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ROCHEFORT-EN-TERRE |
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La commune de Rochefort-en-Terre ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de ROCHEFORT-EN-TERRE
Rochefort-en-Terre vient de "Roche forte". Rochefort-en-Terre est un démembrement de la paroisse primitive de Pluherlin. Rochefort est une ancienne trève de la paroisse de Pluherlin.Rochefort (-en-Terre) est l'une des plus anciennes seigneuries de Bretagne. Elle doit son nom aux comtes de Rochefort (XIIème siècle). Certains historiens prétendent qu'elle aurait été détachée de celle d'Elven ou de Largoët, et donnée en partage à un puîné. Ce démembrement a dû s'opérer au XIème siècle, car la fondation du prieuré de Saint-Michel de la Grêle, faite par un des premiers seigneurs de Rochefort, est de cette époque. Vers 1135, est fondé le prieuré de la Madeleine dépendant de l'abbaye de Marmoutier et qui est mis sous l'invocation de sainte Marie Madeleine, comme celui de Malestroit : il est aussi parfois appelé la Montjoie et par altération la Mongée. Son siège est voisin de Rochefort, vers le nord, tout près de l'étang du seigneur de Rochefort, mais sur le territoire de Malansac. En 1190, un vicaire de Rochefort co-signe un acte par lequel le seigneur de Rochefort (Jarnorgon Ier) fait don de terrains aux moines de Marmoutier. Jarnegon, seigneur de Rochefort, vit en 1185 et en 1190. Son petits-fils Thibaud Ier épouse l'héritière de la vicomté de Donges et prépare l'acquisition d'Assérac. Thibaud III épouse Jeanne d'Ancenis et recueille ce fief en 1351. Enrichis par tous ces mariages, les sires de Rochefort peuvent alors rebâtir leur château. L'isolement de Rochefort la prédisposait beaucoup à l'établissement d'une place forte. La famille Rochefort bâtit un château vers le XIII-XIVème siècle au sommet d'une colline dominant la ville.
La commune de Rochefort (-en-Terre depuis 1892) se trouve sur une crête rocheuse dont la partie la plus haute est occupée par le château. L'agglomération primitive, qui s'était installée au pied du château, sur le site appelé le Vieux Bourg, s'est progressivement étendue au cours du Moyen Age sur le versant sud du plateau autour de l'église prieurale Notre-Dame-de-la-Tronchaye et une halle située jadis sur l'actuelle place des Vieilles-Halles. Des trois portes qui contrôlent l'entrée de la ville de Rochefort-en-Terre, deux subsistent (à l'Est, la porte Saint-Michel est détruite en 1853).
On trouve un Abbon de Rochefort dès 1118. C'est dans le château de Rochefort que s'établit, en 1374, Jean II de Rieux, en épousant l'héritière de Rochefort. C'est là que passent, au XVème siècle, ses fils Jean III et Pierre, et son petit-fils François, tous illustres guerriers. La juridiction du fief s'étend sur Pluherlin, Malansac, Caden, Péaule, Marzan, Limerzel, Questembert, Berric, Lauzach, Sulniac en partie, et Larré.
En 1790, Rochefort est érigé en commune, chef-lieu de canton et chef-lieu de district. En 1802, Rochefort devient une paroisse à part entière.
Nota : Jean, sire de Rieux et de Rochefort, maréchal de Bretagne, institua, par lettre du 30 mars 1498, dans l'église de Rochefort, dédiée à Notre-Dame de la Tronchaie, un chapitre composé d'un doyen et de six chapelains. Cette fondation fut rendue perpétuelle par lettres de Claude de Rieux, son fils, du Ier juin 1527. Cette collégiale a subsisté jusqu'à la Révolution.
