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JOSSELIN

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La commune de Josselin (bzh.gif (80 octets) Josilin) est chef lieu de canton. Josselin dépend de l'arrondissement de Pontivy, du département du Morbihan (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de JOSSELIN 

Josselin vient de Josselin, nom du fils de Guéthenoc, vicomte de Porhoët. La dynastie des Rohan, est une descendance de Josselin, fils de Guéthenoc.

Josselin est une ville castrale qui s’est constituée à partir du XIème siècle. En effet, au début du XIème siècle (vers 1008), Guéthenoc (ou Guethenoc), cadet de la maison ducale de Bretagne et vicomte de Porhoët, quitte son habitation de Château-Tro (en Guilliers) et entreprend de construire un nouveau château fort sur un roc escarpé au bord de l'Oust et près d'une chapelle, la chapelle de Notre-Dame-du-Roncier, sur les lieux où est vénérée une statue de la Vierge, découverte par un pauvre laboureur deux siècles plus tôt (en l'an 808). Le Cartulaire de Redon (édition de Courson) stipule : "Guéthenoc, vicomte de Château-Tro, désirant changer son château de place ouït dire que toute plantation qui n'a point été plantée par le Père céleste doit être arrachée. Inspiré par l'esprit divin, il se rendit au monastère du Christ à Redon ... et prit le conseil des moines pour savoir quel jour, à quelle heure et sur quelles fondations il devait édifier son château. Or, ceux-ci lui répondirent que le Christ est le fondement de tous les biens et tout ce qui repose sur lui ne peut être détruit. Ayant entendu ces paroles, le vénérable proconsul honora le saint lieu d'un magnifique présent : il fit apposer sur l'autel du Sauveur un plat d'argent élégamment doré. Il se recommanda, lui et tous ses biens, aux prières des moines, et leur demanda de lui accorder, après sa mort, ainsi qu'à ses héritiers, l'honneur d'être ensevelis dans leur église... En outre, il plaça le château qu'il devait construire sous la juridiction du Christ et de l'église de Redon et constitua en faveur des moines un cens annuel de cinq sous grèvant ledit château. Il s'engagea de plus, au cas où son château serait un jour suffisamment agrandi pour recevoir un prieuré, de ne donner ce dernier à aucune église, sinon à l'abbaye de Saint-Sauveur. Il prit soin de corroborer ces dispositions par une sentence de malédiction inéluctable contre ceux de ses descendants qui tenteraient de les violer en connaissance de cause. Cet acte fut passé en l'église du Sauveur, avec l'attestation de Dieu et de tous les saints. Or le dimanche suivant, à la première heure, le proconsul planta, selon la coutume, le premier pieu pour l'édification de son château, fonda une chapelle en l'honneur du Saint-Sauveur et confirma l'ensemble de ses dispositions en présence de tous ses sujets". Guethenoc décède en 1040. Peu avant son décès, il avait donné à l'abbaye de Redon le droit de construire au château "une chapelle en l'honneur de Saint-Sauveur afin d'attirer la bénédiction de Dieu sur les nouvelles constructions". Guethenoc est inhumé, suivant son désir à Saint-Sauveur de Redon. De son mariage avec Alarun de Cornouailles, il laisse trois fils : Maingui, Tutgual et Josselin, l'aîné qui hérite du titre de Porhoët. Josselin termine la construction du château qui prend alors le nom de "Castellum Goscelinus" ou "Castrum Goscelini", plus tard "Gauzilin", puis Josselin. En 1059, Josselin tient la promesse de son père et fonde un prieuré dédié à la Sainte-Croix (sous l'invocation de Saint Corneille et de Saint Cyprien, martyrs). Josselin meurt en 1074 et est inhumé à Redon. Il laisse quatre enfants : une fille religieuse, Roger, Méen (futur évêque de Vannes) et Eudon qui lui succède. A la mort de son épouse, Anne de Léon (qui lui a donné une fille et quatre fils dont Alain le premier vicomte de Rohan), Eudon fait don de tous les biens de celle-ci au prieuré de Sainte-Croix. A sa mort, qui survient en 1092, Eudon est inhumé à Sainte-Croix. Son fils aîné devient vicomte de Porhoët sous le nom de Josselin II. L'acte le plus notoire de Josselin II est la fondation en 1105 du prieuré de Saint-Martin de Josselin en faveur des bénédictins de Marmoutiers de Tours.  Josselin II décède en 1116 laissant à la tête de la vicomté ses deux frères, Geoffroi et Alain (nommés "les proconsuls de Porhoët"). En 1120, Geoffroi et Alain se partagent les terres de Josselin II. Alain, le cadet, reçoit alors la quasi-totalité de la partie du Porhoët, située à l'ouest de la rivière l'Oust et s'installe au château de Castel-Noec (en Bieuzy-les-Eaux), puis deviendra, peut avant 1128, le premier vicomte de Rohan. Geoffroi meurt en 1142. Il a eu cinq enfants de son mariage avec la princesse Havoise. C'est Eudon II qui lui succède à Josselin. En 1149, Eudon II fonde l'abbaye de Lantenac. En 1151, Eudon II, qui a épousé Berthe, fille de Conan III, duc de Bretagne, lui succède à la tête du duché, mais il est finalement écarté du fait de l'opposition des villes de Nantes et de Quimper.

La petite agglomération qui va se créer aux alentours de la forteresse prend aussi le nom du vicomte de Porhoët. Le bourg castral et sa forteresse sont détruits en 1168 par Henri II Plantagenêt, avant d'être reconstruits. La forteresse est à nouveau endommagée en partie au cours des guerres de Religion, puis en 1629 par Richelieu pour punir Henri de Rohan d'être passé dans le camp des huguenots. Protégée par trois portes fortifiées (détruites en 1780), la structure urbaine n'a que peu évolué depuis le XVème siècle. Durant plusieurs siècle la ville de Josselin sera liée à celle de la puissante seigneurie de la famille des Rohan. Abandonnée au XVIIIème siècle par les Rohan, la forteresse restera en mauvais état jusqu'à sa rénovation au XIXème siècle. 

La ville de Josselin possédait trois prieuré, à savoir : - celui de Sainte-Croix, dépendant de l'abbaye de Redon, et fondé vers 1055, - celui de Saint-Martin dépendant de l'abbaye de Marmoutier, et fondé en 1105, - et celui de Saint-Nicolas, fondé après le précédent, mais dans le même siècle. Le prieur à Saint-Nicolas, comme à Saint-Martin et à Sainte-Croix, était le chef de la communauté et le recteur du quartier. Conservant des vestiges romans, les prieurés de Sainte-Croix et de Saint-Martin sont à l'origine des premiers faubourgs de Josselin. Josselin deviendra la capital du Porhoët, vicomté puis comté avant d’être intégré dans le duché de Rohan, au XVIIème siècle. Saint-Martin, comme Saint-Nicolas sont d'anciens prieurés, fondé le premier en 1105, le second à une date inconnue : l'un comme l'autre aux dépens de Notre-Dame qui les avaient précédés. Saint-Nicolas semble être un démembrement de la paroisse primitive de Ploermel. Saint-Martin et Notre-Dame-du-Roncier sont des démembrements de la paroisse primitive de Lanouée. Sainte-Croix est un démembrement de la paroisse primitive de Guegon. 

Avant la Révolution, Josselin comptait 4 paroisses (Notre-Dame-du-Roncier, Saint-Martin et Saint-Nicolas, toutes les trois du ressort de l'évêché de Saint-Malo, ainsi que Sainte-Croix, du ressort de l'évêché de Vannes) et 18 établissements religieux y compris l'abbaye de Saint-Jean-des-Prés. Entre 1640 et 1677, Carmes, Ursulines et Bénédictines établissent leurs couvents à la périphérie de Josselin.

Note 1 : Josselin, chef-lieu de la seigneurie de Porhoët, avec son magnifique château, son enceinte fortifiée, ses quatre paroisses de Notre-Dame, de Sainte-Croix, de Saint-Martin, et de Saint-Nicolas, avec ses couvents de Carmes, d'Ursulines et de Bénédictines, son hôpital et ses vieilles maisons, est sans contredit l'une des villes du Morbihan les plus curieuses à étudier au point de vue historique. Le touriste, de son côté, ne peut manquer de visiter les environs, car de tous les coteaux qui dominent le canal de l'Oust on a des vues délicieuses. Longtemps avant que Josselin fût une ville, vers le IXème siècle, dit-on, un pauvre laboureur défrichait une terre inculte, lorsqu'au milieu des ronces il découvrit une statue en bois de la Sainte Vierge, pieux débris d'un sanctuaire depuis longtemps ruiné. De là le nom de Notre-Dame-du-Roncier. Des flots de fidèles vinrent la visiter, de nombreuses guérisons furent obtenues, et une modeste chapelle fut édifiée pour y déposer la statue vénérée. Bientôt des maisons, d'abord isolées, puis groupées, vinrent s'asseoir autour de ce lieu béni. Guéthenoc, vicomte de Porhoët, témoin du concours que provoquait la statue de Notre-Dame du Roncier sur les bords de l'Oust, résolut de quitter son château de Thro, en Guilliers, pour se fixer près d'elle, et commença, vers 1025, la construction d'un nouveau château qu'il appela Josselin du nom de son fils, et qu'il voulut rendre tributaire de l'abbaye de Redon (Cartulaire de l'abbaye de Redon, 241). Josselin acheva la forteresse commencée par son père, et donna, vers 1055, audit monastère, l'église et le bourg de Sainte-Croix, situés sur la rive droite de l'Oust, avec diverses possessions en Lanouée, Guillac, Loyat, Guilliers, Mohon, Ménéac, Plumieux, Loudéac, Noyal, Neulliac, et Ploerdut : ce qui donne un aperçu de ses terres (Ib. 242) (Joseph-Marie Le Mené - 1891).

Note 2 : Le Porhoët primitif était une vaste région centrale de la Bretagne, presque entièrement couverte de forêts, et s'étendant d'une manière approximative de Montfort à Plouguernevel et de Corlay à Camors. Pour les habitants du Browerech, c'était un pays situé au delà des bois, Pagus trans sylvam, en breton Pou tré coët, d'où Porhoët. Quelques personnes cependant dérivent le nom de Porhoet du breton moderne Porh-er-hoet (la cour du bois). Ce pays, arraché en 936 aux ravages des Normands par Alain II Barbetorte, fut cédé, en 952, moyennant l'hommage, à Bérenger, comte de Rennes, puis à son fils Conan I, qui devint duc de Bretagne. Juthael, fils présumé de Conan I, reçut ce pays en apanage, suivant A. du Paz, et prit le titre de « Vicomte » comme puiné des comtes de Rennes, Guéthenoc et Josselin, ses successeurs, mentionnés ci-dessus, prirent également le titre de Vicomte ou de Proconsul. Eudon I prit part, en 1066, à la conquête de l'Angleterre, et y reçut des domaines considérables. En 1075 il se trouva en guerre avec le duc Hoel de Cornouaille, et le fit même momentanément prisonnier. Josselin, ou Josthon fonda, en 1105, le prieuré de Saint-Martin de Josselin, en faveur des moines de Marmoutier, et mourut en 1116 sans postérité. Ses deux frères Géoffroi et Alain se partagèrent sa succession : le premier eut l'est et continua la ligne de Porhoet, le second eut l'ouest et fut la tige des Rohan. Eudon II, vicomte de Porhoët en 1142, épousa Berthe de Bretagne, et revendiqua la couronne ducale contre Conan IV son beau-fils. Battu par lui, dépouillé par le roi d'Angleterre qui détruisit Josselin en 1168, il réussit à se relever, et mourut vers 1180. Son frère cadet, Alain, s'établit en Angleterre, et fut la tige des seigneurs de la Zouche, d'Haringworth, de Pitton et de Codnor. Eudon III parut dans divers actes, et mourut en 1231, ne laissant que trois filles, qui se partagèrent sa succession. Il portait pour armes : de gueules, à trois gerbes d'or. Désormais les vicomtes de Porhoët furent :

1231. Raoul III de Fougères, petit-fils d'Eudon III.

1256. Jeanne de Fougères, femme de Hugues XII de Lusignan.

1282. Hugues XIII de Lusignan, comte de la Marche, etc.

1303. Guy de Lusignan, puis Yolande sa soeur.

1316. Charles-le-Bel, comte de la Marche, roi en 1322.

1322. Philippe, comte de Valois, roi en 1328.

1328. Charles de Valois, comte d'Alençon.

1346. Charles II de Valois, comte d'Alençon et du Perche.

136.. Pierre de Valois, comte d'Alençon.

