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ABBAYE NOTRE-DAME DE BEAULIEU |
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Abbaye Notre-Dame de BEAULIEU - Mégrit
Cette abbaye (Abbatia Beatoe Marioe de Belloloco), qui se trouvait dans la paroisse de Mégrit, ancien diocèse de Saint-Malo, est fondée en 1170 par Rolland de Dinan, fils d'Alain, seigneur de Bécherel, pour huit religieux de l'ordre de Saint-Augustin. On dit qu'elle porta d'abord le nom de Notre-Dame-du-Pont-Pilard, parce qu'elle fut primitivement établie près d'un pont où se trouvait une image de la sainte Vierge. Rolland de Dinan ayant, en 1663, donné aux Chanoines réguliers sa terre de Beaulieu, l'abbaye y fut transférée et a depuis lors, porté ce dernier nom. La Chronique de Nantes attribue cet honneur à Juhel, seigneur de Mayenne, qui avait épousé Gervaise, dame de Dinan. Mais Beaulieu était fondé avant cette alliance de Juhel avec Gervaise, qui ne peuvent être regardés que comme bienfaiteurs de cette abbaye. Il paraît que la dotation de cette maison avait souffert de l'injure des temps, car il n'y avait que trois chanoines réguliers à l'époque de sa suppression, en 1791. Les bâtiments n'offrent plus aujourd'hui qu'un amas de ruines. L'abbé jouissait d'un revenu de seize cents francs. E. (?) est le premier abbé de Beaulieu que l'on trouve dans les actes du XIIème siècle. Il est témoin de l'accord fait en 1199 entre Guillaume de Lohéac et Amauri de Montfort, qui se disputaient la cure de Guer. Guillaume Ier du nom approuve, en 1209, le règlement fait entre son chapitre et celui de Saint-Malo, touchant les dîmes de Saint-Pierre-de-Caulne. B. reçoit, en 1226, la donation faite à son chapitre et à celui de Saint-Malo par Geoffroy de La Roche, chevalier, d'une portion de dîme dans la paroisse de Caulne, nommé Listernoc. Il est un des commissaires nommés par le pape Grégoire IX, en 1231, pour juger le différend que Pierre, évêque de Saint-Malo, et son chapitre avaient avec Hamon de Querhiriac pour les dîmes de Brons. Guillaume II meurt le 8 mai, suivant le nécrologe de Saint-Jacques de Montfort. Jean décède le 11 novembre, selon le même nécrologe. Guillaume III scelle, en 1298, un acte passé entre le prieur de Léhon et Guillaume Menguy touchant le moulin de la Haye de Dinan. Robert donne quittance, en 1307, aux exécuteurs testamentaires du duc Jean II, de la somme léguée par ce prince à son monastère. Il reconnaît, en 1322, que le prieur de Bécherel était exempt des droits de coutume qui appartenaient à l'abbé de Beaulieu pendant les foires de Plumaudan. On ignore l'année de sa mort, mais le jour en est marqué dans le nécrologe de Rillé au 29 septembre. Jean Le Bon est abbé en 1361, suivant un acte de son abbaye, et meurt, semble-t-il, en 1363. Guillaume de Lesquen tient le siège abbatial en 1374. Il est inhumé dans l'église, et l'on voit les armes de Lesquen sur son tombeau. Guillaume Du Val, succède au précédent en 1391, assiste aux Etats de Vannes en 1398 et meurt en 1405. Guillaume Le Flo est en 1406 recommandé au duc Jean V par l'antipape Benoît XIII. Le duc reçoit cet abbé, et le met au nombre des conseillers. Guillaume se démet en 1426, et meurt au mois de juillet 1427. Guillaume Boutier, conseiller et aumônier du duc Jean V, est en 1426 pourvu de l'abbaye de Beaulieu par le pape Martin V, sur la démission de son prédécesseur. Son mérite et ses bonnes qualités le font élire deux fois évêque de Saint-Malo. Mais ces mérites ne sont pas assez connues du pape pour en obtenir des bulles, de sorte qu'après bien des poursuites faites par le duc, par les chanoines de Saint-Malo et par l'abbé même, il est obligé de rayer de ces titres celui d'élu de Saint-Malo. On ne sait pas précisément l'année du décès de cet abbé, qui vit encore en 1467. Marc Gruel succède à Guillaume Boutier, son parent. Il possède cette dignité en 1470 et en 1476, selon quelques actes de son abbaye. Guy Le Lionnais, chanoine de Rennes, obtient l'abbaye de Beaulieu en commende, vers l'an 1477, et il est élu évêque de Rennes, en 1501, à la place de Michel Guibé, mais les chanoines, ayant su que la cour n'approuvait pas ce choix, rétractent, le 3 mars de la même année, tout ce qu'ils avaient fait