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CHATELAUDREN

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La commune de Châtelaudren (pucenoire.gif (870 octets) Kastellaodren) est chef lieu de canton. Châtelaudren dépend de l'arrondissement de Saint-Brieuc, du département des Côtes d'Armor (Trégor / Goëlo - Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de CHATELAUDREN

Châtelaudren vient de "castel" (château) et "Audren", nom d'un personnage.

Châtelaudren est un démembrement des anciennes paroisses primitives de Plélo (pour la partie est du Leff) et de Plouagat (pour la partie ouest du Leff). 

A l'époque médiévale (vers 447), Audren, fils aîné de Salomon Ier (quatrième roi des Bretons armoricains) fonde une motte féodale au bord du Leff. C'est un château féodal du XIème siècle qui donne son nom à la localité de Châtelaudren. En 1034, la seigneurie de Châtelaudren est réunie au comté de Guingamp et passe dans la maison de Penthièvre. En 1060, le fils du seigneur d'Audren donne aux moines du Lehon une terre pour y créer le prieuré Saint-Magloire. Entre 1137 et 1148, Eon (dit Pons, fils d'Audren et éponyme de Châtelaudren) et son fils Tréhen donnent au prieuré Saint-Magloire de Léhon, des biens situés en Châtelaudren (Castellum Audroeni). D’après une charte de 1150-1159, Châtelaudren (Saint-Mégloire de Castello Trehanni) aurait, semble-t-il, été érigé en église paroissiale à la demande du comte Henri, par Guillaume, évêque de Tréguier. Castrum Audreni est mentionné dès 1189 dans la charte de fondation de l'abbaye de Saint-Rion (Anc. év. IV, 8). En 1202, l'église devient la propriété de l'abbaye de Beauport.

Le duc Charles de Blois était autrefois le seigneur de la ville de Châtelaudren, chef-lieu du Goëllo. Châtelaudren était chef-lieu d’une châtellenie dès 1371 (lors du procès de canonisation de Charles de Blois) et devint le chef-lieu du comté de Goëlo et de la baronnie d'Avaugour. On trouve l’appellation Chastelaudrien en 1352 et Chastel-Audren en 1420 (lettres de Jean V, n° 1426). 

La paroisse de Châtelaudren se divisait autrefois en deux parties, dont l'une, située à l'Est du Leff, appartenait au diocèse de Saint-Brieuc, et l'autre, située à l'Ouest du Leff, appartenait au diocèse de Tréguier. Elle ressortissait à Saint-Brieuc, et avait Guingamp pour subdélégation. Le prince de Soubise en était le seigneur. La paroisse de Châtelaudren comptait au nombre de ses établissements un couvent de Récollets et une maladrerie de fondation commune, à présentation de l'évêque.

Châtelaudren élit sa première municipalité le 3 février 1790 et devient le chef-lieu d'un canton. Par ordonnance du 6 mai 1836, la commune de Châtelaudren s'agrandit d'un quartier (rue Bertho) qui dépend de la commune de Plélo.

On rencontre les appellations suivantes : Castellum Audroeni (en 1148), eccl. S. Maglorii de Castello Trehanni (vers 1150), Castrum Audrini (en 1181), Castrum Audreni (en 1184-1189), Castrum Audroeni (en 1198), Castrum Audrain (en 1202), ecclesiae de Castro Audren (en 1202), Chastel Audran (en 1296), Chastel Audren (en 1420).

Note : Par un traité du 27 juin 1387, le connétable de Clisson s'engage à remettre au duc de Bretagne Jean IV sa forteresse de Châtelaudren (Mor., Pr. II, 540). Il entre en sa possession dès la fin de 1387. Par une sentence royale du 20 juillet 1388, cette place est mise sous séquestre entre les mains du roi de France (Mor., Pr. II, 554). Vers 1420, le duc Jean V fait raser le château de Châtelaudren. Le 7 août 1422, le duc Jean V donne à son frère Arthur de Bretagne la ville et châtellenie de Châtelaudren (Mor., Pr. II, 1116). Le 24 septembre 1480, le duc François donne à son fils François, bâtard de Bretagne, la seigneurie de Châtelaudren et d'autres terres en Goëllo, en même temps qu'il le crée baron d'Avaugour (Mor., Pr. III, 368).

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PATRIMOINE de CHATELAUDREN

l'église Saint-Mégloire ou Saint-Magloire (1711-1732). Saint Magloire aurait, dit-on, habité dans l'ancien prieuré des Fontaines (aujourd'hui disparu et jadis, ancienne possession des Templiers). L'ancienne église est citée dès 1180 (ecclesia Sancti Maglorii de Castro Audrini...). Il s'agit, à l'origine, du prieuré fondé au XIème siècle par l'abbaye de Lehon. Le dôme de la tour date de 1725. Le retable du maître-autel, oeuvre d'Yves Corlay (1700-1778), date de 1730 ;

