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LOCTUDY

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La commune de Loctudy (pucenoire.gif (870 octets) Loktudi) fait partie du canton du Guilvinec. Loctudy dépend de l'arrondissement de Quimper, du département du Finistère (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de LOCTUDY

Loctudy vient du breton « lok » (lieu consacré) et de saint Tudy.

Au Vème siècle, des moines ayant à leur tête Tudy auraient édifié un monastère à Enez-Tudi, petite île située à l’entrée de la Teir. Ce monastère est détruit par les Normands à la fin du IXème siècle.

Au XIème siècle, une importante communauté religieuse s'y implante et y édifie une église abbatiale. Vers la fin du XIème siècle, de 1080 à 1100, on constate à Loctudy l'existence de chapelains ou chanoines groupés en collégiale, à leur tête un abbé. C'est d'abord Daniel "Abbas Tudi", qui assiste comme témoin à la donation faite par le duc Alain IV Fergent (1084-1119). Puis un nommé Guégen "Abbatt Tudy" signe la donation par Alain IV Fergent, à l'abbaye de Landévennec, d'un verger, d'un moulin et d'un droit de pêche à Châteaulin. En 1162, dans un acte du duc Conan IV le Petit (1156-1166) confirmant les donations d'Alain Canhiart à l'abbé de Sainte-Croix de Quimperlé, figure parmi les témoins au rang laïque un certain "Guinguen" dictus Abbas Tudi.

Loctudy sera, jusqu'au XIIIème siècle, revendiqué comme bénéfice par l'abbaye de Saint-Gildas-de-Rhuys. De la fin du XIème siècle au début du XIIIème siècle, l'abbaye de Loctudy est entre les mains des seigneurs de Pont-l'Abbé, qui s'en proclament seuls patrons et y créent une collégiale dont la présentation à l'un des canonicats était prétendue par l'abbé de Saint-Gildas-de-Rhuys. En 1220, l'abbé de Rhuys et le seigneur du Pont renoncent à leurs prétentions : l'abbaye de Loctudy est alors régie par un collège de trois chanoines. En effet, en avril 1220, un acte important est signé à Quimper entre Hervé, abbé de Saint-Gildas de Rhuys et Rainaud (ou Renaud), évêque de Cornouaille, concernant l'octroi par l'évêque de trois canonicats dans l'église Saint-Tudy, dont un accordé à perpétuité à l'abbaye de Saint-Gildas de Rhuys (Cartulaire de l'église de Quimper). De plus, en 1223, un second acte, complétant celui de 1220, est signé à Quimper entre Rainaud (ou Renaud), évêque de Cornouaille et Hervé, seigneur du Pont-L'Abbé, en présence de Josse, archevêque de Tours, dans lequel Hervé du Pont confirme la résiliation de son droit de patronage sur l'église de Saint-Tudy.

De nombreux auteurs ont débattu de la question des templiers à Loctudy. Cependant aucune preuve historique ou archéologique ne vient étayer l'existence des Templiers à Loctudy. En 1858, A. du Châtellier prétend que "la paroisse de Loctudy, de laquelle releva plus tard le Pont-l'Abbé, ne fut réellement fondée que dans le XIVème siècle, après la dispersion des Templiers, auxquels l'ancienne abbaye de Loctudy, dévastée précédemment par les Normands, avait été attribuée avec ses biens, pour être constituée en prieuré de l'Ordre". En 1894, G. P. de Ritalongi indique que "l'origine de l'église de Loctudy remonte à la fin du Vème siècle. Cette église fût reconstruite par les soins des barons du Pont, au milieu du XIIème siècle. Elle fût donnée par ces seigneurs à l'évêque de Cornouaille, nommé Rainaud, au début du XIIIème siècle. L'évêque de Cornouaille aurait fait la donation de l'église de Loctudy aux Templiers..... Le monastère des Templiers était, paraît-il, à l'Ile Chevalier... Les Templiers demeurèrent à Loctudy jusque vers 1308, époque de leur persécution...". Selon le Chevalier de Fréminville, "l'église aurait été donnée en 1187 à l'Ordre du Temple par le duc de Bretagne, Conan III"

