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GUENROC

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La commune de Guenroc (pucenoire.gif (870 octets) Gwenroc'h) fait partie du canton de Caulnes. Guenroc dépend de l'arrondissement de Dinan, du département des Côtes d'Armor (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de GUENROC

Guenroc vient du breton « gwen » (blanc) et « roch » (rocher).

Guenroc est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Plumaudan. Guenroc est mentionné pour la première fois en 1286 (Anc. év. III, 288) à l'occasion d'une enquête sur les prétentions d'un certain Hamon Prigent d'édifier un moulin sur une terre appartenant à l'abbaye de Boquen depuis 1205 (don du prieur de Léhon).

Guenroc est mentionné comme paroisse dès 1371 (lors d'une déposition par le chevalier Guillaume Ruffier au procès de canonisation de Charles de Blois) et dépend de l'archidiaconé de Dinan et du doyenné de Plumaudan.

Ville de Guenroc (Bretagne).

« Guenroc relevait féodalement de la baronnie de Bécherel membre de la vicomté de Dinan évêché de Saint Malo ; porte " trois rocs (tours) d'échiquier et une bordure " (sur site 3 tours, fiefs nobles, sont identifiées Roc'hemel, Beau-Rocher, La Roche ) ; les audiences ou assises extraordinaires se tenaient au bourg le lendemain de la fête de Saint Fiacre ; la paroisse passera par démembrement dans la mouvance de Médréac en 1513 à Jean de Rohan sire de Landal pour entrer dans la seigneurerie du comté de la Costardaye sous Louis XIV. Baronnie de Bécherel : De la Maison de Dinan aux Tinténiac fin du XIIIème. Jean (combat des 30) épouse Isabeau de Laval dont Isabeau épouse Bertrand Du Guesclin puis Guy XII de Vitré. Laval, seigneurie jusqu'en 1626 comprenant : Longaulnay, Saint Tual, Miniac, Plouasne, Saint Pern, Medreac, Evran, Trefumel, Saint Juvat, Treverien, Le Quiou, Caulnes, Guenroc, Yvignac, Tredias, Megrit, Tremeur, Saint Urielle, Lescouët, Ploubalay, Calorguen, Saint Carne, Bobital, Plumaudan, Saint Maden et La Landec » (M. Le Panetier de Roissays).

On trouve mentionné un certain Guillaume de Guenroc dans une montre du seigneur de Montfort au XIVème siècle. Cette paroisse appartient dès 1447 au diocèse de Saint-Malo. Elle dépendait jadis de la subdélégation de Montauban et du ressort de Dinan. La cure était à l'alternative suivant Ogée. Le Pouillé de Tours dit que l'évêque de Saint-Malo conférait l'église paroissiale, dont le revenu était de 300 livres. Guenroc élit sa première municipalité au cours du premier trimestre de 1790. Durant la Révolution, la paroisse de Guenroc dépendait du doyenné de Saint-Jouan-de-l'Isle.

Par ordonnance du 16 mars 1820, le territoire de la succursale (ou paroisse) de Guenroc est diminué de celui de la succursale de Saint-Maden.

On rencontre l'appellation Guenro en 1371, en 1381, en 1447 et en 1513.

Ville de Guenroc (Bretagne).

Note : la commune de Guenroc est formée des villages : les Fosses, Lustembour, la Touche, la Roche, Ville-Oria, Ville-au-Bas, Beaumelin, la Giguais, la Rosais, la Ville-Bourdais, la Ville-Auray, Cariou, Launay, la Chottais, le Pré-Dalun, etc...

Eglise de Guenroc (Bretagne).

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PATRIMOINE de GUENROC

l'église Saint-Gervais et Saint-Protais (1465 ou 1475), reconstruite au XVIIIème siècle. En forme de croix latine, elle comprend une nef avec bas côtés de trois travées, un transept et un choeur avec bas côtés de deux travées. L'édifice actuel date du XVème siècle, ainsi que l'indique d'ailleurs l'inscription en lettres gothiques gravée sur le porche (sur le chapiteau-corniche de son côté nord) : L'an mil IIIILX(X)V (1465 ou 1475) ihesus, m (maria). Le choeur est reconstruit en 1755. Le bénitier date du XIIIème ou XVème siècle : il porte sur ses flancs des figures sculptées. Un statuaire " le diable de Guenroc ", en bois polychrome, date du XVIIIème siècle. " Mobilier : Bénitier du XVème siècle ; fonts baptismaux anciens maître-autel et chaire de la fin du XVIIème siècle ; statues de saint Gervais, saint Protais, sainte Vierge, sainte Anne, saint Michel, saint Mathurin exorcisant un enfant, saint Fiacre, saint François d'Assise, sainte Barbe " (R. Couffon) ;

Eglise de Guenroc (Bretagne).

l'ancienne chapelle de la Roche aux Anes, dédiée jadis à la Sainte Trinité, puis à Notre-Dame de Lourdes. Petit oratoire rectangulaire portant la date de 1889 et encore visible en 1939 ;

l'ancienne chapelle du Lattay, aujourd'hui détruite. Elle datait du XVIIIème siècle ;

la croix du Defas (ou des Défas) ou croix de Dol (ou de Beaumelin) (XVIIème siècle). Elle est érigée sur l'emplacement où ont été enterrées les victimes de l'épidémie de peste de 1638-1639 ;

le manoir de Lattay ou Latay (XVIIIème siècle). En 1311, la demeure appartient à Bertrand de Saint-Pern, parrain de Du Guesclin et alors gouverneur de la place forte de La Roche-Derrien. Bertrand de Saint-Pern accompagna Jean, sire de Beaumanoir, lorsque ce dernier conduisit en Angleterre les enfants de Charles-de-Blois pour otages de la rançon de leur père, qui n'avait pu trouver 100 000 florins d'or, somme à laquelle il avait été taxé. Une des filles de Bertrand de Saint-Pern figure au nombre des abbesses de Saint-Georges de Rennes. Le 7 septembre 1648 sont vérifiées au parlement de Bretagne les lettres patentes par lesquelles la seigneurie du Lattay avait été érigée en châtellenie pour Jean de Saint-Pern. Pierre de Saint-Pern né à Rennes le 27 mai 1635 est l'un des seigneurs de Lattay. Il meurt à Lattay le 2 février 1698. Le principal corps de bâtiment est démoli vers 1930 ;

