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Bienvenue chez les Anceniens

ANCENIS

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La commune d'Ancenis (pucenoire.gif (870 octets) Ankiniz) est chef lieu de canton. Ancenis dépend de l'arrondissement d'Ancenis, du département de Loire-Atlantique. 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de ANCENIS

Ancenis vient du celte "Ank-enis" (île d'Ank).

Il est probable que la paroisse d'Ancenis ait été évangélisée au VIème siècle,  époque de l'apostolat de saint Ermeland, ermite et missionnaire. Ce dernier avait fondé l'abbaye d'Indre. On retrouve le culte de saint Ermeland à Saint Erblon (déformation de son nom) et à Montrelais. Ces églises se reconnaissent comme Saint Géréon et Mauves les filles de son abbaye d'Indre.

Le premier château d'Ancenis est fondé vers 980-985 par Guerech (ou Guérech), fils d'Alain Barbe Torte le libérateur de Nantes, vainqueur des Normands, ou par Aremberge (ou Aremburge), épouse du comte Guerech de Nantes, pour défendre le comté Nantais contre le comté d'Anjou (rivalité devenu plus vive depuis le meurtre du jeune Drogon et le refus de Foulques de secourir Nantes contre les Normands). La situation frontalière du site et sa position sur l'axe de communication et de pénétration que constituait la Loire au Moyen Age conféra un rôle stratégique de première importance à cette forteresse (ainsi qu'à la forteresse de Champtoceaux, où fut enfermé Jean V). Un fossé creusé dans la roche isolait le château de la ville, elle-même fortifiée. De toute antiquité, il y avait un port à Ancenis. Dès 987, le château est assiégé par Geoffroy d'Anjou qui périt devant ses murs. Le fils de Guérech, Alain, n'ayant pas fait souche, le comte de Nantes donne à un de ses vaillants soldats Alfrid ou Alfred (an 1000), le soin de défendre Ancenis, et il en devient le premier seigneur (Chotard d'Ancenis était à la première croisade). Lui succèdent Maurice, Guihenec II ou Guihenoc II, Geoffroy Ier, Guihenoc III et 6 Geoffroy. 

Dès le XIIème siècle, nous voyons les seigneurs d'Ancenis faire des donations importantes à l'abbaye de Saint-Florent-le-Veil, et le seigneur d'Oudon donnait l'église de ce lieu à l'abbaye Saint-Aubin-d'Angers pour 400 sols d'or et un superbe cheval (E. Maillard). Les seigneurs d'Ancenis payaient aux moines de Melleray annuellement 24 lamproies de leurs écluses ou 24 aloses. Les forges de la Poitevinière et de la Provotière relevaient des barons. Il en était de même pour les mines de charbons de Montrelais et de Mouzeil.

Propriété des barons d'Ancenis, le château est pris en 1173 par Henri II, roi d'Angleterre, qui augmente les fortifications et en confie la garde à Maurice de Craon. Philippe-Auguste reprend la place qui est de nouveau emportée en 1213/1214 sous Philippe de Dreux. En effet, le château est assiégé par les Anglais (et Jean sans Terre, duc d'Anjou devenu Roi d'Angleterre après la mort de son frère Richard de Lion) en 1214, puis à nouveau par l'armée française en 1220 (Saint Louis, alors âgé de 16 ans, est assisté de sa mère Blanche de Castille). En 1230, Saint Louis vient à Ancenis et rend une ordonnance qui dégage les seigneurs du serment de fidélité envers leurs ducs. Pendant la longue guerre de Blois et de Montfort, Ancenis est occupé dès le commencement par les Français. C'est par le mariage de Jeanne II, baronne d'Ancenis, que ce fief passe à l'illustre famille de Rieux. Le château est démoli en 1487 sur ordre de Charles VIII et en 1490 sur ordre d'Anne de Bretagne. Le château est ensuite reconstruit vers 1530 pour être de nouveau démantelé en 1626 sur ordre de Louis XIII. Il est pillé au XVIIIème siècle par les Vendéens. C'est au château d'Ancenis, en 1598, qu'a lieu les réunions préparatoires de l'Edit de Nantes, entre les représentants de Henri IV et ceux du duc de Mercoeur, baron d'Ancenis du chef de sa femme. 

Pendant la guerre de Vendée, Ancenis est occupé trois fois par les royalistes : en juin 1793, avant l'attaque de Nantes ; en octobre, lors du passage de la Loire, et en décembre, après la bataille du Mans. Le 17 juin les forces royales, dirigées par le général Canclaux, attaquent Ancenis : le siège dure plus de 15 heures et Cathelineau est blessé à mort. L'armée vendéenne passe le fleuve de Saint-Florent - Varades, le 16 octobre 1793, et à la mi-décembre, c'est "le retour d'un troupeau désordonné qui tente de regagner le bercail". Les grenadiers du général François Westermann remportent à Ancenis une victoire sur l'armée vendéenne en 1793.

Les sires de la Ramée, qui dépendent juridiquement du prieuré de Saint-Géréon, s'installent en 1160 dans le château de la Guère, reconstruit vers 1746.

Un couvent de Cordelier est fondé en 1448 par Jeanne d'Harcourt, veuve de Jean III de Rieux, baron d'Ancenis. L'ordre s'installe vers 1591 sur l'île-aux-Moines. Démoli sous la Révolution, il ne subsiste du couvent que la chapelle Saint-Clément. Un second couvent est fondé à Ancenis (aujourd'hui en Saint-Géréon), en 1626, par les dames Ursulines de Nantes, qui y envoyèrent huit religieuses sous la direction de la soeur Antoinette de Bruc.

L'histoire d'Ancenis est étroitement liée aux conflits entre le duché de Bretagne et la France. Ce conflit prend fin suite au traité d'Ancenis (première étape vers le rattachement du duché de Bretagne à la France) signé le 10 septembre 1468 entre le duc de Bretagne François II et le roi de France Louis XI au Pontrau. Ce fut aussi à Ancenis, le 9 août 1485, que François II jura d'observer les clauses du traité, en présence des ambassadeurs du roi et la main sur les Evangiles. 

