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SAINT-PHILBERT-DE-GRAND-LIEU

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La commune de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu (pucenoire.gif (870 octets) Sant-Filberzh-Deaz) est chef lieu de canton. Saint-Philbert-de-Grand-Lieu dépend de l'arrondissement de Nantes, du département de Loire-Atlantique. 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de SAINT-PHILBERT-DE-GRAND-LIEU

Saint-Philbert-de-Grand-Lieu vient du moine saint Philbert de Grand-Lieu, dont les restes ont été apportés par les moines de Noirmoutier. L'évêque de Poitiers en fait son confident et l'envoie dans l'île de Noirmoutier en 677. Saint Philbert fonde un monastère sur l'île de Noirmoutier et y décède en 686. Les moines de ce monastère vont être chassés en 815 par les envahisseurs Vikings.

La ville de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu porte d'abord le nom de Déas (nom d'origine gallo-romaine). La terre de Déas est donné par un certain Magnobodus à Ansoald, évêque de Poitiers, qui en fait présent à son tour à Philbert de l'abbaye de Noirmoutier. Quittant leur île de Noirmoutier devant les invasions normandes, les moines philibertins édifient sur le territoire de Déas en l'an 815, avec l'autorisation de Louis Ier (Louis Le Pieux), fils de Charlemagne, une importante église abbatiale où est déposé en 836 (ou 839), le sarcophage contenant les reliques vénérées de leur saint fondateur. Leur tranquillité est de courte durée car, en 847, les Vikings dévastent le monastère de Déas. Les moines s'enfuient alors à Cunault (ou Cunaud) et  reviennent, en 858, récupérer les reliques de Saint Philbert. Ils laissent alors l'imposant sarcophage, en prenant soin de le camoufler. Après un périple de quelques années, les moines s'installent, définitivement, à Tournus (Saône et Loire). Le territoire de Déas (Saint-Philbert-de-Grand-Lieu) passe alors dans la maison de Machecoul et de Retz. Ce n'est qu'en 1119 que Déas devient Saint-Philbert-de-Grand-Lieu.

Au XIIème siècle, la paroisse de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu est une châtellenie qui appartient, en 1359, à Jean Gastineau, seigneur de Vieillevigne. Elle passe, au XIVème siècle, sous la suzeraineté des sires de Retz, et la seigneurie est rattachée à celles des Huguetières et de La Bénate. Lorsque la famille des barons de Rais (ou Retz) s'éteint, au XVème siècle, le domaine passe entre les mains de Marie de Craon. Marie de Craon (décédée en 1415) est la fille de Jean de Craon (fils de Pierre de Craon et de Catherine de Machecoul) et de Béatrice de Rochefort. Marie de Craon épouse le baron Guy II de Laval de Rais (fils de Guy Ier de Laval) le 5 février 1404.

La paroisse de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu subit une attaque le 26 juillet 1580 au cours de laquelle les troupes de Montaigu dévastent l'église. On écrit encore, au IXème siècle, le nom de la paroisse : Saint-Philibert.

Note 1 : liste non exhaustive des maires de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu : Guitton (en 1790), Garnier (qui démissionne en 1791), Guitton (jusqu'en 1792), Jacques Prou, Jean Michon, Cyr Leroy (à partir de 1800), Louis Juchault des Jamonnières (qui démissionne le 27 janvier 1813), Pierre Honoré Dugast (jusqu'en 1814), Louis Juchault des Jamonières (qui démissionne en 1817), Antoine Comte d'Estrée (jusqu'en 1830), Louis Demangeat, Félix Jamont (de 1832 à 1834), Pierre André Grasset, Joseph Monnier (de 1840 à 1847), Louis Cormerais, De Couëtus (1848 à 1855), de Liger (1870 à 1871), Roberteau (en 1881), Elie Guiberteau (en 1885), Ludovic Cormerais (en 1895), Henri de Guer (en 1910), Joseph de La Robrie (de 1923 à 1941), Pierre de La Roberie (en 1941), M. Pennetier (en 1958), ......

