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ROCHEFORT-EN-TERRE

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La commune de Rochefort-en-Terre (bzh.gif (80 octets) Roc'h-an-Argoed) est chef lieu de canton. Rochefort-en-Terre dépend de l'arrondissement de Vannes, du département du Morbihan (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de ROCHEFORT-EN-TERRE

Rochefort-en-Terre vient de "Roche forte".

Rochefort-en-Terre est un démembrement de la paroisse primitive de Pluherlin. Rochefort est une ancienne trève de la paroisse de Pluherlin.

Ville de Rochefort-en-Terre (Bretagne).

Rochefort (-en-Terre) est l'une des plus anciennes seigneuries de Bretagne. Elle doit son nom aux comtes de Rochefort (XIIème siècle). Certains historiens prétendent qu'elle aurait été détachée de celle d'Elven ou de Largoët, et donnée en partage à un puîné. Ce démembrement a dû s'opérer au XIème siècle, car la fondation du prieuré de Saint-Michel de la Grêle, faite par un des premiers seigneurs de Rochefort, est de cette époque. Vers 1135, est fondé le prieuré de la Madeleine dépendant de l'abbaye de Marmoutier et qui est mis sous l'invocation de sainte Marie Madeleine, comme celui de Malestroit : il est aussi parfois appelé la Montjoie et par altération la Mongée. Son siège est voisin de Rochefort, vers le nord, tout près de l'étang du seigneur de Rochefort, mais sur le territoire de Malansac. En 1190, un vicaire de Rochefort co-signe un acte par lequel le seigneur de Rochefort (Jarnorgon Ier) fait don de terrains aux moines de Marmoutier. Jarnegon, seigneur de Rochefort, vit en 1185 et en 1190. Son petits-fils Thibaud Ier épouse l'héritière de la vicomté de Donges et prépare l'acquisition d'Assérac. Thibaud III épouse Jeanne d'Ancenis et recueille ce fief en 1351. Enrichis par tous ces mariages, les sires de Rochefort peuvent alors rebâtir leur château. L'isolement de Rochefort la prédisposait beaucoup à l'établissement d'une place forte. La famille Rochefort bâtit un château vers le XIII-XIVème siècle au sommet d'une colline dominant la ville.

Ville de Rochefort-en-Terre (Bretagne).

La commune de Rochefort (-en-Terre depuis 1892) se trouve sur une crête rocheuse dont la partie la plus haute est occupée par le château. L'agglomération primitive, qui s'était installée au pied du château, sur le site appelé le Vieux Bourg, s'est progressivement étendue au cours du Moyen Age sur le versant sud du plateau autour de l'église prieurale Notre-Dame-de-la-Tronchaye et une halle située jadis sur l'actuelle place des Vieilles-Halles. Des trois portes qui contrôlent l'entrée de la ville de Rochefort-en-Terre, deux subsistent (à l'Est, la porte Saint-Michel est détruite en 1853).

Ville de Rochefort-en-Terre (Bretagne).

On trouve un Abbon de Rochefort dès 1118. C'est dans le château de Rochefort que s'établit, en 1374, Jean II de Rieux, en épousant l'héritière de Rochefort. C'est là que passent, au XVème siècle, ses fils Jean III et Pierre, et son petit-fils François, tous illustres guerriers. La juridiction du fief s'étend sur Pluherlin, Malansac, Caden, Péaule, Marzan, Limerzel, Questembert, Berric, Lauzach, Sulniac en partie, et Larré.

En 1790, Rochefort est érigé en commune, chef-lieu de canton et chef-lieu de district. En 1802, Rochefort devient une paroisse à part entière.

Ville de Rochefort-en-Terre (Bretagne).

Note 1 : Ancienne trêve de Pluherlin, Rochefort est une petite ville située dans un vallon abrupt. Les ruines du vieux château, qui lui a donné son nom, la dominent encore, et semblent, du haut de leur colline rocheuse, veiller sur elle. En 1891, la commune ne comprend guère que la ville, et sa superficie est de 126 hectares et sa population de 644 habitants.

Note 2 : Jean, sire de Rieux et de Rochefort, maréchal de Bretagne, institua, par lettre du 30 mars 1498, dans l'église de Rochefort, dédiée à Notre-Dame de la Tronchaie, un chapitre composé d'un doyen et de six chapelains. Cette fondation fut rendue perpétuelle par lettres de Claude de Rieux, son fils, du Ier juin 1527. Cette collégiale a subsisté jusqu'à la Révolution.

Ville de Rochefort-en-Terre (Bretagne).

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PATRIMOINE de ROCHEFORT-EN-TERRE

