Rieux : Histoire, Patrimoine, Noblesse (commune du canton d'Allaire)

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RIEUX

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La commune de Rieux (bzh.gif (80 octets) Reoz) fait partie du canton d'Allaire. Rieux dépend de l'arrondissement de Vannes, du département du Morbihan (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de RIEUX 

Rieux vient du nom gallo-romain "Duretie", de "duro ritum" (gué fortifié).

Rieux est un démembrement de la paroisse primitive d'Allaire. La ville de Rieux est connue sous le nom de Durétie depuis l'époque gallo-romaine. Elle est un important poste militaire, défendu naturellement par la rivière et les marais voisins, et commande le passage de la voie romaine de Vannes à Blain. 

Au IXème siècle, Alain Le Grand, puissant chef breton et comte de Vannes ou de Broherec, y établit sa résidence. Alain est nommé roi de Bretagne et surnommé le Grand, après avoir vaincu les Normands à Questembert en 888. Les normands ruinent le château au Xème siècle, mais les descendants d'Alain le Grand le restaure et prennent le nom de Rieux. Ils se donnent, avec raison, comme princes du sang de Bretagne, et ils prennent rang avant les plus anciens barons du pays. Leurs armes sont : d'Azur à dix besants d'or, 4.3.2.1. Après l'acquisition de la seigneurie de Rochefort, en 1374, ils portent habituellement un écartelé de Rieux et de Rochefort. Leur devise est : A tout heurt bélier, à tout heurt Rieux.  

La famille Rieux est très puissante et illustre : Alain, sire de Rieux, est au siège de Dol (en 1065), à côté du duc Conan II. Jean II de Rieux, maréchal de France à la fin du XIVème siècle, se rend célèbre par ses faits d'armes et surtout par son expédition en Angleterre. Pierre de Rieux, son fils, maréchal de France après lui, dès l'âge de 28 ans, est l'un de ceux qui contribuent à l'expulsion des Anglais de France. Jean IV de Rieux, maréchal de Bretagne, est le tuteur de la duchesse Anne de Bretagne. La famille des Rieux s'éteint lors de la Révolution, avec la mort de Louis de Rieux dans les fusillades du Champ des Martyrs.  

Les seigneurs de Rieux ont la haute justice sur leurs sujets, les prééminences dans les églises de leur territoire, et tous les autres droits féodaux. La seigneurie des Rieux couvre 16 paroisses en 1761 : Rieux, Allaire, Saint-Gorgon, Béganne, Saint-Jacut, Saint-Gravé, Saint-Congard, Saint-Martin, les Fougerêts, Glénac, Cournon, Peillac, Saint-Vincent, Saint-Perreux, Fégréac et Avessac. En dehors de ce territoire héréditaire, ils possèdent à diverses époques, Rochefort, Largoët, Donges, Ancenis, Harcourt, Aumale, etc ... Les branches cadettes de Rieux possèdent également de belles seigneuries. Il suffit de nommer Asserac, la Feuillée, l'Ile-Dieu, Ouessant, Châteauneuf, la Hunaudaye, Sourdéac, etc ...

Saint-Jean-des-Marais, devenue Saint-Jean-la-Poterie était une trève de la paroisse de Rieux. L'église Saint-Melaine de Rieux ne semble être que l'ancienne chapelle du prieuré de ce nom et Saint-Jean-des-Marais qui lui est antérieure fut la première église de Rieux avant que l'érection du château de Rieux ne l'abaisse au rand de trève : " on chercherait...en vain la première église de Rieux dans les environs du château de ce nom, au bord de la Vilaine, celle de Saint-Melaine qui en tient lieu de nos jours ayant nécessairement été à l'origine la chapelle particulière du prieuré de ce vocable... Nous ne pouvons la placer qu'à Saint-Jean-des-Marais " (dixit Rosenzweig).

En 1389, des indulgences sont accordées par le Saint-Siège : " Cupientes igitur ut capella Beati Jacobi Rivensis, Venetensis diocesis, congruis honoribus frequentetur et ut Christi fideles … ad fabricam ipsius promptius manus porrigant adjutrices. Datum Avenione, III idus junii anno 11° (11 juin 1389) " (Archives du Vatican).  

Rieux est mentionné sous la forme Reus en 862, Reux en 1281 et Rieux en 1453.

Note 1 : Le territoire de Rieux, dans son ancienne étendue, comprenait Rieux et la Poterie. Ses limites étaient : au nord l'Arz, à l'est l'Oust et la Vilaine, au sud la Vilaine encore, et à l'ouest Allaire. Sa superficie était de 3586 hectares. Depuis 1865, elle n'est plus que de 2743 hectares ; sa population est, en 1891, de 1846 habitants. L'antique ville de Rieux, située sur la Vilaine, est à 6 kilomètres d'Allaire, à 6 de Redon, à 40 de l'embouchure de la Vilaine et à 51 de Vannes. Les Celtes ont, sans aucun doute, occupé ce territoire, bien qu'on ne trouve plus trace de leur passage. Il n'en est pas de même des Romains : leurs vestiges y sont nombreux. Il y a d'abord la voie romaine de Vannes à Blain, qui passe au village des Landes et à celui du Bot, traverse Rieux et la Vilaine et se continue par Fégréac. Il y a ensuite une autre voie, qui part de Rieux et se dirige vers le nord, en passant à Aucfer, à Redon, etc. Un champ, au nord du bourg (No 102 du cadastre), porte le nom des Arènes, et les pommiers plantés en ce lieu s'appellent encore les pommiers romains. On y a trouvé jadis des briques, des urnes cinéraires et des monnaies. Entre ce champ et la rue principale du bourg, dans les jardins portant les N° 223, 221, 225, on a mis à nu, en 1887, les bases d'un temple gallo-romain, de forme rectangulaire, précédé d'un perron et renfermant un sanctuaire carré (Bull. 1887, p. 189). A l'ouest, dans une prairie (No 51), on a extrait d'un puits de nombreux fragments de briques et de poteries romaines. Ailleurs on a trouvé d'autres vestiges de la même époque. Tous ces débris, les restes d'un temple, l'existence des Arènes, la rencontre de deux voies, prouvent qu'il y avait à Rieux, sous la domination romaine, un centre de population assez important. Ce n'est pas tout : la ville se continuait au delà de la Vilaine, sur le territoire des Nannètes, comme l'indiquent les ruines romaines découvertes à Saint-Jacques, à la Rochelle, à Enrieux et aux environs. Les habitants du pays disent qu'il existait là une ville romaine qu'ils appellent la ville de Brou. Entre les deux villes, ou plutôt entre les deux parties de la même ville, s'avançait du pays des Venètes une langue de terre, ou un promontoire, défendu naturellement par la Vilaine et les marais voisins, et commandant le passage de la rivière. Les conquérants y eurent un camp et même un fort, comme l'indiquent les briques qu'on y a trouvées. C'est là que s'établit au moyen âge un château féodal, berceau de la famille de Rieux. Quel était le nom latin de cette localité? — On ne le sait pas d'une manière certaine. On l'identifie assez souvent avec la station de Duretie ou Duretia de la carte de Peutinger, qui place ce point entre Vannes et Nantes, à 20 lieues gauloises de la première de ces villes et à 29 de la seconde. Or ces mesures conviennent autant, sinon mieux, à Noy, en Arzal, où passe une autre voie romaine allant de Vannes à Nantes (Bull. 1886. p. 23). Au Vème siècle, à la chute de l'empire romain, Rieux fit partie de la Confédération armoricaine, et passa plus tard sous la domination des princes bretons de Vannes. En 832, fut fondée, dans son voisinage, l'abbaye de Redon, appelée à un brillant avenir. En 862, un certain Hencar donna audit monastère une partie des terres qu'il possédait à Reus : ainsi s'écrivait alors le nom de la localité (Cartulaire de Redon, 59).