A la fin du XVIème siècle (1597) les revenus de la chapelle Saint-Tudy sont annexés au monastère des Pères Carmes par Sébastien de Rosmadec, baron de Molac, tuteur d'Hélène de Beaumanoir, "à condition de chanter deux grands'messes par semaine, l'une le Dimanche de l'office de Notre-Dame, et l'autre le Mardi du Saint-Esprit, ce que Dom Charles de Lescoët, évêque de Cornouailles (1595-1614) ratifia et approuva". Le 16 septembre 1622, Hélène de Beaumanoir et son mari Charles de Cossé, marquis d'Acigné, donnaient leur consentement à la donation précédemment faite.

Jusqu'à la Révolution, Loctudy englobe la partie Est de Pont-L’Abbé (château, port et couvent des Carmes) et possède même une enclave, formée par les hameaux de Langeriguen et de Langougou et la chapelle Saint-Cosme, en Plomeur. Puis Loctudy perd le quartier des Carmes et s’agrandit de quatorze villages de Plonivel. La paroisse de Loctudy dépendait autrefois de l'évêché de Cornouaille. 

On rencontre les appellations suivantes : Abbas Tudi (en 1084-1112), abbas Sancti Tudi (en 1162), ecclesia S. Tudii (en 1224), Locus Sancti Tudini (vers 1330), Locus Tudini (en 1405), Loctudy (en 1574).

Note 1 : Sur l'île Chevalier, surnommée au XVIème siècle, Ile Gueltas, se trouvent les ruines d'un vieux château (Castel ar Roue Guivarc'h) et une chapelle dédiée à saint Gildas. Le château, surnommé "le château de Gradlon", pourrait être élevé sur les ruines d'un monastère ayant appartenu jadis aux Templiers. 

Note 2 : deux seigneurs dominaient jadis la paroisse de Loctudy : les Drouallen, puis les Le Gentil de Rosmorduc à Kerazan, les Penfentenyo à Kervereguen. Mais ils étaient concurrencés par des nobles non résidents tels que le baron du Pont (à Paris), le comte du Boisberthelot (à Bothoa) et bien d'autres tels que les religieuses, les Carmes de Pont-l'Abbé, les seigneurs de la Forêt, de Penamprat et de Trévannec. A la Révolution, les Boisguehenneuc, de La Forêt et les Le Gentil émigrent et les Penfentenyo sont assignés à résidence, alors que les Furic se rallient au Nouveau Régime.

Note 3 : l'île Garo s'appelait jadis l'île Sainte-Marie. En 1873, l'île Garo, appartenant alors à la famille Durumain, est achetée à part égale par Marie Anne de Villélume Sombreuil (époux de René de Madec) et par Fortuné Halma du Fretay. Un an plus tard, Mme Madec revend sa part à la famille du Fretay. Cette île, ainsi que Kerenez (dénommé "Manar ar Gurun"), sont vendus en 1880 par la famille du Fretay à Charles Welesley (époux de Julie Le Grand), né à Paris en 1833 d'un père anglais et d'une mère française, Barbe Pétoisy de Langouthière. A la mort de Charles Welesley, l'acquéreur de l'île Garo est Gaston Moch. L'île est achetée en 1900 par la famille Gustave Moussion. 

