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MACHECOUL

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La commune de Machecoul (pucenoire.gif (870 octets) Machikoul) est chef lieu de canton. Machecoul dépend de l'arrondissement de Nantes, du département de Loire-Atlantique. 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de MACHECOUL

Machecoul vient de mâchicoulis, élément d'architecture guerrière d'un château, ou encore du col de la Marche.

Au VIème siècle, Saint-Philbert (ou Philibert) fonde un premier monastère à Noirmoutier, appelé l'île d'Her. Peu après, l'évêque de Poitiers lui donne l'ancien établissement d'Anpennun pour y mettre d'autres moines. A la même époque, il y avait déjà une communauté religieuse importante à La Chaume, près de Machecoul. Mais si c'étaient les premiers chrétiens à s'installer dans la région, d'autres évangélisateurs étaient passés avant. On cite Saint Domnin d'Avrillée, martyrisé par les Romains en 285. Puis en 340, c'est l'infatigable évêque de Poitiers, Saint Hilaire. Peu après, Saint-Martin du Vertou après avoir fait disparaître Herbauges, ville de débauche, doit rencontrer meilleur accueil à Machecoul puisqu'on lui attribue la fondation du prieuré de Saint-Martin. L'île de Saint-Denis, dans le marais, aurait aussi abrité quelques moines vers la même époque.

Machecoul, qui s'appelait primitivement Oppidum Sancte Crucis, était jadis une place forte clef dans la protection des Marches. La terre de Machecoul est démembrée de Retz au XIème siècle. Les représentants de la première maison des seigneurs de Machecoul sont un ramage de Retz. Le fief de Machecoul, paroisse de Sainte-Croix, en qualité de châtellenie, fut tenu chronologiquement par les Machecoul et Thouars par mariage d'Aimery de Thouars et de Béatrix de Machecoul. L'origine de la ville de Machecoul se situe dans le quartier de Sainte-Croix, autour des ruines de l'église et d'une motte féodale. On disait au XIème siècle : la Ville de Sainte-Croix. Sur la motte féodale existait au Xème siècle un premier château défensif, modeste édifice sans doute en bois. Mais dès le XIème siècle, le sire de Sainte-Croix, abandonna cette retraite étroite pour faire construire plus au Sud, sur les bords du Falleron, une forteresse en pierres. Le château primitif "l'Oppidum de Machicolle" bâti vers 1083 par Gestin II de Rais (ou Gestin de Retz), fait place à la fin du XIIIème siècle au château actuel édifié par les Chabot et dont on voit aujourd'hui encore les ruines

En 1055, Harscoët, seigneur de Sainte-Croix, permet à l'abbaye Saint-Sauveur-de-Redon d'installer sur ses terres un prieuré qui remplace un sanctuaire dédié à la Vierge et fondé par les disciples de Saint-Philibert (ou Saint-Philbert) vers la fin du VIIème siècle. Les moines y trouvent deux chapelles, l'antique Notre-Dame de Pitiè (qui deviendra par la suite la chapelle de l'abbaye Notre-Dame de la Chaume) et la chapelle Saint-Jean-Baptiste (appelée par la suite église Sainte-Croix et qui devint le centre paroissial). Auparavant ces deux édifices étaient desservis chacun par un chapelain. Ces chapelains cèdent la place à 4 religieux conduits par leur prieur Justin, qui commence la construction d'un prieuré. Ce prieuré est transformé en abbaye (abbaye Notre-Dame de la Chaume) vers 1092 et près de l'église est construit un cloître roman. Vers 1055, les moines aménagèrent les marais en construisant des digues, d'îles en îles (îles St Michel, St Denis, Gaudin, Chauvet). On trouve à nouveau le nom de Machecoul l'an 1083, dans un acte de donation faite par le sire de Retz aux moines de Cheméré. Celui-ci donnait droit de péage et de tonlieu sur toutes ses terres, " sauf sur la ville de Machecoul ". Il y a aussi un acte de la même époque dans lequel le sire Gestin de Retz, cède à Pierre abbé de Tournus (Saône-et-Loire) une parcelle de terre pour y établir une fondation pieuse qui n'est autre que le prieuré de Saint-Blaise, dont il reste encore quelques pans de mur. Gestin de Retz meurt en 1093 et il est alors qualifié de Seigneur de Machecoul. Vers 1100, la famille des Chabot construit le premier château défensif de Machecoul qui consistait en une grande tour construite sur une butte de terre artificielle. Vers 1095, Dame Béatrice fait don d'un terrain qui sera réservé aux marchands. Sur ce terrain, on construit la cohue, à l'emplacement des halles actuelles. Le domaine proche du seigneur de Machecoul comprenait outre le château : la motte de Sainte-Croix, les halles, l'auditoire et la prison. Le seigneur avait droit de haute justice, de chasse et de pêche.

Le fief de Machecoul, paroisse de Sainte-Croix, fut tenu chronologiquement par Alix Ière de Thouars (duchesse de Bretagne), Olivier de Dreux (fils de Pierre Ier Mauclerc de Dreux, qui pris les nom et armes de Machecoul), Chabot (par acquisition après le décès de l'héritière de la branche aînée de la maison de Rais, de Gérard Chabot, en 1528 - sous les Chabot, les seigneuries de Retz et de Machecoul sont réunies), Laval (par mariage de Jeanne Chabot et de Foulque de Laval), Chauvigny, Tournemine, Annebaud (par mariage, de Françoise de Tournemine et de Claude d'Annebaud), Gondy, Bonne de Lesdiguières, Cossé (duc de Brissac), Neufville de Villeroy et Brie de Serrant. Au début du XIVème siècle siècle, pendant la guerre de Flandre, Jean de Machecoul fait parti de l'ost du duc.

L'un des seigneurs de Machecoul, au début du XVème siècle, est Gilles de Rais. Gilles de Rais qui naquit à Champtocé, fils de Guy II de Laval (baron de Rais, petit-neveu de Du Guesclin) et de Marie de Craon, fut Maréchal de France à 20 ans et ancien compagnon de Jeanne d'Arc. Il est arrêté par Jean de Malestroit, évêque de Nantes. Jugé à Nantes, il est condamné à être pendu puis brûlé vif en 1440 pour ses nombreux crimes. En 1472, durant le conflit de la Ligue du Bien Public qui opposa notamment François II de Bretagne à Louis XI, le château et la ville de Machecoul tombèrent aux mains des Français qui venaient de brûler Bouin. En octobre 1588, le roi de Navarre, le futur Henri IV, se contenta de passer au large du château de Machecoul d'où le duc, Charles de Gondi, fit tirer contre lui un coup de couleuvrine plutôt symbolique, ce qui n'empêcha pas le Béarnais de s'emparer des châteaux de Loyau (en Fresnay), de Beauvoir, de Prigny et du Collet.

Au cours des siècles, Machecoul eut deux paroisses : Sainte-Croix et la Trinité. Cette dernière se trouvait davantage dans le centre de la ville, si bien qu'elle prit de l'importance et qu'après la Révolution, Sainte-Croix fut délaissée. 

On rencontre les appellations suivantes : Machecollum (en 1083), Machicol (en 1100), Machicollum et Machico (en 1160), Machecou (en 1206), Maicheco (en 1292) et Machecolys au XVème siècle.

Note 1 : Machecoul est la capitale du duché de Retz à partir de 1581, c'est-à-dire, en gros, l'espace compris entre la Loire, la baie de Bourgneuf et le lac de Grandlieu. Au début de la féodalité, on disait la baronnie de Raiz ou de Rez, mais elle fut érigée en duché par Henri III, puis confirmée en ce même titre par Louis XIII. Nous ne donnerons que les principaux noms des familles qui en furent titulaires. Tout au début les Gestin et Harscoët qui fonda l'abbaye de La Chaume. Son fils Raoul de Machecoul entreprit le pèlerinage en Espagne. Puis, par les femmes, la baronnie entra plus tard dans la famille Chabot qui construisit le château. Jeanne Chabot partageait son temps entre le château de Princé et celui de Machecoul. Son frère Girard Chabot (1341-1377) était un compagnon d'armes de Du Guesclin et d'Olivier de Clisson. En 1367, Girard Chabot fit au duc de Bretagne Jean IV son serment de fidélité. En avril 1367, il est compagnon d'armes d'Olivier de Clisson. En 1367, lorsque éclate la guerre entre Charles VI et Edouard III, Girard Chabot rejoint Du Guesclin à la tête d'une compagnie composée de ses parents dont Bruno de Laval, Alain de Saffré, Jehan de Châteaubriant et de 76 écuyers. Ils se distinguèrent au combat de Pontvallin, au Maine en 1370. Son nom se rencontre encore en 1375 et en 1376 sous les ordres d'Olivier de Clisson. Il est aussi présent à la prise d'Auray en 1377, peu avant sa mort. C'est Guy de Laval, petit-fils de Jeanne Chabot qui hérite de la baronnie. Son fils aîné fut le célèbre Gilles de Retz, compagnon de Jeanne d'Arc, maréchal de France, dont la fin tragique en 1440 causa un scandale retentissant. La fille de Gilles de Retz et de Catherine de Thouars, hérita du domaine. Elle épousa à Tiffauges en 1442, Prégent de Coëtivy, amiral de France, mort en 1450, puis épousa l'an d'après André de Laval. C'est par héritage que la baronnie revint à Albert de Gondy (né à Florence en 1522), maréchal de France, qui vit son domaine érigé en duché en 1581. En effet, il épousa Claude Catherine de Clermont, veuve sans enfants et légataire de Jean d'Annebaut (ou Annebaud) qui avait été baron de Retz. Sa veuve avait hérité de la baronnie à la mort de son mari. La baronnie fut érigée en duché-pairie par Henri III par lettres patentes données en novembre 1581. L'enregistrement de ces lettres fut fait le 20 mars 1582. Albert de Gondi devint ainsi pair de France et le premier duc de Retz. Le duché unissait les châtellenies de Machecoul, Prigny, Bourgneuf, La Benaste, Pornic, Princé, Vue, Arthon, Legé, Bois-de-Céné, Les Huguettières (en La Chevrollière) et autres lieux. Ce fut Henri de Gondy qui succéda à son grand-père en 1596. Le duc de Retz épousa Jeanne de Scépeaux, fille du duc de Beaupréau. Le successeur Pierre de Gondy mourut en 1676 et sa veuve en 1677. En 1675, Paule Marguerite de Gondy, héritière du domaine, épouse François de Bonne de Créquy, duc de Lesdiguières, dont elle resta veuve en 1679. Elle mourut en 1710 à 71 ans. Nicolas de Neuville, duc de Villeroys, petit fils de Marguerite de Gondy hérita du duché de Retz. Le duché est vendu en 1778 au marquis de Brie-Serrant. Ce dernier ne garda que Machecoul et Pornic, et rétrocéda à René Montaudouin, les fiefs de La Clartière et des Huguetières, à Jacques Imbert, le fief de La Choltière en Paulx. Il vendit également des terres nobles à Félix Dubois de La Patelière, puis à Jean-Baptiste Richard de La Roulière ;

Note 2 : la confrérie du Saint-Sacrement s'installe dans la paroisse de Sainte-Croix en 1622 et la confrérie du Saint-Esprit s'installe dans la paroisse de la Trinité vers le XVIème siècle. Les soeurs du Calvaire qui étaient venues s'installer à Machecoul le 16 septembre 1692 sont incarcérées à la Visitation de Nantes, puis dispersées durant la Révolution. A la même époque les soeurs de la Sagesse, qui s'occupaient des malades et des petites filles durent s'enfuir.   

Note 3 : liste non exhaustive des recteurs, curés ou pasteurs de la paroisse de Machecoul : Guigonus (en 1075), Morentinus (en 1095), Gaufridus (en 1152), Rollandus (en 1160), Alcuinus (en 1207), Albinus (en 1246), Etienne Loiseau (en 1350), Pierre Guittoneau (en 1405), Guillaume Mathieu (en 1412), Yves Le Glorieux (en 1447), Jehan Carcouet (en 1487), Jehan de Perau (en 1513), Guillaume Maubec (en 1550), Pierre Le Gallo (en 1565), Jean Tirier (en 1569), Michel Labbé (en 1590), Pierre Pellerin (en 1595), Jean Chantreau (en 1600), Mathurin Guibourt (en 1610), Gaspar Chahut (en 1614), Charles de Beaumont (en 1624), Pierre Coussais (en 1638), Honoré de Lestre (en 1663), Jean le France (en 1670), Jean le Coussic (en 1679), Jean Dubos (en 1687), Joseph Mehat (en 1688), G. Boudazin (en 1689), Louis Meslier (de 1725 à 1762), Jean Dubois (de 1762 à 1771), Rolland Hervé de la Bauche (de 1771 à 1793), Clair Massonnet (de 1803 à 1813), François Massonnet (de 1813 à 1817), Pierre Grégoire (de 1817 à 1820), Alexandre Lescan (de 1820 à 1826), Alexandre Tolle (de 1825 à 1846), Jean-Baptiste Bouron (de 1847 à 1876), Henri Lavigne (de 1876 à 1904), Jean-Marie Leroux (de 1904 à 1945), Auguste Baconnais (de 1924 à 1945), Yves Burban (de 1945 à 1953), Eugène Letertre (de 1953 à 1973), Henti Loiseau (à partir de 1973), etc ... Roland Hervé de La Bauche, recteur de la Trinité, en 1791 [Note : Accusé d'avoir provoqué un tumulte anti-constitutionnel le 27 mars 1791, il est arrêté, puis conduit sur le bateau " la Galiote Hollandaise ", et fut noyé en Loire le 16 novembre 1793, à l'âge de 67 ans]. L'abbé Simon Blanchard, curé de Sainte-Croix, s'expatria en Espagne et y mourut en 1800.

Note 4 : liste non exhaustive des maires de la commune de Machecoul : Au début de 1790, le maire fut Laheu, ancien lieutenant général du duché de Retz. Les officiers municipaux étaient Gry, Seigneuret, Lemeignen, Gaschignard, Berthuis, Baré, Baudry, Leretz. Le procureur de la commune était Gaviez et le secrétaire était Marchais. Peu après Laheu fut remplacé par Caviezel et Gaviez par Gry. On trouve ensuite Pierre Guilbaud, Gigault (jusqu'en 1801, date de son décès), Noëlat (de 1801 à 1812). Le conseil municipale, en 1807, comprenait entre autres : Noëlat, Tardiveau, Cailleteau, Fayolle, Dromery, Le Retz, Péraud, .... Jean François Réal est maire en 1812. Suivent ensuite Padioleau, Guilbaud, Padioleau (en 1830, avec pour adjoints Tardiveau et Jean Baptiste Cailleteau ). En 1832, c'est Cailleteau, puis Joseph Fouré (de 1834 à 1840), Alexandre Riou (de 1841 à 1860), Paul François, M. de La Biliais (à partir de 1872), MM. Dutertre de La Coudre, Théophile Bonneau, Tostivint (de 1946 à 1953), Jean de Grandmaison, M. Reliquet, ... 

