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DOL-DE-BRETAGNE

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La commune de Dol-de-Bretagne (pucenoire.gif (96 octets) Dol) est chef lieu de canton. Dol-de-Bretagne dépend de l'arrondissement de Saint-Malo, du département d'Ille-et-Vilaine (Bretagne).                                 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de DOL-DE-BRETAGNE

Dol-de-Bretagne tire son nom d'un toponyme breton signifiant "table" (référence à un dolmen ayant couronné le Mont-Dol). Au nord de la ville de Dol-de-Bretagne s'étend le marais de Dol, sur l'emplacement de l'antique forêt de Scissy engloutie au XVIIIème siècle par la mer. Un rocher granitique, le Mont Dol, domine le marais. Le Mont Dol, comme ses deux rochers voisins, le Mont Saint-Michel et Tombelaine, était un lieu consacré au culte des divinités celtiques. Les ermites chrétiens vinrent très tôt s'y établir. Dol pourrait être un nom celtique qui signifie "lieu bas et fertile".

La ville de Dol-de-Bretagne se développe autour d'un monastère fondé au VIème siècle par l'évêque cambrien saint Samson, venu du Pays de Galles et qui débarque vers 548 à l'embouchure du Guioul ou Guyoult. La légende raconte que le moine y aurait rencontré un homme désespéré qui, des yeux fixés vers la mer, semblait guetter quelques secours. Cet homme était le seigneur du pays  il implora Saint Samson de soigner sa femme et sa fille, toutes deux mourantes, et, pour le récompenser, il lui permit de fonder dans le pays son ermitage ou monastère. Le monastère de Dol est, à l'origine, qu'une enclave de l'évêché d'Aleth. La plus ancienne mention de Dol est malheureusement trop sobre de traits descriptifs. Nous lisons seulement : Samson "aptissimum reperit inibi locum atque honorificum fundavit monasterium, quod usque hodic proprio vocabulo Dolum nuncupatur" (Bollandistes, A. S., Jul. VI, p. 585, E. F.) et encore : "in illo eminentissimo atque optimo loco in quo sanctus Samson quiescit in pace" (Eod. loc., p. 591, B). Il n'est pas impossible qu'on ait mis à profit les restes d'un camp romain ("Oppidum autem Britanni vocant cum silvas impeditas vallo atque fossa munierunt, quo incursionis hostium vitandoe, causa convenire consueverunt" (Cesar, De bell. Gallic., I. V, C. XXI)) pour édifier en ce lieu une église. Vers 652, Finan dresse une belle église épiscopale, "quam tamen more Scottorum, non de lapide sed de robore secto totam composuit atque harundine texit" (Bède, Hist. Eccles., I. III, C. XXV).

Au IXème siècle, le roi Nominoë fait de Dol, un archevêché. La première cathédrale (IXème siècle) est placée sous la protection d'un donjon de bois figuré sur la tapisserie de Bayeux, qui devient la résidence de l'évêque. C'est à Dol, dans la cathédrale primitive, qu'est couronné, en 848, le roi Nominoë. La reconstruction de la cathédrale aux XIème et XIIème siècles coïncide avec le développement de la ville marchande. Au concile dolois de 1128, l'évêque de Tréguier et l'évêque de Léon confirment, l'un, par son anneau, l'autre, par sa mitre, la fondation du prieuré de Saint-Martin de Morlaix, de plus Honorius II recommande à l'archevêque de Dol, comme aux autres archevêques, d'avoir les plus grands égards pour son nonce, Gérard, évêque d'Angoulême. Cet archevêché n'est aboli qu'en 1189 ou 1199 par le pape Innocent III, après un procès qui avait duré trois siècles et demi (bulle papale du 1er Juin 1199 qui oblige l'évêque de Dol à reconnaître la suprématie de Tours).  Dol-de-Bretagne devient, au Moyen Age, un important centre religieux. 

Le duc Alain Barbe-Torte y défait en 936 une troupe normande qui s'était approprier le monastère de Dol. Le danois Harold prend la ville de Dol-de-Bretagne par surprise en 944. Le duc Conan II assiège en 1064 dans la Tour de Dol, Riwalon sire de Combourg, ligué contre lui avec plusieurs seigneurs du comté de Rennes. A noter que le château de Combourg est une fondation des archevêques de Dol, et c'est pourquoi le sire de Combourg, qui porte le titre de Signifer sancti Samsonis, a charge de défendre les terres et les sujets de l'église doloise (La Borderie). Au XIème siècle, le duc de Normandie Guillaume le Conquérant tente de s'emparer de Dol-de-Bretagne à plusieurs reprises (en 1076 et en 1085-1086), mais en vain. Dol-de-Bretagne est prise en 1091 par le comte de Penthièvre, soulevé contre Alain Fergent : Dol-de-Bretagne est délivrée par ce dernier en 1093. Une armée normande s'en empare en 1164 au nom du duc Conan IV. La ville de Dol-de-Bretagne est prise en 1173 par Raoul II de Fougères au cours de la lutte que soutenait Henri II d'Angleterre contre son fils, le futur duc Geoffroy II. La tour de Dol est reprise par les Anglais le 26 août 1173. En 1203, Jean sans Terre brûle la cathédrale de Dol et vole les reliques. Saint Vincent Ferrier y fait des prédications en 1418. Les Français sous les ordres du comte de Montpensier, s'emparent de la ville de Dol-de-Bretagne le 15 octobre 1487 et la pillent. Le roi François Ier vient à Dol-de-Bretagne le 6 octobre 1518, et Charles IX en 1570. La ville de Dol-de-Bretagne tient le parti de la Ligue durant les guerres de Religion : ses faubourgs sont attaqués par le prince de Dombes en 1590 et Dol-de-Bretagne est assiégée sans succès le 7 janvier 1591 par le huguenot Jacques de Montgommery et son frère Gabriel de Lorges venant de Pontorson. La ville de Dol-de-Bretagne est le théâtre d'un combat les 20 et 21 novembre 1793 entre les troupes républicaines commandées par Westermann, Marceau et Kléber, et l'armée royaliste de la Rochejacquelein : ce combat a lieu au lieu-dit la Motte du Vieux Gibet

On cultive la vigne à Dol-de-Bretagne dès le XIIème siècle. La ville primitive (actuellement Grande-Rue-des-Stuarts) était protégée par un château et par une première enceinte vraisemblablement élevés au XIIème siècle. Les fortifications de Dol sont élevées par l'évêque Jean des Pas en 1371, sans l'autorisation du duc. Ce dernier s'en rend maître en 1386 et y place une garnison. Les fortifications sont réparées en 1407 (sous la direction d'Etienne Coeuret, évêque de Dol (1405-1429)) et achevés en 1476 (sous la direction de Jean de Coëtquen) : le mur d'enceinte était entouré de douves, il contenait autrefois deux portes (porte Notre-Dame ou d'Embas, la porte Saint-Michel ou d'Enhaut démolie en 1777 et en 1785), deux poternes et treize tours (Notre-Dame, du Château, aux Lutins, Saint-Samson, de la Motte, des Carmes (Grande et Petite), Saint-Michel, du Presbytère, des Bacheliers, de la Barcane, des Bourgeois, de la Prison). Ces fortifications protègent alors le bourg Sainte-Marie où s'élèvent dès le XIème siècle l'église paroissiale Notre-Dame (aujourd'hui détruite), puis les couvents de Carmes (1401) et de Bénédictines (1634).

La ville de Dol-de-Bretagne comptait autrefois trois paroisses, à savoir celle du Crucifix, dont le culte s'exerçait dans une des chapelles de la cathédrale, celle de Notre-Dame, et celle de l'Abbaye-sous-Dol (route de Plerguer) :

- la paroisse du Crucifix : cette paroisse n'était pas importante, elle ne comprenait que le rue Ceinte ou Sainte, habitée par les chanoines, la rue de la Licorne (partie sud de la rue de la Trésorerie) et quelques maisons disséminées dans les autres quartiers de la ville. Elle dépendait du chapitre et était desservie par un chapelain ou recteur présenté par les chanoines. Elle possédait son siège dans la cathédrale dès le XIIIème siècle. Le recteur du crucifix était en même temps sacriste de la cathédrale. Elle est supprimée par Mgr de Hercé le 27 juillet 1772 et réunie à la cure de Notre-Dame.

