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LANDUNVEZ

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La commune de Landunvez (pucenoire.gif (870 octets) Landunvez) fait partie du canton de Ploudalmézeau. Landunvez dépend de l'arrondissement de Brest, du département du Finistère (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de LANDUNVEZ

Landunvez vient du breton « lann » (ermitage) et de sainte Tunvez.

Landunvez faisait autrefois partie de la paroisse primitive de Plourin lorsque y est fondé l’ermitage dédié à sainte Tunvez (alias Tumette, l'une des 11 000 vierges, compagnes de sainte Ursule, martyrisées à Cologne en 383). On la trouve encore mentionnée sous l'appellation Tunmez en 1543 et Tunmete en 1546.

Paroisse de l'ancien archidiaconé d'Ack, à l'extrême pointe Nord de la presqu'île armoricaine. Elle comptait, à la fin du XVIIIème siècle, 1.200 communiants, soit 3.000 habitants, et avait pour seigneur le duc de Lauzun, auquel appartenait, jusqu'en 1778, la baronnie du châtel Trémazan (Courcy).

Le saint patron était saint Conval ou Gonvel, Abbé, qu'on a essayé d'identifier avec saint Guénaël. Mais il est deux autres saints personnages qui ont illustré Landunvez, leur pays d'origine ; c'est saint Tanguy et sa sœur, sainte Haude, ou Eodez, dont voici la légende, en quelques mots : Galon, sgr. de Trémazan au VIème siècle, avait épousé la fille d'Honorius, prince de Brest, dont il eut deux enfants, Gurguy et Haude. La princesse étant morte, Galon épousa une fille de la Grande-Bretagne, de la secte de Pélage, qui se montra une vraie marâtre pour Gurguy et Haude. Le premier put se réfugier à la Cour du roi, à Paris, d'où il ne revint que lorsqu'il apprit les mauvais traitements que subissait sa soeur Haude ; celle-ci venait d'être chassée de la maison paternelle pour vivre à la campagne. De retour chez lui, il s'étonna de n'y pas trouver sa sœur ; mais sa belle-mère lui dit qu'elle avait été obligée de l'éloigner, à cause de ses débordements. Gurguy, indigné contre sa soeur, alla à sa recherche, pour lui faire de justes représentations. Il la rencontre en train de laver, près d'une fontaine ; mais Haude, qui ne reconnut pas son frère, prit la fuite, ce que celui-ci, prenant comme un aveu de toutes les calomnies prononcées contre elle, courut après et lui trancha la tête d'un coup d'épée. Il ne tarde pas à apprendre qu'Haude est une sainte fille, supportant avec une patience admirable les outrages de sa marâtre. Il retourne au château, où il met son père au courant de ce qu'il a fait et de ce qu'il a appris. En même temps, Haude, tenant sa tête entre ses mains, se présenta, et remettant sa tête sur le col, reprocha sa perfidie à sa marâtre, qui tomba à terre, foudroyée d'un éclat de tonnerre. La Sainte recommanda à son frère Gurguy de faire pénitence et, ayant reçu les sacrements, mourut pieusement elle-même, « le 18 Novembre 545, et fut inhumée dans l'église paroissiale de Landunvez, » nous dit Albert le Grand, qui nous parle ensuite de la conversion de Gurguy ; celui-ci alla trouver saint Paul de Léon, qui, l'ayant aperçu la tête entourée de flamme, lui changea le nom de Gurguy en celui de Tanguy. C'est Tanguy qui fonda le monastère de Saint-Mathieu fin de terre, et celui de Gerber, qui, primitivement, a bien pu être Ker per ou Saint-Pierre-Quilbignon, pour devenir par la suite le monastère des Cisterciens au Releq en Plounéour-Ménez. Sainte Haude est représentée ordinairement tenant sa tête coupée entre les mains. M. Le Moan, ancien recteur de Plourin, pense que Landunvez serait une sorte de corruption pour Lan-Eodez. Ne pourrait-on pas dire plutôt que Landunvez serait pour Lan an teven, comme il y a la chapelle Sant Gonvel an teven (Saint-Gonvel les dunes), d'autant plus que l'église paroissiale est dédiée à saint Gonvel et non à sainte Haude (Archives de l'Evêché).

Les seigneurs fondateurs de cette paroisse étaient les seigneurs du fameux château de Trémazan, bâti peut-être primitivement par les Romains, mais certainement reconstruit et fortifié par les seigneurs du pays, qui avaient pris la charge de défendre cette côte, exposée aux incursions des pirates. Pour les besoins religieux, ils durent fonder une chapelle tout près de la forteresse, sous la protection de la Sainte Vierge, Notre-Dame de Kersaint, pour leurs vassaux, qui, au premier appel, devaient quitter soit leurs barques soit les travaux des champs. Ils fondèrent la paroisse de Landunvez, sous le vocable d'un Saint du pays, saint Gonvel, qui avait déjà un petit oratoire sur le bord de la mer, au lieu, sans doute, où il débarqua, venant de la Grande-Bretagne. Ce qui est incontestable, c'est qu'en plein Moyen-Age, les seigneurs de Trémazan et du Chastel étaient les maîtres et défenseurs du pays, soit dans leur château de Trémazan, soit dans leur bastide de Quilbignon, aux portes de Brest.

En 1650, naissait, à Landunvez, Jean-Maur Andren de Kerdrel, qui entra dans l'Ordre des Bénédictins et fit profession à Saint-Melaine de Rennes, le 17 Janvier 1669. Il devint prieur de Landévennec ; c'est là que Mgr. de Coëtlogon, évêque de Quimper, lui conseilla de publier une nouvelle Histoire de Bretagne. Devenu prieur de Redon, en 1687, il choisit D. Gallois, D. Briant et D. Lobineau, pour coopérer avec lui à cette oeuvre. Prieur de l'abbaye de Noirmoutiers en 1723, il y mourut le 7 Avril 1725 (LE VOT). M. Guéguen nous dit qu'en 1675, habitait le manoir de Tromenec, Jean-Claude Audren, sgr. de Kerdrel, époux de Marie-Louise Le Rouge de Penfentenyo (MM. Peyron et Abgrall).

La paroisse de Landunvez, détachée de Plourin, dépendait autrefois de l'ancien évêché de Léon.

On rencontre l'appellation Landunvez vers 1330 et en 1467.

Note 1 : En l'année 1685, Miss. Guillaume Rannou, prêtre, bachelier en Sorbonne, fut nommé recteur de Landunvez, en remplacement de Miss. Yves Le Floc'h. En quel état trouvait-il la paroisse ? LANDUNVEZ EN 1685

1° Au point de vue matériel, c'était la grande prospérité. Depuis la fin des guerres de la Ligue, — sauf pendant la Révolte du Papier Timbré en 1675, — la Basse-Bretagne avait joui d'une grande tranquillité ; le commerce s'était développé et l'aisance était venue. Landunvez avait participé au mouvement général. Les paysans de la paroisse, enrichis par la culture du lin et du blé, faisaient construire de tous côtés, pour leur usage personnel, de jolis manoirs en pierre de taille, sur le modèle de ceux des gentilhommes, avec cour d'honneur close de hauts murs, escaliers monumentaux en granit de l'Aber-Ildut, lits en chêne sculpté avec baldaquin, etc. Dans la « cordelée de la Montagne, Kordellat ar Menez », l'une des trois sections de la paroisse, nous trouvons actuellement encore plusieurs de ces gentilhommières : Kurullou, Landourzan, Kerc'houézel, Poullouarn. Dans la « cordelée d'Argenton » : il y a Le Berguet et Kerriou. En 1685, toutes ces belles demeures étaient pour ainsi dire flambant neufs — Kurullou porte la date de 1664 —, et leurs habitants sont dans les registres, qualifiés du titre d' « honorables gens ». Non loin du bourg, on voyait le manoir noble de Troménec, qui était habité par noble et puissante dame Marie de Querménou, dame douairière de Kerdrel. Cinq autres vieilles gentilhommières : Le Beaudiez, ou Bédiez, Créac'h-Gourio, Kerléo, Kervéon et La Tour, abandonnées par leurs anciens seigneurs, étaient habitées par des paysans aisés, parents ou alliés de ceux qui habitaient les manoirs roturiers. Si nous passons à la « cordelée de Kersaint », nous trouvons d'abord le grand château féodal de Trémazan, toujours solide et bien entretenu, et où résident noble homme Toussaint Hullin, sieur de la Pagerie, receveur général de la terre et seigneurie du Chastel, et son neveu, noble homme Claude Boutin, sieur de la Renuzière. C'étaient les fondés de pouvoir de la duchesse de Cossé-Brissac, propriétaire de la seigneurie du Chastel-Trémazan. Le « bourg de Kersent », d'autre part, présentait une grande animation. La « Collégiale de Notre Dame de Vrai-Secours, Itron-Varia-Vir-Zikour », fondée en 1518 par Tanguy du Chastel, était desservie par six chanoines qui y récitaient les heures canoniales « ès heures et dans la forme qu'on est accoustumé le dire ès églises collégiales de cet évesché de Léon ». Chaque jour, en outre, « une messe à note y était chantée environ 10 heures en hiver et 9 h. en été, puis les vêpres, à 4 h. après midi, de Pasques à la Toussaint, et d'illec à Pasques à 3 h., fors en Caresme qu'ils diront vespres avant midi, et complies à 4 h., excepté le dimanche ». Ces chanoines, dont la nomination appartenait au seigneur du Chastel-Trémazan, (Note : Voici la nomination de Miss. Philippe Le Bescond, recteur de Landunvez, signée d'un grand nom de France : « Henry de Gondi, duc de Retz, pair de France, nomme et présente Miss. Philippe Le Bescond, recteur de la paroisse de Landunvez, pour être pourvu de la prébende et chanoinie en notre église collégiale de Kersaint, vacante par décès de missire Even Mésou, et il supplie le chapitre de Léon, à qui appartient la collation, de vouloir admettre nos lettres de nomination et présentation ». — En notre château de Machecoul, le 25 Juin 1635. Signé : Henry de Gondy) demeuraient à Kersaint, « chacun en sa maison », et les noms de leurs résidences sont restés jusqu'aujourd'hui : « Kerbriec, Kerguen, Kerazal, ar C'hastel-bihan, etc. ». Auprès d'eux, habitaient nombre de familles bourgeoises dont on relève les noms dans les registres, notaire, médecin, armurier, « honorables marchands » faisant commerce avec Roscoff, Le Conquet et autres ports de la côte. Des hôtels que ces bourgeois habitaient, le plus beau spécimen qui nous soit resté, est sans contredit : « Ti-ar-belek-guen,. encore appelé : Ti-ar-belek-Corric », où demeurait, en 1685, « honorable femme Catherine Le Beschec, veuffve de défunct honorable marchand Mathieu Le Scaff », et qui l'avait récemment acheté (1er juillet 1678) de « dame Jeanne Le Gac, compaigne, épouse et séparée de biens de Messire Gabriel, chevalier, seigneur de Kerven ». A l'autre extrémité de la paroisse, enfin, se trouvait la « cordelée d'Argenton », avec son port, lui aussi en pleine prospérité, et où des maîtres de barque, armant au long cours, faisaient commerce avec l'Angleterre, la Hollande, l'Espagne, d'où ils rapportaient vins, laines, épices et autres marchandises productrices de richesse et de bien-être. 

