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GUERANDE

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La commune de Guérande (pucenoire.gif (870 octets) Gwenrann) est chef lieu de canton. Guérande dépend de l'arrondissement de Saint-Nazaire, du département de Loire-Atlantique. 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de GUERANDE

Guérande vient du breton ancien "uuenrann" (pays blanc). Ce qui équivaut à "Guer-rann" (région blanche) dans le Cartulaire de Redon. "Uuen" peut aussi exprimer un caractère "sacré" et aurait un lien avec la présence d'une église et de saint Aubin (dont le pays de Guérande est un des lieux retenus pour la naissance du saint).  Ainsi "Uuenrann" désignerait-il le "Pays d'Aubin". Il semble qu'à l'origine Guérande s'appelait "Grannona". Les Romains avaient établi dans la région une garnison militaire.

Il n'est pas parlé de Guérande avant l'an 448, où l'on dit que les Romains en sont chassés par les Armoricains, sous la conduite de saint Germain-l'Auxerois. Les Romains reprennent le territoire quelques temps après, et l'on assure qu'ils y ont construit une forteresse appelée Grannone, vers l'an 470. Les romains avaient encore une garnison à Grannone, en 497. La création de la paroisse de Guérande est traditionnellement attribuée à Waroc'h (577-594), fils de Macliau et prince de Vannes, qui aurait édifié un baptistère à l'emplacement du chœur de la collégiale. Guérande était à l'origine une paroisse primitive et englobait les communes actuelles de Batz-sur-Mer, Le Pouliguen, Le Croisic qui au bas Moyen Age ne formaient qu'une seule paroisse, Saint-Lyphard et vraisemblablement Saint-Molf et Mesquer.

L'évêque de Nantes, Actard, ayant déplu au comte breton Nominoë, ce "vicus" qui avait été créé, semble-t-il, au moment de la translation du sarcophage de saint Aubin en 556 (des reliques de saint Aubin y sont attestées en 854), devient vers 848 le siège d'un évêché temporaire, puis bénéficie de la fondation, attribuée au roi de Bretagne Salomon (857-874), d'un collège de chanoine. En effet au IXème siècle, l'intrus Gislard (ou Gilard), chassé de Nantes par l'évêque légitime Actard, s'établit en 846 à Guérande au lieu-dit "Aula Quiriaca" et parvient à maintenir sous sa juridiction toute la partie du diocèse qui forma plus tard l'archidiaconé de La Mée vers 857. A la mort de Gilard, en 895, la Mée est réunie à l'évêché de Nantes, sous le nom d'archidiaconé. Le palais épiscopal, qui se trouvait jadis rue de l'Evêché, a été démoli en 1680, à la requête de l'évêque de Nantes, Gilles Jean François de Beauveau (ou Beauvau). 

Au IXème siècle, à partir de 853, les Normands ont leur cantonnement dans l'île Botty en Loire et font plusieurs expéditions dans la presqu'île de Guérande en 843 et en 853. En 854, le comte de Vannes, Pascweten, gendre du roi Salomon (en breton Salaun), qui habite assez souvent l'ancienne villa gallo-romaine de Clis (entre Guérande et la Turballe), fait don aux religieux de l'abbaye Saint-Sauveur de Redon de terrains, ou mieux de bôles sis à Guérande, au lieu-dit Broneril, pour établir des salines. L'abbaye acquiert dans l'île de Batz-sur-Mer, la saline Maorem, vendue dix sous par son propriétaire Salw, puis successivement les salines de Chaw, de la Mée et de Salin Cron.

Au tout début du Xème siècle, les habitants de Guérande réussissent à repousser les armées normandes (une flotte de scandinaves venant directement de leur pays) grâce à un miracle qui aurait eu lieu à Guérande en 919 ("... en effet l'invocation par les Guérandais à saint Aubin provoque l'intervention surnaturelle d'un chevalier qui leur permet de repousser les Normands."). « Les Normans, hommes diaboliques, naviguant par la grant mer, costoyant Neustrie et Bretagne, vinrent au territoire de Vannes, puis débarquèrent à Guérande, une ville située près le rivage de la grant mer Océane, lors grandement peuplée et, pour la grant abondance du sel, très riche. Les habitants voyant la grant multitude de nefs armées apportant ces pirates — un genre d'hommes dont le souverain désir était de répandre le sang humain, captiver les hommes et s'enrichir de leurs dépouilles — furent tellement épouvantés qu'ils ne savaient quel parti prendre. Déjà s'épandaient les ennemis par la terre ; au son de leurs trompes les habitants s'appelèrent, s'avancèrent ensemble, et alors tous s'enfuirent à l'église du glorieux confesseur Saint-Aubin. Si les pauvres Guérandais étaient en tel désarroi, ce n'est pas qu'ils manquassent de coeur ; ce dont ils manquaient c'était un chef qui se mit à leur tête pour leur donner l'exemple, pour animer et diriger leur résistance. Eperdus ils supplièrent Saint-Aubin de les secourir. Il le fit : comment ?. Il leur envoya un chef. Tout-à-coup paraît devant eux un chevalier à armes resplandissantes qui de nul d'eux n'était connu » (P. Le Baud, Chronique de Bretagne). Embrasés de courage, les Guérandais se rangent sous la conduite de ce chef, brûlant de donner le choc aux Normands. En effet, ajoute la vieille chronique : « La petite assemblée de ceux qui étaient au moustier Saint-Aubin, faisant impétuosité contre leurs ennemis, bien qu'ils fussent en petit nombre, accoutumés à batailler contre beaucoup, fortement les mirent en déroute. Et aussitôt les pirates tournèrent en fuite et, délaissant au rivage plusieurs cadavres des leurs, plus promptement qu'ils n'étaient venus, entrèrent en leurs nefs, et depuis n'osèrent assaillir ces pays » (P. Le Baud, Chronique de Bretagne). En remerciements pour ce brillant fait d'armes, ils décident de dédier leur cité à Saint-Aubin (409-550), évêque d'Angers et natif de Guérande. Le rédacteur d'une charte de l'abbaye de Redon du milieu du IXème siècle prend soin de dire que cette charte a été passée "dans cette église devant l'autel où sont conservées les reliques de saint Aubin". Quelques évêques de Nantes ont momentanément résidé à Guérande : au XIème siècle, Quiriacus ou Quirac ou Guerec y habitera longtemps et on donna à Guérande le nom de Aula Quiriaca ou Guerec d'où vient peut-être le nom de Guérande.

Après l'an mille, la présence d'un château permet la création d'un bourg castral à quatre portes (Saint-Michel, Bizienne, Saillé et la Vannetaise) et plusieurs tours reliées par des courtines (la tour Théologale qui date de Jean IV, la tour Sainte-Anne qui date de 1442-1450, la tour Kerbenet, la tour de la Gaudinais, la tour de l'Abreuvoir ou Kercassier, la tour Saint-Jean, etc ...). Un acte de 1206 mentionne un bourg de Guérande. En 1214, Pierre Mauclerc dispose du domaine de Guérande. Un dénommée Geuffrey de Guerrande est mentionné dans le Livre des Ostz, rédigé en 1294 (il doit un chevalier d'ost pour tout son fief). Guérande (Garanda) apparaît dans l'Atlas de Petrus Vesconte, qui, vers 1321, dresse la carte des côtes de France. En 1332, le domaine de Guérande est tenu par Jean de Montfort : en effet, un acte daté du 26 décembre 1332 indique que les terres "de Guerrande et de Baaz et de Saillé et appartenances d'icelles" appartiennent à "Jehan de Bretaigne, conte de Montfort". Le  territoire de Guérande est envahi en 1342 par les troupes espagnoles de Louis d'Espagne (accompagné d'un capitaine genevois Othon Ardone), alliées de Charles de Blois contre Jean de Montfort prétendant au trône de Bretagne. Il met le siège devant la ville de Guérande qui ne possède pas encore de remparts. Louis d'Espagne s'en empare facilement et "tua tout ce qu'il trouva dedans, ils bruslèrent ses soldats cinq églises en la ville : dont Louis d'Espagne fut si déplaisant qu'il fist pendre et étrangler vingt cinq d'iceux. Cette ville estoit pleine de biens : et y firent les genevois et espagnols un très grand butin (d'Argentré)". De Guérande, Louis d'Espagne marche ensuite sur le Croisic où il sème la ruine et l'incendie. Ces revers ne découragent pas Jean de Montfort qui ordonne dès 1343 à son lieutenant Guillaume du Verger, de commencer à entourer la ville de Guérande de murailles. En août 1344, Charles de Blois vient en personne assiéger Guérande, qui se rend le 19 ou le 20 août. Mais dès 1352, Guérande retombe à nouveau sous l'autorité de Montfort. Les traités signés en 1365 (en l'église Saint-Aubin) et en 1381 (en l'église Notre-Dame) mettent fin à cette Guerre de Succession. 

En août 1404, une flotte anglaise, sous le commandement du comte de Beaumont, paraît en vue des côtes guérandaises et y opèrent un débarquement. Les Guérandais demandent alors du secours à Jean V (alors âgé de 15 ans) qui envoie en avant-garde le maréchal de Rieux. Le combat est court, et Beaumont est tué par Tanneguy (ou Tanguy) du Châtel ("les documents n'ont laissé aucun renseignement sur le lieu de ce combat, mais il est à présumer que le débarquement des Anglais comme la plupart de ceux qui se font dans la région de Guérande, ont lieu entre Pornichet et la pointe de Chemoulin, et que la rencontre des deux armées s'est faite à proximité de la ville, du côté d'Escoublac"). Au commencement de mai 1407, le flotte anglaise reparaît en vue des côtes guérandaises et tente d'opérer un nouveau débarquement, mais elle se heurte à la résistance des vaisseaux du Croisic, sous le commandement de Jean Bouchard, aidé de Pierre Groy, Guillot le Capitaine, Jean Colven, Pierre Le Comte. Suite à l'emprisonnement par les Clisson (Margot de Clisson et son fils) du duc Jean V à Châteaucaux, treize seigneurs de Guérande, accompagnés de 76 compagnons partent du Croisic pour délivrer Jean V. Le duc est rendu à la liberté le 5 juillet 1420. Suite à l'emprisonnement du chancelier de Bretagne, Jean de Malestroit, à Pouancé, Jean V, aidé des Guérandais (une petite troupe de 25 hommes d'armes et de 15 archers, sous le commandement d'Olivier de Cleuz), vient mettre le siège devant cette ville au mois de janvier 1437. Après la mise en liberté de Jean de Malestroit, Jean V récompense les Guérandais en la personne de Jean Le Pennec, dont les descendants deviennent seigneurs de Lesnérac et de Lauvergnac. A noter que le duc Jean V porte à Guérande un véritable intérêt. En effet, Jean V vient à Guérande en 1404 pour faire face aux Anglais, puis en février 1419 (accompagné de son frère Richard, comte d'Estampes, et de son chancelier Jean de Malestroit, évêque de Nantes, et de l'abbé de Beaulieu). Après sa délivrance de Châteaucaux, Jean V vient de nouveau à Guérande en octobre 1422. En septembre 1430, il passe à Guérande, ainsi qu'à la fin de mai 1439. La dernière visite de Jean V à Guérande date du mois de septembre 1441 (accompagné de ses fils Pierre et Gilles, de l'évêque de Saint-Brieuc, et de sa suite). En 1431, Jean V fait construire l'enceinte afin de protéger la ville de Guérande.

La paroisse du Guérande est mentionnée en 1330 (lors du procès de canonisation de Saint-Yves). En effet à cette époque, " Ladite Blanche, épouse de Jean Raoul, originaire de la paroisse de Guérande, âgée de 40 ans et plus " (témoin n° 189) dépose lors de l'enquête sur la vie de Saint Yves.  

La châtellenie de Guérande appartenait jadis en propre aux Ducs de Bretagne. Il en donnait temporairement la jouissance à des personnes de son entourage : Jeanne de Navarre, la duchesse Isabeau d'Ecosse (veuve de Jean IV), François Ier. Cette châtellenie s'étendait sur huit paroisses : Guérande, Le Croisic, Batz ou Batz-sur-Mer, Escoublac, Saint-Lyphard, Saint-Molf, Mesquer et Piriac.

