussons placés à droite et à gauche, et portant : d'argent à la fasce de sable chargée d'une étoile d'or, accompagnée de trois têtes de loup de sable lampassées de gueules, posées 2 en chef, 1 en pointe (Inventaire de la Cathédrale en 1755). Or, Mgr Brillet portait : d'argent à trois têtes de loup de sable coupées (alias arrachées de gueules) ; les armoiries de cet évêque ressemblent donc bien à celles qui précèdent, sauf la fasce et l'étoile, qui semblent être une brisure. Ce retable pourrait donc bien être l'oeuvre de Guillaume Brillet lui-même, — alors peut-être qu'il était seulement chantre de Rennes, c'est-à-dire sous l'épiscopat de Mgr de Chantemerle, — ou bien de quelque membre de sa famille vivant vers le même temps, Il en résulterait, en tout cas, que toute cette décoration du choeur de la cathédrale, stalles et retable, daterait de la première moitié du XVème siècle. Mais au siècle suivant le goût s'était modifié ; les chanoines de Saint-Pierre trouvaient apparemment le style ogival arriéré et voulaient se mettre au niveau des transformations que subissait le système d'ornementation, tant dans la sculpture que dans l'architecture. Le Chapitre fit donc faire de nouvelles stalles en 1520, et, « en reconnaissance de tous les dons conférés par les seigneurs de la maison d'Espinay à l'église de Rennes, voulant donner à Guy II d'Espinay une preuve et un témoignage public et durable de gratitude, il lui concéda le privilège d'avoir dans le choeur de son église une stalle affectée à son usage, armoriée de ses armes, entre les stalles assignées aux deux dignités du chantre et du scholastique, vis-à-vis la chaire épiscopale. Et de ce siége d'honneur concédé à perpétuité, ajoutèrent les chanoines, jouira à jamais, de génération en génération, l'héritier principal et chef de la maison d'Espinay ». Guy d'Espinay fournit, en effet, une partie du bois nécessaire à la confection de ces stalles, bois pris sur sa terre seigneuriale d'Ecures, et Robert d'Espinay, son frère, grand-chantre de Rennes, ne se montra pas moins généreux : aussi le Chapitre fit-il placer sur le dossier de la stalle concédée à la famille d'Espinay les armoiries de cette maison, qu'on y voyait encore en 1755 : d'argent au lion de gueules coupé de sinople, couronné, lampassé et armé d'or. En 1780, le Chapitre fit rechercher les procès-verbaux de l'ancien état du choeur de la cathédrale avant sa démolition, et voici ce qu'il y trouva : « Le choeur de l'ancienne église cathédrale était divisé en hautes et basses stalles, avec quatre ouvertures de chaque côté pour monter dans les hautes stalles. Il y avait vingt-deux places dans le rang des hautes stalles de chaque côté du choeur, lesquelles étaient spécialement affectées comme suit : quatre au fond du choeur du côté de l'épître, dont la première pour le roi, la deuxième pour l'évêque, la troisième pour le Chapitre, la quatrième pour le trésorier ; les cinq suivantes pour cinq chanoines, qui les occupaient suivant leur rang d'ancienneté, le plus ancien à côté du trésorier, la dixième pour un grand chapelain semi-prébendé, la onzième pour un des quatre prieurs ; — la première au haut du choeur, vers l'autel, pour l'archidiacre de Rennes ; les trois suivantes en descendant pour trois chanoines, le plus ancien près de l'archidiacre, la cinquième en descendant pour un des grands chapelains, la sixième pour un des prieurs, entre lequel et celui des prieurs cy-dessus mentionné il y avait cinq stalles destinées pour les autres bénéficiers du bas-choeur et les choristes prêtres ou diacres ; — de l'autre côté du choeur, qui est celui de l'évangile, il y avait pareillement au fond du choeur quatre places, dont la première pour le gouverneur de la province, la deuxième pour le chantre, la troisième pour le seigneur d'Espinay et la quatrième pour le scholastique, et le reste dans la même disposition que le côté de l'épître, M. l'archidiacre du Désert étant à la première place vers l'autel, vis-à-vis M. l'archidiacre de Rennes » (Registre Capitulaire - Archives du Chapitre). Quant à la clôture du choeur proprement dite, nous savons que « sur les faces latérales de la balustrade reposaient quatre colonnes en cuivre supportant une frise ornée de même matière. La partie centrale, où s'ouvrait l'entrée du choeur, était en menuiserie pleine, au sommet de laquelle régnaient une frise et une corniche : là se dressaient les statues en bois des douze Apôtres » (nota : Sur la frise de cette balustrade en cuivre était l'écusson des Bourgneuf, seigneurs de Cucé : d'argent au sautoir de sable, au canton de gueules chargé de deux poissons d'argent ; peut-être était-ce un don du trésorier Pierre Bourgneuf, décédé en 1523). En 1707, le Chapitre défendit « de laisser monter personne à ce jubé, aux jours de festes et cérémonies, à cause des accidents qui pouvaient arriver ». Ce fut encore durant le XVIème siècle, où l'on sculptait si délicatement le bois, que les chanoines firent faire « une chère pour le prédicateur » ; le 11 mars 1561, ils payèrent 15 livres pour ce travail (Registre Capitulaire - Archives départementales). Enfin, il y avait dans le choeur une statue de Moïse et un aigle dont il est souvent fait mention dans les actes anciens ; c'était vraisemblablement de grands lutrins à l'usage des chantres. Plusieurs personnages importants avaient reçu la sépulture dans cette partie de l'église ; ainsi l'on y voyait « au milieu du choeur une plaque de cuivre sur laquelle était écrit : CY GIST LE CORPS D'ISABELLE DE BRETAGNE, SOEUR UNIQUE DE LA REINE ANNE, QUI DECEDA LE X DE JUIN MIIIIcc IIIIxx IX, DE SON AGE LE HUITIEME, avec un écu de Bretagne au bas de la plaque, accompagné de ces mots : PRIEZ DIEU POUR ELLE ». Lorsqu'on ouvrit ce tombeau, en 1756, on y trouva « un cercueil en bois presque tout pourri, une partie du crâne,. beaucoup de cheveux tressés et garnis de perles, plusieurs morceaux de velours cramoisi ornés de fourrures sur les bords ». Les tombeaux des évêques François Larchiver, décédé en 1619, et Bertrand de Marillac, décédé en 1573, apparaissaient ensuite ; d'autres tombes épiscopales s'y trouvaient également, mais cachées sous le pavé : c'étaient celles d'Herbert, décédé en 1198, de Robert de la Rivière, décédé en 1450, et de trois autres prélats dont on ne put savoir les noms ; on ne les reconnut qu'aux crosses qui accompagnaient leurs ossements ; les vases funéraires en terre et en verre que l'on trouva dans leurs tombes indiquaient une époque assez reculée (nota :   Voici comment l'Inventaire de 1756 décrit ces tombes d'évêques inconnus : « Pierre tombale illisible........ dessous à 4 pieds de profondeur en terre un cercueil de pierre de grain recouvert par plusieurs pierres plates et cassé dans un de ses bouts......... ossements réduits en poussière une crosse en bois et quelques restes de galons d'or qui désignent que c'était un évêque ; il y avait plusieurs petits vases et pots de terre autour de ce cercueil, remplis de charbons ». — « Du côté de l'évangile, où il n'y avait aucune pierre tombale, il s'est trouvé à 5 pieds et demi de profondeur en terre un tombeau en maçonnerie de moellon, chaux et sable, recouvert par plusieurs pierres de tuf : ce tombeau renfermait un cercueil de bois tout pourry dans lequel était le corps d'un évêque aussi presque tout pourry mais reconnu tel par une crosse, un anneau et quelques lambeaux de la mitre ornée de galons d'or ; le bâton de la crosse était de bois, mais le haut est de cuivre argenté et fort bien travaillé, l'anneau est d'or avec une pierre violette d'une qualité qui parait commune, mais cependant inconnue. Il ne s'est trouvé aucun intersigne qui put désigner le nom de cet évêque ni le temps de sa mort ». — « Ayant fait creuser au milieu du choeur, en allant vers le bas, nous avons trouvé un tombeau construit en maçonnerie de pierre de Taillebourg à 5 pieds de profondeur : ce tombeau avait 5 pieds 2 pouces de longueur de dedans en dedans, non compris l'emplacement de la tête qui avait été pratiqué en le faisant, et était recouvert par des pierres ardoisines........ Le corps était partie en poussière ; parmi les ossements et les cendres étaient une crosse de bois dont l'embout et le haut sont de cuivre doré assez bien travaillé et moucheté avec un vernis violet, un anneau de similor avec une pierre carrée de peu de valeur, une boucle de ceinture en similor, un calice d'étain argenté.... des lambeaux de mître, de petits galons d'or et d'argent et un pot de terre qui contenait plusieurs petits vases ou lampes de verre brisés en partie ». L'on découvrit aussi le coeur de Charles de Cossé, duc de Brissac, maréchal de France, lieutenant-général au gouvernement de Bretagne, décédé à Rennes, le 14 novembre 1621, « renfermé dans un coffre de pierre, à quatre pieds de distance du tombeau d'Isabelle » (nota : une très longue inscription latine accompagnait cette sépulture ; M. P. de la Bigne Villeneuve l'a publiée tout entière dans les Mélanges d'Histoire et d'Archéologie bretonne, II, 81). Sortant du choeur pour visiter les nombreuses chapelles qui entouraient l'abside, les transepts et les nefs, nous remarquerons d'abord que leurs autels avaient, avec le temps, changé de vocable ; ainsi, en 1415, on y honorait Notre-Dame de la Forteresse, Notre-Dame de la Cherche, Notre-Dame du Pilier, saint Etienne, saint Eloi, saint James, saint Nicolas, saint Thébaud, saint Jean, saint Gabriel, saint Eustache, la Sainte Trinité, saint André, saint Martin, saint Michel, saint Gilles, saint Yves et saint Gicquel, les Onze mille Vierges, le Crucifix, etc. Il y avait alors des autels non-seulement dans les chapelles, mais encore tout le long des nefs, quelques-uns même étaient adossés aux colonnes, comme celui de Notre-Dame du Pilier. En 1635, Mgr Cornulier ayant obtenu du Pape une bulle portant indulgence de sept ans accordée « à tous ceux qui visiteraient la cathédrale de Rennes, à l'instar de l'indulgence des sept autels de Saint-Pierre de Rome », choisit, en conséquence, de concert avec le Chapitre, sept autels dans son église, pour que les fidèles pussent y gagner cette indulgence. Mais, en 1755, une partie de la nef était « découverte et démolie depuis longtemps, jusqu'à la hauteur des naissances des voûtes », le nombre des chapelles et des autels avait par là même diminué ; la chapelle de Béré et celle de Saint-Yves et Saint-Gicquel avaient été détruites ; l'autel de Saint-Julien, prétendu par Jean Angier, marquis de Lohéac, avait disparu, ainsi que ceux des Quatre-Evangélistes et de Notre-Dame de la Forteresse, mais nous pouvons, l'Inventaire en main, nous rendre compte de ce qui restait debout. Derrière le choeur, la chapelle absidale ou de la Cherche avait pris le nom de chapelle du Saint-Sacrement ou de la Communion ; elle avait été construite par l'évêque Guillaume Brillet, et Paul Hay, marquis des Nétumières, s'en disait en 1755 le présentateur, à cause de sa terre du Vaufleury. On y voyait les armes du fondateur : d'argent à trois têtes de loup coupées de sable, et les tombeaux des prélats Guillaume Brillet, décédé en 1448, et Jean-Baptiste de Beaumanoir, décédé en 1711, ainsi que ceux de François Harpin, seigneur de Marigné et de la Chesnaye, près Fougères, président au Parlement de Bretagne, décédé en 1607 ; de Robert Constantin, abbé de Saint-Jean de Chartres, chanoine de Rennes et conseiller au Parlement de Paris, décédé en 1650 ; de Gabriel Constantin, sieur de la Fraudière, père du précédent, d'abord conseiller au Parlement de Bretagne, puis prêtre, doyen et chanoine d'Angers, décédé en 1661 ; de quelques autres membres de ces deux familles de Marigné et Constantin, et de plusieurs chanoines. Mgr de Breteuil, décédé en 1732, y avait été aussi inhumé, mais on ne lui avait pas élevé de tombeau. Nous avons précédemment décrit les tombeaux de Nos Seigneurs Brillet et de Beaumanoir ; il nous reste à parler de ceux du seigneur de Marigné et de la famille Constantin ; voici comme s'exprime à leur sujet l'Inventaire de 1755 : « Du costé de l'épître, hors du sanctuaire, près la balustrade, est une épitaphe sur marbre noir, renfermée dans un cadre de pierre tendre, sculptée et ornée, scellée dans le parement du mur, et terminée en consolle, avec des ornements chargés d'un écusson d'argent à l'aigle à deux têtes de sable, cordon de Saint-Michel, casque et lambrequins ; l'épitaphe, inscritte sur marbre noir, contient ces mots : D. O. M. Clarissimus vir Franciscus Harpinus jac. h. D. D. de Marigné de la Chesnaye et in supremo senatu Armorico prœses, consiliis sapientissimus, arbitriis œquissimus, judiciis integerrimus, in utroque concessu angustiore invectissimi Regis consiliarius, prius suplicum libellorum magister, et sœpe delectus publicis negotiis, proxeneta meritissimus cum solita diligentia muneri suo incumberet, prœerat enim Augustiano semestri, sciens volensque ad immortales transiit 8bris die 17, anno Dni 1607, œtatis 67. Lector vixit ut vivis, morieris ut est mortuus, sic vita truditur. Ut cita mors solvit periturœ vincula molis - Sparsim, quœque suum pars petit acta locum - Ipse sacer divis animum poposcit olympus. - Corpus Filgeriœ, sed cor habent Rhedones, - Hoc potius, quoniam toto dilexerat urbem - Corde quod est sanctœ pignus amicitiœ.- H. S. T. L. Conjugi charissimo et bene merenti F. C. Tomissa Championa superstes et pia. « Du costé de l'évangile, une épitaphe sur marbre noir enchâssée et encadrée dans de la pierre tendre saillante du mur, sculptée et ornée ; le cadre ou châssis terminé en cul-de-lampe, un buste d'abbé peint au-dessus de la table de marbre ; au-dessus du cul-de-lampe un écusson portant : d'azur au rocher d'argent planté dans des ondes de même ; cet écusson, orné d'une mytre et crosse d'abbé ; l'épitaphe inscrite dans le marbre noir contient ces mots : Lege, viator, et luge. Hic jacet Robertus Constantin, doctor Sorbonicus , abbas Sancti Joan. in Valle Carnut. Senator parisiensis, nullius honoris appetens, omnium capax ; ortum Andegavo debuit, nobilitatem familiœ et parem prœstanti ingenio indolem doctrinœ, primos fructus Rhedonensis Ecclesiœ, maturitatem Lutetiœ, ubi primaria dignus Sorbonœ laurea vincere merito, quam certare ambitu maluit, conscientia judicum ultus gratiam orator eloquentia magnus, exemplis major, bene omnes facere melius ipse faciendo docuit, qualis futurus in infulis si D. Deslandes Trecor. Episcopo successorem sibi quia simillimum flagitenti fata donassent. Demium Parisiensi Curiœ desponsus pretextam stola gloriœ mutavit, in œt. flore talis qualem optasses senem, œtat. 35. nov. MDCL prœisse visus ad cœlites fratri Gabrieli qui ingenio non minus scientia, sanctitate et moribus, quam sanguine germanus partœ jam foro laudis contemptor inter P. S. Capucinos professus insignis concionator vivis ereptus apud Andes eodem mense et anno patris dolorem renovavit. fil. opt. mœr. pat. pos. Gabriel Constantin regia sanctioribus consiliis, Curiœ Redon. nec non Ecclesiœ Andega. decanus. « Du costé de l'épître, une épitaphe sur marbre noir, encadrée, décorée ainsi que la précédente, et portant le même écu, avec un buste ; la plaque de marbre noir contient ces mots : Siste, viator, lege, mirare quot in uno homine dotes natura, gratiaque concesserint. Vixit illustrissimus dominus D. Gabriel Constantinus avorum pietate in familia clarus, in senatu majoribus clarior, moribus in religion clarissimus ; in conjugio paucorum annorum felix fuit, in orbitate quam sacerdotio consecravit felicior, sed in tota vita, qua non sibi sed aliis, non otio sed publicis negotiis, non seculo sed Deo vacavit felicissimus ; in tumulo ubi filio clarissimo jungitur beatus in morte justorum pretiosa, beatior in cœlo, denique, ut speramus, coronatur beatissimus. Parenti optimo ac bene merenti posuit piissima filia ; annos... menses... dies... Vixit fere octogenarius, obiitque 19 julii anni 1661, ingenti pauperum luctu in quos liberalis erat ac munificus. Hic pater hic natus tumulo junguntur eodem, Ut societ tumulus quos sociavit amor.Tu quisquis es, bene illis precare. A droite de la chapelle absidale se trouvait celle appelée de Saint-Armel ou de l'Annonciation ; elle avait été bâtie par l'évêque Michel Guibé, et le marquis des Nétumières en était encore le patron et présentateur, à cause de sa terre de Saint-Jean-sur-Couësnon, qu'avait possédée le fondateur. Cette chapelle renfermait le tombeau et les statues de l'évêque Michel Guibé et du cardinal Robert Guibé ; celui de leur frère Jacques Guibé, lieutenant au gouvernement de Rennes, et mort en 1509, et ceux de plusieurs dignitaires et chanoines. Ayant décrit le monument de Mgr Guibé, il nous reste à parler de celui de son frère. « Du côté de l'épître, dit l'Inventaire de 1755, est un tombeau élevé au-dessus du pavé, sur lequel est la statue d'un homme portant sa cotte d'armes chargée d'un écu : d'argent à trois jumelles de gueules, le fond chargé de six coquilles d'azur, 3, 2, 1, au chef cousu d'or (qui est Guibé) ; un lion au pied de cette statue tient en ses griffes un semblable écusson. Des deux côtés d'un emplacement destiné pour une inscription, dans le renfoncement du tombeau, sont deux pareils écussons... Ce même écusson est répété sur tous les vitraux ; au-dessous de l'un de ces écussons, du côté de l'épître, on reconnaît une figure d'homme vêtu de la cotte d'armes chargée d'un écusson pareil ». Ce tombeau nous a été conservé en partie, et se trouve actuellement au Musée archéologique de Rennes ; sur la pierre tombale, outre le lion couché au pied de la statue du chevalier, on voit deux anges tenant l'écusson des Guibé de chaque côté des genoux ; de plus, la tête de Jacques Guibé repose sur un coussin que soutiennent encore deux anges, et au haut duquel est un cinquième ange. Continuant de descendre le déambulatoire méridional, nous trouvons la chapelle Sainte-Marguerite, prétendue par le comte de Saint-Gilles-Perronnay, à cause de sa terre de la Durantaye, et renfermant le tombeau de Jean Le Breton, seigneur de Lancé, archidiacre et chanoine de Rennes, président de la Chambre des Comptes, décédé en 1400 ; puis la chapelle Saint-Nicolas, prétendue par Guy de Sarsfield, seigneur de la Motte-Saint-Armel, et contenant le tombeau d'Isaac Loaisel, seigneur de Brie et président au Parlement de Bretagne, décédé en 1634. Ce monument, placé du côté de l'évangile, consistait en « une table de marbre noir en forme de tombe, portée par quatre consoles de marbre jaspé, sur laquelle est gravé un écu pareil à celui qui est peint sur le vitrail : d'argent à trois merlettes de sable, 2 en chef, 1 en pointe (qui est Loaisel), avec le cordon de Saint-Michel ». Dans le transept du Midi se trouvaient : à l'Est, la chapelle de l'Ange-Gardien, avec le tombeau de l'évêque Raoul de Tréal, décédé en 1383 ; à l'extrémité, sous une grande verrière, don des ducs de Bretagne, l'autel Saint-Sébastien ou du Bon Yves, accompagné des tombeaux des évêques Aymar Hennequin, décédé en 1596, et Yves Mahyeuc, décédé en 1541, et derrière lequel était une ancienne petite chapelle servant de sacristie au bas-choeur ; enfin, à l'Ouest, la chapelle de la Trésorerie ; là se trouvaient les sépultures des trésoriers et chanoines Huart, de Gervais Huart, conseiller au Parlement de Bretagne, et de Jeanne Louïs, sa femme. Ils reposaient à côté du trésorier François Huart, fondateur de cette chapelle, décédé en 1658, et dont les armes, d'argent au corbeau de sable, s'y trouvaient en lisière ; on lisait sur leur tombe commune, après l'épitaphe du trésorier relatée précédemment : Ab utroque latere extant D. Gervasius Huart quondam in suprema hujus provinciœ curia senator amplissimus ; obiit anno 1662 die 10 feb. et Domina Joanna Louïs ejus uxor defuncta die 25 julii anno domini 1666. Quomodo delixerunt se in vita, ita et in morte non sunt separati ; reg. in pace. Petrus Huart nepos et filius hoc monumentum posuit anno 1690. Dans le collatéral méridional de la nef était la chapelle de Saint-Martin de la Grille, fondée par Bertrand de Coëtlogon, chanoine de Rennes, archidiacre de Porhoët en 1470, et dépendant de la terre de Méjusseaume, entre les mains de Marie-Joseph Freslon, seigneur de la Freslonnière, en 1755 ; on y voyait le tombeau-arcade du fondateur, et dans le vitrail les portraits des seigneurs et dames de Coëtlogon, avec leurs armoiries : de gueules à trois écus d'hermines (nota : « Sous le vitrail, du côté de l'épître, était une arcade gothique pratiquée en renfoncement dans l'épaisseur du mur, contenant un tombeau antique couvert par une grande pierre sur laquelle une figure représentant un abbé en chanoine a été gravée. De chaque côté des pieds de cette figure, un écusson de gueules à trois écus d'hermines ; d'un côté de l'arcade un autre écusson semblable, et de l'autre côté un écusson écartelé au 1er et 4ème de gueules à trois écus d'hermines, aux 2ème et 3ème d'azur à un lion d'argent dont la tête coupée de gueules ». On retrouva aussi dans cette même chapelle le corps de René-Hyacinthe de Coëtlogon, gouverneur de Rennes, décédé le 21 octobre 1692). Traversant ensuite la nef dans la partie restée debout, nous trouvons, accolé à l'une des colonnes de l'inter-transept, l'autel de Notre-Dame du Pilier, construit sous les orgues, et prétendu par le baron de Châteauloger, à cause de Robin Raguenel, son fondateur, jadis seigneur de Châteauloger, au XIVème siècle. Le transept septentrional était occupé en grande partie par la chapelle de Notre-Dame du Voeu, élevée à l'époque de la peste de Rennes, en 1634, par Mgr Cornulier, le Chapitre et la Maison de Ville ; Toussaint de Cornulier, seigneur de Boismaqueau, prétendait en avoir la présentation, comme chef de la maison de Cornulier. L'évêque Pierre Cornulier, décédé en 1639, y avait son tombeau avec ses armoiries : d'azur au rencontre de cerf d'or surmonté d'une hermine d'argent. A côté, et à l'Est de ce transept, était la chapelle de Saint-Michel, « depuis longtemps abandonnée », puis, en remontant le déambulatoire du choeur, celle de Villeboul, renfermant les tombeaux de Mgr de Chantemerle, décédé en 1427, — du chanoine Guillaume de Villeboul, fondateur de ce sanctuaire, décédé vers 1550, — et de Pierre Le Bauldrier, doyen de Fougères et chanoine de Rennes, décédé en 1582 ; nous avons décrit tous ces tombeaux. Venaient ensuite, — en contournant toujours l'abside, — la chapelle de Rillé, avec le tombeau de son fondateur, Sébastien Thomé, abbé de Rillé et trésorier de Rennes, décédé en 1569 ; — la chapelle Saint-Claude, où reposait le chanoine Jean Bouëdrier, sous une tombe-arcade, et prétendue par Thomas Morand, seigneur de Penzès, en qualité de seigneur de Bouëdrier ; — et enfin la chapelle Saint-André, renfermant le mausolée et les statues de ses fondateurs, Henry de Villeblanche, seigneur de Broons, conseiller et chambellan du duc, gouverneur de Rennes et grand-maître de Bretagne, et Renée de Bagatz, sa femme, morts vers la fin du XVème siècle. Cette chapelle, prétendue par le comte de Brione comme seigneur de Broons, contenait aussi plusieurs tombes de chanoines. Voici la description que firent du tombeau des seigneurs de Villeblanche les commissaires de 1755 : « Du costé de l'évangile est une arcade pratiquée dans l'épaisseur du mur, dans laquelle est un tombeau à deux pieds et demy au-dessus du pavé ; la table de ce tombeau porte deux statues couchées à côté l'une de l'autre, toutes deux de grandeur naturelle ; la première, sur le devant, représente la figure d'un chevalier, l'autre, dans le renfoncement, celle d'une femme ; autour de la table de ce tombeau, l'on trouve une inscription en lettres gothiques qui contient ces mots : « Cy gist noble homme Messire Henry de Villeblanche, chevalier, seigneur de Broons, de Bagaz et de Maumuron, conseiller et chambellan du Duc notre souverain seigneur, conseiller et chambellan du Roy notre seigneur, grand-maître d'hôtel de Bretagne et capitaine de Rennes et de Guingamp, et dame Renée de Bagaz, sa compagne, qu'il tumbula le 10 de l'an 14.. priez Dieu pour eux ». Les deux côtés de l'arcade sont chargés en face d'écussons, scavoir : celui à droite : écartelé au 1er et 4ème de gueules à la fasce d'argent accompagnée de trois hures de brochet de même, au 2ème et 3ème d'argent au sautoir de gueules ; celui à gauche : écartelé au 1er de gueules à la fasce d'argent accompagnée de trois hures de brochet de même, au 2ème pallé d'argent et d'azur, au 3ème d'argent au sautoir de gueules, au 4ème d'argent à une quintefeuille de gueules ». Il y avait donc encore quinze chapelles dans la cathédrale en 1755 ; outre les nombreux tombeaux qu'elles renfermaient, on voyait plusieurs autres sépultures, tant dans la nef que dans les recherches ou déambulatoires du choeur : au haut de la nef reposaient les évêques Alain Ier, décédé en 1156, et Etienne de Fougères, décédé en 1178 ; dans le déambulatoire se trouvait la tombe de l'évêque Alain de Châteaugiron, décédé en 1328. Au bas de la nef, au pied de l'autel Saint-Julien, détruit avec cette nef, avaient été inhumés Jean de la Rivière et Jamette Brillet, sa femme ; leur tombeau consistait en « une lame de cuivre en plate-forme, sur laquelle était gravée l'effigie dudit sieur de la Rivière, chancelier de Bretagne, et de ladite dame Jamette Brillet, avec cette inscription : Cy gist monsieur Jean de la Rivière, chevalier, et dame Jamelle Brillet, sa femme, jadis seigneur de la Chauvelière, d'Eancé et du Haut-Bois, chancellier de Bretagne, qui trépassa le dernier jour de février l'an 1461, et ladite Jamette le 28 avril l'an 1459 ». Quant aux autres tombeaux de chanoines, de prêtres, d'officiers du Chapitre, etc., dont les dalles formaient le pavé de presque toute l'église, il est impossible de les rappeler tous ici. Dans les derniers siècles, en effet, tout le personnel ecclésiastique de Saint-Pierre recevait la sépulture dans la cathédrale. Primitivement, autour de l'église existait bien un cimetière, mais il fut abandonné vers la fin du XVème siècle, et, en 1526, le Chapitre consentit à ce que « ledit cimetière de l'église de Rennes fût pavé ». A partir de cette époque, on inhuma presque tous les bénéficiers de Saint-Pierre dans l'église même. Il est bien fâcheux que l'Inventaire dressé par ordre de l'intendant Le Bret se soit borné à signaler les tombeaux et les nombreux écussons sculptés sur les murailles, aux clefs de voûte et sur les mausolées, ou peints en litre dans les chapelles, et en vitraux étincelants dans les fenêtres. Nous savons, il est vrai, que ces murailles étaient couvertes d'hermines et de fleurs de lys, mais ce que nous ignorons, et ce qui nous intéresserait vivement de connaître aujourd'hui, ce serait les sujets décorant les voûtes du choeur, garnies de « lambris peints qui représentent des saints et des objets de piété » ; ce serait les scènes et les personnages figurant dans les verrières de l'abside et dans ces deux grandes vitres des transepts, « oeuvres de haute entreprise », dues à la piété des princes de Bretagne ; ce serait enfin les descriptions détaillées des autels et de leurs retables, des balustrades et des clôtures de chapelle que le XVIème siècle cisela si finement, des statues les plus vénérées, des crédences les mieux ornementées, de tout ce mobilier religieux, en un mot, dans la confection duquel excellèrent les ouvriers-artistes du temps passé. Quoi qu'il en soit de cette lacune dans l'Inventaire de 1755, nous pouvons nous représenter la cathédrale de Rennes comme ayant eu ses jours de splendeur au moyen-âge, alors que nos souverains bretons y venaient recevoir la couronne ducale des mains de nos prélats. Nous comprenons donc la tristesse qu'éprouva le Chapitre à la pensée de voir disparaître ce vénérable monument de la foi de ses pères, à l'idée d'abandonner à la merci du vulgaire ces tombes de tant de pieux prélats, d'humbles chanoines et de fervents chrétiens dormant leur dernier sommeil à l'ombre de ce sanctuaire. Il fallut pourtant faire ce sacrifice et quitter la basilique édifiée par le bienheureux Charles de Blois, sanctifiée par les évêques Herbert et Yves Mahyeuc, et enrichie par les ducs de Bretagne (nota : Parmi les fondations faites en l'église cathédrale de Rennes nous trouvons, en effet, les suivantes : en 1288, fondation d'obit par Jean, duc de Bretagne (2 livres 8 sols) ; — 9 juillet 1453, fondation d'obit par Pierre, duc de Bretagne (6 livres) ; — 18 février 1488, rente de 31 livres 4 sols faite au Chapitre par Anne de Bretagne ; — 26 janvier et 15 août 1493, fondation de trois messes par semaine, faite par la même princesse, pour le repos de l'âme de sa soeur Isabeau de Bretagne, etc. (Registre Capitulaire) Il y avait un très-grand nombre de fondations à Saint-Pierre, comme on a pu le voir par les tableaux des chapellenies aux XVème et XVIème siècles, que nous avons précédemment fait connaître ; quoique ces fondations eussent été successivement réduites par Mgr Larchiver vers 1610, par Mgr Turpin de Crissé en 1721, et par Mgr Bareau de Girac peu de temps avant la Révolution, la place nous manque ici pour reproduire la liste de tous les obits desservis par le clergé de la cathédrale en 1789). La condamnation de la cathédrale de Rennes ayant été prononcée, comme nous l'avons dit, en 1754, le Chapitre alla célébrer fort incommodément son office et desservir ses fondations nombreuses dans la petite chapelle de l'hôpital Saint-Yves, où il demeura jusqu'à l'époque où la Révolution, en 1790, brisa son institution, avant qu'une nouvelle église eût été bâtie. Ainsi finit le vieux Saint-Pierre de Rennes, « ainsi fut abandonné ce temple auguste, le berceau de la religion, et le premier siège de l'Eglise dans l'Armorique, dit un auteur contemporain. L'Arche de la nouvelle alliance fut enlevée de ce sanctuaire vénérable, où elle reposait dès le premier âge du christianisme. Les peuples ne se rappellent encore qu'avec douleur de cette triste cérémonie (de l'interdiction de la cathédrale, le 27 février 1734) et le moment où ils furent forcés de quitter ces lieux consacrés depuis plus de quinze cents ans par l'offrande du sacrifice solennel et la prière publique, ces lieux où reposaient les cendres de nos princes et de nos pasteurs » (nota : Mémoire historique concernant la démolition de la Cathédrale — En 1756, on ouvrit tous les tombeaux de la cathédrale : les corps trouvés intacts ou particulièrement vénérés, tels que ceux des évêques Yves Mahyeuc et J.-B. de Beaumanoir, etc., furent déposés dans de nouvelles chasses lorsque leurs anciennes se trouvèrent usées ; les ossements des autres prélats reçurent place dans la chasse demeurée intacte de Sébastien Thomé, abbé de Rillé, dont il ne restait que quelques ossements, et l'on y grava cette inscription : « Ossements de M. l'abbé de Rillé et de MM. les évêques ». Tous ces cercueils furent déposés dans un nouveau caveau que le Chapitre fit construire au bas des nefs de la cathédrale, et qu'il bénit solennellement le 9 mars 1756. Pendant la Révolution cet enfeu fut violé, les chasses de plomb furent enlevées et les ossements jetés pêle-mêle (Pouillé de Rennes).

