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Bienvenue chez les Croisicais

LE CROISIC

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La commune du Croisic (pucenoire.gif (870 octets) Ar Groazig) est chef lieu de canton. Le Croisic dépend de l'arrondissement de Saint-Nazaire, du département de Loire-Atlantique. 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE du CROISIC

Le Croisic vient du breton "kroazig", petite croix ou petite grève, évoquant peut-être la croix qui marquait l'emplacement du baptême des premiers Croisicais par Saint-Félix, évêque de Nantes au Vème siècle.

Au cours de l'Histoire, Le Croisic eut à subir de nombreux assauts et sièges. Il est connu des Romains il y a plus de 2000 ans, évangélisé par les Saxons au Vème siècle, envahi par les Normands au IXème siècle, délivré par Alain Barbetorte au Xème siècle. Lors de la guerre de succession de Bretagne, Le Croisic est occupé par l'Amiral Louis d'Espagne (1342) qui combat pour le compte de Charles de Blois. Peu d'années après (en 1355), Nicolas Bouchart, qui tient le parti de Montfort, y fait construire un château que les habitants défendront énergiquement contre les troupes de Charles de Blois. Jean IV fait, en outre, fermer la presqu'île par un mur de pierres de taille qui est appelé la Barrière. 

Au XVème siècle, nous voyons une flotte de cinq navires armée au Croisic, par ordre de François II (1470), et, lorsque le duc est attaqué par les Français à Nantes, les Croisicais (habitants de Croisic) volent à son secours en portant la croix noire de leurs armoiries et l'hermine de la Bretagne. 

C'est aussi au large du Croisic que se déroule la célèbre " bataille des Cardinaux " (1759) qui voit la défaite française sous les ordres du Maréchal de Conflans. En effet « Pendant la guerre de sept ans, au mois de novembre 1759, le vieux maréchal de Conflans se laissa surprendre près de Belle-Ile par la flotte de l'amiral anglais Hawke. Les vingt bâtiments qui composaient l'escadre française furent détruits ou dispersés. Six d'entre eux durent se réfugier dans la Vilaine où ils restèrent étroitement bloqués jusqu'au mois d'août 1761. Deux autres navires, le Héros, avec 74 canons, et le Soleil-Royal, avec 80 canons, vaisseau amiral, vinrent " par une manoeuvre sans excuses comme sans précédents dans la marine française ", due à l'impéritie et à la nullité de Conflans, s'échouer près de la côte du Croisic, le premier le soir même du combat (20 novembre), le second le lendemain matin après avoir mouillé, à la faveur de la nuit, au milieu de la flotte anglaise. Le Soleil-Royal toucha presque à l'entrée du Croisic, sur les roches qui, depuis, ont conservé le nom de Basse-Soleil. Le 22, le temps s'étant radouci, l'amiral anglais envoya trois de ses vaisseaux pour achever la destruction des navires français. L'équipage du Héros, à l'approche de l'ennemi, mit le feu lui-même au bateau, et bientôt les Anglais firent subir le même sort au Soleil-Royal. L'amiral Hawke, ayant vainement poursuivi les vaisseaux réfugiés dans la Vilaine, revint au Croisic et émit la prétention de s'emparer des canons des bâtiments incendiés. Il était impossible aux navires anglais d'approcher sans dangers des rochers où l'échouement avait eu lieu. Des chaloupes furent chargées de l'opération ; mais les batteries de la côte s'y opposèrent avec succès. Hawke somma alors le Croisic de se rendre sous la menace d'un bombardement ; le marquis de Broc, qui commandait la place, refusa bravement de se rendre. La ville fut bombardée pendant trois jours, sans éprouver de graves dommages. Le désastre de Belle-Ile ou des Cardinaux ruina pour longtemps la marine française » (Caillo).

Si l'on en croit une bulle du pape Alexandre VI (datée du 4 octobre 1501), Le Croisic aurait compté 4 000 âmes en 1501. Le Croisic comprenait à cette époque onze quartiers : Haut et Bas Lenigo, Lingorzec, Notre-Dame, le Lain-Thibaut, Saint-Christophe, Jaglouet, Kerval, la Rue-Neuve, Saint-Yves et Jagoussaut. Aux XVIème et XVIIème siècles, la population est frappée par des épidémies de peste. En 1597, la ville du Croisic est pris par La Tremblaye qui guerroyait au compte de Henri IV, et soumis à une rançon de 30 000 écus. La Tremblaye fait, en outre, raser les fortifications de la ville. Le Croisic envoie des députés aux Etats de Bretagne en 1667. La pêche est la grande industrie du Croisic. La cité du Croisic, jusqu’alors rattachée au Bourg de Batz, est érigée en paroisse en 1763. Elle relève directement du roi.

Ville du Croisic Les écoles du Croisic au XVIIIème siècle.

Note 1 : liste non exhaustive des recteurs de la commune du Croisic :  Cavaro de Kergorre (de 1763 à 1790), Julien Crossay, Jean Baptiste Lallement (de 1802 à 1821), Paul Cottineau (de 1822 à 1837), Joseph Bigaré (de 1838 à 1878), Julien Dauffy (de 1879 à 1892), J. B. Clénet.

Note 2 : liste non exhaustive des principaux maires de la commune du Croisic sous l'Ancien Régime : d'Espinose, Dubochet, Duboys de La Retaudière, David de Drézigné. Après la Révolution, on trouve : Sébastien Gaudin, Millon de Villeroi, René Frogier de Kermadec, Jean Baptiste Gallerand (1806 à 1820), Joseph Tessier (de 1820 à 1832), Caillard, Thomazi, Amelot, le Barbier de Pradun, Edouard Benoît (de 1848 à 1868), Augustin Maillard (de 1872 à 1901), Emmanuel Provost, Joseph Butat, Masson, Clénet. 

Note 3 : en feuilletant les registres d'état civil de la commune du Croisic, on relève les noms de la vieille aristocratie du Croisic : de La Bourdonnaye, de Becdelièvre, Pourceau de Montdoré, d'Aiguillon, de Sécillon, de Couéssin. Parmi les principaux magistrats du Croisic, on trouve : d'Espinoze, Guillaume Dubochet, Coquard, Audet du Pradel, Lequéré du Sorinay, Duboys de Lartaudière, Maillard des Forges, Le Breton de Pontneuf, David de Drézigné, Cavaro de Kergore, Yvicquel, ..... Parmi les officiers de vaisseaux du Croisic, on trouve : du Bochet, Quatreville, Jégou, Guilloré, Frogier, Montfort, Fouré, Cramzel, Le Teissier, Dessalines, ....

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PATRIMOINE du CROISIC

 

