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LANVELLEC

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La commune de Lanvellec (pucenoire.gif (870 octets) Lanvaeleg) fait partie du canton de Plestin-les-Grèves. Lanvellec dépend de l'arrondissement de Lannion, du département des Côtes d'Armor (Trégor - Bretagne)

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LANVELLEC vu par un chroniqueur du siècle dernier

Selon les uns Lanvellec viendrait de Lan-veïnnec (lieu rempli de pierres), selon d'autres, de Lanmellec, nom de saint Mélec (Maeloc, en breton) ou nom d'un riche propriétaire qui aurait habité la commune ; selon l'opinion la plus commune de Lan ar Bellec (lieux, endroit du prêtre).

Lanvellec semble être un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Plouaret. La commune de Lanvellec fait partie du canton de Plestin et de l'arrondissement de Lannion. Avant la Révolution de 1790, Lanvellec dépendait de la cour ducale et sénéchaussée de Guingamp. Lanvellec est bornée au nord par les communes de Plouzélambre et de Tréduder, au midi par celles de Plounévez-Moëdec et de Plounérin ; au levant, par celle de Plouaret ; au couchant par celle de Plufur.

L'ancienne paroisse de Lanvellec, bien qu'enclavée dans le diocèse de Tréguier, faisait partie de l'évêché de Dol. Elle dépendait de la subdélégation et du ressort de Lannion. La cure était à l'ordinaire.

Sa longueur est de 8 kilomètres et sa largeur de 4. Elle a une population de dix neuf cent quarante trois habitants, suivant le dernier recensement. On y parle le breton presque exclusivement. La partie du midi est montagneuse ; celle du nord très accidentée. Entre deux collines se trouve la vallée de Rosambo qui se prolonge jusqu'à la grève de St-Michel, en formant les sites les plus pittoresques et les lieux les plus enchanteurs. A proprement parler, il n'y a pas de bois à Lanvellec, si ce n'est des bois taillis. Cependant, à l'exception du midi, la commune est assez bien boisée, ce qui n'empêche pas le bois d'y être cher.

Note : la commune de Lanvellec est formée des villages : Guerdiou, Kerleouarn, Rosambo, Kerhuela, Kerjagu, Saint-Goulven, Kermasson, Pouloupry, Rumelgon, Presbytère-Penquer, Rumelgo, Crec'h-ar-Lan, Goergasn, Keraloas, Crec'h-an-Veuzit, Saint-Connay, Crec'h-Plac'h, Guern-an-Glao, Saint-Carré, Convenant-Jeannot, Kergrec, Goas-an-Garnel, Les-è-Laouen, Creiz, etc....

Les rivières principales sont celles du Roudour et de St Gonéry, si toutefois elles méritent ce nom. Elles alimentent les quatre moulins que possède la commune de Lanvellec, à savoir : le moulin de Saint Gonery et celui de Rosambo qui se trouvent sur la rivière de St-Gonery, et le moulin du Run et celui ar stang sur la rivière du Roudour. Au reste, il y a un grand nombre de ruisseaux et de fontaines qui fournissent l'eau nécessaire aux besoins de la vie.

Les étangs sont celui de St-Gonery et celui de Kervegan, très poissonneux, et sur lesquels on voit, à certaines époques de l'année, des oiseaux de passage ; et celui de kerré célèbre par les croyances qui s'y rattachent et que nous citerons en leur lieu.

Les chemins principaux sont :

1 ) la route de grande communication de Lannion à Guerlesquin, très fréquentée.

2) la route n° 57 de Plouaret à Plestin, peu fréquentée à cause du mauvais état où elle se trouve.

3) la route de Saint Carré à la grève, la plus fréquentée à cause du sable que l'on vient chercher de loin pendant toute l'année.

Il y a deux écoles à Lanvellec : l'une de garçons, l'autre de filles. Elles sont prospères. Le nombre des enfants qui les fréquentent est de 90 à 100. Le nombre de ceux qui restent encore éloignés des écoles tend à diminuer de jour en jour.

