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LOCRONAN

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La commune de Locronan (pucenoire.gif (870 octets) Lokorn) fait partie du canton de Châteaulin. Locronan dépend de l'arrondissement de Châteaulin, du département du Finistère (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de LOCRONAN

Locronan vient du breton « lok » (lieu consacré) et de Ronan, un saint venu d’Irlande.

Le site de Locronan est un ancien haut lieu du culte druidique. Locronan doit son origine à un ermitage établi par Ronan, au VIIème siècle, dans la paroisse primitive de Plonévez-Porzay. 

Eglise de Locronan

Loc-ronan doit son nom au pieux ermite Ronan [Note : Voir Vie de saint Ronan] qui, venu d'Irlande dans la seconde moitié du Vème siècle, se sanctifia dans la forêt de Névet [Note : Le cantique de saint Ronan se chante encore à Locronan]. Dire avec M. Latouche (Mélanges d’histoire de Cornouailles du Vème au XIème siècle, p. 92) qu’on a imaginé un saint Ronan, parce que son nom entrant en composition dans celui de Locronan, c’est au témoignage de M. Loth faire preuve d’une « singulière légèreté » (Fanum et simulacrum, dans la vie la plus ancienne de saint Samson. Revue archéologique, Paris, Leroux 1924, p. 5-6). 

On peut lire la vie de saint Ronan, écrite par D. Plaine dans le Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, 1889. Certains détails peuvent être contestés, mais les grands traits demeurent. Nous estimons en effet qu’il faut tenir à la loi capitale de la critériologie, belle que la formulait un de nos Evêques : « Tant que, sur un ordre de faits consacrés par la tradition et appuyés sur des monuments séculaires, la critique n’apporte pas une preuve absolument péremptoire qu’il y a erreur, la possession traditionnelle l’emporte, et ce n’est pas à elle à produire de nouveau ses titres » (Mgr. Gullibert, Evêque de Fréjus et de Toulon). 

L’histoire, chez nous, commencé assurément avant le XIème siècle, et nous pensons que, dans la vie de saint Ronan en particulier, il est un certain nombre de faits importants pour lesquels on ne saurait tenir en suspicion la simple tradition populaire, et qui peuvent être admis à titre très sûr. Parlant de l’ancienne opulence de Locronan, M. A. Le Bras ajoute : « On en peut contempler d’éloquents vestiges dans les pignons élégamment sculptés ou dans les façades monumentales qui encadrent la place. Ce sont demeures de grand style, dont quelques-unes traitées avec goût dans la manière de la Renaissance. Si déchues soient-elles de leur antique splendeur, elles ont encore fière mine, gardent jusqu’en leur délabrement un air de noblesse et de solennité, communiquent à l’humble bourg un je ne sais quoi de magistral qui en impose. Rien de banal, ni de mesquin » (Au pays des Pardons. La Troménie de Saint Ronan, p. 233).

Vers 1030, le comte. Alain (Cainart) se trouva surpris et accablé de l’armée du Duc (de Bretagne, Alain de Rennes) qui se jeta sur les frontières de Cornouaille. Il ramassa à la hâte ce qu’il put de troupes, mais se trouvant trop faible, il usa d’adresse ; il se retira et se cacha avec ses gens dans la forêt de Nemet, invoquant la force de la Sainte Croix du Seigneur, et le secours du saint Pontife Ronan. Les ennemis se répandirent de tous côtés pour piller. Mais Cainart... sortit sur eux, les défit et les mit en fuite. Les habitants de Cornouaille ont depuis nommé cette victoire Gueth Ronan [Note : Gueth, vieux mot breton signifiant combat, (J. Loth, Chrestomathie, p. 209)]. Le comte ayant une grande joie d’une si heureuse victoire, en voulut marquer sa reconnaissance à Dieu, et de l’avis et consentement de son frère l'Evêque, Orscand, de sa femme la comtesse Judith, et des seigneurs du comté, il donna au monastère de Quimperlé [Note : Le monastère de Sainte-Croix qu’il avait fondé deux ans auparavant], l'église de Saint-Ronan, et toutes les terres qui sont contenues dans la franchise... Il donna aussi tous les revenus du bourg et autres terres et rentes... L’acte en fut passé l’an 1031, et mis entre les mains de saint Gurloës, abbé (M. Abgrall).

A la suite de la victoire qu'il remporte en 1031 sur le duc Alain près de l'ermitage de saint Ronan, Alain Canhiard, comte de Cornouaille, fait don de l’église de saint Ronan (avec toutes les terres), à l’abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé qui y établit un prieuré sous le patronage de saint Ronan : « Pendant ce temps, passé un espace de temps, le comte prénommé (Alain Canhiart) voyant l'armée d'Alain de Rennes duc de Bretagne qui, par une attaque soudaine, avait envahi le pays de Cornouaille, se cachant dans la forêt de Nemet (Névet) avec quelques chevaliers qu'il avait rassemblés, invoque la puissance de la glorieuse croix du seigneur et demande obstinément l'aide du saint et vénérable prêtre Ronan ; et le comte, fortifié par le signe de la croix porte-salut se lança à la poursuite des escadrons ennemis qui se livraient au pillage en divers lieux, les vainquit, les écrasa et les mit en fuite de mâle façon. Cette victoire, les Cornouaillais l'appellent Gueth (combat)-Ronan jusqu'à aujourd'hui. Cette victoire remportée, le chef susdit, rempli de joie, approuvé et sollicité par l'évêque Orscand son frère et par la comtesse, ainsi que par les nobles de toute la Cornouaille, fit don à perpétuité au monastère de Quimperlé de l'église de Saint-Ronan avec toutes les terres qui sont contenues à l'intérieur des limites de l'immunité du saint, avec la libre libéralité et la tranquillité dont il jouissait quand il les possédait, avec tous les revenus du bourg et avec toutes les autres terres désignées dans le don qui suit, le tout en mémoire de cette victoire. Et il fit ce don dans la main du religieux abbé Gurloes, serf de Dieu. De ce don sont témoins : Alain, auteur de ce don, Orscand évêque, Blinliuedus abbé de Saint-Guénolé, Morvan vicomte (de Léon), Judith comtesse, Killoe et Hedrual chapelains du comte, Haerueus, Bili, Saluden, Gulchuenn, Guegon, Gurhedr. Omnes, Follaethou et beaucoup d'autres vassaux. L'an mille trente et un de l'incarnation du seigneur » (Charte du Cartulaire de Sainte-Croix de Quimperlé). 

Guillaume de Villeblanche [Note : Il était chevalier et Chambellan du duc, gouverneur de Rennes, et grand maître de Bretagne. Il mourut le 11 octobre 1483], abbé de Sainte-Croix de Quimperlé de 1453 à 1483 (vingt-huitième abbé), était auparavant prieur de Locronan (vers 1443). En 1618, Jacques Provost, chambrier de l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé, est pourvu du prieuré et perçoit les deux tiers des dîmes de la paroisse de Locronan, l'autre tiers allant au vicaire Yves Mingant (Archives Départementales du Finistère, 5H509)

Les comtes de Cornouaille puis les ducs de Bretagne conservèrent par la suite une grande dévotion à saint Renan et feront plusieurs pèlerinages à Locronan. Jean V donnera en 1424 cinquante écus d'or pour la construction du pignon ouest de l'église et François II, par mandement du 4 décembre 1475, va octroyer le produit du devoir de billot pendant trois ans pour l'achèvement de l'église. La paroisse de Locronan dépendait jadis de l'ancien évêché de Cornouaille. Au XVIIème siècle, les sires du Névet dominaient huit paroisses autour de Locronan.

Locronan possédait à partir de 1439 un petit hôpital, situé à proximité de la chapelle Saint-Eutrope. On relève 12 décès à l'hôpital, de 1669 à 1792.

On rencontre les appellations suivantes : Eccl. Sancti Ronani (en 1031), prioratus Sancti Ronani de Nemore (1262), Locus Ronani (en 1348), Saint Renan du Bois (en 1457), Locrenan (à partir de 1535). 

Place centrale de Locronan

 

Place centrale de Locronan

Note 1 : dès le XIVème siècle, les habitants de Locronan fabriquent des toiles à voiles. A partir du XVème siècle, la région se spécialise dans le travail du chanvre et du lin. La fin du XVIIIème siècle verra le début de la décadence de l'industrie toilière de Locronan.

