Web Internet de Voyage Vacances Rencontre Patrimoine Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

Bienvenue

PLESSIX-BALISSON

  Retour page d'accueil        Retour Canton de Ploubalay  

La commune de Plessix-Balisson (pucenoire.gif (870 octets) Ar Genkiz-Yuzhael) fait partie du canton de Ploubalay. Plessix-Balisson dépend de l'arrondissement de Dinan, du département des Côtes d'Armor (Bretagne). 

Vous possédez des informations historiques sur Plessix-Balisson, vous souhaitez les mettre sur le site infobretagne, contactez-moi par mail (voir page d'accueil)

Boutique de Voyage Vacances Rencontre Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

Boutique de Voyage Vacances Rencontre Immobilier Hôtel Commerce en Bretagne

ETYMOLOGIE et HISTOIRE de PLESSIX-BALISSON

Plessix-Balisson vient de l'ancien français « plesse » (parc clos de haies d’épines) et Baluçon (surnom porté par Geffroy Brient, seigneur du lieu en 1184).

Plessix-Balisson est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Ploubalay. Balisson s'écrivait autrefois Balucion. En effet, nous voyons ce nom apparaître dans un acte de l'an 1184 : "Moi, Alain, fils de Brient, je fais connaître que la difficulté élevée entre les moines de St-Magloire de Lehun (Léhon) et les péagers de Corsot (Corseul) touchant la dîme que les susdits moines ont dans la paroisse de Corsot, au fief de la vicomté, en don de mes antécesseurs les vicomtes de Poadour, a été justement résolue par l'adresse et la sollicitude du comte de Bretagne Geoffroi, fils du roi d'Angleterre. En conséquence, la dîme reste aux moines, concédée par moi et par mon fils Geoffroi Balucion. Témoins, Geoffroy de Oscaloc (Aucaleuc), Robert de Calorguen".

A la fin du XIIème siècle, le territoire est mentionné sous le nom de Plessis-Juhel et c’est à cette époque que vit le seigneur du lieu, Geffroy Baluçon (bienfaiteur de l'abbaye de Saint-Aubin-des-Bois), fils d'Alain (époux de Maliel) et petit-fils de Brient, vicomtes de Poudouvre (Mor., Pr. I, 701, 1140 ; Anc. év. III, 43-45). Vers la même époque, Geffroy construit dans sa terre du Plessix, qui lui était échue de son père, un château primitif auquel il adjoint son nom. 

Plessix-Balisson est une paroisse dès 1405, date à laquelle on trouve mentionné son recteur dans une liste d'arrérages du Saint-Siège. Plessix-Balisson devient, semble-t-il, une paroisse indépendante en 1496 et appartient, au Moyen Age, au diocèse de Saint-Malo. Elle constitue le siège d'une vaste châtellenie démembrée de la vicomté de Poudouvre. L'ancienne paroisse du Plessix-Balisson dépendait de la subdélégation et du ressort de Dinan. En 1648, le seigneur du Plessix-Balisson présentait et l'évêque conférait. Il se tenait deux foires dans cette paroisse avant la Révolution. Durant la Révolution, la paroisse de Plessix-Balisson dépendait du doyenné de Plancoët.

Plessix-Balisson élit sa première municipalité au début de 1790. La commune de Plessix-Balisson est la plus petite commune du département des Côtes-d'Armor (8 hectares) avec 94 habitants en 1990. La commune de Plessix-Balisson est rattachée au canton de Ploubalay le 6 mai 1956. 

Par décret du 17 juillet 1805, la succursale de Plessix-Balisson, qui n'existait que depuis l'an XII, est supprimée et son territoire réuni à celui de la succursale de Languenan. Par ordonnance du 16 mars 1820, est de nouveau érigée la succursale (ou paroisse) de Plessix-Balisson, qui est détachée de Languenan.

On rencontre les appellations suivantes : Plessiacus Juhelli (à la fin du XIIème siècle), Pleseiz (à la fin du XIIème siècle), Pleisseiz (en 1201), Le Plessiz Baluczon (en 1387), Le Plexeiz (en 1405), Le Plessix Balliczon (en 1428), Le Plessis Baliczon (en 1451), Eccl. Par. de Plessis Balisson (au XVème siècle).

Note 1 : La paroisse du Plessis-Balisson (ou Plessix-Balisson), lisons-nous dans le Ms Fr. 8265 de la Bibliothèque Nationale, est située sur le grand chemin de Dinan au Guildo. Elle est le siège d'une châtellenie et d'une haute justice, ressortissant partie à Dinan et partie à Lamballe. Il s'y exerce aussi une autre haute justice. Il s'y tient un marché tous les lundis, ainsi qu'une assemblée le lundi de la Pentecôte. Superficie : 8 hectares 26 ares 90 centiares. C'est vraisemblablement l'une des communes rurales les moins étendues de France. Population : Ogée, 200 communiants. — En 1778 : 5 naissances, 7 décès, 3 mariages. — En 1790 : 179 habitants, dont 45 hommes, 60 femmes et filles, 74 personnes des deux sexes au-dessous de 18 ans, la journée de travail cotée 12 sols. — En 1803 : 147 habitants. — En 1838 : 217 habitants. — En 1851 : 199 habitants. — En 1870 : 221 habitants. — En 1880 : 206 habitants. — En 1890 : 203 habitants. — En 1913 : 213 habitants. — En 1922 : 187 habitants. Ainsi depuis 125 ans, le chiffre de la population du minuscule Plessis demeure à peu près invariable et se trouve ramené à quelques unités près, à ce qu'il était en 1790. Impôts : En 1778 : 40 contribuables dons 18 payant moins de 3 livres (Archives Ille-et-Vilaine, C 3982). — Capitation en 1780 : 137 livres (Archives Ille-et-Vilaine, C 3981) ; en 1790 : 121 livres 12 sols. — Vingtièmes en 1790 : 80 livres 9 sols. — Fouages en 1790 : 27 livres 2 sols. — En 1803 : contributions foncières : 135 frs. — Contributions mobilières : 65 frs. Administration civile : Le Plessis-Balisson (ou Plessix-Balisson) dépendait féodalement du duché de Penthièvre au siège de Lamballe. Son territoire était compris dans le ressort de la sénéchaussée de Dinan et de la subdélégation d'intendance fixée dans cette ville. En 1790, Dinan devint son chef-lieu de district et Ploubalay son canton. En 1801, à la suite de brûlants débats dont les échos demeurent aux Archives des Côtes-d'Armor, le Plessis obtint de se retirer du canton de Ploubalay, pour faire partie de celui de Plancoët et cette situation anormale et qui blesse le bon sens, a persisté jusqu'en 1956 (abbé Auguste Lemasson).

