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SAINT-MALO

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La commune de Saint-Malo (pucenoire.gif (96 octets) Sant-Maloù) est chef lieu de canton. Saint-Malo dépend de l'arrondissement de Saint-Malo, du département d' Ille-et-Vilaine (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de SAINT-MALO

Saint-Malo tire son nom du moine breton Maclow, Maclou ou Malo originaire du pays de Gwent (Pays de Galles), dans la Cambrie méridionale.

Saint-Malo succède à l'ancienne cité gallo-romaine d'Aleth (aujourd'hui en Saint-Servan). Cette place forte a été conquise en 56 avant Jésus-Christ, par les troupes de César. La cité d'Alet ou Aleth est entourée au IVème siècle de remparts et devient au Vème siècle, le siège de la préfecture de la légion de Mars, dont la division militaire dépend de la légion du Martenses. On prétend que l'Ile Harbour aurait été le port primitif d'Aleth. 

Le rocher (appelé Canalchius) sur lequel est construite la ville de Saint-Malo était inhabité jusqu'au VIème siècle. Un ermite du nom de Aaron y construisit à cette époque un ermitage. Vers le milieu du VIème siècle, le gallois Maclow (ou Mac Law) ou Malo, débarque sur le rocher d'Aaron où il est reçut par Aaron. Saint Malo se consacre alors à la prédication et sera nommé plus tard évêque d'Aleth (Saint-Servan). Saint Gurval, successeur de Saint Malo comme évêque d'Aleth, érige, dit-on, sur le rocher une église en l'honneur de son prédécesseur. Cette église, incendiée par les lieutenants de Charlemagne en 811, est relevée, croit-on, en 816 par l'évêque Hélocar sous le vocable du diacre saint Vincent d'Espagne, martyrisé sous Dioclétien en 304. Au milieu du IXème siècle, le roi Nominoë place le siège épiscopal à Aleth et délimite le diocèse appelé "Pagus Alethensis". Ruinée par les invasions normandes du Xème siècle, l'église est donnée en 1108 à l'abbaye bénédictine de Saint-Martin de Marmoutier en Touraine qui y fonde un prieuré. Jean de Châtillon, évêque de Saint-Malo (1144-1163), reprend possession de l'église, après de longues luttes, aux Bénédictins de Marmoutiers, puis il la reconstruit entièrement vers 1152 pour en faire une cathédrale et lui rend le nom de Saint-Malo. En 1146-1152, l'évêque Jean de Châtillon transfert le siège épiscopal (auparavant fixé à Alet) à Saint-Malo-de-l'Isle (sur le rocher d'Aaron). Ce transfert est à l'origine de la fondation de l'agglomération actuelle qui comprend aussi l'ancienne paroisse de Saint-Servan. A cette époque la ville est dominée par l'autorité ecclésiastique. Cependant depuis le début du XIIIème siècle, Saint-Malo ne cesse d'être convoitée par les ducs de Bretagne. 

Saint-Malo, appartenant pendant tout le moyen-âge à l'évêque et au Chapitre de même nom (nota : la seigneurie de Saint-Malo formait la Seigneurie Commune. On vient de retrouver au XIXème siècle enfouie dans le sable, et de replacer sur la digue du Sillon, une croix indiquant la limite de cette seigneurie du côté de Paramé et portant les armoiries du Chapitre), renfermait avant la Révolution la ville actuelle de Saint-Servan et se composait de deux paroisses, Saint-Malo et Saint-Servan. Aujourd'hui Saint-Servan, distrait de Saint-Malo, est une ville d'une certaine importance et nous en parlerons par ailleurs ; mais Saint-Malo possède encore deux paroisses par suite de la création récente d'une succursale sous le titre de Notre-Dame-Auxiliatrice. C'est donc de ces deux dernières paroisses que nous devons nous occuper ici. 

1° - Saint-Malo. — Il est difficile de préciser l'époque de l'érection de Saint-Malo en paroisse. Jusqu'au XIIème siècle, en effet, Aleth (aujourd'hui Saint-Servan), résidence ordinaire des évêques, fut la seule ville du canton ; Saint-Malo n'était alors qu'un monastère. Ce monastère, fondé par saint Aaron, ne prit même le nom de Saint-Malo qu'au VIIIème siècle, lorsqu'on y eut déposé le chef et la main droite de saint Malo, apportés de Saintes (Voir Vita Sancti Machuti - Bulletin archéologique d'Ille-et-Vilaine, XVI, 245). Il est donc vraisemblable qu'à cette époque reculée Saint-Malo faisait partie de l'une des paroisses d'Aleth. Mais lorsqu'en 1152 saint Jean-de-la-Grille transféra son siège épiscopal d'Aleth à Saint-Malo, prenant pour cathédrale l'ancienne église conventuelle de ce dernier lieu, dédiée à saint Vincent, et y établissant son Chapitre, tout porte à croire qu'en même temps le saint évêque érigea la paroisse de Saint-Malo telle qu'elle a subsisté jusqu'à la Révolution, ayant saint Malo pour patron du lieu et saint Vincent pour titulaire de son église. On peut donc dire d'une façon à peu près certaine que Saint-Malo, comme paroisse, date du XIIème siècle. Erigée, d'après ce qui précède, en même temps que le nouveau Chapitre de Saint-Malo, la cure de ce nom demeura sous la dépendance des chanoines, qui la tinrent eux-mêmes jusqu'à l'époque de leur sécularisation, en 1319. Alors seulement le Chapitre, conservant tous ses droits de curé primitif, fit administrer la paroisse par un vicaire perpétuel, qu'il nomma seul jusqu'en 1780. Parce qu'on appelait tous les vicaires curés dans les siècles derniers en Bretagne, le Chapitre étant considéré comme véritable recteur de Saint-Malo, le peuple prit l'habitude de donner au vicaire perpétuel le nom de grand-curé pour le distinguer des autres curés ou vicaires ses coopérateurs. Lorsque le Chapitre de Saint-Malo fut sécularisé, en 1319, les revenus de la cure montaient à 198 livres 18 sols, somme considérable à cette époque. Les chanoines réglèrent alors que le vicaire perpétuel n'aurait droit qu'à 35 livres de rente outre les oblations, et ils firent rentrer le reste des revenus à la mense canoniale (Abbé Manet, Grandes recherches ms.). Plus tard, le grand-curé de Saint-Malo obtint la jouissance d'une des chapellenies du choeur (nota : ce fut pendant plusieurs siècles la chapellenie de Saint-Christophe, fondée en 1497 par Pierre Guillaume dans l'église cathédrale), valant en 1780 environ 300 livres de rente, et de la dîme d'un marais rapportant aussi 300 livres. Au moyen-âge, cette portion congrue suffisait, parce que souvent le Chapitre nommait l'un de ses membres vicaire perpétuel de Saint-Malo. Mais un arrêt du Parlement, daté du 7 décembre 1717, déclara la cure de Saint-Malo incompatible avec un canonicat, ce qui réduisit le grand-curé à une position très-précaire (nota : cet arrêt était conforme à la bulle de sécularisation du Chapitre donnée en 1319 ; il y était, en effet, dit que le recteur de Saint-Malo serait choisi par le Chapitre parmi les simples chapelains de la cathédrale, et non parmi les chanoines). Aussi en 1780 François du Fresne des Saudrais, vicaire perpétuel de Saint-Malo, représenta-t-il à l'évêque que sa portion congrue de 600 livres était complètement insuffisante, et sollicita-t-il non-seulement l'abrogation de l'arrêt de 1717, mais encore l'union perpétuelle d'un canonicat à son bénéfice. Mgr des Laurents écouta favorablement cette requête ; par ordonnance en date du 10 mars 1780, il retira au grand-curé la chapellenie dont il jouissait, lui laissa la dîme du marais et unit à sa charge, à perpétuité, le premier canonicat vacant, à l'exception toutefois de la pénitencerie et de la théologale. L'évêque régla aussi que le nouveau recteur-chanoine serait nommé alternativement par lui-même et par son Chapitre ; qu'il aurait sa place au choeur et au Chapitre selon l'ordre de sa réception ; qu'il ferait, en outre de ses fonctions pastorales, l'office canonial à son tour ; qu'il ne pourrait prétendre à aucune des quatre dignités du Chapitre ; qu'il paierait la pension de ses vicaires, etc. Ce décret épiscopal fut confirmé l'année suivante par lettres patentes du roi datées de mars 1781 (Archives du Parlement de Bretagne). Peu après le chanoine Henry Nouail étant décédé, M. du Fresne fut pourvu de sa prébende, dont il prit possession le 21 mai 1782. En 1790, le recteur ou grand-curé de Saint-Malo, Jean-Christophe Le Saout, déclara que son bénéfice, composé de la cure et du canonicat qui y était annexé, jouissait d'un revenu brut de 2680 livres ; mais comme il avait 772 livres 12 sols de charges, il ne lui restait qu'un revenu net de 1907 livres 8 sols (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 29). Rétablie en 1803, la paroisse de Saint-Malo est devenue en 1859 chef-lieu du doyenné de même nom et son curé a reçu le titre d'archiprêtre (Pouillé de Rennes). 

2° - Notre-Dame-Auxiliatrice. — Vers 1870, M. Huchet, curé de Saint-Malo, voyant bâtir de nombreuses habitations aux alentours du port et de la gare de Saint-Malo, se rappelant que jadis une chapelle vicariale dédiée à Notre-Dame-des-Anges se trouvait non loin de là, dans le marais du Talard, et voulant faciliter à la population ouvrière de ces nouveaux quartiers l'accomplissement de ses devoirs religieux, construisit une église qui de son emplacement prit le nom de Notre-Dame-des-Grèves ou Notre-Dame-Auxiliatrice. Il obtint en même temps l'érection en paroisse de tout le territoire environnant le nouvel édifice, territoire distrait de Saint-Malo. Dès 1872, M. François-Joseph Turmel, vicaire à Saint-Malo, fut nommé au mois de juin recteur de cette paroisse, mais il n'en prit pas possession ; en 1874 seulement M. Pierre Bayard accepta ce poste de dévouement et devint le premier recteur de Notre-Dame-Auxiliatrice (Pouillé de Rennes).

On attribue, sans preuve, à Jean de Châtillon la construction de l'enceinte primitive de la ville de Saint-Malo qui couvre environ 16 hectares. Ce périmètre reste le même jusqu'au début du XVIIIème siècle. On se contente de réparer les remparts en 1464 et de construire de nouveaux ouvrages de fortifications : la tour du Petit Donjon et le Château-Gaillard édifiés en 1395 par le roi Charles VI. La ville close de Saint-Malo subit des accroissements successifs dès le XVIIIème siècle :
- l'accroissement du Fief (1708-1710) fait sous la direction de Garangeau, élève de Vauban ;
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l'accroissement effectué en 1714, au sud de la ville de Saint-Malo. La tour Mouillée, la poterne Brevet, la tour Battue et le fort Collifichet sont alors supprimés. L'éperon Saint-Louis, démoli en 1835, est alors édifié ;
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l'accroissement de 1721 qui va permettre de relier le bastion Saint-Louis à la Grand'Porte. Le bastion Saint-Louis est édifié en partie en 1414 et en partie en 1721. Il est d'abord surnommé Bastion Saint-François à cause du voisinage du couvent de Saint-François, puis en 1794, Bastion de la Vigilance ou de l'Egalité ;
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l'accroissement de 1737 qui permet de relier le Fort à la porte Saint-Thomas ;
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l'accroissement de 1855 à 1864 qui permet de rectifier la courtine qui relie la tour de Bidouane au Fort la Reine ;

Henri III d'Angleterre débarque à Saint-Malo en 1230 pour assister le duc Pierre Mauclerc dans ses luttes contre le roi Louis IX. En 1308, les bourgeois de Saint-Malo, réunis au Grand Bey, instituent une "Commune" qui dure peu de temps. En 1373, une flotte anglaise, commandée par le comte de Salisbury, amène à Saint-Malo une armée de 4 000 hommes au nom du duc Jean IV. Du Guesclin les force à abandonner Saint-Malo. En 1378 (d'août à novembre), Saint-Malo subit le siège des Anglais conduit par le duc de Lancastre, pour le compte de Jean IV. Bertrand du Guesclin vient au secours de la ville de Saint-Malo avec une armée franco-bretonne forte de 10 000 hommes et s'établit à Saint-Servan et sur la Cité. Du Guesclin était encore à Saint-Malo lors du débarquement du duc Jean IV en 1379. Le duc Jean IV bloque de nouveau Saint-Malo de 1382 à 1384. La ville est reprise le 10 octobre 1387 par les partisans du connétable de Clisson. Jean IV bloque à nouveau Saint-Malo en 1393. En 1394, par une bulle datée du 4 juin 1394 et ratifiée dans la Cathédrale les 19 et 20 juin 1395, la ville de Saint-Malo est cédée par le Pape Clément VII au Roi de France Charles VI et devient une enclave française en terre bretonne. En 1395, le roi de France Charles VI accorde à Saint-Malo le statut de port franc et fait construire le château-Gaillard qui est démoli entre 1573 et 1592. Saint-Malo est rattaché au duché de Bretagne en 1424. En 1487, 1 500 Flamands envoyés par Maximilien d'Autriche, le futur fiancé de la duchesse Anne, débarquent à Saint-Malo en 1487 pour secourir Nantes que les Français assiègent. En 1488, Saint-Malo subit l'assaut des troupes françaises de Louis de La Trémoille (au nom du roi Charles VIII). C'est à Saint-Malo que Jacques Cartier s'embarque pour le Canada en 1534, 1535 et 1541. La ville de Saint-Malo embrasse le parti de la Ligue pendant les guerres de Religion.

