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YVIGNAC ET SES MANOIRS.

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Comme dans tout notre pays, la féodalité jeta à Yvignac une profonde empreinte. Nombreux sont les restes de maisons nobles qu'on y rencontre. Elles sont même mieux conservées dans cette paroisse que nulle part ailleurs. Il est facile de les reconnaître avec leurs vastes cheminées en granit, ornées d'un écu en relief, et les énormes poutres qui supportent leur plafond. C'est là, d'ailleurs, leurs seuls signes caractéristiques, et bien des fermiers aisés ne voudraient plus maintenant se contenter de ces demeures, où ont vécu naguère de nobles damoiselles et de vaillants hommes d'armes.

La grande Bégassière.

Les seigneurs de la grande Bégassière, avant la Révolution, n'étaient autres que la famille du Bouays de la Bégassière, dont l'un des descendants est décédé au début du XXème siècle général de division et dont un autre est à la même période membre distingué de la Compagnie de Jésus.

Cette famille était probablement originaire de Trédias ; du moins, on la trouve dès 1350, possédant et habitant le Bois Robert, la maison noble la plus importante de cette paroisse.

Nous reproduisons ici, en la résumant, la généalogie de cette maison, d'après l'abbé Lesage, qui cite, nous dit il, des documents « rédigés par un du Bouays qui vivait à Trédias, il y a trois cents ans ».

Jean du Bouays, sieur du Boisrobert, époux de Jeanne Bertier, vivait à Trédias, en 1440. — Un de ses cadets, mort sans alliance, eut pour apanage la terre de la Bégassière. — Olivier du Bouays, fils, aîné de Jean, épousa Marguerite Milon. — Leur héritier fut Robert qui contracta mariage le 28 juillet 1471, avec Gillette de Langourla. — Leur fils aîné, Gilles du Bouays, est mentionné à la réformation de 1513. Il épousa Jeanne Bertrand et fut père de Jean, qui suit. — Jean du Bouays épousa en 1530, Guillemette Guéguen, dont il eut Pierre du Bouays, qui se maria en 1562, avec Perronnelle Trousier. Avec la descendance de Nicolas du Bouays leur aîné, nous allons avoir à nous occuper de la Bégassière :

En 1643, René du Bouays de la Bégassière, fils de Nicolas et de Marguerite Becdelièvre, fut partagé noblement par François son aîné, sieur du Boisrobert, qui lui, donna le manoir de la Bégassière en héritage : Né vers 1620, René épousa, vers 1652, Servanne Débart, de la maison de la Pyrie, en le Hinglé. En 1680, il devint le chef de nom et d'armes de la famille du Bouays, par suite du décès de son neveu, Charles du Boisrobert, décédé à Lyon, sans postérité.

Jean du Bouays de la Bégassière, fils de René et de Servanne. Débart, fut baptisé à Yvignac, le 7 juin 1661. Il se maria le 22 février 1702, avec Charlotte Hingant, dame de la Janée, de Caulnes, dont il eut François, qui suit.

François du Bouays, né à Yvignac, en novembre 1702, épousa le 31 mai 1724, Henriette de Saint-Meleuc, qui lui donna deux fils : Anne et François. Ce dernier fut prêtre.

Anne du Bouays, né à Yvignac, le 22 septembre 1727, épousa le 3 septembre 1758, Louise Françoise Urvoy de Malaguet, dont il eut plusieurs fils, qui étaient d'une taille, d'une beauté et d'une force peu communes, a raconté à M. Lesage, un vieillard qui les avait connus. L'un deux, Louis du Bouays, fut prêtre et mourut en 1830, curé de Chevreville, au diocèse de Coutances. Un autre nommé Jean-Louis-Geoffroy, né à Yvignac, le 5 juillet 1767, épousa à Jersey, durant l'émigration, le 10 juillet 1795, Marie-Anne Gesril du Papeu. L'année suivante, l'abbé Nogues, curé d'Yvignac, émigré lui aussi à Jersey, baptisait leur premier né, qui reçut les noms de Gustave-Aimé. (L'Estourbeillon : Les familles françaises à Jersey).

