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LA CATHÉDRALE DE RENNES

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L'ANCIENNE ÉGLISE CATHÉDRALE DE RENNES

L'église cathédrale de Rennes est la première et la plus ancienne des églises de Bretagne, sa fondation remonte à l’introduction du christianisme en Gaule. On n’a sur ses origines que des traditions confuses, d’antiques légendes, mais aucun document historique. Le père Albert Legrand, religieux dominicain du couvent de Bonne-Nouvelle, raconte cependant, d’après un manuscrit retrouvé en 1625 à l’ancienne cathédrale de Rennes, que : « Maximinus, disciple de l'apostre sainct Philippe et de l’évangéliste sainct Luc, ayant été envoyé ès-Gaules vint en Bretagne et s’arresta à Rennes, qu’alors on appelait Civitas Rubra, Ville Rouge, laquelle estait située entre les rivières de Vilaisnes et de l'Isle, et en peu de jours convertit ce peuple et purgea un temple près de la Ville qui était dédié à la déesse Thétis dont il brisa l'idole et consacra ce lieu à Dieu sous l’invocation de la glorieuse vierge Notre-Dame de la Cité ».

En l’an 67, Suffrenius ou Synchronius succéda à l’évêque Maximin et continua la conversion des Redones, il ruina le temple dédié à la déesse Isis situé à l’emplacement de l'Abbaye de Saint-Georges et purgea la Tour dénommée la Vision des Dieux (Cette tour fut remplacée plus tard par la Tour Saint-James qui devint Tour de l'Horloge).

Le premier évêque de Rennes dont on a constaté l’existence certaine fut Febedolius Ier auquel succéda, en 388, Moderanus puis saint Justin, saint Riostimus, Artemius ou Antemius qui assista au premier concile de Tours en 461 et au premier concile de Vannes.

Ensuite, au début du VIème siècle, saint Amand et saint Melaine.

La première église servit de cathédrale sous le vocable de Notre-Dame de la Cité jusque vers 312 où l’évêque saint Lunaire dédia l’église à saint Pierre.

On n’a pas de documents historiques très précis sur les premiers siècles de notre ère, l’on sait toutefois que dès le Vème siècle, Rennes était le siège d’un évêché et qu’un peu plus tard il existait des chanoines dépendant d’une église cathédrale dédiée à saint Pierre ; en tout cas, la première église cathédrale fut construite à son emplacement actuel par les évêques saint Amand et saint Melaine, vers le VIème siècle.

Pendant quatre siècles, des procédures furent engagées entre l’évêché de Dol et celui de Tours pour obtenir l’attribution du siège métropolitain et c’est en 1199 que le pape Innocent III décida que l’évêché de Tours serait le siège métropolitain de Bretagne, l’évêché de Rennes devenant suffragant de celui de Tours.

Vers la fin du XIIème siècle la première église cathédrale qui avait été bâtie sur l’emplacement du temple de Junon Monète, élevé par les Romains, tombait en ruines.

C’est dans cette cathédrale que les princes, après avoir passé une nuit en prières au pied du maître-autel, venaient recevoir la couronne ducale.

Vers 1180, l'évêque Philippe, ancien abbé de Clermont, à peine arrivé dans la capitale de la Bretagne, prétendit qu’un ordre du ciel lui enjoignait de jeter bas le vieil édifice pour élever à sa place un de ces splendides chefs-d’oeuvre, comme la France, à cette époque, en voyait surgir de tous côtés ; il entreprit donc la réédification en 1182.

Si l’on en croit Bertrand d'Argentré, dans son histoire de Bretagne, l’évêque Philippe, « fouillant les fondemens, trouva bon nombre d’argent fait : tellement que cela luy rendit son batiment parfait de la grace de fortune commandée de Dieu ». D’autres chroniques contemporaines disent au contraire, qu’on ne put à ce moment que « démolir la partie orientale et la rebatir clans un meilleur style ».

Les travaux se poursuivirent pendant tout le cours du XIIIème siècle, grâce aux dons et libéralités de Charles de Blois qui fit faire la grande rose du transept septentrional décorée de peintures, bâtit quelques autels, fonda plusieurs chapelles en l’honneur des rois, ses prédécesseurs sur le trône de Bretagne, Salomon et Judicaël, et des saints bretons Yves, Donatien et Rogatien ; Charles de Blois, dit en 1371 Georges de Lesnen, maître ès-arts, bachelier en médecine et chanoine de l’église de Nantes, « fit honnestement peindre l’église de Rennes et à la partie gauche du chevet de l’église il fit poser une verrière de grandes et belles vitres peintes de belles et pures couleurs, qui couta jusqu’à la somme de deux mille livres et au delà », et Thibaud de Boloczai ajoute : « Il donna à l’église de Rennes de précieux monuments et parures, notamment des tapisseries de laine, ouvrage d'Arras qui en ornaient tout le choeur ».

L’évêque Pierre de Guémenée put enfin achever l’église, la consacrer et y faire son entrée solennelle le 3 novembre 1359.

A cette époque, l’entrée des évêques dans leur ville épiscopale revêtait une grande solennité.

