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HEDE

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La commune de Hédé (pucenoire.gif (96 octets) Hazhoù) est chef lieu de canton. Hédé dépend de l'arrondissement de Rennes, du département d' Ille-et-Vilaine (Bretagne).         

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de HEDE

Hédé vient du breton "Haduc" et du suffixe latin "acum" , ou encore de la déformation du mot "Alleu". 

Un breton d'outre-Manche, appelé Haduc, serait le fondateur de Hédé. En 1085, une charte du duc Alain IV atteste l'existence du Hadeicum Castellum (propriété du domaine ducale) alors que le pays dans son ensemble dépend des seigneurs de Bazouges. L'église de Bazouges-sous-Hédé appartient dès 1158 à l'Abbaye de Saint-Melaine de Rennes. Une tradition prétend que l'église de Bazouges-sous-Hédé remplace une ancienne chapelle dépendant du château de Bazouges.

La ville de Hédé s'est formée à l'ombre de ce château. L'église du XIème siècle est donnée par les ducs de Bretagne à l'Abbaye de Saint-Melaine de Rennes qui y crée un prieuré (presbytère actuel). Au XIIème siècle, ces religieux furent confirmés dans la possession de cette église "ecclesiam de Hedeio", par Etienne, évêque de Rennes, par Josse, archevêque de Tours et par le pape Luce III (Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine). Cette église n'est au début du XVIIème siècle et au XVIIIème siècle qu'une trêve de Bazouges-sous-Hédé. Aucun recteur de Hédé n'apparaît avant 1789 ; c'est que dans les deux derniers siècles le recteur de Bazouges se qualifiait en même temps recteur de Hédé ; c'est qu'à la même époque le prieur de Hédé payait 200 livres au recteur de Bazouges pour desservir en son nom l'église de Hédé. Voici, du reste, comme s'exprime en 1678 le recteur de Bazouges au sujet de Hédé : « L'église de Hédé, succursale de Bazouges, est sous l'invocation de la Sainte Vierge ; elle a des fonts et un cimetière » (Réponse ms. à Mgr l'évêque de Rennes par Messire Ollivier, recteur de Bazouges-sous-Hédé - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine). A la même époque, Hédé avait ses registres particuliers de baptêmes, mariages et sépultures. Ainsi, de l'aveu même du recteur de Bazouges, Hédé, sans être paroisse, était alors considérée du moins comme une trêve ou succursale de Bazouges. 

En 1768, la communauté de ville de Hédé délibéra au sujet de la prétention qu'avaient les habitants de Bazouges d'empêcher leur recteur d'habiter Hédé ; les bourgeois de Hédé donnèrent en faveur du recteur les raisons suivantes, qui font assez bien connaître l'état de la question : Depuis le départ des religieux du prieuré de Hédé, dirent-ils, les vicaires perpétuels du prieur (c'est-à-dire les recteurs de Bazouges) ont demeuré plus souvent à Hédé qu'à Bazouges ; — l'église de Hédé a toujours eu sa fabrique, ses fonts baptismaux, son cimetière, ses confréries et ses fêtes ; — les gens de Bazouges y assistent à la Fête-Dieu avec croix et bannière, et ils y font même leurs pâques ; — le recteur administre bien mieux à Hédé qu'à Bazouges, dont le presbytère, éloigné de l'église, est très malsain ; — la ville de Hédé a un gouverneur, une juridiction royale, une subdélégation, une communauté de ville, une milice bourgeoise, un couvent d'Ursulines, une maison de retraite dont le recteur est supérieur, etc., toutes choses qui nécessitent la présence de ce recteur à Hédé même. Cette délibération des bourgeois se termina par une supplique adressée à l'évêque de Rennes, pour qu'il voulût bien ériger en paroisse la ville de Hédé, puisque les habitants de Bazouges persistaient à réclamer la présence du recteur parmi eux (Archives municipales de Hédé). Les choses en restèrent là pour le moment ; mais le 14 novembre 1777 Mgr de Girac écrivit à la communauté de ville de Hédé qu'il était tout disposé à ériger Notre-Dame de Hédé en église paroissiale si on lui en faisait officiellement la requête (Archives municipales de Hédé). Malgré cette bonne volonté du prélat, l'érection n'eut pas lieu aussitôt et elle ne se fit que le 5 mai 1792. Malheureusement, à cette époque, l'évêque légitime de Rennes était en exil, et l'érection de Hédé en paroisse se fit constitutionnellement. Joseph 0lliviéro, recteur de Bazouges-sous-Hédé, accepta d'en être le pasteur et prêta serment en conséquence ; il se rétracta heureusement plus tard. Ce fut par son ordonnance du 16 juillet 1803 que Mgr de Maillé érigea en paroisse orthodoxe la ville de Hédé en y nommant curé M. Julien Moison (Pouillé de Rennes).

La paroisse de Saint-Symphorien existe au XIIème siècle (Pouillé de Rennes). L'abbaye de Saint-Melaine de Rennes possède à Saint-Symphorien dès 1152 un prieuré qui disparaît en 1411 (Pouillé de Rennes). Les Bénédictins de Saint-Melaine conservèrent longtemps le droit de présenter le recteur de Saint-Symphorien, et jusqu'à la Révolution ils levèrent toutes les dîmes de cette paroisse. Toutefois, au XVIIIème siècle, ils abandonnaient les deux tiers de ces dîmes au recteur pour lui tenir lieu de portion congrue. Aussi en 1790 le recteur, M. Costard, déclara-t-il jouir des deux tiers des dîmes, estimés 1 150 livres ; — d'un presbytère avec cour et jardin valant 60 livres, — et d'un pourpris ne rapportant pas moins de 272 livres ; il avait donc un revenu brut de 1 482 livres, dont il fallait toutefois déduire les charges (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 26). La paroisse de Saint-Symphorien fut rétablie en 1803, mais elle fut supprimée par le gouvernement en 1814 et son territoire fut alors uni à celui de Hédé. Le recteur, M. Geffroy, n'en demeura pas moins à son poste grâce à la générosité de ses paroissiens, et Saint-Symphorien fut de nouveau érigée en succursale par ordonnance royale en date du 11 février 1820.

L'emplacement du château primitif se trouve en Bazouges-sous-Hédé, sur le bailliage des Guibarets ; il portait le nom de la Motte-Jouhan. Il est pris par le duc Conan IV avec une troupe anglaise en 1156 et par Henri II d'Angleterre en 1168. Une nouvelle forteresse est construite à l'ouest de la ville, sur le sommet d'un promontoire: ce promontoire a semble-t-il était occupé par un castellum romain. Le château est réparé à plusieurs reprises : par le duc Jean II entre 1286 et 1305, puis en 1307, en 1399 et de 1443 à 1450. Les Français s'en emparent en 1488. Mercoeur s'en rend maître en 1597 et Henri IV le fait démolir en 1598. 

La châtellenie de Hédé possédait autrefois un droit de haute justice et comprenait une dizaine de paroisses. Elle appartient d'abord aux seigneurs de ce nom, et passe ensuite par alliance vers 1100 à la famille de Montfort qui l'a encore en 1168. Henri II d'Angleterre la possède ensuite. Puis Pierre de Bretagne la donne en 1265 à son père le duc Jean Ier qui l'unit au domaine ducale (puis passe au domaine royal suite à l'union de la Bretagne à la France). Elle est donnée en apanage par le duc Arthur II au début du XIVème siècle à sa fille Béatrice de Bretagne qui épouse Guy X de Laval, et par le duc François II dans la seconde moitié du XVème siècle, successivement à Antoine et François de Bretagne. Elle est vendue par le roi Henry II en 1554 à François du Breil, seigneur des Hommeaux, puis rachetée par le roi après la mort de l'acquéreur. Cette châtellenie est conservée par la couronne jusqu'en 1789.  

Les chevaliers de l'ordre du Temple, qui relève de la commanderie de La Guerche, possèdent au XIème siècle un fief à Hédé sur lequel se trouve un hôpital de lépreux qui est transféré plus tard à La Madeleine. La ruelle de L'Hôpital évoque l'emplacement de l'hôpital fondé en 1712 pour accueillir les pauvres et les malades. On y trouvait d'ailleurs une léproserie avec une chapelle, fondée par les seigneurs de Hédé. La léproserie est signalée dès 1085 ; elle est transféré au XIVème siècle, sous le nom de la Madeleine (sur le territoire de Bazouges-sous-Hédé). L'église priorale romane appartient à l'abbaye Saint-Melaine de Rennes qui en fait un prieuré. Cette église est érigée en paroisse en 1792.  En 1431, la ville est détruite par un incendie puis elle est cernée en 1464 de douves avec trois portes fortifiées (la porte de la Grande-Rue au sud, la porte de Tinténiac au nord-ouest, et la porte Combourgeoise à l'est), sur ordre du duc François II.

Les communes de Bazouges-sous-Hédé et Saint-Symphorien sont fusionnées avec celle de Hédé en 1973.

Pour Hédé, on rencontre les appellations suivantes : Castellum Hadoicum (au XIème siècle), Hedeium (en 1185), Hedeyum (en 1516).

Pour Saint-Symphorien, on rencontre l'appellation : ecclesia Sancti Symphoriani (en 1158).

Note 1 : liste non exhaustive des recteurs de l'ancienne paroisse de Saint-Symphorien : François Jallet (1603-1617), Julien Sarceaux (1617-1623), Guillaume Rouxel (1623-1650), Jean Denizot (1651-1659, inhumé dans le choeur de l'église), Pierre Herfray (1659-1661), Robert Trochet (1661-1665), J. Des... (en 1666), François Le Gac (vers 1667 et jusqu'en 1706, il rendit aveu au roi le 15 avril 1680 pour son presbytère relevant de Hédé), Etienne Cosson (1706-1742), François-Henri Hervagault (en 1642), Jean Foullain (1755-1764), Jean-Baptiste-Sébastien Boursin (1764-1784), François-Julien Costard (en 1784, il demeura caché dans la paroisse pendant la Révolution et fut réinstallé en 1803 ; il se démit ou mourut vers 1804), Pierre Geffroy (1804-1822), Julien-Henri Lemée (1822-1833), N... Clément (1833-1847), Jean-Marie Durand (1847-1877), Toussaint Rebillard (à partir de 1877), ...

