Montfort-sur-Meu : Histoire, Patrimoine, Noblesse (commune chef lieu de canton)

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MONTFORT-SUR-MEU

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La commune de Montfort-sur-Meu (pucenoire.gif (96 octets) Monforzh) est chef lieu de canton. Montfort-sur-Meu dépend de l'arrondissement de Rennes, du département d' Ille-et-Vilaine (Bretagne).         

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de MONTFORT-SUR-MEU

Montfort-sur-Meu vient du latin "mons" (mont) et "fortis" (fortifié). Ce lieu est situé au confluent du Meu et du Garon.

Tout le territoire de Montfort était jadis compris dans le Poutrecoët ou Poutrocoët (pays dans le bois), qui s'est appelé plus tard Porhoët : cette région justifie son nom par l'immense forêt de Brécilien ou Brocéliande dont elle était à l'origine recouverte.

Montfort-sur-Meu est, semble-t-il, un démembrement de l’ancienne paroisse primitive d'Iffendic. Saint-Méen, disciple de saint Samson, est le principal évangélisateur de la région au VIème siècle. Un château existe à l'origine près du Gué des Moulins ; il est détruit par les Franks à la fin du VIIIème siècle. En 1091, Raoul 1er de Gaël, vaincu par Guillaume le Conquérant construit une nouvelle forteresse sur une motte qui est rasée en 1846 pour l'érection de l'église paroissiale actuelle. Ce château, protégé au sud par le Meu, à l'est par le Garun et au nord par un étang s'appelle Montfort. C'est à ce moment là que la ville prend son essor. 

Le château de Montfort est pris en 1198 par Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre, puis repris et ruiné la même année par Alain de Dinan ; les seigneurs de Montfort se retirent alors au château de Boutavent en Iffendic. Le château de Montfort est repris aux Anglais en 1373 et reconstruit par Raoul VIII de 1376 à 1389. Le château est à cette époque flanqué de quatre tours d'angle, dont on voyait encore, semble-t-il, les bases en 1840. Sa destruction date de 1627.

Montfort est pris par les Français le 9 janvier 1489, au cours  des dernières luttes pour la conservation de l'indépendance de la Bretagne. Les Ligueurs enlèvent Montfort en 1589. François de Cahideuc reprend Montfort le 11 octobre 1589. Le comte de Puisaye, chef de l'insurrection royaliste en Bretagne tente vainement de s'en emparer en 1794. Les chouans prennent Montfort en 1815. Montfort(-sur-Meu) est érigé en chef-lieu de district en 1790 et en chef-lieu d'arrondissement en l'an VIII.

Montfort était jadis une baronnie d'ancienneté nommée au Moyen Age "Montfort la Cane" et qualifiée ensuite de comté. Il possédait un droit de haute justice, avec des fourches patibulaires de six poteaux et des ceps et colliers. La seigneurie relevait directement du roi. Les successeurs de Raoul 1er de Gaël, étaient en même temps barons de Gaël et de Montfort jusqu'à la mort de Geoffroy 1er de Gaël (1187). Les seigneurs de Montfort deviennent par alliance comtes de Laval à la fin du XVème siècle et la seigneurie reste entre les mains de ceux-ci jusqu'en 1789.

La ville close date de 1380, époque de la reconstruction du château. Montfort comptait jadis trois paroisses (dépendant du diocèse d’Alet ou de Saint-Malo) : Saint-Jean, Saint-Nicolas et Coulon. Suite aux alliances des familles de Laval et de Montfort, ces derniers étendent leur pouvoir à partir de 1404. 

En même temps qu'il reconstruit son château, Raoul VIII entoure une partie de la ville de murailles qui seront réédifiées de 1440 à 1480. La muraille est percée de trois portes avec herses et ponts-levis (porte Saint-Jean ou du Boulevard, la porte de Coulon ou porte Blanche, la porte Saint-Nicolas ou de l'Horloge), et flanquée de tours munies de mâchicoulis et de meurtrières (tour du Pas d'Ane, la tour de Guitté, la tour Beurrousse,…). Un donjon édifié en 1389 se trouve au nord-ouest de la ville. Le château est à l'ouest du donjon : il s'élève sur une motte (appelée Montagne, à l'époque de la Révolution) qui sert de redoute pendant la Ligue et plus tard de poudrière. La porte Saint-Nicolas contient la salle de délibérations de la Communauté de Ville et le Beffroi municipal : elle est démolie en 1897. Vis-à-Vis de l'ancienne tour du "Pas d'Ane" se dresse une motte appelée la Motte-aux-Mariées. La ville close renferme au XVIIème siècle les halles à deux étages et l'auditoire de la seigneurie de Montfort. On cultive la vigne à Montfort au XIIème siècle.

La ville close est entourée des trois faubourgs : Saint-Jean au nord-ouest, Saint-Nicolas à l'est et Coulon au sud.

 

le faubourg de Saint-Jean : on y voyait une cohue, l'église et le prieuré de Saint-Jean et le couvent des Ursulines. On ignore les origines de cette paroisse, qui devaient être les mêmes que celles du prieuré de Saint-Jean, membre de l'abbaye de Saint-Méen. On comprend aisément que le sire de Gaël, fondant un château, ait appelé à côté de lui ses voisins les Bénédictins de Saint-Méen ; tout naturellement aussi une paroisse devint nécessaire par suite de l'agglomération des habitants du château, et le seigneur pria l'évêque de la confier au prieur de Saint-Jean, remplacé plus tard par un prêtre séculier. Malheureusement, la perte des archives de Saint-Méen nous laisse dans la plus fâcheuse ignorance sur tous les établissements dépendant de ce monastère. C'est ainsi que nous trouvons pour la première fois mention en 1209 du prieuré de Saint-Jean qui avait droit de haute justice, et en 1296 de la paroisse de ce nom, « parrochia Sancti Johannis Montisfortis » (Chartes inédites de l'abbaye de Saint-Melaine, communiquées par M. de la Bigne Villeneuve). A la cure de Saint-Jean était attaché le décanat de Montfort, mais cet honneur n'enrichissait guère le recteur ; aussi en 1707 l'évêque de Saint-Malo unit-il le prieuré de Saint-Jean, tombé en commende depuis longtemps, à la cure de ce nom. A la suite de cette union, le doyen de Montfort, recteur et prieur de Saint-Jean, se trouva possesseur de 600 livres de rente. Présenté par l'abbé de Saint-Méen, il était pourtant grand décimateur dans sa paroisse, mais celle-ci ne contenait au XVIIIème siècle que trois cents communiants. A la même époque, la fabrique de Saint-Jean avait 30 livres de revenu  (Pouillé ms. de Saint-Malo de 1739-1767). En 1790, le doyen, M. Guillouet, déclara toutefois jouir d'un revenu net de 918 livres 14 sols. (Pouillé de Rennes). L'église paroissiale de Saint-Jean occupe jusqu'en 1851 l'emplacement de la chapelle de Saint-Joseph, près du nouveau cimetière. L'église possédait jadis une chapelle prohibitive aux seigneurs de Lourme (seigneurie fondée au XVème siècle). L'ancien logis prioral de Saint-Jean sert de presbytère depuis 1707. L'église Saint-Jean est démolie en 1851 et reconstruite sur l'emplacement de l'ancienne motte du château. En face de la chapelle Saint-Joseph, se trouve l'ancien Couvent des Ursulines transformé en Hôtel de Ville. Les Bénédictines de Saint-Malo sont autorisées en 1639 à établir un couvent à Montfort, mais elles cèdent leurs droits aux Ursulines qui construisent l'édifice actuel. Le rez-de-chaussée présente sept arcades cintrées. La chapelle, édifiée en 1707, est démolie pendant la Révolution. Les Ursulines sont chassées en 1792 et remplacées par le Tribunal du district, la Justice de paix et une école communale.  

le faubourg Saint-Nicolas : on y voyait l'église (son cimetière est cité dès 1256 et l'église est paroissiale dès 1252) et le prieuré de Saint-Nicolas qui possédait jadis un droit de haute justice. La ville de Montfort s'était élevée au confluent du Meu et du Garun, et avait dû avoir Saint-Jean pour première paroisse ; or, au-delà de ces rivières s'étendait la paroisse de Bédée. Les habitants de Montfort construisirent donc naturellement des maisons sur le territoire de cette dernière. Voyant cela, les Bénédictins de Saint-Melaine, qui possédaient Bédée, fondèrent en ce lieu, avec l'agrément du seigneur de Montfort, un prieuré situé à la porte du château. Ce monastère est signalé en 1158, mais il est vraisemblable qu'alors la paroisse de Saint-Nicolas n'existait pas encore. Nous voyons, en effet, Pierre Giraud, évêque de Saint-Malo, confirmer en 1187 l'abbaye de Saint-Melaine dans la possession de la paroisse de Bédée et de ses dépendances, dont la chapelle Saint-Nicolas de Montfort semble faire partie (« Ecclesiam de Bedesc cum redditibus et appendiciis suis et capellam Sancti Nicholai de Monteforti » - Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine, 185). Mais en 1252 la paroisse de Saint-Nicolas nous apparaît, « parrochia Sancti Nicholai », et en 1256 il est fait mention du cimetière de Saint-Nicolas (Charte inédite de Saint-Melaine, communiquée par M. de la Bigne Villeneuve - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 H, 28). C'est donc vers le commencement du XIIIème siècle que cette paroisse a dû être fondée. Elle fut naturellement confiée à l'origine aux religieux de Saint-Melaine, et leur chapelle priorale devint l'église paroissiale de Saint Nicolas. Plus tard, des prêtres séculiers, présentés par l'abbé de Saint-Melaine, en furent recteurs ; mais le prieur conserva toujours le titre de curé primitif, et pendant longtemps il ne paya que 300 livres de portion congrue au recteur et 150 livres à son curé. Il est vrai qu'au XVIIIème siècle la paroisse n'avait que cent cinquante communiants. Toutefois, en 1790, M. Busnel, recteur de Saint-Nicolas, déclara jouir de 713 livres de revenu net (Pouillé de Rennes). L'église, rendue célèbre par le Miracle de la Cane qui a lieu vers 1386 (légende citée dans différents écrits du XVème siècle et notamment dans le "De dictis mirabilibus" de Baptiste Fulgose, doge de Venise en 1480), est démolie en 1798. L'église Saint-Nicolas se composait jadis d'une nef et d'un chœur à chevet droit, séparés l'un de l'autre par un arc triomphal qu'accostaient deux autels. La légende de la Cane était sculptée sur le maître-autel. Une des verrières, munie de deux meneaux (1535-1547) présentait à son tympan deux écussons des sires de Laval seigneurs de Montfort au XVIème siècle, et un autre écusson parti de Laval et de Foix (Claude de Foix était l'épouse de Guy XVII de Laval). La famille Huchet, seigneurs de la Bédoyère et Talensac possédait une litre intérieure et extérieure du côté nord de l'église, et la famille de Botherel seigneurs de Bédée en avait une du côté sud. Un hôpital, fondé au XIVème siècle et reconstruit vers 1760, se trouve à l'est de l'ancienne église et du prieuré. La verrière de la chapelle de l'Hôpital était aux armes de la famille de Laval, comtes de Montfort au XVème et au XVIème siècles.

le faubourg de Coulon : on y voyait une église (citée pour la première fois en 1152) parfois appelée église Saint-Coulon au XVIIème siècle. Il est question pour la première fois de la paroisse de Coulon, « parrochia Collum », en 1152, à propos de la fondation de l'abbaye de Saint-Jacques. Cette paroisse, qui s'étendait dans la campagne au Sud-Est de Montfort, avait cela de particulier qu'elle n'appartint jamais aux moines et fut toujours administrée par des prêtres séculiers. Coulon est un nom topographique qui semble bien venir de la position de l'église sur le penchant d'une colline. Cependant, au XVIIème siècle, on imagina d'appeler cette paroisse Saint-Coulon ; elle figure sous ce nom dans beaucoup d'actes publics (nota : les trésoriers de Coulon eux-mêmes appellent leur paroisse Saint-Coulon dans leurs livres de compte de 1695 à 1750). On voit même en 1671 Geneviève Joubin, veuve de Pierre de Vaucouleurs, seigneur de la Ville-André, reconnaissante envers saint Coulomb d'une guérison obtenue par sa fille, s'étonner de ne pas trouver la statue de ce saint en l'église de Coulon et en donner une qu'on plaça au maître-autel. Le prieur de Saint-Lazare de Montfort était décimateur en la paroisse de Coulon ; le recteur, nommé par l'ordinaire, avait en 1739-1767 un revenu de 600 livres, et ses communiants étaient au nombre de trois cents. Toutefois, en 1790, M. Dousseau, recteur de Coulon, ne déclara qu'un revenu net de 105 livres 10 sols (Pouillé de Rennes). L'église se composait jadis d'une nef à chevet droit avec une tour : on y ajouta plus tard une chapelle. Elle est sécularisée en 1791 puis démolie en 1809. On y voyait jadis les armes des seigneurs de Montfort, du Manoir (à partir de 1632) et des Grippeaux (à partir de 1651). Il ne subsiste plus au village de Coulon qu'un manoir du XVème siècle, restauré au XVIIème siècle et appartenant en 1513 à la famille du Bois Travers, seigneurs de la Pinelais.

En 1803, Mgr de Maillé ne rétablit que la paroisse de Saint-Jean, mais il lui adjoignit le territoire de Saint-Nicolas et de Coulon. Saint-Jean s'est encore agrandie depuis, en 1829, de la section de Bédée renfermant l'ancienne abbaye de Saint-Jacques de Montfort, et elle est devenue en 1859 le chef-lieu du nouveau doyenné de Montfort.