Nota 1 : Château du Lattay : Olivier du Chastel, escuyer, « de gueules au château d'or » sgr. de La Rouvraye en Saint Solen, fils de Tanguy sgr. du Lattay par alliance en 1447, épouse Marie de La Villeguérin « d'argent à la bande virée de gueules, accomp. de six molettes de même » dame de La Ville-Guérin en Pluduno ; Olive du Chastel demoiselle de La Rouvraye, héritière d'Olivier son frère, épouse en 1380 Roland Ier du Breil « d'azur au lion morné d'argent ; devise : Parcere subjectis, debellare superbos » sgr. du Chalonge, de Gouillon, de Rays 1374-1430 ; dont Charles du Breil sgr. du Pin de la Bouexière, de Plumaugat en Ploubalay (décédé en 1497) épouse Ethaise de Champagny (décédée en 1501) « d'azur à trois chevrons brisés d'or » ; dont Julienne du Breil demoiselle du Lattay épouse en 1495 Jacques Bernier « d'azur à un boeuf effrayé d'or » sgr. de La Chapelle-Bernier en Bourseul ; dont Charles Bernier, chevalier de l'Ordre du Roi sous Charles IX, sgr. du Lattay, Capitaine Lieutenant de 50 hommes d'armes de la compagnie Monsieur de Rohan et d'ordonnance de Sa Majesté, épouse Marguerite de Vauclerc « d'argent à trois chouettes de sable, becquées et membrées de gueules » dame de Vauclerc et de La Chapelle ; dont René Bernier époux de damoiselle Louise Gouyon « d'argent au lion de gueules couronné d'or » vend en 1568 à Pierre de La Chapelle, conseiller du Roi la terre de La Chapelle-Bernier et en 1566 le Lattay à Judes de Saint­Pern sgr. de Ligouyer « d'azur à dix billettes percées d'argent, 4,3,2 et 1 ; devise : Fortiter paternus » ; 5 août 1593 Jan de Saint-Pern sgr. du Lattay épouse dame Arme Levesque « de sable au chef d'argent chargé de trois fleurs de lys de gueules », acte passé entre Judes de Saint-Pern son Père, Jan Apvril « d'argent au lion de sable, armé et lampassé de gueules » conseiller au parlement, sieur de La Grée et Guy Glé « d'or à cinq glés de gueules 2, 2, 1 » sgr. de La Costardaye, chevalier de l'ordre du Roi, ses parents. Françoise Bernier, soeur de Charles épouse Roland Goueon de Matignon sr. de la Bouettarday, dont François, écuyer sr. de la Bouétarday et de La Porte-Gouéon, époux de Jeanne Ferré « d'argent à la fasce d'azur, accompagné de trois molettes de même » ; Guillemette épouse Georges de la Villléon sr. du Perfanet « d'argent au Houx arraché de sinoples ; au franc canton de sable fretté d'or ». Roland Goueon est petit-fils de Jean de Beaumanoir, chevalier, sgr. de Carmoreuc + 1426/1439, (fils de Jean « d'azur à onze billettes d'argent 4, 3, 4 » ; devise : « J'aime qui m'aime, et, Beaumanoir bois ton sang » époux en 1385 de Margot de Coëtlogon) qui épouse en 1400 /1415 Jeanne Jarnouan, « d'argent à trois hameçons de gueules », enterrée aux Jacobin de Dinan, dont : Olive de Beaumanoir demoiselle de Carmaron qui épouse vers 1425 Charles Goueon de Matignon, écuyer, sr. de la Bouettarday en la paroisse de Bourseul (fils de Louis « d'or à deux léopards de gueules » et de Clémence Ruffier « d'azur semé de billettes d'argent, au lambel de même » dlle de la Gibonnaye), dont : - Jeanne épouse de Pierre de Cargouët, chevalier, sr. de la Cornillière (fils de Pierre « d'argent à trois fleurs de lys de gueules » ; devise : « Sicut lilia germinabunt »,  Chambellan du Duc, Ambassadeur en Angleterre). - Roland (montre de 1472 avec Jean Bernier sr. de La Chapelle) héritier principal, époux de Françoise Bernier ci-dessus. - Alix épouse de la Villéon seigneur de Boisfeillet. - Anne qui épouse le 4 septembre 1475, Olivier de Lesquen sr. de la Villemeneuc « de sable à trois jars d'argent, becqués et membrés de gueules ». Archives du Lattay : « Contrat d'usseage » : « L'an Mil Sept Cent Soixante Trois le dix huitièmes jour du mois de mars avant midi ont comparu devant nous nottaires Soussignés (Maîtres Jan Le Coq et Leuenard ). Des juridictions et chatelenie du Lattay, Rophemel et autres ; sont présent haut et puissant messire Pierre placide de St Pern Chevalier Seigneur Comte du Lattay ; guenro ; rophemel ; prédalun ; galpicq ; La hautte Houssais ; Les champs-ferrons ; La gillebert ; Beaurocher ; Vicomté De rougé Seigneur fondateur de l'église et cimetière de treffumel ; plusieurs autres lieux, lieutenant de nos Seigneurs Les maréchaux De france ; demeurant ordinairement à son château Du Lattay, paroisse De guero eveché de St malos Lequel faisant de son Domaine Son fief aujourdui une promesse de garantie pour Lui et ses successeurs et qui de luy auront droit et Causes Baille à titre de pour féagé au terme de la Coûtume aux Conditions Cy àprê ; à René Denoüal et mari Denoüal Demeurant scavoir le Dit réné au village de la touche ; et le dit mari Denoüal en qualité de Domestiqué à la maison De la roche ... une pièce de terre nomée Les Houches d'ahaut... une quantité dans La grand jannaig... une piéce de terre nomée La roche guinguermoy au dit lieu... » [ A noter que le Galpic en 1407, déjà à 0llivier de Sainct-Pern, a pour seigneur Jan de la Houssaye en partage avec son fils Eustache époux de Jeanne du Buat demoiselle de La Villeclair en Pleine-Fougères [Note : La Houssaye armes en alliance à Yvignac avec celles des Jarnoen], dont Jeanne épouse Bertrand III de Saint-Pern, dont Jean épouse en 1473 Isabeau de Lorgeril ; que Rophemel, de 1447 à 1513 seigneurie Jarnouan, reste une juridiction propre jusqu'en 1789 ; que la Jagnaie est à Caro (Kariou) de Saint-Pern (St Paër sr de Cohan) en 1447 avant de passer aux Jarnouan 1490] (M. Le Panetier de Roissays).

Ville de Guenroc (Bretagne) : château du Lattay.

le manoir de Launay ou L’Aulnaie (XIV-XXème siècle). Propriété de Geoffroy de Bremieux en 1447 ;

le manoir de la Giguais (XV-XVIème siècle). (Jagnaie, Jegnaye, Giclais). Terre noble en 1430 jouxtant Beaurocher au dessus de la Rance, à Caro de Saint-Pern en 1447. Sur un bail de cette époque, il est noté que cette maison consiste en une salle contenant une armoire, un buffet et le coffre à papiers, un cabinet avec un lit, une cuisine, un cellier, des chambres, des greniers, un refuge à pigeons, ainsi qu'une grange, un four, deux petits pavillons et une écurie. Il y a également une cour, des déports, des jardins, plusieurs pièces de terre et des bois taillis, ce qui en fait une possession importante, qui semble avoir appartenu à un sieur du nom de Jagu ou Jegu, à l'origine de son toponyme. En Février 1447 Karou (Caro) de Saint-Pern un des passeurs (témoin agréé) de l'échange de la seigneurie de Carmoreuc [Note : Carmoran, actuel Carmeroc arrière fief du Besso voisin] en Tréfumel et de terres [Note : dépendantes de la Belliére venant du Vicomte de Coëtlogon] en Pleudihen par Jean de Beaumanoir et Jehan Hingant du Hac fils de Charles. En 1490, Jeanne Jarnoen, dame de la Giguais, veuve de Pierre sr. de Beaurocher ; dont Jacquemine Jarnouan, noble demoiselle, décédée en 1574, inhumée dans l'enfeu familial de l'église de Guenroc'h (aujourd'hui Guenroc), possède les métairies nobles de la Jegnaye, du Beau-Rocher et la métairie roturière de la Gilbert, épouse en 1566 Jean du Fournet, escuyer, « d'argent à trois pelles de four de gueules » décédé en 1585, qui reconstruit la Jiguais dans son état actuel [Note : La famille du Fournet, sr. dudit lieu en Saint Judoce, a fief à Roz sur Couesnon en 1480] [Note : Au début du XXème existait une plaque de cheminée aux armes de Jarnoüen à la Giguais] ; dont Pierre du Fournet sr. des Fosses, recteur de Guenroc de 1598 à 1637, assure Yvignac en 1610 ; registres paroissiaux de 1570 Jacquemine tient sur les fonds baptismaux de l'église Julien Neveu (M. Le Panetier de Roissays) ;