Nota : — La paroisse du Crucifix, se des­servant en la cathédrale même de Dol, dans la chapelle de Notre-Dame, située au haut du collatéral septentrional du choeur, devait être fort ancienne ; nous pensons même qu'elle pût être la paroisse primitive de Dol. Elle dépendait du Chapitre et était desservie par un chapelain ou recteur présenté par les chanoines (« Item in eadem ecclesia Dolensi et extra chorum fundata vicaria curata, Crucifixi vulgariter nuncupata, que spectat ad prœsentationem Capituli quoties casus vacationis occurit et ad collationem episcopi » - Livre Rouge du Chapitre de Dol. — Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 5 G, 108) . En 1297, le pape Boniface VIII confirma le Chapitre de Dol dans la possession de la chapelle de Notre-Dame, située à côté de la cathédrale, « capellam Sancte Marie que est juxta ipsam ecclesiam Dolensem », et de la moitié de celle du Bourg-Notre-Dame, « et medietatem ecclesie de burgo Sancte Marie » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 5 G, 108). Cette charte très-importante nous fait voir clairement que la chapelle de Notre-Dame, appartenant en entier au Chapitre, différait d'une autre église bâtie sous le même vocable à Dol, dans le Bourg-Notre-Dame, dont les chanoines n'avaient que la moitié, et dont nous parlerons plus bas. Au XIIIème siècle, l'office paroissial se faisait donc déjà dans la chapelle récemment bâtie en dehors du choeur, sous le même toit que la cathédrale elle-même, mais dans des proportions beaucoup plus grandes que les autres chapelles. Aussi en 1269 voyons-nous Nicolas, recteur de cette paroisse, prendre le titre de « rector capellanus B. Marie in ecclesia B. Samsonis », recteur-chapelain de Notre-Dame dans l'église de Saint-Samson. Ce recteur fit un accord à cette époque avec Guillaume, seigneur de Coëtquen, relativement aux dîmes de Mordreuc, que feu Olivier de Coëtquen avait laissées au Chapitre de Dol pour l'entretien de cette chapellenie de Notre-Dame (Bibliothèque Nationale, Blancs-Manteaux, LXV, 85). La paroisse dont nous nous occupons portait-elle dès cette époque le nom du Crucifix? Nous n'en savons rien, mais elle le portait certainement au siècle suivant. Nous voyons, en effet, apparaître en 1340 Rolland de Hirel, chapelain du Crucifix et curé de Dol, « Rollandus de Hirel capellanus desserviens capellœ Crucifixi, curatus in ecclesia Dolensi » (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 1406). Remarquons ici que la cathédrale de Dol, dédiée depuis longtemps à saint Samson, avait cependant à l'origine été construite en l'honneur de la Sainte Vierge, disent les titres du Chapitre. La première paroisse a donc fort bien pu porter d'abord le vocable de Notre-Dame et ne l'avoir abandonné qu'au XIVème siècle pour des raisons que nous ignorons. Quoi qu'il en soit, la paroisse du Crucifix n'était point importante aux derniers siècles : elle ne comprenait guère alors que la rue Ceinte, habitée par les chanoines, la rue de la Licorne et quelques maisons disséminées dans les autres quartiers de la ville. En 1688, le Chapitre de Dol atteste que « la cure du Crucifix ne vaut que 230 livres de revenu, et que ladite paroisse ne renferme, en outre des maisons prébendales et vicariales et des chapellenies, que douze à quinze ménages pauvres formant quarante à cinquante communiants » [nota : une partie de la paroisse du Crucifix relevait féodalement du seigneur de Landal ; aussi les hommes de la Croix-Péguille, en cette paroisse, lui devaient-ils chaque année « une renarde à queue blanche et, la nuit de Noël, à l'issue de la messe de minuit, deux canards sauvages vifs et non viciés, avec deux torches de cire pesant chacune une livre, ardentes et flambantes, pour reconduire ledit seigneur de Landal ou son commis jusqu'à la maison où il sera logé en la ville de Dol, lorsqu'il aura reçu les­dits canards » (Aveu de 1571)]. Aussi au XVIIIème siècle Mgr de Hercé supprima-t-il la pa­roisse du Crucifix ; son décret, daté du 27 juillet 1772, est appuyé sur les considérants suivants, qui montrent ce qu'était alors cette petite paroisse : « C'est une chose notoire, dit le prélat, que le recteur du Crucifix, étant en même temps sacriste de la cathédrale (nota : la modicité des revenus de la cure du Crucifix obligeait le recteur d'accepter du Chapitre l'office de sacriste ; il parait même qu'en dernier lieu la sacristie avait été régulièrement unie à la cure du Crucifix) , ne peut remplir ses obligations pastorales : il ne célèbre dimanches et fêtes qu'une messe basse pour ses paroissiens, sans leur dire de vêpres ; les enfants de sa paroisse ne sont instruits que par les prêtres de Notre-Dame, et ce n'est qu'à Notre-Dame qu'ils font leur première communion ; le revenu fixe du recteur n'est pas suffisant pour l'entretenir ; la paroisse n'a point de fabrique, etc. ». En conséquence, l'évêque de Dol, « désunissant la place de sacriste de la cathédrale d'avec la cure du Crucifix, unit ladite cure à celle de Notre-Dame ; supprime le titre de ladite cure du Crucifix ; unit les fonds de cette cure, soit en dîmes, soit en autres choses, à la fabrique de la cathédrale, à charge à celle-ci de payer 120 livres à la fabrique de Notre-Dame, et l'excédant du total des revenus au sacriste de ladite cathédrale » ; et termine enfin par ordonner « que les fondations faites au Crucifix continuent d'être desservies à la cathédrale » (Pouillé de Rennes).  

Nota : liste des recteurs de la paroisse du Crucifix :  Nicolas (1269). Rolland de Hirel (1340). Olivier Hingant, notaire apostolique (1452). Noël Le Corvaisier, chanoine de Dol, décédé vers 1569. Jean Gobart fut présenté en 1569 par le Chapitre pour remplacer le précédent ; il fut pourvu et résigna en 1587. Servan Douet fut présenté par le Chapitre le 22 mai 1587, à condition qu'il fit les fonctions de diacre au choeur. Charles Hubert (1602). Pierre Le Breton, recteur en 1624, décédé en 1639. Guillaume-Julien de Trémaudan, chanoine de Dol, présenté le 12 novembre 1639, prit possession le 15 ; décédé en 1642 à sa maison de Dingé et inhumé en la cathédrale. Louis Aubery, prêtre de Paris et chanoine de Dol, pourvu par l'évêque le 15 avril 1642, prit possession le lendemain ; il était prieur de Ticheville en 1647. Pierre Charnacé fut nommé vers 1653 ; décédé le 30 septembre 1661 et inhumé en la cathédrale, devant l'autel du Crucifix. Louis Aubery, chanoine de Dol, fut pourvu de nouveau le 1er octobre 1661 et reprit possession le 3. N... Pigeart (1663-1668). N... Tirremeuf (1668-1678) . N... Deaucey (1680-1688). Jean Le Corvaisier, chanoine de Dol, résigna en 1690. Gabriel Bréal, chanoine et official de Dol, fut pourvu en août 1690. Bertrand Nogues succéda au précédent en 1698 et résigna dès 1700. Guillaume Audren, décédé en 1711. Jean de Lourmel, prêtre de Rennes, fut pourvu le 8 août 1711, résigna et devint chanoine de Dol en 1712 ; décédé le 5 janvier 1732 et inhumé au pied de l'autel du Crucifix. André-Thomas Danlos, prêtre de Dol, nommé le 26 septembre 1712, prit possession le 29 ; décédé le 14 avril 1720, âgé de trente-deux ans, et inhumé devant l'autel du Crucifix. Michel-Joseph Desrieux, prêtre de Dol, fut pourvu le 26 avril 1720 et prit possession le 28 ; décédé le 4 septembre 1734, âgé de cinquante ans, et inhumé devant l'autel du Crucifix. Michel Fristel, prêtre de Dol, fut nommé le 11 décembre 1734 et prit possession le lendemain ; décédé le 16 décembre 1751, âgé de cinquante ans, et inhumé en la cathédrale. Jean-Baptiste Jambon, prêtre de Dol, fut pourvu le 7 janvier 1752 et prit possession le 11 ; il fut le dernier recteur du Crucifix, l'évêque de Dol ayant supprimé cette cure en 1772, mais il conserva la jouissance des revenus de son bénéfice jusqu'à sa mort, arrivée le 2 juin 1775 ; il fut inhumé le 4 dans la chapelle du Crucifix.

- la paroisse de l'Abbaye-sous-Dol : c'est vers l'an 1079 qu' Even, archevêque de Dol, érige en paroisse le territoire de Mezwoit ou Mezuoit (devenu Maboué puis l'Abbaye) où les bénédictins de l'Abbaye de Saint-Florent en Anjou avaient fondé leur prieuré de l'Abbaye-sous-Dol de 1076 à 1081. Ce prieuré comprenait un logis prioral, une chapelle, une grange, un colombier, un auditoire, et possédait aussi un droit de haute justice. Il s'agit d'une paroisse établie en 1079 et démembrée de celle de Carfantain. L'Abbaye-sous-Dol est érigée une commune en 1790 et en 1791 puis est réunie à la commune de Dol-de-Bretagne entre 1790 et l'an II.

Nota : La date de l'érection de la paroisse de l'Abbaye nous est connue, quoique fort ancienne elle aussi. C'est vers l'an 1079 qu'Even, archevêque de Dol, érigea en paroisse le territoire de Mezwoit, situé près de sa ville épiscopale, et où les Bénédictins de Saint-Florent venaient de fonder leur prieuré de l'Abbaye-sous-Dol. Comme ce territoire dépendait originairement de la paroisse de Carfantain, il fut stipulé que les habitants de la nouvelle paroisse de l'Abbaye paieraient chaque année 18 deniers au recteur de Carfantain, le jour de l'Assomption, pour reconnaître la prééminence de Carfantain en sa qualité d'église-mère (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 434). Les moines de Saint-Florent présentèrent naturellement le recteur de l'Abbaye jusqu'à l'extinction de leur prieuré, en 1697. A cette époque, Mgr de Chamillart fit de ce vieux monastère son Grand-Séminaire, qu'il confia aux Eudistes ; en même temps, il chargea ceux-ci de la direction de la paroisse de l'Abbaye et il unit la cure de ce nom à la charge de supérieur du Séminaire ; cette union dura jusqu'en 1790. Cette paroisse était sous le vocable de Notre-Dame ; il se peut qu'il y ait eu à l'origine deux églises à l'Abbaye, l'une priorale, dédiée à la Sainte-Trinité, et l'autre paroissiale, consacrée à Notre-Dame ; mais depuis bien des siècles il n'y subsistait qu'une seule église, tout à la fois paroissiale et conventuelle (Pouillé de Rennes).

Nota : liste des recteurs de la paroisse de l'Abbaye : Pierre Roussel, « Petrus Rousseli rector de Abbatia Dolis » (1416). Noël Le Corvaisier (1555). Julien Le Scieu, décédé vers 1612. François Dauguet succéda au précédent en 1612. Olivier Pinczon fut nommé en 1627. Nicolas Chasnel (1637). Guillaume Briand, décédé le 25 décembre 1646. Jean Brajeul fut nommé à la fin de 1646 ; décédé le 9 mai 1688 et inhumé dans son église, sous une tombe armoriée de trois poissons posés de fasce. Pierre-Joseph Chauvel succéda au précédent et fit en 1697 enregistrer ses armoiries : de sable à trois chevrons d'or. Il devint chanoine de Dol en 1697. Adrien de Saint-Aubin, supérieur du Grand-Séminaire, fut pourvu de la cure le 3 janvier 1698 et la conserva jusqu'en 1704. A partir de cette époque, tous les recteurs de l'Abbaye ne furent autres que les supérieurs du Séminaire. N... Creully (1705-1707). N... Allix (1707-1709). René Vanier (1712-1715). Charles Penec (1716-1719). J. Guymont (1719-1723). N... Racine (1723-1726). Jacques Arthur (1727-1730). René Pezor (1730-1733). N... Davy (1733). N... de Saint-Germain (1740-1743). N... Le Chevalier (1743-1747). N... Dauguet (1747-1751). N... Couarde (1751-1755). N... Davy (1755-1758). N... de la Fontaine (1758-1768). N... Maubert (1769-1771). N... Le Moigne (1771-1772). Sébastien de Launay (1772-1782). Jean Le Roy (1782, décédé le 28 novembre 1788). Pierre de Launay, eudiste comme tous les précédents, fut pourvu le 5 juin 1790 et prit possession le 8 de « l'église parois­siale de Notre-Dame de l'Abbaye-sous-Dol ». Il fut le dernier recteur de cette paroisse et le dernier supérieur du Grand-Séminaire de Dol.   

