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Bienvenue chez les Trégonnais

TREGON

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La commune de Trégon (bzh.gif (80 octets) Tregon-Poudour) fait partie du canton de Ploubalay. Trégon dépend de l'arrondissement de Dinan, du département des Côtes d'Armor (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de TREGON

Trégon vient de "treb" (village), et "konk" (anse, baie) ou "cun", "con" (sommet).

Trégon est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Ploubalay. Trégon est un vieux pays qui a dû être habité de fort bonne heure, si l'on en juge par la quantité de monuments mégalithiques que l'on y trouve, et dont le nombre est relativement élevé, si l'on tient compte du territoire peu étendu de cette paroisse dont la superficie n'est que de 623 hectares.

La première mention écrite de Trégon remonte à 1163, dans un acte ou bref du pape Alexandre III, qui cite saint Pétrock (Saint-Petroc, frère légendaire de Jacut) comme saint de la paroisse (ecclesiam Sancti Petroci). Ainsi, dès ces temps reculés, saint Petrock était le patron de Trégon. Est-ce à dire qu'il fut l'apôtre primitif de ce pays ? nous ne le croyons pas : mais l'antiquité du culte de ce vieux saint breton dans cette contrée pourrait servir d'argument pour démontrer l'ancienneté de la paroisse elle-même de Trégon. Son église (ecclesiam Sancti Petroci), qui demeura jusqu'à la Révolution un prieuré-cure, est mentionnée en 1163 parmi les biens de l'abbaye de Saint-Jacut, laquelle, sans doute, faisait alors distribuer, par quelques-uns de ses moines, les secours spirituels aux habitants de ce pays.

Un peu plus tard, nous retrouvons le nom de Trégon encore cité. C'est en 1358, à l'occasion de la présentation d'un recteur par Guillaume de Rays, abbé de Saint-Jacut. Mais le chroniqueur ne nous a malheureusement pas conservé le nom du personnage qui fut désigné dans la circonstance. La nomination d'un recteur à Trégon ne dut pas toujours d'ailleurs aller toute seule. Une pièce rapportée par Dom Morice au tome II de ses Preuves nous raconte en effet les tribulations que des seigneurs de Trégon, (en l'occurrence, les Labbé de la Ville Guerif), firent subir à D. Rolland du Bois, nommé à la cure de cette paroisse vers 1408 sur la présentation de Jean Mensiau, abbé de Saint-Jacut (Note : Voir sur ce sujet Noël Mars : Histoire du Royal Monastère de Saint-Jacut, Saint-Brieuc, 1912, pages 49 et 103). Voici le passage en question : « Mesme pour ce que notre dit conseiller (Jean Mensiau) n'avoit présenté celuy Dom Guillaume Labbé à la cure de Trégon, qui est au patronage de la dicte abbaye, et qu'il y a présenté D. Rolland du Bois, qui est habile, scavant et homme de bonnes moeurs et conver sation : les dessus dictz (les Labbé de la Villeguerif) et leurs complices, prindrent les clefs de la dite église de Trégon, qui est au patronage de comme dit est, et du presbitère d'icelle, dès le vingt-quatriesme jour de septembre derrain et détin rent la pocession à port d'armes et par force.... ». [Note : Voici ce que contiennent sur Trégon les Pouillés de la Province de Tours, publiés en 1903 par M. Longnon. « Diocèse de Saint-Malo », p. 358, Compte de 1330 environ « Ecclesia de Trégon » taxée 32 sous ; p. 364, Pouillé du XVème siècle « Ecclesia parochialis de Trégon, patroni : episcopi ; capellania sancti Michaelis, patroni : domini temporalis de la Vienne ». L'ouvrage de MM. de Lesquen et Mollat « Mesures Fiscales exercées en Bretagne », Paris 1903, nous fait savoir qu'en 1405 Trégon était encore redevable de VIII sous sur les décimes auxquelles il était taxé]. Trégon est encore mentionné comme paroisse dès 1423 dans un acte du duc Jean V (n° 1553). 

Peu avant la Révolution, la cure de Trégon, nous dit Ogée, comptait alors 300 habitants. Son chiffre de population n'avait pas varié en 1793. Il a été de 362 en 1855. En 1880, il était de 344. Nous n'apprendrons rien de nouveau à nos lecteurs en leur disant que, sous l'Ancien Régime, la paroisse de Trégon fai sait partie de l'évêché de Saint-Malo. Elle relevait alors de l'archidiaconé de Dinan, ainsi que du doyenne de Poudouvre, au siège de Saint-Enogat, lequel comprenait vingt-cinq paroisses situées entre les rivières de la Rance et de l'Arguenon. D'après M. Rollier, le rectorat de Trégon valait près de 3.000 livres à son heureux possesseur, peu avant la Révolution de 1789. Nous regrettons que M. Rollier n'ait pas indi qué, dans la circonstance, la source à laquelle il a puisé ce renseignement, car les chiffres que l'on trouve dans le Pouillé historique du diocèse de Saint-Malo, arrêté en 1730, sont bien loin de cette évaluation. Il s'en fallait, en effet, que la cure de Trégon fût un riche rectorat. Vers 1730, les revenus bruts de ce bénéfice formaient un total de 310 livres seulement, et, déduction faite des charges [Note : En 1641, le recteur de Trégon était imposé à 9 livres de décimes, suivant le rôle d'impositions des bénéfices du clergé de France (Bibliothèque Nationale, ms. fr. 20737, f° 316)], il ne restait au recteur que 261 livres, un sou, un denier.  Nous croyons cependant ces chiffres au-dessous de la réalité. Voici en effet le détail des revenus de la cure de Trégon arrêté, le 31 mars 1791, par le Directoire du District de Dinan, d'après la déclaration de M. Frère, recteur de la paroisse (Extrait du 1er registre d'avis sur le traitement des ecclésiastiques du District de Dinan, du 2 janvier 1791 au 25 novembre de la même année, folio 30. Archives des Côtes-d'Armor, série L). A cette époque les revenus de la cure de Trégon s'élevaient à un total de 1406 livres 10 sous, se décomposant comme suit : - 110 boisseaux de blé à 8 livres 10 sous le boisseau, 935 livres ; - 120 boisseaux de blé-noir à 3 livres le boisseau, 360 livres ; - 18 boisseaux d'avoine à 2 livres 10 sous le boisseau, 45 livres ; - Trois quarts de seigle à 6 livres, 9 livres ; - Un quart de pois à 7 livres le boisseau, 3 livres et 10 sols ; - Le lin et le chanvre 30 livres. Les charges au compte du recteur s'élevant à 271 livres, il lui demeurait net 1235 livres de revenus annuels.

Voici, d'ailleurs, sur l'ancienne paroisse de Trégon, quel ques notes intéressantes puisées dans un Etat des paroisses  du Diocèse de Saint-Malo rédigé sous Mgr. Fogasse de la Bastie (1741-1767). Grâce à ces renseignements, nous pourrons avoir un aperçu de la paroisse de Trégon vers la fin de l'Ancien Régime. Revenu de Trégon : 400 livres. Titulaire de l'église : Saint Pierre. Décimateurs : Le Recteur, les RR. de Saint-Jacut et le seigneur, chacun pour un tiers. Etat de l'église : Pauvre, petite, basse, a encore besoin de quantité de réparations. Presbytère : Est très peu de chose, tout auprès de l'église, dont la sacristie très petite est prise sur sa cour. Nombre des communions : 150. Présentateur du bénéfice : L'abbé de Saint-Jacut. Seigneur de la paroisse : M. de la Moussaye. Rentes de la fabrique : Possède neuf boisseaux de froment dont le recteur est en possession de recevoir le tiers. Fondations : Il y en a une petite faisant partie des neuf boisseaux de la fabrique. Chapelle domestique : Il y a celle de la Ville Guerif, fondée par acte de 1727. Elle est en très bon état. Il n'y a ni confrairie, ni chapelle frairienne, ni maître d'école (Archives d'Ille-et-Vilaine, G. 71).

Ainsi, malgré les dires de M. Rollier (ancien recteur de Trégon), le recteur de Trégon n'était pas le seul décimateur dans sa paroisse : l'abbaye de Saint-Jacut y levait une dîme qui lui rapportait 6 mines de froment en 1574. Un aveu du 5 juillet 1703 mentionne aussi comme appartenant encore alors à cette communauté un trait de dîme à la douzième gerbe qui lui valait 8 boisseaux de froment. En ce moment, un autre tiers de celte dîme était entre les mains du seigneur de la Ville Guerif, par suite d'acquêt d'avec le sieur de la Ville-au-Sénéchal (Archives de la Chambre des Comptes de Nantes, B. 820).

Mentionnons aussi pour achever notre énumération des rentes de l'abbaye de Saint-Jacut sises en Trégon : 47 sols, 9 deniers et 12 boisseaux de froment qu'elle percevait sur le « bailliage des Nobles » ; 3 boisseaux de froment dus sui tes terres de la Ville Jouan ; un boisseau 6 godets dus sur la Ville Goudier et 13 godets dus sur le Clos aux Pommes. Ajoutons enfin que le moulin à vent appelé Moulin de l'Epine appartenait à Saint-Jacut depuis un temps immémorial.

Il n'était pas jusqu'à l'abbaye de Beaulieu, en Mégrit, qui ne possédât originairement quelque rente dans cette paroisse, grâce sans doute à la générosité des Dinan ses fondateurs. Nous lisons, en effet, ce qui suit dans un aveu rendu en 1583 par M. de Rorthays, abbé de Beaulieu (Archives de la Loire-Inférieure, B. 761) : « Un fief et bailliage s'estendant en la dite paroisse de Trégon, appelé le bailliage de Trégon, valant 2 mynes de froment de rente, mesure de Dinan, lequel a été vendu par le dit de nostre sire. La dixme de Trégon vault commun ans 6 à 8 boisseaux, mesure de Dinan, moitié froment, moitié avoine ».

Trégon est, sous l'Ancien Régime, une paroisse du diocèse de Saint-Malo. L'ancienne paroisse de Trégon dépendait de la subdélégation et du ressort de Dinan. La cure était un prieuré présenté par l'abbé de Saint-Jacut. Durant la Révolution, la paroisse de Trégon dépendait du doyenné de Ploubalay.

Trégon élit sa première municipalité le 24 janvier 1790. La paroisse de Trégon est rattachée à celle de Ploubalay en 1803, avant de recouvrer à nouveau son indépendance en 1820 (ordonnance du 16 mars 1820). Par l’arrêté du 20 juillet 1826, il y a, entre Trégon et Créhen, un échange de deux fractions de territoire près du village du Bouillon. Le bourg est transféré au village des Loges en 1845.

On rencontre les appellations suivantes : Eccl. S. Petroci (en 1163), Eccl. de Tregon (vers 1330, au XVème siècle), Tregon (en 1409).

Note 1 : Entre autres mérites, M. Rollier, ancien recteur,  eut à Trégon celui de rétablir la fête patronale qui n'avait pas été célébrée avant lui depuis longtemps : « Après plusieurs informations que je pris, écrit-il, je parvins à connaître que saint Pétrock était le patron de la paroisse. J'en écrivis à Saint-Brieuc, et saint Pétrock fut reconnu pour le patron de la paroisse. Son office particulier fut fixé au 1er juin et son office public au premier dimanche de ce mois, à moins que ce dimanche ne fût celui de la Fête-Dieu » (Note :  Ces dispositions sont consignées dans une lettre du 29 mai 1839, signée de M. Le Mée, alors vicaire général de Saint-Brieuc. Elles ont été confirmées par Mgr David le 19 mars 1881. Ce prélat permit alors à Trégon de faire l'exposition solennelle des reliques de saint Pétrock, dues à la générosité du R. P. Roussel, supérieur des missionnaires de Moncontour, lequel avait obtenu de Saint-Meen une parcelle de ces restes précieux). La date choisie pour la célébration de la fête de saint Pétrock, correspond d'ailleurs avec celle de la plus solennelle des deux fêtes que lui assignent les vieux calendriers bretons. C'est ainsi que le calendrier manuscrit du XVème siècle appartenant à l'abbaye de Saint-Meen, que signale D. Lobineau et que l'on conserve aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale sous la cote 9889, Mss L., fixe au 4 juin la fête de saint Pétrock et lui assigne quatre porte-chapes, des leçons propres et une octave. Le 4 septembre, le même saint avait encore une autre fête, mais moins solennelle, tout en comportant une octave. De même, le bréviaire malouin de 1537, déposé à la bibliothèque de Saint-Malo, mentionne aussi la fête de saint Pétrock au 4 septembre et lui assigne une octave [Note : D. Lobineau a donné la biographie plus ou moins légendaire de saint Pétrock à la page 29 de sa Vie des Saints de Bretagne. L'on pourra aussi consulter sur ce saint : J. Loth, Noms des Saints Bretons, ainsi que les Anciens Missels et Bréviaires bretons, de l'abbé Duine. M. André Oheix, dont la compétence en hagiographie bretonne est universellement reconnue, nous a signalé que le Ms. L. 9889 de la Bibliothèque Nationale contient une vie inédite de saint Pétrock qui est probablement celle que Jean de Tynemouth a connue et abrégée. Le manuscrit latin 11770 renferme une autre copie de la vie de ce saint, reproduite d'après un manuscrit de Saint-Gildas-des-Bois.

Nous ne pouvons clore le chapitre consacré aux saints patrons de Trégon sans dire un mot du culte rendu à saint Davy ou mieux Dewi, dont la statue en bois, haute d'environ trente centimètres, est l'objet, dans cette paroisse, d'un culte particulier. Maintes personnes viennent invoquer ce saint pour faire marcher leurs enfants. Après avoir fait réciter un évangile sur la tête de l'enfant, elles lui font ensuite baiser la statue du saint. Cette statue qui représente saint Davy en costume de diacre, a été trouvée, raconte-t-on, par Françoise Rebuffet, dans la fontaine de la prée du Fonds, dépendant de la Ville-Guerif, il y a de cela presque un siècle. La dévotion à saint Dewi existe aussi à Landebia, à quelques lieues de Trégon. On invoque également là-bas ce saint pour faire marcher les enfants. Il possède auprès du bourg une fontaine assez mal entretenue, mais l'on a eu soin de placer son image dans un des vitraux de la nouvelle église. On retrouve encore le nom de saint Dewi, écrit M. J. Loth, dans Les Noms des Saints bretons, à Saint-Divy-la-Forêt (Finistère) ; Saint-Divy en Plouneour-Menez ; Loc-Maria-Saint-Divy en Elliant (Finistère). On connaît aussi le village de Zant-Devy à Lannebert, ainsi qu'à Goudelin dans les Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor). Dans le pays de Galles, il n'y a pas moins de quarante églises et treize chapelles dédiées à ce saint.