Note 2 : Nous avons vu précédemment que, le 27 février 1754, l'évêque et le Chapitre de Rennes durent abandonner la cathédrale Saint-Pierre, qui tombait en ruines, et se réfugier dans la chapelle de l'Hôtel-Dieu. Aussitôt après leur départ on commença la démolition du vieil édifice, conservant seulement le portail occidental avec ses deux tours. Mais quand il fallut songer à construire une nouvelle cathédrale, de grandes difficultés s'élevèrent : le Chapitre et l'évêque de Rennes étaient loin de pouvoir subvenir aux dépenses qu'exigeait une oeuvre aussi considérable ; on réclama du gouvernement d'alors quelques secours qui se firent longtemps attendre, et la construction n'était pas encore commencée quand Mgr de Girac devint évêque de Rennes. Celui-ci ayant obtenu l'union de la mense abbatiale de Saint-Melaine à la mense de l'évêché de Rennes, et ayant quitté l'antique palais épiscopal situé près de la cathédrale pour venir habiter le palais abbatial de Saint-Melaine, songea sérieusement à transformer en cathédrale l'église de l'abbaye de ce nom. Il fit faire un plan de restauration pour cette église, ainsi que des plans de maisons prébendales qu'il voulait construire dans la rue de la Quintaine (nunc rue de Fougères) pour loger ses chanoines. Mais l'opposition que firent à ces projets les Bénédictins de Saint-Melaine, qui ne voulaient point céder leur église, et l'état de vétusté de cet édifice lui-même, forcèrent Mgr de Girac à abandonner son projet. L'évêque et le Chapitre revinrent donc nécessairement au premier plan projeté, c'est-à-dire à la reconstruction de la cathédrale dans le même emplacement que l'ancienne, et en utilisant le beau portail et les tours demeurés debout. Ce ne fut toutefois qu'en 1787 que l'on put entreprendre le relèvement de la première église du diocèse ; quand elle vit à l'oeuvre l'évêque et les chanoines, la Communauté de Ville fit vers eux une démarche pour leur en exprimer sa gratitude, et tous les habitants de Rennes en témoignèrent hautement leur satisfaction. « Les travaux furent suivis avec autant de soin que d'activité. Déjà les murs étaient élevés de plus de 5 mètres au-dessus du sol, et une dépense de plus de 400 000 fr. avait été faite, lorsque la Révolution et la confiscation au profit de l'Etat de tous les biens ecclésiastiques vinrent en 1791 suspendre l'ouvrage commencé. En l'an XI, c'est-à-dire en 1803, quelque temps après que le culte catholique fut rétabli, l'église abbatiale de Saint-Melaine, dont on avait fait une paroisse, fut assignée au Chapitre pour la récitation de l'office canonial et les différentes cérémonies du culte qui pouvaient lui incomber. Tel était l'état des choses, lorsqu'un décret impérial du 7 thermidor de la même année ordonna la restitution aux anciennes fabriques des biens non aliénés ni transférés qui leur avaient appartenu. Un autre décret du 15 ventôse an XIII étendit la disposition du précédent aux fabriques des églises cathédrales et métropolitaines des anciens diocèses pour tous les biens provenant des ci-devant Chapitres, et les appliquant à ceux des diocèses actuels dans lesquels ils sont situés. Malgré cela, un décret du 30 septembre 1807 vint auto­riser la ville de Rennes à faire construire une halle-au-blé sur le terrain et emplacement de l'ancienne cathédrale, à la charge de payer à la fabrique de cette église une rente annuelle de 2 000 fr., remboursable en quatre termes égaux par un capital de 40 000 fr. Le Chapitre se hâta de réclamer en envoyant une supplique à l'empereur, supplique qui avait d'autant plus de chance de succès que la municipalité de Rennes elle-même finit par se joindre à ses réclamations. Le 22 mai 1808, le Conseil municipal déclara solennellement que le principal motif de la demande qu'il avait faite du terrain et des constructions commencées sur le local de l'ancienne église cathédrale, avait été de prévenir l'aliénation et par conséquent la destruction d'un monument précieux à la ville de Rennes ; que pour remplir les conditions auxquelles ce local lui était concédé, il se verrait dans la nécessité d'augmenter les droits d'octroi au-delà des bornes qui doivent être fixées pour assurer les produits ; qu'enfin, il verra sans regret le succès des réclamations adressées par le Chapitre à Sa Majesté » (M. l'abbé Massabiau, La Cathédrale de Rennes - Revue de Bretagne, XIV, 355). Voici un passage de cette supplique du Chapitre qui indique l'état où se trouvaient alors les travaux entrepris précédemment pour la reconstruction de la cathédrale :   .... Il existe à Rennes une cathédrale dont les superbes tours sont achevées, dont la façade de devant qui les lie est achevée. L'édifice souterrain dans son entier est achevé. Il est déjà debout dans toutes ses parties ; il a même plus de vingt-cinq pieds d'élévation ; les dessins et les plans ci-joints en donnent une faible idée. Il est digne de la capitale de la province la plus religieuse de la France. Une somme de 400 080 fr. au plus allait l'achever, lorsque la Révolution est venue arrêter les travaux. L'édifice n'est pas encore déshonoré. Personne jusqu'ici n'a osé en enlever une pierre. « Le service religieux se fait provisoirement , au défaut d'autre temple plus convenable, dans une très-ancienne église située à l'extrémité de cette grande ville, destinée à être seulement paroissiale , dont les murs dégradés annoncent au département qu'il aura de grandes dépenses à y faire, si la nouvelle cathédrale ne s'achève bientôt » (Supplique du Chapitre de Rennes à l'empereur Napoléon Ier). Sur les entrefaites, le cardinal Fesch, oncle de Napoléon Ier, vint à Rennes et se chargea de plaider la cause du Chapitre près de l'empereur. En effet, le 23 avril 1811, Napoléon, par un nouveau décret, fit droit aux réclamations du Chapitre de Rennes ; il ordonna même l'achèvement de la cathédrale Saint-Pierre, affectant à cette reconstruction une somme de 500 000 fr., payables en cinq annuités. On employa immédiatement à cette oeuvre 51 000 fr. ; mais les difficultés du temps firent encore arrêter les travaux, qui ne furent repris qu'en 1819. Le gouvernement de la Restauration fit à cette époque pousser avec activité le relèvement de notre église. En 1823, de nouvelles sommes furent allouées pour la continuation du travail, et en 1837 une dernière allocation permit d'arriver, en 1844, à un état de choses suffisant pour que l'évêque et le Chapitre pussent prendre possession de leur nouvelle cathédrale. Ce fut le saint jour de Pâques, 7 avril 1844 (nota : Mgr Saint-Marc avait bien été sacré dans cette cathédrale dès 1841, mais c'était avant l'achèvement de l'édifice), que « Monseigneur Godefroy Saint-Marc, évêque de Rennes, accompagné des chanoines et Chapitre de l'église cathédrale, revêtus pour la première fois du nouveau costume de choeur bordé d'hermines, précédé d'un nombreux clergé, des directeurs et élèves du Grand-Séminaire, portant les reliques vénérées des bien­heureux saint Amand et saint Melaine, quitta l'église de l'ancienne abbaye de Saint-Melaine, où depuis 1803 le Chapitre se réunissait provisoirement pour célébrer l'office canonial. La procession, suivie d'un grand concours de peuple, au son des cloches et au chant du Veni Creator, se dirigea vers la nouvelle église en parcourant les principales rues de la ville. A l'arrivée, on chanta l'antienne de saint Pierre pour saluer le patron de la cathédrale et du diocèse, et on prit ainsi possession de ce nouveau temple qui, après près d'un siècle, venait de se relever de ses ruines » (Procès verbal de l'inauguration de la nouvelle Cathédrale). Le 13 octobre suivant, le Chapitre de Rennes se réunit pour régler la dédicace des divers autels de la nouvelle cathédrale ; voici quel fut le résultat de cette délibération : on dédia le maître-autel à saint Pierre, patron de l'église ; — l'autel du transept méridional au Saint-Sacrement ; — l'autel du transept septentrional à la Sainte Vierge ; — la première chapelle du bas - côté méridional à saint Melaine , — la deuxième à saint Yves, — la troisième à saint Michel et aux saints Anges, — la quatrième à sainte Anne, — la cinquième à Notre-Dame de la Cité ; — la première chapelle du bas-côté septentrional à saint Amand, — la deuxième à saint Joseph, — la troisième à saint Malo et à saint Samson, — la quatrième à saint François Xavier, — la cinquième fut réservée pour contenir les fonts baptismaux et les saintes huiles (Annales ms. de l'Eglise de Rennes). Vers le même temps, M. l'abbé Tresvaux, voyageant en Italie, obtint de l'évêque de Parme, dans le diocèse duquel est situé le monastère de Bercetto, une relique insigne de saint Modéran, décédé dans cette abbaye ; c'était un os fémur dont M. Tresvaux fit don à l'Eglise de Rennes, gouvernée jadis par ce bienheureux. La translation de cette relique se fit très-solennellement à Rennes, le 26 octobre 1845 ; tout le clergé de la ville se rendit en procession à la cathédrale, et Mgr Saint-Marc, qui avait cédé les honneurs de la présidence de cette belle cérémonie à son digne prédécesseur Mgr de Lesquen, célébra lui-même, dans un discours éloquent, les vertus de saint Modéran (M. Roumain de la Rallaye, Vies des Saints de Bretagne, 216). La cathédrale Saint-Pierre de Rennes, élevée en 1859 à la dignité d'église métropolitaine de Bretagne, est un édifice assez médiocre au point de vue de l'architecture. La façade, qui date de la fin du XVIème siècle et du milieu du XVIIème siècle, a de la grandeur et réunit tous les ordres grecs et latins ; mais le reste du vaisseau, reconstruit depuis le commencement du siècle, manque d'élévation et laisse fort à désirer. De style néo-grec, cette église se compose d'un choeur en hémicycle avec déambulatoire, sans chapelles absidales, —d'une coupole centrale et de deux transepts, — de trois nefs et de dix chapelles disposées cinq de chaque côté des nefs ; la voûte est en plein cintre, et des colonnes d'ordre ionique entourent le sanctuaire et séparent la grande nef de ses collatérales. En 1863, Mgr Saint-Marc crut de son devoir, comme premier archevêque de Rennes, de laisser à ses successeurs une métropole digne de la religieuse province de Bretagne. Rebâtir cette église, terminée depuis vingt ans seulement, était chose impossible ; il eût fallu, d'ailleurs, le concours du gouvernement, qui l'aurait certainement refusé. Restait la ressource de compenser la médiocrité de l'architecture par la beauté et la richesse de la décoration intérieure. Dans cette pensée, l'archevêque de Rennes fit un appel à la générosité des enfants de la Bretagne, et, donnant lui-même l'exemple de la largesse, il offrit immédiatement 100 000 fr. de ses propres deniers pour commencer les travaux. Tant que vécut le généreux prélat, l'exécution du plan conçu par lui se poursuivit avec activité ; sa mort seule est venue arrêter cette belle restauration, et elle est venue, hélas ! avant le complet achèvement de l'oeuvre. Il reste encore à décorer la coupole et à peindre quelques fresques dans les transepts et dans les petites nefs. « L'entreprise tentée par Mgr Saint-Marc, dit M. de la Borderie, a supérieurement réussi. La peinture décorative qui couvre les voûtes, toutes les parties de l'édifice, sauf les surfaces réservées pour les tableaux, est d'une richesse, d'une élégance, d'une harmonie et d'une douceur de tons qui caresse en même temps que le multiple développement de cette fresque immense étonne et saisit l'esprit. La peinture d'histoire, confiée à un artiste d'un grand talent, M. Le Hénaff, est une épopée religieuse. Dans le rond-point, la dation des clefs et la mission des apôtres ; autour du choeur, sur les murs des bas-côtés, se déroule la longue procession des saints de Bretagne : théorie chrétienne, celto-bretonne, dont nous pouvons hardiment opposer la majestueuse grandeur à la grâce élégante et facile des théories païennes de la Grèce. Les tableaux de sainte Anne et de la Sainte Vierge — rassemblant autour de ces deux grandes figures tous les principaux souvenirs du culte que leur a rendu et que leur rend encore la Bretagne — sont deux pages admirables. Toutes ces peintures sont d'un très-grand style. Les tableaux qui restent à exécuter achèveront de faire de la métropole de Rennes le panthéon chrétien de la Bretagne. Cette oeuvre, nous l'affirmons, illustrera à la fois, dans le présent et dans la postérité, l'artiste qui l'aura exécutée et le prélat qui l'a conçue, qui l'a résolument entreprise, qui seul — par sa libéralité inépuisable — pouvait la mener à bonne fin » (Revue de Bretagne et de Vendée, XXXVIII, 316). Après cet aperçu général, entrons dans quelques détails et examinons successivement les diverses parties de la métropole nouvellement décorée. L'édifice tout entier est intérieurement recouvert de stucs imitant fort bien les plus beaux marbres ; çà et là, le long des murailles, ont été réservés de grands espaces ou tableaux pour les fresques ; la voûte, ornée de caissons de formes variées, est sculptée avec art et éblouissante de dorures. Entrons d'abord dans le sanctuaire. Au milieu se trouve le maître-autel, construit en marbres antiques merveilleusement beaux ; ces marbres sont un don du Souverain-Pontife Pie IX, qui les fit extraire de l'emporium romain pour les envoyer au premier archevêque de Rennes. Devant cet autel et au milieu du choeur se trouve, comme nous l'avons dit, le tombeau de ce prélat, au-dessus duquel pend à la voûte le chapeau cardinalice. Au fond de l'abside, le cul-de-four de cette voûte renferme la belle fresque de la dation des clefs : sur un fond d'or apparaît le divin Sauveur entouré de ses apôtres ; Jésus, enveloppé dans une auréole et décoré du nimbe crucifère, tient le monde d'une main et de l'autre donne les clefs du Paradis à saint Pierre, agenouillé à ses pieds ; de l'autre côté de Notre-Seigneur se tient, également agenouillé, saint Jean l'Evangéliste, le disciple bien-aimé ; les autres apôtres, groupés à droite et à gauche du Sauveur, reçoivent debout la divine mission d'aller, comme saint Pierre et saint Jean, parcourir la terre et évangéliser les nations ; tous contemplent avec respect et amour le divin Jésus nommant saint Pierre son représentant sur la terre et chef de son Eglise. Au-dessous de cette scène on lit ces mots, peints sur la frise : ET TIBI DABO CLAVES REGNI COELORUM.  Dans les nombreux caissons de la voûte du sanctuaire nous remarquons au centre trois grands écussons ; au milieu celui du pape Pie IX, écartelé aux 1er et 4ème d'azur au lion d'or ; aux 2ème et 3ème d'argent à deux bandes de gueules ; cet écu est placé dans un cartouche surmonté d'une tiare et accompagné de deux clefs posées derrière en sautoir ; — devant est celui du cardinal Saint-Marc : d'azur au pélican, en sa charité, d'argent, dans un cartouche surmonté d'une croix archiépiscopale et d'un chapeau à quinze houppes ; — derrière se trouve l'écusson du Chapitre de Rennes : d'azur à deux clefs d'argent passées en sautoir, les gardes en bas, placé également dans un cartouche surmonté d'une croix archiépiscopale. Dans d'autres grands caissons apparaissent divers emblèmes de la sainte Eucharistie, tels que l'Agneau pascal, d'après le type des Catacombes de Rome et d'après le Livre de l'Apocalypse, et des colombes s'abreuvant au vase sacré et becquetant une gerbe de froment. Enfin, cette riche décoration de la voûte du sanctuaire est complétée par les armoiries des divers Chapitres de la province de Bretagne : au Nord, les écussons des Chapitres de Rennes, — de Quimper et Léon — et de Saint-Malo ; au Sud, ceux de Vannes, — de Saint-Brieuc et Tréguier — et de Dol. Le pourtour du choeur, où nous entrons maintenant, renferme l'oeuvre la plus magistrale peut-être de M. Le Hénaff. Sur les vastes parois des murailles de ce déambulatoire l'artiste a peint à fresque tous nos grands saints bretons ; il les a groupés selon les anciens diocèses qu'ils habitaient et dont le territoire fait aujourd'hui partie de la province de Rennes ; ils forment tous ensemble comme une double et majestueuse procession, ne se dirigeant pas, comme on l'a dit à tort, vers le petit buffet d'orgue qui se trouve au fond du choeur, mais partant tous, au contraire, de ce point central pour venir entourer le sanctuaire. Voici quels sont tous ces bienheureux, les uns rois et puissants, les autres simples moines mendiants, ceux-ci évêques et ceux-là martyrs, tous rayonnant de la gloire divine, tous ayant évangélisé ou édifié notre province, tous enfin nos pères dans la foi, vrais fondateurs de la catholique Bretagne, nos patrons et nos modèles. En commençant par le pourtour septentrional nous rencontrons d'abord les saints de l'ancien diocèse de Rennes, dont voici lei noms : RHEDONENSES : S. Amandus, — S. Malanius, — S. Armagillus, — S. Rainffredus, — S. Judicael, — S. Salomon, — S. Moderannus, — S. Robertus Arbricellensis,—   B. Yvo Mayocus (nota : Tous ces noms, ainsi que les suivants, sont inscrits au-dessous de chaque groupe de personnages). Puis les saints du diocèse de Vannes : VENETENSES : S. Paternus, — S. Guenninus, — S. Ninoca, — S. Tremor,—   S. Triphina, — S. Gildasius, — S. Meriadocus, — S. Bilius, — S. Felix, — S. Vincentius Ferrarius. Viennent ensuite les saints du diocèse de Quimper : CORISOPITENSES : S. Corentinus, — S. Guenhaelus, — S. Guingaleus, — S. Melorus, — S. Meliovus, — S. Gurlœsius. Voici les bienheureux de l'ancien diocèse de Saint-Pol-de-Léon : LEONENSES : S. Paulus Aurelianus, — S. Cethomerinus, — S. Gœznoveus, — S. Senanus, — S. Golvinus. Nous arrivons alors au fond du rond-point où se trouve le buffet du petit orgue ; au-delà, dans le pourtour méridional, se poursuit la procession des saints de Bretagne, en commençant par ceux de l'ancien diocèse de Tréguier : TRECORENSES : S. Tugdualus, — S. Revellinus, — S. Briachus, — S. Christina, — S. Hervœus, — S. Yvo. Viennent ensuite les bienheureux du diocèse de Saint-Brieuc : BRIOCENSES : S. Budocus, — S. Briocus, — S. Kerianus, — S. Miocus, — S. Osmana, — S. Mauricius, — S. Guillermus. Puis voici ceux de l'ancien diocèse de Saint-Malo : MACLOVIENSES : S. Aaron, — S. Maclovius, — S. Gurwalus, —S. Enogatus, — S. Austolus, — S. Mevennus, — S. Gerfredus, — S. Convoio, — S. Lohemaelus, — S. Joannes de Craticula. Enfin, les saints de l'ancien diocèse de Dol terminent cette longue théorie : DOLENSES : S. Hildutus, — S. Maglorius, — S. Samson, — S. Similianus, — S. Ethbinus, — S. Sulinus, — S. Budochus, — S. Helerius, — S. Leucherius, — S. Thurianus, — S. Gilduinus. Comme l'on voit, ces grandes pages de peintures à fresque nous rappellent le souvenir de presque tous les bienheureux que nous honorons en Bretagne ; leurs nobles et saintes figures se trouvent donc à leur place naturelle autour du sanctuaire de la métropole bretonne. Pénétrons maintenant dans les transepts et commençons par celui du Midi, c'est-à-dire par la chapelle du Saint-Sacrement. Les peintures de cette chapelle sont consacrées à la glorification de sainte Anne. Au fond du transept, dans la demi-lune placée au-dessus de l'autel, sainte Anne est représentée assise sur un trône et recevant les hommages du peuple breton ; dans le lointain on aperçoit la grange où Nicolazic déposa la statue miraculeuse de sainte Anne d'Auray et l'église qu'élevèrent les Carmes en ce même lieu. Quatre grandes fresques décorent en outre cette chapelle, peintes sur les murailles orientale et occidentale ; à l'Est : un ange apparaît à saint Joachim et lui prédit la naissance de Marie ; — saint Joachim communique cette révélation à sainte Anne ; — à l'Ouest : sainte Anne et saint Joachim présentent Marie au grand-prêtre ; — sainte Anne et saint Joachim enseignent la Très-Sainte Vierge. Tout autour de la chapelle on lit sur la frise ces paroles : ANNA JESSE RADIX EGREGIA, OMNIMICANS VIRTUTE PRAEVIA, DE TE VIRGO PROCESSIT REGIA. Dans la riche décoration de la voûte on ne voit point d'armoiries, mais seulement, au centre, les initiales de sainte Anne entrelacées dans un écusson, et divers emblèmes des vertus pratiquées par cette grande sainte peints dans les principaux caissons. La chapelle du transept septentrional, dédiée à la Sainte Vierge, est décorée de la même manière que la précédente. Dans la demi-lune qui surmonte l'autel, Marie est peinte assise sur un trône et entourée de ses dévots serviteurs ; dans le fond du tableau apparaissent les monuments élevés en son honneur par les Bretons ; on y distingue entre autres la tour de Notre-Dame de Rennes. Des quatre grandes fresques qui doivent orner cette chapelle, deux seulement sont terminées, encore ne sont-elles pas l'oeuvre de M. Le Hénaff, auteur de tous les tableaux précédents, mais bien de M. Langlois. Ces fresques représentent : l'une l'annonciation de l'ange Gabriel à Marie, — l'autre le mariage de la Très-Sainte Vierge avec saint Joseph. Sur la frise courant autour de la chapelle on lit ces paroles du Magnificat : QUIA RESPEXIT HUMILITATEM ANCILLAE SUAE, ECCE ENIM EX HOC BEATAM ME DICENT OMNES GENERATIONES. La voûte, dépourvue d'armoiries, est ornée au centre d'un grand écusson portant les initiales d'Ave Maria entrelacées, et de divers emblèmes des vertus de la Sainte Vierge représentées dans les caissons. Des transepts entrons dans la grande nef, composée, comme nous l'avons dit, d'une double colonnade d'ordre ionique revêtue de stuc comme l'édifice intérieur tout entier. L'entablement n'offre qu'une décoration architecturale, mais la voûte, d'une très-grande richesse, présente dans ses caissons cinq écus au centre, et dans les retombées les emblèmes des sept sacrements de l'Eglise complétés par l'emblème de la résurrection. L'écusson central est celui de la province de Bretagne, d'hermines plein, placé dans un cartouche que tiennent des anges, surmonté d'une couronne royale, accompagné de la devise : POTIUS MORI QUAM FOEDARI, et entouré, nous ne savons trop pourquoi, des colliers des Ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit. En remontant vers le choeur, le premier blason qui se présente est celui du Chapitre de Vannes : d'azur à un dextrochère habillé d'argent, tenant une clef à double panneton de même posée en pal ; le second écusson renferme réunies les armoiries des trois Chapitres de Rennes, Dol et Saint-Malo, comme il suit : écartelé : aux 1er et 4ème, d'azur à une tête de saint Samson mitrée d'or, qui est de l'ancien Chapitre de Dol ; aux 2ème et 3ème, d'azur à un navire d'or aux voiles éployées de même, voguant sur une mer également d'or, qui est de l'ancien Chapitre de Saint-Malo ; sur le tout : d'azur à deux clefs d'argent passées en sautoir, les gardes en bas, qui est du Chapitre de Rennes. En revenant au point central de la nef et en descendant vers la grande porte occidentale, on trouve d'abord l'écusson du Chapitre de Quimper et Léon, ainsi composé : parti : au 1er, de gueules à une tête de saint Corentin de carnation, coiffée d'une aumuce d'or, et accompagnée en chef d'un soleil et d'un croissant de même, qui est du Chapitre de Quimper ; au 2ème, d'azur à l'Agneau pascal d'argent, tenant une croix d'or à la banderole d'argent, qui est de l'ancien Chapitre de Léon. Enfin, le dernier grand écusson est celui du Chapitre de Saint-Brieuc et Tréguier : parti : au 1er, d'argent à trois personnages ; en chef saint Etienne agenouillé, les mains jointes, vêtu d'une aube et dalmatique de diacre, et saint Brieuc et saint Guillaume, affrontés et naissants de la pointe, étendant chacun une main pour bénir et tenant leurs crosses de l'autre, habillés pontificalement, le tout d'or (nota : le peintre a représenté à tort ces trois saints en carnation et vêtus de bure), qui est du Chapitre de Saint-Brieuc ; au 2ème, d'azur à un saint Yves de carnation, coiffé d'une barrette de sable, et habillé d'un camail et d'une soutane de même, chargée d'un surplis d'argent ; accompagné en flancs de deux palmes aussi d'argent (nota : le peintre a omis ces deux palmes) et en pointe d'un bouc de même, posé sous les pieds du saint, qui est de l'ancien Chapitre de Tréguier. Ces quatre écussons sont assez singulièrement surmontés chacun d'une croix, d'une mitre, d'une crosse et d'un chapeau à dix houppes. Dans les autres caissons de cette nef sont peintes des invocations aux saints bretons Melaine, Malo, Samson, Paterne, Corentin, Brieuc, et aux saints apôtres Pierre et Paul, patrons de la métropole. Telle est la riche décoration de la voûte de la grande nef ; les nefs collatérales ont simplement des plafonds ornés de caissons pleins de dessins de fantaisie. Pour compléter cette ornementation toute bretonne de la métropole de Rennes, les fenêtres de l'édifice sont garnies de verrières représentant les armoiries des évêques de Rennes : il y a deux écussons dans chaque fenêtre ; la série commence avec celui de Sylvestre de la Guerche, élu en 1076, et se termine par le blason du cardinal Saint-Marc. Au point de vue historique, il est fâcheux qu'on ait voulu remplir sans exception toutes les fenêtres de la métropole de ces armoiries, car il a fallu pour cela remonter à une époque où les blasons sont très-incertains ; c'est ainsi qu'on a attribué aux évêques Marbode, Rouaud, Hamelin, Alain, Philippe et Herbert, qui vivaient au XIIème siècle, des armoiries qui sont loin d'être authentiques. Il nous reste maintenant à examiner divers détails de la métropole qui offrent de l'intérêt. Tout d'abord, reproduisons le commencement d'une longue inscription gravée sur une table de marbre blanc attachée à la muraille du collatéral méridional ; on y lit ce qui suit : « A la demande de Mgr Brossays Saint-Marc, archevêque de Rennes, en vertu des lettres apostoliques des papes Benoît XIV et Clément VIII, le cardinal Mattei, doyen du Sacré-Collège et archiprêtre de la Basilique Vaticane, et les chanoines et Chapitre de la même basilique ont agrégé, par décret capitulaire du 10 février 1861, l'église métropolitaine de Rennes à leur basilique, et étendu à tous les fidèles qui visiteront cette église les mêmes indulgences attachées à la visite de Saint - Pierre de Rome » (nota : Suit la longue nomenclature de ces indulgences).Tout à côté, dans la chapelle Saint-Melaine, se trouvent les débris, encore précieux et restaurés, du magnifique retable en bois sculpté qui décorait jadis le maître-autel de la cathédrale de Rennes, dont nous avons précédemment parlé. Vis-à-vis, dans la chapelle Saint-Amand, est une châsse moderne de style roman, d'un fort bon goût, renfermant les reliques de ce saint évêque de Rennes, contenues dans un corps de cire revêtu de vêtements pontificaux ; c'est cette châsse que l'on continue de porter processionnellement dans les temps de calamités publiques. Notons aussi le buffet des grandes orgues, inaugurées en 1875 et placées au bas de la nef ; le chemin de croix, série de bas-reliefs posés dans les collatéraux, et le splendide trésor épiscopal légué par le cardinal Saint-Marc ; tous ces objets mériteraient une longue description que nous regrettons de ne pouvoir leur consacrer ; il est toutefois impossible de ne pas signaler au moins, parmi les nombreuses pièces du trésor, le magnifique calice offert par Pie IX à Mgr Saint-Marc, la belle croix archiépiscopale donnée par le clergé de Rennes à son premier archevêque, et un superbe calice en cristal de roche fabriqué par ordre de notre cardinal. Le personnel de la métropole se compose de l'archevêque et de ses trois vicaires généraux, — des neuf chanoines formant le Chapitre, — de quelques chanoines honoraires, — d'un maître des cérémonies, — d'un prêtre custode ou sacriste, — d'un prêtre directeur de la maîtrise, — d'une psallette composée de seize enfants de choeur, — d'un organiste, — de plusieurs chantres laïques et autres enfants, — de deux massiers, — d'un suisse, etc. Nous terminerons cette étude sur la métropole de Rennes par quelques mots concernant l'enfeu épiscopal qu'elle renferme. Nous avons vu précédemment qu'en 1756, après avoir opéré l'ouverture de tous les tombeaux de l'ancienne cathédrale condamnée à disparaître, les chanoines de Rennes firent refaire les anciennes châsses qui se trouvaient usées, y replacèrent les corps des évêques trouvés entiers, et déposèrent les autres débris d'ossements dans la châsse de l'abbé de Rillé ; les restes du bienheureux Yves Mahyeuc furent tout particulièrement recueillis avec vénération et mis à part dans une double châsse de chêne et de plomb. Tous ces cercueils furent ensuite descendus dans un nouveau caveau que le Chapitre fit construire au bas des nefs de la cathédrale et qu'il bénit solennellement le 9 mars 1756. Depuis ce moment jusqu'en 1790, il ne mourut point d'évêques à Rennes, mais le caveau s'ouvrit pour plusieurs chanoines décédés dans ce laps de temps. En 1872, Mgr Saint-Marc ordonna de faire des recherches dans la métropole pour y retrouver ce caveau dont on avait perdu le souvenir depuis près d'un siècle. Le prélat désirait surtout revoir les restes précieux d'un de ses prédécesseurs, Yves Mahyeuc, mort en odeur de sainteté. On parvint à découvrir l'entrée du caveau où avaient été déposées les châsses mentionnées dans les procès-verbaux de 1756 ; mais une fois descendus dans l'enfeu, au lieu d'y rencontrer les cercueils et les inscriptions désignant chaque personnage, on ne trouva que des ossements épars et confondus sans aucun indice de distinction. La Révolution, qui ne respectait pas même les morts, avait, en effet, passé dans cette crypte ; et sans doute, en vertu du décret qui ordonnait de fouiller les tombeaux pour en retirer les plombs et les fers au profit de la nation, on avait ici, comme ailleurs, violé les sépultures et dispersé les ossements sans égard ni respect. Voulant donc réparer autant que possible cet outrage de l'impiété, Mgr Saint-Marc ordonna que tous ces restes vénérables seraient réunis dans une même châsse, déposés sous un catafalque pendant la cérémonie d'un service funèbre célébré dans la métropole le 5 novembre 1872, et reportés processionnellement dans un sépulcre qui leur serait préparé dans le caveau. Tout cela fut exécuté, et l'on plaça au fond de l'enfeu, au-dessus de ces ossements, une sorte de tombeau en forme d'autel, portant les inscriptions suivantes : HIC IN CHRISTO REQUIESCUNT OSSA VENERANDA EPISCOPORUM RHEDONENSIUM  D. D. YVONIS MAHYEUC virtutibus et miraculorum fuma percelebris, de quibus et solemnis inquisitio ad Apostolicam sedem transmissa est ; ALANI DE CHATEAUGIRON, RADULPHI DE TREAL, GUILLELMI BRILLET, MICHAELIS GUIBE, BERTRANDI DE MARILLAC, AEMARI HENNEQUIN, FRANCISCI LARCHIVER, PETRI DE CORNULIER, JOHAN. BAPT. DE BEAUMANOIR DE LAVARDIN, CAROLI LE TONNELIER DE BRETEUIL ; Insuper et Ossa ISABELLAE BRITANNIAE sororis ducissœ Annœ, cum pluribus aliis ignotis. Effossa templo ruinam agente et in hoc Canonicorum conditorio deposita anno 1756, dum hic expectant ut, reœdificata ecclesia , propriis tumulis restituantur, impiorum jussu suis etiam spoliata sunt loculis, anno ferali 1793. Quœ tandem reperta promiscue jacentia et insepulta non ferens, Illustrissimus Archiepiscopus Godefridus St Marc Rhedonensis, piaculari studio, colligenda statuit, et, suffragantibus ecclesiœ suœ Metropolitœ Canonicis, in hoc communi sepulchro decenter reposuit. Anno Domini 1872, die 5 novembris. EXULTABUNT DOMINO OSSA HUMILIATA (Semaine Religieuse de Rennes, VIII, 819). Cinq ans plus tard, la dépouille mortelle du cardinal Saint-Marc était apportée, à son tour, dans son église métropolitaine ; nous avons dit qu'il y fut inhumé dans le choeur, devant le maître-autel, et nous avons décrit son tombeau. Il convenait, en effet, que le premier archevêque de Rennes, honoré de la pourpre romaine, dormît de son dernier sommeil à la place d'honneur de cette métropole si magnifiquement décorée par ses soins : au milieu de ce sanctuaire qu'entourent tous les saints de nos diocèses bretons, sous ces voûtes resplendissantes des armoiries des évêques de Rennes et des Chapitres de Bretagne, sous la protection spéciale de la Sainte Vierge et de sainte Anne, « les bonnes mères du peuple d'Armorique », repose dignement ce généreux et vertueux prélat. Sans chercher aucun honneur, Mgr Saint-Marc les reçut tous dans sa propre ville natale, et il mérita d'être appelé le cardinal de Bretagne (Revue de Bretagne et Vendée, XXXVIII, 317) ; aussi sa mémoire bénie et déjà légendaire restera-t-elle longtemps gravée dans l'esprit de nos pieuses populations bretonnes, personnifiant en quelque sorte le nouvel archevêché de Rennes (Pouillé de Rennes).

Voir aussi   Ville de Rennes (Bretagne) "L'ancienne église cathédrale de Rennes"

Voir aussi   Ville de Rennes (Bretagne) "Les tours de la cathédrale de Rennes

Voir aussi   Ville de Rennes (Bretagne) "Les tours Saint-Pierre de Rennes et leurs architectes"

Voir aussi   Ville de Rennes (Bretagne) "La démolition de l'ancienne église cathédrale de Rennes

Voir aussi   Ville de Rennes (Bretagne) "La reconstruction de l'église cathédrale Saint-Pierre de Rennes

Voir aussi   Ville de Rennes (Bretagne) "Achèvement et Ornementation de l'église cathédrale Saint-Pierre de Rennes

Voir aussi   Ville de Rennes (Bretagne) "Le régaire de l'évêché de Rennes"

Voir aussi   Ville de Rennes (Bretagne) "La fête des Innocents à Saint-Pierre de Rennes"

Voir aussi   Ville de Rennes (Bretagne) "Les cérémonies de la Semaine-Sainte et des fêtes de Pâques à Saint-Pierre au XVème siècle"

Voir aussi   Ville de Rennes (Bretagne) "La Psalette de Saint-Pierre de Rennes"

Voir aussi   Ville de Rennes (Bretagne) "L'orgue et les organistes de Saint-Pierre de Rennes, aux XVème, XVIème et XVIIème siècles"

Voir aussi   Ville de Rennes (Bretagne) "Neuvaine à saint Amand en 1675"

Voir aussi   Ville de Rennes (Bretagne) "La fête de Noël à Saint-Pierre de Rennes, en 1415".

Voir aussi   Ville de Rennes (Bretagne) "Notice sur la cathédrale de Rennes par Miorcec Kerdanet".

 

la basilique Saint-Sauveur (XVIIIème siècle), située place Saint-Sauveur et construite à partir de 1703 par l'architecte François Huguet sur l'emplacement de l'ancienne construction du XVIème siècle. Le 7 octobre 1667, Saint-Sauveur devient la dixième paroisse rennaise. Le choeur et la croisée sont terminés en 1730. La façade, qui date de 1765, est l'oeuvre de François André Le Forestier. Le maître-autel à baldaquin, ainsi que les autels latéraux datent de 1768. La chaire à prêcher en fer forgé, oeuvre de Jean Guibert, date de 1770. L'ex-voto de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle date du XVIIIème siècle. Les vitraux, dus à l'atelier Barillet, datent des années 1960 ; 

Note : Saint-Sauveur. — Cette église se trouvait à l'origine dans le même emplacement qu'aujourd'hui, mais elle était tournée en sens opposé, c'est-à-dire qu'elle avait son chevet à l'Est, au joignant du grand bout de Cohue (nota : La Cohue, ou grande halle couverte, occupait en partie la place actuelle de Saint-Sauveur), et son portail à l'Ouest regardant la cathédrale, dont elle n'était séparée que par les hôtels des archidiacres. Saint-Sauveur fut en grande partie reconstruit durant le XVème siècle ; en 1463 l'évêque de Rennes vint faire la bénédiction de la partie neuve, dont les travaux avaient été commencés en 1445. On construisit aussi un collatéral au Nord en 1466, et en 1481 on releva complètement le haut de l'église ; à cette occasion, le duc François II donna l'emplacement nécessaire pour agrandir le chevet. En 1484 fut achevée la grande verrière du maître-autel, commencée dès 1438 (nota : Cette vitre coûta 280 livres, dont 40 livres furent données par Julien Thierry, seigneur du Boisorcant), et en 1493 on plaça les premières orgues au bas de la nef. Cet ancien grand autel de Saint-Sauveur mérite quelques détails. Placé au chevet de l'église, il était surmonté d'un retable à compartiments garnis de volets, « dans lequel y a plusieurs images en bosses couvertes et revestues d'or, représentant le couronnement et descente de Notre-Seigneur de la croix et la résurrection d'iceluy, comprins en troys partyes contenant de travers environ neuf pieds et de hauteur environ six pieds. Au devant et aux deux costez duquel autel y a une carrée de chandelliers de cuivre portée par le devant sur deux colonnes de pareil cuivre avec un angelot sur chacune d'icelles, et deux autres aux deux costez dudict autel ; y ayant ladite carrée le nombre de vingt-trois chandelliers, sans y comprendre les quatre petits qui sont aux mains desdits quatre angelots. Lequel autel est environné d'une autre carrée de boys en ballustres par le bas, et pour monter audit autel y a trois degrés de pierre de grain, et dans l'enclos des­dits ballustres y a quatre pierres tombales de mesme pierre de grain, et soubs lequel autel par le derrière d'iceluy y a un petit revestaire ». Au-dessus de cet autel était le tabernacle ou sacraire, dont voici maintenant la description : « Estant posé sur le hault dudit grand autel, au derrière d'iceluy, esloigné de deux pieds du pignon de ladite église, ledit tabernacle (est) faict en forme de piramide de hauteur de quinze pieds ou environ, dans lequel repose le Sainct-Sacrement, pour le conserver et garder aux nécessités réquises ; aux deux costez duquel sont deux images de bois, l'une du pourtraict de Sainct-Sauveur et l'autre de saincte Véronique ; pour lequel tabernacle monter y a douze marches de degrés fort incommodes » (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 67). A la même époque se trouvait « proche l'autel de Notre-Dame le tabernacle de la Vraie-Croix », dans lequel fut déposé le Saint-Sacrement lorsqu'en 1629 l'évêque ordonna la transformation du sacraire ci-dessus décrit. Il est vraisemblable que le bas de l'église Saint-Sauveur était demeuré tel qu'à l'origine, lorsqu'on augmenta l'édifice dans le style ogival flamboyant du XVème siècle (nota : On ajouta aussi en 1658 une chapelle au Nord, dédiée à saint Joseph, et l'on y déposa, après une très-solennelle procession, la statue de Notre-Dame-des-Miracles le dimanche 7 avril. Onze ans plus tard, une autre solennité de même genre eut lieu le 3 février 1669 à l'occasion de la reconstruction de l'autel de la Vierge miraculeuse) ; aussi fut-ce cette partie qui s'écroula de vétusté : « Le samedi 7 mars 1682, le bas de l'église Saint-Sauveur de cette ville est tombé et a causé bien du désordre par la chute de la maison voisine, dépendant de l'archidiaconé (nota : Cette maison avait une fenêtre ouvrant dans l’église, et l’archidiacre pouvait de chez lui assister aux offices divines) ; les orgues ont été brisées, les fonts baptismaux et le clocher ébranlés ; l'on a résolu de le baisser de cinquante pieds et l'on est allé faire l'office à la chapelle Saint-James, sous l'Horloge, où les paroissiens ont fait leurs pasques » (Journal ms. de Loret, 266). Les habitants de Saint-Sauveur résolurent à la suite de cet accident de rebâtir complètement leur église. Pour pouvoir mieux l'agrandir, ils achetèrent l'emplacement de l'hôtel archidiaconal, tombé en ruine, et trois maisons à côté du grand bout de Cohue. Le 24 juillet 1703, M. de Nointel, intendant de Bretagne, posa la première pierre de l'édifice ; lorsque la moitié de l'église, c'est-à-dire le choeur (que l'on construisit à l'Ouest) et les transepts, eurent été bâtis, l'on en fit la bénédiction le 7 août 1719, veille de la Transfiguration, et l'on y célébra la messe le jour même de cette fête en présence du Chapitre. Le reste de l'église, c'est-à-dire la nef et ses collatéraux, fut achevé vers 1728. Le 12 juin 1730 on posa la première pierre d'un nouvel autel de la Vierge, et lorsqu'il fut achevé l'on y transféra solennellement, le 13 mai 1731, la statue de Notre-Dame-des-Miracles, qui avait été portée en l'église des Augustins pendant l'incendie de 1720, puis rendue à Saint-Sauveur. Le 4 juin 1731 fut placée la première pierre de l'autel majeur, mais celui-ci ne fut achevé et bénit que le 24 décembre 1768. M. Le Moyne de la Borderie, vicaire général, plaça et bénit la première pierre de la tour le 11 juillet 1741 (Registre de l’état civil – Notes ms. de M. Saulnier), et l'église se trouva quelque temps après telle qu'elle se présente encore maintenant à la fin du XIXème siècle, temple néo-grec de style dorique qui n'a de remarquable que sa régularité et son ornementation moderne (nota : Dès 1708 les paroissiens de Saint-Sauveur, ayant été obligés de descendre leur clocher pour rebâtir l'église, avaient obtenu de la communauté de ville l'usage temporaire d'une petite cloche placée sur la porte Saint-Michel. Cette cloche présentait la date de 1552, les armoiries des Thierry : d'azur à trois têtes de lévrier d'argent, coupées et accolées de gueules, bouclées et clouées d'or ; une médaille figurant saint Jean l'Evangéliste, et l'inscription suivante : Gloria in excelsis Deo, pax hominibus bonœ voluntatis. — Par le seigneur du Boisorcant, capitaine de Rennes. - Archives municipales de Rennes, 279). Parmi les enfeus et les fondations existant jadis à Saint-Sauveur, notons ce qui suit : Près du grand autel, au côté de l'évangile, se trouvait l'enfeu de la Prévalaye. Le 20 juin 1488, Jehanne Bourgneuf, veuve de Jean Thierry, assura une rente de 15 sols à la fabrique et de 5 sols au recteur pour avoir sur la tombe de son mari, inhumé près de l'autel majeur, une pierre « armoyée du blason de leurs armes ». Par testament du 8 novembre 1499, Julien Thierry, seigneur du Boisorcant, choisit également sa sépulture en ce lieu et fonda trois messes chantées par semaine, les lundi, mardi et vendredi, et une messe basse le jeudi pour lui, sa femme et son oncle, Michel Thierry, seigneur de la Prévalaye. Cette chapellenie, qu'on appelait du Moulin-Tizon ou de Sainte-Foy, valait en 1790 en dîmes 852 livres de rente et avait alors M. Moisina pour titulaire. Thomas Thierry, seigneur de la Prévalaye, fonda également trois messes hebdomadaires, le 22 avril 1502, et les dota de 360 livres de rente ; mais il choisit sa sépulture devant l'autel Saint-Mémer. Du côté de l'épître, et également près du grand autel, était l'enfeu de la Freslonnière. Le 27 août 1415, Michel Pinot, dont la fille Jeanne avait épousé Guillaume Freslon, seigneur de la Freslonnière, obtint deux tombes près de l'autel majeur et fonda une chapellenie de quatre messes hebdomadaires, les dimanche, lundi, vendredi et samedi ; il en réserva la présentation au seigneur de la Freslonnière. Plus tard, Jean Freslon, seigneur de Saint-Aubin, fonda une autre messe basse dite vers midi tous les dimanches et fêtes. L'un des derniers chapelains de la Freslonnière fut Jean-Baptiste Freslon, chevalier de Malte (1770). Il y avait aussi une chapelle de Baulac, située à l'origine du côté du grand bout de Cohue, proche les autels Saint-Yves et Saint-Sébastien ; elle avait droit de prééminence, d'enfeu, banc, escabeau et armoiries ; son banc était appuyé au premier pilier du haut de l'église. Jean du Bouays, seigneur de Baulac, vendit cette chapelle en 1573 à Françoise Le Prestre, dame de la Lohière, dont les héritiers la revendirent à M. Ferron de la Villandon ; comme les paroissiens contestaient les droits de ce seigneur à Saint-Sauveur, celui-ci se fit maintenir en possession de ses prééminences et fit en 1659 rétablir dans la verrière de sa chapelle les armoiries de Baulac, qui en avaient été enlevées. Quelques autres personnages avaient obtenu également des enfeus à Saint-Sauveur. Dans la voûte, proche l'autel Saint-Julien, fut inhumé vers 1445 Pierre Bonabry, sieur des Mesnils ; — devant l'autel Saint-Sébastien, Jeanne Bourgneuf, dame de la Fontaine et de Bréquigny (1489) ; — au bout du marchepied de l'autel de la Vierge, Pierre Champion, sieur des Croix (1519), et Jeanne Le Corsin, dame du Chesne-Blanc, veuve de Pierre Champion (1544) ; — et joignant le même autel, Jeanne Dupont, femme de Guillaume Bouestel, sieur de la Chauvelière (1553) ; — enfin, en 1704, le sieur de Belair-Morfouace réclamait un enfeu et une voûte près de l'autel Saint-Jean (Languedoc, Inventaire ms. des archives de Saint-Sauveur – Archives départementales d’Ille-et-Vilaine). Il y avait encore à Saint-Sauveur la chapellenie de Saint-Armel, fondée et présentée par le marquis de Cucé ; — celle de Sainte-Magdeleine, fondée en 1469 par Olivier Le Marchand, recteur de Vern, etc., etc. Signalons, enfin, la fondation des Quarante-Heures, faite le 23 décembre 1685 par Julienne Pinot et Jacquette Lajambe, dotée de 50 livres de rente et fixée aux trois jours suivant la fête de Noël (Languedoc, Inventaire ms. des archives de Saint-Sauveur – Archives nationales, P. 1710 – Archives d’Ille-et-Vilaine, 10 G, 2). Plusieurs confréries ont été érigées à Saint-Sauveur. Celle des Agonisants fut établie en l'honneur de Notre-Seigneur, de la Sainte Vierge et de saint Joseph, et approuvée en 1659 par le pape Alexandre VII ; Jean Lainé, sieur du Paty, et Michelle Duchemin, sa femme, fondèrent une messe pour les confrères le 22 septembre 1659, et les paroissiens en fondèrent deux autres, le 11 février 1662, le mercredi à l'autel de Notre-Dame et le vendredi à l'autel Saint-Joseph ; cette confrérie a été rétablie en 1805 ; — celle du Sacré-Coeur de la Vierge ou de Notre-Dame-des-Miracles, érigée en 1670, enrichie d'indulgences par le pape Clément X et rétablie en 1805 ; — celle de Saint-Maurice, établie le 22 novembre 1719, mais éteinte aujourd'hui ; — celle du Sacré-Coeur de Jésus, érigée primitivement dans l'église du Calvaire de Cucé et enrichie d'indulgences par le pape Benoît XIV (1740-1758) ; elle a été transférée à Saint-Sauveur en 1805 ; — enfin, à la fin du XIXème siècle a été établie l'association du Très-Saint et Immaculé Coeur de Marie, pour la conversion des pécheurs, affiliée à l'archiconfrérie de Notre-Dame-des-Victoires, à Paris. Nous avons nommé plusieurs fois déjà Notre-Dame-des-Miracles : c'est une dévotion particulière à Saint-Sauveur qui demande quelque explication. Une pieuse tradition raconte qu'en 1357 les Anglais assiégeant Rennes, creusèrent une mine sous les murailles de la ville, espérant y entrer par ce souterrain. Mais cette mine vint aboutir à l'église Saint-Sauveur. Or, tout à coup, le 8 février, on entendit les cloches de ce temple sonner d'elles-mêmes ; la foule aussitôt accourue aperçut dans l'église une statue de la Sainte Vierge qu'on y honorait désignant de son doigt l'ouverture encore cachée du souterrain fait par les Anglais. Immédiatement la garnison rennaise fit une contre-mine et y entra sous la conduite d'un vaillant chevalier, Bertrand de Saint-Pern ; la ville fut ainsi sauvée. En souvenir de ce merveilleux évènement, l'on honora tout particulièrement à Saint-Sauveur la miraculeuse statue de la Sainte Vierge sous le nom de Notre-Dame-des-Miracles-et-Vertus, l'on conserva longtemps avec soin le puits, ouverture de la mine aboutissant à l'église, et l'on fonda deux cierges allumés, l'un devant l'autel de la Vierge, l'autre à l'entrée du temple. En outre, pendant plusieurs siècles furent entretenus des tableaux représentant « le miracle de la délivrance des Anglais », et furent fondées plusieurs messes d'action de grâces. On comprend que nous ne pouvons entrer ici dans tous les détails que demanderait l'histoire fort intéressante de Notre-Dame-des-Miracles, mais nous renvoyons nos lecteurs curieux de s'instruire et de s'édifier au R. P. dom Plaine, qui a traité longuement ce sujet dans son Histoire du culte de la Sainte Vierge dans la ville de Rennes. La Révolution détruisit la statue de Notre-Dame-des-Miracles, mais de nos jours une nouvelle statue, imitée de l'ancienne, a été faite et mise à Saint-Sauveur au côté Nord de la nef, là où devait se trouver à l'origine l'autel de la Sainte Vierge. Ce fut le 13 février 1876 que Mgr Saint-Marc rétablit très-solennellement à Saint-Sauveur le culte de Notre-Dame-des-Miracles, en y replaçant cette sainte effigie. Depuis lors l'on voit dans cette église la statue de Notre-Dame représentée assise, tenant son divin Enfant sur ses genoux, et abaissant sa main droite vers le sol comme elle le fit le jour du miracle ; elle est sur un autel, entourée d'ex-voto nombreux. Vis-à-vis est une belle verrière représentant le merveilleux évènement et portant cette inscription : La ville de Rennes sauvée de l'invasion anglaise par l'intercession de Notre-Dame-des-Miracles en l'année 1357. Donné par les paroissiens en 1874 (Pouillé de Rennes) ;

Voir aussi   Rennes "Le vocable Notre-Dame des Miracles et Vertus"

Voir aussi   Rennes "L'historique de la statue de Notre-Dame des Miracles et Vertus"

Voir aussi   Rennes "L'église Saint-Sauveur, foyer du culte de Notre-Dame des Miracles"

Voir aussi   Rennes "Le culte de Notre-Dame des Miracles et Vertus"

Voir aussi   Rennes "Le Couronnement de Notre-Dame des Miracles et Vertus"

l'église Saint-Germain (XV-XVIIème siècle), reconstruite une première fois entre 1450 et 1550. Il s'agit de l'église de la paroisse des marchands-merciers. La façade n'est achevée qu'en 1545 et le bras droit en 1620. Le porche ouest date du XVème siècle. La chaire à prêcher date du XVIème siècle. Le maître-autel est celui commandé en 1784 à Marseille pour la cathédrale de Saint-Malo. La maîtresse vitre et celle du transept sud comptent des fragments du XVème et XVIème siècles ; 