le manoir de Cariou (1634) ;

l'ancien manoir de Beau-rocher (XVème siècle), dominant la Rance et ruiné durant la guerre de la Ligue. En 1363, noble homme maistre Guillaume Jarnoen sr. de Beaurocher céda des terres de la paroisse de Caulnes [Note : Jarnouan de Caulnes, croisé en 1248 avec Olivier d'Yvignac, Bertrand de Plumaugat, Élie de Brohon participent à la 7ème Croisade sous Saint Louis] à Guillaume, seigneur du Boisjehan (Bois-Iaan), chevalier, qui lui céda en contrepartie les biens de son défunt oncle, Jouhan du Boisjehan (du Bouais-Jaon), situés dans la paroisse de Guenroc, le tout le vendredi après la Saint Lucas (mercredi 18 octobre) 1363. Chevalier de loi, il était sénéchal de Rennes, de 1367 à 1378 (réorganisation du Duché sous Jean IV). Il fut choisi en janvier 1367 pour arbitrer le procès de Marguerite de Rohan, dame de Beaumanoir veuve de Jehan de Beaumanoir, contre Salomon de Lemenguen, écuyer, qui n'avait pas payé une somme due par Jehan à la dite Marguerite, sa femme. Salomon capturé à rançon par Robert Knolles durant la Guerre de Succession, le sire de Beaumanoir s'était porté caution. - En 1381 Jehan Jarnouan, escuier, de Caune, ratifie à Dinan le 2ème traité de Guérande, serment ne reconnaissant d'autre duc que Jean IV le Conquéreur. - En 1455, est recensé la terre noble de Beaurocher à Regnaud (Renaud) de Jarnoven ; en 1447 René, écuyer, porte « d'argent à 3 hameçons de gueules » possède l'hôtel du Beaurocher, la terre noble et hôtel de Rohinel fief tenu du Duc. - En 1472, à la monstre de mai, à Dinan, Pierre Jarnoen comparait, à la place de son père Geoffroy sr. de Beaurocher, malade, comme « homme d'arme hors dessous lance, dans la représentation de Guenro, qui rejoint le Capitaine de Couasquin pour Dol ». - En 1480, le 5 juin, à la monstre générale des nobles et sujets aux armes de l'archidiaconné de Dinan Geoffroy sr. de Caver à Yvignac, nommé comme étant Jarnouan de Beaurocher en Guenroc, feudataire de Saint Malo et Dol. - En 1480 à Dinan, Pierre à la place de son père Geoffroy Jarnouan de Beaurocher, sr. de Caver (300 livres de rente) parait dans la représentation d'Yvignac porteur d'une brigandine et en archer. (Lance de 300 L - équipage 1 archer ou juzarmier en brigandine, 1 coutillier, 1 page, avec 4 chevaux). - En 1490, « Mandement de la Duchesse Anne aux fidèles sujets de Bédée les exemptant de taxe de guerre et autorisant à remboursement des sommes levées par Pierre Jarnoen capitaine dans ses troupes » [Note : Capitaine : commande une garnison de ville ou une compagnie de campagne, assure son ravitaillement en vivres et munitions, dirige les travaux de défense, agir en toutes circonstances avec courage et fidélité. Secondé par un lieutenant, 1 connétable, 1 trésorier, 1 garde d'arme, 1 portier. Gère, lève impôt et rend justice sur son territoire]. - En 1490, Jeanne Jarnoen, dame de la Giguais, veuve de Pierre ; dont Jacquemine Jarnouan, noble demoiselle, inhumée en 1574 à Guenroc'h (aujourd'hui Guenroc), possède la métairie noble du Beau-Rocher dite ancien manoir. - En 1573, Beaurocher à demoiselle Magdelaine Piedvache « d'argent à trois pieds de vache de gueules, la corne d'or ». (M. Le Panetier de Roissays) ;

Ville de Guenroc (Bretagne) : château de la Roche.