Note 2 : Les Recteurs de Trégon au XVIème siècle. Avant les recteurs dont M. Rollier nous a donné la liste, on connaît, grâce aux Registres paroissiaux de Saint-Malo et de Saint-Servan, le nom de deux prêtres qui portèrent au moins le titre de recteur de Trégon, s'ils n'en remplirent pas effectivement la charge. L'un Servan May, sieur du Vaugarny et de la Rayrie, fils de Jean et de Perrine Lecomte, est cité comme recteur de Trégon en 1524. Il était chanoine et doyen de Lanmeur en 1556, recteur de Lourmais en 1559, vicaire général en 1562 et en 1573. Il fut inhumé le 17 novembre 1592. On trouve après lui Philippe Menfenit, lequel était chanoine en 1499, ainsi qu'en 1530. Il joignit à ses autres titres celui de recteur de Trégon, puis de prieur de Saint-Thomas en 1541. Il faut remonter ensuite jusqu'en 1576 pour découvrir d'autres noms de recteurs de Trégon. Depuis cette date, jusqu'en 1585, écrit M. Rollier, la paroisse fut desservie par messires Mathurin Le Bailleur, N. Amelin et François Labbé. Il paraît que ces messieurs étaient attachés à l'ancienne collégiale qui existait au Guildo avant la fondation du couvent des grands Carmes, l'an 1650 (Note : A cette date, Jean d'Avaugour, seigneur du Bois de la Motte, établit les Carmes dans l'église collégiale des chapelains, située près de son château du Guildo. Cette église était dédiée à N.-D. de Bon Port). M. Rollier ajoute avoir relevé sur les registres paroissiaux de cette époque de nombreux visa épiscopaux, entre autres en 1577, en 1580, 1581, 1582, 1585, 1586, 1588, 1598, 1600. Ces fréquents visa des évêques de Saint-Malo, écrit-il, « prouvent que ces évêques tenaient à ce que les registres fussent tenus en bonne et due forme ». Les Recteurs de Trégon au XVIIème siècle. — Evénements survenus de leur temps. Messire Jean Bonenfant fut recteur de la paroisse de Trégon de 1585 à 1602. Cette année, la paroisse fut desservie par Dom Jean Gautier qui ne signe ni recteur, ni curé, ni sub-curé. En 1603, messire François de Boisramé (Note : Ce Boisramé, de 1600 à 1603, fut vicaire perpétuel de N.-D. de Landouar), succéda à Jean Bonenfant, lequel François de Boisramé administra la paroisse jusqu'à 1613, et fut inhumé le 22 septembre de cette année. En 1597, sous le rectorat de Jean Bonenfant, j'ai trouvé Dom François de Boisramé, chanoine du Guildo, faisant deux baptêmes à Trégon, mais j'ignore si c'est le même qui succéda au susdit Bonenfant. On trouve aussi les signatures de François Labbé, en 1586, et de Mathurin Le Bailleur en 1591 et en 1593. En 1598, un appelé dom Jean Bernard signe subcuré, ce qui confirmerait que ces Messieurs étaient fixés dans le voisi nage de Trégon : or le Guildo n'en est qu'à un tiers de lieue. L'année 1617, la paroisse de Trégon fut desservie par Messire Christophe Bernard, qui ne signe ni recteur, ni curé, ni subcuré. Messire Jean de Lesquen succéda à messire François de Boisramé en 1613 et fut cinq ans recteur de Trégon. Messire René-Nicolas fut curé (Curé, c'est-à-dire vicaire) de Trégon, sous le rectorat de messire Jean de Lesquen, depuis 1613 jusqu'en 1618. Messire Julien Roger succéda à messire Jean de Lesquen. Il dirigea la paroisse environ onze ans et mourut le 15 novembre 1629. Dom Jacques Chohu, prêtre de la paroisse de Pluduno, exerça les fonctions du saint ministère à Trégon en qualité de curé, environ quatre ans, sur la fin du rectorat de messire Julien Roger et pendant l'intérim. Il mourut en 1631. Messire Pierre Basné fut le successeur de messire Julien Roger, lequel messire Basné dirigea la paroisse environ huit ans (Note : Messire Pierre Basné fut inhumé le 3 mai 1638. Avant de venir à Trégon, il était vicaire perpétuel de N.-D. de Landouar). Il en prit possession vers 1630. Jean Chesnart, prêtre de la paroisse de Trégon, exerça les fonctions du saint ministère sous Pierre Basné et sous messire Vincent Luillier, lequel, à ce qu'il paraît, ne fut qu'un an recteur de Trégon, car, après 1639, on ne trouve plus sa signature. Le dit Jean Chesnart signe curé jusqu'en 1642. Messire Guillaume Gauchet succéda à Mre Vincent Luillier en 1642 ; il fut recteur de Trégon pendant 24 ans. Messire Etienne Horray exerça les fonctions du saint ministère de 1642 à 1645, sous le rectorat de Guillaume Gauchet (Note : On trouve des visa épiscopaux en 1643, 1648, 1654, 1665. On en trouve un autre donné au Plessix-Balisson en 1657). En 1667, Etienne Dagorne, chapelain de la Coudrais, fit un baptême à Trégon par permission du susdit Guillaume Gauchet. Sous le rectorat de Messire Guillaume Gauchet, Messire Julien de la Motte, natif de Trégon, et de noble extraction, y exerçait les fonctions du saint ministère. On trouve sa signature plusieurs fois sur le registre. Ce fut lui qui fit tous les enregistrements l'année 1667. Il signe Julien de la Motte, prêtre. Je pense qu'il était de la famille de la Motte qui habitait pour lors à la Ville-es-Comtes dont elle était propriétaire. Il y avait à cette époque une famille Gauchet qui habitait la paroisse, comme on le voit par le mariage de François Le Maignant avec Guillemine Gauchet, tous deux natifs de Trégon. Ce mariage fut béni par noble et discret prêtre Julien de la Motte en 1667. Peut-être cette famille Gauchet était-elle la même que celle de Messire Guillaume Gauchet, recteur de Trégon. Cependant je ne le pense qu'à cause de la ressemblance de la signature. Messire Claude Le Cadre succéda à messire Guillaume Gauchet et gouverna la paroisse environ 30 ans. En 1675, messire Julien de la Motte mourut. Voici son extrait mortuaire : « Le 4 mai 1675, noble et discret Julien de la Motte prêtre, confessé, communié et oint des saintes huiles mourut et fut inhumé dans l'église paroissiale de Trégon, le 6 dudit mois. Claude Le Cadre, recteur ». Messire Claude Le Cadre fut requis par messire Mathieu Lucas, prêtre de Saint-Brieuc, ci-devant recteur du Plessix-Ballisson (Note : M. Rollier fait erreur, car jamais Mathieu Lucas ne fut recteur du Plessix-Balisson), pour le mettre et induire en possession réelle et corporelle de la paroisse de Ploubalay, évêché de Saint- Malo, que possédait autrefois messire Julien Tourtier. Ce qui se fit par permutation obtenue de Rome, revêtue du visa de M. de Saint-Malo, en date du 21 décembre 1679. Julien Hamon et Marc Rolier furent enterrés dans la Chapelle de la Vieuxville au Sénéchal, sous Claude Le Cadre, en 1691. (Je rapporte ces inhumations comme preuve des privilèges dont jouissait la famille seigneuriale dont nous parlerons dans la suite de l'histoire cette chapelle). Claude Le Cadre mourut en 1697 âgé de 77 ans et fut remplacé par messire Jean Jehanot qui fit quelques enregistrements avant la mort de Claude Le Cadre. Il ne signe Recteur qu'après sa mort. Evénements survenus sous le rectorat de messire Jean Jehanot. En 1700, messire Pierre Pean, recteur de Notre-Dame de Landouard et vicaire de Saint-Jacut, fit le baptême de Jeanne Jacquemine Rouault, fille de Jacques Rouault et Anne Rollier. Lui donnèrent les noms : messire Jean Jehanot, recteur dudit Trégon et Jacqueminede Bréhant, dame de la Moussaye. [Je rapporte cet extrait pour faire voir que le recteur de Notre-Dame de Landouart était vicaire (Note : Son titre était celui de vicaire perpétuel de N.-D. de Landouar, et ce titre l'assimilait aux recteurs) de Saint-Jacut]. Voici quelques autres actes d'état-civil que l'on trouve du temps du recteur Jehanot : - « Ecuyer Victor Martial de la Moussaye, âgé d'environ 20 ans, fils légitime du mariage de deffunt écuier Pierre de la Moussaye et de dame Jacquemine de Bréhant, sieur et dame de la Moussaye, a reçu ce jour les cérémonies du baptême par moi soussignant recteur de l'église de Trégon et lui ont donné le nom : Jean des Guez et Jeanne Glama, pauvres. Le dit sieur de la Moussaye ayant été baptisé le 15 octobre 1685, par permission du Grand Vicaire, comme ensuit ». - « Damoiselle Jacquemine de Bréhand, épouse d'escuier Pierre de la Moussaye, seigneur et dame de la Ville Guerif, accoucha d'un fils né le 12 octobre 1685, de leur légitime mariage et baptisé sur les saints fonds de Trégon, le 15 octobre par permission du Vicaire Général. Il fut tenu par Mathurin Lambert, escuier, sieur de Lorgerie et par Mathurine Lambert, sa grand'mère, dame de la Ville Guerif. Ladite cérémonie faite le dimanche de Pâques 12 avril 1705. Signé : Jacquemine de Bréhand, Victor Martial de la Moussaye, J.-B. Jehanot, J. Jehanot, Recteur de Trégon ». Je rapporte cet extrait par la raison qu'il est extraordinaire (Note : M. Rollier n'est pas clair : Victor-Martial de la Moussaye, né le 12 octobre 1685, fut ondoyé le 15 du même mois, mais le supplément de cérémonies n'eut lieu que 20 ans après le 12 avril 1705). - « Escuyer Julien La Choüe âgé de 91 ans demeurant au Placys, a été inhumé dans l'église de Trégon, le 20 novembre ; Jehanot, Recteur ». C'est la plus longue vie que j'ai trouvée sur les registres de Trégon. - « Escuyer Guillaume de Quélen, sieur de la paroisse de Goudelin, évêché de Tréguier, et damoiselle Anne La Choüe, damoiselle de la Hautière, de cette paroisse, ont reçu la bénédiction nuptiale dans l'église de Trégon par moi soussignant, recteur d'icelle, avec le certificat de messire le recteur dudit Goudelin, portant une bannie faite sans opposition le 21 septembre 1715, ainsi signé : Yves Morvan, chanoine régulier et recteur de Goudelin, et la dispense des deux autres bannies accordées et obtenues du Seigneur Evêque de Tréguier, et notre bannie faite le 22ème du présent mois, aussi sans opposition, et la dispense des deux autres bannies obtenues de Monseigneur de Saint-Malo, en date du 22 du présent mois, signé : de Quélen, Marie-Jeanne-Pélagie-Anne La Choüe-Martin, Olivier de Quelen, J. Jehanot, recteur de Trégon ». Il existe encore dans cette paroisse une famille La Choüe de la Haute Mettrie (Note : On retrouvera cette famille en parlant des châteaux de Trégon) qui est parente avec Monseigneur de Quélen (Note : Monseigneur Hyacinthe-Louis de Quélen, pair de France, né à Paris le 8 octobre 1778, sacré évêque de Samosate le 28 octobre 1817, promu à l'archevêché de Trajanople, le 17 décembre 1819, avec la coadjutorerie de Paris, archevêque de Paris le 20 octobre 1821. Il cessa d'être pair de France à la révolution de juillet 1830), ancien archevêque de Paris. On peut regarder comme certain que cette parenté vient du mariage ci-dessus rapporté, de sorte que la paroisse de Trégon peut se glorifier d'avoir vu naître les ancêtres de Monseigneur l'Archevêque de Paris. En 1715, sous messire Jehanot, messire Charles Le Cointe, prêtre de la paroisse de Landouard, fit un baptême à Trégon, Messire Jehanot était parrain. L'année 1724, messire Julien Guérin, prêtre de Créhen et chapelain de la Villeguerif, fit seul les enregistrements de la paroisse de Trégon. Il paraît que messire Jehanot était infirme. Le premier enregistrement de Messire Etienne Frère qui fut le successeur de Messire Jehanot, est daté du 3 Mai 1725. Il y est dit qu'il est commis pour faire les fonctions curiales, attendu l'infirmité du sieur recteur. Il signe Etienne Frère jusqu'après la mort de Messire Jean Jehanot, dont l'inhumation fut faite dans l'église de Trégon, le 7 octobre 1725. Il était âgé d'environ 70 ans et avait fait les fonctions curiales à Trégon l'espace de 28 ans. Son service fut célébré par Messire Julien Guérin, en présence de Messire Mathieu le Maignan, recteur de Ploubalay, Messire Julien Levêque, de Languenan et autres. La tradition porte que Messire Jean Jehanot était natif de Languenan et avait pour neveu Messire Etienne Frère, auquel il résilia le bénéfice de Trégon. Lequel Etienne Frère était aussi de Languenan. Procès verbal de la prise de possession de M. Frère à Trégon. Voici la prise de possession de Mre. Etienne Frère qui con firme que Mre. Jean Jehanot s'était démis du bénéfice de Trégon en sa faveur. « Le vingt et unième jour du mois d'Août 1725, devant nous notaires royaux héréditaires et apostoliques de l'Evêché de St-Malo résidants à Dinan, soussignés, a comparu en sa personne Messire Etienne Frère, prêtre, demeurant à la maison presbitérale de la paroisse de Trégon, évêché de St-Malo, pourvu du bénéfice et du rectoral de Trégon par présentation et démission a lui faite par Messire Jean Jehanot, sieur Recteur de ladite paroisse de Trégon, paisible possesseur d'icelle, et en conséquence a obtenu des bulles et provisions de Sa Sainteté, en date du 5 des Calendes de Juin, de l'année première du pontificat de notre Saint-Père le Pape, avec l'attestation des expéditionnaires en cour de Rome du 7 Août, signée Expert et Chassé et du visa de l'illustrissime et révérendissime évêque de St-Malo, en date du 17 du présent mois d'Août, signé " T. Vincentius Franciscus, Episcopus Macloviensis ", et au dessous est écrit : par Monseigneur, " de l'Isle, secretarius ". Nous sommes ce jour transportés en compagnie dudit sieur Frère et de Messire Julien Levêque, prestre, de messire Victor Martial de la Moussaye, seigneur dudit lieu et fondateur de ladite paroisse de Trégon, chevalier de St-Lazare, Messire Joseph Jean de la Motte, seigneur de la Villescomtes, capitaine d'une compagnie franche pour le service de Sa Majesté, de la dite paroisse de Trégon et autres lieux, noble homme Hierosme Besnard, sieur de la Guéraie, François René Besnard, sr dudit lieu, ecuier Jean Colas, sieur de la Ville-au-Prévost, demeurants en leurs maisons nobles et manoirs en ladite paroisse de Trégon ; à l'exception dudit sieur de la Ville-au-Prévôt demeurant en la paroisse de Saint-Samson, estant présents à l'église paroissialle de Trégon située dans le Bourg, pour mettre et induire ledit Sr Frère en la réelle, actuelle et corporelle possession d'icelle et dépendances d'icelle paroisse de Trégon ; de laquelle église la porte ayant été ouverte par ledit sieur Levesque, prestre, nous sommes entrés en icelle et ledit Frère a prins de l'eau bénite, fait génuflexions et prière devant l'autel, ouvert les fonds et tabernacle, ensuite a baisé l'autel et descendu aux cloches, les a sonnées à bas et tintées, et nous dits notaires soussignés sommes tournés vers le peuple qui y est entré, avons donné lecture à haute et intelligible voix des dites provisions, visa de Monseigneur le Reverendissime Evesque de St-Malo et déclaré que ledit Sr Frère prenait possession réelle, actuelle et corporelle de ladite église paroisse et dépendances ; laquelle paroisse il a prinse sans aucun trouble, ni opposition venue à nos connoissances et de quoi nous dits notaires Apostoliques avons rapporté acte le nous requérant, et ledit sieur Frère continuant ladite possession, nous sommes transportés en la maison presbiteralle et en icelle avons mis en possession ledit sieur Frère, par y avoir fait feu et fumée, bu et mangé et ensuite dans le jardin au derrière par y avoir ouvert et fermé les portes et fenêtres en iceux et avoir laissé le dit sr Frère paisible possesseur d'icelle paroisse et ensuite sommés lesdits paroissiens de reconnoitre ledit sieur Frère pour leur Recteur et autout des susdites choses fait plusieurs actes pocessoires pour bonne, due et entière possession de ladite église, maison presbiteralle, terres et dépendances que ledit sr Frère a prinses et acceptées aussi sans aucun trouble venu à nos connoissances. De tout quoi nous dits notaires avons rapporté acte sur lesdits lieux et sous le seing dudit sieur Frère, desdits seigneurs de la Moussaye et de la Ville Comte, desdits sieurs Besnard, père et fils, de la Ville-au-Prévost-Colas, et dudit Sieur Levêque prêtre, et autres soussignants qui s'y sont trouvés, et averti ledit sieur Frère de faire controller et insinuer la grosse de la présente au greffe du domaine ecclésiastique de nostre Evêché, aux fins de l'Edit et déclaration du Roy, avec nos seings, lesdits jour et an, ainsi signé Victor Martial de la Moussaye, Villescomtes de la Motte, Jehanot Jean, Collas, H. Besnard, François René Besnard, J. Levesque, M. Frère, Ph. Jehanot, E. Frère prêtre, Jean le Maître, J. Decaumont, Leserf et Beslay, Notaires Royaux et Apostoliques. Controllé à Dinan le 25 août par Dénoual qui a reçu six livres. La minute est vers moi Le Serf, Notaire sous signé. Beslay, Notaire royal et apostolique. Le Serf, Notaire royal et apostolique. Il est écrit à la marge : insinué et controllé au greffe des Insinuations ecclésiastiques du diocèse de Saint-Malo, le 5 septembre 1725. Reçu 30 sols, Griffon ». Décès de M. Frère. Messire Etienne Frère mourut le 10 septembre 1768. Voici son extrait mortuaire : « Vénérable et discrète personne Messire Etienne Frère, natif de la paroisse de Languenan, vivant recteur de cette paroisse l'espace d'environ 44 ans, âgé de 70 ans, décédé hier après avoir reçu tous les secours spirituels, a été inhumé sous le reliquaire qu'il avoit fait faire et où il avoit demandé sa sépulture, ce 11 septembre 1768, en présence des soussignants et d'un grand nombre de peuple, signé : Frère Julien Lorre, prieur des Carmes, P. Betaux, recteur de St-Jacut, J. Josse, curé de Ploubalay, C. Ponis, prêtre de Créhen ». Le reliquaire où repose Messire Etienne Frère porte la date de 1763. Il est devenu par l'usage l'enfeu des recteurs de Trégon. Messire Michel Frère succéda à Messire Etienne Frère qui lui avait résigné son bénéfice [Note : Michel Frère fut pourvu le 29 octobre 1767 du bénéfice de Trégon. (Archives d'Ille-et-Vilaine, série G)]. D'après la tradition, il était son neveu : ce qu'il y a de certain c'est que le dernier acte de Messire Etienne Frère comme recteur de Trégon est daté du 29 décembre 1767 et Messire Michel Frère signe recteur de Trégon le 16 janvier 1768. Par conséquent Messire Etienne Frère vécut encore sous le rectorat de son successeur. Ce dernier avait été vicaire de Pleudihen avant de devenir recteur de Trégon. Il était originaire de la paroisse de Lan guenan. Le Recteur de Trégon et la Révolution. Le 6 octobre 1792, M. Frère fit une inhumation avec les cérémonies de l'église. Depuis cette époque, il ne paraît plus sur les registres de la paroisse qu'après la Révolution (Note : Les registres du Directoire de Dinan mentionnent M. Frère curé non assermenté de Trégon, comme ayant touché son traitement de 1200 livres par an, jusqu'au 1er mai 1792. Ces mêmes registres donnent le nom d'un appelé Civelle ; vicaire à Pluduno, qui fut élu curé de Trégon le 16 septem bre 1792. Nous ne croyons pas qu'il accepta). J'ignore en quelle année il émigra (Note : M. Frère ne figure pas sur les listes des prêtres émigrés à Jersey, qu'a publiées M. de L'Estourbeillon), mais je pense qu'il revint en 1797 ou 1798. En 1800, il desservait la paroisse. Ce vénérable prêtre mourut au presbytère de Trégon le 16 brumaire l'an X de la République française (le 7 novembre 1801). Messire Michel Frère était fils de Michel et de Toussainte Fresnaie, de Languenan. Il mourut à 67 ans et fut inhumé sous le reliquaire, après avoir gouverné la paroisse de Trégon durant trente-trois ans. Les prêtres originaires de Trégon en l'an 1839. Voici le nom des prêtres nés dans la paroisse de Trégon : - 1. Claude-Louis de Lesquen, né au Bouillon le 23 février 1770, évêque de Rennes. - 2. Constant de Lesquen, né à Baussais, chanoine titulaire et grand vicaire honoraire à Rennes, neveu de l'évêque, âgé d'environ 45 ans. - 3. Jacques Gilbert, recteur dans le diocèse de Rennes, âgé d'environ 60 ans, né à la Villejouan, mort en 1840. - 4. Joseph Rolland, né aux Vaux, recteur de Saint-Rieul, âgé de 56 ans, mort en 1844. - 5. Pierre Besnard, né à la Ville Manoel, autrefois vicaire de Saint-Pôtan ; puis recteur de Saint-Michel en 1841 (âgé de 48 ans en 1839). - 6. Thomas Rollier, né à la Marre-Amirand le 20 septembre 1800.  M. Désiré Le Boulanger, fils de Jacques Le Boulanger et de Vincente Rolland, né aux Vaux, en Trégon, a été ordonné prêtre à Noël 1843. Ses père et mère demeurent à la Ville Geffray dans la maison située à l'ouest, dont ils sont propriétaires. M. Gauthier, supérieur du petit séminaire de Dinan, prêcha à sa première grand'messe qu'il célébra le jour de Pâques 1843.