La commune de Lanvellec possède trois débits de tabacs, une recette buraliste et un bureau de bienfaisance.

On y rencontre presque partout de beaux granites.

Autrefois on y a trouvé un monument druidique sur lequel se trouvait une empreinte représentant une tête. On ne l'a pas conservé.

La culture dominante est celle des céréales, principalement du froment et de l'avoine. La partie nord-est est bien cultivée et très productive ; la partie midi renferme beaucoup de landes et de terres incultes et rapporte généralement peu. On y trouve les animaux suivants : le cheval, le bœuf, les vaches laitières, les chèvres et les troupeaux de moutons que les indigènes prennent à cheptel.

Du Menez Crec'h bourg près de Saint Carré, on jouit d'un point de vue très remarquable par l'étendue qu'il embrasse. Au midi la vue s'étend indéfiniment, et sur les autres points on domine toutes les contrées environnantes. On voit aussi la mer à 13 ou 14 kilomètres de distance.

Plusieurs habitations de celles qui existent actuellement dans la commune ont servi autrefois de demeure à la noblesse, telle que le Goasru où l'on arrive par une belle allée de châtaigniers. Mais la plus importante est sans contredit le château de Rosambo appartenant à Monsieur Le Peletier, marquis de Rosambo. On y arrive par deux avenues : l'une au nord, l'autre au midi.

Les lieux remarquables sont ceux qui ont été le théâtre de quelque combat ou escarmouche. La tradition parle d'un fait très ancien. C'est un combat qui ne peut se rapporter qu'à la guerre de Succession entre Charles de Blois et le comte de Montfort. On dit qu'il y fut tué beaucoup d'Anglais. La place où ils furent enterrés porte encore le nom de Cimetière des Anglais. C'était un placître (qui vient d'être clos) sur le bord de la route n° 58 de Lannion à Guerlesquin, près de Goes an Garnel.

M. Allain Lucas, prêtre de Lanvellec, qui a habité cette commune depuis 1592 jusqu'en 1640, a célébré en vers latins la guerre de la Sainte-Union, et les combats qui ont eu lieu à Lanvellec, Plestin, Plouaret, Ploubezre, Lannion, Tréguier, Guingamp, marqué les jours où ces villes et bourgs ont été saccagés et incendiés. Il dit en outre que la commune de Lanvellec fut frappée d'une contribution de vingt-neuf mille livres par les troupes du Duc de Mercoeur sans compter les fournitures de vivres, foin, avoine, subsides de toute espèce.

Il parle aussi des cruautés de Fontenelle et rapporte mot à mot le supplice affreux auquel fut condamné l'infâme régicide Ravaillac. Il dit qu'un détachement, envoyé de la garnison de Tonquédec pour percevoir la rançon imposée aux habitants de Plufur, fut mis en pièces près de Saint Adrien, sur les limites de Lanvellec. Le combat finit près du Guerdiou, village de la commune. Il y eut des morts de part et d'autre.

Un champ de la commune porte le nom de Poul ar Saozon (fosse des Anglais). Je ne sais pas à qui se rapporte ce nom. On dit qu'il s'y trouve un trésor enfoui. Un anglais qui a habité la commune en a parlé aux habitants. Il habite aujourd'hui Guingamp.

Un autre champ porte le nom de Tachen ar Vocen (Plaine de la peste). La tradition dit que lors de la peste qui désola le pays on y enterrait les morts.

Parmi les hommes célèbres qui ont résidé dans la commune de Lanvellec, il faut citer :

1 ) M. Lucas, prêtre savant qui a célébré en vers latins la guerre de la Ligue. Il a laissé des notes très judicieuses sur les principaux événements de son temps.