Du 26 au 29 novembre 1693, une flotte anglaise bombarde Saint-Malo : l'Anglais Bambow envoie un navire (une machine infernal) bourré de bombes et d'explosifs se fracasser sur les murailles de la ville de Saint-Malo. Le navire s'échoue sur un rocher voisin, le Gros-Malo. Du 14 au 18 juillet 1695, la ville de Saint-Malo supporte un nouveau bombardement de la part d'une flotte anglo-hollandaise de 75 navires commandée par l'amiral Lord Berkeley. Le 5 juin 1758, la ville de Saint-Malo subit une attaque de l'armée anglaise du duc de Malborough qui débarque à Cancale à la tête de 15 000 hommes pour prendre Saint-Malo à revers mais doit vite déchanter. Le 5 septembre 1758, les Anglais débarquent à la Garde Guérin en Saint-Briac, sous les ordres du Général Bligh : sa défaite à Saint-Cast sonne comme une débâcle. Pendant la Révolution, Saint-Malo devient Port-Malo. La ville de Saint-Malo est en grande partie détruite en août 1944 : occupée par la garnison allemande du colonel Von Aulok, la ville de Saint-Malo est bombardée par l'armée américaine le 6 août 1944. Le 14 août 1944, la garnison allemande du château de Saint-Malo se rend. Le 17 août 1944, c'est au tour de la presqu'île de la Cité et, le 2 septembre 1944, l'île de Cézembre est libérée.

L'abbaye de Saint-Jacut possède des biens à Saint-Malo, à savoir "l'abbaye de Saint-Jacut" ou "la Court de Saint-Jacut", une immense maison et "n'ayant de quoy la rebâtir, les moines la donnèrent à un bourgeois de Saint-Malo pour la remettre en estat, à condition de payer 6 livres par an, à la foire de Dinan, rendues au monastère. Ce bail fut faict l'an 1535".  

En 1616, est édifié le monastère des Bénédictines sur les ruines de l'ancienne forteresse de Château-Gaillard démolie en 1573. En 1661, un incendie détruit une grande partie de la ville. Au XVIIème et XVIIIème siècle, Saint-Malo se classe parmi les trois premiers ports de France par le nombre de ses navires armés. La ville de Saint-Malo est érigée en chef-lieu de district en 1790 et en chef-lieu d'arrondissement en l'an VIII.

L'évêché de Saint-Malo occupait jadis l'emplacement de l'hôtel de ville actuel, du Tribunal et de la Sous-Préfecture, la place Duguay-Trouin et une partie des rues Sainte-Anne et Saint-Benoît. Il comprenait une chapelle, une tour, un colombier, une galerie, un auditoire et une prison. On y installa en 1793 le Corps Municipal et en 1800 la Sous-Préfecture. Les communes de Paramé et de Saint-Servan-sur-Mer sont rattachées à la commune de Saint-Malo en 1967.

On rencontre les appellations suivantes : Insula Aaronis (au VIème siècle), ecclesia Sancti Machutis (au IXème siècle), ecclesia Sancti Maclovii (au XIIème siècle), ecclesia Macloviensis (au XIIIème siècle).

Note 1 : le pays situé entre la Rance et la baie du Mont-Saint-Michel est connu sous le nom de Clos Poulet (des mots Plou et Aleth : pays d'Aleth). Il se compose des communes de Saint-Malo, Saint-Servan-sur-Mer, Paramé, Saint-Coulomb, Cancale, Saint-Père-Marc-en-Poulet, Saint-Jouan-des-Guérets et d'une partie de celles de Saint-Méloir-des-Ondes, La Gouesnière et Châteauneuf-d'Ille-et-Vilaine. Le territoire d'Alet (Aleth) ou Poualet (Poulet) comptait à la Révolution 11 paroisses auxquelles s'ajoutaient deux enclaves de Dol : Saint-Coulomb et Saint-Ideuc.

L'île de Césembre (ou Césambre) aurait été occupée en 550 par une école monastique dont le chef était Festivus. Saint-Malo y séjourne quelques mois au milieu du VIème siècle avant de se rendre à Aleth. Césembre est occupée par des ermites jusqu'au début du XVème siècle. Les Cordeliers de l'Observance Y fondent un couvent en 1469. Les rois François Ier et Charles IX visitent ce couvent en 1518 et en 1570. Il est dévasté par les Anglais en 1544. Les Cordeliers sont remplacés en 1612 par des Récollets. Le couvent est à nouveau pillé par les Anglais en 1693. On comptait jadis dans l'île quatre chapelles : au nord celle de Saint-Michel, à l'est celle de Saint-Sauveur, au sud celle de Notre-Dame, et à l'ouest celle de Saint-Joseph.

Nota : Le P. Le Large pense que ce fut à Césambre, et non pas à Jersey, que vécut quelque temps saint Marcoulf, le contemporain et l'ami du martyr saint Hélier (Histoire ms. de l'Eglise de Saint-Malo - Bibliothèque de Sainte-Geneviève, à Paris). Les anciens légendaires disent aussi que saint Brandan, le maître de notre apôtre saint Malo, se retira également à Césambre pour y trouver le recueillement, et une vieille chronique rimée ajoute qu'il y construisit une chapelle dès les premiers temps de l'évangélisation du pays : - Bientôt après que la vroie foy - De Jésus par la chrestienté - Fut preschée, entends et croy - Que ce saint lieu fut fréquenté : - Saint Brande y avoit volonté - Et s'y retiroit solitoire, - Et de son temps y fut planté - Un bien dévot oratoire (Chronique de Césambre — « Quelques- uns ont même écrit, dit l'abbé Manet, que saint Malo lui-même mit d'abord pied à terre à Césambre et qu'il y profita quel que temps des exemples d'un vertueux prêtre nommé Festivus, par qui il fut bien accueilli »). Si l'on en croit la même chronique, les barbares du IXème siècle, qu'elle appelle les Sarrasins et que nous nommons les Normands, massacrèrent à Césambre un grand nombre de chrétiens qui s'y étaient réfugiés après la ruine d'Aleth, la grande ville voisine ; le naïf chroniqueur va même jusqu'à émettre le désir qu'on s'informe des tourments subis par ces pauvres victimes, à ses yeux véritables martyrs, et qu'on célèbre la mémoire de leur mort glorieuse : - Il me semble que seroit utile - Que solemnité on en fist, - Si on savoit le temps préfix - Quand tant de saints personnages - Si cruellement furent défists : - L'on en feroit office, images. En 1108, l'évêque de Saint-Malo Benoît accorda à quelques ermites la permission de s'établir à Césambre, mais l'histoire ne nous apprend pas autre chose sur la vie de ces pieux anachorètes. Le 22 mai 1420, un prêtre de Saint-Malo, nommé Raoul Boisserel, obtint de l'évêque Robert de la Motte et du Chapitre de Saint-Malo l'autorisation d'y mener à son tour la vie érémitique. Le prélat et les chanoines étaient à cette époque seigneurs de Césambre, où ils avaient établi des garennes et « refuges à conils », dont les lapins se sont perpétués jusqu'à nos jours. Il n'y avait plus aucune habitation à Césambre lorsque l'on permit à Raoul Boisserel d'y construire « une chapelle avec une maisonnette attenante pour s'y loger et y servir Dieu dans la paix de son âme » ; d'employer pendant cinq ans les oblations que feraient les fidèles à la construction de ces deux édifices, sauf néanmoins les droits de l'église cathédrale de Saint-Malo sur ces offrandes ; et, en attendant leur achèvement, de dire la messe basse « sur un autel portatif, décemment orné de rideaux et autres voiles, en tout autre lieu bienséant de l'île », à la condition qu'il ne marierait point, qu'il ne relèverait point les femmes, etc. (Abbé Manet, Grandes recherches ms. sur Saint-Malo). La cellule de Raoul Boisserel n'existe plus, ajoute l'abbé Manet, mais l'on voit encore l'oratoire qu'il avait dédié à Dieu sous l'invocation de saint Brandan : « Ce n'est à proprement parler qu'une grotte irrégulière et fort petite, située vers le Nord de l'île ; deux rochers qui se rapprochent vers le dessus en ont fait à l'extérieur presque tous les frais, mais son intérieur est crépi à chaux et à sable ». A ce dévot personnage succéda un autre ermite connu seulement sous le nom de Pierre le Solitaire ; il vivait pauvrement à Césambre lorsque les Cordeliers obtinrent la permission de fonder en cette île un monastère (Pouillé de Rennes).

L'île de Conchée est fortifiée par Vauban de 1692 à 1695 et déclassée en 1889. On y voyait jadis une chapelle. Les Anglais y débarquent en 1693. Le fort National est édifié par Garangeau en 1689 sur le rocher de l'Islet et terminé en 1743. On y voyait autrefois le phare appelé le Pharillon et la Croix des Ardrés ou des Ardrillés, au pied de laquelle se dressaient jusqu'en 1685 les bois patibulaires à quatre pots de la juridiction épiscopale. Le mur de fusillade (situé devant le fort au sud) date de 1849. Le fort est déclassé en 1889 et a porté successivement les noms de fort Royal, fort Républicain ou des Islets, fort Impérial et fort National.

Saint-Malo a vu naître plusieurs hommes illustres : Jacques Cartier (1494-1554), René Duguay-Trouin (1673-1736), Porcon de la Barbinais (1639-1681), Mahé de la Bourdonnais (1699-1753), Pierre de Maupertuis (1698-1759), Offray de La Mettrie (1709-1751), André Desilles (1767-1790), René de Chateaubriand (1768-1848), François Broussais (1772-1838), Robert Surcouf (1773-1827), Félicité de Lamennais (1782-1854). 

Le plus ancien site balnéaire prend forme sur la plage de l'Eventail, au pied des remparts de la ville close. La clientèle parisienne afflue par le chemin de fer qui atteint Saint-Malo en 1864.

Note 2 : La congrégation des Dames de la Charité fut établie à Saint-Malo en 1634, et leurs statuts furent approuvés par Mgr de Neufville, évêque de cette ville, le 8 mai 1652. Ce fut en 1681 que l'une de ces pieuses femmes, Françoise de la Marzelière, veuve de Malo, marquis de Coëtquen, et elle-même marquise douairière de la Marzelière, fit venir à Saint-Malo deux Filles de la Charité. Ces soeurs se joignirent aux dames congréganistes pour administrer la Marmite des pauvres de Saint-Malo (Semaine Religieuse de Rennes, IX, p. 214). Plus tard, en 1719, Mme de la Marzelière donna aux Soeurs Grises une maison située près de l'Hôtel-Dieu. Par décret du 21 mai 1785, l'évêque de Saint-Malo prononça la désunion des confréries du Saint-Sacrement et de saint Jean-Baptiste, desservies en sa cathédrale, et affecta les revenus de cette dernière confrérie à l'oeuvre de la Marmite des pauvres, tenue par les Soeurs de la Charité, ce qu'approuva le roi par lettres patentes de novembre 1786 (Archives du Parlement de Bretagne). Ainsi fut fondée la maison de charité de cette ville, qui avait en 1790 M. Nouail de la Ville-Gille pour administrateur et 5.537 livres de revenu net. Les Soeurs de Saint-Vincent dirigent encore cet établissement à la fin du XIXème siècle, instruisant les petites filles pauvres et secourant les indigents malades à domicile. Les Filles de la Charité possédait deux établissements dans Saint-Malo : — Maison de charité fondée en 1681. Les soeurs y ont à la fin du XIXème siècle deux écoles gratuites de filles ; leur chapelle était dédiée au Sacré-Coeur — Maison de retraite et orphelinat de filles au Rocher. Cet établissement, situé en Saint-Servan, mais dépendant de Saint-Malo pour le spirituel, fut fondé en 1823 par M. Hay, vicaire à Saint-Malo, et Mlle Duguen. La chapelle, dédiée à l'Assomption de la Sainte Vierge, fut bénite le 3 mai 1827. Les Filles de la Charité furent appelées en cette maison en 1857, et en 1874 le Rocher fut cédé à la cure de Saint-Malo à condition que le curé continuerait d'y élever les orphelines pauvres de sa paroisse. Les exercices des retraites y sont faits par les Lazaristes de Rennes. Une Maison de la Providence est fondée en 1692 par Mlle Gardin des Prés, dame de charité, pour procurer du travail aux pauvres, etc. (Pouillé de Rennes).