1370. Olivier de Clisson, connétable de France.

1407. Béatrix de Clisson, femme d'Alain VIII de Rohan. Porhoet est désormais qualifié Comté.

1429. Alain IX, vicomte de Rohan, rebâtit le château.

1462. Jean II, vicomte de Rohan, comte de Porhoët, etc.

1516. Jacques, vicomte de Rohan, id.

1527. René I, vicomte de Rohan, id. 

1552. Henri I, vicomte de Rohan, huguenot.

1575. René II, vicomte de Rohan, id.

1586. Henri II, Duc de Rohan, 1603, id.

1638. Marguerite de Rohan, femme de Henri Chabot.

1655. Louis I de Rohan-Chabot, Duc et Pair.

1708. Louis II de Rohan-Chabot, Duc et Pair.

1738. Louis III de Rohan-Chabot, Duc et Pair.

1791. Louis IV de Rohan-Chabot, Duc.

1807. Alexandre de Rohan-Chabot, Duc.

1816. Louis V, duc et pair, archevêque et cardinal.

1833. Fernand de Rohan-Chabot, Duc et Pair.

1869. Charles-Louis-Josselin de Rohan-Chabot, Duc.

Jusqu'en 1790, la haute justice seigneuriale comprenait un sénéchal, un alloué, un lieutenant, un procureur fiscal, un greffier, sans compter douze procureurs, trois arpenteurs, et un nombre indéfini de notaires ; elle ressortissait au siège ducal puis royal de Ploërmel.Le comté de Porhoët avait un usement particulier, dit l'Usement de Porhoët, qui différait dans certains cas de la coutume générale de Bretagne. Ainsi, dans le partage des terres roturières, en succession directe, les fils, en quelque nombre qu'ils fussent, prenaient les deux tiers, et les filles un tiers. Chaque vassal roturier, résidant hors ville et faisant feu et fumée, devait payer annuellement un boisseau d'avoine et une poule, pour droit de fumage. Les vassaux de la seigneurie étaient aussi assujettis au droit de guet, dont ils s'affranchissaient moyennant cinq sous par an. Le jour de la Quasimodo, les juges de la juridiction se rendaient en robe au bord de l'Oust, dans an lieu fixe, où devaient comparaître les vassaux qui avaient vendu du poisson pendant le Carême, pour faire le saut de carpe dans la rivière, ou payer une amende de 3 livres 4 sols. Construit sur un roc escarpé au bord de l'Oust, le premier château de Josselin fut pris en 1168 par Henri II roi d'Angleterre, et renversé de fond en comble. Relevé en 1173 par Eudon II, il fut occupé pendant la guerre de succession par les partisans de Charles de Blois : Jean de Beaumanoir, le héros de Mi-voie, en était gouverneur en 1351. Acquis en 1370 par le connétable Olivier de Clisson, il reçut de nouvelles fortifications, et notamment un donjon formidable vers le sud : cette grosse tour avait 280 pieds de circonférence, et autant de hauteur. Ce château, extorqué en 1387 par le duc Jean IV au connétable, qui était son prisonnier, fut rendu en 1388 à son légitime propriétaire, grâce à l'intervention du roi de France. A la suite de nouvelles brouilleries, le duc vint l'assiéger en 1393, et il allait s'en emparer quand la paix fut conclue entre les deux rivaux. C'est dans ce château que mourut Clisson, le 23 avril 1407, après avoir été menacé d'un nouveau siège par le jeune duc Jean V. Son écusson, assez fruste, accolé à celui de Marguerite de Rohan sa femme, se voit encore dans la cour, au-dessus d'une des portes du rez-de-chaussée. Pendant tout le XVème siècle, Josselin fut la résidence habituelle des Rohan. Alain VIII y reçut saint Vincent Ferrier en 1418. Alain IX y perdit sa première femme Marguerite de Bretagne en 1429. Plus tard, Jean II, vicomte de Rohan, qui avait rebâti ses châteaux de Pontivy et de Corlay, fit aussi d'importants travaux à Josselin. On lui attribue la reconstruction du premier étage et des combles du château, dont l'architecture accuse la fin du XVème siècle ou le commencement du XVIème ; son écusson, d'ailleurs, s'y trouve accolé à celui de Marie de Bretagne sa femme. En 1589, le château de Josselin, commandé par Sébastien de Rosmadec, fut pris par Saint-Laurent, capitaine des Ligueurs, et fournit ensuite des canons pour le siège d'Hennebont. La guerre de la Ligue avait montré l'inconvénient des nombreux châteaux de la féodalité ; aussi les Etats de Bretagne demandèrent-ils eux-mêmes la démolition ou au moins le démantèlement de plusieurs d'entre eux. « La grosse tour de Josselin fut, par commandement du roi, commencée à abattre au mois de mai 1629 ; la partie du soleil levant, environ un tiers, tomba la première le 7 mai, et le côté vers la ville tomba le 14 mai, et le côté vers le pont tomba le 19 mai. Il y avait dans le haut de la dite tour un moulin à vent, qui mouloit par le vent des fenêtres ». Plus tard, en 1760, le duc de Rohan fit raser lui-même les deux tours, qui flanquaient le pont-levis ; aujourd'hui il ne reste plus qu'une seule tour, détachée du corps du château, et qui a servi longtemps de prison. C'est là notamment que furent enfermés en 1794, pendant plusieurs mois, une quarantaine de prêtres et plusieurs civils, amenés de Vannes. Ce château, négligé depuis la révolution, a été soigneusement restauré par le prince de Léon, devenu depuis 1869 duc de Rohan. La restauration de la partie nord, qui vient de se terminer, est fort belle et au moins aussi importante que l'autre ; elle est due au prince de Léon, député du Morbihan en 1891. « La façade, du côté de la rivière, qui baignait le pied de ses murailles avant l'établissement du chemin de halage, est armée de trois fortes tours rondes, dont la base est taillée dans le roc vif, soigneusement arrondi comme elles. Les autres tours, qui ont été successivement détruites, étaient également assises sur le roc, en sorte que la fortification extérieure présentait une ligne tortueuse et irrégulière, comme le rocher lui-même, dont elle suivait exactement les sinuosités. Cette façade offre le type de l'architecture militaire du moyen âge. Du côté opposé, c'est le contraire ; la façade principale donnant sur la cour d'honneur, présente le type de l'architecture civile, dans toute son élégance et dans tout son luxe d'ornementation... Les ouvertures du rez-de-chaussée sont percées à des intervalles inégaux, — et sont plus anciennes. — Les dix fenêtres de l'étage principal sont régulièrement placées au-dessous des chambranles des combles. Les intervalles de ces chambranles sont remplis par une galerie à jour, placée à la naissance du toit, et dont les détails infiniment variés sont traités avec une délicatesse et une patience incroyables... On y rencontre plusieurs fois la devise de la maison de Rohan : A PLVS. » (C. Délandre).

Note 3 : La ville de Josselin s'était rapidement développée autour du sanctuaire de Notre-Dame du Roncier, et à l'ombre de son château féodal. De bonne heure on jugea même nécessaire de lui construire une ceinture de murailles, garnie de plusieurs tours. Constituée en communauté de ville, elle s'administrait elle-même, en dehors du seigneur et de sa cour de justice. En 1451, elle était représentée par un député aux Etats de Vannes , et elle le fut de même aux autres Etats jusqu'à la Révolution. Ses armes étaient d'azur au coq d'or ; on y ajoute aujourd'hui un franc canton chargé d'une fleur de lys et la devise : Semper vigilat. Pendant la guerre de 1488, le duc François II ordonna de ravitailler la ville de Josselin, et si on ne la trouvait pas assez forte, d'abattre une partie de ses murailles, pour empêcher les ennemis de s'y enfermer (Pr. III. 583). Que fit-on ? — On l'ignore. En 1560, la vicomtesse douairière de Rohan, Isabeau d'Albret, soeur du roi de Navarre, favorisa la propagation du Calvinisme dans ses domaines. Josselin ne fut que partiellement atteint par l'hérésie ; la majeure partie de la population resta fidèle à la foi antique. Ogée prétend que la ville recueillit alors le droit de présentation à certains bénéfices, perdu par des seigneurs huguenots, droit qu'elle conserva jusqu'à la Révolution. En 1589, Sébastien de Rosmadec, gouverneur de Josselin, se proposait de réparer les murs de la ville, quand il y fut surpris par les Ligueurs et contraint de se réfugier dans le château. Ces murs, déjà délabrés, paraissent n'avoir été ruinés définitivement que vers 1629, à l'époque du démantèlement du château. Il n'en reste aujourd'hui que quelques pans, une poterne, et des douves converties en jardins. L'époque de la création de la mairie n'est pas connue. Cette charge fut rendue vénale en 1692 ; la communauté de ville la racheta ensuite. Un arrêt du Conseil, du 9 juillet 1725, réunit à la communauté les offices de receveur des octrois de la ville. Le 16 octobre 1733 eut lieu la création des offices municipaux. « La fabrique de gros draps et de chapeaux, dit Ogée, fait vivre une partie du peuple de Josselin, mais ne l'enrichit pas. Quant à l'exploitation du territoire qui l'environne, elle est chétive et languissante, excepté pour le blé noir ; on y récolte un peu de seigle et de froment ». Josselin, chef-lieu du comté de Porhoët, relevait de la sénéchaussée royale de Ploërmel, du doyenné de Lanouée, et de l'évêché de Saint-Malo. En 1790, il fut érigé en canton sans succursales, et en chef-lieu de district, comprenant : Bignan, Billio, Bréhan, Buléon, Crédin, la Croix-Helléan, Cruguel, Evriguet, la Grée, Guégon, Guéhenno, Gueltas, Helléan, Lanouée, Lantillac, Ménéac, Mohon, Pleugriffet, Plumelec, Quily, Radenac, Réguiny, Rohan, Saint-Allouestre, Saint-Gouvry, Saint-Jean-Brévelay, Saint-Samson, Saint-Servan, et la Trinité-Porhoët. En 1791, M. Allain, recteur de Notre-Dame et député du clergé à l'Assemblée nationale, refusa le serment à la constitution civile, et fut imité par MM. Grumelec de Sainte-Croix, Marcour de Saint-Martin, Chantrel de Saint-Nicolas, et les curés ou premiers vicaires de ces paroisses. Le 2 août de cette année, on ferma officiellement les églises de Sainte-Croix, de Saint-Martin et de Saint-Nicolas; on ne conserva au culte que celle de Notre-Dame du Roncier, qui fut livrée à un intrus, pendant que le pasteur légitime émigrait en Espagne. En 1792, on enleva l'argenterie, les grilles et les cloches de Notre-Dame ; plus tard on renversa la statue miraculeuse de la Vierge et on la brûla au corps de garde. En même temps on procédait à la vente des biens ecclésiastiques, qui étaient considérables à Josselin. C'est ainsi que Sainte-Croix perdit son église, sa maison prieurale, son moulin, son bois, son pré, son presbytère et son jardin ; Saint-Martin fut dépouillé de sa maison et de son enclos, de ses jardins et de ses prairies, de son presbytère et de ses dépendances ; Saint-Nicolas perdit une maison, un pré, un clos et une lande, sans compter plusieurs terres appartenant à la fabrique ; Notre-Dame fut dépouillée de son presbytère, d'un champ et de deux maisons appartenant à la fabrique. On vendit également la chapelle, la maison et le jardin de Saint-Michel ; la chapelle de la Madeleine ; la chapelle de la Congrégation ; la chapelle, la maison et les dépendances de la Retraite des femmes ; une maison et un jardin de la fondation Renouard ; la métairie des Cluyéres appartenant à Saint-Jean-des-prés ; les bâtiments, l'enclos et la prairie du Mont-Cassin ; la maison et l'enclos des Carmes, avec trois métairies et divers immeubles ; la communauté des Ursulines avec l'enclos, la chapelle et plusieurs maisons et pièces de terre. La garnison républicaine de Josselin, en pourchassant les prêtres, se fit battre par les chouans au Collédo, le 8 septembre 1793. Au mois d'avril 1794, elle brûla l'église de Guéhenno et brisa le calvaire, mais elle dut fuir devant les paysans, irrités à trop juste titre. En 1795, elle s'embusqua dans le château et résista facilement à une colonne de royalistes conduite par Tinteniac, pendant le débarquement de Quiberon. En 1800, Josselin cessa d'être chef-lieu de district et fit partie de l'arrondissement de Ploërmel. En compensation, il vit, l'année suivante, son canton s'élargir, et comprendre désormais : Lanouée, Guégon, Cruguel, Saint-Servan, Quily, Guillac, La Croix, Helléan et la Grée-Saint-Laurent. En même temps, il fut canoniquement annexé au nouveau diocèse de Vannes, et une ordonnance épiscopale de 1802 érigea l'église de Notre-Dame en siège paroissial pour toute la ville. L'ancien recteur, M. Allain, nommé évêque de Tournay, refusa cet honneur, et n'accepta que la charge de vicaire général de Vannes, qu'il conserva jusqu'à sa mort en 1809. Les Filles de la Sagesse rentrèrent à Josselin, pour reprendre le service de l'hôpital Saint-Jacques, et furent chargées plus tard de la maison de la Retraite. — Les Frères de M. de La Mennais s'établirent dans cette ville en 1822, et ils y possèdent en 1891 une maison considérable à Saint-Martin. Les chapelles de Sainte-Croix, de Saint-Martin, de Saint-Nicolas, de Saint-Michel et de la Congrégation subsistent toujours en 1891, et servent au culte de temps en temps. L'antique statue de Notre-Dame du Roncier n'est aujourd'hui représentée que par quelques fragments sauvés du feu et renfermés dans un reliquaire et aussi dans la nouvelle statue. Cette nouvelle statue, habillée et parée comme l'ancienne, a repris la place d'honneur dans l'église et voit accourir à ses pieds d'innombrables pèlerins. Le 8 septembre 1868, Mgr Bécel, évêque de Vannes, assisté de Mgr Nogret, évêque de Saint-Claude, et du P. Cyprien, abbé de Tymadeuc, a solennellement couronné, par délégation du Souverain Pontife, la statue de Notre-Dame du Roncier ; et depuis ce temps on célèbre, chaque année, le souvenir de ce couronnement par une procession splendide, à laquelle prennent part toutes les paroisses voisines. En 1891, la superficie de Josselin, y compris la campagne, est de 444 hectares, et sa population de 2448 habitants. Les Ursulines de Dinan, autorisées en 1639 à fonder une maison à Josselin, y envoyèrent en 1646 une colonie de cinq religieuses, qui entreprirent l'instruction des petites filles, et qui se multiplièrent rapidement. Les Bénédictines du Mont-Cassin, dans la paroisse de Saint-Nicolas, virent ériger leur couvent en abbaye en 1677, par les soins de Mgr Sébastien de Guémadeuc, évêque de Saint-Malo et abbé de Saint-Jean-des-prés. La première abbesse fut Susanne de Guémadeuc, soeur de l'évêque ; la seconde, Eléonore, sa nièce ; la troisième N. Pharamus, qui vivait en 1740. Avant la Révolution, il n'y avait plus qu'une prieure élective, avec 15 ou 20 religieuses, y compris les converses. L'oeuvre des Retraites eut aussi sa place à Josselin. Voici comment Ogée l'apprécie en 1788, avec les préjugés de son temps : « Le vaste et informe bâtiment, où se renferment, à plusieurs époques de l'année, quatre ou cinq cents personnes de la campagne, ferait un corps de caserne très passable ». Une maison de Charité, pour une trentaine d'enfants pauvres, fut établie en 1776, par les soins de M. Allain, recteur de Notre-Dame, et de Mme la comtesse de Chassonville, et avec les cotisations volontaires des habitants. Ces enfants, enlevés à la mendicité, étaient exercés à des ouvrages de laine, dont la vente servait en partie à leur entretien (Joseph-Marie Le Mené - 1891).

