|
Bienvenue chez les Palantins |
LE PALAIS |
Retour page d'accueil Retour Canton de Belle-Ile-en-Mer
La commune de Le Palais ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE du PALAIS
Le Palais vient du celte "paloë" (la ville de la grande île).
Au XIème siècle, le territoire est le siège du prieuré de Pallae ou Pallay. Les moines de l'abbaye de Redon puis ceux de l'abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé sont les premiers à habiter ce territoire. Ils construisent au XIVème siècle un premier "chasteau" remplacé en 1549 par un fort carré construit pour Henri II par François de Rohan, lieutenant général du roi en Bretagne.
Le roi Charles IX confie en 1573 l'île à Albert de Gondi (1522-1602) qui y construit une forteresse (ou qui renforce le château primitif) après l'occupation anglaise de 1572. Cette forteresse n'est achevée que sous le règne de Henry III. La famille Gondi est propriétaire de l'île de 1572 à 1658. A noter qu'en 1588, l'abbé de Sainte-Croix de Quimperlé est Henri de Gondi, fils d'Albert.
Puis l'île est vendue, en 1658, à Nicolas Fouquet, surintendant des Finances du roi Louis XIV. Dans un brevet de Louis XIV, daté du 20 août 1658, sa majesté enjoint Nicolas Fouchet "d'entretenir une garnison suffisante dans Bel-Ile et d'y faire toutes les choses nécessaires pour sa conservation en sorte que les ennemis de l'Etat ne s'en puissent jamais emparer et d'en jouir ainsi qu'avait toujours fait M. de Retz". De 1658 à 1661, l'ingénieur Daigremont transforme le château en un fort à quatre bastions. Le 25 mars 1636, le duc de Retz écrivait, à propos de la citadelle édifiée vers 1550 : "il y a la grande place d'armes qui est proche de la grande porte ... à la main droite en y entrant est la Chapelle, capable de tenir 500 hommes à ouir la messe". L'île est confisquée par le roi en septembre 1661, mais la veuve de Nicolas Fouquet conserve Belle-Ile jusqu'à ce qu'en 1704 le roi lui achète. A partir de 1685, Louis XIV fait transformer cette place forte en citadelle et le maître d'uvre de cette transformation est Vauban. Ce dernier rase le quartier dit de "Haute-Boulogne" (la moitié du bourg du Palais) pour établir ses glacis. De 1746 à 1747, on fait appel à M. de La Sauvagère pour conduire les travaux du Grand-Sable.
L'enceinte fortifiée protégeant le bourg du Palais ne sera en fait réalisée qu'à partir de 1801 ce qui permettra l'invasion des Anglais en 1759-1761. L'île capitulera et Belle-Ile devient anglaise trois années durant. En 1765, Le Palais voit l'arrivée de 78 familles acadiennes. Le Palais est érigé en commune en 1790 et devient alors chef-lieu du canton de Belle-Ile-en-Mer.
Le bourg du Palais était jadis partagé en deux quartiers qu'on appelait la Haute-Boulogne et la Basse-Boulogne. Quand les Hollandais firent une descente à Belle-Ile en 1674, de Logerie, qui était le commandant de Belle-Ile, fit mettre le feu aux maisons de la Haute-Boulogne. Quinze après, en 1689, le maréchal de Vauban, voyant qu'elle commandait la citadelle, la fit entièrement raser (plus de 75 familles y perdirent leurs maisons).
On rencontre les appellations suivantes : Palloë, Pallay, Pallae, Le Pallais et enfin Le Palais.
Note 1 : Arrivée à Belle-Isle des émigrés canadiens en 1765. De nombreuses familles bretonnes et normandes s'étaient fixées au Canada et plus particulièrement en Acadie (Nouvelle Ecosse) après la conquête de Champlain. Par le traité d'Utrecht qui mit fin à la guerre de Succession d'Espagne, en 1713, l'Acadie est cédée à l'Angleterre. Les Acadiens (10 à 14 000 âmes) furent alors férocement persécutés par les Anglais pour n'avoir pas voulu se convertir au protestantisme et prêter serment d'allégeance à Sa Majesté Britannique. Il fut décidé en 1755 de les déporter. Certains acadiens réussirent à gagner la France dès 1758. C'est ainsi que 78 familles représentant 363 personnes, se fixèrent à Belle-Ile (12 familles à Palais, 32 à Bangor, 19 à Sauzon et 15 à Locmaria).