- la paroisse Notre-Dame-sous-Dol (la plus importante paroisse de la ville épiscopale) : une église est fondée, dit-on, dans la première moitié du XIème siècle par Riwalon, premier seigneur de Combourg, qui venait de recevoir, de son frère Ginguené, archevêque de Dol (1010-1030), donation de masures au bourg Sainte-Marie (Dom Morice). Le village de Carfantain ou Carfantin était autrefois le siège d'une paroisse qui existait dès 1076 et à laquelle la tradition donne pour origine un monastère fondé par saint Samson au VIème siècle. La commune de Carfantain est réunie à Dol-de-Bretagne par l'arrêté du représentant du peuple Le Carpentier en date du 18 floréal an II. La paroisse et l'église Notre-Dame étaient, dès le XIIème siècle, divisées en deux sections administrées, l'une par le curé nommé par le Chapitre de Dol, l'autre par les Bénédictins de Saint-Florent de Saumur, établis dans leur prieuré de l'Abbaye. Dom Huynes, dans son Histoire manuscrite de Saint-Florent, dit qu'en 1194, l'Evêque de Dol, Jean de la Mouche, concéda aux Bénédictins de Saint-Florent la totalité de la paroisse. En 1239, au contraire, comme le titulaire bénédictin était en voyage depuis trois ans, laissant sa moitié de paroisse en souffrance, l'Evêque de Rennes, Jean Gicquel, dont le théologal Jean Quarré était recteur de la seconde moitié, obtint de l'Abbé de Saint-Florent, Geffroi, qu'il mit celui-ci à la tête de la paroisse entière. L'Evêque de Dol, Clément agréa la présentation, tout en maintenant en principe la division de la paroisse (Dom Huynes). Cet état de choses dura jusque vers la fin du XVème siècle ou le commencement du XVIème siècle. Alors la pénurie des ressources nécessaires pour nourrir deux recteurs, obligea à ne plus nommer qu'un seul titulaire, qui fut au choix de l'Evêque de Dol. Le 27 juillet 1772, Mgr de Hercé unit à Notre-Dame les quelques rues dépendant de la paroisse du Crucifix qu'il supprima. Notre-Dame était donc, à la fin du XVIIIème siècle, la paroisse la plus importante de Dol, lorsque la Révolution vint la ruiner. Son église fut convertie en halles en 1818.

Nota : L'église de Notre-Dame, située en dehors de Dol, a dû être construite lorsque cette ville fut fortifiée et pour procurer les secours spirituels aux habitants des faubourgs, privés de pasteur pendant les sièges si fréquents dans les guerres du moyen-âge. Il nous semble donc que la paroisse de Notre-Dame dut être érigée d'assez bonne heure et immédiatement après celle de la cathédrale ou du Crucifix. Fondée vraisemblablement par le Chapitre de Dol, la paroisse de Notre-Dame ne demeura pas complètement entre ses mains. Lorsque les moines de Saint-Florent de Saumur eurent fondé à Dol leur prieuré de l'Abbaye, ils obtinrent, nous ne savons comment ni pourquoi, une partie de l'église de Notre-Dame. Aussi voyons-nous en 1123 l'archevêque Baudry déclarer que les Bénédictins de Saint-Florent possèdent la moitié de l'église Notre-Dame de Dol, « medietatem ecclesiœ parrochianœ Dei genitricis Marie Dolensis », dont l'autre moitié appartient au Chapitre de Dol (Archives départementales de Maine-et-Loire). Les papes Callixte II en 1122, Urbain III en 1186 et Boni­face VIII en 1297 confirmèrent successivement l'abbaye de Saint-Florent dans la possession de cette moitié de Notre-Dame de Dol. C'est cette église dédiée à la Sainte Vierge qui donna son nom au Bourg-Notre-Dame, ou Bourg-Sainte-Marie, « burgum Sancte Marie », dont il est fait mention dans l'enquête établie en 1181 pour le recouvrement des biens de l'Eglise de Dol. C'est à tort que D. Morice a dit qu'il s'agissait là d'une paroisse engloutie depuis par la mer ; c'est évidemment d'un faubourg de Dol — comme nous dirions maintenant — qu'il est question dans cette charte. Or, l'on y voit que Ginguené, archevêque de Dol d'environ 1010 à 1030, donna à son frère Riwallon, seigneur de Combourg, quelques masures qu'il possédait dans le bourg Sainte-Marie, « masuras in burgo Sancte Marie » (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 683). Ceci nous prouve que dès les premières années du XIème siècle l'église Notre-Dame existait aussi bien que le faubourg qui portait son nom, et l'on peut en même temps conjecturer avec beaucoup de certitude que la paroisse de Notre-Dame était elle-même érigée à cette époque reculée. De ce qui précède ne pourrait-on pas conclure encore que ce furent les sires de Combourg, grands bienfaiteurs de Saint-Florent, qui donnèrent à cette abbaye la moitié de l'église Notre-Dame? Nous le croyons volontiers, et la tradition confirme notre sentiment en attribuant la fondation de cette église à ce même Riwallon, premier seigneur de Combourg. Toujours est-il qu'au XIIIème siècle il y avait deux recteurs pour gouverner cette paroisse, l'un nommé par le Chapitre de Dol et l'autre présenté par l'abbaye de Saint-Florent (nota : dans son Histoire ms. de l'abbaye de Saint-Florent, D. Huynes dit qu'en 1194 Jean de la Mouche, évêque élu de Dol, céda entièrement l'église de Notre-Dame aux moines de Saint-Florent, avec permission d'y nommer un seul recteur, mais que cet état de choses ne dura pas, le Chapitre de Dol ayant réclamé contre cette donation). En 1239, Jean Quarré, official de Rennes, était recteur de la portion de Notre-Dame dépendant du Chapitre ; mais à la même date l'autre portion n'était point administrée, parce que le titulaire, nommé Harsculfe, voyageait depuis plus de trois ans en pays d'outre-mer. Jean Gicquel, évêque de Rennes, apprenant cela, écrivit à Geffroy, abbé de Saint-Florent, lui représentant que l'évêque de Dol était en droit de se plaindre d'un tel état de choses et lui proposant son official, Jean Quarré, déjà recteur d'une portion de Notre-Dame, pour remplacer cet autre recteur vagabond. L'abbé de Saint-Florent approuva l'évêque de Rennes et présenta Jean Quarré à Clément, évêque de Dol ; ce prélat pourvut l'official de Rennes de la moitié de la cure de Notre-Dame, tout en stipulant que les deux portions ne seraient point réunies pour cela, mais que Jean Quarré serait recteur en même temps des deux bénéfices distincts l'un de l'autre (D. Huynes, Histoire ms. de Saint-Florent). En 1400, il y avait encore deux recteurs à Notre-Dame, et l'abbé de Saint-Florent en présenta un à cette date ; aussi voit-on en 1402 ces deux recteurs s'unir pour s'opposer à l'établissement des Carmes à Dol. Toutefois, cette double institution dut prendre fin dans le courant du XVème siècle ou au commencement du XVIème siècle. Déjà en 1239 l'évêque de Rennes avait constaté que les revenus des deux portions étaient insuffisants pour entretenir deux recteurs. Cette pénurie ne dut que s'aggraver. D'autre part, les moines de Saint-Florent et le Chapitre de Dol lui-même perdaient chaque jour de leur autorité ; aussi fut-il plus facile à l'évêque de Dol d'unir les deux portions de Notre-Dame en une seule cure, dont la présentation fut attribuée à l'ordinaire. Ce dernier état de choses dura jusqu'à la Révolution ; seulement, nous venons de voir qu'en 1772 la paroisse de Notre-Dame fut agrandie du territoire de la paroisse du Crucifix. En 1790, les revenus de Notre-Dame de Dol consistaient en ce qui suit : fabrique : 1.121 livres de rente et 1.020 livres de charges ; — obiterie : 3.481 livres de rente et 433 livres de charges. Le recteur recevait une pension congrue du Chapitre, gros décimateur dans la paroisse, et jouissait du cinquième du revenu de l'obiterie (Pouillé de Rennes).

Nota : liste des recteurs de la paroisse de Notre-Dame : Harsculfe (1236). Jehan Quarré, official de Rennes (1239). Pierre Le Pennetier, chanoine de Dol et recteur de Pleine-Fougères (1509). Jean Grainel (1585). Michel Perrigault (1591-1608). Julien Baron (1609-1612). Raoul Gavard (1612, décédé en 1639). Pierre Verdys, archidiacre et chanoine de Dol, fut pourvu le 12 novembre 1639 et prit possession le lendemain. N... Couaspel succéda au précédent en 1642 et gouverna jusqu'en 1651. Balthasar Veyron fut nommé en 1652 ; décédé le 12 février 1680 et inhumé dans son église, en la chapelle Saint-François. Jacques Le Bret, pourvu le 18 février 1680, devint vicaire général de Dol et gouverna jusqu'en 1684. Jean Avril fut nommé en 1685 ; il fut interdit, dit-on, et sa paroisse fut gouvernée de 1700 à 1714 par des curés d'office ; décédé en 1714. Jacques Nicolas, prêtre de Dol, pourvu le 2 août 1714, prit possession le lendemain ; décédé en 1721. Martial Mallier, prêtre de Bourges et docteur en Sorbonne, nommé le 1er avril 1721, prit possession le 12 et résigna en faveur du suivant. Jean-François Rolland, prêtre de Saint-Brieuc, pourvu en cour de Rome, prit possession le 5 juin 1722 ; décédé le 7 mai 1731 et inhumé dans le choeur de son église. Pierre Morand, prêtre de Dol et confesseur des Bénédictines, fut pourvu le 12 mai 1731 et prit possession le 15 ; il se retira devant le suivant au mois de juin de la même année. Jean Le Gendre, précédemment recteur de Saints, pourvu le 18 mai 1731, prit possession le 20 malgré l'opposition du précédent, qui finit par se désister le 2 juin ; décédé le 6 octobre 1757, âgé de soixante-dix ans, et inhumé dans le cimetière. François Pioche, précédemment recteur de Saint-Ydeuc, nommé le 22 décembre 1757, prit possession le 1er janvier 1758 ; il permuta en 1767 avec le suivant. Jean-Baptiste Le Serf, précédemment recteur de la Fresnaie,  prit possession le 14 juillet 1767 ; décédé le 2 février 1781, âgé de cinquante-six ans, et inhumé dans le cimetière. Jean Garnier, prêtre de Saint-Malo, vicaire et secrétaire du Chapitre de Dol, fut présenté par le Chapitre le 5 février 1781 et pourvu le 7. Il prit possession le 13 février, fut député à l'Assemblée Nationale et se démit de sa cure en 1790. Pierre-François Guyot de Folleville, prêtre de Saint-Malo et docteur en théologie, fut pourvu le 1er avril 1790 et prit possession le surlendemain. On sait qu'il prêta serment à la Constitution, puis se rétracta solennellement, et joua dans l'armée vendéenne le rôle d'évêque d'Agra ; exécuté à Angers, le 5 janvier 1794.

