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LANDEBIA

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La commune de Landébia (pucenoire.gif (870 octets) Landebiav) fait partie du canton de Plancoët. Landébia dépend de l'arrondissement de Dinan, du département des Côtes d'Armor (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de LANDEBIA

Landébia vient du breton « lan » (monastère) et Tebia ou Tébiau (obscur saint breton) ou Tybien, saint d’origine galloise.

Landébia est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Pluduno. Le nom de Landébia (Landebiau) apparaît en 1214 dans un acte relatant un accord entre le duc et Olivier de Tournemine. Landebia existe comme nom de famille, dès 1263 et comme nom de lieu dès 1264 (Anc. év. III, 142, 144). Landébia est cité, cette fois avec le titre de paroisse (Anc. év. VI, 212) dans le testament de Rolland de Dinan (1er mai 1303).

Landébia appartient, sous l'Ancien Régime, au diocèse de Dol. L'ancienne paroisse de Landébia dépendait de la subdélégation de Lamballe et du ressort de Jugon. La cure était à l'ordinaire. Durant la Révolution, la paroisse de Landébia dépendait du doyenné de Plancoët.

Landébia élit sa première municipalité au début de 1790. Par ordonnance du 18 août 1845, est érigée la succursale (paroisse) de Landébia, dont le territoire est prélevé sur celui de la succursale de Pléven.

Certains lieux-dits tels que Templiers (nom d'une maison du bourg) et l'existence jadis d'un hôpital semblent révéler la présence des Templiers et/ou des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. 

On rencontre les appellations suivantes : Landebiau (en 1214), Landebia (en 1263, en 1304, à la fin du XIVème siècle, en 1405), Par. eccl. S. Eligii de Landebia (en 1453). Le nom est devenu Landébia (avec accent) par le décret du 31 décembre 1886.

Note 1 : Renseignements administratifs et statistiques. — « Le territoire de Landébia, écrit Ogée, est occupé en partie par la forêt de la Hunaudaye. Il produit toutes sortes de grains, de foin et de cidre ». Superficie. — 354 hectares. Population, — Vers 1778, 250 communiants (Ogée). — En 1778, 4 baptêmes, tous de filles, 7 décès, pas de mariage. — En 1790 : 183 habitants. — En 1793 : 161 d'après M. Tempier. — En 1804 : 167. — En 1838 : 196. —  En 1850 : 285. — En 1870 : 290. — En 1880 : 281. — En 1890 : 331. — En 1913 : 338. — En 1923 : 308. Impôts. — En 1790 : vingtièmes : 307 livres 5 sols. — Capitation : 146 livres 3 sols. — Fouages : 103 livres 3 sols. — En 1803 : contributions foncières : 352 frs 60 ; contributions personnelles et mobilières : 69 frs 60. — Pour les impôts avant 1789, consulter le volume de H. Sée et Lesort, Cahier de doléances de la Sénéchaussée de Rennes, in-8°, t. III, Rennes, 1911, p. 708 et sq. Administration civile. — En 1789, Landébia, quoique relevant féodalement en 1789 du duché de Penthièvre, dépendait de la sénéchaussée de Rennes et de la subdélégation de Lamballe. Durant la Révolution, Lamballe était son chef-lieu de district et Plédeliac celui de son canton. Depuis le Consulat, Landébia relève de l'arrondissement de Dinan et du canton de Plancoët. 

Note 2 : une légende attestée dès 1893 veut qu'à Landébia les veuves ne se remarient pas et que les corbeaux ne ravagent pas les récoltes.

Note 3 : la commune de Landébia est formée des villages : le Coqueret, le Bois-Colet, le Chêne-Saint-Eloy, le Champ-Chevalier, la Duché, le Pont-à-l'Ane, les Moulins, la Poterie, la Brousse-Corbin, la Croix-au-Berger, la Basse-Rue, le Hautrel, le Fournil, le Ratel, le Clos-Bignon, etc ...