2) Le Guillou Guy, docteur en Sorbonne, homme très savant et très vertueux. Il était recteur de Lanvellec lorsqu' éclata la Révolution, et ne voulant pas prêter le serment de fidélité prescrit par la Constitution il se retira dans l'île de Jersey et mourut entre les bras de M. Legall, prêtre, au moment où il se disposait à rentrer en France.

3) Le Mérer Philippe qui a laissé un grand nombre de poésies où se révèlent le génie et le bon goût. Il excellait surtout dans la satire. C'était l'oracle des paysans. Il est mort il y a 16 ans.

4) Enfin, les fils et les petits fils de ce dernier qui sont des artisans très distingués. L'un d'eux, Le Mérer Philippe, sculpteur à Lannion, a obtenu un brevet de Monseigneur Le Mée, et des médailles à diverses expositions. Les autres ont fait, concurremment avec lui, plusieurs travaux où se révèle le génie qui semble héréditaire dans cette famille. Seuls, ils ont fait le lambris de Lanvellec, chef-d'oeuvre de bon goût et qui fait l'admiration de tous les connaisseurs. Il est réputé le plus beau des environs. Plusieurs statues et plusieurs emblèmes, d'un travail merveilleux constatent leur mérite s'il n'était déjà connu.

Voir aussi la situation de la paroisse de Lanvellec durant la Révolution.

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PATRIMOINE de LANVELLEC

EGLISE PAROISSIALE.

Le premier titre sur lequel on puisse établir son existence est une bulle de Clément VI, datée d'Avignon en l'an 1353 ; elle accorde des indulgences aux personnes qui contribueront aux réparations de l'église paroissiale. Elle est à nouveau reconstruite à la fin du XVIème siècle et consacrée en 1607 par Mgr Antoine de Revol.

Elle a été rebâtie en 1850 (inaugurée et consacrée en 1871). C'est un très beau monument dans le style gothique. Elle possède un lambris magnifique exécuté par les Mérer.

Dans le cimetière on voit un ossuaire (XVème siècle) dans le style flamboyant qui peut être placé au rang des monuments historiques.

L'église est dédiée à Dieu sous l'invocation de Saint Brandan, abbé, et de Saint Samson, évêque de Dol, le second patron. La fête de Saint Brandan est indiquée dans le Martyrologue au 16 mai, on la célèbre le 3ème dimanche de septembre.

Brandan, né en 484, était disciple de Saint Finnan et de Saint Gildas. Il eut pour disciple Saint Malo, fils du comte Guen. Il avait pour lui une affection particulière, et la jalousie troubla leur retraite. Ils allèrent avec une centaine d'autres pieux personnages travailler dans d'autres contrées. Plus tard rentré dans son couvent pacifié, St Brandan fonda le monastère d'Ailech en Angleterre et bâtit une église dans l'île de Setland. En Irlande il multiplia les abbayes et composa une règle longtemps célèbre. Il mourut en 578.

 CHAPELLES

La tradition populaire dit que la chapelle de Saint Laurent aujourd'hui en ruines était autrefois l'église paroissiale: on montre encore aujourd’hui l'endroit où était le presbytère. La tour existait avant 1850. Il est certain qu'autrefois on y enterrait les morts.

La chapelle-neuve de Saint Carré est la plus importante de toutes les chapelles de la commune. C'est un lieu très fréquenté par les pèlerins. On en a vu de Brest, de Quimper, de Lesneven. Il est certain qu'il en vient tous les ans un grand nombre de tous les environs, particulièrement aux fêtes de la Sainte Vierge, mais surtout à la Pentecôte. C'est le jour du pardon qui dure trois jours. Il commence le samedi par les vêpres, la procession des miracles et un feu de joie suivi d'un Te Deum.

