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Bienvenue chez les Saint-Jouannais

SAINT-JOUAN-DE-L'ISLE

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La commune de Saint-Jouan-de-L'Isle (bzh.gif (80 octets) Sant-Yowan-an-Enez) fait partie du canton de Caulnes. Saint-Jouan-de-L'Isle dépend de l'arrondissement de Dinan, du département des Côtes d'Armor (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de SAINT-JOUAN-DE-L'ISLE

Saint-Jouan-de-l'Isle vient semble-t-il de Saint-Jean-Baptiste et d'un château du nom de l'Isle qui aurait existé au sud-est de Saint-Jouan, dans une petite île formée par la Rance. Le nom de Saint-Jouan est le même que celui de saint Joavan ou Joevin, coadjuteur au premier successeur de saint Paul, évêque de Léon. Cette opinion, qui est celle de dom Lobineau, est corroborée par le nom de Saint-Jouin que les habitants du pays donnent encore souvent à la petite ville de Saint-Jouan de l'Isle : Jouin est pour Joevin comme Jouan est pour Joavan. Dom Lobineau n'indique pas les motifs de son opinion, mais il n'est pas difficile de l'appuyer sur de bonnes raisons. Dans beaucoup de mots bretons, la voyelle qui en suit immédiatement une autre ne se prononce pas ordinairement ; c'est ainsi que les noms propres Coatelez, Meen, Ploermel se prononcent Cotelez, Men, Plormel. De même Joavan et Joevin se prononcèrent Jouan et Jovin, et l'usage s'établit de les écrire comme on les prononçait ; puis l'u et le v n'étant qu'une même lettre, Jovan et Jovin devinrent aisément Jouan et Jouin. L'opinion qui veut que le nom de Saint-Jouan dérive de Joannes n'a, au contraire, aucun fondement. Iann, qui n'a aucune ressemblance avec Jouan, est le nom breton qui rend le latin Joannes ; et il est impossible d'admettre que celui-ci se soit jamais traduit en français par Jouan, car on disait Jehan dès la première période de formation de notre langue, comme le montre le poème de Jehan de Lanson, qui est du commencement du XIIIème siècle. Il n'est donc pas douteux que le baron qui bâtit le château de Saint-Jouan ne lui ait donné le nom du saint évêque de Léon, dont le souvenir ayant été perdu dans la suite, l'analogie du nom Jouan avec le latin Joannes fit mettre ce château et la paroisse sous la protection de saint Jean-Baptiste, à une époque que je ne puis déterminer. La paroisse s'appelait autrefois Saint-Jouan-de-l'Isle-de-Montfort.

Ville de Saint-Jouan-de-l'Isle (Bretagne).

Saint-Jouan-de-l'Isle est semble-t-il un démembrement de l'ancienne paroisse primitive gallo-romaine d'Yvignac. Au XIIIème siècle, Saint-Jouan-de-l'Isle appartient à la seigneurie de Montfort et le manoir de Saint-Jouan est propriété de Charles de Landugen. La « S. Jehan de l'Isle » est cité comme paroisse en 1405 dans une lettre du duc Jean V. Les seigneuries de Saint-Jouan et de la Chapelle-Blanche furent réunies à celle de Couellan en 1672, et, en 1780, celle de Kergoët fut aussi annexée à cette dernière. La paroisse de Saint-Jouan entra ainsi tout entière dans le domaine direct du marquis de Saint-Pern.

Nous apprenons par un aveu du général de la paroisse de Saint-Jouan-de-l'Isle, du 1er décembre 1770, que le seigneur de Saint-Jouan était supérieur et fondateur de l'église de cette paroisse et de celle de la trêve de la Chapelle-Blanche. Ces églises et les cimetières qui y sont attenants relevaient de lui prochement et roturièrement ; dans le choeur et le chanceau de l'une et de l'autre de ces églises il n'y avait enfeu, tombeau, banc ni armoiries qui ne lui appartinssent ; il avait droit de litre en dehors et en dedans des chanceaux et des nefs de ces deux églises ; et il y a dans celle de Saint-Jouan, au côté de l'évangile, une chapelle qui dépendait aussi de la seigneurie de ce lieu. En effet, l'un des pilastres de l'arcade qui forme l'entrée de cette chapelle porte du côté de la nef les armes de la famille de Landujan, qui a fourni le plus ancien seigneur de Saint-Jouan dont la connaissance soit venue jusqu'à nous ; ces armes sont d'azur à quatre fusées d'argent en fasce. La permission du seigneur de Saint-Jouan, héritier de la famille de Landujan, était nécessaire pour faire des inhumations dans cette chapelle, ainsi que nous l'apprennent les registres de sépultures de la paroisse pour les années 1624 et 1645, où, en outre, elle est appelée, ainsi qu'en un autre endroit, chapelle de Saint-Jouan, ce qui signifie chapelle des barons de Saint-Jouan, car ces registres et ceux de baptêmes et de mariages la désignent ailleurs sous le nom de chapelle de Notre-Dame. Mais la chapelle du côté de l'épître a été construite par la famille de la Moussaye et elle en porte encore le nom ; on y voit les armes de cette famille qui sont d'or, au fretté d'azur de six pièces. Aussi la statue de saint Armel, qui y occupait, il y a quarante ans, la place principale sur l'autel, et que l'on a mise depuis à une place secondaire, y fut apportée de Kergoët, qui appartenait autrefois à la famille de la Moussaye, lorsque la chapelle de ce lieu fut détruite ou tomba en ruines. On ne cessa pas pour cela, et l'on continue encore d'honorer saint Armel à Kergoët, où il a une autre statue dans une grotte. Avant ce temps, la chapelle de la Moussaye, dans l'église de Saint-Jouan-de-l'Isle, était consacrée à saint Germain. Cette chapelle a dû être construite entre le temps où la famille de Kergoët se fondit en celle de la Moussaye, et celui où Charles de la Moussaye se fit protestant. Dans le mois de mars 1626, le recteur, Olivier Branchu, fit à ses frais paver l'église, reconstruire le porche, embellir l'autel de la sainte Vierge et celui de saint Germain, et faire d'autres réparations et enjolivements. Dans le même mois de cette même année, un jésuite réconcilia le cimetière, qui avait été mis en interdit pour avoir été profané par une violente effusion de sang (J. Janvier).

Cette paroisse appartenait jadis au diocèse de Saint-Malo et avait pour succursale la Chapelle-Blanche, érigée en 1577. Par l'ordonnance du 22 mai 1822, le territoire de la paroisse curiale de Saint-Jouan-de-l'Isle est diminué de celui de la nouvelle paroisse de la Chapelle-Blanche.

Certains lieux-dits tels que le village du Temple et le patronage de l'église (Saint-Jean-Baptiste) semblent témoigner de la présence jadis des templiers et des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

Ville de Saint-Jouan-de-l'Isle (Bretagne).

L'ancienne paroisse de Saint-Jouan-de-l'Isle dépendait de la subdélégation de Montauban et du ressort de Ploërmel. La cure était à l'alternative. Saint-Jouan-de-l'Isle élit sa première municipalité au début de 1790 et devient chef-lieu de canton de l'an X à 1881.

