Concarneau : Histoire, Patrimoine, Noblesse (commune chef lieu de canton)

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CONCARNEAU

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La commune de Concarneau (bzh.gif (80 octets) Konk-Kerne) est chef lieu de canton. Concarneau dépend de l'arrondissement de Quimper, du département du Finistère (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de CONCARNEAU

Concarneau tire son nom du latin « concha » (anse, baie) et de Kerneo

Port de Concarneau

Au fond de la baie de Cornouaille existe un îlot rocheux, le conque de Cornouailles, autrement dit " Concq Kerneis ". L'acte le plus ancien où il est question de Conc date du XIème siècle. C'est, semble-t-il, le cartulaire de Landévennec. Le " locus sancti Wingualoei in Buduc ", Saint-Guénolé de Beuzec-Conq, est mentionné parmi les dépendances de l'abbaye au Cartulaire (XIème siècle). Ce Cartulaire mentionne que Gradlon donne à Saint-Guénolé (le fondateur de l'abbaye de Landévennec), en Beuzec, cinq maisons. Le mot " en Beuzec " s'entend de la " paroisse de Beuzec " comprenant l'îlot de Conc. Le seul prieuré que l'abbaye de Landévennec ait eu en cette paroisse est celui de Conc.

D'autres historiens prétendent qu'un dénommé Concar, fils d'Urbien et époux d'Azénor s'empare de la petite île de Conq qui était primitivement habitée par les Pictes. Concar baptise sa ville Concar-Keroneos (Conkerneos) qui se traduit à cette époque (en 692) " Concar, fils d'Urbien ". Concar s'éteint en 725. Conc est pris pour la première fois par " les Français " en 799. Ces derniers vont y rester pendant dix ans avant d'en être chassé par les bretons en 809.

Concarneau était autrefois une ancienne trève de Beuzec-Conq que Concarneau a englobée depuis le 27 août 1945. Il s'agit, semble-t-il, d'un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Melgven (ou de Pleuven, d'après Couffon). Beuzec-Conq doit son nom à saint Beuzec ou Budoc, fils de la comtesse Azénor. Beuzec-Conq (noté Buezec Conc en 1325 et Bozoc Chonc vers 1330) s’est agrandi en 1791 de sept hameaux appartenant à Trévidiern. Beuzec était doyenné, depuis le Concordat jusqu'en 1831.

Ville de Concarneau (Bretagne).

C’est à l’îlot fortifié, formant aujourd’hui la ville close, que s’est attaché le nom de Conc. L’îlot de Conq dépend durant le Moyen Age de la paroisse de Beuzec. Le quartier de Lochrist semble être l’ancien centre paroissial. Vers le Xème siècle, l’abbaye de Landévennec y établit un prieuré qui deviendra la future église tréviale (Saint-Guénolé). 

C'est au XIVème siècle, une forteresse puissante, occupée par une garnison anglaise (de 1342 à 1365). A cette époque, le duc Jean IV avait gratifié de la châtellenie de Concarneau, un Anglais, Raoul Knollès. En 1373, Bertrand du Guesclin s'en empare et chasse les anglais. Concarneau est alors tenu par le connétable Clisson au nom du Roi et ne verra plus la guerre jusqu'à la mort de Jean IV en 1399. C'est le duc Jean II qui, vers 1285, aurait semble-t-il fait entourer la ville d'une première enceinte murale. Il faut attendre 1451 pour que Pierre II, duc de Bretagne, fasse reconstruire la muraille : travaux colossaux qui vont continuer sous Arthur III et François II (père d'Anne de Bretagne) jusqu'en 1476-1477. Pris et repris lors de l'invasion française de 1489, le site est livré par la duchesse Anne aux Anglais, qui l'occupent jusqu'à son retour définitif à la France en 1495. Un état de l'artillerie qui garnissait la ville en 1495 a été publié par les Bibliophiles bretons. Il nous montre l'église Saint-Guinnolay (Saint-Guénolé) servant de parc d'artillerie, car on y conserve quatre couleuvrines de fer montées sur roues et affûts, et une grosse couleuvrine non montée. Au moulin, c'est-à-dire près de la tour qui se trouve entre la porte au vin et le passage, il y a plusieurs couleuvrines, un canon de fer tirant pierres de gretz et une couleuvrine de fer à teste de serpent. En 1532, l'union de la Bretagne à la France met Concarneau sous la domination française et la ville reste alors pendant près de 60 ans sous le joug de la famille les Prestre de Lézonnet. Après une occupation huguenote en 1576, la place est fortifiée par le duc de Mercoeur, chef de la Ligue en Bretagne.

Ville de Concarneau (Bretagne).

Le 17 janvier 1576, la ville de Concarneau est "surprise par les hérétiques calvinistes, gentilshommes du pays, au nombre de 30 cavaliers environ, conduits par les sieurs de La Vigne, le Houlle de Kermassonnet". Assiégés du 17 au 22 janvier 1576 par la population des villages avoisinants (plus de 8000 hommes) et par des gens armés de Quimper (sieurs de Kerharo, Kymerch, Kerjolis, Coat-Bian, Mesle, Bodigneau, Logan, Coscaër, Kerdégau,....), les calvinistes devront capituler. Pendant les guerres de la Ligue, Concarneau fut le théâtre des luttes des deux partis ; les faits fort intéressants qui s'y rattachent ont été exposés de main de maître par le chanoine Moreau, et sont trop connus pour que nous les reproduisions ici ; nous noterons simplement que, peu avant les troubles, Concarneau donna refuge à un malheureux roi de Portugal, dom Antoine ; voici, en quelques mots, son histoire d'après Moréri. Fils d'Emmanuel, roi de Portugal, dom Antoine (né en 1531) fut dépossédé du trône par son oncle Henri qui, soutenu par les Espagnols, prétendit que dom Antoine n'était pas enfant légitime et fit brûler toutes les pièces qui prouvaient le contraire. Cependant, à la mort de Henri, Antoine fut proclamé roi par le peuple de Lisbonne et prit possession du palais ; mais le roi d'Espagne s'empara à main armée de Lisbonne, et le prince dut s'embarquer pour gagner la France ; les vents contraires l'obligèrent à demeurer en son pays pendant huit mois, déguisé en matelot ou en moine. Enfin, il s'embarqua pour la Hollande, d'où il vint en France et chercha refuge à Concarneau vers 1582. Mais les Espagnols vinrent l'y poursuivre, comme nous l'apprend cette lettre du 4 Août 1585, de l'ambassadeur de Toscane (Négociations diplomatiques de la France avec la Toscane, tome IV, p. 622. « Don Antonio di Portugallo, quel re fuoruscito, è fuggito en la Rochelle, dove è ben visto e ben guardato dai cittadini, perche essendosi ritirato in Concarneau, luogo della Reina Madre in Brettagna ed ivi sorpreso da alcuni navili spagnuoli, perche il luogo è sul mare, dei quali era capo il nipote del marchese Santa Croce ; ma la diligenza che fece in salvarsi, insieme col figlinolo bastardo e Diego Botteglia suo favorito e confidente antiquo, lo ha liberato dal pericolo. Non dimeno molti de suoi, meno di lui pronti al salvarsi, furono presi e menati in Spagna ; e questa pratica non è stata, come si dice, senza saputa dei Guisi, massime del duca de Mercœur, in modo che il povero principe ha trovato plu di sicurezza nei nemici di dio e di se che negli amici propri » ; en voici la traduction de l'original écrit en italien. « Dom Antoine de Portugal, ce roi exilé, s'est enfui à la Rochelle où il est bien vu et bien gardé par les habitants de ce port ; il s'était en effet retiré à Concarneau, place de la Reine mère en Bretagne, mais comme cette place se trouve au bord de la mer, quelques navires espagnols, commandés par le neveu du marquis de Sainte-Croix, tentèrent de le surprendre ; mais ayant fait diligence pour se mettre en sûreté, il échappa au péril avec son fils batard et Diego Botteglia, son favori et ancien confident ; cependant plusieurs de ses serviteurs, moins prompts que lui à se sauver, furent pris et conduits en Espagne. On dit que cette tentative n'a pas été faite à l'insu des Guises, notamment du duc de Mercœur ; en fait, le pauvre prince a trouvé plus de sécurité près des ennemis de Dieu, qui sont aussi les siens, que près de ses propres amis ». De la Rochelle, dom Antoine gagna l'Angleterre, puis revint en France et mourut à Paris le 25 Août 1595.

Dans son aveu de 1682, l'Evêque de Quimper déclare « avoir la seigneurie de ligence, foi et hommage à cour et juridiction sur les habitants de la rue nommée L'aire l'Evêque, donnant de l'Orient sur la grève, du Midi et Couchant sur le chemin de la grève et du fauxbourg de Concarneau à la croix de Keranbrigant et au grand sable, au Septentrion sur deux parcs dits Pors Penamen et en partie sur une rue qui mène de la dite grève au four de la dite L'aire l'Evêque ». Parmi les actes passés en la cour et juridiction de l'Evêque de Cornouaille à Concarneau, nous citerons : - Un contrat d'acquêt de Jean Marion, en 1474 ; - Un aveu des habitants de L'aire l'Evêque, en 1540, qui, à cette époque, sont : Hervé Pezron, Jean Flatrès, Vincent Bolloré, Alain Bello, Guillaume Maguérès, Constance Stéphan, Mahé Bouganès, Pierre Moëlan, Pierre Lucas, Bernard Glopias, Guenolay Rouzanet, Jacques Le Doff, Marie Jézéquel, Pierre Le Bars, Yvon Le Moign, Jan Le Maingoff, Germain Perrot, Yvon Quéré et Auffret Ansquer ; - Aveu de Peronelle de Kerguen, pour le four Trévaré, sur la grande rue et chemin de L'aire l'Evèque et sur Parc Bras dépendant de Portz an Barz, 1562 ; - Aveu de Jeanne Floc'h, veuve de Vincent Bolloré, 1562, pour terres en L'aire l'Evêque ; - 1613. Contrat d'acquet d'une maison appartenant aux enfants mineurs d'honorable homme Hervé Moëlan, de son mariage avec Margely Helory, maison et jardin entourés de muraille, en la rue neuve, au fief de l'Evêché de Cornouaille. Le 5 Novembre 1613, le sergent certifiait s'être à cette effet « transporté par trois dimanches consécutifs, jusqu'au bout de la halle et cohue de la dite ville de Conq, bien accoutumé à faire les bannies et proclamations de justice incontinent après les issues des grandes messes dominicales célébrées en l'église de Monsieur St Guénolay, lesquelles bannies ont été faites en langage breton et français » (Archives départementales).

Ville de Concarneau (Bretagne).