Les templiers étaient possessionnés à Montfort dès le XIIème siècle (voir le Cimetière des Templiers). La paroisse de Montfort-sur-Meu dépendait autrefois de l'ancien évêché de Saint-Malo. La ville de Montfort était autrefois appelée Montfort-la-Cane, puis Montfort-la-Montagne (en l'an III) et Montfort-sur-Meu qu'à partir de 1815. 

On rencontre l'appellation Monsfortis (au XIIème siècle).

Note 1 : Au XIème siècle, un château qui prit, en 1085 ou 1091, le nom de Montfort, fut élevé par le sire de Gaël, Raoul Ier, sur les rives du Meu, et donna naissance à la petite ville qui porte encore son nom. Les successeurs de Raoul Ier, seigneurs de Montfort, jouèrent un rôle important dans les événements de l'histoire de Bretagne ; mais nous ne pouvons que l'indiquer rapidement ici : Le premier, issu des rois de Bretagne, et qui, à ce titre, avait reçu en apanage la seigneurie de Gaël, dans laquelle il éleva le château de Montfort, Raoul prit part avec le duc Alain V, breton, à la conquête de l'Angleterre, et faillit détrôner le vainqueur ; plus tard, 1085, aida Alain Fergent à repousser les prétentions de Guillaume sur le duché breton, et à le battre devant Dol. Il suivit Alain à la 1ère croisade, 1096, et, à son retour, laissa ses biens à son fils Raoul II. Celui-ci figura à la bataille de Tinchebrai, 1106, et en décida le succès. Il aida Conan IV à recouvrer son duché, fut excommunié pour des dommages causés par lui à l'abbaye de Saint-Méen, et mourut en 1143, laissant Gaël et Montfort à son fils aîné, Guillaume, 1er du nom, et à sa femme Amice de Porhoët, qui fondèrent en 1152 l'abbaye de Saint-Jacques, où fut inhumé leur héritier, Raoul III, qui mourut sans postérité en 1162, et laissa la seigneurie de Montfort à son cadet Geoffroy. Celui-ci ne sut pas défendre le château de Hédé contre l'Anglais, en 1168, et mourut en 1181. Raoul IV, son second fils, l'aîné Rolland étant clerc, lui succéda et se distingua dans la guerre des barons bretons contre Richard d'Angleterre, pendant laquelle Montfort, occupé par une garnison anglaise, fut repris et détruit par Alain de Dinan, en 1197. C'est au temps de Raoul, vers 1211, que l'abbaye de Paimpont, qui avait appartenu à celle de Saint-Méen, fut unie à celle de Saint-Jacques. La seigneurie de Montfort fut alors partagée entre les deux frères, Raoul et Guillaume. Ce dernier devint exclusivement seigneur de Montfort ; mais le château étant ruiné, il alla habiter celui de Boutavant (ou Boutavent), près la forêt de Saint-Perm. La fille unique de Guillaume II, Mahaut, porta la seigneurie de Montfort dans la maison de Rohan ; son fils l'échangea avec Guillaume de Lohéac, qui la donna à Alain de Montauban ; mais elle revint à l'aîné des enfants de Raoul en 1225, et celui-ci réunit ainsi, sous le nom de Raoul V, les terres de Gaël et de Montfort. Ses fils, Raoul VI et Geoffroi III, qui lui succédèrent, soutinrent l'éclat du nom de Montfort à la guerre de Flandre, sous Jean II. Raoul VII prit le parti de Charles de Blois et fut fait prisonnier à la bataille d'Auray. Plus tard, en 1372, il aida Duguesclin à reprendre les châteaux de Gaël et de Comper aux Anglais, alliés de Jean de Montfort ; quatre ans après, en 1376, Raoul profita d'une trève pour relever ses châteaux de Montfort et de Comper : c'est alors que prit naissance la tradition de la canne miraculeuse, dont le nom fut ajouté à celui de Montfort, et perpétua le souvenir de la jolie fille de Saint-Gilles, ravie par son seigneur pendant la corvée, et métamorphosée en canne, par l'imagination populaire, pour échapper au donjon, d'où la délivra ainsi l'intercession de Saint-Nicolas. En 1379, Raoul forma à Rennes une alliance entre nobles et bourgeois pour la défense du droit ducal, et sauva l'indépendance bretonne des mains de Charles V. Raoul VIII, lieutenant du duché en 1408, aida Charles VII contre les Anglais. Après lui, la seigneurie de Montfort passa dans la maison de Laval par la renonciation de son fils Jean aux armes paternelles, pour adopter celles de la famille dont il épousait l'unique héritière. Il prit le nom de Gui XIII ; ses successeurs le portèrent jusqu'à Gui XVII ; mais alors le comté de Montfort, passé dans des mains dissipatrices, fut vendu en 1557, à Dandelot, le frère de l'amiral de Coligny, qui avait épousé Claude de Laval. Quand vint la guerre de la Ligue, Montfort, privé de ses nouveaux seigneurs morts dans les guerres religieuses, fut pris par Mercoeur et bientôt recouvré par le duc de Montpensier, qui y plaça deux gouverneurs pour le roi , François Cahideuc et le sire de Sarrouette. En 1605, Henri de la Trémoille (ou Tremouille), devenu comte de Laval, le fut aussi de Montfort en 1715 ; il vendit le comté à divers acquéreurs, dont l'un, M. Huchet de Cintré, eut pour sa part la ville de Montfort, à l'exception de la motte et de la tour, réservées par le vendeur, avec tous les droits qui appartenaient au roi.

Note 2 : Louis-Marie Grignon de Montfort, célèbre prédicateur canonisé en 1949, est né le 31 janvier 1673 à Montfort-sur-Meu (voir la vie de Louis-Marie Grignon de Montfort). 

Note 3 : Ecole de garçons. — En 1682, le prieur de Saint-Nicolas devait entretenir une école pour les garçons des trois paroisses de Montfort et des paroisses de Bédée et de Breteil. En 1708, cette école était mal tenue, et Mgr des Maretz défendit au maître d'école, nommé Gandon, de faire la classe dans le même appartement et aux mêmes heures que sa mère, qui la faisait elle-même aux petites filles. En 1769, l'école des garçons de Montfort n'ayant que 40 livres de rente, se trouvait sans titulaire ; ce que voyant, la Communauté de ville accorda 120 livres de traitement à M. Loqué, prêtre de Montfort ; l'évêque de Saint-Malo approuva cette nomination et promit aux bourgeois de Montfort de conférer désormais cette charge au prêtre qu'ils lui présenteraient. Cette école, établie dans la paroisse de Saint-Jean, devait être pour les enfants des trois paroisses de Montfort et devait durer cinq heures chaque jour, depuis le 18 octobre jusqu'au 18 septembre (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 33). Ecole de filles. — Cette école était dirigée par les Ursulines établies à Montfort en 1639. A noter aussi qu'une école libre est fondée en 1826 : elle devient communale en 1842 et est installée dans l'ancien couvent des Ursulines.

Note 4 : liste non exhaustive des recteurs des anciennes paroisses de Montfort-sur-Meu : 1° - Recteurs de la paroisse de Saint-Jean : Guillaume Eberard (en 1548, chanoine de Saint-Malo), Pierre Menet (1562-1566), Jean Morel (1566-1573), Jean Vigoland (en 1573), Alain de la Fléchaye (décédé vers 1623), Pierre Régnier (en 1623, prieur de Saint-Jean), Olivier Sébille (décédé vers 1649), Pierre Hindré (en 1649 et en 1681), Henri Hindré (en 1697), Paul Even (1701-1705), Jean Brégère (1706-1719, il devint en 1707 prieur de Saint-Jean), Jean-Bertrand Le Breton (1719-1720), Auguste-Briand Robinault (1720-1727), Michel Daon (1727-1740), Mathurin-Antoine Gouin de Roumilly (1740-1757), Jean-Baptiste Baudet (1757-1768), Jean-André Martineau (1768-1777), Charles-Anne-Félix de la Goublaye (1777-1779), Pierre du Feu (1780-1783, ancien prieur du Crouais), Jean Guillouet (1784-1789), Charles-Julien Berthault (1803-1811), N... Le Breton (1811-1812), Jean Hattais (1812-1816), Mathurin Bédel (1816-1831), Pierre Gaudin (1832-1851), Joseph Gauthier (1851-1870, chanoine honoraire), Jean Delourme (à partir de 1871), .... 2° Recteurs de la paroisse de Saint-Nicolas : Jean Le Lyonnais (en 1468), Jean Belonneau (vers 1502), Guillaume Danet (vers 1543), François Prieur (résigna vers 1554), Jacques Gougeon (1554-1559), Jean Dupré (1559-1562), Jacques du Pont (1562-1568), Jean Le Borgne (1568-1569), Jacques du Pont (1569-1571), Guillaume Henry (1571-1573, il débouta Jean Hervy, nommé par le Chapitre), Pierre Rihouey (1573-1598), Guillaume Boullier (1598-1618), Pierre Eustasse (1618-1657), Jean Bougret (en 1657), Pierre Betuel (avant 1693), Pierre Odye (1693-1713, il débouta Gaspard Fornier, présenté par l'abbé de Saint-Melaine), Jean Régnier (1713-1732), Joseph Allain (1732-1743), Louis-François Davy (1743-1783), Pierre-Philippe Busnel (1783-1789). 3° Recteurs de la paroisse de Coulon : Julien Jamelot (en 1558), Michel de Romillé (résigna en 1561), Jean Le Borgne (1561-1571), François Cochery (1571-1575), Olivier Duval (1575-1577), Guillaume Le Nouvel (en 1577), Jean Gournouvel (en 1583), Thomas Pichot (en 1600), Jean Lestelier (en 1601, il rendit aveu en 1632 à l'abbé de Montfort pour son "presbytère situé entre l'église et le faubourg de Coulon de Montfort", relevant de l'abbaye à devoir d'obéissance, trois deniers monnoie et un demi-boisseau de froment), Raoul Corbes (vers 1668 ; par testament du 6 mai 1670, il fit à Coulon une fondation qui fut unie à la cure), Jean Hervéas (avant 1678), Mathurin Menant (vers 1678 et jusqu'en 1703), Guillaume Godet (1703-1731), Mathurin Lemoine (1731-1763), Mathurin-Toussaint Dousseau (1763-1789, il fut le restaurateur de l'hôpital de Montfort-sur-Meu et le fondateur de la Maison de Retraite en cette ville).

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PATRIMOINE de MONTFORT-SUR-MEU

l'église de l'abbaye Saint-Jacques (XIVème siècle). Remaniée aux XIVème et XVIIème siècles. L'église est dévastée par un incendie en 1976. Du XIVème siècle, il ne subsiste que le portail. L'ancienne Abbaye de Saint-Jacques de Montfort, fondée en 1151 par Guillaume Ier de Montfort et donnée à des Chanoines Réguliers, était primitivement dans la paroisse de Bédée. Elle est réunie en 1829 à la commune de Montfort. L'Abbaye possédait jadis un droit de haute justice exercé à Guipry et un colombier. Son église, en forme de croix, est reconstruite au début du XIVème siècle. Le chevet est droit. Le croisillon nord date du XIIème siècle et présente deux arcs et un berceau brisés. Le retable du maître-autel était en tuffeau et en marbre (XVII-XVIIIème siècle). On y trouvait aussi en 1682 une litre extérieure et intérieure aux armes des seigneurs de Montfort. L'église abritait autrefois de nombreux tombeaux : entre autre celui de l'abbé de Vaunoise, élu archevêque de Dol en 1188 et mort en 1190. Le couvent est rattaché en 1636 à la Congrégation des Chanoines Réguliers de Saint-Augustin et unie à celui de Sainte-Geneviève du Mont à Paris. Il est vendu comme bien national pendant la Révolution et racheté en 1806 pour devenir un couvent d'Ursulines ;

