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ABBAYE SAINT-GEORGES

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Abbaye Saint-Georges de RENNES - Rennes

L'ancienne abbaye Saint-Georges (abbatia Sancti Georgii) est édifiée en 1032 sous l'impulsion du duc de Bretagne Alain III pour y accueillir sa soeur Adèle et les moniales bénédictines. L'abbaye est fondée pour 45 religieuses. L'abbesse jouit d'un revenu annuel de 20 000 francs. L'abbaye subit de nombreux dégâts et pillages vers 1183. La marquise de Beaucaire est abbesse de 1583 à 1609. Françoise de La Fayette devient abbesse de 1609 à 1663 (durant 54 ans). Magdelaine de La Fayette (durant 25 ans), Marguerite du Halgouet (durant 26 ans). Rennes est incendiée en 1720 et l'abbaye subit d'énormes dégâts : le clocher doit être supprimé en 1722. Judith de Chaumont de Guitry, avant dernière abbesse, gouverne Saint-Georges durant 37 années et meurt en 1739. En 1792, les 43 moniales présentes sont expulsées, non sans difficulté car les religieuses de Saint-Georges montrent beaucoup de fermeté lorsqu'on vient pour les expulser : elles disent "qu'elles ne quitteront leur maison que poussée dehors par les baïonnettes". Les bâtiments abritent désormais les services de pompiers de la ville de Rennes, après avoir fait fonction de caserne au XIXème siècle et jusqu'en 1921 (41ème R.I.). L'église est détruite au XIXème siècle et la piscine Saint-Georges est construite en 1925 sur son emplacement. Adèle en est la première abbesse et le reste jusqu'à sa mort le 5 mars 1062. Hodierne succède à la princesse Adèle en 1068, et elle est bénite par Alain, évêque de Rennes. On ignore l'année de sa mort : le jour est marqué au 13 janvier dans le nécrologe de Roncerai ou Ronceray. Adèle de Bretagne, soeur du duc Alain Fergent, est bénite par Silvestre de La Guerche, évêque de Rennes, vers l'an 1085. Le duc à sa considération confirme toutes les donations faites au monastère, et lui en fait de nouvelles. Tiephaine est la quatrième abbesse de Saint-Georges, et vit comme les deux précédentes du temps de Gervais, élu abbé de Saint-Melaine en 1081, et mort en 1109. Adelaïde obtient une bulle du pape Alexandre III, qui prend le monastère de Saint-Georges sous sa protection avec tous les biens qui lui ont été donnés. Ce pape monte sur le saint Siège en 1159. Etiennette de Tinteniac, suivant un acte, est bénite vers l'an 1184, transige en 1200 avec quelques laïques qui lui disputent les oblations de l'église de Mordelles. Elle meurt le 23 septembre 1209, suivant les Mémoires de Du Paz. Mathilde vit en 1223 et 1231, suivant quelques actes de son abbaye. Jamette transige en 1274, avec les chanoines de Dol, pour les dîmes de la paroisse de Saint-George-de-Guhaingné au même diocèse. Guiotte, abbesse de Saint-Georges, transige en 1275, avec Olivier de Tinteniac, chevalier, sur un vivier qui est en contestation. Catherine de Matefelon reçoit en 1295 une obligation qui lui est faite pour une certaine somme d'argent, et acquiert quelques terres en janvier 1304. Philippe de Matefelon gouverne l'abbaye en 1321 et 1322, suivant quelques actes de son monastère. Alix de Matefelon afféage, en 1360, un emplacement situé devant son monastère. Julienne du Guesclin permet au duc, le 5 août 1399, de lever 20 sous par feu sur les hommes de Tinteniac. Philippotte de Saint-Pern, obtient un mandement de la chancellerie le 30 juin 1406. Elle plaide contre Isabeau Turpin, qui est maintenue par lettres du 17 septembre 1406. Isabeau Turpin est abbesse au mois de juillet 1420, suivant un acte de Saint-Pierre de Rennes. Perrine du Feu ou du Fou dispute le pas aux abbés de Saint-Melaine dans les processions et cérémonies publiques. Leur différend est terminé par une transaction passée à Châteaubriand le 28 mars 1454, dans laquelle il est stipulé que l'abbé de Saint-Melaine, à cause de sa dignité sacerdotale et autres raisons, possède toutes les prééminences et prérogatives sur l'abbesse de Saint-Georges. Elle vit encore le 25 avril 1460. Isabeau Piedeloup est élue en 1461, mais son élection n'est pas unanime, une partie de la communauté s'étant déclarée pour Olive de Quelen. La première réclame la protection du duc et l'obtient. La seconde a recours au Pape, qui lui fait expédier ses bulles. Mais Isabeau est maintenue par lettres du duc, enregistrées à la Chancellerie au mois de juin 1462. Fondée sur cet arrêt, elle jouit de l'abbaye, sans bulles et sans bénédiction jusqu'à sa mort, arrivée en 1472, suivant M. de Langan, auteur du catalogue des abbesses de Saint-Georges. Olive de Quelen entre en possession de l'abbaye après la mort de sa concurrente, et s'en démet en 1485 en faveur de Françoise d'Espinay, une religieuse. Marguerite du Guiny ou Guini, religieuse de Saint-Sulpice, fait quelques démarches auprès du duc pour se procurer cette place, mais la faveur de la maison d'Espinay l'emporte. Françoise d'Espinay succède à madame de Quelen en 1485, et meurt en 1520. Pour prévenir les troubles qui pourraient naître après sa mort dans la communauté, elle se donne une coadjutrice qui lui succède. Roberte Busson présente son placet au Conseil de Bretagne en 1520, pour avoir permission d'exécuter ses bulles sur l'abbaye de Saint-Georges, et obtient mainlevée la possession de l'abbaye. Elle décède vers l'an 1523. Isabeau Hamon, soeur des évêques de Nantes et de Vannes, prend possession de l'abbaye en 1523. Christine Toustain ou Toutain succède à Isabeau Hamon. Jeanne de La Primaudaie (ou Primaudaye), religieuse de Fontevrault, est abbesse en 1534, mais les lettres de maintenue et de sauvegarde, qu'elle obtient du Conseil de Bretagne le 2 mars 1536, démontrent que sa possession n'était pas paisible. Marie de Kermeno est maintenue en possession de l'abbaye en 1536, et en jouit encore en 1540. Jeanne de Kermeno fait, en 1556, serment de fidélité au roi dans la Chambre des Comptes de Nantes pour l'abbaye de Saint-Georges. Elle meurt le 27 avril 1572. Philippe d'Espinay obtient mainlevée la possession de l'abbaye de Saint-Georges le 26 janvier 1573, et meurt vers la fin de l'an 1583. Gabrielle de Maure paraît avoir succéder à madame d'Espinay. Elle fait serment de fidélité au roi en 1598, et meurt la même année. Marguise de Beauquerre fait serment de fidélité au roi, et obtient mainlevée la possession de l'abbaye de Saint-Georges en 1599. Françoise de La Fayette, fait serment de fidélité au roi en 1617 pour l'abbaye de Saint-Georges. Elle choisit pour sa coadjutrice Madeleine de La Fayette, sa nièce, et meurt le 30 juin 1633. Madeleine de La Fayette est bénite en 1663, et meurt en 1693, après avoir rebâti une partie de sa maison. Marguerite du Halgoët est pourvue en 1693, à la recommandation de Madeleine du Halgoët, duchesse de Coislin, sa parente, et du cardinal de Coislin, évêque d'Orléans et grand aumônier de France. Elisabeth d'Alègre prend possession de l'abbaye le 2 mai 1715. Elle meurt le 18 avril 1741. Judith de Chaumont de Guitry (ou Guitri) prend possession de l'abbaye le 17 octobre 1742, et meurt en 1779. N. Bareau de Girac, soeur de M. de Girac, évêque de Rennes, est nommée à l'abbaye de Saint-Georges en 1779, et survit à la destruction de son monastère. Elle est la quarante sixième abbesse, ce qui prouve que le catalogue ci-dessus est loin d'être complet.

