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OUESSANT

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La commune d' Ouessant (bzh.gif (80 octets) Eusa) est chef lieu de canton. Ouessant dépend de l'arrondissement de Brest, du département du Finistère (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de OUESSANT

Ouessant vient du gaulois « uxisama » (la plus haute) et de « axantos » (eau).

Ouessant semble être peuplé dès le Mésolithique (9000 avant Jésus-Christ). L'île d'Ouessant est connue depuis l'Antiquité sous le nom de Uxisama (utilisé par le géographe Strabon) et Axantos (utilisé par Pline l'Ancien). On y trouvait un établissement gallo-romain et un château médiéval. La tradition évoque la présence d'un temple païen au lieu-dit Pern (signalé par une petite croix sur rocher).

« Le commentateur d'Ogée nous dit que Pline " place cette île dans la mer britannique et la nomme Axantos et Axantis ; l’itinéraire d’Antonin la désigne sous le nom d’Uxantisena ; les anciens l’appelaient Heussa et Heussan, les Gallois d’Angleterre, Ushant ". Une analogie frappante existe entre ces divers noms. L’axantos de Pline doit avoir été écrit uxantos, qui cadre parfaitement avec l'uxantesina, corruption du terme primitif ushantinis ou ushant-enes » (M. Peyron).

Lors de son voyage à Ouessant, en Juillet 1771 (Mémoires relatifs à la Marine, par le vice-amiral Thévenard, t. II), le vice-amiral Thévenard nous dit qu’en partant de la pointe Sud-Ouest de Locqueltas (Saint-Gildas) se dirigeant vers la pointe Nord-Ouest de l'île « en suivant le rivage, faisant face à la mer de l'Ouest, j’aperçus les vestiges raz de terre, et quelquefois au-dessus de 12 à 20 pouces, d’un édifice considérable, dont la tradition, presqu’éteinte chez les insulaires actuels, dit que ce sont les fondements d’un temple de payens. Ces ruines, situées sur un terrain plat, à 50 pas du bord de la mer, consistent en un quarré de murailles de cinq pieds d’épaisseur, long de 300 pieds sur 150 pieds. Ce parallélogramme, dont la longueur parallèle au rivage Nord-Est et Sud-Ouest, est divisé dans toute sa longueur par un mur de refend, qui supportait sans doute le comble de l’édifice. Ces vestiges portent l’empreinte d’une grandeur qui ne peut être assimilée à aucun édifice du temps de l’ère chrétienne, vu leur position sur une île aussi séparée du reste du monde. J’appris, par les plus anciens des habitants, que les matériaux du monument dont je voyais les traces avaient servi aux seigneurs de Rieux, alors possesseurs de Ouessant, pour bâtir un château fort sur une péninsule au Sud-Est de l’île. Mais il me fut dit que ce château avait été démoli en 1520 [Note : Les de Rieux n'ont possédé l'île qu'en 1597], et les matériaux transportés en grande partie sur la côte de Léon, pour rebâtir le château de Trémazan, et l’autre partie servit alors pour l’édification d’un château non fortifié vers la pointe Nord-Est de l'île. C’est sans doute du temple dont on voit les vestiges que provenaient des statues gauloises ou du Paganisme, que l’on adopta ensuite par la voie des Grecs de Marseille et des Romains, et dont les traces subsistaient encore dans l’île d’Ouessant au milieu du dernier siècle (XVIIème). Sur les remontrances d’un évêque de Léon, une demoiselle de Sourdéac, de la famille de Rieux, fit transporter ces restes dans une terre du comté de ce nom. On en voit aussi au château de Trémazan. La tradition du pays veut que l’île d'Ouessant tenait autrefois à la côte du Conquet, l’espace compris entre l’île et le continent étant rempli d’îles, de rochers et de hauts-fonds qui pourraient être les sommités d’un terrain envahi par la mer » (Extrait des Archives du diocèse de Quimper et de Léon).

Le bourg, chef-lieu de l'île, Lampaul doit, semble-t-il, sa dénomination à un ermitage fondé au VIème siècle (vers 512) par saint Paul-Aurélien (saint Pol). Selon la Vie latine rédigée en 884, celui-ci aurait débarqué sur l'île, en un lieu appelé "Portus Boum" (aujourd'hui Porz-an-Ejen) et se serait établi dans un endroit nommé Harundinetum. En l'an 530, le roi Childebert nomma saint Paul (ou Pol) à l'évêché de Léon qui comprenait le pays de Léon et celui d'Ack, dont relevait l'île d'Ouessant. « C’est dans cette île que saint Paul-Aurélien vint aborder, avec douze disciples et autant de jeunes gens nobles de sa parenté. Il trouva une station sûre à la pointe extrême de l’île, dans un lieu dit Port-des-Boeufs, Pors-Boum ; mais étant débarqué, il s’établit dans un lieu appelé Arundinetum — près d’une fontaine très limpide —, ce qui concorde bien avec ce que nous dit l’amiral Thévenard : on voit l’ancienne église paroissiale sous le nom de Saint-Pol, " au fond de la baye de Corse, au Sud-Ouest de l'île, dans le vallon où la tradition place l’oratoire que forma ce solitaire. Cet édifice menaçant ruine, la paroisse fut transférée dans la chapelle dite de Notre-Dame, située non loin ". Cors, en breton, signifie roseau [Note : Notre-Dame de Penhors, en Pouldreuzic, a la même signification], et l’on voit qu’en 1771, la baie de Porz-Paul s’appelait baie de Cors. Saint Pol, ayant fondé un monastère à Ouessant, un ange lui apparut pour lui annoncer de la part de Dieu, qu’un plus grand champ d’action l’attendait sur le continent. Le saint Evêque se rendit à cet appel et, débarqué à Lampaul-Plouarzel, entreprit la fondation du diocèse de Léon. Ce monastère de Ouessant existait encore à la fin du Xème siècle, lorsque, vers 990, saint Félix, qui était à la Cour du comte de Cornouaille, à Quimper, " ayant ouï le récit de la vie que menaient les religieux du monastère de Saint-Paul de l'île d'Ouessant, il s’y en alla, et reçut l’habit de l'Abbé, qui s’appelait Paul ". Celui-ci ayant été élu évêque de Tréguier, Félix ayant passé deux ans à Ouessant, demanda à se rendre à Saint-Benoît-sur-Loire, où étaient les reliques de saint Paul-Aurélien. Dans le trajet, la barque chavira ; " plusieurs, qui ne savaient nager, furent jetés par une vague sur un rocher ; " lui et un autre compagnon parvinrent à regagner la barque, qui s’était redressée, et ils purent recueillir les autres sur le rocher ". Comme ils se remettaient à la voile, le Saint vit son bréviaire qui flottait sur l’eau, lequel il alla quérir, et le trouva aussi sec comme si on l’eût tiré d’un coffre ". Saint Félix mourut abbé de Saint-Gildas de Rhuis, l’an 1033 » (M. Peyron, Abgrall).

Selon la tradition ouessantine, deux autres saints auraient séjourné sur l'île après saint Pol : saint Guénolé, dont la chapelle, en ruine depuis le début du XIXème siècle, se trouve dans la presqu'île de Feunteun Venlen, et saint Gildas, qui a donné son nom à la pointe Nord-Ouest, Locqueltas (ou Loc Gweltas : ermitage de Gildas). Selon le dernier chapitre de la vita de Gildas rédigée au XIème siècle, Félix, futur abbé de Rhuys aurait mené "une vie anachorétique", heremetica, à l'île d'Ossa, assimilée à Ouessant. 

L'abbaye de Saint-Melaine de Rennes avait sur l'île un prieuré à la présentation de l'église paroissiale, qui se trouvait, semble-t-il, à Porspaul ou près de l'ancienne église Saint-Paul-Aurélien, implantée à Penn-Arland.

Au haut Moyen Age, la famille Heussaf administre l'île : leur devise est "Ma kouez en am saff" (s'il tombe, il se relève). Durant le Moyen Age, la vieille famille noble des Heussaf est vassale des seigneurs du Chastel dont la demeure se trouve au château de Trémazan et qui dépendent eux-même de l'évêque du Léon. En 1296, une enquête royale précise : "l'évêque du Léon a une île dans la mer qui a nom Exsent, forte île et bien garnie de vivres".

Au commencement du XIVème siècle, nous voyons des négociants de Bayonne possédant des pêcheries et sècheries de poissons dans l’île d’Ouessant. Une lettre du pape Jean XXII nous donne même le nom de ces négociants en 1331. C’étaient Pierre-Guillaume de Merita, Bernard de Gaverette et Jean Pamirerii, qui avaient pour associées quatre femmes, Pétronille Dangesse, Jeanne de Pivano, Marie de Lana et Dominique de Cornelian, tous citoyens de Bayonne, qui, comme il était notoire, possédaient à Ouessant un établissement de pêche ; et nous croirions volontiers que les substructions observées par l’amiral Thévenard, et prises par lui pour les ruines d’un temple, ne seraient autres que les restes de cette sécherie construite par les Bayonnais. Toujours est-il qu’en 1331, Ouessant appartenait au domaine temporel des Evêques de Léon, pour l’avoir acquis, au XIIIème siècle, des Comtes de Léon, qui avaient dû aliéner une partie de leur seigneurie pour payer leurs dettes ; et l'Evêque de Léon Pierre Bernard voulut s’opposer plus ou moins justement à cette exploitation de l’île par des étrangers. Ceux-ci s’adressèrent au Pape, pour être conservés dans une possession qu’ils considéraient comme fort légitime. Le Pape remit le jugement de l’affaire à l'Evêque de Saint-Brieuc, au Doyen du Chapitre et au Scolastique de ce diocèse, qui prièrent l'Official de se substituer à eux pour prononcer le jugement. Mais les Bayonnais, prétendant que les Evêques de Léon et de Saint-Brieuc étaient proches parents [Note : En 1331, l'Evêque de Léon était Pierre Bernard (doyen de Châteaubriand), 1329-1349 ; celui de Saint-Brieuc se nommait Raoul d'Escar ou de la Flèche, 1329-1335], demandèrent d’autres juges au Pape, qui, par lettres du 6 Décembre 1331, donne commission à l’archidiacre d’au delà de la Loire, à Aimant de Poyana, chanoine de Tours, et à l'Official de la métropole de prendre l’affaire en main et de la juger sans appel. Il est probable que la sentence ne fut pas favorable aux Bayonnais, qui durent quitter Ouessant (Act. S. Sed.) (Extrait des Archives du diocèse de Quimper et de Léon).

Le 5 mars 1334, « l'évêque de Léon est chargé de régler l'accord intervenu entre Guillaume de Kersauzon, ancien évêque de Léon, et le duc Jean, touchant le droit de pêcherie et de sécherie à Ouessant » (Actes du Saint-Siège, Jean XXII, tome CVI, epist. 133). A la même date « l'archevêque de Tours reçoit commission de confirmer l'accord intervenu entre feu Guillaume, évêque de Léon, et Jean, duc de Bretagne, au sujet des pêcheries et sécheries de l'île d'Ouessant, à l'instance de Pierre (Bernard ou Benoît), successeur de Guillaume de Kersauzon » (Actes du Saint-Siège, Jean XXII, tome XLV, f° 14).

Vers cette époque, comme le marque le pouillé de Tours, publié par M. Longnon, Meguenus, Meven ou Saint-Méen, de l'archidiaconé de Quemenedilly, fut uni au prieuré d'Ouessant.

