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LANMEUR

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La commune de Lanmeur (pucenoire.gif (870 octets) Lanneur) est chef lieu de canton. Lanmeur dépend de l'arrondissement de Morlaix, du département du Finistère (Bretagne - Trégor). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de LANMEUR

Lanmeur vient du vieux breton « lann » (ermitage) et « meur » (grand).

Dépendance de l'évêché de Dol, la paroisse de Lanmeur s'est créée au détriment de la paroisse primitive de Ploemaëc ou Ploumaëc (aujourd'hui Guimaëc). Les romains auraient édifié un camp au lieu-dit « Beuzit » (ou La Boissière). On érigea plus tard, à cet endroit, une motte féodale, puis un château.

C'est à Lanmeur que fut assassiné saint Mélar, fils de Méliau, comte de Cornouaille, tué par son frère Rivod, usurpateur de son trône. Pour échapper à son oncle qui l'avait amputé du pied gauche et du bras droit, Mélar trouva refuge au château de Beuzit, chez sa tante, femme de Conomor, comte de Poher. Mais il y fut tué par Rivod et le corps fut inhumé à Lanmeur. D'où, semble-t-il, l'origine de la crypte que l'on peut voir sous l'église.  

Une ville appelée dans les temps anciens "Kerfeunteun" (ville de la fontaine), s'élevait jadis à l'emplacement de Lanmeur. C'était un doyenné de 4 paroisses et 2 trèves, relié à un monastère fondé par Saint-Samson au VIème siècle. Lorsque le saint devient évêque de Dol, il réunit le monastère ainsi que le doyenné et les paroisses qui en dépendent à l'évêché de Dol, créant ainsi une enclave dans les évêchés de Cornouaille, Léon et Tréguier. Ruinées par les Normands en 878 et 882, il faut attendre la défaite définitive de ceux-ci en 939 pour qu'églises et maisons soient rétablies et des moines envoyés de nouveau à Lanmeur : en l'occurrence des bénédictins de l'abbaye ducale de Saint-Jacut-de-la-Mer. Ces moines relèvent ensuite la chapelle de Kernitron qui devient simple prieuré. Elevée sur l'emplacement du monastère de Saint-Samson à peu de distance de l'église paroissiale, au nord de la ville, elle date du XIIème siècle (l'art roman en Bretagne, Zodiac).

Une "église Sainte-Marie" est mentionnée au village de Kermouster dès 1188. Il s'agit, en fait, d'un prieuré-cure de l'abbaye de Saint-Jacut nommé dans une bulle papale de 1163. En 1188 Clément III confirme aux moines de Saint-Jacut la possession de Sainte-Marie de Lanmeur. Le prieuré comprend, au Moyen Age, deux hospices. A partir de 1630, le prieur est François de Coëtlogon, futur évêque de Cornouaille : il afferme les revenus de son prieuré en 1666 pour 766 livres de revenu (Le Guennec). En 1665 le prieuré de Lanmur vaut 450 livres par an.  

La terre de Boiséon est une ancienne châtellenie avec haute et basse justice. Le fief de Boiséon passe dès 1280 dans la famille de Lanmeur, qui le transmet aux Contredrez, lesquels prennent, vers 1400, le nom de Boiséon. Erigée en comté par Louis XIII en 1617, le comté est vendu en 1688 à la famille Héliès de Crec'hiélez, puis passe successivement entre les mains des familles Léon de Tréverret, Le Forestier de Kerosven, Du Dresnay et de Pluvié.  

On trouve les appellations suivantes : Lanmur (en 1163), ecclesia S. Marie de Lanmeur (en 1188), Lanmeur (vers 1330) et Lanmur Melar (en 1235 et 1405). 

