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KERFEUNTEUN |
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La commune
de Kerfeunteun ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de KERFEUNTEUN
Kerfeunteun vient du breton « ker » (lieu) et de « Feunteun » (fontaine).
L'Evêché possède un vieux bréviaire manuscrit, écrit vers la première moitié du XVème siècle, dans lequel se trouve une légende de saint Corentin de neuf leçons avec "responsoirs propres". L'auteur de la légende, après avoir raconté la visite de saint Corentin à l'ermite saint Primael, et comment le premier fit surgir une fontaine à proximité de l'ermitage, ajoute : « A fonte autem illo locus ille est Villa fontis ab incolis nominatus, A cause de cette fontaine miraculeuse, ce lieu a été appelé par les habitants le village de la fontaine, ou Kerfeunteun ». La tradition fixe ordinairement le lieu de la l'encontre de saint Primael et saint Corentin à Saint-Thoys ; mais les textes anciens de la vie de saint Corentin (Voir Dom Plaine) ne déterminaient pas ce lieu, et il semble bien que le rédacteur du bréviaire au XVème siècle n'hésite pas à identifier ce lieu avec Kerfeunteun, d'autant plus que les anciens actes du Cartulaire ne désignent pas autrement Kerfeunteun que par Villa fontis.
Il est également à noter qu'aux portes de Quimper, sur l'ancien territoire de Kerfeunteun, qui s'étendait jusque sous les murs de la ville, il y avait une chapelle et fontaine Saint-Primel, sur le versant Midi de la colline de Crecheuzen, où est actuellement l'hôpital. Les ruines de la chapelle n'ont disparu que depuis une quarantaine d'années et, jusqu'au XVIIème siècle, saint Primel était le titre d'une des sept paroisses desservies à la cathédrale. Si la chapelle de Saint-Primel a été bâtie sur l'ermitage du Saint, la fontaine miraculeuse de saint Corentin serait donc la fontaine voisine, et non celle de l'église de Kerfeunteun, vraiment trop éloignée. Mais Kerfeunteun a aussi sa fontaine, ce qui justifierait au besoin la dénomination de ce lieu qui, vraisemblablement, a dû servir de baptistère, et ce serait pour cette raison que Kerfeunteun est dédié à la Sainte Trinité, absolument comme la crypte de Lanmeur, également dédiée à la Trinité, portait autrefois le nom de Kerfeunteun. Tout donc porte à croire que Kerfeunteun fut un des premiers sanctuaires élevés dans le pays lors de l'arrivée de saint Corentin à Quimper. Ce qui est du moins certain, c'est que, de tout temps, les terres de Kerfeunteun et de Cuzon ont appartenu, tant au spirituel qu'au temporel, à l'Evêché de Quimper.
Dans son aveu au Roi de 1681, l'Evêque déclare tenir à devoir de prière « toute la paroisse de Kerfeunteun, en laquelle il est seigneur spirituel et temporel supérieur, et lui est dû en icelle la seigneurie de ligence, foi, hommage et chambellenage (Note : Droits honorifiques dus au seigneur par les hommes de son fief), lots et ventes, rachats (Note : Droits onéreux que les hommes du fief payaient à l'occasion des partages, ventes et successions), suite de four et moulin (Note : Obligation de faire moudre le grain et cuire le pain au moulin et four de l'Evêque), dîme à la dixième gerbe au terroir de Treoludy et plusieurs chefs rentes comme il suit sur la parcelle de Treffguy par les habitants d'icelle le jour de St Mathieu 8 livres ». Voici les noms des manoirs et villages de Kerfeunteun qui relevaient au temporel de l'Evêque : Penvilezre, Kermois, Troheye, Kermersin, Boulehat, Kerdu, Le Parc-Croezquer, Leinquerez, Pontusqué, montagnes de Chrechilis et Crecherre, Le Brieuc, Kerambars, Pennarun, Nivirit, Penfrat, Kermais, Kerguinos, Sterancoet, Keranmoel Huellaff et Izellaff, Keralies, Glandour, Kermoguer Izellaff, Treffiquelec, Kerfili, Kerbasquiou, Stancou Lemien, Kereuzenou, terre de M. Jean Duparc, Le Loch. Au total, ces rentes procuraient à l'Evêque : en argent, 28 livres 13 sols ; en froment, 37 carnées ; en avoine, 10 crubes ; en gélines, 14 gélines ou poulets. La géline était estimée à 6 sous pièce. Les 27 carnées de froment faisaient environ 3 boisseaux, valant chacun 10 livres. Le crub comble d'avoine équivalait à un boisseau d'une valeur de 3 livres. Le total n'était donc pas exorbitant.
L'ancienne paroisse de Cuzon, qui n'a pas été érigée en commune, est annexée à la paroisse de la Trinité de Kerfeunteun en 1792. Dans Cuzon, l'Evêque touchait des droits analogues : la dîme à la dixième gerbe sur les parcelles de Trocoet-Coetbily, Kerarzren, Kermenguy et Goulet-Coeuzon, et des chef rentes sur Crechalenou, Kernoguou, Keranbihan, Kermaous, Moul Cuezon Huellaff et Izellaff, Lanveou, Kerlic, Chevardiry, Crec'holleguer, Kermorvan, Keranmanoir, Kergariou, Coetcouserch, Leors-Beuz ou Coat-Beuz, Pratistang, Kerannou, le moulin du Vergé. Ces chefs rentes donnaient à l'Evêque, en argent, 13 livres 14 sols 9 deniers, 34 crubes d'avoine, une carnée de froment et 17 gélines.
Note
1 : La Révolution
: M. Pierre Le Mignon, recteur
de Kerfeunteun, étant décédé en Septembre 1790, on s'empressa de lui donner
un successeur du vivant encore de Mgr. de Saint-Luc, qui était très malade,
afin d'éviter l'application de la nouvelle loi constitutionnelle qui
prescrivait l'élection pour le choix des curés. Cette nomination fut signée
le 29 Septembre, et dès le 30 au matin, M. Vallet prenait possession dans les
formes, suivant les anciens usages. « L'an 1790, le jeudi 30 Septembre, nous
Pierre-Michel Cuzon, notaire royal apostolique de la sénéchaussée de Quimper,
rapportons nous être, environ les 8 heures 1/2 du matin de ce jour, exprès
transporté de notre demeure que nous faisons en la ville de Quimper, paroisse
de Saint-Sauveur, à la requête et en compagnie de vénérable et discret
missive Jean-François-Marie Vallet, prêtre curé de la paroisse d'Ergué-Gabéric,
jusques au-devant de la principale porte de l'église paroissiale de Kerfeunteun,
où étant le dit Sr. Vallet revêtu d'aube et d'étole, en présence de vénérable
et discret missire Allain Dumoulin, recteur de la paroisse d'Ergué-Gabéric,
ancien directeur du séminaire de Plouguernével, et Pierre Coquiec, directeur
et procureur du séminaire de cette ville, témoins requis et appelés à cette
fin, m'a requis de le mettre en possession du bénéfice cure du dit Kerfeunteun,
maison presbytérale, fruits et revenus en dépendant, au désir de la
nomination qui a été faite de sa personne le 29 de ce mois par révérend Père
en Dieu Toussaint-François-Joseph Conen de Saint-Luc, évêque de ce diocèse
de Quimper, laquelle nomination et provision le dit Sr. Vallet nous a à
l'endroit remise signée : " de Larchantel, vic. gén. ", et plus bas
: " de mandato, Boissiere, .... ", scellée du sceau du dit Sgr. Evêque,
laquelle sera contrôlée avec le présent. En conséquence de quoi, le dit Sr.
