|
Bienvenue chez les Saint-Thualais |
SAINT-THUAL |
Retour page d'accueil Retour Canton de Tinténiac
La commune de
Saint-Thual ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de SAINT-THUAL
Saint-Thual vient de saint Tugdual ou Tudual (fondateur du monastère de Tréguier et évêque de cette ville au VIème siècle).
Saint-Thual est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Plouasne (Côtes-d'Armor). La paroisse de Saint-Thual existait déjà, semble-t-il, en 848. Dès l'origine, la paroisse de Saint-Thual dépend du diocèse de Dol (VIème siècle) : elle appartient probablement au régaire épiscopal de Dol. Saint-Thual prend le nom de Mottay-Tual pendant la Révolution.
Le Pouillé de Rennes stipule que, enclavée dans le diocèse de Saint-Malo, la paroisse de Saint-Tual (aujourd'hui Saint-Thual) est fort ancienne et doit remonter, comme toutes les enclaves, aux origines mêmes du diocèse de Dol, dont elle faisait partie. Au XIVème siècle, l'évêque de Dol recevait encore du recteur de Saint-Thual une pension de 20 sols (« Sanctus Tugdualus : Episcopus confert, visitat et habet XX sol. pensionis per totum » - Pouillé ms. de Dol au XIVème siècle). Ceci semble indiquer que primitivement cette enclave avait dû appartenir au regaire épiscopal de Dol. En 1682 la paroisse était divisée en trois traits, appelés le Bourg, Bellenoë et le Grand trait. En 1790, M. Rolland, recteur de Saint-Thual, déclara que sa cure avait un revenu de 900 livres (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 1 V, 29). De nos jours (vers la fin du XIXème siècle) l'ancien bourg de Saint-Thual a été abandonné parce qu'il se trouvait sur les limites de la paroisse ; l'on commence à construire un nouveau bourg autour de l'église récemment bâtie au centre même de la population (Pouillé de Rennes).
La seigneurie de Saint-Thual semble avoir appartenu d'abord à la famille le Vayer, puis à Arthur de Richemont, connétable de France et futur duc de Bretagne sous le nom d'Arthur III (en 1419), et aux familles de Maillé, de Richemont, Hingant seigneurs du Hac (en 1473), de Tournemine (en 1540), et à Jeanne de la Motte de Vauclair future épouse du marquis de Rosmadec (en 1609). Ces derniers vendent la propriété en 1612 à la famille Frotet seigneurs de la Landelle. Elle passe ensuite entre les mains successives des familles du Breil de Pontbrian (en 1691), Rogon seigneurs de Carcaradec (vers 1740), Baude seigneurs de la Touche, de Poilvilain comtes de Crenay (avant 1769) et Baude de la Vieuville marquis de Châteauneuf (en 1769). Cette dernière famille l'avait encore en 1789.
Au XIVème siècle, Olivier de Mauny est cité comme seigneur de Lesnen, en Saint-Thual. La seigneurie de Lesnen est une châtellenie d'ancienneté avec un droit de haute justice. Propriété des seigneurs de Lesnen, puis des familles de Mauny (en 1380), du Chastellier vicomtes de Pommerit (en 1473), du Chastel (en 1522), de Rieux seigneurs de Châteauneuf (vers 1560), Gouyon barons de la Moussaye (en 1570), Frotet seigneurs de la Landelle. Elle a ensuite les mêmes possesseurs que la seigneurie de Saint-Thual.
Le bourg de Saint-Thual déménage en 1872-1873. On voyait autrefois au Vieux-Bourg l'auditoire, le pilori et les ceps et collier de la seigneurie de Saint-Thual.
On rencontre les appellations suivantes : Parochia Sancti Tugduali (au XIVème siècle), ecclesia de Sancto Tugdualo (en 1516).
Note 1 :
en 1680, le droit de nommer le maître d'école de Saint-Thual appartenait au
prieur de Bécherel (Archives Nationales, P. 1720).
Note 2 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Saint-Thual : Gilles Louvel (vers 1480). Jean Aubert (fils de Jean Aubert et de Raoulette Fillaud ; décédé le 7 mai 1541). Hamon Levesque (en 1629). Julien Denoual (en 1631). Pierre Coaspel (il permuta en 1642 avec le suivant). Julien Rolland (précédemment recteur de Saint-Guinoux, il prit possession le 18 mai 1642). Mathurin Baudouin (il résigna en faveur du suivant). Julien Brugalé ou Burgalé (pourvu le 11 juillet 1652, il signa la soumission du clergé à la constitution d'Alexandre VII en 1661). Thomas Le Tellier (en 1682). Claude de Launay (décédé en septembre 1719). Jean-Malo Ollivier (sieur du Beffroy, prêtre de Dol, pourvu le 16 octobre 1719, il prit possession le 25 ; il permuta avec le suivant). Augustin Robert (précédemment recteur de Saint-Georges-de-Gréhaigne, il prit possession le 9 décembre 1727 ; décédé en 1740). Julien Avril (prêtre de Dol et vicaire à La Boussac, pourvu le 28 avril 1740, il prit possession le 2 mai ; décédé en 1777). Jean Rolland (recteur de Saint-Léonard, il fut pourvu en cour de Rome et prit possession le 3 novembre 1777 ; il gouverna jusqu'à la Révolution, pendant laquelle il mourut à Saint-Thual). Julien Biffart (en 1803). Julien Regéard (1804, décédé en 1847). Edouard Huet (1847, décédé en 1879). Augustin Levitre (à partir de 1879),.....