Note 2 : liste non exhaustive des curés ou recteurs de la paroisse d'Hédé : Julien Moison (en 1803), Julien-Joseph-Emmanuel Doublet (1803-1814), François-Julien Garnier de l'Hermitage (1815-1844), Jules Luzières (1844-1846), Louis Lechat (1846-1864), Pierre Gendron (à partir de 1864), ...

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PATRIMOINE de HEDE

l'église Saint-Martin (XI – XIV – XVI – XIX – XXème siècle), située à Bazouges-sous-Hédé. En 1846, plusieurs parties de l'édifice sont restaurées. Le clocher est restauré en 1920. Des travaux de restauration sont effectués également en 1903. Le mur nord de la nef est en arêtes de poisson et possède deux baies romanes bouchées (XIème siècle). Une petite fenêtre située à l'ouest date du XIVème siècle. Le bâtiment actuel se compose d'une nef à chevet droit du XVIème siècle, remaniée et d'une chapelle au sud. On y trouve les blasons (1614) des familles Bintin et Le Mintier de Carméné, seigneurs des lieux de 1549 à 1707 (les premiers de la fin du XIVème siècle jusqu'en 1549, et les seconds de 1671 jusqu'en 1707) auxquels a succédé la famille Bourdonnaye-de-Blossac. On y voit aussi le gisant (XVème siècle) de Regnault de Bazouges (la pierre tombale est posée sur deux colonnettes à chapiteaux ornés de volutes) : il se trouvait autrefois au pied du maître-autel et a été transférée à sa place actuelle en 1673. A signaler qu'une crypte existe dans le choeur, sous l'ancien emplacement de cette pierre tombale. L'église possédait jadis une litre intérieure et extérieure aux armes des seigneurs de Bazouges. La statue de Notre-Dame du Paimpont date du XVIIIème siècle ; 

l'église Notre-Dame (XII – XVI – XVII – XIXème siècle). L'église priorale romane appartient à l'abbaye Saint-Melaine de Rennes qui en fait un prieuré. Elle comprend une nef, deux collatéraux, un transept et une abside demi-circulaire. Le porche sud qui date de 1818 remplace un porche ossuaire édifié vers la fin du XVIème siècle. Le chœur est transformé en sacristie au XVIIème siècle. L'édifice est restauré en 1864. Le clocher est remanié en 1900. Les fonts baptismaux datent du XII-XVIème siècle. Le maître-autel possède un retable en bois du XVIIème siècle. Le retable du croisillon nord du transept est surmonté d'une statue de la Vierge (XVIIème siècle). L'autel latéral sud renferme un tableau du XVIIème siècle figurant la Vierge, l'Enfant Jésus, sainte Anne et saint Joachim. A noter que le collatéral nord renfermait jadis une chapelle prohibitive au prieuré et communiquait avec lui au moyen d'une galerie (Pouillé de Rennes). Les confréries du Saint-Sacrement et du Rosaire y étaient érigées dès 1678. Plusieurs fondations y existaient : trois messes par semaine pour les ducs de Bretagne défunts ; une messe matinale tous les dimanches et fêtes, fondée en 1634 par François André, prêtre ; autres messes fondées en 1656 par Jean des Fougerays, sieur dudit lieu, etc., etc. (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 H, 30 ; 9 G, 44). Les droits de supériorité appartenaient naturellement en cette église aux ducs de Bretagne, puis aux rois de France, leurs successeurs. Quant aux autres prééminences, elles étaient réclamées par le prieur de Hédé ; mais plusieurs seigneurs du voisinage avaient obtenu permission d'y avoir leurs bancs et leurs enfeux : tels étaient le seigneur de Bonespoir, dont le banc était proche le grand-autel, du côté de l'évangile, « avec deux grands tombeaux armoriés » ; le seigneur de la Guichardière, ayant également « deux pierres tombales armoriées chacune de trois pals » ; le seigneur de la Chattière et celui de la Ville-Aley (ou Ville-Alleix), qui avaient chacun leur banc seigneurial (Pouillé de Rennes). On voyait autrefois dans l'église une litre et des vitraux aux armes des seigneurs de la Crozille en Saint-Symphorien, et les tombeaux armoriés des seigneurs de Bonespoir en Bazouges-sous-Hédé et de la Guichardière. On y trouvait aussi les pierres tombales des seigneurs de Brenazé et des seigneurs de Brignerault, de la Ville-Alleix et de l'Estang en Bazouges-sous-Hédé. On a transporté enfin au bas de la nef trois pierres tombales dont celle de Jean Collichet, seigneur du Portail (XVIIème siècle), et à l'entrée de l'église une autre pierre aux armes des Beschart seigneurs de la Chattière en Saint-Symphorien de 1643 à 1663. L'église a servi pendant la Révolution de Temple de la Raison, de magasin, de cantonnement pour les troupes et de prison : on y logea en 1793 les troupes du général Cefer après la défaite de Pontorson ;  

l'église Saint-Symphorien (XV – XVIème siècle – 1821). La paroisse de Saint-Symphorien existe déjà au XIIème siècle. Elle est alors la propriété de l'abbaye de Saint-Melaine. Saint Symphorien, martyr, est le patron de cette église. C'est un édifice du XV-XVIème siècle, composé d'une simple nef à chevet droit. Extérieurement l'on y remarque deux jolies portes de style ogival fleuri ouvertes au Sud et bien ornementées. Par suite de sa singulière position au bord d'un chemin creux formant la limite de la paroisse, le bas de cette nef, relevé au XVIIIème siècle, n'offre pas de porte à l'Ouest, mais seulement une fenêtre cintrée. Le mur du Nord, peut-être plus ancien que le reste de l'église, n'a pas d'ouvertures, mais la côtale du Sud offre de jolies fenêtres flamboyantes. On y a malheureusement adjoint une tour insignifiante en 1821. Sur l'une des sablières du choeur est gravée cette inscription : « Je fu faicte au mois du Xbre 1564, trésoriers Allain Judies, J. Morel ». Sur un meneau de la fenêtre du chevet on lit aussi le millésime de 1565. Cette grande fenêtre principale a conservé en partie sa belle verrière, datée de 1569. On y retrouve encore neuf scènes de la Passion de Notre-Seigneur, savoir : Jésus arrêté au Jardin des Oliviers, — Jésus devant le grand-prêtre, — Jésus conduit à Hérode, — la Flagellation, — le Couronnement d'épines, — Pilate se lavant les mains, — le Portement de croix, — le Crucifiement, — l'Ensevelissement du Sauveur. Le sommet du vitrail est moderne et représente la Résurrection de Notre-Seigneur, — le Noli me tangere — et l'Ascension. Le roi, en qualité de seigneur de Hédé, avait les droits de supériorité à Saint-Symphorien, mais le seigneur de la Salle y prétendait au droit de fondation et aux autres prééminences ; aussi en 1680 avait-il en cette église son enfeu, son banc et ses armoiries dans le chanceau. Peut-être, toutefois, ne jouissait-il de ses privilèges qu'à cause de son manoir de Saint-Symphorien. La confrérie de Notre-Dame-des-Agonisants fut érigée à Saint-Symphorien par un bref du Souverain-Pontife daté du 26 septembre 1687. Il se trouvait aussi en cette église quelques fondations, telles que celle de la Salle, fondée en 1636 par Jean Coupé, etc. (Pouillé de Rennes). La nef date du XVème siècle. Le chœur date du XVIème siècle. Le pignon occidental date du XVIIIème siècle. Le clocher date de 1821. Le pignon Est est décoré de rampants à choux frisés et il est percé d'une fenêtre en arc brisé à deux meneaux. La façade Nord présente une ancienne chapelle prohibitive. L'église était autrefois entourée d'une litre aux armes des seigneurs de la Crozille. La maîtresse-vitre possède encore une portion de verrière datée de 1568 et 1569, restaurée en 1922, et figurant neuf scènes de la Passion vus précédemment. La vitre de la chapelle renfermait les armes de Guillaume Couppé, seigneur de la Salle et de Guillemette Michel, son épouse (XVIIème siècle). Les seigneurs de la Crozille possédaient un enfeu dans le choeur. Ceux de la Salle avaient également un enfeu dans l'église, et leurs armes se voyaient dans le choeur. On voit sept pierres tombales dont l'une est datée de 1519 : l'une d'entre elles, aux armes des Beschard, était au côté sud de l'église et a été transportée devant la grande porte. La statue de saint Symphorien en diacre date du XVIIème siècle ; 

l'ancien prieuré Notre-Dame de Hédé (aujourd'hui presbytère), jadis membre de l'abbaye de Saint-Melaine. Il appartient dès 1152 à l'abbaye de Saint-Melaine de Rennes. Il communiquait jadis avec l'église Notre-Dame et possédait une fuie au sud-est du choeur, et un auditoire qui a été démoli en 1817 (Pouillé de Rennes). Son entrée comprenait un grand portail et un portillon. La cour du presbytère remplace un cloître qui était adossé à l'église. Le prieuré a hébergé jadis des prisonniers prussiens employés au creusement du canal d'Ille-et-Rance ; 