Note 2 : liste non exhaustive des recteurs de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu : Guillaume Chupin, Jean Gouin (en 1449), Guillaume Chapné, Robert de La Chesnaye, Jean Bréhaut. Au XVIIème siècle, on trouve Jean Grandjan, Claude Ragaud et Ambroise Duclos. Puis, au XVIIIème siècle, on trouve Leray, Honoré Nepvouet (de 1706 à 1726), Jacques Harivel (de 1726 à 1740), Charles Barbier, François Guérin et François Toussaint Villers (de 1786 à 1790), Hervé (jusqu'en 1793), Léauté (de 1803 à 1827), Gandon (de 1827 à 1857), Leray (de 1857 à 1879), Château (de 1879 à 1915), Laillé (de 1915 à 1935), Guillet (de 1936 à 1944), Hachet, .... 

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PATRIMOINE de SAINT-PHILBERT-DE-GRAND-LIEU

l'abbatiale (IXème siècle). Cette abbatiale est, à l'origine, l'église du monastère de Déas fondé dès le début du IXème siècle par l'abbé Arnoult de Noirmoutier et Déas n'est d'abord qu'une dépendance de l'abbaye de Noirmoutier. L'abbé Hilbod envisage par la suite divers agrandissements comme la création de la nef et d'un transept ou bras transversal, donnant ainsi à la construction un plan cruciforme. Au-delà du transept est amorcé un choeur. En 847, il y avait six travées. La nef est certainement remaniée après 849 surtout au-dessus des arcades. Du choeur primitif, il ne reste rien, il a été détruit vers 836 pour permettre la construction d'un choeur plus vaste et plus profond en concordance avec une crypte destinée à abriter le tombeau de saint Philbert (c'est l'oeuvre de l'abbé Hilbod). Le chevet date du IXème siècle. Le sarcophage de Saint-Philbert y est découvert en 1865. L'édifice a subi de nombreuses fouilles et restaurations entre 1896 et 1903. La confession (836-847), édifiée par l'abbé Hilbod, a permis de camoufler les reliques de saint Philbert (elle avait été murée en 847). Le sarcophage de Saint-Philbert date de la fin du VIIème siècle : exhumé le 7 juin 836, le sarcophage est transporté sur un brancard à dos d'homme et arrive à Déas le 11 juin 836. On y trouve, semble-t-il, un ex-voto du IXème siècle. La chapelle (IXème siècle) de l'abbatiale conserve des fresques qui semblent datées entre le XIIème siècle et le XVème siècle. Les piliers de l'abbatiale sont édifiés entre le IXème siècle et le XIème siècle. La dalle funéraire du moine Guntarius date du IX-Xème siècle. La  pierre tombale de Guillaume Chupin date du XVème siècle (vers 1440). Le déambulatoire date du milieu du Xème siècle. Les arcs datent du XIIème siècle. Le bénitier date du XII-XIIIème siècle. Les fonts baptismaux datent entre le XIIème siècle et le XVème siècle. Le lavabo, installé dans la chapelle axiale, date du XVème siècle. Le vitrail de Sainte-Anne, œuvre de J.J. Gruber, date de 1936. Le vitrail de Saint-Philbert, œuvre de J.J. Gruber, date de 1937. L'huile sur toile intitulée "Déploration du Christ" date du XVIIIème siècle ;