L'aîné des fils d'Anne du Bouays fut Constant, né à Yvignac, le 12 août 1763. Il prit du service dans les gardes du corps sous Louis XVI, puis émigra avec ses frères, et combattit dans l'armée de Condé. Il se maria en 1802 à son retour en France avec Marie-Perrine Jehan de Launay, qui lui donna trois garçons : Constant, Emmanuel et Jules [Note : Constant du Bouays, décédée en 1876, épousa Cécile de la Pilorgerie, et continua la branche aînée des du Bouays. Jules du Bouays, marquis de la Bégassiere, décédé en 1890, de son mariage avec Marie-Louise de Benoit, est l'auteur de la première branche cadette. Emmanuel, décédé en 1888, de son mariage avec Marie-Louise de Saint-Maur, a fondé la seconde branche cadette], Sous la Restauration, M. de la Bégassière fut décoré de la Croix de Saint-Louis ; il habitait alors le château de Carnaba. Il mourut en 1843, sans avoir voulu revoir Yvignac, où tous les biens de sa famille avaient été vendus nationalement l'an III de la République.

Au début du XXème siècle, la grande Bégassière est convertie en maison de ferme. La chapelle sert alors d'écurie. Ses murs portent encore gravé un écusson aux armes des Urvoy et des du Bouays. Ces dernières, qui sont de gueules à la croix d'argent, cantonnée de quatre croissants de même, se voient aussi sur l'ancienne chapelle, maintenant désaffectée du Boisrobert, en Trédias.

Caver.

Cette maison fut autrefois considérable. La tradition rapporte qu'un propriétaire de Caver obligeait autrefois le châtelain d'Yvignac à un long détour pour se rendre à l'église lorsque sa mauvaise humeur ne lui permettait pas de passer sur les terres de Caver. Le manoir n'existe, plus, ni les murs de la chapelle, monument du XVème siècle, encore debout au dire de l'abbé Lesage, quand cet auteur écrivait sa notice. Caver possède une grange de ferme où, paraît-il, deux voitures de ferme attelées de cinq chevaux, peuvent manoeuvrer sans se gêner.

Quant à l'historique de cette maison noble, voici ce que nous avons pu découvrir. Caver a été longtemps possédée et habitée par la famille Jarnouan dont les ancêtres, nous apprend Courcy, remontaient aux Croisades. En 1480, Gillette du Breil, fille d'Olivier, Procureur général au Parlement de Bretagne, épousa Bertrand Jarnouan, écuyer, seigneur de Bohemel, en Guenroc et de Caver, en Yvignac. (Généalogie des du Breil). Lors de la Réformation de 1513, le même Bertrand habitait le dit lieu de Caver. La fille ou petite fille de Bertrand Jarnouan paraît avoir hérité des terres de sa maison. Elle se maria à Pierre de Bouillé, seigneur de Pierrefontaines, qui en 1543, possédait du chef de sa femme les terres de Bohemel et de Caver. (Auteur cité).

D'après M. de Carné, Guy Glé, vicomte de Médréac, en 1612, était à la même époque seigneur de Caver, par suite de son mariage avec Jeanne de Bouillé. De 1623 à 1627, nous savons que son fils François, chevalier de l'ordre du Roi, était seigneur du Pan, de Caver et de Rophemel, en Guenroc.

Lors de la Révolution, Caver appartenait depuis longtemps aux châtetelains d'Yvignac. Avec la Vill-es-Rays, c'est la seule propriété que possède encore à Yvignac la famille de Guéhenneuc dé Boishue.

Garrouet.

Cette maison noble située tout près de Trébédan, à l'extrémité d'Yvignac, au milieu des landes et des bois, présente dans sa porte et fenêtre ogivales l'architecture du XVème siècle. On voit gravées sur ses murs, les armes des Jarnouan « d'argent à trois hameçons de gueules ». En 1513, Garrouet appartenait à Bertrand Jarnouan. En 1789, cette gentilhommière faisait partie des domaines de M. de Boishue.

La Chapelle Jarnouan.

Cette ferme, qui possède une porte du XIVème ou XVème siècle, fut autrefois une maison noble. Bertrand Jarnouan en était le propriétaire, lors de la Réformation de 1513.

Frémeur.