Nota 1 : A Montfort, l'abbaye Saint-Jacques, près de la ville ; ordre des chanoines réguliers de Saint-Augustin ; fondée l'an 1152 par Guillaume, Sire de Montfort, et Amine, sa femme [Note : Voir Gallia christiana, XIV, col. 1025. Lelarge : Catalogue manuscrit des abbés de Montfort, inédit, déposé à Paris, à la Bibliothèque Sainte-Geneviève. — Dom Morice : Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, col. 613. — Guillotin de Corson, Pouillé de Rennes, II, p. 636 et seq. — Tresvaux : Eglise de Bretagne, p. 511], sur leurs terres de Montfort et de Gaël. Ils avaient deux enfants, Guillaume et Raoul, qui succéda. Le fondateur est enterré an chapitre [Note : Guillotin de Corson, loc. cit., p. 638 dit qu'il fut enterré dans le choeur de l'église abbatiale], sous une pierre armoyée de la croix guivrée [Note : Guillotin de Corson, loc. cit., III, p. 173, donne comme armes aux sires de Montfort : d'argent, à la croix gringolée d'or] Auprès, une autre (tombe) : Hic jacet Radulphus de Montefortis et Gadelli. La grande vitre : Montfort homme. Trois femmes : la première, d'or à merlettes de gueules, au canton de même ; la deuxième, de gueules à fusées d'argent ; la troisième, de la Hunaudaye, du temps de Jean II, duc de Bretagne, et de sa femme d'Angleterre. Un sieur de Lohéac ; sa femme de Léon. Un cadet ; sa femme d'azur, de fleurs de lys d'argent : c'est Saint Gilles [Notes historiques du marquis de Molac, fonds de Rosmadec ; Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, série E]. Cette mention curieuse d'un vitrail actuellement disparu, peut être facilement complétée par quelques lignes d'un manuscrit conservé aux Archives Nationales [Fonds français, 22.325, fol. 417]. Au milieu de notes concernant les abbayes bretonnes, une main inconnue à glissé la description de la vitre de Saint Jacques de Montfort. Dans les quatre feuilles de la verrière figuraient trois blasons : au centre, celui de Montfort : d'argent, à la croix gringolée d'or ; à gauche : Montfort, avec un lambel à cinq pendans ; à droite : vairé d'argent, au lambeau de gueules. Les compartiments situés entre les meneaux, au nombre de six, comprenaient les sujets suivants : - I. Saint Morice. Une priante : parti au premier de Léon ; au deuxième, vairé d'argent et d'azur, au canton d'hermines. Un priant : vairé d'argent et azur. On croit que c'est Lohéac. - II. Saint Pierre et saint Paul. Un priant : échiqué d'or et d'azur, à l'orle de gueules chargée de besans d'argent, au canton d'hermines. Sa femme : parti, au premier échiqué, au deuxième de gueules à trois léopards d'or. On croit que c'est Normandie. - III. La Sainte Vierge. Trois femmes. La première de la Hunaudaye ; la deuxième Landal ; la troisième de Chemillé. La plus proche, d'or à des merlettes de gueules ; la suivante de gueules à trois fusées d'argent ; la plus éloignée, écartelée d'or et d'azur. Raoul de Montfort : d'argent à la croix encrée de gueules, givrée d'or. - IV. Le Crucifix. Un cadet de Montfort et sa femme, de la maison de saint Gilles. Les armes de Montfort, à la cotice en bande d'azur [Note : La vitre ne renfermait pas — et pour cause — le blason de l'abbaye : d'azur à une montagne d'or, surmontée de trois coquilles de même rangées en chef. Ces armoiries figurèrent pour la première fois dans l'Armorial Général de 1698]. - V. Saint Jacques et saint Philippe. Trois templiers de l'ordre de saint Augustin. Sur la cotte du dernier, qui est blanche, il y a une croix ancrée, chargée de besans d'or, en mémoire de ce qu'il était fils naturel de .....  de Montfort, qui a une épée. Le premier ayant une robe verrée ; le deuxième, pourpre ; le troisième, blanche, et tous un petit capuchon qui pend sur le dos. - VI. Saint Martin. Un priant : azur à un dextrochère d'or, vêtu de manipule (sic) de même, soutenant une fleur de lys d'argent. Une priante : Parti de... ; le premier de sable à la croix d'argent... On prétend que ce sont les armes du seigneur de Gaël et que sa femme était de Martigné-Ferchaud (M. de Rosmadec, marquis de Molac).

 

l'église Saint-Louis-Marie-Grignion-de-Montfort (XIXème siècle), oeuvre des architectes Charles Langlois, Jacques et Henri Mellet. Cette église, qui se trouve à l'emplacement d'une ancienne motte féodale, est édifiée en deux étapes : de 1848 à 1851 (corps principal) puis de 1885 à 1886. Les orgues, oeuvre des facteurs-d'orgues Jean Baptiste et Georges Claus, datent de 1860-1891 ; 

l'ancienne église de Saint-Jean, aujourd'hui disparue. Cette ancienne église, dédiée à saint Jean-Baptiste, se trouvait là où s'élève la chapelle moderne de Saint-Joseph ; la place voisine était son cimetière, et le presbytère actuel se trouvait être le logis prioral de Saint-Jean, cédé en 1707 au recteur. Nous ignorons ce qu'était cette église au point de vue archéologique. Le sire de Montfort en était le seigneur supérieur, fondateur et prééminencier, et le recteur de Saint-Jean devait célébrer à ses intentions un service solennel à chacune des quatre grandes fêtes de l'année. Mais après le démembrement de la baronnie en 1715, les droits de fondation et les prééminences échurent à Joseph Huchet, seigneur de Cintré. Le seigneur de Lourme, terre fondée au XVème siècle par la famille Joubin, avait aussi dans l'église Saint-Jean une chapelle prohibitive qui menaçait ruine en 1749. Enfin, la confrérie du Saint-Sacrement et plusieurs autres fondations existaient dans cette église. A ce vieux Saint-Jean se rattachaient deux souvenirs historiques : la prédication de saint Vincent Ferrier en 1417 et le baptême du vénérable Louis Grignion, si connu sous le nom de P. Montfort ; né de Jean-Baptiste Grignion, sieur de la Bacheleraye, et de Jeanne Robert, ce dernier saint prêtre fut tenu sur les fonts baptismaux de Saint-Jean par Louis Hubert, sieur de Beauregard, et Marie Lemoine, dame de Tressouet, le 31 janvier 1673. M. l'abbé Oresve, Histoire de Montfort, 167 stipule — La fête de Saint-Jean donnait lieu jadis à Montfort à une réjouissance populaire, décrite comme il suit dans la Déclaration de la baronnie de Montfort en 1682 : Le seigneur de Tréguil, y est-il dit, à cause de ses fiefs d'Allansac et de la Bouyère, doit « à l'issue des vespres de la feste de saint Jan-Baptiste, par chacun an, à la passée et entrée du cimetière de Saint-Jan de Montfort, un chapeau de fleurs de cherfeil sauvage, sous peine de saisie, dont les officiers du seigneur de Montfort luy doibvent décharge ; et de là est par lesdits officiers porté (ledit chapeau) sur la Motte-aux-Mariées, près la contrescarpe des fossez du Pas-d'Asne de ladite ville de Montfort, pour en manière accoustumée y estre donné par le procureur fiscal dudit seigneur aux mains de chaque mariée des trois paroisses de la ville et forsbourgs de Montfort d'an en an ; et doibvent (lesdites mariées), à l'endroit de l'évocation d'icelles, après s'être saisies dudit chapeau de fleurs, danser et chanter leur chanson, et doibvent baiser ledit seigneur ou son procureur, à peine de 60 sols d'amende qui est sur le champ ordonnée par ses juges et officiers. Et ledit seigneur est obligé de leur fournir un feu d'un cent de fagots ou bourrées qui se consomment pendant que lesdites mariées chantent et dansent ; et est à la fin relaissé ledit chapeau à la dernière mariée ou à celle que juge à propos ledit seigneur ou son procureur ». L'on a reconstruit vers la fin du XIXème siècle Saint-Jean, devenue l'unique église paroissiale de Montfort ; c'est un édifice de style renaissance, orné intérieurement de fresques et d'autels en pierre sculptée (Pouillé de Rennes) ;

l'ancienne église de Saint-Nicolas, aujourd'hui disparue. D'après un plan conservé aux Archives départementales (1 H, 28), cette église se composait d'une seule nef ouverte au Midi de deux fenêtres, et d'un choeur beaucoup plus étroit, terminé par un chevet droit et séparé de la nef par un arc triomphal. Ce plan semble indiquer une haute antiquité, et il se pourrait bien que cet édifice remontât aux origines de Montfort. Au Sud du choeur et y attenant se trouvait le logis prioral de Saint-Nicolas. Cette église fut rasée en 1798, mais on montre son emplacement dans un jardin à côté de l'ancien étang aujourd'hui desséché, et une petite place voisine porte encore le nom de Cimetière Saint-Nicolas. Les supériorité, fondation et prééminences appartenaient en cette église au seigneur de Montfort, et le recteur de Saint-Nicolas devait célébrer pour lui deux services solennels aux fêtes de Saint-Nicolas d'été et d'hiver ; mais en 1715 les droits honorifiques furent partagés entre deux des acquéreurs de la baronnie démembrée : Joseph Huchet, vicomte de la Bédoyère, eut droit à un banc dans le chanceau, du côté de l'évangile, et à une litre aux dedans et dehors du même côté ; et Charles de Botherel, seigneur de Bédée, put placer son banc vers l'épître, avec une lisière aux dedans et dehors de ce côté. La confrérie du Rosaire fut fondée à Saint-Nicolas le 14 mai 1627 ; il y avait aussi d'autres fondations en cette église, telles que celle de la messe matinale le dimanche et celle des prières pour les trépassés (nota : Le 7 octobre 1431, un habitant de Montfort, Collinet Marivinet, « esmeu de pitié et devocion vers les trespassez », donna une pièce de terre à la fabrique de Saint-Nicolas pour qu'un homme allât « chacun lundy de la sepmaine, au point du jour, par la ville et forsbourgs de Montfort avec une clochette sonnante en main, disant certaines paroles pour exciter les chrestiens sommeillants à prier Dieu pour les trespassez » - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 34). Mais ce qui rendait Saint-Nicolas célèbre au moyen-âge, c'était la cane merveilleuse y venant chaque année. Qu'on explique comme l'on voudra (nota : la légende populaire raconte que cette cane accomplissait un voeu fait à saint Nicolas par une jeune fille menacée à Montfort d'un grave danger) cette apparition d'une cane sortant de l'étang de Montfort et entrant dans l'église de Saint-Nicolas le jour de la fête patronale, puis disparaissant pour ne revenir que l'année suivante, le fait en lui-même paraît certain ; il est attesté par les protestants Louveau et d'Andelot, par le grave jurisconsulte d'Argentré et par une foule d'autres personnages importants ; il est relaté non-seulement à Montfort dans de nombreux procès-verbaux des XVème et XVIème siècles et dans les comptes des trésoriers de cette époque, mais encore dans les ouvrages de savants étrangers, tels que le doge Fulgose en 1480, et le président Chassenée en 1524 ; il est enfin devenu si populaire que la ville où il se passait en a gardé pendant des siècles le nom de Montfort-la-Cane. Toutefois, ces apparitions devinrent plus rares au XVIIème siècle ; l'historien Hay du Châtelet en fut encore témoin en 1666, et le P. Vincent Barloeuf composa à leur sujet un intéressant ouvrage ; mais après 1739 elles cessèrent complètement. Revenons à l'église Saint-Nicolas ; on y voyait une belle verrière dont nous avons retrouvé (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine) un dessin que nous allons décrire. Placée dans une fenêtre flamboyante divisée par trois meneaux, la vitre présentait neuf sections surmontées de trois écussons ; au centre, à la place d'honneur, étaient les armoiries du comte de Laval, seigneur de Montfort et de Vitré au XVIème siècle : écartelé au 1er d'azur à trois fleurs de lys d'or, qui est de France ; aux 2ème et 3ème d'or à la croix de gueules chargée de cinq coquilles d'argent et cantonnée de seize alérions d'azur, qui est de Montmorency-Laval ; au 4ème d'azur à trois fleurs de lys d'or et au bâton componé d'argent et de gueules, qui est d'Evreux ; sur le tout, en bannière : de gueules au lion contourné et couronné d'argent, qui est de Vitré. — A droite et un peu au-dessous était un autre écusson semblable ; à gauche un troisième blason portait : parti : au 1er les armes qui précèdent ; au 2ème de gueules à trois pals d'or, qui est de Foix. — Puis apparaissaient au-dessous, sur deux rangs, six figures de saints occupant le même nombre des sections de la verrière ; le dessin n'a de légende que sous l'un de ces bienheureux ; on y lit : Sainct Nicolas, évesque de Myre ; revêtu de son costume épiscopal, ce dernier bénit les petits enfants qui ressuscitent par l'effet de ses prières ; mais, chose à noter, aux pieds du saint barbotent dans un marais quatre canes, rappelant ainsi la légende de Montfort. Le bas du vitrail est occupé par trois groupes : au centre une pièta ; à droite le comte de Laval, une couronne en tête et le collier de Saint-Michel au cou, agenouillé sur un prie-Dieu aux armes de Montmorency-Laval, et accompagné d'un petit prince revêtu comme lui d'un manteau d'hermines ; à gauche, la comtesse de Laval, placée sous un dais comme son mari, et également couronnée et agenouillée ; son prie-Dieu porte les armes de Foix. Ces blasons datent cette verrière, contemporaine évidemment de Guy XVII, comte de Laval, qui épousa en 1535 Claude de Foix et mourut en 1547. C'est donc entre ces deux dates que fut placé ce beau vitrail qui, indépendamment de son mérite artistique, confirme à sa manière la tradition de la cane de Montfort. On voyait également à Saint-Nicolas la cane légendaire sculptée sur le maître-autel et brodée sur les vêtements sacerdotaux. Dans la nouvelle église de Montfort on a eu l'heureuse idée de reproduire cette cane dans les sculptures de l'autel Saint Nicolas (Pouillé de Rennes) ;  

l'ancienne église de Coulon, aujourd'hui disparue. L'église de Coulon se trouvait en pleine campagne, à environ un quart de lieue de Montfort ; il n'y avait à côté qu'une seule maison, manoir du XVIème siècle, qui ne manque pas d'intérêt ?. Cette église était dédiée à la Sainte-Trinité. Elle se composait d'une nef terminée par un chevet droit ; en 1640, le recteur, Jean Lethelier, obtint de l'évêque permission de reculer le maître-autel jusqu'au mur de ce chevet et construisit une sacristie ; il se proposait en même temps de bâtir une chapelle en dehors de la nef et vis-à-vis la tour, de façon à donner la forme d'une croix à l'édifice ; de diminuer l'autel de Notre-Dame placé dans la nef et de transporter dans la chapelle neuve celui de Saint-Sauveur, « très-fréquenté des pèlerins ». En 1763 il est aussi fait mention en cette église de la chapelle Saint-Joseph, où délibérait alors le général de la paroisse (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 25). Le pape Alexandre VII accorda vers 1660 des indulgences à la confrérie de Saint-Joseph établie à Coulon ; plus tard, on y érigea successivement d'autres confréries : en 1771 celle du Scapulaire, en 1778 celle du Saint-Sacrement, et en 1784 celle de la Bonne-Mort. Le seigneur de Montfort, supérieur, fondateur et prééminencier à Coulon, accorda en 1632 à Eustache Le Moine, sieur du Grandlieuc, la permission d'avoir en cette église, « à cause de sa maison du Manoir, un banc à queue et deux pierres tombales armoriées proche l'autel Saint-Sauveur, et son escusson dans la vitre voisine, au-dessous de celui du seigneur de Montfort ». Peu après, en 1651, Jacques Le Moine, sieur des Grippeaux, obtint une semblable concession « de prééminence, banc et pierre tombale devant l'autel de la Charité, le tout prohibitif à la maison des Grippeaux » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 9 G, 24 et 27). Après la vente de la baronnie de Montfort, Charles Huchet, seigneur de la Bédoyère, eut en partage, en 1715, « les droits de fondation et seigneurie » dans l'église de Coulon. De cet antique sanctuaire, démoli vers 1807, il ne reste pas une pierre ; son emplacement seul apparaît encore (Pouillé de Rennes) ;  