l'église Notre-Dame-de-la-Tronchaye (XII-XIXème siècle). Selon la tradition, une jeune bergère découvrit un jour, au creux d'un arbre, une statue de la Vierge qui aurait été cachée là, trois siècles plus tôt. On édifia le sanctuaire sur le lieu même de la découverte, avec un luxe qu'explique le voisinage des puissants seigneurs de Rochefort. La tour-lanterne de croisée et les murs orientaux des bras de transept correspondent à une église romane à vaisseau unique. Le reste de l'édifice semble daté des XVIème et XVIIème siècles. Après l'institution en 1498-1499 par Jean IV de Rieux-Rochefort d'un chapitre collégial et l'augmentation du chapitre de sept à treize ecclésiastiques (par son fils Claude de Rieux qui le fonde à perpétuité en 1527), l'église est remaniée au XVIème siècle pour recevoir le collège des chanoines : le vaisseau est reconstruit plus haut et flanqué de collatéraux. En même temps, le choeur, agrandi à l'est, est flanqué au sud d'une chapelle seigneuriale et d'une sacristie pour les chanoines. Les chanoines occupent en effet le choeur, un second bas-côté est ajouté au Sud, et le bas-côté Nord lui-même est restauré et achevé. Un contrefort du bas-côté Nord, porte l'inscription "l'an mil Vc XXXIII fust ceste ouvre parfaicte". Au XVIIème siècle, le choeur où officiaient les chanoines fut séparé de la nef par un jubé en bois : vers 1640, on édifie un grand retable qui ferme l'entrée du choeur (resté en place jusqu'en 1920, il est actuellement remonté contre le mur nord du choeur). Il semble qu'à la même époque on ait édifié un deuxième vaisseau, ouvert sur le collatéral sud afin d'accueillir le service paroissial. L'église, de plan basilical, comprend aujourd'hui une nef avec un bas-côté Nord et un double bas-côté Sud, un transept et un choeur avec abside, flanqué de deux absidioles ouvrant sur les croisillons. La nef de quatre travées, communique avec les bas-côtés par des arcades en plein cintre reposant sur de grosses colonnes à chapiteaux sculptés (c'est la partie la plus ancienne de l'édifice). Le second bas-côté Sud est relié au reste de la construction par de grandes arcades en tiers-point dont les moulures pénètrent dans des piliers cylindriques ou polygonaux. Un clocher carré, amorti par une couverture d'ardoises, s'élève sur le carré du transept. La décoration du bas-côté Nord est remarquable : les trois fenêtres et le large porche forment à l'extérieur des pignons à belle décoration flamboyante. Le portail Nord s'ouvre sous un grand arc en tiers-point avec tympan à réseau flamboyant. Le collatéral nord présente un portail daté de 1533. Le portail occidental et la grande fenêtre qui le surmontait ont été bouchés. L'église est couverte d'une charpente lambrissée aux sablières sculptées portant divers écussons dont ceux des familles Rieux et Rochefort. Entre 1610 et 1630, la collégiale est dotée de retables. A l'intérieur, on trouve une table de communion à balustre du XVIème siècle et des stalles en chênes de la Renaissance qui datent de 1590 et 1592 et qui portent gravés les nom des chanoines de l'époque ainsi que des ornements végétaux (les miséricordes sont sculptées de têtes humaines et de motifs variés). Les stalles sont complétées, en 1629, par deux armoires d'angle. Au-dessus de l'arc triomphale, on a conservé les restes d'un jubé consistant en seize panneaux de bois ajourés et sculptés du début du XVIème siècle (vers 1500). Un dais provenant d'un couronnement d'autel ou d'une stalle, en bois sculpté, du début du XVIème siècle, et les stalles de l'ancienne salle capitulaire de la fin du même siècle, méritent d'être signalés. La tribune date du XV-XVIème siècle. Les retables, en calcaire, datent du début du XVIIème siècle. L'un des retables séparait le choeur de la nef du début du XVIIème siècle jusqu'en 1924 (date où l'abbé Brien décide d'ouvrir la totalité de l'église aux paroissiens) : le retable est alors démonté et remonté sur un mur de l'arrière choeur (la partie centrale du retable présente une grande Trinité). Le maître-autel (collatéral sud), en bois, date du début du XVIIIème siècle. La statue de Françoise d'Amboise (apparentée en ligne directe aux Rieux-Rochefort), en bois polychrome, date du XVIème siècle. La statue de la Vierge à l'Enfant (occupant la grande niche centrale d'un ensemble de trois retables meublant tout le transept Sud), en bois polychrome, date du XVIIIème siècle. Le vitrail, qui date de 1927, est l'oeuvre des ateliers du maître-verrier angevin R. Desjardins et illustre la légende qui fait état de la découverte de la statue de la Vierge dans un tronc d'arbre creux. Au milieu du choeur des chanoines se trouvait autrefois la sépulture des seigneurs de Rochefort, qui fut détruite pendant la Révolution. Les anciennes statues de marbres qui ornaient jadis les tombeaux de Claude de Rieux et de son épouse Catherine de Laval, on été retaillées entièrement pour devenir un saint Joseph et une sainte Vierge. Dans l'église, on conserve encore un curieux porte-châsse en bois de 1630. Durant la Révolution, l'église sert de dépôt et de magasin. D'autres travaux sont réalisés au XIXème siècle, notamment l'allongement de la nef à l'Ouest, mais il faut attendre 1924 pour que l'intérieur de l'église prenne son aspect actuel ;

Eglise de Rochefort-en-Terre (Bretagne).

Voir aussi   Ville de Rochefort-en-Terre (Bretagne) "La Collégiale de Notre-Dame de la Tronchaye à Rochefort

