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REDON

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La commune de Redon (pucenoire.gif (96 octets) Redon) est chef lieu de canton. Redon dépend de l'arrondissement de Redon, du département d' Ille-et-Vilaine (Bretagne).         

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de REDON

Redon est un démembrement en 834 de la paroisse primitive gallo-romaine de Bains. L'histoire de Redon commence en 832 avec la fondation de l'abbaye Saint-Sauveur de Redon, par Conwoïon ou Convoyon, moine bénédictin natif de Comblessac, sous la protection de Nominoë, roi de Bretagne, sur un promontoire du nom de Roton (Redon). Le territoire environnant la nouvelle abbaye s'appelait Ros et s'étendait entre les deux rivières de Vilaine et d'Oult et une ligne allant de Saint-Jean-des-Pileurs vers le village de Mussain. Ce territoire lui fut concédé en 832 par Ratuili, chef local. L'abbaye est placée dès 834, sous la règle de Saint-Benoît. La création de l'abbaye est confirmée par Nominoë (en 834) et par l'Empereur Louis Le Pieux (en 836). 

A quelle époque ce territoire fut-il distrait de Bains pour former la nouvelle paroisse de Redon? Nous n'en savons rien ; mais comme l'église paroissiale de cette ville datait vraisemblablement du XIème siècle, il faut bien conclure que l'érection de la paroisse de Redon est au moins aussi ancienne ; d'ailleurs, dès l'an 1027 l'on voit Riwallon assistant en qualité de vicaire de Redon à la restitution du prieuré d'Arzon aux moines de cette abbaye (Cartulaire de l'abbaye de Redon, 248).Tant que les habitants de Redon furent, en effet, peu nombreux, on comprend qu'ils n'eurent d'autre église que celle du monastère de Saint-Sauveur ; mais lorsqu'une ville surgit autour de l'abbaye, il fallut bien subvenir aux besoins spirituels de ses habitants, et comme la paroisse de Bains appartenait tout entière aux moines de Redon, il ne fut pas difficile à ceux-ci d'obtenir la scission de son territoire et l'érection de Redon en paroisse. Les Bénédictins durent tout d'abord desservir eux-mêmes cette paroisse, mais ils ne tardèrent pas à en confier l'administration à un prêtre séculier ou vicaire perpétuel, conservant pour eux-mêmes le titre de recteur primitif. Ce vicaire perpétuel de Redon n'avait en 1619 que 120 livres de portion congrue payée par l'abbé de Redon, qui le présentait à l'évêque. En souvenir de son origine monastique, la paroisse de Redon conserva dans l'exercice du culte, jusqu'à la Révolution, des usages particuliers que nous allons faire connaître, parce qu'ils ne manquent pas d'intérêt : « Pour entretenir la vénération du peuple envers la mère-église de Saint-Sauveur et rappeler la réunion primitive des moines et du peuple en ce même temple, le vicaire perpétuel était obligé de venir les dimanches de Quasimodo et aultres suivants, de deux l'un, jusques à la feste de la Pentecoste, célébrer la messe en basse voix dans la nef de l'église de S. Sauveur ; et là, par après, ainsi que le dimanche de l'octave du Saint-Sacrement, les jours et testes de la Magdelaine, des SS. Simon et Jude, dédicace de ladite église, y  faire le prosne et aultres fonctions de son vicariat ». « De même, pour donner plus de pompe aux grandes solennités religieuses, c'était également à l'église matrice que se réunissaient les processions des Rogations et des Quatre-Temps, ainsi que celles de la Fête-Dieu et de l'Assomption. La vaste enceinte de la basilique se prêtait mieux, d'ailleurs, que celle de l'église paroissiale à contenir la foule accourue de toutes parts ; les riches ornements de l'abbaye augmentaient la splendeur de la fête ; et les prêtres de la paroisse, précédant le choeur nombreux des moines, parcouraient les rues de la cité. L'abbé présidait lui-même avec les insignes pontificaux ; et lorsque dans les derniers siècles le monastère fut tombé en commende, c'était au prieur, pour l'ordinaire, que cet honneur revenait de droit. Enfin, pour se réserver encore un lien de plus avec ce peuple dont ils avaient été originairement les pasteurs uniques, les religieux allaient aux fêtes de la Purification et des Rameaux, dans l'église paroissiale de Notre-Dame, bénir et distribuer à tous les cierges et les palmes » (D. Jausions, Histoire de Redon, 89 et 90). Notons encore que les grandes prédications de l'Avent et du Carême se faisaient quotidiennement dans l'église abbatiale et que c'étaient ordinairement les religieux qui s'acquittaient de cette importante fonction (Pouillé de Rennes).

L'abbaye est pillée par les Normands vers 864 ; les Bénédictins se retirent alors à Maxent, où ils vont rester jusqu'au début du XIème siècle. L'église de l'Abbaye est en partie ruinée en 1127 par des brigands et sera solennellement réconciliée le 23 octobre 1127 en présence du duc Conan III, du légat du pape et de tous les évêques de Bretagne. Les bénédictins seront à nouveau chassés de Redon par le duc Jean Ier au milieu du XIIIème siècle. Les bâtiments claustraux renfermaient autrefois les logis du duc, réservés au duc Jean V (1399-1442) lors de ses fréquents séjours à l'Abbaye, et ceux de la Béguine, construits sur l'emplacement de l'ancienne Maison de la Béguine où mourut le 1er juin 1147 la duchesse Ermengarde, veuve d'Alain Fergent. Richelieu est l'abbé commendataire de l'Abbaye Saint-Sauveur de Redon de 1622 à 1642 et y introduit la Congrégation de Saint-Maur. 

La présence de l'abbaye a entraîné la formation d'une cité bénéficiant de privilèges commerciaux de la part des ducs de Bretagne (en particulier, l'exemption de redevances sur le port). Au XIII-XIVème siècle, est entreprise la construction de l'enceinte fortifiée de la cité de Redon, sous l'égide de l'Abbé Jean de Tréal : l'enceinte fortifiée est élevée vers 1350 et réparée en 1437, en 1476 et en 1489. Le mur d'enceinte comportait 3 portes (porte Notre-Dame ou du Pesle supprimée en 1785, la porte Saint-Nicolas ou de la Digue, la porte Sainte-Anne ou d'Aucfer supprimée en 1804), 3 poternes et 13 tours. On voyait autrefois à l'angle nord-ouest une tour remplacée au XVIème siècle, semble-t-il, par un bastion qui a été démoli de nos jours. Plusieurs tours se trouvaient, l'une plus à l'est, les autres, au nord-est de l'abside de l'église, sur le bord de la Vilaine, à l'angle sud-est vers l'écluse du canal de Nantes à Brest et à l'angle sud-ouest. La tour du Duc a été démolie vers 1865. La tour Guiho a disparu en 1762. Une tour protégeait aussi la courtine entre la Grande-Rue et la rue du Guesclin et trois autres tours protégeaient la courtine ouest. Il ne reste plus aujourd'hui de ces fortifications que le croisillon nord du transept de l'église et la Chapelle des Ducs. Les principales artères de la ville close étaient : la Grande-Rue, la rue Basse, la rue des Monnaies et la rue Saint-Nicolas (citée dès 1127).

Henri III d'Angleterre, allié du duc Pierre Mauclerc, fait un séjour à Redon en 1230. Pendant la guerre de Succession, la ville de Redon est prise en 1341 au nom de Charles de Blois par le duc de Normandie, fils de Philippe VI de Valois. La ville de Redon est reprise et pillée en 1342 par des troupes commandées par le comte de Northampton au nom de Jean de Montfort. Les partisans de Charles de Blois la perdent de nouveau en 1359 ou en 1360, avant de la reprendre. Le baron de Rieux, gouverneur de la ville de Redon, ouvre les portes de la ville de Redon à Du Guesclin en 1372. Saint Vincent Ferrier, dominicain espagnol, y fait des prédications en 1418. Le duc François II reçoit à Redon le roi de France Louis XI en 1462. Les Etats de Bretagne se réunissent 5 fois à Redon, aux XVème et XVIIème siècles (en 1446, en 1460, en 1461, en 1476 et en 1612). Le pape Nicolas V érige la ville de Redon en évêché le 10 juin 1449 sur la demande du duc François Ier : cet évêché comprenait à cette époque 14 paroisses, enlevées à ceux de Vannes, de Rennes et de Saint-Malo. L'érection est révoquée le 20 décembre 1440. La ville de Redon est livrée aux Français en 1487 par les seigneurs coalisés contre le duc François II. Mercoeur entre sans résistance à Redon en 1589, puis est chassé par les Royaux et son gouverneur Jean de Talhouët en 1595. On cultive la vigne à Redon dès le IXème siècle.