l'église Notre-Dame-de-Pitié (XVI-XVII-XIXème siècle), située rue de la duchesse Anne. Cette église aurait, semble-t-il, remplacé une ancienne chapelle dédiée à Notre-Dame de Pitié. L'existence de cette chapelle est confirmé par une bulle de Sixte IV du 20 janvier 1432 et par une bulle d'Innocent VIII du 25 juin 1486, relatives toutes les deux à Notre-Dame de Pitié. La première pierre est posée par le miseur (ou trésorier) Jacques Penfaut le 4 décembre 1494. Elle aurait été édifiée par la "Corporation des Maîtres Maçons de Lamballe". Dans une bulle du 4 octobre 1501, le Souverain Pontife Alexandre VI permet aux habitants de "faire bénir et consacrer la nouvelle église, d'y célébrer la messe, d'y avoir des fonts baptismaux et d'y faire administrer les Sacrements". L'église est bénite et consacrée une première fois le 25 mars 1507 par le "Très Révérend Père en Dieu, Mathieu de Plédran", évêque de Dol, ancien chanoine de Nantes (à noter que le miseur ou trésorier, à cette époque, est Guinolay Enès), puis une seconde fois le 2 janvier 1525, époque où "on acheva de consacrer et bénir ladite église". Il se pourrait qu'une partie de l'église ait été édifiée par les soins et aux frais du seigneur de la Haie de Silz, et du Coscat (paroisse d'Arzal), de Lauvergnac, de Trescalan, de Clis, etc ... dont les armes ("de gueules à trois coquilles d'argent") figurent dans le choeur de la chapelle au-dessus d'un enfeu attribué, pour cette raison, à la famille de la Haye. L'église est restaurée au XIXème siècle. Elle est composée initialement de trois nefs principales auxquelles on a rajouté la nef du Rosaire (au sud). Notre-Dame de Pitié possède cinq travées dans la longueur des trois nefs primitives et quatre arcades pour la nef du Saint-Rosaire. Le clocher actuel de l'église, succède à une tour de bois édifiée à la hâte et provisoirement du 25 avril 1526 au 26 août de la même année. En 1680, les habitants du Croisic prennent le parti de "rebâtir de neuf" le dôme de leur clocher : "Attendu que la charpente du clocher de N. D. de Pitié est tellement pourrie et gastée, qu'elle menace de tomber ; qu'il serait besoin et nécessaire de rebastir de neuf le clocher de ladite église, estant vieil et caducq, ne pouvant presque plus servir, est d'avis qu'il soit mis bas, et qu'au lieu et place d'iceluy il soit fait construire un dosme de pierre de taille, pareil à celui qui est sur la tour de Batz, et, pour ce sujet, le sieur Caris, architecte de Nantes, sera mandé venir sur les lieux pour, après avoir visité la tour qui porte ledit clocher, faire un dessin pour la construction dudit dôme" (délibération du général de paroisse du 11 février 1680). On travaille de 1683 à 1687, mais le clocher, tel qu'il est de nos jours, ne date guère que de 1700 et il atteint 56 mètres de hauteur : tout comme celle de Batz-sur-Mer, elle constitue un amer, point de repère précieux pour les navires. Le 4 octobre 1709, a lieu la bénédiction des trois cloches (Esther-Renée, Jeanne-Olive et Jeanne-Renée). Esther-Renée (1 843 livres) a pour parrain Paul Maillard des Forges et pour marraine, Esther Duppé, épouse de Dubochet, sieur de La Porte. Jeanne-Olive (1 360 livres) a pour parrain Olivier Guilloré, sieur de Kerdréan, et pour marraine, Jeanne Jégo. Jeanne-Renée (126 livres) a pour parrain Jean Dubochet et pour marraine, demoiselle Renée Yviquel. Vers 1764 deux de ces cloches sont reconnues défectueuses et sont fondues en une seule qui est baptisée le 6 août 1765. Ce jour-là même, pris place à côté de sa grande soeur, une autre cloche de dimensions plus modeste , coulée avec le bronze d'un canon sauvé du "Soleil Royal" (bâtiment ayant fait partie de l'escadre de M. de Conflans et qui était venu s'échouer le 30 novembre 1759 en vue de Saint-Goustan, avec le "Héros"). Lors de la Révolution, le 11 avril 1793, l'ordre est donné de faire descendre toutes les cloches destinées à être échangées contre des canons. Dans l'église, on remarque plusieurs dalles funéraires : une dalle se trouve au haut de l'allée du milieu de la nef ("Cy gist Dame Julienne Yvicquel, Dame de K/liviny, décédée le ...."), une dalle se trouve en face du grand autel ("Cy gist et repose le corps de Jan Dubochet, décédé le 11 juin MDCCXLII"), une dalle située près de la précédente ("Cy gist le corps de noble homme Thobye Dubochet de la Porte, décédé le 26 juillet MDCCXIX"), et une dalle située près du pilier du choeur ("Cy gist Damoiselle Renée André, veuve de M. Dessalines"). L'abbé Clénet a retrouvé une plaque de bronze qu'il a fait apposer près de la porte de la nef du Rosaire (elle rappelle les noms de Pierre Le Gruyer et de Marie Fouquer, son épouse). Le portail principal date du XVI-XVIIème siècle. La porte du côté gauche date de 1528 : "elle est formé de deux ventaux et possède deux baies séparées par un trumeau ; chaque baie est surbaissée en anse de panier ; le tympan qui se trouve au-dessus de ces baies est ogival ; il est orné d'une rose à meneaux, de trilobes, de flèches en pointes ; le bandeau de l'ogive est formé de nombreuses voussures et son sommet se relève à contre-courbure de façon très élégante". L'église conserve des peintures du XVIème siècle évoquant des scènes de la Bible et des Evangiles. La peinture intitulée "La Sainte Trinité" date du XVIème siècle. La peinture intitulée "L'éducation de la Vierge" date du XVIIème siècle. La peinture intitulée "La déploration du Christ" date du XVIIème siècle. La peinture intitulée "Le Passage de la Mer Rouge", œuvre de Louis Desjardins, date du XVIIème siècle. La peinture intitulée "La Guérison des dix lépreux", œuvre d'Elie Delaunay, date de 1850. Les crédences datent du XVIIIème siècle. La chaire à prêcher, œuvre des menuisiers Mathurin Tavarson et Jean Bily et offert par le marquis du Broc (capitaine du Croisic), date de 1764. L'aile dédiée à Notre-Dame du Saint-Rosaire (autrefois à la Sainte-Trinité). A signaler que l'autel de la Sainte-Trinité (autrefois dédié à la Sainte Trinité) avait été consacré le 20 août 1546 par le R.P. Leroux, suffragant à Nantes) est rendue extrêmement intéressante par les peintures dont nous parlerons plus loin, ainsi que par un magnifique retable. Le retable du Rosaire, en bois doré, date de 1788 : ce retable provient du couvent des capucins et il est replacé dans l'église au cours du XIXème siècle par l'abbé Bigaré ("Le 23 avril 1714, M. Devin, maître-doreur de Nantes, place le tabernacle dans la chapelle des Capucins et les deux tableaux de Saint-Jean-Baptiste et de la Madeleine qui couvrent les deux reliquaires. Ce tabernacle ayant servi depuis 1669. On le redora du 16 mars au 21 avril. Il y est entré deux milliers et demi du plus bel or de Paris. Le millier d'or a coûté 44 livres chez un nommé Le Prestre, batteur d'or, au Marché-Neuf. Les demoiselles Jeanne et Marie Bourdic de Boisbili ont fait toute la dépense du tabernacle et des deux tableaux...Le tout a coûté à ces deux demoiselles 355 livres"). L'Eglise du Croisic réduite à quatre autels (Sainte-Anne, Saint-Jean, le Rosaire et le maître-autel), en avait deux autres vers 1758, ceux de "l'Annonciation" et de "Saint-Julien", placés dans le choeur, le long des deux derniers piliers (d'après les registres du Général de paroisse du 6 novembre 1758). Ces deux derniers autels ont été supprimés par ordre de l'Evêque (ordonnance de l'Evêque de Nantes du 7 octobre 1758). La statue de Notre-Dame des Vents, en bois, date du XVIème siècle. L'ecce homo, en bois, date du XVIIème siècle. La statue de Saint-Jacques de Compostelle, en bois, date du XVIIème siècle. La statue de la Vierge à l'Enfant date de la fin du XVIIIème siècle. La bannière de procession Notre-Dame de Pitié date du XIXème siècle. Le bateau ex-voto "Le Saint-Pierre", en bois polychrome et œuvre du sculpteur Cadin, date des années 1850. Les murs de l'édifice sont percés de magnifiques fenêtres flamboyantes, disposées de la manière suivante : - dans le choeur, une très belle verrière au centre, quatre fenêtres plus petites sur les côtés, - dans la nef de gauche, trois fenêtres ogivales, - à droite, quatre fenêtres également ogivales, toutes indistinctement surmontées d'un fronton triangulaire. Le vitrail Saint-Goustan, œuvre des maîtres-verriers Clamens, Bordereau et Megnen, date de 1886. Le vitrail Saint-Christophe, œuvre du maître-verrier Charles Lorin, date de 1901. Le vitrail qui représente Saint-Yves est l'oeuvre de Charles Lorin (peintre-verrier à Chartres) : saint Yves est représenté en costume d'official rendant la justice et près de lui un religieux distribue des aumônes (d'un côté les armes de Bretagne, de l'autre les armes de la famille de Saint-Yves "d'or à la Croix engreslée de sable, cantonnée de quatre allérions de même"). Une chapelle privée, dédicacée à saint Pierre, avait été édifiée en 1675 sur le côté Sud de l'église par Pierre Le Gruyer et son épouse Marie Fouquer : cette chapelle a été démolie suite à la construction du presbytère en 1860. Dans l'église, on remarque deux dalles funéraires portant les noms et titres des Dubochet. La nef du Rosaire comporte sur la première voûte une représentation du mystère de la Sainte Trinité (un seul Dieu en trois personnes) et sur la deuxième voûte, la création de l'homme (Adam) et de la femme (Eve) avec un premier tableau (création d'Adam et d'Eve), un deuxième tableau (arbre de la science du bien et du mal), un troisième tableau (Adam et Eve chassés du Paradis terrestre) et un quatrième tableau (Caïn tuant son frère Abel). Au-dessus des Fonts baptismaux on peut voir une représentation des quatre évangélistes : saint Mathieu et l'Ange, saint Marc et le Lion, saint Luc et le boeuf, saint Jean et l'aigle. Au niveau de la nef Saint-Jean, on peut distinguer une vague silhouette de saint François d'Assise recevant les stigmates. La Grande nef nous montre un navire (l'Arche de Noë, semble-t-il) : à droite est représenté le mystère de l'Annonciation, à gauche est représentée l'Adoration des Mages, et on peut lire la date 1550. Notre-Dame de Pitié fut tour à tour temple républicain, mairie, salle de banquet, magasin du génie, magasin d'artillerie, écurie. L'église a subi plusieurs profanations (statues mutilées, vitraux brisés, ....) dont celle des soldats composant en 1793 le détachement du génie. A noter aussi que dès 1525, il existait un cimetière (bénit le 3 janvier 1525 par Messire Geoffroy Le Borgne, auxiliaire de l'Evêque de Vannes) autour de l'église Notre-Dame de Pitié. La fille d'Olivier Le Gruyer et de Françoise Le Bihan est ensevelie dans l'église le 21 janvier 1527. Sur le terrain de l'ancien cimetière acheté au prix de 1642 centimes le 28 janvier 1857 par l'abbé Bigaré, curé de la paroisse du Croisic, ce dernier fait édifier le presbytère en 1861 par M. Michée, entrepreneur à Guérande, d'après les plans de M. Henri Gilée, architecte à Nantes et sur l'emplacement même de l'ancien ossuaire. Le nouveau cimetière a été édifié sur un pré offert par la famille Millon des Buttes à la commune du Croisic, le 2 octobre 1832 ;  