Nota : Les évêques de Rennes Alain, en 1152, et Etienne, en 1170, Josse, archevêque de Tours, en 1158, et plus tard, en 1185, le pape Luce III, et en 1213 le Chapitre de Rennes, confirmèrent les moines de Saint-Melaine dans la possession des églises de Hédé, « ecclesias de Hedeio ». Il est difficile de savoir au juste maintenant quelles étaient ces églises, mais certainement l'une d'elles était l'église priorale de Hédé. On regardait au XVIIème siècle les ducs de Bretagne comme ayant été les fondateurs de ce prieuré, car un Mémoire de cette époque dit que le prieur de Hédé doit pour cette raison dire ou faire dire trois messes par semaine pour le repos de leurs âmes. On doit d'autant plus tenir compte de cette tradition que le château de Hédé faisait au moyen-âge partie du domaine ducal. Le prieuré de Notre-Dame consistait en un manoir voisin de l'église de Hédé, avec colombier, jardin, cour close de murs, auditoire, grange dimeresse, prairies, etc. Le pourpris en dépendant se composait de plusieurs pièces de terre, parmi lesquelles nous signalons le clos du Prieur, contenant 10 journaux de terre ; la Garenne, la lande de la Magdeleine, etc. Un bailliage, s'étendant dans la ville de Hédé et dans la paroisse de Pleumeleuc, appartenait au prieur, qui jouissait aussi de la dixième partie du revenu des moulins de Hédé et d'une partie des oblations faites dans les églises de Bazouges et de Pleumeleuc. Le prieur avait encore les prééminences et droits honorifiques dans l'église de Notre-Dame de Hédé, dont la chapelle Saint-Sébastien ou du Rosaire lui était prohibitive, communiquant par une galerie avec le prieuré ; dans le chanceau il avait son banc et son enfeu, qu'il fit même juridiquement rétablir en 1672. Les paroissiens de Bazouges lui devaient les deux tiers des deniers dus aux fêtes solennelles ; et quant aux oblations faites en l'église de Hédé, « tant torches, flambeaux, qu'autres offrandes » elles lui appartenaient toutes, sauf celles déposées dans le tronc. Les dîmes du prieuré de Hédé se levaient dans plusieurs paroisses : en Bazouges et Hédé, les deux tiers des grosses dîmes, la moitié des menues et la moitié du neûme (nota : le neûme était un certain droit sur les biens meubles des défunts) ; — en Vignoc, les deux tiers des dîmes des traits de Maigné et de Vaugru ; — en Saint-Brieuc-des-Iffs, les deux tiers des dîmes de toutes espèces ; — en Pleumeleuc, le tiers de toutes les dîmes et les droits de neûmes et nopçailles ; — en Tinténiac, le dîmereau de Lamboul ; — en la Chapelle-Chaussée, un dîmereau. Enfin, le prieur de Hédé jouissait d'une juridiction seigneuriale de moyenne justice, anciennement exercée en haute justice ; — du droit de présentation et patronage des paroisses de Bazouges, les Iffs et Saint-Brieuc-des-Iffs ; — du droit d'usage « ès forests de Tanouarn et Hédé, pour son chauffage, panage, et oultre pour bastir et entretenir les maisons priorales » ; — de la direction des écoles de Hédé, Bazouges et Pleumeleuc ; — d'un droit féodal de chanson « appelée chant nuptial, dû par les nouveaux mariés de Hédé et de Bazouges, le dimanche prochain après leurs noces, à l'issue des grandes messes de Hédé et de Bazouges, devant le cimetière desdites églises, à peine de 60 sols d'amende » ; — du droit de bouteillage « sur toutes sortes de breuvages vendus en détail en ladite ville de Hédé et mettes d'icelle, de deux pots par pipe » ; — et, enfin, de quelques rentes foncières dues par le prieur de Romillé, les recteurs de Vignoc, Montreuil-le-Gast et Parthenay, le seigneur de Beauvais, en Gévezé, etc. Par contre, le prieur avait plusieurs charges à remplir, savoir : le service de l'église de Hédé, fait en son nom par le recteur de Bazouges, moyennant 200 livres par an ; — l'acquittement de trois messes par semaine pour le repos de l'âme des ducs de Bretagne (93 livres 12 sols) ; — le chant de la grand'messe aux fêtes de Noël et de Pâques ; — l'office de ténèbres dans les trois derniers jours de la Semaine-Sainte ; — les droits synodaux et ceux du chapitre de Saint-Melaine ; — enfin, l'entretien du manoir prioral, évalué 80 livres  par an. Il en résultait que, vers 1750, le prieuré rapportant 1 886 livres 3 sols 1 denier, et ses charges étant de 388 livres 1 sol 4 deniers, plus 409 livres de décimes, le revenu net se trouvait être de 1 089 livres 1 sol 9 deniers (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 H, 30 et 88 - Archives Nationales, P. 1708). Aussi les religieux de Saint-Melaine n'affermèrent-ils que 1 200 livres le prieuré de Hédé en 1776, et 1 500 livres en 1782. Il faisait alors partie de leur mense conventuelle. A la fin du XIXème siècle, le logis prioral de Hédé sert de presbytère et n'offre rien d'intéressant ; on remarque toutefois, dans la cour d'entrée, l'emplacement du cloître, adossé jadis à la nef septentrionale de l'église ; quant à cette église priorale, elle mérite une courte description. C'est un édifice de la fin du XIème siècle ou du commencement du XIIème, présentant un remarquable caractère d'unité ; elle se compose de trois nefs, des transepts et d'une abside. « La porte principale est ornée de deux colonnes supportant un cintre surhaussé et couronné par une espèce de fronton triangulaire ; puis d'un second cintre plus petit, en retrait sur le premier et soutenu également par deux colonnes plus minces. Trois fenêtres allongées et étroites s'ouvrent sur cette façade, l'une plus grande au-dessus de la porte, et deux dans les côtés, entre les contreforts droits en forme de pilastres qui soutiennent le mur du pignon. A l'intérieur, la nef communique avec les bas-côtés par des arcades en plein cintre soutenues par des piliers carrés ; quelques-unes sont doublées par un second arceau en saillie sur l'intrados du premier, et porté par un pilastre accolé au pilier. Des fenêtres pareilles aux plus petites de la façade occidentale éclairent la nef » (M. l'abbé Brune, Archéologie religieuse, 295). Malheureusement, l'abside romane a été convertie en sacristie, quoiqu'elle soit aussi intéressante que le reste de l'édifice. Cette vieille église priorale est devenue paroissiale lorsqu'à l'époque de la Révolution Hédé a été érigé en paroisse et séparé de Bazouges ; elle à fait l'objet d'une restauration. Liste des prieurs de Hédé : — Du temps de Geffroy, abbé de Saint-Melaine (1191-1210), R..., prieur de Hédé, obtint de Hervé Talemache, seigneur de Lamboul, l'abandon des dîmes qu'il possédait en Saint-Brieuc-des-Iffs. — Dom Olivier de Lespinay (1403). — Dom Jean Le Bart, religieux de Saint-Melaine (1449). — Dom Bertrand Lhostellier (1460). — Dom Michel Le Séneschal, religieux et secrétaire de l'abbaye de Redon, fut pourvu par le Pape en 1462, mais le duc de Bretagne s'opposa à sa nomination et fit mettre le prieuré en séquestre. — Dom Michel Le Séneschal (1471). — Dom Briand Le Séneschal (1521). — Jehan Le Séneschal, commendataire (1539). — Charles Tournemine, commendataire, protonotaire apostolique (1567). — Jehan de Brénoguen, commendataire (1574). — Claude Tournemine, fils de Raoul Tournemine, seigneur de la Guerche, et de Marguerite Caillun, prieur commendataire, fut aussi protonotaire apostolique, abbé du Bournet, aumônier du roi, etc. (1600). — Guillaume Le Prestre, fils de Louis Le Prestre, seigneur de Lezonnet, évêque de Cornouailles en 1614, décédé en 1640. — Dom Charles Morelly, Bénédictin de l'abbaye de Saint-Faron, se fit pourvoir prieur de Hédé ; mais Rome lui opposa Scipion de Aquaviva, abbé de Saint-Arnoulf de Metz, qui prit possession le 21 avril 1641 ; dom Nicolas Tartarin se mit aussi sur les rangs pour briguer le bénéfice de Hédé, mais dom Morelly mourut sur les entrefaites. — Dom Clément Tapparel, également religieux de Saint-Benoît, fut nommé prieur de Hédé par l'abbé de Saint-Melaine et obtint le visa de l'archevêque de Tours en juillet 1642. — Jérôme Le Febure de Laubrière rendit aveu au roi le 10 août 1679. — Dom Claude du Fresne, Bénédictin et procureur général de la congrégation de Cluny, rendit aveu au roi le 4 mai 1683. — Dom Nicolas Aignan, de l'Ordre de Saint-Benoît, résigna vers 1707. — Dom Edme Liger, prêtre bénédictin, pourvu le 29 décembre 1707, décédé en 1709. — Dom Henri Cassounis, prêtre bénédictin, fut nommé le 3 août 1709. — Dom Nicolas Aubert, Bénédictin de Saint-Germain-des-Prés, à Paris, prit possession en janvier 1731 ; décédé en 1754. — Dom Jean-Baptiste Giron, prêtre bénédictin, prit possession le 4 février 1755. Il résida d'abord à Solesmes, puis à Pirmil, et en 1769 il se trouvait à Saint-Nicolas d'Angers (abbé Guillotin de Corson).

l'ancien prieuré de Saint-Symphorien, aujourd'hui disparu et ancien membre de l'abbaye de Saint-Melaine. Les religieux de Saint-Melaine furent confirmés dans la possession de l'église de Saint-Symphorien, près de Hédé, en 1152 et 1170 par Alain et Etienne, évêques de Rennes, en 1158 par Josse, archevêque de Tours, et en 1185 par le pape Luce III. Après l'extinction du prieuré de Saint-Symphorien, en 1411, l'abbé de Saint-Melaine conserva en cette paroisse le droit de présentation à la cure, toutes les prééminences d'église et toutes les dîmes grosses et menues, estimées environ 1 700 livres de rente en 1790 (Cartulaire de l'abbaye de Saint-Melaine - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 26). A la fin du XIXème siècle, il existe dans le bourg un vieil et curieux hôtel appelé « la maison de Saint-Symphorien » et dépendant depuis fort longtemps de l'ancienne seigneurie de la Salle. Cette maison présente, en particulier, une jolie croisée terminée par deux trilobes. En 1680, il était dû au propriétaire de cette maison, alors Jean Coupé, seigneur de la Salle, « un sol de rente, payable à Noël, à la messe de minuit », par les paroissiens, parce que leur église avait été fondée, disait-on, par les premiers possesseurs de ce logis. Nous croyons bien que « la maison de Saint-Symphorien » a remplacé l'ancien prieuré de ce nom, aliéné par les Bénédictins et probablement acheté par les seigneurs de la Salle à une époque fort reculée (abbé Guillotin de Corson)

la croix du cimetière Saint-Symphorien ; 

la croix de Saint-Jean (XIème siècle), située au n° 26, rue des Forges ; 