Concarneau a toujours été non seulement un port de pêche, mais aussi une pépinière de marins courageux prêts à mettre leur dévouement au service de la patrie en danger ; nous en avons une preuve dans l'acte suivant consigné sur les registres de décès de la petite paroisse de Saint-Mathieu-fin-de-terre : « Le samedi 11 Septembre 1656, une frégate de Conquerneau, appartenant à M. de Chalain, président du Parlement de Bretagne, armée de cinq pièces de canon et de 48 hommes, fut attaquée par deux frégates d'Ostende, devant l'abbaye de Saint-Mathieu, et se défendit courageusement tant à coups de canons que à coups de mousquetz ; mais voyant que la partie n'était pas égale, elle vint debout à terre auprès dudit Saint-Mathieu, sans aucun mal, fors le porte-enseigne, qui fut tué d'un coup de canon qu'il reçut aux reins ; il était frère du Sr. Monlouis, lieutenant de Conquerneau. Un jeune garçon de 13 à 14 ans y fut aussi tué d'un coup de mousquet à la tête.. Le même jour, ils furent enterrés honorablement dans l'église de Saint-Mathieu. ». Le 26 août 1806, le vaisseau "le Vétéran", commandé par le prince Jérôme Bonaparte, vient chercher un refuge contre une division anglaise jusque sous les murs de Concarneau, où il reste mouillé pendant près de trois ans. Le Vot, qui a publié ce récit dans le Bulletin de la Société académique de Brest, ajoute qu'il fut reconnu exact par l'ancien commandant du Vétéran. « Le Vétéran, vaisseau de 86 canons, fut lancé à Brest le 1er Août 1803. En Décembre 1805, le prince Jérôme, nommé capitaine de vaisseau, en prit le commandement. Dans le courant d'Août, il revenait d'une campagne à Cayenne, sous le commandement de l'amiral Willaumez, après avoir enlevé six navires à un convoi anglais ; mais comme il était près de Belleisle, toute une division anglaise se mit à sa poursuite. Le 26 Août 1806, par un temps sombre mêlé de pluie et de violentes rafales, les habitants de Concarneau, réunis sur le rivage, contemplaient, non sans effroi, un vaisseau français qu'une division anglaise poursuivait à portée de canon. Ce vaisseau était le Vétéran. Furieux de la capture faite le 18 Août, l'amiral Keith, qui croisait sur les côtes de France, s'était mis à la recherche du vaisseau français, décidé à lui faire payer cher son succès. Le 26, serré de près par l'Anglais, le capitaine Jérôme Bonaparte, rangeant la côte le plus près possible, manoeuvrait pour éviter les récifs qui rendent ces parages si dangereux et cherchait un mouillage où il pût être à l'abri ; arrivé dans le groupe d'îlots formant l'archipel des Glénans, le commandant, voyant qu'il ne pouvait éviter plus longtemps l'ennemi sans risquer de se perdre sur les brisans, réunit en conseil tous ses officiers, afin d'arrêter une résolution définitive. L'état-major ne savait à quel parti s'arrêter ; Jérôme, jeune, intrépide, préférant mourir les armes à la main plutôt que de servir au triomphe d'un amiral anglais, déclara que, pour lui, il ne voyait que deux partis à prendre : donner tête baissée sur la division ennemie, forcer le passage et mettre le cap sur Brest, ou aborder le vaisseau amiral et se faire sauter avec lui. L'une de ces résolutions allait être adoptée, quand Halgan, capitaine de frégate, commandant en second, qui venait de s'éloigner pour commander une manoeuvre, entendit le matelot Jean-Marie Furic dire tout bas : " Si on voulait, moi j'entrerais bien le vaisseau dans le port de Concarneau ".  — " Bougre d'imbécile, " dit le second du prince, et, répondant comme malgré lui au matelot : " Tu crois donc qu'un vaisseau à trois ponts ne cale pas plus d'eau que ta barque de pêche ? " — " C'est vrai, Commandant, répondit tranquillement Furic, mais cela n'empêche pas que, si on voulait, j'entrerais le vaisseau à Concarneau ". Cette persistance commença à fixer l'attention d'Halgan. " Voyons, ajouta-t-il, sais-tu t'orienter, sais-tu où nous sommes ? " ­ " Croyez-vous donc que je ne connais pas les rochers, les passes et tout le bataclan d'un port où je suis né ? " répondit Furic ; et il se met à faire une description si exacte de tous les points avoisinants, que le capitaine Halgan, le prenant par le bras, le mène au prince Jérôme, et s'empresse d'expliquer que ce nouveau pilote affirme pouvoir entrer le vaisseau à Concarneau. Jérôme interroge Furic, puis, se tournant vers son état-major : " Allons, Messieurs, autant cela que se faire sauter, essayons ". " Ecoute, dit-il au matelot, je te donne carte blanche, te voilà commandant du bord, ordonne, on t'obéira ". Sans se le faire répéter, Furic prend le commandement du vaisseau et, la main au gouvernail, porte droit sur un point que la vague couvre de son écume. Plusieurs officiers se hâtent de faire observer au jeune prince que le matelot les mène en plein sur les récifs, et, chose plus curieuse, une frégate anglaise, qui suivait de très près le Vétéran, voyant la direction nouvelle prise par celui-ci, s'arrête court, tandis que l'amiral Keith, en ennemi généreux, fait signal au vaisseau français qu'il court à sa perte. Mais Jérôme ne tient compte ni des observations de son état-major, ni des signaux de l'amiral anglais ; confiant dans l'expérience et le sang-froid de son pilote, il se livre complètement à lui, et bientôt le Vétéran, longeant avec rapidité la pointe de Bec-Meil, s'engage hardiment dans la baie de la Forêt et y vient mouiller à l'abri des coups de l'ennemi, stupéfait d'une pareille audace ». Cette position n'était pas bonne, car le vaisseau ne pouvait pas être suffisamment soutenu par les batteries de la côte ; on le conduisit alors dans le port même de Concarneau, après l'avoir allégé d'une partie de son artillerie. Le 2 Septembre 1806, le prince Jérôme partit pour Paris, remplacé par le capitaine de vaisseau Le Bozec. Différents essais pour conduire le Vétéran à Lorient n'ayant pas réussi, ce vaisseau fut complètement désarmé le 14 Avril 1808. Le capitaine Le Bozec fut remplacé par le capitaine de vaisseau Le Forestier ; mais ce ne fut que le 18 Juillet 1809, que le Vétéran, à demi réarmé, gagna Lorient, où il entra le lendemain 19 Juillet. On s'est longtemps rappelé, à Concarneau, l'animation, les fêtes et distractions que procura à cette petite ville le séjour des brillants officiers du Vétéran. En 1849, sur la recommandation du prince Jérôme, Furic reçut la croix de la Légion d'honneur ; mais il était mort lorsque le prince revint visiter Concarneau en Août 1852 (M. Abgrall).

Simple trève de Beuzec-Conq jusqu'à la Révolution, Concarneau est érigé en paroisse lors du Concordat, et en doyenné en 1831. Beuzec était doyenné, depuis le Concordat jusqu'en 1831, mais le 24 Août de cette année, fut rendue l'ordonnance suivante : « La cure de Beuzec-Conq, canton de Concarneau, est transférée dans le commune de Concarneau, la succursale établie à Concarneau est transférée à Beuzec-Conq ».

Ville de Concarneau (Bretagne).

Les paroisses de Beuzec-Conq et de Lanriec, aujourd'hui en Concarneau dépendaient autrefois de l'ancien évêché de Cornouaille. La ville actuelle de Concarneau se compose de deux quartiers : la Ville-Close (avec son enceinte couronnée d'un parapet et flanquée de grosses tours rondes : on y pénétrait par trois portes munies de pont-levis) et le faubourg Sainte Croix (de beaucoup le plus important aujourd'hui).

Lanriec, anciennement dans la paroisse de Trégunc, comporte depuis la fondation de la paroisse du Passage en 1926, deux paroisses : la paroisse de Lanriec et celle du Passage. Il s'agit sans doute, à l'origine, d'une fondation monastique (le "lann" de saint Riec ou Rioc, disciple de saint Guénolé). 

On rencontre les appellations suivantes : Conc (en 1279), Chonc (vers 1330), Conq (en 1407), Beuzeuc Conq (en 1468), Concarneau (en 1489).

On rencontre les appellations suivantes : Lan Rioc (au XIème siècle), Lanriec (vers 1330), Lanreuc (en 1368, en 1405), Lanriec (en 1535).

Ville de Concarneau (Bretagne).

Note 1 : La première mention que nous trouvions de Concarneau dans l'histoire nous est fournie par le Cartulaire de Landévennec, qui relate (f° 151), une charte par laquelle Gradlon donna à saint Guénolé le lieu dit Saint-Guénolé, en Beuzec « locum sancti Uuingualoei in Buduc », ce qui ne doit pas s'entendre qu'il y eut du temps de saint Guénolé un lieu en Beuzec déjà dédié à saint Guénolé, mais que Gradlon lui donna en Beuzec un lieu qui devint un prieuré portant le nom de saint Guénolé, à l'époque où le rédacteur du Cartulaire, au XIIIème siècle, insérait une notice sur cette donation. Depuis cette époque, saint Guénolé de Concarneau demeura un bénéfice dépendant du monastère de Landévennec jusqu'au commencement du XVIIIème siècle, époque à laquelle fut supprimé le titre du prieuré, comme il se voit par la délibération suivante empruntée au registre des délibérations de Landévennec, conservé aux Archives départementales : « Le 23 Novembre 1727, les religieux de Landévennec, considérant l'extrême pauvreté de l'Hôpital de Concarneau, sujet à des dépenses surtout lorsqu'il y a de grandes maladies ou que, des bâtiments relâchant au dit port, il se trouve plusieurs matelots malades, consentent à l'extinction et suppression perpétuelle du titre de prieuré de St Guénolé et à l'union irrévocable de ses biens à l'Hôpital, qui payera vingt sols par an à l'abbaye ». Le prieuré de Saint-Guénolé vit de bonne heure se grouper autour de lui un certain nombre de pêcheurs, qui trouvèrent un lieu fort propice pour exercer leur métier dans cet îlot ou presqu'île située au fond d'une baie profonde. Plus tard, les ducs de Bretagne y virent un lieu propre à servir de refuge, pour le pays voisin, contre les incursions des pirates, et bientôt Concarneau devint une place forte. C'est ainsi que nous la trouvons entourée de remparts, au XIVème siècle, lorsqu'elle fut prise sur les Anglais par Duguesclin, en 1373, qui, quinze jours après avoir pris Hennebont, « alla assiéger Concarneau, qui fut pris d'assaut, et tous les Anglais passés au fil de l'épée excepté Jean Longuai, capitaine de la place, qui eut cartier » (D. Morice). Nous ne ferons pas l'histoire militaire de Concarneau, mais nous empruntons au savant historien M. Trévédy, la mention suivante qu'il a trouvée dans la Géographie de Philippe Briet, imprimée en latin en 1648. Il s'agit du miracle dont le souvenir a été vaguement conservé par la tradition, à savoir que la mer se serait retirée pour laisser passage libre à la procession de la Fête-Dieu à Concarneau ; voici le texte latin de Philippe Briet : « In episcopatu Corisopitensi ad vicum Concarneau in die augustissimi Sacramenti festo, solemnis habetur supplicatio semper circa horam decimam ; illa per aestuarium traducitur eique cedit aestus maris. Si tum intumuerit sensim detumescit viamque Christi corpus sequentibus facit ; neque umquam dilata supplicatio licet, cum primum ex basilica egrederetur mare intumesceret. Acta publica iussu Episcopi confecta » (« Au diocèse de Quimper, dans la petite ville de Concarneau, a lieu toujours environ dix heures la procession solennelle du Saint-Sacrement à l'occasion de la Fête-Dieu. Le cortège doit traverser la grève, et le flot lui cède le pas ; si c'est le moment du flux, on le voit peu à peu décroître pour laisser passage aux fidèles qui suivent le corps du Christ ; et jamais la procession n'a été retardée, alors même que la mer montait au moment de la sortie de l'église. Ces faits ont été constatés par des actes publics dressés sur l'ordre de l'Evêque »). La fête du Saint-Sacrement fut instituée par Urbain IV, en 1264 ; mais en 1270, cette fête n'est pas mentionnée au calendrier de la cathédrale de Quimper ; quant à la procession solennelle du Corpus Christi, elle ne fut en usage que plusieurs années après l'institution de la fête. Dont Guéranger l'a trouvée mentionnée dans les actes du concile de Sens en 1320 ; dans le diocèse de Quimper, la fête, certainement, et très probablement la procession étaient adoptées par l'usage de l'église de Quimper dans la première partie du XIVème siècle, car une pièce du Cartulaire est datée du mercredi après la fête du Sacrement, en 1350, « die mercurii post festum Sacramenti, anno Domini M CCC quinquagesimo ». Il est certain qu'au XVème siècle, la procession de la Fête-Dieu était établie en France, et l'on peut croire que c'est dans le courant du XVème siècle qu'avait lieu à Concarneau le prodige constaté comme il est dit plus haut, prodige qui cessa, croyons-nous, à la fin du XVème siècle, lors du remaniement des fortifications de la ville par la duchesse Anne ; car pour expliquer le prodige, nous supposons qu'avant cette époque les murailles de Concarneau se terminaient au côté Ouest par l'enceinte qui, actuellement, est la seconde après le passage du pont, et c'est pour cette raison que la chapelle voisine de cette entrée de la ville s'appelait Notre-Dame du Portail. Il est évident qu'à cette époque, il n'y avait ni fossé ni pont-levis pour entrer dans la place ; autrement, pas plus qu'aujourd'hui, il n'y aurait eu lieu à miracle pour passer à pied sec. Mais alors, une sorte de sillon couvert à marée haute joignait la ville à la terre ferme. On conçoit, dès lors, que la procession arrivant de Beuzec, la mère église, toujours à la même heure, eût dû, quelquefois du moins, être naturellement retardée de 15 à 30 minutes dans son passage, et c'est pour n'avoir jamais été retardée que l'on parle de prodige, prodige qui cessa d'être constaté et tomba peu à peu dans l'oubli depuis l'établissement d'un fossé coupant le sillon et d'un pont-levis permettant l'entrée de la ville à toute heure de la marée,. transformation que nous avons attribuée par hypothèse à la duchesse Anne, mais qui fut certainement exécutée dans le courant du XVIème siècle (M. Peyron).

Ville de Concarneau (Bretagne).