Voir aussi : Guenroc "Famille Jarnoüen

l'ancien manoir de Rophemel (XIV-XVème siècle). [Note : Rohinel, Rohomel, Roc'h emel - Roc : de Tour, lieu de guet ; Hom : de Hostel, définition dans les montres d'un chef-lieu militaire ou d'une maison noble de service centre d'un fief ayant sa justice propre de part le Duc ou le Roi ; Emell : de Celui qui à mission] fief proche du Duc à devoir de foy et hommage lige, rachapt et autres devoirs seigneuriaux sous sa barre et juridiction de Dinan. L'hostel est bâti autour d'une cour triangulaire fermée : Portail à l'ouest ayant à gauche un four et des communs bas. Côté nord le logis de plan rectangulaire comprenant : à gauche la cuisine avec, au dessus, la chambre principale, sous grenier, ayant latrines indépendante, dotées au pignon de cheminées superposées, en calcaire, à hotte portée par des colonnes formant piédroits, éclairées chacune par une fenêtre au sud ; au centre la salle, avec portes extérieures en vis à vis, éclairée par une fenêtre à trois meneaux au sud, ayant au dessus des chambres ; à gauche le cellier avec étage ; en façade un escalier en vis hors oeuvre (tour détruite) joignant la cuisine à son étage et, par une coursière, le dessus de la salle. Au sud la grange avec commun. A l'est un mur donnant sur le jardin en pointe au-dessus de la rivière où est un moulin à aube. Au centre de son domaine proche (Le pourpris : l'antique réserve vivrière et économique, partie qui n'est partagée ni entre descendants, selon l'Assise du Comte Godeffroy, ni ses sujets) le site et son agencement, situés en haut de la première boucle de la Rance, de là, ayant vu sur l'entrée de son défilé dans le plateau de Guenroc, révèle un lieu stratégique ancien verrouillant l'accès à la vallée de Caulnes, comme le souligne son statut de terre ducale, avec justice propre, se continuant comme fief tenu du Roi par la famille Jarnouan au XVème et XVIème siècle. - En 1447, René de Jarnoen, écuyer, sr. du Beaurocher, « d'argent à 3 hameçons de gueules » possède la terre noble et hôtel de Rohinel, fief tenu prochement du Duc. - En 1481, monstre du 4 sept à Dinan, Bertrand Jarnoen, écuyer, Seigneur de Rohemel à Guenroc, de Caver, de Garrouët, La Chapelle-Gernoual à Yvignac, La Barre à Caulnes. Il épouse en 1480 Gillette du Breil fille d'Olivier, chevalier, sgr. du Chalonge-Tréveron et de Guillemette Lenfant dlle. de la Tandourie dame de la Garaye à Pleurtuit. Dont Marie Jarnouen, décédée vers 1540, épouse Jacques de Bouillé, chevalier, sgr. de Pierrefontaine « Aveu rendu à messire Jacques de Bouillé, chevalier, par Jean Boudet en la cour de Rohomel à Guenroc'h le 20 mars 1539 » dont Gilles qui épouse Jeanne de Coëtquen et Guillaume. - En 1543, Jacques de Bouillé sr.de Cavert et de Rochemel du chef de sa femme défunte est tuteur de son fils Guillaume « Aveu rendu à noble messire Jacques de Bouillé et Guillaume de Bouillé, écuyer, seigneur de Rohomel, pour les sieurs Hamonneau, paroissiens de Plouaisne, - Scel. le 26 mars 1544 ». Veuve de Gilles Jeanne de Coëtquen dame de Caver épouse de 2°) 1569 François Ferron sr. de Belleval et de la Ferronais, décédé en 1570 sans postérité, 3°) 1573 Claude du Chastel baron de Kerlec'h dont le blason d'alliance est sur la maison de Caver en Yvignac. - En 1570, Guillaume héritier de Rophemel et de Caver épouse Françoise de Coaquen, soeur de Jeanne, fille de François « bandé d'argent et de gueules de six pièces » et de Françoise de Malestroit dame d'Uzel [Note : le Besso à Saint André-des-Eaux venant de Hervé de Malestroit père de Françoise époux de Marguerite de Beaumanoir vicomtesse du Besso]. « Aveu rendu à Guillaume de Bouillé, seigneur de Caves, Beauchêne, Rohornel, par Collas Quemereuc le 10 mars 1570 ». - En 1586, Guillaume de Bouillé, sgr. de Caver à Yvignac, époux de Françoise de Coëtquen dont Jeanne « Février 1580 noble et puissante Jeanne de Bouille, fille du sieur de Caver marraine, à son baptême, de Marguerite du Guemadeuc », est seigneur de Rophemel « Aveu rendu à Guillaume de Bouillé, par Jullien de Noual, en la cour de Rohomel le 17 novembre 1586 ». - En 1611, Jeanne de Bouillé épouse le 22 janvier 1583 à Guenroch Guy Glé, chevalier de Saint Michel « d'or à cinq glés (souris) de gueules 2, 2, 1 » (visible dans l'église de Médréac) fils de Bertrand sieur de la Costardaye, Conseiller au Parlement 1554, et de Péronnelle du Pan, dame de Bagatz, héritier en 1601 du château de Pierre-Fontaine et Vicomte de Médréac en 1610 « Foi et hommage rendus par Guillaume Hamonneaux à noble Guy Glé, chevalier de l'ordre du roi et à dame Jeanne de Bouillé, son épouse le 14 septembre 1611 ». Elle décéda le 12 avril 1622 à Guichen, inhumée à Médréac ; dont Jean sgr. de la Costardais, décédé en 1649, époux en 1645 de Marie de Montigny à Médréac (dont Gabrielle Glé, dame du palais de la Reine, qui épousa en 1665 Jean Le Blanc de la Baume marquis de la Valliére seigneur de Bécherel du chef de sa femme, frère de la duchesse de la Valliére, et Marie­Vincente) et François sgr. du Pan époux de Marguerite de Quistinic (sans postérité). Jean Glé, chevalier de l'Ordre du roi, seigneur de la Çostardaye et vicomte de Médréac possédait aussi la baronnie de Bécherel qu'il laissa à sa fille aînée, ainsi que la Costardaye et la vicomté de Médréac ; à partir de cette époque, ces trois seigneuries demeurèrent unies et appartinrent successivement aux marquis de la Vallière, de Coëtmadeuc et de Querhoent. Ses armes à Merdreac au vitrail de l'église un écusson « écartelé au 1er d'azur à 5 glés d'argent qui est Glé ; au 2ème mi-parti d'argent et de gueules à 2 léopards d'argent de l'une en l'autre qui est la Costardaye ; au 3ème d'azur à la bande d'argent chargée de quatre hermines de sable, le champ semé de billettes d'argent sans nombre qui est Ferron ; au 4ème d'argent à 3 hameçons de gueules qui est Jarnoüen sr. de Villartay en Pleine-Fougères et Beaurocher en Guenroc ». - En 1623, François Glé sgr. du Pan hérite de la seigneurie de Rophemel « Foi et hommage rendus par Jean Sevignac à noble François Glé, chevalier des ordres du roi, pour la seigneurie de Rohomel le 18 novembre 1614. Foi et hommage rendus par Geoffroy Quemereuc à François Glé, chevalier en Octobre 1623. Foi et hommage fait en la cour de la Bouexière par Morice Chouette, du village de la Personnaye à messire François Glé, chevalier de l'ordre du roi le 21 novembre 1623. » (M. Le Panetier de Roissays) ;

la maison du bourg (1752) ;

les maisons anciennes de la Giguais ;

la fontaine de Saint Jarnoüen (Jarre-O-Wen : Fer, chef - Fils - Béni, pur, blanc) : à Beau-Rocher, (Gwen-Ro : Béni, pur, blanc - Hauteur : rocher-sacré), « où le saint reçut un coup et se lava » ses eaux ont la réputation de guérir les maladies de peau et les blessures. Saint Jarnoual (Jarnuvalt, Iarnwaltus) né vers 775, Abbé-Évêque d'Aleth et de Dol 836 à 840. Fonctions épiscopales de Janvier 835 à Décembre 837 en Guillac, où est La Ville-Jarno maison des Jarno puis des Boisléve en 1480, et en Guer, où est l'Abbaye-Jarno seigneurerie de la famille Jarno du Plessis de 1442 à 1640. Cartulaire de Redon : « Mactyem Trioiarn désirant le cheval de Jarnhitin prêtre à Guillac (Glac) l'échange contre ses terres de Ran-Tonan et de Ran-Rivallon sur le bord de l'Oust, acte fait à l'église en présence de Emor Évêque et d'une nombreuse assistance ». Annale Ecclesiastici Francorum : « Jarnualtus Aletensis Episcopus, cum bienem pontifictaum gessisset, obeit etiam, hoc anno, tertio idus novembris, cique successit Maino, ut testatur Albertus de Monte Relaxo in Armorica Sancta » . Représentation : En habit d'ermite avec ornements sacerdotaux d'évêque tenant à sa main une colombe, de l'autre une croix, haute comme une crosse au pied de laquelle se tient un cerf. Le cerf sur laquelle est la crosse a une symbolique trinitaire : L'origine par Saint Cuthbert de Lindisfarne ; la vie d'ermite avec son moyen de locomotion ; l'évangélisation de tributs de rites chamaniques liés à Cernunos (dieu celtique au bois de cerf), ce qui conforte la thése de la crête de quartz blanc dominant l'église comme lieu sacré de culte celtique lié à l'évocation du « Diable de Guenroc » et expliquerait la lutte où Saint Jarnoüen est blessé. Tableau gardé à la Chapelle-Gernoual sur la route de Guenroc à Yvignac [Note : la dénomination de Chapelle désigne : l'oratoire du desservant d'une communauté, d'une résidence de fief, marque le lieu d'un miracle, l'habitat d'un Saint, d'un voeux, une tombe collective ou situé en bord de route : un hospice pour les voyageurs, les malades, les pauvres, le lieu de célébration d'une communauté religieuse] où l'archéologie a révélé un angle orthogonal d'enclos de 50 m x 50 m. Statue à l'église de Maroué où il est honoré : Chapelle et calvaire de Lan-Jarnet, La Ville-Jarno (blason des Coëtquen). La forme du nom Jarnoüen ne sera fixée, pour la branche gardant le titre d'escuyer et armoiries d'origines, qu'à partir de Guy (Guillaume) Jarnouan, sieur de Villartay, noble homme, procureur héréditaire et avocat au Présidial du Parlement de Bretagne de Rennes, né en 1579 à Villartay, paroisse de Pleine-Fougères, baptisé à Saint Germain de Rennes la même année, décédé en 1639 à la Galmandiére, paroisse de Chateaubourg (M. Le Panetier de Roissays).