Vallet a en l'endroit pris possession réelle civile et corporelle du dit bénéfice
cure de Kerfeunteun, droits et fruits en dépendants en général, sur la
vacance d'iceluy par le décès de missire Pierre Le Mignon, dernier possesseur
du dit bénéfice, pour avoir le dit Sr. Vallet été reçu à la dite
principale porte et entrée de la dite église de Kerfeunteun par Missire Daniel-Corentin
Yven, prêtre chapelain de l'église. de Saint-Mathieu de cette ville et faisant
les fonctions curiales en la dite paroisse de Kerfeunteun lequel dit Sr. Yven
portant la croix a présenté la chappe au dit Sr. Vallet qui s'en est vêtu
ensuite a baisé la dite croix et assisté de plusieurs personnes et habitants
de la dite paroisse assemblées au son des cloches a été conduit
processionnellement en la dite église, chantant le Veni Creator, et y étant
s'est agenouillé au maître-autel devant le Saint-Sacrement, fait ses prières,
chanté l'oraison, ouvert le tabernacle, visité et encensé le saint ciboire et
baisé le missel, ensuite nous nous sommes aussi rendus de compagnie, aux fonts
baptismaux qu'il a pareillement ouverts et visités et fermés, sonné la
cloche, touché le pupitre, chanté le Te Deum, entré dans la sacristie, visité
les ornements, monté en chaire et enfin fait tous les autres actes requis et nécessaires
pour bonne et valable possession canonique prendre, laquelle a en l'endroit été
par moi dit Cuzon publiée aux
dits paroissiens, tant en français qu'eu breton, et leur ai représenté le sus
dit acte de nomination et possession sans que personne s'y soit opposé ni
apporté aucun trouble ni empêchement. Après quoi le dit Sr. Vallet s'est en
ma compagnie rendu jusques en la maison presbytérale dont, en la présence des
soussignés, je l'ai mis en possession réelle corporelle et actuelle ainsi que
du jardin et dépendances ayant à la dite fin fait tous les actes requis aussi
sans le moindre trouble ni opposition. De tout quoi le dit Sr. Vallet m'a requis
de lui rapporter ce que j'ai fait environ les 9 heures 1/2 du matin de ce jour,
en présence des dits Srs. Dumoulin, Coquiec, sous leurs seings, celui du Sr.
Vallet et autres et le mien. Après quoi le Sr. Vallet m'a déclaré avoir signé
le formulaire en conformité des dites nomination et provision, les dits jour et
an. Ch.-M. de Leissegues, Cuzon, not. royal apostolique. Contrôlée à Quimper,
le 30 Septembre 1790. Reçu 7 livres 10 sous. Signé : DE TREMAUDAN ».
Le soir même de cette installation, Mgr. de Saint-Luc rendait le dernier
soupir, et le département, en annonçant cette nouvelle au Comité ecclésiastique
de Paris, lui demandait conseil pour savoir comment appliquer la nouvelle
constitution au sujet de la nomination à la cure de Kerfeunteun. « 1er
Octobre 1790. Messieurs. C'est avec le sentiment d'une juste douleur que nous
nous trouvons forcés de dénoncer à votre justice une infraction notoire à
l'un de vos décrets les plus importants. M. Conen de Saint-Luc, évêque du département
du Finistère, vient de mourir. Toute la ville de Quimper ressent avec la plus
amère affliction, la perte d'un prélat dont les vertus et la solide piété
n'avaient cessé de l'édifier pendant le cours d'une vie véritablement
apostolique. Le Chapitre de Quimper, également recommandable par ses lumières
et ses vertus dignes des beaux jours de la primitive Eglise, éprouve plus
particulièrement tous les regrets qu'une telle perte est propre à faire naître.
C'est dans ces circonstances aussi affligeantes, que la rigueur de notre ministère
et la stricte observance des loix ... nous oblige à vous faire part de la
conduite du Grand Vicaire de l'Evêché et des sentiments que vient de
manifester le Chapitre assemblé capitulairement. Sur la nouvelle que nous reçûmes,
le 25 du mois dernier, de la vacance de la cure de Kerfeunteun, nous nous
empressâmes de notifier officiellement le 26, à M. l'Evêque défunt, la
proclamation du Roi du 24 Août sur les décrets relatifs à la Constitution
civile du Clergé. Cette démarche de notre part était motivée sur ce que nous
fûmes informés que l'Evêque avait précédemment droit de nommer à cette
cure. Ce prélat ressentait déjà la maladie qui l'a depuis mis au tombeau. Son
état ne lui permit point de nous donner aucune réponse. Le 28 Septembre, son
silence et la certitude qu'on nous donna que l'Evêque n'était pas seul
nominateur de la cure de Kerfeunteun, et qu'il exerçait cette faculté
concurremment avec quelques chanoines, nous déterminèrent à notifier aussi la
proclamation au Chapitre. Nous joignons ici. copie de sa réponse ... Nous. étions
encore profondément affectés de cette protestation du Chapitre lorsque, le 30
Septembre, nous fûmes informés qu'il ne se bornait pas à manifester des
sentiments contraires à vos décrets et qu'il venait de les violer ouvertement.
Le District nous rendit compte que le Sr. Vallet avait pris, ce jour même,
possession de la cure de Kerfeunteun, à laquelle le Sr. Larchantel, oncle,
chanoine et grand vicaire, l'avait nommé au nom et attendu la maladie de M. l'Evêque.