Un couvent des Jacobins est fondé entre 1404 et 1409, par le duc Jean V : sa fondation est autorisée le 19 mars 1404 par une bulle du pape Benoît XIII et la première pierre est posée le 16 mars 1409. Le bourg va se développer autour du commerce du sel et du vin. A partir du XVIème siècle, l'ensablement de ses sites portuaires et l'affaiblissement du sel comme monnaie d'échange lui font perdre sa puissance maritime au profit du Croisic et de Pouliguen. Lorsque éclatent les troubles religieux du XVIème siècle, Guérande est une des premières villes évangélisées par les Huguenots. Dans la ville close, la collégiale Saint-Aubin et Notre-Dame-la-Blanche sont des sièges de paroisses, ainsi que l'église Saint-Michel dans les faubourgs. Les autres édifices sont des chapelles. Le château est démoli en 1614. Un couvent d'Ursulines est fondé en 1646 par la mère Marie Charette. Un hôpital ou Hôtel-Dieu est créé en 1650 par les charités publiques. Les Etats de Bretagne se tiennent à Guérande en 1625. 

Pendant la Révolution, Guérande est prise par les Royalistes, le 18 mars 1793, mais ces derniers évacuent la ville presque aussitôt. Le 7 juillet 1815, Guérande est attaquée par une division aux ordres du marquis de Coislin.

Note 1 : les pirates Normands ou Scandinaves descendent quatre fois dans le pays de Guérande, deux fois au IXème siècle, en 843 et en 853, deux fois au Xème siècle, en 919 et en 959 ou 960. L'invasion de 919 est entre toutes la plus terrible qu'a à supporter le pays de Guérande. A partir de 936, Alain Barbe-Torte, débarqué d'Angleterre, fait contre eux une guerre impitoyable : il les poursuit dans le comté de Nantes et les extermine à Trans, le 1er août 839. En 959/960, une flotte venant encore des pays Scandinaves fait le tour de la Bretagne, remonte la Loire et s'empare de Nantes, où l'évêque Gautier est fait prisonnier. Ils font ensuite halte à Guérande où ils relâchent l'évêque après en avoir tiré une forte rançon. C'est la dernière visite des Normands en Guérande. 

Note 2 : le premier traité de Guérande (12 avril 1365) ratifié par le roi de France Charles V met fin à la Guerre de Succession entre Jean IV, duc de Bretagne, comte de Montfort, et Jeanne sa cousine et comtesse de Penthièvre. La paix est proclamée dans la collégiale Saint-Aubin. Du Guesclin assiège et prend Guérande en 1373 au nom de la France. Clisson tente de reprendre Guérande en 1379. Par la suite, un second traité de Guérande est signé le 4 avril 1381 entre le duc Jean IV et Charles VI, roi de France, dans la chapelle Notre-Dame-la-Blanche. Le traité de Guérande, en 1365, reconnaît Jean de Montfort comme le duc de Bretagne. Jeanne de Penthièvre renonce à la couronne et doit remettre au duc Jean IV les villes et châteaux dont ses partisans se sont emparés pendant la guerre. La succession du duché doit échoir de mâle en mâle, d'abord dans la maison de Jean IV, puis, à défaut d'héritiers mâles, même collatéraux, dans celle de Penthièvre. Un article du traité stipule que Jeanne de Montfort, sœur du nouveau duc, épouserait Jean de Penthièvre, fils aîné de Charles de Blois, et que Jean IV paierait, à cette occasion, 100 000 livres pour la rançon de ce prince qui, depuis 1356, se trouve prisonnier en Angleterre. Cet article n'est pas exécuté et devient, par la suite, la source de querelles graves entre Jean IV et Olivier de Clisson, procureur de Jean de Penthièvre. Jean IV prête serment dans l'église Saint-Aubin d'observer le traité. Le traité de Guérande est ratifié par Charles V. Le duc de Bretagne envoie vers lui Olivier de Clisson et l'Anglais Guillaume Latimer pour lui demander cette ratification. Le 22 mai 1366, les députés de Jean IV rencontrent le Roi, et quelques jours plus tard, celui-ci signe cette ratification. Le traité de 1365 ne ramène pas la paix définitive en Bretagne. Après quelques années de tranquillité, les fautes commises par le duc rallument les hostilités. Jean IV est contraint de quitter son pays : il s'embarque à Brest le 28 avril 1373 et se rend en Angleterre auprès d'Edouard III. La ville de Guérande est prise en 1373  par Du Guesclin au nom du roi de France. Le duc de Lancastre prépare une expédition pour ramener Jean IV en Bretagne. Une armée anglaise forte de 16 000 hommes débarque à Calais, avec Jean IV, à l'automne 1374. Une trêve conclue à Bruges en 1376 et la mort d'Edouard III en 1377 arrêtent momentanément les hostilités. Mais, en 1378, la lutte reprend avec plus de violence. Le duc Jean IV débarque à Dinard le 3 août 1379. Clisson paraît devant Guérande, tenu par le capitaine Guillaume du Châtel, entre le 23 août et le 1er septembre 1379. Une bataille a lieu en juin 1380 non loin d'Escoublac : le capitaine Guillaume du Châtel fait face avec succès à l'ennemi espagnol commandé par Louis d'Espagne. Suite au décès de Charles V, ennemi personnel du duc de Bretagne Jean IV, Charles VI dépêche aussitôt, en 1380, à Guérande vers Jean IV des ambassadeurs : Renaut de Corbie, Anceau de Salins, les sires de Coucy, de Rayneral et Jean de Rillé. Le 15 janvier 1381, le projet de traité est arrêté. Ce dernier Traité de Guérande (le second) est signé le 4 avril 1381 dans l'église Notre-Dame-la-Blanche de Guérande. Ce traité est ratifié par Jean IV le 10 avril au Conseil tenu à Guérande, auquel assistent le vicomte de Rohan, l'abbé de Prières, les sires de Laval, d'Assérac, de la Feuillée, Pierre Hattes, Maie Raguenel et André Olivier. Le même jour, 10 avril, une foule de seigneurs présents à Guérande suivent l'exemple du duc et ratifient à Notre-Dame-la-Blanche, la paix conclu avec le roi de France.

Note 3 : au commencement de la guerre de Succession, un embryon d'organisation se développe à Guérande. En 1341, le roi d'Angleterre Edouard III, envoyant à Guérande des ordres de guerre, s'adresse non seulement au capitaine de la ville, mais aussi à la communauté. L'organisation municipale est achevée en 1451 lorsque la Communauté de ville de Guérande figure officiellement aux Etats de Bretagne en la personne d'un député (droit qui lui est concédé sous le règne de Jean V). Pour la première fois la ville de Guérande figure en 1455 à l'assemblée provinciale, en la personne de son procureur Jean du Cellier. Les procès verbaux des Etats de 1451 indiquent les bourgeois de Guérande comme défaillants. Avant la création des fonctions de maire, le chef de la Communauté est le procureur-syndic. Il est assisté de "miseurs" qui remplissent les fonctions financières de receveurs et de payeurs des deniers municipaux. Vers le milieu du XVIIème siècle, la Communauté remet sa direction entre les mains d'un maire qui est choisi et élu par elle, et un édit de 1692 transforme les fonctions de ce magistrat en office vénal. Les paroisses et sections de Guérande sont : Saillé, la Madeleine et Trescalan. Les maires de Guérande sous l'Ancien Régime sont : François Duhil, sieur du Breil (en 1696), Guillaume Calvé, sieur de Touloc (1700), Guillaume Laragon, sieur de Kerbézo (1713), Thomas Hémery, avocat (en 1716), Le Texier, sieur de Kerhillier (1718), René Bourdic, sieur de Guémadeuc et sénéchal des Régaires (en 1722), Mouton, sieur de Kergentil et avocat (en 1733), René Boudic, sieur de Guémadeuc (en 1734), Fournier de la Gillardais (en 1740), Gannat, avocat (en 1744), Christophe Georgelin, sieur de la Maufredais (en 1745), Duvivier, greffier en chef de la sénéchaussée (en 1745), Gannat (en 1748), Joseph Tiffoche, sénéchal des Régaires et subdélégué de l'Intendance de Bretagne (en 1750), Gabriel Vrignaud de Plusquepoix, alloué de la sénéchaussée et lieutenant général de police (en 1764), Tiffoche (en 1765), Belliotte de Ville-Alain (en 1766), Gabriel Vrignaud de Plusquepoix (en 1776), Amelot (en 1779), Rouaud de la Villemartin, procureur de la sénéchaussée (en 1786). A la tête de la sénéchaussée de Guérande se trouve Le Peley de Villeneuve. Les maires de la commune de Guérande, après la Révolution, sont : Moysen (avant 1804), Chottard (en 1804), Méresse (en 1806), de Sécillon (en 1815), Louis de Couëssin (en 1821), Muterse de Ville-en-Blaie, Méresse (de 1833 à 1851), Jan-Kerguistel, de Morat, Fournier, de Pellan, Isle de Beauchaine, Frangeul, Emile Grazais, Fournier de Pellan, Grazais, Le Quen, Emile Pourieux, Bigaré, Pichelin,...  

Note 4 : la sénéchaussée royale de Guérande, qui date de 1365, comprend à l'origine treize paroisses : Assérac, Batz, le Croisic, Escoublac, Guérande, Herbignac, Mesquer, Montoir, Piriac, Saint-André, Saint-Lyphard, Saint-Molf et Saint-Nazaire. La sénéchaussée est administrée par un sénéchal. Parmi ses sénéchaux, Guérande compte des hommes remarquables dont James Le Flazne (au début du XVème siècle), et Pierre de la Bouexière (seigneur de Brantonnet) qui administre la sénéchaussée de 1706 à 1767. L'apparition des circonscriptions administratives semi-officielles, appelées "subdélégations" n'a lieu qu'au commencement du XVIIIème siècle. La ville de Guérande devient alors le siège de l'une des subdélégations et comprend à l'origine huit paroisses : Escoublac, Guérande, Mesquer, Piriac, Saint-André, Saint-Lyphard, Saint-Molf et Saint-Nazaire. A partir de 1758, la subdélégation de Guérande se trouve agrandie des paroisses de Donges et de Montoir (par suite de la disparition de la subdélégation de Pontchâteau). La première mention du gouvernement militaire de Guérande apparaît en 1342, lorsque Guillaume du Verger prend le titre de lieutenant du duc et agit au nom du souverain comme chef militaire et magistrat. A noter aussi que l'institution du "papegault" est consacrée à Guérande par des lettres du duc François II, datées de 1483. 

Note 5 : au Moyen-Age, il y a, dans la paroisse de Guérande, en dehors de la ville, six frairies, dont les centres sont à Quéniquen, Saillé, Trescalan, Careil, Clis et Congor. Puis huit autres viennent se rajouter : celle de Bogat, Lessac, Lévéno, Poissevin, Miroux, Savenac, Mouzac et Coëtpéan. A noter l'existence d'une confrérie de Saint-Nicolas dont le siège est dans une maison de la rue Saint-Michel, près du château, et qui disparaît en 1751.  

Note 6 : dès le IXème siècle, Guérande est en possession d'un hôpital. Par la suite les établissements d'assistance se multiplient. L'Hôpital Saint-Jean ou Hôtel-Dieu (transformé par la suite en école publique) existe dès le XVIIème siècle (fondé en 1650) : il a en annexe une aumônerie ou maladrerie. L'Hôpital Général est fondé en 1688 et établi au faubourg Saint-Michel. A cet établissement est annexé un bureau de charité. Claude Noize, officier en retraite, lorrain d'origine, faisait l'école aux garçons vers 1787, avec le titre de maître de pension. Il avait succédé à M. Laurent, aussi officier retraité. Les Ursulines, appelées par les chanoines de Saint-Aubin, avaient fondé, en 1646, une école de filles qui prospérait encore en 1789. Ces religieuses avaient à cette époque au moins une centaine de filles pauvres et une quinzaine de pensionnaires appartenant à la noblesse et à la bourgeoisie du pays (Registres paroissiaux – Archives de Guérande. Notes de M. l'abbé Gallard). 

Note 7 : l'introduction de la vigne dans le Pays de Guérande est sans doute due aux Romains. Dès le IXème siècle, il existe autour de Guérande un vignoble renommé. Les grands clos sont plus tard ceux de Saint-Aubin, de la Motte et du Marsillé. Dès le XIVème siècle, on cultive le plant d'Aunis (le vin breton). La culture de la vigne disparaît avec le XVIIIème siècle. 

Note 8 : l'institution des foires est très ancienne à Guérande. Dès le IXème siècle, il s'en tient une en ville sur la place de Saint-Aubin, devant l'église, et une autre à la Pierre de Congor. En 1405, Jean V en fonde une en faveur des Dominicains du monastère Saint-Yves, foire qui se tient, les 20 et 21 mai de chaque année, au faubourg Bizienne. Il y a aussi, chaque samedi, un marché en ville qui existe dès le XIIème siècle. 

