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CORSEUL |
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La commune de Corseul ( |
ETYMOLOGIE et HISTOIRE de CORSEUL
Corseul vient de Coriosolite (un peuple gaulois). La ville de Corseul couvrait, à l'époque gallo-romaine, plus de 110 hectares et plus de cinquante sites archéologiques y ont été repérés aujourd'hui.
Corseul est une ancienne paroisse primitive qui englobait jadis outre le territoire actuel de Corseul, ceux de Quévert, Aucaleuc, Vildé-Guingalan (moitié nord), Saint-Maudez, Saint-Michel-de-Plélan, Saint-Méloir-près-Bourseul (moitié nord), Bourseul (moitié nord), Nazareth (aujourd'hui en Plancoët) et Languenan (moitié sud).
C'est sous le nom de Civitas Coriosolitum (C. Cor.) que la ville de Corseul est désignée sur une borne milliaire trouvée à Saint-Méloir-des-Bois, gravée vers 269-270. C'est sous le nom de Fanum Martis (temple de Mars) qu'elle apparaît dans la Table de Peutinger, itinéraire routier dans la rédaction remonte au IIIème siècle. Vers 340, la ville de Corseul, supplantée par Alet (Saint-Servan, Ille-et-Vilaine) se dépeuple progressivement. Il y a, semble-t-il, à cette époque un duc (ou chef militaire) de Corseul (Corsoldi dux), évoqué par la Vie de S. Mélar (Mor., Pr. I, 223). Vers 515, un prêtre gallo-romain, Speratus, dénonce aux autorités ecclésiastiques de Tours, les prêtres bretons Lovocat et Catihern pour non respect des pratiques de l'Eglise romaine.
Selon sa Vie latine, écrite vers 869, saint Malo aurait opéré dans l'église de Corseul un triple miracle (ressuscité un mort, changé de l'eau en vin et une pierre en calice).
Dès le XIIème siècle, la paroisse de Corseul est gratifiée de ladjectif ethnique Corsoltensis (Anc. év. IV, 395), à linstar des autres chefs-lieux de cité gallo-romaine ou de diocèse (Briocensis, Trecorensis, Corisopitensis, Venetensis, Macloviensis, Dolensis, etc..).
Dès 1084, Corsolt ou Corsoltum apparaît dans la charte de fondation du prieuré de Saint-Florent-sous-Dol (Archives du Maine-et-Loire). Son église, ecclesia Sancti Petri Corsoltensis, est citée en 1123 (Anc. év. IV, 395), lorsque l'évêque d'Alet fait, à la demande d'un clerc qui les tient de ses parents, don à l'abbaye de Marmoutier (Touraine) de la moitié des revenus, des dîmes et autres droits de l'église Saint-Pierre de Corseul. Dès 1123, on assiste à un conflit entre l'abbaye de Marmoutier et celle de Saint-Jacut, à propos des droits sur l'église Saint-Pierre de Corseul. En 1121, est cité, comme témoin d'un acte, un certain Hugo de Corsolt. Corseul (Corsot) est une paroisse et titulaire d'un doyen dès 1184 (Anc. év. IV, 360). Par un acte de 1253, on apprend que les moines de l'abbaye de Beaulieu jouissaient autrefois, moyennant le paiement d'une redevance annuelle de 20 livres aux moines de Marmoutier, des revenus des églises de Corseul et de Saint-Maudez. Un prieuré dont la valeur est estimé à 1000 livres en 1665 dépendait jadis de l'abbaye de Beaulieu. L'abbaye de Saint-Jacut semble détenir aussi de nombreuses dîmes (Mettescieu, Mettrie, Lisoreu, Fauerais, Tremeur, Mallerieux, Montafilant,....) dans la paroisse de Corseul.
La paroisse de Corseul appartient, sous l'Ancien Régime, au diocèse de Saint-Malo. L'ancienne paroisse de Corseul dépendait de la subdélégation et du ressort de Dinan. La cure était présentée par l'abbé de Beaulieu. Corseul élit sa première municipalité au début de 1790. Elle devient chef-lieu d'un canton de 1790 jusqu'à l'an X. Le territoire de la commune de Corseul est diminué à plusieurs reprises :
par lordonnance du 21 décembre 1827, il cède à Bourseul une fraction, près du village de la Ville-Ory ; | |
par la loi du 19 mars 1841, il cède à Plancoët vingt villages, dont ceux de Nazareth et de Caunelaye ; | |
par la loi du 21 juin 1901, il cède à Saint-Michel-de-Plélan : les villages de la Mare, l'Hôtel-Rieux, le Bézier, la Ville-Buzard, les Ruettes et le Biez, de Peignehel, la Hautière et le Bois-Morin ; |
On rencontre les appellations suivantes : Fanum Martis (au IIIème siècle), Civitas Coriosolitum (au IVème siècle), Eccl. Corsult (vers 869), Corsolt (en 1084), villa Corsolt, Sancti Petri Corsoltensis ecclesia (en 1123), Corsot (en 1129, en 1163, en 1184), Corseut (à la fin du XIIème siècle), Corsout (en 1226, en 1259), Corseut (vers 1330), Corsout (en 1358), Coursout (vers 1400), Corseult (en 1443), Corsoult (en 1498, en 1509), Coursault (en 1557).
