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PLOUBEZRE |
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La commune de Ploubezre ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de PLOUBEZRE
Ploubezre est composé de deux mots celtiques qui signifient littéralement « paroisse de Pierre » (plou, paroisse et Bezre ou Pezre, de Pierre). La paroisse, en effet, reconnaît saint Pierre pour son patron.
Ploubezre est une ancienne paroisse primitive qui a conservé ses limites d'origines. La paroisse "Plebis Petri" (paroisse de Saint-Pierre) est citée dans le procès de canonisation de Saint-Yves en 1330 où un seigneur de Coat-Frec, Jean de Croyfrooc, chevalier, témoigne.
Au Moyen Age, la paroisse de Ploubezre voit s'édifier des mottes, comme celle de Kerhervé, puis des châteaux, comme Coatfrec (ou Coëtfrec) et Runfao, qui sont les deux plus puissants de Ploubezre. Le 13 juin 1451, le seigneur de Coëtfrec, Guillaume de Penhoët, est créé banneret par le duc de Bretagne (Lobineau II, coll. 1149), ce qui vaut à la terre de Coëtfrec le titre de baronnie. En 1592, Guy Eder de la Fontenelle s'installe dans le château de Coëtfrec au nom du duc de Mercoeur. Ce château est démantelé vers 1600 sur ordre de Henri IV.
L'ancienne paroisse de Ploubezre faisait partie de l'évêché de Tréguier et relevait du roi. La cure était à l'alternative. Ploubezre a cédé à Lannion le village de Keranstivel et le moulin de Rosalic le 11 septembre 1822. Un échange de Stang-An-Garon eu lieu avec Plouaret le 26 juillet 1826.
On rencontre les appellations suivantes : Plebs Petri (en 1330, en 1369, en 1387), Plebs Sancti Petri (vers 1330), Ploubezre (en 1481), Ploebesre (en 1486).
Note 1 : selon dom Noël Mars, l'église serait peut-être citée en 1188 dans une Bulle de Clément III, comme possession de l'abbaye de Saint-Jacut.
Note 2 : la commune de Ploubezre est formée des villages : Kercevel, le Pré, Kerbrisent, Kervoisiou, Runigou, Keriguel, Goas-ar-Bleiz, Poulance, Pen-an-Croas-Hent-Isellan, Pen-an-Allé, Kerisellan, Kermen, Guergille, le Guirec, Kerugan, le Crec'h-Guen, le Crec'h-an-Guer, Runefau, Traoudon, Kergos, Kerbiguet, Kerversault, Rudunars, Kervoéder, Calamagn, Keraël, Kerganouen, Kersalbil, Kergus, la Lande, Kerlouzouen, Rugugen, Kerhervé, Kerdaniou, Batard, le Portal, le Garde-Haut, Traou-Jacob, la Ville-Neuve, Calvez, Launay, le Joncour, Tudoret.
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PATRIMOINE de PLOUBEZRE
l'église Saint-Pierre et Saint-Paul (XII-XVIème siècle), reconstruite au milieu du XVIème siècle, agrandie vers 1656 et entièrement reprise au XIXème siècle, suite à un incendie. Le portail principal date de de 1629. Le clocher-mur, oeuvre de Jean Le Taillanter, date de 1577. L'église conserve encore des chapiteaux du XIIème siècle et un fenestrage du XIVème siècle. Les fonts baptismaux, en granit, date du XVème siècle. Le clocher de l'église est frappé par la foudre en 1817 et en 1830. La nef est presque entièrement rebâtie en 1851, puis en 1895. Le cimetière renferme la tombe d'un chef royaliste célèbre : Le Guesno de Penanster, lieutenant-colonel et chevalier de Saint-Louis, décédé à Keranglas en 1840, à l'âge de 67 ans. Sur le mur d'enceinte de l'enclos paroissial figure une inscription en breton signifiant "braves gens vous direz votre Pater en passant Ploubezre dans le cimetière". A l'extérieur de l'église se trouve un enfeu construit vers 1884 : cet enfeu abrite le tombeau du vicomte Edgard de Kergariou, décédé en 1884 ; | |
la chapelle Notre-Dame de Kerfons (ou Kerfaouès ou Kerfuns) (XV-XVIème siècle), fondée par les seigneurs de Coatfrec et dévastée au XIVème siècle durant les guerres de Succession de Bretagne. Des indulgences accordées en 1387 et 1389 vont faciliter sa reconstruction à la fin du XIVème siècle ou au début du XVème siècle, sur un plan en tau. Guillaume de Penhouët, chambellan du duc François Ier (pour qui la terre avait été érigée en baronnie en 1451), et son fils Jean (décédé en 1489) y apportent des embellissements. La partie au sud du choeur date de 1559 : il s'agit d'une petite chapelle dédiée à saint Yves (propriété de la famille de Goulaine, alliée aux d'Espinay) et édifiée par Claude de La Touche. La chapelle Notre-Dame de Kerfons possède deux clochers murs à l'Ouest et au Sud et un jubé de bois daté de la fin de 1485. La tribune du jubé est décorée de quinze panneaux représentant les douze apôtres, sainte Barbe, sainte Marie Madeleine, et le Christ. La maîtresse-vitre comporte des scènes de l'enfance du Christ et date de la fin du XVème siècle. Le retable de saint Yves date de 1612. La chaire à prêcher date de 1681. Le retable du maître-autel, oeuvre de Jean Briand, date de 1686 ; | |
