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LOGUIVY-PLOUGRAS |
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La commune de Loguivy-Plougras ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de LOGUIVY-PLOUGRAS
Loguivy doit son nom à "lok" (lieu consacré) et à saint Ivi, né au nord du pays de Galles. Il quitte le monastère de Lindisfare dirigé par Cuthbert en 685.
Loguivy-Plougras est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Plougras. Loguivy-Plougras est cité en 1429. En 1422, le duc Jean V confisque à Jean de Penthièvre la châtellenie et la forêt de Beffou. Il les donne alors à Jean de Kermelec, seigneur de Châteaugal, le 25 juin 1422. Les seigneurs de Trogorre étaient considérés jadis comme les premiers seigneurs de Loguivy-Plougras.
Loguivy-Plougras comptait autrefois douze villages : Trégonven, Penpoul, Kergrist, Rouel, Quenec'hguen, Trogorre, Dresnay, Treuscoat, Listrihon, Beffou, le Rest et Toulguidou.
Toulguidou (aujourd'hui en Plounérin) était jadis un domaine quévaisier appartenant aux chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (terra guidonis, en 1182). Il relevait de la commanderie de la Feuillée ou encore du Palacret. Ce domaine enclavé dans le fief de la seigneurie de Scozou était encore surnommé "le Temple de Toulguidou". La tradition rapporte qu'au lieu-dit Menec'h-Ru (moines rouges) s'élevait jadis un monastère habité par les Templiers. A signaler aussi l'existence ancienne d'une chapelle du Christ, au lieu-dit Kergrist.
On rencontre également la treff de Locyvy, en la paroisse de Plougras en 1455 (Arch. Côtes dArmor 1E 2552). Loguivy-Plougras élit sa première municipalité au début de l'année 1790. La commune de Loguivy-Plougras fut chef-lieu de canton de 1790 à lan X. Par la loi du 13 juin 1856, quatre villages de Loguivy-Plougras et létang de Beffou ont été réunis à Plougras.
Jadis, simple trève de Plougras, Loguivy-Plougras dépendait du diocèse de Tréguier, de la subdélégation de Morlaix et du ressort de Lannion.
On rencontre les appellations suivantes : treff de Locyvy (en 1455), Locivy Ploegroes (en 1477), Locquivy (en 1481), Locyvy Ploecroas (en 1557).
Note 1 : Par un acte du 11 mai 1950, la forêt de Beffou est acquise par le département des Côtes-d'Armor. La forêt occupe aujourd'hui 611 hectares environ, au XIXème siècle la forêt occupait 900 hectares environ. Les anciens maîtres de Beffou sont : Eon de Rennes, frère du duc Alain III (1034-1079), Etienne, comte de Penthièvre et fils puîné d'Eon (1079-1138), Alain Le Noir, fils d'Etienne puis Henri son frère, comte de Tréguier (1138-1160), Conan IV (1160-1171), Geoffroy, fils de Henri II Plantagenet (1171-1186), Alain, comte de Penthièvre (1186-1212), Pierre de Dreux, dit Mauclerc par confiscation (1212-1237), Jean I (1237-1286), Jean II (1286-1305), Arthur II (1305-1312), Jean III (1312-1318), Guy de Bretagne, comte de Penthièvre (1318-1331), Charles de Blois Chatillon, décédé en 1364, puis Jeanne de Penthièvre sa veuve (1331-1384), Jean de Blois, comte de Penthièvre (1384-1404), Olivier de Blois, comte de Penthièvre (1404-1420), Jean V, puis François de Bretagne son fils aîné (1420-1422), Pierre de Bretagne (Pierre II en 1450). De 1422 à 1444, la moitié de la châtellenie de Beauffou ou Beffou est détenue par Pierre de Kermelec : partie représentée par Belle Isle et Coat an Noz. On trouve ensuite les propriétaires suivants : Jean de Laval, neveu du duc (1453-1476), Nicolas de Laval, fils de Jean (1476-1531), Guy de Laval, fils de Nicolas (1531-1548), Renée de Rieux (1548-1567), Sébastien de Luxembourg puis Marie de Beaucaire sa veuve (1568-1571), Guy Paul d'Andelot, comte de Laval (1571-1586), Pierre de Coatrédrez (1586-1637), la maison du Parc de Locmaria (1637-1745) et Louis-Vincent, comte de Goesbriand (1745-1752).
