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ABBAYE DE SAINT-GILDAS-DE-RHUYS |
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Abbaye de SAINT-GILDAS-DE-RHUYS - Saint-Gildas-de-Rhuys
L'histoire
de Saint-Gildas-de-Rhuys commence vers 536, lorsque le moine breton Gweltas (Gildas) y
fonde un monastère ou une abbaye où il sera enterré en 565. Cette
abbaye (abbatia Sancti Gildasii Ruyensis
et Rhuvigiensis), dont les origines remontent au VIème siècle, était
située dans une presqu'île de la côte de Vannes, nommée Rhuis (ou Rhuys), et
dans la paroisse de Saint-Goustan. Elle était fondée pour neuf religieux. Son
abbé jouissait d'un revenu de six mille francs. Les bâtiments de cette abbaye
étaient un moment occupés par des sœurs de la Charité de Saint-Louis. Son église,
qui renferme plusieurs anciens monuments et possède de précieuses reliques,
est devenue paroissiale. L'abbaye subit deux raids de
Normands, en 914 et surtout en 919. La communauté s'enfuie en emportant les
reliques du saint fondateur. L'abbaye Saint-Gildas-de-Rhuys tombe
alors en ruine. Geoffroy Ier décide de relever l'abbaye de Rhuys et fait appel
au père abbé de Saint-Benoît-sur-Loire. L'abbaye est reconstruite en 1008 par un moine appelé Félix.
Parmi les successeurs les plus en vue de Félix, premier abbé, on trouve le
célèbre philosophe Abélard (au XIIème siècle). A partir de
1506, l'abbaye de Rhuys tombe à nouveau en ruine puis est reconstruite après
1653. Sous l'emprise des bénédictins de Saint-Maur, elle est remaniée au XVIIème siècle.
L'abbaye de Saint-Gildas-de-Rhuys est revendue comme bien national en 1789. En
1790, des soldats et des gardes-côtes prennent possession des bâtiments. Le cloître date du
XVIIème siècle. Le logis abbatial date du XVIIIème siècle.
Saint-Gildas,
surnommé le Sage ou Badonic (Mathoeus
Westrmons., p. 238), est reconnu pour être le fondateur de ce monastère, de l'église
duquel saint Gildas l'Albanien était le patron. Il est né dans la
Grande-Bretagne en 494, et comme cette année fut fameuse par la victoire signalée
que les Bretons remportèrent sur les Saxons, près du Mont-Badon, on l'a
surnommé Badonic pour le distinguer des autres écrivains de ce nom. Elevé
dans les maximes de la vie solitaire, il quitte sa patrie vers l'an 527 pour se
soustraire à la fureur des Saxons et des Anglais qui le désolent. La
Providence le conduit dans l'île d'Houat, où il trouve une solitude telle
qu'il la souhaite. Il passa ensuite dans la presqu'île de Rhuis (ou Rhuys) et
y établit son monastère. C'est dans ce lieu qu'il écrit les deux traités
qui nous restent de lui, et que l'on regarde comme la plus pure source de
l'ancienne histoire des Bretons. Etant retourné à Houat, il y meurt vers l'an
570. Le malheur des temps nous a fait perdre la suite de ses successeurs
jusqu'au Xème siècle, date de la destruction du monastère par les Normands.
Dajoc ou Daoc en est abbé lorsque ces barbares entrent dans la Bretagne.
Instruit des maux qu'ils avaient faits lors des siècles précédents, il
abandonne son église, et emporte avec lui presque tout le corps du saint
fondateur de sa maison, et ceux de saint Patrice, apôtre d'Hibernie, de saint
Alban, martyr, de saint Patern, évêque de Vannes, de sainte Brigide, abbesse
d'Ecosse, et plusieurs autres reliques. Il dépose ces précieux trésors à
Bourg-Deols ou Bourgdeols (ou Bourgdieu), près de Château-Roux en Berry, où il bâtit une église et un monastère sous le nom de
Saint-Gildas. Ebbon, seigneur du lieu, contribue à cet établissement, et fait
plusieurs dons au nouveau monastère qui subsiste jusqu'en 1622, époque à
laquelle il est sécularisé. Après la retraite de Dajoc, les Normands détruisent
sa maison de Rhuis, ainsi que le monastère de Moriac ou Locminech.