A partir du XVIIème siècle, l'histoire d'Ancenis se réduit à quelques faits de peu d'importance. Louis XIII traverse la ville d'Ancenis en 1614 et en 1622. Louis XIV s'y arrête en 1661. Ancenis était une des villes de Bretagne qui avaient droit de députer aux Etats. Les Etats s'y réunirent deux fois, une première fois en 1630, une seconde fois en 1720. Aux deux époques, les séances se tinrent au couvent des Cordeliers [Note : Dix mois après l'exécution des conspirateurs bretons, les Etats se réunirent à Ancenis (17 septembre 1720). Le maréchal d'Estrées avait été choisi comme gouverneur avec mission de panser les plaies de la province et de calmer les esprits. Sa femme était gracieuse et accueillante. Tous deux recevaient luxueusement : « Il ne s'est jamais rien vu dans la province de si magnifique et de si somptueux que leur maison, soit par la quantité de domestiques, soit par la superbe livrée dont ils étaient vêtus, soit par l'attention qu'ils avaient à prévenir tout ce qu'on pouvait désirer !. Matin et soir, quatre tables de 18 couverts étaient en permanence. C'était une profusion incroyable. Cent maîtres d'hôtel pouvaient à peine suffire à faire le café, le thé et le chocolat qu'on y prenait à toutes les heures du jour. Il y avait huit cuisiniers en chef et près de cent aides pour la rôtisserie et la pâtisserie. Un des " chefs " disait un jour à la Maréchale " qu'un boeuf paraissait dans la cuisine comme un anchois ". En certains jours on en tua jusqu'à trois, et, sans comprendre le vin des domestiques, il fut consommé dans la maison dix mille bouteilles de vin de Bourgogne et de Champagne en cinq semaines. Le soir on jouait gros jeu ». Les tables de Mgr. de Tressan, évêque de Nantes, président de l'Eglise, et du marquis d'Ancenis, président de la noblesse, n'étaient pas moins abondantes, et peut-être plus délicates. « La politesse et la liberté qui y régnaient augmentaient le prix de tout ce qu'on y servait de bon et de recherché ». L'intendant Feydeau de Brou recevait moins de convives, mais ce qu'on mangeait à sa table était si délicieux et les vins si exquis qu'on la préférait encore aux autres. Le premier président de Brilhac et le sénéchal de Nantes, Charette de la Gâcherie, président du Tiers, invitaient aussi chaque jour à dîner quinze ou vingt personnes. Et l'on continuait à danser Les gentilshommes couraient de fête en fête. Les Etats ne siégeaient pas l'après-midi. C'était chaque jour plaisirs nouveaux. Par ces belles journées d'automne, le maréchal d'Estrées et la maréchale allaient souvent se promener sur les bords de la Loire dans les vertes prairies qui entouraient la ville d'Ancenis. Le roi n'avait pas un plus beau cortège, huit pages suivaient à cheval, dix ou douze carrosses à six che­vaux, remplis d'évêques et de dames, tous les petits maîtres, aussi à cheval, voltigeaient autour des carrosses, et plus de cent gentilshommes magnifiquement vêtus les accompagnaient au bord de l'eau (d’après B. Pocquet, Histoire de Bretagne, Tome VI, pages 160 à 166)].

Le 10 mars, avaient lieu, à Saint-Mars-la-Jaille, les opérations préliminaires de la réquisition. Pendant ces opérations, des jeunes gens exaltés envahirent la salle où étaient réunies les autorités et les en chassèrent ; la force publique fut désarmée et maltraitée ; une rixe sérieuse s’engagea, et quelques-uns des combattants y perdirent la vie. Cette affaire fut le signal de la levée de boucliers des royalistes dans le district d'Ancenis ; toutes les communes de ce district se soulevèrent et, dès le 13 mars, les autorités reçurent l’avis que les révoltés, en nombre considérable, marchaient sur la ville d'Ancenis.

La ville d'Ancenis est appelée, dans les anciens actes, tantôt Ancenium, tantôt Ancenisium ou Andenisium.