Nota 1 : L’église du Croisic date de la fin du quinzième et du commencement du seizième siècle ; elle est de style ogival flamboyant et remplaça une petite chapelle bâtie après les invasions normandes au IXème siècle [Note : En faveur de l'existence de cette chapelle : Bulle de Sixte IV du 20 janvier 1432 ; Bulle d'Innocent VIII du 25 juin 1486, relatives toutes les deux à Notre-Dame de Pitié]. C'est Jacques Penfaut, « miseur » [Note : Le « miseur Notre-Dame » était le trésorier chargé de l'administration des deniers destinés à la construction de l'église ; était élu par l'assemblée des bourgeois du Croisic le 15 novembre de chaque année], qui posa la première pierre de l'église actuelle le 4 décembre 1494. .....  Notre-Dame de Pitié a cinq travées dans la longueur des trois nefs primitives et quatre arcades pour la nef du Saint-Rosaire. Ses murs sont percés de superbes fenêtres flamboyantes, affectant les formes les plus diverses et où se révèlent, dans une luxuriante richesse de conception, les trèfles et les coeurs ; elles sont disposées de la façon suivante : dans le choeur, une très belle verrière au centre, quatre fenêtres plus petites sur les côtés ; dans la nef de gauche, trois fenêtres ogivales ; à droite, quatre fenêtres également ogivales, toutes indistinctement surmontées d'un fronton triangulaire. Ses portes, enfin, au nombre de deux, ne se ressemblent pas ; on admire tout spécialement celle du côté Nord, qui date de 1528 : elle est formée de deux ventaux et possède deux baies séparées par un trumeau ; chaque baie est surbaissée en anse de panier ; le tympan qui se trouve au-dessus de ces baies est ogival ; il est orné d'une rose à meneaux, de trilobes, de flèches en pointes ; le bandeau de l'ogive est formé de nombreuses voussures et son sommet se relève à contre-courbure de façon très élégante. Ce qui, avant tout, caractérise l'église du Croisic et lui donne une physionomie à part, c'est le manque de symétrie architecturale tantôt voulu, tantôt fortuit, que l'on rencontre à l'intérieur. Si l'on examine la voûte de la nef principale, on se rend compte qu'elle s'incurve légèrement vers la gauche au-dessus du maître-autel et que la fraction de mur qui se trouve comprise entre la verrière et le pilier de gauche est plus large que la fraction correspondante de droite : langage symbolique de la pierre, qui nous rappelle le dernier soupir du Christ sur la croix et peut-être aussi la largeur de la voie nouvelle [Note : Le Nouveau-Testament est figuré par le côté gauche (Evangile) de l'autel. A ce propos, nous nous permettrons de remarquer qu'il ne faut pas, comme le font plusieurs, exagérer la part du symbolisme dans certaines églises. Il en est ainsi dans celle qui nous intéresse et l'on a voulu prêter aux architectes des intentions bien certainement différentes des leurs. S'il est facile de défendre l'idée que nous avons émise touchant la voûte de la nef principale, il est plus malaisé de prétendre attribuer une signification aux autres anomalies de construction. Dans la nef collatérale de droite, on s'aperçoit que la voûte est plus ouvragée que dans celle de gauche, qu'elle est ornée de pendentifs, mais que cette ornementation n'a rien de symbolique puisqu'elle existe du côté de l'Epître et non du côté de l'Evangile comme l'exigerait le symbolisme des deux Testaments. Dans le même bas-côté, on peut également noter que l'arcade de la deuxième travée est très irrégulière et que la partie la plus large se trouve du côté de l'imposte de gauche, ce qui pourrait faire croire au symbolisme ; cette impression est détruite par la remarque correspondante qu'on peut faire dans le collatéral de gauche, où la même arcade se présente tout aussi irrégulièrement, mais en sens inverse. On peut signaler enfin l'asymétrie très apparente qui préside à la construction de la fenêtre ogivale de l'Ouest terminant le collatéral de gauche et qui, sans aucun doute, n'a rien de symbolique] opposée à la voie si étroite de l'Ancien Testament !. On voit en outre que sur le collatéral de droite vient se greffer une nef moins longue que lui et qui s'arrête au bas du choeur [Note : Cette nef ne mesure que 24 m. 50 au lieu de 33 m. 75 ; la différence est occupée par une partie de la sacristie dont l'autre partie a remplacé une ancienne chapelle, adjacente à l'église, et construite par Pierre Le Gruyer et Marie Fouquer, sa femme, en 1675]. Toute idée de symbolisme devant être écartée de par la place qu'occupe la nef supplémentaire du côté de l'Epitre, il reste à se demander d'où provient cet agrandissement. Les archives consultées ne nous apportent pas de lumière. Incontestablement la troisième nef collatérale a été construite à peu près à l'époque de l'église elle-même, dont elle fait partie intégrante, mais dans un but qui nous échappe aujourd'hui ; il se pourrait que cette partie du sanctuaire ait été édifiée par les soins et aux frais du seigneur de la Haie de Silz et du Coscat (paroisse d'Arzal), Lauvergnac, de Trescalan, de Clis, etc... [Note : Consulter sur cette famille le Nobiliaire de de Courcy,. 2ème édition, t. I, p. 423], dont les armes " De gueules à trois coquilles d'argent " figurent dans le choeur de la chapelle au-dessus d'un enfeu attribué, pour cette raison, à la famille de la Haye ; il se pourrait aussi qu'il s'agit simplement, d'élargir l'église en construction, l'enfeu, et les armes des de la Haye ayant été établis à une date postérieure [Note : L'église fut bénite et consacrée une première fois le 25 Mars 1507, puis une seconde fois le 2 Janvier 1525, époque où « on acheva de consacrer et bénir ladite église » ; le mot achever ne serait-il pas relatif à la nef du Rosaire ?]. Quoi qu'il en soit, l'aile dédiée à Notre-Dame du Saint-Rosaire [Note : autrefois à la Sainte-Trinité. — L'autel de la Sainte-Trinité fut consacré le 20 août 1546 par le R. P. Leroux, suffragant à Nantes] est rendue extrêmement intéressante par les peintures dont nous parlerons plus loin, ainsi que par un beau rétable ayant appartenu, selon nous, à l'ancienne chapelle des Capucins. Voici pourquoi : (Ce qui suit est extrait du Journal des Capucins, qui se trouvait en la possession de M. l'abbé Clénet) « Le 23 avril 1714, M. Devin, maître-doreur de Nantes, place le tabernacle (dans la chapelle des Capucins) et les deux tableaux de Saint Jean-Baptiste et de la Madeleine qui couvrent les deux reliquaires. Ce tabernacle ayant servi depuis 1669. On le redora du 16 mars au 21 avril. Il y est entré deux milliers et demi du plus bel or de Paris. Le millier d'or a coûté 44 livres chez un nommé Le Prestre, batteur d'or, au Marché-Neuf. Les demoiselles Jeanne et Marie Bourdic de Boisbili ont fait toute la dépense du tabernacle et des deux tableaux... Le tout coûte à ces deux demoiselles 355 livres ». Or, il est remarquable que le tabernacle doré de l'autel actuel du Rosaire porte tous les signes, caractéristiques d'un autel franciscain : 1. Les deux mains enlacées (qui représentent la main de Notre-Seigneur et celle de saint François d'Assise). 2. La couronne entourant la croix. Ce rétable fait l'admiration des antiquaires à plus d'un titre ; on y rencontre d'exquises colonnes de l'ordre ionien encadrant l'exposition et soutenant un dais fort élégant décoré par une charmante torsade à glands d'or, il porte les signes distinctifs de l'autel franciscain et a dû remplacer le tabernacle actuel du maître-autel. L'église du Croisic réduite à quatre autels (Sainte-Anne, Saint-Jean, le Rosaire et le maître autel), en avait deux autres vers 1758, ceux de « l'Annonciation » et de « Saint-Julien », placés dans le choeur, le long des deux derniers piliers, d'après les registres du général de la paroisse [Note : Délibération du dimanche 6 novembre 1758 et ordonnance de l'évêque de Nantes du 7 octobre de la même année], et supprimés par ordre de l'évêque : « à cause des irrévérences auxquelles ils sont exposés » [Note : Lors des cérémonies, les fidèles encombraient le choeur et s'accoudaient sur les autels]. Comme la plupart des églises datant de la même époque, Notre-Dame de Pitié était une véritable nécropole où dormaient les vieilles générations de l'île de Batz ; sans vouloir empiéter sur l'histoire des cimetières croisicais, nous croyons devoir citer à nos lecteurs deux documents qui nous semblent instructifs. Dans une délibération de 1721 on voit, en effet, comment se pratiquaient les enterrements dans l'église et quels étaient les droits « d'ouverture de la terre » et de « carrelage » : Délibération du 9 mars 1721 ....  L'assemblée, délibérant sur le premier chef, est d'avis que l'on continuera de faire les enterrements dans cette église et a réglé leurs droits pour l'ouverture de la terre pour les enterrements, savoir : qu'il sera payé depuis le principal autel jusqu'aux premiers piliers inclus la somme de 10 livres ; depuis le premier pilier jusqu'au second inclu, la somme de 8 livres ; depuis le second pilier jusqu'au troisième inclu, la somme de 6 livres ; depuis le troisième jusqu'au fond de ladite église, 4 livres. Et, pour obvier à toute difficulté, l'assemblée est d'avis qu'il sera payé, depuis le principal autel jusqu'au troisième cordon du carrelage, et à prendre à l'alignement dans les ailes, ladite somme de 10 livres, etc...... Et qu'en outre ladite somme, il sera payé, pour le carrelage de chaque tombe, la somme de 30 sols, lesquelles sommes seront payées aux mains du sieur marguillier avant l'ouverture de la terre, et que les tombes seront creusées jusqu'à 4 pieds de profondeur autant qu'il sera possible ...... Pieuse coutume, qui cessa le jour où le pouvoir, au nom de la salubrité publique s'opposa, non sans raison, aux enterrements en masse dans les églises, mais qui restera l'une des preuves les plus indiscutables du vif esprit de foi qui animait nos ancêtres. L'inhumation dans le sanctuaire était donc devenue la règle générale. Pour obvier à cet abus, il fallut un arrêt de la Cour de Rennes du 12 juin 1758, arrêt dont nous retrouvons l'écho dans une délibération du dimanche 9 juillet 1758. « De la part de noble homme Jean-Baptiste Lemée, s. de Questravouille, est remontré que, par l'arrêt de la Cour du 12 juin dernier, il est ordonné que nulle personne ne pourra être enterrée dans les églises si ce n'est les seigneurs, supérieurs et fondateurs, et ceux qui auraient des enfeus ; ordonné en outre qu'il sera payé pour les enterrements dans les cimetières les mêmes droits qu'on payait pour ceux qui se faisaient dans les églises. A cet effet, MM. du Général sont priés d'indiquer des places dans le cimetière sur lesquelles on prendra les droits qu'ils voudront imposer ..... ». Au Croisic, la mesure était, paraît-il, tout particulièrement urgente, car dès le 30 juillet 1719, c'est-à-dire 39 ans avant l'arrêt de la Cour, on avait décidé de suspendre les inhumations à Notre-Dame de Pitié durant six mois de l'année : « la quantité des morts que l'on enterrait chaque jour dans cette église faisant repentir (sic) et causant de mauvaises odeurs qui pouvaient infecter l'air et causer beaucoup de maladies. D'où la nécessité, pour éviter ces funestes accidents, de n'y point enterrer pendant l'été ». L'église du Croisic, dont la première pierre fut posée, nous l'avons vu le 4 décembre 1494, ne fut terminée, architectoniquement parlant, que fort tard : le clocher actuel de l'église, succéda à une tour de bois édifiée à la hâte et provisoirement du 25 avril 1526 au 26 août de la même année. En 1657 la foudre étant tombée sur le clocher de l'église de Batz [Note : L'église de Batz est coutumière du fait. En 1911, son clocher fut à nouveau foudroyé au cours d'un violent orage ; l'horloge fut brisée et des phénomènes extrêmement curieux accompagnèrent cet accident], on décida de le reconstruire en pierre et vers la fin de 1677 la tour fut complètement achevée. C'est sans doute cette détermination que voulurent imiter les Croisicais, lorsqu'ils prirent le parti, en 1680, de « rebâtir de neuf » le dôme de leur clocher [Note : Délibération du général du 11 février 1680 : Attendu que la charpente du clocher de l'église N.-D. de Pitié est tellement pourrie et gastée, qu'elle menace de tomber ; qu'il serait besoin et nécessaire de rebastir de neuf le clocher de ladite église, estant vieil et caducq, ne pouvant presque plus servir, est d'avis qu'il soit mis bas, et qu'au lieu et place d'iceluy il soit fait construire un dosme de pierres de taille, pareil à celui qui est sur la tour de Batz, et, pour ce sujet, le sieur Caris, architecte de Nantes, sera mandé venir sur les lieux pour, après avoir visité la tour qui parte ledit clocher, faire un dessin pour la construction dudit dôme]. On travailla de 1683 à 1667, mais le clocher, tel qu'il est de nos jours, ne date guère que de 1700. Il fut doté de trois cloches le 4 octobre 1709 ; puis vers 1764 deux de ces cloches ayant été reconnues défectueuses, on les fondit en une seule qui fut baptisée le 6 août 1765. Ce jour-là même, prit place à côté de sa grande soeur, une autre cloche de dimensions plus modestes, coulée avec le bronze d'un canon du « Soleil Royal ». Ce bâtiment, faisant partie de l'escadre de M. de Conflans, était venu s'échouer le 30 novembre 1759 en vue de Saint-Goustan avec « le Héros » ; les Anglais, ayant tenté de le désarmer, furent canonnés par l'artillerie improvisée du Marquis de Broc ; ils ripostèrent en bombardant la ville mais ne réussirent à enlever que deux pièces du gaillard d'arrière. Voici, datée de Marly, la lettre inédite du duc de Praslin que j'extrais des archives croisicaises et permettant aux habitants de fondre un des canons de ce navire : « Les habitants du Croisic m'ont fait demander, Monsieur, un des canons de fonte qui ont été sauvés du vaisseau le Soleil Royal, pour l'employer à la refonte d'une des cloches de leur église paroissiale. Sur ce que l'on m'a assuré que les habitants de cette petite ville ont beaucoup souffert par la présence des vaisseaux anglais dans la baie de Quiberon pendant la dernière guerre et qu'ils n'ont aucune ressource pour réparer une pareille perte, je prends le parti de vous marquer le motif de leur demande et je vous permets de leur délivrer ce canon ». Lors de la Révolution, le 11 avril 1793, la municipalité fut avisée, par le commissaire civil du département, qu'il avait reçu l'ordre de faire descendre toutes les cloches destinées à être échangées contre des canons ; après mille péripéties elles furent envoyées à la Monnaie. On alla plus loin ; le District fit réclamer les cordes elles-mêmes et, sur son insistance, le Conseil Municipal, en deux lettres des 29 Mars et 31 Septembre 1797, fournit les explications suivantes : « Nous ne pouvons répondre aux vues du Comité du Salut public relatives aux cordes des sonneries de nos cloches parce qu'elles ont été consommées à la réparation de la tour, à effacer les signes de royauté et de féodalité, à mettre le drapeau tricolore et le bonnet de la liberté sur la flèche ». Et encore : « Après avoir fait des recherches dans la tour du temple, on a trouvé les vieux restes des cordes qui servaient aux cloches, et nous vous les faisons passer quoiqu'elles ne puissent servir absolument qu'à faire de l'étoupe ».