la chapelle Saint-Fiacre de Runefau ou Runfao (XV-XVIème siècle). Il s'agit d'un édifice du XVème siècle, aménagé en 1564 et 1775. Des armoiries datent de 1775 et l'on y trouve l'inscription "fait faire par le gouverneur Gabriel LAN - 1775". L'édifice se compose d'une nef et d'un seul bas-côté. Le clocher pignon possède une chambre de cloche, sur le portail sud. Ayant servi de chapelle funéraire aux châtelain de Kergrist, elle abrite la tombe du chef chouan Guezno de Penanster. Cette chapelle a été récemment restaurée par M. Huon de Pénanster ; | |
la chapelle Sainte Thècle (XVIème siècle - 1871). Cet édifice du XVIème siècle est reconstruit en 1871. Le clocher mur possède un lanternon ; | |
la chapelle de Kerauzern (XIXème siècle) ; | |
l'ancienne chapelle de Guirec (1698), détruite vers 1950 ; | |
le calvaire situé sur le placître de la chapelle Notre-Dame de Kerfons ; | |
les cinq Croix, situées au lieu-dit "Ar Pemp Croaz", au carrefour route de Kerfons. Ce monument se compose d'une grande croix (XVème ou XVIème siècle), accostée de quatre plus petites croix (du Moyen Age). On voit, au voisinage, des traces de la voie romaine qui allait de Carhaix au Yaudet. Ces croix ont, semble-t-il, étaient rassemblées sur un seul support, probablement vers 1728 ; | |
le château de Coëtfrec (ou Coatfrec) (1461) possession de Geoffroi de Kerimel en 1373. Les seigneurs de Coëtfrec sont à un certain moment les seigneurs dominants de Kergrist et de Kergomar. Ils ont des moulins sur le Léguer jusqu'au Yaudet et plusieurs pêcheries. En 1461-1462, Guillaume de Penhoët reconstruit le château et en fait un vaste édifice à trois étages. Jean, son fils, restaure la chapelle funéraire seigneuriale de Kerfons. Au moment des guerres de la Ligue, le sire de Kergomar, fidèle à Henri IV se réfugie à Coëtfrec, poursuivi par le duc de Mercoeur. En 1592, sous l'ordre du duc de Bretagne, le célèbre brigand Guy Eder de la Fontenelle enlève Coëtfrec. Une fois la place prise, il en fait un repère de brigands. Peu de temps après, Kergomar s'en empare et le démantèle ; | |
le château de Kergrist (1537) remanié aux XVIIème et XVIIIème siècles. Ce château est édifié, alors que celui de Runfao est en ruines vers 1500. Propriété de Yvon de Kergrist (en 1481) et de Louis de Kergrist (en 1540). Au XVIIème siècle, le quadrilatère de la cour a été étendu et ponctué du côté de l'entrée par deux fortes tours. Au XVIIIème siècle, l'ensemble du logis est réaménagé. Il a appartenu aux Kergrist, Kergariou et Barbier de Lescoët. Le château devient en 1860 la propriété de la famille Huon de Penanster ; | |
le manoir de Kerhervé (XVI-XVIIème siècle). Au XVème siècle, Jean de Kerhervé est mentionné comme seigneur des lieux. On y trouve aussi la famille du Quélenec ; | |
le manoir de Kerguéréon (début du XVIème siècle). Jean Le Diuezat ou Digouezat ou Divezat en est le propriétaire en 1540. Un pigeonnier se trouve du côté sud du manoir ; | |
les manoirs de Kerauzern (XVI XVIIème siècle), de Coatiliou, du Launay, de Coatarel (ou Coat-Allain, XVème siècle), de Keranroux ; | |
les fermes de Traou-Jacob (1621) de Kerguiniou (1709), de Kerael (1715), de Kerbiriou (1724), de Coat-Arzur (1725), du Portal (1726), de Kergoz (1779), Lamer (1748), Le Moal (1749) ; | |
la maison de Kerverzault (1707), la grange de Kervoeder (1668) ; | |
la fontaine de Goars-ar-Feunten ; | |
20 moulins dont plusieurs moulins à eau de rivière : de Coatilliou, du Launez, de Kerguiniou, de Capeguern, de Kergrist, de Losser, de Kerauzern, de Stang-an-Gars, de Calamayn, de Keranroux, de Peubry, de Pont-ar-Brun, |
A signaler aussi :