Note 5 : Ont été notaires et procureurs fiscaux à Machecoul les familles Barré, Béthuis, Coussais, Fleury, Fortineau, Goullin, Laheu des Ayrauds, Leretz, Luminais, Musset, Merlet, Tardiveau, Vrignaud, .... Parmi les collecteurs d'impôts de rentes et redevances on trouve les familles Fougery, Cailleteau, Plantier, Marson, Paumier,..... Parmi les chirurgiens, médecins et apothicaires on trouve les familles Bodin des Plantes, Lemeignen, Rocquand, Musset, Brisson, Berrué, Fialdès, Faverox, Gaillard, Guibert, Mocquard, Mignot, ... Il y avait à Machecoul un bon vieux collège d'une grande renommée dont les directeurs étaient Chesnard, Daux, Gaschignard. Parmi les nobles apparaissent les Charette de Boisfoucaud, les Cornulier de La Caraterie, les Chardonnay de La Marne, les Imbert de La Choltière en Paulx, les de La Roche-Saint-André, ..... 

Note 6 : Les Gondi ont été les seigneurs du Pays de Retz, les "ducs de Retz". Il s'agit d'une famille originaire de Florence. Catherine de Médicis (1519-1589), originaire de Florence, devint la reine de France en épousant le roi Henri II et elle fut la mère des rois François II, Charles IX et Henri III. En venant en France, elle entraîna derrière elle un certain nombre de compatriotes de Florence, parmi lesquels Antoine de Gondi, seigneur de Peyron, qui vint en France en 1527. Son père s'appelait comme lui Antoine de Gondi et sa mère Hélène de Corbinelli. Il s'établit comme banquier à Lyon. Il avait épousé en 1516 Marie Catherine de Pierre-Vive, fille du seigneur de Lesigny et de Jeanne de Turin. La faveur de Catherine de Médicis valut à Antoine de Gondi la charge de premier maître d'hôtel du roi Henri II et Marie Catherine de Pierre-Vive, son épouse, devint gouvernante des enfants de France (François, Charles et Henri). Trois enfants naquirent dans leur foyer : Albert, Pierre et Charles. Albert de Gondi naquit à Florence en 1522 et fut au service de trois rois de France : Charles IX, Henri III et Henri IV. Les titres ne lui manquèrent pas : marquis de Belle-Isle, lieutenant pour le roy au marquisat de Saluces. Général des galères, colonel de la cavalerie française, généralissime des armées de Sa Majesté, capitaine de cent hommes d'armes. Grand chambellan et seul premier gentilhomme de la chambre du roy. Il fut gouverneur de Provence, de Metz et de Nantes. Le titre de gouverneur de Nantes lui est attribué en 1570 mais il ne fit son entrée à Nantes qu'en 1579. Il fut ambassadeur de France en Angleterre en 1572 avant de devenir maréchal de France en 1573. Il épousa Claude Catherine de Clermont, veuve de Jean d'Annebaud. Ses fils sont Charles, Henri, Philippe-Emmanuel et Jean-François. Albert de Gondi mourut en 1602. 

Note 7 : Avant la Révolution, il y avait sur la paroisse de Sainte-Croix, de nombreux établissements religieux : - la chapelle du Saint-Sépulcre, où sont déposés en août 1958, les restes des Bénédictines du Calvaire. - le prieuré de Saint-Blaise. - le prieuré de Quinquenavent, avec sa chapelle. - la chapelle de la Madeleine (route de la Forêt). - la chapelle de Notre-Dame des Dons (route de Bouin). - la chapelle de Saint-Denis (en plein marais). - la chapelle de la Clartière. - la chapelle du Coudray. - la chapelle de Saint-Michel (à l'île Saint-Michel). - le prieuré de Saint-Nicolas (à la place de l'hôpital). - le prieuré de Saint-Lazare. - le couvent des Capucins (aujourd'hui collège Saint-Joseph). - le couvent du Calvaire (aujourd'hui Maison de retraite). - l'abbaye Notre-Dame de la Chaume.

Note 8 : Machecoul se trouve dans la liste des Bourgs et Hameaux faisant partie des Basses Marches avant la Révolution [Liste extraite des « Lettres confirmatives des privilèges du sindic général et des habitants des paroisses et enclaves des Marches Communes du Poitou et de Bretagne ». – Archives Nationales XI, A 8822] : — Marche de la Trinité de Machecoul : les hameaux du Baril, la Rosière, la Peruère, le Mottais, l'Hopitau Biais, la Roche Marie, la Doucetière, la Marzelle, la petite Doucetière, les Galtières, le Bois Joli, la Bourairie, la Prée, la Pintière, la Guillotte, Quinquenavant, le Chiron, la Croix et 14 autres hameaux, qui « composent l'enclave de la Trinité de Machicout, laquelle enclave faisant partie des Marches Communes dépend de la paroisse de la Trinité de Machicout, entièrement située pour le surplus dans la province de Bretagne ». — Marche de Bois de Céné : toute la paroisse à l'exception de l'abbaye de l'île Chauvet, franc-alleu [propriété exempte de toute redevance] assimilé à la Province du Poitou. — Marche de la Garnache : la maison de Puits Rousseau, la Poirière, les Planres, les Ruelles, la Grenonnière, le Retaillon, la Sausaie, Fonteclose et 42 hameaux, composant l'enclave de la Garnache « faisant partie des dittes marches communes »... — Marche de Paulx : toute la paroisse. Marche de Saint-Colombain (Saint-Colomban actuellement) : le bourg et 22 hameaux. —  Marche de Saint-Étienne-de-Corcoué (actuellement Corcoué-sur-Logne) : la maison prieurale et neuf maisons du bourg, le Coin, la Vallée, la Forchetière, la Marinière, les Jaufraies et 6 autres hameaux qui « composent la marche dite Saint-Étienne de Corcoué, entièrement située pour le reste dans la province de Poitou ». — Marches de Legé : Tout le bourg, « à l'exception de cinq logis qui, quoique situés dans ledit bourg propre, dépendent de la province de Bretagne » et 57 hameaux ; le reste est situé en province de Bretagne.

Note 9 : Les Ferro, gentilshommes verriers à Machecoul, à Nantes et à Héric. En 1588, un « gentilhomme en l'art et science de verrerye », Jean Ferro, originaire d'Italie. appelé sans doute par le duc de Retz, vint s'établir à Machecoul. Il y avait huit ans que Ferro résidait dans cette ville lorsqu'il obtint de Henri IV les lettres de naturalisation d'avril 1596. Les troubles politiques empêchèrent la faveur royale d'avoir son effet ; le duc de Mercœur accorda à son tour à Ferro des lettres de naturalisation (1597), en attendant que Henri IV, lors de son passage à Nantes (avril 1598) renouvela les siennes. En même temps le roi confirmait tous les privilèges des maîtres verriers du Comté [Note : Un verrier exerçait son art à Nantes depuis plusieurs années. Accusé d'être la cause du renchérissement des combustibles. « le veyryer qui est au Marchix » fut prié par l'assemblée municipale de quitter la ville et même l'évêché, « à faulte de quoy seront les fourneaulx rompus et mys à bas et son boys vendu » avec défense de travailler désormais et d'acheter de bois]. En 1598, Jean Ferro, auquel s'était adjoint son neveu Augustin Ferro, peu satisfait sans doute de son atelier de Machecoul, demanda l'autorisation de s'installer à Nantes, promettant de n'employer aucun bois venant par la rivière d'Erdre et de n'en acheter qu'à des marchands habitant au moins à 6 lieues de la ville. Le 3 septembre 1598, la ville autorisa Ferro à « s'habituer aux forsbourgs de ceste ville et y exercer sa dite art de veyrver fidellement et sans fraude ». Henri IV ayant ratifié cette décision, Ferro s'installa près « d'ung petit chemin et ruette qui conduict de la rivière de Loyre aulx vignes qui sont près le manoyr de la Touche » [Note : Rue de la Verrerie actuelle]. A partir de 1602, il n'est plus question de la verrerie à Machecoul dont les fourneaux ne tardèrent pas à s'éteindre, mais en 1605, les deux Ferro prenant la succession d'un Nantais et d'un Italien découragés après deux ans d'essai, affermèrent au duc de Rohan « les maisons, logis, escuryes et jardins du chasteau d'Héric » pour « dresser une veyrerye ». Cette verrerie d'Héric après avoir plusieurs fois changé de mains par héritage ou par vente existait encore en 1651 (R. Blanchard).

Note 10 : Instruction publique à Machecoul. — Dans les aveux de la baronnie de Retz, on trouve la preuve que dès le XVème siècle la ville de Machecoul possédait une école ; voici ce texte : « Courtil qui fut à Asseline qu'est l'osche de l'escole » (Aveu de la baronnie de Retz 1473, f° 9 ; autre aveu de 1477, f° 20. – Archives départementales, B). Les sires de Retz, qui en étaient les fondateurs, craignant que cette institution ne fût négligée, l'avaient placée sous le patronage du recteur de la paroisse de la Trinité. Ce prêtre, par l'acte d'établissement de sa cure, était tenu d'entretenir un régent pour enseigner les enfants. Dans un aveu de 1675, le seigneur de Machecoul déclare qu'il peut saisir le temporel du curé de la Trinité, s'il manque à ce devoir (Déclaration du sire de Retz de 1675 – Archives départementales, B). Quand l'archidiacre fit la visite des paroisses du climat d'outre-Loire, il constata, en 1686, l'existence de 4 maîtres d'école et de 4 maîtresses (Livre des visites – Archives départementales, G 54). Les filles sans parents avaient une protectrice qui prenait soin de leur enfance, depuis que Catherine de Gondi, duchesse de Retz, avait fondé le Petit-Calvaire, en face du couvent des Bénédictines. Voici comment cette dame s'exprime dans son testament, en date du 11 février 1676 : « Ordonne que la fondation nécessaire pour l'éducation de quatre petites orphelines soit établie dans la maison qu'elle leur a destinée, devant le Calvaire, avec la subsistance, comme on leur donne présentement, et que l'on y applique un fonds ; que la gouvernante venant à mourir, il y soit pourvu avec l'avis de M. le Doyen et d'une personne commise de la part de sa fille ou de ses successeurs » (Histoire de la maison de Gondi, Corbinelli, t. II, p. 634). Ainsi le curé de la Trinité devint le protecteur de cette nouvelle maison. Les enfants n'étaient pas reçus au Petit-Calvaire avant six ans, et y demeuraient jusqu'à leur dix-septième année, puis s'en allaient en apprentissage. La dotation jugée nécessaire à l'entretien de la maison fut fixée à 650 livres de rente (Titres du duché de Retz – Archives départementales, E 486). Mme. de Lesdiguières augmenta sans doute le fonds de dotation de cette maison de charité, car son testament, en date du 4 septembre 1714, est cité dans un mémoire qui relate aussi que la rente servie par les seigneurs du duché de Retz s'élevait à 1.100 livres (Pétition du 8 février 1792 – Archives départementales, L). L'institution tomba, en 1787, par la négligence de ses patrons, sans que personne élevât la voix. Ce n'est qu'en 1792 que les amis de la Constitution adressèrent une pétition au Directoire du département, pour demander que M. de Brie-Serrant fût contraint de rétablir la fondation. Le séquestre étant mis sur ses biens, il fallut renoncer à l'instance. Lorsque l'Evêché ratifia la réunion de deux bénéfices au temporel du collège, vers 1730, il fil cette réserve que sur la rente de 500 livres, qui en proviendrait, le maître des petites écoles recevrait 120 livres, à titre d'indemnité de logement. Le nom du dernier maître d'école nous est parvenu, c'est Pierre Dupin. En 1790, il prélevait 25 sous par mois sur les élèves de sa classe (Carton Instruction publique. Archives départementales). Le Collège de Machecoul. — Le hasard m'a fait rencontrer, il y a peu de temps, un acte du XVIIème siècle, qui éclaire en partie les origines du collège de Machecoul. C'est un contrat de vente de juin 1676, dans lequel André Chesnard, prêtre, s'intitule régent, principal et propriétaire du collège de Machecoul. Cet abbé appartenait à une famille aisée, il avait acheté, dans la paroisse de la Marne, des héritages qu'il vendit 525 livres. La maison du collège où il demeurait, en la paroisse de la Trinité, était sans doute aussi son bien, puisqu'il se dit propriétaire [Note : Archives départementales, série D. Il existait à Machecoul un bénéfice de Notre-Dame-des-Clercs dont l'histoire éclairerait peut-être celle du collège si ses titres de fondation étaient découverts]. L'archidiacre Binet, dans son procès-verbal de 1686, est encore moins explicite : il dit tout simplement que le vicaire de la Trinité enseigne le latin (Livre de visites du climat de Retz – Archives départementales, G). Il faut croire que la dotation fut reprise par les héritiers du fondateur, puisqu'au siècle suivant la Ville fut obligée de solliciter de l'Evêché une annexion de deux bénéfices pour faire vivre son principal [Note : Les lettres patentes de confirmation sont de 1730]. En accordant, vers 1730, la réunion de deux chapellenies, d'un revenu total de 500 livres, l'Evêque indique que cette allocation est une indemnité de logement qu'il entend partager entre le régent du collège et le maître des petites écoles. L'ordonnance épiscopale portait que le premier recevrait 350 livres et prélèverait une rétribution mensuelle de 3 livres sur chaque écolier. Gaschignard, maître ès-arts, le seul principal du XVIIIème siècle qui nous soit connu, s'était engagé à instruire quelques pauvres. Il prit la direction de la maison, en 1763, et attira tant d'élèves dans ses classes qu'il fut obligé de s'adjoindre plusieurs professeurs (Carton instruction – Archives départementales, série L). En 1796, voici ce que disaient de lui les officiers du district : « Le collège est régi par un laïc. Cet emploi fut confié, il y a 28 à 30 ans, a M. Gaschignard, qui l'a su rendre utile et honorable tout à la fois. Il a la gloire d'avoir formé des hommes. Des législateurs ont porté au sein de l'Assemblée nationale les principes qu'ils ont su recueillir, de bonne heure des leçons de morale constitutionnelle de ce digne instituteur ; son éloge serait l'acquittement d'une dette bien légitime » (Carton instruction – Archives départementales, série L). M. Gaschignard employait comme professeurs de jeunes ecclésiastiques, élevés par lui, et les gardait jusqu'au moment où ils entraient au séminaire. Le nombre des étudiants du collège de Machecoul s'est élevé parfois jusqu'à quatre-vingts. Gaschignard est l'auteur d'une petite histoire de Bretagne par demandes et réponses qu'il avait sans doute rédigée pour l'instruction de ses élèves (Nantes, 1773, vol. I, in-12). (L. Maître).