Note 2 : M. de Berthou, qui a publié pour les Bibliophiles bretons l'itinéraire en Bretagne de Dubuisson Aubenay, ce gentilhomme normand qui note au jour le jour ses remarques sur les lieux qu'il parcourt en 1636, nous parle en ces termes de Concarneau : « Conq simplement et Conqkerneau qui est Conq en Cornouaille, appelée en breton Kerneau et en dialecte de Léon Kerné, car Conq est la première ville de la séneschaucé de Cornouaille. De Pont d'Aven à Conquerneau, il y a deux lieues, presque toutes lande. Conq ou Conkerneau est une petite place environ de cent maisons, bastie ou fortifiée pour la nourriture et seureté des enfans des Ducs, qui autrefois estoient là élevés à cause du bon air. Elle est située en mer qui l'environne à l'Est, par un canal, communément appelé la Chambre, de 60 ou 80 piés de large et de profondeur de 20 en basse eau, de 40 ou 50 en autre marée, et qui avance un quart de lieue plus outre et reçoit les ruisseaux d'eau douce de Fromeur et de Lisivi, où l'on peut abreuver les chevaux. Ce bras est celui qu'il faut passer en bateau venant de Kimperlé et lequel, quand la marée vient, la laisse aller autour de la ville au Nort, puis aussy au Sud, de l'autre costé opposite et à son entrée biaise du Sud à l'Ouest. Il y vient peu de vaisseaus et la place, durant basse-eau, est de trois costés à sec ; mais en marée est de trois costes environnée d'eau, Il n'y a que le canal à l'Est, dit la Chambre, qui demeure toujours plein. A l'Ouest, c'est l'isthme ou terre qui n'a jamais d'eau si non par sous le pont-levis et dans le fossé du dongeon. Il n'y a que du costé d'Ouest que la place tient à terre ferme, par une langue de terre, comme fait Saint-Malo. La ville est bien ceinte de murailles de larges pierres à gros grain, à tours, bastions et fers à cheval, et un gros dongeon qui, à la porte de terre, sert de réduit et de demeure au Sr. du Puy Robin, qui y commande à 20 hommes mal entretenus, sous le gouvernement du sieur de Rouet du nom de la Béraudière, jeune cavalier qui a succédé à son père, le Sr. de l'Isle de Rouet, en Poitou, et porte : equartelé au 1er et 4ème d'or à l'aigle à deux testes ou esployée de gueules, au 2ème et 3ème d'or à la croix de sable. Auparavant luy c'estait le Sr. de Lesonnet, du nom de Prestre (qui porte comme l'Evesque de Cornouaille), qui voulut tenir en 1619 contre MMrs. de Vendôme et le maréchal de Bissac et en sortit mal. La place est assez bonne, les murailles toutes à machecoulis, fort épaisses de pierre à gros grain qui se tire au proche terrain et fort aultes, malaisées à escalader. Il y a force terrain par derrière. Une poterne y donne entrée du costé de l'Est aux passagers du canal, une autre du costé de terre, opposite et à l'Ouest, est toujours ouverte, une troisième, au Nord, dite la porte des vins, est murée. Une grosse tour, qui sert de réduit et dongeon, accompagnée d'une autre tour des munitions, flanque et défend la porte de terre ou d'Ouest. Au Sud, un môle rompt les houles et coups de mer et conserve une longue courtine en arc entre deux tours ou plateformes. Mais du costé de l'Est, un costeau voisin, au-dessus du canal, à la portée du mousquet, commande la ville tout à fait ; on la peut battre aussy de 3 cens pas et du costé du Sud et du costé du Nord, quand la mer est retirée, roulant avec des clayes ou ponts les canons sur la vase. Il y a dans la place, cisterne et puits d'eau douce et entre autres un dans le dongeon ou réduit du gouverneur. Au reste, le trafic de vins et blais y est petit. La communauté, pauvre. Elle députe néanmoins aux Etats. Il y a bien cent hommes à porter armes et en un besoin deux cens. La paroisse est hors ville et s'appelle St Busec, Sanctus Budocus dans la ville, il y a trois églises, la grande chapelle de St Guennolé, Vingaloeus, Guengaloeus, bien jolie (Judith comitissa relicta Alani Conubiae comitis, anno 1065 sepulta est in ecclesia Sti Guengaloei) (Note : C'est-à-dire dans l'église de Saint-Guénolé, de Landévennec), celle de Nostre Dame du Portail et l'hospital de la Trinité. Le Recteur de St Busec est recteur de Conquerneau et y demeure. ».

Note 3 : Relevé des archives de Nantes concernant Concarneau : - C. 2,650. — Janvier 1622, les Etats réunis à Nantes prient le Roi d'ordonner de démanteler la ville de Concarneau. - B. 1,236. — Don d'une barque avec ses marchandises à Emmanuel-Philippe de la Béraudière, gouverneur de Concarneau. - B. 1,985. — 1762-1785, embellissement des quais ; construction d'une digue ; empierrement du quai d'Aiguillon ; indemnité à Christophe-Louis-Pierre Morineau, miseur pour frais de voyage aux Etats de Bretagne à Rennes ; construction d'un banc pour la municipalité en l'église de Concarneau ; honoraires du prédicateur du Carême ; réjouissances pour avantages remportés sur les Anglais. - B. 2,095. — 1762-1767, octrois adjugés à Jacques-Louis Dupont de Bodelio, pour 2.550 livres ; emprunt de 4.000 livres pour travaux au port ; Gabriel Fédor, adjudicataire du quai. - B. 2,096. — 1768-1773, secours aux familles décimées par les maladies épidémiques ; M. du Balay, médecin. - B. 2,097, 2,098. — 1780, réparations au quai de Péneroff ; construction d'une digue à la pointe de Péneroff ; Jean-Louis Morineau, ancien maire ; M. de Malherbe, député aux Etats ; construction d'un bac de passage. 1788, réparation aux vitraux de Saint-Guénolé, brisés par la mine qu'on fait sauter au passage.

Note 4 : Le grand missionnaire breton Michel Le Nobletz essaya d'évangéliser Concarneau en 1613, mais sans grand succès, comme nous le raconte le V. P. Maunoir, son biographe (vie manuscrite). « Après avoir rendu les derniers devoirs à sa mère, il retourna en hâte en Cornouaille et se rendit à Concarneau, qui est une ville des plus considérables de Cornouaille ; dans cette ville il n'y avait pas une douzaine de bourgeois qui sussent les mystères de la Tri­nité et de l'Incarnation ; le saint missionnaire y arriva un dimanche, pendant qu'on y disait les vêpres dans l'église et, montant en chaire aussitôt après, il commença l'explication de l'oraison dominicale et des commandements de Dieu. Comme ils n'avaient jamais ouï prédicateur qui prêchât aussi familièrement, les auditeurs, froissés qu'on les traitât en petits enfants ignorants des éléments de la doctrine chrétienne, quittèrent l'église, d'abord les soldats de la garnison, puis les bourgeois, prétendant qu'ils avaient assisté au discours d'un prêtre insensé. Mais sur les entrefaites, Mme la douairière de Kerouars vint rendre visite à sa soeur, Mlle de Kerleano qui, lui ayant parlé de ce prêtre insensé qui aurait prêché aux vêpres, apprenant qu'il s'agissait de dom Michel, qu'elle avait connu particulièrement en l'Evêché de Léon et où elle avait vu les grands fruits de ses travaux apostoliques, tâcha de désabuser sa soeur et les autres et d'ôter les impressions qu'avaient fait sur leurs esprits les murmures et faux jugements d'un peuple ignorant des mystères de notre rédemption ». « Vous ne savez pas, ajouta-t-elle, le prix du trésor que vous avez, et n'êtes pas dignes de le posséder ». Le Père Maunoir semble avoir tenu rancune à Concarneau de la mauvaise réception faite à son maître, car il n'y parut qu'une seule fois, en 1667, et probablement aussi à l'occasion de la mission donnée à Beuzec-Conq, en 1670. Le souvenir du bienfait de ces missions ne fut pas oublié, et nous savons qu'en 1720 (D. 7), Mme Gracienne Lafon de Rosmadou fonda une rente pour faire donner, par les Pères Jésuites, une mission de quatre ans en quatre ans, alternativement dans les paroisses de Saint-Mathieu de Quimper, Concarneau et Elliant (M. Abgrall).

Ville de Concarneau (Bretagne).