Le 13 juillet 1815, Henri du Boishamon qui commandait la division royaliste de Médréac, forte de 1.800 hommes, livra au Pont-de-l'Isle, près de Saint-Jouan-de-l'Isle, un combat à un corps composé du 86ème régiment de ligne et d'un détachement d'infanterie de marine, qui se rendait à Brest. Les forces étaient égales des deux côtés. Les impérialistes eurent deux ou trois morts ; le major du 86ème, dix-huit officiers et 96 soldats furent faits prisonniers. Dans les rangs des royalistes, le nommé Guézille, qui était élève chez un maître en chirurgie à Saint-Jouan, fut seul tué. Il y avait de part et d'autre quelques blessés. Le lendemain, on fit à la mairie la déclaration du décès de M. Guézille, et l'inscrivit sur le registre dans des termes, dont j'extrais ce qui suit : « Du 14ème jour du mois de juillet, an 1815. Acte de décès de François Guézille.... âgé de 27 ans environ.... décédé le 13 du dit mois à sept heures du soir, en combattant pour la cause du Roi, dans une action qui s'engagea, le dit jour 13 juillet, près du chef-lieu de cette commune, contre un détachement de troupes impériales.... » (J. Janvier) ;

On rencontre les appellations suivantes : S. Johannes de Insula (vers 1330), Saint Jehan de l'Isle (en 1405, en 1462), Saint-Jean de Lisle (en 1444), Saint Jehan (en 1447), Saint Jouan de l'Isle (au XVème siècle), Saint Jouan (en 1591).

Ville de Saint-Jouan-de-l'Isle (Bretagne).

Note 1 : au XIIIème siècle, le manoir de Saint-Jouan appartient à Charles de Landugen. Saint-Jean et le Meneguié appartiennent à Alain de Landugen. Le premier février 1369, Thomas de Landugen figure à la montre du sire de Beaumanoir, sous le gouvernement de Mouton de Blainville, maréchal de France. Le 10 avril 1381, Guillaume de Landugen ratifie le traité de Guérande. En 1398, le même Guillaume est "sergent féode" aux Etats de Rennes. En 1424, Jehan de Landugen, attaché à Monseigneur de Montauban, fait partie du voyage du comte de Richemont à Angers. Messire Bertrand de Landugen, seigneur de Saint-Jouan-de-l'Isle, sergent féodé sous Rennes, est défaillant au parlement général à Vannes en 1462. En 1484, Raoul de Landugen est un des seigneurs ligués contre le ministère Landais et pour lesquels le duc François II donne des lettres d'abolition. Il est nommé capitaine d'Ancenis. Le 20 juin 1495, Jean de Landugen est premier témoin à la réhabilitation du mariage de Jean de Rieux et d'Isabeau de Bretagne. Saint-Jouan-de-l'Isle subit en 1625 une épidémie de dysenterie qui cause la mort de 54 personnes, puis en 1638, une épidémie de peste durant plusieurs mois. En 1679, Siméon Hay, propriétaire des forges du Vaublanc exploite une mine de fer dans la commune.

Note 2 : la commune de Saint-Jouan-de-l'Isle est formée des villages : Kerouet ou Kergouet, la Jennay, la Ville-Huet, les Rompés, la Ville-ès-Lucas, la Foutelais-sur-le-Pré, la Ville-ès-Brets, la Ville-ès-Bretons, la Ville-Barbier, la Ville-Briand, la Barre, le Temlpe, la Ville-ès-Ray, etc ..

Voir   Saint-Jouan-de-L'Isle " Le doyenné de Saint-Jouan-de-l'Isle durant la période révolutionnaire ".

 Ville de Saint-Jouan-de-l'Isle (Bretagne).

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PATRIMOINE de SAINT-JOUAN-DE-L'ISLE

l'église Saint-Jean-Baptiste (XIII-XVIIème siècle-1897-XXème siècle). L'église est reconstruite à plusieurs reprises : une première fois en 1626 par l'abbé Branchu, puis à nouveau au XIXème siècle. En forme de croix latine avec clocher extérieur et choeur cantonné de deux chapelles ouvrant également sur le transept. En avril 1894, le ministre accorda un secours de 12.000 fr. pour la reconstruction de l'église qui fut bénite le 17 janvier 1897. Elle est dûe aux plans de M. Angier. Elle contient un gisant féminin du XVème siècle et un gisant aux armes de la Moussaye. " Piscine du XVIème siècle réemployée ; statue tumulare d'une dame de la Maison de la Moussaye dans la chapelle des fonts ; et, au bas de la nef, pierre avec inscription gothique « honour a Moussaye » " (R. Couffon). L'église abrite une statue de saint Armel (début du XIXème siècle) qui provient de l'ancienne chapelle de Kergoët ou Kergouët, qui a appartenu à la famille La Moussaye ;

Eglise de Saint-Jouan-de-l'Isle (Bretagne).

l'ancienne chapelle de Kergoët, dédiée à saint Armel. Déjà en ruines en 1783, elle a disparu ;

la croix de Jegu (1603) ;

la croix du Chênot ;

la croix du Poteau (XVIIème siècle) ;

le Vieux Château de Saint-Jouan. Ce château était situé au sud de la ville. Il résulte d'une inscription placée sur un tombeau qui se voyait dans l'église avant la Révolution, que ce château était encore habité en 1490. Suivant une déclaration faite au roi, en 1682, le château de Saint-Jouan se composait d'un grand corps de logis, aux deux bouts duquel il y avait deux gros pavillons, le tout ayant environ 150 pieds de longueur ; il n'était donc pas triangulaire comme le prétend l'Annuaire Dinannais de 1833, mais il était dans une enceinte triangulaire, entourée de fossés. Ce château, qui n'était pas éloigné du manoir de l'Isle de plus de cent mètres à vol d'oiseau, n'existe plus ; mais il était encore debout en 1740, car, dans un partage de cette date, tandis que plusieurs pièces de terre, sont indiquées comme grevées de la charge de porter une redevance au château de Couëllan, qu'habitait alors le seigneur de Saint-Jouan, une autre pièce est indiquée comme devant sa redevance o portage au château de Saint-Jouan. Il subsistait même, au moins en partie, en l'an VI de la République, car il est compris alors dans un bail de la métairie de la Porte du Château, dans lequel il est ainsi désigné « Le vieux château contenant, avec ses douves, 74 cordes 1/4 ». Le colombier ne fut détruit que vers 1860. Ce château était le centre d'un grand et beau domaine bien décoré, fief noble, ancienne chevalerie, jouissant de plusieurs grands privilèges et droits seigneuriaux. Le seigneur prenait le titre de baron ; mais la sentence de réception de l'aveu de 1682 supprima ce titre ;

le manoir de Kerouët ou Kergouët ou Kergoët (XVIème siècle), propriété de la famille de la Moussaye ;

le presbytère (1661) remanié ;

la maison du bourg (vers 1500) ;

la maison située sur la route nationale (1759) ;

le moulin à eau des Bois ;

 Ville de Saint-Jouan-de-l'Isle (Bretagne) : moulin.