Ancien plan d'Ancenis

Note 1 : Ancenis a aussi une incontestable importance comme siège d'une des anciennes baronnies de la province. Voici la liste des seigneurs qui furent les barons d'Ancenis depuis l'apparition du premier vers l'an mil jusqu'à l'abolition des privilèges dans la nuit du 4 août 1789 : Alfred Ier d'Ancenis Premier baron installé par le comte de Nantes Judicaël (vers l'an 1000), Alfred II d'Ancenis (existait en 1050 et 1057), Guihenoc Ier d'Ancenis (vivait à la fin du XIème siècle), Maurice d'Ancenis (vers l'an 1100), Guihéneuc II d'Ancenis (en 1127 - 1132), Geoffroy Ier d'Ancenis (en 1132 – 1140), Guiheneuc III d'Ancenis (en 1177 s'en alla à Jérusalem), Geoffroy II d'Ancenis (en 1202 – 1227), Geoffroy III d'Ancenis (en 1238 - 1248, il combattit à Bouvines et se croisa en 1238), Geoffroy IV d'Ancenis (en 1275 - 1285), Geoffroy V d'Ancenis  (en 1290 – 1315), Geoffroy VI d'Ancenis (en 1315 - 1351). Après la onzième génération de cette famille, la baronnie d'Ancenis tomba successivement deux fois en quenouille, c'est à dire que le dernier héritier était une fille et qu'en se mariant, elle faisait passer la seigneurie dans une autre lignée. Geoffroy VI en mourant laissait deux filles, l'aînée Jeanne Ière d'Ancenis épousa le valeureux chevalier Guillaume de Rochefort fort estimé du duc de Bretagne. Guillaume de Rochefort et Jeanne Ière d'Ancenis laissèrent eux-mêmes une fille héritière. Jeanne II de Rochefort et d'Ancenis, après un mariage sans enfant avec Louis de Montfort, épousa le 13 février 1374, le puissant Seigneur Jean II de Rieux descendant des ducs de Bretagne et allié aux plus hautes familles du duché. Les seigneurs d'Ancenis sont alors : Jean II de Rieux  (en 1374 - 1417), Jean III de Rieux (en 1417 - 1431), François de Rieux (en 1431 - 1458), Jean IV de Rieux  (en 1458 - 1518, il fut le gouverneur d'Anne de Bretagne), Claude Ier de Rieux (en 1518 - 1532), Claude II de Rieux (en 1537 - 1548). Louise de Rieux sœur et héritière du précédent épousa en 1550 un cadet de la famille de Lorraine, René, marquis puis duc d'Elbeuf qui mourut en 1566 suivi de sa femme en 1569. Charles d'Elbeuf (1569 - 1598) vendit sa baronnie à son cousin Philippe de Lorraine duc de Mercoeur [Il fut le beau-frère du roi Henri III assassiné en 1589, sa sœur Louise de Lorraine l'avait épousé en 1575] qui se servit du château d'Ancenis contre les protestants en tant que chef de la ligue catholique. La veuve de Mercoeur, Marie de Luxembourg, garda Ancenis et légua ses biens à sa fille Françoise de Mercoeur qui avait épousé César duc de Vendôme, fils bâtard de Henri IV et de Gabrielle d'Estrées. Couvert de dettes, César duc de Vendôme échangea Ancenis avec Monseigneur de Boislève, évêque d'Avranches le 18 mai 1657. Celui-ci l'échangea à son tour avec Arnaud Béthune marquis de Charost. Armand de Béthune duc de Charost avait épousé, le 22 février 1657, Marie Fouquet fille du fameux surintendant arrêté et envoyé en prison en 1661. Armand mourut en 1681. La seigneurie d'Ancenis devint ensuite la propriété de Armand II de Bethune  (en 1680 - 1709), Paul-François de Béthune, gouverneur de Louis XV (en 1709 - 1737), François de Béthune (en 1737), Armand-Joseph de Béthune, duc de Charost (en 1739 - 1800). Armand-Joseph de Béthune, duc de Charost, naît à Versailles le 1er juillet 1738 (de François-Joseph de Béthune et de Marthe-Elisabeth de la Rochefoucauld-de-Roye, duchesse d'Ancenis), occupa divers postes militaires, de mousquetaire en 1754 à maréchal des camps et armées de Sa Majesté en 1770. Marié une première fois le 19 février 1760 avec Louise-Suzanne-Edmée Martel, il avait perdu tous ses enfants. Il épousa en seconde noce Henriette-Adelaïde-Joséphine Bouchet de Souches de Tourzel, la fille aînée de la duchesse de Tourzel, dernière gouvernante des enfants du roi Louis XVI. Le 25 mars 1780, le duc facilite l'achat, au nom de M. Thoinet, de la maison de la Communauté des Soeurs Hospitalières, pour y installer un Collège. En 1787, sous son autorité, on perce une nouvelle rue (nommée rue de Charost) entre la rue Saint-Michel (près des Halles) et la rue de Beauvais. Emprisonné pendant la terreur, il fut libéré après thermidor et mourut le 27 octobre 1800 à l'âge de 62 ans (il est enterré à Meillant dans la chapelle du château) en laissant tous ses biens à sa jeune femme Henriette Adélaïde de Tourzel. Celle-ci mourut en 1837 laissant comme héritier, le fils de son frère, Olivier duc de Tourzel. Ce dernier mourut sans enfant en 1845, laissant comme héritiers les enfants de sa sœur Emilie de Tourzel qui avait épousé Emeric Laurent de Durfort-Civrac duc de Lorges. Le duc de Lorges, né en 1800, marié à Emilie de Tourzel née en 1806, fille de Charles de Tourzel et de Augustine de Pons, décédée le 22 avril 1844, fut pair de France. Il démissionna en 1830. Leurs trois enfants recueillirent la succession de leur oncle duc de Tourzel : M. Louis Anne Paul de Durfort-Civrac comte de Lorges, M. Marie Louis Augustin de Durfort-Civrac, Mlle Marie Hélène Louise de Durfort-Civrac. Les ducs de Lorges vendirent le château d'Ancenis aux religieuses de Chavagnes pour en faire un pensionnat de jeunes filles. L'école héberge en 1914 des réfugiés, puis le régiment de Péronne qui y reste jusqu'en 1919. En 1943-1944, la ville d'Ancenis est bombardée et le château endommagé. Le château a été le théâtre de nombreux combats et de sièges par les roi de France : Jean II Le Bon s'empare d'Ancenis pour Charles de Blois, Louis XI l'assiège dans sa lutte contre François II et l'artillerie de Charles VIII abat tours et clôtures. Ancenis est démantelé par Anne de Bretagne qui ensuite le fait reconstruire par Henri IV en lutte contre Mercoeur et par Richelieu en 1626 (extrait tiré en partie de l'œuvre de l'abbé Trochu).

Note 2 : Champtoceaux sur les bords de la Loire, fut apprécié jadis par les tribus celtiques et les gallo-romains y placèrent un cimetière (à Champalud). Au point de vue religieux, Champtoceaux dépendait du diocèse de Nantes. Les recteurs de Champtoceaux furent : Jean Urvoy, René et Claude Morin, Mathurin Pinseul, de Kersaliou, etc... Champtoceaux fut une baronnie et englobait Saint-Florent, Beaupréau, Montrevault. Les principaux titulaires de Champtoceaux furent les ducs de Bretagne, les Clisson, René d'Anjou, puis Louis XI. Les différents fiefs furent : La Turmelière (aux de Bellay), La Gallouère (aux Latour-Landry), La Touche (aux Roumain), La Varenne (aux de La Bourdonnaye), La Beuverie (aux de Bruc). Les premiers maires furent : Pierre Chetou, Poulain des Furetières, Morin d'Yonnières.

Note 3 : Instruction publique à Ancenis. — Jean Davy, prêtre, laissa une maison aux habitants d'Ancenis en 1543, en exprimant le désir qu'elle servît au logement du régent prêtre ou laïque qui devait tenir les écoles de la ville. Cette institution, avant de devenir un collège fameux, resta longtemps dans une situation très modeste ; il est donc à présumer qu'elle renfermait, à l'origine, une classe élémentaire pour les enfants. Nous aurons plus d'une fois, l'occasion de remarquer que les prêtres eux-mêmes, quoique portés par goût vers les leçons de latin, ne dédaignaient pas d'enseigner aussi la lecture, l'écriture et la grammaire dans les bourgs dépourvus de petites écoles. Les documents ne nous ont pas conservé un seul nom de maître, enseignant en dehors du collège ; nous sommes donc obligés d'admettre que la fondation Davy a suffi à tous les besoins. Les filles ont eu leurs écoles régulières à l'arrivée des Ursulines, à Ancenis, c'est-à-dire à partir du 25 novembre 1642. Ogée s'est trompé dans son dictionnaire en avançant que ces religieuses ne s'étaient établies à la Davraie qu'en 1743 : il est avéré qu'elles possédaient cette propriété dès 1646 (Archives départementales, G. 29). Le premier sous-préfet d'Ancenis, M. Luneau, rappelle, dans un rapport de l'an IX, que les Ursulines recevaient dans leurs classes les filles pauvres d'Ancenis et des environs (Rapport de l'an IX, Archives départementales, série T) (L. Maître).

Ville d'Ancenis   L'ancien collège d'Ancenis. 