Note 5 : La pêche de la sardine a, de tout temps, été la grande ressource de ce petit port, et, dès le XVIIIème siècle, on y exprimait les mêmes plaintes et les mêmes appréhensions que de nos jours, touchant la disparition du poisson par l'usage des dragues ou sa dépréciation par l'envahissement de la sardine espagnole. C'est ainsi qu'en 1718 (B. 4, 267, Archives de Rennes), « les habitants de Belle-Ile ayant remontré que les pêcheurs de Vannes, Arzon, etc., viennent dans la rade et pêchent la sardine avec des filets appelés seines ou dragues chargées de 8 à 10 livres de plomb par brasse, détruisant ainsi l'herbe qui sert de retraite aux sardines, le Roi défend de se servir de ces filets à moins de quatre lieues de la côte sous peiné de 50 livres d'amende et confiscation des bateaux et filets ». Dix ans plus tard, le 1er Décembre 1728, un adoucissement est apporté à ce règlement, et le Roi « autorise les pécheurs des amirautés de Vannes et de Quimper à se servir du filet appelé improprement dreige ou drague, qui a été reconnu semblable à celui autorisé pour les pêcheurs des amirautés de Marenne et la Rochelle ». Le 16 Brumaire an IV (7 Novembre 1795), M. Le Guillou Pénanros écrit à son correspondant de Bordeaux : « Je vois que ma sardine est arrivée dans un moment qui contrarie mes intérêts ; on me dit qu'on ne trouve pas 20 livres de la demie. Si l'Espagne continue à faire passer de la sardine en France, nous pourrons bientôt fermer nos magasins et abandonner Concarneau ». Alors comme aujourd'hui, l'entente n'était pas parfaite entre pécheurs et négociants, et ces derniers étaient accusés de vouloir accaparer le monopole de la rogue et de la pêche ; c'est ce sentiment que nous allons voir en action dans une scène passablement comique qui se déroula à Concarneau en Juillet 1771, et dans laquelle l'animosité des pécheurs contre les négociants se complique d'un conflit des plus curieux entre magistrats (voir Archives départementales, B. 1828). Un montreur de marionnettes s'était établi dans le courant de Juillet sur la place de Concarneau, et tâchait de gagner le plus honnêtement possible son argent en amusant le public, lorsque, le 17 de ce mois, il parcourut la ville, publiant que, ce soir même, Polichinelle chanterait une chanson nouvelle sur la rogue et la sardine. C'en était assez pour remplir la barraque, et, devant tout Concarneau, l'on chanta la rogue et la sardine ; mais si les pécheurs applaudirent à outrance, il n'en fut pas de même des négociants, comme on en pourra juger par la plainte qu'ils déposèrent au représentant de la police de Concarneau, en l'absence de M. du Laurent, sénéchal, « maître Jean-Hyacinthe Boyer de Boislaunay, licencié aux droits, doyen des avocats postulants en le bareau ». « MM. les juges royaux de police de Concarneau supplient humblement les Srs. Catala, Dupont Bodelio, Belot et Cie, Michel Rateau jeune et Cie, Henry Le Cocq, Bonhomme, dlle Susanne-Françoise Gaillard, veuve Galabert, tous négociants à Concarneau et fabriquants de sardines, demandeurs et plaintifs contre un certain quidam dont la profession est de jouer des gobelets et de représenter des farces au moyen de ces machines qu'on nomme vulgairement des marionnettes, ledit quidam logé à l'auberge où pend pour enseigne les Trois-Pigeons, aux fauxbourgs de cette ville. Disants que comme l'honneur et la réputation sont les biens les plus précieux de tout citoyen, il n'est rien aussi qu'on doive conserver, avec plus de soin, les dits suppliants se voient aujourd'hui forcés de réclamer votre justice pour se faire réparer la leur qu'un balladin a voulu flétrir. L'exposé sincère des faits vous convaincra que c'est avec la raison la plus sensible qu'ils portent leur plainte à votre tribunal. Ce balladin, arrivé depuis peu en cette ville, a représenté au public, à différentes fois, ses farces, authorisé de permission de magistrats. On ne pouvait se plaindre de lui tant qu'il est resté dans les bornes de la décence ; mais un de ces jours derniers, le 17 de ce mois, il a porté à une compagnie de citoyens de probité, le coup le plus injurieux que puisse recevoir l'honneur, il a banni publiquement et dans tous les carrefours de la ville, qu'il représenterait ce jour la farce de Polichinelle pêcheur et qu'il ferait chanter une chanson nouvelle faite au dit Concarneau sur la Rogue et la Sardine. Une pareille annonce, Messieurs, devait avec raison étonner tout autre que ceux qui avaient prémédité cette scène. Le balladin effectua ce qu'il avait annoncé publiquement, et, dès le soir du même jour, dès que tous les spectateurs furent assemblés, il fit chanter la chanson annoncée. Le respect que l'on porte au tribunal de la justice ne permet pas, Messieurs, d'en rapporter les termes, il suffit de vous exposer que les suppliants désignés sous le nom de marchands de rogues y sont injuriés grossièrement et l'épithète la plus douce pour eux est peut-être celle de j. f. Sensibles avec raison à un libelle aussi diffamatoire, ils résolurent dès lors de réclamer votre authorité pour arrester le cours d'un abus aussi violent. Il est inouï que des gens de cette espèce abusent des permissions de MM. les Magistrats au point d'offenser grossièrement et publiquement des citoyens respectables à tous égards, comme le fait ce joueur de marionnettes. L'on pourrait même dire, Messieurs, en quelque façon, c'est faire servir l'authorité des officiers de police à étayer l'impudence, que d'annoncer, par leur permission, qu'on injuriera publiquement des habitants et des négociants dont l'état est fondé dans toutes les parties du monde sur la plus sévère probité. Ce ne sont pas des motifs personnels seulement qui engagent vos suppliants dans cette démarche, une cause plus importante les a décidés. Dans le vrai, en effet, cette chanson, ou pour mieux dire ce libelle insultant, ne tend à rien moins qu'à soulever les esprits et à insinuer la révolte dans des hommes grossiers qui, se croyant anthorisés par de pareilles publicités, seraient capables de les porter aux dernières extrémités vis-à-vis de ceux que ce libelle leur représente comme des gens qui leur sont préjudiciables. Ce considéré, qu'il vous plaise, Messieurs, attendu la célérité de l'affaire et vu ce qui résulte de l'exposé, faire commandement au premier huissier ou sergent requis d'arrester le dit joueur de gobelets et marionnettes, le constituer sur le champ aux prisons de cette ville, pour passé de l'interrogatoire demander, dans la suite, telles condamnations d'amande ou autres qu'ils verront bon être pour réparation de l'outrage public qu'il a fait aux suppliants, et ferez justice (Suivent les signatures). 19 Juillet 1771 ». Sur cette plainte, dans l'après-midi du 19 Juillet, vers 3 heures, Louis-Charles Chacun, huissier, se présentait à l'auberge des Trois-Pigeons, où était descendu le batteleur, nommé Pierre-Julien Rivière, et le conduisit aux prisons de la ville pour y être maintenu par ordre du Sr. de Boislaunay, représentant le sénéchal ; mais une heure à peine après, voici le substitut du procureur du Roi, le Sr. Pouppon, qui arriva et fit élargir le prisonnier. Le témoin Janne Jacquès, femme de Jean Guillou, tailleur, dit en effet que le vendredi 19 de ce mois : « elle vit conduire aux prisons, par les huissiers du siège, ledit La Rivière, environ les 3 à 4 heures de l'après-midi et qu'à peine une demi-heure après, elle vit passer le sieur Pouppon, procureur du Roi, en robe, qui entra en prison et un moment après ressortit avec le dit La Rivière, qui tenait une bouteille en main et qu'ils furent tous les deux de compagnie jusqu'à l'auberge des Trois-Pigeons et que, faisant la route de la prison à l'auberge, il dit tout haut : " Je savais bien que j'eusse pas été longtemps en prison, ayant pour soutien un plus grand maître que celui qui m'y a fait mettre ", et que, sortant ensuite de l'auberge, il publia à son de tambour qu'il chanterait non pas une fois, mais trois fois le soir même la chanson de la rogue et de la sardine ». Nous saurons tout à l'heure la cause de l'intérêt témoigné à La Rivière par le substitut du procureur du Roi. En attendant, le substitut du sénéchal, ne voulant pas avoir le dernier mot, remettait en prison, dès le 20 au matin, le sieur La Rivière et, dès le soir, essayait vainement de l'interroger. « Nous, maître Jean-Hyacinthe Boyer, Sr de Boislaunay, avocat à la Cour, rapporte que, ce jour 20 Juillet 1771, environ les 3 heures après midy, m'étant transporté jusque en la prison du dit Concarneau pour devoir interroger Pierre-Julien Rivière, joueur de marionnettes, y constitué par nos ordres, comme faisant fonction de juge en l'absence du sénéchal, où étant rendu et au même moment est entré M. Mathieu-Jean-Joseph Pouppon, avocat, substitut du procureur général du Roy, lequel a commencé par m'attaquer, m'a demandé qui j'étais, ce que je cherchais ? A quoi luy ayant répondu que j'y étais allé pour interroger le dit Rivière y constitué à requeste des négociants insultés tant par paroles que par menaces, lequel dit Sr Pouppon m'a dit qu'il lui appartenait le droit de justice et de police et qu'il entendait faire sortir le dit La Rivière, quelque chose qu'il eût pu dire ou pu faire ; en conséquence de quoy il s'était resaisi de la clef des prisons, fait sortir le dit Rivière jusque dans l'appartement du geolier et, sur opposition par moi faite à l'aide d'huissier et recors, nous a tous maltraités tant de paroles que de coups, ce qui nous a obligés de nous retirer après y avoir fait de force renfermer le dit Rivière dans la prison et nous être saisi de la clef pour être déposée au greffe, où nous nous sommes retirés pour attendre que le dit Sr Pouppon ne se fut retiré, ce qu'il feignit de faire pour un moment, après lequel il revint au greffe demander la clef de la prison, habillé en forme de matelot, très épris de vin, disant qu'il voulait faire partir le dit La Rivière que j'avais fait enlever de chez lui pendant qu'ils dînaient ensemble, que le dit La Rivière n'avait rien dit ni chanté que de vray des dits négociants, qui étaient tous des vexateurs et faiseurs de monopole dans leur commerce de rogue et de sardines, que ce n'étaient que des j... f... ; laquelle clef lui ayant été refusée, il est sorti tout courroucé et, au sortir, entra chez le nommé Julien Enu, arquebusier, qu'il a fait le suivre avec un marteau et un ciseau ; à dessein de vouloir faire enlever et sauter la serrure de la porte des prisons ; ce que voyant, nous nous y sommes retransportés afin d'empêcher la fracture de la dite porte et la sortie du dit La Rivière ; ce que voyant, le dit Sr Pouppon m'a répété qu'il ne me connaissait aucunement pour avocat ni fondé en droit d'exercer la police en l'absence de M. le sénéchal, que lui seul en avait le droit et, en ce moment, s'est mis à crier : " A moi, matelots mes amis, on veut retenir cet homme, qui n'a fait que dire et chanter la vérité !". Vu lequel appel de matelots, nous avons déclaré nous retirer après y avoir fait sortir ledit Julien Enu, avec deffense que nous lui avons fait de faire aucune fracture ni effondrement de la dite porte, et chargé pour la sûreté et conservation dudit La Rivière les nommés Gargam, Fermal, Rocan et Le Guiriec, qui ont assisté à la capture, de ne pas quitter la dite prison, attendu le tumulte et menaces du dit Pouppon et crainte d'enlèvement ou effondrement des dites prisons. Ce rédigé au greffe, sur les 7 heures du soir des dits jour et an. D. Boislaunay, Doyen des avocats postulants du siège royal de Concarneau ». Cet appel à la révolte, assez étrange de la part d'un procureur du Roi, n'ayant pas réussi pour faire évader le prisonnier, le sieur Pouppon essaya d'obtenir le même résultat par surprise et vint, sous prétexte que le prisonnier était très gravement malade, requérir du sieur Sénéchal les clefs de la prison pour y introduire un médecin. Le procès-verbal du Sr. Boyer de Boislaunay va nous faire connaître le résultat de cette requête. « Le 21 Juillet 1771, vers 6 heures et demie du soir, noble M. Jean-Hyacinthe Boyer, Sr de Boislaunay, faisant fonction de juge, étant assis à la porte du greffe, s'est présenté M. Mathieu-Jean-Joseph Pouppon, avocat, substitut du procureur, venant demander la clef de la prison, disant que l'extrémité où se trouvait le dit La Rivière exigeait un prompt secours, que la présence d'un chirurgien était absolument nécessaire. Ayant fait venir un chirurgien, accompagné du régisseur du greffe, nous nous sommes transportés jusqu'aux prisons, où étant entrés et avec le dit Sr Pouppon, nous aurions trouvé le dit La Rivière debout à la fenêtre, mangeant une soupe qu'il tenait en main et qu'il remit à notre entrée sur la fenêtre, et dans le même instant, ayant sauté et assailli le Sr du Ballay (Nota : Noble homme Blaise du Balay, maître chirurgien, veuf de Marie-Corentine Papail de la Garde, avait épousé, à Concarneau, au mois de Janvier 1767, demoiselle Jeanne Gaillard de Rogerie, fille de feu noble homme Jean Gaillard de Rogerie et de demoiselle Suzanne Germai, originaire de Saint-Mathieu, Quimper), chirurgien, a arraché d'entre ses mains une canne de jonc garnie en argent dont il était saisi. Sur quoi, luy ayant remontré l'indécence et violence de son action et requis de remettre sa canne au dit sieur du Ballay, ce qu'il aurait refusé sur le soutien du dit sieur Pouppon qu'il avait fort bien fait et que la dite canne lui était acquise parce que, disait-il, l'on n'entrait point en prison avec des cannes. Vu que le dit la Rivière était en bonne santé, au rapport du dit Sr chirurgien, nous nous serions retirés et, voulant faire fermer la porte, nous aurions vu que la clef avait été enlevée, en apparence par le Sr Pouppon, qui avait sorti un moment avant nous dans la geôle, et que nous trouvâmes écrivant sur le registre d'écrou, qu'il remit dans une armoire qu'il ferma à clef, de laquelle il se saisit et l'emporta. Ce que voyant, nous aurions fait chercher Julien Enu, serrurier, demeurant près de la dite geôle, auquel nous aurions fait mettre un crampon de fer au défaut de clef pour la sûreté du dit Rivière et de crainte d'évasion et enlèvement, le dit Sr Pouppon lui ayant fait sortir de son autorité le 19 de ce mois. Après laquelle opération nous nous sommes retirés au greffe, d'où, après avoir fait rechercher des huissiers, nous nous sommes de nouveau transportés aux dites prisons avec M. Jean-François Hamon, l'un des sergents du siège, et Julien Enu, serrurier, pour faire mettre les fers au dit Rivière, attendu son effronterie et pétulance et de crainte d'enlèvement du prisonnier ». Enfin, force étant restée au juge, il commença, dès le 22 Juillet, à interroger les témoins, pour essayer de voir clair dans cette affaire et de connaître au moins l'auteur de la fameuse chanson qui, à notre grand regret, n'a pas été jointe au dossier. « 22 Juillet, 8 heures 1/2 du matin, en la chambre du conseil de l'auditoire, Jean Lagadec, maître de barque, de présent à Concarneau, faisant sa demeure ordinaire en la ville du Croisic, 30 ans, dépose que, le 19 de ce mois, étant à l'auberge où pend pour enseigne le Lion couronné, environ les 10 heures du soir, entra le sieur Poupon avec un maître de chasse-marée de Belle-Ile, qu'il ne connaît pas, auquel le sieur Pouppon demanda ce qu'il pensait de la chanson qui venait d'être chantée par le joueur de marionnettes, lequel lui répondit qu'il la trouvait assez mal composée ; sur quoi le dit Sr Poupon, procureur du Roy, se mit à la chanter ; sur quoi le déposant lui demanda si c'était lui qui l'avait faite, puisqu'il la chantait si promptement et qu'il en savait si bien l'air, à quoi il répondit au déposant que c'était bien lui qui l'avait composée ». C'était donc le substitut du procureur du Roi lui-même qui était l'auteur de la chanson, et dès lors il était naturel qu'il prit la défense de celui qu'il avait entraîné à chanter cette chanson que les négociants trouvaient si insultante pour eux ; mais nous ne devons pas trop nous étonner de voir ce magistrat attablé à l'auberge avec des marins, car lui-même, pour avoir ses coudées franches, s'était habillé en matelot pour assister au fameux spectacle ; c'est ce qu'atteste Jean Hellou, maître cordonnier, qui a parfaitement reconnu le Sr Pouppon réclamer que l'on recommençât par trois et quatre fois la chanson, « quoiqu'il était travesti en matelot, disant au joueur de se dépêcher de chanter la chanson, parce qu'il était pressé d'aller en mer pour faire sa pêche ». Jeanne Jacques, veuve Guillou, dit aussi qu'elle vit, « le dimanche soir 21 Juillet, vers 11 heures et demie du soir, et connut le Sr Pouppon, quoique travesti en matelot, accompagné de quatre autres matelots, chantant la dite chanson par la demeure du sieur Bodellio ». « Le Sr Blaise du Ballay, chirurgien, 41 ans, demeurant en la ville close, déclare que, le vendredi 19, il vit le dit La Riviére, joueur de marionnettes, battre la caisse, environ les 5 heures 1/2 du soir, et publier, par permission de MM. les magistrats, que le soir, à l'heure ordinaire, il représenterait ses marionnettes et qu'il chanterait la chanson nouvelle de Concarneau sur la rogue et la sardine ; que le déposant alla, le soir, voir le jeu, et que, l'on chanta la dite chanson, commençant par ces mots : " Ah mon Dieu, qu'ai-je donc fait ... ", et finissant par les mots : " Je me fous de tous ces Jean foutres ", laquelle chanson fut chantée à quatre différentes fois, par ordre de M. Pouppon ». Citons un dernier témoin, qui prétend bien ne vouloir témoigner que de son mécontentement d'avoir été cité, puisque l'état dont il fait profession ne peut lui permettre d'assister à de pareilles comédies, et pour peu, il ferait un procès aux négociants qui l'ont fait citer. Yves-Claude Vidal, curé de l'église tréviale de Concarneau, âgé de 37 ans, demeurant ville close, s'indigne d'être appelé comme témoin dans cette affaire. « Ce déposant a dit qu'il ne se présentait seulement que pour obéir à la justice, étant inouï et injurieux à un homme de son caractère, dépositaire du secret des consciences et des familles et obligé par devoir au secret naturel et divin, qu'on cherchât à lui tendre un piège et surprendre sa religion en l'assignant pour déposer dans un fait publique de marionnettes, farceur, balladin, d'une profession infâme deffendue par toutes les loix du royaume et de l'Eglise, et exclu de sa communion, que les plaintifs ne pouvaient supposer, sans la calomnie la plus noire et contre laquelle il se réserve de se pourvoir par voyes de droit s'il y avise, qu'il, fut fauteur de pareil désordre, spectateur ou témoin, comme injure personnelle à lui faite et à son état ... ». Nous ignorons comment finit cette singulière affaire, qui nous montre d'une manière si vivante les compétitions et jalousies personnelles d'une petite ville, et cette manie des chansons satiriques si en vogue à la fin du XVIIIème siècle. Disons seulement que la réputation du sieur Pouppon ne dut pas souffrir grand dommage de sa verve satirique, car, le 24 Novembre de cette même année 1771, sont publiés les bans pour le mariage de « noble maître Mathieu-Jean Pouppon, avocat au Parlement de Paris, procureur du Roi en la cour royale de Concarneau, fils de feu noble homme Mathieu-René Pouppon, receveur des devoirs en Pont-Croix, et de dame Elisabeth-Josèphe Le Jaddé, avec demoiselle Marie-Yvonne Kerillis Calloc'h du Moulin, fille de noble homme Yves Kerillis Calloc'h, officier d'infanterie garde-côtes, et de feu Dlle Jeanne-Augustine Guéguen de Saint-Vio, domiciliée à Trêguennec » (MM. Peyron et Abgrall).

Ville de Concarneau (Bretagne).