Nota : Le gros bourg de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, qui jadis portait avec un certain orgueil le nom de ville comme beaucoup de ses égaux, possédait au XVIIIème siècle église et prieuré de l'ordre de Saint-Benoît. L'église avait un clocher et le clocher des cloches. Ces cloches avaient été fondues et placées en l'année 1719. Mais les uns trouvèrent d'un mauvais timbre leur pieux frémissement, tandis que les autres admiraient leur son argentin. Un procès s'ensuivit naturellement, et un jugement fut rendu le 12 décembre 1722 par le présidial de Nantes. — En 1723 on dressa un « estat et procès-verbal des cloches en question » (Archives de la Chambre des notaires de l'arrondissement de Nantes, minutes de M. Lelou, 1723) en présence des gens du roi et des parties intéressées. Le « Révérend Père dom François Letexier, prêtre, religieux proffés (le l'ordre de Saint-Benoist, congrégation de Saint-Maur », était à celte époque « prieur titulaire du prieuré conventuel et regullier de Saint-Philbert de Grand lieu, ordre de Saint-Benoist ». Cet « estat et procès-verbal » fut établi par un honorable tabellion de Nantes, Me Alain Lelou. Il se transporta à cet effet, le 8 mars 1723, avec les « gens du roy » et les experts nommés par justice, « en ladite ville de Saint Philbert de Grand lieu distant de la ville de Nantes d'environ cinq lieues ». Il y arriva sur les trois heures de l'après-midi et descendit « dans l'auberge où pend pour enseigne le Lion d'or, chez la veuve Vrignaud ». La journée étant trop avancée, on remit au lendemain le commencement de l'opération. 

« Et avenant le lendemain 9 mars 1723, environ les 9 heures du matin,..... avons vacqué à la visitte des cloches en question et attendu qu'il ne s'est trouvé aucuns charpentiers pour monter au clocher destaicher les cloches, les descendre, nous avons monté audit clocher où nous avons vu quatre cloches montées, sur lesquelles nous avons vu plusieurs inscriptions ; lesquelles cloches nous ont paru estre du poids l'une de six cens livres, une de quatre cens livres, l'autre de trois cens livres et l'autre de deux cens livres ou environ ; lequel poids nous ne pouvons donner pour assuré au juste, à moins qu'elles ne soient démontées et dessendues pour les pezer et en attendant la dessente desdites cloches nous nous sommes avec notre greffier retirés en nostre auberge et remis la continuation du présent à demain........ 

Et avenant le lendemain 10e jour dudit mois de mars 1723 environ les 8 heures du matin, nous nous sommes transportés dans l'églize de St Philbert de Grand lieu pour ayder à la dessente des cloches, ce que nous avons fait avec 4 charpentiers et un serrurier. Après les avoir detaichées et dessendues dans ladite églize, où lesdites cloches estant, ledit Richeux (agissant au nom du prieur) nous a requis de les examiner et donner nos avis si elles sont bien ou mal fondues, de voir les noms qui sont incérés sur icelles, s'il y a quelques escussons et de faire notre raport ample et détaillé et de pezer lesdites cloches et d'en raporter le poids. En compagnie visitant la plus grosse desdites cloches, nous dits experts la trouvons bien fondue et d'un bon timbre, qu'au tour d'icelle entre plusieurs cordons qui la cernoient est en relief ce qui suit : NOBLE ET DISCRET HONORÉ NEPVOUET, PRESTRE RECTEUR DE LA PAROISSE DE SAINT-PHILBERT, PARREIN ESCUIER CHRISTOFLE JUCHAULT SEIGNEUR DE LORME, LES JAMONIÈRES, LEPIED PAIN, LE CHAFFAUD, MONCEAU ET AUTRES LIEUX, ET MARAINE DAME PRUDANCE DE SANCTO DOMINGUE, VEUVE D'ESCUIER JAN BIDÉ SIEUR DU BOIS, DAME DU PORT BOSSINOT ET DE LA JURIDICTION DE VIESGUE, 1719. Ce qui forme en tout 5 lignes autour de ladite cloche.  Et qu'au dessus de la pince de ladite cloche, il y a un escusson en relief, chargé d'une cloche flanquée d'une N et d'un A, à costé duquel est une L majuscule et ensuite en lettre moins grosse le mot AUBRY, que nous croyons estre la marque et le nom de celuy qui à fondu, ladite cloche, et que de l'autre costé d'icelle cloche il y a une croix en relief et nous n'avons remarqué aucuns autres noms, escussons ny armoiries sur la dite cloche, laquelle ayant pezéc par le moyen de la ballance et des poids qui ont esté empruntés, elle s'est trouvée estre du poids de 669 livres. 