Note 9 : parmi les combattants illustres du Moyen-Age, l'un se distingue particulièrement : Guillaume du Châtel (surnommé "la Fleur des Vaillants"), seigneur de Bissin, capitaine de la ville de Guérande, à la fin du XIVème siècle. En effet, en 1380, à la bataille d'Escoublac, il met en fuite, avec 16 guérandais seulement, un corps ennemi de 300 hommes qu'il poursuit jusqu'à Saint-Nazaire. Pierre de la Bouxière, seigneur de Guérande, qui est sénéchal durant 61 ans de 1706 à 1767, laisse aux hôpitaux de la ville une somme de 120 000 livres. 

Note 10 : l'évêque de Nantes possède dans son diocèse deux officialités siégeant : l'une à Nantes, l'autre à Guérande. Cette dernière est au XIIIème siècle, une juridiction ecclésiastique complètement organisée et fonctionne indépendamment de celle de Nantes. La juridiction des Régaires est confiée à un sénéchal et à un procureur fiscal ou receveur, nommés par l'évêque de Nantes. Les revenus des Régaires de Guérande sont évalués au début du XVIème siècle à "2167 livres, 10 sous en monnaie ; 420 mesures, 1 truellé et 3 quarteaux de froment ; 344 mesures de seigle ; 24 truellé d'avoine ; 13 chapons ; 19 gelines; 5 paires de gants; 285 pipes de vin ; 1100 muids de sel". Les Régaires comprend dans son ressort : "- la ville et les faubourgs avec le manoir épiscopal et la halle; - la maison noble de Beaulieu et ses dépendances, les îles de la Motte et du Moulin, le parc Bahurel, les noës de Brantonnet, du Maupertuis et des Anguilles, le moulin à vent de Beaulieu; - les maisons et domaine de Kerhillier; - la maison noble et la métairie de la Ville-Jame; - la maison noble de la Porte-Calon, y compris le monastère des Ursulines; - la place des Moulins, avec ses six moulins, maisons, jardins, terre vaines et vagues; - le pré du Pont-au-Chat, situé près de l'église Saint-Armel; - le pré la noë du Corbon; - les jardins de Kermélec, où s'élevait autrefois un manoir; - le jardin de Beausoleil; - le lieu noble du Parc; - le domaine du Petit-Kerbénet et ses dépendances; - la maison noble du Grand-Kerbénet et ses dépendances, y compris le jardin Gicquel; - la maison noble de la Tréallaie, - 153 sillons de vigne au Clos Saint-Aubin; - 25 oeillets de marais salants dans la saline Gollandès, 8 dans Sistéro, 13 dans la saline Floc'h, 40 dans Lescobé; - la maison de Bréhanic; - la maison noble du Pressoir-aux-Chanoines, au bout de la Rue; - la métairie de Bréhadour; - le moulin à vent de Carné, à Clis; - la maison de Kersavary et ses dépendances". En plus de ces domaines, les Régaires comprend "- environ 220 hectares de terres morcelées dans les paroisses de Guérande et d'Escoublac; - le quart des dîmes à l'onzième sur les grains et au seizième sur les vins et le sel dans les paroisses de Guérande, de Piriac et de Saint-Nazaire, et le sixième de celles de Mesquer et de Saint-Molf; - la dîme d'agneau dans ces paroisses, et celle sur toutes les terres acquises par le Roi ou qui lui seraient échues par déshérence". A ces domaines viennent s'ajouter des rentes féodales.

Note 11 : la Fabrique de l'église Saint-Aubin possède avant la Révolution : "l'église Saint-Aubin et son cimetière qui l'entourait ; - l'église Notre-Dame, celle de Saint-Michel et son cimetière ; - le cimetière de Sainte-Anne et sa chapelle ; - les chapelles de la Trinité au faubourg Bizienne, et de Saint-Armel au faubourg Saint-Armel ; - l'église Saint-Jean en la ville, avec l'habitation des religieuses de l'hospice Saint-Jean, le fournil et le jardin de cet établissement ; - la chapelle du bourg de la Madeleine, celle de Sainte-Catherine, de Clis, de Notre-Dame, de Brandu, de Saint-Louis et Saint-Clair, de Saillé, de Saint-Jacques et Saint-Eutrope, de Bréca, avec droit de place, dans tous ces monuments, des troncs destinés à recevoir l'offrande des fidèles". Elle possède, de plus, en la ville de Guérande, "le droit de tenir des étaux et boutiques devant l'église Saint-Aubin, le long du cimetière, ainsi que devant les halles ; quelques rentes, et 231 œillets de marais salants". Les revenus s'élèvent en moyenne à 9000 livres et ses charges sont supérieures d'environ 1000 livres, passif soldé par des dons des fidèles et des seigneurs. Un grand nombre de fondations étaient, au moment de la Révolution, desservies en l'église Saint-Aubin ; beaucoup d'entre elles avaient une lointaine origine, la volonté de leurs fondateurs ayant toujours été scrupuleusement respectée. Ces fondations, nommées chapellenies, consistaient, la plupart du temps, en messes perpétuelles dont la célébration était assurée par des prêtres chapelains qui jouissaient des revenus affectés à chacune d'elles.

Note 12 : la première "montre" de 1425 est passée à Guérande par Jean de Muzillac, seigneur de Trévali. Ce dernier, capitaine de la ville de Guérande et à la tête de 200 hommes recrutés en grande partie dans la région guérandaise, vient au secours du roi Charles VII à Bordeaux en octobre 1453. Le 5 mai 1467, Alain de la Roche passe à Guérande la revue de tous les miliciens de l'évêché de Guérande. Le 19 avril 1469, Jean Chauvin, seigneur de l'Eperonnière, passe à Pontchâteau la revue des miliciens guérandais. En 1470, des seigneurs bretons mécontents et gagnés par le roi de France, abandonnent le duc breton François II : Tanneguy du Châtel, grans-maître d'hôtel du duc, se fait l'instigateur de cette trahison et entraîne à la cour de Louis XI des seigneurs comme Jean de Rohan. A noter que deux gentilshommes guérandais participent à ce complot, Jean de Bogat et Jean de Quilfistre. Les conjurés quittent la Bretagne au mois d'avril 1470. En 1474, une montre est tenue à Pontchâteau par Roland de Rostrenen et Robert l'Espervier. Le 24 juin 1481, François II délègue le sieur de Vigneuc pour passer en revue les troupes guérandaises. Le 7 avril 1484, des Guérandais adhérent à une conspiration contre François II et son trésorier Pierre Landais : Jean de Trévéar, Guillaume de Tréguz, Jean et Guillaume du Cleuz. Une ordonnance de François II, datée du 21 mai 1484, les déclare félons et prescrit la démolition de leurs châteaux.   

Note 13 : c'est Coligny, seigneur d'Andelot, qui introduit, en son château de la Bréteché et à la Roche-Bernard, la religion réformée. En peu de temps, dans le pays de Guérande, et particulièrement au Croisic et à Piriac, le Protestantisme fait des progrès rapides. La Réforme trouve ses premiers adeptes, parmi les nobles : les Tournemine (barons de Campzillon), les du Bouays de Baulac (seigneurs de Careil), les Jollan des Roches, de Montbarrot, Aubin de Trémondet, de Branzay, Le Gentilhomme de Kervaudu, de Tréméreuc, de Couëdo, Yviquel de la Grée, Yviquel de Saint-Goustan, de Gennes, Groy, Bouchart, etc .... En 1558, deux pasteurs Jean Carmel, dit Fleury, et Pierre Loiseleur, dit Villier, seigneur de Westhoven, commencent leurs prédications dans l'église Notre-Dame de Pitié. Fleury devient l'hôte de M. de Baulac, seigneur de Careil, et habite le château dès le 17 mai 1558. Loiseleur fonde l'église réformée du Croisic et fait à Batz-sur-Mer plusieurs prédications dans la chapelle des Muriers. L'édit de janvier 1562 accorde aux Protestants la liberté du culte. Ceux du pays de Guérande s'empressent alors d'envoyer chercher un des leurs compatriotes, François Baron, originaire de Piriac qui avait fait ses études théologiques à Genève. Ce dernier établit sa résidence au Croisic, d'où il assure le service des églises de Guérande et de Piriac. Au mois d'avril 1562, Jean du Bouays (ou Boays), seigneur de Baulac et de Careil, fait procéder dans l'église Saint-Michel de Guérande au baptême d'une de ses filles par le ministre du culte réformée. En janvier 1563, le ministre du culte, Lecoq, vient s'installer à Guérande et se trouve en lutte avec les Dominicains et le Chapitre de la Collégiale de Saint-Aubin. Lecoq est remplacé par le pasteur Jean Boisscul, qui quitte Guérande en 1566 pour aller au Croisic, prendre la place de François Baron. Après de longues luttes, les réformés de Guérande obtiennent, en 1602, l'autorisation de faire construire un temple au village de Clis (temple qui sera finalement jamais édifié) et d'y établir un cimetière, car jusque là ils avaient utilisé pour leur culte, l'église Saint-Michel de Guérande. De 1600 à 1644, les Protestants de Guérande ne sont pas inquiétés. Le culte cesse d'être exercé au Croisic, le jour où un arrêt du Conseil du 5 avril 1644 vient interdire aux protestants de "faire aucun exercice public de leur religion en la dite ville du Croisic". En 1655, le culte réformé sur le territoire de la sénéchaussée de Guérande est interdit. En 1763, le subdélégué de Guérande affirme à l'intendant de Bretagne qu'il n'y a plus de protestants dans sa circonscription.

Note 14 : pour solder les frais des guerres désastreuses, il faut beaucoup d'argent, et les caisses de l'Etat sont vides. Le jour même où se livre le combat en rade du Croisic, le 20 novembre 1759, le Ministre, comte de Saint-Florentin, ordonne de dresser, dans toutes les églises, un inventaire des objets d'argent susceptibles d'être convertis en monnaie. A Guérande, c'est un nommé Fournet, qui s'occupe de cette besogne. La Collégiale lui fournit "six petits chandeliers montés en fer, une lampe et deux tableaux couverts d'une feuille d'argent, deux burettes, deux lanternes, une petite clochette, une lampe et un bénitier.". Au couvent des Dominicains du faubourg Bizienne, il trouve, "outre les vases sacrés, deux burettes et un petit bénitier". Chez les Ursulines, "une petite lampe". Dans les églises de Batz-sur-Mer et du Croisic, il relève quatre petites statues de saints en forme de reliquaire, recouvertes de feuilles d'argent. Dans celle d'Escoublac deux burettes très minces. Dans celle d'Herbignac une lampe. Mesquer, Piriac-sur-Mer, Saint-Molf, Saint-André, Assérac et Saint-Lyphard ne présentent aucun objet d'argent. Il en est de même des Capucins du Croisic. 

Note 15 : durant les guerres de la Ligue, le point de concentration des troupes du duc de Mercoeur dans le pays de Guérande se trouve au château de Ranrouët, où Jean de Rieux, marquis d'Assérac s'était fortifié avec l'aide de Guillaume de Bouexic, chef d'une compagnie de 50 arquebusiers français. La garnison de Ranrouët se livre à diverses incursions dans le pays de Guérande. Le château de Careil, qui appartient à une famille protestante, est pris et pillé, en 1589, par une petite armée sous les ordres du capitaine de Cleuz. En 1590, l'arrivée du capitaine Grésil de la Tremblaye est le signal de pillages et de brigandages sanglants. Pour résister à ces brigands, Guérande a quelques pièces d'artillerie, une compagnie de 80 arquebusiers, envoyée par Mercoeur, sous le commandement du capitaine Dupé d'Orvault, une autre compagnie de 25 arquebusiers et 15 chevaux-légers sous les ordres de M. de Kergus. Après le départ de La Tremblaye qui n'a pu s'emparer de la ville de Guérande, les troupes de Mercoeur s'emparent du château de Campzillon, appartenant à la famille de Tournemine. Ce château avait été reconstruit en 1569, par Pierre Tournemine, à la place d'une ancienne citadelle détruite avant l'an 1540. Campzillon est pris sans résistance et brûlé en octobre 1590. La Ligue se termine en Bretagne en 1598, mais l'on vit encore dans le pays de Guérande le recrutement, ordonné par Louis XIII, le 11 septembre 1628, de 100 marins pour compléter les équipages des vaisseaux destinés au siège de La Rochelle.