4 moulins dont les moulins à eau de la Roche, Bellin, St Jud, ... ;

A signaler aussi :

la découverte de nombreuses haches en pierre polie, ainsi que le passage de la voie d'Alet à Duretie ;

les halles (vers 1649). Ses halles sont restaurées vers le milieu du XVIIIème siècle par Pierre Placide de Saint-Pern ;

Le diable de Guenroc (Bretagne).

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ANCIENNE NOBLESSE de GUENROC

Les premiers seigneurs du lieu portent le nom de Guillaume de Guenroc (vers 1321) et Jehan de Guenroc, écuyer de l'hôtel de la famille de Jean, duc de Bretagne (vers 1381).

Au XVème siècle, la Roche appartient à Eustache de Plumaugat. La Lande, terre noble, appartient, en 1430, à Eustache Beschart (en 1370, Guillaume Beschart était de la montre de Du Guesclin). Les autres terres nobles de Guenroc étaient : en 1430, le Beau-Rocher (à René de Jarnoven), Launay (à Geoffroy de Brenieuc), la Jagnaie, les Fosses, Pradalun et Gallepicq.

Seigneurie du Lattay, en Guenroc. Le nom de Guenroc, qu'on écrivait et prononçait autrefois Guenro et même Guero, tiré du breton Gwenn roc'h, qui veut dire blanc rocher, vient d'un rocher élevé, au pied duquel le bourg est situé, et d'où l'on découvre un point de vue admirable et très étendu. L'église paroissiale de Guenroc, dont le seigneur du Lattay était fondateur (Registre des sépultures, 1667, sépulture de François Robiou, recteur), semble avoir été bâtie dans le XIVème siècle. La porte principale porte une inscription gothique qui renseignerait peut-être sur ce point ceux qui pourraient la lire ; les armoiries, qui ont été martelées pendant la Révolution, ne peuvent fournir aucune indication. Des deux extrémités du transept de cette église, l'une était appelée chapelle de Beaumont (Registre des sépultures, 8 juin 1586), ce qui indique qu'elle fut bâtie par un seigneur de Beaumont, dont le château, situé dans la paroisse de Guitté, est à la limite qui sépare celle-ci de celle de Guenroc, et dont la seigneurie s'étendait peut-être sur une partie de cette dernière. Rien ne fait savoir si c'est depuis une haute antiquité que cette église possède une statue de saint Michel terrassant Lucifer, ni si le diable de Guenroc, si fameux aujourd'hui, l'était dans les siècles qui ont précédé le XIXème siècle. Les premiers seigneurs de Guenroc portèrent le nom de ce lieu : l'on voit Guillaume de Guenroc, chevalier banneret dans la montre du sire de Montfort en 1371 ; Jehan de Guenroc, « écuyer de l'hôtel de la famille de notre très cher et très redouté seigneur Monsieur Jehan, duc de Bretagne, comte de Montfort et de Richemont, » signe la ratification du traité de Guérande en 1381 (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne). On ne peut assurer sans aucune crainte d'erreur que ces deux gentilshommes possédassent la seigneurie de Guenroc ; mais le nom que portait leur famille semble une preuve suffisante qu'elle la posséda dans les premiers temps au moins. Ses armes étaient trois rocs d'échiquier avec une bordure. Dans les siècles qui ont suivi le XIVème, il n'y avait point de seigneurie qui portât le nom de Guenroc, mais il y avait dans la paroisse de ce nom celle du Lattay et plusieurs autres maisons nobles. La seigneurie du Lattay relevait de la baronnie de Bécherel. La réformation de la noblesse par évêchés l'indique comme appartenant, en 1447, à Tanguy du Chastel et à sa femme qui y demeuraient. Je suis arrêté ici par la difficulté de savoir qui était ce seigneur ; car M. Pol de Courcy attribue à une famille autre que celle des deux hommes historiques qui ont porté ce nom, celui qui est mentionné dans la réformation de la paroisse de Guenroc ; mais il est regrettable que le cadre de son Nobiliaire, si plein d'érudition, ne lui ait pas permis d'indiquer les preuves sur lesquelles se fondent ses assertions. Le seigneur qui demeurait au Lattay, en 1447, s'appelait Tanguy du Chastel. Le premier des célèbres Tanguy du Chastel mourut en 1449 ; quoique maître d'hôtel du roi Charles VII et gouverneur de Provence, ne pouvait-il pas demeurer quelquefois au Lattay ?. Son neveu, l'autre célèbre Tanguy du Chastel, n'épousa Jeanne Raguenel, vicomtesse de la Bellière, qu'en 1462 ; si c'est lui qui demeurait au Lattay avec sa femme, en 1447, il faut qu'il se soit marié deux fois. J'incline à croire que c'est l'un ou l'autre, malgré l'opinion de M. Pol de Courcy, parce que la Réformation de la noblesse par familles ne mentionne aucun membre d'aucune autre famille du Chastel qui ait eu le prénom de Tanguy. La même raison me fait croire que Tanguy du Chastel, compté par dom Morice au nombre des nobles de l'évêché de Saint-Malo qui prêtèrent serment de fidélité au duc de Bretagne (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, tome II, col. 1302) en 1437, était ce même seigneur du Lattay. Le nom du propriétaire de cette seigneurie dans le XVIème siècle me jette dans un doute plus grand encore. Le registre des réformations par évêchés que possède la bibliothèque de la ville de Saint-Brieuc, qui est très ancien et le plus conforme au texte des procès-verbaux des commissaires, désigne comme propriétaire du Lattay en 1513 noble écuyer Marc Beruyer ; celui de la bibliothèque de Rennes, qui est d'une écriture relativement récente et dont le texte a été remanié, nomme demoiselle Marguerite Berruyer comme étant alors propriétaire de cette seigneurie. Cette divergence n'a pas une grande importance, car l'on peut penser que Marguerite Berruyer, probablement fille de Marc, possédait le Lattay du chef de sa mère sous la tutelle de son père ; ce serait un moyen d'accorder les deux textes, si l'on tenait beaucoup à le faire. Mais ce n'est pas là que gît la principale difficulté. Noël du Fail donne à celui qui était seigneur du Lattay sous le règne de François Ier le nom de Charles Bernier, comme je vais le raconter. Dans le registre des réformations de la bibliothèque de Saint-Brieuc, j'ai lu Beruyer plutôt que Bernier, mais avec une seule r. Noël du Fail, voyant ce nom écrit de même, n'a-t-il pas pris l'u pour un n ?. Je ne sais pas, mais il est facile de prendre l'une de ces deux lettres manuscrites pour l'autre ; quant à l'y, on sait qu'il se mettait très souvent autrefois dans des mots où nous mettons l'i simple. Dans le registre des réformations de la bibliothèque de Rennes, le nom de Berruyer se trouve écrit avec deux r, de sorte qu'il n'est pas possible de le confondre avec Bernier. Les armoiries qui étaient gravées sur les murs de l'église de Guenroc nous révéleraient quel a été le seigneur de cette paroisse, si elles n'avaient pas été sottement effacées à coups de marteaux par les révolutionnaires de la fin du XVIIIème siècle. Sur l'un de ces blasons l'on voit encore très distinctement un casque taré de profil ; comme le Nobiliaire de M. de Courcy nous apprend qu'une famille Le Berruyer porte d'azur au casque d'argent grillé et taré de profil, je me suis persuadé d'abord que je ne devais pas hésiter à