à ce sujet. Guy se démet de son abbaye en 1517 en faveur de Mathurin Glé, son neveu. Le pape Léon X admet sa résignation, à condition qu'il se réserve le titre de commendataire et la jouissance de tous les biens de l'abbaye. Guy meurt le 18 juin 1528 et il est inhumé dans son église. Mathurin Glé, religieux de l'abbaye de Beaulieu, est pourvu de la cure de Mégrit par le cardinal Briçonnet, le 13 mars 1504. Le pape Léon X lui donne l'abbaye de Beaulieu le 23 janvier 1517, aux conditions marquées ci-dessus. En qualité d'abbé de Beaulieu et de prieur des prieurés de Mégrit et de Corseult, il assiste aux Etats de la province, ouverts le 24 septembre 1522. Guy Le Lionnais, son bienfaiteur, étant décédé en 1528, il entre en jouissance du revenu de l'abbaye, dont il n'avait eu jusqu'alors que le titre. Il assiste au couronnement du duc François, dauphin de France en 1532, et meurt en 1545. Simon de Maillé n'a d'abord que l'économat de Beaulieu, mais il en est fait abbé en 1456. Il prête le serment de fidélité au roi, en cette qualité, dans le courant de l'année 1551, puis il est placé sur le siége de Tours en 1554, se démet de son abbaye en 1571, et meurt archevêque de Tours en 1597. Urbain de Rotais est pourvu en 1571, confère la cure de Goudelin, près de Châtelaudren, en 1583, et vit encore en 1595. Claude Glé, sieur de La Roche, conseiller-clerc au parlement de Bretagne, est abbé en 1599, et fait serment de fidélité au roi dans sa chambre des comptes de Bretagne en 1600. On ne sait en quelle année il meurt. Charles de Bourgneuf, transféré de l'évêché de Saint-Malo à celui de Nantes, est pourvu de l'abbaye de Beaulieu vers l'an 1608, et meurt à Chartres le 6 juin 1617. Gilles Gasselin, chanoine de Saint-Germain de Mortain et aumônier de la reine Marie de Médicis, obtient du pape Paul V l'administration de l'abbaye, par bulles du 18 décembre 1617, et meurt en 1624. François Langlois, de la maison de Prémorvan et du Plessis-Meen, en Bretagne, est nommé à l'abbaye de Beaulieu en 1625. Mais, s'étant attiré quelques fâcheuses affaires, il est arrêté, mis en prison à la Bastille, sous le ministère du cardinal de Richelieu, et il y meurt après avoir été obligé de se démettre de son abbaye en 1628. Claude Philippe Le Clerc du Tremblay, prend possession de l'abbaye le 18 juin 1628, étant encore écolier de l'université de Nantes. Il était né à Paris d'une ancienne famille, et il est devenu illustre par divers emplois dont le roi l'avait honorée. Son père était gouverneur de la Bastille et très proche parent du fameux P. Joseph, Capucin, qui eut tant de part au gouvernement sous le ministère du cardinal de Richelieu. Soutenu d'une telle faveur, Claude obtient encore l'abbaye de Mondée, au diocèse de Bayeux, et il est fait dans la suite chanoine de Notre-Dame de Paris, conseiller et aumônier du roi. Le pape qui refuse le chapeau de cardinal au P. Joseph, offre de le donner à l'abbé de Beaulieu, son neveu. Mais le roi, qui avait demandé cette faveur pour l'oncle, ne juge pas à propos d'en faire jouir le neveu. Claude introduit la réforme de sainte Geneviève dans son abbaye le 21 août 1659, et meurt le 5 septembre 1704, âgé de 91 ans. Il est inhumé dans l'église de Notre-Dame de Paris, comme ancien chanoine de cette métropole. Il est à sa mort, le seul bénéficier de France qui avait été nommé par Louis XIII. Edouard Bargedé, chanoine, chantre et grand vicaire de Nevers, est nommé, le 1er novembre 1704, abbé de Beaulieu. Ayant été l'année suivante placé sur le siége de Nevers, il remet au roi son abbaye. Ce prélat décède en 1719. N. Boterel de La Bretonnière, originaire de Bretagne, est pourvu de l'abbaye sur la démission du précédent. N. Tiercent de Ruellan, chanoine et grand vicaire de Rennes, est nommé en 1738. N. de Montlouet, grand vicaire de Dol, obtient l'abbaye de Beaulieu en 1749, et la conserve jusqu'à l'année 1755, qui est sans doute celle de sa mort. N. de Pontual, vicaire général de Vannes, devient abbé de Beaulieu en 1755, et en jouit jusqu'en 1789, l'année de sa mort. Il n'a pas de successeur, l'Assemblée Nationale ayant dès cette même année décrété la spoliation de l'Eglise de France.
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