La Révolution, détruisant l'évêché de Dol, fit aussi disparaître les anciennes paroisses de cette ville. En 1803, une nouvelle paroisse fut établie, comprenant tout le territoire dolois ; d'abord érigée en cure de première classe, elle est devenue de nos jours chef-lieu du doyenné de Dol, et son titulaire a le titre d'archiprêtre.

L'évêché ou diocèse de Dol, qui comptait à la veille de la Révolution 44 paroisses dans son territoire propre, auxquelles s’ajoutaient près de 50 enclaves, est supprimé pendant la Révolution. 

Le lieu-dit "la Grande Maladrie" (situé route d'Epiniac) et les villages de la Grande et de la Petite-Maladrie (situés route de Plerguer) semblent indiquer la présence d'anciennes léproseries. On trouve d'ailleurs une léproserie citée dès 1137 dans l'ancien faubourg de la Chaussée (actuellement rue de Paris) : sa chapelle du XVIIème siècle, aujourd'hui sécularisée, était dédiée à saint Lazare.

On rencontre les appellations suivantes : Ecclesia Dolensis et Doul (au XIIIème siècle).

Nota : Dol-de-Bretagne était jadis une des 42 villes de Bretagne qui députaient aux Etats de la Province. Elle était le siège d'une capitainerie de garde-côtes au XVIIIème siècle. Elle est érigée en chef-lieu de district en 1790. Dol-de-Bretagne est libéré par le général Patton le 4 août 1944.

Les évêques de l'évêché de Dol sont, dans l'ordre : Saint Samson (vers 548-565), Saint Magloire (vers 565-568), Saint Budoc (vers 568), S. Geneve (?), S. Leucher (à la fin du VIème siècle), Tiernmaël (au début du VIIème siècle), Restoald (vers 640), Wrval (vers 650), Saint Turiau (vers 700, décédé vers 749), S. Jumel (vers 770, décédé vers 790), Haëlrit (vers 842), Salocon (vers 848), Festien (entre 859 et 869), Main Ier (entre 872 et 882, décédé vers 882), Lowenan (au début du Xème siècle), Agan (vers 930), Wichoen (vers 950-970, décédé vers 988), Main II (vers 990, décédé vers 992), Roland Ier (vers 992, décédé vers 1004), Guinguené (entre 1008 et 1039, décédé vers 1039), Juthaël (entre 1039 et 1076), S. Guilduin (élu en 1076, décédé en 1077), Even (entre 1076 et 1081, décédé en 1081), Jean II (entre 1090 et 1093, décédé en 1093), Rolland II (entre 1093 et 1107, décédé en 1107), Vulgrin (élu en 1107), Baudry (entre 1107 et 1130, décédé en 1130), Alain (?), Guillaume Irfoy (?), Gervais le Breton (?), Geoffroy Ier Le Roux (entre 1130 et 1147), Olivier (entre 1147 et 1153, décédé en 1153), Guillaume Ier (élu en 1154), Hugues le Roux (entre 1154 et 1161), Du Homet Roger (entre 1161 et 1163, décédé en 1163), Jean III (entre 1163 et 1177, décédé en octobre 1177), Rolland III (entre 1177 et 1188, décédé le 12/03/1188), Henri Ier (élu en 1188, décédé en août 1188), De Vaunoise Jean V (élu en 1188, décédé en 1191), De la Mouche Jean VI (entre 1191 et 1207), De Lysenech Jean VII (en 1231, décédé le 27/11/1231), De Vitre Clément ou Coëtquen (entre 1233 et 1241), Etienne Ier (entre 1243 et 1265, décédé le 17/11/1265), Mahé Jean VIII (entre 1266 et 1280, décédé le 13/05/1280), De Pouance Thébaud Ier (entre 1280 et 1301, décédé le 29/09/1301), De Moreac Thébaud II (entre 1301 et 1312, décédé le 14/01/1312), Du Bois Jean IX (entre 1312 et 1324, décédé le 25/01/1324), Meschin Guillaume II (entre 1324 et 1328, décédé le 15/03/1328), D'Avaugour Jean X (entre 1328 et 1340, décédé le 08/05/1340), Du Bois Henri II (entre 1340 et 1348, décédé en Mars 1348), Le Maire ou Le Maye Simon (entre 1352 et 1357, décédé le 07/07/1360), De Coetmoisan Geoffroy II (entre 1357 et 1380, décédé le 30/11/1380), De Roye Guy (entre 1381 et 1382, décédé en 1409), De Sinigaglia Pierre (en 1382, décédé le 24/12/1382), De Tremagon (entre 1382 et 1386, décédé en 1386), De Brie Guillaume II (entre 1386 et 1391, décédé le 02/02/1391), De Lesmenez Richard (entre 1391 et 1405, décédé le 25/05/1405), Coeuret Etienne II (entre 1405 et 1429, décédé le 06/12/1429), De Montfort Guillaume IV (en 1429, décédé le 27/09/1432), De Bruc Jean XI (entre 1431 et 1437, décédé le 19/09/1437), De Lespervez Alain Ier (entre 1437 et 1444, décédé le 17/03/1455), De La Moussaye Raoul (entre 1444 et 1456, décédé en 1456), De Coëtivy Alain II (entre 1456 et 1474, décédé le 09/08/1474), De Penmarc'h Christophe (entre 1474 et 1478, décédé le 06/01/1506), Guibe Michel (entre 1478 et 1482, décédé en 1502), James Thomas (entre 1482 et 1504, décédé le 05/04/1504), De Pledran Mathurin (entre 1504 et 1521, décédé le 10/12/1521), Le Roy Thomas Ier (entre 1521 et 1524, décédé le 21/10/1524), Jean XII Giovanni Stafileo (en 1524), De Laval François (entre 1528 et 1554, décédé le 02/07/1554), Du Mas Jean XIII (en 1557, décédé le 12/10/1557), D'Espinay Charles (entre 1558 et 1594, décédé le 12/09/1594), De Marconnay Melchior (en 1594, décédé le 07/03/1618), De Revol Ennemond (entre 1598 et 1603, décédé le 13/10/1627), De Revol Antoine (entre 1603 et 1629, décédé le 06/08/1629), D'Ouvrier Hector (entre 1629 et 1644, décédé le 20/06/1655), Cohon Anthyme Denis (entre 1644 et 1648, décédé le 07/11/1670), Cupif Robert (entre 1648 et 1659, décédé le 21/09/1659), Thoreau Mathieu (entre 1661 et 1692, décédé le 31/01/1692), De Chamillard Jean François (entre 1692 et 1702, décédé le 16/04/1714), De Voyer de Paulmy d'Argenson François Elie (entre 1703 et 1715, décédé le 25/10/1728), Du Bouschet de Sourches Jean Louis (entre 1716 et 1748, décédé le 23/06/1748), Dondel Jean François (entre 1749 et 1767, décédé le 11/02/1767), De Hercé Urbain René (de 1767 à la Révolution, décédé le 28/07/1795).

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PATRIMOINE de DOL-DE-BRETAGNE