Note 2 : la commune de Loguivy-Plougras est formée des villages : Porslan, Kerguelen, Kerverder, Kernevez, Quénéquen, Parc-Stéphan, Keraveo, Lez-Leguer, Kerydré, Kernon, le Quinquis, Trogorre, Kervisien, le Dresnay, la Voeu, Kerguelven, le Couelon, Pengalet, Trovern, Kerforn, Saint-Hinguer, le Hinguer, Goas-Courgal, Kerahouarn, Kermabalen, Mez-en-Ein, Keroué, le Ménou, Pen-Stang, Guern-Launay, Kerlosquet, Scozou-Bihan, Scozou-Bras, le Coadou, Huellaf, la Grande-Salle, Tossenou, Poulguern.
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PATRIMOINE de LOGUIVY-PLOUGRAS
l'église Saint-Emilion (1516 - 1557). Le clocher date de 1566-1601. Il sagit dune ancienne chapelle restaurée de 1885 à 1887 qui est devenue église paroissiale en 1855-1856. Les principales dates la concernant se lisent sur l'entablement dominant les colonnes du porche : "Ceste chapelle fut commencée 1516 et la tour 1566". Le choeur est refait en 1885-1887 sur les plans d'Ernest Le Guerrannic. Le 5 février 1875, la foudre endommage le clocher de la chapelle : la flèche est refaite en 1875. La nef est agrandie et restaurée de 1885 à 1887 d'après les plans de l'architecte Le Guerannic. La chapelle est, semble-t-il, un ouvrage dû à l'ordre de Malte. Elle est dans le style gothique. On remarque un superbe maître-autel du XVIIème siècle. Les fenêtres sont en ogive. Les sablières sculptées datent de 1551 et 1557. Les seigneurs de Trogorre possédaient des prééminences dans l'église. En 1923, une stèle est érigée en l'honneur du cardinal Dubourg, né le 1er octobre 1842 à Loguivy-Plougras et ordonné prêtre le 22 décembre 1866 : suite au bref pontifical du 7 août 1906, Monseigneur Dubourg, évêque de Moulins, est transféré à l'archevêché de Rennes où il est intronisé le 11 septembre 1906 comme successeur du cardinal Labouré, et le 4 décembre 1916 il est nommé cardinal de l'église romaine. Ce dernier meurt le 22 septembre 1921 ; | |
l'église Saint-Ivy, ancienne église paroissiale du XVIème siècle, reconstruite entre 1860 et 1864. Elle s'est substituée à un édifice du XVème siècle, propriété des seigneurs de Trogorre et fondée d'après la tradition par les Templiers. Cette ancienne église, tréviale puis paroissiale devient chapelle en 1856. En 1857, le recteur de Loguivy reçoit l'autorisation de détruire la vieille chapelle Saint-Ivy. En 1900, la vieille cloche de l'église Saint-Emilion, datée de 1612, y est transférée ; | |
la chapelle Notre-Dame du Dresnay (fin du XVIème siècle), édifiée par Olivier II de Quelen et son épouse Françoise de Lampezre. Elle est en forme de croix latine avec un chevet plat. Le clocher date de 1588. Son pignon Ouest est renforcé par deux contreforts latéraux. On y trouvait autrefois les armes de la famille Quelen du Dresnay. Il semble qu'il s'agisse d'une restauration ou d'un agrandissement d'une chapelle mentionnée à cet endroit en 1539 et d'un ancien sanctuaire roman primitif. La chapelle abrite une statue de Notre-Dame de Bon Secours (XVème siècle). Une poutre de gloire date du XVIème siècle ; | |
la chapelle Saint-Yves de Trogorre (fin du XVème siècle) qui porte les armes de la famille Plougras; | |
la chapelle Sainte Catherine de Kerroué (vers 1500), autrefois dédiée à sainte Catherine. Sa cloche est l'oeuvre de Le Louarn et date de 1636. Cette chapelle privée est déplacée dans le parc du château et restaurée par la famille de la Morinière vers 1998-1999 ; | |