Ayant ensuite examiné la seconde desdites cloches, l'avons trouvée de bon timbre, mais à l'égard de la fonte, elle a esté manquée, le métail n'ayant monté qu'au coudement des ances, les quelles sont par ce moyen demeurées imparfaites, en sorte qu'elle ne nous parroist pas recevable, et qu'elle ne sert que par le soutient d'un lien et de plusieurs crampons de fer, qui y ont esté attachés, et avons remarqué sur ladite cloche entre plusieurs cordons qui la cernoient ce qui suit en lettres en relief : Mre JAEN GEFFRAY .... DE St PHILBERT DE GRAND LIEU, PAREIN Mre JAN DUPÉ, CHER DE LIANCÉ ET AUTRES LIEUX ET DAME MARQUISE PERINE BOUYER DE LA VEURYE................... FONDUES DES DENIERS DE LA PAROISSE, 1719. Et sur la pince de ladite cloche est le mesme escusson que sur la précédente avec la lettre L. AUBRY et une croix en relief de l'autre costé de ladite cloche, sur laquelle nous n'avons remarqué aucuns autres noms, escussons ny armoiries et elle peze 477 livres. 

Examinant et visitant aussy la troisième cloche, nous la trouvons bien fondue et d'un bon timbre et sur icelle il y a ce qui suit en cordons tout autour faisant trois lignes : PAREIN Mre CHARLES MAILLARD SEIGr. DE LA SOUCHAIS , CONs. DU ROY ET Me EN LA CHAMBRE DES COMPTES DE BRETAGNE, DAME MARIE JEANNE LE HOUX, 1719. Et au bas de la ditte cloche est un escusson pareil à celuy des deux précédentes avec le nom. L. AUBRY et une croix de l'autre costé, sans avoir veu aucuns autres noms, escussons ny armes et l'ayant pezée elle est du poids de 356 livres. 

Et enfin visitant la quatriesme et plus petite desdites cloches, nous l'avons pareillement trouvée bien fondue et d'un bon timbre et autour d'icelle entre des cordons il y a ce qui suit :  PAREIN N. H. JACQUES LE COURT, Sr DE LEENOO ET MARREINE DAMlle JANNE ANGEBAUD, EPOUZE DE Me CHARLES BRUDENT GESSRAY, NOTAIRE ROYAL ET PROCUREUR FISCAL, 1719. Au bas de laquelle sur la pince il y a aussi pareil escusson que sur les 3 précédentes à l'exception du nom AUBRY qui n'y est pas. Il y a seulement la lettre L a costé de l'escusson, et une croix de l'autre costé comme aux autres cloches, sans y avoir remarqué aucuns autres noms, escussons ny armoiries et icelle pezée elle est du poids de 200 livres. 

De tout quoy nousdits experts avons fait raporter le présent procès-verbal pour valoir et servir ainsy qu'il apartiendra et ce fait environ les 7 heures de l'après-midy nous nous sommes retirés en notre ditte hauberge et remis à demain matin pour nous transporter chacun dans nos demeures audit Nantes. Controllé à Nantes le 13 mars 1723, reçu 18 sols. (Signé : Bedauld.) ».

l'église Saint-Philbert (1862-1869), œuvre des architectes Neau et Boismen et érigée dans le style gothique poitevin du XIIIème siècle. Elle est ouverte au culte le 5 septembre 1869. Le clocher de 65 mètres est terminé en 1889. Des cloches sont bénites en 1870. La croix de l'autel date de 1829. Le reliquaire de Saint-Philbert date du XIXème siècle (vers 1850). Certaines cloches datent de 1855-1870. L'autel date de 1877. Le tympan, représentant l'arrivée des moines de Noirmoutier, date de 1894. Le portail (en fer forgé) date de 1894. La chaire à prêcher, œuvre des sculpteurs Daoulas et Caravaniez, date de 1896. L'orgue (instrument de 23 jeux), qui date de 1880, est inauguré le 21 août 1921 et restauré en 1973 (le facteur est A. Van Bever). Le vitrail Saint-Nicolas et Saint-Pierre, œuvre de Claudius Lavergne et de J.J. Gruber, date de 1937. Le général Lamoricière, une des figures de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, est représenté dans la verrière du transept sud (placée en 1898-1899): il offre son épée au Pape Pie IX en 1860 (Lamoricière est le créateur du corps des Zouaves Pontificaux) ;

