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GUITTE

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La commune de Guitté (pucenoire.gif (870 octets) Gwitei) fait partie du canton de Caulnes. Guitté dépend de l'arrondissement de Dinan, du département des Côtes d'Armor (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de GUITTE

Guitté vient du nom de la famille bretonne Guitté.

Guitté est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Médréac. La seigneurie de Guité, puis de Guitté, a donné son nom à une ancienne famille chevaleresque, connue du XIIème au XVIème siècle et qui possédait jadis le château de Beaumont en Guitté.

Eon de Guitté (Eudo de Guite) est témoin d’une donation à l'abbaye de Boquen en 1148. Herveus Guitei ou Herveus de Guiteio, l'un des barons de Rolland, seigneur de Dinan en 1164, est témoin de plusieurs donations à l'abbaye de Saint-Melaine de Rennes et de Marmoutier en 1158 et 1164, puis de la fondation du prieuré de Bécherel, en 1170 (Anc. év. III, 223; VI, 131, 132).

Ville de Guitté (Bretagne).

Sous l'Ancien Régime, Guitté est une paroisse du diocèse de Saint-Malo et dépend de la subdélégation de Montauban et de la Juridiction royale de Dinan. Suivant le Pouillé de Tours, l'évêque de Saint-Malo conférait la cure, ainsi que la chapelle de Beaumont. Ogée met la cure de Guitté à l'alternative. Guitté élit sa première municipalité au début de 1790. Durant la Révolution, la paroisse de Guitté dépendait du doyenné de Saint-Jouan-de-l'Isle.

En 1832 (arrêté du 3 octobre 1832 et loi du 25 mars 1835), les limites territoriales de Guitté sont modifiées et Guitté reçoit de Médréac les villages suivants : la Ville-Beaujonc, l’Orme, la Bourdonnais, la Fauvelais, le Tertre, le Fouy, la Hannelais et la Cholletais. En échange, Guitté cède à Médréac les villages de Courtus, de Carmorvan ou Carcouvrans, de Porte-Brosse, de Pisse-Pré, du Chesnot et du Lislou.

On rencontre les appellations suivantes : Guite (en 1148, en 1158), Guiteium (en 1164), Guteium (en 1170), Guite (en 1249), Guyte (en 1405), Guitte (au XVème siècle).

Ville de Guitté (Bretagne).

Note : la commune de Guitté est formée des villages : la Corgniais, les Champs-de-Rance, les Rochers, Bélêtre, Beauchêne, la Fauvelais, Piguelais, la Fouy, Ville-Gaucher, le Coudray, la Beaumenaie, Ville-Billard, Ville-Ramandé, la Souriaie, Trabaillac, la Ramée, Ville-Barbier, Pellan, le Loup, la Pinotais, Saint-Cast, etc...

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PATRIMOINE de GUITTE

l'église Saint-Servan (XV-XVIIème siècle), restaurée au XIXème siècle. Saint Servan est un saint écossais du VIème siècle, évêque de Culross, dans le comté de Fife. Une restauration générale de l'édifice (avec exhaussement des murs et une réfection de la charpente) a eu lieu en 1890. Une autre restauration a eu lieu en 1970. En forme de croix latine avec clocher encastré, l'édifice actuel, dont certaines parties remontent au début du XVème siècle, a été presqu'entièrement reconstruit au XIXème siècle. En 1876, l'évêque demandait une prompte reconstruction de l'église. Un rapport de M. Morvan, daté du 10 octobre 1889, en confirmait l'état déplorable. Les travaux de démolition commencèrent en juin 1890 et durèrent jusqu'en 1895, ils furent exécutés par des artisans du pays. Les murs furent complètement restaurés et exhaussés et le clocher bâti au bas de l'église. Le choeur fut refait et augmenté de 3 mètres. L'aile sud du transept, chapelle Saint-Jean, avait été reconstruite en 1830, sur plans dressés à Saint-Malo, le 23 août 1751 ; on a encastré dans le clocher une Résurrection du XVème siècle, et la porte également du XVème siècle a été réemployée (R. Couffon). De l'édifice primitif, il ne subsiste aujourd'hui que quelques éléments, dont le portail Ouest. Mobilier : La chaire remonte au XVIIème siècle. Maître-autel du XVIIème siècle, statues de saint Jacques, à l'extérieur, de facture très primitive, XIIème siècle ? de saint Servan, XVIIème siècle, de saint Etienne, XVIIème siècle, de la sainte Vierge et de sainte Anne ;

