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PONTIVY |
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La commune de Pontivy ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de PONTIVY
Pontivy tire son nom du moine Ivy ayant vécu au VIIème siècle.
Le territoire de Pontivy (à l'exception des territoires de Stival et Tréleau) est un démembrement (vraisemblablement au XIIIème siècle) de l'ancienne paroisse primitive de Noyal-Pontivy.
En 680, le moine Ivy, venu de Grande-Bretagne, sinstalle sur le territoire et jette un pont pour relier les deux rives du Blavet, et crée ainsi le village de Pont-Ivy. Le siège primitif de Pontivy était au Cohazé, qui se trouve aujourdhui en Saint-Thuriau. Pontivy faisait partie du doyenné de Porhoët.
Un château féodal appartenant à la famille Porhoët, aurait existé dès le IXème siècle. Par la suite, pour contrôler la traversée du Blavet sur le Pont d'Ivy, Alain II de Rohan fait édifier, vers 1128, un château surnommé "Les Salles" (expressément mentionné dans un document daté de 1150) et détruit en novembre 1342 par les troupes anglaises de Guillaume de Bohain, duc de Northampton "l'an 1342, le roi Edouard vient en personne venger la mort de Robert d'Artois. Il prend Rohan, Pontivy et forme en même temps les sièges de Vannes et de Nantes". Pontivy compte à peine un millier d'habitants lorsque "l'an 1348, Edouard III, roi d'Angleterre, nomme Guillaume de Bohan, comte de Northampton, au gouvernement de la Bretagne, qu'il garda jusqu'au 8 septembre 1350...".
Le château est cédé le 21 mars 1453 à Eon Guillet et vers 1456, le vicomte de Rohan permet aux religieux Cordeliers ("de l'ordre de l'Observance des Frères Mineurs") de construire un couvent en utilisant de nombreux matériaux provenant de l'ancien château (en avril 1479, Jean de Rostrenen témoigne "qu'audit lieu de Pontivy .... vit autrefois murailles de tours, lesquelles ont été toutes abattues pour édifier le Couvent des Frères Mineurs qui y sont à présent").
Après la guerre de Succession, les vicomtes de Rohan décident de faire de Pontivy le chef-lieu de leur quasi-principauté. Jean II, alors âgé de 27 ans, décide de bâtir un nouveau château à Pontivy. Il semble que les travaux commencent en 1479 et le château est presque terminé en 1485. La ville de Pontivy s'étend entre le château au nord-est et l'église paroissiale Notre-Dame-de-la-Joie au sud-ouest. A la fin du XVIème siècle, Pontivy dont le seigneur est protestant, est un refuge de huguenots. En 1572, Pontivy accueille le synode provincial protestant. Le 3 décembre 1589, Mercoeur et ses troupes composées en partie d'Espagnols viennent mettre le siège devant Pontivy. En 1603, la création du duché-pairie de Rohan dont Pontivy devient le siège, y fixe des officiers seigneuriaux. De cette juridiction relèvent alors cinq membres particuliers : Rohan, La Trinité, La Chèze, Loudéac et Goarec, outre environ soixante juridictions inférieures tant en fiefs proches qu'en arrière-fiefs [voir Le duché de Rohan (déclaration de 1682)].
En 1789, Pontivy rejoint le mouvement national de la défense de la Révolution et la Fédération bretonne angevine y tient ses assises en janvier et février 1790 pour essayer de réprimer les troubles. En 1793, la ville de Pontivy est assiégée par des milliers de paysans.
On rencontre les appellations suivantes : Pontivi (en 1427) et Pontivy (en 1448, en 1464, en 1477, en 1481).
Nota : En 1802, le consul Bonaparte souhaite faire de Pontivy le centre militaire de la Bretagne. Il fait établir les plans d'une nouvelle ville au Sud de la cité ancienne. Le 9 novembre 1804, Bonaparte ordonne un arrêté débaptisant la ville de Pontivy en Napoléonville. Mais vingt-neuf ans après, la chute de l'Empire allait enrayer le projet dont il subsiste encore aujourd'hui une grande place rectangulaire avec de larges avenues, d'immenses bâtiments et de belles casernes.