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PATRIMOINE de ROCHEFORT-EN-TERRE
| l'église Notre-Dame-de-la-Tronchaye (XII-XIXème siècle). Selon la tradition, une jeune bergère découvrit un jour, au creux d'un arbre, une statue de la Vierge qui aurait été cachée là, trois siècles plus tôt. On édifia le sanctuaire sur le lieu même de la découverte, avec un luxe qu'explique le voisinage des puissants seigneurs de Rochefort. La tour-lanterne de croisée et les murs orientaux des bras de transept correspondent à une église romane à vaisseau unique. Le reste de l'édifice semble daté des XVIème et XVIIème siècles. Après l'institution en 1498-1499 par Jean IV de Rieux-Rochefort d'un chapitre collégial et l'augmentation du chapitre de sept à treize ecclésiastiques (par son fils Claude de Rieux qui le fonde à perpétuité en 1527), l'église est remaniée au XVIème siècle pour recevoir le collège des chanoines : le vaisseau est reconstruit plus haut et flanqué de collatéraux. En même temps, le choeur, agrandi à l'est, est flanqué au sud d'une chapelle seigneuriale et d'une sacristie pour les chanoines. Les chanoines occupent en effet le choeur, un second bas-côté est ajouté au Sud, et le bas-côté Nord lui-même est restauré et achevé. Un contrefort du bas-côté Nord, porte l'inscription "l'an mil Vc XXXIII fust ceste ouvre parfaicte". Au XVIIème siècle, le choeur où officiaient les chanoines fut séparé de la nef par un jubé en bois : vers 1640, on édifie un grand retable qui ferme l'entrée du choeur (resté en place jusqu'en 1920, il est actuellement remonté contre le mur nord du choeur). Il semble qu'à la même époque on ait édifié un deuxième vaisseau, ouvert sur le collatéral sud afin d'accueillir le service paroissial. L'église, de plan basilical, comprend aujourd'hui une nef avec un bas-côté Nord et un double bas-côté Sud, un transept et un choeur avec abside, flanqué de deux absidioles ouvrant sur les croisillons. La nef de quatre travées, communique avec les bas-côtés par des arcades en plein cintre reposant sur de grosses colonnes à chapiteaux sculptés (c'est la partie la plus ancienne de l'édifice). Le second bas-côté Sud est relié au reste de la construction par de grandes arcades en tiers-point dont les moulures pénètrent dans des piliers cylindriques ou polygonaux. Un clocher carré, amorti par une couverture d'ardoises, s'élève sur le carré du transept. La décoration du bas-côté Nord est remarquable : les trois fenêtres et le large porche forment à l'extérieur des pignons à belle décoration flamboyante. Le portail Nord s'ouvre sous un grand arc en tiers-point avec tympan à réseau flamboyant. Le collatéral nord présente un portail daté de 1533. Le portail occidental et la grande fenêtre qui le surmontait ont été bouchés. L'église est couverte d'une charpente lambrissée aux sablières sculptées portant divers écussons dont ceux des familles Rieux et Rochefort. Entre 1610 et 1630, la collégiale est dotée de retables. A l'intérieur, on trouve une table de communion à balustre du XVIème siècle et des stalles en chênes de la Renaissance qui datent de 1590 et 1592 et qui portent gravés les nom des chanoines de l'époque ainsi que des ornements végétaux (les miséricordes sont sculptées de têtes humaines et de motifs variés). Les stalles sont complétées, en 1629, par deux armoires d'angle. Au-dessus de l'arc triomphale, on a conservé les restes d'un jubé consistant en seize panneaux de bois ajourés et sculptés du début du XVIème siècle (vers 1500). Un dais provenant d'un couronnement d'autel ou d'une stalle, en bois sculpté, du début du XVIème siècle, et les stalles de l'ancienne salle capitulaire de la fin du même siècle, méritent d'être signalés. La tribune date du XV-XVIème siècle. Les retables, en calcaire, datent du début du XVIIème siècle. L'un des retables séparait le choeur de la nef du début du XVIIème siècle jusqu'en 1924 (date où l'abbé Brien décide d'ouvrir la totalité de l'église aux paroissiens) : le retable est alors démonté et remonté sur un mur de l'arrière choeur (la partie centrale du retable présente une grande Trinité). Le maître-autel (collatéral sud), en bois, date du début du XVIIIème siècle. La