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PATRIMOINE de ANCENIS

l'église Saint-Pierre (XI-XV-XVI-XIXème siècle), située place Saint-Pierre. Les fondations datent du XIème siècle. La nef et l'abside datent du XIème siècle. Le transept date du XVIème siècle. La tour date du XVème siècle. Le campanile date du XVIème siècle. Les deux bas-côtés qui datent du XVIIème siècle, sont séparés de la nef par des piliers cylindriques. Le clocher avait été abattu en 1488. L'église sert de Temple de la Raison en 1793 et d'écurie en 1794. L'église est restaurée au XIXème siècle. Un morceau de fresque du XVème siècle subsiste sur l'un des murs du chevet. La statue de Saint-Pierre, en calcaire, date du XIVème siècle. L'autel latéral, en marbre polychrome, date du XVIIème siècle. Les autels latéraux proviennent du couvent des Ursulines à La Davrays. Le retable, en calcaire polychrome et marbre, situé dans le collatéral sud, date du XVII-XVIIIème siècle. Les fonts baptismaux, en marbre et bois, datent du XVIIIème siècle. Le maître-autel, situé dans le chœur, date de 1707. La chaire, œuvre du menuisier Moisset et du sculpteur Henri Hamilton Barrême, date de 1816 : les bas-reliefs représentent les quatre évangélistes Marc, Luc, Mathieu et Jean. Le Chemin de Croix (1944) est l'oeuvre de Pierre Dautel. Patron et fondateur de l'église paroissiale Saint-Pierre d'Ancenis et de la chapelle Saint-Barnabé la joignant, le baron d'Ancenis y avait toutes les prééminences. Il jouissait aussi de celles de l'église conventuelle des Cordeliers d'Ancenis et de l'hospice Saint-Clément dans l'île aux Moines (en la Loire) ;

la chapelle Notre-Dame-de-la-Délivrance (1944), œuvre du sculpteur Jean Mazuet (né à Saint-Brieuc le 24 novembre 1908). Le fronton de la chapelle, avec son autel de plein-air, a été imaginé et réalisé en 1948 par Jean Mazet. Un bas-relief représente Jésus crucifié, entouré de deux larrons, de Marie et de l'apôtre Jean. Deux scènes, situées de chaque côté, évoquent l'Annonciation et la Naissance du Christ ;

la chapelle Notre-Dame de Gauvain (XVIIème siècle), située route de la Roche-Blanche et édifiée par un certain Gauvain ;  

le calvaire (1892), situé au sud-est du cimetière. Il est l'oeuvre du sculpteur Yves Hernot de Lannion ;

le châtelet (XIV-XVème siècle) du château d'Ancenis. Des aménagements sont réalisés à la fin du XVème siècle pour renforcer le châtelet d'entrée en partie détruit en 1488. Deux grosses tours rondes encadrent l'ancienne porte d'entrée du château. Une large porte donne accès dans une galerie voûtée en ogive de deux travées avec arcs, doubleaux et moulures d'arêtes : les arceaux retombent sur les consoles représentant des têtes de veaux, de béliers, des aigles, des écussons et des animaux combattants. La porte d'entrée principale (XVème siècle), au bout de cette galerie, décrit un arc surbaissé, enrichi de moulures, qui sépare les deux tours. Le corps du bâtiment central est de style Renaissance avec ses quatre mansardes à pilastres richement décorés d'arabesques aux pinacles en pots de fleurs, ses fenêtres à meneaux, sa tourelle en encorbellement servant de cage à un bel escalier de granit et sa salamandre terminant le cul-de-lampe de la tourelle ;

le bastion (XVème siècle) du château d'Ancenis. Un grand fossé taillé dans le schiste recevait une dérivation de la Loire et plaçait ainsi le château dans une île en forme de fer à cheval, à côté de la ville d'Ancenis elle-même entourée de douves profondes et d'une enceinte fortifiée. Le point fort de l'enceinte du château c'est le bloc d'entrée (XVème siècle) à deux tours (on y accède par un pont qui traverse la douve). Les murailles du château comportait jadis cinq autres ouvrages qui ont pratiquement tous disparu : quatre tours aux formes variées, une cylindrique, deux polygonales et une en fer de cheval (la Tour Neuve, la Tour du Pavillon, la Tour de la Cigogne, ...). On peut encore admirer du côté du fleuve des murs ornés de machicoulis tréflés qui paraissent appartenir au XIIIème siècle ou au XIVème siècle. Ceux du nord aux créneaux démantelés semblent de la même époque. Les deux tours avec leurs machicoulis ornés d'ogives en accolade et de dessins flamboyants se rapportent au XVème siècle ainsi que le corps de bâtiments en ruines qui s'y rattache. Le château, édifié par le comte Guerech et son épouse Aremberge, est assiégé plusieurs fois. Il est menacé dès le début de sa construction par Geoffroy Grisegouelle. Il est pris d'assaut, en 1174, par Henri II Plantagenêt qui fait consolider ses défenses. Le château devient la propriété de la famille Rieux à la fin du XIVème siècle. En 1394, nous rencontrons au château d'Ancenis, le duc Jean IV et le connétable Olivier de Clisson, deux ennemis que Charles VI, roi de France, tente de réconcilier : il avait confié ce soin au duc de Bourgogne. Le château est détruit vers 1487-1488, sur ordre de Charles VIII, puis en 1490 sur ordre d'Anne de Bretagne. En 1530, Claude Ier de Rieux fait construire le logis renaissance. A la mort de Claude Ier de Rieux, en 1532, sa veuve Suzanne de Bourbon continue son œuvre de reconstruction. Le logis renaissance (1535) est séparé de la forteresse par une cours et se compose du corps de logis et d'un haut pavillon du XVIème siècle. Après le siège d'Henri IV en 1599, le duc de Mercoeur se rend propriétaire du château. Le château est restauré par le duc de Mercoeur et attaqué, sans succès, par le prince de Dombes. C'est à Ancenis que se tiennent, du 17 décembre 1594 au 15 avril 1595, les conférences qui portent son nom. Ces conférences étaient présidées par Louise de Vaudémont, veuve de Henri III et soeur du duc de Mercoeur. Une partie de l'enceinte est démoli à l'époque de Richelieu. Une chapelle privée est édifiée en 1603 dans le prolongement du logis. En 1660, le château passe à la famille Béthune-Charost. Le château est partiellement détruit durant la Révolution, le 18 octobre 1793, par l'armée royaliste, et pillé ensuite par les Vendéens, sous la conduite de Talmont. En 1850, les religieuses de Chavagnes-en-Paillers y établissent un pensionnat de jeunes filles. Le château est racheté en 1985 par la ville d'Ancenis à la Congrégation religieuse qui en était propriétaire depuis 126 ans ;

le manoir du Verger (XVIIème siècle), situé au Verger. Ce manoir appartient à Geoffroy Burel en 1426. Propriété de la famille Pantin de La Hamelinière (originaire de Champtoceaux) en 1580, le manoir est reconstruit vers 1671 et restauré au XIXème siècle. La famille Leloup de La Biliais (originaire de Saint-Etienne-de-Montluc) possède la seigneurie entre la fin du XVIIIème siècle et 1873. Le manoir possède une chapelle privée ;