![]()
PATRIMOINE de SAINT-THUAL
l'église Sainte Trinité (1866-1874), oeuvre de l'architecte Edouard Brossais. La première pierre est posée le 19 mars 1866 et l'église est bénite par Mgr Saint-Marc le 9 juin 1874. Cette église marque le centre du nouveau bourg déplacé en 1872-1873. Dédiée à saint Tugdual et à saint Samson, l'ancienne église de Saint-Thual ne manquait point d'intérêt. C'était une simple nef à chevet droit accostée au Sud d'une belle chapelle seigneuriale. Cette nef avait conservé au Nord les caractères architectoniques du XIème siècle, et l'on y voyait deux fenêtres romanes en forme de meurtrières. Le chevet droit était ajouré d'une fort belle fenêtre ogivale. Au Sud, et séparée du chanceau par deux élégantes arcades en granit sculpté de style ogival fleuri, se trouvait la chapelle des seigneurs de Lesnen ; on y remarquait deux riches fenêtres flamboyantes, l'une à l'Est, au-dessus de l'autel, l'autre au Midi. Le bas de la nef et la façade occidentale étaient plus modernes, et au-dessus de la grande porte on voyait gravée la date de 1639. Sur la façade et tout autour de l'édifice apparaissaient des écussons placés dans des cartouches en forme de bannières et formant extérieurement une litre seigneuriale. C'était au marquis de Châteauneuf qu'appartenait le droit de seigneur supérieur à Saint-Thual, comme il le déclara en 1687 et 1788. Quant au droit de fondation et aux autres prééminences, ils appartenaient au XIVème siècle au seigneur de Lesnen, mais au XVIIIème siècle le seigneur de Saint-Thual en jouissait (nota : la seigneurie de Saint-Thual, qui ne figure point dans les Réformations de 1513, fut vendue en 1612 par Jeanne de la Motte, marquise de Rosmadec, à Nicolas Frotet, seigneur de la Landelle, dont la famille la posséda longtemps). Olivier de Mauny, seigneur de Lesnen (nota : la seigneurie de Lesnen était une bannière possédée successivement par les familles de Lesnen, de Mauny, du Chastellier, du Chastel et Gouyon de la Moussaye. Le seigneur de Lesnen jouissait de quelques droits féodaux singuliers : ses vassaux de Tressoulail lui devaient le samedi de Pâques « un chevreau et une poignée de vinette », et d'autres « un chapeau de roses vermailles » - Mélanges d'histoire et d'archéologie bretonne, II, 249), cousin germain de Bertrand Du Guesclin et lui-même l'un des plus hardis capitaines de son temps, faisant son testament le 22 janvier 1390, choisit sa sépulture dans sa chapelle prohibitive, sise en l'église de Saint-Thual, et dont nous venons de parler. Là se trouvait, en effet, l'enfeu des seigneurs de Lesnen, où reposait déjà le père d'Olivier de Mauny. L'on y voyait leurs armoiries : d'argent au croissant de gueules, peintes sur les vitraux et sculptées à la voûte, ainsi que sur les pierres tombales. Sur la place s'étendant devant cette église est une statue de saint Joseph érigée par les soins du recteur, M. Huet, « qui faisait de ce glorieux patriarche le confident de toutes ses peines et de ses espérances » (Pouillé de Rennes). Comme nous venons de le dire, l'ancienne église, qui a été démolie, se composait d'une nef à chevet droit, accostée au Sud d'une chapelle prohibitive aux seigneurs de Lesnen. Cette chapelle prohibitive renfermait un enfeu aux armes de la famille de Lesnen et ses vitres et sa voûte portaient les armes de la famille de Mauny, seigneurs de Lesnen au XIVème et au XVème siècles. La maîtresse-vitre renfermait les armes en alliance des familles Frotet et Picot. L'église était entourée extérieurement d'une litre aux armes de Nicolas Frotet et de Servanne Picot, son épouse (seigneurs de Saint-Thual de 1612 à 1691). Deux pierres tombales se voyaient jadis dans le choeur ; | |
|
la chapelle Saint-Aragon (1739), dépendant du manoir de Lesnen. Il s'agit d'une ancienne chapelle reconstruite en 1739 ; | |
|
la croix commémorative (1892), surnommée encore "le Bon Dieu neisse" ; | |
|
la croix de Lorraine (XVIIème siècle), située autrefois au "Vieux Bourg" ; | |
le
château du Logis (XVIIème siècle), édifié par la famille Frotet. Il
s'agit de l'ancien
manoir de la Gouesnaye qui semble avoir été au XVIème siècle la maison
