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LA ROCHE-BERNARD

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La commune de La Roche-Bernard (bzh.gif (80 octets) Ar Roch-Bernez) est chef lieu de canton. La Roche-Bernard dépend de l'arrondissement de Vannes, du département du Morbihan (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de LA ROCHE-BERNARD 

La Roche-Bernard vient de "Rupe Bernadi" ou "Roca Bernadi" (le rocher de Bernard). Bernard fait référence au vicking Bjarnhard. 

La création de La Roche-Bernard remonte aux invasions normandes du Xème siècle. Le bourg se développe à la fin du XIème siècle, lorsque Bernard II, descendant du fondateur, concède du terrain autour de son château afin d'y construire un "burgum" (lieu de marché). 

Un seigneur, du nom de Bernard, est mentionné dans une charte du XIème siècle, datée des règnes de Robert, roi de France, et d'Allain III, duc de Bretagne, et qui, par conséquent, doit être placée entre les années 1013 et 1031 ; elle se trouve dans le Cartulaire de l'abbaye de Redon. Un dénommé Simon, fils de Bernard, fonda avec l'abbé Hélogon, l'abbaye de Saint-Gildas-des-Bois en l'année 1026. En 1089, on retrouve Bernard de la Roche au nombre des témoins d'un jugement rendu par le duc Alain Fergent au profit des moines de Redon. Dans un acte de 1090, nous voyons que Bernard, IIème du nom, avait plusieurs fils : Rivallon, Bernard, Guihenoc et Judicaël. Bernard de La Roche prit l'habit de saint Benoît et se retira dans l'abbaye de Saint-Gildas-de-la-Lande, vers la fin de sa vie. 

Saint Vincent Ferrier vient prêcher à La Roche-Bernard en février 1418. En 1689, le roi d'Angleterre Jacques II se rendant à Brest, séjourna à La Roche-Bernard, où le duc de Chaulnes, alors gouverneur de Bretagne, lui rendit les plus grands honneurs. 

Au XVIIème siècle, Richelieu y installe un chantier naval. La Roche-Bernard, trève de Nivillac devient une communauté de ville en 1666. La Roche-Bernard est érigée en paroisse en 1802.

Note : Située sur la rive gauche de la Vilaine, la Roche-Bernard faisait autrefois partie du diocèse et comté de Nantes et de la paroisse de Nivillac. En 1891, sa superficie n'est que de 43 hectares, mais sa population est de 1184 habitants. La ville de la Roche-Bernard, bâtie à l'ombre de son château, fut érigée en communauté, sans cesser d'appartenir à la paroisse de Nivillac. Elle fut administrée, au civil, par un syndic ou maire, assisté d'un conseil, dont faisaient partie les officiers de la justice de la baronnie et plusieurs notables. Ses armoiries étaient celles de ses premiers seigneurs : d'or à l'aigle éployée de sable, becquée et membrée de gueules. Elle avait aussi le droit d'envoyer un député aux Etats de Bretagne, et elle confiait le plus souvent cette mission à son maire on au sénéchal de la baronnie. En 1554, le 31 décembre, le roi Henri II concéda aux habitants de la Roche-Bernard le droit de s'exercer au tir du papegault et de jouir des privilèges y attachés. Plus tard, on trouve dans la ville une milice bourgeoise, qui figure régulièrement aux réjouissances publiques et aux processions de la Fête-Dieu. C'est à la Roche-Bernard que le charpentier dieppois, Charles Morieu, construisit, de 1631 à 1637, le premier vaisseau français de 74 canons. Ce navire, nommé la Couronne, fut admiré de tous les marins lorsqu'il arriva l'année suivante devant Fontarabie, où la flotte française était rassemblée. Il avait coûté des sommes énormes, et l'on en peut juger par son grand pavillon, qui valait 11,000 écus. En 1660, il y avait encore des protestants à la Roche-Bernard ; ils occupaient un quartier de la ville où toutes les maisons communiquaient entre elles. En 1685, à la révocation de l'édit de Nantes, ils émigrèrent presque tous, et les autres abjurèrent (J-M. Le Mené).

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PATRIMOINE de LA ROCHE-BERNARD

l'église Saint-Michel (entre 1876 et 1879), située Place de l'Eglise. Cette église remplace l'ancienne église tréviale, reconstruite au XVIIème siècle (vers 1633) et au XVIIIème siècle. En 1063, un dénommé Bernard, fils de Simon, donne aux moines de Saint-Sauveur de Redon la dîme de toute sa terre, "à condition qu'un prêtre de cette abbaye dirait à perpetuité la messe dans une église à construire pour le services des habitants du bourg et du château". Il ne reste rien de cet édifice du XIème siècle. Le cimetière qui l'entoure est transféré en 1832. L'édifice, menaçant ruine, est remplacé en 1878 par une nouvelle église, édifiée au moment où les habitants demandaient à être séparés de Nivillac, alors au diocèse de Nantes ;