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PATRIMOINE de MACHECOUL

l'église de la Trinité (1881), œuvre des architectes Fraboulet et Dussouchay. Elle n'avait à l'origine qu'un clocher et était dédiée à Saint Honoré. En 1596, on y déposa, dans un enfeu, le corps de Charles de Gondy, en attendant son transfert au couvent des Capucins. M. Binet nous en donne une description en 1680 : " elle était grande et belle. Elle comprenait, outre le choeur et la grande nef, une chapelle en appentis, communiquant avec la nef par des arcades supportées par des piliers en maçonnerie, avec deux autels latéraux dont l'un était dédié à saint Honoré. L'autel principal était grand, beau et en bon état ainsi que les fonts baptismaux. Il y avait plusieurs autres autels alignés le long des murs. La sacristie par contre était étroite, mal carrelée et sale ". Ce modeste sanctuaire primitif du XV-XVIème siècle, fondé par les de Gondi (ou Gondy), seigneurs de Retz, a été remplacé, à l'initiative de l'abbé Jean-Baptiste Bouron, par un édifice plus important à deux tours. Commencée en 1863 [Note : la première pierre placée à la base du pilier côté évangile, est bénite par le chanoine Richard, vicaire général de Nantes, le 11 octobre 1863], l'église actuelle est achevée en 1881. La nouvelle église est placée sous le vocable de la Sainte-Trinité et de Saint-Honoré. Dussouchay (aidé de l'abbé Bouron, décédé le 27 décembre 1875) réalise la nef et le chœur. Fraboulet (aidé de l'abbé Lavigne) réalise les deux clochers de 60 mètres de haut (travaux réalisés de 1879 à 1881). Les clochers abritent cinq cloches dont deux (celles qui donnaient le mi bémol et le si bémol) proviennent de l'ancienne église datée du XIIIème siècle et détruite en 1883. Les trois autres cloches, sorties des ateliers du fondeur Astier de Tours, sont : - 1° une de 750 kilos (bénite le jour de la Saint-Honoré, en 1883, par M. Morel, vicaire général de Nantes), qui donne le fa et offerte par M. de la Biliais et Joséphine Riou, veuve d'Augustin Dutertre (ou du Tertre) de la Coudre, - 2° une de 520 kilos (bénite le jour de la Saint-Honoré, en 1883, par M. Morel, vicaire général de Nantes), qui donne le sol et offerte par MM. Gabriel Blois et Jean Calard, - 3° un gros bourdon de 2.400 kilos, don de tous les paroissiens en 1885. L'électrification des cloches se fait en 1955. L'ancien orgue acheté en 1841 par l'abbé Tolle, est restauré en 1880 pour un devis de 5.690 francs, par M. Debierre de Nantes, et inauguré à la Saint-Honoré en 1881 [Note : Ce jour-là, M. Odion, maître de chapelle de Saint-Nicolas de Nantes, tenait l'orgue]. Inauguration et bénédiction par M. le Vicaire Général Richeux, d'un nouvel orgue le 22 octobre 1921 [Note : ce jour-là l'orgue était tenu par Marcel Courtonne, organiste à la Cathédrale de Nantes]. Le nouvel orgue comporte 18 jeux répartis sur deux claviers manuels et un pédalier de 30 notes, qui avait été commandé chez Le Métrier et Glotin, facteurs d'orgues à Nantes. Un nouveau chemin de croix est bénit à la fin de 1885. La consécration de l'église de la Trinité aura lieu le jour de la Saint-Honoré en 1889 par Mgr Lecoq. La toiture est endommagée par une tempête en 1901 et en 1929. Un nouveau tabernacle est installé au maître autel en 1960. Le chauffage est installé dans l'église en 1970. Le "Christ en croix" date du XVIIème siècle. En entrant, à gauche de la grande porte, on voit un bénitier ancien qui viendrait de la chapelle du château. Les vitraux datent de 1881. Dans le transept, à gauche, un beau vitrail avec au centre un capucin et une calvairienne, et, de chaque côté, des dames en costumes du pays. Dans la sacristie, il a été conservé une boiserie sculptée provenant de l'ancienne église : elle représente des personnages du XIVème siècle et cette boiserie de 0m15 de haut est placée en guise de frise dans la sacristie ;

l'abbaye Notre-Dame-de-Chaume (XIème siècle). Notre-Dame de La Chaume était une des neuf abbayes bénédictines du Pays Nantais et relevait de l'abbaye de Saint-Sauveur de Redon. Les moines de l'abbaye de Saint-Sauveur-de-Redon installent en 1055 un prieuré sur les terres de Harscoët, seigneur de Sainte-Croix et baron de Retz, à l'endroit même de l'ancien sanctuaire fondé par les disciples de Saint-Philbert (ou Saint-Philibert). Ce prieuré, appelé plus tard Saint-Blaise, est érigé en abbaye vers 1092. Harscoët donna également aux moines, pour subvenir à leurs besoins, le prieuré de Saint-Même et des terres plantées en partie en vigne. En 1410, l'abbaye appartenait au cardinal de Retz qui possédait également l'abbaye de Buzay.  En 1679, l'abbaye fut vendu au Seigneur de la Salle. Au XVème siècle, on construit une nouvelle église à trois nefs qualifiée de très belle et décorée de peinture à l'huile sur lambris. Elle avait un autel Saint-André et un autre dédié à Saint-Emerance. Le clocher n'avait qu'une cloche. Le cloître était dans le style roman et Ogée dit qu'il fut bâti en 1063 et refait au XVIIème siècle. Le cloître roman est conservé, mais les bâtiments abbatiaux sont réparés et augmentés. Il y a alors un pigeonnier, qui existe toujours, un étang, deux jardins, une cour d'honneur et une cour intérieure. Mais par manque de revenus, les religieux quittent La Chaume en 1767 pour Vertou. Vendu comme bien national à la Révolution, le domaine de la Chaume sert de carrière de pierres. Le pigeonnier date du XVIIIème siècle. Le cartulaire de Redon nous donne les noms des prieurs, en voici quelques-uns : Justin, Glémarach, Nicolas de Tréal, Taillefer, André de Lorme, Jacques de La Porte, Pierre de Gondy, Henri de Gondy, Jean-François de Gondy, Paul de Gondy, Guy de Lopriac, Turpin de Crissé, Julien Meslé de Grandclos. Paul de Gondy fut célèbre sous le nom de cardinal de Retz. Le monastère avait pour armes "d'azur chargé d'une croix d'or", alors que les seigneurs de Retz portaient "d'or à la croix de sable". Le sire de Machecoul devait présenter à l'abbé de Redon, trois moines parmi lesquels était choisi le nouvel abbé de La Chaume. L'abbaye fut longtemps sous la domination de la famille Gondy. Paul de Gondy gratifia l'abbaye de mille écus et fit construire neuf chambre et un réfectoire. Après 1725, le nombre des moines tomba de neuf à trois et ces derniers trouvèrent refuge au prieuré Saint-Martin de Vertou. Le domaine fut alors acheté par le marquis de Brie-Serrant qui le loua à un fermier. L'abbaye passa ensuite, avec l'autorisation de Louis XV, aux mains d'un certain Neslé du Granclos, vicaire général de Saint-Malo, qui en fut dépouillé par la Révolution. Le domaine, proche de l'abbaye, fut acheté nationalement par un armateur nantais, Guillaume Paimparay, mais en 1802, il donna les pierres de la chapelle pour reconstruire l'église de Fresnay. D'autres dépendances furent acquises par les familles Lamaignère, Pailler, Rucher-Bazelais. Par la suite le couvent passa aux mains des abbés Blanchard, directeurs du collège de Machecoul, qui, en 1876, le cédèrent aux frères de Saint-Gabriel. On ne sait pas ce que devinrent les reliques de Saint André et celle de la Vraie Croix, ni ce qu'il advint d'une croix processionnelle avec bâton d'argent, qu'on avait fait venir de Paris ;

la chapelle du Calvaire (1830), située rue Alexandre-Riou et édifiée sur des ruines de 1673. Ancienne propriété des bénédictines de Notre-Dame-du-Calvaire. Le monastère du Calvaire est fondé en 1673 à Machecoul par Pierre de Gondi, duc de Retz, le frère du célèbre cardinal de Retz, et par sa femme et cousine Catherine de Gondi. Leur fille Marie Catherine Antoinette de Gondy, qui s'était faite religieuse, devient la prieure du monastère avant d'être la supérieure générale de l'ordre fondé par le père Joseph, « l'Éminence Grise ». Le monastère, qui cesse son activité en 1792, est restauré en 1828 et les dernières calvairiennes quittent Machecoul en 1958. Cette demeure sert aujourd'hui de maison de retraite. Pierre de Gondi (décédé en 1676) et son épouse Catherine (décédée en 1677) sont inhumés dans le caveau des ducs de Retz, situé dans le chœur de l'église de la Trinité. Les fondateurs ont fait don de leurs cœurs au monastère : ces cœurs sont découverts vers 1880 et sont aujourd'hui déposés dans un reliquaire, visible dans la chapelle du Calvaire. Le confessionnal, œuvre de l'abbé Roger (aumônier du monastère), date du XIXème siècle (vers 1840). Deux oratoires du XVIIIème siècle sont situés dans le jardin des Calvairiennes ;

la chapelle de Quinquenavent ou Quinquenavant (XII-XIIIème siècle). Il s'agit d'un ancien prieuré datant de la fin du XIème siècle et dépendant de l'abbaye de Nieul-sur-l'Autize (en Poitou), fondée vers 1008. Ce prieuré était placé sous le vocable de Marie-Madeleine. Le chœur et la crypte datent du XIIème siècle. La nef à une seule travée date du XIIIème siècle. Le choeur, à chevet circulaire, bordé de contreforts plats comporte deux rangées d'étroites meurtrières et la rangée inférieure, au ras du sol, éclaire une crypte. La nef, presque carrée, sans ouverture, a perdu une travée lors de la réfection qui a ajouté les deux contreforts obliques à la nouvelle façade. La nef est séparée du choeur très surélevé par le mur antérieur de la crypte. Une porte existait, actuellement cachée par le remblai, qui permettait d'accéder à la crypte par un escalier de pierre. Pour passer dans le choeur, il faut monter l'escalier latéral qui permet d'admirer les voûtes romanes ;  