L'abbaye de Redon possédait jadis un droit de haute justice : ses fourches patibulaires à quatre pots ont d'abord occupé le sommet de la colline de Beaumont avant d'être transférées plus tard sur le champ de foire. L'abbaye avait aussi un droit de ceps et collier dans la ville de Redon ainsi qu'une halle et un auditoire.

Redon est érigé en chef-lieu de district en 1790 et en chef-lieu d'arrondissement en l'an VIII. La construction du canal de Nantes à Brest transforme radicalement la ville de Redon au milieu du XIXème siècle. L'activité du port de Redon atteint son apogée à la fin du XIXème siècle.  

On rencontre les appellations suivantes : Roton (en 832), Rothon (en 1089), Rothonum (en 1100), Rothenum (en 1449), Regidonum (au XVIème siècle).

Note 1 : A signaler que le cartulaire de l'abbaye de Saint-Sauveur de Redon (VIII-XIIème siècle) se trouve aujourd'hui aux archives historiques du diocèse de Rennes. Ce cartulaire est constitué d'un ensemble de 147 parchemins, donnant le texte de 391 actes qui vont de la fin du VIIIème siècle à la moitié du XIIème siècle.

Note 2 : Au XIIème siècle, la bienheureuse Ermengarde, duchesse de Bretagne, « devenue veuve, se retira à Redon, dit Albert Le Grand, et y ayant reçu l'habit de l'Ordre de Cîteaux de la propre main de saint Bernard, acheta une grande et spacieuse maison près le monastère de Saint-Sauveur, où, ayant amassé quelques filles pieuses, elle passa le reste de ses jours au service de Dieu ». Elle mourut saintement à Redon en 1147, et il est probable que son petit monastère ne lui survécut guère ; mais sa maison pouvait bien être celle qu'on appelait en 1580 le logis de la Béguine (Pouillé de Rennes).

Note 3 : Plusieurs entreprises locales ont fait la renommée de Redon : 

les fonderies Chevalier qui ont réalisé le pont Paul-Doumer de Hanoï ; 

les établissements Garnier, spécialisés dans la production de machines agricoles ; 

les établissements Mottais, charpentiers et menuisiers de marine ; 

Marcel Quercia, inventeur du briquet à gaz et son entreprise Flaminaire ; 

Note 4 : Collège. — M. Buisson, dans son Dictionnaire de Pédagogie (p. 279), signale l'école de Redon comme existant dès l'an 1096. Nous voyons ailleurs qu'en 1580 l'abbé de Redon nommait un maître d'école « pour instruire et apprendre les enfants dudit lieu ». Mais, plus tard, la Communauté de ville voulut nommer elle-même son maître d'école, auquel elle donna d'abord 100 livres de rente, puis 300 livres, et les religieux renoncèrent à leur droit de choisir l'instituteur de Redon. La Communauté de ville forma alors un petit collège où l'on enseignait le latin et que tenait un ecclésiastique régent ; toutefois cet établissement n'eut que peu d'importance? (Déclaration de l'abbaye de Redon -Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, C, 1316). Ecole de filles. — Les Ursulines établies à Redon en 1674 faisaient l'école aux petites filles. (Pouillé de Rennes).

Note 5 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Redon : Rivallon (il figure avec le titre de vicaire dès l'an 1027). N... Coëtdor (décédé en 1494). Rolland Plezran (1495, décédé en 1497). Jean Thébaud (1513-1527 ; il devint ensuite recteur de Crédin). Jacques de Pleuguen (précédemment recteur de Molac ; en 1546, décédé en 1549). Pierre Jouan ou Jehan (1549-1558). Jacques Le Petit (docteur en théologie, il fut en même temps recteur de Montauban ; 1576-1583). Bertrand Daniel (subcuré à Redon, il fut pourvu en 1583 sur la résignation du précédent ; en 1589 il était official de l'évêque de Vannes à Redon, et en 1601 il disputa à Jean Ménager la possession de la chapellenie de Sainte-Barbe). Michel Le Noir (il succéda au précédent en 1612, devint aussi official de Redon et gouverna jusqu'en 1644). Pierre Macé (curé de Redon, pourvu en 1645, fut également official de Redon et gouverna jusqu'en 1666). Gilles Mancel (originaire de Sarzeau, il prit possession le 11 juillet 1666 et fut nommé en 1692 par l'évêque vice-gérant de l'officialité de Redon ; décédé le 30 avril 1703 et inhumé le 2 mai dans l'église paroissiale). Jean Bousget (prêtre de Saint-Malo, présenté par l'abbé de Redon et pourvu le 19 mai 1703, prit possession le 21 ; décédé en 1709). Ambroise Guihou (prêtre de Nantes et précédemment recteur de Mernel, pourvu le 15 décembre 1709, prit possession le lendemain. Déjà recteur de Charenton-Saint-Maurice, dans le diocèse de Paris, il permuta Redon, en septembre 1717, avec le suivant, contre le rectorat de Fontenay-aux-Roses). Raoul Rouault (prêtre de Saint-Brieuc et prieur de Notre-Dame-de-l'Ermitage de Hardauge, en la paroisse de Ribay, au diocèse du Mans, pourvu le 15 septembre 1717, prit possession le 11 janvier 1718 ; il permuta de nouveau en 1726 avec le suivant). Henri Guichard (prêtre de Vannes, précédemment recteur de Landujan, pourvu le 11 juillet 1726, prit possession le 19 ; il permuta en 1730 avec le suivant et devint plus tard recteur de Baden et de Plouay). Pierre Barniquel (originaire de Béganne, précédemment recteur de Sainte-Croix de Nantes, pourvu le 30 mars 1730, prit possession le 22 avril ; décédé âgé de soixante-six ans, le 27 juin 1742, et inhumé le lendemain dans le cimetière). Jacques-Henri Poulce (prêtre de Saint-Brieuc, présenté par l'abbé de Redon, pourvu le 5 septembre 1742, prit possession le 7. Le 11 septembre 1750, l'évêque lui conféra Plumelin, dont il prit possession le 17, mais qu'il résigna dès le surlendemain pour rester à Redon. Déjà pourvu du doyenné de Poubelz et du rectorat de Mendon, il résigna Redon en 1760 en faveur du suivant). Julien-Alexandre Loaisel (originaire de Sérent et curé de Redon, pourvu le 1er décembre 1760, prit possession le 9 ; il résigna en 1776 en faveur de son neveu qui suit ; décédé vers 1799). Gobrien-Mathurin-Joseph Loaisel (originaire de Sérent et curé de Malestroit, pourvu le 28 janvier 1777, prit possession le 12 mars. Il fut député aux Etats généraux et plus tard exilé en Angleterre. Réinstallé en 1803, il se démit en 1806 et eut pour successeur N... Gué, qui mourut au bout de quelques mois. M. Loaisel consentit alors à reprendre sa charge, dont il fut de nouveau pourvu le 17 octobre 1807, mais il donna sa démission définitive en 1816 ; décédé à Redon le 8 mai 1825). Jean Hattais, chanoine honoraire (1816, décédé en 1834). Jean Salmon, chanoine honoraire (1834, décédé en 1846). Jules Luzierre, chanoine honoraire (1846). Michel Pichot, chanoine honoraire (1846, décédé en 1869). Charles Thomas, chanoine honoraire (à partir de 1869), ......