la chapelle Lamoricière (XVIII-XIXème siècle), située au cimetière de Saint-Philbert-de-grand-lieu. Cette chapelle abrite l'enfeu de la famille Juchault de Lamoricière ;

la chapelle des Jamonières ou Jamonnières (1760). Elle était dédiée jadis à saint François ;

la croix (1879), située dans le nouveau cimetière ;

le prieuré (XVème siècle). Au XVIème siècle, l'abbaye subit des dégradations lors du pillage de la ville de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu par les huguenots en juillet 1580 ;

le musée avifaune et minéralogique (XV-XVIème siècle) ;

la mairie (XVIIIème siècle). Il s'agit d'un ancien hôtel appartenant à M. de Liger. En 1790, la mairie de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu était installée dans l'auditoire du prieuré : elle y est mentionnée en 1815 et jusqu'en 1838 ;

la ferme de Saint-Rémy ou Remi (vers le XVIIème siècle). Il s'agit de l'ancienne propriété des parents de Jeanne Bernard (à partir de 1809). Jeanne Françoise Bernard, encore surnommée Mère Marie Thérèse, était la Supérieure Générale de toutes les congrégations de Saint-François dans le diocèse de Nantes. Cette communauté est fondée en 1841 par Mère Marie Thérèse, née à Chantenay le 29 nivôse an XII et qui vint habiter toute jeune (en 1809) la ferme de Sainte-Rémy ;

le manoir ou château des Jamonières (1750-1760). En 1871, on y relevait la date de 1755. Sa chapelle date de 1760. Le plus ancien seigneur du lieu est Jean Traon (en 1425), puis de Rays (en 1432). Celui-ci le vend à Guillemette Drouet, veuve de Guillaume Le Ferron,  mère de Geoffroy. En 1448, le château est pris de force par les gens de Prigent de Coëtivy sur ceux de Geoffroy Le Ferron y causant pour 500 écus de dommage. En 1543, il est vendu par Louise Goheau à François Gabart qui en est propriétaire en 1674 et Christophe Juchault de l'Orme en 1735. La famille de dernier le possède encore au XIXème siècle et par alliance il passe aux Patars d'Illiers en 1855 (Léon-Arthur puis Léon-Albert). Il est à vendre en 1882. On décrit ainsi la propriété : "à 1 km 500 du lac, elle comprend : château et dépendances... haras composé de 45 ha de Prairies et d'au moins 40 box, 5 fermes importantes (les Jamonnières, Charoulière, Marais Michaud, Poterie, le Moulin), les 13 borderies des Troissards, 80 hectares de vigne et partie du lac de Grandlieu, en tout 519 ha". A cette époque elle passe dans les mains de la famille Crouan. Propriété de la famille Rouzeau (juge de paix à Montaigu) en 1908, d'Alphonse Brossard (en 1932) [auteur Edmond Héry] ;

le manoir des Brétaudières (1810). Propriété des familles De Coëtus (en 1740), de Cornulier-Lucinière (en 1854), Adrien de Couëtus et Du Plessis-Quinquis (en 1888) ;

le manoir du Monceau (1837). L'édifice remplace un ancien château incendié durant la Révolution. Le domaine de Monceau était jadis propriété des familles du Chaffault (XVème siècle), de Lespinay (XVI-XVIIème siècle), Gabard (en 1671) et Juchault de l'Orme (au XVIIIème siècle). Il passa ensuite à la famille d'Estrée venue de Bourgogne. Plusieurs fermes ou métairies en dépendaient : les Grande et Petite Métairies, La Ratonnière, Bellevue, Vilda, La Maisonneuve, les Petits et Grands Marais, Malitourne et La Tuilerie ;