L'île d'Ouessant est ravagée par les anglais en 1388 lorsque le comte d'Arundel (avec une flotte considérable constituée de mille hommes d'armes et trois mille archers) s'en empare : "Il prit terre à l'île de Batz dans le diocèse de Saint-Pol et la ravagea par le feu après l'avoir toute pillée, il traita de même l'isle d'Ouessant aussi bien que celle de Ré, d'Oléron et plusieurs autres et donna la chasse à tous les Français et à tous les Bretons qui se mirent en défense" (Dom Lobineau, Histoire de Bretagne, 1707). Devant la situation désastreuse de l'île d'Ouessant, le pape accorde alors le 14 octobre 1393 des indulgences à ceux qui contribueraient aux réparations de l'église paroissiale de Notre-Dame d'Ouessant " omnino destructa " par les guerres et les tempêtes. Les Du Chastel reconstruisent l'église, les chapelles et le château d'Ouessant qui avaient été incendiés. Lorsqu’on construisit, plus tard, une autre église, sous le vocable de saint Paul-Aurélien, l’ancienne fut conservée ; aux XVIIème et XVIIIème siècles, les deux églises avaient leurs fabriques et administration temporelle distinctes.

En 1454, des pirates font une incursion dans l'île : ils pillent l'église et le château en cours de réédification par Alain de Coëtivy du Chastel, archevêque d'Avignon. « Au temps de Callixte III, le 12 Septembre 1455, le Pape dut intervenir pour protéger l’île de l’incursion des corsaires dont le cardinal Alain de Coativy lui avait signal les déprédations, et frappa d’excommunication les coupables [Note : Voici un extrait de cette lettre de Callixte III : Calistus Episcopus, servus servorum Dei ad perpetuam rei memoriam.... Sane Lamentabilis querela dilecti filii nostri Alani tituli Sancte Praxedis presbyteri Cardinalis, et nonnullorum aliorum frequenter turbavit auditum, amaritavit et mentem quod nonnulli iniquitatis filii a quorum oculis Dei timor abcessit, piratico ac cursariorum et latrunculorum marinorum more, hostiliter et alias temere, clericos et ecclesiasticos seculares et regulares ac laïcales personas habitatores et incolas insule de Heussanff Leonen, diocesis, pro majori parte ad ipsum cardinalem legitime pertinentis, bellicis actibus se minime immiscentes, non absque injectione manuum violenta capere, detinere, carceribus mancipare, tormentis subjicere, verberibus cedere, vulnerare, morti tradere et crudelibus affectionibus ad redemptiones indebitas personaliter cohercere, ecclesias quoque et alia pia loco secularia et regularia, domos quoque, grangias ac alia edificia habitationum dicte insule invadere, frangere, diruere ac incendio concremare, nec non ecclesias et loca ipsa libris, calicibus, paramentis et ornamentis aliis divino cultui deputatis spoliare, ne hujusmodi libras ornamentaque usu sacrilego usurpare, nec non fructus, redditus et proventus cardinalis et incolarum naves mercantias violenter rapere ac in predam asportare presumpserunt hactenus et quotidie presumere non verentur …]. Dans sa plainte au Saint-Siège, le cardinal de Coativy dit que la majeure partie de l'île lui appartient ; cela doit s'entendre sans doute, des droits qu'il pouvait y avoir comme bénéficier, titulaire du prieuré d'Ouessant, qui dépendait de l'abbaye de Saint-Mathieu, car, lors de l'échange intervenu en 1595 entre Mgr. de Léon et M. de Sourdéac, Mgr. De Neufville déclare " qu’aucun ne peut et ne doit prétendre aucun droit sur l'île, sinon en tant qu’il le tiendrait du Seigneur Evêque ". Comme on le verra par les pièces suivantes, ce contrat d’échange n’eut lieu que le 20 Août 1596, et encore eut-il besoin de l’approbation du Chapitre, qui ne fut donnée qu’en Novembre 1598, et cette aliénation dut être confirmée, dans la suite, par l’autorité apostolique »

Les traces de douves visibles à Penarland, marquent l'emplacement du château édifié au XVème siècle et qui tombera en ruine au cours du XVIIIème siècle. A la fin du XVIème siècle, la branche aînée de la famille du Chastel se fond dans celle des de Rieux par le mariage d'Anne du Chastel avec Guy de Rieux, seigneur de Sourdéac. Les marquis suivants sont René de Sourdéac (frère de Guy de Rieux) et son fils Guy, puis Alexandre de Rieux (avec comme gouverneur Louis de Castres, en 1662) décédé le 7 mai 1695 et son successeur René Louis de Rieux (avec comme gouverneur et juge un certain Bernard Marie de La Saudraye de Nizon, en 1710). L'île d'Ouessant est achetée le 10 septembre 1710 par Louise de Rieux.

En 1595 (contrat rédigé en 1595 et devenu définitif le 20 août 1596), Rolland de Neuville (ou Neufville), évêque de Léon, échange l'île d'Ouessant contre la terre de Porleac'h (manoir de Porzlech-Bihan), en Trégarantec, avec René de Rieux (frère de Guy de Rieux), marquis de Sourdéac, gouverneur de Brest et lieutenant général en Basse-Bretagne, en faveur de qui, Henri IV érige l'île d'Ouessant en marquisat en 1597. « 14 Juillet 1595. Contrat d’échange d’Oixant et de Porslec’h, en Trégarantec (G. 180). Comme par ci-devant il y aurait eu propos et promesse verbale entre R. P. en Dieu, Messire Rolland de Neufville, évêque de Léon, d’une part, et haut et puissant Messire René de Rieux, seigneur de Sourdéac, chevalier de l'Ordre du Roi, capitaine de 50 hommes d’armes de ses ordonnances, gouverneur pour Sa Majesté en ses ville et château de Brest, et son lieutenant en Bretagne, d’autre part, qui auraient verbalement gréé et accordé échange de partie de leurs héritages, par lequel gré et accord le seigneur Evêque aurait promis au seigneur de Sourdéac la terre, seigneurie et Isle d’Oixant, faisant partie du temporel dudit Evêché, consistant en juridictions, fiefs, ren­tes, hommages et domaine et generalement en la sieurerie generale de la dite ile en tout relevant de lui, et où aucun ne peut et ne doit prétendre auchun droit sinon en tant qu’il le tiendrait du seigneur Evêque parce que ledit Sr. de Sourdéac lui en avait promis bon et valable échange et pour commencement d’assiette lui avait baillé et délaissé le lieu et manoir de Portzlech-bihan [Note : Portz Lech bihan, qui appartenait primitivement aux Evêques de Léon, avait passé entre les mains du seigneur de Brézal, qui venait de le vendre au seigneur de Sourdéac, et l'Evêque tenait à recouvrer ce bien, " situé proche le manoir principal des champs, de l'Evêché, Portz lech bras, qui, sans cette acquisition, eût été si étroitement serré que les Evêques n'y eussent pu bonnement demeurer, combien que leur résidence, y soit pour partie du temps fort requise, ce manoir étant à demi-lieue du siège de la justice royale (Lesneven) et au milieu de l'Evêché de Léon "] jouxte autre bien appelé le Portz lec'h bras, en Trégarantec, appartenant audit évêché, ce qui aurait été fait et promis avec l’avis et consentement de MM. les chanoines de Léon, mais non encore rédigé par écrit comme il est requis ; pour à quoy parvenir, le seigneur Evêque, ne pouvant assister en personne, pour son absence notoire de cet évêché, aurait nommé pour le représenter noble homme Rolland Guéguen (habitant Portzlech) selon les lettres de procure lui données le 26 Juin dernier ». Le contrat définitif fut signé le 20 Août 1596. Alain Cozléou, chanoine, recteur de Plougar, fut député pour intervenir à la signature dudit contrat, par lequel, en échange d'Ouessant, le seigneur de Sourdéac cédait  à l'Evêque le manoir de Portzlech-Bihan, valant de rente 300 livres 8 sols 1 dernier, et une somme de 2.958 écus Cet échange était avantageux pour l'Evêché, qui ne retirait d'Ouessant que 97 livres 7 sols 11 deniers en argent, en blé 68 boisseaux combles mesure de Gouesnou, 20 demi-boisseaux d’avoine et 20 gelines. 4 Novembre 1598. — « Chapitre où assistaient Rolland de Neufville, évêque ; Guy de Kergoat, chantre ; Prigent Le Moyne ; Guillaume Kerguz ; Julien Keranguen ; Yves Gac, pénitencier ; Rolland de Neufville, archidiacre de Quemenedilly ; Edmond Baunis ; Yves Noblet, chanoines. A été remontré par le seigneur Evêque, comment l'île de Ouessant, éloignée de 7 lieues de la grande terre, est dans un lieu de si difficile, périlleux et dangereux accès, exposée aux ennemis et pirates et pillards de toutes les parties de l’Europe et, par ce moyen, si incommode, et presque du tout inutile au dit Evêché, qu’il n’en revient que peu de profit. Il a toujours tâché avec leur avis d’en faire l’échange, ce qu’il a fait avec M. de Sourdéac et en a eu en retour Porlech, qu’il avait, par tous les 34 ans qu'il y a qu’il est évêque, recherché sans le pouvoir recouvrir. Mais il convient de faire approuver cet échange par Sa Sainteté. Le rescript obtenu, on attendra les lettres patentes du Roi. L’enquête de commodo et incommodo se fera par six commissaires : deux ecclésiastiques, deux gentilshommes et deux marchands ». 8 Janvier 1599. — « Mémoire de Missire Rolland de Neufville, évêque de Léon, au fait de l’échange de l'île de Houessant. Combien que le seigneur de Sourdéac (qui la pourchassait) avait promis qu’il ne m’en couterait aucune chose, laquelle échange ledit seigneur me faisait demander avec grande instance par les sieurs Baillif de Lesneven et de Plougar, faisant offre de donner en récompense un tiers à clair par dessus ce qu’elle serait prisée, ce que j’éloignais le plus que je pouvais afin que, comme je l’avais trouvée, je la laissasse à mes successeurs. Et sur les premiers propos qui m’en furent tenus, je pensais que, étant éloigné de Léon, ledit seigneur de Sourdéac éloignerait aussi son affection de la dite île, occasion que je me retirai à Dinan. Mais tant s’en faut qu’il l’affecta et hâta davantage, tellement que, par les dites personnes qu’il envoya devers moi par réitérées fois, je fis dresser procurations et mémoires de si grande récompense que j’estimais qu’il eut regreté et mis le tout arrière. Néantmoins que la promesse qui me fut faite par ledit seigneur de Sourdéac qu’il porterait seul les frais de ladite échange, il est toutefois rapporté par le texte des contrats que ce doit être par moitié entre nous et aussi est rapporté que icelle échange s’est faite à mon pourchat, sollicitation et requête... ce qu’à la vérité ne fut ainsi car je ne pensais ne appetais que de laisser à mes successeurs ce que j’avais reçu de mes devanciers, aussi que en l’âge que je suis j’étais appris de n’avoir affaire ne contracter avec plus fort que moi et ne l’eusse fait sans la guerre où nous étions, ledit seigneur pouvant beaucoup pour le support du clergé comme il l’a soulagé et gardé en la contrariété des partis où on était, m’étant toutefois laissé aller et persuader au Conseil du dit seigneur de Sourdéac, qui me faisait entendre que les contrats ne seraient de valeur s’ils ne portaient lesdites conditions. Aussi que je voyais la récompense que ledit seigneur donnait de la dite île, tourner en grand avantage et profit de l'Evêché, d’autant que ce qui est en terre ferme au fief de l'Evêché ; et proximité des manoirs épiscopaux de St Paul et du Portlec'h était en grande sûreté et facile à recevoir, ce que n’est ainsi de ladite île, laquelle je puis attester ne m’avoir valu en aucune des 34 ans que je suis pourvu dudit Evêché plus de 300 livres de net, bien que la récompense en vaille sept ou huit cents, et est aussi pourquoi je remis facilement audit seigneur de Sourdéac le tiers qu’il avait promis de donner outre le prisage de ladite île de laquelle il peut retirer sa vraie valeur et non l'Evêque, parce qu’il faut un homme d’épée et non de bréviaire à gouverner tels insulaires qui ordinairement sont rudes et peu civils, ce qu’ils ont fait paraître en mon temps ayant toujours eu une mesure de boisseau telle qu’il leur plaît et retiennent en leur garde pour les grains qu’ils doivent de rente. Lesquels étant reçus on est contraint de les appécier à leur volonté, car l'Evêque n’y a ne maison ne bureau, tant que l’on se sert de l’église pour faire la recepte. Outre qu’ils taxent l'Evêque leur spirituel et temporel seigneur ce que leur plaisait pour la garde de l’île ; enfin sont gens de mer propres pour être commandés par autre que gens d’église en la temporalité. 18 Janvier 1599. ROLLAND DE NEUVILLE, Ep. Leonen » (Extrait des Archives du diocèse de Quimper et de Léon).