Eglise de Guitté (Bretagne).

 

Eglise de Guitté (Bretagne).

la chapelle Saint-Nicolas de Couëllan ou Coueslan (1672). Il s'agit d'une ancienne chapelle privée reconstruite au début du XVIème siècle par Siméon Hay des Nétumières. Edifice de plan carré datant de 1672. Après la Révolution, sa réouverture fut demandée par M. et Mme de Saint-Pern, le 24 novembre 1806 ;

la chapelle Saint-Mathurin (1744), autrement dit Saint-Gourgon. La chapelle primitive du XIVème siècle était dédiée à saint Gourgon. Edifice de plan rectangulaire avec chevet à pans coupés. En ruines au XVIIème siècle, elle fut reconstruite au XVIIIème. La décision de reconstruire la chapelle date du 21 avril 1743. Le 20 mai 1744 est posée la première pierre de la chapelle. La chapelle est bénie le 26 septembre 1744. Au-dessus de la porte se lit "Saint Mathurin 1744". La table d'autel provient de l'ancienne chapelle privée du manoir des Touches. Mobilier : Statue de saint Mathurin du XVIIIème siècle, payée 70 livres à Laurent Thomas, maître sculpteur à Dinan ; deux tableaux, dont l'un représentant saint Nicolas, datés de 1690, et donnés par l'évêque de Saint-Malo en 1746 (R. Couffon) ;

l'ancienne chapelle de Beaumont. Petit édifice monté en cul de lampe sur une tour semi-hexagonale. Il date du XVème siècle et fut restauré en 1878 ;

l'ancienne chapelle de la Perchais, détruite. Elle datait du XVIIIème siècle et avait été autorisée le 10 février 1727 ;

l'ancienne chapelle des Touches, bénite le 29 septembre 1654 et détruite au XVIIIème siècle ;

l'ancienne chapelle Saint-Jean de la Bruere, détruite. Elle avait été bénite le 23 juin 1638 et existait encore au XVIIIème siècle ;

Note : Les principaux villages composant la paroisse de Guitté, vers 1744, étaient : La Corgnaye, Corgnays ou Corgnais, le Clos-Long, le Coudray, la Planche, le Carcouvan, les Communs, la Sicoftas, le Hymez ou Hymès, la Perchaye, le Chenot, la Saudraye, la Villesay et la Noé-Barbé. — Nous ne pouvons assurer si ces dénominations sont encore toutes usitées aujourd'hui. Les prêtres de la paroisse de Guitté — évêché de Saint-Malo — en 1743, étaient : Messires François Langlois et Claude Dartois, curé, demeurant au bourg ; Messire Julien Gaudin, au village de Hymez ; Messire Jan Lucas, natif de Saint-Jouan, chapelain de la Perchaye (Note : Le manoir de la Perchais, à vingt-cinq minutes du bourg, sur la route de Caulnes, transformé en maison bourgeoise, appartient en 1908 à M. Paul Sébert, maire de Guitté) ; Messire François de Chateaubriand, à sa maison des Touches [Note : En 1747, nous relevons : « Mre François de Chateaubriand, Recteur de St Launeire en Dol ». — En 1744, aux fiançailles d'Eustache Renaud et de Louise Petit, à Guitté, signèrent : « Ecuyers Pierre et Joseph de Chateaubriand » ; au mariage : « Ecuyers Pierre et Joseph de Chataubriand (sic), Bonne de Châtaubriand »], et Messire Mathurin Béchu de la Villaucorgne, Recteur.

