Fougères : Histoire, Patrimoine, Noblesse (commune chef lieu de canton)

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FOUGERES

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La commune de Fougères (pucenoire.gif (96 octets) Felger) est chef lieu de canton. Fougères dépend de l'arrondissement de Fougères, du département d' Ille-et-Vilaine (Bretagne).         

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de FOUGERES

Fougères tire son nom d'une famille de chevaliers du même nom : le plus célèbre d'entre eux, Raoul II, reconstruit en 1166 le château fort de Fougères, rasé par le roi d'Angleterre Henri II, et en fait un des plus puissants d'Europe. 

Fougères doit son origine à son château, édifié vers 1024 par Auffroy, son premier seigneur. Elle se compose de deux villes juxtaposées : la Ville Basse, Vieille Ville ou Bourg Vieil, entourant le château et l'église de Saint-Sulpice, sur la rive droite du ruisseau Nançon. Sur la rive gauche de ce ruisseau, se développent la Ville Neuve, Ville Haute ou Ville Close, avec l'église Saint-Léonard, l'Hôtel de Ville et le Beffroi. 

Vers l'an 1000, le duc de Bretagne confie à Menn ou Méen ou Main 1er (prince de la maison des comtes de Rennes) la tâche de défendre cette zone frontalière afin de préserver le duché de Bretagne des incursions Normandes et Françaises. Le premier château en bois est construit à la fin du Xème siècle, au fond du val de la rivière le Nançon, sur un îlot rocheux, protégé des marais. Détruit en 1166 par le roi d'Angleterre Henri II Plantagenêt, la citadelle est remplacée dès le XIIème siècle par une forteresse en pierre édifiée par Raoul II, baron de Fougères de 1150 à 1194. 

La population s'installe au pied de la forteresse et crée rapidement les premières activités artisanales : tannerie, teinturerie, draperie. La forteresse est entourée au cours de l'histoire d'une ceinture de rempart et de tours (11 tours au total) afin d'assurer la sécurité des habitants de la Haute-Ville qui, indépendant militairement, édifient aussi un tribunal et un Hôtel-de-Ville pour se doter d'un pouvoir administratif et judiciaire.

La ville de Fougères renfermait avant la Révolution trois paroisses dont nous allons successivement parler. A noter que nous mentionnons seulement ici la paroisse d'Igné ; les documents qui la concernent sont tellement obscurs que M. Maupillé, qui a étudié plus scrupuleusement que personne l'histoire de Fougères, a d'abord cru à l'existence de deux paroisses de ce nom : Saint-Jean d'Igné, berceau de la paroisse de Lecousse, et Saint-Pierre d'Igné, représentée dans la suite par la paroisse de Saint-Léonard de Fougères (Voir Mélanges historiques sur la ville de Fougères, 29, 31). Plus tard, de nouvelles recherches ont fait le même historien placer non plus à Igné, mais à Saint-Martin-des-Champs, l'église primitive de Lecousse. (Voir Notices historiques sur les Paroisses des cantons de Fougères, 111, 112). Ne reconnaissant même plus alors qu'une paroisse à Igné, celle de Saint-Pierre, M. Maupillé montre qu'elle ne fut formée qu'au XIIème siècle et qu'elle ne dura qu'autant de temps que les religieux de Pontlevoy habitèrent leur prieuré d'Igné ; or, dès 1350 ce prieuré était uni à la mense conventuelle de Pontlevoy. Cette paroisse d'existence éphémère, fut réunie de bonne heure à celle de Saint-Léonard. 

Paroisse de Saint-Sulpice. — Auffroy, seigneur de Fougères et fondateur de la ville de ce nom, construisit son château et cette ville sur le territoire, semble-t-il, de la paroisse de Lecousse. Il y bâtit tout d'abord, vers l'an 1024, l'église de Notre-Dame, dont il fit une collégiale ; puis comme cette église se trouvait dans l'enceinte même du château, il offrit aux habitants de la ville un autre sanctuaire dédié à saint Sulpice. Cette dernière église fut d'abord desservie par des chapelains, prêtres séculiers ; mais vers 1075, Adélaïde, veuve de Main II, seigneur de Fougères, et Raoul, son fils, ayant fondé le prieuré de la Trinité en faveur de Marmoutiers, donnèrent également à cette abbaye l'église de Saint-Sulpice avec la juridiction paroissiale sur la ville de Fougères telle qu'elle existait alors : « Ecclesiam Sancti Sulpicii cum tota parrochia atque sepultura Castelli Filgerensis » (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 423). Cette donation, approuvée par Main, évêque de Rennes, fut confirmée par ses successeurs, notamment en 1197 par Herbert. Pendant bien des siècles le recteur de Saint-Sulpice fut présenté par l'abbé de Marmoutiers, mais il n'était considéré que comme vicaire perpétuel, le prieur de la Trinité prenant le titre de curé primitif. Ce dernier, par transaction du 1er février 1686, s'engagea à payer au recteur de Saint-Sulpice une pension de 350 livres et une autre de 150 livres pour son vicaire. Le recteur jouissait, en outre, du presbytère et de deux jardins (M. Maupillé, Histoire de Fougères, 155 - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 27). Les Comptes des trésoriers de Saint-Sulpice aux XVème et XVIème siècles sont remplis d'indications précieuses sur les usages du temps : on donnait le vin de communion, en 1410, aux fêtes de Pâques, de l'Ascension, de la Pentecôte et du Sacre (sept pots de vin à cette dernière fête) ; — pendant la longue reconstruction de l'église, on offrait un dîner tous les ans, le jour de l'Ascension, « aux maczons de l'oeupvre » ; — la paroisse se rendait en procession chaque année au couvent de Saint-François, dans la forêt de Fougères ; — à la Pentecôte, on faisait descendre de la voûte un pigeon sur l'autel, pour rappeler la descente du Saint-Esprit sur les apôtres ; — pendant l'octave du Sacre, l'on chantait l'office complet, matines, petites heures, grand'messe et vêpres, chaque jour ; — à la Toussaint, l'église était jonchée de paille à cause des fidèles qui y passaient la nuit ; — à Noël, on jouait dans la nuit, et en l'église même, une « moralité » représentant la Nativité, et l'on couvrait aussi le sol de paille blanche, etc. (Archives paroissiales - Notes ms. de M. Maupillé)

Paroisse de Saint-Léonard. — Saint-Sulpice était la paroisse de la ville primitive de Fougères, c'est-à-dire du Bourg-Vieil ; mais lorsque fut construit, à l'opposé du château, ce qu'on appela le Bourg-Neuf, le besoin d'une autre église paroissiale se fit sentir, car ce nouveau quartier était aussi lui dans la paroisse de Lecousse, dont l'église était éloignée. Les seigneurs de Fougères bâtirent donc en ce lieu l'église Saint-Nicolas. Toutefois ce temple ne fut point érigé en église paroissiale. Saint-Nicolas fut d'ailleurs disputé avec acharnement par les chanoines de Notre-Dame et les Bénédictins de Marmoutiers et de Pontlevoy, ce qui ne devait pas lui être favorable. Aussi les religieux de Pontlevoy construisirent-ils tout à côté de Saint-Nicolas une autre église dédiée à saint Léonard et obtinrent-ils de l'ordinaire l'érection de cette dernière en église paroissiale. On ignore l'époque précise de cette érection. « Il est à peu près certain toutefois, dit M. Maupillé, qu'elle eut lieu sous l'épiscopat d'Hamelin, évêque de Rennes, de 1127 à 1141 ; il est même positif qu'elle existait à cette dernière date ». Un siècle plus tard, en 1243, l'abbé de Pontlevoy renonça à son droit de présenter le recteur de Saint-Léonard en faveur du seigneur de Fougères et de ses successeurs. Aussi, dans les derniers siècles, le roi présentait-il ce recteur en sa qualité de baron de Fougères. Le recteur de Saint-Léonard eut d'abord pour revenu une portion des dîmes de la paroisse, le tiers en 1243 et la moitié en 1578 ; mais les religieux de Pontlevoy, qui percevaient le reste des dîmes, finirent par lui retirer cette pension et la remplacèrent par une portion congrue de 400 livres en 1685, et 500 livres en 1768. Quant à la fabrique de Saint-Léonard, elle déclara en 1790 avoir un revenu brut de 3511 livres 16 sols 6 deniers, et 1645 livres 7 sols 3 deniers de charges (Notes ms. de M. Maupillé). 

Paroisse de Rillé. — Un troisième bourg s'étant formé au XIIème siècle autour de la nouvelle abbaye de Rillé, située au Nord du château de Fougères, les religieux de ce monastère sollicitèrent l'érection d'une paroisse en ce lieu. Au mois d'août 1143, les moines de Pontlevoy, possesseurs de l'église de Lecousse, dans le territoire de laquelle se trouvait encore Rillé, autorisèrent la construction d'une église paroissiale par les chanoines réguliers de Rillé, moyennant une redevance annuelle à l'abbaye de Pontlevoy. A partir de cette époque, l'abbé de Rillé présenta jusqu'à la Révolution le recteur de Rillé ; c'était ordinairement un de ses religieux. Quant à l'étendue de la paroisse de Rillé, elle ne comprenait guère que le faubourg actuel de ce nom. Pour compléter cette physionomie paroissiale de Fougères avant 1789, ajoutons que cette ville, — indépendamment de ses trois paroisses, — relevait, quant à ses faubourgs, de deux paroisses rurales, Lecousse et Laignelet : les faubourgs de l'Echange et de Savigné dépendaient de Lecousse, et une partie du faubourg Roger faisait partie de Laignelet. En 1803 la paroisse de Rillé ne fut pas rétablie et son territoire fut uni à celui de Saint-Sulpice ; plus tard, les portions de Lecousse et de Laignelet, sises à Fougères, furent également unies aux paroisses de cette ville. Celles-ci ne sont donc plus présentement qu'au nombre de deux : Saint-Sulpice et Saint-Léonard, l'une et l'autre chefs-lieux des doyennés portant leurs noms (Pouillé de Rennes). 

L'Abbaye de Rillé, qui possédait autrefois un droit de haute justice au bourg avec cep et collier, donne naissance au nord au faubourg de Rillé. Chacune des extrémités du faubourg était fermée par une porte : la porte nord appelée Portail Marie est démolie en 1767. La paroisse de Rillé desservie dans l'église abbatiale est fondée en 1143. Le faubourg de Savigny s'est formé sur le domaine donné au début du XIIème siècle, par les seigneurs de Fougères, à l'Abbaye de Savigny (Manche).

La première famille de Fougères se fond en 1256 dans celle de Lusignan, originaire du Poitou. En 1307, le roi Philippe le Bel confisque la baronnie de Fougères qui ne cesse alors de passer d'une famille à une autre au gré des alliances. La famille des Lusignan sont les seigneurs de Fougères de 1256 à 1324. Pierre II est baron de Fougères de 1442 à 1456. Jusqu'à son rattachement à la France, en 1448, Fougères est la proie des Guerres de Succession. Tour à tour, Anglais et Français s'en emparent. 

Les seigneurs bretons se liguèrent contre le duc Conan IV après la cession du comté de Nantes qu'il avait faite à Henri II d'Angleterre, et Henri II vint assiéger Fougères dont il ruina le château en 1166. Reconstruit dès 1173 par Raoul II de Fougères, le château est occupé par une garnison française en 1229, puis repris en 1230 par le duc Pierre de Dreux. Raoul III de Fougères le livre en 1231 au fils aîné de Pierre de Dreux. Bertrand du Guesclin s'en rend maître au nom du roi de France en 1373. François de Surienne, dit l'Aragonais, espagnol au service de l'Angleterre, s'empare par surprise de la ville et du château avec une troupe d'environ 600 hommes, dans la nuit du 23 au 24 mars 1449. Après un siège de 2 mois orchestré par les troupes bretonnes commandées par le prince Pierre frère du duc, les Anglais se rendent et quittent Fougères. Louis de la Trémoille assiège la ville de Fougères avec 15 000 Français, le 12 juillet 1488 : la garnison forte de 2 à 3000 hommes, sous les ordres de Jean de Romillé, est obligée de capituler. Mercoeur entre à Fougères en 1589 et conserve la ville pendant toute la durée de la Ligue. 

Fougères était une châtellenie qui devint baronnie et possédait un droit de haute justice : elle comprenait environ 50 paroisses. Son gibet se dressait dans le Champ de la Justice, à l'ouest du château. La baronnie est créée au début du XIème siècle par les princes bretons en faveur d'un seigneur nommé Main, dont le fils Auffroy construit le château en 1024. Propriété de la famille de Lusignan comtes de la Marche en 1256. Elle est confisquée par le roi Philippe-le-Bel sur Guy de Lusignan qui s'était allié aux Anglais au début du XIVème siècle, puis donnée à Charles qui devint roi en 1322 sous le nom de Charles IV le Bel (fils de Philippe-le-Bel). Elle devient ensuite la propriété de Philippe de Valois, des ducs d'Alençon en 1328, du duc de Bretagne Jean V (en 1428), du roi François Ier. L'usufruit  est cédé en 1525 à René de Montejean, en 1541 à Jean de Laval, et en 1557 à Diane de Poitiers. Le roi Louis XV afféagea en 1755 la baronnie de Fougères à Louis de Bourbon duc de Penthièvre qui la possédait en 1789. Les fourches patibulaires de la haute justice de la baronnie de Fougères se dressaient jadis au nord de la route de Rennes, à l'angle du chemin de Folleville.

Les Ursulines s'installent à Fougères en 1633. La fondation des Ursulines est confirmée par le pape Urbain VIII. Des incendies successifs détruisent le centre intra-muros au XVIIIème siècle. Saint Vincent Ferrier, dominicain espagnol, fait des prédications à Fougères en 1418. Fougères devient chef-lieu de district en 1790 et chef-lieu d'arrondissement en l'an VIII.

La chouannerie a profondément marqué le pays de Fougères : né à Fougères en 1751, le marquis Armand de la Rouërie a été l'instigateur de la conspiration de l'Ouest contre la Convention. Le 19 mars 1793, six à sept mille hommes se rassemblent à Landéan, aux abords de la forêt de Fougères, pour protester contre un décret de la Convention qui ordonnait le recrutement de trois cents mille hommes dans la région. C'est à la croix de Recouvrance qu'a lieu en 1793 le premier rassemblement. Le 3 novembre 1793, Fougères passe aux mains des insurgés, grâce à l'armée vendéenne de la Rochejaquelein.

On rencontre les appellations suivantes : Castellum Filgerense (en 1075), Filgeriacum (en 1516).

Note 1 : La cité médiévale de Fougères a suscité l'enthousiasme des grands écrivains romantiques : Chateaubriand y a séjourné chez ses soeurs. Alfred de Musset vint y visiter son oncle. Balzac est venu, en 1836, à l'invitation du général de Pommereul. Victor Hugo y vint avec Juliette Drouet (native de Fougères). A la fin du XIXème siècle, la ville de Fougères devient la "capitale de la chaussure". Fougères est la ville natale du poète René Le Pays (1634-1690), d'Armand Tuffin de la Rouërie (1751-1793), Juliette Drouet (1806-1883) et de l'écrivain Jean Guéhenno (né en 1890).

Note 2 : liste non exhaustive des recteurs de l'ancienne paroisse de Saint-Sulpice : Albéric (il desservait au XIème siècle l'église de Saint-Sulpice lorsque la dame de Fougères la donna aux Bénédictins ; ces derniers, dans une curieuse notice, ont raconté tout ce qu'ils eurent à souffrir de ce mauvais prêtre). André (en 1330). Guillaume du Tiercent (en 1348 et 1369). Macé de la Baluaye (en 1383 et 1390). Guillaume de la Couarde (en 1396 et 1405). Guillaume Lagu (en 1410 et 1426). Jehan de Boutouère (en 1431 et 1440). Jehan Morel (en 1473). Guillaume Brochart (en 1483). Jehan de la Boutinière (en 1484). Arthur du Gavre (en 1495 et 1502). Guy Bernier (en 1540, décédé le 10 décembre 1552). Jehan Garnier (en 1563 et 1575). Jean Guihot (en 1581 et 1593). François Gratien (en 1596 et 1599). Jean Moubesche (en 1604 et 1614). Eustache Bricotte (en 1619 et 1642). Mathurin Le Lièvre (sieur de la Pouardière ; en 1653 et 1672). Léonard Reste (en 1677). René Pannier (prêtre du diocèse, il succéda, semble-t-il, au précédent ; décédé vers 1715). Jacques Hérambourg (prêtre d'Avranches, il fut pourvu en 1715 ; décédé en 1728). Jean Ferron (prêtre du diocèse, pourvu le 24 mai 1728, il résigna l'année suivante). Jean Vallée (prêtre du diocèse, il fut nommé le 15 juin 1729 ; décédé le 12 juin 1773 et inhumé dans l'église, qu'il avait achevée ; on grava sur son tombeau cette épitaphe : Hic jacet Joannes Vallée hujus parochiae rector, pastorum exemplar ultra fidem, sacras quas miraris aedes et aeras extruxit et ornavit, egenosque sustentavit et dotavit, doctrina magnus, vigilantia pastorali major, religione maximus, terris desideratus, cœlo maturus, obdormivit in Domino die junii XII, anno salutis MDCCLXXIII, aetatis LXXIX. Perenne hoc venerationis et amoris monumentum Sulpitiani paraeci posuere - Notes ms. de M. l'abbé Pâris-Jallobert). François Le Sainthomme (il fut pourvu le 30 septembre 1773 ; décédé en 1790). Pierre-Julien Beaulieu (vicaire à Saint-Léonard, il fut pourvu le 7 juin 1790 et émigra à Jersey en 1793 ; réinstallé en 1803 et fait chanoine honoraire, il se démit en 1817 ; décédé en 1828, âgé de quatre-vingt-deux ans). Michel Beaulieu (1817-1825). Antoine Cotrel (chanoine honoraire ; en 1825, décédé en 1848). Mathurin Gouyon (chanoine honoraire ; en 1849-1872). Isidore Douard (chanoine honoraire ; à partir de 1872), .......

Note 3 : liste non exhaustive des recteurs de l'ancienne paroisse de Saint-Léonard : Jehan Marie (en 1407). Thomas Bouessy (en 1433). Jehan Lovesin (en 1447). Jehan de la Chapelle (en 1457). Olivier de Cérend (en 1461 et 1473). Patry Le Bascle (en 1491). Jehan Le Limousin (en 1502 et 1562). Jehan Garnier (en 1563). René Fétuet (en 1566 ; décédé en 1568). Pierre Sauldrays (en 1569 ; il résigna en 1586). Jean Bellon (il fut pourvu le 28 mai 1586). Isaac Hamard (en 1590). Vincent Eschard (sieur de la Motte ; en 1597 ; décédé le 22 janvier 1611). Auguste Chevalier (sieur de la Pilais ; en 1611 ; décédé en 1618). Jean Lescuyer (en 1618). Robert Durand (en 1625 ; décédé en 1641). Julien de Launay (sieur de la Bellandière, prêtre de Rennes, pourvu le 10 mai 1641, il prit possession le surlendemain ; décédé en 1665). Valentin Chauvin (il fut nommé en 1665 ; décédé en 1696). René Menard (sieur de Peslaine, prêtre du diocèse, il fut pourvu en 1696 ; décédé en 1731). Georges-Alexis Bougret (prêtre du diocèse, il fut pourvu en 1731 ; décédé le 6 novembre 1783). Louis-François Pislet (chanoine de Dol, il fut pourvu le 27 janvier 1784 et se démit au mois de juillet suivant). Joseph-Georges Meneust des Aulnays (pourvu le 22 janvier 1785, il émigra à Jersey en 1793, fut réinstallé en 1803 et fait chanoine honoraire ; décédé en 1813). Noël Le Daen du Cosquer (chanoine honoraire ; 1813-1815). Julien Gaultier (chanoine honoraire ; 1815-1850). Joachim-Marie Hay de Bonteville (chanoine honoraire ; 1850-1854). Julien Chesnay (chanoine honoraire ; en 1854, décédé en 1860). Joseph Morlier (chanoine honoraire ; en 1860, décédé en 1873). Antoine Joly (chanoine honoraire ; à partir de 1874), .......