2° Au point de vue spirituel, la situation de Landunvez était, semble-t-il, moins brillante. La paroisse cependant était foncièrement chrétienne, à en juger du moins par le nombre de prêtres qu'elle donnait à l'Eglise. Dans les prônes de M. Rannou, on relève les noms de douze prêtres défunts, mais décédés depuis assez peu de temps sans doute, puisque l'on en faisait mention dans les services recommandés à l'occasion des enterrements. Et l'on ne compte pas les vivants, dont six au moins, parmi lesquels deux chanoines de Kersaint, un religieux bénédictin et trois prêtres habitués de la paroisse, nous sont connus. Landunvez, en outre, avait dû profiter du mouvement de conversion suscité par les prédications du P. Maunoir. Le grand apôtre de la Basse-Bretagne y était venu dix sept ans auparavant, en 1668, appelé par Madame la duchesse de Cossé-Brissac, et y avait prêché une mission, non dans la chapelle paroissiale, mais dans la chapelle de la Collégiale de Kersaint. Quels en furent les effets ? Directement nous n'en savons rien. Le P. Maunoir s'est contenté de nous dire que « les exercices de cette mission couronnèrent les travaux de l'année 1668 » (Journal latin des missions du P. Maunoir). Mais la paroisse souffrait, si l'on peut dire, du manque de cohésion et de discipline. L'esprit paroissial faisait défaut, et les fidèles, trop livrés à eux-mêmes, se comportaient à peu près selon leur caprice. Les baptêmes se faisaient toujours dans l'église paroissiale, qui seule possédait des fonts baptismaux. Mais les mariages et les enterrements étaient souvent célébrés dans les chapelles succursales de Kersaint, St Gonvel, St Samson, St Sébastien ou Ste Haude. Il était de mode, notamment pour les familles aisées, de faire célébrer leurs mariages dans une chapelle de leur voisinage et par un prêtre de leur choix, chanoine de Kersaint, prêtre habitué de la paroisse ou même un vicaire de Plourin ou de Porspoder. Un autre usage existait qui pouvait vite devenir un abus. Les chanoines de la Collégiale et les prêtres de la paroisse étaient souvent invités à servir de parrains aux baptêmes d'enfants riches. De ce chef, ne risquaient-ils pas de se mêler outre mesure à un monde dont pourtant ils avaient fait profession de vivre séparés ? — Des danses et jeux plus ou moins répréhensibles s'établissaient un peu partout, en particulier à Kersaint, et le Recteur de Landunvez devra prêter main-forte aux chanoines pour faire cesser à l'heure des offices dominicaux les ébats des joueurs trop bruyants. Certains offices religieux, les vêpres par exemple, étaient peu suivis ; les prédications, ne se faisant que rarement, le peuple retombait dans son ignorance des choses de la foi. L'instruction, d'ailleurs, était très rudimentaire. Pour 40 baptêmes inscrits sur le registre paroissial de 1669, 3 pères seulement savent signer, tous trois bourgeois de Kersaint ou d'Argenton ; 4 parrains, dont 3 bourgeois, et 5 marraines, dont une seule paysanne. Tous les autres déclarent ne savoir signer. Pour 20 enterrements, deux signatures seulement, d' « honorables gens » du bourg de Kersaint. Pour les 11 mariages de l'année, cinq témoins seuls savent signer, et parmi eux trois étrangers. Ignorance religieuse et profane, désordres, manque de direction et par suite laisser aller du peuple, tel était, à peu près, l'état de la paroisse au moment de la mort de Miss. Yves Le Floc'h. Mais un nouveau recteur allait venir, Miss. Guillaume Rannou, Bachelier en Sorbonne, qui reprendrait en mains les rênes du gouvernement et remettrait chacun à sa place. (Archives du diocèse - J.-M. Guéguen).

Note 2 : En 1774, M. Branellec, recteur, répondait comme il suit à la demande d'enquête sur l'état de la mendicité dans sa paroisse : « Il y a, dans la paroisse de Landunvez, 20 familles qui mendient ; de ces 20, il y en a 8 qui ne font que 8 personnes, lesquels huit sont tous, par le grand âge, hors d'état de travailler ; les 12 autres familles fournissent 48 personnes, desquelles 48 personnes il y a environ 23 qui mendient ; les autres, quoique de la même maison, travaillent. Il y a en tout, en Landunvez, 292 familles vivant séparément, duquel nombre il y a au moins 150 hors d'état d'aider les pauvres, par la modicité de leur ferme, ou vu le peu de revenu de leur navigation, ou du salaire de leurs métiers ; reste donc 142 familles en état de faire l'aumône. Les causes. — Une misérable habitude à mendier fait à plusieurs de nos pauvres préférer la mendicité au tra­vail. Le défaut de terres à cultiver y force d'autres, et la langueur du commerce rendant la navigation et moins commune et moins lucrative, y engage les femmes et les enfants de nos marins. Les remèdes. — Il n'y a à Landunvez aucun établissement pour le soulagement des pauvres ; on n'y fait jamais de quête pour eux, on y donne aux portes un peu de pain ou de bled, et ceux qui sont habitués à faire cette charité seraient aussi fâchés de ne le faire pas, que le seraient les mendiants de n'en pas profiter ; c'est-à-dire, si on demandait à nos laboureurs aisés un couple de sols pour les pauvres, ils y regarderaient, et donnent volontiers en denrées la valeur de trois sols. C'est dans la maladie que nos pauvres éprouvent la misère ; sans feu, sans bon lit, sans hardes, sans nourriture au moins convenable à leur état actuel, ils passent quelquefois plusieurs jours avant que les personnes qui peuvent les aider aient connaissance de leur situation. On leur procurerait un soulagement bien essentiel, si on avait un fond d'où l'on pût, dans le cas de maladie, lever de quoi leur fournir du bouillon, du feu, un peu de vin ; il serait nécessaire qu'il y eût un certain nombre de coëttes, de couvertures, de linceuls, de chemises, de coëffes, marqués au coing des pauvres, pour les leur donner dans la maladie, et les reprendre à leur mort ou à leur rétablissement, pour les fournir à d'autres occasions. Ce moyen que je propose n'empêche pas la mendicité, que je ne trouve aucun moyen d'empêcher totalement ; mais il empêche la destruction de plusieurs citoyens qui périssent souvent autant par la malpropreté et le défaut de nourriture convenable dans la maladie que par la maladie elle-même. Un établissement ne peut se faire dans la paroisse que par le moyen d'une quête continuée. Si cette quête produisait un certain fond, on donnerait de l'ouvrage aux uns, des vivres aux autres, des douceurs et certains remèdes aux malades. Cette quête pourrait avoir ses inconvénients. J'ai fait tirer des coffres de l'église, par ordre du ministre, 200 livres ou 150 livres pour les pauvres, que je leur ai distribué en farine, et cela diminua si fort les aumônes aux portes, que les pauvres, au lieu d'être soulagés, en souffrirent plus que jamais » (Archives du diocèse de Quimper et de Léon).