Michel Le Nobletz se rend à Ouessant en 1610 et le père Maunoir, en juin 1641 et en 1642. Dom Michel Le Nobletz, après avoir évangélisé sa paroisse de Plouguerneau, passa dans l'île d’Ouessant, « où aucun Evêque n’avait mis le pied de mémoire d’homme, pour le grand danger qu’il y a d’arriver dans ce lieu, à cause d’un raz qui rend l’accès très périlleux. Cette île a sept lieues de tour, et tellement élevée au-dessus de la mer, que mille personnes peuvent la défendre contre trente mille. On n’y peut entrer qu’un à un ou deux à deux, et le chemin y est plus dangereux qu’à monter par une échelle. Les habitants ne fréquentent que très peu les autres Bretons et, comme dans un lieu de très difficile abord, ils sont eux-mêmes peu fréquentés (Vie manuscrite, par le P. Maunoir). Jamais il ne trouva aucun peuple qui fut plus susceptible de la grâce de Dieu que celui-là. En premier lieu, ils n’ont aucun procès, ni juge, ni avocat, ni procureur, ni sergent ; un gentilhomme, après la grand'messe, pacifie tous leurs différends, et tous se tiennent à ce qu’il ordonne, ils ne savent ce que c’est qu’appel ou requête civile ». En second lieu, il trouva une grande pureté de moeurs parmi les habitants, comme le constatait encore, en 1771, l’amiral Thévenard (Mémoires relatifs à la Marine, tome II, p. 77). « L’usage, dit-il, qui caractérise le plus l’antiquité des moeurs, dans l’île, est celui de ne faire de mariage que sur la demande que fait la fille du garçon qu’elle choisit pour époux ; elle se rend chez lui avec ses principaux parens, et s’il l’accepte, la fille reste dans la maison du futur pour aider au travail du ménage et des terres jusqu’à l’époque fixée d’avance pour la fin de cette espèce de noviciat. Cet usage, ajoute-t-il, était encore plus étrange, il y a quatre-vingts ans, puisque le garçon qui pouvait être prévenu des vues d’une fille sur lui se tenait au lit, et cette fille lui présentait à manger (tous s’accordent à dire que c’était un morceau de lard) ; s’il acceptait son hommage, en goûtant de ce qu’elle lui présentait, l’adoption était censée faite ; mais s’il refusait de manger, l’exclusion était sans retour ». « Les insulaires, voyant la sainteté de Dom Michel et les rigueurs de sa pénitence (il couchait dans une masière, une pierre sous la tête, quoiqu’on lui eût préparé un bon lit), venaient tous les jours à ses catéchismes et sermons, et après avoir été instruits suffisamment, ils se confessèrent et tous communièrent. Il styla le curé de l’île à faire les catéchismes et à tenir école pour conserver la semence et arroser les nouvelles plantes qu’il y avait laissées » (Vie manuscrite). Lorsque, trente ans plus tard, les Pères Maunoir et Bernard vinrent donner une mission dans l’île, en 1641, ils y trouvèrent la même pureté de moeurs, mais l’instruction religieuse laissait beaucoup à désirer ; ils pensèrent que les leçons du catéchisme resteraient mieux gravées dans la mémoire si elles étaient chantées sous forme de cantiques ; cette méthode avait déjà été pratiquée à Douarnenez, et Michel Le Nobletz, lors du passage des Pères au Conquet, leur conseilla de prendre comme auxiliaire Jeanne Le Gall, qui avait été à Douarnenez pour apprendre ces cantiques, et qui pourrait les enseigner aux insulaires, et en même temps les encourager par son exemple à répondre aux questions des missionnaires sur la doctrine chrétienne. « Jeanne Le Gall vint dans l'île, sous ombre de faire visite à quelqu’un de ses parents qui était en ce lieu et, sous ce prétexte, se mit au milieu des filles, et étant interrogée, répondit au catéchisme ; les autres, la voyant si bien répondre, s’enhardirent et commencèrent à lever les yeux et, à la sortie de l’église, la prièrent de leur apprendre ce qu’elle avait répondu ; elle leur apprit ainsi à chanter les points de la foi, le Pater et les Commandements de Dieu ». La mission eut un plein succès, et les Pères en vinrent même à détruire l’abus des danses de nuit, car ils avaient coutume de danser pendant une grande partie de la nuit, près de la chapelle de Saint-Pierre, lors de la fête du Prince des Apôtres. Les missionnaires tonnèrent même d’une si véhémente façon contre les danses en général, que, l’année suivante, 1642, les Pères étant revenus à l'île pour le retour de la mission, furent heureux de constater qu’une grande noce ayant été célébrée dans l'île, dans l’intervalle, personne n’avait voulu danser, et comme quelques-uns faisaient observer que cela était permis en pareille circonstance, les jeunes gens répondirent : « Jamais nous ne danserons plus » ; et ce qui est encore plus digne de remarque, dit le Père Maunoir, c’est que personne même ne fut ivre. Or, point de danseurs, point d’ivrognes, en Armorique, c’est un vrai prodige. « Neminem in nuptiis saltasse in juvenibus nostris mirum fuit, neminem in iisdem ebrium factum esse, in Armoricis prodigium » (Relation des dix premières années de mission). Le Père Maunoir, après avoir dit que l’abord de l'île est des plus difficiles, ajoute qu’elle abonde en brebis, vaches, chevaux et blés de toute sorte. Ève n’aurait pu y être tentée, car dans l'île ni serpents, ni arbres fruitiers. On y vit jusqu’à cent, cent vingt et même cent quarante ans, et si quelqu’un meurt octogénaire, on le pleure comme enlevé prématurément (Extrait des Archives du diocèse de Quimper et de Léon).

L'île d'Ouessant est cédée par les Rieux à Louis XV. Le contrat de rachat est signé le 30 avril 1764 par le duc de Choiseul, représentant du roi et secrétaire d'Etat à la Guerre et à la Marine. L'acte définitif, daté du 23 août 1765, précise que le comte de Rieux renonce à ses droits de seigneurie sur l'île moyennant une somme de 30 000 livres et une rente viagère de 3 000 livres de pension réversible à sa femme et à son fils. L'intendant de la Marine Hocquart donna l'ordre à de Saint-Haouen Le Coat, procureur de la Marine, de se rendre sur l'île pour y prendre possession le 9 septembre 1764 de tous les biens et droits qui étaient jusque-là ceux du marquis d'Ouessant.

Le 27 juillet 1778, la flotte française, commandée par le comte d'Orvilliers, livra en vue de l'île d'Ouessant à l'escadre anglaise sous les ordres de l'amiral Keppel, une bataille qui a gardé le nom de bataille d'Ouessant. Le 6 octobre 1779, le lieutenant de vaisseau Du Couédic de Kergoualer livra, au large d'Ouessant, un combat qui immortalisa son nom : il réussit à bord de son vaisseau La Surveillante, à mettre hors de combat le navire anglais Québec. Le 10 décembre 1791, Chateaubriand faillit périr près d'Ouessant en revenant d'Amérique. Le 1er juin 1794 a lieu une bataille à trente milles dans l'ouest d'Ouessant, où sombre le vaisseau le Vengeur du Peuple qui faisait partie de l'escadre de l'amiral Villaret-Joyeuse (les trois combats livrés du 28 mai au 1er juin ont permis au convoi de céréales que voulaient intercepter les Anglais de parvenir à destination, mais la flotte française avait perdu quatre unités, parmi lesquelles Le Vengeur). Lors de l'alerte de Fachoda, en 1898, 800 hommes détachés des troupes d'infanterie coloniale et d'artillerie de Marine de Brest, occupèrent l'île et remirent hâtivement en état les vieux fortins édifiés sous Louis XIV afin de parer à un débarquement des Anglais.

Combat naval pour la prise de l'île d'Ouessant

voir Ouessant "Bataille navale au large d'Ouessant le 27 juillet 1778"

On rencontre les appellations suivantes : Ouxisama ou Uxisama (avant J.C.), Axantos (Ier siècle), Uxantis (au IVème siècle), Ossa insula (en 884 et 1045), Ossan (en 1185), Exsent (en 1296), Ossa insula (vers 1330), Oissant (en 1351), Ussent (au XIVème siècle), Oessant (au XVème siècle), Oyssant, Ayssant, Aissent (en 1542).

Note 1 : Le principal port de l'île d'Ouessant est Porspaul. Une cale est édifiée en 1882 dans l'anse de Pen-ar-Roc'h. Lorsqu'un marin périt en mer, et que son corps n'est pas retrouvé, la famille se rend à l'église paroissiale, où on lui remet un petit crucifix de cire auquel seront rendus les honneurs funéraires au lieu et place du disparu. Les registres paroissiaux attestent aux XVIIème et XVIIIème siècles de l'existence à Ouessant des soeurs séculières du Carmel. Pour faire face aux menaces des vaisseaux ennemis, deux cents hommes du régiment de Brie, sous les ordres du lieutenant colonel de Vergon, débarquent sur l'île d'Ouessant en juillet 1756 et logent dans l'église de Saint-Paul, désaffectée au culte depuis 1754.