Messire Béchu — dont nous aurons plus particulièrement à nous occuper au cours de cette étude — fut baptisé à Broons, le 25 novembre 1697. Ordonné acolyte en septembre 1717, il fut nommé le 8 novembre suivant à la chapellenie des Quatre-Croix, dans la paroisse de Bréal. Le 21 juillet 1729, Mgr. Vincent des Maretz, évêque de Saint-Malo, lui conféra le bénéfice de Guitté dont il prit possession le lendemain 22. Le 3 septembre 1732, le synode assemblé au séminaire de Saint-Servan le choisit pour député du clergé. En 1740, le chapitre de l'église cathédrale de Saint-Malo le nomma à la cure de Cancale, bénéfice qu'il refusa. Le 10 avril 1742, Mgr Jean-Joseph de Sogasses de la Bastie (Note : Monseigneur Jean Joseph de Sogasses de la Bastie était originaire d'Avignon) lui conféra la cure de Saint-Jouan-des-Guérets, à laquelle était annexé le doyenné du Poulet. Il en prit possession le 11 avril de la même année, y resta jusqu'au 19 janvier 1743, date à laquelle — cédant aux sollicitations de ses parents — il démissionna pour revenir à Guitté. En 1747 il faisait suivre son nom du titre de « vicaire de Monseigneur Jan Joseph de Sogasses de la Bastie » et, en 1749, de « syndic du clergé ». Voici comme il signa en 1747 : « Messire Mathurin Béchu de la Villaucorgne, Recteur de Guitté en 1729 et prieur des Quatre-Croix, Député du clergé de ce diocèse et vicaire de Monseigneur l'Evêque Jan Joseph de Sogasse de la Bastie originaire d'Avignon ». — En 1749, il écrivit : « Les archives de ce diocèse dont je suis chargé en qualité de syndic... » et le 7 janvier 1750, il signa : « M. Béchu, Recteur de Guitté, syndic du clergé ». Ces notes de lui que nous relevons sur les registres de naissances, mariages et sépultures : « 1731 — En cette année au mois de may il tomba une grêle si furieuse que les bleds furent entierrement brisés et perdu en les paroisses ou l'orage donna. Broons et Caulnes furent notablement endommagés et par la grâce de Dieu notre paroisse de Guitté ne le fut que très légèrement. Les éclairs et les tonnerres furent épouvantables au mois de juillet et un mois après la grêle on en trouvait des monceaux dans les chemins bas ou le soleil n'avait pas dardé ses rayons, on trouva les lieuses et les perdrix en grand nombre tués par l'orage dont les grains en des lieux étoient plus gros que des œufs d'oye ». Nota — Le 9eme jour janvier 1735, jour de dimanche environ les cinq heures du soir il s'éleva une tempête horrible qui dura jusqu'au matin du lendemain, le vent fut si violent qu'il renversa plusieurs maisons, et causa des pertes notables aux autres par les grandes réparations qu'il occasionna. Très grande quantité de pommiers furent abattus et déracinés, et ceux qui résistèrent furent brisés et cassés par quartiers, et jetés fort loin. Les chênes même qui ont plus de résistance à cause des grosses et profondes racines qu'ils poussent n'en furent pas exempts, plusieurs vaisseaux et barques furent submergées (sic). La frayeur et la consternation fut grande, et les anciens avouent n'avoir pas entendu parler d'un pareil ouragan qui s'éleva du Nord. Nous relevons la signature de Messire Béchu, pour la dernière fois, sur les registres de Guitté, le 1er mars 1753.