la croix de Sainte-Suzanne (1957) ; 

les vestiges du château féodal ou donjon (XII-XVème siècle). Ce donjon est réparé entre 1286 et 1305 sur les ordres du duc Jean II, et démantelé en 1598 par ordre d'Henri IV ; 

le château de la Chatière (XIXème siècle), situé à Saint-Symphorien. Il possédait jadis une fuie et une chapelle privée dédiée à Saint-Jacques et Saint-Jean. Jacques Beschart et Jeanne Nouail, seigneur et dame de la Chatière (ou Chattière), ayant construit en 1644 cette chapelle en l'honneur de leurs saints patrons près de leur manoir, y fondèrent, par acte du 24 mai 1649, trois messes par semaine, les dimanche, mercredi et vendredi ; ils dotèrent cette fondation d'une pièce de terre et d'un trait de dîme, le tout valant 80 livres de rente (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, et Pouillé de Rennes). Propriété successive des familles Cheminart (en 1413), Robert (au milieu du XVème siècle), le Roux (en 1540), du Bouays seigneurs de  Couësbouc (à la fin du XVIème siècle), Beschart seigneurs de la Corvairie (en 1643), du Bouays (en 1663), Beschart (en 1671), le Normand seigneurs de Noyal (vers 1710), Chatton seigneurs des Morandays (vers 1753), Alain des Beauvais (XXème siècle). . Il sert aujourd'hui d'établissement scolaire ;

le château de la Bretèche ou Bretesche (XVIIIème siècle), situé à Saint-Symphorien. Ce château se trouve à l'emplacement d'une forteresse médiévale et d'un castellum romain. Il a été reconstruit au XVIIIème siècle, avec une chapelle (qui renferme plusieurs tombeaux modernes) et une fuie. Au XVème siècle et jusqu'en 1549, il sert de résidence à la famille Bintin, seigneurs de Bazouges. Il passe par alliance aux de la Motte seigneurs de Vauclair en 1549, puis est vendu aux Gédouin seigneurs de la Dobiaye, avant de passer à nouveau par alliance vers 1588 aux de Bréhant qui la vendent en 1630 aux Bréal seigneurs du Plessis de Coësmes. Ces derniers la possèdent encore en 1789. La chapelle privative du château de la Bretèche date du XIXème siècle ; 

le manoir du Grand-Téhel (XVème siècle), édifié par Olivier de Téhel et situé à Saint-Symphorien. Il possède une fenêtre à croisée de pierre, terminée par deux trilobes. Propriété de la famille La Salle (de 1652 à 1789), puis de la famille Kersauzon (XXème siècle). A noter que la maison du Téhel était aux Téhel en 1427 et 1513, aux Hattes en 1532 et 1554, puis à nouveau aux Téhel avant de passer par alliance aux de Pérouse qui l'avaient en 1571 et aux Couppé, seigneurs de la Salle en 1652, et reste aux seigneurs de la Salle jusqu'en 1789 ; 

l'ancien relais de Poste ou Hôtellerie de l'Ecu (XV-XVIème siècle), situé au n° 23 place de la Mairie ; 

l'ancien manoir de la Chaize ou Chèze (XVIème siècle), situé à Saint-Symphorien. Ce manoir est, semble-t-il, d'origine gallo-romaine. Propriété des familles le Roux sieurs de la Ruaudaye (au début du XVIème siècle), Brégel (en 1601), Gilette Geslin femme de Christophe du Frost (au début du XVIIème siècle), du Frost (en 1637), Denoual (en 1682), Nouricel (en 1693 et 1727) ; 

l'ancien manoir de la Ville-Allée (XVIème siècle), d'origine gallo-romaine et situé à Bazouges-sous-Hédé. Il s'agit d'une ancienne dépendance de l'abbaye Saint-Georges de Rennes. L'abbesse de Saint-Georges de Rennes tenait chaque année ses plaids généraux à la Ville-Alleix, sous un "vieil orme". Ce manoir est remanié au XIXème siècle. Propriété successive des familles de l'Espinay (en 1445 et 1540), du Fournet (au milieu du XVIème siècle), Robert seigneurs de la Chaigne (vers 1565), de Beauvais (vers 1591), des Fougerays (en 1678), Hervoche sieurs du Petit-Bourg (en 1700) ; 

la maison rurale (XVI-XVIIème siècle), située au lieu-dit La Pulirais ; 

la maison "De la Mère Mary" (XVI-XXème siècle), dépendance de l'ancien manoir de Gilles de Bintin ; 

l'ancien manoir de Bon-Espoir ou Bonespoir (XVI-XVIIIème siècle), ancienne demeure du marquis de la Bourdonnaye-de-Blossac, dernier seigneur de Bazouges. Il possédait en 1680 "un dôme eslevé depuis peu", un colombier et une chapelle réédifiée en 1753. Bonespoir a été uni à la Crozille en Saint-Symphorien et érigée en châtellenie en 1643. Propriété successive des familles le Roux seigneurs de Saint-Jean (en 1418), Guiho (en 1445), de Saint-Jean (en 1477), Levesque seigneurs de Saint-Jean (avant 1538), de la Bouëxière (en 1538), de Téhillac (avant 1598), de Flandrais (en 1598), de Rollée (en 1624) ; 

l'ancien manoir de la Tuvelière (1564), situé à Saint-Symphorien. La chapelle de la Tuvelière, avoisinant ce manoir, devait être une fondation de la famille Broc de la Tuvelière, qui donna plusieurs de ses membres à l'Eglise. Les seigneurs de La Tuvelière avaient un enfeu dans l'église de Saint-Symphorien. Propriété successive des familles Bintin en 1414 et 1444, de la Hingueraye (en 1455 et 1554), Piedevache (en 1601), Broc seigneurs de la Milleraye (en 1616), Chevrier sieurs du Verger, Broc seigneurs des Moulins (vers 1694), Belletier (en 1739). Il possédait jadis une chapelle privée ; 

la longère (XVII-XVIIIème siècle), située au lieu-dit La Petite-Planche. L'ancien manoir de la Planche était aux Hattes en 1437 et aux Bintin en 1513 ; 

le manoir de Bringnerault ou Brignerault (XVII-XIXème siècle), situé à Bazouges-sous-Hédé. A signaler qu'il existait jadis le Haut et le Bas Brignerault, encore appelés Brignerault-Bintin et Brignerault-Vendel. Brignerault-Bintin était aux de Bintin en 1445, puis fut donné à Jean de Bazouges, bâtard de Bintin. Il était ensuite aux de Cahideuc en 1680, du Bouays seigneurs de Mesneuf en 1694 et fut donné par eux en 1709 à la Fabrique de Bazouges qui le conserva jusqu'en 1792. Brignerault-Vendel était aux de Vendel en 1437, puis par alliance vers 1637 aux Liénard, sieurs de la Cornillère, qui le vendirent en 1646 aux Louvel seigneurs de la Chauvelière. Il passe ensuite par alliance vers 1703 aux le Ribault seigneurs des Perrières, puis est vendu aux Hervoche. Il passe par alliance vers 1738 aux de la Marre qui l'avaient encore en 1777 ; 

l'ancienne maison noble du Bas-Manoir ou de Brénaze, situé à Hédé. Elle est incendiée et reconstruite en 1681. Cette demeure a accueilli les Ursulines lors de leur arrivée à Hédé. Propriété successive des familles Gédouin (en 1633), Fougerais (en 1656), Broc, seigneurs de la Tuvelière (vers 1680 - 1748), Gallais, sieurs de la Salle (au XVIIIème siècle),  et Broc, seigneurs de la Tuvelière (en 1772) ; 

la fontaine du Perthus-Chaud (XVIIIème siècle) ; 

le puits (XIXème siècle), situé au lieu-dit La Péchetière ; 

le fournil (XIXème siècle), situé au lieu-dit La Péchetière ; 

les anciennes Halles (XIX-XXème siècle), situées rue Saint-Louis. Mentionnées dès 1455, les anciennes Halles, situées dans la partie nord de la place actuelle (Grande Place) sont démolies en 1752 et reconstruites au milieu du XIXème siècle ; 

le lavoir (XIX-XXème siècle), situé à Bazouges-sur-Hédé ; 

le lavoir (XXème siècle), situé sur l'étang des Deux-Moulins ; 

l'ancienne fontaine Cregnon (XVème siècle), restaurée au XVIIIème siècle ;

6 moulins : Le Perray, Le Chesnay, Neuf, de Fourel ou Foulleret (moulin à papier au XVème et XVIème siècles, puis moulin à fouler le drap en 1601), du Breil, Grand-Moulin ; 

A signaler aussi : 

l'ancienne motte féodale située à La Motte-Jouhan ; 

les pierres cupules (époque néolithique), situées au lieu-dit Le Champ-Poisson ; 

l'alignement mégalithique (dont 3 menhirs) à Bringnerault ;

l'ancien hôpital d'Hédé. En 1712, deux pieuses femmes de Hédé, nommées Sébastienne Beillet, demoiselle des Rangées, et Nicole James, s'unirent à Hélène Ravenel, veuve de François Sénéchal, sieur de Beaubreil, chirurgien à Bécherel, et à Geneviève Sénéchal, sa fille, pour fonder un hôpital dans la ville de Hédé. Elles formèrent entre elles une petite société, par acte du 17 mai 1713, pour subvenir aux besoins des pauvres reçus dans leur hôpital ; elles acquirent un terrain dans un faubourg de Hédé, obtinrent en leur faveur une délibération de la Communauté de cette ville, ainsi que le consentement du recteur de Bazouges et de Hédé, et demandèrent l'approbation épiscopale à Mgr Turpin de Crissé, évêque de Rennes, qui la leur accorda le 15 décembre 1718 (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 H, 30). La construction de l'hôpital de Hédé, commencée dès 1712, n'était pas achevée en 1713 ; à cette dernière époque il ne se composait que d'un corps-de-logis et d'une chapelle non terminée ; il n'avait que 50 livres de rente en terres et ne devait entretenir que trois pauvres de la paroisse. Le président de la Bourdonnaye de Blossac y fonda un quatrième lit pour la paroisse de Saint-Symphorien, moyennant un capital de 1 500 livres. Mme Sénéchal de Beaubreil dirigeait alors cet établissement. Après sa mort, sa nièce, Mlle Ravenel, la remplaça et obtint une nouvelle approbation, le 28 juin 1729, de l'évêque, Mgr de Breteuil, alors en tournée pastorale à Hédé. Vers ce temps-là on établit des retraites dans la même maison, et ce fut un moyen de faire vivre l'hôpital, dont la pauvreté était très grande. Quand vint la Révolution, Monique Folliot était directrice de ce double établissement (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, H, 88, et Pouillé de Rennes) ;