Le village qui, à Yvignac, porte actuellement le nom de Frémeur, ne nous paraît nullement avoir été une maison noble, dans le passé. A notre avis, c'est au village de Fouinard, qu'il faut aller chercher la demeurance des d'Angoulevent, qui ont habité ce lieu durant plusieurs siècles. Bien que plusieurs des logements menacent ruine, tous ces vieux bâtiments ont encore grand air, et l'écu qui surmonte une des portes, annonce qu'il a résidée là des gentilshommes.

D'après les mémoires historiques du Père Le Texier, « le nom d'Angoullevant se tire d'un bien, maison, jardin et colombier avec les appartenances d'icelles choses, nommées Angoullevant, situé en la ville de Dinan près l'enclos du couvent des Frères Prêcheurs ». Quelle que soit son origine, nous voyons paraître cette noble famille à toutes les reformations et montres de la noblesse tenues à Yvignac de 1428 à 1513. Le premier membre connu des d'Angoulevent est Alain, qui, d'après Courcy, se croisa en 1248. Dans les siècles suivants, on trouve le nom des d'Angoulevent mêlé à tous les évènements militaires de l'Histoire de Bretagne. En 1371, Bertrand d'Angoulevent était compagnon d'armes de Duguesclin. En 1513, Guillaume d'Angoulevent était seigneur de Frémeur. De 1650 à 1655, un de ses descendants nommé François, eut de son épouse Hélène Le Fresne, plusieurs enfants, du nombre desquels fut, nous dit, l'abbé Lesage, Servanne d'Angoulevent qui épousa, le 3 février 1675, écuyer Pierre Lechat, sieur de la Croix, originaire de Mégrit. La seule de leurs enfants qui laissa postérité, fut leur fille Bonaventure, née le 3 février 1679, et mariée le 10 juin 1704 à écuyer Jean Poulain, sieur de la Chaussière.

« De ce mariage, naquit François-Claude Poulain, leur héritier principal, qui épousa en premières noces Jeanne de Fontlebon dont il eut plusieurs enfants et en secondes noces une paysanne d'Yvignac, nommée Jeanne Menier. Joseph Poulain, fils de François-Claude et de Jeanne Fondebon, né à Frémeur en 1738, épousa Jeanne Ferté, dont il eut dix-huit enfants, qui ont épousé des personnes du peuple et presque tous leurs descendants sont tombés au-dessous de la condition moyenne » (Abbé Lesage).

Coacouvran.

Coacouvran ou Coëtcouvran est une seigneurie très ancienne, qui fut un temps possédée par les d'Angoulevent.

Nous lisons, en effet, ce qui suit, dans une charte publiée par le R. P. Chapotin, dans ses « Souvenirs Dominicains du diocèse de Saint-Brieuc » : « Les Frères prêcheurs de Dinan sont obligés à une éternelle reconnaissance, pour messire 0llivier d'Angoullevant, seigneur de Couëscouvran et pour Mademoiselle Marie d'Angoullevant, qui par leurs testaments, dont le premier est daté du 24 avril 1469, et le second, du 16 août 1477, leur léguèrent chacun quatre livres de rente annuelle, pour acquitter un certain nombre de messes ». — La même charte nous apprend aussi que « l'enfeu des d'Angoullevant est placé dans l'église des Dominicains de Dinan, au bas de la chapelle du Rosaire, où l'on voit plusieurs tombeaux qui leur appartiennent avec leurs armes gravées, qui sont de sinople à la fasce de gueule chargée d'hermines ».

L'héritier principal d'Olivier d'Angoulevent fut messire escuier Guillaume du Margaro, qui épousa demoiselle Jeanne du Breil, le 27 décembre 1469. Il dut mourir assez jeune, car sa veuve, selon la coutume du temps, convola deux autres fois en justes noces !

En 1513, Olivier de Margaro possédait la seigneurie de Coacouvran et y résidait habituellement. D'après les registres ecclésiastiques d'Yvignac, Coacouvran était encore, en 1570, habité par les Margaro. Une lacune dans ces registres de 1580 à 1607, nous empêche de savoir, dit l'abbé Lesage, comment cette terre passa des Margaro aux Geslin, qui la tenaient en 1640.