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PATRIMOINE de PONTIVY
l'église Saint-Mériadec (XV-XVIème siècle), siège de la paroisse de Stival, commune de Pontivy. Il s'agit d'une ancienne chapelle dépendant de Malguénac et construite en deux étapes dans la seconde moitié du XVème siècle. Elle comprend une nef sans bas-côté, un transept et un choeur à chevet plat. Sur le porche occidental, voûté d'ogives, s'élève un clocher octogonal, postérieur au reste de l'édifice, percé de baies Renaissance à simple linteau, surmonté d'une flèche en pierre. La décoration extérieure est flamboyante. Le portail méridional est décoré de rinceaux de feuilles de vigne sur les piédroits. L'église est couverte d'une charpente lambrissée aux entraits à têtes de crocodiles et aux sablières grossièrement sculptées. Le lambris du choeur est peint par Louis Le Corre en 1687. Sur les murs du choeur ont été mises au jour en 1985, sous des repeints du XIXème siècle représentant la vie de saint Mériadec, des peintures du premier quart du XVIème siècle. Le maître-autel à baldaquin, oeuvre de Louis Le Malgado, date de 1730. Les retables latéraux, oeuvre d'Alain Guyot (maître sculpteur à Pontivy), datent de 1688. Les statues de saint Pierre et saint Isidore, attribuées à Jacques Le Denmat, datent de 1714. L'arbre de Jessé de la maîtresse-vitre date du milieu du XVIème siècle. La verrière de la Passion, qui représente l'arbre de Jessé et qui est située dans le bras du transept, est l'oeuvre de Jehan Le Flamant et date de 1552. L'église abrite une Vierge allaitant l'Enfant, en pierre polychromée, du début du XVIème siècle et un saint Isidore avec les attributs de la culture en bois peint du XVIIème siècle. Il y a lieu de signaler aussi le ciborium du maître-autel et les retables des autels des croisillons, en bois sculpté du XVIIIème siècle. La cloche à main, en cuivre battu à quatre faces, dite "bonnet de saint Mériadec", date du IXème siècle et porte l'inscription "PIR TURFIC IS TI" (diversement interprétée) en caractères onciaux ; | |
l'église Saint-Joseph (1858), située square Lenglier et financée en 1858 par Napoléon III. Elle est construite sur les plans de l'architecte Marcellin Varcollier, élève de Labrouste. La construction commencée en 1863, est arrêtée en 1867. La première pierre est posée le 29 juillet 1860 par la princesse Bacchochi, cousine de l'empereur, résidant à Colpo. Dans le transept gauche, un tableau représente les stigmates de saint François. Les vitraux datent de 1994. Le chemin de croix est dû à madame de Lignières, du château du Couédic en Crédin. L'une des gargouilles de l'église, oeuvre du sculpteur Le Goff de Pontivy, est faite à l'effigie de l'impératrice Eugénie ; | |
la basilique Notre-Dame-de-la-Joie (1534), située au centre de la ville médiévale (Place Bourdonnaye, Le Clézio). Il s'agit de l'ancienne église Saint-Ivy, commencée en 1534 et dédiée à Notre-Dame en 1696. Avant les restaurations du XIXème siècle, l'édifice comprenait une nef de quatre travées, avec bas-côtés, un transept et un choeur à chevet plat. Le carré du transept seul était voûté d'ogives. Au XIXème siècle, toute l'église fut voûtée et le choeur flanqué de collatéraux prolongeant les bas-côtés. Les grandes arcades en tiers-points, à plusieurs archivoltes, pénètrent dans des colonnes engagées dans des piliers carrés. L'église a été consacrée basilique en 1959. Elle est de forme en croix-latine, avec une nef à trois vaisseaux (voûte d'ogives au carré du transept). A l'Ouest, s'élève un grand clocher carré à galerie flamboyante flanqué de clocheton et surmontée d'une tourelle polygonale, commencé en 1533. L'inscription du portail occidental stipule "le penultieme jour d'apvreil l'an mil cinq