Voici ce que dit le Pouillé de Rennes :

Vers l'an 1032, Main III, duc de Bretagne, voyant sa soeur Adèle embrasser avec ardeur les exercices de la vie religieuse selon la règle de saint Benoît, fonda pour elle un monastère aux portes de Rennes. Il lui. fit don d'un domaine de médiocre étendue, mais d'un produit avantageux, renfermant des vignes d'abondant rapport, des champs fertiles, de fraîches prairies , une rivière poissonneuse avec deux moulins. Les limites de ce domaine étaient au Nord l'ancienne voie romaine de Rennes au Mans, au Midi la rive gauche de la Vilaine, à l'Orient les possessions de l'abbaye de Saint-Melaine, enfin à l'Occident la ville même de Rennes. Outre ce petit mais fructueux domaine destiné à asseoir l'habitation principale des nouvelles épouses du Christ et l'église du monastère (dédiée à saint Georges, martyr), le duc Alain conféra à sa soeur et à la communauté qu'elle gouvernait, soit dans l'acte de fondation, soit par des largesses successives, des immunités considérables. Ainsi, il leur accorda l'exemption générale de toutes coutumes ou redevances féodales que lui attribuaient l'usage et la loi des fiefs ; — le privilège de la liberté commerciale la plus étendue ; — la jouissance et l'entière propriété de quatre moulins établis sur les deux rives du fleuve qui baignait, au Midi, les murailles de la cité. Ce sont ceux qu'on appela, au XVème siècle, « les moulins de la Porte », et de nos jours « moulins de la Poissonnerie » (Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, Prolégomènes, p. 26). Mais là ne se bornèrent pas les dons du duc Alain : il concéda encore à l'abbaye de Saint-Georges la seigneurie et le plein domaine d'un bourg considérable nommé Tinténiac, « vicum non exiguum », sans compter la propriété de plusieurs riches métairies et villages dans la paroisse d'Acigné et dans celle de Mordelles. L'acte de fondation du nouveau monastère fut entouré des formalités solennelles qui en garantissaient la stabilité ; de puissants barons, grands feudataires du duché, ratifièrent comme témoins les largesses ducales et y donnèrent leur assentiment. « On comptait dans cette noble assemblée le comte de Cornouailles, Alain Canhiart, le baron de Vitré, les sires de Porhoët et de la Guerche, etc. Plusieurs d'entre eux offrirent à l'envi leurs mères, leurs soeurs ou leurs filles, les con­sacrant à Dieu sous le gouvernement de la princesse Adèle. Ainsi, parmi les premières compagnes de l'illustre abbesse, figurent la mère et la soeur de Guérin, évêque de Rennes ; la fille du vicomte Gosselin, fils du premier comte de Porhoët ; la fille de Riwallon, dit « Le Vicaire », premier baron de Vitré. Les neuf évêques de Bretagne, l'archevêque de Dol en tête, furent aussi appelés à prêter leur concours et leur confirmation à l'acte de fondation de Saint-Georges ; ils prononcèrent, comme c'était l'usage, les plus redoutables anathèmes contre les infracteurs ou violateurs des immunités et les déprédateurs des possessions de l'abbaye » (Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, Prolégomènes, p. 27). « Aux donations primitives ne tardèrent pas à venir s'en joindre de nouvelles. Pendant que s'exécutaient les travaux de construction du monastère et de ses dépendances, le duc Alain et sa famille, puis les hauts barons, rivalisèrent de générosité et de zèle pieux pour assurer aux servantes de Dieu d'amples ressources ». Ainsi, « Alain III abandonna à sa soeur les droits d'usage et de disposition les plus larges dans toutes ses forêts, notamment dans celles de Rennes et de Tanouarn ; il lui donna également la propriété exclusive du cours de la rivière et le droit de pêche sur la Vilaine, depuis les moulins de Rennes en remontant jusqu'à ceux de Cesson. Avant la mort de sa mère Havoise, qui mourut en 1034, et de concert avec elle et son frère Eudon, Alain fit encore divers dons à l'abbesse de Saint-Georges. Il faut rapporter à cette époque la donation du monastère de Saint-Pierre-du-Marché, celle de l'île d'Artz, dans le Morbihan, celle de Chavagne, celle de la vallée du Linon, celle de Saint-Georges-de-Gréhaigne, celle de Pleubihan, ratifiée et confirmée après la mort de la duchesse par ses deux fils » (Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, Prolégomènes, p. 28). Enfin, parmi les bienfaiteurs du monastère, les chartes nomment pendant les XIème et XIIème siècles, à la suite des princes de la famille ducale, fondateurs originaires, le comte Geoffroy, frère naturel d'Alain III ; Conan II, fils d'Alain, avec sa mère, Berthe de Chartres ; le duc Alain Fergent et le duc Conan III. Viennent ensuite les grands vassaux : les sires de Vitré, de Fougères, de Craon, de la Guerche, de Châteaugiron, d'Acigné ; les seigneurs de Tinténiac, d'Apigné, de Bruz, de Lancé, de Saint-Gilles, de Mordelles, de Montbourcher, de Champeaux, etc. N'oublions pas la vicomtesse Roianteline, qui fit don à l'abbaye, en 1032, de la seigneurie de la Chapelle-Janson, de plusieurs métairies dans le pays de Combourg et de Pleine-Fougères, et enfin de la paroisse de Saint-Séglin. On comprend facilement l'importance qu'acquit promptement, par suite de toutes ces largesses, l'abbaye de Saint-Georges. Aussi ne devons-nous pas nous étonner de la longue énumération de ses dépendances à la fin du XIIème siècle. A cette époque, l'abbesse possédait, outre le domaine et les dépendances immédiates du chef-lieu abbatial, les églises, chapelles et bénéfices dont les noms suivent : Dans la cité même de Rennes : les chapelles de Notre-Dame-de-la-Cité, de Saint-Exupère et de Saint-Donatien ; — dans les faubourgs de cette ville : Saint-Pierre-du-Vieux-Marché, ancien monastère devenu église paroissiale, connue plus tard sous le nom de Saint-Pierre en Saint-Georges ; les chapelles de Toussaints et de Saint-Lazare ; — dans la forêt qui s'étendait au Sud de Rennes, entre la Vilaine et la Seiche : les chapelles de Saint-Donatien, Sainte-Foi et Notre-Dame-de-la-Forêt ; — en dehors de Rennes et dans les limites de ce diocèse : les paroisses de Saint-Georges-de-Gréhaigne, la Chapelle-Janson, Chavagne et Saulnières ; la propriété de dîmes et de métairies importantes dans les paroisses de Mordelles, Acigné, Brécé et Saint-Hélier ; — dans l'évêché de Saint-Malo : la seigneurie de Tinténiac et la disposition de la cure et du prieuré ; l'église de Saint-Séglin et une bonne partie du territoire de cette paroisse ; les églises de Saint-Domineuc, La Baussaine, Trimer, Cardroc, Saint-Gondran et la Chapelle-Chaussée ; des terres et dîmes en Bréal et Bruc ; — dans l'évêché de Tréguier : les cures et les fiefs de Pleubihan (Pleubian) et de Plougasnou ; — dans l'évêché de Vannes : la moitié de l'île d'Artz (île d'Arz) avec son prieuré ; — dans l'évêché de Nantes : des possessions en la paroisse d'Avessac et des droits sur la navigation de la Loire ; — dans l'évêché de Cornouailles : des possessions à Quimper même et dans la paroisse de Priziac ; — enfin, dans l'évêché d'Avranches, en Normandie : des dîmes en la paroisse de Moidré (Voir les bulles de confirmation accordées par les papes Alexandre III en 1164 et Innocent III en 1208 - Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, 172 et 169). Mais la fin de ce XIIème siècle vit presque la ruine de Saint-Georges. Pendant la guerre des Plantagenets en Bretagne, le monastère et l'église devinrent la proie du pillage et de l'incendie. Il paraît toutefois que le duc Geoffroy Ier répara les ruines causées par ces luttes barbares, et la reconstruction de Saint-Georges suivit de près sa dévastation. Plus tard, au XVème siècle, les nouvelles fortifications de Rennes entreprises par les ducs de Bretagne bouleversèrent l'enclos de l'abbaye ; c'est alors que le terrain appelé la Motte-à-Madame fut distrait du monastère. A la même époque, l'esprit de dissension et de recherche des honneurs s'empara des Bénédictines et une réforme devint nécessaire. Cette réformation des religieuses s'accomplit à la fin du XVIème siècle, sous le gouvernement de l'abbesse Marquize de Beaucaire, et elle se consolida durant le siècle suivant sous les abbesses Françoise et Magdeleine de La Fayette. Cette dernière commença la reconstruction du monastère, qu'acheva Marguerite du Halgouët : c'est le beau et vaste monument que nous voyons encore. Lorsque éclata la Révolution, la force seule put obliger la dernière abbesse de Saint-Georges, Julie Bareau de Girac, et les religieuses ses compagnes, à abandonner leur monastère ; elles étaient alors vingt-quatre dames de choeur et onze novices ; aucune d'elles ne donna le scandale de renoncer aux engagements contractés librement devant Dieu.