la chapelle Saint-Joseph (XIXème siècle), située place des Marronniers. Il s'agit de l'ancienne église paroissiale de Montfort. Cette église est détruite en 1851 pour être remplacée par une nouvelle chapelle qui conserve la porte de la chapelle Saint-Jean. La porte date du XV-XVIème siècle et elle est sculptée de grappes de raisin. Elle renferme un joli groupe par Valentin et quelques tombeaux modernes, notamment celui de la fondatrice, Mme Barbotin (Pouillé de Rennes) ;   

l'ancienne chapelle Notre-Dame du château, aujourd'hui disparue. Les premiers seigneurs de Montfort construisirent dans leur château même une chapelle qu'ils dédièrent à la Sainte Vierge ; c'est dans cette église que Raoul de Montfort confirma en 1122 la fondation du prieuré d'Iffendic, « in ecclesia B. M. que ejus Radulf. capella erat ». Cette chapelle fut naturellement détruite avec le château lui-même en 1198 ; mais lorsque celui-ci fut relevé, le sire de Montfort s'engagea en 1409 à « rebastir une chapelle size dans sa ville de Montfort proche du chasteau, détruite par le malheur des guerres qui durèrent longues années, et ce du consentement de Robert, évesque de Saint-Malo » (Bibliothèque Nationale, Blancs-Manteaux). Enfin, la Déclaration de 1682 s'exprime ainsi : « Dans l'estendue du chasteau de Montfort il y avoit deux belles grandes chapelles dont les ruisnes paroissent encore présentement et desquelles les comtes de Montfort estoient patrons, fondateurs et dottateurs, mais par la rigueur des guerres et caducité des temps lesdites chapelles ont été démolies et les tiltres de fondacion et dotacion perdus et dissipés » (Pouillé de Rennes) ;  

les chapelles aujourd'hui disparues : la chapelle Saint-Jacques des Ursulines (ancienne église abbatiale de Montfort), la chapelle Saint-Roch (dépendant jadis de la léproserie de Saint-Lazare), la chapelle de l'hôpital, la chapelle des anciennes Ursulines ;    

l'ancien prieuré Saint-Jean de Montfort-sur-Meu, aujourd'hui disparu, et jadis membre de l'abbaye de Saint-Méen. Rien ne prouve, — quoi qu'ait écrit M. l'abbé Oresve (Histoire de Montfort, p. 246), l'assertion faisant de saint Judicaël le fondateur du prieuré de Saint-Jean de Montfort-sur-Meu. Il faut bien avouer qu'on ignore complètement l'origine de cet établissement des moines de Saint-Méen. Il en est fait mention pour la première fois, à notre connaissance, en 1209. A cette époque, Guillaume de Montfort fit plusieurs restitutions à l'abbaye de Saint-Méen, qu'il avait endommagée, et l'acte en fut passé dans la maison du prieur de Saint-Jean, à Montfort même (Blanc-Manteaux, Bibliothèque Nationale, n° 22322, p. 497). Ce prieuré se composait, au XVIIème siècle, de l'église Saint-Jean, à la fois priorale et paroissiale, et du logis du prieur qui l'avoisinait ; — du jardin du prieuré ; — de la prée Saint-Jean, située proche de l'étang de Montfort-sur-Meu et contenant 4 journaux de terre ; — d'une rente de grain due par le prieur d'Iffendic, composée de 3 quartiers de blé (moitié seigle et moitié avoine), chaque quartier valant 21 boisseaux, mesure de Montfort, le tout faisant 4 mines de seigle et 4 mines d'avoine ; — de quelques dîmes ; — de la moitié des oblations faites à l'église Saint-Jean ; — d'un fief et d'une juridiction ; — de rentes diverses par argent et froment peu considérables ; — des devoirs et coutumes d'une foire, appelée foire de Vendange, se tenant à Montfort-sur-Meu au mois d'octobre ; — enfin, d'un droit de bois de chauffage, fixé à 15 charretées par an, et de bois à merrain à prendre dans la forêt de Coulon (Déclaration de 1679 - Archives du Chapitre de Rennes). Il paraît bien que le prieuré de Saint-Jean n'avait pas grande importance, puisque son titulaire, Jean Grégoire, l'affermait en 1609, à Olivier Le Tourneux, 90 livres tournois seulement. Trois ans plus tard, il lui renouvela même son bail, le 22 juin 1612, pour 78 livres, parce qu'il se réserva expressément « le baise-main à l'autel de l'église Saint-Jean ». Ce prieur habitait alors au village de la Noë-Jehannot, en Talensac. Toutefois, en 1662, le prieur Isidore Huart afferma 135 livres ce même prieuré. Le 22 octobre 1707, Antoine Fagon, abbé de Saint-Méen, consentit à unir le prieuré de Saint-Jean, que venait de résigner Henri Hindré, à la cure du même nom. Il se réserva toutefois son droit de patronage ; et comme cette cure était elle-même vacante, il présenta Jean Brégère pour posséder les deux bénéfices unis. Mgr des Maretz, évêque de Saint-Malo, signa le décret d'union le 12 novembre 1707, et le 19 du même mois Jean Brégère prit possession du prieuré et de la cure et s'installa dans le manoir prioral, qui devint ainsi le presbytère de Saint-Jean. Cette union des deux bénéfices persista jusqu'à la Révolution. A la fin du XIXème siècle, l'ancienne église Saint-Jean n'existe plus, mais le vieux logis prioral sert encore de demeure au curé-doyen de Montfort. Liste des prieurs : — Jean de Coatridouc (1557). — Etienne Gumery succéda au précédent au commencement de 1558 et résigna vers la fin de cette même année. — Jean de Saint-Brieuc prit possession le 25 décembre 1558 ; il résigna en 1589. — Pierre James fut pourvu le 23 août 1589 ; décédé en 1592. — Alain de La Fléchaye, nommé par l'abbé de Saint-Méen le 22 janvier 1593, dut se retirer devant le suivant, qui se fit pourvoir à Rome ; il devint recteur de Saint-Jean. — Jean Grégoire prit possession le 17 mai 1593 ; il résigna en 1617. — Jean alias Pierre Régnier prit possession le 9 mai 1617 du prieuré ; nommé recteur de Saint-Jean en 1623, il jouit des deux bénéfices avec l'approbation de l'évêque de Saint-Malo et de l'abbé de Saint-Méen, malgré les efforts de François Farcy, qui, protestant contre cette union, se fit nommer prieur de Saint-Jean par l'archevêque de Tours et prit possession de ce bénéfice le 3 septembre 1623. — Dom René Guynier mourut vers 1638. — Dom Barnabé Aubert, Bénédictin, fut nommé prieur le 12 octobre 1638 ; mais Jacques Cochery, recteur des Iffs, prétendit au même bénéfice, dont il se fit pourvoir le 25 novembre 1639 et dont il prit possession le 28 février 1640. — René Aveline (1642). — Marguerit Gavelin mourut vers 1662. — Isidore Huart, chanoine de Verdun, succéda au précédent en 1662. Il rendit aveu au roi pour son prieuré le 18 juillet 1679. — Henri Hindré, recteur de Bréal, fut pourvu du prieuré le 3 avril 1700. Il eut à combattre François Coisnon, sieur du Haut-Verger, qui se fit pourvoir à Rome et prit possession du même bénéfice. Demeuré vainqueur, Henri Hindré finit, en 1707, par résigner son prieuré, qui fut définitivement uni, comme nous l'avons dit, à la cure de Saint-Jean (abbé Guillotin de Corson) ;  

l'ancien prieuré Saint-Nicolas de Montfort-sur-Meu, aujourd'hui disparu, et jadis membre de l'abbaye de Saint-Melaine. « D'azur à un saint Nicolas d'or » (Armorial général ms. de 1698). M. Paul de la Bigne Villeneuve dit quelque part (Bretagne contemporaine, Ille-et-Vilaine) que l'église de Saint-Nicolas de Montfort remontait à l'an 1105. Cependant il n'est point fait mention de ce prieuré dans la charte de Donoald, évêque d'Aleth, énumérant en 1122 toutes les dépendances de Saint-Melaine dans son diocèse ; mais son existence est formellement constatée en 1158. A cette époque, en effet, les moines de Saint-Melaine furent confirmés par Josse, archevêque de Tours, dans la possession de la chapelle Saint-Nicolas de Montfort, « capellam Sancti Nicholai de Monteforti ». Ces mêmes religieux eurent, en 1163, une vive contestation avec les Chevaliers du Temple de Montfort au sujet d'un four banal situé en cette ville ; l'archevêque de Tours, choisi pour arbitre, mit les parties d'accord et adjugea ce four à l'abbaye de Saint-Melaine , c'est-à-dire au prieuré de Saint-Nicolas, dépendant de ce monastère. Un peu plus tard, Gervais, abbé de Saint-Melaine, fut de nouveau confirmé en 1185 par le pape Luce III, et en 1187 par Pierre Giraud, évêque de Saint-Malo, en possession de la chapelle Saint-Nicolas de Montfort, « capellam Sancti Nicholai de Montfort ». En 1239, Josselin de Rohan, seigneur de Montfort, renouvela le don que ses prédécesseurs avaient fait au prieur de Saint-Nicolas du droit d'usage dans la forêt de Coulon, consistant « en bois mort pour chauffer la maison priorale et son four, bois vif pour les constructions et réparations, et échalas pour les vignes du prieuré ». En 1258, un clerc de Montfort-sur-Meu (Montfort) donna au prieur de Saint-Nicolas tout ce qu'il possédait d'immeubles entre l'église Saint-Nicolas et le four du prieuré. En 1275, Tyson de Saint-Gilles, Raoul de Marigné et Raoul de la Houssaye se jetèrent violemment sur le prieuré de Saint Nicolas, qu'ils ravagèrent ; pour dédommager les religieux, ils durent s'engager ensuite à leur donner 100 livres. Enfin, en 1331, le duc Jean III exempta le prieur de Saint-Nicolas de sa juridiction de Ploërmel et le fit justiciable du siège présidial de Rennes (Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine, 19, 216 - Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 913 - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 H, 28). Le prieuré de Saint-Nicolas se composait d'un manoir attenant au choeur même de l'église, d'abord priorale, puis paroissiale du même nom ; devant se trouvait une cour fermée, et autour s'étendaient des jardins, vergers et prairies. Une moyenne justice seigneuriale était attachée au prieuré, dont le titulaire était curé primitif de la paroisse. Le prieur de Saint-Nicolas avait, en outre, droit de tenir une foire « à la Saint-Nicolas d'hiver » (6 décembre), et d'y lever une coutume sur toutes les marchandises ; il jouissait d'un fief s'étendant dans les paroisses de Saint-Nicolas et Saint-Jean de Montfort, Breteil et Bédée ; il levait aussi une dîme en Breteil et partageait avec le prieur de Bédée les dîmes de cette dernière paroisse. En 1729, le total des revenus du prieuré de Saint-Nicolas était de 2 910 livres. Mais voici quelles étaient ses charges : célébrer trois messes chaque semaine pour les seigneurs de Montfort, fondateurs du prieuré, dans les églises de Saint-Nicolas et de Breteil, et y faire l'office aux grandes fêtes de l'année ; — fournir deux boisseaux de froment, de rente annuelle, aux mêmes seigneurs ; — fournir un prédicateur pour annoncer la parole divine à Montfort (Montfort-sur-Meu) pendant le carême et aux fêtes solennelles ; — entretenir un maître d'école pour instruire les enfants des trois paroisses de Montfort (Montfort-sur-Meu) et de celles de Bédée et de Breteil ; — distribuer 20 mines de seigle (160 boisseaux), par an, aux pauvres des trois paroisses de Montfort (Montfort-sur-Meu) ; cette distribution se faisait le lundi de chaque semaine ; — payer pour portions congrues 300 livres au vicaire perpétuel ou recteur de Saint-Nicolas, et 150 livres à son vicaire ; — payer 300 livres de décimes, 7 livres 10 sols à l'abbaye de Saint-Melaine, etc. Toutes ces charges étant estimées au moins 1 350 livres, il ne restait net au prieur que la somme de 1 560 livres. Lorsque le prieur de Saint-Nicolas cessa de résider à Montfort-sur-Meu, il fut obligé d'y avoir un chapelain habitant le prieuré, disant les messes de fondation et faisant les distributions d'aumônes. Liste des prieurs :  — Eudon, témoin en 1247. — Guy de Délioc acheta en 1261 le pré de Maugazon, en Breteil. — Jehan Lamoroux (1296). — Pierre de Peillac (1330). — Dom Geffroy Bertrand (1431). — Dom Pasquier de la Lande (1471). — Bertrand Bouan, commendataire (1529). — Jehan du Breil, décédé vers 1570. A cette époque, l'abbé de Saint-Melaine essaya de faire cesser la commende à Saint-Nicolas, et il nomma prieur dom René de Channe le 13 juin 1570, mais Rome fit prieur commendataire Jean du Pontavice. Ils résignèrent tous les deux au bout de quelque temps ; alors l'abbé de Saint-Melaine ayant nommé Jean Esnard en 1572, dom Antoine Pannetier, religieux bénédictin, se fit pourvoir la même année à Rome. Sur les entrefaites, François de Cahideuc, chantre et chanoine de Rennes, prit possession d'abord le 11 janvier 1573 comme remplaçant Jean du Breil, puis le 9 août suivant sur la résignation de Jean Esnard, et enfin le 9 octobre par suite de la mort d'Antoine Pannetier lui-même, en 1579. — Jean Berneul fut nommé en 1580 et résigna en 1583 ; Jean d'Aubray et dom Jean de Chaunay, religieux de Saint-Melaine, essayèrent, mais en vain, de jouir à sa place du prieuré. — Germain du Val fut pourvu le 16 mars 1583 ; il répara le logis prioral en 1611 et résigna en 1641 en faveur du suivant, avec une réserve de 1 200 livres de rente viagère ; décédé en 1644, inhumé à Saint-Melaine. — Dom Mathieu Jouault, prieur de Saint-Melaine, pourvu à Rome en 1641, prit possession le 24 mars 1642 et résigna trois jours après en faveur du suivant. — Dom Colombin de Trabouillet résigna lui-même en 1645. — Dom Isidore Guesly prit possession le 22 novembre 1645. — Dom Jacques-Joseph de La Fosse prit possession le 20 janvier 1665. — Dom Etienne de La Fleur, Bénédictin de Saint-Faron de Meaux, était prieur en 1675 et 1692 ; il rendit aveu au roi le 28 juin 1684. — Jean Moisan, prêtre, prit possession en 1698. — Dom Bernard Porcher, Bénédictin du Bec, prit possession le 7 septembre 1711, et fit une déclaration de son prieuré en 1720. — Dom Pierre Crochard fit en 1729 sa déclaration au bureau diocésain de Saint-Malo. — Dom Bernard Porcher reprit, paraît-il, le prieuré, car il reçut des aveux en 1730 et 1741, en qualité de prieur de Saint-Nicolas ; il mourut en 1747. — Dom Laurent Gallais, Bénédictin de Saint-Melaine, fut pourvu le 17 juin 1747. Il était encore prieur de Montfort (Montfort-sur-Meu) et habitait Marmoutiers en 1789. A signaler qu'une rente de 20 mines de seigle avait été fondée par les prieurs de Saint-Nicolas : on prenait d'abord sur ce blé ce qu'il fallait pour nourrir les malades de l'hôpital, puis on distribuait le reste aux pauvres (abbé Guillotin de Corson) ;