Note 3 : M. Branellec, dans son rapport sur la mendicité, avait omis de parler de la question de la coupe du goëmon, qui était d'un intérêt capital pour les populations voisines des côtes. Il répare son omission par la lettre suivante à Mgr. de Lamarche, du 2 Janvier 1775 : « La déclaration du 30 Octobre 1772, qui fixe la coupe du goëmon en Janvier, Février ou Mars, rend ce grand don de la Providence presqu'inutile à nos Armoriquains ; en voici les raisons : 1° Par ce qu'on ne peut, en ce temps, sécher le goëmon qui se perd en deux ou trois jours, si on ne le sèche. 2° Parce que c'est le temps où les Armoriquains disposent leurs terrains pour être ensemencés. Vous savez que ce n'est qu'en Février et Mars qu'on ensemence les terres de la côte ; ils ne peuvent donc alors être à la grève. 3° Parce que le mois de Mars, qui est le seul ou l'on puisse sécher, est aussi le temps où les juments poulinent ; il n'y a cependant, dans toutes les Armoriques, presque des juments ; il faudrait donc atteler des juments qui ont nouvellement pouliné, ou sont sur le point de le faire, aux risques de perdre et les mères et les fruits par un charroi aussi difficile que précipité ; c'est à traves des groupes de rochers qu'on tire le goëmon de notre côte, et l'on va presque le galop, ou pour gagner sur la marée, ou pour aug­menter la récolte. Cette raison est de la dernière conséquence pour les paysans de la côte, qui n'ont aucune sorte de commerce que celui des chevaux et grains. Autre inconvénient : c'est que, pendant ces trois mois, la saison est si dure que les plus robustes ne peuvent qu'avec peine en supporter la rigueur dans une grève, et par conséquent les médiocres ne la supporteraient qu'en s'exposant à des inconvénients aussi tristes qu'ils seraient communs par la nécessité qu'il y aurait pour eux de les encourir, ou de manquer de goëmon, et en conséquence de pain même, parce que le goëmon seul en donne aux trois quarts des Armoriquains. Il y a encore dans notre province, et peut-être ailleurs, un abus très considérable au sujet du goëmon. Plusieurs particuliers des paroisses voisines, maneuvrant quelque pièce de terre dans la nôtre, viennent à la couppe et emmènent le plus qu'ils peuvent de personnes pour les aider ; par là, il arrive qu'un étranger qui n'a que 12 livres ou 24 livres de ferme en Landunvez, aura autant et plus qu'un habitant qui aura une ferme de 300 ou 400 livres. Il est clair qu'il y a en cela une injustice, parce que les terres de la côte sont beaucoup plus chères à cause du droit prohibitif que les cultivateurs y ont sur la couppe du goëmon ; et on peut dire qu'ils payent même le goëmon. L'ordonnance qui réserve cette couppe aux paroisses maritimes sera tout à fait éludée, au moyen que chaque particulier des paroisses voisines ait l'adresse de se faire fermier d'une pièce quelconque de terre dans une paroisse de la côte. Ainsi, trois ou quatre paroisses pourront venir emporter le goëmon, au détriment d'une autre qui paye le droit de l'avoir seule. Permettez-moi, Monseigneur, de revenir sur l'article des pauvres. Il y a un moyen d'empêcher la mendicité dans ma paroisse : ce ne serait pas la quête, elle ne réussirait jamais ; un second vingtième qu'on pourrait proposer à Votre Grandeur aurait toutes les difficultés que vous savez mieux que nous ; une seconde capitation finirait d'écraser un peuple qui, chez nous, est déjà beaucoup taxé sans être aisé ; mais une réunion de plusieurs petits bénéfices abandonnés, commencerait un fond ; la suppression d'une espèce de collégiale, au moins inutile à Landunvez, serait un établissement suffisant pour nos pauvres. Votre agrément et l'autorité souveraine. Il ne s'agirait plus alors que d'une prudente administration ; mais elle n'est pas si difficile à trouver qu'un fond suffisant. Un hôpital-atelier bien administré aurait tout le bon effet qu'on désire... » (Archives du diocèse de Quimper et de Léon).

Note 4 : liste non exhaustive des ANCIENS RECTEURS DE LANDUNVEZ : - En 1516. Tanguy du Fou de veteri castro, chanoine de Léon, recteur de Landunvez. - En 1518. Hervé Le Garo. - En 1541-1561. François Penchoadic, chanoine de Léon (r. G.205). - En 1571. François Le Guen ; résigne au suivant (Déal). - En 1571. Olivier Piriou. - En 1669-1671. Philippe Bescond ; décédé le 2 Novembre. - En 1671-1682. Yves Concq. - En 1682-1685. Yves Le Floc'h. - En 1685-1717. Guillaume Rannou ; décédé le 25 Août. - En 1718. Jean Perrot, bachelier en Sorbonne ; se démet le 13 Avril, pour aller à Lannilis. - En 1718-1741. Jean Leostic, bachelier en théologie ; par testament de 1741, demande à être enterré vis-à-vis du reliquaire du cimetière, et fait divers legs aux chapelles de Saint-Come, de Saint-Sébastien, de Saint-Samson ; c'est lui qui a réparé l'église et chapelle de Sainte-Eode (G. 229). - En 1742-1765. Tanguy Pouliquen ; décédé le 1er Décembre. - En 1765-1782. François Branellec ; devint recteur de Plougar. - En 1782-1783. Jean Kermarec ; décédé le 13 Février, âgé de 60 ans. - En 1784-1789. François-Marie Roulloin, licencié en Sorbonne. Liste non exhaustive des RECTEURS DE LANDUNVEZ DEPUIS LE CONCORDAT : - En 1802-1804. François Roulloin, de Saint-Pol ; devient curé de Ploudalmézeau. - En 1804-1809. Jean-François-Marie Pelleteur ; né à Landunvez en 1747, prêtre en 1774, recteur de Lanildut de 1780 à 1790 ; a été dix ans en Espagne. - En 1809-1826. Henri-Alexandre Floc'h, de Berven. - En 1826-1832. Goulven Prigent, de Kerlouan. - En 1832-1843. Olivier Méar, de Sibiril. - En 1843-1856. Gabriel Rolland, de Saint-Pol. - En 1856-1868. Augustin Touz, de Saint-Pol. - En 1868-1873. Louis Corre, de Saint-Servais. - En 1873-1878. Claude-Marie Roudaut, de Plouguerneau. - En 1878-1886. Martin Mingant, de Lannilis. - En 1886-1892. Victor-François Milin, de Saint-Marc. - En 1892. Olivier Le Roux, de Cléder, ..etc..  Liste non exhaustive des VICAIRES DE LANDUNVEZ DEPUIS LE CONCORDAT : - En 1817. Jean-Marie Iliou. - En 1837. Jean-René Forjonel. - En 1838. François Caroff. - En 1847. François-Marie Bogo. - En 1850. Yves Calvez. - En 1851. Jean-Marie Guillou. - En 1855. Yves Poullaouec. - En 1864. Henri Forcès. - En 1866. Augustin Quemeneur. - En 1870. Yves Guillou. - En 1878. Jean-Baptiste Liziard. - En 1884. Jules Quillivic. - En 1885. Pierre-Marie Callec. - En 1890. Louis Boucher. - En 1907. Vincent-Louis Caroff, ...  (Archives de l'Evêché).

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PATRIMOINE de LANDUNVEZ

l'église Saint-Gonval ou Saint-Gonvel (1875-1876-1883), édifiée d'après les plans de Le Guerrannic. L'église paroissiale, reconstruite au XVIIIème siècle, n'avait guère de caractère architectural. L'adjudication du portail et de la tour est de 1776, sur un devis de 14.000 livres (B. 246). Mais cette tour fut frappée de la foudre, en 1779, et restaurée par M. Besnard, ingénieur à Brest, moyennant une imposition sur la paroisse (Voir Registre des délibérations de Landunvez). L'édifice actuel comprend, précédée d'une tour, une nef de quatre travées avec bas-côtés, un transept et un choeur d'une travée droite et une travée pentagonale. La tour, sans galerie, est amortie d'une flèche. Cette église contenait autrefois le tombeau de sainte Haude ou Aude ou Eode, aujourd'hui détruit. L'église abrite la statue de saint Gonval. En 1653, le 7 Septembre, fut établie à Landunvez la confrérie du Rosaire. Une procession se rendit de Notre-Dame de Kersent à l'église paroissiale, où la messe fut chantée par Sébastien Pellen, chanoine de Kersent ; mais ce fut le R. Père Yves de Saint-Thomas, dominicain, qui érigea la confrérie, en présence de l'abbé Emery, soubs­curé, Guillaume Pellen et Vincent Petton, prêtres (G. 229). M. Guillaume Pellen fut un des premiers donateurs de la nouvelle confrérie. M. Rannou, recteur de 1685 à 1717, aimait à porter, sur les registres, des notes et des brouillons de ses prônes aux paroissiens. On trouve écrit, en 1689, sur le registre 1678, etc. : « Je apris qu'on doit encor faire des tragédies en forme de procession dans ma paroisse, sans mon consentement. S'il y a des indulgences à gagner je ne manque pas de vous avertir, mais je défens à qui que ce soit, dans l'étendue de cette paroisse, d'assister à ces désordres et prétend entreprendre ceux qui soubz ces prétextes empêchent et divertissent mon office public ». Il s'agit, sans doute, ici de processions avec personnages représentant les mystères, que, sans l'agrément du Recteur et avec la complicité de quelques prêtres, certains paroissiens de Landunvez ou des paroisses voisines entreprenaient de former à l'instar de celles qu'organisait naguère le Père Maunoir ; c'était, évidemment, un attrait qui ne manquait pas de divertir les fidèles des offices paroissiaux. Voici quelques-unes des chapellenies fondées soit à Landunvez soit dans les chapelles : 1° Chapellenie de Missire Prigent Andrezet ; prêtre, dite de « Languern », fondée le 18 Novembre 1668 ; le corps politique en est présentateur. 2° Chapellenie de Marguerite de Boisbiliau ou Bourdilliau, dite de « Saint-Gonvarch » ; présentateur, le sgr. de Troërin, puis, le sr. de la Tullaye ; elle est de 100 livres de rente, et chargée d'une messe à chant par an, au jour du décès de la testatrice, dans la chapelle de Notre-Dame de Kersaint-Trémazan. 3° Gouvernement de Saint-Gonvel, dans la chapelle de ce Saint ; une messe tous les lundis ; 36 livres de rente. 4° Chapellenie dite de « Lanhales », fondée en 163., en la chapelle de Saint-Gonvel par missire Guillaume Pellen (M. Abgrall) ;