Note 4 : liste non exhaustive des recteurs de l'ancienne paroisse de Rillé :  Frère Léonard Béglet (recteur de Saint-Eloi de Rillé ; en 1516). Pierre Sarcel (chanoine de Rennes ; en 1552). Frère Nicolas Masse (recteur de Saint-Eloi de Billé ; en 1569). Nicolas Breillet (recteur de Saint-Eloi de Rillé ; en 1604). Frère Gilles Jouault (recteur de Notre-Dame de Rillé ; en 1619 et 1632). Frère Jean Salesse (recteur de Notre-Dame de Rillé ; en 1650 ; il résigna vers 1660). Frère Henri Grisolet (prieur claustral de Rillé, il prit possession en 1660 de la « cure de Notre-Dame de Rillé »). Frère Jean Richer (il résigna en 1663). Frère Guy Regnard (prieur claustral de Rillé, il prit possession le 27 février 1663 du « vicariat perpétuel de Saint-Eloy de Rillé, desservi dans l'église abbatiale de Rillé »). Frère N... Chaubert (recteur de Notre-Dame de Rillé ; en 1669). Frère N.... Chambon (en 1676). Frère I... Gaudouët (en 1677 et 1683). Frère N... Pyart (sous-prieur claustral ; en 1689 ; décédé en 1697). Frère N... Guérin (sous-prieur claustral ; en 1697). Frère N... de Lespine (sous-prieur claustral ; en 1699). Frère Guillaume Le Large (1701-1709). Frère François Le Liepvre de la Villeguérin (il fut pourvu le 4 janvier 1710 ; décédé en 1723). Frère Henri Vignon (nommé le 31 juillet 1723, il prit possession le 11 septembre et se démit en 1725). Frère Antoine-Amable Borne (pourvu le 27 octobre 1725, il se démit en 1730). Frère Henri Vignon (il fut de nouveau pourvu le 23 novembre 1730 et se démit encore en 1745). Frère Jean Perruchon (pourvu le 2 décembre 1745, il se démit en 1751). Frère Gabriel-Maurice Bordier (pourvu le 18 novembre 1751, il se démit en 1753). Frère Guillaume Morice (pourvu le 27 mars 1753, il se démit en 1757). Frère Pierre-Julien Bruyère de Kerbino (pourvu le 10 décembre 1757, il gouverna jusqu'en 1762). Frère André Pital (pourvu le 7 juin 1762, il résigna en 1764). Frère Guillaume-Alexandre Le Febvre (pourvu le 6 septembre 1764, il se démit en 1767). Frère Pierre-René-Félix Geslin (pourvu le 16 février 1767, il résigna en 1772). Frère Jean-Claude Chevron (pourvu le 10 septembre 1772, il se démit en 1774). Frère Louis-Alexandre de Saint-Leu (prieur claustral de Rillé, il fut pourvu le 7 mars 1774 ; décédé en 1782). Frère Jean-Charles Miette de la Planche (prieur claustral de Rillé, pourvu le 16 avril 1782, il se démit en 1784). Frère Yves de Launay (prieur claustral de Rillé, il fut pourvu le 13 mai 1784 ; il gouverna jusqu'à la Révolution, puis fut saisi et exécuté à Rennes le 4 juillet 1794).

Note 5 : 1° Ecole publique au XIème siècle. — D'après un document publié par D. Martène, il existait une école publique à Fougères dès le XIème siècle. Cette école, qui semble avoir eu pendant quelque temps une grande importance, était dirigée par un savant docteur nommé Hardouin de Chartres, qualification qui donne à penser que c'était, comme tant d'autres illustres maîtres de ce temps, un disciple du fameux Fulbert, évêque de Chartres (M. Maupillé, Histoire de Fougères). 2° Collège de Rillé.— Une charte du duc François II, de 1473, reconnut à l'abbé de Rillé le droit de nommer tous les maîtres d'école de la baronnie de Fougères ; aussi cet abbé prit-il le titre de « maistre universel de tout le territoire de Fougères, Bazouges et Antrain ». En même temps un col­lège, dans lequel il y avait une quarantaine de jeunes gens appartenant aux meilleures familles de Bretagne, fut annexé à l'abbaye de Rillé. En 1640, pour procurer aux élèves un lieu de récréation convenable, le roi autorisa les religieux à enclore le champ des Archers, qui dépendait de son parc (M. Maupillé, Histoire de Fougères). 3° Collège Saint-Yves. — Pendant que florissait ce collège de Rillé, un autre établissement de même genre était fondé, vers 1580, par les bourgeois de Fougères dans l'enceinte même de leur ville. Ce fut dans la rue de la Pinterie, près de la chapelle Saint-Yves, que la Communauté de ville forma ce second collège qui fit peu à peu disparaître le premier. Vers 1595, Vincent de Brégel, sieur de la Gardaye, légua 100 livres de rente à la nouvelle maison, à la charge de faire célébrer deux anniversaires pour ses deux femmes défuntes, N... Guy du Coudray et Marguerite Lamoureux de la Gaubretière ; il fit, de plus, rebâtir la chapelle Saint-Yves. La Communauté de ville ayant afféagé cette chapelle et ses dépendances, y installa, en effet, son collège et se réserva la nomination du principal, qui fut Eusèbe Fourmont en 1622 ; puis elle fit en sorte que l'abbé de Rillé fût débouté de ses prétentions à la direction de l'enseignement à Fougères. Mais les bourgeois ne donnèrent d'abord que 186 livres de traitement au principal de leur collège, ce qui était insuffisant ; aussi cette maison ne vécut-elle longtemps que grâce à la confrérie de Sainte-Anne et Saint-Roch, qui lui assura 300 livres de subvention annuelle. Ce que voyant, la Communauté de ville promit à son tour de payer à cet établissement scolaire une semblable rente de 300 livres. Le collège de Fougères était, en 1769, tenu par quatre ecclésiastiques, tous nommés par la Communauté de ville, et dont le plus ancien prenait le titre de principal. Ce dernier avait voix délibérative à l'Hôtel-de-Ville et au Bureau des pauvres, et droit d'assistance aux enterrements et services célébrés à Saint-Léonard et à Saint-Sulpice comme les prêtres de ces paroisses. On faisait en ce collège toutes les classes jusqu'à la rhétorique inclusivement. L'entrée du collège était gratuite pour les enfants pauvres ; les autres élèves payaient 20 sols par mois. Cet établissement tomba en 1774, et la Révolution survint avant que la Communauté de ville eût pu le relever (M. Maupillé, Histoire de Fougères). 4° Ecoles de filles. A.— Dans les Comptes des trésoriers de Saint-Sulpice en 1475, il est fait mention de « la maistresse de l'escole de Foulgères » qui « abillait » les chasubles de cette église. B.— Ecole tenue par les Ursulines et fondée en 1609. C.— Ecole tenue par les Filles de l'Union chrétienne et fondée en 1697. D. — Ecole charitable de la Providence fondée en 1778 et tenue par les Filles de la Sagesse (Pouillé de Rennes).  

Note 6 : Les Frères de l'Instruction Chrétienne furent appelés à Fougères en 1824 par MM. Gaultier, curé de Saint-Léonard, Beaulieu, curé de Saint-Sulpice, et de Valloys, maire. Ils s'installèrent d'abord sur la place du Brûlis, puis rue du Château, en Saint-Sulpice, dans une maison que leur donna Mlle Bourgeois ; une partie d'entre eux vint occuper en 1858, près de l'église Saint-Léonard, une autre maison que leur acheta M. Chesnay, curé de cette paroisse. Les Frères dirigent donc deux écoles libres à Fougères : une en Saint-Léonard, où ils sont sept maîtres, et une en Saint-Sulpice, où ils sont six ; à chacune de ces écoles est annexé un pensionnat. Les Soeurs de la Charité de Notre-Dame d'Evron possédèrent deux établissements dans la paroisse de Saint-Léonard : A. — Maison Saint-Joseph. Après la Révolution, Mlle Duval, ancienne religieuse de la congrégation des Gigonnes, et Mme Sainte-Thérèse, ancienne Urbaniste, ouvrirent une école pour les filles sur la place du Brûlis. Déjà âgées, elles firent venir en 1816, pour les seconder, trois religieuses de la congrégation d'Evron, auxquelles elles s'associèrent. Peu après, sur la demande de M. Gaultier, curé de Saint-Léonard, la Communauté de ville accorda à ces bonnes filles une partie des bâtiments de l'ancien couvent des Ursulines, et notamment la chapelle de ce monastère. Les Soeurs d'Evron s'y installèrent au mois de mai 1817, et Mlle Duval s'empressa de faire restaurer la chapelle, abandonnée en 1792. Cet établissement, connu sous le nom de Saint-Joseph, patron de la chapelle, a été considérablement augmenté de nos jours ; il s'y trouve maintenant un nombreux pensionnat, une école de filles et une salle d'asile. B. — Maison de Retraite. En 1825, M. Gaultier, curé de Saint-Léonard, secondé par quelques personnes pieuses, acheta ce qui restait debout de l'ancien couvent des Récollets et en fit une maison de retraite. La vieille chapelle, convenablement restaurée, fut solennellement bénite le 1er décembre 1827, sous le vocable de Sainte Marie refuge des pécheurs, ou Notre-Dame-de-Miséricorde ; on lui donna pour second patron saint François d'Assise, en souvenir des religieux qui l'avaient bâtie, et dès le lendemain s'ouvrit la première retraite. Les Soeurs de la Charité d'Evron administrent actuellement cette maison ; à l'oeuvre des retraites elles ont joint un ouvroir (M. Maupillé, Registre paroissiale ms. de Saint-Léonard de Fougères). Les Filles de la Sagesse possédèrent deux établissement, fondés l'un et l'autre avant la Révolution. A. — Hôpital-Général, dans la paroisse Saint-Léonard ; chapelle dédiée à saint Louis. B. — Maison de la Providence, en la paroisse de Saint-Sulpice ; école de filles ; chapelle dédiée à la Sainte-Trinité (Pouillé de Rennes). 

Note 7 : La maison de retraite de Fougères fut fondée en 1716, dans la paroisse de Saint-Léonard, au côté Sud du faubourg Roger, par le marquis de la Chesnelaye-Romilley et Mlle Le Loup de la Corbinais ; le premier donna le terrain et la seconde fit la plus grande partie des frais pour la construction des bâtiments. On se contenta d'abord d'une maison et d'une chapelle provisoires ; mais en 1745, le 3 mai, fut posée la première pierre d'un nouvel édifice par François Guérin, seigneur de la Grasserie ; la chapelle fut ensuite transférée dans une salle de ce nouveau bâtiment, et elle fut bénite le 8 octobre 1748, sous l'invocation de la Sainte Vierge Mère de miséricorde. De 1778 à 1780 on construisit encore un autre corps-de-logis dans lequel la chapelle fut de nouveau transférée et bénite le 12 février 1784, sous le même vocable que précédemment. Le nombre des retraites était de quatre par an, deux pour les hommes et deux pour les femmes ; elles étaient ordinairement prêchées par les PP. Récollets, dont le couvent était voisin. La maison était administrée par un prêtre directeur et par des dames charitables qui prenaient simplement le nom de directrices : les premières furent Mlles Marguerite Le Loup de la Galandais, Suzanne Le Poitevin de la Boisardière et Magdeleine Le Poitevin de Bonair. La Révolution dispersa les Dames de la Retraite, et leur maison, déclarée propriété nationale en 1792, fut transformée en caserne. Deux ans plus tard, un incendie occasionné par l'imprudence des soldats détruisit la partie des bâtiments qui avaient été le plus récemment construits, et notamment la chapelle (M. Maupillé, Registre paroissial ms. de Saint-Leonard de Fougères). Ce qui reste debout de cette maison est maintenant une propriété particulière. Une nouvelle maison de retraite a été fondée à Fougères en 1825, mais dans l'ancien couvent des Récollets. 

Le 2 mars 1776, Mlle Pauline de la Belinaye, de Vendel, acheta la maison du prieuré de la Trinité de Fougères pour y fonder l'établissement de la Providence. Le 14 avril 1778 elle passa un traité avec les Filles de la Sagesse, qui s'engagèrent à fournir trois soeurs de leur Ordre. La fondatrice leur assura 800 livres de rente. Le but de Mlle de la Belinaye était d'avoir une maison d'éducation gratuite pour un certain nombre de filles pauvres et un bureau de secours à domicile pour les malades indigents. L'établissement de la Providence fut approuvé par lettres patentes du roi en date d'octobre 1782 ; il existe encore à la fin du XIXème siècle, toujours tenu par des Soeurs de la Sagesse ; il renferme alors des classes, un orphelinat et une salle d'asile (M. Maupillé, Histoire de Fougères, p. 164). Les Filles de la Sagesse s'établirent en 1790 à l'hospice Saint-Louis, ou Hôpital-Général, et elles s'y trouvent encore à la fin du XIXème siècle.

Marie Gigon, née dans le Perche de parents pauvres, réunit à Fougères quelques autres pieuses filles en 1697 et ouvrit une école de charité. M. Menard, recteur de Saint-Léonard, en la paroisse duquel elle demeurait, favorisa cette fondation, et le 15 juin 1728 Mgr de Breteuil, évêque de Rennes, approuva l'association qui venait de se former (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 17). Marie Gigon mourut à Fougères le 24 juillet 1745, mais sa maison et son école subsistèrent jusqu'à l'époque de la Révolution. Cette maison est occupée vers la fin du XIXème siècle par la gendarmerie (M. Maupillé).

En 1672, la Communauté de ville de Fougères appela les Hospitalières de Rennes pour desservir son Hôtel-Dieu ou hôpital Saint-Nicolas. Mgr de la Vieuville, évêque de Rennes, lui envoya quatre religieuses, sous la direction de la mère Julienne Du Guesclin, dite de Saint-Placide. Ces Hospitalières arrivèrent à Fougères en 1674 et s'établirent à l'hôtel du Chastellier, situé près la chapelle Saint-Nicolas. Plus tard, elles construisirent à leurs frais un monastère contigu à l'hôpital, mais ce couvent ne fut achevé que vers 1740 (Notes ms. communiquées par M. Maupillé). En 1790, les Hospitalières de Fougères déclarèrent avoir 4236 livres de rentes, avec 2016 livres de charges ; il ne leur restait donc pour vivre que 2220 livres de revenu net (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 27). Chassées par la Révolution, les Hospitalières furent réintégrées à Saint-Nicolas de Fougères en 1810 par décret impérial. Depuis lors, l'Hôtel-Dieu de Fougères a été transféré et reconstruit entièrement ; les religieuses ont été conduites le 29 novembre 1853 par M. Hay de Bonteville, curé de Saint-Léonard, dans le nouveau monastère qu'on leur a bâti à côté du nouvel hôpital ; la chapelle commune à ce double établissement est dédiée aux Sacrés-Coeurs.

Le Bureau de bienfaisance de cette ville y appela les Filles de la Charité en 1853, pour visiter les familles pauvres et distribuer des secours aux indigents. Elles s'installèrent en arrivant dans une maison construite sur la tour de l'ancien Hôtel-Dieu et précédemment occupée par le chapelain de Saint-Nicolas. Mais en 1857, Mme de Kersalaun disposa en leur faveur de son hôtel situé rue Châteaubriand, paroisse de Saint-Léonard, et les bonnes religieuses y demeurent depuis lors. A l'intérieur de leur établissement se trouve une petite chapelle qui a été bénite en 1857 (M. Maupillé, Registre paroissial ms. de Saint-Léonard de Fougères).

Note 8 : LA RIBOISIÈRE (1759-1813). Jean-Ambroise Baston, comte de La Riboisière, né à Fougères, fit de brillantes études au collège de Rennes, puis devint officier dans le régiment d'artillerie où entra plus tard Napoléon Bonaparte. Ils furent bientôt en rapport et devinrent amis. La Riboisière prit part à toutes les guerres de la Révolution et de l'Empire. Devenu général de division et chargé du commandement en chef de toute l'artillerie, il contribua puissamment au succès des grandes batailles d'Austerlitz, d'Iéna, de Friedland, de Wagram, de La Moskowa. Nommé comte de l'Empire en 1808, il fut élevé en 1811 à la dignité de premier inspecteur général de l'artillerie. A la bataille de La Moskowa, il perdit son second fils, jeune officier plein d'avenir. « Voilà, avait-il dit, en le voyant atteint, une balle qui tuera le père et le fils ». Il mourut en effet à Koenigsberg en revenant de la campagne de Russie. Il a laissé de nombreux et importants Mémoires sur l'artillerie. Sa correspondance avec Napoléon Ier, imprimée en partie, offre de précieux documents pour l'histoire.

Note 9 : GUICHEN (1712-1790). Louis-Urbain du Bouëxic, comte de Guichen, naquît à Fougères. Il entra tout jeune dans la marine et combattit les Anglais dons les trois grandes guerres de la succession d'Autriche, de Sept-Ans et de l'Indépendance américaine. C'est dans cette dernière guerre que, pourvu d'un grand commandement, il accomplit les exploits les plus éclatants. Nommé chef d'escadre en 1776, il commandait en second à la brillante bataille d'Ouessant (1778), après laquelle notre flotte alla ravager les côtes anglaises de la Manche. Elevé après cette campagne au grade de lieutenant-général, il succéda à d'Estaing dans le commandement de la flotte des Antilles, et il eut la gloire de vaincre, dans trois engagements successifs, le plus célèbre des amiraux anglais, Rodney, que la légèreté de quelques seigneurs français avait laissé échapper de Paris où il était retenu pour dettes. Guichen fit encore d'autres campagnes, et, s'il n'eut plus l'occasion de se signaler par de hauts faits d'armes, du moins montra-t-il en toutes circonstances une prudence qui ne fut jamais en défaut et l'habileté d'un tacticien consommé.

Note 10 : ETABLISSEMENT D'UN ORFÈVRE A FOUGÈRES AU XIIème SIÈCLE. — Les barons du moyen âge, que l'on a si souvent représentés comme des manières de sauvages ignorants et féroces, avaient la plupart un goût marqué pour les arts. Il suffit pour s'en convaincre de voir les chapelles et les châteaux construits par leurs ordres. La preuve du même fait se retrouve encore dans beaucoup de documents écrits, qui nous sont restés. Telle est, par exemple, une charmante petite charte du XIIème siècle, par laquelle Raoul II, sire de Fougères (de 1150 à 1194), voulant fixer un orfèvre dans sa ville, donne à cet artiste une place pour bâtir maison et l'exempte de toutes charges, sauf une redevance très-légère, qui n'était véritablement qu'un signe de la supériorité du seigneur. Voici une très-fidèle traduction de cette charte : « Soit notoire à tous présents et à venir, qui cette lettre verront, que je Raoul sire de Fougères, fils de Henri jadis seigneur de Fougères, ai donné et concédé à Robert l'orfèvre, de Kuetehou, mon homme, et à ses hoirs, une certaine place pour bâtir maison au mieux qu'il pourra, sur mon étang de Rislé, à la tenir ledit orfèvre, en faveur de son service, librement et quittement franche de toute coutume (ou redevance), si ce ne n'est que ledit Robert ou son hoir à moi ou mon hoir rendra chaque année, en la fête de la Pentecôte, une paire d'éperons dorés. Et pour que ce demeure chose sûre et inébranlable, je l'ai confirmé par la force de mon scel. Témoins : Guillaume de Fougères, mon frère ; Hervé de Vitré ; Léonais ; Juhel Bérenger, fils de Léonais ; Robert de la Roche, mon sénéchal ; Pierre du Frêne ; Robert, mon clerc ; Brisou, clerc ; Richier ; Guillaume Aline et Geoffroi son fils ; Guillaume Hermoin et Pierre, son fils ; Guillaume l'Angevin ; et beaucoup d'autres ». Cette pièce, qui est scellée du grand sceau en cire verte de Raoul de Fougères et se trouve actuellement aux Archives de l'Empire parmi les titres de l'abbaye de Savigny, porte au dos une note latine dont la traduction est : Charte de Robert l'orfèvre de Fougères, qu'il faudra rendre à lui-même, ou à sa femme Argencine, ou à leurs enfants. (A. L. B.).

