Yvignac : Histoire, Patrimoine, Noblesse (commune du canton de Broons)

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YVIGNAC

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La commune de Yvignac (bzh.gif (80 octets) Ivinieg) fait partie du canton de Broons. Yvignac dépend de l'arrondissement de Dinan, du département des Côtes d'Armor (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de YVIGNAC

Yvignac dérive du gallo-romain « ivino » correspondant au breton "ivin".

Yvignac est semble-t-il une ancienne paroisse primitive gallo-romaine qui englobait jadis outre le territoire actuel d'Yvignac, ceux de Broons, Caulnes et Saint-Jouan-de-l'Isle [Note : Yvignac, écrit M. Lesage, est un pays habité depuis des temps très reculés, si l'on en jugé par les antiquités qu'on y trouve. D'après le Répertoire Archéologique des Côtes-du Nord, on a découvert dans cette commune, un grand nombre de haches en pierre polie, notamment une petite hache en jadéite, une petite et une moyenne, en fibrolite, trois grandes, dix moyennes et cinq petites en diorite. — Une hache de moyenne taille en diorite. — Une en diorite de vingt centimètres et six de huit centimètres ; une en fibrolite avec rainure latérale, longue de cent vingt-cinq millimètres ; une un peu plus petite en chloromelanite. — Deux en diorite. En 1864, l'abbé Lesage a déblayé, en partie, au village de la Boissière des substructions romaines en petit appareil. Sous l'aire d'une petite chambre pavée en briques, on a même découvert une monnaie de Carinus avec cette inscription : IMP. C. M. AUR. CARINUS. AUC. R. S. AEQUITAS. AUGG.].

Ville d'Yvignac (Bretagne).

Elle doit avoir, comme paroisse une origine ancienne, puisque dès 1152, l'on voit saint Jean de la Grille, évêque de Saint-Malo, abandonner au Chapitre de sa Cathédrale, les revenus dont il pouvait jouir dans l'église Saint-Malo d'Yvignac et permettre à ses chanoines de desservir eux-mêmes cette église, ou de la faire desservir à leur choix par un prêtre révocable à leur volonté. (Pouillé de l'Archevêché de Rennes, Tome 1, page 634). Nous ne savons combien de temps dura ce régime. [Note : M. Gaultier du Mottay signale dans le cimetière d'Yvignac, à moitié enfoncé dans la terre, un cercueil mérovingien monolithe, présentant une niche, dans laquelle était logée la tête du mort. Nous ne savons ce qu'il est devenu].

Yvignac, que l'on trouve aussi orthographié autrefois Eyvignac, est un vieux pays, où la langue bretonne a dû être en usage jusqu'à une époque relativement rapprochée de nous, si l'on en juge par le grand nombre des noms à désinence celtique, que l'on trouve portés par les villages et les hameaux de cette contrée.

Yvignac (Iviniac) a une église dès 1181. En effet, on trouve mentionné " ecclesia de Iviniac " dans une charte, datée de 1181, concernant un traité passé entre Saint-Magloire de Léhon et Saint-Magloire de Paris.

En 1182, on trouve mentionné " Ilfiniac " (Yvignac) dans une charte du duc de Bretagne énumérant les biens des Templiers dans la province [Note : c'est dans cette commune que se trouvait le Temple de Lannouée].

On trouve cité « ecclesia sive parrochia de Ivignac » en 1187 dans une charte du prieuré de Saint-Magloire de Léhon, où l'évêque de Saint-Malo confirme toutes les possessions de Marmoutiers dans son diocèse. 

En 1255, Eudes de Quividi signifiait que le prieuré devait jouir dans cette paroisse d'Yvignac du tiers de la dîme du fief de Eudes Lermine, chevalier. En 1269, le doyen de Plumaudan faisait savoir que Hamon Paquez, chevalier, avait renoncé à toutes ses prétentions sur les dîmes du prieuré du Léhon, en Yvignac (Blancs-Manteaux, XXXIX, 220 - D. Morice, I, 1020 - Anciens Evêchés IV, 347, 362).

" Avant 1789, la paroisse d'Yvignac faisait partie du diocèse de Saint-Malo. Elle était alors comme maintenant placée sous le patronage du bienheureux de ce nom. Toujours est-il qu'au XVIIème et XVIIIème siècle, la cure était à l'alternative, c'est-à-dire que la nomination du recteur appartenait, soit à l'évêque de Saint-Malo, soit au Pape, suivant le mois où le rectorat devenait vacant. Yvignac dépendait alors comme paroisse du doyenné de Plumaudan. Le revenu brut, de sa cure fut estimé en 1727 à 900 livres et les charges à 350. D'après Ogée, elle comptait en 1780, 850 communiants. Mgr. des Laurents avait fixé, le 22 octobre 1777, les jours d'adorations de cette paroisse aux 6, 7 et 8 avril de chaque année " (A. Lemasson). Cette paroisse abritait au village de Lannouée (noté Lanhoe, en 1182) une commanderie de templiers dont il subsiste la chapelle Saint-Jean Baptiste de Lannouée, membre de la commanderie de la Guerche-de-Bretagne qui dépendait jusqu'à la Révolution de la paroisse de Rannée.

L'ancienne paroisse d'Yvignac dépendait de la subdélégation de Montauban et ressortissait au siège royal de Dinan. La cure était à l'alternative. Durant la Révolution, la paroisse d'Yvignac dépendait du doyenné de Broons. Yvignac élit sa première municipalité au début de 1790. Lors des nominations aux succursales en 1803, à Yvignac, l'évêque désigne Jean-Baptiste Gendrot et l'y maintient malgré l'opposition du préfet qui écrivait « qu'il ne pouvait consentir à ce qu'un individu qui a été comme le caissier général d'une division de la chouannerie, l'un des agents qui a désolé précisément la partie où on propose de le placer, soit mis à la tête de la commune d'Yvignac. Une pareille nomination serait une espèce de scandale public ». 

Il existait jadis une famille du même nom : Oliverius d'Ivignaco, écuyer (en 1249) et Guillaume d'Yvignac, archer (en 1357), puis écuyer (en 1381). 

On rencontre les appellations suivantes : Eccl. de Iviniac (en 1181), Par. de Ivignac (en 1187), Yvignac (en 1269, vers 1330, au XVème siècle).

 Ville d'Yvignac (Bretagne) : manoir de Kermaria.

Note 1 : le 16 janvier 1350, Guillaume d'Yvignac figure dans la montre d'Olivier de Montauban, à Dinan. Le 16 juin 1465, Jean d'Yvignac était du nombre des quarante lances du sire de la Hunaudaye (ou Hunaudaie). En 1481, Loys d'Yvignac faisait partie de la garde du duc de Bretagne. Le 7 août 1488, Jehan d'Yvignac, sieur dudit lieu, signe l'un des premiers à la capitulation de Dinan. Loys d'Yvignac faisait partie des cinquante gentilshommes formant la garde de la duchesse Anne, et Georges d'Yvignac, des vingt hommes d'armes du roi Charles. Le 24 janvier 1791, une troupe de mille paysans tente d'incendier le château d'Yvignac. Le 8 juillet 1795, le château est pris par les Chouans, commandés par "Tape-à-Mort" (Joseph Picot de Limoëlan). Le 13 août 1798, le château et les terres de la seigneurie d'Yvignac sont vendus par adjudication comme biens nationaux.

Note 2 : Que les moines aient habité naguère plusieurs parties d'Yvignac, c'est un fait dont on ne peut douter. Des noms comme la Moinerie, le Moulin aux Moines, l'Abbaye, que l'on trouve encore maintenant portés par certains villages de cette paroisse, nous ont transmis, à travers les âges, le souvenir de leur séjour. Mais qu'était-ce que ces moines ? Sans doute d'humbles religieux, à la fois missionnaires et agriculteurs, chargés par leur monastère de distribuer tout autour d'eux les secours religieux, tout en faisant valoir un domaine appartenant à leur communauté. Tout cela est bien vague sans doute ; mais les documents écrits que nous possédons, ne nous permettent pas de préciser davantage. Tout au plus, grâce aux belles recherches des auteurs des Anciens Evêchés de Bretagne, pouvons-nous citer les noms des Abbayes qui possédaient des terres dans la paroisse. Ainsi nous savons que le prieuré bénédictin de Lehon, près de Dinan, dut être très anciennement renté [Note : A la fin du XVIIIème siècle, en 1777, le prieuré de Lehon, écrit le chanoine Fouéré-Macé, possédait encore à Yvignac une dîme qui était alors affermée 320 livres] en Yvignac. En effet, l'an 1187, l'évêque de Saint-Malo reconnaît que Lehon possède des droits de dîme et autres biens en Yvignac. En 1255, Eudes de Quividi (Kerdy ?) signifiait que le prieuré de Lehon devait jouir dans la paroisse d'Yvignac, du tiers de la dîme du fief d'Eudes Lermine, chevalier. En 1269, le doyen de Plumaudan faisait savoir que Hamon Paquez, chevalier, avait renoncé à toutes ses prétentions sur les dîmes du prieuré de Lehon, en Yvignac. A une époque beaucoup plus récente, le Terrier in-folio de la Sénéchaussée de Rennes, dressé en 1678 et conservé à Nantes, aux Archives de la Cour des Comptes, fait mention d'un bailliage que possédaient à Yvignac les moines augustins de Beaulieu, en Languédias. Enfin, des aveux de 1547, 1682 et 1752, relatés au Tome III, p. 121, des Anciens Evêchés, nous apprennent que l'abbaye cistercienne de Boquen, en Plénée-Jugon, était à ces diverses époques, nantie à Yvignac, de rentes en grains et en argent.

Note 3 : La découverte récente et toute fortuite de sépultures à La Nouée, en Yvignac, attire l'attention sur cette commanderie qui eut longtemps un certain renom dans l'histoire de Bretagne. La commune d'Yvignac fait partie du canton de Broons ; elle présente la forme générale d'un quadrilatère avec une pointe allongée vers le sud ouest. La partie nord de ce quadrilatère entame le grand plateau granulitique de Dinan et constitue une zone de terrain pauvre, primitivement couverte de bois et de landes. Aujourd'hui même, bien que la lande soit trouée de cultures, le paysage est toujours rude et sévère. Le plateau, assez élevé, possède, au village du Haut La Nouée, le point culminant de la commune, à 131 mètres. De ce fragment granulitique, la vue s'étend au loin : au sud-est et au sud, vers le massif de Bécherel et la coupure de la haute Rance ; au sud ouest vers le Mené et au nord-ouest vers les tertres qui bombent parfois le plateau. Le mot noë, nouée (Note : Lanhoe en 1182, La Noueix en 1394, La Nouave en 1416, Lanoée en 1433, Lannoeix en 1510), qui signifie lieu humide, marécage, étang, paraîtrait sans doute mieux convenir à une dépression qu'à une hauteur. Mais remarquons qu'à La Nouée, l'eau étant partout retenue par le terrain imperméable, les mares ne manquent pas ; la lande et le bois même sont humides. Le grand village de La Nouée, situé à l'angle nord-est de la commune, comprend aujourd'hui trois parties principales : La Touche La Nouée, le Bas La Nouée et le Haut La Nouée. Il s'est constitué près de l'établissement que les Templiers fondèrent au Haut La Nouée, probablement au XIIème siècle. A cette époque, évidemment, le paysage était encore plus austère que de nos jours et la lande y régnait en maîtresse. On peut se demander comment les Templiers furent amenés à s'installer dans ce pays d'aspect sauvage, presque désertique et d'apparence si peu abordable. Mais remarquons que des domaines du Temple se trouvaient non loin de là, notamment à Vildé-Guingalan, à Vildé-Goëllo en Quévert et à Dinan même. D'autres possessions existaient en Corseul, en Plorec, en Plénée Jugon et peut-être en Saint-Maudez. De plus, La Nouée avait trois chemins à sa disposition : - 1° D'abord, à deux kilomètres et demi, une voie traversière d'origine romaine, signalée par M. de la Messelière, réunissait par Brusvily et Plumaudan, le Temple romain du Haut Bécherel, à Lauganou au nord de Caulnes. C'était donc un raccourci de la voie de Corseul à Rieux et à Nantes par Léhon, Saint Méen et Paimpont. - 2° Le grand chemin de Broons à Dinan par Trémeur, Trédias, le nord du bois d'Yvignac, Brusvily et Bobital frôlait le village du Haut La Nouée et le mettait à 12 kilomètres et demi de Dinan. - 3° Enfin, à l'ouest, une bifurcation du chemin de Dinan, amorcée près de Trédias, gagnait par le prieuré de Saint Georges et le village de Menubois en Trémeur, ensuite par un chemin suivant la route actuelle de Brest, une station d'origine nettement romaine, celle de Langouhèdre, sur la voie Corseul Vannes. La Nouée n'était donc nullement isolé, même au Moyen Age. L'essentiel sur l'histoire des Templiers et des Hospitaliers de La Nouée a été dit par Guillotin de Corson (voir Temple de La Nouée), aussi rappelons seulement, jusqu'au XVIIème siècle, quelques-uns des faits cités par lui. En 1291, Pierre de Launay est reçu chevalier du Temple dans la chapelle de La Nouée par Pierre de Villiers assisté de quatre autres chevaliers. Guillotin de Corson profite de cette occasion pour protester contre les insanités attribuées plus tard aux Templiers dans ces réceptions. Après le procès fameux intenté par Philippe le Bel et la suppression de l'Ordre du Temple au Concile de Vienne en 1312, La Nouée passe à l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, plus tard Ordre de Malte (Note : Peut-être, dans l'intervalle entre la suppression des Templiers et l'entrée en possession de leurs biens par les Hospitaliers, le domaine de La Nouée, comme d'autres, a-t-il été diminué par des usurpations de seigneurs voisins) et devient peu à peu une commanderie centrale comprenant cinq membres ou domaines : La Nouée, Le Creac'h ou Créhac en Plédran, La Caillibotière ou Montbran en Plurien et Pléboulle, Romillé (Ille-et-Vilaine), toutes anciennes possessions du Temple, enfin, l'Hôpital de Plumaugat. Au XIVème siècle, à cause de la baisse des revenus, la commanderie de La Nouée est unie à celle de la Guerche (Ille-et-Vilaine). En 1394, Nicolas Seguin est à la fois commandeur des Temples de la Guerche et de la Nouée. En 1602 et 1603, le commandeur François de Lesmeleuc, originaire d'Andel, préfère la résidence de La Nouée à celle de la Guerche. Au XVIIème siècle, le domaine proprement dit de La Nouée comprend quinze journaux de terre. D'après le procès-verbal d'expertise dressé pendant la Révolution, à la fin de l'an VI, cette étendue était répartie en dix-neuf pièces de terre (Archives départementales des Côtes-d'Armor). Au XVIIIème siècle, la commanderie forme toujours une véritable seigneurie, percevant dans ses fiefs les rentes et les droits féodaux. Parfois, suivant l'usage de l'Ordre de Malte, des visites ou chevauchées de chevaliers inspecteurs viennent, comme en 1708, constater les « améliorissements » que l'initiative d'un commandeur a produits. Les pièces de terre appelées « Grande et Petite Justices » rappellent les anciennes fourches patibulaires (Note : Le procès-verbal d'expertise de l'an VI appelle ces terres "Les Jeustisses"). Aucun commandeur ne réside à La Nouée, mais la seigneurie a sa juridiction et ses officiers, procureur fiscal, notaires, fermier général. D'après un acte notarié du 20 décembre 1756 (Archives de l'étude Picquet du Méleuc, Yvignac), le seigneur d'Yvignac, comte de Bruc et la comtesse son épouse, pour acquitter une dette contractée par la famille d'Espinay, vendent une métairie près de La Nouée (Métairie du Bos) . Sur le prix total de 3.500 livres tournois, 3.000 relèvent de l'abbaye royale de Beaulieu et 500 de la Commanderie par le bailliage de La Nouée en dépendant. A cette époque, le procureur fiscal Lohier et le fermier général Garnier résident à Dinan. Au début de la Révolution, le fermier général est Ducours-Frelaut, de Trébédan (Th. Plessix).