Note : Non loin de la petite ville de Machecoul, dans la direction du Sud-Ouest, existait autrefois le prieuré de Sainte-Marie-Magdelaine de Quinquenavent, ordre de Saint-Augustin, dépendant de l'abbaye de Nieul(-sur-l'Autize), uni à la mense capitulaire de l'église cathédrale de la Rochelle. Un aveu du 30 octobre 1736 nous donne, en ces termes, sa désignation et son débornement: « Le lieu de Quincquenavant, consistant en logement de métayer, chapelle, toit et grange, ruages et jardins, sittuées en cette paroisse, contenant environ 3 journaux, tenant d'un bout à chemin qui conduit dudit lieu à Machecoul, d'autre à la pièce de la Gangnerie cy-après et des deux costés aussy à deux chemins qui conduisent dudit lieu de Quincquenavant en cette ville ». Les terres dépendant du prieuré étaient : 1° En la paroisse de Machecoul : « la pièce de la Guyne folle, la pièce de la Gangnerie, le pré à Vache, le pré du Gareau, le pré des Roussières, le pré à Ouaille, le pré à Claudys, le pré des Jards, le pré à Bossis, et le canton de la Rouchoue » 2° en la paroisse de Bois de Cené : « la vigne des Guybonnières, le canton des Ecassières, le pré de l'Enclose, le pré du Grand-Bernard, le pré du Bernard de la Vallée, le pré du petit Bernard, le pré Long, le pré de la Folliette et le pré de la Cibère (Aveu de 1736) ». La contenance totale des biens de Quinquenavent était de 187 journaux, dont 102 en Machecoul et 85 en Bois de Céné. Les documents inédits que nous allons publier, font partie des archives de la chambre des notaires de l'arrondissement de Nantes. En raison de leur mince intérêt, nous les donnons, soit par extrait littéral, soit par extrait analytique, en procédant d'après l'ordre des dates :
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30 octobre 1786. Aveu au duc de Villeroy. « Le 30 octobre 1736, avant et après midy, a comparu devant nous nottaires royal apostolique de la cour de Nantes et du duché de Retz, pairie de France, résidants dans la ville de Machecoul, paroisse de la Trinité, soussignés, honorable homme Estienne Vrignaud, marchand fermier, demeurant en cette ville de Machecoul, paroisse de la Trinité ; lequel en vertu de la procuration luy donnée par messire Anthoine Guimont, prieur commandataire du prieuré de Quincquenavant a déclaré pour ledit sieur abbé Guimont, en qualité de titulaire dudit prieuré de Quincquenavant, que ledit sieur Guimont tient de très haut et très puissant seigneur Monseigneur François-Louis de Neufville, duc de Ville-Roy, de Retz et de Beaupreau, pair de France, mestre de camp du régiment lionois, brigadier des armées du Roy, capitaine de la première et plus ancienne compagnie françoise des Gardes du Roy, gouverneur de la ville de Lyon, pays Lyonois, Forest et Beaujollois ; à cause de sa chatelainie de Machecoul, à foy hommage et sans rachat, mais en franc fief d'église, à devoir vers mondit seigneur de prières et oraisons et à la charge de 3 messes par semaines pour la deserte de la chapelle de Quinquenavant, etc....
».
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29 août 1749. Prise de Possession. — Aux fins d'acte rapporté le 29 août 1749 par M. René Deluen, notaire royal et apostolique à Machecoul, « messire Claude Leloup de la Billiais, prestre chantre chanoine premier dignataire et vicaire général de l'église de Dolle, demeurant en la ville dudit lieu rue Sainte, paroisse du Crucifix » prit possession du prieuré de Quinquenavant « en présence de missire Pierre Michel, prêtre, vicaire de la paroisse de Saint-Etienne-de-Montluc, demeurant au bourg dudit lieu, et de noble homme Fillette de la Ferté, bourgeois, demeurant à sa terre de la Pastelière, paroisse de Saint-Pierre de Paulx, témoins à ce requis et apelés, qui ont signés et plusieurs autres à ce présents » (Signé : l'abbé Leloup de la Biliais, Michel prêtre vicaire de Saint-Estienne, fillette de la Ferté, Leloup de la Biliais recteur de Blain, F. Leloup prieur de l'abbaye de Buzay, Leloup de la Biliais, Joachim de Monti, Louis Leloup de la Harlais, Joseph-Louis-François Leloup de la Mercredière, Louis-François Leloup d'Anvigan et Deluen). M. Claude Leloup de la Biliais avait été nommé prieur de Quinquenavant par brevet donné à Versailles le 5 juin 1749 et par provisions de la cour de Rome données par le pape Benois XIV la veille des ides de juillet même année.
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6 et 7 octobre 1749. — Procès-verbal et rapports d'experts concernant les réparations à faire aux chapelle, logements et fossés des terres, prés et vignes, dépendant du prieuré de Quinquenavant. — "Aujourd'huy par devant les notaires de la cour royale de Nantes et de celle du duché de Retz, résidants en la ville de Machecoul, soussignés, sont comparus en leurs personnes, Jan Douillard, tailleur de pierre et entrepreneur, demeurant au bourg et paroisse de Saint-Estienne de Bois-de-Cené, et Pierre Guillaud, md fermier, demeurant au lieu de l'isle Jan-Marais et dite paroisse de Bois-de-Cené ; lesquels ont dit qu'à la réquisition de messire Claude Leloup de la Billiais, prestre chantre, premier dignitaire et grand vicaire de l'églize et diocèze de Dol, prieur du prieuré de Quincquenavant, situé marche et paroisse de la Trinité de Machecoul ; ils ont vûs et visités les réparations nécessaires d'estre faites aux chapelle, logements, terres et prés dépendant dudit prieuré, estre prests de faire leur raport de l'état desd. réparations desdits domaines et nous ont requis de leur en raporter acte pour valloir et servir aud- sr abbé Leloup de la Biliais ce qu'il appartiendra, ce que nous leur avons accordé, et y procédant ils nous ont dit qu'il faut pour recarler la chapelle 1,500 de carreaux quy couteront, y compris la main de l'ouvrier, 9.7 l. Qu'il est nécessaire de faire plusieurs marches à pierre de tailles à lad. chapelle aux endroits ou il en manquent, quy couteront, compris la main de l'ouvrier, 60 l. Qu'il y a à la mesme chapelle 4 pilliers qui menasse ruine dans le dehors vers soleil levant, que pour les reparer à pierre de taille, ils couteront, compris la main de l'ouvrier, 110 l. Que les pilliers du grand portal menassent ruine, que pour les reparer et y plasser une porte et une barrière neuves, il en coutera 70 l. Signé : Guillaud, Maulouien et des notaires Biclet et Deluen".
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10 décembre 1749. Marché pour les réparations de Quinquenavant. — Le 10 décembre 1749, suivant acte rapporté par Mes Biclet et Deluen, notaires à Machecoul, il fut procédé en l'étude dud. Me Deluen à l'adjudication au rabais du marché des reparations de Quinquenavant. M. Jacques Jourdain, demeurant au château de Machecoul, fut déclaré adjudicataire moyennant la somme de 1,600 l. Cette opération avait lieu à la requête de « Don Gabriel Leloup, docteur de Sorbonne, prieur de l'abbaye de Buzay, y demeurant en cet evesché de Nantes et de présent en cette ville, procureur spécial de messire Claude Leloup de la Billiais, son frère, prestre, licencié en théologie de la faculté de Paris, maison et société royale de Navarre, prieur commendataire du prieuré royal de Ste-Marie-Madeleine de Quincquenavant, etc... ».
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7 janvier 1758. Prise de Possession. — Messire Joseph-Français Leloup de la Biliais, recteur de Blain, fut nommé prieur de Quinquenavant après le décès de M. Claude Leloup de la Biliais, prêtre, vicaire général de l'église de Dol, dernier titulaire, par brevet de S. M. mentionné aux provisions obtenues de la cour de Rome, données par le pape Benoit XIV à Ste-Marie majeure le 3 de nones de décembre 1757. « Missire François Nicolle, prêtre de choeur de l'église de la paroisse de la Trinité dudit Machecoul, demeurant au château dudit lieu, susdite paroisse, en qualité de procureur spécial de messire Joseph-François Leloup de la Biliais », prit possession du prieuré ainsi qu'il résulte d'acte rapporté par M. Archambaud, notaire à Machecoul, en présence de témoins, le 7 janvier 1758.
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7 juin 1758. Devis estimatif des réparations."Pierre Anthoinne Gouelle, architecte, demeurant à l'abaye de Beuzé (Buzay), expert nommé par messire Louis-Anthoinne Leloup, chevallier, seigneur de la Billiais, faisant pour luy et consorts, les tous héritiers beneficiers de feu messire Claude Leloup, vivant dernier prieur titulaire du prieuré royal de Ste-Marie de Quincquenavant, et Joseph. Drosnet, fermier, demeurant à Saint-Denis, paroisse de Ste-Croix de Machecoul, experts nommés par messire Joseph-François Leloup de la Billiais, recteur de Blain et prieur actuel dudit prieuré", firent ensemble l'estimation des réparations de bénéfice les 5, 6 et 7 juin 1758. Ce procès-verbal fut annexé à un acte de dépôt reçu par Mes Charruau et Archambaud, notaires à Machecoul, le 7 juin 1758.
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28 juin 1758. Ferme du prieuré. — Suivant acte passé devant N. Charruau et Archambaud, notaires royaux et apostoliques à Machecoul, le 28 juin 1758, Mathurin Brisson, marchand, demeurant à Machecoul, paroisse de la Trinité, « en qualité de procureur spécial de messire Joseph-François Leloup de la Billiais, prêtre, recteur de la paroisse de Blain, prieur titulaire du prieuré royal de Quincquenavant, sittué en la paroisse de la Trinité de ce lieu, aux fins de sa procuration sous seing privé, signée dudit sr Leloup en date du 16 de, ce mois », a loué et affermé .. pour 3,200 l. par an, "les logemens, jardins, prés, terres labourables et autres, si aucunes y a dépendants et formant le temporel dudit prieuré de Quincquenavant". Ce bail devait commencer, pour les terres labourables et les logements, le 29 septembre 1758, et pour les prés, le 2 février 1759.
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26 mars 1776. Prise de Possession. — Le 26 mars 1776, en présence de M. Julien Archambaud, notaire royal et apostolique et des fermiers du prieuré, « noble et discret missire Rolland Hervé de la Bauche, prêtre, docteur en théologie, doyen de Retz, recteur de la paroisse de la Trinité de Machecoul, demeurant au prêsbitère et paroisse dudit lieu, faisant pour missire Jacques de Rochemaure, prêtre du diocèze de Nismes, docteur en droit canon, vicaire général du diocèze d'Alby, ayant ci-devant été vicaire général du diocèze de Montpellier, en vertu de sa procuration en datte du 29 février dernier,.... a pour ledit sr de Rochemaure pris et apréhendé la possession réelle et personnelle du prieuré de Quincquenavant, ordre de St-Augustin, sittué en cette ditte paroisse de la Trinité audit diocèze de Nantes, dont il a été pourvû par sa majesté d'après le décès du sr Leloup, dernier titulaire, suivant le brevet du 27 décembre dernier (signé : Louis, et plus bas, de Lamoignon), aux fins duquel il a obtenu des provisions en cour de Rome, in forma gratiosa, dattées à St-Pierre de Rome le 4 des ides de février dernier, au 1er du pontificat de nôtre St-Père le pape actuel Pie VI, etc... » (Nantes, le 25 mai 1871 - Ch. Bougouin).

la croix monolithe appelée encore croix Piraud et située boulevard des Moulins ;

la croix (XVIIIème siècle), en fer forgé, de l'oratoire Saint-Benoît ;

le calvaire de Sainte-Croix, érigé à l'endroit même de l'ancienne église détruite par Révolution, par l'abbé Lavigne le 25 novembre 1894, à la suite d'une mission, prêchée par des pères jésuites ;

l'ancien couvent des Capucins (XVIIème siècle), situé au n° 14 rue des Capucins et fondé en 1600 par Antoinette d'Orléans-Longueville, veuve de Charles de Gondi et arrière-grand-mère de Catherine de Gondy, qui fondera le couvent du Calvaire. A l'origine, la décision de création fut prise pour établir le tombeau de Charles de Gondy, gouverneur de Fougères, tué en l'an 1596 à la prise du Mont-Saint-Michel, en se battant à la tête d'une armée de 150 cavaliers contre Julien de la Touche, gouverneur du Mont Saint-Michel. Son corps arriva à Nantes le 9 juin 1596 où il fut déposé au couvent des chartreux (il y resta deux jours), puis fut ramené à Machecoul et déposé provisoirement en un enfeu de l'église de la Trinité, en attendant le transfert dans le couvent des capucins à créer. La veuve,  Antoinette d'Orléans-Longueville fit d'abord construire à Machecoul le couvent des Feuillants, qui devint ensuite celui des capucins. L'édifice n'est, en effet, occupé qu'à partir de 1616 et jusqu'en juin 1791, par des capucins. En 1774, on note la mort du père-syndic des capucins, François Réal des Perrières, né à Mâcon en 1702 et mort à Machecoul le 18 février 1774. Lors de la Révolution, un inventaire fut dressé par les autorités (Laheu, Gry, Charruau, Gaschignard, Caviézel, Marchais), mais il n'y eut pas d'acquéreurs du couvent, qui fut loué pour 6 ans au sieur Gaudin pour la somme de 70 livres. Le 2 avril 1792, il fût envoyé à l'Hôtel des Monnaies, à Nantes, un calice d'argent avec sa patène et deux petites cloches. Le couvent servit un moment de caserne pour la troupe (16ème régiment de dragons) cantonnée à Machecoul, avant d'être racheté par M. Tolle, curé de la paroisse de Machecoul [Note : ce couvent faisait alors partie de la mense curiale]. Plus tard, en 1844, on y installa le collège (collège Saint-Joseph) dirigé par les deux frères, François et Joseph Blanchard, abbés. Ce collège de Machecoul existait longtemps avant la Révolution (un nommé Gaschignard le dirigé en 1763). En 1792, les archives départementales mentionnent pour Machecoul l'existence " d'un collège, de petites écoles et d'une maison fondée par les ducs de Retz pour l'éducation des pauvres filles ". Cela dura jusqu'à la fermeture du collège en 1868-1870 et départ des séminaristes de Machecoul vers Couëts. Ce collège ecclésiastique forma de nombreux prêtres et mêmes des évêques tels que Mgr Fortineau (évêque de Diego-Suarez, à Madagascar), Mgr Blois (évêque de Moukden, en Mandchourie), Mgr Genetet ou Gentet de la Marne (évêque de Port-au-Prince, à Haiti), Mgr Legal (évêque de Saint-Albert, au Canada). Le départ de M. Blanchard, en 1868, n'entraîna pas totalement la fin du Collège puisque l'évêque Mgr Jacquemet fit alors appel à la Congrégation des frères de Saint-Gabriel, pour en faire un établissement primaire avec pensionnaires [Note : Ce n'est que depuis 1875 qu'elle est Ecole paroissiale et Pensionnat des Frères de Saint-Gabriel]. L'école fut restaurée durant la première moitié du XXème siècle par l'entrepreneur M. Epervier de Machecoul, pour un devis de 45.000 francs. De nouveaux bâtiments du Collège Saint-Joseph sont construit à partir de 1962 : la première pierre est bénite par Mgr Pihour, le 22 février 1962, et l'ensemble est bénit le 12 mai 1963 par Mgr Villepelet ;  

l'ancien couvent des Calvairiennes (vers 1668), fondé par Marie-Catherine-Antoinette de Gondy (descendante d'Antoinette d'Orléans, épouse de Charles de Gondy), la créatrice du nouvel ordre du Calvaire. Antoinette d'Orléans était l'arrière-grand-mère de Marie-Catherine-Antoinette de Gondy. En effet, Antoinette d'Orléans, née en 1572, avait épousé à Paris en 1588 Charles de Gondy, marquis de Belle-Ile. De cette union était né Henri de Gondy de Retz qui eut pour héritière Catherine, et celle-ci épousa son cousin Pierre de Gondy. De leur union, naîtra le 30 novembre 1648, au château de Machecoul, Marie-Catherine-Antoinette qui sera religieuse en 1667 (elle prit l'habit le 18 janvier 1667) sous le nom de soeur Marie-Catherine-Antoinette de Sainte-Scholastique. Dans une des lettres adressées à Marie-Catherine-Antoinette de Sainte-Scholastique, son père, Pierre de Gondy, manifesta le désir de fonder pour elle à Machecoul un monastère du Calvaire. L'acte de fondation du couvent, publié le 20 février 1674, fut définitif en 1673 et signé au château de Princé (ou Prinçay) " avec charge que le duc, la duchesse et leur autre fille, soeur de Marie-Catherine, ainsi que ses héritiers auraient tous droits, prévenances et privilèges accordés habituellement aux patrons et fondateurs, qu'ils auraient bancs, accoudoirs, sépulture et encens avec tombe élevée au-dessus de terre s'ils le désiraient dans le choeur de la chapelle ". Le duc et la duchesse se réservaient aussi " le droit de placer en dehors et au-dedans de la chapelle des tentures funèbres portant leurs armes et écussons, et de graver leurs armes et écusson aux poutres principales des bâtiments selon leur bon plaisir ". De plus " les religieuses devaient réciter des prières pour le duc, la duchesse, leur fille et ses descendants pendant leur vie et après leur mort ". Les premières religieuses, au nombre de sept, vinrent de Nantes. La soeur Marie-Catherine-Antoinette de Scholastique fut d'abord sous-prieure puis prieure du couvent. Pierre de Gondy mourut le 20 avril 1676, âgé de 74 ans, et fut inhumé dans le caveau des sires de Retz en l'église de la Trinité de Machecoul. Son épouse décéda l'année suivante, le 20 septembre 1677. Tous deux furent inhumés, non au Calvaire, mais dans l'église de la Trinité. Leurs coeurs furent enfermés, par la suite, dans une urne de bronze et mis en la chapelle du couvent du Calvaire : ils furent déposés avec leurs armoiries à côté de la porte de la sacristie, du côté de l'évangile. En 1677, alors qu'elle avait 30 ans, Marie Antoinette de Scholastique quitta Machecoul pour aller à Paris comme Supérieure du Calvaire du Marais. En 1686, elle fut élue Supérieure générale de l'ordre. Elle mourut au Calvaire de Saint-Germain, le 31 juillet 1716, à l'âge de 68 ans et après 49 années de profession religieuse. Onze soeurs reçurent la sépulture de 1776 à 1785. On compte de 1736 à 1785, une trentaine de prises d'habit. Parmi elles, les demoiselles Lemaître, Vrignaud, Fradet, Dorion, Duclaudy, Charette, Poisson, Lemeignen, Reliquet, Gigault, ... toutes la région. Les aumôniers du couvent furent : Pierre Bernard, Ailliot, Talonnet, Brelet, Fournier, Phelippes de Beauregard, Eseeau. Au moment de la Révolution, le Calvaire qui comprenait la maison, la chapelle, le cloître, le noviciat, la pharmacie, les jardins, fut estimé 58 000 livres, et l'effectif de la communauté était de 12 dames de choeur et 7 soeurs converses. Le 12 octobre 1792, l'Administration du district s'installa au Calvaire. Le 27 février 1793, les religieuses sont incarcérées à la Visitation de Nantes. Le 8 juillet 1795, l'acquéreur de ce bien national, au prix de 12.400 francs, fut Jean Guilbaud, négociant, demeurant à Nantes, qui revendit l'ensemble peu après à Jean Joseph Esprit Musset, ancien curé constitutionnel de La Chevrolière, demeurant à Machecoul. Musset s'étant marié, c'est son gendre Bouhier qui hérite du Calvaire et y établira un commerce de ferronnerie. A signaler que c'est dans la prairie du Couvent que le 3 avril 1793, un bon nombre de patriotes furent tués par groupe de dix. On relève parmi les massacrés de mars-avril 1793, des Cailleteau, Fleury, Garreau, Charruau, Gry, Jaubert et Gaschignard. En 1824, une religieuse de l'ordre du Calvaire, proposa de rétablir l'ancienne communauté en rachetant les bâtiments à la famille Bouhier en 1828 (le tout fut estimé 26.000 francs). Le 4 octobre 1828, bénédiction d'une chapelle provisoire. Le 4 novembre 1829, bénédiction de la chapelle dédiée à Marie et à Joseph. Bénédiction du cimetière le 22 février 1830. Bénédiction d'une cloche le 8 février 1831. En 1879, construction de la Chapelle des Religieuses, adossée au mur de la chapelle primitive. En 1831, on comptait 17 religieuses (dont huit religieuses venues de Landerneau) et 2 novices. En 1840, on comptait 31 religieuses, 11 novices et 4 postulantes. En 1911, le Préfet de Nantes écrit : "Les soeur de N. D. du Calvaire de Machecoul, sont au nombre de 24. Elles occupent dans ce chef-lieu de canton, une vaste propriété, avec jardins potagers et un petit cimetière. Une chapelle est ouverte au public, dans laquelle chaque dimanche, un vicaire vient dire la messe. Ces religieuses vivent cloîtrées, hormis deux soeurs tourières, et se consacrent uniquement à la vie contemplative : elles ne rendent pas de service à la population de Machecoul et ne s'occupent d'aucune oeuvre de bienfaisance". A partir du 14 septembre 1957, il y eut dissolution de la communauté (avec départ pour Angers, Poitiers, Landerneau) et la commune de Machecoul acquit, pour la somme de 12 millions de francs, le couvent en 1959. Ce couvent fut transformé ensuite en Maison de repos. A signaler que les restes des religieuses défuntes furent transférés en août 1959 au cimetière de la chapelle de Notre-Dame de Pitié ;