Note 3 : Les Hospitalières de Saint-Thomas commencèrent à desservir l'Hôtel-Dieu de Saint-Malo vers 1687. Elles furent en même temps chargées aussi du service de l'Hôpital-Général de cette ville, situé en Saint-Servan, mais dépendant au temporel comme au spirituel de Saint-Malo ; car, « par délibération des bureaux des hospices, en date de 1693, elles furent établies ou maintenues, à l'exclusion de tout autre Ordre, pour remplir cette mission de dévouement chrétien dans les hôpitaux de la ville de Saint-Malo, et elles s'en sont toujours acquittées avec le plus parfait désintéressement » (M. Michel, Monographie de l'Hôtel-Dieu de Saint-Malo, p. 165). La Révolution chassa cependant de Saint-Malo les Hospitalières, qui furent emprisonnées en 1794 ; mais elles y rentrèrent dès l'année suivante, lorsque revint un peu de paix, et elles continuèrent d'y soigner les malades de l'Hôtel-Dieu et de l'Hôpital-Général (Pouillé de Rennes).

Note 4 : le diocèse de Saint-Malo renfermait jadis 161 paroisses et 24 trèves, et était divisé en deux archidiaconés et huit doyennés. L'archidiaconé de Dinan (82 paroisses et 6 trèves) comprenait : les quatre doyennés de Poulet (11 paroisses), — Poudouvre (24 paroisse et 3 trèves), — Plumaudan (26 paroisses et 1 trève), — et Bécherel (21 paroisses et 2 trèves). L'archidiaconé de Porhoët (79 paroisses et 18 trèves) : les quatre doyennés de Beignon (22 paroisses et 7 trèves), — La Nouée (16 paroisses et 5 trèves), — Montfort (26 paroisses et 5 trèves), — et Lohéac (15 paroisses et 1 trève).

Note 5 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de  Saint-Vincent en Saint-Malo : Henri Jolliff (en 1462). Jacques Guéhart (en 1497). Lancelot Ruffier (il fut élu le 5 mars 1517 et débouta Laurent Robelot, qui prétendait au bénéfice ; il fut reçu chanoine en 1538 et était pénitencier en 1542 ; il résigna le 27 septembre 1561 ; décédé en 1562). Etienne Guéret (présenté par le Chapitre le 29 septembre 1561, il prit possession le 5 octobre ; mais l'ordinaire nomma Jean Lévesque, prêtre de Vannes et docteur en théologie, qui prit lui-même possession le 29 novembre suivant. Le Chapitre soutint son candidat, qui se fit pourvoir en cour de Rome, reprit possession le 8 juillet 1562 et conserva tranquillement ensuite sa place ; décédé le 18 octobre 1574). Julien Dumesnil (« prestre, grand chapelain et choriste », élu par l'évêque et le Chapitre le 25 octobre 1574, il prit possession le même jour ; décédé dès le 21 décembre suivant). Frère Julien Barbedor (de l'Ordre des Frères-Prêcheurs, il fut pourvu le 30 décembre 1574 ; nommé en 1576 chanoine théologal, il se fit confirmer dans la possession de la cure ; décédé en 1588). Guillaume Sarcel (semi-prébendé, élu le 4 janvier 1589, il fut installé le même jour). Guillaume Le Fer (sieur de Saint-Antoine, il succéda au précédent le 10 septembre 1599 ; il était chanoine depuis 1589 et résigna sa cure en faveur du suivant le 30 mai 1640 ; décédé le 4 février 1642, « regretté d'un chacun tant grands que petits pour s'estre très-dignement et dévocieusement acquitté de ses charges tant de chanoine que de vicaire perpétuel, et mort comme un saint ». Il fut inhumé le 9 février dans la cathédrale, à l'entrée du choeur, mais dans la nef). Guillaume Le Gouverneur (neveu du précédent, il était fils de Guillaume Le Gouverneur et de Servanne Le Fer ; chanoine dès 1616, il fut pourvu le 17 décembre 1640 et prit possession le lendemain. Il résigna en faveur de son neveu qui suit). Louis Desnos (protonotaire apostolique, pourvu le 26 septembre 1667, il prit possession le 23 octobre ; il était chanoine en 1671 et gouverna jusqu'en 1705). Joseph Gouin (sieur de Beauchesne, fils de Jacques Gouin et de Julienne Richomme, chanoine dès 1686, recteur de Montluc et prieur des Brûlais en 1700, il fut pourvu le 13 juillet 1705 ; il crut devoir se faire confirmer en sa cure le 4 janvier 1718, à la suite de l'arrêt de 1717 ; il résigna en faveur du suivant). Ange-Achille de Gravé (fils de Jacques de Gravé et de Jeanne Gouin, neveu du précédent, il fut pourvu le 18 février 1723 ; décédé le 26 juin 1735). Servais-Etienne Thumbrel (sieur de la Motte, chanoine honoraire de Saint-Malo et de Dol et official du diocèse, il fut pourvu le 25 juillet 1735 ; décédé le 27 avril 1753). François-Thomas du Fresne des Saudrais (recteur de Guignen, il fut nommé par le Chapitre le 11 mai 1753 ; il devint chanoine en 1782, et moyennant dispense archidiacre de Porhoët en 1787 ; décédé le 17 décembre 1788). Jean-Christophe-Claude Le Saoul (il fut nommé par l'évêque chanoine-curé le 26 décembre 1788 et installé le lendemain. Il se réfugia à Jersey en 1791 et rentra à Saint-Malo en 1797 ; réinstallé en 1803, il devint chanoine honoraire de Rennes ; décédé le 10 mai 1811). Noël Le Daën du Cosquer (chanoine honoraire ; 1811-1812). François-Yves-René Le Breton (chanoine honoraire ; 1813-1833). Jean-François Huchet (chanoine honoraire ; 1833, décédé en 1878). Pierre-Désiré Lecerf (chanoine honoraire ; 1878, décédé en 1880). Julien Bourdon (chanoine honoraire ; à partir de 1880), ...... On mentionne également Pierre Bayard comme recteur de Notre-Dame-Auxiliatrice à partir de 1874.

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PATRIMOINE de SAINT-MALO

les vestiges de l'ancienne cathédrale Saint-Pierre (IX-XIème siècle), située dans la presqu'île de la cité d'Alet et érigée, semble-t-il, à l'emplacement d'une ancienne chapelle datant du VIème siècle. Les ruines de la cathédrale Saint-Pierre rappellent qu'Alet, la cité gallo-romaine, était siège épiscopal avant le transfert de celui-ci à Saint-Malo après 1145. L'église est incendiée plusieurs fois au VIIIème siècle par les troupes de Charlemagne, et au Xème siècle, par les Normands. Les vestiges sont ceux d'un édifice à bas-côté et deux absides opposées datant de la seconde moitié du Xème siècle. Suite au déplacement du siège épiscopal, l'église est abandonnée puis détruite au XIIIème siècle. Elle est aménagée en chapelle au XVIIème siècle, sous l'appellation chapelle Saint-Pierre. Les fouilles ont permis de mettre à jour les substructions d'une église du IXème siècle et d'un bâtiment du IVème siècle ; 

Note : Lorsque saint Malo vint en Bretagne, il trouva, vers l'an 580, dans la ville gallo-romaine d'Aleth une chapelle où il célébra la messe le jour de Pâques. Il est permis de croire que ce modeste oratoire fut le premier siège épiscopal du fondateur de l'évêché, et qu'il fut remplacé par l'antique église de Saint-Pierre de la Cité, considérée toujours comme ayant été la cathédrale d'Aleth. Il est fait mention de cette église en 1095 ; à cette époque, Robert, seigneur de Plouër, et son fils Hingant, donnèrent à Saint-Pierre de la Cité d'Aleth, « Beato Petro civitatis Aletœ », la terre de Brécel, avoisinant la porte d'Aleth, et le cimetière de Saint-Servan. Mais Guégon, qui se prétendait vicaire ou voyer de l'Eglise d'Aleth, refusa son consentement à cette donation. Bien plus, passant aux derniers excès de la violence, pendant le Carême de l'année 1098, il brisa les portes de la cathédrale d'Aleth et s'empara des objets précieux et des aumônes qui s'y trouvaient?. Cependant, avons-nous dit, Aleth, ravagée plusieurs fois par les Normands, tombait en ruines, et sa population diminuait de jour en jour, se portant en grande partie vers l'île de Saint-Malo ; vers 1152, l'évêque saint Jean-de-la-Grille crut devoir quitter lui-même la vieille cathédrale Saint-Pierre et transférer son siège épiscopal dans la ville qui naissait sous le patronage de saint Malo. Il ne voulut pas toutefois laisser tomber en ruine le vénérable sanctuaire qui avait abrité pendant près de six siècles les pontifes d'Aleth, il l'unit à sa nouvelle cathédrale et chargea son Chapitre de l'entretenir convenablement. Il parait même que les chanoines qui desservaient la cathédrale d'Aleth ne suivirent pas l'évêque à Saint-Malo, car à la fin du XIIème siècle (1185-1218) l'on voit figurer en même temps P..., prieur de Saint-Malo, et Jean, prieur de la Cité. Dans la charte qui relate leurs noms, il est aussi fait mention des chanoines de la Cité, « canonicos Civitatis », auxquels un nommé Galèse voulait enlever la terre du Pré-Brécel, et il est dit que cet homme finit par renoncer à ses prétentions en faveur de l'église de la Cité, « ad opus ecclesiœ Civitatis » (Bibliothèque d'Avranches, n° 2535). Ce Chapitre d'Aleth s'éteignit de lui-même (nota : Ces chanoines avaient dû rester à Aleth lorsque saint Jean-de-la-Grille fonda le Chapitre régulier de Saint-Malo ; il est probable qu'ils ne voulurent pas embrasser la vie du cloître et qu'on leur permit de desservir jusqu'à leur mort l'ancienne cathédrale d'Aleth) ; mais en souvenir du rang qu'occupait dans l'origine l'église Saint-Pierre de la Cité, le Chapitre de Saint-Malo prit coutume d'y venir en procession le mercredi des Rogations, et la paroisse de Saint-Servan s'y rendait aussi à la Saint-Pierre et à la Fête-Dieu. Saint-Servan possède encore maintenant dans sa chapelle Saint-Pierre le dernier débris de la cathédrale d'Aleth. Cette chapelle se compose d'une abside, seule partie de l'édifice primitif restée à peu près intacte ; mais on retrouve facilement à la fin du XIXème siècle, dans le jardin qui l'avoisine, les autres murs à demi écroulés de l'église Saint-Pierre de la Cité. Ces ruines montrent que la cathédrale d'Aleth, construite dans le style roman primitif, se composait d'une nef accompagnée de deux collatéraux, et terminée aux extrémités par deux absides : l'un de ces hémicycles constitue la chapelle actuelle de Saint-Pierre ; l'autre est encore bien visible à l'entrée des terrains vagues de la Cité et renferme un vieux puits : c'était vraisemblablement le baptistère. Ce plan d'église à deux absides est unique dans notre pays, croyons-nous, de sorte que cet antique sanctuaire n'est pas moins remarquable sous le rapport architectural que sous celui des lointains souvenirs. Les fouilles que l'on vient de faire dans ces ruines, en 1877, ont prouvé que l'édifice avait été incendié. Ce fut donc vers 1152 que saint Jean-de-la-Grille transféra dans l'île de Saint-Malo son siège épiscopal (abbé Guillotin de Corson).


