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Bienvenue chez les Trédréziens et Locquémois

TREDREZ - LOCQUEMEAU

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La commune de Trédrez Locquémeau (bzh.gif (80 octets) Tredraezh-Lokemo) fait partie du canton de Plestin-les-Grèves. Trédrez-Locquémeau dépend de l'arrondissement de Lannion, du département des Côtes d'Armor (Trégor - Bretagne)

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de TREDREZ-LOCQUEMEAU

Trédrez vient de l'ancien breton "treb" (village) et "traez" (grève, sable).  Locquémeau vient du breton "lok" (lieu consacré) et de saint Kémo ou Quémeau.  

Trédrez-Locquémeau (Trédrez et son ancienne trève de Locquémeau) est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Ploumilliau. 

La paroisse de Trédrez existait dès 1284, date à laquelle saint Yves en fut nommé recteur (de 1284 à 1292). Erigée en commune à la Révolution, son église (dédiée autrefois à saint Laurent, diacre et martyr romain du IIIème siècle) est fermée jusqu'en 1806, et devient alors succursale de Saint-Michel-en-Grève. Elle ne retrouve son ancien statut qu'en 1826. 

Locquémeau fut fondé vers le VIème siècle par Quémeau (ou Kémo en breton) venu de l’île de Bretagne avec d’autres religieux et des chefs de clans qui peuplèrent et organisèrent l’Armorique. Le nom lui-même de Locquémeau remonte environ au XIème siècle : il signifie « Monastère de Quémeau », loc vient du latin locum et désigne en Bretagne un lieu de culte, monastère, prieuré ou simple chapelle. A proximité de l’église se trouve d’ailleurs le lieu dit Manac’hti (monastère). Locquémeau relevait jadis de l'abbaye cistercienne du Relecq en Plounéour-Ménez (Finistère). Saint Kémo avait jadis une chapelle à la limite de Trédrez et de Ploumilliau et sa fontaine passait pour avoir la vertu de guérir clous et furoncles. La paroisse appelée « Treff » dès 1426 était une succursale de celle de Trédrez. Des registres paroissiaux (baptêmes, mariages, sépultures) y sont tenus jusqu’à la Révolution. Cette paroisse était bornée au nord et à l’ouest par la Manche, à l’est par la paroisse de Ploumilliau, au sud ses dernières dépendances étaient le château de Coatrédrez, les fermes de Pors ar c’hoad, Tossenn Al Lann, Kerguenven, Convenant Baron (où l’on peut voir apparemment au pignon de la maison dans une petite niche une statuette de Saint Quémeau) et enfin Kersalic.

L'ancienne paroisse de Trédrez, y compris sa trève de Locquémeau, faisait partie du diocèse de Tréguier. Elle dépendait de la subdélégation et du ressort de Lannion. La cure était à l'alternative. En 1790, le recteur Charles Roverc'h est élu premier maire de la commune de Trédrez. 

On rencontre les appellations suivantes : Tresdretz, Treydretz et Tredrez (vers 1330), Tredrez (fin XIVème siècle), Trefdrez, Tredraez (en 1426), Tredrez (en 1444 et en 1461).

Voir aussi la situation des paroisses de Trédrez et Locquémeau durant la Révolution.

Note 1 : Trédrez avait comme succursale sous l'Ancien Régime la paroisse de Locquémeau, appelée "Treff" dès 1426. Par ordonnance du 23 juillet 1828, la commune de Trédrez a cédé à celle de Saint-Michel-en-Grève une partie du bourg de cette dernière commune et les villages suivants : Kernevez, Toul-ar-Voinic, Bec-ar-Chra et Tachen-Besquello.

Note 2 : la commune de Trédrez est formée des villages : Lan-ar-Spernen, Lyonver, Rozmeur, Kernenec, Kerbabu, Kerprigent, Kerbuzic, Kerham, Kersalic-Huelan, Kervorgan, Kerbiriou, Kerouguel, les Restes, Kerautret, Kerespartz, Kerguervouen, Coat-Trédrez, Rigourhaut, Toul-an-Lan, etc....

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PATRIMOINE de TREDREZ-LOCQUEMEAU

L'EGLISE de Locquémeau fut élevée au XVIème siècle, dans le style gothique. L’enclos paroissial est délimité par un mur de granit taillé (classé le 16 octobre 1922). A l’entrée principale, près de l’ancien presbytère (XVIIème siècle) s’élève un calvaire aujourd’hui mutilé, représentant du côté nord, face à l’église, le Christ, du côté sud la Vierge et l'enfant; sur les deux autres faces, deux Saints. Le seigneur de Coatrédrez est patron et fondateur de l'église de Locquémeau où il était premier prééminencier. L'église a été classée le 20 mars 1922. 