... Vous jugerez sans doute qu'il est de votre justice de casser cette
nomination et d'ordonner qu'il soit procédé à une nouvelle élection suivant
les formes prescrites ... ». Le comité ecclésiastique (L. 79) répondait
qu'en effet cette nomination était nulle et, le 17 Octobre, le Directoire du département
fit défense au Sr. Vallet de continuer ses fonctions curiales, et convoqua les
électeurs pour élire un nouveau Curé. En attendant, le Directoire du
District, par arrêté du 19 Octobre, considérant la cure de Kerfeunteun
vacante, en confie l'administration au vicaire, le Sr. Yven, en qualité de Curé
d'office, et défend au Sr. Vallet « de s'immiscer dans les fonctions
curiales en vertu de sa prétendue prise de possession ». M. Vallet ne tint
aucun compte de cette défense et écrivit le mémoire suivant à l'Assemblée
nationale pour soutenir la légitimité de sa nomination. « Supplie
humblement Jean-François-Marie Vallet, recteur de Kerfeunteun ..... M. l'Evêque
de Quimper m'a confié la cure de Kerfeunteun, le 29 Septembre dernier. J'en ai
pris possession le 30. Cet acte s'est fait avec la plus grande authenticité, il
a commencé à 8 h. 1/2 du matin et a fini une heure après. Quelle a donc été
ma surprise lorsqu'on m'a notifié, le 19 de ce mois, de la part du District, défense
de m'immiscer dans les fonctions curiales de ma paroisse. Cette défense parait
fondée sur un avis du Comité ecclésiastique de l'Assemblée nationale du 12
Octobre. Plus j'ai de respect pour les lumières du Comité, plus cet avis m'étonne
... On tenait pour maxime incontestable, dans la France entière, que les lois
n'avaient d'exécutions que du jour de leur enregistrement ... Vos décrets sur
la Constitution civile du clergé portent : " A compter du jour de la
publication du présent décret, on ne connaîtra qu'une seule manière de
pourvoir aux évêchés et aux cures, l'élection ". Donc, avant la
publication, j'ai pu être pourvu par une autre voie. que celle de l'élection.
... Par publication, on a toujours entendu la lecture publique de la loi dans
les tribunaux et sa transcription sur les registres. Il faut un moment unique où
la loi commence à devenir obligatoire dans chaque district pour tout le monde.
Il serait de la plus dangereuse conséquence que cet ordre fût interverti,
qu'on lui substituât ce mode arbitraire de la notification. Alors la loi ne
serait ni égale pour tous ni universelle ; ce serait une arme dont on pourrait
frapper les uns en ménageant les autres. Ces notifications ... ne peuvent avoir
la même authenticité qu'une publication légale. De ces principes il résulte
que ma prise de possession est légitime, puisqu'elle a pour fondement une
collation faite par un prélat qui est mort avant la promulgation du décret qui
devait la lui interdire. La notification peut se faire après la publication
pour ôter prétexte d'ignorance à l'individu. Mais avant la publication, elle
ne saurait être obligatoire, autrement ce serait établir envers lui une
exception de faveur ou de haine à la volonté des notificateurs ... Vous
supplie (en conséquence) de faire au District de Quimper défense de me
troubler dans mes fonctions curiales. C'est justice ». Nonobstant
cet appel, les électeurs du District convoqués le 30 Octobre pour l'élection
de l'Evêque étaient priés de procéder par la même occasion à l'élection
d'un Curé pour Kerfeunteun. Cette dernière opération n'eut pas de résultat,
le sujet élu, le Sr. Berou, vicaire de Penmarch, ayant refusé cette place. Le
District consulta de nouveau le Comité ecclésiastique et sur son avis du 4
Novembre, il prit l'arrêté suivant du 11 Décembre 1790 : « Considérant
qu'il est temps de remédier efficacement à ce scandaleux désordre et
important d'empêcher que le peuple de Kerfeunteun égaré en partie par des
insinuations dangereuses ne se partage entre celui qui veut usurper, au mépris
des décrets, le titre de pasteur et celui qui, par un religieux civisme,
continue à lui rendre des services dont ce peuple jusqu'ici n'a eu qu'à se
louer ; Considérant que le Sr. Vallet continue à prétendre au titre de
recteur et à exercer les fonctions pastorales, qu'il menace même des peines
canoniques le Sr. Yven, qui, conformément au voeu de l'administration, continue
à y remplir les fonctions curiales ; Le Directoire est d'avis de faire itératives
défenses au Sr. Vallet de s'immiscer dans aucune fonction curiale, sous peine
d'être réputé perturbateur public et comme tel d'être dénoncé à la
justice ... Est expressément enjoint à la municipalité de Kerfeunteun de
veiller à l'exécution de cet arrêté ». M. Vallet, fort peu ému de ces
itératives défenses, n'en continuait pas moins ses fonctions et provoquait, le
27 Décembre 1790, un nouvel arrêté du District : « Considérant que le Sr.
Vallet fronde avec une impudente audace les décrets sur l'organisation du clergé,
est d'avis qu'il soit incessamment dénoncé à la justice ». Loin
d'être intimidé par cette nouvelle menace, M. Vallet prit à son tour
l'offensive. Il déclara positivement qu'il était bien et duement recteur de
Kerfeunteun, et qu'il n'abandonnait pas ses fonctions ; que, d'ailleurs, le
Comité ecclésiastique de Paris, dans son avis du 4 Novembre, disait qu'en cas
de contestation, cette affaire devait être portée devant les tribunaux pour y
être jugée contradictoirement avec le Procureur général syndic du département,
et en conséquence M. Vallet, par exploit du 28 Décembre, cita cet officier
public, en la personne du Procureur-Syndic du District (Le Coz, Claude), à
comparaître devant le bureau de paix. Cette
détermination de M. Vallet déconcerta le Directoire du département et, le 7
Janvier 1791, il faisait part de son embarras à l'Assemblée nationale en ces
termes : « Nous
avons pensé que toutes nos démarches dans cette affaire n'ayant été qu'une
suite d'actes purement administratifs, nous ne devions pas être traduits devant
les tribunaux, aux termes de l'article VII de la section III du décret général
du 22 Décembre 1789. Nous avons, en conséquence, arrêté que le Procureur
général Syndic ne déférerait pas à la citation du Sr. Valet, et quant à cet
ecclésiastique, avons fait défense aux marguilliers de Kerfeunteun de lui
fournir les ornements nécessaires pour l'exercice d'aucune fonction curiale.
Telle est notre position à l'égard de cet ecclésiastique qui se montre
ouvertement réfractaire aux lois ... Nous pensons qu'un décret particulier
relatif à sa nomination peut seul décider la question relative à la validité
de sa nomination. Il se fonde principalement sur ce que vos décrets sur la
Constitution civile du Clergé n'étant pas encore promulgués et publiés
dans le département à l'époque du 26 et 28 Septembre, la notification que
nous en fîmes personnellement à l'Evêque et au Chapitre est insuffisante
pour annuler
sa nomination, faite le 29 Septembre, à la cure de Kerfeunteun ».
Les
marguilliers de Kerfeunteun étaient probablement plus dévoués à M. Vallet
qu'empressés à exécuter les arrêtés du Département, car le sieur Yven était
réduit à se plaindre au District que, le 8 Janvier, le Sr. Vallet avait célébré
des fiançailles et que, le 16, il avait chanté la grand'messe, fait le prône
et un baptême.