Note 6 : M. Dupuy cite une lettre de M. de Malherbe, en 1784, exposant la manière dont se constituait la Communauté de ville à Concarneau : « La communauté elle-même choisit ses membres, au nombre de douze, parmi les avocats, négociants, procureurs et notables bourgeois ; la forme de l'élection est : lorsque quelqu'un vient habiter dans la ville, étant de la classe dont on vient de parler, ou que quelqu'un de ces mêmes classes a atteint l'âge de 25 ans, si la Communauté croit devoir l'admettre tant par ses mœurs que par ses connaissances, elle prend une délibération par laquelle elle nomme pour membres et délibérants, Messieurs tel et tel. Personne n'est membre à titre de droit, il faut être nommé par délibération. Les membres de la Communauté ne changent jamais que quand ils ont acquis l'âge de 70 ans ». La ville de Concarneau conserve les registres de ses délibérations depuis le milieu du XVIIème siècle ; on y trouverait les éléments d'une histoire intéressante de cette municipalité ; nous y relèverons simplement une délibération du 26 Juillet 1729, qui nous apprend qu'une chaussée coupée de six ponts donnait alors accès à la ville. « M. le Syndic a remontré qu'il a appris que M. le subdélégué de cette ville avait reçu ordre de Monseigneur l'Intendant de procéder à l'adjudication des ouvrages que le Roy veut être faits en cette ville conformément au devis de M. Dumaine, directeur général des fortifications de Bretagne, dans lequel il ne trouve pas compris les deux premiers ponts dormants qui précèdent les deux premiers pont-levis de l'entrée de cette ville, en laquelle on entre par trois ponts dormants et trois ponts levis, ce qui fait apercevoir qu'on laisse sur le compte de la ville la réédification de deux ponts dormants, quoique de tout temps il n'y eut sur le compte de la Communauté que l'entretien de la chaussée qui conduit des faubourgs aux dits ponts dormants et levis de tout temps entretenus aux frais de Sa Majesté. Or, ces ponts dormants sont actuellement entièrement en ruine, tellement percés en différents endroits que les charrettes n'y peuvent passer sans un péril extrême, ce qui fait appréhender quelque malheur et un accident fâcheux, si les ponts ne sont réédifiés ; il est à noter que ces ponts ont été ruinés par le transport des canons de fonte qui étaient dans les tours et batteries de la place » ( et qui avaient sans doute servi à établir des batteries sur la côte). Ouï le procureur syndic, la Communauté est d'avis que ces ponts soient réparés au plus tôt, mais non aux frais de la ville ; « car outre les dangers sus exposés, leur mauvais état cause beaucoup de difficultés à Messieurs les prêtres lorsqu'ils sont obligés de porter le Saint-Sacrement aux malades du faubourg, tant de jour que de nuit ». Il est probable que les réparations aux ponts, ou ne furent pas faites de sitôt ou ne furent pas faites d'une manière bien durable, et qu'on peut vraisemblablement attribuer à leur mauvais état la mort de l'abbé Mathieu Gloux, prêtre directeur de la congrégation, qui se noya en passant sur le pont, entre la ville et le faubourg, dans la nuit du 6 au 7 Février 1755 (B. 4.331, Archives de Nantes).

Ville de Concarneau (Bretagne) : débarquement du thon.

Note 7 : En 1789, le pilori situé sur la place des Halles (ville close), fut démoli ; mais la justice criminelle avait ses poteaux sur la paroisse de Lanriec, car nous lisons dans l'inventaire des Archives de Nantes (B. 1.225), qu'en 1752, Th.-Jean Mauduit, sieur du Carsco, capitaine au régiment de Royal Dragon, a droit, en qualité de sergent féodé, de garder les clefs de la prison de Concarneau et est obligé, pour les exécutions capitales, de fournir des gens et des cordes, de conduire le condamné jusqu'au bateau et de le faire traverser jusqu'à la pierre dite men an laer (la pierre du voleur). Aux débuts de la Révolution, l'attachement de la Municipalité de Concarneau pour ses prêtres demeurés fidèles préoccupa le directoire du District de Quimper. Dans sa séance du 26 Mai 1791, le Procureur général Syndic exposait : « que, par délibération du 15 Mai, le conseil général de Beuzec donne avis que l'ex-curé de cette paroisse (Note : M. Dauzon, qui avait refusé le serment) s'opiniâtrait à demeurer à Concarneau ; instruits, de plus, par la voix publique, que le Sr. Quélennec (Note : Sébastien-Claude Quélennec, né à Concarneau le 23 Mai 1753, y revint au Concordat et mourut recteur de Concarneau, le 14 Décembre 1826), son vicaire, était dans le même cas, et que ce dernier, tenant par les liens du sang à la majeure partie des matelots de cette ville, faisait particulièrement craindre aux ecclésiastiques qui y ont remplacé les rebelles à la loi, que sa personne n'y occasionnât des troubles, vous vous déterminâtes à presser la Municipalité de Concarneau de mettre à exécution la proclamation du Département du 21 Avril, et vous lui écrivîtes à cette fin le 23 de ce mois. Au lieu de vous répondre ... qu'on a obéi à cet arrêté, M. le Maire (Note : M. Diraison, avoué) vous adresse une pétition du corps municipal, tendante à ce qu'on lui laisse ses anciens prêtres dont la conduite l'édifie. Je ne veux pas examiner comment il l'entend, comment des individus qui ne veulent pas se soumettre à la loi lui paraissent édifiants. Il me semble qu'autoriser le procédé de la Municipalité de Concarneau ce serait désorganiser toute la machine administrative. Je crois que vous ne pouvez obtempérer à cette pétition. Le District, considérant qu'on ne peut trop hâter l'éloignement des curés et vicaires réfractaires des lieux de leur ancienne demeure, estime que des ordres exprès soient transmis à la Municipalité de Concarneau pour qu'elle obtempère à l'exécution de l'arrêté du 21 Avril. Ces ordres exprès émurent fort peu le Maire de Concarneau, comme le constate le Commissaire syndic du district de Quimper, dans la séance du 30 Mai 1791 : « En envoyant deux cavaliers de la maréchaussée porter au Maire de Concarneau les ordres pressants pour l'exécution de l'arrêté du 21 Avril, vous donnâtes avis à M. le Maire que la Société des Amis de la Constitution vous avait adressé une pétition à l'effet de faire aller à Concarneau un détachement du 68ème régiment pour le maintien de l'ordre au moment d'être troublé par la présence des prêtres réfractaires, vous le priâtes de vous informer si les motifs de cette demande étaient fondés. A tout cela il a seulement répondu par un simple reçu des paquets dont étaient chargés les cavaliers. En attendant une réponse plus précise, il me paraît indispensable de délibérer sur la pétition de la Société des Amis de la Constitution. Son objet me semble très délicat : ne pas envoyer des troupes à Concarneau si la tranquillité des citoyens est compromise, ce serait leur donner un droit bien réel de se plaindre ; si on y envoie (sic) elles seront aux ordres de la Municipalité ; ...voyez, Messieurs, ce qui vous paraîtra préférable. Le Directoire, considérant que la force (envoyée pour prévenir les troubles qui menacent) serait à la disposition du Maire, qui ne parait pas dans les principes de la Constitution, et des officiers municipaux tenant la plupart par les liens du sang aux prêtres réfractaires, arrête d'envoyer la pétition des Amis de la Constitution à MM. du Département, qui aviseront ». Le 4 Juin, le Département, saisi de cette affaire, nommait deux commissaires, MM. du Haffond et Abgrall, pour se rendre à Concarneau et s'informer de l'état des esprits. Ces deux messieurs rendaient compte en ces termes de leur commission, le 7 Juin, en séance du District : « En conséquence de l'arrêté du Département du 4 de ce mois, nous nous sommes rendus le 5 à Concarneau. Vous pensez, sans doute, comme nous, que les reproches les plus graves faits à la Municipalité et notamment à M. le Maire étaient d'avoir distribué les armes sans l'avoir annoncé qu'au moment qu'il le fit, de les avoir distribuées pendant la grand'messe, d'en avoir refusées aux citoyens les plus zélés et les plus dévoués à la chose publique, pour en avoir une plus grande quantité à donner à des marins dispensés du service de terre, qui n'ont pas le temps de s'en occuper. Tous ces faits sont reconnus vrais par le Sr. Diraison lui-même (maire). Quels ont été les motifs d'une pareille conduite ? Nous n'avons à vous offrir à cet égard que des probabilités. Cependant, lorsque la Municipalité de Concarneau a armé les marins, elle ne pouvait ignorer qu'on la priait de les contenir, qu'elle savait qu'on avait demandé pour cet effet de la troupe. On est contraint de se dire que s'il n'y a pas eu de scènes affligeantes, on ne le doit pas à la prudence des officiers municipaux ou plutôt de M. le Maire, car c'est lui qui nous a paru tout diriger... Sur les observations des Commissaires du Département, les Officiers municipaux ont fait rendre les fusils à la mairie ; on pourra les distribuer aux citoyens qui se sont les premiers offerts pour le service de la garde nationale. Le maire, M. Diraison, avoué à Quimper, étant tenu à résidence, a été mis en demeure d'opter pour l'une ou l'autre de ces fonctions ; il a opté pour la place d'avoué. On procédera donc à la nomination d'un nouveau maire ». En 1792, M. Quélennec exerçait encore secrètement le saint ministère à Concarneau, mais on désirait que sa résidence y fût officiellement reconnue, et une pétition fut adressée dans ce sens au District de Quimper, qui y répondit par l'arrêté suivant (L. 54) : « Vu la pétition ayant pour objet d'autoriser le Sr Quélennec, prêtre, à revenir résider en la ville de Concarneau ; Vu l'arrêté du Département du 8 Octobre 1791, lui permettant, d'y revenir pour ses affaires ; Considérant qu'il est de toute fausseté que le sieur Quélennec ait volontairement obéi aux arrêtés du Département qui enjoignent aux fonctionnaires ecclésiastiques remplacés de s'éloigner de quatre lieues du lieu de leur résidence ; Considérant qu'il ne s'en est écarté qu'instruit qu'on devait le faire arrêter pour le conduire à Brest ; Considérant que si le Directoire avait été consulté avant l'arrêté du 8 Octobre 1791, il aurait donné un avis contraire ; Arrête que le décret du 8 Octobre est révoqué, et est d'avis que le Sr Quélennec soit arrêté et conduit à Brest ». M. Quélennec ne se trouve ni sur la liste des prêtres déportés ni des prêtres incarcérés, ce qui fait croire qu'il demeura caché dans le pays, et il fut remis en qualité de recteur à la tête de la paroisse de Concarneau, au Concordat. Concarneau semble, en effet, avoir gardé son attachement aux prêtres fidèles pendant toute la Révolution, si nous en jugeons par cette note de l'agent du canton de Concarneau rendant compte de l'esprit public au Département, en 1799 : « L'apathie, l'insouciance, le fanatisme sacerdotal, telles sont les parties hétérogènes dont se compose l'esprit public, malgré tous les moyens que je mets en usage pour le vivifier » (Archives départementales). 

Note 8 : Nous citerons ici une lettre de 1835, dans laquelle M. do Frollo, alors habitant le Moros, donne à Mgr. de Poulpiquet quelques détails sur sa conduite pendant la Révolution, car elle nous renseigne sur les chouans et leur fameux chef de Bar. « En 1793, époque de la persécution du clergé, j'avais 13 ans, et malgré mon jeune âge, j'avais gagné la confiance de plusieurs ecclésiastiques et autres personnes distinguées, sous le coup de la loi et qui n'ont dû leur salut qu'aux bois et lieux les plus inhabités, ainsi qu'aux personnes charitables qui, au péril de leur vie, leur portaient des subsistances ; c'est ainsi que j'ai secouru particulièrement M. Dulaurent, vicaire général, âgé de 80 ans, en lui portant, de la maison de ma mère, ce qui lui était nécessaire. Je n'avais pas, encore 16 ans accomplis, quand, au commencement de 1795, avec l'agrément de ma famille, je m'associai aux bandes royalistes qui se formaient dans les départements des Côtes-du-Nord et du Finistère. M. Le Pèche (Le Paige) plus connus sous les noms de Dorsaine (Dorsene) et de Le Bar, fut mon premier guide dans cette carrière de l'honneur. A son retour d'Angleterre, de Bar, né dans la même ville que moi, à Concarneau, n'avait d'autre asile que dans la maison de ma mère ou celles d'amis de confiance. Lorsque, muni des pouvoirs du Roi, il débarqua sur nos côtes avec quelques compagnons, il me conduisit dans les Côtes-du-Nord et, malgré mon jeune âge, me délivra un brevet d'officier recruteur. En 1798, je fus le premier de mon département à reprendre les armes ; j'allai joindre le comte de Geslin, notre ancien chef de division à Quimperlé, dont il parcourait depuis quelque temps les campagnes sans avoir réussi à enrôler un seul homme ; je me joignis à lui, et bientôt nous parvînmes à réunir quatre cents volontaires. MM. de Cornouailles et La Ruffle ne tardèrent pas à nous seconder, et la neuvième légion, dite du Finistère, s'organisa sous leur direction » (M. Peyron).

Ville de Concarneau (Bretagne).

Note 9 : Liste non exhaustive des Maires de Concarneau : Samuel Billete de Villeroche (octobre 1903 à mai 1908), Sébastien Segalen (février 1911 à mai 1912), François Campion (mai 1912 à août 1918), Jacques Toiray (décembre 1919 à mai 1929), Pierre Gueguin (mai 1935 à 1940), Hervé Nader (janvier 1941 à février 1942), Yves Auber (février 1942 à août 1944), Alphonse Duot (septembre 1944 à mai 1945), Robert Jan (mai 1945), Charles Linement (janvier 1948 à mars 1971), Yves Couchouron (mars 1977 à février 1980), Joseph Argouarc'h (février 1980 à mars 1983), Gilbert Le Bris (mars 1983 à mars 2008, André Fidelin (à partir de 2008), ... (Archives départementales).