Note : Saint-Germain. — Tout ce qui reste de l'église primitive est une arcade bouchée, mais encore visible, dans l'ancienne chapelle du Saint-Esprit, convertie actuellement en sacristie. La double archivolte épannelée de cette arcade en ogive aiguë retombe sur deux grosses colonnes cylindriques engagées, à chapiteaux garnis de larges feuilles qui se recourbent en volute sous leur tailloir octogonal. Le reste de l'édifice ne date que des XVème et XVIème siècles ; quelques parties ne remontent même qu'au XVIIème siècle. C'est en 1434 qu'on songea à édifier une nouvelle église destinée à remplacer l'ancienne, devenue trop petite pour la population. Le duc de Bretagne Jean V, dans le fief duquel se trouvait le temple, donna le terrain nécessaire pour cet agrandissement par lettres datées du 15 juin 1434. Ses successeurs, Pierre II en 1455 et François II en 1466, montrèrent la même bonne volonté (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 58 – Mélanges d’histoire et d’archéologie bretonne, II, 27). Il faut donc attribuer à la seconde moitié du XVème siècle la construction de la grande nef et du choeur. Le collatéral du Nord, commencé vers la fin de ce même siècle, ne fut terminé qu'au XVIème, comme l'indique la date de 1551 inscrite sur la clef de voûte de la dernière travée près de la tour. La façade occidentale fut achevée au milieu de ce XVIème siècle, puisqu'on y posa le vitrail en 1545. On commença en 1519 la tour qui l'avoisine sur l'emplacement de deux maisons appartenant au seigneur de Matignon et cédées par lui ( nota : François Thierry, seigneur de la Prévalaye et de Matignon-à-Rennes, obtint à cause de cette cession le droit d'apposer ses armoiries sur le portail et la tour ainsi que dans un vitrail à son choix) ; le millésime de 1585, gravé au haut d'un de ses contreforts, fait connaître l'époque de son achèvement. Le portail du Midi fut commencé vers 1606, date placée de chaque côté de la porte ; il eut Gervais Gautier pour architecte et fut achevé en 1623. Le collatéral méridional fut alors bâti, mais on y travailla jusqu'en 1662 (Notes ms. de M. Paul de la Bigne Villeneuve). Connaissant ainsi ses dates de construction, examinons un peu l'édifice. Le haut gable triangulaire de la façade occidentale encadre une vaste ogive à contre-courbure qui élance ses nombreux filets prismatiques depuis la base jusqu'à la pointe de l'accolade. Cette ogive hardie enveloppe la baie du portail et renferme une large fenêtre dont les montants n'offrent dans toute leur longueur d'autres traverses qu'une double ligne d'arcs cintrés dans le haut de l'ogive. Au-dessous ont été refaites de nos jours deux portes en arcs d'accolade garnis de feuillages, et au milieu desquelles se dresse sur le trumeau la statue du patron saint Germain, évêque d'Auxerre. « La partie la plus curieuse à étudier dans l'extérieur de Saint-Germain, c'est son flanc septentrional : là se détachent en saillie six pignons couronnés jadis de bouquets de feuilles frisées ; chaque fronton a sa fenêtre, dont les compartiments se découpent en figures flamboyantes aux courbes élégamment variées. Le troisième gable, plus orné que les autres, présente ses rampants garnis de crosses végétales ; il est occupé par un portail latéral en arc Tudor que surmonte une charmante petite fenêtre à meneaux subtrilobés et à broderies cordiformes, le tout enveloppé d'une voussure ogivale dessinée par de nombreuses moulures prismatiques ; à la pointe supérieure, un bouquet de feuillages frisés la décore ; des pinacles simulés s'appliquent aux côtés de ce portail qui présente un harmonieux ensemble » (M. Paul de la Bigne Villeneuve, Bulletin archéologique de l’Association bretonne, II, 138). Au transept méridional est un troisième portail : « Il est en plein cintre et surmonté d'une haute fenêtre également cintrée, mais pourvue de meneaux perpendiculaires qui vont s'épanouir au sommet en compartiments flabelliformes imitant les pétales d'une fleur. Le fronton qui encadre ces ouvertures présente trois ordres grecs superposés par étage, accompagnés de niches cintrées et d'un oeil-de-boeuf au-dessus de la longue fenêtre principale, le tout couronné par un grand cintre surbaissé inscrit dans le galbe triangulaire, flanqué de deux contreforts assez lourds terminés en clochetons » (M. Paul de la Bigne Villeneuve, Bulletin archéologique de l'Association bretonne, II, 138). Pénétrons maintenant dans l'église. Son plan est irrégulier : l'édifice se compose d'une nef terminée par un chevet droit, ayant un seul transept au Midi. Le chevet est accompagné de ce côté d'un collatéral avec deux chapelles, et il est flanqué au Nord de deux autres chapelles sans collatéral. Une troisième chapelle renferme le portail septentrional que nous avons décrit. Au-dessous commençait un bas-côté dont on a fait trois chapelles closes. La quatrième et dernière travée de ce collatéral donne entrée à la tour du clocher, ajoutée comme un hors-d'oeuvre à l'angle Nord-Ouest de l'édifice et qui n'a jamais été terminée. De l'autre côté de l'église, à partir du transept Sud, est un collatéral de trois travées accosté de deux chapelles. La grande fenêtre du chevet aux proportions si sveltes, si élancées, est divisée par sept montants verticaux supportant un immense réseau de broderies flamboyantes. « Ses compartiments sont remplis par une multitude de figurines représentant tous les divers états de la vie : rois, princes, chevaliers, bourgeois, hommes et femmes du peuple, papes, évêques, prêtres, religieux, tous dans l'attitude de la prière et de l'adoration, recevant sous la forme de langues de feu les grâces de l'Esprit-Saint, figuré par une colombe aux ailes éployées qui plane à la pointe supérieure de l'ogive. Au-dessous de ce tympan, les huit passées composant la partie inférieure du vitrail sont peuplées d'une mosaïque de couleurs chatoyantes, dans lesquelles on distingue çà et là des débris épars de personnages, de têtes de saints, de motifs d'ornementation ; on y reconnaît même plusieurs fragments des scènes de la Passion. Tout au bas, du côté de l'épître, on aperçoit l'écusson des Thierry, sieurs de la Prévalaye, aux trois têtes de lévrier d'argent sur champ d'azur ; du côté de l'évangile est un écusson d'azur à la croix pleine d'or, cantonnée de quatre croisilles ou coquilles d'argent ; ce sont les armes de la confrérie des Merciers et Epiciers de la ville de Rennes  » (nota : M. de la Bigne Villeneuve, ibidem. — Il est indubitable que tous ces fragments, confusément rapprochés pour remplir le grand vitrail, proviennent d'anciennes verrières aujourd'hui détruites. Un acte de 1545 prouve qu'a cette époque un vitrail nommé la vitre de l'Apocalypse fut placé au-dessus du grand portail occidental, et que deux de ses passées furent dues à la générosité des frères de la confrérie des Merciers et Epiciers de Rennes, qui stipulèrent le droit d'y placer leurs armes). La grande fenêtre du transept méridional renferme aussi des vitraux du XVIème siècle, restaurés en 1860 ; les sujets en sont empruntés à plusieurs anciennes verrières : on y reconnaît l'Annonciation, la Visitation, la Mort de la Sainte Vierge et son Assomption, saint Jean l'Evangéliste, diverses scènes de la Passion, un évêque tenant en main un modèle d'église, un chevalier, etc. Le duc de Bretagne, et plus tard le roi de France, était seigneur supérieur, fondateur et prééminencier de Saint-Germain. La première chapelle ouverte à gauche du choeur appartenait au marquis de Cucé. Par son testament du 27 mai 1522, le recteur Pierre Bourgneuf, fils de Gilles et de Françoise Bouëdrier, seigneur et dame de Cucé, ordonna l'érection dans le cimetière de Saint-Germain, sur la tombe de ses père et mère, d'une « belle et honorable chapelle de pierre de taille voûtée de même, où se dirait une messe basse tous les jours par un chapelain nommé par le seigneur de Cucé » (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 58). Mais après la mort du recteur, les trésoriers s'opposèrent à la construction de cette chapelle dans leur cimetière et autorisèrent les héritiers à construire une semblable chapelle au joignant du choeur de leur église, du côté de l'évangile. Aussi voit-on encore sur la clef de voûte de cette chapelle l'écusson des Bourgneuf : d'argent au sautoir de sable, au franc canton de gueules chargé de deux poissons d'argent posés en fasce. Les mêmes armes se retrouvent au couronnement de la niche creusée au-dessus de l'ancien autel dédié jadis à la Sainte Vierge, mais enlevé maintenant, ainsi qu'à l'archivolte du tombeau arqué contenant l'enfeu des seigneurs de Cucé et pratiqué dans le mur du Nord, sous la fenêtre ; il est encore reproduit sur la vitre haute, à la première travée de la nef. La chapelle suivante, au Nord, était celle des seigneurs de Bréquigny ; son autel était jadis dédié à saint Jacques et saint Christophe, il l'est aujourd'hui à la Sainte Vierge. Les seigneurs de Bréquigny avaient fait plusieurs fondations à Saint-Germain, aussi avaient-ils vers 1679 en cette chapelle leurs armoiries, un banc à queue et un « enfeu sous voulte avec tombeau eslevé de terre ». Là reposait René Le Meneust, seigneur de Bréquigny, président au Parlement, décédé en 1634, dont voici l'épitaphe : P. P. D. D. Renati Le Meneust prœsidis de Brequigny opt. conjugis Francisca Marcella hoc amoris speculum posuit in anno 1634. - Vive Deo, terra major, maturus Olympo, - Dum gemit ad cineres turtur arnica tuos. - Dividimur spatiis, mors votis uniet ambos ; - Quœ brevis hora tibi, sed mihi longa mors est ! (Notes ms. de M. de la Bigne Villeneuve. — Charles Le Meneust, seigneur de Bréquigny, fonda en 1708 une messe quotidienne dans cette chapelle, où reposait aussi Guy Le Meneust, décédé en 1677). Cette chapelle de la Vierge a été décorée de nos jours aux frais du cardinal Saint-Marc, natif de Saint-Germain, et ses armoiries se voient maintenant sur l'autel et dans la verrière. La chapelle suivante était dédiée à saint Nicolas. Là furent inhumés Jean Guériff et Guillemette Bourgneuf, sa femme, bienfaiteurs de la paroisse, au XVème siècle. On y disait à leur intention une messe solennelle le premier dimanche de chaque mois. Cette chapelle est aujourd'hui dédiée à saint Joseph, et l'on y voit un petit monument élevé dans l'ancienne labe et portant cette inscription : Ci-gît le coeur de Guy-Toussaint-Julien Carron, prêtre, né à Rennes le 23 février 1760, décédé à Paris le 15 mars 1821. Transiit benefaciendo, requiescat in pace. Là repose, en effet, le coeur du charitable abbé Carron, vicaire-sacriste de Saint-Germain avant la Révolution, et dont les bonnes oeuvres rendirent le nom célèbre pendant l'émigration. Viennent ensuite les chapelles de Saint-Michel, dédiée aujourd'hui au Sacré-Coeur de Jésus, — et de Saint-Sébastien, qui sert à la fin du XIXème siècle pour le catéchisme. En 1606, Jacquette Guyot fit une fondation sur la tombe de son mari, le seigneur de Kermassonnet, inhumé devant l'autel Saint-Sébastien. Là aussi reposèrent Pierre Bonnier et Anne Foucault, seigneur et dame de la Coquerie, fondateurs d'un service en 1666. Au bas de l'église se trouvaient les autels de Saint-Pierre et de Saint-Antoine et Saint-Gilles. Le premier fut édifié par Pierre Gautier, seigneur du Plessix-Raffray, en Domagné, qui choisit sa sépulture à côté, par testament du 4 août 1588, et y fonda une messe hebdomadaire. En 1678 cet autel, « sis au costé senestre de l'église », était orné des armoiries : « une bande chargée de trois tourteaux, qui est Brignon, et un gantelet, qui est Gautier » ; et entre ces deux écussons on lisait : Fondation par Noble homme Maistre Pierre Gautier, vivant mari de delle Jacquette Guyot, sgr et dame du Plessix-Raffray, conseiller, notaire et secretaire du roi, greffier civil de la cour du Parlement et des Etats de ce pays, l'an 1588. Un banc et une tombe armoriés se trouvaient alors à côté de l'autel (Archives nationales, P. 1714). L'autel Saint-Antoine et Saint-Gilles devait être vis-à-vis le précédent, de l'autre côté du grand portail ; il fut élevé vers le milieu du XVème siècle par Jean Guériff, qui y fonda « sept messes ô notes chacune sepmaine, chantées à l'issue de la messe du Sainct-Esprit par sept chapelains qui seroient en mesme temps chantres de ladite église » (Archives paroissiales). Remontons l'église en suivant le collatéral méridional. Nous y trouvons d'abord une chapelle renfermant les fonts baptismaux, puis la chapelle Sainte-Anne. Dans cette dernière fut inhumée Renée Bonnier, femme de Jean de Lescu, seigneur de la Mancelière, qui y fit une fondation le 26 juillet 1680. De nos jours on y a transféré les restes du grand historien et jurisconsulte breton Bertrand d'Argentré, inhumé primitivement dans l'église des Cordeliers. Une dalle de marbre noir porte cette inscription : Hic jacet Bertran. Argentreus senescallus Rhedonensis et celeberrimus jurisconsultus cujus anno 1590 vita defuncti reliquiœ prius in ecclesia Fratrum Minorum servatœ, sub hoc marmore depositœ fuerunt sumptibus Curiœ Rhedonensis anno 1821. Dans le transept du Sud était un mausolée élevé à la mémoire de Julienne du Loüet par son mari, M. Le Jacobin de Keremprat, conseiller au Parlement, qui fit en 1690 une fondation pour le repos de son âme. Nous voici revenus au chœur ; notons qu'il s'y trouvait jadis, « à l'entrée et du costé de l'épître », un autel dédié à saint Roch : là se trouvait l'enfeu de la famille du Liepvre (nota : On y voit encore aujourd'hui une statue de saint Roch, oeuvre de Molchneht. Celui-ci a également sculpté les cariatides qui supportent au bas des nefs les orgues provenant de l'ancienne abbaye de Prières). Au Sud du choeur étaient deux chapelles, dont la première contenait jadis l'autel du Saint-Esprit. Elle avait été cédée par les paroissiens à la famille de Lopriac, qui y plaça son banc, ses armoiries et un tombeau-arcade ; on voit encore au sommet de cette arcade et au-dessus de la fenêtre l'écusson de cette famille : de sable au chef d'argent chargé de trois coquilles de gueules. Nous avons dit que cette chapelle sert à la fin du XIXème siècle de sacristie ; il en est de même de la chapelle voisine, dont on ignore la destination première. Dans le collatéral séparant ces chapelles du choeur a été placé de nos jours, au chevet même et au-dessous d'une verrière moderne, l'autel du Saint-Esprit, où repose le Saint-Sacrement. C'est dans cette partie de l'église qu'avaient été inhumés Jean Louvel, sieur de la Chauvelière, décédé en 1628 ; Georges Rallier, sieur du Foulgeray, décédé en 1655 ; René de Berthou, seigneur de Kerversio, décédé en 1658 ; Jacques de Lorial, sieur de la Roussignolière, décédé en 1689, etc., etc. Enfin, dans la nef reposaient Perrin de Montgermont et sa femme, « devant le Crucifix », décédé vers 1400 ; un seigneur de la Marqueraye, décédé au XVIème siècle ; Jean Picquet, sieur de la Motte, décédé en 1653, et Guillemette Hux, sa femme ; Jean Gardin, sieur de la Glestière, et Jacquemine Avril, sa femme, qui firent une fondation en 1658 ; François Nouvel, sieur de la Grenouillaye, qui fit de même en 1663 et fut inhumé sous le pupitre, etc. Un grand nombre d'autres pierres tombales étaient encore à Saint-Germain, et nous ne pouvons en faire ici l'inventaire ; c'est qu'en effet les trésoriers avaient ainsi cédé beaucoup d'enfeus aux XVIème et XVIIème siècles pour se procurer les moyens de construire leur église (Livre ms. des fondations de Saint-Germain – Archives paroissiales). Parmi les autres fondations établies à Saint-Germain, remarquons : celle du pardon des Quarante-Heures, faite en 1663 par Michelle Gosse, maîtresse tailleuse, pour la fête de l'Ascension et jours suivants ; — celle du port solennel du Saint-Sacrement aux malades, faite en 1667 par Jean Mesnager, prêtre ; — celle de l'Adoration perpétuelle du Saint-Sacrement, faite en 1672 par Julien Le Gouvello, seigneur de Trémeur ; Catherine Godard, veuve de Guillaume Marot, seigneur des Alleux ; Jacquette Le Bégassoux, veuve de Fr. Le Febvre, seigneur de Laubrière, et Perrine Gaultier, dame du Prest ; — et, enfin, celle de l'octave du Sacre et de l'adoration du Saint-Sacrement par cinq prêtres pendant cette octave, faite en 1699 par Laurent Masson (Archives paroissiales – Notes ms. de M. de la Bigne Villeneuve). Les confréries étaient nombreuses à Saint-Germain. C'était d'abord celle de Saint-Germain, dont était prévôt Jehan Le Cloustier en 1449, et qui comptait parmi ses membres en 1455 le duc de Bretagne Pierre II et sa femme, la bienheureuse Françoise d'Amboise. — La confrérie de Saint-Laurent est mentionnée dès 1488 ; saint Laurent est considéré, en effet, comme le second patron de l'église Saint-Germain ; le jour de sa fête, le Chapitre avait coutume d'y venir célébrer la grand'messe. En 1625, le pape Urbain VIII accorda des indulgences aux confrères de Saint-Laurent, dont il est encore fait mention en 1733. — La confrérie de Saint-Roch et Saint-Sébastien apparaît en 1425 ; en 1654 elle fut unie à celle du Saint-Sacrement, que l'on fondait alors ; en 1674 les confrères faisaient chanter la messe, précédée d'une procession, tous les mardis, jeudis et vendredis. — La Sainte-Trinité, ou frairie Blanche, fut instituée en 1634 par le pape Urbain VIII, qui l'enrichit d'indulgences ; elle était particulière aux prêtres, religieux et religieuses. — Notre-Dame-des-Agonisants fut érigée en 1658 et dotée d'indulgences par le pape Alexandre VII. — Enfin, la plus importante peut-être de toutes ces confréries était celle du Saint-Esprit, dont les prévôts apparaissent dès 1470 et qui reçut des indulgences plénières du pape Paul V en 1615 ; elle avait sa chapelle particulière, dont nous avons parlé, et chaque jour l'on y chantait une messe, précédée d'une procession (nota : Quelques confréries de métiers se réunissaient aussi à Saint-Germain, notamment en 1689 celle des Drappiers drappant et des Teinturiers. — L'église Saint-Germain, envahie à la Révolution par l'administration militaire, ne fut rendue au culte qu'en 1805 ; le service paroissial fut rétabli provisoirement en 1803 dans l'ancienne chapelle de la Visitation). A la fin du XIXème siècle, il n'y a plus à Saint-Germain que la confrérie du Sacré-Coeur de Jésus, érigée en 1817 et agrégée à l'archiconfrérie de Rome, et celle de Notre-Dame-des-Malades, établie en 1865. De plus, l'indulgence de la Portioncule, attachée jadis à l'église conventuelle des Cordeliers, a été transférée de nos jours en celle de Saint-Germain par le pape Léon XII en 1826 (Pouillé de Rennes) ; 

Voir aussi   Rennes "L'église Saint-Germain de Rennes : sa contruction

Voir aussi   Rennes "L'église Saint-Germain de Rennes : sa description

 

l'église Saint-Hélier (XV-XXème siècle) ; 

Note : Saint-Hélier. — Il ne demeure rien de l'église primitive de ce nom ; l'édifice actuel est une construction des XVème et XVIème siècles. Son plan consiste en une nef à chevet droit accompagnée de deux transepts et d'un seul collatéral au Nord. « On peut voir, dit M. de la Bigue Villeneuve (Bulletin de l'Association bretonne, II, 150), dans le portail occidental, un élégant échantillon des formes architectoniques de la fin du XVème siècle. Des boudins ou moulures toriques, appuyées sur de petites bases polygonales, tracent au contour de la porte deux arcs surbaissés en anse de panier, qu'enveloppe supérieurement un autre arc en doucine ou accolade, au sommet duquel s'épanouissait autrefois un bouquet de feuillages cruciforme, brisé aujourd'hui ; on l'a remplacé par une petite croix simple mais convenable. L'extrados de l'archivolte est en outre décoré de crosses végétales. Une fenêtre ouvre au-dessus sa baie ogivale, divisée longitudinalement jusqu'aux deux tiers de sa hauteur par deux meneaux prismatiques, en trois panneaux qui vont s'amortir au-dessous du tympan en arcatures trilobées et lancéolées. Le réseau qui les surmonte est rempli par un gracieux assemblage de courbes concaves et convexes dont les lignes ondulées semblent s'entrelacer et se poursuivre dans leurs sinuosités. L'ensemble de ces deux ouvertures du pignon occidental s'encadre dans une espèce de voussure peu profonde dont l'ogive surhaussée se dessine au moyen de moulures en retraite reposant sur des bases de colonnettes. Des deux côtés de cette grande ogive enveloppante s'élancent deux pinacles en application, terminés par des aiguilles dont les flancs et la pointe sont munis de crochets. Un gros bouquet de feuilles frisées et s'épanouissant en panache cruciforme somme également la principale ogive. L'effet général de cette décoration donne à ce pignon un aspect de gracieuse simplicité ». A ce gable de la grande nef, flanqué de deux contreforts, vient s'accoler un second pignon formant l'extrémité du collatéral ; ce pignon est également ouvert d'une fenêtre ogivale de style flamboyant. Au Sud est aussi une jolie porte latérale, « délicieux morceau d'architecture » qu'on attribue à la première moitié du XVème siècle. « L'arcade intérieure qui en délimite l'ouverture est en cintre presque plein ; le tore qui en trace le contour s'appuie sur deux petites colonnettes cylindriques à socles prismatiques et à chapiteaux formés de feuillages contournés et de grappes de raisin. Cette arcade est inscrite sous une voussure ogivale dont les parois intérieures sont garnies d'un double bandeau de moulures toriques reposant sur les chapiteaux sculptés en feuillages de chêne et de vigne de quatre colonnettes semblables aux deux premières. Le tympan compris entre l'arc cintré et la voussure ogivale était, à l'origine, décoré d'une statuette dont la console subsiste encore. L'ogive supérieure qui encadre cette voussure est dessinée par une simple moulure concave retombant des deux côtés de la porte sur les chapiteaux de deux pilastres, celui de droite couvert de têtes humaines, celui de gauche historié de feuillages et d'animaux. Ces chapiteaux servent en outre de bases à deux pinacles simulés qui accompagnent l'arc du portail ; enfin, une guirlande de larges feuilles laciniées s'applique en rampant à l'extrados de son archivolte  » (M de la Bigne Villeneuve, loco citato). Le gable du transept méridional présente aussi à sa base un portail en arc d'accolade actuellement fermé ; il est imité de la grande porte de l'Ouest ; au-dessus est une grande fenêtre ogivale. Ce pignon tout entier ne date que du XVIème siècle A l'intérieur de l'édifice nous devons d'abord remarquer la grande fenêtre du chevet ; elle est divisée par trois meneaux et son tympan est rempli par de larges dessins flamboyants. Des fenêtres de même style éclairent les transepts et les nefs. Des verrières remplissaient jadis toutes ces ouvertures, et en 1614 et 1616 il est fait mention des vitres de la Sainte Vierge, de saint Jacques, de saint Erblon, de saint Thébaut et de saint Roch, qui devaient s'élever à côté des autels de mêmes noms. En 1757 on fit un marché de 1 800 livres pour la construction du maître-autel ; mais celui-ci a été refait de nos jours. L'abbé Déric dit, sans en apporter toutefois de preuves, que les reliques de saint Hélier, martyr, furent apportées vers le milieu du IXème siècle en cette église de Rennes, d'où plus tard on les transféra en l'abbaye du Bec, en Normandie (Histoire ecclésiastique de Bretagne, II, 364). Il est certain que la fête patronale de Saint-Hélier de Rennes s'y célébrait jadis avec grande pompe ; en 1644, le Souverain-Pontife accorda même des indulgences à ceux qui venaient à Saint-Hélier prier ce jour-là. Il est aussi question au commencement du XVIIème siècle de la confrérie de Saint-Hélier aussi bien que de celle de Saint-Sébastien ; mais en 1668 les deux associations semblent être unies à une troisième dite de la Sainte-Vierge, et ne former alors qu'une confrérie qu'enrichit d'indulgences le pape Clément IX (nota : Archives paroissiales : — En 1790 figurent dans un inventaire « quatre torches de bois doré avec la figure de saint Relier, servant pour la frairie »). Ce ne fut qu'en 1783 qu'une parcelle de la Vraie-Croix fut donnée à Saint-Hélier ; à cette occasion le général s'engagea à fournir quatre cierges allumés quand on exposerait cette relique. Le vicomte de Rennes était seigneur supérieur, fondateur et prééminencier de Saint-Hélier (nota : le vicomte de Rennes exerçait certains droits féodeaux sur les mariés de Saint-Hélier. Ce seigneur, alors le duc de la Trémoille, étant venu à Saint-Hélier en 1631, les trésoriers lui présentèrent une collation et « six bouteilles de sept pots de vin » ; le tout coûta 18 livres 19 sols) ; mais le seigneur de Baud y avait un banc à queue vis-à-vis l'autel de l'Ange-Gardien et ses armoiries dans la vitre voisine. L'église de Saint-Hélier a été restaurée avec goût de nos jours. Outre un élégant et svelte clocher ajouré en fonte, placé sur le point central de l'intertransept, on a mis dans la nef une chaire en bois sculpté, ayant deux rampes. Ce beau travail de menuiserie, dans le style ogival fleuri, est l'oeuvre de M. Hérault, qui a également orné le chœur de fort jolies stalles à baldaquins (Pouillé de Rennes) ; 

 

l'église Saint-Laurent (XVI-XIXème siècle). L'église primitive a été reconstruite au milieu du XVIème siècle. La paroisse de Saint-Laurent s'appelait au XVIème siècle "Saint-Laurent-des-Vignes". Les seigneurs de la Gailleule y possédaient une chapelle et des enfeus. La maîtresse vitre date de 1556. La table du maître-autel est moderne, mais elle est soutenue par trois colonnes du milieu du XVIème siècle. Le mur nord du choeur renferme l'ancien enfeu des Marquer (XVIème siècle), transformé en porte de sacristie. Une cave s'étend sous le choeur. On y trouve un écusson de la Gailleule, écartelé des armes d'Eustache Marquer, seigneur de la Gailleule, de Jacqueline de Mathan qu'il épousa en 1541, des Rogier et des d'Estouteville, leurs alliances. Le presbytère occupait dès 1621 le même emplacement qu'aujourd'hui ; 

Note : Saint-Laurent. — Presqu'entièrement rebâtie vers le milieu du XVIème siècle, cette église vient d'être de nouveau reconstruite en partie au XIXème siècle dans le même style ogival. Elle est surtout remarquable par la belle verrière qui orne son chevet. Le plan est, en effet, une simple croix latine, avec chevet droit ; cette dernière partie de l'ancien édifice a été conservée. La fenêtre, en ogive évasée, est divisée par deux meneaux soutenant trois arcs cintrés ; des dessins orbiculaires occupent le tympan. Là se trouve la verrière datée de 1556, dont voici la description. La légende du saint diacre Laurent s'y déroule dans six panneaux dont les couleurs ne sont pas très-vives ni les teintes d'une fraîcheur irréprochable, défaut ordinaire aux vitraux de cette époque ; mais les figurines sont bien dessinées et l'expression n'y manque pas. On voit saint Laurent guérissant un aveugle, — baptisant des néophites, — comparaissant devant le magistrat romain assis sur son tribunal, — traîné en prison, — martyrisé sur le gril ardent. Des inscriptions en minuscules gothiques expliquent chaque sujet : Comment S. Laurens illumina l'aveugle, — Comment S. Laurens baptisa le payan, — Comment l'on voulut contraindre S. Laurens à abjurer, lequel refusa d'obéir, — Comment S. Laurens fut mis en prison, — Comment S. Laurens fut mis sur le gril (cette dernière scène remplit deux panneaux). Au-dessus de l'histoire du diacre martyr, dans le compartiment annulaire central, est figuré l'Eternel sous la forme d'un vieillard vénérable, coiffé de la tiare, levant la main droite pour bénir, appuyant la gauche sur le globe du monde, surmonté d'une croix. Les deux sections de cercle à droite et à gauche de la figure principale renferment des anges portés sur des nues et adorant le Tout-Puissant. Au bas du vitrail est la représentation de la Sainte-Trinité, telle qu'elle était en usage au XVIème siècle : Dieu le Père, la tiare en tête, revêtu du pluvial, ayant sur la poitrine la colombe, figure de l'Esprit-Saint, et soutenant de ses mains étendues la croix où est attaché N.-S. Jésus-Christ. De chaque côté de ce tableau, qui occupe le panneau du milieu, sont représentés le seigneur donateur et sa femme ; à droite est un chevalier portant par dessus son armure sa cote armoriée de ce blason : d'azur à la fasce de gueules accompagnée de trois coquilles d'or, qui est Marquer ; écartelé de gueules à trois écussons d'or, qui est du Rocher (nota : Ce chevalier est Eustache Marquer, seigneur de la Gailleule, Moucon et Tréguil. La seigneurie de la Gailleule appartint successivement aux familles du Rocher, Marquer, de Bourgneuf et du Boisgeslin. Le dernier seigneur en fut Mgr Jean du Boisgeslin, archevêque d'Aix, décédé cardinal et archevêque de Tours).  Il est dans l'attitude de la prière, et debout derrière lui se tiennent son ange gardien et son patron saint Eustache, le présentant à la Sainte-Trinité. A gauche est la dame de la Gailleule, également « pourtraictée », à genoux devant son prie-Dieu, un livre de prières ouvert devant elle. Son costume est celui d'une puissante dame du XVIème siècle ; son corsage est garni d'hermines ; elle porte sur ses jupons un écusson écartelé au 1er de Marquer ; au 2ème de gueules à deux jumelles d'or, au lion de même en chef, qui est de Mathan ; au 3ème du Rocher ; au 4ème d'argent au lion coupé de gueules et de sinople, qui est d'Espinay (nota : Cette dame est Jacqueline de Mathan, qui épousa le 19 février 1541 Eustache Marquer, seigneur de la Gailleule). Saint-Jacques, son patron, se tient près d'elle pour l'assister, vêtu en pèlerin et appuyé sur le bourdon de voyage. Derrière elle sont agenouillées deux de ses femmes, avec leurs robes armoriées du blason des Mathan. Les prééminences d'église et le droit de fondation appartenaient, en effet, à Saint-Laurent au seigneur de la Gailleule. Aussi voit-on encore les armoiries de ce seigneur : écartelé au 1er de Marquer, au 2ème de Mathan, au 3ème du Rocher et au 4ème d'Espinay, peintes au haut de la précédente verrière (nota : Au haut de la vitre et sur l'arcade de l'enfeu, le quatrième quartier de l'écartelé porte simplement d'argent au lion de sable ; mais sur la robe de la dame il y a, comme nous venons de le dire, un lion de gueules coupé de sinople. Il se trouve également au haut du vitrail, vis-à-vis l'écusson précédent, un autre blason entouré du collier de Saint-Michel et portant : d'argent à un huchet de sable cantonné de quatre mouchetures d'hermines) ; elles sont aussi sculptées sur le tympan d'un fronton de style renaissance qui encadrait à l'origine l'enfeu seigneurial dans le mur du chanceau du côté de l'évangile, et à l'extérieur de l'édifice plusieurs fois répétées au chevet et autour du choeur. Toutefois le seigneur de la Motte-Bruslon prétendait aussi à un enfeu et à quelques prééminences dans la même église. La confrérie de Saint-Laurent fut érigée en cette église et enrichie d'indulgences, le 4 juillet 1654, par le pape Innocent X, mais elle est tombée en désuétude. En revanche, il s'y trouve plusieurs confréries modernes : le Rosaire, érigée par Grégoire XVI le 14 décembre 1841 ; — Sainte-Anne, établie par Mgr Saint-Marc le 26 juillet 1863 ; — le Très-Saint et Immaculé Coeur de Marie pour la conversion des pécheurs, érigée le 29 novembre 1864, — et Saint-Joseph, établie par Pie IX le 21 mars 1865. L'église de Saint-Laurent, ornée d'autels et de stalles en bois sculpté formant d'élégants baldaquins, est en outre richement polychromée ; sa voûte est décorée de fresques peintes vers 1850 par M. Chalot. Dans le choeur sont représentées six scènes de la Passion de Notre-Seigneur : la Cène, — la prière au Jardin des Oliviers, — l'Ecce Homo, — le Portement de croix, — le Crucifiement — et la Descente de croix. Les transepts renferment huit scènes de la vie de la Sainte Vierge : la Naissance, — la Présentation, — la Vie au temple, — le Mariage, — l'Annonciation, — la Nativité de Notre-Seigneur, — l'Assomption — et le Couronnement. Enfin, la voûte de la nef a été ornée de huit grands emblèmes : agneau pascal, pélican, arche d'alliance, etc., dus au pinceau d'un autre peintre moderne (Pouillé de Rennes) ;

 

l'église Notre-Dame-en-Saint-Melaine (XI-XIXème siècle). L'ancien choeur, derrière le maître-autel actuel est décoré de boiseries du XVIIIème siècle devant lesquelles se trouvent les stalles des moines. On y trouve deux tombeaux du XVème siècle : celui de Pierre de La Morinaie, mort en 1422, et celui de l'abbé J. Rouxel, mort en 1402 ; 

Note : L'ancienne église abbatiale de Saint-Melaine devint en 1803 la cathédrale provisoire de Rennes et prit alors le nom de Saint-Pierre ; mais après l'installation définitive de l'évêque et du Chapitre dans leur nouvelle cathédrale, la vieille église cessa d'être appelée Saint-Pierre et reçut en 1844 le nom de Notre-Dame, qu'elle porte encore. Nous avons déjà décrit cet édifice au point de vue archéologique, et nous avons rappelé les nombreux tombeaux qu'elle renfermait jadis. Tous ces monuments funéraires ont disparu, cachés en partie, prétend-on, sous le parquet du chœur ; mais deux tombeaux modernes méritent d'être signalés : l'un, simple dalle de marbre posée dans le transept du Sud, recouvre les restes de Mgr Mannay, évêque de Rennes, décédé en 1824 ; — l'autre, tombeau-arcade placé sous la tour, à l'entrée de l'église, renferme le corps de Joseph Meslé, curé-doyen de Notre-Dame, décédé en grande vénération le 1er mai 1873. Une bonne statue, due au ciseau de M. Valentin, représente fidèlement ce pieux vieillard dans l'attitude de la prière, agenouillé au-dessus de son sarcophage, devant la Sainte Vierge, et accompagné de son saint patron. Au fond de l'arcade on lit cette inscription : Sous le trône élevé par sa piété à la Reine des Anges repose, selon son désir, un de ses plus dignes serviteurs, V. M. Joseph Meslé, curé de cette église de 1825 à 1873 ; la paroisse dont il fut durant soixante années l’apôtre infatigable lui a érigé ce monument. C'est, en effet, M. Meslé qui fit surmonter la tour de son église d'une statue de la Sainte Vierge dressée au sommet d'une coupole. Cette statue en plomb est supportée par une armature en fer ; elle est accompagnée des statues de saint Pierre et saint Paul, de saint Melaine et saint Amand, et de huit statuettes d'anges. Mgr Saint-Marc voulut lui-même bénir très-solennellement, le 26 octobre 1856, la statue de Notre-Dame de Rennes. Trois grands autels en bois sculpté, surmontés de riches baldaquins gothiques, oeuvre de M. Hérault, décorent l'église de Notre-Dame. L'autel majeur, avec sa forêt de clochetons, est vraiment monumental ; celui du transept du Nord renferme une relique de saint Camille, déposée sur le corps en cire de ce bienheureux, vêtu en religieux. Près de l'autel du transept méridional, une châsse élevée de terre contient le corps entier de sainte Septimie, martyre, extrait des Catacombes de Rome, recouvert de cire et richement vêtu. Récemment l'on vient de construite deux chapelles gothiques à l'extrémité des collatéraux du chœur ; l'on y voit dans de larges baies de style rayonnant d'excellentes verrières modernes, représentant l'une les mystères du Rosaire, l'autre la légende de saint Joseph. Quant aux autels, ce sont deux jolis morceaux de sculpture en marbre blanc, décorés d'émaux et de cuivres dorés. Enfin, de belles orgues placées depuis peu au bas des nefs complètent l'ornementation de l'église Notre-Dame. De nombreuses confréries existent en cette église, en voici la nomenclature : les Saints-Anges-Gardiens, érigée en 1825 par Mgr de Lesquen et agrégée à l'archiconfrérie de Rome en 1826 ; — le Bon-Pasteur et la Compassion de la Sainte Vierge, érigée par Mgr de Lesquen en 1830 et élevée à la dignité d'archiconfrérie en 1840 par S. S. Grégoire XVI ; — le Rosaire vivant, archiconfrérie érigée le 24 janvier 1834 par Mgr de Lesquen, qui nomma le curé directeur de l'association pour la ville et tout le diocèse ; — le Très-Saint et Immaculé Coeur de Marie, pour la conversion des pécheurs, érigée par Mgr Saint-Marc en 1842 et agrégée aussitôt à l'archiconfrérie de ce nom établie à Notre-Dame-des-Victoires, à Paris ; — la confrérie Réparatrice du blasphème et de la profanation du dimanche, érigée par Mgr Saint-Marc en 1847 ; — Notre-Dame réconciliatrice de la Salette, établie en 1854 et agrégée à l'archiconfrérie de la Salette ; — enfin, Notre-Dame du suffrage pour les âmes du purgatoire, érigée le 12 décembre 1867 par Mgr Saint-Marc et affiliée à l'archiconfrérie de même nom existant à Rome. Rappelons encore qu'en cette église se trouve en honneur la statue de Notre-Dame de Paimpont, dont nous avons déjà parlé (Pouillé de Rennes) ;

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Voir aussi   Rennes "Abbaye Saint-Melaine : les privilèges

Voir aussi   Rennes "Abbaye Saint-Melaine : l'église Saint-Melaine et le manoir abbatial

Voir aussi   Rennes "Abbaye Saint-Melaine : le thabor

 

l'église Toussaints (1624-1651). Il s'agit de l'ancienne chapelle des Jésuites. En 1604, des lettres patentes autorisent les jésuites à s'établir dans le collège Saint-Thomas, fondé en 1536. Une chapelle est construite de 1624 à 1651. En 1803, la chapelle, qui prend le nom de Toussaints, devient église paroissiale remplaçant l'ancienne église Toussaints incendiée. Le remarquable retable du transept est signé François II Houdault (1673-1679). Le retable du maître-autel est l'oeuvre de Turmel ; 