Nota 1 : L'église de l'endroit était sous le vocable de saint Michel. Construite en 1631, elle ne se composait que d'une nef rectangulaire ; les bas côtés, les chapelles latérales et le maître-autel ne dataient que de 1782 : le comte Bruno de Boisgelin avait permis de prendre à cet effet le bois nécessaire dans la forêt de la Bretesche. En 1771, on y reçut une parcelle de la vraie Croix, donnée par les Capucins ; l'évêque de Nantes permit de l'exposer aux jours de l'Invention et de l'Exaltation de la Croix, et de la porter processionnellement à Nivillac le vendredi-saint. Les habitants de la Roche-Bernard, devenus très nombreux, avaient tenté dès 1649, mais inutilement, de se séparer de la paroisse de Nivillac. Les chapelles étaient les suivantes : — 1° Saint-Jacques, à l'extrémité de la rue Saint-James, entre la route de Nivillac et celle de Saint-Dolay, bâtie sur l'emplacement d'un ancien cimetière, donné vers 1100 à l'abbaye de Saint-Gildas-des-Bois (Pr. I. 493). Elle fut le siège de la chapellenie ou du prieuré de Saint-Jacques. Il n'en reste plus trace aujourd'hui. — 2° Notre-Dame, au bout de la rue de ce nom, dans la partie de la ville qui domine à la fois la rivière et la coulée de la Garenne. C'est là que, le 10 juillet 1561, le pasteur Louveau fut solennellement installé ministre, sous les auspices de Coligny. C'est là que fut célébré le premier mariage calviniste entre le seigneur du Hirel de Saint-­Dolay et la fille du sieur de Cadouzan. Rendue aux catholiques, puis aliénée à la Révolution, cette chapelle sert encore, en 1891, au culte. — 3° L'Hôpital, sur la route de Nantes ; c'était probablement une maladrerie à l'origine. Coligny livra la chapelle aux calvinistes, et y fit enterrer sa femme en 1561, dans un magnifique tombeau, sous un dôme. Ce tombeau fut détruit en 1568 par le capitaine Quengo. Coligny mourut à Saintes en 1570, et son corps, dit-on, fut plus tard apporté à la Roche-Bernard, pour être inhumé à côté de sa femme. L'édifice s'appela depuis le Temple ou le Dôme de l'Hôpital. Abandonné ensuite par les huguenots, il tomba en ruines, et ses matériaux furent donnés, en 1631, par le duc de Chevreuse pour aider à la construction de l'église Saint-Michel. Parmi les fondations faites à la Roche-Bernard, il faut noter celle de René et Françoise Jégo de la Villerio, d'une mission à donner tous les dix ans par les Capucins du Croisic et les Récollets de Nantes ; celle d'Antoine Hubert et sa femme, de deux messes par semaine à l'autel du Rosaire en l'église Saint-Michel ; celle de Jeanne Moret, veuve de Gilles André, de deux messes par semaine dans la même église ; et la chapellenie fondée par demoiselle Marguerite Guiton. Le doyen résidait habituellement au bourg de Nivillac, comme en un point plus central, et il était représenté à la Roche-Bernard par un prêtre, qui portait le titre de vicaire. En 1790, la Roche-Bernard fut érigée, non seulement en commune du nouveau régime, mais encore en chef-lieu de canton et de district. Son canton comprit Nivillac, Saint-Dolay et Théhillac. Son district comprit en outre Camoël, Pénestin, Férel, Muzillac, Arzal, Billiers, Lauzach, Noyal, Le Guerno, Péaule, Marzan, Béganne et Rieux. Le tout fut incorporé au département du Morbihan, malgré la séparation naturelle d'une partie par la Vilaine. En 1791, l'assemblée électorale du district refusa, à une grande majorité, de nommer des curés constitutionnels, et ce fut une minorité factieuse qui se chargea de cette triste besogne. En 1793, le 15 mars, à l'occasion du tirage au sort, les paysans du voisinage envahirent la Roche-Bernard, dispersèrent la garnison, massacrèrent M. Sauveur, président du district, et M. Le Floch du Cosquer, procureur syndic, et livrèrent la ville au pillage. Pour honorer le président, la Convention ordonna, le 10 juin suivant, que la ville s'appellerait désormais la Roche-Sauveur (Biographie bretonne, II. 838). A la suppression des districts, en 1800, la Roche fit partie de l'arrondissement de Vannes, et au remaniement des cantons en 1801, elle conserva son titre et eut dans sa circonscription : Nivillac, Saint-Dolay, Théhillac, Férel, Camoël, Pénestin et Marzan. En même temps, et en exécution du concordat, elle fut régulièrement détachée de l'ancien diocèse de Nantes et annexée au nouveau diocèse de Vannes. Le 13 septembre 1802, elle fut érigée en paroisse et même en cure de canton. Naguère les voitures et les piétons, qui suivaient la route de Vannes à Nantes, étaient obligés de passer la Vilaine sur un bac, ce qui causait des retards et offrait parfois des dangers. Depuis 1839, on possède un pont suspendu, construit d'après les plans de M. Leblanc, ingénieur en chef ; son tablier est élevé de 33 mètres au-dessus du niveau des plus hautes marées d'équinoxe ; en sorte que des navires de 500 tonneaux peuvent passer dessous à pleines voiles. Un quai nouvellement construit favorise le commerce d'exportation auquel se livre cette localité, et qui consiste surtout en grains et en bestiaux. Une église neuve, commencée en 1876, a été consacrée par Mgr Bécel, évêque de Vannes, le dimanche 5 octobre 1879 (J-M. Le Mené - 1891).

la chapelle Notre-Dame (1063), située rue Haute-Notre-Dame et restaurée au XVIème et XIXème siècles. Il s'agit d'une ancienne chapelle seigneuriale fondée en 1063 (selon le Cartulaire de l'abbaye de Redon) et du premier Temple protestant de Bretagne, sous les auspices de Coligny (le 10 juillet 1561). Durant la période révolutionnaire, elle sert de tribunal révolutionnaire, puis en 1792, elle est utilisée comme grange à fourrage. Acquise en 1799 par le docteur Cornudet, elle est rendue au culte catholique en 1826 et bénite en 1827. Abandonnée, elle tombe en ruine vers 1865. En 1905, elle devient la propriété de la commune de La Roche-Bernard, puis elle est rachetée par une association (l'A.S.P.H.A.) en 1974 qui la restaure. Le retable date de 1828 ;

les anciens greniers à sel (XVème siècle), situés aux n° 12 et 14 de la rue de la Saulnerie ;

la maison du Canon (XVIème siècle). Cet édifice devient l'Hôtel de Ville en 1849 ;

la place du Bouffay (XVème siècle), située dans le Vieux Quartier. Cette place est occupée par les Halles de la ville jusqu'en 1877 ;

l'Hôtel Coligny (1555), situé rue du Docteur-Cornudet et édifié pour le cardinal Odet de Châtillon Coligny, frère du baron de La Roche-Bernard et de l'amiral de Colignac. L'édifice passe ensuite entre les mains de la famille Cornudet, puis de la communauté des soeurs du Saint-Esprit. L'édifice est restaurée en 1960 ;

le château des Basses Fosses (XVI-XVIIème siècle). Il était jadis entouré de douves et possède une tour carrée. Propriété succesive des familles Bernard, Laval, Rieux, Coislin (au XVIIème siècle), Boisgelin, Rouxel et Morice. Il est depuis 1983, propriété de la ville de La Roche-Bernard ;

l'ancien château de la Roche-Bernard, édifié par la famille Bernard (Xème-XIème siècle) et aujourd'hui disparu. La seigneurie de la Roche-Bernard couvrait 14 paroisses. Elle était successivement la propriété des familles Montfort (en 1364), Laval (en 1419), Coligny (vers 1548), La Trémoille (en 1606), Allègre (en 1622), Lorraine (en 1631), Cambout (en 1636) et Boisgelin (en 1744) ;

