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SAINT-PHILBERT-DE-GRAND-LIEU

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La commune de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu (pucenoire.gif (870 octets) Sant-Filberzh-Deaz) est chef lieu de canton. Saint-Philbert-de-Grand-Lieu dépend de l'arrondissement de Nantes, du département de Loire-Atlantique. 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de SAINT-PHILBERT-DE-GRAND-LIEU

Saint-Philbert-de-Grand-Lieu vient du moine saint Philbert de Grand-Lieu, dont les restes ont été apportés par les moines de Noirmoutier. L'évêque de Poitiers en fait son confident et l'envoie dans l'île de Noirmoutier en 677. Saint Philbert fonde un monastère sur l'île de Noirmoutier et y décède en 686. Les moines de ce monastère vont être chassés en 815 par les envahisseurs Vikings.

La ville de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu porte d'abord le nom de Déas (nom d'origine gallo-romaine). La terre de Déas est donné par un certain Magnobodus à Ansoald, évêque de Poitiers, qui en fait présent à son tour à Philbert de l'abbaye de Noirmoutier. Quittant leur île de Noirmoutier devant les invasions normandes, les moines philibertins édifient sur le territoire de Déas en l'an 815, avec l'autorisation de Louis Ier (Louis Le Pieux), fils de Charlemagne, une importante église abbatiale où est déposé en 836 (ou 839), le sarcophage contenant les reliques vénérées de leur saint fondateur [Note : Voir " Les Moines de Noirmoutier s'établissent à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu vers 836 "]. Leur tranquillité est de courte durée car, en 847, les Vikings dévastent le monastère de Déas. Les moines s'enfuient alors à Cunault (ou Cunaud) et  reviennent, en 858, récupérer les reliques de Saint Philbert. Ils laissent alors l'imposant sarcophage, en prenant soin de le camoufler. Après un périple de quelques années, les moines s'installent, définitivement, à Tournus (Saône et Loire). Le territoire de Déas (Saint-Philbert-de-Grand-Lieu) passe alors dans la maison de Machecoul et de Retz. Ce n'est qu'en 1119 que Déas devient Saint-Philbert-de-Grand-Lieu.

Au XIIème siècle, la paroisse de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu est une châtellenie qui appartient, en 1359, à Jean Gastineau, seigneur de Vieillevigne. Elle passe, au XIVème siècle, sous la suzeraineté des sires de Retz, et la seigneurie est rattachée à celles des Huguetières et de La Bénate. Lorsque la famille des barons de Rais (ou Retz) s'éteint, au XVème siècle, le domaine passe entre les mains de Marie de Craon. Marie de Craon (décédée en 1415) est la fille de Jean de Craon (fils de Pierre de Craon et de Catherine de Machecoul) et de Béatrice de Rochefort. Marie de Craon épouse le baron Guy II de Laval de Rais (fils de Guy Ier de Laval) le 5 février 1404.

La paroisse de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu subit une attaque le 26 juillet 1580 au cours de laquelle les troupes de Montaigu dévastent l'église. On écrit encore, au IXème siècle, le nom de la paroisse : Saint-Philibert. Le dimanche 10 mars 1793 éclate une rébellion : rassemblements à Saint-Philbert de Grand Lieu, Legé et alentours. En ces jours-là presque tout le Pays de Retz est debout de Saint-Viaud à Legé, de Bouguenais à Machecoul. Soulèvement de Beauvoir où le district de Challans envoie le commissaire Massé avec une troupe de gendarmes pour remettre l'ordre, mais celui-ci abandonnera la ville insurgée le 12. Les clochers de la plupart des paroisses sonnent le rassemblement, seules restent à l'écart les villes côtières, tournées vers le large et plus ouvertes aux idées nouvelles. A Saint-Philbert, on s'est donné pour chefs M. de Couëtus, capitaine de cavalerie en retraite à sa terre des Bretaudières, le docteur Dargent, les trois frères de la Robrie et Joseph de Flameng, fils de la très patriote dame du Port-Boissinot. Et j'ajoute que le docteur Louis Marie Dargent (1738-1813) qui habitait la maison de la Musse, était de surcroît avocat au parlement et sénéchal du prieuré de l'abbaye et, de ses 13 enfants, seules ses filles sont demeurées au pays et le seul fils qui lui a survécu, Rémy-Jean Dargent (1768-1834) a quitté le pays après 1799, s'est fait corsaire dans l'océan Indien (1802), s'est marié richement aux Seychelles (1810) et a laissé une nombreuse progéniture établie de nos jours principalement à l'Ile Maurice (P. Lionnet et E. Héry).

Note 1 : Instruction publique à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu. — Le livre des visites de 1689 relate que le régent de la paroisse faisait tenir les petites écoles de Saint-Philbert, par un laïque, nommé Mathurin Deschamps, qui se logeait dans une maison fournie par les habitants (Livre des visites du climat de Retz, f° 175 – Archives départementales, G 54). Il avait de nombreux rivaux qui lui enlevaient la plupart de ses élèves. Il s'en plaint à l'archidiacre ; il déclare qu'il a peu d'écoliers et qu'il ne peut en faire de bons « attendu le nombre de gens qui se mesloient de tenir des écoles quoiqu'incapables et sans autorisation du seigneur évêque » (Archives départementales, série G). Les écoles de filles sont mentionnées dans le même livre sans indication de qualité sur la maîtresse. En 1761, plusieurs femmes, dit le brevet du curé, se livraient à l'instruction des filles, et dans le même temps on voyait dans les villages écartés des filles qui apprenaient à lire à leurs soeurs et à leurs compagnes. En 1777, la paroisse n'avait, pour tout maître d'école, que le sacristain, pendant que deux demoiselles faisaient la classe (Brevets du recteur de 1761 et de 1777 - Archives départementales, série G). Le Collège de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu. — Un concordat passé entre l'Evêque de Nantes et le prieur de Saint-Philbert, en 1630, nous apprend que ce bourg fut choisi pour être le siège d'un collège. Cet acte porte qu'il y aura, non pas un maître, mais un régent pour les écoles de la paroisse, que ce personnage sera prêtre ou apte à la cléricature et qu'il aura, outre le logement, une pension de 100 livres à prendre sur le temporel du prieuré (Archives départementales, série D). Ce qui prouve que notre interprétation n'est pas erronée, c'est qu'en 1689 on voit simultanément à Saint-Philbert, un régent en fonctions, Jean Le Mas et un maître d'école, le sieur Deschamps (Livre des visites du climat de Retz, 1689, f° 175 – Archives départementales, G 54). Au siècle suivant, il fallut modifier les statuts de la fondation. Les habitants remontrèrent dans une requête à leur Evêque qu'il était impossible de rencontrer un prêtre disposé à tenir le collège, bien que le traitement eût été élevé à 236 livres depuis 1760, et que la paroisse restait sans maître de latin. Ils firent venir du collège de Montaigu un professeur, nommé Poidvin, qu'ils présentèrent comme capable d'enseigner la langue latine. En lui accordant son visa, en 1780, l'Evêque le dispensa de l'article du concordat qui l'obligeait à l'assistance aux offices (Archives départementales, série D). (L. Maître). 

Note 2 : liste non exhaustive des maires de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu : Guitton (en 1790), Garnier (qui démissionne en 1791), Guitton (jusqu'en 1792), Jacques Prou, Jean Michon, Cyr Leroy (à partir de 1800), Louis Juchault des Jamonnières (qui démissionne le 27 janvier 1813), Pierre Honoré Dugast (jusqu'en 1814), Louis Juchault des Jamonières (qui démissionne en 1817), Antoine Comte d'Estrée (jusqu'en 1830), Louis Demangeat, Félix Jamont (de 1832 à 1834), Pierre André Grasset, Joseph Monnier (de 1840 à 1847), Louis Cormerais, De Couëtus (1848 à 1855), de Liger (1870 à 1871), Roberteau (en 1881), Elie Guiberteau (en 1885), Ludovic Cormerais (en 1895), Henri de Guer (en 1910), Joseph de La Robrie (de 1923 à 1941), Pierre de La Roberie (en 1941), M. Pennetier (en 1958), ......

Note 3 : liste non exhaustive des recteurs de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu : Guillaume Chupin, Jean Gouin (en 1449), Guillaume Chapné, Robert de La Chesnaye, Jean Bréhaut. Au XVIIème siècle, on trouve Jean Grandjan, Claude Ragaud et Ambroise Duclos. Puis, au XVIIIème siècle, on trouve Leray, Honoré Nepvouet (de 1706 à 1726), Jacques Harivel (de 1726 à 1740), Charles Barbier, François Guérin et François Toussaint Villers (de 1786 à 1790), Hervé (jusqu'en 1793), Léauté (de 1803 à 1827), Gandon (de 1827 à 1857), Leray (de 1857 à 1879), Château (de 1879 à 1915), Laillé (de 1915 à 1935), Guillet (de 1936 à 1944), Hachet, .... 

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PATRIMOINE de SAINT-PHILBERT-DE-GRAND-LIEU

l'abbatiale (IXème siècle). Cette abbatiale est, à l'origine, l'église du monastère de Déas fondé dès le début du IXème siècle par l'abbé Arnoult de Noirmoutier et Déas n'est d'abord qu'une dépendance de l'abbaye de Noirmoutier. L'abbé Hilbod envisage par la suite divers agrandissements comme la création de la nef et d'un transept ou bras transversal, donnant ainsi à la construction un plan cruciforme. Au-delà du transept est amorcé un choeur. En 847, il y avait six travées. La nef est certainement remaniée après 849 surtout au-dessus des arcades. Du choeur primitif, il ne reste rien, il a été détruit vers 836 pour permettre la construction d'un choeur plus vaste et plus profond en concordance avec une crypte destinée à abriter le tombeau de saint Philbert (c'est l'oeuvre de l'abbé Hilbod). Le chevet date du IXème siècle. Le sarcophage de Saint-Philbert y est découvert en 1865. L'édifice a subi de nombreuses fouilles et restaurations entre 1896 et 1903. La confession (836-847), édifiée par l'abbé Hilbod, a permis de camoufler les reliques de saint Philbert (elle avait été murée en 847). Le sarcophage de Saint-Philbert date de la fin du VIIème siècle : exhumé le 7 juin 836, le sarcophage est transporté sur un brancard à dos d'homme et arrive à Déas le 11 juin 836. On y trouve, semble-t-il, un ex-voto du IXème siècle. La chapelle (IXème siècle) de l'abbatiale conserve des fresques qui semblent datées entre le XIIème siècle et le XVème siècle. Les piliers de l'abbatiale sont édifiés entre le IXème siècle et le XIème siècle. La dalle funéraire du moine Guntarius date du IX-Xème siècle. La  pierre tombale de Guillaume Chupin date du XVème siècle (vers 1440). Le déambulatoire date du milieu du Xème siècle. Les arcs datent du XIIème siècle. Le bénitier date du XII-XIIIème siècle. Les fonts baptismaux datent entre le XIIème siècle et le XVème siècle. Le lavabo, installé dans la chapelle axiale, date du XVème siècle. Le vitrail de Sainte-Anne, œuvre de J.J. Gruber, date de 1936. Le vitrail de Saint-Philbert, œuvre de J.J. Gruber, date de 1937. L'huile sur toile intitulée "Déploration du Christ" date du XVIIIème siècle ;

Nota 1 : Le gros bourg de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, qui jadis portait avec un certain orgueil le nom de ville comme beaucoup de ses égaux, possédait au XVIIIème siècle église et prieuré de l'ordre de Saint-Benoît. L'église avait un clocher et le clocher des cloches. Ces cloches avaient été fondues et placées en l'année 1719. Mais les uns trouvèrent d'un mauvais timbre leur pieux frémissement, tandis que les autres admiraient leur son argentin. Un procès s'ensuivit naturellement, et un jugement fut rendu le 12 décembre 1722 par le présidial de Nantes. — En 1723 on dressa un « estat et procès-verbal des cloches en question » (Archives de la Chambre des notaires de l'arrondissement de Nantes, minutes de M. Lelou, 1723) en présence des gens du roi et des parties intéressées. Le « Révérend Père dom François Letexier, prêtre, religieux proffés (le l'ordre de Saint-Benoist, congrégation de Saint-Maur », était à celte époque « prieur titulaire du prieuré conventuel et regullier de Saint-Philbert de Grand lieu, ordre de Saint-Benoist ». Cet « estat et procès-verbal » fut établi par un honorable tabellion de Nantes, Me Alain Lelou. Il se transporta à cet effet, le 8 mars 1723, avec les « gens du roy » et les experts nommés par justice, « en ladite ville de Saint Philbert de Grand lieu distant de la ville de Nantes d'environ cinq lieues ». Il y arriva sur les trois heures de l'après-midi et descendit « dans l'auberge où pend pour enseigne le Lion d'or, chez la veuve Vrignaud ». La journée étant trop avancée, on remit au lendemain le commencement de l'opération. 

« Et avenant le lendemain 9 mars 1723, environ les 9 heures du matin,..... avons vacqué à la visitte des cloches en question et attendu qu'il ne s'est trouvé aucuns charpentiers pour monter au clocher destaicher les cloches, les descendre, nous avons monté audit clocher où nous avons vu quatre cloches montées, sur lesquelles nous avons vu plusieurs inscriptions ; lesquelles cloches nous ont paru estre du poids l'une de six cens livres, une de quatre cens livres, l'autre de trois cens livres et l'autre de deux cens livres ou environ ; lequel poids nous ne pouvons donner pour assuré au juste, à moins qu'elles ne soient démontées et dessendues pour les pezer et en attendant la dessente desdites cloches nous nous sommes avec notre greffier retirés en nostre auberge et remis la continuation du présent à demain........ 

Et avenant le lendemain 10e jour dudit mois de mars 1723 environ les 8 heures du matin, nous nous sommes transportés dans l'églize de St Philbert de Grand lieu pour ayder à la dessente des cloches, ce que nous avons fait avec 4 charpentiers et un serrurier. Après les avoir detaichées et dessendues dans ladite églize, où lesdites cloches estant, ledit Richeux (agissant au nom du prieur) nous a requis de les examiner et donner nos avis si elles sont bien ou mal fondues, de voir les noms qui sont incérés sur icelles, s'il y a quelques escussons et de faire notre raport ample et détaillé et de pezer lesdites cloches et d'en raporter le poids. En compagnie visitant la plus grosse desdites cloches, nous dits experts la trouvons bien fondue et d'un bon timbre, qu'au tour d'icelle entre plusieurs cordons qui la cernoient est en relief ce qui suit : NOBLE ET DISCRET HONORÉ NEPVOUET, PRESTRE RECTEUR DE LA PAROISSE DE SAINT-PHILBERT, PARREIN ESCUIER CHRISTOFLE JUCHAULT SEIGNEUR DE LORME, LES JAMONIÈRES, LEPIED PAIN, LE CHAFFAUD, MONCEAU ET AUTRES LIEUX, ET MARAINE DAME PRUDANCE DE SANCTO DOMINGUE, VEUVE D'ESCUIER JAN BIDÉ SIEUR DU BOIS, DAME DU PORT BOSSINOT ET DE LA JURIDICTION DE VIESGUE, 1719. Ce qui forme en tout 5 lignes autour de ladite cloche.  Et qu'au dessus de la pince de ladite cloche, il y a un escusson en relief, chargé d'une cloche flanquée d'une N et d'un A, à costé duquel est une L majuscule et ensuite en lettre moins grosse le mot AUBRY, que nous croyons estre la marque et le nom de celuy qui à fondu, ladite cloche, et que de l'autre costé d'icelle cloche il y a une croix en relief et nous n'avons remarqué aucuns autres noms, escussons ny armoiries sur la dite cloche, laquelle ayant pezéc par le moyen de la ballance et des poids qui ont esté empruntés, elle s'est trouvée estre du poids de 669 livres. 

Ayant ensuite examiné la seconde desdites cloches, l'avons trouvée de bon timbre, mais à l'égard de la fonte, elle a esté manquée, le métail n'ayant monté qu'au coudement des ances, les quelles sont par ce moyen demeurées imparfaites, en sorte qu'elle ne nous parroist pas recevable, et qu'elle ne sert que par le soutient d'un lien et de plusieurs crampons de fer, qui y ont esté attachés, et avons remarqué sur ladite cloche entre plusieurs cordons qui la cernoient ce qui suit en lettres en relief : Mre JAEN GEFFRAY .... DE St PHILBERT DE GRAND LIEU, PAREIN Mre JAN DUPÉ, CHER DE LIANCÉ ET AUTRES LIEUX ET DAME MARQUISE PERINE BOUYER DE LA VEURYE................... FONDUES DES DENIERS DE LA PAROISSE, 1719. Et sur la pince de ladite cloche est le mesme escusson que sur la précédente avec la lettre L. AUBRY et une croix en relief de l'autre costé de ladite cloche, sur laquelle nous n'avons remarqué aucuns autres noms, escussons ny armoiries et elle peze 477 livres. 