le prieuré de l'hospice Saint-Nicolas (1780). Une institution de soins existe à Machecoul dès le XIIIème siècle. En 1284, " l'aumonier reçut un legs de 40 pièces d'or de Girard de Chabot, seigneur de Machecoul " ;

le château (XIIIème siècle). Le premier château fort (ou motte féodale) de Machecoul est celui des Huguetières, plus connu sous le nom de " château de Sainte-Croix ". Les ruines du château actuel, édifié par les familles Chabot et Laval, remplace un édifice primitif érigé à la fin du XIème siècle en bordure du Falleron par les Harscoët (ou Harscouet). L'architecture du château semble montrer, à la base, des vestiges de la construction du XI-XIIème siècle et les parties hautes ont été refaites à la fin du XIVème siècle. Il s'agit d'une forteresse carrée entourée de douves avec six tours crénelées et un donjon. Ce château connut bien des drames et des vicissitudes. C'est là notamment que Gilles de Rais (Gilles de Retz) aurait fait périr, selon les actes de son procès, une partie de ses jeunes victimes et qu'il y brûla, dans la cheminée de sa propre chambre, le corps d'un jeune brestois, Bernard La Camus, assassiné à Bourgneuf. C'est devant le pont-levis, aujourd'hui disparu, qu'il se rendit à première sommation au capitaine Jean Labé, envoyé par Jean V de Bretagne pour l'arrêter et le faire comparaître, le 13 septembre 1440. En 1680, un document cité par Verger, montrait encore "une enceinte carrée de cent vingt mètres de développement, six tours à crénaux et les fondations de trois grosses contre-tours à plate-forme, le tout avec donjon, herse et pont-levis". La ville de Machecoul elle-même était "close et fermée de murailles et fossés" qui laissaient hors-les-murs, les trois faubourgs de Sainte-Croix, Bourg-Mignon et Bourg-Saint-Martin. La garnison du château, en temps de guerre, était constituée par les milices de Paulx, La Marne, Saint-Même, Fresnay et Machecoul (à savoir du bourg Mignon, du bourg Saint-Martin et de Sainte-Croix). Propriété de madame de Lesdiguières, le château est démoli sur ordre de Louis XIV. La destruction du château n'est cependant pas complète, puisqu'en 1789, on mentionne encore " le grand portail, 4 tours, 2 poternes, plusieurs salles voûtées et des murailles couronnées de créneaux ". Le château est définitivement détruit et brûlé en 1792, lors des affreux événements de l'Insurrection, et transformé en carrière de pierres au début du XIXème siècle. Les pierres du château ont servi à empierrer les routes et à construire des maisons. Du château, encore assez bien conservé en 1825, il ne subsiste plus que quelques beaux pans de murs. Dans l'enceinte du château, il y avait une chapelle dédiée à la Vierge à l'usage du peuple et un oratoire privé établi dans le donjon [Note : ces deux oratoires étaient encore en bon état lors de la visite épiscopale de 1689]. Le baptistère de l'église actuelle de Machecoul provient de cette chapelle ;

le château du Treil (XIXème siècle), édifié par le célèbre pharmacien François Dorvault, créateur du Codex et originaire de Saint-Etienne-de-Montluc ;

le manoir de La Verrerie (XVème siècle), situé rue Saint-Nicolas. A l'origine, le logis avec son beau portail, aurait appartenu à une protégée de François Ier, une amie de Françoise de Foix, dame de Châteaubriant. Ce manoir est encore appelé manoir de la Mourandière, puis manoir des Ferro ou manoir de la Verrerie. Propriété de Giovanni Ferro en 1588. On y fabriquait jadis du verre et du cristal. En 1602, Jean Ferro quitte Machecoul pour s'installer à Nantes au quartier de La Fosse, où il meurt en 1609. Le manoir appartient ensuite à la famille Fellonneau. Plus tard, il est la propriété du docteur Jean Perraud, mort à Machecoul, en 1731. Un autre médecin Jean Lansyer possède et habite le logis de La Verrerie. Il est ensuite acquis successivement par les familles Dutertre de La Coudre, de Gazeau et Duez. Ce manoir est aujourd'hui la propriété des frères de Saint-Gabriel qui en ont fait un collège ;

la maison de l'Economie (XVIIIème siècle), située rue Alexandre-Riou et édifiée vers 1750 pour Réal des Perrières, receveur et procureur fiscal du duc de Villeroy, seigneur de Retz. Cet édifice est transformé en gendarmerie dès le début du XIXème siècle et le reste jusqu'en 1975 ;

l'auditoire (XVIIIème siècle). La partie centrale qui est édifiée en 1760 sert à la juridiction des seigneurs de Machecoul et de la Bénate. Il est la propriété du marquis de Brie-Serrant avant 1804, puis de M. Fayolle à partir de 1804. Sur le fronton triangulaire de l'édifice fut dessinée la balance, symbole de la justice. Après avoir été le siège du Duché, puis celui du district, il devient ensuite le siège de la mairie de Machecoul. Les deux ailes sont ajoutées en 1830 et en 1840 ;

les tours carrées (vers le XVIIIème siècle), situées rue Sainte Catherine. Ces tours ont appartenu jadis à une demeure faisant office de caserne avant et pendant la Révolution. L'édifice est le siège d'un collège ecclésiastique de 1802 à 1844, puis d'une école primaire de garçons ;

la maison Rousteau (XVIII-XIXème siècle), située rue Alexandre-Riou ;

les halles (1885). Les halles, appelées "Cohue" jadis, furent construites au temps du marquis de La Biliais, député-maire, sur l'emplacement de la vieille cohue créée en 1095 par Béatrice, dame de Machecoul qui les légua au monastère des Fontenelles. A leur tour, les moines les vendirent en 1280 à Gérard de Chabot, seigneur de Machecoul ;  

l'hôpital, édifié vers 1690, puis modifié et amplifié en 1780. Dès 1661, la maison était connue sous le nom de Maison du Refuge. Une aumônerie, appelée Saint-Nicolas, est signalée dans les écrits en 1674. En 1777, cet établissement devient un hospice et les religieuses de la Sagesse de Saint-Laurent-sur-Sèvre le dirigent de 1780 à 1793. En effet, les religieuses de la Sagesse vinrent à Machecoul en 1780 au nombre de trois (dont la supérieure, soeur Saint-Hilaire). Dès l'arrivée des religieuses, on entreprit une reconstruction de l'hôpital, mais ce n'est qu'en 1788 que les religieuses purent prendre possession du nouvel édifice, édifice qu'elles durent abandonné durant la tourmente révolutionnaire. Et ce n'est que vers 1830 qu'elle purent revenir à l'hôpital de Machecoul. L'hôpital devint alors aussi le berceau d'une école des filles, jusqu'en 1869, date à laquelle eut lieu la scission et que l'hôpital devint autonome ;

Voir Ville de Machecoul  L'Hôpital Général de Machecoul.

la gendarmerie. Il s'agit d'un ancien hôtel du XVIIIème siècle avec de remarquables balcons. La tradition dit que ce fut le siège de la Prévôté. A l'intérieur, il subsiste des boiseries et des trumeaux ;

la minoterie (XIX-XXème siècle), située rue du Bourg-Migno. A signaler qu'au XVIème siècle, Machecoul possédait huit fours à ban : cinq fours étaient situés dans la ville, un au bourg Saint-Martin, un au château et un à la Cour du bois. Plus tard, les sires de Retz en firent construire deux autres (un près des Halles et un second rue du Marché) ;

plusieurs anciens moulins dont celui de la Clavier, de la Chenille, Gaudin, des Liards, des Harses, des Moines, Geai, Neuf, Blanc, de la Cave, Pageau, d'Abas, de Bel-Air, Bontemps, Chenillon, de la Prée, de la Grevillère ;

 A signaler aussi :

le pont de Cahouët (XI-XVIIème siècle), encore surnommé "le pont romain" et situé sur le Falleron ;

le phare en bois (époque gallo-romaine) ;  

l'ancienne église de Sainte-Croix. Le souvenir en est perpétué par une plaque de bronze stipulant " Ces murs sont les derniers vestiges de l'église paroissiale de la ville fortifiée de Sainte-Croix. La première église aurait été élevée en ce lieu au Xème siècle. Elle fut reconstruite vers le XVème siècle, et supprimée par la Révolution en 1793 ". Le premier édifice du X-XIème siècle sera remplacé au XVème siècle par un autre, plus important, dont on peut voir les restes. Il s'agit, à l'origine, d'un bel édifice, dont la façade s'ouvrait sur la rue par deux grandes portes. Le chevet plat, le mieux conservé, présente dans ses contreforts des fragments de sarcophages. Choeur et nef était séparés par un jubé monumental surmonté d'un grand Christ. Deux autels principaux, placés de part et d'autre du jubé, étaient dédiés l'un à Sainte Anne, l'autre à Saint Roch et Sébastien. Le sol était dallé de larges pierres, la voûte en bois. Dans les deux bas-côtés étaient répartis d'autres autels [Note : dans la nef gauche (côté évangile), il y avait quatre autels. Dans celle de droite (côté épître) il n'y en avait qu'un qui était dédié à Sainte Barbe]. Les seigneurs voisins de la Clartière avaient leur chapelle Saint-Jean dans le bas-côté gauche, entouré d'une balustrade en bois. Dans l'église, il y avait deux "litres" portant l'une les armoiries des ducs de Retz, l'autre celles des seigneurs de La Clartière qui furent les Thébaud, Grimaud, Giffart, Bastelard et Montaudouin. Dans un placard fermé étaient conservées deux croix contenant des parcelles de la Vraie Croix, que l'on portait solennellement aux processions. Le contour des quatre murs est conservé : la grande porte était du côté de la route. Le choeur était au fond ; 

l'ancien prieuré, situé au bourg de Saint-Martin et fondé sans doute par saint Martin du Vertou. Il dépendit ensuite de Marmoutier ;

l'ancien prieuré de Saint-Denis, îlot rocheux dans le marais, dont il ne reste rien que le puits ;

l'ancien prieuré de Saint-Michel-en-Lisle, situé à 2 km au Sud. Fondé par les sires de Rays, il était sous la dépendance de l'abbaye Saint-Sauveur de Redon. La chapelle, de grande dimension à l'origine, avait été réduite de moitié lors des restaurations faites au XVIIème siècle. Comme souvenirs, il en reste deux bénitiers ronds en calcaire et deux statues de bois peint représentant Saint Michel et Saint Louis, oeuvres du XVème siècle, mais très mutilées ; 

l'ancienne chapelle des Dons (encore appelée Dindon), construite à une époque inconnue à la suite d'un don dont on ignore l'auteur ;

l'ancienne chapelle de Hucheloup. On y voit encore un vieux bâtiment à un étage, avec escalier extérieur et porte arrondie au rez-de-chaussée. La chapelle devait se trouver enclose entre les vieux murs de cet édifice ;

les sarcophages mérovingiens (VIIIème siècle) en calcaire coquillier. A la fin du VIIème siècle, les moines philibertains implantent dans Les Chaumes une chapelle dédiée à la Vierge. Le cimetière qui l'entoure est géré plus tard par les bénédictins de l'abbaye Notre-Dame-de-la-Chaume. Sous le sol de la chapelle actuelle, transformée en ossuaire, que l'on voit encore dans un angle du vieux cimetière, on a rencontré en faisant des travaux les fondations de la première chapelle avec des restes de carrelage (elle était plus petite encore). En 1856, on a découvert autour d'elle une importante nécropole mérovingienne avec de nombreux sarcophages en calcaire coquiller ou en tuffeau (trois d'entre eux subsistent et sont dressés le long du mur près de la chapelle). En dehors de l'enceinte du cimetière, on a trouvé d'autres sarcophages, dans le jardin de l'abbaye et à l'emplacement de la deuxième chapelle. Ces derniers tombeaux avaient été réemployés par les moines pour inhumer leurs abbés et sur l'un deux un grand couvercle portait en relief ces larges bandes que l'on rencontre sur les tombes mérovingiennes. Peu de temps après, le Frère Traséas, directeur d'école à Machecoul, entreprit des fouilles sur l'emplacement de la chapelle du monastère appelée chapelle Saint-Jean, qui était en ruines et découvrit toute une série de sarcophages, soit en calcaire, soit en argile simplement pétrie. Chacun contenait un ou plusieurs squelettes. Les moines avaient inhumé leurs abbés dans les sarcophages anciens qu'ils avaient trouvés sur place lors de la construction de l'église. Toutes ces tombes orientées tête à l'Ouest possédaient un couvercle bombé sans inscription. Sur l'un des couvercles, on trouve deux colonnettes grossièrement sculptées réunies par un fronton en partie brisé. En 1892, l'abbé Gendre, vicaire de Machecoul reprend les fouilles à l'emplacement de la nef et découvre, lui aussi, des sarcophages, tous en calcaire, sauf un, formé de larges dalles d'ardoise ;

l'ancienne léproserie ou prieuré de Saint-Lazare, fondée par les seigneurs de Retz, et confiée aux moines de Nieul-sur-l'Autize. En 1185, Bernard de Machecoul fit don à Pierre Painot (prieur de Saint-Lazare) de son domaine de Saint-Hilaire de Bois de Cené. Il lui accordait aussi le droit de pacage pour quatre boeufs et huit vaches sur les terres lui appartenant près de la léproserie. La foire de Saint-Lazare, qui durait trois jours et dont le profit était réservé aux lépreux, avait lieu le 27 avril et le jour de l'inauguration " le dit prieur devait servir au dit seigneur et à ses officiers, deux pots de vin, le meilleur qu'il pouvait trouver, qui n'était ni fûté, ni gras, ni piqué, deux pains de deux sous pièce avec serviettes, une poule pour le faucon, et de la paille pour les chiens. Le soir de la fête, il devait répéter son invitation et ses fournitures. De plus, le matin de la fête, il devait célébrer la messe à l'intention du seigneur et lui donner à dîner ainsi qu'à six personnes de sa suite ". En 1689, le prieuré de Saint-Lazare, possédait un domaine d'environ 112 hectares dont deux métairies, l'une non loin de la léproserie, l'autre sur la paroisse de Saint-Même. La chapelle, dont il reste quelques ruines, fut démolie vers 1850 ;   

la motte féodale. Il s'agit d'une butte sur laquelle s'élevait une tour en pierre et en bois. Elle était entre Richebourg et la vieille église Sainte-Croix ;