En 1743, le presbytère de Guitté était à environ 900 mètres de l'église. En hiver, cela était très incommode. Messire Béchu résolut d'y remédier. Sous son inspiration, le 21 avril 1743, le général de Guitté demanda à l'évêque de Saint-Malo l'autorisation de démolir la chapelle de Saint-Jean (Note : La chapelle de Saint-Jean s'élevait dans une pièce de terre dite : La Bruyère) et de reconstruire celle de Saint-Gourgon, ruinée depuis plus de cent ans, cette dernière étant à une centaine de mètres seulement du presbytère. L'évêque donna son autorisation par ordonnance du 27 mai 1743. Construire, le plus économiquement possible, un édifice durable, délibéra encore le général de Guitté le 8 mars 1744. Messire Béchu a noté tous détails intéressants sur la réédification de la chapelle de Saint-Gourgon, dédiée par lui aux saints Mathurin et Gourgon. « Il était de mon devoir, déclare-t-il (Note : Il rédigea cette note le 20 décembre 1744, pour ses successeurs, au bénéfice de Guitté), de transmettre à la postérité les circonstances qui concernent l'édification de la chapelle de St Mathurin, telle qu'elle est à présent dans la pièce de terre dite la Maladrie, ce proche presbytère, et de faire connoistre les moyens que la divine providence m'a fournis pour venir à bout d'une chapelle qui m'a paru avantageuse au public pour les processions et si utile et commode à messieurs les Recteurs tant pour la célébration de la Ste messe dans la mauvaise saison que pour le catéchisme pendant le carême ».