statue de Françoise d'Amboise (apparentée en ligne directe aux Rieux-Rochefort), en bois polychrome, date du XVIème siècle. La statue de la Vierge à l'Enfant (occupant la grande niche centrale d'un ensemble de trois retables meublant tout le transept Sud), en bois polychrome, date du XVIIIème siècle. Le vitrail, qui date de 1927, est l'oeuvre des ateliers du maître-verrier angevin R. Desjardins et illustre la légende qui fait état de la découverte de la statue de la Vierge dans un tronc d'arbre creux. Au milieu du choeur des chanoines se trouvait autrefois la sépulture des seigneurs de Rochefort, qui fut détruite pendant la Révolution. Les anciennes statues de marbres qui ornaient jadis les tombeaux de Claude de Rieux et de son épouse Catherine de Laval, on été retaillées entièrement pour devenir un saint Joseph et une sainte Vierge. Dans l'église, on conserve encore un curieux porte-châsse en bois de 1630. Durant la Révolution, l'église sert de dépôt et de magasin. D'autres travaux sont réalisés au XIXème siècle, notamment l'allongement de la nef à l'Ouest, mais il faut attendre 1924 pour que l'intérieur de l'église prenne son aspect actuel ; | |
la chapelle Saint-Michel (XVIème siècle), édifiée sur les lieux d'un ancien prieuré appelé Saint-Michel de la Grêle. Elle a été entièrement reconstruite au XIXème siècle et renferme une cloche datée de 1670. La Grêle est un village de l'ancienne paroisse de Pluherlin et aujourd'hui de Rochefort-en-Terre : elle est à l'Est de la ville et près du ruisseau qui sert de limite à Malansac. C'est là qu'un des premiers seigneurs de Rochefort donna le terrain nécessaire à l'abbaye Saint-Sauveur de Redon pour y fonder un prieuré simple. Les moines bâtirent sur la hauteur une maison pour leur résidence et une chapelle pour le culte : cette chapelle dédiée à l'archange saint Michel valut à l'établissement le nom de prieuré de Saint-Michel de la Grêle. La dotation comprenait, outre la maison, un jardin, un pré, la moitié des dîmes de Malansac et le champart sur plusieurs quartiers de Pluherlin. Cette dotation, consistant principalement en dîmes, se retrouve fréquemment au XIème siècle, et semble indiquer d'une manière approximative la date de fondation. C'est d'ailleurs dans ce siècle que furent fondés la plupart des prieurés dépendant de Redon. D'autres biens vinrent plus tard augmenter la dotation. Le prieuré de la Grêle eut des droits sur le village de l'Abbaye en Bohal. Les religieux habitèrent longtemps ce prieuré. Quand ils rentrèrent à Redon, l'abbé continua de nommer un prieur chargé de recueillir les fruits de ce bénéfice, et d'en acquitter les charges, qui étaient de deux messes par semaine. Lorsque, vers 1500, s'introduisit l'abus des commendes, les seigneurs de Rochefort s'attribuèrent le droit de présenter des prieurs, malgré les réclamations des abbés de Redon, et choisirent ordinairement des prêtres séculiers ; cependant, des religieux réussirent plusieurs fois à se faire conférer ce bénéfice. Voici un aveu pour la Grêle fourni en 1551 : "Sachent tous que par devant nous notaires jurés et receus en la cour et séneschaussée de Rochefort, s'est comparu et présenté en personne noble homme, vénérable et discret Mre Jan Bérard, prieur du prieuré de la Gresle en Rochefort et recteur de Mouellan, lequel ... confesse estre homme et subjet de hauts et puissants seigneur et dame Guy et Guyonne, comte et comtesse de Laval, Montfort... et tenir sous la d. seigneurie de Rochefort, noblement, à devoir de foy et hommage, les choses cy-après : - Et premier la chapelle du d. prieuré de la Gresle, avec son pourpris contenant environ 3 journaux de terre en un tenant. - Item la maison, jardin et pré du d. prieuré, près la chapelle, contenant environ 3 journaux et demi de terre. - Item le pré de la Bataille, contenant environ 2 journaux de terre, bitant au ruisseau de Candret. - Item les terres de Bellestre, contenant environ 4 journaux, bitant au chemin qui conduit au Tertre-Vieillard. - Item le d. prieur a droit de prendre, sur les hommes de la seigneurie de Rochefort en Malansac, la moitié des dîmes de tous bleds. - Item une rente de 12 sols 6 deniers, non payée par le