Nota 2 : La Roche-Bernard doit la première partie de son nom à un rocher, que baignent les eaux de la rivière, et la seconde partie au nom de son premier seigneur connu. Ce seigneur, nommé Bernard, portait un nom d'origine teutonique : il pourrait bien être le fils d'un de ces chefs normands, qui, après avoir dévasté les environs de la Vilaine, aurait fini par s'établir sur ses bords. Il vivait à la fin du Xème siècle et au commencement du XIème. Son château fort, dont il ne reste aucune trace, s'élevait probablement sur un sommet rocheux au milieu de la ville actuelle, et son domaine ou sa baronnie comprenait, si l'on s'en rapporte aux délimitations postérieures : Nivillac, Saint-Dolay, Théhillac, Sévérac, Saint-Gildas-des-Bois, Drefféac, Missillac, la Chapelle-des-Marais, Herbignac, Assérac, Pénestin, Camoel et Férel. Simon de la Roche, fils de Bernard, donna la terre de Camarel à l'abbaye de Redon et souscrivit, en 1026, à la confirmation du don de Belle-Ile au même monastère. Son oeuvre principale fut, en 1026, la fondation de l'abbaye de Saint-Gildas-des-Bois, à cinq lieues de son château de la Roche ; il la dota généreusement, la confia à l'abbé Hélogon et obtint des reliques de Saint-Gildas de Rhuys (Pr. I. 373, 357, 363). Quand il mourut, il fut enterré devant le maître-autel, dans un caveau recouvert d'une grande pierre d'ardoise, qui se voyait encore en 1640. Bernard II de la Roche, fils de Simon, donna, en 1063, à Redon la dîme de tous ses revenus, à condition qu'un prêtre de l'abbaye dirait à perpétuité la messe à la Roche. En 1095, il ratifia diverses donations faites à Redon, et donna de son côté l'emplacement nécessaire pour bâtir une église et faire un bourg auprès de son château (Cartulaire de l'abbaye de Redon, 258, 314, 340). Quelques années après, vers 1100, le vieux Bernard, sentant approcher sa fin, se fit transporter à Saint-Gildas-des-Bois et lui donna la dîme du vin qui entrait dans son port, ses droits de coutume à Cran en Théhillac, et la moitié du moulin de Pontmenard en Nivillac. Il y mourut avec l'habit religieux et y reçut la sépulture (Pr. I. 493). Rivallon de la Roche, fils du précédent, fut témoin de la retraite d'Alain Fergent en 1112, de la réconciliation de l'église de Redon en 1127 et d'une donation faite à Saint-Sauveur par Olivier de Pont-Château en 1131 (Cartulaire de l'abbaye de Redon, 395). C'est de son temps que le bourg de la Roche, récemment fondé, commença à prendre quelque développement. Eudon de la Roche persécuta les moines de Redon et leur enleva trois navires chargés ; excommunié pour ce fait par l'archevêque de Tours et par le pape Adrien IV, il revint à résipiscence, vers 1158, et s'engagea à réparer les dommages, sous le contrôle des évêques de Nantes et de Vannes (Cartulaire de l'abbaye de Redon, 348). On trouve ensuite Josselin Ier, faisant quelques libéralités au prieuré de Pont-Château, vers 1166 ; Olivier, son fils, assistant à la fondation de l'abbaye de Bon-Repos en 1184 et faisant une donation à Saint-Gildas-des-Bois vers 1199, et enfin Josselin II, donnant une saline à l'abbaye de Blanche-Couronne, en 1239, en partant pour la croisade (Pr. I. 531, 588, 653, 697, 769, 912). Guillaume de la Roche, chevalier, vendit, en 1252, le passage de la Vilaine, ou le passage de Guédas, au duc Jean Ier, qui le donna aussitôt à la nouvelle abbaye de Prières ; il vivait encore en 1267 (Pr. I. 953, 1006). Eudon ou Eon de la Roche, son fils présumé, épousa en 1279 Hermine de Lohéac, qui recueillit ce fief, vers 1289, à la mort de Guillaume de Lohéac, son père. Eon reconnut, en 1294, devoir au duc, pour son fief de la Roche, trois chevaliers d'ost, dont Thébaud de Rochefort devait la moitié, à cause de la terre d'Assérac. Son contre-scel, en 1298, porte un aigle à deux têtes. Bernard III, son fils aîné, recueillit sa succession et la transmit ensuite à son frère Payen. Payen ou Péan, seigneur de la Roche et de Lohéac, épousa Isabeau de Laval, fille de Guy IX, embrassa le parti de Charles de Blois en 1341, et périt au siège de la Roche-Derrien en 1347. Son fils Eon fut tué à la bataille d'Auray en 1364, et sa petite-fille Isabeau porta ses biens à Raoul VII, seigneur de Montfort et de Gael, qui reconnut franchement le duc Jean IV, et qui mourut en 1395. Raoul VIII de Montfort, seigneur de Montfort, de Gael, de Lohéac, et de la Roche, marié à Jeanne de Kergorlay, accepta la régence du duc de Bourgogne en 1402, accorda une haute justice à la seigneurie d'Assérac en 1406, servit dans les troupes du Dauphin, et mourut en 1419. Guy XIV de Laval, son petit-fils, né en 1406, devint seigneur de Laval et de Vitré en 1414, de Montfort et de la Roche en 1419, et fut créé Comte de Laval en 1429. Il épousa dès 1430 Isabeau de Bretagne, fille du duc Jean V, et en 1450 Françoise de Dinan, dame de Montafilant, de Beaumanoir, de Châteaubriant, etc... Il mourut en 1486, et fut inhumé à Saint-Tugdual de Laval. Jean de Laval, 2ème fils du précédent, né à Redon en 1438, reçut de son père, dès 1453, la baronnie de la Roche-Bernard, avec le château de la Bretesche. Il épousa Jeanne du Perrier de Quintin, et mourut prématurément en 1476. Son fils unique, Nicolas de Laval, baron de la Roche-Bernard, succéda en 1501 à son oncle Guy XV, comme comte de Laval, baron de Vitré, seigneur de Montfort, de Gael, de Lohéac... et prit le nom de Guy XVI. Catherine de Laval, l'une des filles de Guy XVI, épousa en 1518 Claude Ier, sire de Rieux, de Rochefort, de Largoët, baron d'Ancenis, vicomte de Donges, comte d'Harcourt et d'Aumale, et eut en dot la seigneurie de la Roche-Bernard. Elle mourut assez jeune, laissant deux filles : Renée et Claude. La seconde eut la Roche-Bernard et épousa, en 1548, François de Coligny, seigneur d'Andelot. Celui-ci, gagné au calvinisme, fit prêcher la réforme, dès 1558, à la Bretesche, à la Roche, et dans les environs ; il organisa le parti protestant en 1559, participa à la conjuration d'Amboise en 1560, et reparut en Bretagne pour y propager l'erreur. Il y perdit, le 5 août 1561, sa femme Claude, qu'il avait attirée dans l'hérésie, et la fit inhumer dans la chapelle de l'hôpital de la Roche-Bernard. Le ministre Louveau profita de l'occasion pour prêcher ses erreurs et gagner à sa secte de nouveaux partisans ; au mois d'octobre de la même année, il célébra la cène pour la première fois à la Roche, et peu après il procura des ministres à Ploërmel et à Pontivy. Paul de Coligny, fils aîné des précédents, recueillit en 1561 les biens de sa mère, en 1567 ceux de Laval et de Rieux et en 1569 ceux de son père. Il se réfugia en Allemagne après la Saint-Barthélemy, et reparut en Bretagne en 1576 pour y ranimer l'hérésie. Engagé dans la révolte du prince de Condé, il mourut à Taillebourg la 15 avril 1586. Son fils unique Guy XX abjura le protestantisme et fut tué en Hongrie le 3 décembre 1605, à l'âge de 20 ans. La Roche-Bernard, qui avait été tenue en respect par Mercoeur, au moyen d'un fort qui n'existe plus, passa en 1606 à Henri de la Trémouille, en 1622, à Anne d'Allègre, femme du maréchal de Fervaques, et en 1631 à Charles de Lorraine, duc de Chevreuse. Celui-ci vit saisir ses biens en 1632, et Charles du Cambout, marquis de Coislin et baron de Pont-Château s'en rendit acquéreur en 1536. Ce nouveau propriétaire mourut au château de la Bretesche le 4 mars 1648 et fut enterré dans le chœur de l'église de Missillac, où se voit encore sa pierre tombale. Son petit-fils Armand du Cambout, marquis de Coislin, baron de Pont-Château et de la Roche-Bernard en 1648, fut reçu à l'Académie française en 1652, et créé duc de Goislin en 1663. Il devint chevalier des ordres du roi, vit son frère Pierre nommé évêque d'Orléans, puis promu cardinal, et mourut à Paris le 16 septembre 1702. Pierre du Cambout, son fils aîné et son successeur, mourut sans postérité en 1710, et Henri-Charles du Cambout, son second fils, évêque de Metz, recueillit la succession de sa famille et mourut en 1732. Après lui, le duché de Coislin fut démembré, et Louis-Charles de Lorraine, comte de Brionne, vendit, en 1744, la baronnie de la Roche-Bernard à Regnault-Gabriel de Boisgelin, marquis de Cucé, comte de Mesneuf, président à mortier au parlement de Bretagne. Louis Bruno, son frère, lui succéda. Les barons de la Roche-Bernard avaient une haute, moyenne et basse justice, et un tribunal ou auditoire pour tenir les audiences. Ils étaient représentés par un sénéchal, un lieutenant-alloué, un procureur fiscal et un greffier, sans compter les avocats, les procureurs et les sergents de la baronnie. Au-dessous de l'auditoire était la halle, appartenant au seigneur, et dont les places étaient louées à son profit. Les barons avaient bien d'autres droits et notamment ceux de préséance aux Etats de Bretagne, de prééminence et de prières, de bancs et d'enfeus dans les églises de leur territoire, de foires et de marchés, de péages et de coutumes, de fours banaux et de moulins, de quintaine sur la rivière de Vilaine, etc. etc.. Cette seigneurie relevait directement des ducs de Bretagne, et plus tard des rois de France. Le vieux château de la Roche a disparu depuis longtemps, et dès le XVème siècle il était remplacé par celui de la Bretesche (J-M. Le Mené).