La chapelle miraculeuse et dévote de Notre-Dame de Pitié (datée de 1696 et restaurée en 1878) au village de Saint-Carré, en Lanvellec, doit son origine à un simple manœuvre du même endroit. Voici ce que tout le monde sait :

Bizien Jean, simple journalier habitant la petite maison qui porte son nom et où demeurait le sacristain de la chapelle, avait un grand amour pour la Ste-Vierge, ce qui lui valut l'insigne faveur de propager la dévotion envers elle par un miracle de la toute puissance divine et la bienveillante reconnaissance de Marie envers son serviteur. La divine mère lui apparut pendant trois nuits consécutives et lui parla en ces termes : "Bizien, lève-toi, va à telle place. Tu y trouveras une statue représentant la Vierge que tu aimes si affectueusement ; tu l'emporteras chez toi jusqu'à ce que tu lui aies bâti une chapelle". Bizien fit part de ce qu'il avait vu et entendu au pasteur de la paroisse qui lui conseille d'obéir à la voix de Marie. Il fouilla et trouva en effet la statue miraculeuse enfouie ; il l'emporta chez lui et bientôt il fut obligé, vue l'exiguïté de sa maison, d'élever une loge en forme d'oratoire pour exposer sa statue à la vénération des fidèles qui venaient de toute part pour honorer Marie.

Monsieur le Comte de Perrien, seigneur du village, voulut lui-même contribuer à faire honorer la mère du Christ. Il donna l'emplacement nécessaire pour bâtir une chapelle au lieu où fut trouvée la statue. La date de la construction se lit sur une des poutres : elle est de 1696. Le nom de Bizien y est porté comme premier auteur de la chapelle.

On rapporte qu'à sa mort son corps fut placé dans une charrette traînée par quatre bœufs pour être transporté au cimetière de la paroisse, le seul où l'on enterrait à cette époque, et qu'à la sortie du village, à cent mètres à peine de la chapelle, les bœufs refusèrent de passer outre. Quelque effort que l'on fit, jamais on ne put les faire avancer. A cette invincible résolution, on crut reconnaître que la Sainte Vierge voulait que le corps de son dévot fût placé près d'elle ; et on l'enterra dans le cimetière de la chapelle où se trouve maintenant la croix.

Voici ce qu'on voit sur la poutre de la chapelle : "Fait faire en 1696 par Mtre Yves Le Brigant, gouverneur, Jean Guyomar, trésorier ; Bizien, premier auteur de cette chapelle ; le Comte de Perrien fondateur".

Plusieurs privilèges et indulgences sont accordés à cette chapelle par les papes qui se sont succédés depuis. Plusieurs faits miraculeux ont été opérés par l'intercession de Notre-Dame de St-Carré. Ils sont recueillis et attestés par M. Francois Le Gall alors recteur de Lanvellec, qui en a été, pour ainsi dire, témoin.

1 ) Marie-Pauline Droniou, fille de Yves Droniou et Catherine Le Bastard, meuniers au Run, en Lanvellec, âgée (en 1809) de trois ans et quelques mois, tomba, dans le courant de février, dans le biez (bief) et fut emportée par le courant jusqu'à la chute de l'eau sur les tournants du moulin. Elle passe sous le canal, tombe sur les tournants, et est ainsi emportée par le courant environ trente pas plus loin. Ses parents s'apercevant de son absence se mettent à la chercher le long du biez supposant qu'elle pouvait y être tombée. Ils trouvent effectivement l'endroit par où elle avait glissé. Alors la mère, tout éplorée, voue sa fille à Notre-Dame de Pitié, promet diverses choses (elle les a toutes exécutées). On trouve enfin l'enfant dans un endroit très profond. Elle a les yeux extrêmement gonflés et sortis de la tête. Elle paraît morte. Elle revint enfin à la vie après avoir séjourné environ cinq quarts d'heure dans l'eau (attesté par le père qui a signé le registre de paroisse).

2) Toussaint Le Guern, fils de Jacques et de Marguerite Thos, de Lanvellec (en 1814 âgé de 11 ans) avait la mauvaise habitude de tirer la langue pour se moquer des parents qui le réprimandaient. Il eut la langue coupée dans une de ces circonstances ; la gangrène dévorant le reste de la langue, on fut obligé de la couper jusqu'aux racines. Le médecin qui fit l'opération dit : "Je l'ai guéri, mais il est certain qu'il ne pourra plus articuler un seul mot" ; ce qui arriva en effet, car l'enfant ne se faisait comprendre que par signes.