A cette époque, d'après des notes gracieusement communiquées par M. le vicomte de la Messelière, Coacouvran était à Michel Geslin, écuyer, sieur du Verger, de Coacouvran et de la Villemorel, fils de François Geslin, seigneur de la Besnelaye et de Bertranne de Taillefer. Un arrêt du Parlement, rendu en 1669, le confirma dans sa noblesse d'ancienne extraction. Il avait épousé, le 2 mai 1634, demoiselle Jeanne Bouëssel, originaire de Plumaudan, morte à Guitté et inhumée à Yvignac, le 22 octobre 1665, après lui avoir donné cinq enfants. Michel Geslin mourut à Yvignac, le 23 octobre 1684.

Son fils aîné et héritier principal fut François, né en 1635. Il devint capitaine de la paroisse d'Yvignac, dans la capitainerie garde côtes du Pontbriand. De son mariage avec Bonaventure Boterel de Quintin, il laissa sept enfants, et décéda à Coacouvran, le 25 mai 1708.

L'aîné de ses fils porta comme son père le nom de François. Baptisé le 5 août 1682, il mourut à Yvignac le 14 mai 1753, après avoir fait partie dans sa jeunesse des pages de la grande écurie du Roi.

De son union avec Claire Marine de Talhouet, il ne lui survécut que des filles, dont la seconde Françoise-Marcelle, dame de Coacouvran et de la Villemorel, née à Yvignac en 1716, porta, par son mariage avec Joseph-Sylvain-Toussaint-Marie de la Noüe-Bogard, la terre de Coacouvran dans la maison de la Noüe.

Joseph de la Noüe fut conseiller au Parlement de Bretagne. Il mourut à Coacouvran, le 22 janvier 1765.

Son héritier principal Guillaume-François-Marie de la Noüe-Bogard, naquit en 1747. Il devint successivement page de la maison du Roi, officier de cavalerie, lieutenant des Maréchaux de France et finalement conseiller au Parlement. Lors de la Révolution, il émigra à Jersey, où il mourut en 1795, ne laissant que deux filles de son mariage avec Félicité-Marie Meslé de Granclos.

Comme la plupart des terres nobles d'Yvignac, Coacouvran fut saisi et vendu nationalement durant la Révolution. Le vieux manoir a été démoli avec ses dépendances en 1835 et non loin de son emplacement, on a construit en 1850, une maison toute moderne. De l'ancien château, il, ne subsiste qu'une sorte de colombier et un puits qui parait très ancien mais les belles pièces de terre, les prairies, les avenues et les bois qui entourent Coacouvran, nous permettent encore de juger de l'importance que ce lieu eut autrefois. Selon Ogée, Coacouvran possédait, de son temps, une moyenne justice, et, nous apprend Guillotin de Corson, ses seigneurs étaient présentateurs des chapellenies de Notre-Dame de Lesnean, en Broons, qui valait 40 livres de revenu et de la Plesse, en Caulnes, qui possédait un revenu net annuel de deux cents livres.

La Gripponnière.

Les registres paroissiaux de Caulnes nous font savoir qu'il existait, vers la fin du XVIème siècle, une famille de la Gripponnière, qui n'avait alors aucune espèce de notoriété. Quant à la gentilhommière de ce nom, qui est maintenant convertie en maison de ferme, elle semble remonter à deux cents ans environ. On remarque sur la façade du bâtiment principal, les marques de plusieurs écussons martelés.

En 1513, ce manoir était possédé et habité par Jean d'Angoulevent. Il demeura dans cette famille durant tout le XVIème siècle.

Le 24 mars 1607, Nicolas des Grées, chevalier, seigneur des Grées et autres lieux, épousa Charlotte d'Angoulevent, fille et héritière de Julien et de Louise Le Forestier. De ce mariage naquit Jean III, des Grées, chevalier, seigneur des Grées, La Vallée, La Galiotais, La Noë, Lesné et La Gripponnière. Des enfants que lui donna son épouse Marie Avril, dame du Loû, nous ne nous occuperons que de Henriette des Grées, laquelle se maria avec écuyer Jean Têtou, déjà veuf de dame Jeanne Hingant. Henriette mourut quelques jours après avoir donné le jour à son troisième enfant et fut inhumée à Caulnes, le 1er janvier 1653.

Le premier membre de la famille Têtou, que nous trouvons sur les registres paroissiaux de Caulnes, est Renault, sieur de la Ville-au-Voyer, qui fut ensépulturé le 13 décembre 1542. Le dernier Têtou qui figura sur ces mêmes registres, est Philippe, fils d'Henriette des Grées, qui hérita, du chef de sa mère, de la terre de la Gripponnière, se maria à Françoise Gaultier et mourut en 1719, sans laisser de postérité masculine qui lui survécut.