l'ancienne école Saint-Michel (XVIIème et XIXème siècles), située rue du Docteur Cornudet. L'édifice est reconstruit en 1891 ;

le vieux Port (XVIIIème siècle), situé quai Saint-Antoine ;

les entrepôts (XVIIIème siècle), situés quai Saint-Antoine et restaurés au XIXème siècle ;

le puits (1852), situé place du Dôme ;

le ponts (XIX-XXème siècle). Les travaux furent entrepris en 1836 et terminés en 1839. Ce monument a été exécuté sous la direction de l'ingénieur Leblanc ;

l'école Jacques-Prévert (1891) ;

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ANCIENNE NOBLESSE de LA ROCHE-BERNARD

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 8 septembre 1464 et du 4 septembre 1481, on comptabilise la présence d'aucun noble de La Roche-Bernard.

La baronnie de La Roche-Bernard : la petite ville de la Roche-Bernard n'appartenant point à la Loire-Inférieure, la baronnie de ce nom ne devrait pas, à strictement parler, paraître sur ce site sur la Bretagne. Nous l'y admettons cependant parce qu'au point de vue féodal elle a toujours fait partie du Comté nantais, parce qu'elle a donné naissance à deux autres grandes seigneuries, la Roche-en-Nort et la Roche-en-Savenay, dont le territoire appartient encore à la Loire-Inférieure, et surtout parce que la résidence des barons de la Roche-Bernard fut depuis le XVème siècle la forteresse de la Bretesche en Missillac, demeurée l'un des plus beaux châteaux de la Loire-Inférieure. La Roche-Bernard doit son nom à un seigneur normand, Bernard, qui s'établit, semble-t-il, dans la seconde moitié du Xème siècle au bord de la Vilaine. «Un texte contemporain nous rapporte que Bernard Ier avait des ennemis acharnés et qu'il succomba sous leurs coups. Son fils Rivallon Ier vengea sa mort en exterminant ses meurtriers, mais il périt lui-même dans la lutte » (Léon Maître – L'ancienne baronnie de la Roche-Bernard, 18). Simon Ier, second fils de Bernard Ier, succéda à son frère Rivallon : il fut assez puissant pour fonder dans ses fiefs en 1026 l'abbaye Saint-Gildas-des-Bois, où il fut inhumé. Bernard II, fils de Simon, donna à la Roche-Bernard la chapelle de Notre-Dame aux moines de l'abbaye de Redon et celle de Saint-Jacques à ceux de Saint-Gildas-des-Bois (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I 422 et 493). Il vécut en 1063 et 1076 et dut mourir vers 1100, revêtu de l'habit religieux à Saint-Gildas-des-Bois. Rivallon II, fils et successeur du précédent, vivant en 1127 et 1131, eut trois fils qui n'ont pas laissé de souvenirs. Il fut remplacé par son neveu Josselin, fils de son frère Simon. Ce Josselin Ier, bienfaiteur de l'abbaye de Blanche-Couronne, épousa une femme du nom d'Agathe dont il eut Olivier son successeur. Vers 1199 ce dernier fonda en l'église abbatiale de Saint-Gildas deux chapellenies, pour racheter, dit-il lui-même, l'énormité de ses fautes (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I 769). Josselin II, arrière petit-fils de Josselin Ier, fit en 1239 inhumer sa femme Stéphanie à l'abbaye de Blanche-Couronne, partit pour la croisade et se remaria à Mahaut de Montfort qui lui donna un fils du nom d'Alain (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I 912 et Archives de Loire Inférieure, H 1, 7 et 20). Vinrent ensuite deux sires de la Roche-Bernard, Guillaume et Eudon Ier, dont les pères sont inconnus. Ce dernier épousa en 1279 Hermine de Lohéac, dame dudit lieu. Son sceau porte en 1298 les armoiries de sa maison : d'or l'aigle à deux têtes, éployé de sable, armé et becqué de gueules (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, Planches des sceaux n° 178). Les deux fils d'Eudon Ier lui succédèrent l'un après l'autre. Bernard III, marié en 1301 à Amicie de Léon et mort sans enfants en 1306 — et Péan, époux d'Isabeau de Laval et tué au siège de la Roche-Derrien. Le fils de ce dernier, Eudon II, épousa Béatrice de Craon et périt lui-même à la bataille d'Auray en 1364 (Léon Maître – L'ancienne baronnie de la Roche-Bernard, 21 et 22). Isabeau de la Roche, fille des précédents, dame de la Roche-Bernard et de Lohéac, apporta ces baronnies à son mari Raoul VIII, sire de Montfort et de Gaël, qu'elle épousa en 1353. Veuve en 1394, elle abandonna l'année suivante la baronnie de la Roche-Bernard à son fils Raoul IX de Montfort, époux de Jeanne de Kergorlay et décédé en 1419. Le fils aîné de ceux-ci, Jean de Montfort, avait épousé dès 1404 Anne dame de Laval et de Vitré, à condition de prendre le nom et les armes de Laval ; il devint par suite Guy XIII, sire de Laval, et mourut avant son père en 1414. Guy XIV, comte de Laval, son fils aîné, époux d'Isabeau de Bretagne, puis de Françoise de Dinan, constitua en 1453 à l'un de ses cadets, Jean de Laval, sire de Belle-Isle, un apanage comprenant la baronnie de la Roche-Bernard, la châtellenie de la Bretesche et la seigneurie de la Roche-en-Nort (Léon Maître – L'ancienne baronnie de la Roche-Bernard, 23). Jean de Laval mourut en 1496, laissant de sa femme Jeanne du Perrier, dame de Quintin, un fils unique Nicolas do Laval, Celui-ci hérita en 1500 de son oncle Guy XV, comte de Laval, et devint Guy XVI de Laval ; il épousa successivement Charlotte d'Aragon, Anne de Montmorency et Antoinette de Daillon et décéda en 1531. Sa fille, Catherine de Laval, issue du premier lit, s'unit en 1518 à Claude Ier sire de Rieux et eut en dot la baronnie de la Roche-Bernard. Claudine de Rieux, leur fille, épousa en 1547 François de Coligny, seigneur d'Andelot, qui fit hommage au roi, en 1549, pour les seigneuries de la Roche-Bernard et de la Bretesche ; cette dame mourut au château de la Bretesche et fut inhumée à la Roche-Bernard dans l'église de l'hôpital où son mari lui éleva un monument. Le corps de ce dernier seigneur, décédé en 1570, fut alors déposé près du sien. Ces baron et dame de la Roche-Bernard y établirent un consistoire protestant et firent prêcher dans leurs nombreuses et importantes terres la religion prétendue réformée (Vaurigaud – Histoire de l'Eglise réformée de Bretagne). Leur fils aîné, Paul de Coligny, hérita à son tour de sa tante Guyonne XVIII de Laval, devint Guy XIX, comte de Laval et baron de la Roche-Bernard. Il mourut en 1586, laissant veuve Anne d'Alègre qu'il avait  épousé en 1583. Leur fils unique, François de Coligny, dit Guy XX, comte de Laval et baron de la Roche-Bernard, abjura le protestantisme dans lequel il avait été élevé. Il périt à la guerre en Hongrie en 1605, sans avoir été marié. La belle succession des comtes de Laval échut à Henri de la Trémoille, duc de Thouars, petit-fils d'Anne de Laval fille de Guy XVI. En février 1606, Charlotte de Nassau, veuve de Claude de la Trémoille et mère du jeune héritier, fit hommage en son nom au roi pour la Roche-Bernard. Mais Henri de la Trémoille ne conserva point cette baronnie qu'il vendit en 1613 (Archives de Loire Inférieure, B212 et E440). Les acquéreurs de la Roche-Bernard furent Guillaume de Haultemer, seigneur de Fervaques, maréchal de France, et Anne d'Alégre sa femme. Leur héritier se trouva être Charles de Lorraine, duc de Chevreuse, mais les créanciers de ce dernier firent saisir la baronnie de la Roche-Bernard qui fut vendue à leur profit et achetée judiciairement en 1636, pour 165 000 livres, par Charles du Cambout, marquis de Coislin (Archives de Loire Inférieure, E439). Nous connaissons ce seigneur, décédé à la Bretesche en 1648, et ses successeurs Armand du Cambout duc de Coislin, mort en 1702, Pierre du Cambout, duc de Coislin, décédé en 1710, et Henri du Cambout, évêque de Metz et dernier duc de Coislin. A la mort de celui-ci arrivée en 1732, son cousin Louis de Lorraine, prince de Lambesc, hérita de la baronnie de la Roche-Bernard qu'il céda presque aussitôt, en 1741, à Charles de Lorraine, comte d'Armagnac (Archives de Loire Inférieure, E394). Ce dernier la conserva moins de temps encore ; le 14 janvier 1744 il la vendit, moyennant 410 000 livres, à Renaud-Gabriel de Boisgeslin, marquis de Cucé, qui à cette occasion fit hommage au roi en 1750 (Archives de Loire Inférieure, B1040 et E706). Epoux en 1723 de Jeanne du Roscoat et en 1745 de Thérèse Le Prestre de Châteaugiron, le marquis de Cucé, président à mortier au Parlement de Bretagne, mourut en 1774, laissant plusieurs enfants de son premier mariage. Mais l'aîné de ceux-ci, Jean-de-Dieu-Raymond de Boisgeslin, archevêque d'Aix, céda ses droits de naissance à son frère Louis-Bruno qui devint ainsi baron de la Roche-Bernard. Louis-Bruno de Boisgeslin fut le dernier à posséder cette baronnie ; époux de Marie de Boufflers, il ne voulut pas émigrer ; arrêté en 1793 ainsi que sa femme il fut condamné à mort par le tribunal révolutionnaire de Paris le 7 juillet 1794, et exécuté en même temps qu'elle. 

