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YVIGNAC |
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La commune de Yvignac ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de YVIGNAC
Yvignac dérive du gallo-romain « ivino » correspondant au breton "ivin".
Yvignac est semble-t-il une ancienne paroisse primitive gallo-romaine qui englobait jadis outre le territoire actuel d'Yvignac, ceux de Broons, Caulnes et Saint-Jouan-de-l'Isle.
Yvignac (Iviniac) a une église dès 1181 et lon trouve cité « ecclesia sive parrochia de Ivignac » en 1387 (Anc. év. IV, 347, 362; VI, 135, 138). Cette paroisse appartenait jadis au diocèse de Saint-Malo et abritait au village de Lannouée (noté Lanhoe, en 1182) une commanderie de templiers dont il subsiste la chapelle Saint-Jean Baptiste de Lannouée, membre de la commanderie de la Guerche-de-Bretagne qui dépendait jusqu'à la Révolution de la paroisse de Rannée.
L'ancienne paroisse d'Yvignac dépendait de la subdélégation de Montauban et ressortissait au siège royal de Dinan. La cure était à l'alternative. Yvignac élit sa première municipalité au début de 1790. Il existait jadis une famille du même nom : Oliverius d'Ivignaco, écuyer (en 1249) et Guillaume d'Yvignac, archer (en 1357), puis écuyer (en 1381).
On rencontre les appellations suivantes : Eccl. de Iviniac (en 1181), Par. de Ivignac (en 1187), Yvignac (en 1269, vers 1330, au XVème siècle).
Note 1 : le 16 janvier 1350, Guillaume d'Yvignac figure dans la montre d'Olivier de Montauban, à Dinan. Le 16 juin 1465, Jean d'Yvignac était du nombre des quarante lances du sire de la Hunaudaye (ou Hunaudaie). En 1481, Loys d'Yvignac faisait partie de la garde du duc de Bretagne. Le 7 août 1488, Jehan d'Yvignac, sieur dudit lieu, signe l'un des premiers à la capitulation de Dinan. Loys d'Yvignac faisait partie des cinquante gentilshommes formant la garde de la duchesse Anne, et Georges d'Yvignac, des vingt hommes d'armes du roi Charles. Le 24 janvier 1791, une troupe de mille paysans tente d'incendier le château d'Yvignac. Le 8 juillet 1795, le château est pris par les Chouans, commandés par "Tape-à-Mort" (Joseph Picot de Limoëlan). Le 13 août 1798, le château et les terres de la seigneurie d'Yvignac sont vendus par adjudication comme biens nationaux.
Note
2 : La découverte récente
et toute fortuite de sépultures à La Nouée, en Yvignac, attire l'attention
sur cette commanderie qui eut longtemps un certain renom dans l'histoire de
Bretagne. La commune d'Yvignac fait partie du canton de Broons ; elle présente
la forme générale d'un quadrilatère avec une pointe allongée vers le sud
ouest. La partie nord de ce quadrilatère entame le grand plateau granulitique
de Dinan et constitue une zone de terrain pauvre, primitivement couverte de bois
et de landes. Aujourd'hui même, bien que la lande soit trouée de cultures, le
paysage est toujours rude et sévère. Le plateau, assez élevé, possède, au
village du Haut La Nouée, le point culminant de la commune, à 131 mètres. De
ce fragment granulitique, la vue s'étend au loin : au sud-est et au sud, vers
le massif de Bécherel et la coupure de la haute Rance ; au sud ouest vers le
Mené et au nord-ouest vers les tertres qui bombent parfois le plateau. Le mot noë,
nouée (Note : Lanhoe en 1182, La Noueix en 1394, La Nouave en 1416,
Lanoée en 1433, Lannoeix en 1510), qui signifie lieu humide, marécage, étang,
paraîtrait sans doute mieux convenir à une dépression qu'à une hauteur. Mais
remarquons qu'à La Nouée, l'eau étant partout retenue par le terrain imperméable,
les mares ne manquent pas ; la lande et le bois même sont humides. Le grand
village de La Nouée, situé à l'angle nord-est de la commune, comprend
aujourd'hui trois parties principales : La Touche La Nouée, le Bas La Nouée et
le Haut La Nouée. Il s'est constitué près de l'établissement que les
Templiers fondèrent au Haut La Nouée, probablement au XIIème siècle. A cette
