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SAINT-GRAVE

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La commune de Saint-Gravé (bzh.gif (80 octets) Sant-Gravez) fait partie du canton de Rochefort-en-Terre. Saint-Gravé dépend de l'arrondissement de Vannes, du département du Morbihan (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de SAINT-GRAVE 

Saint-Gravé vient du latin « Santa Gravida », sainte Gravide.

Saint-Gravé est, semble-t-il, un démembrement de la paroisse primitive de Pleucadeuc. En 837, le cartulaire de l'abbaye de Redon fait état de la présence des moines sur le territoire de Saint-Gravé. Saint-Gravé est mentionné comme paroisse au XIème siècle. 

Erigé en commune en 1790, Saint-Gravé est rattachée au canton de Rochefort-sur-Terre en 1801.

Note : Le territoire de Saint-Gravé est naturellement borné au nord par la rivière d'Oust et au sud par celle d'Arz ; à l'est il confine à Peillac et à l'ouest à Pluherlin et à Saint-Congard. En 1891, sa superficie est de 1576 hectares, arrosés par plusieurs cours d'eau et généralement bien cultivés, sauf le quartier du nord-ouest, où finit la lande stérile de Lanvaux. En 1891, sa population est de 1055 habitants. Le bourg, situé vers l'est, est à 6 kilomètres de Rochefort et à 40 de Vannes. On trouve un beau dolmen sur la lisière du bois de Cancoët, et un menhir de 2 mètres de hauteur, dans le même bois, auprès de l'étang. Entre ces monuments et le bourg, sur la lande de Lanvaux, se voit un vaste retranchement. Les Bretons ont eu des établissements dans ce pays, comme le prouvent les noms encore subsistants de Cancoet, Canquemar, Bréhon, Cansac, Trénido, etc. En 837, le 1er décembre, Portitoé, mactyern de Pleucadeuc, donna aux moines de Redon les terres de Cranwikant et de Cranquarima : ce qui fut confirmé quelques jours après par son frère Guorvili (Cartulaire de Redon, p. 13). La seconde de ces terres portant aujourd'hui le nom de Canquemar, en Saint-Gravé, c'est dans le voisinage qu'il faut chercher l'autre propriété. En outre les deux mactyerns augmentèrent leur libéralité de tout ce que les moines pourraient déraciner de la forêt. — Quelle était cette forêt? — Serait-ce celle de Lanvaux aujourd'hui détruite presque entièrement? C'est très possible. Enfin les deux donateurs sont indiqués dans l'acte comme mactyerns ou seigneurs de Pleucadeuc et agissent dans leur territoire. N'est-ce pas là une preuve, ou du moins une présomption, que Saint-Gravé n'était pas encore paroisse, et faisait partie, aussi bien que Saint-Congard, de l'immense paroisse de Pleucadeuc ? Son existence, comme paroisse distincte, semble devoir être assignée, d'une manière approximative, à la restauration religieuse du XIème siècle. Quant au nom de Saint-Gravé, il est probablement altéré, car on ne trouve aucun saint de ce nom ; bien plus, les textes latins en modifient le genre : on trouve en effet Sancta Gravida et Sanctus Gravidus. Comment concilier ces variantes et comment les rapprocher du nom de saint Denis l'Aréopagite, patron de la localité ? (J-M. Le Mené - 1891). 

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PATRIMOINE de SAINT-GRAVE

l'église Saint-Denis (vers 1900), oeuvre de l'architecte Le Diberder, de Nantes. Elle remplace une ancienne église détruite à la fin XIXème siècle. Elle est consacrée le 23 octobre 1901 par Mgr Latieule, évêque de Vannes. Il ne subsiste de l'ancien édifice qu'une partie de la chapelle Sainte-Anne, datée de 1864. L'église abrite une statue en bois polychrome de "santa Gravida" (ou Notre-Dame de l'Avent). On y conserve une croix processionnelle en argent de 1664 ;