Note
2 : Rôle des décimes de Kerfeunteun en 1788
: M. Mignon, recteur (38 livres et 10 sols), la Fabrice (10 livres),
Saint-Hervé (4 livres et 5 sols), Notre-Dame de Kernilis (2 livres),
Saint-Louis (2 livres et 5 sols), Notre-Dame de Menfouez (13 livres). Total : 70
livres. Liste non exhaustive des Chanoines
et Recteurs de Kerfeunteun :
Kerfeunteun fut une des douze prébendes
primitivement affectées au Chapitre de Quimper au XIIème siècle. Vers cette
époque, les chanoines prébendiers, qui devaient, dans le principe, s'occuper
du soin des âmes de leur « bénéfice », s'en déchargèrent pour le
confier à un vicaire. Plusieurs de ces vicariats furent, dans le commencement,
pourvus par le Chapitre en commun ; mais le Cartulaire nous apprend qu'en 1270,
ces nominations furent confiées à l'un ou l'autre des chanoines ; c'est ainsi
qu'il fut alors décidé que le vicaire de Kerfeunteun serait nommé par le
possesseur de la prébende, qui était alors Gauffridus infantis, c'est-à-dire
Geoffroy Buguel. Nous allons donner ici les noms que nous avons pu recueillir
des titulaires, soit pour la prébende, soit pour le vicariat de Kerfeunteun.
Ces vicaires possédaient un bénéfice à titre inamovible et s'appelaient
indifféremment « vicaires perpétuels » ou « recteurs ». Chanoines
prébendés : - 1578-1602 : Yves Toulalan, grand chantre. A sa mort, 1602,
la prébende est donnée. - 1602-1617
: au chanoine Guillaume Petit, décédé en 1617, remplacé par le suivant. -
1617 : Louis Binet, clerc du diocèse de Tours, qui résigne à. - 1617 : Jean
Rouillé. - 1671 : Moussac. Se démet. - 1671-1697 : François Amice, qui meurt
en 1697. - 1697-1703 : Guillaume Bremond qui, en 1703, le 6 Septembre, permute
avec le suivant. - 1703 : Henri de Suberville, chanoine de Saintes, qui permute
avec le suivant. - 1703 : Jacques Furic, qui était recteur de Châteauneuf-du-Faou.
- 1764-1789 : L'abbé de Sévérac. Vicaires ou Recteurs de Kerfeunteun.
- 1467 : Jean Cozic. - 1512 : Gauvaing Kerviler, recteur de Kerfeunteun et de
Scaër. - 1572-1588 : Pierre Goazguenou, chanoine recteur (Note : C'est
peut-être ce chanoine recteur qui est représenté au bas du vitrail de la maîtresse-vitre,
à moins que ce ne soit le chanoine prébendier Yves Toulalan). - 1596-1607 :
Pierre Maugoriec, chanoine recteur. - 1607 : Jean Pérennès, diacre, reçu
recteur. - 1675 : Julien-Jean Guesdon. - 1675 : François Corfman ; était
sacriste à Saint-Corentin. - 1679 : François Amice ; neveu d'autre François
Amice, recteur de Fouesnant et chanoine. - 1686 : Guillaume Moenant. - 1694 : Décès
du recteur, Alain Prouhet. - 1713 : Jean Dornic. - 1747-1756
: M.-J. Arhan. - 1760-1765 : L. Le Coz. - 1766-1768 : J. Cansot. - 1770-1790 :
Pierre Le Mignon. - 1790 : François-Marie Vallet. Liste non exhaustive des Recteurs
de Kerfeunteun depuis le Concordat
: - 1804 :
Jacques Le Gall, de Pleyben. -
1813 : Joseph-François Vistorte, de Lannion (avait été déporté
en Espagne) ; décédé en 1845, aumônier du Calvaire, à Landerneau. - 1813-1827
: Guillaume Floc'h, de Lopérec. - 1827-1839 : Charles Boga, de Plouézoc'h. -
1839-1847 : Laurent Coquil, de Guiclan. - 1847-1853 : François Gourc'han, de
Saint-Pol de Léon. - 1853-1855 : René Jaffry, d'Audierne. - 1853-1884 :
Guillaume Bolloré, de Lanriec. - 1884-1888 : Guillaume Iliou, de Plouzané. -
1888-1891 : Raymond Bourlé, de Quimper. - 1891-1896 : Yves Linguinou, de
Pleyber-Christ. - 1896-1912 : Charles-Marie Pérn, de Saint-Pol de Léon. - 1912
: Pierre-François Floc'h, de Sibiril, ...... Liste non exhaustive des Vicaires
de Kerfeunteun depuis le Concordat
: - 1831 : Yves-Michel Coroller.
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PATRIMOINE de KERFEUNTEUN
l'église Sainte-Trinité. Elle doit dater de la deuxième moitié du XVIème siècle, d'après le dessin de ses fenêtres, de ses piliers et de ses arcades. Ce qu'il y a de plus remarquable à noter dans cet édifice, c'est le clocher qui couronne le portail Ouest et qui chevauche sur ce pignon au moyen de deux encorbellements moulurés le portant en saillie des deux côtés. La fenêtre absidale contient une verrière assez précieuse, réparée à Paris vers 1914-1919. C'est un Arbre de Jessé, représentation que l'on trouve encore dans quelques-unes de nos églises, notamment à la chapelle de N.-D. de Confors, en Meilars. C'est la traduction du texte d'Isaïe, chap. XI : Il sortira une tige de la souche de Jessé, et elle produira une fleur sur laquelle se reposera l'Esprit du Seigneur. De la poitrine de Jessé endormi sort le tronc d'un arbre sur les branches du quel sont les rois de Juda, ancêtres de Notre Seigneur, à partir de David, fils de Jessé. En règle générale, au sommet de l'arbre est la fleur mystérieuse prédite par le prophète, la Sainte-Vierge Marie portant son divin Fils, l'Enfant-Jésus, au-dessus desquels plane le Saint-Esprit. Mais dans le vitrail de Kerfeunteun, par exception, au lieu de la Sainte-Vierge on a représenté Notre Seigneur en croix, entre sa Mère et saint Jean. Dans un des panneaux latéraux du bas, on voit le Sainte-Trinité, sous le vocable de laquelle est dédiée l'église puis, de l'autre côté, un saint évêque bénissant, en chape, mitre et crosse, et ayant à ses pieds le donateur agenouillé, un prêtre ou chanoine en chape. La grande croix processionnelle en argent est assez remarquable : les croisillons et le sommet se terminent par trois belles boules à godrons ; les statuettes de la Sainte-Vierge et de saint Jean sont portées sur des consoles latérales. Le noeud diffère un peu de celui des autres croix monumentales ; il est constitué par six colonnettes corinthiennes dégagées, supportant une sorte de dôme qui abrite un petit édicule intérieur où sont six niches avec statuettes. Une inscription gravée donne la date de cette pièce d'orfèvrerie : B.TRINITAS . P. R. DVBOIS . J . LE. BESCOND F. DELY . RECTEVR . 1638. Dans la partie ancienne du cimetière, au Nord de l'église, au lieu de la croix traditionnelle, on trouve une colonne surmontée d'une représentation de la Sainte-Trinité : le Père Eternel, en chape et en tiare, tenant devant Lui le Fils crucifié, au-dessus duquel est le Saint-Esprit, sous forme de colombe. Dans le porche, se voit, sur une plaque de marbre, l'épitaphe du célèbre peintre Valentin ; |
la
chapelle de la Mère-de-Dieu (Ty-Mam-Doue). La
chapelle Ty-Mam-Doue, ou de la Maison de la Mère de Dieu, située à
trois kilomètres de Quimper, faisait autrefois partie de la paroisse de
Cuzon, mais a été réunie depuis le Concordat à celle de Kerfeunteun.
