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ABBAYE NOTRE-DAME DE PRIERES |
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Abbaye Notre-Dame de PRIERES - Billiers
Jean Ier du nom, surnommé Le Roux, duc de Bretagne, fonde en 1252 cette abbaye (abbatia Beatae Mariae de Precibus), située dans la paroisse de Billiers, diocèse de Vannes, pour trente religieux, destinés à prier Dieu pour le salut de son âme et pour la prospérité de sa maison. La carte de Bégar (Bégard) met cette fondation en novembre 1248. Certains historiens prétendent que le duc de Bretagne crée l'abbaye pour se faire pardonner d'avoir pris des terres aux moines dans la presqu'île de Rhuys lors de la construction du château de Suscinio. Les premiers moines arrivent de l'abbaye de Buzay (diocèse de Nantes), fondée par Clairvaux en 1135, et sont installés la veille de la Toussaint, par Cadioc, évêque de Vannes. Le pape Innocent IV approuve cet établissement, et y annexe plusieurs privilèges par ses lettres du 20 juillet 1258. Plusieurs prieurs se succèdent dont Julien de Lantivy, dom Bernard Carpentier (au XVIIème siècle), dom Jean Jouaud, dom Sérend (en 1680). En 1790, il reste 10 moines (il y avait une centaine de moines en 1727). De l'abbaye de Prières, il ne subsiste qu'une chapelle reconstruite en 1841. Elle abrite le tombeau de Jean 1er (Le Roux), le fondateur. Depuis 1961, l'abbaye de Prières est un centre de réadaptation. Les pierres de l'ancienne église ont servi à édifier les piliers du pont de la Roche Bernard et une partie de l'église de Billiers.
Cette
ancienne église de l'abbaye de Prières, menaçant ruine, est démolie au commencement du XVIIIème siècle,
et remplacée par une autre, vaste et magnifiquement décorée. La première
pierre y est mise au nom du roi, le 1er avril 1716 et M. Fagon, évêque de
Vannes, consacre, solennellement cette nouvelle église le 20 juillet 1726. A
signaler que l'abbaye de Prières était la seule de Bretagne qui jouissait du précieux avantage
d'avoir un abbé régulier, c'est-à-dire d'être gouvernée par un religieux,
abbé titulaire, dont le revenu était de trente mille francs. Il y avait un
noviciat attaché à cette maison. Prières n'a pas échappé à la spoliation révolutionnaire
et a été vendue. Geoffroi est le premier abbé de Prières. Il gouverne cette
maison de l'an 1252 jusqu'en 1266. Salomon arrente quelques domaines de son
abbaye en 1270. Rivallon transige, l'an 1275, avec Eudon, seigneur de La
Roche-Bernard, touchant les dommages faits à son abbaye, tant par les
chevaliers de Payen de Malestroit, que par Guillaume de Rochefort, vicomte de
Donges. Tangui (ou Tanguy) passe, au mois d'octobre 1289, une transaction avec
les exécuteurs testamentaires du duc Jean Le Roux, par laquelle il accepte
quinze tonneaux de vin, pour tenir lieu de la boisson que ce prince s'était
obligé de fournir à ses trente religieux. Rolland de Coetlez succède à
Tangui, suivant la catalogue, qui ne fait point mention du précédent. Judicael
meurt le 9 janvier 1300, selon le catalogue. Even donne, en 1306, aux exécuteurs
testamentaires du duc Jean II, une quittance de la somme léguée à son monastère.
Guyomarch est élu vers l'an 1330, et meurt le 10 mai, suivant le catalogue.
Guillaume Elen est commis, par le chapitre assemblé à Cîteaux en 1353, pour
visiter et réformer les maisons de l'Ordre de Bretagne. Il est fils de
Guyomarch Elen et de Catherine de Prénigon, frère de Maurice Elen, chantre de
l'église de Tréguier. Il vit encore le 19 mai 1372. Henri Le Barbu ratifie en
1380/1381 le traité passé à Guerrande (ou Guérande) entre le roi Charles VI et le duc Jean
IV.