Examinant et visitant aussy la troisième cloche, nous la trouvons bien fondue et d'un bon timbre et sur icelle il y a ce qui suit en cordons tout autour faisant trois lignes : PAREIN Mre CHARLES MAILLARD SEIGr. DE LA SOUCHAIS , CONs. DU ROY ET Me EN LA CHAMBRE DES COMPTES DE BRETAGNE, DAME MARIE JEANNE LE HOUX, 1719. Et au bas de la ditte cloche est un escusson pareil à celuy des deux précédentes avec le nom. L. AUBRY et une croix de l'autre costé, sans avoir veu aucuns autres noms, escussons ny armes et l'ayant pezée elle est du poids de 356 livres. 

Et enfin visitant la quatriesme et plus petite desdites cloches, nous l'avons pareillement trouvée bien fondue et d'un bon timbre et autour d'icelle entre des cordons il y a ce qui suit :  PAREIN N. H. JACQUES LE COURT, Sr DE LEENOO ET MARREINE DAMlle JANNE ANGEBAUD, EPOUZE DE Me CHARLES BRUDENT GESSRAY, NOTAIRE ROYAL ET PROCUREUR FISCAL, 1719. Au bas de laquelle sur la pince il y a aussi pareil escusson que sur les 3 précédentes à l'exception du nom AUBRY qui n'y est pas. Il y a seulement la lettre L a costé de l'escusson, et une croix de l'autre costé comme aux autres cloches, sans y avoir remarqué aucuns autres noms, escussons ny armoiries et icelle pezée elle est du poids de 200 livres. 

De tout quoy nousdits experts avons fait raporter le présent procès-verbal pour valoir et servir ainsy qu'il apartiendra et ce fait environ les 7 heures de l'après-midy nous nous sommes retirés en notre ditte hauberge et remis à demain matin pour nous transporter chacun dans nos demeures audit Nantes. Controllé à Nantes le 13 mars 1723, reçu 18 sols. (Signé : Bedauld.) ».

Nota 2 : Les Verrières de l'Église Abbatiale. Deux verrières ont été jusqu'ici réalisées dans notre Abbatiale. L'une, au-dessus du maître-autel, dans le haut choeur monacal, vitre une fenêtre moderne remplaçant une ancienne dont on retrouve à demi la trace dans les remaniements successifs dont cette abside a été le théâtre. C'est une oeuvre très travaillée, très, mosaïquée, qui chante la gloire du Saint Patron actuel de notre Abbatiale : SAINT FILIBERT. D'une composition curieusement archaïque, on dirait une enluminure découpée de la page d'un antique missel. Sauf le panneau de base, d'une coloration particulièrement intense, l'artiste a traité l'ensemble en teintes veloutées à l'éclat atténué, comme celui d'un beau feu qui s'apaise, pour l'harmoniser avec la chaude patine des vieilles pierres qui l'entourent. Sur une belle marqueterie de bleus aux lignes ondoyantes et vivantes, comme pour corriger peut-être l'impression de figé que pourrait évoquer l'archaïsme du dessin, Saint Filibert est représenté dans la gloire, tout jeunet, d'une jeunesse éternelle qu'accentue l'auréole d'un vert tendre, la main gauche soutenant le pli harmonieusement drapé de son manteau de pourpre sombre, qui recouvre la robe blanche aux plis droits, la main droite levée dans le geste d'autorité, le geste qui miraculise. A ses pieds, l'avant de la barque qui, le 7 juin 836, à la hauteur du Gois, fit traverser à ses restes mortels le bras de mer qui sépare Noirmoutier du continent. Dans le panneau de base, éclatant de chaude luminosité, deux moines à genoux soutiennent sa châsse aux reflets de vieux granit usé, tandis qu'un troisième, en avant, a les mains jointes et prie la tête archaïquement tournée en angle droit vers nous, comme pour nous inciter nous-mêmes à la prière. Au centre du vitrail flamboie en traits de feu la date à jamais glorieuse pour nous : anno 836. C'est en effet le 11 juin 836 que le corps du Saint Abbé, fuyant le péril normand, fut apporté dans l'église du Prieuré de Déas, qui devint pour dix ans l'église abbatiale de la Communauté émigrante. On ne sait, à vrai dire, ce qu'il faut admirer le plus dans cette splendide réalisation de Gruber, ou la science de la composition, ou l'harmonie des couleurs, ou l'archaïsme du dessin si parfaitement adapté aux lignes du vieux temple carolingien. On ne peut, en tout cas, détacher facilement les yeux de la riche coloration du panneau de base : regardez entre autres l'admirable robe de pourpre violette du moine de gauche, comme aussi la manche à la teinte vieux rose orangé du moine qui prie, dont la vibrante luminosité rayonne sur l'ensemble de la composition et fait chanter tout le vitrail. C'est ici, plus que nulle part peut-être, que s'affirme la richesse et la profondeur incomparables du verre dont s'est servi Gruber : voyez ces violets nacrés, ces rouges pourpres, ces roses, ce vieux granit moussu, ce manteau de gloire aux reflets de velours épais et soyeux. Bref, la plus noble matière au service de la plus belle des compositions. La seconde verrière, qui s'ouvre dans l'axe de la première, au fond du déambulatoire carolingien, vitre une ogive du XVIème siècle. Elle est composée à la gloire de SAINTE ANNE, dont les moines philibertins avaient introduit chez nous, ou du moins popularisé le culte, qui se trouve être ainsi d'origine poitevine et ne doit rien à la Bretagne. C'est ici une très belle symphonie bleue et verte relevée de rouge brun, que d'aucuns préfèrent même au vitrail de Saint Filibert. Sainte Anne y est représentée dans sa fonction d'éducatrice. De la main droite elle élève les regards et la pensée de la Vierge vers le Dieu dont le nom est inscrit, en caractères hébraïques, sur le livre des Saintes Ecritures qu'elle tient ouvert devant elle : YAHWEH. Mais la petite Vierge, aux yeux de colombe, entr'ouvrant son manteau bleu, doublé de mauve, semble dire : Que me sert de le lire, n'est-il pas depuis longtemps gravé dans mon coeur ? Dans le haut de lancette, rappelant l'origine poitevine du culte de Sainte Anne, importé chez nous de l'île d'Her, est une figuration du château de Noirmoutier, au tendre coloris rose et mauve, chantant au soleil levant sur la marqueterie de rouges et de verts, çà et là rehaussée de teintes jaunes et orangées. On les retrouve avec plaisir dans le pavement aux petits carreaux irréguliers où Sainte Anne pose ses sandales rouges et la Vierge Enfant ses pieds nus. Telles sont les verrières actuellement réalisées dans notre Abbatiale. Une troisième, à la gloire de Notre-Dame de la Libération des Captifs, vitrera, dans l'absidiole du transept sud, l'unique fenêtre à proprement parler carolingienne de l'édifice et rappellera l'une des grandes oeuvres de miséricorde temporelle de l'illustre Abbé humanitaire que fut Saint Filibert, la libération des captifs, figure d'une autre libération, celle des âmes arrachées à l'esclavage du démon par les travaux du grand Apôtre de nos contrées. La maquette de ce vitrail, due au talent du peintre-verrier M. Louzier, de Paris, attend, depuis octobre 1938, sur le bureau de la Commission des Beaux-Arts, le verdict de ses juges (A. Guillet - 1939).

Nota 3 : Le presbytère de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu relevait jadis des seigneurs du Chaffault. En rendirent aveu aux seigneurs du Chaffault les recteurs suivants : Pierre Thenaud, 1er mai 1572 ; Pierre Grandjean, 3 juin 1600, 1er juin 1619 ; Jean Grandjean 8 juin 1630 ; Claude Ragaud, 8 mars 1638 ; Jean Guibreteau, 12 mai 1645 ; Hubert Guibrettau, 17 déc. 1657. (Archives de la Vignette).

l'église Saint-Philbert (1862-1869), œuvre des architectes Neau et Boismen et érigée dans le style gothique poitevin du XIIIème siècle. Elle est ouverte au culte le 5 septembre 1869. Le clocher de 65 mètres est terminé en 1889. Des cloches sont bénites en 1870. La croix de l'autel date de 1829. Le reliquaire de Saint-Philbert date du XIXème siècle (vers 1850). Certaines cloches datent de 1855-1870. L'autel date de 1877. Le tympan, représentant l'arrivée des moines de Noirmoutier, date de 1894. Le portail (en fer forgé) date de 1894. La chaire à prêcher, œuvre des sculpteurs Daoulas et Caravaniez, date de 1896. L'orgue (instrument de 23 jeux), qui date de 1880, est inauguré le 21 août 1921 et restauré en 1973 (le facteur est A. Van Bever). Le vitrail Saint-Nicolas et Saint-Pierre, œuvre de Claudius Lavergne et de J.J. Gruber, date de 1937. Le général Lamoricière, une des figures de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, est représenté dans la verrière du transept sud (placée en 1898-1899): il offre son épée au Pape Pie IX en 1860 (Lamoricière est le créateur du corps des Zouaves Pontificaux) ;

Voir  Saint-Philbert-de-Grand-Lieu L'église paroissiale de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu et ses verrières.

la chapelle Lamoricière ou La Moricière ou du Chaffault (XVIII-XIXème siècle), située au cimetière de Saint-Philbert-de-grand-lieu. Cette chapelle abrite l'enfeu de la famille Juchault de Lamoricière ;

Nota 4 : La chapelle funéraire du Chaffault, dans le cimetière de Saint-Philbert de Grand-Lieu, fut une fondation des anciens seigneurs du Chaffault, en 1391 ; elle devint la propriété de la famille Juchault par le mariage de Christophe Juchault, IIème du nom, écuyer, seigneur de la Moricière, avec Geneviève-Marquise-Prudence Bouhier de la Verrie, qui lui apporta la seigneurie du Chaffault et ses dépendances. De temps immémorial, cette chapelle a toujours servi au culte, sauf pendant la Révolution. Les curés successifs de Saint-Philbert y ont constamment, dit la messe, confessé et fait le catéchisme. En 1821, le général de la Moricière, alors mineur, perdit son père, possesseur de ladite chapelle où ce dernier fut inhumé auprès de ses ancêtres. Peu après, la commune de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu éleva des prétentions à la propriété de l'édifice, ne voulant reconnaître que le droit d'enfeu à la famille de la Moricière. Ces contestations durèrent longtemps. En 1847, après dix-huit années passées en Afrique, le général revint en France et voulut faire exécuter certains travaux nécessaires à la chapelle. La commune s'y opposa et le général dut en conséquence entreprendre un procès pour revendiquer ses droits. Un des grands arguments de la commune était que la chapelle ayant toujours servi au culte, si la commune n'en était pas propriétaire, la famille de la Moricière pourrait la fermer à son gré. Le tribunal de Nantes rendit, le 21 janvier 1848, un jugement qui donna gain de cause au général en lui reconnaissant la propriété de la chapelle. En 1852, le général, alors exilé à Bruxelles, tout en maintenant et conservant ses droits de propriété, autorisa le curé de Saint-Philbert à exercer le culte dans la chapelle du Chaffault, autorisation qui a été maintenue. De sérieux travaux de réparations ont été poursuivis après ces débats jusqu'en 1858, année de la rentrée du général en France. Le 16 décembre de cette année, la chapelle fut solennellement bénite, en présence d'un grand nombre d'habitants de la contrée, par l'abbé Richard, grand-vicaire de Nantes, archevêque de Paris et cardinal, délégué pour cette bénédiction par Mgr Jacquemet, évêque de Nantes, retenu par sa santé. La chapelle du Chaffaut contient les restes d'un certain nombre de membres de la famille Juchault et des familles auxquelles elle s'est alliée. Le corps du général de la Moricière y repose actuellement (1896). Elle porte sur sa façade les armes des familles Juchault et du Chaffaut ainsi que cette inscription : D. N. Jesu Christo primogenito ex mortuis, spei nostrœ, sub patrimonio Virginis Dei parœ immaculatœ ac Sancti Michaelis archangeli. A l'intérieur, au-dessus de l'autel, se trouve l'inscription suivante : Beati qui in Domino moriuntur (Théodore Courtaux, 1896).

la chapelle des Jamonières ou Jamonnières (1760). Elle était dédiée jadis à saint François ;

la croix (1879), située dans le nouveau cimetière ;

le prieuré (XVème siècle). Au XVIème siècle, l'abbaye subit des dégradations lors du pillage de la ville de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu par les huguenots en juillet 1580 ;

Nota 5 : Ce très ancien prieuré, de l'ordre de Saint-Benoît, était placé dans la ville de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu et comprenait, au commencement du XVIIIème siècle, trois corps de logis entourés de fossés pleins d'eau et, de fortes murailles. (Bibliothèque nationale, ms latin 17092, p. 99 à 103). Le 19 avril 1679, messire Maximilien Grangier, abbé de Liverdy, docteur en Sorbonne, prieur commandataire du prieuré de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, rendit déclaration et dénombrement au Roi des « eglise, cloistre, maisons, jardins, terres, heritages, rentes, sensives, debvoir, fieff, seigneurie, court et jurisdiction dudit prieuré, le tout tenu prochement et noblement du Roy, en fieff d'eglise, francq et admorty, debvoir de prieres et oraisons, soubs le domaine et comté de Nantes ». Ce dénombrement comprend « l'eglise, lieu, manoir et maisons dudict prieuré, sittuez en la ville dudict Sainct-Philbert de Grand-Lieu, concistans en antiennes maisons, hautes et basses, chambre, cuisine, despance, celliers, greniers, chapitre, clouastres, granges, estables, prinsouër à vin, aire et jardins. A raison duquel prieuré ledict sieur prieur a, en ladicte par. de Sainct-Lumyne de Coustays, haulte, moyenne et basse justice sur les terres, rentes et revenus, à raison desquelles lui sont deubs lesdicts debvoirs et redebvances sur les subjectz, manans et habittans en son fieff en ladicte parroisse ». Item sur certains fiefs de la paroisse du Bignon. (Archives nationales. P. 1661, f° 357 à 413). Nous avons rencontré dans le courant de nos recherches les noms des prieurs suivants : 10 mai 1279, frère Guygue, prieur de Noirmoutier et administrateur du prieuré de Saint-Philbert, vacant par la mort de Pierre-Langleys. (Marchegay. Cartulaire des sires de Rays, p. 32). Estor Garnier, 1351. François Joubreteau, maître ès-arts, licencié ès-lois, 4 mars 1451. Maximilien Grangier, nommé plus haut, 1679. Les armoiries du prieuré de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu sont ainsi enregistrées dans l'Armorial officiel de France de 1696 : d'argent, à un cor de sable, lié de gueules, accompagné de cinq mouchetures d'hermine de même, 2 en chef et 3 en pointe. (Ms de la Bibliothèque Nationale. Bretagne, reg. II, p. 340, bureau de Nantes) (Théodore Courtaux).