A signaler aussi :

les halles (1773), reconstruites en 1773 à l'initiative du marquis de Saint-Pern ;

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ANCIENNE NOBLESSE de SAINT-JOUAN-DE-L'ISLE

Au XIIIème siècle, Saint-Jouan-de-l'Isle appartient à la seigneurie de Montfort. A la même époque, le manoir de Saint-Jouan est propriété de Charles de Landugen (ou Landugean). Vers 1600 meurt Bertranne de la Vallée, dame de Saint-Jouan, dont l'héritier est son fils Mathurin de Rosmadec (décédé le 18 avril 1644). Le 4 février 1646, meurt à Paris Peronnelle de Rosmadec, dame de Saint-Jouan, épouse de Prigent le Ny de Coatelez. Mathurin le Ny devient alors baron de Saint-Jouan. En 1672, la seigneurie de Saint-Jouan passe à Siméon-Jacques Hay, seigneur de Couëllan (en Guitté). En 1780, Saint-Jouan-de-l'Isle a une haute justice appartenant à M. de Saint-Pern.

Les autres maisons nobles du territoire de Saint-Jouan-de-l'Isle étaient : l'Isle (à Jean de l'Isle), la métairie du Temple (à Amaury de la Moussaye) et Kergouët (à Edouard de la Moussaye).

La seigneurie de l'Isle, que les commissaires de la réformation de 1513 attestent être un fief noble et bien ancien, avec grand et beau domaine bien décoré, juridiction, justice, etc., appartenait en 1427 à Jean de l'Isle, en 1444 à Alain de l'Isle, en 1479 à Eustache de l'Isle, et en 1513 à Pierre de l'Isle, son fils et son héritier principal et noble, qui était aussi seigneur de la Chapelle-Blanche, trêve de Saint-Jouan-de-l'Isle. Mais cette famille seigneuriale semble tout à fait déchue dans le XVIIème siècle ; quelques-uns de ses membres sont alors nommés dans les registres de la paroisse sans la qualification d'écuyer, ni même celle de noble homme, qui se donnait à tout notable, même roturier. Ainsi on lit clans ces registres qu'une enfant Jeanne de l'Isle, fille de Jean de l'Isle et de Julienne Peigné, fut baptisée le 7 juin 1627 ; que Jean de l'Isle tint, comme parrain, sur les fonts de baptême, deux enfants en 1623 et en 1624 ; qu'un autre Jean de l'Isle fut, en 1695, parrain de Jean Peigné ; et enfin que ce Jean de l'Isle, marié à Marie Fayrier, mourut en 1699 à l'âge de trente-trois ans. Cependant il y a exception pour damoiselle Marie Durand dame de l'Isle et de la Fontaine, qui fut inhumée le 28 avril 1633 ; mais si cette dame possédait encore la seigneurie de l'Isle, il est bien certain que, dès 1616 au plus tard, elle avait cessé de posséder celle de la Chapelle-Blanche. Comment cette famille était-elle tombée au rang des paysans et si peu considérée dans la paroisse qui porte le nom de ses ancêtres, et que ceux-ci avaient peut-être fondée ? Il ne parait pas possible d'en découvrir la raison. Ses armes, d'après Guy Le Borgne, sont de gueules à dix billettes d'or 4. 3. 2. 1.. Le manoir de l'Isle était situé soit où est maintenant la ferme de ce nom, sur le bord de la Rance, près de l'endroit où se rejoignent les deux bras de cette rivière qui s'est divisée, environ un kilomètre plus haut, pour former une île, soit dans cette île elle-même, comme le dit l'Annuaire Dinannais de 1833, qui prétend aussi que le bâtiment principal était une grande tour. Mais cet annuaire n'indique pas les sources où il a puisé ces renseignements.