Les Têtou s'armaient « d'argent à trois têtes de maure de sable, tortillées d'argent et couronnées d'or ». Leur noblesse fut confirmée par arrêt du Parlement de Bretagne, en date du 29 janvier 1669. Ils figurent aux reformations et montres de la noblesse, à la paroisse de Caulnes de 1479 à 1513. Olivier Testou qui paraît à la montre tenue à Yvignac en 1472, ainsi qu'Eonet Têtou, sieur des Vignes, que l'on trouve cité à Yvignac, à la réformation de 1513, sont sans doute de la même famille. [Note : A ce propos, nous nous demandons si Félix Têtu, d'Yvignac, fils de Grégoire et de Jeanne Lebranchu, qui émigra au Canada en 1754, en compagnie de Jean Beaulieu, François Piquet, Thomas Briand et Jean Leroux n'appartenaient pas aussi à cette même race. La différence entre les noms de Téton, Testou, Têtou, Testu ou Têtu n'est pas si grande, que leur similitude ne permette de le penser. Félix Têtu se fit au Canada, pêcheur, puis agriculteur. Ces deux métiers lui réussirent également. Lorsqu'il mourut, il laissait sept enfants de son union avec Marie-Madeleine Vallée. Trois de ses fils eurent respectivement dix-sept, dix-huit et treize enfants. Cette tradition s'est conservée dans cette famille et Mgr. Henri Têtu, procureur de l'archevêché de Québec, est le cadet de 14 enfants, dont cinq sont devenus prêtres. A l'heure actuelle, les rejetons de Félix Têtu d'Yvignac sont au nombre de plusieurs centaines, répandus un peu partout, au Canada, aux Etats-Unis et même jusqu'en Australie].

La Bouyère.

Située tout auprès de la Grande Bégassière, la Bouyère fut aussi naguère une maison noble. Sur les ruines de la vieille demeurante, on a bâti, au cours du siècle dernier, la jolie habitation de Kermaria, propriété de M. James Pollock-Gore.

On remarque tout auprès du château, une superbe pierre tombale, représentant un chevalier armé de toutes pièces, ayant à ses pieds un écusson armorié, surmonté d'une couronne de marquis, le tout entouré d'un collier de Saint-Michel. Selon M. Chassin du Guerny, cette pierre sépulcrale doit figurer, soit Louis, soit Charles d'Espinay, seigneurs d'Yvignac. Nous pensons que ce monument funéraire a dû être apporté de l'église paroissiale d'Yvignac, en ce lieu, à une époque que nous ne pouvons déterminer.

Voici les noms des seigneurs de la Bouyère, que nous avons pu retrouver : En 1381, Guillaume de la Bouyère ratifie à Rennes le traité de Guérande. En 1428, Bertrand du Boisriou, qui fut en 1432, prévôt des maréchaux, au siège de Pouancé, exploitait par métaïer la terre noble de la Bouyère. Gilles, fils de Bertrand du Boisriou, devint maître d'hôtel de la duchesse Anne et gouverneur de Saint-Malo, en 1485. Lors de la Reformation de 1513, Olivier Preczart, écuyer, sieur de la Bouyère, tenait noblement le dit lieu. Durant le XVIIème siècle, cette terre fut possédée par la famille Ferron du Chesne, dont une branche porta le nom de Ferron de la Bouyère. Elle passa ensuite par alliance aux Botherel de la Bretonnière, qui la vendirent au XIXème siècle aux Piedvache. Avant la Révolution, la seigneurie de la Bouyère était en possession d'une moyenne justice, dont le siège, semble t-il, était à Plumaudan. De cette terre dépendait aussi un bois assez considérable appelé Bois de la Moinerie, puisqu'au cours du XVIIIème siècle, un abbé de la Bretonnière, seigneur de la Bouyère, mettait, en adjudication dans ce bois 444 pieds de chêne et 6 ormaux, pour la somme de 2.700 livres.

Le Pont Cherpin et la Touche-Cherpin.