receveur du devoir de coustume dû en la ville de Rochefort. - Item diverses petites rentes semblables sur plusieurs pièces de terre (minutieusement indiquées), montant à 4 l. 1 sol 4 den. - A la charge de dire ou faire dire, par chacune semaine de l'année, en l'église du d. prieuré, deux messes, en priant Dieu pour l'âme des fondateurs du d. prieuré et de leurs successeurs. Ce fut fait et gréé en la ville de Rochefort, en la maison de Guillaume Le Gal, le premier jour de décembre 1551. Signé Jean Bérard" - Aveu reçu à la cour de Rochefort (Archives Rennes, Redon). Plus tard, le prieuré ou plutôt la chapellenie de Saint-Ambroise de Brouais en Saint-Marcel fut annexée à Saint-Michel de la Grêle. Le bénéfice de Brouais avait 6 journaux de terre et la dîme à la 11e gerbe à la Lande-sous-la-Rue, à la Juhelaye, et en diverses pièces de terre, et l'obligation d'une messe par semaine. Le prieuré de la Grêle subit, comme les autres, le fléau des taxes de guerre. Le 20 octobre 1560, les droits sur le village de l'Abbaye en Bohal furent vendus à Pierre de Maigné, pour 96 livres 10 sous ; le 13 mars 1570, un jardin et un pré furent adjugés à Roland Vivien, pour 162 livres ; enfin le 17 avril 1577, la dîme de la frairie de Carpehaie en Malansac fut aliénée pour dix ans. En 1619, le prieur Nicolas Chevalier affermait tous les revenus de Saint-Michel pour la somme annuelle de 450 livres. Le 17 février 1751, M. Jean de Larlan, seigneur de Rochefort, obtint de l'évêque de Vannes, l'annexion de ce prieuré à la collégiale de Notre-Dame de la Tronchaye, ce qui fut confirmé par lettres patentes du roi du mois de janvier 1758. Voici les noms des prieurs jusqu'à cette époque : Fr Yves de Tournivilly, de Redon (pourvu en 1541), Jean Bérard (fait aveu en 1551 et vit encore en 1560), Robert Noury (mentionné en 1568), Fr. Jean de Robien (cité en 1575), Fr. Pierre Rado (pourvu en 1589, mort en 1602), François Le Camus (pourvu en 1603, démissionnaire en 1603), Nicolas Chevalier ou Cavelier (pourvu en 1603, démissionnaire en 1620), Charles de Haqueville (pourvu en 1620, évêque de Soissons), François Jubier (mentionné en 1631 et 1639), D. Jacques Le Maistre de l'Isle (en 1679, démissionnaire en 1701), D. Pierre Descalles (pourvu en 1701, démissionnaire en 1703), François Maubec (pourvu en 1703, mort chanoine en 1726), Jacques Em. de Montalembert (en 1726, mort en 1738), Jean Le Rat, abbé du Taillis (pourvu en 1738, consent à l'union). La Révolution de 1790 supprima les dîmes qui appartenaient jadis à ce prieuré, et dispersa ses biens. La chapelle de Saint-Michel, restaurée à une époque moderne, existe encore auprès de Rochefort-en-Terre, et une maison voisine a conservé le nom de Prieuré. Cet établissement n'avait pas de juridiction féodale (J. M. Le Mené) ; | |
l'ancienne chapelle Saint-Roch. Construite en 1527 sur une hauteur près de la ville de Rochefort-en-Terre en exécution d'un voeu de la population décimée par la peste, elle était en ruines en 1789. Elle a été reconstruite, en style gothique, en 1854 ; | |
le calvaire du cimetière (XVIème siècle), oeuvre du sculpteur Claude de Rieux-Rochefort. En partie haute, sont représentées la Crucifixion et la Descente de croix. En partie basse, sont représentées des scènes de la Passion ; | |
le château de Rochefort-en-Terre (XIII-XVème siècle), propriété de la famille de Rochefort (Hamon de Rochefort, en 1173), puis de la famille de Rieux (par alliance) à partir de 1374. Les comtes de Rochefort avaient droit de haute, moyenne et basse justice. En 1488, le château de Rochefort est brûlé et ruiné par les Français. Le château est reconstruit à la fin du XVème siècle pour Jean IV de Rieux, maréchal de Bretagne, grâce à une indemnité annuelle, accordée par la duchesse Anne, à partir de 1490 (Pr. III. 674). On voit encore dans la cour du château une pierre sculptée, portant les armes de Rieux-Rochefort en alliance avec celles d'Isabeau de Brosse ou de la Bretagne, troisième femme du maréchal. Le 1er mai 1542, Suzanne de Bourbon, dame de Rieux, de Rochefort, d'Ancenis, etc ..., veuve de Claude Ier et tutrice de son fils Claude II, avoue tenir "le château de Rochefort, ses douves, remparts, logis