Nota : L'église paroissiale, sous le vocable de saint Denis l'Aréopagite, conserve quelques restes d'une ancienne construction au sud de la nef. On remarque aussi deux fenêtres ogivales avec des meneaux en flammes, en trilobes et en quatrefeuilles. Les chapelles portaient autrefois les noms de Cancoet, du Brossais et de la Saulaye. Aujourd'hui elles sont dédiées au Rosaire, à sainte Anne et au Sacré-Coeur. Les chapelles de la paroisse étaient jadis : — 1° Saint-Sixte, à la Bogerais, vers le sud-ouest. — 2° Saint-Cyr, en un lieu isolé. — 3° Saint-Maur de l'hôpital, dont il ne reste plus de traces. Les chapelles privées étaient celles du Brossais, de Montrel et de Cancoet ; la première seule subsiste encore. Les chapellenies étaient : — 1° Celle de l'Hôpital, mentionnée en 1516, desservie dans la chapelle de Saint-Maur, puis dans l'église paroissiale. — 2° Celle de la Haye, mentionnée aussi dès 1516, et fondée probablement par les seigneurs de l'endroit. — 3° Celle de Sainte-Catherine, mentionnée en 1516, fondée par les seigneurs de Molac et desservie dans l'église. — 4° Celle de Notre-Dame, fondée avant 1516 par J. Louaille, seigneur du Brossais, et desservie à l'autel du Rosaire. — 5° Celle de Saint-Denis, fondée par un seigneur de la Pommeraye, en Allaire, et desservie à l'église de Saint-Gravé. — 6° Celle de Cancoet, fondée par les seigneurs du lieu, et desservie jusqu'à la Révolution. — 7° Celle de Saint-Laurent, fondée par J. Le Normand, et chargée d'une messe chaque samedi dans l'église paroissiale. 8° Celle de dom Diqueho, à la Bogerais. — 9° Celle de Guillemette Dubois. Le recteur, à la libre nomination du pape et de l'évêque, levait la dîme, à la 33ème gerbe, sur toute la paroisse, à l'exception de la frairie de Cansac, où les seigneurs du Brossais avaient conservé la vieille dîme à la 11ème gerbe. En 1757, son revenu net était évalué à 650 livres. Saint-Gravé faisait partie de la seigneurie et du territoire ecclésiastique de Rieux, et de la sénéchaussée de Ploërmel. En 1790, il fut érigé en commune, du canton de Peillac et du district de Rochefort. Son recteur, Pierre Le Thiec, refusa le serment en 1791 et se déporta, l'année suivante, en Espagne. On vendit nationa­lement une maison et un jardin au bourg, appartenant à la chapellenie de Saint-Maur, une maison, un jardin, un verger et une prairie, dépendant du presbytère, et un pré appartenant à la cure de Saint-Martin. Saint-Gravé passa, en 1800, dans l'arrondissement de Vannes, et en 1801, dans le canton de Rochefort : ce qui subsiste encore (J-M. Le Mené).

la chapelle Saint-Sixte (XVIème siècle), située au village de la Bogerais et fondée par Mathurin Moisan. Le testament du sieur Mathurin Moisan, établi en 1592, stipule "qu'on donne plusieurs messes pour sa délivrance, dans la chapelle fondée par lui et dédiée à la sainte Trinité". Le prêtre Guy Gaschot lui octroie une rente perpétuelle de 9 livres. La chapelle est restaurée en 1868. On y trouve le blason de la famille Du Matz, seigneurs du Brossais ;

l'ancienne chapelle Saint-Cyr (XVIIème siècle), aujourd'hui disparue ;

le château du Brossais (XIXème siècle). Un premier manoir existait dès 1383. Le château actuel a été édifié vers 1600 et agrandi en 1780. La seigneurie appartenait au XIVème siècle à la famille Brossais. Propriété, par alliance, des familles Eder (Pierre Eder en 1427 et Jehan Eder en 1464) et Du Matz (Gilles du Mas en 1481 et Jacques du Mas en 1536), de 1383 jusqu'au XVIIème siècle. Puis propriété de la famille Moulin (en 1680), Le Mallier, comte de Chassonville ou Charsonville (en 1741). A la Révolution, le château est vendu comme bien national à François-Yves Faverot, puis racheté le 26 nivôse an VII par les descendants de la famille du Moulin (Gouyguet de Bienassis) et revendu le 15 vendémiaire an XII à Mlle de Charsonville. Il passe ensuite entre les mains des familles La Bouëssière, Kerdrel et La Bouillerie (depuis 1929). Le général Audren de Kerdrel le restaure à la fin du XIXème siècle. La tour d'angle hexagonale a été reconstruite en 1854 et le pavillon Volvire a été restauré en 1890. Le château possède une chapelle privée. Les dépendances portent les armes des familles Chassonville et Cornulier ;

le château de Cancouët ou Cancoët (XVème siècle). Siège d'une ancienne seigneurie ayant appartenu à Guillaume Cancouët (en 1420), Jehan de Cancouët (en 1427, en 1464 et en 1481), Pierre de Cancouët (en 1536), à la famille Castellan à partir de 1687. Les bâtiments sont ceints d'un mur daté de 1643. On y trouve un colombier. Le manoir possédait autrefois une chapelle privée disparue avant 1890 ;