le musée avifaune et minéralogique (XV-XVIème siècle) ;

la mairie (XVIIIème siècle). Il s'agit d'un ancien hôtel appartenant à M. de Liger. En 1790, la mairie de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu était installée dans l'auditoire du prieuré : elle y est mentionnée en 1815 et jusqu'en 1838 ;

la ferme de Saint-Rémy ou Remi (vers le XVIIème siècle). Il s'agit de l'ancienne propriété des parents de Jeanne Bernard (à partir de 1809). Jeanne Françoise Bernard, encore surnommée Mère Marie Thérèse, était la Supérieure Générale de toutes les congrégations de Saint-François dans le diocèse de Nantes. Cette communauté est fondée en 1841 par Mère Marie Thérèse, née à Chantenay le 29 nivôse an XII et qui vint habiter toute jeune (en 1809) la ferme de Sainte-Rémy ;

le manoir ou château des Jamonières (1750-1760). En 1871, on y relevait la date de 1755. Sa chapelle date de 1760. Le plus ancien seigneur du lieu est Jean Traon (en 1425), puis de Rays (en 1432). Celui-ci le vend à Guillemette Drouet, veuve de Guillaume Le Ferron,  mère de Geoffroy. En 1448, le château est pris de force par les gens de Prigent de Coëtivy sur ceux de Geoffroy Le Ferron y causant pour 500 écus de dommage. En 1543, il est vendu par Louise Goheau à François Gabart qui en est propriétaire en 1674 et Christophe Juchault de l'Orme en 1735. La famille de dernier le possède encore au XIXème siècle et par alliance il passe aux Patars d'Illiers en 1855 (Léon-Arthur puis Léon-Albert). Il est à vendre en 1882. On décrit ainsi la propriété : "à 1 km 500 du lac, elle comprend : château et dépendances... haras composé de 45 ha de Prairies et d'au moins 40 box, 5 fermes importantes (les Jamonnières, Charoulière, Marais Michaud, Poterie, le Moulin), les 13 borderies des Troissards, 80 hectares de vigne et partie du lac de Grandlieu, en tout 519 ha". A cette époque elle passe dans les mains de la famille Crouan. Propriété de la famille Rouzeau (juge de paix à Montaigu) en 1908, d'Alphonse Brossard (en 1932) [auteur Edmond Héry] ;

le manoir des Brétaudières (1810). Propriété des familles De Coëtus (en 1740), de Cornulier-Lucinière (en 1854), Adrien de Couëtus et Du Plessis-Quinquis (en 1888) ;

le manoir du Monceau (1837). L'édifice remplace un ancien château incendié durant la Révolution. Le domaine de Monceau était jadis propriété des familles du Chaffault (XVème siècle), de Lespinay (XVI-XVIIème siècle), Gabard (en 1671) et Juchault de l'Orme (au XVIIIème siècle). Il passa ensuite à la famille d'Estrée venue de Bourgogne. Plusieurs fermes ou métairies en dépendaient : les Grande et Petite Métairies, La Ratonnière, Bellevue, Vilda, La Maisonneuve, les Petits et Grands Marais, Malitourne et La Tuilerie ;

la maison de La Souchais. Propriété des familles Aubert (en 1387), Louis Gabart (en 1550), Babin (avant 1575), Guillaume Brochard (en 1575), Maillard, Maublanc (en 1860), Sauzeau, Fernand Thébaud ;

la maison de la Tamiserie, autrefois dépendance de La Moricière. Propriété de la famille De Chardonnay (de 1743 à 1763), puis de la famille Honoré Pitard du Landas ;

la maison de la Noë. Propriété, avant la Révolution, des familles Gouy et Dehody. A partir de 1800, on y trouve les familles Leroy, puis Lepage du Boischevalier et de La Monneraye ;

la communauté Saint-François (seconde moitié du XIXème siècle), située rue Saint-François-d'Assise. La communauté est fondée par Mère Marie Thérèse. La chapelle privée date du début du XXème siècle ;

le pont (1855). Ce pont remplace la passerelle construite par les moines et qui avait été refaite en 1809. En 819, Louis Le Pieux avait autorisé les moines à creuser des douves autour du monastère en échange de la construction d'un pont qui permette de franchir la Boulogne. En 1680, il n'y avait plus qu'un passeur avec son bateau et le 7 décembre 1687, au retour de la messe, 9 personnes de 11 à 35 ans furent noyées à cet endroit, l'embarcation ayant chaviré ;

A signaler aussi :

l'ancien domaine des Grolles. Propriété jadis des seigneurs de Viaigue, de Jean François et Médard de Viesgue (au XVème siècle) et de Jean Nicollon (en 1626) ;

l'ancien domaine de la Prévôté ou Fernière. Propriété de la famille Bidé au XVIIème siècle ;

l'ancien domaine de la Coulée. Propriété jadis des familles Viau, Deschampsneufs, Gautier, sieur des Fleurières, Ménardeau, Maubreuil (en 1746), Rabier et Cavel ;

l'ancien domaine de la Musse. Propriété des familles Nepvouet (au XVIème siècle), Richard (en 1645), de Liger (à partir de 1867). Il passe en 1892 par alliance à la famille Duclos (notaire à Carhaix). Elle est au XXème siècle la propriété de la famille Donet ;

l'ancien domaine du Port-Bossinot. Propriété de la famille Nicollon (au XVIème siècle), de René Des Champsneufs (au milieu du XVIIIème siècle) et de la famille Guitton de Flameng (à la veille de la Révolution). Un Rousseau de Nantes en devient propriétaire par la suite et la famille Giraudet après 1851, ainsi que la famille Voillet au XXème siècle. Une chapelle y est bénite le 18 décembre 1772 ;

l'ancien domaine de l'Ouvradière, situé non loin de Saint-Colombin. Propriété de la famille Hervouët de la Roberie ;

le domaine de la Grue. Propriété des familles Nepvouet, Bernard, Bousseau, Freton, Cochinal, Gauzence de Lastours (en 1911) et Voillet ;

l'ancien manoir de La Touquetière. Propriété des familles De Lespinay (fin du XVIIIème siècle), Reliquet et Lynier (en 1928) ;

l'ancien manoir du Verger. Propriété des familles Trevecar (en 1474), Brochard (en 1625), Louis de Chevigné (en 1736), De Barberé (en 1751), Luminais, Demangeat, Théophile Touchaleaume (en 1869) ;

l'ancien manoir de l'Homelais. Propriété des familles Morisset (en 1678), Moynard (en 1691) et Reliquet (en 1797) ;

l'ancien manoir du Rocher. Propriété de la famille Hubert au XVIIIème siècle puis de la marquise de Guer, petite-fille de Louis Cormerais ;

l'ancien manoir de la Pilletière. Propriété des familles Pichon, Hervouët, De Monti et de la famille Lemercier de la Clémencière à partir de 1848 ; 

le domaine de la Bastière. Une chapelle y est fondée au XVIIIème siècle par Jean Baptiste Thibaudeau, sieur de Bel-Air. On y trouve au XIXème siècle, un Fournier de La Pommeraye ;

le domaine de la Marouserie. Propriété de la famille Gazet du Chatelier et de la famille de Froment (en 1922) ;

l'ancien domaine de la Moricière. Il s'agit d'une ancienne juridiction. Le fief appartient à la famille Gouy (de 1381 à 1404), à la famille du Pouez (de 1456 à 1548), et par alliance à la famille Du Bec jusqu'en 1601. Le domaine est vendu en 1601 à Jean Gabard qui va le conserver jusqu'en 1715 où il passe à la famille alliée des Juchault. Une Marie Guillet le possède en 1796-1797, puis il tombe entre les mains de la famille Juchault qui le garde jusqu'en 1885 où le fief entre dans la famille de Castries. Le domaine est vendu en 1911 à la famille Eraud ;

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ANCIENNE NOBLESSE de SAINT-PHILBERT-DE-GRAND-LIEU

Cette ancienne paroisse de l'évêché de Nantes, SAINT-PHILBERT DE GRAND-LIEU (en latin Sanctus Philibertus de Grandi-Lacu), comprenait autrefois dans son territoire les villages, terres, métairies et seigneuries suivants : L'Angibauderie, Les Aubrais, Les Grosses Bariolles, La Bassetière, La Boivelière, Le Breil, Les Bretaudières, La Brosse-Guillou, La Charoulière, La Compointerie, La Crapaudière, Les Grandes et Les Petites Crespelières, Les Grandes-Fontaines, La Goulardière, le lac de Grand-Lieu, La Gravouillerie, La Gresle, La Grue, La Guibretière, La Grande Guittière, La Haie-Riau, L'Herbretière, L'Hermitière, L'Hommelais, Les Huguetières ou Châteaubriant, Les Jamonières, Les Grandes et Les Petites Jarries, La Lande-Moynard, Laujardière, La Logerie ou Le Petit-Troissart, Les Maillères, La Meillerie, appelée aussi La Soherie, La Marousière (actuellement La Marouserie), La Merlinière, La Moillancherie, Monceaux, La Moricière, Le Moulin-Étienne, La Nicollière, La Noë-Pourceau, Le Pesle du Chaffault, Le Pied-Pain, La Pilletière, Le Plessis-Bureau, Le Plessis-Pilaton, La Ponnelerie, Le Port-Boussinot, La Poterie, La Provosté, La Retelandière, La Revellerie, Le Rocher, La Rouxière ou La Roussière, Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, Saint-Remy, La Souchais, La Tamiserie, Le Verger, Viesques.

 

La seigneurie de GRANDLIEU. — Dans la paroisse de Saint-Philbert de Grand-Lieu se trouvaient deux seigneuries d'une certaine importance. La première était celle de Saint-Philbert formant au XIIIème siècle une châtellenie distincte et appartenant aux sires de Rays, mais réunie bientôt après à leur châtellenie de la Benaste ; la seconde était celle de Grandlieu dont il nous reste à dire quelques mots. La seigneurie de Grandlieu appartenait en 1359 à Jean Gastineau, seigneur de Vieillevigne. Depuis lors, jusqu'en 1789 elle a fait partie de la châtellenie de Vieillevigne. Cette seigneurie de Grandlieu consistait surtout en la possession du lac de Grandlieu et en une haute justice exercée dans certains fiefs situés au bord de ce lac. L'aveu de 1580 s'exprime ainsi : « Le lac ou estang de Grandlieu a sept lieues de tour entre les paroisses de la Chevrolière, Saint-Philbert de Grandlieu, Saint-Lumine de Coutais, Port-Saint-Père, Saint-Léger, Bouaye, Saint-Aignan et le Pont-Saint-Martin.... Appartient au seigneur de Grandlieu le droit de lief qui est que chacun jeudy depuis la Chandeleur jusqu'à Pasques, il fait lever et jouit de tous les poissons qui sont pris ès ancraux , baillées et autres texures que les habitants des marais de Saint-Lumine et Saint-Mars tendent ordinairement dans les dépendances dudit lac ; et lesdits pescheurs sont obligés de rendre leurs filets et ancraux, la veille de chacun desdits jeudys et de se trouver dès le matin près de l'estier de Saint-Lumine, ô leurs bateaux, pour prendre ledit seigneur ou son commis et l'aider à faire ledit lief  » (Déclaration de Grandlieu en 1580).

Le sire de Grandlieu possédait un petit manoir, ou métairie noble, appelé Grandlieu et bâti au bord du lac. A cause de cette maison, il jouissait en 1466 de plusieurs droits d'usage dans la forêt de Touffou appartenant comme on l'a vu, au duc de Bretagne ; « A droit ledit seigneur de Grandlieu d'envoyer quand bon luy semble dans la forest de Touffou, entre le chemin de la chaussée de Touffou jusqu'au Pellerin, chercher les avettes (abeilles) ès arbres et bois de ladite forest  » ; le premier qui les trouve « doit mettre une motte de terre ou autre marque et enseigne, au pied de l'arbre » où il les a trouvées... « A droit aussy ledit seigneur de faire recueillir les coupeaulx des bois que le duc fait abattre en sa forest de Touffou pour les réparations de ses châteaux de Nantes et de Touffou ... Enfin a encore droit d'usage, posson et pasnage ledit seigneur pour les bestes de sa mestairie de Grandlieu contiguë audit lac et pour le chauffage du four d'icelle mestairie » (Déclaration de Grandlieu en 1466).

GRAND-LIEU, lac, appartenance de la châtellenie de Vieillevigne, et qui fut possédée par : Jean Gastineau, chevalier, 1359 ; Jeanne Gastineau, femme de Miles de Machecoul, 1380 ; Marguerite de Machecoul, femme de Jean de la Lande, qui prit le nom de Machecoul, 1430 ; Tristan de la Lande, dit de Machecoul, 1460 ; Jean de Machecoul, 1580 ; Marguerite de Machecoul, femme d'Henri de la Chapelle, marquis de la Roche-Giffard, 1656 ; Anne-Claire-Thérese de la Chapelle, femme de Claude-Philibert-Henri de Damas, marquis de Thianges, 1675 ; Gabriel-Antoine de Crux, sr. de Courboyer, fils de Louise de Machecoul, 1686 ; Éléonore-Gabrielle-Louise-Françoise de Crux, femme de J.-B. Louis-Victor de Rochechouart, comte de Mortemart, 1733 ; Augustin-François de Rochechouart, marquis de. Mortemart, 1742 ; Gabriel-Louis Le Clerc, comte de Juigné au Maine, petit-fils de Louise-Henriette de Crux, 1755 ; Le Clerc, marquis de Juigné, 1791.

 

La seigneurie de LA MORICIÈRE. — Cette ancienne seigneurie, située en la paroisse de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, évêché de Nantes, avait droits de haute, moyenne et basse justice, de tabellionage et par suite de sceau [Note : Le sceau plaqué de la cour de la Moricière se trouve au bas d'un aveu des maison noble et métairie de la Tamiserie, mouvantes de la seigneurie de la Moricière, rendu, le 6 juillet 1612, par honorable homme Nicolas des Vignes, sieur de lad. Tamiserie, à damoiselle Françoise Padiolleau, dame de la Moricière et des Jamonières, veuve de Jean Gabart, écuyer, seigneur des mêmes lieux, et tutrice des enfants d'elle et dudit Jean Gabart. Il représente les armes des Gabard : un croissant, surmonté de deux étoiles, avec cette légende : CEAV DE LA COVRT DE LA MORISSIERE. (Archives de la Moricière, n° 54, parchemin original)] ; de banc dans l'église de lad. paroisse, suivant un arrêt du duc de Bretagne du 27 mai 1473 ; d'épaves [Note : On appelait épaves les bêtes égarées et généralement toutes choses perdues, qui, après les publications faites dans le temps fixé par les différentes coutumes, étaient adjugées au seigneur haut-justicier, n'ayant été réclamées par personne], de pêcherie dans le lac de Grand-Lieu, de fuie colombier de déshérence (droit pour le seigneur haut-justicier de succéder à son sujet décédé sans héritiers), de bâtardise (droit pour le même seigneur de succéder à son sujet bâtard, décédé ab intestat), de lods et ventes [Note : Droit d'argent dû au seigneur sur une vente faite par son vassal], de rentes seigneuriales sur les dépendances suivantes : les lieu et maison noble de la Tamiserie ; les villages de la Boivelière, de la Crapaudière, de la Gallonière, de la Gravouillerie, de la Moillancherie, du Plessis-Bureau, du Plessis-Pilaton, de la Ponnelerie et de la Revellerie ; les métairies de la Gresle, de la Hairiau, du Marais-Michaud et de la Retelandière ; l'Escaubu-Villain ; la Piletière, aliàs la Pillatière. La seigneurie de la Moricière releva d'abord prochement (c'est-à-dire directement, sans l'intermédiaire d'un autre seigneur) et noblement des ducs de Bretagne ; elle releva ensuite, aux  mêmes titres, des rois de France, après la réunion de la Bretagne à la Couronne par le mariage d'Anne de Bretagne, fille de François II de Bretagne, avec Charles VIII, en 1491. Elle a appartenu successivement aux familles Gouy, de Sainte-Flayve, de la Noë, du Pouëz, Laurens, du Bec, Gabard, Juchault. Jean Gouy l'aîné fut seigneur de la Moricière de 1381 à 1405. Jean de Sainte-Flayve, seigneur de la Moricière, le 4 juin 1407. Jean de la Noë, chevalier, seigneur de la Noë, paroisse de Saint-Colombin, et de la Moricière, de 1407 à 1423. Le 2 octobre 1417, il donna ordre à Sylvestre Martinet de payer 60 sous aux abbé et couvent de Villeneuve. Le 12 juillet 1419, il manda à son receveur de payer certaine somme en argent et en seigle, qu'il devait aux abbé et religieux du même couvent pour les arrérages d'une rente de 20 deniers et deux boisseaux de seigle. Le 25 juillet 1422, il donna ordre à Guillaume Praton, Jean Ménart, Olivier Bureau et Clément Guibert, de payer aux mêmes abbé et religieux une somme de 18 livres pour certains arrérages d'une rente de 10 livres qu'il devait à ces derniers sur sa terre de la Moricière. (Bibliothèque Nationale. Trésor généalogique de dom Villevieille, t. LXIV, f° 62 et 62 verso. Extraits des archives de l'abbaye de Villeneuve près de Nantes).