A l'approche de la communion des enfants, il allait tous les jours conduire sa sœur à une maison voisine de l'habitation de ses parents où l'on instruisait les enfants pour les préparer à ce grand acte de la vie. Il apprit ainsi son catéchisme et ses prières en écoutant les instructions. Enfin pendant l'examen que M. le Recteur faisait à l'église, cet enfant prend sa mère par le bras et lui fait signe de le suivre. Il la conduit ainsi, étonnée et surprise, de village en village, jusqu'à la chapelle de Saint Carré où étant arrivé il se mit à genoux devant la porte du frontispice et fait une courte prière puis il se lève, retrousse son pantalon, et fait à genoux le tour de la chapelle, suivi de sa mère qui n'y comprend rien. Arrivé à la porte d'où il était parti, il pria pendant un quart d'heure. Pendant ce temps, il est saisi d'inquiétude ; il lui semble sentir sa langue se gonfler dans sa bouche. Il se lève, et adressant la parole à sa mère lui dit : "Allons à présent à la maison !". La mère étonnée s'écrie : "Mon enfant parle donc à présent ? - Oui, ma mère, par la grâce de Dieu et de la Sainte-Vierge".

Ils se dirigent ensuite vers le presbytère - au bourg - racontent au Recteur ce qui s'est passé. Cet enfant fut admis à faire sa communion ; mais pour la plus grande (... ) il reçut la Sainte Communion, le jour de pardon de Saint-Carré, dans la chapelle où il avait recouvré la parole, des mains de M. Prigent, curé de Plouaret, qui rédigea une instruction à ce sujet".

(Arch. Côtes d'Armor, série T, enquête réalisée à la demande de Gaultier du Mottay).

La chapelle de Saint-Carré (1796) dont le clocher date de 1697 est dédié au culte de Notre Dame de Pitié (Itron Varia Drue). Saint Carré fut un des compagnons d'Efflam qui débarqua chassé d'Angleterre par les Saxons au Vème siècle, sur la lieue de Grève. A l'intérieur de la chapelle, on peut voir une remarquable statue de la Vierge, "une Pièta", tenant sur ses genoux son fils Jésus mort et en partie usée par les baisers des fidèles. Le calvaire d'une facture unique dans le pays est lui aussi très beau et derrière la chapelle en contre-bas on trouve la fontaine miraculeuse. A une certaine époque une kyrielle de mendiants et d'estropiés se pressaient autour du placître, implorant la charité aux pèlerins. A l'intérieur de la chapelle, l'on peut voir accrochés à l'une des poutres de la voûte, des chaînes et des fers qui selon la tradition ont une histoire bien émouvante. Histoire qui se passe aux environs de 1800 dans le village de "Pavé-Dir" (aux limites de Plounévez-Moëdec, Plouaret, Vieux-Marché). Un homme fut assassiné, un suspect arrêté, et alors qu'on n'avait jamais pu établir contre lui une seule preuve, condamné par la cour d'Assises de Saint-Brieuc, aux travaux forcés à perpétuité. Dans une misère effroyable, le malheureux implore la "Vierge de Saint-Carré", en lui promettant que s'il revoit les siens, d'entreprendre pieds nus le pèlerinage et d'offrir à la Vierge les chaînes et les fers qui lui meurtrissaient les chairs, jour et nuit. Le miracle eu lieu. Avant de mourir, un homme du pays reconnaît devant témoins, que c'est lui le coupable du meurtre pour lequel un innocent a été durement condamné. Le bagnard retrouve alors la liberté. Il accomplira son voeu et la chapelle en garde le témoignage.