le manoir de Montrel ou Montret. Siège d'une ancienne seigneurie ayant appartenu à la famille Montret (Guillaume et Jehan du Montret en 1427, Pierre du Montret en 1464 et en 1481), puis à la famille Théhillac en 1680. Le manoir possédait autrefois une chapelle privée disparue avant 1890 ;

l'ancien presbytère (XVIIIème siècle), ancien rendez-vous de chasse des seigneurs de Rochefort. Restauré en 1713 et 1770 ;

la résidence de Kerdrel (1882). Il s'agit d'une ancienne maison de religieuses (les Filles du Saint-Esprit) donnée en 1882 par la famille de Kerdrel ;

A signaler aussi :

le dolmen des Follets (3000 avant Jésus-Christ) et d’autres monuments mégalithiques ;

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ANCIENNE NOBLESSE de SAINT-GRAVE

Les seigneuries de la paroisse de Saint-Gravé étaient :

1° Brécéhan ou Brécéan, vers le sud-ouest, distincte d'une sei­gneurie du même nom en Béganne.

2° Le Brossais, vers le sud, aux Louaille, du Matz, du Moulin, Le Mallier de Chassonville et Kerdrel.

3° Cancoet, à l'ouest, berceau de la famille de ce nom, possédée en dernier lieu par les Castellan.

4° Canquemar, vers le nord-est.

5° La Chesnaye, au sud-ouest.

6° La Grenaudaye, au nord.

7° La Haye, vers l'ouest.

8° Montre!, au sud-ouest, aux Théhillac en 1680.

9° La Rivière, au sud-est.

10° La Saulaye, au sud, berceau de la famine de ce nom.

Lors de la réformation de 1427, on comptabilise la présence de plusieurs nobles à Saint-Gravé : Michel Davi (Brécéhan, frairie de Cancouët), Jehan de Quenquoet (au village de Cancouët), Guillaume du Montret (au village du Montret), Jehan du Montret et Jehan Giffart (au village du Montret), Moricet Martin (au village la Haye), Jehan de la Lande (Tréno, au village de la Pemeraye), Jehan Dompoual ou Soual (au village la Saulaye), Pierre Eder (la Rivière, Cansac), le sieur du Broutay (le Brossay, au village de Tréhomar), Pierre Eder (le Brossay, au village de Tréhomar), Jehan Haudier (au village de Bignon), Guillemette de Cancomer ou Canquemar (au village de Canquémar), Jehan de la Grenaudaye (la Grenaudaye), Guillemette de Cancomer et Guillaume de Canquoet (au village de la Foie).

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 8 septembre 1464, on comptabilise la présence de 6 nobles de Saint-Gravé :

Jehan de CANCOET (300 livres de revenu) : comparaît en homme d'armes ;

Ollivier SOUAL (10 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et d'une salade (casque), comparaît armé d'une vouge et d'une épée ;

Jehan EDER (200 livres de revenu) : excusé, faisant partie de la garde du Duc ;

les héritiers ...... de la HAYE (60 livres de revenu) : défaillants ;

Jehan GRENAUDAYE (20 livres de revenu) : défaillant ;

Pierre du MONTRET (100 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et d'une salade (casque), comparé armé d'une vouge et d'une épée ;

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Vannes du 4 septembre 1481, on comptabilise la présence de 6 nobles de Saint-Gravé :

Gilles du MAS (200 livres de revenu), maître d'hôtel de la maison du Duc ;

Jehan du CANQUOET (200 livres de revenu) : comparaît en homme d'armes ;

Jehan SOUAL (20 livres de revenu) : comparaît en archer ;

Guillaume de LA HAYE (25 livre de revenu) : comparaît armé d'une vouge ;

Pierre du MONTRET (60 livres de revenu) : comparaît armé d'une vouge ;

Jehan du MONTRET ;

Lors de la réformation de 1536, on recense plusieurs propriétaires et manoirs à Saint-Gravé :

le Brossais (le Brossay), à Jacques du Maz ;

Cancouet (Cancouët), à Pierre de Cancouet ;

la Souallaye (la Saulaye), à Pierre de la Souallaye ;

la haye (la Haye), au fils Guillaume de la Haye ;

Brecehan (Brécéhan), au sieur de Bodean (en St Jacut) ;

le Montrait (le Montret), au fils de Rolland Malenfant ;

le Bas Montrait (le Bas Montret), à Jehan de Ploeherlin ;

la Grenaudaye (la Grénaudaye) ;

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