Les choses, en 1008, sont encore en cet état, lorsque le duc de Bretagne, Geoffroi Ier, touché de la désolation de ces deux sanctuaires, demande à Gauzlin, abbé de Saint-Benoît-sur-Loire, des religieux pour les rétablir. Afin de seconder les intentions du duc, Gauzlin lui envoie un de ses religieux nommé Félix. Ce dernier s'applique avec un soin infatigable à l'œuvre dont il est chargé, et Dieu bénit tellement ses travaux, qu'en peu d'année, il répare le premier de ces deux monastères, et le peuple de saints religieux. Sa mission finie, il ne pense plus qu'à retourner à Fleuri (ou Fleury). La duchesse Havoise s'oppose longtemps à son destin, mais elle cède en 1025, et lui donne une lettre pour son abbé, qui a été fait archevêque de Bourges. Gauzlin, ayant lu la lettre de la duchesse, donne alors la bénédiction abbatiale à Félix, et le renvoie en Bretagne pour gouverner l'abbaye de Rhuis (ou Rhuys) qu'il a réparée. Félix y meurt en odeur de sainteté, le 4 mars 1038, selon la Chronique de cette maison. Vital est le successeur de saint Félix. Il porte ses plaintes à Isembert, évêque de Poitiers, contre les religieux de Saint-Philibert, qui avaient enlevé le corps d'un de ses religieux. Ce religieux est saint Gulstan, qu'il a envoyé à Beauvoir pour les affaires de son monastère, et qui y décède dans une grande réputation de sainteté. Vital vit encore le 11 mars 1067, selon une charte de Saint-Florent. Fraval assiste aux obsèques d'Emme, vicomtesse de Porhoët, faites en 1092 par Morvan, évêque de Vannes, dans l'église de Sainte-Croix de Josselin. On ne sait pas l'année de sa mort, mais le jour est marqué au 5 mars dans le nécrologe de Landévennec. Hervé transige avec l'évêque élu de Quimper pour l'église de Saint-Tudi (ou Saint-Tudy), et lui promet une inviolable fidélité. Ce prélat est Robert, solitaire de Locrenan, qui est choisi pour remplacer Bénédic en 1115 ou 1114, et qui meurt en 1130. Pierre Abeilard (ou Abélard), natif du Pallet, diocèse de Nantes, et appartenant à une famille noble, voit le jour vers l'année 1079. Doué d'un esprit pénétrant, il aurait pu acquérir une réputation honorable, et mener une vie beaucoup moins agitée, s'il avait su joindre aux connaissances qu'il avait acquis en théologie une foi humble et soumise et des mœurs régulières. Mais son orgueil et sa témérité en matière de doctrine lui attirent des condamnations de la part de l'Eglise, et ses désordres des humiliations et des peines qui empoisonnent une partie de sa carrière. Ne pouvant plus rester dans le monde, après un malheur qu'il s'était attiré, il veut cacher sa honte dans l'état monastique, et se fait religieux dans l'abbaye de Saint-Denis près de Paris. Elu abbé de Rhuis (ou Rhuys) vers l'an 1125, il accepte cette dignité pour s'éloigner des choses dont la vue l'affligeait continuellement. Mais il va trouver de nouveaux chagrins dans une communauté très déréglée, et dans un pays dont le langage lui est inconnu. Les mauvais procédés des religieux de Rhuis (ou Rhuys) obligent Abeilard (ou Abélard) à quitter cette maison. Après diverses catastrophes, qu'il aurait pu éviter s'il avait été moins présomptueux, il se retire au monastère de Clugny, d'où il passe au prieuré de Saint-Marcel de Châlons. Il finit ses jours dans cette dernière maison, le 21 avril 1142. La Chronique de Rhuis mentionne sa mort en 1141, et lui donne Guillaume comme successeur. Guillaume succède à Abeilard (ou Abélard) en 1141, suivant la chronique de son monastère. Guethenoc-Judelet est un des arbitres nommés en 1161 pour juger le différend que les chanoines de Nantes avaient avec les religieux de Quimperlé, pour l'église de Notre-Dame dans la ville de Nantes. Il souscrit en 1164 au "droit de bouteillage" accordé aux religieux de Marmoutier par Eudon, comte de Porhoët, sur les vins de la ville de Vannes. Tangui ou Tanguy, abbé de Saint-Gildas, meurt le 23 décembre, suivant l'obituaire de Landévennec. H… transige en 1218 avec Guillaume, abbé de Saint-Melaine. Rivald paraît être l'un des juges du différend que l'évêque et le chapitre de Saint-Malo ont en 1231, avec Hamon de Querhiriac, pour la propriété des dîmes de la paroisse de Brons (ou Broons) On ignore l'année de sa mort, mais le jour en est marqué au 5 octobre dans l'obituaire de Landévennec. Pierre a le titre d'abbé de Saint-Gildas-de-Rhuis (Saint-Gildas-de-Rhuys) dans un contrat de vente, que l'on conserve aux archives de l'abbaye de Prières, et qui est daté de l'an 1257. Il se démet le 16 novembre 