époque, évidemment, le paysage était encore plus austère que de nos jours et
la lande y régnait en maîtresse. On peut se demander comment les Templiers
furent amenés à s'installer dans ce pays d'aspect sauvage, presque désertique
et d'apparence si peu abordable. Mais remarquons que des domaines du Temple se
trouvaient non loin de là, notamment à Vildé-Guingalan, à Vildé-Goëllo en
Quévert et à Dinan même. D'autres possessions existaient en Corseul, en
Plorec, en Plénée Jugon et peut-être en Saint-Maudez. De plus, La Nouée
avait trois chemins à sa disposition : - 1° D'abord, à deux kilomètres et
demi, une voie traversière d'origine romaine, signalée par M. de la Messelière,
réunissait par Brusvily et Plumaudan, le Temple romain du Haut Bécherel, à
Lauganou au nord de Caulnes. C'était donc un raccourci de la voie de Corseul à
Rieux et à Nantes par Léhon, Saint Méen et Paimpont. - 2° Le grand chemin de
Broons à Dinan par Trémeur, Trédias, le nord du bois d'Yvignac, Brusvily et
Bobital frôlait le village du Haut La Nouée et le mettait à 12 kilomètres et
demi de Dinan. - 3° Enfin, à l'ouest, une bifurcation du chemin de Dinan,
amorcée près de Trédias, gagnait par le prieuré de Saint Georges et le
village de Menubois en Trémeur, ensuite par un chemin suivant la route actuelle
de Brest, une station d'origine nettement romaine, celle de Langouhèdre, sur la
voie Corseul Vannes. La Nouée n'était donc nullement isolé, même au Moyen
Age. L'essentiel sur l'histoire des Templiers et des Hospitaliers de La Nouée a
été dit par Guillotin de Corson (voir Temple
de La Nouée),
aussi rappelons seulement, jusqu'au XVIIème siècle, quelques-uns des faits cités
par lui. En 1291, Pierre de Launay est reçu chevalier du Temple dans la
chapelle de La Nouée par Pierre de Villiers assisté de quatre autres
chevaliers. Guillotin de Corson profite de cette occasion pour protester contre
les insanités attribuées plus tard aux Templiers dans ces réceptions. Après
le procès fameux intenté par Philippe le Bel et la suppression de l'Ordre du
Temple au Concile de Vienne en 1312, La Nouée passe à l'Ordre de Saint-Jean de
Jérusalem, plus tard Ordre de Malte (Note : Peut-être, dans l'intervalle
entre la suppression des Templiers et l'entrée en possession de leurs biens par
les Hospitaliers, le domaine de La Nouée, comme d'autres, a-t-il été diminué
par des usurpations de seigneurs voisins) et devient peu à peu une commanderie
centrale comprenant cinq membres ou domaines : La Nouée, Le Creac'h ou Créhac
en Plédran, La Caillibotière ou Montbran en Plurien et Pléboulle, Romillé
(Ille-et-Vilaine), toutes anciennes possessions du Temple, enfin, l'Hôpital
de Plumaugat. Au XIVème siècle,
à cause de la baisse des revenus, la commanderie de La Nouée est unie à celle
de la Guerche (Ille-et-Vilaine). En 1394, Nicolas Seguin est à la fois
commandeur des Temples de la Guerche et de la Nouée. En 1602 et 1603, le
commandeur François de Lesmeleuc, originaire d'Andel, préfère la résidence
de La Nouée à celle de la Guerche. Au XVIIème siècle, le domaine proprement
dit de La Nouée comprend quinze journaux de terre. D'après le procès-verbal
d'expertise dressé pendant la Révolution, à la fin de l'an VI, cette étendue
était répartie en dix-neuf pièces de terre (Archives départementales des
Côtes-d'Armor). Au XVIIIème siècle, la commanderie forme toujours une véritable
seigneurie, percevant dans ses fiefs les rentes et les droits féodaux. Parfois,
suivant l'usage de l'Ordre de Malte, des visites ou chevauchées de chevaliers
inspecteurs viennent, comme en 1708, constater les « améliorissements »
que l'initiative d'un commandeur a produits. Les pièces de terre appelées «
Grande et Petite Justices » rappellent les anciennes fourches patibulaires
(Note : Le procès-verbal d'expertise de l'an VI appelle ces terres "Les
Jeustisses"). Aucun commandeur ne réside à La Nouée, mais la seigneurie
a sa juridiction et ses officiers, procureur fiscal, notaires, fermier général.