Abbesses de Saint-Georges :

01 ADELE Ire DE BRETAGNE, fille de Geoffroy Ier, duc de Bretagne, et de Havoise de Normandie, fut la première abbesse de Saint-Georges. « Dès l'origine, en adoptant la règle de saint Benoît, cette abbesse reçut dans sa communauté, outre les jeunes vierges qui y consacraient à Dieu leur jeunesse, des femmes déjà avancées dans la vie et des veuves ; la coutume s'établit avec le temps de n'y admettre que des filles de haute lignée, bien qu'aucun statut écrit ne servît de fondement à cet usage ». Le duc Alain III aimait tendrement sa soeur Adèle ; il combla de bienfaits, comme nous venons de le dire, l'abbaye qu'il fonda pour elle. Sa mère, la duchesse Havoise, et Eudon, son frère, le secondèrent et l'imitèrent dans ses pieuses largesses. Adèle de Bretagne mourut le 3 ou le 4 mars 1067 et fut inhumée dans un cercueil en pierre de grain, au Chapitre de l'abbaye ; on lui fit cette épitaphe : Hoc Adela die sua solvit debita terrœ ; Cum genitrice Dei vivat per secula felix. Armes : d'hermines plein

02 — HODIERNE DE DINAN succéda à la précédente abbesse en 1067 ; elle était soeur d'Hamon, vicomte de Dinan, et de Junkène, archevêque de Dol. Geoffroy-le-Bâtard, comte de Rennes, lui donna la prairie du Roi, connue depuis sous le nom de prairie de Saint-Georges. D'autres seigneurs lui firent également des dons. Hodierne mourut le 9 janvier 1077. Armes : de gueules à quatre fusées d'hermines accompagnées de six besans de même

03 — THIEPHAINE Ire, élue et bénite abbesse en 1078, selon le P. Albert Le Grand, mourut en 1084. L'Armorial ms. des évêques de Rennes, renfermant aussi l'Armorial des abbesses de Saint-Georges et de Saint-Sulpice, donne à cette abbesse pour armoiries : d'hermines au lion de sable

04 — ADELE II DE BRETAGNE, fille d'Hoël, duc de Bretagne, et d'Havoise de Bretagne, élue en 1085, fut bénite par l'évêque Sylvestre de la Guerche. Alain Fergent, duc de Bretagne, son frère, confirma solennellement la fondation de Saint-Georges et y ajouta de nouveaux revenus. D'après la Chronique de son monastère, cette abbesse ne mourut que le 14 octobre 1152. Armes : d'hermines plein

05 — ADELAIDE DE MATHEFELON, fille de Thibaud de Mathefelon et de Marquize de Vitré, fut bénite en 1153. Alain, évêque de Rennes, lui concéda la même année le patronage et les droits de dîmes sur les paroisses de Saint-Jacques et de Toussaints ; en 1158, le duc Conan IV lui confirma le droit d'hesmage sur la Loire ; et en 1164 le pape Alexandre III prit sous sa protection tous les biens de l'abbaye de Saint-Georges. Adélaïde de Mathefelon mourut le 18 mars 1164. Armes : de gueules à six écussons d'or

06 — ETIENNETTE Ire, bénite en 1164, mourut en 1169. Armes : d'azur au croissant d'or accompagné de quatre annelets d'argent en orle (Armorial ms. des évêques de Rennes). 

07 — ADELAIDE DE VITRÉ, fille de Robert, seigneur de Vitré, et d'Emma de la Guerche, fut bénite en 1169 et mourut en 1181. Armes : de gueules au lion d'argent

08 — ETIENNETTE DE TINTENIAC fut bénite en 1181. Deux ans plus tard, l'abbaye de Saint-Georges ayant été brûlée pendant le siège de Rennes, cette abbesse dut s'occuper d'en relever les bâtiments ; les dons ne lui firent pas défaut. Elle résigna sa charge en 1203 et ne mourut que longtemps après. Armes : d'argent à deux jumelles d'azur chargées d'un bâton de gueules

09 — JEANNE fut bénite en 1204 ou 1205 et mourut le 23 septembre 1209. Armes : de sable à la fusée d'hermines au chef de même (Armorial ms. des évêques de Rennes). 

10 — TIEPHAINE II fut bénite en 1209 par l'évêque Pierre de Dinan. Elle n'était plus abbesse en 1213, mais on n'est pas d'accord sur l'époque de sa mort. Armes : d'or à deux fasces de gueules et une étoile de même en abîme (Armorial ms. des évêques de Rennes). 

11 — MATHEE vel MATHILDE DE CORCOP traita en 1213 avec le maître des Hospitaliers de Jérusalem en Bretagne relativement à leurs possessions réciproques à Tinténiac. Le Chapitre de Rennes donna en 1230 la chapelle Saint-Sauveur-de-la-Cité à cette abbesse, qui mourut le 1er mai 1235. Armes : d'hermines au croissant de gueules, au chef de même (Armorial ms. des évêques de Rennes).

12 — ALIX DE CHAMPAGNE appartenait à l'illustre famille des comtes palatins de Champagne. Bénite en 1235, elle mourut en 1250. Armes : d'azur à une bande d'argent accompagnée de deux cotices potencées et contrepotencées d'or de treize pièces

13 — AGNES D'ERBREE succéda à la précédente en 1250 ; elle sortait de la famille des seigneurs d'Erbrée, dont plusieurs firent du bien à son monastère. Elle mourut le 20 novembre 1270 Armes : d'argent à trois molettes de sable, 2, 1.  

14.— AMICE DE QUEDILLAC devint abbesse à la fin de 1270 ; D. Morice l'appelle Jamette. Elle mourut le 1er mars 1274. Armes : d'argent à trois fasces de gueules.

15.— GUYOTE D'ERBREE, soeur d'Hervé d'Erbrée, chevalier, et nièce de l'abbesse Agnès d'Erbrée, ne gouverna que quatre ans, car elle mourut le 9 août 1278. Armes : d'argent à trois molettes de sable, 2, 1.

16.— JEANNE vel JAMETTE DES BOSCHAUX ne fut bénite abbesse qu'en 1282 ; elle résigna ou elle mourut le 19 mai 1294. Armes : de sable à la bande d'argent chargée de trois coquilles de gueules

17.— CATHERINE DE MATHEFELON, fille de Foulques, baron de Mathefelon et de Durestal, et d'Alix de Vitré, et soeur de Foulques, évêque d'Angers, restaura l'église et les bâtiments de son monastère ; elle gouverna vingt-trois ans et mourut le 29 avril 1317. Armes : de gueules à six écussons d'or

18.— PHILIPPOTE DE MATHEFELON, soeur de la précédente, la remplaça dans le gouvernement de l'abbaye. Bénite en 1317 par l'évêque Alain de Châteaugiron, elle mourut le 2 septembre 1325. Armes : de gueules à six écussons d'or.

