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LOCTUDY |
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La commune de Loctudy ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de LOCTUDY
Loctudy vient du breton « lok » (lieu consacré) et de saint Tudy.
Au Vème siècle, des moines ayant à leur tête Tudy auraient édifié un monastère à Enez-Tudi, petite île située à lentrée de la Teir. Ce monastère est détruit par les Normands à la fin du IXème siècle.
Au XIème siècle, une importante communauté religieuse s'y implante et y édifie une église abbatiale. Vers la fin du XIème siècle, de 1080 à 1100, on constate à Loctudy l'existence de chapelains ou chanoines groupés en collégiale, à leur tête un abbé. C'est d'abord Daniel "Abbas Tudi", qui assiste comme témoin à la donation faite par le duc Alain IV Fergent (1084-1119). Puis un nommé Guégen "Abbatt Tudy" signe la donation par Alain IV Fergent, à l'abbaye de Landévennec, d'un verger, d'un moulin et d'un droit de pêche à Châteaulin. En 1162, dans un acte du duc Conan IV le Petit (1156-1166) confirmant les donations d'Alain Canhiart à l'abbé de Sainte-Croix de Quimperlé, figure parmi les témoins au rang laïque un certain "Guinguen" dictus Abbas Tudi.
Loctudy sera, jusqu'au XIIIème siècle, revendiqué comme bénéfice par l'abbaye de Saint-Gildas-de-Rhuys. De la fin du XIème siècle au début du XIIIème siècle, l'abbaye de Loctudy est entre les mains des seigneurs de Pont-l'Abbé, qui s'en proclament seuls patrons et y créent une collégiale dont la présentation à l'un des canonicats était prétendue par l'abbé de Saint-Gildas-de-Rhuys. En 1220, l'abbé de Rhuys et le seigneur du Pont renoncent à leurs prétentions : l'abbaye de Loctudy est alors régie par un collège de trois chanoines. En effet, en avril 1220, un acte important est signé à Quimper entre Hervé, abbé de Saint-Gildas de Rhuys et Rainaud (ou Renaud), évêque de Cornouaille, concernant l'octroi par l'évêque de trois canonicats dans l'église Saint-Tudy, dont un accordé à perpétuité à l'abbaye de Saint-Gildas de Rhuys (Cartulaire de l'église de Quimper). De plus, en 1223, un second acte, complétant celui de 1220, est signé à Quimper entre Rainaud (ou Renaud), évêque de Cornouaille et Hervé, seigneur du Pont-L'Abbé, en présence de Josse, archevêque de Tours, dans lequel Hervé du Pont confirme la résiliation de son droit de patronage sur l'église de Saint-Tudy.
De nombreux auteurs ont débattu de la question des templiers à Loctudy. Cependant aucune preuve historique ou archéologique ne vient étayer l'existence des Templiers à Loctudy. En 1858, A. du Châtellier prétend que "la paroisse de Loctudy, de laquelle releva plus tard le Pont-l'Abbé, ne fut réellement fondée que dans le XIVème siècle, après la dispersion des Templiers, auxquels l'ancienne abbaye de Loctudy, dévastée précédemment par les Normands, avait été attribuée avec ses biens, pour être constituée en prieuré de l'Ordre". En 1894, G. P. de Ritalongi indique que "l'origine de l'église de Loctudy remonte à la fin du Vème siècle. Cette église fût reconstruite par les soins des barons du Pont, au milieu du XIIème siècle. Elle fût donnée par ces seigneurs à l'évêque de Cornouaille, nommé Rainaud, au début du XIIIème siècle. L'évêque de Cornouaille aurait fait la donation de l'église de Loctudy aux Templiers..... Le monastère des Templiers était, paraît-il, à l'Ile Chevalier... Les Templiers demeurèrent à Loctudy jusque vers 1308, époque de leur persécution...". Selon le Chevalier de Fréminville, "l'église aurait été donnée en 1187 à l'Ordre du Temple par le duc de Bretagne, Conan III".
A la fin du XVIème siècle (1597) les revenus de la chapelle Saint-Tudy sont annexés au monastère des Pères Carmes par Sébastien de Rosmadec, baron de Molac, tuteur d'Hélène de Beaumanoir, "à condition de chanter deux grands'messes par semaine, l'une le Dimanche de l'office de Notre-Dame, et l'autre le Mardi du Saint-Esprit, ce que Dom Charles de Lescoët, évêque de Cornouailles (1595-1614) ratifia et approuva". Le 16 septembre 1622, Hélène de Beaumanoir et son mari Charles de Cossé, marquis d'Acigné, donnaient leur consentement à la donation précédemment faite.