Note 2 : Lorsque le christianisme se répandit chez les Venètes, Rieux était déjà une ville importante, et lorsque plus tard on créa des paroisses, on dut naturellement en établir une ici à cause du chiffre de la population agglomérée. On a contesté, il est vrai, cet avantage à Rieux, et l'on a placé son église paroissiale primitive à Saint-Jean-des-Marais, sur les bords de l'Oust. Outre la difficulté qu'il y aurait eu à conduire une population urbaine à 6 kilomètres de distance, on oublie que Saint-Jean était encore dans Allaire au XIème siècle, suivant ce texte du Cartulaire de Redon, p. 285 : In Halaer, ecclesia sancti Joannis nuncupata, sita super ripam Hult fluminis. Il y avait donc à Rieux même, et dès l'origine, une église paroissiale. Elle a disparu avec le temps, et elle a été remplacée par l'église actuelle de Saint-Melaine. Rieux renfermait deux établissements monastiques. Le plus ancien était le prieuré de Saint-Melaine, membre de l'abbaye de Saint-Gildas de Rhuys. Après avoir été longtemps possédé par des religieux bénédictins, il tomba en commende, et fut donné à des prêtres séculiers. Le prieur avait une maison et un jardin auprès du cimetière, sans compter d'autres immeubles, et la moitié des dîmes de la paroisse ; il devait, en retour, célébrer une messe matinale, chaque dimanche et fête, à Saint-Melaine, et entretenir, à ses frais, un maître d'école pour les enfants de Rieux. Il possédait aussi la chapelle de Notre-Dame ou de Saint-Joseph-des-Landes, dans la paroisse d'Allaire, ainsi que la grande métairie voisine, et il devait y faire célébrer la messe les dimanches et fêtes d'obligation. Son église prieurale était celle de Saint-Melaine, qui était paroissiale déjà en 1520 ; il y prenait possession et y acquittait une partie de ses charges. En 1609, le prieur y fit annexer, au côté de l'épître, une chapelle prohibitive et close, sous le vocable de l'Annonciation de Notre-Dame. Le second établissement régulier de Rieux était celui des Trinitaires. Ces religieux avaient été fondés, en 1198, par saint Jean de Matha et saint Félix de Valois, et avaient pour but de racheter les chrétiens captifs chez les infidèles. Quelques-uns d'entre eux, ayant été appelés dès l'origine au château de Rieux, Jean Ier leur tailla, en 1345, un bel enclos auprès de sa demeure, fit entreprendre la construction de leur couvent et de leur église et assigna une dotation pour sept religieux (Pr. I. 1456). Son fils Jean II, seigneur de Rieux et de Rochefort, augmenta la fondation, et porta le nombre des religieux à treize, en 1416. — L'église, dédiée à Notre-Dame, renfermait le tombeau du fondateur ; elle avait trois chapelles : celle de la Trinité, celle de Sainte-Marguerite appartenant à la famille de Ressac, et celle de Saint-Nicolas appartenant à la maison de Théhillac. Elle formait avec le couvent et ses dépendances un carré, dont un cloître occupait l'intérieur (Voir Semaine religieuse 1871, p. 670, etc...). Au XVIIIème siècle, les religieux montrèrent une tendance bien marquée pour se séculariser, comme l'indiquent plusieurs notes des registres paroissiaux, et finirent par être chassés et dépouillés par la Révolution (J-M. Le Mené).

Nota 3 : Liste non exhaustive des maires de la commune de Rieux : Augustin Péniguel de la Chataigneraye (février 1790 à novembre 1791), Joseph Perrin (1791-1792), Thomas Beuve (1792-1797), Julien Gogué, agent municipal (1797), Julien Heinleix, agent municipal (1798-1804, décédé le 26 juin 1804), Julien Gogué (1804-1806), Nicolas Papot (1806-1815), Comte Charles de Forges (1815-1830), Vincent Rouxel (1830-1838), Jacques Rouxel (1838-1840), Vincent Rouxel (1840-1848), Mathurin Perrin (1848-1865), Jean-Marie Robert (1865-1872),  Jean-Marie Sauvourel (1872-1874), Charles Houget (1874-1879), Pierre-Marie Sauvourel (1879-1884), Melaine Lemasson (1884-1892), Vincent Gaudin (1892-1912), Fançois Perrin (1912-1919), Jean-Marie Sauvourel (1919-1925), Fançois Perrin (1925-1942), Jean Béniguel (1942-1945), Pierre Rouxel (1945-1959), Jean Thaumoux (1959-1977), Joseph Rouxel (1977-1989), Michel Maheas (1989-2008), Patrick Le Villoux (à partir de 2008), …