Voir aussi   Fougères "La Communauté ou l'Hôtel-de-Ville de Fougères autrefois

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PATRIMOINE de FOUGERES

l'église Saint-Sulpice (XV-XVIIIème siècle) et son clocher d'ardoises pointu et penché. Il s'agit, à l'origine d'une ancienne chapelle où l'on vénère depuis le Moyen Age une statue de Notre-Dame des Marais : elle est située entre l'ancien cours du Nançon et les douves du château. L'église Saint-Sulpice est édifiée vers 1025 par Auffroy, premier seigneur de Fougères. Elle est donnée vers 1075 par Raoul Ier de Fougères à l'Abbaye de Marmoutier en Touraine : il s'agit de l'église paroissiale primitive du Bourg-Vieil. Cette église est construite après la chapelle Sainte-Marie-du-Château. L'église primitive est construite au milieu du XIème siècle afin de desservir la paroisse créée au pied du château. Très vite l'édifice va s'avérer trop petit et les paroissiens se chargent de son agrandissement au XIIIème siècle. L'édifice actuel nous présente des accroissements successifs qui datent du XVème-XVIIIème siècle. L'église comprend aujourd'hui un choeur, une nef et deux rangées d'anciennes chapelles latérales qui ont été transformées en bas côtés. Le chœur n'est achevé qu'au XVIIIème siècle. Le retable Notre-Dame-des-Marais et le retable des Tanneurs datent du XVème siècle. Le retable et le maître-autel du chœur datent du XVIIIème siècle. Le reliquaire de Sainte Viviane date du XIXème siècle. La façade ouest, refaite au XVème siècle, est composée de deux pignons et d'une tour. Le pignon central correspond à la nef : on y voit une grande fenêtre flamboyante qui date de 1450. Le deuxième pignon correspond au collatéral nord : il est flanqué de deux contreforts et percé d'une fenêtre flamboyante. Un édicule est construit en 1775 devant la grande porte, afin d'y loger la soufflerie des grandes orgues : cet édicule est démoli en 1858. La tour (1469-1490) correspond au bas côté-sud : elle remplace un ancien clocher. La face nord comprend la nef avec son bas côté et le choeur. La construction de la nef a démarré dans la deuxième moitié du XIIIème siècle : elle est achevée au milieu du XVIème siècle. Les travaux du premier pignon du côté Est sont achevés en 1410. Le troisième pignon est précédé de la Chapelle moderne de Notre-Dame-des-Marais (1872), où l'on conserve une statue très vénérée de la Vierge : cette chapelle remplace un édicule construit vers 1696. Le choeur ne possède pas de pignons : son abside est à pans coupés et sa construction démarrée vers 1540 par Michel Thouroude (maître normand de Notre-Dame de Vire), puis interrompue par les guerres de Religion, n'est achevée qu'en 1763. La gargouille dite de Satyre, au sommet du contrefort nord-est, date de 1558. Le côté sud du choeur est percé d'une porte du XVème siècle, sculptée d'une Mélusine. La face sud de l'église date du XVème siècle : la nef présente trois pignons seulement, le quatrième est remplacé par la tour. La chapelle attenante à la tour date de 1469. L'intérieur du choeur possède des boiseries faites en 1755 par le sculpteur Jehanne La Fontaine (de Fougères) : il est entouré de chapelles qui communiquent avec lui par de grandes arcades cintrées. Le grand arc entre le choeur et la nef date de 1522. La deuxième chapelle au sud du choeur est la Chapelle Saint-Guillaume ou de Chaudeboeuf, prohibitive aux seigneurs de Chaudeboeuf en Saint-Sauveur des Landes et dans laquelle ils possédaient un enfeu : les seigneurs de Larchapt en Romagné avaient aussi un enfeu dans cette chapelle, ainsi que leurs armes sur sa vitre. Les anciennes chapelles latérales ont été transformées en bas côtés, entre 1480 à 1530 : elles sont séparées de la nef par des arcades en arc brisé. Les deux premières travées Est du collatéral nord forment l'ancienne Grande Chapelle Notre-Dame (XVème siècle) issue de la réunion de la chapelle primitive Notre-Dame (1400) et de la chapelle Paël (vers 1406) : cette chapelle conserve un retable en granit appelé Retable du Rosaire qui porte un écusson de Bretagne et possédait autrefois un tableau du Rosaire. A signaler que ce retable avait été remplacé vers 1725 par un nouveau retable en bois fait par Chesnel : ce nouveau retable a été supprimé en 1899 et l'ancien fut restauré. La troisième travée de l'église, ancienne Petite Chapelle Notre-Dame a été construite pour recevoir la statue de Notre-Dame-des-Marais trouvée, d'après la tradition, dans les fossés du château et qui provient de la collégiale Notre-Dame que les Anglais avaient détruite en 1166. La petite Chapelle Notre-Dame a été presque entièrement reconstruite en 1872 : la clef de voûte de sa partie ancienne présente les armes de la famille Champion (cette voûte a été édifiée en 1515 par Pierre Champion sieur de la Chesnardière). La quatrième travée, dite Chapelle Saint-Domyn, date de 1530 : elle renferme les fonts sous un baldaquin Louis XV aux armes de Fougères et de Bretagne. La première travée du côté Sud est l'ancienne chapelle de la Confrérie des Tanneurs et remonte au XVème siècle : on a placé récemment dans cette première travée des fragments de l'ancienne verrière de sainte Hélène, oeuvre de Pierre Simon en 1558. La deuxième travée sud date du milieu du XVème siècle et a été refaite au début du XVIème siècle. Les deux dernières travées datent du milieu du XVème siècle, la dernière soutient le clocher. Une niche pratiquée dans le mur sud renferme un groupe polychromé en terre figurant saint Roch et un donateur. On y voit aussi un bénitier du XVème siècle. Le maître-autel en marbre a été exécuté entre 1757 et 1760 par Jean Rousseau, marbrier de Laval et de Rennes, sur les dessins de La Fontaine-Jehanne de Fougères. Le tabernacle (1759-1760) du maître-autel en bois sculpté est l'oeuvre de Thomas Thory le jeune de Fougères. La table de Communion à balustres en bois et douze des stalles sont l'oeuvre du lavallois Thory (1757-1762). On y trouve plusieurs tableaux dont un Sacrifice d'Abraham du XVIIème siècle et une Assomption du XVIIIème siècle, ainsi qu'un lutrin en bois du XVII-XVIIIème siècle et des orgues données en 1777 par M. du Parc. La chaire, qui date de 1731-1735, est l'oeuvre de Chesnel, sculpteur de Fougères. Le baptistère date de 1770. On voit dans le choeur deux statues en bois datées de 1762 et sculptées par Antoine Violard. Le Christ en croix, situé au sommet du retable principal, date du XIVème siècle. La Vierge à l'Enfant, en calcaire, date de la fin du XIVème siècle. La statue de Notre-Dame des Marais, en bois, date du XIVème siècle (têtes refaites au XVIIIème siècle). Le retable central, qui date du milieu du XVIIème siècle, est orné d'une Assomption par le peintre parisien Pierre Joulain. L'église possède de nombreuses pierres tombales du XVI-XVIIIème siècle : celle de Pierre Champion sieur de la Chesnardière, celle d'Hélène Tribouillet, épouse de Pierre Champion, celle de Pierre de la Marche sieur de Montorin ou de Montortou, celle d'une dame le Limonnier. A signaler que Saint-Sulpice possédait jusqu'à la Révolution des vitraux du XVème et du XVIème siècles, dont un arbre de Jessé. Des prisonnier royalistes furent enfermés dans l'église en 1794, puis l'église servit d'atelier à salpêtre et la chapelle Notre-Dame des Marais servit de morgue ;

Note : Voici ce que dit le Pouillé de Rennes : L'église primitive de ce nom, achetée au milieu du XIème siècle par Adélaïde, dame de Fougères, et donnée par elle vers l'an 1075 aux religieux de Marmoutiers habitant le prieuré de la Trinité de Fougères, se trouvait à l'endroit même où s'élève le choeur de l'église actuelle. Cet antique édifice, dont on ignore l'origine, était, paraît-il, un simple oratoire qui ne tarda pas à devenir insuffisant pour les besoins de la paroisse. Aussi les moines demandèrent-ils à l'évêque de Rennes de transférer le titre d'église paroissiale de l'oratoire de Saint-Sulpice dans leur église conventuelle de la Trinité, qui était beaucoup plus spacieuse. L'évêque Alain, en 1155, autorisa cette translation (Bulletin de l'Association Bretonne, III, 199). « Mais les habitants de Saint-Sulpice refusèrent opiniâtrement de se soumettre à la décision du prélat, et, malgré les efforts constants des religieux, ils persistèrent toujours à regarder l'église de Saint-Sulpice comme leur église paroissiale et à la fréquenter au préjudice de celle de la Trinité. Il s'ensuivit une longue contestation qui dura près de trois siècles, entre les paroissiens d'un côté et les religieux de l'autre. Enfin, reconnaissant la puissance des motifs que leur opposait l'autorité diocésaine, motifs auxquels la population, chaque jour croissante de la ville de Fougères, venait ajouter une nouvelle force, et afin d'ôter à leurs adversaires le seul prétexte qu'ils alléguassent pour les troubler dans la possession de leur église, les habitants de Saint-Sulpice résolurent de la reconstruire dans des proportions qui la mettraient en rapport avec le nombre des paroissiens ? ». Cette grande entreprise fut commencée avec le XVème siècle ; mais on ne s'occupa que de la partie inférieure de l'édifice, et le défaut d'homogénéité dans les différentes travées prouve assez que le travail fut exécuté sans plan, par intervalles et à plusieurs reprises ; il s'y trouve toutefois de fort jolies parties, telles que fenêtres flamboyantes, clochetons, pinacles et autres élégants spécimens de l'art gothique fleuri. La première travée de la nef septentrionale fut terminée au commencement de l'année 1410, et la chapelle qu'elle renferme fut consacrée, sous l'invocation de Notre-Dame, par l'évêque de Rennes le 8 mars de la même année. En 1450 fut placée la grande vitre du pignon occidental formant la façade de l'église ; et en 1469 Guillaume de Touffou, abbé de Rillé, posa la première pierre d'une chapelle au Sud, à côté de la tour ; enfin la nef, telle qu'elle est aujourd'hui, fut terminée en 1490 par l'achèvement du clocher. Mais l'édifice était loin d'être complet ; aussi le cardinal-légat, résidant à Avignon, et l'évêque de Rennes accordèrent-ils en 1495, l'un cent jours, l'autre quarante jours d'indulgences à tous ceux qui contribueraient à la construction de cette église. Deux ans plus tard fut bâtie la Chapelle-Neuve de Notre-Dame, qui fut garnie de verrières en 1501, et dont l'autel fut consacré le 8 mars 1503. Il est aussi fait mention à cette époque des chapelles et des verrières de Saint-Domin et de Saint-Maudet ; quant à la chapelle de Saint-Sébastien, elle fut élevée en 1516 et garnie en 1524 d'une verrière qui coûta 150 livres. Il est encore question, au XVIème siècle, d'autres vitres peintes représentant l'arbre de Jessé, les trois vifs et les trois morts, sainte Hélène, etc. (Comptes des trésoriers). Vers 1560 on commença les fondations du choeur, mais les guerres civiles interrompirent presqu'aussitôt les travaux, qui ne furent repris que deux siècles plus tard. Ce fut en 1734 seulement que M. Vallée, recteur de Saint-Sulpice, se mit en devoir de conduire à terme l'oeuvre de ses prédécesseurs. La construction fut reprise sur un plan différant beaucoup du premier et dans lequel on supprima toutes les ornementations coûteuses. « Cette partie de l'église, presqu'aussi vaste que la première, est, ainsi qu'elle, à trois nefs, et se termine par une abside assez gracieuse à l'extérieur ; mais l'oeil voudrait abattre ces lourds et énormes murs de refend qui partagent chaque travée des nefs latérales, lesquelles ne communiquent entre elles que par des portes carrées. Cet édifice ne fut achevé qu'en 1763 » (M. Maupillé, Histoire de Fougères, 154). Outre le clergé ordinaire, il y avait dans l'église Saint-Sulpice un collège de sept chapelains, institués ou plutôt rétablis en 1511 et supprimés par Mgr de Breteuil en 1731 ; ils étaient spécialement affectés au service de la confrérie de Notre-Dame de la Mi-Août, et reçurent en 1600 permission de porter le camail et le chaperon avec bourrelet violet. A Saint-Sulpice étaient aussi érigées plusieurs autres confréries, telles que celle de Saint-Sulpice mentionnée en 1495, du Rosaire établie en 1664, et du Scapulaire, qu'érigea en 1699 le P. Léon, carme de Rennes. Mais l'objet de la grande dévotion du lieu était et est encore la Très-Sainte Vierge. Dès 1496, les Comptes des trésoriers parlent des miracles opérés devant l'image de Notre-Dame. Vers 1696, cette statue dite de Notre-Dame-des-Marais était devenue l'objet d'un culte empressé ; on éleva alors au Nord de l'église une construction massive, remplacée de nos jours par une chapelle gothique, et l'on y exposa aux hommages des nombreux pèlerins l'image miraculeuse. La tradition veut que cette statue, trouvée dans les fossés du château de Fougères, provienne de l'antique église collégiale de Notre-Dame, détruite par les Anglais en 1166. Il y aurait bien d'autres choses à dire sur cette église de Saint-Sulpice, mais il faut nous borner. Signalons seulement, en finissant, les deux autels de la première travée au haut de la nef, surmontés l'un et l'autre d'un retable en granit élégamment découpé ; celui de droite, érigé par la confrérie des tanneurs, porte en relief les instruments de la Passion et un charmant encadrement formé d'une très-belle vigne ; celui de gauche se compose de trois niches admirablement fouillées, renfermant jadis trois statues, dont celle de Notre-Dame, au milieu, subsiste seule.  

Voir aussi   Fougères "L'église Saint-Sulpice de la ville de Fougères

l'église Saint-Léonard (XIXème siècle), paroisse de la Ville-Close (ou du Bourg-Neuf). Elle renferme trois nefs des XVème et XVIème siècles. L'église primitive est fondée au XI-XIIème siècle par les religieux de Pont-Le-Voy (ou Pontlevoy) en Loir-et-Cher, lésés par la cession de l'église Saint-Nicolas à l'abbaye de Marmoutier, et pour l'usage des habitants du Bourg-Neuf. Elle se composait primitivement à l'origine d'une simple nef à laquelle on ajouta du côté nord, à la fin du XIIème siècle une chapelle. Une église nouvelle est commencée vers 1380 : ses chapelles datent du XVème et du XVIème siècles, le chœur a été achevé en 1585. La construction du clocher est achevée en 1675. Cette église est agrandie, remaniée et désorientée de 1860 à 1880. L'église actuelle comprend une nef sans transept, accostée d'anciennes chapelles latérales transformées en bas-côtés. Sa face sud et sa face nord datent du XVème siècle. La tour, à l'angle nord-est, date de 1635-1637 : elle est édifiée sur une base du XIIème siècle et sommée d'une galerie et d'un toit en dôme. Une arcade en arc brisé reliait jusqu'en 1676 l'angle sud-est de l'église à l'Hôtel de Ville. Un ossuaire, situé à l'ouest, a été supprimé en 1777. La nef, datée du XIVème siècle, a été refaite de 1864 à 1869. On remarque les débris d'une verrière datée de 1540 qui ornait l'ancien chevet de l'église et figurait l'Entrée de Jésus-Christ à Jérusalem. L'ancien chœur renfermait du côté nord un enfeu appartenant aux seigneurs de la Chesnaye en Parigné. La première travée au nord-est (chapelle sous la tour) date du XIIème siècle. La deuxième travée date de 1429. Les autres travées sont du XVIème siècle. Un des piliers de la quatrième travée présente les armes de la famille le Limonnier : on y voit quatre pierres tombales de cette famille. La sixième travée portait autrefois les armes des familles le Covaisier et des Nos et abritait leurs tombeaux. La première travée au sud-est (en face de la tour) est l'ancienne sacristie : on a encastré dans son mur la pierre tombale de François Harpin, seigneur de Marigny et président au Parlement de Bretagne, décédé en 1607. La deuxième travée date de 1407 : elle renferme trois pierres tombales de la famille Pelet. La troisième travée est du XVème siècle. La quatrième travée date de 1491 : elle possédait jadis une vitre, appelée jusqu'au XVIIème siècle Fenêtre des Sept Vertus, aux armes des seigneurs de Chaudeboeuf en Saint-Sauveur-des-Landes. Les travées suivantes datent du XVème siècles. L'église Saint-Léonard renfermait jadis plusieurs autres pierres tombales : on voyait dans le chœur l'enfeu de la famille Frain seigneurs de la Villegontier en Parigné, dans la nef les tombes de la famille Guérin seigneurs de la Grasserie en Louvigné-du-Désert, et dans les chapelles les tombes des familles Lasne seigneurs de la Bastardière en la Bazouges-du-Désert, Baston seigneurs de la Riboisière, le Corvaisier. L'église possédait aussi deux enfeus aux armes des seigneurs de Bonabry. On conserve aussi au bas de l'église cinq tableaux d'Eugène Dévéria et un d'Achille Dévériays (ou Dévéria). La chaire date de 1716 : elle est l'œuvre du sculpteur Samson de Vitré. Les Etats de Bretagne siégent à Saint-Léonard en 1653. L'église est transformée en Temple de la Raison en 1794, et en grenier à foin en 1796. La partie du jardin public qui s'étend au sud de l'église était le cimetière paroissial jusqu'en 1777. Certains vitraux (la majorité des vitraux ayant été détruits par les bombardements de 1944) datent du XII-XVIème siècle. Dans la verrière de la chapelle des fonts, on a réemployé un médaillon représentant deux scènes de la vie de saint Benoît, provenant des verrières exécutées à l'abbaye de Saint-Denis, près de Paris, pour l'abbé Suger, entre 1140 et 1144. L'Autel et le retable datent du XIXème siècle ; 

Note : Voici ce que dit le Pouillé de Rennes :  Vers la fin du XIème siècle, les Bénédictins de Pontlevoy construisirent l'église de Saint-Léonard ; c'était, semble-t-il, une simple nef à laquelle on ajouta un peu plus tard une chapelle existant encore et formant la base de la tour. « Cette chapelle offre, en effet, tous les caractères de l'architecture de la fin du XIIème siècle, dit M. Maupillé, et tout porte à croire qu'elle appartenait à l'église primitive ». L'édifice actuel fut commencé vers 1380, et en 1404 on édifia les premières chapelles des collatéraux de la grande nef. En 1407, Mgr de Chantemerle vint consacrer, au mois de mai, la chapelle Saint-Jacques ou des Agonisants ; en 1429 fut bénite la chapelle de la Sainte-Vierge. Mais les travaux allaient lentement, et les trois nefs n'étaient pas encore achevées en 1491 ; il est probable qu'elles ne le furent qu'après 1540, et encore la façade ne semble-t-elle pas avoir jamais été finie ; quant à la tour, elle ne fut terminée qu'en 1637 (M. Maupillé, Histoire de Fougères et Notes ms.). Comme à Saint-Sulpice, on plaça de belles verrières dans les fenêtres flamboyantes de Saint-Léonard ; on y remarquait, entre autres, celle représentant l'entrée de Notre-Seigneur à Jérusalem, datée de 1540. Beaucoup de familles distinguées avaient leurs tombeaux à Saint-Léonard, et les dalles tumulaires y sont encore nombreuses. Dans le choeur étaient deux enfeus : du côté de l'évangile celui des Frain de la Villegontier, concédé par la fabrique en 1674, et du côté de l'épître celui des Harpin de Marigny, accordé par le roi dès 1578. Robert Lasne, sieur de la Bastardière, ayant fondé au XVème siècle la chapelle de la Sainte-Vierge, ses descendants y avaient un enfeu ; Georges de Gaulay, seigneur du Boisguy, fut maintenu en 1683 en possession de cet enfeu comme héritier du fondateur. — La chapelle de Notre-Dame des Agonisants, appelée primitivement Saint-Jacques, puis la Trinité, fut fondée en 1407 par Colin Paël, et ses héritiers, les Pelet et les Baston de la Boisardière, y mirent leurs tombeaux. — La famille Le Limonnier fonda la chapelle Saint-Michel et y obtint un banc et un enfeu en 1540. — La chapelle des Saints-Anges, terminée par la famille Le Corvaisier, renfermait les tombes de plusieurs de ses membres. — Enfin, dans la nef même étaient trois pierres tombales des XVIème et XVIIème siècles, appartenant aux Guérin de la Grasserie (M. Maupillé, Registre paroissial ms. de Saint-Léonard). C'est par erreur qu'on a indiqué l'existence d'une collégiale à Saint-Léonard ; il y avait dans cette église, comme à Saint-Sulpice, une simple réunion de sept chapelains, qui se disaient « chapelains royaux », parce que le roi présentait le recteur de la paroisse, et qui desservaient la confrérie du Saint-Esprit et du Saint-Sacrement. Cette confrérie, mentionnée dès 1393, avait en 1458 191 livres de rente. En 1599, l'évêque permit à ces chapelains de porter un chaperon l'hiver et un simple bourrelet par dessus leur surplis l'été ; ils chantaient la messe et les vêpres chaque jour et avaient leurs officiers particuliers ; mais leurs prétentions devinrent exorbitantes, et en 1733 Mgr de Vauréal leur enleva toute distinction et les déclara simples obitiers  (M. Maupillé, Registre paroissial ms. de Saint-Léonard). Les autres confréries établies à Saint-Léonard étaient celles de Saint-Jean-Baptiste, instituée dès 1413, — de Saint-Roch, érigée en 1635, — du port du Saint-Sacrement, fondée en 1645, — de Notre-Dame-de-Pitié ou des Agonisants, instituée par Alexandre VII en 1667, — de Saint-Sébastien, mention­née en 1622, — et de Sainte-Anne, érigée en 1721 par Innocent XIII. L'évêque supprima en outre, en 1731, les confréries suivantes : Saint-Barthélemy (confrérie des bouchers), existant dès le XVème siècle, — Saint-Crépin et Saint-Crépinien (des cordonniers), érigée en 1575, — la Sainte-Trinité (des tailleurs), existant dès 1580, — la Transfiguration de Notre-Seigneur (des tisserands), fondée en 1607, — Sainte-Anne (des menuisiers), établie en 1645, — Saint-Yves (des juges et avocats), dont les statuts étaient de 1657, — Saint-Côme et Saint-Damien (des médecins), dont l'origine restait inconnue (M. Maupillé, Registre paroissial ms. de Saint-Léonard). De nos jours, l'église Saint-Léonard a été complètement remaniée et agrandie ; mais on l'a malheureusement désorientée. Le chevet droit du choeur, avec son immense fenêtre flamboyante et sa splendide verrière, se trouve présentement à l'Ouest ; à l'opposé s'élève, au bas des nefs, un fort beau portail moderne dans le style du XVème siècle, que nous regrettons vivement de ne pouvoir décrire ici. L'édifice forme à l'intérieur un vaste rectangle divisé en trois nefs par deux rangées de colonnes ; on y admire le maître-autel, somptueux assemblage de marbres précieux, de cuivres dorés et de superbes émaux, construit dans le style ogival et récemment placé. D'ailleurs, on ne peut que louer d'une façon générale la restauration de ce monument, faite avec beaucoup de goût et d'entente.