Nota 2 : Il est remarquable qu'après trois siècles et demi, au cours desquels Notre-Dame de Pitié fut tour à tour temple républicain, mairie, club, salle de banquet, magasin du génie, magasin d'artillerie, voire même écurie, puisqu'on la dédalla à cet effet ; après avoir subi deux profanations de la part des soldats composant en 1793 le détachement du génie, vu ses statues mutilées, ses vitraux brisés, ses ornements dispersés, ses tableaux déchirés et anéantis ; après avoir été consciencieusement grattée afin que disparussent jusqu'aux derniers vestiges « de royauté et de féodalité » (Voir lettre du Conseil municipal au District, 9 germinal an IV), il est remarquable, disons-nous, qu'on retrouve encore dans cette église des peintures reconnaissables, mais qui tendent à disparaître sous l'effet combiné de l'humidité et du temps. C'est une raison de plus, à notre avis, pour insister sur ces intéressantes reliques. Nous partagerons leur description en trois parties : étude de la nef du Rosaire, étude de la nef de Saint-Jean, étude de la grande nef [Note : La quatrième nef, celle de Sainte-Anne, n'a pas de voûtes décorées ; avant la Révolution y figuraient, sur un médaillon, les armes de la ville ; l'une des clefs de voûte représente la Sainte-Face de N.-S.]. — NEF DU ROSAIRE : L'autel du Rosaire était primitivement dédié à la Sainte Trinité, c'est ce qui explique la représentation qu'on y trouve du mystère de la Sainte Trinité : un seul Dieu en trois personnes. Dieu le Père, dans une gloire à triple rayonnement, est figuré sous les traits d'un vieillard à longue barbe blanche portant la tiare ; de la main droite il bénit le monde et dans sa main gauche il tient une petite croix en guise de sceptre ; des anges adorateurs l'entourent au milieu de nuages. Le Fils de Dieu est, lui aussi, entouré d'anges, ceint de la couronne d'épines et montrant les stigmates des mains. Le Saint-Esprit est représenté par un jeune homme, vêtu d'une robe de cardinal et ayant, sur le coeur, une colombe aux ailes déployées [Note : — Il se pourrait que ce personnage soit le cardinal Robert Guibé, évêque de Rennes, transféré à Nantes, le 24 janvier 1507, par le pape Jules II. Fils d'Adenet Guibé et d'Olive Landais, soeur du trésorier de ce nom, il fut élevé aux premières dignités de l'Eglise avant d'avoir atteint l'âge requis par les saints canons. Après avoir été attaché au service de la reine Anne, il mourut à Rome, le 9 septembre 1513 et fut inhumé dans l'église de Saint-Yves]. Immédiatement après la Sainte Trinité, c'est-à-dire Dieu existant dans l'éternité des siècles, avant toutes choses, l'on voit, sur la deuxième voûte, la création du premier homme et de la première femme. Dans la première scène, Dieu crée Adam ; Eve sort, du côté d'Adam, endormi sur l'ordre Divin. Au-dessous se lit la légende suivante : « Dieu fit le ciel dès le commencement, Puis terre et mer et tout humain ouvrage ; Adam et Eve il fit semblablement, Pleins de raison, formés à son image ». Le second tableau nous met en présence de l'arbre de la science du bien et du mal ; le démon, sous les traits d'une jeune femme, donne à Eve le fruit défendu. On peut déchiffrer à grand-peine, au milieu d'une phrase effacée: « Dieu leur défendit de manger du fruit sous peine de mort ». Dans le troisième tableau, Adam et Eve sont chassés du Paradis terrestre par un chérubin armé d'une épée flamboyante et la légende porte : « Ils se sont révoltés contre Dieu qui les chassa du Paradis terrestre par (sic) un chérubin armé d'une épée flamboyante ». Enfin, le quatrième tableau nous montre Caïn tuant son frère Abel devant l'autel fumant où ils venaient de sacrifier à Dieu. Au-dessous, cette simple inscription : « Caïn tua son frère Abel le Juste ». Enfin, après Dieu Eternel et Dieu Créateur, vient Dieu Rédempteur ; mais ici la voûte est extrêmement endommagée et l'on ne perçoit qu'avec une réelle difficulté, les instruments de la Passion. Au-dessus des fonts baptismaux et comme pour faire suite à l'Ancien Testament, rayonnent, dans la dernière voûte, les quatre évangélistes avec leurs symboles ordinaires ; saint Mathieu et l'Ange, saint Marc et le Lion, saint Luc et le Boeuf, saint Jean et l'Aigle. — NEF SAINT-JEAN : Il convient de noter ici deux voûtes très remarquables, l'une par ses gracieuses clefs pendantes, l'autre par des peintures dont on ne distingue plus que la vague silhouette d'un saint François d'Assise recevant les stigmates [Note : Comme on peut s'en rendre compt, il ne reste plus des peintures qui représentaient Saint François d'Assise que quelques vestiges insignifiants, par contre les liernes et les tiercerons de la voûte ne sont pas sans intérêt]. — GRANDE NEF : La voûte qui domine le grand autel nous montre un immense navire sans mâture ni voiles ; peut-être est-ce l'arche de Noë, peut-être aussi cette nef symbolise-t-elle l'Eglise. A droite, le mystère de l'Annonciation ; près de la Vierge, un vase d'où sort un lys. A gauche, l'Adoration des Mages. Dans un petit carré, on lit : Fait en 1550.

Nota 3 : — LES VITRAUX : Verrière du Choeur. — La Sainte Vierge rencontre Saint Jean sur la route du Calvaire. — Le vitrail est la reproduction d'un groupe en bois qui se trouve dans l'église paroissiale de Saint-Mihiel, débris d'un calvaire détruit à la révolution et attribué au lorrain Ligien Richier, élève de Michel Ange. Nous le devons à la générosité de M. l'abbé Lepré, secrétaire de Mgr. Jacquemet, évêque de Nantes. Il a été exécuté par M. Echappé, peintre-verrier à Nantes, en 1859, sous le pastorat de M. l'abbé Bigaré. Vitrail Saint René. — Saint René guérit les malades, les infirmes et console les affligés. — Don de M. René Bellinger. — Exécuté par M. Denis, peintre-verrier à Nantes, en 1875. Vitrail de la Sainte Vierge. — Le Vitrail représentant l'Immaculée-Conception, est l'oeuvre de MM. Clamens et Bordereau, peintres-verriers à Angers. Il porte la date de 1881. Vitraux de Saint Pierre. — Saint Pierre, patron des pêcheurs, est le second patron de la paroisse. Trois verrières en son honneur, toutes dues à M. Denis : 1°) au-dessus de la porte donnant dans l'ancienne chapelle Saint-Pierre : elle représente la pêche miraculeuse ; 2°) dans la nef Saint-Jean : Saint Pierre marchant sur les eaux ; 3°) dans la nef Sainte-Anne : la tempête apaisée. Vitrail Saint Yves. — Au XVème siècle le Croisic éleva la chapelle Saint-Yves détruite à la révolution. C'est elle qui est représentée dans le tympan du vitrail avec les armes des Kermartin et celles de Bretagne. Le vitrail représente Saint Yves en costume d'Official rendant la justice. Il a été conçu par M. Lorin, peintre-verrier à Chartres, en 1901. Sous le pastorat de M. l'abbé Clénet dont Saint Yves emprunte les traits. Vitrail de la Rosace à la porte baptistère. — Les quatre Evangélistes avec leurs attributs. M. Denis, Nantes, 1875. Vitrail de Saint Félix, Evêque de Nantes (549). — Les Croisicais, d'après la tradition, auraient été baptisés sous son épiscopat à l'endroit où s'éleva la chapelle du Crucifix. C'est pourquoi cette chapelle figure dans le haut du Vitrail avec les armes du Croisic et celles de Nantes. — Vitrail dû au talent de M. Lorin, 24 juin 1900. Vitrail Saint Christophe. — Saint Christophe porte l'Enfant Jésus. A gauche attendent des voyageurs. A droite le bon ermite qui a indiqué sa vocation au géant. Dans le tympan, au sommet, la chapelle de Saint Goustan où Saint Christophe était invoqué par les marins et les pêcheurs. — Le vitrail a été donné à l'église par les familles de Partz et de Saint-Martin dont les armes y figurent. — Il est l'oeuvre de M. Lorin, 1901. Vitrail de Saint Antoine de Padoue. — Le Saint est représenté avec l'Enfant Jésus. — Son auteur est M. Lorin, 1901. Vitrail de Saint Goustan. — La statue de Saint Goustan se trouve à l'autel de Saint Jean-Baptiste. Le vitrail représente Saint Goustan sauvé miraculeusement d'un naufrage sur la côte croisicaise. — MM. Megnen, Clamens et Bordereau, Angers, 1886. Vitrail de Sainte Anne. — Mystère de la présentation de la Sainte Vierge, âgée de trois ans, par Sainte Anne et Saint Joachim, au grand prêtre. « Ducam ut appareat in conspectu Domini »« Je la conduirai afin qu'elle apparaisse en présence du Seigneur ». Don de la famille Lequitte. Exécuté par M. Echappé, Nantes, 1859. Vitrail de Saint Joseph. — M. l'abbé Bigaré, curé, en prière devant Saint Joseph, son patron. — M. Denis, 1871. — LES MEDAILLONS DU CHŒUR : Ces très beaux médaillons de marbre représentent Saint Pierre et Saint Paul, ils sont du XVIIIème siècle et ont été très admirés à l'Exposition d'Art Ancien de Nantes en 1924. — STATUE DE SAINT JACQUES : Très curieuse statue de Saint Jacques, en bois, placée dans la sacristie. — Remarquée à l'Exposition Nantaise de 1924 (R. de Cornulier).

 

la chapelle Saint-Goustan (IX-XIXème siècle), située avenue de Saint-Goustan et aujourd'hui propriété privée. La légende raconte qu'un moine celtique, Saint-Goustan (moine de l'abbaye de Saint-Gildas de Rhuys chargé par son abbé saint Félix, d'aller évangéliser Beauvoir-sur-Mer), rejeté sur la côte, se cramponna à un rocher et y laissa l'empreinte de son corps. La chapelle fut érigée au IX-Xème siècle sur ce même rocher. Autour de la chapelle s'étendait jadis un petit cimetière existant dès 1670. Cette chapelle est désaffectée à la Révolution et sert de magasin à poudre. La chapelle est achetée en 1895 par l'historien Maillard de la Morandais qui la reconstruit. La statue de Saint Goustan est dans l'église paroissiale, à l'autel du Rosaire. La chapelle Saint-Goustan, proche de l'établissement de Saint-Jean de Dieu, comprenait jadis un sanctuaire, une sacristie et un cimetière. Jadis les malades venaient se plonger dans une petite piscine, aujourd'hui disparue, pour y recouvrer la santé. Le dimanche 21 janvier 1703, le "Général de paroisse" se réunit dans la sacristie de l'église Matrice de Saint-Guinolay du bourg parochial de Batz pour étudier la manière de réparer les dégâts de la tourmente qui s'était élevée dans la nuit du  15 au 16, et avait sévi toute la matinée du lendemain enlevant "partie des couvertures, tant de cette église Saint-Guinolay, N.D. du Mûrier, Saint-Laurent, Saint-Michel ; que des églises N.D. de Pitié de la ville du Croisic, Saint-Yves, Saint-Goustan...." brisant aussi "la plus grande partie des vitres desdites églises et chapelles de cette paroisse, de sorte que l'on n'y put tenir de luminaire allumé pour le sacrifice de la Sainte-Messe".  Le 14 mars 1756, le premier marguillier, M. René David de Drezigné "remontrait au général assemblé dans la sacristie de N. D. de Pitié qu'il y avait dans la chapelle Saint-Goustan, auprès du maître-autel, un tableau représentant la Visitation de la Sainte Vierge qui était attaché et arrêté contre les murs avec des crochets de fer, lequel a été enlevé, ...." ;  

Nota 4 : Si les registres du « Général » ne font jamais allusion à la chapelle du Crucifix, ils contiennent en revanche plusieurs délibérations relatives à Saint-Goustan qui, datant du XIème siècle, avait été fort éprouvé à plusieurs reprises par les rudes assauts de la tempête. L'édifice primitif comprenait (Monnier, T. II, p. 93.) : la chapelle proprement dite dont l'autel recouvrait la roche sur laquelle le saint s'était reposé en abordant au Croisic [Note : Saint-Goustan, un moine de l'abbaye de Saint-Gildas de Rhuys, avait été chargé par son abbé saint Félix, d'aller évangéliser Beauvoir-sur-Mer. Surpris par la tempête, il fut jeté sur la côte croisicaise ; n'ayant trouvé pour se reposer qu'un simple rocher, il s'y étendit lorsque Dieu, touché de compassion, permit que ce rocher s'amollit sous le poids de son corps et en gardât l'empreinte] ; une sacristie ; le logement d'un sacristain ; ceci pour mémoire, puisque ces détails ne sauraient être d'aucune utilité pratique aux promeneurs d'aujourd'hui. Jadis les malades venaient se plonger dans une petite piscine, aujourd'hui disparue, pour y recouvrer la santé ; les jeunes filles jetaient des épingles, par la lucarne du sanctuaire, afin de savoir si elles se marieraient dans l'année ; les femmes de marins accouraient de tous les coins de la presqu'île les jours de tempête et tentaient de fléchir le courroux du ciel par l'intercession de saint Goustan. Tout cela n'existe plus qu'à l'état de souvenirs, seul le culte de l'humble moine a survécu, comme en témoigne le beau vitrail moderne de l'église N.-D. de Pitié représentant son naufrage sur la côte croisicaise (R. de Cornulier).