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ANCIENNE NOBLESSE de MACHECOUL

La baronnie et le duché de Retz : Retz (l'orthographe de ce nom a varié selon les siècles ; nous donnons à la seigneurie le nom moderne de Retz, conservant à ses premiers seigneurs leur nom de Rays), une des plus importantes baronnies du duché de Bretagne, avait pour chef-lieu la petite ville de Machecoul. Le pays de Retz semble avoir été à l'origine une viguerie créée à une époque où la. ville gallo-romaine de Rezé existait encore et servait de résidence au viguier (Léon Maitre - Les conquêtes bretonnes au-delà de la Loire - Annales de Bretagne XII, 48). Il faisait partie du Poitou et ne fut annexé à la Bretagne qu'au milieu du IXème siècle. Après les ravages des Normands, lorsque s'établit chez nous le régime féodal, un chevalier breton prit la place des anciens viguiers, se bâtit un château à Machecoul, l'antique Rezé n'existant plus, et prit le nom de seigneur de Retz. Toutefois la seigneurie de Retz n'eut jamais l'étendue du pays gallo-romain de Retz qui comprenait, semble-t-il, au sud de la Loire toute la région conquise par les Bretons au IXème siècle. La maison de Rays remonte donc aux environs de l'an mil, et à l'origine de la féodalité. Le premier personnage que l'on ait rattaché aux seigneurs de Retz est un Gestin qualifié uniquement de vicomte vers l'année 950 ; mais il n'est pas certain qu'il fut seigneur de Retz. Plus de probabilité existe en faveur d'un Gestin Ier, père d'Harscouët, car ce dernier fut certainement seigneur du pays de Retz (René Blanchard - Cartulaire des sires de Rays, introduction LIII). Cet Harscoët Ier de Rays fonda en 1055 l'abbaye de la Chaume non loin de son château de Sainte-Croix ; il épousa Ulgarde qui lui donna plusieurs fils (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne I 406 et 409). L'aîné de ceux-ci fut Gestin II de Rays ; il fut le premier à prendre le titre de seigneur de Machecoul et fonda près du château de ce nom le prieuré de Saint-Philbert de Machecoul appelé depuis Saint-Blaise. Le nom de Gestin figure dans plusieurs chartes d'environ 1055 à 1093. Son successeur fut son fils Garsire Ier appelé tantôt sire de Rays, tantôt seigneur de Machecoul ; époux de Béatrice, il entreprit le voyage d'Espagne et fit beaucoup de bien aux religieux de son temps ; il dut mourir vers 1141. Il laissait trois fils qui furent l'un après l'autre ses successeurs à Retz. Harscoët II décédé sans postérité, Raoul 1er et Garsire II. Ce Raoul Ier, appelé tantôt Raoul de Machecoul, tantôt Raoul de Rays, épousa Marie Talevat. Il semble avoir partagé avec son frère Garsire l'héritage paternel ; il se réserva la seigneurie de Machecoul le plus beau fief du pays de Retz, qu'il laissa à ses descendants dont nous reparlerons, et Garsire prit le titre de seigneur de Retz. Garsire II, sire de Rays en 1160, fut le père d'Harscoët III de Rays. La juridiction de ce dernier s'étendit sur les deux tiers environ de la baronnie de Retz et comprit toute la partie occidentale : Pornic, Prigny, Chémeré et de Bouin (l'île de Bouin était à l'origine moitié en Bretagne et moitié en Poitou ; les sires de Rays la possédèrent jusqu'au milieu du XVème siècle. Aliénée par eux à cette époque, cette île fut en 1714 données tout entière au Poitou et, érigée en baronnie pour Jérôme Phélippeaux, comte de Pontchartrain). Il posséda, en outre, du chef de sa femme nommée Stéphanie, veuve de lui en 1210, des terres importantes sur la rive droite de la Loire, en Saint-Etienne de Montluc et Couëron, terres qui demeurèrent longtemps dans la famille et servirent plus d'une fois à en doter des filles (Introduction au Cartulaire des sires de Rays. LXXIII). Garsire III de Rays épousa Eustachie et confirma en 1225 la fondation de Saint-Aubin-du-Cormier par le duc Pierre Mauclerc. Il fut père de Raoul II de Rays qui s'unit à Salvagie dame de la Motte-Achard : ceux-ci moururent vers 1250, ne laissant qu'une fille Eustachie de Rays qui, en 1246, était déjà la femme de Girard Chabot. Puîné de l'importante famille poitevine de Chabot, Girard Ier Chabot, seigneur de Retz du chef de sa femme, perdit celle-ci et se remaria à Tiphaine de Montfort, fille d'Eudon sire de Gaël ; il mourut lui-même en 1265. Son fils et successeur Girard II Chabot, sire de Retz, prit en 1285 la croix pour aller combattre en Aragon : il épousa -1° Emma de Châteaugonthier, veuve de Geoffroy de Pouancé, -2° Jeanne de Craon et -3° Marguerite des Barres qu'il laissa veuve vers 1295. Girard III Chabot, seigneur de Retz, fils du précédent et de Jeanne de Craon, épousa Marie l'Archevêque, fille du sire de Parthenay ; il en eut un fils nommé aussi Girard décédé avant lui, laissant de sa femme Catherine de Laval un garçon qui succéda à son grand-père sous le nom de Girard IV Chabot, sire de Retz. Celui-ci prit une part active à la guerre de la succession de Bretagne, épousa Philippette Bertrand, fille du seigneur de Bricquebec, et mourut en 1344 (Introduction au Cartulaire des sires de Rays). Girard V Chabot, sire de Retz, fils posthume du précédent, suivit Du Guesclin en Espagne en 1369, et épousa Marguerite de Sancerre qui ne lui donna pas d'enfant. Aussi à sa mort, arrivée en 1371, la baronnie de Retz passa-t-elle à sa soeur Jeanne Chabot. Cette dame surnommée Jeanne la Sage — par opposition à sa grand'tante Jeanne la Folle — vit son existence absorbée par trois faits principaux : difficultés relatives à ses unions, luttes avec le duc de Bretagne et règlement de sa succession. Elle épousa, par contrat, du 8 juin 1379, Jean l'Archevêque, fils aîné du sire de Parthenay ; mais ayant été fiancée précédemment à Roger de Beaufort (neveu du pape Clément VI et frère du pape Grégoire XI) — qui fait prisonnier n'avait pu l'épouser — et se trouvant parente à un degré prohibé de Jean l'Archevêque, elle fut excommuniée et sommée de se séparer de son mari. Elle se soumit à l'Eglise en 1381 mais renonça dès lors au mariage. Vers le même temps Jean IV, duc de Bretagne, fut tenté de s'approprier cette belle baronnie de Retz tombée en quenouille ; il employa auprès de Jeanne Chabot les promesses (il la fit ainsi consentir à accepter en échange du la baronnie de Retz les châtellenies de Châteaulin, Fouesnant et Rosporden, mais Jeanne Chabot les rendit au prince et réclama sa terre de Retz), puis les menaces et finit par en arriver à la violence. Le château de Princé, où la dame de Retz faisait son habituelle résidence, fut envahi et pillé par les hommes d'armes ; le duc en personne s'empara de Machecoul et des autres places fortes de sa riche vassale ; finalement après une occupation d'une vingtaine d'années, Jean IV se vit contraint par le roi de France de restituer à Jeanne la baronnie de Retz. Rentrée en possession de ses domaines la dame de Retz voulut en régler le sort. Deux seigneurs prétendaient à l'héritage de Jeanne Chabot : Guy de Laval, petit-fils de Foulques de Laval époux de Jeanne Chabot, dite la Folle, fille de Girard III sire de Retz — et Jean de Craon, sire de la Suze, arrière petit-fils, par sa mère Catherine de Machecoul, d'Eustachie Chabot fille de Girard II sire de Retz. Guy de Laval était le plus proche parent de la dame de Retz qui le reconnut en 1401 pour son héritier ; mais — se basant sur une renonciation à la succession paternelle qu'avait signée Jeanne la Folle lorsque son père la déshérita à cause de son premier mariage avec Jean de la Muce — Jean de Craon parvint en 1403 à se faire reconnaître à son tour comme héritier présomptif de Jeanne la Sage. De là, un procès qui se termina en 1404 par le mariage de Guy de Laval avec Marie de Craon fille de Jean. Quant à Jeanne Chabot, elle continua tant qu'elle vécut de se dire dame du Retz, mais elle n'en avait plus que le titre et ses héritiers lui servaient une pension ; elle mourut d'ailleurs le 16 janvier 1406. En devenant baron de Retz, Guy de Laval prit le nom de Guy de Rays ; il eut deux garçons de Marie de Craon qu'il perdit bientôt ; lui-même décéda en 1415 et fut enterré auprès de sa femme dans la chapelle des sires de Retz en l'église abbatiale de Buzay. Son fils aîné et successeur fut Gilles de Rays, maréchal de France et personnage historique dont la fin tragique fut si retentissante en 1440. De son union avec Catherine de Thouars il ne laissa qu'une fille nommée Marie qui lui succéda. Marie de Rays, baronne de Retz, épousa à Tiffauges en 1442, Prégent de Coëtivy, amiral de France, tué au siège de Cherbourg en 1450 ; elle se remaria l'année suivante à André de Laval, sire de Lohéac et maréchal de France ; elle mourut le 1er novembre 1457 et fut inhumée dans l'église priorale de Notre-Dame de Vitré où se trouve encore son tombeau. Comme la dame de Retz n'avait point eu d'enfant de ses deux unions, ce fut son oncle René de Rays, seigneur de la Suze, frère du malheureux Gilles de Rays, qui recueillit après elle la baronnie de Retz. Mais ce seigneur se vit disputer cette propriété par Jean de Vendôme, le second mari de Catherine de Thouars (cette dame se remaria en effet en 1441 à Jean de Vendôme, vidame de Chartres), qui prétendit que la succession de Marie de Rays appartenait à son frère utérin Jean de Vendôme ; toutefois le sire de Vendôme fut débouté de sa demande et en 1462 René de Rays rendit aveu au duc de Bretagne pour sa baronnie de. Retz (Archives de Loire Inférieure, E486). René de Rays épousa Anne de Champagne qui lui donna une fille nommée Jeanne ; il mourut le 30 octobre 1473 et sa veuve lui survécut 27 ans. Quant à Jeanne de Rays, elle s'unit à François de Chauvigny, vicomte de Brosse, et lui apporta la baronnie de Retz. De ce mariage naquit André de Chauvigny, vicomte de Brosse et baron de Retz, mari de Louise de Bourbon mais décédé sans postérité en 1502 (Du Paz - Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne, 229). Les prétendants à la succession de ce dernier baron de Retz furent nombreux : les deux principaux furent — outre la famille de Machecoul issue des sires de Rays et celle de la Trémoille héritière des Montmorency-Laval — les descendants des filles de Jeanne Chabot dite la Folle, femme de Foulques de Laval ; ces dames étaient Philippette de Laval, épouse de Foulques de Saffré, et Marie de Laval, femme de Guillaume Sauvage. La petite-fille de la première, Jeanne de Saffré épousa Jean Tournemine, sire de la Hunaudaye ; de la seconde descendirent les Sauvage seigneurs du Plessix-Guerrif. A la mort d'André de Chauvigny, Tanneguy Sauvage, sire du Plessix-Guerrif, prit donc le titre de baron de Retz et se fit rendre aveu en cette qualité en 1513. Mais Georges Tournemine, baron de la Hunaudaye, fit de son côté, valoir ses droits à la baronnie de Retz. De son union avec René de Villeblanche, il avait une fille Françoise Tournemine qui épousa : -1° Jacques sire de Montejean, -2° Pierre de Laval, seigneur de Montafilan, -3° Claude d'Annebaud, amiral de France. Ce dernier seigneur poursuivit le procès intenté par son beau-père et finit par demeurer possesseur de la baronnie de Retz, pour laquelle il fit hommage au roi en 1553. Jean d'Annebaud, fils des précédents, baron de la Hunaudaye et de Retz, s'unit d'abord à Antoinette de la Baume, dame de Châteauvilain, puis à Claudine de Clermont, dame de Dampierre. Il mourut en 1562 et sa veuve eut en toute propriété la baronnie de Retz « tant par composition de douaire que par donation et remboursement de deniers dotaux » (Du Paz - Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne, 232). Claudine de Clermont contracta un nouveau mariage avec Albert de Gondy, maréchal de France, qui désintéressa, moyennant finances, les derniers compétiteurs à la possession de la terre de Retz et obtint en 1581 l'érection de la baronnie de ce nom en duché-pairie. Ce seigneur mourut à Paris en 1602 et sa veuve au mois de février de l'année suivante ; ils furent inhumés à Paris dans de magnifiques mausolées et leurs statues subsistent encore dans les galeries du palais de Versailles. Le duc et la duchesse de Retz eurent, entre autres enfants, Charles de Gondy aîné, marquis de Belle-Ile, mais mort avant son père en 1596 et Philippe-Emmanuel de Gondy, comte de Joigny. Ce fut Henri de Gondy, fils de Charles, qui succéda à son grand-père en qualité de duc de Retz ; il épousa en 1610 Jeanne de Scepeaux, fille du duc de Beaupréau, et en eut Catherine de Gondy qui s'unit en 1633 à son cousin germain Pierre de Gondy fils du comte de Joigny. Heureux de ce mariage, Henri de Gondy se démit de son duché de Retz en faveur de son gendre. Pierre de Gondy, duc de Retz (frère du célèbre cardinal de Retz) et général des galères du roi, rendit aveu au roi en 1660 pour son duché ; il mourut en 1676 et sa veuve l'année suivante. On apporta leurs coeurs en l'église du Calvaire de Machecoul où ils furent déposés dans une urne de bronze portant cette inscription : Cy gisent les coeurs de M. Pierre de Gondy, duc de Retz, pair de France, chevalier des Ordres du roi, fondateur de ce monastère, décédé le 20 avril 1676, et de D. Catherine de Gondy son épouse, décédée le 20 septembre 1677. Requiescant in pace ! (Prise de possession de Machecoul en 1780). Ils eurent pour successeur au duché de Retz leur fille Paule-Marguerite de Gondy mariée eu 1675 à François de Bonne de Créquy, duc de Lesdiguières, dont elle resta veuve dès 1681. Ces derniers firent aveu au roi pour leur duché en 1679. Paule-Marguerite de Gondy, duchesse de Lesdiguières et de Retz, ne mourut que le 21 janvier 1716 dans sa soixante et unième année. Le duché de Retz passa alors aux mains d'un petit neveu de la défunte, Nicolas de Neufville, duc de Villeroy, petit-fils de Marguerite de Gondy mariée en 1645 à Louis de Cossé, duc de Brissac. Le nouveau duc de Retz fit hommage au roi en 1718 (Archives de Loire Inférieure, B1004). Nicolas de Neufville, duc de Villeroy et de Retz, avait épousé Marguerite Le Tellier de Louvois morte en 1711 ; il décéda lui-même en 1734 laissant ses duchés à son fils Louis-François de Neufville, époux de Marie de Montmorency-Luxembourg, mais qui mourut sans postérité au mois de mars 1766. Le neveu de ce dernier seigneur, Gabriel de Neufville (fils de François de Neufville, duc d'Alaincourt), hérita de ses deux duchés ; il avait épousé en 1747 Jeanne d'Aumont et il fit en 1774 hommage au roi pour le duché de Retz (Archives de Loire Inférieure, B1052). Mais par contrat en date du 18 avril 1778, le duc de Villeroy vendit le duché de Retz à Clément-Alexandre de Brie, marquis de Serrant.; celui-ci fut autorisé à démembrer cette vaste seigneurie et ne conserva guère que l'ancienne baronnie de Retz pour laquelle il rendit hommage au roi en 1788  (Archives de Loire Inférieure, B1004 et 1065) et qu'il posséda jusqu'à la Révolution. 