centz XXXIII fut comancé ceste tour par les paroessiens de Pontivi. J. Pedron, O. Roscoet, miseurs et Le Bret mest...". La décoration extérieure est toute flamboyante et le portail occidental, aux deux baies en anse de panier flanquées de pilastres décorés, est orné de rinceaux de feuilles de vigne finement sculptés : on y voit l'écu à neuf macles des Rohan. Les fenêtres, dont les meneaux ont été refaits au XIXème siècle, sont surmontées, à l'extérieur, de pignons aux rampants décorés de crosses et choux. Les vitraux, oeuvre de Laumonnier de Vannes, datent du XIXème siècle. Le vitrail, qui représente l'Assomption de la Vierge, date de 1902. La flèche de l'église, les bas-côtés du choeur et les voûtes de la nef datent de 1886. Le retable et le maître-autel, en pierre et marbre sculptés, datent de 1782 : le devant porte le nom de Jéhovah en caractères hébreux et un tabernacle en marbre muni d'une porte ouvragée surmonte le maître-autel. C'est sur cet autel que les fédérés ont signé leur acte d'union le 19 janvier 1790. Le retable du maître-autel représente saint Ivy en évêque, entouré de saint Pierre, de saint Paul et de personnages tels que le duc et la duchesse de Rohan qui ont contribué par leur don de 600 livres, à reconstruire une partie de l'église. Le retable du calvaire dans le bras sud, en bois sculpté, date du XVI-XVIIème siècle. Le grand pupitre (aigle-lutrin) en bronze du XVIIème siècle est un don du duc de Rohan (les serres de l'oiseau s'agrippent à une grosse sphère de bronze qui symbolise le globe terrestre). Les orgues datent de 1836 : le buffet, construit par Dominique et Aristide Cavaillé-Coll, a été remanié par Debierre en 1878 et par Gobin en 1960. Le tableau intitulé "Descente de Croix" date de 1635 et a été restauré en 1974. Les figures de Notre-Dame de la Joie, taillée dans un tronc de chêne, et de Notre-Dame de la Délivrance (vénérée par les femmes enceintes) font partie des nombreuses statues de l'église. L'église abrite aussi les statues en bois polychrome de sainte Catherine et de sainte Barbe. La lampe en argent date du XVIIème siècle et elle est offerte à la communauté en 1696 en reconnaissance de l'intervention de Notre-Dame de la Joie pour arrêter l'épidémie de peste qui sévissait dans le pays ; | |
la chapelle Sainte-Tréphine (XV-XVIIème siècle). Il s'agit de l'ancienne chapelle tréviale de Stival, restaurée au XVIIème siècle. L'édifice est de forme rectangulaire. De la construction primitive, il ne subsiste que la fenêtre du chevet, à meneaux flamboyants (XVème siècle). La chapelle est couverte d'une charpente lambrissée datée de 1653. En 1704, le lambris fut couvert de peintures représentant en neuf tableaux la vie de sainte Tréfine (ou Trifine). Un ensemble de neuf médaillons daté de 1704 raconte l'histoire de sainte Tréphine (décapitée au Vème siècle par son propre mari Conomor, roi des Domnonée). Le grand retable, signé Jean Le Chevalier (peintre de Stourn), date de 1812. On y voit les statues de sainte Tréfine et sainte Noyale ; | |
la chapelle Notre-Dame-de-la-Houssaye (1436 - XVIème et XVIIIème siècles). Bien que sur le territoire de Pontivy, cette chapelle dépendait autrefois de la paroisse de Noyal-Pontivy. Erigée en 1436 (ou 1435), elle comprend une nef avec un seul bas-côté au Sud, un transept et un choeur à chevet plat. Une pierre gravée porte en relief l'inscription suivante : "Ceste opvre fut commencée le XVIIe jour de may l'an M. CCCC. XXX. VI". La nef, élevée au début du XVIème siècle, communique avec le bas-côté par de grandes arcades en tiers-point reposant sur des piliers flanqués de colonnettes engagées à chapiteaux décorés de feuillages. La tour et le porche sont construits au XVIIIème siècle. La décoration