 

la chapelle du Crucifix (XVIème siècle - fin du XIXème siècle), située avenue Emmanuel Proust. Le fondateur de cette chapelle est un certain Radulphe Karahès ou K/hais (d'après les bulles de 1534 et de 1540). La chapelle est désaffectée à la Révolution (vers 1791) et sert de magasin à poudre après la Révolution et cela jusqu'en 1858, époque où M. Bigaré, curé du Croisic, l'acheta moyennant 600 francs. Ce dernier cède l'édifice en 1863 au baron Caruël de Saint-Martin qui le fait restaurer. La chapelle est restaurée à la fin du XIXème siècle et les travaux ne sont terminés qu'en 1896 par son gendre et sa fille, le comte et la comtesse de Partz, propriétaires du château de Saint-Nudec. Les armes qui décorent deux des vitraux de la chapelle sont celles de M. Caruël de Saint-Martin et de madame née Gren de Saint-Marsault (dans l'une des fenêtres du chevet). Les armes de M. et Mme de Partz sont visibles au-dessus de la grande porte. On accède à la chapelle par deux portes couronnées chacune d'un intéressant bandeau à contre-courbures avec des crochets pour ornement. Sa longueur est de 16 mètres et sa largeur de 7,65 mètres. La grande porte est ornée de l'accent circonflexe couronné d'un beau panache. Cinq très belles fenêtres ogivales l'éclairent. Elle est dédiée à Saint Félix qui aurait converti les Saxons établis en ces lieux. Son chevet est à trois pans et elle est éclairée par cinq belles fenêtres ogivales ;  

Nota 5 : Il est à remarquer que les registres paroissiaux, si utilement instructifs lorsqu'il s'agit de faire revivre le temps jadis, sont absolument muets sur la chapelle du Crucifix ; nous n'avons pu rencontrer, dans nos recherches, la moindre délibération ayant trait à son entretien et dès lors nous ne pouvons nous appuyer, pour en faire l'historique, que sur des documents publiés en grande partie dans le Pays Guérandais de M. Monnier, dans La Chapelle du Crucifix de M. A. de Veillechèze, et aussi dans le Notes sur le Croisic de M. Caillo. Nous voulons parler ici de deux bulles, l'une de Clément VII (Jules de Médicis) du 15 mai 1534, l'autre de Paul III (Alexandre Farnèse) du 27 mars 1540 ; d'un procès-verbal de M. Ricordel, vicaire perpétuel, du 3 mai 1626 ; enfin d'un aveu du 15 juin 1679 passé devant le notaire de Guérande (Archives de la Loire-Inférieure. Chambre des Comptes, Domaine de Guérande. 14ème Vol. B. 625). D'après ces pièces dont l'authenticité est incontestable, nous allons tâcher de donner à nos lecteurs un aperçu aussi résumé et aussi exact que possible. Et tout d'abord pourquoi cette chapelle a-t-elle été nommée la chapelle du Crucifix ? Pour ceux qui admettent avec nous que Croisic dérive de Kroazik qui, en breton, veut dire Croix (Confère le Dictionnaire de Troude), ce vocable ne peut être que très logique, la petite chapelle du Crucifix étant l'une des plus anciennes de la presqu'île et ayant, de plus, été bâtie près d'une croix commémorative (Note : La tradition voudrait que saint Félix ait baptisé en ce lieu les derniers Gascons de la rive droite de la Loire) dont la ville elle-même aurait tiré son nom. C'est une très curieuse petite construction de style ogival du XVIème siècle, à une simple nef, qui a probablement succédé à une chapelle plus ancienne n'ayant pas laissé de traces ; on y accède par deux portes couronnées chacune d'un intéressant bandeau à contre-courbures avec des crochets pour ornement ; sa longueur est de seize mètres et sa largeur de sept mètres soixante-cinq ; cinq très belles fenêtres ogivales l'éclairent. Le fondateur de la chapelle fut un certain Radulphe Karahês ou K/hais « laïc et paroissien de Batz » (Voir Bulles de 1534 et de 1540). Aux fêtes de l'Invention et de l'Exaltation de la Sainte-Croix, de la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie et de la Toussaint (Voir Bulles de 1534 et de 1540), les Croisicais se rendaient processionnellement de l'église paroissiale au Crucifix, il est à propos de citer ici le procès-verbal du vicaire perpétuel Ricordel, daté de 1626 et qui relate au cours de l'une de ces processions un pénible incident : « Procès-verbal des insolences de ceux de la religion (Réformée). In nomine domini. Amen. Je, Vicaire perpétuel des églises de Batz et du Croisic, rapporte que ce dimanche troisième jour du mois de mai 1626, environ les cinq à six heures du soir, retournant processionnellement de la chapelle du Crucifix érigée à l'entrée de l'enclos de la dite ville du Croisic en laquelle se gaignoit, le dit jour, le pardon de plénière indulgence octroyé par N.-S.-P. le Pape Paul III et apportant en N.-D. de Pitié, principale église du lieu, en toute dévotion et solemnité, avec le poisle, chappes, luminaires, hymnes et cantiques, croix et bannières élevées, suivy de la plupart du peuple de la dite ville, tant hommes que femmes, même de nombre d'estrangers, marchands, trafiquants au dit lieu, le Très Sainct et Très Auguste Sacrement de l'Autel qui avoit été exposé à vénérer et adorer au peuple, tout iceluy jour, en la dicte chapelle et arrivé au coing du jardin et maison qui autrefois furent aux Moysans et maintenant à l'honorable femme Jeanne Lemétrailler, estant sous le poisle porté par quatre notables habitants, environné des prestres et clercs chantant et tenant hautement entre nos mains la custode où reposoit le précieux corps de N.-S. J.-C. visiblement apparent à travers la voirine de la dite custode, seroit survenu à l'improviste Maistre Daniel Jollan, dit Des Roches, advocat faisant profession de la religion prétendue réformée, monté sur un cheval qui, au grand scandale de tous le peuple et mespris du très précieux sacrement, en dérision de notre religion, auroit avec tumulte portant à sédition, traversé assez furieusement entre la croix et la bannière qui précédoient le Saint-Sacrement au travers de multitude de jeunesse et escholiers, enfants de la dicte ville, iceluy la teste couverte et monstrant signe de cholère, et menaçant une main, ce qui troubla grandement l'ordre de la dicte procession ; et d'autant que le dict Jollan est coutumier de faire telles algarades et tumultes portant à sédition comme jâ, par cy-devant je luy ay vu faire, au grand estonnement et murmure d'un chacun en deux autres processions et semblables occurrences, j'ai rédigé par escript ce mien procès-verbal pour servir en justice où besoing sera, les dicts moys et an que devant, soubs mon signe et d'une partie de ceux qui estoient présents. Signé : Ricordel, vicaire ». (Suivent les signatures des sept autres prêtres). En 1791, la chapelle du Crucifix fut désaffectée ; elle devint, comme du reste la chapelle de Saint-Goustan et l'église paroissiale elle-même, un magasin d'artillerie et cela jusqu'en 1858, époque où M. Bigaré, curé du Croisic, l'acheta moyennant 600 francs. Ce dernier la céda en 1863 au Baron Caruël de Saint-Martin qui la fit restaurer, mais les travaux ne purent être terminés qu'en 1896 par son gendre et sa fille, le comte et la comtesse de Partz, propriétaires du petit château de Saint-Nudec ; d'où les armes qui décorent deux des vitraux de la chapelle : celles de M. Caruël de Saint-Martin et de Madame née Gren de Saint-Marsault dans l'une des fenêtres du chevet, celles de M. et de Mme de Partz, au-dessus de la grande porte (R. de Cornulier).

 

la chapelle Notre-Dame-des-Lauriers (1874), située rue des Lauriers et œuvre de l'architecte René Ménard. L'ancien couvent des capucins, édifié en 1618 (première pierre posée le 29 juillet 1618) et appelé "Propriété-des-Lauriers", est acheté en 1868 par la congrégation des sœurs de Saint-Vincent-de-Paul pour la création d'un orphelinat. L'église du couvent est consacrée le 17 mai 1626 par l'évêque de Nantes Mgr Philippe de Cospéan. Le 15 février 1735, M. Rielland, recteur de Batz, y bénit une chapelle dédiée à Saint Antoine de Padoue. Vendu nationalement, par adjudication le 21 avril 1791 et par une deuxième adjudication le 11 septembre 1792, le couvent des capucins est racheté le 8 octobre 1842 au prix de 19.000 francs par l'abbé Bigaré, curé du Croisic, et devient, le 4 novembre 1868, l'établissement des Soeurs de Saint-Vincent de Paul. Une chapelle est alors édifiée pour desservir l'établissement. La chapelle actuelle est bénite le 18 avril 1874. Après l'expulsion des religieuses leur établissement qui appartenait au marquis d'Oysaiville (ou Oysonville) est vendu à la commune du Croisic en février 1914 et converti en hôpital rural ;

Nota 6 : Il serait superflu, nous semble-t-il, de parler même sommairement de l'ancienne chapelle des RR. PP. Capucins n'offrant aux archéologues et aux touristes qu'un intérêt bien rétrospectif, si nous ne l'avions déjà mentionnée en disant que le beau retable de l'autel du Saint-Rosaire de Notre-Dame de Pitié en provient très vraisemblablement. « L'an 1616, rapporte la chronique des RR. PP. Capucins, l'illustrissime Charles Bourgneuf de Cucé, évêque de Nantes, ayant envoyé le R. P. Michel-Ange d'Angers pour prêcher en cette ville du Croisic, les habitants du dit lieu se portèrent d'une si fervente affection et dévotion à l'ordre du séraphique saint François qu'ils désirèrent avoir un couvent de cet ordre dans leur ville. L'année suivante, le R. P. Raphaël d'Orléans, alors provincial, y envoya le R. P. Archange de Blain, pour disposer les affaires, puis le R. P. Mansuet de Montargis pour prendre possession avec un certain nombre de religieux. L'installation de la communauté, au lieu dit encore le couvent des Capucins, se fit le 30 novembre, fête de saint André. Le 29 juillet 1618, fut posée la première pierre dont la bénédiction fut faite par un insigne docteur de Paris, Jean Seguin, pour lors prévôt de la célèbre église de Saint-Aubin de Guérande et official pour le révérendissime évêque de Nantes au dit lieu... » (R. de Cornulier).

l'ancienne chapelle Saint-Yves, aujourd'hui disparue. Elle aurait été construite au début du XVème siècle. Dès 1840, une Chapellenie et un bénéfice étaient desservis dans cet édifice qui longeait la rue Saint-Yves. La Chapellenie Saint-Yves était desservie par le prêtre Pierre Lecoat. Le revenu du bénéfice de la Passion était assuré par des oeillets de marais salants qui avaient été vendus nationalement à O. Torzec en 1792, pour 2 700 livres. L'édifice était de style ogival et formait un rectangle de 22 mètres de longueur sur 6 mètres de large. Du côté de l'évangile se trouvait un modeste oratoire dédié à Saint-Léonard. La cloche avait été foudroyée le 18 novembre 1755 et portait l'inscription suivante : Saint Yves - J.H.S. - M. A. 1620. Au XVIème siècle, les Calvinistes s'emparent du sanctuaire et l'accaparent durant plusieurs années (même après l'édit de janvier 1562 qui prescrivait la restitution des édifices enlevés aux Catholiques). C'est d'ailleurs à Saint-Yves qu'a lieu le mariage de Guillaume Leroy, célébré par Delaporte-Louveau, ministre de la Roche-Bernard. Au commencement du XVIIème siècle, on y tient les assemblées de la ville du Croisic. D'importants dégâts sont survenus à la suite de la tempête du 19 janvier 1703. Des dégradations sont réparées en 1737. Le dimanche 7 décembre 1755, il est décidé de raser "le clocher de la chapelle Saint-Yves récemment foudroyé pour le mettre au niveau du toit et que le marguillier, pour payer ce travail, ferait vendre le bois de la charpente". Le dimanche 22 août 1723, l'Assemblée du Général de paroisse "a délibéré qu'il sera payé par ceux qui feront dire des offices en action de grâce, 30 sols pour la cire à M. le marguillier et pour les enterrements dans la chapelle de Saint-Yves qu'il sera payé 60 sols pour la terre dans le choeur outre le carrelage et 30 sols dans la nef". Le 13 novembre 1766 (suite à une mission prêchée par les Capucins du 5 au 12 novembre 1766) a lieu la translation des restes des morts de l'église paroissiale Notre-Dame de Pitié à la chapelle Saint-Yves. La chapelle est vendue nationalement à la Révolution, moyennant 80 livres, à un nommé Chevarreau ;