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PATRIMOINE de JOSSELIN

la basilique Notre-Dame-du-Roncier (III-XVème siècle), restaurée entre 1890 et 1923. En avril 1891, le pape Léon XIII octroie le titre de basilique mineure à l'église Notre-Dame du Roncier. En l'an 808, dit une légende qui n'est pas antérieure au XVème siècle, un pauvre homme aurait découvert, dans un buisson de ronces, une statue de la Vierge, qui, maintes fois enlevée, y serait obstinément revenue : "l'on comprit alors qu'il fallait élever un sanctuaire sur l'emplacement de ce "roncier". La Vierge n'a cessé d'y manifester sa puissance, et, depuis 1728, il s'y tient tous les ans, le 8 septembre, le célèbre "Pardon des aboyeuses", au cours duquel les malades atteints de cette épilepsie spéciale viennent demander leur guérison". De l'édifice roman, construit vers 1200, subsistent des piliers à chapiteaux sculptés et une partie de l'élévation sud du choeur. Cet édifice primitif avait été commandé par Jean II de Rohan et Jean l'Epervier, évêque de Saint-Malo. En 1370, Olivier de Clisson se fait construire une chapelle (oratoire seigneuriale) à droite du choeur et, au début du XVème siècle, entreprit une transformation de l'église. Les travaux sont poursuivis pendant tout le XVème siècle. Au XVIème siècle, pour loger le trésor, on éleva, dans le bas côté Nord, une tour, dont la partie haute, écroulée en 1705, est reconstruite de 1731 à 1734. La façade Est, avec le clocher haut de 60 mètres, a été rénovée par les architectes Ménard et Libaudière, à la fin du XIXème siècle, et terminée avec la flèche en 1949. La façade Sud, avec ses pittoresques gargouilles, date des diverses campagnes de construction d'Olivier de Clisson (fin du XIVème siècle) et de Jean II de Rohan (1461, 1470 et 1491). De nombreux remaniements et restaurations sont encore effectués de nos jours. - Plan - L'église comprend une nef avec bas-côtés, couverte d'une charpente lambrissée, un transept, dont les croisillons ne font pas saillie sur les bas-côtés et dont la croisée est voûtée d'ogives. Le choeur à chevet plat, voûté d'ogives, est flanqué, à droite et à gauche, d'une chapelle, celle de droite n'allant pas jusqu'au fond. Le chevet, désaxé, s'infléchit à gauche. - La nef - La nef est la partie la plus récente de l'église. La reconstruction commença par les deux premières travées à partir du transept dont les piles, à noyau cruciforme entouré de colonnes et de colonnettes tangentes, indiquent la fin du XIVème siècle. Le reste de la construction dénote encore plusieurs campagnes jusqu'à 1470, date à laquelle furent achevés le vaisseau central et le bas-côté Sud. Deux inscriptions, gravées sur les contreforts de droite et de gauche du pignon central, portent, celle de droite : "Ceste chapelle fut commencée le Vème jour d'octobre l'an MCCCCLXI", celle de gauche : "Ce pignon fust commencé le XXIX jour de may l'an MCCCCLXX". Le bas-côté Nord, un peu postérieur, a reçu du XVIème siècle une tour que l'on a pris longtemps à tort pour la partie la plus ancienne de l'édifice, à cause de son archaïsme. Le clocher actuel s'est substitué à la tour carré située jadis à la façade Nord et date de 1949. - Transept et choeur - De l'église primitive du XIIème siècle, il reste une fenêtre en plein cintre, aujourd'hui noyée dans la maçonnerie du mur méridional du choeur, un arc en quart de cercle dans la chapelle Sainte-Marguerite au Sud, qui semble un arc doubleau d'une voûte en demi-berceau, enfin les trois piliers, retouchés en partie, cantonnés de colonnes et surmontés de chapiteaux grossièrement sculptés (personnages en prière, des têtes humaines, des animaux, ....) qui font communiquer le choeur avec la chapelle Sainte-Catherine, au Nord. C'est au XIIIème siècle seulement que l'on voûta d'ogives le choeur et la croisée du transept. A l'origine, le choeur à chevet plat devait être flanqué de deux absidioles profondes communiquant avec lui par deux arcades et ouvrant sur les croisillons. A la fin du XIVème siècle, Olivier de Clisson fit transformer l'absidiole Sud en une chapelle seigneuriale, la chapelle Sainte-Marguerite, séparée du choeur par un mur plein dans lequel est ménagée une logette décorée (fin du XIVème siècle). Un contrefort extérieur de la chapelle Sainte-Marguerite porte l'inscription : "Cest pignon fust faict l'an MCCCCIIIxxXI". En 1490, l'absidiole Nord céda la place à la chapelle Sainte-Catherine entièrement refaite au début du XXème siècle. - L'extérieur - L'extérieur de l'église présente une succession de pignons à rampants décorés, séparés par des contreforts à pinacles et percés de fenêtres à meneaux flamboyants. De même la façade est composée de deux pignons, l'un au milieu, l'autre à gauche. A droite, le mur est amorti par un simple rampant. Le grand portail est surmonté d'une grande baie à réseaux flamboyants occupant presque toute la partie supérieure du pignon. Le portail est entouré d'une guirlande de chênes et de chardons, et, au centre, sous un dais flamboyant, une Vierge à l'Enfant du XVème siècle accueille les pèlerins. Une baie semblable, à meneaux modernes, s'ouvre dans le mur du chevet. Des gargouilles allongent leur col entre les pignons des bas-côtés. - Mobiliers - Dans la chapelle Sainte-Marguerite, on trouve le tombeau ou mausolée d'Olivier de Clisson (décédé en 1407) et de Marguerite de Rohan (sa seconde épouse) qui date de la première moitié du XVème siècle : il est restauré par J.B. Barré à la fin du XIXème siècle. Sur le mausolée de marbre noir sont étendues les statues en marbre blanc du connétable, les pieds appuyés sur un lion (dérobé en 1952), et de son épouse, dont les pieds s'appuient sur une levrette entourée de ses petits. Le mausolée avait été commandé par Alain VIII de Rohan, gendre d'Olivier de Clisson, après sa mort survenue en 1407. D'abord placé au milieu du choeur, il a été restauré par le sculpteur rennais Jean Baptiste Barré après sa mutilation en 1793, puis replacé en 1858 à l'entrée de la chapelle Sainte-Marguerite, dans le transept Sud. Un double tabernacle de granit, entouré de colonnettes et surmonté d'une double frise, dont l'une avec quatre angelots, est disposé à l'angle Est-Sud du choeur et date, semble-t-il, de la fin du XVIème siècle. Les orgues, oeuvre du facteur d'orgues Pierre Le Helloco, datent de 1674-1677. Les orgues sont réparées en 1730 par Onuphre, en 1774 par Anon, et remaniées en 1949 par Koenig, puis en 1989 par Miformentelli. La chaire à prêcher en fer forgé, oeuvre de Eustache Roussin de Josselin, date de 1775, et elle est montée sur une base représentant les quatre évangélistes avec d'étonnantes sculptures (une tête pour Mathieu, un boeuf pour Luc, un lion pour Marc et un aigle pour Jean). Trois vitraux de la nef Sud, rénovés par Huchet à la fin du XIXème siècle, datent de la fin du XVème siècle ou du début du XVIème siècle. Dans les verrières du bas-côté Sud, se voient des fragments de vitraux du XVIème siècle. Ces verrières sont des dons de Jean de l'Epervier, alors évêque de Saint-Malo, diocèse dont dépendait Josselin, qui baptise en 1452 Jean II de Rohan. Ces verrières illustrent de nombreux saints dont Vincent Ferrier et Judicaël ou Gicquel. Le grand vitrail du chevet du choeur, commandé par la famille de Rohan en 1893, a été réalisé par Huchet, de l'atelier du carmel du Mans. Ce grand vitrail reproduit les mystères du Rosaire et, sur les verrières du bas, des membres de la famille de Rohan (dont Alain IX de Rohan (1382-1462) et Jean II de Rohan (1452-1516)). Six vitraux modernes sont commandés lors des travaux de restauration entrepris à partir de 1885 : l'un de ces vitraux (1893) retrace la découverte dans les ronces par un paysan, au IXème siècle, d'une Vierge miraculeuse (encore appelée Beata Maria de Castello ou Notre-Dame de Josselin dans le testament d'Olivier de Clisson). Au transept de la nef Nord, le grand vitrail, signé Grüber, a été posé en 1932 sur commande du duc de Montmorency-Périgord, en souvenir de son épouse, Marie Joséphine Anne de Rohan-Chabot, décédée à l'âge de 30 ans en 1903, soeur du duc Josselin de Rohan tué sur la Somme en 1916. On y trouve une statue de Notre-Dame du Roncier qui était jadis invoquée contre les crises d'épilepsie et qui date du XIXème siècle. Cette statue de la Vierge, encadrée par deux anges et deux saints (François et Dominique), a été couronnée sous le pontificat de Pie IX, le 8 septembre 1868. La statue primitive de Notre-Dame du Roncier avait été brûlée pendant la Révolution et ses restes sont conservés dans un reliquaire aujourd'hui situé dans la basilique, à droite, à l'entrée de la chapelle appelée autrefois Sainte-Catherine. Au-dessus du grand arc triomphal, à l'entrée de la chapelle Notre-Dame du Roncier, dans la nef Nord, la fresque de 1943 évoque la prière à Notre-Dame du Roncier et à saint Cado de Beaumanoir, accompagné par ses chevaliers avant le combat des Trente le 26 mars 1351. On peut regretter la disparition des fresques qui ornaient jadis les chapelles Sainte-Marguerite et Sainte-Catherine ;