La seigneurie de Saint-Jouan. Le plus ancien seigneur dont j'ai pu découvrir les traces, en m'appuyant sur des documents originaux et incontestables, est Alain de .Landugen ou Landujan, qui est nommé dans la réformation de 1427. Dix-sept ans plus tard, en 1444, son successeur, qui était probablement son fils, se nommait Charles de Landugen. C'était encore ce dernier, ou son fils portant le même nom, Charles de Landugen, qui était seigneur en 1513. Cette seigneurie devint ensuite la propriété de Jean de la Vallée ; M. de Courcy dit que ce fut par alliance ; n'ayant pas de raison pour en douter, je le crois sur la foi de cet auteur, quoique je n'en aie trouvé la preuve dans aucun document. Ce Jean de la Vallée, marié à Bonne Glé de la Costardaye, possédait les seigneuries de Saint-Jouan, le Rox, Quedillac et autres lieux. Bertranne de la Vallée, sa fille aînée et son héritière, les porta dans une nouvelle famille par son mariage avec Claude de Rosmadec, chevalier de l'ordre du Roi. C'étaient probablement ce seigneur et cette dame qui possédaient Saint-Jouan lorsqu'un combat fut livré dans le voisinage, en 1591, car leur fils et futur successeur n'avait alors que dix ans. Peu de mots suffiront pour résumer le récit de ce combat, que Dom Morice raconte avec détails. Le prince de Dombes, gouverneur de Bretagne pour le Roi, et le duc de Mercœur, gouverneur pour la Ligue, s'étant rencontrés auprès de Saint-Meen, ce dernier se retira à Saint-Jouan-de-l'Isle, poste à deux lieues de Saint-Meen, fort avantageux par sa situation, dit Dom Morice ; c'est encore l'avis des tacticiens de nos jours. Le prince de Dombes résolut d'engager l'action quelques jours après. Lorsqu'il fut arrivé à l'endroit où il voulait faire son attaque, Bastenai, qui avait pris les devants avec la cavalerie légère, se jeta sur le quartier du marquis de Belle-Isle, qui commandait les Chevau-légers du duc de Mercœur, et força les barricades. Lavardin suivit avec de plus grandes forces, renversa tout ce qui se présenta devant lui, fit un grand nombre de prisonniers, et contraignit le marquis de Belle-Isle à se replier sur le duc de Mercœur. Celui-ci, se voyant si brusquement attaqué au moment où il s'y attendait le moins, n'eut que le temps de ranger en bataille les Espagnols qu'il avait dans son armée. Le prince de Dombes, au lieu de profiter de ce premier avantage, s'avisa de tenir conseil avec les chefs de la sienne ; le général anglais Norris représenta que le chemin qui conduisait au duc de Mercœur était étroit, couvert et entrecoupé d'un petit ruisseau, et qu'il serait dangereux d'attaquer par un terrain si peu favorable. Suivant ce conseil, le prince de Dombes fit opérer la retraite. Le cours d'eau que Norris appelait un petit ruisseau, devait être la Rance, qui est une rivière présentable. Comment un petit ruisseau aurait-il arrêté une armée, surtout au mois de septembre ? Et comment cette armée aurait-elle reculé devant ce petit ruisseau, si elle n'avait pas craint de franchir la Rance, qu'il était, d'ailleurs, nécessaire de traverser pour arriver à Saint-Jouan ?. Ce combat n'est pas le seul qui ait été livré à Saint-Jouan. Je dirai bientôt quelques mots du second, s'il est permis, malgré sa date peu reculée, d'en faire mention dans une séance d'archéologie. Je disais que, lorsque ce combat de 1591 eut lieu, Claude de Rosmadec était seigneur de Saint-Jouan, du chef de Bertranne de la Vallée, fille aînée et héritière de Jean de la Vallée. Celle-ci, devenue veuve, se remaria à Charles de Sanzay, dont elle eut un fils nommé Pierre, qui eut le commandement d'une compagnie de trois cents hommes de pied, mourut célibataire en 1631, et fut inhumé à Saint-Jouan clans la même tombe que son père. Guillemette de la Vallée, soeur de Bertranne, fut la seconde femme de Marc de Rosmadec, gouverneur de Dinan, frère de Claude, et dont la première femme avait été, en 1559, Jeanne de Montbourcher, dame douairière de Saint-Jouan. Mathurin de Rosmadec, fils de Claude et de Bertranne de la Vallée, naquit en 1581. Je ne sais en quelle année sa mère lui laissa pour héritage les seigneuries de Saint-Jouan, du Ros (paroisse de Concoret) et de la Bouyère, celle-ci s'étendant sur la plus grande partie de la paroisse de Quedillac ; mais c'était avant le 1er mai 1618. Plus tard, il devint, en outre, seigneur de Gaël, de Comper (paroisse de Concoret) et d'Illifaut. Il prenait le titre de baron de Saint-Jouan, et ses successeurs le prirent aussi, quoique le titre de baronnie, donné à la seigneurie de Saint-Jouan, n'ait pas été reconnu par la sentence de réception d'un aveu en 1682. Il fut chevalier de l'ordre du Roi, et il épousa, en 1608, Jeanne de Trogoff, fille aînée et héritière de Pierre de Trogoff, conseiller du Roi en sa cour souveraine de Bretagne, seigneur de Ponteven, du Val Bilouan, des Fontenelles, du Pontglo (paroisse de Pleumeur Gautier), etc., et de Gillette d'Avaugour, sa femme. On prétend que Jeanne de Trogoff était belle et vertueuse, et qu'elle apporta plus de cent mille écus de bien à son mari. Son père mourut en 1623, et fut inhumé dans le tombeau des seigneurs de Saint-Jouan. Les registres de cette paroisse viennent ajouter leur humble témoignage à tous les documents qui prouvent l'absence de tout antagonisme entre les classes inférieures du peuple et la noblesse avant la Révolution de 1789. Elles vivaient dans une parfaite concorde, comme des écrivains sincères, MM. Le Play, Taine et autres, l'ont constaté après des observations impartiales. Nous en voyons une nouvelle preuve dans le grand nombre de baptêmes et de mariages de roturiers auxquels a assisté la noblesse de Saint-Jouan et des environs. Ainsi dans l'espace de onze mois, du 21 mars 1621 au 22 février 1622, six enfants de paysans furent tenus sur les fonts de baptême, dans l'église de Saint-Jouan, par des membres de la famille de Rosmadec. Cette parenté spirituelle, contractée si fréquemment par les nobles avec les roturiers, montre que l'autorité protectrice, exercée par les premiers sur les seconds, était acceptée volontiers par ceux-ci, et qu'un bon accord existait entre les uns et les autres. L'illustre famille de Rosmadec ne se distinguait pas moins par sa piété que par ses alliances et par son talent pour la guerre. Mathurin de Rosmadec et Jeanne de Trogoff, par un acte notarié, que la fabrique de Saint-Jouan conserve dans ses archives, fondèrent à perpétuité quatre prestimonies, consistant en la jouissance de trois traits de dîmes, qui se levaient dans la paroisse de Quedillac, et qu'ils affectèrent à l'entretien de quatre prêtres, dont ils se réservaient la nomination à eux et à leurs successeurs, les futurs seigneurs propriétaires du château de Saint-Jouan. Chaque jour, l'un de ces quatre prêtres devait célébrer, à huit heures du mâtin, pour les fondateurs et pour les prédécesseurs, parents, alliés et amis, une grand'messe que les trois autres devaient répondre, et qui devait être suivie d'une prière nominale et du chant du Libera. Cette grand'messe devait être celle de chaque jour suivant le missel romain, sauf le lundi et le vendredi ; ces deux jours, ce devait être la messe des défunts précédée du chant d’un nocturne. Les jours de saint Georges, de la Magdeleine, de la Toussaint, et de la Nativité de la sainte Vierge, cette grand'messe, la prière nominale et le chant du Libera devaient être suivis de trois messes basses. Par ce même acte de fondation, les fondateurs nommèrent les quatre prêtres qu’ils avaient choisis, avec la condition expresse que, dans le cas où quelqu’un de ces prêtres, ou de ceux qui seraient nommés à l'avenir par les futurs seigneurs de Saint-Jouan, causerait un scandale public, soit en