Baronnie d'ancienneté, la Roche-Bernard eut dès son origine une grande importance féodale. Les domaines concédés à Bernard, son premier seigneur au Xème siècle, « étaient immenses ; ils ne comprenaient pas moins de six paroisses d'une étendue exceptionnelle, tellement vastes que certaines d'entre elles, comme Missillac et Assérac, ont pu être découpées plus tard en trois circonscriptions. C'est en parcourant le recueil des largesses faites aux religieux de Redon qu'on se rend bien compte de l'omnipotence qu'exerçaient les fils de Bernard, de l'Océan aux marais de l'Isac ; ils agissent en maîtres dans toute la région et disposent du sol à Camoël comme à Saint-Gildas, sans invoquer la moindre approbation » (Léon Maître – L'ancienne baronnie de la Roche-Bernard, 36). Aussi en 1294 le baron de la Roche-Bernard reconnaît-il devoir à l'armée du duc de Bretagne « trois chevalier d'ost » dont la moitié se trouvait fournie par le seigneur d'Assérac (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, 1112) ; ce qui prouve que la châtellenie d'Assérac était un démembrement de la Roche-Bernard, aussi bien que les châtellenies de Ranrouët, de Campzillon, de Faugaret et de Saint-Aubin-des-Châteaux. Plus tard les sires de la Roche-Bernard acquirent encore une foule d'autres fiefs et portèrent leur autorité jusqu'aux limites orientales du Comté nantais : leur juridiction s'étendit alors sur plus de trente paroisses, formant trois seigneuries distinctes : la Roche-Bernard et la Bretesche — la Roche-en-Nort — et la Roche-en-Savenay. Guy, comte de Laval et baron de la Roche-Bernard, les possédait encore toutes en 1544, toutefois elles furent séparées dans la suite. Nous allons parler successivement de chacune d'elles. 