Jean de la Noë testa le 10 juin 1423. Voici une copie en extrait de ce curieux document qui a déjà été publié par le vicomte Oscar de Poli à la page 110 de son excellent Précis généalogique de la maison de la Nouë : « En nom du Pere et du Fils et du Sainct Esperit amen. Je Jehan de la Noë, chevalier, malade en corps et non en pencée..., ordonne mon testament et derraine volunté en la forme et maniere qui enseust. Premier : je recommande mon ame à mon Dieu, mon Pere, mon creatour, et à la benoiste Vierge Marie, sa mere, et à Mgr Sainct Michel et à toute la celestial court de Paradis, et mon corps à l'ensepulture de Saincte Eglise, laquelle je veil et esleis que soit à Nantes, à N. D. du Carmel, et vueil et ordonne estre mys bien et honnestement, comme bon homme et bon catholicque doibt selon son estat... Item, je vieulx et ordonne que ung testament que fiz autreffoiz et composa Guille Rondeau, maistre et rectour des escoulles de Machecoul,... ait son effect..., excepté cela où il estoit dit que j'avoye donné à Jehan de la Noë, sieur de Loriardiere, trente livres de rente ; je en recuide et annulle vingt cinq livres de rente .. Item, je veil et ordonne que la terre de Massaine qui fut baillée à Annette, ma fille, en mariage faisant o (avec) Breteren de Treal, luy soit recompansée sur ma terre, à la election de mon heir principal, de là où ledict de Treal ne luy vouldroit restituer sadicte terre. Item, je donne à Marie, ma fille, femme Guille Desrame, après ma mort, cent livres de rente perpetuelle et dous cens escuz d'or, une fois poiez... Item, je donne à Briete, ma fille, cent livres de rente perpetuelle après ma mort, et dous cens escuz d'or, une fois poiez... Item, je veil et ordonne que Jamete, ma soeur, ait ce que luy promis, en mariage faisant o Jehan Bocart... Item, je donne à Jehan de la Noë, mon filleul, vingt livres monnoie, une foiz poiez... Item, pour ce qui est de trante soulz de rente qui sont deuz par an sur la terre de la Moriciere à Jehan de la Noë, sr. de Loriardiere, je vieulx et ordonne qu'ilz ly soient poiez ou temps que j'ai levé et tenu cette terre... Item, je donne et lesse à ma compaigne, ma famme, touz et chascuns mes biens meubles quelxconques... Item, je ordonne et esleis mes executeurs de cest mon testament... Bertran de Treal, le provincial des Carmes, J. de Trevecar, J. de la Tousche et ma compaigne, ma famme... Faict et ordonné par nostre court de Nantes et par la court de Monsieur l'official dudict lieu, le dixiesme jour du moys de juign l'an mil IIIIe vingt et troys, garans, presens, requis et appelez maistre André Symon, J. de la Tousche, B. de Treal, Guille Desrame, Girart de la Noë, Jehan de la Noë, etc. » (Archives de la Loire-Inférieure. H. 223. Fonds des Carmes. Charte du 7 janvier 1460 dans laquelle est rapporté ce testament).

La seigneurie de la Moricière passa ensuite à la famille du Pouëz, par une alliance probablement avec les de la Noë.

I.- Bertrand du Pouëz [Note : 20 nov. 1415. Quittance de gages donnée à Hémon Raguier, trésorier des guerres du Roi, par Robert du Pouëz, écuyer dans une compagnie au service du Roi et du duc de Guyenne, en la ville de Paris, sous le gouvernement de Tanguy du Chastel. (Bibliothèque Nationale, Pièces Originales, reg. 2357, cote 52960. Parchemin original)], Ier du nom, écuyer, seigneur de la Moricière, mourut le 7 février 1456 et eut pour fils :

II. - Bertrand du Pouëz, IIème du nom, écuyer, seigneur de la Moricière, de 1457 à 1473. Le 20 septembre 1457, devant Pierre Bernard, receveur de Nantes, il rendit aveu et dénombrement au duc de Bretagne de la terre de la Moricière. (Archives de la Vignette). Il eut pour successeur :

III. - Bertrand du Pouëz, IIIème du nom, écuyer, seigneur de la Moricière, du Branday, aliàs du Brandais, de la Noë-Pourceau et de la Marne, de 1522 à 1547, partagea, le 16 mars 1531, avec son beau-frère, messire Gilles Gouy, chevalier, seigneur du Branday et de la Noë-Pourceau. Il avait épousé Jeanne Gouy, soeur germaine dudit Gilles Gouy ; il en eut : Marie du Pouëz, fille aînée, qui épousa noble homme maître Guillaume Laurens, seigneur de Launay, de 1538 à 1548, conseiller du Roi et son maître des requêtes en Bretagne. Le 9 mars 1548, Guillaume Laurens, comme garde naturel de damoiselle Jehanne Laurens, sa fille unique, héritière de feu Bertrand du Pouëz, son aïeul maternel, en son vivant seigneur de la Moricière, rendit aveu et dénombrement au Roi, à cause de la comté de Nantes, des terres, rentes et héritages, tombés en rachat par le décès dudit Bertrand du Pouëz, tenus prochement et noblement du Roi et comprenant le lieu et la maison noble de la Moricière, le marais de la Moricière, la métairie noble dudit lieu de la Moricière, la métairie de la Haye-Oayriau, etc., ainsi que diverses rentes assises sur la Tamiserie, la Crapaudière, la Gallonière, l'Escaubu, la Gravoullerie, la Ponnelerie, etc. (Archives de la Vignette. Parchemin original). Ladite Jeanne Laurens épousa 1° Pierre de Sévigné, baron des Rochers, 2° messire Charles du Bec, 2ème du nom, chevalier de l'ordre du Roi, gentilhomme ordinaire de sa Chambre, seigneur de Boury et de Villebon, veuf de Marie de Clercy et fils de Charles du Bec, 1er du nom, seigneur de Boury et de Verdes, chevalier de l'ordre du Roi, vice-amiral de France, et de Madeleine de Beauvilliers Saint-Aignan. Charles II du Bec, par son second mariage, devint aussi seigneur de Launay, du Brandais, de la Noë-Pourceau et de la Moricière. Le 27 mars 1583, leurs enfants mineurs, René et Charles du Bec, étaient sous la tutelle de leur oncle, Révérend Père en Dieu Philippe du Bec, évêque de Nantes, abbé de Pontron, conseiller du Roi en son Conseil privé et plus tard commandeur de l'ordre du Saint-Esprit, maître de la chapelle du Roi et archevêque de Reims (Archives de la Vignette et de la Moricière, Père Anselme et Cabinet des Titres de la Bibliothèque Nationale).

Par acte du 2 juillet 1601, passé devant Robo, notaire royal à Nantes, Jean Gabard, écuyer, seigneur des Jamonières, et damoiselle Françoise Padioleau, son épouse, achetèrent, pour la somme de 9.150 écus sol, à 60 sols pièce, de noble et puissant seigneur Charles du Bec [Note : Dans un acte du 13 août 1600, conservé à la Vignette, Charles du Bec est qualifié haut et puissant messire, chevalier de l'ordre du Roi, gentilhomme de sa Chambre, seigneur de Villebon, Boury, Laubier, la Moricière, la Marne] et de noble et puissante dame Jeanne de Touteville, son épouse, les lieu noble, maison seigneuriale, fief, juridiction, haute, moyenne et basse justice, terres et appartenances de la Moricière, paroisse Saint-Philbert, avec ses métairies, rentes et revenus, pourpris [Note : Enceinte, cour], maisons, jardins, vergers, garenne et refuge à connils [Note : Lapins], pressoir, cuves et tonneaux dudit lieu et meubles y étans, bestiaux et métairies droit de fuye, bois-taillis et de haute futaie, prés, pâtures, pastureaux, marais, et le droit de pescheries aux égouts du lac de Grand-Lieu, ainsi que les métairies de la Moricière et de la Retelandière ; les métairies de la Gresle et de la Haie-Riou ; les terrages du Plessis et de la Mallancherie ; le moulin à vent de la Moricière ; les rentes et droits de rachat de la Tamiserie ; les rentes seigneuriales sur les villages de la Bolvelière, de la Gallonière, de la Crapaudière, du Plessis-Bureau, sur la moitié du village du Plessis-Pilaton et sur deux maisons de Saint-Philbert, dans lesquelles se tenaient les plaids de la cour de la Moricière ; et généralement « ladite terre et seigneurie de la Moriciere, avec tous ses droits utiles et honorifiques, à la charge d'en faire les obeissances, hommage, payer le rachat au Roi [Note : Ce droit se monta pour cette mutation à 970 écus 50 sols. Le 18 avril 1641, la terre et seigneurie de la Moricière fut baillée judiciairement à Jean Perraud pour cinq ans et 3.600 livres par an (Archives de la Vignette)] et d'en acquitter les redevances, entre autres 50 livres tournois à l'hôpital de Nantes, 9 livres 8 sols tournois au recteur de Sainte-Radegonde de Nantes et 12 livres monnaie à l'abbaye de. Villeneuve » (Archives de la Vignette). La famille Gabard ayant possédé pendant longtemps la Moricière, les Jamonières, le Chaffault et le Pied-Pain, nous croyons indispensable de donner ici sa généalogie d'après les nombreux documents relatifs à cette famille qui se trouvent aux archives de la Vignette et de la Moricière ainsi qu'au Cabinet des Titres de la Bibliothèque Nationale.

GABARD ou GABART. ARMES : de gueules, au croissant d'argent, accompagné en chef de deux étoiles d'or.

I.- Jean Gabard, Ier du nom, sr. de la Noë, paroisse de la Limouzinière, en 1524, eut pour fils :

II. - François Gabard, écuyer, sr. de la Maillardière, paroisse de Vertou, et de la Teillière, demeurant à Nantes, et l'un des capitaines de la garnison de cette ville en 1543, fut anobli par lettres royaux données à Saint-Germain-en-Laye, au mois de juin 1547 et enregistrées en la Chambre des Comptes, le 20 mai 1548. (Archives de la Vignette. Parchemin original). Il épousa 1° Jeanne Girard, 2° Louise Brécel, dame du Breil et des Jamonières, fille de Christophe B., sénéchal de Nantes, seigneur de la Seilleraye et de Clermont, et de Catherine du Chaffaut, et veuve de noble homme Pierre de la Chapelle, docteur en droit, conseiller au Parlement de Bretagne et seigneur des Jamonières. Du premier mariage vinrent :

- 1°. François Gabard, écuyer, seigneur de la Maillardière, conseiller au Parlement de Bretagne et qui épousa 1° Catherine d'Artois, 2° Sébastienne Huguet. De la première alliance : A. François Gabard, écuyer, seigneur de la Maillardière, maître des Comptes en Bretagne et qui épousa 1° Antoinette du Pé, fille de N... du Pé, seigneur d'Orvault, sans enfants, 2° Jeanne Berland, fille de Jacques B., sr. de la Guitonnière en Poitou, président au Parlement de Bretagne, sans enfants. B. Louise Gabard, qui épousa à Nantes, en 1590, Louis Foucher, sr. du Brandeau en Poitou.

– 2°. Françoise Gabard qui épousa, le 4 avril 1549, Vincent de la Chastaigneraye, seigneur dudit lieu en Avessac.

François Gabard eut de son second mariage :

- 3°. Claude Gabard, écuyer, sr. de Launay, sans alliance ;

- 4°. Jean, qui suit ;

- 5°. Jeanne Gabard, qui fut la femme 1° de Pierre Gaurays, sr. du Plessis-Gaurays, 2° de Guy de Champeaux, sr. du Greix ;

- 6°. Louise Gabard, mariée en Poitou ;

- 7°. Anne Gabard, dame de la Grignonnaye, veuve, le 19 novembre 1598, de Jacques Grignon, écuyer, sieur de la Grignonnaye, conseiller au Parlement de Bretagne ;

- 8°. Renée Gabard, épouse, à la même date, de Pierre Ménardeau, écuyer, sieur de Ranzay, paroisse de Saint-Donatien, et de la Duracerie, paroisse de Sainte-Pazanne, auditeur en la Chambre des Comptes de Bretagne.

II. - Jean Gabard, IIème du nom, seigneur de la Botinière, aliàs la Boutinière, et des Jamonières, partagea, le 19 novembre 1598, avec ses frère et soeurs utérins, Claude, Jeanne, Anne et Renée, la succession de leur mère vivante, du consentement de celle-ci, devant Boucaud, notaire royal à Nantes. Le 3 mars 1599, il acquit de Claude, son frère, tout ce que ce dernier possédait aux Jamonières, en échange de la terre de la Forestrie en Thouarcé (Archives de la Vignette). Il épousa Françoise Padioleau, dame de la Moricière, de la Retelandière et de Téhillac, qui épousa en secondes noces David de Breslay, écuyer, avec lequel elle vivait le 27 septembre 1635. Elle avait eu de son mariage avec Jean Gabard : - 1° Jean, qui suit ; - 2° Claude Gabard, écuyer, seigneur de Launay, de la Forestrie, de Rollieu, et qui épousa damoiselle Françoise Godiveau, dont : A) Jacques Gabard, écuyer seigneur de Rollieu, conseiller au Parlement de Bretagne, époux de Renée Martin des Morandais, dont une fille mariée à messire. N... de Bégasson ; B) Jean Gabard, écuyer, sieur du Brossay ; - 3° Antoinette Gabard, qui fut unie 1° à Jean Le Guennec, sieur de Beaubois en Drefféac ; 2° en 1645, à messire Jacques Rogon, écuyer, sr. de Kermartin.

III. - Jean Gabard, IIIème du nom, écuyer, seigneur de la Moricière, des Jamonières et du Pied-Pain, grand prévôt de Bretagne, partagea avec ses frères et soeur, Jean, Claude et Antoinette, la succession de leur père, le 16 juin 1626, et mourut en mars 1640. Il avait épousé 1° Marie Cuillé, 2° damoiselle Bonne Guischard, fille de N... G., sr. de Martigné, conseiller au Parlement de Bretagne. Du premier mariage : 1° Jean, qui suit ; Du second mariage : 2° Renée Gabard, femme de Jacques Butault, sr. de la Chastaigneraye et de Marzan ; 3° François Gabard, écuyer, sr. de Téhillac ; 4° Claude Gabard, écuyer, qui épousa Antoinette de Chardonnay ; 5° Charles Gabard, écuyer, seigneur de Tharon, paroisse de Saint-Père-en-Retz, en 1663 ; 6° Antoine Gabard, écuyer, sr. de la Roche-Hervé, paroisse de Missillac ; 7° et 8° Antoinette et Marie Gabard, religieuses du tiers-ordre à Nantes ; 9° Renée Gabard.

IV. - Jean Gabard., IVème du nom, écuyer, seigneur de la Moricière, des Jamonières, du Chaffault et du Pied-Pain, fut maintenu dans sa noblesse par arrêt de la Chambre de la Réformation de Bretagne du 13 novembre 1668, avec Philippe Gabard, sieur de la Maillardière, et ses frères, François Gabard, sieur de Téhillac, Claude Gabard, écuyer, sieur du Plessis, Charles Gabard, écuyer, sieur de Tharon, et Antoine Gabard, écuyer, sieur de la Roche-Hervé. (Bibliothèque nationale. Carrés de d'Hozier, vol. 279, f° 4 et 5). Il épousa René Bonneau, dont il eut : 1° Charles-Prudent, qui suit. 2° Renée Gabard, qui épousa messire Charles-Gabriel Bouhier, chevalier, seigneur de la Verrie. Leur fille, Geneviève-Marquise-Prudence Bouhier de la Verrie, épousa, le 13 février 1703, Christophe Juchault, IIème du nom, et lui apporta en dot la seigneurie du Chaffault. 3° Marquise Gabard, femme, en 1700, de messire Jean-Baptiste-Gaston Le Lou, chevalier, seigneur de la Chapelle-Glain.