19.— CONSTANCE DE PONTBLANC appartenait à une vieille famille de chevalerie du diocèse de Tréguier. Son frère, Guyon de Pontblanc, se distingua au combat des Trente. Elue en 1325, elle décéda le 28 août 1352. Armes : d'or à dix billettes de sable, 4, 3, 2, 4

20.— ALIX DE MATHEFELON, fille de Thibaud de Mathefelon et de Luce de Goulaine, gouverna six ans, résigna en 1360 et mourut en 1370. Armes : de gueules à six écussons d'or

21.— JEANNE DE LAVAL, fille de Guy X, comte de Laval, et de Béatrix de Bretagne, gouverna peu de temps et mourut en 1364. Armes : d'or à la croix de gueules chargée de cinq coquilles d'argent, cantonnée de seize alérions d'azur

22.— MARQUIZE DE RIEUX, fille de Jean II, seigneur de Rieux, fut bénite en 1364 par l'évêque Raoul de Tréal et résigna vers 1378 ; elle ne mourut que le 23 avril 1405. Armes : d'azur à neuf besans d'or, 3, 3, 3.

23.— JULIENNE DU GUESCLIN, fille de Robert du Guesclin et de Jeanne de Malemains, soeur du grand connétable Bertrand du Guesclin, fut d'abord religieuse à Saint-Sulpice-des-Bois, puis prieure de Notre-Dame-des-Coëts. Elue abbesse de Saint-Georges vers 1378, elle décéda en 1405 et fut inhumée au Chapitre de son abbaye. Sur sa tombe on lisait ces mots : Cy gist dame Juliane du Guerclin, en son vivant abbesse de céans, qui trespassa le XXVIIe de mars, l'an MCCCC V. Armes : d'argent à l'aigle esployée de sable, membrée et becquée de gueules, à la cotice de même brochant

24.— ISABEAU TURPIN, de l'illustre maison Turpin de Crissé, en Poitou, fut d'abord, comme la précédente abbesse, religieuse à Saint-Sulpice-des-Bois, puis prieure de Teillay ; Philippote de Saint-Pern lui disputa, mais en vain, l'abbaye de Saint-Georges. Isabeau Turpin resta en paisible possession de sa dignité jusqu'à sa mort, arrivée le 25 mai 1434. Armes : losangé d'argent et de gueules

25.— PERRINE DU FEU, élue le 9 juin 1434, fut bénite par l'évêque Guillaume Brillet. Elle disputa à l'abbé de Saint-Melaine la préséance dans les cérémonies publiques. Le duc de Bretagne et le pape Nicolas V mirent fin à ces contestations en réglant que désormais « l'abbé de Saint-Melaine, pour l'honneur et privilège de la dignité sacerdotale, aura toute prééminence et prérogative avant l'abbesse de Saint-Georges, sauf audit abbé, par honneur et courtoisie, quand bon lui semblera, à déférer l'honneur à ladite abbesse, laquelle par humilité le lui referra ». Perrine du Feu résigna ou mourut en 1461. Armes : de gueules à trois poignards d'argent, posés en bande, la pointe en bas

26.— OLIVE DE QUELEN prit possession le 23 août 1463, malgré les prétentions d'Elisabeth Piédeloup à la dignité abbatiale. Elle rendit aveu au duc de Bretagne en 1475, se démit de sa charge en 1485 et mourut le 1er mai 1494. Armes : d'argent à trois feuilles de houx de sinople

27.— FRANÇOISE D'ESPINAY, fille de Richard seigneur d'Espinay et de Béatrix de Montauban, fut bénite eu 1486 par l'évêque Michel Guibé. Marguerite du Guiny, religieuse de Saint-Sulpice, essaya vainement de se faire reconnaître abbesse à sa place. Françoise d'Espinay restaura l'église abbatiale, reconstruisit la salle du Chapitre et releva les manoirs de Saint-Séglin et de Saint-Georges-de-Gréhaigne, ainsi que le prieuré du Feu. Elle mourut le 4 juillet 1520. Armes : d'argent au lion coupé de gueules et de sinople, couronné, lampassé et armé d'or

28.— ROBERTE BUSSON, fille de Robert Busson, seigneur de Gazon et de Chevaigné, et de Magdeleine de la Chapelle-Raussouin, nièce et coadjutrice de la précédente abbesse, ne survécut qu'une année à sa tante. Bénite à la fin de juillet 1520 par l'évêque Yves Mahyeuc, elle décéda le 25 juillet 1521. Armes : d'argent au lion de sable, couronné, lampassé et armé d'or

29.— PERRETTE D'ESPINAY, fille de Henry d'Espinay et de Catherine d'Estouteville, religieuse à Saint-Georges et nièce de la précédente abbesse, ne fit que passer, comme elle, sur le siège abbatial, car elle mourut le 4 octobre 1522. Armes : d'argent au lion coupé de gueules et de sinople, couronné, lampassé et armé d'or

30.— ISABEAU HAMON, fille de Guillaume Hamon, seigneur de Bouvet, et de Guillemette Guibé, était nièce du cardinal Robert Guibé, évêque de Rennes. Elle prit possession en 1522, mais elle mourut le 14 novembre 1523. Armes : écartelé aux 1er et 4ème de ...............  à trois haches d'armes ; aux 2ème et 3ème de..... à trois huchets ; sur le tout, de Guibé. 

31.— CHRISTINE TOUSTAIN, d'une des plus anciennes familles nobles de Normandie, religieuse bénédictine de Chelles, succéda à la précédente, qui résigna en sa faveur avant de mourir. Christine, nommée par le roi, eut à lutter contre deux religieuses qui ne voulaient point accepter la réforme proposée par elle et qui se firent élire abbesses par les autres soeurs récalcitrantes ; l'une, Marie de Kermeno, fut forcée de se retirer au prieuré du Feu, et l'autre, Jehanne Doré, renonça à ses prétentions. Christine Toustain résigna elle-même le 6 novembre 1526, et nommée grande prieure de Saint-Georges, elle ne mourut qu'en 1556. Armes : d'or à la bande échiquetée d'azur et de gueules de deux tires

32.— JEANNE DE LA PRIMAUDAYE, religieuse de Fontevrault, eut encore à combattre les prétentions de Marie de Kermeno ; elle gouverna huit ans et finit par se retirer à Fontevrault, en 1534, et par laisser la place à Marie de Kermeno. Armes : d'or au lion d'azur (Armorial ms. des évêques de Rennes). 

33.— MARIE DE KERMENO, élue abbesse par quelques religieuses en 1523, n'avait jamais cédé ses droits ; des lettres patentes du roi François Ier, du 20 janvier 1535, la mirent enfin en possession et réelle jouissance de l'abbaye de Saint-Georges. Elle était fille de Nicolas de Kermeno, seigneur de Kerguézennec, et de Louise du Garo. Bénite le 12 mars 1535, elle eut à souffrir des prétentions de Jeanne de La Barre à la dignité abbatiale, mais elle en vint à bout et mourut paisiblement, le 14 février 1557, après avoir résigné en faveur de la suivante. Armes : écartelé : aux 1er et 4ème contre-écartelé de gueules à trois macles d'argent, qui est Kermeno, et de gueules à l'aigle éployée, à deux têtes d'argent, qui est Clec'h du Garo ; aux 2ème et 3ème d'azur au sautoir engreslé d'or, cantonné de quatre lionceaux d'or rampants, qui est Kerliver. 

34.— JEANNE DE KERMENO, fille de Jean de Kermeno et de Guyonne de Kerandrez, nièce de la précédente abbesse, fut reconnue en 1557 et mourut le 27 avril 1572, âgée de cinquante-et-un ans. Son corps fut inhumé dans le même tombeau que celui de sa tante. Armes : de gueules à trois macles d'argent.

 35.— AMICE BUHORAY. Le gouvernement de cette abbesse est incertain ; peut-être ne fut-elle qu'en concurrence avec la suivante. Armes : d'hermines à la tête de loup de sable brochant en abîme (Armorial ms. des évêques de Rennes).