Note 2 : Donations et fondations : 21 avril 1203. — Donation de terres à Saint-Ronan. « A tous les fidèles de Jésus-Christ qui verront cet écrit, Guillaume par la permission de Dieu, évesque de Quimper, salut dans le souverain Sauveur. Sachez que nobles hommes Daniel, Gui, Alain, fils de Guiomar Daniel, donnent à perpétuité à l’église de Saint-Ronan les terres, savoir : Maës Roënient et Goeth Telent en Ploegonnoc [Note : Plogonnec, ailleurs Pluegunuc. — Maës Roenient, le champ Roenient. — Goeth Telent, c’est-à-dire le ruisseau Telent ; (Cartulaire de l’Abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé, par Léon Maitre et Paul de Berthou, p. 146). — D’après D. Le Duc, Histoire de l'Abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé, éditée par Le Men. p. 240 et 241, on ne retrouverait plus en Plogonnec les noms de ces deux villages], lesquelles terres sont tenues de nous, pour satisfaction d’un excès qu’il ont commis dans le cimetière de ladite église, pour être possédées, sauf le droit qu’y a saint Corentin (L’église cathédrale de Saint Corentin), devant payer à l’avenir de Les Guengat (La cour de Guengat, Cartulaire..., p. 147) par celui qui sera possesseur de la terre, un quarteron de froment que leur père a légué auparavant à ladite église [Note : Il est à croire que la rente d’un quarteron de froment déjà donnée à l’église de Loc-Ronan était payée par les terres Mes Roënient et Goeth Telent. objet de la présente donation. Pour que l'église de Loc-Ronan ne perdit pas cette rente qui se serait confondue avec le revenu des terres nouvellement données, les donateurs la placèrent sur un autre domaine, « Les-Guengat » (Cartulaire de l'Abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé … p. 147)]. Fait dans la même église, l’an depuis l'Incarnation du Verbe, 1203, le 21 d’avril (XI Calendes maii), l’an X de notre pontificat. Présents : Guy, doyen de Porzoet (Doyenné de Porhoet, diocèse de Vannes – Cartulaire de l'Abbaye … p. 147) ; Geoffroy, prieur ; maître Guillaume, prêtre, Le Blanc, chapelains de Ploegonoc et de Ploe Neveth (Plonévez-Porzay) ; Cann, prévôt ; Geoffroy, prêtre, et plusieurs autres (Histoire de l'Abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé, p. 240, 241) ». MM. Léon Maître et Paul de Berthou, ont publié un rôle des rentes dues par les terres du prieuré de Saint-Ronan, document qu’ils estiment du XIIIème siècle. Bien que rédigées en latin, un certain nombre de redevances emploient les mots du langage vulgaire : minot, mesure pour les grains ; brac, sorte de froment, appelé ailleurs épeautre ; guastell, gâteau ; torth panis, grand pain rond ; parefarth signifie un quart ; quarturum est une mesure. On dit encore en Bretagne un quarteron pour un quart de livre. Il y est question du Maes Minichi ou champ de l'Asile de Loc-Ronan ; de Maes Escop, le champ de l'Evêque, en Plogonnec. Il y est dit qu’au bourg de Saint Ronan n’existe aucune charge ou fonction héréditaire, tout dépendant de la volonté de l'Abbé ou du moine représentant. 1250. — Pierre de Dreux (ou Mauclerc), duc de Bretagne, mourut sur mer le 28 juin 1250, en revenant d'Egypte, où il avait été fait prisonnier depuis la défaite de saint Louis. Dans une fondation en faveur de l’église de Locronan, il avait accordé au religieux bénédictin qui possédait alors le prieuré, la seigneurie sur tout le territoire de Locronan et partie de deux paroisses voisines, avec le devoir de coutume et autres privilèges, à charge de célébrer des messes solennelles les mardi et vendredi de chaque semaine, faire procession et chanter vêpres tous les samedis et veilles des fêtes solennelles. Les habitants reçurent aussi de grands privilèges, à condition d’assister aux services, prières et processions et de stipendier les prêtres et acolytes qui doivent accompagner celui qui officie pour le sieur Prieur et Recteur primitif (Premier registre des titres de l’église de Locronan). L’exemption des fouages et taille faisait partie de l’acte de fondation du prieuré, et est accordée aux paroissiens et à tous les vassaux dudit prieuré, afin que le service fût plus solennel. Plus tard, les ducs les ont exemptés en même temps du droit d’impôt et de billot, comme un fond suffisant pour stipendier les prêtres de choeur et l’organiste, et fournir à l’entretien des ornements, étant reconnu que les vassaux du prieur sont obligés d’assister aux services et processions de fondation ducale, qui est la condition sous laquelle est accordée l’exemption des fouages. En 1439, Jean Le Moine, de Quimper, par testament, lègue à la fabrique du prieuré une rente de 10 s. monnaie, à charge d’une messe annuelle. Plus 5 s. monnaie à l’hôpital de Saint-Eutrope, et 2 livres de cire à l’église neuve de Notre-Dame (Archives Départementales, 2 G 94, n° 17. Il s’agit de la chapelle de Kelou-Mad ou de Bonne-Nouvelle). 2 décembre 1457. — Maintenue, à Nantes, par lettres du chancelier, d'André d'Espinoi en la possession de la chapellenie de Saint-Ronan-du-Bois (D. Morice, Preuves, II, col. 1713). 15 novembre 1527. — Fondation d’une chapellenie par Yves Mat, prêtre, à raison de 3 messes par semaine, messes des défunts le lundi ; de la Croix, le vendredi ; de la Sainte Vierge, le samedi. Yves Mat en sera le chapelain pendant sa vie, et après lui, messire Le Hec, dont le nom restera attaché à la fondation. Le 28 décembre 1534, cette chapellenie vacante par le décès d’Alain Gac, est donnée à Pierre Noy, prêtre. Le patronage appartient alors à un sieur Guillaume Le Hec. En 1584, à la place du chapelain Jacques Goalen, décédé, Alain de Le Hec, tuteur des enfants de Guillaume de Poher, en son vivant sieur de Le Hec, présente Rouan Tanguy, prêtre. 1624. — Cette chapellenie étant vacante par la mort de Louis Le Noy, recteur de Plogonnec. Demoiselle Renée Le Hec, Dame propriétaire dudit manoir, présente Hervé Calvez, prêtre, originaire de Guengat. - Fait à Quimper, en la demeure de Françoise de Rimaison, dame de Guengat. Cet Hervé Calvez dut mourir aussitôt nommé, car nous le voyons presque immédiatement remplacé par Yves Guegant (Archives Départementales, 133 G. 1 et 2 G. 40). 24 mai 1529. La chapellenie fondée par Alain de Tréanna, seigneur de Tréséoul (Tréséol, en Plonévez-Porzay), devenue vacante par le mariage du dernier titulaire, Marc Kerperiou, est donnée à Yvon Le Gentil. 1559. — Fondation par Sébastien Menaut, prêtre et chapelain de Saint-Ronan. On dira 6 messes à basse voix pour l’âme de son père ; deux cierges étant allumés devant le maître-autel, et il sera sonné pour chacune, 33 coups de cloche en l’honneur de l’âge de Notre Seigneur (Ogée. Dictionnaire..., note de Cariou). 1668. — Fondation par Denys Rousseau, prieur titulaire, lequel donne un pré joignant le moulin du prieuré, pour un service annuel sur la tombe des prieurs de Locronan, avec 9 messes, sur le maître-autel, et pour commémoration de l’âge de Notre Seigneur, il sera frappé avant none, 33 coups sur la grande cloche. 18 juin 1674. — Haut et puissant messire René, marquis de Névet, et Bonaventure du Liscoet, douairière de Nevet, fondent une grande messe tous les jours de la semaine, à 8 heures. 9 août 1683. — Auffret Halnay et sa femme donnent à l’église 45 sols et aux 3 chapelles de Notre-Dame, Saint-Eutrope et Saint-Maurice, 15 sols, pour un De Profundis, et Pater, une fois l’an, avec grand-messe aux fêtes de saint Eutrope, de saint Ronan, de saint Maurice, et le jour du pardon de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle. 1690. — Fondation de Jean Moreau, sieur du Stifel, qui fut enterré en sa tombe et voûte élevée, en l’église, côté du midi. 1696. — Fondation de Marie Piriou, veuve de Yves Martin, sur la tombe où est enterré ledit Yves, qui est la 5ème tombe du second rang au-dessous du crucifix et joignant au pied de la tombe du sieur Croissant, vicaire été de Locronan. 7 mars 1698. — Miss. Mathurin. Gloux, du diocèse de Vannes, reçoit la chapellenie de Notre-Dame de Pitié, ou Desmat, vacante par le décès de Guillaume de La Motte. 1708. — Le sieur de Boisdanet et sa femme font une fondation pour fournir le vin de 5 à 6 messes par jour. 1735. — Fondation de Jean Ordinal, pour une tombe qui joint le pilier où est la chapelle et autel des saints Crespin et Crépinien, entre ledit autel et l’ancien autel de saint Christophe, du côté de la porte costière du nord. En résumé, (Ogée, Dictionnaire… Annotat.), les archives de l’église ont possédé des titres de 12 privilèges concédés par les Ducs de Bretagne, et de 22 fondations faites par divers bienfaiteurs. D. Le Duc (Histoire de l'Abbaye de Quimperlé, p. 67), écrit (fin du XVIIème siècle) : « Le Prieuré de Locronan est en mains séculières. Je croy bien qu’il n’est pas possesseur de toutes les rentes qui sont marquées dans l’ancien Mémoire, puisque le Prieuré ne vaut que 700 livres ». En 1771, les revenus de l’église, y compris les fondations, rentes censives et obits, étaient de 2.006 livres, et, aux dires du maire Daniélou en 1808, de 3.000 liv. à la Révolution. Ajoutons que dans le compte de 1330 (Longnon, Pouillé de la Province de Tours), Locronan est imposé pour 6 livres ; — En 1368, le Prieur est taxé pour 120 livres. — En 1574 (Chanoine Peyron, Cartulaire de l’église de Quimper, p. 12), le rôle des décimes porte 9 livres à payer par le Prieuré. Il était également dû cent sous au Légat (Ibid., p. 20). En octobre 1788, la liste des Décimes extraordinaires, quote-part des dons gratuits, taxe ainsi Locronan : La Fabrique : 44 liv. 10 s. ; Saint-Eutrope : 6 liv. 10 s. ; Bonne-Nouvelle : 4 liv. 15 s. ; Saint-Maurice : 2 liv. 10 s. ; Le Sacre : 2 liv. ; le Rosaire : 2 liv. (Archives du diocèse de Quimper et de Léon).

Note 3 : Lettres ducales : - Lors de la naissance de son fils, qui devait être Jean V, le duc de Bretagne Jean IV accorda aux habitants l’exemption de fouages, exemption souvent renouvelée et confirmée par Jean V lui-même, par exemple lorsqu’il vint en pèlerinage à Locronan, le 20 juin 1408, et à l’occasion de la naissance de ses propres enfants. Nous avons ainsi les lettres ducales datées de Moncontour, le 14 août 1423 ; de Vannes, le 27 décembre 1426 ; d'Oudon, le 11 janvier 1431, où il exempte de l’impôt de 20 sous par pipe de vin, levé en Cornouaille ; de Plesseix du Reçac, le 20 novembre 1441, (même impôt ; mais monté à 23 sous 4 deniers, sur chaque pipe vendue au détail) [Note : Pour ces différentes lettres, voir Lettres et Mandements de Jean V, publiés par Blanchard, n° 1034 et 1723]. - Dans la lettre de 1426, Jean V rappelle. la venue en pèlerinage, à Locronan, de son père « que Dieu pardonne, et de sa très redoutée dame et mère, la duchesse, à présent reine d'Angleterre » [Note : Jeanne de Navarre, troisième femme de Jean IV, et mère de Jean V. Elle accepta la couronne de reine d'Angleterre, que lui offrait Henri IV de Lancastre. « Elle s’embarqua à Camaret le 26 décembre 1402, et débarqua à Southampton, le 1er janvier 1403. Son mariage fut célébré, le 7 février, et son couronnement le 25 du même mois ». (Fonssagrives, Le Tombeau de Jean IV). Elle mourut le 10 juillet 1437. Serait-il déraisonnable de penser qu’en venant à Camaret, Jeanne de Navarre ait fait visite au sanctuaire de Locronan ?]. - 15 mars et 21 mai 1451. — Pierre II, duc de Bretagne, renouvelle les exemptions accordées par son père, et donne au moustier de Saint-Ronan, 3 feux et deux tiers de feux en la paroisse de Plonévez-Porzay ; un feu et demi en la paroisse de Cast, et un feu et demi en Crozon. - En 1473 et 1475, le duc de Bretagne François II accorde aux prieur et habitants d’employer les deniers provenant de l’impôt du billot, à l'édification de leur nouvelle église. Les diverses lettres d’exemptions mentionnées ci-dessus furent confirmées par les rois, Louis XII, en novembre 1500, et François II, en décembre 1559 ; et il en fut ainsi presque à chaque avènement de souverain, jusqu’à Louis XV inclusivement. Aussi les fleurs de lis de France se montrent-elles aussi souvent que les hermines de Bretagne dans les tympans des hautes fenêtres, et la statue de saint Louis, le patron de la famille royale, est placée vis-à-vis de celle de saint Ronan dans la chapelle du Pénity (Abbé Thomas, Saint Ronan et la Troménie, p. 95) (M. Pondaven).

Note 4 : Enquêtes et informations : - 17 septembre 1504. — Il s’agit de savoir, si on continue certaines messes, processions et suffrages demandés par les princes, ducs et duchesses de Bretagne, ainsi que par le Roy et la Reine (Louis XII et Anne de Bretagne) actuellement reignant, en retour des privilèges et exemptions de fouages, impôts, billots et autres subsides, à savoir : Deux messes à notes et deux processions ordinaires à croix et bannière, avec les cantiques et louanges, alentour de l’église et chapelle du bourg de Locronan, recommandations et oraisons accoutumées, et lesdites messes devant l’autel et image de saint Renan, l’une le dimanche, et l’autre le mardi, avec vêpres audit jour de dimanche et chaque samedi au soir. Ladite enquête, faite par François Le Saux, l’un des gens des comptes du roi en ce pays et Alain Moysan, notaire royal, le 17 septembre 1504, confirma la continuation de ces services. Un des témoins, Jehan Mat, 72 ans, de Quemenetmain, déclara avoir souvenance d’avoir vu maintenant à 65 ou 66 ans environ, (donc vers 1438), feu le duc Jehan, (Jean V), venu en pèlerinage à ladite église de Saint-Renan, et environ 50 (?) ans, et quelquefois depuis le duc Pierre (Pierre II, 1450-1457), et la Duchesse, sa compagne. - 15 mai 1618. — Procès-verbal d’enquête faite par Claude Kerpaën, sénéchal à Châteaulin, et H. de la Roche, procureur du Roy, lesquels obéissant à l’arrêt de la Cour du 13 mai 1617, s’étant transportés au bourg de Saint-René, ont mandé missire Yves Mingant, prêtre, et Jean Mat, marguillier, et ont interrogé si le bourg était de fondation royale ou ducale. Ont répondu que l’église était paroissiale et prieuré dépendant de l'abbaye de Quimperlé, duquel prieuré était pourvu Jacques Provost, chambrier de ladite abbaye, lequel percevait les deux tiers des fruits et dîmes de la paroisse et l’autre tiers appartenait au sieur Mingant, vicaire perpétuel ; que de 7 ans en 7 ans, le 2ème Dimanche de juillet, il se faisait une procession générale à laquelle assistaient 8 ou 10.000 personnes ; que plusieurs ducs de cette province ont visité ladite église en personne, et encore depuis très excellente et très excellente et très vertueuse dame Anne de Bretagne, notre reine. Laquelle église est visitée souvent de dévotion par plusieurs personnes de haute qualité, de tous les endroits de la province, pour prier Dieu en toute occasion et particulièrement de leur octroyer lignée et conservation de leur corps, pour lui faire action de grâces pour avoir ouy et exaucé leurs prières faites audit lieu ; même qu’il y a eu comme les seigneurs de Kergournadec’h et de Lestrevant et du Dresnay et plusieurs autres qu’ils ont vus souvent dans ladite église remercier Dieu et (re)connaître tout haut avoir eu de lui le don de lignée et conservation de leurs corps après leurs prières faites audit lieu, lesquels seigneurs ils ont nommés pour être notables et connus en la province ; qu’ils peuvent nommer plus de 50 autres gentilshommes de moindre qualité qui reconnaissent tout haut avoir eu de Dieu de pareilles bénédictions après leurs prières faites audit lieu, et que de sept ans en sept ans il se fait une procession générale par les habitants de ladite paroisse par certains (chemins) qui font les fins et limites de ladite paroisse, laquelle procession a été faite en ladite année 1617 ; Que plusieurs seigneurs ducs de cette province ont visite ladite église en personne et encore depuis très excellente et très vertueuse dame Anne de Bretagne, notre reine, et plusieurs d’iceux l’ont fait visiter par leurs gens et messagers et par eux ils ont envoyé leurs présents et offrandes ; Que ladite église est de fondation ducale, dotée par les rois et ducs de cette province et très excellent prince Pierre de Dreux, qui ont ordonné que les habitants du bourg de Saint-René fissent procession autour de ladite église tous les mardis et vendredis, entre 8 et 9 heures du matin et ont pour ce, donné au prieur juridiction et haute justice sur toutes les terres de ladite paroisse et sur toutes les terres dudit prieuré hors de ladite paroisse, et à tous les habitants du bourg ont donné exemption des fouages, taille, impôt, et à la fabrique les devoirs et droits d’impôt et de billot de tous les vins vendus au détail dans la paroisse, et le parsus des terres dudit prieuré ; Que ladite dame Reine Anne de Bretagne avait fait bâtir la chapelle qui est au côté méridional de ladite église, et ordonné qu’en ladite chapelle se dirait une messe toujours et que pour l’entretien de ladite messe elle avait constitué une rente de 5 ou 600 livres sur les devoirs du sel au pays de Guérande, que ladite messe a été dite jusques en l’an 1590 que missire Jean Texier la disait, mais à cause de la guerre ladite messe a été désacoutumée, que les titres étaient perdus, et qu’on ne savait où demander lesdits devoirs à Guérande ; Que les débitants vin et taverniers au fief du prieuré ne payaient au fabrique de ladite église pour ledit devoir d’impôts et billot que 12 sols tournois par chaque pipe, et que les taverniers de ladite paroisse se prétendaient exempts dudit devoir fournissant au trésorier de ladite église 57 livres 13 sols tournois par an. (Ledit Texier se retira à Guérande, non point peut-être dès 1590, mais en 1594, lorsque les Espagnols se portant au secours de Crozon assiégé par le duc d'Aumont, occupèrent Locronan. Il emporta les titres et garants de la fondation qu’il desservait, et que l’on ne put, à sa mort, recouvrer. On a cru par la suite que les chanoines de Guérande s’étaient réservé à eux-mêmes la jouissance de cette fondation). Et a ledit marguillier apparu auxdits juges un sac plein des lettres des ducs et rois, portant les exemptions ci-dessus, les plus anciens desquels extraits étant du duc Pierre II, relatives d’autres précédentes, en date du 22 mai 1451, et les dernières étant confirmatives d’icelles lettres du Roy régnant alors datées du 15 février 1612. Interrogés quels ornements ils ont à faire le service divin, ont répondu qu’ils ont des ornements pour plus qu’à couvrir les autels de ladite église qui sont au nombre de 14, à pouvoir dire la messe tout à la fois. Ladite église est en bonne réparation de couverture. Entrés en la chambre du trésor, nous a ledit, marguillier montré entre autres un beau chasuble de panne de soie tannée auquel il y a d’un côté les armes de la duchée de Bretagne, et de l’autre côté armes de la duchée en alliance avec celles de Navarre et de Foix ; Un calice d’argent doré, marqué d’un écusson des armes de la duchée en alliance avec celles de Navarre et de Foix ; Plus une grande image et statue d’argent massif haute d’une coudée ou environ qui est la représentation d’un duc de Bretagne qui est à genoux sur un carreau, les mains jointes et en posture de personne faisant sa Prière à Dieu. Sur la représentation de la casaque étant sur ladite statue, on remarque plusieurs hermines sans nombre des armes de Bretagne, et pèse 9 livres d’argent ou environ ; lesquelles pièces ledit vicaire et marguillier nous ont dit être don des dits seigneurs et ducs qu’ils ont fait rendre en actions de grâces. Signe comme témoin : Louis Le Noy, prêtre, maître d’école dudit bourg, âgé de 72 ans [Note : Il passait pour le plus habile homme de Cornouaille. Enterré en 1624, dans l'église de Locronan] (Archives du diocèse de Quimper et de Léon).