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PATRIMOINE de LANDEBIA

l'église Saint-Eloi (XVème siècle), restaurée en 1872-1875. La première pierre de la nouvelle église est posée le 14 juillet 1872. L'église est consacrée le 11 juillet 1875. Cette église remplace un édifice du XIIème siècle de fondation templière qui a été remanié au XVème siècle. Ont été réemployées, deux fenêtres de l'ancienne abbatiale de Saint-Aubin-des-Bois et une pierre portant la date de 1454. Le vitrail consacré à la vie de saint Eloi a été restauré en 1979. On y trouve un bénitier composé de deux vasques et daté du XVème siècle. Les fonts baptismaux datent du XIV-XVème siècle. Le coffret aux saintes huiles date de 1650 ;

Nota 1 : Renseignements ecclésiastiques. — Avant la Révolution, la paroisse de Landébia était une enclave de l'évêché de Dol, sise dans celui de Saint-Brieuc. Elle dépendait alors du doyenné de Coëtmieux, aujourd'hui simple paroisse du doyenné de Lamballe. Landébia ne figure pas sur un compte de 1330 environ, reproduit par Longnon (Pouillés de la Province de Tours, in-4°, Paris, 1903, p. 376 : compte de 1330), mais son nom apparaît dans un Pouillé de la fin du XlVème siècle qu'a publié ce même auteur. L'évêque conférait dès cette époque ce petit bénéfice. Il le conférait encore, concurremment avec le pape, chacun en leurs mois, à la fin de l'ancien régime. Selon MM. J. Loth et feu l'abbé Duine, deux savants à la compétence universellement reconnue, on retrouve dans le mot Landébia, le nom du saint gallois Tebia, ou Tybieu, qui serait un fils de Brychan. (Cf. Loth, Noms des Saints bretons, p. 116 ; Invent. liturg. de l'Hagiogr. bret., p. 139 et Baring Gould and Fischer, Livres IV, p. 282). Aujourd'hui Landébia est placé sous le patronage de saint Eloy, évêque de Noyon, que d'aucuns n'étendent avoir supplanté saint Thelo dans la circonstance. Le vieux saint breton saint Divy, dont nous avons parlé aux articles Trégon et Langrolay, y possède aussi une fontaine. A la seigneurie de Saint-Eloy de Landébia était attachée depuis le haut Moyen-âge, tous les droits et prééminences dans l'église de cette paroisse. Dès 1422, nous voyons la famille La Vache, de la Touche à la Vache en Créhen, se déclarer en possession d'un droit de bouteillage à la foire de Saint-Eloy de Landébia qui tombe le 25 juin. En 1476, un aveu nous montre ces personnages possédant à Landébia « droit d'assemblée le jour de la fête Saint-Eloy, droit de foire le lendemain avec celui de lever un droit sur les échaudés, le beurre et les badies qui se vendent les dits jours de fête » (Archives des Côtes-d'Armor, E 493). Le 20 décembre 1666, Honorat d'Acigné, comte de Grandbois, propriétaire par alliance des terres des La Vache, vendit à René Ier, seigneur de Kergu en Mégrit et du Bois-Gerbault en Ruca, la terre et seigneurie de Saint-Eloi de Landébia avec les droits de fondation et supériorité de l'église, du cimetière et de l'hôpital de cette paroisse (Archives des Côtes-d'Armor, E 273) [Note : Une vieille tradition encore conservée à Landébia veut que les Templiers aient été possessionnés naguère en cette paroisse, où une maison, avec portail du XVIème siècle, sise près de l'église, porte toujours le nom de maison des Templiers]. En 1693, René III de Kergu se qualifiait dans un aveu, comme successeur des seigneurs de la Touche, « fondateur et dotateur de l'église et chapelle de Landébia et se déclarait posséder tant au choeur qu'en la nef, enfeu, tombeau, escabeau, ceinture et lizière tant au dedans qu'au dehors » (Archives des Côtes-d'Armor, E 273). La famille de Kergu, puis après elle les Bonin de la Ville-Bouquet, ont joui des droits que nous venons d'énumérer jusqu'à la Révolution française. Si nous avons insisté sur l'antiquité de l'assemblée et de la foire de Landébia, c'est afin de faire remarquer combien loin remonte dans cette paroisse l'institution du grand pardon de saint Eloi qui s'y célèbre encore maintenant le 29 juin. On y amène de fort loin quantité de chevaux qu'on bénit, et que l'on arrose avec l'eau d'une fontaine voisine de l'église. Ajoutons que les religieux carmes du Guildo déclaraient en 1689 posséder en la paroisse de Landébia le nombre de trois mines de froment rouge, aux termes d'une donation autrefois