le manoir de Grée (XV-XVI-XVIIIème siècle). Grée est une très vieille seigneurie. A la fin du XVIIème siècle, la famille Martineau sont les seigneurs du lieu ;

la caserne Rohan (XVII-XVIII-XIXème siècle), située à La Davrays. Il s'agit en fait de l'ancien couvent des Ursulines de La Davrays fondé en 1642, agrandi en 1680 et achevé en 1743. La chapelle du couvent contenait jadis le corps de sainte Victoire, envoyé de Rome aux Ursulines. Ce couvent est détruit par un incendie en 1793. L'aumônerie est vendue le 18 février 1793 comme bien national. La chapelle est transformée en boulangerie. Le bâtiment actuel est en grande partie édifié au XIXème siècle pour servir de caserne ;

le collège Saint-Joseph (XVIIIème siècle), situé rue du Collège. L'ancien collège est fondé en 1543 par Jean Davy, curé de la paroisse d'Ancenis. Ce dernier, par acte en date du 15 janvier 1543, fait donation à la paroisse d'Ancenis de la maison en laquelle il demeurait (n°32/34 de la rue Albert 1er) pour " loger le chapelain ou régent, prêtre ou non, qui tiendra les écoles au siège du dit Ancenis, avec les enfants du dit lieu y allant à l'école ". A partir de 1782, l'établissement scolaire est déplacé dans la maison des Sœurs Hospitalières. Fermé durant la Révolution, l'établissement scolaire est à nouveau ouvert par décret impérial du 11 mai 1807. La chapelle Saint-Joseph qui date de 1717 est démolie en 1892 pour faire place à une nouvelle chapelle ;

l'ancien relais de poste (XVIIIème siècle). Cet édifice est le cadre de l'exécution de plusieurs centaines de personnes durant les guerres de Vendée. En effet "au retour d'une tournée, un groupe de Vendéens entrait à Ancenis. Ils enfermèrent, à l'Hôtel du Relais environ 200 habitants. Mais les troupes de Westermann suivaient de près les Vendéens. Les Bleus firent sortir les Anceniens et les sabrèrent, sur la rue, les uns après les autres" ;

la maison du vin (XV-XVIème siècle), située rue des Tonneliers ;

la maison de négociant en vin (XVI-XIXème siècle), située rue des Tonneliers. En 1783, cinq tonneliers sont en activité dans cette rue ;

la maison à tourelle (XVIème siècle), située rue des Tonneliers ;

la maison de marinier (1682), située rue Saint-Clément ;

l'hôtel de la Marine (XVIIIème siècle), situé au n° 19 rue Saint-Clément. L'écrivain Flaubert y aurait séjourné en 1847 ;

les Halles (1861-1862), œuvre de l'architecte Jean-François Chenantais et restaurées en 1985. Les vieilles halles, d'aspect massif, sont mentionnées en 1541 (assemblée de la baronnie d'Ancenis le 16 mars 1541) et sont achetées par la Ville d'Ancenis le 24 avril 1850 pour la somme de 6.000 francs, puis détruites le 21 mars 1859. Le projet de reconstruction des halles est soumis au Conseil Municipal d'Ancenis en 1854 et un accord n'est trouvé que le 28 octobre 1859. La première pierre est posée le 9 septembre 1861. Le nouvel édifices coûtera finalement 34.272 francs et 38 centimes, et c'est le 4 septembre 1862 qu'il sera ouvert aux marchands ;

la mairie (1863), située place Foche et œuvre de l'architecte Jean-François Chenantais ;

l'Hôpital Francis Robert (1910), financé par un riche bienfaiteur de Mésanger, Francis Robert (1827-1900), mort à 72 ans, à Paris, en son Hôtel de l'Avenue Victor-Hugo, le 25 juillet 1900. Ce dernier a légué à l'hôpital d'Ancenis la somme de " deux millions deux cent soixante mille francs-or ". L'inauguration officielle a lieu le 9 octobre 1910, en présence d'Albert Sarraut, sous-secrétaire d'Etat à la guerre. Sous le nom d'Aumônerie ou Maison-Dieu, le premier Hôpital d'Ancenis avait été fondé par testament, le lundi 6 mai 1297, par le seigneur d'Ancenis d'alors, le baron Geoffroy V en présence de son épouse Aliénor, son fils aîné Geoffroy et les principaux seigneurs de sa Cour, à savoir Guillaume de Marcillé seigneur des legs, le comte de Arnes, Jehan Dardenne, Pierre de Ponton et plusieurs autres. Le mardi 10 août 1315, "après la feste de Saint-Laurent martyr", le fils du testateur, Geoffroy VI ratifia toutes les dispositions testamentaires de son père. On ignore la date exacte de la construction de la Maison-Dieu (qui se situait à l'emplacement de l'actuel Lycée Joubert), mais les travaux devaient être terminés en 1315. La chapelle de l'Aumônerie (datée de 1546 et démolie en 1912) était placée sous le vocable de Notre-Dame-des-Anges et était située à l'angle de la rue Georges Clémenceau (anciennement rue du Pontreau, puis de la Gare). La chapelle, avec son autel renfermant les reliques de Saint Marcellin, avait été consacrée le 31 mai 1551, par Mgr Gilles de Gandz, évêque suffragant du diocèse de Nantes. La chapelle avait été fondée par Claude de Rieux, baron d'Ancenis (1497-1532), et par son épouse Suzanne de Bourbon (décédée en 1570). L'Hôtel-Dieu d'Ancenis devient Hôpital Général d'Ancenis le 24 novembre 1680. Une Communauté des Soeurs Hospitalières est fondée le 14 mai 1683. L'une d'elles, Julienne Martineau, veuve Michel, donne le 29 octobre 1685, sa propre maison, nommée "l'Hostellerie des Trois Rois" pour l'hébergement de la communauté. En 1697, la Communauté des Soeurs Hospitalières achètent le terrain où se trouve maintenant l'Institution Saint-Joseph et y bâtissent leur maison dont la première pierre est posée le 12 avril 1697. La communauté des Soeurs Hospitalières est dissoute en 1774. Par délibération du 9 février 1790, le Conseil municipal d'Ancenis déclare l'Hôpital propriété de la commune et se charge de son entretien et de son administration. A partir du 19 ventôse an II (9 mars 1794), l'hôpital ou l'hospice change de nom et s'appelle désormais "Hôpital des Sans-Culottes". Le 9 mai 1808, des religieuses de la Congrégation des Soeurs de Chavagnes-en-Paillers (fondée en Vendée, le 2 juillet 1802, par le Père Baudouin) prennent la direction de l'hôpital. Pendant 127 ans, de 1808 à 1935, l'administration temporelle de l'hôpital d'Ancenis reste entre les mains des Religieuses de Chavagnes. En 1780, le duc de Charost, baron d'Ancenis, achète la maison de la Communauté des Soeurs Hospitalières, pour y installer le Collège qui, depuis 1543, occupait un local dans la rue des Prêtres (aujourd'hui rue Albert Ier). La chapelle des religieuses hospitalières, qui datait de 1717, a été démolie en 1892, pour faire place à la chapelle actuelle du Collège Saint-Joseph. A noter que de graves épidémies sévissent à Ancenis au cours du XIXème siècle et au début du XXème siècle (le choléra en 1834, en 1848 et en 1893), ainsi que plusieurs autres épidémies (la variole noire en 1870, et la fièvre typhoïde en 1886, 1899, 1901, 1902, 1909 et 1910). Ancenis était depuis longtemps une ville de garnison et de nombreux soldats seront les hôtes de l'Hôpital. Le vieil hôpital disparaît en 1910 après près de 600 ans d'existence ;