allant boire dans les tavernes, soit en allant aux bals, aux danses ou aux assemblées de nuit, soit en fréquentant des compagnies scandaleuses, celui-là pourrait être privé de sa prestimonie, sans autre procédure ni litige que l'attestation de deux personnes dignes de foi faite devant le recteur ou devant le seigneur de Saint-Jouan. Le dénonciateur pourvu qu'il fût capable et idoine, devait être admis à la place de celui qui aurait été trouvé en faute. Les prêtres nés et résidants dans les paroisses de Saint-Jouan, la Chapelle-Blanche, ou Quedillac devaient être préférés aux autres, pour faire le service, pourvu qu'ils fussent dans les conditions requises. Ces prêtres devaient fournir les ornements, les cierges et toutes les choses nécessaires à la célébration de ces messes. Ils devaient porter respect et honneur au recteur de Saint-Jouan, assister aux grand'messes et aux vêpres célébrées clans l'église de cette paroisse, et à toutes les processions, sous peine de payer trois sols aux trésoriers de la fabrique. Les trois traits, de dîmes, dont la jouissance était, affectée à cette fondation, furent affermés annuellement 200 livres en 1757, et 350 livres en 1787. Peu de temps après avoir fait avec son mari cet acte de fondation, qui porte la date du 14 Mai 1638, Jeanne, de Trogoff mourut le 29 septembre de la même année, non pas château de Saint-Jouant, mais au château de Comper. Le registre des décès de la paroisse de Saint-Jouan nous apprend aussi que ses funérailles furent faites dans l'église de Concoret ; que, à cause de la peste qui sévissait à Saint-Jouan, l'on tarda d'enterrer le corps jusqu'au 8 septembre 1642, et qu'il fut inhumé, ce jour-là, dans le tombeau des seigneurs de Saint-Jouan. La peste, en effet, désola cette paroisse depuis le 22 août 1638 pendant plusieurs mois ; les décès furent très nombreux et neuf personnes furent enterrées dans leurs jardins ou dans leurs champs. Treize ans auparavant, en 1625, une épidémie de dyssenterie avait fait mourir cinquante-quatre personnes dans la paroisse de Saint-Jouan entre le 26 septembre et le 30 novembre. La veille de la mort de Jeanne de Trogoff, le 28 septembre 1638, le vicaire, nommé Georges Joubeaux, inscrivit en ces termes dans le registre des baptêmes de Saint-Jouan la naissance de Louis XIV : « Le cinquiesme jour de septembre 1638 naquit un dauphin en France que Dieu donna à nostre Roy très-Chrestien et fils aisnè de l'Eglise Louys de Bourbon Roy de France et de Navarre et à la Roine Anne d'Autriche sa compaigne. — Qui divisum imperium cum Jove semper habeant ». C'est le 28 septembre que cet événement fut inscrit par le curé ; on peut en conclure qu'il fallut trois semaines et plus pour que la nouvelle en arrivât à Saint-Jouan. Mathurin de Rosmadec mourut clans son château de Saint Jouan, un peu moins de six ans après Jeanne de Trogoff, le 18 avril 1644, vers deux heures de l'après-midi, et fut inhumé, la nuit suivante, dans l'église de Saint-Jouan, sous une pierre sépulcrale, sur laquelle est grossièrement sculptée la figure d'une dame. Les funérailles solennelles furent faites quatre jours après, le vendredi 22, par le prieur de Saint-Meen, et l'oraison funèbre fut prononcée par le recteur de Gaël. Wlson de la Colombière nomme seulement les cinq enfants de Mathurin de Rosmadec et de Jeanne de Trogoff qui survécurent à leurs parents ; les registres de Saint-Jouan nous font connaître, en outre, une fille nommée Jeanne, qui fut baptisée le 15 février 1623, et dont le parrain fut Pierre de Trogoff, son grand-père maternel, et la marraine Jeanne de Bréhant. Cette enfant ne mourut pas à Saint-Jouan, car les registres de la paroisse ne font pas mention de son décès. Les cinq autres enfants de Mathurin de Rosmadec furent Mathurin, Sébastien, Charles, Perronnelle et Magdeleine. Le premier fut enseigne de la compagnie des gens d'armes du maréchal de la Meilleraye et donna beaucoup de preuves de son courage. C'est lui qui hérita de la baronnie de Gaël et de la seigneurie de la Chapelle-Blanche, mais il vendit cette dernière, en 1650, soit à son beau-frère Prigent Le Ny de Coatelez, soit à son neveu Mathurin Le Ny de Coatelez, baron de Saint-Jouan. Sébastien fut baron de Comper ; il avait épousé, en 1643, Madeleine de Boisjan, dame de Couellan, veuve de Siméon Hay de la Bouexière, qui était grand'mère quand elle se remaria, et qui plus tard contracta encore un troisième mariage. Sébasien de Rosmadec mourut à Rennes en 1647, et son corps fut inhumé dans l'église des Carmes de cette ville. Perronnelle se maria, en 1629, à Prigent Le Ny de Coatelez, dont la famille était originaire de la paroisse du Drenec ; et c'est elle qui eut en partage la seigneurie de Saint-Jouan, après la mort de son père ; elle mourut à Paris, en 1646. Les registres de Saint-Jouan, qui ne remontent pas au-delà de l'année 1616, ne mentionnent la naissance et le baptême que des trois plus jeunes enfants de Mathurin de Rosmadec et de Jeanne de Trogoff ; j'ai déjà parlé de Jeanne, la plus jeune de tous. Saldebrel Charles, qui n'est connu que sous le nom de Charles, vint au monde le 22 septembre 1618, mais ne fut baptisé que le 18 octobre 1620, le même jour que sa soeur Madeleine. Son parrain fut Saldebrel Charles de Brullon, baron de la Musse, et sa marraine fut Marguerite Gault, damoiselle de Saint-Symphorien. Ce Charles de Rosmadec, qui semble n'avoir jamais porté son nom de Saldebrel, fut abbé du Tronchet ; savant, quoique fort jeune, il assista, comme député de son ordre, aux Etats de la province qui se tinrent à Rennes en 1640. Nommé évêque de Vannes, en 1647, pour succéder à Sébastien de Rosmadec, qui était oncle à la mode de Bretagne de son père, il fut sacré en 1648 et se démit de son abbaye. Transféré au siège archiépiscopal de Tours en 1671, il mourut aux eaux de Bourbon en 1672. Madeleine de Rosmadec, née le 29 août 1620, fut tenue sur les fonts du baptême, le 18 octobre suivant, par François d'Avaugour, seigneur de la Lohière, et par Madeleine de Rosmadec, demoiselle de Molac. Son partage dans l'héritage paternel fut la seigneurie de la Bouyère (paroisse de Quedillac) ; celle de la Houssaye, dans la même paroisse, lui appartenait aussi en 1649 ; cette dernière avait probablement appartenu aussi à son père, qui, dans certains documents, porte, au lieu du titre de seigneur de la Bouyère, celui de seigneur de Quedillac. pour ne plus revenir sur cette seigneurie, il faut que j'indique ici ses droits et ses devoirs dont il m'a été possible d'acquérir la connaissance. Elle devait à la seigneurie de Montauban quatre boisseaux de froment et 38 sols 6 deniers ; le prince de Rohan Guémené, comte de Montauban, prétendit au droit de rachat de la Bouyère, lorsque, à la mort de la comtesse de Prélot, en 1748, cette seigneurie vint en la propriété de Sylvie Angélique Andrault de Langeron, veuve de Claude Thiard, comte de Bissy, mestre de camp. Le seigneur de la Bouyère avait le droit de trépas, consistant en un double pour chaque cheval, ou pour chaque bête à pied fourchu, passant par le chemin de Quedillac à Bécherel. Ce droit n'était plus en valeur en 1748 ; mais la dame de Langeron se réservait de le rétablir, si elle le jugeait à propos ; il aurait pu être affermé trois livres par an. J'ai dit que Perronnelle de Rosmadec, mariée à Prigent Le Ny de Coatelez, fut héritière de la seigneurie de Saint-Jouan ; mais ce fut pour peu de temps, car elle mourut moins de deux ans après son père, le 4 février 1646 ; son corps fut inhumé dans l'église des Minimes à Paris. Wlson de la Colombière dit qu'elle eut plusieurs enfants, mais les registres de Saint-Jouan n'en mentionnent que deux : Mathurin Le Ny de Coatelez, qui fut