seigneuriale de la paroisse de Saint-Thual. Ruiné pendant la Ligue, il a
été réédifié par la famille Frotet au milieu du XVIIème siècle sous
le nom de "Château de Saint-Thual". Il possède un colombier (XVIIIème
siècle) et
sa chapelle privée a été reconstruite en 1759. En effet, l'ancienne
chapelle du château de Saint-Thual étant tombée en ruine, François Baude,
seigneur de Saint-Thual, la fit rebâtir en l'honneur de la très Sainte
Vierge ; puis, par acte du 26 avril 1759, il y fonda cent cinquante messes
par an, pour tous les dimanches et fêtes et certains jours désignés par
lui ; il dota cette fondation de 150 livres de rente et en réserva la présentation
au seigneur de Saint-Thual. L'ordinaire approuva ces actes le 25 mai
suivant, et le 17 juin. Guillaume Heurtault de la Villemorin, chanoine de
Dol, fut pourvu de ce bénéfice, dont il prit possession le 7 septembre
1759 (Pouillé de Rennes). | |
le château de Tourdelin (XVI-XVIIème siècle). Propriété de Pierre de Tourdelin (ou Troudelain) en 1480. Il possède une chapelle privée récemment restaurée et une fuie sommée d'un toit en dôme. On voit près du château la base d'une croix provenant, semble-t-il, du manoir de Lesnen : elle porte les armes de Jean de Mauny seigneur de Lesnen, décédé en 1473, et de son épouse Jeanne Ruffier. Il deviendra plus tard la propriété de la famille Patard de la Vieuville, puis de la famille Pleuvier de la Pontais ; | |
|
le manoir de Lesnen (XVIII-XIXème siècle), situé route de Longaulnay. Il conserve une chapelle restaurée et dédiée à saint Aragon (jadis aux Saints Coeurs de Jésus et de Marie), ainsi que des douves. Le service religieux de la chapelle de Lesnen était assuré par le chapelain Guy Grandjouan, en 1632 (décédé le 23 juin 1662). Il possédait autrefois une fuie, aujourd'hui disparue. Au XIVème siècle, le domaine de Lesnen appartient à la famille de Mauny. Olivier de Mauny qui s'illustre au siège de Rennes en 1357 est le cousin de Bertrand Du Guesclin. Propriété de Jehan de Saint-Aubin en 1480 ; | |
|
les
moulins
à eau des Vallées, du Haut, de Bas, de la Bellengerais ; |
A signaler aussi :
|
l'ancien Château de Lauriol (ou de Lauréolle, de Lecrioul, de Séligny), situé route de Saint-Domineuc au Quiou. Il était construit sur une motte entourée de douves ; | |
|
l'ancien manoir de la Marre, situé route de Trimer à Trévérien. Propriété de Georgette de Meul, veuve de Jean le Sage, en 1513 ; | |
|
l'ancien manoir de Tresleau, situé route de Bécherel à Evran. Propriété de la famille Ravart en 1513 ; | |
|
l'ancien manoir de Trésoleil, situé route de Saint-Domineuc au Quiou. Propriété des seigneurs de Tourdelin en 1513 ; | |
|
l'ancien manoir de la Bellangerais, situé route de Longaulnay. Propriété de la famille de Lespinay seigneurs de la Ville-Gérouart en 1513 ; | |
|
l'ancien manoir de la Motte-Rouxel, situé route de Longaulnay. Propriété de la famille le Bel en 1513 ; | |
|
l'ancien manoir de la Pironnais, situé route de Longaulnay. Il possédait jadis une chapelle privée, aujourd'hui disparue. Propriété de la famille Brunel en 1513 ; | |
|
l'ancien manoir du Bas-Lesnen, situé route de Saint-Domineuc au Quiou. Propriété de Georgette de Meul, veuve de Jean le Sage, en 1513 ; |
![]()
ANCIENNE NOBLESSE de SAINT-THUAL
La seigneurie de Lesnen : Dans la paroisse de Saint-Thual (ou Saint-Tual) se trouvait une vieille seigneurie qui donnait son nom à une noble race. Lesnen était son nom. Jean de Lesnen en 1374 et Olivier en 1379 servaient comme écuyers sous le drapeau du duc de Bretagne. Georges de Lesnen, chanoine de Nantes et médecin du vertueux prince Charles de Blois, partagea sa captivité en Angleterre en 1348 et déposa après sa mort en faveur de sa canonisation. Enfin en 1380, Michel de Lesnen, écuyer sous les armes, scella une quittance de son sceau portant son blason : trois haches d'armes au franc quartier chargé de douze rustres, 4, 4, 4 (Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, II 5, 81, 205 et 265). Toutefois, à cette dernière époque, Lesnen n'appartenait plus à la famille qui portait ce nom : c'était la propriété d'un vaillant chevalier banneret, Olivier de Mauny, cousin de du Guesclin. Il suivit l'illustre