Note 5 : Aveux et déclarations : Déclaration (en 1560) des terres, rentes, seigneuries, fiefs, juridiction que humble et dévot religieux et orateur miss. Danyel de Saint-Allouarn, abbé de l'Abbaye et benoît moustier de la Sainte Croix de Quimperellé, et prieur du prieuré de Saint-René du Boys, à cause des biens dudit prieuré, à lui advenu par le décès de frère Hervé de Saint-Allouarn, son prédécesseur prieur dudit prieuré. - Avoue tenir du Roy justice haute, basse et moyenne, ayant justice patibulaire et officiers pour servir sa cour, à savoir : sénéchal, lieutenant, procureur, greffier, sergents, sceaux de contrats et actes. - Avoue tenir la maison priorale avec ses étables, basse cour, jardin, verger, un parc et un four à ban avec son jardin, ensemble contenant environ un journal et demi de terre, ferrant d’un endroit sur l’église, d’autre endroit sur la maison avec son jardin du vicaire d’icelui prieure, que à présent tient maître Yves Le Gentil, d’autre endroit sur la rue dite du Parc, d’autre endroit sur la maison et jardin de missire Paul Le Carn, prêtre, et d’autre endroit sur la maison et jardin, tonnelle Calvez ouvrant sur la place du marché de la ville dudit Saint-René du Bois, ledit four à ban pouvant valoir par chacun an 20 livres. - Item le moulin du prieuré joignant la chapelle de saint Quenollay, valant de ferme environ 100 sols monnaie. - Item le devoir de coutume, et les droits à percevoir sur les 4 foires de l’année : le lundi de la quasimodo, le dernier jour de mai, pour la Saint Michel du Mont Gargan, et le 3 novembre, avec marchés tous les mardis (Archives du diocèse de Quimper et de Léon).

Note 6 : La Troménie. Le grand acte de piété, ce qu’on pourrait appeler la dévotion officielle envers saint Roman, c’est La Troménie. « La Grande Troménie est une immense procession qui a lieu tous les six ans, les second et troisième dimanches de juillet. Elle touche successivement au territoire de cinq paroisses et faite douze stations à différentes chapelles de piété, (ou à des sanctuaires provisoires), avec sermon, chants d'hymnes, de cantiques, d’évangiles, etc., à chacune de ces stations. Le parcours de la procession, parfaitement déterminé par la tradition immémoriale, est de tout point invariable, et le cortège n’est arrêté ni par haie, ni par barrière, ni par prairie couverte de foin, ni par champ ensemencé ». Le trajet représente la délimitation des terres franches appartenant au Saint, à l’église, et par là même exemptes de telles ou telles impositions. Telle est d’ailleurs la signification étymologique du mot Troménie : Trominihy, le tour (des terres) du monastère. D’après Loth [Note : Fanum et simulacrum dans la Vie la plus ancienne de saint Samson ; tirage à part de la Revue archéologique, Paris, Ernest Leroux, 1924], la Troménie actuelle (1925) ne serait qu’une transposition chrétienne d’une vieille pratique du paganisme. Il y avait dans la région de Locronan une vaste forêt du nom de nevet ou nemet. Or le mot nemet ou nemeto-n (de nem, courbure) signifiait dans l'Irlande païenne un lieu sacré dans une forêt, et dans l'Irlande chrétienne un sanctuaire chrétien avec le terrain qui lui appartenait. Le nemeto-n païen était entouré d’une série de menhirs qui en fixaient les limites. Ainsi en était-il jadis du nemeto-n de Locronan. Plus tard, au moment où s’inaugura la Troménie chrétienne, ces menhirs furent remplacés par des croix de pierre ou tout au moins taillés en forme de croix. Comme autrefois la procession païenne, la Troménie actuelle se fait de gauche à droite, dans le même sens que la marche du soleil. La Grande Troménie a lieu tous les six ans ; par exemple 1923, 1929, 1935, etc... [Note : Voir l’abbé Thomas : Saint Ronan et la Troménie, et surtout l’importante étude de toute façon mise au point, due à M. le chanoine Pérennès, avec carte de M. l’abbé Guéguen, tous deux professeurs au Grand Séminaire de Quimper : La grande Troménie de Locronan. Cette étude, publiée dans le Bulletin de juillet-août 1923, a été éditée en tirage à part chez M. Le Goaziou, libraire à Quimper]. M. Parfouru a raconté dans une brochure (Cf. Une rixe à Locronan pendant la procession de la Troménie, Rennes, 1898) les incidents tumultueux de la Troménie de 1737. Il semblerait que les troubles aient été dus à l’antipathie un peu naturelle de la population pour les hommes de la maréchaussée appelés par le Recteur, Miss. Philippe Perrault, et surtout par la crainte des accidents qu’auraient amenés la présence des chevaux de cette escorte, dans les passages étroits et difficiles de la procession. En nous référant aux documents anciens, nous trouvons certaines dates représentant les années de Grande Troménie : 1617, 1677, 1689, 1737, 1770. Par suite, les indications portées dans le supplément à la « Semaine religieuse » de Quimper, du 16 juillet 1887, sont pour la plupart fantaisistes. La Troménie se fait aussi de façon privée, par une foule de pèlerins isolés ou en groupe, et cela, non seulement aux deux dimanches des processions solennelles, mais chaque jour de la semaine. Dans ce cas, bien que le parcours total doive rester le même, on peut commencer en tout point du trajet, à condition que l’on achève au point de départ. Le nombre de ces pèlerinages privés est très considérable. On l’a évalué entre 10.000 et 15.000, en 1923. Il y a aussi une petite Troménie, chaque année, le deuxième dimanche de juillet, sur un parcours bien, moins étendu, lequel dans les traditions populaires, représente le trajet que faisait tous les matins, saint Florian, à jeun et pieds-nus (Voir les trajets de la Grande et de la Petite Troménie dans la carte de M. l'abbé Guéguen). Sous la Révolution, les Troménies n’eurent pas lieu (c’est-à-dire sans doute, en 1797 et 1803). (Archives du diocèse de Quimper et de Léon).

La Troménie de Locronan

 

La Troménie de Locronan

La Troménie de Locronan

   

La Troménie de Locronan

La Troménie de Locronan

   

La Troménie de Locronan

 

Voir aussi : Locronan "La Troménie de Locronan

Note 7 : La bourgade. On a vu que son importance date surtout du début du XVIème siècle, après la visite d'Anne de Bretagne qui, au surplus, lui donna le titre de ville avec tout les privilèges y attachés. Peu après cette époque, nous trouvons (aveu de 1550), les rues suivantes : rue an Goaffuec, rue Creis an Ker, rue des Charrettes, rue an Moael, et plus récemment rue Saint-Maurice, rue Laux (?). En 1518, Nicolas Coëtanlem, dans son testament, reconnaît devoir à Jehan Best, Anglais, 15 pièces de toile de Locronan. Locronan eut pour armoiries : Teinte neutre, mitre posée sur une crosse et accostée de deux navettes. C’est une allusion à l’industrie locale. En effet, les nombreux privilèges accordés à la ville de Locronan favorisèrent l’industrie, et la fabrication des toiles à voiles y fit naître l’aisance, jusqu’en 1678. Elle fournissait au port de Brest la plus grande partie de son approvisionnement en ce genre, et possédait 300 métiers battants. La production alla jusqu’à 10.000 pièces par an, mesurant ensemble 400.000 aunes. A la fin du XVIIème siècle furent construits ces élégants hôtels qui donnent au bourg un aspect si singulier. L’établissement en 1687, de la manufacture de Pontaniou dans le grand port de guerre, avec 130 métiers fabriquant des toiles, fit le plus grand tort à Locronan. Il y eut un renouveau de splendeur, vers 1780. A ce moment les bons ouvriers faisaient 2 pièces par semaine et gagnaient 3 liv. 10 s. par pièce (Archives départementales du Finistère). Mais en 1781 le bureau des toiles de Locronan était transféré à Quimper. Dès lors l’industrie de la bourgade marcha vers une ruine définitive. En 1808, le recteur écrit que sur les 600 habitants de sa paroisse, les sept huitièmes sont des ouvriers en toiles. Malheureusement, les produits de leur travail qui se consommaient dans les ports de Brest et de Lorient, se trouvèrent atteints par la déchéance de la marine. Cinq ans plus tard, on ne comptait plus à Locronan que dix métiers battants.