Voir aussi   Fougères "L'église Saint-Léonard de la ville de Fougères"

Voir aussi   Fougères "Les anciennes confréries de la paroisse de Saint-Léonard de Fougères"

Voir aussi   Fougères "La Confrérie du Saint-Sacrement de Fougères, en l'église Saint-Léonard"

l'ancienne église Saint-Eloi ou Notre-Dame de Rillé. La paroisse de Rillé, érigée à la prière de l'abbé de Saint-Pierre de Rillé, fut mise d'abord sous le patronage de saint Eloi ; mais au commencement du XVIIème siècle elle reçut la Sainte Vierge pour patronne et l'on y célébra la Purification comme fête patronale. Rien ne prouve qu'il y ait eu à Rillé deux églises, l'une abbatiale et l'autre paroissiale : aux siècles derniers, du moins, l'office paroissial se faisait simplement à un autel de l'église abbatiale. Cette dernière fut rebâtie de 1724 à 1734, mais il n'en reste aucun vestige maintenant (Pouillé de Rennes) ;  

l'église Notre-Dame-de-Bonabry (1893), oeuvre des architectes Henri Mellet et Charles Couesnon ; 

l'ancienne église du Prieuré de la Trinité, aujourd'hui disparus ; 

Voir aussi   Fougères "L'ancienne église du Prieuré de la Trinité de Fougères"

la chapelle Saint-Pierre d'Iné (XVIème siècle), édifiée par le seigneur d'Iné. L'ancien Prieuré de Saint-Pierre-d'Iné est fondé semble-t-il au début du XIème siècle par l'Abbaye de Pontlevoy (Loir-et-Cher), à la suite d'un don fait par un bienfaiteur nommé Morand. Le prieuré est cité pour la première fois au début du XIIème siècle. Sa chapelle devient paroissiale en même temps que l'église Saint-Léonard, puis la paroisse est réunie à cette dernière et la chapelle d'Iné tomba en ruines. Une nouvelle chapelle, munie d'un cimetière au sud, est construite vers le XVI-XVIIème siècle : elle est aujourd'hui sécularisée. On y voyait en 1689 de nombreux écussons de la famille Maimbier, écartelés des armes des seigneurs de la Fontaine en Laignelet et des seigneurs d'Erbrée. A signaler que le fief d'Iné possédait jadis une motte et un droit de haute justice ;   

l'ancienne chapelle Saint-Jean d'Igné, aujourd'hui disparue. Cette chapelle se trouvait jadis dans le fief de l'abbaye de Savigné ; on sait que ce monastère avait des possessions assez importantes à Fougères, entre autres tout un faubourg qui portait son nom ;  

la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours (XIXème siècle), oeuvre de l'architecte Henri Mellet ;   

l'ancienne chapelle Saint-Gorgon, située jadis à l'angle des rues de la Caserne et du Cimetière. Cette chapelle avait été fondée à la fin du XVème siècle et donnée à la fin du XVIème siècle par les seigneurs de la Fontaine en Laignelet aux Cordeliers de Saint-François de la forêt de Fougères. On y voyait en 1689 les armes du donateur. Cette chapelle a été démolie en 1842. Les pilori, cep et collier des seigneurs de la Fontaine-la-Chèze en Laignelet se dressaient devant la chapelle à la fin du XVIIIème siècle. On y voyait également leur fuie dans le Jardin du Colombier jusqu'au milieu du XVIème siècle. Voici ce que dit le Pouillé de Rennes : Cette chapelle, bâtie au faubourg Roger, mais sur le territoire de Laignelet, fut fondée au commencement du XVème siècle de deux messes hebdomadaires par Henry Fauvel, seigneur de la Fontaine. Elle était tellement fréquentée par les pèlerins, surtout au lendemain de la Nativité de Notre-Dame, qu'à la demande de Guillaume de la Fontaine, petit-fils du fondateur, le roi Henri III créa à l'entour la foire de l'Angevine par lettres patentes de février 1578. Le seigneur de la Fontaine présenta en 1581 Valentin Couasnon pour la desservir en place de Nicolas Prenveille, décédé ; elle avait alors des fonts baptismaux. Les successeurs de ce seigneur donnèrent la chapelle Saint-Gorgon, ainsi qu'une maison voisine, aux Cordeliers de la forêt de Fougères, qui en rendirent aveu en 1683. Ces religieux y formèrent un petit hospice où ils se retiraient quand leurs affaires les appelaient de Saint-François à Fougères (M. Maupillé, Registre paroissial ms. de Saint-Léonard) ;

l'ancien couvent des Ursulines fut fondé en 1609 dans les hôtels de Porcon et de la Bretesche (appartenant aux seigneurs de Bonabry) ou du Châtellier ; 

Note : « D'azur à un nom de JESUS d'or » (Armorial général ms. de 1697). En 1609, la Communauté de ville, sentant le besoin d'avoir une maison d'éducation pour les filles à Fougères, s'adressa aux Ursulines de Paris, qui envoyèrent aussitôt deux religieuses de leur Ordre pour y fonder un établissement. La Communauté de ville acheta à cet effet les hôtels de Porcon et de la Brétesche, situés rue de l'Aumaillerie, et y installa les nouvelles religieuses. Vingt ans après il y avait douze Ursulines dans ce monastère ; on songea alors à agrandir les bâtiments, et le 16 juillet 1637 la première pierre d'un nouveau couvent fut posée (M. Maupillé). Quand vint la Révolution, les Ursulines de Fougères déclarèrent, le 6 mars 1790, avoir en métairies, closeries, constituts, etc., 8578 livres de rente, avec 2389 livres de charges, et par suite un revenu net de 6189 livres (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 27). Peu de temps après elles furent chassées, et leur monastère, saisi par le gouvernement, fut abandonné à la ville. Ces bâtiments, dont une grande partie a été démolie pour l'ouverture de la rue Rallier et l'appropriation à d'autres usages, sont aujourd'hui affectés au collège de Fougères et à la maison d'éducation tenue par les Soeurs d'Evron. La chapelle des Ursulines, construite en 1609 sous l'invocation de saint Joseph, fut fermée en 1792 et servit de magasin jusqu'en 1817, époque à laquelle elle fut cédée aux Soeurs d'Evron (M. Maupillé, Histoire de Fougères, p. 178 ; Pouillé de Rennes).

 

l'ancien couvent des Urbanistes (XVIIème siècle), fondé en 1633 sur le Clos aux Belles-Femmes. Edifié en 1680 et en partie incendié en 1794. Il devient durant la Révolution une caserne et une prison militaire. On y enferma des prisonniers Autrichiens en 1813. Il conserve une chapelle. L'édifice est restauré en 1970 et sert aujourd'hui de centre culturel (Pouillé de Rennes) ;

Note : « D'argent à une sainte Claire au naturel vêtue de l'habit de son Ordre » (Armorial général ms. de 1697). En 1633, Jean Le Jeune et Marguerite de Bonnefosse, seigneur et dame de la Tendraye, firent venir du monastère de Sainte-Claire-de-Patience, à Laval, trois religieuses urbanistes, nommées Anne Le Cornu, dite de la Croix ; Elisabeth d'Andigné, dite du Saint-Sacrement, et Claude de Vahaye, dite de la Rédemption, pour former une maison de leur Ordre à Fougères. Les premières postulantes reçues dans cette maison furent Thomasse Le Jeune, fille des fondateurs, et Renée des Prez, de la maison de Larchapt ; elles furent admises en novembre et décembre 1633. Presque toutes les familles nobles du pays, les du Bois-le-Houx, du Hardaz, du Pontavice, du Hallay, de Bélouan, de l'Espronnière, Le Mintier, de Brégel, etc., envoyèrent leurs filles prendre l'habit religieux dans le monastère de Sainte-Claire de Fougères. Les évêques du Mans et de Rennes approuvèrent cette fondation, et le roi donna des lettres patentes en sa faveur le 20 juin 1636. Le seigneur et la dame de la Tendraye abandonnèrent aux Urbanistes une terre de 5 journaux, appelée le Champ-aux-belles-Femmes, afin qu'elles pussent y construire leur monastère. Pendant qu'on bâtissait ce dernier, les religieuses furent logées par leurs fondateurs dans leur terre de Bonabry, puis au Clos-Morel, dans le faubourg Roger. Quand le couvent et la chapelle furent achevés, les Urbanistes en prirent possession et s'y renfermèrent en 1689 (Notice ms. par M. Maupillé). La supérieure de ce monastère portait le titre d'abbesse. La première fut Anne Le Cornu, dite de la Croix, et la dernière Louise Le Breton, dite de Sainte-Magdeleine. Jeanne Royer, dite soeur de la Nativité, si connue par ses révélations d'en haut, appartenait au couvent des Urbanistes de Fougères. Née à la Chapelle-Janson en 1731, et fille de René Royer et de Marie Le Sénéchal, elle entra au monastère le 8 juillet 1752, reçut l'habit le 29 juin 1754, fit profession le 30 mai 1755 et mourut à Fougères le 15 août 1798. M. Genet, aumônier des Urbanistes et confesseur de soeur de la Nativité, a publié en quatre volumes les révélations surnaturelles de cette sainte religieuse. Le 28 février 1790, les Urbanistes de Fougères déclarèrent posséder une dizaine de fermes, quelques constituts et pensions, le tout valant environ 6021 livres de rente (nota : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 2 H, 123 ; 1 V, 25. — Les propriétés foncières des Urbanistes étaient principalement les métairies de la Groignerie, la Letterie, la Fourairie, les Touches, la Fumerais, Levure, la Butte-du-Parc, la Guénoisière, la Salle, le Champ-aux-Anglais, etc., situées dans les paroisses de Romagné, Laignelet, Beaucé, Saint-Germain-en-Coglais, et au faubourg Roger, à Fougères ). Le dépôt des Archives départementales d'Ille-et-Vilaine possède les registres de toutes les professions et de tous les décès du monastère des Urbanistes de Fougères ; c'est là que nous avons trouvé ce qui précède sur la soeur Jeanne de la Nativité ; on remarquera que les dates et le nom même de cette soeur diffèrent de ceux qu'on lui donne ordinairement. Cette communauté fut supprimée par la Révolution. Le couvent est devenu caserne et prison militaire ; l'église, hélas ! y sert d'écurie, et les dépendances forment une propriété particulière (Pouillé de Rennes). 

 

l'ancienne chapelle des Urbanistes (1609), située dans l'ancien couvent. On y voit un retable Louis XIV. Les seigneurs de la Tendrais en Parigné y possédaient jadis un enfeu comme fondateurs du couvent. On y trouve des tableaux d'Eugène Dévéria (1834) ; 

l'ancien Couvent des Récollets, fondée en 1607. Son autel provient d'une des chapelles de l'église de Saint-Léonard. On y conserve un tableau d'Eugène Dévéria (la Présentation du Temple). On y voit la pierre tombale de Jean Liays sieur de Launay. Les seigneurs de Saint-Brice en Saint-Brice en Coglès y possédaient un enfeu, ainsi que ceux de Chaudeboeuf en Saint-Sauveur des Landes. Un hôpital y est installé en 1778 ;

Note : Les Récollets furent établis à Fougères en 1607 par Henri de Volvire, baron de Ruffec et seigneur de Saint-Brice-en-Coglais, qui leur concéda le terrain nécessaire pour construire un couvent. En reconnaissance, ces religieux accordèrent en 1645 au baron de Ruffec le droit d'élever dans leur église conventuelle un tombeau pour lui et sa famille (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine). « Les habitants de Fougères, dit M. Maupillé, virent cet établissement avec assez d'indifférence, et par conséquent ne mirent aucun empressement à seconder les religieux. Il en résulta que, leurs ressources étant fort restreintes, il ne put se former que lentement. Les bâtiments, commencés en 1607, furent interrompus à différentes reprises et ne furent achevés qu'en 1622 » (Histoire de Fougères, p. 177). En 1627, le roi Louis XIII, qui possédait la baronnie de Fougères, accorda aux Récollets de cette ville le droit de prendre chaque année quinze charretées de bois dans sa forêt de Fougères (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1  V, 27). La principale occupation de ces religieux était de prêcher les stations du Carême et de l'Avent à Fougères et dans les paroisses voisines. Ils étaient au nombre de sept au moment de la Révolution. A cette époque, leur gardien, Léonard Menay, déclara ne posséder que l'enclos conventuel, contenant 3 journaux 50 cordes de terre, un grand jardin et une maison affermée 72 livres ; tout leur bien fut estimé 472 livres de revenu, et ils n'avaient que 1628 volumes dans leur bibliothèque (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 27). Après leur expulsion, la maison des Récollets fut vendue nationalement et en partie détruite par les acquéreurs. Ce qui en restait ainsi que le terrain en dépendant furent achetés en 1825 pour y établir une maison de retraite, ce qui fait que la chapelle des Pères existe encore ; on y conserve même la pierre tombale de Jean Liays, sieur de Launay, sénéchal de Fougères et bienfaiteur des Récollets, décédé le 9 juillet 1628 (Pouillé de Rennes). 

 

l'abbaye Saint-Pierre-de-Rillé (XVIII-XIXème siècle). Les chanoines de Notre-Dame, restés en possession de la chapelle Notre-Dame dans l'intérieur du château, adoptent au milieu du XIIème siècle la règle de saint Augustin et se retirent dans le faubourg de Rillé où ils construisent une abbaye et font un prieuré de leur chapelle Notre-Dame. L'abbaye tombe en commende au XVème siècle, puis est transformée en 1634 en abbaye Sainte-Geneviève et reconstruite en partie entre 1724 et 1750. Le bâtiment, en partie détruit pendant la Révolution, est totalement reconstruit au XIXème siècle. On conserve dans l'église de Fleurigné une cloche provenant de l'Abbaye et datée de 1509. L'Abbaye est pillée par le prince de Dombes en 1589. Le Pouillé de Rennes précise que le faubourg de Rillé, à Fougères, appelé primitivement « le bourg de Rillé », formait une paroisse dont le service se faisait à un autel de l'église abbatiale. Cette paroisse semble avoir été sous le patronage de Notre-Dame, cependant elle est parfois nommée Saint-Eloi. Le bénéfice paroissial de Rillé formait donc un prieuré-cure, mais le titulaire en était toujours, au moins dans les derniers siècles, le prieur claustral de l'abbaye  

la chapelle Saint-Yves (1431), située rue Pinterie. Cette chapelle a été construite par les paroissiens de Saint-Sulpice. Elle est rebâtie vers 1595 et sert de collège vers 1580. Transformée en cellier durant la Révolution, elle est à nouveau reconstruite en 1854. Voici ce que dit le Pouillé de Rennes :  Au XVème siècle, les paroissiens de Saint-Sulpice, considérant que leur église se trouvait en dehors des murs de la ville, et qu'ils n'avaient point d'oratoire dans la partie du Bourg-Vieil enclose dans les murailles, demandèrent la permission de bâtir une chapelle dans la rue actuelle de la Pinterie, alors appelée la Grand'Rue du Bourg-Vieil. Jehanne Garnier, fille d'Hamelin et femme de Robin Martin, donna l'emplacement, qu'amortit le 3 février 1429 le duc Jean V, à condition qu'on ferait pour lui et ses successeurs les prières nominales chaque dimanche dans la future chapelle. L'évêque de Rennes accorda facilement la permission de construire ce petit sanctuaire, mais Jean Doysil, prieur de la Trinité, dans le fief duquel on projetait de le bâtir, s'y opposa d'abord ; il finit par donner cependant son consentement, moyennant bien des conditions. Le 7 septembre 1431, Salmon Chevalier, prieur claustral de Marmoutiers, Payen de Dinan, prieur de Gahard, et Jehan de Romillé, prieur de Saint-Sauveur-des-Landes, députés par l'abbé de Marmoutiers, vinrent examiner la construction de la chapelle et traitèrent avec les paroissiens des conditions exigées d'eux (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine). Cette chapelle, fort simple, n'a pour ornement qu'une fenêtre flamboyante ouverte primitivement au chevet. Elle fut en partie rebâtie vers 1595 et affectée au service du collège de Fougères ; il s'y forma plus tard une confrérie dite de l'Immaculée-Conception, érigée canoniquement en 1681. Le collège étant tombé en 1774, la chapelle Saint-Yves fut vendue et sécularisée, mais elle a été restaurée et rendue au culte en 1854 (Notes ms. de M. Maupillé) ;

l'ancienne chapelle Saint-Thébault, du Petit Saint-Nicolas ou du Tronchay. Saint-Thébault, appelé parfois le Petit-Saint-Nicolas, se trouvait dans l'ancien cimetière de Saint-Nicolas. Les uns ont attribué sa fondation aux chevaliers du Temple, d'autres aux chevaliers de Saint-Lazare, mais rien ne prouve ces assertions. Dès le XVème siècle elle dépendait de la terre de la Chaudronnaye ; en 1500, Geoffroy Pioger, seigneur de la Chaudronnaye, présenta Jehan Guyard pour jouir de ce bénéfice. Plus tard, cette chapelle ayant été interdite pour insuffisance de dotation, André Morel, devenu propriétaire de la Chaudronnaye, laissa en 1672, en mourant, 500 livres pour y fonder une messe par semaine, ce que s'empressa de faire son fils, Nicolas Morel, sieur de la Poupardais, qui assura 25 livres de rente au chapelain. Saint-Thébault a été détruite par un incendie en 1710 (M. Maupillé, Registre paroissial ms. de Saint-Léonard - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 17) ;

l'ancienne chapelle Saint-Roch. Construite dans le cimetière du même nom, cette chapelle fut fondée vers 1582 par Guillaume Echard, sieur de la Salle, à l'occasion, semble-t-il, d'une épidémie qui désola Fougères à cette époque. Le chapelain de Saint-Roch, présenté au XVIIIème siècle par le général de Saint-Léonard, devait dire la messe tous les dimanches en sa chapelle ; celle-ci, tombant en ruines dès 1776, fut démolie vers 1810 (M. Maupillé, Registre paroissial ms. de Saint-Léonard) ;

l'ancienne chapelle de la prison de Fougères. L'ancienne chapelle de la prison de Fougères, sise en Saint-Sulpice, était en 1720 fondée d'une messe tous les vendredis et dotée de 20 livres de rente ; la chapelle actuelle, en Saint-Léonard, a été bénite en 1834 (Pouillé de Rennes) ;

les autres chapelles, aujourd'hui pour la plupart disparues et mentionnées dans le Pouillé de Rennes : Notre-Dame du château (d'abord collégiale, puis priorale dépendant de Rillé), la Sainte-Trinité (dépendant du prieuré de la Trinité de Fougères, puis appartenant aux Filles de la Sagesse), Saint-Nicolas (dépendant de l'ancien Hôtel-Dieu), Saint-Louis (dépendant de l'Hôpital-Général), Sainte-Magdeleine (dépendant de la Maladrerie), Notre-Dame de Miséricorde (dépendant de la Maison de Retraite), Chapelle des Récollets, Saint-Joseph (appartenant d'abord aux Ursulines, puis aux Soeurs de la Charité d'Evron), les Sacrés-Coeurs (dépendant du nouvel Hôtel-Dieu), Notre-Dame des Sept-Douleurs (appartenant aux Adoratrices de la Justice de Dieu), la chapelle des Filles de la Charité ;  