- 1° La Roche-Bernard et la Bretesche. — Le baron de la Roche-Bernard, résidant en son château de la Bretesche, mais ne possédant plus la Roche-en-Nort et la Roche-en-Savenay, avait néanmoins en 1766 une juridiction en douze paroisses : Nivillac, la Roche-Bernard, Missillac, la Chapelle-des-Marais, Saint-Dolay, Herbignac, Férel, Camoël, Crossac, Sévérac, Drefféac et Assérac (Léon Maître – L'ancienne baronnie de la Roche-Bernard, 41 et 42). Ce vaste domaine féodal constituait le fond primitif de la baronnie. Celle-ci avait bien été unie à la terre de Coislin, pour former en 1663 le duché de ce nom ; mais elle n'en conserva pas moins son existence propre et quand disparut en 1732 le duché de Coislin, la Roche-Bernard recouvra son autonomie comme baronnie d'Etats. Le sire de la Roche-Bernard avait un sergent féodé, chargé de la recette des taxes féodales et de la contrainte qu'entraînait leur recouvrement; c'était le seigneur de Condest en Nivillac, qui devait aussi, entre autres choses, à son suzerain « une paire d'esperons dorés ». La haute justice de la baronnie s'exerçait, tous les mardis et jeudis de chaque semaine, en la ville même de la Roche-Bernard ; ses fourches patibulaires à six poteaux se dressaient non loin, au lieu dit les Garennes. Le seigneur de Cadouzan, en Saint-Dolay, était tenu de fournir les exécuteurs des sentences criminelles (Déclaration de la Roche-Bernard en 1681). Les mouvances nobles de la Roche-Bernard étaient nombreuses et considérables ; relevaient du baron les hauts justiciers d'Assérac (à l'origine du moins), de Ranrouët, Faugaret et Beaubois, les seigneurs de la Roche-Hervé, la Haie-de-Ros, Lourmois, Téhillac, Belesbat, la Cour de Sévérac, etc (Déclaration de la Roche-Bernard en 1681). Le seigneur de la Roche-Bernard avait une maîtrise des eaux et forêts, dont le siège se trouvait au bourg de Nivillac ; il avait droit à quatre forestiers francs, ayant à leur tête comme grand forestier, le seigneur de la Haye-Eder auquel étaient dues pour sa charge quarante-cinq charretées de bois. « En vertu de son droit de police, le baron réglementait l'usage de la Grande-Brière dans toute sa partie septentrionale, entre la fontaine de Kerlan, la douve de Hocquart, le chêne de Pandille, l'Ile-Olivaud et Crevy ; il ne permettrait de faucher et de couper la tourbe qu'après le 22 juillet, en payant 5 sous par faux pour toute la saison et 2 sous, 6 deniers par famille. Les habitants de Missillac étaient exempts de dette taxe parce qu'ils devaient des corvées au château de la Bretesche » (Léon Maître – L'ancienne baronnie de la Roche-Bernard, 40). Au sire de la Roche-Bernard appartenaient encore : un droit de bris sur les navires échoués dans les eaux de la Vilaine et sur les marchandises en provenant — un droit de coutume sur chaque vaisseau chargé de poteries et naviguant sur la Vilaine ; « doibt un pot (ledit vaisseau) et doibt appeler le coustumier du seigneur, pour le recevoir, et s'il ne se présente peut le maistre dudit vaisseau mettre ledit pot en la rivière et s'en aller » (Déclaration de la Roche-Bernard, en 1681) — droit de « banc et estanche sur les vendants vin par détail en la ville de la Roche-Bernard, durant quarante jours commençant à l'Ascension », droit de passage au Port-aux-Gerbes sur la Vilaine (le baron de la Roche-Bernard avait concédé aux moines de l'abbaye de Prières un autre passage de la Vilaine moyennant une rente annuelle de 35 sols, sons peine de confiscation du bac - Déclaration de la Roche-Bernard, en 1544) — droit de chasse prohibitive en la forêt de la Roche-Bernard, « en laquelle peuvent cependant chasser le seigneur de Ranrouët jusqu'à Martinet et le seigneur de la Roche-Hervé qui n'y peut courir que deux bestes par an l'une noire et l'autre fauve » (Déclaration de la Roche-Bernard, en 1681). Le baron de la Roche-Bernard avait encore droit de tenir en cette ville deux marchés par semaine, les mardi et jeudi, et quatre foires par an aux fêtes de Saint-Mathieu, Saint-Lucas, Saint-Jacques et le jeudi après la Pentecôte — plus trois autres foires : en Saint-Dolay, à Missillac le jour Saint-Pierre-ès-Liens, et en Nivillac près la chapelle priorale de Moutonnac, à la fête de l'Invention de la Croix. Il levait des droits de coutumes sur toutes les marchandises étalées en ces foires et marchés, aussi bien que sur toutes celles que transportaient les bateliers de la Vilaine. Les poissonniers passant près du château de la Bretesche étaient également tenus d'y faire un dépôt de leurs marchandises, sous peine d'amende (Déclaration de la Roche-Bernard, en 1681). Nous avons déjà dit que le seigneur de Condest devait au sire de la Roche-Bernard « une paire d'esperons dorés » : d'autres tenanciers en Missillac lui devaient aussi, l'un « une paire de gants », l'autre « un gant de fauconnier », un troisième « un chaperon pour oiseau de proie » (Déclaration de la Roche-Bernard, en 1544). Il était dû trois soules au baron de la Roche-Bernard par les derniers mariés de Nivillac et de Missillac ; la première était jetée dans la ville de la Roche-Bernard le jour du Mardi gras, les deux autres au bourg de Missillac le dimanche précédant la fête des Rois et également le Mardi gras. Selon M. Maître, les garçons étaient obligés de poursuivre ces soules ou pelottes et de se les disputer sous peine d'amende (Déclaration de la Roche-Bernard, en 1681). Chaque année aussi, à la fête de saint Etienne (26 décembre), les nouveaux mariés de la ville de la Roche-Bernard « couchant la première nuit de leurs nopces en ladite ville » étaient tenus de courir quintaine, non pas sur terre, mais en bateau sur la Vilaine « à vis et au bas de ladite ville ». Suivant la règle, il leur fallait rompre une lance contre l'écusson de bois planté au milieu dès eaux du fleuve ou se racheter par une forte amende. Les religieux de l'abbaye de Prières, propriétaires du bac de passage à la Roche, étaient obligés en cette circonstance de fournir un bateau garni de six avirons et monté par six hommes (Déclaration de la Roche-Bernard, en 1681). Enfin le baron de la Roche-Bernard était fondateur et prééminencier de l'abbaye Saint-Gildas-des-Bois, d'une chapelle de l'église abbatiale de Blanche-Couronne, des églises paroissiales de Nivillac, Missillac, Sévérac, Saint-Dolay, la Roche-Bernard, Herbignac, Camoël, et Avéssac, des chapelles priorales de Saint-Jacques et Notre-Dame de la Roche, Moutonnac, Pembé et Penestin. Outre les enfeus, bancs et armoiries qu'il possédait dans tous ces sanctuaires, le baron jouissait encore d'un tombeau seigneurial dans l'église conventuelle des Jacobins de Nantes. 

Parlons maintenant du domaine proche de la baronnie. Il est certain que Bernard établit son premier donjon sur le promontoire qui conserve de lui le nom de la Roche-Bernard ; mais il est difficile d'affirmer si cette forteresse fut construite à l'extrémité des rochers dominant immédiatement la Vilaine ou un peu plus à l'intérieur des terres, là où se trouve encore dans la ville, sur la place, du Bouffay, une vieille tour du XIIIème siècle. Quoi qu'il en fut, ce château fut détruit au XIVème siècle, probablement pendant la guerre de la succession de Bretagne à laquelle prirent part les deux derniers descendants de Bernard, Péan et Eudon de la Roche-Bernard. Les sires de Montfort et de Laval, qui leur succédèrent avaient d'autres nombreuses résidences seigneuriales et ne furent pas tentés de relever les ruines de la Roche-Bernard. Quant à la ville de ce nom, née autour du château, elle ne fut jamais ceinte de murailles ; elle n'avait pas d'ailleurs besoin de clôture étant suffisamment protégée par sa pittoresque position. Raoul VIII de Montfort, mari d'Isabeau de la Roche-Bernard héritière de cette baronnie, fut, semble-t-il à M. Maitre, le constructeur du château de la Bretesche en Missillac. Toujours est-il qu'à la mort de leur fils, Raoul IX de Montfort, arrivé en 1419, le minu, fourni à cette occasion au duc de Bretagne, comprit « les chastel, douves et foussez de la Bretesche » ; l'acte ajoute que tous les ans, le samedi de chaque semaine de Carême, les vassaux assujettis à la corvée de la plesse le renforçaient au moyen de haies et de palissades. De 1433 à 1470, les comtes de Laval augmentèrent si bien les constructions de la Bretesche qu'ils en firent un vrai château-fort composé de six grosses tours, avec deux antres tours défendant l'entrée. En 1591 le duc de Mercœur assiégea et endommagea considérablement cette forteresse, que releva plus tard le marquis de Coislin. Mais en 1793, la Bretesche fut livrée aux flammes et demeura ensuite longtemps abandonnée. A la fin du XIXème siècle, heureusement, les propriétaires de ce château, M. Perron d'abord, M. de Montaigu plus tard, en entreprirent l'intelligente restauration et lui rendirent sa primitive beauté. Outre les Châteaux de la Roche-Bernard et de la Bretesche, le domaine proche de la baronnie de la Roche-Bernard comprenait : en la ville même de la Roche-Bernard, les halles, l'auditoire, la prison et un four banal ; — en Nivillac : « les landes de la Garenne où estoit autrefois plantée la justice de la baronnie et où l'on tire à présent le papegay » (Déclaration de la Roche-Bernard, en 1681 – le tir du Papegault avait été établi à la Roche-Bernard par lettres royales en 1551) ; l'étang du Rodouer et ses deux moulins ; l'étang et le moulin de Pommenar ; les moulins à vent de la Garenne et des Métairies ; — en Missillac : un four à ban au bourg ; la forêt de la Roche-Bernard ou de la Bretesche, la métairie de Liburin et le parc de la Couillardaye ; les étangs de la Bretesche et de Bozeron avec leurs moulins ; les moulins à vent de Guignard, la Grée et les Perrières — en Saint-Dolay enfin : plusieurs vastes prairies, l'étang de Kernay ou étang Neuf, l'étang de Roho et ses deux moulins, le moulin à vent de Loisellière (Déclaration de la Roche-Bernard, en 1681). 