Nota 1 : L'ancienne confrérie du Rosaire : La confrérie du Rosaire fut érigée en l'église de Landunvez, le 7 septembre 1653, par les Religieux Dominicains de Morlaix, qui, en souvenir de cette fondation, étaient autorisés à faire tous les ans une quête dans la paroisse. Dès le 21 septembre suivant, damoiselle Barbe Bourdilleau, dame douairière de Kernisan, lui faisait don de diverses pièces de terre, sises à Kervoasoc, Langurru, etc. (Archives départementales du Finistère). Ce même jour, 21 septembre 1653, autre legs fait par Tusven (Note : Tusven : vieux prénom breton, aujourd'hui complètement disparu. Ce doit être le nom d'un saint du pays Léonard. N'est-ce pas le même que Saint-Tujen, qui a une statue dans la chapelle de Saint-Gonvel-des-Dunes, et était autrefois en grande vénération dans toutes les paroisses de la côte, depuis Le Conquet jusqu'à Ploudalmézeau ?) Mazé et Magdalenne Le Hir, sa femme. En 1687, Hamon Léostic, honorable marchand, demeurant au manoir de Leurgals, aujourd'hui : Lanc'halès, était gouverneur des biens de la Fabrique du Rosaire. La chapelle de la Confrérie se trouvait dans le transept gauche de l'église, côté de l'Evangile ; diverses tombes armoriées s'y voyaient jadis, entr'autres celles des Audrein de Kerdrel, du manoir de Troménec. En vertu d'une fondation, les confrères faisaient chaque premier dimanche du mois, après vêpres, une procession à l'intérieur de l'église. — Dans les prônes de M. Rannou, il est question, à différentes reprises, d'offrandes faites à N. D. du Rosaire : pilets de cire, nappe d'autel, etc.. « Le dimanche 23 après la Pentecoste, 26 octobre 1687.. l'office, etc.. pour Paul Forescheur, Jean Miry, etc. Jan Le Du fait faire une octave pour le repos de Janne Peleau, sa femme esté, Fçois Petton, parâtre, etc. Magdalenne Kerneau a donné 10 sols en offrande. Mardi est la feste de Messieurs S. Simon et Jude ; samedi, la Toussent et pour solenniser ces grandes festes nostre'mère Ste Eglise ordonne pour l'y préparer lundi et vendredi jeûne et vigile. Le fabricque a déjà entre mains quinze réals pour faire peindre l'image du Rosère, mais comme cela n'est pas suffisant, je prie tout le monde et particulièrement les confrères, etc. » (Archives du diocèse). 

Nota 2 : Toussaint et Fête des Morts le 1er Novembre 1687. — Ce jour-là, après les vêpres de la Toussaint, le Recteur montait en chaire, non pour prêcher, mais pour donner lecture des services et messes recommandées pour les défunts à l'occasion de la Fête des Morts. « Icy commencent les services de la Toussent » : Et on peut compter en tout : 25 services et une octave. Suivent les messes de la Toussaint (Note : A Landunvez, le tarif des messes était de 5 sols. Voir le registre de 1678, où M. Rannou a inscrit la série des messes de Toussaint, avec le chiffre de 5 s. à la suite de chaque nom de donateur : « Pour les messes : Prigent Brenterch, 5 s., Hamon Le Ru, 5 s., etc., etc. ») au nombre de 35 : on retrouve plusieurs fois les mêmes noms que pour les services. — Ces messes, recommandées à part, laissent supposer que, à cette époque, les services ne comportaient pas de messe. — La croix, devant les noms, t, indique sans doute le paiement du service. Au début du XXème siècle, c'est encore une croix du même genre qui sert à marquer que le prix de l'octave ou du service a été soldé. — Par cette longue énumération de services et de messes, on voit que les paroissiens de Landunvez avaient le culte de leurs morts. Cette dévotion pour les défunts est allée s'amplifiant dans le cours des siècles. Au début du XXème siècle, bien rares sont les familles qui, à l'occasion de la Toussaint, ne recommandent pas au moins, un service pour les Trépassés. En 1918, on a inscrit dix octaves, dix services solennels, ou « particuliers » et cent soixante seize services simples. — Le lendemain, 2 novembre, voici quel était le libellé du prône : « Aujourd'hui la commémoraison pour les défuncts. A cause du dimanche on a transféré l'office des morts à demain, gardable jusques après l'office, et les vêpres après la procession du Rosaire, on pourra alors dresser son intention pour les Trépassés. Jan Mazé fait faire un service de fondation pour Yvon Gouachet et Catherine Audrézet. Alain Lehir un service de fondation pour Jan Cloastre. — Puis le Recteur ajoute : « Prière nominale à l'endroit de la messe solennelle pour Yvon Gouachet et Catherine Audrézet, et pour les âmes qu'ils sont obligés de prier ». Par un contrat de don et fondation perpétuelle, en date du 12 avril 1676, Yvon Goachet et Catherine Audrézet, sa femme, avaient légué à la fabrique de Landunvez « un courtil donnant sur le cimetière de l'église paroissiale, dans lequel courtil, lors nommé Liors an iliz, est bâti le presbytère, à condition de faire dire à leur intention deux messes par an, à savoir une au dimanche de la Pentecôte, et l'autre au jour des Trépassés » (Archives départementales du Finistère, liasse Landunvez) — Nous voyons là, la toute première origine de la « prière nominale » dans l'église de Landunvez. Quelques années plus tard, ce sont les fêtes plus solennelles de la Ste. Vierge qui seront choisies par les fidèles, auteurs de donations, pour y être, ces jours-là, recommandés nommément aux prières des paroissiens. Ainsi, par testament du 15 juillet 1726, Catherine L'hostis, de Kelléret, lègue à la fabrique de Landunvez diverses pièces de terre, « à la charge, dit-elle, de prières nominales, avec la recommandation à la coustume, aux trois fêtes principales de la Ste Vierge Marie, savoir : la Conception, la Nativité et l'Assomption de Nostre Dame » (Archives départementales du Finistère, liasse Landunvez). Cette « prière » s'est grandement développée depuis lors, et compte aujourd'hui environ quatre cents noms qui sont rappelés aux pieux suffrages des fidèles, non pas seulement deux ou trois fois par an, mais tous les dimanches de l'année. Après avoir récité le Pater et l'Ave à l'intention d'Yvon Goachet et de Catherine Audrézet, Miss. Rannou fit connaître les noms des nouveaux fabriciens ou trésoriers en charge pour 1688 : « les fabricques : Tusven, Kervorgant et Laurans Briant », et ajoute : « Voyez qui seront bons pour assesseurs, pour les nommer dimanche prochain » (Archives du diocèse).