Note 16 : un édit de juillet 1661 (mais enregistré que le 1er mars 1663) ordonne de lever en Bretagne un impôt annuel de 3000 livres pour l'entretien d'une garnison à Guérande et d'une autre au château du Croisic. En 1692, sont formées des milices garde-côtes, suivie d'une réorganisation en 1726. Une nouvelle organisation a lieu en 1732. Sous le nom de Capitainerie de Guérande, on regroupe les paroisses de Guérande, qui comprend alors la Turballe et Trescalan, le Pouliguen, Batz-sur-Mer et la pointe de Chemoulin. La Capitainerie du Croisic regroupe toutes les paroisses comprises entre Nivillac, La Roche-Bernard et Piriac-sur-Mer. La Capitainerie de Saint-Nazaire s'étend au Sud de la Loire. Ces trois Capitaineries composent le Bataillon de Guérande. Le 13 octobre 1746, une flottille de 45 vaisseaux anglais apparaît en vue du Croisic. Le 28 avril 1747, est établie une "disposition générale pour la défense des côtes de la province de Bretagne". En fait de soldats, il y a dans la Capitainerie de Guérande 1 900 hommes inscrits aux milices, dont 300 seulement en service réel formant trois compagnies casernées dans la ville de Guérande. La Capitainerie du Croisic possède 2 598 hommes, dont 350 groupés en compagnies détachées. Elle a dans son étendue neuf corps de garde établis au Castelli, à Piriac-sur-Mer, à Kervagarec, à Beaulieu de Mesquer, au Bil, à Loscolo, à Pénestin, à Tréhiguier et à La Roche-Bernard. A partir de 1755, la Capitainerie de Guérande reçoit pour commandant M. de Pellan, pour lieutenant M. Le Chauff, pour major M. de La Bourdonnaye, et pour aide-major M. de Courson.

Note 17 : Le Collège de Guérande. — La ville de Guérande ayant possédé une collégiale de chanoines, depuis le IXème siècle jusqu'en 1790, il est indubitable qu'elle n'a jamais manqué de professeurs d'humanités. Dans le principe, le Chapitre nommait un de ses membres pour remplir les fonctions de régent, et plus tard, il confia la classe de latin à un simple prêtre auquel on accordait pour traitement la valeur d'une prébende, c'est-à-dire 1.000 à 1.200 livres. Parfois il arrivait que le titulaire cumulait la jouissance de plusieurs bénéfices, témoin Laurent Bertho, prêtre et principal du collège de Guérande, qui obtint, en 1678, la collation de la chapellenie de Notre-Dame-du-Puy (Archives départementales, G 424). Son successeur, qui n'est pas nommé, eut des difficultés avec l'Evêché, en 1692, et le sénéchal des Régaires reçut une indemnité pour l'instance qu'il soutint contre lui (Inventaire de l'Evêché – Archives départementales, G, f° 238). En 1756, le principal du collège était encore prêtre. Comme il n'avait pas de logement spécial, il était obligé de faire sa classe dans la chapelle de l'hôpital Saint-Jean, qui, du reste, était très grande. « Il est chargé, dit un mémoire, d'instruire la jeunesse gratuitement » (Mémoire de 1756 – Archives départementales, II, hôpital de Guérande). L'abbé Guillon-Longville, qui portait le titre de régent, en 1790, quitta le pays, pendant la Terreur, et se retira dans le département de Seine-et-Oise, à Vaivigny. La délibération du district, où ce fait est relaté, rappelle aussi que le collège était fondé, de temps immémorial, sur le revenu d'une prébende (Délibération du 12 ventôse, an III – Archives départementales, L). (L. Maître).

Note 18 : liste non exhaustive des responsables ou maires de la commune de Guérande : Calvé de Touloc (en 1700), Laragon (en 1713), Le Texier (en 1718), René Bourdic de Guémadeuc (en 1722), Mouton (en 1733), Duvivier (en 1745), Tiffoche (en 1750), Vrignaud de Plusquepoix (en 1764), Belliotte de Ville-Alain (en 1766), Rouaud de Villemartin (en 1786), Moysen ou Moysan ou Moisan (avant 1804), Chottard (en 1804), Méresse (en 1806), de Sécillon (en 1815), Louis de Couëssin (en 1821), Muterse de Ville en Blaie, Méresse (de 1833 à 1851), Jan-Kerguistel, de Morat, Fournier, de Pellan, Isle de Beauchaine, Frangeul, Emile Grazais, Fournier de Pellan, Le Quen, Emile Pourieux, Bigaré, Pichelin, ....

Voir les anciennes institutions administratives, militaires et religieuses de la ville de Guérande

Voir une querelle de deux siècles entre les ducs de Bretagne et les évêques de Nantes

Voir Le Pays de Guérande durant les époques néolithique, romaine et gallo-romaine

Voir Conquête du Pays de Guérande par les Bretons

Voir Guérande pendant les derniers siècles du moyen-âge

Voir Guerres contre les Espagnols et les Anglais, ainsi que les troubles religieux (le Protestantisme)

Voir Les anciennes institutions municipales de la ville de Guérande.

Voir Les personnes, les terres, le commerce et l'agriculture.

Voir Les monuments et célébrités de Guérande.

Bretagne : Histoire, Voyage, Vacances, Location, Hôtel et Patrimoine Immobilier

PATRIMOINE de GUERANDE

la collégiale Saint-Aubin (XII-XIV-XVI-XXème siècle), située place Saint-Aubin. La Collégiale est fondée par l'évêque de Guérande, Gislard, sous le règne de Nominoë. En 846, le chapitre de chanoines est composé de 14 chanoines à la tête desquels est placé en 1295 un prévôt, seul dignitaire du Chapitre. Cette collégiale se compose encore en 1789 d'un prévôt et de douze chanoines. A signaler que ce Chapitre compta parmi ses membres les noms les plus illustres, et conserva même, pendant les temps modernes, des privilèges quasi épiscopaux. Il possédait dans le pays d'assez vastes domaines, dont beaucoup de marais salants, et avait le droit de lever la dîme sur les produits locaux. Plusieurs sanctuaires se succèdent à l'emplacement du baptistère mérovingien. Cette église est fondée en 852 puis remaniée semble-t-il à plusieurs reprises entre le XIIème et le XVème siècle. Sous le règne de Nominoë, l'église devient le siège d'un évêché temporaire, puis le roi de Bretagne Salomon crée un collège de chanoines. Salomon soutenait Gislard et voulait aussi constituer une position et un clergé à Guérande. L'église est détruite en 1342, lors du sac de Guérande. Elle est reconstruite à partir de la seconde moitié du XIVème siècle : elle comporte alors cinq travées. Le 26 décembre 1515, le pape Léon X accorde des indulgences pour la reconstruction du campanile de l'église Saint-Aubin. Le clocher actuel est érigé après l'écroulement de la flèche néo-gothique en 1876. Le clocher central, lui, date de 1903. La chaire extérieure date du XVème siècle. La statue de Saint Aubin date du XVème siècle. La chouette, située au-dessus du porche sud du XVème siècle, date du XVI-XIXème siècle. Un jubé est détruit en 1804. Le sarcophage date du VIème ou du XIIème siècle : il a été exhumé vers 1865. Le chapiteau roman date du XII-XIIIème siècle. Le bénitier date du XIIIème siècle : il est situé près de la porte sud de la collégiale. Le bénitier en granit sculpté date du XIVème siècle. L'autel de la Vierge date du XVIIème siècle. La chapelle basse date du début du XIVème siècle : cette crypte est prolongée par des niches funéraires sur ses côtés Est et Ouest. La chapelle basse est surmontée d'une "salle capitulaire" ou "salle du chapitre". La clef de voûte de la chapelle basse date du début du XIVème siècle. Le vitrail de Saint-Pierre date du XIVème siècle. Le vitrail, œuvre des verriers Reby et Meuret, date du XVII-XIXème siècle: il comporte le Couronnement de la Vierge (XVIIème siècle) et l'Assomption (XIXème siècle). Le vitrail du Rosaire, placé dans la baie du transept et œuvre du verrier Armand Réby, date de 1885. Le vitrail, au-dessus de la grande porte, rappelle le passage de Saint-Vincent Ferrier, évêque de Vannes, à Guérande. D'autres vitraux évoquent la vie de Saint-Aubin et celle de Saint-Julien. Un cénotaphe à gisants (XV-XVIème siècle) est situé dans la chapelle basse : il s'agit de celui de Tristan de Carné, seigneur de Crémeur, capitaine de Guérande et maître d'hôtel des ducs et de la duchesse Anne. Il comprend également son épouse Jeanne de La Salle, décédée en 1526. Les stalles, en bois sculpté, datent de 1650. Les grandes orgues, œuvre des ateliers Beuchet-Debierre, sont équipées de 3500 tuyaux et datent de 1955 : elles ont été restaurées par Jean Renaud. Le grand Christ en Croix, en bois, date du XVIème siècle : il est restauré en 1873 par M. Potet, sculpteur nantais. La peinture intitulée "Chapitre" et représentant les chanoines de la Collégiale, œuvre de Jacques Quatroux, date de 1642. La peinture intitulée "La Cène" date du XVIIème siècle : elle provient du couvent dominicain Saint-Yves, fondé dans le faubourg Bizienne et fermé au moment de la Révolution. Plusieurs états de 1788 à 1789 donnent la liste des chanoines : Potiron de Boisfleuri, de Kerpoisson, Le Pourceau de Tréméac, de Monti, de Coëspéan, Le Flo de Trémelo, etc... Le recteur était Eon, puis de Bruc de Montplaisir après la Révolution. De nombreux abbés étaient originaires de Guérande : Bizeul, Chellet, Anezo, Olivaud, Mollé, Santerre, Audrain, Héroc, Braire, Jagorel, Ollivier, Muterse, etc.... . Le sire de Careil était jadis patron et présentateur d'une chapellenie dans cette église. Voir l'histoire de l'église Saint-Aubin de Guérande ;

Ville de Guérande - Bretagne Voir Description de la Collégiale Saint-Aubin de Guérande.

l'église de Saillé. Cette église renferme un panneau de bois peint du XVIIème siècle représentant le mariage, en troisièmes noces, de Jean IV et de Jeanne de Navarre le 11 septembre 1386. Jean V et le connétable de Richemont sont nés de cette union ;

la chapelle ou l'église Notre-Dame-la-Blanche (XIVème siècle - 1850), édifiée par Jean de Montfort (Jean IV) en 1348. Elle comporte une seule nef divisée en cinq travées. Deux autres travées occupent le chœur. Cette chapelle est au XIVème siècle une église paroissiale entourée d'un cimetière. C'est dans cette chapelle qu'est signé le 4 avril 1381 le second traité de Guérande qui rétablit Jean IV comme duc de Bretagne. La voûte du chevet et les boiseries habillant les parties basses datent des années 1850. Cet édifice religieux, qui a servi de lieu de réunions pendant la Révolution, a été vendu nationalement en 1796, racheté et restauré en 1853 par l'abbé Sorin, curé de Guérande. Le sire de Careil était jadis patron et présentateur d'une chapellenie dans cette chapelle ;

la chapelle Saint-Michel (XIII-XVème siècle), située à l'entrée du faubourg Saint-Michel. Un cimetière lui est associé. C'est là que commence le cérémonial qui marque la première entrée de l'évêque. Cette chapelle était en 1477 le siège d'une paroisse (dont Alain de Quelen était le curé). Son origine est, semble-t-il, liée à une léproserie de fondation ducale. Le seigneur de Careil possédait jadis dans l'église paroissiale Saint-Michel de Guérande une chapelle joignant le chanceau du côté de l'épître ;

l'ancienne chapelle Saint-Jean. Cette chapelle atteste la présence à Guérande des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem qui selon un acte de 1160 possédaient l'une des demeures du fief de Trémillet ;

la chapelle Sainte-Catherine. Les vitraux datent du XIXème siècle ;

l'ancienne chapelle Saint-Laurent, aujourd'hui disparue. Mentionnée au début du XVème siècle, elle était située non loin de la porte Bizienne. Elle est concédée au début du XVème siècle aux dominicains et laisse ensuite la place à une nouvelle chapelle de la Trinité édifiée à peu de distance ;

l'ancienne chapelle de la Trinité, aujourd'hui disparue. Mentionnée au début du XVIème siècle, elle était située non loin de la porte Bizienne ;

l'oratoire (1948), situé à La Madeleine et œuvre du sculpteur Claude Petitet. L'édifice abrite une statue de Notre-Dame de Brière ;

le calvaire (1884), situé à La Madeleine et érigé à l'emplacement de l'ancienne chapelle de Trémelu ;

la croix (XIIIème siècle - 1825), située à Requer. Elle est restaurée en 1825 ;

la croix de Kergourdin (1900), située à Sandun ;

l'enceinte fortifiée (XIII-XIV-XVème siècle) de la ville close. Les remparts actuels de Guérande sont élevés à partir du XIIIème siècle. L'enceinte est renforcée ou reconstruite, sur ordre de Jean de Montfort, par Guillaume du Verger, au lendemain du sac de Guérande en 1342. Les dix tours (dont seules six subsistent), et les courtines datent du XVème siècle. La longueur des remparts excède 1,4 km. L'enceinte est percée de quatre portes : la porte Vannetaise (au Nord), de Saint-Michel (à l'Est), de Saillé (au Sud) et de Bizienne (à l'Ouest). La porte Saint-Michel (vers 1450-1460 - XVIIème siècle) est signalée déjà vers 1350 : elle est réaménagée vers 1450-1460 à la demande du duc François II. Les portes Saint-Michel et Vannetaise sont flanquées de tours (les tours de la porte Vannetaise sont aujourd'hui démantelées). Les portes Saillé et Bizienne sont surmontées de meurtrières. Les archères et canonnières datent du XIV-XVème siècle. Depuis 1928, la porte Saint-Michel abrite le musée d'Arts et Traditions populaires appelé "Château-Musée" ou "Musée du Vieux Guérande" ;