Note : Toussaints. — L'ancienne église de ce nom n'existe plus ; elle se trouvait à l'origine en dehors de la Cité et au-delà de la Vilaine, là où s'élève actuellement la Halle-au-Blé. C'était primitivement un édifice roman qui fut en très-grande partie reconstruit aux XVème et XVIème siècles, comme nous allons voir. Les Comptes des trésoriers de Saint-Sauveur en 1412 et 1416 nous apprennent, en effet, que vers ce temps-là les paroissiens de Toussaints relevèrent le bas de leur église sur un plan plus vaste que l'ancien. Les habitants de Saint-Sauveur, faisant partie de la paroisse de Toussaints, donnèrent à cette occasion 15 livres pour aider à la construction du clocher et 20 livres pour subvenir aux frais de la bénédiction du nouveau temple. Jean V, duc de Bretagne, offrit de son côté 30 livres en 1435, et 15 livres en 1436, pour contribuer « à l'édification de la nef ». Un peu plus tard, en 1459, on posa les fondations du haut de l'église « le lundy d'avant la Feste-Dieu ». Mais de terribles accidents vinrent interrompre les travaux : le dimanche après la mi-août 1482, une tempête extraordinaire renversa le clocher de Toussaints, qui écrasa une maison voisine et tua dans son lit le propriétaire, Georges Thomas. Un peu plus tard, en 1513, la tour joignant la sacristie tomba elle-même, et cet évènement fut relaté dans l'inscription suivante, gravée dans le mur voisin : En 1513 la tour chut - De céans qui le peuple esmut, - Un soir, jour de la Trinité ; - Par quoy fut de nécessité - A retablir tout de nouveau - Ce moustier grand et beau (Marteville, Histoire de Rennes). On s'occupa donc de relever ces ruines, mais la construction de la tour dura plus d'un siècle, car en 1619 on y travaillait encore. En 1506 fut construit le transept ou croisée de l'édifice ; à cette occasion fut passée une convention entre les paroissiens et le vicomte de Rennes (nota : La vicomté de Rennes, très-ancienne seigneurie, appartint pendant bien des siècles aux barons de Vitré, puis passa par acquêt aux familles de Lannion et de Marnière. Le vicomte de Rennes avait droit de chevauchée à la foire de la Magdeleine et de saut des mariés à Saint-Hélier ; il était regardé comme seigneur fondateur des églises de Toussaints et de Saint-Hélier et de la chapelle de la Magdeleine ; il avait aussi droit de ceps et collier à la Magdeleine, à Saint-Hélier et dans la rue Haute « pour corrections des blasphémateurs du saint nom de Dieu et autres délinquants » etc. (Mélanges d'histoire et d'archéologie bretonne, II, 484), qui leur céda sur son fief les terrains nécessaires pour accroître leur église ; ils lui accordèrent en échange divers droits honorifiques, tels qu'écussons sculptés en bosse aux pignons du nouveau bâtiment, redevance annuelle d'un cierge du poids de deux livres le jour de la Purification, etc. Restait à relever le chevet de l'église ; il dut l'être vers 1526, car le 20 novembre de cette année-là les trésoriers firent marché avec Jehan Adrian, peintre-verrier, « pour la construction de la grande vitre derrière le maître-autel » (nota : Cette verrière en remplaçait une autre détruite en 1513 par la chute de la tour ; cette première vitre contenait l'écusson du duc de Bretagne, et au-dessous les armoiries des Guéhéneuc, seigneurs de Villeneuve, et des d'Espinay et Du Guesclin, leurs alliés ; mais on y voyait aussi « quatre présentations, deux d'hommes et deux de femmes », dont les vêtements portaient les mêmes armes du Guéhéneuc avec leurs alliance). L'édifice étant enfin terminé, on fit divers autels, notamment celui de Saint-Yves, en 1539 et 1540, et l'on plaça en 1592 des orgues qui coûtèrent 400 écus. Au siècle suivant, on fit marché en 1673 avec François Houdant, architecte de Laval, pour la construction d'un nouveau grand autel, moyennant 10 000 livres ; le sieur Chalet, en 1676, en peignit le tableau occupant le fond du retable pour 450 livres, et le tabernacle fut offert en 1684 par les confrères du Saint-Sacrement ; il leur coûta 1 400 livres (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 71). Le 26 mars 1715, à cinq heures et demie du soir, une portion de la tour s'écroula (nota : Il s'agit très probablement ici de la tour élevée au bas des nefs ; dans les anciens plans, on voit qu'il y avait à Toussaints deux tours : une à l'Ouest, avec clocher, formant façade, et l'autre au Nord du choeur) ; l'on s'occupa aussitôt de la restaurer, et il en coûta 27 775 livres d'après un compte de 1718. Un peu plus tard, la construction d'une nouvelle tour fut décidée ; la première pierre en fut posée par le maire de Rennes, M. Hévin, et bénite par le recteur, M. Le Normant, le 23 août 1764. Telle était l'église de Toussaints, vaste édifice de style hybride, où les pleins cintres romans se mêlaient aux ogives, formant trois nefs qu'entouraient une douzaine de chapelles et terminé par un chevet droit. Sécularisée en 1793, elle fut peu de temps après victime d'un incendie, et les débris qui survécurent au sinistre furent complètement démolis vers 1807. Après le duc de Bretagne, seigneur supérieur, le vicomte de Rennes était regardé comme seigneur fondateur et prééminencier de Toussaints. L'analyse de divers procès-verbaux relatifs à ces prééminences achèvera de nous faire connaître l'ancienne église dont nous nous occupons. Le chevet droit de cet édifice était éclairé par trois vitres. La verrière principale présentait en 1630, en haut l'écusson parti de France et de Bretagne ; au-dessous étaient deux écussons du sire de Laval et de Vitré, vicomte de Rennes, écartelés d'Evreux, à cause du mariage vers 1500 de Guy XVI avec Charlotte d'Aragon. Plus bas se trouvaient, « au dessus des passées, tant du costé de l'évangile que du costé de l'épître », les armes des seigneurs de Villeneuve (nota : Villeneuve, seigneurie sise en Toussaints, mentionnée dès le XIème siècle, appartint successivement aux familles de Guéhéneuc, de Bourgneuf, Thierry, des Déserts, d'Espinay, de Tehillac, Lussembourg, Malescot, etc.) ; plus bas encore celles des seigneurs de la Prévalaye, et enfin celles des marquis de Cucé (nota : En 1526 lorsque fut passé le marché pour la confection de cette vitre, on vit comparaître avec les trésoriers Louis des Déserts, seigneur de Villeneuve, François Thierry, seigneur de la Prévalaye, et Julien Bourgneuf, seigneur de Cucé). De chaque côté de cette grande vitre étaient des verrières moins considérables n'offrant que l'écu plein de France. En descendant l'église, du côté de l'évangile, on remarquait : dans la chapelle Saint-Sébastien, au haut de la vitre du pignon, les armes pleines de Bretagne ; — dans la chapelle Sainte-Suzanne, le même écusson ; — dans le transept septentrional, où était la chapelle de Saint-Martin, on voyait au haut de la vitre, derrière l'autel, deux écussons : l'un de Bretagne plein, l'autre parti de Bretagne et d'Amboise ; ces armes semblent prouver que la bienheureuse Françoise d'Amboise, duchesse de Bretagne, ne fut pas étrangère à la confection de ce vitrail ; — dans le pignon du même transept étaient deux autres écussons, l'un de France, l'autre de Bretagne. De l'autre côté de l'église, vers Midi, il y avait : dans la chapelle Saint-Yves, au haut de la vitre, l'écusson de François, dauphin de France et duc de Bretagne ; — dans le transept méridional, où se trouvait la chapelle Saint-Nicolas, au haut de la vitre du pignon, deux écussons : l'un de France, l'autre de Bretagne ; et dans un autre vitrail, trois écussons : de France, de Bretagne et de Rennes. Dans la verrière occupant le bas de la nef, au-dessus des orgues, étaient aussi en 1702 trois blasons : de Bourgneuf, Thierry et de sinople à trois fasces d'argent. Enfin, aux quatre coins du cimetière, au haut de la croix de ce cimetière et sur les pignons des transepts se trouvaient gravées sur pierre les armoiries du vicomte de Rennes (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 71). Plusieurs enfeus apparaissaient aussi dans cette église : celui des seigneurs de Villeneuve était dans le sanctuaire; c'est là que fut inhumée en 1417 Lucasse Déelin, femme de Raoul Guéhéneuc, « au pied du maistre autel » ; à côté on voyait (en 1585) deux bancs à queue, « l'un à dextre, l'autre à senestre, armoyés chacun d'un écusson à trois croisilles », et appartenant également au seigneur de Villeneuve (nota : Outre cet enfeu, le seigneur de Villeneuve en avait un autre, acquis en 1425 par Jamet Guéhéneuc et situé devant l'autel de la Vierge).  — l'enfeu du seigneur du Puits-Mauger (nota : Le Puits-Mauger, manoir seigneurial sis dans le faubourg de la Magdeleine, était à l'origine, dit Languedoc, « une maison de plaisance et recréation » appartenant aux ducs de Bretagne ; il devint ensuite la propriété des Pasquier, puis des du Bouays de Couasbouc, qui le possédèrent fort longtemps) se trouvait aussi originairement devant le maître-autel ; il fut acquis vers 1447 par Jean du Bouays ; le seigneur du Bouëdrier (nota : Le Bouëdrier, seigneurie en Toussaints, possédée d'abord par la famille de même nom, fut ensuite unie à Bréquigny) réclamait également en 1679 un banc à queue et une pierre tombale, etc. (Archives nationales, P. 1712 – Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 71, 77, etc). En 1514, Michel Boussemel, sieur du Val, donna, le 1er  novembre, une relique de la Vraie-Croix à l'église de Toussaints ; elle fut déposée dans un reliquaire décrit comme suit en 1552 : « Une grande portion de la Vroye Croix Nostre Seigneur et Redempteur Jhesus Crist poisant le boays de ladicte croix nue trois gros vingt grains, quelle portion est en une châsse d'argent à devoirs par dessus portée sur les bras de l'ymaige Saincte Helaine estant d'argent doré » (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 70 — Un très-intéressant inventaire du trésor de Toussaints en 1552 mentionne encore : « Une grande croix d'argent doré à deux arcs boutans à ymaiges du Crucifix, Nostre Dame et Sainct Jean l'Evangéliste ; — un grant calice vermoil doré à deux lenternes où sont les apostres en boce et souldez sur la couppe et sur la pate ; — aultre calice en vermoil duré à deux lenternes dont la première est à jour ; — aultre calice en vermoil doré armoyé des armes du seigneur de la Prévallais, etc., etc. » - Mélanges d'histoire et d'archéologie bretonne, I, 67). Il est aussi fait mention en 1664 de deux chandeliers armoriés que l'on plaçait alors des deux côtés « de l'autel de Nostre Dame de Paimpol ». Il devait s'agir probablement ici d'une statue de Notre-Dame de Paimpont, très-vénérée jadis dans notre contrée, comme nous l'avons déjà vu. En 1771, Julien Bellanger, ancien procureur au Parlement, fonda une rente de 100 livres au profit des pauvres honteux de la paroisse (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 70, 71, 77). Il y avait en outre à Toussaints plusieurs autres fondations assez importantes ; une entre autres, présentée par le seigneur de Villeneuve, rapportait en 1790 à son titulaire, M. Boux de Villeneuve, 304 livres ; elle était alors chargée de deux cent huit messes par an. Il nous reste à parler des nombreuses confréries érigées en l'église de Toussaints. La plus ancienne était celle de Saint-Nicolas, mentionnée au XIIIème siècle ; il est, en effet, question en 1266 et 1269 du fief des frères de Saint-Nicolas, « in feodo fratrum confraternitatis Sancti Nicholai Redonensis » (Cartulaire de l’abbaye de Saint-Melaine, 69) ; cette pieuse association existait encore en 1790. — La confrérie de Tous les Saints était également fort ancienne ; Jean Lemoul et Thomine Le Coq, sa femme, lui donnèrent 30 sols de rente en 1435 ; — celle des saints Fabien et Sébastien, saint Roch et saint Armel, figure en 1619 ; le pape Urbain VIII lui accorda des indulgences en 1641 ; — la confrérie du Saint-Sacrement, enrichie d'indulgences en 1610 par le pape Paul V, reçut quelques dons en 1668 ; — celle de Sainte-Anne obtint en 1714 des indulgences du pape Clément XI ; elle avait des messes fondées en l'honneur de saint Joachim, saint Joseph et des Cinq-Plaies ; — celle de Saint-Louis était érigée à l'autel de ce nom au siècle dernier (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 55, 73, 75, 77 ; 10 G, 2 – Quelques confréries d’ouvriers se réunissaient aussi à Toussaints ; telle était celle des Boursiers et Gantiers, mise sous le patronage de saint Martin, et dont les comptes de 1546 existent encore – Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 77 bis. Nous avons déjà vu que dix confréries semblables existaient à Rennes en 1340). De nos jours ont été érigées à Toussaints, en 1822 la confrérie du Scapulaire, établie à l'origine en l'église conventuelle des grands Carmes, et en 1829 celle de la Bonne-Mort, existant jadis dans l'église des Jésuites. En outre, on a récemment formé à Toussaints la confrérie de la Sainte-Famille. L'église de Toussaints ayant été détruite par la Révolution, comme nous venons de le dire, ce fut, en effet, dans l'église du collège de Rennes, bâtie par les Jésuites, que le culte fut transféré en 1803. Celle-ci, construite de 1624 à 1651, est encore aujourd'hui l'église paroissiale de Toussaints ; c'est un édifice fort régulier, construit dans le style du XVIIème siècle, et dont nous avons déjà parlé ; il se compose de trois nefs formant quatre travées, d'un assez vaste transept et d'un choeur à pans coupés ; on y remarque les grands retables des autels et une jolie chaire en bois sculptée. A côté vient d'être récemment élevée, dans le même style, une chapelle de catéchisme attenant à l'église mais ne communiquant pas avec elle (Pouillé de Rennes) ;

Voir aussi   Rennes "Inventaire de l'église de Toussaints de Rennes, au XVIème siècle"

 

l'église Saint-Etienne-et-Saint-Augustin (XVIIIème siècle). Le chœur date du XIXème siècle ; 

Note :  Saint-Etienne. — L'ancienne église de ce nom, sécularisée depuis la Révolution, subsiste encore dans la rue d'Echange. C'est un édifice assez insignifiant, qui a remplacé l'église primitive ; servant à la fin du XIXème siècle de magasin au génie, il est relativement moderne. Il se compose de trois nefs ayant trois travées et séparées par des colonnes de granit en forme de palmiers, de deux transepts assez vastes et d'un choeur à chevet droit accosté de deux petites chapelles faisant suite aux collatéraux de la grande nef ; le tout est de style ogival bâtard, lourd et pauvre d'ornementation. Dans les petites chapelles de chaque côté du choeur se trouvent des tombes-arcades qui ont dû originairement être des enfeus. Au commencement du XVème siècle il fut fait des dons à la fabrique de Saint-Etienne pour aider à la réédification de cette église ; mais il semble que l'édifice ne fut construit qu'à la fin de ce siècle et au courant du XVIème siècle. Dom Jehan Gilles, subcuré de Saint-Etienne, choisit par testament du 15 mai 1505 sa sépulture « en la grande chapelle qui nouvellement a esté construite et édifiée au cimetière et au joignant de l'église dudit lieu de Saint-Etienne » ; il doit s'agir ici du transept du Midi. Le transept du Nord fut bâti vers 1552, époque où l'on fit marché « pour la charpentrie d'une chapelle bastie de neuf au joignant et derrière l'église » (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 51 et 54). Quant à la tour, placée au bout du transept méridional, sa première pierre fut posée le 1er février 1742 par Antoine de la Briffe d'Amilly, premier président au Parlement, et bénite par M. de Guersans, vicaire général. Cette tour fut à l'origine couronnée d'un dôme pyramidal surmonté d'une croix placée le 31 décembre 1744 (Registre de l’état civil). Outre l'autel majeur, on voyait en cette église en 1739 les autels de Notre-Dame-des-Agonisants, de Saint-Martin, Saint-Vincent-de-Paul, Sainte-Anne, Sainte-Marguerite, et le petit autel de la Vierge. Saint Hubert et sainte Barbe y avaient aussi précédemment leurs autels en 1564. Cet autel de Notre-Dame-des-Agonisants, construit en 1637 par Jean Martinet, architecte de Laval, réunissait autour de lui les membres de la confrérie du même nom ; cette pieuse association fut érigée en 1669 par les soins du recteur Pierre de Lorgeril, qui avait obtenu pour elle dès 1667 des indulgences plénières du pape Clément IX et qui la fonda de 100 livres de rente. Les autres confréries établies à Saint-Etienne étaient : celle de Saint-Etienne, fondée au XIVème siècle et mentionnée en 1438 ; Guillaume Dagan fit en 1568 une fondation en sa faveur, et le pape Urbain VIII lui accorda en 1642 des indulgences plénières ; — celle de Saint-Claude, existant au XVème siècle mais abandonnée à la fin du XVIème siècle ; — celle de Saint-Roch et Saint-Sébastien, dont il est question en 1550 ; — et enfin celle de Saint-Fiacre, signalée au XVIIIème siècle. — Quant à celle du Précieux-Sang, érigée le 22 mars 1681 par le pape Innocent XI dans l'église conventuelle des Augustins, elle n'a été confirmée qu'en 1802 par Mgr de Maillé dans la nouvelle église de Saint-Etienne. — De plus, une confrérie dite de la Sainte-Providence a été établie au XIXème siècle en cette même église. Il y avait plusieurs fondations faites en la vieille église, telles que la chapellenie de Sainte-Catherine, présentée en 1494 par le seigneur de Champeaux ; celle d'une messe quotidienne fondée en 1640 par Tanguy de Rosmadec, baron de la Hunaudaye, etc., etc. Un inventaire de 1670 nous signale à Saint-Etienne « une petite croix d'argent où il y a de la Vraie-Croix, portée par une petite figure de sainct Etienne ; — un reliquaire d'argent supporté par deux petites figures d'anges » ; — deux calices « à l'antique », l'un en argent, l'autre en vermeil, etc. Enfin, des reliques des martyrs saint Théodore et sainte Claire, extraites des Catacombes de Rome, furent données à Saint-Etienne en 1741 par Charles de Gamache, l'un des tré­oriers de la paroisse (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 51, 52, 54, 55 ; 10 G, 2). A l'époque du rétablissement des paroisses à Rennes, l'église Saint-Etienne ne fut pas rendue au culte et le service paroissial fut transféré dans l'ancienne église conventuelle des Augustins. Nous avons dit quand et comment fut bâtie cette dernière église ; nous n'avons rien à ajouter, si ce n'est que cet édifice, d'origine relativement récente, est aussi bien tenu que le comporte son style. On y voit les statues modernes du Christ à la colonne et de sainte Madeleine, oeuvres de Barré, ainsi que celles de sainte Anne et de saint Pierre. Dans les niches de la façade ont été également posées les statues de saint Etienne, patron de la paroisse, et de saint Augustin, rappelant la primitive destination de l'église (Pouillé de Rennes) ;

Voir aussi   Rennes "Les Pelotes de Saint-Etienne de Rennes"

 

l'église Saint-Aubin (1884), située place Sainte-Anne. La première pierre a été posée le 6 mai 1884. Cette église remplace un sanctuaire primitif qui possédait un cimetière. L'église actuelle orientée nord-sud se compose d'une nef avec deux bas côtés, d'un transept et d'une abside à trois pans. La nef comprend trois travées séparées par des arcs-boutants et des contreforts à tas de charge pyramidaux. Au nord du transept se voient trois travées semblables à celles de la nef. L'intérieur présente une nef avec deux collatéraux, un transept et un choeur accosté de deux bas-côtés ; il est entièrement voûté sur croisées d'ogives. Le choeur est aussi à trois travées. On y trouve un autel dédié à Notre-Dame de Bonne-Nouvelle. La croisée du transept présente quatre gros faisceaux d'élégantes colonnettes ; chaque croisillon comprend deux travées et conserve un autel de l'ancienne église ;  

Note : Saint-Aubin. — Il ne reste rien de l'église primitive de ce nom. L'édifice actuel n'offre d'ancien que son petit portail occidental, encore ne semble-t-il que du commencement du XVème siècle : la baie ogivale en tiers-point de cette porte est décorée d'une moulure arrondie reçue des deux côtés sur une colonnette couronnée d'un chapiteau de feuillages. Par ailleurs, l'église Saint-Aubin date des XVIIème et XVIIIème siècles ; à l'origine, il dut n'y avoir qu'une nef, mais la famille Huart y ajouta une chapelle au Nord dans les circonstances suivantes : François Huart, seigneur de Boeuvres, chanoine et trésorier de Rennes, voulant accomplir les dernières volontés de son père, François Huart, sieur de la Noë, conseiller et secrétaire du roi, et être agréable aux paroissiens de Saint-Aubin, dont l'église était déjà trop petite, bâtit une chapelle près du chanceau, au côté de l'Evangile ; il s'y réserva pour lui, pour son frère Gervais Huart, sieur de la Grand'Rivière, et sa femme, Jeanne Louis, et pour sa soeur, Françoise Huart, veuve de Pierre du Boschet, sieur de la Garenne, président au Parlement, le droit d'avoir en cette chapelle ses armoiries, un enfeu et un banc. Puis il fonda en 1634 trois messes hebdomadaires dans cette chapelle, qui prit le nom de Notre-Dame-de-Pitié, et dont le chapelain demeura à la présentation du seigneur de Boeuvres (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 49). A la suite de la chapelle des Huart, mais séparé d'elle à l'origine par un mur, fut bâti le collatéral septentrional de la nef, dont la dernière colonne porte la date de 1666 gravée sur son chapiteau. Plus tard, un autre bas-côté fut construit au Sud, et en 1761 on releva le choeur, dont on augmenta les proportions. Comme les prééminences et droits de supériorité et de fondation appartenaient à Saint-Aubin au sei­gneur de la Martinière (nota : La Martinière, vieille seigneurie signalée en 1240 et unie de bonne heure à celle de Montbarot, appartint aux familles Le Marec, Barrin, de Mornay, de Lannion et Quilfistre de Bavalau. Dès 1480, le duc de Bretagne autorisa Robert de Domaigné, seigneur de Montbarot, héritier de feu Robert de Beaucé, à mettre ses armoiries en plusieurs vitres de l'église Saint-Aubin. En 1513, l'évêque permit à Alain Le Marec, seigneur de la Martinière et de Montbarot, d'avoir son banc dans le choeur de cette église du côte de l'épître, ce que confirma Yves Mahyeuc en 1540. Aussi en 1678 Jean Barrin, seigneur de la Martinière, déclara-t-il avoir à Saint-Aubin son banc seigneurial « proche le balustre du maistre-autel » et ses armoiries sculptées dans la nef et peintes dans les vitraux - Archives nationales, P. 1710), la première pierre du nouveau chanceau fut posée au nom de Marie-Gaëtane de Mornay, dame de la Martinière, et veuve d'Anne Bretagne de Lannion, seigneur du Boisgeffroy, dont les armoiries furent sculptées ensuite sur la clef de voûte et extérieurement autour de l'abside. On les y voit encore très-mutilées, ainsi que celles des Huart sur la chapelle voisine. Présentement l'église de Saint-Aubin se compose de trois nefs ayant trois travées, et d'un choeur en hémicycle ; il n'y a ni transepts ni chapelles, car le mur qui séparait la chapelle de Beeuvres a été détruit en 1763 et cette chapelle fait maintenant partie du collatéral. Parmi les fondations faites en cette église nous trouvons la chapellenie du Gué, mentionnée en 1596, celle du Petit-Saint-Michel en 1691, et celle de Carman en 1696. La confrérie de Notre-Dame-des-Agonisants, — dont l'autel se trouvait jadis dans le bas-côté du Nord, adossé au mur de la chapelle de Boeuvres, — fut enrichie d'indulgences en 1658 par le pape Alexandre VII, approuvée par Mgr de Beaumanoir le 28 mars 1681 et rétablie le 23 février 1805. Mais les deux grandes dévotions de la paroisse sont actuellement le culte rendu à Notre-Dame de Bonne-Nouvelle et à sainte Anne. Nous avons déjà parlé du célèbre sanctuaire de Bonne-Nouvelle élevé dans le cloître du monastère des Dominicains voisin de Saint-Aubin ; ce couvent ayant été sécularisé par la Révolution, le tableau miraculeux de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle a été transféré dans l'église de Saint-Aubin et placé sur l'autel du collatéral du Nord. Le 4 octobre 1817 on y érigea la confrérie du Rosaire, qui existait avant 89 dans l'église conventuelle des Dominicains. Le 8 septembre 1861 fut renouvelé le voeu offert par les habitants de Rennes en 1634 et représentant cette ville avec son enceinte murale et ses monuments, le tout en argent massif. Enfin, le 5 février 1871, Mgr Saint-Marc fit un nouveau voeu à Notre-Dame de Bonne-Nouvelle pour préserver son diocèse de l'invasion des armées étrangères ; il offrit en cette occasion un cierge à la Sainte Vierge, qu'il déposa lui-même très solennellement, et s'engagea, pour lui et ses successeurs, à faire tous les ans une procession solennelle à l'autel de Bonne-Nouvelle le 8 septembre, et à y déposer un cierge semblable. Ce sanctuaire de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, où abondent les ex-voto, continue d'être en grande vénération. La paroisse de Saint-Aubin en a pris récemment, avons-nous dit, le nom de Saint-Aubin en Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, et l'on commence à côté la construction d'une belle église ogivale digne des bienfaits accordés par la Très-Sainte Vierge, de la piété du peuple de Rennes et de la nombreuse population de la paroisse. La seconde dévotion particulière à Saint-Aubin est envers sainte Anne. Jadis se trouvait, en effet, à côté même de l'église Saint-Aubin la chapelle Sainte-Anne, dont nous avons précédemment parlé, et que ruina la Révolution. Une confrérie dite de Sainte-Anne s'y trouvait érigée, enrichie d'indulgences en 1650 par le pape Innocent X, et approuvée le 13 mai 1662 par Mgr de la Vieuville ; le pape Grégoire XVI la transféra, le 27 mars 1841, dans l'église de Saint-Aubin. Elle s'y dessert, aussi bien que celle de Notre-Dame-des-Agonisants, à l'autel du collatéral du Midi (Pouillé de Rennes) ; 

Voir aussi   Rennes "Les origines de la paroisse de Saint-Aubin"

Voir aussi   Rennes "Les limites de la paroisse de Saint-Aubin"

Voir aussi   Rennes "L'ancienne église, les chapellenies, les confréries et le cimetière de Saint-Aubin"

Voir aussi   Rennes "Les recteurs de Saint-Aubin avant la Révolution"

Voir aussi   Rennes "L'église Constitutionnelle de la paroisse de Saint-Aubin"

Voir aussi   Rennes "Les anciennes chapelles de la paroisse de Saint-Aubin"

Voir aussi   Rennes "L'organisation de la paroisse de Saint-Aubin avant la Révolution"

Voir aussi   Rennes "Les droits de préséance et les curés de Saint-Aubin après la Révolution"

Voir aussi   Rennes "La construction de la Nouvelle Eglise de Saint-Aubin"

Voir aussi   Rennes "L'église actuelle de Saint-Aubin"

Voir aussi   Rennes "Les Confréries et Maisons presbytèrales de Saint-Aubin"

Voir aussi   Rennes "L'école charitable des pauvres jeunes filles de Saint-Aubin"

Voir aussi   Rennes "L'école gratuite des garçons de Saint-Aubin"

Voir aussi   Rennes "Les écoles chrétiennes de Saint-Aubin en 1935"

Voir aussi   Rennes "La vie paroissiale de Saint-Aubin"

Voir aussi   Rennes "Le trésor de la paroisse de Saint-Aubin"

 

l'église des Sacrés-Cœurs (1907), située au n° 1 rue de Villeneuve ;   

l'église Sainte-Jeanne-d'Arc (XXème siècle), située rue Guillaume-Lejean ;   

l'église Sainte-Thérèse (1936), située au n° 6 rue Bigot-de-Préameneu ;    

l'ancienne église Saint-Jean, aujourd'hui disparue. — Cette église a été démolie vers 1820. A cette époque, lorsqu'on rasa l'édifice sacré et qu'on en bouleversa le sol, on y trouva plusieurs cercueils en calcaire coquillier. Elle se trouvait à l'Est de la grille actuelle du Thabor, sur la place Saint-Melaine. Elle se composait d'une simple nef sans transept et de petite dimension, s'étendant parallèlement à l'église abbatiale de Saint-Melaine, aujourd'hui Notre-Dame. Un passage étroit existait entre les deux édifices. Le portail occidental de Saint-Jean ne dépassait pas l'alignement de la tour d'entrée de Saint-Melaine. Devant se prolongeait l'enclos du cimetière paroissial ; celui-ci, augmenté au Midi de l'église en 1688, avait été bénit le 28 février de cette année-là. Saint-Jean se terminait à l'Est par un chevet droit, mais l'édifice fut en grande partie rebâti au XVIIème siècle ; aussi Urbain Bouessay, chanoine et vicaire général, lui donna-t-il une nouvelle bénédiction le 18 décembre 1689. A l'occasion de cette restauration de l'église, Jean-François d'Estrades, abbé de Saint-Melaine, demanda au Parlement d'être maintenu dans ses droits de seigneur fondateur et prééminencier de Saint-Jean, réclamant, en outre, l'enlèvement des armoiries du recteur, M. Anger, qui s'était ingéré de placer son blason au bas du choeur, et le rétablissement des écussons des abbés de Saint-Melaine « remplissant la grande vitre derrière le maistre autel », et descendue par le général sans l'autorisation abbatiale. Jean d'Estrades fit aussi défendre au général de Saint-Jean d'accorder en cette église des droits d'enfeu sans lui demander permission. Cette autorisation d'avoir à Saint-Jean un enfeu et même une chapelle, Pierre Hévin, sieur du Tronchay, docteur en droit et père du célèbre jurisconsulte, l'avait obtenue le 26 août 1635. A cette date, en effet, il fut autorisé par l'abbé de Saint-Melaine et par les paroissiens de Saint-Jean à bâtir en leur église « une chapelle prohibitive au costé Nord, là où se trouve l'autel de Notre-Dame, lequel y sera transporté, à y faire construire un enfeu et y placer l'inscription suivante : A l'honneur de la Vierge Mère de Dieu l'illustrissime Mgr Pierre Cornulier, évesque de Rennes, a consacré la présente chapelle le révérendissime abbé de Saint-Melaine Mgr Pierre du Lyon a octroyé l'emplacement, et par le consentement de vénérable Julien Riou, recteur, et approbation de tous les paroissiens, Pierre Hévin, docteur ès droits, a icelle basty de ses deniers et pour l'entretenir et y estre célébrée chaque lundy une messe basse a donné au trésor de la présente paroisse vingt-cinq livres de rente annuelle » (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 62 – Archives du Chapitre de Rennes). Le 26 novembre 1704, Benjamin de Ravenel, seigneur du Boisteilleul, obtint aussi un enfeu dans le choeur de l'église Saint-Jean, là même où avait été inhumée sa femme, Catherine de Farcy, avec droit d'y placer une pierre tombale ornée de ses armoiries. Enfin, la famille de Caradeuc avait également dans ce sanctuaire obtenu un enfeu où fut inhumé, le 4 juillet 1785, Louis-René de Caradeuc, seigneur de la Chalotais et procureur général au Parlement de Bretagne (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 62 – Registre de l’état civil). Outre le maître-autel et l'autel de la Sainte-Vierge, il y avait à Saint-Jean les autels de Saint-Michel, de Saint-Gilles et Saint-Nicolas et de Notre-Dame-des-Agonisants. A l'autel Saint-Gilles et Saint-Nicolas se réunissait en 1667 la confrérie des Vivants et Trépassés ; à celui des Agonisants était établie la confrérie du même nom ; enfin il y avait une troisième confrérie dite des Saints-Jean, érigée en l'honneur de saint Jean-Baptiste et de saint Jean l'Evangéliste, et desservie, semble-t-il, à l'autel majeur. Parmi les fondations de Saint-Jean, mentionnons la chapellenie des Grandes-Cours, présentée en 1733 par le marquis de Cucé. Notons aussi une relique de la Vraie-Croix enchâssée dans une croix d'argent et donnée à la paroisse, le 16 octobre 1552, par Robert Piédenaye et Jeanne Lucas, sieur et dame de la Plesse. En faisant don de cette relique, alors fort rare, ceux-ci stipulèrent que cette croix « leur sera à eux et à leurs héritiers monstrée et portée chez eux par les seuls prestres de la paroisse lorsqu'ils le requèreront, sans qu'ils puissent toutefois la retenir plus de vingt-quatre heures en leur demeure » (Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 9 G, 62). Nous venons de dire qu'il ne restait plus de vestiges de l'église Saint-Jean (Pouillé de Rennes) ;   

l'ancienne église Saint-Pierre-du-Marché, aujourd'hui disparue. — Cette église paroissiale était située, en 1030, dans la partie orientale de la ville « in suburbio », en face de la porte principale de la cité, « ante portam civitatis magnam », ouvrant sur le « forsbourg de la Baudrairie », et dite aux XIVème et XVème siècles « porte Baudraère » (Cartulaire de l’abbaye Saint-Georges, Prolégomènes, 30). Cet emplacement correspond à peu près au bas de la place actuelle de la Comédie. On appelait ce sanctuaire Saint-Pierre-du-Marché, parce qu'il était situé sur la grande place où se tenait le marché forain des bourgeois, à ciel ouvert. Il ne faut pas le confondre avec le marché couvert, la Cohue, qui était renfermé dans l'enceinte murée. Cette église Saint-Pierre était tombée en ruine, « diruta », en 1230 ; elle ne fut pas relevée et il n'en demeure aucune trace (Pouillée de Rennes) ;   

l'ancienne église Saint-Pierre en Saint-Georges, aujourd'hui disparue. — Nous avons dit qu'en 1230 le Chapitre de Rennes donna à l'abbesse de Saint-Georges la chapelle Saint-Sauveur, à la condition qu'elle rebâtirait l'église Saint-Pierre-du-Marché. Mais au lieu de reconstruire cette église paroissiale dans son emplacement primitif, les religieuses de Saint-Georges préférèrent donner asile aux paroissiens de Saint-Pierre dans leur propre église. Le transept et le bas-côté du Nord de la basilique abbatiale de Saint-Georges furent donc affectés au service de la paroisse Saint-Pierre, qui prit le nom de Saint-Pierre en Saint-Georges, et qu'on appela même souvent paroisse de Saint-Georges. En 1387, des indulgences sont accordées à l'église de l'abbaye Saint-Georges par le Saint-Siège : " Cupientes itaque ut ecclesia monasterii Sancti Georgii, O.S.B., prope Redonenses, ad quam causa devotionis ex diversis mundi partibus magna confluit populi multitudo, congruis honoribus frequentetur … Datum Avenione, VII kalendas aprilis, anno 9° (26 mars 1387) " (Archives du Vatican). En 1477, une transaction fut passée entre l'abbesse Olive de Quélen, au nom de son monastère, et le recteur Georges Rouaud au nom des paroissiens ; « en vertu de cet accord, l'église paroissiale fut accrue d'une portion du cimetière comprise entre la muraille de clôture de la ville et le bas-côté de l'église abbatiale ; à l'intérieur, le vieux mur du collatéral fut remplacé par une série d'arcades appuyées sur des piliers, ce qui ouvrait une communication immédiate de la nouvelle nef privative aux paroissiens avec la grande église de l'abbaye » (Cartulaire de l’abbaye Saint-Georges, 302). A la suite de cet accroissement de l'église Saint-Georges et de la construction d'une nouvelle enceinte murale de Rennes, un nouveau cimetière fut donné aux paroissiens par les bourgeois de Rennes, et en 1485 l'évêque de Lydda reçut de l'ordinaire commission de le bénir. La confrérie du Saint-Sacrement fut fondée en cette église en 1694 par le recteur Julien Roussigneul, et celle de Notre-Dame-des-Agonisants y était également érigée au siècle dernier. Il s'y trouvait aussi quelques fondations, telles que la chapellenie des Le Coq, fondée en 1595, etc. Naturellement l'abbesse de Saint-Georges était dame fondatrice et prééminencière de Saint-Pierre en Saint-Georges ; mais elle avait autorisé quelques familles à y avoir des enfeus. L'église abbatiale de Saint-Georges ayant été démolie au commencement du XIXème siècle, l'église Saint-Pierre, qui en faisait partie, a nécessairement subi le même sort (Pouillé de Rennes) ;   

l'ancienne église Saint-Martin, aujourd'hui disparue. Nous n'avons que peu de renseignements sur ce qu'était cette église, totalement ruinée au commencement du XIXème siècle. Elle se trouvait au haut de la rue Saint-Martin et devait être bien ancienne, puisqu'on a trouvé sur son emplacement et dans son cimetière des cercueils en calcaire et en briques regardés comme gallo-romains par quelques archéologues. Les droits de supériorité, de fondation et de prééminence appartenaient à Saint-Martin au seigneur de la Lande-Coëtlogon (nota : La Lande, ancien manoir seigneurial, appelé aujourd’hui Coëtlogon, appartint successivement aux familles de Romelin, de Coëtlogon et Ruellan), qui y avait ses bancs, enfeu et armoiries. En 1681 on y voyait les armes des sires de Romelin, seigneurs de la Lande, peintes sur une lisière et dans les vitraux et gravées sur un banc à queue. Il s'y trouvait, en outre, des « tombeaux élevés de terre à une hauteur considérable dans le chanceau et portant les effigies d'hommes armés et leurs écussons, et sur l'un de ces tombeaux ces mots gravés : Cy gist noble homme Pierre de Roumelin, seigneur de la Lande, qui décéda l'an 1463 » (Archives nationales, P. 1711, et Pouillé de Rennes) ;   

l'ancien temple de Rennes. La prétendue charte de 1182 mentionne comme il suit les possessions des Chevaliers du Temple à Rennes : « Domus Radulphi archidiaconi Raenes juxta ecclesiam Sancte Marie et unus burgensis in eadem civitate, et una elemosina juxta Forest ejusdem civitatis » (Bulletin de l'Association bretonne, IV, 195). En 1681, le commandeur de la Guerche avait encore la mouvance de certaine maison située « près la porte Mordelaise », et par suite à côté de la chapelle de N.-D. de la Cité ; c'est bien là l'emplacement de la maison de l'archidiacre Raoul ; il paraît que cet archidiacre, qui fit, en 1168, le voyage de Terre-Sainte, avait donné sa maison aux Templiers. Le commandeur avait aussi quelques vassaux dans les rues de la Minterie, la Charbonnerie, Saint-François, la Basse-Baudrairie, Trassart et Saint-Georges ; la tradition veut aussi que les maisons de la Grande et de la Petite-Palestine, alors en Saint-Jean, dépendissent également de lui, mais nous ne croyons pas cette tradition bien fondée. En dehors de la ville, le commandeur de la Guerche avait la mouvance de la métairie de la Touche, située au Tertre de Joué, et appartenant en 1681 aux Jésuites de Rennes, « lesquels doibvent audit commandeur un homme vivant, mouvant et confiscant, pour l'indemniser de son fief ». — En la paroisse de Saint-Jacques-de-la-Lande se trouvaient les Temples du Cerisier et de Blosne, relevant du commandeur, qui avait aussi des vassaux aux villages de la Maltière, de la Croix-Verte et de Couaraudière, dans la même paroisse. Quand on se rappelle qu'une sombre forêt couvrait jadis toute cette partie des environs de Rennes, donnant son nom à la pa­roisse de Saint-Jacques, appelée fort longtemps Saint-Jacques-de-la-Forêt, on ne peut douter qu'il ne s'agisse des Temples de Blosne et du Cerisier dans ce qu'on nommait en 1182 « elemosina juxta Forest ». D'un autre côté, nous voyons qu'en 1141 le duc Conan III et Ermengarde, sa mère, donnèrent aux Templiers deux métairies qu'ils possédaient dans la forêt de Rennes, et dont jouissait auparavant un chapelain nommé Hervé, dédommagé par une somme de 70 sols. En même temps, la duchesse Mahaut, femme de Conan III, abandonnait également à l'Ordre du Temple ce qu'elle possédait dans cette même forêt (Archives départementales de la Vienne - Ancien Evêchés de Bretagne, V, 121). Ne semble-t-il pas que ce fut l'origine des deux Temples en question? — Enfin, le membre de Rennes s'étendait encore dans la paroisse de Betton, où les Chevaliers avaient quelques vassaux ;

l'ancien monastère de Saint-Pierre-du-Marché. Il y avait au XIème siècle, dans la partie orientale des faubourgs de Rennes, « in suburbio », en face de la porte principale de la cité, « ante partam civitatis magnam », ouvrant sur le « forsbourg de la Baudrairie », et dite aux XIVème et XVème siècles « porte Baudraere », — il y avait un ancien moustier, une église dédiée à saint Pierre. On l'appelait Saint-Pierre-du-Marché, « ecclesia » ou « monasterium Sancti Petri de Foro », parce qu'elle était située sur la grande place où se tenait le marché forain des bourgeois, à ciel ouvert (M. de la Bigne Villeneuve, Cartulaire de Saint-Georges, Prolégomènes, 30). On ne sait rien de plus sur cet antique monastère, mais l'église en fut donnée en 1032 à l'abbaye de Saint-Georges, et les religieuses de ce couvent la remplacèrent plus tard par l'église paroissiale de Saint-Pierre en Saint-Georges, qui ne fut autre chose qu'une portion de leur église abbatiale ;