connétable dans toutes ses campagnes et laissa la réputation d'un des plus hardis capitaines de son temps. Il était fils d'Hervé de Mauny, qui devait être lui-même seigneur de Lesnen, car son corps reposait en la chapelle de ce nom dans l'église de Saint-Thual. Cet Hervé, de Mauny avait épousé une fille de Guillaume du Guesclin, oncle du connétable, et devait avoir eu pour mère une dame de Lesnen. Revenons au compagnon d'armes de du Guesclin : retiré en 1390 en son manoir de Lesnen, Olivier de Mauny y fit son testament le 22 janvier. Sa femme, Marguerite de Québriac, avait dicté le sien quelques mois auparavant, le 9 juillet 1389. Ces deux testaments nous ont été conservés (Archives d'Ille-et-Vilaine, fonds Hévin) et méritent qu'on s'y arrête un instant. Olivier de Mauny ordonne qu'on l'enterre près de son père, en la chapelle que les seigneurs de Lesnen avaient bâtie dans l'église de Saint-Thual, et il veut qu'on dépose dans sa propre châsse le coeur de son fils Jean, précédemment décédé. Il lègue aux pauvres 60 cottes de drap, 30 paires de draps, 30 chemises et 60 paires de souliers ; il laisse diverses aumônes aux églises de Dinan et à l'abbaye du Mont Saint-Michel, ainsi qu'aux ports de mer en Rance : Establehon, Jouvante et Dinart. Quant à Marguerite de Québriac, ses dernières volontés sont qu'on dépose son corps en l'église des Dominicains de Dinan, qu'on fasse des aumônes aux églises de Miniac, Châteauneuf et Saint-Père, et qu'on envoie des pèlerins prier pour son âme à Saint-Jacques en Galice, à Rocamadour, à Saint-Eutrope de Saintes, à Saint-Fiacre en Brie et à Notre-Dame de Chartres. Olivier de Mauny laissait trois fils : l'aîné, nommé également Olivier, devint après lui baron de Marcé en Normandie et seigneur de Lesnen, et en 1404 il assista comme témoin du roi de France à l'hommage que lui rendit le duc de Bretagne (De Couffon, La Chevalerie de Bretagne, II, 35). Son successeur fut son fils Jean de Mauny, appelé en 1451 à siéger aux Etats de Bretagne, réunis à Vannes, au rang des chevaliers bannerets, en qualité de seigneur de Lesnen. Il mourut en juin 1473, laissant veuve Jeanne Ruffier, qui vivait encore en 1482. Après sa mort, la châtellenie de Lesnen passa à Jean du Chastellier, vicomte de Pommerit en Basse-Bretagne, fils d'Alain du Chastellier, décédé en 1464, et de Marguerite de Mauny. Il parait que Jean du Chastellier mourut sans postérité, car ses seigneuries passèrent à son frère Vincent du Chastellier, époux de Magdeleine de Villiers du Hommet. Le fils de ce dernier seigneur, décédé le 6 février 1502, François du Chastellier, vicomte de Pommerit et seigneur de Lesnen, épousa en 1498 Jeanne de Rohan, fille du sire de Guémené ; il eut de cette union un fils, Gilles du Chastellier, qui lui succéda en ses seigneuries, mais mourut sans enfants en septembre 1522, — et une fille nommée Claude. Claude du Chastellier était femme de François du Chastel, seigneur dudit lieu, quand arriva le décès de son frère. Elle hérita de celui-ci et apporta à son mari la seigneurie de Lesnen (Archives de Loire-Inférieure). Cette dame était morte en 1534, et son fils Claude, encore mineur, se trouvait alors seigneur de Lesnen et vicomte de Pommerit, sous la tutelle de son père. Claude du Châtel épousa Claude d'Acigné et en eut une fille, Anne du Châtel, qui se maria à Rennes le 11 juin 1560 avec Guy de Rieux, seigneur de Châteauneuf, auquel elle apporta la vicomté de Pommerit et la châtellenie de Lesnen. Mais Mme de Rieux céda ces deux terres à sa soeur Claude du Châtel, lorsque celle-ci épousa Charles Gouyon, baron de la Moussaye, le 21 décembre 1570. De ce dernier mariage naquit Amaury Gouyon, marquis de la Moussaye, époux de Catherine de Champagné. Ce fut ce seigneur, ou son fils nommé Amaury comme lui , qui vendit la châtellenie de Lesnen à Nicolas Frotet et Servanne Picot, sa femme, venant en 1612 d'acheter la seigneurie de Saint-Thual (ou Saint-Tual). Jean Frotet, conseiller à la Chambre des Comptes de Bretagne, probablement fils de Nicolas, fut après lui seigneur de Saint-Thual et de Lesnen ; il épousa Anne Avril, et en eut en 1625 un fils nommé René. Ce René Frotet, seigneur de