des traces de voie romaine Carhaix-Yaudet ; | |
une pièce d'or romaine, trouvée à Keraniès ; | |
le cadran solaire de la ferme de Keraël (XVII-XVIIIème siècle) ; | |
le tumulus de Tossen-ar-Rou (Age du bronze) ; | |
le menhir de Kermorgan (époque néolithique) ; | |
| les tumulus du Rhun et Keryavaouen (Age du bronze) ; |
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ANCIENNE NOBLESSE de PLOUBEZRE
- Le château de Coetfrec (ou Coatfrec) a servi de berceau à la famille Coëtgoureden vers 1373. Cette terre a passé ensuite aux Kerimel, Penhoët, Coëtmen (ou Coatmen), dAcigné, Coëtquen, Avaugour du Parc, la Touche-Limousinière et le Pelletier de Rosambo. Coetfrec (Coatfrec) fut érigé en baronnie par le duc Pierre II, en faveur de Guillaume de Penhoët, sieur de Kerimel de Coatfrec en 1451. Cette seigneurie possédait jadis un droit de haute justice avec patibulaire à quatre piliers se dressant près du manoir de Keranroux à Ploubezre. Un Jean de Coatfrec est témoin en 1330 au procès de canonisation de Saint Yves. Cette seigneurie passe ensuite entre les mains de la famille Coatgouréden (ou Coëtgoureden) suite au mariage de l'héritière de Coatfrec en 1373 avec Henry de Coatgouréden.
- Le château de Kergrist passa dans la famille Kergariou par le mariage de Marie de Kergrist avec Jonathas de Kergariou. Ce dernier rendit de grands services à Henri IV durant les guerres de la Ligue. Il commandait des troupes dans le quartier de Lannion et avait le commandement du château de Coatfrec, dont le duc de Montpensier, après la descente des Anglais à Paimpol, s'était emparé.
- Le château de Coatiliou fut propriété de la famille de Kergariou, descendants d'Alexandre de Kergariou, qui en 1586, avait été nommé capitaine-gouverneur de la ville et du château de Morlaix.
Du Quélenec, sieur dudit lieu, de Kerhervé. De Kerguiniou, sieur de Lescorre. Le Moign , sieur de Kertanguy, de Keranroux. Le Mignot, sieur de Launay, de Goashamon, de Rossalic.
A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Tréguier de 1481, on comptabilise la présence de 22 nobles de Ploubezre (il y avait 20 nobles en 1426) :
Jehan BARACH du Launay (300 livres de revenu) : comparaît en homme darmes ; | |
Jehan BROUSTAL (160 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; | |
Jehanne COETARREL ; | |
Raoul COETARREL (8 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; | |
DERYEN : excusé comme appartenant à la maison du duc ; | |
Jehan DU QUELENNEC de Kerhervé (200 livres de revenu) : comparaît comme homme darmes ; | |
Jehan ESTIENNE (60 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît comme archer ; | |
Roland HAMON (40 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît comme archer ; | |
Olivier KERENGLAS (25 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît comme archer ; | |
Yvon KERENGLAS (80 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; | |
Guillaume KERGRIST (50 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; | |
Yvon KERGRIST de Kergrist (200 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; | |
Roland de LA RIPVIERE (40 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît armé dune pertuisane ; | |
Jehan LARMOR (20 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; | |
Jehan LE DIVEZAT (35 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; | |
Yvon LE MIGNOT (65 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît armé dune vouge ; | |
Olivier LE MOIGN (25 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît armé dune pertuisane ; | |
Yvon LE SEREDIC : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; | |
Guillaume NICOLAS de Garzanbleiz (30 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît armé en archer ; | |
Guillaume NICOLAS de Kerguiziou (70 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît armé en archer ; | |
Jehan de PENHOET de Kerrimel et Coetfrec (2000 livres de revenu) : comparaît en homme darmes ; | |
Jehan QUEMPER (20 livres de revenu) : comparaît en archer ; | |
Jehan QUEMPER de Lanascol (30 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît armé dune vouge. |
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