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Bienvenue chez les Roscovites

ROSCOFF

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La commune de Roscoff (pucenoire.gif (870 octets) Rosko) fait partie du canton de Saint-Pol-de-Léon. Roscoff dépend de l'arrondissement de Morlaix, du département du Finistère (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de ROSCOFF

Roscoff vient du breton « ros » (butte) et « goff » (forgeron). 

Roscoff est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Plouénan ou Plougoulm (d'après Couffon). En fait, le territoire de Roscoff était autrefois partagé entre les anciennes paroisses de Saint-Pierre et de Toussaint (toutes deux aujourd'hui en Saint-Pol-de-Léon). Roscoff-Goz (le vieux Roscoff) appartient à la paroisse de Saint-Pierre.

C’est sur l’anse du Laber, donc à l’ouest, que fut fondé le bourg primitif de Roscoff ou Rosco-goz (Roscoff-Goz) comme en témoignent les ruines du hameau qui y subsiste ; dès l’époque gauloise il posséda une marine prospère qui faisait concurrence à celle des Vénètes au sud de la Bretagne. Mais cet essor fut ruiné par la conquête romaine, puis par les invasions Normandes dont il reste des traces jusque dans le type actuel roscovite. Pendant tout le Moyen-Age, Batz et Roscoff furent un enjeu très disputé entre la France et l’Angleterre, surtout au XIVème siècle en 1357, le château fort de Bloscon est pris, en 1374-1387 le vieux Roscoff est brûlé et détruit et ses derniers habitants affolés cachent leurs trésors. Son port est détruit en 1375 par le comte d'Arundel (capitaine anglais de Brest), puis reconstruit près de Kroaz-Baz (la Croix de Batz). On y a retrouvé aujourd’hui des pièces à l’effigie de Charles VI et du roi Edouard ; et ses alentours étaient le théâtre de glorieux faits d’armes : c’est ainsi qu’en juin 1403 une flotte de 30 navires réunie au Laber par l’amiral de Bretagne, Jean de Penhoët, remporte une victoire éclatante sur les Anglais au Cap Saint-Mathieu et leur prend 40 vaisseaux.

C’est du XVIème siècle que date la transformation du Vieux-Roscoff complètement détruit et dans un état lamentable aux dires d’un écrivain local du XVIIIème siècle, Pascal de Kerenveyer ; les hameaux situés à l’intérieur du pays : Garda-Léas, le Ras et le Kelen étaient entièrement délabrés. Les Roscovites reconstruisirent alors leur ville plus à l’est sur l’emplacement du port actuel dont la baie plus rocheuse offrait un abri plus sûr ouvert sur la rade de Batz, escale fréquentée ; il fallut du reste la combler en partie pour édifier l’église et les maisons [Note : La partie qui proprement fut comblée, était située un peu à l’ouest du port actuel (ou baie du Quélen), entre la pointe de la Croix jusqu’aux environ de la chapelle de Marie Stuart]. Et cela n’alla pas sans résistance de la part des Evêques, comtes de Léon, seigneurs suprêmes du pays et dont Roscoff n’était qu’une dépendance directe ; ils jalousaient la concurrence faite par cette simple succursale de leur église au port de Saint-Pol, Pempoul, moins bien situé sur la rivière de Morlaix, et qui s’ensablait déjà. Mais ils ne peuvent empêcher l’oeuvre entreprise, ni la création de Notre Dame de Croaz-Baz (Kroaz-Baz) qui commencée en 1515 à frais communs fut terminée en 1550 (M. Behr).

La lutte avec Saint-Pol reprit à propos de la construction du port lui-même, autorisée par ordonnance royale de Henri IV (vers 1631) ; à plusieurs reprises, Saint-Pol refusa de participer aux frais et il fallut que les Roscovites se réunissent en une véritable confrérie à la chapelle Saint-Ninien pour faire l’attribution des fonds perçus dans toute l’étendue de Saint-Pol à cet effet, sous forme d’une taxe sur les vins et liqueurs. Le projet primitif comportait un môle de 143 toises, mais ce fut seulement en 1623 que commencèrent les grands travaux qui furent terminés en 1649 ; le quai mesurait 90 toises de long sur 7 de large (175 m. 90 sur 12 m. 575) ; Saint-Pol n’y avait contribué que pour 500 livres par an sur une somme totale de 22.129 livres prévue en 1599 et qui fut dépassée. Les travaux reprirent en 1713, la tempête ayant emporté 7 toises de la jetée ; les Roscovites durent faire une avance considérable qui ne leur fut remboursée par Saint-Pol qu’avec une extrême lenteur, de 1718 à.... 1786 ! La réfection ne fut achevée qu’en 1743 ; le môle mesurait alors 143 toises sur une hauteur de 27 pieds du côté de la mer, et de 17 vers le port, avec une largeur de 44 pieds au sommet ; la masse même de cette digue imposante était faite de grosses pierres noyées dans le sable. Elle délimitait un bassin d’une superficie totale de 4 hectares, asséchant presque entièrement à marée basse, mais capable pourtant de donner asile aux vaisseaux des corsaires bretons ; la tradition n’était en effet pas perdue du hardi Primauguet, « l'épique » (Botrel), cet Hervé de Porsmorguer qui en 1513 se laissa couler héroïquement avec son navire « l'Etoile » (M. Behr).

Le 15 août 1548, débarque à Roscoff, une princesse de six ans, fiancée au Dauphin François, âgé de 12 ans : il s'agit de Marie Stuart (déjà reine d'Ecosse depuis 1542), fille de Jacques V, roi d'Ecosse et de sa seconde épouse Marie de Lorraine-Guise.