Nota 4 : Liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Rieux : - AVANT LE CONCORDAT DE 1802. Recteurs commendataires : - Pierre JAGO, 1457, licencié in utroque jure [Note : Licencié en Droit canonique et en Droit civil.], chanoine de la Cathédrale de Vannes. - Jehan CRESSON, ou Careyon, 1462. - Jehan DUCAY, 1477. … - Bertrand DE QUIFISTRE, 1525. - Guy DE QUIFISTRE, frère du précédent, chanoine et scolastique de Vannes, 1530, décédé en 1537. - Nicolas Du COLLÉDO, 1537. - Guillaume DU QUIRISEC, chanoine et trésorier du Chapitre de Vannes ; Vicaire capitulaire en 1548, il démissionne de sa charge de recteur en faveur de Nicolas du Collédo. - Nicolas Du COLLÉDO, recteur pour la deuxième fois, 1553-1558. -  Louis MOREL, 1578-1579. - Pierre DE COËTDOR, 1579, décédé en 1585. Recteurs résidentiels : - François LE MARCHAND, 1586-1592. - Jean BETHUEL, du diocèse de Saint-Malo, 1593, décédé en 1626. - Jacques DESVAUX, de Rieux, 1626, décédé en 1638. - Pierre GAULTIER, du diocèse de Nantes, 1638, décédé en 1681, âgé de 80 ans. - François CHAPELET, sieur des Cormiers, du diocèse de Nantes, 1681, puis il opte pour Marzan. - Guillaume AUDREN, sieur du Leslem, de Saint-Pol-de-Léon, 1681-1690 (il permute avec le suivant). - François FLEURET, de Vannes, trésorier et chanoine de Tréguier, 1691-1710 ; démissionne et meurt chapelain de Camzon en 1723. - Barnabé SOCHET, sieur de Ferville, de Parthenay, docteur en théologie, chanoine de Tréguier, 1710-1715 ; permute avec le suivant. - Melaine BOURGNEUF, de Rieux, 1715, décède en 1719, à 59 ans. - Antoine MOUËSAN, du diocèse de Saint-Brieuc, 1720, décède en 1732, à 45 ans. - François ABHAMON, de Goulven, diocèse de Saint-Pol, 1732, décède en 1779, à 76 ans. - Louis POISSON, d'Angers, fondé de pouvoirs de Mgr Amelot à l'Assemblée provinciale, Vicaire général de Vannes, 1779-1802. - APRÈS LE CONCORDAT DE 1802 : - Louis POISSON, 1802, décédé en 1820, à 76 ans. - Louis LE FRANC, juillet 1820 - janvier 1821 ; démissionnaire. - Joachim SIMON, de Caden, 1821, décédé en 1865, à 78 ans. - Auguste HAUMAITRE, de Vannes, 1865, décédé en 1887, à 69 ans. - Alexis GUILLOUX, de Ploërmel, 1887-1911, démissionnaire. - Joseph GAUTIER, de Glénac, 1911-1919, démissionnaire. - François PORTIER, de la Trinité-Porhoët, 1919-1945, démissionnaire. - Alphonse THOMMEROT, de Guer, nommé en septembre 1945, constructeur de l'église ; chanoine honoraire de Vannes. - Le Gal (1959-1967). -  Jean Royer (1967-1980). - Alexis Thétiot (1980-1989). - Guy Eveno (1989-2008), … 

Nota 5 : CURÉS ET SUBCURÉS (Premier et Second Vicaires) : - Au XVIème siècle : Jehan LAUNAY, Julien NOURY, 1522 ; Jehan RONDELET, 1542 ; Guillaume DESVAUX, 1556 ; Guillaume LELIEPVRE, Pierre RONDELET, 1569-1586 ; Julien TORLAY, 1591-1604 ; Jacques ROZÉ, Jehan BESNIER, 1595 ; Guillaume MARCHAND, 1598. – Au XVIIème siècle : Raoul BLOYET, Guillaume DENOT, Pierre BLOYET, Julien SÉROT, 1604-1620 ; Jacques DESVAUX, 1620-1628 ; Jehan BETHUEL, 1630-1658 ; René ROULX, 1640 ; Louis EVAIN, 1660 ; François PANHALLEUX, 1667-1679 ; Mathurin BESNIER, Jehan LELIEPVRE, 1680 ; Jehan MÉHAT ; Julien NOURY, 1690. – Au XVIIIème siècle : Jan LE LIÈVRE, 1704-1725 ; Melaine BESNIER, 1720-1748 ; Jan JOUAN ; Joseph MELIN, 1742-1744 ; Pierre MABILE, 1744-1765 ; Joseph GICQUEL, 1748 ; Roland MARQUIER, 1753 ; Jacques DESVAUX, 1753-1779 ; Pierre HIDOUX, 1755-1765 ; Jean-François GUIHO, Pierre LE THIEC, Jean TUAL, 1780-1801. VICAIRES DEPUIS LE CONCORDAT : – Au XIXème siècle : N. FOULON, 1805 ; Jean LUCAS, 1812 ; Pierre ROBERT, 1813-1816 ; Pierre LERESTE, 1816-1821 ; Jean-Marie LEHUR, 1821-1830 ; N. LEBRÉ, 1830-1839 ; N. DURAND, 1839-1842 ; N. BRIAND, 1842-1860 ; Honoré RÉMY, 1860-1872 ; Auguste FISCHER, 1872-1873 ; Pierre MOUNIER, 1873-1887 ; Jean-Marie FLOURÉ, 1887-1888 ; Alexandre LE TERTE, octobre 1888 - avril 1889 ; Charles GUILLOUX, 1889-1894 ; Paul LAFOLYE, 1894. Au XXème siècle : Paul LAFOLYE, 1894-1913 ; Mathurin COURTEL, 1913-1919 ; Théophile MICHARD, 1919-1925 ; François BARILLEC, 1925-1935 ; Mathurin LE GAL, 1935-1949 ; Armand BOUVIER, 1943-1945 ; Emmanuel BROHAN, 1946-1952 ; Marcel GÉRAUD, 1949-1952 ; Gérard RASCOUËT, 1952-1955 ; Paul TOUZARD, 1955-1957 ; Gabriel CHEVRÉ, 1957, ... 

voir Rieux Durétie, l'aïeule de Rieux

voir Rieux Les débuts de Rieux

voir Rieux Sires de Rieux, au moyen-âge

voir Rieux Des saints à Rieux

voir Rieux Les services publics et l'état social

voir Rieux La vie religieuse

voir Rieux La crise protestante

voir Rieux La paroisse de Rieux : restaurations, épidémie, jansénisme

voir Rieux La paroisse de Rieux : dévotions, registres paroissiaux et les camaldules

voir Rieux Aux derniers temps de l'ancien régime

voir Rieux Le Pays de Rieux à la veille de la Révolution

voir Rieux Doléances et élections au début de la Révolution

voir Rieux Chouans et Patriotes au Pays de Rieux

voir Rieux Persécutions durant la tourmente révolutionnaire

voir Rieux La Chouannerie et la fin des Rieux

voir Rieux Tyrannie et libéralisme au Pays de Rieux (1796-1797)

voir Rieux Les délateurs de Rieux et leur infâme besogne en 1798

voir Rieux Les derniers soubresauts jacobins et la paix religieuse (1799-1802)