Note 4 : la commune d'Yvignac est formée des villages : Lannouée, Couacler, la Nouée, la Favrie, Carvaguen, Coatauvé, Kervalan, Quesseul, le Haut-Val, le Bas-Val, Trelle, la Bouexière, la Haute-Bouexière, la Carrée, Bas-Pouhat, les Loges, Bitern, la Hunnelais, Noé-Maillard, les Touches, Kerneuf, Haut-Fouénard. 

Note 5 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse d'Yvignac : - Mathieu DU MARGARO. Les registres ecclésiastiques d'Yvignac nous font savoir qu'en 1569 et 1570 la paroisse avait pour recteur Mathieu du Margaro, qui pouvait être de Couëtcouvran, maison appartenant à une famille de son nom. - Louis LEQUEN ou SEQUEN fait quelques inhumations en 1609, et le 29 septembre de cette même année, il est porté au registre des décès. - Pierre DU FOURNET, recteur en 1610, disparaît la même année. - Simon GUILLOU, recteur en 1612, disparaît en 1646 et après une administration de 31 ans. - Jean GUILLOU, nommé recteur en 1646, fut inhumé dans l'église le 3 mai 1665. - Raoul DE LA LANDE, recteur en juin 1665, disparaît avant la fin de cette même année, peut-être pour faire place à Urbain d'Espinay. - Urbain D'ESPINAY, fils d'Urbain d'Espinay, marquis de Vaucouleurs et de Servanne Frotet, sa seconde épouse, naquit vers 1630. Il n'était que le troisième fils de Servanne Frotet, qui était soeur de l'abbé de Boquen. Urbain entra dans le clergé et on le trouve tonsuré en 1646. Par la résignation de son oncle, il devint abbé de Boquen vers l'année 1657, car en 1658 il est pour la première fois qualifié d'abbé de Boquen sur les registres ecclésiastiques de la paroisse. En 1666, il était prêtre et recteur, car le 8 avril de cette même année, il fait un baptême et il signe : Urbain d'Espinay, recteur d'Yvignac. Depuis cette époque on le voit remplir très exactement les fonctions curiales. Depuis le 20 juillet 1678, il cesse d'ajouter à son titre de recteur la qualification d'abbé commendataire. Il ne mourut pas âgé, car treize ans seulement après la mort de sa mère, le 1er février 1690, le registre mortuaire de la paroisse d'Yvignac inscrit la mort de son recteur Urbain d'Espinay. M. Urbain avait pris les armes des Frotet, qui étaient celles de sa mère et de son oncle, l'abbé de Boquen. Nous donnons comme très exact ce que nous avons dit de l'abbé d'Espinay, car nous avons tout pris sur les registres ecclésiastiques de la paroisse d'Yvignac. Ainsi tombent les doutes, les hésitations, les erreurs de M. Tresvaux et des Evêchés de Bretagne, sur l'abbé de Boquen. Nous conclurons aussi que l'abbé d'Espinay fut un saint prêtre. Il fallait l'être pour introduire, comme il le fit, la réforme dans son abbaye, et pour renoncer volontairement à un gros revenu. On ne peut donc qu'être édifié en voyant le désintéressement de ce cadet, qui abandonne un fort bénéfice, pour vivre dans un pauvre presbytère. Cette maison existe encore en 1866, et elle porte les armes de l'abbé de Boquen. C'est la maison de décharge des recteurs d'Yvignac. - René-Placide JOUNEAUX DE BREILHOUSSOUX, prêtre de famille noble, devint recteur d'Yvignac en 1691. Il disparaît après deux ans d'administration. - M. RESLOU, dont la première signature est du 9 juin 1694, et la dernière du 17 février 1695, devint recteur de Plélan-le-Grand. - Joseph BOULLIER, nommé recteur au commencement de l'année, fut inhumé dans l'église le 8 juillet 1696. - Nicolas LEQUELLEC, recteur en 1697, fut inhumé dans l'église par le doyen de Plumaudan, le 17 janvier 1717. - François LE SAGE fut nommé recteur en novembre 1719. On le voit pendant 26 ans remplir très exactement les fonctions curiales. Il mourut âgé de 70 ans, et il fut inhumé dans l'église le 2 novembre 1743. - Gilles PERRÉE, arrivé à la cure d'Yvignac le 16 janvier 1744, à l'âge de 32 ans, et au moyen du concours, fit beaucoup de bien à cette paroisse pendant son administration de plus de 37 ans ; aussi quand nous avons commencé nos recherches sur Yvignac, vers 1862, sa mémoire était encore vivace dans la paroisse. Ses registres, sont aussi un vrai répertoire pour l'archéologue. Il y insérait tout ce qui se passait d'important à Yvignac et dans les environs : les réparations, les dons faits à l'église, les achats, les missions, les jubilés donnés à la paroisse, les Mortalités, et même le combat de Saint-Cast, tout trouve sa place après un baptême ou un enterrement. Après des années on trouve au registre mortuaire que M. Perrée est mort à l'âge de 69 ans, le 12 juillet 1781, et qu'il a été inhumé le 13, en présence d'un concours considérable de peuple, tant de sa paroisse que des paroisses environnantes. - Guillaume GAUVAIN, prêtre natif de Cancale, devint recteur d'Yvignac en 1781. A l'époque de la Révolution il refusa tout serment et il passa en Angleterre ; mais ayant bientôt appris qu'un intrus faisait du mal dans sa paroisse, il repassa en France, se cacha à Yvignac et dans les paroisses voisines. Il tomba malade à Lanouée, village de sa paroisse. Pour que ses hôtes ne fussent pas compromis, il leur dit de porter secrètement, après son décès, son corps sur la lande de Lanbrun, ce qui fut exécuté ; c'était en mai 1794. Le corps trouvé sur la lande occasionna une descente de justice et un curieux procès-verbal, qui se trouve aux archives de la commune d'Yvignac : « Ils l'appuyèrent au talus du chemin de la route de Dinan, un bâton à la main, dans l'attitude d'un voyageur surpris par la mort. D'après une page du registre paroissial, aujourd'hui déchirée, paraît-il, et aussi d'après la tradition du pays, le cadavre fut rencontré le lendemain par une bande de " patriotes ". A la vue de celui qu'ils cherchaient depuis si longtemps, ils poussèrent un long cri de joie. Les plus braves enfoncèrent leurs baïonnettes, dans ses restes, pendant qu'un autre déchargeait son fusil sur le mort, à bout portant. M. Gauvin fut enterré sous le grand if du cimetière ; et le soir, dit la même relation, les patriotes dansèrent sur sa tombe ». (Diocèse de Saint-Brieuc durant la Révolution, tome Ier). - M. NOGUES naquit à Yvignac, et il y était vicaire quand la Révolution éclata. Obligé d'émigrer pour refus de serment, il revint en 1797 et prit, comme ancien vicaire, l'administration de la paroisse, et en 1802 et 1803, il eut, comme les administrateurs, le titre de curé d'office, avec lequel il mourut le 3 juin de l'année 1803. - Jean-Baptiste GENDROT, prêtre natif de Quédillac, fut nommé le 24 juin 1803, à la cure d'Yvignac, qu'il quitta 28 ans après pour devenir curé de Saint-Jouan [Note : Lors de la Révolution, M. Jean Gendrot était chapelain de la Houssaye, en Saint-Maden et remplissait en même temps les fonctions de vicaire de Guenroc. Il refusa le serment schismatique et demeura dans le pays continuant d'exercer son ministère. Plusieurs fois sa vie fut en danger. Lors de l'attaque de la Houssaye, le 2 février 1796, il était avec les royalistes et se sauva en sautant par dessus les douves alors que les balles sifflaient à ses oreilles. Une autre fois, il rencontra à travers champs, les soldats républicains. Très agile, M. Gendrot se mit à courir pour les éviter ; les Bleus tirèrent sur lui, mais le manquèrent. Quand il se vit hors de portée, on raconte que se détournant à demi et levant les basques de son habit, il cria à, ses agresseurs : « Mais, tirez donc, imbéciles ». M. Gendrot fut à la fin arrêté et déporté sur les pontons de Rochefort, mais l'on ne sait à quel moment. Après la Révolution, le confesseur de la foi devenu recteur d'Yvignac eut le bonheur de convertir un malheureux prêtre nommé C... qui avait violé ses voeux et s'était marié. Quatre filles étaient nées de cette union illégitime. Avant de revenir à Dieu, ce malheureux avait une réparation à faire ; il la fit avec courage. M. C ..... monta en chaire après le prône de la grand'messe, fit amende honorable et demanda pardon du scandale qu'il avait donné. Son repentir se traduisit par des larmes abondantes ; il sanglotait tellement, que M. Gendrot qui pleurait ainsi que ses paroissiens dit à C . : « Mon frère, descendez, vous en avez dit assez ». M. Gendrot mourut curé de Saint-Jouan-de-l'Isle, en 1846. (Diocèse de Saint-Brieuc durant la Révolution, tome II, p. 395).]. - Jean-François FLEURY, natif de Plumaugat, fut transféré de Saint-André-des-Eaux à Yvignac en 1831, et il est mort à l'âge de 57 ans, dans cette dernière paroisse, le 13 février 1842. - François DELOURME, né à la Gouesnière, vint de Pleslin à Yvignac en 1842, et il est mort le 27 octobre 1845. - Laurent FAISNEL, né à Plumaugat en 1802, recteur d'Yvignac en 1845, démissionnaire en 1870, est mort dans sa paroisse en 1882, âgé d'environ 80 ans, ...