Cette chapelle est un lieu de pèlerinage fort fréquenté, tout particulièrement
par les habitants de Quimper, tant à cause de sa proximité de la ville,
qu'à raison de la dévotion traditionnelle qui, de temps immémorial, s'est
manifestée en ce lieu, en l'honneur de la Mère de Dieu. A quelle époque
faut-il faire remonter les origines de cet oratoire ? C'est ce qu'il n'est
pas possible de préciser, et nous ne pouvons répondre à cette question
que d'une manière approximative. Un arrêt du Parlement de Bretagne rendu
le 1er Avril 1556 nous apprend que l'an 1540, Pierre Kernechquivilic, lors
sieur de Keranmanoir, sur le terrain duquel était bâtie la chapelle, «
aurait permis aux paroissiens de Choeuzon de refaire et reconstruire de
nouveau certaine chapelle appelée chapelle de la Mère de Dieu ».
Le premier édifice était donc en ruine au commencement du XVIème siècle,
ce qui suppose une existence antérieure d'au moins deux siècles. Il serait
dès lors permis de conclure que la première construction datait de la
première partie du XIVème siècle, et si l'on rapproche cette date de
celle de la translation de la maison de Nazareth à Lorette en 1295, et de
la dénomination sous laquelle a été connu
de tout temps l'oratoire de Kerfeunteun : Chapelle de la Maison de la Mère
de Dieu, il ne sera pas téméraire d'avancer que la chapelle de Ty-Mam-Doue
a été construite en mémoire de la translation miraculeuse de la maison où
s'est accompli le mystère de la maternité divine, et que cette
construction date d'une époque rapprochée de ce grand événement. Cette
conjecture est encore confirmée par l'existence des deux édifices séparés
qui se voient en ce lieu de Keranmaner, dont l'un affecte la forme d'une
simple maison convertie en oratoire, et l'autre est la chapelle proprement
dite de la Maison de la Mère de Dieu. Il serait difficile d'expliquer
autrement le voisinage si rapproché de ces deux édifices. Le
manoir noble de Keranmaner, sur les terres duquel était bâtie la chapelle, relevait de
l'Evêque de Quimper, auquel il
payait la dîme. Ce manoir était possédé
en 1509, par Jean Le Scanff, veuf de
Marguerite Noël (Voir Archives départementales, R. G. 54). En 1540, il appartenait, d'après
l'arrêt, cité plus haut, à Pierre
Kernechquivilic, qui, en 1549, le délaissa, à titre de féage, à Jehan
Furic, époux (en 1562) de demoiselle Jeanne
Le Cleuziou ; mais cette cession était faite à condition «
qu'il ne serait permis à nulle personne fors audit Kernechquivilic avoir et
mettre armoieries et intersignes de noblesse, sans le congé du dit
Kernechquivilic, suivant lequel contrat le dit
de Kernechquivilic aurait fait apposer des armoieries au portail d'icelle chapelle
lesquelles y auraient tousjours esté au
veu et sceu de tous les
paroissiens et si longuement que le dit de Kernechquivilic a esté sieur du dit lieu de Keranmanoir ».
Le
sieur de Kernechquivilic ne figure pas dans l'armorial de M. de
Courcy, et il serait inutile de rechercher ses armes
au portail de la chapelle, car cette partie de l'édifice porte
la date de 1592 Grande chapelle
actuelle (1914). — Elle est d'un très heureux
effet, surtout vue à travers les arbres du placître.
Ce qui lui donne particulièrement du pittoresque, c'est son petit clocher
si singulièrement campé sur un contrefort d'angle,
orné de niches et de dais, la belle porte sculptée et feuillagée à côté
de ce contrefort, la fenêtre et le grand pignon du transept Sud et les
pignons aigus de l'abside. Au-dessus
de cette porte ornementée, se lit la date de cette partie de la construction, écrite en caractères
gothiques sur un cartouche tenu par deux petits personnages. Cette
légende, avec ses abréviations, est très difficile à déchiffrer ; la voici, d'après la dernière lecture qu'en
a faite M. Lucien Lécureux : | |
la chapelle Saint-Denis. Chapelle construite dans la première moitié du XVIIème siècle, par Guy de Missirien. Elle faisait partie, comme celle de Ti-Mam-Doue, de l'ancienne paroisse de Cuzon ; | |
la chapelle Saint-Pierre. Chapelle reconstruite par M. Bolloré, recteur, vers 1875. Elle remplace l'ancienne église paroissiale de Cuzon, dans. laquelle se trouvaient quelques anciennes pierres tombales qui ont été transportées à Kernuz ; | |
la chapelle Notre-Dame de Kernilis. Chapelle encore existante, où prêcha le R. P. Maunoir en 1631-1633, alors qu'il était professeur au collège de Quimper, mais non encore prêtre ; | |
la chapelle Notre-Dame de Menfouez. Soit dans cette chapelle, soit dans la précédente, Notre-Dame était honorée sous le titre de Notre-Dame de Pitié. D'après le rôle des décimes, c'était elle qui recevait le plus d'offrandes ; | |
la chapelle de Saint-Hervé. Cette chapelle, qui figure au rôle des décimes, a dû être, au Concordat, cédée à Briec. C'est près de cette chapelle, maintenant en ruines, sur la route de Quimper à Châteaulin, qu'Audrein, évêque constitutionnel du Finistère, fut fusillé pur les chouans, le 20 Novembre l800 ; | |
la chapelle Saint-Louis. Le rôle des décimes mentionne cette chapelle comme appartenant è Kerfeunteun. C'est la chapelle du cimetière de ce nom qui à été annexée à la paroisse de Quimper ; | |
la chapelle Saint-Eujen. C'est le nom d'un village où, probablement, a dû exister autrefois une chapelle en l'honneur de saint Tujan ; | |
la chapelle Saint-Yves. Ancien hôpital, une des quatre maisons hospitalières fondées par l'évêque Bertrand de Rosmadec, Sainte-Catherine, Saint-Antoine, Saint-Julien et Saint-Yves. Ces deux dernières furent supprimées au XVIIème siècle ; |
les manoirs de Cuzon (annexée à la paroisse de la Trinité de Kerfeunteun en 1792) : Cost-Bily. — A 4 kilomètres de Quimper, à main droite de la roule de Brest. Façade large mais sobre, fenêtres rectangulaires, Renaissance, lucarnes couronnées de frontons à coquilles. Au palier de l'escalier à marches de granit : Lan mil VcLVII Pierre Le Mine! me fit faire. Chef-du-Bois
ou Penhoet-Dolou. — 22 Février 1496.