L'importance de la seigneurie de Retz a varié à diverses époques ; il est bon par suite de jeter un coup d'oeil rapide sur ses transformations successives. A la châtellenie primitive de Machecoul, noyau et chef-lieu de tout l'ensemble de la seigneurie de Retz, vinrent de bonne heure se joindre une foule d'autres châtellenies voisines telles que Pornic, Prigny, Vue, Princé, le Coustumier, et plus tard la Benaste, Bourg-neuf et les Huguetières. Cette magnifique réunion de fiefs forma la baronnie de Retz qu'extorqua le duc Jean IV à Jeanne Chabot la Sage. Mais au XIVème siècle le prodigue Gilles de Rays disloqua par ses ventes cette baronnie que reconstituèrent à grande peine son gendre l'amiral Prégent de Coëtivy, puis les successeurs de celui-ci André de Laval, René de Rays et François de Chauvigny. Durant toute la première moitié du XVIème siècle les nombreux compétiteurs à la possession de la seigneurie de Retz s'intentèrent entre eux tant de procès que cette baronnie perdit encore alors son unité territoriale ; elle ne recouvra vraiment son rang parmi les grands domaines féodaux qu'à l'époque de son érection en duché-pairie en 1581. A cette époque le roi Henri III voulant récompenser Albert de Gondy, maréchal de France et général des galères, donna en novembre 1581 des lettres patentes, enregistrées l'année suivante aux Parlements de Paris et de Bretagne et unissant « les chastellenies de Machecoul, Prigny. Bourgneuf, la Benaste, les Huguetières, Pornic, Princé, le Coustumier, Vue, Arthon, Legé, le Bois-de-Cené et autres terres ». De toutes ces châtellenies le roi forma une seule et vaste seigneurie qu'il érigea en duché-pairie (Archives du Parlement de Bretagne, 9e reg. 69). Plus tard, en 1634, le roi Louis XIII donna de nouvelles lettres patentes confirmant cette érection, en faveur de Pierre de Gondy (Archives de Loire Inférieure, B81).

 

Terminons cette étude par quelques notions générales sur la baronnie et le duché de Retz, qui n'ont pu trouver place jusqu'ici. L'an 1294, le baron de Retz déclara devoir à l'armée du duc de Bretagne « par raison de sa terre de Rays cinq chevaliers d'ost et l'on doit enquerre de sa terre de Machecoul si rien en doit et combien » (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 1111). Le baron de Retz était l'un des quatre barons portant l'évêque de Nantes le jour de son entrée solennelle dans sa ville épiscopale ; comme récompense et don du joyeux avènement, le prélat laissait au seigneur de Retz tout le linge servant à son repas d'installation. En 1268, Girard II Chabot, sire de Retz, réclama de l'évêque Guillaume de Vern ces « nappes du festin » ; en 1384 Jean IV, duc de Bretagne, jouissant alors de la baronnie de Retz, porta sur ses épaules l'évêque Jean de Montrelais ; en 1500 le prélat Guillaume Guéguen n'excusa le baron André de Chauvigny de remplir ce devoir que pour cause d'une grave maladie qu'éprouvait ce seigneur. 

Voici maintenant un aperçu de ce qu'était le duché de Retz en 1774 : La seigneurie s'étendait alors « en 55 où 60 paroisses » on ne comptait pas moins de deux mille fiefs ou terres nobles relevant d'elle. Le chef-lieu du duché était Machecoul ville avec deux paroisses et un château ; trois hautes juridictions s'exerçaient en autant de villes, Machecoul, Bourgneuf et Pornic. Faisaient partie de la seigneurie le port de Bourgneuf et les havres de Pornic et du Collet. Enfin les revenus du duché de Retz atteignaient 55 000 livres ; en ce total les trois châtellenies de Machecoul, les Huguetières et la Benaste figuraient seules pour près de 28 000 livres (Archives de Loire Inférieure, E486). Mais, lorsque le marquis de Brie-Serrant fut devenu propriétaire de cette magnifique seigneurie qu'il paya un million quatre cent mille livres (Revue de Bretagne et de Vendée, XLII, 436) il se fit autoriser du roi à la morceler pour pouvoir se rembourser d'une partie de cette grasse somme. De 1780 à 1782 il vendit une énorme quantité de fiefs, savoir : à Jean-Baptiste Richard, seigneur de la Roulière, les fiefs de Saint-Colombin, le Bignon, Saint-Philbert et la Chévrolière, — à Joseph Charette, seigneur de Briord, ceux du Port-Saint-Père, — à Auguste Thomas des Rotais, seigneur de la Senaigerie, celui de la Benaste en Bouaye, — à René Montaudouin, seigneur de la Clartière, le fief des Huguetières en Sainte-Croix de Machecoul, — à Jean Le Court, sieur de la Bigne, le fief de Chéméré, — à Joseph Gaze!, seigneur du Chaffaut, un fief de la Benaste, — à Claude du Pas, marquis de la Garnache, et à Jacques Imbert, seigneur de la Choltière, tous les fiefs de Retz en Paulx, Bois-de-Céné, la Garnache et la Trinité de Machecoul, — à René de Talhouët, seigneur de la Grationnaye, les fiefs de Retz en Saint-Michel-Chef-Chef, la Plaine(-sur-Mer) et Sainte-Marie, — à Charles Chevalier, seigneur du Boischevalier, les fiefs de Retz en Grande-Lande et Légé, — à Joseph Le Long, seigneur du Boisjoly, le fiefs de Pornic en Chauvé, — à Simon de Portnavaleau le fief de la Benaste en la Limousinière, — à Claude Le Maignan le fief de Saint-Jean de Corcoué, — à Félix Dubois, sieur de la Patellière, le fief de la Garangère en Paulx, — à Louis de Goulard le fief de Saint-Etienne de Corcoué, — à Philippe de Biré un autre fief de la Benaste en Bouaye, — enfin à Charles Danguy, seigneur de Vue, le fief d'Arthon(-sur-Mer) (Archives de Loire Inférieure, E487). Après toutes ces aliénations, le duché de Retz ne fut plus considéré que comme une simple baronnie d'ancienneté.

Pour conclure citons un trait des mœurs de l'ancien régime en résumant la dernière prise de possession du duché de Retz avant son morcellement. L'acquéreur, le marquis de Brie-Serrant, délégua pour cette opération Louis de Rotrou de la Grandière, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, qui du 11 au 20 octobre 1780 parcourut la seigneurie (Archives de Loire Inférieure, E486). Accompagné d'un notaire dressant procès-verbal de la prise de possession, le chevalier de la Grandière se transporta tout d'abord « au vieux château de Machecoul, chef-lieu de la baronnie et pays de Retz, flanqué de quatre tours, entouré de larges douves ». Là « le sieur Lefèvre, gardien des archives et percepteur des revenus, présenta les clefs audit seigneur de la Grandière qui entra dans l'appartement où sont les archives du duché et les différentes chambres et pièces que renferme ledit château, ouvrit et ferma les portes et fenêtres, fit feu et fumée, but et mangea ». Delà « transporté dans la chapelle qui est en l'enceinte du vieux château », M. de la Grandière se mit à genoux sur le banc seigneurial, fit sonner la cloche et entendit la messe dite « exprès ». « Transporté à l'auditoire, construit en 1735, où s'exerce la juridiction des châtellenies de Machecoul et des Huguetières », le chevalier de la Grandière trouva nombre d'officiers en robe : ouverture faite des portes du vestibule, de la chambre du conseil, du parquet, de la salle d'audience, avec les clefs présentées par l'huissier de service, M. Robin, sénéchal, conduisit M. de la Grandière qui monta sur le siège et le fit placer à sa droite. Le procureur fiscal reprit son banc ordinaire ; tous les officiers prirent leurs places ainsi que le greffier et l'huissier ». S'étant ensuite rendu à l'église de la Trinité de Machecoul, le chevalier de Malte fut reçu par Rolland Hervé de la Bauche, recteur de cette paroisse et doyen de Retz, auquel il déclara « prendre possession de ladite paroisse » au nom du seigneur de Retz « patron et fondateur d'icelle ». M. de la Grandière visita ensuite le couvent du Calvaire de Machecoul « où les dames religieuses lui chantèrent un motet en musique », celui des Capucins, les halles et la prison de Machecoul, l'église paroissiale de Sainte-Croix et se rendit « sur une motte de terre située près de ladite église, où était autrefois bâti le château de Sainte-Croix, sur laquelle motte ledit chevalier fit émotion de terre, arracha herbe et circuita ledit lieu ». Accompagné des gardes forestiers, M. de la Grandière parcourut la forêt de Machecoul en divers sens « coupa branches, arracha herbes, fit émotion de terre et visita la maison des gardes ». Il prit également possession de l'abbaye de la Chaume fondée par les barons de Retz. Les jours suivants le chevalier de la Grandière visita les autres châtellenies : les Huguetières, Bourgneuf, Prigny, Pornic, Princé, etc. Ce fut partout le même cérémonial : réception par le clergé des paroisses et par les officiers des juridictions, remise des clefs, ouverture des portes, émotions de terre, etc. Mais la réception qu'il reçut en la petite ville de la Benaste fut particulièrement solennelle, c'est par elle que nous terminerons notre citation : « Avons remarqué en arrivant, — dit le rédacteur du procès verbal — un tas de bois en pyramide au-devant de l'église, auquel le feu a été mis par les habitants dont deux armés de fusils qu'ils ont déchargés à l'instant. C'est aussi trouvé à la porte d'entrée du cimetière Messire Alexandre Goéau, sieur des Revelières, prêtre et recteur de la Benaste, revêtu d'une chape et d'une étole, la croix et la bannière levées devant lui, pour recevoir ledit chevalier de la Grandière qu'il a conduit processionnellement à l'église ; dans laquelle entré lui a présenté de l'eau bénite à la grande porte cintrée de lauriers, et a été ledit chevalier se placer au-devant du maître-autel sur un siège préparé et tapissé exprès où il s'est mis à genoux et a fait oraison ; ensuite ledit recteur l'a complimenté et encensé et dans son compliment l'a reconnu, au nom du marquis de Brie, pour seigneur fondateur de ladite église ; puis a chanté le Veni Creator, à l'issue duquel a été publiée (par un notaire) la présente prise de possession de ladite église de la. Benaste et cela sans aucune opposition ; puis ledit recteur a chanté le Te Deum » (Archives de Loire Inférieure, E486).