Note 6 : liste non exhaustive des prêtres natifs d'Yvignac : Dans les temps anciens, la paroisse d'Yvignac a fourni beaucoup de vocations ecclésiastiques. Toutes les classes, la noblesse, la bourgeoisie et le peuple ont fourni leur contingent. Nous avons fait sur les registres ecclésiastiques le relevé d'une centaine de prêtres nés dans cette paroisse, entre autres : - Urbain D'ESP!NAY, abbé de Boquen et recteur d'Yvignac. - Nicolas D'ESPINAY, frère d'Urbain, inhumé dans l'église en 1692. - Jacques-François, abbé d'Espinay, est parrain en 1709. - L'abbé François GESLIN DE COETCOUVRAN, témoin à un mariage en 1745. - François DUBOUAYS DE LA BÉGASSIÈRE, en 1748. - Yves LEBRANCHU et Jean LEBRANCHU, successivement recteur de Languédias en 1745 et 1754. - Pierre Martel, originaire d'Yvignac, fut chapelain de la Vicomté, en Dinard. Il, mourut à Saint-Enogat, le 20 novembre 1788, « après avoir mené une vie exemplaire et pleine de bonnes oeuvres ». Il fut inhumé le 22 novembre dans le cimetière de cette paroisse (Extrait des registres paroissiaux de Saint-Enogat). Les Martel sont d'ailleurs une des vieilles familles d'Yvignac. Le 22 septembre 1699, nous trouvons Servan Martel, sieur de la Planchette, épousant Raoulette Saoulas, dans l'église de Plumaudan. - Au moment de la Révolution, deux prêtres originaires d'Yvignac habitaient cette paroisse. Le nom de l'un deux, M. Crespel, disparaît des registres, en même temps que ceux du recteur et du vicaire. Celui de M. Picquet y figure quelques mois encore. Mais il fut à son tour obligé de se cacher. La rue Baron, à Trébédan, alors habitée par M. Jean Ange Frélaut-Ducours, fut le lieu, où il trouva le plus souvent asile. Il y administra plusieurs fois les sacrements de baptême et de mariage. En 1803, il fut nommé vicaire d'Yvignac et l'année suivante recteur de Sévignac (Diocèse de Saint-Brieuc durant la Révolution, tomes Ier et IIème). - Louis DUBOUAYS DE LA BÉGASSIÈRE, mort en 1830, curé de Chévreville, diocèse de Coutance. - François-Come-Damien ALLAIN, fils de maître Guillaume Allain et de demoiselle Louise Ladouyer, fut baptisé le 17 février 1743. Il eut pour parrain et marraine haut et puissant messire François Leroux, seigneur de Kerinan, et demoiselle Françoise-Marcelle Geslin de Coëtcouvran. M. Allain avait fait ses premiers voeux dans la Société des Jésuites quand elle fut supprimée. Il rentra alors dans son diocèse et se distingua comme prédicateur. En 1774, il devint recteur de Notre-Dame-du-Roncier, l'une des paroisses de la ville de Josselin. Sa réputation d'homme de science et de sainteté le fit choisir pour député du clergé du diocèse de Saint-Malo, aux Etats généraux en 1789. Il montra une grande fermeté dans la foi. Les autorités révolutionnaires du Morbihan l'accusèrent d'intrigues contre les lois. Cette accusation, adressée à l'Assemblée nationale et accueillie par elle, força M. Allain de passer à l'étranger. Rentré en France, après les mauvais jours, son mérite fut apprécié par le gouvernement consulaire, qui, en 1802, lui offrit l'évêché de Tournay. M. Allain refusa l'évêché offert et accepta la place de grand vicaire de l'évêque de Vannes. Il mourut dans ce poste en 1809, à l'âge de 66 ans. Il partagea ses livres entre le séminaire de Vannes et celui de Saint-Brieuc. - Marc-Mathurin LEROUX, né à Yvignac le 9 septembre 1763, fut fait prêtre à l'âge de 23 ans, et envoyé quelque temps après comme vicaire à Saint-Malo-de-Phili. Il refusa tout serment à la Révolution et se cacha dans sa paroisse et dans les paroisses voisines. Malgré toutes ses précautions il fut pris par une colonne mobile, dans la paroisse de Guipry, le 23 septembre 1794. Il fut conduit à Rennes, jugé, condamné à mort. Il fut exécuté le 7 octobre, treize jours après son arrestation. M. Leroux était homme de grande valeur. Les juges, malgré leur cruauté, ne purent s'empêcher de donner des regrets à ses talents [Note : Marc-Mathurin Leroux, né à Yvignac, le 9 septembre 1763, de Marc Leroux et d'Anne Villalon, marchande au bourg d'Yvignac, fit son cours à Dinan, et obtint de brillants succès dans ses classes d'humanités et de théologie. Ordonné prêtre en 1786, à l'âge de vingt-trois ans et envoyé quelque temps après vicaire à Saint Malo de Phily, il s'occupa avec un grand zèle de la sanctification des âmes. Lors de la Constitution civile du clergé, il refusa le serment schismatique imposé aux prêtres. Son dévouement pour ses paroissiens le retint près d'eux, lors de la loi sur la déportation. Tout en se cachant, il parvint à exercer son ministère à Saint-Malo de Phily et dans les paroisses voisines, jusqu'en septembre 1794. Le 23 septembre de cette même année, il se trouvait avec deux de ses amis MM. Robert [Note : L'abbé Robert était originaire de Trédias et condisciple de l'abbé Leroux] et Gortais, réfugié chez une pieuse femme, la veuve Maubec, au village de la Labimais, en Guipry. Mais une colonne mobile survenant à l'improviste, les surprit dans cette demeure hospitalière et arrêta les abbés Robert et Gortais ; seul des trois prêtres. Marc Leroux parvint à s'échapper. Malheureusement, dès le lendemain, il retomba aux mains des Bleus, qui s'empressèrent de le joindre, à ses deux confrères, pour les traîner ensemble au tribunal révolutionnaire de Rennes. En voyant de nouveau réuni à leur funèbre cortège, un ami bien cher, qu'il avait cru du moins hors de danger, l'abbé Robert ne put retenir sa douleur : « Ah ! mon ami, lui répondit l'abbé Leroux, regrettes-tu donc que je participe à ton martyre ? Nous avons toujours été étroitement unis par les liens de l'amitié et voici que Dieu permet que nous nous accompagnions jusqu'à la fin et que nous nous suivions dans la gloire ! ». On enchaîna ensuite deux par deux, les confesseurs de la foi avec d'autres laïques ; puis, les soldats ou plutôt les bourreaux se mirent en marche vers Rennes, non sans se donner le plaisir de battre au préalable les martyrs à grands coups de plat de sabre et de crosse de fusils, lors de leur départ de Bain. Quatorze jours après son arrestation, Marc-Mathurin Leroux était jugé ainsi que ses compagnons par le tribunal révolutionnaire d'Ille-et-Vilaine. Comme prêtres réfractaires, ils furent tous les trois condamnés à subir la peine de mort par jugement en date du 16 Vendémiaire, an III (7 octobre 1794). L'exécution eut lieu la même journée, deux mois dix jours après la chute de Robespierre. Ainsi mourut l'abbé Leroux, victime de son attachement à la foi catholique. C'était un homme de grande valeur, et ses juges eux-mêmes, tout en le condamnant, ne purent s'empêcher de rendre hommage à ses talents. (Voir : Les Confesseurs de la Foi de l'abbé Canon, tome III, et les Martyrs de la Révolution de l'abbé Guillon, tome III)].

Note 7 : Un Prédicateur célèbre à la fin du Moyen-Age. Est-il bien sûr qu'0llivier Maillard soit né à Yvignac ? Nous ne pouvons que constater la controverse qui règne à ce sujet [Note : La Borderie pense qu'0llivier Maillard est originaire du pays de Nantes]. Nous sommes trop insuffisamment documentés, pour prendre parti dans la discussion. Tout ce que noas pouvons dire, c'est que si jamais nous n'avons entendu parler qu'il exista à Yvignac, un bois dit « Bois du Cordelier », nous savons néanmoins qu'il y eut autrefois des Maillard [Note : Au XVIIIème siècle, la Villa Jamet était habitée par une famille Maillard] à Yvignac, entre autres Laurent Maillard, sénéchal d'Yvignac en 1681. D'ailleurs l'on trouve encore maintenant dans cette paroisse, au moins une famille qui porte le nom de Maillard. De même la ferme des Champs-Maillard et le village de la Noë Maillard sont bien connus à Yvignac. Quoi qu'il en soit, voici une brève esquisse de la vie d'Olivier Maillard, résumée d'après la Biographie Bretonne de Levot. Après avoir pris le bonnet de docteur à la Sorbonne, Maillard se fit Frère Mineur conventuel, puis plus tard il prit l'habit des Observantins. Tout en se livrant avec beaucoup d'assiduité au ministère de la prédication, on le désigna comme vicaire général de son ordre, de 1487 à 1499. Il enseigna aussi la théologie et le droit canonique dans plusieurs couvents. Il devint ensuite confesseur des rois de France Louis XI, puis Charles VIII. Entre temps, il dirigea la conscience du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire. Il fut même un moment, légat du pape Innocent VIII ; malheureusement les négociations dont ce Pontife l'avait chargé, ne réussirent pas. Des historiens mal renseignés ont chargé la mémoire d'Olivier Maillard, au sujet d'une mission que Charles VIII lui avait donné à remplir près du roi Ferdinand d'Aragon. Mais la vie entière d'Olivier proteste contre ces calomnies : ce fut avant tout un homme d'une vertu austère, qui s'éleva avec beaucoup de verve et de vivacité contre les vices et les travers de ses contemporains, sans se laisser guider par d'autres considérations que son zèle apostolique. Il mourut à Toulouse, le 13 juin 1502. On cite de lui cette belle réponse à l'adresse de Louis XI. S'étant attaqué à ce prince, dans l'un de ses sermons, il en fut menacé d'être cousu dans un sac et jeté à la rivière : « Dis à ton maître, répartit Maillard au messager du roi, que je serai plus tôt en Paradis par eau, que lui avec ses chevaux de poste ». (A. Lemasson).

Note 8 : Un procès à Yvignac au XVème siècle. Autrefois, nos pères n'avaient pas le coeur très tendre pour les voleurs et autres mécréants de cette espèce : être pendu haut et court, ou languir de longs mois sur la paille des cachots, était tout le sort qui leur était reservé. Aussi croyons-nous intéressant de relater ici une vieille histoire de larcin qui s'est déroulée a Yvignac, au début du XVème siècle. A cette époque, où nos fabricants de manuels scolaires se plaisent à nous dépeindre les gens d'Eglise, sans cesse entourés des sombres horreurs de l'Inquisition, il peut être utile de montrer, prise sur le vif, une inculpée réclamant des juges ecclésiastiques et cela pour échapper au chatiment rigoureux qu'elle prévoit l'atteindre. Nous citons en l'abrégeant, d'après un document du temps reproduit par Robidou dans son « Histoire et panorama d'un beau pays, Tome IIème ». Séance du tribunal ecclésiastique de Saint-Malo, du 19 novembre 1404. Jeanne Avenette, femme d'Arnould, d'Yvignac,.... le 31 août dernier, pendant une discussion entre son gendre et un nommé Jean Bréchlat, s'était saisie d'un gobelet d'argent, pesant environ un demi marc. — Interrogée " en spécial " par plusieurs fois, si elle n'avait pas le dit hanap, elle avait nié le fait. « Emue qu'elle estait en ire, disait-elle, et honteuse de faire devant la multitude l'aveu qu'on lui demandait ». — Malgré les dénégations de cette femme, on l'avait fouillée et comme on avait trouvé sous son aisselle le vase en question, elle s'était refugiéee à dire, qu'elle l'avait pris « non encourage de faire ou de commettre aucun tort ou larcin, mais pour être en plus sûre garde, à cause du peuple en contention ». Nonobstant cette défaite, elle avait été mise dans les « aireforts et chartres [Note : La geôle de la Chatellenie d'Yvignac se trouvait occuper avant 1789, la maison, habitée en 1911 par M. L. Plessis, négociant à Yvignac. Lors de la Révolution, elles était la propriété des enfants du Bouays de la Bégassière] de la seigneurie », d'où prévoyant que justice serait faite et accomplie d'elle, elle avait supplié le chapitre de St-Malo de convertir son cas de criminel en civil. Sur quoi les seigneurs ecclésiastiques assemblés en leur chapitre, le jour de la fête de M. St-Malo, « ne voulant ni ultion, ni punition de sang, mais voulant compassion et miséricorde », déclarent octroyer ce jour, sa demande à la coupable, sauf le droit des parties ; mais à la condition pour spéciale sentence, qu'elle sera bannie de la ville et même de tout l'évêché de St-Malo, jusqu'au premier mercredi des Cendres venant ; auquel jour, elle rentrera en grâce, après avoir fait nu-pieds, un pèlerinage au Mont St-Michel, au péril de la mer.