attribuer à cette famille la seigneurie du Lattay ; mais un examen plus attentif m'a fait reconnaître ensuite que le casque qu'on voit sur le mur de l'église de Guenroc n'est que le timbre de l'écu. La question reste donc irrésolue ; mais soit que le seigneur du Lattay s'appelle Berruyer, soit qu'il eût le nom de Bernier, je me garderai bien de passer sous silence l'anecdote que voici, racontée par Noël du Fail. J'en emprunte le texte à M. de la Borderie. « Comme on reconstruisait le Louvre, plusieurs s'amusaient à lancer des blocs de tuffeau ; des allemands les lancèrent plus loin que les français ; mais des bretons plus loin que les allemands. Comme on racontait tel exploit au souper du Roy, le seigneur du Lattay, brave et vaillant capitaine, lieutenant de la compagnie d'hommes d'armes de Mr. de Rohan, dit : Sire, il y a trois choses signalées et remarquables en vostre Bretaigne, et qui par adventure ne sont ailleurs en la chrestienté : car là sont les plus forts hommes, les plus forts chiens et les plus forts vins qu'on puisse voir. — Pour le regard des hommes et levriers de Bretaigne, il en est quelque chose, dit le Roy ; mais des vins je ne le puis entendre, pour être des plus âpres et verts de mon royaume. Témoin le chien de Ruzé, l'un de mes conseillers au dit pays, lequel pour avoir mangé une grappe de raisin breton près Rennes, abboia le cep de la vigne, comme protestant se vanger de telle aigreur qui jà commençait lui brouiller le ventre ». Lattay s'en tira par une plaisanterie médiocre que le roi eut l'indulgence de trouver passable. Ce bon et grand prince dit que le capitaine Lattay avait toujours quelque bon mot pour rire ; au demeurant, qu'il aimait uniquement sa Bretagne, pour en être descendu d'un côté, car sa grand'mère était fille de Rieux ; aussi qu'il avait épousé dame Claude de France, fille du bon roi Louis douzième et d'Anne de Bretagne. (Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, XXXVI, Article Noël du Fait par M. de la Borderie, pp. 266-268). Selon Noël du Fail, l'interlocuteur de François Ier s'appelait Charles Bernier. C'est en 1566 que la seigneurie du Lattay fut vendue à Judes de Saint-Pern sieur de Ligouyer, pour la somme de 3.600 livres tournois (Compte manuscrit des recettes de la baronnie de Bécherel cité par M. de la Borderie, ibid.) ; et c'est par erreur qu'Ogée dit qu'elle appartenait à Bertrand de Saint-Pern, parrain de Du Guesclin. Judes de Saint-Pern épousa en premières noces Renée de la Marzelière et en secondes noces Catherine de Châteaubriand. Du premier lit sont descendus les seigneurs de Ligouyer et de Couëllan ; c'est du second que naquit Jean de Saint-Pern sieur du Lattay, qui vivait en 1576 et qui épousa Anne Lévesque ; celle-ci mourut en 1614 et fut enterrée dans l'église de Guenroc. Deux filles leur étaient nées au Lattay, Renée en 1599 et Gabrielle en 1600. Leur fils, qui portait aussi le nom de Jean et qui hérita de la seigneurie à la mort de son père, fut conseiller du Roi et maître ordinaire en la chambre des comptes de Bretagne. C'est lui qui obtint, en 1647, des lettres du roi portant érection de la seigneurie du Lattay en châtellenie avec foires et marchés ; ces lettres furent vérifiées en la Cour et à la Chambre des Comptes de Bretagne, le 7 septembre 1648 et le 3 juillet 1649. Jean de Saint-Pern rendit aveu, le 31 mai 1666, à Jean-François de la Baulme le Blanc, chevalier, marquis de la Vallière, frère de la duchesse de la Vallière, qui avait épousé Gabrielle Glé, propriétaire de la baronnie de Bécherel, de la Costardaie, vicomtesse de Médréac, dame de Rophemel. Jean de Saint-Pern mourut en son château du Lattay, le 14 janvier 1672, vers 4 heures du soir ; les saints sacrements de pénitence, d'eucharistie et d'extrême-onction lui avaient été administrés par Messire Yves Nogues, son confesseur ordinaire ; et il fut inhumé, le 16 du mois, dans son enfeu, en l'église de Guenroc, au côté de l'évangile, près du grand autel (Registre des sépultures de la paroisse de Guenroc, année 1672). De son mariage avec Hélène de la Noüe naquirent au Lattay les enfants dont voici les noms : Charles-Joseph, né en 1641 ; Léonore, née en 1642 ; Gabriel-Vincent en 1648. Les autres, qui ne naquirent pas au Lattay, sont Marguerite, plus âgée que les précédents, et Pierre qui, né en 1635, fut seigneur du Lattay et président au Parlement de Bretagne. Charles fut chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et mourut le 23 décembre 1675, à Dinan ; son corps fut enterré le 24, dans le cimetière de Guenroc, près de la croix, comme il l'avait demandé. Ses obsèques furent faites par le doyen de Plumaudan, en présence des recteurs de Saint-Juvat, de Saint-Maden, de Tréfumel et de plusieurs autres prêtres (Registre des sépultures de la paroisse de Guenroc, année 1675). MM. Geslin de Bourgogne et de Barthélemy disent que les Etats tenus à Saint-Brieuc en 1677 rachetèrent le chevalier du Lattay, prisonnier aux mains des Turcs (Anciens évêchés de Bretagne, par J. Geslin de Bourgogne et A. de Barthélemy, t. II, p. 209) ; mais, comme il était mort près de deux ans auparavant, je pense qu'il faut croire que les Etats remboursèrent la personne qui avait payé sa rançon. Son frère aîné, Pierre, seigneur du Lattay et président aux enquêtes au parlement de Bretagne, se maria trois fois d'abord en 1666, à Vincente Le Gouvello ; puis, en 1682, à Yolande-Françoise de la Marche ; sa troisième femme fut Marie-Céleste Eberard. Ses enfants furent : Jean-Bertrand, né en 1683 ; Louis-Célestin ; Pierre, chevalier du Lattay, mort à l'âge d'environ 22 ans en 1708 ; Léonore-Hélène, née en 1684. Le roi vendit à l'un des trois premiers membres de la maison de Saint-Pern qui furent seigneurs du Lattay, le bailliage des Mailles ou de Pestivien, qui avait cours dans les paroisses de Plumaudan, Saint-Maden, Saint-Juvat et Brusvily (Acte notarié de l'année 1719). Pierre de Saint-Pern mourut en 1698, laissant la seigneurie à son fils aîné Jean-Bertrand, qui mourut en 1704, à l'âge de 20 ans. Peu de temps avant la mort de ce jeune seigneur, le 4 juin 1704, Gabrielle Glé, marquise de la Vallière, baronne de Bécherel, dame du palais de la feue reine, veuve de Jean-François de la Baulme le Blanc, lieutenant-général pour le roi et gouverneur de la province du Bourbonnais, la baronne de Bécherel, dis-je, lui afféagea la terre et seigneurie de Rophemel avec les métairies de Rophemel, de la Gilbert ou Gillebert, de Beaurocher et autres. Le frère de Jean-Bertrand de Saint-Pern, Louis-Célestin, conseiller au Parlement, d'abord chevalier du Lattay, lui succéda comme seigneur de cette châtellenie. Du mariage de ce nouveau seigneur avec Françoise-Gillette de Kersauson naquirent huit enfants, dont cinq au moins moururent en bas âge, et dont l'aîné, Pierre-Placide, naquit en 1720. Dans ce temps, le sénéchal de la juridiction du Lattay n'était autre que François de Châteaubriand, grand-père de l'illustre écrivain ; il était propriétaire de la maison noble