faite à l'hôpital du Guildo par les seigneurs de Montafilant, mais cependant, ajoutent-ils, on ne leur paie plus chaque année que dix boisseaux de froment, mesure de Plancoët, au jour et fête de M. Saint-Michel, en exécution d'une transaction passée entre les religieux et Jacques et Pierre de Lesquen le 19 août 1651 (Archives de Loire-Inférieure, B 820). D'autre part, Saint-Aubin-des-Bois possédait aussi à Landébia un boisseau de froment de rente annuelle. Nous puiserons nos autres renseignements sur la paroisse de Landébia dans la déclaration « que fait et fournit Julien Clolus, recteur d'icelle paroisse, évêché de Dol, des biens et revenus du dit bénéfice, conformément aux lettres patentes du Roi sur un décret de l'Assemblée Nationale, portant que tous les titulaires des bénéfices et supérieurs de maisons et établissements ecclésiastiques seront tenus de faire dans les deux mois la déclaration de tous les biens dépendants des dits bénéfices, maisons et établissements, en date du 18 novembre 1789 ». Nous avons relevé cet acte aux Archives de la cure de Landébia en 1910. Nous le reproduisons textuellement : « Le dit recteur expose que la paroisse de Landebia est distante de Lamballe de deux lieues et demie, que les deux tiers de cette paroisse sont en landes et bois taillifs ; qu'il dixme sur toutes les terres labourables à la douzieme gerbe ; que la dixme qu'il perçoit n'est que pour lui tenir lieu de portion congrue ; comme on le voit par une délibération du général de Landebia, du 11 juillet 1724, qui refere une sentence du présidial de Rennes du 13 juin de la même année, qui ordonnait au général de Landebia de s'assembler pour délibérer sur la demande du recteur, qui tendait à avoir la dixme à la 12ème gerbe, sur toute l'étendue de la paroisse, si mieux n'aimait le général lui payer la somme de trois cents livres... ». « D'après ce contrat, ajoute-t-il, moi, recteur, declare que depuis 1772, la dixme ne m'a rendu, années communes, que 50 boisseaux de froment, mesure de Lamballe ; 10 boisseaux de méteil, même mesure ; 30 boisseaux de bled noir et 20 boisseaux d'avoine, même mesure. La dixme verte, consistant en chanvre, lin, pois et feuves (sic), pourrait procurer une somme de 24 ou 30 livres. Ayant voulu l'affermer, je n'en ai trouvé que 24 livres. [Une déclaration du recteur du 4 août 1754 (Archives personnelles), porte qu'il récoltait à cette époque la dîme de toute la paroisse estimée 200 livres, plus les novalles affermées 60 livres suivant acte passé en 1747, enfin diverses pièces de terre alors affermées 40 livres]. 2° Biens attachés au bénéfice : Un presbytère avec un jardin au derrière, une grange au-dessus du presbytère entre une maison de fondation dont il sera parlé ci-après et une maison appartenant à François Le Maître et derrière cette grange, il y a une petite quantité de terre, le tout contenant 9 cordes... ». De plus les recteurs ont de tous temps joui : - A, d'une quantité de terre appelée le Closet des Vallées contenant demi-journal ; - B, d'une autre quantité appelée le Closet d'En-Haut, contenant demi-journal ; - C, d'une autre appelée les Petits Moulins, contenant environ demi-journal ; - D, des Petites-Epinettes, contenant trois quarts de journal ; - E, d'un bois taillif contenant un quart de journal ; - F, du courtil Kerneuf contenant de 5 à 6 cordes ; - G et H, de deux quantités de terre contenant quart de journal chacune ; - I, du champ Heudart contenant un journal ; - J, d'une quantité de terre contenant 10 cordes ; - K, d'une petite quantité de terre appelée la Petite Calebray. Ces terres sont franches de rentes. Je déclare que pour toutes ces pièces de terre n'avoir aucun titre. J'ai seulement trouvé une note portant qu'en 1755, le procureur fiscal, lors alloué à Matignon, prit les titres aux Archives pour faire rendre des reconnaissances, mais il devint par la suite tellement pauvre qu'il vendit en partie les papiers de son étude aux marchands de tabac. 3° Fondations. — 1. Tous les lundis de l'année, le recteur (étant seul prêtre de la paroisse), doit célébrer une messe pour le repos de l'âme des fidèles trépassés et plus particulièrement de ceux qui ont contribué à la fondation de 11 quarts de froment, mesure de Plancoët. 