Saint-Thual et de Lesnen, s'unit à Jeanne Alleaume, qui était en 1618 veuve de lui et tutrice de leurs enfants. Ceux-ci vendirent en 1691 les seigneuries de Saint-Thual et de Lesnen à Jean-François du Breil de Pontbriand, seigneur du Pontharouard, et à Marie-Anne Arthur, sa femme ; ce dernier mourut à Rennes en 1699, et sa veuve lui survécut jusqu'en 1744, époque où son corps fut, le 28 octobre, inhumé dans le choeur de l'église de Saint-Thual. Jean-Baptiste du Breil de Pontbriand, qualifié baron de Lesnen et seigneur de Saint-Thual, fils des précédents, épousa en 1717 Magdeleine de Farcy de Cuillé, mais il décéda dès l'âge de vingt-six ans, le 31 juillet 1717, aux Forges de Paimpont ; il reçut la sépulture au chanceau de l'église abbatiale de Paimpont (Registre des sépultures de Saint-Thual). Il ne laissait qu'une fille, Marie-Catherine du Breil de Pontbriand, qui épousa vers 1740 Louis Rogon, seigneur de Carcaradec. Devenue veuve le 13 mars 1745, cette dame vendit, moyennant 157 400 livres, par contrat du Ier février 1747, les seigneuries de Lesnen, Saint-Thual et Pontharouard à Joseph Baude, seigneur de la Touche, mari d'Anne Picot. Le nouveau seigneur de Lesnen donna ces trois terres à sa fille Marie Baude, quand elle épousa Sébastien de Poilvilain, comte de Crenay ; mais ceux-ci les vendirent, le 18 avril 1769, à leur cousin Etienne-Auguste Baude de la Vieuville, Marquis de Châteauneuf. Cet infortuné seigneur périt sur l'échafaud révolutionnaire à Rennes, le 4 mai 1794, à l'âge de quatre-vingt-deux ans. Lesnen, châtellenie d'ancienneté, qualifiée même parfois de baronnie, devait avoir à l'origine une plus grande étendue qu'aux siècles derniers. Il existait, en effet, en Saint-Thual (Saint-Tual) deux seigneuries du nom de Lesnen qui avaient dû au moyen-âge ne former qu'une même châtellenie : c'était Lesnen, dont nous venons de rappeler les possesseurs et qu'on nommait souvent Lesnen-Pommerit, à cause des vicomtes de Pommerit qui l'avaient eu jadis, — et Lesnen-Petitbois, appartenant en 1513 à Raoul Le Bel, dont la famille conserva cette terre jusqu'en 1750. Or, dès 1415, Michel Le Bel était juveigneur de Michel de Lesnen, qui pouvait bien être alors le possesseur de Lesnen-Petitbois. Ces deux terres demeurèrent toujours séparées à partir du XVème siècle, et nous n'avons à nous occuper ici que de Lesnen-Pommerit. Lesnen était une bannière relevant partie des baronnies de Bécherel et de Beaumanoir, partie de celle du Vauruffier et du marquisat de Châteauneuf. Son domaine proche se composait du manoir de Lesnen et des métairies de la Rousselaye, Trésoleil et le Passoir. La seigneurie comprenait une douzaine de fiefs, en haute justice, s'étendant en six paroisses : Saint-Tual, Evran, Plouasne, Saint-Judoce, Trévérien et Plesder. A ces fiefs se rattachaient quelques coutumes féodales curieuses ; ainsi un des vassaux du bailliage de Trésoleil en Saint-Thual devait le samedi de Pâques présenter au manoir de Lesnen « un chevreau et une poignée de trichon » ou vinette. Un autre devait fournir chaque année, certain jour de fête, au seigneur de Lesnen « un chapeau de roses vermeilles ». Dans l'église de Saint-Thual le seigneur de Lesnen était prééminencier et possédait à côté du chanteau une chapelle prohibitive. Il était en outre fondateur et patron de la chapelle de Sainte-Madeleine en Longaulnay et de l'église Notre-Dame de l'Hostellerie à Dinan, dont il nommait le chapelain. Aujourd'hui (fin du XIXème siècle) Lesnen n'est plus qu'une maison de ferme, mais on voyait encore naguère la belle chapelle de ses seigneurs dans l'église de Saint-Thual ; c'était une construction du XIVème siècle séparée du chanceau par deux élégantes arcades en granit sculpté. On y remarquait deux riches fenêtres à meneaux, l'une à l'Est au-dessus de l'autel, l'autre au Midi. Là se trouvait l'enfeu des sires de Lesnen, là dormait le frère d'armes de du Guesclin. Cette chapelle avait dû être construite par Hervé de Mauny, car partout, sculpté à la voûte et peint sur les vitraux, on retrouvait l'écusson d'argent au croissant de gueules, qui était le blason des vaillants chevaliers de ce nom (abbé Guillotin de Corson).