la chapelle Notre-Dame-de-Kersaint (XVème siècle), restaurée au XXème siècle. Elle a pour patrons saint Tanguy et sainte Haude ou Eode. Cette chapelle, en forme de croix, est érigée par la famille Du Chastel (Tanguy du Chastel et Louise de Pont-L'Abbé, sa première femme morte en 1495). Cet édifice dut remplacer un plus ancien, consacré par les du Chatel à la mémoire de leurs aïeux. Jean du Chastel, évêque de Carcassonne fait une donation en 1460. Une collégiale y est créée le 10 mars 1519 par Tanguy du Chastel. La tour porte la date de 1749. La flèche est abattue par la foudre durant la nuit du 25 au 26 février 1904. Elle est restaurée la même année par Jourdan de la Passardière. Avant la restauration du XXème siècle, la chapelle avait la forme d'une croix et sa description était la suivante : "le transept de de gauche est occupé par la chapelle de la Vierge, celui de droite par la sacristie. La nef sans bas cotés est très simple, sans autre ornement que les poutres armoriées de la charpente. Les fenêtres sont du style gothique. Le transept est éclairé par une grande baie à rosace ornée de vitraux très ordinaires. Les fenêtres du choeur avaient été réparées il y a quelques années et garnies de jolis vitraux représentant la légende de saint Tanguy ; la grande fenêtre à rosace ouverte autrefois derrière l'autel est aujourd'hui murée. Sur les poutres sont sculptées les armes écartelées des du Chatel et des Pont-L'abbé, des Poulmic et des Carman. La grande porte, dont l'ogive est très abaissée, est encadrée de pilastres, d'où partent des guirlandes de fleurs et d'animaux finement sculptés qui forment un encadrement ogival orné au sommet de l'écusson des du Chatel martelé pendant la Révolution. Les guirlandes se prolongent au-dessus de cet écusson et se terminent par un bouquet de feuillage. Derrière la chapelle, on a dressé, sur un massif de maçonnerie, une pierre tombale, trouvée pendant les travaux. Cette pierre sur laquelle se distingue encore l'écusson des du Chatel est entourée d'une inscription illisible". Jusqu'à la Révolution, la chapelle de Kersaint fut desservie par un collège de chanoines qui habitaient à l'entrée du village un domaine qui fut partagé en 1827 entre plusieurs propriétaires. Pendant la Révolution, la chapelle servit de grange à foin et fut rendue au culte en 1804. L'édifice actuel, est de plan irrégulier et comprend une nef avec au nord une chapelle en aile à double accès. Sur les poutres sont les armes des famille Du Chastel en alliance avec celles de la famille Juch, de Pont-L'abbé et de Poulmic. Tanguy du Chastel était, en effet, fils d'Olivier du Chastel et de Marie de Poulmic et avait épousé Louise du Pont (1495) puis Marie du Juch. L’ossuaire date du XVIIème siècle. L'église abrite les statues de la sainte Vierge, saint Gonvel, saint Tanguy, sainte Aude (provenant de Guissény), une Pietà et un groupe de sainte Anne ;

Nota 3 : La fondation de la collégiale est bien connue ; on peut la lire aux Archives départementales (G. 16bis) ; elle ne date que du 10 Mars 1518 (nouveau style 1519) ; en voici les principales clauses : « Tanguy, Sr. du Chastel, étant au lit, mal disposé de sa personne, sain toutefois d'entendement, faisant son testament, considérant le bon propos, intention et dévotion que, par cy devant, a eu et encore a au bien et augmentation de l'office divin dans l'église de Kersent près le Chastel, » fait fondation pour l'entretenement de six chapelains qui, doresnavant, procureront et feront l'office de la dite église ; « desquels le dit Sgr. s'entend réserver la nomination et à ses principaux héritiers, compris ès ces six chapelains le chapelain de la chapellenie et dotation fondée en cette église par feu Messire Jean du Chastel, jadis évêque de Carcassonne, dont est présentement chapelain Hervé Le Garo ». On voit, dès lors, que, avant la fondation de la collégiale, la chapelle de Kersaint était desservie, depuis près d'un siècle au moins, par un chapelain, puisque le fondateur était cet Evêque de Carcassonne [Note : Les Archives départementales (G. 165), possèdent une quittance pour la rétribution des services ordonnés par le testament de Mgr. de Carcassonne], Jean du Chastel, de la famille bretonne, nommé d'abord à l'archevêché de Vienne, en 1452, n'étant encore âgé que de 28 ans, et protonotaire apostolique ; peut-être attendit-il ses 30 ans pour se faire sacrer ; toujours est-il qu'en 1454, il refusa l'évêché de Nîmes, et devint évêque de Carcassonne, où il demeura jusqu'à sa mort, 1475 (EUBEL). Le 28 Mai 1523, Hamon Barbier, grand vicaire de Léon, en l'absence de l'Evêque, approuve la fondation du collège, à l'instance de dame Marie du Juch, veuve du Chastel. Les premiers chapelains formant la collégiale furent : Hervé Le Garo, recteur de Landunvez ; Jehan Nicolas, prieur de Saint-Jacques ; Guillaume Kercornou ; Guillaume Jaffrez ; Nicolas Le Moyne ; et Pierre Robillart. Voici le règlement qui fut adopté à leur usage : « Les six chapelains chacun jour commenceront à dire matines et achèveront les heures canoniales ès heures et de la forme qu'on est accoutumé les dire ès églises collégiales de cet Evêché de Léon et les commencer à l'heure que par leur chef o l'assentiment de la maire voix d'iceulx sera advisé selon le temps. Outre disant une messe à note du jour à être commencée chacun jour environ 10 heures en hiver et 9 heures en été et non plus tôt si par leur patron ne leur soit fait anticiper ou que autrement leur soit mandé ; aussi disant vêpres tous les jours à note à 4 heures après midy. De Pâques à la Toussaint et d'illec à Pâques à 3 heures, fors en Carême qu'ils diront vêpres avant midy, et complies à 4 heures excepté le dimanche. Si un chapelain est trouvé au choeur durant l'office sans surplis, il sera censé absent et mulcté d'amende ». En 1682, les chanoines étaient François Prédour, Nicolas Jourdren, Jean Pellé, Tanguy Liles, Claude Piriou, François Kermeidic et Jean Le Beschec, « demeurant à Kersent, chacun en sa maison », et font aveu à M. de Cossé, duc de Brissac. Vers cette époque, il fut grandement question de transférer la collégiale de Kersent en la chapelle de Notre-Dame de Recouvrance, qui appartenait également aux du Chastel. Les Archives départementales contiennent plusieurs pièces de la procédure engagée à ce sujet, entre « le sieur Gilart de L'Archantel comme procurateur de dame duchesse de Portsmouth et d'Aubigny, propriétaire de la seigneurie du Chastel, et en cette qualité patronne et fondatrice de la collégiale de Kersaint, paroisse de Landunvez, d'une part, et MM. le Recteur de Saint-Pierre-Quilbignon et de Recouvrance, et Barzic de Kerambellec, marguillier de la confrérie de Notre-Dame du Rosaire de la chapelle de Saint-Sauveur à Recouvrance ». La procédure, commencée en Novembre 1691, était portée devant la Cour de l'Officialité de Léon. Le sr. de L'Archantel demandait la translation de la collégiale de Kersaint, à Notre-Dame de Recouvrance, parce que « le clergé de Quilbignon, composé de cinq prêtres, dont deux caducs, est trop peu nombreux pour desservir avec éclat et régularité les deux églises de Quilbignon et de Recouvrance, d'autant que les habitants de Recouvrance, en particulier, depuis deux siècles, ont conservé une dévotion singulière pour l'église de Notre-Dame, église rendue célèbre par plusieurs miracles, éprouveront une vraie joie d'y voir le service divin rétabli et d'y entendre chanter journellement les heures canoniales, comme on le fait dans les cathédrales, d'y voir dire régulièrement six messes par jour pour le moins, enfin, d'y voir remplir toutes les fonctions curiales avec plus d'éclat, depuis surtout que le Recteur de Quilbignon a, par pur caprice, presqu'abandonné l'église de Recouvrance pour desservir celle de Saint-Sauveur ». La gloire de Dieu n'en sera pas compromise, « car Dieu étant en tout lieu, par son immensité et sa toute puis­ance, écoutera, aussi bien à Recouvrance qu'à Kersaint, les vœux et les prières que lui adresseront ces chanoines, pour leurs premiers fondateurs ». A ces raisons, le Recteur de Quilbignon répondait : « Qu'il n'y a point, au diocèse de Léon, de paroisse où le clergé soit plus nombreux qu'à Quilbignon et Recouvrance, car on y compte 13 prêtres résidants et habitués, et un diacre, d'autres prêtres et religieux, puis des Capucins, au nombre de 20 ou de 30, qui ont été récemment reçus à Recouvrance, à condition de prêcher et confesser ; ainsi cette chapelle de Recouvrance n'a nul besoin des chapelains de Kersaint. Et quel avancement serait pour la gloire de Dieu de voir chanter, à Recouvrance et à Brest, le service divin aussi pitoyablement qu'on le chante souvent à Kersaint ! Qu'au surplus, la translation projetée n'est pas l'oeuvre de la duchesse de Portzmouth, non plus que de son procurateur des fermiers du temporel de la chapelle (de Notre-Dame de Recouvrance), dont ils voudraient faire une succursale et obliger les Recteurs à y résider et à y remplir toutes les fonctions curiales ». Nous n'avons pas la décision de l'Officialité de Léon, mais il est bien sûr que les chapelains continuèrent jusqu'à la Révolution à desservir Notre-Dame de Kersaint. Les derniers chapelains de Notre-Dame de Kersaint, au moment de la Révolution, étaient : Guillaume Botuan, né en 1724, infirme, 58 ans, curé sacristain de la cathédrale de Léon, chanoine depuis 1781 ; Yves Mailloux, né en 1716, très caduc, 68 ans, chanoine depuis 1784 ; Charles de Cremeur, né en 1736, chanoine depuis 1787 ; Joseph Lescalier, né en 1736, bien infirme, chanoine depuis 1786 ; Jean-Louis Cain ; Augustin Le Hir, vicaire à Landunvez, chanoine depuis 1788. L'église actuelle semble dater du XVIIème siècle ; vendue, à la Révolution, à la famille Bazil, elle fut rendue au culte par cette famille, en 1810. Restaurée, en 1903, par M. Jourdan de la Passardière, ingénieur à Brest, elle a été, à cette époque, ornée de vitraux représentant diverses scènes de la vie de sainte Haude et de saint Tanguy. On y voit, au début du XXème siècle (vers 1918) : une statue de saint Gonvel, transportée de l'ancienne église paroissiale, représenté en évêque, avec chape et mitre ; une Mater dolorosa, et une très ancienne statue de sainte Anne, fort vermoulue, ayant à ses pieds, sur un escabeau, la Sainte Vierge tenant l'Enfant-Jésus, qui semble manger dans une écuelle. Sous un baldaquin à triple étage, on voit aussi une sta­tue de Notre-Dame de Vir Zicour, tenant un Enfant-Jésus, auquel elle présente une sorte de pomme de pin (notes de M. GUÉGUEN). Une singularité de cette chapelle, c'est qu'elle possède deux foyers. On s'est demandé souvent quelle était la raison de ces foyers que l'on voit dans plusieurs de nos églises. Comme ils se trouvent généralement au bas des églises, on a pensé que c'était pour chauffer l'eau devant servir au baptême des enfants, ou, comme par exemple à Penmarc'h, en prévision d'un siège à soutenir dans l'édifice le plus solide et le plus vaste de la paroisse ; tout cela semble assez difficile à justifier. Ici, à Kersaint, les deux foyers sont situés l'un au bas, l'autre vers le chevet de l'église ; ne serait-ce pas, tout simplement, pour réchauffer les pèlerins arrivant de nuit, dans ces chapelles de dévotion ou ces églises, la veille du Pardon, et y passer une bonne partie de la nuit,, comme on le fait encore dans certains pèlerinages. Parmi les usages condamnables que le Père Maunoir avait trouvés dans le pays, il signale avec indignation l'habitude que l'on avait de danser, la nuit, dans la chapelle de Saint-Collaudon, au Cap Sizun, serait-ce même au chant des cantiques. Cet usage ne serait-il pas venu du besoin d'un peu d'exercice et de chaleur, pour se tenir éveillé, pendant les longues nuits que l'on passait à l'église, la veille des Pardons. Ce serait, ce me semble, une explication naturelle de ces foyers, permettant de réchauffer un peu les pèlerins, sans les obliger à un exercice qui, vraiment, devait paraître peu convenable dans le lieu saint, quelle que fût la violence des vents de mer qui balayaient la côte (M. Abgrall et Archives de l'Evêché).