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PATRIMOINE de REDON

l'église Saint-Sauveur (XI-XVIIIème siècle), édifiée à l'initiative d'Alain IV Fergent, duc de Bretagne (de 1084 à 1112) et de l'Abbé Hervé. Il s'agit de l'ancienne église de l'Abbaye Saint-Sauveur de Redon : elle comprend une nef avec deux collatéraux, un choeur avec un déambulatoire, un transept et vers l'ouest un clocher isolé (jusqu'en 1780, la nef s'étendait jusqu'au clocher). Le clocher roman, aujourd'hui isolé, date du XII-XIVème siècle : un nouveau clocher est bâti au XIVème siècle (à l'angle sud de la façade occidendale) et la pointe de la flèche a été refaite en 1815. Le chevet date du XIII-XIVème siècle : son bas-côté sud présente une porte du XVIIème siècle. La façade occidentale date de 1786-1992. Après l'incendie d'une partie de la nef en 1780, sa moitié occidentale est détruite : une nouvelle façade de style néo-classique, est édifiée en 1786 par l'ingénieur Jacques Piou. La nef date du XI-XVIIIème siècle. Le chœur gothique date du XIIIème siècle et se termine par une abside polygonale : il contenait jusque vers la fin du XVIIIème siècle de riches verrières figurant des ducs et des duchesses de Bretagne et des représentant des familles les plus illustres de Bretagne : de Rohan, de Rieux, de Rochefort, de Chateaubriand et de Malestroit. Le déambulatoire date du XIVème siècle et donne accès à 5 chapelles. Les fonds baptismaux datent du XVII-XXème siècle. Le maître-autel et le retable majeur, construits par Tugdual Caris de Laval, datent de 1634 - 1636 - XVIIIème et XIXème siècles : un nouveau maître-autel, surmonté par une statue monumentale de la Foi, est édifié au XVIIIème siècle. La statue de la Vierge à l'Enfant date de la fin du XVème siècle. L'autel et le retable du Sacré-Cœur datent du XVIIème siècle. Les stalles datent de la fin du XVIIIème siècle. L'incendie de 1780 a détruit un jubé qui s'élevait à l'entrée du choeur. Le reliquaire du Pape Léon III date du XVIII-XIXème siècle. L'autel Jeanne d'Arc date de 1920. La chapelle aux ducs (qui sert aujourd'hui de sacristie) et la chapelle Saint-Roch datent du XIV-XVème siècle. La chapelle absidale, ancienne chapelle de Notre-Dame de la Serche, renferme la tombe arcade de l'abbé Raoul de Pontbriand (XVème siècle), abbé de Redon de 1419 à 1422 (décédé en 1423). La chapelle qui touche la précédente vers le nord contient deux pierres tombales : celle du chevalier Guillaume de Tréal mort en 1341 et celle de l'abbé Jean de Guipry, mort en 1307. Les chapelles situées au sud renferment aussi des pierres tombales. La chapelle des Ducs, située du côté nord, a été édifiée vers 1440 par l'abbé Yves le Sénéchal. A signaler aussi que l'église a contenu jadis le corps de saint Conwoïon ou Convoyon, le fondateur de l'Abbaye, qui fut rapporté de Maxent au début du XIème siècle et ceux du duc Alain Fergent (décédé en 1119) et de son épouse Ermengarde (décédée en 1147).

1- Chapelle du Rosaire ou de Sainte Philomène (jadis chapelle de Saint Etienne).

2- Chapelle saint Conwoion (jadis chapelle de Notre-Dame de la Serche). Raoul d'Aspremont, seigneur de Renac, y est inhumé.

3- Chapelle Saint Joseph (jadis chapelle de Toussaints, de sainte Magdeleine et de saint Barthélemy en 1707). Jean de Guipry y est inhumé en 1307.

4- Chapelle de la Vierge (jadis chapelle Notre-Dame de Pitié). On y trouve le tombeau de l'abbé Raoul de Pontbrient.

5- Chapelle sainte Thérèse (jadis chapelle de Tréal). Ancienne propriété de la famille de Tréal. Guillaume de Tréal (en 1341) et Jean de Tréal (abbé de Redon de 1340 à 1370) y sont inhumés.

6- Chapelle sainte Jeanne d'Arc (jadis chapelle de saint Laurent ou de la Rouardais). Ancienne propriété de la famille de l'Hospital, seigneurs de la Rouardais en Bains sur Oust. Pierre de l'Hospital y est inhumé.

7- Chapelle du Sacré-Coeur (jadis chapelle de Notre-Dame du Puits). Odet de la Rivière y est inhumé le 7 octobre 1492.

8- Chapelle Notre-Dame de Bonne Nouvelle ou chapelle des ducs. Edifiée par l'abbé Yves le Sénéchal vers 1440. 

9- Chapelle saint Roch.  Restaurée par l'abbé Scotti. l'abbé Scotti y est inhumé. 

Voir l'abbaye Saint-Sauveur de Redon

le cloître Richelieu (1641 - 1649). En 1838, le cloître devient la cour d'honneur du collège Saint-Sauveur. Le cloître Richelieu se compose d'arcades cintrées reposant sur des piliers carrés : on y voit les armes de France, de Bretagne, de Richelieu et de la Congrégation de Saint-Maur. A l'est du cloître se trouve une chapelle du XVIIème siècle qui servait jadis de sacristie : sa voûte présente comme clefs quatre caissons gravés des armes de France, de Bretagne et de la Congrégation de Saint-Maur. Une autre chapelle se voyait au XVIème siècle sur le bord du rempart ; 

l'église Notre-Dame-du-Pesle (XIIème siècle), édifiée sur le domaine du Pesle et transformée au XVIème siècle. Jusqu'à la Révolution, Notre-Dame fut l'église paroissiale de Redon, mais en 1803 le culte fut transféré dans l'ancienne église abbatiale de Saint-Sauveur et Notre-Dame fut complètement abandonnée. Toutefois, à la fin du XIXème siècle, la fête patronale de la paroisse se célèbre encore le jour de l'Assomption. Cette église n'était point dépourvue d'intérêt. « Les étages inférieurs de sa vieille tour, avec ses arcatures romanes, ses archivoltes à moulures minces et redoublées retombant sur des colonnettes engagées dans l'angle des baies cintrées, l'arcade et la voussure de forme si grossière et si primitive de la grande porte occidentale, composaient un ensemble digne d'être examiné » (nota : d'après la tradition, le tombeau-arcade d'une chapelle au Sud du choeur était celui de François II, duc de Bretagne ; il parait que cette tradition est erronée et que ce prince fut inhumé devant le maître-autel. - Voir la Chronique de Jean de Saint-Paul, 133, et l'Histoire de Bretagne, par D. Morice, II, 37 ). Toute cette partie de l'édifice, occupant le bas de la grande nef, datait vraisemblablement des XVème et XVIème siècles. Le reste de l'église, beaucoup plus moderne, avait été reconstruit aux XVème et XVIème siècles ; on y remarquait surtout des fenêtres de style flamboyant qui avaient contenu jadis de précieuses verrières peintes. A Notre-Dame étaient jadis érigées les confréries de Saint-Joseph et de Sainte-Anne, ainsi que celle du Rosaire ; en 1621, le recteur, M. Le Noir, fit une requête, pour l'établissement de cette dernière association, au couvent de Bonne-Nouvelle, à Rennes. Il y avait à Redon une si grande quantité de fondations, desservies partie à Saint-Sauveur et partie à Notre-Dame, qu'il nous est impossible d'en faire même l'énumération ici (Voir, l'abbé Luco - Les anciennes paroisses du diocèse de Vannes). Sécularisée depuis la Révolution, l'église Notre-Dame a été entièrement détruite par un incendie vers 1864-1870 (Pouillé de Rennes). Elle était entourée d'un cimetière. Sa tour remontait à l'époque romane et le reste de l'édifice datait du XV-XVIème siècle. Elle mesurait 57 mètres de longueur sur 23 mètres de largeur. On y voyait du côté nord, près du choeur, la chapelle de Beaumont devenue plus tard la chapelle du Parc-Anger : on y trouvait une vitre aux armes des seigneurs de Lanruas ;

l'ancienne chapelle Saint-Pierre, aujourd'hui disparue. Sur l'emplacement de ce sanctuaire, fort ancien et tombant en ruine, fut édifié au XVIIIème siècle l'hôpital de Redon. Une vieille tradition fait de Saint-Pierre une église paroissiale pour le quartier du port seulement. « Il est cependant positif que dès le XVème siècle Notre-Dame était l'unique paroisse de Redon. Pour justifier la tradition, on pourrait supposer que les fonctions curiales, en tout ou en partie, s'accomplissaient à Saint-Pierre, comme dans une sorte de trève, en faveur des fidèles qui habitaient le quartier du port » (Voir, l'abbé Luco - Les anciennes paroisses du diocèse de Vannes). Lorsque l'hôpital fut transféré là, en 1722, on reconstruisit cette chapelle Saint-Pierre, qui fut dès lors affectée au service du nouvel établissement. A noter que la chapelle Notre-Dame et Saint-Julien fut la chapelle du premier hôpital de Redon (Pouillé de Rennes) ;

l'ancienne chapelle Notre-Dame-de-Pitié ou de la Butte, aujourd'hui disparue. Notre-Dame-de-Pitié ou de la Butte était une chapelle frairienne bâtie sur l'ancienne motte féodale de l'abbaye ; une des processions des Quatre-Temps s'y rendait jadis. Ce sanctuaire fut rasé en 1786, lorsqu'on aplanit la motte pour en faire la promenade actuelle de Redon (Pouillé de Rennes) ;   