la cathédrale Saint-Samson (XII-XVème siècle), siège de l'ancien évêché de Dol. Cet édifice remplace la première cathédrale dans laquelle Nominoë se fit couronner roi de Bretagne vers 850. Le bas du pignon ouest et les grosses colonnes de la nef semblent datés du XIIème siècle (vestiges de la cathédrale romane). La porte rectangulaire de la façade Ouest semble datée du XIIème siècle. L'église a été incendiée en 1203 par Jean-sans-Terre. La cathédrale, entièrement reconstruite vers 1250 (après le retour des reliques de saint Samson de Normandie en 1223), se compose d'une nef (vers 1270), de deux collatéraux, d'un transept (vers 1270) et d'un choeur à chevet droit (deuxième moitié du XIIIème siècle) avec un déambulatoire entouré de neuf chapelles (chapelle du Sacré-Coeur, de Saint-Gilles, de Saint-Gilleduen à St Méen, de la Sainte-Vierge, de Saint-Antoine, de Pitié, de Saint-Denis et deux chapelles sans emploi). La première chapelle double du déambulatoire du côté nord (la chapelle de la Sainte-Vierge) et les deux travées correspondantes étaient affectées au culte de la paroisse du Crucifix qui existait déjà, semble-t-il, en 1340 et qui fut supprimée en 1772. La chapelle absidale, dédiée à saint Samson, date, semble-t-il, du XIVème siècle : elle renfermait autrefois le tombeau de Jean du Bois, évêque de Dol de 1312 au 25 janvier 1323 (décédé en 1323) et plusieurs pierres tombales d'autres évêques (Mathieu Thoreau décédé en 1691, Jean du Bouschet de Sourches décédé en 1748, Jean François Dondel décédé en 1767, Mathurin de Plédran décédé en 1521). La tour Nord (de la façade Ouest) date du XVIème siècle. La partie inférieure de la tour Sud qui date du XVème siècle (de la façade Ouest) semble remonter au XIIème siècle. Les faces ouest et nord de la tour romane sont reconstruites en 1504 et 1520 sous l'évêque Mathurin de Plédran. La tour Sud, qui abrite l'horloge, reçoit en 1663 un campanile au sommet de son escalier en vis, dû à l'architecte Pierre Corbineau. La façade Sud de la cathédrale possède deux porches : le petit porche ou porte de l'Evêque date du XIII-XVème siècle (on y voit les armes de l'évêque Coeuret), le grand porche date du XIV-XVème siècle. Le grand porche ou porche de Plomb est construit en prolongement du grand portail sud, conforté à deux reprises à la fin du XIVème siècle et au XVème siècle, puis restauré au milieu du XIXème siècle par l'architecte Richelot sous l'autorité de Lassus : il porte les armes de l'évêque Etienne Coeuret (1405-1429). La chaire date de 1898 : elle est l'oeuvre d'Aügerie (1856-1927), menuisier à Vitré. Dans le choeur, on trouve la très belle verrière à médaillons du XIIIème, restaurée peu après 1870 et divisée par sept meneaux formant 48 petits médaillons : elle montre des scènes de l'histoire de Sainte Marguerite, d'Abraham, du Christ, de Saint Samson et des premiers évêques de Dol. La verrière de Saint-Magloire date de 1884. La verrière de Sainte-Anne date de 1887. En 1700, lors de l'installation d'un nouvel orgue, la verrière occidentale est réduite. A l'entrée du choeur s'élevait jadis un jubé orné des statues des quatre Evangélistes et précédé de deux autels : ce jubé a été détruit en 1792. On lit au milieu du choeur l'épitaphe de l'évêque Jean du Bois, décédé en 1323, et sous la deuxième arcade nord celle de l'évêque Etienne Coeuret, décédé en 1429. Le maître-autel, dessiné par le chanoine Brune et réalisé par Poussielgue-Rusand, date de 1877. De chaque côté du choeur s'étend une double rangée de quatre-vingts stalles du XIV-XVème en chêne sculpté, restaurées au XIXème siècle et accompagnées d'un trône épiscopal du XVIème, aux armes de l'évêque François de Laval (1528-1556). On trouve aussi deux bénitiers des XIV-XVème siècles et un buffet d’orgue en partie du XVI-XVIIème siècle (l'orgue est remplacé en 1877, puis reconstruit dans la seconde partie du XXème siècle). On y voit une statue de Notre-Dame de Dol provenant de l'ancienne église Notre-Dame et qui date du XIVème siècle. Vers le milieu du XIXème siècle, le garde-corps du grand porche Sud est restauré et son décor de bas-reliefs, refait. Le croisillon nord abrite le tombeau de l'évêque Thomas James (1482-1504) et de ses deux neveux, Jean et François James, chanoines de Dol : ce tombeau a été érigé en 1507 par les frères Jean (surnommé Justus ou Florentinus) et Antoine de Florence (Italie). On y trouve aussi le cathèdre de Monseigneur de Laval (XVIème siècle), fils de Guy XVI de Laval et d'Anne d'Espinay et ancien évêque de Dol de 1528 à 1554. A signaler aussi que l'édifice avait était ruiné en l'an 1483 durant les "guerres de France et de Bretagne", puis restauré par Thomas James, ancien évêque de Léon, élu évêque de Dol le 28 mars 1482 et décédé le 5 avril 1504. La cathédrale a servi durant la Révolution de Temple de la Raison, puis d'écuries et de magasin à blé. Curés de Saint-Samson : - François-Julien Portier, chanoine honoraire (1803, décédé en 1818), - Louis Bigot, chanoine honoraire (1818, décédé en 1841), - Pierre Chevrier, chanoine honoraire (1841, décédé en 1866), - Louis Brignon, chanoine honoraire (à partir de 1866) ; 