l'ancien prieuré de Saint-Cyr, aujourd'hui disparu et jadis membre de l'abbaye Saint-Julien de Tours. « D'azur au bâton prioral d'or accosté des lettres S. C. de même » (Armorial général ms. de 1698). Il existait jadis à la porte de Rennes, au-delà de la rivière d'Ille, un antique monastère dédié à saint Cyr. Cet établissement religieux fut détruit à la fin du Xème siècle ou au commencement du XIème siècle, probablement par les invasions normandes. Vers l'an 1032, Gaultier, évêque de Rennes, donna à son demi-frère Mainguené, seigneur de la Guerche, les ruines de ce monastère de Saint-Cyr, qui faisait alors partie du domaine épiscopal, « Mainguenio dedit Gualterius episcopus Sanctum Ciricum de episcopio » (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 353). Mainguené de la Guerche fit relever le vieux monastère ruiné, « a fundamento construxit ........ monasterium vetustate pene funditus deletum », et songea ensuite à y rétablir des religieux pour honorer Dieu et saint Cyr et pour y prier à l'intention des siens vivants et morts. Après avoir pris l'avis de plusieurs personnes pieuses et sages, notamment de Guérin, son neveu, alors évêque de Rennes, il s'adressa à Richer, abbé de Saint-Julien de Tours, et lui demanda quelques-uns de ses moines. Cet abbé ne tarda pas à venir lui-même à Rennes, et il fut alors convenu que le prieuré de Saint-Cyr dépendrait de l'abbaye de Saint-Julien de Tours (nota : On croit que cette abbaye fut fondée à Tours au VIème siècle par le roi Clovis, après la victoire de Vouillé ; elle fut unie en 1735 au collège de Jésuites de Tours) ; que l'abbé de ce monastère enverrait à Saint-Cyr des religieux, et que le seigneur de la Guerche et ses successeurs auraient droit de notifier à l'abbé de Saint-Julien les abus qui pourraient survenir à Saint-Cyr, afin que cet abbé s'empressât d'y porter remède. Voulant ensuite assurer l'existence du nouveau couvent, Mainguené donna aux religieux de Saint-Cyr tout le territoire appelé l'Ile, avec ses prairies, ses bestiaux, ses hommes, vilains et métayers, avec le cens des vignes, en un mot, avec toutes ses dépendances, excepté la propre vigne du donateur, « omne territorium quod Insula dicitur, cultum et incultum, cum omnibus pratis et pascuis, cum equitibus, villanis et meditariis, cum vinearum censu, cum omnibus insuper territorio Insulœ appendentibus, excepta sua propria vinea ». Il fut expressément stipulé que ces biens ne passeraient point entre les propres mains de l'abbé de Saint-Julien, mais resteraient toujours à l'usage des religieux de Saint-Cyr. Enfin, Mainguené se réserva le droit d'ériger un jour le monastère de Saint-Cyr en abbaye et convint avec l'abbé de Saint-Julien que dans ce cas l'abbé de Saint-Cyr serait nommé par les religieux de Saint-Julien, de concert avec le seigneur de la Guerche (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 374, 375). Tous ces arrangements furent pris à Rennes en présence de l'évêque Guérin. Ce dernier, admirant la générosité et la sagesse de Mainguené, voulut prendre part à sa bonne oeuvre ; pour assurer le salut de son âme, il ajouta donc à la donation précédente tout le champ appelé Pollieu, situé entre la rivière d'Ille et les murs de la ville de Rennes, « omnem campum quem Polica vacant, intra Insulœ fluvium et urbis muros situm » (nota : D'après Ducange, on appelait Pollieu l'endroit où les tisseurs de draps et foulons étendaient les étoffes et les peaux qu'ils préparaient ; or, dès lors comme aujourd'hui, les bords de l'Ille, au Bourg-l'Evéque, étaient occupés par des moulins à tan et à foulons. Nous avons parlé ailleurs de la foire des Pollieux, appartenant au moyen-âge à l'évêque et au Chapitre de Rennes). L'acte renfermant ces dons et ces arrangements fut signé au monastère même de Saint-Cyr le 23 mai 1037 (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 375). Pour assurer à jamais la fondation qu'il venait de faire, Mainguené pria Alain, duc de Bretagne, de vouloir bien la ratifier, ce que ce prince consentit volontiers à faire. Bien plus, en signant l'acte avec ses principaux seigneurs, Eudon son frère, le vicomte Gotzelin, Riwallon de Dol, le duc Alain menaça de confiscation et d'exil ceux qui oseraient porter atteinte aux droits du monastère de Saint-Cyr mentionnés dans cette charte de fondation. Enfin, Guérin, évêque de Rennes, et Moyse, archidiacre et chancelier de ce prélat, apposèrent leur signature à la suite de celle de leur souverain (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 375). Nous avons dit en commençant que Gaultier, évêque de Rennes, avait aliéné de son domaine épiscopal le monastère de Saint-Cyr pour le donner, en ruines il est vrai, à son demi-frère Mainguené ; or, l'un des successeurs de ce prélat sur le siège de Rennes, l'évêque Marbode, réclama les droits de l'Eglise de Rennes sur le prieuré de Saint-Cyr. Mais Guillaume, seigneur de la Guerche, descendant et héritier de Mainguené, prit, paraît-il, en main la cause des religieux et causa quelques dommages à l'évêque de Rennes. Marbode voyant, à la réflexion, que si la donation de son prédécesseur Gaultier n'avait pas été régulière, la conduite tenue par celui auquel il avait livré un bien d'église avait été assez édifiante pour faire oublier l'origine de ce bien ; considérant, en outre, la pieuse destination de Saint-Cyr, rendu au service divin et devenu prospère sous la direction des religieux de Saint-Julien, Marbode, disons-nous, retira sa plainte, et d'accord avec son Chapitre, passa la transaction suivante avec les moines de Saint-Cyr : Les Bénédictins de Saint-Julien de Tours conserveront l'église de Saint-Cyr et tous les biens qu'ils possédaient à la mort de Sylvestre de la Guerche, prédécesseur de Marbode ; ce dernier évêque leur confirme toutes ces possessions. Mais ces religieux donneront à Marbode une somme de 30 livres pour le dédommager du tort que. Guillaume, seigneur de la Guerche, n'a pas craint de lui faire à cause d'eux. De plus, en témoignage de leurs bonnes intentions envers l'Eglise de Rennes, les religieux de Saint-Cyr donneront chaque année à la cathédrale de cette ville une livre d'encens à l'usage de l'autel. Moyennant ces conditions, une fraternelle union de prières fut établie entre les chanoines de Rennes et les moines de Saint-Cyr, et ceux-ci reconnurent l'Eglise de Rennes comme leur église maîtresse et comme une amie. Cet heureux accommodement fut fait dans la cathédrale de Rennes, en 1105, en présence d'un grand nombre de chanoines, de religieux et de laïques distingués, et Marbode le signa avec beaucoup de bonne grâce (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 508). A la suite de cet accord, le Chapitre de Rennes prit l'usage d'aller tous les ans processionnellement dire la grand'messe, le lundi des Rogations, dans la chapelle priorale de Saint-Cyr ; à la fin de cette messe, le prieur offrait aux chanoines la livre d'encens qu'il leur devait. C'est ce que témoignent les procès-verbaux que le Chapitre faisait dresser chaque fois à la suite de cette cérémonie ; ainsi nous voyons en 1476, par exemple, que le 20 mai, premier jour des Rogations, « à l'issue de la messe et procession célébrées à haulte voix dans la chapelle du prieuré de Saint-Cyr, Guillaume Chauvainguère, au nom de frère Armel de Parthenay, prieur dudit prieuré, paya entre les mains des représentants du Chapitre, maistres Robert Ferré, Etienne Guillemier et Gilles de la Ripvière, une livre d'encens, qu'il reconnut estre due par ledit prieur auxdits chanoines » (Registre des délibérations capitulaires du Chapître de Rennes). Après avoir eu ces quelques difficultés avec l'évêque de Rennes, les religieux de Saint-Cyr eurent ensuite à souffrir de Geoffroy, seigneur de la Guerche. Ce dernier prétendait avoir le droit de lever une rente de 10 sols, appelée manger, sur les habitants du bourg de Saint-Cyr, une poule de chacun d'eux et une certaine quantité d'avoine ; il voulait, de plus, qu'en divers cas la juridiction du prieur relevât de la sienne propre. Naturellement, les religieux s'opposèrent à ces prétentions, disant que Saint-Cyr leur avait été donné exempt de toutes espèces de devoirs seigneuriaux, et que cette donation avait été confirmée en ces conditions par le duc de Bretagne et par l'évêque de Rennes. Voyant cela, les serviteurs du sire de la Guerche enlevèrent un jour toutes les poules de Saint-Cyr, et le prieur Geoffroy de Noyal ayant voulu s'opposer à ces déprédations, ces hommes brutaux se laissèrent aller jusqu'à le frapper et à le blesser grièvement à la tête. Mais ces excès firent tant de bruit que le duc de Bretagne et l'abbé de Saint-Julien de Tours en eurent connaissance et s'interposèrent pour ramener la paix à Saint-Cyr. Ils choisirent Gervais, abbé de Saint-Melaine, comme arbitre du différend, et ce dernier réussit à mettre d'accord les deux parties. A son instigation, Geoffroy de la Guerche et ses frères déclarèrent exempt de tout impôt le monastère de Saint-Cyr, et ils en firent le serment sur l'autel de la cathédrale de Rennes ; mais le prieur de Saint-Cyr, pour le bien de la paix, s'engagea à payer chaque année au seigneur de la Guerche une rente de 10 sols et 3 rais d'avoine menue. Ce même prieur pardonna en même temps à ceux qui l'avaient frappé et leur donna l'absolution, autant qu'il le pouvait, du sacrilège qu'ils avaient commis à son égard (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 699 - Bibliothèque Nationale, Blancs-Manteaux). Cette transaction se fit très-solennellement, dans le Chapitre de Rennes, le Vendredi-Saint de l'an 1184, et elle fut communiquée ensuite aux évêques de Vannes et de Saint-Malo, aux seigneurs de Fougères, de Dinan, de Châteaugiron, de Lohéac, d'Apigné, de Bain, etc. Il n'est point fait mention dans cet acte de l'évêque de Rennes, parce que le siège épiscopal était alors vacant (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 700). Une fois leurs rapports réglés avec leurs fondateurs, les évêques de Rennes et les seigneurs de la Guerche, les religieux de Saint-Cyr vécurent en paix jusqu'au moment où leur prieuré tomba en commende. Ce malheur dut arriver dans le XVème siècle. Vers 1630, les religieuses bénédictines de la Congrégation du Calvaire, voulant s'établir à Rennes, songèrent à occuper le monastère de Saint-Cyr, abandonné par les moines depuis longtemps déjà. Clément Aumaistre, alors prieur commendataire de Saint-Cyr, écouta favorablement leur demande, et, le 5 janvier 1633, il proposa à ces religieuses la chapelle priorale de Saint-Cyr, un vieux logis y joignant, la cour s'étendant devant, un petit jardin à côté, deux autres jardins et un verger, le tout contenant 3 journaux de terre ; mais il ne fit ce don qu'à la condition expresse que les dames bénédictines construiraient un nouveau monastère en ce lieu et qu'elles y résideraient. Les religieux de l'abbaye de Saint-Julien n'approuvèrent ce don qu'en 1638, et un traité définitif mit les Calvairiennes en possession le 21 octobre de cette année (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, H, 7). Toutefois, le titre du prieuré de Saint-Cyr ne fut pas éteint pour cela ; il continua d'être donné en commende, et les Calvairiennes tinrent du prieur ce qu'elles possédèrent. Elles construisirent, comme elles l'avaient promis, une nouvelle église et un nouveau monastère ; et comme le prieur Aumaistre n'avait pas cédé tous les bâtiments de Saint-Cyr, en 1680 dom Léonard Chastel, alors prieur, donna encore aux religieuses une partie de sa cour et une petite maison, moyennant une rente annuelle de 30 livres. Vers cette époque, c'est-à-dire après l'établissement des Calvairiennes, voici ce dont se composait le prieuré de Saint-Cyr : Un logis prioral et une grange capable de contenir cent charretées de foin ; — deux jardins ; — une fuie ; — un lieu appelé la Garenne, où l'on tire de la pierre et du sable ; —cinq prés, le long de la rivière ; — 45 journaux de terre labourable, parmi lesquels se trouve le champ de la Justice ; — un droit de pêche dans la Vilaine et l'Ille depuis le moulin du Comte jusqu'aux ponts du Bourg-l'Evêque ; — deux fiefs et bailliages dans les paroisses de Saint-Etienne de Rennes et de Pacé ; — une juridiction seigneuriale « qui de temps immémorial s'exerce dans la salle basse du Présidial de Rennes, avec droit d'aubaine et succession de bâtards, four à ban, pressoir banal, bouteillage, étalonnage, cep et collier, justice patibulaire à deux piliers, etc. » (Déclarations du prieuré en 1679 et 1700). En ce temps-là, le prieur de Saint-Cyr était encore réellement seigneur de tout le quartier appelé au moyen-âge le Bourg-Saint-Cyr. Lorsqu'il céda son église priorale aux Calvairiennes, il régla que ces religieuses entretiendraient désormais cette église, s'y chargeraient de l'office divin et lui fourniraient tout ce qui est nécessaire pour la célébration de la messe lorsqu'il jugerait à propos d'y venir célébrer (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, H, 3). En 1651, le prieuré de Saint-Cyr n'était affermé que 1 200 livres, mais au siècle dernier il rapportait 1 486 livres au prieur commendataire (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, H, 3). Voici la liste des prieurs de Saint-Cyr : — Geffroy de Noyal (1184). — Dom Claude Dussais rendit aveu au duc de Bretagne le 5 février 1440. — Dom Armel de Parthenay, fils de Jean, seigneur de Parthenay, et de Guillemette Le Bart, prieur de Combourg, l'était aussi de Saint-Cyr en 1463 et 1476. — Jean Belloneau, chanoine et archidiacre de Rennes, prieur de Saint-Jean-sur-Couësnon, etc., rendit aveu au roi en 1516. — Robert d'Espinay, protonotaire apostolique, chantre et chanoine de Rennes, prieur en 1539 ; décédé en 1547. Il scella un aveu de 1541 d'un sceau portant un écu en bannière aux armes écartelées d'Espinay et de Montauban, sur le tout de Visconti. — Sébastien Thomé, abbé de Rillé, chanoine et trésorier de Rennes, était prieur en 1565 ; décédé en 1569. — François Thomé, abbé de la Vieuville, chanoine et trésorier de Rennes, puis évêque de Saint-Malo en 1574, était prieur en 1590 ; décédé l'année suivante. — Pierre Thébault, scholastique et chanoine de Dol, reçut des aveux en 1601 et 1610. — Clément Aumaistre, prêtre, prieur dès 1621, fonda une messe en l'église de Bonne-Nouvelle en 1640 ; c'est lui qui reçut les Calvairiennes à Saint-Cyr. — Jean de Monstreuil, chanoine de Rennes, secrétaire et conseiller du roi, afferma son prieuré 950 livres à Jean Mesnard en 1644. — Pierre de Monstreuil, conseiller du roi (1648). — Dom Christophe Houdry, Bénédictin de Saint-Julien de Tours, afferma son prieuré 4 200 livres au même Jean Mesnard, en 1651. — Clément de Catinal, demeurant à Paris, renouvela en 1653 le même bail du prieuré aux mêmes conditions à Jean Mesnard. — Pierre de Monstreuil, conseiller du roi, rendit aveu le 18 janvier 1658. — Dom Léonard Chastel, Bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, rendit aveu au roi le 27 juin 1679. Ce prieur habitait en 1696 l'abbaye de Saint-Aubin d'Angers. — Dom Jean Allidon, sous-prieur de l'abbaye de Saint-Julien de Tours (1713 et 1728). — Dom François Cabarat, Bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, résigna en 1733 en faveur du suivant. — Dom Jean Rouillé, Bénédictin de Saint-Julien de Tours, nommé par l'abbé de ce monastère le 13 juin 1733, prit possession le 29 novembre suivant ; décédé en 1739. — Nicolas-Antoine Mougin, chanoine de Paris, nommé par le roi, prit possession le 26 avril 1739 ; il résigna en 1757. — Claude Gourlé alias de Gourlay, prêtre de Paris, fut nommé par le roi le 25 mars 1757 ; il était, en 1774, recteur de Chauveau, en Bourgogne, et prieur du Saint-Sépulcre en l'évêché de Poitiers ; décédé en 1776. — Joseph de Casténier, sous-diacre du diocèse d'Alais, fut nommé par le roi et prit possession le 19 juin 1776. Il jouissait encore du prieuré en 1784 et habitait alors à Rennes. — Alexandre-Basile Rozy, vicaire général de Saint-Malo, fut nommé par le roi le 6 novembre 1785 et prit possession le 14 février 1786. Il était, en même temps, chanoine et pénitencier de Saint-Malo, et il conserva le prieuré de Saint-Cyr jusqu'à l'époque de la Révolution ; 

l'ancien prieuré de Saint-Michel, aujourd'hui disparu et jadis membre de l'abbaye de la Roë. Le plus ancien prieuré de la cathédrale était celui de Saint-Michel. Son origine remontait à une fondation faite en 1103 par le duc de Bretagne Conan III et sa mère, la pieuse Ermengarde ; ils élevèrent à cette époque une petite église, « ecclesiolam », sur une tour de leur château de Rennes, nommée la Tour-du-Comte, et située près la porte de ville dite alors Châtellière, et plus tard porte Saint-Michel. Trente-huit ans après, en 1141, Conan donna ce bénéfice aux chanoines réguliers de l'abbaye de la Roë, en Anjou, à la prière d'Hamelin, évêque de Rennes (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 584). En 1206 intervint une convention entre le Chapitre de Rennes et l'abbé de la Roë avec ses religieux, en vertu de laquelle une chapellenie, instituée en l'honneur de l'archange saint Michel dans la cathédrale par un bourgeois de Rennes, nommé Josced, fils de Pierre, fut réunie à la primitive fondation ducale, de manière à n'en former des deux qu'une seule, qui finit par n'être plus desservie qu'à la cathédrale, sous le nom de Saint-Michel du Vieux-Châtel. Quant à la chapelle priorale construite dans la Tour-du-Comte, elle tomba peu à peu en ruines et ne fut point réparée (M. de la Bigne Villeneuve, Bulletin de l'Association bretonne, II, 144). En unissant à la cathédrale ce prieuré, le Chapitre de Rennes stipula qu'il aurait la liberté d'envoyer prendre à l'abbaye de la Roë tel sujet qu'il jugerait à propos, pourvu qu'il ne fût ni curé ni officier du monastère, et, en outre, que le religieux désigné servirait à la cathédrale sans aucune distinction, comme les autres grands-chapelains ; mais nous venons de voir que les prieurs de Saint-Michel ne furent guère fidèles à cette convention. Vers 1680, frère Jacques Thiboucé, prêtre et chanoine régulier de la Roë, demeurant en cette abbaye, fit au roi la déclaration de son prieuré de Saint-Michel. Il rappelle, dans cet acte, que ce prieuré fut fondé en 1141 par le duc Conan, et il laisse entendre que la chapelle priorale de Saint-Michel était l'oratoire particulier des princes de Bretagne, étant construite dans l'enceinte de leur château de Rennes ; aussi, « quand les duc et duchesse de Bretagne étaient à Rennes et entendaient la messe en leur chapelle, ledit prieur de Saint-Michel était-il en droit de prendre la moitié de toutes les oblations qui s'y faisaient ». La déclaration ne mentionne point, du reste, cette vieille chapelle ducale et priorale, qui vraisemblablement n'existait plus alors, mais elle parle du fief du Vieux-Châtel, s'étendant dans la rue de la Ferronnerie et appartenant au prieuré de Saint-Michel (Archives nationales, P. 1702). Vers la même époque, le Pouillé de Tours évaluait à 1 200 livres le revenu de ce prieuré. Voici la liste des prieurs de Saint-Michel : — Guy Laurens résigna en 1513. — Frère Etienne Le Rouyer rendit aveu au roi en 1514. — Jean Agaice, recteur de Laillé, prieur commendataire (1534). — Jean Rouxel, décédé vers 1560. — Christophe Guyon succéda au précédent. — François N... résigna vers 1563. — François Chaussière, prieur commendataire (1563). — Frère Tugdual Coquillau, élu prieur en 1571. — François Susanne (1609). — Pierre Jouët (1614). — Bertrand Le Gendre, prieur commendataire, rendit aveu au roi le 10 août 1620 ; décédé en 1646. — Frère Richard Le Roy, pourvu le 12 octobre 1646. — Thomas Gombault, prieur commendataire, décédé en 1671. — Frère Jacques Thiboucé, pourvu en 1671, décédé en 1694. — Louis Le Tourneur, semi-prébendé, décédé en 1708. — Jean Roussel, élu prieur en août 1709. — Frère Jacques du Four, décédé en 1714. — Frère Jean-Pierre Corbin prit possession le 10 octobre 1714 ;

l'ancien prieuré de Saint-Martin, aujourd'hui disparu et jadis membre de l'abbaye de Paimpont. En 1231, Adam, chanoine et trésorier de Rennes, fonda dans la cathédrale une chapellenie pour le fonds de laquelle il donna sa bibliothèque, qui était considérable et chose rare à cette époque. Les religieux de l'abbaye de Paimpont, ayant envie de ces livres, demandèrent au Chapitre à remplir cette fondation, ce qui leur fut accordé, à condition qu'ils fourniraient un religieux pour célébrer tous les jours la messe et assister, de jour et de nuit, à toutes les heures canoniales ; ils devaient, en outre, lui assigner un revenu sûr et suffisant. Guillaume de Vezin, alors abbé de Paimpont, approuva cette convention et assigna au nouveau prieur 30 quartiers de blé (c'est-à-dire 480 boisseaux) à prendre sur les dîmes que l'abbaye possédait dans la paroisse de Messac. De son côté, Josselin de Montauban, évêque de Rennes, ratifia la fondation faite par son Chapitre. Un peu plus tard, en 1237, les chanoines, du consentement de l'un d'eux, Guillaume Boterel, patron de l'église Saint-Etienne de Rennes, et de Jean de Gahard, vicaire de cette même église, concédèrent à l'abbé de Paimpont une petite église dédiée à saint Martin et située dans la rue de la Cordonnerie (nunc de la Monnaie), auprès de la chapelle de Notre-Dame de la Cité, « ecclesiam Sancti Martini de civitate Redonensi que consistit in parochia Sancti Stephani » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 5 G, 1). Cette chapelle de Saint-Martin donna son nom au prieuré nouvellement fondé dans la cathédrale. Dans la suite, on fit don au prieur de Saint-Martin d'une maison construite à côté de sa chapelle ; ce logis menaçant ruine en 1568, le Chapitre concéda au prieur la chapellenie de dom Raoul Hurel (valant en 1729, 350 livres par an), à la charge d'une seule messe par semaine ; une maison située rue des Dames, estimée 200 livres de revenu, et attachée à cette dernière fondation, lui fut en même temps accordée comme demeure. Enfin, le même prieur reçut encore une prairie voisine du Moulin-au-Comte et affermée 72 livres (Inventaire des Titres de Paimpont - Archives nationales, P. 1703). Malgré tous ces bienfaits, le chanoine-prieur de Saint-Martin se plaignit souvent du Chapitre, qui avait bien plus de raisons de se plaindre de lui ; quoiqu'il dût, outre « la résidence continuelle et personnelle au choeur de la cathédrale », célébrer « les messes de son prieuré en la chapelle Saint-Martin », il laissa tomber en ruines cet édifice, qui en 1706 était « tout descouvert », et il prit l'habitude de dire toutes ses messes à Saint-Pierre. Voici la liste des prieurs de Saint-Martin : — Frère Guillaume Belou, reçu prieur en septembre 1344. — Frère Guillaume de la Houssaye, décédé en 1362. — Frère Guillaume Guihou, élu prieur en septembre 1362. — Frère Thomas Nachebouc (1412 et 1417). — Jean de Merle (1423). — Frère 0llivier du Bouays (vers 1465). — Jehan Daré (1470 et 1484). — Frère Geffroy de Buris (1498). — Frère Robert de la Spaudaye (vers 1520). — N.. Millon, prieur commendataire (1532). — Frère Jehan des Salles (1557 et 1566). — Frère Guillaume Larcher échangea son manoir prioral en 1568. — Frère Guillaume Le Breton (1598 et 1609). — Frère François Huchet (1631). — Frère Guillaume Le Provost (1648 et 1653). — Frère Christophe Guignace fit au roi sa déclaration en 1679, décédé en 1710. — Frère Anne-François du Breuil prit possession le 1er décembre 1719 ;

l'ancien prieuré de Saint-Moran, aujourd'hui disparu et jadis membre de l'abbaye Saint-Jacques de Montfort. Ce fut encore Josselin de Montauban, évêque de Rennes, qui en 1224 érigea le premier fonds de ce prieuré. « Considérant, dit le prélat fondateur, le petit nombre de clercs qui desservent notre église et consultant en ce que nous statuons son avantage et son utilité, nous avons, de l'aveu et consentement de notre Chapitre, donné et octroyé à l'abbaye de Saint-Jacques de Montfort l'église de Sainte-Marie de Coons (nunc Bourg-des-Comptes) avec ses appartenances, sauf le droit de l'évêque, ceux de l'archidiacre et du doyen ». Cette donation, dont nous résumons l'acte un peu prolixe, était faite « à condition que le chanoine ou prêtre séculier présenté par l'abbaye pour desservir la cure tiendrait compte du temporel à deux chanoines réguliers de Montfort, l'un prêtre, l'autre dans les Ordres sacrés, obligés d'assister à l'office canonial dans la cathédrale, le premier desquels serait au choix du Chapitre de Rennes ; ledit élu ne pouvait être révoqué sans le consentement du Chapitre, excepté dans le cas où il serait devenu prieur du cloître, cellérier, bailli ou procureur du monastère ; alors la substitution devait avoir lieu avec l'agrément du Chapitre et d'accord avec l'abbaye. L'abbé de Saint-Jacques, après avoir été élu et installé dans sa charge, était tenu de venir, sous quinzaine, prêter serment sur l'autel de Saint-Pierre qu'il serait fidèle aux susdites conventions. Cet acte fut dressé à Rennes, en chapitre général, le lendemain de la fête de la Purification, l'an 1224 » (M. de la Bigne Villeneuve, Mélange d'Histoire et d'Archéologie bretonne, II, 4). « Quelque temps après, Guillaume Bérenger, scholastique, fonda une chapellenie qu'il dota de 100 livres une fois payées. Cette somme fut donnée aux religieux de Montfort, à charge de remplir et exécuter les volontés du testateur. En conséquence, par un acte de 1227, Robert de Saint-Gonlay, abbé de Saint-Jacques, avec l'assentiment unanime de sa communauté, chargea leur confrère, le prieur récemment établi à Rennes, d'acquitter cette fondation. Il lui assigna, dans ce but, les deux tiers des dîmes de la paroisse de Langan, évêché de Dol, qui appartenaient à l'abbaye » (M. de la Bigne Villeneuve, Mélange d'Histoire et d'Archéologie bretonne, II, 4). De ces deux fondations réunies résulta le prieuré de Saint-Modéran ou Saint-Moran, comme on l'appela vulgairement. Outre ces revenus d'établissement primitif, le prieur de Saint-Moran jouissait d'un droit de juridiction moyenne et basse qui s'exerçait encore à la fin du XVIIème siècle dans la salle basse du Présidial ; ce fief s'étendait dans les rues de la Cordonnerie et de Saint-Thomas, le terrain occupé par les Jésuites en 1606, le lieu de la Flèche, au faubourg Saint-Hélier, et l'emplacement de la Maison Centrale qui vient d'être abandonnée. L'étendue de ce fief fut fort réduite avec le temps, par suite d'établissements nouveaux ; mais des sommes d'argent ou des rentes foncières indemnisèrent le prieur de Saint-Moran. Les maisons, jardins et chapelle du prieuré dont nous nous occupons étaient situés entre le pavé de la rue de la Cordonnerie et les anciens murs de la ville vers les Lices. « La vingt et neufviesme maison de la rue de la Cordonnerie, côté vers septentrion, dit la Réformation de 1646, est le portail, entrée, cour, maison et chapelle de Saint-Moran, contenant par le devant du pavé de ladite rue 28 pieds, et depuis ledit pavé, à travers la ruelle, cour, logement et chapelle jusques à la muraille de la ville, 83 pieds... le tout pocédé par noble et discret Missire Jean de la Fond, prieur de Saint-Moran, qui déclare tenir ledit prieuré au fief du Roy à charge de prières et oraisons. Enfin, de ce prieuré dépendaient encore quelques pièces de terre et prairies, les unes situées entre les murs de la ville et le moulin de Saint-Hélier ; un pré près le Gué-Torcoul, vis-à-vis la maison de Gaillon, au bout du Mail ; enfin, le Pré de Saint-Moran, près du vieux Saint-Etienne, sur le bord de la rivière d'Ille » (M. de la Bigne Villeneuve, Mélange d'Histoire et d'Archéologie bretonne, II, 4). Les charges qui incombaient au prieur de Saint-Moran se réduisaient à l'obligation : 1° pour lui et son compagnon, d'assister à toutes les heures de l'office canonial ; 2° pour lui seul, de célébrer quatre messes par semaine à l'autel Saint-Jacques, dans la cathédrale ; 3° de porter les saintes ampoules dans les processions aux fonts baptismaux, à Pâques et à la Pentecôte. Malheureusement, il y eut souvent discussion entre le Chapitre et ce prieur au sujet du confrère que la fondation l'obligeait d'avoir, et dont il se débarrassait le plus souvent qu'il pouvait. En 1663, le prieur de Saint-Moran vendit aux religieuses du Refuge son logis prioral avec sa chapelle et son jardin ; sur cet emplacement, les religieuses construisirent leur monastère de la Trinité, où se trouve aujourd'hui la place de ce nom. Voici la liste des prieurs de Saint-Moran : — Frère Jehan Briand, pourvu du prieuré en 1396. — Frère Pierre Laurent, « prestre-priour » (1401 et 1412). — Frère Guillaume du Tertre, vers 1465, fonda un anniversaire à Saint-Pierre, où il choisit sa sépulture devant l'autel Saint-Cosme et Saint-Damien. — Frère Jehan de la Haye (1470 et 1484) avait pour compagnon frère Olivier du Sellier. — Frère Olivier Piedevache (1520) avait dom Martin Morineau pour compagnon. — Frère Jean Le Moene (1535). — Frère Christophe Rousseau, vicaire général de l'abbé de Montfort (1567) ; décédé le 7 août 1578 ; inhumé à la cathédrale, dans la chapelle de Villeboul. — Frère Mathurin Saudemy (1609). — Frère Bonabes Pelletier (1574). — Frère Jean de la Fond (1633), décédé le 19 décembre 1659 (nota : Il fut inhumé dans la cathédrale, avec cette épitaphe : « Cy gist noble et discret Missire Jan de da Fond, vivant chanoine régulier de l'Ordre de Saint-Augustin, prieur de Saint-Mauran, âgé de 54 ans, qui décéda le 19 de décembre 1659 ». La pierre était ornée de son écusson : « de... à trois étoiles posées 2 en chef, 1 en pointe, accompagnant un croissant placé en abîme et surmonté d'une merlette » - Inventaire de la Cathédrale en 1755). — Frère Nicolas de Boissy prit possession le 30 janvier 1660. — Frère Jean Le Gay (1665). — Frère Julien des Noës rendit aveu en 1678, décédé le 30 octobre 1708. — Frère Joseph Nivet prit possession le 10 décembre 1708. De plus, la cathédrale renfermait la tombe d'un autre prieur de Saint-Moran, mais nous ne savons pas au juste quand il vécut : c'était Guillaume Piedevache, qui avait « au grand de la nef sa tombe armoriée de son écusson portant trois pieds de vache » (Inventaire de la Cathédrale en 1755) ;

Voir aussi  Rennes (Bretagne) "Saint Modéran et son prieuré à Rennes"

l'ancien prieuré de Saint-Denis, aujourd'hui disparu et jadis membre de l'abbaye de Rillé. La fondation du prieuré de Saint-Denis remonte, comme celle des précédents, au XIIIème siècle pour le moins. « L'acte primitif ayant disparu, on n'a plus la date précise, mais on est en droit de présumer que les chanoines réguliers de Rillé, près Fougères, qui desservaient ce prieuré, furent appelés dans la cathédrale à peu près à la même époque que les autres indiqués ci-dessus. Une transaction passée l'an 1351 entre le Chapitre de Rennes et l'abbaye de Rillé, réduisit les obligations du prieur en raison de la diminution éprouvée dans les revenus ; cet acte suppose que l'existence de ce bénéfice était déjà ancienne » (M. de la Bigne Villeneuve, Bulletin de l'Association bretonne, II, 145). Voici en quoi consistait cet accommodement de 1351. Dans l'origine, l'abbaye de Rillé devait fournir quatre chapelains, qui tous devaient être prêtres et assister à toutes les heures canoniales de l'office divin dans la cathédrale. Le chef de ces quatre religieux s'appelait prieur de Saint-Denis, parce qu'on lui avait donné une petite chapelle de ce nom, bâtie dans le fief du Chapitre ; on y avait ajouté la jouissance d'un bâtiment voisin, pour lui servir de demeure ainsi qu'à ses confrères, et la présentation des cures d'Orgères, de Noyal-sous-Bazouges et du Rheu, sur lesquelles étaient payées au prieuré les sommes de 48 livres par an, « pour la subsistance desdits religieux » (nota : Le recteur d'Orgères devait au prieur de Saint-Denis 12 livres, celui de Noyal 16 livres, et celui du Rheu 20 livres de rente. Le prieur possédait, en outre : la maison et terre de la Magdeleine, appelée le « petit prieuré de Saint-Denis » ; — une dîme en Gévezé ; — deux bailliages en Châtillon-sur-Seiche et en Noyal-sur-Seiche ; — des rentes sur plusieurs maisons de Rennes, telles que celles des Truies qui filent, rue Baudrairie, du prieuré du Château, etc. ; — d'autres rentes sur les vignes de Joué et de Noyal, etc. — Enfin, le prieuré de Saint-Denis avait une juridiction seigneuriale de « haute justice » - Aveux de 1545 et 1619, et Archives départementales d'Ille-et-Vilaine). Peu à peu le prieur de Saint-Denis sut se défaire de ses compagnons, comme le prieur de Saint-Moran, et lui-même se lassa d'assister aux offices, ce qui amena un gros procès entre le Chapitre et l'abbaye de Rillé, procès terminé en 1351 aux conditions suivantes : 1° l'abbaye de Rillé ne fournira plus qu'un religieux au prieuré de Saint-Denis ; 2° des 20 livres de rente dues sur la paroisse du Rheu, le Chapitre percevra 19 livres, pour se dédommager de l'absence des trois religieux que retire l'abbaye ; 3° le prieur de Saint-Denis sera tenu à la résidence exacte à Rennes, à l'assistance à tous les offices de jour et de nuit, et à l'acquittement de la messe fondée à l'autel Saint-André ; 4° enfin, le prieur de Saint-Denis continuera de présenter la cure du Rheu, quoiqu'il n'ait plus droit qu'à 20 sols de rente sur cette paroisse (Mémoire du Chapitre contre les prieurs - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine). « La chapelle du prieuré de Saint-Denis existe encore à la fin du XIXème siècle ; elle est contiguë au vieil hôtel de Coniac (nota : En 1689, le duc de Chaulnes, gouverneur de Bretagne, habitait cet hôtel, et la Communauté de ville fit construire dans la chapelle, pour l'usage de ce seigneur, une galerie et une tribune communiquant avec son hôtel) ; elle est située au fond d'une petite cour dont l'entrée donne sur la rue des Dames, qui s'appelait au XIVème et au XVème siècle rue Saint-Denis. Sa forme est celle d'un rectangle ; elle n'offre aucun caractère architectonique, ayant subi des reprises et réparations au XVIIème siècle, notamment son extrémité occidentale, dont le mur est décoré d'une niche qui porte la date de de 1669. Sa décoration intérieure est aussi toute moderne. Cependant il y a un point à noter, c'est que la base de ses murs a pour fondement la vieille muraille romaine ; aussi, dans les anciens actes, est-elle désignée constamment sous ce titre : Capella Sancti Dionisii super muros civitatis, — Saint Denis-des-Murs. La maçonnerie de son mur méridional présente extérieurement quelques indices d'un système de construction qui rappellerait le XIIème siècle : c'est une disposition des moëllons en arête de poissons et un petit appareil composé de cubes uniformes dans les assises les plus rapprochées du toit. Les ouvertures cintrées des fenêtres sont des plus modernes » (M. de la Bigne Villeneuve, Bulletin de l'Association bretonne, II, 146). Le sceau du prieuré de Saint-Denis, en 1630, était ovale et représentait : Saint Denis portant sa tête dans ses mains ; autour on lisait : SCT. DENIS DE RENNES (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 45). Voici la liste des prieurs de Saint-Denis : — Frère Elie de la Motte (1351). — Frère Guillaume Pilard, décédé en 1374. — Frère Guillaume de Parthenay, élu prieur en avril 1374. — Maître Jean Collet vel Collecti fonda en 1406 un anniversaire à la cathédrale, décédé en 1414. — Frère Amelot du Coudray, décédé vers 1418. — Frère Robert de Fay, décédé en 1419. — Frère Jehan Boncir, élu prieur en 1419. — Frère Guillaume Garnier rendit aveu en 1470. — Frère Jehan Guy, reçu le 22 mai 1472, vivait encore en 1484. — Frère Pierre Le Forestier, reçu prieur en 1532. — Frère Jehan Gaillard, reçu prieur le 4 octobre 1538. — Mathurin Bocel fournit en 1545 la déclaration de son prieuré. — Frère Hervé Macé (1557 et 1576). — Frère Guy du Pont (1592) devint vicaire général de l'abbaye de Rillé. — Frère Nicolas Le Roy, chapelain et aumônier du roi (1602 et 1638). — Frère Jacques Fournier, élu prieur en avril 1639. — Frère Jean Auger (16..). — Frère N... Guignard (1678). — Frère Jacques Brossier (1679 et 1692), prieur-recteur de Montebert. — Frère Jean du Ponchet (1700). — Frère Jean-Claude Chevron résigna en 1712. — Frère Pierre-René Geslin prit possession le 16 septembre 1712. — Frère Pierre Pijart, décédé en 1728 ;

la chapelle Saint-Yves (1494). L'hôpital Saint-Yves est fondé en 1358 pour combattre la misère qui résulte de la guerre de Succession (1340 à 1357). La petite chapelle primitive est remplacée en 1494 par l'édifice actuel, dû à la famille ducale. A partir de 1644, l'hôpital est desservi par les augustines hospitalières. En 1858, les religieuses et les malades quittèrent l'hôpital devenu trop petit pour fonder un Hôtel-Dieu à la Cochardière. Cet hôpital est démoli lors de la canalisation de la Vilaine au XIXème siècle. Seule la chapelle subsiste. Entre-temps la chapelle avait fait fonction de cathédrale de 1754 à 1792 ;

Voir aussi  Rennes (Bretagne) "L'hôpital Saint-Yves de Rennes et son mobilier au XVIème siècle"

la chapelle du Grand-Séminaire (XIXème siècle), située au n° 45 rue de Brest. Les vitraux datent de 1952-1954 (oeuvre de Max Ingrand) ;

la chapelle de l'ancien couvent Notre-Dame-de-Toutes-Grâces (vers 1860), située au n° 13 rue Martenot. Cet édifice a servi d'hôpital en 1870, de couvent et de cantine en 1944. Il est aujourd'hui la propriété de la communauté évangélique protestante ;   

la chapelle Saint-Martin (1868-1869). Les bâtiments des capucins abritent, en 1829, le collège Saint-Martin. L'ancienne chapelle est remplacée par un nouvel édifice ;   

la chapelle du couvent des Franciscains (1877). L'ordre des Franciscains s'installe à Rennes sous l'impulsion de Mgr Brossay Saint-Marc. Le couvent est construit sur les terrains de l'ancien manoir de Cohignac. Il abrite aujourd'hui un foyer d'accueil de réinsertion ; 

la chapelle Notre-Dame des Brûlons (1878-1978). A signaler l'existence d'un manoir de la Motte-Brûlon, doté d'une chapelle fondée en 1472 et démolie vers 1789. On y conserve une jolie statue de la Vierge debout du XVème siècle ; 

le couvent des Jacobins (XIV-XVIIème siècle), situé au n° 2 rue d'Echange. La fondation du couvent des Jacobins en 1364 est l'oeuvre du duc Jean IV. Ce sont les dominicains de Dinan qui créent le couvent des Jacobins sur un terrain donné par Pierre Rouxel. La première pierre de l'église est posée le 2 février 1369. De l'ensemble bâti entre 1369 et le second quart du XVème siècle subsistent le prieuré, les bâtiments claustraux, le réfectoire et la chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle (fortement remaniée au XIXème siècle). L'ancienne chapelle Notre-Dame de Bonne-Nouvelle est le lieu des fiançailles d'Anne de Bretagne avec le roi de France Charles VIII. Le cloître date du XVIIème siècle. Les Etats de Bretagne se réunissent dans ce couvent et l'ordre de l'hermine y est institué en 1382. L'église est ruinée par un incendie en 1821 ;   

l'abbaye Saint-Melaine (XVIIème siècle). Cette abbaye est fondée sur le site du tombeau du premier évêque de Rennes. Elle est connue dès l'époque mérovingienne et rebâtie au XIème siècle, après les invasions normandes. Les trois dernières travées de la nef ainsi que le choeur ont été reconstruits à partir de la fin du XIIIème siècle. Le décor sculpté des deux premiers étages du clocher a été exécuté en 1676 par l'atelier lavallois de Corbineau, après la reprise de l'abbaye par les mauristes. L'étage supérieur de la tour est réalisé en 1855 par l'architecte rennais Jacques Mellet. L'église est devenue paroissiale au XIXème siècle, sous le vocable de Notre-Dame. L'ancien palais abbatial, construit en 1682 pour Jean d'Estrades a conservé des lucarnes ornées du même répertoire. Le cloître date de 1670. Le transept date du XI-XIVème siècle. Les dalles tumulaires datent du XVème siècle. Le vitrail du Rosaire, oeuvre de l'atelier Champigneulle, date du XIXème siècle 

l'ancienne abbaye Saint-Georges (XVIIème siècle), édifiée sous l'impulsion du duc Alain III pour y accueillir les moniales bénédictines. De l'abbaye bénédictine des femmes fondée au XIème siècle, il ne reste que le bâtiment construit en 1670 pour l'abbesse Madeleine de La Fayette par les architectes lavallois Tugal Caris et Pierre Corbineau. Les bâtiments abritent désormais les services de pompiers de la ville de Rennes, après avoir fait fonction de caserne au XIXème siècle. L'église est détruite au XIXème siècle et la piscine Saint-Georges, oeuvre de l'architecte Emmanuel Le Ray, est construite de 1922 à 1925 sur son emplacement ;

 Voir aussi  Rennes (Bretagne) "L'abbaye Saint-Georges de Rennes"  

le couvent des Carmes (XVIIème siècle), situé au n° 34 rue Vasselot. C'est au XVème siècle que les religieux Carmes firent leur premier établissement fixe à Rennes ; ils y avaient paru dès la fin du siècle précédent, à peu près en même temps que les Dominicains. Ils comptaient dès lors plusieurs maisons de leur ordre en Bretagne, où ils avaient été introduits en 1270 par le comte de Richemond, fils aîné du duc Jean Ier le Roux, au retour de la dernière croisade. François Ier duc de Bretagne, par lettres-patentes du 6 juillet 1448, autorisa les Carmes à fonder un monastère à Rennes. Leur principal bienfaiteur fut d'abord Jean Raguenel, sire de Malestroit et de Largouët, vicomte de la Bellière et maréchal de Bretagne ; ce seigneur leur donna en 1450 son propre hôtel situé dans la Vieille Cité de Rennes, rue Saint-Denis, et anciennement appelé la Maison au Vicomte (Voir Réformation du domaine de Rennes en 1646). François II accorda le 9 janvier 1466 des lettres-patentes, par lesquelles il déclara prendre les religieux Carmes sous sa protection et sauvegarde, ordonnant à cet effet que ses armes fussent placées sur les portes de leur église ; puis, par autres lettres du 8 août 1475, le même duc amortit de toutes rentes trois maisons que les religieux avaient achetées pour bâtir à la place qu'elles occupaient la nef du saint édifice. Voilà donc bien établie la date de ces constructions élevées, on le voit, vers la fin du XVème siècle. Le mur septentrional de l'église bordait les rues Vasselot et Saint-Thomas vis-à-vis le carrefour de la rue Saint-Germain, sur une longueur de 157 pieds. La nef figurait un rectangle allongé communiquant vers midi avec le grand cloître ; un collatéral renfermant quatre chapelles régnait le long du côté nord de la nef, se prolongeant vers l'est presque jusqu'au chevet. L'extrémité orientale de ce bas côté, accolée au chœur de l'église, formait une chapelle close dédiée à la sainte Vierge ; trois fenêtres l'éclairaient ; on y voyait les enfeus des Coëtlogon, des Cornullier et des Robien. A la suite de cette chapelle, un portail latéral ouvrait en face de la rue Saint-Germain ; puis au-dessous, vers le bas du collatéral, s'alignaient trois autres chapelles, celle des Anges-Gardiens, celle de Saint-Samson sous la tour du clocher, et celle de N.-D. de Pitié. Quatre arcades reliaient le collatéral à la nef. Il ne reste plus de cette église que le souvenir ; elle a été démolie en 1798. A travers l'emplacement qu'elle occupait on a percé une rue qui porte le nom de rue des Carmes. Une portion des anciens bâtiments claustraux sert aujourd'hui de presbytère au clergé de Toussaints. Le monastère des Carmes de Rennes a été le berceau d'une réforme célèbre, dite De l'étroite observance de Touraine ; cette réforme se répandit ensuite dans tous les couvents de l'ordre qui en adoptèrent les sages constitutions ;