voir Rieux Rieux au XIXème siècle

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PATRIMOINE de RIEUX

l'église Saint-Melaine (1945-1952), reconstruite par Guy Caubert de Cléry sur demande de l'abbé Thommerot (recteur de Rieux). L'ancienne église fut détruite par un bombardement allemand en 1944 (seuls le choeur et le transept restaient debout). Cette ancienne église avait été construite au début du XVIIème siècle : elle était en forme de croix latine, avec des additions de chaque côté du choeur. La sablière Nord portait une inscription où l'on pouvait lire "1608, M. J. Bétuel, recteur de Rieulx....". On y voyait des grandes arcades en tiers-point à double rouleau reposant sur des piliers cylindriques engagés, et d'autres en plein cintre de style Renaissance. Le portail Sud datait de 1664 et le clocher ainsi que sa flèche avaient été construits au XIXème siècle. A l'extérieur de l'ancienne église se trouvait un cadran solaire de 1643, avec l'écu à dix besants d'or de Rieux. La nouvel église est construite tout en conservant l'ancien transept et le clocher s'élève à l'emplacement de l'ancien choeur. Sur la façade s'ouvre le porche, surmonté d'une tribune dominée par une statue de la Vierge. Le tableaux à trois panneaux (peinture sur bois), représentant saint François, saint Etienne et saint Antoine, date du XVIIème siècle. L'église abrite une statue de Françoise d'Amboise (1427-1485), en plâtre polychrome, qui date de la fin du XIXème siècle ;

Nota 1 : L'église paroissiale de Saint-Melaine a la forme d'une croix latine, avec des additions aux deux côtés du choeur. On y trouve quelques restes d'une ancienne construction. Au choeur se remarquent des arcades ogivales à doubleaux, reposant sur de gros et courts piliers cylindriques engagés ; les autres arcs sont en plein cintre à simple tailloir. Sur la sablière gauche du choeur, on lit : 1608. M. J. Bétuel, recteur de Rieulx... Les fenêtres sont ogivales. Le portail du sud est de 1668. Les chapelles étaient celles de Saint-Thibaud, auprès du maître-autel, de Sainte-Anne, du Plessis-Renac et de la Bousselaye. Aujourd'hui elles sont dédiées à saint Antoine, saint Michel, sainte Anne et la sainte Vierge. La tour, au bas de la nef, a été refaite récemment, et porte une flèche en ardoises. Les chapelles publiques étaient les suivantes : — 1° Saint-Antoine, au bourg, siège d'une ancienne chapellenie, ne subsiste plus aujourd'hui. — 2° Saint-Aignan, vers le nord, au village du Val, sert encore au culte en 1891, et n'offre rien de particulier. — 3° Saint-Sébastien, vers l'ouest, à Treffin, présente une fenêtre ogivale à meneaux flamboyants. — 4° Saint-Jacques, à la Poterie, fait maintenant partie de la nouvelle paroisse de Saint-Jean. — 5° Saint-Gildas, vers le nord, en un lieu isolé, dépendait des seigneurs de Limur en Peillac. — 6° Saint-Julien, vers le nord, au village d'Aucfer, n'existe plus aujourd'hui. — 7° Saint-Jean-des-Marais vers le nord, église tréviale, puis paroissiale. (Voir Saint-Jean-la-Poterie). Les chapelles privées étaient celles de la Bousselaye, en Rieux, et de la Ricardaye, dans la trêve de Saint-Jean. Il y avait aussi jadis une maladrerie ou léproserie, de fondation commune, qui devait, à l'origine, avoir sa chapelle particulière. Les chapellenies étaient : — 1° Celle de Saint-Antoine, fondée dans la chapelle de ce nom par un seigneur de Rieux et desservie par les Trinitaires ; — 2° Celle du Péron, fondée en 1495 par le prêtre Jean Desvaux, et chargée d'une messe par semaine à Saint-Melaine ; — 3° Celle de Canzon, fondée en 1530 par Jacques Clainchart, prêtre de Rieux, à l'autel de Notre-Dame ; — 4° Celle de la Crolaye, fondée en 1569 par Jean Guérin, prêtre de. Rieux, chargée de deux messes par semaine ; — 5° Celle de Vincent Monthouer, prêtre, fondée en 1595 à l'autel de Notre-Dame, à raison d'une messe chaque samedi ; — 6° Celle de Saint-Roch, fondée on ne sait par qui, et desservie dans la chapelle de Saint-Antoine ; — 7° Celle du Val, d'origine également inconnue, et desservie dans la chapelle de Saint-Aignan ; — 8° Celle du Tertre, fondée en 1689, par Mathurine Gautier, chargée de messes et de services à Saint-Melaine ; — 9° Celle de G. Mahéas, fondée en 1728 à l'autel du Rosaire à raison d'une messe chaque samedi ; — 10° Celles de Villeneuve, de la Borde, du Plessis, de J. Danais et de M. Potier n'ont laissé que leurs noms. Celles qui étaient desservies dans la trêve seront mentionnées à l'article Saint-Jean-la-Poterie. La dîme était levée ici à la 11ème gerbe, comme dans les premiers temps ; elle était partagée par moitié entre le prieur de Saint-Melaine et le recteur de Rieux : ce qui semble dire que le prieur aurait été le recteur primitif de la paroisse ; la même église pour le service prieural et le service curial conduit à la même conclusion. Le recteur, dans ce cas, aurait conquis de très bonne heure son indépendance vis-à-vis du prieur et de l'abbé de Saint-Gildas de Rhuys, car dès le XVème siècle il était à la libre nomination du pape ou de l'évêque. En 1756, le revenu net du prieur était évalué à 2,160 livres, et celui du recteur à 1,595. Rieux était, non seulement le chef-lieu d'une grande seigneurie, mais encore le centre d'un territoire ecclésiastique qui comprenait les paroisses de Rieux, Allaire, Saint-Gorgon, Béganne, Saint-Jacut, Saint-Gravé, Pleucadeuc, Molac, Bohal, Malestroit, Saint-Congard, Saint-Martin, les Fougerêts, Glénac, Peillac, Saint-Vincent et Saint-Perreux. Mais le recteur de Rieux n'était point à comparer aux doyens : en dehors de sa paroisse il ne possédait aucune juridiction. Rieux était de la sénéchaussée de Ploërmel. En 1790, il fut érigé en commune et même en chef-lieu de canton, avec Béganne pour unique dépendance, et incorporé au district de la Roche-Bernard. Son recteur, L. F. Poisson, refusa le serment en 1791, et muni des pouvoirs de vicaire général de Mgr Amelot, il ne quitta point Rieux ou les environs pendant la tourmente révolutionnaire. C'est alors qu'on vendit nationalement les biens du prieuré de Saint-Melaine, ceux du convent des Trinitaires, un verger et une vigne dépendant de la cure, le pré des Bandes appartenant à l'abbaye de Redon, plusieurs pièces de terre dépendant de la fabrique et une partie de la dotation des chapellenies. En 1801, Rieux perdit son titre de canton, pour faire partie de celui d'Allaire, arrondissement de Vannes. Depuis ce temps, il a perdu sa trève, érigée en succursale, le 31 mai 1826, sous le nom de Saint-Jean-des-Marais, et en 1850 en commune sous le titre de Saint-Jean-la-Poterie. Il y a foire à Rieux le 18 février, le 18 avril, le 6 octobre et le 3 novembre. A part ces jours, le commerce est nul ; il a été accaparé par Redon. Rieux n'a plus de château, n'a plus de port ; en 1891, ses halles tombent en ruines comme ses maisons. Pourquoi la ville de Rieux s'est-elle abaissée de chute en chute, et pourquoi la ville de Redon s'est-elle élevée de siècle en siècle ? Ici l'histoire est muette et seule la légende donne une explication. Un jour, une nacelle entraînée par la marée montante, vint aborder sous le château de Rieux, près de quelques laveuses. Dans cette nacelle un enfant à demi nu les suppliait de le recueillir, ou de lui donner au moins du pain pour apaiser sa faim et quelques langes pour se couvrir ; mais ces femmes sans pitié repoussèrent la nacelle, que le flot porta jusqu'au village de Redon, où d'autres laveuses plus humaines accueillirent le petit suppliant, qu'elles nourrirent, réchauffèrent et vêtirent. Alors le divin Sauveur, car c'était lui, dit à ces femmes émerveillées : « Rieux m'a repoussé et Redon m'a accueilli ; désormais Rieux s'appauvrira tous les jours d'un denier, et Redon s'enrichira chaque jour d'un denier ». — Il dit et disparut, et jamais prédiction ne s'est mieux réalisée. Rieux, qui était une ville assez importante jadis, n'est plus aujourd'hui qu'une pauvre bourgade (J-M. Le Mené - 1891).