 36.— PHILIPPE D'ESPINAY, fille de Guy III, seigneur d'Espinay, et de Louise de Goulaine, religieuse de Saint-Georges, fut nommée par le roi le 29 avril 1572. Elle mourut, âgée de cinquante ans, le 20 juin 1582. Armes : d'argent au lion coupé de gueules et de sinople, couronné, lampasse et armé d'or. Le sceau de cette abbesse est ovale et armorial ; il renferme le blason d'Espinay et une légende dont on ne distingue plus qu'un mot : ....... MADAME........  

37.— GABRIELLE DE MAURE fit, selon D. Morice, serment de fidélité au roi en 1598 et mourut la même année, mais cela semble difficile à admettre. Armes : de gueules au croissant vairé d'argent et d'azur.

38.— MARQUIZE DE BEAUCAIRE, fille de Jean sire de Beaucaire et de Guyonne du Breil, bénite dès 1583, ne prêta serment au roi qu'en 1599 et mourut le 30 avril 1609, âgée de soixante-seize ans. Armes : écartelé : aux 1er et 4ème d'azur au léopard lionné d'or, aux 2ème et 3ème de gueules à la croix ancrée d'or. Nous avons retrouvé deux sceaux de Mme de Beaucaire : l'un, en 1593, est ovale et armorial, portant seulement : de gueules à la croix ancrée d'or, avec cette légende : S. D. MADAME MARQUIZE DE BEAUQUERE AB. DE S. GEORGES ; — l'autre, en 1598, porte ses armes : écartelé : aux 1er et 4ème d'azur au léopard lionné d'or, aux 2ème et 3ème de gueules à la croix ancrée d'or ; derrière l'écusson en bannière est un bourdon posé en pal ; il n'y a pas de légende (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 21 H, 275 ; 9 G, 33)..  

39.— FRANÇOISE DE LA FAYETTE, fille de Claude de La Fayette et de Marie d'Alègre, nièce de la précédente abbesse, fut d'abord religieuse à Saint-Pierre-des-Chases, puis devint coadjutrice de sa tante à Saint-Georges. Elle prit possession de l'abbaye le 16 novembre 1609 et fut bénite le 22 par l'évêque François Larchiver. Elle gouverna cinquante-quatre ans et mit le sceau à l'oeuvre de la réforme de son monastère ; elle mourut, âgée de soixante-quinze ans, le 30 juin 1663. Le sceau de cette abbesse, en 1616, est ovale et armorial ; dans un écu en bannière sont ses armoiries : de gueules à la bande d'or, à la bordure de vair ; une crosse est posée derrière en pal. Légende : S. D. MADAME FRANCOISSE (Sic) D. LA FAIETTE ABESSE (sic) D. S. GEORGE (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 33).. 

40.— MAGDELEINE DE LA FAYETTE, fille de Jean de La Fayette et de Marguerite de Bourbon, nièce et coadjutrice de la précédente, prit possession le 30 juillet et fut bénite abbesse le 4 octobre 1663 par Mgr de Villemontée, évêque de Saint-Malo. Elle construisit le vaste et splendide corps de logis de l'abbaye qui porte encore son nom, inscrit à sa façade méridionale. Magdeleine de La Fayette mourut le 23 juillet 1688, âgée de soixante-cinq ans. Elle fut inhumée dans le choeur de son église abbatiale, proche l'autel de la Trinité, dans le même caveau que sa tante Françoise. Voici son épitaphe : Hic jacet Magdalena de la Fayette hujus monasterii quondam abbatissa. Genus illi ex antiquis Fayetorum stirpe, generi par ingenium, pietas utroque major ; œtatem ab annis si numeres, sacris virginibus prœfuit annos quinque et vigenti, si ab omnium desiderio, vix unum. Facile imperavit aliis quœ sibimet imperaret ; prœcepit mulla verbo, plura exemplo. Leges dedit, at mores suos. Disciplinam astrinxit, sed amoris vinculis ; prœmium putabatur ei placere, displicere pœna. Cum tot filias mater una regeret, nemini lacrymas expressit, nisi moriendo. In rerum divinarum cogitatione mentem defixerat, voluntatem in amore. Cætera aut nesciit, aut fastidiit, gratiosa tamen apud principes, cujus nomen ubique sparsum esset, dum suis ipsa septis se clauderet. Templum ornavit, religiosam familiam auxit, domun hanc a fundamento erexit, meliorem sibi paravit in cœlo, quo migravit nono calendas Augusti M DC LXXXVIIImo. Les armes de Magdeleine de La Fayette étaient sculptées autrefois sur la façade du grand bâtiment abbatial de Saint-Georges ; elle portait un écu en bannière ainsi composé : écartelé aux 1er et 4ème de La Fayette, qui est : de gueules à la bande d'or, à la bordure de vair ; aux 2ème et 3ème de Bourbon-Condé, qui est : d'azur à trois fleurs de lys d'or au boston péri de gueules, surmonté d'un chef de Jérusalem : d'argent à la croix potencée d'or, cantonnée de quatre croisettes de même. Le sceau de cette abbesse, en 1677, est de forme ovale et renferme les armoiries ci-dessus ; une crosse est posée en pal derrière l'écu, que soutiennent deux palmes ; il n'y a pas de légende (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 33).

41.— MARGUERITE DU HALGOUET DE KERGREE, parente du cardinal de Coislin, était religieuse à Saint-Georges depuis plus de trente ans quand elle en fut nommée abbesse par le roi le 26 août 1688. Elle continua les oeuvres de Mme de La Fayette et mourut le 4 décembre 1714. Le sceau de cette abbesse est ovale et armorial. Il renferme ses armoiries : d'azur au lion morné d'or ; l'écu est tenu par deux lions et surmonté d'une couronne de marquise ; une crosse est posée en pal derrière cet écu ; la légende porte : M. DU HALGOUET DAME ABESSE (sic) D. ST GEORGES (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 33).

42.— ELISABETH D'ALEGRE, nièce de deux abbesses antérieures, Mmes de La Fayette et de Beaucaire, prit possession de l'abbaye le 2 mai 1715. Elle mourut le 18 avril 1741, âgée de quatre-vingts ans, regrettée de toute sa communauté. Armes : de gueules à la tour d'argent maçonnée de sable, accostée de six fleurs de lys d'or, trois en chaque flanc

43.— JUDITH DE CHAUMONT DE GUITRY, fille de Guy de Chaumont, marquis d'Orbec, et de Jeanne de Caumont-la-Force, fut d'abord religieuse à la Chaise-Dieu ; nommée par le roi le 7 septembre 1741, elle fut bénite à Paris le 19 août 1742 par l'évêque de Castres et prit possession de l'abbaye le 17 octobre suivant. « Son administration religieuse fut sage, prudente et se passa dans le calme de la régularité monastique ». Elle mourut, âgée de cent deux ans, le 1er juin 1779, et fut inhumée dans le caveau des abbesses de Saint-Georges. Le sceau de cette abbesse, en 1773, ovale et armorial, renferme son écusson, portant : d'argent au mont de sable fumant de gueules, timbré d'une crosse et surmonté d'une couronne de marquise ; la légende est : J. G. CHAUMONT ABBESSE DE S. GEORGES.. 

44.— JULIE BAREAU DE GIRAC, soeur de Mgr de Girac, évêque de Rennes, était religieuse à Sainte-Croix de Poitiers quand le roi la nomma abbesse le 6 juin 1779 ; elle prit possession le 22 août. Mme de Girac fut la dernière abbesse de Saint-Georges ; chassée avec ses soeurs de son monastère par la Révolution en 1792, elle se réfugia d'abord avec elles au couvent de la Retraite ; mais les évènements forcèrent bientôt les Bénédictines à se disperser. Mme de Girac ne survécut guère à la destruction de sa communauté ; elle mourut à. Rennes le 19 janvier 1794, âgée de soixante ans seulement. Armes : écartelé au 1er d'argent à la fasce de gueules ; au 2ème d'argent à la tour de sable ; au 3ème de gueules au lion d'argent ; au 4ème d'azur à la fasce d'or, soutenue en pointe d'une étoile de même, au chef denché d'or ; sur le tout d'or au chevron de gueules accompagné de trois croissants de même.