La veille du jour fixé pour la cérémonie, le nouvel évêque se rendait à cheval au monastère de Saint-Melaine dont l’abbé était tenu de lui donner à souper et à coucher ainsi qu’aux gens de sa suite.

Le baron de Vitré était obligé d’accompagner le prélat et de lui tenir l’étrier droit quand Sa Grandeur descendait de cheval ; en remerciements, « le dit cheval avec son harnois et son caparaçonnement demeurait audit seigneur de Vitré comme à luy acquis en raison de ce service ». Entré à Saint-Melaine, les moines venaient saluer l’évêque, celui-ci allait vénérer les reliques du monastère, acceptait le repas que lui offrait l’abbé et passait la nuit en veilles et oraisons.

Le lendemain matin, l’abbé de Saint-Melaine, assisté de tous ses religieux revêtus de leurs plus précieux ornements, conduisait processionnellement le prélat de son couvent à l’église Saint-Etienne par les rues Saint-Melaine et des Changes. Bien que cette église fût située hors les murs de la ville, elle était considérée comme la première église de Rennes après la cathédrale.

Le recteur de Saint-Etienne attendait dans son cimetière l’arrivée de l’évêque, ce dernier agenouillé, prêtait entre ses mains un premier serment de fidélité aux coutumes du diocèse. Se relevant ensuite, le prélat entrait dans l’église où l’attendaient les dignitaires et les membres du chapitre ainsi que les quatre seigneurs principaux de l’évêché auxquels incombait la charge de porter la chaise épiscopale.

Après s’être revêtu de ses ornements pontificaux, l’évêque prenait place sur ce siège d’honneur que soutenaient les barons de Vitré, d'Aubigné, de Châteaugiron et de La Guerche, il s’avançait ainsi triomphalement, précédé d’une longue suite de chanoines, de prêtres et de religieux, suivi de la foule, par les rues Saint-Etienne, des Minimes, les Lices, jusqu’à la porte Mordelaise.

Cette porte étant fermée, la procession s’arrêtait et le capitaine ou le gouverneur de Rennes s’avançait alors, et l’évêque prêtait un second serment de respecter les franchises de sa ville épiscopale ; la porte s’ouvrait ensuite et l’on se remettait en marche.

Mais arrivé à l’entrée de la cathédrale, l’évêque devait encore s’arrêter devant le trésorier et un autre dignitaire du Chapitre et prêter un troisième serment de respecter les libertés de l'Eglise de Rennes.

Il pénétrait enfin dans le sanctuaire, y adorait Dieu et y recevait les hommages de ses chanoines et de son clergé ; puis, se retirant en son palais épiscopal situé près de la cathédrale, rue de la Cordonnerie, il y offrait un dîner. — A l’issue de ce dîner, le seigneur d'Aubigné « se saisissait de toute la vaisselle qu’on y avait servie pour récompense d’avoir soutenu un des pots de la chaise pontificale ».

Pendant les siècles qui suivirent, le même cérémonial fut observé pour l’entrée des évêques dans leur ville épiscopale. En 1770, lors de l’entrée de Mgr de Girac, les membres du Chapitre se rendirent en carrosse au pont de Cesson, le 14 septembre, pour y attendre Monseigneur l’évêque.

En 1400, dit Gilles de Languedoc, les édifices saints renfermés dans l’enceinte de la ville consistaient uniquement dans l’église cathédrale de Saint-Pierre, en ses cloîtres, le manoir épiscopal y joignant, et en celles de Saint-Sauveur et de Saint-Etienne, au surplus en six chapelles dont Notre-Dame de la Cité, Saint-Denis, Saint-Martin, Sainte-Anne et Saint-Modéran.

Rennes : plan de l'ancien manoir épiscopal

A cette époque, et jusqu’en 1770, le Manoir épiscopal était situé rue de la Cordonnerie dans la partie appelée rue de l'Evêché, au nord de la cathédrale. L’évêché occupait, avec les maisons prébendales, à peu près tout l’emplacement compris entre la cathédrale au nord et les rues de la Monnaie, Saint-Guillaume et de la Psallette.

Dubuisson-Aubenay dans son Itinéraire en Bretagne, de 1636, dit : « L’evesché, qu’ils appelent vulgairement le Manoir est joignant l’église de Saint-Pierre au coesté boréal d’où il entre en l’église. La cour duquel est d’un costé bornée par le bout boréal de la croisée de l’église cathédrale, au haut de la muraille duquel est creu un yf grand comme un grand savinier ou genévrier, planté et enraciné dans lad. muraille, et poussant à travers les pierres. On croit que quelque chouette avait porté de la graine d'yf en quelque trou de cette muraille, qui a produit cest arbre. Le batiment est fort médiocre et cependant r’accomodé par cest évesque-cy P. Le Cornulier. Un fort petit jardin mal équarri et pressé des maisons voisines ».