intérieure et extérieure est toute flamboyante. Les armes du duc François Ier et d'Isabelle d'Ecosse, à la maîtresse-vitre, permettent de situer l'achèvement des parties orientales entre 1442 et 1450. La tour-clocher, à l'ouest, porte les dates de 1730 et 1779. Les deux travées du bas-côté Sud sont voûtées sur croisées d'ogives. Le reste de la chapelle est couvert d'une charpente aux entraits à têtes de crocodiles et aux sablières grossièrement sculptées. On y trouve quelques fragments de vitraux du XVIème siècle, en particulier au croisillon Sud. Un vitrail date du XIXème siècle et représente la bataille qui se déroula sur le pont de La Houssaye ou près du pont Saint-Michel (cent cinquante guerriers de la Sainte Ligue s'opposèrent aux arquebusiers attachés à la famille Rohan, ralliée à la Réforme). Le retable du maître-autel en pierre blanche dorée et polychromée (avec cent personnages en costumes du pays et en armures du XVIème siècle, taillés dans la pierre), venu d'Amiens (atelier picard) et offert par Jean II de Rohan et son épouse Marie de Bretagne, date de 1516 (il représente des scènes de la Passion malheureusement mutilées). Dans le transept et le bas-côté, on peut voir une Mère à l'Enfant, dite Notre-Dame de la Houssaye (statue en bois polychrome et doré du XVème siècle) et deux groupes du XVIème siècle en pierre polychrome : une Pietà et sainte Appoline entre ses bourreaux (le Martyre de sainte Appoline). Le chancel, en bois polychrome et sculpté, date du XVI-XVIIème siècle : il est restauré en 2000. Sur le mur nord, se trouve une peinture du "Portement de Croix", qui date du XVIIème siècle. Le gisant, acquis par la commune de Pontivy en 1938 et originaire de la chapelle Sainte-Madeleine du couvent des Cordeliers, est connu sous le nom de "Christ au tombeau" ; | |
la chapelle Saint-Ivy (1672-1776), située Place Anne-de-Bretagne. L'édifice a été reconstruit vers 1776 dans le style grec du XVIIIème siècle, sur la place du Marché-au-Blé. Il s'agit de l'ancien siège de la congrégation des artisans ; | |
l'ancienne chapelle de la Madeleine. Elle avait été construite après l'établissement des Ursulines en remplacement d'une ancienne chapelle que leur avait abandonnée le recteur de Pontivy en 1623. Elle a servi ensuite de chapelle au lycée qui occupait tous les anciens bâtiments des Ursulines ; | |
l'ancienne chapelle de l'Hospice. On y conservait autrefois un curieux reliquaire en argent du XVIIème siècle, appelé à cause de sa forme "cloche de saint Germain" ; | |
l'ancienne chapelle Saint-Pierre. Edifiée après la démolition en 1853 et sur l'emplacement de l'ancienne église paroissiale de Stival, elle n'avait d'autre intérêt qu'un beau vitrail de la fin du XVIème siècle ou du commencement du XVIIème siècle représentant en quatre tableaux l'Annonciation, la Nativité, l'Adoration des Mages et la Circoncision. Une pierre tombale du XVème siècle figurait un personnage en prières ; | |
un calvaire (1644) ; | |
le château féodal dit "des Salles" (1479-1485), de plan quadrangulaire (d'environ 90 mètres sur 75 mètres), flanqué de quatre tours (60 mètres de circonférence pour la tour nord et 48 pour la tour ouest) reliées par une importante courtine de 20 mètres de haut. Il s'agit du château des vicomtes et des ducs de Rohan. Edifié par Jean II, 15ème vicomte de Rohan, à proximité d'un précédent édifice mentionné au début du Moyen Age et détruit pendant la guerre de Succession. En effet le château primitif est pris et ruiné en 1342 par le comte de Northampton, auxiliaire du comte de Montfort, parce que le vicomte Alain VII de Rohan avait embrassé le parti de Charles de Blois. Un siècle plus tard, en 1456, le vicomte Alain IX donne l'emplacement de ce château aux Frères