L'enceinte fortifiée et les murailles de Guérande

 

L'enceinte fortifiée et les murailles de Guérande

 

L'enceinte fortifiée et les murailles de Guérande

le château de Careil (XV-XVIème siècle). A l'origine Careil était une place forte protégée par des douves, et un pont-levis. Un chemin de ronde subsiste encore avec ses mâchicoulis. Le château a été construit à la fin du XIVème siècle par Pierre Le Comte. Cet édifice possède deux corps de bâtiments disposés en équerre. Il est flanqué d'une tour d'angle garnie de meurtrières. Cette terre de Careil a été érigée en Châtellenie par Charles IX, en 1571. Cela donnait au seigneur de Careil droit et juridiction haute, basse et moyenne justice, droit de prééminence d'église, droit de foires et marchés. Un grand nombre de salines relevaient de la seigneurie. Marguerite, la fille et l'héritière de Pierre Le Comte, épousa Guillaume du Boays (ou Bouays). Son petit-fils Jean du Boays (ou Jean du Bois), fut l'un des premiers et plus hardant huguenot du comté nantais. Il appartient au XVIème siècle à Jean du Bois, sieur de Baulac. C'est, au XVIème siècle, un fief de protestantisme : c'est à Careil que les Protestants se retirent lorsqu'ils sont chassés du Croisic en 1558. Esther du Bois épouse René de Montbarot chevalier de l'Ordre du roi et gouverneur de Rennes. En 1589, sur ordre du Duc de Mercoeur (Gouverneur de Bretagne et chef de la Ligue Catholique) le château est assailli, pillé, incendié, le mobilier est emporté ou brisé. Esther du Bois meurt en 1597, son mari fait alors hommage au roi (Henri IV) pour la terre de Careil au nom de leurs enfants mineurs, dont Françoise-Marie. En 1604, Samuel de La Chapelle enlève Françoise-Marie de Montbarot et le mariage est célébré "dans la foulée". En 1641, un arrêt du Parlement interdit aux réformés d'avoir un temple au Croisic, le culte se fait alors à Careil, puis un autre arrêté interdit aussi le culte à Careil. L'heure de la révocation de l'Edit de Nantes arrive. En 1699, le Château est saisi et vendu quand Henri de La Chapelle endetté refuse de renier le protestantisme. Acheté par Guillaume Charault, le château est transmis à sa fille Sainte Charault qui épouse Louis-François de Foucher, conseiller au parlement de Bretagne. La chapelle de Careil, dédiée à saint Cado, comporte une sablière datée du XVème siècle. Propriété successive des familles La Chapelle de la Rochegeffart, Foucher de Careil, Maillard et Davenière ;

le manoir de la Porte-Calon (fin du XVème siècle - XVIIème siècle), situé route de Saint-Nazaire et édifié par la famille Calon. Les armoiries " un coeur symbolique " sont reproduites dans les sculptures des portes. Cette demeure est agrandie au milieu du XVIIème siècle par les Ursulines qui y ajoutent deux ailes ;

le manoir de Kerpondarm (fin du XVème siècle), édifié par Jean Meschinot ;

le manoir de l'Arloc (1580), situé jadis dans le faubourg Saint-Michel. Ancien manoir de la famille des Deno de Saint-André-des-Eaux. Il possède une porte Renaissance : deux colonnes à chapiteaux, ornées de ronds solaires, forment les montants. Ce manoir abrite en 1688 l'hôpital Saint-Louis avant de devenir une maison d'habitation ;

le manoir du Prévôt (fin du XVème siècle - XVIIème siècle - XXème siècle), situé au n° 6 rue de la Prévôté. Les meneaux des fenêtres sont restaurés au XVIIème siècle. L'ensemble est restauré au XXème siècle ;

le manoir de Villeneuve (XVIIIème siècle). Il possède un pigeonnier qui date du XVIIIème siècle. Les bâtiments sont en équerre, avec tourelle d'angle. Ancienne propriété de la famille Fournier de Pellan ;

l'ancien hôpital Saint-Jean (1527 - XVIIème siècle), situé Place Saint-Jean. Fondé au IXème siècle par des moines de l'abbaye Saint-Sauveur de Redon. Saccagé en 1342, l'édifice est reconstruit en 1527 par les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. La façade est restaurée au XVIIème siècle. L'édifice sert d'hôpital militaire pendant la Révolution puis devient au début du XIXème siècle la propriété des sœurs de la Sagesse puis une école communale au XXème siècle ;

Voir aussi Ville de Guérande  L'Hôpital Général de Guérande.

le manoir de la Jalousie (XIVème et XVème siècle), situé près de l'ancien champ de courses de Guérande et édifié sur un site gallo-romain. Ce manoir est habité successivement par les familles Du Verger, Sorel (Guillaume Sorel, en 1529), Kerallan, Le Gruyer (" René Le Gruyer, sieur de Kervaudu, demeurant en sa terre de la Jalousie, 1774 ") ;

le manoir de Kercassier, mentionné en 1618, restauré et remanié au XIXème et XXème siècles. Il est le siège d'une seigneurie relevant directement du duc de Bretagne, puis du roi (Voir Archives départementales, B. 1458). Propriété jadis de la famille Jouan (XIVème siècle). Au sommet de la porte d'entrée se trouvent les armoiries des Jouan : " d'azur au chevron d'or, chargé de 3 mollettes de gueules et accompagné de 3 soleils d'or ". La demeure est affermée en 1720 à Jacques Eon pour la somme de 3 livres ;

le petit séminaire (XVIII-XIXème siècle), situé faubourg Saint-Michel. Il est créé par décret du roi Charles X et s'installe dès le début du XIXème siècle dans l'ancien couvent des Ursulines. Le corps principal du bâtiment et le clocher datent de 1704. Les deux ailes datent du XIXème siècle ;

l'hôtel de Coux (XVIIème siècle). Cet hôtel était jadis appelé le "Vieux Logis" ;

la maison du Potier en pan de bois (XIV-XVème siècle), située place du Pilori ;

la maison des Chimères (XVème siècle), restaurée en 1990 et située Carrefour de la Psalette ;

la maison (XVème siècle), située au n° 1 rue de l'hôpital-Saint-Jean ;

la maison (XVIIème siècle), située faubourg Bizienne ;

la maison (XVIIème siècle), située au n° 10 rue du Vieux-Marché-aux-Grains ;

la maison (fin du XVIIème siècle), située au carrefour de la Psalette ;

la maison de paludier (XVII-XVIIIème siècle), située à Saillé ;

l'immeuble (XVIIème siècle), situé au n° 7 rue Sainte-Catherine ;

le presbytère (XVII-XVIIIème siècle), situé face au chevet de la collégiale Saint-Aubin. L'aile Sud est ajoutée au XVIIIème siècle. Il s'agit de l'ancienne demeure de Pierre de La Bouexière, sénéchal de Guérande ;

le mail (XVIème siècle), situé Place du Marhallé. Le mail est un bastion ou boulevard construit devant les remparts pour les protéger ;

le four de Kerjacob (XIXème siècle), situé à Sandun ;

la fontaine verte située à Clis. Cette fontaine semble d'origine gallo-romaine ;

27 moulins dont le moulin (XVème siècle) situé à Crémeur. Ce moulin est encore appelé le "moulin du diable" ;

A signaler aussi :

le site archéologique situé sur la butte de Saudun. Une croix marque le sommet de la butte de Saudun. Ce site comportait jadis un ancien habitat protégé par une enceinte et des fossés ;

le menhir de Bissin, situé à Bézans (époque néolithique). Appelé également "Ile de la Chapelle" ou le "Caillou de Gargantua" ;

le menhir du clos de la Pierre (époque néolithique), situé route de Saillé. Appelé également, semble-t-il, la Pierre de Congor (signalée dans le Cartulaire de Redon en 859) ;

la margelle monolithique (vers l'an 50 avant Jésus-Christ), située à Clis ;

le mur gallo-romain, situé à Clis. Ce mur fait partie d'un ensemble gallo-romain appelé le Château-Grannon ;

l'atelier de meules, situé au faubourg Saint-Armel ;

le puits (XVIII-XIXème siècle), situé au moulin du Drézeux ;

le puits mitoyen, situé rue de Saillé. Ce puits est encastré dans un mur mitoyen ;

la lucarne (1635), située au n° 25 rue de Saillé ;

le portail (fin du XVIIIème siècle), situé au n° 3 rue du Tricot. Il comporte deux piliers d'angle ;

l'ancien monastère Saint-Yves des Dominicains, situé à l'extrémité de la porte Bizienne. C'est là qu'eut lieu en 1625, une réunion des Etats de Bretagne. Dans les premières années de son règne, le duc de Bretagne, Jean V, sur les instances de son confesseur, frère Jean Le Danteuc, de l'Ordre des Religieux Dominicains du couvent de Morlaix, résolut de fonder, en faveur des Frères Prêcheurs, un monastère en Guérande. Le pape d'Avignon, Benoît XIII, informé de ce projet, accorda cette fondation en 1404. La première pierre du monastère est posée le 16 mars 1409, en présence du duc de Bretagne, de ses enfants, les princes Pierre et Gilles, des évêques de Nantes et de Cornouaille, de l'évêque-chancelier Jean de Malestroit et de frère Jean Le Danteuc. L'église est consacrée le 9 septembre 1441 par l'évêque Jean de Malestroit. La fin du monastère arrive en 1790. A cette époque, les religieux n'étaient plus qu'au nombre de quatre. De l'église Saint-Yves, il ne reste aujourd'hui que la base du porche ;

Nota : " Dans les premières années de son règne, le duc de Bretagne Jean V, sur les instances de son confesseur, frère Jean Le Danteuc, de l'Ordre des Religieux Dominicains du couvent de Morlaix, résolut de fonder en faveur des Frères Prêcheurs, un monastère en Guérande. C'était l'heure où cette ville, après plusieurs sièges et deux traités signés en ses murs, se relevait des désastres subis pendant la guerre où elle avait soutenu Jean le Conquérant. Son fils ne pouvait oublier tant d'attachement ; aussi se prêta-t-il d'autant mieux aux desseins de frère Jean Le Danteuc qu'il allait accomplir œuvre pie en récompensant en même temps ses vaillants Guérandais. Le pape d'Avignon Benoît XIII, informé de ce projet, accorda cette fondation, en 1404. Pour l'édification de ce monastère, Jean V fit don aux Religieux d'un terrain situé au faubourg Bizienne, proche de son manoir de la Touche, qui avait été la résidence de son père pendant les jours les plus sombres de son règne, et devait être la sienne. En ce lieu s'élevait une antique chapelle sous l'invocation de la Trinité, à laquelle le Chapitre de la Collégiale témoignait un grand attachement. Ce vénérable monument, dont on ignorait même à cette époque l'origine, se trouva menacé de destruction par suite des constructions que projetaient les Frères Prêcheurs ; et les chanoines, par vénération, disent les uns, par hostilité, insinuent les autres, refusèrent de l'abandonner aux nouveaux arrivants. Mais le duc offrit au Chapitre une transaction honorable, qui fut acceptée. La première pierre du monastère fut posée le 16 mars 1409, en présence du duc de Bretagne, de ses enfants, les princes Pierre et Gilles, des évêques de Nantes et de Cornouaille, de l'évêque-chancelier Jean de Malestroit et de frère Jean Le Danteuc, et l'église Saint-Yves fut consacrée le 9 septembre 1441 par l'évêque Jean de Malestroit. Les Dominicains de Guérande se livraient à la prédication et à l'enseignement. On les trouve dans toutes les paroisses environnantes prêchant des missions et des stations de Carême. Leur influence fut certainement très grande ; il suffirait d'en citer comme preuve le très grand nombre d'enfants du pays qui entrèrent dans l'ordre et prirent l'habit au monastère de Bizienne ; environ la moitié des religieux qui habitèrent celui-ci appartenait à des familles guérandaises qui, de plus, se montrèrent généreuses à son égard par leurs libéralités et leurs fondations pieuses. Dès leur arrivée à Guérande, les Dominicains prennent un rang prépondérant : ils pénètrent d'abord dans la célèbre confrérie Saint-Nicolas qu'illustrèrent tant de nobles personnages, puis dans le Chapitre de la Collégiale, où plusieurs d'entre eux exercèrent les fonctions de théologal ou curé de Saint-Aubin en conséquence de leur habileté. La fin du monastère arriva en 1790. A ce moment les religieux n'étaient plus qu'au nombre de quatre. Le couvent ne tarda pas à tomber en ruines, et de l'église Saint-Yves, qui fut le tombeau d'illustres Guérandais, il ne reste plus que la base du porche " (H. Quilgars).