des Touches, en la paroisse de Guitté. Louis-Célestin de Saint-Pern mourut en 1730 et sa veuve en 1747. Son fils aîné, Pierre-Placide-Marie-Anne, qui lui succéda, devint « lieutenant de Nos Seigneurs les Mareschaux de France ». De son mariage avec Jeanne-Hiéronyme-Charlotte de Cornulier naquirent deux enfants : Louis-François-Toussaint et Marie-Jacques-Ange-Jean-Claude-Toussaint. Veuf en 1755, il épousa, en 1761, Nathalie de la Bourdonnais de Liré, qui lui donna deux autres enfants : Madeleine-Charlotte et Gabriel-Placide-Emmanuel-Jean-Baptiste. Je ne sais pas si c'est ce seigneur qui annexa à la seigneurie du Lattay le bailliage de Saint-Georges, près de Trédias ; mais cette annexion était faite en 1758 (Acte notarié de 1758). Elle fut annulée ensuite. Voici le lieu de faire connaître les droits singuliers de la seigneurie du Lattay, parce que, si quelques-uns étaient très anciens, plusieurs furent établis peu de temps avant la Révolution par Pierre-Placide de Saint-Pern. M. de la Borderie a dit avec raison dans son cours d'histoire de Bretagne fait à la Faculté des lettres de Rennes (conférence du 21 janvier 1892) que plusieurs droits féodaux étaient de nature à égayer les spectateurs et avaient le caractère de fêtes et de divertissements populaires. Ceux du Lattay vont nous en fournir des exemples. Depuis un temps immémorial, « de tous temps », disait le sénéchal dans ses arrêts, le seigneur du Lattay était en droit et en possession de faire faire le guet de garde par ses hommes et vassaux du bailliage de Prédalun, qui devaient tous s'assembler le 29 août, jour de la fête de la décollation de saint Jean-Baptiste et veille de la fête de saint Fiacre, à deux heures de l'après-midi, dans la cour du château du Lattay, pour ensuite marcher « d'ordre», c'est-à-dire en rangs, et faire la conduite du seigneur et de ses officiers de ce lieu par « les rues et carrefours de la ville de Guenroc » (La ville de Guenroc, qui serait appelée bourg s'il n'y avait pas un marché, serait regardée comme un très petit village dans un autre pays que la Bretagne), y faire le guet et la garde pendant la durée de la « foire et assemblée » de saint Jean, saint Julien et saint Fiacre. Les marchands forains qui voulaient vendre, étaler et débiter leurs marchandises, devaient aussi assister à cette cérémonie pour espadonner du bâton et faire nommer parmi eux un syndic chargé de juger les contestations qui pouvaient survenir pendant la tenue de cette assemblée. Pour que le seigneur put nommer ce syndic, ils devaient lui donner leurs noms 24 heures avant ce jour. Défense était faite aux marchands forains qui ne s'étaient pas présentés de déplier, vendre ni débiter aucune marchandise sans l'exprès consentement du procureur fiscal (Archives des Côtes-du-Nord, aujourd’hui Côtes-d’Armor, B, 1225). Les vassaux des autres bailliages que celui de Prédalun n'avaient pas l'obligation de faire le guet. Le seigneur et ses officiers faisaient ce jour-là, 29 août, dans le bourg et en plein air, une collation, dont les aliments étaient fournis par un certain nombre de redevanciers, Nous voyons dans un acte de réformation d'aveu, de l'année 1747, que Jacques Gaudin et Jeanne de Saint-Jean, sa femme, devaient continuer à fournir au seigneur du Lattay, à ceux de sa compagnie et à ses officiers, chaque jour de la décollation de saint Jean-Baptiste, le 29 août de chaque année, à l'heure ordinaire du guet, devant la maison des dits Gaudin et femme, une table couverte d'une nappe blanche, avec des sièges autour, deux pots de vin rouge bon et « compétent », des verres nets, deux sous de pain blanc et deux sous de beurre. Voilà ce qui était dû probablement depuis une haute antiquité par les auteurs de Jacques Gaudin ou de sa femme ; mais en vertu de l'acte de 1747, ceux-ci devaient, en outre, en compensation des diminutions, faites à eux par le seigneur, des arrérages qu'ils lui devaient, fournir six cuillers de bois, six fourchettes d'acier ou de fer et six assiettes d'étain pour le service de la collation seulement ; les propriétaires de cette vaisselle la reprenaient ensuite ; et cette redevance les exemptait du droit de bouteillage pour raison des boissons qu'ils débitaient dans leur maison et sur leur déport pendant la durée de « l'assemblée et foire » de saint Fiacre ; mais ils assistaient au guet comme les autres vassaux ; le tout sous peine de 3 livres 4 sous d'amende et du paiement des fournitures qui manqueraient. Sur la table qu'ils fournissaient tous les autres vassaux devaient déposer aussi leurs redevances. En 1748, Pierre-Placide de Saint-Pern fit un afféagement à Jean Lévenard à charge de porter, le 29 août, sur la table placée par Jacques Gaudin devant sa porte, deux douzaines de poires de mouille-bouche rousse ou verte, venant d'un poirier greffé, et d'assister au guet ; cette rente était estimée valoir deux sous tournois, mais, à défaut de paiement, l'amende était de trois livres quatre sous, comme pour toutes les autres redevances non payées. Pour un afféagement fait en 1750, Jacques Legalais, représentant Mathurin Colombel, devait apporter un pigeonneau de l'année huppé, sain de tous ses membres, avec une poignée de froment sur une assiette d'étain, qui devait être rendue à l'afféagiste. Celui-ci devait en outre cent cerneaux de noix de noyer dans un plat de terre bien net avec de l'eau fraîche, dans laquelle il devait mettre une poignée de sel. Le 30 septembre 1751, Pierre-Placide de Saint-Penn afféagea à Anne Bastas, veuve de maître Robert Legault, 30 pieds de long sur 12 de large, à se prendre derrière la halle ancienne de Guenroc, au bout vers midi, dans lequel terrain était commencée une nouvelle halle, à charge de payer sur la table fournie par Gaudin 24 sous tournois en 4 pièces de 6 sous, et six serviettes blanches, nettes et propres, pour le service dudit seigneur, de ses officiers et de ceux qui l'accompagnaient. Ladite Bastas et ses successeurs se ressaisissaient de ces serviettes après la collation faite. Suivant un acte de 1754, un afféagiste devait un poulet huppé et de plumage de deux couleurs différentes. Pour un afféagement de la même année, Mathurin Lefeuvre devait une caille mâle ou femelle, qu'il lui était permis de prendre sur les fiefs du seigneur du Lattay, et qui devait être vivante et saine de tous ses membres. Dans l'année 1755, plusieurs pièces de terre furent afféagées à douze personnes, à charge seulement de fournir ensemble et solidairement une branche de fleurs artificielles d'immortelle poussée en quatre rameaux, liée par le pied avec une aune de ruban à fond d’or, tel qu'on en donnait aux baptêmes et d'une valeur de six livres ; lequel bouquet devait être présenté chaque fois que le seigneur, son fils aîné ou sa fille aînée se marieraient, dans le moment de l'arrivée de la dame au château du Lattay, par le plus âgé de ces douze afféagistes ou de leurs successeurs. Pierre-Placide de Saint-Pern fit en 1757 un afféagement pour un échaudé de la