la cathédrale Saint-Vincent (XIII-XV-XVII-XVIIIème siècle). L'église Saint-Vincent est la cathédrale de Saint-Malo jusqu'à la suppression du siège épiscopal en 1790. La nef date du XIIème siècle : elle renferme trois travées et présente six gros piliers rectangulaires qui ont été attribués à l'église du IXème siècle (mais ils datent probablement du XIIème siècle). Ces piliers sont accostés de colonnettes engagées que surmontent des chapiteaux romans : les colonnettes ont été attribuées aux réfections de Jean de Châtillon au XIIème siècle. La chaire date du XVIIIème siècle. Le portail date de 1595-1607. L'église se compose d'une nef avec deux collatéraux (XIIème siècle), d'un transept et d'un choeur (XIII-XIVème siècle) à chevet droit entouré d'un déambulatoire. La grande rose du chevet, détruite en 1693, a été remplacée tout d'abord par trois baies en plein-cintre en 1717, puis par un fenestrage néogothique en 1855 et enfin par une nouvelle rose en 1968. En 1595, l'architecte Thomas Poussin entreprend une extension de la nef et du transept. Le bras collatéral et chapelles situés au nord sont achevés en 1607. Le bras sud du transept est agrandi vers 1630. La chapelle paroissiale est greffée en 1718-1719 au collatéral sud du XVème siècle. Le premier étage de la tour commencée en 1422 ("le lundy jour de sainte Marguerite 1422 on a commencé le bastiment de la tour et pinacle de Léglise") reçoit vers 1730 un second étage couvert d'un dôme. Le second étage de la tour est entièrement repris en 1859 et le dôme est alors remplacé par une flèche néogothique entièrement détruite en 1944 et à nouveau remplacée en 1971 par une autre flèche plus élancée que la précédente. La façade ouest de la nef est plaquée d'un décor néoclassique, oeuvre de l'architecte Robert Verron, en 1772-1773. La façade du collatéral sud est percée d'une porte en 1850. Derrière le choeur se trouvent cinq chapelles sans profondeur.
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Façade Ouest : la partie centrale de l'église est de style pseudo-grec et date de 1772-1773. L'aile nord dite aile Saint-Côme est construite de 1593 à 1607. L'aile sud dite aile Saint-Julien (1461-1486) possède une porte appelée Porte de Velours qui date de 1851 ;
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Façade Nord : L'aile Saint-Côme est l'oeuvre de l'architecte Thomas Poussin (1593-1607). Le croisillon nord du transept contient sur sa face ouest la fontaine Saint-Jean ou Saint-Côme, refaite en 1719. Les trois chapelles du déambulatoire nord,
dont l'une n'est achevée qu'en 1713, datent du XVI-XVIIème siècle : la chapelle Notre-Dame de la Délivrance ou de Port de Salut (1530), la chapelle Notre-Dame (1560), la chapelle Saint-Denis, du Théologat ou de l'Ascension (1600). Une des chapelles avait été affectée à l'origine à la Confrérie des Hommes Blancs. Une fenêtre en arc brisé date du XIVème siècle ;
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Façade Est : le chevet de l'église contient trois baies en arc brisé qui en occupent toute la largeur ;
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Façade Sud : le croisillon du transept date de 1623 et présente quatre fenêtres. La face sud de la nef renferme trois pignons dissimulés en partie par une chapelle à pans coupés qui date de 1718. La tour, dont la construction remonte au XIIème siècle et qui est exhaussée en 1422, surmonte la croisée du transept. Sa flèche date de 1859-1861

Les stalles et la chaire à prêcher datent du XVIIIème siècle. Le gisant date du XIIIème siècle. L'ancienne cuve baptismale date du XIIème siècle.
Le baptistère à baldaquin date du début du XIXème siècle. La statue en bois de "Notre-Dame de la Croix du Fief" date du XVIIème siècle. La statue de "Notre-Dame de la Consolation" date de 1689. Les statues de la Foi, de saint Maur et de saint Benoît, oeuvres de Francesco Schiaffino et provenant de l'ancienne église des bénédictins, datent de 1743. Les vitraux du choeur et du transept, oeuvre de Jean le Moal et Bernard Allain, datent de 1920 ;

Note 1 : Depuis longtemps déjà l'église du monastère fondé par saint Aaron et saint Malo sur le rocher qui porte le nom de ce grand évêque, était considérée comme une annexe de la cathédrale d'Aleth. Incendiée et détruite elle-même en 811 par les troupes de Charlemagne, elle avait été reconstruite par l'évêque Hélocar et dédiée par lui au diacre martyr saint Vincent, vers l'an 814. L'évêque Benoît l'avait donnée aux religieux de Marmoutiers en 1108, et nous avons vu que le bienheureux Jean n'était parvenu qu'avec grandes difficultés à la faire rentrer dans le domaine épiscopal. Il y réussit toutefois, et il semble qu'à l'occasion de cette translation du siège épiscopal d'Aleth et de l'établissement du Chapitre régulier de Saint-Malo, saint Jean-de-la-Grille reconstruisit en tout ou en grande partie l'église dont il faisait sa nouvelle cathédrale. La nef et le carré central de cet édifice existant encore, rappellent bien le XIIème siècle, en effet : « Ils offrent dans leurs détails les caractères du style roman de transition ; les trois travées dont se compose la nef, reliées par des arcades en tiers-point, ont des voûtes à cintre brisé sur pendentifs ; chaque travée a sa voûte isolée dont la coupole dépasse le niveau de l'arc doubleau qui la sépare de sa voisine. L'arc triomphal, les arcades ouvrant sur le sanctuaire et sur les transepts affectent la forme ogivale ; des colonnes engagées à chapiteaux chargés d'ornements très-variés flanquent les massifs de l'intertransept et les piliers carrés qui supportent les arcades » (M. de la Bigne Villeneuve, Bretagne contemporaine, V, 46). Toute cette architecture correspond bien à celle du cloître des chanoines réguliers, évidemment construit vers 1152, et dont il reste encore quelques faibles débris. D'après les traditions de l'Eglise de Saint-Malo, saint Jean-de-la-Grille construisit entièrement à neuf le choeur de sa cathédrale, mais il est impossible d'admettre que cette partie actuelle de l'église soit d'une époque aussi reculée. La destruction et la réédification du choeur bâti par le bienheureux Jean, qui y fut inhumé, nous paraissent certaines, et nous nous rangeons volontiers du côté de M. de la Bigne Villeneuve, qui parle de ce monument comme il suit : « Le choeur actuel de la cathédrale de Saint-Malo n'est plus celui qu'éleva Jean-de-la-Grille. Dans l'élégance de sa structure, dans les détails de ses quatre travées percées de larges fenêtres, ornées d'un triforium dont les arcatures se subdivisent en petites arcades trilobées soutenant des rosaces en quatrefeuilles, et d'un clérestory à grandes baies partagées en compartiments par des meneaux et des colonnettes, ce choeur présente tous les caractères du XIVème siècle. Il est probable que son érection fut commencée sous Raoul Rouxelet, de la maison de Limoélan, qui gouverna l'Eglise de Saint-Malo depuis 1310 jusqu'en 1317, et terminée sous ses successeurs, Alain Gonthier et Yves du Boisboissel. Les deux premiers avaient fondé deux chapelles dans leur église » (M. de la Bigne Villeneuve, Bretagne contemporaine, V, 46). Ce choeur se termine par un chevet droit percé de trois fenêtres, dont une plus large occupe le centre et les deux autres éclairent l'extrémité des collatéraux. Il n'existe point de chapelle absidale, et primitivement il n'y avait pas non plus de chapelles le long des collatéraux du choeur. La tour, rectangulaire, supportée par les massifs du carré central, est romane à sa base ; dans l'origine, elle ne dépassait pas la hauteur du faîte de l'église. L'évêque Robert de la Motte y ajouta en 1422 quelques assises dans le style ogival fleuri ; cette oeuvre, restée inachevée jusqu'à nos jours, vient d'être terminée en 1861 par l'édification d'une élégante flèche en pierre blanche, flanquée de quatre clochetons, ajourée et décorée sur ses arêtes d'expansions végétales dans le style flamboyant. Ce plan primitif et régulier de la cathédrale de Saint-Malo, vaste rectangle divisé tout simplement en trois nefs d'égale longueur, fut transformé dans la suite par l'adjonction de plusieurs chapelles. Autour du choeur, du côté de l'épître, les chanoines de La Choue fondèrent dans la chapelle Sainte-Geneviève deux chapellenies, sur la fin du XVème siècle ; à cette époque, l'aire des collatéraux se trouvait beaucoup au-dessous de celle du sanctuaire, à cause d'une dépression très-abrupte du rocher sur lequel le choeur est construit. « Ce ne fut, dit l'abbé Manet, qu'en 1676 qu'on commença à combler cette espèce de précipice où l'on descendait par dix-sept marches, et au fond duquel le choeur avait un tiers de plus d'élévation qu'il n'a maintenant ». Dans ce collatéral méridional se trouvaient jadis les autels de Sainte-Geneviève et du Saint-Esprit ; à côté s'ouvraient la salle capitulaire, la sacristie et la cour du Chapitre ; enfin, dans ce même déambulatoire apparaît encore la tombe en marbre blanc de Mgr des Laurents. Dans le choeur même étaient deux doubles rangs de stalles formant soixante-huit sièges, et dans le sanctuaire le maître-autel, dû en 1606 à la libéralité de M. Frotet de la Landelle, consacré en 1612, reconstruit en 1753, et remplacé de nos jours par un autel en bois sculpté, de style gothique, dont le tabernacle est très-élégant. Des deux côtés de l'autel s'élevaient, dans l'origine, les tombeaux de saint Jean-de-la-Grille (nota : le sarcophage et les reliques de saint Jean-de-la-Grille ont été placés en 1839 sous le maître-autel) et de Mgr Josselin de Rohan ; auprès du siège des officiants se trouvait l'entrée d'un caveau réservé aux évêques ; cet enfeu n'était peut-être pas très-ancien et pouvait bien dater de 1677, époque à laquelle on refit tout le pavé du sanctuaire pour le mettre au même niveau que celui des déambulatoires ; ce travail fit disparaître les anciens tombeaux d'évêques et de chanoines qui se trouvaient dans cette partie de l'église. Derrière le sanctuaire, au-dessous de la grande fenêtre du chevet droit, était l'autel de Saint-Charles, accompagné de deux grandes niches renfermant des statues ou bas-reliefs qui représentaient, à droite la naissance, et à gauche la sépulture de N.-S. On y a déposé, vers 1816, le corps de saint Célestin, martyr, extrait des catacombes de Rome et donné à la ville de Saint-Malo par son dernier évêque, Mgr de Pressigny, alors ambassadeur de France près du Saint-Siège. La physionomie primitive du collatéral septentrional du choeur fut bien changée par l'adjonction de trois chapelles : « celles de Notre-Dame-de-la-Délivrance, de Notre-Dame de Lorette, dues à la piété de deux chanoines dont les noms sont inconnus. et celle de l'Ascension ou de Saint-Denis, attachée à la théologale et fondée par Olivier Dupré, receveur du Chapitre en 1600 » (Porée du Parc, Histoire ms. de la Seigneurie ecclésiastique de Saint-Malo). Au chevet de ce déambulatoire se dressaient l'autel de Saint-Eloi (antérieurement de Saint-Jean) et les petites orgues, données, en 1660, par Guillaume Le Gouverneur, grand-curé de Saint-Malo. Dans l'intertransept se trouvait une sorte de jubé ou clôture du choeur, et on y voyait adossés l'autel de Sainte-Anne et de Saint-Antoine, et celui de Saint-Joseph, flanquant l'un et l'autre la principale entrée du sanctuaire. Le transept septentrional, ainsi que son autel, dédié à saint Jean, furent commencés des deniers des habitants sur la fin du XVIème siècle et finis par eux au commencement du XVIIème siècle. Vis-à-vis s'élevait le transept méridional avec son autel du Rosaire ; « ils furent l'un et l'autre construits, dit le chanoine Porée du Parc, par Jean Potier, chanoine théologal, avec les deniers des habitants ; il les commença en 1700 avec cent écus, et l'argent ne manqua point pour finir ». La grande nef, dans laquelle nous entrons maintenant, se distinguait jadis par six autels adossés aux six piliers formant les travées ; ces autels étaient dédiés, à partir du haut de la nef, à saint Clément, — saint Malo, — saint François, — saint Christophe (nota : cette chapellenie de Saint-Christophe, fondée par Pierre Guillaume, remontait au 24 mai 1497), — Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle — et saint Etienne. Au bas de cette nef se trouvaient les grandes orgues, demandées et payées par les habitants au milieu du XVème siècle (Porée du Parc, Histoire ms. précitée) ; au-dessous s'ouvre le principal portail de la cathédrale. Ce portail, construit dans le style pseudo-grec du temps, fut l'oeuvre de Mgr des Laurents, qui proposa à son Chapitre de l'édifier à ses frais. Le 8 mai 1772, M. Nouail, vicaire général, posa, au nom du prélat, la première pierre de cette façade occidentale et y plaça une plaque de cuivre portant ces inscriptions ; d'un Côté : LUDOVICO XV FELICITER REGNANTE, FRONTEM ET MAJUS OSTIUM HUJUS BASILICAE, MUNIFICENTIA SUA A FUNDAMENTIS EXCITAVIT ILLUSTRISS. ET REVERENDISS. IN CHRISTO P. D. D. ANTONIUS–JOS. DES LAURENTS EPISCOP. MACLOVIENSIS, ANNO MDCCLXXII ; de l'autre côté, les armoiries du prélat : d'or à deux branches de palme adossées de sinople, avec ces mots : DIE VIII MAII PRIMUM LAPIDEM POSUIT V. NOUAIL V. G. PRAECENTOR ET PROCURATOR D. D. EP. MACL. L'écusson de Mgr des Laurents fut aussi placé au haut du frontispice, qui fut achevé en 1773 et coûta 18.500 livres à l'évêque de Saint-Malo (Abbé  Manet, Grandes recherches ms.). Le bas-côté ou petite nef du Nord fut construit de 1593 à 1607, dans le style de la renaissance en ordre dorique ; cette partie de la cathédrale, en grande partie l'oeuvre de l'architecte Poussin, se nommait anciennement l'aile Saint-Cosme. On y voyait en effet, au haut, adossé à un pilier, l'autel Sainte-Barbe, puis dans trois chapelles descendant le long de la nef, les autels du Mont-Carmel ou des Ames du Purgatoire, — de Saint-Cosme et Saint-Damien (voisin d'une porte nommée porte Saint-Cosme) — et du Sacré-Coeur (nota : Mgr des Laurents établit en 1767 la fête du Sacré-Coeur de Jésus dans tout son diocèse) ou de Saint-Mathieu ; la voûte de cette dernière chapelle, renfermant les fonts baptismaux, fut refaite en 1713. Enfin, au bas de ce collatéral du Nord se trouvait une porte qu'on appelait porte de Saint-Malo ou des Evêques, parce qu'elle conduisait directement au manoir épiscopal. Le bas-côté ou petite nef du Midi, bien moins considérable en lui-même, avait cependant une importance particulière, comme nous allons voir. Construite en partie par le chantre Olivier Troussier, en 1461, cette nef fut presque totalement remaniée plus tard, surtout lorsqu'on y adjoignit la grande chapelle du Saint-Sacrement, en 1718. Jusqu'à cette époque, l'office paroissial s'était fait à l'autel de Saint-Malo, placé au haut de la grande nef ; mais au siècle dernier on construisit cette chapelle du Saint-Sacrement pour servir d'église de paroisse, et l'on bâtit à côté une sacristie pour les prêtres chargés de la desservir. Au haut de cette nef méridionale se trouvait aussi l'autel Saint-Julien, et au bas existe encore une vieille porte qui s'appelle toujours porte du Cloître ; elle conduit dans une petite cour renfermant les derniers débris du cloître des chanoines réguliers, construit vers 1152. Au centre de ce cloître était jadis un très-ancien puits, et tout autour s'élevaient des maisons prébendales. Telle était et telle est encore, à peu de chose près, la physionomie de l'église jadis cathédrale, aujourd'hui simplement paroissiale de Saint-Malo. Depuis bien des siècles saint Vincent martyr en est le titulaire, mais saint Malo est le patron du lieu. Le Chapitre de Saint-Malo se chargeait avec l'évêque de l'entretien du culte dans la cathédrale, et, comme nous l'avons vu précédemment, lorsqu'il déclara, en 1790, posséder un revenu net de 36.898 livres 12 sols 4 deniers, il comprenait dans cette somme les rentes de l'obiterie, de la fabrique et de la psal­lette, affectées tout particulièrement au service de la cathé­drale. D'après un autre compte de la même époque, l'obiterie, c'est-à-dire les émoluments des obits ou services et messes célébrés pour les défunts, montaient, en 1790, à 9.149 livres 2 sols, et les charges à 1.136 livres 18 sols 8 deniers ; de sorte qu'il restait une somme nette de 8.057 livres 3 sols 4 deniers à partager entre le haut et le bas-choeur (nota : ces chiffres sont certainement exagérés, car ils sont extraits d'une Déclaration faite par l'administration municipale, qui présente le total des revenus du Chapitre comme étant nets de 47.627 livres 13 sols 3 deniers, tandis que nous avons vu que le Chapitre n'avait déclaré que 36.898 livres 12 sols 4 deniers. Nous n'avons pas trouvé dans les Archives d'autre déclaration détaillée de l'obiterie, de la fabrique et de la psallette, ce qui nous oblige à nous servir de celle-c). Parmi les principales fondations faites à la cathédrale de Saint-Malo, nous devons signaler celle du duc Jean II, faite en 1288 pour l'anniversaire du feu duc Jean Ier, son père ; — l'obit des seigneurs de Châteauneuf, fondé en 1432 ; — la fondation d'une grand'messe tous les vendredis, faite par la reine-duchesse Anne de Bretagne en 1513 ; — « la fondation commémorative de la prise du château de Saint-Malo par les habitants en 1590 », ratifiée en 1593 ; — la fondation faite en 1701 « pour le retour de l'Angleterre à la religion catholique » ; — celle des saluts de Noël faite en 1714 par le grand-chantre Porée du Parc, etc., etc. (abbé Guillotin de Corson).