la chapelle Notre-Dame du Tertre (XIVème siècle), modifiée au XVème et au XVIIIème siècles. Fondée par les comtes du Goëllo vers 1300, elle est mentionnée pour la première fois en 1428. Restaurée vers 1400 (la nef) et modifiée à la fin du XVème siècle (choeur et porche latéral), elle devient au XVIIème siècle, un prieuré de l'abbaye Saint-Melaine de Rennes. Elle est agrandie au XVème siècle par l'ajout d'une chapelle au droit du choeur et d'un unique collatéral, tous deux au sud. Le porche méridional date de la fin du XVème siècle. Le clocher, édifiée sur la première travée de la nef, date de 1560. Les baies du côté sud sont agrandies en 1703. Le beffroi date de 1740. La sacristie date de 1757. La chaire date de la fin du XVème siècle. Le retable du maître-autel, oeuvre d'Yves Le Bonniec (sculpteur de Tréguier), date de 1650. Le retable du Rosaire date de 1673. Les vitraux, oeuvre d'Henri Larrière, datent de 1997. On y voit des peintures (des scènes de la Bible, la vie de sainte Marguerite, la vie de saint Fiacre, la vie de sainte Marie-Madeleine) du troisième quart du XVème siècle, restaurées en 1851-1852 et en 1969-1964 ;

la croix de Notre-Dame du Tertre (XVIIIème siècle) ;

l'oratoire Notre-Dame-du-Bon-Voyage (XXème siècle), situé route de Quintin ;

les maisons de la place de la République (XVIIIème siècle). On particulier l'hôtel de Soubise et la maison du numéro 13 (1778) ;

les maisons de la place du Leff (XVII-XVIIIème siècle). Notamment celles du numéro 9 (1783), du numéro 16 (1722)  et du numéro 41 (1774) ;

d'autres maisons de la rue Pasteur (XVIIIème siècle), de la rue Aribart (1786), de la rue Berthou (1721) et de la place du Général-de-Gaulle (1774) ;

la fontaine Saint-Vincent-Ferrier (XVème sècle), restaurée au XXème siècle ;

2 moulins à eau "ayant entre eux 5 roues" ;

A signaler aussi :

la motte du château d'Audren démoli en 1420 et situé près de l'étang (moyen âge). L'histoire nous apprend que sainte Azénore, fille d'Even, comte de Léon, et mère de saint Budoc, évêque de Dol, fut enfermée dans la tour de ce château par son mari jaloux, le comte de Goëlo. Ce fut encore dans ce château qu'Audren reçut, en 449, saint Guitelin, archevêque de Londres, qui était député vers lui pour demander des secours et lui offrir la couronne d'Angleterre. Audren, que l'église a canonisé sous le nom de saint Derien, refusa ces offres ; mais il fit accepter son frère Constantin, qui partit à la tête de 2000 armoricains, et chassa de l'île britannique les Alains, les Scots, les Pictes et les Saxons, qui s'en étaient emparés. A la suite de cette victoire, les Bretons insulaires le proclamèrent leur roi ;

un étang datant du XIIème siècle (défense du château) ;

un lavoir du XVIIIème siècle (place du Champ-de-Foire) ;

la tombe de l'abbé Aribart (1836), située au cimetière ;

la découverte en 1767 de la mine de plomb argentifère dite de Châtelaudren. Les mines s'étendent aussi à Trémuson où se trouvent les filons de Trémuson et des Boissières ainsi que les puits du Cavalier et des Cruhauts. Le 16 novembre 1790, la fonderie de la Ville-Fumée est vendue et l'exploitation des mines de Châtelaudren est interrompue (Arch. Côtes-d'Armor, 1E 1778). Elle n'est reprise qu'en 1865. Le 9 décembre 1865, la concession des mines de Trémusson (galène, sulfure de plomb argentifère) est accordée à Charles Le Maout. Voir aussi  mines de plomb argentifère Les mines de plomb argentifère dans les Côtes-d'Armor ;

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ANCIENNE NOBLESSE de CHATELAUDREN

En 1300, la terre de Boisboessel et les Fosses-Raflé sont à Yves de Boisboessel. La terre de Boisboessel possédait jadis un droit de moyenne et basse justice qui s'exerçait à Saint-Brieuc. En 1380, la Ville-Hernault est à François de Rosmarch. En 1440, le Quintillic est à Jean Josom. Châtelaudren possédait un droit de haute justice et appartenait au prince de Soubise. Perrien, possédait un droit de haute justice et appartenait à M. de Perrien. Kerdaniel possédait un droit de haute justice et appartenait à M. de Guébriant. Kermartin, possédait un droit de moyenne et basse justice et appartenait à M. de Lanascol. Malros possédait une moyenne et basse justice et appartenait à M. le Gac. Tréguidel possédait une moyenne et basse justice et appartenait à M. de Trémargat.

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Tréguier de 1481, on comptabilise la présence de 10 nobles de Châtelaudren (il y en avait 10 en 1426) :

Jehan BERNARD : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Yvon CROHUS : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Jacques DU BOESGELIN : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Thomas DU BOESGELIN de Kerabel : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Guillaume HARQUOT : défaillant ;

Etienne HELIOU : défaillant ;

Silvestre de PERRIEN (400 livres de revenu) : comparaît en Homme d'Armes ;

Foulques de ROSMAR : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Guillaume de ROSMAR de Kerdaniel (400 livres de revenu) : comparaît en Homme d’Armes ;

Olivier de ROSMAR : porteur d’une brigandine et comparaît en archer.

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