La seigneurie
de Saint-Tual
(ou Saint-Thual) : Le premier seigneur de Saint-Tual (Saint-Thual) que l'on connaisse fut un grand personnage et
l'une des gloires de notre province. Arthur de Bretagne, comte de Richemont,
fils de Jean IV, duc de Bretagne, et de Jeanne de Navarre, connétable de
France et compagnon de Jeanne d'Arc, proclamé en 1457 duc de Bretagne sous le
nom de Arthur III, possédait la seigneurie de Saint-Tual (Saint-Thual). Nous en trouvons la
preuve dans certains aveux qu'il reçut en 1419 en qualité de seigneur de
Saint-Tual (Archives du château de Châteauneuf). Plus tard, en 1473, un sexagénaire
Charles de Cahideuc, seigneur dudit lieu, témoignait de son côté « que dès
environ le temps de trente-cinq ans (c'est-à-dire vers 1438) feu de bonne mémoire
le duc Arthur que Dieu pardoint, qui pour lors estoit connestable de France et
tenoit les boais de Saint-Tual en sa main, se courroucza avecques feu messire
Raoul sire de Coasquen qui chaczoit en ses boais de SaintTual, lui disant que
si il le y trouvoit qu'il s'en repentiroit » (Mélanges d'histoire et d'archéologie
bretonnes, II, 126). Ainsi en 1438 comme en 1419 la seigneurie de Saint-Tual
appartenait à Arthur de Richemont. Mais comment ce prince était-il venu en
possession de Saint-Tual ? Nous soupçonnons qu'il reçut cette seigneurie en même
temps que celle du Plessix-Raffray en Domagné des mains de Jean Le Vayer. Du
Paz nous dit, en effet, que ce Jean Le Vayer était seigneur de Saint-Tual comme
du Plessix-Raffray et qu'il n'eut qu'une fille Mahaud Le Vayer, mariée à
Hardouin, baron de Maillé, dont sortit autre Hardouin de Maillé vivant en 1448
(Du Paz, Histoire généalogique de plusieurs maisons de Bretagne, 661). Comme
Arthur de Richemont rendit aux sires de Maillé, héritiers des Le Vayer, la
terre du Plessix-Raffray, il est probable qu'il leur rendit également celle
de Saint-Tual. En tous cas elle ne leur demeura pas, car elle se trouvait en
1473 en la possession d'Eustache Hingant, seigneur du Hac. Nous le savons par le
procès que fit ce dernier à Jean sire de Coëtquen qui, comme son père Raoul
de Coëtquen, s'était permis de chasser dans les bois de Saint-Tual. Mais il
dut perdre son procès, parce que la Coutume de Bretagne autorisait le seigneur
suzerain à chasser sur les terres du seigneur son vassal ; or les bois de
Saint-Tual relevaient de la seigneurie de Coëtquen, ce qui mettait en son tort
le seigneur de Saint-Tual (voir Mélanges d'histoire et d'archéologie bretonne,
II, 24-27). Cet Eustache Hingant, seigneur de Saint-Tual, épousa Perrine
Botherel, fille du seigneur de Cicé. Leur fils Charles Hingant, mari de
Raoulette de la Houssaye, possédait en 1513 dans la paroisse de Saint-Tual la
terre de ce nom et les manoirs de la Gouesnaye et du Boisauchien. Ce seigneur
mourut en 1514 et sa succession passa d'abord à son fils Raoul Hingant,
seigneur de Cicé, puis à sa petite-fille Françoise Hingant, femme de René
Tournemine, seigneur de la Guerche au pays de Retz ; ce furent ces derniers
qui reçurent, en effet, de 1540 à 1552, les aveux de la seigneurie de
Saint-Tual (Archives du château de Châteauneuf). Leur fils cadet Julien
Tournemine, seigneur de Montmoréal et chevalier de l'Ordre du roi, mari : - 1°
d'Anne de Montbourcher, - 2° de Marguerite de Coligny, était aussi seigneur de
Saint-Tual en 1558 ; mais il vendit cette dernière seigneurie en 1585 à René
Tournemine, baron de la Hunaudaye, époux de Françoise de Coëtlogon et décédé
en 1594. Le fils unique de ce seigneur, René Tournemine, baron de la
Hunaudaye hérita de la terre de Saint-Tual dont il reçut les aveux en 1604 ;
il mourut jeune et sans postérité à Paris, le 28 février 1609 (Archives
d'Ille-et-Vilaine, fonds du Bois de Bintin). Sa fortune échut à sa cousine
germaine, Jeanne de la Motte, fille de Joseph de la Motte, seigneur de Vauclair,
et de Catherine Tournemine. Jeanne de la Motte épousa successivement : - 1°
François de Coligny, seigneur de Rieux ; - 2° Jean de Rieux, seigneur de l'Isle-Dieu
; - 3° Sébastien marquis de Rosmadec et baron de Molac. C'est au cours de sa
dernière union que cette dame vendit la seigneurie de Saint-Tual, au prix de 39
750 livres, par contrat du 21 janvier 1612 (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, 627).