Les travaux commencèrent en mars 1744. Dans une pièce de terre (Note : Cette pièce de terre était dite l'Escornbuc de la Porte ou de Villesay) dépendant du presbytère il y avait des rochers : Mre. Béchu les proposa. Il fallut, pour l'extraction de la pierre, de la terre pour le mortier et pour le charroi, 246 journées de travail, se répartissant ainsi : 205 journées gratuites fournies par les paroissiens « excepté que ie donnois à dîner seulement à chacun » ; et 41 journées à 8 sols, « ce qui fait 16 l. 8 s. ». Au Querinam, Mre. Béchu acheta le granit pour les ouvertures. Il s'adressa seulement aux particuliers qui avaient des maisons en ruines et ne dépensa ainsi que 37 l. Il acheta pour 6 l. de jauge (Note : Apparemment, Mre. Béchu appelle jauge, le sable calcaire qu'on extrait à Saint-Juvat) à Saint-Juvat. Différents paroissiens offrirent « trente-six bons chênes pour faire la charpante, les chevrons et les palastres des portes et des fenêtres ». Les domestiques du recteur les abattirent en 8 jours. Encore de charitables paroissiens fournirent gratuitement « quinze journées de harnois pour charroyer la pierre de taille, les chênes, la jauge et l'ardoise, et leur ay donné à disner et l'avoine aux chevaux ». Dame Peronelle Claude Lamour, dame de Chateaubriand, donna « la grande pierre d'autel » de son ancienne chapelle des Touches, démolie depuis quelque temps. Le lundi 20 mai 1744, Messire Jean-François Watel, supérieur du séminaire (Note : Le séminaire du diocèse de Saint-Malo était établi dans l'abbaye royale de Saint-Méen) du diocèse de Saint-Malo, et recteur de Saint-Jean de Saint-Méen, vint procéder à la pose de la première pierre. Cette pierre, carrée, après avoir été « bénite... suivants les rits de l'Eglise » fut « placée dans le fondement du pan du milieu de l'octogone ». Les maçons et piqueurs de pierre furent Louis et Nicolas Potel, Louis Querier, de la paroisse de Catorguen, et les Ecolan (Note : Le 23 janvier 1730, une Suzanne Ecolan se fiança à Guitté à Gilles Eballast) de Médréac. Louis et Nicolas Potel et Louis Querier firent 143 journées et demie, les deux premiers à 9 s. 6 d., l'autre à 8 sols, ce qui fait une dépense de 67 l. 2 s. 3 d. Les Ecolan fournirent 146 journées à 10 sols, ce qui fait 73 l. Enfin, les pointes des marteaux coûtèrent 3 l. 2 s. La maçonnerie et la taille des pierres nécessita donc une dépense totale de 143 l. 4 s. 3 d. En outre Mre. Béchu nourrit et coucha les Potel et Quérier et donna aux Ecolan « de la soupe et du cidre à déjeuner et à disner et souvent à souper ». A Jacques Goudés, serrurier de Broons, furent commandées les ferrures — six gonds pour portes, 3 grilles pour fenêtres, avec clavettes (Note : Les 6 gonds et 3 grilles pesaient 169 livres et coûtèrent 50 l. 15 s. Le fer se vendait 6 sols la livre), vertevelles des portes, écrolles, etc. — qui revinrent à 72 l. 15 s., mise en place comprise. Le recteur fournit 2 journées de ses chevaux « pour apporter le tout, et la nouriture pendant trois jours pour placer le tout ». Les construction et pose de la charpente furent dirigées par Jean Le Bon, maître charpentier. Il occupa trois ouvriers : Jean, Joseph et Mathurin Le Gault, charpentiers de Guitté. Le Bon était payé 15 sols par jour. Comme il consacra 23 journées à la chapelle, il reçut 17 l. 5 s. Les trois Le Gault (Note : Le 27 mars 1730, une Mathurine Le Gault, femme Guy Jaquet, mit au monde une fille qui, « baptizée à la maison dans le péril » reçut le prénom de Perrine), pour 129 journées et demie à 10 sols, reçurent 74 l. 15 s. « sans comprendre le souper et le cidre deux fois par jour ». Il fut ainsi dépensé « tant en clous de lattes, que de Bareau et cheville de fer pour la charpante », 46 l. 2 s. Le couvreur fut Jean Renaud (Note : Le 11 octobre 1731 se fiancèrent Julien Dartois et Mathurine Renaud et le 11 juillet 1744, Eustache Renaud et Louise Petel), du village de la Villesay. Il employa pour la toiture seize cents de lattes valant 12 l. 6 s. et 17 milliers d'ardoises à 3 livres qui coûtèrent 51 l. Les ardoises furent prises à « la perière de Poirier en la Chapelle » (Note : La Chapelle-Blanche, petite commune voisine de Guitté). Le transport revint à 6 l. « La girouette d'arain avec la croix de fer » coûta 3 l. 2 s. Jean Renaud avait marché pour la couverture de la chapelle. Il fournit 54 journées de ses ouvriers et reçut 18 l. Mre. Béchu ajoute : « ie l'ay noury avec ses consorts sans diminution de la somme ci-dessus ». Pour faire les portes et gradins de l'autel, Jean Regnays, menuisier de Médréac, employa « deux grandes douzaines de planches et de limandes » qui coûtèrent 12 l. 10 s. Il fournit, pour la façon, 20 journées à 6 sols et reçut 6 l. « sans comprendre la nouriture que j'ay donné ». Les portes furent peintes « à cause de la pluye ». La couleur employée coûta 16 s. 6 d. et l'huile de lin 36 s. Jean Le Houx et son fils Mathurin, blanchisseurs, habitant le village de la Noé-Barbé, firent 19 journées et reçurent 5 l. 14 s. Tant pour placer les pierres de taille que pour blanchir la chapelle, il fallut une barrique et demie de chaux qui coûta 14 l. 5 s. (Note : La barrique de chaux sans barrique coûtait 9 l. 10 s.). Les vitres des trois fenêtres (Note : la chapelle actuelle ne comporte que deux fenêtres) coûtèrent 13 l. 9 s. Elles furent faites et placées « par du Verger pelerin de St Meen » auquel Mre. Béchu fournit en outre 2 journées de cheval et la nourriture pendant 6 jours. La pierre sacrée, venue de Saint-Malo, coûta, port compris, 5 l. 10 s. Le grand crucifix 10 l., les cartes d'autel et le canon 3 l. 5 s. et les nappes 3 l. 18 s. Le recteur donna trois corporaux, quatre essuie-mains, six purificateurs et une custode d'argent doré : « j'ay achepté une custode d'argent bien dorée en dedans que ie donne pour la chapelle pour porter le St Sacrement aux malades quand mes successeurs voudront y dire la Ste Messe et y consacrer une hostie pour cet effet, à fin de leur abréger le chemin du bourg, et ie les supplie humblement de se souvenir de ma pauvre âme au St Sacrifice, et d'abréger par leurs prières les peines de l'autre vie que ie n'ay que trop méritées si le seigneur et le dieu de toute consolation veut bien me faire miséricorde que ie luy demande par l'intercession de St Mathurin mon patron à l'honneur duquel j'ay dédié cette chapelle ».