la chapelle du lycée Saint-Sauveur (1857). Le 25 août 1838, le P. Louis, supérieur général de la société des Eudistes, acheta les bâtiments de l'ancienne abbaye de Saint-Sauveur de Redon, convertis depuis la Révolution en maison d'éducation. A noter que le petit collège de Redon fut fondé par la municipalité de cette ville en 1804 et confié à M. Lefranc, prêtre et ancien professeur du collège de Vannes. A ce premier principal succédèrent MM. Lardoux, Criaud et Vannier, également prêtres ; ce dernier se désista en faveur des Eudistes en 1838. Le 22 octobre 1839, Louis-Alexis-Marie Gaudaire (nota : le R. P. Gaudaire naquit à Ménéac, diocèse de Vannes, le 14 septembre 1805, fut élu supérieur général des Eudistes le 19 février 1849, et mourut à Redon le 20 avril 1870) fut nommé par le P. Louis supérieur du nouveau pensionnat de Redon, qui devint bientôt florissant et put ouvrir toutes les classes à partir de 1849. Dès 1845 on construisit le bâtiment qui fait suite à l'ancien monastère. Le 17 février 1856 fut posée la première pierre de la chapelle, qui fut bénite en août 1857 et consacrée le 20 janvier 1868 par Mgr Saint-Marc, archevêque de Rennes, sous le vocable des Sacrés Coeurs de Jésus et Marie. Cette chapelle se compose d'une nef avec un beau chevet droit et de deux jolies petites chapelles, décorées avec un goût exquis et dédiées, l'une à saint Convoyon, abbé de Redon, l'autre à sainte Anne, patronne de la Bretagne. Le maître-autel, en marbre blanc, est d'un travail très-remarquable. Sous l'un des petits autels on vénère les reliques de saint Vincent, martyr, extraites des catacombes de Rome. On a dit avec beaucoup de justesse de la chapelle du collège de Redon, construite en style ogival pur, qu'elle « est tout simplement un chef-d'oeuvre d'élégance, d'originalité et de difficulté vaincue » (Revue de Bretagne et de Vendée, 1857 - Histoire de Redon, 350). Outre cette grande chapelle, on remarque dans l'établissement de Redon quatre oratoires moins importants : 1° Chapelle de la congrégation de la Sainte Vierge ; c'est une ancienne salle ou sacristie abbatiale assez remarquable. 2° Oratoire de l'Annonciation, construit dans les bâtiments occupés par les religieuses et affecté à leurs exercices de piété. 3° Oratoire de Saint-Joseph, attaché à l'infirmerie. 4° Oratoire de Saint-Michel, situé à la hauteur des voûtes de l'ancienne chapelle et particulier, croyons-nous, aux frères servants (abbé Guillotin de Corson) ; 

le portail de l'ancienne chapelle des Congrégations ou de la Congrégation de la Sainte-Vierge (XVIIème siècle), située place de l'Ecole et édifiée pour remplacer la chapelle Saint-Michel. La chapelle a été construite par François Menand qui s'y fit inhumer en 1723. La chapelle Saint-Michel s'élève dans un faubourg qui porte son nom. Il y avait union de ce sanctuaire avec une chapelle de même nom située en Langon ; le titulaire de cette chapellenie jouissait au XVIIIème siècle de dîmes en Redon valant 150 livres, d'un pré à Aucfer estimé 53 livres, et de quelques menues rentes de 4 livres 4 sols ; c'était donc un revenu total de 207 livres 4 sols. A l'origine, le chapelain de Saint-Michel, choisi toujours parmi les religieux de Redon, devait entretenir les deux chapelles ; mais longtemps avant la Révolution celle de Langon tomba en ruine et celle de Redon fut affectée au service et aux assemblées des congrégations de la ville. Elle fut reconstruite au XVIIème siècle, et elle n'est connue maintenant que sous le nom de chapelle de la Congrégation de la Sainte-Vierge, parce que cette pieuse association s'y rassemble (Pouillé de Rennes) ; 

les anciennes chapelles de l'abbaye, aujourd'hui disparues. Outre leur église abbatiale de Saint-Sauveur, les moines de Redon possédaient dans l'enclos de leur monastère deux chapelles mentionnées en 1586 ; elles se trouvaient sur le bord des remparts de l'abbaye, entre de grosses tours fortifiées, et étaient ornées des écussons des ducs de Bretagne (Pouillé de Rennes) ;

l'ancienne chapelle de la Salette (1850), démolie en 1964 ; 

l'ancien couvent des Bénédictines, situé rue Saint-Michel, fondé en 1629 et construit en 1637. Ces religieuses s'agrégèrent dès 1641 à la Congrégation du Calvaire. Lorsque la société réformée des Bénédictins eut été introduite dans l'abbaye de Redon, le dernier prieur perpétuel de ce monastère, D. Noël de la Reigneraye, songea à fonder à Redon une maison de Bénédictines ; c'était un saint religieux, qu'on appelait ordinairement M. de Pléchâtel, parce qu'il possédait le prieuré de ce nom, membre de l'abbaye. En 1629, D. Noël de la Reigneraye communiqua le dessein qu'il avait de bâtir à ses frais un couvent de religieuses et en demanda l'autorisation au cardinal de Richelieu, alors abbé commendataire de Redon et seigneur de cette ville, et à l'évêque de Vannes. Ayant reçu les permissions sollicitées, M. de Pléchâtel s'adressa à l'abbesse des Bénédictines de la Trinité de Poitiers et lui demanda quelques-unes de ses religieuses. Cette dame accepta volontiers et fit aussitôt dresser l'acte de fondation du couvent de Redon, en date du 11 juillet 1629, « sous la condition de 3 000 livres, pour lesquelles M. de Pléchâtel serait tenu pour principal fondateur et participerait à toutes les messes, prières et bonnes oeuvres que feraient les religieuses ». D. Noël de la Reigneraye fit aussi associer le président de Marboeuf à cette fondation, afin d'assister et de maintenir les religieuses après sa mort (Histoire de Redon, 168). L'abbesse de Poitiers envoya huit religieuses, ayant pour prieure la mère Georges Farcy, dite de Sainte-Cécile ; elles arrivèrent. à Redon le 21 septembre 1629 et achetèrent une maison où elles demeurèrent jusqu'en 1637. Le roi leur accorda des lettres patentes en 1633, mais qui ne furent enregistrées qu'en 1635. On commença le 2 janvier de l'année suivante la construction du nouveau monastère, situé dans une pièce de terre que M. de Pléchâtel acheta au faubourg Saint-Michel, et sur la pierre fondamentale de la chapelle, qu'on voulait consacrer à la Sainte Trinité, on grava cette inscription : Sancta Trinitas unus Deus (Abbé Luco - Les paroisses de l'ancien évêché de Vannes). Le 29 septembre 1637, en la fête de saint Michel, les Bénédictines furent solennellement conduites dans leur couvent, dont la clôture fut aussitôt prononcée. On n'évalua pas à moins de 40 000 livres ce que donna D. Noël de la Reigneraye pour l'établissement de cette maison (Histoire de Redon, p. 170). Les Bénédictines ne demeurèrent pas telles longtemps à Redon ; dès l'année 1641 elles s'agrégèrent à la congrégation du Calvaire et se firent toutes religieuses calvairiennes. Les armoiries de cette dernière congrégation étaient : « D'azur, à une croix du Calvaire contre laquelle est adossée la Sainte Vierge, debout, les mains jointes, le tout d'or, sur une terrasse de même » (Armorial général ms. de 1698). Nous avons dit précédemment que les Bénédictines établies à Redon désirèrent s'unir aux Calvairiennes et entrer dans la congrégation de ces dernières. L'évêque de Vannes, Sébastien de Rosmadec, s'y opposa d'abord ; il finit par y consentir, à la condition que sa nièce, Mme de Plœuc, en religion Agnès de Sainte-Croix, serait prieure de la maison. Elle y fut donc reçue le 9 octobre 1641, assistée de cinq autres soeurs calvairiennes. Les Bénédictines, ayant à leur tête Mme Farcy, leur prieure, renoncèrent aussitôt à toutes leurs obédiences et prirent le voile de novices du Calvaire le 8 décembre 1641 ; toutes renouvelèrent alors leurs voeux selon la forme des Calvairiennes. Ainsi s'implanta à Redon la congrégation du Mont-Calvaire, qui y prospéra jusqu'au moment de la Révolution. Le 5 octobre 1792, les religieuses calvairiennes furent expulsées de leur monastère, qui fut vendu nationalement ; quelques-unes d'entre elles purent toutefois demeurer à Redon et rentrer même dans une partie de leur ancien couvent ; mais il leur fut impossible d'y rétablir leur congrégation, et en 1820 des religieuses de la Retraite vinrent y fonder une nouvelle communauté qui existe encore (Histoire de Redon, 322-325) (abbé Guillotin de Corson) ;