Note 3 : Trégon annexe de Ploubalay. — Messire Pierre Olivier fut nommé à Trégon en 1803 [Note : Ce n'est pas exact, semble-t-il ?. Car le 3 prairial an XI (23 mai 1803), M. Fouace fut nommé curé de Ploubalay. Le manque de prêtres obligea Mgr Cafarelli d'unir à cette paroisse celle de Trégon. M. Olivier n'était que vicaire de M. Fouace, quoique résidant à Trégon). Trégon avait été annexé à Ploubalay après la Révolution de 1789, et M. Fouace, curé de Ploubalay, était très jaloux de supprimer Trégon. Ce qu'il y a d'extraordinaire, c'est qu'avant la Révolution, M. Fouace était simplement recteur de la modeste paroisse de Tréméreuc et qu'à ce titre, il n'aurait pas dû vouloir supprimer les petites paroisses. Il tracassa cependant le plus qu'il put les paroissiens de Trégon, jusqu'à exiger qu'ils se rendissent à Ploubalay pour recevoir la bénédiction nuptiale, quoiqu'il y ait eu un prêtre à Trégon et une administration civile, car Trégon n'a point cessé d'être commune. Le respectable et savant M. Olivier [Note : M. Olivier avait été vicaire de Ploubalay de 1789 à 1792. Nous savons aussi que M. Olivier possédait quelques biens à Ploubalay, ainsi qu'une maison et deux journaux de terre à Saint-Briac. On vendit durant la Révolution comme bien d'émigré ses propriétés dans cette dernière commune. C'était, paraît-il, un homme remarquable. Voici l'éloge que nous avons trouvé à son sujet dans une petite brochure de 30 pages, éditée à Rennes en 1852, et consacrée à la mémoire de M. Armel, mort recteur de Lancieux : « M. Olivier, de Saint-Briac, homme d'un prodigieux talent, et qui du fond de son obscurité a fourni à la société plusieurs hommes illustres par leur science et leurs vertus ». Il devint recteur de Saint- Samson et mourut démissionnaire le 20 septembre 1830], lassé des tracasseries de M. Fouace, quitta Trégon en 1810 et fut remplacé immédiatement par M. Toussaint Saudrais originaire de Plouasne, où il était vicaire ; lequel M. Saudrais a desservi Trégon jusqu'en 1820 comme vicaire de Ploubalay résidant à Trégon. Pendant cet espace de temps, Trégon a pourvu à la subsistance de son prêtre qui lui servait de pasteur, par une souscription en argent et une quête en froment, le tout volontairement ; sacrifice généreux qui fait l'éloge des habitants de Trégon. Trégon érigée en paroisse. En 1820, sous le règne de Louis XVIII, le zèle et la foi des habitants de Trégon furent récompensés par la réérection de la paroisse de Trégon, et j'espère qu'aucun malveillant ne pensera jamais à supprimer désormais cette paroisse antique et distinguée. M. Saudrais a continué de gouverner la paroisse jusqu'en 1837. Il mourut le 12 janvier de cette année et fut inhumé sous le reliquaire. Il a par conséquent gouverné la paroisse l'espace de 27 ans.

Note 4 : les 8 et 9 septembre 1758, trois jours avant la bataille de Saint-Cast, les Anglais saccagent la paroisse et pillent l'église. Le 10 juillet 1795, une colonne de 300 chouans occupe Trégon. Passage des Anglais à Trégon. En 1758 se fit la descente des Anglais. Voici la relation qu'en fit Mre. Etienne Frère, recteur de Trégon. « Comme je crois bien que dans la suite des temps, mes successeurs seront bien aises de savoir la manière dont se fit la descente des Anglois en 1758, en voici un petit mémoire. Le 4 du mois de Juin, jour de notre patron Saint Pétrock, après vêpres, un nommé Pierre Hervé, de Saint-Jacut, annonça dans le cimetière qu'on voyoit une grande flotte de vaisseaux anglois paroitre. On crut d'abord que c'étoit pour épouvanter. Mais nous fûmes sur le tertre de devant les maisons nommés les Hotieux Benais : nous aperçûmes cette flotte, au milieu d'une grosse brume qui s'éleva ; elle prit le chemin de Cancale, où elle fit descente le lendemain. Elle brûla peu après à Saint-Servan tous les vaisseaux de Saint-Malo, de sorte que nous croyons le soir que cet incendie fut fait qu'ils avoient mis le feu dans la ville même, tant l'incendie était grand ; mais par un coup du ciel, n'ayant pu prendre Saint-Malo à cause d'un gros orage qui arriva la nuit, ils s'en retournèrent. Mais le 4 de septembre suivant, ils revinrent et firent descente à Saint-Briac, où ils passèrent trois jours, ravagèrent et brûlèrent plusieurs maisons. La vigile de la Nativité, ils détachèrent une troupe d'environ deux cent carabiniers pour sonder le gué du Guildo, et le lendemain jour de la Nativité de la Sainte Vierge, environ vers deux heures de l'après-midi, toute l'armée composée d'environ quatorze mille hommes arriva à Drouet, sous la chapelle de Saint-Jean, (la digue de Drouet n'était pas encore faite). J'étois resté seul à la maison. J'avois congédié tous mes domestiques. Or la vesprée il me vint trois visites de ces Messieurs Anglais, composées de quatre personnes chaque, un capitaine et trois soldats. Le capitaine de la première fut fort doux et fort poli, nous bûmes une bouteille de vin ensemble et trinquâmes comme bons amis ; pendant que les soldats buvaient du cidre. Le capitaine de la seconde ne fut pas si doux. Il me mit le sabre sur la gorge trois fois, en me faisant de grandes menaces. Le troisième fut assez doux, mais l'armée n'ayant pu passer le Guildo et ayant campé depuis Bas-Biord jusqu'au Bouillon, il vint au presbytère pendant la nuit plus de cinq cent maraudeurs qui me dépouillèrent, me pillèrent, et ravagèrent tout à l'église et au presbytère. Tout le monde avoit pris la fuite excepté un ancien homme qui étoit resté dans la maison de la Haute Ville qui ne pouvoit marcher et auquel ils firent beaucoup de peine également qu'à moi ; de sorte que je fus vingt quatre heures entre les mains de ces maraudeurs, pendant lequel temps je souffris un martyr continuel. Cependant ma peine ne fut pas inutile, car sans ma présence, ils auroient brûlé l'église et le presbytère, comme ils firent pour plusieurs maisons (Note : Entre autres à la Ville es Comtes, dont le propriétaire qui s'était joint à Rioust des Ville-Audrains pour défendre le passage du Guildo, vit sa maison pillée et reçut des Etats de 1758 4.000 livres d'indemnité). Ce qui me fit le plus de peine, ce fut de les voir casser et briser [Note : Le recteur de Trégon obtint des Etats de Bretagne 600 livres d'indemnité pour le dédommager des pertes qu'il subit du fait des Anglais. D'après l'étude du capitaine Binet, le bilan des pertes subies par la paroisse de Trégon lors du passage des Anglais, s'éleva à la somme de 10.763 livres tournois. (Annales de Bretagne, 1910)] tout dans l'église, jusqu'au tabernacle. Je prie Dieu pour que nous ne les revoyons jamais ici ». Pour faire connaître à la postérité les ravages que les Anglais firent à Trégon, je copie encore l'extrait suivant : « Le vingtième jour du mois d'octobre 1758, Renée Jeanne Sanson, fille du légitime mariage de Jean Sanson et de Renée Guillaume, née d'hier, a été baptisée par moi sous signant, recteur de Trégon, dans l'église de Notre-Dame de Landouard, en St-Jacut, attendu qu'à cause de la descente des Anglois la nuit d'entre le 8 et le 9 de septembre dernier, notre église fut entièrement pillée, le St Creme emporté et les fonds baptismaux cassés. La dite enfant a eu pour parrain Jean Guillaume et pour marraine Françoise Guillaume, en présence de Perrine Pilard et de Jean Sanson, père. Signé : Etienne Frère, recteur de Trégon ». Aux renseignements consignés par M. Rollier, nous ajoutons le procès-verbal qui fut rédigé le 1er octobre 1758, des ravages commis dans l'église de Trégon, lors du passage des Anglais. « L'an 1758, le premier jour du mois d'octobre, nous, maître René Robinot, notaire et procureur de la juridiction supérieure de la Vieuville au Sénéchal, scavoir faisons qu'attendu la vacance du sénéchal de la dite juridiction, nous nous sommes de notre demeurance que nous faisons au lieu de la Pichardais, paroisse de Crehen, transporté au bourg et paroisse de Trégon, sur le réquisitoire de Joseph Rolland, trésorier actuellement en charge de la dite paroisse, distant d'une demie-lieue, où étant arrivé environ les deux heures de l'après-midi de ce jour, nous y ayant trouvé messire Etienne Frère, recteur de la dite paroisse, le R. P. dom J.-Baptiste Cornille, procureur de l'abbé de Saint-Jacut, représentant M. l'abbé d'icelle, gros décimateur de la dite paroisse et maître Gabriel Hervé, procureur fiscal de la dite seigneurie de la Vieuville au Sénéchal, en présence desquels et sur le même réquisitoire, nous avons par l'avis de Thomas Chas, menuisier, demeurant à la Villeglé, paroisse de Ploubalay, rapporté procès-verbal de l'état où est la dite église paroissiale de Trégon, par le dégat et pillage qui y a été fait par l'armée anglaise, la nuit d'entre le vendredi et samedi, 8 septembre dernier, et le samedi 9 du même mois, ainsi que nous l'a déclaré le dit sieur recteur, François Menard et autres habitants. Y procédant et commençant par la sacristie, où nous sommes tous de compagnie entrés, le même recteur et Chas nous ont fait remarquer et nous avons vu une croix de cuivre qui est cassée, pliée et de nulle valeur, et le crucifix qui y étoit enlevé sans qu'il en soit resté qu'un bras et qu'une jambe ; un étallage de papiers dans la dite sacristie, qui sont des rôles tant de fouages que de capitations et mandements qui étoient dans la tirette d'une petite table carrée placée dans la dite sacristie, lesquels papiers ont été présentement ramassés et placés dans un coffre pour en faire un triage et les remettre en place. En attendant, le même recteur nous a déclaré que dans l'armoire de la dite sacristie, il a été pris deux boîtes de plomb, l'une servant à mettre le " Saint Chrême " et l'autre " les saintes huiles " des infirmes ; une ancienne chappe verte ; une vieille chasuble cramoisie ; qu'il a été également enlevé quatre nappes d'autel ; deux vieux surplis ; " une croix et un crucifix d'os ", cassé ; une petite lanterne en fer blanc qui servoit quand on portoit le Saint Sacrement, qui a été également cassée. Passant de la dite sacristie dans l'église, le dit Chas nous a fait remarquer et nous avons vu que le tabernacle du grand autel a été abattu, que la porte a été forcée et ouverte et un morceau cassé, qu'un caisson au-dessous du même tabernacle a été aussi cassé, que plusieurs morceaux du même tabernacle, au piédestal, ont été décollés et la croix qui était dessus cassée, également que trois pommettes dorées qui y servaient d'ornement ; que le crucifix du même autel a été cassé ; que le devant de l'autel qui étoit de soie à fleurs, sur lequel étoit un galon d'argent a été déchiré, qu'il a été enlevé deux candélabres de cuivre du même autel et l'encensoir du même métal. Le même Chas nous a fait voir et nous avons vu que le devant de l'autel de la Vierge, qui est du côté de l'Epître au précédent autel, a été renversé par terre et la boiserie cassée à un bout, même un panneau du devant levé ; que l'image de la Vierge, qui étoit en grande statue de terre sur le même autel a été jetée par terre et la tête cassée, même celle du petit enfant Jésus qu'elle avoit dans les bras ; qu'une planche du dessus du coffre des archives de la dite paroisse a été cassée et le coffre ouvert ; dans lequel étaient les comptes des trésoriers de la dite paroisse, même celui du dit sieur recteur, ainsi qu'il nous l'a déclaré, lesquels ont été enlevés à l'exception de deux qui s'y sont trouvés, l'un rendu par Pierre Cervin en 1716, l'autre par François Beaulieu, vérifié le 18 décembre 1723, lesquels nous avons remis au dit sieur recteur. Passant ensuite dans la chapelle de la Vieuville, qui forme l'aile vers midi de la dite église, le même Chas nous a fait voir et remarquer que le tabernacle de la dite chapelle est abattu sur l'autel même et enfoncé par un des bouts, que les gradins sont entièrement dérangés de leur place, que la croix du même autel est cassée, que le crucifix a été enlevé vu qu'il ne se trouve point ; que le devant du même autel qui étoit de soie à fleurs rouges a été pris et volé, que les bouquets et pots à fleurs du dit autel ont été tous renversés et jetés par terre et un des chandeliers de bois cassé ; que la serrure de l'armoire qui est à gauche du même autel a été forcée et l'armoire ouverte ; que la niche qui servoit à exposer le Saint Sacrement, et qui étoit dans la dite armoire a été cassée et dégarnie de fleurs et ornements qui y étaient, que les faux cierges en fer blanc qui étaient dans la même armoire ont été enlevés à l'exception d'un qui s'est trouvé cassé par moitié ; et nous a dit le sieur recteur qu'il y avoit quatre plateaux dorés et quatre bouquets d'hyver au grand autel qui ont été enlevés. Etant descendus aux fonts baptismaux de la dite paroisse, le même recteur et le dit Chas nous ont fait voir et avons vu que la couverture des dits fonts a été forcée, et pour l'ouvrir qu'on a fait sauter un crampon de fer qui étoit dans la pierre qui tenoit la couverture des mêmes fonts, et l'eau qui était dans le bassin a été en partie renversée en iceux ; que la corniche au-dessus du confessionnal a été dérangée et le voile enlevé. De tout quoy, nous avons fait et rapporté le présent en la dite sacristie, pour valoir et servir à qui il appartiendra, sous notre signe et ceux des parties cy-dessus dénommés, le dit jour et an. Signé : J.-B. CORNEILLE, Thomas CHAS, François MENARD, HERVE, ROBINOT, Joseph ROLLAND »

Note 5 : Menus faits paroissiaux : Dans le mois d'août 1842, une garniture d'autel a été donnée par Mr. et Mme de Pontbriand de la Villeguerif. Dans l'hiver de 1842, on a baissé la côte qui descend de Beaussais à Drouet d'environ 2 mètres. En 1841, Charles Dagorne et Thomasse Rollier ont bâti la maison des Vaux placée à l'occident. En 1842, on a extrait 20 toises de pierre pour rebâtir l'église, dans une carrière placée à l'angle midi du mur de la cour, la pierre est excellente et la carrière féconde, elle paraît inépuisable. Reconstruction de Beaussais : Le château de Beaussais situé sur le grand chemin conduisant à Plancoët, a été bâti en 1842, par Monsieur Victor Le Boüetoux de Bregerac, et madame, née Félicie de Saint-Père, propriétaires et y résidants. La maçonnerie est à chaux et à sable, la pierre a été prise à Saint-Brieuc. Le bois qui entre dans la construction est de première qualité, il a été acheté au Bois-Adam en Plorec. Les ouvriers maçons et charpentiers sont de Lamballe. Le vieux château est placé à l'ouest de celui que l'on construit. La bénédiction de ce château a été faite par Monseigneur de Lesquen, ancien évêque de Rennes et parent de M. de Bregerac, le 9 août 1843. Monseigneur est maintenant retiré volontairement à Dinan, dans la rue de l'Ecole, maison qu'il a achetée de ses économies, quinze mille francs, m'a-t-on dit. Il y mourut le 17 juillet 1855. L'église du Guildo. Eglises neuves aux environs : "M. Frangeul est l'architecte de l'église du Guildo. Elle est faite sur le modèle de celle de Trégon. On levait la charpente dans le mois de septembre 1848. Mgr. l'évêque Jacques-Jean-Pierre Le Mée est venu la voir le 23 septembre 1848 et la trouva très bien : Il a donné de grands éloges aux habitants qui se réunirent à leur chapelle actuelle où je me trouvais à travailler pour préparer les enfants pour la confirmation, laquelle avait lieu à Saint-Potan le 29 du même mois. Le 25 septembre 1848, Monseigneur a béni l'église de Matignon qui passe pour un chef d'oeuvre, quand elle sera finie. Le 28 septembre, Monseigneur bénit la chapelle de Madame de la Motte-Collas à Launay, en Pléboulle. Dans ce pays on travaille beaucoup aux églises. A Languenan, on a fait à neuf l'église en 1847. Celle de Lanvallay près de Dinan, a été faite en 1846, celle de Plénée-Jugon, canton de Jugon, est faite depuis 5 ans et j'écris ceci le 20 octobre 1848. L'église de Saint-Jacut de la Mer a été commencée en 1830 et finie en 1844, la tour comprise. L'église de Pleslin a été faite vers 1834. On a refait depuis 1840 le haut de l'église de Pleudihen. Le presbytère de Trigavou a été refait à neuf en 1845. L'église de Corseul a été refaite depuis 1830. On est aujourd'hui 1848 à rebâtir l'église de Plumaudan, canton de Saint-Jouan. L'église d'Evran a été refaite depuis 1845. Le haut de l'église de Créhen a été refait depuis quelques années. Maintenant on est à refaire l'église de Bourseul, L'église de Ruca a été rebâtie vers 1846. Celle de Saint-Potan a été refaite depuis 25 ans. Celle de Saint-Lormel, le bas et le clocher depuis 10 ans. L'église de Saint-Aubin-des-Bois est refaite depuis peu d'années. Le clocher de Ploubalay menaçant ruine a été démoli il y a à peu près 5 ans. On pense à le rebâtir, mais on n'a pas encore commencé et je crois qu'on n'est pas en mesure " (Rollier, 1848). Faits d'histoire générale : D'ailleurs la révolution arrivée le 25 février 1848 paralyse le zèle et le dévouement des populations. Cette révolution a renversé le trône de Louis-Philippe d'Orléans, roi des Français, et la République a été proclamée. Le président n'est pas encore nommé, mais il doit l'être dans peu de temps à la pluralité des suffrages. Tous les français majeurs sont électeurs. Louis-Philippe d'Orléans qui a été renversé par la révolution du 25 février 1848, avait été proclamé roi en 1830, époque d'une autre révolution où l'on chassa la vieille famille des Bourbons qui avait régné sur la France depuis 14 siècles, excepté le temps de la première révolution et du règne de Napoléon, Empereur des Français. Le tout avait duré 23 ans. Menus faits locaux : Monsieur Camille du Breil de Pontbriand s'est fixé dans son château de la Ville-Guérif l'été dernier 1848. Son château était commencé depuis trois ans ; Monsieur de Pontbriand a été retardé par les ouvriers. L'an 1845, le grand chemin fut mis à passer par le domaine de la Villeguérif. Par cette mesure, on a rendu la côte facile. Le vieux grand chemin passait sous l'aire de la métairie de Beaussais, je veux dire au côté midi de l'aire. Il y avait un roquet très dur pour les harnais. Ils ne pouvaient prendre pour le monter que demi-charge et encore souvent ils étaient obligés d'arrêter à mi-côte. 