La chapelle terminée, Mre. Béchu invita Mgr. de Saint-Malo à venir la visiter. Le vendredi 4 septembre 1744, l'évêque, après avoir dîné au presbytère, se rendit à la chapelle et « l'ayant trouvée en bon Etat, et bien décente » il adressa le lendemain l'autorisation d'y célébrer la messe au recteur de Guitté. Messire Watel, recteur de Saint-Jean de Saint-Méen, se rendit à Guitté le 26 septembre. Le lendemain dimanche, il célébra « la grande messe paroissiale » à l'issue de laquelle se fit la bénédiction de la chapelle (Note : Procès-verbal de la bénédiction. — Voici les noms des personnes qui signèrent le procès-verbal : Watel supérieur du séminaire et recteur de St Jean de St Meen — Duchesne Guyot (Siméon Charles) recteur de Gaël — Perronnelle Claude Lamour (dame de Villeneuve) (Note : Dans la note de Mre. Béchu, Péronnelle Claude Lamour est dite dame de Chateaubriand) — Anne Bouëttin du Boisbasset — F. Langlois prestre — Claude Dartois prestre, Curé — De Bénazé (Henry, seigneur de la Roche) — René de Chateau Briand (seigneur du Plessix) (Note : Dans le procès-verbal René de Chateau Briand est nommé Auguste) — Anne Robinault du Boisbasset — Bonne de Chatobriand — Janne Béchu de la Villaucorgne (Note : On lit dans le procès-verbal « dame Janne Béchu dame de la Villauclerc ») — Jacques Gaudin nommé par le genarle [général] — M. Béchu Recteur de Guitté, Député du clergé du diocèse de St Malo). Après cette bénédiction « missire Siméon Charles Guyot Duchesne sieur Recteur de Gaël » (Procès-verbal d'inauguration de la chapelle) y célébra la messe « à haute voix ». Il avait pour diacre Mre. François Langlois et sous-diacre Mre. Jean Lucas (Note : Mre. Lucas ne signa pas au procès-verbal), tous deux prêtres de Guitté. Le 14 avril 1746, le recteur fit encore placer aux deux portes des marches en granit de Querinan. Ces pierres lui coûtèrent onze livres. Vers la même époque, l'évêque de Saint-Malo donna « le grand tableau qui est dédié à l'honneur de St Nicolas (Note : En 1908, la chapelle possède deux toiles portant la date : 1690. Sur l'une d'elle, un prélat interroge de petits enfants réunis pour manger. Est-ce celle dont parle ici Mre. Béchu ? — Sur l'autre, un prélat debout, tient d'une main le crucifix pendu à son cou et montre de l'autre des livres entrouverts à ses pieds) » ;et Mre. Béchu la cloche valant 12 l. (Note : Voici la rédaction de Mre Béchu : « La cloche que j'ay donné me coustent (sic) 12 l. »). La chapelle n'avait pas de statue de saint Mathurin. Le recteur en commanda une qu'il paya 70 l. à Laurens Thomas, maître sculpteur de Dinan. Le 22 avril 1747, il la bénit et fit placer (Note : Cette statue domine encore vers 1908 l'autel. Elle montre le saint, très jeune de figure, revêtu d'ornements rouges, un livre ouvert à la main). Ce même mois, « Mr de la Heuzolais Henry, propriétaire de Bellestre » fit don à la chapelle du rétable (Note : Ce retable très simple, agrémenté de rares et grossières sculptures, est en bois).