Note 2 : Voici, en 1786, l’état des revenus du Recteur de l'île d'Ouessant, revenus insuffisants et qui nécessitaient pour lui la demande de la portion congrue payable par les décimateurs : Patron : saint Paul. Archidiaconé d’Acre. — Seigneur : le Roi. — Patron et collateur : l'Ordinaire. — Nombre des paroissiens : 1.680 environ. — Le revenu consiste pour la cure : 1° En une contribution en argent de 30 sous, par ménage complet, c’est-à-dire où il y a mari et femme ; de 15 sous, où il y a pour chef un veuf ou une veuve ; de 7 sous 6 deniers, où il n’y a que des gens non mariés ; le total annuel de cette levée peut s’élever à 350 livres. 2° Casuel : 200 livres. 3° Contribution de lard par forme d’étrennes, appelée calanna : 60 livres. 4° Une quête en bled : 300 livres. Total du revenu : 910 livres. Il y a, de plus, une rente de 9 livres fondée pour fournir le vin de la messe paroissiale. Décimateurs qui seraient chargés de la portion congrue : Le séminaire de Léon ; L’abbaye de Saint-Mathieu ; L’abbaye de Saint-Melaine, diocèse de Rennes ; Le Chapitre collégial de Kersaint-Trémazan ; Le prieur de Beuzit. « Cette paroisse [Note de la main de Mgr. De la Marche] doit être mise dans la classe des cures à portion congrue, car le curé, M. Laot, est absolument décidé à opter pour la portion congrue, lui et son vicaire qu’il est maintenant obligé de payer, et de renoncer à cette contribution en argent désagréable à exiger des pauvres et des riches ; ne convenant pas qu’un curé fasse la quête et reçoive des présents qui se sont convertis en une sorte de redevance à laquelle les pauvres sont plus jaloux de satisfaire que les riches. La portion congrue de 700 livres serait du reste insuffisante ; cette île ne fournit que des moutons, il n’y croit aucune espèce de bois, la vie est très chère pour un curé qui ne peut s’habituer au régime des habitants qui ne vivent que de salaison et de pains cuits sous la cendre de varech. Mais une circonstance, qui ailleurs serait fâcheuse pour le Curé, ne peut manquer de lui devenir avantageuse. Tous les décimateurs réunis ne retirent pas plus de 700 livres des dîmes de l’île, parce que ne pouvant les recueillir en nature, aucun étranger ne pouvant les prendre à ferme, les habitants abusent de leur position pour ne donner que 700 livres d’une dîme qui vaut plus de 2.000 livres. Les décimateurs seront forcés d’abandonner leur dîme au Curé, qui se trouvera suffisamment doté en la recueillant en nature ». La faculté de percevoir directement les dîmes par les décimateurs eux-mêmes, qui leur aurait été si avantageuse, ne leur était pas facilitée par le bon vouloir des îliens, comme on pourra en juger par la pièce suivante, qui nous a été communiquée par M. l’abbé Antoine Favé : « François Le Barzic et Jan Le Vaillant nottaires et tabellions du Roy nostre sire jurés et receveur en sa jurisdiction royalle de Sainct Renan et Brest résidans au bourg du Conquest treff de Locrist parroisse de Plougonvelin certiffions que ce jour vingt et septiesme juillet mil six cent soixante et quattre à la requeste du Reverend Père Dom Germain Cousin soubzprieur de Labbaie de Sainct Mahé fin de terre en basse-Brettaigne, accompaigné du Dom Hillaire Pelhir Religieux de la mesme abbaie, Led. Dom Germain faisant pour Révérend Père Dom Yves Gaiguerot prieur de la Boixière aultrement Buzit Sainct Cognogan comme aussy à la recqueste de dame Marie Symon daine douarière de Kerlezren fermière des dixmes et cheffrantes appartenantes au prieur de La Boixière dans Lisle d'Oixant, nous nous serions transportez jusques son port de lad. Isle d’Oixant appellé Le Stiff dans le batteau d’Ambroise Jan fretté par lad. damoiselle ou estoient François Paul, Guill. Le Mao et Paul Corre mathelotz, ou estant arrivé environ les unze heures du mattin et faict debvoir de dessendre à terre nous aurions esté arresté par un soldat se disant de la guarnison de lad. Isle jusques à ce que il auroit obtenu permission du sieur de Castres capittaine delad. Isle soubz le Seigneur marquis de Sourdéac, Ce quy note auroit obligé de demeurer dans lequel batteau après une heure, et en l’endroit après lequel temps led. sieur de Castres seroit arrivé et auroit permis les susd, mettre pied à terre. Sur quoy led. Dom Germain Cousin audict nom luy auroit déclaré estre venu exprès pour lever la dixme et cheffrante deubs en lad. Isle aud. prieur de La Boixière et en faire jouir en leur présance lad. dame fermière dicelles, attendu l’assignation quelle avoit fai et donner aud. prieur de La Boixière par recqueste respondue et signiffiée le dix neuffiesme du mois par Botzésy sergent royal, à laquelle sommation ledit Castres auroit faict responce qu’il ne laisseroit point jouir lad. dame de Kerelzren desd. dixmes et cheffrantes luy affermées, qu’il en eust jouy luy mesme comme il en avoit jouy lannée passée et qu’il auroit faict valloir lesd. dixmes et cheffrantes aultant qu’un aultre, et mesme qu’il estoit prefférable, faisant offre de paier lannée passée. Sur quoy led. Dom Germain lui ayant réplicqué quil ne pouvoit pas en passer baill à personue au préiudice de lad. dame dont il restoit encorre plusieurs arriérés à expirer de son d. baill. Ledit sieur de Castre auroit spécifié et dict absolument que personne n’en avoit jouy que luy, ensuite de quoy lesd. religieux entrèrent dans lad. Isle et fust lad. dame de Kerelzren contrainte de se retirer dans le mesme batteau dans lequel elle estoit venue ; de tout quoy lesd. religieux et dame nous auroient recquis le présant acte que leur nous avons dellivré à valloir et servir comme il appartiendra, ledict jour et an que dessus soubz leurs signes et les nostres cy apprès apposées.. Et en lendroit, environ les unze heures et demy du mattin dud. jour, en attendant que le capittaine fust arrivé au port du Stiff, y survient Escuier Nouel Heussaff sieur de Kerelzren fils aisné de lad. dame originaire de lad. Isle et proppriéttaire du lieu manoir et lieu noble de Kerelzren despendances et priiminances d’icelluy avec son moulin sittué en lad. Isle d’Oixant, faisant son principal partaige noble ou estoit son seiour ordre de luy et de ses encestres, porté dans le batteau de Jan Trouin ou estoient aussy maistre Yves Keramas sergent et trois mathelotz, lequel sieur de Kerelzren auroit esté pareillement arresté par led. soldat jusques à l’arrivée du sieur de Castres. Lequel sieur de Castres voyant led. sieur de Kerelzren faire debvoir de dessendre, luy auroit demandé ce quil cherchoit à quoy ayant respondu quil désiroit entrer dans lad. Isle pour se rendre en son manoir et jouir de ses biens attendu quil avoit apprins la difficulté que ses fermiers et tenanciers font de luy paier ses redepvances depuis les deux ans environ, quil a apprins quon luy auroit reffusé l’entrée de lad. Isle. Ce quy l’auroit empesché de sy présanter jusques à ce jour, ce quil auroit déclaré faire au sieur de Castres à cause du préiudice quil auroit affirmé luy avoir esté faict tant dans son manoir qu’à ses armes et sou bancq establi de tous temps dans lesglise paroissiale et dans la chappelle Nostre Dame donnant sur le cemittière, mesme dans son collombier et moullin, quon jouissoit et usurpoit des sentences et quenfin il avoit besoingn de son dict manoir pour continuer sa demeure ; à tout quoy led. Sieur de Castres auroit courtement respondu quil avoit ordre de Monsieur le Marquis de Sourdeac de luy empescher lentrée de lad. Isle et quil n’entreroit pas au moins de luy faire voir ordres dud. sieur Marquis de Sourdeac, ce quy lauroit obligé de faire voille sans avoir la faculté de mettre pied à terre, de tout quoy, avons pareillement le sieur de Kerelzren recquis acte que nous luy avons dellivré à valloir comme il voira ensemblement et joinctement avec lesd. relligieux et dame de Kerelzren sa mère, soubz leur signes et les nostres, le sceau de nostre dicte Cour. Au bourg du Conquest, ce jour 28 juillet 1664. Fr. Germain COUSIN ; Marie SIMON ; J. LE VAILLANT, Notaire royal  ; F. Hilaire PELLIER ; N. HEUSSAF ;  F. LE BARZIC » (Archives du diocèse de Quimper et de Léon).

Note 3 : ENQUÊTE SUR LA MENDICITÉ EN 1774 A OUESSANT. « Il y a 152 pauvres mendiants sur l'isle, mais le nombre des pauvres honteux plus dignes ici d’aumône que partout ailleurs est d’environ 300 qui ensemble composent un bon quart de la paroisse vis à vis des habitants aisés, si tant est qu’on puisse appeler aisés des gens qui ne peuvent se nourrir que de pain d’orge cuit sur le foyer dans la cendre de mottes brûlées, qui n’ont d’autre chose pour faire chauffer leur soupe que du fumier détrempé seché au soleil ou du gouesmon sec, au défaut de tout espèce de bois. Voilà quels sont les habitants les plus aisés de l'isle. — La source de la mendicité vient de la situation même du pays qui ne permet aucun commerce de lucre avec le continent. D’ailleurs l'isle ne produit presqu’autre chose que du bled, mais nécessaire a nourrir ses habitants. Il y a il est vrai des moutons mais dont les échapés font tous les ans plus de dégât dans les semences, qu’ils ne valent tous à la fois. — La 2ème source de mendicité vient du défaut général de bois qui les jette dans la nécessité de bruler leur meilleur fumier et gouesmon dont ils auraient besoin pour engraisser leurs terres. — La 3ème source provient de ce que grand nombre de veuves sont obligées d’emprunter de l’argent pour subvenir aux nécessités de 5 ou 6 orphelins et jusqu’à ce qu’elles puissent tout payer l’emprunt, leur terre demeure entre les mains de leurs créanciers. Rare est-il qu’elles puissent prélever la somme, ainsi elles se trouvent privées d’une terre nécessaire au besoin de la famille et n’en pouvant plus se trouvent forcés de mendier. — Une 4ème source, sont les étrangers qui viennent s’établir sur l'isle, tous gens sans aveu et fainéants. Ce sont eux qui ont enseigné le métier de mendier dans l’isle. A présent 50 ans, il n’y avait qu’une famille de nécessiteux à Ouessant, à laquelle l'isle ne laissait manquer de rien, les étrangers l’ont su, ils s’y sont jettés. On ne pouvait pas fournir à toutes leurs misères. Ils se sont mis à mendier et à leur exemple plusieurs autres. Il serait très à désirer qu’il se fit une défense expresse d’admettre des étrangers pour se domicilier sur l’isle. Il y a à Ouessant une espèce de mendiants qui sont réellement dignes d’aumônes. Ce sont les veuves et on en compte 106 qui ont perdu leurs maris au service de S. M. sur les vaisseaux. A la plupart de ces veuves il est resté des orphelins jeunes et hors d’état de travailler, et il faut que tout cela mendie de nécessité. Il y a aussi quelques vieillards mais fort peu. Il n’y a pas à Ouessant de journaliers proprement dit, ils sont tous mariniers classés pour le service de S. M. On en compte près de 500. Il serait à souhaiter qu’ils fussent plus employés qu’ils ne le sont pour de bonnes campagnes. On pourrait établir à Ouessant un port à peu de frais qui serait très utile à toute la navigation française principalement en tems de guerre. Il y a 2 endroits dans l'isle très propres pour cela. Mais la chose exige un ouvrage de Roy. On pourrait encore y établir une pêche, mais le malheur est que les 3/4 de l’année on n’en saurait rien retiré faute de pouvoir communiquer avec le continent. Il n’y a ni hopital ni aucun fond certain pour les pauvres à Ouessant. Le moyen de supprimer la mendicité serait d’établir un hopital pour les infirmes et les orphelins, ce qui serait dispendieux à cause du transport de toutes les choses requises, mieux serait il d’établir une distribution de vivres et de hardes pour ceux qui malgré qu’ils sont pauvres peuvent néanmoins se procurer quelques moyens de vivre et de s’entretenir une partie de l’année » (Il y avait cependant une rente constituée de 120 livres sur les Etats de la province). Les îliens tiraient bien quelques ressources des épaves venues à la côte, et qu’ils s’appropriaient quelquefois plus que de raison, car le Recteur écrit en 1787, à l'Evêque, qu’il a entre les mains une somme d’environ 860 livres qu’on lui a remise pour être rendue à l'Amirauté à titre de restitution. Cette somme avait dû être restituée à la suite d’une mission, et provenir du vol des épaves d’un navire, comme le fait supposer une lettre de L. J. M. de Bourbon : « Je m’en rapporte volontiers à ce que vous, M. l'Evêque et MM. les Missionnaires de l'isle d'Ouessant jugerez à propos de déterminer pour les restitutions qui doivent m'être faites par les habitants de cette isle, mais vous devez savoir que si la réclamation des effets n’a pas été faite dans l’année du naufrage, ces effets sont dévolus au Roy et à moy. Ces effets ne m’appartenant que pour moitié, je n’en puis faire remise que pour la portion qui est à moi » (Archives du diocèse de Quimper et de Léon).