2. Tous les mardis de l'année, le recteur doit célébrer une messe pour le repos de l'âme de missire Julien Lhotelier, parents et amis... 3.    Tous les mercredis de l'année, le recteur doit célébrer la messe pour le repos de l'âme de missire Pierre Bameulle, parents et amis. Cette fondation consiste dans 8 boisseaux de froment, mesure de Plancoët, qui sont hypothéqués sur divers petites pièces de terre et une maison avec un petit jardin joignant celui du presbytère... 4° Charges : Il est d'usage que les recteurs fassent blanchir tout le linge de l'église, l'empeser et repasser et faire tenir l'église propre ; nettoyer, balayer et fournir les choses nécessaires, gratifier celui qui le fait aussi bien que celui qui aide à célébrer l'office divin ; ce que, j'estime me coûter 45 livres, y compris le pain et le vin pour le Sacrifice et pour les fidèles pendant l'année. Depuis 1779 que le seigneur Evêque et Comte de Dol fit la visite de Landébia, il eut la bonté de me faire diminuer les décimes et subventions, et depuis 1780, j'ai payé 15 livres par an et je paye pour les fouages 3 livres. En 1770, les héritiers de mon prédécesseur firent la récolte de toute la dixme : les frais furent estimés 150 livres. Je paye ma portion sur cette estimation et dans plusieurs affinées, j'ai vu qu'il m'en coûtait davantage. « Telle est la déclaration des biens et revenus du bénéfice de la paroisse de Landébia ; que j'affirme être très véritable suivant toutes mes connaissances. A Landébia, ce 4 février 1790 ». Signé : Clolus, recteur de Landébia. Le 5 juin 1793, Madeleine-Tristanne Le Moine, veuve Boullaire-Villemoizan, loua pour 6 livres par an le presbytère de Landébia dont le pasteur était en exil. Cette dame, du reste pour lequel le site de Landébia devait avoir un charme spécial, avait profité de l'aubaine des biens nationaux pour s'y créer un petit domaine. C'est ainsi qu'elle a acquit le 21 octobre 1791, plusieurs pièces de terre, dont une appelée La Minée, fondation de la cure de Landébia, pour 370 livres et le 11 juin 1792 elle achetait encore dans la même paroisse, le pré du Ratel, les Brejeons, le clos Benoist, le Pczerel et le bois Bojan. A cette dernière date, une terre, sise dans la pâture Jean Henon, fondation de la cure de Landébia, fut acquise pour 50 livres par le sieur Jean Henon. Le 12 octobre 1793, Benoist, maire de Landébia à cette époque, déclarait l'inventaire ci-dessous de l'argenterie de l'église de cette commune : Une croix d'argent ornée d'un côté d'un Christ et de l'autre d'un évêque (saint Eloy) ; une lampe, un encensoir et sa navette ayant été soufflés d'argent autrefois, mais il n'en paraît presque plus ; une burette d'étain et l'autre de verre ; 6 chandeliers de cuivre. Le tout ne tarda pas à être confisqué comme bien l'on pense, au nom des nouveaux principes qui devaient, selon les jacobins, régénérer la France. Le sous-préfet Gagon, signalait en 1802, l'église de Landébia en mauvais état et non desservie. Disons pour finir que J. Gaultier du Mottay, dans son Répertoire Archéologique des Côtes-du-Nord, in-8°, Saint-Brieuc, 1883, donne à la page 459 de cet ouvrage une description fort intéressante de cette ancienne église que l'on a jetée par terre presque entièrement en 1873 pour la remplacer par une bâtisse qui est loin d'avoir les mérites de l'ancienne. Il est vraiment regrettable que Messieurs les Architectes, lorsqu'ils se trouvent devant un édifice aussi remarquable que l'ancienne église de Landébia, « le bijou archéologique de l'arrondissement de Dinan », ne veuillent pas s'astreindre à une intelligente restauration et que Messieurs les Recteurs n'insistent pas davantage pour les engager dans cette voie. L'on voit encore dans l'église de Landébia un très beau bénitier ancien ainsi que de vieilles statues de saint Eloi et de saint Pierre. Au-dessus de la porte d'entrée, on a placé, provenant de l'ancienne église, des statues de pierre du XVème siècle figurant la T. S. Vierge, saint Dewi et un autre saint que nous n'avons su identifier. L'église actuelle contient aussi deux fenêtres de l'abbaye de Saint-Aubin aujourd'hui détruite. Celle du transept sud est du XVème siècle. Enfin l'on remarque dans la paroisse deux croix qui semblent remonter aux environs du XVème siècle (abbé Auguste Lemasson).