- 2° La Roche-en-Nort. — Dès le XIIème siècle siècle les sires de Nozay, du nom de Le Boeuf, possédaient dans la paroisse de Nort un fief important dont le nom primitif n'est pas venu jusqu'à nous. Dans les premières années du XIVème siècle ce fief était passé dans la maison de la Roche-Bernard et, du nom de son nouveau possesseur, n'était plus désigné que sous la dénomination de la Roche-en-Nort. Les sires de la Roche-Bernard en firent le chef-lieu d'une foule d'autres fiefs voisins constituant une importante seigneurie. Bernard III, sire de la Roche-Bernard, rendit aveu au duc de Bretagne en 1305 pour ses baronnies de la Roche-Bernard et de la Roche-en-Nort, ce qui prouve que dès lors elles étaient réunies dans la même main, sans cependant être confondues, puisque chacune d'elles est déclarée sous son nom particulier. Les barons de la Roche-Bernard, successeurs de Bernard III, conservèrent la Roche-en-Nort pour laquelle ils rendirent aveu en 1419 et 1462. Mais en 1518 Catherine de Laval porta la Roche-Bernard dans la maison de Rieux, tandis que la Roche-en-Nort demeurait en celle de Laval. En 1605 la Roche-en-Nort passa, avec les autres biens des comtes de Laval, à Henri de la Trémoille qui parmi tous ses titres princiers n'omit point celui de baron de la Roche-en-Nort (De Cornulier, Généalogie de la maison de Cornulier – 1889, p. 233). Néanmoins cet Henri, duc de la Trémoille, vendit le 25 février 1626, la baronnie de la Roche-en-Nort, moyennant 40 000 livres, à Louis de Rohan, prince de Guémené, et à Anne de Rohan, sa femme. Ceux-ci la revendirent la même année à Marguerite Tillon, douairière de la Roche-Giffart et veuve de Louis de la Chapelle ; cette dame en fit hommage au roi en 1631 et lui en fournit l'aveu en 1641, au nom des enfants mineurs de son défunt fils Samuel de la Chapelle (Archives de Loire Inférieure, B1009). Les fils et petit-fils de ce dernier, Henri Ier et Henri II de la Chapelle, successivement seigneurs de la Roche-Giffart et marquis de Fougeray, possédèrent ensuite la Roche-en-Nort. Lorsque cet Henri II de la Chapelle s'exila en Hollande en 1685, il vendit la Roche-en-Nort au maréchal de Créquy, au détriment de ses nombreux créanciers qui avaient déjà saisi cette baronnie ; M. de Créquy, fut forcé de renoncer à son acquisition (Archives de Loire Inférieure, E557) et la Roche-en-Nort fut de nouveau mise en vente et acquise judiciairement en 1686 par Jean de Cornulier, seigneur de Lorière, et Françoise Dondel, sa femme (Lainé – Généalogie de la maison de Cornulier). Lorsqu'en 1704 Jean de Cornulier perdit cette épouse inhumée dans l'église de Nort, leur fils aîné Claude de Cornulier entra en possession de la Roche-en-Nort qu'il fit ériger en comté en 1713. Peu de temps après, toutefois, le 1er février 1720, ce seigneur vendit la Roche-en-Nort, pour la somme de 90 000 livres à Julien de Larlan de Kercadio, comte de Rochefort. Mais Louis-Henri de Bourbon, prince de Condé, obtint la cession de cet achat par retrait, féodal et réunit ainsi la Roche-en-Nort à sa baronnie de Châteaubriant. Cet état de chose se maintint jusqu'en 1789. Par lettres patentes du roi datées de septembre 1640 et enregistrées le 4 janvier 1641, la seigneurie de la Roche-en-Nort fut reconnue baronnie d'ancienneté, comme démembrement de la Roche-Bernard. Nous venons de dire qu'elle fut en 1713 érigée en comté, mais les lettres de cette nouvelle érection ne furent pas enregistrées. La Roche-en-Nort se composait en 1419 d'un domaine assez considérable dans la paroisse de Nort et de nombreux fiefs disséminés aux alentours. A la fin du XVème siècle, ce domaine foncier de 250 hectares et sa haute Justice particulière furent détachés de la juridiction baronniale qui avait son siège à Nort, et acquis par Robert Guibé, depuis évêque de Nantes et cardinal, qui lui imposa le nom de Lucinière et y construisit un château-fort détruit pendant la Ligue. Après le cardinal Guibé l'ancien domaine de la Roche, devenu seigneurie de Lucinière, appartint au neveu du prélat, François Hamon mort évêque de Nantes en 1532, puis à Françoise Hamon décédée en 1571 et enfin à Robinette Hamon. Celle-ci, femme de Claude de Maillé, seigneur de Brezé, vendit sa seigneurie en 1585 à Pierre Cornulier, seigneur de la Touche en Nozay, et la famille de Cornulier possède encore Lucinière à la fin du XIXème siècle (Généalogie de la maison Cornulier). Depuis que le domaine de Lucinière eut été détaché de la Roche-en-Nort, cette baronnie ne consista plus qu'en « fiefs volants » répandus dans quinze paroisses : Nort, Nozay, Quilly, Saint-Mars-la-Jaille, Saint-Julien de Vouvantes, le Pin, Vritz, Soudan, Louisfert, Saint-Vincent-des-Landes, Saint-Aubin-des-Châteaux, Maumusson, Saint-Herblon, Anetz, et Rochementru (Déclaration de la Roche-en-Nort en 1544, 1679 et 1713). Si l'on considère la carte féodale de la Bretagne qu'a publiée M. de la Borderie, on voit que ces paroisses formaient quatre groupes isolés les uns des autres et qu'on peut désigner par les noms de la principale paroisse de chacun d'eux : Nort, Saint-Vincent-des-Landes, le Pin et Maumusson ; on doit même y ajouter un cinquième groupe peu important Quilly. Bien que la juridiction de la Roche-en-Nort n'atteignît point les bords de la Loire, elle n'en était pas moins inféodée du droit de prélever un péage sur les bateaux passant devant Ancenis, suivant la nature de leur chargement ; elle s'exerçait même en haute justice sur tous les navigateurs en Loire depuis la Pierre d'Ingrande jusqu'au château d'Ancenis. Ces droits, émanés originairement d'Ancenis, provenaient, paraît-il, comme appoints du partage effectué au XIVème siècle, entre les Rieux, alors barons d'Ancenis, et les Montfort, barons de la Roche-Bernard, dans la succession des Le Bœuf, sires de Nozay (De Cornulier – Généalogie de la maison de Cornulier, 235). Une foule de grands seigneurs relevaient de la Roche-en-Nort : tels étaient en 1544 le baron de Châteaubriant à cause de ses terres de Nozay et Rieux-en-Nort, les seigneurs de la Motte-Glain, de Vritz, de Saint-Aubin-des-Châteaux, etc., les abbés de Saint-Nicolas d'Angers, de Melleray et de Pontron, l'abbesse de Nyoiseau, les prieurs de Rochementru, de Vritz, de Beaulieu, les prieures de Couëtoux et de l'Ile-Fleurie, etc. ; le sire de Téhillac qui devait 30 sols de rente le dimanche après la Saint-André, sur une tombe du cimetière de Quilly ; celui de Beauregard tenu d'offrir à son suzerain « un pasté de venaison » le jour de la foire de la Magdeleine en Saint-Vincent-des-Landes, etc. (Déclarations de la Roche-en-Nort en 1544 et 1713). Il était encore dû, au baron de la Roche-en-Nort « en toute l'estendue de sadite baronnie, les hures de sangliers et les cimiers de cerfs pris ou tués, et ont pour cela tous les vassaux et arrière-vassaux droit de chasser dans l'estendue de ladite baronnie » (Déclarations de la Roche-en-Nort en 1713). Enfin au sire de la Roche-en-Nort appartenaient tous droits prééminenciers de « supériorité et fondation » dans toutes les églises des paroisses relevant de lui (Déclarations de la Roche-en-Nort en 1713). 