l'ancien couvent des calvairiennes (1640), situé rue Saint-Michel, fondé en 1629. On y trouve une chapelle privative dédiée à Saint-Michel datée de 1640 et accostée au nord de trois chapelles : le maître-autel et le retable datent de 1650 - XXème siècle. Le cloître date de 1648. A signaler que les Calvairiennes s'installent dans le couvent en 1637 sous la houlette de la mère Vérane de Saint-Joseph. Il est occupé depuis 1820 par les Soeurs de la Retraite. « En 1820, Mgr Mannay, évêque de Rennes, obtint de Mgr de Crouseilhes, évêque de Quimper, quelques Dames de la Retraite de la maison de Quimper, pour fonder à Redon une maison semblable. Ces dames, au nombre de trois, à la tête desquelles était Mme du Cléguer, femme d'un rare mérite, achetèrent à bas prix, vu son état de dégradation, l'ancien monastère des Calvairiennes, et s'y établirent. Grâce à la coopération active de M. Hattais, curé de Redon, et au concours bienveillant des principaux habitants de la ville, elles ne tardèrent pas à pouvoir ouvrir leur maison aux personnes des deux sexes qui désiraient suivre les exercices des retraites. Dès leur début, les retraites de Redon furent très-nombreuses. Elles ont été dirigées d'abord par les prêtres de la paroisse et des paroisses environnantes, puis par les Missionnaires diocésains. Un des corps du bâtiment fut mis à la disposition des dames qui voudraient s'y retirer en qualité de pensionnaires. Afin de donner plus de stabilité à l'oeuvre et pour satisfaire aux pieux désirs des trois fondatrices, l'évêque de Rennes décida que les membres de la communauté de Redon feraient des voeux simples après quelques années d'épreuves. Le jour de l'Exaltation de la Sainte-Croix, 14 septembre 1823, Mme du Cléguer et ses compagnes se lièrent à Dieu et à leur sainte oeuvre par les trois voeux de religion, auxquels elles ajoutèrent celui de travailler toute leur vie au salut du prochain. Cette profession eut lieu à la suite d'une retraite donnée par le R. P. Maillard, de la Compagnie de Jésus. Ce même religieux traça pour le nouvel Institut une règle calquée presque entièrement sur celle de sa Compagnie » (D. Jausions, Histoire de Redon, 327, 328). C'est vers cette époque que les Dames de la Retraite prirent le nom de Dames de la Société de Marie. « Peu de temps après leur consécration, les religieuses de la Société de Marie joignirent à leur première oeuvre celle de l'éducation, et voulurent exercer d'abord ce genre d'apostolat en faveur des enfants pauvres. Une école gratuite fut donc ouverte dans la maison de Redon plusieurs années avant qu'on y établît un pensionnat pour les jeunes filles des classes élevées. En 1827, Mgr de Lesquen, non moins dévoué à cet établissement que ne l'avait été son prédécesseur, obtint du gouvernement une ordonnance royale, datée du 17 janvier, qui reconnaissait l'existence du nouvel Institut et permettait à ses membres de se répandre en divers lieux. Cette ordonnance donnait à la maison de Redon le titre de maison-mère ; elle conserva ce titre jusqu'en 1837. Il passa alors à la maison fondée à Angers en 1826, et qui, sous la haute et paternelle protection de Mgr Montault, avait pris en peu de temps un développement assez considérable » (D. Jausions, Histoire de Redon). Depuis l'époque de cette translation à Angers de la maison-mère, les religieuses de la Société de Marie, ou Dames des Retraites, ont reçu du gouvernement une seconde autorisation le 8 février 1854 et ont formé quatre nouveaux établissements. Nous n'avons dans notre diocèse que celui de Redon ; mais si cette communauté n'est plus en réalité le chef-lieu de l'Institut, elle n'a pas cessé pour cela d'être pour le coeur des religieuses une véritable maison-mère, et elles n'oublieront jamais ce que les premières années de son existence ont coûté à leurs vénérables fondatrices de sollicitudes, de sacrifices et de travaux (abbé Guillotin de Corson) ; 

l'ancien couvent des Ursulines (1705). Sa chapelle privative, dédiée à Notre-Dame, est érigée en 1755-1757. Ce couvent a servi d'hôpital durant la première guerre mondiale. L'ancien cloître date du XVIIIème siècle : l'arcade centrale est surmontée de la date de 1707. Le couvent sert de caserne pendant la Révolution. A signaler que les Ursulines viennent à Redon en 1674 (elles s'installent d'abord dans la Maison noble de l'Etang) et quittent Redon en 1948 et sont remplacées par les sœurs Bleues de Castres. « D'azur, à un nom de JESUS MARIA d'or, surmonté d'une croisette et soutenu de trois clous de la Passion appointés, et entouré d'un cercle rayonné, le tout d'or » (Armorial général ms. de 1697). Dès l'an 1649, les Ursulines de Ploërmel avaient formé le dessein d'envoyer une colonie à Redon, mais elles ne purent l'exécuter qu'en 1674, avec les permissions de M. de Choiseul, abbé de Redon, de l'évêque de Saint-Malo, dont elles quittaient le diocèse, et de l'évêque de Vannes, qui prétendait avoir des droits sur Redon. « Quatre religieuses professes de la maison de Ploërmel, deux novices et une postulante, furent envoyées à Redon, où elles arrivèrent le 25 juillet 1674. Elles se logèrent dans une maison des rues Basses, et se virent bientôt forcées de chercher un autre local plus spacieux : elles louèrent une maison dans le Port. Mais ce nouveau logement devint encore trop étroit pour le nombre des élèves qui leur étaient confiées. Elles furent donc obligées d'acheter un emplacement plus grand où elles pourraient bâtir. Il y avait seize mois qu'elles étaient à Redon lorsqu'elles se fixèrent dans le lieu qu'elles occupent encore à la fin du XIXème siècle. La maison noble de l'Etang était située dans la rue Saint-Pierre et entourée de jardins. Les Ursulines ayant choisi la très-sainte Vierge pour fondatrice, achetèrent cette maison et s'y établirent. Une partie de ces bâtiments, qui servent à la fin du XIXème siècle de parloirs et de classes pour les externes, fut destinée à servir de chapelle, de sacristie et de choeur aux religieuses. Les choses restèrent en cet état jusqu'en 1705. Au mois de mai de cette année, on commença la construction du grand corps-de-logis, qui coûta 37 000 livres. On lit sur la façade du Nord le nom de Bonne de Mazoyer, qui fut la première professe de Redon et qui occupa la charge de supérieure, à diverses reprises, pendant vingt-et-un ans » (Histoire de Redon, p. 180). La chapelle ne fut commencée qu'en 1755, faute de ressources suffisantes. On en posa la première pierre le 23 avril de cette année, et elle fut bénite très-solennellement, au mois de septembre 1757, par M. Poulce, alors recteur de Redon. Trois ans plus tard, le roi accorda aux Ursulines des lettres patentes, datées de janvier 1760, approuvant leur établissement à Redon (Archives du Parlement de Bretagne). Chassées de leur monastère par la Révolution, les Ursulines y rentrèrent en 1810 (abbé Guillotin de Corson) ; 

le prieuré Saint-Barthélemy (XVIIème siècle), aujourd'hui disparu, et jadis membre de l'abbaye de Redon. Sa chapelle est sécularisée. Le prieuré de Saint-Barthélemy, situé dans la paroisse de Notre-Dame de Redon, est certainement très-ancien, mais son origine nous reste inconnue ; peut-être la donation de Botcudon, terre toute voisine du prieuré, ne fut-elle pas étrangère à sa fondation. On sait que Sulmonoc, fils de Vésilloc, donna le 2 avril 861 ou 867, aux moines de Redon, une vigne qu'il possédait à Botcudon, « in loco nuncupante Botcudon » (Cartulaire de l'abbaye de Redon, 70). Ce prieuré se trouvait trop près de l'abbaye de Saint-Sauveur pour pouvoir acquérir jamais une grande importance ; il était ordinairement entre les mains d'un moine de ce monastère. Au XVIIème siècle il se composait de la chapelle priorale de Saint-Barthélemy ; — de la métairie de même nom, affermée 113 livres ; — du droit d'y tenir une foire le jour de l'Exaltation de la Sainte-Croix (14 septembre) et d'y lever certains devoirs ; — des autres devoirs dus le jour de l'assemblée de la fête patronale, Saint-Barthélemy (24 août) ; — des oblations faites à la chapelle, etc. Le Pape Urbain VIII accorda en 1629 une indulgence plénière à tous ceux qui visiteraient dévotement la chapelle de Saint-Barthélemy. Chaque année, le lundi des Rogations, la procession générale de l'abbaye Saint-Sauveur et de la paroisse Notre-Dame de Redon se rendait à cette chapelle priorale, en chantant les sept psaumes de la Pénitence ; on y célébrait la grand'messe, et on chantait en revenant les litanies des Saints (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 H, 2 - Histoire de Redon, p. 222). En 1722, le prieur de Saint-Barthélemy, vivant en règle à l'abbaye, obtint la permission d'acquitter dans l'église abbatiale de Saint-Sauveur les messes dues dans sa chapelle priorale. Vendue à l'époque révolutionnaire, cette chapelle est abandonnée et sert de grenier à foin à la fin du XIXème siècle ; elle n'offre pas d'ailleurs d'intérêt au point de vue architectonique, quoiqu'elle soit fort ancienne. Liste des prieurs : — Dom François Tueverlon (1508). — Dom Bertrand du Boismarquier, pourvu en novembre 1550. — Dom René du Plessix prit possession en 1552 ; il était encore prieur en 1580. — Dom Jehan Perroteau afferma les devoirs de la foire Sainte-Croix le 11 juin 1587. — Dom Alain Louvel, pourvu en 1603, afferma ses droits de coutumes en 1609. — Dom Guillaume Rado prit possession le 9 novembre 1612. — Dom Jacques Bonnemez prit possession le 5 octobre 1616. — Dom Antoine Bataille prit possession en juillet 1644. — Dom Claude Vrayet (1650). — Dom Simon Bonnemez prit possession le 12 mai 1653. — Dom Antoine Beaugendre rendit aveu le 2 septembre 1677. — Dom Bonaventure Royer rendit aveu le 13 août 1694. — Dom Marc de Chalvet prit possession le 24 août 1701. — Dom N... de Bonnefond prit possession le 12 mai 1739. Ce religieux résidait, l'année suivante, à l'abbaye de Saint-Melaine. — Dom Georges-Gatien Le Febvre, Bénédictin de Saint-Maur et cellérier de l'abbaye Saint-Vincent du Mans, était en même temps prieur de Saint-Barthélemy et chapelain de Saint-Michel et de Notre-Dame-de-la-Cerche en l'église abbatiale de Redon (1787) (abbé Guillotin de Corson) ; 