V. - Charles-Prudent Gabard, écuyer, seigneur de la Moricière, des Jamonières, du Chaffault, de Monceaux et du Pied-Pain, fit enregistrer les armes de sa famille dans l'Armorial officiel de France de 1696. (Bretagne, reg. 1, p. 166). Il avait épousé Marie-Anne de Loréal et mourut sans postérité en avril 1715. C'est par le mariage mentionné plus haut de Christophe. Juchault, IIème du nom, avec Geneviève-Marquise-Prudence Bouhier de la Verrie et l'extinction de la famille Gabard, que les seigneuries de la Moricière, des Jamonières, du Chaffault et du Pied-Pain sont entrées dans la famille Juchault. Par acte du 8 septembre 1738, passé devant Mongin et Fourmy, notaires royaux à Nantes, Christophe Juchault, seigneur de Lorme, et Geneviève-Marquise-Prudence Bouhier de Verrie, sa femme, empruntèrent à l'intérêt annuel de 1.500 livres, à dame Marie-Françoise de Saint-Belin, veuve de messire Jean de Martel, chevalier, seigneur de la Haye, du Boisjouan et de Ponceau, la somme de 30.000 livres pour parfaire le payement de celle de 60.000 livres, qu'ils devaient effectuer à l'héritier de feue Marie-Anne de Loréal [Note : Il s'agit de Louis-Marie de Béchenec, neveu de Marie-Anne de Loréal, à qui celle-ci avait fait donation de la terre et seigneurie de la Moricière, le 16 novembre 1737 (Archives de la Vignette)] ; veuve de messire Charles-Prudent Gabart, seigneur de Monceaux et de la Moricière, pour les prétentions dudit héritier sur la terre de la Moricière et ses dépendances (Archives de la Vignette. Parchemin original). Le 17 décembre 1760, Christophe-Prudent Juchault, écuyer, seigneur de Monceaux, fils des précédents, rendit aveu et dénombrement au Roi des seigneuries de la Moricière, du Pied-Pain, du Chaffaut et des Jamonières. Voici une copie en extrait de cet important document 17 décembre 1760. « Minu et déclaration des terres, fiefs, seigneuries, rentes, domaines et autres droits dépendans des terres et seigneuries du Pesle du Chaffault, de la Moricière, le Piépain et les Jamonières, tombées en rachapt à Sa Majesté, à cause de son domaine de Nantes, par le décès de dame Geneviève-Marquise-Prudence Bouhier de la Verrye, veuve de messire Christophe Juchault, écuyer, seigneur de Lorme, arrivé le vingt novembre mil sept cent soixante, que messire Christophe-Prudent Juchault, écuyer, seigneur de Monceaux, son fils aîné, héritier principal et noble, fournit à Nosseigneurs des États de Bretagne, aliénataires des domaines du Roi, et à écuyer Jean-François de la Fontaine, conseiller du Roi, seul receveur général ancien et mitriennal et alternatif et mitriennal des domaines et bois de Bretagne, pour parvenir à l'éligement du rachapt desdites terres, échu par la mort de ladite dame, desquelles terres, fiefs et seigneuries la consistance suit, savoir : LA MAISON NOBLE DE LA MORICIÈRE, située en la paroisse de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, et ses dépendances. Item, un marais appelé La Moricière en ladite paroisse de Saint-Philbert... Item, un bois taillis, appelé le taillis de la Planche. Item, la prée de la Planche... Item, un bois taillis, appelé le bois de la Planche... Item, un autre bois taillis, appellé le taillis du Haut-Champ... Item, un autre bois jeune de haute futaye, appelé le bois des Hauts-Champs... Item, la métairie noble dudit lieu de la Moricière et ses dépendances, maisons, granges, jardins, prés, bois anciens, terres, arables, gats, landes et autres... Item, une métairie noble appellée La Retellandière, dépendante de ladite maison de la Moricière... Item, la métairie de la Gresle, dépendante de ladite maison de la Moricière... Deux pièces de terre contiguës l'une à l'autre, appellées La Grande Gaignerie et La Petite Gaignerie... Le bois taillis du Grand-Genet... Le bois du Rocher en futaye... Item, un bois taillis, appellé Le Bois-Rond.... La métairie du Marais-Michaud, ..Trois clos de vigne, appellés Le Petit-Godart et Les Roches Grises de la Gallonnière et des Amoillanes... En la ville de Saint Philbert de Grand-Lieu, un corps de logis, bâti à murailles, ... laquelle maison sert à l'exercice de la juridiction. (Suit le détail des) rentes en juridiction haute, moyenne et basse, dues à ladite seigneurie de la Moricière, tant en bleds, fromens, avoines, chapons et argent, lesdits grains dûs à la mesure de la juridiction de la Moricière, qui est de la grandeur de celle des Huguetières, sur les villages ci-après déclarés : Sur le lieu de la Tamiserie. . (qui) relève de ladite seigneurie de la Moricière, aux devoirs de foy et hommage et rachat... Sur les villages de la Crapaudière, de la Boivelière, de la Gallonnière, de la Gravouillerie, du Plessis-Bureau, du Plessis-Pillaton, de la Moillancherie, de la Pouvellerie (sic). … Item, à cause de la seigneurie de la Moricière, appartient, sur les vassaux de la paroisse de Saint-Philbert, les droits d'épaves, gallois, désherence de ligne, succession de bâtards, droits de tutelle, curatelle, inventaire et ventes, de lods et ventes au denier six, et autres droits appartenans à seigneur haut justicier ; comme aussi sont les vassaux de ladite seigneurie tenus de faire moudre le bled au moulin de ladite seigneurie. Pour l'exercice de laquelle juridiction ledit seigneur a droit d'avoir officiers, sénéchal, procureur fiscal, greffier, notaires, procureurs et sergents. (Suit le dénombrement des terres et seigneuries du Pied-Pain, du Chaffault et des Jamonières). Ce sont toutes les dépendances desdites terres et seigneuries du Pesle du Chaffault, de la Moricière, du Pied-Pain et des Jamonières, qui sont tombées en rachapt par le décès de ladite dame Geneviève-Marquise-Prudence Bouhyer de la Verrye, veuve Juchault de Lorme, déclarant ledit seigneur de Monceaux qu'au décès de messire Charles-Prudent Gabart, chevalier, seigneur de Monceaux, oncle de ladite dame de Lorme, arrivé au mois d'avril mil sept cent quinze, le rachapt desdites terres fut payé sur le pié de trois mille six cens livres, mais il observé que la plus grande quantité des bois taillis, qui formaient alors un produit, sont actuellement en futaie et ne produisent plus de revenu, qu'il y a beaucoup de vignes qui dépendent de ces terres, dont l'exploitation coûte beaucoup et produisent peu de revenu, en sorte qu'à peine peuvent-elles valoir ce qu'elles valaient ; cependant, il offre de payer le rachapt dû par la mort de Madame sa mère sur le pié de trois mille six cens livres, consentant au surplus, si son offre n'est pas acceptée, que Nosseigneurs des Etats de Bretagne et ledit sieur de la Fontaine fassent procéder au bail du revenu desdites terres et seigneuries ou qu'ils en jouissent ainsi et de la manière qu'ils aviseront. Lequel présent minu ledit seigneur de Monceaux, demeurant à Nantes, en son hôtel, rue et paroisse de Notre-Dame, présent devant nous notaires du Roi à Nantes, soussignés, affirme contenir vérité à sa connaissance, et pour le présenter à Nosseigneurs des États de Bretagne et audit sieur de la Fontaine et en retirer le récépissé, il a fait et constitué son procureur général et spécial à M. (ici un blanc), auquel il donne tout pouvoir quant à ce. Fait et passé à Nantes, ès étude où ledit seigneur de Monceaux a signé, l'an mil sept cent soixante, le dix sept décembre. La minute est signée de C.-Prudent Juchault de Monceaux et des notaires soussignés, et elle est restée vers maître Jalaber, l'un d'eux. Controllé à Nantes, le lendemain par Mioulle, qui a reçu dix-neuf sols trois deniers. Signé LEGOÜAIS (et) JALABER ».

« Je soussigné, receveur des domaines du Roy à Nantes, reconnois avoir reçu de Monsieur Juchault de Monceaux, en l'acquit du sieur de la Chenais, adjudicataire du bail à rachat des terres, fiefs, seigneuries, rentes, domaines et autres droits dépendants des seigneuries du Chaffaut du Pels, de la Morissière, le Piedpain, les Jamonières, la somme de trois mille six cens livres pour le rachat dû à Mrs. des États de Bretagne par le décès de dame Marquise-Prudence Bohyer de la Verrière [Note : Lisez Bouhier de la Verrie] veuve de messire Christophe Juchaud, seigneur de Lorme, arrivé le 20 novembre dernier, lesdits biens situés paroisse de Saint-Philbert de Grand-Lieu, de laquelle susdite somme je tiens quitte mondit sieur de la Chenais et tous autres, et reconnois que le bail à rachat fait au présidial de Nantes, le 4 avril dernier, m'a été remis au soutien du minu des autres parts, sans préjudice de tous autres droits féodaux. A Nantes, ce treze may 1761. (Signé) MIOULL…  Droit de quittance : 3 livres » (Archives de la Vignette. Papier original).

La terre de la Moricière, confisquée nationalement sur Christophe-Jacques-Prudent-Gilbert Juchault de la Moricière (degré VII), fut vendue par l'administration du domaine de la Loire-Inférieure, le quatrième jour complémentaire de l'an IV (20 septembre 1796), à la citoyenne Marie Guillet, marchande de fer, demeurant à Nantes ; et veuve de Julien Le Verrier, laquelle, par acte du 12 fructidor an V (29 août 1797), passé devant Nicolleau et Bouheau, notaires de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu et de la Limouzinière, la revendit, pour la somme de 30,000 francs, à Marie-Rosalie, Henriette-Félicité, Charlotte-Julie Juchault, de la Moricière et à Louis-Marie Juchault des Jamonières et Marie-Prudence-Aimée Juchault de la Moricière, son épouse. (Archives de la Moricière).

La terre de la Moricière appartient vers 1896 à Madame la comtesse Henry de Castries, née Juchault de la Moricière.

De l'ancienne maison seigneuriale de la Moricière il ne reste plus en 1896 que la petite chapelle, placée au sud-est de la maison actuelle et dans la construction doit être très ancienne, s'il faut en juger par ses porte et fenêtre et par la croix pattée (élargie aux quatre extrémités) qui se trouve encore sur la partie septentrionale de la toiture, au-dessus du choeur.

Pour être aussi complet que possible, nous allons maintenant parler avec quelques détails des anciennes dépendances de la seigneurie de la Moricière.

LA BOIVELIÈRE, village en la paroisse de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu et dépendance roturière de la seigneurie de la Moricière ; actuellement à 2 kilom. 250 m. au sud de la Moricière. Le nom est écrit : La Bayvelyerre, 1534 ; La Boevellière, 1582, 1600 ; La Bouevellière, 1603, 1645 ; La Boisvelière, 1702 ; La Boivellière, 1775, 1776.

Les tenanciers de ce village en rendirent aveu et dénombrement aux seigneurs de la Moricière : Bertran du Pouëz, le 9 juin 1534 ; Révérend Père en Dieu Philippe du Bec, évêque de Nantes, tuteur de Charles du Bec, son neveu, le 10 juin 1582 ; Charles du Bec, le 3 août 1600 ; Jean Gabart, le 6 juillet 1603 ; Jean Gabart, le 12 janvier 1645 ; Charles-Prudent Gabart, le 14 juillet 1702 ; messire Christophe-Prudent Juchault, le 19 janvier 1776. (Archives de la Moricière, n°. 14 à 23. Parchemins et papiers originaux).

LA CRAPAUDIÈRE, village en la même paroisse et dépendance roturière pour moitié de la même seigneurie, actuellement à 3 kilom.300 m. au sud de la Moricière. Les tenanciers en rendirent aveu et dénombrement aux seigneurs de la Moricière : Bertran du Pouëz, le 4 mars 1541 ; Jean Gabard, le 18 août 1602 ; David de Breslay et Françoise Padiolleau, sa femme, le 8 juin 1620 ; Jean Gabart, les 18 mars et 18 avril 1645 ; Charles-Prudent Gabart, le 16 janvier 1693 ; messire Christophe-Prudent Juchault, chevalier, le 30 octobre 1784. (Ibidem, n° 52 et 85 à 94. Parchemins et papiers originaux).

L'ESCAUBU-VILLAIN, enclave du village de la Revellerie, paroisse de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, dans la mouvance de la seigneurie de la Moricière. Le nom est écrit l'Escaubu-Villain, 1534 ; les Escaubus-Villains, 1660 ; les Ecaubus-Villains, 1775.

Les tenanciers en rendirent aveu et dénombrement aux seigneurs de la Moricière : Bertran du Pouëz, le 14 mars 1534 ; Jean Gabart, le 2 juillet 1660 ; messire Christophe-Prudent Juchault, le 31 octobre 1775. (Archives de la Moricière, n° 24, 25 et 49. Parchemins originaux).

LA GRAVOUILLERIE, village en la paroisse de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu ; dans la même mouvance, actuellement à 3 kilom. 100 m. au sud de la Moricière. Le nom est écrit La Gravoillerie, 1534-1645 ; La Gravouillerie, 1693-1781.

Les tenanciers en rendirent aveu et dénombrement aux seigneurs de la Moricière : noble écuyer Bertran du Pouëz, le 12 mars 1534 ; R. P. en Dieu Philippe du Bec, évêque de Nantes, tuteur des enfants mineurs de Charles du Bec, chevalier de l'ordre du Roi, et de Jeanne Laurens, le 16 juin 1582, devant Etienne Viau et Clément Guillemet, notaires de la cour de la Moricière ; Jean Gabard, le 18 août 1602 ; Jean Gabart, le 19 avril 1645 ; messire Charles-Prudent Gabart, le 2 novembre 1693 ; haut et puissant seigneur Christophe-Prudent Juchault, le 5 novembre 1784. (Ibidem, n° 26 à 31. Parchemins originaux, scellés pour la plupart du sceau de la cour de la Moricière, représentant les armoiries des différents seigneurs de la Moricière, avec cette légende : SCEAV DE LA COVR DE LA MORICIERE).

LA HAIRIAU, métairie en la paroisse de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu et dépendance roturière de la seigneurie de la Moricière, actuellement à 2 kilom. 750 m. au sud de la Moricière. Autrefois La Haye-Oairiau (1548), La Haye-Saint-Ayriau (1582), La Hairiou (1601). Cette métairie appartenait, en 1678, à messire Jacques Gabart, chevalier, seigneur de Rollieu, paroisse de Missillac, conseiller au Parlement de Bretagne (Archives Nationales P. 1663, f° 279) ; en 1746, à Julien-René Bégasson, seigneur de la Lardais, conseiller au même Parlement.

LA MOILLANCHERIE, village en la même paroisse et dépendance roturière de la même seigneurie. Autrefois La Meillancherie, 1537; La Moillancherie, 1603 ; La Maillancherie, 1645-1784. Les teneurs de ce village en rendirent aveu et dénombrement aux seigneurs de la Moricière : Bertran du Pouëz, 10 juin 1537 ; Jean Gabart, 7 juillet 1603 ; Jean Gabart, 26 mars 1645 ; haut et puissant seigneur messire Christophe-Prudent Juchault, 5 novembre 1784. (Archives de la Moricière, n° 32 à 39. Parchemins et papiers originaux).

LA PILETIÈRE, dépendance roturière de la même seigneurie, en la même paroisse, actuellement à 1 kilom. au sud de la Moricière. Judith de Lespinay, dame de la Pilletière, 1610 ; honorable homme Julie Pichon, sieur de la Pillatière, 1613 et 26 octobre 1627 ; noble homme Nicolas Hervouët, seigneur de la Pilletière et du Pasty, avocat au Parlement de Bretagne, 1678 (Archives nationales, P. 1663, f° 277) ; messire Claude de Monti, chevalier, seigneur de la Pilletière, 25 octobre 1775 et 10 septembre 1776. (Archives de la Moricière).

LE PLESSIS-BUREAU, village dépendant de la même seigneurie (Ibid., n° 40).

LA RETELANDIERE, actuellement La Riquelandière, à 700 m. au sud-est de la Moricière, métairie noble en la paroisse de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, mouvante d'abord des ducs de Bretagne, ensuite du Roi, en dernier lieu de la seigneurie de la Moricière. 9 novembre 1445, aveu rendu au duc de Bretagne pour cette métairie par Jean Goyon, chevalier 1634-1635, Françoise Padioleau, dame de la Moricière et de la Retelandière, et veuve de David de Breslay, écuyer, sieur du Bouschet. 1680, Jean Gabard, seigneur de la Retelandière. 15 novembre 1702, addition d'aveu pour des fiefs sis proche la métairie de la Retelandière par Jean Bouaud (sic, Butault ?), seigneur de la Chastaigneraie. (Archives de la Moricière, n° 41 à 45. Parchemins et papiers originaux).

LA REVELLERIE, village en la paroisse de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu et dépendance roturière de la seigneurie de la Moricière, (actuellement à 3 kilom. 800 M. de la Moricière). Les tenanciers de ce village en rendirent aveu et dénombrement aux seigneurs de la Moricière : Jean Gabard, 2 novembre 1602 ; Jean Gabart, 19 avril 1644 ; messire Charles-Prudent Juchault, chevalier, 30 juin 1703. Ce village avait pour enclave L'Escaubu-Villain. (Archives de la Moricière, n° 46 à 49 et 119. Parchemins et papiers originaux).

LA TAMISERIE, maison noble, métairie et village en la paroisse de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, dans la mouvance de la seigneurie de la Moricière, (actuellement à 3 kilom. 250 m. au sud de la Moricière).

3 juin 1534. Devant J. Huet et Brissonnet, notaires de la cour de la Moricière, aveu et dénombrement de la moitié du village et hébergement de la Tamiserie, rendu par divers tenanciers à noble écuyer Bertrand du Pouëz, seigneur du Pouëz et de la Moricière.

1er novembre 1536. Aveu pareil rendu au même seigneur par honnête personne Guillaume Babin, seigneur des Barres (peut-être actuellement La Barre).

4 mars 1541. Aveu pareil rendu au même seigneur par le même Babin, tant en son nom qu'en celui de Roberde Babin, sa soeur.

4 octobre 1604. Aveu et dénombrement de la maison noble et de la métairie de la Tamiserie, rendu à Jean Gabart, écuyer, seigneur de la Moricière, par maîtres Jean Bourcier et Mathurin Hervouët, sergent royal, acquéreurs des biens de la succession de noble homme Robert Babin, sieur des Barres.

6 juillet 1612. Aveu pareil rendu par honorable homme Nicolas des Vignes, sieur de la Tamiserie, demeurant à Nantes, paroisse Sainte Croix, à damoiselle Françoise Padiolleau, dame des Jamonières et de la Moricière, tutrice des enfants d'elle et de feu Jean Gabart, écuyer, seigneur des mêmes lieux.