Jusqu'à la Révolution, Loctudy englobe la partie Est de Pont-LAbbé (château, port et couvent des Carmes) et possède même une enclave, formée par les hameaux de Langeriguen et de Langougou et la chapelle Saint-Cosme, en Plomeur. Puis Loctudy perd le quartier des Carmes et sagrandit de quatorze villages de Plonivel. La paroisse de Loctudy dépendait autrefois de l'évêché de Cornouaille.
On rencontre les appellations suivantes : Abbas Tudi (en 1084-1112), abbas Sancti Tudi (en 1162), ecclesia S. Tudii (en 1224), Locus Sancti Tudini (vers 1330), Locus Tudini (en 1405), Loctudy (en 1574).
Note 1 : Sur l'île Chevalier, surnommée au XVIème siècle, Ile Gueltas, se trouvent les ruines d'un vieux château (Castel ar Roue Guivarc'h) et une chapelle dédiée à saint Gildas. Le château, surnommé "le château de Gradlon", pourrait être élevé sur les ruines d'un monastère ayant appartenu jadis aux Templiers.
Note 2 : deux seigneurs dominaient jadis la paroisse de Loctudy : les Drouallen, puis les Le Gentil de Rosmorduc à Kerazan, les Penfentenyo à Kervereguen. Mais ils étaient concurrencés par des nobles non résidents tels que le baron du Pont (à Paris), le comte du Boisberthelot (à Bothoa) et bien d'autres tels que les religieuses, les Carmes de Pont-l'Abbé, les seigneurs de la Forêt, de Penamprat et de Trévannec. A la Révolution, les Boisguehenneuc, de La Forêt et les Le Gentil émigrent et les Penfentenyo sont assignés à résidence, alors que les Furic se rallient au Nouveau Régime.
Note 3 : l'île Garo s'appelait jadis l'île Sainte-Marie. En 1873, l'île Garo, appartenant alors à la famille Durumain, est achetée à part égale par Marie Anne de Villélume Sombreuil (époux de René de Madec) et par Fortuné Halma du Fretay. Un an plus tard, Mme Madec revend sa part à la famille du Fretay. Cette île, ainsi que Kerenez (dénommé "Manar ar Gurun"), sont vendus en 1880 par la famille du Fretay à Charles Welesley (époux de Julie Le Grand), né à Paris en 1833 d'un père anglais et d'une mère française, Barbe Pétoisy de Langouthière. A la mort de Charles Welesley, l'acquéreur de l'île Garo est Gaston Moch. L'île est achetée en 1900 par la famille Gustave Moussion.
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PATRIMOINE de LOCTUDY
l'église Saint-Tudy (XI-XII-XVème siècle), édifiée par les soins des seigneurs du Pont, restaurée et remaniée au XVème siècle, en 1760, en 1845 (par l'architecte Bigot) et en 1883. Quelques auteurs disent que Conan III le Gros aurait en 1187 fait don aux Templiers de l'église de Loctudy pour en faire un prieuré de leur Ordre. L'édifice, qui date de la fin du XIème siècle et du début du XIIème siècle, comprend une nef de quatre travées avec bas-côtés puis un choeur d'une travée droite et d'un rond-point de cinq arcades avec carole sur laquelle s'ouvrent trois chapelles rayonnantes. D'Ovieto Nicolas IV accorde le 12 janvier 1291 une indulgence d'un an et de 40 jours à ceux qui visiteraient l'église de saint Tudy de Cap-Caval du diocèse de Quimper. Grégoire XI octroie le 7 septembre 1371 "une indulgence de un an et quarante jours valable pendant vingt ans pour ceux qui visiteront l'église Saint-Tudy et de la Sainte-Trinité de Pont-l'Abbé aux fêtes de Saint Tudy et pendant les Octaves". La façade du XVIIIème siècle (reconstruite en 1760 suite à un incendie) est surmontée d'un clocher à galerie, à une seule chambre de cloches, couronné par une flèche octogonale. Le clocher date de 1760. L'intérieur est de type roman avec absence de transept. Des piles à section rectangulaire, quelques-unes de deux, les autres de quatre colonnettes engagées, séparent les bas-côtés de la nef. Quatre piliers cylindriques, rangés en demi-cercle, ferment le fond du choeur que le bas-côté contourne pour former déambulatoire dans l'abside en hémicycle, avec trois chapelles absidales. Les chapiteaux sont surchargés de spirales en tous genres : palmettes, crossettes, croix, cornes