Nota 1 : La chapelle primitive de Notre-Dame du Roncier fit place, au XIème siècle, à un édifice plus considérable, digne de la puissance des vicomtes de Porhoët et de l'importance toujours croissante de la population. Cette église, érigée en siège paroissial par l'évêque de Saint-Malo, était nécessairement de style roman, le seul connu à cette époque. Il en reste quelques vestiges dans l'édifice actuel : à droite du choeur, on voit encore une petite fenêtre romane, et à gauche quelques piliers et chapiteaux du même style. C'est dans cette vieille église que communièrent, en 1351, les compagnons de Jean de Beaumanoir, avant d'aller combattre à Mi-voie ; saint Cado, qu'ils invoquaient, y avait une grossière statue, qui est encore aujourd'hui conservée dans l'église. L'église actuelle de Notre-Dame, de style ogival, offre un plan à peu près rectangulaire ; elle mesure 35 mètres sur 18, et est partagée en trois nefs. Sa construction a duré environ un siècle. C'est vers 1390, que le connétable de Clisson commença le choeur, les deux chapelles latérales, et le carré central de la nef ; tout cela était terminé avant 1407, date de la mort de Clisson. Le choeur est voûté en pierre sur arcs en ogive, et éclairé par une large fenêtre au fond. En avant de l'autel se trouvait le tombeau du fondateur et celui de sa seconde femme Marguerite de Rohan, avec leurs statues en marbre blanc, couchées sur un sarcophage de marbre noir ; on y lisait l'inscription suivante en lettres gothiques : Chi gist noble et puissant seigneur monseigneur Olivier de Clisson, jadis connestable de France, seigneur de Clisson, de Porhoët, de Belleville et de la Garnache, qui trépassa en apvril le jour Saint Jorge, l'an M. CCCC. et VII. Priez Dieu pour son ame. Amen. Ce tombeau, dévasté en 1792, a été restauré en 1856 et placé dans la chapelle du nord. Récemment il a été transféré à l'entrée de la chapelle du sud. La place primitive du tombeau est marquée au milieu du choeur par deux dalles qui portent les noms de Clisson et de sa femme. La chapelle du nord, dédiée autrefois à sainte Catherine et aujourd'hui à Notre-Dame du Roncier, communique avec le choeur par deux grandes arcades ogivales, reposant sur des piliers romans. Sous l'une de ces arcades, à l'angle sud-est, se trouve un caveau, dans lequel il y avait deux cercueils en plomb, qui furent violés en 1792. Sur les murs se voyaient naguères les restes d'une danse macabre en fort mauvais état : on y reconnaissait néanmoins divers personnages entraînés chacun par un squelette ; une inscription composée de plusieurs lignes, qui existait au-dessus, était complètement illisible. Tout cela vient de disparaître par suite de la restauration de la chapelle et de l'ouverture d'une arcade vers le transept. La chapelle, située au sud du choeur, était dédiée à sainte Marguerite, patronne de la dame de Clisson. On y voyait également des traces de fresques, entre autres des marguerites, des M couronnés et la devise de Clisson : Pour ce qu'il me plest, plusieurs fois répétée sur des phylactères ; la légende de sainte Marguerite et du dragon, l'entrée des rois mages à Bethléem, un château féodal, etc.. Presque toutes ces peintures, étant trop endommagées, ont fait place à de nouveaux dessins. Cette chapelle communique avec le choeur par une porte ogivale et par deux claires-voies en pierre, dont les meneaux sont disposés en rosaces et quatrefeuilles et ornés d'un M et d'une fleur de lys. C'était l'oratoire d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan. On ne sait pas au juste si la mort du connétable interrompit les travaux de l'église, ou si les Rohan les reprirent aussitôt. Toujours est-il qu'on travaillait au portail de l'ouest en 1461 et 1470. Deux inscriptions gothiques, gravées sur les contreforts de chaque côté de la grande porte, ne laissent aucun doute à cet égard. La première à droite est ainsi conçue : Cestes chapelles fust comances le Ve iour de octoubre l'an M. IIIIcc LXI ; au-dessus se trouve un écusson à trois têtes d'animaux, qui se rapporte à Jean de la Bouère, abbé de Saint-Jean-des-Prés. La seconde à gauche porte ces mots : Cest pignon fut comance le XXIXe iour de may l'an M. CCCC. LXX. Le portail a deux baies à accolade séparées par un trumeau, et est flanqué de pilastres à pinacles. Sur un contrefort du transept nord, ou de la chapelle de Notre-Dame, on lit : Cest pignon fut fait en l'an mil CCCC. IIIIxx XI. (1491). A l'extrémité de ce transept, se trouve un enfeu, correspondant à un autre qui se voit au sud. Sous l'aisselle de ce même transept, se trouve une tour carrée et massive, qui obstrue le bas côté ; la pièce du rez-de-chaussée, qui est voûtée en ogive, était jadis la salle de la trésorerie. Sur l'inter-transept s'élevait jadis un clocher central. Les registres nous apprennent en effet que le 26 juillet 1651 eut lieu la bénédiction d'une cloche à mettre dans le petit clocher, entre le grand clocher et celui de l'horloge. C'est dans la trésorerie que l'on conservait la plupart des riches objets donnés à Notre-Dame du Roncier. Le Père Isaac ou Irénée de Jésus-Maria, carme de Josselin, qui fit imprimer en 1666 un opuscule intitulé : Le lys fleurissant parmi les épines, ou Notre-Dame du Roncier triomphante dans la ville de Josselin, mentionne spécialement, parmi les objets de prix existant alors, un calice en argent doré, finement travaillé, pesant 18 marcs et ayant 14 pouces de hauteur ; la patène avait trois pieds de tour et présentait les images de Notre-Seigneur, de la Sainte Vierge et des quatre Evangélistes : c'était un don de Louis XIII, roi de France. Il mentionne également une grande croix d'argent, à deux branches, comme toutes les autres croix anciennes qu'on y conservait, pesant 36 marcs, et mesurant quatre pieds de hauteur : c'était un présent des habitants de la ville. Tous ces objets, et beaucoup d'autres, ont disparu, enlevés par les Vandales de 1792, en même temps que les cloches et la belle grille en bronze qui fermait le chœur. Il reste cependant une élégante chaire à prêcher, en fer battu, vrai bijou de ferronnerie, exécutée par Antoine Roussin, de Josselin. Mais le vrai trésor de l'église était la statue miraculeuse de Notre-Dame du Roncier, placée à l'entrée du transept nord. Le Père Isaac mentionne avec complaisance plus de 500 voeux en cire, des suaires, des cercueils, des annilles et autres objets, suspendus autour de l'image de la Vierge, en témoignage de guérisons miraculeuses. Il rapporte ensuite cinq ou six faits prodigieux, arrivés de son temps. Ce n'est qu'en 1728 que parurent les premières aboyeuses, victimes d'une sorte d'épilepsie ou de névrose, qui est encore un mystère pour la science médicale. Le peuple, qui aime à tout expliquer, prétend, sans y croire beaucoup, que ces convulsions sont la punition infligée par la sainte Vierge à d'impitoyables laveuses, qui avaient excité leurs chiens contre elle, un jour qu'elle traversait le pays. Ces pauvres malades, humiliées de leur épreuve, sont conduites de force au reliquaire de Notre-Dame et y éprouvent un soulagement instantané et souvent une guérison complète. Quant aux autres maladies, la sainte Vierge continue à manifester sa puissance en accordant de nombreuses faveurs. On faisait jadis à Josselin une procession solennelle, le mardi de la Pentecôte, pour terminer les prières des Quarante-Heures et pour honorer Notre-Dame du Roncier. Il y avait indulgence plénière depuis 1663. Cette procession se fait maintenant le lundi de la Pentecôte, et l'indulgence plénière a été attachée à ce jour et au 15 août par un bref pontifical de 1819. On peut voir dans Ogée la description de l'ancienne procession, d'après l'opuscule du P. Isaac. Les prieurs de Sainte-Croix, de Saint-Martin, et de Saint-Nicolas, et plus tard leurs vicaires perpétuels, venaient assister à cette procession. Le recteur de Notre-Dame et son clergé allaient les recevoir à la porte de la ville ; cet acte de politesse devint avec le temps une obligation. Le recteur de Notre-Dame chantait la messe le jour de la Pentecôte ; il invitait le prieur ou le vicaire perpétuel de Saint-Martin à la chanter le lundi, celui de Sainte-Croix le mardi, celui de Saint-Nicolas à donner la bénédiction : ces gracieusetés se transformèrent en droits. Bien plus, ces prieurs ou vicaires perpétuels, sauf celui de Sainte-Croix, acquirent le droit d'administrer la paroisse de Notre-Dame, concurremment avec le recteur de l'endroit et de s'intituler : vicaire perpétuel de N.. et co-recteur de Notre-Dame. Cette situation anormale ne prit fin qu'à la suite d'un arrêt du Parlement, provoqué en 1775 par le recteur de Notre-Dame. Il y avait ici plusieurs chapellenies. Olivier de Clisson en avait fondé deux ; ses successeurs en fondèrent sept autres. On eut ensuite l'idée de transformer ces chapelains en chanoines et de leur imposer l'office canonial. Cette collégiale ne fut qu'ébauchée et ne fut point érigée d'une manière définitive et canonique. L'église de Notre-Dame du Roncier vient d'être restaurée (vers 1890) et rendue à sa splendeur d'autrefois, grâce au zèle du curé, M. Simon, et à la générosité de la famille de Rohan, des habitants de Josselin et des fidèles du diocèse. Elle a été élevée an rang de basilique mineure par Léon XIII, le 12 avril 1891 (Joseph-Marie Le Mené - 1891).

Nota 2 : LES TROIS RECTEURS DE NOTRE-DAME-DU-RONCIER. — La correspondance de l'intendant de Bretagne avec les ministres du Roi nous révèle une particularité assez curieuse concernant l'état religieux de la ville de Josselin avant 1789. Josselin, chef-lieu du comté de Porhoët, renfermait quatre paroisses : 1. Notre-Dame-du-Roncier, — 2. Saint-Martin, — 3. Saint-Nicolas, — 4. Sainte-Croix. Les trois dernières étaient, suivant l'usage commun, gouvernées chacune par un recteur unique. La paroisse de Notre-Dame-du-Roncier avait trois recteurs ; voici comment : Le recteur principal (qui avait 80 fr. de revenu fixe et 200 fr. de casuel) la gouvernait pendant les deux premières semaines de chaque mois ; son ministère embrassait ainsi la moitié de l'année. Le recteur de Saint-Martin gouvernait Notre-Dame-du-Roncier pendant la troisième semaine ; ce qui fermait le troisième quart de l'année. Le prieur de Saint-Michel de Josselin, qui était en même temps prieur conventuel de l'abbaye de Saint-Jean-des-Prés, avait le gouvernement de Notre-Dame-du-Roncier pendant la quatrième semaine, c'est-à-dire le dernier quart de l'année. D’où tirait son origine cette bizarre organisation, ce partage des fonctions rectorales entre trois dignitaires distincts ? Doit-on y voir un souvenir des droits qu'auraient eu, dans le principe, sur cette cure, d'une part l'abbaye de Saint-Jean-des-Prés, à qui appartenait le prieuré de Saint-Michel, de l'autre l'abbaye de Marmoutiers, dont Saint-Martin était membre ? L'érudition des archéologues de la localité pourrait peut-être nous donner le mot de cette énigme. Quoi qu'il en soit, cet état de choses dura jusqu'en 1777. A cette époque, le général de la paroisse s'aperçut un peu tard que cet arrangement était contraire au droit commun. Dans le désir que le recteur principal devint recteur unique, il s'adressa à l'évêque de Saint-Malo, et lui demanda : 1° la suppression des deux titres de recteur de Notre-Dame-du-Roncier, possédés par le recteur de Saint-Martin et le prieur de Saint-Michel, et l'union de ces deux titres en la personne du recteur principal. 2° L'union à la cure de Notre-Dame-du-Roncier de deux bénéfices simples valant ensemble environ 400 livres. En Juin 1777, intervint un décret de Mgr. l'évêque de Saint-Malo, portant les suppression et union demandées, pour avoir lieu après la mort des titulaires. D'un autre côté, dès le 26 avril 1775, la communauté de ville de Josselin avait arrêté, sous le bon plaisir de l'intendant, de contribuer pour moitié avec le général de la paroisse de Notre-Dame-du-Roncier aux frais faits et à faire pour parvenir auxdites réunions et les rendre solides, ce qui emportait non-seulement le décret de l'ordinaire, mais encore les lettres patentes confirmatives et leur enregistrement. Les formalités nécessaires pour atteindre ce but furent remplies par l'intendant de Bretagne, M. de la Bove, à la sollicitation de M. le duc de Rohan, comte de Porhoët, et en cette qualité, fondateur de l'église paroissiale de Notre-Dame-du-Roncier. Et voilà comment les trois recteurs de cette église furent réduits à un seul. (P. D. V.).

la chapelle Sainte-Croix (XIème, XVIème et XVIIIème siècles), située au quartier de Sainte-Croix et appartenant jadis à un prieuré (situé en face du château et placé sous la protection des saints martyrs Corneille et Cyprien) dépendant de l'abbaye de Saint-Sauveur de Redon. C'est un édifice en forme de croix latine, dont le bras Sud a été supprimé. La construction est un petit appareil irrégulier : les contreforts sont peu saillants, les  portes et les arcades en plein cintre, les fenêtres hautes et étroites sont évasées à l'intérieur.Du XVème siècle à la Révolution, la chapelle sert d'église paroissiale pour la paroisse de Sainte-Croix. Cette ancienne église, construite vers 1060 par Josselin de Porhoët, n'est plus aujourd'hui qu'une simple chapelle. De ce prieuré achevé vers 1082 subsiste la nef éclairée par de petites baies en arc plein cintre. L'édifice comprend une nef du XIème siècle, couverte d'un lambris à entraits du XVIème siècle, un choeur plat et une façade à pignon du XVIème siècle, une chapelle à gauche qui date du XVIIIème siècle et une tour latérale, carrée, amortie par une flèche polygonale, également du XVIIIème siècle. La base de la tour de clocher date de la fin du XVIème siècle. On voit près de l'entrée principale, l'ancienne cuve baptismale en granit, du XVIème siècle. La chapelle abrite une statue de saint Cornély (ou Corneille) qui date du XIXème siècle. C'est dans cette chapelle qu'est inhumée, en 1092, Anne de Léon, vicomtesse de Porhoët, en présence de trois évêques, de cinq abbés, et de nombreux barons. Eudon Ier, son mari, fait alors de nouvelles libéralités aux moines et obtient de l'évêque de Vannes l'autorisation d'y faire dire la messe, même en temps d'interdit général (Cart. p. 251) ;