valeur de cinq sous, qui devait lui être fourni chaque année. Tandis que toutes les redevances que j'ai mentionnées jusqu'ici devaient être payées le 29 août, sur la table placée devant la maison de Jacques Gaudin, on voit un acte d'afféagement de 1757 qui impose à plusieurs afféagistes la charge de porter au château du Lattay trois chapons le jour de jeûne de la Toussaint, entre les deux soleils. Celles qui suivent devaient être présentées le même jour et au même lieu que les premières. Pour un afféagement de 1760, Mathurine Chouannière devait deux tourterelles saines de tous leurs membres. Pour un autre de la même année, Olivier Gaudin, de Vaupoulain, devait pour deux sous de pain blanc, six oeufs frais cuits durs, du sel blanc dans une salière propre et nette, de laquelle il se ressaisissait après le repas. Les redevances annuelles de Jacques Bougeard pour un afféagement fait en 1761 consistaient en une paire de ciseaux fins avec leur étui valant douze sous. Pour un afféagement de 1763, l'afféagiste devait douze livres en pièce de 12 sols et un couteau valant 8 sous. Tel autre afféagiste devait un casse-noisettes de façon ; Mathurin Bellebon devait un poulet bon et valable, volant à perche, et un sifflet « loyal et compétent » ; tel autre une paire de ciseaux fins valant 10 sous. Toutes les redevances qui viennent d'être énumérées résultent d'actes notariés que j'ai eus entre les mains. Celles qui vont suivre se trouvent indiquées dans un plumitif d'audiences de la juridiction du Lattay, qui est aux Archives des Côtes-du-Nord (aujourd’hui Côtes-d’Armor), et où l'on voit que, chaque année, le 29 août, à 2 heures après midi, dans la cour du château du Lattay, le sénéchal faisait l'évocation des vassaux obligés de payer des redevances, confirmait le droit, qu'avait le seigneur, de les exiger, et rendait un arrêt pour ordonner aux redevanciers de s'en acquitter ; mais ce document ne nous apprend pas par quel seigneur, ni en quel temps chacun des afféagements avait été fait. D'après ce plumitif, M. du Rocher de Boishoussaye, comme héritier de Mme de Kerrolland, devait une paire de gants blancs à usage d'homme ; Jean Brindejonc devait un chapon rôti ou un fromage de Livaro, deux sous de pain blanc, neuf poulets, 51 sous tournois en 4 pièces de 12 sous et le reste en monnaie ; les enfants de François Urvoy devaient une pipe fine à fumer, un demi-quart d'once de tabac et un morceau de bon lard rôti valant six sous ; les héritiers d'Yves Cadet devaient des pincettes avec un charbon ardent et 8 livres en argent ; Marguerite Postel devait une cruche de trois pots d'eau fraîche de la fontaine de Cariou ; Gilles Michel et sa femme devaient un plat de cailles de lait (caillebottes), pour 18 deniers de cassonade et quatre cuillers de buis ; Jean Bourdet devait un couteau ayant le manche en corne de cerf, 50 noisettes, 12 noix, un casse-noisettes de bois et 9 livres en monnaie blanche ; Raoul Regnault devait 4 livres 19 sous, une canne [Note : Telle est l'orthographe du greffier, mais j'incline à penser que c'est plutôt une cane ; je pense que c'est une volaille plutôt qu'un bâton ; cependant je n'en sais rien], un mouton blanc de l'année ayant un bouquet sur chaque corne et un troisième au bout de la queue, quatre quarterons d'épingles valant deux sous ; Pierre Tostivint devait battre du tambour. Ces redevances, qui sont de celles auxquelles M. de la Borderie attribue avec raison le caractère de fête et de divertissement populaires, paraissent cependant vexatoires à quelques personnes, qui ne connaissent pas très bien le fait d'où résulte leur raison d'être. Ce fait, c'est l'afféagement, lequel n'est pas autre chose qu'une vente dont le prix, au lieu d'être une somme une fois payée, consiste en une rente. C'est ainsi que le seigneur du Lattay vendit, comme on vient de le voir, telle pièce de terre pour une rente annuelle de deux douzaines de poires de mouille-bouche, telle autre pour une rente d'une cruche de trois pots d'eau fraîche. La plupart de ces afféagements étaient donc faits à très bon marché pour les vassaux, qui ne les trouvaient pas vexatoires, puisqu'ils les acceptaient sans que rien les y obligeât. J'imagine même que, le soir du 29 août, après avoir payé leurs redevances, pour continuer de se divertir, ils se livraient à la danse des Hollandais et des Français, comme c'était l'usage à la parbatte, c'est-à-dire à la fin de la récolte du blé noir. Cette danse se faisait deux à deux (Archives des Côtes-du-Nord aujourd’hui Cotes-d’Armor, B, 1225). Pierre-Placide de Saint-Pern bâtit une nouvelle halle à Guenroc en 1751. L'année suivante, il afféagea l'auditoire ; mais une clause du contrat portait que l'afféagiste ne pourrait le démolir qu'après un an, délai dans lequel le seigneur espérait en faire bâtir un autre. Cet auditoire neuf était achevé en 1755, année dans laquelle le seigneur du Lattay donna à bail une forge placée au-dessous, le locataire s'engageant à ne pas forger pendant la tenue des audiences. Mais il n'y avait pas de prison en 1768 ; on le voit dans une requête de M. Jean Lecoq, procureur fiscal de la juridiction et châtellenie du Lattay, lequel dépose des conclusions tendant à ce qu'un habitant de Guenroc, inculpé d'en avoir tué un autre, soit appréhendé au corps et constitué prisonnier dans les prisons de la juridiction de Couëllan, au bourg de Caulnes, par emprunt de territoire, faute de prison de la seigneurie du Lattay. Pierre-Placide de Saint-Penn fit construire le Lattay tel qu'on le voit aujourd'hui, et planter des avenues autour de ce château. Mais ses dépenses et ses prodigalités l'ayant ruiné complètement, l'obligèrent de vendre le Lattay, en 1769, en s'en réservant l'usufruit, comme on le voit dans un acte notarié, par lequel l'acquéreur Yves Reslou, donnant à bail, en 1774, la métairie et le manoir noble de Beaurocher, fait « le fait valable pour Messire Pierre-Placide de Saint-Pern, comte du Lattay, usufruitier de la dite seigneurie du Lattay ». C'est à Rennes, dans son hôtel, qu'il mourut, en 1784 ; sa veuve conserva encore le titre de comtesse du Lattay, quoiqu'elle n'eût pas l'usufruit de la seigneurie. L'acquéreur de cette terre fut Maître Yves Reslou, sieur de la Tisonnais, conseiller secrétaire du Roi, procureur de Sa Majesté en la sénéchaussée de Dinan, qui la transmit à sa fille Thérèse-Marie Reslou de la Tisonnais, mariée à Jacques-Louis Poisson, chevalier, seigneur de Gastines, chevalier de Saint-Louis, major du régiment royal infanterie, qui fut le dernier seigneur du Lattay. François-Marie Gardin, négociant, armateur à Saint-Malo, en était propriétaire en 1792 (Joseph Janvier).

Ville de Guenroc (Bretagne).

Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence de 2 nobles de Guenroc :

Eustache BECHART de la lande (40 livres de revenu) : comparaît revêtu d’une robe ;

Alain DU CELLIER de la Roche (200 livres de revenu) : comparaît comme homme d’armes ;

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