D'après un acte notarié du 20 décembre 1756 (Archives de l'étude Picquet du
Méleuc, Yvignac), le seigneur d'Yvignac, comte de Bruc et la comtesse son épouse,
pour acquitter une dette contractée par la famille d'Espinay, vendent une métairie
près de La Nouée (Métairie du Bos) . Sur le prix total de 3.500 livres
tournois, 3.000 relèvent de l'abbaye royale de Beaulieu et 500 de la
Commanderie par le bailliage de La Nouée en dépendant. A cette époque, le
procureur fiscal Lohier et le fermier général Garnier résident à Dinan. Au début
de la Révolution, le fermier général est Ducours-Frelaut, de Trébédan (Th.
Plessix).
Note 3 : la commune d'Yvignac est formée des villages : Lannouée, Couacler, la Nouée, la Favrie, Carvaguen, Coatauvé, Kervalan, Quesseul, le Haut-Val, le Bas-Val, Trelle, la Bouexière, la Haute-Bouexière, la Carrée, Bas-Pouhat, les Loges, Bitern, la Hunnelais, Noé-Maillard, les Touches, Kerneuf, Haut-Fouénard.
Note 4 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse d'Yvignac : Jean Guillou (1646-1665), Urbain d'Espinay (1666-1690), René de Breil Houssoux (1691-1693), Reslou (1694-1695), Julien Boullier (en 1696), Nicolas Le Guellec (1697-1717), ....
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PATRIMOINE de YVIGNAC
l'église Saint-Malo (XIIème siècle), reconstruite en partie entre 1881 et 1884 sous la conduite de l'architecte Edouard Corroyer. Les travaux de l'église commencent le 7 mai 1881. L'église est bénie le 22 octobre 1884. L'église conserve le mur occidental et cinq travées de la nef de l'époque romane (XI-XIIème siècle). La tour-clocher circulaire à pans coupés date de 1866-1874. On trouve une pierre tombale romane, contre le mur ouest. La Vierge à l'Enfant, en bois polychrome, date du XVème siècle ; | |
la chapelle Saint-Firmin de Trélée (XVIIIème siècle) et sa fontaine qui passait autrefois pour guérir la goutte et les rhumatismes. La chapelle abrite plusieurs statues en bois polychrome dont celle de sainte Eugénie (XVIIème siècle) ; | |
l'ancienne chapelle de Lannouée (XII-XVème siècle). De la chapelle Saint-Jean-Baptiste antérieure au XIIème siècle, subsistent le choeur avec la fenêtre axiale et la porte sud. L'ensemble ayant été remanié au XVème siècle, pour ouvrir la porte nord et aménager l'enfeu intérieur pour un seigneur d'Yvignac ; |
Nota 1 : La chapelle privée de sa nef, apparaît petite et vieillotte, sous son casque de lierre. Elle nous intéresse pourtant beaucoup, parce qu'elle remonte nettement aux Templiers, bien plus indiscutablement que l'église romane d'Yvignac, et aussi, parce qu'elle a été longtemps mêlée à la vie de la paroisse. Les villages de La Nouée formaient, en effet, pour Yvignac, une sorte de trève, que le recteur devait en principe desservir à ses frais. La nef de la chapelle a disparu au XIXème siècle, employée pour une construction dans le village même et le choeur est converti en cellier. Cependant, malgré l'état pitoyable de l'édifice, on peut encore se rendre compte approximativement de ses dimensions et de ses caractères. La longueur totale était d'environ 18 mètres (7 m. 30 pour le choeur, 10 m 36 pour la nef) et la largeur d'environ 8 m., mais les murs avaient près d'un mètre d'épaisseur. La construction primitive a dû être purement romane, dans un style fruste et sans ornements. Le choeur, au chevet arrondi, possède encore deux fenêtres romanes et une plus petite, sorte de meurtrière. La nef est presque complètement séparée du choeur par un mur percé d'une porte également romane, qui était autrefois accostée de deux autels. Cette séparation curieuse de la nef et du choeur existe également dans l'ancienne église romane de Saint-André-des-Eaux, près de la Rance moyenne ; on la retrouvait aussi dans une chapelle du XIXème