Nota 3 : Le plus ancien prieuré de Josselin est celui de Sainte-Croix, situé sur la rive droite de l'Oust, et par conséquent dans l'ancien diocèse de Vannes. Guéthenoc, fondateur du château de Josselin, avait promis aux moines de Redon de leur construire un monastère auprès de sa demeure, si le local le lui permettait. Après la mort de son père, Josselin fit venir, vers 1055 ou 1060, Pérénès, abbé de Redon, et lui donna le couvent de Sainte-Croix et des SS. martyrs Corneille et Cyprien, avec le vieux faubourg, jusqu'au milieu de l'Oust, ainsi que les villas de Crannam et de Tinsédio, situées dans le voisinage, et plusieurs autres, disséminées dans diverses paroisses. De leur côté, l'abbé et les moines, voyant la dévotion du vicomte, donnèrent à l'église de Sainte-Croix la permission de recevoir des sépultures, comme ils l'avaient à Redon par concession du pape, et ils unirent à ce prieuré toutes les autres terres qu'ils avaient déjà dans la seigneurie de Porhoët (Cartulaire de l'abbaye de Redon, p. 242). L'abbaye de Redon y envoya des moines pour fonder le prieuré et pour desservir la paroisse. L'église de Sainte-Croix, construite au XIème siècle, existe encore ; c'est un édifice en forme de croix latine, dont le bras sud a été supprimé ; la construction est en petit appareil irrégulier ; les contreforts sont peu saillants, les portes et les arcades en plein cintre, les fenêtres hautes et étroites sont évasées à l'intérieur. C'est dans cette église que fut inhumée, en 1092, Anne de Léon, vicomtesse de Porhoët ; Eudon I, son mari, fit de nouvelles libéralités aux moines et obtint de l'évêque de Vannes l'autorisation d'y faire dire la messe, même en temps d'interdit général (Pr. I. 480). Au XIVème siècle, les moines quittèrent Sainte-Croix, mais le prieur conserva la dîme à la 11ème gerbe et se substitua un vicaire perpétuel, à portion congrue, pour le service de la paroisse. Ce dernier eut son presbytère, avec jardin derrière, dans la rue basse du faubourg. Son revenu net était évalué, en 1756, à 425 livres. Les chapelles de la paroisse étaient: Saint-Laurent, auprès du faubourg, Saint-Méen, au village de la Borne, et La Trinité à Canfrou. Elles étaient les sièges d'autant de frairies. Elles appartiennent aujourd'hui, sauf la première, à Guégon. Les chapellenies étaient celles de Crolard, de Jean Hervé, et de Jeanne-Françoise Ruaud. On a déjà vu ci-dessus que le vicaire perpétuel de Sainte-Croix assistait aux processions de Josselin, mais il ne prétendait à aucune juridiction sur Notre-Dame. Il conservait dans son église une belle relique de la vraie-croix, qui s'y trouve encore (Joseph-Marie Le Mené - 1891).

la chapelle de la Congrégation (XVIIIème siècle) du château de Josselin. Elle abrite une peinture intitulé "Martyre de Saint Jean" (supplice de saint Jean l'Evangéliste à Rome), oeuvre du peintre rennais J. Piéfort et qui date de 1763 ;

la chapelle de l'Hôpital Saint-Jacques. L'hôpital Saint-Jacques de Josselin est mentionné dans le testament du 16 juin 1424 d'Alain VIII de Rohan. L'ensemble appartenait jadis, avant la Révolution, à la paroisse de Saint-Martin, évêché de Saint-Malo. La chapelle abrite une statue en bois polychrome de Saint Jacques qui date du XVIème siècle ;

l'ancienne église et l'ancien prieuré de Saint-Martin, aujourd'hui disparus. Le prieuré de Saint-Martin de Josselin, fondé en 1105 par le vicomte Josthon ou Josselin II de Porhoët en faveur des moines de Marmoutier, reçut peu après sa fondation de précieuses reliques que lui envoyait l'abbaye de Marmoutier de Tours dont il dépendait. En 1108, le prieur Raoul reçut du fondateur le quart de l'église de Notre-Dame du Roncier, et devint ainsi co-recteur de la paroisse. En 1110, Benoît, évêque d'Aleth ou de Saint-Malo, ratifia ce don, et Guillaume, abbé de Marmoutier, donna de précieuses reliques à l'église de Saint-Martin. La construction de l'église n'était pas achevée au milieu du XIIème siècle. Elle avait la forme d'une croix latine, avec quatre absidioles. Il n'en reste aujourd'hui que le bras Sud et le choeur tronqué, mais les arrachements de l'ancienne nef permettent d'en mesurer la largeur. A la fin du XIIème siècle, y est enterré Eudon II de Porhoët, duc de Bretagne de 1148 à 1156, célèbre opposant au roi anglais Henri II de Plantagenêt, venu, à deux reprises, détruire Josselin. Devenu au XVIème siècle un temple protestant, il n'en reste plus vers 1930 que le chevet incomplet et le croisillon Sud du transept, dont le pignon s'était écroulé au début du XXème siècle. Au cours du XIXème siècle, l'abside a été diminuée de hauteur et refaite à pans coupés, mais elle se terminait primitivement en hémicycle. Il s'agissait d'un édifice de plan bénédictin comme le prouvait l'abside, flanquée de deux absidioles collées à elle par un mur commun. Une autre absidiole s'ouvrait sur le croisillon Sud et il y avait la même sur le croisillon Nord. Ces chapelles étaient voûtées en cul-de-four, épaulées de faibles contreforts et éclairées par de petites fenêtres en plein cintre sans ornementation. Un escalier étroit, encastré dans la muraille entre les deux absidioles du Nord, montait par un passage muré, établi sur les reins de la voûte de la première absidiole, à un clocher qui s'élevait jadis sans doute sur la croisée. Le prieuré reçut graduellement des dîmes et d'autres biens à Credin, à Rohan, à Guillac, à Molac, à la Ferrière, à Lantenac, à Ménéac, à Lanouée, à Vannes, à Pontivy, etc... Tous ces biens nécessitèrent de nombreux actes de donations, de transactions, d'afféagements et de procédures, qui ont été conservés dans les archives du prieuré, mais leur analyse serait ici trop longue et trop fastidieuse. Le couvent touchait à l'église et renfermait un nombre respectable de religieux. Le prieur était le chef de la communauté et le recteur du faubourg environnant. Quand il cessa d'administrer la paroisse, il fut remplacé, suivant l'usage, par un vicaire perpétuel à portion congrue. Le prieuré lui-même tomba en commende au XVIème siècle, et fut occupé par des prêtres séculiers. En 1580, il y avait encore deux religieux à Saint-Martin, entretenus aux frais du prieur commendataire, mais ils disparurent dans la suite. En 1722, le bénéfice du prieur fut uni à la mense capitulaire de Marmoutier, et les commendataires cessèrent d'y être nommés. Le prieur de Saint-Martin, religieux ou commendataire, avait droit de haute, moyenne et base justice sur les sujets du couvent, le droit de moulin, de four, de colombier, de chasse, de pêche, de corvées, etc.. Il relevait à son tour des vicomtes de Porhoët, puis des vicomtes et ducs de Rohan, leurs successeurs. Le 30 janvier 1410, le Fr. Foucault Gasteille, prieur, reconnut "tenir dou dit vicomte, comme choses amortyes, tout son temporel et toutes et chacunes les terres, héritages, rentes, richesses, revenus, jurisdictions, seigneuries, hommes, noblesses et obeissances, que celui priour a et lui appartiennent en la viconté de Rohan et au terrouer de Porhoet ... soubs la barre de la court de Ploermel ...". En 1580, le prieur commendataire Philibert Bonin affermait tout le revenu de Saint-Martin moyennant une somme de 3 090 livres pour lui, et l'obligation pour les fermiers de payer les charges, et notamment la pension de deux religieux, les portions des vicaires de Saint-Martin, de Credin, de Saint-Samson, etc ... On trouve encore aux Archives du Morbihan, fonds de Saint-Martin, un aveu de 108 pages, fait le 30 juin 1698 et présenté par Mgr Louis Marcel de Coetlogon, évêque de Saint-Brieuc, abbé de Bégard et prieur de Saint-Martin, à Mgr Louis de Rohan-Chabot, duc de Rohan, pair de France, prince de Léon, comte de Porhoët, etc ... Les prieurs connus sont les suivants : Fr. Bernard, 1er prieur (cité en 1105 et en 1106), Fr. Raoul, son successeur (mentionné de 1108 à 1120), Fr. André (mêlé à divers actes en 1129, 1130 et 1131), Fr Stéphan, ou Etienne (mentionné en 1144), Fr. Hervé (témoin d'une donation en 1153), Fr. Pierre (gratifié par le comte Eudon en 1164), Fr. Stéphan II, ou Etienne (cité dans un acte de 1179), Fr. Raoul II (mêlé au don d'Iffendic, vers 1190), Fr. Stéphan III, ou Etienne (mentionné en 1199 et en 1205), Fr. Ranulf (fit un accord pour Guerniguel en 1225), Fr. Robert (reçut une maison à Angers en 1262), Fr. Olivier Le Merle (fit un accord à Vannes en 1338), Fr. Geoffroy Rossignol (cité dans une enquête en 1392), Fr. Foucault Casteille (fit un aveu au vicomte de Rohan en 1410), Fr. Salomon Chevalier (afféagea des terres en 1428), Fr. Jean de Cahideuc (fit d'autres afféagements en 1432), Fr. Geoffroy Bertrand (cité en 1443 et en 1453), Fr. Geoffroy Guyton, abbé de Lantenac (mort en 1495), Antoine Fumée, commendataire (cité en 1516 et 1551), Philibert Bonin, commendataire (mentionné en 1565 et 1580), Sébastien Bonin, commendataire (résignation en 1602), Alain Bonin, recteur de Sérent (cité en 1602 et 1645), N. Guymarho (mentionné en 1668), Louis Marcel de Coetlogon (en 1669, évêque en 1671, mort en 1707), Olivier Ternin-Hinou (mentionné en 1714 et 1716), Guillaume Aubrée (cité en 1720, finit en 1722). La Révolution ruina complètement le prieuré de Saint-Martin. Après la suppression des dîmes, elle vendit, dès le 31 décembre 1790, le couvent et l'enclos à M. le Hardy, pour 8 150 livres, et l'année suivante, le pré des Fossés et un petit jardin au même acquéreur, pour 1 947 livres, et en 1792, le four, une maison avec jardin et prés, au même, pour 4 960 livres. Le moulin de Rouvray, en Lanouée, ne fut vendu que le 2 août 1798, pour le prix exagéré de 75 284 livres. La métairie de Monsouci en Ménéac, fut adjugée le 31 octobre 1795, à M. du Tertre, pour la somme fabuleuse de 100 000 livres (J. M. Le Mené) ;

Nota 4 : Alain de Porhoët, troisième fils d'Eudon Ier vicomte de Porhoët, avait reçu en apanage de son frère, Geoffroi Ier, en 1120, le fief de Rohan (H. du Halgouët, Essai sur le Porhoët, p. 36). Quelque temps avant sa mort  en 1128, Alain de Porhoët avait donné au prieuré de Saint-Martin de Josselin, une place devant son nouveau château de Rohan pour y construire une église et un cimetière, un moulin, des droits sur la paroisse, les dîmes et la justice de Crédin (acte original du fonds du prieuré de Saint-Martin, en fort mauvais état et daté du 5 calendes d'avril 1127 : « Anno ab incarnatione domini M C XX VII, Ludovico rege regnante, C-[-onan-]-o Britannorum comite, Alanus vicecomes Porrohoetensis....e sal..... sue ac parentum suorum donavit Deo [et Sancto Martino] necnon monachis Maioris Monasterii [in castro] Joscelini Deo serv-[-ientibus] totum burgum [ante] portam castri sui novi [quod vocat-]-ur Rohan [ad con]- — -struendam ecclesiam et cimiterium.......... [por-]-ta castri usque ad ...... usque ad fluvium Ultii et unum [molendinum ?].......stanno. Dedit eciam terciam partem ec-[-clesie] Querdin cum .....e a..... alte.... ur.... nerat..... dedit monachis....... dim-[-idiam]......... [ter-]-ram ad unam carucam sufficientem prope ipsum castrum........ [c-]-urie.... nis....... copula..... g...... — placuer....... de......... bus [ex-]-cept-[-is] ............ tium — eccles-[ie] .......... — et forfaicturas burgensium ........ habet de ser ....... — ....... [con-]-cessis ...... — urg ....... [ser-]-vitio. Si ........g ......... — .....ere ..... actus fuerit ....... — ........... — ...... abbatis et s.ll....... ium sig ....... — m. suer ........ debent. Actum [apud] claustrum Sancti [Martini castri Jos-]-cel-[-ini V kalendas] aprillis. Testes A-[-lanus vice-]-comes, Jostho filius ejus qui sim-[-ul] cum — ....... pa-[-tre] do-[-navit] super altare de ......... Morvanus atque Aldroinus ......... Maniguidus ........ Conanus ........ Pislardus, Judicael, Caphra....... [Dani-]-el de Ferraria ..... fr...... H[-erveus] [R-]-ivallonius presbiteri et alii multi »). Deux chartes originales de Jacques, évêque de Vannes, de 1129, suffiraient à nous le prouver [Archives du Morbihan, fonds de Saint-Martin, 5 H 2 ; - la première confirme au prieuré la possession de la chapelle de Rohan (Cartulaire du Morbihan, p. 168) ; - la seconde contient un accord au sujet du tiers de l’église de Crédin et des dîmes de cette église (Id., p. 170)]. En 1698 on trouve dans le « Dénombrement des maisons, terres, rentes... et autres droits dépendant du temporel du prieuré de Saint-Martin de Josselin..., par Louis de Coëtlogon..., évêque... de Saint-Brieuc, prieur commendataire de Saint-Martin » (Archives du Morbihan, fonds de Saint-Martin de Josselin), la mention suivante, au f° 33 v° : « En la paroisse de Crédin. — Déclare ledit seigneur prieur de Saint-Martin qu'il a la moitié du fief, bailliage et jurisdiction de la cour commune s'extendant en la paroisse de Crédin et autres circonvoisines, rentes, deniers et chappons, droits, profits, revenus et émolumens procédents à cause dudit fief et de la justice, exceptés toutefois les droits de barre, corvées et moulture du moulin de Couësmor ».