Mineurs de l'Observance, pour y bâtir un monastère, à la charge de lui fournir, à lui et à ses successeurs, cent anguilles par an. Le vicomte Jean II, sentant le besoin d'avoir une résidence à Pontivy, fait reconstruire en 1485 un nouveau château près du champ de foire, sur la croupe d'une colline, qui dépend alors de la paroisse de Noyal. L'ensemble comporte deux pont-levis. La chapelle est dédiée à Saint-Mériadec dont les Rohan se disent parents. Les lucarnes percées dans l'élévation ouest datent de 1502. Lescalier date du XVIIIème siècle. Le duc François II, par lettres données à Nantes le 16 décembre 1486, permet au vicomte Jean II de rétablir le guet, qui avait été interrompu depuis longtemps, et cette permission est confirmée par le roi Charles VIII le 23 décembre 1491. En 1488, le château est occupé par les troupes du duc François II, commandées par le Prince d'Orange. Le château de Pontivy est rendu à Jean de Rohan, suite à la défaite de François II et du duc d'Orléans, à Saint-Aubin-du-Cormier, près de Rennes, le 27 juillet 1488. Le 23 décembre 1491, Charles VIII autorise Rohan à "réparer, fortifier et mettre en convalescence pour le bien, seureté, protection et deffense du pays" le château de Pontivy, ainsi que celui de Corlay. Ce château de forme carrée, est muni d'une tour à chacun des angles. Ces tours très larges, offrent des murs de 3 mètres à 3m50 d'épaisseur : les deux du côté de l'Ouest, qui encadrent la maison d'habitation, sont encore complètes et surmontées de leur toit pointu. Les courtines, hautes de 18 à 20 mètres, ont été restaurées en partie et conservent leurs machicoulis. Des lucarnes à pignons et à crochets sont disposées le long des toits : l'un des frontons, dans la cour intérieure, est décoré des armes de Rohan, inscrites dans un collier de l'ordre de Saint-Michel, et cette décoration se rapporte à René Ier, vicomte de Rohan (1527-1552). Le côté Nord du château n'est guère qu'un couloir conduisant à la chapelle. A la suite du sanctuaire se trouve une tourelle entourée d'une large enceinte circulaire, le tout aujourd'hui en ruines. A l'autre angle, il y avait également une tourelle et une enceinte pareille, elles étaient déjà ruinées en 1682, et il n'en reste rien aujourd'hui. En 1503, le capitaine-gouverneur de la place forte est Rolland de Coetredrez (ou Coatredrez). Jean II meurt le 1er avril 1516 et son fils Jacques hérite de la vicomté de Rohan. Jacques est l'épouse de sa cousine Françoise de Rohan-Guémené, puis de Françoise de Daillon. Le 14 septembre 1518, la forteresse reçoit la visite du roi François Ier. En octobre 1527, c'est le frère de Jacques, Claude de Rohan, évêque de Cornouaille, qui reçoit l'usufruit de la vicomté. Claude de Rohan séjourne au château de Pontivy en 1532 et 1533. A partir de 1562, le château abrite l'église réformée de Pontivy, fondée par Henri Ier (fils d'Isabeau de Navarre). La chapelle, qui devait toucher la tour nord-est, a servi longtemps au prêche protestant. Le capitaine du château est alors Jacques de Lantivy, seigneur de Talhouet. Le premier pasteur de l'église réformée se nomme Jean de La Favède et habite le château à partir du 29 décembre 1562. En 1598, le capitaine du château est Jacques Briant, seigneur de Vaudurant. Le château devient en 1603, le centre du nouveau Duché de Rohan (décret royal signé à Fontainebleau en Avril 1603). Le 31 juillet 1621, Louys de Rymaison (capitaine) et Coupé (lieutenant) remplacent le capitaine Champabotz, le lieutenant Pierre du Garnoict et l'écuyer Julien Guehennec. En octobre 1627, Henri de Rohan est déclaré en état de rébellion et, le 1er décembre, Louis XIII confisque ses biens et les donne à Condé. Le 27 juin 1629, Rohan obtient la grâce royale et