6 moulins dont celui de M. Kubes (situé dans le quartier du Pressoir-Rouge) et le moulin à huile (XIXème siècle), situé au n° 126 rue du Pressoir-Rouge ;

A signaler aussi :

la découverte sur le territoire d'Ancenis d'habitats (de l'époque néolithique à l'âge de bronze) et d'une pirogue gallo-romaine ;

le menhir de la Greserie (époque néolithique) ;

le dolmen de la Pierre Couvretière ou Pierre Couvertière (4000-2000 ans avant Jésus-Christ). Ce dolmen est encore surnommé "la pierre au diable" ;  

la découverte d'un atelier de taille de silex signalé par Pitre de Lisle près du Calvaire de la Pierre Meslière ;

la découverte de deux monnaies des statères d'or trouvés à Ancenis datant de l'époque gauloise (mentionnée dans le bulletin d'archéologie de Nantes en 1862) ;

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ANCIENNE NOBLESSE de ANCENIS

La baronnie d'Ancenis : Dès la fin du Xème siècle fut formée la grande baronnie d'Ancenis, s'étendant depuis la Loire jusqu'à la frontière du comté de Rennes et depuis la limite d'Anjou jusqu'à l'Erdre (De la Borderie, Géographie féodale de Bretagne, 9). Guérech, comte de Nantes, et Aremberge, sa femme, construisirent en 981 le premier château d'Ancenis, pour défendre leur frontière de ce côté. Leur successeur Judicaël tailla dans son comté de Nantes un large fief qu'il adjoignit à ce château et créa de la sorte une belle baronnie qu'il donna à l'un de ses plus braves guerriers bretons nommé Alfred. 

Nous ne pouvons songer à retracer ici, même en la résumant; l'histoire des barons d'Ancenis ; ceux-ci ont d'ailleurs trouvé leur historien (M. Maillard auteur de l'Histoire d'Ancenis et de ses barons) ; nous les passerons donc rapidement en revue. Alfred Ier prit le titre de prince d'Ancenis, mais ses successeurs se contentèrent de celui de baron ; ce furent Alfred II, Guihénoc Ier, Maurice, Guihénoc II, Geoffroy Ier, Guihénoc III, Geoffroy II, etc. Tous ces seigneurs d'Ancenis se firent remarquer par une grande générosité envers les monastères des environs et c'est dans les chartes d'abbayes qu'on retrouve surtout leur noms ; plusieurs aussi prirent part aux croisades ; le dernier d'entre eux fut Geoffroy VI décédé après 1315. Sa fille Jeanne d'Ancenis apporta la baronnie de ce nom à son mari Thébaud sire de Rochefort, tué à la bataille d'Auray en 1364. Jeanne de Rochefort, issue du précédent mariage, dame de Rochefort par son père et d'Ancenis par sa mère, épousa en 1374 Jean II sire de Rieux, qui fut depuis maréchal de France ; elle mourut le 3 mars 1423, ayant perdu son mari en 1417. A partir de cette époque les puissants seigneurs de la maison de Rieux possédèrent la baronnie d'Ancenis. Ce furent Jean III qui laissa veuve Jeanne d'Harcourt, laquelle fondit le couvent des Cordeliers d'Ancenis où elle fut inhumée en 1456 ; — François qui rendit aveu au duc de Bretagne pour sa baronnie d'Ancenis en 1452 et laissa cette terre en douaire à sa veuve Jeanne de Rohan (Archives de Loire Inférieure, E 281) ; — Jean IV marié en 1461 à Françoise Raguenel, dame de Malestroit, et qui fournit au duc la déclaration d'Ancenis en 1478 ; — Claude Ier, auteur d'un autre semblable aveu en 1519 et époux de Catherine de Laval, puis de Suzanne de Bourbon ; — enfin Claude II décédé sans alliance à l'âge de dix-huit ans en 1548. La soeur de ce dernier baron recueillit sa succession : Louise de Rieux apporta en dot en 1550 la baronnie d'Ancenis à René de Lorraine marquis d'Elbeuf. Mais leur fils Charles de Lorraine duc d'Elbeuf vendit en 1599 cette baronnie, pour 600 000 livres à Philippe-Emmanuel de Lorraine duc de Mercoeur et à Marie de Luxembourg sa femme (Maillard, Histoire d'Ancenis, 592). Après la mort du duc de Mercœur arrivée en 1602 et celle de sa veuve en 1623, la baronnie d'Ancenis passa à César, duc de Vendôme, qui avait épousé leur fille unique Françoise de Lorraine. Ceux-ci la vendirent en 1657 à Gabriel de Boislesve, évêque d'Avranches ; mais ce prélat ne conserva guère de temps Ancenis qu'il revendit dès 1660 à Armand de Béthune, alors marquis plus tard duc de Charost, et à Marie Fouquet sa femme (Maillard, Histoire d'Ancenis, 599). Les ducs de Charost possédèrent jusqu'à la Révolution la baronnie d'Ancenis : ce furent Armand Ier qui fit en 1680 aveu au roi pour cette seigneurie et décéda en 1717 ; — Armand II, lequel vendit en 1709 Ancenis à son fils cadet Paul-François de Béthune qualifié marquis puis duc d'Ancenis ; ce dernier rendit aveu au roi pour sa baronnie en 1726 ; — François-Joseph de Béthune, égaiement dit duc d'Ancenis en 1737 ; — et enfin Armand-Joseph de Béthune, d'abord duc d'Ancenis puis duc de Charost : celui-ci fit hommage au roi pour Ancenis en 1776 et ne mourut qu'en 1800, laissant la réputation d'un éminent homme de bien (nota : si les de Béthune qualifièrent parfois Ancenis de marquisat ou de duché, ce fut par pure fantaisie, à cause de leurs autres seigneuries portant ces titres).