Note 2 : Nous avons dit qu'en 1319 le Souverain-Pontife, établissant le nouveau Chapitre séculier de Saint-Malo, ordonna qu'aux cinq chapellenies fondées précédemment dans la cathédrale, dix autres chapellenies fussent ajoutées. Durant le moyen-âge, d'autres fondations de ce genre furent également faites, et en 1757 nous trouvons vingt-six chapellenies et prestimonies desservies dans la cathédrale ; voici leurs noms : les chapellenies de Sainte-Catherine, — Sainte-Anne, — Saint-Yves, — Sainte-Geneviève, — les Soupes,— Saint-Christophe, —  autre Sainte-Geneviève, — Saint-Brieuc, — Saint-Julien, —  La Fosse, — Saint-Pierre ou les Gilbert, — Notre-Dame, —  Saint-Antoine, — Saint-Thébault, — Saint-Pierre de Langrolay, — Saint-Louis, — Saint-Thomas, — les Billards, —  les Boulains, — les Duprés, — les Poinctels, — les Girards, — la Roche-Angot, — les prestimonies des Pinniers, —  du Tertre-Janson, — de la Gervaisais, etc. (Pouillé ms. de Saint-Malo - Registre capitulaire). Le revenu de la fabrique de la cathédrale, avec celui des confréries qu'on y avait réuni, montait, en 1790, à la somme totale de 6.520 livres 3 sols 11 deniers, avec 612 livres 14 sols de charges ; partant, restait net 5.907 livres 9 sols 11 deniers pour l'entretien de l'édifice. Une partie de ce revenu de la fabrique provenait du droit de chape, établi comme il suit en 1782 : chaque nouveau dignitaire paie 50 écus, chaque nouveau chanoine autant, et chaque semi-prébendé 25 écus pour chapes dues à la fabrique le jour de sa réception au Chapitre (Registre capitulaire). Nous avons retrouvé un Inventaire du mobilier de la cathédrale appartenant à la fabrique qui offre un grand intérêt ; quoiqu'il n'ait pas de date, il semble bien avoir été dressé en 1790 ; nous en extrayons ce qui suit au chapitre de l'argenterie : « Une croix en vermeil renfermant un morceau de la Vraie Croix ; — deux grandes fiertes ou châsses quarrées, en forme d'églises, revêtues de tous côtés de lames d'argent ciselées en fleurs, colonnes et figures relevées en bosse, et dont une très-ancienne a été autrefois dorée, lesquelles sont remplies, l'une des reliques de saint Malo, l'autre des reliques de divers saints ; — deux autres châsses plus petites, de même forme, aussi couvertes de toutes parts de lames d'argent ciselées de la même manière, dont une fort ancienne et autrefois dorée, et aussi remplies de diverses reliques ; — deux chefs ou bustes d'argent, fort légers, qui renferment les testes ou crânes de saint Aaron et saint Honorat ; — deux bras de bois avec les mains, revêtus d'argent ouvré, renfermant des ossements des bras de saint Malo et saint Aaron ; — deux petites figures de saints, fort légers, dont une en forme d'évesque portant en main une coste de saint Malo sous verre, et l'autre en forme et habit de juge, portant en main une relique de saint Yves ; — deux croissants montés chacun sur un pied en forme de croix, dont un de vermeil, et renfermant sous verre l'un une coste de saint Guillaume et l'autre une coste de saint Gaud [nota : « Tous ces reliquaires, donnés anciennement par différents évêques et particuliers, et armoyés de leurs escussons, se mettent les jours de grandes festes sur l'autel, qui d'ailleurs est fort nud, sans contre-table ni autre ornement que deux grandes statues de bois et une crosse aussi de bois doré au milieu, au haut de laquelle est le pavillon ou suspension où se garde le Saint-Sacrement ». (Inventaire)] ; — un autre reliquaire de vermeil, en forme d'église ronde, travaillé et orné de figures, et renfermant une relique considérable ; — un autre reliquaire en forme d'évesque, sur un piédestal d'ébène, qui tient en main des reliques sous verre ; — vingt autres très-petits tant reliquaires que croix et figures de vierges et de saints, quelques-uns dorés, qui renferment la plupart des reliques sous cristal et que chacun de messieurs les chanoines porte à la main aux processions les jours de grandes festes ; — quatre livres d'épistres et évangiles, dont deux écrits en caractères anciens et gothiques, les deux autres écrits à la main, tous quatre de bois, revêtus de lames d'argent ouvrées et ciselées en fleurs et figures relevées en bosse, et deux desquels ont été autrefois dorés ; lesquels livres ont été donnés par des évesques très-anciennement et sont armoiés de leurs escussons. Ils se mettent sur l'autel avec les reliques les jours de grandes festes et servent à chanter l'épître et l'évangile ; — une grande croix d'autel avec son Christ, ciselée et ouvrée ; — six chandeliers d'autel et deux autres pour les céroféraires, ciselés et ouvrés ; — une niche avec une glace et deux anges soutenant une couronne pour exposer le Saint-Sacrement ; —un petit ostensoir rond, de vermeil, qui sert de soleil, au milieu duquel on met la Sainte-Hostie ; — une custode ou ciboire fermé, très-antique, de vermeil ; — un ciboire doré en dedans ; — deux croix de moyenne grandeur, fort anciennes, de vermeil, dont l'une renferme des reliques, qui servent sur l'autel et sont portées aux processions par le célébrant aux festes moins solennelles et les dimanches et jours ordinaires ; — quatre instruments de paix, ciselés, dont trois sont dorés, qui servent à porter au choeur le baiser de paix ; — une grande croix de procession, dorée, avec son Christ, et dont le fust est ciselé mais non doré ; — une autre croix unie, moins grande, sans Christ ; — un baston cantoral dont la lanterne ou le haut est doré et le fût ciselé mais non doré ; — une autre lanterne de baston cantoral dorée ; — le haut d'une crosse épiscopale ; — quatre encensoirs avec leurs navettes ; — trois lampes, dont une grande et deux moyennes, armoiées aux écussons de ceux qui les ont données, lesquelles sont suspendues dans le choeur devant l'autel et brûlent jour et nuit devant le Saint-Sacrement ; — un grand bénitier ciselé et ouvré, avec son goupillon ; — un autre fort petit bénitier, armoié, de vermeil ; — deux tasses unies qui servent à mettre les cendres ; — deux masses revêtues d'argent et ciselées, surmontées de fleurs de lys, pour les deux bédeaux ; — deux grands calices, avec leurs burettes, cuvettes et sonnettes, le tout en vermeil et armoirié ; — neuf calices, la plupart fort anciens, armoiriés et dorés, pour le service de MM. les chanoines ; — cinq autres calices ; — dix couples de burettes, avec les dix cuvettes, dont deux sont dorées et ouvrées » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine). Telle est l'énumération des objets en argent possédés en 1790 par la fabrique de Saint-Malo. Cet inventaire, qui nous semble si riche, est accompagné cependant d'une note ainsi conçue : « Nota. Le Chapitre de Saint-Malo envoya en 1759 66 marcs 6 onces 2 gros et demi d'argent à la Monnaie pour les besoins de l'Etat ». Qu'on juge par là de ce que devait être au moyen-âge le trésor de cette église ! Dans le reste de l'Inventaire, beaucoup moins curieux, nous noterons encore les objets suivants : « Dans le choeur et à l'entrée du sanctuaire, trois très-grands candélabres de cuivre qui y restent toujours et un aigle ou grand lutrin ; — trois beaux missels reliés en maroquin, dont les coins sont garnis d'argent, et un livre d'oraisons pour l'officiant relié en velours vert garni d'argent ; — six parements ou devant d'autel tissus ou brodés en or, dont plusieurs très-antiques ; — cinq ornements complets avec dalmatiques, et seize chapes, tous tissus ou brodés en or et argent ; — quatre petites tuniques, dont deux de tissu or et argent et deux de damas rouge et blanc, pour les enfants de choeur qui servent à l'autel à la grand'messe des fêtes solennelles ; — huit ou dix pièces de tapisseries vieilles, de haute lice, et deux grands rideaux pour le choeur, l'un de velours d'Utrecht et l'autre d'ancienne mocade, etc. ». Si le maître-autel de la cathédrale était richement décoré, les autres autels n'étaient pas non plus sans ornements ; ainsi nous retrouvons dans le même Inventaire : une croix et une lampe d'argent à l'autel Saint-Malo ; — une croix, six chandeliers et trois lampes d'argent, une statue de la Sainte Vierge, aussi en argent, avec quatre chapelets garnis d'or et d'argent, une couronne et un coeur d'argent à l'autel du Rosaire (nota : au même autel "huit pièces de tapisseries représentant les mystères qui concernent la Sainte Vierge") ; — une croix d'argent à l'autel Saint-Jean ; — une croix et une lampe d'argent à l'autel de Notre-Dame-de-Délivrance ; — une lampe d'argent à l'autel de Notre-Dame de Lorette, etc. Enfin, l'Inventaire se termine en nous apprenant qu'il y avait encore à cette époque un certain nombre d'autres autels ayant « leur argenterie » qui n'appartenait pas à la fabrique, mais à des confréries ou corporations particulières. Nous nous rappelons, sans doute, qu'en 1319 le pape Jean XXII ordonna que le Chapitre de Saint-Malo aurait quatre enfants de choeur, à 100 sols de gages chacun : telle fut l'origine de la psallette, à laquelle le pape Léon X unit, le 18 août 1515, une prébende entière du Chapitre, afin qu'elle pût se composer de six enfants. Plus tard, vers 1623, deux chanoines, Jean Potier et Jean d'Artois, firent une fondation dont les revenus furent affectés à l'entretien de deux autres enfants de choeur, de sorte que depuis lors jusqu'à la Révolution, la psallette de Saint-Malo se composa de huit enfants sous la conduite d'un maître. En 1729, Mgr des Maretz retira à la psallette les revenus de la prébende que Léon X lui avait annexée, et il affecta à cette institution les honoraires de trois chapellenies du choeur et de six chapellenies hors du choeur fondées en la cathédrale (Archives départementales). La psallette jouissait aussi d'une maison appartenant au Chapitre et dans laquelle étaient élevés, nourris et instruits les enfants de choeur. En 1790, la municipalité de Saint-Malo prétendait que les revenus de la psallette étaient de 2.264 livres 19 sols, avec 89 livres 12 sols de charges, ce qui lui donnait la somme nette de 2.175 livres 7 sols. Le personnel de la cathédrale de Saint-Malo était naturellement assez nombreux ; voici comment il était composé lorsqu'éclata la Révolution : L'évêque et ses grands-vicaires ; le doyen du Chapitre, les deux archidiacres et le grand-chantre ; — le théologal et le pénitencier ; — dix simples chanoines ; — quatre semi­prébendés ; — le chanoine grand-curé, ou vicaire perpétuel, et ses trois curés ; — le précepteur ; — le sous-chantre ; — les diacre et sous-diacre d'office ; — le confesseur du Chapitre ; — le prédicateur de la dominicale ; — dix chapelains ; — huit bacheliers et choristes ; — le maître de psallette et ses huit enfants de choeur ; — l'organiste et ses musiciens ; — le prêtre sacriste ; — le custode et son garçon de sacristie ; — le porte-croix ; — deux massiers — et un sonneur de cloches. Ce qui constituait une réunion d'environ soixante-dix personnes au moins employées dans les grandes fêtes au service de l'église cathédrale (Archives départementales). Nous avons trouvé peu d'usages particuliers à l'Eglise de Saint-Malo ; il est vrai qu'il ne nous est rien parvenu de ses anciens manuscrits, ni obituaires, ni livres d'usages. Nous savons seulement que les chanoines avaient plusieurs processions, fondées aux fêtes de saint Joseph, de l'Annonciation, de saint Jean, du Samedi-Saint, etc. Ils faisaient aussi très-solennellement les processions du Sacre et des Rogations ; ils portaient les reliques de saint Malo, pour obtenir un temps favorable aux biens de la terre, tantôt aux chapelles de Saint-Sauveur, Saint-Thomas, Saint-Aaron et Notre-Dame-de-Grande-Puissance, tantôt aux églises conventuelles des Bénédictins, des Récollets, des Bénédictines et des Ursulines. Enfin ils payaient un déjeuner au bas-choeur à chaque procession des Rogations et lui faisaient une distribution de vin le jour de la fête des Rois(Registre capitulaire). La cérémonie du Lavabo se faisait aussi avec solennité à la cathédrale le Jeudi-Saint. En 1322, l'évêque Alain Gonthier ordonna qu'elle serait faite désormais par lui-même et par ses successeurs en personne, ou, à leur défaut, par le doyen du Chapitre ; treize pauvres devaient être choisis à cet effet, et, après leur avoir lavé les pieds, l'évêque devait leur remettre à chacun une paire de souliers neufs (M. Robidou, Panorama d'un beau pays, p. 124). Le même jour avait lieu à la cathédrale la rentrée solennelle des pénitents mis hors l'église le jour des Cendres ; c'est ce que nous apprend le Pontifical de Mgr Bohier (Conservé à la Bibliothèque Nationale). Enfin, à la fin du XVIème siècle, l'évêque Jean du Bec fonda une procession solennelle à la chapelle Saint-Thomas le Vendredi-Saint dé chaque année ; ce jour-là, le Chapitre de Saint-Malo se rendait après ténèbres à ce sanctuaire et y écoutait le sermon de la Passion. Lorsque les Malouins se furent emparés, en 1590, du château de Saint-Malo, que tenait, pour le roi de Navarre, le comte de Fontaines, le Chapitre arrêta « que le jour Saint-Grégoire, par chacun an, au temps advenir sera faite une procession générale en commémoration de la victoire qu'il a plu à Dieu donner aux bourgeois de cette ville par la prise du château de cette ville par les habitants » (M. Robidou, Panorama d'un beau pays, p. 208). Un magnifique Missel romain, ms. sur vélin, à l'usage du diocèse de Saint-Malo, fait partie de la bibliothèque du cardinal Saint-Marc léguée au Grand-Séminaire de Rennes. C'est une oeuvre du XVème siècle ; il est orné d'écussons aux armes pleines de Bretagne, de belles lettres torneures et d'encadrements en feuillages et fleurs bleus et rouges rehaussés d'or ; il nous apprend qu'à cette époque on célébrait solennellement, le 11 juillet de chaque année la translation du corps de saint Malo, le 30 octobre la dédicace de l'église de Saint-Malo, et le 15 novembre la fête de ce même saint évêque. Voici, du reste, quelles étaient les cinquante-six fêtes chômées ou d'obligation dans le diocèse de Saint-Malo en 1618 : Circoncision de N.-S., — Epiphanie de N.-S., — saint Fabien et saint Sébastien, — saint Vincent, martyr, — Conversion de saint Paul, — saint Jean-de-la-Grille, — Purification de N.-D., — saint Mathias, — Annonciation de N.-D., — saint Marc, — saint Philippe et saint Jacques, — saint Yves, — saint Barnabé, — saint Méen, — saint Aaron, — Nativité de saint Jean-Baptiste, — saint Pierre et saint Paul, — Visitation de N.-D., — Translation de saint Malo, — sainte Magdeleine, — saint Jacques, — sainte Anne, — Transfiguration de N.-S., — saint Laurent, — Assomption de N.-D., — saint Barthélemy, — saint Augustin, — Nativité de N.-D.,—  Exaltation de la Croix, — saint Mathieu, — saint Michel, —  saint Luc, — saint Simon et saint Jude, — Dédicace de Saint-Malo, — Toussaints, — Commémoration des Morts, — saint Martin de Tours, — saint Malo, — Présentation de Notre-Dame, — saint André, — saint Nicolas, — Conception de N.-D., — saint Thomas, — Nativité de N.-S., —saint Etienne, — saint Jean-l'Evangéliste, — saints Innocents, — Pâques et les deux jours suivants, — Ascension de N.-S., — Pentecôte et les deux jours suivants, — solennité du Sacre, — Fête patronale (nota : Statuts du diocèse de Saint-Malo, édictés par Mgr Le Gouverneur. — De toutes ces fêtes, celles dont le nom est ici en lettres italiques n'étaient, en 1618, d'obligation qu'a Saint-Malo même, et seulement de dévotion dans le reste du diocèse. De plus, les jours des Cendres, du Jeudi et du Vendredi-Saint étaient fêtes d'obligation jusqu'à midi, aussi bien que le jour de la visite pastorale faite en chaque paroisse par l'évêque). Nous terminerons ce chapitre par quelques détails sur la tenue du synode diocésain, réuni, de temps immémorial, les premiers jeudis après la Pentecôte et après la Saint-Luc. L'évêque de Saint-Malo tenait son synode dans un lieu qu'il désignait à l'avance, « car en chaque synode doit être faite indiction du lieu où se célèbrera le synode subséquent » (Statuts du diocèse de Saint-Malo). C'était presque toujours, au XVIIIème siècle, alternativement au Séminaire de Saint-Servan et au Séminaire de Saint-Méen. Voici comment Mgr Le Gouverneur définit le synode dans ses Statuts de 1618 : « Les saints canons, conciles et décrets obligent les évêques d'assembler deux fois l'an, chacun en son diocèse, les abbés, prieurs, recteurs et autres bénéficiers : à raison de quoi telle assemblée est par excellence appelée synode, où tous doivent se présenter et ranger en toute modestie, honnesteté et devotion, pour, après l'invocation du Saint-Esprit, rendre compte de leur charge et de la vie de leurs paroissiens, traiter et conférer avec leur évêque du régime de l'Eglise, à la gloire de Dieu, pourvoir aux choses qui concernent la discipline ecclésiastique, la censure des moeurs, la correction des vices, l'instruction des âmes, ouïr et décider les plaintes et controverses qui s'y peuvent juger, délibérer aux occurrences des affaires du clergé, donner ordre que le service divin soit bien et duement célébré et les sacrements décemment administrés, empescher que les dogmes hérétiques, les blasphèmes, les impudicités, les sortilèges, les divinations, les enchantements, les superstitions et autres ouvrages diaboliques n'infectent le diocèse ; bref, faire disquisition et discussion de toutes défectuosités et dépravations, afin d'y apporter les remèdes opportuns et nécessaires. Desquelles choses les doyens ruraux et les recteurs mesmes , comme enfants d'obédience, apporteront mémoires au promoteur, outre la dénonciation et récit qu'ils en feront à l'évêque » (Statuts du diocèse de Saint-Malo, p. 101). Tous les bénéficiers, abbés, archidiacres, doyens, recteurs et prieurs, devaient assister au synode. En 1350, Mgr Benoît menaça d'excommunication et frappa d'une amende de 100 sols tous ceux qui, devant assister au synode, y manqueraient par leur faute sans se faire excuser. Ces peines furent confirmées par les évêques Robert de la Motte en 1402, Jean Lespervier en 1460, et Denis Briçonnet en 1525 et 1531. Mgr Le Gouverneur, n'attachant pas moins d'importance à ces saintes assemblées, condamna en 1618 celui qui, sans raisonnable excuse, ne paraîtrait pas au synode : il le frappa d'une amende de 6 livres applicable aux églises et le « déclara, eo ipso, suspens a divinis, durant les trois semaines suivant immédiatement le synode auquel il aurait défailly ». Les prêtres venant au synode devaient apporter avec eux le livre des Statuts du diocèse, d'abord celui composé par ordre de l'évêque Pierre Benoît en 1350, plus tard celui que publia Mgr Le Gouverneur en 1618 ; ils devaient, de plus, se trouver au lieu désigné pour le synode « dès le matin, summo mane, en habit décent et à jeun, pour plus devotement ouïr, retenir, practiquer et accomplir ce qui seroit lu, dit, enjoinct ou défendu ». Enfin, l'évêque leur défendait sous peine d'excommunication, ipso facto, de sortir du synode sans sa permission, avant que le Te Deum fût chanté et que l'archidiacre eût dit à haute voix : Recedamus in pace (voir Statuts du diocèse de Saint-Malo, p. 119 et 120) (abbé Guillotin de Corson).