Note 8 : Faits et détails historiques. 1° Baptêmes. — Locronan compte 36 baptêmes en 1615, 23 en 1616, 14 en 1617, 20 en 1618, 15 en 1619. Le premier acte baptismal rédigé en français date d’avril 1625. Voici in-extenso l’acte de baptême de François du Boys, fils du seigneur de Tresséaul, né le 18 février 1618 : « Franciscus filius naturalis et legitimus, necnon et primogenitus illustris seutiferi Joannis du Boys domini temporalis de Tresseaul et dominicae Mariae de Toutenoultre ejus conjugis, est hodie lotus unda salutis, suscipientibus magistro Ludovico Noy presbytero, parocho piebis cynicœ vulgo de Plogonnec, et honorabili domicella Joanna de Toutenoultre uxore viri eximii et nobilis Hamonis de Kergoff Domini de Prat an Lan Leonensis Diœceseos. Baptizante Domino Yvone Mingam vicario de Loco Ronani, die undecima februarii orbis redempti Anno milesimo sexcentesimo decimo octavo. Quo die nobilis Egidia Gileta du Loet conjux illustris seutiferi Hieronymi de Toutenoultre Domini de Penanrun, avia dicta baptizati, obiit apud Tresseaul, quae venerat visum filiam puerperam anno et die quibus supra ». 2° Inhumations. — L’usage d’inhumer dans des églises et chapelles fut expressément interdit par un arrêt du Parlement de Rennes, du 12 décembre 1754. Nous apprenons par le document suivant quelques-uns des motifs qui justifiaient cette interdiction. Délibération du 20 janvier 1726 : « A été remontré par vénérable et discret Mre. Philippe Perrault, prêtre et sieur vicaire perpétuel de séant adhéré des plus notables des habitants de laditte paroisse que suivant les anciens règlements de la Cour les statuts des Seigneurs Evêques de cette province, il a été différente fois deffandus d’inhumer ny faire enterrer dans les églises paroissiales des corps des différents parroissiens qui décèdent, et cela, attendu dyncommodité que l’on souffre dans ces sortes d'occasions tant par le dérangement qu’il incombe de faire au sujet desdittes tombes que par le mauvais air et la puanteur des différents cadavres qui y sont inhumés dans lesdittes églises, et comme en discontinuant d’enterrer lesdits corps en l’église de saint Ronan l’on se propose de faire laver laditte église en entier ou le coeur au cas ou les délibérateurs le décident ainsy par leurs suffrages, cela ne poura que rendre l’église plus propre dégagée et plus commode non seulement au service divin mais encore pour la bienséance et le plus grand ornement de l’église et de plus que pour l’arrangement du coeur que l'on se propose de faire de neuf... ». 3° Passage et logement des troupes de guerre. — Les Espagnols occupèrent et pillèrent Locronan en 1594. Le comte de la Magnane, Anne de Sanzay, qui y passa après eux, avec ses bandes de brigands, acheva de la ruiner. Le 15 mai de la même année, le miseur des habitants de Locronan paie au sieur de Kerdaniel, soldat des gardes de feu Mgr. le Duc de Mercoeur, venu à Locronan pour déloger les troupes de La Fontenelle y étant, la somme de 6 écus valant 18 livres, ladite somme payée du commandement des bourgeois de Quimper, en présence de Robert Beaudouyn et Yvon Grasset. Précédemment le sieur du Marc’hallach, chanoine de Cornouaille, et Rubien, députés de Quimper, étaient venus à Locronan vers le sieur de la Fontenelle et pour ce, avaient reçu 72 sous (Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T 12, p. 157). 7 décembre 1636. — Le duc de Brissac, gouverneur de Port-Louis et Quimperlé, mande au sieur de Saint-Georges, capitaine d'une compagnie du régiment du dit sieur Duc, d'avoir à déloger sans délai de la ville de Locronan, avec les troupes qu’il y commande, lui défendant d’y loger à l’avenir. En 1651, les deniers d’octroi accordés aux Pères Jésuites par Louis XIII, pour la construction de leur collège à Quimper, ayant été employés au logement des prisonniers de guerre espagnols, les religieux se plaignirent, et finalement le Roi, dans une lettre au maréchal de la Meilleraye, le 11 mai 1641, ordonna le transfert des dits prisonniers à Locronan. Le 24 mars 1689, une lettre du maréchal d'Estrées parvint à Locronan, ordonnant de préparer des logements pour 300 hommes de troupes irlandaises, qui, parties de Quimper, se dirigeaient (sur Brest), peur y être embarquées sur les vaisseaux de Sa Majesté. Les habitants y consentent, mais en réservant tous leurs droits d’exemption de tout impôt, et pour ce qui est du logement des troupes, ils produisent entre autres la lettre citée plus haut du duc de Brissac. Au XVIIIème siècle, on signale les revues passées sur la montagne de Locronan, des compagnies de gardes-côtes de la capitainerie de Crozon. 4° Période révolutionnaire. — Le recteur de Locronan était alors Mathieu Le Houarner, nommé également comme prieur en 1787. En 1790, il est désigné par 45 voix, pour remplir les fonctions de premier officier municipal. Son vicaire obtint aussi 42 voix. Mathieu Le Houarner, ayant prêté le serment du 27 novembre 1700, put rester dans la paroisse en qualité de recteur. On l’y trouve encore en 1804, mais agissant comme simple vicaire. Son vicaire, Jean Piclet, de Saint-Nic, né vers 1737, boiteux, refuse au contraire le serment. Il fait une demande de traitement, le 23 décembre 1792 ; puis se rend volontairement, le mois suivant, à Quimper, où on le trouve incarcéré à Kerlot, en mai 1793. Transféré ensuite aux Capucins de Landerneau, il signe la pétition du 27 décembre 1794, par laquelle les détenus originaires de Cornouaille demandent leur retour à Quimper, ce qui leur est accordé le 27 janvier 1795. Relâché, puis de nouveau emprisonné, Piclet est déporté en 1798-1799 à  l'île de Ré. Par ailleurs nous trouvons, faisant à Locronan du ministère clandestin, bien que continuellement traqué par la maréchaussée de la localité, Guillaume Garrec, curé de Kerlaz, aidé de trois confrères. Un de leurs refuges était la femme de Kerjacob, en Locronan, chez Yves Le Grand. Le plus célèbre des compagnons de M. Garrec est le Père Capucin, Corentin L’Helgoualc'h. Père Maximin, né en 1744. M. l'abbé Horellou (Abbé Horellou, Kerlaz, pp. 16 et 19) propose comme lieu de sa naissance soit Plonévez-Porzay, soit Kerlaz. — Mais dans les notes émanées de l'Ordre, on lit invariablement : P. Maximin, de Locronan. Il était maître des novices à Morlaix, en 1790. Arrêté une nuit en revenant de voir un malade, en janvier 1793, il fut détenu à Brest, puis aux Capucins de Landerneau, d’où il sortit en mars 1794. Mort le 18 mars 1795. Le 15 février 1793, les douaniers de Tréfentec arrêtèrent aussi le recteur de Meilars, M. Penanech qui fut conduit en arrestation à Locronan, chez le sieur Valet. D’après les dires de témoins oculaires, en 1793, on transporta à Locronan, trois charretées de titres de seigneurie de la famille de Névet, et, en présence du Conseil de la commune, on les brûla au milieu de la place. Pas une pièce n’échappa. Un rapport du 24 prairial an III (12 juin 1795), nous dit que Locronan (691 habitants), a pour instituteur le citoyen Bernard, pour institutrice, la citoyenne Gueguenou. Ce sont, pensons-nous, les acquéreurs de la chapelle de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle. En vertu du décret de l'Assemblée Législative, du 11 août 1792, 27 villages de Plonévez et de Kerlaz, et 6 de Quéménéven furent rattachés à Locronan. Ce décret fut observé strictement, tant au spirituel qu’au civil, pendant 6 ans. Puis les habitants de ces villages retournèrent peu à peu à leurs anciennes communes. D’où une grande confusion, surtout pour le spirituel. En 1804, fut nommé desservant de Locronan, Joseph-François Vistorte, né à Lannion, le 12 février 1743, ordonné prêtre le 24 mars 1787, émigré en Espagne durant les mauvais jours. Le presbytère n'avait pas été vendu. Mais sans doute, faute de ressources, le nouveau recteur dut accepter de recevoir sa pension chez M. Rozaven, dont, en retour, il instruisait la fille. L’année suivante, il vécut grâce à la rétribution de quelques écoliers pensionnaires.

Note 9 : L'intervention, même bienveillante, de la maréchaussée gâte plutôt les choses qu'elle ne les empêche de tourner à mal. Le Bas-Breton n'aime pas les uniformes du prévôt et il s'irrite à leur vue. On lira avec curiosité à ce propos le procès-verbal d'un sieur Dugas, chef de la brigade de Châteaulin, sur une émeute que provoqua la présence de ses cavaliers à la procession dite de Tromènie, à Locronan, le 14 juillet 1737. L'inventaire des archives du Finistère en donne un long extrait : « Le sieur recteur de Locronan, en présence de quantités de prêtres et de recteurs qu'il avoit chez luy, m'auroit déclaré qu'il désiroit que deux de mes cavaliers eussent précédé les reliques assez près des bannières, assez embarrassantes à porter, et nonobstant quoy entre lesquelles il se livre ordinairement des disputes plus propres à exciter du scandale qu'à maintenir la piété et la dévotion convenables, affin d'y empêcher le tumulte et le désordre qui s'était rencontré dans les autres troménies passées, et que moy, sieur Dugas, aurois resté avec mes deux autres gendarmes derrière les reliques de Saint-Ronan, immédiatement après MM. les prestres qui dévoient les conduire à …, et les empescher d'être foulés, ainsi que les reliques d'estre renversées, par rapport à la grande affluence de peuple qui s'y trouve, que affin d'empescher le désordre qui aurait pu se commettre dans la suite de la même procession, auquel arrangement ainsi indiqué, moy dit sieur Dugas et mes cavaliers condescendants, pour le bon ordre que nous désirions de maintenir, attendu que la ditte ville et paroisse de Locronan est de notre département, et satisfaire en même temps au zélé désir dudit sieur recteur, aurions pris sur la place dudit Locronan, vis à vis du portail de la maîtresse église, en habit d'ordonnance, affin que l'on ne pouvoit ignorer qui nous étions, les postes nous indiqués par ledit sieur recteur, affin d'accompagner laditte procession avec tout le respect et la décence convenables, lorsque par une mutinerie et un esprit de révolte trop ordinaire aux tumultueux habitants de la ville et paroisse de Locronan, ainsi que l'apprennent le temps passé et mille tristes aventures, ils s'opposèrent en séditieux à ce que nous eussions accompagné laditte procession, et firent rentrer dans l'église les bannières qui en étaient déjà sorties, ce que voyant ledit sieur Perrot, recteur, connaissant qu'il estait de l'esprit séditieux de son troupeau, capable de tout entreprendre et d'entraîner à leur suitte le reste de la populace aussy enclin à la révolte, à la sédition, m'ayant prié moy dit sieur Dugas de me retirer, appréhendant quelque fâcheux désastre, et me disant en ces termes qu'il n'était pas maître de dompter la mutinerie de ses gars, à quoy je répondis que d'obligation je devois y assister.. ». Le brave gendarme consent pourtant par déférence pour le recteur, à se retirer chez une hôtesse de la ville avec trois de ses cavaliers (le quatrième prévoyant des horions, l'a lâché !) puis il se décide à partir ; mais il joue de malheur. A une heure de Locronan, il rencontre la procession. Lui et ses hommes s'arrêtent, mettent chapeau bas et reprennent leur chemin, les reliques une fois passées. La foule irritée à la réapparition des uniformes et non calmée par l'acte de piété respectueuse que vient de donner la maréchaussée, fait pleuvoir une grêle de pierre sur les cavaliers, les poursuit à plus d'une demi-lieue en criant : Dao ! dao ! (tapons dessus). Le rapport continue en mentionnant l'intervention du recteur de Châteaulin, Edy, qui faisait partie de la procession, « lequel en nous accompagnant pour son retour voulut en vain les appaiser par les voies de la douceur et des remontrances, en leur représentant qu'ils ne savoient ce qu'il faisoient, puisqu'ils s'acharnèrent également sur luy et qu'il essuya comme nous la grelle des coups de pierre dont nous fûsmes poursuivis de touttes parts et surtout dans les chemins creux et profonds qu'il falloit nécessairement passer du dessus des deux cottes, desquels on pouvoit plus facilement nous assassigner, ce qui seroit infailliblement arrivé sans que nous trouvâmes heureusement notre salut dans la vitesse de nos chevaux... ». Et ce qui fait la gravité du cas, ce qui oblige à ne le point laisser impuni, sous peine de voir se produire des imitations fâcheuses en d'autres paroisses le mauvais exemple étant « toujours contagieux », c'est que tout avait été « visiblement, méditté, que presque le long de la routte que nous devions tenir .. on avoit affecté de préparer pour cet effet une provision de monceaux de pierres de distance en distance, dans les endroits par exprès où il n'y en avoit pas auparavant, ainsy que l'ont remarqué gens dignes de foy qui ont souvent fait la routte et qui attesteront si la chose était contestée ... »  (Archives du Finistère, Inventaire, T. I. 254 Série B. 865).