le château de Pontivy lui est restitué. A la mort de Henri de Rohan, le 13 avril 1638, sa fille Marguerite hérite des biens. Elle épouse Henri Chabot le 6 juin 1645 et décède à Paris le 9 août 1684. Elle est le dernier membre de sa famille attachée au protestantisme. Avec elle, s'éteint l'église réformée de Pontivy et la chapelle est rendue au culte catholique le 25 août 1686. Dans l'aveu rendu en 1682 par la duchesse Marguerite de Rohan, cette dernière cite : "le château et forteresse de Pontivy, en la paroisse de Noyal, joignant la ville de Pontivy, avec ses clôtures, ses quatre grosses tours, trois corps de logis et une chapelle, ses remparts, pont-levis et pont dormant ... et vers le soleil levant une fuye dont les ruines paraissent encore ... Au quel château la dite dame de Rohan a droit de mettre et tenir capitaine, lieutenant, concierge ou portier, francs et exempts de toutes charges et impositions, avec le devoir de garde et guet, tant sur les hommes et tenanciers ses vassaux, que arrière fiefs, lequel devoir de guet se lève de tout temps et possession immémoriale à raison de cinq sols monnaie, par chacun an, sur chacun feu, étage et ménage des dits hommes et tenanciers. Ensemble le droit de contraindre les dits hommes de faire les charrois et travaux requis tant pour les réparations et bâtiments du dit château et des douves, qu'autres édifices seigneuriaux et publics". Henri de Portebise, capitaine du château est remplacé par Pierre Raoul, seigneur Descorance, qui lui-même est remplacé, en 1698, par Sébastien du Fou. En 1696, les fonctionnaires du château sont : Pierre Boullin qui remplace Pierre Tailhet de Boisherman (intendant du duché), Pierre Raoul (capitaine), Mascarène de Rivière (fermier général), François Barizy (lieutenant des Eaux, Bois et Forêts), Hugues Serrurot (porte-manteau des Forêts), Alain Viet (huissier, traversier des Forêts), Christophe Le Dû (gardien de l'Hôtel-Dieu) et Abraham Barzet (geôlier). Louis Ier de Rohan décède en novembre 1727 et laisse les biens à son fils Louis Bretagne Alain. Le duc Louis III de Rohan fait remanier les façades du château. En septembre 1777, le duc Louis Marie Bretagne Dominique et la duchesse séjournent au château. En octobre 1777, Louis III et son épouse quittent Pontivy pour séjourner à Blain. Saisi le 24 août 1794 (durant la Révolution) comme bien national, le château abrite ensuite, vers 1800, le tribunal et la sous-préfecture. Ruiné, le duc de Rohan vend, par acte signé le 25 août 1802, "la terre de Pontivy, qui s'étend sur les cantons et chefs-lieux de Pontivy, Rohan, Goarec, Loudéac, La Chèze et la Trinité, département du Morbihan, et consiste dans les objets ci-après ; savoir : le château de Pontivy, et jardins en dépendans, sis commune de Pontivy" à Louis Henri Janzé (fermier général du duché depuis le 29 mars 1800). Le 22 novembre 1814, le château de Pontivy est vendu par Louis Henri Janzé au duc Alexandre de Rohan. En 1839, la sous-préfecture et le tribunal quittent le château. Le 18 avril 1841, le prince de Léon signe un bail de 20 ans par lequel il loue le château aux Soeurs de Kermaria (ou Filles de Jésus) pour y aménager une école. Les soeurs y installent une école de filles de 1841 à 1884. Le 28 janvier 1857, Napoléon III signe un décret autorisant la vente du château et, le 26 février 1857, le duc Fernand de Rohan Chabot cède le château aux Filles de Jésus pour la somme de 18 000 francs. Puis, le château est revendu par la Congrégation des Filles de Jésus à la famille de Rohan le 26 janvier 1876. Les soeurs quittent le château en 1884. Le château est ensuite loué par la famille Rohan, à la fin du XIXème siècle, à M. Jérôme Le Brigand (qui y fonde un musée breton), en 1906, à M. Bocquieu, et