Note 3 : Voici ce que dit le Pouillé de Rennes :  Le culte paroissial de Saint-Malo s'est toujours fait dans l'église cathédrale, dédiée à saint Vincent, martyr. Jusqu'au commencement du XVIIIème siècle, cet office de la paroisse fut célébré à l'autel de Saint-Malo, placé au haut de la grande nef ; mais en 1718 on adjoignit au collatéral du Sud une grande chapelle, dite aujourd'hui du Sacré-Coeur, que l'on consacra spécialement au service de la paroisse, et l'on bâtit à côté une sacristie également réservée au clergé paroissial. Comme nous avons décrit avec détails l'église cathédrale de Saint-Malo, nous ne nous répèterons point ici ; nous dirons plutôt quelques mots des confréries qui se réunissaient en cette église. La plus célèbre de ces pieuses associations était celle de Saint-Jean-Baptiste, dite des Frères Blancs, fondée en 1240 par Geoffroy, évêque de Saint-Malo. Cette confrérie avait une maison donnée vers 1377 par le capitaine Jean Morfouace, et appelée l'Abbaye Saint-Jean, parce que le chef de l'association prenait le titre d'abbé. Les statuts des Frères Blancs, édictés en 1348 et revus en 1543, sont très-intéressants ; on y voit que les confrères portaient en cérémonie un surcot de laine blanche avec un chaperon et une étole également de laine blanche ; qu'ils élisaient leurs maîtres-prévôts à la fête de saint Jean-le-Bouillant ; qu'ils se réunissaient pour dîner le jour de leur fête patronale et servaient alors aussi un repas aux pauvres ; que ce même jour ils devaient avoir des « chapeaux de fleurs » ; qu'ils se rendaient processionnellement à Saint-Thomas, etc.. (Voir le Collectionneur breton, III, 156). A cette confrérie de Saint-Jean fut unie celle du Saint-Sacrement; mais un décret épiscopal daté du 21 mai 1785 désunit ces deux associations et supprima la première, dont les revenus furent affectés à l'entretien de la Marmite des pauvres tenue par les Filles de la Charité ; ce qu'approuva le roi par lettres patentes de novembre 1786 (Archives du Parlement de Bretagne). Quant à la confrérie du Saint-Sacrement, la fabrique fut chargée d'administrer ses biens. Comme celui de Saint-Jean, le prévôt du Saint-Sacrement portait en 1765 le titre d'abbé. La confrérie du Rosaire fut érigée dans l'église de Saint-Malo en 1631, et quelques années plus tard s'y forma, en juillet 1664, une association de prêtres qui prit le nom de confrérie de Saint-Charles-Borromée ; mais cette dernière fut supprimée en 1752, tandis que la première subsiste toujours à la fin du XIXème siècle. Enfin, presque tous les artisans et les marchands de Saint-Malo formèrent des associations qui prirent aussi le nom de confréries ; ils se placèrent : les portefaix sous le patronage de saint Christophe (1619), les écrivains, peintres et vitriers sous celui de saint Luc (1635), les charpentiers sous celui de saint Joseph (1677), les tisserands sous celui de saint Fiacre (1679), etc. Nous ignorons les patrons que choisirent les confréries des cordonniers (1475), des forgerons (1507), des tailleurs (1536), des bouchers (1679), etc., mais voici quelques détails généraux sur ces diverses associations : « Chacune d'elles, dit l'abbé Manet, avait dans la cathédrale de Saint-Malo son autel et son chapelain particulier. Durant le cours de l'année, tous les confrères mettaient en bourse pour amasser de quoi solenniser avec toute la pompe possible leur fête patronale. Lorsqu'il fallait assister à quelque procession générale, chacun de ces corps de métier se réunissait et marchait en grande tenue sous l'enseigne ou bannière de son saint, bannière qui communément n'était autre chose qu'une petite statue du bienheureux fichée au haut d'un bâton orné de fleurs et de rubans. Le jour de la fête du patron, l'on se rassemblait dans la matinée chez le prévôt de la confrérie et l'on se rendait en cérémonie à l'église pour y assister à une grand'messe, ainsi qu'à la bénédiction qui s'y faisait de petits gâteaux qu'on distribuait ensuite à ses connaissances. L'après-midi on y retournait pour entendre le sermon et les vêpres, et quand on était rendu au Magnificat et que les musiciens s'apprêtaient à chanter le verset "Deposuit potentes de sede", le prévôt sortant d'exercice remettait à celui qui allait entrer en charge à sa place pour l'année le bâton et l'image dont nous avons parlé ; c'était l'unique cérémonial de son installation, et cela s'appelait en langage d'alors faire le "Deposuit". Le tout se terminait par reconduire en grand appareil le nouveau bâtonnier à sa maison, où il était tenu de donner à ses confrères et aux musiciens une collation sur la bourse commune » (Grandes recherches ms.). Après la Révolution, l'ancienne cathédrale de Saint-Malo, ayant perdu son évêque et son Chapitre, devint une simple église paroissiale. Mais le 13 février 1880, Léon XIII, rétablissant le titre d'évêque de Saint-Malo en faveur de l'archevêque de Rennes, rendit également à l'église Saint-Vincent de Saint-Malo son titre de cathédrale. Mgr Place, archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo, vint alors prendre possession de cette église très-solennellement le 17 juillet 1880. Depuis cette époque, l'habit de choeur des vicaires de Saint-Malo se compose d'un rochet à manches étroites avec camail noir sans fourrures (nota : les mêmes privilèges ont été accordés à la même époque à l'église et aux vicaires de Dol. — Quant aux archiprêtres de Dol et de Saint-Malo, ordinairement chanoines honoraires, ils en portent les insignes ; ils peuvent, en outre, revêtir la mozette garnie d'une bande de fourrure qui vient d'être concédée en 1883 à tous les curés-doyens du diocèse de Rennes).