la chapelle Saint-Samson (1785). Il s'agit d'un édifice de plan rectangulaire portant la date de 1785. Le fondateur de l'évêché de Dol y apparaît mitré, non loin de saint Yves. Le retable est entouré par les quinze médaillons des mystères du Rosaire. La chapelle abrite les statues de saint Samson et saint Tanguy. La chapelle était jadis l'objet d'une grande dévotion pour les maladies des yeux et les rhumatismes. " Chapelle bâtie sur la falaise, en grande vénération, surtout de la part des parents, qui viennent demander force et vigueur pour leurs petits enfants ; car saint Samson, archevêque de Dol, est facilement identifié, dans la pensée de nos braves gens, avec son homonyme de l'Ancien Testament. Le jour du Pardon, troisième dimanche de Juillet, on y chante la messe et on bénit la mer " (Archives de l'Evêché) ;

la chapelle de Saint-Gonvel-les-Dunes (Saint-Gonvel-an-Teven) ou saint Guenaël (XVIème siècle), située à Argenton. Il s'agit d'un édifice de plan rectangulaire avec clocheton-mur remontant au XVIème siècle. Elle était appelée au XVIIème siècle " Sant Gouarch ". La chapelle abrite les statues de saint Gonvel, d'un Christ montrant ses plaies, d'une Vierge-Mère et un bateau ex-voto. " Chapelle tout près du port d'Argenton, connue sous le nom de Sant-Gonvel an teven, Saint-Gonvel les dunes. Le petit édifice qui reste peut dater du XVIème ou XVIIème siècle. Il est en grande vénération, surtout parmi les marins qui, au XIXème siècle, y ont apporté plusieurs ex-voto, en actions de grâces " (Archives de l'Evêché) ;

la chapelle Sainte-Anne, bénite le 14 juillet 1957. Il s'agit d'un édifice rectangulaire construit à Argenton par M. Le Guellec. Il possède un petit clocheton en ciment à une baie, amorti par une flèche cantonnée de quatre clochetons. La chapelle abrite un groupe de sainte Anne ; 

l'ancienne chapelle Sainte-Aude ou Sainte-Haude (XVIIème siècle), aujourd'hui disparue. Cette chapelle était bâtie à 500 mètres à l'Est de Notre-Dame de Kersaint ; elle n'existe plus, mais on voit encore la fontaine de Sainte-Haude et le lavoir près duquel la Sainte avait été tuée par son frère ; le canal qui déverse l'eau de la fontaine dans le lavoir est percé en son milieu d'une sorte de cuvette, qui permet d'y puiser de l'eau, sans risquer de troubler la source principale. On ne manque pas de dire que c'est en ce lieu que roula la tête de la Sainte, et l'eau de cette cuvette aurait la propriété de guérir les verrues. Il suffit de les percer jusqu'au sang avec une épingle, qu'on jette ensuite dans cette cuvette, et les verrues disparaissent immédiatement ; mais si vous restez regarder votre épingle et compter combien il y en a dans la cuvette, il vous repoussera tout autant de verrues sur les mains. Telle est la croyance populaire. Cette chapelle fut l'objet de plusieurs libéralités. En 1696, le 18 Octobre, le chevalier Comte de Sanzay, baron de Keriber, Pratmeur, le Baudiez, etc., demeurant en son château de Pratmeur, en Ploudalmézeau, donne à Sainte-Haude, un convenant au village de Langurrec, en Plourin, pour en employer le revenu aux réparations des vitres de la chapelle, et même à la construction d'une nouvelle chapelle, qui est en projet (M. Abgrall) ;

l'ancienne chapelle Saint-Tanguy ou Saint-Sébastien, détruite en 1878. Cette chapelle, à 100 mètres environ de celle de Sainte-Haude, est souvent citée dans les registres et à  la fin du XVIIème siècle ; il était d'usage d'y célébrer les mariages des paroissiens du voisinage ; à la fin du siècle suivant, 1779, elle tombait en ruines, et le corps politique en offrit les matériaux pour en construire une nouvelle à l'angle du cimetière de Landunvez, où aurait été enterrée sainte Haude. Cette chapelle servit de lieu de réunion pour la municipalité, depuis la Révolution jusqu'en 1840, puis a servi de chapelle de catéchisme. On l'appelait indifféremment de Saint-Sébastien, Sainte-Haude ou Saint-Tanguy. Elle a été démolie, en 1878, pour servir à l'agrandissement du cimetière ;

plusieurs anciennes chapelles, aujourd'hui disparues : la chapelle Sainte-Aude (XVIIème siècle), la chapelle Saint-Tanguy ou Saint-Sébastien (détruite en 1878), la chapelle Saint-Ignace (ancienne chapelle privée du manoir du Chastel), la chapelle Saint-Gonvarc'h (les matériaux ont servi en 1840 à la construction de l'église de Plourin-Ploudalmezeau) ;

la croix de Lorraine (XXème siècle) ;

la croix de Trémazan (XVIIème siècle) ;

le calvaire de l'église de Landunvez (XXème siècle) ;

la croix de Bédiez (XVIème siècle), située non loin de la fontaine Saint-Gonvel ;

d'autres croix ou vestiges de croix : la croix de Bédiez (Haut Moyen Age), la croix de Berguep (Haut Moyen Age), les deux croix Croaz-al-Laërez (Haut Moyen Age), la croix de Kerhoazoc (XIVème siècle), la croix de Kerincuff (XVIème siècle), la croix de Kersaint (XVIème siècle), la croix de Kersaint (XVIème siècle, 1978), les deux croix du Navant (Haut Moyen Age), la croix de Penfoul ou Croaz-al-Léac'h (Haut Moyen Age), la croix de Saint-Gonvel (Moyen Age), la croix de Saint-Gonvel (vers 1960), la croix de Saint-Gonvel (XVIème siècle), la croix de Saint-Samson (Haut Moyen Age), la croix de Saint-Samson (Haut Moyen Age, 1757), la croix de Saint-Samson, non loin de la fontaine (Haut Moyen Age), la croix de Trémazan, insérée dans un muretin (Haut Moyen Age), la croix de Kersaint ou Doué-de-Sainte-Haude ;