Nota 7 : Ce fut, sans doute, au début du XVème siècle que le Croisic éleva une église à saint Yves de Kermartin (Mort en 1313, canonisé par le pape Clément VI en 1437), ce saint breton si populaire qui aurait eu le privilège insigne, pour son époque, d'être « advocatus sed non latro » [Note : Disons en passant que ce verset injurieux provient très probablement d'une « farce » judiciaire, qu'il ne figure ni dans la prose de l'office du saint, ni dans la liturgie de cet office et que, de plus, saint Yves fut « official » et non avocat]. Dès 1840 une chapellenie (La chapellenie Saint-Yves desservie par Pierre Lecoat, prêtre) et un bénéfice (Le bénéfice de la Passion, dont le revenu était assuré par des oeillets de marais salants qui furent vendus nationalement à O. Torzec en 1792, pour 2.700 livres) étaient desservis dans cette église qui longeait la rue Saint-Yves actuelle vers son milieu ; elle était de style ogival et formait un rectangle de 22 mètres de longueur sur 6 mètres de large ; du côté de l'Evangile se trouvait un modeste oratoire dédié à saint Léonard. Il n'en reste plus aujourd'hui que des pans de murailles entourant un petit jardin, deux fenêtres en ruines, une porte dans le même état, une crédence destinée à recevoir des burettes et aussi les débris de la cloche, foudroyée le 18 novembre 1755, et portant l'inscription suivante : Saint Yves — J. H. S. — M. A. 1620. Au XVIème siècle les Calvinistes s'emparèrent du sanctuaire et l'accaparèrent durant plusieurs années [Note : Même après l'Edit de janvier 1562 qui prescrivait la restitution des édifices enlevés aux catholiques. C'est à Saint-Yves qu'eut lieu le mariage de Guillaume Leroy, célébré par Delaporte-Louveau, ministre de la Roche-Bernard. Il fut le prétexte de désordres au cours desquels le ministre se rendit à N.-D. de Pitié, monta en chaire et harangua la foule qui l'avait suivi. La conséquence de cette plaisanterie de mauvais goût fut la démolition de la chaire ainsi profanée] ; au commencement du XVIIème siècle, on y tint les assemblées de ville. En dehors des importants dégâts survenus à la suite de la tempête du 19 janvier 1703 dont il a été parlé à propos de Saint-Goustan, nous apprenons en feuilletant les registres des délibérations du général de N.-D. de Pitié que de nouvelles dégradations furent réparées en 1737 ; que le dimanche 7 décembre 1755 il fut décidé qu'on raserait « le clocher de la chapelle Saint-Yves (récemment foudroyé) pour le mettre au niveau du toit et que le marguillier, pour payer ce travail, ferait vendre le bois de la charpente ». Nous lisons aussi dans les mêmes registres qu'en 1756 (délibération du 14 mars) une porte de cette église communiquait avec les maisons voisines et qu'on s'était « aperçu que plusieurs personnes entraient dans ladite chapelle par cette porte, qu'il s'y était commis plusieurs indécences et même qu'il avait été enlevé plusieurs bois restant des démolitions et réparations faites au clocher qu'il y avait également une petite fenêtre grillée au bas du clocher de la dite chapelle donnant dans la chambre d'une maison voisine et par où on avait vue dans l'église, ce qui est indécent ». Enfin que le dimanche 22 août 1723, l'Assemblée du général : « a délibéré qu'il sera payé par ceux qui feront dire des offices en action de grâce, trente sols pour la cire à M. le Marguillier et pour les enterrements dans la chapelle de Saint-Yves qu'il sera payé soixante sols pour la terre dans le choeur outre le carrelage et trente sols dans la nef » [Note : Dès le 30 juillet 1719 les droits d'enterrement dans l'église Saint-Yves avaient été fixés à 60 sols et 30 sols]. Nous avons déjà relaté l'émouvante translation des restes des morts qui se fit le 3 novembre 1766 de l'église paroissiale à Saint-Yves ; disons pour finir que la chapelle fut vendue nationalement à la Révolution, moyennant 80 livres, à un nommé Chevarreau. Le culte de saint Yves, comme celui de saint Goustan, s'est perpétué au Croisic et a inspiré l'excellente idée à M. l'abbé Clénet, curé de Croisic, de rappeler par un vitrail de l'église paroissiale (exécuté en 19O1, par M. Charles Lorin, peintre-verrier à Chartres) le souvenir de l'antique chapelle [Note : Le vitrail représente saint Yves en costume d'official rendant la justice. Près de lui un religieux distribue des aumônes. D'un côté les armes de Bretagne, de l'autre les armes de la famille de saint Yves : « d'or à la croix engreslée de sable, cantonnée de quatre allérions de même ». Tout en haut la reconstitution de la vieille chapelle Saint-Yves] (R. de Cornulier).

l'ancienne chapelle de l'Hôpital (début du XVIIème siècle). Des bulles d'indulgences de Clément XI sont échelonnées de 1622 à 1626. Le premier registre du Général de paroisse parlant de la chapelle de l'Hôpital date de 1670. Dès le 8 mai 1678, alors que Jacques Le Fauhé est directeur de l'Hôtel-Dieu, "est fondé à perpétuité, par Marie Moreau, une grand'messe avec diacre et sous-diacre le jour de la fête de l'Ange gardien ; ce même jour noble homme Le Gruyer de Couhourdès offre de faire bâtir à ses frais, au bout de la chapelle de l'Hôpital, une sacristie et une chambre au-dessus sur un terrain donnée par demoiselle Ollive Blaier, laquelle chambre servira pour loger le prêtre". Une bulle datée du 11 août 1725 accorde une indulgence plénière à tous les fidèles qui visiteront la chapelle de l'Hospice, le jour de la fête de l'Ange gardien. Derrière l'autel se trouvait jadis un beau tableau de Elie Delaunay, exécuté en 1850, et représentant le miracle de la guérison des dix lépreux ;

Nota 8 : A quelle époque remonte la chapelle de l'Hôpital (Voir les archives municipales du Croisic) il serait fort difficile, à notre avis, de le préciser d'une façon certaine et nous n'oserions émettre l'avis que cet établissement n'est pas antérieur à 1622. Ce qui est hors de doute, c'est que la plus ancienne pièce où il soit question de l'hospice est un livre de comptes qui part de l'année 1622 ; puis nous avons des bulles d'indulgences de Clément XI échelonnées de 1622 à 1626 ; enfin le premier registre du général de la paroisse parlant de la chapelle de l'Hôpital en 1670. Nous savons d'autre part que si l'hôpital du Croisic existait avant 1622, ce qui est probable, il ne devint officiellement l'hospice de la ville, qu'à cette date, comme le prouve tout d'abord un mandement de l'illustre évêque de Nantes Philippe de Cospean [Note : Celui-là même qui prononça devant la cour à Notre-Dame de Paris en 1617, l'oraison funèbre de Henri IV, assassiné sept ans auparavant ; et qui ferma les yeux de Louis XIII, en 1643] du 15 mai 1622 accordant l'autorisation de faire faire des troncs dans toutes les églises et chapelles de la paroisse de Batz et d'instituer un administrateur des deniers des pauvres ; comme le prouve aussi la collecte commencée le 21 août 1622 par Guillaume Maçay (Vice-recteur de 1620 à 1640) vice-recteur du Croisic, au profit de l'hospice et qui, grâce au dévouement des prêtres et à la générosité des fidèles, rapporta 500 livres en une année. De 1623 à 1683 l'Hôtel-Dieu reçut plus de cent oeillets, trois maisons et douze livres de rentes constituées. Dès le 8 mai 1678, Jacques Le Fauhé étant directeur de l'Hôtel-Dieu (et Père des pauvres) fut fondée à perpétuité, par honorable femme Marie Moreau, une grand'messe « avec diacre et sous-diacre » le jour de la fête de l'Ange gardien ; ce même jour noble homme Le Gruyer de Couhourdès offrait de faire bâtir à ses frais, au bout de la chapelle de l'Hôpital, « une sacristie et une chambre au-dessus » sur un terrain donné par « damoiselle 0llive Blaier, laquelle chambre servira pour loger le prêtre » [Note : C'est le même Le Gruyer qui fit construire la chapelle Saint-Pierre, voisine de l'église paroissiale]. Connu sous la dénomination d'Hospice de l'Ange gardien, l'hôpital du Croisic dont la chapelle avait, à ce titre, reçu d'importants privilèges du Pape Clément XII [Note : Bulle du 11 août 1725 accordant une indulgence plénière à tous les fidèles qui visiteront la chapelle de l'Hospice, le jour de la fête de l'Ange gardien], fut érigé en hôpital royal sous le vocable de saint Louis par lettres patentes de 1768 ; depuis, des neuvaines à N.-D. de Bonne-Nouvelle furent le prétexte d'une très grande dévotion de la part des Croisicais qui, peu à peu, dotèrent le petit sanctuaire des ornements empruntés jusqu'alors à l'église paroissiale ; un plancher remplaça les dalles humides et derrière l'autel fut placé un beau tableau de Elie Delaunay, exécuté en 1850, et représentant le miracle de la guérison des dix lépreux. Les Soeurs de la Sagesse qui dirigent aujourd'hui, avec une compétence et un dévouement admirables, l'hôpital du Croisic, suivent l'exemple de ces femmes sublimes que la tourmente révolutionnaire surprit debout au chevet des malades et des moribonds et qui, malgré de basses intrigues, demeurèrent à leur poste jusqu'au 9 juin 1793, époque où leur association fut dissoute. Une maîtresse d'école du nom de Glochet, membre du Tiers-Ordre de Saint-François, mais qui avait prêté le serment civique les remplaça. Le 20 janvier 1803, lorsque les esprits se furent un peu calmés, la Municipalité s'adressa à la supérieure générale des Filles de la Sagesse de Saint-Laurent-sur-Sèvre pour obtenir d'elle une nouvelle communauté ; en concluant nous citerons cette pièce que nous empruntons à Monnier (Voit Monnier, T. II, p. 160) et à laquelle nous attachons la valeur d'une réparation publique de l'outrage fait aux saintes religieuses : « L'Hospice du Croisic régi autrefois par des dames de votre ordre, en fut abandonné dans un temps de proscription. Confié depuis à une soeur de Saint-François, nous avons toujours plus vivement senti la perte des premières ! En effet, à la probité près, nous ne trouvons dans celle-ci rien de ce qui est nécessaire à la conduite d'un hospice ; nulle connaissance de la pharmacie, point d'ordre et point de caractère. Tout nous engage donc à recourir à votre établissement pour obtenir des soeurs propres à remettre la maison sur le pied où la laissèrent les dernières, etc. ». Le jour n'est peut-être pas loin où les persécutions ridiculement haineuses jetteront encore la stupeur parmi les pauvres hospitalisés de Saint-Louis ; espérons que la municipalité d'alors se souviendra de la citoyenne Glochet et qu'à défaut de reconnaissance pour les Soeurs de la Sagesse, elle saura défendre, au nom de la fraternité, l'intérêt des miséreux (R. de Cornulier).