siècle, aujourd'hui détruite, celle de Saint-René, en Evran [Note : Même disposition à la chapelle Sainte Croix, près de Montbran en Pléboulle (XIVème et XVème siècles). Une arcade ogivale sépare la nef du choeur]. L'époque romane est encore rappelée à La Nouée par des restes de fresque rougeâtres très rudimentaires sur ce mur qui sépare le choeur de la nef (Note : Ils ont à peu près disparu sous un badigeon de chaux) ; de même, des sortes d'arabesques enfantines ornent l'arcade de la porte, dans le même mur. Rien ici qui puisse se comparer aux belles fresques romanes de Saint-André-des-Eaux, que nous a heureusement conservées un dessin de M. de la Messelière. Mais le XVème siècle a aussi laissé ses traces : d'abord, des meneaux d'ogive dans une fenêtre romane et surtout, à droite du choeur, un arc ogival aveugle dont l'ouverture a pu servir pour un enfeu ou un autel ; enfin une porte également ogivale a été percée au nord. Quelques restes de la voûte en bois qui recouvrait la nef et le choeur subsistent au chevet. Une statue de saint Jean, provenant maître-autel, se trouve toujours dans le village ; celle de saint Martin a disparu. La cloche de l'édifice sert maintenant à la chapelle frairienne de Saint-Firmin, située au village de Trélée, en Yvignac (Th. Plessix).
Nota 2 : Comme nous l'avons dit, La Nouée a été intimement mêlé, rendant de longs siècles, à la vie paroissiale d'Yvignac. D'abord, tous les ans, une assemblée ou fête, dite de la Saint-Jean, avait lieu autour de la chapelle. On y vendait et on y brisait aussi dans les jeux des vases grossiers provenant, dit-on, de La Poterie, près de Lamballe. D'autre part, avec l'autorisation du recteur d'Yvignac, on mariait parfois à la chapelle, on y enterrait aussi, soit dans le petit cimetière à gauche de l'édifice, soit même dans ce dernier. Quelques crânes humains, provenant du cimetière, ont été longtemps rangés sur une fenêtre du chœur. Au mois de juillet dernier (année 1935), l'établissement d'une scierie mécanique a entamé, par une tranchée, la nef détruite de la malheureuse chapelle. Dans cette tranchée, on a découvert à 0m. 60 seulement de profondeur, huit squelettes placés côte à côte, parallèlement à l'axe de l'édifice. Ils étaient « bouche fêlée » disent les gens du village, c'est-à-dire que les pieds de l'un se trouvaient vers la tête de l'autre et ainsi de suite. D'ailleurs, aucune trace de cercueil ni d'objet quelconque. Il est fort probable que, toujours dans la nef, il y a d'autres sépultures disposées de la même manière. D'où proviennent ces restes humains ? Appartiennent-ils à des Templiers des XIIème et XIIIème siècles, à des Hospitaliers du début du XIVème siècle, alors que la Commanderie de La Nouée était encore autonome, ou bien, plus simplement à des habitants de La Nouée, peut-être tenanciers du Commandeur ? Impossible de répondre. Les registres paroissiaux d'Yvignac nous indiquent bien les inhumations pour le XVIIème siècle, mais nous ignorons celles des siècles précédents. De 1648 à 1698, nous avons relevé 14 noms de personnes « ensépulturées » dans la chapelle et deux dans le cimetière (A noter que pendant la même période, trois mariages ont été célébrés) : - 1648, 14 octobre : Jeanne Renault, confessée par dom Guy Lechevestrier. - 1650, 9 août : Laurent Métayer, confessé par le sieur recteur de Trébédan. - 1651, 10 mars : Françoise de Pouhal, confessée par dom Guy Lechevestrier. - 1651, 2 avril : Gilette Tiret ou Tirel ? - 1651, 1er mai : Jean Bongard ? - 1651, 9 juin : Françoise D... ?. - 1651, 23 juin : Olivier Lacousse ? confessé par dom Guy Lechevestrier. - 1651, 3 septembre : Guillemette Legendre. - 1666, 13 juin : Olivier Lefort (par permission du recteur Jean Guillou), confessé par le chapelain de la dite chapelle. - 1678, 