Note : la commune de Corseul est formée des villages : le Verger, la Porte-Rocher, la Ville-Haute, la Leuvelais, le Tertre, le Petit-Bois-Rolland, le Grand-Bois-Rolland, le Fouriais, la Noë-Bouexière, le Hâlouse, la Ville-Acca, la Gueurivais, Caulac, la Bardelais, la Grande-Evinais, la Louverie, etc ...
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PATRIMOINE de CORSEUL
l'église Saint-Pierre (XVème siècle), reconstruite en 1836. La première pierre de l'église est bénie le 30 mai 1836. L'église est consacrée le 8 avril 1839. L'église contient des bénitiers du XIIème siècle et du XVème siècle. La cuve baptismale date du XIIème siècle. L'église renferme la stèle funéraire de Siligia (IIème siècle) : on y voit une inscription latine signifiant "Aux Dieux mânes Siligia Namgide originaires d'Afrique, qui avec une extraordinaire affection suivit son fils, repose ici. Elle a vécu 65 ans" (Caius Flavius Ianuarius son fils a fait poser son monument) ; | |
la chapelle Sainte-Eugénie (XIVème siècle), reconstruite en 1735. Elle a conservé un fenestrage du XIVème siècle ; | |
l'ancienne chapelle de Saint-Uriac, située jadis près de la tour du Haut-Bécherel et aujourd'hui disparue ; | |
une croix romane (XIème siècle), située rue Montafilant ; | |
les restes du château de Montafilant (XII-XIVème siècle) édifié par les vicomtes de Dinan. Le plus ancien témoignage de Montafilant est une charte de 1223 contenant un acte passé à Montafilant et signé par Saint Guillaume, évêque de Saint-Brieuc, contenant un emprunt de "XX.. librog et XIum solidos" fait à Saint-Aubin-des-Bois, par Marguerite de Plancoete (ou Plancoët). Il se termine ainsi : "Datum apud Montafilant in crastino beati Martioi hiematis, anno Domini MCCXXX tertio" (Cartulaire de l'abbaye Saint-Aubin-du-Bois). L'édifice remanié au XIVème siècle forme une sorte de triangle flanqué de sept tours. A la fin du XVème siècle, le château est laissé à l'abandon et sert alors de carrière de pierre. On y a découvert une statuette de sainte Agathe ayant à ses côtés un chevalier et une dame du XIIIème siècle. Les seigneurs de Montafilant sont issus d'un prince de la maison de Dinan et le premier dont on ait connaissance est Roland de Dinan, chevalier, seigneur de Montafilant, qui vivait en 1160, et c'est lui probablement qui fait bâtir le château dont on voit aujourd'hui les ruines. Après lui vient Roland II de Dinan, qui vit en 1282. Puis Roland III, sire de Montafilant, qui vit en 1304 et épouse Anne de Léon. Geoffroy de Dinan, sire de Montafilant, marié à Jeanne d'Avaugour, fille d'Alain, baron d'Avaugour, et mort en 1312. Roland IV de Dinan, sire de Montafilant, marié à Thomasse de Châteaubriand. Roland V de Dinan, sire de Montafilant, marié à Jeanne de Craon : il embrasse le parti de Charles de Blois dans la guerre de la succession, et est tué en 1364 à la bataille d'Auray. Charles de Dinan, seigneur de Montafilant est marié quatre fois : à Jeanne d'Ancenis, à Constance de Coëlen, à Jeanne de Beaumanoir et à Jeanne Raguenel. Charles entre ensuite au service du roi de France en 1369, et fait toutes les guerres de l'époque sous Du Guesclin, Clisson et Sancerre. Il meurt le 19 septembre 1418. Bertrand de Dinan, seigneur de Montafilant, de Beaumanoir, de Huguetière et de Châteauceaux, maréchal de Bretagne, lieutenant du roi et capitaine-général des provinces d'Anjou et du Maine, épouse d'abord Marie de Surgères, et en secondes noces Jeanne d'Harcourt. Il meurt sans postérité le 12 mai 1444. Son frère, Jacques de Dinan, lui succède dans la possession du fief de Montafilant et de la seigneurie de Beaumanoir. La terre de Montafilant passe ensuite par alliance dans d'autres mains et finit par tomber dans la famille de Rieux ; | |
le manoir de la Bage de Trégouèt (XIXème siècle), situé rue de l'Hôtellerie. Il s'agit d'une ancienne abbaye transformée en manoir et remaniée au XIXème siècle. Propriété successive des familles Labbé (du XIIIème au XVIIème siècle), Trégouèt (XVII-XVIIIème siècle) et L'Estang du Rusquec. Propriété de Jehan Labbé en 1480 ; | |
le manoir de la Vildé-Bouétard (XVIème siècle). Il s'agit d'une ancienne dépendance de la commanderie de la Guerche, à Yvignac. Propriété de Jehan Bouetart ou Bouétard en 1480, de la famille Aubry de Vildé (aux XVII-XVIIIème siècles) et de la famille Thibault de La Guichardière (aux XIX-XXème siècles) ; | |
le château ou manoir de la Tandourie (XVIème siècle). Propriété successive des familles Lenfant (XIV-XVIème siècle), Rogon (XVI-XVIIème siècle) et Goret de La Talmachère (XVIIème et XVIIIème siècles). Propriété de Raoul Lenfant en 1480. On y voit une chapelle privée ; | |