Ville de Concarneau (Bretagne) : la fête des filets bleus.

Note 10 : Etat des décimes de Beuzec-Conq en 1789 : M. Le Goff, recteur (42 livres 5 sols), la fabrice (11 livres), le Rosaire (2 livres), trève de Concarneau (7 livres 15 sols), Lochrist (4 livres), Saint-Laurent (?), La Croix (2 livres), Saint-Jean (2 livres), Saint-Valée (2 livres). En 1800 la population est de 2.000 habitants, et en 1900 de 4.608 habitants. Liste des Recteurs de Beuzec-Conq : - 1525 : François Le Veyer, recteur de Beuzec-Quim­per ; était en même temps chanoine de Léon et recteur de Plougonvelen et de Ploumoguer. - 1531 : Christophe Kérareiz, recteur, décédé en Juin 1531 (Déal). - 1531 : Louis de Tréanna lui succède et est adjudicataire de l'annate pour 70 livres. - 1580 : Ollivier Jézéquel, recteur, assiste au Synode (G. 95). - 1596 : N. de Coataudon, recteur de Beudec (G. 106). - 1615-1633 : François Richart. - 1654-1680 : Jean Pezron, recteur, décédé le 5 Février (R. G. 518). 1681-1690. - 1681-1690 : Jean-Louis de Kervenozael. - 1690-1721 : Vincent Ropert. - 1722-1727 : Ch. G. Marigo. - 1727-1780 : Charles-Corentin-Chapeau, recteur. - 1780-1790. Le Goff. Le 2 Mars 1804, Beuzec n'était pas pourvu d'un pasteur ; M. de Kersalaun, adjoint, demeurant à Kériolet, écrit à l'Evéché « J'ai l'honneur de vous prier de vouloir bien avoir égard à la députation de cultivateurs qui va vous demander un curé. Je puis vous assuré que jamais paroisse n'en a eu plus de besoin, car depuis longtemps ils ont grand besoin d'être remis aux bons principes ». Liste des Curés : - 1804-1827 : Hyacinthe Corgat. - 1827-1831 : Jean Morvan, nommé curé en Août 1827. A sa mort, en 1831, le titre curial fut transféré de Beuzec à Concarneau. Liste des Recteurs : - 1831-1836 : Yves-Julien Cariou. - 1836-1844 : Charles Hervoche. - 1844-1851 : Louis Caradec. - 1851-1856 : Guillaume Bariou. - 1856-1872 : Louis Le Grand. - 1873-1884 : Pierre Jézéquel. - 1884-1895 : Hervé Berthou. - 1896-1900 : Joseph Le Quéau. - 1900 : Alain Tanguy, ... Liste des Vicaires : - 1816-1823 : Jean Quiniou. - 1823-1824 : Jean-François Plantec. - 1824-1830 : Jean Normant. - 1830-1831 : Vincent Auffret. - 1831-1833 : Jean Sergent. - 1833-1835 : Jean-Louis Croissant. - 1837-1845 : Pierre-Marie Hervé. - 1845-1846 : Jérôme-François Rolland. - 1846-1848 : Guillaume Goliès. - 1848-1857 : Michel Boulch. - 1857-1861 : Antoine Perron. - 1861-1863 : Jean-François Floch. - 1863-1865 : Alain-Bernard Le Pape. - 1865-1868 : François-Marie Labigou. - 1868-1872 : Germain Dantec. - 1872-1875 : François-Marie Le Sann. - 1875-1877 : Guillaume Isaac. - 1877-1881 : Jean-Clet Cuillandre. - 1881-1886 : Guillaume Floch. - 1886-1888 : Pierre-Marie Collec, - 1888-1892 : Olivier Caër. - 1892-1899 : Pierre Guyavarch. - 1896-1899 : Louis Le Hir. - 1899 : Pierre Henry. - 1899 : Hervé Quéré, ... (Archives de l'Evêché).

Ville de Concarneau (Bretagne) : la fête des filets bleus.

Note 11 : Liste non exhaustive des Curés (Vicaires) de Concarneau avant le Concordat : - 1563 : Parouf. - 1570 : A. des Landes. - 1616 : René Penguen. - 1620 : Jean Enu. - 1676-1699 : Guillaume Martin. - 1710-1713 : Rolland. - 1715 : François Ades. - 1720 : René Destar. - 1727-1737 : Chapeau. - 1744 : N. Salsa. - 1755-1764 : A. Le Roze. - 1769-1773 : Yves-Glande Vidal. - 1773 : Guillo. - 1774-1778 : Cozic. - 1781-1787 : Bolloré ; devient recteur de Beuzec-Conq. - 1787 : Sébastien-Claude Quélennec. Liste non exhaustive des Recteurs de Concarneau depuis le Concordat : - 1804-1826 : Sébastien-Claude Quélennec, de Concarneau. - 1827-1831 : Jean Pouliquen. Liste non exhaustive des Curés-Doyens de Concarneau : - 1831-1837 : Charles Gourvil. - 1837-1837 : Jean Marzin, de Plogoff ; ne prend pas possession. - 1837-1845 : Guillaume-Marie Caradec, de Plogastel-Saint-Germain. - 1845-1858 : Alexis Le Troadec, de Carhaix. - 1858-1862 : Victor-Mathurin Cozanet, de Morlaix. - 1862-1879 : Léonce Hugot, de Concarneau. - 1879-1889 : Jean-Marie Corcuff, de Quimper. - 1889-1897 : Eugène Nicolas, de Brest. - 1897 : Joseph Orvoën, de Moëlan. Liste non exhaustive des Vicaires de Concarneau depuis le Concordat : - 1815 : Guillaume Bariou. - 1824 : Jean-Marie Le Coq. - 1827 : Jérôme Le Siner. - 1828 : Jean-Louis Tilly. - 1830 : Vincent Auffret. - 1831 : Jean Sergent. - 1833 : Jean-Louis Croissant. - 1835 : Mathieu Hervé. - 1837 : François Gabon. - 1838 : Jean-Marie Riou. - 1839 : Pierre-Marie Jaouen. - 1840 : Joseph Le Sévère. - 1845 : Guillaume Le Goff. - 1846 : Guillaume Goliès. - 1848 : Michel Boulch. - 1855 : Gustave Bernard. - 1857 : Jean-Louis Letty. - 1858 : Tudy Romégou. - 1860 : Isidore Berthou. - 1865 : Eugène Guézennec. - 1867 : Aimé Le Goff. - 1867 : François Labigou. - 1869 : Gabriel Rolland. - 1870 : Jean Cuiec. - 1871 : Prosper Podeur. - 1872 : Félix d'Amphernet. - 1872 : Jean-Marie Caradec. - 1874 : Baptiste Tardivel. - 1883 : Joseph Le Bras. - 1884 : Jacques Duédal. - 1885 : Jean-Marie Grall. - 1889 : Yves Guéguen. - 1895 : Jean Kerjean. - 1895 : Eugène Pichon. - 1895 : Jean-François Kervran, ..... (Archives de l'Evêché).

Ville de Concarneau (Bretagne) : la fête des filets bleus.

Voir aussi   Ville de Concarneau "Les origines de Concarneau

Voir aussi   Ville de Concarneau "Les remparts de Concarneau

Voir aussi   Ville de Concarneau "Peuplement et Population de Concarneau

Voir aussi   Ville de Concarneau "L'industrie sardinière à Concarneau

Voir aussi   Ville de Concarneau "L'ancienne paroisse et commune de Lanriec

Voir aussi   Ville de Concarneau "Administration de la Ville et Communauté de Concarneau

Voir aussi   Ville de Concarneau "Concarneau : députation aux Etats et le Papegaut

Voir aussi   Ville de Concarneau "Documents militaires concernant Concarneau"

 Ville de Concarneau (Bretagne).

Bretagne : Histoire, Voyage, Vacances, Location, Hôtel et Patrimoine Immobilier

PATRIMOINE de CONCARNEAU

l'église paroissiale. Elle renferme une statue en bois polychrome (H. 1,60 m) de saint Guénolé, datée du XVIIIème siècle et qui provient de l'ancien prieuré : l'abbé est représenté avec la crosse et en habits sacerdotaux à la romaine. Le tableau représentant saint Guénolé est offert en 1855 par le prince Jérôme Bonaparte. La bannière représentant saint Guénolé d'un côté, le Sacré-Coeur de l'autre, date du XIXème siècle (actuellement à Saint-Philibert en Trégunc) ;

Ville de Concarneau (Bretagne).

l'église Saint-Guénolé (1830), située en Concarneau. Cette ancienne église paroissiale, démolie en 1930 pour servir d'hôpital, a remplacé un monument du XIIIème siècle qui était tombé en ruine dès le début du XIXème siècle. L'église priorale était jadis dans la ville close. Les seigneurs de Cheffontaine, possesseurs du manoir de Coëtconq en Beuzec, avaient des droits de prééminences dans l'église tréviale de Concarneau ;

Eglise de Concarneau (Bretagne).

Nota 1 : L'église de Saint-Guénolé fut reconstruite au XIIIème siècle ; c'est du moins le caractère d'architecture qui semble lui convenir d'après la vue perspective de Concarneau gravée au XVIIème siècle et le souvenir de personnes qui en ont vu les ruines, au moment de sa destruction complète, en 1830. Dans la gravure du XVIIème siècle, l'église nous apparaît ayant en façade une tour carrée sans clocher ; la nef, qui semble fort élevée, est coupée par un transept portant à l'intersection un clocher en forme d'aiguille et qui devait être vraisemblablement en plomb ; les vitraux du chœur étaient, dit-on, fort beaux, mais furent brisés ou fort endommagés, lorsqu'à la fin du XVIIIème siècle, on fit sauter la mine pour élargir l'entrée de la ville, au passage.

Nota 2 : Nous avons dit plus haut quelle pouvait être la physionomie de l'ancienne église de Saint-Guénolé, d'après la vue perspective de Concarneau gravée au XVIIème siècle ; un aveu de la seigneurie de Cheffontaine (E. 202) va nous faire connaître les prééminences qu'elle y possédait comme héritière de la seigneurie de Coetconq qui, en 1543, appartenait à Jean du Quelennec, baron du Pont, et fut acquise en 1658 par Jean de Penfentenyo, Sgr. de Kermorus, et par son fils Jean, seigneur du Kergoat. Le manoir de Coetconq était situé en Beuzec. « A cause de la seigneurie de Coetconq, le seigneur de Cheffontaine a droit d'avoir les armes et écussons d'icelle seigneurie : d'or à un Lyon de gueule au lambel d'azur en bannière, en la maîtresse vitre de la chapelle Notre-Dame étant en l'église de St Guenolay en la ville close et dans la maîtresse vitre de la chapelle St Michel étant au côté de l'Epître de la dite église, et au-dessous de la vitre septentrionale de la chapelle Notre-Dame, une arcade et voûte dans lesquelles il a son enfeu en pierre de taille, tombe, banc et accoudoire avec un bénitier dans la muraille armorié en relief des armes de Coetconq ». Cet aveu nous apprend donc qu'outre le maître-autel, dédié à saint Guénolay, l'église de la ville possédait, une chapelle dédiée à Notre-Dame au côté de l'Evangile, et une seconde sous le vocable de saint Michel, du côté de l'Epître. En 1806, la 17 Février, le recteur, M. Quélennec, écrivait à Mgr l'Evêque : « L'église principale de Concarneau, dédiée à St Guénolé, est en ruine depuis la Révolution ; elle était vaste, très décente pour la majesté du culte et commode pour le peuple ; il n'en reste plus que les murs, qui sont encore bons ; les habitants désirent beaucoup le rétablissement de leur église, mais le pays est sans res­source, tant la misère est grande ». En 1812, par délibération du 16 Février, le Conseil de fabrique tentait de parvenir à la réparation de Saint-Guénolé, ne serait-ce qu'en y plaçant un toit sur les murs, « qui paraissent bons et existent en leur entier ». Malheureusement, ce projet ne put pas réussir et, moins de vingt ans plus tard, Concarneau fut doté du triste monument, que nous voyons aujourd'hui, un des plus beaux spécimens du style dit de 1830. Dans l'intervalle, les offices se faisaient dans la chapelle de la Trinité ou de l'hôpital, que les pauvres avaient quitté, et dont « ils occupaient les salles basses et hautes », pour aller loger dans une maison pour laquelle la fabrique payait 108 francs de loyer. La délibération de 1812 faisait ressortir l'insuffisance de la chapelle pour le service paroissial, « la plus grande partie du peuple étant obligée de se passer de la messe qui y a lieu tous les dimanches, ou d'être indécemment dans la rue, exposée à l'intempérie des saisons » (M. Peyron).