Ville de Guérande - Bretagne Voir Fondation des Dominicains de Guérande.

l'ancien monastère des Ursulines (XVIIème siècle), situé au faubourg Saint-Michel, à l'emplacement de l'ancien domaine de la Porte-Calon. Les Ursulines vinrent s'établir à Guérande en 1643, pour s'y livrer à l'enseignement. Au début, elles louèrent provisoirement une maison derrière l'église Notre-Dame, puis, deux ans plus tard, achetèrent le domaine de la Porte-Calon, au faubourg Saint-Michel, où elles firent construire le monastère qui devint ensuite Petit-Séminaire. Les Religieuses étaient sous l'autorité d'une prieure. Leur monastère reçut, dès le début, des biens considérables, et, dans la suite, elles en acquirent de nouveaux. Elles s'adonnaient exclusivement à l'instruction des jeunes filles : leur enseignement fut très prospère et rendit à la région les plus grands services ;

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ANCIENNE NOBLESSE de GUERANDE

Châtellenie ducale de Guérande : Quoiqu'il semble bien que la châtellenie de Guérande fit dès l'origine partie du domaine propre des comtes de Nantes, puis des ducs de Bretagne, on trouve du XIème au XIIème siècle des chevaliers portant le nom de Guérande et paraissant jouir de cette seigneurie. Tels furent Geffroy vicaire de Guérande, contemporain de Friold vicomte de Donges en 1070, et un autre Geffroy de Guérande qui reconnut en 1294 devoir au duc de Bretagne un chevalier d'ost pour tout son fief. Mais le titre même de vicaire que prend le premier de ces seigneurs fait croire qu'il n'était à Guérande que le représentant du comte de Nantes. Quant au second il tenait peut-être son fief, comme héritier d'un des donataires dont nous allons parler.

Le roi Philippe-Auguste, s'étant après l'assassinat du prince Arthur de Bretagne emparé pendant quelque temps du gouvernement du duché de Bretagne, donna à André sire de Vitré et à Eudon seigneur de Pontchâteau toute la châtellenie de Guérande. Ces deux chevaliers se partagèrent en 1206 le beau cadeau que leur faisait le roi : André de Vitré prit tout ce qui se trouvait entre la mer et le chemin allant de Guérande à Saint-Nazaire et céda ce qui était de l'autre côté de ce chemin à Eudon de Pontchâteau. Combien de temps dura cette aliénation du domaine ducal, nous n'en savons rien, et il est difficile de croire qu'elle subsistât encore en 1294. Peut-être le Geffroy de Guérande de cette époque n'était-il pas plus propriétaire de la seigneurie de ce nom que ne l'était un certain Judicaël de Guérande dont le nom figure en plusieurs actes depuis 1194 jusqu'en 1212, c'est-à-dire précisément alors que Philippe-Auguste disposait de Guérande eu qualité de duc de Bretagne. Toujours est-il qu'au XIVème siècle cette châtellenie appartenait bien au duc de Bretagne puisqu'en 1311 ce fut l'apanage de Jean, comte de Monfort, fils du duc Arthur II. Plus tard la jouissance de la seigneurie de Guérande continua d'être donnée temporairement par les ducs à des personnes qu'ils désiraient favoriser ; c'est ainsi par exemple que cette châtellenie fut donnée en douaire à la duchesse Jeanne de Navarre, puis à la duchesse Isabeau d'Ecosse, veuves des ducs Jean IV et François Ier.

La châtellenie de Guérande se composait de huit paroisses : Guérande, Le Croisic, Batz, Escoublac, Saint-Lyphard, Saint-Molf, Mesquer et Piriac. Elle comprenait la ville fortifiée de Guérande, dont les belles murailles subsistent encore avec leurs portes monumentales, et le château du Croisic bâti en 1355 à la limite de Batz ; mais cette dernière forteresse n'existe plus. Le domaine proche de Guérande était, en outre, fort riche en salines. Quant aux mouvances de la juridiction elles étaient considérables : les principales étaient le regaire épiscopal de Guérande, la baronnie de Campzillon, le marquisat de Tréambert ou Becdelièvre, les châtellenies de Careil, Ust, Escoublac, et Trévecar.

Après l'union de la Bretagne à la France, la châtellenie de Guérande fit partie du domaine royal jusqu'à la Révolution.

Note : Le Xème siècle connut la disparition des circonscriptions administratives nommées plou qui avaient constitué, depuis l'émigration bretonne, les divisions officielles en Bretagne. Cette disparition fut le résultat de l'importance que commençaient à prendre les fiefs qui se substituaient aux anciennes circonscriptions territoriales. Au XIème siècle, cette substitution était un fait accompli. 

Le plou Wenran qui au IXème siècle avait une vaste étendue, donna principalement naissance à trois grandes seigneuries : la châtellenie de Guérande, celle du Pont, et la seigneurie de Donge (ou Donges). Ces deux dernières, situées à l'est du Wenran, furent en outre formées avec les parcelles de plusieurs autres plous, et celle de Guérande avec la plus grande partie du plou Wenran et la totalité du petit plou Keriac qui, au IXème siècle, ne comprenait plus que l'extrême pointe de Piriac. Cette grande seigneurie de Guérande, de population et de langue bretonnes, fut annexée au comté de Nantes. Sa constitution s'opéra dans la première moitié du Xème siècle : elle était suffisamment organisée au milieu du XIème, pour que les représentants des comtes de Nantes aient cherché à se rendre indépendants et pris, pour eux et leur famille, le nom patronymique de de Guérande. 

La châtellenie, comme autrefois le plou, était une circonscription administrative et judiciaire, et l'autorité du comte était par lui déléguée à un représentant qui prenait le titre de viguier, vicarius. Le plus anciennement connu des viguiers de Guérande, Geoffroy, paraît vers 1055 comme signataire d'une charte en sa qualité de vicarius Guerrandiae (Archives de la Loire-Inférieure, H 132 – D. Morice, Preuves, I, 436). 

Peu de temps après cette date, son fils Bernard lui succéda dans les fonctions de viguier (Note : Bibliothèque Nationale, ms. fr. 22319, f° 118 ; — A. de la Borderie, Recueil d'actes inédits, XVI. — Bernardus Guerrande vicarius, concessit monachis sextam partem insula Tiliniaci quam pater suus Gaufridus... ei dederat) ; mais en 1066, il résigna celles-ci pour entrer dans les ordres. Clerc, il donna à l'abbaye de Saint-Aubin d'Angers, des terres qu'il possédait en propre (Note : Bibliothèque Nationale, ms. fr. 22319, f° 118 ; — A. de la Borderie, Recueil d'actes inédits, XVI. — Bernardus de Guerranda qui etiam clericus erat). Son successeur, Rohaldus, commença son administration en 1066 ; il fut, à cette date, signataire d'une charte comme viguier de Guérande (Bibliothèque Nationale, ms. fr. 22329). Vingt ans plus tard, en 1086, Rohaldus occupait toujours ses fonctions de viguier, titre qui lui est donné par une charte de l'abbaye de Saint-Florent-le-Veil au bas de laquelle il apposa sa signature (D. Morice, Preuves, I, 462 – D. Lobineau Preuves, 146 – A. de la Borderie, Actes inédits, XXI). A partir de cette date il faut descendre jusqu'à l'année 1142 pour retrouver une mention du viguier de Guérande. Pendant ce laps de temps, plusieurs personnages portent le nom de de Guerrandia, mais rien n'indique ceux qui, parmi eux, furent les représentants officiels des comtes de Nantes. Mais, en 1142, une charte de Marmoutier donne le titre de viguier à Berardus de Guérande (D. Morice, Preuves, I, 436). 

A l'origine les viguiers de Guérande étaient des officiers nommés par le comte de Nantes et révocables par lui. Mais, de bonne heure, ils rendirent dans leur famille leur fonction héréditaire, car dès le milieu du XIème siècle la charge de viguier fut transmise par hérédité dans la seule famille de Guérande. Les délégués du comte devinrent de fait les véritables seigneurs de la châtellenie de Guérande, et ils en prirent le nom qu'ils continuèrent à porter après la suppression de leur charge. Ils firent ainsi passer entre leurs mains les attributions féodales ; leurs enfants et leurs frères s'appelèrent comme eux de Guérande. Les comtes de Nantes furent contraints, par la force des choses, de tolérer cette atteinte à leurs droits ; mais il semble probable qu'ils ne tardèrent pas à régulariser, suivant les règles féodales, les usurpations de leurs représentants, en leur concédant à bail, c'est-à-dire d'une façon viagère, le fief de Guérande. 

Dès la fin du XIème siècle la famille de Guérande apparaît dans les textes comme étant fort nombreuse. On trouve en 1070 Grafion de Guérande, témoin dans une charte du prieuré de Donges (Archives de la Loire-Inférieure, H 151 – D. Morice, Preuves, I, 436 – D. Lobineau II, 260), et un second Geoffroy est cité en la même qualité dans une charte de 1095 (D. Morice, Preuves I, 487 – D. Lobineau, II, 280). Grafion ne parait pas avoir exercé les fonctions de viguier, mais il n'en est pas de même de Geoffroy II qui, après la disparition du viguier Rohaldus, vers 1086, a dû le remplacer comme représentant du comte de Nantes, et c'est peut-être à ce titre qu'il parait dans la charte de 1095, ou même comme châtelain de Guérande, ce qui indiquerait qu'il était à ce moment chef de famille. 

Dans la première moitié du XIIème siècle, figure Mainus ou Men de Guérande. En 1129 ce personnage est témoin dans une charte de l'abbaye de Fontevrault où il prend le titre de serviens, ou sergent bailliager du duc Conan III (D. Morice, Preuves, I, 560 – D. Lobineau, II, 281). De cette date à 1148 on le retrouve figurant dans différentes chartes de donation du même souverain à l'abbaye de Marmoutier et aux Templiers (A. de la Borderie, Actes inédits, n° XXXV, XXXVI, XL, XLI – A. de Barthélemy et Geslin de Bourgogne, Anciens évêchés de Bretagne, VI, p. 123). Ce Men de Guérande était l'un des hauts personnages de la Cour de Conan III ; il avait lui-même à son service un certain nombre de secrétaires dont deux signèrent avec lui, en 1143, la donation des pêcheries de Chassay à l'abbaye de Marmoutier (A. de la Borderie, Actes inédits, n° XXXVI "Maino de Garranda"). La famille de Guérande jouissait certainement à cette époque d'une grande considération morale : c'est elle qui était en effet dépositaire dans le pays de Guérande de l'autorité des comtes de Nantes et des ducs de Bretagne dont les intérêts se trouvèrent souvent en concurrence. 

En 1141, Daganetus de Guérande et Alain, figurent avec Men au bas d'une charte de donation aux Templiers (Archives de Vienne, H 3, 764). C'est la seule mention qui reste de ces personnages dont la parenté avec le précédent ne saurait être douteuse, En 1172, un troisième Geoffroy de Guérande était prieur de Chéméré [Gallia Christiana, XIV - Cartulaire de l'abbaye Saint-Serge d'Angers "Geoffredus Garrandia ejusdem domus (Chémiriacensis) tunc prior"]. 

Les chartes de la fin du XIIème siècle et des premières années du XIIIème mentionnent Julicaël de Guérande, comme un seigneur considérable. Ce n'est plus le témoin qui signe des chartes en considération de sa situation personnelle, comme Men de Guérande, mais le seigneur qui agit en son propre nom et en sa qualité de possesseur de fief. Vers 1187 il fait à l'abbaye de Buzay une donation de 20 sous de rente à percevoir sur une maison sise près des moulins de Coustanz (Archives de la Loire-Inférieure, H 57 – A. de la Borderie, Actes inédits, n° LXIX), donation qui fut confirmée peu après par la duchesse Constance (Archives de la Loire-Inférieure, H 57 – A. de la Borderie, Actes inédits, n° LXIX). En 1201, il est de ceux qui signèrent la fondation de l'abbaye de Villeneuve (Abbaye de l'ordre de Cîteaux située en la paroisse de Bignon – D. Morice, Preuves, I, 785 – A. de la Borderie, Actes inédits, n° LXVIII), et quelques années plus tard, en 1205, il paraît dans une charte de donation à la même abbaye (D. Morice, Preuves, I, 801 – A. de la Borderie, Actes inédits, n° LXXII). Pour la dernière fois il est question de lui en 1207 dans une charte du Chapitre de Nantes (A. de la Borderie, Actes inédits n° LXXIV). A ce moment il n'était plus en possession du fief de Guérande dont le roi Philippe-Auguste venait de disposer. Mais ses donations antérieures témoignent qu'il possédait beaucoup d'autres biens, et même la ville de Nantes (D. Lobineau, II, 323 – Actum apud Nannetas in domo Judicaelis de Guerrandia). 