Note 6 : Les impôts à Trégon sous l'ancien régime : Fouages : Feux : 3.3/4 1/10. — fouages 50 livres. 16 sols 6 deniers. — taxe 9 l. 10 s. 6 d. — aux syndics 1 l. 1 s. 6 d. — gages 2 l. 3 s. 8 d. - Droits de mandement 13 l. 10 s. — quittances 13 l. 6 s. 6 d. — taxations 5 l. 16 s. 10 d. — Syndic 1 l. 1 s. 6 d. — garnison 1 l. 13 s. 6 d. — Syndic 6. 6. — mandat et quittance 1 livre. Total pour les années paires 100 livres 6 sous 6 deniers, plus le droit d'usage 1 l. 12 s. 6 d. — Années impaires 101 livres 18 sous 11 deniers (Archives d'Ille-et-Vilaine C. 3958). Capitation : En 1778, il y avait à Trégon 41 contribuables dont 11 payaient au-dessous de 3 livres. (Archives d'Ille-et-Vilaine, C. 3982). Vingtième : En 1785, la répartition des 3/20 et des 4 sous par livre du 1/20 étant sur les vingtièmes tant des biens fonds que sur le commerce et l'industrie, s'élevait à 1201 livres 10 sous 3 deniers + 357 livres 9. sous 9 deniers : au total 1555 livres 19 sous 6 deniers. En 1789, le vingtième pour Trégon se montait à 1265 livres 1 sou 6 deniers (Archives d'Ille-et-Vilaine, C. 4599) [Note : Corvée des grands chemins : En 1788 et 1789 la tâche de Trégon s'étendait sur la route de Plancoët à Dinard et comportait 158 toises de longueur. Elle était située à environ un tiers de lieue de la paroisse. François Rollier était le surveillant des travaux (Archives d'Ille-et-Vilaine, C. 4883)]. Les impôts à Trégon en 1790. D'après les états contenus dans la correspondance administrative des communes du District de Dinan, déposée aux Archives des Côtes-d'Armor (Série L. Travée 193, rayon 2, lots 1 et 2), les contributions de Trégon s'élevaient pour l'année 1790 à un total de 2054 livres, 10 sous, 10 deniers, plus 205 livres en remplacement des droits supprimés, à raison de 2 sous 1/160 par décime. A la même date, Trégon devait en plus comme contribution patriotique une somme de 1453 livres 15 sous, dont le paiement était échelonné du 30 avril 1790 au mois d'avril 1792. L'an XII (1803-1804), Trégon acquittait 2.870 fr. 31 pour sa contribution foncière et 52 francs pour ses portes et fenêtres. Enfin l'an 1807, la contribution foncière de Trégon s'élevait à 3.084 fr. 80.

Note 7 : C'est parmi les anciennes familles roturières de Trégon que furent choisis, au cours du XIXème siècle, les maires de cette commune. On trouve maire, en 1791, M. Rouault ; en 1793, M. Bourget ; en 1798, Le Maître ; en 1800 et 1801, Nicolas ; en 1804, Le Boulanger ; en 1814, de la Choüe ; en 1830, J. Le Boulanger ; en 1834, F. Le Boulanger ; en 1848, du Breil de Pontbriand ; en 1860, Le Boulanger. Parmi les plus anciennes familles de laboureurs, on trouve la famille Rollier. On voit des enfants  Rollier baptisés en 1689, 1690, 1691, 1692 et 1697. Leurs pères et mères n'étaient pas originaires de Trégon, mais de Hénansal et de Saint-Aaron. Cette famille est propriétaire en Trégon depuis 1711. Les familles Le Maître, Blanchard sont aussi anciennes. Jacques le Boulanger, fils de feu Jacques et de Jeanne Le Masson, originaire de Saint-Potan et domicilié en Trégon, épousa Olive Coterel, originaire de Créhen et domicilié de Trégon, en 1759. La commune de Trégon est formée des villages : la Ville-Manuel, le Bouillon ou Bouellon, la Ville-Jeffroy, la Ville-Morin, le Grand-Pré, les Champs-Rouault, la Cordonnais, la Pouardais, la Hautière, la Vieuville, la Ville-Durand, Launay, Trégon, la Ville-ès-Comte, la Vil-Goudier, la Haute-Métrie, la Ville-Gury, Beaussais, etc ...

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PATRIMOINE de TREGON

l'église Saint-Pétrock (XIIème siècle), démolie en 1843 et reconstruite de 1843 à 1848 sur les plans de Béziers-Lafosse. " A noter qu'entre les 8 et 9 septembre 1758, l'église de Trégon fut entièrement saccagée par les Anglais et les fonts baptismaux même brisés. Il ne resta que le tombeau de Sylvestre de la Vieux-ville et de sa femme, aujourd’hui au Musée de Dinan " (R. Couffon). Saint Pétrock est un saint gallois, qui mourut en Cornwall dans un monastère appelé Lanwethinoc (ou Petrockstow). Son corps est dérobé en 1177 et transporté en Bretagne à l'abbaye de Saint-Méen. Elle est en forme de croix latine. La première pierre est bénite par Mgr. de Lesquen, originaire de Trégon, le 10 août 1843 et la bénédiction de l'église est faite par Mgr. Le Mée le 11 mai 1848. La flèche est construite en 1850, mais on est obligé de la démolir en 1880, faute de solidité et mal construite comme le reste de l'édifice. Aussi, un recteur, à juste titre peu satisfait, consigne-t-il dans ses notes : « L’architecte ne surveilla pas les travaux, l'entrepreneur était un ivrogne ; quant aux maçons, ils burent plus de cidre qu’ils ne mirent d'eau dans leur mortier » (R. Couffon). Les fonts baptismaux, en marbre et laiton, datent du XVIIème siècle. Un bénitier date du XVème siècle. Le porche qui date du XI-XIIème siècle provient de l'ancienne église et on y voit les armes de la famille de Pontual qui ont été gravées vers 1700. Ce portail sert aujourd'hui d'entrée à la sacristie. Le clocher avait une flèche construite en 1850, démolie par prudence en 1880. L'huile sur toile intitulée " Conversion de saint Paul ", attribuée à Hans III Jordaens, date du second quart du XVIIème siècle. Statue ancienne de saint Davy, invoqué pour faire marcher les enfants, et, parmi les statues modernes, celle de saint Pétrock, oeuvre d'Alfred Ely-Monbet, qui date du début du XXème siècle (vers 1910) ;

Nota 1 : L'ancienne église de Trégon. La paroisse de Trégon a possédé jusqu'au milieu du XIXème siècle une église fort intéressante au point de vue archéo logique. Or, chose incroyable, c'est à l'abbé Rollier que ce remarquable monument a dû sa destruction (Note : La première pierre de l'église actuelle de Trégon fut bénite le 10 août 1843, par Mgr. de Lesquen. La flèche du clocher fut construite en 1850, mais en 1880 on fut obligé de la démolir, faute de solidité). Il fit jeter bas la vieille église et construisit à quelques cents mètres de son emplacement un édifice nouveau qui est loin d'avoir le mérite et la valeur de l'ancien. On n'a conservé de celui-ci qu'une belle porte romane à dents de scie, remontant au XIème ou XIIème siècle. Elle sert maintenant d'entrée à la sacristie de la nouvelle église, où l'on a eu l'heureuse pensée de la transporter. Mais par un singulier anachronisme, l'on a surmonté cette porte en plein cintre d'un écusson aux armes des Pontual, seigneurs supérieurs de la paroisse de Trégon, comme barons du Guildo au cours du XVIIIème siècle. M. Rollier nous a laissé d'abondants détails sur l'ancienne église de Trégon. La description qu'il nous en donne, nous fait d'autant plus regretter sa perte. « D'après le témoignage de M. l'abbé Souchet, chanoine titulaire de Saint-Brieuc, ainsi que de plusieurs autres antiquai res, écrit-il, l'église de Trégon est de la fin de l'onzième siècle, ou du commencement du douzième. Ces messieurs ont appuyé leur témoignage sur la sculpture qui existe dans l'église et aux portes, lesquelles sont cintrées avec un rang de feuilles à dents de scie. La porte latérale est couronnée de feuilles de trèfles gravées sur plusieurs pierres, les fenêtres de l'église sont à lancettes. Autrefois, il y avait au haut de la fenêtre du grand autel des vitres coloriées. A deux tiers de mètre du haut de ladite fenêtre, il y a au milieu, une vitre de neuf pouces de haut à peu près, sur six de large : au milieu de cette vitre, il y avait un lion grimpant peint en couleur jaune et rouge, lequel a disparu, je pense par fracture, il y a à peu près vingt ans. Au nord du grand autel se trouve la sacristie et au midi une chapelle appelée dans les anciens registres " la chapelle de la Vieux-Ville au Sénéchal ". Cette chapelle n'est nullement proportionnée à l'église à cause de sa grandeur. On entre de l'église dans cette chapelle sous deux arcades dont les pierres semblent avoir été travaillées au ciseau ; au fond de cette chapelle, dans le pignon midi, se trouvent deux tombeaux en forme d'arcades, où reposent sans doute des personnages distingués. Malgré toutes les recherches que j'ai faites, je n'ai pu découvrir à qui appartenaient ces tombeaux. Dans l'un repose un homme, dans l'autre une femme. Sur le tombeau de l'homme est un écusson sur lequel il y a deux lions grimpants. Les antiquaires qui ont visité ces tombeaux les croient du douzième ou du treizième siècle [Note : M. Odorici signale dans ses Recherches sur Dinan et ses environs, p. 477, que les pierres tombales de Sylvestre de la Vieuxville et de sa femme (?), bienfaiteurs de la paroisse de Trégon, étaient déposées en 1857 dans la cour de la mairie de Dinan ! Comme s'il n'avait pas été plus logique de donner asile à ces monuments dans la nouvelle église paroissiale de Trégon ! Divers restes de sculptures provenant de l'ancienne église de Trégon se voient encore dans la cour du presbytère, entre autres une tête de femme en pierre et deux mains qui paraissent avoir appartenu à un monument funéraire ; une grande cuve de pierre en forme de bassin et deux ou trois débris de colonnes. On remarque aussi dans la nouvelle église un bénitier rond massif avec cariatides effacées, il repose sur un fût de colonne assez délicatement sculpté]. Je pense que ce sont les tombeaux des fondateurs de l'église et de la chapelle de Trégon, lesquels étaient seigneurs de la Vieux- Ville au Sénéchal. Au côté est de la chapelle, l'on a placé l'autel de la Vierge qui était autrefois dans la chapelle de la Ville-Guerif (Note : Nous ferons observer ici une fois pour toutes que l'on trouve indifféremment orthographiés dans les actes anciens la Villeguerif et la Villegueurif avec ou sans trait d'union. Même remarque pour la Vieux Ville). Le tabernacle de la chapelle est celui qui se trouvait à l'autel de l'église, avant qu'on ait posé le neuf que l'on y voit main tenant, et dont nous parlerons dans la suite. Cependant il y avait un tabernacle à l'autel de la Villeguerif : on l'a ramassé dans la sacristie ; ce qui prouve que le Saint-Sacrement était conservé dans la chapelle du château de la Villeguerif (?). A l'ouest de la chapelle de la Vieux Ville au Sénéchal, il y a une petite porte d'entrée le long de la cotale de l'église. Cette porte est condamnée et fermée depuis à peu près vingt-cinq ans. Le confessionnal est maintenant au bout de la cotalle ouest, près le pignon qui est au midi de ladite chapelle, dans lequel il y a une grande et belle fenêtre qui éclaire très bien la chapelle. Ce pignon est couronné d'une croix de pierre ; du côté ouest de cette croix, on voit la statue de la sainte Vierge tenant l'Enfant dans ses bras. Le confessional était autrefois dans le bas de l'église, adossé au pignon côté midi ; on l'a placé dans la chapelle, il y a à peu près vingt ans. Dans le pignon du bas de l'église, il y a une petite fenêtre à lancettes. Entre cette fenêtre et le portail, on voit un écusson où il y a eu autrefois des armoiries gravées, mais qu'il est impossible de lire. Entre la porte latérale de l'église et la porte de la chapelle, il existe une fenêtre qu'on a refaite plus grande qu'elle n'existait, il y a environ vingt ans ».

Nota 2 : Les frairies ou associations pieuses étaient en grand honneur dans nos paroisses avant 1789. Elles contribuaient fort à y entretenir la foi et les pratiques religieuses. Voici deux relevés de compte du XVème siècle qui nous montrent que Trégon possédait dès lors une frairie en l'honneur de saint Michel. L'infortuné Gilles de Bretagne faisait lui-même partie de cette association. Les services funèbres qu'on lui fit célébrer après sa mort tragique ont occasionné les comptes qui vont suivre : « Item, qu'il a payé à dom Jehan de la Boëxiere, par commandement et ordonnance de Madame de Tartas (Note : Le vicomte de Tartas était commandant du château du Guildo), pour l'issue d'une frarie fondée en l'honneur de Dieu et de Monsieur saint Michiel, en la paroysse de Trégon, pour l'an 1449, et pour la despence des chapelains qui lui firent un service pour Monsieur Gilles, cui Dieu pardoint, qui estoit d'icelle frarie, par 7 jours, oultre le service que les frères et soeurs de la dite frarie luy avoient fait, par monnoie, 36 sous, et pour les écuczons des armes de mondit sieur pour faire celuy service, 15 sous, ainsi qu'est contenu au comman dement de madicte dame, en dabte, le 1er jour de juing 1450 ». « Item qu'il a payé à dom Jehan Labbé, pour avoir dit et célébré plusieurs messes que Monsieur Gilles et sa compaigne dévoient es trépassez des frères et seurs de la frarie fondée en l'honneur et révérence de Nostre-Seigneur et de Monsieur saint Michiel, en l'église de Trégon près le Guelido, qui sont décepdés dempuix le 24 jour d'octobre 1448 jusques au 18ème jour de juillet 1450, sellon qu'il appert par une relacion signée de la main du dit dom Jehan Labbé et de Thebaud des Boays, à sa requeste, datée du 28ème jours d'octobre 1450, 7 livres » (Note : Cité dans les Dinan et leurs juveigneurs, p. 119, d'après les Mélanges historiques de A. de Barthélémy, 3ème fascicule).