M. Lesage identifie la maison du Pont-Cherpin avec le lieu dit le Pont-Perrinet, où, nous dit il, l'on voyait, il y a quelques années encore, des douves et un colombier. Tout auprès de cette habitation, maintenant transformée en ferme et possédée par la famille Rolland, l'on trouve un chêne de haute futaie aux ramures énormes, mais à demi rongées par les ans. La présence d'un de ces arbres indique toujours à Yvignac, qu'il a existé là naguère, une maison d'une certaine importance.

A la Reformation de 1513, noble homme Guillaume du Pont, demeurait au Pont-Cherpin. Au siècle précédent, l'an 1432, Guillet Cherpin, de la paroisse d'Yvignac, et seigneur de la Touche-Cherpin, donne en aumône à l'abbaye de Boquen, sise en Plénée Jugon, deux des quatre mesures de seigle, mesure de Broons, qu'Eudes de Plumaugat lui devait au « treit de Clemecle » en la paroisse de Caulne. Sur les débris du sceau de G. Cherpin, l'on voit trois pommes de pin, 2 et 1. (Anc. Ev. de Bretagne, Tome III, p. 251.) En 1371, Etienne Cherpin, écuyer, comparaît à la montre du chevalier de Mauny au service, du roi de France. (Lobineau II, col. 574). En 1789 la Touche-Cherpin appartenait à Mme de Boishue.

Le Pont de Bague.

Cette maison noble, dit M. Lesage, devait être située près de l'étang qui porte encore ce nom. On a vu dans ce lieu, un colombier qui a disparu il y a quelques années. La maison de ferme de la Ville-ès-Rays que les anciens registres ne mentionnent point a dû, à une époque que nous ignorons, remplacer le Pont de Bague et être comme elle une maison noble. On remarque sur ses murailles, les traces de plusieurs écussons. Avant la Révolution, la Ville-ès Rays appartenait à M. de Boishue, et ses descendants sont toujours en possession de cette belle ferme, qui compte, dit-on, 70 hectares.

La Ville-ès-Anges.

En 1513, Jehan de Launay était sieur de la Ville-ès-Anges. Les registres ecclésiastiques de 1573 mentionnent, nous dit M. Lesage, Julien de Launay, sieur de la Ville-ès-Anges. Cette gentilhommière est convertie en maison de ferme et ne garde aucune trace de son passé.

Kerdy.

La maison de Kerdy maintenant transformée en ferme, fut autrefois habitée par une noble famille dont un membre prit part aux Croisades. (Courcy). Le 25 avril 1381, Robin de Keredy ratifie à Dinan le traité de Guérande qui mit fin à la funeste guerre de Succession de Bretagne. (Lobineau, II, col. 617).

En 1472, Guillaume de Kerdy est représenté par son fils Olivier, à la Montre des nobles tenue à Yvignac.

En 1513, noble écuyer François de Kerdy [Note : Au XVIème siècle, les Kerdy essaimèrent d'Yvignac à Pleurtuit où ils tenaient plusieurs gentilhommières], sieur dudit lieu et y demeurant, tient noblement la maison de Kerdy et la métairie de la Villeneuve. D'après le Terrier de la Sénéchaussée de Rennes conservé aux archives de Nantes, Kerdy appartenait, en 1678, à Eustache Ferron, seigneur du Chesne.

Au début du XXème siècle, cette vieille gentilhommière appartient à Madame la marquise de Bizien. Elle garde encore dans son aspect quelque chose de son passé, et l'on remarque dans sa vaste cuisine, une intéressante cheminée en granit, surmontée d'un écusson en relief.

Le Pont-Regnays ou Renais.

Lors de la Reformation de 1513, noble homme Olivier Guillaume habitait le Pont-Reguays. Cette demeure possédée vers 1911 par M. Toutain, était naguère en effet une maison noble. Tout, d'ailleurs, dans cette habitation, malgré les transformations qu'elle a subies, porte encore les signes caractéristiques d'une vieille gentilhommière et sa vaste cheminée du XVème ou XVIème siècle, supportée par de gracieuses colonnettes en granit sculpté, mérite d'attirer l'attention.

La Levrette.

C'èst maintenant une maison de ferme sur la façade extérieure de laquelle on voit encore gravé un écusson. En 1569 et années suivantes, elle était habitée par Jehan Guillaume, écuyer, marié à Jeanne Rolland. (A. Lemasson).

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