l'ancien couvent des Ursulines. Vers 1666, les habitants de Hédé sollicitèrent les Ursulines de venir fonder une maison chez eux pour y instruire leurs jeunes filles. Celles-ci acceptèrent la proposition et vinrent s'établir en une maison nommée le Bas-Manoir, non loin du prieuré. Le 5 décembre 1666, elles firent bénir la cloche de leur communauté, qui fut nommée par le sénéchal de Hédé, Julien Louis, sieur du Vivier, et Françoise Le Mintier, veuve de Jean de Rollée, seigneur de Bonespoir ; le 8 du même mois, Jean Gauvain, recteur de Bazouges-sous-Hédé, célébra la première messe dans la nouvelle chapelle du couvent. Ces religieuses reçurent de Louis XIV des lettres patentes datées d'août 1671 et enregistrées au Parlement le 13 octobre suivant. Sept ans plus tard, le couvent était fondé et prospère : il renfermait neuf religieuses et trois novices. Toutefois, comme les Ursulines n'étaient pas riches, le roi ordonna en 1768 que tous les revenus du monastère des Catherinettes ou Dominicaines de Rennes, supprimé à cette époque, fussent donnés au couvent de Hédé. A cette époque, un procès-verbal de ce dernier monastère nous le représente comme bien construit, ayant sa chapelle en forme de croix avec son choeur des religieuses, son cloître, de vastes classes et dortoirs, etc. En 1790, le couvent de Hédé, avec son enclos, fut estimé valoir 302 livres de rente ; il n'en reste à la fin du XIXème siècle que des vestiges insignifiants sur la grande place de Hédé. La Révolution chassa de Hédé les Ursulines, qui sont venues à la fin du XIXème siècle se fixer dans l'ancienne abbaye de Saint-Jacques de Montfort (Pouillé de Rennes) ;

l'ancien manoir de la Salle, situé à Saint-Symphorien. Propriété des Bouscher (en 1394), Bouestard (en 1478), de Champagné (en 1507), Couppé (en 1595), Saint-Georges (en 1678), Marie Huart veuve de Jean Couppé (en 1694), Hervoche sieurs de l'Estang (en 1715), Clavier seigneurs des Closerais (en 1716) ; 

l'ancien manoir de la Petite-Bretèche, situé à Saint-Symphorien. Propriété des familles Hinguerais en 1421 et 1513, de la Chanoine, de Mauny (par alliance), Gicquel (en 1551, par alliance), puis d'Antoine Josses (prieur de Montreuil en Montauban-de-Bretagne), de Lines (en 1577), de Bréhant seigneurs de la Grande-Bretèche (en 1595) ;

le pont Dom Guillaume le Roux, situé à Saint-Symphorien. Il porte le nom d'un religieux, frère du possesseur de la Chatière en 1543 ;

l'ancien manoir du Roux, situé à Saint-Symphorien. Propriété successive des familles de la Crozille puis Bintin en 1513 ;

l'ancien manoir de la Corvairie, situé à Saint-Symphorien. Propriété successive des familles Robert seigneurs de la Chatière (en 1513), Beschart seigneurs de la Chaponnière et de la Chatière (en 1601 et 1663), et des seigneurs de la Chatière jusqu'en 1789 ;

l'ancienne maison forte de la Crozille ou de la Croisille (XVème siècle), situé à Saint-Symphorien. Il possédait au XVème siècle des tourelles, des douves, un pont-levis, une chapelle, une fuie et des prisons. Un nouveau manoir est édifié au XVIIème siècle à côté de l'ancien. La seigneurie de la Crozille est unie à celle de Bonespoir en Bazouges-sous-Hédé, et érigée en châtellenie en 1643 : elle possédait un droit de haute justice, ses fourches patibulaires à trois pots, ainsi que ses ceps et collier, se trouvaient près du manoir, sur l'ancien chemin de Rennes à Hédé, au lieu dit la Justice. Propriété successive des familles La Crozille (en 1352), Hattes (en 1371), de France seigneurs de la Touche (vers 1562), Rollée seigneurs de Bonespoir (en 1638), le Mintier seigneurs de Carmené (en 1656), Le Meneust seigneurs de Bréquigny (en 1693), de la Bourdonnaye seigneurs de Blossac (en 1695 et en 1789) ;

l'ancien manoir de l'Espinay, situé à Saint-Symphorien. Propriété successive des familles de l'Espinay (en 1417 et en 1444), Jahou (en 1513), Hattes seigneurs de la Crozille (au début du XVIème siècle et en 1554), de Pérouze (en 1601), de la Provosté, de Caradeuc (en 1609), Geffroy (en 1627 et en 1673), Courtin (à la fin du XVIIème siècle), Faisant sieurs des Champ-Chesnel (au XVIIIème siècle) ;

l'ancien manoir du Clos, situé à Saint-Symphorien. Propriété de la famille Poyen en 1444 ;

l'ancien manoir de la Simonnière, situé à Saint-Symphorien. Propriété successive des familles Simon (en 1413 et 1540), Hattes (en 1601), de Bréhant seigneur de la Bretèche (avant 1630), Bréal (en 1630), Jeanne Judier veuve de Jean Bodin sieur de Launay (en 1664), Huet sieurs de Landray (au XVIIIème siècle et en 1789) ;

l'ancien manoir de Bazouges, appelé autrefois la Cour de Bazouges et situé à Bazouges-sous-Hédé. Il possédait un colombier, des douves et un pont conduisant à l'église. Le manoir de Bazouges était une châtellenie. Propriété successive des familles de Bazouge (en 1173), de Bintin (en 1394) qui prirent le nom de Bazouge au milieu du XVIème siècle, de la Motte seigneurs de Vauclair (en 1549), du Plessis seigneurs de la Touche (en 1559), Gédouin seigneurs de la Dobiays (avant 1671), le Mintier seigneurs de Carmené (en 1671), de la Bourdonnaye seigneurs de Blossac (en 1707 et en 1789) ;

l'ancien manoir de la Gorrière ou de la Gouarière, situé à Bazouges-sous-Hédé. Propriété successive des familles Piedevache (en 1437 et 1588), de Saint-Pern (à la fin du XVIème siècle), Gouyon (en 1617), de la Haye (vers 1638), Joubin (au milieu du XVIIème siècle), Godet seigneurs des Forges (en 1664 et 1705), Thérèse du Breil femme de Claude de Ruellan (en 1748), Léziart, de la Bourdonnaye seigneurs de Clayes (en 1787) ;

l'ancien manoir du Boismaigné, situé à Bazouges-sous-Hédé. Propriété successive des familles de Québriac (en 1437 et 1445), de Bintin (en 1513), du Guémadeuc (seconde moitié du XVIème siècle), Freslon seigneurs de la Freslonnière (en 1673), de la Bourdonnaye seigneurs de Blossac (en 1719 et 1789) ;

l'ancien manoir de la Haye ou de la Haye-Porcon, situé à Bazouges-sous-Hédé. Propriété successive des familles Besnard (en 1437), de la Haye (en 1474), de Porcon (en 1524), de France (avant 1587), puis aux seigneurs de Bazouges (vers 1587). On trouve ensuite comme propriétaires, les familles de Broc seigneurs de la Tuvelière (en 1644), Patier sieurs de la Loriays (en 1655), Le Chauff (en 1747), Borel sieurs de Boutemont (en 1763 et 1789) ;

l'ancien manoir de la Bautraie, situé à Bazouges-sous-Hédé. Propriété successive des familles le Breton (en 1437), Besnard (en 1445), Garel (en 1519), de Porcon (en 1524), Guillemette Collin femme de Pierre de Flandrin, de Rollée (en 1624), Le Meneust seigneur de Bréquigny (en 1667), de Morant, et aux seigneurs de Bréquigny jusqu'en 1789 ;

l'ancien manoir de l'Estang, situé à Bazouges-sous-Hédé. Propriété successive des familles de Vendel (en 1437), de Bintin (en 1513), de Lines (en 1562), Hervoche (au début du XVIIIème siècle), le Belletier (en 1718 et 1777) ;

l'ancien manoir de la Madeleine, situé à côté de la léproserie de Bazouges-sous-Hédé ;

les anciens manoirs de Montdidier, situés à Bazouges-sous-Hédé. L'un d'eux était aux du Cran en 1445. L'autre était aux Piedevache en 1445 et 1550, aux de Longnonné en 1628 et aux du Feu en 1680 ;

les anciens manoirs de la Guéhardière ou de la Gohardière (XVème siècle), situés à Bazouges-sous-Hédé. On y voyait jadis un colombier. L'un d'eux était aux seigneurs de ce nom (en 1437 et 1445), et aux de Bintin (en 1513). L'autre appartenait aux Piedeloup (en 1427), de Lespinay (en 1524), du Fournet (vers 1614), Henry seigneurs de Beauchamp (vers 1692), Rogon sieurs de la Motte (vers 1734) ;