Nota 3 : Les inhumations dans l'église et les droits d'inhumation. C'est à peu près vers 1755 (Note : L'arrêt du Parlement de Bretagne défendant les inhumations dans les églises est du 12 décembre 1754) qu'on a cessé d'inhumer dans l'église. On payait 3 francs pour droit de sépulture dans le haut de l'église depuis la porte latérale, et depuis cette même porte on payait 2 francs pour être inhumé dans le bas de la dite église. On ne payait qu'un franc pour les enfants ; ceux qui avaient des enfeux ne payaient rien, à raison sans doute de la rente annuelle qu'ils devaient à la fabrique de Trégon. Les seigneurs de la Vieux Ville au Sénéchal avaient leur enfeu dans la chapelle du même nom et ne payaient rien, je pense, en qualité de seigneurs fondateurs. Peut-être étaient-ils obligés à quelque redevance d'entretien ou de décoration, ce qui avait lieu en plusieurs endroits. On ne payait rien pour être inhumé dans le cimetière. Les Recteurs de Trégon avaient leur enfeu dans le haut de l'église. Vers 1912, « pour être inhumé dans l'espace de terrain près la Chapelle et le haut de l'Eglise, depuis la porte latérale de la dite église jusqu'au pignon de la chapelle, on paye 4 francs 50 centimes quand la croix neuve sort, et 4 francs quand c'est la vieille croix ». Il paraît que les parents fournissaient autrefois le luminaire pour les sépultures et services, d'après l'extrait suivant : « Louis Hervé, mort au moulin de Vieuxville, inhumé dans le cimetière ; pour les cierges payé seulement 8 sols, attendu qu'ils n'en avaient point fournis » (Extrait de 1737). - En 1724, le 24 du mois de décembre, fut inhumé escuier Jean Caumon, en son vivant marguillier de Trégon, en présence de messire Charles Le Cointe, chapelain de la Coudrais, et de messire Gilles Aveline, chapelain de la Villeguerif. - Il parait qu'en 1730, la chaire était du côté midi, je le pense d'après l'extrait ci-joint : « Le 21 septembre 1730, écuyer Joseph Jean de la Motte, sieur de la Ville-ès-Comtes, âgé d'environ 68 ans, fut inhumé dans cette église au dessous de la chaire, proche la costalle du cimetière ». - Le mercredi, 17 juin 1731, fut inhumé dans la chapelle de la Vieux Ville au Sénéchal auprès de l'autel, du côté de l'Evangile, dame Françoise Le Gobien, en son vivant épouse de messire Victor-Martial de la Moussaye, chevalier de l'ordre militaire de Saint-Lazare, seigneur dudit nom, de la Ville Guerif et autres lieux. Le service d'enterrement fut fait par monsieur l'abbé de la Menardaye-Lesquen, en présence de Messieurs les recteurs de Saint-Potan, Ploubalay, Crehen et Lancieux, et les prêtres des dites paroisses et les religieux de Saint-Jagu, le Guildo et Nazareth, signé : E. Frère, recteur de Trégon. Je rapporte cette pièce comme preuve que l'enfeu de la famille de la Villeguerif était dans la chapelle de Vieux Ville au Sénéchal, laquelle chapelle existe encore aujourd'hui au midi du grand autel de l'église et dont nous parlons ailleurs. - Le 7 février 1740 le corps d'écuier François Collas, vivant sieur de la Barre, décédé dans la communion des fidèles, au Vau-Hérault, dans cette paroisse, fut inhumé sous un enfeu à lui appartenant dépendant du Vau-Hérault, pour lequel il est payé un boisseau de froment, mesure du Plessix, à la fabrique du dit Trégon. - La même année, 22 septembre, dame Françoise Le Roy dame de la Barre, décédée au Vau-Hérault, fut inhumée sous le même enfeu, en présence de Messire Barthélémy, Messire Charles Le Cointe et Messire Jean Le Pon et plusieurs autres, signé E. Frère, recteur de Trégon. - Le 22 juillet 1740, le corps d'honorable Louise Jacob, décédée dans la communion des fidèles à la Lande du Pin, dans cette paroisse, fut inhumée dans la nef de cette église au dessus de la porte. Le service fut fait par le sieur recteur de Ploubalay. Présents : messire Jean Jacob son frère, Messire Charles Le Cointe, Jean Lepon, E. Frère, recteur de Trégon. Je pense que c'est ce Jacob qui devint grand vicaire de Monseigneur l'Evêque de Saint-Malo. 

Nota 4 : Bénédiction d'une cloche, en 1728 : « Le 18ème jour d'avril, l'an 1728, fut faite la bénédiction de la grosse cloche de la paroisse de Trégon, dans l'église paroissialle dudit Trégon, par vénérable et discret prêtre Messire Charles François Morel, promoteur de St-Malo, sous l'invocation des Sts Victor, Martial, Ste Marie et Ste Thérèse et fut parrain messire Victor-Martial de la Moussaye, Chevalier, Seigneur dudit lieu et seigneur fondateur de la dite église et la marraine, dame Marie-Théreze de la Pierre, dame Comtesse de Pontual, dame supérieure et prééminancière dudit Trégon, en présence de nous soussignants Recteur de Trégon et des autres soussignants et de plusieurs autres qui ne signèrent, le dit jour et an que dessus. Suivent les signatures de : de la Pierre de Pontual, de Launay Commats, Le Gobien de la Moussaye, Victor-Martial de la Moussaye, François-Joseph Gouyon Launay Commats, René-Charles La Choüe, Charles- François Morel prêtre, Etienne Frère, Recteur de Trégon ». Cette cloche de Trégon fut enlevée dans la Révolution qui commença en 1789. Bénédiction d'une autre cloche, en 1836 : En 1836, dans le mois de septembre, fut faite la bénédiction d'une cloche par monsieur Merdrignac, recteur de Saint- Jacut, délégué ad hoc. Elle eut pour parrain Monseigneur Claude-Louis de Lesquen, évêque de Rennes, natif de Trégon, et pour marraine Madame de la Mettrie, de Trégon, née du Bois Baudry. Cette cloche pèse 132 livres et coûte 198 francs, à raison de 1 fr. 50 la livre. Elle porte le nom de Claude-Renée-Félicité. La vieille cloche dont on n'a pu déchiffrer l'inscription pesait 100 livres. Elle a été vendue 125 francs, à raison de 1 fr. 25 la livre. On a joint cette somme au produit de la quête faite dans la paroisse pour la station du Carême prêchée par M. l'abbé Rimasson, instituteur des enfants de M. Hippolyte La Choüe de la Mettrie, laquelle quête M. Rimasson a donnée pour avoir une cloche neuve. Le parrain et la marraine donnèrent ensemble 270 francs avec lesquels on a acheté la belle chape, le bel ornement et trois étales pastorales .. etc. Construction d'une sacristie. « Le mercredi huitième jour du mois de juillet 1739, la première pierre de la sacristie de Trégon fut mise par René-Meriadec de la Moussaye et damoiselle Emilie la Choüe de la Mettrie, en présence de Messire Victor-Martial de la Moussaye, père dudit René et d'écuier René Charles La Choüe de la Mettrie et d'E. Frère, recteur de Trégon ». « La sacristie de cette église ayant été bâtie par la libéralité des messires (les seigneurs) de cette paroisse et particulièrement de Messires de la Moussaye et de la Mettrie-La Choüe et ayant été mise par mes soins en état de servir pendant la mission, Monsieur de la Moussaye y a fait apporter le soleil et sa boîte suivant l'intention de Monsieur et de Madame des Granges, donateurs. Il est demeuré déchargé pour toujours envers la paroisse de ce droit » (Note : Note originale de M. E. Frère, recteur de Trégon, ainsi que les précédentes qui sont extraites des registres paroissiaux d'Etat-Civil de Trégon). Mariage à Trégon. Le 16 Novembre 1745, écuyer Pierre du Gourlay, sieur de Montorien, originaire de la paroisse de Plouguenast et domi cilié de Saint-Julien de Quimper, et dame Marie Le Boüetoux, fille majeure d'écuyer Julien et de dame Jeanne-Pélagie de la Moussaye, sieur et dame de Bregerac, domiciliés de cette paroisse de Trégon, reçurent la bénédiction nuptiale d'Etienne Frère, recteur du dit Trégon. En 1745, Charles Le Cointe était chapelain de Launay-Commats. Mission à Trégon en 1739 (Note : D'après l'ordonnance épiscopale de Monseigneur des Laurents en date du 22 octobre 1777, les adorations paroissiales avaient lieu à Trégon le 1er février de chaque année). « Le très reverendissime Père Percheron, missionnaire de la Compagnie de Jésus, aiant bien voulu accorder à la très humble prière de Messire Victor-Martial de la Moussaye une mission dans cette paroisse durant l'espace de 15 jours : elle s'est faite avec une piété et une édification singulières et un concours général des paroisses voisines. Elle a commencé le 9 novembre 1739 et a fini le 22 du même mois, après la béné diction de la Croix qui fut faite à la Villeguerif. Laquelle croix fut ensuite transportée en grande cérémonie au lieu de Drouet par 60 hommes. Les paroisses de Ploubalay, Lancieux et St-Jacut, Plancoët, le Plessis-Balisson, Créhen et Trégon y assistaient avec leurs croix et bannières. Monsieur de la Moussaye a fait insérer dans le pied de cette croix une boîte de plomb qui renferme les motifs qui l'ont porté à ériger ce monument à la gloire de Jésus-Christ. E. Frère, recteur Trégon ». La tradition porte que cette croix était plantée à l'angle du Clos de Drouet, près des arches actuelles dudit Drouet, à gauche du grand chemin qui conduit de Beaussais au bourg de Ploubalay. On dit aussi qu'il y avait de trois côtés des ormes que les anciens ont encore vus. 

l'ancienne chapelle de la Ville-Guérif (1727), fondée en 1727. Désaffectée, elle a été convertie en habitation en 1816 ;

Nota 5 : Mariages dans la chapelle de la Ville Guerif. « Le mardi, 28 octobre 1738, messire Pierre François Le Mintier, chevalier, seigneur des Granges et autres lieux, demeurant à son château des Granges, paroisse de Hénon, évêché de Saint-Brieuc, et damoiselle Perrine-Hélène Le Gobien, dame de la Roche, demeurant au château de la Villeguerif, paroisse de Trégon, évêché de St-Malo, reçurent la bénédiction nuptiale dans la chapelle dudit château de la Ville-Guerif, laquelle leur fut administrée par le Rd. Père Prieur des Religieux Carmes du Guildo, frère germain dudit seigneur des Granges, en notre présence et de notre consentement, après une longue bannie canoniquement faite le dimanche 26 du présent mois, tant à Hénon qu'à Trégon, pour la première et dernière fois, suivant le certificat à nous apparu du sieur curé de Hénon, avec aussi les dispenses des deux autres bans des seigneurs évêques de Saint-Brieuc et de Saint-Malo, en présence de Messire Victor-Martial de la Moussaye, chevalier, seigneur de la Moussaye, chevalier de l'ordre militaire de St-Lazare, seigneur de la Villeguerif et autres lieux, beau-frère de la dite dame de la Roche, de Madame la Comtesse de la Villemeneuc, de damoiselle Louise Le Gobien, soeur germaine, d'écuier François Colas, sieur de Bois Brion, de messire Jean Le Pon, prêtre chapelain de la Villeguerif et de plusieurs autres qui ne signent ». « Après la cérémonie faite dudit mariage, le seigneur et la dame des Granges ont ensemble et conjointement donné à l'église de Trégon un beau soleil d'argent gravé de leurs armes, pour servir dans toutes les processions et expositions du St-Sacrement qui se feront dans la dite église à perpétuité. La dite donation faite à condition expresse qu'à jamais aussi et à perpétuité on dira à haute et intelligible voix après toutes les bénédictions du St-Sacrement qui se feront dans la dite église un de profundis avec l'oraison pour les défunts, après avoir nommé les dits seigneur et dame des Granges, bienfaiteurs, par leur nom propre, suivant leur intention et pour leurs père et mère, frères, soeurs et parens décédés. Le « soleil » sera déposé chez le sieur de la Moussaye de la Villeguerif qui dès ce jour en reste chargé jusqu'à ce qu'il y ait une sacristie faite à ladite église pour renfermer le dit « soleil » et autres ornemens. Telle est la volonté des donateurs qui ont signé sur le registre avec les dits assistans, les dits jour et an, Hélène Perrine Le Gobien de la Roche, fr. Daniel Le Mintier prieur, du Hallay de la Villemeneuc, Victor-Martial de la Moussaye, Marie-Louise Le Gobien, Françoise-Madeleine-Toussainte de la Moussaye, René de la Moussaye, François de Boisbriand, Le Pon, prêtre, E. Frère, Recteur de Trégon ». Je rappelle cet extrait à cause du don fait à l'église. Autre mariage à la Ville Guerif. Le 20ème jour du mois d'avril 1750, on trouve la mention suivante aux registres de mariage : « J'ai administré la bénédiction nuptiale dans la chapelle de la Villeguerif à Messire Augustin-René de Ruellan, chevalier, seigneur du Tiercent, du Plessix, de la Mettrie du Han, du Clos Neuf, de la Gouérière et autres lieux, fils majeur et unique héritier de deffunt Messire Claude de Ruellan et de dame Thérèse du Breil, seigneur et dame du Tiercent, du Plessix, originaire et domicilié de la paroisse de Pleines-Fougères, au diocèse de Dol ; et à demoiselle Françoise-Madeleine-Sainte de la Moussaye, dame du dit nom, de la Vieux Ville au Sénéchal, de la Ville guerif et autres lieux, fille et unique héritière de Messire Victor-Martial de la Moussaye, chevalier, seigneur de la Villeguerif, de la Vieux Ville au Sénéchal et autres lieux, seigneur fondateur de l'église paroissiale de Trégon, chevalier de l'ordre militaire du Mont Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem, et de défunte dame Françoise Le Gobien, son épouse, originaire et domiciliée de Notre-Dame de Trégon ; après une bannie canoniquement faite pour la première et dernière fois le dimanche 19 Avril 1750, au prône de notre grand'messe, sans opposition canonique qui nous ait été notifiée. Vu aussi la dispense des deux autres bans accordée aux parties par monseigneur de Saint-Malo, notre évêque ; vu aussi le certificat du sieur recteur de Pleine-Fougères d'une bannie pareillement faite pour première et dernière fois le dimanche 19 Avril 1750, également faite sans opposition et qui certifie la dispense de deux autres bans accordée aux parties par messire François-Joseph de Brunel de Montlouet, vicaire général de Monseigneur de Dol et revêtue de toutes les formes. La dite bénédiction administrée en présence et du consentement du dit seigneur de la Moussaye, de Messire Jean-Toussaint de Gargian de Kerversault, chevalier, seigneur du dit lieu, et de Jeanne-Catherine Le Gobien, soeur de la mère de la dite de la Moussaye, de dame Emilie de La Choüe, dame de la Moussaye, de damoiselle Marie-Jeanne-Sainte de Gargian, d'écuier Guy-André-Bernard et de dame Jeanne-Thomasse Suriré, son épouse, seigneur et dame de Courville, d'écuyer Pierre Le Gobien, d'écuier François Collas de la Barre et plusieurs autres dont suivent les signatures. Le dit acte signé. E. Frère, recteur de Trégon. Les promesses du susdit mariage avaient été reçues dans la chapelle de la Villeguerif, le samedi 18 Avril 1750 ». Cette dame Françoise-Magdeleine-Sainte de la Moussaye avait été baptisée dans l'église paroissiale de Trégon, le 22 du mois de décembre 1728, par Messire Etienne Frère, recteur. Elle fut tenue sur les saints fonts du baptême par Messire Isaac-Toussaint de Gargian, chevalier, seigneur de Kerversault, parrain, et dame Anne-Magdeleine Cotton, dame douairière de la Moussaye de Beaussais marraine. Cette dame du Tiercent est le dernier rejeton de la famille de la Moussaye de la Villeguerif. Elle est décédée sans enfant à la maison de campagne de Beauregard, sur la route de Rennes à Paris, en 1804, âgée de 76 ans. Elle disposa de ses biens en faveur de M. Saulnier du Petit-Bois et de dame Marguerite-Thérèse Maillard, dame Saulnier. De ce mariage naquit demoiselle Amélie-Marie Saulnier du Petit-Bois ; laquelle épousa M. Camille-Marie du Breil de Pontbriand à qui appartient ensuite (vers 1912) le château de la Villeguerif et ses dépendances. Vénérable et discret prêtre Pierre le Chapelier, curé de la paroisse de Quintenic, fit en 1753 le baptême de demoiselle Pélagie de la Motte (Note : Son frère, Joseph-Gabriel-François, né à Trégon le 24 mars 1744, fut seigneur de la Guyomarais en Saint-Denoual, et périt sur l'échafaud révolutionnaire le 18 juin 1793 pour avoir donné asile au marquis de la Roüerie), fille d'écuyer Joseph de la Motte et de dame Sainte Françoise Le Fruglays son épouse, seigneur de la Ville-es-Comtes et y demeurant ;

les deux croix du cimetière, l'une du XVIIème siècle et l'autre du XVIIIème siècle ;

le calvaire de la Ville-Guérif (XV-XVIème siècle). Cette croix peut-être aussi datée de 1739 (croix commandée, semble-t-il, par Martial de La Moussaye) ;

Nota 6 : On trouve deux croix dans le cimetière, une grande et une petite : la grande est à l'est et paraît très antique (Note : Cette croix existe toujours. Elle est située dans le nord du cime tière), la petite est à l'ouest, elle n'offre rien de remarquable. Les autres croix qui se trouvent dans la paroisse sont la croix de la Villeguerif, la croix du Vauherault, la croix du Bouillon et la croix de la Villegeffray. Il y avait autrefois une croix au haut du chemin de la Ville-Serré, près la Villegoudier (abbé Rollier). Jubilé de 1826 et érection d'un calvaire. En 1826, époque du grand jubilé, on planta le calvaire près le grand chemin qui conduit de Beaussais à Plancoët, au bout et à droite de la route qui mène du bourg audit grand chemin. En 1839, on a refait « la patte » de ce calvaire, sur lequel il y a un Christ. Ce Christ fut fait par M. Mainteque de Saint-Servan, en 1826. Avant cette époque, le calvaire de Trégon était au bout de la croisette de Beaussais, à droite du chemin ci-dessus mentionné, à une très petite distance de la grande route. Néanmoins ce calvaire fut respecté pendant la persécution qui commença en 1791, où l'on détruisit tous les signes de religion. La conservation intègre de ce calvaire dans ces temps désastreux ne peut être regardée que comme une oeuvre de la Providence et comme la récompense du zèle et de la foi des habitants de Trégon qui restèrent fidèles à leur religion et à leur Dieu dans cette persécution. Prions Dieu que la foi se maintienne et se perpétue dans cette paroisse.

l'ancien presbytère du Vieux-Bourg (XVIIIème siècle) ;

Nota 7 : Le presbytère de Trégon a été rebâti sous messire Michel Frère, recteur de Trégon ( M. Frère fut recteur de Trégon de 1768 à 1792). J'ignore en quelle année. Son nom est écrit sur la fenêtre de la cuisine. Il paraît, d'après un ancien plan visuel du bourg de Trégon, conservé au château de la Villegueurif, que le presbytère ancien était plus près de l'ancienne église (Note : On remarque encore aujour d'hui sur la porte d'entrée de la cour du presbytère, un écusson armorié que l'on ne peut déchiffrer) qu'il ne l'est aujourd'hui. La cotale nord du presbytère était à peu près au franc ou vis-à-vis de la cotale du midi des Bas-Courtus. Le jardin était au nord du presbytère et ce me semble, d'après ce plan visuel, à l'endroit où est le presbytère actuel ; c'est d'ailleurs conforme à la tradition, qui porte que le presbytère était plus près de l'église qu'il ne l'est aujourd'hui. 