voir Rieux La nouvelle église de Rieux

la chapelle Saint-Sébastien de Tréfin (1475-1520), fondées par les seigneurs de Rieux. Les portes sont à voussures en tiers-point et les fenêtres du chevet à réseau flamboyant. Le tabernacle de la fin de la Renaissance, possède des colonnettes latérales et un dôme surmonté d'un clocheton ouvert entouré de balustres et de trois statuettes. Les armes des seigneurs fondateurs (les Rieux) se trouvent sur le tabernacle et sur la verrière du chevet. L'édifice de forme rectangulaire est rénové entre 1980 et 1983 ;

l'ancienne chapelle Saint-Aignan (XVIIIème siècle), située au village du Val. Il s'agissait d'un édifice rectangulaire ;

le château féodal ou château de Rieux (IXème siècle), édifié sur un éperon rocheux. Ce château remplace un oppidum commandant le passage de la Vilaine. Propriété des seigneurs de Rieux jusqu'au XVIème siècle. Le fief appartient successivement aux familles Reus (Reus puis Rieux), Sainte-Maure (en 1548), Coligny (en 1567), Lorraine (en 1605), Guénégaud de Plancy (en 1657), Danycan (en 1697) et Rieux. Le château est dévasté par les Français en 1488 et le maréchal Jean IV de Rieux obtient d'Anne de Bretagne (sa pupille), en 1490, une indemnité de 100 000 écus d'or, pour l'aider à réparer cette forteresse, ainsi que celle d'Elven, de Rochefort et d'Ancenis. Il est assez difficile de restituer le plan de ce château à la fin du XVème siècle. Les pans de mur, côté Ouest, et les traces de deux autres murs perpendiculaires au premier, semblent indiquer trois côtés d'un carré. Une quatrième ligne, parallèle à la Vilaine, achève la clôture et donne à l'ensemble la figure d'un trapèze. Quant aux tours, on ne connaît pas leur place d'une manière certaine et ce n'est que par approximation qu'on en place une à chaque angle, une autre sur les deux plus longues courtines, et le donjon à l'extrémité orientale. La porte d'entrée à l'Ouest est alors munie d'un pont-levis, et on voit encore dans la douve un pilier de pierre qui lui servait de point d'appui. Lorsque la branche aînée de la famille de Rieux s'éteint (1567), le château est presque complètement abandonné. Pendant la Ligue on en démolit quelques portions. En 1629, l'ombrageux cardinal de Richelieu en fait prescrire la démolition complète, et dix sept paroisses sont convoquées pour le renverser. Mais la construction en est si solide, que tous ces efforts n'aboutissent qu'à renverser les tours et quelques pans de murs dans les douves. Le donjon, ébranlé par la mine, perd son aplomb, mais ne tombe pas et c'est un tremblement de terre qui fait écrouler le donjon en 1799. Délaissé, il n'est plus qu'un tas de ruines aujourd'hui. Les vestiges du château sont convertis au XIXème siècle en un jardin anglais. La poterne d'entrée du pont-levis (IXème siècle) rappelle encore la puissance de ce château. De chaque côté, sur le devant de la poterne, subsistent des meurtrières ;

Nota 2 : Le château de Rieux ayant été pris et dévasté en 1488 par les Français, et non par la duchesse Anne, comme on l'a dit trop souvent, le Maréchal obtint de sa pupille, eu 1490, une indemnité de 100.000 écus d'or, pour l'aider à réparer cette forteresse, ainsi que celles d'Elven, de Rochefort et d'Ancenis, qui avaient également souffert de l'invasion française. Des pans de mur en pierres de taille, qui se voient encore en 1891 du côté de l'ouest, paraissent appartenir à cette époque. Lorsque la branche aînée de la famille de Rieux s'éteignit (1567), le château fut presque complètement abandonné. Pendant la Ligue, on en démolit quelques portions. En 1629, l'ombrageux cardinal de Richelieu en fit prescrire la démolition complète, et 17 paroisses furent convoquées pour le renverser. Mais la construction en était si solide que tous ces efforts n'aboutirent qu'à renverser les tours et quelques pans de murs dans les douves. Le donjon, ébranlé par la mine, perdit son aplomb, mais ne tomba pas ; et il resta ainsi penché jusqu'en 1799, où un tremblement de terre le fit écrouler. Ces ruines, converties momentanément en parc anglais, sont aujourd'hui couvertes de bois et de ronces. Il y avait autrefois un port ou bassin, au nord du château, mais ce n'est, vers 1891, plus que marécages et prairies. Les seigneurs avaient un droit de coutume sur les bateaux et barques qui montaient ou descendaient la Vilaine avec des marchandises ; l'acquit de ces droits se faisait anciennement vis-à-vis le château ; il se fit plus tard à Redon, pour la commodité des marchands. Pour traverser la Vilaine, il y avait autrefois, au sud du château, un pont de bois, appartenant au seigneur ; le droit de passage qu'on y percevait était employé à son entretien. En 1281, Guillaume de Rieux obtint du duc Jean Ier la restitution de ce pont, que son père lui avait abandonné, et il obligea, par sentence judiciaire de 1288, l'abbaye de Redon à payer sa part des frais de restauration. (Pr. I. 1058. Cartulaire de Redon, 403). Ce pont était coupé au milieu, et muni d'un pont-levis, pour laisser passer les navires. Il s'en allait de vétusté en 1543, et il fut, vers cette époque, remplacé par un bac. Sur la rivière d'Oust, à Aucfer, il y avait aussi un bac, qui était loué au profit du seigneur de Rieux. Chaque année, à Noël, le passager était obligé de se trouver à la messe de minuit, dans l'église de Saint-Sauveur de Redon, à l'entrée du chœur. Entre les deux élévations, le diacre lui criait à haute voix, par trois fois : Passager d'Aucfer, payez le droit que vous devez au seigneur. Le fermier entrait et déposait sur l'autel quelques pièces de monnaie. — En 1891, Aucfer possède un pont en pierre, et Rieux attend encore le sien (J-M. Le Mené).  