le château de Trémazan (XIII-XVème siècle), édifié en 1256 par la famille Du Chastel. Après avoir été détruit vers 1220, pendant la guerre que le duc Pierre de Dreux fit aux seigneurs bretons et particulièrement au vicomte de Léon, ce château aurait été reconstruit vers 1250, d'après certains historiens, par Bernard du Chastel, au retour de la croisade qu'il avait faite à la suite du duc de Bretagne Pierre de Dreux. "Composé d'une enceinte carrée, ornée d'une tour ronde à chaque angle, cet ouvrage était séparé du château par le fossé primitif que traversait un pont de bois. La grande porte de la forteresse fut établie dans la tour de droite (angle Nord-Ouest) de la nouvelle enceinte. Cette porte encore visible, était munie d'une herse et d'un pont-levis. Ce dut être à cette époque que furent percées certaines fenêtres du château sur lesquelles se basent les historiens pour l'attribuer au XIIIème siècle et les fenêtres que l'on remarque dans la façade, près de la porte. Les faces Sud et Nord seulement de l'ouvrage avancé subsistent aujourd'hui. Elles montrent une muraille fort épaisse (3m25) couronnée d'un chemin de ronde. Les défenses sont des mâchicoulis en pierres de taille et des ouvertures carrées dans le parapet. Les tours sont garnies d'archères, usage qui fut abandonné au XIVème siècle. Le peu de hauteur des murs et leur grande épaisseur prouvent que cet ouvrage fut construit à une époque où les machines de siège étaient assez perfectionnées pour faire crouler les murailles très hautes et relativement peu épaisses des siècles précédents, vers la fin du XIIIème siècle ou le commencement du XIVème siècle". Trémazan semble dérivé de Trève-Majan (de Majan, frère de saint Gouesnou). Il a été bâti sur les ruines d'un castellum édifié, semble-t-il, par saint Tanguy (meurtrier de sa soeur, sainte Haude ou Eode) et qui existait déjà au VIème siècle. Saint Tanguy est aussi le fondateur, au VIème siècle, des monastères du Relecq et de Saint-Mathieu. Depuis le VIème siècle ou vivait à Trémazan, le seigneur Galonus, jusqu'au XVIIIème siècle, le château a toujours été habité en entretenu par les Du Châtel (ou Du Chastel). Les possessions des du Chastel (ou Châtel ou Chatel) comprenaient primitivement tout le bas Léon, c'est-à-dire le pays compris entre Trémazan, Saint-Mathieu et Brest. On sait que Recouvrance leur appartenait et que leur lieutenant habitait la grosse tour élevée à l'entrée du pont. Le château de Trémazan, de la paroisse de Landunvez, était le chef-lieu de ces possessions, et la demeure des Seigneurs qui y entretenaient une forte garnison. Le village de Kersaint, d'abord enfermé dans l'enceinte du château, s'étendit bientôt en dehors. Au Moyen-Age, il comptait une dizaine de manoirs groupés entre la forteresse et la chapelle. Jusqu'en 1185 où nous trouvons deux du Chatel à la fameuse assise tenue par Geoffroy Plantagenet, duc de Bretagne, on ne possède aucun document sur le château ni ses propriétaires. La preuve semble pourtant faite par les généalogistes que pendant ces six siècles le château n'a pas changé de maîtres et que les du Chatel de 1185 sont bien les descendants de saint Tanguy et de sainte Haude. Le donjon de Trémazan a quatre étages et avait jadis une hauteur de trente à trente-cinq mètres ("au quatrième étage, on voit encore les trous où s'engageaient les poutres des hourds, qui, on le sait, étaient des balcons en bois dont le plancher percé d'ouvertures servait de mâchicoulis") . Pendant les guerres de succession de Bretagne, Trémazan était possédé par Bernard du Chastel, qui tenait le parti de Jean de Montfort. Raoul Caource (ou René de Cahours), aventurier anglais au service de France, s'en empara en 1351 pour le compte du roi Jean, qui soutenait Charles de Blois, et Charles V le restitua par la suite à ses anciens possesseurs ("le roi le rendit plus tard aux sires du Chastel qui en jouissaient en 1467, époque où, fournissant un aveu à la principauté de Léon, ils reconnaissent devoir à cette principauté, 10 livres, 8 sols et 6 deniers de chefrente annuelle et quatre boisseaux de froment à la mesure de Coatméal. Ils déclarèrent en outre posséder sous la même principauté 87 métairies, 1 garenne, 3 moulins et 124 articles de fiefs avec haute, moyenne et basse justice, composée d'un sénéchal à quinze livres de gages ; d'un lieutenant à six ; d'un bailli à cinq ; d'un procureur fiscal à dix ; d'un greffier à grand sceau ; de quatre procureurs et de deux huissiers, tous exerçans, militans et jugeans en la chambre d'honneur en la ville de Kersent. Le sire du Chastel avait de plus six damoiseaux : Jean de Chasteaunen, Guillaume Edy, Hervé Grall, Yvon Gouezou, Hervé de Kermeno et Jacques Quillien"). Le château de Trémazan fut abandonné au XVIIIème siècle et vendu, pendant la Révolution, comme bien national, ainsi que la chapelle de Kersaint qui ne fut rendue au culte qu'en 1804 ;

Note : Le château de Trémazan apparaît pour la première fois dans l'histoire en l'an 525. Ce château primitif n'était, comme toutes les forteresses de cette époque, qu'une agglomération de maisons en bois entourée d'une forte palissade et d'un fossé profond (il faut arriver aux IXème et Xème siècles pour trouver une véritable forteresse). C'est dans cet endroit fortifié que se passe la légende de saint Tanguy, légende qui prouve la puissance qu'avait déjà la famille du Chastel. D'un premier mariage avec Florence, fille d'Honorius, prince de Brest, le noble Galonus, seigneur de Trémazan, avait eu plusieurs enfants, dont Haude et Gurguy. Devenu veuf, Galonus épousa en secondes noces une noble anglaise qui prit en haine les enfants de son mari et leur fit subir toutes sortes de rigueurs. Las des mauvais traitements de sa marâtre, Gurguy, dès qu'il fut assez âgé, quitta la maison paternelle pour aller à la cour du roi de France Childebert. Après douze ans d'absence pendant lesquelles la vie de Haude ne fut qu'un continuel martyre, Gurguy revint à Trémazan. Etonné de ne pas trouver sa soeur, il interroge sa balle-mère qui accabla aussitôt Haude des plus noires infamies, ajoutant que pour débarrasser la maison d'une telle honte, on a dû la reléguer aux champs. Trop prompt à croire la calomnie, Gurguy sort furieux, trouve sa soeur près d'un doué où elle lavait du linge et, sans attendre les explications de la jeune fille, la décapite d'un coup d'épée, le 18 novembre 545. Le soir même, tandis que la famille était assemblée dans la grande salle du château, Haude parut, au grand étonnement de tous, - cunctis stupentibus, - dit l'historien, tenant sa tête dans ses mains - elle posa son chef sur les épaules, dit : - Je suis innocente ! - pardonna à son frère et mourut. Frappée de terreur, la marâtre se précipita par la plus haute fenêtre du donjon. Gurguy désespérée de son crime alla se jeter aux pieds de saint Pol, évêque de Léon, fit pénitence, entra en religion sous le nom de Tanguy et fonda plusieurs monastères dont celui de Saint-Mathieu, le plus important. Tanguy étant fils unique, le château de Trémazan passa après lui à l'un des petits-enfants de sa soeur Azénor et de Judual, roi d'Armorique. Ce nouveau seigneur, dont on ignore le nom, fut le fondateur de la longue lignée des Tanguy du Chatel (ou Chastel), qui a donné à la Bretagne tant de chevaliers justement célèbres. 

Voir Landunvez "Le château de Trémazan et la famille du Chatel

la fontaine Sainte-Haude ou Sainte-Aude ;

le poste de garde de Trémazan (XVII-XVIIIème siècle) ;

le manoir de Troménec (XVIIème siècle) ;

la maison des chanoines (XVIème siècle), édifiée par les De Chastel ;

le moulin de Kersaint (XVIIIème siècle), restauré au XIXème siècle ;

A signaler aussi : 

le dolmen de Saint-Gonvel (époque néolithique) ;

le menhir de Saint-Gonvarc’h (époque néolithique) ;

le vivier (1881-1882) ;

le viaduc (XXème siècle) ;

MONUMENTS ANCIENS : - Menhir de 6 mètres, au Méjou-ar-Menhir. - Allée couverte, en partie détruite, à 800 mètres au Nord-Est de la chapelle de Kersaint. - Débris romain, à la grève de Penfoul. - Château de Trémazan, construit en 1248, par Bernard du Chastel, époux de Constance de Léon (Du Chatellier). - L'abbé Guéguen nous signale, de plus : Près de l'emplacement de l'ancienne chapelle de Saint-Sébastien, à Milin-Provost, un ancien menhir, taillé en octogone et jadis surmonté d'une croix, qui a été enlevée à la Révolution. C'est, probablement, le menhir signalé plus haut par M. du Chatellier. Et à 50 mètres de la chapelle de Saint-Gonvel, un dolmen de 3 mètres de long sur 2 mètres de large, supporté par quatre pierres pointues piquées en terre. La tradition populaire y place l'ermitage de saint Gonvel. Ce doit être l'allée couverte dont parle M. du Chatellier. - Gros menhir de 2 mètres de haut, à 200 mètres de la chapelle Saint-Samson, dite « pierre de Saint-Samson », sur laquelle on venait se frotter le dos pour guérir les rhumatismes (M. Peyron) ;

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ANCIENNE NOBLESSE de LANDUNVEZ

FAMILLES NOBLES :

- Beaudiez, sr. du dit lieu, à Landunvez : d'or à 3 fusées ondées d'azur cantonnées à dextre d'un trèfle d'azur.

- Chastel (du), baron de Trémazan : fascé d'or et d'argent de 6 pièces ; devise : Da vad e teui.

- Coetnempren, sr. de Kerléan : d'argent à 3 tours crénelées de gueules ; devise : Et abundantia in turribus tuis.

- Crozat, sr. de Trémazan : de gueules au chevron d'argent accompagné de 3 étoiles de même.