les remparts (XIVème siècle), situés quai Saint-Jacques et édifiés par l'abbé Jean de Tréal dès 1350 ; 

la croix d'Aucfer (1395), restaurée en 1904. Edifiée en souvenir du traité d'Aucfer, conclu le 19 octobre 1395 entre le duc Jean IV et Olivier de Clisson ; 

la croix de Saint-Barthélemy (XVIIème siècle) ; 

la croix des marins (1855) ; 

le calvaire de la barre (1886 - XXème siècle) ; 

les vestiges (porte cochère) de l'ancien château de Beaumont (XV-XVIème siècle). Le duc Jean V (1399-1442) s'y rendit souvent. L'ancien manoir possédait une fuie et une chapelle privée. La chapelle de Beaumont dépendait de ce manoir. En 1786 on y transféra le service de la chapellenie de Sainte-Barbe, fondée en 1492 par Daniel Bourdonnays en l'église paroissiale, mais présentée par les seigneurs de Beaumont ; cette fondation, faite pour trois messes hebdomadaires, fut alors réduite à une messe tous les dimanches et fêtes (Pouillé de Rennes). Propriété successive de Jean de Théhillac, seigneur de Beaumont (en 1429), Jacques de Théhillac (en 1536), puis des familles de la Lande (XVIIème siècle), Gicquel (en 1645 et en 1662), Bigeaud (en 1695), Mauduit seigneurs de Kerlivio (en 1778) ; 

le château du Parc-Anger (XVII-XVIIIème siècle). Propriété de Raoullet Le Lectour (ou Lecteur) en 1464 et en 1481, puis propriété successive des familles Couldebouc (en 1536), Marcadé (en 1648), Caslou, et Lamour de Calan ; 

le château du Mail (XVII-XVIIIème siècle), édifié par François Menand et appelé primitivement Hôtel du Plessis. Vendu judiciairement sur les Menand à la famille Chéreil seigneurs de la Rivière en 1755 et revient ensuite à la famille Menand seigneurs du Brossay et à la famille de Fourché seigneurs de Quéhillac (en 1789). Propriété de l'Industriel Garnier, puis de la municipalité de Redon. Restauré en 1988 ; 

le château de la Houssaye (XVIIIème siècle). Il possède une chapelle et une fuie. La chapelle de la Houssaye, voisine du manoir de ce nom, était en 1671 fondée de messes et desservie par François Lambert ; il y avait aussi une chapellenie dite de la Houssaye, desservie dans l'église paroissiale. Le domaine appartenait autrefois à l'Abbaye de Redon. Propriété de la famille Lamour de Caslou ; 

le château de Bel-Air (vers 1851). Propriété de la famille Brenugat jusqu'en 1724 ; 

la maison (XVIème siècle), située au n° 5 place de la Duchesse-Anne (ancienne boulangerie-pâtisserie) ; 

l'escalier (XVIème siècle), situé Vallée de la Misère ; 

le manoir de Bocudon (XVIème siècle). Il possède une tourelle. Bocudon est, semble-t-il, cité au milieu du IXème siècle dans la donation d'une vigne faite par Sulmonoc à l'Abbaye de Redon "in loco nuncupante Bot Cuton". Propriété de Guillaume Costard (en 1464) et de Robert Costard (en 1481). Puis propriété successive des familles Costard (en 1536 et en 1580), Gérard (en 1662), Primaignier (en 1695), des seigneurs de Launay-Tayart (en 1725), Dumoustier (en 1751) ; 

la maison (XVIème siècle), située rue d'Enfer ; 

les maisons (XVIème siècle) situées aux n° 2-4-6 rue du Port ; 

la maison (XVIème siècle), située rue Notre-Dame ; 

la maison Maugendre (XVIème siècle), située au n° 20 Grande-Rue ; 

l'ancienne maison Mesny (XVIème siècle), située au n° 44 Grande-Rue ; 

la maison (XVIème siècle), située au n° 54 Grande-Rue. Propriété de la famille Gibon ; 

le restaurant La Bogue (XV-XVIème siècle), ancien lieu de réunion des Etats de Bretagne. Cet édifice est arrenté par l'Abbaye de Saint-Sauveur à l'évêque de Nantes en 1442, puis en 1485 à la famille Guyomart, seigneurs de la Touche en Fégréac (Loire-Inférieure). On y trouve dès 1560 une hôtellerie appelée successivement le Chapeau-Rouge, la Croix-Verte et le Pavillon-Royal ; 

le grenier à sel (1606), situé au n° 40 rue du Port. Ce grenier servait d'entrepôt pour le sel de Guérande et d'Ambon ; 

l'hôtel des monnaies (1420), situé aux n° 48-50 Grande-Rue ; 

l'hôtel de Richelieu (XVIIème siècle), situé rue du Plessis. Il est flanqué d'une grosse tourelle d'angle ; 

l'hôtel Carmoy (1681), édifié par René Chaillou, sieur de l'Etang ; 

la caserne des Dragons (la porte date du XVIIIème siècle). Les dragons de l'armée de Condé sont venus à Redon pour assurer l'aménagement de la Vilaine. Cette caserne est transformée en habitat HLM à la fin du XXème siècle ; 

la maison (1782), située au n° 6 quai Duguay-Trouin ; 

l'hôtel d'Armateur (XVIII-XIXème siècle), situé au n° 16 quai Duguay-Trouin ; 

la propriété de Beau-Val (1830), édifiée à l'emplacement d'un ancien manoir du XIème siècle appelé "château de Saint-Samson". Propriété de la famille Mottais ; 

le tribunal (1847) ; 

l'imprimerie Bouteloup (XIXème siècle), éditeur du Journal Le Redonnais. A signaler que le Journal de Redon (anciennement Porte-Voix) est édité par l'imprimerie Chesnais, rue Thiers. Le Porte-Voix est édité dès 1837 par MM. Evain et Laville ; 

l'ancien Hôtel-Dieu (1892) ; 

l'hôtel de Ville (1903). Cet édifice est acheté par la ville en 1765 et reconstruit en 1903 en style gothique par l'architecte nantais Francis Le Ray. Siège de la mairie et de la Juridiction, il est démoli en 1905 ; 

le lycée Saint-Sauveur. Ils s'agit des anciens bâtiments monastiques entièrement reconstruits entre 1640 et 1650 sur les plans de dom Robert Plouvier par Tugdual Caris. Le cloître sert actuellement de cour au lycée. La chapelle du lycée, oeuvre de l'abbé Brune, date de 1857 ;

7 moulins dont les moulins à eau de Via, de la Marée, et les moulins à vent de Beaumont (deux moulins), de Galerne (deux moulins), de Lanrouais ; 