-3° La Roche-en-Savenay. — Dans la paroisse de Savenay et en quelques paroisses voisines les barons de la Roche-Bernard avaient plusieurs fiefs formant une seigneurie appelée la Roche du nom de ses possesseurs. Ces fiefs furent donnés en dot à Catherine de la Roche-Bernard — fille du baron Eudon II et de Béatrice de Craon — lorsqu'elle épousa vers 1370 Renaud de Thouars, seigneur de Pouzauges (De Cornulier – Dictionnaire des terres nobles du comté nantais, 249). Plus, tard, Catherine de Thouars — fille de Miles de Thouars et de Béatrice de Montejean et petite-fille de Catherine de la Roche-Bernard apporta à son tour, en 1420, la baronnie de la Roche-en-Savenay à son mari le fameux Gilles de Rays, mais celui-ci la vendit vers 1435 à Guillemette, veuve de Guillaume Le Ferron. Devenue veuve elle-même en 1440, Catherine de Thouars se remaria avec Jean de Vendôme, vidame de Chartres, et essaya vainement de rentrer en possession de la Roche-en-Savenay. Elle mourut en 1462 sans avoir vu la fin des procès qu'avaient fait naître la vie désordonnée et la fin tragique de son premier époux. En 1467 Jean de Laval, baron de la Roche-Bernard, était en possession de la Roche-en-Savenay, peut-être par achat d'avec Geffroy Le Ferron, fils de Guillaume. Jean de Laval eut pour fils Guy XVI, comte de Laval, mort en 1531, et pour petit-fils, Guy XVII, aussi comte de Laval, qui rendit aveu au roi en 1544 pour sa baronnie de la Roche-en-Savenay. Ce dernier seigneur mourut sans postérité en 1547 ; la Roche-en-Savenay devint alors la propriété dés enfants de sa soeur Catherine de Laval, femme de Claude Ier sire de Rieux et vicomte de Donges. Cette dame était, en effet, morte alors et ce fut Suzanne de Bourbon, seconde femme et déjà veuve de Claude Ier de Rieux, qui fit hommage au roi, en 1548, au nom des enfants de son mari, pour leur seigneurie de la Roche-en-Savenay (Inventaire des titres du château de Nantes). De ces enfants ce fut Claudine de Rieux, mariée en 1547 à François de Coligny, seigneur d'Andelot, qui eut en partage la Roche-en-Savenay. Comme cette dame possédait déjà la Roche-Bernard, à cette baronnie fut pour la troisième fois réunie la seigneurie de la Roche-en-Savenay. En 1557 François de Coligny et Claudine de Rieux firent hommage au roi pour leur baronnie de la Roche-en-Savenay (Inventaire des titres du château de Nantes). Nous avons dit qu'ils moururent l'un en 1570, l'autre dès 1561. Quelques années plus tard, en 1576, la Roche-en-Savenay se trouvait aux mains d'un cousin de Claudine de Rieux : c'était Guy Ier de Rieux, sire de Châteauneuf et vicomte de Donges (Archives de Loire Inférieure, E443). A partir de ce moment et jusqu'en 1789, la Roche-en-Savenay demeura unie de fait à la vicomté de Donges dont nous avons fait connaître les possesseurs. Cette union pendant près de trois siècles de la Roche-en-Savenay à la seigneurie de Donge a fait souvent regarder la première de ces terres comme un démembrement de la seconde, mais nous venons de voir qu'elle avait été, au contraire, très certainement détachée de la Roche-Bernard. Par suite de son origine, la Roche-en-Savenay était considérée comme baronnie d'ancienneté ; moins importante que la Roche-en-Nort, elle n'étendait sa haute juridiction que dans cinq paroisses : Savenay, Prinquiau, Bouée, Malville et Cordemais. Le seigneur de la Roche-en-Savenay levait des rentes dans toutes ces paroisses et y jouissait dans les quatre églises de Savenay, Malville, Bouée et Cordemais « de prééminences, bancs et enfeus probitifs  » ; il avait les mêmes privilèges dans l'église abbatiale de Blanche-Couronne et dans la chapelle conventuelle des Cordeliers de Savenay (Déclaration de la Roche en Savenay, en 1650). Le même baron avait les « coustumes et trépas » de sa ville de Savenay, plus un « droit d'ancrage et coustume » sur tous les bateaux s'arrêtant et déchargeant des marchandises « dans l'estier de la Vallée-Coqueraye » en Bouée et dans celui de la Giraudaye en Cordemais (Déclaration de la Roche en Savenay, en 1650). Une quantité d'hommages, « mangiers et rachapts » étaient dus au baron de la Roche-en-Savenay : par le vicomte de Donges, les seigneurs de la Haye de Lavau, la Haie-Mahéas, la Cour de Bouée, la Haye de Besné, etc.., l'abbé de Blanche-Couronne, les prieurs de Her, du Tertre et de Rohart, les recteurs de Savenay, Prinquiau, Cordemais et Malville, le chapelain du Chastellier, etc. (Déclarations de la Roche en Savenay, en 1544, 1650 et 1683). Le droit de tenir foires et marchés en, la ville de Savenay appartenait aussi au baron de la Roche-en-Savenay, savoir : un marché tout les mercredis et cinq foires par an, le jour Saint-Vincent (dite foire du Petit-Noël), à la translation de Saint-Martin (4 juillet, foire dite de Saint-Jean), aux fêtes de Saint-Armel, Sainte-Croix de septembre et Saint-Thomas ; à tous ces marchés et foires il prélevait les « droits d'estalage, coustume, mesurage, estalonnage et police » (Déclaration de la Roche en Savenay, en 1650). Le sire de la Roche-en-Savenay jouissait aussi de « dismes de vins et bleds » dans les quatre paroisses de Savenay, Cordemais, Bouée et Malville. A l'origine le domaine proche de la Roche-en-Savenay n'était pas considérable ; il consistait en 1544 en ce qui suit : l'auditoire et la geôle de Savenay, le four à ban de Maure également à Savenay — les moulins à. vent du Breil et de la Roche en Savenay et celui du Haut-Chemin en Bouée — les prairies du Goust en Cordemais, de la Farouère en Malville et les prés de Bouée — les bois de la Roche en Savenay et de Vallion en Malville (Déclaration de la Roche en Savenay, en 1544). Mais vers le commencement du XVIIème siècle les barons de la Roche-en-Savenay acquirent le manoir et la seigneurie du Matz en Savenay. Cette terre comprenait un beau pourpris, un moulin à vent et plusieurs métairies, tant en Savenay qu'en la Chapelle-Launay : dès lors le Matz devint naturellement le chef-lieu de la baronnie de la Roche-en-Savenay, dont il dépendait à l'origine ; certains vicomtes de Donges y fixèrent même leur résidence et c'est en ce manoir que décéda, le 9 décembre 1637, Guy II de Rieux, sire de Châteauneuf, vicomte de Donges et baron de la Roche-en-Savenay ; son corps fut solennellement déposé dans l'église des Cordeliers de Savenay, sous un magnifique mausolée composé d'un sarcophage de marbre noir supportant sa statue en marbre blanc, agenouillée sur un prie-Dieu (abbé Guillotin de Corson).

 

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