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PATRIMOINE de LOCTUDY

l'église Saint-Tudy (XI-XII-XVème siècle), édifiée par les soins des seigneurs du Pont, restaurée et remaniée au XVème siècle, en 1760, en 1845 (par l'architecte Bigot) et en 1883. Quelques auteurs disent que Conan III le Gros aurait en 1187 fait don aux Templiers de l'église de Loctudy pour en faire un prieuré de leur Ordre. L'édifice, qui date de la fin du XIème siècle et du début du XIIème siècle, comprend une nef de quatre travées avec bas-côtés puis un choeur d'une travée droite et d'un rond-point de cinq arcades avec carole sur laquelle s'ouvrent trois chapelles rayonnantes. D'Ovieto Nicolas IV accorde le 12 janvier 1291 une indulgence d'un an et de 40 jours à ceux qui visiteraient l'église de saint Tudy de Cap-Caval du diocèse de Quimper. Grégoire XI octroie le 7 septembre 1371 "une indulgence de un an et quarante jours valable pendant vingt ans pour ceux qui visiteront l'église Saint-Tudy et de la Sainte-Trinité de Pont-l'Abbé aux fêtes de Saint Tudy et pendant les Octaves". La façade du XVIIIème siècle (reconstruite en 1760 suite à un incendie) est surmontée d'un clocher à galerie, à une seule chambre de cloches, couronné par une flèche octogonale. Le clocher date de 1760. L'intérieur est de type roman avec absence de transept. Des piles à section rectangulaire, quelques-unes de deux, les autres de quatre colonnettes engagées, séparent les bas-côtés de la nef. Quatre piliers cylindriques, rangés en demi-cercle, ferment le fond du choeur que le bas-côté contourne pour former déambulatoire dans l'abside en hémicycle, avec trois chapelles absidales. Les chapiteaux sont surchargés de spirales en tous genres : palmettes, crossettes, croix, cornes de bélier. Les bases des colonnes du choeur et du déambulatoire présentent des personnages aux attitudes crues. Le porche sud date du XVème siècle. La nef date du XI-XIIème siècle. On y trouve l'enfeu de la famille de Kérazan (XV-XVIème siècle) et celui de la famille La Forest (XVIème siècle). L'église abrite une statue ancienne de saint Tudy (XVIIIème siècle). A l'angle Sud-Ouest du cimetière se trouvait autrefois un ossuaire. A signaler que dans les comptes de 1330 (Pouillé de Tours) on indique trois prébendes affectées aux chanoines de la Collégiale de Saint-Tudy, taxées chacune à 25 livres au profit de la cour de Rome. Vers la fin du XVème siècle, une des prébendes est supprimée et la collégiale elle-même semble avoir disparue au XVIème siècle ;