Vers 1600, Roscoff est érigé en trève de la paroisse de Toussaint et dépend de l'évêché de Léon. Roscoff est érigé en municipalité le 31 janvier 1790.

Les capucins construisent leur couvent entre 1621 et 1682 à l'écart de l'agglomération. Vauban signe les plans des forts de La Croix (détruit) et de Bloscon (1680).

On trouve les appellations suivantes : Rosgo (en 1427 et en 1489), Rosgoff (en 1539).

Port de Roscoff

Nota 1 : La création d’un marché à Roscoff, octroyé par décision royale, fut entravée jusqu’en 1789 par l’opposition de Saint-Pol ; il était en effet nécessaire aux équipages de se rendre à la métropole pour se ravitailler, d’où une perte de temps considérable, susceptible d’entraver l’essor du port. — Quoiqu’il en soit dès le début du XVIIème siècle, Roscoff était formé avec sa physionomie actuelle, et sa population issue d’un singulier mélange de races : gaélique, normande et même espagnole : ce qui explique en partie le caractère contrasté, aventureux, tenace, très débrouillard des habitants. La vieille étymologie celtique indique l’origine très ancienne du pays : Ros : promontoire et Cov ou Cof qui est un nom d’ermite breton [Note : Saint-Cof ou Cov fut en effet un de ces ermites qui vint évangéliser la Bretagne au Vème siècle ou VIème siècle] ; la nave [Note : Il sied de remarquer du reste que la direction de ladite nave varie avec l’emplacement des écussons. L’indice des relations avec la Méditerranée résulte de la présence du Croissant dans les armoiries de plusieurs familles roscovites de jadis et indice du lion Syrien (de profil avec tête de face) dans l’écusson des Kergoat, sires de Kerestat] qui figure sur les armes, voguant à l’ouest, montre assez avec quels pays Roscoff entretient ses relations habituelles : l'Espagne et surtout l'Angleterre gaëlique : Cornouaille et Ecosse. Une aristocratie d’armateurs s’est élevée, qu’indiquent les belles maisons délicatement ouvragées dont la plus célèbre est celle de Marie Stuart. On sait que cette princesse débarqua à Roscoff, à peine âgée de 8 ans (1548) pour venir se marier avec le Dauphin, futur François II ; elle fonda en souvenir de son heureuse traversée la chapelle Saint-Ninien. Deux siècles plus tard, un illustre descendant des Stuarts, Charles-Edouard, battu à Culloden, se réfugiait en France et débarquait à Roscoff en 1748 avec une petite troupe d’émigrés portant encore le costume écossais, parmi lesquels une femme, Marie Cameron, surnommée le « joli colonel » par le romanesque prétendant Jacobite. Ce dernier ne séjourna qu’un jour chez M. Prigent, de la Porte Noire, dans une maison située dans une petite rue voisine de l'Eglise. Dès le XVIème siècle, Roscoff était de nouveau assez riche pour tenter les pillards. Durant les guerres de Religion, le bandit La Fontenelle après avoir pillé Saint-Pol-de-Léon s’en prit à Roscoff en 1592 : cette affaire montre la curieuse utilité de caves très anciennes qu’on remarque encore sous la plupart des maisons du port. Nous laissons parler ici les annales Roscovites de Pascal de Kerenveyer, si intéressantes à tous égards : « Devers l’an 1592, le pillard Guy Eder, sieur de Fontenelle, après avoir saccagé une partie de la Basse-Bretagne, vint à l’improviste, avec grand renfort de mauvaises gens, tomber sur le port et hâvre de Roscoff lequel il dévasta et pillagea, pour ce que, disait-il, les principaux habitants tenaient pour le roi Henri le quatrième, et ne purent les habitants se défendre étant pris par surprise et beaucoup absents sur mer faisant trafic avec les Espagnols, donc eurent-ils à souffrir grandement leurs maisons pillagées et brûlées et un grand nombre de personnes occises et massacrées. Lors advint pourtant un fait remarquable et digne d’être transmis à nos descendants. Voyant, le sieur Christian le Pape, marchand armateur dudit Roscoff, les grandes horreurs et violences que se permettaient ces scélérats, résolut de défendre son bien si faire se pouvait ! C’est pourquoi ayant dans la rade de Bas deux vaisseaux à lui appartenant et prêts à partir pour l'Espagne eut soin ledit sieur d’y faire transporter sa femme et ses enfants, ainsi que ses richesses, et fit venir dans sa maison six de ses matelots desdits navires pour garnison, et puis barricadèrent ces braves gens portes et fenêtres de ladite maison, laquelle était bâtie au quartier de Quelen, et battue de la mer, et attendirent vaillamment l’approche de l’ennemi, ce qui ne tarda ; mais fut le sieur le Fontenelle étrangement ému de la réception qu’il eut à grands coups d’arquebuses et autres armes dont tombèrent plusieurs de ses hommes, ce qui le courrouça tellement qu’il résolut d’assiéger la maison, jurant de n’épargner aucun. Si donc il attaqua pendant 3 jours mais à grande perte. Or le quatrième jour, voyant le sieur Christian le Pape que tous les vivres étaient consommés, ne pouvait-il tenir plus tard jugea devoir déguerpir, mais non sans leur jouer un tour de sa façon et laisser un souvenir. Ainsi fit-il, sa maison étant sise au Quélen, avec vaste cave sur la mer, ouvrit les soupiraux de ladite cave, enleva le plancher couvrant celle dans le bas de la maison, et tout clos et bouché, se sauva la nuit venue avec ses 6 hommes, sains et saufs, et se réfugia sur ses vaisseaux à l'Ile de Bas ; venant la marée à monter, ouvrit les soupiraux et inonda la cave à grands flots, dont elle fut bientôt remplie. Poignant le jour, revinrent les brigands, lesquels ne trouvant résistance aucune, crurent avoir surpris les assiégés et les trouver endormis. Bientôt fut la porte enfoncée et se précipitèrent en grande masse dans la maison, espérant trouver précieux butin ; mais le plancher manquant sous leurs pieds ce qui ne pouvait manquer dans l’obscurité, et poussés par ceux du dehors tombèrent dans la cave pleine d’eau et se noyèrent plusieurs douzaines ; en ce même moment faisait Christian le Pape mette la voile au vent qui le poussa vers l'Espagne où il s’établit pour longtemps ; et avant su le Roi ce fait louangea le sieur Le Pape fort grandement et lui donna des éloges et avantages pour récompenser son zèle et son courage et le fit dédommager pour la perte de sa maison » (Copie conforme de ce document se trouve aux archives de Roscoff, illustré d’un portrait de Le Pape, fort curieux). L’épreuve fut sans lendemain et le port reprit son essor comme en témoignent de nombreuses fondations faites à frais communs : en 1573, création de l’hôpital réservé aux seuls Roscovites, gouverné par deux administrateurs élus sous l’inspection d’un bureau de 12 membres élus : il fonctionna ainsi durant tout l’ancien Régime. En 1598, érection d’une chapelle à l’hôpital, sous le vocable de Saint-Nicolas. En 1612, établissement de la Confrérie de Saint-Ninien, avec les statuts les plus propres à maintenir la paix et la prospérité dans la classe des négociants : vrai conseil municipal qui dura jusqu’en 1754. En 1622, établissement des Capucins à Roscoff ; les habitants leur donnèrent une fort belle propriété encore visible aujourd'hui. Entre temps d’ailleurs, Roscoff avait été dépouillé par Saint-Pol, toujours jaloux de quelques uns de ses plus anciens privilèges : en 1614, elle perd son député aux Etats de Bretagne et au XVIIIème siècle les juges de Saint-Pol imposent leur autorité à la place de ceux de Lesneven. En revanche, elle possédait depuis Henri II le droit d’avoir une compagnie d’arquebuses qui contribuait à la défense du port dès lors fortifié ; son enceinte était garnie d’une pièce de canon de 8 livres sur le quai, de 7 pièces et une couleuvrine au fort de Bloscon, de 12 pièces au fort Lacroix, de 3 pièces à l'Ile-de-Batz, de 2 pièces à l'Ile-de-Sieck ; de cette antique place forte il ne reste plus qu’un souvenir. En 1789, Roscoff comptait environ 2.000 habitants, y compris le village de Santec qui s’y trouvait rattaché ; il était desservi par un unique  chemin joignant Saint-Pol (M. Behr).