3 novembre : Georges Thébaut et sa femme ont été (par la permission de messire Urbain d'Espinay, recteur d'Yvignac) inhumés dans le cimetière de La Nouée. Confessés par messire Bertrand Plessix. - 1680, 23 février : Perrine Robert, confessée par messire Julien Jeuneu, de Trébédan. - 1698, 14 mars : Josselin Johier, inhumé par le sous recteur. - 1698, 20 mai : Jacques Bardoul, inhumé par le recteur Nicolas le Guellec. En consultant cette liste, on reconnaît presque toujours des noms de familles du pays. Le service est fait, soit par le recteur d'Yvignac lui-même, soit sous sa responsabilité, par des prêtres de sa paroisse ou de celle de Trébédan. Une seule fois, un chapelain spécial pour La Nouée est mentionné en 1666. Remarquer aussi les six inhumations de 1651. Toutefois, les recteurs d'Yvignac, notamment Jean Guillou, Urbain d'Espinay, puis Nicolas le Guellec trouvaient pénible le voyage de La Nouée et, depuis 1652 juste après les six inhumations de 1651, ils essayèrent de s'en affranchir. Mais, les commandeurs de La Guerche et de La Nouée, Hardouin Le Voyer de Paulmy (1642-1657), Lancelot de Chouppes (1657-1667) et René de Menou (1667-1702) ne l'entendaient pas ainsi. Justement le dernier, René de Menou, dans un cas analogue, soutenait un procès contre le chapitre de Notre-Dame de la Guerche et le fit condamner (Note : Pour une fondation du XVème siècle dont le chapitre voulait éluder les obligations). Il actionna les recteurs d'Yvignac et triompha sur toute la ligne en 1698. M. l'abbé Lemasson (Histoire du pays de Dinan, T. II, p. 227) nous fournit le texte du jugement : « Les recteurs devraient célébrer ou faire célébrer en laditte chapelle de La Nouée, tous les dimanches de chacun an, une messe matinalle, avec les annonces des festes de la semaine et prières nominalles pour le commandeur de La Nouée et autres chevaliers de Malte, fondateurs de la ditte chapelle et pour ceux qui y sont enterrés et au simetierre d'ycelle et outre d'administrer en cas de besoin les sacrements aux habitants du dit lieu qui souhaitteroient y estre enterrés et de conduire la procession de la ditte paroisse d'Yvignac à la ditte chapelle la seconde férie de Pasque et autres exercices de dévotion ; ce qui se pratique de tout temps immémorial ». Voilà nos recteurs condamnés à franchir, en suivant les mauvais chemins de l'époque, les 4 kilomètres et demi de montée lente, mais à peu près continue, qui séparent le bourg d'Yvignac du Haut La Nouée (Note : Le chemin du bourg d'Yvignac au Haut La Nouée suivait à peu près la route actuelle d'Yvignac à Trébédan jusqu'au Bas La Nouée ; de là on montait à la chapelle en empruntant le chemin de Brusvily. Un raccourci, par le village de la Favrie et la rive Est de l'étang de Villeneuve, permettait d'arriver plus vite au Bas La Nouée). Les inhumations vont donc, semble-t-il, continuer. Mais surprise ! A partir de 1698 jusqu'en 1789, on n'en relève aucune dans les registres paroissiaux. Les recteurs ont ils opposé au jugement une force d'inertie victorieuse, ou bien, une transaction que nous ignorons, est elle intervenue ? Quoiqu'il en soit, ils ont obtenu en partie gain de cause. Les cérémonies du dimanche ont sans doute continué à La Nouée au XVIIIème siècle et la chapelle est restée une station paroissiale pour les missions, comme celle de 1752 ; quelques mariages ont été célébrés en 1759, 1764, 1769, 1780, mais l'ère des inhumations a été close. En somme, bien qu'il y ait de fortes présomptions pour que les sépultures récemment découvertes concernent des habitants de La Nouée, soit du XVIIème siècle, soit des siècles antérieurs, le problème reste obscur. On peut affirmer toutefois, d'après ce qui précède, qu'aucune tombe ne peut être postérieure à l'année 1698 (Th. Plessix).