Note 2 : liste non exhaustive des recteurs de la commune de Le Palais : Vincent Le Gurun (de 1551 à 1624), Horace Raisonnier (de 1633 à 1642), François Le Puhé (de 1642 à 1666), André Le Puhé (de 1666 à 1670), Philippe Jouny (de 1670 à 1692), Antoine Le Crom (1692 à 1721), Jean Le Moings (en 1721), Pierre Berthelot (de 1721 à 1726), Claude Mallet (1726 à 1733), Jacques Marie Choblet (à partir de 1733), ....
Note 3 : Comme c'est dès 1572 ou 1573 qu'on commence à fortifier Belle-Ile-en-Mer et que le fort, construit aux dépens d'Albert de Gondi, n'est achevé que vers l'an 1575, il est à présumer que ce n'est qu'à la deuxième année du règne de Henry III qu'on y place une garnison et un commandant dans la place. Depuis 1575 jusqu'à 1710, c'est-à-dire durant 135 ans, il n'y a pas de gouverneur dans l'île. François Hyacinthe Thomas, marquis de la Tonnelai est le premier gouverneur de la ville et de la citadelle de Belle-Ile-en-Mer, en 1710. Voici le nom des commandants et des gouverneurs connus de la place-forte de Belle-Ile-en-Mer : C. Guiton Gouès de la Valette (en 1578), Benoît de Clapisson, sr. de Malfar (en 1589), Albert de Kerpaleau, seigneur de la Part-Dieu (en 1590), Alexis de Launay (?), Charles de Montaigu, sr. de Bois-Davy (en 1640), Jacques Hédelin de Montatelon (en 1658), André de La Haye des Noyers (en 1659), le Chevalier de Chevigny (en 1661), Emard de Chouppes (en 1663), Louis de Poulet, seigneur de Logerie (en 1666), Claude de Louvat (en 1680), le chevalier de la Fare (en 1689), le Chevalier de Nanclar (en 1692), Hervé de la Ferrière (en 1698), François Hyacinthe Thomas, marquis de la Tonnelai (en 1710), Joseph Bigot de Fourneau (en 1716), le marquis de Thouis (en 1722), le marquis de Saint-Hilaire (en 1730), Benoît César Auguste des Porcellets, comte de Saint-Sernin (en 1741), Jean François de Grossoles (en 1748), .....
![]()
PATRIMOINE du PALAIS
l'église du Christ-Roi ou Saint-Gérand (1905-1992), édifiée en remplacement d'une ancienne église et sur les plans du chanoine Abgrall, de Quimper. Saint-Gérand, natif d'Hibernie, menait une vie anachorète dans une île, lorsqu'il en fut tiré pour être sacré à Rome, sous le pontificat de saint Célestin Ier. Saint-Gérand meurt vers la fin du Vème siècle. L'édifice précédent, construit de 1677 à 1684, avait été incendié en 1894 et démoli en 1904. Cet ancien édifice était en forme de croix latine avec un faux transept et un choeur à trois pans. L'édifice, daté de 1677, succédait à une église primitivement située à Haute-Boulogne et démolie par ordre de Louis XIV pour des raisons stratégiques après la descente des Hollandais en 1674. C'est messire Philippe Jouny qui fait faire le choeur et le retable du sanctuaire en 1684. En l'an 1748, Messire Jacques Marie Choblet, né à Palais, "fait boiser le haut du choeur en Baroque jusqu'au lambris, fait orner le cintre des deux chapelles au dedans de la nef, fait exhausser et boiser les deux vitraux du sanctuaire en anse de panier, fait mettre au-dessus de chaque vitrage une rosette ou oeil-de-boeuf". L'église actuelle est un édifice à trois nefs de six travées voûtées d'ogives. Le clocher-porche, sur la façade occidentale, n'a été doté de sa flèche en ardoise que très récemment. L'église abrite quelques statues de la fin du XVIIIème siècle. L'orgue a été construit en 1864 et offert à la paroisse du Palais en 1875 : il est doté d'un buffet, puis d'une façade gothique lors d'un remontage en 1926 et a bénéficié d'une restauration complète en 1992. Le mobilier (stalles, maître-autel, chaire à prêcher, fonts baptismaux, ....) est sorti des ateliers Mauméjean (1930-1945). L'ensemble des verrières, qui comprend dix-sept vitraux est sorti également des ateliers Mauméjean entre 1930 et 1940 : ils retracent quelques épisodes du Nouveau Testament ; | |
l'ancienne chapelle Notre-Dame (XVIIIème siècle). Elle servait jadis à la congrégation des femmes. Elle présente un vaisseau unique terminé par une abside à trois pans coupés. Une ancienne sacristie est accolée sur l'élévation Nord. Elle a servi jadis de logement militaire et de temple durant la Révolution ; | |