Note 2 : La mairie conserve la collection des registres paroissiaux d'état-civil, depuis le milieu du XVIème siècle jusqu'à nos jours. Par eux, nous savons quelle attraction la ville du Plessis exerçait, avant la Révolution, sur la noblesse qui habitait les petits manoirs situés tout autour de cette localité. Bon nombre de ces gentilshommes, bien que n'étant pas paroissiens du Plessis, aimaient cependant à y faire baptiser leurs enfants, ou bien demandaient expressément qu'on y célébrât leurs funérailles. C'est ainsi qu'on retrouve à chaque instant sur les registres du Plessis les noms des Bouan, des Launay, des Labbé, des Pontual, des Brillaud, des Gouyon de Launay-Commatz, des la Choüe, sans compter par ailleurs tous les officiers de la juridiction seigneuriale qui gravitaient autour du Plessis comme autour de leur centre. En plus des registres d'état-civil, il existait naguère au Plessis vers la fin du XIXème siècle : - 1° Un livre des comptes de la Fabrique qui remontait à 1665 ; - 2° Un registre des délibérations du Général de la paroisse qui allait de 1743 à 1755 ; - 3° Un autre registre de délibérations qui embrassait de 1755 à 1785. Ces deux derniers cahiers, aujourd'hui perdus, ont été relevés sommairement par feu M. l'abbé Dubois, alors vicaire Ploubalay. Notions générales sur l'histoire de la paroisse de Plessix-Balisson : Les origines de la paroisse du Plessis sont aussi difficiles à fixer que celles de la seigneurie du Plessis elle-même. Mais il parait cependant certain que celle-là doit son existence à celle-ci. Dès la fin du XIIème siècle, le Plessis était le chef-lieu d'un grand fief, issu d'un démembrement de l'antique vicomté de Poudouvre. Or, le fait pour le Plessis d'être le siège d'une vaste châtellenie ayant sa juridiction, ses officiers particuliers et ses hommes d'armes, dut nécessairement amener en ce lieu un afflux de population. C'est ainsi que, par la force des choses, le centre féodal devint un centre d'affaires dont l'importance, bien que diminuée, s'est maintenue jusqu'à nos jours. Cet accroissement du Plessis rendait désirable l'existence d'une paroisse en ce lieu [Note : Dès la fin du XIIème siècle, les chartes de Geoffroy Baluçon, qui figurent au cartulaire de Saint-Aubin des Bois, nous parlent de prêtres attachés à la chapelle du château du Plessis, mais nous ignorons si cette chapelle était à l'intérieur ou à l'extérieur de la forteresse (Cf. Anciens Evêchés, t. III). Du reste, à cette même date, le prieuré de Saint-Cadreuc, fondé peut-être par les bannerets du Plessis ou leurs ancêtres, les vicomtes de Poudouvre, pouvait suffire aux besoins religieux de la population du Plessis qui devait alors être clairsemée]. Mais, pour cela, il fallait de toute nécessité démembrer Ploubalay dont le Plessis dépendait alors au point de vue religieux, et l'on sait que les opérations de ce genre soulèvent d'ordinaire de multiples difficultés. Toujours est-il, qu'on ne trouve pas mention de la paroisse du Plessis dans un « pouillé » du diocèse de Saint-Malo dressé vers 1330 ( Lorgnon, Pouillés de la Province de Tours, Paris 1903, p. 365). Mais, une cinquantaine d'années plus tard, l'érection du Plessis en paroisse était un fait accompli, puisque nous voyons qu'en 1405, les collecteurs des deniers papaux transigeaient avec le rector Doupleixeiz (le recteur du Plessis) pour une somme de quatre francs « pour ce dont ce prêtre demeurait redevable sur les sommes auxquelles il était taxé » ( Mollat et de Lesquen, Mesures fiscales exercées en Bretagne. Paris, 1903, p. 90). Le Plessis-Balisson, ainsi que toutes les autres paroisses comprises entre les rivières de Rance et d'Arguenon, faisait autrefois partie du doyenné de Poudouvre, au siège de Saint-Enogat ; son archidiaconé était Dinan et Saint-Malo son évêché. Plusieurs documents [Note : A) Ainsi, en 1441, le duc de Bretagne ayant exonéré des fouages les habitants de la ville du Plessis, située en la paroisse de Ploubalay, les paroissiens de Ploubalay continuèrent quand même de compter les habitants du Plessis parmi les contributifs, ce qui semblerait bien indiquer que le Plessis n'était alors qu'une trêve de Ploubalay (Archives des Côtes-d'Armor. E 568). — B) Recueil des Arrests du Parlement de Bretagne concernant les paroisses (Rennes 1769). — C) Dans l'ordonnance des commissaires du Roy chargés de former et établir le département des Côtes-du-Nord, ainsi que les Districts qui en dépendent, on cite le Plessis-Balisson comme une trêve de Ploubalay (Collection de M. André Oheix)] que nous avons consultés signalent Plessis comme étant, avant la Révolution, une simple trêve de Ploubalay. Il est hors de doute que la situation singulière du Plessis, entièrement enclavé au milieu de Ploubalay, prêterait fort à cette supposition. Cependant nous n'en avons pas trouvé mention dans les Registres d'insinuations de l'ancien diocèse de Saint-Malo ( Archives d'Ille-et-Vilaine, série G. — Ils embrassent du milieu du XVIème siècle à la Révolution française). De même les Statuts synodaux de ce diocèse, édités en 1769, citent expressément le Plessis comme une paroisse et non comme une trêve de Ploubalay. La paroisse du Plessis au XVIIIème siècle ; les revenus de la Cure. Nous ne savons ce que pouvait être le Plessis au point de vue paroissial avant le XVIIIème siècle. Mais un état du diocèse de Saint-Malo, dressé par les soins de Mgr. de Fogasses de la Bastie, qui occupa ce siège de 1741 à 1767 ( Archives d'Ille-et-Vilaine, G. 71), nous fournit de précieux renseignements sur chacune des paroisses de cet évêché à cette époque. Nous y puisons les détails suivants concernant le Plessis : « Revenus : 300 livres. Communiants : 200. Titulaire : Saint Pierre. Décimateur : Le recteur, mais la dîme n'est presque rien. Eglise : Pauvre, a besoin de réparations (Note : Les adorations paroissiales furent fixées au Plessis, le le 1er février de chaque année, par ordonnance de Mgr des Laurents, l'an 1777). Presbytère : Il n'y en a point. Confrérie : Celle du Saint-Esprit, sans revenu fixe. Fabrique : Elle n'a que trois livres de revenu fixe. Il n'y a ni chapelle frairienne, ni maître d'école ». Nota. — Le bénéfice vaut au plus 300 livres, y compris une chapelle qu'on y a jointe et qui produit environ 100 livres. Il y a une chapelle dans le diocèse de Dol qui vaut 600 livres de revenus (Note : Il s'agit dans la circonstance de la chapelle du Boisjean). Elle est à la présentation du seigneur, qui la donne ordinairement au recteur ». Ainsi qu'on le voit, autrefois comme maintenant, le rectorat du Plessis était loin d'être un riche bénéfice [Note : En 1647, le recteur du Plessis-Balisson n'est porté que pour 2 livres 2 sous sur le rôle de l'imposition des bénéfices du clergé de France. (Bibliothèque Nationale, Ms Fr. 20737 fol. 316)] et s'il n'eût joui des revenus de la chapellenie du Boisjean qui se desservait alors dans l'église de Languenan, la situation de son titulaire eût été vraiment misérable [Note : En 1789, le clos de la Jaunais au Curé, les clos Curé, autrement dits les petits Ziards, contenant un journal de terre et estimés 418 livres, le clos Monnier contenant 2 journaux de terre et estimé 792 livres, la petite Fosse Gouret ainsi qu'une maison au village de Pontarson, le tout situé en Ploubalay, dépendaient de la mense rectorale du Plessis, de même que le Courtil Grand-Estienne, ce dernier contenant 12 cordes et sis au Plessis Balisson (Archives des Côtes-d'Armor, série Q)]. Encore ces neuf cent livres étaient-elles grevées de multiples charges, si bien que les revenus nets de la cure du Plessis-Balisson, arrêtés le 7 février 1791, par le Directoire du district de Dinan, ne s'élevaient qu'à 595 livres, coinptées à raison de 8 livres 10 sous que valait le boisseau de blé à cette époque [Note : 1er Registre d'avis sur le traitement des ecclésiastiques du District de Dinan, du 2 janvier au 25 novembre 1791. (Archives des Côtes-d'Armor, série Lv)].