Les acquéreurs furent des malouins Nicolas Frotet et Servanne Picot, seigneur
et dame de la Landelle ; ils prirent possession de Saint-Tual le 24 septembre
1612 (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, 627). Leur fils Jean Frotet, seigneur de
Saint-Tual, épousa à Saint-Malo, le 13 novembre 1622, Anne Apuril, dame des
Landes. Ceux-ci eurent un fils baptisé à Saint-Malo, nommé René Frotet, qui
devint à son tour seigneur de Saint-Tual et fut débouté en 1671 de ses prétentions
à la noblesse (nota : toutefois, la famille Frotet obtint en 1701 un arrêt de
maintenue de noblesse) ; il épousa Jeanne Alleaume qui était en 1678 veuve de
lui et tutrice de ses enfants. Cette dame se trouvait en 1681 dame de charité
du bureau des pauvres de la paroisse de Saint-Tual, bureau dont son beau-père
Jean Frotet vivant encore était administrateur (abbé Pâris-Jallobert,
Registre paroissial de Saint-Tual, 21). En 1691 la famille Frotet vendit la
seigneurie de Saint-Tual à Jean-Baptiste-François du Breil de Pontbriand,
seigneur du Pontharouard en Saint-Judoce, qui avait épousé en 1689
Marie-Anne Arthur, dame de Pellan. Ce seigneur décéda à Rennes en 1699 ; sa
veuve rendit aveu au marquis de Châteauneuf pour Saint-Tual en 1702 ; elle ne
mourut qu'en octobre 1744, âgée de quatre-vingt-quatre ans ; elle fut inhumée
au chanceau de l'église de Saint-Tual. Son fils Jean-Baptiste du Breil de
Pontbriand, seigneur du Pontharouard et de Saint-Tual, épousa, par contrat du
28 janvier 1717, Magdeleine de Farcy de Cuillé. Mais cette union ne dura guère,
car le 31 juillet de la même année Jean-Baptiste du Breil de Pontbriand
mourut, âgé de vingt-six ans, aux Forges de Paimpont ; son corps fut inhumé
au choeur de l'église abbatiale de Paimpont (abbé Pâris-Jallobert, Registre
paroissial de Saint-Tual, 5). Sa veuve donna néanmoins jour à une fille
posthume Marie-Catherine du Breil de Pontbriand, dame du Pontharouard et de
Saint-Tual, qui épousa vers 1740 Louis Rogon, seigneur de Carcaradec et de Keryvon,
dont elle se trouvait veuve dès 1745 (Généalogie de la maison du Breil de
Pontbriand, 303-305). Par contrat du 1er février 1747, Mme de Carcaradec vendit
la seigneurie de Saint-Tual (nota : elle vendit en même temps les seigneuries
du Pontharouard et de Lesnen, le tout au prix de 157 400 livres) à François-Joseph
Baude, seigneur de la Touche, qui en prit possession le 9 mars suivant (Archives
du château de Châteauneuf). De l'union de ce seigneur, contractée en 1712
avec Julienne Picot, naquirent, entre autres enfants, Joseph-François Baude,
qualifié seigneur de Saint-Tual, époux d'Anne-Marie Palamino et père d'Anne-Andrée
Baude, mariée dans la chapelle du château de Saint-Tual, le 11 février 1755,
à son parent Etienne-Auguste Baude de la Vieuville, marquis de Châteauneuf,
— et Marie Baude, épouse de Sébastien de Poilvilain, comte de Crenay. Ce fut
à cette dernière que François-Joseph Baude donna la terre seigneuriale de
Saint-Tual ainsi que celle du Pontharouard et de Lesnen. Mais M. et Mme de
Poilvilain vendirent ces trois seigneuries, le 18 avril 1769, à leur cousin le
marquis de Châteauneuf, veuf dès 1756, de leur nièce Anne-Andrée Baude et
remarié en 1758 à Françoise Butler (Archives du château de Châteauneuf).
Etienne-Auguste Baude de la Vieuville, marquis de Châteauneuf, fut le dernier
seigneur de Saint-Tual ; il périt sur l'échafaud révolutionnaire de Rennes,
le 4 mai 1795, âgé de quatre-vingt deux ans. La seigneurie de Saint-Tual
relevait prochement et noblement du marquisat de Châteauneuf et en juveignerie
du marquisat de Coëtquen, à charge de cent sols monnoie de rente à cette
dernière seigneurie (Archives d'Ille-et-Vilaine, E, 627). Elle se composait
de plusieurs fiefs s'étendant en Saint-Tual, Trévérien et Saint-Judoce, dont
les principaux étaient le Grand Bailliage et les Nouvelles Baillées l'un et
l'autre en Saint-Tual. Elle jouissait d'une haute justice exercée dans un auditoire
particulier au bourg de Saint-Tual dont la plupart des maisons relevaient de la
seigneurie. A côté de l'auditoire s'élevait « le pilori avec ceps et collier
» ; quant aux fourches patibulaires, elles se dressaient sur le pâtis de la
Croix du Fresne, à la jonction des chemins de Rennes à Dinan et de Bécherel
à Châteauneuf (Déclaration de la seigneurie de Saint-Tual en 1618 et 1702).