le château du Plessis-Madeuc (XVIIème siècle) ; | |
le château de la Caunelaye (XVIIème siècle), propriété de la famille Pontbriand depuis le XVIIème siècle ; | |
la fontaine Saint-Uriac (moyen âge) ; | |
19 moulins dont les moulins à vent de Brandefer, de la Ville-Roux et les moulins à eau de Vau-Lambert, de Trémeur, de la Motte-Rieux, de Montafilant, de Miroir, .. |
A signaler aussi :
des vestiges archéologiques du Clos-Mulon (époque gallo-romaine) ; | |
les ruines de la Cella dun Temple situé au Haut-Bécherel. Certains historiens prétendent qu'il s'agit du Fanum Martis (temple de Mars) édifié à la fin du 1er siècle de notre ère. Ce temple aurait été incendié à la fin du IIIème siècle. Mars était une divinité tutélaire des Coriosolites ; | |
le jardin des antiques (époque gallo-romaine). Autour de la mairie sont groupés des débris de colonnes romaines. La colonne de Jupiter date du I-IVème siècle ; |
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ANCIENNE NOBLESSE de CORSEUL
La Villedeneuc, autrefois terre noble, a appartenu à une famille Loisel. En 1170, Roland de Dinan donnait sa part des dîmes de Plouasne à Marmoutiers, avec le couteau de J. Loisel, attaché à son service : "Cum cutello Jo. Loisel, famuli mei". Les autres terres nobles de Corseul étaient : la Caunelaye (avec haute justice), la Bouexière, le Mirouet et la Grande-Bouexière, la Ville-Foux, la Ville-Raoul, la Ville-Roux, la Tandourie, le Bois-Adam, aussi avec hautes justices. La Forestie, le Plessis-Madeuc, l'Abbaye ou Maison l'Abbé, la Ville-Rue, avec moyennes justices. La Ville-Hat, le Bois-Laurent et le Vinay.
Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence de 30 nobles de Corseul :
| Jehan BOUETART (80 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît armé dune pertuisane ; | |
| Jacques CHASTEL (20 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît armé dune jusarme ; | |
| Eon CHEROUAIS (3 livres de revenu) : défaillant ; | |
| Perceval DE BOURCOULT (60 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît armé dune jusarme ; | |
| Guillaume DE LA BOUEXIERE (60 livres de revenu) : défaillant ; | |
| François DE LA BOUEXIERE (50 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; | |
| Héritier François DE LA BOUEXIERE de Mettery (30 livres de revenu) : défaillant ; | |
| Henri DE LA TOUR (3 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît armé dune pertuisane ; | |
| Jehan DE LA TOUR : défaillant ; | |
| Mondin DE LA LANGUIE (3 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; | |
| Alain DE LAUNAY (20 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; | |
| Gilles FLAULT (10 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît armé dune jusarme ; | |
| François GAHARI : défaillant ; | |
| Jacques HARDY (50 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît armé dune jusarme ; | |
| Jehan LABBE de lAbbaye (80 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; | |
| Olivier LABBE, notaire en 1481 (40 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît armé d'une jusarme ; | |
| Guillaume LE BEGACZONS (80 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; | |
| Gilles LE FORESTIER de Villesfous (140 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; | |
| Guillaume LE FORESTIER de Foresterie (80 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît armé dune jusarme ; | |
| Robert LE FORESTIER (50 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; | |
| Pierre LE MOUENNE (3 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît armé dune jusarme ; | |
| Raoul LENFFANT de la Tandourie (1000 livres de revenu) : comparaît comme homme darmes ; | |
| Louis LESQUEN (5 livres de revenu) : comparaît revêtu dune robe ; | |
| Pierre LESQUEN (5 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; | |
| Olivier LESQUEN : porteur dun paltoc et comparaît armé dune jusarme ; | |
| Robert PAIGNON (15 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; | |
| Roland PLANCOUET (5 livres de revenu) : porteur dun paltoc et comparaît armé dune jusarme ; | |
| Bertrand THOMAS (100 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît armé dune jusarme ; | |
| Jehan TISON (80 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; | |
| Denise VAUCOULEUR (120 livres de revenu) : porteur dune brigandine et comparaît en archer ; |
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