Nota 2 : Au point de vue maritime, Roscoff fut toujours un port de cabotage, mais la pêche était jadis plus active qu’aujourd’hui ; dès le XVIème siècle, les Roscovites montés sur des voiliers de 100 à 200 tonneaux s’en allèrent chercher la morue à Terre-Neuve et en Islande ; la pêche à la sardine fut également prospère mais sujette à des variations brusques et elle disparut à la fin du XVIIIème siècle. Le commerce extérieur portait surtout sur la morue exportée en Espagne, le blé et le lin très cultivés dans le Léon, les étoffes de laines tissées dans la région : crées et rosconnes, exportées un peu partout, même en Angleterre. Roscoff partagea longtemps avec son rival Morlaix le monopole de l’importation des graines de lin des pays du Nord en Basse-Bretagne. Les principaux ports avec lesquels Roscoff faisait son grand commerce étaient : « Cadix, Puerto de Santa Maria, Séville, Malaga, Alicante » (Hérubel), d’où l’on importait les vins, les mevrines, l’huile d’olive, les eaux de vie. La ressource essentielle de Roscoff sous l’ancien régime était en effet le trafic des eaux de vie, trafic clandestin, la fraude vers la côte anglaise. Les caves immenses s’ouvrant sur la mer servaient d’entrepôts où les liquides étaient embarqués nuitamment, pour être ensuite débarqués en tonneaux liés ensemble à proximité des côtes anglaises, d’où les contrebandiers venaient les chercher, les alcools étaient en effet frappés d’un droit très fort en Angleterre. Le même trafic se faisait pour le thé de la Compagnie des Indes. C’est ainsi qu’une seule maison pouvait manutentionner en cinq mois 1333 pipes d’alcool (1783) ; le chiffre total des expéditions pour une seule année allait à 4 M. de livres ; mais le trafic illicite et fructueux fut interrompu par le traité de commerce franco-anglais de 1786 qui allégeait les taxes sur les spiritueux français ; et seul, le Blocus Continental devait lui rendre temporairement quelque rigueur. Mais la fortune de Roscoff renaquit au XIXème siècle, sous une forme nouvelle : celle du trafic des légumes qu’elle garde encore actuellement. « En l’année 1828, l’on vit sortir du port désert une gabarre. A bord, 4 paysans dont l’un s’appelait Henri Olivier : dans l’étroite calle, des sacs d’oignons. La gabarre fit route vers la côte anglaise ; quelques temps après elle revint ; la calle était vide et les poches des paysans pleines de livres sterlings » (Hérubel). Une nouvelle marchandise de mer était trouvée, une ère nouvelle pour Roscoff commençait. Ce résultat fut lié à une transformation complète de l'économie du pays ; le blé qui déclinait au XVIIIème siècle, suivant le témoignage du voyageur anglais Arthur Young, fut remplacé par la culture des légumes pour laquelle le terroir s’était déjà révélé d’une merveilleuse fertilité ; il était depuis longtemps enrichi par les amendements de fucus et de goëmons, dont la coupe était permise, exceptionnellement dans le pays du Léon, jusqu’à 4 fois l’an sous l’ancien régime. M. Marcel Hérubel, professeur à l’école des hautes études, dans un travail très documenté a fixé les progrès de ce commerce qui s’étend au N. O., vers l'Angleterre, Veymouth, Plymouth, Southampton, au N. E., vers l'Allemagne, Brême et Hambourg, par le Havre, donc toujours par mer ; en même temps par voie ferrée vers Paris et le centre de la France ; dans ces dernières directions, il souffre un peu de l’existence du branchement indirect Morlaix-Roscoff et encore plus du prix excessif des transports en vigueur depuis une dizaine d’années. Au début du XXème siècle les exportations maraîchères s’effectuent sous 3 formes différentes, suivant la nature des produits : pour les oignons, les cultivateurs des environs (Plougoulm, Sibiril, Santec) forment des compagnies de 30 à 40 hommes chacune avec 2 ou 3 patrons ; ils affrètent une goélette et s’en vont vendre leurs marchandises en Angleterre, au détail, du 15 juillet au 15 décembre ; on assiste alors à une véritable migration saisonnière des hommes de la région. Ce rapport est naturellement considérable par suite du change et de la suppression des intermédiaires. Pour la pomme de terre, l’envoi se fait à la commission, tantôt sur des voiliers français de Paimpol et de Saint-Brieuc, ou par petits caboteurs à vapeur de Liverpool ou de Cardiff. Les espèces les plus cultivées sont récentes et très productives : up to date et duc d'Albe, cette dernière consommée aussi sur place : la saison va de Pâques à juin et la production totale atteignit en 1923 : 5.173 tonnes. Mais rien n’est curieux comme l’expédition du chou-fleur brocolie, récolté en avalanche dans toute la région de Saint-Pol aux marchés célèbres, d’où il est versé fin décembre, par charretées au port de Roscoff ; les commissionnaires anglais et allemands accourent alors et le bassin est plein de navires. La gare connaît elle-même une époque d’encombrement total ; en 1922-23 elle a expédié 23.105 tonnes de choux-fleurs ! L’hectare de terre de jardin atteignit, la même année à Roscoff, le prix de 45.000 francs [Note : Et ces chiffres ont encore augmentés depuis lors]. Rien n’est frappant comme de voir s’étendre, aux portes mêmes de la petite ville, ces champs de légumes dont la tête dépasse les murs de pierre sèche qui les entourent à la mode bretonne. Pour un pareil trafic, le port s’est révélé depuis longtemps déjà insuffisant, d’abord il faut compter avec la pêche : une trentaine de barques sloops et côtres qui récoltent par an une centaine de tonnes de poissons frais : congres, mulets, etc... et aussi la langouste qui est entreposée dans d’immenses viviers, une des curiosités du pays ; ils appartiennent aux mareyeurs et peuvent contenir 80.000 langoustes qu’on est obligées de surveiller pour empêcher les forts de dévorer les faibles ! Ils sont situées à la pointe de Bloscon (fermant l’entrée du port à l’est) où l’eau est la mieux renouvelée : socialement parlant les pêcheurs forment la classe populaire de Roscoff. Le port était resté sensiblement tel que nous l’avons décrit en 1786 ; il ne comprenait qu’un seul bassin, havre d’échouage de 4 m. 50 en vives-eaux, et 1 m. 50 en morte-eau. Le môle a 300 m. de long sur 12 m. de large ; en 1877 une digue, dite de Pen-ar-Vil, a été construite dans le double but de permettre aux pêcheurs d’aborder à demi-marée et de protéger à l’est l’entrée du port ; mais en 1912 on a entrepris un agrandissement sérieux ayant pour but la création d’un nouveau port au nord de l’ancien, avec un terre-plein soudé à la ville et à l’ancien port, de bonne largeur, une digue orientée ouest-est de 380 m. de long, et un bassin bien protégé ouvert à l’est parallèlement à l’ancien, d’une surface de 4 ha. 9 ; celle des quais atteindra 1 ha. et demi. Valeur des travaux environ 4 millions (M. Behr).