la commanderie du Temple de Lannouée (ou La Nouée). La commanderie appartient en 1182 à l'ordre du Temple et après 1313, aux hospitaliers de Saint-Jean. La maison située à l'ouest est l'ancienne commanderie édifiée par E. de Lesmeleuc, commandeur entre 1598 et 1604 : ses armes figurent au-dessus de la porte. Le frère François Paris de Soulanges est le dernier commandeur de Lannouée ; |
Nota 3 : Le domaine de La Nouée, estimé comme bien national 4.500 fr. seulement (dont 200 fr. pour la chapelle et son cimetière), fut en réalité acquis pour 3.000 francs, le 17 pluviôse an VII, par un agriculteur, Michel Frère, de Plumaudan (Archives des Côtes d'Armor). Déjà, à cette date, une partie des bâtiments d'habitation menaçait ruine (notamment la grange située à l'Ouest). Aujourd'hui, ils sont en piteux état et la chapelle elle-même a partiellement disparu. Le village du Haut La Nouée est encore plein des souvenirs de la Commanderie. Il a conservé ses anciennes divisions ; on y trouve les groupes de maisons de la « Haute ville, de la Basse ville, des Billettes et de Chez la Rue ». Le chemin qui traverse le lieu pour le relier à l'ancien chemin de Brusvily, porte, en effet, le nom de « Rue », c'est-à-dire la rue du Temple. L'ancien manoir du commandeur s'appelle la « Métairie de la Salle » et des murs en ruine entourent son jardin. Le vieux puits de la Salle est, parait-il, médiocre, mais la belle source des Billettes le supplée comme jadis et sourd en pleine Rue. Le bâtiment d'habitation de la Salle, avec ses portes romanes, se compose toujours d'une grange ou remise effondrée, d'une écurie, d'une ancienne cuisine, où loge le fermier, enfin de ce que les gens du pays appellent le « presbytère », c'est-à-dire l'ancien logement du Commandeur et plus tard du chapelain, lorsqu'il y en avait un à demeure. Mais le « presbytère » est ruiné et ses pierres de taille ont été transportées à Trélivan, pour servir à une construction moderne. Toutes ces bâtisses n'ayant qu'un rez-de-chaussée, avec greniers et chambres au-dessus, ne différaient guère des maisons de paysans. Leur écusson a été martelé, comme celui de la chapelle. Elles paraissent sorties d'une carrière située au nord, dans le voisinage (Th. Plessix - 1935).