Nota 1 : L'église de Notre-Dame de la Tronchaye a été successivement tréviale, collégiale et paroissiale. Construite sur un terrain en pente, elle semble enfouie par l'exhaussement du cimetière, qui la borde au nord. Elle est en grand et moyen appareil, avec des fenêtres ogivales, et appartient au XVème siècle. Sa forme primitive est celle d'une croix latine, avec deux bas côtés. Le 30 mars 1498 (N. S. 1499), Jean IV de Rieux-Rochefort y établit un doyen et six chapelains, pour y célébrer l'office divin, et assi­gna une rente de 40 livres au premier, une de 30 livres à chacun des autres, et 15 livres pour le luminaire. Cette fondation n'étant que pour la vie du maréchal, Claude Ier, son fils, la rendit perpétuelle, par ses lettres du 1er juin 1527, et voulut que cette collégiale fût desservie par un doyen, un chantre, cinq chanoines, quatre chapelains et deux enfants de choeur. Il se réserva la présentation du doyen, abandonna la collation des prébendes au chapitre, et la dota d'une rente de 600 livres. Le chapitre ayant occupé le choeur et l'ayant fermé par un mur, un nouveau bas côté fut ajouté au sud de l'édifice devenu trop petit pour la population. On voit sur une sablière l'écusson en alliance de Claude de Rieux et de Suzanne de Bourbon. Le côté nord fut aussi retouché à la même époque, car on lit sur un contrefort, près du portail : Lan mil Vcc XXXIII fut ceste ouvre parfaicte. Dans le choeur sont des stalles en chêne, avec les noms des chanoines qui les occupaient en 1590 et 1592. Le tombeau de Claude de Rieux et de sa femme, qui se trouvait aussi dans le choeur, a été détruit à la Révolution, et leurs statues retaillées depuis ont été converties, dit-on, en un Saint Joseph et une Sainte Vierge. — Au-dessous de l'arc triomphal, on a conservé les restes d'un jubé, où se remarquent seize panneaux en bois, habilement sculptés en accolades et flammes à jour. Outre la collégiale, il y avait le prieuré de Saint-Michel de la Grêle, fondé par les seigneurs de Rochefort et donné par eux à l'abbaye de Redon. Il fut longtemps tenu en règle, et lorsque la conventualité y eut cessé et qu'il fut tombé en commende, les moines réussirent encore souvent à se le faire conférer. Le prieur percevait la moitié des dîmes de Malansac et le champart sur plusieurs quartiers de Pluherlin, ce qui en 1619 rapportait 450 livres. En 1751, le seigneur de Rochefort obtint de l'évêque l'annexion de ce prieuré à la collégiale de N.-D. de la Tronchaye. La chapelle de Saint-Michel existe encore auprès de Rochefort, et sert toujours au culte en 1891. Une maison voisine porte encore le nom de Prieuré. Les chapelles de la trève étaient : — 1° Saint-Roch, sur une hauteur, tout près de la ville, construite en 1527, en exécution d'un voeu fait par la population décimée par la peste. On y desservait une chapellenie, qui en 1619 rapportait 60 livres. La chapelle, tombée en ruines avant la Révolution, a été rebâtie en 1854 dans le style ogival. — 2° Saint-Nicolas, à la sortie de Rochefort, près de la route de Malestroit, était, depuis 1681, le siège d'une chapellenie de ce nom, fondée par Françoise Le Moine, et présentée par ses héritiers. Cette chapelle n'existe plus aujourd'hui. Il y avait aussi une chapelle privée dans le château de Rochefort ; elle se trouvait, du temps des Rieux, dans une tour à droite de l'entrée, et au temps des Larlan, dans la cour du château ; elle était dédiée à saint Jean. On y desservait une chapellenie de ce nom, fondée par les seigneurs du lieu, et dotée d'une gerbe de seigle, dite la gerbe aux chiens, fournie par chaque paroissien de Malansac. Cette redevance, d'origine féodale, produisait, en 1619, un revenu annuel de 140 livres. Elle fut unie avec ses charges, en 1751, à la collégiale de Notre-Dame. A ces diverses chapellenies il faut ajouter celle de Julienne Chevrier, chargée d'une messe, chaque vendredi, à l'autel de Saint-François, dans l'église collégiale ; et celle de Broueren, mentionnée dans un pouillé de 1516, et sur laquelle les renseignements font défaut. Il y avait aussi à Rochefort un petit Hôpital, fondé sans doute par les seigneurs, et qui jouissait de quelques rentes constituées. Par son testament du 10 novembre 1722, le président de Larlan fonda dans cette ville des Ecoles charitables et des Bouillons aux pauvres. Ce n'est que dix ans après qu'on appela trois filles de la Sagesse, pour tenir ces écoles et ce bureau de bienfaisance ; on les logea dans une maison nommée Montauban, joignant à l'ouest l'église collégiale, et dès 1744 on leur confia l'hôpital, en demandant une soeur de plus. En 1785, cet établissement fut confirmé par lettres patentes de Louis XVI, mais bientôt la Révolution le fit disparaître. Rochefort n'étant qu'une trève de Pluherlin, le recteur de la paroisse en était le chef spirituel. Il pouvait y exercer ses fonctions, mais le plus souvent il était suppléé par un curé, nommé et rétribué par lui, et choisi tantôt parmi les prêtres disponibles, tantôt parmi les chanoines de la collégiale. La coexistence de la cure et du chapitre dans la même église dut engendrer parfois des difficultés ; c'est pour y obvier sans doute, que M. Maury, recteur de Pluherlin, étant devenu doyen de la Tronchaye, obtint, le 28 juin 1785, un indult du souverain pontife annexant la paroisse au décanat de la collégiale. En 1790, Rochefort fut détaché, pour le civil, de Pluherlin et érigé en chef-lieu de canton et même en chef-lieu de district, sous le nom de Roche-des-Trois. Son canton comprit : Caden, Limerzel, Malansac et Pluherlin. Son district comprit de plus : Questembert, Berric, Larré, Molac, Pleucadeuc, Bohal, Saint-Marcel, Missiriac, Saint-Laurent, Saint-Congard, Peillac, Saint-Vincent, Saint-Perreux, Allaire, Saint-Gorgon, Saint-Jacut, Saint-Gravé, Saint-Martin, les Fougerêts, Glénac, Cournon, la Gacilly, le Temple, Carentoir et Tréal. La tourmente révolutionnaire emporta la collégiale, les chapellenies et le château lui-même. A la suppression des districts, en 1800, Rochefort entra dans l'arrondissement de Vannes, fut maintenu comme chef-lieu de canton, et acquit même, en 1801, Saint-Gravé, Saint-Congard, Saint-Laurent et Missiriac. A la réorganisation du diocèse, en 1802, cette commune fut érigée en cure de canton, et elle a conservé cet avantage depuis. En 1863, on lui a retiré Missiriac, pour l'attribuer au canton de Malestroit et à l'arrondissement de Ploërmel. Il y a foire à Rochefort le second mardi de chaque mois, et marché tous les mardis (J-M. Le Mené - 1891).