l'ancien Temple de Montfort-sur-Meu, aujourd'hui disparu. Dès 1163 nous trouvons les Templiers établis à Montfort. A cette époque, en effet, Josse, archevêque de Tours, adjugea à l'abbaye de Saint-Melaine le four de Montfort voisin du prieuré de Saint-Nicolas, et que lui disputaient les Chevaliers du Temple. D'après la tradition locale, qui place au haut de la rue de Coulon l'ancien cimetière des Templiers, il paraîtrait que le manoir de la commanderie de Montfort se trouvait vers cet endroit, auprès du puits de Coulon, entre l'église de ce nom et celle de Saint-Nicolas. Voici comment la Déclaration du comté de Montfort parle des biens dépendant en ce pays du commandeur de la Guerche : « Les Chevaliers de Malte, dit-elle, ont plusieurs fiefs, rentes, juridictions et bailliages s'extendant en les paroisses du Verger, Tallensacq et Monterfil, sous la mouvance et ressort de la cour et seigneurie de Montfort, à devoir de foy et sans rachapt. Ils possèdent aussi en la paroisse d'Iffendicq plusieurs fiefs et juridictions sous ladite mouvance de Montfort, entre autres aux environs des maisons nobles du Val, du Bois-Marquer, de Canlou, de Tréhieuc, du bourg d'Iffendicq, de la Ville-Briand, de la Cordonnais, de la Ville-Marchand, et plusieurs autres endroits de ladite paroisse. Ils possèdent aussi en les paroisses de Saint-Maugand, de Saint-Gonlay et de Saint-Malon plusieurs fiefs, juridictions et bailliages sous ladite mouvance de Montfort, la juridiction desquels Chevaliers s'exerce en l'auditoire de Montfort » (Déclaration du XVIIème siècle - L'abbé Oresve, Histoire de Montfort, 119). Une autre Déclaration de la même époque nous dit que le commandeur de la Guerche possédait anciennement « le manoir des Maisons-Neufves, en Saint-Malon, avec ses jardins, rabines, colombier, bois, estang, moulins, etc. ». Ce manoir fut aliéné aussi bien probablement que celui de Saint-Jean, situé dans la même paroisse ; ce dernier semble, en effet, avoir également dans l'origine appartenu aux Chevaliers-Hospitaliers. Enfin, l'on retrouve encore de nos jours quelques souvenirs du passage des Templiers dans le pays de Montfort ; ainsi, en Saint-Gonlay, est un village appelé la Ville-ès-Chevaliers, et en Iffendic se trouvent deux autres villages nommés le Temple. De ces derniers, l'un est limitrophe de Saint-Malon et l'autre de la Nouaye ; c'est probablement à cause de celui-ci que la tradition place des Templiers à la Nouaye, quoique cela ne nous paraisse pas prouvé. Quant aux Hôpitaux de Talensac et de Monterfil, mentionnés dans la charte de fondation de l'abbaye de Montfort en 1152, ce devait être des établissements de l'Ordre des Hospitaliers, réunis plus tard au Temple de Montfort, et que rappelaient encore en 1681 les fiefs du commandeur de la Guerche en ces deux paroisses de Talensac et de Monterfil (abbé Guillotin de Corson) .  

les vestiges de porte médiévale (XIVème siècle), situés 24 rue de la Saulnerie. L'enceinte comprenait : - à l'ouest la porte Saint-Jean ou du Boulevard, protégée par deux tours, - au sud-ouest la tour du Pas d'Ane, dont on voit encore la base près du Meu, - au sud la porte de Coulon ou porte Blanche sur le Meu, avec une ou deux tours, qui servait au moyen âge de corps de garde - au sud-est la tour de Guitté, au confluent des deux cours d'eau, - au nord-est la tour Beurrouse, en face des jardins du prieuré de Saint-Nicolas, près du Garun, - au nord la porte Saint-Nicolas ou de l'Horloge avec une tour, et une autre tour à 25 mètres environ à l'ouest de cette porte, - et au nord-ouest le Donjon. Les trois portes de la ville médiévale de Montfort ont été détruites. Chacune d'entre elles donnait sur l'une des trois paroisses de Montfort à savoir : Saint-Nicolas, Coulon et Saint-Jean ;   

les vestiges du Châtelet (XIVème siècle), situés 3 rue du Château. On voit derrière le choeur de l'église une maison dont le pignon ouest conserve quelques vestiges du château. Du château fort primitif subsistent une partie du châtelet d'entrée et une importante tour-résidence (dite "du Papegault") de la fin du XIVème siècle ;   

l'écomusée du pays de Montfort (XIVème siècle), situé au n° 2 rue du Château. Il s'agit de l'ancienne tour du Papegaut ou Papegault (vestige du château) qui a été restaurée en 1839 ;   

le cloître de l'Abbaye Saint-Jacques (XVII-XIXème siècle), édifié en 1152. La façade occidentale date du XIVème siècle. Le cloître est reconstruit au XVIIème siècle et réaménagé au XIXème siècle. Ses arcades en plein cintre reposent sur des piliers carrés munis de contreforts. Le bâtiment nord présente un grand cadran solaire et un écusson aux armes de l'abbé Jean de Tanouarn, restaurateur de l'Abbaye (1609-1663). Sa charpente présente sur un arbalétrier les mots : Bobet 1650. Le bâtiment au sud-ouest de l'église présente les armes de l'abbé Raoul Hubert (1440-1463) ;   

la chapelle des Ursulines (1843-fin XXème siècle) de l'abbaye Saint-Jacques. Une communauté d'Ursulines s'installe à partir de 1806 dans les bâtiments de l'abbaye. Cette chapelle est édifiée en 1843 puis restaurée au XXème siècle ;   

la maison (XVIème siècle), située rue de Saulnerie. Elle possède une tourelle de forme carrée ;   

le manoir de la Pinelais (XVIème siècle), édifié sur le territoire de l'ancienne paroisse de Coulon avec les pierres de démolition du presbytère et de l'église de Coulon. Propriété successive des familles du Bois Travers (en 1427 et en 1449), de Trégoumar (en 1513), de Saint-Gilles (à la fin du XVIIIème siècle) ;

l'ancien couvent des Ursulines (XVIIème siècle). La chapelle du XVIIème siècle a été détruite durant la Révolution. « D'azur, à un bourdon d'or et à deux fasces d'argent brochant, chargées chacune de trois macles de gueules » (Armorial général ms. de 1698). En février 1639, les Bénédictines du couvent de la Victoire, à Saint-Malo, s'y trouvant trop nombreuses, résolurent de fonder un autre monastère à Montfort-sur-Meu. Le 6 mars suivant, Henri, duc de la Trémoille et seigneur de Montfort, autorisa cet établissement projeté, à condition que ses armoiries seraient posées en supériorité dans l'église que construiraient les religieuses. Sept jours après, la Communauté de ville de Montfort-sur-Meu consentit à recevoir les Bénédictines, parce qu'elles feraient bâtir leur couvent à leurs frais, hors de l'enceinte de ville, mais au proche, et parce qu'elles auraient un pensionnat de jeunes filles et une école spéciale pour les externes. Le 27 mai, Mgr de Harlay, évêque de Saint-Malo, approuva cette fondation, et enfin le 12 juillet, toujours en 1639, les Bénédictines de Saint-Malo s'engagèrent à envoyer à Montfort-sur-Meu sept religieuses auxquelles elles paieraient une pension de 600 livres, à leur fournir pour 4 000 livres de meubles et 3 000 livres d'argent pour aider à construire le couvent. Pourquoi les Bénédictines de la Victoire ne vinrent-elles pas à Montfort-sur-Meu quand tout fut ainsi convenu ? Nous n'en savons rien ; mais il est certain que ces religieuses cédèrent tous leurs droits, à la fin de la même année 1639, aux Ursulines qui vinrent prendre leur place à Montfort-sur-Meu (Abbé Oresve, Histoire de Montfort, p. 252). Les Ursulines bâtirent leur couvent sous le nom de la Sainte-Famille de Jésus. En 1707, leur supérieure, Anne Le Clerc, dite de Saint-Augustin, acquit une prairie voisine pour « agrandir et parachever l'enclos de son monastère ». En 1742 elles se trouvaient à Montfort au nombre de dix, savoir huit religieuses de choeur et deux soeurs converses. L'évêque de Saint-Malo visita à cette époque leur chapelle et leur cloître. Elles avaient environ 1 200 livres de rente, vivant pauvrement dans une maison « très-mal bâtie et très-peu convenable » (Pouillé de Mgr de la Bastie - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine). Ces religieuses furent chassées par la Révolution, et leur monastère ainsi que son enclos furent vendus nationalement et achetés par différents particuliers. C'est à la fin du XIXème siècle la maison d'école des garçons (Pouillé de Rennes) ;   

la maison natale de Louis-Marie Grignon de Montfort (XVIIIème siècle), située au n° 15 rue de la Saulnerie ;   

l'hôpital Saint-Lazare (XVIII-XXème siècle). Il s'agit à l'origine d'un prieuré (prieuré ou abbaye Saint-Jacques de Montfort-sur-Meu) puis d'une léproserie, fondée par les seigneurs de Montfort et confiée aux Chevaliers Hospitaliers de Saint-Lazare. Le prieuré est reconstruit en 1622, puis abandonné. Ce prieuré possédait un droit de haute justice. C'est le Père Louis Grignon de Montfort qui va l'occuper en 1706 et réparer la chapelle. Ce lieu devient par la suite le siège d'une communauté religieuse au XVIIIème siècle. L'ancien prieuré avait un droit de haute justice. Il est supprimé en 1757 et l'immeuble est vendu pendant la Révolution. Il a été restauré aujourd'hui et sa chapelle a été agrandie : on y trouve une pierre tombale du XII-XIVème siècle. L'immeuble est transformé en hôpital puis en institut médico-éducatif ;