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ANCIENNE NOBLESSE de HEDE

La châtellenie de Hédé : Les ruines du château de Hédé témoignent de son antiquité et de son importance au moyen-âge. Il est vraisemblable que cette forteresse remplaça un castellum gallo-romain, mais on ignore l'époque de sa construction ; on ne connaît pas davantage l'histoire de ceux qui surent le bâtir et qui en prirent le nom. On croit seulement que cette noble race de guerriers s'éteignit de bonne heure en la personne d'Havoise de Hédé, mariée vers l'an 1100 à Raoul, sire de Montfort. En 1168, Henri II, roi d'Angleterre, vint mettre le siège devant Hédé ; défendue par Geoffroy de Montfort, petit-fils d'Havoise de Hédé, la place ne capitula qu'après une opiniâtre résistance. Devenu à la fin maître de Hédé, le roi anglais en fit une de ses plus importantes places d'armes. dans ses guerres contre les barons de Bretagne ligués contre lui (Dom Morice, Preuves de l’Histoire de Bretagne, I, 132). Que devinrent ensuite le château et la seigneurie de Hédé ? Nous n'en savons rien ; nous les trouvons seulement au milieu du XIIIème siècle entre les mains du prince Pierre de Bretagne, qui les donne à son père, le duc Jean le Roux, en 1265 ; ce dernier s'empressa de réunir cette seigneurie et son château au domaine ducal et nomma à Hédé un sénéchal pour y exercer en son nom la juridiction seigneuriale (Dom Morice, Preuves de l’Histoire de Bretagne, I 999 et 1007). A partir de ce moment, les ducs de Bretagne, puis leurs successeurs les rois de France, conservèrent jusqu'en 1789 la châtellenie de Hédé. Néanmoins, ils la détachèrent parfois momentanément dans les circonstances suivantes : Ainsi le duc Arthur II, mort en 1312, mariant sa fille Béatrice de Bretagne avec Guy X, comte de Laval, lui donna en dot la châtellenie de Hédé. Le sire de Laval fut tué en 1347 au combat de la Roche-Derrien, mais sa veuve ne mourut qu'en 1384, âgée de quatre-vingts ans, et fut inhumée à l'abbaye de Clermont près Laval. Dans la seconde moitié du siècle suivant, le duc François II donna la seigneurie de Hédé successivement aux deux bâtards qu'il eut d'Antoinette de Magnelais : Antoine de Bretagne, mari de Jeanne Turpin, mort sans postérité, et François de Bretagne, baron d'Avaugour, époux de Magdeleine de Brosse ; ce dernier recevait encore en 1519 des aveux en qualité de seigneur de Hédé. Enfin, par contrat du 24 septembre 1554, le roi Henri II vendit à François du Breil, seigneur des Hommeaux, « la place, terre et chastellenie de Hédé », moyennant la somme de six mille livres tournois. Mais ce vaillant capitaine ne conserva pas longtemps la propriété de cette seigneurie, que racheta dès 1559 le roi Charles IX (Archives d’Ille-et-Vilaine, C 3211). Il semble cependant que François du Breil obtint de garder l'usufruit de Hédé durant sa vie, car plus tard on se plaignait de ce que Catherine de Tréal, veuve de François du Breil, seigneur de la Roche, eût laissé tomber en ruine les prisons de Hédé ; or, pendant que le capitaine du Breil guerroyait loin de la Bretagne, c'était, en effet, son frère et sa belle-soeur, seigneur et dame de la Roche, qui géraient sa fortune  (Voir de Palys : Le capitaine Breil de Bretagne).

La châtellenie de Hédé s'étendait en treize paroisses : Hédé, Bazouge-sous-Hédé, Vignoc, la Chapelle-Chaussée, Guipel, Gévezé, Langouet, Langan, Saint-Gondran, Saint-Symphorien, Tinténiac, Montreuil-le-Gast et Saint-Brieuc-des-Iffs. Sa haute justice s'exerçait à Hédé même, et de cette juridiction relevaient d'importantes seigneuries telles que le comté de Beauvais, les châtellenies de Bazouge et de Langan, les terres de Couesbouc, la Chattière, la Bretesche, la Vinouyère, etc. En 1405 , le duc Jean V confirma, l'exemption accordée par son père Jean IV aux habitants de Hédé de contribuer à l'impôt des fouages ; le même prince leur accorda une foire franche en 1432. Plus tard, la ville de Hédé eut le privilège de députer aux Etats de Bretagne. Hédé étant considéré comme une des principales places de défense du duché de Bretagne, nos ducs s'occupèrent souvent de ses fortifications : Jean II ordonna en mourant d'y faire des travaux exécutés en 1307 ; le château ayant souffert des guerres de la Succession, fut en partie reconstruit par Jean IV en 1399 ; de 1443 à 1450, François Ier et Pierre II firent activement travailler à « l'oeuvre et fortification de Hédé » ; en 1464 François II fit même « mandement à Pierre Robert de faire entourer de murs la ville de Hédé et de la faire fortifier ». Enfin, pendant la guerre de la Ligue, Hédé joua un certain rôle. En 1592 le duc de Montpensier y mit une garnison royaliste ; mais en 1597 le duc de Mercoeur et ses ligueurs s'en étant emparés, ravagèrent toute la contrée. Aussi les Etats de Bretagne demandèrent-ils immédiatement la démolition de cette forteresse ; le maréchal de Brissac, lieutenant général pour le roi en Bretagne, la leur accorda, et un arrêt du Parlement rendu le 5 mai 1598 enjoignit au sénéchal de Bécherel de faire raser un château qui ne pouvait plus servir qu'à entretenir la guerre civile. Ainsi disparut le château de Hédé, dont la garde avait été confiée par les ducs de Bretagne à de vaillants capitaines : Olivier de Maillechat, Robert et Simon d'Espinay, Guyon Turpin, Pierre de la Marzelière, Pierre de la Mareschée, etc.

Hédé est posé dans un site pittoresque : la petite ville « occupe la cime d'une colline granitique dominant au Nord une profonde vallée où coule le canal d'Ille-et-Rance, au Midi un joli étang dont les rives se découpent en contours capricieux. Du côté de l'Ouest, des jardins en amphithéâtre, annexés aux maisons qui bordent la principale rue, pendent sur le flanc de la colline, en la revêtant de fleurs et de verdure. Ces pentes boisées et fleuries vont aboutir vers le Nord à un mamelon qui se relève en ressauts abruptes pour former à son sommet un assez large plateau. Là sont éparses les ruines du vieux château de Hédé. Il n'en reste plus qu'un mur d'enceinte à demi écroulé et l'une des faces d'un donjon quadrangulaire percé de baies cintrées ; ces pans de murs ont encore soixante pieds de hauteur : c'est une maçonnerie en pierre de granit liée par un ciment d'une grande ténacité dans lequel entrent des coquilles pulvérisées » (Bretagne contemporaine, Ille-et-Vilaine, 24).

 