 

La châtellenie de Machecoul : Avant de faire connaître ce qui composait la seigneurie de Machecoul il convient de mentionner ses possesseurs qui ne furent pas toujours les barons de Retz. Gestin II de Rays fut le premier en 1082 à prendre te titre de seigneur de Machecoul et à. mentionner le château de ce nom (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 457). Son fils Garsire Ier fut également sire de Rays et de Machecoul, mais son petit-fils Raoul Ier de Rays céda à son frère Garsire II le litre de seigneur de Retz et se réserva la Seigneurie de Machecoul. De son union avec Marie Talevat, Raoul Ier n'eut qu'un fils, Bernard, qui prit le nom de Machecoul et forma la branche des sires de Machecoul. Bernard de Machecoul reçut de son père les seigneuries de Machecoul et de Saint-Philbert de Grandlieu et fut, du chef de sa mère, sire de la Roche-sur-Yon ; il épousa Eléonore de Tonnay et mourut en 1212. Son fils Raoul de Machecoul, seigneur dudit lieu et de Luçon, ne lui survécut guère et décéda dès 1214. Béatrice de Machecoul, soeur du précédent, lui succéda. Elle épousa d'abord Guillaume de Mauléon, sire de Talmont, puis Aimery de Thouars ; elle mourut en 1235 et fut inhumée à l'abbaye des Fontenelles. La fille des précédents, Jeanne de Thouars s'unit : -1° à Hardouin de Maillé, -2° à Maurice de Belleville, mais elle se vit enlever la seigneurie de Machecoul qui passa aux mains de Marguerite de Montaigu. Veuve d'Hugues de Thouars, celle-ci s'était remariée vers 1236 avec Pierre Mauclerc, naguère duc de Bretagne, veuf lui même de la princesse Alix de Bretagne, et devenu à la majorité de son fils le duc Jean Ier, simplement Pierre de Braine. A la mort de ce dernier (1250) Machecoul eut pour seigneur un de ses fils qui prit le nom d'Olivier de Machecoul, mais dû en 1258 renoncer au château et à la ville de Machecoul et par suite à la qualification de seigneur de cette châtellenie, en faveur de Jeanne de Thouars qui en avait été précédemment dépossédée (René Blanchard, Introduction au Cartulaire des sires de Rays). Toutefois Jeanne de Thouars mourut sans postérité dans le courant de cette même année 1258. Aussitôt Eustachie dame de Rays, sa parente assez éloignée, et Girard Ier Chabot, son époux réclamèrent et obtinrent Machecoul, la ville la plus importante de leur baronnie qui en était distraite depuis un siècle. La famille de Machecoul, fondée par Olivier de Machecoul, se perpétua néanmoins dans les seigneuries de la Benaste, Saint-Philbert de Grandlieu et autres, mais Machecoul lui-même ne fut plus séparé de la baronnie de Retz. C'est peut-être ici l'occasion de faire remarquer que les premiers sires de Rays portaient pour armes : d'or à la croix de sable, tandis que le blason des sires de Machecoul fut : d'argent à trois chevrons de gueules

La châtellenie de Machecoul s'étendait en huit paroisses : La Trinité et Sainte-Croix de Machecoul, Saint-Mesme, la Marne, Saint-Cyr, Sainte-Pazanne, Saint-Mars et Saint-Hilaire de Chaléons. Le premier château de Machecoul fut celui de Sainte-Croix, dont les premiers sires de Rays prirent le nom et dont la motte subsiste encore aujourd'hui (Maître – Géographie historique de la Loire-Inférieure, 303). Plus tard fût bâti au bord du Falleron, à l'extrémité de la ville opposée à Sainte-Croix, le château de Machecoul, signalé dès 1083. Voici ce qu'était — reconstruite probablement au moyen-âge — cette forteresse au XVIIème siècle : « Le chasteau de Machecoul basti en forme de forteresse, édifié en carré avec ses bastiments de six tours estant à crenaux et les fondements de trois autres grosses tours et plate-formes percées et flanquées de canonières, (avec) ses donjon, rasteau de fer, portes, pontslevis, basse-cour, murailles, terrasses, esperons ; courtines flanquées pour la défense desdits pontslevis, herses, douves, fossés, contre-escarpes en dedans et dehors la dite place ; contenant le grand dudit chasteau par fonds et dehors environ huit journaux de terre. A la sortie dudit chasteau et au bout d'une rabine plantée d'ormeaux est la ville.de Machecoul en partie close et fermée de murailles et fossés, rues pavées et portes (nota : la ville de Machecoul avait quatre portes dont il ne restait qu'une debout en 1780 ; à cet époque la muraille d'enceinte était aussi détruite) ès trois faux-bourgs sçavoir : Sainte-Croix, le Bourg-Mignon et le Bourg-Saint-Martin » (Déclarations de Machecoul en 1674 et 1679). Ce château, qui avait soutenu plusieurs sièges et résisté à l'artillerie d'Henri IV, fut incendié et détruit pendant les guerres de Vendée. « Il n'en reste aujourd'hui que des tours mutilées, et quelques débris de murs construits à diverses époques. On retrouvait dans les parties les plus ornées de ce château le style du XVème siècle, les nervures élégantes, les ogives en accolades. Ajoutez dans l'ensemble tout le luxe des temps féodaux, des salles voûtées, des souterrains profonds, des fossés que parcourait une rivière. On citait aussi des escaliers sans nombre dont les uns tournaient en spirale, les autres serpentaient dans l'épaisseur des murs » (De la Gournerie, Machecoul – Revue de Bretagne et de Vendée, XVII, 454). Dans l'enceinte de ce château se trouvait une chapelle dédiée à la Sainte Vierge. Au-dessus de la principale porte de la forteresse étaient sculptées les armoiries de la maison de Gondy : d'or à deux masses d'armes de sable, passées en sautoir et liées de gueules (Prise de possession du duché de Retz en 1780). 

En la ville s'élevait la halle de Machecoul « à couverture en chape de tuiles et érigée sur posteaux de bois ; consistant ladite halle en cinq rangs d'estalages et au dessus du premier est basty le siège et auditoire de la juridiction ; avec droit de marché chaque semaine le mercredi et cinq foires anciennes par chacun an, aux lendemains des festes de saint Jean-Baptiste en juin, l'Exaltation de la Croix en septembre, saint Luc en octobre, saint Nicolas en décembre et saint Marc en avril ; les quatre premières en la ville et forsbourgs et celle de saint Marc au prieuré de Saint-Lazare éloigné d'un demy-quart de lieue » (Déclarations de Machecoul en 1674 et 1679). Dans ces foires le seigneur de Machecoul levait des droits de « coustume et minage, mesurage et aulnage, bouteillage de quatre pots de vin par pipe, etc. » (Déclarations de Machecoul en 1674 et 1679). Mais par concession du seigneur de Machecoul, plusieurs ecclésiastiques partageaient avec lui ces diverses redevances foraines : le prieur de Saint-Martin levait une partie des droits de la foire Saint-Luc qui se tenait dans un faubourg de Machecoul, près de son église priorale, fondée en faveur de l'abbaye de Marmoutiers dès le XIème siècle par les sires de Rays. — L'aumônier de Saint-Nicolas, hôpital mentionné au XIIIème siècle et devenu hôpital général au XVIIIème, avait le même privilège à la foire de Saint-Nicolas. — Le prieur de Saint-Lazare jouissait d'un semblable droit à la foire de Saint-Marc, entourant son prieuré, en dehors de la ville. En revanche à ce dernier religieux incombait un devoir particulier vis à-vis du sire de Machecoul à l'occasion de cette foire : « Ledit prieur de Saint-Lazare est tenu venir au chasteau de Machecoul la veille de ladite foire de Saint-Marc, pour savoir si le seigneur ou son représentant désire aller à l'ouverture d'icelle foire, laquelle se doibt faire ledit jour sur le soir par les officiers de Machecoul ; et doibt ledit prieur audit seigneur et à ses officiers la collation de deux pots de vin du meilleur qui se pourra trouver et qui ne soit poussé, fusté ni aigre, deux pains de deux sols pièce, avec la serviette, une poutre pour l'oiseau dudit seigneur et de la paille fraische pour ses chiens ; et le jour de la dite foire, aussy vers le soir et lors de la closture d'icelle, doibt pareilles choses ; comme aussi est obligé ledit prieur, le matin dudit jour, de dire la messe audit seigneur en la chapelle dudit lieu de Saint-Lazare et ensuite luy donner à disner et à six personnes de sa compagnie, et, en son absence, à ceux qui le représentent jusqu'au nombre de six » (Déclarations de Machecoul en 1674 et 1679). 

Dès 1055, Harscoët Ier de Rays fonda non loin de Machecoul l'abbaye Notre-Dame de la Chaume sur l'emplacement même d'une assez vaste nécropole de l'époque mérovingienne (René Blanchard, Introduction au Cartulaire des sires de Rays ). Cette fondation fut faite en faveur de l'abbaye de Redon qui envoya des religieux habiter le nouveau monastère et se réserva la collation de l'abbé. Mais le seigneur de Machecoul, outre les prééminences ordinaires de fondateur, eut le privilège de présenter, à chaque vacance du siège abbatial de la Chaume, trois religieux parmi lesquels l'abbé de Redon dut choisir le nouveau prélat. Ce fut à la fin du XIème siècle que Gestin II de Rays donna à Pierre abbé de Tournus une terre à Machecoul même pour y fonder une obédience. Telle est l'origine du prieuré Saint-Philbert de Machecoul appelé depuis Saint-Blaise. Plus tard un seigneur de Machecoul concéda une belle prairie au prieur de Saint-Blaise sous l'unique obligation de lui fournir chaque année un paquet de joncs verts à l'Ascension et un autre à la Pentecôte ; mais ce qu'il faut voir ce sont les conditions du transport de ces deux bottes de jonc : « Est dû audit seigneur (de Machecoul) par le prieur du prieuré de Saint-Blaise, sur un pré appelé le Pré-aux-Bittes, deux foncées ou deux faix de joncs verts, sçavoir l'un au jour de l'Ascension et l'autre au jour de la Pentecoste, qui doibvent estre rendues au chasteau de Machecoul et portées sur un asne ferré des quatre pieds tout à neuf, mené et conduit par quatre hommes ayant chacun une paire de souliers neufs à simple et première semelle, et estant l'un à la teste, l'autre à la queue, et les deux autres aux deux costés pour tenir les dites joncées ; et où ledit asne viendroit à tomber, fianter ou pe..er sur les ponts, en la cour et autre lieu dudit chasteau ledit prieur doit l'amende de 60 sols et 1 denier monnoie ; laquelle amende est pareillement due par chacun homme qui n'auroit des souliers à simple semelle, et mesme par chacun clou qui defaudroit en la ferrure dudit asne. Et sont lesdites joncées dues à chacun desdits termes, avant le dernier son de la grande messe parochiale de l'église de la Trinité de Machecoul » (Déclarations de Machecoul, en 1674 et 1679). Cette cérémonie de l'âne et de la jonchée était si populaire et semblait si réjouissante, que le baron de Retz ayant afféagé son grand four à ban de Machecoul, n'imposa aux tenanciers d'autre obligation qu'une rente annuelle de 12 livres et le devoir de la jonchée à l'Ascension et à, la Pentecôte, à la même heure et dans les mêmes conditions que le faisait déjà le prieur de Saint-Blaise (Déclarations de Machecoul, en 1674 et 1679). « Ainsi il y eut depuis lors une sorte de concours entre l'âne du Pré-aux-Bittes et celui du four à ban ; et je laisse à penser la joie de la foule escortant à rangs pressés les deux quadrupèdes, pour voir lequel s'acquitterait le plus proprement de son rôle » (De la Borderie, Annuaire de Bretagne 1861, p. 190). 

La Trinité de Machecoul était le chef-lieu d'un doyenné. Le sire de Machecoul était seigneur patron et fondateur de cette église située dans sa ville même ; il y avait ses écussons dans les vitres et c'était en 1780 ceux de la maison de Gondy. Il lui appartenait aussi de présenter à l'évêque de Nantes le doyen de Machecoul « des mains duquel tous les recteurs des paroisses du pays de Retz sont tenus venir prendre les chresme et saintes huiles. A raison de laquelle fondation est ledit doyen tenu envoyer audit chasteau de Machecoul pour sçavoir quand ledit seigneur, et en son absence celui qui le représente, sera prest d'aller et assister au service divin, sans qu'il le puisse commencer jusqu'à ce qu'il en ait eu reponse » (Déclarations de Machecoul en 1674 et 1679). 

Voici maintenant un devoir commun à tous les grands bénéficiers de Machecoul relevant féodalement du seigneur du lieu : « Sont tenus ledit doyen de Machecoul, l'abbé de la Chaume, les prieurs de Saint-Martin, Saint-Blaise, Saint-Pierre-de-Cahouet (Prieuré bénédictin en la paroisse de la Trinité de Machecoul), Saint-Michel-de-l'Ile (Prieuré membre de l'abbaye de Redon et situé en la paroisse Sainte-Croix de Machecoul) et l'aumosnier de Saint-Nicolas, tous en ladite ville et forsbourg ou ès environs, de se trouver aux quatre festes annuelles (Noël, Pâques, la Pentecôte et la Toussaint) de chacun an à la fin du disner dudit seigneur (de Machecoul) estant en son chasteau, pour luy dire les graces et distribuer aux pauvres ce qu'il luy plaira leur donner et ensuite conduire ledit seigneur à vespres lesquelles ils seront tenus chanter et à la fin (chanter) un libera, un De profundis avec l'antiphoine et oraison ; et est ledit seigneur fondateur et patron de tous lesdits bénéfices » (Déclarations de Machecoul en 1674 et 1676). Les mêmes droits prééminenciers appartenaient au sire de Machecoul en dehors de sa ville, notamment en l'église Sainte-Croix, probablement la plus ancienne des paroisses du lieu et qu'avoisinait le château primitif des sires de Rays. En ce temple on voyait en 1780 deux litres armoriées : en supériorité celle du duc de Retz et au-dessous celle du seigneur de la Clartière (Juridiction et terre en Sainte-Croix de Machecoul appartenant alors aux Montaudouin). 

Deux monastères devaient également à Machecoul regarder le seigneur du lieu comme leur fondateur et prééminencier : l'un était un couvent de capucins venus là en 1616 à la place de religieux Feuillants qu'y avaient été établis en 1600 par Antoinette d'Orléans veuve de Charles de Gondy, marquis de Belle-Isle, et devenue religieuse feuillantine à Toulouse : — l'autre était un monastère de Bénédictines du Calvaire fondé en 1673 par le duc et la duchesse de Retz, en considération de leur fille Marie-Catherine de Gondy, bénédictine au Calvaire de Paris. La ville de Machecoul était, du reste, riche autrefois en établissements religieux ; aussi voyons-nous qu'outre tous ceux dont nous venons de parler, les prieurés de Saint-Thomas et de Quinquenavent, en la Trinité, relevaient encore féodalement du seigneur de Machecoul.

Quant aux mouvances séculières de la châtellenie de Machecoul, elles n'étaient pas moins nombreuses : les principales étaient la châtellenie de Saint-Mars-de-Coutais, la sergenterie féodée de la Gaisne, la Grande-Bretesche, la Clartière, le Drouillay, etc. (Déclarations de Machecoul en 1674 et 1679). Enfin au sire de Machecoul appartenaient aussi les droits féodaux qui suivent : « Un droit de guet et de garde au chasteau de Machecoul, tant en temps de paix que de guerre, dû tant par la garnison y entretenue que par les habitants de la ville et faubourgs dudit Machecoul et des paroisses de Fresnay, Paulx, la Marne et Saint-Mesme ». —  « Le droit de saisir le temporel du doyenné de Machecoul, faute de doyen, et de fournir un précepteur et régent pour faire enseigner les enfants » (Déclarations de Machecoul en 1674 et 1679). Dès l'an 1409 il est fait mention de cette école de Machecoul. — Un droit de coutume au bourg de Saint-Mesme et dans cette paroisse un autre droit de pêche prohibitive, passage et bac en la rivière du Tenu ; — le droit de bris de naufrage sur la côte de l'Océan ; — le droit de tenir deux fois par an les plaids généraux de la haute justice de Machecoul, etc. ; — de nombreuses rentes féodales par deniers et grains, et, pour ne rien omettre, le droit d'exiger à chaque fête de l'Ascension « une salade de chicorée » du propriétaire d'une maison de la grand'rue de Sainte-Croix (Déclarations de Machecoul en 1674 et 1679). Le domaine proche du seigneur de Machecoul comprenait, outre le château de ce nom, la motte de Sainte-Croix, les halles, auditoire et prisons, dont nous avons parlé, les terres suivantes : les métairies du Bourgneuf, de Beauregard, des Barrils, de la Pommeraye et du Lochay, — la forêt de Machecoul, contenant 2 500 journaux, et le bois du Chardonnay — les garennes de Rays et les prairies de Sainte-Croix, etc. (Déclarations de Machecoul en 1674 et 1679) (abbé Guillotin de Corson).

(à compléter)

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