et autre apartenances, avec une chapelle et chapelainie fondée de Monsieur Saint-Jehan-l'Evangéliste, ... les estables, granges et cabinets, avec le jardin de Madame à l'issue du dit château, contenant environ vingt hommées, le tout cerné de douffves et murailles". Les Rieux-Rochefort de la branche aînée s'éteignent en 1567. Le château possède une chapelle privée dédiée à Saint-Jean. La seigneurie passe ensuite entre les mains de la famille Coligny (en 1567), de la famille Lorraine (en 1607), de la famille Larlan (en 1660). Dévasté en 1488 par les Français et en partie détruit par les Ligueurs en 1594, il reste dans un état de désolation sous les Lorraine-Elboeuf jusqu'à 1660. Les Larlan de Lanitré prennent ensuite possession du domaine, restaure le château et prennent le titre de comte de Rochefort. On voit encore dans la cour une pierre portant leur écusson : d'argent à la croix de sable, chargée de neuf macles d'argent. En 1785, meurt la dernière héritière de cette maison, et son fils, Paul Hay des Nétumières, recueille sa succession. Une partie du domaine est acquise en 1673 par Vincent-Exupère de Larlan qui restaure le château. En 1771, le château est la propriété de la famille Hay Des Nétumières, mais la Révolution l'en dépouille bientôt. En 1793, la conscription soulève les campagnes. Le samedi, 16 mars, le tocsin sonne partout, et les paysans marchent sur Rochefort, le chef-lieu du district. Les patriotes, au nombre de 24 seulement, se réfugient au château, et après avoir tiré sur l'ennemi, ils prennent la route de Malestroit. Deux détachements républicains, venus l'un de Malestroit, l'autre d'Elven, tentent inutilement de reprendre la place. Mais le 26 mars, le général du Petit-Bois, venu de Vannes, avec des forces imposantes et de l'artillerie, a bientôt raison des insurgés. Les soldats entrent dans la ville, pillent les maisons et commettent d'affreux excès. Ceux qui pénètrent dans le château pillent de même et brisent les meubles, les glaces et les objets qu'ils ne peuvent pas emporter. Beaucoup d'entre eux s'enivrent et sont renfermés dans la place, pendant que le gros de la troupe retourne à Vannes. Après la victoire, la vengeance. L'administration départementale arrête, le 1er avril 1793, que toutes les municipalités descendent leurs cloches, pour empêcher le tocsin, et les envoient au chef-lieu de chaque district. Elle décide en outre que le château de Rochefort soit démoli. Un mois plus tard, c'est-à-dire, le 1er mai, le citoyen Moreau écrit à ses collègues de Vannes : "La démolition du château avance beaucoup, et sous huit jours, pour le plus tard, il ne présente plus qu'un monceau de ruines". Le 15 mai, il ajoute : "Il n'y a plus qu'une journée de travail pour mettre le château hors d'état de servir ; il reste quelques parapets, qu'on s'occupe journellement de démolir. Les écuries restent : ce sont des logements ruraux ; je ne croix pas que cette habitation puisse jamais nuire à la tranquillité publique. Mon avis est fondé sur les données des ingénieurs en chef qui ont visité les lieux. Consultez-les, chers collègues, et vous verrez si cette démolition ne serait pas plus nuisible qu'utile à la République par les frais qu'elle entraînerait. D'ailleurs, il serait de toute justice d'indemniser le propriétaire de ces écuries, et les frais d'indemnité monteraient à des sommes assez fortes ; je vous observerai en outre que ces écuries sont utiles pour l'exploitation de la terre de Rochefort, et qu'elles servent même en ce moment à loger divers objets qu'on a pu conserver" (Arch. dép. - Police, 1793). Les écuries sont transformées en habitation en juillet 1843. Propriété du docteur Juhel (en 1843), il est vendu en 1907 au peintre américain Alfred Klots qui reconstruit un nouveau château avec les communs du XVIIème siècle. Les lucarnes (XVIème siècle) de style gothique et Renaissance proviennent du château de Keralio en Noyal-Muzillac (ancienne propriété des Larlan et des Nétumières). Entre 1925 et janvier 1927, Alfred Klots édifie une seconde tour à l'extrémité de l'aile Sud. Durant les deux guerres mondiales, l'édifice a servi d'hôpital militaire américain. De l'ancien château, il subsistait, en 