La seigneurie de Bazouge-sous-Hédé : Il existait au Moyen-âge en Bretagne plusieurs familles portant le nom de Bazouge (Bazouges) : l'une d'elles était même assez richement possessionnée dans l'évêché de Nantes, mais on ne croit toutefois pas que cette dernière tirât son origine de Bazouges-sous-Hédé. Mais le vieux château, portant ce nom chez nous, semble néanmoins avoir donné naissance à une noble race, à laquelle devaient appartenir Robert de Bazouge, fait prisonnier par Henri II, roi d'Angleterre, au siège de Dol en 1173, et Regnaud de Bazouge, gouverneur du comté de Montfort en 1415 et chambellan du duc Jean V. Peut-être par suite d'une alliance de famille (Regnaud de Bazouge avait épousé Jeanne de Bintin), dès la fin du XIVème siècle la seigneurie de Bazouge-sous-Hédé était passée des mains des sires de Bazouge en celles des sires de Bintin, et en 1394 elle appartenait à Bertrand de Bintin, chevalier, qui mourut le 1er novembre 1413 (Archives de Loire-Inférieure). Ce seigneur avait épousé. Marie de Beaumont et avait eu la douleur de perdre son fils aîné Jean de Bintin, mari de Jeanne de Beloczac ; il laissa donc la terre de Bazouge à son petit-fils Pierre de Bintin, enfant encore mineur placé sous la tutelle de Thibaud de Bintin. Aussi, en 1437, Pierre de Bintin possédait-il « le manoir de la Cour de Bazouge et l'hostel de Bazouge » : il vivait encore en 1482 et eut pour successeur Geffroy et Jean de Bintin, seigneurs de Bazouge, l'un en 1494, l'autre en 1496. Ce dernier épousa : -1° Mathurine du Bourgneuf, 2° Jeanne de la Ferrière. Le Ms de la réformation de 1513 nous dit que ce Jean de Bintin possédait à cette époque, outre la terre seigneuriale de Bazouge, les manoirs nobles voisins « de la Magdeleine, du Boismaigné, de la Guéhardière, de la Gorrière, de la Peschetière, de l'Estang, de Bonrepos, de la Planche, de la Haye et des Haut et Bas-Brignerault ». René de Bintin, fils du précédent seigneur et de Jeanne de la Ferrière, lui succéda en 1532 et épousa Françoise de Tournemine : il mourut en septembre 1549, ne laissant que des fils bâtards qui prirent le nom de Bazouge (Archives d'Ille-et-Vilaine et de Loire-Inférieure). La seigneurie de Bazouge passa alors à Christophe de la Motte, seigneur de Vauclair, mari de Jeanne de Bintin, soeur du dernier seigneur de Bazouge ; mais Christophe de la Motte semble n'avoir survécu que peu d'années à son beau-frère. Il laissa trois fils qui passèrent successivement à Bazouge : Laurent de la Motte, époux de Catherine de Tournemine, était seigneur de Bazouge en 1551, Joseph de la Motte, protonotaire apostolique, en 1556, et Jean de la Motte l'année suivante. Mais ce dernier ne conserva point la terre de Bazouge, pour laquelle en 1559 firent hommage François du Plessix et Françoise Melléart, sa femme, sieur et dame de la Touche. Peu de temps après ceux-ci vendirent à leur tour la seigneurie de Bazouge à Mathurin Gédouin, seigneur de la Dobiaye, qui mourut peu après l'acquisition. Le fils de ce seigneur, Claude Gédouin, seigneur de la Dobiaye, époux de Marguerite du Bellay, décéda vers 1590. Leur fils Julien Gédouin, époux de Françoise Frotet, mort en 1630, et leur petit-fils René Gédouin, mari de Madeleine de Monteclair, furent ensuite seigneurs de Bazouge. Après la mort de René Gédouin, marquis de la Dobiaye, la terre de Bazouge fut saisie sur sa veuve et son fils mineur, nommé Urbain, et vendue judiciellement le 27 juin. 1671 (Archives d'Ille-et-Vilaine, B. 1024). La seigneurie de Bazouge fut alors achetée par Françoise Le Mintier de Carmené, doublement veuve de Jean de Rollée, seigneur du Boislouët, et de Jacques Le Gonidec, seigneur des Aulnays. L'héritier de cette dame, décédée le 30 novembre 1673 et inhumée en l'église de Hédé, fut son frère Thibaud Le Mintier, seigneur de Carmené (nota : ils étaient issus de Lancelot Le Mintier et Catherine Visdelou, seigneur et dame de Carmené), qui rendit aveu au roi pour Bazouge le 3 mars 1681. Ce seigneur avait épousé à Rennes, en 1650, Françoise de Coëtlogon. Son fils aîné, Jacques Le Mintier de Carmené, lui succéda dès 1684. Habitant son manoir des Essarts en Langast, ce dernier seigneur vendit le 31 août 1707 les terre et seigneurie de Bazouge, moyennant 30 800 livres, à Jacques-Regnault de la Bourdonnaye, seigneur de Blossac, mari de Louise Le Gonidec des Aulnays (Archives de Loire-Inférieure). Le fils de ce seigneur, Louis-Gabriel de la Bourdonnaye, seigneur de Blossac, succéda à son père en la seigneurie de Bazouge. Il épousa Françoise Ferret et décéda le 26 août 1729. Le célèbre intendant de Poitiers Paul-Esprit de la Bourdonnaye, fils des, précédents, époux de Magdeleine Le Pelletier de la Houssaye et comte de Blossac, fut le dernier seigneur de Bazouge. Il émigra en Angleterre en 1792 et revint mourir en son château de Blossac le 18 février 1800. L'importance primitive de la seigneurie de Bazouge est prouvée par la place qu'occupait son possesseur aux Etats de Bretagne du temps de nos ducs. En 1451, en effet, le sire de Bazouge fut appelé aux Etats de Vannes à siéger parmi les bannerets de Bretagne (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, II, 1571) ; aussi M. de Courcy range-t-il parmi nos châtellenies d'ancienneté la seigneurie de Bazouge. Celle-ci perdit toutefois, dans la suite, quelque chose de cette importance, car dans les derniers siècles ce n'était plus qu'une moyenne justice. La seigneurie de Bazouge relevait en grande partie du roi sous son domaine de Hédé et, pour quelques fiefs, de la châtellenie de Tinténiac. Elle s'étendait en six paroisses : Hédé, Bazouge-sous-Hédé, Guipel, Saint-Symphorien, Vignoc et Tinténiac ; ses cep et collier se trouvaient au bourg de Bazouge ; ses principaux bailliages étaient ceux de Bazouge, Montdidier, la Haplaye, la Pulleraye et la Palfrérière (Archives Nationales, P. 1613 - Archives de Loire-Inférieure). Le domaine proche se composait du manoir de Bazouge, appelé la Cour de Bazouge, avec son colombier, ses douves et son pont « allant à l'église paroissiale dudit Bazouge », — de la retenue de ce manoir, — des deux métairies de Bazouge et de la Magdeleine, — de l'étang de Bazouge et de trois moulins. En 1681, le manoir de Bazouge était en mauvais état, ne consistant plus qu'en « un vieil corps de logix où il y a salles basse et haute, et un galetail au dessus, de vieilles murailles dans la cornière desquelles y a un cul-de-lampe et une vieille tour presque ruisnée, appelée la Tour-des-Moines » (Archives Nationales, P. 1613). Ces derniers débris de la demeure des sires de Bazouge semblent bien prouver qu'à l'origine ce manoir était assez sérieusement fortifié. Actuellement il n'en reste rien, les murailles subsistant encore au commencement de notre siècle furent alors rasées lorsqu'on creusa le canal d'Ille-et-Rance. Le seigneur de Bazouge était fondateur de l'église et du presbytère de sa paroisse, ainsi que de la chapelle de Sainte-Magdeleine, en Bazouge, dont il était en même temps présentateur. Aussi avait-il en l'église de Bazouge toutes les prééminences après le roi, ayant son banc et son enfeu dans le chanceau, du côté de l'évangile, et une litre ornée de ses armes. Maintenant encore l'on retrouve en cette église plusieurs écussons peints dans les anciennes verrières où sculptées sur les murailles. On les remarque surtout au-dessus de deux jolies portes ogivales de style fleuri. Ce sont tantôt les armes des de Bintin : d'or à la croix engreslée de sable, tantôt celles des Le Mintier : de gueules à la croix engreslée d'argent. Mais il faut avant tout signaler dans le choeur l'enfeu des sires de Bintin : c'est un grand et beau tombeau placé sous une arcade en ogive ouverte dans l'épaisseur du mur. « A la jonction des arcs sont sculptées des armoiries timbrées d'un heaume soutenu par deux lions. Sur l'écu placé en biais est une croix engreslée. Sur le tombeau même une statue couchée représente un chevalier revêtu de son armure et ceint de son épée ; sa tête nue repose sur un coussin que deux petits anges soutiennent de chaque côté, ses mains sont jointes, son bras gauche porte un écu et ses pieds reposent sur un lion. Le tout est sculpté en grand relief sur la pierre de granit qui recouvre le tombeau. Il existe sous le monument une crypte qui, sans doute, servait de caveau à la famille seigneuriale »   (Abbé Brune, Cours d'Archéologie relig., 402). Il n'y a point d'inscription à ce tombeau, que la tradition locale attribue à un Le Mintier, mais cette attribution est erronée, car nous avons vu que les Le Mintier ne vinrent qu'en 1671 à Bazouge ; or, ce monument est évidemment beaucoup plus ancien ; c'est donc un sire de Bintin qui repose en ce lieu.

 