Voir aussi  Rennes (Bretagne) "Fondateurs et Bienfaiteurs du couvent des Carmes à Rennes"

l'ancien couvent du Bon Pasteur (1749). Cet édifice a fait office de prison durant la Révolution. Il devient par la suite une caserne jusqu'en 1950 ;   

le Temple protestant (1878-1882), situé au n° 22 boulevard de la Liberté ; 

la croix de la Tauverais (citée dès 1548) ;

la croix Herpin (XVIIIème siècle), restaurée en 1839 par Pierre Lefeuvre ;

la croix, située dans le cimetière de l'église Saint-Laurent (XVIème siècle) ;

la croix aux Allemands, située route de Fougères et mentionnée dès 1568 ; 

l'ancienne croix Hamon ou du Bois-Hamon, située route de Paris ;

la croix de la Cloustière (1602) ;

le parlement de Bretagne (1655-1709-fin XXème siècle). Après l'union de la Bretagne à la France en 1532, le roi Henri II, par l'édit de mars 1554, crée une cour de justice souveraine provinciale. Le Parlement s'installe à Rennes en 1554 et siège d'abord dans le couvent des Cordeliers. En 1578, le roi invite la ville de Rennes à construire un bâtiment qui lui soit affecté : la cour comptait alors quatre-vingt magistrats, et de nombreux avocats, d'huissier, etc.... Le 15 septembre 1618 est posée la première pierre de l'édifice (oeuvre des architectes Germain Gauthier, Thomas Poussin et Salomon de Brosse). L'inauguration a lieu en 1655. La Galerie date du XVII-XVIIIème siècle. La Grand-Chambre date du XVIIème siècle. La Salle des Pas Perdus date du XVII-fin XXème siècle. Le décor intérieur est réalisé sous la direction de Charles Errard (peintre et architecte). Noël Coypel peint le tableau central du plafond de la Grande Chambre. Les tableaux de la Première Chambre civile (vers 1694) sont l'oeuvre de Jean Jouvenet. Le dessein de la Chambre des Enquêtes (en 1706) est l'oeuvre de Louis Elle, dit Ferdinand le Jeune. Le parlement de Bretagne est une des rares constructions qu'épargne l'incendie de la ville de Rennes en 1720. D'importants travaux sont conduits à partir des années 1830, par les architectes Louis Richelot, Charles Millardet, Charles Langlois pour adapter le parlement devenu palais de justice, à ses fonctions. Les interventions de l'architecte Jean Marie Laloy, à partir de 1881, se présentent comme une restauration. Laloy fait en 1895-1905 une commande de tapisseries à la manufactures des Gobelins (notamment l'ensemble de la Grande Chambre consacré à l'Histoire de la Bretagne, et dessiné par Edouard Toudouze). Suite à l'incendie de 1994, l'essentiel de l'oeuvre d'Errard, Coypel et Jouvenet a pu être sauver. La restauration du parlement a été mené sous la conduite de l'architecte Alain Charles Perrot ; 

Nota : Pour donner à nos lecteurs un rapide aperçu du Parlement et de ses attributions, transcrivons seulement quelques articles de son règlement, d’après l’ordonnance de 1732 « Seront portées directement en notre dit Parlement, les appellations des jugements rendus en matière des devoirs de la Province de Bretagne, Impôts et Billots, Traites, Ports et Hâvres, Fouages, Tabac, et généralement sur tout ce qui concerne nos droits, ceux de nos fermes et de nos domaines, levée des deniers ordinaires et extraordinaires, contraventions aux baux des Etats, etc... Connaîtra, en outre, ladite Cour des affaires qui concernent le fond des privilèges par nous accordés aux villes, Paroisses et Communautés ». Juge en dernier ressort, pour toute la province de Bretagne, le Parlement était, en outre, juge suprême des titres de noblesse donnant droit de siéger aux Etats, même pour les gentilshommes non originaires de Bretagne. Le roi ne pouvait lever sur cette province aucun impôt sans le consentement des Etats, et sans l’approbation du Parlement, libre d’accorder ou de refuser l’enregistrement des édits. Aussi les efforts de la Royauté tendaient-ils de plus en plus à acquérir de l’influence et des partisans dans le Parlement de Bretagne en le réorganisant sur de nouvelles bases, après qu’il eut été cassé en 1771, partageant, en cela, la disgrâce des autres Parlements. Les opposants étaient exclus et le nombre des magistrats réduit comme il suit : un premier président, quatre présidents, deux conseillers-présidents, quatre conseillers-clercs, trente conseillers laïcs, deux avocats généraux, un procureur général, trois substituts, un greffier en chef et un premier huissier. Le même édit supprimait la distinction en conseillers originaires et en non originaires de la Bretagne ; de plus il interdisait aux magistrats de recevoir des parties « aucunes épices, vacation ou émoluments quelconque » mesure juste et sage qui, néanmoins, fut assez mal accueillie de ceux mêmes qu’elle favorisait. Les appointements des officiers du Parlement devaient, d’après cet édit, être mis en commun et partagés proportionnellement entre tous, selon le nombre des audiences auxquelles chacun aurait assisté. Enfin la chambre des requêtes était supprimée, et les affaires dont elle s’occupait étaient, sauf appel, déférées à la sénéchaussée du Présidial de Rennes. Mais cette transformation n’était rien auprès de la véritable révolution que tenta Louis XVI, dans une intention loyale et droite, sans doute, mais aussi manifestement hostile aux Parlements, en promulguant le fameux édit de 1787. Avec les autres édits, qui l’accompagnaient, il devait soulever une très violente résistance dans toutes les villes où siégeaient les Parlements, que des transformations judiciaires aussi radicales menaçaient d’une ruine irrémédiable. Par cet édit les Présidiaux, juridictions inférieures aux Parlements, étaient transformés en grands bailliages qui pouvaient juger, en dernier ressort, toute cause dont l’importance ne dépassait pas une valeur de 20.000 livres. Toutes les juridictions royales devenaient, à leur tour, des Présidiaux avec une compétence de 4.000 livres. En exécution de cet édit, les greffiers des Parlements devaient, immédiatement, remettre aux juridictions inférieures tous les procès qui, par leur valeur, rentraient dans la compétence de ceux-ci et qui constituaient, en Bretagne, la majorité des affaires. C’était la ruine presque totale pour la ville de Rennes qui, sans industrie qui lui fût propre, ne vivait que de l’animation due à la population aisée et luxueuse retenue dans ses murs, à certains moments de l’année, par les séances du Parlement et les tenues des Etats de Bretagne. Telles étaient les deux principales sources de fortune de tous les corps de métiers de l’ancienne capitale du duché de Bretagne, aussi la ville embrassa-t-elle avec ardeur la cause de ses magistrats menacés. Dans cette dernière ville, chacun regardait les nouveaux édits comme un anéantissement des droits que la Bretagne s’étaient réservés en se réunissant à la France ; on répétait, en tous lieux, les articles 22 et 23 du contrat d’union, ce dernier surtout ainsi conçu : « il ne sera rien changé aux nombre, qualité, fonction et exercice des officiers de la province, il ne sera fait aucune création d’officier ni de nouvelles juridictions » (Ogée, Dictionnaire de Bretagne, 2ème édition). Les sentiments dictés par les vieux souvenirs de l'indépendance de la Bretagne venaient ainsi prêter appui aux intérêts particuliers de la cité. La noblesse bretonne, intimement liée avec la magistrature, qui se recrutait sans cesse dans ses rangs, partageait aussi le ressentiment de ce grand corps judiciaire. Il en fut de même dans toutes les province où les Parlements, refusant l’enregistrement des édits, ne les exécutaient que par force. L’orage grondait de toutes parts quand il éclata en Bretagne, au commencement de juin 1788, puis en janvier 1789 (J. Baudry).

Voir aussi  Rennes "L'histoire du Parlement de Bretagne"

 

la maison à pan de bois (XIV-XVème siècle), située au n° 12 rue de la Psalette ; 

l'ancien presbytère Saint-Jean (XVème siècle), situé au n° 48 rue Saint-Melaine. L'ancienne église Saint-Jean qui jouxtait l'église abbatiale Saint-Melaine est détruite au XIXème siècle ;   

le rempart (XVème siècle), situé place Rallier-du-Baty ;   

les portes mordelaises (XVème siècle) ;   

la tour Duchesne (XVème siècle), située au n° 10 rue Nantaise ;   

la maison (XVème siècle), située au n° 3 rue du Chapitre ; 

la maison (vers 1580), située au n° 22 rue du Chapitre ;  

la maison Leperdit à pan de bois (XV-XVIème siècle), située au n° 19 place Sainte-Anne ;   

la maison en bois Ti Koz (XVIème siècle), située au n° 3 rue Saint-Guillaume ;   

la maison (XVIème siècle), située au n° 6 rue Sainte-Yves ;   

la maison de la Prévôté (XVIème siècle), située au n° 14 rue de la Psalettes ;   

l'hôtel de Freslon (XVIème siècle) à pan-de-bois, situé au n° 10 rue de Dames ;   

l'hôtel de la Moussaye (XVIème siècle) à pan de bois, situé au n° 3 rue Saint-Georges ;   

l'hôtel du Commandement (vers 1610), situé au n° 12 rue du Corbin ;   

l'hôtel de Brie (1624), situé au n° 8 rue du Chapitre ; 

l'hôtel du Bouëxic de Pinieuc (1631), situé au n° 9 rue de la Monnaie ;   

l'hôtel de Robien (vers 1590), situé au n° 22 rue du Champ-Jacquet et édifié à l'origine pour un président au parlement. Propriété de Pierre Bonnier de Champagné (avant 1646), puis des Rosmadeuc du Plessix Josseau (en 1646), Leprestre de Lézonnet, Robien (en 1699) ;   

l'hôtel de Brilhac (XVIIème siècle), situé au n° 13 rue des Dames et édifié par Champion de Cicé vers 1620. Il est construit sur l'enceinte de la ville dont il épouse la forme  

l'hôtel d'Artillerie (XVII-XVIIIème siècle). Cette demeure remplace l'ancien hôtel ducal de la Monnaie démoli au XVème siècle et la maison d'école épiscopale puis le premier hôtel de ville ;   

l'hôtel de la Bellangerais (XVII-XVIIIème siècle), situé au n° 19 rue des Dames. Il s'agit du lieu de naissance du futur amiral de La Motte-Picquet (1720-1791) ;   

l'hôtel Racapée de la Feuillée (1658), situé au n° 28 place des Lices ;    

l'hôtel de la Noue (1658), situé au n° 26 place des Lices ;   

l'hôtel de Marboeuf (1660), situé rue du Général Guillaudot. Propriété successive des familles Maillard (en 1640), Marboeuf (en 1684), La Roche, Louis-René de Caradeuc de La Chalotais (en 1764) ;   

l'hôtel du Molant (1666), situé au n° 34 place des Lices. Cet hôtel est aussi surnommé "Hôtel Hevin". C'est dans cet édifice que, de 1689 à 1692, loge l'intendant de Bretagne ;   

l'hôtel Bonin de la Villebouquais (1733-1735), situé au n° 8 rue du Docteur-Regnault et édifié par l'architecte Le Forestier pour la famille Coniac ; 

l'hôtel des Bois, situé au n° 5 rue du Chapitre ;

l'hôtel de Blossac (XVIIIème siècle), situé au n° 6 rue du Chapitre et édifié entre 1728 et 1730 pour Louis de La Bourdonnaye de Blossac, président au parlement de Bretagne. L'hôtel actuel remplace un édifice détruit par un incendie en 1720 et qui avait été construit en 1624 pour la famille Loisel de Brie. L'écurie date du XIX-XXème siècle. Le puits date du XVIIIème siècle ; 

l'hôtel Farcy de Cuillé (XVIIIème siècle), situé au n° 2 contour de la Motte. La façade du pavillon, oeuvre de Frédéric Jobbé-Duval, date des années 1880  

l'hôtel Chereil de la Rivière (XVIIIème siècle), situé au n° 7 place Rallier-du-Baty. Edifié à l'emplacement de l'ancien château ducal démoli au XVème siècle ;   

l'hôtel de la Préfecture (XVIIIème siècle), situé au n° 1 rue Martenot ;   

l'hôtel des Monnaies (XVIIIème siècle), situé au n° 6 rue de la Monnaie ;   

l'hôtel de Coniac (1773), édifié par Coniac de Toulmen. Cet hôtel remplace l'ancien hôtel Champion de Cicé ;   

l'hôtel de la Gibourgère (XVIIIème siècle), situé rue Lebastard et édifié à l'emplacement de l'ancien hôtel D'Argentré ;   

l'hôtel de Bizien (XVIIIème siècle-1830-1880) ;   

l'hôtel Le Gonidec de Traissan (XVIIIème siècle), situé au n° 14 rue Lebastard ;   

l'hôtel de Courcy (1830), situé au n° 9 rue Martenot. Propriété de la famille Louis Richelot (1830-1842), puis de la famille Goublaye de Nantois (1895 à 1940) ;   

l'hôtel Le Corgne (1840-1845), situé au n° 16-20 rue Martenot ;   

l'hôtel de Lepinay (1842), situé rue du Général-Guillaudot ;   

l'hôtel Barré (1844), situé au n° 5 quai Châteaubriand  et oeuvre du sculpteur Jean Baptiste Barré  

l'hôtel Villemain (XIXème siècle), situé rue Martenot ;   

l'hôtel Léofanti (1875-1877), situé au n° 18 boulevard de la Liberté. Propriété de l'artiste Adolphe Léofanti (1838-1890) ;   

l'hôtel Jean-Janvier (XIXème siècle), situé au n° 16 rue Dupont-des-Loges ;   

l'hôtel Jean-Guy (XIXème siècle) ;   

l'hôtel Tétiot-du-Demaine (XIXème siècle), situé au n° 7 rue Châteaubriand. Sa cour intérieure conserve une fontaine datée du XIXème siècle ;   

l'hôtel de Farcy (1852), situé au n° 11 quai Lamennais ;   

l'hôtel des Nétumières (1870), situé au n° 12 avenue Jean-Janvier et édifié par Jean Baptiste Martenot

l'hôtel Oberthur (1875), situé au n° 82 rue de Paris. L'imprimeur François Charles Oberthür fait appel en 1875 à Denis Bühler pour aménager le parc de l'hôtel particulier qu'il s'est fait construire, rue de Paris. Aujourd'hui propriété de la ville, il est jardin public  

l'hôtel Ty-Nevez-Croguen (1880), situé au n° 5 rue du Général-Guillaudot et édifié par Jobbé-Duval  

l'hôtel Léon des Ormeaux (1880), situé au n° 6 rue de Paris ;   

l'hôtel (1880), situé au n° 7 rue du Général Guillaudot ;   

l'hôtel Galicier (XIXème siècle), situé au n° 6 place Hoche ;   

l'hôtel Le Chapelier (1898), situé au n° 16 rue de Viarmes ;   

l'hôtel de Châteaugiron (vers 1725), situé au n° 10 rue de Corbin ;  

l'hôtel Bossard du Clos puis de Montboucher (en 1658), situé au n° 30 place des Lices ;

les hôtels mitoyens (vers 1650), situés aux n° 26-28 place des Lices ;  

l'hôtel-Dieu (1855-1858), situé au n° 2 rue de l'Hôtel-Dieu ;   

l'hôtel de Ville (XVIIIème siècle), construit par Gabriel en 1730. La Grande Salle date de 1912. Le Panthéon date de 1922 ;

Voir aussi  Rennes (Bretagne) "L'ancien Hôtel de Ville de Rennes"

Voir aussi  Rennes (Bretagne) "L'ancien Présidial de Rennes"

Voir aussi  Rennes (Bretagne) "Le nouvel Hôtel de Ville de Rennes"

Voir aussi  Rennes (Bretagne) "L'ancienne tour de l'horloge (ou Beffroi) de Rennes"

Voir aussi  Rennes (Bretagne) "L'ancienne statue de Louis XV à Rennes"

Voir aussi  Rennes (Bretagne) "L'ancienne place de l'Hôtel de Ville de Rennes"

 

l'hôpital Pontchaillou (1898-1908), situé au n° 2 rue Henri-le-Guilloux ;   

Voir aussi  Rennes "Un hôpital à Rennes au XIIIème siècle"

la Grande Bintinais (XVIème siècle). Cette demeure abrite aujourd'hui des expositions ;   

la petite Bintinais (XVIème siècle) ;   

la maison (XVIème siècle) en pan de bois, située au n° 20 rue du Chapitre ;   

la maison (1580-1590), située au n° 22 rue du Chapitre ;   

le manoir ou la maison de la Haute-Chalais (XVIIème siècle), située chemin de Goupillais. Elle possède une chapelle privée construite en 1661. Elle relevait de la seigneurie de Bréquigny. La Maison de la Basse-Chalais ou de la Budorais date semble-t-il de 1626. Propriété successive des familles du Bouëdrier, Pofrays (en 1513), Marguerite Gourel, veuve de François Guillaume, sieur du Lymel (en 1637), Horville (en 1661), Guillot, sieurs de la Grée (avant 1698), Rio, sieurs de Beaupré (en 1698), Bigot (en 1733) ;  

l'ancienne manécanterie (XVIIème siècle), située au n° 8 rue de la Psalette ;   

la promenade appelé "la Motte à Madame" (XVIIème siècle) ;   

la maison des filles de la Charité (XVIIème siècle), située rue Georges-Dottin et rue du Griffon ;   

la maison des Chevaliers de la Psalette (XVIIème siècle), encore surnommée au XVIIIème siècle "l'hôtel du Saint-Esprit" ou la maison des chevaliers du Saint-Esprit ;   

les immeubles (XVIIème siècle), situés place du Champ-Jacquet ;   

l'immeuble à pan de bois (XVIIème siècle), restauré au XXème siècle et situé rue de la Visitation et rue d'Antrain ;   

le manoir de la Mabilais (XVIIème siècle), situé au n° 20 rue Malagutti. C'est dans ce manoir qu'est signé le 19 avril 1795 le traité de Mabilais entre les royalistes et les républicains ;   

l'ancienne chapelle de l'Hôtel de Ville (1764) ;   

le Chapeau de Paris (XVIIIème siècle), situé au n° 4 rue Hoche ;   

les immeubles (XVIIIème siècle), situés place du Parlement-de-Bretagne ;   

l'immeuble Robelin (XVIIIème siècle), situé place du Parlement-de-Bretagne ;   

la porte (XVIIIème siècle), située rue Edith-Cawell ;   

l'ancienne prison Saint-Michel (XVIII-XIXème siècle), située impasse Rallier-du-Baty ;   

la chapelle funéraire (XIXème siècle), édifiée par Charles Millardet et située dans le cimetière du nord ;   

la chapelle Oberthur (1875), située dans le cimetière du nord ;   

la tombe du chanoine Brune (XIXème siècle), située dans le cimetière du nord ;   

la tombe de Barré (1877), située dans le cimetière du nord ;   

l'ancien octroi (1824-1826), transformé en café et situé au n° 70 rue des Fougères ;   

le nouvel octroi (1870-1886), situé au n ° 122 rue des Fougères ;

le théâtre (1831-1836), situé place de l'hôtel-de-Ville. L'ancien théâtre, inauguré le 1er mars 1836, est détruit par un incendie le 20 février 1856 et reconstruit par l'architecte Charles Millardet en 1831. L'intérieur est restauré en 1913. Le plafond de la salle de spectacle est l'oeuvre du peintre Lemordant (1914) ; 

le pont de Berlin (1835-1839) ;

l'ancien Grand Séminaire avec son cloître (XIXème siècle), situé place Hoche. La construction est confiée en 1854 à Henri Labrouste ;

Note : L'HÔPITAL MILITAIRE ET LE GRAND SÉMINAIRE DE RENNES. — En remarquant les belles proportions de ce vaste hôtel aujourd'hui consacré au service de l'hôpital militaire, et situé entre la rue Saint-Louis et la rue d'Echange, en admirant son imposant ensemble, je me suis demandé quelle avait été sa destination primitive et le nom de son fondateur. Une laconique indication que M. Marteville accorde à ce monument, au tome III de son Histoire de Rennes, page 64, se borne à constater que l'édifice a été construit, depuis 1739, pour servir de séminaire diocésain, et livré pendant la révolution à l'administration de la guerre, qui en a fait un hôpital. Ce renseignement, par trop sobre de détails, ne me paraissait pas suffisant ; j'ai donc compulsé aux archives départementales le fonds relatif à cet ancien établissement religieux, et voici le résumé de mes recherches sur ce point : Mgr. Charles-François de la Vieuville, évêque de Rennes, obtint, au mois de mai 1662, des lettres patentes du Roi qui l'autorisaient à créer un grand séminaire dans son diocèse. Il fit en conséquence l'acquisition de plusieurs maisons et terrains, dans un périmètre compris entre la rue d'Echange au N., et la rue Basse-Saint-Etienne à l'O. Ces héritages vendus à M. de la Vieuville, par deux contrats en date du même jour, 6 juillet 1665, appartenaient aux sr. et dame Aulnette de la Grenelaye et au sr. Frangeul. Par son mandement du 8 mars 1670, Mgr. de la Vieuville confia la direction de son séminaire au vénérable père Eudes, fondateur de la Congrégation de Jésus et Marie ; il lui fit donation des biens sus-indiqués ainsi que des meubles nécessaires, et lui alloua en outre une somme de 2.000 liv. pendant six années. Les bâtiments n'étaient pas en bon état. Le père Eudes obtint en 1671, des Etats de Bretagne, une somme de 4.000 liv. qui servit à les reconstruire. C'est la maison qui existe encore le long du côté oriental de la rue Basse. En 1674, diverses transactions et échanges se firent entre l'évêque d'une part, et de l'autre le chapitre de Rennes et les autres seigneurs de qui relevaient féodalement les biens acquis pour l'établissement du séminaire, concernant la mouvance qui en fut transférée sous la directe de l'évêque. De 1674 à 1686, le séminaire agrandit peu à peu ses dépendances ; il acquit successivement différentes petites maisons situées le long de la rue d'Echange, et d'autres vers la rue Saint-Louis ; la majeure partie de ces immeubles furent vendus par M. Jullien Chevrier, sr. du Verger, doyen des échevins de Rennes, pour la somme de 5.500 livres. L'année suivante (12 octobre 1687), M. Charles Ferret, conseiller au Parlement, vendit au séminaire la maison du jeu de paume, nommée le Pélican, avec un petit jardin, située rue Saint-Louis, pour la somme de 9.000 liv. On voit que dès lors le domaine, devenu la propriété du séminaire, égalait en étendue les dépendances de l'hôpital militaire actuel. En 1689, la communauté des prêtres du séminaire avait déjà commencé à édifier son église sur remplacement du jeu de paume. Dès cette époque, ces messieurs, ainsi qu'on le voit dans une déclaration de leurs biens, se proposaient, aussitôt ladite église achevée, de circonscrire par un mur de clôture toutes leurs anciennes et nouvelles propriétés. Un aveu du 20 août 1694 fait connaître qu'à cette date l'église dont il vient d'être question était achevée, qu'elle avait des deux côtés des chapelles plus basses que la nef, et que sa longueur était de 92 pieds sur 31 de largeur. Suivant le même acte, au Nord de cet édifice, on venait de bâtir un logement servant de sacristie, dont la couverture était en forme de dôme [Note : L’ancienne chapelle existe encore, et son pignon tourné vers la rue Saint-Louis conserve, encastrée dans la maçonnerie, une tablette de marbre noir sur laquelle on lit l’inscription suivante, qui donne la date de sa construction : « NON EST HIC ALIVD NISI DOMVS DEI ET PORTA COELI (Gen 28). – 1690 »]. Je n'ai pas retrouvé dans les archives à quelle date précise furent jetées les fondations du vaste hôtel affecté aujourd'hui à l'hôpital militaire. Deux aveux, en date de mai et juin 1729, font seulement connaître qu'à cette époque on s'occupait de constructions joignant la rue d'Echange, vis-à-vis le jardin des Jacobins. Il y a tout lieu de croire que cette mention se rapporte à l'édifice dont l'origine nous occupe en ce moment. Ce serait donc Mgr. de Breteuil qui en aurait posé les fondements. Les travaux paraissent avoir continué jusque sous l'épiscopat de M. de Girac ; car, si l'on en croit la tradition, c'est du temps de cet évêque et par ses soins que fut terminée l'une des ailes de ce vaste bâtiment. (Edouard Quesnet, 1858).

les bains de La Prévalaye (XIXème siècle), situés boulevard de Sébastopol ;   

la caserne Mac Mahon (XIXème siècle) ;   

les arcades du Colombier (XIXème siècle), situées avenue Patton. Témoignage de l'ancien couvent construit au Colombier au cours du XVIIème siècle par les Visitandines ;   

le séchoir de la tannerie Saint-Martin (XIX-XXème siècle), situé rue François-Menez ; 

le parc de Thabor (XIXème siècle). Le Thabor est à l'origine le verger des moines de l'abbaye Saint-Melaine et le jardin de l'évêque, ensemble auquel a été rajouté l'ancien hospice des Catherinettes racheté en 1899. Denis Bühler et Jean Baptiste Martenot vont oeuvrer ensemble, l'un pour aménager les espaces, le carré Duguesclin, le jardin botanique, le parc à la française ; l'autre, pour construire kiosque, volière, serres et grilles. L'entrée sud est constituée par l'escalier de la promenade de la Motte dû à Charles Millardet, 1830, remonté vers 1900. On y trouve la colonne Vanneau-Papu (1835), un Kiosque (1875), une volière (XIXème siècle). On y trouvait autrefois plusieurs serres et orangeries ; 

le palais des musées (1849-1858), situé au n° 20 quai Emile-Zola. Après avoir abrité simultanément sous le nom de Palais Universitaire, les Facultés et les Musées, le monument est réservé depuis 1911 aux collections artistiques et scientifiques et porte le nom de Palais des Musées. La Faculté des Sciences a été transférée dans son local actuel le 12 août 1896. Le musée des Beaux-Arts est constitué en 1794 lors de la saisie des oeuvres et legs de la famille de Robien. La collection est complétée par des oeuvres du Louvre entre 1801 et 1811. Le musée est installé en 1855 dans le bâtiment actuel, endommagé durant la guerre et rénové en 1957. On y trouve quelques oeuvres majeures telles que : "La Chasse au Tigre" de Rubens, "Le Nouveau-né" de Georges de la Tour, "Persée et Andromède" de Véronèse ;  

la porte principale de la prison (1863-1875), située au n° 18 rue de Châtillon ;   

le pavillon des Lices (1868-1871), situé place des Lices (place vouée aux foires depuis 1622) et oeuvre de l'architecte Jean Baptiste Martenot. Ce pavillon sert de Halles ;   

l'ancienne Caisse d'Epargne (1869-1870), située rue Martenot ; 

le lycée Emile-Zola (1860-1889), qui remplace l'ancien collège des Jésuites, est construit en 1860 par Jean Baptiste Martenot ;   

les halles d'imprimerie Oberthur (1870-1885), situés aux n° 74-80 rue de Paris ; 

l'ancien palais du commerce (1885-1911), situé place de la République et édifié entre 1880 et 1892 par l'architecte Jean Baptiste Martenot dans le style du XVIIIème siècle. La construction a été commencée par M. Martenot et continuée par M. Le Ray, architectes de la ville de Rennes. La première pierre de l'aile ouest a été posée le 26 février 1887 ; cette aile a été ravagée par un incendie en 1911. La Vilaine qui passe devant le Palais du Commerce a été couverte en 1912 par une grande voûte  

le lavoir (1880) ; 

l'ancienne école normale d'institutrices (1880), située aux n° 102-110 boulevard de la Duchesse-Anne ;   

l'école des Beaux-Arts (XIXème siècle), située au n° 30 rue Hoche ;   

l'ancienne Ecole Normale (XIXème siècle), située au n° 153 rue Saint-Malo ;   

l'ancienne école de Médecine et de Pharmacie (XIXème siècle), située au 71, rue Dupont-des-Loges ;   

l'école d'Agriculture (1892-1896), située au n° 65 rue de Saint-Brieuc ;   

le lycée Jean-Macé (XIXème siècle), situé au n° 10 rue Jean-Macé ;   

le lycée Saint-Vincent (XXème siècle), situé au n° 57 rue de Paris et édifié par Henri Mellet à l'emplacement de l'ancien couvent des Carmélites. Il a été inauguré en 1912. On y trouve une chapelle édifiée en 1928 ;   

la faculté de Médecine (1898), située au n° 2 place Pasteur ;   

les Grands Moulins (1895), situés au n° 17 rue Duhamel ;   

la prison Jacques-Cartier (1896), située au n° 56 rue Jacques Cartier ;   

l'hôpital psychiatrique (1904), situé au n° 108 avenue Général-Leclec ;   

les anciens locaux de Ouest-Eclair (1907) ;   

l'Ouest-France (1907), situé rue du Pré-Botté ; 

l'immeuble Couasnon (1908-1909), situé au n° 1 place Hoche et édifié par Charles Couasnon pour la famille Huchet ;   

les Bains-Douches Saint-Georges (XXème siècle), situés rue Gambetta et rue des Francs-Bourgeois ;   

la Folie Guillemot (XXème siècle), située au n° 116 avenue du Général-Leclerc ;   

la ville Aussant (1910), située au n° 77 boulevard de Sévigné ;   

les Halles Centrales (1922), situés Boulevard de la Liberté et place Commeureuc ;   

la piscine Saint-Georges (1925) ;   

les Nouvelles Galeries (1929), situées Quai Duguay-Trouin ;   

les Usines Citroën (1961) ; 

les moulins à eau de Trublet ou Trublé (ancienne possession de l'Abbaye de Saint-Melaine de Rennes), de St Martin (minoterie), du Bourg-l’Evêque, de Joué, de St-Hélier (minoterie), du Comte (minoterie), d’Apigné, de St Martin+ 1 foulon ; 

A signaler aussi : 

les anciennes chapelles de Rennes, dont la plupart ont aujourd'hui disparu ;

Voir Rennes (Bretagne) "Les anciennes chapelles de Rennes"

une portion du mur gallo-romain (IIIème siècle) située entre la place Rallier-du-Baty et la place des Lices ;   

la découverte en 1774 (dans la rue de la Monnaie) d'un trésor et de monnaies frappées en 274 ou 275 ;  

le trésor de la préfecture, monnaies de l'empereur Probus qui régna de 276 à 282 ;  

un trésor aurait été découvert vers 1180 sous le chevet de la cathédrale de Rennes ;   

un trésor retrouvé en 1964 dans le jardin du Thabor près de l'actuelle église Notre-Dame (132 deniers carolingiens) ;   

la découverte près de Lillion de petites haches à douille en bronze (âge de bronze) ainsi que des monnaies gauloises ;  

l'ancien hôtel le Vayer, situé jadis rue du Cathage et démoli en 1927 : le mur de la première enceinte de la ville de Rennes passait sous cet hôtel ;  

l'ancienne halle aux toiles (1820), située jadis rue Chalais et démolie en 1913 et 1926 ;

le cimetière du Nord (1829) ;

le champ de Mars. On y trouve un monument élevé à la mémoire des Enfants d'Ille-et-Vilaine morts pour la France pendant la guerre de 1870-1871 et inauguré le 12 août 1896 ;

l'Hôtel de Ville. L'intérieur a été restauré en 1914 et après 1920 suite à un incendie daté du 20 décembre 1920. L'une des salles du rez-de-chaussée du pavillon nord a été transformée en Panthéon Rennais en 1922 ;

le Jardin des Plantes et les Serres (1862-1863) édifiées par l'architecte Martenot ;

le bâtiment des Archives départementales (1882), édifié dans les jardins de la Préfecture ;

l'ancien manoir des Troix-Croix ou des Croix, situé jadis route de Saint-Malo et démoli en 1884. Pierre Cornulier, évêque de Rennes, meurt aux Trois-Croix en 1639. Propriété successive des familles Quinot, Champion (en 1503), Cornulier, seigneur de la Touche (en 1599), Huchet, seigneurs de la Bédoyère (en 1657), Fontaine, seigneurs de la Fraimbaudière (en 1766) ; 

l'ancien manoir des Fontaines, situé jadis route de Saint-Malo. Il avait autrefois une chapelle, une serre, une orangerie, des douves et un étang. Propriété successive des familles Pars, Pinczon (en 1513, en 1636), Lesné, Jamoays, seigneurs de la Marre (en 1648, en 1704), Robert, seigneurs de la Ballangerais (en 1723 et en 1752), Judith-Marie Picquet, veuve de Guy-Jean Aubert, sieur du Lou (en 1775), marquis de Montbourcher (en 1786) ;

l'ancien manoir de la Douesnelière ou de la Donelière (XVème siècle), situé jadis route de Saint-Malo, propriété de la famille Douesnelière ou Donelière en 1423. Puis propriété successive des familles Pinczon (en 1528), le Clerc, seigneurs de la Bagais (XVI-XVIIème siècle), Fabrony, seigneurs de la Prégenterie (vers 1664 et en 1734), Louis sieurs du Vivier (XVIIIème siècle), Séneschal (en 1760 et en 1779), Fabrony (en 1785) ;   

l'ancienne maison des Champs-Rôtis. Propriété successive des familles Blondel sieurs de la Guérinaye (en 1637 et en 1663), Hermel, Tual sieur de Mellon, Julienne Gallon veuve d'Etienne Bossart (en 1686), Jeanne Gallon, épouse de Louis Bourdays (en 1698), Jousselin sieurs du Boit-Réant (en 1739), Nicolazo (en 1748) ;

l'ancienne maison des Quatre Chênes, située route de Saint-Malo et aujourd'hui démolie. Propriété de Jeanne-Perrine Biard (en 1708) et de la famille Toudoux (en 1714) ;

l'ancienne Maison Blanche. Propriété des familles Dattin (en 1720) et de la Noë sieurs d'Astin (en 1765) ;

les anciennes fontaines de Goulebrune (en 1507) et du Bignon (en 1515) ;

le manoir de la Chaussée, encore surnommé en 1474 la Chaussée-ès-Moines et situé route de Saint-Grégoire. Il relevait jadis de l'Abbaye de Saint-Melaine de Rennes. Ce manoir est pendant la Révolution le quartier général des troupes chargées de protéger Rennes. Propriété successive des familles Deschamps sieurs de la Raisnays (en 1661), Marie-Anne Pilorge (en 1719), Gouin (en 1720), Bigot sieurs de la Garenne (en 1742), Bidard (en 1763), Le Mintier (en 1777) ;

l'ancien manoir de la Motte-Brûloni, situé chemin de la Motte-Brulon et propriété successive des familles Brûlon (en 1472), Couespel (en 1626), Picquet (en 1645 et en 1695), Lopriac, comtes de Coëtmadeuc (en 1760). Le manoir possédait jadis une fuie et une chapelle construite en 1472 ;

l'ancienne Maison de Trublé, située chemin de la Motte-Brûlon et surnommée aussi en 1551 la Lavanderie ou la Buanderie et citée dès le XIIIème siècle ;

le manoir de la Bellangeraie, situé chemin de la Motte-Brûlon, encore surnommé, semble-t-il, la Motte Saint-Goulven (ancienne propriété du Chapitre de Rennes). Propriété successive des familles Rondel (en 1587), Ecolasse, seigneurs du Plessis (en 1668 et en 1725), Chérel (en 1775) et Le Bastard aux Bodin ;

l'ancien manoir de la Mettrie, situé chemin de la Motte-Brulon. Propriété successive d'Hélène du Verger veuve de René Daguin sieur du Clos (en 1660), Picquet sieurs de la Motte (en 1705) ;

l'ancienne Maison de la Petite-Mettrie. Propriété de la famille Boyard (en 1684), puis de la famille Vallet sieurs de la Lande (en 1707 et en 1758) ;

l'ancienne Maison du Poirier-Chérel, située chemin de la Motte-Brulon. Propriété des familles Mauchien, sieurs de la Chevallerière (en 1674) et Chérel, sieurs de la Tourneraie (en 1710 et en 1763) ;

l'ancienne Maison de la Tauverais, située chemin de la Motte-Brulon. Propriété successive des familles Martin, le Moulnier (vers 1555), des Hayers (en 1571), Henry (en 1617 et en 1674), Jonneaux, sieurs de la Noë-Mareul (en 1759) ;

la Maison des Grandes Cours, située chemin de la Motte-Brulon. Propriété successive des familles Rouyer (en 1723), Androuin et Turin ;

l'ancienne Maison de la Chapelle Brûlon. Propriété des familles Picquet, seigneurs de la Motte (en 1697) et Le Barbier (en 1712 et en 1751) ;

l'ancien manoir du Gast, situé route d'Antrain-sur-Couësnon. Propriété successive des familles Rabault (en 1427), le Dô (en 1611), Deschamps (en 1661 et en 1678), Gaultier, sieurs de la Vallée (au XVIIème siècle), Chérel, sieurs de la Tournerais (en 1730 et en 1759) ; 

l'ancienne Maison des Gantelles, située route d'Antrain-sur-Couësnon. Propriété successive des familles Duchemin (en 1654), Thérault, sieurs des Abbayes (en 1702), Le Chaisne (en 1711), Choquené (en 1760) ;

l'ancienne Maison du Poirier-Nivet, située route d'Antrain-sur-Couësnon. Propriété de la famille Nivet (en 1657 et en 1716) ;

l'ancien Pont d'Etuce, cité dès 1458. Il est réparé en 1537 ;

l'ancienne Maison des Roncerais, située route d'Antrain-sur-Couësnon. Cette maison fait partie du village du Chapitre qui relevait jadis du Chapitre de Rennes. Elle possédait une orangerie au XVIIIème siècle. Propriété de Perrine Paris, veuve de Gilles des Hayers (en 1557), puis des familles Mérault (en 1674 et en 1700), Henry, seigneurs de la Plesse (en 1705) et Boisgeslin, marquis de Cucé (en 1730) ;  

l'ancien manoir de la Héronnière ou de la Perrière, situé route d'Antrain-sur-Couësnon et propriété des familles Aliaume et Londel (en 1668 et en 1718) ;

l'ancienne Maison de la Croix-Herpin, située route d'Antrain-sur-Couësnon. Propriété successive des familles Gautier, Le Breton (en 1571), Rollée, sieurs de Champoury (au XVIème siècle), Herpin (en 1711 et en 1724) ;

la Maison du Placis, située route d'Antrain-sur-Couësnon. On y voyait en 1674 des douves et un pont-levis. Propriété successive des familles Haslé, Boishamon, Blandin sieurs de la Closture (en 1674), Pottier, sieurs de la Grenelais (en 1703), Feudé, seigneurs de la Bouexiere (avant 1718), Robert (en 1718), Petitpain (en 1746) ;

l'ancien Manoir des Bois, cité en 1621. Propriété de Gilette Primaignier, veuve de Julien Denoual sieur de Grenet (en 1653 et en 1670), puis des familles Hervé (en 1693), Feudé sieurs des Cours (en 1710 et en 1756) ;

l'ancien manoir de la Haute-Gailleule, mentionné dès le XIIème siècle. Propriété successive des familles Rocher (en 1405 et en 1513), Marquer (en 1545), Bourgneuf (en 1614), Rogier, comtes de Villeneuve (en 1665), Ravenel, seigneurs du Boisteilleul (en 1700), Boisgeslin, seigneurs de Cucé (en 1702 et en 1789) ;

l'ancien manoir de la Basse-Gailleule, restauré, semble-t-il, en 1733. Propriété de la famille Lévêque (en 1513), puis de Renée de Bourgneuf, femme d'Eugène Joseph Rogier, comte de Villeneuve (en 1653) ;

l'ancienne Maison des Trois Pignons, située route de Fougères et mentionnée dès 1700 ;

l'ancien manoir du Tronchet, situé route de Fougères. Propriété successive des familles Tronchet sieurs de la Saudrays, Poussomel (en 1513), Saint-Germain Thouvenin (en 1679), Caradeuc (en 1720 et en 1766) ;

la Maison de la Grenouillais située route de Fougères. Ses douves subsistent encore. Propriété de la famille Nouvel (en 1642 et en 1738) ;

l'ancienne Maison des Fourneaux, située route de Fougères et propriété de la famille Lambert (en 1684 et en 1746) ;

l'ancien manoir de Gallet, situé route de Fougères. Il possédait au XVIIème siècle une chapelle avec son cimetière et son clocher ainsi qu'un puits. Le portail était surmonté de deux colombiers. Propriété successive des familles le Vallais (en 1537 et en 1576), Ferré, seigneurs de la Villesblanc (en 1656 et en 1684), le Vicomte, seigneurs de la Houssaye (en 1740 et en 1765) ;

l'ancienne Maison de la Chauverais, située route de Fougères. Propriété successive des familles Perrier, sieurs de Kerruel (en 1626), Blohio, sieurs de Kervern (en 1668 et en 1675), le Bouëxic, seigneurs de la Ferronnays (en 1684 et en 1789) ;

l'ancienne Maison des Landes, située route de Fougères et surnommée encore la Mare-aux-Cannes. Propriété de la famille Lédelin, sieurs de Villeneuve (en 1702) ;

l'ancienne Maison des Gaudinais, située route de Fougères. Elle possédait jadis une chapelle privée et relevait roturièrement du prieuré de Vaux. Propriété successive des familles Pinot (en 1669), Jeanne le Hartel veuve de Gabriel Hélye, sieur de la Blarre (en 1718), Renée Aimée Robert, épouse de Thomas Hélye sieur de la Blarre (en 1734), Moullin (en 1739) ;

l'ancienne Maison de Jouanet, située jadis route de Saint-Sulpice la Forêt et démolie vers 1899. Propriété successive des familles Lorant, Chalmel (en 1689), Frandin (en 1704 et en 1730) ;

l'ancienne Maison des Champs-Renaud, située jadis route de Saint-Sulpice la Forêt. Propriété successive des familles de Brégel seigneurs de la Couaplays, Farcy (en 1683), le Brégel, Amette seigneurs de la Bourdonnaye (en 1684 et en 1700) ;  

l'ancienne Maison de la Loriais ;

l'ancien manoir de la Cormerais (XVI-XVIIème siècle), située jadis route de Saint-Sulpice la Forêt. Il conserve un petit cadran solaire (XVIIIème siècle). Propriété de la famille Faure, sieurs de la Cochardière (en 1697 et en 1763) ;

l'ancienne Maison du Clos-Pilet, située route des Longs-Champs. Elle avait été donnée en 1679 au Collège des Jésuites par Nicole de la Monneraye, veuve d'Etienne de Londel (en 1679) ;

l'ancienne Maison de la Croix-Cohan, située route des Longs-Champs. Propriété successive des familles Gérard (en 1622), Louvel, sieurs de la Chauvelière (en 1695), le Ribault, sieurs des Perrières (en 1702 et en 1752), Hingant, sieurs de Saint-Maur (en 1758 et en 1765) ;

l'ancienne Maison de la Haute et de la Basse Lande-Morin, situées route des Longs-Champs. La Haute Lande-Morin appartenait successivement aux familles Tual (en 1620), Jamoays (en 1642 et en 1717), Ménissier (en 1736 et en 1743), Bigot (en 1751). La Basse Lande-Morin appartenait successivement aux familles Jamoays, sieurs du Hil (en 1684 et en 1708), Dubois (en 1741 et en 1758). A noter que les carrières de pierre de Lande-Morin sont citées dès 1447 ;