Cet abbé est fait évêque de Vannes en 1384, et passe au siège de Nantes en
1404. Jean Raoul succède à Henri Le Barbu, suivant le catalogue. Il échange
quelques domaines en 1394 avec Jeanne de Lesnerac, veuve de Raoul de Commenan.
On peut encore lui attribuer un pareil échange fait en 1405, avec Guillaume,
abbé de Mellerai (ou Melleray). Jean Raoul, docteur en théologie, est élu à
la place de son oncle ou son parent. Il accepte, le 17 décembre 1414, une
fondation faite dans son église par le duc Jean V, souscrit quelques mois après
la vingtième session du concile de Constance, et en rapporte un bref du pape
Martin V, qui recommande au duc le monastère de Prières et celui qui y préside.
Député en 1430 par le chapitre général de son ordre, il assiste au concile
de Bâle. A son retour il établit dans son église une fête solennelle en
l'honneur de la présentation de la sainte Vierge au Temple. Il meurt le 28
juillet 1439, et il est inhumé dans le chapitre de son abbaye, où l'on voit
son épitaphe : "Dignus praelatus Joannes Radulphi vocatus – Sacrae Scripturae
doctor, clarae geniturae – Vir custos morum, miserum spes, lux monachorum –
Abbas de Precibus, vermibus ecce cibus – Cui benedicendi populo, mitramque
gerendi – Gratia primo datur, buic coelica pax tribuatur". Guillaume
de La Landelle est élu en 1439, et vit encore en 1452, comme semble indiquer
l'acte d'accensement qu'il passe à Jean Du Daron et à Marie de La Pommeraye,
d'une maison sise à Guerrande (ou Guérande). Le catalogue fait succéder à Guillaume un abbé
de Villeblanche, mais nous n'avons rien trouvé. Olivier Blanchart transige en
1460 avec Jean Prigent, évêque de Saint-Brieuc, et fait quelques acquisitions
en 1464, et il meurt le 9 octobre 1467. Vincent de Kerleau, abbé de Bégar (ou
Bégard), est chargé du gouvernement de Prières en 1467, ou par le choix de la
communauté ou par la nomination du pape. Ce qui est sûr, c'est que le pape, en
lui accordant des bulles pour Prières, lui laisse Bégard en commende, et qu'il
lui donne la commende de Bégard et de Prières en lui conférant l'évêché de
Léon. Il ne tient ce siège que quatre ans, étant décédé le 30 octobre
1476. Jean Le Verrier, abbé de Mellerai (ou Melleray) succède à Vincent de
Kerleau en 1475. Ses bulles sont du 20 février 1474 avant Pâques, et supposent
la cession de son prédécesseur. Il est commis le 15 mars 1480 avec l'abbé de
Bégard par le pape Sixte IV, pour informer de la vie et des mœurs de Jacques
d'Espinay, évêque de Rennes. Une procédure datée de l'an 1483 lui donne la
qualité de visiteur et réformateur général de son Ordre en Bretagne. Il
transige en 1493 avec Pierre Le Tresle, seigneur de Kerolland, pour les coutumes
d'Herbignac, et les rachète pour une somme d'argent. Sa mort est marquée dans
l'ancien martyrologe de la maison, au 23 juin 1498. Charles de Hangest, évêque
de Noyon, obtient l'abbaye en commende en 1498, et en jouit encore en 1521. Jean
de Rieux, évêque de Saint-Brieuc, succède à M. de Hangest, et se démet en
1533 en faveur du suivant. Guillaume Car, religieux de Prières, est en 1533
pourvu de l'abbaye tant par le roi que par le pape sur la résignation de l'évêque
de Saint-Brieuc. Il n'en jouit pas longtemps, car il décède en 1536. Guy
Drouillart, prévôt de l'église collégiale de Saint-Aubin de Guerrande (ou