Pour achever de donner une exacte idée de ce qu'était l'abbaye de Saint-Georges, nous allons analyser ici un important document du XVIIème siècle, la Déclaration faite au roi, le 9 avril 1665, par l'abbesse Magdeleine de La Fayette et ses religieuses (Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, 345) : « Advouent lesdites dames tenir dudit seigneur Roy l'église, monastère, closture, maisons, courts, jardins et pourpris de ladite abbaye size en icelle ville de Rennes, avec une place qui est au-devant de l'église, cimetière et portal de ladite abbaye, et tout ce qui est enclos entre les murailles d'icelle abbaye, joignant d'un costé les murailles de cette ville de Rennes et cimetière de la paroisse de Saint-Pierre en Saint-Georges, au proche de la porte dudit Saint-Georges, et, par autres, la rue conduisant de ladite porte de Saint-Georges à l'abreuvoir près les arches dudit Saint-Georges, lequel enclos est en forme de triangle. Au dehors de la closture, une maison avec ses appartenances, en laquelle est assis le four à ban auquel elles font cuire leur pain, et est ladite maison située près la rue Saint-Georges ; — une petite maison, terre et jardin, située au joignant les arches de Saint-Georges, appelée anciennement le Pré-Rond et présentement la Buanderye Saint-Georges ; — deux maisons et jardin s'entre joignant avec un petit pré, l'une desquelles maisons et jardin est appelée la Sablonnière, et l'autre avec son jardin la Vergue (nota : ainsi nommé parce que le gibet de la juridiction abbatiale s'y trouvait), joignant d'un bout au pavé de la rue Hux (nota : la rue Hux est maintenant la rue de Paris), et d'autre bout la rivière de Vilaine. Item confessent tenir en cette ville deux moulins, l'un à froment, l'autre à seigle, appelés à présent les moulins de la Poissonnerie et anciennement les moulins de la Porte ; ensemble le droit de peschage en icelle rivière (de Vilaine) depuis les arches de Saint-Yves jusqu'au moulin de Cesson, et droit d'avoir un basteau sur ladite rivière prohibitif à tous autres, avecq aussi le droit de pesche dans les douves de Porte-Blanche, et le droit d'avoir un bardeau hors la ville, attaché à la tour appelée Luxembourg, pour donner le sault à l'eau pour le service desdits moulins ; — au dehors de la Porte-Blanche, deux autres moulins sur ladite rivière de Vilaine, appelés les moulins de Saint-Elier, l'un à seigle, l'autre à froment, avec droit d'avoir un moulin à fouler draps ; — la prée de Saint-Georges, contenant 40 journées de terre ou plus, cotoyant la rivière de Vilaine vers les moulins de Joué ; — une mestairie appelée le Petit-Paris, près le pavé de la rue Hux ; — la maison, manoir et métairie du Feu, en la paroisse de Liffré ; — les maisons, jardins, moulins, etc., du prieuré de la Chapelle-Janson ; — la terre et seigneurie de Saint-Georges-de-Gréhaigne, maison priorale, pourpris, etc. ; — le prieuré de Tinténiac et toutes ses dépendances ; — le prieuré de Saint-Georges de Plubihen (Pleubian) ; — le prieuré de l'isle d'Artz (île d'Arz) ; — une maison et métairie en la paroisse de Saint-Séguelin ;   —  trois prairies appelées le Pré du Couvent, des Grandes-Iles et du Nom de Jésus, etc ».

L'abbesse de Saint-Georges avait plusieurs droits de coutumes à Rennes même ; ainsi, dès l'origine, elle reçut un droit de ce genre qui se prélevait en nature sur les étaux de la vieille Cohue de Rennes, mais le duc Jean-le-Roux le changea en 1248 en une rente de 30 livres qui fut payée annuellement jusqu'à la Révolution. De plus, « outre les redevances qui lui étaient servies par les tenanciers de son fief dans la ville de Rennes, et aux environs immédiats, l'abbesse de Saint-Georges partageait avec le seigneur duc, l'évêque de Rennes et le baron de Fougères, un droit de coutume » dont le détail est des plus curieux. Ce droit de coutume se levait dans la ville de Rennes et comprenait le minage, redevance ou devoir sur les blés : « Ce debvoir est de telle nature que pour somme de bled entière est deub deux deniers, de quoy il appartient trois mailles au­dit seigneur roy (ou duc), et l'autre maille est départie entre ledit seigneur roy pour cause de sa baronnie de Fougères, l'évesque de Rennes et lesdites abbesse et couvent de Saint-Georges. Et si ledit bled est levé en ceste dite ville pour le porter ailleurs, il en est deub un denier pour le debvoir de levage et transport ; de quoy ledit seigneur roy prend une maille, et l'autre maille doit être divisée entre ledit seigneur roy pour cause de sadite baronnie de Fougères et lesdits évesque et abbesse et couvent de Saint-Georges ». Etaient aussi compris dans la susdite coutume et partagés tiers à tiers les droits de trépas ou trespas, c'est-à-dire de transit, comme on dirait aujourd'hui, « par la ville et neuf paroisses de Rennes », sur les poissons salés ou frais, sur les vins, sur les denrées, sur les draps, sur les marchandises diverses comprises sous le nom de merceries, sur les cuirs, sur les animaux vivants, sur les sels, les beurres, fromages, etc. — Tout cela avait quelque rapport avec nos octrois modernes (Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, Prolégomènes, 49). Une ancienne concession ducale, rappelée en 1410 par le duc Jean V dans des lettres confirmatives (Lettres du duc Jean V qui transfèrent la foire de la My-Caresme du dimanche au lundy, conservant au surplus les droits de l'abbaye de Saint-Georges à cette foire - Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, 262), avait créé au profit de l'abbaye de Saint-Georges une foire qui se tenait à la Mi-Carême ; elle était pour la communauté une autre source importante de revenus. A l'occasion de cette foire, dont la durée s'étendait à plusieurs jours, et dont la police et la réglementation étaient attribuées aux officiers et aux juges de l'abbesse, il était d'usage que tous les vassaux du fief de Saint-Georges, à Rennes., se réunissassent à cheval et en ordre sous la conduite desdits officiers, pour faire « la chevauchée le premier jour de ladite foire », et maintenir ainsi l'ordre dans la foule des marchands. Le tenancier du fief de Caisdan (ou fief de Champagne), « ayant cours aux environs de la rue Hux », avait même une obligation spéciale en cette journée solennelle : il devait se transporter à cheval à la porte de l'abbaye pour accompagner, le premier en tête du cortège, les officiers de Saint-Georges pendant la chevauchée, « partant de ladite abbaye et allant jusqu'au champ de la foire, qui est la Lice » (Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, Prolégomènes, 50). Cette foire avait lieu, depuis 1410, « le lundy prochain après le jeudy de la My-Caresme », et les droits de coutume que l'abbesse y levait étaient dus « huit jours devant ledit jour et huit jours après ». Le lendemain de la foire se tenaient les plaids généraux de la juridiction abbatiale. Cette juridiction de Saint-Georges, haute, moyenne et basse, s'exerçait en la salle basse du Présidial de Rennes ; l'abbesse en nommait les officiers. La justice patibulaire de l'abbaye, « à quatre pilliers et paux », se dressait anciennement près du Gué-de-Baud, et, au XVIIème siècle, près la Sablonnière, dans le champ de la Vergue, qui tirait son nom de ce gibet. 