la maison de La Souchais. Propriété des familles Aubert (en 1387), Louis Gabart (en 1550), Babin (avant 1575), Guillaume Brochard (en 1575), Maillard, Maublanc (en 1860), Sauzeau, Fernand Thébaud ;

la maison de la Tamiserie, autrefois dépendance de La Moricière. Propriété de la famille De Chardonnay (de 1743 à 1763), puis de la famille Honoré Pitard du Landas ;

la maison de la Noë. Propriété, avant la Révolution, des familles Gouy et Dehody. A partir de 1800, on y trouve les familles Leroy, puis Lepage du Boischevalier et de La Monneraye ;

la communauté Saint-François (seconde moitié du XIXème siècle), située rue Saint-François-d'Assise. La communauté est fondée par Mère Marie Thérèse. La chapelle privée date du début du XXème siècle ;

le pont (1855). Ce pont remplace la passerelle construite par les moines et qui avait été refaite en 1809. En 819, Louis Le Pieux avait autorisé les moines à creuser des douves autour du monastère en échange de la construction d'un pont qui permette de franchir la Boulogne. En 1680, il n'y avait plus qu'un passeur avec son bateau et le 7 décembre 1687, au retour de la messe, 9 personnes de 11 à 35 ans furent noyées à cet endroit, l'embarcation ayant chaviré ;

A signaler aussi :

l'ancien domaine des Grolles. Propriété jadis des seigneurs de Viaigue, de Jean François et Médard de Viesgue (au XVème siècle) et de Jean Nicollon (en 1626) ;

l'ancien domaine de la Prévôté ou Fernière. Propriété de la famille Bidé au XVIIème siècle ;

l'ancien domaine de la Coulée. Propriété jadis des familles Viau, Deschampsneufs, Gautier, sieur des Fleurières, Ménardeau, Maubreuil (en 1746), Rabier et Cavel ;

l'ancien domaine de la Musse. Propriété des familles Nepvouet (au XVIème siècle), Richard (en 1645), de Liger (à partir de 1867). Il passe en 1892 par alliance à la famille Duclos (notaire à Carhaix). Elle est au XXème siècle la propriété de la famille Donet ;

l'ancien domaine du Port-Bossinot. Propriété de la famille Nicollon (au XVIème siècle), de René Des Champsneufs (au milieu du XVIIIème siècle) et de la famille Guitton de Flameng (à la veille de la Révolution). Un Rousseau de Nantes en devient propriétaire par la suite et la famille Giraudet après 1851, ainsi que la famille Voillet au XXème siècle. Une chapelle y est bénite le 18 décembre 1772 ;

l'ancien domaine de l'Ouvradière, situé non loin de Saint-Colombin. Propriété de la famille Hervouët de la Roberie ;

le domaine de la Grue. Propriété des familles Nepvouet, Bernard, Bousseau, Freton, Cochinal, Gauzence de Lastours (en 1911) et Voillet ;

l'ancien manoir de La Touquetière. Propriété des familles De Lespinay (fin du XVIIIème siècle), Reliquet et Lynier (en 1928) ;

l'ancien manoir du Verger. Propriété des familles Trevecar (en 1474), Brochard (en 1625), Louis de Chevigné (en 1736), De Barberé (en 1751), Luminais, Demangeat, Théophile Touchaleaume (en 1869) ;

l'ancien manoir de l'Homelais. Propriété des familles Morisset (en 1678), Moynard (en 1691) et Reliquet (en 1797) ;

l'ancien manoir du Rocher. Propriété de la famille Hubert au XVIIIème siècle puis de la marquise de Guer, petite-fille de Louis Cormerais ;

l'ancien manoir de la Pilletière. Propriété des familles Pichon, Hervouët, De Monti et de la famille Lemercier de la Clémencière à partir de 1848 ; 