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PATRIMOINE de LANMEUR

l'église Saint-Mélar (XII-XIIIème siècle), reconstruite en 1903 par l'architecte Ernest Le Guerrannic qui a remployé le portail méridional de l'ancien édifice de la fin du XIIème siècle. L'édifice actuel, en dehors de la travée du clocher encastré, comprend une nef de cinq travées avec bas côtés, un transept et un choeur de deux travées avec bas côtés terminé par une abside semi-circulaire. Le clocher date du XVIIIème siècle. A l'intérieur de la vieille église, il existait six grosses piles carrées supportant des arcades en plein cintre, restes du monument détruit lors de l'invasion des Normands au IXème siècle. Mais si cette partie a disparue, on a conservé du moins la crypte ou chapelle souterraine, comprenant cinq travées avec bas côtés, construite vers la fin du Xème siècle, pour abriter les restes vénérés du jeune prince saint Mélar (martyr de la dynastie bretonne). C'est à cette crypte de Saint-Mélar que Lanmeur doit son nom antique de Kerfeunteun. En effet une fontaine y coule, vestige, dit-on, du culte druidique et qui, d'après la tradition, aurait servi plus tard aux baptêmes par immersion. L'église abrite les statues de saint Mélar, saint Yves, saint Nicolas, saint Samson, la Vierge-Mère et un Ecce Homo. A noter qu'Alain de Boiséon, chevalier de Saint Jean de Jérusalem, qui meurt en 1469, est inhumé en l'église de Lanmeur ;
Nota : la crypte mesure 8, 18 mètres de longueur sur 5, 07 mètres de largeur et est divisée en trois petites nefs par deux rangs de quatre colonnes qui sont hautes seulement de 1,33 mètres et soutiennent des arcades surbaissées et des voûtes en calotte informe dont la hauteur ne dépasse pas 1,97 mètres. On descend de l'église, dans la crypte par un escalier donnant accès dans l'angle nord-ouest de celle-ci. La porte d'entrée de la crypte s'ouvre sous un arc en plein cintre. Une petite fontaine se trouve à droite de l'entrée, contre le mur occidental du collatéral nord. Le chevet de la crypte est plat. Dans le mur occidental, il y avait jadis trois ouvertures en forme de meurtrières (aujourd'hui comblées). Les grandes arcades, les arcs doubleaux, de la nef, et ceux des bas-côtés sont en plein cintre et retombent sur des colonnes monolithes à chapiteaux épannelés, sans sculptures. La nef est couverte de voûtes. Les deux colonnes séparant la troisième et la quatrième travées, sont décorées de sculptures grossières (représentant des serpents).

la chapelle Notre-Dame de Kernitron (XII-XIVème siècle) fondée par les moines de l'abbaye bénédictine de Saint-Jacut-de-la-Mer. L'édifice actuel, en forme de croix latine, est de plan irrégulier et comprend une nef, un transept avec chapelle sur l'aile nord et un choeur de trois travées avec bas côté sud donnant sur l'aile sud du transept. De l'église romane de la seconde moitié du XIIème siècle, subsistent la nef à vaisseau unique et le transept avec une tour de croisée. Le clocher central quadrangulaire est accessible par une tourelle. On y trouve un portail roman. Le choeur et le bas-côté au sud sont remaniés au XIVème ou XVème siècle avec réutilisation d'éléments du XIIIème siècle. Le prieur Pierre Lochou reprend la première travée de la nef et élève une nouvelle façade ouest, précédée d'un porche et datée par une inscription de 1444. Cette chapelle aurait été élevée sur l'emplacement d'un monastère fondé par saint Samson. Cette "église Sainte-Marie" est mentionnée en 1188. On y voit les armoiries de la famille François de Goudelin, seigneur de Goasmelquin. On y trouve d'ailleurs un tableau représentant la Sainte Famille offert en ex-voto en 1660 par François de Goudelin, représenté agenouillé. Un fragment de chancel date de la fin du XVème siècle. Le groupe sculpté "la Trinité", en bois polychrome, date du XV-XVIème siècle. On y trouve aussi une statue du XVIIème siècle de Notre-Dame de Kernitron, couronnée le 15 août 1909 par Mgr. Duparc, évêque de Quimper et de Léon ; 