la croix de la Ville-Morvan (haut moyen âge) ; | |
la croix de la Clôture (haut moyen âge) ; | |
les deux croix du style du haut Moyen Age, lune au Haut au Haut-Lannouée et l'autre près de léglise ; | |
la croix de carrefour ou de Kerneuf (XVIème siècle), à double traverse ; | |
les deux croix situées à la sortie du bourg, vers Caulnes ; | |
la croix à la sortie du bourg, vers Dinan ; | |
la croix de Kervalan (XVIIIème siècle) ; | |
la croix Neuve (XVIIIème siècle) ; | |
la croix des Loges ; | |
la croix de la Levrette ; | |
le château d'Yvignac (XVème-XVIIIème siècle). Ce château remplace un autre château du même nom, dont les ruines étaient encore apparentes au XIXème siècle et situées à côté du château actuel. La tour dite "de la Porte" et le départ de la courtine datent du XVème siècle. Le logis remanié date du XVIIIème siècle. En 1490, il appartenait à Louis Chevalier, seigneur d'Yvignac, un des cinquante gentilshommes qui avaient l'honneur de former la garde de la reine Anne, duchesse de Bretagne. Il passe ensuite aux mains des seigneurs d'Epinay qui y fixèrent pendant longtemps leur résidence. Au moment de la Révolution de 1789, ce château était encore la maison seigneuriale de la paroisse. Il avait alors le titre de châtellenie, avec haute, moyenne et basse justice, et appartenait à M. de Bruc. En 1791, face à l'impopularité des seigneurs, un millier de paysans assiègent le château, défendu par les dragons de Lamballe. Cette émeute fait cinq cents morts. En 1795, quatre cents chouans de Picot de Limoëlan occupent le château ; | |
le manoir de Garouët ou Garrouet (XVème siècle), encore surnommé "chapelle des moines rouges". Le manoir possède une porte aux armes de la famille Jarnouen ; | |
le manoir de la Bégassière (XV-XVIIème siècle), propriété de la famille du Bouays de la Bégassière jusqu'au XVIIIème siècle. Il s'agit du lieu de naissance du chouan Constant du Bouays. Au XIXème siècle, cette demeure devient la propriété de la famille Pollock-Gore ; | |
le manoir de la Ville-Jamet (XVIème siècle), propriété de M. Maillard, sénéchal d'Yvignac (au XVIIème siècle) et de Vincent Forot (au XVIIIème siècle) ; | |
le manoir de la Levrette (1569), ancienne propriété de l'écuyer Jehan Guillaume (époux de Jeanne Rolland) ; | |
le manoir de Coëtcouvran (XVI-XXème siècle), édifié par la famille d'Angoulvent, puis à partir du XVIIème siècle, propriété successive des familles Margaro, Geslin, La Noüe et Launoy. On y trouve un colombier daté du XVIIème siècle ; | |
l'ancien presbytère (XVIIème siècle). On y voit le blason de la famille Frotet ; | |
la ferme de Kervalan (XVII-XVIIIème siècle) ; | |
une maison du bourg (1720) ; | |
les maisons de Trélée (XVII-XVIIIème siècle) ; | |
4 moulins dont les moulins à eau de Quinièbre, Trélée, de la Rivière,.. |
A signaler aussi :
la tour ronde située près des douves du château de Coëtcouvran ; | |
le puits (XV-XVIème siècle) de l'ancien manoir de Caver ou Caverre, propriété de Geoffroy Jarnouen en 1480 ; |
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ANCIENNE NOBLESSE de YVIGNAC
La seigneurie d'Yvignac passe des Yvignac aux d'Espinay (XVIIIème siècle), puis aux des Breil de Pontbriand, de Bruc puis aux Guehenneuc de Boishue par alliance. La Brouyère (avec moyenne justice) appartenait à Mme de la Bretonnière, lors de la Révolution. Le Bois-Chevel était jadis une maison noble, ainsi qu'un fief annexé à la commanderie du Temple de Carentoir, ordre de Malte.
Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence de 15 nobles de Yvignac :
Jehan ALENIC (10 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; | |
Roland BARDOUL (20 livres de revenu) : défaillant ; | |
Eustache BEGUERET (15 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ; | |
Tristan D'ANGOULVENT de Fremeur (60 livres de revenu) : comparaît comme homme d'armes ; | |
Jehan D'YVIGNAC d'Yvignac (300 livres de revenu) : comparaît comme homme d'armes ; | |
Louis D'YVIGNAC (60 livres de revenu) : excusé comme appartenant à une compagnie d'ordonnance ; | |
Olivier DE PLUMAUGAT (20 livres de revenu) : excusé ; | |
Guillaume DE QUERIDI de Kerdy (20 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ; | |
Regnaud GUILLAUME de Pont-d-Bague (10 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une jusarme ; | |
Geoffroy JARNOUAN de Caver, représenté par Pierre son fils (300 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ; | |
Raoul JARNOUAN (40 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ; | |
Jehan LE MOUENNE (10 livres de revenu) : comparaît revêtu d'une robe ; | |
Roland LUCAS : défaillant ; | |
Pierre PRESSART, sr de la Bouyère (600 livres de revenu) : comparaît comme homme d'armes ; | |
Jehan TETOU (20 livres de revenu) : porteur d'une salade (casque) et comparaît armé d'une pertuisane ; |
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