Note 3 : Succession chronologique des recteurs du Plessis [Note : Nous avons composé cette liste à l'aide des registres paroissiaux du Plessis et de Ploubalay, ainsi que des registres d'insinuation de l'ancien évêché de Saint-Malo conservés aux Archives d'Ille-et-Vilaine, série G]. - Le premier des recteurs dont le nom nous soit connu, Pierre Lefèvre, mourut en 1516. - Charles Bouyal, son successeur, vécut jusqu'en 1523. - Les lettres de collation d' Yvon de Kernemblouch sont du 23 mai 1523 . Il mourut recteur du Plessis-Balisson, et Jacques le Begazcoux lui succéda dans cette cure. Ses lettres sont du 21 septembre 1552. Il fut inhumé au Plessis le 11 juillet 1557. - Après lui, Pierre Hamon mourut au Plessis et y fut inhumé le 20 septembre 1577 ( M. du Guerny, dans son relevé des Registres paroissiaux du Plessis, l'appelle Brice Hamon et dit qu'il fut inhumé le 20 septembre 1574). - Dom François Dragon mourut au Plessis et y fut inhumé le 13 septembre 1583. - Celui qui le remplaça, Dom Pierre Gallée, fut inhumé le 17 mars 1598. - Dom Olivier Even signe pour la première fois le 26 janvier 1598. - Dom Rolland Denys lui succéda en 1618 et trépassa le 16 janvier 1638. - Après lui, Dom Jean Ridard mourut de la « contagion » et fut inhumé le 29 novembre 1648. Son vicaire, Jacques Mouennerie, le suivit de près dans la tombe et mourut à son tour, victime du devoir, le 11 décembre 1648. Ce fut le clergé de Ploubalay qui fit l'inhumation. - Dom Bertrand Laval, ne à Sévignac et précédemment vicaire de Lancieux, signe pour la première fois comme recteur du Plessis le 21 juin 1649. Il fut inhumé dans l'église le 31 mars 1654. - Dom Guillaume Hamon était recteur en 1655. Il fut inhumé le 22 décembre 1660. - Dom Yves Rouillé, son successeur, décéda le 23 décembre 1681. - Dom Noël Arot, curé du Plessis dès 1660, fut alors nommé recteur. Son acte de décès, daté du 13 février 1702, le qualifie de « très vertueux prêtre ». - Son successeur, Dom Bertrand Guéhenneuc, était originaire de la ville de Matignon. Il fut présenté le 24 mars 1702 et prit possession le 22 avril. Il se démit en faveur du suivant. - Dom Jacques Vistet, prêtre du diocèse de Tréguier, qui fut pourvu le 22 février 1720, mourut le 3 juillet 1734 et fut inhumé le surlendemain. - Dom Jean-Baptiste Rault, du diocèse de Dol, auparavant curé de Languenan, fut pourvu le 6 août 1734 et se démit le 18 août 1738 en faveur de dom Guy Josselin. - Dom Guy Josselin était originaire de Ploubalay. Il était fils de Mathurin Josselin et de Guillemette Cordon. A la mort de D. Jean Rault, il fut mis en possession de la chapellenie du Boisjean qui se desservait alors dans l'église de Languenan. Il mourut au Plessis et fut inhumé le 10 avril 1743, à l'âge de 34 ans. - La présentation de Dom Jean-René Felin, son successeur, est du 1er mars 1743. Bien que prêtre du diocèse de Dol, Mr. Felin devint l'année suivante chanoine de la collégiale de Matignon. - Dom François Bonnier, son successeur, était né à Dinan, de noble homme André, sieur de la Maisonneuve, et de Perrine de Couasbouc. Il fut recteur du Plessis de 1744 à 1748 et devint cette même année recteur d'Aucaleuc. Il occupa ce dernier poste jusqu'en 1780 et mourut le 1er décembre 1784, chapelain des Trois-Maries, à Dinan (Voir Registres paroissiaux d'Aucaleuc publiés par M. du Guerny). - Son remplaçant au Plessis fut D. Gilles Martin, originaire du village de la Ville Rondel, en Ploubalay. Il fut nommé le 13 avril 1748, et prit possession de sa cure le 28 avril suivant. Son installation fut marquée par un petit incident que nous avons trouvé relaté aux Archives d'Ille-et-Vilaine. Le voici tel que nous l'avons relevé : « S'étant rendu à la porte de la maison servant de presbytère et voulant entrer dans ladite maison, laquelle s'étant trouvée fermée, avons par différentes fois heurté à la porte et ne s'étant trouvé personne pour ouvrir, plusieurs voisins et notables soussignants de ladite paroisse ont déclaré que le dit sieur Bonnier, actuellement recteur d'Aucaleuc, est saisi de la clef dudit presbytere, néanmoins que ledit sieur Martin a déclaré en en prendre possession ». Messire Martin mourut le 1er septembre 1778, âgé de 55 ans. Après sa mort, ses héritiers exécutèrent plusieurs legs dont il les avait chargés envers la fabrique du Plessis ; entre autres : 200 livres d'argent, plusieurs aubes, un surplis et un rochet. Dû reste, son rectorat avait été marqué au Plessis par des oeuvres très utiles, entre autres par la construction du clocher ainsi que par plusieurs autres améliorations qu'il fit apporter à l'église. Le dernier Recteur du Plessis avant 1789. Jérôme Huet, fils de Pierre et de Clotilde Beaumont, naquit à Saint-Brieuc, paroisse Saint-Michel, l'an 1742. Il fut ordonné prêtre dans le diocèse de Saint-Brieuc. Ainsi que nous l'avons vu, grâce à la recommandation de Mme Baude de Saint-Père, il obtint à l'âge de 36 ans la cure du Plessis. Sa soeur, Yvonne-Renée Huet, vint habiter avec lui cette paroisse. Elle y épousa, le 6 mai 1783, Jean-Louis Dutertre, alors procureur fiscal du Plessis-Balisson et déjà veuf de Anne-Marie Gouriou. Du second mariage de Jean-Louis Dutertre, nous connaissons trois enfants : deux garçons, Jérôme-Olivier et Jacques-Louis-Marie, et une fille, Rosalie-Renée-Hieronime, qui naquit le 2 avril 1784. Leur père mourut le 12 octobre 1790, et sa veuve Yvonne-Renée Huet retourna habiter avec son frère le recteur. Caractère faible, quoique ambitieux, trop attaché à sa famille et aux choses temporelles, Jérôme Huet se laissa facilement séduire par les utopies et les sophismes de la Révolution française. C'est ainsi que nous le voyons, dès le 17 juin 1790, figurer à Dinan dans une cérémonie patriotique (Note : Avec le futur curé constitutionnel de Saint-Pôtan, Goupil, alors vicaire à Bourseul. — Cf. Fouéré-Macé, Conf. Eccl., tome 1, p. 105). Lors du serment prescrit le 27 novembre 1790 par la Constituante, il eut la faiblesse de se conformer à la loi, puis tourmenté par ses remords, il se rétracta peu après. Sur ces entrefaites, eurent lieu les élections aux cures, ordonnées par la nouvelle législation (Note : En date du 12 juillet 1790). Un nommé Pierre Jouan, curé de Saint-Germain-de-la-Mer, fut élu curé du Plessis le 13 juin 1791, mais il refusa ce poste pour celui plus avantageux d'Allineuc. Aussitôt Jérôme Huet s'empressa de prêter à nouveau le serment constitutionnel et fut maintenu comme pasteur du Plessis-Balisson, aux appointements de 1.200 livres par an. Bien mieux, lorsque les biens de la cure du Plessis furent mis en vente comme biens nationaux, ce fut la propre nièce du recteur qui en acheta la majeure partie le 14 décembre 1791. L'année suivante, Jérôme Huet reçut la visite de son nouveau maître, le citoyen Jean-Marie Jacob, évêque constitutionnel et schismatique du département des Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor). A cette occasion, l'église du Plessis vit s'accomplir dans ses murs une cérémonie unique dans son histoire L'évêque Jacob y conféra en effet le 21 septembre 1792, la prêtrise à six diacres et le sous-diaconat à trois minorés. Le curé constitutionnel du Plessis était désormais engagé dans l'engrenage il devait aller jusqu'au bout. Le 14 ventôse an II (14 mars 1794), le représentant Le Carpentier ayant décidé de « réprimer les prêtres non comme ministres de tel ou tel culte, mais comme mauvais citoyens », ordonna aux administrateurs des districts « d'en purger la Révolution comme d'une matière hétérogène » ( Geslin de Bourgogne et A. de Barth. Etudes sur la Révolution en Bretagne, p. 253, Saint-Brieuc, 1858). En conséquence, les prêtres assermentés furent tous mis en demeure d'abdiquer leurs fonctions, ce à quoi s'empressa d'obtempérer Jérôme Huet. Il abdiqua la prêtrise le 1er mars 1794 et quitta le Plessis-Balisson, pourvu de la pension de 1.000 livres par an avec laquelle on récompensait alors les malheureux qui avaient eu la lâcheté de renier leur sacerdoce (Archives des Côtes-d'Armor, série Lv). Il se retira à Dinan, mais il n'y vécut que peu de temps. Fût-ce de remords, fût-ce d'autre cause, il y mourut rue de Cocherel le 9 messidor an II (2 juin 1794), à l'âge de 52 ans. L'année suivante, nous voyons sa nièce, la veuve Dutertre, multiplier les démarches pour obtenir le paiement du trimestre échu de la pension attribuée aux ecclésiastiques constitutionnels abdicataires, et dont la mort avait empêché Jérôme Huet de profiter (Archives des Côtes-d'Armor, série Lv). Ainsi finit dans la honte le dernier recteur du Plessis sous l'ancien régime ; triste exemple des résultats désastreux auxquels le manque de caractère et l'oubli de ses devoirs les plus sacrés peuvent entraîner un homme. Lors de la réorganisation des paroisses après la signature du Concordat, le préfet était d'avis qu'on supprimât la paroisse du Plessis qui lui semblait trop dénuée de ressources pour avoir un recteur. Néanmoins M. Jacques Raffray fut désigné pour ce poste. On avait d'abord proposé un M. Jean Pierre Nicolas âgé de 52 ans, qui finalement succéda à M. Jacques Raffray. A la retraite de M. Nicolas, le Plessis fut quelque temps sans prêtre, et ses habitants, ainsi que les gens des villages voisins, s'engagèrent par acte notarié, le 12 février 1809, à assurer chaque année 347 francs de supplément de traitement au recteur qu'on leur enverrait. Néanmoins le Plessis ne fut définitivement érigé en succursale que par ordonnance du roi Louis XVIII en date du 12 mars 1820 : M. l'abbé Moison en fut le premier titulaire. Le clergé dans la Ville du Plessis. Les prêtres furent extrêmement nombreux dans la plupart des régions de notre Bretagne jusqu'à la première moitié du XVIIIème siècle. Les études qui se faisaient alors sans grand déplacement ni dépense , jointes à la perspective d'un modeste bénéfice, avaient à ce point de vue très favorisé le développement des vocations. C'est ainsi qu'un vicariat fut longtemps attaché à la cure du Plessis-Balisson, et nous voyons, à la fin du XVIIème siècle, Messires Leblancq, Noël Arot et Joseph Rouillé occuper successivement ce poste. Il parait cependant qu'en 1776 il n'y avait plus de vicaire au Plessis, puisque le 16 janvier de cette année, le Général décide « de faire établir un confessionnal pour M. Colombel qui célèbre la messe au Plessis tant les dimanches que les fêtes ». Plusieurs prêtres habitués, c'est-à-dire ne remplissant pas de fonctions curiales, résidaient aussi au Plessis. Les vocations ecclésiastiques paraissent même y avoir été assez nombreuses [Note : M. de la Villegirouard, qui rendit tant de services à Ploubalay durant la Révolution, était originaire du Plessis et fils de René de la Villegirouard et d'Artuze Lecomte. Il devint curé de Ploubalay en 1824 et mourut en 1839], ainsi qu'en témoigne l'acte de décès suivant, transcrit des registres paroissiaux et qui signale plusieurs jeunes clercs dont les familles habitaient le Plessis ou ses environs : « Demoiselle Françoise Pépin, fille de feu maître Jean Pépin et de demoiselle Guyonne Avril, épouse de feu Maître François Félin, sieur de la Brousse, trouvée morte en s'en revenant de ses affaires au bourg de Ploubalay, pour se rendre à sa demeurance en la ville du Plessis et dont le corps, enlevé de l'ordre de sa famille et du consentement de Maître Jacques Le Masson, procureur fiscal du Plessis-Balisson, et apporté chez elle, a été inhumé sous la tombe de la maison noble de la Basse Chevronnais, appartenant à messire Pépin, sieur du Vilou, son frère aine ; ladite tombe placée dans la nef de l'église du Plessis. Les funérailles ont été célébrées en présence de vénérable et discret messire René Morel [Note : René Morel décéda à la Hamonnaye, en Ploubalay, et fut inhumé le 10 novembre 1783 (Registres paroissiaux de Ploubalay)] célébrant, moi, missire Gilles Martin, recteur, missire René Ohier, prêtre, maître Jacques Savary, diacre, maître Yves Pépin, clerc tonsuré, MM. de Saint-Eloy Quetier et de Follideuc- Quetier, maître René Savary, sieur des Nouettes, damoiselle Rose Pépin, sœur de la défunte, maître Dominique Josselin (Note : Dominique Josselin décéda le 28 mars 1763, à l'âge de 37 ans, et fut inhumé le lendemain au Plessis-Balisson (Registres paroissiaux de Ploubalay)], sous-diacre, ce 15 mars 1751. Signé : Auguste Lemasson, Vicaire à Saint-Jacut-de-la-Mer ». .

Note 4 : La mesure du Plessix-Balisson était pareil à la mesure de Lamballe : elle valait 7 à 8 boisseaux à la mine et les trois mines font le tonneau et les 2 quarts font la perrée. La perrée de Lamballe contenait deux boisseaux ou 4 quarts et le quart se décomposait en 4 godets. Chaque perrée de Lamballe contenait 11 décalitres 856 de froment.