Port de Roscoff

 

Port de Roscoff

Nota 3 : L’avantage du nouveau bassin sera son tirant d’eau : 6 m. 30 et 3 m. 30, suivant la marée qui rendra plus rapide l’embarquement des légumes, denrées essentiellement périssables. Enfin, il est nécessaire de mettre pleinement en relief l’avantage de Roscoff comme station climatique, fort bien étudié dans un savant travail du docteur Bagot. Les variations de température sont très faibles : décembre-janvier 6° à 7° ; juillet-août 15° à 16° ; écart 10°, et les journées ensoleillés ne sont pas rares en plein hiver, même après les plus affreuses tempêtes. Les pluies sont également très uniformément réparties en toutes saisons avec maximum en septembre et en octobre comme dans toute la Bretagne. L’influence du Gulf-Stream a été souvent mise en cause bien qu’on croit plutôt aujourd’hui à l’action d’un courant côtier d’eau chaude ; mais le résultat est identique et ce climat est remarquable au point de vue thérapeutique médical pour les cas de tuberculose osseuse et de scrofule. Roscoff possède plusieurs plages dont la principale est celle de Rokroum ; elles attirent tout l’été de nombreux baigneurs qui trouvent place dans les hôtels et dans des villas. Un sanatorium pour enfants existe sur la presqu’île de Perarhidy qui ferme le Laber à l’ouest ; construit sur les plans du professeur Calmette il est alimenté par des dons et par le pari-mutuel : on y trouve salles d’opération et de plâtre, cure d’air sous forme d’un vaste promenoir qu’on couvre à volonté ouvert sur une plage ; on y roule les petits malades condamnés à l’immobilité ; les moins atteints sont placés dans un préven­torium établi au petit château de la Digue dans un parc où l’on a construit en outre une clinique pour adultes ; il existe également une clinique à Roscoff même, celle du docteur Lefranc, Boulevard de l’océan, Villa Kerléna ; ajoutons qu’il existe aussi un Institut d’hydrothérapie ouvert l’été et que soigne les affections de nature rhumatismale ; le sanatorium éloigné de 3 km. n’est pas pour les baigneurs de Roscoff un inconvénient (M. Behr).