Nota 3 : Il avait autrefois un port et un bassin au nord du château. Les seigneurs de Rieux avaient un droit de coutume sur les bateaux qui montaient ou descendaient la Vilaine avec des marchandises. Pour traverser la Vilaine, en suivant la vieille voie romaine, il y avait autrefois, au sud du château, un pont de bois, appartenant au seigneur. Le droit de passage qu'on y percevait était employé à son entretien. En 1281, Guillaume de Rieux obtint du duc Jean Ier la restitution de ce pont, que son père lui avait abandonné, et il obligea, par sentence judiciaire de 1288, l'abbaye de Redon de payer sa part des frais de restauration (Pr. I. 1058, Cart. Redon, p. 403). Ce pont était coupé au milieu et muni d'un tablier mobile, pour laisser passer les navires. Il s'en allait de vétusté en 1543, et il fut, vers cette époque, remplacé par un bac (J. M. Le Mené).

voir Rieux La seigneurie de Rieux

le château de La Boucelaye ou Bousselaie (XVIIIème siècle), reconstruit au XVIIIème siècle afin de remplacer un manoir du XIVème siècle. La seigneurie est mentionnée dès 1380 et appartenait alors à la famille Boucelaye ou Bousselaie (Jehan de la Boucelaye en 1427, Guillaume de la Bousselays en 1464, Julien de la Boucelaye en 1481), puis successivement aux familles La Haye (au XVème siècle), du Matz (en 1649) et Forges (en 1678). En 1870, Mgr de Forges loua le château à une colonie franciscaine. Paul de Forges décède en 1900. En 1930, l'édifice abrite un orphelinat fondé par Mlle de Constance. Il appartient aujourd'hui à l'Association des Amis de l'Orphelinat de Bousselaie ;

le château de Camzon. Propriété de Guillaume de Campson en 1427. Siège d'une ancienne seigneurie ayant appartenu à la famille Kervérien en 1666 ;

le couvent (XIIIème siècle), fondé non loin du château par Jean Ier en 1345. Ce couvent comprenait jadis le logement des moines, un cloître, une chapelle et des dépendances. Les moines sont chassés durant la Révolution ;

l'ancien presbytère (XV-XVIème siècle) ;

la croix du Perron (XVIème siècle) ;

la croix du Val (XVIème siècle). La chapelle du Val a été rasée en 1950. Sur le fût sont gravées les armes des seigneurs de La Boucelaye ;

l'ancien prieuré Saint-Melaine (XVIème siècle), fondé par les sires de Rieux. Ce prieuré paraît avoir été à l'origine un prieuré-cure. Ce qui tend à le prouver, c'est que l'église de Saint-Melaine était à la fois prieurale et paroissiale, c'est que le prieuré était attenant à l'église aussi bien que le presbytère, c'est enfin que la dîme de la paroisse se partageait par moitié entre le prieur et le recteur. Il a rempli, semble-t-il, les fonctions du culte jusqu'à la construction de l'église paroissiale actuelle. Dans ce cas, la fondation du prieuré de Saint-Melaine pourrait bien remonter au XIème siècle. Seulement, ici le prieur aurait de bonne heure négligé le titre de recteur primitif, et le vicaire perpétuel se serait affranchi de la présentation de l'abbé de Saint-Gildas, et aurait pris le titre de recteur, pour être nommé directement par le pape ou l'évêque. Au XIVème siècle, le prieuré devient paroisse en remplacement de la chapelle Saint-Jean-des-Marais. Voici quel était, en 1520, l'état du prieuré : "En nostre court de Rieux fut présent devant nous Estienne Le Bosec, ou nom et comme procureur de R. P. en Dieu Missire Benoît Justinian, evesque de Syon, prieur commendataire du prieuré de Rieux, de l'ordre de Mgr St-Benoist, en l'évesché de Vennes, lequel cognoist et confesse estre homme et subject des roy et royne, nos souverains seigneur et dame, et d'eulz tenir, soubs la court et juridiction de Ploermel, en fié amorty, les maisons, terres, rentes et heritages cy-après déclarez : - Et premier les maisons du d. prieuré de Rieux, couvertes de pierre ardoyse, sises aux faubourgs de la ville de Rieux, o leurs yssues, et ung petit jardin au devant, au joignant de l'église parochialle de Saint-Melaine de Rieux, contenant le tout ensemble par fonds un quart de journal environ ; - Item une aultre maison, couverte de rox, sise près la d. église o ses jardrins et carouez devant et derrière, avecques une piecze de terre soubz boays taillifs, contenant le tout ensemble quatre journaulx de terre ou environ ; - Item une autre piecze de terre soubz lande menue, nommée la guaraine du Prieur, contenant un journal de terre ou environ ; - Item une piecze du pré de Cran, contenant une hommée et demye-hommée ou environ, et une piecze des près Bas, contenant une hommée et demye ; - Item le numbre de 31 soulz de rente par chacun an, pour cause de certains héritages tenus du prieur de Rieux ; - Item en la paroisse d'Allair la mettaérie de la chapelle des Landes, o ses jardrins, yssues, domaines et clostures, en laquelle y a ung coulombier à présent ruyneux, o droit de le rédifier, avecques guaraines, faulz et refuges à counils, contenant le tout ensemble trante journaulx de terre ou environ ; - Les quels héritages il tient de nos d. souverains seigneur et dame à prières et oraisons seulement. Ce fut faict et gréé en la ville de Rieux, en la maison Guillaume Coppale, le 5e jour de juign l'an 1520" (Nantes - B. Prieurés). On trouve un autre aveu, du 5 juillet 1541, fourni par Etienne Le Bosec, prieur. Quant aux dîmes on en possède une déclaration du 9 avril 1679 : "Le prieur a droit de prendre en la paroisse de Béganne un certain droit de terrage et gerbage et une dixme, vulgairement appelée la dixme de la Herviais, qui se lève en d. paroisse. En outre le d. prieur est en possession de partager par moitié la dîme avec le recteur de Rieux, dans les frairies de Tréfin, de Trévallo, de la Poterie, de Saint-Jean-des-Marais, de Saint-Melaine et de Saint-Gildas ; et avec le recteur d'Allaire, dans les frairies de Laupot, Boger, Bocquereu et des Boschaux. Sur et pour cause des quelles choses, le d. prieur doit, chacun dimanche de l'an, faire dire et célébrer une messe en la chapelle de Notre-Dame des Landes, sauf le jour de Pasques et le jour de Saint-Gaudens, patron de la paroisse d'Allaire, où elle est dite au bourg" (Nantes. B. Prieurés). Outre les messes à dire à la chapelle des Landes, imposées probablement par le donateur de la métairie du lieu, le prieur avait aussi l'obligation d'entretenir à ses frais un maître d'école pour les enfants de Rieux. A l'époque des taxes ruineuses mises sur le clergé au XVIème siècle, le prieur de Saint-Melaine de Rieux dut consentir à plusieurs aliénations. C'est ainsi que la dîme de la Herviais en Béganne fut vendue, vers 1563, et ne fut rachetée qu'en 1678. C'est de même que cinq journaux de terres furent adjugés, en 1577, à Guillaume Thébaud, pour 234 livres ; une maison et quatre pièces de terre au même en 1578, pour 504 livres. En 1587, il fallut aliéner deux maisons et deux pièces de terre, pour 690 livres, et la dîme de Tréfin, pour 118 livres. Cette dîme fut aussi rachetée dans la suite. En 1655, les revenus du prieuré était affermés pour 2 100 livres. En 1774, les revenus bruts montaient à 3 100 livres, qui se réduisaient, à cause des charges, à 2 273 livres 16 sols. Les prieurs connus sont : Benoît Justiniani, évêque de Sion (cité en 1520), Etienne Le Bosec (pourvu en 1534, mort en 1553), Alain Perraud (mentionné en 1588, mort en 1591), Fr. Alexandre de Monti (pourvu en 1591, mort en 1626), Michel Marescot (pourvu en 1626, démissionnaire en 1630), Charles Garnier (pourvu en 1630), Antoine Ferrand (pourvu en 1654, démissionnaire en 165.), Philippe Ferrand (cité en 1659, mort en 1675), Isidore Huart (pourvu en 1676, mort en 1694), Mathieu Charlan, de Beauvais (en 1694, mort en 1727), Louis de Villeneuve, de Sisteron (en 1727, mort en 1736), Jacques de Grasse (en 1736, évêque d'Angers, démissionnaire en 1772), Noël F. R. de Grasse (pourvu en 1772, dépouillé en 1791). La révolution supprima les dîmes et vendit les immeubles du prieuré de Saint-Melaine. Les actes de vente ayant disparu, il est impossible d'en donner les dates et les prix, ainsi que les noms des acquéreurs (J. M. Le Mené). On y voit encore les lucarnes ouvragées qui datent du XVIème siècle  (voir Rieux les Trinitaires de Rieux) ;