La chapelle de Saint-Mathurin servit-elle beaucoup aux recteurs de Guitté ? Les registres des mariages montrent que Messire Béchu y donna quelques bénédictions nuptiales. Le successeur de Messire Béchu, Messire Colombel (Note : Nous n'avons sur Mre. Colombe! que le renseignement suivant, écrit par son successeur sur un registre : « Mre Colombel mourut le 9 octobre 1779 et G. A. Berges, Recteur de Tréfumel le remplaça le 3 jan. 1780 »), officia plus souvent dans la chapelle de Saint-Mathurin. Mre. G.-A. Berges, successeur de Mre. Colombel, négligea complètement la chapelle de Saint-Mathurin.

Les général et recteur de Guitté voulaient faire oeuvre durable. Ils y ont réussi. Aujourd'hui, après 360 ans, la chapelle s'élève encore non loin de l'ancien presbytère transformé en ferme. Très simple, elle est surmontée d'un petit clocheton hexagonal. La couverture en a été restaurée au début du XXème siècle et les murailles nord couvertes d'un crépi. On entre chez saint Mathurin par deux portes, l'une à l'ouest, l'autre au sud. Au-dessus de la porte sud, dans le granit, se détache : « Saint Mathurin 1744 ». Vers 1908, dans le choeur, se trouve un « Missale Romanum » de 1847 qui porte sur la première page : « Donné à la Chapelle St Mathurin de Guitté par Joseph Mathurin Sablé [Note : Nous relevons aux registres : Baptême de « Julienne Sablé, fille de Mathurin et de Julienne... baptizée par Missire Henry Le Ray prêtre de la paroisse de Broons et prédicateur en cette église pendant le caresme » le 4 mars 1730], prêtre, le 18 xbre 1847 [Note : Il faut sans doute lire « ordonné prêtre le 18 décembre 1747 »], vicaire à Trémeur (Note : près de Broons) depuis le 1er mars 1851 — Jh. S. B. Trémeur 19 juin 1861 ». Au début du XXème siècle, chaque année la Saint-Mathurin se célèbre à Guitté le lundi de la Pentecôte. Le clergé chante messe et vêpres dans la chapelle et un prédicateur étranger à la paroisse rappelle les vertus du saint. (Ch. de Fèbes - 1908).

le château de Beaumont (XV-XVI-XIXème siècle), édifié sur des terres ayant appartenu à une famille Beaumont et berceau de la famille Guitté. Le portail date du XVème siècle : deux tourelles encadrent le portail. Il est restauré au XIXème siècle. En 1158, ce château appartient à Hervé de Guitté, qualifié baron dans l'acte de Conan IV, confirmatif des droits de Saint-Melaine de Rennes sur la monnaie de cette ville. En 1148, Eudes de Guitté est témoin d'une donation faite par Roland de Dinan à Boquen. En 1157, Hervé de Guitté est cité parmi les conseillers du duc de Bretagne : il est le premier témoin à la fondation de Beaulieu en 1170. En 1239, Olivier de Guitté consent à faire hommage au prieur de Léhon pour le fief de la Bréhesaie, en Plouasne. Le 1er mai 1371, Robert de Guitté est un des 27 chevaliers à la montre du connétable de France. Le 1er octobre 1374, Charles V ordonne de rendre à l'évêque et au chapitre de Saint-Malo la garde de cette ville, dont Robert de Guitté s'était emparé par surprise. En 1475, Jean de Rosnevinen et Béatrix de Guitté sont autorisés à relever la justice patibulaire de leur seigneurie de Vaucouleurs. Cette demeure échoit plus tard à la famille de Carné, à la suite du mariage, en 1832, de Louise Marie Léonie de Chappedelaine de Limoëlan, héritière de Beaumont avec Henri Marie Toussaint de Carné-Coëtlogon. Le château est restauré par le fils de ces derniers, Léon, comte de Carné-Trécesson ;