l'ancienne chapelle Saint-Columban, aujourd'hui disparue. Il s'agit de la chapelle du petit hôpital annexé à Kernitron et qui servit ensuite d'asile d'aliénés ;

l'ancienne chapelle Sainte-Barbe, aujourd'hui disparue et située jadis au manoir de Keropartz ;

l'ancienne chapelle Saint-David, aujourd'hui disparue ;

l'ancienne chapelle Saint-Claude, aujourd'hui disparue et située jadis non loin de l'ancien manoir de Boiséon ;

l'ancienne chapelle de Saint-Mélar, située jadis à Kermouster et aujourd'hui disparue. Il s'agit d'un édifice en forme de croix avec transept peu débordant et chevet à noues multiples du type Beaumanoir. Le pignon portait la date de 1598 ;

l'ancienne chapelle de Saint-Fiacre, aujourd'hui disparue. Cette chapelle avait été reconstruite au XIXème siècle ;

l'ancien oratoire situé sur le Tossen Sant-Fiek ;

la croix monolithe de Kermouster (moyen âge) ;

la croix de Kerohan (XVIème siècle) ;

d'autres croix ou vestiges de croix : Le Helle, Kerlaëron (1834), les deux croix de Kernitron (dont l'une du XIXème siècle), Kerropars, Pen-an-Allé, Toul-Don ; 

la fontaine de Saint-Mélar (XVème siècle) ;

la métairie de Hellés (XVIème siècle). La famille de La Forest y résidait au XVIIème siècle, puis la transmit par alliance à la famille du Trévou ;

le manoir de Coatanfrotter ou Coat ar Frotter (XVème siècle). A l'arrière se trouvait jadis une tour circulaire. Il possédait autrefois une chapelle privée et un moulin. Propriété successive des familles La Forêt (au XVème siècle), Quintin (au XV-XVIème siècle, suite au mariage d'Adeline La Forêt avec François Quintin, seigneur de Coatamour), Lollivier de Lochrist (au XVIIème siècle, suite au mariage de Marie Quintin avec Yves Lollivier, seigneur de Lochrist), Kersauson de Vieux Châtel, Pluvié (suite au mariage de Pauline Kersauson avec Auguste de Pluvié), Le Sann (au XXème siècle) ;

une maison de maître (XVIIème siècle) ;

14 moulins dont les moulins à eau de Kergnant, de Kernevez, du Héllès, du Roudault, du Bois-Eon, de Dour-ar-Loute, du Pont, de Lesguen,…

A signaler aussi :

l'ancien manoir de Kerandulven, propriété des familles de Launay et de Guicaznou. La tourelle date du XVIème siècle ;

l'ancien manoir de Kerbourand, avec son portail, sa tourelle et son puits. Pierre de Lescorre, sieur de Glivéry et de Kerbouran, était capitaine de Lanmeur en 1636 ;

l'ancien manoir de Lescorre. On y voit une porte du XVIème siècle. L'abbé François-Efflam Bourel, vicaire de Lanmeur, y fut arrêté en 1797 et déporté à l'île de Ré ;

l'ancien manoir de Botdon, propriété de Maurice Jégou de Boisalain qui épousa, en 1726, Anne Le Borgne ;