la fontaine Saint-Melaine (XVIIIème siècle) ;

le four à pain de La Fosse (XVIIème siècle) ;

la maison Courberie (XVIIIème siècle), édifié par Péniguel de la Chataigneraye qui est le premier maire de Rieux en février 1790 et maire de Vannes en 1794 ;

la minoterie de La Boucelaye (1872), édifiée par les religieux tertiaires de Saint-François-d'Assise ;

A signaler aussi :

une borne milliaire, située le long de l'ancienne voie romaine allant de Nantes à Vannes ;

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ANCIENNE NOBLESSE de RIEUX

Alain I, comte de Vannes et de Nantes, séjournait souvent à lieux, comme au milieu de ses Etats, et on lui attribue la construction ou plutôt la restauration du château fort de l'endroit. C'est lui qui battit les Normands à Questembert en 888, et y fut salué roi de Bretagne et surnommé le Grand. Son nom se retrouve dans plusieurs chartes de l'abbaye de Redon (p. 187, 220, 216, 373-377...). Il mourut en 907 et son fils aîné, Rudalt, ne recueillit que les comtés de Vannes et de Nantes, la royauté bretonne ayant été transférée à Gurmaélon, comte de Cornouaille. Rieux subit, en 919 et années suivantes, les ravages des féroces Normands, et quand la tranquillité fut rétablie en 937 par Alain II Barbetorte, les descendants d'Alain-le-Grand se virent réduits à la possession de Rieux et des paroisses voisines. Cette seigneurie comprenait en 1761 : Rieux, Allaire, Saint-Gorgon, Béganne, Saint-Jacut, Saint-Gravé, Saint-Congard, Saint-Martin, les Fougerêts, Glénac, Cournon, Peillac, Saint-Vincent, Saint-Perreux, Fégréac et Avessac.

Voici la liste de ses propriétaires successifs :

940 ? Alain de Reus, fils présumé du comte Rotald, ou Rudalt.

990 ? Rodald de Reus, vivant encore en 1021.

1025 ? Alain II de Reus, mentionné en 1026 et 1050.

1060 ? Rodald de Reus, témoin en 1062 et 1065.

1080 ? Goscelin de Reus, mentionné en 1089.

1100 ? Guéthenoc de Reus, témoin en 1112 et 1127.

1135 ? Ici se place une génération restée inconnue.

1170 ? Rolland de Reux, croisé en 1185, cité encore en 1205.

12 ? Alain III de Reux combattit Mauclerc, et mourut en 1225.

1225. Gilles de Reux prit la croix en 1239 ou 1248.

1255. Geffray de Reux acquit par mariage Fougeray, Nozay.

1275. Guillaume de Reux fonda les Cordeliers de Nantes.

1310. Jehan I de Rieux fonda définitivement les Trinitaires de Rieux.

1357. Guillaume de Rieux, tué à Auray en 1364.

1364. Jean II de Rieux épousa l'héritière de Rochefort en 1374, devint Maréchal de France en 1387, et mourut en 1417.

1417. Jean III de Rieux prit part aux guerres de son temps et vit son frère Pierre devenir Maréchal de France.

1431. François de Rieux fut, comme son père el son aïeul, seigneur de Rieux et de Rochefort, baron d'Ancenis, etc...

1458. Jean IV de Rieux, Maréchal de Bretagne en 1470, tuteur de la duchesse Anne en 1488, mort en 1518 (N. S. 1519).

1519. Claude I de Rieux, marié à Susanne de Bourbon.

1532. Claude II de Rieux, mort sans alliance en 1548.

1548. Renée, mariée à Louis de Sainte-Maure, se fit calviniste.

1567. Paul de Coligny, son neveu, également calviniste.

1586. Guy de Coligny, mort sans postérité en 1605.

1605. Charles I de Lorraine, duc d'Elbœuf, baron de Rieux.

16 .. Charles II de Lorraine, duc d'Elbœuf.