la chapelle Saint-Michel (XVIème siècle), édifiée sur les lieux d'un ancien prieuré appelé Saint-Michel de la Grêle. Elle a été entièrement reconstruite au XIXème siècle et renferme une cloche datée de 1670. La Grêle est un village de l'ancienne paroisse de Pluherlin et aujourd'hui de Rochefort-en-Terre : elle est à l'Est de la ville et près du ruisseau qui sert de limite à Malansac. C'est là qu'un des premiers seigneurs de Rochefort donna le terrain nécessaire à l'abbaye Saint-Sauveur de Redon pour y fonder un prieuré simple. Les moines bâtirent sur la hauteur une maison pour leur résidence et une chapelle pour le culte : cette chapelle dédiée à l'archange saint Michel valut à l'établissement le nom de prieuré de Saint-Michel de la Grêle. La dotation comprenait, outre la maison, un jardin, un pré, la moitié des dîmes de Malansac et le champart sur plusieurs quartiers de Pluherlin. Cette dotation, consistant principalement en dîmes, se retrouve fréquemment au XIème siècle, et semble indiquer d'une manière approximative la date de fondation. C'est d'ailleurs dans ce siècle que furent fondés la plupart des prieurés dépendant de Redon. D'autres biens vinrent plus tard augmenter la dotation. Le prieuré de la Grêle eut des droits sur le village de l'Abbaye en Bohal. Les religieux habitèrent longtemps ce prieuré. Quand ils rentrèrent à Redon, l'abbé continua de nommer un prieur chargé de recueillir les fruits de ce bénéfice, et d'en acquitter les charges, qui étaient de deux messes par semaine. Lorsque, vers 1500, s'introduisit l'abus des commendes, les seigneurs de Rochefort s'attribuèrent le droit de présenter des prieurs, malgré les réclamations des abbés de Redon, et choisirent ordinairement des prêtres séculiers ; cependant, des religieux réussirent plusieurs fois à se faire conférer ce bénéfice. Voici un aveu pour la Grêle fourni en 1551 : "Sachent tous que par devant nous notaires jurés et receus en la cour et séneschaussée de Rochefort, s'est comparu et présenté en personne noble homme, vénérable et discret Mre Jan Bérard, prieur du prieuré de la Gresle en Rochefort et recteur de Mouellan, lequel ... confesse estre homme et subjet de hauts et puissants seigneur et dame Guy et Guyonne, comte et comtesse de Laval, Montfort... et tenir sous la d. seigneurie de Rochefort, noblement, à devoir de foy et hommage, les choses cy-après : - Et premier la chapelle du d. prieuré de la Gresle, avec son pourpris contenant environ 3 journaux de terre en un tenant. - Item la maison, jardin et pré du d. prieuré, près la chapelle, contenant environ 3 journaux et demi de terre. - Item le pré de la Bataille, contenant environ 2 journaux de terre, bitant au ruisseau de Candret. - Item les terres de Bellestre, contenant environ 4 journaux, bitant au chemin qui conduit au Tertre-Vieillard. - Item le d. prieur a droit de prendre, sur les hommes de la seigneurie de Rochefort en Malansac, la moitié des dîmes de tous bleds. - Item une rente de 12 sols 6 deniers, non payée par le receveur du devoir de coustume dû en la ville de Rochefort. - Item diverses petites rentes semblables sur plusieurs pièces de terre (minutieusement indiquées), montant à 4 l. 1 sol 4 den. - A la charge de dire ou faire dire, par chacune semaine de l'année, en l'église du d. prieuré, deux messes, en priant Dieu pour l'âme des fondateurs du d. prieuré et de leurs successeurs. Ce fut fait et gréé en la ville de Rochefort, en la maison de Guillaume Le Gal, le premier jour de décembre 1551. Signé Jean Bérard" - Aveu reçu à la cour de Rochefort (Archives Rennes, Redon). Plus tard, le prieuré ou plutôt la chapellenie de Saint-Ambroise de Brouais en Saint-Marcel fut annexée à Saint-Michel de la Grêle. Le bénéfice de Brouais avait 6 journaux de terre et la dîme à la 11e gerbe à la Lande-sous-la-Rue, à la Juhelaye, et en diverses pièces de terre, et l'obligation d'une messe par semaine. Le prieuré de la Grêle subit, comme les autres, le fléau des taxes de guerre. Le 20 octobre 1560, les droits sur le village de l'Abbaye en Bohal furent vendus à Pierre de Maigné, pour 96 livres 10 sous ; le 13 mars 1570, un jardin et un pré furent adjugés à Roland Vivien, pour 162 livres ; enfin le 17 avril 1577, la dîme de la frairie de Carpehaie en Malansac fut aliénée pour dix ans. En 1619, le prieur Nicolas Chevalier affermait tous les revenus de Saint-Michel pour la somme annuelle de 450 livres. Le 17 février 1751, M. Jean de Larlan, seigneur de Rochefort, obtint de l'évêque de Vannes, l'annexion de ce prieuré à la collégiale de Notre-Dame de la Tronchaye, ce qui fut confirmé par lettres patentes du roi du mois de janvier 1758. Voici les noms des prieurs jusqu'à cette époque : Fr Yves de Tournivilly, de Redon (pourvu en 1541), Jean Bérard (fait aveu en 1551 et vit encore en 1560), Robert Noury (mentionné en 1568), Fr. Jean de Robien (cité en 1575), Fr. Pierre Rado (pourvu en 1589, mort en 1602), François Le Camus (pourvu en 1603, démissionnaire en 1603), Nicolas Chevalier ou Cavelier (pourvu en 1603, démissionnaire en 1620), Charles de Haqueville (pourvu en 1620, évêque de Soissons), François Jubier (mentionné en 1631 et 1639), D. Jacques Le Maistre de l'Isle (en 1679, démissionnaire en 1701), D. Pierre Descalles (pourvu en 1701, démissionnaire en 1703), François Maubec (pourvu en 1703, mort chanoine en 1726), Jacques Em. de Montalembert (en 1726, mort en 1738), Jean Le Rat, abbé du Taillis (pourvu en 1738, consent à l'union). La Révolution de 1790 supprima les dîmes qui appartenaient jadis à ce prieuré, et dispersa ses biens. La chapelle de Saint-Michel, restaurée à une époque moderne, existe encore auprès de Rochefort-en-Terre, et une maison voisine a conservé le nom de Prieuré. Cet établissement n'avait pas de juridiction féodale (J. M. Le Mené) ;

l'ancienne chapelle Saint-Roch. Construite en 1527 sur une hauteur près de la ville de Rochefort-en-Terre en exécution d'un voeu de la population décimée par la peste, elle était en ruines en 1789. Elle a été reconstruite, en style gothique, en 1854 ;