Bretagne : Histoire, Voyage, Vacances, Location, Hôtel et Patrimoine Immobilier

PATRIMOINE de PLESSIX-BALISSON

l'église Saint-Pierre (XVème siècle - 1919), située place de l'Eglise et oeuvre de l'architecte Cosson. Le clocher est édifié en 1777 à l'initiative de l'abbé Jérôme et d'après les plans de Véron, architecte de Saint-Malo. Le 23 septembre 1913 sont adjugés à Bouillon (entrepreneur de Ploubalay) les travaux de reconstruction de la nouvelle église. Le portail date du XVème siècle. Le bénitier, placé à l'entrée du cimetière, date du XV-XVIème siècle. Les fonts baptismaux datent du XV-XVIème siècle : ils comprennent deux cuves et les couvercles de bois sont l'oeuvre, en 1914, de Jérôme Joublé de Plessix-Balisson. L'église abrite une statue de la Vierge à l'Enfant qui date du XVIème siècle ;

Nota 1 : Renseignements ecclésiastiques. — Le Plessis-Balisson (aujourd'hui Plessix-Balisson), autrefois cure du diocèse de Saint-Malo, relevait avant la Révolution de l'archidiaconé de Dinan et du doyenné de Poudouvre au siège de Saint-Enogat. L'apôtre saint Pierre, autrefois comme maintenant, a toujours été le patron de cette paroisse. Celle-ci complètement enclavée dans celle de Ploubalay, dont elle n'est qu'un démembrement, fut érigée vraisemblablement en trêve, puis plus tard en paroisse vers le XIIIème ou le XIVème siècle, car s'il est vrai que le Plessis ne figure point sur le compte de 1330 publié par Longnon dans ses Pouillés de la province de Tours, p. 365, cette preuve ne nous semble point péremptoire, car toutes les paroisses bretonnes existant à cette époque ne sont pas, loin s'en faut, mentionnées sur ce document. En tout cas, il est certain que cette localité dut son érection en paroisse à ses seigneurs, les bannerets du Plessis, et jusqu'en 1789, les propriétaires de ce fief conservèrent le droit de présentation à son rectorat. Le 14 novembre 1790, le pasteur du Plessis énumérait ainsi les revenus de son très modeste bénéfice : « Je jouis d'un presbytère qui consiste en une cuisine, un cellier, deux chambres, un grenier, un hangard, un jardin muré du côté du nord ; le dit presbytère n'ayant été donné qu'à condition de célébrer une messe chaque semaine. La dîme qui se lève sur le Plessis produit 3 livres seulement. Le recteur jouit en plus d'une rente d'une livre d'argent et de 3 godets de froment et du revenu de 2 petits jardins affermés 8 livres 10 sols. Il faut y ajouter 2 fondations de 6 livres, à charge de donner le salut aux vêpres le 1er dimanche du mois et de célébrer une messe annuelle. Je possède aussi, dit-il, le revenu d'environ 10 journaux de terre sis en Ploubalay avec un petit trait de dîme, loué le tout 174 livres. Je paie comme charge 10 livres de décimes, 1 livre 11 sols de droits synodaux et 10 livres de droits seigneuriaux. Comme supplément, on me donne la jouissance de 2 petits traits de dîme sis en Languenan, produisant 70 boisseaux de froment à 7 livres 7 sols chacun, soit au total 245 livres et 15 boisseaux d'avoine à 3 livres soit 45 livres, plus la dîme des lins estimée 50 livres. — Je dois là-dessus comme charge 2 messes par semaine à célébrer au Plessis et 2 autres à Languenan, soit à raison de 15 sols chacune, 156 livres par an. Je dois en outre pour contribution à la portion congrue du recteur de Languenan et de son vicaire 145 livres et payer au bureau ecclésiastique de Dol pour décimes et subventions 21 livres 8 sols chaque année. Enfin mes frais de perception de la dite dîme sont de 150 livres. En résumé, conclut le recteur du Plessis, le montant brut du revenu de la cure du Plessis s'élève à 1.133 livres 16 sols et ses charges à 564 livres 13 sols, en sorte qu'il ne me reste que 571 livres 3 sols, c'est à dire moins qu'une portion congrue ». Le district de Dinan modifia quelque peu cette déclaration et jugea en particulier que la valeur du froment avait été sous-estimée et celle des pailles omise. Malgré cela, il ne put fixer qu'à 595 livres le revenu annuel, bien modeste dès cette époque, du recteur du Plessis-Balisson (Plessix-Balisson). Du reste, le Pouillé de Mgr de la Bastie signalait déjà que le revenu de la cure du Plessis ne valait pas, tout compris, plus de 300 livres, mais que les seigneurs de cette paroisse y joignaient habituellement celui de la chapellenie du Boisjean, qui se desservait en l'église de Languenan, laquelle rapportait environ 600 livres de rentes, charges à déduire. L'église du Plessis a été l'objet d'une reconstruction à peu près totale en 1913 et 1914, grâce au dévouement et à l'admirable générosité du saint prêtre que fut M. l'abbé JOSEPH JOSSET, de Saint-Cast, décédé le 13 octobre 1919, âgé de 61 ans. L'édifice ancien, que le Pouillé de la Bastie signale comme pauvre, ayant besoin de réparation, ne présentait au dire du Répertoire archéologique des Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor), « aucun intérêt architectural ». Cependant le portail de ce sanctuaire accusait soit le XVème ou les débuts du XVIème siècle et a dû à ce titre d'être conservé. Son clocher, sur l'intervention de l'évêque de Saint-Malo, n'avait été construit qu'en 1777 « dans le goût du clocher de la chapelle de Launay-Commats ». Il existait avant la Révolution dans l'église du Plessis-Balisson (aujourd'hui Plessix-Balisson), une confrérie dédiée au saint Esprit, « sans aucun revenu fixe » vers 1760. Mais il n'en avait pas été toujours ainsi. Un monitoire daté de 1711 et dont M. de la Rogerie, archiviste départemental d'Ille-et-Vilaine, nous a donné connaissance, accusait alors des agents seigneuriaux et gens de justice des pays de Languenan et Ploubalay, « sous le spécieux prétexte de faire réparer la chapelle du saint Esprit, attenante à l'église du Plessis, d'avoir démoli cet édifice, de s'être emparé des matériaux et de s'être approprié les biens de la dite confrérie ». Les papiers d'un procès conservés sous la côte E 789 aux Archives des Côtes-d'Armor, nous apprennent le nom de deux généreux bienfaiteurs de la paroisse du Plessis. Le plus ancien s'appelait Olivier du Boisjean, lequel avait légué en 1419 la petite dîme de Languenan au recteur du Plessis-Balisson (aujourd'hui Plessix-Balisson). Deux cents ans plus tard. Gillette Hamon et son mari, Pierre de la Ravillays, seigneur et dame de la Gonnais, léguèrent à leur tour la dîme du Vauclair, dont les revenus devaient aller pour un tiers au recteur et pour les deux autres tiers à l'église du Plessis. La perception de ces dîmes s'exerçait encore en 1745. Enfin le 13 octobre 1744, Guillemette Bouan, dame du Tertre-Bouan, laissa 150 livres à la fabrique du Plessis pour que les rentes en fussent affectées à fonder une bénédiction du Saint-Sacrement, précédée d'une exposition, le premier dimanche de chaque mois dans l'église de cette paroisse. Les propriétés foncières de la mense rectorale du Plessis consistaient en 1790 dans le clos de la Jaunais au Curé, les Clos Curé, autrement dits les Petits Ziards, contenant un journal de terre et mis à prix 478 livres et la Petite-Fosse Gouret. Le sieur Le Clerc en demeura adjudicataire le 29 avril 1791. Le sieur Michel Le Moine acheta le Clos Monnier le 14 décembre suivant. Il contenait deux journaux de terre et avait été prisé 792 livres. — Une maison sise au village de Pontorson fut acquise à la même date pour 2.075 livres par un sieur Vivier demeurant à Brenan. Tous ces biens étaient situés en Ploubalay. Il faut y ajouter le courtil Grand-Etienne, contenant 12 cordes. Il était compris dans le territoire du Plessis-Balisson (aujourd'hui Plessix-Balisson). Renée Huet, veuve Dutertre, en demeura le 14 décembre 1791 adjudicataire pour le prix de 150 livres. Elle y joignit le clos aux Prêtres pour la somme de 520 livres. Deux ventes successives d'ornements et de mobilier cultuel dépouillèrent l'église du Plessis-Balisson (Plessix-Balisson). La première eût lieu le 15 juin 1794. Elle rapporta au dire de l'annaliste Mahéo 164 frs 65. — La seconde fut faite le 6 juillet suivant. Elle produisit 121 livres. Le 24 août 1794, on inventoria à Dinan comme provenant de la paroisse du Plessis, un ostensoir, un pied de calice, un pied de ciboire et plusieurs petits clous qui servaient à la croix de procession, le tout pesant quatre marcs, un gros et demi d'argent blanc. Une croix, la coupe et le couvercle d'un ciboire, une coupe de calice, une patène et un croissant, pesant quatre marcs, une once, trois gros et demi d'argent doré. Le presbytère du Plessis-Balisson (Plessix-Balisson) fut mis en location en août 1794 avec entrée en jouissance le 22 septembre suivant. Il trouva preneur pour 115 livres par an dans la personne de Jean-François Delanoë, ancien greffier de la juridiction. Le 10 novembre 1796, on signale l'église du Plessis, mesurant 35 pieds de longueur comme ne servant à aucun usage. Cependant cet édifice avait dû à la prestation de serment de son recteur d'être ouvert au culte jusqu'en janvier 1794. A cette époque, la paroisse du Plessis groupait autour de son clocheton « partie de celle de Languenan, de Crehen et de Ploubalay ». Nous avons vu en parlant de cette dernière localité, jusqu'où elle avait alors reculé ses bornes. Le Plessis perdit ensuite jusqu'à son titre de paroisse en 1805. Disons pour finir que sous l'ancien régime, le Plessis était joint pour les prédications dites des « Stations », avec Créhen, Trégon, Lancieux et Ploubalay et que son jour d'adoration avait été fixé par Mgr des Laurents au 1er février de chaque année (abbé Auguste Lemasson).