Nota 2 : Les seigneurs de Montfort fondèrent à quelque distance de leur ville, dans la paroisse de Coulon, la léproserie de Saint Lazare. D'après un Mémoire du XVIIIème siècle rédigé par les Chevaliers de Saint-Lazare et du Mont-Carmel, cette léproserie de Montfort fut confiée dans l'origine aux Chevaliers Hospitaliers de Saint-Lazare ; elle dépendit de leur commanderie de Boigny, et les religieux qui la desservirent élurent primitivement eux-mêmes leur prieur. Mais à la mort de l'un d'entre eux, en 1327, le sire de Montfort nomma prieur de Saint-Lazare Pierre de Tournemine, que les religieux refusèrent de reconnaître. De là naquit un procès à la suite duquel le prieuré fut sécularisé et donné en commende (Archives Nationales, S, 4850). En 1382, Josselin de Rohan, évêque de Saint-Malo, était en même temps « prieur de Saint-Ladre de Montfort »,. et il résistait avec tant de fermeté aux prétentions du duc de Bretagne sur la juridiction temporelle de ce prieuré, que le roi de France crut devoir en écrire au Pape (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, II, 435). Saint-Lazare passa successivement, aux XVIème et XVIIème siècles, entre les mains des prieurs commendataires : —Jean de Laval, seigneur de Loué, qui résigna en 1563, — Guillaume Benoist, décédé en 1583, — Jean Le Breton, décédé en 1584, — Jean Régnault, résignant en 1585, — Jean Le Cocq, démissionnaire en 1599, — Blaise Bluteau, qui résigna en 1667, — Louis de la Trémoille, abbé de Charroux et de Talmont, qui rendit aveu au roi le 5 août 1679 (Archives Nationales, S, 4850). Ce dernier prieur eut de la peine à se maintenir. Vers 1672, Louis XIV ayant confirmé la réunion des deux Ordres de Saint-Lazare et du Mont-Carmel, leur donna une nouvelle vigueur ; leur grand-maître nomma Philippe Le Bigot de Neubourg prieur de Saint-Lazare de Montfort. Ce dernier attaqua en justice Louis de la Trémoille, qui ne gagna sa cause que moyennant une pension qu'il s'obligea à servir à Philippe Le Bigot en 1674. Louis de la Trémoille eut pour successeur Gabriel de La Font, qui fit au roi la déclaration de son prieuré le 16 juillet 1685. Ce prieur était en même temps trésorier de la collégiale de Notre-Dame de Thouars, et Charles de la Trémoille était à la fois duc de Thouars et comte de Montfort. A la prière de ce grand seigneur et du prieur de Saint-Lazare, Mgr du Guémadeuc, évêque de Saint-Malo, consentit à unir le bénéfice de Saint-Lazare de Montfort à la mense capitulaire de la collégiale du château de Thouars, au diocèse de Poitiers ; l'acte d'union fut signé par le prélat le 3 août 1688. Mais cet état de choses ne dura pas longtemps. Les Chevaliers de Saint Lazare renouvelèrent leurs prétentions, s'opposèrent à cette union et nommèrent prieur de Montfort l'un d'entre eux, Jean du Verdier de Genouillac, qui prit possession de Saint-Lazare en 1696, malgré le seigneur de Montfort. Toutefois, l'Ordre ne put conserver ce prieuré, qui continua de demeurer en commende, en dépit de l'union faite avec la collégiale de Thouars : dès l'an 1699, en effet, Jacques Bertrand, quoiqu'il fût chantre et chanoine de Thouars, se fit pourvoir à Rome du prieuré de Saint-Lazare, et sur le refus d'un visa que lui fit l'évêque de Saint-Malo, il s'adressa à l'archevêque de Tours, en obtint le visa nécessaire, prit possession de Saint-Lazare et y demeura d'autant plus facilement paisible possesseur que le duc de la Trémoille ne tarda pas à vendre la seigneurie de Montfort. Jacques Bertrand mourut en 1719, et Charles Huchet, seigneur de la Bédoyère, qui avait acheté la partie du comté de Montfort renfermant Saint-Lazare, présenta ce bénéfice à Hyacinthe de Calloët de Lanidy, qui en fut pourvu le 2 janvier 1720. Ce dernier étant mort dès 1724, fut remplacé par Jean-0llivier Berthou de Kerversio, vicaire général et official de Quimper (Registres des insinuations ecclésiastiques de l'évêché de Saint-Malo). Celui-ci fut bien réellement le dernier prieur de Saint-Lazare. Etant devenu abbé commendataire de Pornic, grand chantre, vicaire général et official de Nantes, et voulant seconder les bonnes intentions du seigneur de la Bédoyère, il renonça à son bénéfice de Saint-Lazare et en abandonna tous les revenus aux pauvres des paroisses de Coulon et de Talensac, ce qu'acceptèrent avec empressement les habitants de ces paroisses en juillet 1756. En même temps l'on demanda au Parlement de Bretagne un règlement pour la tenue d'un hôpital que l'on se proposait de rétablir à Saint-Lazare ; par arrêt du 5 août 1756, le Parlement décida que le bureau d'administration de Saint-Lazare se composerait des recteurs de Talensac et de Coulon, du curé du Verger, trève de Talensac, des sénéchaux de la Bédoyère et de Saint-Lazare, du procureur fiscal de Saint-Lazare et de trois notables nommés par les paroisses de Talensac et de Coulon et par la trève du Verger ; — la présidence du bureau devrait appartenir au seigneur de la Bédoyère, et en son absence à l'un des prêtres, alternativement ; — le bureau se réunirait tous les mois, et plus souvent si besoin était ; un receveur recueillerait les rentes, etc. L'année suivante, Mgr de la Bastie, évêque de Saint-Malo, décréta le 30 mars 1757, à la prière de Charles Huchet, seigneur de la Bédoyère, et du prieur Jean-Olivier Berthou de Kerversio, la suppression définitive du bénéfice ou prieuré séculier de Saint-Lazare de Montfort, et il en unit tous les revenus à un établissement de charité pour les pauvres de Coulon, Talensac et Le Verger, aux conditions suivantes : le règlement fait par le Parlement de Bretagne le 5 août 1756 sera exécuté ; — les assemblées des neuf membres du bureau auront lieu dans la maison priorale de Saint-Lazare, où seront déposées les archives ; — la maison sera tenue par des Soeurs de la Providence, ou autres religieuses, qui ne pourront être admises ou renvoyées sans le consentement de l'évêque ; — il sera célébré trois messes par semaine dans la chapelle priorale, pour remplir les intentions des premiers fondateurs ; — les comptes de la maison seront présentés à l'autorité diocésaine à chaque visite pastorale ; — la nouvelle administration paiera les décimes et acquittera toutes les charges de l'ancien prieuré. Peu de temps après, des lettres patentes du roi, datées de mai 1757, confirmèrent la suppression du prieuré de Saint-Lazare et la fondation de l'hôpital du même nom ; elles furent homologuées au Parlement de Bretagne le 13 juillet suivant (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine - Archives du Parlement de Bretagne). Le seigneur de la Bédoyère appela trois Soeurs de la Providence de Saumur pour tenir la maison de Saint-Lazare et soigner, principalement à domicile, les pauvres des paroisses de Coulon et de Talensac et de la trève du Verger ; chassées en 1790, ces religieuses se réfugièrent pendant quelque temps à la Bouhernière, dans Le Verger, et la Révolution vendit nationalement la maison de Saint-Lazare. Voyons maintenant quelle était l'importance de l'ancienne léproserie fondée par les seigneurs de Montfort sous le vocable de saint Lazare, et pour cela analysons la Déclaration que fit au roi en 1685 le prieur Gabriel de la Font. C'est d'abord la chapelle et la maison priorale avec ses jardin et pourpris, — la métairie y joignant, — l'étang de Saint-Lazare et son moulin, — une petite chênaie, le tout en Coulon ; — la chapelle et la métairie de Saint-Laurent-des-Guérets, en Talensac ; — le pressoir banal du même lieu ; — la métairie de Brandelou, en Iffendic ; — la chapelle de l'Aubriotière, en Irodouer ; — le clos de Fourneaux, en Paimpont ; — le droit de tenir une foire le 10 août à Saint-Laurent-des-Guérets et d'y avoir des plaids généraux le lendemain ; — quelques dîmes en Coulon, Talensac et Iffendic ; — une haute justice dont la juridiction s'étend sur les bailliages appelés : le bailliage des trois paroisses de Montfort, le bailliage d'Iffendic, les bailliages de la Guerche et de la Tibardaye, en Iffendic, le bailliage de l'Aubriotière, en Irodouer, et le bailliage de Talensac (Archives départementales de la Loire-Inférieure). Un autre acte beaucoup plus ancien, l'Usement de Brécilien en 1467, nous apprend aussi que le prieur de Saint-Lazare avait de beaux droits d'usage dans les vastes bois formant l'ensemble de la forêt de Brécilien ; ainsi, il avait droit d'usage pour son chauffage et pour le pacage de ses bestiaux, quels qu'ils fussent, dans la forêt de Coulon, à cause de sa maison de Saint-Lazare ; dans la forêt de Trémelin, à cause de sa métairie de Brandelou ; et dans la forêt de Lohéac, à cause de son domaine de Fourneaux. Les seigneurs de Montfort, qui avaient accordé tous ces privilèges au prieur de Saint-Lazare, chargé dans l'origine d'administrer la léproserie de ce nom, s'étaient naturellement réservés les droits de fondateur et de présentateur du bénéfice ; le prieur de Saint-Lazare devait faire dire à leur intention deux messes chaque jour dans sa chapelle priorale, et une messe tous les dimanches et fêtes en celle de Saint-Laurent ; il devait, en outre, faire l'aumône aux pauvres du pays et payer 4 sols de rente féodale au comté de Montfort (Abbé Oresve, Histoire de Montfort, p. 261). Lorsque le prieuré de Saint-Lazare fut supprimé en 1757, l'enquête faite à cette occasion, par ordre de l'évêque de Saint-Malo, prouva que ce bénéfice n'avait plus qu'un revenu net de 684 livres. Le revenu brut montait bien à 1 140 livres, mais il y avait des charges considérables, telles que la portion congrue du recteur de Coulon et le service des messes. La maison de Saint-Lazare ainsi que sa chapelle existent encore à la fin du XIXème siècle et sont devenues la propriété des Missionnaires diocésains de Rennes. Le logis prioral fut rebâti en 1622, d'après une inscription ; quant à la chapelle, la tradition veut que le vénérable Père Grignon de Montfort l'ait restaurée en 1706 ; M. l'abbé Oresve dit même que ce saint prêtre y plaça une image de Notre-Dame-de-la-Sagesse. Mais il est certain que peu de temps après la suppression du prieuré en 1757, les administrateurs de l'hôpital Saint-Lazare demandèrent à l'évêque de Saint-Malo — qui la leur refusa — la réduction du nombre de trois messes dues par eux, motivant leur demande sur les dépenses que leur avaient causées les réparations de la maison,. et spécialement la construction de la chapelle, « qui a été rebastie à neuf » (nota : Ces dépenses avaient atteint le chiffre de 2 992 livres - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine). Ils exagéraient sans aucun doute, car cette chapelle priorale de Saint-Lazare conserve encore de précieux débris de son état ancien. Elle est dédiée à Saint-Roch, et jadis il s'y tenait dans le pâtis voisin, le jour Saint-Marc, une foire qui a été transférée à Montfort. On y voyait naguère, « adossé au mur oriental, un autel en granit soutenu par un massif triangulaire, qui pouvait bien remonter au XIIIème siècle ; il était surmonté d'une fenêtre ogivale à meneaux, entièrement bouchée à la fin du XIXème siècle ». Au milieu de cette chapelle apparaît encore, à la fin du XIXème siècle, une pierre tumulaire également de la fin du XIIIème siècle : Elle porte, dessinée au simple trait et encadrée dans une ogive trilobée, la figure d'une femme vêtue d'une cotte et d'un manteau, la tête nue et les mains posées à plat sur la poitrine. Autour de la pierre règne l'inscription suivante, en caractères gothiques de la fin du XIIIème siècle ou du commencement du XIVème : - Ci est Estaice la Testue : - En Paradis seit receue - L'arme de lè - E mise ou reigne de clarté. « Cette dame, dit M. de Courcy, devait appartenir à la famille de dom Guillaume Le Testu, qui plaidait au Parlement général tenu à Vannes en 1451 contre Bertrand Pillet, sieur de la Salle, de la paroisse de Breteil » (M. de Courcy, Itinéraire de Rennes à Brest - M. Paul de la Bigne Villeneuve, Mélanges Histoire de Bretagne, I, 71). Enfin, ne quittons pas cette intéressante maison de Saint-Lazare sans mentionner l'autel sur lequel le P. Montfort disait la messe, d'après la tradition, et la chambre qu'il occupait dans le prieuré lorsqu'il s'y retira, pendant quelque temps, en 1706 (Pouillé de Rennes) ;

Nota 3 : Après la Révolution, quelques Ursulines de l'ancien monastère de Hédé se réunirent à Rennes dans une maison de la rue Châlais, et, sans oser reprendre leur costume religieux, elles se dévouèrent à l'instruction de la jeunesse. Parmi elles était une postulante native de Hédé, nommée Marie Guynot-Brémard, femme de grande entreprise ; cette dernière, de concert avec la mère Félicité, dont la famille était riche, acheta l'ancienne abbaye de Saint-Jacques de Montfort dans l'intention d'y établir un couvent d'Ursulines. Par contrat du 25 septembre 1806, ces pieuses femmes devinrent donc propriétaires des vieux bâtiments claustraux des Génovéfains, des jardins et dépendances, et de la métairie de la Porte. Mlle Brémard mit tant d'activité à restaurer toutes ces constructions ruinées par la Révolution qu'elle put bientôt prier les Ursulines de quitter Rennes pour venir habiter l'Abbaye de Montfort. Elles s'y réunirent au nombre de onze et choisirent pour leur supérieure la mère Sainte-Thérèse, entrée au monastère de Hédé en 1769. M. d'Humières, vicaire général de Rennes, vint, le 7 septembre 1807, bénir la chapelle du nouveau couvent de Saint-Jacques, et le lendemain, fête de la Nativité de Notre-Dame, il reçut les voeux de Mlle Brémard ; toutes les anciennes religieuses renouvelèrent en même temps leurs promesses et reprirent leurs vêtements monastiques que la Révolution les avait forcées d'abandonner. Depuis cette époque, la communauté des Ursulines de Montfort n'a fait que prospérer ; elle fut autorisée par ordonnance royale du 20 novembre 1816. Ces religieuses se dévouent surtout à l'instruction des enfants ; non-seulement elles ont un pensionnat de jeunes filles, mais encore une école gratuite fort nombreuse ; dans cette dernière, cent cinquante à deux cents enfants sont entièrement à la charge du couvent, car les Ursulines confectionnent des vêtements pour leurs élèves indigentes et leur fournissent même chaque jour la nourriture dont elles ont besoin. Les patrons des Ursulines de l'Abbaye, — comme on les appelle à Montfort, — sont saint Augustin, dont elles suivent la règle, sainte Angèle de Mérici, fondatrice de leur Ordre, et sainte Ursule, dont elles portent le nom. Leur chapelle conventuelle est, ainsi que nous l'avons dit, l'ancienne église abbatiale de Saint-Jacques ; il existe de plus, dans les jardins de la communauté, une chapelle moderne dédiée à la Sainte Vierge. La communauté se composait en 1881 de trente-quatre religieuses de choeur, onze soeurs converses et trois postulantes (Pouillé de Rennes) ;