Nota 4 : Roscoff est la patrie du grammairien Guillaume Quiquier (auteur du Dictionnaire et Colloques françois et breton, publié en 1626 ) et de l'abbé Roussel, recteur de Plounéventer au XVIIème siècle (auteur d'un dictionnaire breton-français).

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PATRIMOINE de ROSCOFF

l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz (1522), fondée par les marchands et armateurs de la ville de Roscoff en 1522. La construction de l'église n'est achevée qu'en 1545. L'édifice comprend une nef de trois travées avec bas-côtés et chapelles en ailes au droit de la seconde, nef séparée par un arc diaphragme d'une seconde partie comprenant deux travées avec bas-côtés et choeur terminé par un chevet plat. La cloche datée de 1642 porte l'inscription "François Helary sr du Pre et Ian Marzin sr de Launay procureurs de cette chapelle m'ont faict faire". La nef lambrissée, est éclairée par les baies des collatéraux qui comportent deux chapelles en ailes dans leur partie centrale. Le porche à la base de la tour est édifié vers 1550. Le tabernacle du maître-autel date de 1667 : il a été érigé par la Confrérie du Rosaire fondée le 21 novembre 1638. Le retable du maître-autel date du XIVème-XVIème siècle. Le retable de Saint-Pierre, à l'autel latéral nord, date du XVIIème siècle : dans ses trois niches, il abrite les statues de saint Pierre, saint André et saint Jacques. Le retable de l'autel des Vierges, date du XVIIème siècle : dans les niches, il abrite sainte Geneviève, sainte Barbe, sainte Catherine d'Alexandrie. On y trouve aussi un ancien retable du XVIIème siècle en albâtre (chapelle sud), sorti à la fin du XVème siècle ou au début du XVIème siècle des ateliers de Nottingham et qui retrace en sept bas-reliefs la Vie de Jésus. Les fonts baptismaux à dôme datent de 1690 et le baldaquin, qui est achevé en 1701, est semble-t-il l'oeuvre d'Alain Castel et Guillaume Level de Landivisiau. La chaire à prêcher, qui date de 1710-1711, est l'oeuvre de Jacques Lespagnol, maître sculpteur de Morlaix : le corps est en chêne et les panneaux sont en châtaignier. Sur l'escalier se trouvent trois panneaux : la Conception, la Présentation de la Vierge au temple, l'Annonciation. Sur la cuve se voient les quatre évangélistes. On y trouve un cadran solaire qui date du XVIIème siècle et qui porte l'inscription "Craignez la dernière". Le chapelet dit de Marie Stuart, en ambre et argent, date du XVIème siècle. L'église possède une Vierge en argent du XVIIème siècle (poinçons de Paris), deux ciboires en argent du XVIIème siècle, deux calices en argent du XVIIème siècle et un calice en argent du XVIIIème siècle. L'orgue, oeuvre de Thomas Harrisson et Robert Dallam, date de 1650. La tribune d'orgue date de 1606. Le buffet, oeuvre d'Yves Richard, date de 1649. Le tableau de "La Bonne Mort", oeuvre d'Alain Villemoro Bourisquen, date de 1702. Le tableau de Notre-Dame-de-la-Guadalupe date de la seconde moitié du XVIIème siècle. L'église abrite les statues anciennes de la Vierge-Mère, saint Jean en évêque et saint Jérôme ;