Nota 2 : L'Eglise était placée, autrefois comme maintenant, sous le patronage de saint Pierre. Les seigneurs châtelains du Plessis aimaient à se parer du titre de fondateurs de l'église du Plessis-Balisson, qualification qui leur donnait le droit de « placer leur banc armorié » du côté de l'Evangile, tout auprès de la « balustrade ». Malgré cela, il ne semble cependant pas qu'ils se soient jamais mis fort en frais pour cet édifice, dont M. Gaultier du Mottay a pu écrire dans son Répertoire archéologique des Côtes-du-Nord « qu'il ne présentait aucun intérêt ». Cependant, bien que les larges baies carrées qui lui servent de fenêtres, accusent comme origine le XVIIème ou le XVIIIème siècle, la porte qui est percée dans le pignon ouest de cette église, indique, par sa forme ogivale, une époque plus ancienne qui, pourrait bien être soit le XVème, soit le XVIème siècle. On remarque aussi derrière le choeur les traces d'une fenêtre ogivale que l'on a bouchée lors de la construction de la sacristie. D'ailleurs, l'église du Plessis a subi bien des remaniements [Note : Dès 1744, on déclarait les « cotales » en très mauvais état et menaçant ruines, mais la fabrique ne se trouvait pas en état d'en opérer la reconstruction. Le 13 juillet 1755, le Général décida cependant de rebâtir la « cotale » nord de l'église. Il passa dans ce but un marché pour la somme de 120 livres, avec le sr. Boucher, maître-maçon au Plessis. (1er Registre des délibérations du Général du Plessis)] au cours des âges. A l'origine, elle ne possédait, ainsi que nous le verrons, ni clocher, ni sacristie. Par contre on l'a amputée, vers le milieu du XVIIIème siècle, d'une chapelle latérale dédiée au Saint-Esprit, laquelle était située du côté de l'Evangile (Note : L'église du Plessis contenait anciennement deux autels latéraux, l'un dédié à saint Jean, l'autre à saint Vincent-Ferrier). Nous signalons aussi à l'attention des archéologues, une belle croix monolithe qui paraît assez ancienne. Elle est placée tout auprès du chevet de l'église, dans un coin du cimetière. Notons encore, pour être complet, un vieux bénitier creusé dans un fût de colonne, qui se voit près de la porte latérale de l'église. Cette porte elle-même présenté, ciselée dans le bois, cette brève inscription « 1755, donné var écuier Jacques-Michel Quétier » [Note : Depuis que nous avons écrit ces pages, la vieille église du Plessis, qui du reste menaçait ruines, a cessé d'exister. Grâce au zèle et à la générosité bien connue de M. l'abbé Joseph Josset, recteur actuel du Plessis, on élève maintenant à la place, un gracieux édifice à une seule nef, lequel, si nous sommes bien renseigné, sera dans le style du XIIIème siècle]. L'église du Plessis n'a pas toujours été ornée d'un clocher. Très anciennement, ce complément obligé de toute église qui se respecte lui faisait défaut. Nous croyons intéressant de relater ici quelques-unes des délibérations du Général de la paroisse qui précédèrent la construction du clocher actuel. On verra comme quoi la chose ne se fit pas sans peine. Le 22 février 1752, le général étant assemblé en corps politique, « en présence du recteur dom Gilles Martin, de Jacques-Michel Quétier, escuier, sieur de Saint-Eloy, et de noble homme Georges Denis, sieur de la Moignerais, etc., on projette de construire un clocher en forme de tour carrée, au nord de ladite église, à l'alignement du pignon du grand autel ; dans le bas duquel clocher, il sera pratiqué une sacristie ». On décide aussi que « quant à la maçonnerie de ce clocher, on prendra pour modèle celui de Trémereuc ; mais à l'égard de la charpente et de l'aiguille, ils seront faits dais le goût du clocher de la charpente de Launay-Comats » (chapelle de la Coudrays actuelle). Malheureusement les personnes qui avaient promis les fonds étant venues à mourir, on ne put, faute de ressources, édifier le clocher projeté. Mais ce dessein, néanmoins, tenait toujours à cœur, et l'on ne cherchait que l'occasion de le faire aboutir. « Aussi, le 12 janvier 1777, le Général étant assemblé en corps politique, on procéda à l'élection de Jean Martin comme trésorier, puis d'0llivier Jouble et d'0llivier Juhel comme égailleurs ». Puis, M. le Recteur (Note : C'était toujours M. Gilles Martin) se leva, et représenta « qu'il n'est pas, dans ce canton, d'église paroissiale autre que celle-ci qui n'ait son clocher..., que depuis longtemps les paroissiens témoignent le désir d'en édifier un... qu'il paroit que c'est le moment aujourd'hui d'en édifier un, le Général ayant vérifié pouvoir ramasser quelque argent des reliquats de comptes des trésoriers...... qu'enfin il envisage lui-même l'espoir d'obtenir le secours de personnes distinguées et notables que l'on sait être bienfaisantes pour la décoration de cette église ». En conséquence, on fit choix de M. Veron, architecte de Saint-Malo, pour présider cette construction, et l'on décida d'édifier dans le courant de la présente année le futur clocher sur le milieu de l'église. Un peu plus tard, le 16 mai 1779, le Général décida que si « après défrais des dépenses pour emplettes de pierres de Saint-Cast destinées à paver l'église [Note : Mais le Général a bien soin de spécifier « que le trésorier veillera à ce que celui qui sera chargé de ce travail laisse ce qu'il se trouve de pierres armoryées aux mêmes places ». On devrait bien s'inspirer des mêmes sentiments à notre époque, lorsqu'on est amené à effectuer quelques remaniements aux anciennes églises], ainsi que des dépenses pour perfectionner le clocher, il reste encore de l'argent à la fabrice, on emploiera l'excédent tant à la construction et à la décoration d'un tabernacle neuf, à la peinture du rétable, et à recrépir l'église, qu'à faire construire un reliquaire dans un coin du cimetière, etc., etc. ».