baron de Saint-Jouan, et qui épousa Anne du Poulpry, et Charles Le Ny, seigneur abbé de Coatelez. Le premier fut baron de Saint-Jouan pendant vingt-six ans. Trois enfants naquirent de son mariage avec Anne du Poulpry : Charles, qui fut lieutenant aux gardes ; Mathurin, qui fut archidiacre de Vannes ; et Marie, qui épousa Salis, capitaine d'une compagnie suisse. Mais aucun d'eux ne garda la seigneurie de Saint-Jouan ; elle passa, en 1672, en la propriété de Siméon-Jacques Hay, seigneur de Couëllan, petit-fils d'un frère de Hay du Chastelet, membre de l'Académie française. Siméon Hay l'acquit par retrait féodal, car elle avait été vendue au seigneur de la Bussaudière, dont j'ignore le nom patronymique. M. Potier de Courcy dit, à l'article Landujan de son Nobiliaire, qu'elle passa par acquêt aux Sioc'han ; cela peut être exact, si un Sioc'han possédait le fief de la Bussaudière ; mais, en tout cas, il ne l'eut pas longtemps, puisqu'elle lui fut retirée. D'ailleurs, le même auteur, dans l'article qu'il consacre à cette dernière famille dans le même livre, se réfute lui-même, en disant qu'elle posséda la seigneurie de Saint Jouan, paroisse de Saint-Jouan-des-Guérets ; ce n'était donc pas celle de Saint-Jouan-de-l'Isle. C'est au plus tard à cette époque que le château cessa d'être habité, parce que le nouveau seigneur demeurait à celui de Coualan, qui en était très voisin, et plus ordinairement à celui de la Hardouinaye. Il avait épousé Catherine Doisseau, fille du seigneur de la Hardouinaye, et c'est par là que ses descendants furent propriétaires du château qui avait caché dans ses souterrains les souffrances et la mort de Gilles de Bretagne. En 1679, Siméon Hay, qui était propriétaire des forges du Vaublanc, faisait exploiter une mine de fer dans la paroisse de Saint Jouan-de-l'Isle, et ces travaux continuèrent dans le siècle suivant jusqu'à une date que je ne saurais préciser ; cette mine était sans doute celle qui est aujourd'hui remplie d'eau et qu'on appelle le Minerai. Il mourut en 1683. Deux de ses enfants, le comte Siméon et le chevalier Paul Christophle s'étaient noyés par accident dans le grand étang de la Hardouinaye, le 21 novembre 1682, le premier à l'âge de 18 ans et le second à l'âge de 14 ans. Ceux qui lui survécurent furent François et Renée-Catherine, qui restèrent orphelins et qui devinrent successivement propriétaires de la baronnie de Saint-Jouan. François commandait un régiment en 1692 et était encore baron de Saint-Jouan en 1696 ; Renée-Catherine, mariée à Jean-Baptiste de Derval, seigneur de Brondineuf, avait succédé à son frère en 1704, et était morte en 1707. Sa fille Marie-Françoise- Angélique-Esmélie de Derval, mariée à Pierre-Mathurin-Bertrand de Saint-Pern-Ligouyer, porta dans cette dernière famille ses nombreuses et riches seigneuries. Ce dernier était fils de Joseph-Hyacinthe de Saint Pern et de Julienne-Sainte de Botherel-Quintin, dont un autre fils Vincent-Jude, seigneur de Champalaune (paroisse de Pacé), reçut le titre de marquis en 1748, fut maréchal des camps et armées du Roi, premier gentilhomme du duc de Penthièvre, et chevalier de Saint-Louis. Pierre-Mathurin-Bertrand mourut en 1724 ; et Marie-Françoise de Derval l'ayant suivi dans la tombe en 1733 ou auparavant, leurs quatre enfants mineurs furent pendant plusieurs années sous la tutelle de leur oncle le seigneur de Champalaune. L’aîné, René-Célestin-Bertrand de Saint-Pern, hérita des seigneuries de Couellan, de Saint-Jouan, de la Chapelle-Blanche, de la Hardouinaye, etc. Il hérita aussi du titre de marquis de Saint-Pern après la mort de son oncle Vincent-Jude de Saint-Pern-Champalaune, en faveur de qui il avait été créé, et qui mourut en 1761. Ce nouveau seigneur de Saint-Jouan était entré, à l'issue de ses études, dans le régiment du Roi, et avait quitté le service à l'âge de 25 ans. Depuis ce temps jusqu'en 1792, il habita pendant plus de cinquante ans son château de Couëllan, et fut très aimé des habitants du pays, qui en donnèrent une preuve, comme je vais le dire dans un instant. Il épousa Marie-Philippe de l'Olivier, fille du seigneur de Bovrel (paroisse de Sérent), qui lui laissa en héritage cette seigneurie et celles de Saint-Maur, de Lochrist (paroisse de Trébrivan), et le marquisat d'Aunac. Cette dame hérita aussi de son oncle maternel Phi-lippe-Auguste comte de Volvire-Ruffec, chevalier, marquis du Châtelet, comte du Bois-de-la-Roche (paroisse de Néant), vicomte de la Gabetière (paroisse de Saint-Brieuc-de-Mauron), lieutenant général des armées du Roi et commandant pour Sa Majesté aux quatre évêchés de la Haute Bretagne et au comté Nantais, lequel était lui-même héritier de son neveu Ingelelme-Joseph, marquis de Volvire-Ruffec, chef de nom et armes de sa maison, chevalier, comte du Bois-de-la-Roche. René-Célestin-Bertrand de Saint-Pern commanda un corps de milice au combat de Saint-Cast, tandis que son frère cadet, le chevalier Louis-Bonaventure de Saint-Pern, officier supérieur en activité de service, y commandait une division ; ce dernier devint, quelque temps après, maréchal de camp, puis lieutenant général. René-Célestin-Bertrand acquit, en 1780, la seigneurie de Kergoët par retrait féodal, comme je le dirai bientôt, et c'est alors que sa fortune et sa puissance furent à leur apogée. Mais, obligé de quitter le château de Couëllan dans le mois de décembre 1792, il fut incarcéré à Saint-Malo en 1793 avec la marquise sa femme ; et tous deux furent dirigés vers Paris avec deux de leurs enfants et plusieurs de leurs parents et amis, qui furent exécutés en même temps que Madame de Saint-Pern, le 20 juin 1794 ; celle-ci avait environ 68 ans, deux ans de moins que ne dit la Biographie Bretonne. Selon ce livre, auquel je m'en rapporte pour la fin de la vie du Marquis, parce que je n'ai trouvé aucun document sur ce point, René-Célestin Bertrand de Saint-Pern fut mis en liberté sur les instantes réclamations des habitants de son pays, où il était fort aimé, ce qui montre de nouveau, comme nous l'avons déjà appris pour ce qui concerne la famille de Rosmadec, que les vassaux de la seigneurie de Saint-Jouan n'avaient pas à se plaindre de leurs seigneurs. Mais sa santé, déjà altérée, reçut le dernier coup lorsqu'il apprit la mort de sa femme, de sa bru, de ses petits-enfants, l'incarcération de plusieurs autres de ses parents, et la confiscation de tous ses biens ; trop malade pour revenir dans son pays, il dut être mis à l'hôpital, où il mourut peu de jours après. Son frère puîné, le général Louis-Bonaventure, qui avait été détenu avec lui, put revenir en Bretagne ; mais il mourut de chagrin et d'épuisement à Quimperlé en 1798. Le marquis René-Célestin-Bertrand de Saint-Pern eut huit enfants, dont cinq fils et trois filles. L'une de celles-ci, qui s'appelait Emilie-Vincente, se maria, en 1777, avec Gabriel Jean-Raoul de Caradeuc, chevalier, comte de la Chalotais, fils puîné du fameux procureur général. Parmi les plus marquantes des cent vingt personnes qui signèrent au bas du contrat de mariage ; se trouvent le duc de Rohan, la duchesse de Rohan née d'Uzès, le maréchal duc de Duras, la duchesse de Duras née Coetquen, François Barreau de Girac, évêque de Rennes, du Cambout de Coislin, Louise Charrette du Cambout de Coislin. L'aîné des fils, Bertrand-Auguste, demeurait à Rennes en 1773 et au château de la Brière (paroisse de Saint-Launeuc) en 1784, mais il ne l'habitait plus en 1785. Un autre, Jean Louis-Marie, capitaine au régiment de Berry cavalerie, émigra en Amérique pendant la Révolution ; la Biographie Bretonne dit qu'il servit dans l'armée des princes. Un troisième, Anastase-Joseph, lieutenant de vaisseau, émigra à la Trinité, colonie espagnole.