Eglise de Concarneau (Bretagne).

l'église du Saint-Coeur-de-Marie (1912-1914), édifiée sur les plans de Chaussepied. Il s'agit de l'ancienne église de la paroisse Saint-Guénolé à Concarneau. Restée inachevée, cette église est détruite en 1994. On y trouvait jadis plusieurs statues dont celles de la sainte Vierge, saint Guénolé, sainte Anne et saint Michel

l'église Notre-Dame-de-Lorette (XIV-XVème siècle), située en Lanriec (Lanreuc, en 1368) et église paroissiale de Lanriec. Il s'agit d'un édifice rectangulaire comprenant une nef de trois travées avec bas-côtés et un choeur d'une travée avec bas-côté dans son prolongement. La nef date de 1477. L’arcade et les fonts baptismaux datent de 1773. La sacristie porte la date de 1862. Le maître-autel date de 1772. L'église abrite les statues de saint Mathurin, saint Rioc, saint Pierre, saint André, Notre-Dame de Lorette, sainte Catherine, saint Guénolé, saint Roch et une Vierge foulant un serpent ;

l'église Sainte-Anne (1911), située en Lanriec et église paroissiale du Passage. Il s'agit, à l'origine, d'une simple chapelle rectangulaire, bâtie en 1911 comme chapelle provisoire par l'entreprise Le Beux de Tregunc ;

l'église Saint-Budoc (1890-1894), édifiée vers la fin du XIXème siècle par les seigneurs de Coatconq ou Coëtconq et située en Beuzec-Conq. Il s'agit de l'église de la paroisse Saint-Budoc à Concarneau. L'édifice comprend, précédé d'un clocher à une chambre sans galerie, une nef de cinq travées avec bas-côtés et un choeur d'une travée avec bas-côtés et chevet droit. Au droit des quatrième et cinquième travées de la nef, il y a double bas-côtés formant deux chapelles en ailes. Le bénitier date du XVIIème siècle. Les fonts baptismaux datent du XVIIème siècle. Le maître autel de Toularc'hoat date de 1892. Le retable de sainte Anne, oeuvre d'Autrou de Quimper, date de 1917-1921. Un ancien sépulcre de Notre-Seigneur était placé jadis dans le bras du transept formant chapelle dédiée à saint Jean Baptiste : il était encadré dans un enfeu du XVème siècle, ayant des colonnettes à larges chapiteaux qui servaient de supports aux statues de saint Roch et de saint Sébastien. Sur l'autel se trouvait une statue du Précurseur, avec deux jolis panneaux Renaissance. On y trouve les statues de saint Budoc, saint Jean-Baptiste, la Vierge-Mère et sainte Azénor ;

Nota 3 : L'église actuelle, datant de 1890, environ, reproduit exactement les dispositions et les arcades de l'église ancienne, sauf que, au lieu d'un seul transept, il y en a deux. Un ancien sépulcre de Notre-Seigneur, maintenant transféré au musée de Kériolet, était placé autrefois dans le bras de transept formant chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste. Il était encadré dans un enfeu du XVème siècle, ayant des colonnettes à larges chapiteaux qui servaient de supports aux statues de saint Roch et de saint Sébastien. Sur l'autel était une statue du Précurseur, avec deux jolis panneaux Renaissance. Cette chapelle intéressait beaucoup les touristes, et servait fréquemment de motif pittoresque aux peintres. La statue de saint Budoc, le patron, a été conservée, et celle de saint Jacques transformée en saint Jean-Baptiste. Le patron est saint Budoc. Cependant, dans un testament de 1622 (H. — 156), un sieur Alain Caillebote fait quelques libéralités à Notre-Dame de Beuzec-Conq. La Vierge aurait donc été titulaire de la paroisse, à moins que ne soit désignée ici Notre-Dame du Portail, chapelle de la ville close de Concarneau, appartenant à la paroisse de Beuzec (M. Abgrall, 1903).

Ville de Concarneau (Bretagne).

l'ancienne chapelle Notre-Dame-du-Portal ou Notre-Dame-du-Portail, appelée aussi chapelle du Rosaire (XVème siècle) et aujourd'hui disparue. Cette ancienne chapelle, située jadis près de la porte de la ville, était la chapelle municipale, dans laquelle la Communauté se réunissait pour délibérer ; elle s'intitulait au XVIIIème siècle chapelle du Rosaire ou de la congrégation. En 1828, cette chapelle tombe en ruine et la vieille tour est cassée. Elle sert tour à tour de magasin d'artillerie, de caserne, d'école communale, d'école de pêche, de coopérative maritime et de musée de la pêche. Sous l'Ancien Régime, les assemblées municipales s'y tenaient. C’est à l’origine la chapelle privative du château. Les seigneurs de Cheffontaine, possesseurs du manoir de Coëtconq en Beuzec, avaient des droits de prééminences dans la chapelle. Les Seigneurs de Coëtconq y avaient leurs armoieries « au pignon oriental et en la chapelle Saint-Joseph, en l'endroit éminent de la vitre » (aveu de Cheffontaine). Les registres paroissiaux mentionnent, au 2 Juillet 1772, la mort de « Claude Bolloré, prêtre, âgé de 33 ans, directeur de la Congrégation, enlevé par une fièvre putride pourprée et maligne ». On a écrit en marge cet éloge du défunt : « Dilectus Deo et hominibus ». L'acte est signé : « Morvan, curé de Lanriec ; Yves Mével, curé de Locamand ; Hamon, curé de Trégunc ; F.-M. Bannalec, curé de Locmaria (an Hent) ; Guillo, prêtre ; Yves-Claude Vidal, curé de Concarneau ; Ch. Cor. ; Chapeau, recteur » (de Beuzec) ;

la chapelle de la Croix (XVème siècle). Elle est appelée aussi chapelle Notre-Dame de Bon-Secours. Il s'agit d'un petit édifice rectangulaire de la fin du XVème siècle ou du début du XVIème siècle, restauré au XIXème siècle. Le clocher fut construit en 1854 ; on y mit une cloche dont fut parrain par procuration le prince Jérôme, et marraine, Mme Gustave Le Guillou Penanros. L’autel date de 1835. On y trouve plusieurs statues anciennes (la Vierge-Mère, sainte Anne, sainte Marguerite, saint Guénolé), ainsi qu'un tableau représentant la sainte Vierge. La statue de saint Guénolé (H. 0,90 m), en bois polychrome date du XVIème siècle : l'abbé est représenté avec une chape et tenant un livre fermé à la main gauche (la crosse a disparu). A noter que cette dernière statue provient de la réserve de l'évêché et a été baptisée saint Guénolé (anciennement placée dans la Maison des Oeuvres diocésaines, elle avait été peinte par Coroller). Les registres mentionnent qu'on y célébra, le 14 Septembre 1771, le mariage de Messire Joseph-Etienne du Lehec, seigneur de Kermorial, chevalier lieutenant dans le corps royal d'artillerie des Indes, compagnie de Bellier, commandant du Barré de Richeville de Pondichéry, originaire de Quimper, paroisse Saint-Sauveur, et domicilié de droit en la paroisse de Saint-Michel de Quimperlé, fils de feu Messire Louis-Etienne-André du Lehec, Sgr. de Kermorial,  et d'Elisabeth Duigou ; et demoiselle Marie-Renée du Laurent de Montbrun, fille de Messire André-Marie du Laurent de Montbrun et de dame Jacquette-Pélagie Le Guillou, originaire de Rosporden, domiciliée à Concarneau ;

la chapelle Saint-Rioc, dite autrefois Saint-Roch et située à Lanriec. Il s'agit d'un édifice de plan rectangulaire avec bas côté sud de cinq travées. Il n'y a pas de porte au sud. La porte Ouest est en plein cintre surmontée d'une accolade avec fleuron. Au nord se trouve une porte en anse de panier. La chapelle abrite un autel en bois sculpté du XVIIème siècle et les statues de saint Joseph, sainte Anne et la Vierge ; 

la chapelle du Caballou (1925), construite avec des ruines du XVème siècle ;

la chapelle de la Trinité (XVIème siècle). Dès le XVIème siècle, Concarneau possède une chapelle-hôpital. Elle était la chapelle de l'ancien hôpital de la citadelle. Les deux salles communes superposées de l'hôpital pouvaient accueillir 10 malades hommes et autant de femmes. Ces salles donnaient directement sur la chapelle, permettant aux patients de suivre les offices de leurs lits. L'établissement était destiné aux indigents et tenu par des religieuses. Cette chapelle de l'hôpital était desservie au XVIIIème siècle par les Soeurs de Saint-Thomas de Villeneuve. En 1772, le 18 Mai, on enterra dans la chapelle « dame Claudine-Françoise Montelier Picotière, hospitalière de la congrégation des dames de St Thomas de Villeneuve de l'ordre de St Augustin, supérieure de l'hôpital, âgée d'environ 72 ans. Ont signé au registre : Dupont Bodelio, administrateur de l'hospice ; Marie de L'Honoré et Marie-Françoise Le Bourchis, filles de St Thomas, et Yves-Claude Vidal, curé directeur des filles de St Thomas ». Le 12 Avril 1793, les officiers municipaux de Concarneau protestaient contre l'arrestation de la directrice de l'hospice : « Ce n'est pas sans surprise, écrivaient-ils au District, que nous avons appris que la dame Belaire, Soeur de St Thomas, a reçu l'ordre de se rendre à Quimper en arrestation. Nous devons vous observer qu'elle est nécessaire à notre hôpital, les autres dames étant hors d'état d'agir ; nous vous prions en conséquence de la rendre à ses fonctions ». Cette chapelle deviendra au fils du temps, et après avoir été abandonnée par les soeurs, une salle de réunion d'un comité révolutionnaire, puis Temple de l'Etre Supérieur avant de servir d'école et à nouveau d'église de secours. Au début du XIXème siècle, l'hôpital est en ruine. De l'ancien bâtiment, il ne reste aujourd'hui qu'une partie des murs et surtout le pignon à verrière donnant rue Vauban. On y remarque un bel encadrement de porte à pilastres et fleuron. Au haut du pignon, se trouvent les vestiges de blasons des seigneurs fondateurs. La niche, à droite de la porte, abrite une statue moderne de Saint Guénolé (1954) ;

la chapelle Notre-Dame-du-Sacré-Cœur (1880), édifiée par les filles du Saint-Esprit ;

la chapelle Lochrist (XVIIème siècle - 1710), restaurée en 1873. Il s'agit d'un édifice en forme de croix dont les ailes et le chevet sont à pans coupés. Le clocheton est amorti par un dôme. On y trouve plusieurs statues anciennes : la Trinité, le Christ assis bénissant et tenant sa croix, la Vierge-Mère et un saint évêque ; 

Nota 4 : La chapelle de Lochrist a été restaurée en 1873. Elle est située non loin de la route de Concarneau à Quimper, à 3 kilomètres du bourg. Le pardon se célèbre, le dimanche de la Trinité, le second dimanche de Juillet, et le dimanche après le 14 Septembre. On y voit trois autels : le maître-autel, dédié à la Croix ; le second à la Sainte-Vierge ; le troisième à saint Herbot. Une belle statue de Notre-Seigneur, assis, faisant pendant à un groupe de la Sainte-Trinité (M. Abgrall, 1903).

les anciennes chapelles, aujourd'hui disparues : la chapelle Saint-Balay, la chapelle Saint-Laurent (en ruines avant la Révolution), la chapelle Saint-Jacques (en ruines en 1806), la chapelle Saint-Jean (le culte y a cessé depuis 1880). - Saint-Jacques, que le Curé déclarait en 1806 être « dans le plus grand délabrement ». Il en reste vers 1903 encore quelques pans de murs, avec fontaine surmontée d'un petit édicule. Depuis la Révolution, elle n'a pas dû être ouverte au culte, car au mois de Février 1806, M. Corgat, curé de Beuzec, demande à l'Evêque l'autorisation d'en prendre les ardoises, pour réparer l'église paroissiale. - En 1806, il ne restait de chapelle Saint-Laurent que de « tristes débris ». Cependant, le Curé faisait remarquer que « c'était la chapelle la plus fréquentée du pays avant la Révolution, et que c'était le voeu commun des habitants qu'on la fit rebâtir ». - Au rôle des décimes il est fait mention d'une cinquième chapelle, mais qui se trouvait peut-être dans la trêve de Concarneau, c'était la chapelle de Saint-Valée ou Balay, disciple de saint Guénolé. A noter qu'aucune des chapelles de Beuzec n'a été vendue pendant la Révolution ;

la chapelle funéraire du comte Chauveau (1874), située au cimetière ;

la croix des marins (XVI-XVIIème siècle) ;

Ville de Concarneau (Bretagne).

la croix de Kerrichard (XIIème siècle) ;

le calvaire de la place de l’église de Beuzec-Conq (1667 ou 1669) ;

le calvaire de la place de l'église de Lanriec (XVIème siècle) ;

la croix du cimetière de Concarneau (1830) ;

la croix du cimetière de Lanriec (1896) ;

d'autres croix ou vestiges de croix : la croix du cimetière de Beuzec-Conq (1881), la croix de mission de La Bois ou Crux-Ave (1932-1933), la croix de Cabellou (XVI-XXème siècle), les deux croix de Concarneau (XVIème siècle et 1925), le vestige de croix de Keriolet (XVIème siècle), la croix de Kerambaccon ou Croix-de-Saint-Jean (XVIème siècle), la croix de Keranseignour (XIXème siècle), la croix de Kerdavid (XXème siècle), la croix Croas-an-Guenal de Lanriec (XVIIème siècle), la Croix-de-Saint-Riou en Lanriec (1864), la croix-Neuve de Poteau-vert (vers 1875). A signaler aussi la croix nommée Stang-Bihan, démolie pendant la guerre, socle daté de 1888, transporté du côté du Pouldu vers 1960 ;

les remparts de la Ville-Close (XIVème siècle), restaurés au XIXème siècle. Des fortifications sommaires s’y trouvaient déjà dès 1240. Les murailles étaient jadis percées de trois poternes : une à l'Ouest, appelée la porte de terre et flanquée d'un gros donjon qui sert de demeure au gouverneur et d'une autre tour pour les munitions. Vauban fit supprimer, au début du XVIIIème siècle, les toits des tours pour y installer l'artillerie et fit construire les deux tours qui veillent sur le chenal de chaque côté de la porte du passage. Une autre poterne au Nord, la porte aux Vins, lieu de déchargement des bateaux, et enfin à l'Est, la Poterne qui donnait accès à la Ville aux passagers du canal. Aujourd'hui, deux ponts pavés séparés par une barbacane autrefois pont-levis, vous emmènent à la porte principale gardée par le beffroi qui supporte l'horloge. Le 27 février 1899, les remparts de Concarneau ont été, et très justement, classés parmi les monuments historiques. Le 25 septembre 1902, la ville les a payés au domaine la somme de 12.000 francs ; et son premier acte de propriétaire a été la reconstruction d'un pan de mur écroulé. Concarneau a été mieux inspiré que tant d'autres villes, détruisant sans nécessité des tours qui furent leurs défenses et qui restaient leurs ornements ! Honneur à Concarneau ! ;