1259, selon la Chronique de son monastère. Eudon succède à Pierre en 1259, et meurt le 14 janvier 1281, selon le nécrologe de Quimperlé. Alain donne en 1306 quittance aux exécuteurs testamentaires du duc Jean II, pour ce qui est légué par ce prince à son monastère. Pierre II donne en 1313 procuration à frère Geoffroi, son religieux, pour terminer le différend qu'il a avec Geoffroi et Payen de Malestroit. Laurent succède au précédent, suivant une enquête faite en 1395, pour prouver le droit d'usage dans la forêt de Rhuis (ou Rhuys) en faveur de cette abbaye. Guillaume II est le successeur de Laurent, selon la même enquête. Hervé II donne au duc Jean IV en 1384 quittance de la somme de quarante livres pour l'honoraire de trois cents messes. Olivier Predic donne le 22 octobre 1387 quittance de la somme de quarante livres, qui lui avaient été accordées par le duc pour les réparations du four de Calmont au faubourg de Vannes. Guillaume III est recommandé au duc de Bretagne par le pape Jean XXIII le 30 août 1413. Pierre III est recommandé au même prince par le pape Martin V, la treizième année de son pontificat, c'est-à-dire l'an 1430 ou 1431. Jean de Kermen est indiqué comme abbé de Saint-Gildas-de-Rhuis (Saint-Gildas-de-Rhuys), dans le traité passé à Redon le 24 août 1441, entre les nonces du pape et les commissaires du duc, touchant la nomination aux évêchés de Bretagne. Hervé de Beaubois transige, le 18 juillet 1446, avec François, sire de Rieux, pour une rente due à son monastère. Il meurt à Rome le 19 janvier 1463. Pierre de Brignac, abbé de Saint-Gildas-de-Rhuis (Saint-Gildas-de-Rhuys), obtient un mandement de la chancellerie en 1502. Robert Guibé, cardinal du titre de Saint-Anastase, obtient l'abbaye après la mort de Pierre de Brignac, et meurt à Rome en 1513. La saisie est mise sur le temporel, le 23 novembre de la même année. André Hamon, évêque de Vannes, est abbé de Saint-Gildas-de-Rhuis (Saint-Gildas-de-Rhuys) le 30 décembre 1525. Jean de La Motte, chanoine de Rennes, est abbé commendataire de Rhuis (ou Rhuys), le 14 janvier 1529, et meurt coadjuteur de Quimper en 1537. Jean Danielo, chanoine et archidiacre de Vannes, est pourvu de l'abbaye en 1537, et meurt en 1540. Philippe, cardinal du titre de Saint-Martin-aux-Monts, dit le cardinal de Boulogne, obtient mainlevée de l'abbaye de Rhuis (ou Rhuys), après avoir fait par procureur le serment de fidélité au roi en la Chambre des comptes de Bretagne. Jean Stuart fait serment de fidélité au roi en 1552 pour l'abbaye de Saint-Gildas-de-Rhuis (Saint-Gildas-de-Rhuys) dans la Chambre des comptes de Nantes. Il est nommé Huart par MM. De Sainte-Marthe. Jean de Quilfistre fait serment de fidélité au roi le 10 mai 1564, et meurt vers l'an 1582. Jean-Baptiste de Gadagne, conseiller au conseil et aumônier ordinaire de la reine, fait serment de fidélité au roi pour l'abbaye de Rhuis (ou Rhuys) le 9 novembre 1582. Guillaume d'Avauçon de Saint-Marcel, archevêque d'Embrun, est abbé de Rhuis (ou Rhuys) de 1593 jusqu'au mois de mai 1598. Ce prélat est d'une famille noble du Dauphiné, et a la charge de camérier du pape, lorsque le roi Charles IX le nomme en 1561 à l'archevêché d'Embrun. Il aura beaucoup à souffrir de la part des Calvinistes qui pillent son église. Son zèle le fait distinguer parmi les Pères du Concile de Trente, à la clôture duquel il assiste. Il se trouve aussi au colloque de Poissy et aux Etats de Blois de 1577 et de 1588. Constantin Chevalier, abbé de Rhuis (ou Rhuys), fait serment de fidélité au roi dans la Chambre des comptes de Nantes, le 7 juin 1603. Charles de Montigni (ou Montigny) est abbé en 1513. Charles de Clermont fait serment de fidélité au roi pour l'abbaye de Rhuis (ou Rhuys) en 1617. Il meurt en 1626. Henri de Bruc est abbé de Rhuis (ou Rhuys) en 1627. Il meurt en 1635. Michel Ferrand introduit en 1638 les Bénédictins de Saint-Maur dans son monastère. Sa mort arrive en 1649. Jacques Bertot est nommé en 1678. Il meurt au mois d'avril 1681. Henri Emmanuel de Roquette, docteur de Sorbonne, est nommé au mois d'avril 1681. Il devient membre de l'Académie Française en 1720, et meurt au mois de mars 1725. Jean Joseph de Villeneuve est nommé au mois de mars 1725. Il meurt, semble-t-il, en 1772. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'à cette époque, la mense abbatiale de Saint-Gildas-de-Rhuis (Saint-Gildas-de-Rhuys) est réunie à l'évêché de Vannes, sous l'épiscopat de M. Bertin.
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