Note 4 : Les archives de l'Evêché possèdent un mémoire adressé vers 1785, au Ministre, et qui nous donne des détails intéressants sur la situation de l'île d'Ouessant à cette époque : « MONSEIGNEUR, pour répondre autant que je le puis à la confiance dont vous m’avez honoré, je crois devoir vous faire part de mes observations sur l’état actuel de l’île d'Ouessant, et vous rendre compte de son gouvernement militaire et de ce qui peut procurer l’avantage des insulaires. Le phare élevé dans l'isle d'Ouessant est un monument de zèle pour l’humanité. Il serait peut-être à souhaiter qu’on l’eût placé au Sud-Ouest de l'isle plutôt qu’au Nord-Est, d’où il ne peut être utile qu’à ceux qui viennent de la Manche et qui veulent passer le Four ; au Sud-Ouest le feu aurait dirigé la route des vaisseaux venant du large, avantage que le gouvernement peut procurer en faisant construire un nouveau phare dans cette partie. La direction du phare est confiée à un garde-magazin qui a sous ses ordres un guetteur, un canonier et deux gardiens, l’emploi du premier est d’être à la découverte des signaux et des vaisseaux qui paraissent au large, et les deux gardiens sont employés au transport de 6 à 7 barriques de charbon et du bois nécessaire pour le feu de chaque nuit. (On lit en marge une observation de la main de Monseigneur de Léon : " Un feu de reverberes serait peut-être plus économique et serait plus utile en ce qu’il serait toujours visible, tandis que le feu de bois et de charbon, quelqu’attention que l’on ait, ne se voit pas dans certains moments pour plusieurs causes "). Emploi trop pénible pour ces deux hommes, parce qu’il est journalier et qu’il faut veiller toutes les nuits et la tour ayant 123 marches de hauteur sur 12 pouces pour chacune d’élévation, rend cet ouvrage tres fatigant. Les hommes les plus robustes ne résistent pas longtemps, et même dans les grands vents et les temps de pluye ils courent risques d’être brulés lorsqu’ils changent le gril. Un troisième gardien me semble nécessaire. (Éloge du Sr. de la Sale Bruneau, garde-magazin). La seule fortification de l'isle est due à la nature, ses moyens de défense consistent en 35 canons de fer et en une couleuvrine de fer du calibre de 3 livres de balle, la seule pièce que je crois en état de servir si elle était montée sur un affut de campagne. Si l'isle n’est point insultée on le doit moins à ses forces réelles qu’à l’opinion de la difficulté de son abordage qui devient en effet impraticable de certains vents. Si le peuple de Ouessant était instruit et discipliné, s’il était dans une position moins misérable, il pourrait seul défendre l'isle ; mais en perdant sa première innocence qui était sans doute la conséquence d’un travail assidu, il est devenu paresseux, insubordonné et vicieux, écarté du continent, sans lois et sans exécuteur de la loi, il vit dans une anarchie cruele qui operera sa perte. 1.500 personnes, c’est le chiffre de la population, vivant dans la plus grande misère, se trouvent sous la direction d’un ecclésiastique et d’un militaire dont les pouvoirs sont bornés, l’un n’a pour lui que la parole, et l’autre n’a de droit qu’en ce qui concerne les affaires du service, et se trouve .dans l’impossibilité de punir, il n’y a plus même de prison dans l'isle pour s’assurer d’un malfaiteur en attendant qu’on puisse le transporter en terre ferme... Si les insulaires ont dégénérés de leur innocence primitive, on doit en accuser les nouvelles institutions auxquelles on les a assujetis, en les faisant déchoir des privilèges et immunités dont ils ont longtemps joui... En effet l'isle de Ouessant a été longtemps considérée comme une isle franche, la bonne foi des habitants était révérée et consacrée dans l’opinion publique, l'interest, l’avidité des traitants a introduit la méfiance ; ils y ont placé des gens à gages pour surveiller leurs intérêts et ceux ci y ont apporté avec eux les vices de leur état et ceux de la terre ferme. Sous pretexte de prévenir la fraude on y a introduit des commis, constamment oisifs et nécessairement vicieux, obligés par état de savoir lire et écrire telle quelle ils se sont fait dabord complaisants, pour devenir ensuite nécessaires. Ils se sont constitués sans état comme sans talent les arbitres d’un peuple stupide et ignorant..., ils y ont introduits la division et ils la fomentent, ils inspirent l’esprit de révolte. Je vous conjure donc, Monseigneur, de défaire l'isle de ces pestes publiques, et si enfin il faut pour le malheur de l'isle qu’il y existe des commis faites changer au moins ceux qui y sont. C’est encore par l’inspiration de ces hommes qu’on a assujeti nouvellement ces pauvres insulaires aux droits de port et havre ; il n’en sort point un bateau chargé des denrées de l'isle de quelqu’espèce qu’elles soient, qui ne paye une somme avant de partir et une autre en arrivant à Brest. L’intention de S. M. en acquérant cette isle fut de la maintenir dans ses privileges et immunités dont elle jouissait sous Mr. de Rieux, il luy en renouvela l’assurance par une lettre de Mr. de Cluny lors intendant de la marine à Brest, en date du 12 Novembre 1765. Le bétail principal est le mouton dont le grand nombre nuit à l’agriculture, car il est impossible de leur persuader de clore les terres. Serait bon de substituer l’élevage du boeuf à celui du mouton ». L’auteur du mémoire demande une concession de terrain au gouvernement pour le cultiver et y élever des bœufs. En 1754, la race des chevaux est périe, et le commerce n’en est pas avantageux. Il y a 6.000 moutons sur l’île, au piquet pendant que les blés sont en terre. Le meilleur se vend 4 livres au plus (Archives du diocèse de Quimper et de Léon).

Note 5 : Une supplique des habitants d'Ouessant, au duc de Choiseul, réclame comme un ancien privilège, l’exemption des frais de justice. « PÉTITION, à Monseigneur le duc de Choiseul, ministre de la guerre et de la marine. Supplie humblement les habitants de l'isle d’Ouessant, représentés par le général et corpolitique de la paroisse de l'isle, disants que les habitans de l'isle sont en possession de tout temps de se faire rendre justice par le gouverneur de l'isle qui exerce sur eux une juridiction gratuite, et de régler leurs droits ainsy que leurs differents avec la continuation de deux praticiens de l'isle qui signent leurs actes comme nottaires, ils ont aussy toujours estés exempts de scellé, inventaire et tutelle, telle a estés leurs usages au temps passé. Les habitans de l'isle scrupuleux observateurs de leurs usages n’ont jamais fait retentir les tribunaux des leurs mauvais contestation... S’il fallait avoir recours aux juges de Brest pour se faire rendre justice, ils ne pourraient pas très souvent venir a terre pour la demander, parce qu’il y a des saisons dans l’année qui ne leurs permettent pas de pouvoir venir avec leurs petite batteaux en grande terre, il ne faut même que un vent un peu fort pour les retenir dans leurs isle. Et sy le greffier de Brest ou quelqu’un de sa part voulait se transporter à l'isle pour faire les inventaires etc., il n’y a pas d'habitans assez riches qui puisse avoir assez du bien pour les satisfaires pour tout ses journées. Ces raisons les ont déterminé a prier votre Grandeur, Monseigneur, de vouloir bien obtenir de S. M. qu’ils soient conservés dans leurs anciens privileges, egard a ce qu’il sont pauvre, qu’un tiers d’eux est tres agés, l’autre tres infirme, et l'autre tier toujours en mer et qu’il n’y a que les femmes qui maneuvrent la terre, qu’ils soient comme pendant que le marquis de Rieux a été seigneur de l'isle, exempts de touts formalité de justice même du controlle... Nicolas BERTELÉ ; Jean CAIN ; Jean-Louis QUAIN ; Louis COZAN ; Jean PENNEC ; Jean BERNARD ; Jean TUAL ; Jean-François MINIOU ; Louis LENORET ;  Paol MALGORN ; Jean-Louis MALGORN ; Philippe-M. GOUERE ; Jean LE SIN, sindic ». Ils avaient aussi exemption de droits sur les vins. « Aux Etats de Bretagne tenus à Rennes, mercredi 22 Janvier 1783. Sur la représentation qui a été faite à l’assemblée au sujet de l’exemption accordée par l’art. II du bail des devoirs aux habitants de l'isle d’Ouessant, les Etats ordonnent que les dits habitants ne jouiront de l’exemption des droits pour 40 barriques de vin et trois pipes d’eau de vie, qu’autant que la distribution en sera faite conformément à un règlement qui sera arrêté de concert par l'Evêque diocésain, le gouverneur et le corps politique de la dite isle, lequel règlement par eux signé sera remis au directeur des devoirs du département. La minute signée : + FR., év. de Rennes ; le comte DE BERTHOU DE LA VIOLAY ; BELLAIRE, sénéchal de Nantes. Pour expédition conforme : DE LA BINTINAYE, greffier des Etats ». Suit le règlement (écrit de la main de Mgr. de la Marche) pour la distribution des vins et eaux-de-vie accordé avec exemption de droits à l'île d’Ouessant. « - 1° Il sera choisi par Mgr. l'Evêque de Léon, le gouverneur et par le corps politique, un homme d’une probité et d’une sobriété reconnue qui sera chargé de la distribution des vins et eaux-de-vie, et il sera tenu de se conformer aux art. suivant sous peine de destitution. - 2° On fera venir les vins directement de Bordeaux autant que faire se pourra et le prix du détail sera réglé d’après le prix principal et les frais et en sus le salaire du distributeur et la part des pauvres. - 3° Le distributeur des boissons rendra tous les trois mois compte de sa gestion au corps politique assemblé au lieu ordinaire des délibérations et non dans l’endroit la distribution, où il ne pourra se faire aucune assemblée sous quelque prétexte que ce soit. A la fin de l’année le distributeur rendra un compte général au corps politique et notables de l’isle. - 4° Il ne sera pas distribué de vin gratuitement aux pauvres, mais lorsqu’on reglera le prix du debit on fixera une part pour les pauvres, soit par bouteille, soit par barique et le produit sera remis à M. le Recteur pour leur etre distribué par lui. - 5° Il est expressement défendu de donner à boire à la cantine ni de vendre au dehors pendant l’office divin. Dans aucun temps le distributeur ne pourra donner à boire à la cantine jusqu’à s’enyvrer ny a un homme déjà yvre. - 6° En cas de trouble de la part des gens yvres ou autres, le distributeur sera tenu de faire avertir sur champ M. le Gouverneur. - 7° Est absolument défendu de donner à boire à cantine à aucune femme ni fille, mais on pourra leur délivrer vin et eau-de-vie à emporter. - 8° Est défendu de donner à boire à la cantine à des enfants au dessous de 15 ans, s’ils ne sont avec leur père ou proches parents. - 9° Est défendu de donner à boire à la cantine à la même personne dans la journée, plus d’un coup d’eau-de-vie formant au plus la 8ème partie d’une bouteille, mais sera permis d’en prendre jusqu’à une bouteille pour emporter. - 10° Est défendu de porter à la cantine des enfants nouveaux nés, et au distributeur d’en recevoir conformément à l’arrêt de la Cour du 22 Juin 1757. - 11° Est défendu très expressément au cantinier de donner à boire à la cantine après le soleil couché, mais pourra distribuer des boissons a emporter jusqu’à 9 heures en hyver et dix heures en été ». Les choses, paraît-il, ne se passaient pas ainsi autrefois, comme il apparaît par les plaintes adressées à Monseigneur de Léon par Carn, gouverneur de l'île en 1781 : « Je m'étais flatté d'avoir l'honneur de vous voir ici cette année, ce qui m'eut fait un sensible plaisir de toutes les façons, car dans le séjour que vous eussiez pu faire ici, vous m’eussiez aidé par vos bons conseil à aranger bien des choses dans cette île qui a besoin d’un homme éclairé comme vous. Mais j’ose me flatter que l’année prochaine nous serons plus heureux ; mais en attendant vous pouvez faire un grand bien qui est de m’aider à régler notre cantine autrement qu’elle est à présent car je ne pourrai la laisser de même ; mais je voudrais aranger les choses pour le mieux et sans bruit. Voici comme les choses sont à présent : dix à douze particuliers se sont emparés de cette distribution au non le la paroisse, mais ni la paroisse, ni l’église, ni les pauvres n’ont le profit ; ils le partagent entre eux. Je ne trouve pas cela juste (ni veux) laisser aller les choses de cette façon au préjudice de mes droits, car anciennement les gouverneurs de l'île étaient chargés de faire faire cette distribution, et quand on a jugé à propos d'y mettre des droits, les fermiers ont mis un receveur et accordé 400 livres de gratification annuelle au gouverneur, ce qui est supprimé à présent ; c’est ce que j’avais ici de plus clair, et je ne serais pas bien aise de les abandonner. Mais il y a moyen d’aranger cela d’une maniere que tous pourraient se ressentir du bien etre que la province veut bien accorder à cette île. Voici ce que je crois qu’on pourrait faire : Vous savez, Monseigneur, que notre église menace ruine depuis longtemps et surement les îliens ne sont pas en état de la relever si elle tombait ; ce pourquoi je désirerai qu’on fit venir le vin et l’eau de vie de Bordeaux et que l’on prit des fonds de l’église de quoi payer le fret et l’assurance ; et si les fonds de l’église ne sont pas suffisants, j’y contribuerai. Ce ne sera qu’une première avance qu’elle ferait et qui lui rapporterait le double et un revenu considérable par la suite, car je voudrais qu’elle eut les deux tiers du profit, et les pauvres l’autre tiers après tous les frais retirés et mes 400 livres que je ne crois pas juste de perdre. Je me chargerai volontiers du soin de faire faire la distribution et d’aider pour les autres choses pourvu que je sois le maître de nommer celui qui la fera et de le renvoyer quand il ne fera pas bien son devoir, et cela sans être obligé de consulter personne ». En 1787, M. Laot, recteur, écrivait à Mgr. L'Evêque : « La lettre que vous avez écrite au corps politique fait une grande sensation, le cantinier a été destitué et la cantine est revenue au bourg où elle était anciennement, malgré la cabale qui voulait l’avoir dans un endroit écarté ». Alexandre Berthelé, nommé pour remplacer le cantinier, était en mer lors de sa nomination ; huit jours après, on apprenait qu’il avait péri en mer avec cinq autres îliens, auprès de Saint-Valéry-sur-Somme (Archives du diocèse de Quimper et de Léon).