le château ou manoir de la Ville-Guérif (XVIIIème siècle), restauré en 1842-1846. Propriété de Jacques Labbé en 1480. On y trouvait autrefois un château fort mentionné dès le XVIème siècle. Il ne subsiste que les communs et la chapelle de l'édifice construit au XVIIIème siècle. Le château de la Ville Guerif (Note : Peut-être la Ville Guerif avait-elle été habitée originairement par une famille Guerif. De là son nom. On trouve en effet une demoiselle Jacquemine Guerif, dame des Marais, inhumée à Trégon le 18 mars 1612). Le château de la Villeguerif avait droit de colombier. Il possédait une chapelle placée en dehors de la cour du château, près de l'avenue qui conduit du grand chemin au château. Cette chapelle est convertie en maison et habitée par les fermiers de la Porte depuis 1816. Autrefois une garenne, des bois, des avenues ornaient ce château très agréablement situé près de la mer et sur la grande route qui conduit à Saint-Malo. En 1646, la famille de la Moussaye [Note : Les La Moussaye s'armaient « d'or fretté d'azur, de six pièces ». Leur devise « Honneur à Moussaye » avait été gagnée à Dol (en 1339) par un de leurs ancêtres en repoussant les Anglais] habitait Trégon. Sainte de la Moussaye était fille de Charles, et Charles était fils de Julien, premier de la famille dans le pays, de sorte qu'il est probable que la famille de la Moussaye est venue dans le pays dès le XVIème siècle. J'ai entendu dire à M. Saulnier du Petit Bois qu'un évêque était mort à la Villeguerif. Il serait intéressant de savoir sur quelle preuve repose cette tradition. Non loin du château, sur le bord du grand chemin qui conduit de Beaussais à Plancoët, se trouvent les carrières de la Villeguerif qui sont très anciennes et qui furent très fécondes. On trouve des pierres dites de la Villeguerif dans l'ancienne communauté de Saint-Jacut, dans la communauté du Guildo et le château de ce nom. En un mot dans tous les anciens édifices et bâtiments, on trouve le Villeguerif. Ces carrières ont été abandonnées pendant un longtemps. J'y ai vu des chênes venus à maturité, qu'on a abattus, il y a environ 30 ans. En 1839, au mois de septembre, M. Camille du Breil de Pontbriand, le propriétaire, a eu l'heureuse idée de fouiller dans ces vieilles carrières et il a retrouvé l'ancien beau Villeguerif. Cette pierre se taille avec facilité et dans les dimensions qu'on désire. Elle est d'une couleur blanche. Il y en a qui est blanche jaune, couleur de tuf, vulgairement tuffaux, mais bien supérieure par sa consistance et sa solidité (Note : Cette carrière est de nouveau abandonnée). Cette carrière se trouve près du grand chemin, à droite de la petite avenue qui aboutit à la croix en pierre de la Villeguerif, laquelle croix peut avoir dix pieds de haut et est d'une seule pierre. M. du Breil de Pontbriand (Note : Les du Breil qui sont une des plus anciennes familles de Bretagne ont comme armoiries : « D'azur au lion morne d'argent ») possède la Villeguerif à titre de donation faite par mademoiselle Saulnier, son épouse, décédée sans enfant. Ses descendants en sont jusqu'à présent demeurés propriétaires (1913). 

Nota : 8 : Origines de la famille de la Moussaye à Trégon : Thibaud de la Moussaye épousa Tiphaine, fille de Conan, sire de Montauban, de la première et ancienne maison de Conan et de Dudigne de Jugon. Branche de la Moussaye de la Villeguerif : Julien de la Moussaye, chevalier, seigneur de la Folinais, épousa Perronnelle Goyon (Note : Cette branche des Goyon posséda aussi un instant la Haute Mettrie par alliance. Cf. Ms F. 22.325 à la Bibliothèque Nationale), fille aînée du seigneur de la Mettrie et de la Villeguerif et de Jeanne Ladvocat de la Crochais. Elle devint héritière par la mort de son frère qui était gouverneur de Cherbourg et lieutenant du Roi au Château Trompette à Bordeaux, sous le commandement du Maréchal de Matignon [Note :  Voici, sur les la Moussaye de Trégon, deux notes que nous avons puisées dans le travail de M. Parfouru, lors de sa publication des Mémoires de Charles Gouyon, p. 213. « La branche des la Moussaye, de la Folinaye et de la Villegueriff, remonte à Gilles, quatrième fils de Jean, seigneur de Lorgeril, et petit-fils de Roland Ier, qui servit avec distinction sous Jean V et François II. L'arrière-petit-fils de Gilles de la Moussaye, Charles, seigneur de la Folinaye et de la Villeguerif, eut cinq fils de son mariage avec Françoise Bertho : René, Philippe, Jean, François et Sébastien. Tous furent maintenus nobles par l'arrêt collectif du 23 janvier 1669. Le dernier seigneur de la Villeguerif, Victor-Martial de la Moussaie, n'eut qu'une fille, Françoise, mariée eu 1754 à Augustin de Ruellan du Tiercent »]. Charles de la Moussaye, fils de Julien de la Moussaye, chevalier, seigneur de la Folinais, forma la branche de la Villeguerif et de la Mettrie dont il était seigneur. Les descendants de cette branche devinrent par la suite seigneurs fondateurs de Trégon, comme nous l'avons vu ci-dessus. Cette famille s'est éteinte par la mort de Madame du Tiercent du Plessix, arrivée en 1804. Ses propriétés passèrent à M. Saulnier du Petit Bois et à Madame Saulnier, née Maillard. En 1912, le château de la Villeguerif et ses dépendances appartiennent à M. Camille du Breil de Pontbriand par son mariage avec Mademoiselle Saulnier du Petit Bois.

le manoir de la Ville-ès-Comtes (XVII-XVIIIème siècle), propriété de Joseph-Gabriel de La Motte en 1758, puis de Joseph Casimir Laurent Poirier de Noisseville, contrôleur général des fermes du roi à Saint-Cast (à partir du 21 mai 1785, date d'achat de la propriété). Joseph Gabriel de La Motte est guillotiné en 1793 pour avoir été mêlé à la conspiration de La Rouerie. Le château de la Ville ès Comtes est situé près le grand chemin qui conduit de Beaussais à Plancoët. Vers 1912, " à l'entrée du château se trouve une petite avenue plantée en peupliers. A droite du grand chemin vis-à-vis, existe une pièce d'eau propre à nourrir du poisson. Le château de la Ville ès Comtes est placé entre deux coteaux doucement inclinés. Un ruisseau passe sous un parterre devant le château et lui sert d'entrée ". La Ville ès Comtes appartenait autrefois à la famille Langlois [Note : Nous croyons que M. Rollier fait erreur en ceci. D'après les Registres paroissiaux de Trégon, un membre de la famille de la Motte, noble homme Barthélémy, sieur de la Hautière et de la Ville-ès-Comtes, né le 24 août 1602 et inhumé le 16 avril 1651, laissa des descendants qui possédèrent après lui la Ville-ès-Comtes. Joseph-Jean de la Motte, dont parle M. Rollier, était son petit-fils. Le seigneur de la Motte-Guyomarais de Saint-Denoual, qui périt à Paris impliqué dans la conspiration de la Roüerie, était arrière-petit-fils de Joseph-Jean de la Motte et de Catherine Langlais], il paraît qu'elle a passé dans la famille de la Motte par le mariage d'ecuyer Joseph-Jean de la Motte avec Catherine-Perrine Langlois, sieur et dame de la Ville ès Comtes en 1696. La famille de la Motte jouissait du titre de seigneurs. Cette propriété de la Ville ès Comtes est passée ensuite dans la famille Poirier de Noisseville [Note : Vers 1785, noble homme Joseph-Laurent Poirier de Noisseville, contrôleur général des fermes du Roi à Saint-Cast, habitait la Ville-ès-Comtes avec sa femme, Françoise de Launay, du Bois-ès-Lucas. Il devint membre du Directoire du département des Côtes-du-Nord (aujourd'hui Côtes-d'Armor), en 1790, et fut inquiété et emprisonné par les révolutionnaires en 1793], à fin de contrat. Cette famille possède encore cette propriété au début du XXème siècle dans les personnes de demoiselles Franchie et Olive Poirier de Noisville. Le château de la Ville ès Comtes avait un enfeu dans l'église de Trégon, vis-à-vis de la chaire actuelle. On payait sans doute pour ce privilège, mais je ne sais combien. Ecuyer Louis Labbé, sieur de la Gonnais, épousa, en 1718, Anne de la Motte, demoiselle de la Ville ès Comtes ; 

le manoir de la Haute-Mettrie (1784). La château de la Haute Mettrie est très antique. Il est placé à mi-coteau, vers soleil levant, ce qui le met à l'abri des tempêtes du nord ouest. Vers 1912 : " à l'ouest du susdit château se trouve une avenue plantée en chênes qui sont les plus beaux de la paroisse. Au midi de ladite avenue est un bois de haute futage, planté de toutes espèces d'arbres. Au bas de cette avenue, on trouve un jardin à l'anglaise qui sert d'entrée au château et qui est planté d'arbres verts ". Ce château était seigneurial et avait droit de colombier. L'enfeu de la Haute Mettrie était sous le banc actuel de ce château pour lequel on payait trois quarts de blé, mesure du Plessis-Balisson. On y voyait jadis une chapelle privée et un colombier. Propriétaire de Gilles La Choué ou Choüe (vers 1365), Olivier La Choué (en 1480). Le manoir est agrandi en 1784 par Maurille Alexis de La Choué. La Famille La Choüe [Note : Voir sur la famille La Choüe : Dom Morice, Preuves, I, colonne 838 ; tome II, col. 248, 276, 527, 528, 1259, 1631 ; tome III, col. 909, 1098 et 1147. Voir aussi les Registres paroissiaux de Ploubalay, Le Plessis-Balisson, Trégon et Saint-Lunaire, publiés par MM. Paris-Jallobert et du Guerny. Les registres de Créhen sont également à consulter. Les armoiries de La Choüe sont : d'argent à trois chouettes de sable, membrées et becquées de gueules]. La famille La Choüe est une des plus anciennes du pays. On le voit par un don qu'elle fit au prieuré du Pont à Dinan de 20 mines de blé par chaque an, sur la dîme des Quatre-Gentilshommes, dans la paroisse de Créhen, évêché de Saint-Malo [Voir Dom Morice, Preuves I, col. 838. Il s'agit ici de Robert La Choüe qui vivait en 1297]. Pierre La Choüe fut écuyer du duc et ambassadeur lors du siège de Pouencé, en 1379. La Ville Guérif a appartenu à la famille La Choüe, probablement par le mariage de Louis La Choüe avec Anne Labbé, à qui appartenait la Villeguerif, comme on le voit au commencement de ce registre. Depuis longtemps une des branches de la famille La Choüe est devenue propriétaire de la Haute-Mettrie, dont elle a pris le titre [Note : En 1490, Richard Goyon, sr. de la Mettrie, époux d'Isabeau La Choüe, héritière dudit lieu, faisait une donation à l'abbaye de Saint-Jacut. (Bibliothèque Nationale, Ms fr. 22325). D'après le Ms fr. 22325 de la Bibliothèque Nationale, GUY DE LA CHOÜE, escuyer, sr des Metryes, reconnoit estre homme et subjet de noble homme Jean de Launay, sr. de la Coudraye et du Boisbily. (Aveu à Ploubalay du 15 avril 1575]. Cette famille existe encore au début du XXème siècle dans la personne de M. Hippolyte La Choüe [Note : Lors du passage des Anglais en 1758, M. de la Haute Mettrie fut fait prisonnier par les Anglais qui voulurent le pendre, mais il s'échappa à la faveur de la nuit et vint prêter son concours aux défenseurs du Guildo (Revue de Bretagne, juillet 1912). Il obtint des Etats de Bretagne 400 livres de gratification. Le père d'Hippolyte La Choüe fut saisi dans la nuit du 25 au 26 pluviôse an IV (14 au 15 février 1796), par une bande de gens armés, qui le tuèrent et cachèrent ensuite son corps dans la vase du marais de Drouet, où on le retrouva le 8 floréal an IV (27 avril 1796). Voici le procès-verbal de la découverte de son cadavre : « L'an IV, le 8 floréal (27 avril 1796), a comparu Renée-Félicité Boisbaudry.... laquelle nous a déclaré que les différentes recherches qu'elle avait faites à la suite de l'enlèvement de son mari ayant été infructueuses, elle les a renouvelées sur les indications de plusieurs témoins Que ce jour, Jean Hourdin et Jean Hingant fils étant occupés des mêmes recherches sur les marais en dehors des chaussées et digues de Drouet, appelés les Marais Salés, ont remarqué sur la grève vaseuse, qui est contiguë aux Verdières, un abbaissement et quelques autres indices qui les ont déterminés à sonder cette partie de grève avec les bâtons dont ils étaient munis, qu'ayant rencontré de la résistance, ils ont écarté le sable et la vase et ont trouvé à peu de distance de la superficie le corps du dit La Choüe, dont ils ont facilement distingué et reconnu les traits du visage : que d'après leur rapport, elle nous a requis de nous transporter sur les lieux avec les dits Hourdin et Hingant à l'effet d'ordonner l'exhumation et une nouvelle reconnaissance dudit corps pour être ensuite transporté et inhumé dans le cimetière de Trégon.... Auquel déférant nous sommes transportés.... sur les confins des Verdières qui avoisinent la vieille digue du Marais Salé de Drouet, du côté de la mer, et près l'étier de Drouet, où les dits Hourdin et Hingant nous ont fait remarquer une fouille commencée, laquelle continuée par nos ordres, il en a été tiré un cadavre couvert d'une chemise seulement et ayant encore des gants sur les mains. Le dit cadavre lavé, s'est trouvé encore entier, sans aucune marque extérieure de corruption, ce qui provient sans doute des eaux salées dont il était impreigné. Son visage un peu enflé, ainsi que le reste du corps, a été parfaitement reconnu pour celui de Maurille-Alexis La Choüe-La Mettrie, non seulement par nous, mais encore par les citoyens présents à l'exhumation.... entre autres Marc Durand, de la Roche, commune de Lancieux ; Laurent Kerimel, officier public de la commune de Missiriac, département du Morbihan, à présent à la maison de la Haute Mettrie, en Trégon. Procédant ensuite à une visite plus exacte du dit cadavre, nous avons remarqué et fait remarquer aux assistants qu'il a sous le téton droit un trou qui traverse la poitrine et duquel l'issue se voit sous l'épaule, qui par son diamètre et sa disposition annonce qu'il a été occasionné par le passage d'une balle de fusil, n'avons au surplus observé aucune autre plaie, fracture, ni contusion.... Signé : ROLLIER, agent. LECOINTE, adjoint. Jean THOSREU, témoin. René DENIER, témoin »] de la Mettrie et de dame Eléonore de la Landelle, dame de la Mettrie, et dans la personne de M. Casimir La Choüe de la Mettrie, capitaine d'infanterie, chevalier de l'ordre royal de la Légion d'honneur et de l'ordre royal et militaire de Saint-Ferdinand d'Espagne, frère puîné du précédent, et de dame Honorine Le Gobien, dame Casimir de la Mettrie, et dans la personne de Madame de la Mettrie leur mère, née dame Félicité de Boisbaudry, veuve de Maurille-Alexis La Choüe qu'elle avait épousé en 1780. Maurille était âgé de 57 ans lors de son mariage ;

le manoir ou château de Beaussais ou Baussais,  construit en 1842 à l'emplacement d’un ancien manoir. Le château de Beaussais est situé sur le bord du grand chemin qui conduit du Guildo à Saint-Malo et vis-à-vis l'embranchement du grand chemin qui conduit du dit Baus sais à Plancoët. Au nord se trouve une large baie que la mer ne couvre entièrement que dans les grandes marées ; mais dans ces jours, elle roule majestueusement ses flots qui viennent se développer et s'étendre au bord du coteau sur lequel est placé le château de Beaussais. A l'ouest du château était autrefois une saline dans le lieu appelé les petites Verdières, à l'est desquelles se trouve une fontaine qui a été longtemps ignorée et retrouvée il y a quelques années après bien des recherches, elle fournit au début du XXème siècle une eau agréable et bonne. Au début du XXème siècle les propriétaires étaient occupés à faire un lavoir au-dessous de la dite fontaine. Au-dessus et à l'est se trouve le domaine de Beaussais où il y avait autrefois une garenne, placée, je crois, dans le lieu appelé aujourd'hui les falaises. Cet endroit est encore un refuge pour les lapins qu'on y trouve en grande quantité. Il y avait autrefois près Beaussais une chênaie et un bois de décoration qui dépendaient de ce château et lui donnaient un relief d'agrément. Je pense d'après l'acte que j'ai à ma disposition et qui est de 1680 que la chênaie était à peu près au sud-est et le bois de décoration au sud-ouest de Beaussais, dans le côté nord du domaine aujourd'hui dépendant de la Villeguerif ; de plus Beaussais possédait un bois taillis. Je vois dans le même acte de 1680 que les seigneurs de Beaussais avaient de temps immémorial en l'église de Trégon deux tombes et enfeus prohibitifs dans la nef, vis-à-vis le crucifix de la dite église, avec droit et privilège d'avoir un escabeau, banc et accoudoir sur les dits enfeus et tombes qui étaient armoriés des anciennes armes de Beaussais. Ces enfeus étaient dans le haut de l'église, à peu près où se trouve maintenant le lutrin. On devait pour les bancs et enfeus payer à la fabrique de Trégon deux boisseaux de froment, mesure du Plessix-Balisson. Les seigneurs de Beaussais possédaient aussi droit de colombier. Malgré toutes mes recherches je n'ai pu découvrir l'origine de leur château.  Branche de la Moussaye de Beaussais ( Voici, d'après l'ouvrage de M. Parfouru que nous avons déjà cité, l'origine de la branche de la Moussaye de Beaussais. Son auteur fut Mathurin, frère cadet de Charles. Mathurin épousa en 1653 Laurence Boullain, dont sortit Jean de la Moussaye, seigneur de Beaussais, compris dans l'arrêt de réformation avec ses trois fils : Jean, Georges et Louis. Ce dernier épousa en 1693 Anne Cotton et n'eut qu'une fille, dame de Beaussais, mariée à M. Le Boüetoux, seigneur de Bregerac, en Créhen). Mathurin de la Moussaye, seigneur de Beaussais, puîné de Charles de la Moussaye, seigneur de la Villeguerif, et fils de Julien de la Moussaye et de Perronnelle Gouyon, épousa en 1656 Laurence Boulain, et devint de ce chef sieur de la Ville au Mont. Une de leurs descendantes, Jeanne Pélagie de la Moussaye, épousa écuyer Julien Le Boüetoux, sieur de Bregerac. Elle était veuve en 1726, et hérita de Beaussais à la mort de son frère, feu Messire Louis de la Moussaye. En elle, finit la branche de la Moussaye de Beaussais. Cette propriété passa alors par alliance dans la famille Le Boüetoux de Bregerac (Note : Les Le Boüetoux de Bregerac portent pour armoiries : « D'argent à l'aigle impériale de sable ». Ils furent reconnus nobles le 28 février 1669 après avoir fait preuve de sept générations nobles) qui la possède encore au début du XXème siècle, en ligne directe, en la personne de M. Victor-François-Charles Le Boüetoux de Bregerac et de dame Félicie-Sainte-Hélène Poulain de Saint-Père, dame Victor Le Boüetoux de Bregerac, demeurant ensemble au château de Beaussais. En 1733, mademoiselle Jeanne Le Boüetoux de Beaussais épousa noble homme René Hervé, sieur de Langerais, de la paroisse de Notre-Dame de Landouard. En 1735, leur fils Jean-Dominique Hervé fut baptisé à Trégon où il était né. Il existe encore en 1912 un descendant de cette famille dans la personne de M. Guillaume Hervé-Langerais demeurant à Saint-Jacut, autrefois Notre-Dame de Landouard ;