Nota 5 : Saint-Martin, autre prieuré de Josselin, situé vers le nord-ouest, fut fondé en 1105 par le vicomte Josthon ou Josselin II, en faveur des moines de Marmoutier. En 1108 le prieur Raoul reçut du fondateur le quart de l'église de Notre-Dame du Roncier, et devint ainsi co-recteur de la paroisse. En 1110, Benoît, évêque d'Aleth ou de Saint-Malo, ratifia ce don, et Guillaume, abbé de Marmoutier, donna de précieuses reliques à l'église de Saint-Martin. Cet établissement reçut graduellement des dîmes et d'autres biens à Crédin, à Guillac, à Rohan, à Molac, à la Ferrière, à Lantenac, à Ménéac, à Lanouée, etc... L'église de Saint-Martin, bâtie au XIIème siècle dans de vastes proportions, avait la forme d'une croix latine, avec quatre absidioles. Il ne reste en 1891 que le bras sud et le choeur tronqué, mais les arrachements de l'ancienne nef permettent d'en mesurer la largeur. L'appareil est petit et irrégulier. Les fenêtres, hautes et étroites, sont un peu évasées à l'intérieur ; les contreforts sont simples, élevés et peu saillants. C'est dans cette église que furent inhumés le comte Eudon II en 1180, son fils Eudon III en 1231, et plusieurs autres membres de leur famille. Le couvent touchait à l'église, et renfermait un nombre respectable de religieux. Le prieur était le chef de la communauté et le recteur du faubourg. Quand il cessa d'administrer la paroisse, il se fit remplacer, suivant l'usage, par un vicaire perpétuel, à portion congrue. Au XVIème siècle, le prieuré lui-même tomba en commende et fut occupé par des prêtres séculiers ; les Calvinistes réussirent même à s'emparer momentanément de l'église et laissèrent au bâtiment voisin le nom de Huguenoterie. En 1580, il y avait encore deux religieux à Saint-Martin, entretenus aux frais du prieur commendataire. Celui-ci avait droit de haute, moyenne et basse justice sur les sujets du couvent, le droit de corvée, de moulin, de pêche, de chasse, de colombier, etc.., et jouissait de revenus considérables. En 1730 ces revenus étaient évalués à 8,000 livres, mais les charges montaient à 7,000 ; le vicaire perpétuel avait environ 362 livres après avoir payé ses charges (Joseph-Marie Le Mené - 1891).

Voir  Josselin Notice sur le Prieuré de Saint-Martin de Josselin, membre de l'abbaye de Marmoutier.

 Voir  Josselin Le Prieuré de Saint-Martin de Josselin d'après des chartes de Bretagne.  

l'ancien prieuré de Saint-Michel. De la chapelle de ce prieuré, dépendance de celui de Saint-Martin, devenu une grange, il ne restait, en 1930, qu'une porte et de petites fenêtres romanes en plein cintre, en forme de meurtrières (Grand Roger, Mélanges d'archéologie bretonne, p. 91). Ce prieuré, dépendant de l'abbaye de Saint-Jean-des-Près, était situé dans la ville close de Josselin, et avait donné son nom à une rue. Sa chapelle construite en appareil irrégulier, présente de petites fenêtres romanes : elle a subi quelques retouches pendant la période ogivale. Une tradition, qui paraît fondée, affirme que cette chapelle servit, pendant les guerres et les sièges, de refuge à la paroisse Saint-Martin, située hors des murs. Les fonctions curiales n'y ayant été faites qu'en passant, le titre de paroisse n'y est pas resté. On possède, depuis le XVIème siècle, les registres de baptêmes, de mariages et de sépultures des paroisses de Notre-Dame, de Saint-Martin et de Saint-Nicolas, mais rien de Saint-Michel : preuve qu'il n'y avait pas de paroisse. Toutefois, le prieur de Saint-Michel, comme celui de Saint-Martin et celui de Saint-Nicolas, prétendait avoir certains droits dans l'église de Notre-Dame et s'intitulait co-recteur de Notre-Dame. C'est grâce à cette singulière situation que Saint-Michel était appelé parfois prieuré-cure : ce n'était en réalité qu'un prieuré simple. Le titre en était porté souvent, dans les derniers temps, par le prieur claustral de Saint-Jean-des-Près. Le prieur de Saint-Michel de Josselin avait, en 1730, un revenu brut de 144 livres 7 sols et ses charges montaient à 48 livres 4 sols 6 deniers : il lui restait donc un revenu net de 96 livres 2 sols et 6 deniers. C'était peu, mais le bénéfice en lui-même était modeste : il ne comprenait que la chapelle, la maison prieurale et un jardin. Ces trois immeubles, confisqués à la Révolution, furent adjugés, le 12 février 1791, à Y. Rouault, pour la somme de 2 225 livres (J. M. Le Mené) ;

l'ancien prieuré de Saint-Nicolas. Ce prieuré était situé, dans le faubourg de ce nom, au sud-est de la ville. Il avait été fondé en faveur de l'abbaye Saint-Gildas-de-Rhuys, par l'un des vicomtes de Porhoët. Quand le prieur quitta le faubourg pour rentrer au monastère, il conserva, suivant l'usage, le titre de recteur primitif avec la dîme, et fut remplacé par un vicaire perpétuel, à portion congrue. Plus tard, vers le XVIème siècle, le prieuré lui-même fut perdu pour les religieux, et donné en commende à des prêtres séculier. Ce bénéfice possédait, outre l'église, une maison prieurale, deux jardins, des pièces de terre, un four banal, quelques fonds de tenues, des dîmes en divers lieux, le droit de foire à la fête de Saint-Nicolas, et la juridiction sur ses sujets. Le revenu du prieur était évalué en 1730 à 600 livres et la charge à 50 livres. En 1774, la charge était de 150 livres. En 1790 la ferme totale était de 780 livres, mais il fallait toujours en déduire les charges. Le prieur devait dire une messe par semaine à Saint-Nicolas, mais comme il n'y résidait pas, il la faisait dire par un chapelain ou par un autre prêtre. A cette charge il fallait nécessairement ajouter les décimes. Le vicaire perpétuel de Saint-Nicolas assistait aux processions de Notre-Dame du Roncier, et se prétendait co-recteur de cette paroisse pour un quart, à l'exemple de celui de Saint-Martin. Le 16 août 1794, le prieuré, avec toutes ses dépendances, fut vendu à la veuve Le Febvrier pour 6 700 livres. Après le Concordat, la petite paroisse de Saint-Nicolas n'a pas été rétablie et elle est englobée dans l'unique paroisse de Notre-Dame (J. M. Le Mené) ;

l'ancien prieuré de Sainte-Croix. Guéthenoc, fondateur du château de Josselin au XIème siècle, avait promis aux moines de Redon de leur construire un monastère auprès de sa demeure, si le local le lui permettait. Il paraît avoir commencé lui-même la construction de ce couvent sur la rive droite de l'Oust, et par conséquent dans l'ancien diocèse de Vannes. "Après la mort de son père, le vicomte Josselin fit venir (vers 1059) Pérénès, abbé de Redon, et lui donna le couvent de Sainte-Croix et des SS. martyrs Corneille et Cyprien, avec le vieux faubourg, jusqu'au milieu de la rivière d'Oust, et tous ses revenus, et toute sa juridiction en toute liberté. Et pour avoir toujours les conseils des moines, il leur donna dans son fief les villas de Crannam et de Tinsédio, près de Sainte-Croix, le quart de la fête de saint Michel, Plucgaduc en Kemenet (Gomené ?), Fossat et Criat en Lanouée, Kerkernam en Guillac, Treublen en Loyat, Corrinbuhucan en Guilliers, Kerloern en Mohon, Kéridloen en Ménéac, Kermoil en Plumieux, Kermelennan en Loudéac, Tresmes en Noyal, Coidan en Pluhuduc (Pleugriffet ?) et Choitmesun en Neulliac. L'abbé et les moines, voyant la dévotion du vénérable vicomte, donnèrent à la dite église de Sainte-Croix, la permission et le droit de recevoir les sépultures, comme l'église de Redon l'avait reçu du pape ; ils lui unirent aussi toutes les terres qu'ils possédaient déjà dans l'étendue de la dite châtellenie" (Cart. p. 242). Le prieuré de Sainte-Croix ayant reçu du vicomte Josselin la juridiction sur ses sujets, constitua un véritable fief. Il reçut également de l'évêque de Vannes la juridiction spirituelle sur ses sujets immédiats et forma une paroisse. Il y avait donc là un prieuré-cure. L'église de Sainte-Croix, construite au XIème siècle, existe encore. Le prieuré de Sainte-Croix avait été largement doté par les vicomtes de Porhoët. Ainsi, vers 1110, Menguy de Sérent, chevalier, fils de Marquer, sentant venir sa mort, voulut recevoir l'habit monastique : Raoul, prieur de Sainte-Croix, le lui donna, et promit de l'enterrer dans son couvent. Les deux frères du malade, Judicaël et Pierre, demandèrent les mêmes faveurs et donnèrent au prieuré les dîmes qu'ils possédaient (Ib. p. 303). Vers 1120, Conan de Sérent, se trouvant à Redon, blessé mortellement d'un coup de lance y prit à son tour l'habit monastique, et donna aux religieux la dîme de sept villages (Ib, p. 338). D'un autre côté, le prieuré reçut, on ne sait quand, une rente de trois mines de seigle, mesure de Porhoët, sur le moulin de Hugo en Taupont, et aussi une rente de trois mines de froment en la paroisse de Guilliers. Il eut également une rente de 16 boisseaux de froment sur divers villages de Guégon. Il possédait aussi un moulin à Sainte-Croix et cinq journaux de prairie. Lors des aliénations de la fin du XVIème siècle, il fallut vendre une partie de ces propriétés, mais elles furent presque toutes rachetées en peu de temps. Dès le XIVème siècle, les moines quittèrent Sainte-Croix, mais le prieur conserva la dîme à la 11ème gerbe ; le vicaire perpétuel, à la présentation de l'abbé de Redon, reçut une portion congrue et le casuel pour le service de la paroisse ; son presbytère était situé dans la rue Basse du faubourg, et avait un jardin derrière ; son revenu net était évalué en 1756 à 425 livres. Le revenu du prieur était bien supérieur. Le dernier titulaire affermait, en 1785, son bénéfice pour la somme nette de 4 800 livres, payables en deux termes, à la charge pour le fermier de recueillir la dîme, de payer les décimes, les messes du prieur, la portion congrue du vicaire et du curé et les droits de visites. Toutes ces charges étaient évaluées à 1 700 livres. En les ajoutant au revenu net du titulaire, on arrivait à un total de 6 500 livres. Le surplus du revenu était pour le fermier. Les prieurs connus de Sainte-Croix, sont : François Gatechair (pourvu en 15.., démissionnaire en 1575), Laur Hayart, de Montertelot (pourvu en 1575 et en 1588), Fr. Julien Guérif (pourvu le 29 juin 1586), Fr. Jacques Le Marquis (pourvu en 15.., démissionnaire en 1595), Fr. Charles Ferré (pourvu le 28 janvier 1595), Fr. Jean Verdeau, de Redon (1607-1624), Jean Mullot (pourvu en 16.., démissionnaire en 1645), Jean-Baptiste de Reynès (pourvu en 1645), Joseph de la Pomelié (pourvu en 1713, démissionnaire en 1733), François Romanet de Beaune (en 1733, démissionnaire en 1757), François Esmoing de la Grillière (en 1757, dépouillé en 1791). La Révolution, ayant supprimé les dîmes et les droits féodaux, vendit les immeubles. Le 19 mars 1791, la maison prieurale, le jardin, le pré et les bois furent adjugés au sieur Le Mouel pour 4 225 livres. Le 2 avril suivant, le moulin de Sainte-Croix fut vendu à M. Allain pour 12 000 livres. Le presbytère et le jardin furent cédés, le 1er mars 1794, à J. Cottier pour la somme de 700 livres. La vieille église de Sainte-Croix, rendue au culte après le Concordat, est aujourd'hui réduite au rand de simple chapelle, mais elle conserve toujours la relique de la Vraie-Croix, qui lui a donné son nom (J. M. Le Mené) ;