Note 10 : Liste non exhaustive des Prieurs de Locronan : - En 1113 (?) Robert, élu évêque de Quimper, prieur de Locronan d’après les suppositions de D. Le Duc, Histoire de l'Abbaye de Quimperlé, p. 195. - En 1203. Geoffroy. - En 1352. Guillaume Ligavan (Chanoine Peyron, Actes du Saint-Siège, p. 59). - En 1405. Charles de Nepoli, (Ibid., p. 136). - En 1529. Révérend Père Armel, Abbé de Quimperlé. - En 15... Hervé de Saint-Allouarn. - En 1550. Danyel de Saint-Allouarn, Abbé de Sainte-Croix, de Quimperlé. - En 1571. Jean Danyelou (?). - En 1576-1589. Jacques de Quenech Quillivic. - En 1596-1618. Jacques Provost, chambrier de l'Abbaye de Quimperlé. - En 1670-1673. Denis Rousseau. - En 1685. Charles Fédeau, sieur de Saint-Remy. - En 1735. Duval Bottereau. - En 1758. Joseph de Coëtlogon, Doyen des chanoines de Quimper. - En 1764-1780.  Mathieu Genitor Testaud du Bois de Lavant. - En 1787. — Le 22 avril, sur la présentation du roi, une Bulle de Rome nomme Mathieu Le Houarner, déjà recteur de Locronan, comme prieur du prieuré de ce nom, dépendant du monastère de Saint-Gildas de Rhuis, dont l'Abbé était autrefois présentateur. — Né le 3 février 1751. Prêtre le 4 avril 1778. Prend possession de sa charge le 21 octobre 1787. Liste non exhaustive des Vicaires perpétuels ou recteurs de Locronan : - En 14... Eon de Pendreff. - En 1426. Maurice de Langueouez. - En 1550. Yves Le Gentil. - En 1566. Henri Quoetquiriou. - En 1570. Jean Tenay. - En 1580. Jean Goualen. - En 1596-1635. Yves Mingam, enterré en l’église. (En 1596, Jean Nicolas, chapelain). - En 1635-1673. Guillaume Croissant. (En 1655, Hervé Croissant, chapelain). - En 1673-1685. François Le Hé. - En 1689. Hervé Croissant. - En 1698-1714. Mathurin Senec, enterré en l’église. (En 1707-1712, Lhalnay, curé). - En 1714-1745. Philippe Perrault. - En 1749-1757. B. Guillo. - En 1760. Le Jadé. - En 1765-1768. J.-M. de Leissègues de Rozaven. (Guillaume Garrec, chapelain, en 1767). - En 1776-1782. Jacob. (Kerdanet, curé). - En 178.-1792. Mathieu Le Houarner, .... Liste non exhaustive des Recteurs de Locronan depuis la Révolution : - En 1804-1808. Joseph-François Vistorte. - En 1808. Gabriel Jacot, ex-Carme. - En 1808-1813. Jacques Lasbléis (était vicaire à Ploaré). - En 1813-1815. Jean Lahuec. - En 1823-1841. Jean Quiniou. - En 1841-1847. Pierre Kerlooh. - En 1847-1850. Philippe Le Rest. - En 1851-1855. Louis Le Bihan. - En 1855-1863. Jean-Guillaume Coadou. - En 1863-1866. Yves-Marc Le Cam. - En 1866-1870. Joseph-Marie-Jonathas Pondaven. - En 1870-1876. Alain-Etienne Lozac'h. - En 1876-1879. Toussaint-François Le Roux. - En 1879-1884. Claude-Louis-Marie Abéguilé. - En 1884-1889. Joseph-Charles Brisson. - En 1889-1894. Henri Rouzo (ou Rouzaut). - En 1894-1895. Yves Le Moigne. - En 1895-1904. François-Marie Goasven. - En 1904-1911. Vincent Colléter. - En 1911-1917. Jean-Louis-André Kernéis. - En 1917-1946. Jean-Marie Rolland, ... Au cours du XIXème siècle, la paroisse de Locronan a fourni 17 prêtres (Archives ddu diocèse de Quimper et de Léon).

Puits de la Place de Locronan

Voir aussi : Locronan "Notabilités de Locronan

Bretagne : Histoire, Voyage, Vacances, Location, Hôtel et Patrimoine Immobilier

PATRIMOINE de LOCRONAN

l'église Saint-Ronan (XVème siècle). Commencée en 1420 ou 1424 sous le règne de Jean V, les travaux se poursuivent sous Arthur III (comte de Richemond et compagnon de Jeanne d'Arc) et seront terminés en 1477 sous le règne de François II (père d'Anne de Bretagne). Son aménagement intérieur se poursuit tout au long des XVIème, XVIIème et XVIIIème siècles. A noter que, dès 1424, le duc Jean V avait fait don de cinquante écus d'or pour le pignon ouest de l'église. L'édifice est de plan rectangulaire et comprend une nef de six travées avec bas-côtés, séparée en son milieu par un arc diaphragme et précédée d'une tour accostée de deux bas-côtés dans le prolongement de ceux de la nef. Au sud, la nef communique par deux grandes arcades avec la chapelle dite du Pénity où est érigé le cénotaphe de saint Ronan. La grosse tour en retrait sur le porche date de 1483 ; elle est percée de baies géminées et se termine par une plate-forme à galerie quatrilobée ; la plate-forme comportait jadis une belle flèche octogonale (à la base de laquelle courait une haute galerie), foudroyée le 2 janvier 1808 (entraînant la disparition de la galerie). Le clocher est reconstruit en 1640 (pour un coût de 3.630 livres) et en 1722 et suite à la troisième chute du clocher en 1808, il ne reste que la tour carrée. La sacristie attenante à l'église porte les armes de Guillaume de la Villeblanche, prieur de Locronan en 1443 et qui devint dix ans plus tard abbé de Sainte-Croix de Quimperlé. La chapelle du Pénity est entreprise en 1485, sous le règne de François II, et achevée vers 1515, sous celui de la duchesse Anne. L'église communique par deux arceaux avec la chapelle de Pénity accolée au bas de sa nef droite collatérale. A l'intérieur de l'église, le retable du Rosaire, oeuvre de Maurice Le Roux (peintre et sculpteur de Landerneau), date de 1668. La Chaire à prêcher, oeuvre de Louis Bariou (menuisier) et Guillaume Le Poupon (sculpteur), porte la date de 1707 (marché passé le 18 juillet 1706 pour la somme de 350 livres) : la cuve est décorée de médaillons relatifs à la vie de saint Ronan. Les fonts baptismaux en granit datent du XVème siècle. L'église est dotée de grandes orgues en 1672, installées par Thomas Dallam. Le vitrail du chevet représente 17 scènes de la Passion et date de la fin du XVème siècle ou du début du XVIème siècle. Les armes de la famille Névet sont visibles sur la maîtresse vitre de l'église. Plusieurs chapellenies y sont érigées dont celles d'Yves le Mat (dite le Hec) en 1527, de Tréanna en 1529, de Notre-Dame de Pitié en 1698. A mentionner aussi la confrérie du Rosaire, pour laquelle Maurice Leroux sculpte un retable en 1668, et la confrérie du Sacre. On y trouve une chasse reliquaire de saint-Eutrope (XVIème siècle) et deux reliquaires en argent renfermant des côtes de saint Ronan. Le tombeau de saint Ronan, en kersantite, date du deuxième quart du XVème siècle. La "Déploration du Christ", en kersantite polychrome, date de la première moitié du XVIème siècle. La statue de saint Roch, en granit polychrome, date de 1509. La statue de saint Michel, en granit, date de la fin du XVème siècle. La statue en albâtre de Notre-Dame de Délivrance date du XVème siècle. L'église abrite aussi les statues de saint Ronan, saint Corentin, saint Yves (XVIIème siècle), saint Alar, sainte Apolline, sainte Marguerite, saint Maurice abbé, saint Antoine, saint Christophe, saint Eutrope, saint Fiacre, sainte Madeleine, sainte Barbe, sainte Vierge et saint Jean (provenant d'une Crucifixion), sainte Anne, saint Louis et une Pietà ;

Eglise Saint-Ronan de Locronan

 

Eglise Saint-Ronan de Locronan

Nota 1 : On a pu remarquer, d’après les actes qui précèdent, qu’en 1031, il était déjà question d’une église de Saint-Ronan. Le prieuré fut aussi constitué dès lors, à la suite de la donation d'Alain Cagniart. En tout cas, Pierre Mauclerc élevait l’oratoire à la dignité d’église prioriale (Archives de Locronan, Reg. B, fol. 20). Mais il ne saurait être encore question de paroisse [Note : Contrairement à une tradition dont M. Pouchous, recteur de Plonévez-Porzay a cru pouvoir se faire l’écho]. La preuve c’est que dans la donation de 1203, an fait mention d’un prieur, Geoffroy, de chapelains de Plogonnec et de Plonevez-Porzay, mais pas de Locronan. De plus, c’est l’évêque de Quimper, ou son église cathédrale, qui tient les terres dont il est question dans l'acte. Le Cartulaire de l'Eglise de Quimper, n° 96, p. 148, mentionne une sentence rendue en 1250, par le Pape Innocent IV, touchant un différend survenu entre Guy de Plonevez, Evêque de Cornouaille, et l'Abbé de Sainte-Croix de Quimperlé : l'Evêque aura, comme ses prédécesseurs, droit de visite sur l’abbaye de Sainte-Croix et les prieurés qui en dépendent, comme Locronan. Selon Ogée, l’an 1031, Alain Cagniard fit bâtir en l'honneur de saint Ronan une fort belle église qu’il plaça sur son tombeau (Ogée, Dictionnaire, Locronan). Mais Cariou, annotateur d'Ogée, prétend, peu vraisemblablement, que ce fut seulement vers 1133 que l’ermite Robert, élu évêque de Quimper, détermina la famille Névet à construire en ce lieu une chapelle, ajoutant que d’après un aveu de cette époque aucun temple n’avait été élevé jusqu’alors en cet endroit [Note : En cet endroit, Cariou contredit Ogée]. L’érection de cette chapelle attira de nombreux pèlerins ; des maisons se groupèrent à l’entour, et bientôt elle fut, érigée en église paroissiale sous le nom de Saint-Ronan-Coat-Névet. Sa circonscription fut formée par des démembrements de Plonévez-Porzay et de Quéménéven. On ignore jusqu’à quelle date exactement dura cette église. Ce qui est certain, c’est qu’au XVème siècle, il était question de reconstruire. Nous avons vu qu’en juillet 1439, Jean Le Moine, bourgeois de Quimper, faisait une rente de 10 sous monnaie à l’église paroissiale de Locronan [Note : Ce même Jean Le Moine fait aussi un don de 2 livres de cire à la chapelle de Notre-Dame de Kerdevot, en Ergué-Gabéric. C’est la première mention (1439) que l’on trouve de cette chapelle]. Les travaux y étaient par conséquent déjà avancés. Ce qui le prouverait encore, c’est que cinq ans plus tard, Hervé VI de Névet fut inhumé au choeur de Locronan. Le 4 décembre 1475, François, duc de Bretagne, accorde aux habitants de continuer à employer pendant un an encore, les deniers du devoir de billot, pour « grandement et somptueusement édifier leur église », et y faire de  plus la grande vitre (Archives du Finistère, H 181, fonds de l’abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé, prieuré de Locronan). On trouve, en effet, dans la construction comme dans les vitraux, les armoiries de François II et de sa seconde femme, Marguerite de Foix, La duchesse donna de plus à la nouvelle église un grand calice dans lequel était inséré un écusson à ses armes (Voir plus haut, Enquête de mai 1618). Le calice subsiste, mais le blason est détruit (Chanoine Thomas. — Saint Ronan et la Troménie,  p. 34). « D’après la requête des habitants, il ne restait plus guère à faire que la grande vitre. En raison de l’unité de style qui caractérise le monument, on est autorisé à croire qu’il fut construit en une seule campagne, à l’exception d’un petit nombre de détails... Nous pouvons donc dire qu’il appartient au deuxième tiers du XVème siècle » (H. Waquet. — Congrès Archéologique de France, Brest et Vannes, 1919). « Le nom du maître tailleur de pierre qui a mené à bonne fin une construction si importante mérite d’être conservé. Il s’appelait Pierre an Goaraguer ; mentionné à Locronan en 1485 ». La grande et belle église que nous admirons est tout entière du style gothique flamboyant, et nous devons l’attribuer aux dernières années du XVème siècle et aux premières du XVème. Cette oeuvre est comme une petite cathédrale, et certaines villes épiscopales seraient fières de posséder un édifice si noble et si beau, avec sa grosse tour carrée, autrefois surmontée d’une flèche, dominant de sa masse la vieille ville bien déchue, mais toujours intéressante et pittoresque. Cette grosse tour est en arrière du grand porche d’entrée qui s’ouvre sur la place par une large arcade et donne accès dans l’église par une double porte à plein cintre. Des simulacres de niches ou plutôt des arcatures tapissent les parois latérales. En remontant un peu vers le haut de la place, on se trouve en face d’un second porche ou du moins d’une porte monumentale et très ornementée qui forme l’entrée du Pénity ou chapelle du tombeau de saint Ronan. En contournant cette chapelle et en faisant le tour de toute l’église, on remarque d’abord le joli clocher élégant du Pénity, les fenêtres à meneaux flamboyants, les contreforts surmontés de pinacles, les galeries qui longent le bas des toitures, le clocher central, la belle disposition de l’abside droite avec la maîtresse vitre à six baies ; puis, sur le côté nord on pourra encore observer une ingénieuse petite fenêtre éclairant la sacristie haute, et un petit porche très original dont la porte centrale est accostée de deux fenêtres géminées. En pénétrant à l’intérieur, nous trouvons d’abord les deux grosses piles sur lesquelles porte le grand clocher ; puis les trois travées de la nef divisées par des piliers ronds cantonnés de quatre colonnettes qui montent de fond sans chapiteaux pour aller former les nervures des archivoltes et des voûtes. A l’entrée du chœur sont deux grosses piles cylindriques dont l'une renferme un escalier à vis desservant les combles et les galeries extérieures ; puis viennent trois autres travées composant le choeur. L’édifice entier a 36 mètres de longueur intérieure sur 16 mètres de largeur. Les deux premières travées du bas-côté sud s’ouvrent sur la chapelle du Pénity, longue de 16 mètres et large de 5m70. C’est dans cette chapelle que se trouve le tombeau de saint Ronan ; au-dessus de ce tombeau est un monument en pierre de Kersanton. Il consiste en une table sur laquelle est couchée la statue du saint représenté en habits pontificaux, la mitre en tête et la crosse dans la main gauche, foulant aux pieds un animal monstrueux. La table est élevée d’un mètre au dessus du niveau de la terre et supportée par six pilastres auxquels sont adossés des anges tenant des livres et des écussons (MM. Pondaven et Abgrall).