Mais reprenons la lecture de la Déclaration de 1665 : « Confessent lesdites dames tenir dudit seigneur Roy le droit d'usage et pannage leurs octroyez, tant par don que contrat à titre onéreux, par et avec les ducs et princesses de cedit pays, ès forêtz de Rennes, Sainct-Aubin et Liffré, tant pour le chauffage desdites dames abbesse et couvent que pour reparer les maisons, églises, moulins, chaussées, pressoirs et colombiers, et autres édifices appartenant à ladite abbaye, que pour les réédifier de nouveau (nota : au siècle dernier, le droit d'usage dans la forêt de Rennes pour l'abbaye de Saint-Georges fut réduit à trente cordes de bois de chauffage et un millier de fagots. Plus ont droit (lesdites dames) de présentation aux cures et bénéfices des églises de Saint-Pierre en Saint-Georges, Toussaints et Saint-Sauveur, à Rennes ; — aux paroisses de Tinténiac, La Baussaine, Saint-Domineuc, la Chapelle-Chaussée, Cardroc, Saint-Gondran, Saint-Georges-de-Gréhaigne, la Chapelle-Janson, Saint-Séglin, Plougasnou, Pleubihan, Priziac et Saint-Jacques-de-la-Lande ; — et aux chapellenies de Saint-Lazare, Saint-Donatien, Saint-Jacques-de-la-Forest, Saint-Exupère et Saint-Donatien-sur-les-Murs, Notre-Dame-de-la-Cité, la Magdeleine, le Crucifix, les Trois-Maries, la Sacristie de l'abbaye, Saint-Yves et Beaumont ; desquels bénéfices la dame abbesse de Saint-Georges a la présentation et nomination, vacquance advenant »

Voyons maintenant quels étaient les fiefs et bailliages dépendant de Saint-Georges : Le Grand Bailliage de Rennes, s'étendant ès paroisses de Saint-Pierre en Saint-Georges, Toussaints, Saint-Germain et Saint-Laurent-des-Vignes ; — le fief de Blosne et le fief de Sainte-Foix, en la paroisse de Toussaints ; — le fief de Chavaigne, en Chavagne et Mordelles ; — le fief de Saint-Hélier, en Saint-Hélier, Cesson et Chantepie ; — le fief de Brécé, en la paroisse de ce nom ; — le fief de la Rue-aux-Asnes, en la ville de Châteaugiron ; — le fief du Chesnay et le fief d'Espinay, en Acigné ; — le fief de Montgermont et le fief de Melesse, en les paroisses de mêmes noms ; — le fief de la Pavaye, en Chartres et Bruz. Remarquons en passant que les vassaux des fiefs d'Espinay et du Chesnay devaient « charroyer le bois à chauffage de l'abbaye », et ceux du fief de la Pavaye, en Chartres, paroisse possédant d'importantes poteries, devaient « une somme de pots de terre de diverses sortes rendue à l'abbaye ». Il y avait encore le fief de Saint-Séglin et ceux des prieurés, c'est-à-dire les fiefs de Tinténiac, de la Chapelle-Janson, de Saint-Georges-de-Gréhaigne, de Plougasnou, de Pleubihan (Pleubian) et de l'île d'Arz. Dans le Grand Bailliage de Rennes se trouvait un canton appelé « le fief au Cheval ». Les hommes vassaux de ce fief étaient tenus, lorsque la dame abbesse voulait aller visiter ses prieurés et bénéfices, de lui fournir et amener un cheval blanc, « dit hacquenée, bridé, caparaçonné, équipé, comme à telle dame appartenait, pour la porter audit voyage ». L'un des sujets du fief, une fois l'abbesse installée sur sa monture, « conduisait la hacquenée par la bride hors de dessus le pavé ». Le voyage fini, l'abbesse devait remettre la haquenée à la disposition de ses vassaux. Ce devoir n'était dû qu'une fois en la vie de chaque abbesse, et il fut supprimé, après la réformation de l'abbaye, au XVIème siècle. 

Voici quelles étaient, en 1665, les dîmes « tant des lins et chanvres, pois, fèves, blasteries que autres choses, et la dixme des vins bretons dans les paroisses de Saint-Pierre en Saint-Georges, Saint-Hélier, Toussaints et Chantepie » : Le trait de Saint-Pierre en Saint-Georges, — le trait de Saint-Hélier, — les traits de Toussaints, — les traits de Chantepie, — le trait de Talensac, — le trait de Montgermont, —le trait du Pan et sept autres traits, en Bruz, — les dîmes d'Acigné, — les traits de Chavagne, Goyen, Treffendel et Plélan, — le trait de Vignoc, — le trait de Pennabat, en Langouët, — les traits de Guerré, de Nouaillé, de Clossé, du Bourg et partie de celui de Cramou, le tout en Mordelles, — le trait d'Estol, en Noyal-sur-Seiche, — le trait de Sainte-Colombe, le le trait des Caillebottières, en Guipel, — les dîmes de Saint-Georges-de-Gréhaigne, — le tiers des dîmes de Moidré, — les traits du Milieu, de Lesnouan et du Goullou, en la Chapelle-Chaussée, — les traits de la Garde, de Trélubin, de la Vieuville et la Tremblaye, en La Baussaine, — les traits de Trougaret, de la Garde, des Bois, de la Besnelais, de Trébuchet, en Tinténiac, — le trait de Cardroc, — les deux tiers de la dîme de Saint-Domineuc, — le trait de Trimer, — les dîmes de Priziac, — les dîmes de la Chapelle-Janson, — les dîmes de Saint-Séglin, — le terrage de l'île d'Artz, — le trait de Possule, en Cesson, — le trait de Martigné, en Laillé. 

En résumé, les Bénédictines de Saint-Georges dîmaient en trente-deux paroisses. Quelques seigneurs et quelques bénéficiers devaient aussi certaines rentes à l'abbesse : Le roi, comme duc de Bretagne, devait 30 livres sur la Cohue de Rennes, et comme seigneur de Hédé 25 sols, « pour cause des mangiers de Coasbou ». — Le seigneur de Vitré et Chevré, 100 sols, — le seigneur de la Guerche, 20 sols, — le seigneur de Beaumanoir, 20 sols, « à cause des foires de Merdrignac », — le sieur du Fail, en Domloup, une mine de seigle et 24 sols 4 deniers, — le sieur de la Villaye, 2 mines de seigle, — le possesseur de la Gaudinaye et du fief des Vaux, un quartier de froment, — le recteur de Toussaints de Rennes, 12 livres, « pour droit de bottines », — le recteur de Saint-Jacques-de-la-Lande, 6 quartiers de blé, — le recteur de Broon, près Châteaugiron, 4 quartiers de froment, — le recteur de Chavagne, 5 quartiers de seigle, — les chapelains de Beaumont et du Crucifix à Rennes, le premier 15 livres, le second 18 boisseaux de froment. 

Terminons par le droit d'hesmage, concédé à l'abbesse Adèle II par son frère Mathias, comte de Nantes, au XIIème siècle. Ce droit consistait en 3 oboles sur chaque muid de sel et 3 oboles sur chaque muid de froment transportés par bateaux remontant et descendant le cours de la Loire. Un tel revenu n'était pas alors sans importance. L'Aveu de 1665 mentionne encore ce droit et dit « qu'il est deub auxdites dames de Saint-Georges, sur la rivière de Loire, la moitié de 3 deniers monnoye de l'ancien debvoir du Duc, sur chacun muid de sel, vins et froment montant et descendant ladite rivière, qui se payent à la Fosse de Nantes ». Les autres devoirs et rentes rappelés dans cette déclaration de l'abbaye sont particuliers aux prieurés, et nous les ferons connaître lorsque nous parlerons de ces divers établissements. En 1764, le total des revenus de l'abbaye de Saint-Georges était évalué à 24 507 livres, mais il y avait 19 319 livres de charges fixes ; sur les 5 187 livres restant, il fallait frayer à l'entretien de trente religieuses, tant dames de choeur que novices, de douze soeurs converses, des chapelains, des domes­tiques, etc. 

« Un compte de 1774 cote l'ensemble du revenu à 43 914 livres, absorbées presque complètement par les charges ordinaires (nota : l'abbesse de Saint-Georges contribuait au paiement de vingt-huit portions congrues), les décimes, les réparations, les aumônes, les rentes, les acquits de constituts, l'entretien de la maison » (Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, Prolégomènes, 66). 

Parmi les privilèges dont jouissait encore au XVIIIème siècle l'abbesse de Saint-Georges, citons aussi celui de prendre part aux délibérations de la Communauté de ville de Rennes ; comme les religieuses étaient alors cloîtrées, l'abbesse nommait quelqu'un, habituellement son chapelain, pour la représenter aux séances de l'Hôtel-de-Ville. 