le château de Fougères (XII-XVème siècle), édifié vers l'an 1000 par Méen Ier, prince de la maison des comtes de Rennes. Autour du donjon, incendié et rasé en 1166 par Henri Plantagenêt, treize tours subsistent. Ce château est maintes fois remanié au cours des âges. L'avancée (XII-XIII-XIV-XVème siècle) est édifiée après 1166 par Raoul II, baron de Fougère de 1150 à 1194. Raoul II de Fougères, devenu sénéchal de Bretagne en 1182, fait appel aux ingénieurs Plantagenêts pour le reconstruire. Cette avancée est composée de trois importantes tours : la tour de la Haye-Saint-Hilaire, la tour de Guémadeuc et la tour du Hallay. La courtine date du XII-XVème siècle. La poterne date du XVème siècle. La tour des Gobelins date du début du XIIIème siècle : elle est rehaussée au cours du XVème siècle. La tour Mélusine date du XVème siècle (1404-1415) : elle est construite par Jean Ier d'Alençon et dotée de meurtrières adaptées à l'artillerie. Les tours Surienne et Raoul datent du XVème siècle (entre 1482 et 1485) : elles sont construites par le duc François II pour faire face à la menace française et sont dotées sur les flancs de quatre niveaux de canonnières. La porte est percée dans la tour de la Haye et possédait deux herses et un pont-levis. A l'angle sud-est de la courtine se dresse la tour du Hallay : sa base date du XIIème siècle et son sommet est du XVème siècle. La courtine sud-est ainsi que toute la muraille d'enceinte date du XIIème siècle : elle est surmontée de mâchicoulis du XIVème siècle. La courtine sud du château est protégée par une tour carrée appelée tour du Cadran (XVIème siècle). La courtine sud-ouest est flanquée de deux grosses tours reconstruites en 1481 : il s'agit de la tour Franczoise (surnommée plus tard la tour Raoul) et de la tour de Tourasse (surnommée plus tard la tour de Surienne). Le sommet de ces tours a été modifié en 1779. La tour Raoul était surmontée des Galeries de Caud et de Themines. La tour de Surienne possédait les Galeries de Pommereul et de Langan. La courtine ouest comprend la tour des Gobelin (érigée au milieu du XIVème siècle) et la tour Mélusine (sa base date du XIIème siècle et sa partie haute date du XIVème siècle). La partie supérieure de ces tours a été d'abord démolie en 1626 sur l'ordre de Richelieu, avant d'être restaurée. Derrière elles s'élevait le donjon érigé au XIII-XIVème siècle et démolie en 1626 sur ordre de Richelieu. L'angle nord-ouest du château est précédé d'une poterne avancée que flanquent deux tours appelées tours d'Amboise (érigées en 1431) : son pont-levis s'appuyait jadis sur un rocher appelé Rocher de la Couarde. La courtine nord est coupée par la tour de Guibé (édifiée en 1513) et par la tour de Coigny (édifiée au XIIème siècle et restaurée au XVIème siècle). Vers 1676, après la démolition de la chapelle primitive du château (mentionnée vers 1090 et reconstruite au XIIIème siècle), on a transporté la chapelle du château dans la tour de Coigny. Cette chapelle conserve la statue tumulaire de Raoul II de Fougères, (décédé en 1194) qui provient de l'Abbaye de Savigny (Manche). L'ancienne chapelle Notre-Dame ou Sainte-Marie semble avoir été située à l'ouest du logis seigneurial : elle a été édifiée vers 1024 par Auffroy, premier seigneur de Fougères. Auffroy en fit une Collégiale qui devint vers 1145 une dépendance de l'Abbaye de Rillé, avant d'être démolie au milieu du XVIIème siècle. L'angle nord est flanqué de la tour de Guémadeuc dont la base remonte au XIIème siècle et le sommet au XIVème siècle. Entre la tour de Guémadeuc et la tour de la Haye se trouvait le bâtiment de l'Avancée, aujourd'hui démoli. Donné aux Sévigné en 1614, le gouvernement de Fougères passe en 1753 au duc de Penthièvre. Pris en 1793 par l'armée vendéenne, puis repris par les patriotes, le château est durant cette période le théâtre de massacres répétés. Dès cette époque, l'affermage en appartient à M. de Pommereul, qui le paie 860 livres, sous condition d'abandon à toute réquisition du pouvoir royal. En 1802, M. de Pommereul se rend acquéreur du château pour la somme de 5 260 livres. La ville de Fougères s'en rend propriétaire en 1895, au prix de 80 000 francs. La château, longtemps laissé à l'état d'abandon, est restauré à partir de 1895. Des prisonniers espagnols sont internés au château en 1645 et des prisonniers anglais en 1707 et en 1779. Le château est occupé par des réfugiés portugais en 1829, des réfugiés polonais en 1832 et des officiers allemands durant la guerre de 1914-1918 ;

Note : « D'or, au château de gueules, accosté de deux branches de fougère de sinople » (Armorial général ms. de 1698). Nous avons précédemment raconté l'intéressante histoire de l'église Notre-Dame de Fougères, fondée comme collégiale en 1024 par Auffroy, seigneur de Fougères, cédée par les successeurs de ce baron aux Bénédictins de Marmoutiers et annexée par ces religieux à leur prieuré de la Trinité de Fougères, unie enfin à la nouvelle abbaye de Rillé que fonda vers 1245 Henri Ier, seigneur de Fougères. Construite dans l'enceinte même du château de Fougères, dont elle était la chapelle seigneuriale, l'église Notre-Dame, annexée à Rillé, devint un prieuré de cette abbaye ; elle fut desservie par un chanoine régulier jusque vers le milieu du XVIème siècle, époque vers laquelle le prieuré tomba en commende. La première église priorale fut détruite en 1166, en même temps que le château de Fougères, par les troupes d'Henri II, roi d'Angleterre. C'est probablement des ruines de cet antique sanctuaire que fut extraite plus tard la statue miraculeuse de Notre-Dame du Marais, si justement vénérée à Fougères, et déposée maintenant dans l'église de Saint-Sulpice. Reconstruite quelques années après sous le même vocable de la Sainte Vierge, la nouvelle église priorale du château de Fougères subsista jusqu'à la fin du XVIIème siècle. A cette époque, l'administration royale la laissa tomber en ruine aussi bien que le logis prioral qui l'avoisinait. Le roi, alors seigneur de Fougères, était, en effet, chargé de l'entretien de ces édifices, et c'était lui qui nommait le prieur de Notre-Dame. Le P. Du Paz attribue le commencement de la ruine des constructions priorales du château de Fougères aux guerres de la Ligue, vers 1588. Voici ce dont se composait le prieuré de Notre-Dame du château de Fougères au XVIIème siècle : « L'église priorale Notre-Dame du Chastel ; — le logis prioral et son jardin dans le château même ; — la métairie du Vaugarny (en 1790, affermée 624 livres) ; — une rente de 418 livres 4 sols sur le domaine royal de la baronnie de Fougères ; — une autre rente de 150 livres due par le « gouvernement de Fougères » ; — le fief de la Martinais, en Lécousse ; — le fief Trublet, au lieu de la Bataille, en Saint-Léonard de Fougères ; — un droit d'usage dans la forêt de Fougères, etc. ». En 1790, le prieuré de Notre-Dame avait perdu une partie de ces biens, notamment le fief Trublet et le droit d'usage dans la forêt ; toutefois, le dernier prieur, Gilles Déric, déclara le 19 février que son bénéfice valait encore 1 217 livres 12 sols 9 deniers de rente ; ses charges, dont les deux principales étaient l'acquittement de trois messes par semaine dites à Saint-Sulpice depuis la ruine de l'église Notre-Dame, et le paiement de 237 livres de décimes, montaient, d'après lui, à 384 livres 6 sols (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 27). Liste des prieurs : — Rivallon (1092). — Frère N... de la Courbe, chanoine régulier (1158). — Frère Jehan Boysart, décédé vers 1290. — Frère Geoffroy de Guerche, chanoine régulier de Rillé, fut nommé en 1290 par Hugues Le Brun, comte de la Marche et seigneur de Fougères. — Pierre Champion (1490). — Frère Hervé Gicquel, religieux de Rillé (1541 et 1569). — Sulpice Baron, recteur de Chesné (1618). — Mathurin Le Lieurre (1675). — Louis Logerot de Villerté, décédé en 1679. —  Laurent Bisacier (1679). — Léonard Reste, prieur dès 1679, décédé en mai 1698.— Jean Botherel, recteur de Saint-Etienne-en-Coglais (1710). — N... de Montelon, décédé en 1725. — Guillaume Ferron, doyen des chapelains de Saint-Léonard de Fougères et prieur de Saint-Christophe, nommé par le roi le 15 février 1726, prit possession le 18 mars suivant ; décédé en 1734. — Joseph-Gabriel Frain de la Villegontier, bachelier en Sorbonne et diacre du diocèse, fut nommé par le roi le 5 décembre 1734. Nous ne savons pour quelle raison l'abbé de Saint-Jouin de Marne prétendit alors avoir le droit de conférer le prieuré du château de Fougères ; toujours est-il que le 31 mars 1734 il nomma Henri de Floissac, clerc tonsuré de Paris, prieur de Notre-Dame en place de Guillaume Ferron ; mais cette nomination n'eut pas de suite, quoique Henri de Floissac eût pris possession le 30 avril. M. Frain de la Villegontier demeura paisiblement prieur décédé en 1773. — Gilles Déric, docteur en théologie et vicaire général de Dol, nommé par le roi le 22 août 1773, prit possession le 17 septembre suivant. Devenu chanoine de Dol et auteur de l'Histoire ecclésiastique de Bretagne, Gilles Déric conserva le prieuré du château de Fougères jusqu'à l'époque de la Révolution. Exilé à Jersey, il mourut dans cette île vers 1796 (abbé Guillotin de Corson).  

Note : Auffroy, seigneur et fondateur du château et de la ville de Fougères, construisit vers l'an 1024, dans l'enceinte même de sa forteresse, la collégiale de Notre-Dame de Fougères, dont il confia le service à quatre chanoines. Nous avons déjà fait connaître l'intéressante histoire de cette église, qui, après de curieuses péripéties, devint, vers 1145, une dépendance de l'abbaye de Saint-Pierre de Rillé, de l'Ordre des chanoines réguliers.

Voir aussi   Ville de Fougères (Bretagne) "Le château et les fortifications de la ville de Fougères

Voir aussi   Ville de Fougères (Bretagne) "Histoire du château de Fougères

Voir aussi   Ville de Fougères (Bretagne) "Le château de Fougères à la fin du XIXème siècle

le château moderne de la Chesnardière, situé rue de l'Hospice. Il remplace un ancien manoir qui possédait une chapelle privée au XVIIème siècle (mentionnée en 1663). Ce manoir avait été pillé par les Ligueurs pendant les guerres de Religion. Le manoir était la propriété successive des familles Champion (en 1474), Harpin seigneurs de Marigné (vers 1580), de Malenoë (en 1607), Courtays sieurs de Racinoux (en 1635), Coutard sieurs du Hallay (vers 1659), le Maistre sieurs de Livet (vers 1693), du Pontavice (en 1777), Couyer (en 1789), de la Chesnardière ;  

l'enceinte urbaine et les tours Nicol, Desnos, Montfroméry datent du XIV-XVème siècle. Des quatre portes initiales, seul subsiste la porte Notre-Dame (1488). L'enceinte fortifiée date, semble-t-il, du XVème ou XIIIème siècle. Le périmètre de l'enceinte est marqué au nord par la rue des Vaux, à l'est par la rue du Marché et la place du Marché-aux-Grains (encore surnommée la Grande-Douve et place Voltaire durant la Révolution), au sud par le jardin public, et à l'ouest par le sommet de la colline. Quatre portes, munies de ponts-levis, dont une seule subsiste, y étaient percées. La porte Rillé, conduisant au faubourg de ce nom, a été démolie en 1775. La porte Roger, conduisant au faubourg de ce nom, a été démolie en 1770. La porte Saint-Léonard (1444) a été démolie en 1774. La porte Saint-Sulpice, Notre-Dame, ou du Chesnay ou de la Convention pendant la Révolution (1477) : cette porte est protégée du côté du château par la tour de Plesguen (XIIème siècle), et du côté opposé par la tour de la Trémoille (1477). La porte Saint-Sulpice remplace une porte plus ancienne appelée porte du Chesnay ou Notre-Dame. Les fortifications de Fougères ont été réparées en 1464 ;

Note : LA PORTE DE CHÊNE A FOUGÈRES. — C'est l'ancien nom de la porte de ville, aujourd'hui connue sous celui de porte Saint-Sulpice. Mais le beau monument que l'on désigne ainsi n'est point non plus sur l'emplacement de l'ancienne porte, qui se trouvait en arrière de la construction actuelle, en un lieu où l'on voit encore des débris de remparts très-évidents, dans la rue de l'Echauguette, si j'ai bon souvenir. Au XVème siècle on construisit, en avant de cette première porte, un de ces ouvrages avancés si connus alors sous le nom de boulevards, et la porte de ce boulevard est justement celle qui subsiste seule aujourd'hui. Quiconque a visité la curieuse ville de Fougères, n'a pu manquer d'admirer cette porte et ses deux tours, dont leur bel appareil, leurs heureuses proportions et leurs élégants machicoulis font un véritable type d'architecture militaire dans notre province. On conçoit dès-lors combien il importerait de pouvoir fixer l'époque précise où ce monument a été élevé. Je crois avoir découvert à ce sujet une indication satisfaisante dans le registre de la chancellerie de Bretagne de l'an 1477, où on trouve, au fol. 105 verso, la mention suivante : « Mandement adrecé à Gilles de la Clertière, cappitaine de Foulgières, et aux seneschal, lieutenant et procureur dudict lieu, de faire abatre et demolir les moulins à draps estant en ladicte ville de Foulgières près la porte de Chesne, affin de parachever certain belouart qui a esté encommencé à ladicte porte de Chesne dudict lieu de Foulgières, sauff à les refaire en autre lieu convenable. Et semblablement leur est mandé, appeliez des bourgeoys dudict lieu en suffizant nombre, faire abatre et desmolir les maisons d'environ les foussez dudict lieu nuysantes à l'eslargissement desdiz fossez, et appeler des prisageurs en ce expers pour estimer la valleur desdictes maisons. Et, ladicte estimacion faicte, est mandé aux receveurs et miseurs des deniers ordonnez à ladicte repparacion poier l'estimacion desdictes maisons, sur les deniers d'icelle repparacion, à ceulx à qui seront lesdictes maisons, par les quartiers des ans ou autrement, et il leur sera aloué par les commis à oyr les comptes desdictes repparacions auxquels est mandé ainsi le faire. Datté le XIIIème jour de juign LXXVII (Signé) P. COLINE ». Scellé à Nantes le 13 juin 1477. D'après cela le boulevard établi devant la porte de Chêne, et la porte de ce boulevard qui est la porte dite aujourd'hui de Saint-Sulpice, ont dû être construits en l'an 1477 et les deux ou trois années les plus voisines. (A.L.B.).  

le Beffroi (1397-XVIème siècle). Il s'agit d'un des plus anciens beffroi construit en Bretagne. L'auditoire de la Cour de Fougères était au pied du beffroi. La base carrée a été construite, semble-t-il, de 1492 à 1508. La pyramide, que termine un campanile, a été refaite en 1708. Une inscription (faisant référence à Rolland Chapelle) est datée de 1304. La petite cloche porte la date de 1666 ;   

la maison (XIV-XVIème siècle), située rue des Tanneurs ;   

la maison (XIV-XVème siècle), située à Savigny ;   

les maisons à colombage (XVIIème siècle), situées place du Marchix ;   

l'Hôtel de Ville (1535). Il s'agit d'un édifice du XIVème siècle, restauré ou reconstruit au XVIème siècle. Il contient une ancienne salle voûtée du XIIème siècle et de belles cheminées. Il était jadis accosté d'un donjon (démoli en 1779) orné d'un écusson aux armes de Fougères ;   

l'hôtel Lariboisière (1766), situé rue du Sueur et propriété de la famille Lariboisière. A noter que la demeure d'été de la famille Lariboisière est le château de Monthorin, à Louvigné-du-Désert ;   

l'hôtel natal du Bois-Guy (XVIIIème siècle). Aimé Picquet-du-Bois-Guy (ou Boisguy), chef chouan, est né dans cette demeure en 1776 ;   

l'hôtel de Saint-Brice (XVIème siècle), situé au n° 1 rue Lesueur et édifié en 1566 pour Guillaume de La Fontaine. Propriété successive des familles de Saint-Brice, de la Fontaine, d'Erbrée, de Volvire seigneurs de Saint-Brice, Guérin de la Grasserie seigneurs de Saint-Brice ;   

l'hôtel Marigny (XVIIIème siècle). On y voit les écussons de François Gefflot de Marigny et de Jeanne de la Roche Saint-André, avec la date de 1756 ;   

l'hôtel de la Bellinaye (1738), situé place Aristide-Briand et propriété de la famille La Rouërie. Il s'agit de la maison natale du marquis de la Rouërie. Il sert actuellement de Tribunal ;   

l'hôtel Particulier (XIXème siècle), situé au n° 32 rue National. Propriété de la famille Danjou de la Garenne. L'immeuble a été orné par le sculpteur rennais Jean-Baptiste Barré ;   

l'escalier de la duchesse Anne (XVIII-XXème siècle), situé dans la ruelle des Quatre-Vents ;   

l'immeuble (XVIIIème siècle), situé au n° 8 rue Chateaubriand ;   

l'immeuble (XVIIIème siècle), situé au n° 17 rue du Beffroi ;   

le lavoir (XIXème siècle), situé rue des Vallées ;   

le musée Emmanuel-de-la-Villéon (XVI-XVIIème siècle), situé au n° 51 rue Nationale. Seul exemple conservé des maisons en pan-de-bois à porche qui formaient la rue ;   

l'atelier-musée de l'horlogerie ancienne (XVII-XVIIIème siècle) ;   

le théâtre (1886), édifié par Jean-Baptiste Laloy ;   

la fontaine des Anglais ;

l'hôpital Saint-Louis, situé rue Saint-Louis. Cet hôpital est fondé en 1680. Ses bâtiments actuels sont achevés en 1777 et agrandis de 1812 à 1814. Sa chapelle date de 1678 à 1680 : elle conserve un retable du XVIIème siècle avec un tableau du roi Saint-Louis, oeuvre de Guillaume Gobert. Son pavage renferme quelques pierres tombales ;

la prison, située place de la Porte-Saint-Léonard. Cette prison remplace l'ancienne Chapelle Saint-Roch, édifiée en 1571 dans le cimetière Saint-Roch, Saint-Nicolas ou Grand Cimetière et démolie en 1806 ;

la Gendarmerie, située place de la Porte-Saint-Léonard. Il s'agit d'une ancienne Maison d'Ecole charitable établie en 1697 par les Filles de l'Instruction chrétienne. Cet ordre avait été fondé par Marie Gigon et les religieuses étaient appelées les Gigonnes ;  

les moulins du château (XIX-XXème siècle) encore surnommés "les moulins de la Tranchée" ou "les Quatre Moulins" ; 