Le seigneur de Saint-Tual avait, entre autres droits, celui de bouteilliage au
bourg de Saint-Tual et à l'assemblée de la chapelle Saint-Léonard. Il
jouissait des prééminences dans l'église paroissiale et y prétendait même
au droit de fondation ; ce dernier privilège semble pourtant avoir appartenu
plutôt au seigneur de Lesnen, châtellenie d'une certaine importance en
Saint-Tual ; mais Nicolas Frotet, ayant au commencement du XVIIème siècle
acheté les deux terres de Saint-Tual et de Lesnen, se trouva sans conteste —
et ses successeurs après lui jusqu'en 1789 — en possession de ce droit de
seigneur fondateur de la paroisse. On voyait, au reste, en 1612 les armoiries
des Hingant seigneurs de Saint-Tual : de gueules à la fasce d'or, accompagnée
de sept billettes de même posées 4 et 3, sculptées en divers endroits de l'église
paroissiale, notamment sur un banc à accoudoir, placé dans le chanceau du côté
de l'évangile, et au-dessus des portes de l'édifice, ou peintes dans une vitre
de la nef du côté de l'évangile. En 1747 s'y trouvaient aussi les armes en
alliance des Frotet et des Picot : Parti ; au 1er d'argent à la barre de sable,
chargée de trois besants d'argent et acompagnée de trois croissants de gueules, qui est Frotet ;
au 2ème : écartelé aux 1er et 4ème d'azur à trois
haches d'armes d'argent en pal ; aux 2ème et 3ème d'argent à trois léopards
l'un sur l'autre de gueules, qui est Picot. Ces blasons étaient peints dans le
grand vitrail du choeur et sculptés sur deux pierres tombales dans le
sanctuaire et sur une litre entourant extérieurement l'église (Prise de
possession de la seigneurie de Saint-Tual en 1612 et 1747). Le seigneur de
Saint-Tual était aussi seigneur fondateur de la chapelle de Saint-Léonard en
Saint-Tual, et sur la façade de cette édifice apparaissait encore en 1612 un
écusson portant les armoiries : my-parti de Tournemine et Hingant (Prise de
possession de la seigneurie de Saint-Tual en 1612 et 1747). De la seigneurie de
Saint-Tual relevaient en 1612 pour parties de leurs terres, les seigneurs
voisins de Tourdelain, la Pirouaye, la Villemorin, la Villegillouard, la
Prouveraye, Cruzon, etc., et le recteur de Saint-Judoce (Prise de possession de
la seigneurie de Saint-Tual en 1612 et 1747). Il n'est point fait mention dans
la Réformation des terres nobles de la paroisse de Saint-Tual en 1513 du manoir
de Saint-Tual, mais seulement de celui de la Gouesnaye ; cette maison devait être
au XVIème siècle la demeure des seigneurs de Saint-Tual. Toutefois l'acte de
prise de possession de la seigneurie en 1612 mentionne aussi un autre château
plus ancien, celui de Lauriol : au fonds des bois, y est-il dit, se retrouvait
alors « un lieu de beaucoup plus haut et relevé que les autres endroits,
auquel lieu estoit anciennement basti un chasteau appelé de Lauréolle ou de Séligny
dépendant de la terre et seigneurie de Saint-Tual, et au circuit de laquelle pièce
est apparence de douves et de pierres de murailles » (Prise de possession de la
seigneurie de Saint-Tual en 1612 et 1747). On voit encore aujourd'hui en Saint-Tual
le bois de Lauriol et il est probable qu'on y reconnaît toujours cette motte ou
assiette d'ancienne forteresse. Les guerres de la Ligue ruinèrent le manoir
de la Gouesnaye lui-même ; en 1612 le nouveau seigneur de Saint-Tual ne put
prendre possession que de « ce qui restoit debout de ladite maison, laquelle
consiste en une grande salle (surmontée d'autre salle supérieure) et sont deux
cornières desdites salles antérieurement ruinées, les pierres d'icelles tombées
en un monceau, dégradées et rompues, sans grilles ny fenestres, et les
chambres ruisnées également, lesdites démolition et ruisnes ayant été
faites pendant les derniers troubles ». Les bâtiments de service n'étaient
plus eux mêmes que de « vieilles mazures », les « murailles et portail de la
cour », les murs enfin du jardin se trouvaient « aussy ruysnés » (Archives
d'Ille-et-Vilaine, E, 627). Cet état de chose força M. Frotet à bâtir une
nouvelle maison seigneuriale et celle-ci prit alors le nom de logis ou château
de Saint-Tual. Au milieu du XVIIème siècle s'achevait cette construction, car
en 1658 mourut à Saint-Tual « Jean Landrin, maistre sculpteur de Lislemé,
estant venu pour travailler à la maison du seigneur de Saint-Tual » (Pâris-Jallobert,
Registre paroissial de Saint-Tual, 22). Autour de l'habitation du seigneur de
Saint-Tual se trouvaient un colombier, une rabine, un bois de décoration et
enfin une chapelle rebâtie en 1759 en l'honneur de la Sainte-Vierge et fondée
alors de cent cinquante messes chaque année par François Baude, seigneur de
Saint-Tual (Registre des insinuations de l'évêché de Dol). Le domaine proche
comprenait, en outre, une retenue — des métairies — un étang — deux moulins
à eau sur le même ruisseau, nommés le moulin Tournemine et le moulin Neuf —
le bois futaie de Saint-Tual contenant en 1585 environ deux cents journaux de
terre — le bois taillis de Lauriol — trois traits de dîme levés dans la
paroisse de Saint-Tual, etc. (Déclarations de la seigneurie de Saint-Tual en
1585, 1618 et 1702). La terre et le château de Saint-Tual subsistent encore à
la fin du XIXème siècle et appartiennent alors à la famille Brignon de Lehen
(abbé Guillotin de Corson)..
Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence de 9 nobles de Saint-Thual :
Jocelin BELLANGIER : défaillant ; | |
Maître Guillaume DE LA VALLEE sire du Val (200 livres de revenu), avec son frère Bertrand : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ; | |
Jehan DE SAINT-AULBIN de Lesnen (100 livres de revenu), aveu au duc en 1455 et en 1462 : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; | |
Pierre DE TROUDELAIN de Troudelain (100 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ; | |
Raoul GRIGNART de la Chapelle : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une épée ; | |
Raoul LE BEL de Tresluaud (10 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît armé d'une jusarme ; | |
les héritiers Alain RAVART : défaillants ; | |
Dame Marguerite RUFFIER de Lesnen (400 livres de revenu), veuve de M. Jehan de Maulny : excusée ; | |
les héritiers Jehan LANDOYS : défaillants ; |
© Copyright - Tous droits réservés.