La seigneurie de Kergoët. Comme la seigneurie de l'Isle appartenait à la famille du même nom, de même celle do Cargouët ou Kergoët appartint primitivement à la famille de Cargouët ou de Kergoët ; Guy Le Borgne dit que celle-ci, qui portait Bandé d'or et de gueules de six pièces, se fondit en la Moussaye par le mariage de son héritière avec Bertrand de la Moussaye ; mais d'après une généalogie de la Maison de la Moussaye, ce Bertrand, qui, fut tué, en 1304, dans la bataille de Mons-en-Puelle, avait épousé Gillette de Rieux ; et c'est Olivier, son second fils, qui le premier dans cette généalogie, est désigné avec le titre de seigneur de Kergoët. Le même document ajoute qu'il ne parait pas que cet Olivier ait contracté aucune alliance ; il faut donc qu'il ait hérité de cette seigneurie ou qu'il l'ait achetée. Il périt, en 1364, à la bataille d'Auray. La réformation de 1427 nous apprend que, cette année-là, pendant que Jehan de l'Isle et Alain de Landujan possédaient les deux autres seigneuries de la paroisse de Saint-Jouan-de¬l'Isle, c'était Edouard de la Moussaye qui avait celle de Kergoët. Il la transmit à ses descendants, qui la possédèrent par ordre de primogéniture, avec celle de la Moussaye, jusqu'à Amaury V inclusivement, et dont voici la liste : - Amaury I, dont le nom se trouve lié à tous les événements remarquables des règnes de Pierre II, Arthur III et François II, ducs de Bretagne ; - Amaury II, qui vivait en 1513 ; - Jacques, qui mourut presque au sortir de l'enfance ; - Gillette, dame de Goyon, soeur d'Amaury II et tante de Jacques ; - Jacques II, qui mourut à 22 ans, en 1538 ; - Amaury III, qui mourut en 1582 ; - Charles, qui embrassa le protestantisme, dans lequel persévérèrent tous ses descendants, et qui mourut en 1593 ; - Amaury IV, créé marquis en 1615, qui fut l'un des chefs du parti protestant et qui mourut en 1626 ; - Amaury V, qui servit avec un grand éclat dans les guerres d'Allemagne et de Catalogne, fut le favori du grand Condé et épousa la soeur de Turenne. Après lui, rien ne prouve que son fils Henri, qui mourut sans postérité, ait été seigneur de Kergoët ; mais la soeur de celui-ci, Marie Gouyon, marquise de la Moussaye, possédait cette seigneurie en 1676. Après Marie Gouyon, le seigneur de Kergoët fut son neveu René-Amaury de Montbourcher, marquis du Bordage, fils d'Elisabeth Gouyon et de René de Montbourcher. Ce seigneur mourut célibataire en 1744, dans sa 73ème année, laissant la seigneurie de Kergoët à sa soeur Henriette de Montbourcher, femme du maréchal duc de Coigny ; cette dame la posséda jusqu'à sa mort, qui arriva en 1752 ; puis son fils, duc de Coigny, qui en hérita, la vendit à messire Jean-René des Salles en 1780 ; mais le marquis René-Célestin-Bertrand de Saint-Pern l'acquit alors par retrait féodal. Il y avait à Kergoët une chapelle, qui était dédiée à saint Armel, ou au moins dans laquelle était une statue de ce saint, et dont il ne restait plus que des ruines en 1783. Quand elle fut détruite, l'on transporta cette statue dans la chapelle, dite de la Moussaye, de l'église de Saint-Jouan. Les baptêmes furent faits dans la chapelle de Kergoët depuis le 15 septembre jusqu'au 17 octobre 1638, à cause de la peste qui régnait alors. Le marquis Amaury V n'empêchait donc pas, quoiqu'il fût protestant, de pratiquer le culte catholique dans une chapelle qui lui appartenait.