Note 4 : le 11 mars 1431, furent présentées au chapitre les bulles du pape portant la promotion de Guillaume de Montfort évêque de Saint-Malo, à la dignité de Cardinal sous le nom de saint Anastase. Le 23 janvier 1434, Pierre de Belouan est en charge de la garde des murailles. Le 13 janvier 1438, on commence les orgues. Le 10 juillet 1497, Jacques Cardinal "papiensis" est reçu archidiacre de Dinan suite au décès de Josselin Ruffier. La chapelle du Boyer est fermée en février 1484. Le 1er février 1491 "Pierre de Laval archevêque et duc de Rheins commandateur perpetuel de Lévèché de Saint-Malo confirme les officiers de la ville qui sont : Bertran Martin receveur, Jean May controlleur, Pierre Picot miseur, Allain Barbier, Ollivier du Tertre, Henry Bastar de Treal et Guillaume Amiot portiers. Nam (?) Lucas, Roulet de Lourme, Perrot le Fort et Bertelot Blanche, chevalliers, et Guillneamin Gauire cannonier". Le 9 juillet 1494, "Lettres du roy du 17 juin portant octrois de lever 300 l. par leurs députés Bertan Martin et Richard Cheville le jour de saint Jan pour convertir en aumônes". Le 27 avril 1498, Jean archevêque de Tarse est reçu archidiacre de Dinan. Le 27 mai 1583 "Jan Grout Villesnouveaux a fait don de deux chandeliers de cuivre pour être mis au devant l'autel du choeur"

le cloître de la cathédrale Saint-Vincent (XIIème siècle), occupé par des chanoines jusqu'au XIVème siècle (date de sa sécularisation en 1319). Les chanoines occupèrent ensuite des maisons situées dans le Pourpris. Le Pourpris était clos au milieu du XVIIème siècle et comprenait plusieurs maisons dont la Maison du Doyenné, celle de la Psallette, de la Pénitence et de la Théologale ;

l'ancienne chapelle Notre-Dame-de-Grande-Puissance construite en 1541 par des Récollets venus de Césembre et détruite en partie en 1792. Elle est aujourd'hui sécularisée. Les marins y portaient de nombreux ex-votos. La Montée, le Corps de Garde et la tour Notre-Dame, situés à côté, en rappellent le souvenir. Appelée aussi Notre-Dame-de-Bon-Secours ou Notre-Dame-en-Ville, pour la distinguer de la Notre-Dame-des-Anges, cette chapelle fut bâtie au bout de la rue du Boyer et bénite au mois d'août 1541. Elle appartenait à la fabrique de la cathédrale et était desservie par un chapelain nommé alternativement par l'évêque et le Chapitre. Le 27 juin 1543, il fut réglé entre Mgr Bohier et ses chanoines que ce prélat n'y aurait droit qu'au quart des oblations. Notre-Dame-de-Grande-Puissance n'avait de revenu foncier qu'une maisonnette voisine, valant 40 livres 15 sols de revenu net, et un petit bailliage assis au village de la Piédevacherie, en Saint-Servan, rapportant 8 boisseaux 9 godets de froment et 19 sols 6 deniers d'argent. Le chapelain avait entre autres charges celle de dire douze messes basses par an à l'autel du Saint-Esprit, en la cathédrale. Le jour de l'Assomption on célébrait une grand'messe à Notre-Dame, qui servait souvent par ailleurs de station dans les processions générales. « Les marins y accomplissaient fréquemment des voeux, y venant en chemise et pieds nuds, un cierge à la main ; ils y assistaient alors à une messe dite à leur intention, et leur chef y racontait tout haut le danger auquel ils avaient échappé par l'intercession de la Sainte Vierge ; puis, se prosternant à terre, ils laissaient leurs cierges dans le sanctuaire et se retiraient » (l'abbé Manet, Grandes recherches ms.). C'était là aussi que les femmes de Saint-Malo avaient coutume de venir faire leurs relevailles après leurs couches. La dévotion des Malouins pour Notre-Dame-de-Grande-Puissance avait rempli d'ex-voto cette petite chapelle. Un inventaire constate qu'en 1790 on y voyait « une croix d'autel, quatre chandeliers, une lampe, deux couronnes, deux sceptres, un calice et sa patène, le tout en argent massif, et une petite statue de la Sainte Vierge aussi en argent, sur un piédestal d'ébène » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, fonds de Saint-Malo). Cette chapelle a été détruite en 1792, mais à côté se trouve encore une tour dite de Notre-Dame, et la porte de ville voisine s'appelait naguère porte de Bon-Secours (Pouillé de Rennes) ; 

l'église Saint-Michel de Rothéneuf (1866-1958) ;

l'église Notre-Dame-des-Grèves ou Notre-Dame-Auxiliatrice (1872-1937). Elle est, semble-t-il, encore appelée l'église de Rocabey. Cette église, bâtie près des grèves du Talard, en un lieu appelé Rocabey, a été bénite par Mgr Saint-Marc le 18 avril 1872. C'est un édifice ogival composé de trois nefs construites avec goût. Entre ses deux tours s'élève une statue de la très-sainte Vierge, bénite en 1884. Dans la nef septentrionale est une inscription gravée pour honorer la mémoire de M. Jean Huchet, archiprêtre de Saint-Malo, fondateur de l'église. Ce vénérable curé de Saint-Malo a été inhumé en 1878 dans l'église Saint-Vincent ; son tombeau, orné de sa statue, est l'oeuvre du sculpteur M. Valentin ; il y est représenté agenouillé et priant (Pouillé de Rennes) ;

l'ancienne Chapelle Notre-Dame des Anges ou du Marais qui datait de 1724. Bénite le 5 novembre 1724 et construite dans les marais du Talard, cette chapelle, regardée comme une sorte de succursale de Saint-Malo, était desservie au XVIIIème siècle par le quatrième vicaire de la paroisse, créé à cet effet. Les habitants de Paramé ayant prétendu que Notre-Dame-du-Marais se trouvait sur leur territoire, les Malouins obtinrent un arrêt daté de 1753 et leur adjugeant cette chapelle. C'était la station ordinaire des processions de Saint-Malo aux Rogations et à la Saint-Marc. Ce petit sanctuaire, situé près de la belle allée d'arbres appelée Chemin-Pavé, n'existe plus maintenant (Pouillé de Rennes). Près d'elle, se trouve le cimetière (1779) appelé longtemps le Cimetière des Marais ou Clos à Pihuit ;

l'église Sainte-Croix (XVIIIème siècle), remaniée en 1840. Elle se situe à l'emplacement de l'ancienne église qui datait du XVIème et XVIIème siècles. Commencée en 1715 sur un projet d'Amédée François Frézier (ingénieur du roi), l'église est complétée dès 1716 par l'architecte malouin Jean Datour sous le contrôle de l'ingénieur Siméon Garangeau et ouverte au culte à partir de 1743. La façade à portique et la tour sont ajoutés entre 1833 et 1840 sur les plans de l'architecte Julien Leclair de Saint-Servan. Le décor intérieur date du XIXème siècle. Le lutrin date de 1804. L'orgue de Cavaillé-Coll. date de 1885. Les peintures, oeuvre de Louis Duveau, datent de 1854-1855. La chaire à prêcher, oeuvre des frères Valentin, date de 1859 ;

l'église Saint-Ideuc (1721) ;

l'ancienne chapelle Notre-Dame-de-Lorette (1715-1725) ;

la chapelle Saint-Louis-des-Capucins, fondée en 1612 ;

la chapelle Saint-Aaron (1621). Elle occupe l'endroit même où vécut et fut inhumé l'ermite saint Aaron. On aurait édifié dans la seconde moitié du VIème siècle un oratoire que les Franks détruisent en 811. Une chapelle y est construite le 7 janvier 1431 ("le lundi 7 janvier La chapelle de St-Aaron l'an 1431 fut bastie") et réédifiée de 1619 à 1621. Les Jésuites de Rennes occupent la chapelle de 1631 à 1764. Les fours banaux sont transportés près d'elle en 1605. Construite, d'après la tradition, sur le rocher habité par le solitaire Aaron, contemporain de saint Malo, au VIème siècle, cette chapelle remonte aux origines mêmes de Saint-Malo, mais elle a été plusieurs fois rebâtie, notamment en 1430 par l'évêque Guillaume de Montfort. Ce prélat la consacra lui-même le 7 janvier 1431 et voulut qu'elle servît de reposoir à la procession de la petite Fête-Dieu. Tombé en ruine, ce sanctuaire fut relevé en 1618 par le chanoine Michel Quénouart avec l'approbation du Chapitre, qui stipula le 4 février 1619 que la procession du petit Sacre continuerait d'y venir stationner. Mgr Guillaume Le Gouverneur consacra le nouvel édifice le 23 février 1621, comme le prouve l'inscription que l'on voit encore au-dessus de la porte : Anno Domini MDCXXI die XXIII februarii, Pontifice max. Paulo V, Galliarum rege Ludovico XIII, in laudem Dei, Beatissimœque Virginis Mariœ, Sancti Aaronis dominus Guillelmus Macloviensis episc. decano, canonicis et clero astantibus, consecravit. Peu de temps après, les Jésuites du collège de Rennes songèrent à fonder un petit établissement à Saint-Malo ; pendant une vacance du siège épiscopal, ils demandèrent au Chapitre la permission de venir en cette ville, ce qui leur fut accordé en 1630. Les chanoines de Saint-Malo firent même mieux encore : le 18 août 1631, du consentement de l'un d'eux, Michel Quénouart, alors chapelain de Saint-Aaron, ils cédèrent aux Jésuites cette chapelle ainsi qu'une maison voisine ; aussi le 29 du même mois le Père Divet, recteur du collège de Rennes, vint-il prendre possession de Saint-Aaron. Malheureusement pour les Jésuites, Mgr de Harlay, nommé évêque de Saint-Malo, arriva en 1632 en sa ville épiscopale et déclara nulle la cession faite par le Chapitre. Voyant cela, le recteur de Rennes, alors le P. Grandamy, se désista de ses prétentions sur Saint-Aaron le 20 juin 1632. Plus tard, toutefois, Mgr de Villemontée accorda aux Jésuites de Rennes l'usage de cette chapelle quand ils passeraient à Saint-Malo, à la condition qu'ils ne résideraient point dans cette ville et qu'ils laisseraient la clef de Saint-Aaron au couvent des Ursulines. Après le départ de Rennes des Jésuites, le Chapitre reprit les clefs de Saint-Aaron et resta seul maître de la chapelle (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, fonds de Saint-Malo - Abbé Manet, Grandes recherches ms. - Bibliothèque Nationale, Blancs-Manteaux). Vendue nationalement pendant la Révolution, la chapelle de Saint-Aaron fut rachetée, ainsi que la maison y attenant, par M. le curé Huchet, en 1836. Restaurée ensuite par ce vénérable prêtre, elle fut rendue au culte et bénite le 14 avril 1842 par Mgr Saint-Marc, qui vint y célébrer la messe. Elle continue depuis d'être entretenue et fait partie à la fin du XIXème siècle d'un Ouvroir de préservation pour les jeunes filles (Pouillé de Rennes) ;