 

la croix de Kervaudu (XVIIème siècle) ;  

la croix Saint-Jean (XVIIIème siècle) encore appelée croix des douaniers ;  

la croix (1845), située sur le rivage de la baie de Jumel ;  

le manoir de Kervaudu (fin du XVème siècle), situé rue de Kervaudu et édifié par la famille Gentilhomme. Le poète René Gentilhomme de l'Espine (1610-1672) y demeura [Note : il était le fils de René Thimotée de l'Espine, décédé en 1610, l'année de naissance de son fils]. Propriété des familles Le Gruyer, puis Frogier et Loyen du Puygaudeau. Ce manoir est la demeure du peintre Ferdinand Loyen du Puigaudeau (ou Puygaudeau) au début du XXème siècle ;  

la maison située au n° 25 rue de l'Eglise. Cette maison a été remaniée au XVème siècle ;  

la maison (fin du XVème siècle), située aux n° 33-35 rue Saint-Christophe ;  

la maison (fin du XVème siècle), située au n° 7 Grande-Rue ;  

la maison (XVIème siècle), située au n° 14 place de Dinan ;  

la maison (vers 1558), située au n° 28 rue de l'Eglise et édifiée par la famille André ;  

la maison de Jean Emile Laboureur (XVII-XXème siècle), située au n° 16 quai de la Petite-Chambre ;  

le manoir de la Porte-Moreau (XVIIème siècle), situé rue de la Porte-Moreau. Ancienne propriété de Jeanne Pesdron et Jean Yviquel ;  

la maison d'armateur de Tréhic (vers 1600), située au n° 1 quai du Lénigo. Propriété de Jean Charles Caillo au XIXème siècle ;  

la maison d'armateur (vers 1600), située au n° 1 quai de la Grande-Chambre et au n° 15 quai d'Aiguillon ;  

la maison d'Armateur (1637), située au n° 5 quai de la Grande-Chambre et édifiée par Jean Madec ;  

la maison d'armateur (1719 - XVIIIème siècle), située au n° 14 quai du Port-Ciguet ;  

l'ancien hôtel d'Aiguillon (vers 1675), situé Place Donatien Lepré et édifié par Jean Le Fauhe. Le duc d'Aiguillon, commandant en chef en Bretagne, autour de 1755, avait tenté de relever la prospérité du Croisic. Cette demeure devient ensuite la propriété de la famille Dubochet jusqu'au XXème siècle. Il sert aujourd'hui d'Hôtel de Ville ;  

l'hôtel de Limur (1613-XVIIIème siècle), situé au n° 1 place du Pilori. Il s'agit d'une ancienne propriété de Jean Le Roy (conseiller du roi à la Chambre des Comptes de Nantes). Cette demeure est agrandie ensuite par la famille Calvé au XVIIIème siècle avant de devenir la propriété de la famille De Limur au XIXème siècle ;  

l'ancien hôtel des Bains (1847), situé au n° 2 rue des Bains et édifié par M. Deslandes – Orière ;  

la ferme (XVIème siècle), située au n° 9 rue de Kervaudu ;  

l'hospice Saint-Louis (vers 1622 – XVIIIème siècle), situé rue Jules Ferry. On retrouve les premières traces d’un hôpital appelé Notre-Dame de Pitié au Croisic en 1478. En 1622, l'hôpital devient officiellement l'hospice de la ville et il comporte alors une chapelle. Un mandement de l'évêque de Nantes Philippe de Cospean, daté du 15 mai 1622, accorde l'autorisation de faire faire des troncs dans toutes les églises et chapelles de la paroisse de Batz et d'instituer un administrateur des deniers des pauvres. La collecte commencée le 21 août 1622 par Guillaume Maçay (vice-recteur de Croisic de 1620 à 1640), au profit de l'hospice et qui, grâce au dévouement des prêtres et des fidèles, rapporte 500 livres en une année. De 1623 à 1683, l'Hôtel-Dieu reçoit plus de cent oeillets, trois maisons et douze livres de rentes constituées. Un second établissement charitable est fondé en 1681 sous le nom “d'hospice général” dans une maison de location. Il est fermé en 1613. L'établissement est agrandi au cours des XVIIème et XVIIIème siècles. Un poste de médecin est créé à l’hospice de la ville en 1693. Le service intérieur est confié à des Sœurs du Tiers Ordre. L'établissement est nommé par la suite “l'Ange Gardien”. En 1766, un contrat est passé avec la Congrégation de la Sagesse. Le “vieil hôpital” prend le nom d'hôpital “Saint Louis” sous Louis XV (par lettre patente de 1768). Manquant de place on utilisera le couvent des Capucins pour accueillir les malades et les blessés civils et militaires. En 1791, les Capucins sont chassés et le couvent est vendu comme bien national en 1792. Il ne reste alors plus que le vieil hôpital dans lequel les Sœurs de la Sagesse reprennent leurs fonctions en 1803 à la demande de la municipalité. En 1842, le curé du Croisic rachète le couvent des Capucins et le cède en 1868 aux Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul, qui installent dans les vieux bâtiments un orphelinat et une école de filles. En 1914, l'exiguïté du vieil “Hôtel Dieu” posant de plus en plus de problèmes, la commune rachète au Marquis d'Oysonville (ou Oysaiville) qui en était propriétaire, les murs de l’ancien couvent et en fait son hôpital communal. Des bâtiments nouveaux sont construits de 1975 à 1977. La chapelle de l'ancien hôpital est rachetée par l'artiste peintre Chapleau vers 1914 ;

Voir aussi Ville du Croisic  L'Hôpital Général du Croisic.

les quais et jonchères du port (XVIIIème siècle) situés quai de la Petite-Chambre. Restaurés au XVIIIème siècle par l'ingénieur marquis de la Rozière. " QUAIS, PAVÉS ET PORT DU CROISIC AU XVème SIÈCLE. Nombre de gens s'imaginent qu'avant la révolution, ou tout au moins avant Louis XIV, les travaux publics de nature à favoriser le commerce, l'industrie ou le bien-être des citoyens, comme quais, ports, pavés, etc., étaient absolument inconnus, surtout en Bretagne. C'est une erreur profonde ; nos ducs ont toujours porté leur sollicitude de ce côté : j'en réunis en ce moment les preuves qui sont nombreuses, et permettront de réfuter complétement ce vulgaire préjugé. Parmi ces preuves se trouve un mandement du duc François II pour la ville du Croisic, dont le Registre de la chancellerie de Bretagne de l'an 1468 (fol. 129 verso) contient l'analyse qui suit : « Prorogacion de certain billot de quinziesme [Note : Ce qui veut dire que ce billot ou octroi consistait dans la quinzième partie du prix des vins vendus en détail dans la circonscription ci-dessus indiquée] des vins vendus par detaill au lieu du Croesic et en l'isle de Baz, jusques à quatre ans prochains venans, commenczans au VIIIe jour d'avril derroin, et finissans à semblable jour lesdiz quatre ans revoluz : pour en estre les deniers convertiz et emploiez savoir, le tiers en la reparacion du caill de Poliguen, et les deux parts es reparacions du  caill et chasteau du Croesic, par l'avisement et ordonnance du capitaine du dit lieu ou son lieutenant, les justiciers et officiers dudit lieu et autres gens notables, manans et habitans de ladicte ville du Croesic, à estre faicte la recepte et mise desdiz deniers par homme solvable et commis par les dessurdiz, et lequel en rendra compte par devant les devantdiz, à ce appellé l'un des auditeurs de la chambre et autrement, selon que plus à plain est contenu ès precedens mandemens sur ce octroyez et concedez pour le dit devoir de billot touchant lesdictes reparacions. Et oultre, est donné pouvoir ausdiz capitaine, lieutenant, gens de justice et autres dessurdiz, de contraindre touz les habitons de la dicte ville du Croesic de faire paver devant leurs maisons estantes ès grandes et bonnes rues, et aussi ès ruelles par où l'on va de la dicte ville audit cay, ès endroiz et par autant que par les dessurdiz leur sera commandé et ordonné, et entretenir lesdiz pavez en estat et bonne reparacion pour le temps avenir. Et avec ce, pouoir ausdiz commis de assigner et bailler ausdiz babitans une place froste de l'héritaige du Duc et dommaine près ledit lieu du Croesic, ailleurs que sur le port et havre du dit cap du Croesic, en laquelle ilz puissent pour le temps avenir porter et faire mener les attraiz, fambrays et bourriers de leurs maisons ; et deffense ausdiz habitans de non les porter ailleurs fors èsdiz lieux, sur grosses paines, etc. Daté le XXIIe jour de juillet LXVII (signé) MILET ». Scellé à Nantes, le 6 juillet 1468 ". (A. L. B.) ;  

le fort de la Pointe (XVIII-XIXème siècle), situé pointe du Croisic et œuvre de l'architecte François Bougouin. Le fort est complété en 1861 d'un petit édifice avec salle de gardes voûtée et douves. L'édifice est transformé en 1899 en villa par Emerand de la Rochette, puis servira de colonie de vacances et d'hôtel-restaurant ;  

le fort de la Barrière (1744), situé à Pen-Castel. Il s'agit d'une ancienne batterie côtière datant du XVème siècle et reconstruite en 1744 ;  

la vigie de la Romaine (1744 - 1930 - XXème siècle), située avenue de la Pierre-Longue et œuvre de l'architecte André Chauvet. Un corps de garde y est édifié en 1744. L'édifice sert de sémaphore jusqu'au XIXème siècle puis est vendu en 1883. L'édifice a été restauré par André Chauvet ;  

le pavillon de jardin (fin du XVIIIème siècle - début du XIXème siècle), situé rue Haute-des-Bains  et édifié par François Joseph Delamarque. Ce pavillon est encore surnommé la "tour de Musset" ;  

le phare du Four (1816 – 1826 – 1846), situé sur le plateau du Four. Ce phare est mis en service en 1822 et désarmé en 1984 ;  

le parc de Penn-Avel (XIXème siècle), situé rue de Kervenel et édifié par Jules Levesque. Ce parc est aujourd'hui la propriété du Conservatoire du littoral ;  

le phare du Tréhic (XIXème siècle), situé Place du Tréhic. La jetée du Tréhic est construite entre 1839 et 1844 par Maillard de la Gourmerie ;  

l'ancien sanatorium Saint-Jean-de-Dieu (vers 1900), situé avenue de Saint-Goustan et édifié par Sylvain Deslandes Orière en 1844 pour en faire un hôtel-casino. L'édifice est racheté en 1893 par l'ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu qui construit un nouveau bâtiment entre 1900 et 1910 ;  

le moulin de Bauvran (vers le XVIème siècle) et celui de Pen Avel ;