Nota : Nous n'avons pas de détails sur la première cathédrale de Dol, dans laquelle Nominoë fut solennellement couronné roi de Bretagne, en 850, par l'archevêque Festinien. Mais il reste encore quelques vestiges de l'édifice roman qui précéda immédiatement la cathédrale actuelle : ce sont le mur de clôture occidental et vraisemblablement les colonnes de la nef. D'après un vieux Calendrier de Dol, le maître-autel de cette église fut consacré, le 11 août 1194, par un évêque étranger appelé Donat, l'évêque élu de Dol, Jean de la Mouche, n'étant point sacré. Le même jour, on y transféra solennellement les reliques de saint Samson [AUGUSTUS, III Id. Translatio reliquarum hujus ecclesie et majoris altaris consecratio facta per dominum Donatum Lunnicensem episcopum anno ab Incarnat Domini M°C°XC° IIII°. (Ex veteri Kalend. Dolensi) (Blancs-Manteaux)]. Cette cérémonie semble indiquer une reconstruction de la cathédrale à cette époque ; mais nous ignorons si elle fut complète ou seulement partielle ; ce qui est certain, c'est que le nouvel édifice ne tarda pas à devenir la proie des flammes. En 1203, en effet, le roi d'Angleterre, Jean-sans-Terre, s'empara de la ville de Dol et la ravagea ; le feu, soit qu'il y fut mis par ses ordres ou autrement, consuma le toit de la cathédrale ; les murs en furent démolis et les saintes reliques enlevées de force. Mais les ravisseurs furent dépossédés, à leur tour, des précieux restes des saints évêques Samson et Magloire par un certain Philippe des Colombiers, qui finit par les remettre à Gauthier, archevêque de Rouen ; celui-ci les fit déposer dans son église. En 1223, Jean de Lizannet, évêque de Dol, réclama ces reliques, qui lui furent restituées par l'archevêque Thibaud (D. Morice, Preuves de l'Histoire de Breagne, I, 849, la lettre de Thibaud, archevêque de Rouen, où il témoigne de l'incendie et de la ruine de l'église de Dol, « in subversione et combustione Dolensis ecclesiœ »). La démarche faite par Jean de Lizannet semble prouver que ce prélat s'était occupé de relever la cathédrale qu'avaient ruinée les soldats anglais, et que les travaux de reconstruction étaient assez avancés en 1223 pour qu'on songeât à y rétablir les solennités du culte. Les évêques Clément et Etienne continuèrent la réédification du monument, que le dernier paraît avoir achevé. Après la mort d'Etienne, arrivée en 1265, son successeur, Jean Mahé, fut élu dans la cathédrale même, et fut inhumé en 1279 dans le choeur de cette église. C'est donc dans la première moitié du XIIIème siècle qu'a été construite la plus belle de nos cathédrales de Bretagne ; toutefois quelques parties du monument ont été remaniées ou ajoutées plus tard, telles que les tours, les porches, les salles capitulaires, la trésorerie, et très-probablement aussi la chapelle absidale. Le plan de la cathédrale de Dol est très-régulier : l'édifice se compose d'une nef avec ses collatéraux, de deux transepts, d'un choeur un peu moins long que la nef, dont les collatéraux sont garnis de chapelles ; le chevet est droit, et derrière s'élève une dernière chapelle absidale. La longueur totale du monument, en dehors de la plus grande saillie de ses contreforts, est de 100 mètres ; la largeur intérieure de la nef entre les colonnettes isolées des piliers est de 6m 73 ; celle de ses collatéraux, également prise entre les colonnes saillantes des piliers, est de 3m 73 ; la transversale a de longueur totale dans oeuvre 28m 50, et de largeur des transepts entre leurs murs latéraux 7m 50. Le choeur a de largeur, entre les saillies des piliers, 7m 50, et ses collatéraux 3m 70 ; il est, par suite, plus large que la nef de 77c ; en revanche, la chapelle absidale n'a que 7m 15 de largeur, et les autres chapelles ont 4m 25 de profondeur [MM. Du Vautenet et Bézier-Lafosse, Monographie de la Cathédrale de Dol - Bulletins des Congrès scientifiques de France, 1849]. Entreprenons maintenant la description de ce beau monument, en nous aidant de l'intéressant travail de M. l'abbé Brune (Archéologie religieuse, Cathédral de Dol), et commençons par en examiner l'extérieur, qui est, au reste, la partie faible de l'édifice : « Vue du côté de l'Occident, la cathédrale de Dol n'offre qu'une façade incomplète, composée de parties incohérentes, et évidemment remaniée et impitoyablement défigurée par des mains non-seulement inhabiles, mais barbares. Deux tours s'élèvent de chaque côté du portail : l'une, au Nord, s'arrête bientôt inachevée et sans espoir de monter jamais plus haut ; elle est à pans coupés, et chacune de ses faces est ornée de moulures dans le style du gothique fleuri, et d'ouvertures carrées ou en accolades qui annoncent les premières années du XVIème siècle » (Archéologie religieuse, p. 249). C'est à cette époque, en effet, qu'elle fut réellement construite par l'évêque Mathurin de Plédran, qui y fit graver ses armoiries. A la prière de ce prélat, le pape Léon X accorda, en 1519, « un grand pardon de plénière remission et autres plusieurs plénières remissions » à tous ceux qui contribueraient à l'édification de cette tour (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 4 G, 108). Toutefois, nonobstant les indulgences du Souverain-Pontife, la tour commencée par Mgr de Plédran est restée inachevée. L'autre tour, au Sud de la façade, est « plus élevée et rappelle un peu celles de Coutances, à cause des arcatures simulées dont ses murs sont décorés et où l'on remarque un mélange sensible de l'ogive et du plein-cintre ; mais elle n'a point au-dessus de sa plate-forme cette flèche élégante, et hardie qui termine si bien la plupart des tours ogivales de la première période. Une balustrade qui annonce, par ses compartiments contournés en flammes, le style du XVème siècle, couronne son sommet et semble y avoir été ajoutée postérieurement, car l'ensemble de cette tour paraît la partie la plus ancienne de l'édifice, à l'exception de la base qui a été reprise en sous-oeuvre dans le XVIIIème siècle, et un petit clocheton qui s'élève à l'angle Sud-Est et qui n'est guère plus ancien que cette restauration » (Archéologie religieuse – les Registres capitulaires nous apprennent que ce campanile, qui renferme l'horloge, fut construit en 1664). Le vestibule entre les deux tours porte les traces d'un provisoire évident et de l'attente d'un porche principal avec lequel il devait se rajuster. Malheureusement ce porche n'a jamais été fait, et lorsque l'orgue fut placé dans la tribune intérieure on boucha la grande ouverture fenestrale de l'Ouest, dans laquelle furent pratiquées trois petites baies à plein-cintre, surmontées d'une lunette elliptique du plus mauvais goût. « Le côté Nord est le plus remarquable pour les hommes de l'art, parce qu'il présente plus d'unité et plus d'ensemble ; il a un aspect grave, sévère et antique qui s'harmonise bien avec le paysage qui l'avoisine et les restes de fortifications qui s'y relient ; aucun édifice ne l'entoure, le vallon solitaire qu'il domine lui communique quelque chose de son mystère et de sa mélancolie, et les vastes marais qui s'étendent devant lui et le laissent dans un isolement complet, ajoutent à la majesté de sa masse et à la grandeur de son élévation. Ce qui donne surtout l'avantage à cette façade, c'est qu'elle est à peu près dans son état primitif et qu'on n'y remarque que très-peu de retouches. Les fenêtres présentent une coupe et une ornementation très-heureuses ; presque toutes sont à lancettes géminées que surmonte une rosace polylobée extrêmement gracieuse. Les piliers butants et contreforts, couronnés simplement d'un toit à double égout ou pyramidal, soutiennent les arcs-boutants qui vont appuyer le sommet des murs de la grande nef, et servent de canaux aux eaux pluviales qui descendent des combles et sont rejetées au-delà des bas-côtés au moyen de gargouilles très-simples. Tout le grand comble est entouré d'une galerie bordée d'une balustrade qui se compose de petites arcades trilobées. La tour carrée qui s'élève au centre des transepts est aussi bordée d'une balustrade en quatre-feuilles. Elle a peu d'élévation et se termine par un toit pyramidal surbaissé. Les bas-côtés ne sont point surmontés de galerie, mais les chapelles du choeur sont environnées au sommet du mur extérieur d'un parapet qui a pu servir de défense, et derrière lequel on peut circuler comme dans les galeries de la grande nef. Les piliers butants, dans cette partie qui longe le choeur, sont plus massifs et ont quelque rapport avec ceux de la cathédrale de Chartres » ( L'abbé Brune, Archéologie religieuse, p. 251). Le côté méridional de l'église est le plus riche, le plus élégant et le plus varié d'aspect, mais il offre aussi des contrastes plus heurtés. Les contreforts et piliers butants sont décorés de colonnettes ; les clochetons des contreforts sont ornés de petits frontons aigus et de pinacles fleuronnés. Les fenêtres se composent de lancettes géminées que surmonte une rosace polylobée. Sur le flanc de ce bas-côté se trouve le petit porche appelé Porte épiscopale. Situé vis-à-vis l'entrée principale du château de Dol, il s'y reliait jadis au moyen d'une galerie couverte, ce qui permettait à l'évêque de se rendre directement de son palais à la cathédrale (M. Gautier-Bidan, Cathédrale de Dol). « Ce porche, très-simple à l'extérieur, est orné de riches sculptures à l'intérieur. L'entrée se subdivise en deux arcades portées par de légères colonnes ; celle du centre est octogone et couverte de coeurs en relief, ce qui a fait croire que ce petit édifice était dû à Etienne Coeuret, élu évêque de Dol en 1405. Mais nous croyons qu'on s'est trop préoccupé de la signification de ces coeurs et qu'on a oublié le reste de l'ornementation, qui n'a rien de commun avec celle du XVème siècle, où il faudrait rejeter la construction de ce porche. Nous croirions plutôt qu'il est à peu près du même temps que l'église, et que, s'il s'y trouve quelque chose du temps d'Etienne Coeuret, ce serait cette colonne ornée de coeurs et l'arcade géminée qu'elle soutient, et qui pourrait bien avoir été surajoutée postérieurement à l'arcade principale dans l'intérieur de laquelle elle est inscrite. Quoi qu'il en soit, deux ouvertures carrées, correspondant aux deux arcades extérieures, donnent entrée dans l'église. Au-dessus de ces portes on remarque une suite d'arcatures couronnées de rosaces et contenues dans deux arcades simulées. Les parois latérales sont également ornées d'arcades pleines, dont le sommet est enrichi de feuillages et d'ornements d'une admirable délicatesse sculptés en pierre blanche, mais malheureusement bien mutilés » (M. l'abbé Brune, Archéologie religieuse, p. 253. — Il y a, selon nous, beaucoup de rapports entre ces sculptures et celles de l'admirable cloître du Mont Saint-Michel, oeuvre incontestable du XIIIème siècle). Un peu plus loin et en saillie sur le même collatéral se trouve la salle capitulaire, qui n'offre extérieurement rien que de disgracieux. « Mais à l'entrée du transept s'élève un porche spacieux et d'un aspect imposant, ouvert sur chaque côté d'une large arcade divisée par des meneaux comme les grandes fenêtres du XIVème siècle, et ornée de voussures autrefois remplies de statuettes et de rinceaux, mais aujourd'hui dégradées et hideuses encore des traces que le vandalisme y a laissées. Les piliers des angles, terminés par des pyramides et des aiguilles, semblent avoir été consolidés par des faisceaux de colonnes trop pesants pour ne pas nuire à leur élégance. Une balustrade nouvellement refaite entoure la plate-forme » (M. l'abbé Brune, Archéologie religieuse). Ce grand porche est vraisemblablement l'oeuvre d'Etienne Coeuret, évêque de Dol de 1405 à 1429. La clef de voûte porte encore ses armoiries : d'azur à trois coeurs d'or posés 2, 1, accompagnées d'une crosse ; de plus, le porche est orné à l'intérieur d'une peinture murale qui reproduit les mêmes armes parlantes de ce prélat. Sur un fond jaune, des encadrements circulaires de couleurs variées renferment, les uns des lions ou des aigles, les autres des dragons ou des oiseaux : tous ces médaillons sont reliés entre eux par des coeurs d'or, et les vides sont remplis par de grandes fleurs de lys d'azur. Cette décoration, dit M. Ramé, qui l'a découverte sous le badigeon, simule une de ces tentures que l'on suspendait au moyen-âge le long des murs des cathédrales aux jours de fête (Bulletin de l'Association bretonne, III, 255). Au-dessus du grand porche « s'élève le pignon du transept, où l'on remarque une grande et belle fenêtre subdivisée en deux ogives supportant, entre leurs sommets, une large rosace ornée de trèfles disposés autour d'un cercle plus petit ; une autre baie, de petite proportion et en lancette, sert à éclairer les combles. Deux contreforts couronnés de légères pyramides se dressent des deux côtés du galbe, et, sur la pointe du fronton, on voit un ange qui semble veiller à la garde de la maison de Dieu. C'est la seule statue qui soit restée, au moins à l'extérieur. Les murs latéraux du transept sont percés de deux fenêtres, comme celles de la nef. Le choeur se prolonge ensuite avec les chapelles collatérales à peu près comme au côté Nord, mais ici les clochetons qui couronnent les contreforts sont ornés de petits frontons aigus et d'aiguilles terminées par une espèce de panache. Peut-être sont-ils un peu plus récents que ceux du côté opposé. En général, cette façade méridionale prête plus à la critique, et les diverses retouches qu'on y remarque rendent plus difficile le classement de chacune