A signaler aussi :

la présence d'un dépôt de l'âge du bronze ; 

la présence de villas romaines ; 

le passage souterrain découvert en 1893 et reliant l'abbaye Saint-Sauveur à la Vilaine (XIIIème siècle). Ce souterrain servait probablement à l'entrée des provisions amenées par bateaux à l'Abbaye ; 

l'écluse de l'Oust (vers 1860). Un dénommé Tréanton donna au IXème siècle à l'Abbaye de Redon une écluse située sur l'Oust. Une écluse dénommée Sturnon existait également jadis en aval de la première. On traversait primitivement l'Oust au moyen d'un bac à péage qui existait dès le début du XVème siècle : ce péage appartenait primitivement à l'Abbaye de Redon qui l'abandonna ensuite aux seigneurs de Rieux. Le Roi le possédait au XVIIème siècle. Un pont de bois fut substitué au bac de 1822 à 1827 ; 

l'ancienne croix du Martyr, située route de Saint-Jean-la-Poterie et disparue vers 1840 ;

l'ancien hôpital (avant le XVème siècle), situé rue des Chambots. Il servait d'Arsenal en 1495. Ses locaux sont convertis en caserne en 1772. Les religieux bénédictins de l'abbaye de Saint-Sauveur de Redon fondèrent en cette ville un hôpital dont il est fait mention pour la première fois en 1438. A cette époque l'abbé Guillaume Chevrel autorisa en cette maison l'érection d'une chapelle dédiée à la Sainte Vierge et à saint Julien ; voici comment s'exprime la charte de fondation : « A la supplication et requeste des bourgeois et habitans de nostre ville et forsbourgs de Redon, disant que en nostre ville a ung hospital et meson Dieu comancés en honneur et révérence de Nostre Seigneur et de la benoiste Vierge Marie et de Monseigneur sainct Julian, pour loger et soubtenir les povres chrétiens, quels y viennent et affluent chacun jour en grande multitude, auquel, hospital n'a aucunes rentes ne revenus de quoi soubstenir iceux povres et faire reparations, sinon des aumosnes d'iceux bourgeois et habitans de nostre­dicte ville et forsbourgs principalement, et autres bienfaicteurs dudict hospital ; et mesmes qu'il avient souventes fois que plusieurs povres malades audict hospital y trépassent misérablement par longues pestilances de maladies et autrement, sans ouir messes ne voir leur Saulveur et le nostre Jhésuscrist, dont est pitié ; Nous qui suimes fondeur, patron et gouverneur général de ladicte meson Dieu, désirans le bien et augmentation dudict hospital et faire accomplir les euvres de miséricorde, aussi avec l'assentement de nostre segretain (sacristain) de nostredict moustier et du vicaire de l'église parochiale de Nostre-Dame près Redon, aussi de la plus grande et plus saine partie des bourgeois et habitans desdictes tille et forsbourgs, en tant que mestier en est et leur peut appartenir ; Avons octroyé et par les présentes voulons et octroyons que lesdicts bourgeois et habitans de nostredicte ville et forsbourgs puissent faire ériger une chapelle de quatorze pieds de franc et un aultier (autel) seulement dedans ladicte meson Dieu, au nom de Nostre-Dame et de Monseigneur sainct Julian, afin de y faire dire et célébrer messes en faveur d'iceux povres et autres chrestiens qui auront devocion de visiter ledict hospital » (Histoire de Redon). D'après D. Jausions, l'hôpital de Redon existait déjà depuis longtemps lorsque l'abbé Guillaume Chevrel permit ainsi aux bourgeois d'y construire une chapelle. La cause qui s'était opposée jusqu'alors à l'érection de ce sanctuaire était, dit cet auteur, la difficulté de savoir à qui appartiendraient les oblations qu'on y ferait : reviendraient-elles au vicaire perpétuel de Notre-Dame comme faites dans une chapelle bâtie sur cette paroisse, ou au sacristain de l'abbaye, représentant les religieux, recteurs primitifs du territoire? « Des prétentions s'élevaient des deux côtés. L'abbé Guillaume, comme on le voit par la teneur de l'acte dont nous venons de citer un fragment, tranche la question pendante entre le sacristain et le vicaire. Agissant comme seigneur spirituel et temporel de Redon, il autorise l'érection de la chapelle ; et se portant, avec tout le couvent de l'abbaye, comme fondateur de l'hospice, il décide que les oblations faites dans cette chapelle profiteront aux pauvres eux-mêmes, dans une certaine limite, au-delà de laquelle il fait ses réserves, comme tout donateur a le droit de les faire en octroyant un don » (Histoire de Redon, p. 94). C'est ce que nous apprend la suite de la charte précitée : « Et, en oultre, pour les charges y appartenantes soustenir, avons ordonné et ordonnons, assemblement et d'assentement, que toutes les oblations par deniers, au cas que ne excederont 10 livres monnoye par an, avec toutes autres revenues données ou à donner audict hospital, en faveur desdicts povres ; et au cas que lesdictes oblations par deniers excéderont plus de 10 livres monnoye par an, Nous en pourons du surplus, nous et nos successeurs, disposer et ordonner ainsi que bon nous semblera. Et icelles oblations par deniers seront mises en troncs, bouestes ou en l'aultier ; on aura trois clefs, dont Nous et nosdicts successeurs auront l'une, le garde et gouverneur dudict hospital l'autre, et un des bourgeois de nostre ville la tierce, par nostre ordonnance ; lequel gouverneur sera tenu de compter par chacun an de toutes les revenues dudict hospital devant Nous et nos successeurs commis et deputez... ». Outre le bienfait de la fondation première, qui avait consisté sans doute dans la concession des terrains et bâtiments de l'hospice, construit près l'une des portes de l'abbaye, dans la ruelle des Chambots ; outre la nouvelle source de revenus qu'ils ouvraient en permettant l'érection d'une chapelle où se feraient des oblations, les religieux de l'abbaye contribuaient directement chaque année à l'approvisionnement de l'hôpital. On lit dans les Aveux rendus par les administrateurs de l'hospice, qui fournissent la déclaration des biens et rentes de cet établissement, que « lesdits religieux doivent, chacun an, audit hospital, douze tonneaux de bled seigle et un cochon gras aux termes ordinaires », c'est-à-dire aux approches du carnaval. L'aumônier de l'abbaye devait aussi « soixante mines de seigle », par an, à l'hospice, à prendre sur les prieurés de Marsac et de Macérac, et ce « à raison de la cérémonie du lavement des pieds le Jeudy Saint ». Ce jour-là, en effet, les moines de Redon lavaient les pieds à quarante-trois pauvres dans leur église abbatiale ; ils leur donnaient ensuite : aux treize premiers une petite pièce de monnaie et un hareng, et à tous un pain et un plat de bouillie de fèves (Histoire de Redon). De plus, les religieux devaient donner tous les jours « les reliefs de leur table et la portion des absents » à la porte du monastère ou bien à l'hôpital. Comme le nombre des moines de Redon fut longtemps très-considérable, ce genre d'aumône fut d'une certaine importance pour l'hospice, en sorte que les administrateurs exigèrent plusieurs fois la continuation de cette forme de secours. Pour ce qui regarde l'administration de l'hôpital de Redon, nous trouvons dans l'acte précité « un gouverneur de la maison-Dieu ». On voit donc par là que les moines, bien éloignés de l'esprit de domination qu'on leur imputa souvent, avaient établi dès lors des administrateurs laïques, « sauf à punir les males administrations, si aucunes seront », ce qui fut toujours le devoir de l'autorité supérieure dont ils étaient investis. On trouve de bonne heure les assemblées du « bureau » de l'hospice, et les membres de ce bureau portaient le beau nom de « pères des pauvres », qui se trouve fréquemment dans les actes écrits avant 1789 (Histoire de Redon, P. 97). Jusqu'à l'époque de la Révolution l'hôpital de Redon fut desservi par des personnes séculières, gardes-malades salariées ou occupées par dévouement à cette pénible fonction. En 1770 l'hôpital de Redon était dans un assez triste état, si l'on s'en rapporte aux notes adressées à son sujet à l'intendant de Bretagne : « Situé dans le milieu de la Grande-Rue de Redon, il consiste en une salle basse où les hommes, garçons, femmes et filles couchent, n'y ayant pas de chambres où les pouvoir séparer ; au bout de cette salle on dit la messe » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, C, 1289). Comme il n'y avait pas moyen d'agrandir cet hospice, on le transféra en 1772 près de l'ancienne chapelle Saint-Pierre. Dès 1688 on avait déjà construit en ce lieu « un corps-de-logis de 100 pieds de long où il n'y avait encore ni portes ni fenêtres ». On voulait y faire un hôpital-général, mais ce projet n'eut pas de suite. La ville utilisa ce bâtiment en y transférant son hôtel-Dieu. On reconstruisit à cette occasion la chapelle Saint-Pierre, pour l'agrandissement de laquelle un saint prêtre, M. Dumoustier, donna une partie de son jardin, et cette chapelle fut affectée au service du nouvel hôpital. Vers cette même époque, c'est-à-dire en 1780, les revenus de l'hôpital de Redon consistaient en 1 500 livres de rentes en argent et en 12 tonneaux de seigle (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, C, 1269). L'hôpital de Redon existe encore au même lieu, à la fin du XIXème siècle. Après la Révolution, les Soeurs de la Sagesse le desservirent pendant quelques années. En 1811 elles se retirèrent et furent remplacées par les Hospitalières de Saint-Thomas de Villeneuve. De 1850 à 1856, les Dames (ou Hospitalières) de Saint-Thomas ont eu aussi le soin de la lingerie et de l'infirmerie de l'institution Saint-Sauveur (abbé Guillotin de Corson) ;