l'ancien manoir de Boiséon. Un premier château est mentionné vers 1250 et aurait été édifié par Eon de Boiséon. Un deuxième château date du XVIème siècle (vers 1530), époque où Pierre de Boiséon est seigneur de Boiséon et de Kérouzéré. Un troisième château est mentionné à l'époque de Louis XIII et il s'agit semble-t-il, du château du XVIème siècle en partie démantelé suite aux guerres de la Ligue et restauré par Hercule de Boiséon. En 1402, Hervé de Boiséon épouse la fille de l'amiral de Penhoët et fait élever un reliquaire à ses armes près de la chapelle de Kernitron. Le reliquaire a disparu à la fin du XVIIIème siècle. Alain de Boiséon, qui meurt en 1469, est chevalier de Saint Jean de Jérusalem : il affrète en 1458 un navire pour porter secours aux croisés qui combattent les turcs. Guillaume et Jean de Boiséon font partie des chevaliers du duc Jean V de Bretagne et de François Ier (ils sont capturés par les Anglais lors de la bataille de Saint Jean de Beuvron, et relâchés contre une rançon de 400 écus d'or). François de Boiséon est tué en 1488 à la bataille de Saint Aubin du Cormier. Après avoir succédé à son père (gouverneur de Morlaix en 1613), Claude de Boiséon est gouverneur de la ville de Morlaix de 1627 à 1650. Ce dernier a deux fils Charles et Hercule, comte de la Bellière, qui devient gouverneur de Morlaix en 1650 et capitaine de l'arrière-ban de l'évêché de Tréguier. Pour des raisons financières, le domaine de Boiséon est vendu le 17 septembre 1682 au marquis de Kergroadès. Le domaine est revendu en 1694 à Guillaume Héliès, armateur à Roscoff. Le domaine de Boiséon est ensuite transmis aux familles du Dresnay (XIXème siècle), de Kersauson et de Pluvié. Il s'agit d'un édifice massif ayant sur l'une des façades, au-dessus d'une porte en ogive, un deuxième étage avec des fenêtres ouvragées surmontées de chapiteaux. On y voit encore une poterne, une vasque en granit (percée en son milieu) et une nymphée (percée de trois ouvertures) ; 

les anciens manoirs de Trobezéden, Keropartz,...

la motte, entourée de doubles retranchements du château de la Boissière, où selon la tradition, saint Mélar aurait été assassiné ;

les pierres mégalithiques situées dans les parages de Kerugou (à Vénéven), Rumare, Rupeulven, Kerverchoa et Chevrel ;

le tumulus appelé Tossen-ar-Gouiffet (le tertre des lapins) ;

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ANCIENNE NOBLESSE de LANMEUR

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Tréguier de 1481, on comptabilise la présence de 37 nobles de Lanmeur :

Yvon BACHELIER (20 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Yvon COLLOTIN (10 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan CORONER (15 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

François DU BOESEON de Boaiseon (800 livres de revenu) : comparait en Homme d’Armes ;

Jehan DU PARC de Kergadiou : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan DU PLESSEIX (20 livres de revenu) : excusé comme appartenant à une compagnie d’ordonnance ;

Jehan DU QUENQUISOU (80 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Yvon FOURBY (10 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Guillaume GARRIC de le Botolon (25 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Hervé GUEGAN (10 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan GUILLOU de Kermouster (10 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan HENRY de Tirienglas (10 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan HENRY de Ponthuet (20 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan de LAUNAY de Kerancorre (40 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Guillaume LE BERRE (30 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan LE CARRER (5 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Jehanne LE DARBRAER (45 livres de revenu) : défaillant ;

Yvon LE TACHENNEC (20 livres de revenu) : défaillant ;

Guillocte LESCORRE (60 livres de revenu) : défaillant ;

Philippe LESCORRE (15 livres de revenu) : défaillant ;

Hervé LESCORRE (15 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Richard LESCOURRE (35 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Roland MENGUY (20 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Yvon MORVAN (15 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Roland PENDU (10 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan PENHOET (20 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une escopette ;

Yvon PENSOURNOU (12 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan PEZRON (25 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Yvon RICHARD (5 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Yvon ROBERT (60 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Guillaume ROUVEL (10 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Henry SERRAOUL (70 livres de revenu) : excusé comme appartenant à une compagnie d’ordonnance ;

Jehan THOMAS (15 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan YNYSAN (30 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Roland YNYSAN (15 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Riou LE HABASQUE de Trégat-Goallou (35 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan BRUN de Kerugou (10 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer.

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