en 1909, à la société sportive la Garde Saint-Ivy. En septembre 1939, le château est réquisitionné par l'armée et sert de caserne à des troupes polonaises. Par lettre datée du 24 octobre 1951, adressée à la municipalité de Pontivy, Mme la duchesse de Rohan fait savoir qu'elle consent "tant en son nom qu'au nom de son fils, M. le duc de Rohan, à la location à la ville, pour une durée de 99 ans, et moyennant un loyer de un franc par an, du château des Rohan. La ville de Pontivy prenant en charge tous les travaux de restauration, de réfection et d'entretiens......". Le château est restauré de 1955 à 1972 et classé Monument Historique le 30 décembre 1953. Les statues, exposées dans la grande galerie du château et originaires de la chapelle Saint-Laurent en Moustoir-Remungol, sont celles de la Vierge, de saint Maurice à cheval, de sainte Catherine, de saint Germain, de sainte Marguerite, de saint Isidore, de Saint-Louis et de saint Jean-Baptiste. Sur la cheminée monumentale, haute de 5,5 mètres et large de plus de 3 mètres, qui provient du manoir de Coëtcandec (canton de Grand-Champ), figure le blason de la famille des Chohan. L'escalier, en pierre et fer forgé, date du XVIIIème siècle ; | |
le manoir du Gros Chêne (XV-XVIème siècle) ou encore de la Villeneuve. Edifié, semble-t-il, par Guillaume Jouannic, anobli en 1488. Propriété successive des familles Jouannic (jusqu'au XVIIème siècle), Charpentier, sieurs de Lenvos, Kervenoaël (au début du XXème siècle). Racheté par la ville de Pontivy, il fait aujourd'hui partie (depuis 1966), du domaine du Lycée Agricole Départemental ; | |
le manoir de Talin ou Tallen (XVIème siècle), situé rue de Talin. La seigneurie de Talin appartenait en 1538 à la famille Talhouët, puis à la famille Guimarho (au XVIIème siècle). Le manoir est restauré par la famille Monnet (XXème siècle). Il possédait autrefois un colombier, un moulin à eau, un four à pain et une chapelle privée. Seul subsiste le four à pain. On y voit les armes de la famille Guimarho ; | |
la fontaine Saint-Mélard (XVIIème siècle), située Avenue de la Libération à Saint-Mélard ; | |
la fontaine Saint-Mériadec (XVIème siècle), située à Stival ; | |
la maison des « Trois Piliers » (XVIème siècle), située place du Martray ; | |
la maison en pan-de-bois (1624), située au n° 6 place du Martray ; | |
la maison ou l'hôtel de Roscoët, situé au n° 107 rue du Général de Gaulle. Il s'agit d'un ancien hôtel construit en 1578 pour Jean de Roscoët, conseiller au parlement de Bretagne. Sur la façade, un cartouche porte l'inscription "Subtilus Iani Roscoet et Jaq Bourdin Colig et Amico 1578" (aux frais de Jean Roscoët et de Jacques Bourdin son collègue et ami 1578) ; | |
la maison de l'Hermitage (1725). Cette maison est aussi appelée "Malpauderie" ou "Maladrerie". Elle garde sa fonction de léproserie jusqu'au début du XVIIIème siècle. Elle est restaurée en 1986 ; | |
la maison du Sénéchal (1577), située au n° 14, rue du Pont ; | |
la maison Rugnet-du-Tailly ou Ruynet-du-Tailly (XVII-XVIIIème siècle). Cette maison, datée de 1689, est habitée à la fin du XVIIIème siècle par Germain Ruynet du Tailly, maire de Pontivy ; | |
les maisons en pan-de-bois (XVIème, XVIIème et XVIIIème siècles), situées rue du Fil ; | |
l'hôtel dit "Cour Talmont" (XVIIème siècle), situé au n° 10, rue du Médecin Général Robic. Restauré vers 1780 ; | |
la mairie de Pontivy (1805), située Place Aristide-Briand ; | |
la caserne (1805-1811), située quai du Plessis ; | |
le tribunal (début du XIXème siècle), situé Place Aristide-Briand ; | |
le four à pain de Sainte-Tréphine ; | |
les moulins des Récollets (XIXème siècle), de Talin ; |
A signaler aussi :