Raoul Le Moël, évêque de Quimper, faisait don du droit de bail à Armel
de Kernuzan, fils mineur (20 ans), héritier principal et noble de Pierre de
Kernuzan. L'Evêque ne prend que 10 livres sur les 20 livres qui lui étaient
dues, en considération du prieur de Saint-Nicolas de Poitiers, oncle
d'Armel de Kernuzan. - 25
Novembre 1515. L'Evêque remet aux enfants mineurs de feu Armel de Kerynizan,
Sr. de Pencoet, époux d'Alice de Tregouret. Coetgouzech
ou Coetnescop. — 1556. Aveu
d'écuyer François du Brieuc. Chivardiry.
— Moulin ruiné, pour lequel, en 1437, rend aveu Jean de la Coudray, Sgr. de
Kerpaën. Crechalenou. — Manoir près de Crecheuzen, enclavé dans les limites de la ville de Quimper. En 1510, René de Kerloaguen, Sr. de Crecheuzen, reconnaît devoir sur ce manoir deux crublées d'avoine et une géline. Il donne du Nord sur le chemin conduisant de Quimper au village de Kerfily, d'Orient sur rabine conduisant à la lande de Cuzon, du Midi sur le bois taillis du manoir de La Forêt. Crecheuzen, dans
l'ancienne paroisse de Saint-Primaël, manoir converti en séminaire. La
Forêt. — Donnant d'Orient sur la terre de Kervir, du Midi sur la rivière
Odet et du Nord sur la lande de Coeuzon. A
100 mètres de la route allant de Quimper à l'hippodrome de Cuzon, un
portail gothique donne entrée dans la cour. Le portail est encadré de
moulures feuillagées, en accolade, avec blasons et lions héraldiques
tenant des branches noueuses ; il est défendu par une petite tour carrée,
percée de meurtrières. Après
avoir franchi cette entrée, on se trouve dans l'ancienne cour d'honneur
transformée maintenant en cour de
ferme, et l'on a devant soi la façade du vieux logis, partie en simples
moellons, partie en belles pierres de taille. La large porte en anse de
panier, encadrée de pilastres gothiques, de moulures prismatiques et
d'une accolade feuillagée, est encore accostée des mêmes lions ; les
moulures verticales sont surmontées d'anges tenant des écussons ; et au-dessus du
fleuron de couronnement est fièrement campé une sorte de
petit lansquenet brandissant. crânement sa rapière. Les
fenêtres sont moulurées, et quelques-unes ornées de sculptures ; cinq
d'entre elles, sont recoupées de meneaux et de croisillons. Au bas des
rampants des pignons, s'accrochent des gargouilles, et à mi-hauteur d'un de
ces rampants est accroupi un marmouset. Faisant retour d'équerre, au fond
de la cour, est une autre aile dont une moitié semble former grange ou
galerie couverte, les poutres du plancher étant soutenues par trois
belles colonnes de pierre. Ce petit coin curieux a été reproduit dans
le Village breton de l'Exposition universelle de 1900. A
l'intérieur de la maison, on peut encore étudier les particularités des
vieux manoirs bretons : grandes cheminées de granit, plafonds aux poutres
et solives moulurées, porte aux sculptures mythologiques du temps de François
Ier, bel escalier à vis, dans la tourelle d'arrière portes biaises
savamment appareillées, arcs enchevêtrés, pour soutenir les paliers. Sur
la cheminée d'une des grandes chambres du premier étage, on voit cet écusson
: d'argent au grelier de sable lié et enguiché de gueule, accompagné
de 3 feuilles de houx de sinople renversées. Mahault, Sr. de Minuello, en
Melgven. Keramaner, à 300 mètres plus haut que la chapelle de la
Mère-de-Dieu, du
même côté de la route. — Portail d'entrée de la cour d'honneur,
style de la fin de la période ogivale, dans le genre du portail du manoir
de La Forêt : pilastres carrés, avec bases et chapiteaux à moulures
gothiques, surmontés de pinacles aigus et portant une arcade surbaissée
à moulures prismatiques, et saillie à crossettes feuillagées. A la
hauteur des chapiteaux, lions héraldiques. Grande
cour précédent le manoir, puits entouré d'une margelle à larges
moulures. Maison développant une vaste façade à trois ouvertures au rez-de-chaussée, trois à l'étage et, dans les combles, trois lucarnes à
frontons hémicirculaires, genre Renaissance, tandis que les chevronnières
des pignons sont garnies de crossettes à feuilles de choux. A l'intérieur,
portes gothiques, cheminées moulurées en granit, armoiries des Furie, 3
croix. Grand
escalier tournant. Kergariou.
— 1437. Aveu de noble homme Jean de la Coudray, chevalier Sgr. de Kerpaën. Kerisit. — 1610. Aveu de Charles du Boisguehenneuc et Dlle Marie de Lanros, Sr. et dame du Minven, héritière de ses père et mère, Jacques de Lanros et Catherine Aultret. Kerledan.
— 1437. Aveu de Jean de la Coudraye, Sgr. de Kerpaën. Kermahonec.
— 1540. Aveu de Charles Chever, écuyer Sr. de Kermahonet. Kermenguy.
— 1437. Aveu de noble homme Jean de la Couldraye, chevalier sergent féodé
de Kerpaën. - 1610. Aveu de Charles du Boisgueheneuc et de Marie Lanros, sa
femme. Kerurgoaz.
—1540. Aveu de Yvon du Dresnay et de Françoise de Ker. Mesguen. — 1643. Aveu de Dlle Marie Perrault, dame de Keranguen, lui, échu de Jeanne Le Gubaër, dame du Mesguen, sa mère. Stang-Bihan. — 1540.
Henri Bolot et Catherine du Bourch, veuve en premières
noces et douairière de Glazren Le Gardien.