Durant tout le milieu du XIIIème siècle il n'est plus fait mention dans les textes de la famille de Guérande. En 1265, l'un de ses membres, Jacques, devint évêque de Nantes et occupa le siège épiscopal de cette ville jusqu'en 1267. 

Aubin de Guérande (Albinus de Guerraundia) paraît seulement comme signataire d'une charte en 1283 (A. de la Borderie, Actes inédits n° CLXVIII) ; et en 1294 le Livre des Osts du duc de Bretagne mentionne que Geoffroy de Guérande devait alors au duc un chevalier d'Ost (Archives de Loire-Inférieure, E 132). Ce quatrième Geoffroy, pour devoir au duc une telle charge militaire, était incontestablement un possesseur de fief fort important. 

Pendant un siècle et demi, à partir de cette époque, la famille de Guérande reste ignorée, mais en 1407 on retrouve un de ses descendants, Jean, en qualité d'officier de Broërech (D. Morice, Preuves II, 1712 – Registre de la Chancellerie de Bretagne) et en 1452 de secrétaire du duc Pierre II [Note : Archives des Côtes-d'Armor, G. "Donné en nostre ville de Nantes le seizième jour de septembre l'an 1452 ; Par le duc en son conseil, ainsi signé : J. DE GUERANDE " (Lettres du duc Pierre II, relatives aux fondations et donations de la cathédrale de Saint-Brieuc, faites par ses prédécesseurs)]. 

L'hérédité devint certainement la règle de très bonne heure dans la succession aux fonctions de viguier de Guérande. Depuis le milieu du XIème siècle ces officiers appartiennent tous à la même famille. Si dès cette époque, ils ne sont pas en principe les seigneurs de la châtellenie, ils le deviennent en fait. Au milieu du XIème siècle, Geoffroy de Guérande, qui revendiquait l'île de Trignac comme partie intégrante de sa châtellenie, contre le vicomte de Donges, Friold, accepta, moyennant compensations, de renoncer à ses prétentions [Archives de la Loire-Inférieure, H 132 (Cartulaire du prieuré de Donges)], et agit en cette circonstance comme seigneur de la terre et non comme délégué du comte de Nantes, car, quelques années après, le viguier Bernard, fils du précédent, en donnant aux moines du prieuré de Donges la sixième partie de l'île de Trignac, ajouta que la propriété lui en avait été accordée par son père (Bibliothèque Nationale, ms. fr. 22319, f° 118). Dès la fin du XIème siècle, les descendants de Geoffroy de Guérande étaient donc de fait seigneurs de la châtellenie. Mais cette situation n'eut qu'une durée éphémère. En 1206 le roi Philippe-Auguste déposséda complètement les seigneurs de Guérande au profit de ses partisans. Jean-sans-Terre venait d'être condamné à la perte de ses domaines : il arriva en Bretagne où il ravagea le pays de Nantes et celui de la Mée (Guill. Armorici, Chronica – édition Delaborde, I, 223) pendant que la jeune duchesse Aliénor restait impuissante devant cette lutte. Comme suzerain de la Bretagne, le roi de France s'octroya la garde de la duchesse et mit à profit son gouvernement pour se créer des partisans. Il fit, entre autres choses, un échange de terres avec deux seigneurs bretons, André II, baron de Vitré, et Robert son frère, à qui il donna en particulier deux cents livres de rentes en terre à prendre sur la châtellenie de Guérande (Bibliothèque Nationale, ms. fr. 22337, f° 138) : c'était à peu près la valeur de ce fief [Rex Francie... dedit nobis plenarie et integre omne illud quod habebat in terra Guerrandie (Ancienne collection de la Borderie)]. Cette donation, qui constituait certainement une véritable usurpation des droits souverains de la duchesse de Bretagne, déposséda les seigneurs de Guérande d'un fief qu'ils s'étaient eux-mêmes attribué ; elle fut la reprise par le suzerain de ce fief irrégulièrement concédé, et qui ne pouvait être tenu qu'à bail suivant la coutume. Cet acte d'autorité du roi de France replaça définitivement la terre de Guérande dans le domaine direct des ducs de Bretagne qui, dans la suite, l'érigèrent en sénéchaussée ducale et s'en servirent pour doter les membres de leur famille. 

Robert de Vitré céda à Eon de Pontchâteau sa part du droits sur la terre de Guérande, car, dès 1206, ce dernier et André de Vitré firent entre eux le partage de la châtellenie. André prit pour sa part toute la partie maritime comprise entre Guérande et Saint-Nazaire et le grand chemin qui unissait ces deux villes, plus Queniquen, Batz et la presqu'île du Croisic, à l'exception de Saillé et de la tenue que les bourgeois de Guérande possédaient dans la région des marais salants. Tout ce qui était situé au nord du chemin de Guérande à Saint-Nazaire, devint le lot d'Eon de Pontchâteau, ainsi que Saillé et la ville de Guérande. Les deux parties convinrent de plus qu'André de Vitré, qui se trouvait débiteur d'Eon d'une somme de dix livres, serait libéré de sa dette, le créancier ayant obtenu dans son lot la ville de Guérande qui constituait un fort appréciable dédommagement. Ce partage fut solennellement passé à Guérande en présence d'une foule de seigneurs dont Amaury de Montfort, Robert d'Apigné, Geoffroy de Vigneuc, Geoffroy Catuel, Odon de Cornillé, R. de Bodoec, Bernard Le Pilous, Guillaume du Verger, Guillaume Galleran, tous chevaliers, l'archidiacre de Nantes, le doyen de Retz. L'évêque de Nantes ajouta à l'authenticité de l'acte, en y apposant son sceau. 

La donation de Philippe-Auguste ne fut, suivant le droit féodal breton, qu'une concession viagère soumise au droit de bail. A la mort d'André II de Vitré, la terre de Guérande retourna donc à Alix, héritière du trône de Bretagne, qui la céda à sa sœur Catherine en considération de son mariage avec André III de Vitré, fils d'André II (Archives d'Ille-et-Vilaine, F. papiers d'Hévin ; — A. de la Borderie, Actes inédits, n• LXXXI. — Ego Alix... dedi et concessi Andreas de Vitreio juveni in liberum maritagium cum Catherina sorore mea... omnes contentiones suas sicut pater ejusdem Andreas habuit tempore patris mei... videlicet... Guarrandiam). La mort de Catherine fit revenir la terre de Guérande aux ducs de Bretagne et ceux-ci ne la concédèrent plus qu'aux membres de leur famille et à titre de douaire. 

La première concession eut lieu en 1263 ; elle fut faite par le duc Jean Le Roux au profit de la duchesse Blanche, son épouse (Archives de la Loire-Inférieure, E 17 ; — Bibliothèque Nationale, ms. fr. 22308, f° 234 ; — D. Lobineau, II, 400. — Li donnons quanque nos avons e tenons en Guerrande), qui pendant vingt ans, jusqu'à sa mort en 1283, resta suzeraine de Guérande. 

Au moment où Jean Le Roux se trouvait en lutte avec le sire de Clisson, il conclut un traité d'assistance mutuelle avec les sires de Fresnay. Ceux-ci, qui dans la lutte pouvaient craindre de perdre leurs terres du fief de Pontchâteau, exigèrent du duc la promesse de les en dédommager en leur accordant des terres d'égale valeur soit dans la seigneurie de Blain, soit à Guérande (Archives de la Loire-Inférieure, E 176). Cette convention n'eut pas de suite ; et en 1311 la duchesse Yolande, veuve d'Arthur II, obtint du duc 7000 livres de rente à prendre sur les terres de Guérande, Saint-Aubin-du-Cormier, Saint James-de-Beuvron et Dinan, Cette donation fut confirmée en 1312 par le roi Charles IV (Archives de la Loire-Inférieure, E 17). 

La mort de Jean III laissa Jean de Montfort héritier de la terre de Guérande ; mais les complications que fit naître la succession au trône aboutirent à la confiscation des terres du comte de Montfort. C'est dans ces conditions que le roi Philippe VI par lettres du 23 février 1346, donna à Alain de Rohan cinq cents livres de rentes annuelles et perpétuelles à prendre sur la terre de Guérande (Bibliothèque de Nantes, ms. 1540 - Bibliothèque Nationale ms. fr. 22338, f° 165). Les sénéchaux du Poitou et du Cotentin, représentants ordinaires du roi dans les affaires de Bretagne, furent chargés d'assurer paiement de cette rente. 

La domination des Rohan furent de courte durée. La bataille d'Auray et le traité de 1365 rendirent au fils de Jean de Monfort, devenu le duc Jean IV, les domaines de son père avec la couronne de Bretagne, et après qu'il eut épousé, à Saillé, Jeanne de Navarre, il lui donna en douaire, le 24 février 1387, les terres de Guérande et de Batz, la baronnie de Retz, et les châtellenies de Touffou et de la Guerche (Archives de la Loire-Inférieure, E 17 – Bibliothèque Nationale, ms. fr. 22319, f° 403). Cette affectation du domaine de Guérande au douaire de la nouvelle duchesse fut complétée par la concession de plusieurs droits et bénéfices, entre autres le bénéfice de la chapellenie de Notre-Dame-la-Blanche de Saillé, et d'une redevance dite droit de balisage à percevoir sur chaque navire entrant au port du Pouliguen (Archives de la Loire-Inférieure, G 402). Après la mort de Jean IV, Jeanne de Navarre, s'étant remariée au roi d'Angleterre, conserva le douaire que lui avait accordé le duc de Bretagne, et, reine d'Angleterre, continua à faire administrer, par procureur et en son nom, son domaine de Guérande, cependant que son fils Jean V essayait de remplacer les officiers que la reine entretenait à Guérande, par ses propres créatures. 

A la mort de sa mère, Jean V recouvra la terre de Guérande qui, jusqu'en 1449, resta sous l'autorité directe des ducs. Mais à cette époque, François Ier la comprit dans le douaire de son épouse, Isabeau d'Ecosse, et en 1453, Pierre II l'assigna à la duchesse Françoise d'Amboise. Pour la dernière fois, Guérande échut à Marguerite de Foix, épouse de François II (Archives de la Loire-Inférieure, E 19). La réunion de la Bretagne à la France fit passer le domaine de Guérande sous la suzeraineté directe des rois. 

On s'explique difficilement comment les viguiers de Guérande, devenus seigneurs du fief par usurpation ou concession, ont pu conserver leurs fonctions pendant les XIème et XIIème siècles. Il y a là une sorte de contradiction. Et cependant, bien que les comtes de Nantes aient perdu la suzeraineté directe de leur fief de Guérande, l'existence de leurs viguiers demeurait nécessaire pour l'exercice de droits judiciaires et fiscaux retenus par eux. Mais quand les comtes de Nantes furent devenus ducs de Bretagne, les fonctions de viguier furent rendues inutiles par la fusion qui s'opéra entre les officiers des uns et des autres. C'est pourquoi au XIIIème siècle il n'est plus question des viguiers de Guérande ; le retrait de fief opéré par Philippe Auguste n'influa donc en rien sur leur suppression. La terre de Guérande passa sous la juridiction des sénéchaux de Nantes et de leurs subordonnés ; et, lorsqu'en 1365 elle fut érigée en sénéchaussée distincte, elle conserva le même mode d'administration avec cette différence qu'elle eut ses officiers spéciaux.

Mais déjà à l'origine, alors que la châtellenie de Guérande faisait partie, au moins nominalement, du domaine direct des comtes de Nantes, les ducs de Bretagne y entretenaient des officiers qui non seulement les représentaient, mais percevaient aussi à leur profit des impôts. En 1123, une charte de l'abbaye de Fontevrault mentionne parmi ses témoins Men de Guérande, sergent bailliager du duc Conan III (D. Lobineau, II, 281) apparenté aux viguiers de Guérande, et dès la fin du XIIème siècle il y avait en cette ville un judex ou sénéchal du duc. En 1194 cet officier se nommait Pierre (Archives de la Loire-Inférieure, H – D. Lobineau, II, 323 – Testibus Willelmo filio Petri, judicis Guerrandiae), et en 1207 c'était Rivallon de Saint-Aubin (D. Lobineau, II, 331). Mais cet office de sénéchal fut supprimé dans le courant du XIIIème siècle et réuni à celui de Nantes dont les titulaires furent en même temps sénéchaux de Guérande jusqu'en 1365. 