19 juillet 1614. Aveu pareil rendu par le même à David de Breslay, écuyer, et à ladite Padiolleau, son épouse, sieur et dame de la Moricière. (Archives de la Moricière, n° 50 à 55. Parchemins originaux, scellés du sceau de la cour de la Moricière, qui nous le répétons, était celui des seigneurs de la Moricière).

16 juillet 1639. Aveu pareil rendu par maître Yves Thomyn, procureur au siège présidial de Nantes, et honorable femme Jeanne des Vignes, sa compagne, à lad. Padiolleau, veuve de Jean Gabard, seigneur et dame de la Moricière.

5 septembre 1648. Sentence de la cour de la Moricière, tenue en la ville de Saint-Philbert et qui condamne à une amende de 60 sous noble homme René Bonnin, sieur des Viviers, et damoiselle Jeanne des Vignes, sa compagne, pour avoir produit un aveu défectueux d'héritages sis à la Tamiserie.

17 juillet 1679. Devant Petit et Belon, notaires royaux à Nantes, acte d'afféagement (aliénation d'une portion de terre, à la charge d'une certaine redevance) de la métairie de la Petite Tamiserie, fait par Jean Gabart, chevalier, seigneur de la Moricière, à Gabriel-Louis de Chardonnay, écuyer, seigneur de Bicherel et de la Marne, demeurant à Machecoul. Lad. métairie, par acte du 3 janvier 1676, passé devant Javereau et Peger, notaires de la cour de Clisson, avait été vendue par dame Gratienne Thomin, veuve de François de la Rivière, écuyer, sieur de la Belonnière, à maître Nicolas Rocquand, procureur en la juridiction de Machecoul ; mais ledit Jean Gabart en obtint le retrait féodal par sentence de la juridiction de la Moricière du 23 janvier 1677, ce qui lui permit d'afféager lad. métairie audit Louis de Chardonnay.

17 juillet 1679. Devant les mêmes notaires led. Gabriel-Louis de Chardonnay, pour recognoistre la grace (l'afféagement) qui luy a esté faicte par ledict seigneur de la Moricière (Jean Gabart), renonce, en faveur de ce dernier, à tout droit de chasse sur la Grande et la Petite Tamiserie.

23 juin 1685. Devant Pirly et Lemerle, notaires royaux à Nantes, acte de renonciation pareille fait par le même en faveur du même.

14 novembre 1711. En l'audience ordinaire des juridictions de la Moricière et du Piépain, tenue en la ville et auditoire de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, par noble homme Jean Hubert, sieur de la Gestière, avocat en la Cour, en l'absence du sénéchal et juge ordinaire desdites juridictions, réception de l'aveu de la Tamiserie, rendu par Charles de Chardonnay, écuyer, sieur de Bicherel et de la Tamiserie, à Charles Prudent Gabart, chevalier, seigneur de la Moricière et de Monceaux.

21 juillet 1751 et 1er février 1765. Deux aveux et dénombrements du moulin à vent de la Barre, situé au lieu de la Tamiserie, rendu par des meuniers, le premier à dame Geneviève-Marquise-Prudence Bouhyer, veuve de messire Christophe-Prudent Juchault, chevalier, seigneur de Lorme, et à messire Christophe-Prudent Juchault, chevalier, seigneur de Monceau, de la Moricière, du Piépain et du Chaffault, en Saint-Philbert, et autres lieux ; le second, à messire Christophe-Prudent Juchault, écuyer, seigneur des mêmes lieux (Archives de la Moricière, n° 56 à 63. Parchemin et papiers originaux) (Théodore Courtaux).

 

La seigneurie des JAMONIÈRES aliàs JAMONNIÈRES. — Cette ancienne seigneurie était assise en la paroisse de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, évêché de Nantes, et avait droits de moyenne et basse justice, de chapelle et de rentes seigneuriales sur les métairies de la Charoulière [Note : Cette métairie appartenait, en 1680, à Jacques Butault, chevalier, seigneur de la Chastaigneraie et de Marzan (Archives Nationales, P. 1663, f° 299)] et de la Poterie.

Elle appartenait, dans la première moitié du XVème siècle, à la puissante famille de Laval, sires de Retz. Gilles de Laval, seigneur de Retz, de Blazon et d'Ingrande, conseiller chambellan du Roi et maréchal de France en 1429, la vendit, avant 1442, à Geoffroy Le Ferron, qui, le 1er juillet 1442, la rétrocéda à Prégent VII de Coëtivy, amiral de France, gouverneur de la Rochelle et époux de Marie de Laval, fille et unique héritière dudit Gilles de Laval et de Catherine de Thouars (Archives de la Loire-Inférieure. E. 219, et Paul Marchegay. Cartulaire des sires de Rays. Nantes, in-8°, 1857, p. 68).

Ce retrait fut sans effet, car nous voyons que, le 17 septembre 1443, François, duc de Bretagne, accorda, à Redon, un répit de deux ans audit Prégent de Coëtivy pour le dénombrement de ses différentes terres et seigneuries, entre autres celle des Jamonières (Marchegay. Même cartulaire, p. 69).

Seigneurs des Jamonières : 1467, Guillaume Le Ferron ; 1493, Pierre Le Ferron ; 1500, François Goheau, seigneur aussi de Souché, de Saint-Aignan, de la Maillardière et de l'Isle-Bouin, en Bretagne et Vendée ; il épousa Françoise Hamon, dont il eut : Louise Goheau, dame desdits lieux et qui épousa, vers 1530, Jacques de Montbron, baron d'Avoir, seigneur de Miré, de Champeaux et de l'Espinay-Greffier.

Le 17 juin 1543, devant Le Morisson et Perraudeau, notaires royaux à Nantes, ladite damoiselle Louise Goheau, dame de Souché, veuve dudit Jacques de Montbron, vendit par antichrèse (avec faculté de rachat) et en forme de ferme, à noble homme François Gabart, docteur en droit, seigneur de la Maillardière, la terre et seigneurie des Jamonières, avec toutes ses appartenances et dépendances, métairies de la Potterie et de la Charulière, le tout situé dans les paroisse de Saint-Philbert et de Saint-Lumine-de-Coutais, à la charge d'en rendre foi et hommage au Roi, de payer le droit de rachat au Roi, et aux abbé et couvent de Villeneuve, 54 livres tournois de rente assise sur la métairie de la Charulière (Archives de la Vignette).

Le retrait de la seigneurie des Jamonières ne fut pas opéré par Louise Goheau.

Le 7 décembre 1556, noble homme René du Hardaz, conseiller au Parlement de Bretagne, tuteur de François Gabard, seigneur de la Maillardière, rendit foi et hommage au Roi des manoir, terre et seigneurie des Jamonières, tenus prochement et noblement du Roi (Ibidem).

3 juin 1600. Même foi et hommage par Jean Gabard (Ibid.).

Le 10 novembre 1608, devant Remfort et Lebigot, notaires royaux à Nantes, Françoise Padioleau, dame de la Moricière et des Jamonières, veuve de Jean Gabart, écuyer, sieur des Jamonières, au nom et comme tutrice de Jean Gabart, leur fils aîné, rendit aveu et dénombrement au Roi des « lieu, manoir, maison, terre et seigneurie noble des Jamonieres, sis en la paroisse de Sainct Phillebert, avec toutes et chascunes ses appartenances et deppendances, tant de maisons, court, chapelle, fuye (colombier) et refuge à pigeons, grange, pressouers, moulin, jardins, vergers, vivier et estang, bois anciens de haute fustaye et taillables, garannes, prées, pasturaux, mestairies, fiefs de vignes, dismes, rantes et devoirs quelxconques, avec juridiction moyenne et basse, le tout tenu prochement et noblement du Roy, à foy et hommage et rachapt, quand le cas y advient ». Ce dénombrement qui comprend « ladicte maison dudict lieu des Jamonnieres, avec ses dictes courts, jardins et bois de haute fustaye, la metairie noble de la Poterie », fut « proclamé, à haute et intelligible voix 1° le 23 février 1622, par Savary, sergent royal, à l'issue de la messe de Sainct Phillebert, le peuple y estant congregé et assemblé, 2° au marché de Machecoul, au lieu accoutumé à faire pareils bans et exploictz de justice » (Archives de la Vignette. Parchemin original).

La seigneurie des Jamonières est entrée dans là famille Juchault par le mariage, en 1703, de Geneviève-Marquise-Prudence Bouhier de la Verrie avec Christophe Juchault, IIème du nom.

Le 17 décembre 1760, Christophe-Prudent Juchault, fils des précédents, rendit aveu et dénombrement au Roi des seigneuries de la Moricière, du Pied-Pain, du Chaffault et des Jamonières. Cet acte contient le passage suivant relatif aux Jamonières :

(Dénombrement des) MAISONS, TERRES, FIEFS ET SEIGNEURIES NOBLES DES JAMONNIERES, sises en ladite paroisse de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu (et comprenant) la maison des Jamonnières, la grande pièce et le moulin des Jamonnières, les métairies de la Charouillère et de la Potterie, etc., etc. (Archives de la Vignette. Papier original).

A la mort du baron Antoine Juchault des Jamonières, en 1863, le château et la terre des Jamonières passèrent à son petit-fils, Albert Patas d'Illiers. Monsieur Crouan s'en est rendu acquéreur en avril 1883.

 

La seigneurie du CHAFFAULT ou du CHAFFAUT. — Cette ancienne terre et seigneurie était située dans les paroisses de Bouguenais et de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, évêché de Nantes. La partie comprise dans la seconde de ces deux paroisses et qui a appartenu à la famille Juchault s'appelait Le Pesle du Chaffault.

La seigneurie du Chaffault avait droits de justice haute, moyenne et basse, de banc dans l'église paroissiale dudit Saint-Philbert, de chapelle dans le cimetière de la même paroisse, et de rentes seigneuriales sur les dépendances suivantes : la maison noble de la Noë, aliàs la Noue-Pourceau, les villages de la Goulardière, de la Grande-Guitière et de la Loterie.

Elle relevait primitivement de la châtellenie de la Benaste, membre dépendant du duché de Retz ; elle releva plus tard prochement et noblement des rois de France.

Elle a appartenu successivement aux familles du Chaffault, de Lespinay, Gabard et Juchault.

De nombreux documents originaux, relatifs aux du Chaffault, se trouvent au manoir de la Vignette. D'après ces documents et les preuves de noblesse qui ont été faites par cette famille pour les honneurs de la Cour, en novembre 1786, devant Louis-Nicolas-Hyacinthe Chérin, généalogiste des ordres du Roi [Note : Bibliothèque Nationale. Collection Chérin, vol. 48, cote 1020], nous allons pouvoir retracer l'histoire des premiers seigneurs du Chaffault [Note : Pour d'autres détails sur la famille du Chaffaut, on peut aussi consulter la belle généalogie de cette famille, qui a été publiée par M. de la Nicollière-Teijeiro, archiviste de la ville de Nantes, dans la seconde édition du Dictionnaire des Familles du Poitou de MM. Beauchet-Filleau, généalogie à laquelle nous empruntons un fragment relatif aux derniers membres de la famille du Chaffault et qu'on trouvera à la fin de nos Preuves et Notes].

I.- Sauvestre, aliàs Silvestre et Sévestre du Chaffaut, Ier du nom, écuyer, était seigneur du Chaffault en 1271 ; il mourut en novembre 1302. Il avait épousé Marie de Barnel, dont il eut :

II.- Sévestre du Chaffaut, IIème du nom, valet [Note : Du latin valetus : écuyer] seigneur du Chaffaut et de Monceaux, fit un accord, le lundi après que l'on chante oculi mei 1313, avec Olivier de la Noüe, au sujet de la terre de la Paytruère, sise en la paroisse de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu (Archives de la Vignette. Parchemin original). Par son testament de l'année 1330, il demanda à être enseveli dans la chapelle qu'il avait fondée en l'abbaye de Villeneuve. Voici des extraits de cet acte : « In nomine Domini amen. Ego Silvester de Chafaudo, senior [sed] compos mentis mee, etc., testamentum meum seu ultimam meam voluntatem condo, facio, dispono et ordino in hunc modum, etc. Item, meam eligo sepulturam in monasterio Beate Marie de Villa Nova, cisterciensis ordinis, Nannetensis diocesis, ante altare sancti Benedicti, in capella quam mihi fundavi, etc. Item, executores meos hujus testamenti seu mee ultime voluntatis condo, facio, deputo et obligo religiosum virum dilectum et dominum meum abbatem monasterii Beate Marie de Villa Nova, cisterciensis ordinis, Nannetensis diocesis, et fratres Mauricium de Hunaut et Johannem Aliquid, confratres monasterii predicti, et Johannem Gastinelli, valetum, et Silvestrem, filum meum, quem unà cum illis facio et instituo heredem meum principalem, etc. Datum die martis ante translationem Beati Benedicti abbatis, anno millesimo CCC trigesimo » (Bibliothèque nationale. Ms latin 17092, p. 229). Sévestre du Chaffaut avait épousé Agnès de Champquartier ou Champcartier, dont il eut :

III.- Sévestre du Chaffaut, IIIème du nom, chevalier, seigneur du Chaffaut, par son testament de 1381, demanda à être enseveli en l'abbaye de Villeneuve, dans là chapelle fondée par son père, auprès d'Isabelle de la Jaille, sa défunte compagne, et choisit pour ses exécuteurs testamentaires l'abbé de Villeneuve, l'évêque de Nantes, Aliette des Bouchaux, sa femme, Thébaut, son fils, Girart de la Noë de Passay et Robin de la Touche-Limousinière (Extraits des titres de l'abbaye de Villeneuve).

Sévestre du Chaffaut est inscrit, comme chevalier bachelier, sur le rôle de la montre de la compagnie du sire de Clisson, baron, de deux autres barons, de 22 chevaliers bacheliers et de 165 écuyers, reçue à Ploërmel, le 1er juillet 1380 (Bibliothèque Nationale, collection Clairambault, reg. 33, p. 2436. Parchemin original).

Il avait épousé 1° Ysabeau de la Jaille, 2° Marie de Bodel, 3° Aliette des Bouchaux.

Du second mariage naquirent : 1° Yvon du Chaffaut ; 2° Sévestre du Chaffaut ; 3° Thébaut, qui suit. Du troisième mariage : 4° Jamet du Chaffaut ; 5° Sévestre du Chaffaut ; 6° Allain du Chaffaut.

IV. - Thébaut du Chaffaut, seigneur du Chaffaut, par acte passé, le 10 avril 1391, sous quatre sceaux, savoir : le scel établi aux contrats pour le duc de Bretagne à Nantes, son scel propre, le scel de Jehan Raguenel, l'un des témoins, et le scel du chapitre de Nantes, fonda une chapellenie dans l'église du cimetière de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, à l'autel de Sainte-Catherine, derrière celui de Saint-Mandé, chapellenie dont la collation devait appartenir à l'évêque de Nantes et la présentation au fondateur et à son héritier principal, seigneur du Chaffaut. Les témoins de cet acte furent : ledit Jean Raguenel de Bon-Espoir, Geoffroy Blandin ; Jamet, Sévestre et Allain du Chaffaut, frères du fondateur. (Collection Chérin, vol. 48, cote 1020, folio 4. Analyse d'après le parchemin original produit par la famille du Chaffaut).

Par son testament du 9 mai 1405, Thébaut du Chaffaut élit sa sépulture en ladite église Notre-Dame du cimetière dudit Saint-Philbert, au choeur d'icelle, assez près du grand autel, dans un tombeau qu'il y avait fait construire.

Il mourut en 1406. Il avait épousé Durable Gestin, fille de Jean, écuyer, et qui se maria, en secondes noces, avec Guillaume de Rochefort. Il eut de cette alliance le fils qui suit :

V. - Sévestre du Chaffaut, IVème du nom, écuyer, seigneur du Chaffaut et de Monceaux, était, en 1410, sous la tutelle de Durable Gestin, sa mère, et, en 1412 et 1413, sous celle de Sévestre du Chaffaut, son oncle. Il mourut après 1436. Il avait épousé noble demoiselle Marie de Rochefort, dame de la Benaste, première femme de chambre de Marguerite de Bretagne, première femme du duc François II, fille de Guion de Rochefort et nièce dudit Guillaume de Rochefort.

Leurs enfants furent :

1° Bertrand du Chaffaut, seigneur du Chaffaut et de Monceaux, chambellan du duc Pierre de Bretagne, chevalier de l'Hermine (1451-1475).

2° Guillaume du Chaffaut, docteur en théologie, archidiacre de Nantes, seigneur du Chaffaut et de la Marzelle, en 1467.

3° Olivier, qui suit.

4° Pierre du Chaffaut, prêtre, docteur en droit canon, élu évêque de Nantes, le 10 mai 1477.