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les manoirs de Kerfeunteun : Treheir. — Ce manoir, qui s'appelait aussi Trohei, Troheis, Tronheir et Tuonheir, était possédé, au XIVème siècle, par un seigneur Geoffroy de Tronheir (armiger), qui figure au Cartulaire de Quimper dans des actes de 1326-1327. Au XVème siècle, Tronheir était la propriété des seigneurs du Juch qui, comme relevant des Reguaires ou de la juridiction temporelle de l'Evêché, devait à l'Evêque un droit de bail, c'est-à-dire qu'à la mort du seigneur et pendant la minorité de ses enfants, l'Evêque en était considéré comme le tuteur et touchait les revenus des terres jusqu'à la majorité de l'héritier. Ce droit, qui paraissait exorbitant aux seigneurs du Juch, fut changé par transaction entre Henry du Juch et l'évêque Thiébaud de Rieux, le 19 Mars 1475, en un droit dit de rachat, c'est-à-dire qu'à la mort du seigneur, l'évêque n'avait droit qu'à un an du revenu de la terre. En reconnaissance, « Henry du Juch, pour lui et ses successeurs, met et constitue de chef-rente sur le tout des héritages tenus ès dits reguaires, oultre les debvoirs deus auparavant, à sçavoir est : une paire de mitaines bonnes et honnetes à bailler à un prélat pour estre en son pontificat, quel chefrente le dit messire Henry et ses successeurs seront tenus payer et rendre au dit Rd Père en Dieu et ses successeurs, à peine d'amende et de la saisie des dits héritages au deffaut d'icelle chefrente comme s'en suit : sçavoir ès trois prochaines festes de Noël, le dit chevalier s'il n'est absent hors de ceste contrée ou empeché par maladie en fera le payement en personne chacun jour de Noël au commencement de la messe de Puer natus est, au bout du grand autel de l'église cathédrale, au dit Rd Père en Dieu ou a iceluy qui dira la grande messe, et les hoirs et successeurs du dit messire Henry, seigneurs et possesseurs du dit manoir de Troheir seront tenus payer de leur personne cette chefrente a chacun évesque, le jour de son entrée en la ville de Quimper, au bout dudit autel, et par deux autres fois durant la vie de chacun. Hoirs et successeurs le payeront aussi en leurs personnes au bout du dit autel, le jour de Noël, au commencement de la dite messe et aux autres temps lors des dits payements dessus déclarés. Le dit Sgr. du Juch et ses hoirs payeront la dite chefrente au Rd Père en Dieu à chacun jour de Noël, par chacun ait, à l'issue de la porte de la maison épiscopale, comme ils partiront d'icelle maison à aller à la dite grand messe de Puer natus à la cathédrale ou aux vicaires du dit Rd Père en Dieu et des dits successeurs lorsqu'ils seront absents, et à la fois que le dit messire Henry et successeurs ne feront le paiement du dit chefrente de leur personne à l'issue de la dite porte, ils seront tenus de le faire payer par procureur qui soit noble homme ayant pouvoir exprès d'iceulx quant à ce ». Vingt-cinq ans plus tard, le 17 Août 1500, une nouvelle transaction avait lieu entre Raoul Le Moel, évêque de Cornouaille, et le frère de Henry du Juch, Hervé du Juch, chevalier Sgr. de Pratanroux, de Lescuz et de Troheir, par laquelle « est reconnu expressément le contenu en la déclaration du 19 Mars 1475, à laquelle on n'entend nullement déroger, fors et excepté de la paire de mitaines, au sujet de laquelle, attendu la difficulté d'en trouver de bonnes et honnetes telles qu'à tel seigneur et prélat peut et doit appartenir pour officier en pontificat, il a été convenu par la présente que le dit seigneur du Juch fera le premier payement d'une paire de mitaines ou gants bons et honnestes brodés d'or du coing réal à la couronne ou soleil ou de Bretagne de prix si trouver le peut par espèce ou autrement, et si que non, une moitié d'escu d'or de prix bon et métable, quel escu sera au cas, apporté au lieu déclaré par la dite transaction de 1475 à faire le dit paiement et là, coupé en deux moitiés et portions en présence du Sgr. Evêque, dont il choisira et prendra celle des dites portions que bon lui semblera ; et le prochain an après le neuvieme an (de son entrée solennelle à l'Evêché) paiera et baillera au dit Sgr. Evesque pareille paire de mitaines ou gants, brodés comme devant, et par autant que le dit Sgr (du Juch) ne pourrait trouver les gans ou mitaines brodés, le dit Sgr. Evêque consent à prendre autres mitaines ou gans à stigmates et autres décoremens enrichis d'or ou d'argent par orfevre, jusqu'à la valeur d'un escu d'or qui sera par lui reçu ; jurant et vérifiant (le Sgr. du Juch) s'il en est requis ne pouvoir ni avoir pu recouvrer les dites mitaines, ou gens ouvriers, ou matiere pour les faire ès six semaines avant le dit terme. Ainsi sera-t-il fait de neuf ans en neuf ans subséquentement à jamais savoir le demi escu par les intervalles de neuf ans et les gans au parachevement des dits neuf ans, comme devant, qui sera chacun disieme an » (Note : L'aveu de l'Evêque au Roi, en 1682, porte la redevance à un demi-écu d'or tous les ans, à Noël, et une paire de gants lors de l'entrée de chaque évêque, et de neuf ans en neuf ans, tant que le même prélat occuperait le siège de Quimper). Cette singulière redevance fut payée aux évêques de Quimper par les possesseurs de Troheir, jusqu'au commencement du XVIIIème siècle. - En 1506, Troheir est possédé par Rolland de Lezongar, mari de Claude du Juch. - En 1590, Claude du Juch meurt sans hoirs, et en 1617, c'est Jean Le Baud qui est Sgr. de Troheir. - En 1650, c'est François de Rosily, Sgr. du Meros, lequel, en 1668, paie la redevance à l'entrée de Mgr. de Coetlogon. - En 1711, messire Joseph-Marie de Rosily paie le même droit .pour l'entrée de Mgr. de Plœuc. Manoir du Parc, sur la rive gauche du Steïr, au delà de l'abattoir. — Deux ailes en équerre, une tourelle d'escalier non achevée, quelques fenêtres gothiques à croisillons, deux lucarnes à frontons, avec chiens accroupis au bas des rampants et écussons frustes sur des cartouches Louis XIII. A l'intérieur, une grande cheminée et quelques portes gothiques. - 1860. Aveu de Marguerite Goalichet, veuve de Jehan Le Gac, dame du Parc. - 1664. Aveu de noble homme Prigent Goueznou, Sr. de Kerguenoen. Kerango. — 1437. Noble homme Jean de la Coudray, chevalier. - 1540. Aveu d'Alain de Coetanezre, Sr. de Kerlividic. - 1556. Pierre Janreguy et Françoise Blanchard, Sr. et dame de Kerango. - 1679. Ecuyer Louis Talhouet, Sr. de Penanech. - 1713. Dame de Rospiec, veuve de Jean de Fages. Crechallan. — 1540. Aveu de noble homme Thomas du Plessix. - 1543. Noble homme Thomas de Kermorial. - 1605. Noble homme François Brusseaulx et Catherine du Plessix. - 1677. Ecuyer Jean de Kervenozaël. - 1710. Ecuyer Laurent-Guillaume de Kervenozaël. Penguern ou Penvern.