La seigneurie de la Crozille : Le manoir de la Crozille, en la paroisse de Saint-Symphorien, semble avoir donné son nom à une famille noble qu'il ne faut pas toutefois confondre, croyons-nous, avec celle des seigneurs de la Croizille au Maine. A la famille de Bretagne semble devoir se rattacher Guillaume de la Crozille, archer, qui donna quittance de ses gages à Malestroit en 1352 ; sa quittance est scellée de son sceau portant ses armoiries : une fasce accompagnée de trois coquilles ou crozilles en chef. Jean de la Crozille, homme d'armes de la compagnie de Jean de Beaumanoir, se préparant, en 1371, à se rendre ait siège de Bécherel, paraît aussi appartenir à la même famille. Quant aux de la Crozille servant sous les ordres du sire de Landevy, nous les croyons Manceaux. Ces Guillaume et Jean de la Crozille possédèrent-ils la seigneurie de la Crozille en Saint-Symphorien ? Nous n'en savons rien ; il est probable que le second du moins ne l'eut pas, car en cette même année 1371, nous trouvons Pierre Hattes qualifié seigneur de la Crozille ; sénéchal de Rennes en 1384, ce seigneur avait-il épousé l'héritière de la Crozille ? Peut-être, puisque M. de Courcy nous dit que la famille de la Crozille se fondit en celle des Hattes. Mais, en 1407, nous voyons la seigneurie de la Crozille entre les mains d'Olivier Hattes, qui en fournit le minu le 3 mai, à la suite du décès de son père, autre Olivier Hattes, mort en Angleterre, laissant veuve et douairière Phelippote Paen. En 1427 et 1444, nous retrouvons cet Olivier Hattes « à son hostel de la Crozille », mais il mourut le 16 août 1461, et sa femme, Thomine de Plouer, lui survécut. Leur fils, Jean Hattes, devint alors seigneur de la Crozille et mourut dès le 16 septembre 1462, laissant de son union avec Jeanne de Rimou un fils, aussi nommé Jean, qui fournit l'année suivante au duc le minu de la terre de la Crozille. Ce dernier Jean Hattes épousa Anne de Bintin, fille du seigneur de Bazouges ; il dût mourir vers 1506, laissant sa seigneurie à son fils Geffroy Hattes, qui rendit aveu cette année-là et qui, en 1513, tenait « la maison de la Crozille, noble d'ancienneté ». Geffroy Hattes épousa Marie Chanczon et mourut avant elle, le 17 décembre 1518 (Archives de Loire Inférieure, V. Saint-Symphorien). Ecuyer Olivier Hattes, fils des précédents et seigneur de la Crozille, épousa Perronnelle du Bouays ; il mourut vers 1539 et sa femme vingt ans plus tard. Il laissait deux fils du nom de Jean ; Jean Hattes, l'aîné, rendit aveu pour la Crozille le 12 décembre 1539, mais il décéda sans postérité un an après, et ce fut Jean Hattes, le cadet, qui fournit, à l'occasion de sa mort, le minu de la Crozille, le 25 octobre 1541 ; cette même année, il se présenta aux montres « monté et armé en estat d'archer et avoua n'avoir que 80 livres de revenu noble ». Ce Jean Hattes, seigneur de la Crozille, n'eut de sa femme, Julienne de Saint-Gilles, qu'une fille nommée Jeanne, qui, à sa mort, arrivée vers 1558, se trouva en possession de la seigneurie de la Crozille. Jeanne Hattes épousa d'abord, avant 1554, Laurent de Montmoron, seigneur dudit lieu, puis vers 1562 Jacques de France, seigneur de la Touche, procureur du roi au Présidial de Rennes, qui décéda en 1579 et fut inhumé le 25 janvier dans l'église de Saint-Symphorien ; enfin elle convola en troisièmes noces, le 21 janvier 1581, dans la chapelle de son manoir de la Crozille, avec Sébastien de Gaudemont. Jeanne Hattes, dame de la Crozille, mourut en 1602, et son corps fut déposé le 25 août au chanceau de l'église de Saint-Symphorien ; avec elle s'éteignit la branche aînée des Hattes de la Crozille (Anne du Portal, Terres nobles de la paroisse Saint-Symphorien). Ecuyer Jean de France, seigneur de la Touche-Parthenay et gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, issu du second mariage de Jeanne Hattes, devint seigneur de la Crozille à la mort de sa mère. Il épousa Françoise Perrault, qui lui donna plusieurs enfants baptisés à Saint-Symphorien. L'aîné de ceux-ci, Gilles, né en 1602, succéda bien jeune à son père, car dès 1608 nous trouvons Françoise Perrault veuve et tutrice de ses enfants mineurs. Gilles de France, seigneur de la Crozille, épousa en 1628 Hélène Le Vicomte, qui lui donna, de 1629 à 1635, sept enfants, tous nés en Saint-Symphorien. Après la naissance du dernier, il n'est plus fait mention de la famille de France dans les registres paroissiaux de Saint-Symphorien , mais dès 1638 nous y voyons le nom de « haute et puissante dame Françoise Le Mintier, dame du Boislouet et de la Crozille ». Françoise Le Mintier, fille de Lancelot Le Mintier, seigneur de Carmené, était femme de Jean de Rollée, seigneur du Boislouet et de Bonespoir, gouverneur de Fougères et de Saint-Brieuc, maître d'hôtel du roi, capitaine des gardes du corps et chevalier des Ordres. En 1643, ce seigneur obtint l'érection en châtellenie de sa seigneurie de la Crozille. De cette union sortit une fille, née et baptisée en 1645, après la mort de son père, nommée Louise de Roulée ; cette enfant ne vécut que dix ans, et à sa mort la châtellenie de la Crozille passa à son oncle Nicolas de Rollée, seigneur de Rigné, — ce qui prouve que cette terre appartenait en propre à Jean de Roulée, son père, qui l'avait vraisemblablement achetée. Le seigneur de Rigné rendit aveu au roi pour la Crozille le 27 janvier 1656, mais au mois de novembre de la même année, il consentit, d'accord avec sa femme Isabelle Burot, à céder toute la succession de Louise de Rollée à sa belle-soeur, Françoise Le Mintier, moyennant une somme de 124 000 livres (Archives de Loire Inférieure). A cette époque, Françoise Le Mintier était remariée avec Jacques Le Gonidec, seigneur des Aulnays et conseiller au Parlement de Bretagne. Cette dame abandonna la résidence du vieux manoir de la Crozille, menaçant ruine, et se fit construire une nouvelle demeure à quelques pas plus loin, sur la terre de Bonespoir, unie à celle de la Crozille. C'est à elle aussi qu'on dut à Hédé l'établissement, en 1666, des religieuses Ursulines pour l'instruction et l'éducation des jeunes filles. Jacques Le Gonidec, seigneur des Aulnays, mourut à Rennes en 1664 et fut inhumé le 4 août dans l'église Saint-Etienne de cette ville. Françoise Le Gonidec, sa veuve, lui survécut neuf ans et décéda en son manoir de Bonespoir le 30 novembre 1673 ; son corps fut déposé au chanceau de l'église de Hédé, du côté de l'évangile, en l'enfeu que le roi Louis XIII avait concédé à son premier mari, Jean de Rollée. La châtellenie de la Crozille échut au frère de la défunte, Thébault Le Mintier, seigneur de Carmené, marié en 1650 à Françoise de Coëtlogon. Il fit hommage au roi en juin 1674 et vit cette même année mourir son fils aîné, Mathurin Le Mintier, qui fut inhumé le 9 août, à Hédé, sous l'une des tombes de Bonespoir. Lui-même vivait encore en 1681, mais dut mourir peu de temps après, car au mois d'août 1684 son autre fils, Jacques Le Mintier, seigneur de Carmené, fit, hommage au roi pour la châtellenie de la Crozille, qui lui était échue de la succession de son père défunt (Archives de Loire Inférieure, B 989). Le nouveau seigneur de la Crozille habitait le manoir des Essarts en Langast, et il n'avait accepté la succession paternelle que sous bénéfice d'inventaire ; aussi le 13 juillet 1693 vendit-il judiciairement la châtellenie de la Crozille à Charles Le Meneust et Elisabeth de Rollée, seigneur et dame de Bréquigny. Mais certains créanciers, ne trouvant pas suffisant le prix de l'adjudication, firent recommencer les enchères, et le 8 février 1695 la Crozille fut définitivement adjugée à Jacques-Renault de la Bourdonnaye et Louise Le Gonidec, seigneur et dame de Blossac (Archives de Loire Inférieure, B 989). A partir de ce moment et jusqu'à la Révolution, la châtellenie de la Crozille demeura entre les mains des seigneurs de Blossac, que nous avons déjà fait connaître ; notons seulement que le président Louis-Gabriel de la Bourdonnaye fonda, en 1722, un lit à l'hôpital de Hédé pour ses vassaux de Bazouge et de Saint-Symphorien, et que le célèbre intendant Paul-Esprit de la Bourdonnaye fut le dernier seigneur de la Crozille. Ce fut au mois de septembre 1643 que Jean de Rollée obtint du roi l'union de ses deux terres de la Crozille et de Bonespoir et leur érection en châtellenie ; les lettres royales furent enregistrées au Parlement de Bretagne en octobre 1644. La nouvelle châtellenie se composait de fiefs s'étendant en sept paroisses : Saint-Symphorien, Bazouge-sous-Hédé, Vignoc, Saint-Gondran, Langan, Montreuil-le-Gast et Guipel. La haute justice de la Crozille avait dès 1576 une potence « à trois pots » que cette année-là Jeanne Hattes fut autorisée à relever ; ce gibet devait se dresser non loin du manoir seigneurial, sur le bord de l'ancien chemin de Hédé à Rennes, en un lieu encore appelé de nos jours la Justice. Quant aux prisons, elles se trouvaient au manoir même de la Crozille, où se tenaient aussi les plaids généraux de la châtellenie. Dès 1407; il était dû à Noël au seigneur de la Crozille, par certains vassaux, « deux paires de gants blancs appréciés seize deniers ». A cause de sa terre de Bonespoir, le seigneur de la Crozille avait droit de pêcher dans le grand étang de Hédé, faisant partie du domaine royal ; il avait aussi en l'église Notre-Dame de Hédé certaines prééminences accordées par le roi, telles que banc à queue proche du grand autel, du côté de l'évangile, et deux grands tombeaux armoriés à côté de ce banc, écussons dans les vitres et lisière autour de l'édifice, et enfin prières nominales au prône de la grand'messe. — A cause de sa terre de la Crozille, le même seigneur était fondateur (nota : le seigneur de la Salle de Saint-Symphorien lui disputait toutefois ce droit de fondation) et prééminencier en l'église de Saint-Symphorien, où il avait également « enfeu, lisière et banc à queue, une chaire en pierre et une chaire en bois, le tout à ses armes et dans le chanceau, plus un autre banc et accoudoir dans la nef, devant l'image Nostre-Dame ». Il prétendait même que le recteur de Saint-Symphorien lui devait des prières nominales en reconnaissance de ses droits de patronage et supériorité, qu'il devait donner gratuitement les honneurs de la sépulture aux membres de sa famille et même à ses domestiques, célébrer neuf messes à jours fixes dans la chapelle du manoir de la Crozille et amener processionnellement ses paroissiens en cette chapelle aux féries de la Pentecôte et le jour Saint-Jacques, fête patronale du sanctuaire seigneurial. — En revanche, le seigneur de la Crozille reconnaissait devoir entretenir, en l'église de Saint-Symphorien, « une lampe ardente tous les dimanches et jours de feste » et fournir « la fleur de farine pour confectionner le pain benist et le pain de communion aux jours de Pasques ». Enfin le seigneur de la Crozille avait le droit de tenir une foire dans les rabines de son manoir le jour Saint-Jacques, 25 juillet.

Les aveux décrivent toujours la Crozille comme un manoir « avec tourelles, douves et pont-levis », ce qui indique une maison sinon très forte, au moins fortifiée. De ce manoir, il reste encore aujourd'hui un petit bâtiment à un étage dont les trois fenêtres élégantes, aux coins supérieurs arrondis et entourées d'une moulure formant colonnette sur les côtés, montrent qu'il avait été construit avec grand soin, au XVème siècle, par les Hattes, seigneurs du lieu. Il est bâti sur un terre-plein d'une étendue double à peu près de sa surface et complètement défendu du côté Nord par l'étang de la Crozille et des trois autres côtés par un fossé large de huit à dix mètres et profond de quatre à cinq qui l'isolait entièrement des autres constructions, elles-mêmes entourées d'eau de toutes parts en même temps que d'une forte levée. Le manoir avait ainsi, comme un donjon dans un château-fort, une double protection contre un coup de main (Anne du Portal, Terres nobles de la paroisse Saint-Symphorien). Quant au manoir de Bonespoir, situé en la paroisse de Bazouge-sous-Hédé, il se distinguait « par son dosme eslevé depuis peu » , dit l'aveu de 1680. Nous avons dit que c'était une reconstruction faite par Françoise Le Mintier ; à côté se trouvait une chapelle — en laquelle cette dame avait créé et fait transférer diverses fondations pieuses — et un colombier. Quoique ce ne soit plus qu'une maison de ferme, Bonespoir conserve encore maintenant son cachet de distinction. Outre les deux manoirs de la Crozille et de Bonespoir, le domaine proche de la châtellenie, en 1680, comprenait : « Les bois de haulte fustaye et taillifs, les pourprins, landes et communs », — les métairies de la Crozille, de la Porte, du Clos, de la Grande-Planche, du Portail et de la Métairie-Neuve, — l'étang et le moulin à eau de la Crozille, — le moulin de Foulleret, — un champ de deux journaux, appelé la Vigne, encore tout planté de vignes en 1407, etc. Le tout formait une belle terre seigneuriale (abbé Guillotin de Corson).

 

Lors de la Réformation faite en 1427, dans l'évêché de Rennes, par les commissaires Alain Le Jambu et Jamet Baude, plusieurs nobles sont mentionnés à Saint-Symphorien (aujourd’hui en Hédé) (57 contribuants et 7 métayers) : 

Jouan Simon ;

Jacques Bonenffant (Bonenfant), sr. de Coaibou ;

Jean de Lespinay (L’Espinay) ;

Olivier Hactes (Hattes), sr. de la Crozille ;

Alain de Bintin, sr. de la Tubellière (Tuvelière) ;

Jean Hingueraye, sr. de la Bretaische (Bretesche) ;

Jean Boucher (Bouscher), sr. de la Salle ;

Olivier Thehel (Tehel), sr. de Saint-Symphorien.

(à compléter)

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