Nota 2 : Clergé. — JULIEN-GILLES CLOLUS , recteur, né à Bonnemain (Ille-et-Vilaine), le 13 février 1745 du mariage d'André et de Jeanne Eudes, reçut la prêtrise le 30 mai 1770 et, au décès de Mathurin Lemaître, il fut présenté le 30 octobre 1772 pour la petite cure de Landébia, dont il ne prit possession que le 20 janvier 1773, à l'âge de 28 ans. Comme la très grande majorité du clergé dolois, M. Clolus refusa le serment et signa l'Exposition des principes par adhésion avec le clergé fidèle du diocèse de Saint-Brieuc. Tout en gardant son orthodoxie, ce prêtre aurait cependant pu vivre à peu près tranquille au milieu de sa forêt, si le zèle des révolutionnaires Plancoëtains ne les avait poussés à organiser de temps à autre des expéditions à main armée pour mettre sa foi à l'épreuve. Les administrateurs du district de Lamballe, furent obligés d'écrire le 31 juillet 1792 à la municipalité de Plancoët pour la blâmer « de ce que 25 à 30 hommes armés s'étaient rendus de Plancoët à Landébia, dans la nuit pour en enlever le cure et que l'ayant trouvé chez lui, ils avaient enfoncé sa porte. La municipalité de Pleven, ajoutent-ils, se plaint d'être menacée d'une semblable invasion ». Malgré ces traverses, le recteur de Landébia demeura à son poste jusqu'à l'application de la loi du 26 août de cette année, rendant à la population de Pluduno, affligée de deux prêtres constitutionnels, les plus grands services. Obéissant au décret de proscription, M. Clolus prit le 8 septembre 1792 devant la municipalité de Landébia un passeport pour s'exiler. Après avoir séjourné à Jersey, puis en Angleterre, ce prêtre ne revînt en France qu'à la fin de 1801. Son nom ne figure pas sur l'enquête de Boullé. Désigné primitivement comme desservant de Corseul en 1803, sa nomination n'eût pas de suite et il fut pourvu du rectorat de Pluduno le 16 janvier 1804. Il y mourut en fonctions le 2 août 1805, âgé de 50 ans seulement. Landébia ne fut pas compris parmi les communes érigées en succursales lors de la réorganisation paroissiale du nouveau diocèse de Saint-Brieuc et les habitants furent vivement affectés de se voir réunis à Pléven pour le culte ; aussi toutes leurs démarches pour être pourvus d'un recteur étant demeurées vaines, souscrivirent-ils 310 frs le 24 décembre 1810 pour obtenir au moins un chapelain à poste fixe. Le 27 février 1820, le maire de Landébia renouvelait ses instances pour faire ériger sa commune en succursale, mais inutilement. Cependant le 8 juillet 1829, on accorda à cette localité le titre de chapelle vicariale. Fut alors chargé de la desservir : Louis DANIEL, fils de Louis et de Marie Loquen, né au Verger en Nazareth de Corseul le 16 octobre 1764, lequel s'était engagé des premiers parmi les chouans en 1793 pour défendre ses libertés et dont voici les notes puisées dans Drochon, réédition de la Vendée Militaire de Cretineau-Joly, t. V, Paris, p. 211 : « Daniel, dit Manuel, lieutenant-colonel, domicilié à Bourseul ; capitaine d'une compagnie du Clos-Poulet en 1793 et 1794, chef du canton de Plancoët en 1795 et 1796 ; a servi en 1798 et 1800 comme chef du canton de Matignon. Fut arrêté en 1801 et détenu à Saint-Brieuc, au château du Ham et à Paris : 13 ans de détention ; très méritant et très pauvre ; demande la pension de son grade et la décoration du Lys ; paysan ayant de l'éducation ». Bien que le colonel de Pontbriand ajoute dans ses Mémoires, in-8°, Paris, 1897, p. 408 ; que Louis Daniel était « un homme distingué par sa vertu, sa probité et sa bravoure, qui lors de la prise d'armes de 1799, avait eu jusqu'à 400 hommes sous les armes », il est vraisemblable que ce brave chouan n'obtint ni décoration, ni tension, la Restauration ayant assez à faire à confirmer dans leurs titres et situations ses anciens adversaires politiques de la Révolution et de l'Empire. Rebuté par l'ingratitude de ceux pour lesquels il s'était ardemment dévoué, Daniel se tourna plus complètement vers Dieu pour lequel aussi il avait combattu et souffert. Du reste ses projets remontaient déjà loin : « Aux débuts de brumaire an XII (octobre 1803), écrit R. Durand au t. I, p. 163 de son ouvrage Le département des Côtes-du-Nord, sous le Consulat et l'Empire, 2 in-8°, Paris, 1925, on arrêta le fameux Louis Daniel, que l'on avait cru à tort tué en l'an IX près de Quintenic et qui s'était réfugié à Saint-Pern chez le desservant Dubois qui lui enseignait la théologie et le préparait en vue du sacerdoce. La brigade de gendarmerie de Trefumel l'y découvrit et le ramena à Saint-Brieuc sous mandat de dépôt. Il y resta jusqu'en novembre 1806, date à laquelle il fut par ordre de Réal transféré au fort de Ham où il resta jusqu'à 1808 ». Admis au Grand Séminaire de Saint-Brieuc en 1815, on abrégea en sa faveur le temps de séjour dans cette maison de formation sacerdotale et il reçut la prêtrise à Loudéac des mains de Mgr de Bausset-Roquefort le 29 juin 1817, le siège de Saint-Brieuc étant vacant. Affecté après son ordination comme vicaire à la paroisse de Planguenoual avec le vieux chouan Julien Le Parc pour recteur, puis ensuite à celle de Pléven, il fut chargé le 29 octobre 1827 de desservir l'église de Landébia avec résidence en cette localité. C'est là qu'il mourut âgé de 65 ans le 7 janvier 1829. La commune de Landébia ne fut régulièrement érigée en succursale que le 18 août 1848 (abbé Auguste Lemasson). 