— 1577. Jean Perrault, Sr. de Penguern. - 1712. Jean-Baptiste du Brieuc. Penruic.— Aveu de Hervé et Françoise de Coettanezre. Stang-Bihan.— 1535. Anne Pezron, dame du Stang-Bihan. - 1556. Ecuyer François Gauvaing, Sr. du Stang-Bihan. - 1710. Ecuyer Guillaume de Kerguélen, Sr. du Stang-Bihan. Penanrun. — 1711. Yves-Charles Le Vicomte, Sgr. du Rumain. Pratheir. — 1521. Françoise du Quellenec, dame du Tyvarlen. Kerlividic. — 1540. Alain de Coettanezre. - 1643. Claude de Chibeau, douairière de Kerambiquet. - 1700. Noble homme Claude Le Cerf. Kergadou. — 1563. Françoise de Keronan, dame de Kerguelenen. - 1712. Joseph-Marie du Fresnay, Sr. des Roches. Une chapelle est annexée au manoir. Poulhaou. — 1560. Un pré appartenant à N. maître Jehan Furic, Sr. de Keranmanoir. Féagé par l'Evêque, en 1566, à messire Amaury Henry, Sr. de Beauchamp. Le Loc'h. — 1541. Aveu de messire Jean Le Doucic, Sr. du Loc'h. - 1644. Ecuyer Michel Saulx, Sr. du Loc'h. Becherel. — 1541. Aveu de messire Jean Le Doucic. Kerfily. — 1566. Aveu de Thomas Guégant et Françoise Colombel. - 1664-1694. Hervé de Kerguélen. - 1711. Pierre de Kerguélen de Keranroc'h. Missirien. — 1506. Don du droit de bail accordé par l'évêque Claude de Rohan à Laurent du Plessis. - 1507. Ecuyer Henri de Kerminihy, tuteur de Laurent du Plessis. - 1542. Laurent du Plessis, Sgr. de Missirien. - 1661. Renée de la Marche, douairière de Mezle, ne veut pas reconnaître le droit de bail. - 1710. Jean Le Saulx, Sr. du Loc'h. Tréqueffélec. — 1480. Echange entre Guy, évêque de Cornouaille, et Jean de Coattanezre et femme Marie du Mur. - 1556. Thomas Guégan et Françoise Colombel. - 1607. Martin de la Masse, Sr. de Tréqueffélec. - 1627. Noble homme Alain de Kerloaguen. - 1665. Noble homme René Pitouays et Marie Tréguier. - 1710. Dame Roberte de Kerloéguen. Penvilezre. — 1535-1545. Dame Pezron du Stang-Bihan. - 1556. Ecuyer François Gauvaing, Sgr. du Stang-Bihan. Kermeyec. — 1633. Aveu de Mme Françoise Lagadec, veuve d'écuyer Corentin Le Béguec, Sr. de Chefbocage. - 1650. François de Rosily, Sr. de Méroz. - 1679. Ecuyer Louis Le Talhouet, Sr. de Penanec'h. - 1711. Joseph-Marie de Rosily, Sr. de Méroz. - 1739. Mme de Rospiec, veuve de M. des Fages des Vignes. Brieuc. — 1556, Aveu d'écuyer François de Brieuc. Le Glandeur. — 1541. Aveu de Guillaume de Quoetanezre. Kerverziou. — 1475. Henri du Juch, Sr. de Troheir. - 1480. Hervé du Juch. - 1535. Raoul du Juch. - 1635. Noble homme Pierre Le Torcol. - 1712. Charles du Haffont, Sgr. de Lesriagat. Kerpaën ou Kerben. — 1437. Jean de la Couldraye. - 1475. Henri du Juch, Sr. de Trohéir. - 1562. Guillaume de Coetanezre, Sr. de Pratanras et Kerpaën. - 1563. Noble homme maître Guillaume de Kermorial, Sr. de Kermorvan. - 1713, Ecuyer Louis de Kermorial. Les seigneurs de Kerpaën étaient sergents féodés de l'Evêque ; ils étaient chargés de faire les actes judiciaires con cernant les reguaires et faire la cueillette par commis, des recettes du seigneur Evêque. Pencoët-Didreuz ou Ty-Gardien. — 1516. Alice de Trégouret, veuve de écuyer Armel de Kernisan. - 1543. Pierre de Kernisan. |
A signaler aussi :
des restes de cromlec'h et d'un dolmen près la chapelle Ti-Mam-Doue ; | |
une butte artificielle à Steir-ar-Coat ; | |
une enceinte apparente au Nord-Ouest de Lez-Stein ; | |
et beaucoup de fragments de briques près de Kervéguen (M. du Chatellier). |
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ANCIENNE NOBLESSE de KERFEUNTEUN
- De Bragelongue, Sr. des Salles : de gueules à la fasce, d'argent chargée en coeur d'une coquille de sable et accompagné de trois molettes d'or.
- Ansquer, Sr. de Parcpoullic : d'azur au rencontre de cerf d'or.
- Boisguehenneuc, Sr. de Kermenguy : d'argent à l'aigle impériale de sable becquée et membrée de gueules ; devise : Carantez ha Guirionez.
- Brieuc, Sr. du dit lieu : d'azur à trois fasces ondées d'argent, une croix de gueules sur le tout.
- Le Saux, Sr. du Loch : d'argent à la fasce ondée d'azur, accompagné de trois saules arrachés de sinople.
- Le Goazre, Sr. de Kermahonet : d'argent à la croix pattée. de sinople, cantonnée de quatre molettes de sable.
- Goueznou, Sr. du Parc : de gueules à la fasce d'or accompagnée de six besants de même.
- Gourcuff, Sr. de Kerbiquet : d'azur à la croix pattée d'argent chargée en coeur d'un croissant de gueules ; devise : Plus faire que dire.
- Guermeur, Sr. des Salles : de gueules à trois losanges d'argent rangés et accolés en fasce, accompagnés de six annelets de même.
- Honoré, Sr. de Kerambiquet : Losangé d'argent et de sable, à la cotice de gueules brochante, au franc canton de pourpre, chargé d'un dextrochére d'argent soutenant un épervier de même.
- Juch, Sr. de Troheir : d'azur au lion d'argent armé et lampassé de gueules ; devise : Bien sûr et La non pareille.
- Kermorial, Sr. de Kermorvan : d'azur au grelier d'argent accompagné de trois fleurs de lys de même ; devise : Sot ouc'h sot (Sot contre sot).
- Kerpaën, Sr. du dit lieu : d'argent au chêne arraché de sinople, au sanglier de sable brochant sur le fût de l'arbre.
- Le Mince, Sr. de Coetbily : trois fusées en fasce accompagnées de six besants 3. 3.
- Pénandreff, Sr. de Kermahonet : d'argent au croissant de gueules surmonté de deux étoiles de même ; devise : Qu'aucun, querelleur n'y rentre.
- Penfentenyo, Sr. de Kermahonet : burelé de dix pièces de gueules et d'argent ; devise : Plura quam opto.
- Du Plessis, Sr. de Missirien : d'argent au chêne de sinople englanté d'or au franc canton de gueules chargé de deux haches d'armes adossées d'argent en pal.
- De Coetanezre, Sr. de Kerpaën : de gueules à trois épées d'argent garnies d'or, les pointes en bas rangées en bande.
- Gauvain, Sr. de Stangbihan : d'or, à la fasce de gueules chargée d'une fleur de lys d'argent. (MM. Abgrall et Peyron, 1914).
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