L’évêque jouissait sur ce terrain et aussi sur celui au sud rejoignant la rue du Griffon et la rue des Dames d’un curieux droit féodal appelé droit de « franc regaire ». Ce droit constituait sur tout l’îlot un lieu de franchise et d’immunité que ne pouvait violer aucune juridiction séculière. Cette juridiction s’étendait même jusqu’au ruisseau pavé qui s’écoulait au milieu de la rue. L’autorité civile avait donc intérêt à empêcher ceux qu’elle poursuivait de gagner ce lieu d’asile, or, lorsqu’elle devait conduire des prisonniers à l'Auditoire, les sergents devaient les faire passer sur le pavé opposé au Manoir abbatial et les empêcher de franchir le ruisseau ce qui leur eût accordé l’immunité.

L’église fut décorée et embellie au commencement du XVème siècle par l’évêque Anselme de Chantemerle qui, en 1422, fit exécuter « deux grandes vitres au haut du choeur, l’une à dextre, l’autre à senestre, peintes à l’image de la présentation, par quoi le choeur de son église est moult esclarcy et honoré ».

Peu après, l’évêque Guillaume Brillet fit bâtir la chapelle du Saint-Sacrement derrière le maître-autel.

C’était, si l’on en croit les contemporains, une oeuvre splendide. « La nef était magnifique. La naissance et la vie du Sauveur étaient représentées en or sur le rétable du maître-autel. On y admirait quatre grandes colonnes en cuivre, et la chapelle Saint-Claude fondée par Pierre l'Allegor. Ses balustrades, ses stalles, ses statues en bois offraient dans leur travail toutes les délicatesses des sculptures du temps. C’était une église en forme de croix latine se composant d’une nef principale avec collatéraux, transept et choeur terminé par un hémicycle accompagné de bas-côtés et flanqué de chapelles rayonnantes ».

Rennes : plan de la cathédrale de Rennes

Les murs du choeur, ceux de la nef, ainsi que les stalles étaient recouverts les jours de grandes fêtes de somptueuses tapisseries.

Un inventaire et certification dressé par Pierre Desclaux et Urbain Bouessay, chanoines, avec pour adjoint Nicolas Palierne, notaire royal, greffier du chapitre, le 21 janvier 1682, nous donne la désignation de ces tapisseries : « Deux pièces de tapisseries de hault de lice dans lesquelles est l’histoire des martires de Sct Pierre et Sct Paul, armoyées des armes de Monseigneur Mazillac, évêque. Douze pièces de tapisseries, façon de Flandre, représentant l’histoire de David. Quatre pièces de hault lice pour tapisser le hault des chaires du coeur, représentant l’histoire et martire de Sct Pierre et Sct Paul, armoyées des armes de Mr Bourgneuf, trésorier. Huit pièces de tapisserie de verdure. Six pièces de hault lice, fonds jaune. Six vieilles de hault lice fort uzées ».

A ce moment existaient les chapelles affectées aux fondations « de Brillet, Monsieur Cornulier, de Villeboux, de Rillé, de Villeblanche, des Guibert, de Tréal et d’autres chapelles dédiées à saint Claude, à saint André et saint Gilles, à sainte Marguerite et saint Éloi, à saint Sébastien, à saint Nicolas, à saint Martin, ainsi que la chapelle du Pilier, lesquelles chapelles ferment à clef ».

L’église avait 144 mètres de longueur depuis le parvis jusqu’au fond de la chapelle absidale, la largeur de la nef était de 22 mètres, le transept mesurait 34 mètres.

On ne retrouve aucun document pouvant indiquer ce qu’était la façade de l’ancienne église, les plus anciennes gravures que nous possédons, la vue perspective de d'Argentré (1616) et celle de Jollain (1644) indiquent les deux tours actuelles avec : au-devant, un parvis en hémicycle fermé par des bornes et une petite grille basse.

Rennes : plan de la cathédrale de Rennes

Elles nous indiquent néanmoins qu’il existait sur la face septentrionale un clocher. En comparant ces gravures avec le plan dressé en 1755, avant la démolition de l’église, ainsi qu’avec le procès-verbal dressé par Godefroy Bretin, notaire royal en 1687, on retrouve que ce clocher était situé à l’extrémité de la cotale nord de la nef à sa jonction avec le transept, un escalier à vis partant du bas-côté de la nef y donnait accès.

Rennes : plan de la cathédrale de Rennes

Un autre clocher plus petit était placé à l’extrémité nord-est du transept vers, la rue Saint-Sauveur. Dans ce clocher se trouvait l'horloge ; on y accédait par un escalier à vis dont l’entrée était à l’extérieur de l'église [Note : Ce clocher fut démoli en 1747, sous la direction de Chocat de Grandmaison et les cloches furent transportées dans les tours neuves que l'on venait de construire].

A la fin du XIVème siècle, pendant le cours du XVème siècle et au commencement du XVIème siècle, des constructions nouvelles furent ajoutées au plan primitif et des chapelles furent fondées.

En 1490, la tour et le frontispice menaçant ruine, la reine Anne les fit réparer. Sa mort suspendit les travaux.

Sous la Renaissance en 1527, plusieurs parties de l’édifice inspirant des craintes pour sa solidité, l'architecte Thomas Pehourt dut réparer et consolider les murs côtiers du choeur, côté de l'Épître (G. Nitsch).

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