1867, cinq tours dont l'une servait de chapelle. L'édifice est aujourd'hui la propriété du conseil général du Morbihan et abrite un musée. On y trouve plusieurs peintures : "Couronnement de la Vierge" (XVIIème siècle), "Portrait de Femme" (1897, oeuvre du peintre Alfred Klots), "Madame Douglas Story" (1908, oeuvre d'Alfred Klots), "Le Cardinal Gibbons" (vers 1910, oeuvre d'Alfred Klots), "Portrait de Femme" (vers 1910-1920, oeuvre d'Alfred Klots), "Agnés Klots" (1935, oeuvre du peintre Jacques Emile Blanche), "Dad Takes Tea" (1933, oeuvre de Trafford Klots), "Alfred Klots" (1938-1974, oeuvre de Trafford Klots), "Trafford Klots" (vers 1970, oeuvre du peintre William Draper), "Paysage" (vers 1882, oeuvre des peintres Camille Dufour et Ernest Baillet), "La Défense de Rochefort-en-Terre" (1885, oeuvre du peintre Alexandre Bloch), "La Chambre Rouge" (1910, oeuvre du peintre Marius Borgeaud), "Rideau de Théâtre" (vers 1920, oeuvre d'Alfred Klots), ainsi qu'une fontaine d'applique (1820, oeuvre de Joseph Pestélaud) et une collection de vierges en faïence (XVIII-XIXème siècle). M. le chanoine Mahé mentionne, la découverte en 1815 d'un souterrain dans les ruines de ce château, son prolongement pendant cinq cents pas, la rencontre d'une salle voûtée, et la présence de décombres arrêtant le passage ultérieur ; | |
le manoir de Rochefort ou la "Villa Hortense" (1902). Cette demeure, mitoyenne du Château, appartenait à l'origine à Louise Mougeat. Louise Mougeat, orpheline très jeune, avait été élevée par son oncle et sa tante, Léon et Hortense Bouchant, d'où le nom de la maison. Cette demeure, qui est l'oeuvre de l'architecte vannetais Caubert de Cléry, est achevée en 1902, ainsi que les écuries et le parc qui l'entoure. Lorsque Louise Mougeat décède en 1930, elle n'a aucun héritier, mais par testament daté du 10 août 1929, elle devient la propriété de Victor Limon Duparcmeur, notaire à Rochefort. Il s'agit aujourd'hui d'un édifice moderne appartenant à la famille Limon Duparcmeur ; | |
le manoir à Echauguette ou à tourelle pentagonale en façade (XVIème siècle). Il a abrité jadis la pharmacie Duhamel et le Café Breton (situé rue du Porche). A l'intérieur, on peut voir des fresques peintes par Alfred Klots ; | |
la maison à pans de bois (XVème siècle), située rue Hante Candré. Les deux poteaux corniers du pan de bois sont ornés des effigies de Rochefort et de son épouse ; | |
la maison (1566), située rue du Porche. La baie de l'étage est décorée de pilastres à chapiteaux ioniques ; | |
l'hostellerie du Lion d'Or (1650), située place du Puits ; | |
la maison du sénéchal (XVIIème siècle), située place du Puits. Deux de ses linteaux en partie basse sont sculptés d'une balance (symbole du tribunal) ; | |
les maisons à pans de bois (XVII-XIXème siècle), situées rue Notre-Dame-de-la-Tronchaye. Des datations sont gravées sur un jambage des baies (1811) et sur un moellon de granit (1662). Cette maison est encore surnommée "de la Paumelle" ; | |
la poste (1739), située place de l'Eglise. L'édifice a été construit par la famille de Lamarzelle ; | |
les anciennes halles (1627) abritent la mairie vers 1970 puis l'office de tourisme. Une pierre sous le porche porte l'inscription 1627 ; | |
l'hôtel-Restaurant Le Pélican (XIXème siècle), situé rue du Porche ; | |
la maison de retraite (XVIIIème siècle), située place de l'Eglise. Il s'agit, à l'origine, d'une école fondée (par acte officiel notifié en 1732) par Julien François de Larlan, comte de Rochefort (décédé en 1722), et tenue par des religieuses de la congrégation des soeurs de la Sagesse. Pendant la Révolution, l'édifice est transformé en hôpital militaire. Les religieuses s'y installent de nouveau en 1806 et jusqu'en 1981, date à laquelle l'édifice est transformé en maison de retraite ; | |
le lavoir, situé porte de l'Etang ; |
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ANCIENNE NOBLESSE de ROCHEFORT-EN-TERRE
A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 8 septembre 1464 et du 4 septembre 1481, on comptabilise la présence d'aucun noble de Rochefort-en-Terre. Rochefort-en-Terre dépendait de Pluherlin.
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