l'ancienne Maison des Plantes, située route des Longs-Champs. Propriété de Jacquette Thouvenin, dame des Marzelles (en 1689) et de la famille Caradeuc, seigneurs de la Chalotais (en 1712 et en 1766) ;

l'ancien manoir du Haut Coësmes, située route des Longs-Champs. Ce manoir possédait un droit de haute justice. Il possédait jadis une chapelle privée. Propriété successive des familles Pymers (en 1571), Patier (en 1621), Pigeon, sieurs de la Violays (en 1689), Pichon (en 1743) ;

l'ancienne Maison de Lévénière, située route de Paris. Propriété successive des familles Goutard (en 1686), Jouanne (en 1731), Ginguené (en 1749), Bédée, seigneurs de la Bouëtardaie (en 1766 et en 1789) ;

l'ancien manoir de la Touraudais, situé route de Paris. Propriété successive des familles Tourault (en 1488), Hino (en 1671), Ribault (en 1713), Main, sieurs de la Boujardière (en 1730) ; 

l'ancienne Maison de Beaulieu ou du Baudiot. Propriété successive des familles Baron, sieur de la Rouxelais (en 1668), Eriau, sieurs du Tertre (en 1696), Guichard (en 1763) ;

l'ancien château de Baud, surnommé jadis Boon ou Born. Il possédait autrefois une fuie et une chapelle privée reconstruite en 1778 et aujourd'hui détruite. Propriété successive des familles Bouëxel (en 1463), du Margat (en 1513), Godet (en 1576), Biré, sieurs de la Bidière (avant 1632), Dyaies, sieurs de la Mendaye (en 1632), Martin, seigneurs des Hurlières (en 1663), Jacquemine de Révol, dame de Beauregard (en 1690), Nicou (en 1716), Butier de la Chesnais (en 1755), Raguenel, seigneurs de la Noë-Ferrière (en 1778) ; 

la Maison du Petit Baud, située près du château de Baud et appartenant à l'Abbaye de Saint-Melaine de Rennes. Propriété des familles Davy (en 1679), le Moine (avant 1722), Moulien, sieurs de la Garde (en 1722 et en 1745) ;

l'ancienne Maison de la Croix-Bernard, située route de Chantepie. Propriété des familles Toudoux (en 1726) et Blesteau, sieurs du Tertre (en 1732 et en 1764) ;

l'ancienne Maison du Champ-Robin, située route de Chantepie. Propriété successive des familles Gascher, sieurs de la Chevronnière (en 1688), du Breil comtes de Rays (au milieu du XVIIIème siècle) ;  

l'ancienne Maison de la Grande Bouquinais, située route de Chantepie. Propriété successive des familles Barril (en 1297), le Duc (en 1551), Fébry (en 1679 et en 1709). L'ancienne Maison de la Petite Bouquinais appartenait successivement aux familles Guillard (en 1689), Hino (en 1771), puis à l'Abbaye de Saint-George ;

les anciennes Maisons du Haut et du Bas Sancé, situées route de Chantepie. Le Haut-Sancé est la propriété successive des familles Mahé (en 1643), Georges (en 1714), Métayer (en 1750) ;

l'ancienne Maison du Noyer, située route de Chantepie. Propriété successive des familles Poix, sieurs de la Tournerays (avant 1703), Heuzé (en 1703 et en 1765) ;

l'ancienne Maison du Grand Breil, située route de Chantepie. Propriété successive des familles Bertelot, sieurs de la Planche (en 1666), Prêteseille, sieurs de la Thibaudière (en 1676 et en 1695), Grivel (en 1703), Bertelot, sieurs du Plessis (en 1754 et en 1763) ;

l'ancienne Maison du Bignon, située route de Chantepie ;

l'ancienne Maison de la Rue-aux-Chapons ou de la Mare-aux-Chapons, située route de Vern-sur-Seiche et démolie en 1896. Propriété de Louise Bernard, veuve de Jean Martin, sieur de la Balluère (en 1690) et de la famille Martin (en 1714) ;

la Maison du Haut-Bignon, située route de Vern-sur-Seiche. Propriété de Gillette Mellet, veuve de Jean Lecocq (en 1679), puis des familles Rouyer, sieurs des Isles (en 1712 et en 1727), Gazon (avant 1738), Cornu (en 1738 et en 1760) ;

le pont de Blosne, mentionné dès 1475 ;

l'ancienne Maison de la Forgerais ou de la Forgeais, située chemin de la Bardais. Propriété successive des familles Davy (en 1695 et en 1731), Moulin, Yviquelle de Saint-Goustan (en 1738), Chevy (en 1750), Bureau (en 1751 et en 1759) ;

l'ancienne Maison de Belleville, située chemin de la Bardais. Propriété successive des familles Gallais, sieurs de la Ruée (en 1652), Palasne (en 1682), Feudy (en 1700 et en 1766) ;

la Maison de la Grande Thébaudais ou de la Thébaudais au Coq. Propriété successive des familles Liepvre (en 1645 et en 1662), Fontaine (en 1664), Tournatory-Bardin (en 1753). Il existe aussi une Maison de la Petite-Thébaudais ;

l'ancienne fontaine de Quineleu, mentionnée en 1485 et aujourd'hui disparue ;

les retenues situées rue des Ormeaux : Quineleu (propriété de la famille Glézen en 1750 et 1760), le Hil (propriété des familles Malescot, Fouesnel sieurs de la Villéon en 1689, Geffrard en 1692, Le François en 1755), les Ormeaux (propriété des familles Hamel, Favier, Tréguilly en 1726), le Cormier (propriété de la famille Bahelot puis des Carmes en 1650), le Haut-Quineleu (propriété des familles Charmoy sieurs de la Metterie en 1671, Lambot en 1697, Béchet en 1704, Tual sieurs du Bas-Jussé, Roussin en 1741 et en 1760) ;

l'ancienne Maison de la Valaiserie, située chemin de Quineleu. Propriété successive des familles Justel, sieurs des Alleux (avant 1669), Jeanne Marie Sauvageau, épouse de Jean Baptiste le Gal, sieur de Meneguen (en 1669), Le Gal (en 1729), Marguerite Hazard, veuve de Pierre Lancelot (en 1748), Foulon (en 1783) ;

l'ancienne Maison de la Caliorne, située chemin de Quineleu. Propriété successive des familles Glet, sieurs de la Hurlais (avant 1662), Rouvray, seigneurs du Bois-Rouvray (en 1662), Fougère (en 1682), Racinoux, Benoist, sieurs du Verger (avant 1730), Triguilly (en 1730), Benoist (avant 1732), Bigot (en 1732 et en 1784) ;

l'ancienne Maison de la Godmondière, située chemin de Quineleu. Propriété successive des familles Bouëdan (en 1688), Julienne du Rocher, veuve de Jean Sauvey, sieur des Mazures (en 1697), Julienne Delorme, veuve de Laurent Tanguy (en 1774) ;

l'ancien manoir de Riaval, situé chemin de Quineleu. Propriété successive des familles Barilliez (en 1513 et en 1593), Micault (en 1613), de Vollant (en 1639), la Bignolaye, sieurs de la Ville-Mallart (en 1685 et en 1719), Roy, sieurs de la Trochardais (en 1731 et en 1749), Geslin, sieurs de Châteaufur (en 1763) ;

l'ancienne Maison des Planches, située route de Chatillon-sur-Seiche. Propriété successive des familles Amette, sieurs de Calligné (en 1678), Lodin, sieurs de Villeneuve (en 1705 et en 1751). Il dépendait en 1755 de l'Hôtel des Gentilshommes ;

la Maison de la Vigne, située route de Chatillon-sur-Seiche. Propriété successive des familles Boullay (en 1655), Brunet, sieurs du Guillier (en 1686 et en 1739), Saint-Méloir, seigneurs de la Ville-Robert (en 1756 et en 1789) ;

l'ancienne Maison de la Boulais, située route de Chatillon-sur-Seiche. Propriété de la famille Serpin en 1682 ;

la Maison de la Grande-Richardière, située route de Chatillon-sur-Seiche. Propriété de la famille Grands Carmes (en 1671 et en 1789) ;

la Maison de la Petite-Richardière, située route de Chatillon-sur-Seiche. Propriété de la famille Macé (avant 1701), puis de Mauricette Nouvel, veuve de Louis Labasme (en 1701) ;

l'ancien manoir de Saint-Donatien-de-la-Forêt, situé route de Chatillon-sur-Seiche. Il possédait jadis une chapelle privée, reconstruite en 1665. Saint Donation et sa chapelle sont cités dès 1096, époque à laquelle Cario, fils de Trescand donna à l'Abbaye de Saint-Georges de Rennes tout le territoire compris entre la chapelle de Saint-Donatien et le ruisseau du Blosne. Siège d'une seigneurie ayant appartenu successivement aux familles Bouays (en 1428), Bourgneuf (en 1513), Bougret (en 1625 et en 1692), Poirier (en 1748) ;

l'ancien manoir du Bouëdrier, situé route de Chatillon-sur-Seiche. On y cultivait la vigne au XVème siècle. Il possédait jadis une fuie et une chapelle privée ainsi qu'un droit de haute justice. Propriété successive des familles Bouëdrier (en 1454), Pofrays (en 1513). Le manoir est uni en 1617 à la seigneurie de Bréquigny ;

l'ancien manoir de la Bintinaye, situé route de Chatillon-sur-Seiche. Propriété des seigneurs la Bintinaye, puis des familles Bourgneuf (en 1513), Loret (en 1625), Sorin (avant 1682), Le Mélorel (en 1682), le Bastard, seigneurs des Métairies, Bernard de Kersaouët et de Kergrée (en 1717), Bazin (en 1733 et en 1747) ;

le manoir des Hautes-Ourmes, situé chemin de Goupillais. Il possédait jadis une chapelle privée (XVIIème siècle). Propriété successive des familles le Breton, sieurs de Bréquigneul (en 1639), Rallier, sieurs du Baty (en 1655), Marie Anne Pelet, veuve de Jean François de Rieux, seigneur de la Ville-Aubert (en 1734) ;

l'ancien manoir des Basses-Ourmes, situé chemin de Goupillais. Propriété de Renée Midy, veuve de Pierre Fouquet, sieur de la Motte (en 1681), Clavier (en 1690), Feuvy (en 1715 et en 1724), Olive Baubigné, veuve d'Abraham Comdamain (en 1731) ;

la Maison de Landrel. Propriété de la famille Marion (en 1683 et en 1758) ;

le village de Torigné, situé chemin de Goupillais, avec les maisons de Torigné (propriété de la famille Drouet, puis Robineau, sieurs de la Thibaudière en 1701 et au milieu du XVIIIème siècle), Haut-Torigné (propriété de la famille Collin, sieurs des Graviers en 1740), du Petit-Beaulieu (propriété de la famille Frémont en 1704), de la Martinière (propriété de la famille le Rouyer en 1670), du Chaussix (propriété de la famille Canche en 1753), de la Maison Neuve, du Roséno ;

la Maison du Gascel, située chemin de Goupillais. Propriété de Catherine Le Hay, veuve de Jean Maujouan (en 1689), Nerbon (en 1719) ;

l'ancienne Maison du Cormier, située chemin de Goupillais. 

la Maison des Ecotais, située chemin de Goupillais. Sa chapelle date de 1709. La maison relevait roturièrement de la seigneurie de Bréquigny. Propriété des familles Pichart (avant 1645), Liepvre, sieur de la Thébaudais (en 1645), Avril, sieurs des Plantes (en 1680), Liepvre (avant 1705), Narbon (en 1705), Amiot (en 1744), Lucas (en 1757) ; 

la Maison de la Benquenais, située chemin de Goupillais. Propriété successive des familles Pinczon, Le Mareschal, le Breton, sieurs de la Croix (en 1652), Macé (en 1678), Laquiton (en 1706) ; 

l'ancienne Maison de la Moinerie, située chemin de Goupillais ;

l'ancien manoir des Provotais, situé chemin de Goupillais. Propriété successive des familles Ribault, sieurs des Perrières (en 1711) et Hingant de Saint-Maur (en 1760) ;

l'ancienne Maison de la Haute-Salmonière, situé chemin de Goupillais. Propriété de la famille Riallan (en 1711), puis de la famille le Couturier (en 1788) ;

le château de Bréquigny, reconstruit au XVIIème siècle. Il possèdait jadis une chapelle privée reconstruite en 1686, une orangerie, un colombier, un pont-levis et des douves. Il avait un droit de haute justice. Propriété successive des familles du Bouays (en 1380), Déserts (en 1427 et en 1513), Espinay, sieurs du Boisduliers, Téhillac, Meneust (vers 1573), Morant (au milieu du XVIIème siècle, en 1789), Menou et Boberil ;

l'ancienne Maison du Haut-Blosne, située route de Nantes. Propriété successive des familles Désert (en 1513), le Gal (en 1612), Guérin (au XVII-XVIIIème siècle), Pierre de Lempérière, sieur du Désert (en 1750), Guihommeraye-Grézillonnais (au début du XVIIIème siècle) ;

l'ancien manoir de la Guibourdière (XVIème siècle), situé sur l'ancienne route de Redon. Propriété successive des familles Carrion (en 1553), Jouvin (en 1631), Aubrée (en 1698 et en 1749) ;

l'ancienne Maison de la Touche, située chemin de Guines. Propriété successive des familles Busnel et Mouessy, sieur de Tarouanne (avant 1645), Deshays, sieurs des Ousches (en 1645, en 1695), Boullemer (en 1701), le Bons (en 1736), Marquer (en 1739), Villeneuve (en 1789) ;

plusieurs anciennes maisons, situées chemin de Cleunay : la Maison Rouge, la Maison des Ormeaux, la Grande Maison, la Maison de la Cour Mouillée, la Maison de la Corbinière (propriété de la famille Corbin, sieurs de la Morinais en 1721, puis de la famille Isle en 1763), la Maison Saint-Pierre (propriété successive des familles Denoual avant 1621 et Minimes en 1621, puis du Chapitre de Rennes en 1622) ;

le manoir de la Guérinais, situé chemin de Cleunay. Elle possédait jadis une chapelle privée datée de 1675. Propriété successive des familles Noël Feudry et Marie Morin (en 1675), Nicole Le Roy, dame du Maine de la Josserie et Céleste Pierre Morin (en 1718), Davy, sieurs de la Boulaye (avant 1732), Isle (en 1732) et Viart, seigneurs de Mouillemusse (en 1789) ;

l'ancien manoir de Sainte-Foi, situé route de la Prévalaye. On y voyait jadis une chapelle mentionnée dès la fin du XIIème siècle et qui relevait de l'Abbaye de Saint-Georges de Rennes. La chapelle donna naissance à un manoir qui appartenait à la famille de Beaumont (en 1427), puis à la famille de Beaucé (en 1513) et à la famille Thierry, seigneurs de la Prévalaye (en 1543 et en 1750) ; 

l'ancienne Maison du Petit-Sainte-Foi, située route de la Prévalaye. Propriété de la famille Debroise en 1742 et en 1758 ;

la Maison de la Fosse-Piteux, surnommée aussi Sainte-Foi et située route de la Prévalaye. Propriété de la famille Greffier, sieurs de Beaumont (en 1659), puis de la famille Poulain, sieurs de Sainte-Foi (en 1712 et en 1739) ;

le château de la Prévalaye, encore appelé "Prée Vallais" à la fin du XVIème siècle et aujourd'hui détruit. Le Prévalaye avait jadis un droit de haute justice. Ses parties les plus anciennes dataient du début du XVIème siècle. Il possédait jadis une chapelle privée datée de 1683, une fuie circulaire, une tourelle polygonale. Propriété successive des familles Boyvin (en 1427), Thierry (seconde moitié du XVème siècle), Espivent de la Villeboisnet marquis de la Prévalaye ;

l'ancien manoir de la Vieuxville, situé route de la Prévalaye. Propriété de la famille Thierry, seigneurs de la Prévalaye (en 1513) ;

l'ancienne Maison du Grand-Blosne, située route de la Prévalaye. Propriété de la famille Déserts (en 1513) ;

l'ancienne Maison du Petit-Blosne, située route de la Prévalaye ;

l'ancienne Maison des Bougrières, située route de la Prévalaye. La maison possédait jadis une fuie. Propriété de la famille Bougrières (citée dès le XIème siècle) et de la famille Thierry, seigneurs de la Prévalaye (en 1513 et en 1742) ;  

le manoir de Lillion (XVIIème siècle), situé route de la Prévalaye. Il possédait jadis une chapelle privée datée de la fin du XVème siècle. Propriété successive des familles Pofrais (en 1513), Chauvel (en 1645 et en 1735), du Bois, sieurs de la Vrillière (en 1769), Chévrier (au XIXème siècle), Huchet ;   

l'ancienne Maison de Salibard, située route de la Prévalaye. Propriété de la famille Jouet, sieurs de Launay (en 1701) ;

l'ancienne Maison de l'Epine, située au village du Pré-Numet. Propriété successive des familles Potiron (en 1646), Perdriel, sieurs de Beauval (en 1654), Simon (en 1660), Larcher, sieurs de la Motte (avant 1700), Jouet, sieurs de Launet (en 1700) ;

l'ancien manoir de la Motte-au-Chancelier, situé route de Lorient. Il possédait jadis une chapelle privée qui existait dès 1678. Propriété successive des familles Becdelièvre, seigneurs des Roussières (en 1559), Kerboudel, seigneurs de la Cour-Péan (en 1657 et en 1747), de Langle ;

l'ancienne Maison de la Lande-Touzard, située route de Lorient. Propriété de la famille Farcy, sieurs de la Jannaye (en 1687 et en 1717), puis de Marie Laloust, veuve de René Ravent (en 1724) ;

l'ancienne Maison du Petit-Servigné, située route de Lorient ;

l'ancienne Maison de l'Epine, située route de Lorient. Propriété de la famille Tétiot en 1719 et en 1761 ;

l'ancien manoir du Grand-Servigné, situé route de Lorient. Il possédait jadis une chapelle et une fuie. Propriété successive des familles Chouart (en 1427 et en 1513), Trouillot, sieurs du Teilleul (en 1654), le Bartz (en 1721), Blain, sieurs de Saint-Aubin (en 1746) ;

l'ancienne Maison de la Hais-Clairis, située route de Lorient. Propriété de la famille Duchemin, sieurs du Tertre (en 1719) ;

l'ancienne Maison du Pré-Sec, située route de Lorient. Propriété successive des familles Beaumont (en 1427), Bertrand (en 1513), Farcy (en 1610), Drouet (en 1671), Hubert, sieurs de la Massue (en 1749) ;

l'ancienne Maison de la Barre-Thomas, encore surnommée la Bertennais et située route de Lorient. Elle possédait jadis une fuie. Propriété successive des familles Havart (en 1427), de la Carpraye (en 1662), Renée Trouillot femme de Guillaume le Bartz (en 1700), Cormier, sieurs du Chesnay (en 1719), Lescouët, sieurs de la Guérande (en 1720 et en 1731) ;

l'ancienne Maison de la Croix-Rouge (ou de la Croix-Guéhéneuc ou de Relair), située route de Vezin-le-Coquet. Propriété de la famille de Lourme, sieurs de la Bannière et de la famille Rosmadec, barons de Saint-Jouan (au début du XVIIème siècle). Puis, propriété successive des familles Carré, Chevrier (en 1638), Testard, sieurs de Redas (en 1657 et en 1691), Houssais, Tétiot (en 1730), Vallet (en 1763) et Duherme (en 1784) ;

la Maison de la Haute-Division, encore surnommée la Haute-Vision au XVIIème siècle et située route de Vezin-le-Coquet. Propriété successive des familles Ravend, sieurs de la Palière (en 1684), Chantrel (en 1714) et Gillaux ;

l'ancien manoir du Grand-Champeaux, située route de Vezin-le-Coquet. Il possédait une fuie en 1653. Propriété successive des familles le Vayer (en 1427), de Férourné (en 1513), Aguillermy (en 1546 et en 1552), Gouairé, Rosnyvinen seigneurs de Camaret (avant 1683), du Mans, sieurs de la Challais (en 1683 et en 1691), Souchay (en 1714) ;

l'ancienne Maison du Bas-Champeaux, située route de Vezin-le-Coquet. Propriété successive des familles Chouart (en 1513), Gouayré (en 1663), Colleu, sieurs de la Villernault (en 1667 et en 1696), Vallées, sieurs du Désert (en 1719) ;

l'ancienne Maison du Petit-Champeaux, située route de Vezin-le-Coquet. Propriété de la famille le Compte, sieurs de la Gaillardière (en 1704) ;

l'ancienne Maison du Haut-Champeaux, située route de Vezin-le-Coquet. Propriété successive des familles Thébault, sieurs de Grasse-Vache (avant 1690), Gazon, sieurs du Haut-Chemin (en 1690 et en 1719) ;

l'ancienne Maison de la Motte-Gautier ou de la Motte-Gautheux, située route de Vezin-le-Coquet. Propriété de la famille Testard en 1691 ;

l'ancien manoir de la Communais (vers 1418), situé route de Brest. Il possédait jadis une chapelle privée, un colombier, une tourelle et un grand portail à pont-levis. Propriété successive des familles du Margat (en 1513), Girard, sieurs de la Hardouinays (en 1659), le Clerc, sieurs de Vernois (en 1672), Pupil (en 1683), Pierre, sieurs de la Granelais (avant 1709), Busson (en 1709), Morin, sieurs de la Longuinière (en 1734) ;

l'ancien manoir de Malifeu, situé route de Brest. On y voyait jadis une fuie et des douves, ainsi qu'une chapelle dans une île. Propriété de la famille du Mesnil (en 1513), puis de la famille de Guersans (en 1659 et en 1712) ;

le château de la Martinière, signalé dès 1240 et situé route de Vezin-le-Coquet. Il est saccagé pendant les guerres de la Ligue. Il ne conserve d'ancien que son portail. Le château possédait jadis une chapelle privée, une fuie et une prison. Il possédait autrefois un droit de haute justice avec des fourches patibulaires à quatre poteaux. Propriété successive des familles Martinière (en 1427), Marec'h (vers 1510), la Chapelle, seigneurs de la Roche-Giffart (en 1617), Barrin, marquis du Bois-Geffroy (en 1663), de Mornay, comtes de Montchevreuil (en 1699), aux comtes de Lannion (en 1755 et en 1764), la Rouchefoucaud, ducs de Liancourt (avant 1773), de Marnière, marquis de Guer (en 1773 et en 1789), Jouon des Longrais ;

l'ancien manoir de la Touche-Thébaud, situé route de Vezin-le-Coquet. Propriété de la famille de Beaucé, seigneurs de Montbarot (en 1440). Il reste la propriété des seigneurs de Montbarot jusqu'en 1789 ;

le château de Villejean ou de la Brazillais (XVIIème siècle), situé route de Villejean au Breil. Il possédait jadis une fuie. Les vignes de Villejean sont mentionnées dès 1282. Propriété successive des familles Cormier (en 1551), le Texier (en 1640), Martin (en 1672), de Guersans (en 1683), du Mans, sieurs de la Chalais (avant 1713), le Chapelier, sieurs du Plessis (en 1713), de Saint-Germain, de Pioger et de la famille la Cropte de Chantérac ;

l'ancien manoir du Grand-Villejean, situé route de Villejean au Breil. Propriété de Jean du Bouëxic, seigneur de la Driennays et à Lucrèce Roucheran son épouse (en 1659 et en 1669), puis de Marie de Roucheran, épouse de Claude de Santo-Domingo (en 1687), Simon, sieurs de la Chambre (avant 1707), du Mans (en 1707) ;

l'ancien manoir du Bourg-Nouveau, situé route de Villejean au Breil. Il est mentionné dès 1468. Le linteau de l'une des portes est gravé de la date de 1650. Propriété successive des familles Vallois (en 1513), Greffier (en 1658 et en 1668), Gardin, sieurs de l'Estrillé (en 1674), Lambert (en 1689) ;

l'ancien manoir de Montbarot, situé route de Villejean au Breil. On y trouve les dates de 1625 (sur les deux pilastres cannelés d'une des fenêtres du premier étage) et 1624 (sur une pierre de granit). Il possédait jadis un colombier, des douves et une chapelle privée. Montbarot est érigé en baronnie en 1670 et possédait jadis un droit de haute justice : ses fourches patibulaires étaient à quatre poteaux. Propriété successive des familles de Beaucé, seigneurs du Chesnay (en 1427 et en 1459), Domaigné (en 1480), de Québriac (vers 1500), Marc'h (en 1513 et au XVIème siècle), Béringhen (au début du XVIIème siècle), Guillemette Maingreneau, veuve de Julien Greffier (en 1649), la Monneraye (en 1674 et en 1789) ;

l'ancienne Maison des Roches ou du Petit-Montbarot, située route de Villejean au Breil. Elle possédait jadis une chapelle privée. Propriété successive des familles Jouin, Petit, du Pont (en 1513 et en 1562), Greffier, la Monneraye, Aulnette, sieurs de la Granelais, Botherel, seigneurs du Coudray (en 1653), le Franc (en 1653), Murault, sieurs de Cohignac (en 1685), Lemée (en 1701) ;

l'ancienne Maison de la Harpe, située route de Villejean au Breil. Propriété successive des familles Hayers (en 1702), Renée Jeanne Guerre, veuve de Pierre-André Garnier (en 1751) ;

l'ancien Prieuré du Bois-l'Abbé, situé route de Villejean au Breil. Il dépendait jadis de l'Abbaye de Saint-Melaine de Rennes. On y trouvait jadis a proximité une ancienne chapelle, fondée en 1463, qui existait encore en 1791. Il possédait aussi un colombier détruit dès 1679 ;

le manoir de la Lande de Breil, situé route de Villejean au Breil. Le manoir primitif est mentionné dès 1403. Sa chapelle, mentionnée dès 1610, est reconstruite en partie en 1709 (son retable passait pour provenir de l'ancienne cathédrale de Rennes) : la chapelle est aujourd'hui détruite. Propriété successive des familles le Breton (en 1655), Dumaine, sieurs de la Josserie (en 1723), le Breton (en 1905) et le Provost de la Roche ;  

l'ancien manoir du Grand-Breil (XVI-XVIIème siècle), situé route de Villejean au Breil. Propriété successive des familles Feillée (en 1513), Monneraye, Corvaisier seigneurs de Pellaine, Hay seigneurs des Nétumières (avant 1662), Monneraye seigneurs de la Maillardière (en 1662 et en 1789) ;

l'ancien manoir de Tesgués, situé route de Villejean au Breil. Il possédait jadis une chapelle privée. Propriété successive des familles Blanchard (en 1513), le Corvaisier seigneurs de Pellaine, Frain seigneurs de la Villegontier (avant 1661), Guynard, sieurs de la Marre (en 1661 et en 1739), Poulain, sieurs de Saint-Père (en 1789) ;

l'ancienne Retenue de la Pilonnière, située route de Villejean au Breil. Propriété successive des familles Saudray (avant 1698), Fauvel (en 1698 et en 1733) et de Madeleine Davy, veuve de Gilles Richard (en 1763) ;

l'ancienne Maison de la Petite Touche-Audierne ou de la Basse Touche-Audierne, située boulevard de Verdun. Propriété successive des familles Thébauld, Pitouays (en 1617 et en 1673), Yvon sieurs de la Poisnais et Françoise des Hayes (en 1711), Gazon (en 1761) ;

l'ancien manoir de la Grande Touche-Audierne, situé boulevard de Verdun. Il possédait un colombier en 1543. Propriété successive des familles Romelin (en 1427), le Rouge (en 1513), de Coëtlogon (en 1543), Godebille (avant 1625), le Caneulx, sieurs de Sainte-Foy (en 1625), Huart, seigneurs de la Bourbansaye (en 1753) ;

l'ancienne Maison de la Fleuriays, située boulevard de Verdun. Propriété successive des familles Daussy, sieurs du Rocher (en 1674), Prime (en 1697), Loreu, sieurs de Bignon (en 1712) ;

l'ancien château de Coëtlogon, appelé autrefois la Lande, puis la Lande-Coëtlogon et situé boulevard de Verdun. Il possédait jadis une chapelle privée reconstruite en 1784, un grand vivier et un colombier. Coëtlogon possédait autrefois un droit de haute justice. Propriété successive des familles Romelin (au milieu du XVème siècle), le Rouge, seigneurs de Kerbério (au début du XVIème siècle), Coëtlogon (en 1536), Ruellan, seigneurs du Tiercent (en 1610), Coëtlogon (en 1647), Charpentier (en 1682), Henry, seigneurs de la Plesse (en 1699), Boisgeslin, marquis de Cucé (en 1730), Charette, barons de la Colinière (en 1781) ;

l'ancienne Maison de la Grande Cloustière (1602). Propriété successive des familles Sorin (en 1626), Mélorel (en 1684 et en 1707), Catherine Basselot, veuve de Claude le Jausne, sieur de la Rioletais (en 1734), Jeanne le Jausne, veuve de François Haligon (avant 1754), Bertier (en 1754) ;

l'ancienne Maison de la Petite ou de la Basse Cloustière. Propriété successive des familles Loisel, sieurs de la Perrière (en 1668) et Boulard, sieurs des Piliers (au début du XVIIIème siècle) ; 

l'ancien manoir du Grand Cucillé. Propriété successive des familles Margat (en 1513), Bréon (en 1638), Coëtlogon (en 1668), Charpentier (en 1682), Henry, seigneurs de la Plesse (en 1699) ;

la maison du Petit Cucillé. Propriété de la famille Fuzier (en 1703), puis de la famille Pollet (en 1734) ;

l'ancien manoir de Milan. Propriété successive des familles le Chapelier, Truillot sieurs du Teilleul (en 1660 et en 1689), le Bartz (en 1693), Lohier sieurs de Quincé (en 1763) ;

la maison du Haut-Chemin. Elle possédait jadis une chapelle privée. Propriété de Julienne Nouyallet (en 1654), Gastel, Grivel (avant 1676), Gazon (en 1676), Gallet (en 1703) ;   

l'ancienne Maison de la Grabotière. Elle relevait de la seigneurie de la Plesse. Propriété successive des familles Louaisel (en 1664), Pichot (en 1695 et en 1733), Prudhomme sieurs de la Lande (en 1745), le Marchand sieurs de la Poupinais ;

l'ancien manoir de la Granière. Propriété successive des familles Brillays sieurs de la Chailnière (avant 1661), Cadaran (en 1661), Bertelot (en 1748) ;

l'ancienne Maison des Talus (milieu du XVIIème siècle). Propriété successive des familles Amyot (en 1651), Bourgonnière (avant 1699), le Roy (en 1699), Pennard (avant 1733), Fauvel (en 1733), la Goublaye sieurs de Nantois (en 1748 et en 1763) ;

l'ancienne maison de la Gaucheraie. Propriété de Françoise Baranton (en 1682), Guersans (en 1684), Oren sieurs de la Ville-Martin (en 1718), la Goublaye sieurs de Nantois (en 1760) ; 

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ANCIENNE NOBLESSE de RENNES

Le comté de Rennes : Rennes, cité d'origine gallo-romaine, fut enlevée à l'empereur Louis le Débonnaire par le roi breton Nominoë vers le milieu du IXème siècle ; depuis lors cette ville a toujours fait partie de la Bretagne. Cent ans plus tard, lorsque les Bretons eurent chassé les envahisseurs normands et reconquis leur pays, il se forma en Bretagne quatre grands comtés, gouvernés par autant de comtes respectivement indépendants, qui tout au plus consentaient à reconnaître l'un d'eux pour chef de la nation sous le nom de duc, sans que cette reconnaissance ôtât rien à l'indépendance de chacun d'eux dans l'administration et dans les limites de son comté. C'étaient les comtes de Nantes, de Rennes, de Cornouaille et de Léon (De la Borderie, Géographie féodale de la Bretagne, 170). « Le libérateur, le vainqueur des Normands en 937, Alain BarbeTorte, comte de Nantes, fut d'abord salué par tous comme chef et duc de Bretagne. Mais après sa mort (en 952), et à la suite d'une longue lutte, la dignité ducale passa dans la maison de Rennes, qui au commencement du XIème siècle, sous le duc Geoffroy Ier (de 992 à 1008), arriva à une prépondérance incontestable » (Voir la Carte féodale de la Bretagne, dressée par M. de la Borderie). La concentration territoriale ne s'arrêta pas là : les comtés de Nantes, de Cornouaille et de Léon furent avec le temps réunis en la main des ducs et l'unité de la Bretagne se trouva refaite au profit du souverain qui, en souvenir de son origine, fit de Rennes la capitale du duché. L'histoire des premiers comtes de Rennes, aussi bien que celle de Geoffroy Ier et de ses successeurs au duché de Bretagne, fait partie de l'histoire générale de la province et nous n'avons pas à la raconter ; le dernier prince portant le titre de duc de Bretagne, François III, dauphin de France, se fit couronner, comme ses prédécesseurs, dans la cathédrale de Rennes, par l'évêque de cette ville en 1532. Le comté de Rennes, tel qu'il fut constitué au XIème siècle dans l'organisation féodale du duché de Bretagne, avait les limites suivantes : à l'Est la frontière bretonne elle-même depuis Juigné jusqu'à l'embouchure du Couasnon ; — au Nord la Manche depuis l'embouchure du Couasnon jusqu'au petit bras de mer séparant Saint-Briac de Lancieu ; — à l'Ouest une ligne conventionnelle très mouvementée prenant Dinan et Lohéac, mais laissant Montauban et Montfort qui faisaient partie du Poutrecoët, et aboutissant à Saint-Ganton ; — au Sud enfin une autre ligne de convention allant de Saint-Ganton à Juigné, laissant Fougeray au comté de Nantes et prenant Bain et Châteaubriand. Outre la ville de Rennes dès l'origine partie faisant du domaine ducal, les comtes de Rennes, ducs de Bretagne, devinrent avec le temps les possesseurs immédiats de quatre seigneuries, dont deux très importantes, sises dans leur comté : Fougères, Dinan, Hédé et Saint-Aubin-du-Cormier. Les autres seigneuries du comté étaient seulement sous la mouvance ducale, voici les principales : baronnies de Vitré, Châteaubriant, la Guerche, Combourg, Bécherel et Lohéac, — châtellenies d'Aubigné, de Châteauneuf, Tinténiac, le Désert, Poligné, Bain et Bréal, — enfin regaires des évêques de Rennes, de Dol et de Saint-Malo. Le comte de Rennes avait de nombreux fiefs tant à Rennes qu'aux alentours, mais il n'avait pas cependant la ville tout entière, en ayant cédé quelques parties tant à l'évêque et au chapitre de Rennes qu'à quelques grands seigneurs comme les sires de Fougères, de Vitré, de Matignon et le vicomte de Rennes. Pour recueillir les rentes lui appartenant en propre à Rennes même et dans la banlieue de cette ville le comte de Rennes avait plusieurs sergents féodés : le sergent de la Bouexière qui avait pour gage féodé la terre noble de Brecé en Noyal-sur-Seiche — le sergent d'Espinay qui jouissait en Acigné de la terre noble d'Escures — et le sergent de Landujan (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, II, 755, et III, 3 – Inventaire des titres du château de Nantes, 427). A  l'angle septentrional des fortifications de Rennes se trouvait le château de cette ville, la Tour de Rennes comme on disait au XIIème siècle. « C'était, suivant la tradition, un ensemble de courtines reliées par six grosses tours, avec un donjon. Là les comtes de Rennes avaient établi leur demeure à partir de l'époque des luttes contre les envahisseurs normands. Depuis le comte Gurwand jusqu'au duc Jean V cette vieille forteresse porta noblement sur ses créneaux la bannière de Bretagne ». « En 1405 le duc donna commission à Amaury de Fontenay capitaine de Rennes de démolir ce vieux château en partie ruine » (De la Bigne Villeneuve, Bulletin de la Société archéologique d'Ille-et-Vilaine, VI, 104). On bâtit avec ses débris une nouvelle porte de ville percée dans la courtine voisine du mur d'enceinte (en 1425) et cette partie prit le nom de porte Saint-Michel à cause de la chapelle du château dédiée à cet archange. Quant à la motte qui portait le donjon du château de Rennes, elle fut afféagée par le duc de Bretagne au sieur de Bonabry, moyennant la redevance annuelle, le Vendredi Saint, d'un gâteau de farine de froment. Plus tard cette motte fut rasée pour permettre au seigneur d'Argentré de construire sur l'emplacement de l'antique résidence des comtes de Rennes un hôtel que détruisit l'incendie de 1720 et que remplace aujourd'hui l'hôtel de la Rivière. A l'Orient du château se trouvait le logis ou manoir de la Feillée où siégeait la Cour de justice de Rennes dont la juridiction s'étendait à tout le duché, sauf le comté nantais. A ce palais judiciaire attenaient les prisons (abbé Guillotin de Corson).

 

La vicomté de Rennes : On appelait vicomté de Rennes un grand fief s'étendant dans cette ville et dans les paroisses voisines, auquel fief étaient attachés la garde du château de Rennes et l'office de lieutenant ou comme on disait jadis, de vicomte ou vicaire du comte de Rennes. Au commencement du XIème siècle l'héritière de cette seigneurie était une dame bretonne nommée Gwenargant que le duc Geoffroy Ier maria à l'un de ses favoris Riwallon premier baron de Vitré (de 1008 à 1030 environs). A partir de cette époque reculée jusqu'au commencement du XVIIIème siècle la vicomté de Rennes demeura unie à la baronnie de Vitré ; ses seigneurs furent donc alors les sires de Vitré que nous faisons connaître ailleurs. Mais par contrat judiciaire du 22 juin 1715, Charles-Louis, duc de la Trémoille et baron de Vitré, vendit la vicomté de Rennes à Pierre-Anne-Bretagne, comte de Lannion, maréchal de camp des armées du roi, et à sa femme Marie-Gaëtane de Mornay de Montchevreul (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, 288). Le comte de Lannion fut tué dans un combat en Italie l'an 1734 et la vicomté de Rennes échut à son fils Hyacinthe-Gaëtan, comte de Lannion, chevalier des Ordres du roi et gouverneur de Vannes, qui épousa en 1738 Marie-Charlotte de Clermont-Tonnerre et mourut le 2 octobre 1762. De cette union naquit Félicité-Sophie de Lannion, mariée à François de la Rochefoucault, duc de Liancourt. Cette dame eut en partage la vicomté de Rennes dont elle jouissait en 1764. Toutefois, le 28 avril 1773, le duc et la duchesse de Liancourt vendirent la vicomté de Rennes à René-Jean de Marnière, marquis de Guer, et à Rose de Cosnoal de Saint-Georges sa femme, qu'il avait épousée en 1764 (nota : les acquéreurs payèrent 378 000 livres les trois seigneuries de la vicomté de Rennes, Espinay-à-Rennes et Montbarrot, vendues ensemble par le duc de Liancourt – Archives d'Ille-et-Vilaine, E 121). Le 3 mars 1776 le marquis de Guer, président à mortier au Parlement de Bretagne, fit en qualité de vicomte de Rennes, son entrée solennelle dans l'église de Toussaint à Rennes. Quand vint la Révolution, René-Jean de Marnière émigra à Jersey ; sa femme était décédée à Rennes le 4 mars 1790 ; lui-même revint mourir en cette ville le 4 septembre 1804 (Archives d'Ille-et-Vilaine, 9 P. 47). La vicomté de Rennes s'étendait dans une portion notable de Rennes et, d'après Le Baud, cinq cents bourgeois de cette ville relevaient d'elle ; elle comprenait une partie des paroisses de Saint-Germain (la rue Haute entre autres rues), de Toussaints (le faubourg et la rue de la Magdeleine), de Saint-Hélier (la rue et le faubourg de ce nom) et de Saint-Martin. Hors de Rennes la juridiction du vicomte s'exerçait en Saint-Grégoire, Bruz, Chartres et Saint-Jacques de la Lande. La haute justice de la vicomté de Rennes siégeait en l'auditoire de la Prévôté où ses officiers avaient leur banc armorié aux armes du vicomte. Ses fourches patibulaires « à quatre posts » se dressaient hors la ville en Saint-Hélier, sur la terre des Hautes-Ourmes dans le champ de la Justice. Ses ceps et colliers « pour correction des blasphémateurs et aultres délinquants » se trouvaient dans la rue Haute, au faubourg de la Magdeleine et près le cimetière de Saint-Hélier. Le vicomte de Rennes était seigneur patron fondateur et premier prééminencier des églises paroissiales de Toussaints et Saint-Hélier — et des chapelles Sainte-Magdeleine en Toussaints, Sainte-Marguerite en Saint-Germain et Saint-Julien en Saint-Hélier. Il avait aussi plusieurs droits honorifiques dans les couvents de Rennes : les Grands Carmes devaient entretenir ses armoiries dans la maîtresse-vitre de leur église et « venir processionnellement à la porte d'icelle pour recevoir ledit seigneur lorsqu'il fait sa première entrée dans ladite église, pour lui présenter leurs respects en corps » ; — les Cordeliers étaient tenus d'entretenir aussi le blason du vicomte « et de faire des prières nominales pour lui pendant la procession de chaque dimanche avant la grande messe, s'arrestant pour lesdites prières dans la chapelle sous l'orgue au bas de leur église » — enfin les Visitandines du Colombier, le prieur de Saint-Thomas et le chapelain de Beaumont étalent sous la mouvance de la vicomté (Déclaration de la vicomté de Rennes en 1682). L'église de Toussaints étant bâtie dans le fief du vicomte et, ayant reçu de lui diverses faveurs, avait, outre les devoirs généraux dus au fondateur, quelques redevances particulières envers lui. Ainsi les paroissiens de Toussaints devaient entretenir à leurs frais les armoiries de la vicomté en quatre endroits différents de leur église, et à la procession des Rameaux, « quand on fleurit la croix du cimetière de Toussaints », on devait prier pour le vicomte et pour le soulagement des âmes de ses parents défunts. — Le jour de la Purification « doibvent de plus lesdits paroissiens et marguilliers de Toussaints aller en nombre suffisant présenter au seigneur vicomte un cierge de cire blanche du poids de deux livres, orné de l'écusson de ses armes, accompagner ledit seigneur (ou son représentant) depuis sa maison et le conduire avec toutes sortes d'honneurs à ladite église de Toussaints, sur un banc qu'ils doibvent placer dans le sanctuaire et couvrir de tapis et coussin pour y entendre la grande messe et assister, si bon luy semble, à la procession qui se fait auparavant ladite messe au dehors et autour de l'église, sans qu'aucun ecclésiastique, gentilhomme ou autre personne puisse à ladite procession précéder ledit vicomte ny marcher à costé de luy, et lors de l'offertoire le célébrant reçoit l'oblation dudit vicomte sans qu'aucun autre se puisse présenter ce jour-là à l'offrande » (Déclaration de la vicomté de Rennes en 1682). Comme l'on rattachait aux premiers vicomtes de Rennes la fondation de la Maladrerie de la Magdeleine en Toussaints, une cérémonie en conservait traditionnellement le souvenir. « Lorsqu'il était question de recevoir et installer des ladres (lépreux) dans cette maladrerie, cela se faisoit processionnellement devant les juges et officiers de la vicomté en présence desquels les ladres et mezeaux étoient obligés de dire une chanson avant d'y estre admis. Le dimanche, 14e jour de février 1429 , furent par les processions conduits à la Magdeleine un nommé Roullequin et l'autre Perrin, ladres ; lorsqu'ils furent à l'endroit d'un ruisseau étant assez près du Puits-Mauger, lesdits paroissiens s'y arrestèrent, et sur une grande pierre estant proche dudit ruisseau, se mirent lesdits mezeaux et là dirent chacun sa chanson en présence des officiers du seigneur vicomte, sçavoir ledit Perrin : Ma chanson est sur la ronche, ma chanson n'est pas plus longue ; et ledit Roullequin : Je hay ma vie et désire ma mort. Et par le possesseur du lieu noble du Puits-Manger, tenu prochement de la vicomté, fut à chacun d'iceux baillé du pain et un verre de vin » (Archives d'Ille-et-Vilaine, E 289). L'église et la paroisse de Saint-Hélier se trouvant dans le fief de la vicomté, « les nouveaux mariés dans l'an, hommes et femmes, ayant épousé en ladite église de Saint-Hélier » étaient « tenus comparoir le dimanche de la Quasimodo, moitié avant et moitié à l'issue de la grande messe paroissiale, proche le cimetière de ladite église devant les juges de ladite vicomté, et chacun desdits hommes présenter deux esteufs (sorte de ballotes) bien unis et sans couture pour estre l'un d'iceux jeté par ordre desdits juges dans la place du Cep vis à vis le cimetière, et ensuit doibt celui des mariés à qui appartient ledit esteuf monter sur le mur dudit cimetière et sauter dans le chemin pour l'aller ramasser ; et les femmes doibvent comparoir dans ledit chemin et dire chacune d'elles une chanson en dansant » (Archives d'Ille-et-Vilaine, E 289). [nota : — Relatant le saut des mariés de Saint-Hélier, Marteville a commis deux erreurs dans son histoire de Rennes : en attribuant d'abord à l'abbesse de Saint-Georges un droit appartenant au vicomte de Rennes et en disant ensuite que ce devoir du saut incombait aux mariées, tandis que c'était les hommes qui sautaient seuls, leurs femmes se contentant de danser]. Ce devoir féodal attirait beaucoup de monde à Saint-Hélier où l'on allait voir danser les mariées et c'est l'origine de l'assemblée y subsistant encore à la Quasimodo au milieu du XIXème siècle. Une grande foire, appartenant au vicomté de Rennes, se tenait chaque année, le 22 juillet, dans les prairies de Villeneuve au faubourg de la Magdeleine (aujourd'hui faubourg de Nantes). Ce jour-là, tous les étagers, c'est-à-dire les sujets possédant maison habitée dans les fiefs de la Vicomté, au nombre d'environ quatre cents, étaient astreints à comparaître à cheval, « ou gens de leur part », équipés et armés, sur la place du Champ-Jacquet à dix heures du matin. De là ils se rendaient en bel ordre, tous réunis, jusqu'au champ de foire où se faisait l'évocation et chaque défaillant à l'appel était passible d'une amende de 60 sous monnaie. Le but de cette chevauchée était d'établir un certain ordre dans le placement des marchands et de leurs marchandises. A cette foire le vicomte de Rennes levait un droit de bouteillage de quatre pots par pipe de vin ou de cidre et prenait de chaque porc vendu en détail une oreille et deux pieds (Déclaration de la vicomté de Rennes en 1682). La seigneurie de la vicomté de Rennes ne consistait qu'en fiefs, rentes et droits seigneuriaux ; elle n'avait pas de domaine proprement dit, pas même un hôtel en ville pour y loger le vicomte, le château de Rennes où celui-ci commandait à l'origine au nom du comte, étant naturellement sa résidence (abbé Guillotin de Corson). 