5° Sévestre du Chaffaut, écuyer, seigneur de la Sénardière en Poitou et dont les descendants firent des preuves de noblesse devant l'un des Chérin, en novembre 1786, pour les honneurs de la Cour.

6° Catherine du Chaffaut, qui épousa, le 23 décembre 1443, Martin des Bretesches, écuyer, fils de feu Jean des Bretesches, chevalier, seigneur de Doulcerie.

VI.- Olivier du Chaffaut, écuyer, seigneur du Chaffaut, de Monceaux et de la Limouzinière (1471-1483), paraît avoir recueilli la succession de ses deux frères aînés. Il eut des contestations avec Bertrand du Pouëz, chevalier, seigneur de la Moricière, à la suite desquelles il obtint un arrêt du Conseil du duc de Bretagne François, comte de Montfort, de Richemond, d'Étampes et de Vertus, du 27 mai 1473, qui établit « que les épouses et filles des seigneurs du Chaffaut avoient assiette en l'église de Saint-Philbert, pour ouïr le service divin, au choeur et chanceau [Note : Chanceau, chancel ou cancel : endroit du choeur d'une église le plus proche du grand autel et ordinairement fermé d'une balustrade] de ladite église, du Côté de l'évangile, et qu'elles y avoient un banc en un lieu appelé le lieu des dames du Chaffault ».  Il résulte aussi de cet arrêt que les seigneurs de la Moricière avaient également dans ladite église un banc appelé le banc de la Moricière (Archives de la Vignette. Copie originale du 22 mai 1635).

Le 4 février 1474, Olivier du Chaffaut rendit aveu et dénombrement de la seigneurie du Chaffaut, mouvante de la Benaste, à ses suzerains : haut et puissant seigneur François de Chauvigny, sire de Retz, vicomte de Brosse, et haute et puissante dame Jeanne de Retz, femme de ce dernier, seigneur et dame de la Benaste (Archives de la Moricière. Copies originales sur papier des 4 mai 1628 et 7 mars 1635).

Olivier du Chaffault avait épousé, le 2 janvier 1481, Catherine de Pont-Labbé, fille de Jean, baron de Rostrenen, et de feue Anne de Penhoët ; il eut de cette alliance :

VII. - Jean du Chaffaut, écuyer, seigneur du Chaffaut, de Monceaux et de la Limouzinière, qui, le 29 mai 1495, rendit aveu de la prée du Chaffault, mouvante noblement de la Benaste, à haut et puissant seigneur André de Chauvigny, seigneur de Chauvigny, de Châteauroux, de Briollay, vicomte de Brosse et seigneur de la Benaste (Archives de la Vignette. Parchemin original).

Jean du Chaffaut épousa demoiselle Agnès de Saint-Marsault, dont il eut, entre autres enfants :

1° Catherine du Chaffaut, qui épousa, le 23 mai 1520, Christophe Brécel, seigneur de la Seilleraye et de Clermont, sénéchal de Nantes, maître des requêtes de la maison de la Reine.

2° Marie du Chaffaut, dame du Chaffaut et de Monceaux, qui épousa, avant 1517, Guillaume de Lespinay, dont l'article suit.

I. Guillaume de Lespinay, écuyer, seigneur du Chaffault, de Monceaux, — de Mallary, aliàs Malarit, paroisse de Plessé, de 1517 à 1544, et qui laissa de son mariage avec Marie du Chaffault, entre autres enfants :

II. Pierre de Lespinay, écuyer, seigneur du Chaffault, de Monceaux, de la Limouzinière et de la Marzelle (1550-1583), et qui épousa, en 1563, demoiselle Aliénor ou Léonor du Perreau, dont il eut entre, autres enfants :

III. Samuel de Lespinay, Ier du nom, chevalier, seigneur du Chaffault, de Monceaux, — de Briord et du Pré-Nouveau, paroisse du Port-Saint-Père (1596-1629), laissa de son mariage avec demoiselle Suzanne des Roussières :

IV. Samuel de Lespinay, IIème du nom, écuyer, seigneur du Chaffault, de Monceaux, de Briord et de la Limouzinière, rendit aveu et dénombrement, le 8 juin 1630, des seigneuries du Chaffault et de la Limouzinière, mouvantes de la Benaste, à très haut et très puissant seigneur messire Henry de Gondy, duc de Retz, pair de France, chevalier des deux ordres du Roi, seigneur de la Benaste. (Archives de la Moricière. Copie originale du 21 mai 1671).

Par sentence du 12 juillet 1642, il fut maintenu en la possession du droit d'avoir un banc, du côté de l'Évangile, dans l'église de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu. Il résulte aussi de cet acte que les seigneurs de la Moricière jouissaient également de ce privilège (Archives de la Vignette).

Samuel de Lespinay fut marié deux fois : la première avec Antoinette Jousseaume, la seconde avec Françoise de la Tousche. Du premier mariage il eut :

1°. Charles, qui suit.

Et du second mariage :

2°. Anne-Hyacinte de Lespinay, femme, en 1670, de N... de Langle, seigneur de la Biliais, paroisse de Saint-Etienne-de-Montluc, au diocèse de Nantes.

3°. Renée de Lespinay, qui épousa, par contrat du 20 septembre 1646, N..., seigneur des Chauvières, demeurant en sa maison noble de la Cantinière, paroisse de Saint-Hilaire-de-Loulay, diocèse de Luçon, en Poitou.

V. Charles de Lespinay, écuyer, seigneur de Briord, de Monceaux, du Chaffault, de la Limouzinière et du Pré-Nouveau, chevalier des deux ordres du Roi, vendit, en 1662, la partie de la seigneurie du Chaffault, située en la paroisse de Bouguenais [Note : Autres possesseurs de cette partie de la seigneurie du Chaffault : 1731, Jean-Henri Guilho, avocat général en la Chambre des Comptes ; 1770, Honoré Chaurand, secrétaire du Roi en la chancellerie du Parlement de Bretagne] à Pierre Noblet, seigneur de Lespau, avocat général en la Chambre des Comptes de Bretagne. Il fut déclaré noble et issu d'ancienne extraction par arrêt des commissaires de Bretagne du 31 octobre 1668. Après sa mort, ses terres de Monceaux et du Chaffault furent saisies et acquises judiciairement au présidial de Nantes, le 11 avril 1671, par Jean Gabard, IVème du nom, seigneur de la Moricière, qui, le 15 mai 1575, rendit foi et hommage de la seigneurie du Chaffault, mouvante de la châtellenie de la Benaste, membre dépendant, comme nous l'avons déjà dit, du duché de Retz, à haut et puissant seigneur messire Pierre de Gondy, duc de Retz. (Archives de la Moricière et de la Vignette. Parchemins originaux).

Pour la suite de l'histoire de la seignerie du Chaffault, nous renverrons à la généalogie de la famille Gabard, que nous avons donnée à notre article sur la seigneurie de la Moricière.

Comme nous l'avons déjà expliqué, la seigneurie du Chaffault est entrée dans la famille Juchault par l'alliance, en 1703, de Christophe Juchault, IIème du nom, avec Geneviève-Marquise-Prudence Bouhier de la Verrie, fille de messire Charles-Gabriel Bouhier, chevalier, seigneur de la Verrie, et de Renée Gabard, et nièce de Charles-Prudent Gabart, dernier représentant de cette famille.

Le 17 décembre 1760, Christophe Juchault, écuyer, seigneur de la Moricière, du Pied-Pain, du Chaffault et des Jamonières, rendit aveu et dénombrement au Roi de ces différentes seigneuries. Voici la copie en extrait du passage de cet acte relatif à la seigneurie du Chaffault :

(DÉNOMBREMENT DE LA) « MAISON NOBLE, TERRE ET SEIGNEURIE ET JURIDICTION, HAUTE, MOYENNE ET BASSE DU PESLE DU CHAFFAUT en Saint-Philbert de Grand-Lieu. Le lieu noble du Pesle du Chaffaut, consistant en deux corps de logis à présent tombés par terre par caducité, lesquels sont joignans la Chapelle qui est dans le grand cimetière de Saint-Philbert, laquelle chapelle avec ledit cimetière sont des fondations des seigneurs de Monceaux et du Chaffaut. (Suit l'énumération des) hommages et rachapts dûs à ladite seigneurie du Pesle du Chaffault..., avec les rentes par grains et deniers, sur le village de la Grande-Grutière, sur la métairie de la Goulardière, sur le lieu et maison noble de la Noue-Pourceaux... A laquelle terre et seigneurie du Pesle du Chaffaut et de Monceaux, en ladite paroisse de Saint-Philbert de Grand-Lieu, appartient le droit d'avoir au choeur de l'église paroissiale dudit lieu, du côté de l'Evangile, un banc à queue et accoudoir, avec les honneurs et prééminences y dûs et accoutumés » (Archives de la Vignette. Papier original).

De l'ancienne seigneurie du Chaffault, il ne reste plus en 1896 que cette chapelle et le moulin du Chaffaud.

Comme nous l'avons fait pour la Moricière, nous allons, en terminant cette notice, donner quelques notes sur les dépendances du Chaffaut.

LA GRANDE-GUITTIÈRE, village en la paroisse de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu et dépendance roturière de la seigneurie du Chaffaut. Guillaume Gouy était sr. de l'hébergement de la Guittière, le 25 septembre 1409. Les tenanciers du village de la Guittière en rendirent aveu, le 24 novembre 1703, à Charles-Prudent Gabart, seigneur du Chaffaud (Archives de la Moricière, n° 9. Papier original).

LA NOË (aliàs LA NOUE)-POURCEAU, maison noble en la paroisse de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu et dépendance de la seigneurie du Chaffault. Elle doit la seconde partie de son nom à la famille Le Porc, qui la possédait au XIVème siècle. Le mardi avant la Saint-Mathieu 1377, Sévestre Le Porc en rendit aveu au seigneur du Chaffaut.

Le 25 juin 1409, Jeanne Le Vayer, veuve de Sévestre Le Porc et tutrice de Jehan Le Porc, leur fils, rendit foi et hommage de l'hébergement de la Noë-Pourceau, mouvant de la seigneurie du Chaffaut, à Durable Gestin, tutrice de Sévestre du Chaffault, son fils.

Seigneurs de la Noë-Pourceau : André Gouy, écuyer, fils de Jean Gouy (1424-1451) ; Sévestre Gouy, 1455 ; Robert Gouy, 1476 ; Gilles Gouy, chevalier, seigneur aussi du Branday et de Launay (1530-1535). (Archives de la Vignette. Parchemins originaux).

La Noë-Pourceau passa ensuite dans les familles du Pouëz et du Bec par des alliances que nous avons relatées à notre article sur la seigneurie de la Moricière.

Le 14 octobre 1593, devant Boucaud et Charier, notaires royaux à Nantes, noble et puissant Joachim de Sévigné, seigneur d'Olivet, de la Baudière et des Rochers, et Marie de Sévigné, sa femme, vendirent la maison noble, terre et appartenances de la Noë-Pourceau, à honorables personnes Jean Pillays, sieur du Genestay, Guillaume Brochard, sieur de la Souchais, Étienne Viau, sieur de la Manière, et autres (Archives de la Vignette).

Seigneurs ensuite de la Noë-Pourceau : honorables hommes Michel Pillays, 1630-1640 ; Jean Pillays, 1643 ; noble homme Jacques Le Court, 1675 ; Jacques de Hody, capitaine-lieutenant d'une compagnie de milice bourgeoise de Nantes, 8 mai 1734. (Ibidem et Archives de la Moricière, n° 7, 14 à 23, 27 et 129).

LE ROCHER, terre et maison, mouvantes de la seigneurie du Chaffault, appartenait, en 1678, à noble et discret Jean Mélient, recteur de la paroisse de Couëron (Archives nationales, P. 1663, f° 387).

7 septembre 1744. Aveu et dénombrement rendu à messire Christophe-Prudent Juchault, chevalier, seigneur du Chaffaut, etc., par noble homme François-Julien Hubert, sieur du Rocher, demeurant en sa maison du Rocher, paroisse de Saint-Philbert, héritier de noble homme Jean Hilbert, sieur de la Getière (sic), son père, avocat en Parlement, et de damoiselle Jeanne Hubert, sa soeur, de diverses rentes féodales dues originairement à la maison de la Noë-Pourceau et depuis transmises à celle du Rocher, mouvante de la seigneurie du Chaffaut. (Archives de la Moricière, n° 12. Parchemin original) (Théodore Courtaux).

 

La seigneurie du MONCEAUX ou MONCEAU. — Cette ancienne seigneurie était assise en la paroisse de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, évêché de Nantes, et comprenait les lieu et manoir de Monceaux, avec ses dépendances, ainsi que les métairies de la Brosse-Tenau, de la Goyenderie (actuellement la Goillandrie), du Grand-Marais, de la Michellerie, des Mortiers, du Moulin, de la Ratonnière et de la Grande-Tournerie.

Elle relevait à foi et hommage, aveu et dénombrement de la châtellenie des Huguetières, autrement appelée Châteaubriant et Pont-Saint-Martin.

Elle a appartenu successivement aux familles du Chaffaut [Note : La seigneurie de Monceaux paraît être venue aux du Chaffaut par le mariage, vers 1270, de Marie Barnel avec Sévestre du Chaffaut, Ier du nom], de Lespinay, Gabard et Juchault, et son histoire se confond avec celle de ces familles. Nous nous bornerons à relater les deux actes suivants :

Le 18 janvier 1777, messire Jean-Baptiste Juchault, chevalier, seigneur de Lorme et de Monceaux, rendit, devant Picard, notaire de la ville de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, déclaration et minu de la seigneurie de Monceaux à son suzerain, très haut et très puissant seigneur Gabriel-Louis de Neufville, duc de Villeroy, de Retz, capitaine de la première et plus ancienne compagnie des gardes du corps de Sa Majesté, maréchal des camps et armées du Roi et seigneur des Huguetières. Ce dénombrement comprend les lieu et manoir de Monceaux, avec ses maisons, chapelle, colombier, pressoir, celliers, jardins, avenues, bois de haute futaie et garennes, ainsi que les métairies de la Ratonnière, du Moulin et de la Grande-Tournerie (Archives de la Loire-inférieure. E. 497 et 931. Parchemin original).

27 avril 1529. Règlement de compte pour les moulins banaux du Chaffault et de Monceaux entre noble écuyer Guillaume de Lespinay, seigneur de Monceaux et du Chaffault, d'une part, et Jehan Probin et Mathurin Moulnier, meuniers, d'autre part (Archives de la Moricière, n° 6. Parchemin original).

Le château de Monceau appartient vers 1896 au comte Marie-Antoine-Octave d'Escrots d'Estrée, dont le grand-père, Claude-Antoine d'Escrots d'Estrée, avait épousé Marie-Rosalie Juchault de la Moricière (Théodore Courtaux).

 

La seigneurie du PIED-PAIN. — Cette ancienne seigneurie, dont le nom est souvint écrit Piépain et même Puypain par erreur, était assise en la paroisse de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, évêché de Nantes, et avait droits de justice, haute, moyenne et basse, de lieu patibulaire, de tabellionnage et par suite de sceau, de moulin banal, lods et ventes, épaves, gallois, déshérence, bâtardise, tutelle, curatelle et rentes seigneuriales sur la terre noble de l'Hommelais, sur les villages de l'Angibauderie, de la Biretterie, de la Compointrie, des Grandes et des Petites Crespelières, de la Logerie, de la Meillerie, plus tard appelé la Soherie, du Plessis-Pilaton, ainsi que sur le moulin Gaillard, les Petites et les Grandes Jarries, le ténement de l'Herbretière et la Lande-Moynard ou Mesnard.

La seigneurie du Pied-Pain releva d'abord prochement et noblement des ducs de Bretagne ; elle releva ensuite, aux mêmes titres, des rois de France, après la réunion de la Bretagne à la Couronne en 1491.

Seigneurs et dames du Pied-Pain : 1426, Sévestre de Grézy ; 1435, 1451, Guyonne de Grézy, femme de Roland de Lannion ; 1468, Jean de Lannion ; 1509, François de Lannion ; 20 avril 1550 après Pâques, haute et puissante dame Mathurine Augier, dame aussi de Cépeaulx et de Mausson ; 1554, 1565, 1571, noble homme Claude de Lannion, écuyer, seigneur aussi de Cruguil et des Aubrays (Archives de la Moricière, n° 64) ; 1578, noble homme Jacques de Trélan, seigneur aussi de la Porte ; 18 avril, 9 mai, 1er juillet 1599 et 25 mai 1605, noble et puissant messire Étienne de Faye, chevalier de l'ordre du Roy, et damoiselle Françoise Gaignard, son épouse, seigneur et dame de Fouesnard, paroisse de Château-Thébaud, de la Favetterie, du Plessis-Garnier et du Pied-Pain. (Ibidem, n° 65, 66 et 73).