16 .. François de Lorraine, duc d'Elbœuf.

1657. Henri Guénégaud, marquis de Plancy, comte de Rieux en 1667.

1676. Liquidation.

1697. Noël Danycan, secrétaire du roi, comte de Rieux.

1722. Marie Danycan, femme de Charles Huchet de la Bédoyère.

1761. Louis-Auguste-Cyr de Rieux d'Asserac, par achat.

1767. Louis-François-Cyr, comte de Rieux, mort en Angleterre en 18.. .

Son fils unique, Louis, le dernier descendant des Rieux, pris à Quiberon, périt fusillé au Champ des Martyrs en 1795. Les sires de Rieux, comme issus d'Alain-le-Grand, portaient le titre de princes du sang de Bretagne. Ils prenaient rang avant les plus anciens barons du pays et ne le cédaient qu'à là maison souveraine. Leurs armes étaient : D'azur à dix besants d'or, 4, 3, 2, 1. Après l'acquisition de Rochefort, ils portèrent habituellement un écartelé de Rieux et de Rochefort. Leur devise était : A tout heurt bellier, à tout heurt Rieux ; et aussi : Tout un. . Les seigneurs de Rieux avaient la haute justice sur leurs sujets, les prééminences dans les églises, et tous les autres droits féodaux dans leur territoire.

Les autres seigneuries de la paroisse étaient :

1° Beaulieu, à l'ouest du bourg, moyenne justice.

2° Belle-Noë, vers le nord.

3° Bourgneuf.

4° Bousselaye (la), aux Bousselaye, La Haye, du Matz, de Forges.

5° Brambicas, vers l'ouest.

6° Branguérin, au sud.

7° Canzon, au nord-ouest, aux Kervérien en 1666.

8° Courbrye (la), aux du Matz en 1660.

9° Fresche (la), aux du Matz en 1684.

10° Gléré, au nord, aux du Matz en 1639.

11° La Grée, au nord.

12° Kerbonair, au nord-ouest, aux Fabroni en 1724.

13° La Lande, au nord-ouest, aux Helfan et La Haye.

14° Launay, au nord, aux Bousselaye, Couldebouc, Bouexic.

15° Lézalair, moyenne justice, aux la Haye, la Houssaye.

16° Plessis-de-Ressac ou Renac, aux Limur, Villegué, du Mati.

17° Les Préaux.

18° La Tabariaye, moyenne justice, vers l'ouest.

19° Le Tertre, aux Bousselaye, Vauferier, la Haye, la Houssaye.

20° Trévelo, au sud-ouest.

21° Ville-Neuve, au sud-ouest.

(J-M. Le Mené).

Lors de la réformation de 1427, on comptabilise la présence de plusieurs nobles à Rieux :  Jehan Mancoefic, Jacques Perier, Guillaume de Chateaumerllet, Simon Le Venour, Guillaume Droieres (la Poterie), Jehan Penfault (Launay), Guillaume Coué (Ponthostel), Robert de Comenan (le Vaujobert), Guillaume de Beaubois (la Ricardaye), Ollivier Courset (St Jean), Morice de Comenan (Comenan, en la Bouie), Guillaume Mellac (Aucfer), Charles de la Villeaudren (le Plessix-Limur), Jehan de la Boucelaye (la Boucelaye, en la Barbotière), Jehan Giquel (le Bourgneuf), Guillaume Coeffoet (Bodudal), Jehan de Chateaumerllet (Bellenoë), Guillaume de Belouan (les Préaulx, en la Crolaye), Rolland de St Martin (le Tertre), Guillaume de Montroit (la Lande), Jehan Jocelin (Trévolo), Guillaume de Campson (le Bren), Jehan Geffroy (le Bren), Jehan Guerin (le Branguérin), le métayer du sieur de Rieux (la Vacherie), Jehan Macé (ville de Rieux), Guillaume Davi (Treffin ou Berdeux), Guillaume Goro (la Petite Forest Richart), Guillaume de Campson (Campson, en la Filiaye).

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 8 septembre 1464, on comptabilise la présence de 11 nobles de Rieux :

comparaît armé d'une épée et d'une vouge ;  

Gillart Painfault (20 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et d'une salade (casque), comparaît armé d'une épée ;  

les héritiers de Hervé de CHAMBALLAN (200 livres de revenu) : défaillants ;  

Charles de LIMUR (300 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;  

Jehan BROSSOY (10 livres de revenu) : porteur d'un paltoc et d'une salade (casque), comparaît armé d'une épée et d'une vouge ;  

Jehan du BOSER, mari de Phelippes de Lourme (40 livres de revenu) : porteur d'un harnois de corps et d'une salade (casque), comparaît armé d'une épée ;  

Jamet du PLESSIX (40 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et d'une salade (casque), comparaît armé d'une vouge et d'une épée ;  

Jehan de ST MARTIN (30 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une épée ;  

les héritiers de Jehan de la REMBAUDIERE (400 livres de revenu) : défaillants ;  

les héritiers de Guillaume COUESSIN (100 livres de revenu) : défaillants ;  

Amaury GUIHO (300 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ;

 

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 4 septembre 1481, on comptabilise la présence de 14 nobles de Rieux :

Charles de LIMEUR (300 livres de revenu) : comparaît en homme d'armes, avec François Meaude et Jehan de la Grenaudaye ;

les héritiers de Henry de CHAMBALLAN (200 livres de revenu) ;

Julien de la BOUCELAYE (60 livres de revenu) : porteur d'une brigandine ;

Jehan PENFFAULT (30 livres de revenu) ;

Guillaume CORNO ;

Jehan de BEAUBOIS ;

la dame de la RICARDAYE ;

Guillaume BROUSSAY ;

Jamet du PLESSIX (400 livres de revenu) ;

Jehan de ST MARTIN (30 livres de revenu) ;

Jehan RIO (60 livres de revenu), remplacé par Jehan de la Haye : comparaît en archer avec deux chevaux ;

Guyon de MAREILL ;

Jehan de la RAMBAUDIERE (400 livres de revenu) : excusé ;

Jehan de la RAMBAUDIERE (60 livres de revenu) : comparaît en archer ;

voir Rieux Le comté de Rieux

voir Rieux Vassaux et drois seigneuriaux du sire de Rieux

voir Rieux Le comté de Rieux de Henri IV à Louis XV

voir Rieux De la Bédoyère, seigneur de Rieux

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