Chapelle de Rochefort-en-Terre (Bretagne).

le calvaire du cimetière (XVIème siècle), oeuvre du sculpteur Claude de Rieux-Rochefort. En partie haute, sont représentées la Crucifixion et la Descente de croix. En partie basse, sont représentées des scènes de la Passion ;

le château de Rochefort-en-Terre (XIII-XVème siècle), propriété de la famille de Rochefort (Hamon de Rochefort, en 1173), puis de la famille de Rieux (par alliance) à partir de 1374. Les comtes de Rochefort avaient droit de haute, moyenne et basse justice. En 1488, le château de Rochefort est brûlé et ruiné par les Français. Le château est reconstruit à la fin du XVème siècle pour Jean IV de Rieux, maréchal de Bretagne, grâce à une indemnité annuelle, accordée par la duchesse Anne, à partir de 1490 (Pr. III. 674). On voit encore dans la cour du château une pierre sculptée, portant les armes de Rieux-Rochefort en alliance avec celles d'Isabeau de Brosse ou de la Bretagne, troisième femme du maréchal. Le 1er mai 1542, Suzanne de Bourbon, dame de Rieux, de Rochefort, d'Ancenis, etc ..., veuve de Claude Ier et tutrice de son fils Claude II, avoue tenir "le château de Rochefort, ses douves, remparts, logis et autre apartenances, avec une chapelle et chapelainie fondée de Monsieur Saint-Jehan-l'Evangéliste, ... les estables, granges et cabinets, avec le jardin de Madame à l'issue du dit château, contenant environ vingt hommées, le tout cerné de douffves et murailles". Les Rieux-Rochefort de la branche aînée s'éteignent en 1567. Le château possède une chapelle privée dédiée à Saint-Jean. La seigneurie passe ensuite entre les mains de la famille Coligny (en 1567), de la famille Lorraine (en 1607), de la famille Larlan (en 1660). Dévasté en 1488 par les Français et en partie détruit par les Ligueurs en 1594, il reste dans un état de désolation sous les Lorraine-Elboeuf jusqu'à 1660. Les Larlan de Lanitré prennent ensuite possession du domaine, restaure le château et prennent le titre de comte de Rochefort. On voit encore dans la cour une pierre portant leur écusson : d'argent à la croix de sable, chargée de neuf macles d'argent. En 1785, meurt la dernière héritière de cette maison, et son fils, Paul Hay des Nétumières, recueille sa succession. Une partie du domaine est acquise en 1673 par Vincent-Exupère de Larlan qui restaure le château. En 1771, le château est la propriété de la famille Hay Des Nétumières, mais la Révolution l'en dépouille bientôt. En 1793, la conscription soulève les campagnes. Le samedi, 16 mars, le tocsin sonne partout, et les paysans marchent sur Rochefort, le chef-lieu du district. Les patriotes, au nombre de 24 seulement, se réfugient au château, et après avoir tiré sur l'ennemi, ils prennent la route de Malestroit. Deux détachements républicains, venus l'un de Malestroit, l'autre d'Elven, tentent inutilement de reprendre la place. Mais le 26 mars, le général du Petit-Bois, venu de Vannes, avec des forces imposantes et de l'artillerie, a bientôt raison des insurgés. Les soldats entrent dans la ville, pillent les maisons et commettent d'affreux excès. Ceux qui pénètrent dans le château pillent de même et brisent les meubles, les glaces et les objets qu'ils ne peuvent pas emporter. Beaucoup d'entre eux s'enivrent et sont renfermés dans la place, pendant que le gros de la troupe retourne à Vannes. Après la victoire, la vengeance. L'administration départementale arrête, le 1er avril 1793, que toutes les municipalités descendent leurs cloches, pour empêcher le tocsin, et les envoient au chef-lieu de chaque district. Elle décide en outre que le château de Rochefort soit démoli. Un mois plus tard, c'est-à-dire, le 1er mai, le citoyen Moreau écrit à ses collègues de Vannes : "La démolition du château avance beaucoup, et sous huit jours, pour le plus tard, il ne présente plus qu'un monceau de ruines". Le 15 mai, il ajoute : "Il n'y a plus qu'une journée de travail pour mettre le château hors d'état de servir ; il reste quelques parapets, qu'on s'occupe journellement de démolir. Les écuries restent : ce sont des logements ruraux ; je ne croix pas que cette habitation puisse jamais nuire à la tranquillité publique. Mon avis est fondé sur les données des ingénieurs en chef qui ont visité les lieux. Consultez-les, chers collègues, et vous verrez si cette démolition ne serait pas plus nuisible qu'utile à la République par les frais qu'elle entraînerait. D'ailleurs, il serait de toute justice d'indemniser le propriétaire de ces écuries, et les frais d'indemnité monteraient à des sommes assez fortes ; je vous observerai en outre que ces écuries sont utiles pour l'exploitation de la terre de Rochefort, et qu'elles servent même en ce moment à loger divers objets qu'on a pu conserver" (Arch. dép. - Police, 1793). Les écuries sont transformées en habitation en juillet 1843. Propriété du docteur Juhel (en 1843), il est vendu en 1907 au peintre américain Alfred Klots qui reconstruit un nouveau château avec les communs du XVIIème siècle. Les lucarnes (XVIème siècle) de style gothique et Renaissance proviennent du château de Keralio en Noyal-Muzillac (ancienne propriété des Larlan et des Nétumières). Entre 1925 et janvier 1927, Alfred Klots édifie une seconde tour à l'extrémité de l'aile Sud. Durant les deux guerres mondiales, l'édifice a servi d'hôpital militaire américain. De l'ancien château, il subsistait, en 1867, cinq tours dont l'une servait de chapelle. L'édifice est aujourd'hui la propriété du conseil général du Morbihan et abrite un musée. On y trouve plusieurs peintures : "Couronnement de la Vierge" (XVIIème siècle), "Portrait de Femme" (1897, oeuvre du peintre Alfred Klots), "Madame Douglas Story" (1908, oeuvre d'Alfred Klots), "Le Cardinal Gibbons" (vers 1910, oeuvre d'Alfred Klots), "Portrait de Femme" (vers 1910-1920, oeuvre d'Alfred Klots), "Agnés Klots" (1935, oeuvre du peintre Jacques Emile Blanche), "Dad Takes Tea" (1933, oeuvre de Trafford Klots), "Alfred Klots" (1938-1974, oeuvre de Trafford Klots), "Trafford Klots" (vers 1970, oeuvre du peintre William Draper), "Paysage" (vers 1882, oeuvre des peintres Camille Dufour et Ernest Baillet), "La Défense de Rochefort-en-Terre" (1885, oeuvre du peintre Alexandre Bloch), "La Chambre Rouge" (1910, oeuvre du peintre Marius Borgeaud), "Rideau de Théâtre" (vers 1920, oeuvre d'Alfred Klots), ainsi qu'une fontaine d'applique (1820, oeuvre de Joseph Pestélaud) et une collection de vierges en faïence (XVIII-XIXème siècle). M. le chanoine Mahé mentionne, la découverte en 1815 d'un souterrain dans les ruines de ce château, son prolongement pendant cinq cents pas, la rencontre d'une salle voûtée, et la présence de décombres arrêtant le passage ultérieur ;