Clocher de Roscoff

Note 1 : De tous les monuments l’église est le plus remarquable ; elle répond tout à fait au type des églises bretonnes avec son enceinte sacrée qui entourait jadis le cimetière occupé actuellement par de fort beaux arbres ; ils mettent autour de l’édifice une couronne verdoyante ; l'enceinte est percée de 5 portes aux piliers quadrangulaires : trois d’entre elles correspondent aux entrées de l’église ; elle embrasse aussi deux ossuaires dont le plus remarquable, celui de gauche (quand on pénètre dans l’enceinte par la porte axiale), date de Louis XIII (il est classé monument historique) avec sa galerie en arcades ouvragées, et enfin le mausolée de Mme Dorothy Silburn, bourgeoise anglaise de Londres, surnommée la « mère du clergé Français » à cause de la protection qu’elle accorda durant la révolution aux prêtres « insoumis » réfugiés en Angleterre, avec l’aide de l’un deux, le dernier évêque de Léon Mgr de la Marche à qui elle donna asile dans sa maison, et qui mourut à Londres, le 25 novembre 1806. Il n’avait cessé durant son exil d’administrer de loin son diocèse et il avait fait distribuer grâce au comité qu’il présidait, plusieurs milliers de livres aux émigrés français. Mme Silburn vint en France plus tard, reçut une pension de Louis XVIII en récompense de ses bonnes oeuvres ; elle se fixa d’abord à Morlaix, puis à Roscoff où elle mourut à un âge avancé en 1820 ; un monument lui fut élevé par souscription du diocèse de Quimper : c’est une stèle carrée dont 3 des faces portent des plaques commémoratives en marbre blanc, celle du nord porte : « Dorothy Silburn, mère des pauvres de Roscoff, sa mémoire est en bénédiction » ; on remarque aussi que les trois côtés sont creusés de baies rectangulaires destinées à recevoir d’autres inscriptions, mais le gouvernement de Juillet arrêta les travaux, par scrupule politique sans doute ! Revenons à l’église elle-même ; nous sommes frappés d’abord par l’immense toit, descendant très bas pour protéger l’édifice de la pluie, toit relevé au-dessus des très hautes fenêtres dont le sommet s’y emboîte par des pans coupés, un peu comme au Kreïsker de Saint-Pol ; à l’intérieur nous ne sommes pas surpris de trouver la grande nef voûtée d'un simple berceau de bois : c’est la mode bretonne ; enfin ajoutons qu’il est impossible d’assigner au premier coup d’oeil à l’édifice une date précise : il est connu en effet que le gothique breton retarde de plus d’un siècle sur celui du reste de la France, pour des motifs faciles à comprendre ; et il est arrivé qu’on ait démoli certaines églises en cours d’exécution pour les conformer à un style nouveau : ainsi Notre-Dame de Croaz-Baz, construite de 1515 à 1550, est à la fois gothique et renaissance. A l’intérieur c’est un beau berceau droit sans transept vrais avec deux nefs latérales voûtées assez bas, le style général est Plantagenest, comme il arrive fréquemment dans l'Ouest et en Normandie : on remarque que les arcs ogifs très surbaissés entrent à pénétration directe dans les piliers massifs sans chapiteaux, les porches sont très sobrement décorés et l’église se termine par une abside à fond carré dont la large baie orientée à l’est concentre toute la lumière ; l’ensemble donne une grande impression de sobriété et d’élégance ; les fenêtres sont du gothique rayonnant, mais on observe des traces de Renaissance dans les remplages supérieurs souvent en anse de paniers ; les plus belles encadrent le portail principal surmonté d’une statue de la Vierge et des armes de la ville : un navire voiles éployées qu’on retrouve sur la façade sud et derrière la sacristie ; plus loin on voit un beau cadran solaire avec ces mot « Craignez la dernière » ; cette église est surtout curieuse par son clocher, dont on ne retrouve l’équivalent qu’au village assez voisin de Berven : encore ce dernier n’a-t-il pas la même variété architecturale ; celui de Roscoff présente la forme d’un véritable minaret arabe et plus exactement mauresque : la base est une tour massive épaulée de hauts contreforts ; il se continue par trois balcons successifs en encorbellements de plus en plus étroits et dont le support fait denticule ; les créneaux qu’on s’attendrait à voir à cette espèce de donjon [Note : « Il n’est pas dit que dans l’esprit des constructeurs qui élevaient l’église sur un rocher presque au ras des flots, le clocher n’était pas appelé à jouer éventuellement un rôle défensif. C’était sûrement une " tour de veille ". Le clocher porte noyé dans sa masse à mi-hauteur du corps principal deux canons de pierre braqués l’un vers la passe de l’ouest, l’autre vers la passe de l’est, inoffensifs, mais symboliques épouvantails »] sont remplacés par des galeries délicatement ajourées ; il sont réunis entre eux par des arcades en plein cintre et par des clochetons soudés aux 4 angles par des tirants de pierre couverts en coupoles rondes rappelant celle des mosquées ; ces étages de coupoles superposées se terminent par une lanterne ronde couverte de même manière. L’ensemble est d’une extrême légèreté, et malgré son étrangeté qui étonne au premier abord s’apparente étroitement à la lignée des clochers à jour de Bretagne. La décoration intérieure assez sobre se résume dans le maître-autel qu’occupe presque toute la largeur de l’édifice, richement orné à la fin du XVIIème siècle par les soins [Note : Il était l’arrière grand'oncle de l’auteur des Annales Roscovites ; la maison de sa famille construite en 1583 existe encore au XXème siècle non loin de l’église à l’orée de la route de Saint-Pol] de messire Le Hir de Penarpont, prêtre missionnaire et enfant du pays ; il porte un assez beau retable Louis XIII, oeuvre dit-on, d’un artiste hollandais ; d’ailleurs le style Jésuite triomphe dans cette partie de l’édifice ; signalons également à droite de l’entrée des fonts baptismaux en granit, et sous le porche très profond qui fait toute l’épaisseur du clocher, un bénitier d’origine gallo romaine ; à gauche de l’entrée un très beau retable en albâtre du XVème siècle, de provenance anglaise, retraçant les scènes du nouveau testament depuis la nativité jusqu’à l'Ascension avec des personnages et des costumes de l’époque de la guerre de cent ans ; (remarquer les armures des soldats anglais du temps de Jeanne d'Arc). Enfin le trésor est fort riche pour une simple paroisse (elle ne se sépara de Saint-Pol qu’en 1791) ; on y montre deux très belles custodes en filigrane d’argent [Note : Commandant Paqué, articles de la Dépêche du Finistère] qu’on attribue à un don de Marie Stuart, tout comme une vierge en argent ciselé, bien que ces trois objets soient du XVIIème siècle ; enfin un chapelet à grains d’ambre montés sur filigrane d’argent travaillé, cadeau de Marie Stuart aussi dit-on : en réalité fort beau travail hispano mauresque (M. Behr).