A signaler aussi : 

la carrière de Savigny ayant servi à la construction du château du XIIème siècle ;   

le jardin public (ancienne promenade aménagée sur l'avancée des remparts) ;   

l'ancienne Maison des Chapelains, située près de Saint-Léonard. C'était la demeure des sept chapelains qui desservaient une Confrérie ;  

la Maison de Pierre, située près de l'ancienne chapelle Saint-Gorgon. Cette maison fut cédée par échange aux Cordeliers par la famille de la Chapelle en 1620. Cette maison servait aux cavaliers de la maréchaussée en 1777 et en 1785 ;   

l'ancien hôtel d'Egletin ou des Gléteins (XVIIIème siècle). Il se trouvait autrefois près du presbytère de Saint-Léonard ;  

l'ancien hôtel Ménard, situé rue Chateaubriand et où s'installa l'Administration du District en 1790 ;  

l'hôtel Pelet, situé rue de Chateaubriand et daté de 1659 ;

l'ancien hôpital Saint-Nicolas (XII-XVIIIème siècle). Les seigneurs de Fougères édifièrent en cet endroit, une église dédiée à Saint-Nicolas. Cette église est mentionnée dès 1090 et fut donnée à l'Abbaye de Marmoutiers en Touraine au début du XIIIème siècle. Raoul II fit transporter près d'elle un hôpital, qui existait anciennement dans les villages de l'Aumônerie et de l'Abbayette. En 1380, des indulgences sont accordées par le Saint Siège à ceux qui par leurs aumônes concourent aux réparations des édifices du culte " Universis Christi fidelibus … Cum itaque, sicut accepimus domus Dei elemosinaria nuncupata beati Nicolai Filgeriarum, Redonensis diocesis, ad quam multi pauperes contiunnt qui ex ipsius facultatibus nequeunt commode sustentari, in suis edificiis magnis reparationibus indigeat, que absque Christi fidelium elemosinis fieri non posuunt, nos cupientes ut capella ipsius domus, que in honore beati Joannis Baptiste, et sanctorum Nicolai et Yvonis confessorum ac beate Catherine edificata existit, congruis honoribus frequentetur, ac pauperes ipsi sustententur et edificia hujusmodi reparentur … Datum Avenione, XII kalendas julii, anno secundo (20 juin 1380) " (Archives du Vatican). La chapelle fut reconstruite, semble-t-il, au XIII-XIVème siècle avant d'être démolie avec l'hôpital en 1865. Du côté nord était la Chapelle Notre-Dame du Bois-Garnier, édifiée en 1419 avec une litre chargée de l'écusson de la famille le Corvaisier. On y voyait aussi la Chapelle Saint-Benoît, appartenant aux seigneurs de Bonabry et renfermant leur enfeu ;

Note : Le premier hôpital de Fougères fut fondé au commencement du XIIème siècle par le seigneur du lieu, hors de la ville et là où se trouvent encore les villages de l'Aumônerie et de l'Abbayette ; ce dernier (abbatiola) semble occuper la place du logement des clercs chargés de desservir l'Aumônerie. Cet établissement paraît avoir été détruit pendant la guerre de 1166, en même temps que le château et la ville de Fougères ; lorsque le baron Raoul II les releva, il transféra l'hôpital dans l'enceinte même de sa nouvelle ville, près de l'église Saint-Nicolas, qui fut depuis lors affectée à l'usage des malades (M. Maupillé, Histoire ms. de la paroisse Saint-Léonard de Fougères). Un mot maintenant sur l'origine de cette église. L'église Saint-Nicolas en tête du bourg, « ecclesia Sancti Nicolai in capite burgi », signalée dès 1090, fut bâtie par les sires de Fougères dans les cinquante premières années qui suivirent la fondation de cette ville. Elle fut destinée à l'usage des habitants de la partie supérieure de la ville, appelée Bourg-Neuf, lorsqu'elle eut été enceinte de murs, par opposition au Bourg-Vieil, qui était la ville primitive construite dans le vallon et entourant l'église Saint-Sulpice. L'église Saint-Nicolas semble avoir été dès son origine annexée par le seigneur de Fougères à la collégiale de Notre-Dame-du-Château, dont elle formait une dépendance et dont elle partagea longtemps la destinée. Ainsi, desservie dans le principe par des chanoines séculiers, donnée ensuite avec la collégiale aux religieux de Saint-Florent de Saumur, qui n'en prirent jamais possession, l'église Saint-Nicolas passa plus tard aux Bénédictins de Marmoutiers, pour revenir en dernier lieu aux chanoines, changeant ainsi quatre ou cinq fois de mains dans l'espace d'un demi-siècle ; réclamée ensuite par les moines de Pontlevoy, qui faisaient valoir les droits que leur donnait sur elle leur titre de possesseurs de la paroisse de Lécousse, sur le territoire de laquelle elle avait été fondée, elle finit par demeurer à ces derniers en vertu d'un accord passé en 1143 entre eux et Henri, seigneur de Fougères. Par cet accord il fut stipulé que, moyennant la cession que feraient les religieux de Pontlevoy aux chanoines du bourg de Rillé pour y établir une abbaye et y fonder une paroisse, ceux-ci renonceraient en leur faveur à toutes prétentions sur les églises de Saint-Nicolas et de Saint-Léonard et leur en laisseraient la libre et paisible jouissance. M. Maupillé croit que l'église Saint-Nicolas fut détruite en grande partie en 1166, lors du sac de la ville de Fougères par Henri II, roi d'Angleterre. Lorsque la paix fut rendue à la contrée, les barons de Fougères relevèrent cet édifice ou le restaurèrent tout au moins, et, d'accord avec l'abbé de Pont­levoy, en affectèrent l'usage à l'Aumônerie ou hôpital qu'ils venaient de transférer dans l'enceinte de leur ville (Histoire ms. de la paroisse Saint-Léonard de Fougères). Raoul II, seigneur de Fougères, confia l'administration de son nouvel hospice à des religieux, probablement à des Hospitaliers, et leur donna la dîme de la cohue de Fougères et celle du moulin d'Avillon. Quelques années après, en 1212, Geoffroy, seigneur de Fougères, y ajouta une rente de 10 livres sur le domaine de sa baronnie, pour la fondation d'une messe hebdomadaire dite à son intention. Enfin, en 1243, Geffroy, abbé de Pontlevoy, abandonna à l'Aumônerie la plus grande partie de ses droits sur l'église et la paroisse de Saint-Léonard, « ad sustentationem pauperum et clericorum ibi Deo servientium » (Cartularium Rillei, 3). Mais ce mode d'organisation de l'hôpital de Fougères touchait à sa fin, et seize ans plus tard il n'existait plus : en 1259 l'Aumônerie avait fait place à la Maison-Dieu de Saint-Nicolas, « Domus Dei Sancti Nicholai », et un prêtre séculier remplaçait les religieux dans l'administration de l'hospice. Pendant longtemps le choix de cet administrateur fut un sujet de contestation entre les bourgeois et le sénéchal des seigneurs de Fougères, les uns et les autres prétendant avoir exclusivement le droit de le nommer. Il arriva même plus d'une fois que les bourgeois, mécontents du choix fait par le sénéchal, nommèrent soit un aumônier, soit un administrateur, et divisèrent ainsi deux fonctions qui devaient être réunies ; d'autres fois le sénéchal s'arrogea le même droit à l'encontre des bourgeois. Enfin, Marie d'Espagne, comtesse d'Alençon, au nom de son fils seigneur de Fougères, encore mineur, prit une décision qui mit fin aux prétentions des uns et des autres. Par lettres patentes données à Paris le 31 août 1347, et confirmées par le roi, cette dame réunit à tout jamais l'église Saint-Nicolas à l'Hôtel-Dieu de Fougères, et arrêta que celui qui aurait l'une aurait également l'autre, sans aucune division ; de plus, pour prévenir toute discussion dans la nomination de l'administrateur, elle régla que ce droit serait exercé alternativement par le seigneur et par les bourgeois. Cet administrateur, qui ne pouvait être qu'un habitant originaire de la ville, prêtait serment devant le sénéchal et trois ou quatre bourgeois délégués par la Communauté de ville. Ce règlement, dont l'original existe encore dans les archives de l'hospice Saint-Nicolas, confirmé par deux chartes de François 1er, duc de Bretagne, en 1444, et de François 1er, roi de France, en 1532, fut observé jusqu'en 1560 ; cette année-là, François II, par son édit de Fontainebleau, ayant enjoint à tous les juges de son royaume de faire saisir, dans le délai d'un mois, toutes les terres et revenus des hôpitaux situés dans le ressort de leur juridiction, pour être régis par les Communautés des villes ou leurs délégués, celle de Fougères nomma trois de ses membres pour administrer l'hospice Saint-Nicolas. Enfin, à l'époque de la Révolution, on institua un bureau de cinq membres qui fut chargé de l'administration de tous les hospices de la ville (M. Maupillé, Histoire de Fougères, 158, 159). Les biens de l'Hôtel-Dieu de Fougères , à la fin du XVIIème siècle, consistaient en ce qui suit : les métairies de l'Aumônerie, de l'Abbayette et de la Magdeleine, — le Moulin-aux-Pauvres, — l'Hermitage, — Chênedé, — un assez grand nombre de rentes foncières, — 10 mines de froment et 14 livres de rente sur le domaine de Fougères, — une mine de froment sur la seigneurie de la Motte de Beaucé, — 7 mines 4 boisseaux de froment et 3 livres de rente sur le Fief-Ferrant, au Loroux, — le droit de chauffage dans la forêt de Fougères, consistant en 50 charretées de bois chaque année, — le râtelage des prairies du château, — un droit de juridiction avec basse justice. Le tout était estimé, en 1724, valoir 3025 livres 9 sols 3 deniers de revenu, mais il y avait des charges assez nombreuses, aussi la Déclaration de 1790 ne fut-elle que de 2426 livres (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, C, 1290 ; 1 V, 27). Après le départ des religieux hospitaliers au XIIIème siècle, le service des pauvres à Saint-Nicolas fut longtemps abandonné à des mains mercenaires, sous la surveillance de l'administrateur. Mais, en 1672, la Communauté de ville confia le soin de ses malades aux Hospitalières de Saint-Augustin, qui desservent encore l'Hôtel-Dieu de Fougères à la fin du XIXème siècle. Cet hôpital ayant été transféré dans une autre partie de la ville en 1853, et les anciens édifices de Saint-Nicolas ayant été rasés pour faire place à une nouvelle rue, il est intéressant de dire ici quelque chose de l'antique Maison-Dieu fondée par les sires de Fougères. Les bâtiments de l'hôpital Saint-Nicolas appartenaient à des époques bien différentes, depuis le XIIème siècle, date de sa fondation, jusqu'au XVIIIème, que les religieuses bâtirent à leurs frais leur couvent en 1740. Mais ce qu'il nous faut rappeler ici, ce sont les constructions primitives, de style roman, malheureusement détruites aujourd'hui. Dans une muraille on voyait un fragment de maçonnerie en pierres cubiques, d'appareil réticulé, extrêmement ancien. La pièce la plus remarquable de l'hospice était, sans contredit, la cuisine placée à gauche de la porte d'entrée. Elle était voûtée et les retombées de la voûte reposaient sur quatre piliers monolithes ; la voûte présentait à sa partie supérieure une large ouverture surmontée d'un tuyau de cheminée. Cette pièce semble avoir été dans l'origine destinée à servir de chauffoir pour les pauvres et les voyageurs, qui trouvaient place autour de l'étrange foyer dont elle formait l'assiette et dans lequel on entretenait un feu en rapport avec les exigences de la saison. C'était sans doute pour l'entretien de ce feu que les seigneurs de Fougères avaient donné à l'hôpital le droit de prendre dans leur forêt 50 charretées de bois pour le chauffage des pauvres ; sans cela cette quantité n'aurait point eu sa raison d'être, vu le petit nombre de pauvres admis à séjourner à l'hospice. Une autre pièce attirait encore l'attention ; c'était la cave  dont l'entrée était du côté de la cour : elle était voûtée en berceau et présentait dans sa construction une grande analogie avec les celliers de Landéan ; on remarquait à son extrémité un singulier renfoncement dans la muraille. Il faut aussi mentionner une porte romane qui ouvrait vraisemblablement jadis sur l'intérieur d'un cloître de même style ; elle était située à droite de la chapelle, et son arcade en plein cintre, avec ses chapiteaux ornés de crochets, s'agençait d'une façon fort harmonieuse avec les arcades fermées qui, placées des deux côtés de la porte de l'église, servaient à la décoration de la façade. Parlons enfin de cette église Saint-Nicolas, dont nous avons retracé l'origine. Extérieurement, la façade de cet édifice était construite jusqu'à la hauteur du sommet de la porte en pierre de granit de moyen appareil ; l'arcade de cette porte était formée par une ogive romane et ornée de trois voussures en retrait, dont l'extérieure reposait sur des chapiteaux à crochets qui lui étaient communs avec les arcatures l'accompagnant des deux côtés ; les deux autres voussures n'étaient que le prolongement des pieds-droits de la porte qui leur servaient de supports. Les arcatures murées dont nous venons de parler étaient en plein cintre et au nombre de deux de chaque côté de la porte ; la plus rapprochée de celle-ci était géminée, servant d'encadrement à deux autres arcatures plus petites dont les arcs reposaient sur les chapiteaux d'une colonne monocylindrique. Ces arcades, ainsi que celles des extrémités, différaient entre elles, tant par leur largeur que par la forme de leur amortissement ; celles de droite étaient plus étroites et formaient l'anse de panier, tandis que celles de gauche présentaient un arc plus évasé. Au-dessus de cette porte romane s'élevait dans le fronton triangulaire du pignon une fenêtre ogivale datant du XIVème siècle comme toute la partie supérieure de cette façade : cette fenêtre était divisée en trois ogives surmontées de trois roses, dont la plus grande au milieu encadrait un quatre-feuilles (M. Maupillé, Histoire ms. de la paroisse de Saint-Léonard de Fougères). L'intérieur de l'église Saint-Nicolas était moins intéressant ; on y remarquait toutefois, à droite en entrant, une grande arcade ogivale qui avait dû faire communiquer l'édifice avec un cloître ou une chapelle disparus depuis longtemps. Au Nord était une autre chapelle communiquant avec la nef par une belle arcade ogivale du XIVème siècle : on la nommait la chapelle de Notre-Dame du Boisgarnier, parce qu'en 1429 Jean, seigneur du Boisgarnier, y avait fondé une messe tous les vendredis pour ses père et mère, qui avaient reçu la sépulture en ce sanctuaire. Les nervures de la voûte d'arête de cette chapelle reposaient sur les chapiteaux de quatre colonnettes d'angles ; des écussons apparaissaient à la naissance et au sommet de l'arcade, sur les chapiteaux et à la clef de voûte ; enfin, une litre sur laquelle ces armoiries étaient répétées régnait autour de la chapelle : on y distinguait le blason des Le Corvaisier : d'azur au sautoir d'or, accompagné de quatre étoiles de même. En 1736, la famille Patard, possédant cette chapelle seigneuriale, la céda aux Hospitalières, qui y établirent leur confrérie du Sacré-Coeur de Jésus (M. Maupillé, Histoire ms. de la paroisse de Saint-Léonard de Fougères). Tels étaient l'hôpital et l'église Saint-Nicolas de Fougères, monuments du XIIème siècle à jamais regrettables, démolis en 1865 (abbé Guillotin de Corson).

l'ancien Hôpital-Général. Cet hôpital naquit de l'édit royal de 1662, ordonnant dans toutes les villes l'établissement d'un dépôt de mendicité. Pour y obéir, la Communauté de ville de Fougères acheta plusieurs maisons et jardins dans la rue du Colombier, au faubourg Roger, et y jeta les fondements d'un premier asile. Celui-ci se composa d'abord des bâtiments construits au fond de la cour et de la chapelle qui la partageait en deux préaux, l'un pour les hommes et l'autre pour les femmes. Ces constructions furent achevées en 1680, et des lettres patentes de juillet 1683 approuvèrent cet établissement, dont le roi se déclara le fondateur et le protecteur. Par ces lettres, le roi défendait la mendicité à Fougères et ordonnait de conduire à l'Hôpital-Général tous les mendiants des trois paroisses de cette ville ; il concédait en même temps de grands privilèges à cet hospice, tels que le droit exclusif de vendre de la viande pendant le carême, de prendre chaque année 50 cordes de bois dans la forêt, de confectionner et de vendre tous les cercueils des personnes décédées dans la ville de Fougères, de percevoir la moitié des aumônes fondées par les seigneurs de Fougères dans les églises ou monastères de leur ville, de percevoir la moitié des amendes ordonnées par les juges de la sénéchaussée de Fougères, de fabriquer toutes espèces de marchandises et de les faire vendre au profit des pauvres, etc. (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 4 H, 20). D'après ces mêmes lettres, l'administration de l'Hôpital-Général fut confiée à seize directeurs, dont sept étaient membres-nés, savoir : le sénéchal, le procureur du roi, le procureur-syndic de la Communauté de ville, l'administrateur en charge de l'Hôtel-Dieu et les recteurs des trois paroisses de Fougères ; les neuf autres membres étaient à l'élection et devaient être renouvelés par tiers tous les trois ans. Un peu plus tard, des dames charitables et bienfaisantes de Fougères se dévouèrent au service de l'Hôpital-Général. C'est ce que nous apprend un état de cet hospice dressé en 1724 : « Quatre demoiselles vertueuses, y est-il dit, se sont attachées à cette maison ; elles y vivent à leurs frais et font passer au profit des pauvres l'excédant de leur fortune ; elles y ont établi une manufacture de toiles qui occupe douze métiers » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, C, 1290). M. Maupillé cite au nombre de ces généreuses femmes Mmes de la Martinière et de Bigaglia, et Mlles Frontin des Buffards et Le Mercier des Cures, qui firent achever de 1772 à 1777 les constructions de l'hospice Saint-Louis. Ces travaux étant terminés, les administrateurs de l'Hôpital-Général passèrent un traité avec les Dames de la Charité de Montoire, qui durent fournir quatre sœurs pour le service de l'hospice. Ces religieuses vinrent, en effet, à Fougères, mais deux d'entre elles étant mortes peu après et leur congrégation se trouvant hors d'état de les remplacer, les deux autres soeurs se retirèrent. Ce fut alors, en 1790, qu'on appela les Soeurs de la Sagesse de Saint-Laurent-sur-Sèvre, qui sont encore aujourd'hui à la tête du service de l'Hôpital-Général. La chapelle de cet hospice, dédiée à saint Louis, lui a donné son nom ; commencée en 1678, elle fut terminée en 1680 (abbé Guillotin de Corson) ;

Voir aussi   Fougères "Les hospices ou établissements hospitaliers de la ville de Fougères

l'ancienne Hôtellerie Saint-Jacques, située place du Théâtre. La place reçut le nom de place du Brûtis en 1794, place Impériale en 1807 et place Royale en 1816 ;

l'hôtellerie des Trois-Rois, située rue Jean-Jacques Rousseau et citée dès le XVIIème siècle ;

l'ancienne Hôtellerie de la Tête Noire (XVIIIème siècle), située place d'Armes ;

l'ancienne Hôtellerie de la Grand'Maison, située place d'Armes ;

l'ancienne Hôtellerie de la Croix-Verte, située sur le carrefour Saint-Jean (place Gambetta) ;

l'ancienne Hôtellerie de Saint-Jean, située sur le carrefour Saint-Jean. Elle servait autrefois de relais de la poste aux chevaux en 1789 ;

l'ancien Hôtel Saint-Pierre ;

l'ancien Prieuré de la Sainte Trinité, jadis membre de l'abbaye de Marmoutiers et situé rue du Marchix. Au milieu du XIème siècle, Adelaïde, veuve de Main II de Fougères et mère de Raoul Ier, construit en ce lieu une église qu'elle donne à l'Abbaye de Marmoutiers en Touraine. L'Abbaye y établit un prieuré : ce prieuré est vendu en 1776 aux Dames de la Providence qui en firent un hospice. Ce prieuré possédait un droit de haute justice et de ceps et collier. La maison priorale possédait jadis un colombier. L'église du prieuré date du XIème siècle : elle possédait une nef avec deux collatéraux, un transept avec deux absidioles et un chœur autour duquel se trouvaient trois chapelles. La nef a été démolie en 1760 et le chœur en 1786. Un oratoire, édifié à l'emplacement de l'église, a été incendié en 1821 ou 1824.