On conserve au Musée archéologique de Rennes un sceau de l'abbaye de Saint-Georges remontant certainement à l'époque de la fondation de ce monastère, au XIème siècle. Ce sceau est de forme orbiculaire ; « il représente un cavalier, la tête coiffée d'un heaume pointu, tenant du bras droit sa lance en arrêt que décore un pennon, couvrant son bras gauche d'un bouclier ovoïde terminé en pointe aiguë, à ombilic saillant et radié. C'est tout à fait le type des personnages de la fameuse tapisserie de Bayeux. Autour de la figure, sur le rebord du sceau, se développe la légende en écriture capitale mêlée d'onciales ; en voici le texte : HOC . SIGNU(M). SCI. P(ER). PENDAS. ESSE. GEORGII. C'est un vers latin hexamètre que l'on peut traduire ainsi : Ceci, prenez-y garde, est le sceau de Saint-Georges » (Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, Prolègomènes, 78). L'Armorial général ms. de 1697 attribue à l'abbaye de Saint-Georges les armoiries de Bretagne : d'hermines plein, probablement en souvenir de la fondation de ce monastère par les ducs de Bretagne. 

Nous empruntons encore à M. de la Bigne Villeneuve la description de l'état actuel et des anciennes constructions de l'abbaye de Saint-Georges. Les révolutions ont étrangement changé la destination de ce beau monastère ; c'est à la fin du XIXème siècle une caserne. Quoi qu'il en soit, l'abbaye offre toujours aux regards, vers le bas du coteau qui longe, à l'Est de Rennes, la rive droite de la Vilaine, une imposante et monumentale façade. Sur un ample corps de logis, flanqué de deux pavillons, le tout surmonté d'une toiture à la Mansard, se déploie un triple rang horizontal de vingt-trois fenêtres ; immédiatement au-dessous s'ouvre une série de dix-neuf arcades en plein cintre, formant portique voûté et rappelant le caractère monastique du bâtiment. Un fronton central rompt la monotonie de la ligne du faîte ; décoré de sculptures élégantes, ce fronton porte à son tympan l'écusson de Bretagne timbré de la couronne ducale. Au-dessus du blason et surmontant le cintre du fronton, s'élevait en supériorité, dominant tout l'édifice, une croix que le vandalisme républicain renversa en 1792. Des deux côtés de l'écusson de Bretagne, deux figures symboliques, assises, portent les attributs de la Justice et de la Paix : Justifia et Pax obviaverunt sibi. Elles semblent placées là pour personnifier les deux vertus principales qui devaient présider au gouvernement de l'abbaye. Une inscription en majuscules romaines règne au-dessus des baies de l'arcature ouverte à l'étage inférieur de la façade ; cette inscription se compose de lettres colossales, formées par des barres de fer boulonnées dans le mur, où elles tracent le nom de MAGDELAINE DE LA FAYETTE. Trois écussons, soutenus en pal de la crosse abbatiale, se remarquent encore, l'un au centre de l'édifice, les deux autres sur chaque pavillon latéral ; le blason qu'ils portaient a été gratté et mutilé : c'était celui de l'abbesse Magdeleine de La Fayette, qui écartelait ses armes paternelles de celles de sa mère, issue d'une branche cadette de la maison de Bourbon. Ce qui précède indique assez que c'est Mme de La Fayette qui fit reconstruire le grand corps de logis décrit ci-dessus. Le 24 mars 1670 furent solennellement posées les deux premières pierres de cet édifice : l'une par Mgr Charles de la Vieuville, évêque de Rennes ; l'autre par Mme l'abbesse Magdeleine de La Fayette. A chacune d'elles était scellée une plaque de cuivre armoriée portant une inscription latine dont la teneur a été consignée dans les archives du monastère. Voici celle de la première pierre : « In nomine Jesu Altissimi, illustrissimus D. Carolus-Franciscus de la Vieuville episcopus Rhedonensis, harum œdium inchoationi adfuit, benedixit, omnibusgue J. C. sponsis eas habitaturis veram pacem exoptavit. Anno Christi M° DC° LXX° Indict. VIII. IX Kal. Aprilis » . Sur la seconde pierre est gravé : « Deo optimo maximo favente, Dna Magdalena de la Fayette, natalibus virtutibusgue clarissima, has œdes vetustate ruentes in ampliorem formam a fundamentis renovandas singulari zelo suscepit inchoavitque. Anno Christi M° DC° LXX° Indict. VIII. IX Kal. Aprilis ». La construction de Magdeleine de La Fayette n'était qu'une partie des bâtiments de l'abbaye de Saint-Georges. Il reste à peine aujourd'hui la moitié de ce qui en constituait l'ensemble au moment où le gouvernement révolutionnaire, s'emparant violemment de la propriété des religieuses bénédictines, chassa de leur demeure les innocentes victimes de ses spoliations. En effet, derrière le vaste édifice dont les formes architectoniques accusent la date du XVIIème siècle, venaient se souder en équerre, dans la direction du Nord, trois corps de logis parallèles, séparés les uns des autres par des préaux ; celui du milieu était le jardin de l'abbesse, qu'entourait le cloître, rebâti au commencement du XVIIIème siècle par les abbesses Marguerite du Halgouët et Elisabeth d'Alègre. Dans ces spacieux bâtiments étaient répartis, outre les cellules de l'abbesse et des dames de choeur, les dortoirs, le réfectoire, la bibliothèque, l'infirmerie, la salle du Chapitre, la sacristie et toutes les dépendances de la communauté. Le cloître et les corps de logis parallèles, se dirigeant du Sud au Nord, aboutissaient à l'église abbatiale, de style roman : elle se composait d'une nef accostée de collatéraux, d'un transept ou croisée, et d'une abside terminée circulairement avec son deambulatorium, subdivisé en onze travées rayonnant autour du chevet. Le choeur des religieuses occupait le centre de la maîtresse nef. L'église était orientée, le chevet à l'Est, la grande porte ouvrant vers le Couchant. La vieille et lourde tour du clocher, datant de la fondation primitive, au moins dans ses substructions, existait encore au commencement de notre siècle ; elle a été démolie vers 1820. Le collatéral Nord, dont la muraille extérieure touchait à l'enceinte des fortifications de la ville, avait été agrandi vers 1475. Depuis le XIIIème siècle, il était affecté au service de la paroisse de Saint-Pierre-du-Marché (ou Saint-Pierre en Saint-Georges), dépendance de l'abbaye de Saint-Georges. La majeure partie de l'église ne devait pas être antérieure à la fin du XIIème siècle, puisque, en 1183, le monastère tout entier fut saccagé et brûlé par les routiers anglais de Henri Plantagenet et de son fils Geoffroy. On desservait au XVIIIème siècle dans cette église abbatiale les chapellenies de Saint-Yves, Notre-Dame-de-la-Cité, le Crucifix, Saint-Antoine, Notre-Dame-de-Beaumont, le Grand-Autel, etc. On y conservait aussi beaucoup de reliques, entre autres celles de plusieurs corps saints extraits des Catacombes, envoyées de Rome en 1659 et déposées en deux reliquaires d'argent, et le corps de sainte Placide, martyre, reçu à Saint-Georges en 1694. Notons enfin que, d'après M. Marteville, il existait une crypte sous le choeur de cette église et qu'on y honorait saint Nicolas ; c'était même, paraît-il, le but de fréquents pèlerinages (Dictionnaire de Bretagne, II, 591). De cette importante et curieuse basilique bénédictine il ne reste pas aujourd'hui pierre sur pierre. Sur son emplacement a été dressé et nivelé le petit Polygone ou cour plantée bordant la rue de Belair, vis-à-vis de la Motte, et servant aux exercices et aux évolutions des troupes qui occupent la caserne à la fin du XIXème siècle (Cartulaire de l'abbaye Saint-Georges, Prolégomènes). Les anciennes dépendances de l'abbaye ont été envahies par des voies publiques ou sont devenues des propriétés particulières. Ainsi, par exemple, en est-il des vignes et des jardins qui s'étendaient vers l'Orient jusqu'à la route dite aujourd'hui rue de Viarmes (abbé Guillotin de Corson).

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