(voir des photos de l'église Notre-Dame-de-Croas-Batz) ;

la chapelle Sainte-Brigitte (XVI-XVIIème siècle), initialement un ancien ossuaire du XVIème siècle. Il s'agit d'un petit édifice, de forme rectangulaire, ouvert par six arcades ;

la chapelle Sainte Barbe (1617). Il s'agit d'un petit édifice rectangulaire édifié en 1619 "pour supplier la Divine Bonté de conserver par l'intercession de sainte Barbe le peuple du Minihy de Saint-Pol et celui de toute la chrétienté des invasions des pirates et d'autres ennemis de l'église". Le clocheton vient de la chapelle Saint-Sébastien. La chapelle abrite une statue de sainte Barbe et deux tableaux représentant le martyre de sainte Barbe et le supplice de saint Sébastien ;

la chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle (XVIème siècle). Elle est mentionnée par Cyrille Le Pennec au village de Lagat-Bran près de Mouster-Paul ;

la chapelle Saint-Nicolas (1574-1598), ancienne chapelle de l'hôpital située rue Brizeux. Il s'agit de la chapelle de l'hôpital fondée à Roscoff le 24 décembre 1574. La chapelle remonte à 1598 mais a été remaniée au XVIIIème siècle. Elle est décorée d'un navire (carvelle) au-dessus de la porte ;

Note : la carvelle sur façade occidentale est très bien conservé - l'étrave basse se termine par une courbe. Le château avant porte un beauprè et un mât de misaine. Une hune coiffe l'extrémité du mât. Le château arrière très incliné sur l'avant se prolonge par une voûte dominant le safran. Un fanal de poupe orne le couronnement. Le grand mât et le mât d'artimon portent une hune sous laquelle sont capelés les haubans munis d'enfléchures et un étai de hune.

Roscoff 

la chapelle Sainte-Anne (office du tourisme) (1640). Il s'agissait d'un édifice de forme rectangulaire complètement vidé par les Allemands pendant l'Occupation

l’ossuaire de l’enclos paroissial (1639). A l'ouest, se trouvent deux ossuaires transformés en chapelles, l'un du XVIème siècle, l'autre construit sous Louis XIII (remarquable par les deux niveaux d'arcatures à pilastres). Celui daté du XVIIème siècle a servi jadis d'école et, dès 1910, de chapelle de catéchisme. Il s'agit d'un monument de plan rectangulaire, ajouré sur deux faces par deux étages de baies et il ne comportait, avant son aménagement en chapelle, aucune porte ;

la chapelle du sanatorium édifiée sur les plans de Heuzé ;

l'ancienne chapelle Saint-Strignon ou Saint-Ninian (ou Saint-Ninien), aujourd'hui disparue. Il s'agit d'un édifice de plan rectangulaire ayant complètement disparu en 1932 lors de l'aménagement du port. Suivant la tradition, la chapelle aurait été fondée par Marie Stuart en souvenir de son arrivée en France. A signaler que Bourde de la Rogerie a produit deux actes mentionnant une assemblée du chapitre de Saint-Pol tenue en la chapelle de Monsieur Saint-Strignon au bourg de Roscoff, actes datés du 21 janvier 1538, donc antérieurs à la naissance de la reine (8 décembre 1542). En 1612, les commerçants de Roscoff avaient fondé dans cette chapelle une confrérie dite de "la Sainte Union" ;

Note 2 : L’édifice qui retient le plus d’attention après l’église, c’est en allant vers le port la chapelle Saint-Ninien, du nom de Ninianus, apôtre de la Calédonie (Ecosse), mort évêque de Whitehern, le 16 septembre 432. Marie Stuart, âgée de 8 ans, s’embarqua à Dumbartou (Ecosse) en 1548 et après 6 jours d’une navigation difficile, par suite du caprice des vents aborda à Roscoff où elle ne séjourna que peu de temps avant de reprendre la mer pour atteindre Morlaix où elle fit une entrée solennelle ; afin de perpétuer sa mémoire au lieu où elle avait pris terre on traça sur un rocher au-dessous de la chapelle qu’elle avait fondée, l’empreinte du pied qu’elle y avait posé ; ce rocher est aujourd’hui sous un remblai de terre au nord de l’édifice ; cette chapelle malgré l’état de délabrement où l’ont laissée les siècles et l’injure des hommes présente encore au début du XXème siècle des caractères architecturaux intéressants. « Elle a la forme d’un quadrilatère de 14 m. de long sur 6 m. 30 de large ; deux des faces de l’édifice font pignon d’angle sur la rue principale ; dans l’une d’elles regardant l’ouest est un portail à voussures en arc contrecourbé et surbaissé ; dans la façade opposée et au-dessus de l’autel s’ouvre une belle fenêtre à deux meneaux dont le tympan flamboyant est formé de 4 feuilles lancéolées. Chacune des façades nord et sud est percée d’une fenêtre restaurée de style ogival. Il suffirait d’un entourage convenable, d’un peu de verdure grimpant sur ces vieux murs pour mettre en valeur ces ruines dans leurs cadres de vieilles maisons du XVIème siècle, avec comme fond de décor la mer parsemée de rochers déchiquetés ». C’est bien notre avis, mais il manque à cette chapelle un toit qui suffirait à en protéger les vestiges des intempéries ; en tous cas par sa valeur architecturale, par les souvenirs qui s’y rattachent elle mériterait d’être classée comme monument historique, certaines initiatives à ce sujet n’ont pas encore donné de résultats. Il n’en est plus de même pour la maison où coucha Marie Stuart qu’on peut admirer tout près de là ; semblable à l’extérieur à toutes les autres, basse et trapue, elle est remarquable à l’intérieur par sa belle galerie du XVIème siècle, à six arcades en plein cintre ; derrière un jardin s’avance vers la mer comme la proue d’un navire et se termine par une élégante tourelle du XVIème à six ouvertures, probablement d’inspiration espagnole ? [Note : Elle semble bien du même style Renaissance que les 2 tourelles à coupoles du clocher à la hauteur de la 1ère balustrade]. Signalons en passant que des parties de certaines maisons à façade Renaissance et à petits miradors qui se remarquent auprès de l'Eglise sont de construction relativement récente. La curiosité de Roscoff la plus universellement connue au début du XXème siècle, c’est le grand figuier situé dans le vaste jardin de l’ancien couvent des Capucins, à l’entrée de la ville sur la route de Saint-Pol ; il fut planté en 1621. « Ces branches s’étendent horizontalement de part et d’autre d’un petit mur qui soutient les troncs ; cet arbre couvre 600 m2 de surface et il est soutenu par un grand nombre de piliers. Ce qui le rend fort curieux au point de vue botanique, c’est que l’arbre entier provient d’un tronc unique dont les drageons s’étendent horizontalement sur une certaine longueur presque au ras de terre se sont recourbés vers le sol pour y prendre racine. Ils ont formé ainsi de véritables troncs, issus des premiers auxquels ils restent liés par de véritables racines aériennes très volumineuses » ; bref une merveille végétale. Il produit annuellement une moyenne de 12.000 fruits. Il nous faut encore signaler le très fameux laboratoire de zoologie, fondé en 1872, par M. Lacaze-Duthiers (station de biologie marine) où se font toutes sortes d’expériences concernant la vie végétale et animale ; l’été une foule d’étudiants de l'Université de Paris viennent y travailler, augmentant ainsi la foule des baigneurs ; l’établissement possède une bibliothèque et un aquarium (M. Behr).