Au milieu du cimetière, l'Eglise du XVIème siècle, classée le 20 mars 1922, est bâtie en granit dans le style gothique. Des fenestrages du XVème siècle y ont été réemployés. Sur la façade méridionale, le porche principal est surmonté d'une secrétairerie où se réunissait jadis le conseil de fabrique. Parmi les gargouilles qui ornent cette façade on remarque particulièrement le singe à droite du porche. Sous le porche, la clé de voûte est frappée aux armes de la famille de Coatrédrez : « d’or à un lion de gueules ». Au dessus de la porte principale est une Piéta polychrome. A droite du porche, contre le transept, a été bâtie en 1702 la sacristie (date gravée sur une pierre d’angle). Au dessus de la fenêtre on peut lire le nom du Recteur de Trédrez, Jan Mevel, qui fit les travaux.

Entre le porche et le clocher se trouve un reliquaire d’attache à quatre arcades en accolades.

Sur la façade occidentale, le clocher-mur, typique de la région de Lannion, a été bâtie en 1703 (par le recteur Jean Mevel) comme en témoignent les petits clochetons Renaissance. Le clocher est flanqué d’une tourelle permettant d’y accéder.

L'Eglise en forme de tau, possède deux nefs à cinq travées à arcades en arc brisé soutenues par des piliers octogonaux armoriés. Le plafond lambrissé rappelle la forme d'une coque de navire. Entraits et sablières sont sculptés de figures humaines, d'animaux fantastiques et de motifs végétaux. Au fond de la nef les Fonts Baptismaux en granit datent du XIVème siècle. Ils sont entourés d’une balustrade hexagonale en bois peint. Les colonnes torsadées ont dû supporter un dais, aujourd’hui disparu. Sur le côté droit de la nef, près d’un autel de pierre, la statue de bois du Christ surmonté d’un dais remonte au XVIème siècle, il surmontait jadis un jubé aujourd’hui disparu. Dans la nef et le chœur, des maquettes offertes par les paroissiens rappellent la vocation maritime de Locquémeau. A la croisée du transept les sablières s’achèvent par des blochets sculptés. Ils représentent des personnages en costumes du XVIème siècle.

Les vitraux (1995) sont une création de Gérard Lardeur, maître verrier à Paris. Leur couleur bleue et le rythme des vagues, prés des fonts baptismaux, rappelle l'eau du baptême. Dans le transept, ils transmettent simplement la lumière aux autels colorés, tandis que le symbole de la sphère illustre la vocation de l'Humanité. Au sud, près du Christ la trame des filets rappelle que Locquémeau est un village de pêcheurs.

Les travaux de restauration exécutés au XXIème siècle ont permis de mettre à jour trois niches et un sacraire (lequel servait au XVIème siècle à déposer les calices), ainsi que des fresques et des armoiries des seigneurs de Coatrédrez.

Les trois autels datent du XVIIIème siècle ; ornés à profusion de décors floraux colorés, de colonnes, d'angelots, ils se rattachent au style baroque. 

L’autel principal : à sa gauche la statue en prêtre de Saint Quémeau auquel est dédié l'église. A droite la statue de Saint Yves qui fur recteur de Trédrez de 1284 à 1292. Le maître-autel, qui date du XVIIIème siècle, a été restauré en 2001 par Christian Karoutzos d'Issoire.

L’autel de droite : il est dédié à la Vierge dont la statue est au centre avec l'Enfant Jésus. De part et d’autre Sainte Anne et Saint Joachin (ou Joachim). A droite dans l’angle on remarque la petite statue de Saint Fiacre, un saint populaire en Bretagne, protecteur des travaux des champs. De chaque côté de l’autel sur deux panneaux sculptés et peints seraient représentés des seigneurs qui protégèrent l'Eglise et qui commandèrent sans doute cet autel. Face à l’autel il faut noter la magnifique sablière sculptée de pampres de vigne. Le retable, qui date du XVIIème siècle, a été restauré par l'atelier Le Berre de Sizin. Le statuaire a été restauré en 2005 par l'atelier Le Goel de Bieuzy-les-Eaux.