la croix Dom Jan ou Dom Jean (1545) ;

le calvaire du cimetière (XVIème siècle) ;

la croix de Saint-Hubert (1583). Cette croix a été transférée du bourg en 1928 ;

la croix du bourg (1621). Cette croix mesure 4 mètres de haut ;

l'ancien château du Plessis-Tréhen, aujourd'hui disparu. Il possédait un droit de moyenne justice au moment de la Révolution. Il appartenait, en 1586, à Jacques de Lesguen, sieur du Plessis-Tréhen, à qui Henri III fit donner le collier de ses ordres par le sieur de la Hunaudaye, un de ses lieutenants généraux en Bretagne. Le château passa ensuite entre les mains de Bouin de la Ville-Bouquay. Jean Bouin figurait à la montre de Mathieu de la Ville-Blanche, en 1419. Robert de Tréhen, chevalier, fut fait prisonnier à la bataille qui précéda le siège de Dol par les troupes de Henri II ;

la fontaine Saint-Divy (XVIII-XIXème siècle) ;

la fontaine Saint-Eloi (XIXème siècle) ;

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ANCIENNE NOBLESSE de LANDEBIA

De 1400 à 1666, la seigneurie Saint-Eloi de Landébia appartient à la famille de La Touche à La Vache, établie à Créhen. Elle est vendue en 1666 à René, seigneur de Kergu à Mégrit.