Nota 9 : La Ville Manoël, dépendance de Beaussais, était une terre noble, qui possédait une chênaie et une garenne. Dans le Pré Ménard se trouve une fontaine excellente qui n'est plus fréquentée. Elle est à peu près à trente pas à droite en descendant de la ruelle qui conduit au rivage, et à 10 pas à peu près de la ruelle mentionnée. Le pré Ménard que la mer couvrait dans les grandes marées a été enclos en 1839 par M. Victor Le Boëtoux de Bregerac qui en est propriétaire. En 1840, on l'a ensemencé et rendu productif. Les marais appelés les marais de Sous-Beaussais ont été enclos vers 1827 par M. Saulnier du Petit-Bois, conjointement avec M. François Le Bouëtoux de Brégerac. Ces marais contiennent en terre labourable environ 16 journaux de terre ou 8 hectares. Ce terrain était couvert par la mer dans les grandes marées, il y croissait une petite herbe maigre qui servait de pacage pour les moutons [Note : D'après un travail exécuté en 1821, les marais de Beaussais contenaient alors 20 hectares de terrain].

l'ancien château de Vieux Ville (ou Vieuville), transformé en ferme. En 1830, il reste encore un pavillon de ce château. Au début du XXème siècle, l'ancienne cuisine et la salle sont, d'après la tradition, occupées par les fermiers. D'autres appartements subsistent aussi ; en particulier un grand logement servant de grange, dont la façade est en pierre de taille et où se trouvent plusieurs fenêtres à lancettes. Ce château est très antique. Les seigneurs de ce lieu ont été les fondateurs de l'église, chapelle, cimetière, presbytère de Trégon, puisque les familles qui ont été propriétaires de cette seigneurie s'honorent de ce titre comme nous allons le voir. Je pense que c'est en cette qualité qu'ils ne payaient rien pour leur enfeu. Ce château de la Vieux Ville est à l'extrémité de la paroisse, à peu près dans le midi du bourg, à la distance d'environ trois quarts de lieues. Il est situé sur une colline dont le bas est arrosé par un ruisseau. Il y avait aussi un moulin à vent qui n'existe plus aujourd'hui et dont Ogée fait mention dans son Dictionnaire. Les seigneurs de la Vieux Ville au Sénéchal, leurs privilèges (Note : Nous savons que lors de la Réformation de 1477, la terre de la Vieux-Ville appartenait à Sylvestre Le Sénéchal. Nous ignorons cependant quelle était cette famille Le Sénéchal. Courcy, dans la seconde édition de son Armorial, mentionne trois familles de ce nom. M. de Pontbriand dans « Encore un autre Armorial breton » cite aussi une famille Le Sénéchal, distincte de celles-là). Il paraît que les seigneurs de la Vieux Ville au Sénéchal étaient fondateurs de l'église, chapelle, cimetière et presbytère de Trégon. Ce château qui était le siège de la seigneurie de Trégon, et auquel était attachée une juridiction, appartenait jadis à la famille Le Sénéchal [Note : Dans un aveu rendu à la cour du Plessix-Balisson, au milieu du XVIème siècle, par Jeanne de Lespinay, veuve de Pierre du Pont-Rouault, et curatrice de Guyon du Pont-Rouault, son fils aîné, on donne à celui-ci les titres de sieur de la Coudrays, de Delien et de la Vieuville au Seneschal (Bibliothèque Nationale, Collection Duchesne, Ms 70, f° 248)]. Par la suite des temps (d'après un acte que je transcris), il a appartenu à Messire Anas (Anne?) de la Villéon et à dame Perronnelle de la Robinais-Croc (Note : Le 14 février 1599, Zacharie Croc, sieur de la Robinais et de la Vieuville, est parrain à Trégon d'un fils de Jean de la Motte, sieur de la Hautière), sa compagne, seigneur et dame des Mareix, seigneurs fondateurs de la chapelle, paroisse, cimetière et presbytère de Trégon. Il est dit d'ailleurs, dans l'acte précité, que ces susdits fondateurs avaient accordé, à la prière d'écuyer Mathurin de la Moussaye, sieur de la Ville au Mont, pour lui et ses hoirs seulement, un escabeau de 3 pieds de largeur et de 4 de longueur dans le choeur de la dite église du côté de l'Epître. Le dit escabeau, joignant la muraille, de niveau à l'arcade de la chapelle de la Vieux Ville, et ce par acte du 24 juin 1638, au rapport de Chouin et Varin, notaires, et que, depuis peu de temps, on aurait placé, dans le lieu et place du dit escabeau, la chaire du prédicateur comme étant l'endroit le plus commode pour cet effet ;

Nota 10 : Au XVIIIème siècle, les seigneurs de la Villeguerif avaient aussi leur enfeu dans la chapelle de la Vieux Ville au Sénéchal, comme seigneurs du dit château de la Vieux Ville. Concession dans la chapelle prohibitive de la Vieux Ville. « Nous, Messire Victor Martial de la Moussaye, seigneur de la Villeguerif, de la Vieux Ville au Sénéchal, de la Basse Mettrie et autres lieux, chevalier de l'ordre royal militaire et hospitalier du Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem, seigneur fondateur de l'église paroissiale, chapelle, cimetière, presbitère de Trégon, à cause de notre terre et juridiction de la Vieux Ville au Sénéchal, et dame Françoise Le Gobien, notre épouse, avons accordé et accordons à dame Jeanne-Pélagie de la Moussaye, dame douairière de Bregerac et dame propriétaire de la maison de Beaussais, petit-fille du dit Mathurin de la Moussaye, sieur de la Ville au Mont, un banc clos dans le choeur de la dite église, pour elle et les siens seulement descendus de son estoc, et ce en considération qu'elle est issue de notre sang et du même nom que nous ; à condition néanmoins que la chaire du prédicateur demeurera à perpétuité affichée et patefichée à la muraille, de niveau à l'arcade dans le lieu où elle est maintenant et que le dit banc clos de 3 pieds de largeur et de 4 pieds de longueur restera placé au-dessous de la chaire sans pouvoir être haussé de dessus et restera de niveau à la dite chaire et à l'arcade. De plus que la dite dame paiera à l'avenir à commencer au jour et feste St Michel, à cause du dit banc clos, six godets de froment d'augmentation, mesure de Plessix-Balisson et à perpétuité sur la terre de Beaussais à la fabrique de la dite église de Trégon et ses hoirs et successeurs issus de son estoc, et non compris le boisseau qu'elle doit sur ses tombes ; et en cas que la dite terre et maison de Beaussais passant en mains étrangères par vente ou autrement, cette nostre présente concession ne pourra servir aux acquéreurs ni possesseurs s'ils ne sont issus de la dite dame. Tout quoi nous avons voulu et consenti entre nous soussignants et fait en double sous nos seings respectifs et le sceau de nos armes. Donné à la Ville-guerif, le 31ème jour de juillet 1727, signé : Jeanne de la Moussaye, Françoise Le Gobien, Victor-Martial de la Moussaye ».

l'ancien château de Bouillon. Ce château est placé près du grand chemin qui conduit du Guildo à Ploubalay. Il y avait autrefois une chênaie près du Bouillon et à l'entrée l'on voit encore plusieurs arbres appelés chênes verts. La famille des Rondiers était propriétaire du Bouillon et y habitait (Note : L'on trouve cette famille à Trégon dès l'année 1683) en 1720. Leur enfeu était dans l'église de la Communauté du Guildo, comme on le voit par la sépulture de damoiselle Suzanne Geffroy et d'écuyer Pierre des Rondiers, qui eut lieu le 2 mai 1729. Aussi cette maison n'avait pas d'enfeu dans la paroisse de Trégon. Il y avait autrefois une pièce d'eau au Bouillon, le grand chemin lui servait de chaussée. En 1912, il y en a encore une petite au-dessous de la fontaine, mais qui ne sert que de lavoir. En 1731, Messire Jean-Mathurin Le Normand, chevalier, seigneur de la Villenéen, de la paroisse de Saint-Alban, épousa demoiselle Jeanne-Suzanne des Rondiers, dame de la Ville-Morin, de Trégon. En 1730, écuyer Gabriel-Marie-François Freslon, chevalier, seigneur de la Touche de Rays (Note : La Touche de Rays, en Lancieux, lui était advenue du chef de sa mère, dame Jeanne du Breil de Rays), épousa demoiselle Claire-Thérèse des Rondiers, dame du Bouillon, en cette paroisse, après un certificat d'une bannie faite sans opposition à Pleurtuit. Au nombre des signatures de ce mariage, on voit celle de Jean des Rondiers de la Ville-Durant. Après la famille des Rondiers, le Bouillon a été habité par la famille de Lesquen qui a donné naissance à écuyer Claude-Louis de Lesquen, fils légitime de Messire Charles-Yves de Lesquen, sieur de Saint-Lourmel et de dame Françoise-Yvonne-Corentine de Lesquen, dame de Saint-Lourmel, son épouse, né au Bouillon, le 23 février, et baptisé le 25 du même mois dans l'église de Trégon, 1770. Il eut pour parrain : haut et puissant seigneur Messire Claude-Louis-Toussaint du Breil de Pontbriand, marquis du dit lieu, et pour marraine : Marie-Gabrielle de Lesquen de la Menardais. Ce Claude-Louis de Lesquen prit les armes dans la Révolution de 1793, fit partie de l'armée des princes sous le prince de Condé et passa la plus grande partie de la Révolution en Allemagne et Pologne. Avant la Révolution, Claude-Louis de Lesquen était militaire et avait le grade de lieutenant. Dans l'armée de Condé, il occupait celui de fourrier, alors que des lieutenants-colonels étaient simples soldats. Après la Révolution, Claude-Louis de Lesquen rentra dans sa famille, reprit ses études et fut ordonné prêtre en 1805. Il fut nommé vicaire de l'église paroissiale de Saint-Brieuc, puis recteur de Pommeret en 1810. A cette époque, sa famillle qui demeurait au Bouillon, fut demeurer avec lui et, depuis ce temps, le Bouillon a été habité par des fermiers de Pommeret. Claude-Louis de Lesquen fut transféré à la Cathédrale de Saint-Brieuc en qualité de chanoine titulaire. Quelque temps après, il fut nommé grand vicaire du diocèse de Rennes, où il fut très peu de temps, et revint chanoine à Saint-Brieuc. En 1823, il fut nommé évêque de Beauvais et, de là, transféré à Rennes, capitale de la Bretagne. Ce vénérable prélat a fait paraître, au début du XIXème siècle, un catéchisme à l'usage de son diocèse. Cet ouvrage est très clair et très méthodique. Les enfants devront l'apprendre en 1841 pour faire leur première communion ; 

l'allée des volontaires (XVIIème siècle-1784), située à la Haute-Mettrie. Ce site doit son appellation à un épisode de la "descente des Anglais" de septembre 1758 (ou bataille de Saint-Cast) ;

la maison Pinson (XVIIème siècle) ;

le moulin à vent de l'Epine. Le Moulin de Drouet [Note : Le plus ancien titre que nous connaissions de ce moulin, est un contrat de vente consenti en 1478, par Guy, comte de Laval, et Françoise de Dinan, sa femme, à Rolland du Breil de Rays. Avec le moulin fut aussi vendu l'étang et les marais voisins, ainsi que le destroit du moulin. Ce moulin, quoique situé en Ploubalay, dépendait du Guildo, mais ses mouteaux étaient cependant en Trégon. En 1499, le receveur de Montafilant comptait les revenus de la ferme du moulin de Drouet à 3 mines et demie de froment, mesure de Dinan, et à 18 mines 4 boisseaux de seigle. Trois cents ans après, Maurille-Alexis La Choüe de la Haute Mettrie afféagea les marais de Drouais du seigneur du Guildo. D'après l'acte qui fut dressé alors, le moulin de Drouais était bâti au milieu des marais. « L'étang et les marais ne faisant qu'un seul et même corps sans séparation, de même niveau, couvrant également d'eau sans en diminuer que la moute du moulin ». En 1767, ce moulin n'existait plus comme tel (Voir Archives des Côtes-d'Armor, E 1423)]. Il y avait jadis un moulin de marée à Drouet qui appartenait au château de Beaussais et qui avait sa banlieue selon les lois de l'époque. Ce moulin était placé à l'endroit où l'on a fait une voie à charette pour extraire de la marne. Les anciens du pays ont encore vu les masures de ce moulin. Les décombres n'ont disparu entièrement que lorsqu'on a fait la susdite voie en 1827 ou 1828. J'ai entendu dire que la rivière de Drouet passait à cette époque à l'est de ce moulin, aujourd'hui elle passe à l'ouest. La digue de Drouet et les arches du pont furent faites aux frais des Etats de Bretagne [Note : Le pont de Drouet fut construit en 1756. En 1785, on fut obligé de baisser le seuil des portes du pont, et cela afin de dénoyer les marais (Archives des Côtes-d'Armor, C 108], il y a environ quatre-vingts ans (vers 1830) ; quelque temps après on travailla à défricher cette grande étendue de terre placée au midi qui n'était auparavant qu'un marécage couvert de joncs et que la mer couvrait dans les grandes marées jusqu'à Launay-Trégon ;

A signaler aussi :

4 menhirs dont le menhir de la Ville-Goudier ;

le dolmen de la Ville-Tinguy ;

l'allée couverte de la Hautière dite « le tombeau » ou « Vieilles-Hautières » (époque néolithique) ;

le pont Vannes (1756-1785), situé sur le Drouet.

l'ancienne métairie de la Ville Serré. Olive Rever, âgée d'environ 35 ans, mourut à la Ville Serré en 1741. Cette métairie était placée dans le clos appelle les Courtillons qui fait maintenant partie de la ferme des Bas Courtus. Il ne reste plus de cette métairie que quelques vestiges à environ 43 marches sud sud-est du puits de la Ville Serré. Ce puits se trouve sur le bord du chemin appelle le chemin de la Ville Serré conduisant de la Ville Jouan au chemin qui mène du bourg de Trégon à la Ville-Goudier. Ce chemin de la Ville Serré est maintenant abandonné, (c'est-à-dire qu'on n'y passe plus). Le susdit puits, d'après le témoignage de ceux qui s'en sont servi, fournissait avec abondance une eau agréable ; maintenant il est à peu près comblé. D'après la tradition, tout le terrain compris depuis l'hôtel Piluret et le jardin inclusivement, jusqu'à la Ville Jouan et la Ville Goudier, faisait partie de la métairie de la Ville Serré. Ce terrain a été adjoint à la métairie des Bas-Courtus (dans le bourg) soit par succession, soit par acquisition. J'ignore l'époque où la Ville Serré a été démolie ; mais des vieillards m'ont dit avoir vu une partie des pignons, dont les pierres ont été employées à bâtir une portion des maisons du village de la Fosse Blanche, appelé vulgairement. Les Loges. Lequel village a été construit depuis l'existence du grand chemin conduisant de Beaussais à Plancoët : or ce grand chemin a été fait il y a environ soixante et quelques années (Note : Sous le gouvernement du duc d'Aiguillon qui dota la Bretagne d'un réseau de routes superbes. C'est la route nationale de Quiberon à Saint-Malo). Avant cette époque, le chemin qui conduisait à Plancoët passait par le haut des Libellais, les Placy et la Cordonnais ;

l'ancien manoir de la Cordonnais. En 1688, la famille la Boixière demeurait, je crois, à la Cordonnais, en Trégon.

l'ancien manoir des Bas Courtus. Les Bas Courtus, aujourd'hui métairie, étaient une ancienne, maison qui a été le berceau de la famille Besnard de la Vieuxville, dont un descendant habite encore, vers 1912, le manoir de la Vieuxville, en Saint-Cast, ancienne propriété de la famille Jocet, autrefois considérable dans le pays. Les plus anciennes familles roturières ;