Nota 2 : En 1640, la foudre frappa la tour, le corps de l’église, les fenêtres et vitres. Mais les dégâts furent promptement réparés. Il en coûta 3.630 livres aux habitants. (Compte du 11 avril 1641). On comprend qu’à cause de ces dépenses, ils aient eu une raison de plus de s’assembler le 1er juillet 1643, en vue de demander au jeune roi Louis XIV, pour leur « ville de Saint-René-du-Boys », la confirmation des privilèges à eux accordés depuis Pierre Mauclerc. Le 18 novembre 1722 le tonnerre atteignit encore la tour, « en enleva le bout » et causa des dommages en différents points de l’église. Le 2 janvier 1808, à six heures et demie du soir, le tonnerre a totalement détruit la superbe flèche élancée de l'église. Plus de 150 charretées de pierres ont été précipitées et par leur chute ont démoli la toiture et la voûte de l’église. La chapelle attenante, consacrée à saint Ronan, a été ruinée, mais le tombeau est resté intact, ainsi que l’image de sainte Barbe. Deux maisons habitées furent écrasées et trois autres criblées par les pierres, mais sans accident pour les personne qui s’y trouvaient. La Providence veillait à leur salut, le bien aimé patron, saint Renan, sollicitait en leur faveur. Le sous-préfet de Châteaulin évalua à 30 ou 40.000 francs les frais de réparation, et M. Miollis, préfet du Finistère, pria les Maires et Curés des arrondissements de Quimper et de Châteaulin de faire des collectes à domicile en faveur de l’église foudroyée. Dès le 7 janvier, le maire, Daniélou, pouvait écrire à l’évêque que les souscriptions volontaires pour les réparations se montaient déjà à 1.500 livres, mais « c’est à peine de quoi pour déblayer les décombres ». Quant à la collecte dans l’arrondissement de Châteaulin, elle ne rapporta qu’une somme ridicule. Aussi la tour est restée veuve de sa flèche ; l’extérieur de l'église y a perdu beaucoup de sa beauté.

Nota 3 : Mobilier (en 1925). Il y aurait à citer les statues de saint Ronan et de saint Corentin placées des deux côtés du maître autel ; celle de saint Roch, datée de 1509. Le Men y a vu la signature d’un nommé R. Guilimin, qui, d’après lui, se serait aussi occupé des orgues de la région. Dans le bas-côté de gauche, une Pietà. Au cours de notre travail nous avons vu mentionnés : la chapelle et autel des Saints Crespin et Crépinien et l’autel de saint Christophe, du côté nord (1735). La statue de saint Louis, dans la chapelle du Pénity, vis-à-vis de celle de saint Ronan. En cette même chapelle, image de sainte Barbe. Au chevet, à gauche, autel du Rosaire avec colonnes torses et riche rétable dû au sculpteur Maurice Leroux, en 1668. « Les colonnes torses, évidées à jour dans leur partie inférieure, présentent un harmonieux mélange de feuilles, de fruits et de fleurs encadrant de délicates figures d’hommes et d’animaux » (Mémoire de l'Association bretonne, Congrès de Quimper, 1858, p. 30). En 1706, Louis Moreau, sieur de Rosaven, syndic perpétuel de la paroisse, concluait un marché avec « Louis Bariou, menuisier, faisant tant pour lui que pour son gendre de Quimper ». Louis Bariou s’engageait à faire une chaire à prêcher, conforme à celle de Crozon, à l’exception du changement qu’il ferait du mystère de saint Ronan, à la place de ceux de saint Pierre, pour la somme de 350 livres. Le 18 juillet suivant, les paroissiens approuvèrent ce marché. Le travail dut être achevé l'année suivante, car la porte du bas de la chaire porte la date de 1707, avec les noms de Miss. Mathurin Sené, vicaire perpétuel, et Lhalnay, curé. Les différents panneaux portent en neuf tableaux les épisodes de la vie de saint Ronan. Un dixième médaillon, qui ne fait pas partie du « mystère » du saint, se voit sur le côté du dossier de la chaire et montre saint Ronan bénissant un seigneur et une dame agenouillés. Dès le XVIème siècle, l’église de Locronan possédait des orgues. On peut le déduire de ce que, en 1672, une somme de 300 livres est allouée pour leur réparation. Vers 1680, les frères Thomas et Toussaint Dallam travaillèrent pour différentes églises de Cornouaille, notamment Pont-Croix et Locronan. Le 26 avril 1689, Frère Symphorien de la passion, religieux carme de Pont-l'Abbé se rend à Locronan pour y visiter les orgues. Il les trouve « non touchables » et dresse un rapport indiquant les défauts des divers jeux. Conclusion : « Les claviers sont trop durs... Il faut démonter tous les tuyaux, toutes les chappes, les nettoyer, ôter la poussière, les faire parler, les accorder et les mettre en estat de jouer ». En 1807, le recteur Jacob fit le projet de vendre ces orgues. Si la chose n’eut pas de suite, alors, elle devait pourtant se réaliser au cours du XIXème siècle. Les tuyaux de l’instrument auraient été, dit-on, transportés à Saint-Pol-de-Léon, et le buffet d’orgue à Notre-Dame de Kergoat. Dans sa lettre du 7 janvier 1808, à l'Evêque, le maire, M. Daniélou, écrit que « avant la Révolution, l’église avait au moins 3.000 livres de rente. Il n’en reste plus que le souvenir. Une argenterie superbe ornait son intérieur. Le vandalisme a fait sa proie d’environ 200 marcs de ce métal (soit près de 50 kilos). Il y avait des ornements dorés de la plus grande beauté. On les a tous enlevés. De même pour les balustrades, les fermetures en fer du choeur et les 7 cloches. L’église a perdu en principal au moins 80.000 francs et est devenue l’une des plus pauvres ». Malgré les déprédations révolutionnaires, le trésor possède encore trois belles pièces : un petit ostensoir du temps de Louis XIII ; un reliquaire de saint Eutrope, en forme de coffret ; du XVIème siècle, et le calice de 0m25 de hauteur, don de Marguerite de Foix, femme du dernier duc François II. Dans une de ses visites épiscopales, Mgr. Sergent constata la présence de deux côtes de saint Ronan dans deux étuis en argent. A quelques pas du tombeau du saint, se trouve adossé à une colonne un massif de maçonnerie sur lequel est une sorte de reliquaire en forme de clocher, et dans ce clocher minuscule est suspendue une cloche, composée de deux feuilles de laiton fixées l’une à l’autre par des rivets, de manière à former comme un cylindre aplati, dont le plus grand diamètre est 0m15 et la hauteur 0m20. Le Saint se servait de cette cloche pour appeler les fidèles à la prière ; elle a les caractéristiques des cloches portatives irlandaises, qui sont les plus anciennes connues, et saint Ronan a dû l'emporter d'Irlande. Cette cloche figure dans les processions avec le reliquaire du saint. (Archives du diocèse de Quimper et de Léon).

Nota 4 : Confréries. En 1645 les vicaire, prêtres et autres habitants de la ville de Saint-René-du-Bois présentent une requête à Mgr. du Louet, évêque de Cornouailles pour obtenir l’autorisation d’établir une confrérie du Saint-Rosaire en l’église paroissiale dudit saint René. L'Evêque octroya cette faveur par une pièce du 19 avril 1645. « Nous permettons aux dits suppliants de s’adresser au père prieur de Sainct Dominique du prochain couvent dudit Lieu ou autre père dudit couvent trouvé sur les lieux ayant pouvoir de ici faire à la charge de faire des statuts lesquels seront par nous approuvés et ensuite observés ponctuellement par les confrères de la dite confrérie et d’entretenir devottement la chapelle destinée à cette fin ». Les archives de Locronan renferment, une fondation de Jacques Toulguengat et de Marie Louvel sa femme, qui attribue à la frérie du Rosaire 40 sols tournois et à la frérie du Sacre pareillement la somme de 40 sols tournois, aussi par an, par ce que les prêtres et chapelains de Locronan chanteront à chaque troisième dimanche du mois, à l’issue de la procession qu’ils feront pour la dite frérie du Sacre, un Salve Regina ou un Alma Redemptoris, selon le temps, à l’intention des dits fondateurs. De 1724 à 1738, 761 personnes se sont fait inscrire à la confrérie du Rosaire. François Belec, fabrique de la Confrérie du Rosaire, fournit à l'Evêque de Quimper un compte à charge et à décharge de sa gestion pour l’année 1766-1767. La charge se monte à 118 livres 12 sols 10 deniers, la décharge à 41 livres 12 sols. Un aveu du 8 juillet 1707 fourni par Hervé Marhic, fabrique de l’église de Locronan, à messire Gabriel-Claude de Guergorlay, comte de Guengat, seigneur de Lesascouet, mentionne « un parc nommé Ar Breuriez Ven, situé en la rue Neuve, chargé envers laditte seigneurie de 3 sols tournois de cheffrente, à la fête de la décolation de saint Jean, le dit parc annexé à l’église Saint-René-du-Bois par les frères de la frérie blanche ». La frérie blanche était une congrégation dont le siège principal se trouvait à Guingamp. Elle avait pour but d’entretenir l'union et la bonne intelligence parmi les trois Etats : le clergé, la noblesse et la bourgeoisie. Sa devise étant : funiculus triplex difficile rumpitur. (Archives du diocèse de Quimper et de Léon).

Nota 5 : Service religieux. Le 15 février 1685, les fabriques et paroissiens rédigent une requête à l’effet de n’avoir pas à payer le vicaire perpétuel (alors François Le Hé), pour les fondations, soutenant que ce doit être à la charge du prieur (alors Charles Fédeau, sieur de Saint-Rémy). Ils remontrent que par fondation c’est le prieur qui doit lui-même officier, le prieuré ayant été fondé à condition qu’il contribuerait de son ministère à la célébration des services ; en conséquence, le sieur Fédeau doit en cette qualité, stipendier le vicaire perpétuel. En 1557, le prieur payait par an audit vicaire 20 livres [Note : En 1590, les gages des prêtres aidant au service religieux à Locronan étaient fixés comme suit : Louis Le Noy, 20 livres ; Martin Le Goff, Jean Le Gall, René Hascoët, Christophe Cadiou, Yves Le Mingam, chacun 15 livres. Le prédicateur de Carême, 22 livres]. Depuis quelques années, les prieurs ne satisfaisant plus à cette obligation, les vicaires perpétuels exigent leur rétribution sur les deniers de la fabrique, rétribution d’abord modique, mais qui s’est élevée jusqu’à 120 livres (Le sieur Le Hé prétendit aussi avoir part aux offrandes qui tombent dans les chapelles de la paroisse Saint-Eutrope et Notre-Dame ; mais un arrêt du 5 janvier 1683, ne lui permît la participation qu’aux seules offrandes de l’église paroissiale). Par sentence du 2 août 1684, l'Evêque ordonna aux paroissiens de payer à miss. Le Hé et à ses successeurs, les vicaires perpétuels, pour exécution des fondations ducales, lorsqu’il officiera les mardis et vendredis, fera les prières et les processions, 40 sols 20 deniers par jour, et lorsqu’il ne fera qu’assister, 15 sols ; et aussi 15 sols pour les vêpres du samedi. La fabrique devra stipendier 3 prêtres de choeur, un organiste, un sacriste, fournira le luminaire et entretiendra l'étoupe. Le 14 septembre 1686, les paroissiens sont condamnés à payer 614 livres au vicaire perpétuel, mais par la transaction du 14 décembre suivant, celui-ci se contente de 426 livres. D’après Aurélien de Courson (cartulaire de l'Abbaye de Redon, p. 537), le Prieur était nommé à l’alternative (M. Abgrall).

Nota 6 : Prédications. Locronan entendit les prédications du Vénérable P. Maunoir en 1651, 1659 et 1679. C’est en la chapelle de Notre-Dame de Tromenou qu’auraient eu lieu les exercices de la Mission de 1651. (Séjourné, Histoire du Vénérable P. Maunoir, t. I, p. 313). Mais n’y a-t-il pas une confusion entre les mots Tromenou et Troménie ? La chapelle de Notre-Dame de Tromenou, en effet, est en Plomeur. Le P. Le Roux S. I. prêcha une Mission à Locronan en novembre 1708 avec le P. Chiron, Messieurs de Plouhinec, Plouaré et autres (Archives départementales de Saint-Brieuc). Le 21 décembre 1721, Joseph de Coetlogon, chanoine de Quimper, prieur de Locronan, de Saint-Michel de Moncontour, et de Saint-Cado, s’engage à remettre sur ses biens 6.000 livres au Révérend Père Georges Savaler, de la Compagnie de Jésus, Directeur de la Retraite établie au collège de Quimper, pour prêcher une Mission tous les ans alternativement à Plozévet et à Locronan. En 1629, Clauide Cevaër, vicaire de Saint-Mathieu de Quimper, mourut pendant qu’il prêchait à Locronan (Bulletin Société Archéologique du Finistère, XX, 23).