Nota : L'église de Loctudy fut bâtie par les soins des barons du Pont, qui en firent don à l'évêque de Cornouaille, avec stipulation que la nomination des chapelains serait attribuée à l'évêque et à l'abbé de Rhuys (1223). L'évêque en fit la remise aux Templiers, et ceux-ci, bien que l'édifice ne fut pas construit selon les rites de leur ordre, l'acceptèrent et y firent les restaurations qui lui donnent le style judaïque propre à leurs constructions. Ils durent créer l'abside et les trois chapelles du pourtour qui, à bien examiner, ont été ajoutées après coup. Cette hypothèse qui n'a pas été combattue, est devenue semble-t-il une certitude en considérant l'emplacement des tombes nobles de cette église. Il est présumable, en effet, que si les trois chapelles derrière le choeur eussent existé au début, ou même eussent été libres comme celles des églises paroissiales du canton, les familles nobles qui fixèrent leur sépulture dans cette église, eussent choisi de préférence, les chapelles qui, aujourd'hui, contiennent les restes des familles de Rosmorduc, derniers seigneurs de Kérazan et de Penfentenyo de Kervéréguin. Or, les fondations de ces enfeus ont une date bien postérieure au départ des Templiers (1312) et entrent dans la période de possession épiscopale de cette église. J'en conclus que l'église de Loctudy fut propriété d'un ordre puissant, la gérant à sa guise, la remaniant et laissant de son passage des traces profondes, tant sur les chapîtaux des colonnes du choeur, que dans les voussures des fenêtres du pourtour. Nous voyons dans un procès-verbal de 1730 la description des tombes nobles de l'église de Loctudy et leur emplacement. Les seigneurs de Kérazan étaient premiers prééminenciers, après les barons du Pont, de l'église paroissiale de Loctudy, où leur blason figurait dans les verrières. Ils y possédaient dans le sanctuaire et dans le chœur, de grandes tombes et un banc armorié. D'après le-procès-verbal de 1730, et grâce aux renseignements fournis M. le comte de Rosmorduc, j'ai pu reconstituer la sépulture de ces seigneurs.
A. — GRANDE TOMBE DE KERAZAN. « Laditte tombe élevée est longue d'environ 6 pieds,
d'antienne structure, et haute d'environ 3 pieds ; la pierre du dessus de lad. tombe est chargé de cinq écussons en bosse et relief, le premier étant au mi-lieu, chargé de trois croissants avec un lambel (armes de la terre et seigneurie de Kérazan) ; le second mi-parti au premier desd. croissant et lambel (Armes des Kerfloux : " de gueules à trois croissants d'argent, au Iambes de même". Cette brisure indique qu'ils sont issus juveigneurs de la maison de Trémillec) et au second d'une croix (Peut-être Lezongar : "d'azur à la croix d'or" (?)) ; le troisième chargé d'un aigle deux têtes (Kerlazret du Cosquer, "d'azur à l'aigle éployée d'or". C'est par supposition que ces armes sont attribuées au Kerlazret, car elles pourraient aussi bien appartenir aux de La Forest, de Loctudy, qui portent :
"de sable à l'aigle à deux tètes d'argent, becquée et membrée de gueules " famille très ancienne à laquelle les L'Honoré succédèrent en 1526) ; le quatrième mi-parti, au premier desd. croissant et lambel et au second dud. aigle à deux têtes et le cinquième est rempli de lad. croix. Et sur la pierre servant de soutient à lad. tombe, du côté du maître autel, sont aussi trois écussons en bosse et relief, le premier mi-parti desd. croissant, lambel et aigle, le second desd. armes de Kérazan plaine, et le troisième encore mi-parti desd. croissant et lambel et de lad. croix. Et de l'autre costé de lad. tombe, sur la pierre servant aussi de soutient auprès de la sacristie, trois autres écussons, le premier mi-parti desd. croissant et lambel avec une échiquetée (?), le second aussi parti au premier desd. croissant et lambel et au second dud. aigle à deux têtes, et le troisième encore mi-parti desd. croissant, lambel et de lad. croix ». Cette tombe fut détruite eu 1790, pendant l'absence de M. le comte de Rosmorduc, seigneur de Kérazan. ainsi que nous l'apprend le passage suivant d'une lettre que lui écrivait le 10 octobre M. Royou, son receveur : « Vos vassaux de Loctudi ont fait, par bêtise, une chose qui vous déplaira. Ils ont, démoli la tombe de vos ancêtres, sans m'en prévenir, et celle de. M. de Kervéréguin, qui avait refusé d'accéder à cette démolition. Ils s'en repentent et sont venus me dire de vous prier de trouver bon qu'ils la replacent dans un lieu plus éminent. Ils ne l'avoient détruite que parce qu'elle gênoit la construction qu'ils ont fait faire d'un nouvel autel. Mais hyer le district de Quimper a fait afficher un ordre de détruire toutes les tombes et combler tous les caveaux dans les églises, cela empêchera l'effet de la bonne volonté de vos vassaux. li n'y a donc rien à faire, à mon avis, que d'attendre un peu les événemens ».
B. — GRANDE TOMBE DE KERVEREGUIN, que le procès-verbal de 1730 décrit ainsi : "Une tombe enlevée, d'antienne structure, joignant le premier pilier du choeur, du côté de l'Epitre, sur laquelle tombe est un écusson éfacé où il ne reste que des trasses". Cet écusson représentait précédemment, dit la même pièce : « un sanglier de sable passant sous un chêne de sinople qui sont les armes de la terre de Kervéréguin (De Kervéréguin, porte : "d'argent au chêne de sinople englanté d'or, le fût chargé d'un sanglier de sable en furie, allumé et défendu d'argent") ». Ce tombeau fut détruit en 1790, en même temps que le précédent.