Note : Vers le milieu du XIème siècle, Adélaïde, veuve de Main II, seigneur de Fougères, ayant également perdu son fils Judhal, vit son dernier garçon, Raoul Ier, seigneur de Fougères, atteint lui-même d'une grave maladie. Dans sa douleur, cette noble dame implora Dieu avec ferveur, et se rappelant l'affection que son mari avait toujours eue pour les religieux de Marmoutiers (nota : dès l'an 1040, Main II avait déjà donné lui-même aux moines de Marmoutiers une maison dans la ville de Fougères. De plus, ce seigneur s'était engagé à abandonner aux Bénédictins l'église de Notre-Dame de Fougères si les chanoines qui la desservaient venaient à la quitter - Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 394, 488), elle résolut de construire une église en l'honneur de la Sainte Trinité et de la donner à ce monastère. A peine l'édifice, construit sur la place du marché, sortait-il de terre, que Raoul recouvra la santé. Aussitôt Adélaïde et son fils s'empressèrent de remettre la nouvelle église à Barthélemy, abbé de Marmoutiers, et Main, évêque de Rennes, vint en consacrer les autels. Le seigneur et la dame de Fougères donnèrent en même temps aux Bénédictins l'église de Saint-Sulpice et toute la paroisse de Fougères, « ecclesiam Sancti Sulpicii cum tota parrochia atque sepultura Castelli Filgerensis ». Ils ajoutèrent à ce don celui d'une terre appelée Burgum Caprelli, d'un étang et d'un moulin voisins de l'église Saint-Sulpice, de la pêche dans le Nançon au bourg des moines, de la dîme des poissons pris dans les pêcheries seigneuriales, et d'un droit d'usage très-étendu dans la forêt de Fougères. Enfin, ils donnèrent encore la terre appelée Mansio Pediti et les prairies qu'arrose le Nançon au-dessous de la Trinité (Bulletin de l'Association bretonne, III, 194). Telle est, en résumé, la charte de fondation du prieuré de la Trinité ; elle n'est pas datée, mais comme l'on voit qu'elle fut dressée du temps de l'abbé Barthélemy, nommé en 1064, et de l'évêque Main, mort en 1076, il faut nécessairement placer entre ces deux dates les commencements de ce prieuré. Une autre charte nous apprend que le lieu choisi par la dame de Fougères pour bâtir l'église de la Trinité était fort agréablement situé et très-convenable pour un monastère ; les moines y eurent toute liberté de construire leur demeure selon leur règle, d'y créer un bourg et même de faire transférer ailleurs le marché seigneurial s'y tenant le samedi s'il pouvait les gêner (nota : mais le prieur de la Trinité conserva dans son fief ce marché, qui lui rapportait certains revenus, et lorsque le roi le transféra beaucoup plus tard dans la partie haute de la ville, le Domaine s'engagea à payer au prieur une rente annuelle de 60 livres titre d'indemnité. (Histoire de Fougères, par M. Maupillé, p. 177). Après la mort de sa mère Adélaïde, Raoul, seigneur de Fougères, voulut encore augmenter la fondation de la Trinité, et il donna aux religieux la dîme de son marché, celle des foires de la Pentecôte et de la Purification, la dîme de tous ses moulins, tant en Normandie qu'en Bretagne ; la dîme de ses droits de fromentage, de panage, etc. Il promit encore aux moines de leur donner l'église de son château, dédiée à Notre-Dame, s'il venait à la retirer aux chanoines qui la desservaient alors, ce qu'il fit, en effet, quelque temps après (Bulletin de l'Association Bretonne, III, 187, 194). Plus tard, Main III, fils de Raoul et seigneur de Fougères, confirma tous ces dons faits aux moines de Marmoutiers établis à la Trinité (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 424). Enfin, l'importance de ce prieuré fut encore augmentée par le don de l'église d'Amanlis et par l'annexion du prieuré de Louvigné-du-Désert. Au XVIème siècle, ce prieuré de la Trinité se composait de ce qui suit : « Les maisons, cour, courtil, verger, vivier, four à ban et pourpris du prieuré, enclos de murailles, adjacent l'église et cimetière de la Trinité, sis au faubourg de Fougères, au bourg de la Trinité, en la paroisse de Saint-Sulpice ; — l'étang de Roullart et le moulin à bled situé au bourg de la Roche  (nota : l'aveu de 1676 signale un second moulin "à vent" à la Roche) ; — un autre moulin au bourg du Marchix ; — les prairies de l'Abbayette, en Lécousse ; — le fief de la Trinité, comprenant toutes les maisons et dépendances situées aux bourgs de la Trinité, de la Roche et du Marchix, comme la rivière de Nançon circuit lesdites choses depuis le cimetière de Saint-Sulpice, en poursuivant au joignant du derrière des maisons et jardins prochains de dessus la douve du château et par le pont Champion, jusqu'au bourg de Savigné » ; — le fief de la Vigne, en Laignelet ; — le fief de Louvigné-du-Désert et tout ce qui constituait l'ancien prieuré de ce nom ; — une haute, moyenne et basse justice dans tous ces fiefs ; — les coutumes des marchandises vendues dans les bourgs de la Trinité, de la Roche et du Marchix, excepté le samedi, que lesdites coutumes appartenaient au seigneur de Fougères ; — la dîme des revenus de la coutume seigneuriale de Fougères ; — le droit d'usage dans la forêt de Fougères pour chauffage et bois à merrain pour réparer les église, maisons et moulins du prieuré (Déclaration du prieuré en 1512). Par rapport à la juridiction seigneuriale du prieur de la Trinité, nous remarquerons que ses juges pouvaient condamner à mort, mais devaient livrer le condamné aux officiers du seigneur de Fougères pour que ceux-ci missent à exécution la sentence prononcée par la cour du prieuré. Le prieur avait, toutefois, le droit d'avoir « des ceps et collier » en son bourg de la Trinité pour y punir les coupables qui n'encouraient pas la peine capitale. Nous venons de dire que l'église paroissiale de Saint-Sulpice avait été donnée au prieur de la Trinité. Au XIIème siècle, les religieux, voulant accroître leur importance, représentèrent à l'évêque de Rennes que cette église de Saint-Sulpice, resserrée dans une île, était devenue insuffisante pour le nombre des fidèles qui la fréquentaient et n'était susceptible d'aucun agrandissement ; ils demandèrent, en conséquence, au prélat, qu'il autorisât les paroissiens à se réunir dans leur église, qui présentait un local beaucoup plus spacieux. Celui-ci leur accorda ce qu'ils demandaient en 1150, réservant toutefois les droits de l'ordinaire et ceux du curé ; mais les religieux eurent beau se prévaloir de l'autorité de l'évêque de Rennes, ils ne purent jamais obtenir des paroissiens de Saint-Sulpice qu'ils vinssent à la Trinité (M. Maupillé, Histoire de Fougères, p. 176). Ces derniers préférèrent bâtir ailleurs une autre église paroissiale, malgré le prieur, qui s'y opposa fort longtemps. Toutefois, le clergé de la paroisse Saint-Sulpice vint toujours jusqu'à la Révolution célébrer la grand'messe à l'église de la Trinité le dimanche des Rameaux et le jour de la fête patronale du prieuré, c'est-à-dire le dimanche de la Trinité. Le prieuré de Fougères était fondé pour quatre religieux, « trois compagnons avec le prieur ». Lorsqu'en 1325 l'abbé de Marmoutiers en fit la visite, il y trouva Guillaume de Tiéville, prieur ; Gervais Corgniart, Guillaume Etienne et Guillaume Monnier, tous religieux vivant bien selon leur règle et entretenant en bon état leur petit monastère. Le prieur de la Trinité devait 19 livres à la mense abbatiale et 39 sols aux officiers de Marmoutiers. Quoique le prieuré de Fougères ait été donné en commende d'assez bonne heure, les moines y demeurèrent longtemps, car en 1579 on fit pour eux des statuts qui ne manquent point de sévérité et qui témoignent de leur sainte vie dans le cloître. On y voit qu'ils ne mangeaient ni beurre ni laitage durant le carême ; qu'ils n'avaient que du pain à la collation (à quoi on ajoutait un peu de beurre aux autres jeûnes hors du carême), et que le Vendredi-Saint ils ne mangeaient que des herbes crues et du pain (D. Martène, Histoire de Marmoutiers, II, 385). Au XVIIIème siècle, on évaluait à 1700 livres les revenus du prieuré de Fougères (sans compter ceux de son annexe Louvigné-du-Désert) ; le prieur était tenu de faire dire trois messes par semaine dans son église priorale. Celle-ci exista, dans son état primitif du XIème siècle, jusqu'en 1786 ; c'était un édifice roman terminé par une abside et ayant dans oeuvre une longueur totale de 24 mètres sur 12 de largeur. En 1776, le prieur, M. de Goyon, vendit aux dames de la Providence les bâtiments, tombant en ruine, avec les cours et jardins de son prieuré ; le roi l'y avait autorisé à cause de « l'état de vétusté où se trouvait l'antique monastère de la Trinité ». Un peu plus tard, un autre prieur, M. de Lordat, afféagea aux mêmes dames le moulin et les terrains dépendant du prieuré. La supérieure de la Providence bâtit sur l'emplacement de l'ancienne maison des Bénédictins un hospice et une école charitable, et restaura l'église de la Trinité, qu'elle diminua toutefois et dont elle fit la chapelle du nouvel établissement. Cette église, dernier vestige du prieuré, a été détruite par un incendie en 1824. Liste des prieurs de la Trinité de Fougères :  — Bernard (1080) est le même, selon M. Maupillé, que Bernard abbé de Marmoutiers de 1084 à 1100. — Hervé de Janzé (1084). — Albert (1089). — Riwallon (1092). — Guillaume Le Chauve (1096). — Méen Le Gaulois (1120). — Guingomar (1156). — N... de la Courbe (1158). — Nicholas (1161). — Bertrand (1200). — Gaultier, abbé de Rillé (1218). — Geffroy Giraud (1319). — Guillaume de Tiéville (1325). — Guillaume du Plessix alias de Plaisance (1326). — Guillaume de Bouchot (1344). — Pierre vel Guillaume d'Angoulesme (1406). — Jehan Doysis (1431). — Jehan Lallemand, sieur de la Hervonnais (1478). — Robert Guibé, évêque de Rennes, de Nantes, etc. (1505) ; décédé cardinal en 1513. — André Hamon, neveu du précédent (1507), chanoine de Rennes, puis évêque de Vannes. — Pierre Danielo, archidiacre de Vannes, rendit aveu au roi en 1542 ; décédé le 2 janvier 1558 et inhumé dans la cathédrale de Vannes. — Jehan Meneust (1564). — Jehan Vallet, aumônier du roi et prévôt de Vertou (1588-1603). — Robert du Bois, sieur des Perrettes, étudiant à l'Université de Paris (1608). — Dom Benjamin Amyot, Bénédictin (1632). — François Citois, aumônier du roi (1632). — Pierre-François de Beauveau du Rivau, abbé de N.-D. de Turpenay, en Touraine, rendit aveu au roi le 7 décembre 1676 ; décédé en 1682. — François Houdry, sieur des Rousselières, donna en 1681 quittance d'une rente due à son prieuré. — Pierre-François du Hardaz de Hauteville, pourvu vers 1682 ; décédé en 1739. — Jacques Descrots d'Estrées, nommé le 17 septembre 1740 par le roi, prit possession le 30 janvier 1741 et fut aumônier de la reine ; décédé en 1750. — François-Augustin de Goyon, archidiacre et vicaire général de Léon, nommé le 16 avril 1750 par le roi, fut aumônier de Mesdames de France ; décédé en 1783. — Jean-Ignace de Lordat, abbé de Bardoux, au diocèse d'Auch, et vicaire général de Narbonne, nommé par le roi le 11 janvier 1784, prit possession le 23 mars suivant et fut le dernier prieur de la Trinité (abbé Guillotin de Corson).

l'ancien prieuré Saint-Pierre d'Igné, jadis membre de l'abbaye de Pontlevoy : « De gueules à la croix d'or » (Armorial général ms. de 1698). « Il n'est fait mention du prieuré d'Igné que dans les premières années du XIIème siècle ; mais depuis quelque temps déjà l'abbaye de Pontlevoy était en possession de biens considérables dans les environs de Fougères. Nous voyons, en effet, vers l'an 1080, Hildebert, abbé de Pontlevoy, venir visiter les lieux dépendant de son monastère et procéder en instance devant la cour de Raoul Ier, seigneur de Fougères, pour se faire restituer l'église de Lécousse et ses dépendances, qui lui avaient été enlevées par les héritiers du donateur. Ce donateur était un nommé Morand, qui avait été revêtu de la dignité de doyen et qui, plus tard, était entré dans le cloître, sans doute à l'abbaye de Pontlevoy, car c'était lors de sa prise d'habit qu'il avait donné aux moines de ce couvent l'église en question » (M. Maupillé, Registre paroissial ms. de Saint-Léonard de Fougères). « Il n'est pas sans importance, dit encore M. Maupillé, de remarquer que, dans les actes concernant le prieuré d'Igné qui sont parvenus jusqu'à nous, il n'existe aucune trace de donation d'église autre que celle de Lécousse ; d'où il nous est permis de tirer une assez forte présomption qu'à l'époque de cette donation l'église de Saint-Pierre d'Igné n'existait pas, et que c'est aux religieux que nous devons attribuer sa fondation. D'ailleurs, la notice même que les moines ont rédigée pour conserver ce souvenir semble confirmer notre sentiment ; car, indépendamment du silence absolu qu'elle garde sur le prieuré d'Igné et sur le prieur, qui n'aurait pas manqué de figurer dans la circonstance, elle parle de la maison qui avait été donnée par Morand et qu'avait retirée le frère de ce dernier. Il est bien difficile de ne pas reconnaître dans cette maison le berceau du prieuré d'Igné ». C'est donc sur le territoire de Lécousse, et très-probablement dans cette maison donnée par Morand au village d'Igné, que les moines de Pontlevoy fondèrent un prieuré à la dotation duquel ils affectèrent tous les biens qu'ils possédaient ou qu'ils possèderaient un jour dans les environs de Fougères. Ce prieuré même semble avoir été conventuel et destiné à recevoir les femmes aussi bien que les hommes, puisque dans les dernières années du XIème siècle nous voyons un chevalier, nommé Orry, donner aux religieux de Pontlevoy quatre journaux de terre contigus au verger des moines, à l'occasion de l'entrée en religion de sa mère dans la maison d'Igné, « quando mater ipsius facta fuit monacha in domo Ineii ». — Herbert, évêque de Rennes de 1184 à 1199, approuva cette donation (M. Maupillé, Notices historiques sur les paroisses du canton de Fougères, 120). Cependant la paroisse de Lécousse fut démembrée et donna naissance aux paroisses de Saint-Léonard de Fougères et de Rillé ; l'église du prieuré de Saint-Pierre d'Igné devint elle-même paroissiale en même temps que Saint-Léonard, et reçut une juridiction qui semble s'être étendue sur tout le territoire compris plus tard dans cette paroisse, et qui était en dehors de l'enceinte de la ville. Cette disposition avait été prise, sans aucun doute, en considération des habitants, auxquels la distance rendait l'accès de l'église de Lécousse fort difficile, et les exigences de la garde et de la sûreté de la ville celui de l'église Saint-Léonard impossible en certaines circonstances. En 1166, Jean, abbé de Pontlevoy, fit, à l'instigation d'Etienne, évêque de Rennes, un accord avec Martin, prêtre d'Igné, « cum Martino Igneiensi sacerdote », qui partageait les revenus d'Igné avec les moines de ce petit monastère, « cum Igneiensis cellœ monachis » (Gallia christiana, VIII). En 1292, Pierre, religieux de Pontlevoy, était prieur d'Igné. La paroisse d'Igné paraît avoir subsisté autant de temps que les religieux habitèrent leur prieuré ; mais lorsqu'ils eurent uni celui-ci à la mense abbatiale de Pontlevoy, ils incorporèrent la paroisse d'Igné à celle de Saint-Léonard de Fougères et se contentèrent de faire desservir par un chapelain l'église de Saint-Pierre d'Igné (M. Maupillé, Notices historiques sur les paroisses du canton de Fougères). Cette église elle-même tombant en ruines, les religieux firent construire une chapelle vers le commencement du XVIIème siècle ; elle fut desservie jusqu'à l'époque de la Révolution par un prêtre attaché à l'église de Saint-Léonard avec le titre de curé ou de vicaire d'Igné. Tous les dimanches, ce prêtre y disait la messe et y prêchait ; les moines de Pontlevoy y faisaient, en outre, dire trois messes de fondation chaque semaine. Le Saint-Sacrement était conservé dans cette chapelle, ainsi que les saintes huiles pour l'administration du sacrement de l'Extrême-Onction. En 1532, il est fait mention de la confrérie de Saint-Pierre d'Igné. Enfin, cette chapelle avait son cimetière particulier, qui servait à l'inhumation de toutes les personnes qui décédaient dans l'étendue de sa circonscription. En 1555, le prieuré d'Igné était déjà uni à la mense conventuelle de Pontlevoy depuis plus de deux cents ans ; aussi ce fut les religieux qui rendirent eux-mêmes à cette époque aveu au roi pour ce bénéfice. Les moines possédaient alors la chapelle Saint-Pierre d'Igné et la maison priorale, sises en Saint-Léonard de Fougères, avec un jardin, dit jardin Saint-Jean, une grange, des vergers, des prés, etc. (environ 20 journaux de terre en 1676) ; — un droit de basse justice dans le fief du Bourg de Lécousse, exercée au bourg d'Igné ; — plusieurs maisons dans la ville de Fougères et plusieurs héritages au bourg de Lécousse ; — les deux tiers des dîmes de Lécousse ; — un tiers des dîmes de Mellé ; la moitié des dîmes de Saint-Léonard (nota : dans leur Déclaration de 1657, les religieux de Pontlevoy mentionnèrent qu'ils avaient « le droit de jouir du total desdites dîmes et celui de présenter le recteur de ladite paroisse de Saint-Léonard, quoiqu'on les ait frustrés de ces droits dont ils font réservation expresse pour se pourvoir ») — et 6 mines de blé sur celles de Beaucé (Déclarations de 1555 et 1676). Le 7 septembre 1595, les Bénédictins de Pontlevoy affermèrent tout leur prieuré d'Igné, moyennant 266 écus par an, à Perronnelle d'Erbrée, veuve de Michel Le Lymonier, sieur de la Marche. Enfin, en 1790, les revenus de ce prieuré furent évalués 1432 livres 15 sols de rente (abbé Guillotin de Corson).

l'ancien couvent Saint-François, aujourd'hui disparu, et situé jadis dans la forêt de Fougères ;

Voir aussi   Fougères "L'ancien couvent Saint-François de la forêt de Fougères

une maison appelée le Tribunal Révolutionnaire (1710), situé au n° 16 de la place du Marchix. Elle a contenu l'hôtellerie du Sycomore ;

la chapelle de Pinoche, située au faubourg du Marchix ;

la maison de l'abbé Poussinière (1543), située au n° 20 de la rue du Rançon ;

l'ancienne chapelle Saint-Mathurin, située rue de Savigny et aujourd'hui disparue ;

l'hôtel de la Fontaine (XVIème siècle), situé rue de Pinterie ;

la maison Raoul Sarcel (XVIème siècle), située rue de Pinterie ;

l'hôtel Malherbe ou Maison des Piliers, situé rue Pinterie. Propriété successive des familles Lasne (au XVème siècle), Champion, du Tiercent (au XVIème siècle), le Mercier (au XVIIème siècle) ;

l'hôtel de Maure de Landal (1540), situé rue Pinterie. Propriété de la famille Beauregard au XVIIIème siècle ;

l'auberge de l'Ecu, située rue Pinterie. Elle a été incendiée en 1734 ;

l'ancienne hôtellerie de l'Etoile d'or, située rue Pinterie ;

la maison (XVIIIème siècle) située au n° 8 de la rue Nationale ;

la Maison de la Cour du Louvre, où se trouve le Journal de Fougères, est citée dès 1723 ;

les Maisons de la Grande et de la Petite Harpe, situées rue de la Forêt ;

les Hôtelleries du Grand et du Petit Cheval-Blanc, situées rue de la Forêt et mentionnées dès 1589 ;

l'ancienne Hôtellerie de Saint-François, située rue de la Forêt et incendiée en 1788 ;

l'ancienne Hôtellerie de la Diligence, située rue de la Forêt ;

le manoir du Bourg-Roger, situé rue de la Forêt et détruit pendant la Ligue ;

l'hôtellerie de la Croix-Blanche, située rue de la Caserne et citée dès 1765 ;

l'hôtellerie Saint-Pierre, située rue de la Caserne ;

l'ancien manoir de Bonabry, situé rue Kléber et qui a donné son nom à une église paroissiale moderne. Ce manoir possédait jadis une chapelle privée et un colombier. Il relevait de la baronnie de Fougères. Propriété successive des familles Guillou sieurs de la Motte-Anger (en 1474), de la Houllière (en 1500), du Chastellier (au milieu du XVIème siècle), Becdelièvre seigneurs du Bouëxic (vers 1578), de Malenoë, de Julienne du Chastellier, épouse de Bertrand Du Guesclin seigneur de la Roberie (avant 1602), de Bonnefosse (en 1617), le Jeune sieurs de la Tendraye (en 1634), des Nos (vers 1662), des Ursulines de Fougères, de Charles le Verrier sieur de Brémorin, veuf de Jeanne des Nos (vers 1685). Il est encore dans cette famille en 1757 ;

l'ancienne hôtellerie de Saint-Louis, située rue Saint-Louis et encore visible au XVIIIème siècle ; 

l'ancienne Maladrerie de la Madeleine, située route de Beaucé. Elle est fondée à la fin du XIIème siècle par Raoul II de Fougères. Sa chapelle primitive est remplacée par une nouvelle que Marc Gérault, administrateur de la léproserie, fait édifier en 1541 sur les ruines de la précédente. Elle est réunie au XVIIème siècle à l'hôpital Saint-Nicolas ;