l'ancien couvent du Mont-Cassin, aujourd'hui disparu. L'abbaye des religieuses bénédictines de Saint-Sulpice près de Rennes, fondée vers 1115, possède cinq maisons dans le diocèse de Vannes, à savoir : Locmaria en Plumelec, Priziac en Molac, Saint-Léonard en Saint-Martin, Kerléano en Brech, et le Mont-Cassin à Josselin. Cet établissement, bien que fondé par une ancienne prieure de Locmaria en Plumelec, ne dépendait pas absolument de Saint-Sulpice de Rennes ; il avait son existence séparée, et il porta même pendant quelque temps le titre d'abbaye. Voici le texte de l'acte de fondation : "Sur la remontrance faite par illustre et révérande dame Suzanne de Guémadeuc, religieuse et ancienne prieure de Locmaria en la paroisse de Ploumelec, évesché de Vannes, à très hault et très illustre princesse, Madame Marguerite, duchesse de Rohan, princesse de Léon, comtesse de Porhouet, etc ... veuffve de Mgr Henry Chabot, duc de Rohan, etc ., à ce qu'il luy eust pleu luy permettre de faire bastir et construire dedans son proche fieff du comté de Porhoet un couvent de filles de l'ordre de Saint-Benoist, proche de la ville et forbourg de Saint-Nicolas du d. Josselin, au lieu nommé la Longueraye, acquis depuis peu de temps en sa faveur par Messire Sébastien du Guémadeuc, conseiller du roy en tous ses conseils, seigneur evesque de Saint-Malo, abbé de Saint-Jean-des-Prés et de la Noë, à condition de tenir le d. établissement et le relever prochement de la d. dame duchesse de Rohan, à cause de son d. comté de Porhouet, comme fondatrice, et à elle seule appartenant tous les droits, honneurs, prééminences et prérogatives, supériorité de patron, tant en l'église, chapelles, couvent, cloistre, places, jardins, et autres bastimens et ediffices, quelle pourra faire bastir, tant au d. lieu de la Longueraye que aux acquests qu'elle pourra faire, elle et celles qui succéderont au prieuré du d. lieu, et que pour conserver la mémoire du présent octroy s'oblige la d. dame du Guémadeuc de faire graver et entretenir à jamais à ses frais les écussons des armes de la d. dame duchesse de Rohan, tant pleines qu'en alliance, aux portes, entrées, charpentes, coings, corniches, vistres, et autres lieux accoustumés et les plus éminents.. A quoy la d. dame de Rohan inclinant par la considération particulière qu'elle a pour la personne du d. Sgr évesque de Saint-Malo, et amitié de la d. dame du Guémadeuc sa soeur ... consent que, aux conditions cy-devant représentées, la d. dame du Guémadeuc fasse édifier et construire la d. église et couvent, à ses frais et despans, ainsi qu'elle voira l'avoir affaire, parce que les d. bastimens tant de l'église que du d. couvent ne pourront estre élevés de plus de quarante pieds de hauteur de muraille, attendu la proximité du château de Josselin ; - et outre de recevoir une damoizelle d'extraction, telle qu'il plaira à la d. dame duchesse et à ses successeurs de la présenter, pour y posséder la charge et honneur du cloistre, sans prétendre aucuns deniers ny pension pour l'entrée et profession de la d. fille, et ce à partir de 1707. Outre ce que dessus, la d. dame duchesse de Rohan consent que le d. Sgr évesque de Saint-Malo, son neveu et ses successeurs du nom de Guémadeuc, mettent les écussons de leurs armes en dessous de celles de Rohan, en tels lieux qu'il leur plaira, comme estant dotateurs au d. couvent, et qu'ils jouissent du droit que les fondateurs ont d'entrer eux et leur famille au d. couvent toutes fois et quand il leur plaira. Et outre, à la prière de la d. dame de Guémadeuc, consent la d. dame duchesse de Rohan que le nom du d. lieu de la Longueraye soit changé en celuy du Mont-Cassin du Guémadeuc, pour ce que la d. dame du Guémadeuc se pourvoira vers le roy pour avoir sa permission pour le d. establissement, la d. dame duchesse de Rohan n'y donnant la sienne que pour son interest seulement, et à condition d'accomplir les clauses cy devant exprimées, sans quoy le présent acte de concession n'auroit esté accordé. Fait et gréé au d. château de Josselin... Ce dernier jour de juillet 1677, après midy. Signé Marguerite de Rohan - Soeur Suzanne du Guémadeuc". Les travaux pour la construction du nouveau prieuré commencèrent aussitôt. Le prieuré fut érigé en abbaye en 1682, et Louis XIV, par une faveur spéciale, permit à l'évêque de Saint-Malo de nommer les deux premières abbesses. Son choix tomba naturellement sur sa soeur Suzanne, fondatrice de la maison. A sa mort, en 1701, il désigna pour lui succéder Eléonore du Guémadeuc, sa nièce, prieure de Locmaria en Plumelec. Celle-ci mourut en 1716, et fut remplacée par Sébastienne Thérèse de Faramus, qui mourut vers 1739. Le titre abbatial fut alors supprimé et la maison redevint un simple prieuré comme à l'origine. La nouvelle prieure, Anne Prémigénie Hervieu, fit aveu, le 12 août 1739, au prieur de Sainte-Croix, pour plusieurs pièces de terre situées dans ce fief. Madame de Faramus en avait fait autant, le 29 avril 1734, au prieur de Saint-Nicolas pour les immeubles relevant de lui. Au-dessus de ces deux prieurs était le duc de Rohan, à qui ils rendaient eux-mêmes hommage. Le monastère proprement dit comprenait alors l'église, les maisons, les cours, les parloirs, les jardins, le tout enclos et contenant sous fonds 368 cordes et demie. Les soeurs présentes au conseil en 1739 étaient : Anne Prémigénie Hervieu (prieure), Jeanne Marguerite de Forsanz (sous-prieure), Brunite de la Ville-Aubert (discrète), Soeur de la Hatrie (discrète et secrétaire du chapitre), Marie Eulalie de Lesquen (dépositaire). En 1774, on trouve au chapitre : Anne Harscoet de Keravel (prieure), Marie Eulalie de Lesquen (dépositaire), Anne Pélagie de la Villéon (discrète), Julienne Thérèse de Vaucouleurs (discrète), Céleste Renée de la Chapelle (discrète). Anne Harscoet de Keravel était prieure en 1779 et résigna en 1785. En 1790, la communauté comprenait : Françoise Sainte Angélique Houeix, de Sérent (42 ans, prieure), Rose Jeanne Perrine Trutot, de Pontscorff (51 ans, sous-prieure), Julienne Thérèse de Vaucouleurs, de Plumaugat (83 ans), Françoise Jeanne de la Vigne, du Port-Louis (38 ans), Guillemette Jeanne Dinel, de Mohon (41 ans), Andrée Royer, de Tours (41 ans), Michelle Jeanne Kerpédron, de Guillac (61 ans), Marie Josèphe Cécile Harscoet, de Josselin (30 ans), Madeleine Françoise Dinel, de Loyat (43 ans), Hélène Billot, de Ploërmel (26 ans), Marie Thérèse Pringué, de Saint-Maudé (56 ans), Charlotte Le Métaer, de Lamballe (40 ans), Jeanne Gouret, venue des Moutons (40 ans), Marie Jeanne Bréchard, venue de Locmaria (67 ans). Les soeurs converses étaient : Guillemette Nicolas, de Saint-Gonnery (54 ans), Vincente Le Hellec, d'Arradon (41 ans), Madeleine Camper, de Josselin (50 ans), Jacquette Audouar, de Mauron (42 ans) [Arch. L. 780]. Les soeurs furent brutalement expulsées en 1791. La métairie de Canguillier, en Lanouée, avait été vendue le 29 janvier 1791, à M. Le Gal, pour 4 300 livres. La métairie de Kerbellec, en La Croix-Helléan, avait été adjugée, le même jour, à la veuve Léveillé, pour 13 848 livres. La métairie des Gaubus, en Helléan, fut cédée, le 1er mars 1794, à M. Edy, de Josselin, pour 7 200 livres. La prairie du couvent fut vendue, le 16 août 1794, à M. Campagne, au prix de 5 075 livres. Les bâtiments et l'enclos furent adjugés, le 16 mars 1795, à Y. Rouault, député, pour 21 100 livres. Ainsi fut ruiné le Mont-Cassin de Josselin (J. M. Le Mené) ;

l'ancien couvent des Carmes, établi en 1625. Les Carmes s'établirent à la porte de Saint-Nicolas en 1625, et obtinrent des lettres patentes en 1655. C'est parmi eux que vécut le P. Isaac de Jésus Maria, l'auteur de l'opuscule sur Notre-Dame du Roncier. Leur maison est en 1891 occupée par les soeurs de la Sagesse et l'oeuvre des Retraites ;

l'ancienne chapelle des Bénédictins, construite à la fin du XVIIème siècle dans le style de la Renaissance pseudo-classique ;

la croix-calvaire (XVème siècle), située dans le cimetière de la chapelle Sainte-Croix. Elle est ornée de plusieurs personnages : un Christ en croix, saint Laurent, saint Jean Baptiste et sainte Anne couronnée avec la Vierge Marie ;