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PATRIMOINE de YVIGNAC

l'église Saint-Malo (XIIème siècle), reconstruite en partie entre 1881 et 1884 sous la conduite de l'architecte Edouard Corroyer. En forme de croix latine, elle comprend un clocher extérieur, une nef avec bas côtés de six travées, un transept et un choeur. L’édifice actuel a été entièrement reconstruit au XIXème siècle. La tour fut édifiée de 1868 à 1874 sur les plans de M. Ramard par les soins de M. Jollivet, entrepreneur à Tressaint. La nef, de la fin du XIème siècle, a été rétablie avec les matériaux anciens par les soins du Service des Monuments historiques. Les longères des bas côtés, le transept et le choeur refaits sur les plans de M. Maignan. Les travaux commencèrent le 7 mai 1881 et la bénédiction de l'église eut lieu le 22 octobre 1884. L'église avait été classée le 1er août 1879. Les sculptures des piliers, assez grossières, sont à remarquer. Elles dénotent, comme tout le reste de l'édifice, une influence normande très caractérisée. On rencontre les mêmes motifs à la chapelle de Durham Castle ainsi qu'à Dinton, en Angleterre, et, en France, jusqu’à Cergy (Seine-et-Oise). L'église conserve le mur occidental et cinq travées de la nef de l'époque romane (XI-XIIème siècle). La tour-clocher circulaire à pans coupés date de 1866-1874. « Avant 1789, la paroisse d'Yvignac était du diocèse de Saint-Malo, et sous le patronage du bienheureux de ce nom. La cure était à l'alternative. Son revenu brut fut estimé, en 1727, à 900 livres et les charges à 350. L'église montre dans la partie ouest de sa principale nef et dans son portail, le style roman du XIIème siècle, et l'autre partie de cette nef représente l'ogive du XIIIème ou du XIVème siècle. On voit sur cette dernière partie, mais à l'extérieur, les armes de la famille d'Yvignac. On dit dans le pays que cette église a appartenu aux templiers. Cette prétention ne paraîtra pas dénuée de vraisemblance quand on saura que les chevaliers du temple ont possédé, au village de Lanouée, en Yvignac, une commanderie, devenue avec les années une annexe du temple de La Guerche ». Elle abrite des statues anciennes de saint Malo, sainte Vierge et sainte Marguerite. On trouve une pierre tombale romane, contre le mur ouest. La Vierge à l'Enfant, en bois polychrome, date du XVème siècle ;

Nota 1 : L'église, qui est sans contredit l'une des plus intéressantes du département au point de vue archéologique, remonte au XIIème siècle. La tradition l'attribue aux Templiers qui furent autrefois très puissants dans ce pays. Depuis longtemps classée comme monument historique, elle a subi récemment, sous la direction de M. Corroyer, une intelligente restauration. Voici la description que donnait cette église quelque temps avant sa restauration, l'éminent archéologue que fut M. Gaultier du Mottay ; « Eglise romane du douzième siècle à chevet droit ; longueur trente-six mètres, largeur aux transepts seize mètres, sept travées. — Piliers carrés cantonnés sur chaque face d'une colonne engagée, à chapiteaux ornés de feuillages, d'entrelacs et de mascarons, arcades en fer à cheval et à double retrait dont les archivoltes retombent sur les colonnes, et sur l'angle des piliers. Les deux dernières travées présentent du côté de l'Evangile des faisceaux de colonnettes et un pilier cylindrique dont le chapiteau est formé de mascarons, et sur lequel viennent s'appuyer deux arcades ogivales du treizième siècle (époque de transition). — Au dessus de ces arcades, deux lancettes ogivales ; les autres arcades sont surmontées de lancettes en meurtrières et en plein cintre aveuglées. — A la façade ouest trois contre-forts, deux à gauche et un à droite, massifs, carrés et adhérents. Au chevet et dans l'alignement des arcades des bas côtés, deux contre forts : celui de gauche lourd et massif, celui de droite carré et peu saillant ; entre eux, quatre colonnes engagées dans le mur du chevet à un mètre vingt centimètres les unes des autres, et destinées à soutenir une corniche disparue. — Porte de l'ouest, à arcade en fer cheval, dont les pieds droits et les archivoltes sont décorées de dents de scie. Elle est abritée, par une espèce de porche à faîte carré, soutenu de chaque côté par des colonnes engagées ». (Répertoire archéologique des Côtes-du-Nord). Depuis qu'elle a été restaurée, l'église d'Yvignac présente dans tout son ensemble le style roman, mais il n'en était pas ainsi autrefois et l'abbé Lesage signale des parties de l'église appartenant par leur style au XIIIème et au XIVème siècle et sur lesquelles on pouvait voir gravées les armes des d'Yvignac.

Eglise d'Yvignac (Bretagne).

la chapelle Saint-Firmin de Trélée (XVIIIème siècle) et sa fontaine qui passait autrefois pour guérir la goutte et les rhumatismes. De plan rectangulaire, elle a été presqu'entièrement reconstruite au XIXème siècle et renferme plusieurs statues en bois polychrome dont celle de sainte Eugénie (XVIIème siècle), de saint Firmin, saint Lunaire, saint Servan, sainte Barbe, saint Roch, saint Gilles, sainte Appoline. " La chapelle du château d'Yvignac ayant été détruite au cours du XIXème siècle, ainsi que celle de la Nouée et de Caver, la seule chapelle encore existante maintenant à Yvignac est celle de Saint Firmin, sise au village de Trélée. où l'on va en pèlerinage le troisième dimanche de septembre. Cette chapelle, qui a été reconstruite en partie, il y a quelques années, renferme encore à l'intérieur plusieurs vieilles statues fort curieuses " (A. Lemasson) ;

l'ancienne chapelle de Lannouée ou La Nouée (XII-XVème siècle), dédiée à saint Jean-Baptiste. C'était un membre de la commanderie de la Guerche. La chapelle, de plan rectangulaire avec abside circulaire, est en ruines. Elle datait du XIIème siècle avec retouches au XVème siècle. Autrefois s'y trouvaient des statues de saint-Jean-Baptiste et de saint Martin (R. Couffon). «  Lanouée, cette annexe ou membre du temple de La Guerche, avait une chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste, un cimetière, le clos de la justice, un moulin, des bois, des fiefs et des dîmes s'étendant dans dix paroisses : Yvignac, Bourseul, Saint-Carné, Plénée-Jugon, Vildé-Guingalan, Corseul, Tramain, Plorec, Quévert et Dinan. Entre autres balliages, Lanouée avait : ceux du temple en Plénée, de Lanoué et de Guingalay en Yvignac, de Treffort en Corseul, du Temple-es-Saulneufs en Plorec, et de Vildé-Goëllo en Dinan. Lanouée avait aussi la chapelle de Saint-Jean de Loublet en Quévert. La chapelle de Lanouée est maintenant (1866) convertie en grange. Nous avons vu dans ses fenêtres plusieurs crânes humains, tirés du cimetière qui avoisinait cette chapelle. En 1294, Pierre de Launay fut reçu templier dans la chapelle de Lanouée par Pierre de Villiers, en présence des frères Hugues Poulet, d'Auvergne, Guillaume Battant et Jean de Fougères (Evêchés de Bretagne, T. 1, p. 95 et 208.  Pouillé de Rennes, T. 3, p. 75) ». De la chapelle Saint-Jean-Baptiste antérieure au XIIème siècle, subsistent le choeur avec la fenêtre axiale et la porte sud. L'ensemble ayant été remanié au XVème siècle, pour ouvrir la porte nord et aménager l'enfeu intérieur pour un seigneur d'Yvignac ; 

Nota 2 : La chapelle privée de sa nef, apparaît petite et vieillotte, sous son casque de lierre. Elle nous intéresse pourtant beaucoup, parce qu'elle remonte nettement aux Templiers, bien plus indiscutablement que l'église romane d'Yvignac, et aussi, parce qu'elle a été longtemps mêlée à la vie de la paroisse. Les villages de La Nouée formaient, en effet, pour Yvignac, une sorte de trève, que le recteur devait en principe desservir à ses frais. La nef de la chapelle a disparu au XIXème siècle, employée pour une construction dans le village même et le choeur est converti en cellier. Cependant, malgré l'état pitoyable de l'édifice, on peut encore se rendre compte approximativement de ses dimensions et de ses caractères. La longueur totale était d'environ 18 mètres (7 m. 30 pour le choeur, 10 m 36 pour la nef) et la largeur d'environ 8 m., mais les murs avaient près d'un mètre d'épaisseur. La construction primitive a dû être purement romane, dans un style fruste et sans ornements. Le choeur, au chevet arrondi, possède encore deux fenêtres romanes et une plus petite, sorte de meurtrière. La nef est presque complètement séparée du choeur par un mur percé d'une porte également romane, qui était autre­fois accostée de deux autels. Cette séparation curieuse de la nef et du choeur existe également dans l'ancienne église romane de Saint-André-des-Eaux, près de la Rance moyenne ; on la retrouvait aussi dans une chapelle du XIXème siècle, aujourd'hui détruite, celle de Saint-René, en Evran [Note : Même disposition à la chapelle Sainte Croix, près de Montbran en Pléboulle (XIVème et XVème siècles). Une arcade ogivale sépare la nef du choeur]. L'époque romane est encore rappelée à La Nouée par des restes de fresque rougeâtres très rudimentaires sur ce mur qui sépare le choeur de la nef (Note : Ils ont à peu près disparu sous un badigeon de chaux) ; de même, des sortes d'arabesques enfantines ornent l'arcade de la porte, dans le même mur. Rien ici qui puisse se comparer aux belles fresques romanes de Saint-André-des-Eaux, que nous a heureusement conservées un dessin de M. de la Messelière. Mais le XVème siècle a aussi laissé ses traces : d'abord, des meneaux d'ogive dans une fenêtre romane et surtout, à droite du choeur, un arc ogival aveugle dont l'ouverture a pu servir pour un enfeu ou un autel ; enfin une porte également ogivale a été percée au nord. Quelques restes de la voûte en bois qui recouvrait la nef et le choeur subsistent au chevet. Une statue de saint Jean, provenant maître-autel, se trouve toujours dans le village ; celle de saint Martin a disparu. La cloche de l'édifice sert maintenant à la chapelle frairienne de Saint-Firmin, située au village de Trélée, en Yvignac (Th. Plessix).

Nota 3 : Comme nous l'avons dit, La Nouée a été intimement mêlé, rendant de longs siècles, à la vie paroissiale d'Yvignac. D'abord, tous les ans, une assemblée ou fête, dite de la Saint-Jean, avait lieu autour de la chapelle. On y vendait et on y brisait aussi dans les jeux des vases grossiers provenant, dit-on, de La Poterie, près de Lamballe. D'autre part, avec l'autorisation du recteur d'Yvignac, on mariait parfois à la chapelle, on y enterrait aussi, soit dans le petit cimetière à gauche de l'édifice, soit même dans ce dernier. Quelques crânes humains, provenant du cimetière, ont été longtemps rangés sur une fenêtre du chœur. Au mois de juillet dernier (année 1935), l'établissement d'une scierie mécanique a entamé, par une tranchée, la nef détruite de la malheureuse chapelle. Dans cette tranchée, on a découvert à 0m. 60 seulement de profondeur, huit squelettes placés côte à côte, parallèlement à l'axe de l'édifice. Ils étaient « bouche fêlée » disent les gens du village, c'est-à-dire que les pieds de l'un se trouvaient vers la tête de l'autre et ainsi de suite. D'ailleurs, aucune trace de cercueil ni d'objet quelconque. Il est fort probable que, toujours dans la nef, il y a d'autres sépultures disposées de la même manière. D'où proviennent ces restes humains ? Appartiennent-ils à des Templiers des XIIème et XIIIème siècles, à des Hospitaliers du début du XIVème siècle, alors que la Commanderie de La Nouée était encore autonome, ou bien, plus simplement à des habitants de La Nouée, peut-être tenanciers du Commandeur ? Impossible de répondre. Les registres paroissiaux d'Yvignac nous indiquent bien les inhumations pour le XVIIème siècle, mais nous ignorons celles des siècles précédents. De 1648 à 1698, nous avons relevé 14 noms de personnes « ensépulturées » dans la chapelle et deux dans le cimetière (A noter que pendant la même période, trois mariages ont été célébrés) : - 1648, 14 octobre : Jeanne Renault, confessée par dom Guy Lechevestrier. - 1650, 9 août : Laurent Métayer, confessé par le sieur recteur de Trébédan. - 1651, 10 mars : Françoise de Pouhal, confessée par dom Guy Lechevestrier. - 1651, 2 avril : Gilette Tiret ou Tirel ? - 1651, 1er mai : Jean Bongard ? - 1651, 9 juin : Françoise D... ?. - 1651, 23 juin : Olivier Lacousse ? confessé par dom Guy Lechevestrier. - 1651, 3 septembre : Guillemette Legendre. - 1666, 13 juin : Olivier Lefort (par permission du recteur Jean Guillou), confessé par le chapelain de la dite chapelle. - 1678, 3 novembre : Georges Thébaut et sa femme ont été (par la permission de messire Urbain d'Espinay, recteur d'Yvignac) inhumés dans le cimetière de La Nouée. Confessés par messire Bertrand Plessix. - 1680, 23 février : Perrine Robert, confessée par messire Julien Jeuneu, de Trébédan. - 1698, 14 mars : Josselin Johier, inhumé par le sous recteur. - 1698, 20 mai : Jacques Bardoul, inhumé par le recteur Nicolas le Guellec. En consultant cette liste, on reconnaît presque toujours des noms de familles du pays. Le service est fait, soit par le recteur d'Yvignac lui-même, soit sous sa responsabilité, par des prêtres de sa paroisse ou de celle de Trébédan. Une seule fois, un chapelain spécial pour La Nouée est mentionné en 1666. Remarquer aussi les six inhumations de 1651. Toutefois, les recteurs d'Yvignac, notamment Jean Guillou, Urbain d'Espinay, puis Nicolas le Guellec trouvaient pénible le voyage de La Nouée et, depuis 1652 juste après les six inhumations de 1651, ils essayèrent de s'en affranchir. Mais, les commandeurs de La Guerche et de La Nouée, Hardouin Le Voyer de Paulmy (1642-1657), Lancelot de Chouppes (1657-1667) et René de Menou (1667-1702) ne l'entendaient pas ainsi. Justement le dernier, René de Menou, dans un cas analogue, soutenait un procès contre le chapitre de Notre-Dame de la Guerche et le fit condamner (Note : Pour une fondation du XVème siècle dont le chapitre voulait éluder les obligations). Il actionna les recteurs d'Yvignac et triompha sur toute la ligne en 1698. M. l'abbé Lemasson (Histoire du pays de Dinan, T. II, p. 227) nous fournit le texte du jugement : « Les recteurs devraient célébrer ou faire célébrer en laditte chapelle de La Nouée, tous les dimanches de chacun an, une messe matinalle, avec les annonces des festes de la semaine et prières nominalles pour le commandeur de La Nouée et autres chevaliers de Malte, fondateurs de la ditte chapelle et pour ceux qui y sont enterrés et au simetierre d'ycelle et outre d'administrer en cas de besoin les sacrements aux habitants du dit lieu qui souhaitteroient y estre enterrés et de conduire la procession de la ditte paroisse d'Yvignac à la ditte chapelle la seconde férie de Pasque et autres exercices de dévotion ; ce qui se pratique de tout temps immémorial ». Voilà nos recteurs condamnés à franchir, en suivant les mauvais chemins de l'époque, les 4 kilomètres et demi de montée lente, mais à peu près continue, qui séparent le bourg d'Yvignac du Haut La Nouée (Note : Le chemin du bourg d'Yvignac au Haut La Nouée suivait à peu près la route actuelle d'Yvignac à Trébédan jusqu'au Bas La Nouée ; de là on montait à la chapelle en empruntant le chemin de Brusvily. Un raccourci, par le village de la Favrie et la rive Est de l'étang de Villeneuve, permettait d'arriver plus vite au Bas La Nouée). Les inhumations vont donc, semble-t-il, continuer. Mais surprise ! A partir de 1698 jusqu'en 1789, on n'en relève aucune dans les registres paroissiaux. Les recteurs ont ils opposé au jugement une force d'inertie victorieuse, ou bien, une transaction que nous ignorons, est elle intervenue ? Quoiqu'il en soit, ils ont obtenu en partie gain de cause. Les cérémonies du dimanche ont sans doute continué à La Nouée au XVIIIème siècle et la chapelle est restée une station paroissiale pour les missions, comme celle de 1752 ; quelques mariages ont été célébrés en 1759, 1764, 1769, 1780, mais l'ère des inhumations a été close. En somme, bien qu'il y ait de fortes présomptions pour que les sépultures récemment découvertes concernent des habitants de La Nouée, soit du XVIIème siècle, soit des siècles antérieurs, le problème reste obscur. On peut affirmer toutefois, d'après ce qui précède, qu'aucune tombe ne peut être postérieure à l'année 1698 (Th. Plessix).