les anciennes chapelles privées aujourd'hui disparues : Sant Hinguer et Saint-Tugdual. Saint-Tugdual (Sant Tual) ou "Chapel c'hoat", propriété de la seigneurie de Beffou, était située non loin de l'ancienne fontaine sant Tual (disparue vers 1960) et semblait datée du XVème siècle ; | |
le manoir ou château de Kerroué (XVIème siècle). La bâtisse centrale remonte au XVIème siècle (vers 1580) et le manoir placé en équerre date du XVIIème siècle. Le château primitif avait été édifié au XVème siècle par le seigneur de Kerroué, Alain du Dresnay. Le château deviendra ensuite la propriété successive des familles Lagadec, Rocquefeuille et Poré du Breuil. Propriété de la famille La Morinière depuis 1990, l'édifice est en cours de réhabilitation ; | |
les manoirs de Kerbizien, du Dresnay, de Kerguelen, de la Grande Salle ; | |
les croix de Beffou, de Dresnay, de Pont-ar-Menan, de Bech-Coat et Kernevez, Stivel, de Guer-Launay, de Saint-Emilion. Une croix au carrefour des routes de Plougras / Plounérin et une croix sur la route de Plougras ; | |
le calvaire (1722) ; | |
l'ancien presbytère (1690) ; | |
la ferme du Guerniou (XVIIème siècle), de Ker-Ydré (1746), de Coadout (1756), du Rest (1764), de Keruel (1788), de Keravéo (1588), de Tregonven (1676) ; | |
18 moulins ont été recensés dont les moulins à eau de rivière tels que : Quelen (1610-1677), Beffou ou Beaufou, Crès ou Creis (vers 1600-1610), Lisdu, Kerradenec, Kerroué, Rouel ou Roälle ou Kerguelen, Guern-Launay à papier, dit Izellan, Ar-Prat, Kernevez, Lossenvy (XVIème siècle) à tan,Toulguidou, Traou C'hi, Cosquer, Milin Prad ou Dresnay, Hinger à foulon,.... |
A signaler aussi :
la motte féodale de Trogorre. Le château aurait été détruit, selon la tradition, pendant la guerre de succession de Bretagne entre 1341 et 1364 ; | |
la motte féodale de Beffou, ancienne résidence des comtes de Penthièvre. Ce château fut probablement édifié par Etienne, comte de Penthièvre, ou l'un de ses fils ; | |
l'allée couverte du Brohet de 18 m de longueur dans la forêt de Beffou (époque néolithique) ; | |
les substructions de Manach-Ru ou Menech-Ru (époque gallo-romaine). On y a découvert aussi une hache en bronze et deux meules de moulins ; | |
un dolmen entre Lezauregan et Croaz-Henchou (aujourd'hui disparu) ; | |
un menhir entre Lesplouz et Coastilliou (aujourd'hui disparu) ; | |
l'ancien colombier de Kerroué édifié vers 1655 par François du Dresnay, restauré en 1723-1724 et démoli vers 1850 ; | |
les exploitations ferrifères de Beffou ; | |
le tronçon de la voie romaine Carhaix - Le Yaudet, situé au Pavé ; |
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ANCIENNE NOBLESSE de LOGUIVY-PLOUGRAS
En 1536, Alain du Dresnay, seigneur de Kerroué, s'affranchit de la vassalité de Trogorre (la seigneurie voisine) pour passer sous la dépendance de Guingamp. Son fils Pierre, du parti des Ligueurs, est tué en décembre 1594. A noter que pendant la Révolution, une bande de chouans sous les ordres de Charles Guillaume Poens de Kerilis fait de Kerroué une base de repli. La seigneurie de Kerroué, qui possédait un droit de haute, moyenne et basse justice, a appartenu successivement aux familles de Beaucours (au début du XVème siècle), du Dresnay (du XVème siècle à 1731) et Lagadec (de 1714 à 1792). Confisquée comme bien national, elle sera restituée à Claude-René de Lagadec en 1802.