Château de Rochefort en Terre (Bretagne).

Nota 2 : On trouve des seigneurs de Rochefort dès le XIIème siècle : Hamon de Rochefort fut fait prisonnier à Dol en 1173. Jarnogon de Rochefort est connu par un sceau qui le représente à cheval ; il fit quelques donations au prieuré de la Madeleine de la Montjoie, fondé par ses prédécesseurs en faveur de l'abbaye de Marmoutier (voir Malansac). Alain prit part, en 1203, aux Etats réunis à Vannes pour venger la mort d'Arthur Ier. Thébaud, son fils, épousa l'héritière du vicomté de Donges. Guillaume, fils de Thébaud, fut vicomte de Donges, seigneur de Rochefort, d'Assérac et de Châteauneuf. Il fit un accord en 1272 avec les moines du prieuré de la Madeleine ou de Rochefort. Il souscrivit, en 1275, au changement du bail en rachat, et eut ensuite quelques démêlés avec l'abbé de Prières, l'évêque de Nantes et celui de Dol ; il suivit, en 1285, le roi de France dans sa guerre d'Aragon, et reconnut, en 1294, devoir au duc cinq chevaliers pour Donges et trois pour Rochefort, sans compter un et demi que son fils devait pour Assérac. Thébaud II lui succéda, fut mêlé aux testaments des ducs Jean II en 1306, et d'Arthur II en 1312, et fonda en 1327 un couvent de Carmes à Nantes. Guillaume II de Rochefort servit Philippe de Valois contre les Anglais en 1338, embrassa la cause de Charles de mois en 1341, et mourut vers 1347. Thébaud III, son fils, épousa Jeanne, héritière d'Ancenis, vit son frère Guy s'illustrer au combat de Mi-voie, et périt lui-même à la bataille d'Auray en 1364. Thébaud IV ne survécut que sept ans à son père. Jeanne de Rochefort, sa soeur et héritière principale, épousa en 1360 Eon de Montfort, et en 1374 Jean II de Rieux, qui prit le nom et les armes de Rieux-Rochefort et continua la descendance. Ce seigneur devint Maréchal de France en 1387 et se trouva mêlé aux guerres de son temps ; il mourut en 1417 à Rochefort, et fut inhumé dans l'église de Notre-Dame de la Tronchaye. Jean III de Rieux-Rochefort, vicomte de Donges, baron d'Ancenis etc.. vit son frère Pierre nommé Maréchal de France en 1417 et servit vaillamment son pays ; il mourut le 8 janvier 1431 et fut inhumé à N.-D. de la Tronchaye, où son frère vint le rejoindre plus tard. François de Rieux-Rochefort recueillit la succession paternelle à 13 ans, épousa Jeanne de Rohan, et fut chambellan du duc. Jean IV, son fils aîné, devint, en 1458, seigneur de Rieux et de Rochefort, vicomte de Donges, baron d'Ancenis.. ; et en 1471 seigneur de Malestroit et de Largoët. Nommé Maréchal de Bretagne, il ne put empêcher les Français de ravager ses châteaux en 1488, se brouilla un moment avec la duchesse Anne, et prit ensuite part aux guerres d'Italie sous Charles VIII et Louis XII. Il fonda, le 30 mars 1499 (N. S.), à Rochefort, une collégiale composée d'un doyen et de six chapelains ou chanoines, mourut le 9 février 1519 (N. S.), et fut inhumé chez les Cordeliers d'Ancenis, fondés par son aïeule. Claude Ier, sire de Rieux, de Rochefort, de Largoët, baron d'Ancenis, vicomte de Donges, comte d'Harcourt et d'Aumale, épousa Catherine de Laval, puis Suzanne de Bourbon, dota la collégiale, répara le château, et mourut en 1532. Claude II, son fils, mourut à 18 ans en 1548, sans postérité, laissant ses biens à sa soeur Renée de Rieux. Paul de Coligny, neveu des précédents, recueillit leur succession en 1567, et mourut à Taillebourg en 1586. Son fils unique Guy fut tué en Hongrie, en 1605, à 20 ans. Charles de Lorraine duc d'Elboeuf obtint en 1607 les seigneuries de Rieux et de Rochefort, qu'il transmit à son fils Charles, puis à François qui les vendit. Vincent-Exupère de Larlan, seigneur de Lanitré, président à mortier au Parlement, acquit Rochefort en 1660, et se qualifia Comte de Rochefort, seigneur de Kerdréan, Keralio, Botpilio, etc.. Il mourut à Rennes le 19 août 1692, et fut inhumé dans le choeur de la collégiale de Rochefort. Jean-Baptiste de Larlan, son fils, comte de Rochefort en 1692, seigneur de Keralio, Kerdréan, Botpilio, Liniac, Kercadio, etc.. président à mortier au Parlement, mourut subitement à Noyal-Muzillac le 26 février 1717, et y fut enterré. Julien-François de Larlan recueillit la charge et les titres de son père, mourut au château de Rochefort le 7 décembre 1722, à l'âge de 30 ans, et fut inhumé dans le caveau des seigneurs à N.-D. de la Tronchaye. Jean-Baptiste-Julien de Larlan de Kercadio, marquis de la Daubiais, comte de Rochefort, baron de Kerouzéré et de Trongoff, seigneur de Keralio, Liniac, etc.. mourut en 1735, laissant ses biens à Jean-Anne-Vincent de Larlan, puis à Marie-Françoise-Rose de Larlan, femme de Charles-Paul Hay des Nétumières. Celle-ci mourut au château de Rochefort, et fut inhumée le 7 juin 1785 dans l'enfeu de ses ancêtres. Son fils Marie-Paul Hay des Netumières recueillit sa succession, et fut peu après dépouillé par la Révolution. Les seigneurs de Rochefort avaient haute, moyenne et basse justice, et pour l'exercer ils avaient un tribunal composé d'un sénéchal, d'un alloué, d'un procureur fiscal et d'un greffier, sans compter les avocats, les procureurs, les notaires et les sergents de la juridiction. Les fourches patibulaires étaient à quatre poteaux, avec ceps et colliers. Leur juridiction s'étendait sur les paroisses de Pluherlin, Pleucadeuc, Molac, Questembert, Berric, Lauzach, Malansac, Limerzel, etc.. Ils y jouissaient de droits honorifiques et utiles, plus ou moins étendus, tels que prééminences dans les églises, prières nominales, enfeus, bancs, armoiries, etc.. Ils possédaient la forêt de Brambien, immense jadis, la forêt de Coetzo, le vaste parc de Rochefort ou de Bodelio, et l'exploitation exclusive des ardoisières disséminées sur la montagne de Guenfol dans l'espace de deux lieues. Le château de Rochefort avait une enceinte de forme irrégulière. Voici un extrait d'un aveu rendu par Suzanne de Bourbon, le 1er mai 1542. « 1° Le château du dit Rochefort, o ses douves, empars, logeis et autres apartenances, ... une chapelle et chapelainie fondée de M. saint Jehan l'Evangeliste,... les estables, granges et cabinets, avec le jardrin de Madame à l'issue du dit chasteau contenant environ 20 hommées, le tout cerné de douffves et murailles. 