En résumé la baronnie d'Ancenis avait duré plus de huit cents ans et avait appartenu aux plus grands seigneurs de la Bretagne et de la France.

Ancenis, une des plus considérables seigneuries de Haute-Bretagne, était une baronnie d'ancienneté. A l'origine elle devait comprendre le territoire des châtellenies d'Oudon, Châteaufromont, Montrelais et Vioreau ; vers le XIIIème siècle elle s'incorpora celles de Varades (nota : Varades avait au XIIème siècle ses seigneurs particuliers qui figuraient parmi les bienfaiteurs des moines leurs contemporains. Par suite du mariage de Marguerite de Varades avec Geoffroy Ier, baron d'Ancenis, en 1149, la châtellenie de Varades échut aux sires d'Ancenis, après le décès d'André de Varades dernier seigneur du lieu, vers 1196), Belligné (nota : Belligné appartenait au XIIème siècle aux seigneurs de Varades et partagea le sort de cette dernière châtellenie) et le Fief-Guéheneuc (nota : le Fief-Guéheneuc ou la Benate-en-Riaillé appartenait, d'après M. de Cornulier, en 1141 à Jarnigen de la Benate et en 1259, à Maurice de la Benate) qui relevaient d'elle. En 1294 le baron d'Ancenis devait au moins trois chevaliers à l'armée du duc de Bretagne.

Les barons d'Ancenis jouissaient de trois juridictions en haute justice : la Sénéchaussée, la Prévôté et les Eaux-et-forêts. La Sénéchaussée d'Ancenis ressortissait au présidial de Nantes et de cette juridiction dépendaient en proche fief les paroisses de Belligné en entier, Varades pour les deux tiers, Mésanger, Pouillé, Pannecé, Teillé, Riaillé, Ligné, Les Touches, Anetz, et Saint-Herblon en partie. De la même Sénéchaussée relevaient en arrière-fief les paroisses de Trans, Mouzeil, Petit-Mars, la Chapelle-Glain, Saint-Sulpice-des-Landes et Bonnœuvre ; dix-huit paroisses, en comprenant Ancenis, composaient donc la baronnie (Archives d'Ille-et-Vilaine, C 1819). Les mouvances nobles d'Ancenis étaient nombreuses et considérables ; plus de trente juridictions dont vingt hautes justices relevaient de la baronnie. Parmi ces dernières figuraient les châtellenies de la Motte-Glain, de la Muce-Ponthus, de Saint-Mars-la-Jaille et de la Guibourgère (De la Borderie, Géographie féodale de la Bretagne, 94). Le sceau de la baronnie d'Ancenis en 1542 conservait l'écusson des premiers sires d'Ancenis de gueules à trois quintefeuilles d'hermines, avec cette légende : S. DES CONTRAZ DE LA COURT D'ANCENIS. La seconde juridiction d'Ancenis appelée la Prévôté ressortissait aussi du présidial de Nantes ; elle comprenait la ville d'Ancenis tout entière avec sa banlieue composée d'une partie des paroisses d'Anetz, Saint-Herblon et Mésanger. La troisième juridiction était attachée à la maîtrise particulière des Eaux et Forêts dépendant de la baronnie d'Ancenis. Le premier juge d'Ancenis était le sénéchal ; il siégeait en cette ville tous les jeudis ; il pouvait condamner à mort et nous retrouvons dans un compte de dépenses du XVIème siècle que les frais d'exécution de quatre criminels « dont deux furent étranglés et deux essorillés » montèrent à 46 livres (Archives de Loire Inférieure, E 276). 

Les rentes dues au seigneur d'Ancenis par les paroisses tenues en proche fief consistaient principalement en quatre mille boisseaux d'avoine. Au commencement du XVIème siècle la baronnie valait environ 22 000 livres de rente. Au XVème siècle la baronnie d'Ancenis était subdivisée en cinq grandes sections féodales : 1° La Prévôté, 2° Le Fief-Guéheneuc, 3° Varades, 4° Belligné et 5° La Poitevinière en Riaillé (Aveu d'Ancenis en 1459). Dans la Prévôté appartenaient au seigneur : un droit de bouteillage de six pintes par pipe, — un droit de ban et étanche dans la ville d'Ancenis « depuis la vesprée de la vigile de saint Barnabé jusqu'au premier son des vespres de la vigile de la Magdeleine », — des droits de coutumes, étalonnage et mesurage, — enfin un droit de transit sur toutes les marchandises passant sur la Loire devant le château d'Ancenis. Dans cette même ville d'Ancenis le baron tenait deux marchés par semaine, les lundi et jeudi, et cinq foires par an, aux fêtes de saint Barnabé, la Translation de saint Martin, la Saint-André, le jeudi avant le carême-prenant et le jeudi de la mi-carême. On courait deux quintaines à Ancenis, l'une sur terre et l'autre sur eau. A la première de ces courses devaient prendre part d'une façon générale « tous les nouveaux mariés de la paroisse d'Ancenis y couchant avec leurs femmes la première nuit de leurs noces ». Mais les « nouveaux mariés du mestier de boucherie, les nautonniers et gens allant par eau » étaient tenus d'acquitter ce devoir féodal en bateau et sur la Loire : « Et au jour que ladite quintaine est assignée la doibvent courir par eau et doibvent rompre dans, trois courses leurs lances contre un poteau qui a accoustumé d'estre planté en la rivière de Loire en lieu commode proche la ville d'Ancenis ; et après que chaque nouveau marié de ladite qualité a couru et rompu sa lance, il doibt saillir dans l'eau et est quitte de tout debvoir d'avoisne pourvu que sa femme présente an seigneur baron d'Ancenis un bouquet de fleurs avec un baiser, s'il le désire, son mari estant soubs l'eau ». Le marié assez maladroit pour ne pas rompre convenablement sa lance dans le poteau de quintaine, ou dont la femme refusait le bouquet et le baiser, était tenu fournir à la seigneurie six grands boisseaux d'avoine (Archives de Loire Inférieure, E 259).

Le baron d'Ancenis pouvait avoir un gouverneur dans son château et un capitaine de ses chasses. Il avait aussi le privilège de la pêche dans la Loire « depuis la pierre d'Ingrandes jusqu'à la pierre de Drain ». Ceux qui péchaient en cette rivière avec sa permission lui devaient chaque année leur premier saumon, leur première alose et leur première lamproie. Patron et fondateur de l'église paroissiale Saint-Pierre d'Ancenis et de la chapelle Saint-Barnabé la joignant, le baron d'Ancenis y avait toutes les prééminences ; il jouissait aussi de celles de l'église conventuelle des Cordeliers d'Ancenis et de l'hospice Saint-Clément dans l'Ile-aux-Moines en la Loire. Les cordeliers de Saint-François étaient même obligés de faire tous les vendredis une procession dans leur église, avec station et prières au tombeau des seigneurs d'Ancenis qui occupait le sanctuaire. Enfin le sire d'Ancenis, fondateur de la chapelle Sainte-Catherine bâtie dans son château, avait encore sous son patronage le collège et l'hôpital d'Ancenis dont il nommait les administrateurs (Aveu d'Ancenis en 1741). 