L’autel de gauche : autrefois dédié à Saint Yves. Cet autel, qui date du XVIIème siècle, est surmonté d’une grande toile représentant la Cène ; à gauche, de l'autel se trouve une petite statue de Saint Kirio qui eut jadis sa chapelle près de la plage qui porte son nom. La sablière au dessus de cet autel représente une scène de chasse ; à gauche le chasseur avec sa trompe, au centre le lièvre poursuivi par trois chiens. Plus à gauche, entre la poutre et le pignon une scène exceptionnelle orne la petite sablière : une sirène se peigne en se regardant dans un miroir. La statue de Saint-Quémeau (de l'autel principal) ainsi que l'autel latéral nord ont été restaurés par Le Goël de Bieuzy-les-Eaux en 2004, et la toile de la Cène a été restaurée en 2004 par l'atelier Erguillère (ou Arguillière) de Paris.

L’EGLISE Notre-Dame de Trédrez (autrefois église Saint-Laurent - 1500 et 1699) fut élevée vers 1500. L'église actuelle est bâtie sur les fondations d'une autre, plus ancienne, dans laquelle avait officié saint Yves. De style gothique flamboyant, elle offre les deux caractéristiques architecturales inventées par Philippe Beaumanoir : le clocher-mur et l'abside à noues multiples. La charpente est l'oeuvre de Jean Jouhaff. Le bras sud du transept est restauré en 1699, et un collatéral couvert de voûtes en staff est ajouté du même côté au milieu du XIXème siècle. La flèche, abattue en 1881, est refaite à l'identique. A l’intérieur, riche mobilier : baptistère (XVIème siècle), Christ en croix (XIIIème siècle), bannière de procession (XVIIème siècle), groupe Sainte Anne, la Vierge et l'Enfant (XVème siècle), sablières et blochets sculptés, etc…. L’ossuaire (gothique flamboyant du XVIème siècle), le mur et plusieurs croix complètent l’enclos paroissial de Trédrez. Les statues du porche en bois polychrome, représente les 12 apôtres entourant un Christ en majesté, elles datent de la fin du XVIIIème siècle. Le retable de Notre-Dame « Fleur de Jessé », représente le couronnement de la Vierge Marie par les anges du ciel (en bois polychrome datant du XVIème siècle). Le seigneur de Coatrédrez est patron et fondateur de l'église de Trédrez où il possédait jadis toutes les prééminences, tant du fait de la seigneurie de Coatrédrez que celle du Rest acquise en 1508.

Paroisse ancienne de l'évêché de Tréguier, puis de Ploumilliau, elle fut fermée à la révolution. Réouverte au culte en 1816, elle est alors une trêve de Saint-Michel-en-Grève et redevient paroisse en 1826. La paroisse et l’église sont placées sous le vocable de Notre-Dame. L’ancienne église était placée sous le vocable de Saint Laurent, dont on peut admirer une très belle statue en bois polychrome. L’église a été classée monument historique le 19 janvier 1911. L'ossuaire (début XVIème siècle) et le mur du cimetière de l'église Notre-Dame, inscrits le 6 mars 1925. La croix de chemin situé non loin a été inscrite le 22 décembre 1927. 

La chapelle de Coatrédrez (fin du XVIIème siècle). Il s'agit d'une chapelle privée ;

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LES CALVAIRES, FONTAINES de TREDREZ-LOCQUEMEAU

La campagne de Trédrez-Locquémeau est parsemée de petits monuments de caractère. Plusieurs calvaires méritent l’attention : celui de Kroas an Herry, près de Coatrédrez, celui de Kerbiriou, celui de Kroas ar Bodeg, au bourg de Trédrez (XVIIIème siècle). La croix de Kerhan.

Parmi les fontaines, ont peut citer celles de la Vierge, de Saint-Yves et de Saint Laurent au bourg de Trédrez, de Saint Kirio, près de la page de Kirio, celle de Saint Kémo, près de la ferme de Kerbabu. Mais il y aussi d’autres fontaines plus modestes telles que : Keravilin, Kerbrigent, Kervogan, Guerewen…

Les moulins à eau de Kerbuzic et de Coat-Trédrez.

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ANTIQUITES DRUIDIQUES de TREDREZ-LOCQUEMEAU

La commune de Trédrez-Locquémeau renferme trois menhirs de 4 à 5 mètres de haut : Toull al lann, Lann Saliou et Lianver et un cairn (monument classé) qui surplombe Roskoualc'h (classé le 7 juillet 1982). L’un des menhirs est à droite et près de la grande route qui conduit de Lannion à Saint-Michel-en-Grève ; l’autre, plus près du bourg, non loin du chemin vicinal qui conduit à Lannion. 