2° Item la cohue du dit Rochefort,... le four à ban,... divers prés (dont suit le débornement). 3° Les moulins à eau de Quellenec, d'Arz et de Renrezel, en Pluherlin ; de Quiban et de Vaubily en Malansac ; de Tauhon, de Cellac et de Coetbihan en Questembert ; de Larré près du manoir de Trégouet ; de Trévelo en Limerzel : de Kertudal et du Lestier en Péaule. 4° La forest et boys ancien de Brambien, avec les boys de Cozo, joignant l'un à l'autre, contenant ensemble 250 journaulx ou environ.. ; le boys au Seigneur près le château du dit Rochefort, bitant au ruxeau du Pont-au-Roux.. ; le boys taillif de la Garenne au Bloy, contenant environ 20 journaulx.. : deux autres boys voisins, contenant l'un 12, l'autre 20 journaulx.. ; en Malensac le parc de Rochefort, étant la pluspart en boys tant ancien que taillif, et le parsus en lande et pré, le tout cerné de murs, contenant ensemble environ 1,000 journaulx. A le sire de Rochefort un debvoir appelé la Drague, o son poulichet, commençant le mardi prochain après la Pentecoste et dure celuy jour et le lendemain, ausquels jours Guillaume Pasquier, dit le Duc d'Amour, est tenu et doibt, sur ses béritaiges et maison où il est demourant, conduire ou faire conduire trois fois par chacun des dits jours une beste feinte, nommée la Drague o son poulichet, et aller au château et ladite ville, et avoir tant à la conduite de ladite drague qu'à faire danser les gens qui veulent danser à la halle et cohue quatre sonneurs, tant gros bois que autres pour le moins ; et celuy Pasquier doit le mardy au matin porter un brandon feuillu de boul ou autre bois au dit château premier et à chacun tavernier du dit Rochefort, et prend de eulx le dit jour et de chacun un pot de vin, mesure du dit lieu, et la coustume sur les mar­chandises de pain et autres, savoir, deux deniers de chacun marchand vendant marchandise le dit jour. Item est deub au dit sire en ladite ville de Rochefort un debvoir le lendemain de Pasques en chacun an, qu'est s'il y a personne de ladite ville o ses apartenances qui ait vendu poisson en karesme audit an, se doit trouver avant vespres le dit jour à l'orme de la Tahière, où sera Guillaume Pasquier, dit le Duc d'Amour, et les officiers du dit sire et les bourgeoys de ladite ville, et audit lieu de l'orme se despouillera le dit poissonnier, et viendra se mettre à baigner à l'estang du Colombier, et avant se mettre en l'eau se mettra à terre celuy poissonnier à genou sur un pied devant le dit Duc, qui luy baillera la bénédiction avec le pied ; et sont tenus Jehan Dréan et Marie Lochart sa femme, par cause de la maison où ils sont demeurants, ou autres leur cause ayants, celui jour, fournir et porter une chaudière de terre, pleine de feu, à heure de souleil levant, au dit estang, pour chauffer l'eau audit poissonnier : et tout ce à peine de l'amende. Plus un autre debvoir deub au dit sire, le premier jour de janvier en chacun an, qu'est le Duc d'Amour tenu aller par les maisons de la dite ville et forsbourgs de Rochefort et illecq chercher filaces, savoir, lins et chanvres, qui ne sont bréez, et les apporter à la cohue et en faire feu, où se doit trouver la derroine fille ou femme mariée au dit an, et la doit aller quérir le dit Duc juques à sa maison et la mener au dit lieu de la cohue : quelle mariée doit une chanson. Item un autre debvoir le jour des Roys en chacun an, qu'est que l'homme derroin marié au dit an, en la dite ville et forsbourgs du dit Rochefort doit et est tenu rendre et bailler ès mains du dit sire ou son châtelain une soule, que le dit marié doit jeter par dessus le four à ban de la dite ville, ayant un pied bitant contre le mur du cymetière de Notre-Dame da la Tronchaye, et si le dit marié ne peut passer la dite soute de franc par dessus le dit four, il est tenu payer l'amende au dit seigneur ». En 1488, le château fut pris et dévasté par les Français, qui avaient envahi la Bretagne. Deux ans après, le maréchal de Rieux ayant reçu une indemnité de cent mille écus d'or, pour réparer ses châteaux ruinés par l'ennemi, fit faire d'importants travaux à Rochefort. On voit encore, dans les ruines modernes, une pierre sculptée, présentant son écusson écartelé de Rieux et de Rochefort. Son fils Claude Ier continua les travaux, comme le prouve son écusson en alliance avec celui de Bourbon. A l'époque de la Ligue, ce château appartenait, comme on l'a vu, au jeune Guy de Coligny, élevé dans le protestantisme par sa mère. Le gouverneur de Redon, François de Talhoet, l'un des lieutenants de Mercœur, trouva bon de s'en emparer et y mit le feu, en 1594. Il fut restauré de nouveau par le président de Larlan, et habité fréquemment par son propriétaire ; plusieurs membres de la famille y moururent. Le 16 mars 1793, les paysans révoltés par la loi de la conscription, marchèrent sur Rochefort, où siégeait le directoire du district, et s'emparèrent du château. Dix jours après, le général du Petitbois, venu de Vannes avec de l'artillerie, le reprit aux insurgés ; le 1er avril, sa démolition fut décidée, et depuis il est resté dans l'état de ruine où il se trouve encore. Les premiers seigneurs de Rochefort avaient pour armes un vairé d'or et d'azur. Les sires de Rieux-Rochefort portaient un écartelé des deux familles, et disposaient ordinairement leurs besants en sautoir, 2, 1, 2. Les Coligny portaient : de gueules à l'aigle d'argent, armée et couronnée d'or. Les Larlan : d'argent à la croix de sable, chargée de neuf macles d'argent. Quoique la ville n'ait jamais été fermée, on y remarque des portes construites au XVIIIème siècle, et un passage étroit assez curieux du côté de la route de Malansac. On y trouve aussi bon nombre de maisons anciennes, et une, entre autres, sur la place, munie d'une tourelle sur encorbellement. Rochefort n'a jamais eu de communauté de ville ; c'était une simple trêve de Pluherlin, et il faut descendre jusqu'en 1790 pour trouver son érection en commune, et en 1802 pour avoir son érection en paroisse (J-M. Le Mené - 1891).