C. — Grande arcade voûtée renfermant « une tombe élevée de terre de quatre doigts, chargée d'un grand écusson en bosse et relief où sont les trois croissans et lambel » — Le long de cette tombe, dans l'intérieur du choeur, se trouvait : « un banc clos et à queue, long de six pieds et huit poulces, et large de quatre pieds et demi ». Ce banc ainsi que le tombeau appartenaient aux seigneurs de Kérazan qui permirent aux paroissiens, en 1730, de démolir l'arcade, d'abaisser la tombe au ras du sol et de reculer le banc, afin d'agrandir le choeur et de ménager un passage. Voici, d'ailleurs, l'inscription que les paroissiens firent graver à cette occasion sur une plaque de cuivre qui fut fixée à l'une des colonnes où elle se voyait encore en 1779 : « Messire Y. R., chef de nom et d'armes, Le Gentil, chevalier, seigneur de Rosmorduc, Coatninon, etc., et dame M. A. J. Drouallen, son épouse, dame de Kérazan, en Loctudy, ayant consenti, à la prière du général de ladite paroisse, qu'en pavant cette église en 1730 on eut démoli la grande voûte appuyée à ces deux premiers piliers du choeur, baissé à fleur du pavé la tombe y enclavée, reculé dans leurs places le grand banc à queue qui les cotoyait dans le choeur, lesquels, chargés des armes de Kérazan, font partie des prééminences que cette maison a de tems immémorial dans les endroits les plus honorables de cette église ; ledit général a fait pour icy cette inscription, pour monument des droits de ladite maison et de sa reconnoissance de telle concession. — Requiescant in pace, 1730. — »
D. — TOMBE PLATE AUX SEIGNEURS DE PRATOUARC'H ET DE KERGOLVEN, chargée « d'un écusson mi-parti au premier au croissant surmonté d'une fleur de lis » (Le Rousseau, seigneur du Pratouarc'h, portait : "de gueules, au croissant d'argent, surmonté d'une fleur de lys de même". Il avait épousé, avant 1584, Jeanne Pratouarc'h, dame dudit lieu. Ils achetèrent en 1588, de Pierre Aléno, seigneur de Saint-Alouarn, le manoir de Kergolven, qui avait précédemment appartenu aux familles de Hirgarz et de Penguilly), au second de : "cinq hermines posées 2. 2. et 1. ". — Sur cette tombe était placé « un grand banc clos et à queue, contenant de longueur six pieds et de largeur quatre pieds et demi ». Cette famille avait aussi une tombe plate "chargée d'une croix du haut en bas, accompagnée de deux écussons, chacun d'iceux chargé d'une croix". Ces écussons sont ceux des Penguilly (d'azur à la croix pattée d'argent).
E. — TOMBE DE LA FOREST, ainsi décrite dans le procès-verbal de 1730 : « Dans le mur costier, le long de l'aile, du costé de l'Epitre, et presque au niveau du balustre, il y a une voûte et arcade, et dans ladite arcade un enfeu, élevé de deux pieds, chargé d'une croix de haut eu bas, accompagnée de deux écussons chargés chacun d'un lion couronné ; laquelle tombe et enfeu, on nous a dit être prohibitif de la terre de La Forest ». Il n'est pas certain que cette table, encore existante, ait toujours appartenu à l'enfeu de La Forest. Je ne trouve aucun blason analogue dans les familles L'Honoré, Furic, Floch, de la Duz, Gouyquet, du Boisguéhenneuc, Briant de Laubrière et de Coëtlogon, propriétaires de cette terre. C'est dans cet enfeu que furent enterrés : le 22 janvier 1679, Corentin Furic, sr de Kéramanoir, recteur de Loctudy, et le 1er octobre 1684, Pierre Furic, sr de Rusent. Je crois, que cette table provient d'une tombe aux de Comboust, de Trévannec, qui portent "de gueules au lion d'argent, armé, lampasse et couronné d'or".
F. — TOMBE AUX SEIGNEURS DE TREVANNEC, dans la chapelle de la Vierge (autrefois Saint-Jean), du côté de l'Evangile, « élevée d'environ deux pieds et demi, mise dans le mur en arcade, chargée d'une croix pattée fleurdelysée, qui occupe du haut en bas toute la pierre tomballe, sur laquelle pierre sont deux écussons en dessous des branches de ladite croix, dont l'un écusson est chargé d'un léopard (Le Gallou, seigneur de Trévannec, porte : "d'or au léopard contouré d'azur". René épousa Marie de Trémiliec. Leur fille, Marie, épousa, par Contrat du 11 janvier 1504, Bertrand du Couëdic, de Kergoualer) et l'autre écartelé au premier et quatrième d'un léopard, au second la forme d'un lion (Ces armes sont celles des de Comboust, qui possédèrent Trévannec après les Gallou), au troisième d'une croix alésée. Et la pierre de ladite tombe du côté dudit autel chargée de quatre écussons, dont le premier porte un léopard, le second est un écu parti au premier d'un léopard et au second d'une fasce ondée (Languéouéz : "Fasce ondé d'or et d'azur"), le troisième écusson encore mi-parti au premier d'un léopard, au second de trois croissants (j'ai dit ci-avant, les armes des Trémillec : de gueules à trois croissants d'argent) ; le quatrième écusson encore mi-parti au premier d'un léopard, le second de six fleurs de lys posé 3.2.1.».  Ce sont les armes des seigneurs de Lescoulouarn, que l'on rencontre dans presque toutes les églises du canton, qui sont : "d'azur à six fleurs de lys d'argent, posées 3.2.1, qui est Foucault ; écartelé d'or au lion d'azur" (sceau 1403). « En conformité desdits écussons se trouve de pareils armes dans les vitrages de ladite chapelle et principalement dans la vitre au-dessus de ladite tombe et enfeu ».
Voici qu
elles étaient les tombes nobles de l'église de Loctudy avant la Révolution. Par suite de la reconstruction partielle de l'église en 1760, quelques-unes furent déplacées. Nous les retrouvons ci-après :
G. — Au lieu d'un confessionnal, il y a aujourd'hui dans cette chapelle un autel en granit offert par la famille de Rosmorduc. Au pied de cet autel ont été réunis,
en 1889, dans un petit caveau, les ossements qui ont été trouvés dans les tombe A et C, lors de la dernière restauration de l'église.
H.
— Comme dans la chapelle précédente, le confessionnal a été remplacé par un autel offert par la famille de Penfentenyo de Kervéréguin.
I. — Le petit caveau, derrière le maître autel, n'était pas affecté aux sépultures. Il servait en 1779 à la fabrique
"pour le dépôt de son coffre-fort" ! Les intervalles des petites colonnes étaient alors murés.
La belle table du tombeau des seigneurs de Kérazan est aujourd'hui enclavée dans le mur du collatéral nord, près de la porte de la sacristie. (G. Puig de Ritalongi).