l'ancien manoir du Pesle qui a été remplacé par la Sous-Préfecture et le Tribunal. Propriété successive des seigneurs de Lanruas, puis des familles le Petit (XVIème siècle) et le Gal (en 1644) ;

l'ancien manoir du Cleu, situé rue Saint-Michel. Propriété successive des familles Robert (en 1559 et en 1571), Aoustin sieurs du Plessis, Gicquel seigneurs de Beaumont (en 1645), Chaillou sieurs de l'Etang (en 1712 et au milieu du XIXème siècle) ;

l'ancienne Maison de Saint-Maur, située rue de Saint-Maur. Propriété de l'Abbaye Saint-Sauveur de Redon ;

l'ancienne Chapelle située Cours Bertrand et dédiée à Notre-Dame de Pitié. Aplanie en 1774, pour devenir un champ de manoeuvre ; 

l'ancien hôpital (1772) et la Chapelle de Saint-Pierre, situés rue Saint-Pierre. La chapelle Saint-Pierre est reconstruite en 1772 pour le service de l'hôpital ; 

l'ancien manoir du Châtelet, situé quai Surcouf. Propriété de Bertranne Guégen dame de Bahurel (en 1536) et de Tayart (au XVIIIème siècle) ;

l'ancien manoir de la Barre, situé route de Saint-Perreux. Propriété de la famille de Poulpiquet du Halgouët ;

le manoir de Bahurel, situé route de Saint-Perreux. Propriété successive des familles Guéguen (en 1536 et en 1580), Aubrée de Rhum (au XIXème siècle), de Laigue ;

l'ancien manoir de la Diacraye ou de la Diacrerie (XV-XVIème siècle). Il possédait jadis une fuie. Propriété successive des familles Pollo (en 1406), Lermine (vers 1477), du Boisjean (vers 1509 et en 1536), Avril (en 1580), Davy (en 1602), Calais (en 1695) ; 

l'ancien manoir de Beaulieu, situé route de Renac. Propriété de la famille du Rocher au XVème siècle et au XVIIIème siècle ;

l'ancien manoir de Brillangaut, situé route de Renac ;

le manoir de Buard (XVème siècle), encore appelé la Salle de Lanruas et situé route de Sainte-Marie. Le duc Jean V s'y rendit plusieurs fois. Acheté en 1503 par l'Abbaye de Redon qui en fit sa maison de campagne. Propriété successive des familles Lambart (en 1483 et en 1604), Le Gal seigneurs de la Haye (en 1661 et en 1679), Osmond (en 1778), de Trogoff ;

l'ancien manoir du Rozay. Il possédait jadis une fuie. Propriété successive des familles du Tertre (en 1494), Lambart (en 1536 et en 1559), Tayart (en 1580), Paignon (en 1662 et en 1763) ; 

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ANCIENNE NOBLESSE de REDON

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 8 septembre 1464, on comptabilise la présence de 10 nobles de Redon :

Gilles COULDEBOUC, sr des Greffins en Ruffiac (100 livres de revenu)  : porteur d'une brigandine, d'une salade (casque) et d'un harnois de jambes, avant bras, comparaît armé d'une hache ;

Guillaume COUTELLIER (100 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, d'une salade (casque) et d'un harnois de jambes, avant bras, comparaît armé d'une vouge et d'une épée ;

Jehan DE LORME, sr du Rozay (100 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, d'une salade (casque), comparaît armé d'une jusarme et d'une épée ;

Guillaume LOTODE, sr de la Salle de Lanruas ou Buard (60 livres de revenu) : porteur d'une jacquette et d'un harnois de jambes ;

Jehan DE COULDEBOUC, sr de la Quilliennaye en Bains (40 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, d'une salade (casque), comparaît armé d'une jusarme, d'une épée ;

Guillaume COTART, sr de Bocudon (70 livres de revenu), remplacé par Macé Fauchet : porteur d'une brigandine, d'une salade (casque), comparaît armé d'une hache et d'une épée ;

Pierre POLO (60 livres de revenu), remplacé par Tristan Le Bacle (son gendre, époux d'Olive Pollo) : porteur d'une brigandine, d'une salade (casque) et d'un harnois de jambes, comparaît armé d'une jusarme et d'une épée ;

Michel BOBITEL : comparaît armé d'une épée ;

Raoullet LE LECTOUR, sr du Parcanger (40 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, d'une salade (casque), comparaît armé d'une vouge ;

Pierre MAHE (20 livres de revenu) : porteur d'un paltoc, d'une salade (casque), comparaît armé d'une épée ;  

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 4 septembre 1481, on comptabilise la présence de 27 nobles de Redon :

Christophe COULDEBOUC, sr des Greffins en Ruffiac (600 livres de revenu) : porteur d'une salade (casque), comparaît armé d'une épée ;

François LAMBART, sr de Lanruas (100 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et d'une salade (casque), comparaît armée d'une épée ;

les héritiers de Jehan COULDEBOUC, sr de la Quilliennaye en Bains (40 livres de revenu) ;

les héritiers Raoullet LECTEUR, sr de Parcanger, remplacé par Gilles Le Lecteur : porteur d'une brigandine et d'une salade (casque), comparaît armée d'une épée et d'une pertuisane ;

Guillaume COULDEBOUC :  porteur d'une brigandine et d'une salade (casque), comparaît armée d'une épée ;

Pierre MAHE (20 livres de revenu) :  porteur d'une brigandine et d'une salade (casque), comparaît armée d'une épée et d'une javeline ;

les héritiers Guillaume LOTODE, sr de la Salle de Lanruas ou Buard (40 livres de revenu) ;

Tristan LE BASCLE ;

Robert COETARD, sr de Bocudon (400 livres de revenu) , remplacé par Yvon Coetard : comparaît en archer ;

les héritiers Jehan DE LOURME (400 livres de revenu), en la personne de Henry du Tertre (héritier) :  porteur d'une brigandine et d'une salade (casque), comparaît armée d'une épée et d'une vouge ;

Pierre COURIOLLE, sr de la Bigotaye (700 livres de revenu) ;

les héritiers Guillaume COULDEBOUC : excusés ;

Yvon GOURO (15 livres de revenu) ;

Michel BOBITEL (10 livres de revenu) ;

les héritiers Guillaume MALIN (10 livres de revenu) ;

Jehan DE LA MEULLE (20 livres de revenu) ;

les héritiers de François LE COMBE (40 livres de revenu) ;

Jehan LE COUTELIER (60 livres de revenu), remplacé par Yvonnet Baudet : porteur d'une brigandine et d'une salade (casque), comparaît armée d'une épée et d'une vouge ;

les héritiers Phelipot AVRIL (60 livres de revenu) ;

Pierre DU TERTRE (10 livres de revenu) ;

Patry RIVAULT (300 livres de revenu), remplacé par son fils François : porteur d'une brigandine et d'une salade (casque), comparaît armée d'une épée ;

Jamet GUEGAN, sr de Brillangaut (30 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et d'une salade (casque), comparaît armée d'une épée ;

les héritiers Jehan CORGAL ;

Michel ERLART alias EVREART (20 livres de revenu) ;

Jehan DE LA TRONCHAYE (50 livres de revenu) ;

les héritiers Jehan DE LOURME (50 livres de revenu) ;

Michel FRETART, remplacé par Jacques Bouvet : porteur d'une brigandine et d'une salade (casque), comparaît armée d'une épée et d'une vouge ;

Lors de la réformation de 1536, on recense plusieurs propriétaires et manoirs à Redon :

Beaumont (Beaumont), à Thehillac (Jacques, sr de Téhillac) ;

le Rozet (le Rozay), à Guillaume Lambart ;

le Parcanger (la Parcanger), à Jehan Couldebouc ;

le Bocqudon (Bocudon), à Guillaume Costard ;

Bahurel (Bahurel), à Bertranne Gueguen ;

les Chapelays (Chapelais), à Bertranne Gueguen ;

Brailangault (Brillangaut), à Bertranne Gueguen ;

la Diacraye (la Diacraye), à Jehan du Boisjan ;

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