Nota 4 : D'après la tradition, l'hôpital de Montfort (Montfort-sur-Meu) fut fondé par les seigneurs du lieu pour loger et secourir les pauvres malades qui se rendaient en pèlerinage à Saint-Méen. Dans la suite des temps on y ajouta une salle pour recevoir les infirmes indigents de Montfort-sur-Meu. Ce qui prouvait l'antiquité de cet établissement était la principale verrière de la chapelle, renfermant les armoiries de la famille de Laval, qui possédait le comté de Montfort aux XVème et XVIème siècles (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, C, 1269). Une lettre du sénéchal de Montfort, adressée en 1719 à l'intendant de Bretagne, nous apprend que l'hôpital de Montfort-sur-Meu était alors régi par un bureau composé des recteurs ; prêtres et bourgeois de la ville sous la présidence du sénéchal ; la maison était tenue par un gardien qui y soignait les malades, de concert avec sa femme ; l'hôpital avait à cette époque 500 livres de revenu et renfermait douze lits, huit pour les hommes et quatre pour les femmes ; le gardien offrait à chaque pèlerin pauvre allant à Saint-Méen un sol, et il le nourrissait et lui donnait au besoin le coucher pendant une nuit ; il secourait également les malades indigents des trois paroisses de Montfort (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, C, 1289). En 1744, le Parlement de Bretagne rendit un arrêt, en date du 1er juillet, attribuant à l'hôpital de Montfort la rente de 30 livres et de 20 mines de seigle que le prieur de Saint-Nicolas de Montfort devait fournir pour soulager les pauvres de Montfort (-sur-Meu). Le même arrêt régla aussi ce qui suit : le bureau de l'hôpital sera composé du sénéchal et du procureur fiscal de la seigneurie, d'un des trois recteurs de la ville (chacun d'eux siégeant alternativement pendant un an), du maire et d'un des échevins, et enfin d'un notable de chacune des trois paroisses de Montfort et de celle de Bédée ; — outre les pauvres des trois paroisses de Montfort, un pauvre de Bédée aura toujours un lit ; — le gardien ou prévôt de l'hôpital ne donnera plus aux pauvres vagabonds ; — le bureau se réunira au moins une fois par mois ; — un chirurgien sera attaché au service de l'hôpital, etc. (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, C, 1289). Vers 1760, Mathurin Dousseau, recteur de Coulon, reconstruisit les bâtiments de l'hôpital de Montfort-sur-Meu ; le 14 mai 1763 il donna 13 000 livres à cet établissement, puis il fit venir en novembre 1773 trois religieuses de la congrégation de la Sagesse pour soigner les malades et tenir en même temps une maison de retraite. En 1776, il obtint des lettres patentes du roi confirmant sa fondation. A cette époque, l'hôpital de Montfort-sur-Meu renfermait dix-sept lits et avait 1 345 livres de rente, sans comprendre 450 livres abandonnées aux Soeurs de la Sagesse, et 1 000 livres produit casuel des retraites affecté aux besoins de l'hospice (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, C, 1269 - Archives du Parlement de Bretagne). On voit par là combien M. Dousseau avait été généreux envers l'hôpital restauré par lui ; aussi employa-t-il à cette bonne oeuvre presque toute sa fortune personnelle. L'hôpital de Montfort-sur-Meu existe encore à la fin du XIXème siècle, et sa chapelle doit être celle que reconstruisit M. Dousseau. Les Filles de la Sagesse continuent de tenir cet établissement à la fin du XIXème siècle. (Pouillé de Rennes) ;

Nota 5 : Lorsque Mathurin Dousseau, recteur de Coulon, releva l'hôpital de Montfort, il y adjoignit une maison de retraite. M. Dousseau avait d'abord songé, sur l'avis de Mgr de la Bastie, à bâtir près de l'hôpital un logis pour huit missionnaires chargés de faire des missions dans le diocèse de Saint-Malo ; mais après la mort de ce prélat, son successeur, Mgr des Laurents, engagea le recteur de Coulon à fonder plutôt une maison de retraite, « dont le profit tournerait au bien des pauvres, sans que l'hôpital con tribuât en rien à cette fondation ». C'est ce qui eut lieu, et la première retraite fut prêchée à Montfort vers 1770 ; ce fut M. du Boishamon, recteur de Bédée, qui en fut le supérieur. Après sa mort, le fondateur, M. Dousseau, fut nommé par l'évêque pour le remplacer. D'après une lettre de ce dernier (d'environ 1786), dans laquelle il prie Mgr de Saint-Malo de le relever de ses fonctions et de confier la direction des retraites à M. Jollive, recteur de Bédée, il semble que les retraites de Montfort étaient prêchées par des prêtres séculiers du diocèse. Lorsqu'en 1773 les Filles de la Sagesse vinrent, à la prière de M. Dousseau, tenir l'hôpital de Montfort, elles acceptèrent aussi le soin de la maison de retraite. Ces bonnes religieuses passèrent un traité avec l'administration de l'hospice le 11 novembre 1773. Ces deux oeuvres existent encore à la fin du XIXème siècle et sont tenues par les mêmes religieuses (Pouillé de Rennes) ;

Nota 6 : La société des Soeurs de la Providence fut fondée à Saumur en 1704 par la vénérable Jeanne de la Noue (Eglise de Bretagne). Ces religieuses n'avaient à notre connaissance qu'un établissement dans notre contrée, c'était le petit hôpital de Saint-Lazare de Montfort, en la paroisse de Coulon, où elles vinrent s'établir vers 1757. En 1853, les Prêtres de l'Immaculée-Conception achetèrent la propriété de Saint-Lazare, située près Montfort, et dont nous avons longuement parlé. Ils avaient alors l'intention d'y fonder un noviciat de frères-coadjuteurs, mais ils abandonnèrent ce projet à la afin de 1869. Depuis cette époque ils se contentent d'avoir un gardien pour la chapelle et ils afferment la métairie (Pouillé de Rennes) ;

Nota 7 : PIERRE TOMBALE DU PRIEURÉ DE SAINT-LAZARE, PRÈS DE MONTFORT. — A peu de distance au Sud de l'emplacement de l'ancienne église de Coulon, située jadis sur le coteau au midi de Montfort, et détruite en 1809, on voit encore les restes d'une léproserie, dont la fondation remontait au XIIème ou XIIIème siècle. On en a fait une ferme. Du reste, les bâtiments avaient été reconstruits en 1715 par M. Huchet de la Bédoyère, pour y établir des soeurs de la Providence chargées de soigner les pauvres malades des trois paroisses de Coulon, Talensac et le Verger. Jusqu'à la Révolution, la maison avait pourtant conservé le titre de prieuré, auquel était attachée une haute et basse justice s'exerçant à Montfort. La chapelle de ce prieuré, quoique ruinée en partie et rebâtie en 1706 par le vénérable Père Grignon de Montfort, offre seulement quelques particularités intéressantes au point de vue archéologique. Il faut noter d'abord une dalle tumulaire incrustée dans le pavé de la chapelle, dont elle occupe à peu près le point central. A la surface de cette pierre on voit gravée en simple trait la figure d'une femme revêtue d'une espèce de cotte hardie, à manches justes, serrée à la taille par une ceinture, tandis qu'un surcot ou mante plus courte que la robe recouvre ses épaules. Sa coiffure, d'une extrême simplicité, est très-courte, dépassant à peine les oreilles. Ses mains ne sont pas jointes et relevées dans l'attitude de la prière, suivant l'usage, pour les tombeaux des laïques ; elles reposent étendues à plat sur sa poitrine, l'une auprès de l'autre. La tête et la partie supérieure du corps se trouvent encadrées dans une ogive trilobée. L'inscription suivante est gravée sur la bordure : CI EST ESTAICE LA TESTUE : - EN PARADIS SEIT RECEUE - L'ARME DE LÈ - E MISE OU REIGNE DE CLARTÉ [Note: C’est-à-dire : Ici repose Estaice la Testue : que son âme soit reçue en paradis et admise au royaume de lumière]. La forme des caractères (majuscules gothiques) et le style de cette inscription concordent pour en fixer la date à la fin du XIIIème ou aux premières années du XIVème siècle. Adossé au mur oriental de la chapelle, un autel en granit, soutenu par un massif triangulaire, pourrait bien remonter aussi au XIIIème siècle. Il était surmonté d'une fenêtre ogivale dont les meneaux n'existent plus, et entièrement bouchée aujourd'hui. Un étang desséché et transformé en prairie étend son bassin verdoyant au-dessous des ruines du prieuré. A quelques pas de là, on trouve les restes de l'ancien manoir de Bintin, seigneurie importante au XIVème siècle. (P. D. V.).

le tribunal (1830), situé au n° 1 place du Tribunal, et construit sur les plans de l'architecte Louis Richelot ;   

le lavoir (XIXème siècle), situé boulevard de Colombie ;   

2 moulins dont le moulin de la Planche et le moulin à eau de Montfort ; 

A signaler aussi : 

les allées couvertes et les menhirs situés dans la forêt de Montfort ;   

la découverte en 1853 d'un dépôt de hachettes à douille de l'âge de Bronze ;  

la découverte de thermes au confluent du Meu et du Garun ;  

l'ancienne Maison du Manoir, située route de Monterfil. Propriété de la famille Hernier en 1513, puis de la famille le Moine du Grandieu en 1632 ;  

l'ancien manoir des Grippeaux, situé route de Saint-Péran. Propriété de la famille le Moine en 1651 ;  

l'ancien manoir de Beaumont, situé route de Saint-Péran. Propriété successive des familles Guischard (en 1461), Hoguenel, du Bois Travers seigneurs de la Pinelais (en 1513) ;  

l'ancien manoir de la Poulanière. Propriété de la famille Million en 1461 ; 

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ANCIENNE NOBLESSE de MONTFORT-SUR-MEU