- Kerjar, sr. de Kerléan : d'or à l'arbre de sinople ; devise : Red eo mervel.

- Rannou, sr. du Beaudiez : d'argent à la fasce, vivrée d'azur.

- Sanzay, sr. du Beaudiez : d'or à 3 bandes d'azur à la bordure de gueules, à l'écusson en abyme échiqueté d'or et de gueules ; devise : Sanzay, sans ayde.

Nota : Beaudiez (du), sr. dudit lieu, en Landunvez, — du Rest et de la Motte, en Plabennec, — du Mézou, en Plouvien, — de Kergoual, — de Traonédern. Ancienne extraction. — Huit générations en 1668. — Réformes et montres de 1443 à 1534, en Landunvez et Plabennec, évêché de Léon. Blason : D'or, à 3 fasces ondées d'azur, cantonnées, à dextre d'un trèfle de même ; alias : surmontées de 2 coquilles de gueules. Bernard, sr. du Beaudiez, secrétaire du vicomte de Rohan, chargé, en 1449, de la garde de son châtel de Rohan, marié à Mahotte de Keraldanet. — Deux frères aux volontaires pontificaux, dont l'un tué à Castelfidardo, en 1860.

Tableau généalogique de la famille du Châtel ou Chastel : - Du Chastel, seigneur dudit lieu et de Lezirivy (paroisse de Plouarzel), - Du Chastel de la Motte Tanguy (paroisse de Quilbignon), - Du Chastel, baron de Trémazan (paroisse de Landunvez), - Du Chastel, seigneur de Kerlerc'h (paroisse de Ploudalmézeau), - Du Chastel de Kersimon (paroisse de Plouguin), - Du Chastel de Coëtivy (paroisse de Plouvien), - Du Chastel de Leslem (paroisse de Plounéventer), - Du Chastel, vicomte de la Bellière (paroisse de Pleudihen), - Du Chastel, seigneur du Bois Raoul (paroisse de Renac), - Du Chastel du Juch (paroisse de Ploaré), - Du Chastel, vicomte de Pommerit (paroisse de Pommerit-le-Vicomte), - Du Chastel, seigneur de Kersaliou (paroisse de Pommerit-Jaudy), - Du Chastel, baron de Marcé, en Anjou, - Du Chastel, seigneur de Lesnen (paroisse de Saint-Tual), - Du Chastel de Tonquédec (paroisse de Tonquédec), - Du Chastel de Mezle (paroisse de Plonévez-du-Faou), - Du Chastel de Châteaugal (paroisse de Landeleau), - Du Chastel de Gournoy (paroisse de Guiscriff), - Du Chastel de Bruilloc (paroisse de Plounérin), - Du Chastel de Coëtangarz (paroisse de Plouzévédé), - Du Chastel de Kerbasquiou (paroisse de Plouézal), - Du Chastel de Keranroux (paroisse de Plufur), - Du Chastel de Keraldanet (paroisse de Lannilis), - Du Chastel de Keryvot (paroisse de Milizac), - Du Chastel de Kermorin (paroisse de Saint-Thégonnec), - Du Chastel de la Roche-Droniou (paroisse de Calanhel), - Du Chastel de Coëtelez, - Du Chastel de Pratcarric (paroisse de Plounévez-Moëdec).

Le sceau de 1274 était "Fascé d'or et de gueules de six pièces". La devise était : Da vad e teui (tu viendras à bien) et vaillance du Chastel. Alias : Ma car Doué (s'il plaît à Dieu).

A la réformation de 1491, la famille du Chastel (ou Châtel) justifiait de quatorze générations. La branche aînée se fondit en 1575 dans la maison de Rieux.  

Bernard du Chatel, qui vit en 1274, est l'époux d'Anne de Léon. Leur fils Hervé, vivant en 1296, épouse Sybille de Leslen. Le fils de ces derniers, Bernard du Chatel épouse Eléonore de Rosmadec. Le fils de Bernard du Chatel nommé Tanguy Ier, lieutenant général du comte de Montfort en 1347, épouse Tiphaine de Plusquellec et a trois enfants : Tanguy (branche des seigneurs de Melle, éteinte), Garsin ou Garsis (mort sans alliance) et Guillaume, époux d'Alix de Lesourny. Ce dernier a un fils nommé Hervé qui épouse en 1360 Mencie de Lescoet. De leur union naissent : Guillaume (chambellan de Charles VI et mort sans postérité), Hervé (branche éteinte des Coetelez), Tanguy (1370-1449, Grand maître de France) et Olivier (capitaine de Brest) qui épouse Jeanne de Ploeuc en 1408. De cette union naissent : Jean (évêque de Carcassonne en 1457), Guillaume (écuyer de Louis XI et enterré à Saint-Denis), Tanguy (décédé en 1477, chambellan de Charles VII, époux de Jeanne de Raguenel, père de Jeanne épouse de Louis de Montéjan) et François (chevalier banneret en 1455, époux de Jeanne de Kerman). Ce dernier a deux fils : Guillaume (sans postérité) et Olivier qui épouse en 1459 Marie du Poulmic. De leur union naissent : Olivier (évêque de Saint-Brieuc, décédé en 1523), Gabriel (seigneur de Coetangars, époux de Jeanne de St Gouhénon, père de Tanguy marié à Mancie de Kerguisssau) et Tanguy (- époux, en 1492, de Louise du Pont, dont la fille Gilette épouse le vicomte de Faou, - puis époux, en 1501, de Marie de Juch). Tanguy du Chatel et Marie de Juch ont plusieurs enfants : Prégent (sans postérité), Ollivier (abbé de Daoulas, décédé en 1550), Jacques (sans postérité), René (sans postérité), Guillaume (capitaine de Brest en 1538, époux de Marie de Kerazret, père de Anne mariée à Vincent de Ploeuc) et François (décédé en 1537) qui épouse en 1522 Claude Duchastellier. Ces derniers ont un fils nommé Claude, baron de Juch, époux de Claude d'Acigné et décédé en 1555. Claude du Chatel laisse deux enfants : Jeanne (épouse de Charles Gouyon de la Moussaye) et Anne (mariée à Guy de Rieux).

Tanguy, époux de Mancie de Kerguissau, a un fils nommé Guillaume marié à Levenêse de Kermeno. De cette dernière union est né Jean, chevalier de Saint-Michel, époux en premières noces de Marguerite de Cosquier (dont naîtront deux filles toutes religieuses), et en deuxième noces, en 1625, de Marie Lelong de Keranroux dont naîtront : - Marc-Antoine (sans postérité), - Ignace-François, époux de Marie de Kerman (dont le fils Claude-Michel-Mathurin épouse Brigitte de Musillac qui donnera naissance à une fille mariée en 1716 au comte de la Bédoyère), - Tanguy, baron de Bruillac, qui épouse en 1659 Françoise de Kerprigent. Ce dernier a trois enfants : - Tanguy Querian (sans postérité), - Jacques Claude qui épouse en 1691 Marguerite de la Porte. De cette dernière union naîtront : Tanguy (aumônier du Roi en 1746), Jacques Thomas (lieutenant de vaisseau du Roi et tué en 1759) et Hyacinthe Marie qui épouse Mauricette de Kergariou en 1730 (ils auront deux enfants : Françoise Claude Haude qui épouse en 1757 le comte de Brieux, et Marie Renée Vincent qui épouse en 1769 Paule de Vanel), - Louis Jonathas (chevalier de Saint-Louis et époux d'Elisabeth Pocquet). Ces derniers ont deux enfants : Louise Claude, époux d'Elisabeth Giraud (ils n'auront comme descendance que des filles) et Raymond Balthasar, époux de Louise des Vergers. Ces derniers auront plusieurs enfants : - Louis Jonathas (décédé en 1821 sans postérité). - Marc Balthasar (sans postérité). - François Raymond (mousquetaire, sans postérité). - Claude Tanguy, capitaine des vaisseaux du Roi, qui épouse en 1770 Marie Louise de Kerliviau. Ces derniers auront deux enfants : Victor Jonathas (1773-1810) et Charlotte Eugénie (1789-1862), mariée à Eugène de la Villeneuve. - Victor-Pierre (1742-1816) qui épouse Catherine de Saint-Gervasy. Le fils de ces derniers, Gabriel Victor (1790-1865) épouse à la Martinique, Marie d'Anglar de Bassignac qui lui donnera plusieurs enfants : Marie Caroline Tanguyne (décédée en 1869 sans alliance), Gabriel Tanguy (1825-1886, décédé en Martinique sans postérité), Louis Victor Tanguy (1826-1892, aumônier de l'hôpital de Saint-Pierre), Jean Guillaume Tanguy (1829-1894, décédé sans postérité), Louise Angèle Tanguyne (décédé sans alliance), Henri Tanguy (décédé en 1855 sans alliance). 

Lors de la Réformation de l'évêché de Léon en 1443, une famille noble est mentionnée à Landunvez :

Beaudiez (du), seigneur dudit lieu, paroisse de Landunvez. D’or à trois fasces ondées d’azur, accomp. en chef de deux coquilles de gueules [aliàs : d’un trèfle d’azur]. Bernard se trouve mentionné entre les nobles de Landunvez et Plouvien.  

(à compléter)

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