Voir Locronan "Description détaillée (guide du visiteur) de l'église de Locronan

la chapelle du Pénity (fin du XVème - début du XVIème siècle), construite à l'emplacement présumé de l’ermitage de saint Ronan. L'édifice, très simple et de plan rectangulaire comprenant trois travées, est accolé au sud de l'église avec laquelle il communique par deux arcades. Sur une porte, on lit la date de 1530. Cette chapelle abrite le tombeau de saint Ronan (1430). En 1721, le sculpteur quimpérois Pierre Fenestre est chargé de sculpter un retable à l'autel de saint Ronan pour 575 livres. La "Troménie" (pèlerinage) est née au XIème siècle, à l'instigation du Comte de Cornouaille Alain Canhiard qui désirait entretenir le culte de saint Ronan. Le point de départ et le point d'arrivée sont la chapelle du Pénity de Locronan ;

Nota 7 : La chapelle du Pénity a été édifiée sur l'emplacement de l'église primitive pour servir de reliquaire au tombeau de Saint Ronan, à partir de 1485, par Pierre Le Goaraguer, maître d'oeuvre de la Cathédrale de Quimper. Anne de Bretagne, qui avait elle-même fait un pèlerinage à Locronan en 1505, dota l'église d'une rente sur les devoirs du sel au pays de Guérande. La duchesse Anne avait une dévotion particulière à saint Ronan. Etant reine de France, elle donna au bourg de Locronan le titre de ville [Note : Sur ce titre de ville donnée à Locronan, voir Archives de Locronan, Reg. A] et confirma les privilèges accordés par ses prédécesseurs. Elle fit construire à ses frais un certain nombre de maisons, et bientôt trois ou quatre cent familles s’y fixèrent. Cette population nécessita l’agrandissement de l’église. C’est à la duchesse que le Dictionnaire d'Ogée attribue l’érection du nouveau tombeau. Nous avons même vu dans le procès-verbal d’enquête du 15 mai 1618, p. 131, qu'elle aurait fait bâtir (à la place de la petite église romane du XIème siècle), la chapelle du Pénity et y aurait fondé une messe quotidienne, moyennant le constitution d’une rente de 5 à 600 livres sur les devoirs du sel au pays de Guérande. Une pièce, d’ailleurs non datée, signée Halnay, prêtre, et de Lesormel, sénéchal, attribue cette construction de la chapelle méridionale à la fille d'Anne de Bretagne, Renée, duchesse de Ferrare [Note : Un Lhalnay est curé de Locronan, en 1707]. Mais, outre que rien n’authentique ce document, on doit, croyons-nous, se rallier aux conclusions de M. Waquet [Note : Les titulaires de la chapellenie de " Monsieur saint René " fournissent aveu à la Chambre des Comptes en 1548 et 1547 pour les marais salants qu’ils tiennent en Mesquer et Saint-Molf ; (mais) ils ne parlent que d' « Anne de bonne mémoire », (Archives de la Loire-Inférieure, B 744), cité par M. Waquet], qui démontre que seule Anne de Bretagne est en cause dans la construction de la chapelle du Pénity. Sa fille Renée, en effet, avait passé au protestantisme, « se ressentant, dit Brantôme, des torts que Jules II et Léon X avaient fait au roi son père ». Elle ne revint au bercail qu’en 1554, mais le Pénity était alors terminé. D’après M. le vicomte de la Messelière, le savant héraldiste, ce tombeau attribué généralement aux soins de la Duchesse Anne, vers 1500, remonterait à 80 ans plus tôt, sous le règne du Duc Jean V, en raison des écussons qu’on y relève. A signaler, en 1925, dans cette chapelle du Penity, une statue remarquable représentant. le Christ attendant le supplice ; une Mise au tombeau de pierre, d’une réelle beauté ; une grande statue de pierre figurant saint Michel, tenant de la main gauche une balance dont les plateaux contiennent de petits personnages. Une des fenêtres de cette chapelle du Pénity a conservé sa vieille verrière qui comprend les sujets suivants : 1° Notre Seigneur en croix, accompagné de la Sainte Vierge et de saint Jean ; 2° sainte Catherine, vierge et martyre ; 3° saint Paul, apôtre (M. Abrall). Le Pénity ou ermitage, conserve le souvenir des donateurs : leurs blasons figurent dans le vitrail (fin du XVème) Saint Louis, portant couronne et manteau royal, y représente la Maison de France. Sa statue rappelle aussi qu'il a fait croisade pour ramener dans la Sainte Chapelle la couronne d'épine. Il la présentait dans un linge, comme Nicodème du groupe de la descente de croix. A l'entrée, ECCE HOMO, assis, les mains liées d'un noeud marin : ce Christ attendant le supplice (bois, XVIème siècle) a une expression émouvante de douleur et de majesté ; - une PIETA, Vierge douloureuse aux yeux clos, coiffée d'un voile à la Marie Stuart (bois, XVIème siècle). 

 

Locronan - Bretagne

Locronan - Bretagne

   

La DESCENTE DE CROIX, chef-d'oeuvre ciselé dans le granit, groupe polychrome du XVIème siècle où Marie-Madeleine porte un costumé Médicis et Nicodème un costume Henri II. Joseph d'Arimathie étend le suaire. La composition en est à la fois frustre et habile, expressive et réservée. Encastrés dans le piédestal, à gauche de l'autel, deux bas-reliefs en kersanton : les "Apparitions de Jésus Ressuscité" à Marie-Madeleine et aux disciples d'Emmaüs. 

Locronan - Bretagne

 

Locronan - Bretagne

 

Le TOMBEAU DE SAINT RONAN, monument en lave de kersanton, élevé à la gloire du saint ermite qui vint évangéliser notre pays, sur le caveau où ont été transférées ses reliques. Saint Ronan, en haut-relief sur la dalle, bénit de la main droite et, de la main gauche, enfonce sa crosse dans la gueule d'un monstre. Ce gisant (première moitié du XVème siècle), repose sur six anges-cariatides qui portent le Saint sur leurs ailes. 

Locronan - Bretagne

 

Locronan - Bretagne

Sur un entablement, Saint Michel terrasse le dragon et présente les "Ames des Trépassés" dans les balances de la Justice divine (XVème siècle).

Locronan - Bretagne

 

la chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle (XVème siècle), remaniée et agrandie aux XVIème et XVIIIème siècles. Il s'agit d'un édifice rectangulaire séparé en deux par un arc diaphragme et portant un clocheton amorti en dôme. Le clocheton date du XVIIIème siècle. Les vitraux ont été réalisés d'après les cartons du peintre Manessier (1985). En 1723, le sculpteur quimpérois Jean Mozin est chargé de fabriquer un retable, qui doit prendre place sur le maître-autel de la chapelle pour la somme de 200 livres. La chapelle abrite les statues de la Vierge-Mère en pierre (XVIIème siècle), sainte Trinité en pierre (XVIIème siècle), saint François, saint Jean évêque et une Descente de Croix en pierre (XVIème siècle). On y trouve un calvaire et une fontaine datée de 1698, avec le nom de J. Conan, marchand de toile : " I. CONAN. MARCHAND DE TOILE LAN 1698 " et l'inscription " VEN : ET : DISC : MISSIRE MATHURIN : SENE : V.P.P.L : ") ;

Locronan : chapelle et fontaine de Bonne-Nouvelle

 

Locronan : calvaire de Bonne-Nouvelle

Nota 8 : « Au nord de la grande place s’ouvre une ruelle aux pavés bosselés qui longe l'emplacement aujourd’hui marqué seulement, par quelques vestiges de maçonnerie, d’un hôpital du XVème siècle, dit de Saint-Eutrope. On accède par ce chemin à la chapelle de Bonne-Nouvelle, dont le petit dôme émerge du feuillage au premier plan d’un paysage profond que ferment dans les lointains les lignes onduleuses et douces de la baie de Douarnenez. C’est une construction rectangulaire, du XVIème siècle, antérieure de très peu d’années sans doute à 1560. Une fontaine datée de 1698 l’avoisine au sud-ouest ; à l’est se dresse une modeste croix-calvaire » (H. Waquet). La fontaine, presque monumentale, fut édifiée avec cette inscription : J. Conan, marchand de toile l’an 1698. En 1805, le recteur Vistorte écrit à l’évêque qu’en fait de chapelle succursale utile à conserver, il y a la chapelle de N.-D. de Bonne-Nouvelle, de 17 m. de long, située rue Moal, objet d’une dévotion populaire, et où les offrandes (40 à 50 écus) peuvent servir à l’entretien de l’église principale. Guy Bernard et sa femme Sébastienne Gueguenaou (sans doute l'instituteur et l'institutrice de Locronan), ont, le 6 fructidor an IV (23 août 1796), acheté cette chapelle avec l’intention de la rendre à sa destination primitive. Par acte du 20 août 1817, ils firent le retour à la fabrique de la chapelle, presque en ruines et estimée deux cents francs, avec ses dépendances, c’est-à-dire deux mètres de terrain tout autour, à condition qu’à chaque messe dite en cette chapelle il fût récité pour eux un Pater, un Ave, un De Profundis, avec droit à un banc à 4 places du côté de l'Evangile, vis-à-vis de la statue de Notre-Dame, et à une inscription : A la famille Bernard, conservateur de la chapelle. Trois jours après ce contrat, M. Lahuec, desservant, sollicita de l’évêque l’autorisation de faire un petit pardon le dimanche de la Trinité, laquelle se trouve en statue dans ladite chapelle, vis-à-vis de la statue de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle (Archives du diocèse de Quimper et de Léon).

Locronan - Bretagne

  

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la chapelle du Souvenir ou Ar Zonj (1912 - 1977). Il s'agit d'un oratoire (1977) qui succède à une chapelle encore récente (1912) que le vent et la foudre avait ruinée. Le petit édifice rectangulaire édifié en 1912 à Plas-ar-Horn était dû à la générosité de Mme Paul Lemonnier. Les vitraux sont de Jean Bazaine (1977). On y trouve une chaire à prêcher de 1887 exécutée par M. le Naour ;

l'ancienne chapelle Saint-Eutrope (XVème siècle), aujourd'hui disparue et attenante jadis à un hôpital. De cette chapelle qui se trouvait dans la rue Moal, il ne reste en 1925 que quelques débris de maçonnerie. L’édifice, bâti au XVème siècle, mesurait une trentaine de mètres de longueur sur 11 mètres de large. Quand il tomba en ruines, plusieurs habitants de la paroisse allèrent y prendre des fragments de colonnes qu’ils conservèrent à titre de souvenir. On en voit encore quelques-uns devant diverses maisons. A la chapelle était adjoint un hôpital, qui existait dès au moins 1439 (Cf. la donation de Jean Le Moine). La famille de Pratanras y avait droit de vitre et de lisière. — Alain Geoffroy était gardien de l’hôpital en 1594 ;

l'ancienne chapelle Saint-Maurice, située jadis au bord de la vieille voie romaine et aujourd'hui disparue. La chapelle de Saint-Maurice se trouvait jadis à mi-flanc du coteau qui domine Locronan, au bord de la voie romaine. L’emplacement en est encore marqué par une croix de pierre. Le cercle gravé sur cette croix figure l'hostie, et indiquerait, d’après la tradition, que le cimetière avoisinant la chapelle était réservé aux membres de la « Frairie du Sacre » ;

le calvaire (XVI-XIXème siècle) de la chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle ;

la croix du placitre de l'église de Locronan (XVIème siècle) ;

d'autres croix ou vestiges de croix : Bourlan (Haut Moyen Age), Chapel-ar-Zonj (1912), Coat-Beuliec (XIXème siècle), Coat-Forestier ou Croas-Kebenn (Haut Moyen Age), Gorréquer (vers 1960), Goulit-ar-Quer (XVIème siècle, vers 1960), Leustec (XVIIème siècle), Croas-an-Droueni ou Croix de Troménie (vers 1960), la  croix de mission (1879), la croix du chemin de la petite Troménie (XIème siècle), la croix située rue Saint-Maurice (1821, elle marque l'emplacement du cimetière des moines du prieuré) ;

le manoir de Tresséol et son colombier (XVIIème siècle) ;

l'hôtel Gaultier (XVI-XVIIème siècle) ;

l’ancien hôtel de la compagnie des Indes (1689) ;

l’ancien bureau des toiles (1669), situé place de l’église ;

la maison (1693), située rue des Charrettes ;

la maison Ty-Coz (1727) ;

la maison de Kerislay (1886) ;

le moulin à eau du Prieuré ;

A signaler aussi :

les vestiges du camp des Salles (VIII-Xème siècle), situé à Goarem-ar-Salud ;

la chaise de Rohan. Il s'agit d'un grand bloc de pierre sur le parcours de la Troménie ;

Monuments anciens : En bordure de la voie de grande communication die Douarnenez à Châteaulin, à mi-chemin entre Locronan et la chapelle de Kergoat, à la hauteur de la borne 12.500, se voit encore, à droite sur les premières pentes de la colline, une enceinte gauloise avec traces d'occupation. Une partie de cette enceinte servait sans doute de parc à bestiaux, tandis que l'autre était réservée à leurs propriétaires. Flagelle l'appelle camp du Salou (Voir notes archéologiques sur le département du Finistère, p. 32). M. Le Men la dénomme « enceinte des Salles » (Voir Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, V, 158). A Locronan on la connaît sous le nom de Goarem-ar-Zalud. C'est de ce point de la route que le pèlerin saluait, vraisemblablement, le clocher de Locronan ou peut-être celui de Sainte-Anne-la-Palue. Nous donnons un croquis de cette vieille enceinte.