Note : La maladrerie de Fougères, destinée à recevoir les malheureux atteints de la lèpre, fut fondée par le baron Raoul II vers la fin du XIIème siècle ; il l'établit à une petite distance de la ville, sur le chemin d'Igné, au lieu qui porte encore aujourd'hui le nom de la Magdeleine. La terre de la Magdeleine, sur laquelle est bâtie la chapelle actuelle de ce nom, fut affectée à la dotation et à l'entretien de cet asile, auquel les seigneurs de Fougères donnèrent aussi le devoir de coutume ainsi que le droit de foire au jour de Sainte-Magdeleine, et enfin un droit d'usage dans leur forêt, consistant en 40 charretées de bois de chauffage chaque année. Cette léproserie fut d'abord desservie, semble-t-il, par les Chevaliers-Hospitaliers de Saint-Lazare, mais ceux-ci l'abandonnèrent de bonne heure. Ils furent remplacés par un prêtre, qui prit le nom de gouverneur et plus tard celui d'administrateur. Ce dernier était depuis le milieu du XIVème siècle nommé alternativement par le seigneur de Fougères et par les bourgeois de cette ville. Le premier de ces administrateurs dont le nom nous est parvenu fut Martin de la Couarde, qui vivait en 1346 ; le dernier fut Marc Girault, qui construisit la chapelle actuelle de la Magdeleine en 1541. Voici la Déclaration des biens de ce bénéfice que fit au roi, le 14 mai 1540, ce même Marc Girault : « Les lieu et domaines de la Magdeleine, situés ès paroisses de Sainct Léonard de Fougères et de Lescousse, auquel lieu y a chapelle, maeson pour les pouvres lépreux et autres maesons de demeure », jardins, prés, champs, contenant le tout 43 journaux de terre, sis proche la rivière de Couasnon ; — le fief du bourg Saint-Léonard, à Fougères, — le fief de la Pissotière, en Laignelet, — 10 mines de froment dues par le seigneur de Fougères, — « les coutumes sur les bestes et marchandises à la foire qui se tient audit lieu en la feste de saincte Magdeleine », — 40 charretées de bois dans la forêt de Fougères « pour le chauffage dudit administrateur et pour celuy des pouvres lépreux qui affluent chacun jour à ladicte maladrerie, et aussi pour le métayer demeurant audit lieu de la Magdeleine », — le râtelage des foins des Prés-au-Duc, appartenant à la seigneurie de Fougères, « lequel foing est pour donner aux chevaux des pouvres mallades et lépreux de ladite maladrerie » (Archives départementales de la Loire-Inférieure). En conséquence de l'édit royal de 1560, la léproserie de Sainte-Magdeleine fut unie à l'hôpital Saint-Nicolas, mais la chapelle continua d'être desservie par un chapelain particulier ; elle était, en effet, fondée de deux messes par semaine, l'une le dimanche et l'autre le vendredi. En 1674, les Chevaliers de l'Ordre de Notre-Dame-du-Mont-Carmel et de Saint-Lazare réclamèrent à l'Hôtel-Dieu de Fougères la terre de la Magdeleine, comme leur appartenant à titre de léproserie. L'affaire fut portée devant la Cour de l'Arsenal, à Paris, et soutenue par les administrateurs de l'hospice. La Cour prononça en faveur des Chevaliers, mais l'administration obtint leur désistement moyennant une rente de 150 livres qu'elle les autorisa à prendre sur la terre de l'Aumônerie et l'affranchissement qu'elle leur accorda de toutes les fondations qui étaient attachées à la possession de la Magdeleine (M. Maupillé, Histoire ms. de la paroisse de Saint-Léonard de Fougères). La chapelle de la Magdeleine est encore debout à la fin du XIXème siècle, quoique abandonnée ; on y remarque une porte en accolade et des fenêtres flamboyantes qui rappellent l'époque de sa reconstruction, c'est-à-dire le XVIème siècle (abbé Guillotin de Corson).

l'ancien manoir des Orières, situé route de Beaucé. Propriété de Guillemette du Crespy veuve de Thomas Boucel (en 1412), puis des familles Poytine (en 1463), Fétuel (vers 1510), le Mercerel seigneurs de Châteloger (en 1580), de la Villegontier (à la fin du XVIème siècle), Reste (en 1660, en 1765), Chauvin (en 1786) ;

l'ancien manoir des Landronnières, situé route de Beaucé. Propriété successive des familles Balvais (en 1414), Collet (en 1455), le Lièvre seigneurs de la Villeguérin (en 1680), Porée du Parc seigneurs de Chaudeboeuf (en 1740) ;

l'ancien Lazaret de la Santé, situé route de Laval. Le Champ surnommé " Champ de la Santé " renfermait la Chapelle Saint-Jean-d'Iné, qui avait été donnée par Henri de Fougères à l'Abbaye de Savigny (Manche) en 1124. Elle était affectée au Lazaret en 1635 et se trouvait déjà en ruines au XVIIIème siècle. On y trouve aussi à proximité le cimetière de la Madeleine qui servit pendant la Révolution et l'Empire ;

Note :  L'asile que nous désignons sous ce nom ne nous est connu que par la mention qui en est faite dans quelques actes des XVIème et XVIIème siècles. Il était situé dans un champ qui porte encore aujourd'hui le nom de champ de la Santé, à environ six cents mètres de la ville, sur la route de Laval. Il servit à recueillir les malheureuses victimes de la peste en 1562 et en 1635, remplaçant ainsi la Magdeleine, dont les bâtiments, sauf la chapelle, étaient probablement en ruines à cette époque. Ce lazaret dépendait de l'Hôtel-Dieu et nous ignorons l'époque de sa destruction. Quelques ruines, que l'on voyait encore en 1777, ont entièrement disparu, et le sol ne présente plus aucun indice qui puisse servir à faire reconnaître la place qu'il occupait (M. Maupillé, Histoire de Fougères, p. 167, 181). Dans ce même champ de la Santé se trouvait aussi l'antique chapelle de Saint-Jean d'Igné, ruinée au XVIIIème siècle ; elle était affectée en 1635 aux exercices religieux du lazaret (abbé Guillotin de Corson) ;

l'ancien manoir de la Chattière, situé route de Laval. Propriété successive des familles Labbé (en 1414 et en 1432), Pioger, de Verdun (en 1539 et en 1559), le Jariel, Eschart sieurs de la Verronnaye (vers 1579), Baston sieurs de la Boissardière (à la fin du XVIème siècle), Pelet sieurs de Bertelon (vers 1617), Breget sieurs du Breil (en 1692), Tréhu sieurs de Monthierry (en 1758), d'Olive-Françoise Jallobert ;

Voir aussi   Fougères "Les anciennes chapelles de la ville de Fougères

Voir aussi   Fougères "Les anciens établissements religieux de Fougères

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ANCIENNE NOBLESSE de FOUGERES

La baronnie de Fougères : Comme toutes les grandes seigneuries créées au XIème siècle sur les frontières de la Bretagne, la baronnie de Fougères fut formée par les princes bretons en faveur d'un seigneur de leur race ; il se nommait Main, était neveu d'un archevêque de Dol et vivait au commencement du XIème siècle. Il semble s'être établi d'abord au Pont-Main (nota : Le Pont-Main, hameau de la commune de Saint-Ellier [Mayenne], devenu célèbre par l'apparition de la sainte Vierge) où se retrouve encore l'assiette d'une vieille forteresse ; ce fut seulement son fils Auffroy, qui, lui ayant succédé vers 1024, construisit dans la riante vallée du Nançon le château de Fougères autour duquel se groupa peu après la ville du même nom. On lui attribue aussi la construction de la première église de Fougères, dédiée à Notre-Dame, édifiée dans le château même et aujourd'hui rasée. Auffroy mourut vers 1048 et eut pour successeur son fils Main II ; ce dernier, décédé en 1091, fut inhumé dans l'église de Saint-Sauveur-des-Landes. Raoul Ier, fils du précédent, fut un des plus illustres barons de Fougères ; il combattit vaillamment à Hastings et plus tard à Tinchebray, fonda l'abbaye de Savigné et mourut en ce monastère sous l'habit religieux en 1122. Ses deux fils Main III et Henri Ier lui succédèrent, le premier pendant quelques mois seulement, le second jusqu'en 1150, époque à laquelle, imitant son père, ce seigneur se retira à l'abbaye de Savigné et y prit l'habit monastique ; il y mourut l'année suivante et fut inhumé dans le cloître de ce monastère qui devint dès lors le lieu ordinaire de la sépulture des seigneurs de Fougères (Maupillé, Histoire de Fougères). Raoul II, fils du précédent et d'Olive de Penthièvre, fut un vaillant chevalier qui prit une grande part aux guerres contre les Anglais en Bretagne ; il ne peut toutefois empêcher le roi d'Angleterre Henri II de prendre d'assaut Fougères et de ruiner son château (1166). Mais il releva sa forteresse, continua de batailler, puis se croisa et gagna la Palestine dont il ne revint qu'en 1193. L'année suivante il mourut près de Savigné où il fut inhumé. Il eut pour successeur son petit-fils nommé Geoffroy, né de Guillaume, décédé avant son père et d'Agathe du Hommet ; la tutelle de cet enfant fut confiée à son grand oncle Guillaume l'Angevin. Devenu homme, Geoffroy de Fougères épousa Mahaut, fille d'Eudon, comte de Porhoët ; cette alliance, faisant passer une partie des biens de la riche maison de Porhoët dans celle de Fougères, rendit celle-ci une des plus puissantes de Bretagne. Le baron de Fougères décéda en 1212 et fut inhumé au cloître de Savigné. Raoul III, son fils, lui succéda à l'âge de 5 ans, ayant pour tuteur Pierre de Dreux, duc de Bretagne ; il épousa Isabelle de Craon, fut fait chevalier en 1235 par Louis IX et accompagna ce saint roi à la croisade de 1248. Le 29 janvier 1253, Raoul maria sa fille unique Jeanne de Fougères à Hugues XII de Lusignan, comte de la Marche ; trois ans plus tard il mourut âgé de 52 ans, le 24 mars 1256, et son corps fut déposé à l'abbaye de Savigné. Avec ce baron finit la maison de Fougères après deux siècles et demi d'existence. Hugues XII de Lusignan eut pour successeurs à Fougères ses fils Hugues XIII mort en 1302 et Guy de Lusignan. Mais ce dernier seigneur s'étant allié aux Anglais, et leur ayant livré des places fortes, le roi Philippe-le-Bel le cita à la cour des pairs ; ceux-ci le déclarèrent coupable du crime de félonie et le condamnèrent à la confiscation de ses biens. La baronnie de Fougères, saisie de la sorte par le roi de France, fut donnée par lui à son fils Charles, comte de la Marche, des mains duquel elle passa d'abord à Philippe de Valois, puis à Charles, duc d'Alençon. Fougères fut ensuite possédé pendant cent dix ans par les princes de la maison d'Alençon : Charles Ier (1328 à 1346) ; — Pierre Ier (1346 à 1404) ; — Jean Ier (1404 à 1415) ; et Jean II (1415 à 1428). Ce dernier duc d'Alençon ayant été emmené prisonnier en Angleterre et n'ayant pas de quoi payer la forte rançon qu'on exigeait de lui, se résolut à vendre Fougères pour recouvrer sa liberté. Jean V, duc de Bretagne, lui acheta cette baronnie moyennant une somme de 80 000 saluts d'or et 38 000 écus ; le contrat fut passé le 31 décembre 1428. Le duc Jean V céda Fougères à son fils François, lors de son mariage avec Yolande d'Anjou en 1431. Ce prince devenu duc sous le nom de François Ier vit les Anglais s'emparer par surprise de Fougères ; mais il reprit la ville et le château après un célèbre siège en 1449. La baronnie fut ensuite possédée par les ducs Pierre II et François II, et par la bonne duchesse Anne de Bretagne. La fille de cette dernière, Claude de France apporta Fougères à son mari François d'Angoulême qui régna sous le nom de François Ier. A partir de ce moment, la baronnie demeura aux mains des rois de France ils en conservèrent toujours la propriété, tout en cédant parfois la jouissance : ainsi René de Montejean en 1525, Jean de Laval en 1541, et Diane de Poitiers en 1557 en eurent successivement l'usufruit. A partir de Charles IX, les rois de France unirent simplement Fougères au domaine de leur couronne. Mais en 1753 Louis XV l'afféagea à Louis de Bourbon, duc de Penthièvre et gouverneur de Bretagne qui la posséda jusqu'au moment de la Révolution ; le nom du duc de Penthièvre, resté vénéré dans notre province, clôt dignement la liste des barons de Fougères. 

La baronnie de Fougères, une des plus considérables seigneuries de Haute-Bretagne, comprenait cinquante-sept paroisses et se divisait en trois châtellenies, comme il suit : - 1er Châtellenie de Fougères, 33 paroisses, savoir : Saint-Léonard, Saint-Sulpice et Rillé à Fougères, Lecousse, la Chapelle-Janson, Parigné, Beaucé, Mellé, Fleurigné, la Bazouge-du-Désert. Laignelet, Louvigné-du-Désert, Landéan, Villamée, Montault, Baillé, Romagné, le Ferré, le Chastellier, la Celle-en-Coglais, Saint-Hilaire-des-Landes, Saint-Sauveur-des-Landes, Saint-Brice-en-Coglais, Cogles, la Chapelle-Saint-Aubert, Saint-Ouen-des-Alleux, Saint-Georges-de-Reintembaud. - 2° Châtellenie d'Antrain, 5 paroisses : Antrain, Chauvigné, Saint-Mard-le-Blanc, Romazy, le Tiercent. - 3° Châtellenie de Bazouges-la-Pérouse, 12 paroisses : Bazouges-la-Pérouse, Marcillé-Raoul, Rimou, Saint-Remy-du-Plain, Sens, Sougeal, Vieuxviel, Vieuxvy, Noyal-sous-Bazouges, la Fontenelle, Roz-sur-Couësnon et Tremblay (Archives d'Ille-et-Vilaine). Outre ces paroisses formant un seul et vaste territoire homogène, le baron de Fougères possédait à Rennes et aux environs un grand fief, appelé fief de Fougères s'étendant en la ville même dans les paroisses Saint-Germain et Saint-Pierre en Saint-Georges et hors la ville dans les paroisses de Chantepie, Amanlis, Janzé, Cesson et la Couyère. Le sire de Fougères avait même pour ses vassaux de Rennes un four banal dans la rue Saint-Georges et le droit de lever deux pots de la première pipe de vin passant par les ville et faubourgs de Rennes (Maupillé, Histoire de Fougères, 67). Tel était au point de vue féodal la composition de la baronnie de Fougères ; au point de vue topographique elle embrassait trois régions qui étaient, semble-t-il, autant d'anciens pagi ; on les nommait le Vendelais, le Coglais et le Désert, mais aucun d'eux ne formait de circonscription féodale. Un très grand nombre de seigneuries avec juridiction relevaient en totalité ou en partie de la baronnie de Fougères : parmi les principales signalons les marquisats de Saint-Brice, de la Ballue et de Romilley, le comté de Montmoron, les baronnies de Sens et du Tiercent, la vicomté de la Belinaye, les châtellenies de la Haye-Saint-Hilaire, de la Fontaine, de Chaudeboeuf, du Chastellier en Vieuxviel, les seigneuries d'Orange, du Pontavice, de Larchapt, de Villavran, etc., etc. (Archives d'Ille-et-Vilaine). Au baron de Fougères appartenaient les prééminences et droits de supériorité et de fondation dans une foule d'églises, de monastères et de chapelles : dans tous ces sanctuaires étaient peintes ou sculptées au moyen âge les armoiries de la seigneurie : d'or à trois branches de fougère de sinople mises en pal. Le château de Fougères occupe le fond d'une belle vallée cernée de coteaux très élevés ; près de la forteresse se dresse l'église gothique de Saint-Sulpice et s'étend la ville basse ou Vieille-Ville ; sur les coteaux se développent d'un côté la Ville-Neuve ou ville close avec son église Saint-Léonard admirablement restaurée, son hôtel de ville au beffroi octogone et les débris de ses anciennes fortifications ; d'un autre côté l'ancienne abbaye de Rillé et ses jardins en terrasses. Entre les deux villes et les unissant, paraît la vieille rue moyen âge de la Pinterie grimpant le long des rochers et présentant au milieu de ses maisons antiques la jolie petite chapelle Saint-Yves. Mais le principal monument de Fougères est son château. Construit sur un rocher dans cette verdoyante vallée qu'arrose le Nançon, il se présente avec ses onze tours comme un des plus beaux spécimens de l'art militaire en Bretagne, et quoique en partie ruiné il est d'un aspect aussi imposant que pittoresque. Le plan général de cette forteresse, malgré l'irrégularité de ses lignes qui tient aux accidents du sol tourmenté où il est assis, se rapproche de la forme triangulaire. Trois tours reliées ensemble par des courtines composent l'entrée du château et en forment la partie la plus ancienne ; elles remontent à la reconstruction du XIIème siècle du temps de Raoul II : seulement elles ont subi de considérables retouches à leurs sommets. On leur a donné les noms des trois gouverneurs qui firent exécuter ces derniers travaux ; ce sont la tour du Hallay à gauche, de la Haye-Saint-Hilaire au-dessus de la porte et de Guémadeuc à droite. Quant au donjon il a malheureusement disparu ; bâti en 1383 par Olivier de Clisson, il fut démoli en 1630, et il n'en reste plus qu'une plate-forme triangulaire qui contient de vastes casemates. A ses trois angles s'élevaient trois tours : d'abord la tour du Gobelin, la plus élevée des tours subsistant aujourd'hui, — une triste célébrité y demeure attachée depuis 1703 : elle renferma à cette époque les victimes vouées à la mort par la tyrannie conventionnelle. A un autre angle se dresse la tour Mélusine que construisit en 1242 Hugues de Lusignan, et on aperçoit au troisième angle une tourelle en encorbellement, dite tour de Guibé, de style plus moderne. Voici, en outre, la tour d'Amboise protégeant une poterne ouverte entre les tours Mélusine et du Gobelin ; élevée en 1440 par le duc Pierre II, — qui lui donna le nom de sa femme, la bienheureuse Françoise d'Amboise, — cette tour géminée encadrait une porte en anse de panier et se reliait au donjon par un chemin couvert dont la voûte n'existe plus. Enfin le corps principal du château ou logis seigneurial était flanqué de tours dont quatre encore demeurent debout : l'une est la tour de Coigny, ainsi appelée du nom du gouverneur qui la fit réparer au XVIIIème siècle ; les trois autres disposées le long du rempart qui fait face à l'église Saint-Sulpice se nomment : la première, tour du Cadran (elle est de forme carrée et a perdu ses créneaux) ; les deux autres, tours de Raoul et de Surienne ; celles-ci furent reconstruites à la fin du XVIème siècle par le duc de Mercœur, mais leurs appellations actuelles sont modernes. Quant aux vieilles fortifications de la ville même de Fougères, il en reste peu de chose. Des quatre portes ouvertes dans le mur d'enceinte on ne retrouve plus que la partie extérieure de la porte de Saint-Sulpice. La tour géminée de cette porte est d'un galbe élégant, construite tout entière en appareil régulier de granit ; ses mâchicoulis sont ornés de trèfles délicatement sculptés et soutenus par des consoles gracieusement profilées. Rien dans ces tours, toutefois, non plus que dans celles qui flanquent les débris des remparts, n'accuse une époque antérieure aux premières années du XVème siècle (Bretagne contemporaine – Ille-et-Vilaine) (abbé Guillotin de Corson).

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Voir aussi   Ville de Fougères (Bretagne) "La terre ou baronnie de Fougères"

Voir aussi   Ville de Fougères (Bretagne) "Seigneurs de la maison de Fougères proprement dite (990-1257)

Voir aussi   Ville de Fougères (Bretagne) "Seigneurs de Fougères de la maison de Lusignan (1256-1314)

Voir aussi   Ville de Fougères (Bretagne) "Seigneurs de Fougères de la maison de France (1314-1428)

Voir aussi   Ville de Fougères (Bretagne) "Seigneurs de Fougères de 1428 jusqu'en 1789

Voir aussi   Ville de Fougères (Bretagne) "Sénéchaussée et Juridictions seigneuriales de Fougères

Voir aussi   Ville de Fougères (Bretagne) "Fougères sous les seigneurs des maisons de Fougères et de Lusignan

Voir aussi   Ville de Fougères (Bretagne) "Fougères sous les seigneurs des maisons de France et d'Alençon

Voir aussi   Fougères "Fougères sous les ducs de Bretagne

Voir aussi   Fougères "Fougères sous les rois de France

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(à compléter)

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