A signaler aussi :

le menhir de la Pierre Longue (époque néolithique), situé avenue de la Pierre-Longue ;  

le four à pain (XVIIIème siècle – 1993), situé à Pélamer et restauré en 1993 ;  

l'ancien magasin à poudre bâti en 1673 au bout du corps-de-garde du Lénigo, ainsi que les batteries du Moulin et de Saint-Goustan que l'on voyait encore au XVIIIème et XIXème siècles ; 

l'ancienne manufacture de faïences, dirigée par un flamand Demigennes, puis par un italien Borniole. Après un demi-siècle de prospérité, la faïencerie cessa. Une collection remarquable subsiste aux Salorges, Château des Ducs, à Nantes ;

les anciens cimetières du Croisic. Avant de résumer ici les documents que nous avons pu recueillir sur les anciens cimetières de Croisic, nous estimons utile de rappeler, en deux mots, quelques-uns des principes qui présidaient à la sépulture de nos ancêtres. Les chrétiens se sont toujours fait un devoir d'enterrer leurs morts aussi honorablement que possible ; pourtant, dans la primitive Eglise, seuls les corps des martyrs étaient inhumés dans les sanctuaires. Sous le Pape Léon II, au VIIème siècle, l'usage de se faire enterrer aux porches et à l'entrée des églises était presque général ; dans la suite on permit, dans certains cas, l'inhumation dans les sanctuaires mais cette faveur fut réservée aux bienfaiteurs et aux fondateurs jusqu'au jour où les fidèles purent, moyennant rétribution, jouir du même privilège. Mais, à aucune époque, l'Eglise n'approuva pleinement cette tolérance et le Concile de Nantes, comme celui de Mayence (813), ne permirent les enterrements dans les lieux consacrés qu'à titre d'exception. A bien prendre les choses, il nous faudrait retracer ici l'histoire de l'inhumation dans l'église Notre-Dame de Pitié et citer notamment les délibérations piquantes du général portant les dates du 9 mars 1721 et du 9 juillet 1758 dont nous venons de publier le texte dans notre étude sur l'église paroissiale du Croisic : nous n'y reviendrons pas. Toutefois nous tenons à insister sur deux points essentiels : C'est que tout d'abord, dès 1525, il existait un cimetière autour de Notre-Dame de Pitié, qui fut béni le 3 janvier de cette année par Messire Geoffroy Le Borgne, auxiliaire de l'évêque de Vannes, en vertu d'une commission du grand-vicaire de Nantes en date du 28 octobre précédent. C'est que, d'autre part, le 21 janvier 1527, malgré l'existence du cimetière adjacent à l'église, fut faite à Notre-Dame de Pitié, la première inhumation d'une fille d'Olivier Le Gruyer et de Françoise Le Bihan sa femme ; que l'usage enfin d'enterrer dans l'église subsista, avec certaines restrictions (Voir les délibérations du général, précitées), jusqu'au 9 juillet 1758, date à laquelle des ordres furent donnés par le général pour qu'on se conformât à l'arrêt de la Cour de Rennes du douze juin de la même année. Aujourd'hui l'archéologue ou le simple visiteur qui cherche à relever sur les dalles de notre sanctuaire quelques restes du passé n'y rencontre en tout que quatre pierres tombales portant des inscriptions ; chaque année, par centaines, les touristes se penchent vers elles, s'efforçant de leur arracher un sens, nous croyons intéresser nos lecteurs en donnant ici le texte de ces épitaphes : 1°). Cy gist [Note : Cette pierre se trouve au haut de l'allée du milieu de la nef] Dame Julienne Yvicquel, Dame de K/liviny, décédée le... 2°) Cy gist et repose le corps de Jan Dubochet, décédé le 11 juin MDCCXLII [Note : Près de la Sainte-Table, en face du grand autel. Les armes des du Bochet sont : d'azur à deux levrettes d'argent colletées de gueules, bouclées d'or]. 3°) Cy gist le corps de noble homme Thobye Dubochet de la Porte, décédé le 26 juillet MDCCXIX [Note : Près du précédent]. 4°) Cy gist Damoiselle Renée André, veuve de M. Dessalines [Note : Près du pilier du choeur]. Remarquons au reste que les corps que recouvraient ces dalles ne reposent pas dans l'église, celles-ci y furent transportées lorsqu'on désaffecta l'ancien cimetière, tandis que les ossements étaient exhumés et placés dans le nouveau. Avec leur foi simple, nos ancêtres et nos pères désiraient reposer le plus près possible du lieu saint, afin d'être, en quelque sorte, sous les yeux de leurs parents et amis qui se rendaient aux offices et de leur inspirer des prières. C'était, en outre, une pratique très consolante pour les vivants qui pouvaient ainsi facilement se recueillir sur la tombe de leurs chers disparus. L'ancien cimetière du Croisic ne mesurait que 35m70 de long sur 19m20 à sa plus grande largeur et 15 mètres seulement dans sa partie la plus étroite, aussi ne doit-on pas s'étonner si, dès le milieu du dix-huitième siècle, cet emplacement fut trop exigü pour une population relativement dense, le Croisic comptant à cette époque près de 3.500 habitants. A la suite d'une mission prêchée par les RR. PP. Capucins, du 5 au 12 novembre 1766, eut lieu le 13 du même mois, la translation des ossements du cimetière dans la petite chapelle Saint-Yves, située à deux cents mètres environ de Notre-Dame de Pitié, et dont il ne reste plus aujourd'hui que des pans de murs [Note : Cette chapelle, vendue à la Révolution, a été démolie depuis. Son emplacement est occupé par un jardin qu'entourent les anciens murs ; tout récemment encore on y a trouvé une grande partie des ossements déposés en 1766]. Seize charrettes, couvertes de draps mortuaires, s'avançaient à la tête de la procession, une dix-septième suivait le clergé, et c'est sur elle que se disaient les prières et se faisaient les aspersions ; une foule recueillie marchait derrière le cortège, tenant à la main des ossements. Les dernières inhumations qui furent faites autour de l'église remontent au 2 septembre 1834. C'est le 28 janvier 1857 que M. l'abbé Bigaré, curé de la paroisse, acheta à la commune du Croisic le terrain du vieux cimetière (au prix de mille six francs quarante-deux centimes) avec l'approbation du Préfet, en date du 12 février de la même année. Il fit édifier le presbytère actuel en 1861, par M. Michée, entrepreneur à Guérande, d'après les plans de M. Henri Gilée, architecte à Nantes, et sur l'emplacement même du Carnal [Note : Le Carnal ou ossuaire, se trouvait exactement à l'endroit où a été construit le pavillon sud des dépendances du presbytère. Ses dimensions étaient, d'après un plan de la cure, 4m90 sur 10m60]. Ne nous imaginons pas que la côte nord-ouest du Croisic a toujours eu l'aspect qu'elle offre aujourd'hui, il ne reste en effet d'autrefois que deux souvenirs : une croix de granit transportée en 1893 sur la plage, derrière la villa ayant appartenu au tout début du XXème siècle à M. de Courville ; les ruines de l'antique chapelle de Saint-Goustan, sur lesquelles s'élève la construction moderne récemment édifiée par M. de la Morandais et M. Emerand de la Rochette. Au XVIIIème siècle, comme au XIXème, on voyait, en outre, sur le bord de la mer, un magasin à poudres, bâti en 1673 au bout du corps de garde du Lénigo, puis deux batteries : celle du Moulin et celle de Saint-Goustan. Autour de la chapelle de Saint-Goustan, s'étendait un petit cimetière existant dès 1670 (Voir Domaines de Guérande, 11 juin 1670) ; c'est au milieu de ce dernier qu'avait été érigée la croix dont nous venons de parler, il fut abandonné pendant assez longtemps puisqu'on semblait, en 1832, avoir complètement oublié la destination première du terrain qui devint le cimetière des cholériques. Le 14 juillet de cette année, alors que la terrible épidémie sévissait avec rigueur sur la région, le maire du Croisic, M. Vincent Caillard, adressa la lettre suivante à M. l'abbé Cottineau, curé de la paroisse : « J'ai l'honneur de vous informer qu'en vertu de la délibération que vient de prendre la Commission sanitaire de cette ville, les personnes qui décéderont par suite du choléra épidémique seront enterrées dans le terrain vague, situé auprès de la chapelle de Saint Goustan, et que je viens, en conséquence, de prier M. Auzé, adjoint de la commune, de se rendre sur les lieux, avec le fossoyeur, pour reconnaître l'endroit et y faire creuser les deux tombes des deux personnes mortes ce matin. Le permis d'inhumer, délivré à la mairie, indiquera les personnes qui seront dans ce cas et l'heure à laquelle l'inhumation devra avoir lieu. Je dois aussi vous prier, Monsieur le Curé, de ne plus faire sonner les cloches pour indiquer l'agonie ou la mort des habitants de cette commune, attendu que ce son lugubre peut avoir une influence morale très funeste sur beaucoup de personnes ». La Commission sanitaire était présidée par le juge de paix M. Gallerand. Or, il advint que lors du décès des deux premières victimes (Louis-Marie Pantoun, âgé de 13 ans ; Adélaïde Lethiec, épouse Pantoun, âgée de 58 ans) qui étaient le fils et la femme du chantre, ce dernier s'émut de la décision prise par les autorités et réclama, pour les siens, la sépulture ordinaire ; M. Gallerand lui répondit brutalement : « C'est bien assez bon pour eux ! ». Par un juste retour des choses d'ici-bas, la quarante-sixième victime se trouva être Julie Bertho, âgée de cinquante-sept ans, épouse de Jean-Baptiste Gallerand ; malgré les vives protestations du juge de paix, possesseur d'un tombeau de famille dans le cimetière adjacent à l'église, le corps de Julie Bertho eut le sort de ceux des autres cholériques, il fut porté à Saint-Goustan et, près d'elle, on enterra la quarante-septième victime du fléau : Catherine-Renée Lacroix, épouse de Jacques Adelin, du Bourg-de-Batz, décédée à l'hôpital. Enfin le quarante-huitième décès fut celui de Jean-Baptiste Gallerand lui-même, lequel inhumé à Saint-Goustan, selon la règle commune, ne put être placé près de sa femme dont le sépara Catherine Lacroix : ce fait amusa quelques instants la population au milieu de l'angoisse qui l'étreignit [Note : Il y eut dans l'année 115 décès dont 58 du choléra). Le 11 octobre 1832, les Croisicais adressèrent au préfet une pétition pour obtenir l'autorisation d'inhumer à nouveau dans l'ancien cimetière : « Il se commet, disaient-ils, dans notre commune, une illégalité dont la population est irritée. Lors de l'invasion du choléra, on désigna, pour les inhumations, un terrain éloigné de la ville d'un quart de lieue. Cette mesure parut sage et l'on s'y soumit. Mais depuis le mois d'août, l'épidémie n'existe plus et l'on continue d'enterrer dans le même endroit qui n'est clos d'aucun mur ni fossé, qui est situé entre deux batteries et borné par un corps de garde et qui, pour cette raison, n'est guère susceptible d'être clos parce que, dans un cas de guerre, les murs ou fossés qu'on aurait élevés seraient infailliblement renversés. D'ailleurs, dans cet endroit, il n'y a pas de terre, c'est un fond de sable. Nous demandons que, conformément à un décret du 23 Prairial an XII qui l'exige (art. 3), que le cimetière soit clos de murs et que d'après l'art. 8, un cimetière ancien ne soit abandonné que lorsqu'un nouveau aura déjà été disposé (sic). Vous rempliriez le voeu général des habitants du Croisic en ordonnant le retour à l'ancien cimetière ». — Suivaient les noms des membres de la fabrique et de la plupart des notables. Cette pétition ne demeura pas sans effet ; à partir du 31 octobre, on cessa d'enterrer dans le cimetière de Saint-Goustan et plus tard les ossements eux-mêmes furent transportés dans le cimetière actuel dont il nous reste à parler. Le 2 octobre 1832, M. Millon des Buttes, propriétaire au Croisic, donna à la commune un pré destiné à devenir le nouveau cimetière ; mais comme ce terrain n'avait pas la profondeur exigée pour les inhumations, que de plus il n'était pas entièrement clos, ce qui nécessitait l'obtention de l'autorisation administrative, on dut attendre deux années pour réaliser, petit à petit, la surélévation progressive du sol au moyen d'apports de terre. Le 2 septembre, fut rendu par le maire, M. Caillard, un arrêté aux termes duquel « aucune inhumation ne pourrait être faite dans l'ancien cimetière près de l'église » à partir du mercredi 3 septembre 1834 et décidant que « les personnes décédées seraient inhumées dans le nouveau cimetière, disposé hors ville, et situé sur le chemin conduisant à la barrière » [Note : Cette porte, qui existait en 1517 (Voir Compte de 1517), faisait partie du système de défense du Croisic du côté du Bourg-de-Batz ; ce dernier consistait en un long mur partant de la côte et aboutissant à l'ancien chemin du Bourg-de-Batz par le Marais (Caillo, 1842, p. 206 ; elle dut être complètement rasée vers 1630, époque où les Croisicais obtenaient de Louis XIII l'autorisation de bâtir une « Maison de ville » sur l'emplacement de la forteresse de la place Dinan (autrefois construite par Nicaise Bouchard, capitaine de Batz et du Croisic en 1355), très endommagée par La Tremblaie en 1797. Celui-ci n'avait sans doute pas ménagé non plus la porte de la Barrière (Voir le Guide du Croisic de René de Cornulier-Lucinière)].

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ANCIENNE NOBLESSE du CROISIC

(à compléter)

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