Camp gaulois de Locronan

Il faut signaler en second lieu les bétyles et croix de Pierre qui jalonnent le parcours de la Grande Troménie. De renseignements précis recueillis sur place résulte que la stèle de Plas-ar-C'horn, haute d'environ 1 mètre, et dont on voit encore 2 ou 3 centimètres de la base, a été brisée vers 1910. Quelqu'un qui, dans la matinée, se rendait à la foire de Kergoat, prit une très grosse pierre et la lança contre le bétyle. Celui-ci fut brisé, et l'un des fragments, d'une longueur de 0 m. 30 environ, a trouvé place dans la clôture de pierres toute voisine. C'est une pierre brute, sans aucun ornement ni dessin. Depuis la disparition de la stèle, la procession de la Grande Troménie a cessé de la contourner. Dans son travail sur l'Expansion romaine dans le Sud-Ouest de l'Armorique (1923), M. le docteur Picquenard étudie la voie romaine reliant le Pérennou, en Plomelin, à Locronan : « Plogonnec à peine dépassé, (la voie) emprunte le chemin déclassé qui, après avoir franchi la butte de Plas-ar-Horn à 200 mètres d'altitude, descend vers la fameuse grand'place de Locronan par une pente rapide d'où l'on jouit vers le nord d'un admirable panorama vers la terre et la mer ». Signalons enfin la Motte (ar Voden) qui se trouve au haut de la montagne de Locronan.. C'est là un tumulus qui fut fouillé à la fin du XIXème siècle par le baron Halna du Frétay. Ce tumulus comprenait un poste voûté en maçonnerie romaine, qui le traversait de part en part, d'une largeur d'environ 4 mètres, avec un une hauteur de 1 m. 50. Dans le tumulus M. du Frétay trouva, avec des cendres abondantes, quelques rares débris de poteries extrêmement grossière, un certain nombre d'objets appartenant à l'ancienne époque celtique, et spécialement une hache en pierre polie. Le poste romain livra au chercheur des objets variés, entre autres des moules en marbre, une lampe en bronze et un fétiche intact des plus curieux. Ce fétiche était en bronze gravé au burin sur lequel on voyait, en grand relief, le dieu Pan aux pieds de bouc portant sur la tête une corbeille de fruits, avec la flûte aux sept tuyaux ; à ses pieds, de chaque côté, un faisan, et au-dessous, des têtes de faunes, enfin aux deux extrémités des satyres. Le poste romain était connu à Locronan sous le nom de Toul-an-Ermit, allusion à la vie érémétique menée là par Malo de Névet (1699-1721).

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ANCIENNE NOBLESSE de LOCRONAN

La famille de Névet et Locronan :

D’après l’aveu rendu le 8 juin 1644, par Jean de Névet à l'Evêque de Cornouaille, Mgr. du Louët, la première résidence des seigneurs de Névet aurait été au sommet de la Motte, sur la montagne de Locronan [Note : Ce point est contesté par M. Trévédy]. Puis en 1050, ils se seraient installés en Plogonnec. Dès le milieu du XVème ayant grandement contribué à édifier la nouvelle église de Locronan, les sires de Névet se réservèrent le droit d’enfeu dans le choeur, près du maître-autel. Voici ce qu’écrit Cariou, l'annotateur d'Ogée : « La famille de Névet qui voulut fournir tous les matériaux pour la construction des maisons du bourg ordonnée par la reine Anne, tint aussi à honneur de se charger de l’édification de l’église, " en forme de cathédrale ", dit un ancien titre, et qu’il n’y en avait guère qui la surpassât tant en structure, tour, que clocher, tout en pierres de tailles. Cette construction eut lieu vers la fin du XVème siècle... La duchesse fit ériger à ses frais, à la même époque, dans cette chapelle, le tombeau du saint, (à la construction duquel contribua Jacques Ier, baron de Névet, gouverneur de Quimper). Les armes de Bretagne, alliées à celles de France, furent placées sur un des bouts du monument, sous la tête de la statue. L’écusson des Névet fut placé du côté de l'Evangile. Ces mêmes seigneurs se réservèrent une place dans le choeur de la nouvelle église (en face du maître-autel), pour le lieu de leur sépulture. Leurs armes furent placées aux clefs des voûtes, tant du choeur que de la nef, aux arcades et voûtes des ailes, sur la porte principale et dans tous les lieux éminents, immédiatement après celles de Bretagne et de France en alliance. La maîtresse vitre portait aussi ces dernières armes et au-dessous, un seigneur de Névet était représenté, armé de toutes pièces, en cotte d’armes, sur un cheval enharnaché de son harnais de combat. La cotte d’armes du cavalier était armoriée de son écusson, or au léopard de gueules, tenant la bannière chargée dudit écusson. Le reste du vitrail était occupé par les alliances de la famille de Névet avec les principales de la province. L’église est aujourd’hui dépouillée de tous ces ornements ». Hervé VI de Névet, mort en 1444, fut le premier de la lignée à être enterré à Locronan. Mais forts d’une disposition testamentaire, les Cordeliers de Quimper exigèrent que son corps fut transporté chez eux. En 1585, inhumation à Locronan de Ronan de Névet. « Le caveau des seigneurs de Névet, dans l’église de Locronan, se trouve au milieu du choeur, en face du maître-autel. Il a été découvert, en septembre 1906, par M. Jean-Guillaume Hémon, adjoint au maire de Locronan. Le monument est intact, mais il a été violé pendant la Révolution. M. Hémon l’a exploré en 1906 et il y a trouvé des ossements humains : 1° un tibia mesurant 0m. 42 ; 2° un os maxillaire ayant 0 m. 11 de tour ; 3° une tête ayant 0 m. 17 de haut sur 0 m. 13 de large. Le caveau est vide aujourd’hui. Les pierres de l’intérieur ont été enlevées et jetées hors de l’église, à côté de la chapelle du Pénity, où elles gisaient pèle-mêle depuis bien longtemps. Elles y étaient encore jusqu’à ces dernières années. Le propriétaire de Prat-Tréanna en Plonévez-Porzay, ayant une maison neuve à construire, demanda à les acheter. La municipalité, d’accord avec le Recteur de la paroisse, consentit à les vendre, et tous les matériaux, y compris ceux qui provenaient de la chute du clocher, furent transportés à Prat-Tréanna, à l’exception de deux ou trois pierres sculptées dont on ne savait que faire. Le baron Halna du Fretay passant un jour par Prat-Tréanna, au retour d’une partie de chasse, sauva une de ces pierres, celle qui portait l’écusson de Névet, au moment où le marteau de l’ouvrier allait la tailler pour l’ajuster à la maçonnerie. Il l’acheta et la fit transporter dans son musée du Vieux-Châtel. Il ne restait plus du tombeau de Névet que les quelques pierres qu’on laissa à Locronan. M. Brisson, recteur de la paroisse, les mit à l’abri du marteau dans l’intérieur de l’église. Deux se trouvent sous la statue de saint Corentin ; la plus importante est debout. On y voit un coeur en bosse, avec l’inscription que nous donnons ci-après. On sait que Henry-Anne de Névet et Anne Guyon de Matignon sa mère moururent en leur château de Beaubois et y furent inhumés ; mais leurs coeurs furent plus tard transportés à Locronan dans la tombe prohibitive de la famille. A côté de cette pierre se trouve une autre moins grande ; elle est malheureusement écornée. Par suite de cet accident, l’inscription gothique qu'elle porte est incomplète. Cette pierre fait suite à une autre de même provenance, qui se trouve dans le deuxième enfeu du côté de l’épître. Voici les inscriptions qu’on lit sur ces deux pierres : " Ci-gît messire René de Névet, chevalier marquis de Névet, colonel du ban et arrière-ban, garde-costes général de l'Evesché de Cornouaille, commandant pour le roy dans le même évesché. Il était fils de messire Jean de Névet et de très haute et puissante dame Bonaventure de Liscoët. Il est mort en son château de Névet, le 13 avril 1676, âgé de 34 ans ". " Ci-gît aussi messire de Névet son père, fils de messire Jacques de Névet et de très haute et puissante dame Françoise de Tréal, héritière de Beauboys. Il est mort en son château de Névet, le 1er mars... âgé de 34 ans ". Tous les seigneurs de Névet ont été mis aussi dans ce tombeau de leurs ancêtres ». La deuxième inscription qui se lit sur une autre pierre de l’enfeu, faisant suite à la première, est ainsi conçue : « Est apporté le cœur de messire Henry-Anne de Névet, colonel du régiment. Royal-Vaisseaux et du ban et arrière-ban de l'évesché de Cornouaille, et garde-costes général, chevalier, marquis de Névet. Il estait fils de messire de Névet et de dame Marie-Anne de Matignon. Il est mort en son château de Beauboys (En Bourseul, diocèse de Saint-Malo) le 12 décembre 1699, âgé de 29 ans. Aussi estait apporté le coeur de haute et puissante dame Marie-Anne de Matignon. Elle estait petite-fille de très haute et puissante princesse Eléonore d'Orléans de Longueville, parente de Louis XV au 10ème degré, qui épousa le fils du maréchal de Matignon. Elle est morte en son château de Beauboys, le 12 août 1699, âgée de 49 ans » (Abbé Horellou, Kerlaz, p. 187-190). Voici l'acte de décès de René de Névet, tel qu’on peut le lire dans les registres paroissiaux Locronan : « Le corps de deffunct haut et puissant seigneur chevalier marquis René de Nevet, en son vivant colonel de la cavalerie de l'Evêché de Cornouaille, seigneur de Lézargant, Beaubois et autres lieux, âgé d’environ 36 ans, décédé du jour d’hier, en son château du dit Lézargant, après avoir receu les sacrements de l'église, nécessaires à salut, par le vicaire perpétuel de la ville de Locronan, fut inhumé par icelluy vicaire en la dite église, dans son tombeau prohibitif, proche le grand autel, ce 14ème jour d’avril 1676 ». Signé François Le Hé, vicaire perpétuel. Le 2 avril 1721 est inhumé à Locronan dans le tombeau de ses ancêtres Messire Malo de Névet, dernier des dix enfants de Jean de Névet, et frère de René. La vie de Malo tient du roman. Il vécut de longues années en ermite, à la Motte, sur la montagne de Locronan, où il avait établi une sorte d'hospice pour recevoir les pèlerins de la Troménie et ceux de Sainte-Anne de la Palud. Sur les instances de ses six soeurs, il avait consenti à se marier pour assurer la survivance du nom de Névet. Avant de mourir il laissa des rentes pour entretenir à l'hospice de la Motte douze orphelins de la paroisse de Plogonnec. Voici son acte de décès, extrait des archives paroissiales de Locronan : « Ce jour, 2 d’avril 1721, le corps du haut et puissant seigneur messire Malo de Névet, marquis dudit lieu, seigneur de Beauboys, Kermabilo et autres terres, colonel du ban et arrière-ban de l'Evêché de Cornouaille, âgé de 76 ans, mort le premier avril, en son château de Névet, a été enterré dans sa tombe élevée située dans le choeur de l’église de Saint-Ronan. Au dit enterrement a officié le sieur recteur de Plogonnec et y ont assisté les sieurs : recteur de Plonévez-Porzay, avec leurs prêtres, et écuyer Guy de Moëllien, seigneur dudit lieu, écuyer du Vieux-Châtel, son fils, écuyer Charles-Marc Halna du Fretay, écuyer Louis de Keroulas et plusieurs autres... » Signé : Philippe Perrault, vicaire perpétuel de Locronan. Le 10 mai 1632 est baptisée à Locronan, Claudine, fille de Jean de Névet et de Bonaventure de Liscoët.

Voir Locronan "Les derniers seigneurs de Névet

Familles nobles. — Armoiries et prééminences.

Les maisons nobles de Locronan étaient : Guengat et Lesascoët, haute, moyenne et basse justice à M. de Lanascot ; la juridiction du Kervent et du Plessis-Porzay, à M. du Brieux ; l'Excuse, à M. de Cressol. (Ogée, Dictionnaire...).

GUENGAT : D’azur à trois mains dextres appaumées d’argent en pal. — Devise : Trésor.

NÉVET : D’or au léopard morné de gueules. — Devise : Perak, pourquoi ?

BRIEUC : D’azur à trois fasces ondées d’argent, une croix de gueules sur le tout.

(à compléter)

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