Note : Honorat-Auguste d'Acigné continua le démembrement de la terre de la Touche à la Vache, déjà commencé en 1586, par son grand-père, lors de la cession de la seigneurie de Saint-Rieul. Le 20 décembre 1666, noble et puissant Honorat d'Acigné, chevalier, seigneur comte de Grandbois, en Landebaëron ; baron de la Rochejagu, en Ploëzal ; vicomte de Quemper, en Quemper-Guezennec, disant alors résider au château de la Touche à la Vache, passa contrat avec René Ier de Kergu (en Mégrit), chevalier, seigneur du Bois-Gerbault, en Ruca ; le Tertre des Nos et autres lieux, résidant au manoir du Tertre des Nos, en Planguenoual. Par cet acte, Honorat d'Acigné vendait à René de Kergu la terre de Saint-Eloy de Landebia, avec le droit de fondation et supériorité de l'Eglise, du cimetière et de l'hôpital de la paroisse de Landebia qui étaient attachés à la possession de ce fief, lequel cessa dès lors de porter le nom de la Touche à la Vache pour prendre celui de Saint-Eloy de Landebia (Archives des Côtes-d'Armor, E. 273). Le petit-fils de René Ier, René III de Kergu, époux de Jacquemine de la Motte, rendit aveu en 1693, à la princesse de Bourbon, duchesse de Penthièvre pour la terre de Landebia. Comme cette pièce, qui contient entre autre une très curieuse description de l'ancienne église de Landebia, ne fait que relater des droits dont avaient joui autrefois sur la terre de Landebia, les seigneurs de la Touche, nous allons résumer ici brièvement cet acte. René III déclare posséder sur la foire et assemblée de Saint-Eloy des droits dont nous avons déjà fait mention ailleurs. Il dit avoir aussi haute, basse et moyenne justice « et tout ferme droit et création de tous officiers pour justice exercer » ; « plaids généraux tenus sans assignation, le lendemain de la foire de M. Saint-Eloy, pour y faire les adjutages et bouteillages et autres exercices de juridiction ». Et de plus, continue le même aveu, le seigneur de Kergu comme successeur des seigneurs de la Touche, se déclare « fondateur et dotateur de l'église et chapelle de Landebia et posséder tant au choeur qu'en la nef, enfeu, tombeau, escabeau, ceinture et lizière (Note : Le droit de ceinture et lisière consistait à cette époque dans une bande noire que l'on faisait peindre sur tout le contours tant intérieur qu'extérieur d'une église, et sur laquelle de distance en distance, le seigneur faisait figurer ses armoiries) au dedans et au dehors, et tous autres droits honorifiques, prééminences et prérogatives, avec toute coercion sur ses hommes obligés au guet dans son château du Plessis Trehen, en cas d'hostilité ».

Lors de la réformation du 11 juillet 1427, est mentionné un seul noble de Landébia : Pierre Garende (ou Guerrande). Jehan Michelle se dit aussi noble. On y trouve plusieurs contribuants : Olivier Hardy, Guillaume Marrie, Johan Gerril, Perrot Joces, Geffroy Nourry, Pierre Raoul, Olivier Joces, Pierre Brient, Olivier Giquel, Colin Robin, Noël Quemar, Hamon Brient, Hamon Barbier, Geffroy Bouaisguinel, Guillaume Dagorne, Johan Dinant, Johan Le Taconnours, Guillemine Gaclet, Perrot Lofficial, Jehan Le Roux.

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Saint-Brieuc de 1480, on comptabilise la présence de 2 nobles de Landébia :

Guillaume GUERRANDE (40 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une vouge ;

Pierre GUERRANDE (7,5 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une vouge ;

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