Au Fief-Guéheneuc, le baron d'Ancenis cueillait des dîmes en Teillé, Mouzeil et Ligné, et diverses rentes en sept paroisses : Les Touches, Trans, Riaillé, Mouzeil, Teillé, Ligné et Mésanger. Il y levait la coutume du Chemin-Briant et les coutumes des foires de la Magdeleine à la Chapelle-Breton, du 1er août à la Bourdinière en Pannecé, de la mi-août à Teillé et de la Saint-Melaine aux Touches (Aveu d'Ancenis en 1459).

La châtellenie de Varades rapportait en 1459 au baron d'Ancenis 136 livres 19 sols d'argent, 798 boisseaux d'avoine, 11 oies et 11 gelines ; il lui était dû, en outre, une dîme de grains et de vins.

Au même seigneur appartenaient les coutumes et trépas de Varades et le passage de Saint-Florent, dont les redevances étaient doublées quand avaient lieu les foires du Marillais. Le prieur de Varades devait au baron d'Ancenis, quand arrivaient les fêtes de Pâques, la Toussaint et Noël « six rouesselles (gâteaux fait avec de la farine et des oeufs), six fouaces et six pintes de vin ». Enfin le même seigneur d'Ancenis avait un droit de quintaine sur tous les derniers mariés de Varades, et il présentait les chapelains de la chapelle de l'ancien château de Varades dédiée à sainte Magdeleine et de la chapelle de la Fénouillère (Aveux d'Ancenis en 1549 et 1741).

Féodalement les châtellenies de Belligné et de la Poitevinière consistaient surtout en fiefs avec prééminences et rentes en argent et en grains. Remarquons toutefois que le baron d'Ancenis prétendait avoir le droit de se loger et de loger ses chiens au prieuré de Bonnœuvre quand il venait chasser dans ses forêts voisines. De plus il pouvait « contraindre les nouveaux mariés de la paroisse de Pannecé à comparoir au devant de l'église dudit lieu, le lendemain de la Pentecoste, pour y courir après un esteuf » poussé avec une raquette par un de ses officiers » (Aveux d'Ancenis en 1549 et 1741). 

Le domaine proche du baron d'Ancenis était encore considérable au XVème siècle ; mais des aliénations successives l'avaient fort amoindri quand vint la Révolution. Voici en quoi consistait ce domaine en 1459 : « Le chasteau d'Ancenis entouré de murs, douves, fossés et fortifications, fermant à pont-levis, sur le bord de la Loire ; en l'enclos duquel sont logement, donjon, tours, chapelle, cours et jardin, le tout contenant 3 journaux, 3 quarts de journal » — l'auditoire et les prisons avec leur chapelle, — les halles de la poissonnerie, de la boucherie, des grains, etc., — les métairies de Grée, la Verrie, la Fouquetière et la Planche, — les moulins à vent du Champ, de Brisebois et de Moulin-Barré, — un clos de vigne près le pont de Grée, — les îles et les prairies de la Loire. Au Fief-Guéheneuc, la forêt de Pannecé. Dans la châtellenie de Varades « l'emplacement, où il y a plusieurs vieilles murailles du chasteau de Varades autrement dit le chasteau de la Magdeleine, sur un costeau dessus le bourg de Varades », avec les terres, îles et bois en dépendant. Dans la châtellenie de Belligné « l'ancien chasteau dudit lieu appelé la Vieille-Cour de Belligné » avec sa métairie, ses bois, prés et garennes ; — la forêt de Belligné et son étang, — un moulin à vent, etc. Enfin dans la châtellenie de la Poitevinière : la forêt de la Poitevinière, — les étangs de la Poitevinière et de la Provotière avec les forges de mêmes noms, — l'étang et les moulins de la Benate le moulin à vent des Bretonnières, etc (Aveu d'Ancenis en 1459). 

Il conviendrait ici de parler du château d'Ancenis, mais l'espace nous manque pour le faire. Cette importante forteresse bâtie à la frontière de la Bretagne joua naturellement un grand rôle dans les guerres du moyen-âge et subit plusieurs sièges dont quelques uns furent très sérieux. On détruisit, par ordre d'Henri IV, ses fortifications à la fin des guerres de la Ligue ; il n'en reste que quelques vestiges, notamment une belle porte du XVème siècle, flanquée de deux tours qu'ornent de riches mâchicoulis ; du donjon la base seule demeure formant une esplanade d'où l'on jouit d'un admirable panorama sur toute la vallée de la Loire. Une partie du logis seigneurial, oeuvre délicate du XVIème siècle, présente encore sur sa façade toutes les élégances et toutes les richesses de la sculpture monumentale au temps de la Renaissance. Le château d'Ancenis ne fut point, vendu pendant la Révolution parce que le duc de Charost n'émigra pas. Ce sont les  héritiers de ce dernier baron d'Ancenis qui ont libéralement cédé en 1859 l'antique place-forte aux religieuses de Chavagnes pour y créer une pieuse communauté et un utile pensionnat de jeunes filles. Là où guerroyèrent pendant de longs siècles tant de vaillants soldats, d'humbles soeurs prient Dieu et apprennent à l'aimer (abbé Guillotin de Corson).

L'aveu de 1740, nous donne les terres nobles de la Baronnie d'Ancenis : la terre du Verger aux Leloup de La Biliais, la terre de La Noëlle aux Gicqueau, la terre de Juigné aux Brossaud depuis 1650, la terre du Boisjauni aux Pohier. Les propriétaires successifs de la Baronnie sont : les Rieux, les Ducs de Lorraine, Mercoeur, le duc de Vendôme, Fouquet, les ducs de Charost dont le dernier n'émigra pas et ses biens passèrent aux de Lorges et Durfort. Les baron d'Ancenis avaient droit de haute justice. Les forges de La Poitevinière et de La Provotière relevaient des barons. Il en était de même pour les mines de charbon de Montrelais et de Mouzeil. Les autres châtellenies avoisinantes étaient celles de Châteaufromont (au Cornulier du Vair), Oudon (aux Condés, déjà titulaires de la baronnie de Châteaubriand), Champtoceaux (aux Clisson, puis aux Montmorency), Montrelais (aux Rohan et aux Rochechouart de Mortemart).

(à compléter)

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