l'ancienne chapelle Saint-Roch et Saint-Sébastien, détruite au XIXème siècle. Cette chapelle avait été fondée en 1600 pour le service des pestiférés que l'on inhumait dans le cimetière adjacent ;

la croix de Roskogoz (XIIIème siècle) ;

d'autres croix ou vestiges de croix : Kerguennec ou Croix-de-Tonton-Job (1881), Roc'h-Zu (1925), la croix du cimetière de Roscoff (1951) ;

le manoir de Kerestat (XVIème siècle), restauré au XIXème siècle, édifié par la famille de Kerguvelen ou Kergoët, puis propriété de la famille de Kergoët (XVIème-1723, suite au mariage d'Anne de Kerguvelen avec Jean de Kergoët), de James de Portenoire, du comte de Marbeuf, et, au XIXème siècle, de la famille d'Herbais de Thun. Il est restauré en 1830, 1860 et en 1880. On y trouve, à proximité, un colombier et la chapelle dédiée à Notre-Dame de Bonne-Nouvelle ;

l'ancien manoir de la Digue ou château de Laber (1890). Il est édifié par la famille Laurent d'après les plans de l'architecte Girault. On y trouve de nombreuses tours et de nombreuses ouvertures. Devenue veuve, Marie Laurent, qui mourut en 1902, épousa entre temps le colonel Geoffroy. Aujourd'hui, l'édifice est la propriété du centre Hélio-Marin de Perharidy ;

une maison du XVIème siècle, située rue Amiral-Réveillère ;

la maison forte (XVIème siècle), située quai Charles-de-Gaulle ;

la maison Marie-Stuart (XVIème siècle) ;

la maison (XVIème siècle), située au n° 2 rue Armand-Rousseau. Une lucarne est datée de 1603 ;

la maison d'armateur (XVIème siècle), située place de l'église ;

la maison (1582 et XVIIIème siècle), située au n° 18, rue Albert-de-Mun ;

le fort de Bloscon (1694-1943) ;

la tourelle des Duons (1794) ;

la poivrière (XVI-XVIIème siècle), située rue Amiral-Réveillère ;

la thalassothérapie de Roc’h-Kroum (1899) ;

A signaler aussi :

l’ancien port de Roscoff (XVème siècle) ;

le port de Roscoff (XVIIème siècle) ;

la digue (1742) ;

l’aquarium de Roscoff (1872) ;

l'ancien couvent des Capucins, fondé en 1621 ;

un canon daté du XVIIIème siècle ;

l'ancien manoir de Creach-Heliez (XVII-XVIIIème siècle), édifié par la famille Héliez, d'origine hollandaise. Puis propriété de la famille Lambert ;

l'ancien manoir de Kergadiou (XVème siècle). Propriété de la famille du Val (en 1503), puis de la famille de Kersaintgilly ;

l'ancien manoir de Kerguennec (XVIIème siècle). Propriété de la famille Rolland (en 1619), puis de la famille Dagorne (en 1627 et en 1637) ;

l'ancien manoir de Kerradennec (XVIIème siècle). Propriété de la famille Marc'hec ou Marec, puis de la famille Sioc'han (en 1698) ;

l'ancien manoir de Landivinec (1888), édifié par Camille Thirion, de Versailles, et détruit en 1974 .

l'ancien manoir de Penanraz (XVIIème siècle), propriété de la famille Tribara ;

l'ancien manoir de la Porte Noire (XVI-XVIIème siècle). Propriété de la famille Jamet ou James (au XVIIème siècle), puis de la famille Prigent (en 1748) ;

l'ancien manoir de Rucat (XVème siècle), berceau de la famille Rucat. Propriété successive des familles Rucat (en 1443 et en 1534), Coetmenech et Kerlech (en 1642) ;

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ANCIENNE NOBLESSE de ROSCOFF

(à compléter)

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