Nota 3 : Les pérégrinations du Lutrin. Jamais le choeur de l'église du Plessis n'a été bien vaste. Il paraît, par contre, qu'il s'y trouvait autrefois un lutrin très encombrant. Voici une délibération du Conseil général du Plessis, qui nous montre que cette assemblée ne dédaignait pas d'étendre sa sollicitude aux objets les plus divers, et qu'elle s'appliquait à trouver une place pour chaque chose, sinon à mettre chaque chose à sa place. « Le Conseil représente que pour ménager la place d'une sacristie derrière le maître-autel, on a avancé le lutrin dans le sanctuaire et que celui-ci s'est alors trouvé resserré, de façon à n'être plus si commode pour la position du lutrin, qu'on y a vu établi autrefois. Depuis ce temps, le lutrin a été successivement transporté dans différents endroits ; en dernier lieu, entre ladite balustrade et le banc armoryé du seigneur comte de Rays, patron et fondateur du bénéfice ; mais comme le pupitre occupoit tout l'espace et qu'il ne restait pas de place pour asseoir commodément ni prestre ni autre chantre, on paraiss oit prendre l'habitude de s'asseoir dans le banc du seigneur, toujours absent. Mais celui-ci informé de cette innovation, a fait reclore son banc et, depuis, les chantres ont repassé avec le pupitre dans le sanctuaire ; mais vu son trop peu d'étendue, ils se trouvent placés près des gradins de l'autel et trop près de M. le Recteur lorsqu'il célèbre la messe ». Après que l'on eut proposé plusieurs solutions pour vider ce cas embarrassant, on décida « que vis-à-vis et proche du banc du seigneur, la balustrade sera coupée et retirée pour procurer un accroissement du sanctuaire et pouvoir enfin trouver une place stable au lutrin ». Les inhumations et les enfeus dans l'église. Jusqu'au milieu du XVIIIème siècle, c'était un usage courant d'inhumer dans les églises ; aussi les registres paroissiaux du Plessis tenus avant cette date, indiquent-ils plus d'inhumations effectuées dans l'église de cette paroisse que dans le cimetière, qui, alors comme maintenant, entourait le saint lieu. D'ailleurs, nombre d'actes des XVIème, XVIIème et XVIIIème siècles nous montrent que les nobles du voisinage, ainsi que les bourgeois de la ville du Plessis, tenaient à avoir leur enfeu, c'est-à-dire leur caveau de famille, dans l'église de cette paroisse. Plusieurs gentilshommières des environs donnaient aussi à leurs propriétaires le droit de jouir de ce privilège, ainsi que d'un banc armorié avec accoudoir. Tels étaient la Basse-Chevronnais [Note : La Basse-Chevronnais possédait une tombe, banc et accoudoir prohibitifs, laquelle tombe était armoriée des armes des la Bégassière, « le dit enfeu situé au joint du côté de l'évangile, dans la nef de l'église, au niveau de la seconde voûte » (Archives des Côtes-d'Armor, E 2619)], le Pont-Cornou [Note : Les droits des seigneurs du Pont-Cornou remontaient fort loin : nous citerons à l'appui de nos dires, une transaction passée le 29 janvier 1552, entre Pierre Marec et Julien de Launay, premier du nom, écuyer et seigneur de Pont-Cornou. Par cette pièce, le seigneur du Plessis consent à ce que Julien de Launay fasse rétablir dans le chanceau de l'église du Plessis l'écusson à ses armes que des inconnus avaient ôté, mais que ses prédécesseurs avaient toujours eu dans ledit lieu. ( M. Joüon des Longrais : Les bourses de Bretagne au Collège du Plessis. Rennes, 1908)], la Viile-Auffray, la Haute-Donelais. Comme les questions de préséance étaient autrefois dans les églises un nid à chicanes sans fin, les vieux titres décrivent avec force détails ces droits honorifiques. C'est ainsi que M. Jacques-Michel Quétier de Saint-Eloy, avocat au Plessis-Balisson et auteur de recherches très curieuses sur l'ancien droit de Bretagne ( Cf. : Levot, Biographie bretonne, à l'article Jean Leroy du Guébriant), énumère soigneusement dans un aveu qu'il rend au comte de Rays, le 6 juin 1749, tous les privilèges dont il jouit dans l'église de sa paroisse. Nous reproduisons ce document à cause de son intérêt généalogique. « Ledit Jacques Quétier déclare posséder du chef de sa femme, dans l'église du Plessis, un enfeu, billot et accoudouer ou banc, dépendant de la terre de la Ville-Auffray. Ledit enfeu se trouvant placé devant un autel nommé Saint- Vincent, lequel fut enlevé et ôté de sa place en même temps que l'autel dédié à la Sainte-Vierge et à Saint-Jean, en sorte qu'à présent cet autel se trouve placé le dos vers la muraille du côté nord de l'église et ledit enfeu des avouants se trouve au coin dudit autel du côté de l'évangile... à l'aplomb de la voûte et arcade qui communiquait avec l'ancienne chapelle du Saint-Esprit ; à présent ladite arcade fermée de murailles. Sur la tombe duquel enfeu est le banc et accoudoüer de l'avouant, avec un écusson en relief aux armes et alliances dudit Quetier, écartelé au premier, des armes de dame Françoise de la Bouexière, sa trisaïeule, qui sont " D'argent à deux fasces de gueules doublement nouées " ; au second quartier, des armes de Guyonne de Coetquen, sa bisaïeule, qui sont " d'argent à trois fasces de gueules " ; au troisième, de dame Jeanne Ferron de la Ferronnais, de la branche du Quengo ; au quatrième, de dame Gillette de Brillant, sa mère, qui sont " d'argent à la rencontre de cerf de sable " » (Archives des Côtes-d'Armor, E 2618). La Confrérie du Saint-Esprit. Les confréries ou associations pieuses jouaient un, grand rôle dans notre vieille France. On en trouvait quasi dans chaque paroisse, sinon plusieurs, du moins une ayant son organisation et ses statuts particuliers. Elles contribuèrent fort à entretenir la vie religieuse chez nos aïeux. Le Plessis-Balisson avait aussi sa confrérie, c'était celle du Saint-Esprit. Cette confrérie, très ancienne dans l'église du Plessis, avait son prévôt qui était nommé chaque année et ne demeurait qu'un an en charge. Il recueillait les offrandes déposées par les fidèles sur l'autel du Saint-Esprit, les vendait et en tenait compte chaque année au trésorier de la fabrique. Fondation d'une bénédiction du Saint-Sacrement. Autrefois, les messes supplémentaires, les saluts du Saint-Sacrement étaient laissés aux initiatives privées et ne se développaient pas sans une fondation perpétuelle. C'est pourquoi le 13 octobre 1744, une somme de 150 livres fut léguée par la « damoiselle Guillemette Bouan, dame du Tertre Bouan, pour que les rentes en fussent affectées à la fondation d'une bénédiction du Saint-Sacrement, avec exposition, le premier dimanche de chaque mois, dans l'église du Plessis ». Cette fondation subsista jusqu'à la Révolution française.