Voir aussi  Rennes (Bretagne) "La vicomté de Rennes"

La seigneurie de La Prévalaye : Avec son vieux manoir restauré dans le style gothique, ses longues et larges avenues de chênes, ses immenses prairies qu'arrose la Vilaine, la terre de la Prévalaye, sise en la paroisse de Toussaints de Rennes, est une des plus belles propriétés des environs de cette ville. Elle a aussi sa célébrité historique, car Henri IV y vint chasser en 1598 et son souvenir y demeure toujours fidèlement conservé. Au commencement du XVème siècle, la Prévalaye appartenait à la famille Boisvin, peut-être à Pierre Boisvin, conseiller en 1403 du duc de Bretagne. En 1427, c'était la propriété de Raoullet Boisvin, qui vivait encore en 1468, mais elle passa bientôt aux mains de la famille Thierry par le mariage de Michel Thierry avec Marguerite Boisvin (Généalogie de la famille Thierry). Ce Michel Thierry, dont les descendants devaient conserver la Prévalaye jusqu'à nos jours, était fils de Julien Thierry, seigneur du Boisorcant en 1475. Michel Thierry, receveur des fouages de Rennes et argentier de la reine Anne de Bretagne, fut anobli par elle en 1500 (Potier de Courcy, Nobiliaire de Bretagne). Il mourut le 1er septembre 1516, laissant un fils mineur nommé François. Ce dernier, devenu ainsi seigneur de la Prévalaye, épousa Marguerite d'Acigné, fille du seigneur de la Roche-Jagu. En 1541, François Ier Thierry, étant malade, se fit représenter aux montres par Bertrand Marcadé, qui vint "très bien monté et armé en estat d'homme d'armes, accompagné d'un coustilleux et d'un page bien montés et armés, et fournist la déclaration du revenu dudit seigneur de la Prévalaye, montant à environ 1 250 livres de rente nobles". François Ier Thierry mourut le 2 juin 1549 et sa veuve, Marguerite d'Acigné, le 11 août 1553 (Archives de Loire-Inférieure). Eux aussi laissaient mineur leur fils Julien, et ce fut René de la Chapelle, tuteur de ce dernier, qui fit en son nom hommage au roi en 1556 pour la seigneurie de la Prévalaye. Julien Thierry, capitaine de Rennes et chevalier de l'Ordre de Saint-Michel, épousa Esther du Bouchet, fille du seigneur de Seurches. Il eut l'honneur de recevoir à la Prévalaye Henri IV, le 11 mai 1598, et mourut à la fin de décembre 1610. Il fut, le dernier jour de cette année-là, inhumé en son enfeu, dans l'église de Toussaints à Rennes. Sa veuve lui survécut jusqu'en novembre 1622. François II Thierry, seigneur de la Prévalaye, fils du précédent, fut comme son père chevalier de l'Ordre du roi. Il s'unit en 1618 à Renée Raoul, fille du seigneur de la Guibourgère. Il en eut Pierre Thierry, seigneur de la Prévalaye après lui, reçu en 1649 conseiller au Parlement de Bretagne, marié dès 1646 à Jeanne Avril, et qui fit hommage au roi en 1652 (Archives de Loire-Inférieure, B. 987). En 1674, celui-ci avait pour successeur François III Thierry, son fils, qui fut à son tour reçu alors conseiller au Parlement, et rendit aveu au roi pour la Prévalaye en 1680. François III Thierry mourut en 1700, à l'âge de cinquante ans, et fut inhumé au tombeau de ses ancêtres, le 26 décembre, en l'église de Toussaints à Rennes. L'année suivante, sa veuve, Catherine des Nos, — qu'il avait épousée le 24 février 1675 — se remaria avec Bernardin Fouquet, comte de Chalain. Cette dame avait reçu en remboursement de ses deniers dotaux la propriété de la Prévalaye, pour laquelle elle et son second mari rendirent aveu au roi en 1711. Mais à sa mort, arrivée le 8 octobre 1732, François-Hyacinthe Thierry, issu de son premier mariage, hérita d'elle et rendit aveu à son tour au roi pour la Prévalaye. Il fut capitaine des vaisseaux du roi et chevalier de Saint-Louis, épousa Perrine de la Roche-Macé et laissa à son décès sa seigneurie à son fils Pierre-Bernardin Thierry, lequel en rendit aveu au roi en 1744. Celui-ci, qualifié marquis de la Prévalaye, chef d'escadre et commandeur de Saint-Louis, avait épousé Marie-Jeanne de Robien le 6 février 1742. Il mourut âgé de soixante-quinze ans et fut inhumé, le 26 décembre 1786, en son enfeu clans l'église de Toussaints. Le fils aîné du défunt, Pierre-Dymas Thierry, marquis de la Prévalaye, fut le dernier seigneur du lieu. Il épousa : 1° Julie de Geoffrion, 2° Adélaide de Robien, veuve d'André Riquetti, vicomte de Mirabeau, décédée en 1814. Lui-même mourut à la Prévalaye en 1816, avec le titre de contre-amiral. La Prévalaye ne prit d'importance qu'au XVIème siècle, par suite de l'acquisition que firent ses possesseurs de plusieurs fiefs voisins. Le plus beau de ces fiefs fut celui de Matignon-à-Rennes, composé de quatre bailliages : c'était un membre de la baronnie de Matignon, et Foulcher de Matignon le vendit en 1535 à François Thierry. Au mois de février 1679, Louis XIV donna au seigneur de la Prévalaye des lettres patentes par lesquelles Sa Majesté unissait à jamais les fiefs de la Prévalaye, Matignon-à-Rennes, Sainte-Foi, Beaucé, Chevillé et Champagne, comprenant ensemble vingt-trois bailliages, en une seule seigneurie décorée d'une haute justice et devant s'appeler désormais la Prévalaye-Matignon ; ces lettres royales furent enregistrées au Parlement le 17 mai 1681 (Archives du Parlement de Bretagne, 24e reg., 176). C'est à partir de ce moment que la Prévalaye fut considérée comme une châtellenie, quoiqu'elle ne semble pas avoir été érigée par le roi en cette dignité. Les fiefs de la Prévalaye s'étendaient en douze paroisses : Toussaints, Saint-Hélier, Saint-Germain et Saint-Laurent de Rennes, Saint-Jacques-de-la-Lande, Noyal-sur-Seiche, Saint-Erblon, Vern, Bruz, Chartres, Moigné et Le Rheu. La haute justice attachée à ces fiefs s'exerçait dans une salle du Présidial de Rennes. De la seigneurie de la Prévalaye relevaient les manoirs de la Courouze près Rennes et de Château-Letard en Saint-Erblon, ainsi que la maison de la Rivière en Saint-Jacques. Le possesseur de cette dernière terre était tenu « d'apporter chacun an, au terme d'Angevine, au carrefour de la Rivière, une chaire pour asseoir le seigneur de la Prévalaye ou son receveur commis pour faire la recepte de ses rentes ». Les fourches patibulaires de la seigneurie s'élevaient « à trois posts » dans la pièce de terre du Bassouer. Le sire de la Prévalaye jouissait à Rennes de certaines prééminences d'honneur dans l'église de Saint-Germain. Mais dans celle de Toussaints, sa paroisse, il avait une chapelle prohibitive, dite de Saint-Michel, près du chanteau et du côté de l'Evangile, avec un tombeau « en arc et voulte enlevée dans la muraille », banc à queue et accoudoir armoiries de ses armes, enfin écussons dans la maitresse-vitre du chanceau et dans les vitres des chapelles Saint-Michel et Saint-Sébastien. A cause de son fief de Matignon, le seigneur de la Prévalaye avait la haute police des bouchers de Rennes, et ceux-ci, aussi bien que leur halle, dépendaient de lui. Ils devaient, entre autres redevances, lui fournir tous les samedis « un os moullier de boeuf », et chaque fois que le seigneur venait résider en ville, « lui bailler de la paille blanche pour ses chevaux et son train et aussi pour ses espagneuls et chiens pendant huit jours ». Le Mardi-Gras de chaque année, à la tenue des plaids généraux de la seigneurie en la Haute cohue de Rennes, devait « le maistre boucher comparoir à ladite audience, revestu de la robe ordinaire qu'il porte le Mardy-Gras, suivant l'ancienne coustume », accompagné des « provosts de la frairie des bouchers et assisté de joueurs d'instruments ». Ce maître boucher présentait alors au seigneur de la Prévalaye ou à son procureur « une pièce honneste de bœuf » avec les clefs de la halle de la boucherie, que le seigneur pouvait faire vider et fermer aussitôt (Déclaration de la Prévalaye en 1680). Le domaine proche de la seigneurie de la Prévalaye était ainsi composé : le manoir de la Prévalaye avec sa chapelle à laquelle le Pape Innocent XI avait, en 1685, accordé une indulgence plénière le jour sainte Catherine, avec aussi son colombier, ses rabines, vigne, bois et jardins ; — les métairies nobles des Bougrières, de la Vieuxville, de la Planche, de la Telaye et de Sainte-Foy ; près de cette dernière se trouve encore le chêne d'Henri IV, à l'ombre duquel se reposa, dit-on, le bon roi ; — le moulin à eau de la Prévalaye; — la lande de la Courouze ; — enfin l'hôtel de la Prévalaye à Rennes, dans la rue de la Laiterie en 1542, plus tard en la rue Vasselot (Déclaration de la Prévalaye en 1680). La terre seigneuriale de la Prévalaye était, vers 1730, estimée valoir environ 4 000 livres de rente. C'est au milieu du XIXème siècle la propriété de M. Espivent de la Villeboisnet, qui l'a reçue de sa mère, Louise Thierry, petite-fille du dernier seigneur de la Prévalaye. M. Espivent de la Villeboisnet est lui-même qualifié marquis de la Prévalaye.

Voir aussi  Rennes (Bretagne) "Le beurre de la Prévalaye"

 

La seigneurie de Bréquigny : Situé aux portes de Rennes, en la paroisse Saint-Etienne de cette ville de Rennes, le manoir de Bréquigny devait être dès le XIVème siècle une agréable résidence. Il appartenait en 1380 à Tanguy du Bouays, seigneur de Bréquigny et de Blosne, époux de Marie de Saint-Gilles. Ce seigneur était mort en 1391, laissant un enfant mineur, Jean du Bouays, qui hérita de Bréquigny et épousa Claudine de Neuville. Le fils de ce dernier, autre Jean du Bouays, rendit aveu au duc le 19 décembre 1461 pour sa terre de Bréquigny et son hôtel à Rennes, tombés en rachat par la mort de son père ; il épousa : -1° Marguerite de Baulac, -2° Clémence Danjou ; du premier lit il eut Guillaume, qui fonda la branche des du Bouays de Baulac ; du second lit naquit Jean, auteur des du Bouays de Mesneuf (Archives de Loire Inférieure, v. Rennes). Il est probable que l'un de ces du Bouays vendit la terre de Bréquigny, car nous la trouvons en 1513 entre les mains de Louis des Déserts, qui fut président et juge universel de Bretagne. Celui-ci épousa Olive Thierry de la Prévalaye, dont il laissa en mourant, le 21 avril 1536, une fille unique, Radegonde des Déserts, dame de Bréquigny. Cette dame était alors mariée à Jean d'Espinay, seigneur du Boisduliers, qui décéda lui-même le 15 octobre 1537 ; leur fille, Louise d'Espinay, contracta alliance avec René de Téhillac, seigneur dudit lieu, et lui apporta la seigneurie de Bréquigny. Ce fut ce René de Téhillac qui ; vers 1573, vendit Bréquigny à Guy Meneust ; ce dernier, en effet, fit le 4 juin 1575 hommage au roi pour cette terre, « acquise par luy puis deux ans » (Archives de Loire Inférieure, B 1012). Fils de Guillaume Meneust, anobli en 1577, Guy Meneust fut autorisé par Henri III, en 1588, à s'appeler désormais « Le Meneust » et à ajouter à ses armes : d'or à une fasce d'azur, accompagnée de trois roses de gueules, un léopard d'argent posé sur cette fasce (Archives du Parlement de Bretagne). Sénéchal de Rennes pendant la Ligue, créé chevalier de l'Ordre du roi en 1593, il conserva cette ville à Henri IV et fut honoré par les Etats de Bretagne d'une chaîne d'or avec une médaille à ses armes et à celles de la province ; il mourut le 9 mai 1598. Guy Le Meneust laissait de son mariage avec Marguerite Le Bret un fils, René Le Meneust, qui fit hommage au roi pour la terre de Bréquigny le 7 novembre 1601. Celui-ci, d'abord sénéchal de Rennes comme son père, devint plus tard président au Parlement de Bretagne ; il avait épousé dès 1595 Denise Marcel, qu'il laissa veuve en 1634. Il fut inhumé en la chapelle Saint-Jacques de l'église Saint-Germain de Rennes, où il avait son enfeu. Guy Le Meneust, seigneur de Bréquigny et fils aîné des précédents, né en 1603, devint aussi président au Parlement de Bretagne en 1633 et épousa, deux ans plus tard, Suzanne de Coëtlogon, fille du marquis de Coëtlogon. Il décéda le 29 mars 1677 et fut inhumé le lendemain près de son père en l'enfeu de Saint-Germain. Il eut pour successeur à Bréquigny Charles Le Meneust, reçu en 1678 président au Parlement de Bretagne, qui fit hommage au roi le 10 septembre 1679. Ce dernier mourut à Bréquigny le 15 novembre 1721 ; son corps, conduit le surlendemain en l'église Saint-Étienne, sa paroisse, fut inhumé le 18 en celle de Saint-Germain, dans la chapelle dont il avait augmenté la fondation. Sa veuve, Elisabeth de Rollée, qu'il avait épousée en 1667, ne lui survécut qu'un mois ; elle décéda à Bréquigny le 22 décembre suivant, à l'âge de soixante-quinze ans, et fut inhumée le lendemain en l'église Saint-Etienne de Rennes. Le seigneur de Bréquigny ne laissait pas d'enfants et sa succession passa au fils de sa soeur, Louise Le Meneust, décédée le 1er avril 1700. Cette dame avait épousé : -1° en mars 1658, René marquis de Kergroadez ; -2° Thomas de Morant, marquis du Mesnil-Garnier, mort en 1692. L'aîné des enfants issus de ce second mariage, Thomas-Guy de Morant, marquis dudit lieu et comte de Penzé, devint donc en 1721 seigneur de Bréquigny. Il avait épousé, par contrat du 24 mai 1704, Marie-Josèphe Le Roux, fille du seigneur de Kerninon ; il mourut à Bréquigny, âgé de cinquante ans, le 3 juillet 1722 et fut inhumé le surlendemain à Saint-Germain de Rennes. Charles de Morant, fils des précédents, marquis de Morant et seigneur de Bréquigny, reçu en 1731 conseiller au Parlement de Bretagne, épousa en novembre 1726 Gabrielle de la Rivière, qu'il laissa veuve le 12 juillet 1750 ; il fut inhumé le lendemain à Saint-Germain. Son successeur fut son fils aîné, Thomas-Charles marquis de Morant et comte de Penzé, qui fit hommage pour Bréquigny le 8 janvier 1752. La même année il épousa, au mois de mai, Anne-Françoise de la Bonde d'Yberville. Colonel des dragons de la reine, puis maréchal des camps et armées du roi, et chevalier de Saint-Louis, ce seigneur mourut à Bréquigny le 18 octobre 1763 et fut inhumé le 20 en l'enfeu de Saint-Germain. Il ne laissait que des enfants mineurs, dont l'aîné, Thomas-Louis marquis de Morant et comte de Penzé, fut le dernier seigneur de Bréquigny. Celui-ci, n'ayant point d'enfants, vendit en 1804 Bréquigny à M. Hay des Nétumières, dont les descendants possèdent encore cette terre. Par lettres patentes datées de janvier 1609 et vérifiées au Parlement le 4 juillet suivant, Henri IV érigea en châtellenie, en faveur de René Le Meneust, la seigneurie de Bréquigny, à laquelle il unit celle de Brécé, achetée en 1601 par le même seigneur. Un peu plus tard, de nouvelles lettres patentes de Louis XIII, données en avril 1617, unirent encore à la châtellenie de Bréquigny les seigneuries du Bouëdrier et de Lancé (Archives d'Ille-et-Vilaine, E 293). Ainsi constituée, la châtellenie de Bréquigny ne s'étendit pas dans moins de douze paroisses, savoir : Saint-Étienne, Saint-Germain, Saint-Hélier et Toussaints de Rennes, Châtillon-sur-Seiche, Vern, Noyal-sur-Seiche, Chartres, Saint-Erblon, Orgères, Bruz et Saint-Jacques-de-la-Lande. Elle comprenait les cinq hautes justices de Bréquigny, le Bouëdrier, Lancé, Teslé et Brécé, réunies en une seule et même juridiction exercée à Rennes en la salle basse du Présidial. Le sceau de la juridiction de Bréquigny en 1622 est de forme ovale ; il présente le blason des Le Meneust et autour, en exergue : SCEAU DES COURTS DE BREQUIGNY ET BRECE. Les rentes du fief de Bréquigny se payaient à la fête de l'Angevine, à l'issue de la grand'messe de Toussaints, « à la fenestre qui fait le coing de la rue Tristin et du Petit bout de Cohue de ceste ville de Rennes, aux mains du sergent bailliager estably pour en faire la recepte ». Au fief des Communs en Vern et Noyal le seigneur de Bréquigny levait une dîme « à la douziesme gerbe ». Les maisons des Haute et Basses Chaslayes, de Lorière, de la Josselinaye, etc., relevaient de lui, et il avait des droits en deux églises de Rennes : à Saint-Etienne, sa paroisse, quand M. de Bréquigny venait le jour de Pâques entendre le sermon, devaient « de tout temps les trésoriers mettre contre le pilier proche la chaire un banc orné d'un tapis » ; à Saint-Germain il était « en possession d'un banc et enfeu prohibitif avec voulte souterraine, un tombeau eslevé au-dessus et pierre tombale, au costé septentrional de la chapelle Saint-Jacques et Saint-Christophe, avec droit d'apposer ses armes en tel endroit de ladite chapelle qu'il lui plairoit, mesme lizière et ceinture, et de mettre un ou plusieurs tableaux en icelle sur l'autel ou ailleurs ». A cause de sa terre du Bouëdrier, le seigneur de Bréquigny avait des droits dans trois autres églises de Rennes : en la cathédrale, d'abord, lui appartenait « une chapelle prohibitive dédiée à saint Claude, avec droit d'enfeu, tombes armoriées et toutes prééminences en icelle, dont il est de temps immémorial fondateur ; et comme patron a droit de présentation de chapelain pour y célébrer par chacune semaine trois messes ». — En l'église de Toussaints, paroisse du Bouëdrier, « droit de banc à queue et accoudoir avec droit de sépulture et pierre tombale à l'endroit dudit banc, devant l'autel de Nostre-Dame ». — En l'église conventuelle des Cordeliers « luy appartient la chapelle Saint-Fiacre, du costé de l'épistre, prohibitive à tout autre, avec enfeu, pierre tombale armoyée, écussons et toutes sortes d'intersignes et prééminences ». En raison de sa terre de Lancé en Noyal-sur-Seiche, le seigneur de Bréquigny avait encore dans la cathédrale de Rennes une autre chapelle prohibitive « appelée chapelle Saint-Eloi de Lancé, en laquelle y a un tombeau eslevé, armoyé des anciennes armes de Lancé, et en est ledit seigneur fondateur et supérieur ». — De plus, en l'église de Noyal-sur-Seiche « luy appartiennent les prééminences et droits honorifiques avec enfeu prohibitif, banc et accoudouer, au devant de l'autel Nostre-Dame, du costé de l'évangile, et est ledit seigneur en droit et possession d'avoir tous les ans, le dimanche de la Quasimodo, les prières nominales à la Croix de Lancé située près les deux bourgs de Noyal et Chastillon ». Enfin, comme seigneur de Brécé, le sire de Bréquigny jouissait du chanceau de cette même église de Noyal-sur-Seiche, dont il était « seigneur fondateur et supérieur, avec toutes sortes de droits, intersignes et prééminences  » ; nous avons précédemment vu qu'il y avait encore un enfeu, où fut même inhumée une dame de Bréquigny en 1664. En résumé, M. de Bréquigny avait des droits de sépulture en sept églises ou chapelles, sans parler des chapelles de ses manoirs ; il n'avait vraiment que l'embarras du choix pour se faire inhumer. Nous avons vu qu'à cause de Brécé le seigneur de Bréquigny était grand écuyer de Bretagne et avait une foire à Noyal le jour Saint-Denis. Il possédait aussi le fief du Pontpéan en Bruz, qui lui rapportait quelques rentes en argent et en grain, quelques poules et chapons, et « un gasteau payable au premier jour de l'an par les vassaux dudit fief  » (Déclarations de Bréquigny en 1679 et 1680).

Voici maintenant de quoi se composait le domaine proche de la châtellenie de Bréquigny en 1680 : « Le chasteau et manoir de Bréquigny, cours, jardins, vergers, douves, fossez, terrasses, parterres, canal, pont-levis, chapelle et colombier », — l'ancien manoir du Bouëdrier en Toussaints de Rennes, avec « emplacement de fuye, bois de décoration, garennes, chapelle et rabines »,  — l'ancien manoir de Lancé en Noyal-sur-Seiche, avec « cours, jardins, colombier, chapelle, rabines et vigne », — le manoir des Carreaux également en Noyal, — l'ancien manoir épiscopal de Saint-Jacques-de-la-Lande, vendu vers la fin du XVIème siècle par l'évêque de Rennes au seigneur de Bréquigny, — les métairies de la Porte, du Petit-Bréquigny, du Bouëdrier, de Lancé et des Carreaux, — les moulins de Bréquigny, de Lancé et de Brécé. Enfin le seigneur de Bréquigny tenait encore du roi son hôtel en la ville de Rennes ; cet hôtel de Bréquigny se trouvait à l'origine en la rue du Chapitre, mais en 1681 il était rue Saint-Georges en Saint-Germain. A la fin du XIXème siècle, le château de Bréquigny, construction du XVIIIème siècle et propriété de Mme de Menou, née Hay des Nétumières, se fait surtout remarquer par la vaste pelouse qui le précède et les belles avenues qui l'environnent (abbé Guillotin de Corson).

 

La baronnie de Montbarot : Montbarot était un vieux manoir seigneurial situé aux portes de Rennes dans la paroisse Saint-Aubin de cette ville et assez près du chemin de Rennes à Saint-Malo. En 1427 Jean de Beaucé, seigneur du Chesnay, possédait Montbarot qu'il laissa, en mourant l'an 1448, à son fils aîné Robert de Beaucé. Non loin de là et dans la même paroisse Saint-Aubin de Rennes se trouvait une autre maison noble signalée dès 1240, appelée la Martinière et, possédée au XVème siècle par une famille du même nom. En 1442 mourut Robert de la Martinière, seigneur dudit lieu, laissant veuve Thomine de Beaucé ; son fils aîné Pierre de la Martinière lui succéda (Archives de Loire-Inférieure, voir Rennes). Les deux seigneurs de Montbarot et de la Martinière prétendaient contradictoirement avoir l'un et l'autre droit aux prééminences en l'église Saint-Aubin de Rennes. Robert de Beaucé ayant fait peindre ses armoiries dans le vitrail du chanceau de cette église, Pierre de la Martinière survint un beau jour, brisa ces écussons et fit mettre les siens à leur place Sur les entrefaites Robert de Beaucé vint à mourir et laissa Montbarot à son héritier Robert de Domaigné ; celui-ci s'empressa de réclamer contre ce qu'avait fait Pierre de la Martinière, et, le 26 février 1480, le duc François II autorisa le seigneur de Montbarot à remplacer ses blasons, défendant d'y toucher au seigneur de la Martinière (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, 121). Environ trente ans plus tard ces contestations n'avaient plus raison d'être, les deux seigneuries de Montbarot et de la Martinière étant alors entre les mains d'un même chevalier Alain Marec'h, mais n'anticipons pas. Robert de Domaigné seigneur de Montbarot eut pour successeur François de Québriac et Ysabeau de Domaigné sa femme ; toutefois ceux-ci ne possédaient en 1503 que le manoir et la terre de Montbarot dont le fief appartenait alors à Jean Brunet, seigneur de la Plesse. A partir de cette époque le manoir et le fief de Montbarot demeurèrent séparés ; disons donc brièvement ce que devint le manoir. Après avoir appartenu à la famille de Québriac il se trouva la propriété des Béringhen dont il prit pendant quelques temps le nom ; Théodore de Béringhen le possédait en 1618 et 1642 : Jean de Béringhen et Marie Mévour sa femme le vendirent le 29 décembre 1649 avec « ses pourpris, colombier, chapelle et bois de décoration » à Guillemette Maingreneau, veuve de Julien Greffier négociant de Rennes ; saisi sur Marc Greffier, Montbarot fut vendu en 1674 judiciairement, et acheté 12 500 livres par Jean de la Monneraye, qui laissa plus tard cette terre à son fils Jean François de la Monneraye seigneur du Pin en Iffendic en 1722. Leurs descendants conservèrent jusqu'à la Révolution l'ancien manoir de Montbarot aussi bien qu'une métairie appelée les Roches ou le Petit-Montbarot. Au milieu du XIXème siècle le Grand-Montbarot est une maison de ferme, avec quelques vestiges d'anciennes salles, de fuie et de chapelle, appartenant à M. Fénigan. La seigneurie de Montbarot ayant perdu son manoir dès le commencement du XVIème siècle, il se trouva qu'Alain Marec'h, sénéchal de Rennes, acquit vers ce temps là la maison seigneuriale de la Martinière ainsi que le fief de Montbarot. Dès lors Montbarot et la Martinière ne formèrent plus qu'une seule et même seigneurie et cet état de choses dura jusqu'en 1789. Le 24 mars 1513, Yves Mahyeuc, évêque de Rennes, reconnut les droits du seigneur de Montbarot dans l'église de Saint-Aubin, en autorisant René Marec'h à y placer un banc armorié dans le chanceau (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, 121). Ce René Marec'h, époux de Luce de Bourgneuf, mourut le 19 novembre 1526, laissant sa seigneurie à son fils aîné, Pierre Marec'h, qui rendit aveu au roi l'année suivante. Pierre Marec'h, seigneur de Montbarot, épousa Béatrice d'Acigné et décéda vers 1558 ; son fils encore jeune, nommé René, fut placé sous la tutelle d'Antoine de Créquy, évêque de Nantes ; cet enfant devait devenir célèbre sous le nom de Montbarot. René Marec'h, seigneur de Montbarot, chevalier de l'ordre du roi et gouverneur de Rennes, joua un grand rôle dans cette ville pendant les guerres de la Ligue en s'opposant aux desseins du duc de Mercœur. Il s'unit à Esther du Bouays, dame de Baulac, qui mourut en 1597 et fut inhumée le 15 juillet en son enfeu dans l'église Saint-Aubin de Rennes. Il assista à l'entrée d'Henri IV à Rennes en 1598, mais disparut ensuite de la scène politique et décéda presque ignoré en 1616. L'année suivante, Samuel de la Chapelle, seigneur de la Roche-Giffart, époux de Françoise Marec'h, fille de Montbarot, fit hommage au roi pour ses seigneuries de Montbarot et de la Martinière (Archives de Loire-Inférieure, C. 1017). Ce seigneur fut tué à la chasse en 1626 et sa veuve se remaria avec Henry de Chivray, marquis de la Farre, qui rendit aveu en son nom pour Montbarot en 1628 ; elle-même mourut le 18 avril 1629. Le seigneur de la Roche-Giffart avait laissé des enfants encore mineurs à la mort de leur mère et placés sous la tutelle de leur aïeule, Marguerite Tillon. Cette dame rendit aveu en 1632, en leur nom, pour Montbarot et la Martinière. L'aîné de ces enfants eut les dites seigneuries : c'était Henry de la Chapelle, devenu marquis de Fougeray et chevalier de l'ordre du roi ; il épousa Marguerite de Chamballan, et fut tué en 1652 au combat du faubourg Saint-Antoine à Paris. Il laissait plusieurs enfants dont l'aîné appelé, comme lui, Henry de la Chapelle, marquis de Fougeray, hérita de Montbarot. Onze ans plus tard, Henry de la Chapelle, qu'on appelait alors le marquis de la Roche-Giffart, vendit, moyennant les terre et seigneurie de la Haye de Derval, plus 72 000 livres d'argent, les seigneuries de Montbarot et de la Martinière à Jean Barrin et Perrine Harel, marquis et marquise du Boisgeffroy, par acte du 31 août 1663 (Archives d'Ille-et-Vilaine, 121 et 289). Le nouveau seigneur de Montbarot obtint en 1670 l'érection de la baronnie de ce nom et en rendit aveu au roi en 1678. Jean Barrin eut de Perrine Harel Henri Barrin, marquis de Boisgeffroy et baron de Montbarot après lui. Celui-ci avait épousé en 1663 Isabelle Le Gouvello ; il mourut en décembre 1699, laissant ses seigneuries à sa fille unique, nommée Perrine. Dès 1689, Perrine Barrin s'était unie à Gaëtan de Mornay, comte de Montchevreuil, dont elle se trouvait veuve en 1702 ; elle ne mourut que le 4 décembre 1740, léguant Montbarot à son unique fille Marie Gaëtane de Mornay qui se trouvait alors veuve d'Anne-Bretagne, comte de Lannion. Cette dame rendit aveu au roi en 1741 pour la baronnie de Montbarot ; mais le 19 avril 1756 elle se démit de la propriété de cette seigneurie en faveur de son fils Hyacinthe-Gaëtan, comte de Lannion : elle mourut en 1764. Hyacinthe-Gaëtan, comte de Lannion, avait épousé en 1738 Marie-Charlotte de Clermont-Tonnerre ; il en eut deux filles, dont l'une Félicité de Lannion s'unit à François de La Rochefoucaud , duc de Liancourt. Le 28 avril 1773, le duc et la duchesse de Liancourt vendirent la baronnie de Montbarot à René-Jean de Marnière, marquis de Guer, et à Rose de Cosnoal de Saint-Georges sa femme (Archives d'Ille-et-Vilaine, E 121). Cette dame décéda à Rennes le 4 mars 1790 ; son mari, président à mortier au Parlement de Bretagne, émigra et fut le dernier baron de Montbarot ; il revint mourir à Rennes le 4 septembre 1804. Louis XIV érigea la baronnie de Montbarot en faveur de Jean Barrin, marquis du Boisgeffroy, par lettres patentes datées de novembre 1670, enregistrées au Parlement de Bretagne le 20 août 1671 (Archives du Parlement de Bretagne, 22e reg. 542). La baronnie fut composée des terres et seigneuries suivantes, unies à cet effet par le roi : les fiefs de Montbarot et du Bois-de-Pacé (nota : Perrine Harel avait apporté à son mari Jean Barrin la terre et la seigneurie du Bois-de-Pacé en la paroisse de Pacé, mais celui-ci vendit le manoir et la terre et ne conserva que les fiefs du Bois-de-Pacé), — la terre et les fiefs de la Martinière, qualifiée alors de châtellenie, - la terre et les fiefs de Chevillé en la paroisse de Vezin (nota : en 1540, Pierre Marec'h, seigneur de Montbarot, acheta d'avec Claude de Beaucé la terre seigneuriale de Chevillé, qui demeura depuis lors unie à la Martinière). Le tout fut uni en une seule juridiction exercée au bourg de Vezin sous le nom de baronnie de Montbarot. Cette baronnie relevant directement du roi, s'étendit en dix paroisses : Saint-Aubin, Saint-Etienne et Saint-Germain de Rennes, Vezin, Pacé, La Chapelle-des-Fougeretz, Le Rheu, Saint-Gilles, Pleumeleuc et Clayes. La haute justice exercée d'abord à Vezin eut ensuite son siège au présidial de Rennes ; ses fourches patibulaires avaient quatre poteaux. Le baron de Montbarot était seigneur fondateur et prééminencier de l'église Saint-Aubin de Rennes, et y avait au chanceau ses armoiries, son banc et son enfeu ; il avait également des prééminences et des enfeux dans les églises de Vezin (à cause de Chevillé) et de Pacé (à raison du Bois-de-Pacé) ; il jouissait encore d'une chapelle prohibitive, dite chapelle de Baulac, en l'église Saint-Sauveur de Rennes, d'une chapelle semblable en l'église des Minimes de Rennes, et enfin d'enfeus en celle des Cordeliers de cette ville, et en l'église de la Chapelle des Fougerets (Déclarations de Montbarrot et du Bois-de-Pacé en 1640 et 1642). Il y avait une vingtaine de bailliages dépendant de Montbarot, la Martinière et Chevillé, et huit fiefs formant la seigneurie du Bois-de-Pacé. Parmi les mouvances nobles on peut signaler les manoirs de Montbarot, du Breil, de Mellon, etc. Il faut aussi noter diverses redevances féodales : dans le fief de Mellon, sept chapons, une poule, une bécasse et une perdrix ; — en celui de la Menardière, un pot de vin breton au jour de Pâques pour servir à la communion du peuple de la paroisse de Vezin ; — au Grand bailliage de Chevillé une paire de gants blancs, un petit pillet (cierge) de cire blanche à la Chandeleur, et l'entretien de deux lampes ardentes en l'église de Vezin, tous les dimanches et fêtes ; — au fief du Breil en Pacé, une autre paire de gants blancs et un éteuf blanc à la fête de Noël (Déclarations de Montbarrot et du Bois-de-Pacé en 1640 et 1642). Voyons maintenant en quoi consistait le domaine proche. C'était d'abord le manoir de la Martinière reconstruit après les guerres de la Ligue, ayant été « ruisné et démoly » par les troupes ennemies de Montbarot. En 1595 Henri IV donna à ce seigneur un droit d'usage dans ses forêts pour faire cette reconstruction (Vaurigard, Histoire de l'église réformée de Bretagne, II, 17). Voici la description de ce manoir en 1642 : « Un grand corps de logis avec tourelle au derrière, cour close au devant et une grande galerie haulte et basse au costé de la dite cour vers soleil couchant, laquelle conduit du principal corps de logis à aultre corps de logis et portail dudit lieu consistant en salle basse, chambres, prison et deux tours au devant dudit portai et deux tourelles au derrière ». Autour s'étendait les jardins « promenoirs et mail » avec un grand bois futaie, la chapelle et le colombier. Dépendaient aussi de la Martinière une retenue et cinq métairies appelées les Haute et Basse Martinière, Launay, la Boulaye et la Touche-Thébaud, plus les étang et moulin de la Martinière. A Chevillé en Vezin il y avait aussi le vieux manoir de ce nom avec cour et portail, colombier, bois et garenne ; et outre cela la métairie dudit lieu, l'ancien étang de Chevillé et l'ancien moulin à eau remplacé en 1642 par le moulin de la Motte sur la rivière de Flumel (Déclaration de Montbarot en 1642). Nous avons dit qu'il n'y avait point de domaine à Montbarot et au Bois-de-Pacé depuis les aliénations faites aux XVIème et XVIIème siècles. Au milieu du XIXème siècle, la Martinière est une jolie propriété moderne, à petite distance de Rennes, possédée et habitée par M. Joüon des Longrais (le manoir de la Martinière a conservé sa physionomie ancienne : une grande porte charretière qui la traverse et doit le rendre glacial, au-dessus l'écusson de Montbarrot, des deux côtés des tourelles octogones) (abbé Guillotin de Corson).

 

Lors de la Réformation faite en 1427, dans l'évêché de Rennes, par les commissaires Jean le Prestre et Pierre de Romelin, plusieurs nobles sont mentionnés à Saint-Martin-des-Vignes (aujourd'hui en Rennes) (50 contribuants, 19 pauvres et 2 métayers) : 

Perrin Pasquier ;   

Guillaume Mamseny (?) ;   

Bertrand de la Dousnelière.

Lors de la Réformation faite en 1427, dans l'évêché de Rennes, par les commissaires Jean de Beauce et Pierre de Romelin, plusieurs nobles sont mentionnés à Saint-Aubin (aujourd'hui en Rennes) : 

Le seigneur de la Martinière ;   

Jean de Beauce.

Lors de la Réformation faite en 1427, dans l'évêché de Rennes, par les commissaires Jean le Prestre et Pierre de Romelin, plusieurs nobles sont mentionnés à Saint-Laurent (aujourd'hui en Rennes) : 

Jean Rabaud, sr. du Gast ;   

Le seigneur de la haute Gailleulle ;   

Le sr. du Tronchay.

Lors de la Réformation faite en 1427, dans l'évêché de Rennes, par les commissaires Jamet Baude et Eon Pofraie, plusieurs nobles sont mentionnés à Saint-Etienne (aujourd'hui en Rennes) (45 contribuants, 9 mendiants, 4 métayers) :  

Marie Le Vayer, sœur de Monsieur Jean Le Vayer, femme de Michel Turpin, dame de la métairie de Champeaux ;  

Pierre de Beaumont, sr. de la métairie de Monteval ;  

Catherine Havart, dame de la métairie de la Bretonnaye, ladite Catherine, veuve de feu Michel Pinot ;  

Jean Chouart, sr. de l'hôtel de Sévigné ;  

Jamet de Chesne, sr. de la métairie de la Mole ;  

Jean de Beaumont représentant Morice de Beaumont pour l'hôtel du Presec ;  

Morice du Beaumont, sr. des Touchaines ;  

Guillaume Gruel ;

Pierre de Romelin, sr. de l'hôtel de la Touche hodierne (Touche-Audierne).

Lors de la Réformation faite en 1427, dans l'évêché de Rennes, par les commissaires Jamet Baude et Jean Radouillet, plusieurs nobles sont mentionnés à Toussaints (aujourd'hui en Rennes) (240 contribuants, 44 mendiants, 54 normands ?) :  

Raoullet Boisvin (Boyvin), sr. de la Prevalaye ;  

Jean de Beaumont, sr. de la métairie de Ste Foy   

Eon Pofraie (Pofrais), sr. de la métairie de la Couardière ;  

Olivier Pasquier, sr. du Puimaugier.

(à compléter)

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