de bélier. Les bases des colonnes du choeur et du déambulatoire présentent des personnages aux attitudes crues. Le porche sud date du XVème siècle. La nef date du XI-XIIème siècle. On y trouve l'enfeu de la famille de Kérazan (XV-XVIème siècle) et celui de la famille La Forest (XVIème siècle). L'église abrite une statue ancienne de saint Tudy (XVIIIème siècle). A l'angle Sud-Ouest du cimetière se trouvait autrefois un ossuaire. A signaler que dans les comptes de 1330 (Pouillé de Tours) on indique trois prébendes affectées aux chanoines de la Collégiale de Saint-Tudy, taxées chacune à 25 livres au profit de la cour de Rome. Vers la fin du XVème siècle, une des prébendes est supprimée et la collégiale elle-même semble avoir disparue au XVIème siècle ; |
Ils y possédaient dans le sanctuaire et dans le chœur, de grandes tombes et un banc armorié. D'après le-procès-verbal de 1730, et grâce aux renseignements fournis M. le comte de Rosmorduc, j'ai pu reconstituer la sépulture de ces seigneurs.Nota : L'église de Loctudy fut bâtie par les soins des barons du Pont, qui en firent don à l'évêque de Cornouaille, avec stipulation que la nomination des chapelains serait attribuée à l'évêque et à l'abbé de Rhuys (1223). L'évêque en fit la remise aux Templiers, et ceux-ci, bien que l'édifice ne fut pas construit selon les rites de leur ordre, l'acceptèrent et y firent les restaurations qui lui donnent le style judaïque propre à leurs constructions. Ils durent créer l'abside et les trois chapelles du pourtour qui, à bien examiner, ont été ajoutées après coup. Cette hypothèse qui n'a pas été combattue, est devenue semble-t-il une certitude en considérant l'emplacement des tombes nobles de cette église. Il est présumable, en effet, que si les trois chapelles derrière le choeur eussent existé au début, ou même eussent été libres comme celles des églises paroissiales du canton, les familles nobles qui fixèrent leur sépulture dans cette église, eussent choisi de préférence, les chapelles qui, aujourd'hui, contiennent les restes des familles de Rosmorduc, derniers seigneurs de Kérazan et de Penfentenyo de Kervéréguin. Or, les fondations de ces enfeus ont une date bien postérieure au départ des Templiers (1312) et entrent dans la période de possession épiscopale de cette église. J'en conclus que l'église de Loctudy fut propriété d'un ordre puissant, la gérant à sa guise, la remaniant et laissant de son passage des traces profondes, tant sur les chapîtaux des colonnes du choeur, que dans les voussures des fenêtres du pourtour. Nous voyons dans un procès-verbal de 1730 la description des tombes nobles de l'église de Loctudy et leur emplacement. Les seigneurs de Kérazan étaient premiers prééminenciers, après les barons du Pont, de l'église paroissiale de Loctudy, où leur blason figurait dans les verrières.
la chapelle Saint-Quido ou Saint-Guido (XVIIème siècle), anciennement située en Plonivel. Aujourd'hui, située au lieu-dit Tréguido (commune de Larvor). Il s'agit d'un édifice rectangulaire avec clocheton à dôme datant du XVIIème siècle. On y trouve un bénitier avec poissons sculptés du XVIème siècle. La chapelle abrite les statues de saint Quido en évêque (XVème siècle), d'un saint évêque (XVIème siècle), de la Vierge-Mère (XVIème siècle), un Crucifix et deux bateaux ex-voto ; | |
la chapelle Notre-Dame (XII-XIII-XIVème siècle), située à Porz-Bihan et de plan rectangulaire. Le clocheton est surmonté d'une croix de Malte. Le nouveau chevet conserve un remplage de la fin du XIIIème siècle et il est séparé de la nef par un petit arc diaphragme reposant sur des piliers du XIIIème siècle ; | |
la chapelle Notre-Dame-de-Croaziou (XVIIème siècle), édifiée par Marie de Méabé, dame de Kervéréguen. La chapelle faisait autrefois partie du domaine de Penfentenyo. Il s'agit d'un édifice de plan rectangulaire avec un chevet arrondi et un porche ouest datant semble-t-il d'une première construction (XIVème siècle). L'autel date du début du XVIIIème siècle. La chapelle abrite une Vierge-Mère du début du XVIIIème siècle et une Vierge de Miséricorde, oeuvre de J. P. Fréour, qui date de 1947 ; | |