le tumulus de Nillizien (âge du bronze), situé au square Lenglier. Ce monument funéraire avait été découvert en 1890 au village de Nillizen en Silfiac et déplacé à Pontivy en 1891. Il contenait jadis trois urnes funéraires superposées ; | |
le menhir du cimetière ; | |
l'ancien manoir du Chefdeville (XVIème siècle). Le logis actuel date du XVIIIème siècle et fut agrandi vers 1820. La seigneurie du Penker était au XVème siècle située en Noyal-Pontivy. Propriété successive des familles Vergier-Papias (en 1638), Mahé de Keroman (au XVIIIème siècle), Poncerot (en 1736), La Fruglaye (en 1779), Morice (en 1816), Gogal-Toulgouët (en 1822), Philippe et Pasco. | |
le manoir de Guelvad (XIXème siècle), propriété de la famille Bouché ; | |
l'ancien manoir de la Haye. La terre appartenait en 1638 à la famille Jan. Le manoir est reconstruit vers 1647. Propriété successive d'une Société Foncière de Bretagne (en 1869), et des familles Le Jéloux (en 1875), Galerne, et Cadet. On y trouve un four à pain et un puits ; | |
l'ancien manoir de Kergrésil ou Quergrésil. La seigneurie appartenait en 1638 à Raoul Papias, sieur du Verger, puis à la famille Lorans en 1665 et en 1673. L'édifice est reconstruit au XIXème siècle ; | |
le Castel Rouge (XIXème siècle), édifié par la famille Guyot de La Boissière. Puis, propriété de la famille Bouché et de la famille Le Bihan (depuis 1988) ; | |
le manoir de la rue Leperdit ; | |
l'ancien château des Salles (vers 1128), édifié par Alain II de Rohan et détruit en novembre 1342 par les troupes anglaises durant la guerre de Succession ; | |
l'ancien manoir de Saint-Mélard, reconstruit au XVIIIème siècle et propriété de la famille Belnart (ou Bellemare), sieurs de La Boulaye (en 1638), puis de la famille Pelouan (au XIXème siècle) et Roselier. Il était habité par Mathurin Bellemare en 1630 et possédait une chapelle privée, détruite à la fin du XIXème siècle ; | |
le château de Talhouët (1868), édifié par la famille Kervenoaël à l'emplacement de deux précédents châteaux (le dernier exista de 1553 à 1860). Propriété successive des familles Talhouët (en 1480 et jusqu'en 1524), Rolland, Lantivy (de 1524 à 1790), Kernevenoaël. Entre 1940 et 1944, ce château a hébergé l'Etat-Major des troupes allemandes. |
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ANCIENNE NOBLESSE de PONTIVY
A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 8 septembre 1464, on comptabilise la présence de 3 nobles de Pontivy.
Morice RAOULLIN (60 livres de revenu) : excusé ; | |
Yves ROLLAND, remplacé par Jehan Gibon (400 livres de revenu) : porteur d'une brigandine ; | |
Jego ROLLAND (50 livres de revenu) : excusé ; |
A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 4 septembre 1481, on comptabilise la présence de 11 nobles de Pontivy.
Jehan RAOULLIN (30 livres de revenu) : comparaît en archer ; | |
Charles ROLAND, remplacé par Jehan Glezin : comparaît armé d'une vouge ; | |
Ydouart LE TARUQUEL (15 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; | |
Guillaume ROLAND (600 livres de revenu), remplacé par son fils Ollivier : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; | |
Morice RAOULLIN (30 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; | |
Jehan LE FLOCH (20 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; | |
Guillaume LE SOUEFF, remplacé par Yvon Le Page (15 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; | |
Les héritiers d'Eon GUILLOT (100 soulz de revenu) : défaillants ; | |
Allain LE FLOCH (30 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; | |
Allain LE BOVALLE (30 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; | |
Jehan MATRAS, remplacé par son fils Jehan (40 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; |
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