Guérande),
obtient l'abbaye en commende en 1537, assiste aux Etats de Nantes et à la réformation
de la coutume en 1539. Il fait serment de fidélité au roi, le 28 juin 1540, et
meurt en 1552, selon le catalogue. Charles de Lorraine, archevêque, duc de
Reims, pair de France et cardinal de l'Eglise romaine, tient l'abbaye de Prières
en commende de l'an 1552 jusqu'en 1571, selon le catalogue. Bertrand Guillaudon,
clerc du diocèse de Poitiers, obtient l'abbaye par le crédit de madame d'Acerac
(ou d'Assérac),
prête serment de fidélité au roi dans la Chambre des comptes de Nantes en
1574, et meurt en 1586. On prétend qu'il n'était jamais qu'un "confidentiaire"
("Custodi Nos", clerc
recevant les provisions d'un bénéfice) de la maison d'Acerac (ou d'Assérac). Jacques Landry,
prêtre, est pourvu en 1586 par la faveur de Jean de Rieux, fils de madame d'Acerac
(ou d'Assérac),
et tient l'abbaye aux mêmes conditions que le précédent, si l'on en croît
l'auteur du catalogue. Jean Bouchart, docteur en théologie, prête serment de
fidélité pour l'abbaye de Prières en 1608, et assiste aux Etats tenus à
Guerrande (ou Guérande) en 1625. Dom Guillaume Jamet, abbé régulier, succède à Jean
Bouchart, et meurt le 23 janvier 1631, selon le catalogue. C'est de son temps
que l'abbaye, ayant embrassé la réforme, est remise en règle en 1630. Cette réforme,
connue sous le nom d'étroite observance, a rendu, jusqu'à la fin, la maison de
Prières florissante. Dom Jean Jouaud, sous-prieur de la maison, est pourvu en
1631, et bénit par Sébastien de Rosmadec, évêque de Vannes. Il meurt à
Paris le 2 juin 1673. Dom Hervé du Tertre, qui est nommé coadjuteur en 1657,
est confirmé abbé en 1673, et il est choisi ensuite pour vicaire général de
l'ordre. Zélé pour la réforme de son ordre, il devient aussi visiteur des
maisons de Bretagne et de Normandie. Ce titre lui procure des relations, avec le
célèbre abbé de Rancé, réformateur de La Trappe, contre lequel il est
d'abord prévenu. Mais ayant fait en 1676 et 1678 la visite de ce célèbre
monastère, il revient de ses préventions et reconnaît que l'esprit de Dieu présidait
à cette réforme. Dom Hervé du Tertre meurt le 8 décembre 1680. Dom Joseph
Melchior de Serent est nommé abbé le 7 mars 1681, et bénit le 25 juillet
1684. Sa mort arrive le 28 juillet 1727. C'est lui qui fait construire et
consacre la nouvelle église de son abbaye. Dom Jacques Nouel, abbé de La
Charmoie, est transféré à celle de Prières au mois d'août 1726, sur la démission
volontaire du précédent. Il meurt au collège des Bernardins à Paris, vicaire
général de l'Ordre en Bretagne, le 2 septembre 1741. Dom Claude Marie de La
Fruglaye, religieux de l'abbaye de Prières, est nommé le 24 septembre 1741 et
bénit le 23 avril 1742 par François Hyacinthe de La Fruglaye, évêque de Tréguier.
Il devient ensuite vicaire général de l'Ordre, et meurt en 1766. Dom Abel de
Baule n'est abbé que durant deux ans, et meurt en 1768. Dom Louis de Maux succède
à Dom de Baule. Il gouverne l'abbaye de Prières pendant dix-neuf ans, et meurt
en 1787. Dom Prudent Charles de Corsin est le dernier abbé de Prières. Après
avoir été expulsé de sa maison avec ses religieux en 1792, il se retire à
Paris et y meurt peu de temps après.
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