la chapelle Neuve (1827) de l'ancien hôpital royal Saint-Louis fondé en 1659 par Nicolas Fouquet. Elle est encore appelée Notre-Dame de Miséricorde et a été construite en 1666, puis rebâtie en 1827 sur un plan rectangulaire ; | |
l'ancienne chapelle Saint-Sébastien, aujourd'hui disparue. Edifiée primitivement à l'entrée de la rue Paluden, elle est démolie en 1696 et remplacée vers 1685 par une construction de même nom installée au haut de l'actuelle avenue Carnot. Caserne en 1795, elle est démolie en 1840 et remplacée par la maison du commandant du Génie. Elle était de forme cruciforme avec un chevet au Sud et possédait un choeur à trois pans. Une sacristie était accolée au pan Sud du choeur ; | |
l'ancienne chapelle, située à Loctudy et aujourd'hui disparue. Elle était dédiée à Saint Huy ou Saint Tudy. Elle est démolie en 1761, reconstruite vers 1770 avant d'être vendue comme bien national à la Révolution ; | |
la croix de Bordustar, adossée à l'angle d'une maison. On croit reconnaître le dessin d'un oméga et d'un Christ très rudimentaire ; | |
la croix de la Tombe d'Eva Jouan (XVIème siècle), située au cimetière de Pontorgo. Elle orne la tombe de la prêtresse Eva Jouan (1857-1910) ; | |
l'ancien Hôpital Royal Saint-Louis (1659). Un premier établissement hospitalier est fondé à Palais en 1659 à l'initiative de Mme Fouquet, marquise de Belle-Ile-en-Mer. Saint Vincent de Paul y envoie, en 1660, soeur Mathurine Guérin (de la communauté des filles de la Charité d'Angers). C'est le 11 décembre 1666 qu'on pose la première pierre de la chapelle dédiée à Dieu sous l'invocation de Notre-Dame de Miséricorde (soeur Madeleine Rapporte-Bled, deuxième supérieure, y a été enterrée, et soeur Marguerite Landais, troisième supérieure, y a été aussi inhumée). En 1837-1841, l'hôpital est englobé dans l'enceinte de la ville. Le corps central date de 1767-1768. Le portail, situé rue Joseph-le-Brix, date de 1768 ; | |
le château Fouquet (XVIIème siècle), propriété de la famille Fouquet (au XVIIème siècle), de Charles Louis Auguste Fouquet, duc de Belle-Isle, qui cède l'île au roi Louis XV en octobre 1719. Belle-Ile est dès lors gérée par la Compagnie des Indes, puis par les Fermiers Généraux, et le Pavillon de Château-Fouquet. L'occupation allemande de 1940-1945 lui est fatale ; | |
la citadelle de Vauban (XVII-XVIIIème siècle). La construction de la forteresse débute en 1549. Grâce à François de Rohan, elle devient citadelle. En 1849, est créé sur le glacis de la citadelle le centre de détention politique de Haute-Boulogne, qui deviendra colonie pénitentiaire, puis Institut pédagogique d'éducation surveillée jusqu'en 1978. Abandonnée par l'armée en 1920, elle est déclassée après la Seconde Guerre mondiale. Elle devient propriété privée en 1960 (Famille Larquetoux). La citadelle possède deux fronts terrestre au Nord et à l'Ouest et deux fronts maritimes au Sud et à l'Est. Le magasin à poudre (1659) est édifié sur ordre du surintendant Nicolas Fouquet. Le Grand Fossé (1660-1680), précédé d'un pont, part de la Porte du Bourg pour aboutir à celle du Donjon. La Porte du Bourg (1690) est faite de deux piliers de granit surmontés d'une pyramide et d'un boulet de pierre. La Tenaille du Port (XVIIème siècle). La Porte des Secours ou Porte de l'Avancée (1690), précédée d'un pont dormant à deux arches, est formée d'une arche en plein cintre, encadrée de pilastres supportant un fronton triangulaire. La Demi-Lune (1655-1690) montre sur son flanc Sud six larges bouches à feu et elle est secondée par une contre-garde protégeant le flanc Nord-Ouest. La cour anglaise (XVIIème siècle) mène à la poterne conduisant aux batteries basses ainsi qu'à la Porte du Fossé du port, grâce à une galerie creusée sous le Bastion du Gouverneur. Le grand quartier (XVII-XVIIIème siècle) est composé de trois niveaux de chambrées reposant sur 20 casemates voûtées. Pouvant abriter 900 hommes le Grand-Quartier est en grande partie détruit lors du siège de 1761, puis reconstruit après l'occupation anglaise vers 1765. Le bastion