Le 30 mai 1625, devant Jahanneau, notaire royal à Nantes, messire Charles de Vaucelles, écuyer, sieur de la Varenne, de la Plaine-Soudun, de la Guillonnière, du Plessis-Garnier, gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi, et dame Françoise Gaignard, son épouse, seigneur et dame du Pied-Pain, vendirent à Jean Gabard, écuyer, sieur de la Moricière, pour la somme de 9.000 livres, les maison noble (tombée en ruine), terre, seigneurie, juridiction haute, moyenne et basse du Piépain, avec différents droits seigneuriaux sur les dépendances que nous avons énumérées au début de cet article (Archives de la Vignette. Papier et parchemins originaux).

A l'extinction des Gabard, la seigneurie du Pied-Pain passa aux Juchault, par le mariage, en 1703, de Christophe Juchault, IIème du nom, avec Geneviève-Marquise-Prudence Bouhier de la Verrie, héritière des Gabard.

Le 17 décembre 1760, Christophe-Prudent Juchault, chevalier, seigneur de la Moricière, de Monceaux, des Jamonières, du Chaffault et du Pied-Pain, fils des précédents, rendit aveu et dénombrement de ces diverses seigneuries au Roi. Voici le passage de cet acte relatif au Pied-Pain :

(Dénombrement des) « maison noble, terres et seigneurie, fief et juridiction, haute, moyenne et basse du Puipain, à présent appelée Piépain, située en la paroisse de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu … Premier : la MAISON NOBLE DU PIÉPAIN, tombée par caducité..... (Suit le détail des rentes seigneuriales dues au Pied-Pain) … sur les villages du Piépain, du Plessix-Pillaton, de la Compointerie, de la Millerie, à présent la Sorie, de l'Angibaudière, la Lande-Moynard, les villages de la Birétrie, de Logerie, des Grandes et Petites Crespelières et de Lhommelais, et sur le lieu de la Jarie, en la paroisse de N.-D. de la Limousinière.

A laquelle terre et juridiction de Piépain appartient un moulin à vent appelé Le Moulin Neuf, situé proche la maison des Jamonnières, auquel les vassaux et étagers [Note : Sujets d'une seigneurie] sont obligés de faire moudre leurs grains.

 Comme aussi appartient à ladite seigneurie sur tous les ténements ci-devant spécifiés, situés sous ladite juridiction du Piépain, le quart des dixmes de laines, agneaux, veaux et pourceaux……

Sont aussi tenus et obligés tous les vassaux de ladite juridiction d'assister à la garde des criminels de ladite juridiction et les conduire au lieu patibulaire.

En l'étendue de laquelle juridiction du Piépain ledit seigneur a droit de lods et ventes au denier six, droit d'épaves, gallois, successions de bâtards, déshérence, tutelle, curatelle et autres droits appartenans à seigneur haut justicier.

Pareillement droit d'avoir, pour l'exercice de sadite juridiction du Piépain, ses officiers, savoir : sénéchal, procureur fiscal, greffier, notaires, procureurs et sergents » (Archives de la Vignette. Papier original).

Il ne reste plus rien actuellement de l'ancien manoir du Pied-Pain, déjà tombé en ruine en 1625.

L'ANGIBAUDERIE, aliàs la Peublerie en 1625, (sans doute actuellement La-Haie-Angebaud), village en la paroisse de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, dans la mouvance de la seigneurie du Pied-Pain. Les tenanciers de ce village en rendirent aveu et dénombrement, le 9 mai 1599, à Etienne de Faye, chevalier de l'ordre du Roi, et damoiselle Françoise Gaignard, son épouse. (Archives de la Moricière, n° 65. Parchemin original).

LA BIRETTERIE, village dans les mêmes paroisse et mouvance. Écrit Biretrie, 1599 ; Biretrye, 1627. Le tenanciers en rendirent, aveu et dénombrement aux mêmes seigneur et dame du Pied-Pain, le 1er juillet 1599, à Jean Gabard, sieur du Pieppain, le 24 octobre 1627. (Ibidem, n° 73 et 74, parchemins originaux, le premier scellé du sceau de la cour du Piedpain (une levrette).

LA COMPOINTRIE, village en la même paroisse et dans la même dépendance, (actuellement à 800 mètres au nord du Pied-Pain). Ecrit La Compointerie, 1571, 1629 ; La Compainctrie, 1599, 1627 ; La Compointrie, 1703-1774. Aveux roturiers : le 18 avril 1599, aux mêmes seigneur et dame ; le 31 août 1627, à Jean Gabard ; le 18 avril 1645, à Jean Gabard ; le 8 avril 1703, à Charles-Prudent Gabart ; le 27 juin 1774, à messire Christophe-Prudent Juchault, écuyer, chevalier, seigneur du Piépain, etc. (Ibid., n° 64 et 76 à 84. Parchemins et papiers originaux).

LES GRANDES ET LES PETITES CRESPELIÈRES, (actuellement La Crespelière, à 4 kilom. au sud-est du Pied-Pain), villages en la même paroisse et dans la même dépendance. Aveux : le 27 décembre 1571, à noble homme Claude de Lannion, écuyer, seigneur du Piedpain ; le 29 octobre 1627, par honorable homme Julien Pichon, sieur de la Pillatière, à Jean Gabard, écuyer, sieur du Piépain, et à messire Jean de Lannion, chevalier de l'ordre du Roi, sieur des Aubrays. (Ibid., n° 64, 95 et 97. Parchemins et papiers originaux).

L'HERBRETIÈRE, ténement en la même paroisse et dans la même dépendance. 16 octobre 1631. Arpentement par J. Geoffreau, notaire et gaulayeur de la cour du Piépain, du ténement de l'Herbretière, mouvant du couvent de Villeneuve et des seigneuries du Piépain et des Aubrais. (Ibid., n° 98).

L'HOMMELAIS, terre et métairie en la même paroisse, mouvantes roturièrement de la châtellenie de la Benaste et de la seigneurie du Piedpain, (actuellement à 1 kilom. 900 m. au sud-est du Piedpain).

En étaient sieurs : Jean Moynard, 8 juin 1630 ; noble Jean Moynard, avocat, 1678. (Archives Nationales, P. 1663, f° 295).

14 avril 1731. Aveu et dénombrement des lieu et métairie de Lhommelais par noble homme Pierre Thibaudeau, avocat à la Cour, sénéchal de plusieurs juridictions, demeurant à Sainte-Croix-de-Machecoul, tant en son nom qu'en celui de demoiselles Françoise, Madeleine et Marie-Jacquette Moynard, petites-filles et héritières de Jean Moynard, à Mgr Louis-Nicolas de Neufville, duc de Villeroy et de Retz, pair de France, seigneur de la Benaste, membre dépendant du duché de Retz. L'avouant et ses consorts confessent devoir à la seigneurie du Piépain un demi-boisseau de seigle et un demi-boisseau d'avoine, payables chacun an, le mardi avant la Noël. Le seigneur du Piépain en échange est tenu, de temps immémorial, de donner à dîner aux avouants, lorsqu'ils lui apportent ladite redevance.

4 août 1781, 15 juillet 1784 et 23 mars 1785. Gabriel Reliquet, sieur du Garré et de Lhommelais, héritier de noble homme François Reliquet. Reconnaissances féodales de Lhommelais aux Juchault, seigneurs du Piépain. (Archives de la Moricière, n° 7, 97, 100 à 103. Parchemin et papiers originaux).

LA LANDE-MOYNARD, dépendance de la seigneurie du Pied-Pain ; doit probablement son nom à la famille Moynard qui a possédé L'Hommelais. Ecrit Lande-Mesgnard, 20 avril après Pâques 1550. Aveu à cette date. (Ibidem, n° 117 et 122. Parchemins originaux).

LA LOGERIE, village en la paroisse de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, mouvant roturièrement de la seigneurie du Pied-Pain, (actuellement à 600 m. au nord-est du Pied-Pain).

11 juin 1582. Aveu par les tenanciers de ce village à noble homme Jacques de Trélan, seigneur de la Porte, tuteur de Françoise Gaignard, dame du Piépain.

Autres aveux aux seigneurs du Pied-Pain : 2 mai 1599, à Etienne de Faye, chevalier de l'ordre du Roi, et à son épouse, Françoise Gaignard ; 16 septembre 1627, à Jean Gabard ; 18 avril 1645, à Jean Gabard ; 23 octobre 1775 et 10 septembre 1776, à messire Christophe-Prudent Juchault, écuyer, chevalier, seigneur du Pied-Pain, de la Moricière, etc., et à messire Christophe-Jacques-Prudent-Gilbert Juchault, chevalier, seigneur de la Moricière (Ibid., n° 64 et 104 à 114. Parchemins et papiers originaux).

LE PLESSIS-PILATON, village en la même paroisse, dépendant pour moitié de la même seigneurie. L'autre moitié dépendait de la Moricière (Ibid., n° 64 et 118. Papiers et parchemins originaux des 27 décembre 1571 et 16 décembre 1629).

LA SOHERIE (on prononce actuellement dans le pays Sourie), village en la même paroisse et mouvant de la même seigneurie, (actuellement à 2 kilom. 150 m. à l'ouest du Pied-Pain), s'appelait, en 1550, la Meillerie.

Aveux rendus aux seigneurs du Pied-Pain déjà nommés par les tenanciers de ce village : 8 septembre 1584, 1er juillet 1599, 24 et 28 octobre 1627, 13 décembre 1644, 3 mars, 1er et 16 avril 1692. (Ibid., n° 64 à 71, 74, 75, 120 à 128. Papiers et parchemins originaux).

 

D'après les notes que nous avons recueillies aux archives de la Vignette et de la Moricière et l'excellent ouvrage de M. E. de Cornulier sur les terres de l'ancien comté Nantais, ouvrage auquel nous empruntons en grande partie le dénombrement qui précède, nous allons, en terminant ce long et minutieux travail, dire quelques mots des terres et enclaves de la paroisse de Saint-Philbert, dont nous n'avons pas eu occasion de nous occuper jusqu'à présent.

LES AUBRAIS. Ce fief-seigneurie s'étendait dans les paroisses de Saint-Philbert, La Chevrolière et Sainte-Croix de Machecoul. Seigneurs ou dames : Roland de Lannion, 1444. Noble homme François de Lannion, 1543, décédé en mars 1546. Julienne Pinart, tutrice de noble homme Claude de Lannion, fils aîné d'elle et du précédent, 6 juillet 1564. Marie-Urbaine de Maillé-Brézé, veuve de messire François Bonnin, chevalier, seigneur de Chalucet et d'Arthon, conseiller du Roi et son lieutenant au gouvernement des ville et château de Nantes, 19 août 1683. René d'Arquistade, seigneur aussi de la Maillardière et de Saint-Fulgent, maire de Nantes, 10 mars 1741.

LES AVENAUX. En était sr. Jean-Mathieu Guyton, ancien capitaine au régiment d'infanterie Royal-Marine, 1er février 1775.

LA BASSETIERE, terre appartenant, en 1679, à Claude de Johannes.

LA GRANDE BRETAUDIÈRE, dépendance de la seigneurie du Chaffault. Seigneurs : Guillaume de Lespinay, 1538. Claude de Lespinay, femme de Jean du Pé, seigneur de Liancé, 1670. J.-B. de Couëtus, 1740. De Cornulier, 1853.

LA PETITE BRETAUDIÈRE, autre dépendance de la même seigneurie, appartenait : 1670, à N... Boux, sr. des Chauvinières ; 1740, à J.-B. de Couëtus ; 1853, à de Cornulier.

LE BREIL. Dame : Marie du Chaffault, femme de Guillaume de Lespinay, 1538.

LA BROSSE-GUILLOU, terre ; en 1679, à Raoul Boucaud, sr. de la Bonnaudière.

LES GRANDES-FONTAINES, terre possédée, en 1679, par Yves des Champsneufs.

LA GRESLE, terre et métairie dépendant de la Moricière, possédées, en 1678, par Claude Girard, sieur du Plessis (Archives nationales, P. 1663, f° 283) ; en 1774, par Isaac-Pierre Boissière, général des finances.

L'HERMITIÈRE, terre appartenant, en 1679, à Marguerite de Bastard, veuve de Jérôme de Chardonnay, sr. de Bicherel.

LAUJARDIÈRE, Lojardiere ou Loriardiere, terre possédée, en 1392, par Jean de la Noë ; en 1678, par noble homme Raoul Boucaud, avocat au Parlement de Bretagne. (Archives Nationales, P. 1663, f° 345 ).

LES MAILLÉRES, terre appartenant en 1646, 1679 à Jean des Champsneufs, conseiller d'État.

LA MAROUSIÈRE, actuellement La Marouserie, terre possédée : par Jean de Châteaubriant, 1340 ; Marguerite de Châteaubriant, femme 1° de Thébaud Augier, 2° d'Édouard de Rohan, 1380 ; Alain de la Touche-Limousinière, 1436 ; Jacques de la Touche, 1546 ; Jean de la Touche, 1603 ; vendue, en 1644, par Thibaud de la Carte, écuyer, sr. de la Provosté, conseiller au présidial de Nantes ; Roland Bidé, maître des comptes, 1665 ; de Couëtus, 1760.

LA MERLINIÈRE, terre appartenant à Yves de Monti, maître des comptes, 1679.

LA NICOLLIÈRE, terre appartenant à : Gilles Spadine, 1554 ; Clément Guillemet, 1604 ; Jean Moynard, 1618 ; Alexandre Blaye, 1669 ; à noble écuyer Jean-Baptiste du Coudray, sieur de la Ville-Hulin, et à noble Antoine du Souay, sieur de la Noë, 1678 (Archives Nationales, P. 1663, f° 305) ; Louise Terrien, femme d'Honoré Pitard, sr. du Landas, 1747 ; Joseph Mocquard, sr. de la Rivière-Neuve, 1774.

LE PORT-BOUSSINOT, terre et basse justice, possédées par Raoul Nicollon, auditeur des Comptes de Bretagne, 1579 ; Philippe de la Presle, sr. de Poncé, 1679.

LA PROVOSTÉ, autrement Guyneuve. Possesseurs : Perrot Dranet, avant 1542 ; Damien du Bois, sr. de la Ferronnière, 1542 ; Julien Bidé, 1566 ; Claude Le Meneust, 1662 ; Roland Bidé, maître des Comptes, 1673 ; Augustin Pâris, 1717.

SAINT-PHILBERT-DE-GRAND-LIEU, ancienne seigneurie. En furent seigneurs : Olivier de Machecoul, 1258-1271 ; Jean de Machecoul, 1308 ; Jean de la Noë, seigneur aussi de Lojardière, 1392 ; noble homme Macé Amiot qui, le 10 juin 1436, reçut aveu de Robin Gauteron, seigneur de la Porte, pour la Clavelière. (Archives de la Vignette).

SAINT-REMY, métairie et domaine.

19 août 1546. Aveu et dénombrement de la maison et métairie de Saint-Romy (sic) et de la Guibretière, rendus au seigneur de la Benaste par Bertrand du Pouëz, seigneur de la Moricière, du Branday et de la Noë-Pourceau. Cet acte mentionne Olivier Babin, sr. des Barres. (Archives de la Moricière, n° 129. Parchemin original).

8 juin 1630. Feu honorable homme Isaac Viau, sieur de Saint-Remy. (Ibidem, n° 7). N... des Champsneufs, sr. de Saint-Remy, 1670.

LA SOUCHAIS, terre possédée par : Guillaume de la Souchais, 1387 ; Louis Gabard, 1548, 1550 ; vendue par Robert Babin à honorable homme Guillaume Brochard, en 1575 ; Guillaume Brochard, 1631 ; Jacques Maillard, 1641 ; Charles Maillard, 1681 ; Jacques-Antoine Maillard, maître des Comptes, 1761 ; Pierre Maublanc, écuyer, notaire et secrétaire du Roi en la chancellerie de Toulouse, 1774, 1776. (Archives Nationales, P. 1663, f° 349, 353 et 357).

LE VERGER, terre possédée par : Jean de Trévecar, 1507 ; Françoise de Trévecar, femme de Jacques de Guémadeuc, 1517 ; Jean Savin, avocat au Parlement de Bretagne, 1679 (Archives Nationales, P. 1663, f° 275) ; Marie-Perrine Boucaud, femme de René-Pierre-Elie Josnel, seigneur de la Navarrière, 1774.

LES VIESQUES, seigneurie avec droit de basse justice. En furent seigneurs : Jean des Viesques, 1471 ; Médart de Viesques, seigneur aussi de Chasseloire, 1480 ; Patrice de Viesques, femme de Guyon de Coëtlogon, 1486 ; Yves de Coëtlogon, 1542 ; Raoul Nicollon, 1580 ; Jean Terrien, 1601 ; Philippe de la Presle, seigneur de Poncé, 1679 (Théodore Courtaux).

(à compléter)

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