voir Rochefort-en-terre Le château de Rochefort

voir Rochefort-en-terre La seigneurie de Rochefort

la " Villa Hortense " (1902). Cette demeure, mitoyenne du Château, appartenait à l'origine à Louise Mougeat. Louise Mougeat, orpheline très jeune, avait été élevée par son oncle et sa tante, Léon et Hortense Bouchant, d'où le nom de la maison. Cette demeure, qui est l'oeuvre de l'architecte vannetais Caubert de Cléry, est achevée en 1902, ainsi que les écuries et le parc qui l'entoure. Lorsque Louise Mougeat décède en 1930, elle n'a aucun héritier, mais par testament daté du 10 août 1929, elle devient la propriété de Victor Limon Duparcmeur, notaire à Rochefort. Elle appartient toujours aujourd'hui (en 2010) à la famille Limon Duparcmeur ;

le manoir à Echauguette ou à tourelle pentagonale en façade (XVIème siècle). Il a abrité jadis la pharmacie Duhamel et le Café Breton (situé rue du Porche). A l'intérieur, on peut voir des fresques peintes par Alfred Klots ;

la maison à pans de bois (XVème siècle), située rue Hante Candré. Les deux poteaux corniers du pan de bois sont ornés des effigies de Rochefort et de son épouse ;

la maison (1566), située rue du Porche. La baie de l'étage est décorée de pilastres à chapiteaux ioniques ;

l'hostellerie du Lion d'Or (1650), située place du Puits ;

la maison du sénéchal (XVIIème siècle), située place du Puits. Deux de ses linteaux en partie basse sont sculptés d'une balance (symbole du tribunal) ;

les maisons à pans de bois (XVII-XIXème siècle), situées rue Notre-Dame-de-la-Tronchaye. Des datations sont gravées sur un jambage des baies (1811) et sur un moellon de granit (1662). Cette maison est encore surnommée "de la Paumelle" ;

Moulin de Rochefort-en-Terre (Bretagne).

la poste (1739), située place de l'Eglise. L'édifice a été construit par la famille de Lamarzelle ;

les anciennes halles (1627) abritent la mairie vers 1970 puis l'office de tourisme. Une pierre sous le porche porte l'inscription 1627 ;

l'hôtel-Restaurant Le Pélican (XIXème siècle), situé rue du Porche ;

la maison de retraite (XVIIIème siècle), située place de l'Eglise. Il s'agit, à l'origine, d'une école fondée (par acte officiel notifié en 1732) par Julien François de Larlan, comte de Rochefort (décédé en 1722), et tenue par des religieuses de la congrégation des soeurs de la Sagesse. Pendant la Révolution, l'édifice est transformé en hôpital militaire. Les religieuses s'y installent de nouveau en 1806 et jusqu'en 1981, date à laquelle l'édifice est transformé en maison de retraite ;

le lavoir, situé porte de l'Etang ;

Lavoir de Rochefort-en-Terre (Bretagne).

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ANCIENNE NOBLESSE de ROCHEFORT-EN-TERRE

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 8 septembre 1464 et du 4 septembre 1481, on comptabilise la présence d'aucun noble de Rochefort-en-Terre. Rochefort-en-Terre dépendait de Pluherlin.

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