la commanderie du Temple de Lannouée (ou La Nouée). La commanderie appartient en 1182 à l'ordre du Temple et après 1313, aux hospitaliers de Saint-Jean. La maison située à l'ouest est l'ancienne commanderie édifiée par E. de Lesmeleuc, commandeur entre 1598 et 1604 : ses armes figurent au-dessus de la porte. Le frère François Paris de Soulanges est le dernier commandeur de Lannouée ;

Nota 4 : Nous avons extrait et résumé ce qui suit du bel ouvrage du chanoine Guillotin de Corson : « Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean, en Bretagne ». La Nouëe, qu'on doit reconnaître dans le « Lanhoe » de la charte de 1182 et qu'on appelait tantôt la Noueix, tantôt la Nouaye et parfois même Lannoeix, était autrefois une très ancienne commanderie de l'ordre du Temple, qui posséda naguère de grands biens en Yvignac. Ce fut dans la chapelle du Temple de La Nouëe qu'en 1294, Pierre de Launay fut reçu templier, par Pierre de Villiers, assisté de quatre autres frères de l'ordre du Temple : Hugues Poulet, d'Auvergne, Guillaume Battant et Jean de Fougères. (Anciens Evêchés de Bretagne). Lors de l'abolition des Templiers, les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, connus plus tard sous le nom de Chevaliers de Malte, furent mis en possession de tous les biens des Templiers. Mais les seigneurs voisins avaient mis à profit la dispersion des Templiers pour s'emparer de bon nombre de leurs domaines, et il n'était pas facile de les faire lâcher leur proie. Aussi les Hospitaliers de Saint-Jean durent-ils unir assez souvent plusieurs anciennes commanderies du Temple afin d'en former une nouvelle, d'un revenu suffisant pour assurer l'entretien des chevaliers et de leurs servants. C'est ainsi qu'ils annexèrent successivement au Temple de la Nouëe, celui de Créhac, en Plédran, celui de la Caillibotière ou de Montbran et celui de Romillé. Ils y joignirent encore un établissement qui leur appartenait en propre et qui formait l'Hôpital de Plumaugat. Malgré cela, dans le courant du XIVème siècle, la commanderie de la Nouëe fut unie à son tour à celle de La Guerche. Aussi voyons-nous frère Nicolas Séguin prendre en 1395, le titre de commandeur du Temple de La Guerche et de la Nouëe. Au XVIIème siècle, le membre de la Nouëe — comme on disait alors — consistait « en la maison noble et principal manoir du dit lieu, corps de logis avec cour au devant, jardin clos de murailles, chapelle située proche la dite maison, bois de haute futaye, le tout s'entrejoignant et contenant ensemble quinze journaux de terre ». La chapelle de la Nouëe était dédiée à saint Jean-Baptiste. Elle est maintenant convertie en grange. « Nous avons vu dans ses fenêtres, écrit l'abbé Lesage, plusieurs crânes humains provenant du cimetière qui avoisinait cette chapelle ». Lors de la visite que Charles de Cherbonneau fit en 1708, de tous les membres composant la Commanderie de La Guerche, le maître-autel de la chapelle de la Nouëe était décoré d'un grand crucifix, qu'accompagnaient les statues de saint Jean et de saint Martin. Une arcade romane accostée de deux autels séparait le choeur de la nef. Non loin de là, deux pièces de terre portant les noms de « Grande et Petite Justice » rappelaient le lieu où existaient les anciennes fourches patibulaires de la Commanderie. Sur une lande voisine se trouvait « une masse de moulin ruinée ». Enfin une métairie dépendait du manoir. En plus de la dîme qu'il levait dans son fief de la Nouëe, situé en Yvignac et Trébédan, le commandeur de la Nouëe possédait des rentes s'étendant en dix autres paroisses, entre autres, le bailliage de Treffort, en Corseul ; celui du Temple, en Plénée Jugon ; celui du Temple es Saulneufs en Plorec ; celui de Vildé-Goëllo, en Quévert, et puis d'autres bailliages qu'il serait trop long d'énumérer situés en Saint-Carné, Vildé-Guingalan, Bourseul, Tramain, Plouër, Taden et Dinan. (Voir Archives, Chambre des Comptes de Nantes, B 910).

Nota 5 : Le domaine de La Nouée, estimé comme bien national 4.500 fr. seulement (dont 200 fr. pour la chapelle et son cimetière), fut en réalité acquis pour 3.000 francs, le 17 pluviôse an VII, par un agriculteur, Michel Frère, de Plumaudan (Archives des Côtes d'Armor). Déjà, à cette date, une partie des bâtiments d'habitation menaçait ruine (notamment la grange située à l'Ouest). Aujourd'hui, ils sont en piteux état et la chapelle elle-même a partiellement disparu. Le village du Haut La Nouée est encore plein des souvenirs de la Commanderie. Il a conservé ses anciennes divisions ; on y trouve les groupes de maisons de la « Haute ville, de la Basse ville, des Billettes et de Chez la Rue ». Le chemin qui traverse le lieu pour le relier à l'ancien chemin de Brusvily, porte, en effet, le nom de « Rue », c'est-à-dire la rue du Temple. L'ancien manoir du commandeur s'appelle la « Métairie de la Salle » et des murs en ruine entourent son jardin. Le vieux puits de la Salle est, parait-il, médiocre, mais la belle source des Billettes le supplée comme jadis et sourd en pleine Rue. Le bâtiment d'habitation de la Salle, avec ses portes romanes, se compose toujours d'une grange ou remise effondrée, d'une écurie, d'une ancienne cuisine, où loge le fermier, enfin de ce que les gens du pays appellent le « presbytère », c'est-à-dire l'ancien logement du Commandeur et plus tard du chapelain, lorsqu'il y en avait un à demeure. Mais le « presbytère » est ruiné et ses pierres de taille ont été transportées à Trélivan, pour servir à une construction moderne. Toutes ces bâtisses n'ayant qu'un rez-de-chaussée, avec greniers et chambres au-dessus, ne différaient guère des maisons de paysans. Leur écusson a été martelé, comme celui de la chapelle. Elles paraissent sorties d'une carrière située au nord, dans le voisinage (Th. Plessix - 1935).  

les anciennes chapelles aujourd'hui disparues : - la chapelle de Cavert, dédiée à saint Hubert, détruite au XIXème siècle. Elle datait du XVème siècle ; - la chapelle du Château, détruite au XIXème siècle ; - la chapelle de Couacouvran ; - la chapelle de la Bégassière ; - la chapelle de Frémeur ; - la chapelle de la Magdeleine ;

la croix de la Ville-Morvan (haut moyen âge) ;

la croix de la Clôture (haut moyen âge) ;

les deux croix du style du haut Moyen Age, l’une au Haut au Haut-Lannouée et l'autre près de l’église ;

la croix de carrefour ou de Kerneuf (XVIème siècle), à double traverse ;

les deux croix situées à la sortie du bourg, vers Caulnes ;

la croix à la sortie du bourg, vers Dinan ;

la croix de Kervalan (XVIIIème siècle) ;

la croix Neuve (XVIIIème siècle) ;

la croix des Loges ;

la croix de la Levrette ; 

le château d'Yvignac (XVème-XVIIIème siècle). Ce château remplace un autre château du même nom, dont les ruines étaient encore apparentes au XIXème siècle et situées à côté du château actuel. La tour dite "de la Porte" et le départ de la courtine datent du XVème siècle. Le logis remanié date du XVIIIème siècle. En 1490, il appartenait à Louis Chevalier, seigneur d'Yvignac, un des cinquante gentilshommes qui avaient l'honneur de former la garde de la reine Anne, duchesse de Bretagne. Il passe ensuite aux mains des seigneurs d'Epinay qui y fixèrent pendant longtemps leur résidence. Au moment de la Révolution de 1789, ce château était encore la maison seigneuriale de la paroisse. Il avait alors le titre de châtellenie, avec haute, moyenne et basse justice, et appartenait à M. de Bruc. En 1791, face à l'impopularité des seigneurs, un millier de paysans assiègent le château, défendu par les dragons de Lamballe. Cette émeute fait cinq cents morts. En 1795, quatre cents chouans de Picot de Limoëlan occupent le château ;