le domaine de la Bastière. Une chapelle y est fondée au XVIIIème siècle par Jean Baptiste Thibaudeau, sieur de Bel-Air. On y trouve au XIXème siècle, un Fournier de La Pommeraye ;

le domaine de la Marouserie. Propriété de la famille Gazet du Chatelier et de la famille de Froment (en 1922) ;

l'ancien domaine de la Moricière. Il s'agit d'une ancienne juridiction. Le fief appartient à la famille Gouy (de 1381 à 1404), à la famille du Pouez (de 1456 à 1548), et par alliance à la famille Du Bec jusqu'en 1601. Le domaine est vendu en 1601 à Jean Gabard qui va le conserver jusqu'en 1715 où il passe à la famille alliée des Juchault. Une Marie Guillet le possède en 1796-1797, puis il tombe entre les mains de la famille Juchault qui le garde jusqu'en 1885 où le fief entre dans la famille de Castries. Le domaine est vendu en 1911 à la famille Eraud ;

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ANCIENNE NOBLESSE de SAINT-PHILBERT-DE-GRAND-LIEU

La seigneurie de Grandlieu. — Dans la paroisse de Saint-Philbert de Grand-Lieu se trouvaient deux seigneuries d'une certaine importance. La première était celle de Saint-Philbert formant au XIIIème siècle une châtellenie distincte et appartenant aux sires de Rays, mais réunie bientôt après à leur châtellenie de la Benaste ; la seconde était celle de Grandlieu dont il nous reste à dire quelques mots. La seigneurie de Grandlieu appartenait en 1359 à Jean Gastineau, seigneur de Vieillevigne. Depuis lors, jusqu'en 1789 elle a fait partie de la châtellenie de Vieillevigne. Cette seigneurie de Grandlieu consistait surtout en la possession du lac de Grandlieu et en une haute justice exercée dans certains fiefs situés au bord de ce lac. L'aveu de 1580 s'exprime ainsi : « Le lac ou estang de Grandlieu a sept lieues de tour entre les paroisses de la Chevrolière, Saint-Philbert de Grandlieu, Saint-Lumine de Coutais, Port-Saint-Père, Saint-Léger, Bouaye, Saint-Aignan et le Pont-Saint-Martin.... Appartient au seigneur de Grandlieu le droit de lief qui est que chacun jeudy depuis la Chandeleur jusqu'à Pasques, il fait lever et jouit de tous les poissons qui sont pris ès ancraux , baillées et autres texures que les habitants des marais de Saint-Lumine et Saint-Mars tendent ordinairement dans les dépendances dudit lac ; et lesdits pescheurs sont obligés de rendre leurs filets et ancraux, la veille de chacun desdits jeudys et de se trouver dès le matin près de l'estier de Saint-Lumine, ô leurs bateaux, pour prendre ledit seigneur ou son commis et l'aider à faire ledit lief  » (Déclaration de Grandlieu en 1580).

Le sire de Grandlieu possédait un petit manoir, ou métairie noble, appelé Grandlieu et bâti au bord du lac. A cause de cette maison, il jouissait en 1466 de plusieurs droits d'usage dans la forêt de Touffou appartenant comme on l'a vu, au duc de Bretagne ; « A droit ledit seigneur de Grandlieu d'envoyer quand bon luy semble dans la forest de Touffou, entre le chemin de la chaussée de Touffou jusqu'au Pellerin, chercher les avettes (abeilles) ès arbres et bois de ladite forest  » ; le premier qui les trouve « doit mettre une motte de terre ou autre marque et enseigne, au pied de l'arbre » où il les a trouvées... « A droit aussy ledit seigneur de faire recueillir les coupeaulx des bois que le duc fait abattre en sa forest de Touffou pour les réparations de ses châteaux de Nantes et de Touffou ... Enfin a encore droit d'usage, posson et pasnage ledit seigneur pour les bestes de sa mestairie de Grandlieu contiguë audit lac et pour le chauffage du four d'icelle mestairie » (Déclaration de Grandlieu en 1466).

(à compléter)

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