Note 6 : liste non exhaustive des maires de la commune d'Ouessant : Michel Bon (1790 à 1792), Auguste Bruneau de la Salle (en 1792), ...., Joseph Marie Le Louet (1849 à 1865), Louis Marie Malgorn (1865 à 1866), Adolphe Belain La Motte (1866 à 1878), Jean Louis Stéphan (1878 à 1884), Jean Marie Malgorn (1884 à 1914), Hippolyte Malgorn (1914 à 1919), Paul Cain (1919 à 1927), Michel Stéphan (1927 à 1935), Jean Louis Le Breton (1935 à 1940), Jean Marie Creac'h (1940 à 1944), Jean Masson (en 1944), Alphonse Jacob (1944 à 1945), Jeanne Berthelé (1945 à 1951), François Lucas (1951 à 1965), Marcel Ticos (1965 à 1983), Paul Vaillant (1983 à 1989), Michèle Malgorn (1989 à 1995), Denis Paluel (en 1995), ....

Note 7 : VICAIRES PERPÉTUELS ET RECTEURS D’OUESSANT AVANT 1790. - En 1650. François Heussaff, sr. de Pratancalvez, recteur ; - En 1681-1690. Jean Le Dérédec, vicaire perpétuel. - En 1690-1698. Yves Roudault, vicaire perpétuel. - En 1701-1708. Michel Thépault, recteur. - En 1716. Louis Lirin. - En 1730-1736. Jean Dannic. - En 1737-1752. Charles Le Poncin ; décédé à Ouessant le Février 1752, à l'âge d’environ 60 ans. - En 1752-1760. Jacques Hubac, doyen des chanoines de Kersaint ; décédé à Ouessant le 30 Septembre 1760, à l'âge d’environ 66 ans. - En 1761-1773. Yves Cabon ; mort à Ouessant le 15 Septembre 1773, à l’âge de 46 ans. - En 1773-1778. René Kermergant ; qui fut recteur de Plougonvelin de 1779 à 1792. - En 1778-1782. Tanguy Le Morel. - En 1783-1791. Yves Laot qui donne sur lui-même cette petite notice biographique, en tête des registres de baptême d'Ouessant pour l’année 1801 : « Je soussigné Yves Laot, prêtre, non assermenté, catholique Romain, Recteur de la paroisse d’Ouëssant déclare ce qui suit : J’ai été nommé à la cure de l'isle et paroisse d'Ouëssant par Monseigneur Jean François de La Marche, évêque de Léon, que j’ai toujours reconnu pour mon seul et légitime évêque. J’ai pris possession de ladite cure d'Ouëssant, le vingt-sept octobre mil sept cent quatre-vingt-trois, et j’y ai exercé constamment les fonctions de pasteur jusqu’au quatorze juillet mil sept cent quatre-vingt-onze. Ayant refusé dans le mois de février de la même année de prêter le serment prescrit par la ci-devant constitution civile du clergé, je fus par suite de ce refus de serment, arrêté et conduit à la maison d’arrêt dite des Carmes de Brest le seize juillet dit an mil sept cent quatre-vingt-onze. Sorti de cette maison d’arrêt le vingt-sept septembre de la même année, et forcé par les arrêtés de l’administration publique de m’éloigner d'Ouëssant à la distance de quatre lieues, je me rendis à Plouguerneau, qui est la paroisse où j’ai été né et baptisé le treize septembre mil sept cent quarante-six. Dans le courant du mois de Novembre dernier, les fidèles catholiques d'Ouëssant ayant eu connaissance que les légitimes pasteurs pouvaient publiquement et librement exercer le culte de la Religion Catholique, Apostolique et Romaine, quelques-uns d'entr'eux chargés par les autres Catholiques Romains de l'Isle, sont venus me prier de me rendre chez eux. J’ai écouté leurs prières et leurs vœux. En conséquence, je me suis rendu à Ouëssant le vingt et un novembre mil huit cent. Depuis cette époque j’ai administré solennellement le Sacrement de Baptême à plusieurs enfants dont j’ai cru [devoir] faire le rapport sur ce présent registre... A Ouessant, le dix janvier mil-huit-cent-un. LAOT, Recteur d'Ouëssant ». A l’appui de cette déclaration, nous trouvons aux Archives départementales (L. 109) la dénonciation suivante de la Municipalité d'Ouessant : « Ce jour, 31 Juillet 1791, sur la convocation du Maire nous nous sommes assemblés dans notre chambre du comité, au sujet du Sr. Tual, prestre non sermenté, lequel a été ensemble avec M. Laot, son recteur, le 15 de ce mois pour aller aux Carmes comme ayant mis le trouble parmi le public tant au confessionnal que en discours particulier, le quel a fait a croire que les prestre sermantés étaient excommuniez et qu’ils étaient des diables et que depuis son retour de Brest le trouble est pire que jamais a cause que le dite Sr. Tual n’a pas voulu se présanter à l’église dans les ceremonies du pretre sermenté, scavoir pour la grand messe et vepres et autres cérémonies. Donc nous ne voulons plus de luy, qu’il sermente ou non, parce que il n’est point en cas de relevez les troubles et les scrupules qu’il a mys parmy le public. Donc nous le renvoyons des demain et vous en disposerez de luy. Nous donnons par la présante pleins pouvoirs et procuration espicial et générale au capitaine Marthias Bertelé et Auguste Brunaux de les transporté a Brest au directoir du district pour nous procurer un curé sermanté et nous prions messieurs les membres du directoire de vouloir bien nous procurer le Sr. Jean-François Le Normant, vicaire de Plouaré, quy nous a déjas dit qu’il est content de venir. Le Secrétaire Greffier ». CURÉS, SOUBSCURÉS, VICAIRES D'OUESSANT : - En 1687-1691. Lucas Le Breton. Signe tantôt « soubscuré », tantôt « curé d'Oixant ». - En 1688. Charles Le Floch, soubscuré. - En 1689-1690. Henry Harnel. Le 1er Mars 1690, il signe, de Roscanvel : « Prestre establi en Oixant depuis onze mois ». - En 1691. Yves Salou. - En 1704. Jacques Grau. - En 1706. Yves Poder. - En 1716. Charles Mazéas. - En 1732-1734. Jean Troadec. - En 1736. Barnabé Quain, originaire d'Ouessant ; recteur de Molène ; enterré à Ouessant le 11 Décembre 1758. - En 1737-1742. Yvelin. - En 1737-1743. Jean Stéphan. - En 1745-1750. Philipot. - En 1750-1755. P. Mescam. - En 1752-1753. Jean-Marie Tual, originaire de l'île. - En 1754-1757. P. Rosuel. - En 1756-1759. Martin-Jean Quiniou, originaire de l'île. Le 3 Mai 1751, il signe : « Missire Martain Jean Quiniou, clair tonsuré » ; mort à Ouessant, à l’âge d’environ 40 ans, et y enterré le 25 Janvier 1759. - En 1757-1758. Hervé Le Duff. - En 1759-1761. L. Bouroullec. - En 1759-1765. Jacques Mailloux. - En 1765-1778. Jean-Louis Quain, originaire de l'île ; clerc tonsuré, le 14 Septembre 1760 ; chanoine de Kersaint ; curé d’office, du 16 Septembre 1773 au 5 Mars 1774 ; curé du Conquet, 23 Août 1780. - En 1765-1769. S. Kermorgant ; curé de Plougonvelin, 5 Octobre 1770. - En 1778. J. Jézéquel. - En 1781-1787. Jean-Michel Roparzic, né à Ouessant, et y enterré le 17 Juillet 1787 ; officiait aux obsèques de M. Laurent Oaleneur, recteur de Molène. - En 1782-1783. P. Kerboull, curé d’office, 17 Décembre 1782-16 Avril 1783. - En 1784-179.. Jean-Marie Tual, né à Ouessant ; diacre, 31 Octobre 1780. De 1781 à 1784, il signe : « Prêtre d'Ouessant » ; en 1791 : « Vicaire et procureur de la commune » ; il resta à Ouessant pendant la Révolution, et administra le baptême privé à un grand nombre d’enfants que M. Laot supplémenta à son retour, en 1801. PRÊTRES CONSTITUTIONNELS A OUESSANT : - En 1791-1792. Picot, prêtre, curé d’office, 5 Août 1791-14 Avril 1792. - En 1792. Le Guellec, curé d’office, 27 Avril 1792. Ne paraît pas avoir séjourné beaucoup dans l'île ; il y fit cependant la procession du « Sacre ». - En 1792. Julien Auffret. - En 1792-1803. Hervé Le Caro. CURÉS D'OUESSANT, DEPUIS LA RÉVOLUTION : - En 1800-1803. Yves Laot. - En 1803-1813. René Tanguy. Le 17 Juin 1806, il écrivait à l'Evêque : « Ici il y a quelques personnes qui désirent depuis longtemps devenir sœurs du tiers ordre de N.-D. du Mont Carmel, et qui postulant au moins depuis 15 ans ne cessent de me tracasser. Il me semble qu'elles ont de la vocation étant si persévérantes, et les anciennes en sont contentes, mais le moyen de les recevoir manque, ne pourriez vous pas leur procurer le moyen de se faire recevoir. Il me semble que ces soeurs font du bien, ne serait-ce que par leurs bons exemples, sans parler des prières qu'elles font pour le public ; quoi qu’aujourd’hui il n’y ait plus de carmélites en France, ceux qui sont ailleurs ne pourraient-ils pas donner cette permission ou commission ? On est mécontent de moi parce que je ne fais pas processionnellement le tour du cimetière tous les dimanches. Ces processions n’étant pas de celles autorisées par le Concordat, je n’ose me conformer à l'usage avant de vous consulter ». - En 1813-1839. Nicolas Laviec. - En 1840-1847. Joseph-Marie Le Roux. Il signale, comme ayant été établie à Ouessant en 1752, une confrérie du Sacré-Coeur de Jésus. - En 1847-1875. Jacques-Marie Picart ; fit bâtir l’église actuelle sauf le clocher ; mort et inhumé à Ouessant. M. Picart, en 1857, parle des « usages qui existent à Ouessant de temps immémorial, mais dont il ne reste aucun titre authentique » : « Le lundi après l’octave du Saint-Sacrement, tous les ans, sous le nom de jubilé du Sacré-Coeur, commence un exercice spirituel qui consiste à faire tous les jours, pendant dix-neuf jours, sans compter les dimanches et fêtes, la procession à l’intérieur de l’église, en chantant les litanies du saint Nom de Jésus, et à dire la messe basse pour les paroissiens. Autant de confessions et communions que pour la Pâques à peu près. Chacun, après avoir fait ses dévotions avant de quitter l’église, dépose son aumône dans un plat placé ad hoc sur le coin d’un autel. Le jour de Ste Ursule, 21 Octobre, encore pendant dix-neuf jours, sous le nom de Jubilé des Trépassés, même exercice, si ce n’est qu’à la procession on chante le Libera, et que la messe est chantée ». Il demande que les indulgences qui ont dû être accordées dans le temps pour ces pratiques soient renouvelées, mais que l’on substitue l'hymne Auctor Beati seculi du Sacré Coeur aux litanies du Saint Nom de Jésus. - En 1875-1890. Paul Le Roux. On lui doit l’école libre des garçons. Supérieur de la Maison Saint-Joseph ; chanoine honoraire. - En 1890. Amédée Salaün. Fit construire l’école libre des filles et la flèche de l'église : Dominus conservet eum !., ... VICAIRES A OUESSANT : - En 1804-1813. Nicolas Laviec. - En 1813-1817. Laurent Le Sann. - En 1817-1820. Mathias Allançon. - En 1820-1825. Louis Plantec. - En 1825-1834. Joseph-Marie Miniou. - En 1834-1840. Jean-Marie Peton. - En 1839-1840. François-Marie Cloarec. - En 1840. Uguen. Cadoret. - En 1852-1855. Pierre Le Bras. - En 1855-1856. Félix Poullaouec. - En 1856-1857. Paul Le Roux. - En 1856-1870. Jean-Louis Lazou. - En 1857-1873. Claude Roudaut. Goasguen. Jean-Noël Thymeur. - En 1876. Claude Le Roux. - En 1876-1885. François Le Moan. - En 1879-1884. François-Marie Larher. - En 1884-1891. Gabriel Saliou. - En 1885-1889. Paul Guéguen. - En 1889-1902. Guillaume Guédès. - En 1891-1898. Yves Pouliquen. - En 1890. Louis Tanguy. - En 1898. Jean Goarzin. - En 1901. François Moreau. - En 1902. Hamon Jonqueur. - En 1904. Jean-René Mingant. - En 1909. Jean-Marie Cuillandre. - En 1910. Henri Pellé, ... (Archives du diocèse de Quimper et de Léon).