de ses parties. Il nous serait impossible de décrire la forme extérieure de la chapelle absidale terminant l'édifice à l'Orient ; elle est tellement enveloppée par les murs et maisons environnants, qu'on ne peut en suivre les contours. Mais entrons dans l'enceinte de la basilique, continue M. l'abbé Brune, c'est là surtout qu'est sa gloire, c'est là qu'elle offre un ensemble, une régularité et des proportions heureuses qui exciteront avec raison notre étonnement et notre admiration (Archéologie Religieuse, 155, 156). Comme dans toutes les grandes églises du même temps, les arcades, à Dol, donnant communication entre la nef et les collatéraux, sont surmontées d'un triforium ou galerie prise dans l'épaisseur du mur, et ornée de petites arcades soutenues par, des colonnettes d'une grande finesse et plus sveltes que dans beaucoup d'autres endroits ; puis d'un troisième ordre ou clérestory formé des grandes fenêtres encadrées entre les retombées de la voûte, et au-dessous desquelles règne dans toute la longueur de l'église une seconde galerie ou trottoir sans balustrade. Cette suite de travées se prolonge jusqu'au chevet de la basilique, qui n'est point de forme circulaire, mais droit et percé d'une large fenêtre ornée de rosace et de trèfles. Cette seule fenêtre a conservé sa riche verrière, où l'on voit représentés dans une suite de médaillons polylobés plusieurs sujets intéressants de la vie de la Sainte Vierge et de saint Samson, et dans les compartiments du sommet de l'arcade, la résurrection des morts et le jugement général. On attribue ces vitraux au XIIIème siècle, et, en effet, ils sont, comme tous ceux de cette époque, plus remarquables par l'harmonie et la fermeté des couleurs que par la pureté du dessin et les effets de détail ». Une particularité intéressante dans les piliers de la nef semble prouver qu'ils remontent au-delà du XIIIème siècle et qu'ils appartenaient à la cathédrale brûlée en 1203. Ces piliers sont cylindriques et garnis de colonnes cantonnées en croix ; mais les colonnes qui font face à la nef et au bas-côté se détachent complètement du pilier depuis le bas jusqu'à la voûte ; elles ne supportent rien, ne sont assujetties que par intervalles au moyen de barres de fer, et paraissent avoir été ajoutées après coup. Ces colonnes sont annelées, c'est-à-dire divisées dans leur hauteur par des renflements ou anneaux qui ajoutent à l'élégance de leur fût, trop maigre pour sa hauteur. Ne quittons pas cette nef sans remarquer le nouveau jeu d'orgues inauguré en 1877, et qui a remplacé d'autres orgues signalées comme étant déjà anciennes en 1575. Les transepts partagent la cathédrale de Dol en deux parties à peu près égales. Au centre s'élève une tour carrée reposant sur quatre gros piliers revêtus de colonnes légèrement engagées qui soutiennent quatre grandes arcades. « Ces massifs si solides n'ont pourtant rien de lourd ni d'écrasant ; leur élancement et leurs faisceaux de colonnes dissimulent leur grosseur et les mettent en harmonie avec les autres parties de l'édifice ». Au Nord du transept, dans la chapelle dédiée autrefois à Notre-Dame de Pitié, se trouvent le magnifique tombeau de l'évêque Thomas James et celui de Jean de Bruc, un de ses prédécesseurs, dont nous avons déjà parlé. Au milieu des transepts et à l'entrée du choeur se dressait jadis un jubé orné de statues, précédé de deux autels et revêtu au XVIème siècle de boiseries sculptées par ordre de François de Laval. Cette intéressante tribune fut démolie en 1792 (M. Gautier-Bidan, Cathédrale de Dol, 56). Le choeur où nous entrons maintenant est formé de cinq travées semblables à celles de la nef, si ce n'est que les chapiteaux sont plus ornés. « Ce ne sont plus seulement, comme dans la nef, de longues feuilles dont la pointe se roule en forme de volutes, mais des bouquets de différentes plantes et de feuillages variés, sculptés avec une finesse, une netteté et un relief d'autant plus remarquables que les chapiteaux comme les bases sont en granit dur et compact » (Archéologie Religieuse, 262). En 1410, l'évêque Etienne Coeuret fit placer autour du maître-autel des colonnes de métal surmontées d'anges adorateurs ou portant les instruments de la Passion, et ornées de ses armoiries. Ce fut à un artiste de Rennes, nommé Pierre Picart, que ce travail fut confié. Adossée à cet autel se trouvait alors la grande châsse renfermant les reliques de saint Samson, placée sous un baldaquin ; au-dessus de l'autel se dressait une crosse, à laquelle était suspendu un ciboire ; c'est ce que nous apprend l'Inventaire de 1440 : « une couppe d'argent couverte pendue sur le grant aulter où est Corpus Domini ». Ce ciboire était lui-même renfermé, « comme un battant sous son timbre », dans une espèce de cloche « d'un dessin magnifique », disent les contemporains, oeuvre d'un artiste de Rouen, nommé Tarlé. Enfin, des tentures et des parements d'étoffes précieuses garnissaient cet autel (nota : Un Inventaire de l'église de Dol en 1400 mentionne « due cortine serice ab utroque capite altaris ; — una magna cortina serica rubei coloris ante altare in quadragesima ; — pannus serici rubei ad tegendum altare »). En 1744 ce bel autel du moyen-âge fut détruit, et l'on en retira 1.375 livres de métal ; on fit ensuite construire un nouvel autel par des marbriers de Laval, auxquels on paya 1.150 livres de simple main-d'œuvre (M. Ramé, Archéologie bretonne, I, 261) ; il fut surmonté d'une crosse en bois, en souvenir de l'ancienne suspension, mais on y fit un tabernacle. En 1878, ce dernier autel a été lui-même remplacé par un autel de marbre blanc enrichi d'émaux et de bronzes dorés, vrai chef-d'oeuvre d'élégance et de bon goût. Le choeur était jadis rempli de tombeaux. Là reposaient les évêques Etienne, décédé en 1265 ; Jean Mahé, décédé en 1279 ; Thibaud de Pouancé, décédé en 1301 ; Thibaud de Moréac, décédé en 1312 ; Etienne Coeuret, décédé en 1429, et François de Laval, décédé en 1555. Le Chapitre de Dol fit, en 1742, raser tous ces monuments funéraires ; il fit placer un pavé neuf et y fit mettre deux inscriptions commémoratives des évêques Etienne Coeuret et Jean du Bois, quoique ce dernier n'eût point été inhumé dans le choeur. Nous avons précédemment décrit tous ces tombeaux ; disons seulement que le pavé de 1742 vient d'être refait, en 1877, avec de beaux marbres et beaucoup de goût. En même temps qu'il relevait ce dallage, M. le curé-archiprêtre de Dol réparait aussi les stalles, attribuées par quelques-uns au XIVème siècle, et au milieu desquelles se dresse le beau siège épiscopal armorié du blason de François de Laval, qui le fit construire au XVIème siècle. Parmi ces stalles on remarquait autrefois celle du grand-chantre, que M. de Civille disait, en 1714, devoir « être tapissée et surmontée d'un petit dais, à cause de sa dignité cantorale », et celle prétendue par le seigneur de Beaufort en Plerguer. Cette dernière stalle était ornée de l'écusson de Guillaume de Châteaubriant, seigneur de Beaufort et du Plessix-Bertrand, de gueules semé de fleurs de lys d'or, et se trouvait la seconde après celle de l'évêque ; derrière était un autel où l'on devait dire deux messes par semaine pour le seigneur de Beaufort. Mais il paraît que cette fondation tomba en désuétude, car en 1666 M. de Forsans, acquéreur de la terre de Beaufort, étant venu au choeur de la cathédrale de Dol prendre place dans sa stalle, les chanoines protestèrent contré cette prise de possession (Terrier de Châteauneuf – Registre capitulaire). Enfin, le prieur de l'Abbaye-sous-Dol prétendait aussi avoir droit à une stalle d'honneur dans le choeur de la cathédrale, et Jacques Cousinot, titulaire de ce prieuré, l'occupait encore en 1658. De chaque côté du choeur, des chapelles de forme carrée et voûtées en pierre, comme les nefs, correspondent aux travées du sanctuaire. Au Midi ce sont celles de Sainte-Marguerite, Saint-Joseph, Saint-Antoine, Saint-Prix et Saint-Denis ; au Nord celles de la Sainte-Vierge, de Saint-Gilduin et Saint-Méen, de Saint-Gilles et du Sacré-Coeur. Autrefois, la paroisse du Crucifix se desservait dans la chapelle de la Sainte-Vierge, qui a deux fois la grandeur de ses voisines. Aujourd'hui, un bel autel du Crucifix, rappelant la paroisse de ce nom, vient d'être placé dans une des chapelles méridionales. Reste enfin la chapelle absidale dédiée à saint Samson, et digne d'être examinée avec soin. Elle est plus spacieuse que les autres chapelles, se termine par trois pans coupés et présente trois belles fenêtres. M. de Caumont, a cru voir des marques de raccord à l'endroit où elle se réunit au choeur, ce qui lui a fait penser qu'elle pouvait bien n'être que du XIVème siècle. C'eût probablement été, dans ce cas, l'oeuvre de l'évêque Jean du Bois, mort en 1324, dont le tombeau monumental s'y voit encore. Nous avons décrit cette sépulture, qu'on a bien à tort désignée sous le nom de tombeau de saint Samson ; rien ne rappelle, dans la cathédrale de Dol, le sépulcre du saint évêque son fondateur, et cela se conçoit bien, puisque le corps de saint Samson fut transféré de Dol à Orléans au IXème siècle, et qu'il ne reste pas de trace de la cathédrale primitive de Dol. D'ailleurs, les reliques de saint Samson, rapportées à Dol à la fin du Xème siècle d'abord, puis en 1223, furent alors déposées non point dans la chapelle absidale, mais dans le choeur même ; elles étaient renfermées dans une châsse placée, comme nous venons de le dire, derrière le maître-autel, sous un édicule en forme de dais. De nos jours, la chapelle de Saint-Samson a été l'objet d'une bonne restauration ; elle contient encore les tombeaux des évêques Antoine Revol, décédé en 1629 ; Mathieu Thoreau, décédé en 1691 ; Jean de Bouschet de Sourches, décédé en 1748, et Jean-François Dondel, décédé en 1767. Mathurin de Plédran, décédé en 1521, fut aussi inhumé dans cette chapelle, mais sa sépulture n'est plus reconnaissable. Terminons cette description en disant que toutes les fenêtres de la cathédrale de Dol viennent d'être réparées avec soin vers la fin du XIXème siècle ; on y a restauré autant que possible les vieilles verrières, et l'on a placé de nouvelles grisailles qui renferment, entre autres sujets, les armoiries d'un grand nombre d'évêques de Dol ; plusieurs chapelles ont été également restaurées avec beaucoup de goût. Telle est à peu près, dans son ensemble et ses détails, la cathédrale de Dol, que l'on voit encore avec plaisir après avoir visité les plus magnifiques de France, et dont M. Mérimée disait, il y a quelques années : « C'est un grand et noble édifice qui ferait honneur à une ville beaucoup plus importante. Outre le mérite très-réel de son architecture, elle se distingue encore par cette circonstance fort rare, que presque tout le monument semble avoir été exécuté sur le même plan, et l'on serait tenté de dire par les mêmes ouvriers » (Notes d'un voyage dans l'Ouest – Archéologie religieuse, 266). Maintenant, si l'on nous demande au moyen de quelles ressources put être construit le magnifique édifice que nous admirons à Dol, nous répondrons qu'il faut placer au premier rang les libérales générosités des fidèles, auxquelles vinrent se joindre les revenus de la fabrique et les dons des évêques et du Chapitre. Les anciens Statuts diocésains nous montrent, en effet, les prélats dolois stimulant sans cesse la dévotion de leur peuple envers l'église Saint-Samson ; ils exhortent tous leurs diocésains à venir au moins une fois l'an visiter leur cathédrale et à y déposer quelque offrande dans des troncs placés à cet effet ; ils leur conseillent de faire dans leurs testaments quelques legs en faveur de la fabrique de Saint-Samson ; ils ordonnent aux recteurs et aux chapelains de toutes les paroisses et chapelles de faire des quêtes pour l'église-mère du diocèse, et ils défendent toute autre quête dans les églises paroissiales sans leur autorisation (Recueil de Statuts cité par  M. Gautier-Bidan – Cathédrale de Dol, 37). Pendant qu'ils imploraient ainsi les charités des fidèles, les évêques de Dol donnaient eux-mêmes l'exemple de la générosité, comme nous avons eu l'occasion de le faire remarquer, et les noms de Thibaud de Pouancé, Jean du Bois, Etienne Coeuret, François de Laval, etc., restent attachés à plusieurs parties du monument. La fabrique de Saint-Samson de Dol avait, comme celle de Saint-Pierre de Rennes, le droit d'annates dans tout le diocèse, et elle exerçait encore ce droit au XVIème siècle, comme le prouve l'attestation de Jean Jouyn « fabricqueur de la cathédrale de Monsieur saint Samson de Dol », en 1531, disant que la fabrique de Saint-Samson est « en possession immémoriale de jouir, prendre et avoir le droit d'annates sur tous et chacun les prieurés, cures et bénéfices, prébendes, chapellenies et autres bénéfices quelconques estant au diocèse dudit Dol, lorsque vacation y eschoit, scavoir les fruits de la première année de ladite vacance pour convertir et employer à la reparation et entretenement d'icelle église et fabrique dudit Saint-Samson de Dol » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 4 G, 1 et 186). De plus, tout chanoine et tout dignitaire du Chapitre payait à la fabrique, pour droit de chape, une somme fixée à 120 livres en 1783, lorsqu'ils prenaient possession de leurs prébendes (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 4 G, 189). Mais au siècle dernier le droit d'annates n'était plus exercé, et la fabrique de Dol était redevenue pauvre, comme le prouve sa Déclaration en 1790 que voici : 