Ossuaire très élégant du XVème siècle, composé de six arcades en tiers-point à moulures prismatiques. Dans le transept nord de l'église moderne, pierre tombale du XVIIème siècle, portant un écusson écartelé du Cosquer et de Botloï. Classé le 22 juillet 1924.

La chapelle Saint-Maudez (début XVIème siècle), fondée par les seigneurs du Goazru. La famille Le Calvez l'achète en 1800, et la donne à la fabrique en 1816. Elle est restaurée en 1866 ;

La chapelle de Rosambo ou Rosanbo (XXème siècle). Il s'agit d'une chapelle privée ;

La chapelle Saint-Goulven (XVIIème siècle) restaurée au XIXème siècle avec réutilisation des portes du XV-XVIème siècle. Le clocher mur possède une chambre de cloche : il est surmonté d'une flèche. Elle a été restaurée complètement en 1983 par M. Delestre. Le retable de la Cène, en bois polychrome, date du XVIIème siècle ;

La chapelle Saint Connay. Le chevet et la longère nord datent du XVIIème siècle. Le fenestrage de la longère sud date du XIVème siècle. Le clocher mur possède un lanternon ;

On trouve les appellations suivantes : Lanvoleuc (vers 1330), Lanmeleuc (fin XIVème siècle), Lanmellec (en 1427), Lanmelec (en 1439), Lanvelec (en 1516), Lanmellec (en 1543), Lanvellec (en 1590).

Nota : un acte de 1170 mentionne parmi les possessions de l'abbaye de Bégard la "grange" de Saint Caramus.

Plusieurs autres monuments de Lanvellec sont à mentionner :

- la croix du placitre de la chapelle Saint Carré (1622);

- la fontaine Saint-Carré (1700), Saint-Goulven (1652);

- la chapelle Saint-Connay (XIVème siècle : fenestrage de la longère sud, XVIIème siècle : longère nord et chevet);

- la chapelle Saint-Loup (XVIème siècle et 1720) situé dans l'enceinte du manoir de la Boulaye en Plounérin;

- la chapelle Saint-Goulven ou Saint-Dourven (XVIIème siècle) avec réemploi de portes (XV ou XVIème siècle);

- les manoirs de Goas-Ru (XVIème siècle), Run-an-Lejou (1626), Pen-an-Allée (1666);

- les fermes telles que Crech-Maudez, Kerjagu, Saint-Goulven, Run-an-Lejou (1626).

- les maisons Goassarou (1665) , Kerjagu;

- la croix de Croas-Min;

- le moulin Ar-Run à Saint-Goulven (1613);

- le menhir de Saint-Carré;

- l'enceinte fortifiée de Kerguidonniou.

A signaler aussi :

- l'orgue de Robert Dallam, daté de 1653. Robert Dallam est un facteur d'orgues anglais, installé en Bretagne, à Roscoff, à partir de 1653. L'orgue avait été construit à l'origine pour l'église de Plouégat-Guerrand, mais trop grand, il est alors offert à la paroisse de Plestin-les-Grèves où il fonctionne jusqu'en 1857. L'église de Plestin nécessitant de gros travaux, l'orgue est démonté et subit de gros dommages. Il est vendu en 1864 à la paroisse de Lanvellec. Il a été classé monument historique le 23 mars 1971. On décide de le restaurer dès 1985. C'est Barthélémy Fromentelli, facteur d'orgue italien, qui va le restaurer à l'identique ;

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ANCIENNE NOBLESSE de LANVELLEC