Nota 6 : ; Le château qui porte le nom de château d'Yvignac, ne présente plus que des ruines en 1866. La moitié du principal corps de logis a été démolie par l'acquéreur, à la suite de la Révolution. Une famille noble, portant le nom d'Yvignac, possédait cette demeure dès le XIVème siècle. Ses armes, qui sont d'argent à deux faces de sable, se voient en dehors de l'église, au-dessus de la maîtresse vitre du choeur. Jacques d'Yvignac possédait et habitait le château dont nous parlons, à l'époque de la réformation de 1428. En 1513, Pierre d'Yvignac résidait à la maison de son nom. Quelques années plus tard, le château d'Yvignac était passé dans la maison de Guitté de Vaucouleurs. Guy de Guitté, marquis de Vaucouleurs, sieur d'Yvignac et de Plumaugat, maria, vers 1571, Anne, sa fille unique, avec Louis d'Espinay, sieur de la Marche, et frère de Charles d'Espinay, évêque de Dol. - Louis D'ESPINAY, époux d'Anne de Guitté, fut père de Charles, baptisé dans l'Eglise d'Yvignac le 20 juillet 1572. Les parrain et marraine furent Charles d'Espinay, évêque de Dol, et Jeanne de Scepeau, dame de Broons. - Charles D'ESPINAY, qui fut, par sa mère, marquis de Vaucouleurs, épousa en l'année 1600, Marie de Chalannay, dont il eut Urbain, et il fut inhumé en 1615, dans l'église d'Yvignac. - Urbain D'ESPINAY, marquis de Vaucouleurs, épousa Amaurye de Briqueville, dont il eut Gabriel. Après la mort d'Amaurye de Briqueville, Urbain d'Espinay épousa Servanne Frottet, soeur de l'abbé de Boquen. Il en eut plusieurs enfants, entre autres, Urbain, qui fut abbé de Boquen et recteur d'Yvignac. Urbain d'Espinay et Servanne Frottet, son épouse, furent inhumés dans l'église d'Yvignac. Urbain le 14 septembre 1671 et Servanne le 1er mai 1677. - Gabriel D'ESPINAY, fils d'Urbain et d'Amaurye de Briqueville, épousa, vers l'année 1646, Servanne de Trémigon, comtesse de Kérinan, dont il eut, entre autres enfants, Gabriel-Sylvain ; et il mourut en 1682 ou 1683. - Gabriel-Sylvain D'ESPINAY épousa en premières noces Anne Ferret, dont il eut trois filles baptisées à Yvignac, et un fils, nommé Gabriel Barthélémi. Après la mort d'Anne Ferret, qui fut inhumée dans l'église d'Yvignac le 20 septembre 1684, Gabriel-Sylvain épousa Françoise Legouz, dont il eut François-Gustave, baptisé dans l'église d'Yvignac, le 17 janvier 1692. Gabriel-Sylvain mourut à Yvignac en 1718. - Gabriel-Barthélémi D'ESPINAY, fils de Gabriel-Sylvain et d'Anne Ferret, épousa Anne d'Hautefort, qui lui donna, en 1702, un fils nommé Barthélémi. Il en eut aussi une fille nommée Françoise-Gabriel. - Barthélémi D'ESPINAY, fils de Gabriel-Barthélémi, mourut à Rennes et fut inhumé à Yvignac en 1747. Sa postérité s'éteignit presque en même temps que lui. Ses biens et titres passèrent à sa sœur Françoise-Gabrielle. - Françoise-Gabrielle D'ESPINAY, fille de Gabriel-Barthélémi et d'Anne d'Hautefort, épousa en 1721 Louis-Claude du Breil, comte de Pontbriant, dont elle eut Sylvie-Claude. Françoise-Gabrielle d'Espinay fut inhumée dans l'église d'Yvignac le 18 février 1749. - Sylvie-Claude DU BREIL DE PONTBRIANT, fille de Louis-Claude du Breil et de Françoise-Gabrielle d'Espinay, épousa en 1738 Jean-Baptiste, comte de Bruc, dont elle eut Sylvie-Gabrielle­Antoinette. Dame Sylvie-Claude du Breil de Pontbriant fut inhumée dans l'église d'Yvignac le 3 août 1773. - Sylvie-Gabrielle-Antoinette DE BRUC épousa en 1766 Jean-Baptiste-René Guéhenneuc de Boishue, dont elle eut : Constant-Louis, baptisé à Yvignac le 28 novembre 1778 ; Marie-Thérèse, née en novembre 1773, et baptisée en octobre 1779 ; Jeanne-Marie, née et baptisée le 27 décembre 1784.

On approchait de l'époque désastreuse de la Révolution. La famille Boishue, qui était riche et qui possédait presque tous les fiefs depuis Dinan jusqu'à Broons, faisait un bien immense à Yvignac et dans les environs. Quoique dépouillée de beaucoup de rentes en 1789, elle conservait encore une fortune considérable. Les révolutionnaires avancés crurent qu'elle en avait encore trop ; aussi, en 1791, ils ameutèrent toutes les campagnes depuis Dinan jusqu'à Broons. M. de Boishue connaissant ce qui se tramait contre lui, demanda au district de Lamballe quarante soldats pour garder son château. Voici la relation officielle de cette affaire : « L'an 1791, ce jour 24 janvier, nous François Davignau, capitaine commandant de l'escadron de Conti, actuellement en garnison à Lamballe, rapportons que sur le réquisitoire par écrit, à nous fait, à minuit de ce jour, par le district de Lamballe, de faire partir, sans aucun retard, 40 de nos hommes avec nombre d'officiers suffisant pour se rendre en la ville de Broons, où ils recevraient de MM. les administrateurs de ce district, des instructions ultérieures, nous en avons aussitôt donné l'ordre, en conséquence duquel, nous commandant, avons monté à cheval à la tête de 40 de nos dragons, d'un maréchal-de-logis et trois brigadiers y compris. Nous avons fait route vers Broons. Y étant arrivés vers cinq heures du matin, nous avons fait faire halte pour rafraîchir notre troupe et nos chevaux. Pendant ce temps, nous commandant sommes allé prendre les pouvoirs de la municipalité à laquelle s'était réuni le directoire du district ; ils nous ont donné un réquisitoire par écrit de nous transporter avec nos quarante dragons au château d'Yvignac et aux environs, à l'effet de disperser les attroupements qui s'y formaient et d'y rétablir la paix et la tranquillité. Munis de ces pouvoirs, nous sommes partis accompagnés d'un commissaire de la garde nationale de Broons, à nous donné par la municipalité, et sommes arrivés au château d'Yvignac vers les 9 heures et demie du matin. Rendu à l'entrée du château, nous commandant, nous étant fait connaître, les ponts-levis ont été abaissés ; lors ayant fait entrer notre troupe dans la cour, nous l'avons rangée en bataille, à la droite du château ; aussitôt, nous étant présenté à M. de Boishue, propriétaire de ce lieu, pour qu'il nous en fit connaître l'état de force et de défense ; après avoir reçu de lui toutes les instructions nécessaires, nous avons fait mettre pied à terre à 25 de nos dragons que nous avons disposés à différents postes ; ensuite, nous commandant, nous avons marché à la tête de 15 hommes restant à cheval et nous nous sommes portés vers le bourg d'Yvignac, lieu d'où l'on entendait depuis longtemps le tocsin et la générale. A l'entrée du bourg, nous avons aperçu différents pelotons, en partie armés, tant dans ce lieu que dans les plaines voisines. Pour les dissiper, nous commandant, avons divisé nos hommes par quatre, avec ordre de courir vers eux, ce qu'ils ont fait, escaladant à travers les buissons et fossés, et allant même dans les bois. Ne voulant user de rigueur qu'à la dernière extrémité, ce n'est qu'après avoir essuyé deux décharges que nous avons commandé le feu ; il en est tombé trois sur la place, plusieurs ont été blessés, et on a fait six prisonniers, armés de fusils avec baïonnettes. Au nombre de ces gens, s'est trouvé un tambour avec sa caisse. Parmi cette troupe, composée de 600 hommes, nous en avons remarqué plusieurs en habit national, aux ordres desquels les autres paraissent obéir. Notre décharge les a pour le moment mis en fuite ; lors nous nous sommes ralliés au nombre de six pour aller investir l'église qui paraissait être leur lieu de retraite. Après avoir escaladé le cimetière et essayé de couper les cordes des cloches qui continuaient de sonner, nous avons dispersé à coups de plat de sabre une trentaine de ces hommes qui s'y étaient réfugiés. Pendant ce temps, les autres dragons gardaient les prisonniers dans une plaine voisine. Parvenus enfin à faire cesser le tocsin, nous commandant, avons rallié notre troupe, sommes rentrés au château vers midi avec nos prisonniers. Les dragons auxquels nous avions donné des postes dans la cour du château, inquiets de l'évènement des coups de fusils qu'ils entendaient tirer de différents côtés, ont voulu, par zélé, nous porter secours ; mais ne connaissant pas les détours, ils ont pris un chemin opposé, et ayant rencontré divers pelotons qui s'étaient encore ralliés, ils ont couru sur eux avec leurs chevaux, et ne voulant point tirer, ils se sont contenté de ramener au château deux prisonniers. Le maréchal-de-logis les commandait, rentrait avec plusieurs de ses dragons, mais quelques autres étaient restés en arrière par diverses chutes. Nous commandant pour le ralliement général, avons sonné la trompette. L'appel fait, nous avons fait lever le pont-levis, et nous nous sommes disposés à une défense d'autant plus nécessaire, que l'armée de ces forcenés, ralliée de son côté, s'est présentée aux portes du château, au nombre de sept ou huit cents, presque en même temps que nous. Le chef de ces gens, décoré d'une médaille attachée d'un ruban national, s'est présenté et a demandé à parler au commandant ; nous avons paru aussitôt, et lui ayant demandé ce qu'il voulait, il a déclaré avoir un ordre du district de Dinan, pour exiger la remise des titres et papiers de M. de Boishue. Nous lui avons demandé la représentation de cet ordre prétendu, et il a dit qu'il allait le faire remettre par l'un de ses capitaines. Nous commandant, restant toujours sur le parapet, en face de cette armée, avons attendu pendant une demi-heure que cet homme revînt nous donner sa réponse. Nous l'avons vu parcourir la ligne de sa troupe, qui était rangée en bataille. Enfin, pour toute réponse, il est venu nous dire que ce n'était plus un ordre du district, mais bien la volonté générale de la populace de la nation. Tels ont été les termes dont il s'est servi. Nous commandant, après lui avoir répondu à lui et à sa troupe pendant plus de deux heures, que les excès auxquels ils se livraient étaient absolument contraires aux décrets de l'Assemblée nationale, sanctionnés par le roi ; ils nous ont répondu qu'ils s'en moquaient et qu'ils périraient plutôt que de ne pas avoir ce qu'ils demandaient. Tel a été le cri général. L'un de ceux qui avaient revêtu l'uniforme national a fait, en son nom et en celui de sa troupe, la demande du relâchement des prisonniers ; nous commandant, nous nous sommes refusé à sa demande ; aussitôt nous est venue une décharge générale, dont l'un de nos dragons a eu le casque percé et a été blessé à la tête. Plusieurs d'entre eux se sont jetés en même temps dans la douve comme des enragés, pour forcer l'entrée. Nous commandant, nous nous sommes vu obligé d'ordonner une seconde décharge, qui a mis cinq hommes sur la place et blessé plusieurs. Cette décharge, qui s'est faite vers trois heures, a heureusement réussi à faire prendre la fuite aux autres. Alors, voyant le château entièrement dégagé, voulant néanmoins mettre en sûreté les titres de M. de Boishue, nous avons cru que le meilleur moyen pour réussir était de les emporter avec nous ; nous les lui avons, en conséquence, demandés, et il nous les a remis. D'après cela, voyant que la nuit approchait et voulant mettre notre troupe en sûreté, également que les prisonniers, nous commandant, nous avons prévenu M. de Boishue que nous allions former notre retraite vers Broons, auquel lieu nous sommes arrivés sur les cinq heures et demie. Nous avons aussitôt consigné nos prisonniers (au nombre de six seulement, avec trois fusils et une caisse, parce que trois autres prisonniers nous ont échappé) au corps de garde national de cet endroit, avec prière à l'officier d'en faire bonne garde. Nous avons prévenu les corps de la municipalité et du district de nos opérations, et M. le maire ayant fait loger notre troupe, nous commandant, nous nous sommes aussitôt retirés à notre logement pour rapporter notre procès-verbal, que nous signons les dits jour, mois et an que devant. Ainsi signé, DAVIGNAU ». Dès le lendemain de cette journée, M. de Boishue quitta son château et passa à l'étranger quelque temps après. Tous ses biens furent vendus alors, et depuis, cette noble famille n'a pas habité Yvignac.

Château d'Yvignac (Bretagne).

Voir   Yvignac (Bretagne) " Le château d'Yvignac et ses seigneurs ". 