la chapelle Saint-Quido ou Saint-Guido (XVIIème siècle), anciennement située en Plonivel. Aujourd'hui, située au lieu-dit Tréguido (commune de Larvor). Il s'agit d'un édifice rectangulaire avec clocheton à dôme datant du XVIIème siècle. On y trouve un bénitier avec poissons sculptés du XVIème siècle. La chapelle abrite les statues de saint Quido en évêque (XVème siècle), d'un saint évêque (XVIème siècle), de la Vierge-Mère (XVIème siècle), un Crucifix et deux bateaux ex-voto ;

la chapelle Notre-Dame (XII-XIII-XIVème siècle), située à Porz-Bihan et de plan rectangulaire. Le clocheton est surmonté d'une croix de Malte. Le nouveau chevet conserve un remplage de la fin du XIIIème siècle et il est séparé de la nef par un petit arc diaphragme reposant sur des piliers du XIIIème siècle ;

la chapelle Notre-Dame-de-Croaziou (XVIIème siècle), édifiée par Marie de Méabé, dame de Kervéréguen. La chapelle faisait autrefois partie du domaine de Penfentenyo. Il s'agit d'un édifice de plan rectangulaire avec un chevet arrondi et un porche ouest datant semble-t-il d'une première construction (XIVème siècle). L'autel date du début du XVIIIème siècle. La chapelle abrite une Vierge-Mère du début du XVIIIème siècle et une Vierge de Miséricorde, oeuvre de J. P. Fréour, qui date de 1947 ;