Ville de Concarneau (Bretagne).

le logis du major (1730) ;

la tour du gouverneur (1477-XVIIème siècle), restaurée au XIXème siècle ;

la maison du gouverneur (XVIIème siècle). Ancien château à colombage, il s'agit en fait d'une des plus anciennes maisons de la Ville de Concarneau. C'était jadis la résidence des différents gouverneurs militaires. Elle communique avec un gros bastion, la tour du major, appelée aussi Tour à munitions ou Tour de la duchesse Anne ;

le château du Moros (XVème siècle), propriété des familles Dusquene et Perrier de Salvert. Ce château est restauré en 1865 par le comte de Chauveau. On y trouve un pigeonnier qui date du XVIème siècle ;

le château de Stang-ar-Lin (XIXème siècle), édifié par Gustave Bonduelle ;

le château de Keriolet (1863-1883), construit par Joseph Bigot pour Charles de Chauveau et son épouse Zenaïde Ivanovna Narychkine (veuve en premières noces du prince Youssoupoff) qui meurt à Paris le 20 octobre 1893. Une chapelle privative est édifiée en 1880. Deux autels (1647) de la chapelle proviennent de l'église de Névez. Sur les vitraux de la chapelle sont peintes des scènes de la vie du Sauveur et de sa Sainte Mère, de Sainte Anne, de saint Jean Baptiste,... Le retable gothique, à volets, porte en son centre le Sauveur crucifié entre deux groupes de saints personnages. Le manoir de Keriolet (XVème siècle), appartenait en 1775 à Euzenou, marquis de Kersalaun. Il sert aujourd'hui de musée départemental ;

Ville de Concarneau (Bretagne) : château de Keriolet.

Nota 5 : Le manoir de Keriolet, distant d'un kilomètre du bourg de Beuzec, a appartenu successivement aux familles de Trédern, Euzeno de Kersalaun et Billette. C'est là qu'à la fin du XVIIIème siècle, Messire Claude Marigo, ancien recteur de la paroisse, passa les dernières années de sa vie, et écrivit son beau livre de la Vie des Saints, Buez ar Zent, qui se lit encore tous les jours dans la plupart des familles bretonnes, avant la prière du soir. Ce manoir, très modeste et très simple, mais situé dans un site admirable, fut acquis sous le second Empire par la princesse russe Narischkine, veuve du prince Yousoupoff, et qui épousa en secondes noces le comte de Chauveau. De concert avec son second mari, elle fit transformer, embellir et agrandir cette habitation, si bien qu'elle devint le magnifique château dans le style de Charles VIII, Louis XII et François Ier, que nous voyons maintenant, la fastueuse maison seigneuriale comprenant un corps de logis principal, grande tour crénelée et tourelles d'escaliers, appartements des hôtes, portiques, cloîtres, puits monumental, salle des gardes et chapelle. Cette transformation ou plutôt cette création est due à M. Bigot, ancien architecte diocésain de Quimper. Le comte et la comtesse de Chauveau se plurent à recueillir dans leur demeure une foule d'oeuvres d'art parmi lesquelles on doit remarquer surtout une belle collection de tapisseries des Flandres, des faïences de Rouen, de Sinceny, de Nevers, de Strasbourg, de Delft, des tableaux, statues, bas reliefs, vitraux, pièces de dinanderie et de ferronnerie, armes et armures du moyen-âge, etc... Quand la princesse Narischkine devint veuve pour la deuxième fois, en 1890, pour témoigner de son attachement et de sa reconnaissance à son pays d'adoption, et aussi pour soustraire sa belle œuvre aux hasards de l'avenir, elle résolut de faire don du château et du domaine de Keriolet au département du Finistère. Elle est décédée le 20 Octobre 1893, et peu de temps après le département est entré en possession de cette magnifique propriété, qui est devenue Musée départemental. Depuis ce temps, la collection d'objets d'art a été augmentée et on a vu s'y ajouter spécialement le Sépulcre de l'église paroissiale de Beuzec-Conq, deux autels et un retable à colonnes torses provenant de l'ancienne église de Névez (M. Peyron, 1903).

Concarneau (Bretagne) : la chapelle de Keriolet.

 

la ferme du Moros (1876) en Lanriec. Le Moros appartenait autrefois à la famille de Duquesne ;

le manoir de Langoat (XVIIème siècle). On y trouve une chapelle privative dédiée à saint Nicolas. Son four date du XVIIème siècle ;

la maison de la Vieille Halle (XVIIème siècle) ;

la taverne des Korrigans (XVIIème siècle) ;

la maison à pignon (XVIIème siècle), située 19, rue Vauban ;

la fontaine (1855-1856), située place Guénolé ;

la fontaine Saint-Budoc (XVIIème siècle) ;

la maison Penanros (XVIIIème siècle), située 5-7, rue Tourville ;

le bar de la porte au vin (1730-1765), situé place Saint-Guénolé ;

l'ancienne ferme de Roz-Vihan (XVIIème siècle-1737) ;

la maison Le Guilloroux de Penanec’h (1736), située place Guénolé ;

le fort du Cabellou (XVIIIème siècle) ;

une borne de Corvée (XVIIIème siècle), située 145, route de Trégune ;

la maison Morineau-La Bourdonnaye (1766) ;

la maison de l’émigré Brisson (1766) ;

la maison Bonne Carrère (1787) ;

le phare de Keriolet (1848) ;

la ferme de Kerdevot (1853), située à Lanriec ;

le Penfret (1844), situé 40, rue Vauban ;

les Halles (1855) ;

l'ancien presbytère (1850) ;

le manoir du Porzou (1865), propriété de la famille Derval ;

la maison de bois de la digue (1885), située 22, avenue du docteur Nicolas ;

la villa des Haudriettes (1891), située boulevard Alfred Guillou ;

la tour-clocher du Saint-Sacré-de-Marie (1913), rue Turenne ;

le presbytère (1938), situé 5, rue de Turenne ; 

le bac de Pussaye. Au XVIIème siècle, c'est le prieur de Conq qui doit entretenir le bac assurant la liaison avec le Passage-Lanriec. Ce service est important car aucun pont ne relie les deux rives du Moros et la Route Royale n°1 de Hennebont à Lanvéoc qui traverse la Ville-Close en empruntant le bac. En 1727, les six deniers par voyageur transbordé sont transférés à l'hôpital. Après la Révolution, le bac devient municipal ;

l'ancien moulin à vent (XVIIIème siècle) de Lanviec ;

 Le lavoir de Concarneau (Bretagne).

Voir aussi   Ville de Concarneau "Les anciennes églises et chapelles de Concarneau

Voir aussi   Ville de Concarneau "L'ancien hôpital de Concarneau

Le lavoir de Concarneau (Bretagne).

A signaler aussi :

la motte féodale du petit château (moyen âge) de la Ville-Close. Ce château est encore surnommé « vieil château » en 1495 ;

la motte féodale (XIIème siècle) de Lanriec, propriété des Thominec. Un château y est construit non loin, propriété successive des familles Bragelonne, Lesmais, Du Plessis. Il est en ruine dès le XVIIIème siècle ;

les rochers de Kermingham (époque néolithique), situés à Lanriec ;

Nota : Monuments anciens : - Deux menhirs à l'Est de la baie de la Forest. - Menhir de 3 m. 75 c. de haut entre Kergoat et Keroulin, sur le bord de la route de Lesnevar. - Tumulus détruit, dans le courtil de la ferme du Rhun. Il y a été recueilli une spirale en or et des haches à ailerons (musée du Vieux-Chatel, en Kerlaz). - Urnes cinéraires rencontrées dans un tumulus à Kerampennou ; tuiles et débris romains à l'Est de l'anse de la Forest ; motte, près du Passage. (M. du Chatellier).

Ville de Concarneau (Bretagne).

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ANCIENNE NOBLESSE de CONCARNEAU

Domaine de Conq, Fouesnant et Rosporden : La contenance de ces trois petits domaines comprenant ensemble 17 paroisses a été taillée encore dans les limites de la Cornouaille. Conq, en raison de son port de Concarneau, rapportait, au XVème siècle, 460 livres, Fouesnant et Rosporden réunis, seulement 460 livres. En 1572, la valeur est tombée à 610 livres et, au XVIIème siècle, la recette nette ne donnait que 331 livres, en raison des charges évaluées à 480 livres. D'autres évaluations portent les moulins de Rosporden à 1.360 livres, le four banal à 500 livres, vers 1700.

Voir aussi   Ville de Concarneau "La châtellenie de Conc-Fouesnant-Rosporden

Voir aussi   Ville de Concarneau "La Cour de Conc-Fouesnant-Rosporden

Voir aussi   Ville de Concarneau "Les justices seigneuriales de Conc-Fouesnant-Rosporden

De la Bruyère ou de Bruczec, sr. de Menguen, en Beuzec-Conq — dont Eon fut receveur de Conq-Fouesnant en 1410. — Porte trois Losanges.

Keratry. Paraît à une montre de 1562, en la paroisse de Beuzec-Conq (de Courcy). D'azur au greslier d'argent surmonté d'une lance de même.

Voir aussi   Ville de Concarneau "La seigneurie particulière de Concarneau

A la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles de l'an 1481 qui s'est tenue à Carhaix les 4 et 5 septembre, revue militaire à laquelle tous les nobles devaient participer munis de l'équipement en rapport avec leur fortune, les nobles suivants des châtellenies de Concq-Fouesnant et de Rosporden étaient présents :

Alain Morvan, pour le mineur de Rospiec, en brigandine et vouge ;  

Guillaume le Stanguer, en brigandine et vouge ;  

Priou le Goff, en brigandine et javeline ;  

Roland Lesandevez, représenté par Guillaume Lesandevez son fils, en brigandine et javeline ;  

Guill. Cariou, en brigandine et vouge ;  

Jehan du Bot, archer en brigandine ;  

Hervé le Rousseau, en brigandine et vouge ;  

Laurent le Rousseau, archer en brigandine ;  

Bertrand Martret, représenté par Yvon Tanel, archer en brigandine ;  

Jehan Guillou, représenté par Dom Jamet Provost, archer en brigandine ;  

Louis le Diglorec, représenté par Jehan son fils, archer en brigandine ;  

Jehan Conquer, pour lui et sa mère, archer en brigandine ;  

Jehan de Kerouant, parce qu'il est vieil, il a faict comparoir Guillaume Le Gall, archer en brigandine ;  

Jehan Thebaut, archer en brigandine ;  

Jacques Lesmaës, archer en brigandine ;  

Mahé Soubis, archer en brigandine ;  

Jehan Keranrais, représenté par Jehan la Combarde, archer en brigandine.

 

A la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles de l'an 1562 qui s'est tenue à Quimper les 15 et 16 mai, les nobles suivants des jurisdictions de Concq-Fouesnant et de Rosporden (et premier, Melven ou Melguen) apparaissent :

le sieur de Coat-Canton, capitaine de Brest, default.  

Le sieur du Fresne, présent, dict faire arquebusier à cheval.  

M. Jehan Gauvain, dict faire pique sèche.  

Guillaume Dronyou, sieur de Kergoat, auquel il est ordonné faire vingt archers, ce qu'il a promis de faire.  

Louis Mahault, sieur de Menès-Rechellou, nouvellement décédé, et est son bien en rachapt par attestation des officiers de Concq.  

Jehan Le Stanger, sieur du Cozquer, présent, dict estre sous l'esdict.  

Charles de Liscoët, default.  

Yves Kermesan, default.

 

A la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles de l'an 1481 qui s'est tenue à Carhaix les 4 et 5 septembre, revue militaire à laquelle tous les nobles devaient participer munis de l'équipement en rapport avec leur fortune, les nobles suivants de Beuzec-Conq (Beuzec-Concq) étaient présents :

Charles le Scanf, archer en brigandine. Injonction d'un homme de déffense en sa compaignie ;  

Raoul du Stanc-Bihan, archer en brigandine ;  

Jehan Trévaré, représenté par Hervé son fils, archer en brigandine ;  

Guillaume Kermesloan mineur, représenté par Louis Tiec, en pal et vouge ;  

Marc le Coroller, archer en brigandine ;  

Marguerite, fille mineure de Guillaume de Lesongar, représentée par Yvon Matigny, archer en brigandine.

 

A la "Montre" de l'Evêché de Cornouailles de l'an 1562 qui s'est tenue à Quimper les 15 et 16 mai, les nobles suivants de Beuzec-Conq (Beuzec-Concq) sont mentionnés :

Pierre Barlot, sr. de Kerbren, présent, dict faire arquebusier à cheval ;  

Maître René de Kerguern, sieur de Trévaré, présent, dict qu'il est sous l'esdict ;  

Auffret le Forestier, default ;  

Le sieur du Stanc-Bihan, mineur, représenté par Maître Louis de Kératry, qui dict qu'il est sous l'esdict.

(à compléter)

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