L'étendue du domaine de Guérande embrassait au XIIIème siècle huit paroisses : Guérande, Saint-Molf, Saint-André, Saint-Nazaire, Mesquer, Piriac. Escoublac et Batz. Il avait dans sa mouvance des seigneuries importantes : le régaire épiscopal, Careil, Ust, Escoublac, Campzillon, Tréambert (extrait de "La châtellenie et fief ducale de Guérande du Xème au XVème siècle" de H. Quilgars).  

Châtellenie de Careil : Le premier seigneur connu de Careil, en la paroisse de Guérande est Pierre Lecomte vivant en 1471. Sa fille ou sa soeur Marguerite Lecomte épousa Guillaume du Boays, seigneur de Baulac en Goyen, et lui apporta la terre seigneuriale de Careil. De ce mariage sortirent trois garçons dont les deux premiers moururent jeunes : le troisième Jean du Boays, seigneur de Baulac et de Careil, s'unit à Françoise de Kermeno ; il décéda vers 1536, laissant ses seigneuries à son fils autre Jean du Boays. Celui-ci fit hommage au roi, en 1578, pour sa terre de Careil (Archives de Loire Inférieure, B1008). Il fut l'un des premiers et des plus ardents huguenots du comté nantais. Ce fut à Careil que les protestants se retirèrent lors du mouvement populaire qui les chassa du Croisic (1558). Jean du Boays épousa Aliénor de Condest et en eut deux filles dont l'aînée Esther apporta à son mari René Marec'h, seigneur de Montbarot et gouverneur de Rennes, la seigneurie de Careil. 
Esther du Boays mourut à Rennes en 1597 et son mari fit, l'année suivante, hommage au roi pour la terre de Careil au nom de leurs enfants mineurs. L'une des filles de Montbarot, Françoise Marec'h épousa Samuel de la Chapelle, seigneur de la Roche-Giffart et chevalier de l'Ordre du roi. Celui-ci, devenu par suite de son mariage seigneur de Careil, en fit hommage au roi en 1617, mais il fut tué à la chasse en 1626. Sa veuve se remaria avec Henry de Chivray, marquis de la Farre, et décéda elle-même le 18 avril 1629. Le seigneur de la Roche-Giffart laissait des enfants mineurs dont Marguerite Tillon, sa mère, devint tutrice. Cette dame rendit aveu au roi pour la châtellenie de Careil, en 1635, au nom de ses petits-enfants. L'aîné de ceux-ci, Henri de la Chapelle, marquis de Fougeray et seigneur de Careil, épousa Marguerite de Chamballan et fut tué en 1652 au combat du faubourg Saint-Antoine à Paris. Il avait eu plusieurs enfants dont l'aîné, nommé aussi Henri de la Chapelle, fit hommage au roi pour Careil en 1662. Mais ce marquis de Fougeray partagea en 1674 Careil entre ses frère et soeur : il donna le château et la seigneurie à Henriette qui en rendit aveu au roi en 1679, et les autres terres dépendant de Careil à René. Ce René de la Chapelle dut mourir sans postérité ; quant à Henriette de la Chapelle elle épousa en 1680 René du Boays, comte de Saint-Gilles. Malheureusement cette famille de la Chapelle était livrée au protestantisme et fort endettée. En 1648, un Samuel de la Chapelle, frère du seigneur de Careil, se convertit au catholicisme et devint même prêtre ; on l'appelait « monsieur de Careil » probablement parce que son frère aîné lui avait donné quelques rentes à Careil, mais rien ne prouve qu'il ait jamais possédé la seigneurie même de Careil. Le marquis de Fougeray refusant d'abjurer ses erreurs s'exila en Hollande où il mourut ; sa fortune et celle de ses frère et soeur furent saisies tant par ordre du roi qu'à la requête de nombreux créanciers. Parmi leurs seigneuries vendues judiciairement à Paris, le 27 mars 1699, figura la châtellenie de Careil. Nous avons dit que cette seigneurie avait été divisée en 1674, aussi trouva-t-elle deux acquéreurs : une partie en fut achetée par Guillaume Charault et Marie Le Besson, sa femme, — et l'autre portion fut adjugée à Michel Roger, avocat au parlement de Paris.

Ce Guillaume Charault décédé en 1723, et sa femme, morte en 1732, laissèrent entre autres enfants Jean Charault, seigneur de Careil, qui rendit aveu au roi pour cette seigneurie en 1733, et Sainte Charault, femme de Louis Foucher, seigneur de la Feslière, conseiller au parlement de Bretagne. Mme Foucher, étant morte le 25 janvier 1736, son mari traita avec ses beau-frère et belles-soeurs ainsi qu'avec les héritiers de Michel Roger et finit par reconstituer à peu près, au profit de ses enfants, l'ancienne châtellenie de Careil. Louis Foucher eut pour fils, Denis-Louis Foucher, seigneur de Careil, reçu conseiller au parlement de Bretagne en 1754, marié à Renée de Pellenec et décédé le 24 novembre 1768. Louis-François Foucher comte de Careil, né à Guérande en 1762 du précédent mariage, devint un vaillant général dont le nom figure sur l'arc de triomphe de l'Etoile, et ne mourut qu'en 1835. Careil fut érigée en châtellenie par Charles IX au mois d'avril 1571, en faveur de Jean du Boays ; les lettres royales données à cet effet furent enregistrées à la chambre des Comptes de Bretagne le 20 avril 1572. Cette châtellenie s'étendait en huit paroisses : Saint-Aubin de Guérande, Escoublac, Saint-André-des-Eaux, Saint-Nazaire, Saint-Lyphard, Saint-Molf, Mesquer et Batz. Le château s'élevait près d'un gros village appelé bourg de Careil et où se trouvait le four banal de la seigneurie. A côté s'élevaient l'auditoire, la prison, le carcan « pour mettre en suplice les condamnés » et, à quelque distance, les fourches patibulaires à quatre piliers. La haute justice de Careil comprenait six grands bailliages dont les cinq derniers, formant à l'origine autant de petites seigneuries distinctes, avaient été unis à Careil en 1571 ; ces baillages se nommaient Careil, Marsaint, Mérionnec, Tréveday, Bissin et Penchâteau (Déclaration de Careil en 1653).

Le sire de Careil était patron et présentateur de trois chapellenies : celle de Saint-Just au bourg de Careil, celle de Notre-Dame-la-Blanche desservie en la jolie chapelle de même nom dans l'enceinte de Guérande, et celle de Saint-Jean fondée en la collégiale Saint-Aubin de Guérande. Il possédait en outre, dans l'église paroissiale Saint-Michel de Guérande une chapelle joignant le chanceau du côté de l'épître, et dans l'église conventuelle des Dominicains de Guérande un enfeu à côté de l'autel Saint-Pierre. 

Le domaine proche de Careil comprenait, en 1673 et 1679 : « le chasteau et manoir de Careil avec ses galeries, cour, tourelles et guérites, mâchicoulis, pont-levis, etc.... le grand portail de ladite cour avec ses deux tours dont l'une appelée tour de l'horloge ...., l'estang dudit lieu et la chapelle Saint-Servais ... un colombier et refuge à pigeons .... un autre ancien estang avec un parc de 350 journaux de terre .... une pièce de terre appelée la Motte environnée d'eau, au bourg de Saillé, etc. ». Du domaine de Careil faisaient aussi partie : les anciens manoirs de Mérionnec en Escoublac avec cour et chapelle, bois futaie et deux étangs, — de Bissin et de Beauregard en Guérande avec étangs, colombiers et moulins, — et de Tréveday en Escoublac avec colombier, bois et garennes. En faisaient encore partie : les métairies nobles de Careil, Mérionnec, Beauregard, Tromartin, Bissin, Bezan et Tréveday, — les moulins de Careil, du Prat à Saillé, du Trait en l'île de Batz, de la Grée et de Bissin, — d'assez nombreux marais salants en Guérande et Escoublac ; — enfin plusieurs complants de vignes et quelques dîmes (Déclarations de Careil en 1673 et 1679).

A la fin du XIXème siècle, le château de Careil, situé à mi-chemin d'Escoublac à Saillé, tout proche de la baie du Pouliguen et à une lieue environ de Guérande, mérite d'attirer l'attention. Ce n'est plus guères qu'une ruine, il est vrai, mais cette ruine est imposante. « Les constructions qui subsistent appartiennent à deux époques : les plus anciennes se composent d'un mur d'enceinte à créneaux et à mâchicoulis, dont l'élévation et l'épaisseur témoignent des sombres occurrences en vue desquelles il dut être élevé ; il n'en reste plus que des pans informes. Les plus nouvelles, dont le style rappelle, dans quelques détails, les plus gracieuses fantaisies des architectes de la Renaissance, annoncent un temps plus calme, où les préoccupations de la guerre avaient fait place aux fêtes brillantes et aux doux loisirs »

 

Châtellenie épiscopale de Guérande : Il ne faut pas confondre cette seigneurie épiscopale avec la châtellenie ducale de Guérande dont nous avons précédemment parlé. La formation de ce temporel ecclésiastique resserré entre la Grande Brière et l'Océan, nommé le régaire de Guérande, remonte au IXème siècle. Quand l'évêque Actard, chassé de Nantes par Nominoë, recouvra son siège, l'intrus Gislard voulut une compensation ; il alla se fixer dans le pays de Guérande et y conserva des domaines et une juridiction. Mais, après sa mort, cette seigneurie guérandaise fit retour à l'évêché de Nantes. La création postérieure d'une sénéchaussée ducale à Guérande ne restreignit en rien les privilèges de l'évêque en cette ville. « Quand il se transportait dans cette seconde capitale du comté nantais il y trouvait, comme au chef-lieu de son diocèse, un manoir rue de l'Évêché (nota : la déclaration des biens de l'évêché de Nantes en 1790 mentionne le palais de Guérande et les halles de cette ville), un sénéchal qui le représentait au milieu de ses vassaux, un procureur fiscal qui administrait ses domaines et un receveur qui recueillait ses revenus. Là, non moins qu'à Nantes, il marchait de pair avec le souverain, il avait ses foires, ses prisons, son pilori, ses boucheries et prenait une part des impôts publics » (Léon Maître, Bulletin de la Société Archéologique de Nantes, XXI, 79). Veut-on savoir ce que le fief des régaires de Guérande rapportait à lui seul à l'évêché ?.  Voici le dénombrement de divers articles de recette qui figurent dans un compte de six années (1500-1506) : argent, 2167 livres,— redevances : 420 mesures, 1 trulée et 3 quartaux de froment ; 24 trulées d'avoine ; 13 chapons et 19 poules ; 5 paires de gants ; 285 pipes de vin et 1100 muids de sel (Archives de Loire Inférieure, E37 et 38). De temps immémorial, quand l'évêque de Nantes venait pour la première fois en la ville de Guérande et y faisait son entrée solennelle, à son arrivée près de la chapelle Saint-Michel le seigneur du Grand-Cleux devait prendre par la bride le cheval de l'évêque et le conduire jusqu'à la grande porte de l'église collégiale Saint-Aubin de Guérande. Arrivé là, l'évêque mettait pied à terre et le seigneur du Grand-Cleux emmenait le cheval « tout accoutré et oreillé, lequel lui appartenoit dès lors de par son droit » (De Sécillon, Bulletin de la Société Archéologique de Nantes, XXIII, 191). Au même seigneur du Grand-Cleux appartenait un droit de quintaine sur les sujets de l'évêque de Nantes « tant en la ville qu'aux faubourgs de Guérande » (De Sécillon, Bulletin de la Société Archéologique de Nantes, XXIII, 191). Notre prélat levait des dîmes dans les paroisses de Guérande, Piriac, Saint-Nazaire, Mesquer et Saint-Molf (Abbé Grégoire, Etat du diocèse de Nantes en 1790, p. 20). Il est à croire qu'à l'origine l'évêque de Nantes eut en Piriac, sur un promontoire s'avançant en mer, un château appelé Cariacum et mentionné dans la charte de Louis le Gros en faveur de l'évêque Brice en 1123 (Annales de Bretagne, II, 367). Enfin, d'après M. Maître, l'évêque de Nantes possédait encore en Guérande, avant le XVIème siècle, le manoir appelé jadis Saint-Thomas et aujourd'hui Villeneuve (Bulletin de la Société Archéologique de Nantes, XXI, 81) (abbé Guillotin de Corson).

(à compléter)

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