l'ancienne chapelle "Le Dieu-de-Pitié", aujourd'hui disparue. Vers la fin du XVIème siècle (1580-1590), deux bourgeois de Saint-Malo construisirent au bas du cimetière de cette ville, vers l'embranchement des deux rues dites rues des Cimetières (nota : dans ce qu'on appelait alors le cimetière du Milieu, au Nord de la cathédrale. Les rues des Cimetières sont celles qu'occupe à la fin du XIXème siècle le collège de Saint-Malo), un petit oratoire où ils se firent enterrer. Plus tard, en 1628, quelques dévotes, ayant à leur tête Marie Baillebled, veuve Coeuru, et assistées de Mre Porée, « père des pauvres de l'hôpital », voyant cet oratoire menacer ruine, le reconstruisirent « sous le même vocable de Jésus homme de Douleurs, ou de Dieu de Pitié ». Le Chapitre, n'ayant point été consulté dans cette circonstance, interdit la nouvelle chapelle. Elle fut ouverte cependant, car on y voit faire des mariages en 1643. Mais un long et triste procès fut engagé au sujet de ce sanctuaire, qui finit par être démoli en 1676 (Pouillé de Rennes et Abbé Manet, Grandes recherches ms.) ;

l'ancienne Chapelle Saint-Thomas et de la Maison-Dieu, remplacée de nos jours par le Café Continental. L'évêque Geoffroy construisit en 1252 au lieu dit la Licorne, au nord de la chapelle, une Maison-Dieu qui disparut en 1612. La chapelle, restaurée en 1652, est fermée durant la Révolution, puis sert d'écurie à l'Hôtel du Chêne Bert avant d'être démolie en 1879. Dédiée à saint Thomas, archevêque de Cantorbéry, et mentionnée dès 1252, cette chapelle fut à cette époque affectée au service de l'Hôtel-Dieu. Au XVIIIème siècle, Saint-Thomas servait de chapelle de catéchisme pour les grands garçons ; les petits se réunissaient alors à Saint-Aaron et les filles s'assemblaient à Saint-Sauveur (Pouillé de Rennes) ;

l'ancienne chapelle Notre-Dame-du-Laurier. La chapelle de Notre-Dame-du-Laurier (dite depuis de Saint-Ouen, et par corruption de Sainte-Ouine) fut bâtie vers 1360, dit l'abbé Manet, à l'extrémité septentrionale du Grand-Bé, en faveur de quelques ermites retirés dans la solitude de cette île. Le Chapitre de Saint-Malo se rendait en procession à cette chapelle au XVème siècle, et l'évêque Guillaume de Montfort s'y trouvait notamment en 1424. Cet ermitage ayant disparu et la chapelle étant tombée en ruines, la procession fut supprimée. Toutefois le peuple malouin continua d'aller chaque année, le dimanche de la Passion, faire la Sainte-Ouine, c'est-à-dire tenir assemblée dans l'île. Cette réunion populaire a encore lieu à la fin du XIXème siècle, mais elle se tient plutôt sur les quais de Saint-Malo qu'au Grand-Bé (Pouillé de Rennes) ;

la chapelle Saint-Joseph (1875), édifiée sur les plans du chanoine Joseph Brune ; 

l'ancien couvent de la Victoire ou Notre-Dame-de-la-Victoire (en 1616), fondé par quatre pieuses dames et donné par elles aux Bénédictines. Ce couvent aurait été construit, dit-on, avec les matériaux du Château-Gaillard. Il est transformé en caserne en 1795 et sert de prison pour les femmes durant la Révolution. La clef de voûte du portail porte la date de 1710 ;

Note : « De sinople à un saint Benoît d'or » (Armorial général ms. de 1698). En octobre 1615, Servanne Le Gobien, dame du Ponthay, Françoise Porée, Jeanne Gaultier et Perrine Grout, toutes issues des meilleures familles de Saint-Malo, demandèrent à leur évêque, Guillaume Le Gouverneur, la permission de suivre la règle de saint Benoît et de bâtir en sa ville épiscopale un couvent, de leurs propres deniers. Le prélat accorda cette autorisation d'autant plus facilement qu'il avait alors près de lui le P. Gabriel de Sainte-Marie, prieur des Bénédictins anglais récemment établis près de Saint-Malo, qui plaida la cause de ces dames. Dès l'année suivante, le 5 octobre 1616, on posa la première pierre du couvent des Bénédictines, construit sur l'emplacement de l'ancienne citadelle de Saint-Malo, au Nord de cette ville, près des murs (Abbé Manet, Grandes recherches ms.). Pour former et diriger la communauté naissante, l'évêque s'adressa aux religieuses bénédictines de l'abbaye de Montmartre, à Paris, qui envoyèrent à Saint-Malo deux religieuses professes, Mmes Renée de Vansay et Catherine Mesmin ; elles arrivèrent en 1621, et Mme de Vansay fut nommée prieure du nouveau couvent. Le 27 février 1622, l'église des Bénédictines fut consacrée, le cloître fut bénit, et le monastère prit le nom de Notre-Dame-de-la-Victoire. Mais les religieuses ne reçurent qu'en 1684 les lettres patentes du roi approuvant leur fondation (Abbé Manet, Grandes recherches ms.).  En 1730, les Bénédictines de Saint-Malo, au nombre de trente-et-une religieuses de choeur et trois soeurs converses, déclarèrent avoir un revenu net de 2.934 livres 13 sols (Etat du diocèse de Saint-Malo). Quand vint la Révolution, elles n'étaient plus que vingt-quatre soeurs, dont seize religieuses de choeur, ayant à leur tête comme prieure soeur Saint-Xavier, dans le monde Marie Fournier ; elles déclarèrent en 1790 avoir en terres, maisons et constituts, 4.020 livres de rente ; leurs charges montaient à 845 livres, de sorte qu'il leur restait 3.175 livres de revenu net (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 29). Les Bénédictines furent chassées de Saint-Malo le 4 octobre 1792 et leur monastère devint une caserne, qui existe encore à la fin du XIXème siècle, conservant toujours le nom de la Victoire ; l'ancienne chapelle conventuelle est encore debout à la fin du XIXème siècle, quoique sécularisée, mais elle n'offre rien d'intéressant (Pouillé de Rennes).

l'ancien couvent Saint-François (1618) situé 9, rue des Vieux-Remparts. Les Récollets de Césembre obtiennent en 1618 l'autorisation de s'établir dans une maison, transformée en un couvent en 1642. Les bâtiments conventuels deviennent un magasin à fourrages puis une caserne en 1795. L'ensemble formait encore récemment la Caserne Saint-François ;

Note : Nous avons dit précédemment qu'en 1612 des Récollets furent envoyés dans l'île de Césambre pour y occuper le monastère fondé par les Cordeliers, mais devenu presque désert ; nous avons ajouté que ces Récollets ne s'y établirent pas sans difficulté. Toutefois, grâce à la protection de l'évêque et des habitants de Saint-Malo, les nouveaux religieux ne tardèrent pas à faire refleurir le couvent de Césambre ; la dévotion s'établit même parmi les Malouins de se faire enterrer dans cette solitude au milieu des flots, et la pieuse coutume s'introduisit que chaque navire revenant du long-cours donnât aux moines de Césambre ce qui lui restait de vivres. Jouissant ainsi de l'estime de leurs concitoyens, les Récollets tinrent à Césambre leur chapitre provincial en 1668. Ils appartenaient alors, dit M. l'abbé Manet, à la province de Bretagne ; mais leurs confrères de la province d'Anjou parvinrent à se faire admettre à Césambre, et le 29 avril 1688 ce couvent fut pourvu d'un gardien angevin, dit Récollet de Sainte-Magdeleine. Sous ce nouveau nom, les Récollets de Césambre continuèrent de résider paisiblement sur leur rocher jusqu'au 27 novembre 1693, que les Anglais, venus la veille pour bombarder Saint-Malo, incendièrent leur couvent tout entier. Un jeune Père irlandais et deux simples Frères s'y trouvaient seuls alors ; ils étaient restés pour garder le local, tandis que le reste de la communauté effrayée gagnait le continent. Les ennemis entrèrent donc sans éprouver de résistance et se livrèrent à toutes sortes d'excès, renversant les croix et les statues des saints, brisant les meubles et pillant à leur aise ; après avoir ainsi tout dévasté, ils mirent le feu aux bâtiments et emmenèrent avec eux les pauvres religieux, demi-morts de terreur, qu'ils renvoyèrent toutefois sains et saufs. A la suite de ce désastre, les Récollets n'osèrent plus reconstruire leur couvent de Césambre ; ils abandonnèrent cette terre désolée et se retirèrent sur le continent, à la Roulais, en Saint-Servan, où nous les retrouverons. Quant à Césambre, cette île, longtemps sanctifiée par tant de pieux solitaires, fut réunie au domaine royal, et quoique en 1696 Vauban y ait fait quelques fortifications dont il reste peu de traces aujourd'hui, elle est redevenue complètement sauvage.

Les Récollets du couvent de Césambre venant quelquefois faire du ministère à Saint-Malo, désiraient y avoir une maison. En 1618, un pieux habitant de cette ville leur donna un logis connu encore sous le nom de Vieux-Couvent ; ils y construisirent une petite chapelle avec la permission de l'évêque Guillaume Le Gouverneur. Mais les religieux se trouvaient trop à l'étroit dans cette maison ; ils demandèrent donc la chapelle de Saint-Thomas avec ses dépendances, ce qui leur fut refusé. Alors Charlotte Le Fer, dame de la Tournerie, leur vint en aide. Le 12 août 1636, elle leur donna un emplacement voisin de leur couvent, où ils construisirent une chapelle plus décente et un logement plus convenable. Achille de Harlay, évêque de Saint-Malo, posa la première pierre de cette église en 1642 ; il vint l'année suivante la bénir et y dire la messe, et il la dédia à Notre-Dame de Bon-Secours (Abbé Manet, Grandes recherches ms). La division se mit parmi les Récollets en 1688 ; les Récollets d'Anjou, dits de Sainte-Magdeleine, occupèrent le couvent de Saint-Malo, comme celui de Césambre, à la place des Récollets bretons. Pendant tout le siècle suivant les religieux de Saint-Malo travaillèrent à agrandir leur monastère, gagnant çà et là du terrain autour ; ils parvinrent ainsi à avoir une fort belle maison conventuelle, située rue Saint-François (Abbé Manet, Grandes recherches ms). En 1790, il n'y avait cependant que onze Récollets au couvent de Saint-Malo, savoir : six prêtres, trois frères lais et deux frères tertiaires ; le P. Toussaint Duval en était le gardien. Ce dernier déclara à cette époque que sa maison n'avait aucun revenu, mais 80 livres de charges (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine). Les Récollets, priés d'abord par la municipalité de rester à Saint-Malo le 5 janvier 1791, furent définitivement expulsés de cette ville le 22 mars de l'année suivante ; leur couvent fut converti en caserne et leur église en magasin à fourrages. La caserne Saint-François se compose encore à la fin du XIXème siècle du monastère des Récollets ; l'ancien couvent lui-même a sa principale entrée dans la rue de Toulouse, l'église est dans la rue Saint-François, et entre cette église et ce couvent se trouve la rue des Vieux-Remparts, au-dessous de laquelle s'ouvre un chemin souterrain faisant communiquer entre elles les deux parties de l'établissement. Mais toutes ces constructions du XVIIème siècle n'offrent aucun intérêt archéologique

Nous venons de voir que les Récollets, établis à Césambre en 1612, furent obligés d'abandonner cette île, ruiné