Note 8 : de nombreuses petites îles existent entre Ouessant et le continent : Lédénès, Béniguet, Triélen, Quéménès, Balanec, Bannec, ... Sur l'île Lédénès, il y a deux enceintes avec traces d'habitation et plusieurs chambres mégalithiques, ainsi que deux tertres recouvrant de petits dolmens ruinés. Triélen possède aussi de nombreuses chambres dolméniques, deux tumulus et un cromlec'h formé de huit menhirs. A Quéménès, se trouvent d'autres chambres, un menhir et une allée couverte.

Plan de l'île d'Ouessant (1771-1785)

voir Ouessant "Ouessant, bastion du royaume de France"

voir Ouessant "Aventure de trois ouessantins"

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PATRIMOINE de OUESSANT

l'église Saint-Paul-Aurélien (1860), édifiée sur les plans de Bigot (approuvés le 21 janvier 1859) à l'emplacement de l'ancienne église en ruines au XVIIIème siècle et consacrée en 1863. Cette église était dédiée à Notre-Dame au XIVème siècle. Des indulgences papales sont accordées en 1393 à qui contribuerait à la réparer, l'île ayant été ravagée par les Anglais en 1388. Menaçant ruine en 1812, elle est reconstruite partiellement en 1826, puis complètement en 1860, en forme de croix latine. L'église comprend une nef avec bas-côtés de cinq travées, un transept et un choeur de deux travées accosté de deux chapelles et terminé par un chevet à trois pans à noues multiples. Son clocher, à deux galeries, est de construction récente. Offert par les Anglais en reconnaissance du dévouement des habitants, lors du naufrage du Drummont-Castle (le 16 juin 1896), il est construit en 1897, sur les plans de M. le chanoine Abgrall. Le baptême des nouvelles cloches de l'église fondues en utilisant un vieux canon en bronze, a lieu le 21 mai 1867. L'église abrite les statues de la Vierge-Mère (XVIIème siècle), sainte Anne, saint Nicolas, sainte Barbe, saint Michel, saint Hilarion, saint Pierre, saint Paul Aurélien, Notre-Dame d'Ouessant (la Vierge au mouton). L'église abrite aussi l'une des Proëllas en bois polychrome du XIXème siècle. On y trouve aussi un reliquaire d'argent en forme de main provenant d'un naufrage qui eut lieu en 1818. Au milieu du cimetière, se trouve un petit ossuaire appelé "ossuaire des Pèris en mer" qui porte l'unique inscription "Hélas !".

Nota 1 : L’église paroissiale était, au XIVème siècle, sous le vocable de Notre-Dame ; elle était située dans le cimetière et non loin d’une autre église dédiée à saint Paul-Aurélien ; dans la suite, le service de la paroisse se transportait tantôt dans l’une, tantôt dans l’autre, selon que l’une ou l’autre se trouvait dans un meilleur état de réparation. En 1754, les offices se faisaient dans l’église de Saint-Paul ; mais elle était dans un état lamentable, et le corps politique ne se décidant pas à faire les réparations urgentes, le clergé se décida à faire le service « dans l’église Notre-Dame, qui a 650 pieds de grandeur de plus que l’église Saint-Paul » (Extrait des délibérations, par le R. P. Malgorn). L’église Notre-Dame avait elle-même besoin de grandes réparations, et le 9 Mars 1775, « tous sont d’accord d’augmenter l’église de Notre-Dame, actuellement notre mère église, celle de Saint-Paul étant tombée en ruine ». En 1812, elle menaçait ruine, et l’on en demandait la reconstruction. Rien n’était fait en 1819, et cependant « Messieurs les Curés ont déclaré qu’ils craignent d’être ensevelis sous les décombres ». Enfin, un plan et devis furent approuvés pour une église neuve, pour une somme de 21.758 francs. La reconstruction fut commencée en 1826 et reprise plus sérieusement par M. Picart, vers 1860 ; c’est l'église actuelle, que M. Salaün, curé, a terminée par un élégant clocher (M. Abgrall) .

la chapelle Notre-Dame d'Espérance (1854). Elle est appelée Notre-Dame-d'Espérance depuis 1851, mais elle est aussi appelée la chapelle de Kerber. Elle était jadis sous le vocable de saint Pierre. Il s'agit d'un édifice de plan rectangulaire reconstruit en 1854 et restauré au XXème siècle. Ses pilastres d'entrée sont ornés de motifs évoquant des "galets de fécondité pré-chrétiens", fréquents dans l'île sur des croix du XIXème siècle. Les vitraux de Toulc'hoat rappellent la vie de la Vierge ;

la chapelle Saint-Gildas (1884-1886), implantée à Loqueltas (ou Locqueltas). Cette chapelle est aussi appelée chapelle Notre-Dame-du-Bon-Voyage. Il s'agit d'un édifice de plan rectangulaire presque entièrement reconstruit en 1886 et restauré au XXème siècle. Les vitraux sont de Toulc'hoat ;

l'ancienne église Saint-Paul, aujourd'hui disparue. Le service paroissiale se faisait jadis alternativement à Saint-Paul et à Notre-Dame (aujourd'hui Saint-Paul-Aurélien). En 1754, l'église Saint-Paul est déjà dans un triste état ;

l'ancienne chapelle Saint-Michel, bâtie au centre de l'île et aujourd'hui disparue. A son emplacement s'élève depuis 1902 le Fort Saint-Michel. Elle a servi au culte catholique de 1800 à 1803 ;

l'ancienne chapelle Saint-Guénolé, aujourd'hui disparue. Des pans de murs du pignon de la chapelle Saint-Guénolé, mentionnée en 1795, se voient encore à la pointe de Feunteun-Velen, côté Sud. Bien qu'en ruine, la chapelle a servi de lieu de pardon jusque dans les années 1950 et possédait jadis un cimetière ;

l'ancienne chapelle Saint-Hilarion, détruite dans la première moitié du XIXème siècle et située jadis à Penarland. Son emplacement est matérialisé par une croix, ornée de "fleurons-galets, édifiée en 1854 dans l'enclos dit Run-Hilarion ;

l'ancienne chapelle Saint-Nicolas, aujourd'hui disparue et située à Lampaul (ou Pors-Paul). Son emplacement est matérialisé par une croix édifiée en 1900 ;

l'ancienne chapelle Saint-Evennec (ou Saint-Evédec ou Saint-Evézec), aujourd'hui disparue et située jadis près de Kernigez ;

l'ancienne chapelle Saint-Félix, aujourd'hui disparue et située jadis au nord-est du bourg de Lampaul ;

l'ancienne chapelle Saint-Annaëc, aujourd'hui disparue et située jadis en contrebas de celle de Saint-Michel. Cette chapelle existait encore en 1786 ;