le château de Josselin (XIV-XVème siècle), encore surnommé le château des Rohan, édifié par Olivier de Clisson (1336-1407) à l'emplacement d’une forteresse datant de la fin du XIème siècle, édifié par Guéthenoc, vicomte de Porhoët et cadet de la Maison de Bretagne. Guéthenoc, témoin du concours que provoquait la statue de Notre-Dame du Roncier sur les bords de l'Oust, décide de quitter son château de Thro, en Guilliers, pour se fixer près d'elle, et commence vers 1025 la construction d'un nouveau château, qu'il appelle Josselin, du nom de son fils, et qu'il veut rendre tributaire de l'abbaye de Redon (Cart. p. 241). Il y fait même élever une chapelle en l'honneur du Saint-Sauveur. Le château est brûlé en 1161 par Henri II d'Angleterre qui "met tout à feu et à sang sur les terres des seigneurs rebelles, ruines leurs villes et leurs châteaux... Le monarque irrité... signale tous ses pas par la plus terrible vengeance, prend et brûle le château de Josselin....". Le château est à nouveau incendié en 1170 par Henri II Plantagenet "le château de Josselin fut incendié et ensuite détruit jusqu'au fondements ; les habitants partirent pour l'exil et le comte Eudon fut chassé de son duché". Le château est rebâti par Eudon (décédé en 1180) dès 1173 et les travaux, poursuivis par Eudon III durent jusqu'en 1231. Il devient successivement la propriété des familles Fougères (en 1241, suite au mariage de Mathilde, fille d'Eudon III, avec Geoffroy, comte de Fougères), Lusignan (en 1253, suite au mariage de Jeanne de Fougères avec Hugues de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême), Charles de France (en 1314), Valois (en 1322, suite à l'accession de Charles de France au trône de France), Alençon (en 1328, suite à une donation du Porhoët par Jean de Valois, futur Jean II le Bon). Le château est à nouveau saccagé par les Anglais en 1342. En 1351, Jean de Beaumanoir est gouverneur du château pour Charles de Blois. Le château est cédé en 1370 par Pierre d'Alençon et Robert d'Alençon (Comte du Perche) à la famille Clisson (Olivier, sire de Clisson et sa femme Béatrix de Laval) en échange "de la baronnie, châtellenie, et de toute la terre du Tuit ... en la vicomté de Falaise en Normandie .... et pour deux mille livres de rente tournois". C'est Olivier de Clisson qui décide, à partir de 1375, de la construction des trois tours, d'un donjon (détruit en 1629 sur ordre de Richelieu), et du logis-porte (détruit en 1762). Charles V donne 11 200 francs à Clisson pour aider aux travaux de la place. Josselin devient alors la forteresse la mieux armée de Bretagne (enceinte féodale de 4500 mètres carrés, avec un châtelet-résidence et neuf tours plus un énorme donjon de 26 mètres de diamètre et de 32 mètres de haut, bâtie à l'Est). Olivier de Clisson décède le 23 avril 1407 et il est enseveli dans l'église Notre-Dame-du-Roncier. Sa fille aînée Béatrix, issue de son mariage avec Béatrix de Laval et mariée à Alain VIII de Rohan, est l'héritière en 1407 du Porhoët et de Josselin. Le château passe donc par mariage entre les mains de la famille Rohan en 1407. Au-dessus d'une des portes du rez-de-chaussée, dans la cour, on peut encore voir l'écusson d'Olivier de Clisson accolé à celui de Marguerite de Rohan, sa seconde épouse. Le 25 juillet 1429, à la mort d'Alain VIII, son fils Alain IX hérite du château de Josselin. En 1450, Alain IX épouse Marie de Lorraine Vaudémont au château de Josselin. Le 1er octobre 1473, Marie de Bretagne, épouse de Jean II, accouche d'un fils nommé Jean qui est baptisé dans l'église paroissiale de Josselin par Pierre de Rieux, évêque de Cornouaille. Le 10 juin 1478, Jacques, fils de Jean II et de Marie de Bretagne naît au château de Josselin et est baptisé dans l'église paroissiale par l'abbé Saint-Méen de Gaël (il a pour parrain Pierre de Rohan, baron de Pontchâteau, et pour marraine Mlle de Rohan du Gué-de-l'Isle). En 1474, le comte de Pembroke est arrêté et retenu prisonnier au château de Josselin par le duc François II jusqu'en 1476. En mai 1480, Rolland de Rostrenen est capitaine de Josselin. Vers 1488, le duc de Bretagne décide de démanteler le château pour punir son vassal d'avoir pris le parti du roi de France. Jean II de Rohan (1452-1516) récupère son château et entreprend, en 1490, une campagne de restauration du château de Josselin, qui va durer près de vingt ans (la restauration se termine vers 1510). Le grand logis de style flamboyant datent de 1495-1506 : il a été construit pour Jean II de Rohan. Il ne reste que quatre tours, à l'origine plus élevées et couronnées de mâchicoulis, puis abaissées au début du XVIème siècle par Jean II de Rohan. Ce dernier fit percer sur la façade extérieure Sud des fenêtres plus grandes et ajouter six grandes lucarnes. La grande longère, en surplomb de l'Oust, a été construite à la fin du XVème siècle et rénovée vers 1505 par Jean II de Rohan : la longère mesure 70 mètres de long sur 7,5 mètres de large et 16 mètres de haut. Les dix lucarnes, situées sur la façade intérieure Nord, datent du XV-XVIème siècle. Les lucarnes incrustées dans la toiture, la galerie ainsi que les cheminées sont parsemées de sculptures : hermines, lis, macles des Rohan, arabesques, animaux fabuleux, etc ... En 1504 et 1505, Jean de Rohan paye encore des sommes importantes à Rolland Crenn, son connétable de Josselin pour les employer à "l'œuvre et édifice de son château". A la mort de Jean II de Rohan, le 1er avril 1516, Jacques, son fils, lui succède. A sa mort, le Porhoët passe à sa sœur Anne, épouse de Pierre de Rohan-Gié, qui devient ainsi comte de Porhoët. Après la mort de Pierre de Rohan, en 1540, le Porhoët est recueilli par René Ier (époux d'Isabeau d'Albret en 1534). René se convertit au protestantisme avant de mourir au siège de Metz en 1552. Josselin et le Porhoët reviennent alors à son fils Henri qui chasse les bénédictins de Saint-Martin de Josselin vers 1560 et accueille à Josselin un synode calviniste en juin 1563. Henri de Rohan meurt à Blain le 26 juin 1575. Josselin fait alors partie du douaire de sa veuve, Françoise de Tournemine, dame d'Arton, qui décède au château de Josselin le 26 janvier 1609. René II, fils de René Ier et époux de Catherine de Parthenay, meurt à la Rochelle en 1586. En 1589, Sébastien de Rosmadeuc, capitaine-gouverneur de la ville de Josselin, craignant une attaque des Ligueurs, décide de rétablir les fortifications détruites en 1488 par ordre de François II. Les Ligueurs de Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercoeur, assiègent Josselin au début du mois d'avril 1589. Sébastien de Rosmadeuc se rend à Saint-Laurent, capitaine des Ligueurs, et le duc de Mercoeur fait alors du château une de ses places d'armes. Josselin reste aux mains des Ligueurs jusqu'à la fin de la guerre et, en 1596-1597, Coëtlogon Kerbério commande encore la ville de Josselin et le château au nom de Mercoeur. Suite à la paix signée le 13 avril 1598 (l'Edit de Nantes), Henri II de Rohan, général des armées du roi Henri IV, rentre en Bretagne. En avril 1603, Henri IV élève la vicomté de Rohan au rang de duché-pairie. Suite à l'assassinat de Henri IV en 1610 par Ravaillac et l'avènement du règne de Louis XIII, la famille Rohan, qui avait pris le parti de la Réforme et qui s'opposait à Richelieu, tombe en disgrâce. Le Roi veut "qu'il (duc de Rohan) soit poursuivi comme ennemi de notre Etat et principal auteur des troubles et factions présentes … nonobstant tous privilèges, même celui de la Pairie, desquels il est déchu … attendu l'énormité du crime notoire de rébellion.". Le 1er décembre 1627, Louis XIII fait don des biens de Rohan à Condé, à charge de démolir la forteresse de Josselin. A Josselin, cinq des tours de l'enceinte sont abattues "la grosse tour de Josselin fut, par commandement du roi, commencée à abattre au mois de mai 1629 ; la partie du soleil levant, environ un tiers, tomba la première le 7 mai ; le côté vers la ville tomba le 14 mai, et le côté vers le pont (de la rivière) tomba le 19 mai" (La Touche-Berthelot). Le 27 juin 1629, suite à l'Edit de Grâce qui met fin à la guerre de religion, Rohan obtient la grâce pour lui et toute sa famille. Par brevet du 8 août 1629, il est remis en "paisible possession et jouissance de ses terres et châteaux". Suite à la mort de Henri Ier de Rohan, en 1638, sa fille Marguerite hérite de tous ses biens. En 1644 (et jusqu'en 1660), Jacques Pelisson, sieur de La Ferassière, est capitaine des châteaux de Josselin et de Blain. Marguerite (dernière des protestantes de la famille Rohan) épouse en 1645 Henry Chabot, seigneur de Saint-Aulaire. Le 19 septembre 1646, Henry Chabot est fait duc par décision royale. C'est à cette époque que la famille de Rohan délaisse la forteresse de Josselin pour résider à Paris et à Pontivy. En 1694, après la bataille de Camaret, le château sert de prison aux soldats anglais. L'aveu rendu au roi en 1696 mentionne "le château et forteresse de Josselin, avec ses tours, parapets, machicoulis, fossés, grand et petit ponts, levis et dormant, ainsi qu'il est basty sur roc tout proche la rivière d'Aoust". Le château redevient prison en 1758, après la bataille de Saint-Cast. En 1760, Louis III de Rohan Chabot fait raser ce qui reste des deux tours qui encadrent le pont-levis et la première porte. Il ne reste alors que les trois tours de la façade vers l'Oust et une tour séparée du logis qui sert de prison et de bureau pour le greffe de la juridiction seigneuriale. En 1776, la comtesse de Chassonville et Alain, recteur de Notre-Dame du Roncier établissent une maison de charité au château, sous les auspices de la duchesse de Rohan, née Emilie de Crussol d'Uzès. Durant la Révolution, le château est mis sous séquestre et abrite l'administration du District, puis une prison, une caserne, la mairie, avant d'être récupéré par la famille Rohan en 1814. Vers 1794, la forteresse est délabrée : "Représentez-vous le château de Josselin ... vieux, branlant et misérable : plafonds tombés, planchers usés, toits percés, des portes qui ne ferment pas, des décombres partout ; la cour est celle d'une ferme, l'eau croupit dans le puits devenu une citerne infecte, et la grande tour qui reste seule du sacrilège de Richelieu, se dresse lamentable, ruine elle-même au milieu de toutes ces ruines" (Le Falher). Le 8 février 1794, il y a 30 détenus au château et le 25 avril 1794, à la suite de la décision de Prieur de la Marne d'incarcérer à Josselin les prisonniers de Vannes et Ploërmel, leur nombre atteint 156. Le 14 mai 1794, à la suite d'une rafle, il y a 176 détenus, et le 20 juin 1794, il y a 251 détenus. La prison du château est officiellement fermée par arrêté du représentant Bruë en date du 3 avril 1795. L'édifice est transformé en caserne le 23 septembre 1799 et, d'autre part, la municipalité y siège toujours. Les soldats évacuent le château au début de l'été 1800. Presque ruiné, le duc de Rohan doit se séparer de ses biens en Bretagne par acte du 25 août 1802. L'acheteur est Louis Henri Janzé, ancien fermier général du duché. Le 24 novembre 1814, Janzé revend le château à Louis-Auguste de Rohan-Chabot. Le château est restauré après 1824 par Auguste Rohan, puis par son successeur le duc Fernand-Anne-Louis à partir de 1833 et jusqu'à sa mort en 1869. Le chantier est dirigé par Jules de La Morandière jusqu'en 1880, par Henri Lafargue de 1880 à 1904 et par Alain Lafargue en 1917, avant d'être ouvert au public vers 1930. Le duc Charles Louis Josselin meurt au château le 6 août 1893. L'édifice abrite plusieurs peintures : une huile sur toile intitulée "Henri II, duc de Rohan" (datée du XVIIème siècle), une huile sur toile intitulée "L'amiral Ducasse" (datée du XVIIIème siècle). Le cartel Louis XV et les vases en porcelaine de Sèvres, situés dans le grand salon, datent du XVIIIème siècle. La statue équestre du connétable Olivier de Clisson, située dans la salle à manger, date de 1892. La bibliothèque en bois de chêne date de la seconde moitié du XIXème siècle (on y trouve plusieurs portraits de femmes de la famille de Rohan). Le grand salon date de la fin du XIXème siècle (on y trouve plusieurs portraits : Alain de Rohan de Klots (1913-1966), Josselin de Rohan de Domergue (1879-1916), le cardinal de Rohan, ....). La salle à manger date de la fin du XIXème siècle. Dans le mur extérieur (à gauche et au-dessus de la cheminée) d'un petit salon situé dans une des tours du château se trouve une plaque de marbre portant ces mots : "Ici reposent les coeurs d'Henri, Vicomte de Rohan, mort le 26 juin 1575, de René II, Vicomte de Rohan, mort en 1586, de Catherine de Parthenay, Vicomtesse de Rohan, morte en 1628" ;

la fontaine Notre-Dame-du-Roncier (1675), située dans le quartier Saint-Nicolas. On y trouve le blason des Rohan ;

les maisons à pan de bois (XVIème siècle), situées au n° 21 rue Olivier Clisson, rue des Vierges, au n° 3 rue Georges-le-Berd (1538) ;

les maisons à pan de bois (XVIIème siècle), situées au n° 7, rue des Trentes (1624, maison Louyo Piechel), et au n° 27, rue Olivier de Clisson (1610) ;

des maisons (XVIIIème et XIXème siècles), situées rue du Val-d'Oust ;

la demeure du chapelain (XVIème siècle), située Chapelle Sainte-Croix. Il s'agit de la demeure du chapelain à l'époque où Sainte-Croix était une paroisse ;

la loggia de Saint-Martin (XIIème et XXème siècles), édifiée au début du XXème siècle, sur le croisillon Sud de l'ancien prieuré de Saint-Martin ;

l'ancien manoir des Cruyères (XVIème siècle) ;

le manoir "Castel-Damien" ;

la tour isolée (XIVème siècle) ;

les moulins à eau de Beaufory, de Beauport ou Beaufort (XVIIème siècle), de Craneuc et un moulin à tan. A Josselin, sont mentionnés, dès 1202, un moulin à foulon, et, dès 1231, un moulin à tan ;

A signaler aussi : 

l'ancien hôpital Saint-Jean, fondé au XVème siècle et reconstruit en 1728. Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem avaient un petit hôpital et une chapelle, dédiée à saint Jean, à l'extrémité de la rue du Val-d'Oust, sur le bord de la rivière. Cet établissement, tombé en commende et possédé longtemps par les recteurs de Notre-Dame, à la charge d'une messe par semaine, fut démoli en 1773 ;

l'ancien hôpital Saint-Jacques, mentionné en 1424 dans le testament d'Alain VIII de Rohan, était situé au nord de la ville, dans la paroisse de Saint-Martin. Transformé en chapellenie, à raison d'une messe par semaine, et décoré du nom pompeux et faux de prieuré, il fut rendu à sa première destination en 1728, et confié peu après à trois soeurs de la Providence, puis aux filles de la Sagesse, qui l'occupent encore en 1891. La duchesse douairière de Rohan, Marie-Elisabeth du Bec-Crespin, fonda, en 1732, un certain nombre de messes à dire dans la chapelle de cet hôpital. Quant à la maladrerie de Josselin établie à Saint-Laurent, elle n'a rien laissé de particulier à l'histoire (J. M. Le Mené) ;

Josselin a possédé jadis jusqu'à 3 halles, aujourd'hui toutes disparues ;

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ANCIENNE NOBLESSE de JOSSELIN

Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence de 8 nobles de Josselin : 

Pierre AVALEUC (40 livres de revenu) : défaillant ;

Jehan DE LA COURT (60 livres de revenu) : défaillant ;

Jacques DU BOT (30 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan NOGUES (40 livres de revenu) : défaillant ;

Olivier OUDART (40 livres de revenu), de la maison du vicomte de Rohan (en 1477) ;

Robin PABOUL (20 livres de revenu) : défaillant ;

Les héritiers de Jehan STANGULTAUFF (5 livres de revenu) : défaillant ;

Les héritiers de Jehan DE VALLEE (60 livres de revenu) : défaillant ;

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