Ville de Guitté (Bretagne) : château de Beaumont.

le château de Couëllan (XVIème siècle), propriété de Siméon Hay des Nétumières (au XVIème siècle), puis de René de Saint-Pern (au XVIIIème siècle) qui entreprend des travaux d’agrandissement entre 1775 et 1777. Le manoir primitif du XVème siècle est d'abord occupé par Guillaume L'Hermine avant d'être détruit en 1591, après la bataille de Saint-Jouan-de-l'Isle. Ce château, restauré vers 1620, est agrandi vers 1672, puis de 1775 à 1777. Lors de la Révolution, le marquis de Saint-Pern est emprisonné (il meurt le 4 octobre 1795) et son épouse est décapitée à Paris le 20 juin 1794. Vendu comme bien national, le château est racheté en 1805 par Jean de Saint-Pern. Il passe ensuite par alliance, entre les mains de Mme Jourdain de Coutances, puis à une de ses filles. Il devient la propriété de la famille Dorange en 1936. Ses façades et toitures, celles du pavillon adjacent datent de 1748. Les communs transformés en serre ou orangerie datent de 1758. Le château possède une chapelle privative ;

Ville de Guitté (Bretagne) : château de Couëllan.

le château de la Perchais (1725), édifié par Henri Hingant de Saint-Maur (époux de Françoise de Botherel). Propriété d'Hilarion Henry Hingant, sous la Révolution, le domaine est confisqué en 1800 et vendu comme bien national à Jean Joseph Nicolas Baudouin. Il devient ensuite la propriété successive des familles Baudoin, Le Gyemare, Sebret, Carné de Trécesson et Aubrée ;

le manoir des Touches (XVII-XVIIIème siècle), propriété de la famille Lamour (au XVII-XVIIIème siècle). L'ancienne chapelle privée, qui datait du milieu du XVIIème siècle, est détruite au XVIIIème siècle ;

l'ancien presbytère (1761) ;

le manoir de la Ville-Férier (1607) ;

3 moulins à eau : de Beaumont, du Pré-au-Coq, de Néal ;

A signaler aussi :

le menhir de la Pierre Longue (époque néolithique), situé route de la Vieux-Ville ;

les alignements de mégalithes ;

les retranchements de la Suais ;

la présence de substructions romaines au Clos-Long ;

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ANCIENNE NOBLESSE de GUITTE

Le 28 décembre 1557, le seigneur de Beaumont de Guitté est appelé à la montre de Dinan, avec la dame de la Touche-à-la-Vache, le seigneur du Lair, l'héritière de Trégoumen, le seigneur de Pontcornou, etc. Ils comparaissent encore à la montre de Saint-Malo, le 30 dudit mois de décembre 1557. Les autres terres nobles de Guitté étaient : le Beau-Chêne, le Bel-Etre, la Lande, la Péchaie, Boais, la Haye, la Seunais, le Loup et Couellan. Cette dernière appartenait à Guillaume de l'Hermine, qui était à la montre d'Olivier de Mauni en 1371. Guillaume de l'Hermine a fait construire le manoir des Landes-de-Causne, et Raoul de l'Hermine celui de Raoul Guneral, en 1442.

Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence de 5 nobles de Guitté :

François DE BEAUMONT de Beaumont (1000 livres de revenu) : excusé comme appartenant à la maison du comte de Laval ;

Guillaume DE BOGIER de le Boays (500 livres de revenu) : excusé comme appartenant à la maison du Maréchal (Jean de Rieux) ;

Alain DE LISTRE de Belestre (60 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Alain LERMINE de Couellan (100 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé d’une jusarme ;

Jehan LERMINE de la Villée (60 livres de revenu) : défaillant ;

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