Nota 4 : Nomination d'un bedeau au Plessis, ses obligations. Parmi les serviteurs à gages de nos églises, les bedeaux occupent encore maintenant la première place. Avant 1789, leur nomination appartenait au corps du Général de la paroisse qui pouvait aussi les révoquer à son gré. Le procès-verbal qui suit va nous énumérer les obligations auxquelles était astreint le bedeau du Plessis qui portait alors le titre pompeux de « marguillier de la paroisse ». « Le 28 novembre 1762, le Général assemblé en corps politique, après le son de la cloche : Pierre Métries, trésorier en charge, représente que Joseph Bouton, marguillier, enterreur et sonneur de cette paroisse, s'en étant retiré pour aller en celle de Ploubalay, il est nécessaire de nommer un autre en sa place, pour remplir cette fonction ; que parmi les différents sujets qui se présentent, c'est au Général de choisir ainsi qu'il avisera. Ce que faisant et à la pluralité des voix recueillies par le procureur fiscal, le nommé Jean Jouble a été admis à cette fonction aux conditions par lui présent acceptées, qui sont : 1° De balayer soigneusement l'église, de telle manière qu'elle soit toujours propre et selon la décence due au lieu saint ; 2° De couper les ronces, orties, le lierre et l'herbe qui pourraient croître dans le cimetière et n'y laisser aucune malpropreté ; 3° D'assister régulièrement à l'église les jours de dimanche et fêtes et ceux où il se trouvera des enterrements et services ; à faire, tant pour sonner les cloches que pour y remplir à la discrétion de M. le Recteur, les autres devoirs de cette fonction ; le tout sous peine d'encourir sa disgrâce et celle du Général ». Ledit Jean Jouble signa pour acceptation et promesse avec « obligation de tenir les portes de l'église ouvertes aux heures convenables, de sonner l'Angelus matin et soir et à midi pendant le Carême, de fermer soigneusement les dites portes en toutes saisons, de manière que par défaut de le faire, il ne puisse arriver aucun fâcheux événement, sous peine d'en demeurer personnellement responsable ». Heureuse paroisse, heureux recteur, si le dénommé Jean Jouble fut toujours de ses engagements un observateur fidèle ! Dons à l'église. L'église du Plessis était si pauvre qu'il était fort désirable que quelqu'un s'intéressât à sa misérable situation [Note : La pauvreté de l'église du Plessis tenait un peu à la lésinerie du grand nombre des paroissiens du Plessis. C'est ainsi que les places de bancs du Plessis ayant été mises à 10 sols, aucun des habitants ne voulut y mettre ce prix, et l'on fut obligé de les ramener à 6 sols exigibles d'avance (Registres des délibérations du Général)]. De fait on a relevé sur les registres du Général diverses mentions d'offrandes faites à l'église. Nous rapportons ici les principales. C'est ainsi que l'an 1753 « dans sa réunion du 20 juin, le Général accepte avec reconnaissance deux devants d'autel, l'un à fleurs rouges et autres couleurs, l'autre à fond blanc rayé, achetés à Rennes, d'une valeur de trente livres et offerts par Escuyer Jacques Michel Quetier, sieur de Saint-Eloy ». Quelques années plus tard « le 30 décembre 1759, André Josselin offre de fournir l'étoffe pour faire une bannière neuve » ; ce que le général accepte et consent qu'il la fasse faire. « Mais par ce qu'il fera servir l'image du Saint-Esprit qui est sur la vieille, le dit Josselin devra apporter une quittance au Général de ce qu'il en coûtera pour la façon de ladite bannière seulement ». Enfin « le 16 mai 1779, M. le Recteur a représenté que des personnes pieuses et zélées pour le culte de l'église lui ont fait présent d'une pièce d'étoffe de soye fond vend à fleurs blanches, avec intention qu'il en soit fait emploi dans une chasuble et chappe ». Le Rectorat et les Recteurs du Plessis. Le rectorat du Plessis-Balisson. Le rectorat du Plessis n'était pas à la nomination de l'évêque. Quand le bénéfice était vacant, c'était un patron laïque, en la circonstance le seigneur du Plessis, qui présentait le candidat de son choix, et l'évêque, lorsqu'il l'en trouvait digne, accordait à celui-ci l'institution canonique. Ce privilège qui peut sembler excessif, s'explique par l'histoire de certaines paroisses qui devaient tout, y compris l'existence, à leur seigneur. Nous avons copié aux registres d'insinuations de l'ancien diocèse de Saint-Malo conservés aux Archives d'Ille-et-Vilaine , l'acte de présentation du dernier recteur du Plessis avant la Révolution française. Nous le reproduisons ici. Peut-être lira-t-on avec intérêt ce souvenir d'un autre âge. « L'an 1778, le 10 novembre, devant les soussignants notaires royaux... etc.., furent présents Dame Reine-Jeanne-Félicité Vincent, dame veuve de Messire Henry Baude, seigneur de Saint-Père, du comté de Rays et autres lieux, demeurant en la ville et paroisse de Saint-Malo, rue de Chartres, agissant personnellement pour elle et garantissant pour Messieurs ses enfants, avec lesquels elle est copropriétaire des terres et seigneuries du comté de Rays, du Plessis-Balisson, du Boisjean et autres lieux, et en cette qualité patrons laïques de la cure du Plessis-Balisson, et actuellement vacante par le décès de missire Gilles Martin, dernier titulaire et possesseur pacifique d'icelle ; laquelle dite dame présente à Monseigneur illustrissime et révérendissime Evêque, Comte et Seigneur de Saint-Malo missire Jérôme Huet, prêtre du diocèse de Saint-Brieuc, de bonne vie et moeurs, capable de bien et duement posséder et desservir ladite cure et église paroissiale du Plessis Balisson, suppliant et requérant mondit seigneur évêque et ses vicaires généraux d'accorder audit sieur Huet les lettres d'institution et toutes provisions qui lui sont nécessaires pour prendre possession réelle et actuelle et corporelle de ladite cure et église paroissiale et jouir de tous les honneurs, fruits et revenus y attachés... ». Ce droit de présentation ou de patronage devait remonter a la création de la paroisse du Plessis . Un pouillé du XVIème siècle, cité par M. de Courson (Courson, Cartulaire de l'abbaye de Redon, Paris, 1863), mentionne dès cette époque les seigneurs du Plessis comme jouissant de ce privilège. Du reste, une collation du bénéfice du Plessis opérée le 21 décembre 1552 par Mgr. François Bohier, évêque de Saint-Malo, en faveur de Jacques Le Bégassoux, à la mort d'Yvon de Kernemblou'ch, précédent recteur, porte positivement que c'est le seigneur du Plessis qui présente à l'Evêque son candidat et que ce prélat donne seulement l'investiture canonique au sujet présenté. Clergé. — JÉRÔME HUET, recteur, était originaire de la paroisse Saint-Michel de Saint-Brieuc, où il naquit vers 1742 de Pierre et de Clotilde Beaumont. Sur la présentation de dame Reine-Félicité Vincent, veuve de Henry Baude, seigneur du comté de Rays au siège de Plessis-Balisson (Plessix-Balisson), en date du 10 novembre 1778, le dit « Jérôme Huet, prêtre du diocèse de Saint-Brieuc, de bonne vie et moeurs, capable de bien et duement posséder et desservir la dite cure et église paroissiale du Plessis-Balisson », reçut de Mgr des Laurents l'institution canonique pour le rectorat en question vacant par la mort de messire Gilles Martin, originaire de la Ville-Rondel en Ploubalay, advenue le 4 septembre 1778 dans sa cinquante-cinquième année, après avoir passé 29 ans comme pasteur au Plessis. Jérôme Huet, qui n'avait que 36 ans lors de sa nomination comme recteur, amena avec lui sa sœur Yvonne-Renée et tous deux habitèrent la maison curiale. Il la maria le 6 mai 1784 avec Jean-Louis Dutertre, alors procureur fiscal de la juridiction du Plessis, mais la mort ayant brisé cette union le 12 octobre 1790, Yvonne, avec les trois enfants que lui laissait son défunt mari, s'en retourna habiter avec son frère, le recteur du Plessis. Celui-ci qui n'appartenait pas par son éducation cléricale au clergé malouin, subit bien vite l'ascendant des utopies et des sophismes révolutionnaires, fut choisi comme l'un des neuf électeurs du canton de Ploubalay délégué pour participer aux élections des Administrateurs du district les 14, 15, 16 et 17 juin 1790 et consentit à prêter serment à la Constitution Civile dans les premiers mois de l'année 1791. Cependant, devant l'exemple de ses voisins, les recteurs de Ploubalay et de Saint-Jacut, qui milieux éclairés, ne tardèrent pas à rétracter le serment qu'ils s'étaient oubliés à faire, l'abbé Jérôme Fluet se rétracta à son tour. Malheureusement, eurent lieu sur les entrefaites les élections aux nouvelles cures, prescrites par la Constitution. Un certain Pierre Jouan, pour lors vicaire assermenté à Saint-Germain-de-la-Mer, se vit élire le 13 juin 1791 par 33 voix sur 35 curé du Plessis-Balisson (Plessix-Balisson) au lieu et place du recteur dépossédé. Mais bien que le prêtre Jouan eut refusé son élection, préférant s'en aller à Allineuc, son pays natal, où l'appelaient les voeux des électeurs « patriotes » du district de Loudéac, Jérôme Huet prit peur et, crainte de voir un intrus venir s'installer au Plessis, il n'hésita pas à prêter à nouveau serment et ce fut cette fois d'une façon ferme et définitive. Cet acte de lâcheté lui valut d'être maintenu dans sa cure aux appointements annuels de 1.200 livres et ses paroissiens, semble-t-il, acceptèrent cette situation sans protestation notoire. Toujours sans doute aussi pour la même raison utilitaire, ce fut la propre soeur du curé du Plessis qui acheta une partie des biens dépendants de la fabrique du Plessis, lorsque ceux-ci furent mis en vente le 14 décembre 1791. L'année suivante, Jérôme Huet reçut la visite du citoyen Jean-Marie Jacob de Plouberze (Ploubezre ?), ex-recteur de Lannebert, ordonné prêtre à Dol le 27 septembre 1765 et devenu par la grâce aux électeurs « patriotes », évêque constitutionnel et schismatique du département des Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor). A cette occasion, l'église du Plessis vit s'accomplir une cérémonie unique dans son histoire. L'évêque Jacob, le 21 septembre 1792 y conféra et, effet la prêtrise à 6 diacres et le sous-diaconat à 3 minorés. Tous ces ordinands du reste étaient étrangers aux Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor). La Convention, qui dès le 18 septembre 1793 avait rendu un décret qu'elle ne paierait plus d'avance le traitement de son clergé ; qui le 22 novembre de cette année avait voté un secours annuel aux évêques, curés et vicaires qui abdiqueraient leur état ; qui encore, dans la plupart de ses séances, accordait des mentions honorables aux ecclésiastiques qui venaient lui déclarer « s'être deprêtrisés », la Convention qui battait monnaie avec les dépouilles des églises, marquait assez par tous ces actes, son intention de voir disparaître, après le culte catholique romain qu'elle s'enorgueillisait d'avoir banni de France, le culte constitutionnel et son clergé, ses créatures. Tout comme lorsqu'il s'était agi du clergé orthodoxe, le pouvoir recourut une fois de plus à la violence pour en finir avec les prêtres assermentés. Leur soumission ne leur servit de rien. C'était leur qualité même de prêtres dont on leur faisait un grief irrémissible. Selon l'expression de Le Carpentier, on voulait purger la République de ces malheureux comme « d'une matière hétérogène ». En vain donc Jérôme Huet s'empressa-t-il le 1er mars 1794 d'abdiquer son état et fonctions. Cet acte de lâcheté n'empêcha pas le représentant du peuple Ruamps de signer le 12 de ce même mois son ordre d'incarcération « jusqu'à la paix ». Emprisonné d'abord à la maison de Plouer à Dinan, puis transféré à celle de Saint-Charles le 15 mars 1794, l'infortuné recteur du Plessis put à son aise, avec les autres assermentés, ses compagnons de captivité, méditer sur la reconnaissance d'un régime auquel il avait tout sacrifié. Etant devenu gravement malade, il obtint néanmoins la permission de se faire transporter dans une maison amie pour s'y faire soigner. C'est là qu'il trépassa le 27 juin 1794, rue de Cocherel, chez la citoyenne Thérèse Allain, n'étant âgé que de 52 ans. Vers l'an 1801, l'abbé JEAN-PIERRE NICOLAS fut envoyé administrer la paroisse du Plessis-Balisson (Plessix-Balisson) à son retour de l'île de Ré et c'est à lui que l'on songea tout d'abord pour en faire un recteur. Pourquoi l'abbé JACQUES RAFFRAY, fut-il définitivement nommé à son lieu et place le 16 janvier 1804, nous en avouons n'en rien savoir ; mais cet ecclésiastique ayant refusé de quitter Languédias et ne s'étant point présenté à Dinan pour prêter serment le 24 mai suivant, M. Nicolas fut définitivement confirmé dans ses fonctions rectorales le 9 juin de cette année. Du reste, ce ne fut pas pour longtemps. Déjà lorsqu'il s'était agi de dresser la liste des futures succursales, le préfet Boullé avait fait suivre le nom du Plessis de cette observation tendancieuse : « cette petite commune n'est guère en état de payer un prêtre. Il eut été désirable qu'on eut pu la réunir à une autre ». Aussi devant la situation pécuniaire misérable où languissait le recteur de cette paroisse, Mgr Caffarelli dans les premiers mois de l'année 1805, réunit-il Le Plessis-Balisson (Plessix-Balisson) pour le spirituel à la paroisse de Languenan et sa décision adoptée par le préfet des Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor) fut confirmée par décret impérial en date du 28 juillet 1805. Aussi, fut-ce vainement que les habitants du Plessis et ceux des villages et fermes voisins, s'engagèrent par acte notarié, le 12 février 1809, à assurer chaque année 347 frs de traitement au prêtre qu'on leur accorderait pour desservir leur localité. Il leur fallut attendre pour cela le règne réparateur de Louis XVIII, lequel, par son ordonnance royale du 12 mars 1820, rétablit à nouveau le Plessis en succursale. M. PIERRE MOISON, originaire de Pleurtuit, où il était né vers 1773 du mariage de Jean et de Brigide Lemoine, devint alors le premier titulaire de ce modeste rectorat. Il le conserva jusqu'à sa mort, arrivée le 25 septembre 1849, à l'âge de 76 ans, donnant ainsi que le recteur Gilles Martin, dont nous avons parlé dans notre brochure sur le Plessis-Balisson-Autrefois, un bel exemple de carrière sacerdotale au Plessis. Cette minuscule paroisse fournissait autrefois des vocations sacerdotales, M. Jean de la Villegirouard dont nous avons raconté la belle carrière comme vicaire, puis comme « grand curé » de Ploubalay, était originaire de cette localité. Les revenus de la cure du Plessis en 1789. (Extrait du 1er registre d'avis sur le Traitement du Clergé du District de Dinan, Archives des Côtes-d'Armor, série Lv). « Vu le compte-rendu par le sieur Huet, curé du Piessis-Balisson, et l'approbation de la Municipalité du dit lieu, du 14 novembre 1790. Le Directoire du District de Dinan examinant l'état des revenus de la dite cure, observe que le sieur Huet pouvait se dispenser de faire article de l'estimation de son presbytère, devant, aux termes de la loi du 24 juillet 1790, jouir des bâtiments à son usage et des jardins, sans être tenu qu'aux réparations locatives. Que suivant l'estimation qu'il a faite des grains, il n'a évalué le boisseau de froment qu'à 7 livres 7 sous 9 deniers, alors qu'il valait 8 livres 10 sous, que cet article doit s'élever à 584 livres au lieu de 245. Approuve le surplus des articles de la charge, du compte du sieur Huet, curé, montant ensemble à 896 livres, y compris celle de 12 livres à quoi ont été attentées (estimées) les pailles omises par le sieur curé ; Que le sieur curé devant être chargé des réparations locatives de son presbytère, la somme de 6 livres demandée en décharge ne peut être alléguée ; que celle d'une livre 11 sous par décime et subvention à raison de la fondation, et 41 livres 10 sous à cause de la cure, ne peuvent passer en décharge au sieur Huet, n'ayant pas dû être imposé pour 1790 ; Que celle des 156 livres à quoi le sieur Huet attente (estime) les messes qu'il est obligé d'acquitter, doit être rejettée, étant un objet à acquitter indispensable pour tout curé ; Que les frais de perception de la cime évaluée à 150 livres, paraissent d'autant plus excessifs, que cette dîme se lève sur les terres voisines du Plessis-Balisson et qu'ils doivent être réduits à 80 livres. Le Directoire a consenti au surplus, à qu'il soit passé en décharge au dit sieur Huet, la somme de 18 livres pour rentes seigneuriales dues sur les fondations dont il jouit, et 203 livres pour portion de la pension du curé et vicaire de Languenan. Lesquelles sommes à déduire sont de 301 livres et le revenu net de la cure sera de 595 livres ». Collation de la paroisse du Plessis-Balisson sur la présentation du seigneur du Plessis le 21 septembre 1552 par François Bohier évêque de Saint-Malo (Archives d'Ille-et-Vilaine, Registres d'insinuations, série G) : Johannes Deschamps, insignis ecclesiae Cathedralis Macloviensis cantor et canonicus, vicariusque generalis in spiritualibus et temporalibus Reverendi in Christo patris, Domini Francisci Bohier, Dei et Sanctae Sedis Apostolicae gracia, Macloviensis episcopi, dilecto nostro magistro, Jacquobo Le Begassous, presbitero dicti Macloviensis diœcesis, salutem in Domino. Vitae ac morum honestas, litterarum scientia, atque laudabilia probitatis ac virtutis merita, quibus apud nos fide dignos commandaris testimonio, nos inducunt ut ad gratiam tibi faciendam reddamur promptiores. Igitur parrochialem Ecclesiam " du Plesix Balisson ", dicti Macloviensis diœcesis, nunc per venerabilis magistri Yvonis de Quernemblouch, presbiteri deffuncti, ejusdem ecclesiae parrochialis ultimi et immediati pocessoris pacifici, vacantis. Cujusque ecclesiae presentatio, sive jus presentandi personam ydoneam ad illam obtinendam, casu vacationis illius occurentis, ad nobilem virum dominum temporalem loci du Pleseix Balizon, collatione vero premissis et quaevis alia dispositio ad prefatum Reverendum in Christo patrem et dominum Macloviensem episcopum spectare et pertinere dignoscuntur ; tibi licet absenti, in personam tamen nobilis viri magistri Egidii Agam, procuratoris tamen presentis et acceptantis, presentationem nobilis illustris et egregii viri magistri Petri Le Marec, ejusdem castelanae et manerii du Pleseix Balisson, domini temporalis, nobis facta, prout dictus procurator de hujusmodi presentatione legitime edocuit, conferimus ac de cadem cun sint juribus singulis pertinentiis et preeminenciae, quibuscumque tibi providemus, investientes te brout te de eisdem in personam antedicti tui procuratoris per anuli nostri ejus digitum impositione et prœsentiam concessionem investimus..... juravit idem tunc procurator et ex eo nomine, honorem et reverentiam eidem Reverendo in Christo patri et domino, domino Francisco, Macloviensi episcopo, suisque surcessoribus episcopis Macloviensibus, impendet, juraque ac libertates ejusdem ecclesiae observare et manutere et alienata sique sive pro viribus recuperare in divinisque et alia rite deservire et deserviri facere, aliaque juramenta in talibus fieri et prestari solita fecit et prestitit, quamobrem vobis omnibus et singulis notaris et tabellionibus publicis nobis subditis et cuilibet mandamus non subditos vero rogamus quatenus ejusdem Le Begassous, seu ejus. ..... procurentes in corporalem realem et actualem possessionem ejusdem curie et parrochialis ecclesiae, una cum omnibus et singulis suis juribus ponatis et inducatis, positumque et inductum deffendatis. de que fructibus et emolumentis preeminentiae et pertinentiis quibuscumque uti et gaudere faciatis, seu faciat per vestrum qui primus super hoc fuerit requisitus, amoto exinde quolibet illicito detentore in quorum omnium et singulorum robur fidem et testimonium premissorum presentes nostras litteras confice et per notarium subscriptorum propter nostri secretarii absentiam subscribi et signari sigillique nostri vicariatus appensis communiri jussimus et fecimus. Actum et datum in civitate Redonensi, in quadrivio de la Charbonnyere, die vigesima prima septembris, anno domini millesimo quingentesinio quinquagesimo secundo ; presentibus ibidem discretis viris dominis ac Magistris Guillardo Ruze, Macloviensi, Johanne du Tertre, Nannetensi Canonicis et nobili viro magistro Guidone de Saint-Cire, domino temporali de Bouril, testibus ad prœmissa vocatis et specialiter [rogatis]. Ainsi signé : de mandato ejusdem domini Vicarii ge[neralis] ... publica subsignavi (et scellé de cire rouge) (abbé Auguste Lemasson).