la chapelle Saint-Oual (XV-XVIIIème siècle), située à Lodonec (en Loctudy) et reconstruite au XVIIIème siècle. Le patronyme Oual est identifié à Tual (qui est une forme abrégée de Tugdual). La chapelle est encore appelée Saint-Conval ou Saint-Tugdual. Il s'agit d'un édifice de plan rectangulaire conservant au chevet un fenestrage du XVème siècle. La chapelle abrite les statues de saint Jean et d'un apôtre ;

l'ancienne chapelle Saint-Ignace, aujourd'hui disparue et située jadis auprès de la fontaine de Poulpeye ;

le calvaire du placitre de la Chapelle Notre-Dame-de-Croaziou (XIII-XVIème siècle) ;

le calvaire de Kerhervant (1607) ;

le calvaire du placitre de la chapelle Saint-Quido (XIXème siècle) ;

la croix du cimetière de Loctudy (1896) ; 

d'autres croix ou vestiges de croix : socle de croix, situé 7, rue du Suler (chapelle du Croaziou), les deux croix situées dans l'enclos de l'église de Loctudy ; 

le manoir de Kerazan (XVIème siècle), propriété de la famille de Kerfloux. Restauré au XVIIIème siècle par la famille Le Gentil de Rosmorduc. Propriété d'Edouard Le Normant, ruiné en 1842. L'ensemble du domaine est acheté ensuite par la famille Arnoult, notaire à Pont-l'Abbé. La lande de Penanveur et l'île Garo deviennent la propriété de Charles Le Bihan Durumain, négociant et armateur. La famille Durumain se défait en 1869 de Kerenez qui est vendu au sculpteur Brunet ;

le manoir de Kervéréguen (XVI-XVIIème siècle), propriété depuis 1651 de la famille Penfentenyo de Kervéréguen ;

le manoir de la Forêt, qui a remplacé au XIXème siècle un château beaucoup plus ancien. En 1782, le domaine appartient à Mme Charles, Nicolas du Boisguéhenneuc, née Marie Joseph Gouyquet de Bocozel, puis à un de ses fils Armand. Ce dernier accueille vers le milieu du XIXème siècle son neveu Aimé de Laubrière (fils de sa soeur Armande et futur maire de Loctudy) et son épouse Constance de Coëtlogon. Au début du XXème siècle, le domaine est la propriété du comte de Carfort ;

le château de Langoz (1880), édifié par Mme Saint Amand Martignon, née Tallien de Cabarrus. Ce château passe au début du XXème siècle dans les mains de la famille Delaunay ;

la fontaine du manoir de Kerazan (XVIIème siècle). Une dizaine de marches fait descendre jusqu'à cette fontaine qui alimente directement le bassin du parc ; 

le manoir de Kerpaul (XIXème siècle), propriété jadis de Mme Hardy de la Tribonnière ;

la fontaine de Poulpeye (XVII-XVIIIème siècle) ;

la fontaine du manoir de Kervéréguen (XVII-XVIIIème siècle) ;

la fontaine de Brémoguer, du XVIème siècle, semble-t-il ;

la fontaine du Saint-Esprit (XVIIème siècle), située près de Coz-Castel. Elle passait pour guérir les enfants atteints de spasmes ;

la fontaine du Suler. Son eau s'écoule vers un lavoir ; 

la fontaine située sur le placitre de la chapelle Saint-Quido (XVIIème siècle). Un saint est représenté avec une crosse d'évêque ;

le poste à signaux de Saint-Oual (XVII-XVIIIème siècle) ;

le phare (XIX-XXème siècle) ;

le puits de Kerlagadec ;

les villas du Suler (1882), édifiées par la comtesse de Grandsaignes d'Hauterives, née Marie de Tréouret de Kerstrat ;

4 moulins dont Grand-Moulin, et les moulins à vent de Kervéréguen, de Kergovin, de Poul-al,… ; 

A signaler aussi :

le menhir de Penglaouic (époque néolithique), en partie immergé à marée haute ;

la stèle christianisée (400 avant Jésus-Christ) ;

la stèle de Kerandouin (400 avant Jésus-Christ) ;

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ANCIENNE NOBLESSE de LOCTUDY

(à compléter)

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