Nota : Les monuments mégalithiques de Trégon. On trouve sur le territoire de Trégon tous les divers types des mégalithes, à l'exception des cromlec'hs. Voici sur chacun de ces monuments une courte description qui rectifiera ou complétera sur plusieurs points les renseignements qu'en donnent MM. G. du Mottay et du Châtellier dans leurs Répertoires archéologiques. L'allée couverte des Vieilles Hautières est située non loin de la ferme de la Hautière, à cent mètres à peine de la route nationale. Ce monument d'une longueur d'environ 16 mètres, est orienté du nord au sud. M. du Mottay avait pu compter quatorze supports du côté de l'est et onze du côté de l'ouest, mais il n'en demeure plus maintenant que douze à l'ouest et neuf à l'est, tant le temps et surtout les hommes ne cessent d'exercer leurs ravages contre ces vénérables restes. Il ne reste plus aussi que six tables en place. Deux des plus belles sont écroulées et gisent à l'extrémité nord de l'allée couverte. D'ailleurs cinq ormes, aujourd'hui d'assez belle taille et qui ont trouvé moyen de percer à travers les pierres, ont sans doute bien contribué à ce résultat. D'après M. du Mottay, la plus grande table mesure trois mètres cinq centimètres de long ; d'autres, deux mètres soixante-cinq et deux mètres soixante. La hauteur intérieure du monument serait de quatre-vingt-dix centimètres sur une largeur de un mètre cinq. A trois cents mètres environ des Vieilles Hautières, l'on trouve aussi tout auprès de la route nationale, les restes à demi renversés d'un dolmen situé au milieu d'un champ lequel borne à l'ouest les bâtiments de la ferme de la Ville Tanguy (On prononce Ville Tinguy). Une table de 3 m. 40 de long sur 2 m. 40 de large, épaisse d'environ 90 centimètres, est encore soutenue à son extrémité est par deux grosses pierres, dont l'une mesure près d'un mètre quatre-vingt-dix de hauteur. Tout autour gisent à moitiés enfouis dans la terre les débris du monument. Une de ces pierres semble avoir servi de table. Enfin derrière la ferme de la Ville Goudier, dans le haut d'un champ appelé les Libertays, près de l'emplacement de l'ancien moulin de l'Epine, se dresse un petit menhir élevé de deux mètres treize au-dessus de la terre, alors que sa largeur est de deux mètres et plus à la base et son épaisseur de quatre-vingts centimètres environ (Note : Ce menhir a fait l'objet d'une étude de la part de M. E. Morin. Cf. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord, tome XXXV, p. 97-99). Près de celui-ci, mais plus au midi, un autre menhir gît renversé. Il mesure deux mètres quatre-vingts de long sur un mètre quatre-vingts de large. A quelques pas vers l'est, un autre menhir est aussi couché par terre, à moitié recouvert par les ronces ; sa longueur est de deux mètres soixante-quinze [Note : M. Le Maout, dans ses Annales Armoricaines, p. 429, signale qu'en 1846 « il existait à Trégon, non compris les Vieilles Hautières, onze autres pierres, dont trois restaient debout ». Nous croyons, et c'est l'avis de M. Harscouët de Keravel, qu'un monument mégalithique, peut-être un dolmen, devait se trouver près de ces menhirs. De nombreux débris qui jonchent le sol nous semblent appuyer cette opinion]. Plus au sud de ces monuments, dans le champ qui avoisine immédiatement la Ville Goudier, nous avons encore mesuré un quatrième menhir, mais de dimensions plus restreintes, puisqu'il ne s'élève qu'à un mètre cinquante au-dessus du sol, alors qu'il fait trois mètres trente de diamètre. Existe-t-il à Trégon d'autres monuments mégalithiques ? Nous ne le pensons pas et c'est vainement, croyons-nous, que l'on chercherait dans cette localité le menhir de 8 m. 50 de haut qu'y signale M. Millon à la page 97 de son ouvrage intitulé Pauvres Pierres [l'abbé Rollier (vers 1848) et Auguste Lemasson (vers 1912)].

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ANCIENNE NOBLESSE de TREGON

Les terres de Trégon au point de vue féodal relevaient presque toutes de la seigneurie du Guildo [Note : Un état de la seigneurie de Penthièvre dressé vers la fin du XVIIème siècle et déposé aux Archives d'Ille-et-Vilaine, contient ces brefs renseignements concernant Trégon : « Son Altesse Sérénissisme (le duc de Penthièvre) n'a que la supériorité et quelques fiefs dans la paroisse. Madame de la Moussaye Villegueurif est fondatrice ». D'autre part, un compte de la seigneurie de Montafilant établi en 1499, nous montre qu'à cette époque Trégon relevait de la sénéchaussée de Rennes. Les Dinan possédaient dans cette paroisse 10 livres 6 sous 10 deniers de rentes, plus 20 sous de droits sur la foire de Trégon, et 4 mines 7 boisseaux 8 godets de froment  dûs au château du Guildo. Le Guildo étant un démembrement de Monta filant dut hériter de ces biens dans la suite].

C'est ainsi que d'après la réformation du Domaine royal, exécutée en 1680, le seigneur du Guildo exerçait le droit de « rachapt » (notre droit de succession actuel) sur la maison de la Vieuville-au-Senéchal, appartenant à M. de la Villéon, écuyer, sieur des Marains (ou des Mareix), ainsi que sur deux bailliages et une dîme appartenants au sieur de la Lande Basse. Il levait aussi ce droit sur les maisons nobles de la Haute-Mettrie, de la Basse-Mettrie et de la Hautière, ainsi que sur les métairies de la Ville Mannay (Ville Manouel ?), des Vaux, de la Ville-Mallart, de la Lande du Pin, de la Marre Amirand, du Marais et de la Ville Jouan. Ecuyer René de la Moussaye lui devait ce droit pour sa terre de la Ville Guerif, ainsi que Jean de la Moussaye pour sa maison de Beaussais, Jean de la Motte pour la Ville ès Comte, Françoise du Chasteignier, dame de Launay Comatz, pour Launay-Trégon, et Charlotte Fermal.

Au seigneur du Guildo appartenait en conséquence « la supériorité aux paroisses de Trégon (et de Créhen), auxquelles paroisses il y a écussons armoyés des armes des dits seigneurs du Guildo aux lieux les plus éminents et généralement tous droits appartenants à un seigneur supé rieur et haut justicier » (Archives de la Loire-Inférieure, B 2206, f° 200 et 203).

Nous avons relevé dans ce même dossier l'état du château du Guildo à cette époque. A cause de sa proximité de Trégon, il ne sera pas sans intérêt de le rapporter ici : « Le chasteau et place forte du Guildo consistant en six grosses tours, ceintures de murailles, deux corps de logis, l'un desquels et partie des dites tours sont présen tement ruineuses, douves, pont-levis, esprons, sur lesquels il y a présentement deux petits jardins, déports et issues, autrefois plantés en bois de haulte fustais contenant le tout ensemble par fond dix journaux de terre ou environ... Item le parcq et garenne du dit chasteau dans lequel il y a un coulombier, une prée autrefois en estang avecq un moulin ruyneux, etc. » (B. 2206, f° 197).

 

Montre de la noblesse de Trégon en 1472. Les renseignements sur la paroisse de Trégon sont si rares, que nous croyons devoir faire figurer ici une montre des nobles de cette paroisse, tenue l'an 1472. Elle confirme et complète la réformation que nous a conservée M. Rollier. Nous citons cette pièce d'après les Réformations de l'ancien Diocèse de Saint-Malo publiées par des Salles. 

- Jacques Labbé, sieur de la Villeguerif, arbalestrier en brigandine, à deux chevaux.

- Ollivier La Choüe, sieur de la Metrie, jusarmier en brigan dine.

- Jean Labé, archer en brigandine.

- Ollivier des Bois, archer en brigandine (Note : D'après la Généalogie de la maison du Breil, Rolland du Breil, écuyer, épousa Guillemette des Bois, fille de Jean et de Françoise Bernier, sieur et dame de la Villemanouël. De ce mariage naquit Olivier, seigneur de la Villemanoüel, qui fut un des compagnons de Jacques Cartier au Canada, et mourut dans l'un de ses voyages).

- Jean des Bois, archer en brigandine.

- Jean du Pin, archer en brigandine.

- Olivier Barbin, par son fils Jean, archer en brigandine.

- Roland de Tremereuc, par Olivier, son fils, refusé à cause de sa jeunesse et sa terre saisie.

- Berthelot des Bois, jusarmier en brigandine.

- Pierre des Cognets, jusarmier en brigandine [Note : N. h. Jean des Cognets, tuteur d'autre Jean des Cognets, son fils, et de feue Guyonne Bouquin. Le dit Jean, sr de la Cordonnaye en 1556 (Ms fr. 22325, B. Nle.)].

- Berthelot du Val, jusarmier en paltoc.

- Berthelot de Launay, non comparu [Note : Maurice de Cargouet et Jeanne de Launay, sa femme, nobles gens en la paroisse de Trégon, le 14 décembre 1525 (Ms fr. 22325, Bibliothèque Nationale].

- Alain de Pleherel, non comparu.

- La dame de la Jeune Chancelière, dame de la Vieuville, non comparue.

 

Réformation à Trégon en 1477 (Note : Cette réformation est d'autant plus précieuse que le Ms fr. 22320 de la Bibliothèque Nationale qui contient les réformations de l'évêché de Saint-Malo, ne parle pas de Trégon).

Après avoir compulsé tous les registres et actes de la paroisse de Trégon, le plus vieux document que j'aie trouvé est un extrait d'un procès-verbal en date du 11 mars 1477. On voit sur cet extrait le nom de Messire Gilles Labbé, recteur du dit lieu, âgé de 33 ans. J'ignore si messire Gilles Labbé était natif de la paroisse, mais on voit sur le même extrait Jacques Labbé, sieur de la Ville Guerif, âgé de 35 ans, il est probable que ces Messieurs étaient frères [Note : La famille Labbé était très ancienne et très répandue dans le pays. Elle a attaché son nom à plusieurs endroits des environs, notamment la Mettrie Labbé, le Clos Labbé, le Pont Labbé et la Ville-ès-Abbé, en Pleurtuit ; la Motte Labbé, en Ploubalay, et l'Abbaye ou Maison Labbé, en Corseul. Nombreux aussi sont les Labbé que l'on trouve cités dans les colonnes des Preuves de Dom Morice, mais comme il y a eu plusieurs familles Labbé en Bretagne, nous ne savons à laquelle attribuer ces noms. Les Labbé sont demeurés à Ploubalay jusqu'au milieu du XVIIIème siècle. Ils portaient « d'argent à quatre fusées rangées et accolées de gueules »].

Sur le même extrait, on trouve aussi les maisons nobles de Trégon : je les note comme elles le sont sur cette pièce. Maisons nobles. - La Vieuville appartenait à Sylvestre Le Sénéchal. - La Ville Guerif appartenait audit Jacques Labbé. - La Mettrie appartenait à Olivier La Choüe. - La Haute Mettrie appartenait à Jacques-Gilles Jehan (Note : En 1450, d'après Courcy, Geoffroy Gouyon épouse Aliette Jan, de la maison de la Mettrie, en Trégon). - La Hautière appartenait à Jeanne La Coudes, par cause de douaire de feu Jehan La Choüe. - Beaussais appartenait à Jacques Lostelier. - Le Vauheraut appartenait à Jean Morin. - Les Vaulx appartenaient à Jean du Val et sa femme, à cause d'elle. - Launay appartenait à Olivier de Tréméreuc. - La Lande appartenait à Jean du Pin. La Lande qui est aujourd'hui une simple métairie, porte encore le nom de la Lande du Pin, quoique la famille du Pin soit éteinte dans le pays depuis longtemps, ainsi que la famille Le Sénéchal à qui appartenait La Vieuxville. Cette dernière, autrefois la maison seigneuriale de la paroisse, n'est vers 1912 qu'une métairie appartenant à M. Le Boüetoux de Brégerac, en Créhen. Il paraît aussi qu'à l'époque du procès-verbal sus-mentionné, les maisons de la Ville ès Comte et du Bouillon n'existaient pas, car il est plus que certain qu'elles seraient comptées au nombre des maisons nobles, vu les familles distinguées qui les ont habitées.

Pénurie de documents de 1477 à 1576. Depuis 1477 jusqu'en 1576, on ne trouve plus ni actes, ni registres. Les naissances, mariages et décès commen cent en 1576 (Note : Le premier registre de baptêmes commence le 14 novembre 1576. Les premières inhumations sont de 1611. Mais les registres proprement dits d'inhumation et de mariage ne remontent pas plus haut que 1641), peut-être parce que les premiers registres ont été perdus. D'ailleurs, il est possible qu'on n'ait com mencé à Trégon qu'en 1576 à tenir des registres réguliers, quoiqu'ils aient été ordonnés par François Premier, roi de France, mort à Rambouillet, le 31 mars 1547. 

 

Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on comptabilise la présence de 17 nobles de Trégon :

Olivier BARBIN (8 livres de revenu) : porteur d'une brigandine, comparaît en archer ;

Berthelot DE LAUNAY (10 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une pertuisane ;

Olivier DE TREMERREUC de Launay (20 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Bertrand DES COIGNETZ (8 livres de revenu) : défaillant ;

Jehan DESBOAYS (10 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Olivier DESBOAYS (10 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Berthelot DESBOAYS, représenté par Jehan (5 livres de revenu) : comparaît revêtu d'une robe ;

Jehan DU PIN de la Lande (8 livres de revenu) : défaillant ;

Héritier Berthelot DUVAL (3 livres de revenu) : défaillant ;

Gilles JAHAN de Hautte Mettrie (50 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une pertuisane ;

Olivier LA CHOUE de la Mettrie (80 livres de revenu) : comparaît revêtu d'une robe ;

Charles LA CHOUE (10 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Jacques LABBE de Ville-Guerif (100 livres de revenu) : comparaît revêtu d'une robe ;

Jehan LABBE (20 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

Dame LE SENNESCHAL Vieuxville (160 livres de revenu) : excusé ;

Jacques LHOSTELLIER de Beaussais (10 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît armé d'une jusarme ;

Jehan MORIN de Vauheraut (10 livres de revenu) : porteur d'une brigandine et comparaît en archer ;

 

Les propriétaires de Trégon en 1789. Après avoir donné l'état des familles de Trégon au XVIème siècle, il peut être intéressant de jeter un coup d'oeil sur un document du XVIIIème siècle, qui n'en constitue pas moins comme une sorte de recensement des propriétaires de Trégon aux débuts de la Révolution française. Cet état est extrait de la « Matrice du rôle de la municipalité de Trégon contenant tous les biens qui sont dans cette paroisse avec leur grand et estimation ». Ce travail, dressé le 4 mai 1792, quoique très précieux pour établir la répartition de la propriété à Trégon à la fin de l'ancien régime, ne peut cependant donner que des renseignements approximatifs, car il est à demi-rongé et détruit par l'humidité. Voici les noms des propriétaires que nous avons relevés sur cette pièce avec un aperçu sommaire de l'étendue de leurs domaines.

« Madame de Tiercent, de Rennes, qui s'appelle Madeleine de la Moussaie, possède les maisons de la Ville Gueuriff et de la Vieux Ville au Sénéchal et environ 150 journaux de terre.

Joseph Poirier de Noisseville possède la maison de la Ville ès Comte, la chesnaie du dit lieu, le vieil étang et environ 50 journaux de terre.

Maurille La Choüe de la Mettrie possède la Haute Mettrie et 67 pièces de terre de diverses contenances.

M. de Saint-Meloir, habitant Pluduno, 17 pièces de terre. 

Olivier Le Boüetoux de Bréjerac, demeurant à Créhen, 27 pièces de terre avec la maison, cour, métairie et déports de Beaussais.

Jean-Jérôme de la Vieuville, de Saint-Cast, la maison du Vauherault et de la Hautière et 21 pièces de terre d'inégale grandeur.

Gouyon Beaufort (par sa femme Aubine de Gouyon de Launay-Comats), la maison de Launay Trégon et 15 pièces de terre.

Renée La Choûe de la Ville Aumont, demeurant à Trégon, la maison du Petit Placis et 14 pièces de terre.

Lesquen, demoiselle de Largentaie, habitant Saint-Servan, possède les maisons de la Ville Durand et du Bouillon et 14 pièces de terre.

Lesquen, directeur des Postes à Rennes, le fond des logements de la Cordonnais et 7 pièces de terre.

Tréméreuc de Léhen possède la Marre-Amirand et sept pièces de terre.

Le sieur et dame de Trégouet, de Dinan, 11 pièces de terre.

Tizon de la Hautière, de Lamballe, possède la Cordonnais et 5 pièces de terre.

Labbé, dame Montaudy, demeurant à Saint-Malo, possède la Ville Goudier et 11 pièces de terre.

Victoire Le Bouëtoux, de la Roncière, près Matignon, la Ville Manoüel et 21 journaux et demi de terre.

Gabriel Hervé de la Ville ès Fevbre, de Saint-Jacut, possède la Ville Tainguy et 7 pièces de terre.

Dupont ès Loges (Note : Ancêtres de Monseigneur Dupont des Loges, ancien évêque de Metz), près Rennes, possède la métairie des Vaux et 8 pièces de terre.

Les enfants Liozer-Gasvran, la Ville Gesfray et 4 pièces de terre.

François Rollier, de Trégon, possède 20 journaux de terre.

Michel Frère, recteur de Trégon, un jardin et un journal trente cordes de terre.

La fabrique de Trégon possède la pièce en Caslouan mesurant 30 cordes et le pré Costard contenant un journal 30 cordes. » 

De plus, ce même rôle énumère encore 83 pièces de terre de grandeurs diverses, possédées par 57 particuliers presque tous roturiers.

 

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