Revenus de la fabrique de la cathédrale de Dol.

1° Dîmes et rentes hypothéquées...........................

1.622 livres

2° Rentes dues par le clergé de France, la prévôté et l'obiterie......

459

3° Rentes en blé et en argent...............................

805

4° Biens fonds...................................................

185

5° Casuel de la fabrique.......................................

915

                                                                                                                                 Total 3.986 livres

Les charges de la fabrique en argent montaient à. . ................. .......................                        859 livres

Restait pour l'entretien de l'église, de la psallette, etc............................                          3.127 livres.

Puisque nous venons de nommer la psallette, disons ici quelques mots de cet établissement. La psallette de Dol fut fondée en 1265 par l'évêque Etienne, qui institua quatre enfants de choeur devant assister notamment aux matines, à la grand'messe et aux vêpres de chaque jour, et dont les honoraires devaient être payés moitié par l'évêque et moitié par le Chapitre (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 994). Plus tard, les évêques de Dol attachèrent à la psallette les revenus des chapellenies de Saint-Ambroise, Sainte-Avoie et Saint-Luc. Ce fut Mgr Revol qui annexa les deux dernières, ainsi que la métairie de Saint-Luc ou des Landes, en 1614 (Archives départementales, 4 G, 118). Le Chapitre de Dol payait, en 1653, à Louis Portalier, prêtre et maître de psallette, 780 livres par an, « tant pour l'économie des enfants de choeur de la psallette que pour ses gages de musique ». A cette même époque, les enfants de la psallette de Dol étaient vêtus de robes rouges ou violettes, selon l'office du jour, d'aubes blanches par dessus, ornées de dentelles et de manchettes, de bonnets carrés et de capuchons, d'après la saison (Archives départementales, 4 G, 189 – Registre Capitulaire). En 1693, les enfants de la psallette de Dol étaient au nombre de six ; c'est ce que nous apprend la réception de Guillaume Doublet, prêtre, en qualité de maître de psallette ; il s'engagea : « à bien nourrir six enfants de choeur, leur enseigner la musique et le plain-chant, à veiller sur leurs moeurs, à desservir les chapellenies de Saint-Luc et de Sainte­Avoye (chacune de deux messes basses par semaine), et celle de Saint-Ambroise (de trois messes basses) ». Le Chapitre payait, en outre, un maître de latin pour enseigner cette langue aux enfants (Registre Capitulaire). Nous avons retrouvé le traité passé en 1783 entre le Chapitre de Dol et le dernier maître de psallette ; il va achever de nous dépeindre cette institution. Les charges de Clément Miette, maître de psallette à Dol, sont les suivantes : Montrer la musique aux « quatre enfants de choeur et le clavecin s'il se peut (il paraît qu'on était revenu au premier nombre d'enfants) ; — surveiller leur conduite religieuse, leur faire dire leurs prières, leur montrer le catéchisme, les accompagner à l'église, veiller à ce qu'ils approchent des sacrements ; — avoir une servante pour tenir la maison de la psallette et le servir lui et les enfants ; — veiller aux leçons que donnera aux enfants le maître de latin et surveiller leurs récréations ; — nourrir comme lui et à sa table les quatre enfants de chœur ; — toucher du grand orgue et du petit orgue, selon le degré de l'office ; — composer en musique les hymnes, Magnificat, messes, psaumes, Te Deum, motets et antiennes, selon l'usage de l'Eglise ; composer aussi en faux - bourdons et exercer les musiciens ; — observer une exacte résidence, etc. ». En échange, le maître de psallette avait droit à ce qui suit : « La jouissance de la maison de psallette, située au haut de la rue Ceinte et meublée par le Chapitre, — 48 livres pour les gages de la domestique, — 23 boisseaux de froment provenant de l'arrentement des biens de la chapellenie des Landes, en Baguer-Morvan, — 500 livres de rente faite par le Chapitre, —   28 livres d'honoraires pour la musique, — 300 livres pour toucher l'orgue, — 200 livres sur les bourses et chapellenies, —   36 livres pour la messe fondée par Mgr James, — enfin, une place au choeur et sa part dans les distributions faites à l'occasion des prises de possession des dignitaires et chanoines » (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 4 G, 189). Puisque nous avons abordé avec les enfants de la psallette la question du personnel de la cathédrale de Dol, continuons ce sujet. Au-dessous des dignitaires et des chanoines venait d'abord le recteur ou vicaire-perpétuel du Crucifix, qui desservait dans la cathédrale la paroisse de ce nom et qui se trouvait à la présentation du Chapitre et à la collation de l'évêque (nota : la paroisse du Crucifix fut supprimée en 1775 et réunie à celle de Notre-Dame). C'était ensuite les deux grands-chapelains ou vicaires-perpétuels du Chapitre ; l'un d'eux, siégeant au choeur dans une stalle méridionale, du côté de l'évêque, était pourvu par ce prélat, tandis que l'autre, occupant une stalle au Nord, était à la collation du Chapitre. Ils avaient été établis en 1252 par l'évêque Etienne, et ils servaient au choeur alternativement, à la semaine ; c'est-à-dire que pendant une semaine l'un devait commencer et finir toutes les heures canoniales et célébrer la grand'messe du Chapitre chaque jour au maître-autel, tandis que l'autre acquittait les fondations d'obits et d'anniversaires ; mais ce dernier n'était tenu qu'à la célébration de deux messes par jour ; s'il s'en trouvait davantage à acquitter, la troisième et les suivantes retombaient aux chanoines, qui devaient les dire ou faire dire (Pouillé de Dol – Archives départementales, 5 G, 108 – Bibliothèque Nationale, ms. lat. 17025). En 1575, les vicaires du Chapitre n'étaient encore que deux, mais les fondations se multipliant, il fallut augmenter leur nombre ; aussi au XVIIIème siècle y avait-il dans la cathédrale de Dol  « quatre offices de vicaires ou semainiers faisant l'office du choeur ad turnum, chacun en sa semaine ». Le premier de ces offices était conféré alternativement par l'évêque et le Chapitre ; le deuxième était à la collation du Chapitre, pleno jure, sans qu'il fût besoin du visa de l'évêque ; les troisième et quatrième étaient à la présentation du Chapitre et à la collation de l'évêque. Les revenus de ces offices étant peu considérables, les évêques de Dol annexèrent une chapellenie à chacun d'eux, savoir : aux trois premiers les trois chapellenies de la Sainte-Trinité, et au quatrième celle de Saint-Nicolas, toutes fondées et desservies dans la cathédrale (Mémoire rédigé en 1718 – Archives départementales, 4 G, 108). En outre, beaucoup de chapelains desservaient les autres chapellenies, fort nombreuses, fondées dans cette église ; on n'en comptait pas moins de trente-sept au XVème siècle, savoir : Saint-Nicolas, Saint-Michel, Saint-Gatien, Plusquepoix, Saint-Jean-l'Evangéliste, Sainte-Marie, Saint-Samson, Bazillé, autre Sainte-Marie, Saint-Thébaud, Saint-Martin, Sainte-Catherine, Saint-Yves, Saint-Méloir, la Trinité, Saint-Jacques, Legeart, autre Saint-Michel, Saint-Laurent, Sainte-Marguerite, le Saint-Esprit, Saint-Pierre et Saint-Paul, Sainte-Magdeleine, autre Saint-Laurent, Saint-Géran, le Clos-Anger, Tartifume, la Roche, Saint-Etienne, autre Sainte-Marie, autre Saint-Martin, Saint-Eutrope, Saint-Etienne évêque, Saint-Avoye, etc. Plus tard furent ajoutées celles de Sainte-Barbe, Saint-Luc, les Saints-Apôtres, Saint-Michel-le-Doré, etc., et la fondation des évêques Etienne Coeuret, Thomas James, etc. (Archives départementales, 4 G, 1 ; 5 G, 108). Le diacre et le sous-diacre du Chapitre jouissaient aussi de plusieurs autres fondations, telles que celles de Thomasse Le Roy et d'Eudes Brunel, son mari ; de Jean Catron et de Jeanne de France, duchesse de Bretagne, femme de Jean V (nota : le Chapitre de Dol célébrait des anniversaires pour plusieurs ducs de Bretagne et pour Philippe, roi de France, décédé en 1285, et Isabelle, sa femme). Enfin, le personnel de la cathédrale de Dol, en 1762, comprenait encore un sous-chantre, quatre bacheliers ou chantres-chapiers, un organiste ordinairement maître de psallette, les enfants de cette psallette, un sacriste, etc. Pour payer les honoraires des officiers du choeur, le Chapitre de Dol avait obtenu des évêques la jouissance des revenus de plusieurs fondations et chapellenies, dont il faisait acquitter les messes ; voici la Déclaration qu'il en fit en 1790. Ce tableau nous apprend quelles étaient les fondations dont il jouissait et ce qu'il devait payer pour l'entretien du bas-choeur.

Revenus des bourses et chapelles réunies servant à la dotation des
vicaires, diacre, sous-diacre et suppôts du choeur.

Chapelle de Mgr Etienne Coeuret. .........

Nombre de Messes.

62

Revenu.

188 livres

Chapelle de Mgr Thomas James.............

363

1.214

Chapelle Saint-Gilles de Bazillé..............

52

149

Chapelle Saint-Michel et Saint-Laurent..

3

52

Chapelle Saint-Gatien-le-Petit. .............

52

146

Chapelle Saint-Pierre et Saint-Paul........

52

105

Chapelle des Marguerites.....................

56

675

Chapelle des Magdeleines.....................

104

300

Chapelle de la Magdeleine des Jonchées..

52

257

Chapelle de Tardifume.........................                                  

12

54

Chapelle du Clos-Anger. .....................

52

300

Chapelle Saint-Yves.                                                           

104

700

Chapelle Saint-Gatien-le-Grand. ...........

52

165

Chapelle Saint-Sébastien.......................                                     

52

329

Chapelle Saint-Michel-le-Doré.......                                            

52

241

Chapelle de Plusquepoix.......................

52

176

Totaux.............

1.172

5.051 livres.

 

Les charges consistent en :

1° 363 messes à l'intention de Mgr James, à 1 livre l'une.......................................................

  363 livres

2° 809 messes dans les autres chapelles.......................................................

  606

3° Appointements des vicaires et gagistes.......................................................

2.866

4° Rentes payées à divers.......................................................

  458

5° Frais de régie ......................................................................

   167