La seigneurie de Rosambo (ou Rosanbo) est unie à celle de Lesnevez et s'étend à Plounévez-Moëdec, Plouaret et Plounérin. Elle possédait jadis un droit de haute justice avec patibulaire à quatre pots. Les seigneurs de Rosambo possède le titre de seigneur et fondateur de l'église de Lanvellec. La terre de Rosambo a été érigée en marquisat par Louis XIV. Propriété successive de Yvon du Cozkaër (alias Cosker ou Cosquer), de Jean du Cozkaër (en 1497), Alain du Cosker (époux d'Amicie Tronson), d'Yves du Cosker (époux de Françoise de Kernerc'hriou), de François du Cosker (en 1586, époux de Marie de Kercoënt), de François de Cozkaer (en 1626, époux de Marguerite du Parc, fille de Louis du Parc de Locmaria et de Françoise de Coatrédrez), de Joseph du Cozkaer (en 1655, époux de Marie Le Gouvello), de Louis Le Pelletier ou Peletier (avant 1693, suite au mariage de Geneviève du Cozkaer avec Louis Le Peletier). Le CHATEAU de Rosambo (XVème - XVIIème siècle, avec dates de 1690 et 1758) a appartenu pendant tout le Moyen Age à la famille du Coskaer de Rosambo et par suite d'une alliance de 1688, est entré dans la famille Le Pelletier de Rosambo avant la Révolution française. La famille de Coskaër construit un premier manoir aux environs de 1500. Sa métamorphose en château est entreprise au cours du XVIIème siècle. Le pavillon d'angle avec son échauguette, l'aile nord ainsi que le grand pavillon correspondent à un premier projet de château, de même que l'énorme colombier de 1697 (restauré en 1738). Les Le Pelletier, grands commis de Louis XIV, héritent de Rosambo à la fin du XVIIème siècle : ils obtiennent l'érection de la terre en marquisat et reprennent vers 1735 les travaux confiés à l'architecte parisien Louis Joubert d'Orgemont. En 1709, les seigneurs de Rosambo accordèrent au recteur de Pleumeur-Bodou la permission d’avoir, malgré l’opposition des religieux de Bégard, et de conserver, sa vie durant, quelques pigeons pattés qu’il nourrissait et élevait chez lui. Une importante restauration est entreprise en 1895 par l'architecte Alain Lafargue. Achille Duchêne redessine le parc en 1910. De nos jours, M. de Rosambo a fait exécuter de grandes réparations à la chapelle de Saint Uzec, en Pleumeur-Bodou, laquelle reconnaissait déjà un membre de cette famille comme bienfaiteur. Les Le Pelletier (ou Peletier) de Rosambo, de Saint Fargeau, etc.., sont originaires de Paris. Ils portaient : d’azur à la croix pattée et alésée d’argent, chargée en cœur d’un chevron de gueules, accostée de deux molettes de sable et accompagnée d’une rose d’or en pointe. Cette famille a fourni plusieurs présidents au parlement de Paris et un premier président marié en 1688 à l’héritière du Cozquer de Rosambo.

Cosquer (François), en 1594, il est sieur de Rosambo. Mort le 15 octobre 1625 à Lanvellec. Epoux de Marie de Kercoant. Fils de Yves du Coskaer, procureur du roi à Tréguier, était aussi sieur de Barac'h qu'il tenait du chef de sa mère Françoise de Kernec'hriou. Il épousa, le 8 juin 1586, Marie de Kerc'hoent, fille d'Ollivier, sieur de Kergounadec'h.

Cosquer (Guy ou Guyon), sieur de Vieuxville (paroisse de Plouaret) et de Runanmanach. Homme d'armes du seigneur de Boiséon en 1590. Mort à Lanvellec le 23 février 1620.

Coskaer (Gilles), sieur de Goazru. On le trouve à Lanvellec, où il est parrain à plusieurs reprises de 1595 à 1610.

Outre Rosambo, cette paroisse avait encore pour maisons nobles : Keranroux, Kerprigent, Lesnevez et Goazon.

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Tréguier de 1481, on comptabilise la présence de 3 nobles de Lanvellec (en 1426, on comptabilisait également 3 nobles) : 

Yvon DU COZKER du château de Rosambo (200 livres de revenu), homme d'arme.  

Yvon DU COSKER (80 livres de revenu), porteur d'une brigandine, comparaît en archer.

Yvon RICHART (20 livres de revenu), porteur d'une brigandine, comparaît en arbalétrier.

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