la chapelle Saint-Oual (XV-XVIIIème siècle), située à Lodonec (en Loctudy) et reconstruite au XVIIIème siècle. Le patronyme Oual est identifié à Tual (qui est une forme abrégée de Tugdual). La chapelle est encore appelée Saint-Conval ou Saint-Tugdual. Il s'agit d'un édifice de plan rectangulaire conservant au chevet un fenestrage du XVème siècle. La chapelle abrite les statues de saint Jean et d'un apôtre ; | |
l'ancienne chapelle Saint-Ignace, aujourd'hui disparue et située jadis auprès de la fontaine de Poulpeye ; | |
le calvaire du placitre de la Chapelle Notre-Dame-de-Croaziou (XIII-XVIème siècle) ; | |
le calvaire de Kerhervant (1607) ; | |
le calvaire du placitre de la chapelle Saint-Quido (XIXème siècle) ; | |
la croix du cimetière de Loctudy (1896) ; | |
d'autres croix ou vestiges de croix : socle de croix, situé 7, rue du Suler (chapelle du Croaziou), les deux croix situées dans l'enclos de l'église de Loctudy ; | |
le manoir de Kerazan (XVIème siècle), propriété de la famille de Kerfloux. Restauré au XVIIIème siècle par la famille Le Gentil de Rosmorduc. Propriété d'Edouard Le Normant, ruiné en 1842. L'ensemble du domaine est acheté ensuite par la famille Arnoult, notaire à Pont-l'Abbé. La lande de Penanveur et l'île Garo deviennent la propriété de Charles Le Bihan Durumain, négociant et armateur. La famille Durumain se défait en 1869 de Kerenez qui est vendu au sculpteur Brunet ; | |
le manoir de Kervéréguen (XVI-XVIIème siècle), propriété depuis 1651 de la famille Penfentenyo de Kervéréguen ; | |
le manoir de la Forêt, qui a remplacé au XIXème siècle un château beaucoup plus ancien. En 1782, le domaine appartient à Mme Charles, Nicolas du Boisguéhenneuc, née Marie Joseph Gouyquet de Bocozel, puis à un de ses fils Armand. Ce dernier accueille vers le milieu du XIXème siècle son neveu Aimé de Laubrière (fils de sa soeur Armande et futur maire de Loctudy) et son épouse Constance de Coëtlogon. Au début du XXème siècle, le domaine est la propriété du comte de Carfort ; | |
le château de Langoz (1880), édifié par Mme Saint Amand Martignon, née Tallien de Cabarrus. Ce château passe au début du XXème siècle dans les mains de la famille Delaunay ; | |
la fontaine du manoir de Kerazan (XVIIème siècle). Une dizaine de marches fait descendre jusqu'à cette fontaine qui alimente directement le bassin du parc ; | |
le manoir de Kerpaul (XIXème siècle), propriété jadis de Mme Hardy de la Tribonnière ; | |
la fontaine de Poulpeye (XVII-XVIIIème siècle) ; | |
la fontaine du manoir de Kervéréguen (XVII-XVIIIème siècle) ; | |
la fontaine de Brémoguer, du XVIème siècle, semble-t-il ; | |
la fontaine du Saint-Esprit (XVIIème siècle), située près de Coz-Castel. Elle passait pour guérir les enfants atteints de spasmes ; | |
la fontaine du Suler. Son eau s'écoule vers un lavoir ; | |
la fontaine située sur le placitre de la chapelle Saint-Quido (XVIIème siècle). Un saint est représenté avec une crosse d'évêque ; | |
le poste à signaux de Saint-Oual (XVII-XVIIIème siècle) ; | |
le phare (XIX-XXème siècle) ; | |
le puits de Kerlagadec ; | |
les villas du Suler (1882), édifiées par la comtesse de Grandsaignes d'Hauterives, née Marie de Tréouret de Kerstrat ; | |
4 moulins dont Grand-Moulin, et les moulins à vent de Kervéréguen, de Kergovin, de Poul-al, ; |
A signaler aussi :
le menhir de Penglaouic (époque néolithique), en partie immergé à marée haute ; | |
la stèle christianisée (400 avant Jésus-Christ) ; | |
la stèle de Kerandouin (400 avant Jésus-Christ) ; |
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ANCIENNE NOBLESSE de LOCTUDY
(à compléter)
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