La seigneurie de Beffou avait haute, moyenne et basse justice. On ne connaît pas de famille de Beffou, mais une motte servit au cours du bas Moyen Age de résidence temporaire aux maîtres des lieux. Le domaine était sous la responsabilité d'un receveur : Morice Plousguen (vers 1404-1405), Brient de Kermeno (vers 1410), Henri Poence (vers 1411-1418), Jean Le Nas (de 1420 à 1422), Rolland Le Pinart (de 1440 à 1445), Jehan du Cosker (vers 1450).
La seigneurie de Trogorre s'étendait sur plusieurs paroisses, mais la plus grande partie de ses biens se situaient à Loguivy-Plougras. Les premiers seigneurs connus appartenaient à la famille "de Plougras". La maison de Plougras, aujourd'hui disparue, remontait au XIIIème siècle (Alanus de Plebe Crucis en 1288, Maurice de Plougras vers 1330, Guillaume de Plougras en 1415, Alain I de Plougras décédé en 1459, Alain II de Plougras décédé en 1464), Alain III de Plougras décédé en 1490,...).
La seigneurie du Ménez possédait également des biens sur la trève de Loguivy-Plougras (Keruhel, Penpoul, Garz an Laour, Pen an Vern, Kerbian, Trégonven, ...). Les premiers seigneurs connus sont : Charuel (aux XIIème et XIIIème siècles), du Mené (du XIVème au début du XVIème siècle), du Perrier (du début du XVIème siècle à 1661), du Parc de Locmaria (de 1661 à 1745), de Goesbriand (de 1745 à 1752),...
La seigneurie du Scozou (terre de la Salle, de Kerguelen, ...), qui disposait jadis d'un droit de haute justice, relevait de la seigneurie supérieure de Callac. Propriété successive des familles Scozou (au XVème siècle), Guadalem (en 1423), Tuonguidy ou Troguindy (en 1427), Clévédé (en 1513 et en 1530), Le Rouge (1530-1560), du Parc (1560-1632), Toulboudou (1632-1647), Guizcanou (1647-1662), du Drezit (1662-1747), Descognets (1747-1788).
La seigneurie du Lesdu, simple terre noble, dans la mouvance directe de Guingamp, était la propriété successive des familles du Dresnay (au XVIème siècle), Hemery (jusqu'en 1644), de Launay (en 1644), du Drezit, acquéreur du Scozou en 1662 (jusqu'en 1747), Descognets (1747-1788).
La seigneurie du Dresnay était la propriété successive des familles du Dresnay (aux XIIIème et XIVème siècles), de Quelen (à la fin du XIVème siècle et jusqu'en 1681), de Montigny (1681-1748), de La Rivière (1748-1770, entre autre Yves Joseph Thibaud, marquis de la Rivière, dont la fille épousera Roch Gilbert du Mottier, marquis de La Fayette), de La Fayette (1770-1792). La seigneurie possédait jadis un droit de haute justice et fut réunie vers 1300 à celle de Traouénès.
La seigneurie de la Lande relevait directement de Guingamp. Elle possédait jadis un droit de basse justice. Propriété successive des famille Le Rouge (en 1533), de Penmarch (aux XVIème et XVIIème siècles), de Tuomilin (1650-1697) et Bizien de Munehore.
A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Tréguier de 1481, on comptabilise la présence de 14 nobles de Loguivy-Plougras :
Alain BIGODOU (30 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; | |
Jehan BRIEND (5 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît armé dune vouge ; | |
Olivier BRIEND (5 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; | |
Yvon CARN (10 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît armé dune pertuisane ; | |
Hamon CLERC (20 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; | |
Guillaume COENT (10 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; | |
Jehan COENT (5 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; | |
Charles DU DRESNAY de Kerrouez (60 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; | |
DU DRESNAY (40 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; | |
Quiriau KEROUSY (15 livres de revenu) : défaillant ; | |
Yvon LARBALESTRIER : défaillant ; | |
Alain LE FLOCH (40 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; | |
Henry de QUELEN de Dresnay (80 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; | |
Guillaume PRIGENT (25 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer. |
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