Droits seigneuriaux, usages, etc. Les armes de la seigneurie de Saint-Jouan sont toujours restées les mêmes dans la succession des diverses familles qui l'ont possédée. La famille de Landujan portait d'azur à 4 fusées d'argent ; or, sur le porche de l'église, qui fut bâti en 1626, pendant que la seigneurie, après avoir passé dans la propriété de la famille de la Vallée, appartenait à Mathurin de Rosmadec marié à Jeanne de Trogoff, l'on grava les armes de la famille de Landujan écartelées de celles de Trogoff, qui étaient d'argent à trois .fasces de gueules. Et, plus de trente ans après la mort de ces deux époux, lorsque la seigneurie, après avoir appartenu dans l'intervalle à la famille Le Ny de Coatelez, appartenait à Siméon Hay, le sceau portait encore les armes de Landujan écartelées de celles de Trogoff. J'ai déjà dit que le seigneur de Saint-Jouan était supérieur et fondateur de l'église. Voici quels étaient ses autres droits féodaux, d'après les aveux que j'ai eus entre les mains : Ses vassaux lui devaient foi, hommage, chambellenage, servitude de rôle à tour et rang, saisine de bâton, suite de cour, suite de moulin. La dîme se levait à la 12ème gerbe sur certaines pièces de terre, sur d'autres c'était à la 18ème gerbe, sur d'autres à la 36ème seulement. Le recteur de Saint-Jouan avait toujours la 36ème gerbe, avant qu'il eût opté pour la portion congrue ; si la dîme était au 36ème, il l'avait toute ; si elle était au 18ème, il en avait la moitié et le seigneur l'autre moitié ; si elle était au 12ème, le recteur n'en avait que le tiers et le seigneur deux tiers ; et le recteur devait au seigneur une rente de 32 boisseaux de seigle, à cause des dîmes qu'il percevait dans la paroisse de Saint-Jouan et dans la trêve de la Chapelle-Blanche. Mais en 1768, il opta pour la portion congrue, qui montait à 500 livres. Le seigneur avait droit de bouteillage sur le vin, le cidre et les autres boissons qui se débitaient dans la paroisse de Saint-Jouan ; et ce droit consistait à faire payer un pot par chaque barrique, au prix de la vente qui en était faite. Le seigneur avait, de plus, droit de royauté, le jour de la Fête-Dieu, c'est-à-dire que les propriétaires de certaines pièces de terre et tous les habitants de la paroisse qui s'étaient mariés depuis la Fête-Dieu de l'année précédente, étaient obligés de comparaître, immédiatement après les vêpres de l'église paroissiale de Saint-Jouan, devant lui ou devant ses officiers ; l'un de ces propriétaires devait avoir une couronne de pelure de saule sur la tête, chanter une chanson, et garder cette couronne sur sa tête pendant que les nouveaux mariés de l'un et l'autre sexe chantaient aussi une chanson, sous peine de trois livres quatre sols d'amende contre chacun des défaillants ; et le recteur devait donner, chaque année, ce jour de la Fête-Dieu, par un extrait du registre des mariages signé de lui et certifié, les noms de tous les nouveaux mariés depuis un an, et présenter cet extrait après vêpres aux officiers du seigneur qui tenaient la cour, sous peine de soixante sols d'amende. Il y avait dans la ville de Saint-Jouan une maison, dont le propriétaire devait au seigneur une soule, c'est-à-dire une balle de cuir remplie de sable, qu'il présentait à lui-même ou à ses officiers le jour de saint Jean de Noël, après la grand'messe, dans la ville de Saint-Jouan ; le seigneur ou ses officiers l'ayant jetée dans la rue, les habitants s'empressaient à qui d'entre eux aurait l'avantage de la porter au château de la seigneurie. Ces jeux obligatoires, qui excitent aujourd'hui l'indignation de quelques personnes peu éclairées plus même que les autres redevances, et qui, en réalité, n'avaient peut-être plus de raison d'être depuis que le seigneur avait perdu ses fonctions de chef féodal, n'étaient cependant pas un impôt bien lourd pour payer la protection qu'il accordait et les services qu'il rendait à ses vassaux au moyen âge, avant que le roi se fût chargé de défendre le territoire agrandi. Le seigneur avait droit de haute justice, de plaids généraux, qui se tenaient, sans assignation, le lendemain de la foire de Noël et le lendemain de la foire de Saint-Jean d'été ; droit d'apprécis des grains, droit de coutume les jours de foires et de marchés, même sur les passants et repassants suivant la pancarte. Les foires se tenaient les lendemains des fêtes de Noël et de la Saint-Jean d'été, et le marché se tenait sous la halle et dans d'autres endroits de la ville de Saint-Jouan le vendredi de chaque semaine. Le seigneur avait aussi droit de four banal et de pressoir banal ; mais il y avait des habitants de Saint-Jouan qui n'y étaient pas assujettis : la maison du Plessix-Folliette avait son pressoir privé ; et quelques autres, par exemple celle qui était appelée maison du cadran, possédaient leurs fours particuliers. Les afféagements se faisaient généralement à raison d'un boisseau d'avoine et trois poulets par journal de terre ; mais cette règle n'excluait pas quelques exceptions. Je vais prendre la liberté, pourvu que cela ne vous irrite pas les nerfs, de vous citer, comme curiosité, les conditions d'un afféagement, quoique les pièces de terre, dont il s'agit, fussent dans la paroisse de Caulnes ; mais que votre imagination n'essaie pas de se figurer la valeur des redevances qui y sont indiquées. Le marquis de Saint-Pern afféagea, en 1770, à Pierre Cosme, son cuisinier, des bâtiments et des pièces de terre, à condition de payer, pour deux de celles-ci, chaque année, comme rente féodale 2 sols 9 deniers 27855/47569 de denier, 9 godets 16/60 de godet 43580/47569 de 60ème de godet de froment mesure de Dinan, trois douzièmes de poule et 34101/47569 de douzième de poule ; et d'être astreints et soumis, comme les autres vassaux du bailliage de Halouze, à la solidarité du dit bailliage, qui se trouve monter, suivant l'égaie fait entre-eux, à 4 livres 16 sols 7 deniers monnaie 11701/47569 de denier monnaie, 26 boisseaux 7 godets 29/48 et 57/60 de godet et 25906/47569 d’un 60ème de godet de froment mesure de Dinan à 8 boisseaux la mine, 11 poulets 4/96 44357/47569 d’un douzième de poule regaillable et revanchable entre tons les dits vassaux du dit bailliage de Halouze jointement et solidairement. La juridiction de la Moussaye, au siège de Kergoët, s'exerçait au bourg de Plumaugat ; le siège de celle de Saint-Jouan et des autres juridictions annexées à celle-ci était à Saint-Jouan ; celle de Couëllian s'exerçait à Caulnes. L'auditoire et la geôle de Saint-Jouan se trouvaient dans une même maison, qui était composée de six pièces, et qui avait une cour ou un jardin attenant. Le seigneur affermait au geôlier cette maison et la halle, avec la coutume qui se percevait, les jours de foires, sur les étalagistes seulement ; il n'y en avait point de perçue sur les bestiaux. Le locataire devait garder les prisonniers et tenir l'auditoire propre et libre pour les audiences. Celles-ci se tenaient le vendredi de chaque semaine à neuf heures du matin. D'après un aveu de 1682, la halle de Saint-Jouan aurait eu mille pieds de longueur ; mais quelque copiste a sans doute commis une erreur ici ; l'emplacement qu'elle occupait ne comporte pas la cinquième partie de cette étendue ; et quelle aurait été l'utilité de cette halle immense dans la petite localité de Saint-Jouan-de-l'Isle ?. Le marquis de Saint-Pern fit abattre, en 1771, l'ancienne halle de Saint-Jouan : " Cette halle était construite sur des piliers de bois ; elle avait 142 pieds de longueur et 42 de largueur. Elle était si vieille, et le bois en était si pourri que, environ trois heures après que les charpentiers furent montés dessus pour la découvrir, une filière se rompit sous l'un d'eux ; il tomba et mourut quelques jours après. L'antiquité de cette halle montre combien le marché de Saint-Jouan de-l'Isle est ancien ". La première pierre de la nouvelle fut posée le 28 août 1771, et la couverture en fut achevée dans le carême de 1773. " Cette halle, bâtie par le marquis de Saint-Pern, est belle ; ce qui la rend surtout remarquable, ce sont des poutres en maçonnerie placées horizontalement sans voussure, et dont la solidité n'est pas douteuse, puisqu'elles existent depuis 120 ans et qu'elles supportent une très lourde charge ". Il y avait, en 1725, une maison ci-devant appelée école ; combien d'années avant 1725 cette école existait-elle ? Je ne saurais le dire (J. Janvier).

Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence de 4 nobles de Saint-Jouan-de-l'Isle :

Bertrand DE LA BOUEXIERE (30 livres de revenu) : comparaît revêtu d'une robe ;

Amaury DE LANDUGEAN de St-Jouhan (500 livres de revenu) : comparaît comme homme d'armes ;

Eustache DE LISLE de l'Isle (120 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une pertuisane ;

Charles LE JEUNEHOMME (40 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une jusarme ;

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