les deux croix du cimetière dont l'une date du XVI-XVIIème siècle. Une troisième croix aurait disparu au XXème siècle ;

les vestiges du château féodal du Plessix (vers 1150) édifié par Geoffroy Balisson (ou Baluçon). Il s'agissait d'une construction triangulaire flanquée de trois tours, dont l'une servait de donjon. L'édifice est en ruine dès la fin du XVème siècle. Il possédait jadis aussi une chapelle privée ;

la maison des cavaliers (XVI-XVIIème siècle), située place de l'Eglise. L'édifice, détruit par un incendie en 1925, est reconstruit en 1929 ;

la maison de la Basse-Chevronnais (1710), située rue du Pertu-Chaud et édifiée par M. Pépin, sieur du Vilou ;

A signaler aussi :

la découverte en 1981 d'un souterrain de l'âge de fer ;

Bretagne : Histoire, Voyage, Vacances, Location, Hôtel et Patrimoine Immobilier

ANCIENNE NOBLESSE de PLESSIX-BALISSON

Geoffroy du Plessis-Balisson, dont les parents étaient seigneurs de cette paroisse, était secrétaire de Philippe-le-Long. A la mort de ce dernier, il se retira dans un hôtel qu'il possédait à côté de la rue Saint-Jacques, à Paris, et bientôt après transforma cet hôtel en collège (1322), sous le nom de Saint-Martin-au-Mont-de-Paris. Le pape Jean XXII confirma ce collège le 30 juillet 1326. Geoffroy se retira ensuite à l'abbaye de Marmoutier où il fit profession religieuse et mourut en 1332. Les seigneurs du Plessix-Balisson avaient obtenu du pape que leur curé fut chanoine honoraire de Saint-Jean de Latran. En 1475, le scellé du seigneur du Plessis-Balisson fut envoyé par le duc de Bretagne à Louis XI, roi de France, pour qu'il fut apposé au traité de Senlis.

Notice sur le Collège du Plessis-Sorbonne à Paris (Extrait du Dictionnaire de Moreri, supplément de Couget, 1735). — « Ce collège doit sa fondation à Geoffroi du Plessis-Balisson qui y employa une partie de ses grands biens en 1322, vx. st. (c'est-à-dire avant Pâques 1323). Il donna à cette fin, sa maison sise rue Saint-Jacques et plusieurs revenus pour y établir 40 écoliers pauvres dont 20 étudiants aux arts, 10 en philosophie et 10 en théologie ou en droit canon. Il voulut que ce nouveau collège eût pour supérieurs l'évêque d'Evreux, son neveu, Alain évêque de Saint-Malo et l'abbé de Marmoutiers et leurs successeurs avec le chancelier de l'église de Paris et le maître particulier du collège... Il voulut aussi que l'on préférât dans le choix des boursiers ceux de l'évêché de Saint-Malo, où il avait été baptisé et ceux des provinces de Reims, de Sens, de Rouen et de Tours... Il demanda qu'il y en eût toujours 6 de Saint-Malo ou de ce diocèse... ». Cette fondation fut ratifiée en forme solennelle par le pape Jean XXII le 30 juillet 1326. Vers 1329, Geoffroy du Plessis se fit religieux au monastère de Marmoutiers. Par son testament en date du 14 août 1332, il reconnut l'impossibilité de maintenir son institution de 40 boursiers et les réduisit à 25, dont 6 de l'évêché de Saint-Malo, pris autant que possible parmi les membres de sa famille, et plaça complètement son collège sous la dépendance de l'abbé de Marmoutiers (D. Morice : Preuves, II, col. 1362). En 1646, J Vignerod, alors abbé de Marmoutiers, jugeant cette maison d'un entretien trop onéreux, la céda à la Sorbonne aux trois conditions suivantes : remplir les intentions des fondateurs, prier pour eux et réparer les édifices. C'est aux soins de Charles Gobi, principal de cette maison, qu'on est redevable, rapporte Moreri, de le voir aussi grand et aussi bien bâti qu'il est à présent. La reconstruction dura de 1650 à 1661 (Cf. Morice : Histoire de Bretagne, I, p. 234-235).

Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence d'un seul noble de Plessix-Balisson :

Héritier Gilles ESCOCANTIL : défaillant ;

© Copyright - Tous droits réservés.