Voir   Yvignac (Bretagne) " Yvignac sous la Révolution ".  

le manoir de Garouët ou Garrouet (XVème siècle), encore surnommé "chapelle des moines rouges". Le manoir possède une porte aux armes de la famille Jarnouen. « Autre maison noble d'Yvignac, présente l'architecture du XVème siècle dans sa porte et dans sa belle fenêtre ogivale. Elle porte aussi les armes des Jarnouan, à qui elle appartenait en 1513 » ;

le manoir de la Bégassière (XV-XVIIème siècle), propriété de la famille du Bouays de la Bégassière jusqu'au XVIIIème siècle. Il s'agit du lieu de naissance du chouan Constant du Bouays. Au XIXème siècle, cette demeure devient la propriété de la famille Pollock-Gore. Il s'agit de la maison la plus importante d'Yvignac, après celle de M. de Boishue. Cette maison, qui en 1866 sert d'habitation au fermier et dont la chapelle est convertie en écurie, porte les armes des Dubouays et celles des Urvoy, est environnée des plus beaux vergers et de la plus belle prairie du pays. Depuis un temps immémorable, cette terre appartenait à la famille Dubouays du Boisrobert, de la paroisse de Trédias. Gervaise du BOUAYS dlle. de la BÉGASSIÈRE, née en 1423, est la fille de Jehan II, escuyer, sr. du Bois-Robert, né vers 1390 à Trédias, demeurant au lieu dit, sr. de la Bégassière et du Boischesnel en Yvignac " de gueules à la croix d'argent cantonnée de 4 croissants de même " et de Jeanne Bertier dlle. de La Chapelle, en Bourseul " d'azur à un boeuf effrayé d'or ". Gervaise du BOUAYS est l'épouse de Raoul Jarnouen sr. de la Chapelle-Gernoual en Yvignac (G. Jarnouen). Devenue plusieurs fois l'appanage d'un cadet, la propriété avait toujours fait retour à la maison principale ; mais en 1680, René Dubouays, devenu par la mort de son neveu Charles Dubouays, chef de nom et d'armes de la famille Dubouays, prit le nom de la Bégassière, dont il était déjà propriétaire. - René DUBOUAYS DE LA BÉGASSIÈRE, fils de Nicolas et de Marguerite Becdelièvre, naquit au Boisrobert, en Trédias, vers 1620, et en 1652 il épousa Servanne Débart, de la maison de la Pirie, en Le Hinglé. A la page de la notice sur Trédias, on voit le nom des ancêtres de René de la Bégassière. - Jean DUBOUAYS DE LA BÉGASSIÈRE, fils de René et de Servanne Dibart, fut baptisé à Yvignac le 7 juin 1661, et marié le 22 février 1702 avec Charlotte Hingant, dont il eut François. - François DUBOUAYS DE LA BÉGASSIÈRE, né à Yvignac en novembre 1702, épousa le 31 mai 1724 Henriette de Saint-Meleuc, dont il eut deux fils, Anne et François. Ce dernier fut prêtre. - Anne DUBOUAYS DE LA BÉGASSIÈRE, né à Yvignac le 22 septembre 1727, épousa, le 3 septembre 1758, Louise-Françoise Urvoy de Malaguet, dont il eut plusieurs fils. Plusieurs sont morts sans postérité. Louis fut prêtre, et il est mort en 1830, curé de Chevreville, au diocèse de Coutance. Son frère, Constant, fut le seul représentant de la famille. - Constant DUBOUAYS DE LA BÉGASSIÈRE, fils d'Anne Dubouays, naquit à Yvignac le 12 août 1763. Il prit du service dans les gardes du corps sous Louis XVI ; il émigra avec ses frères, fit partie de l'armée de Condé. Au retour de l'émigration, il épousa, en 1802, Marie-Perrine Jéhan de Launay, dont il eut plusieurs enfants au château de Carnaba en Plouisy. Il fut décoré de la croix de Saint-Louis. En 1842 il est mort à Guingamp, et sans avoir jamais voulu revoir le lieu de sa naissance et les biens de sa famille, qui avaient été vendus nationalement. Il a laissé trois fils, tous nés à Plouisy, savoir : Constant, Emmanuel et Jules. Les deux premiers, dont la carrière a été brisée en 1830, sont pères de famille et demeurent à Guingamp (1865). Jules, qui est dans l'administration des eaux et forêts, est marié aussi, et il a des enfants ;

le manoir de la Ville-Jamet (XVIème siècle), propriété de M. Maillard, sénéchal d'Yvignac (au XVIIème siècle) et de Vincent Forot (au XVIIIème siècle) ;

le manoir de la Levrette (1569), ancienne propriété de l'écuyer Jehan Guillaume (époux de Jeanne Rolland) ;

le manoir de Coëtcouvran (XVI-XXème siècle), édifié par la famille d'Angoulvent, puis à partir du XVIIème siècle, propriété successive des familles Margaro, Geslin, La Noüe et Launoy. On y trouve un colombier daté du XVIIème siècle. « Coëtcouvran est une seigneurie très ancienne. Ses belles pièces de terre, ses prairies, ses avenues, indiquent que ce lieu a eu autrefois une certaine importance. La maison moderne, qu'on remarque non loin de l'ancienne, n'a que quelques années d'existence. L'ancien manoir, qui sert d'habitation au fermier, ne remonte guère au-delà de l'année 1700. Il porte en alliance les armes des Geslin et des Botherl. D'après les registres ecclésiastiques, Coëtcouvran était, en 1570, possédé et habité par la famille du Margaro. Une lacune dans les registres, de 1580 à 1607, nous empêche de savoir comment cette terre a passé des du Margaro aux Geslin, qui la possédaient en 1640. Des Geslin elle a passé aux de la Noüe de Bogard, par le mariage de Françoise Marcelle Geslin avec Joseph-Sylvain de la Noüe. Coëtcouvran fut vendu nationalement pendant la Révolution ».

Nota 7 : Mme de Botherel, soeur de Mme de Coetcouvran, a épousé son laquais à Jersey, d'où elle est revenue. Sa famille la fait chercher, pour la faire enfermer sur lettre de cachet, que M. d'Aiguillon demandera. En effet, Marie-Gabrielle de Geslin, fille de François, seigneur de Coetcouvran, et de Claire-Marine de Talhouet, née en la paroisse d'Yvignac, le 22 mai 1718, épousa dans cette paroisse, le 2 mars 1750, Sébastien-Louis Boterel de Quintin, chef de nom et armes, capitaine au régiment de dragons de l'Hôpital. chevalier de Saint-Louis ; ce dernier mourut à Rennes (paroisse Saint-Etienne), le 27 octobre 1766, et la laissa veuve avec deux enfants mineurs, dont elle fut nommée tutrice. Prise de passion pour un domestique, Joseph Cancoet, elle partit peu après avec lui pour Jersey où, le 26 janvier 1767, un ministre protestant leur donna la bénédiction nuptiale. De retour à Rennes avec son second mari, elle fit des démarches pour faire valider sa nouvelle union, alors ignorée de sa famille. Celle-ci s'en émut et sollicita une lettre de cachet, en vertu de laquelle, au cours de l'année 1767, leur parente, qui avait vendu son mobilier et tenté de passer à l'étranger, fut arrêtée et enfermée au couvent de Montbareil à Guingamp. La prisonnière, voyant au bout de quelque temps qu'on ne lui rendait pas la liberté, fit des scènes si furieuses que les religieuses refusèrent de la garder plus longtemps. La famille obtint du roi, le 7 septembre 1771, l'ordre de la transférer du couvent de Guingamp en la maison de Saint-Meen, près de Rennes. Elle y fut amenée en janvier 1772. Nous ne savons ce qu'elle est devenue depuis cette époque. (Registres paroissiaux d'Yvignac et Saint-Etienne de Rennes ; Archives d'Ille-et-Vilaine, C. 198, Correspondance officielle relative à Mme Boterel de Quintin). La lettre du feuillet 32 indique que Mme Boterel est sœur de Mme de Goescouvran (Coetcouvran). C'est Françoise-Marcelle Geslin, demoiselle de Coetcouvran, sœur aînée de Mme de Boterel (veuve de Joseph-Sylvain-Toussaint de La Noue-Bogard, conseiller au parlement, mort en 1765), décédée au château de Coetcouvran en Yvignac, le 29 janvier 1776, à l'âge de 60 ans. (Registres paroissiaux d'Yvignac).

Guillaume-François-Marie de La Noüe, comte de La Noüe-Bogard, fils de Joseph-Sylvain-Toussaint-Marie, comte de Bogard , conseiller au parlement, et de Françoise-Marcelle Geslin (celle-ci sœur de Mme de Boterel), né à Yvignac le 11 mars 1747. D'abord page de la grande écurie du roi, puis officier au régiment de cavalerie Royal-Lorraine ; il est devenu plus tard lieutenant des maréchaux de France à Moncontour, et enfin conseiller au parlement de Bretagne (le 13 juin 1780). Il est mort émigré, à Jersey, le 16 janvier 1795. Il était donc le propre neveu de Boterel, et il n'avait que vingt ans lorsqu'il sollicitait une lettre de cachet contre sa tante. (0. de Poli, Reg. secrets ; Registres paroissiaux).

Joseph-Marie-François-Louis de Talhoüet, marquis de Talhoüet, comte de Boisorhand, etc., fils de Jean-Joseph, comte de Talhoüet-Boisorhand et de Françoise Le Mézec, né et baptisé à Quelneuc (Morbihan), le 19 février 1742, mort à Rennes le 7 fructidor an XII. Il est devenu, en 1771, conseiller, et le 24 avril 1776 président à mortier au parlement de Bretagne ; puis en 1790 président de la cour supérieure provisoire à Rennes, maire de Rennes, etc. Il était cousin germain de Mme de Boterel, le comte de Talhoüet, son père, étant frère de Claire-Marine de Talhoüet, dame de Geslin, mère de la malheureuse femme dont il réclamait l'incarcération. (Généalogie de la maison de Talhoüet. Paris, 1869, in-4°, pp. 103, 109, 114 et suiv. — Registres du parlement ; Registres paroissiaux).

Ville d'Yvignac (Bretagne) : Coëtcouvran.

L’Abbaye (dans le bourg), en 1428 à Etienne Biset (Le Visset), passe aux Jarnoan, aux d'Angoulvant puis au XVIIème siècle aux Le Coniac par mariage de Hervé avec Françoise d'Angoulvant. L’Abbaye : Blason en bannière alliance Jarnoen-La Houssaye : « parti au 1er demi de 6 hameçons de gueules (3, 2, 1) sur argent, au 2ème demi échiqueté d’argent et d’azur de six traits ». Cette alliance est à rapprocher de celle portée sur le puits de Caver, XVème siècle, « une épée en pal la pointe en bas » qui est Monterfil et « échiqueté d’argent et d’azur de six traits » qui est La Houssaye tel que représenté pour la famille de Eustache de la Houssaye dans l’église Saint-Jean, de Saint-Maden, où sont un gisant en homme d’arme et un gisant en robe. En 1447, à Guenroc’h, René Jarnoven (Jarnouan) de Beaurocher, escuyer, a lieu et demeure en son hôtel du Beau-rocher et le fief, tenu du Duc, de la terre noble et de l'hôtel de Rohinel (Roc'h emel, Rophemel), puis en 1450, à Yvignac, est seigneur de Caver, fief qui reste dans la famille jusqu’au mariage de Marie Jarnoen demoiselle de Caver (décédée en 1540), avec Jacques de Bouillé. Ce qui laisse supposer que René ait épousé une La Houssaye demoiselle de Caver veuve d’un Monterfil (G. Jarnoüen) ;

l'ancien presbytère (XVIIème siècle). On y voit le blason de la famille Frotet ;

la ferme de Kervalan (XVII-XVIIIème siècle) ;

une maison du bourg (1720) ;

les maisons de Trélée (XVII-XVIIIème siècle) ;

4 moulins dont les moulins à eau de Quinièbre, Trélée, de la Rivière, ..

A signaler aussi :

la tour ronde située près des douves du château de Coëtcouvran ;

le puits (XV-XVIème siècle) de l'ancien manoir de Caver ou Caverre, propriété de Geoffroy Jarnouen en 1480  ;

autres anciennes maisons nobles : - Caver : A été dans un temps un lieu considérable. La tradition dit qu'un propriétaire de cette maison barrait au seigneur du château d'Yvignac le chemin de l'église, et l'obligeait à un long détour quand sa mauvaise humeur ne lui permettait pas de passer sur les terres de Caver. Le château n'existe plus, mais les murs de la chapelle, monument du XVème siècle, dédiée à saint Hubert, portent en alliance trois faces et trois bandes. En 1513, Caver appartenait à Bertrand Jarnouan qui y demeurait. En 1866, Caver possède une grange de ferme, où deux voitures attelées de cinq chevaux peuvent manoeuvrer sans se gêner. - Kerdy : Maison de ferme en 1866, était en 1513, habité par François de Kerdy. Cette famille se voit à Yvignac dès 1428. - La Ville-ès-Anges : Ancienne gentilhommière, convertie en maison de ferme (1866), était en 1513 habitée par Jéhan de Launay, sieur de la Ville-ès-Anges. Les registres ecclésiastiques de 1575 mentionnent Julien de Launay, sieur de la Ville-ès-Anges. - Pont-de-Bague : La maison du Pont-de-Bague a du être proche de l'étang desséché qui porte son nom. On a aussi vu dans ce lieu un colombier qui a disparu depuis quelques années. La maison de ferme de la Ville-au-Ray, que les anciens registres ne mentionnent point, a du, à une époque que nous ne connaissons pas, remplacer le Pont-de-Bague. Cette maison était, en 1513, habitée par Olivier Guillaume. Guillaume de la Vieuxville, évêque de Saint-Brieuc, était de la famille des Guillaume d'Yvignac, d'après l'Armorial de Courcy, qui mentionne cette famille comme habitant Pont-de-Bague en 1513. - Le Pont-Cherpin : Doit être la maison appelée, en 1866, le Pont-Perrinet. L'on y voyait, il y a quelques années, des douves et un colombier. A la réformation de 1513, Guillaume du Pont demeurait au Pont-Cherpin. En 1432, Guillet Cherpin, de la paroisse d'Yvignac, donne à l'abbaye de Boquen une aumône en seigle (Evêchés de Bretagne, tome 3, p. 251). - La Chapelle-Jarnouan : Maison noble qui possède en 1866 une porte du XIVème siècle, appartenait en 1513 à Bertrand-Jarnouan. - La Griponnière : Jolie maison de ferme (en 1866), porte les marques de plusieurs écussons martelés. Possédée et habitée par des d'Angoulvent en 1513, elle passa, peu après, aux Desgrées, et par alliance aux Testou, jusqu'en 1705. - La Frontière : Maison située dans le bourg d'Yvignac, appartenait en 1646, à François Le Mouenne, sieur de la Razillais. - Labouyère : Maison noble, sur les ruines de laquelle a été bâtie la une jolie maison dite Kermaria, appartenait en 1428, à Bertrand du Boisriou, et en 1513, à Olivier Prézard. - Fremeur : A été pendant des siècles, la propriété et la demeure de la noble et très illustre famille des d'Angoulvent, dont un membre, Alain, se croisa, dit l'Armorial de Courcy. Dans les siècles suivants, on les voit paraître dans les guerres et à la suite de Du Guesclin, dans les montres, dans les réformations, sur les registres ecclésiastiques de la paroisse d'Yvignac, jusqu'à la dernière moitié du XVIIème siècle. De 1650 à 1655, François d'Angoulvent eut de son épouse, Hélène Lefresne, plusieurs enfants, du nombre desquels, Servanne, qui épousa, le 3 février 1675, écuyer Pierre Lechat, sieur de la Croix. Les époux Lechat eurent, à Frémeur, plusieurs enfants, tous morts sans alliance, excepté Bonaventure, née le 3 février 1679, et mariée le 10 juin 1704, à écuyer Jean Poulain, sieur de la Chaussière. François-Claude Poulain, leur fils et héritier principal, épousa en premières noces, Jeanne de Fondebon, dont il eut plusieurs enfants, et en secondes noces, une paysanne d'Yvignac, nommée Jeanne Menier. Joseph Poulain, fils de François-Claude et de Jeanne Fondebon, né à Fremeur en 1738, épousa Anne Ferté, dont il eut dix-huit enfants, qui ont épousé des personnes du peuple, et presque tous leurs descendants sont tombés au-dessous de la condition moyenne. - La Boissière : A la réformation de 1513, nous voyons que Guillaume Gedoin, procureur général, tenait noblement la maison de la Boissière. L'un de ses descendants, devenu marquis de la Dobiais, fut plusieurs fois parrain à Yvignac en 1646 et années suivantes. Nous ne savons quelle maison de la Boissière a servi de demeure à la famille dont nous parlons ;

 Voir   Yvignac (Bretagne) " Yvignac et ses manoirs ".  