Le comté de Montfort : En parlant précédemment des barons de Gaël nous avons fait connaître les premiers seigneurs de Montfort : ce fut, en effet, Raoul Ier de Gaël qui construisit en 1091 le château de Montfort ; ses successeurs Raoul II, Guillaume Ier, Raoul III et Geffroy Ier furent en même temps barons de Gaël et de Montfort. Mais ce dernier, Geffroy Ier, en mourant l'an 1187, laissa deux fils aînés jumeaux qui se partagèrent la succession paternelle : Raoul fut seigneur de Gaël et Guillaume seigneur de Montfort. Ce Guillaume II, sire de Montfort, vit en 1198 le château de ce nom détruit par la guerre : il vint alors habiter la forteresse de Boutavan en Iffendic qui demeura pendant deux siècles le chef-lieu de la seigneurie de Montfort. De son mariage avec une femme appelée Nine, Guillaume II ne laissa qu'une fille, Mahaut de Montfort qui épousa : - 1° Josselin de Rohan, seigneur de Noyal, décédé le 28 septembre 1251, - 2° Josselin sire de la Roche-Bernard, - 3° Alain Ier sire de Montauban (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 943, 949, 990 et 1074). Mabaud de Montfort mourut en 1279 (nota : 1279 obiit Mathildis domina de Montfort uxor Alani de Montealbano militis (ibid. I, 154)) ; elle avait donné à son second mari le tiers de la seigneurie de Montfort, mais Alain de la Roche, fils du sire de la Roche-Bernard, céda cette portion de Montfort à Guillaume baron de Lohéac et celui-ci en abandonna la moitié à Alain sire de Montauban. Il y eut au sujet de cette donations un procès entre Main de Montauban et Raoul V, sire de Gaël, neveu, à la mode de Bretagne, de Mahaud de Montfort. Un accord eut lieu en 1285 entre les deux parties : Raoul de Gaël — qualifié dans l'acte seigneur de Montfort parce qu'il avait probablement hérité du reste de la succession de Mahaud — laissa à Alain de Montauban tout ce qu'il tenait en la paroisse de la Chapelle-Saint-Ouen, et ce dernier abandonna à Raoul V le château de Boutavan (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 1074). Raoul V, sire de Gaël et de Montfort, déclara en 1292 devoir au duc de Bretagne quatre chevaliers d'Ost : deux pour sa terre de Gaël et deux pour celle de Montfort. Ses successeurs furent comme lui tout à la fois seigneurs de Gaël et de Montfort et nous les connaissons déjà : ce furent Raoul VI, Geffroy II, Raoul VII mari d'Aliéno d'Ancenis inhumée à l'abbaye Saint-Jacques de Montfort fondée par Guillaume Ier (nota : « Die tertia junii 1332 obiit Alienor d'Ancenis uxor Radulfi de Montfort et de Gadetlo, amica hujus ecclesie » (Necrol. Mantefort), Raoul VIII, qui reconstruisit le château de Montfort en 1376, Raoul IX mort en 1429. Nous possédons les sceaux de ces deux derniers seigneurs en 1380 et en 1402 ; l'un et l'autre portent le blason de Montfort : d'argent à la croix de gueules gringolée d'or avec la légende S. RAOUL SIRE DE MONTFORT. Le petit fils de Raoul IX — fils de Jean de Montfort, mort avant son père, et d'Anne dame de Laval — prit le nom de Laval et fut Guy XIV comte de Laval ; il succéda à son grand-père et ses descendants les comtes de Laval, furent pendant deux siècles seigneurs de Montfort ; nommons les brièvement : Guy XV mort en 1500, — Guy XVI qui rendit aveu au roi pour le comté de Montfort en 1502 et décéda en 1531 — Guy XVII qui fit hommage au roi en 1540 et mourut sans postérité en 1547, — Guyonne XVIII (Renée de Rieux, nièce du précédent) dont le mari Louis de Sainte-Maure, marquis de Nesles, fit hommage au roi pour Montfort en 1549 ; cette dame donna en 1557 le comté de Montfort à sa soeur Claude de Rieux, femme de Françoise de Coligny seigneur d'Andelot, qui rendit hommage à cette époque au roi pour ledit comté, — Guy XIX (Paul de Coligny) décédé en 1586 laissant veuve Anne d'Allègre — et Guy XX leur fils, mort à vingt ans en 1601, sans avoir contracté mariage. La succession de ce dernier comte de Laval fut recueillie par Henri de la Trémoille, duc de Thouars, petit-fils d'Anne de Laval fille de Guy XVI ; Henri de la Trémoille, comte de Laval et de Montfort, épousa en 1619 Marie de la Tour ; il vendit la baronnie de Gaël et la châtellenie de Brécilien qui faisaient partie du comté de Montfort et un grand nombre d'autres fiefs de ce même comté ; il mourut en 1674 deux ans après son fils aîné Henri-Charles de la Trémoille époux d'Amélie de Hesse-Cassel. Son petit-fils, issu de ce dernier mariage, hérita de ses seigneuries. C'était Charles, duc de Trémoille, mari de Magdeleine de Créquy ; en 1682 il rendit aveu au roi pour le comté de Montfort et mourut en 1709. Charles-Louis, duc de la Trémoille son fils, lui succéda et rendit aveu en 1711 pour Montfort ; il avait épousé Magdeleine de la Fayette, mais en 1715, il vendit ce qui restait du comté de Montfort, sauf ce château et le titre de comte de Montfort. Charles-Armand, duc de la Trémoille et comte de Montfort, fils du précédent, s'unit à Marie-Hortense de Bouillon et mourut en 1741. Leur fils Jean-Bretagne, duc de la Trémoille, fut le dernier comte de Montfort ; il épousa - 1° en 1751 Marie-Geneviève de Durfort - 2° en 1763 Marie-Maximilienne princesse de Salm-Kirbourg ; à la Révolution l'un et l'autre émigrèrent : la duchesse mourut à Nice en 1790 et le duc à Aix, en Savoie, deux ans plus tard (Abbé Pâris-Jallobert, Journal historique de Vitré, 319). Nous avons vu qu'à l'origine Montfort et Gaël ne formaient qu'une seule et même seigneurie ; à cette époque reculée (XIème siècle) les seigneuries de Montauban et Brécilien faisaient partie de cette baronnie de Gaël-Montfort. Lorsque Montfort eut perdu ces diverses seigneuries il n'en demeura pas moins un fort grand fief : nous n'avons à nous occuper ici que de ce Montfort proprement dit tel qu'il était constitué au XVIème siècle. 

Baronnie d'ancienneté, Montfort, qualifié de comté aux siècles derniers, relevait directement du roi sous son domaine de Ploërmel ; mais le seigneur de Montfort pouvait par privilège recourir au présidial de Rennes au lieu d'en appeler à Ploërmel. Sa haute justice s'exerçait en la ville même de Montfort, et ses fourches patibulaires s'élevaient à six poteaux avec ceps et colliers. Le prévôt féodé de Blavon était chargé de l'exécution des criminels condamnés à mort, mais les habitants de Montfort devaient « embastonnés » l'accompagner jusqu'à ce que la sentence fut exécutée « par extermination de vie » et le possesseur de la Poulanière en Coulon était tenu de fournir pour cette exécution « deux harts de Chesne, l'une torsée à droit et l'aultre à revers, rendues à la justice patibulaire » (Déclaration de Montfort en 1502). Pour sa peine le prévôt de Blavon jouissait tous les vendredis d'un droit sur la vente des potiers et des sauniers à Montfort, et chaque jour d'exécution sur toutes les marchandises vendues en cette même ville. Le comté de Montfort était, dès 1502, divisé en trois prévôtés féodées : Blavon, la Touche-Parthenay et la Rigadelaye ; ces prévôtés comprenaient de nombreux bailliages s'étendant en vingt-sept paroisses (nota : à l'origine la baronnie de Gaël-Montfort comprenait une quarantaine de paroisses) : Saint-Jean et Saint-Nicolas de Montfort, Coulon, Iffendic, Bédée, Pleumeleuc, Breteil, Saint-Gilles, Clayes, Parthenay, Romillé, Monterfil, Talensac, Le Verger, Landujan, Irodouër, Le Lou, La Nouaye, Saint-Maugand, Saint-Gonlay, Saint-Malon, Paimpont, Saint-Péran, Beignon, Saint-Malo-de-Beignon, Tréhoranteuc, et Guilliers. Le seigneur de Montfort avait dans sa ville un marché tous les vendredis et cinq foires : à la Saint-Jean-Baptiste, à la Saint-Michel-Mont-Gargan (dite foire des vendanges), au mardi des Rogations et aux fêtes de Saint-Nicolas et de Saint-Marc. Certaines de ces foires, sinon toutes, étaient accompagnées de chevauchées destinées à y maintenir l'ordre. Le capitaine du château de Montfort, nommé par le seigneur, pouvait « contraindre les hommes jusqu'à trois lieues d'iceluy chasteau » d'y venir faire le guet. Quand au portier de ce château, il avait la garde des prisonniers. Outre les prévôts dont nous avons parlé, il y avait un châtelain pour recevoir les rentes par deniers et un grainetier pour recueillir les rentes en grains. Au sire de Montfort appartenaient tous les droits ordinaires de coutumes, étalages, mesurage et trépas, de fours, moulins et pressoirs banaux, etc. ; il est à remarquer qu'une partie de ces pressoirs était destinée à faire du vin, parce qu'au moyen âge on cultivait la vigne dans le pays de Montfort. La fête de saint Jean-Baptiste, patron d'une paroisse de Montfort, était solennisée en cette ville et divers droits féodaux s'exerçaient à son occasion : aux premières vêpres de la fête le sieur de la Poulanière en 1682 présentait aux officiers de la seigneurie « un chapeau de fleurs de cerfeil sauvage » (nota : on appelait alors cerfeil ou cherfeil le chèvrefeuille), moyennant quoi on le tenait quitte des deux « harts de chesne » que nous savons qu'il devait pour exécuter les criminels. Une autre couronne semblable était également dû le même jour par le vicomte de Tréguil à cause de ses fiefs d'Alansac et de la Bouyère : mais la remise de ce dernier « chapeau de fleurs de cherfeil sauvage » se faisait avec pompe ; il était présenté « sur la motte-aux-mariées près la contrescarpe des fossés du Pasd'asne » et donné par le procureur fiscal de Montfort aux nouvelles mariées de l'une des trois paroisses de cette ville « d'an en an » ; et devaient aussitôt « icelles mariées, après s'estre saisies dudit chapeau de fleurs, danser et chanter leur chanson, et baiser le Seigneur ou son procureur à peine de 60 sols d'amende ». De son côté le sire de Montfort était obligé de fournir un cent de fagots pour allumer et entretenir le feu Saint-Jean « pendant que lesdites mariées chantent et dansent ». A la fin la couronne de fleurs demeurait à la dernière mariée à moins que le seigneur n'en désignât une autre pour la recevoir (Déclaration de Montfort en 1682). D'importantes seigneuries relevaient du comté de Montfort, c'était la vicomté de Tréguil, les châtellenies de Saint-Gilles, la Châsse, Saint-Malon, Cahideuc et la Bédoyère, les hautes justices de Monterfil, la Marche, le Vauferrier, etc. Le sire de Montfort était fondateur des abbayes de Montfort et de Paimpont et seigneur supérieur de toutes les églises et de tous les prieurés, aumôneries et chapellenies situées dans l'étendue de son comté ; il avait particulièrement des droits sur les trois églises paroissiales de Montfort, sur les prieurés de Saint-Jean et Saint-Nicolas de Montfort, Bédée, Iffendic, Saint-Lazare et Le Thélouët, enfin sur le couvent des Ursulines et l'hôpital fondés à Montfort. La plupart des recteurs et des prieurs tenant leurs bénéfices sous la mouvance de Montfort étaient obligés de célébrer chaque année plusieurs services religieux chacun aux intentions de leur seigneur et de ses prédécesseurs. Le domaine proche du comté de Montfort se composait en 1682 de ce qui suit : « L'ancien chasteau de Montfort enceint et clos de murailles, situé en la paroisse Saint-Jean, avec les haultes et basses cours d'iceluy chasteau, tours et tourelles, donjon, bastille, et douves... avec deux grandes chapelles présentement ruinées ». « La ville de Montfort enceinte et close de murailles, tours, donjons, boulevards, fossés, contrescarpes et aultres fortifications, avec trois grandes et spacieuses portes à ponts et ponts-levis levants et dormants, nommées les portes de Saint-Jean, Saint-Nicolas et Coulon autrefois la Porte-Blanche, appartenante au seigneur de Montfort. En laquelle ville il y a diverses rues et un grand et beau palais ou auditoire pour y tenir les audiences du Comté et des Eaux, bois et forêts, les jours de mardys ». — Les halles de Montfort — le four et les pressoirs banaux — la grande prairie de Montfort — l'étang de Saint-Nicolas et son moulin ; c'est de cet étang que sortait la fameuse cane qui donna jadis son nom à la ville appelée longtemps Montfort-la-Cane — la forêt de Montfort et une partie de celle de Brécilien, etc. 

Le château de Montfort construit en 1091 et détruit un siècle plus tard en 1198 avait été relevé de nouveau de 1376 à 1389 par Raoul VIII qui joignit à la forteresse les fortifications dont il dota sa ville. Il s'élevait sur une motte féodale ayant des dimensions exceptionnellement vastes et en partie rasée de nos jours pour supporter l'église actuelle de Montfort. Le plan de ce château était un quadrilatère défendu par quatre tours d'angle. Sur le tympan de la porte principale, au-dessous de l'écusson de Montfort portant la croix guivrée on lisait cette inscription : L'an mil trois sans quatre vingts neuf (1389) fist faire Raoul de Montfort ceste porte. Le château de Montfort n'a été complètement démoli que depuis la Révolution et l'on distinguait encore, au début du XIXème siècle, la base de ses tours au sommet de la butte artificielle appelée la Motte-du-château. Tel était donc le comté de Montfort, seigneurie encore très importante même après la séparation de Gaël, Montauban et Brécilien. Mais les ducs de la Trémoille, devenus seigneurs de Montfort, dépecèrent odieusement ce beau domaine ; pendant tout le XVIIème siècle ils vendirent à droite et à gauche à tous les seigneurs relevant d'eux les fiefs et les domaines, les droits utiles et honorifiques qu'ils possédaient dans les nombreuses paroisses formant leur comté. Cette déplorable aliénation fut achevée en 1715 par la vente de ce qui leur appartenait encore à Montfort même et dans la banlieue de cette ville. Les acquéreurs furent alors Annibal de Farcy seigneur de Cuillé, Charles Huchet seigneur de la Bédoyère, Joseph Hochet seigneur de Cintré, Charles Botherel seigneur de Bedée et Joseph Huchet de la Bédoyère qui se partagèrent ce qu'ils avaient acheté. A partir de cette époque et jusqu'à la Révolution, la juridiction de Montfort fut divisée en quatre hautes justices : - 1° le comté de Montfort, - 2° Montfort-en-Ville, - 3° Montfort-en-Saint-Nicolas, - 4° Montfort-en-Coulon. Il ne resta aux ducs de la Trémoille que la haute juridiction sur « les terres, fiefs et domaines vendus », la mouvances des principales seigneuries relevant de Montfort telles que la Châsse, Saint Malon, Tréguil, la Besneraye, le Breil, Cahideuc, la Bédoyère, le Coudray, Monterfil, la Marche, etc. — et enfin l'ancien château de Montfort. Ce n'était plus qu'une ombre de l'antique baronnie (abbé Guillotin de Corson).

Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence de 4 nobles des faubourgs de Saint-Jean et de Saint-Nicolas (Montfort-sur-Meu):

Jehan BRIEND (15 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une jusarme ;

Jehan DE LA HAYE (20 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Regnaud MAHE (5 livres de revenu), remplacé par son fils Guillaume : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une jusarme ;

Pierre PELERIN (5 livres de revenu) : défaillant ;

 

Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence de 3 nobles du faubourg de Coulon (Montfort-sur-Meu) :

Jehan DE LA CORNILIERE (20 livres de revenu) : défaillant ;

les heritiers Pierre GUICHART (60 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une jusarme ;

Guillaume MILLON (2 livres de revenu) ;

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