du gouverneur (XVIIème siècle), en partie détruit au cours de la guerre de Sept Ans, en 1761, lors du siège de la citadelle, par les troupes anglaises. La Porte du donjon (vers 1700), précédée d'un pont et d'un pont-levis, est percée, sur sa façade, d'une arche en plein cintre, surmontée d'une table moulurée et encadrée de pilastres toscans soutenant un fronton triangulaire (le tympan étant orné de trophées militaires). L'Arsenal (1780) est construit après l'occupation anglaise (1761-1763) et mesure 52 mètres de long sur 13 mètres de large. A l'intérieur de l'Arsenal, les trois niveaux sont séparés en deux nefs par une rangée de douze piliers de chêne. Evolution de la citadelle : - vers 1550, le fortin Rohan, communique avec la ville et contrôle l'écluse du port, - le fort Gondi (vers 1640) : la porte est déplacée au nord, les fronts de terre sont reculés et étagés - la forteresse de Fouquet (vers 1660) : construction d'un glacis, d'un magasin à poudre et d'un arsenal, - la place forte de Vauban (vers 1685) : un musée est installé au coeur de la citadelle ; | |
le château du Baron de l'Espée (XIXème siècle), édifié par le baron de L'Espée, mis en vente vers 1923 et acquis par une institution religieuse. Il est aujourd'hui propriété de la SNCF ; | |
la fontaine (XVIIIème siècle) de Port-Larron ; | |
l'enceinte urbaine (1802-1870). Cette enceinte urbaine est conçue par l'ingénieur Armand Samuel Marescot en 1802-1803 et achevée en 1870. La porte Vauban (1802-1811) est constituée d'un tunnel voûté en plein cintre entre deux façades monumentales et donne accès à la ville du Palais. Du côté de la ville, cette porte s'agrémente de deux grands escaliers latéraux. Le pont-levis, qui en commandait autrefois l'entrée a disparu. La Porte de Bangor date de 1802-1811. Le réduit A (1802-1813) est une caserne défensive casematée, de plan rectangulaire. Le réduit B (1802-1811) est une caserne défensive casematée, construit en forme de "V". Le réduit H (1806-1809), conçu par l'inspecteur Marescot et édifié en forme de plan pentagonal, comporte trois niveaux ; | |
la maison de Warren (XVIIIème siècle), située au Potager. Cette maison était occupée par le gouverneur Warren à partir de 1763 ; | |
le magasin de la seigneurie (XVIIème siècle), situé avenue Carnot et rue de la Manutention. Ce bâtiment qui a servi un moment à l'entrepôt des presses à sardines, puis à celui de la collecte des blés et avoines, est devenu en 1803 une boulangerie militaire. Il est en partie détruit au milieu du XIXème siècle ; | |
la maison du général Botta (XVIIIème siècle) ; | |
le presbytère de Pontorgo (XVIIIème siècle) ; | |
le fort Larron (1859). Il s'agit d'un corps de garde crénelé. A proximité du fort se trouve la retenue d'eau appelée la Belle-Fontaine ; | |
l'ancienne maison du général Trochu (XIXème siècle), située au n° 7 avenue Carnot. Né à Palais, le général Trochu fut gouverneur militaire de Paris en 1870 ; | |
le moulin de Borfloc'h (1840) ; |
A signaler aussi :
la stèle funéraire, située au n° 2, rue de Verdun. Cette stèle a été rapportée de voyage par le capitaine de corvette Jacques Joseph Leblanc (1784-1835) ; | |
le phare de Goulphar (1826-1835) ; | |
le fort et la batterie du Gros Rocher (XVIIème siècle). L'île s'appuie, en fait, sur 19 batteries du XVIIème siècle. Le retranchement bastionné des Grands Sables est édifié par l'ingénieur François Félix Le Royer de la Sauvagère en 1747 ; | |
le mur de Blanqui (1849), situé au Quartier de Haute-Boulogne. Ce mur d'enceinte fait 670 mètres de long, 4 mètres de large et 60 centimètres d'épaisseur ; | |
le port du palais (XVIII-XIXème siècle), situé au quai Macé et quai de l'Yser. Détruit au cours du siège de 1701, le môle est reconstruit en 1768 par Verrier et Loréal, comme l'atteste l'inscription gravée sur la façade Sud "1768 Louis XV Roy. A Verrier Ingr L. Loréal entrepr." ; |
![]()
ANCIENNE NOBLESSE du PALAIS
Belle-Ile (dont faisait partie le territoire de Le Palais) ne relevait autrefois d'aucun diocèse et dépendait directement du Saint-Siège.
© Copyright - Tous droits réservés.