Bretagne : Histoire, Voyage, Vacances, Location, Hôtel et Patrimoine Immobilier

ANCIENNE NOBLESSE de YVIGNAC

La seigneurie d'Yvignac passe des Yvignac aux d'Espinay (XVIIIème siècle), puis aux des Breil de Pontbriand, de Bruc puis aux Guehenneuc de Boishue par alliance. La Brouyère (avec moyenne justice) appartenait à Mme de la Bretonnière, lors de la Révolution. Le Bois-Chevel était jadis une maison noble, ainsi qu'un fief annexé à la commanderie du Temple de Carentoir, ordre de Malte.

Note : Au manoir de Caver en Yvignac (22), déplacé de son ancienne chapelle subsiste sur la maison un écu : dextre mi-parti de Kerlec «fascé d'or et de gueules de six pièces au lambel de même » (le lambel est la marque de juveignerie de la Maison du Chastel, évêché de Léon) et senestre mi-parti de « bandé d'argent et de gueules de six pièces » qui sont Coëtquen du Besso. Les armes sont entourées d'une guirlande pouvant être la représentation de l'Ordre de la Cordelière attribué aux du Chastel.

Historique : Bertrand Jarnoan, écuyer, sieur de Caver (à Yvignac) demeurant au lieu dit, tient noblement outre le dit lieu les métairies nobles de la Barre, de la Chapelle, du Garrouët et a quelques rot. ann. ; (à Guenroc) confirmé de par le Roi à le lieu et porte seigneurie de Rophemel (monstre Dinan du 4 septembre 1481. Réformation de 1513). Il épouse en 1480 Gillette du Breil, fille d'Olivier, chevalier, seigneur du Chalonge-Tréveron, procureur général, sénéchal de Rennes, juge universel de Bretagne « d'azur au lion morné d'argent », devise « Parcere subjectis, debellare superbos », qui épouse en 1446 après Pâques, Guillemette (Gillette, 16 ans, décédée en 1496) Linfant dlle. de la Tandourie dame de la Garaye à Pleurtuit, fille de Jean et de Marie Le Forestier « d'argent à 3 fusés de sable en pal », devise « Audacibus audax » (dont Olivier époux de Philippote de Québriac, Marguerite épouse de Jean Raguenel, Bertranne épouse de François de Champeaux, Isabeau épouse de Roland de La Roche seigneur de Kerhoms, Gilette, et Jeanne épouse de : 1° Guillaume du Margero seigneur de Coatcouvrant, 2° Jean de Pontrouault, 3° Jean Ferron seigneur du Plessix).

Dont Marie Jarnouan fille du seigneur de Caver (décédé vers 1540) épouse en 1543 de Jacques de Bouillé, chevalier, seigneur de Pierrefontaine (à Saint Gemmes le Robert - 53), sire de Cavert (ou Caver), Rophemel du chef de sa femme défunte comme tuteur de son fils Guillaume.

- Gilles de Bouillé sire de Caver époux de Jeanne de Coëtquen (1540-1584), hérite de Caver à Yvignac. Veuve sans postérité Jeanne épouse 2°) en 1569, François Ferron seigneur de la Ferronais, 3°) en 1573, Claude du Chastel, baron de Kerlech'c, veuf de Marie de Rosmadec, dont Claudine épouse de François III, baron de Kergroades.

- Guillaume de Bouillé, sire de Caver, époux de Françoise de Coëtquen, hérite de la seigneurie de Rophemel à Guenroc. Dont : Jeanne qui épouse le 22 janvier 1583 à Guenroch Guy Glé, chevalier de l'Ordre de Saint-Michel, sire de la Costardaye et du Pan (décédé en 1583). Jeanne décéda le 12 avril 1622 à Guichen, et fut inhumée le 15 à Médréac, (Voir le vitrail de Merdréac blason Jarnouen dit sr. de Beaurocher et de Villartay ; « Les Thèses Bretonnes Illustrées du XVIIème » B.N.F.) dont Jean seigneur de la Costardais, baron de Bécherel (décédé en 1649) qui épouse en 1645 Marie de Montigny à Médréac (dont Gabrielle qui épouse en 1665 Jean Le Blanc de la Baume marquis de la Valliére seigneur de Bécherel du chef de sa femme, et Marie-Vincente) et François seigneur du Pan épouse de Marguerite de Quistinic (sans postérité).

Jeanne et Françoise de Coetquen demoiselles du Besso, sont filles de François de Coëtquen seigneur de Coëtquen et du Vauruffier et de Françoise de Malestroit, dame d'Uzel (le Besso venant de Hervé de Malestroit époux de Marguerite de Beaumanoir vicomtesse du Besso) (informations fournies par Gilles Jarnouën).

Voir aussi : Yvignac "Famille Jarnoüen

La Réformation à Evignac en 1428.

Commissaires : Jean Sévestre et Guillaume Guischart.

Témoins nobles : Olivier d'Engoulven ; J. Jarnoen ; Jamet Lemoaye.

Sont tenus comme nobles :
M. Guy Rabaud.
Caron Lemoaye.
Guilmot Clipin (Cherpin ?).
Jac. d'Evignac.
Olivier d'Angoulvent.
Estienne Le Visset ou Bisset.
Eon de Plumaugat.
Raoulet Jarnoen.
J. Jarnoen.
Robien de Guendi (Kerdy ?).
Jamet Lemoaye.

Ont des terres tenues par Métaiers :
Jean d'Evignat.
Bertrand Jarnoen, à Garouer.
Jean Gernoen, (Jarnouan).
Bertrand du Boisriou, à la Bouyère.
Raoulet Jamon (de la Villa-Jamet ?).
Olivier Le Laict, à Launay.
Jean du Bodou, ou Boudou [Note : Lors de la Révolution, la maison noble du Boudou appartenait à M. Maurice de Coëssin et fut vendue comme bien national].
Estienne Bisset, à l'Abbaye.

 

Montre tenue à Yvignac, les 5, et 6 mai 1472. [Note : En 1455, Pierre II, duc de Bretagne envoyait à P. Pesteill d'Yvignac, des lettres patentes lui accordant concession à vie et à perpétuité d'anoblissement réel et personnel, avec franchise d'impositions. (Archives de la Chambre des Comptes de Nantes, série, B, 128)].
Olivier de Plumaugat, jusarmier en brigandine.
Guillaume de Querdy, par Olivier, son fils, archer en brigandine.
Jean Alème, archer en brigandine.
Tristan d'Angoulvent, archer enhrigandine à deux chevaux.
Olivier Testou, archer en brigandine.
Rolland Bardoul, archer en paltoc (de la Ville-Maillart ?).
Renaud Guillaume, pour sa mère, archer en brigandine.
Jean Bergerel, par Eustache son fils, archer en brigandine.
Raoul Jarnouan, par Olivier de la Haye, archer en brigandine.
Caron Le Mouenne, par Jean son fils, jusarmier en paltoc.
Rolland Lucas, non comparu.
Jean d'Evignac, sieur du dit lieu, comparu, armé à blanc, page, ô lance.
Jacques Millon, sieur de la Garenne, non comparu.

 

Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence de 15 nobles de Yvignac :

Jehan ALENIC (10 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Roland BARDOUL (20 livres de revenu) : défaillant ;

Eustache BEGUERET (15 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Tristan D'ANGOULVENT de Fremeur (60 livres de revenu) : comparaît comme homme d'armes ;

Jehan D'YVIGNAC d'Yvignac (300 livres de revenu) : comparaît comme homme d'armes ;

Louis D'YVIGNAC (60 livres de revenu) : excusé comme appartenant à une compagnie d'ordonnance ;

Olivier DE PLUMAUGAT (20 livres de revenu) : excusé ;

Guillaume DE QUERIDI de Kerdy (20 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Regnaud GUILLAUME de Pont-d-Bague (10 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une jusarme ;

Geoffroy JARNOUAN de Caver, représenté par Pierre son fils (300 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Raoul JARNOUAN (40 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan LE MOUENNE (10 livres de revenu) : comparaît revêtu d'une robe ;

Roland LUCAS : défaillant ;

Pierre PRESSART, sr de la Bouyère (600 livres de revenu) : comparaît comme homme d'armes ;

Jehan TETOU (20 livres de revenu) : porteur d'une salade (casque) et comparaît armé d'une pertuisane.

 

La Réformation à Yvignac en 1513.

Pierre d'Yvignac, escuyer, sieur d'Yvignac, tient noblement la maison du Manoir, la maison de Launay, la maison d'Yvignac où il demeure, toutes nobles d'ancienneté.

Olivier Preczart, écuyer, sieur de la Bouyère, demeurant au lieu dit.

Noble homme Eonet Teton (ou Testou ?), sieur des Vignes, demeurant au bourg, tient noblement la métairie des Vignes.

Guyon Millon, sieur de la Villemorel, paroisse de Broons où il demeure, tient noblement la métairie de la Garenne.

Bertrand Jarnouan, écuyer, sieur de Caver, demeurant au dit lieu, tient en outre, les métairies de la Chapelle (Jarnouan), du Garrouet et de la Barre.

Gilles du Boays, sieur du Bois-Robert, demeurant à Trédias, tient roturiérement quelques métairies.

Olivier du Margaro, sieur du Margaro et de Coacouvran, demeurant au dit lieu, tient noblement le dit lieu et la métairie de la Marre-Mouëzan.

Noble escuyer, François de Queredi (Kerdy), sieur du dit lieu, et y demeurant, tient en outre la métairie de la Villeneuve.

Noble homme Jean d'Angolevent et sa femme, sieur et dame de la Griponnière et y demeurant, tiennent le dit lieu noblement.

Noble homme Guil. du Pleceiz, sieur de Trenart, (Trévart ?) et y demeurant, tient noblement le dit lieu.

Noble homme Olivier Guillaume, sieur du Pont-Regnays, demeurant au dit lieu noble.

Pierre Guillaume, juveigneur dudit Olivier.

Jean de Launay, sieur de la Ville-ès-Anges, demeurant à présent à Caulnes, tient noblement le dit lieu.

M. Guillaume Gedouin, procureur général, tient noblement en la dite paroisse, le lieu de la Bouexière, décoré de toutes les attaches et espèces de noblesse.

Guillaume Le Feuve, possède terres jusqu'à la valeur de 62 livres de rentes et s'oppose, aux collecteurs, disant être noble et servir aux armes.

Guillaume d'Angolevent, seigneur de Frameur, tient noblement le dit lieu, possédait aussi Guerhugan en Médréac.

Guillaume du Pont, tient noblement la maison du Pont-Cherpin et y demeure.

Nobles de Broons ayant terres à Yvignac (1513).

Noble escuyer Guyon Milon, sieur de la Villemorel et escuyer François Millon son fils, marié à Marie Lemée, sieur et dame de la Garenne, francs eux et leurs prédécesseurs à la Touschette, les Noes et Guinièbre.

Guillemette de Biterne, fille de feu Michel de Biterne homme contributif, mais veuve 1° de Robert de Couëllan, noble personne, 2° de Mathurin Briolle aussi noble, et à présent ne paie rien quoique sa maison soit roturière.

Nobles de Plumandan ayant terres à Yvignac. En 1428, Robin du Bodou, paraît parmi les nobles de Plumaudan.

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