On y voit aussi deux fortifications carrées appelées Ty-Goech (époque gallo-romaine) : l'une est Ty-Goech-Coz, l'autre est Ty-Goech-du-Dourven.

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ANCIENNE NOBLESSE de TREDREZ-LOCQUEMEAU

Plusieurs hameaux ont conservé de belles demeures anciennes : Kerdépot (l'une de 1680, et l'autre de 1633), Kerbiriou (XVIIème siècle), Kerbuzic, Rosmeur, Kerbabu, Kerham, Kersalic, Kerouguel, Le Rest…

Trédrez avait pour maisons nobles : Kerbuzic, Coatrédrez et Lostanvern.

Les Lostanvern ou Lostanpern, sieurs dudit lieu, portaient : d’argent à la barre de sable, accostée de deux merlettes de même.

La seigneurie de Kerbuzic (en Locquémeau) exerçait sa juridiction au bourg de Saint-Michel-en-Grève. Elle est mentionnée en 1651, 1672 et 1762. Poulart Raoul, écuyer, seigneur du Rest et Trorozec épouse Marguerite de Kerbuzic, veuve de Jacques de Coatanscour (Arch. C. d'Armor E2829). En 1583, il demeure au manoir de Kerbuzic (paroisse de Locquémeau - Arch. C. d'Armor E2891). Charles de Boiséon, marquis de Coatnizan (époux de Anne Gabrielle Thomé) possède la seigneurie de Kerbuzic en 1708 et en 1717, qu'il a acquis de Paul de Coatanscours. En 1762, cette seigneurie est entre les mains de Jacques Yves Joseph Quemper, comte de Lanascol. 

La seigneurie de Coatrédrez possédait jadis un droit de haute justice qui s'exerçait à Saint-Michel-en-Grève où se trouvait également sa prison. Cette seigneurie est unie à celle de Saint-Michel en Grève, vers 1508. La famille de Coatrédrez a fourni un évêque au siège de Tréguier, en 1453. Son mérite et ses vertus le firent élever au cardinalat. Il résigna son siége à Jean de Coëtquis, et partit pour la capitale du monde chrétien, afin d’y seconder le souverain pontife dans les affaires de l’église. Il est mort dans son manoir de Coat-Trédrez, et il a été inhumé dans la cathédrale de Tréguier, du côté de l’évangile en 1468. La seigneurie de Coatrédrez est propriété de Guyomarch de Coatrédrez vers 1283. Cette seigneurie passe ensuite entre les mains de la famille du Parc (au XVIIIème siècle, suite au mariage de Françoise de Coatrédrez avec Louis du Parc de Locmaria), de la famille Goësbriand (suite à la donation de la terre à Louis Vincent de Goësbriand) et de la famille Le Pelletier (ou Le Peletier) en 1766. Construit au XVème siècle, le château de Coatrédrez est un des plus anciens châteaux des Côtes d’Armor. Il offre tous les caractères du château breton : corps principal en L, avec tour polygonale dans l’angle, puits, cour fermée avec double porte, charretière et piétonnière, pigeonnier, chapelle. Les armes de la famille de Coatrédrez (« d’or à un lion de gueules ») se voient sur les églises de Trédrez et de Locquémeau.

Quelques édifices à citer :

- le château de Coatrédrez ou Coat-Tredrez (XVème - XVIème siècle);

- la maison de Kerbiriou (XVIIème siècle);

- les colombiers de Kerhuic (XVI-XVIIIème siècle, remanié au XIXème siècle), de Coat-Trédrez (XV-XVIème siècle) et du Rest;

- le corps de garde du Dourven (XVIIème siècle);

- le site de briquetterie de Rossen-Rouz (âge de fer) à Locquémeau.

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Tréguier de 1481, on comptabilise la présence de 4 nobles de Trédrez-Locquémeau (alors qu'en 1426, on ne comptabilisait que 2 nobles) : 

Jehan COETTREDREZ (20 livres de revenu), porteur d'une brigandine, comparaît en archer.

Henri COETTREU de Kerthepault ou Kerdépot (80 livres de revenu), porteur d'une brigandine, comparaît en archer.

Yvon KERBUZIC (220 livres de revenu), porteur d'une brigandine, comparaît en archer.

Yvon COETTREDREZ du château de Coettredrez (400 livres de revenu), comparaît comme homme d'arme.

(inspiré de Côtes-du-Nord, histoire et géographie de toutes les communes du département - tome 4 paru en 1859 (B. Jollivet)).

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