Nota 2 : Au moment où éclata la Révolution, il y avait à Ouessant six chapelles. Le 5 Nivôse an IV, « les citoyens ancien maire et officiers municipeaux ont remis entre la main du citoyen J. L. M. Héré et le citoyen Louis Cozan, agent et adjoint municipeaux... Relicat pour S. Paul, 18 livres 10 sols ; — pour le Saint-Sacrement, 561 livres 4 sols ; — chapel S. Giltas, 90 livres ; — chapel de S. Michel, 108 livres 15 sols 9 deniers ; — de S. Nicolas, 79 livres ; — de S. Guénolé, 59 livres ; — de S. Ylarions, 60 livres ». La chapelle de Saint-Pierre n’est pas mentionnée. La raison en est sans doute que la caisse était vide, comme en 1754-1755, où le budget est en déficit. La plus importante de ces chapelles était Saint-Michel, bâtie au centre de l'île et à son point culminant. Au compte de 1754, on lit : « Payé pour messes dites dans ladite chapelle de S. Michel pour la S. Marq, les arrogations, à la S. Jean et à la S. Michel : 12 liv. ». Elle servit au culte catholique de 1800 à 1803, puis fut reprise par le Génie et détruite. - La chapelle de Saint-Pierre, qui a donné son nom au hameau de Kerber, fut rebâtie par M. Picart, en 1854, sous le double vocable de Notre-Dame de l'Espérance et Saint-Pierre. Le Pardon s’y fait le 3ème dimanche de Septembre, et la procession s’y rend plusieurs fois dans l'année. - La chapelle de Saint-Gildas fut relevée de ses ruines par M. Le Roux, en 1886. Le Pardon y a lieu le 1er dimanche de Septembre, et la procession s’y rend l’un des jours des Rogations. Elle a donné son nom au quartier de Loqueltas (Loc-Weltas). - La chapelle de Saint-Guénolé, toujours en ruines, sera sans doute rebâtie si les temps redeviennent meilleurs ; les habitants du quartier Sud-Ouest le réclament à grands cris. - La chapelle de Saint-Hilarion a complètement disparu. Sur son emplacement, M. Picart fit dresser une croix en 1854. - Les ruines de Saint-Nicolas ont aussi disparu, et une croix a été dressée sur son emplacement, vers 1900. - Il existe à peine quelques vestiges d’une ancienne chapelle dite de Kernigez, sous le vocable de Saint-Evédec, Evezec ou Tévedec. On y fait des pèlerinages pour demander la pluie, et on cite telle année de sécheresse où les pèlerins n’étaient pas rentrés chez eux, que la pluie tombait à torrents. Dans un relevé des terres appartenant à l’église, dressé en 1786 sur des titres préexistants, il est question « d’une parcelle de terre contenant la chapelle de Saint-Annaëc ». Cette chapelle aurait été située auprès de Saint-Michel, dans la direction Nord-Ouest. Enfin, l’emplacement d’un ancien oratoire, situé à environ 300 mètres Sud-Est du bourg, s’appelle encore ar Goz Chapelic (la vieille petite chapelle). Deux au moins de ces chapelles avaient leur cimetière. Les registres mentionnent des inhumations religieuses de noyés dans les chapelles de Saint-Gildas et de Saint-Guénolé : on allait sans doute au plus près pour inhumer des cadavres déjà en décomposition. Faut-il attacher une signification analogue à un endroit de la côte Sud appelé ar Garnelou ? Dans une note datée du 1er Mars 1866, M. le curé Picart dit que les processions de Saint-Sébastien, de Saint-Gildas, de Saint-Pierre, de Saint-Guénolé et de Saint-Nicolas, qui se faisaient « en réminiscence des chapelles ou oratoires qui ont existé avant la Révolution de 1789 », sont deve­nues onéreuses et peu suivies. En conséquence, après en avoir avisé la population, qui n’a pas protesté, il déclare lesdites processions abolies (M. Peyron).

la croix Kroaz ar C'halvar ou C'halac'h (1702). On l'appelle aussi la Croix de Saint-Pol ;

la croix de Kervasdoué (XVIIIème siècle) ;

d'autres croix ou vestiges de croix : la croix de Kerber (XVIIème siècle), la croix de Kerc'héré (1856), la croix de Kergoff (XXème siècle), la croix de Kerlaouen ou Run-Hilarion (XIXème siècle), la croix de Kermorvan (XXème siècle), la croix de Kernigou (XVIIème siècle), la croix de Kernonnen ou Croix-de-Saint-Michel (1851, 1913), la croix du cimetière des prêtres (1884), la croix de Lampaul ou Pennarguear (XVIème siècle) démolie en 1980, la Croix-Rouge de Lampaul (XXème siècle), la croix Croix-de-Porsnoan (XIXème siècle), la croix de l'école Sainte-Anne (Moyen Age), la croix du mur de l'école Sainte-Anne (XIXème siècle), la croix du bas du bourg de Lampaul (XIXème siècle), la croix de Parlu'chen (1852), la croix de Pen-ar-Ruguel (XIXème siècle), la croix de Pennorz ou Croix-de-Poulbrac (1930), la petite croix de Pern (Moyen Age), la croix de Porsguen (vers 1950), la croix de Saint-Nicolas (XXème siècle), la croix de Roc'h-Hir (1915) ;

Nota 3 : Il existe, répandues sur toute la surface de l'île, un grand nombre de croix en pierre où en bois, avec ou sans Christ, et dont quelques-unes ont dans leur piédestal une niche avec une statuette de Notre-Dame ou de quelque saint. En 1750, il y a une dépense de 13 livres, « pour faire la Croix de Mission », sans doute au chevet de l'église, à l'endroit où se trouve aujourd’hui la belle croix en Kersanton accompagnée d’une Madeleine inachevée. En 1769, « reçu pour faire une croix au " Lez ", 13 livres ». Le relevé des terres d’église déjà cité parle des croix de Kerhéré et de Parluhen. Il y en a aussi à l’endroit appelé « la Croix-Rouge », à Porsnoën, à Kermorvan, à Kernonen (détruite récemment par le Génie), à Kervasdoué, à Kernigou, à Poulbrac, à Penarrugel, à Penarlant (Croas ar C'halvar, sans doute la plus ancienne de toutes), à Porsguen (la plus récente dressée en 1913). Nous avons déjà parlé de Saint-Hilarion et de Saint Nicolas. Il y en a une autre, dans le placître de Saint-Pierre, à Kerber. Le jour du Pardon, on y attache la hampe du drapeau tricolore surmonté d’un bouquet (R. P. Malgorn).

la fontaine Saint-Gildas (XVIIème siècle) ;

l'ancien siège du gouvernement (XVIIIème siècle) ;

la maison du Niou (XVIII-XIXème siècle) ;

le moulin de Karaes (XIXème siècle). En 1693, la carte "Neptune français" signale deux grands moulins seigneuriaux : le moulin Sourdéac à Mézareun et le moulin de Quélar (ou moulin de Pénarcréac'h). En 1782, la carte de Cassini note treize moulins. Au XIXème siècle, de petits moulins familiaux succèdent à quelques grands moulins seigneuriaux. Le plan cadastral de 1844 signale neufs grands moulins sur l'île. Trois seulement fonctionnent encore dans les années 1900 : au Stiff (arrêté en 1899), à Penarland (désaffecté en 1905) et au Frugulou (appelé aussi moulin Buic et arrêté en 1918). Les autres (à Toulalan, à Porz-Gored, à Kerlann, à Kermorvan et au Punel) se sont arrêtés de tourner entre 1850 et 1870. L'ancien moulin de Sourdéac est devenu moulin Balanger. Vers 1880-1910, une centaine de petits moulins familiaux étaient encore en activité pour moudre l'orge de l'île ;

A signaler aussi :

un important site de l'âge de bronze et de l'âge de fer à Mez-Notariou. On y a découvert récemment un sanctuaire daté de 1500 ans avant Jésus-Christ (unique sur toute la façade atlantique de l'Europe). Parmi les ossements, se trouve une bernique en bronze. On y a découvert aussi de nombreux objets dont l'extrémité d'un fourneau d'épée datant de l'époque gauloise, des pièces de char romain, une boucle de ceinture (âge de bronze) ainsi que des fragments de poteries grecques ;

plusieurs pierres mégalithiques :  des menhirs à la pointe de Kernas, à Toulahan, à Kergadou, à Guerneven. Des chambres funéraires à Kergoff, Para-Luchen. Des tertres ou tumulus à Toulahan, Keranchat. Des retranchements à Kerler, Pors-Carret, à la pointe du Pern, à Locqueltas, à Cadoran ; 

l'ancien château de Kernoas, détruit dès 1725 ;

l'enceinte de Penn-ar-Lan (époque néolithique). Elle est de forme elliptique (13,7 mètres sur 10 mètres) et comprenait, en 1988, 18 blocs principaux en granit local ;

la stèle de la chapelle Saint-Gildas ;

la Tour modèle de Roc'h Kromm (1862) ;

les vestiges d'abri de Trompette de Porz-Aziou (1866) ;

les phares de la Jument (1911), de Nividic (1912-1936) ;

le phare de Créac’h (1863) et celui du Stiff (1695-1700) construit par Vauban. Autrefois, le phare du Stiff n'était allumé que pendant huit mois de l'année. A partir de 1777, il est allumé pendant toute l'année, sur les observations du Vice-Amiral Thévenard. Le phare de Créac'h est électrifié en 1888 ;

le sémaphore de Créac'h (XIX-XXème siècle) ;

le puits de la Maison du Niou (XVIII-XIXème siècle) ;

le puits de Toulalan (XIXème siècle) ; 

l'endroit appelé "ar gos Chapelic" (la vieille petite chapelle) marque, semble-t-il, l'emplacement d'un ancien oratoire ; 

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ANCIENNE NOBLESSE de OUESSANT

Les plus anciens seigneurs connus de l'île d'Ouessant sont les sires de Rieux. Henri IV érigea cette île en marquisat en faveur de René de Rieux, chevalier de l'Ordre du Roi, lieutenant général de Bretagne et gouverneur de Brest.

Lors de la Réformation de l'évêché de Léon en 1443, une famille noble est mentionnée à Ouessant :

Heussaff [ou Ouessant (d')], seigneur dudit lieu, en l’île d'Ouessant. Ecartelé d’or et de gueules, le premier quartier chargé d’une fasce de sable. Jean se trouve mentionné entre les nobles de Ploumoguer.

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de l'évêché de Léon reçue à Lesneven le 25 septembre 1503, le noble suivant d'Ouessant ou Ile d'Ouessant (L'Isle Heussaff) est mentionné :

Jehan Kerpezcat, en habillement d'archer.

(à compléter)

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