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SAINT-SEBASTIEN-SUR-LOIRE

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La commune de Saint-Sébastien-sur-Loire (bzh.gif (80 octets) Sant-Sebastian-an-Enk) fait partie du canton de Nantes. Saint-Sébastien-sur-Loire dépend de l'arrondissement de Nantes, du département de Loire-Atlantique. 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de SAINT-SEBASTIEN-SUR-LOIRE

Le village d'Aigne prend le nom du patron de la paroisse et devient Saint-Sébastien-d'Aigne au XVème siècle. La commune de Saint-Sébastien-d'Aigne change de nom en 1919 et devient Saint-Sébastien-sur-Loire.

La paroisse de Saint-Sébastien appelée vers 1898 Saint-Sébastien-lèz-Nantes (et non : lès-Nantes comme on l'écrit souvent), est de fondation très ancienne. Les noms qui la désignent dans les documents des diverses époques l'attestent surabondamment. Ainsi, en 1196 on l'appelle Agniona, en 1283 nous trouvons Engniona, en 1287 Angnia ou Engnia (Archives départementales, Cartulaire de Redon, Pouillé diocésain). Plus tard a prévalu l'appellation : Saint-Sébastien-d'Aignes ou d'Aigues qu'on a voulu faire dériver de : de Aquis, des-eaux, mais qui probablement n'est qu'une altération des noms citée plus haut. L'architecte Nau, appelé à examiner l'ancienne église, constata au mur latéral nord, une partie de maçonnerie qu'il attribua au IXème siècle. Les témoignages écrits font défaut, pour établir historiquement la date précise de cette fondation. Nous nous rangeons volontiers au sentiment de M. Léon Maître, notre aimable et savant archiviste départemental, dont les études infatigables ont déjà projeté de vives lumières sur la question de nos origines. Voici ce qu'il écrit dans une étude fort intéressante sur Vertou avant le Christianisme. « Depuis les marais de Goulaine jusqu'au lac de Grand-Lieu, le fisc ne connaissait qu'une circonscription rurale, à l'embouchure de la Sèvre, celle de Vertou. Saint-Sébastien est un culte importé du temps des grandes pestes du XIVème siècle, dans un bourg plus ancien où il existait une église paroissiale dédiée à un saint inconnu et citée dans le Pouillé diocésain de 1283 » (Revue du Bas-Poitou, 8ème année, 1er livre). Ajoutons que dom Morice ne fait pas mention de Saint-Sébastien, depuis les origines jusqu'au XIIIème siècle ; que les archives de Saint-Jouin de Marne ont été entièrement détruites [Note : M. L. Maître n'en a trouvé que quelques lambeaux insignifiants]. 

C’est au bord de l’eau, où s’installeront ses premiers occupants entre 3 000 et 2 200 avant Jésus-Christ, que l'histoire de la ville de Saint-Sébastien-sur-Loire prend naissance. Le village d'Aigne (Saint-Sébastien-sur-Loire) est fondé entre la fin du XIIème et le début du XIIIème siècle. La paroisse de Saint-Sébastien d'Aigne, comme elle s’appelait alors, devint ensuite au XVème siècle un haut lieu de pèlerinage français, sous la protection de Saint Sébastien. 

Malgré quelques contradictions fort embrouillées et peu concluantes, il parait certain que Saint-Sébastien d'Aignes fut, jusqu'au Concordat, paroisse ; et Saint-Jacques, succursale de Saint-Sébastien. Tout ce qu'on trouve dans les anciens parchemins, prêtant à l'opinion contraire ; comme la coutume des offices curiaux à Saint-Jacques, la revendication de ses droits par les moines en 1696, le privilège de nommer les prévôts de la confrérie de Notre-Dame-de-Vie, prouvent seulement à notre avis : 1° Que les Bénédictins de Pirmil, cherchaient depuis longtemps, à se rendre indépendants de l'église Saint-Sébastien. 2° Que ce n'était peut-être pas sans raison. Les dépenses qu'ils supportaient pour tenir l'hôtellerie, les épuisaient ; l'agglomération de la population autour du monastère, rendait plus nécessaire leur indépendance, comme le fait supposer la présence des fonts baptismaux et des cimetières établis à leur usage. Toutefois, nous n'y verrions pas comme l'historien Travers une preuve de leur indépendance, mais une circonstance qui en atteste le besoin et peut-être la légitimité. 3° Mais qu'en droit, le prieuré demeurait succursale de Saint-Sébastien, avec quelques privilèges, comme communauté religieuse, et quelques concessions de fait, comme succursale.

En 1684 (Voir Archives départementales, Registre des visites pastorales), le recteur de Saint-Sébastien possède encore incontestablement la juridiction sur tout le territoire de Saint-Jacques et de Vertais. On le voit porter la communion pascale, en Vertais, jusqu'à la Révolution. La bulle du Pape, qui institue au Prieuré de Pirmil les Bénédictins de Saint-Maur (1690) et les décharge de tous les offices extérieurs, semble donc plutôt reconnaître que précédemment, ils n'y avaient vaqué que par tolérance. Jusqu'à la Révolution, la paroisse de Saint-Sébastien se divisait en deux cantons : celui de Pirmil, jusqu'au Douet ; et celui des Champs, comprenant le reste de sa circonscription. Depuis le Concordat, on distingue, dans sa nouvelle délimitation : les Bas-Champs, du bourg à Saint-Jacques et à la Loire ; 2° le bourg ; 3° les Hauts-Champs, du bourg à Vertou et à Basse-Goulaine. Nous donnons du reste, en détail, les limites de la paroisse de Saint-Sébastien, pour chacune des phases de son existence, après avoir dit un mot sur sa physionomie générale (abbé A. R - 1898).

La majorité des habitants de Saint-Sébastien-sur-Loire manifeste des réticences vis à vis de la Révolution dès 1791 et rejoigne la rébellion vendéenne en 1793.

Note 1 : Jusqu'en 1789, Vertais et les Biesses faisaient partie de la paroisse de Saint-Sébastien (Saint-Sébastien-sur-Loire). Le quartier de Vertais comprenait jadis Petite-Biesse et Grande-Biesse. Il s'agit d'une ancienne seigneurie ayant appartenu en 1380 à Hervé de Volvire, en 1483 à Pierre Landais, et sous Henri IV à François Poullain de La Vincendière. Le couvent des Récollets, s'étendait sur le terrain de l'ancienne raffinerie Cézar. A noter qu'en 1653, un service funèbre fut célébré dans la chapelle des Récollets, pour Hercule de Rohan, duc de Montbazon. C'est à Grande-Biesse qu'était située l'aumônerie de Toussaint due aux Ducs de Bretagne. La chapelle avait son cimetière : vingt six inscriptions tombales seront relevées après la Révolution (celles de Claude-Bernard de La Turmelière, de Julien Simon et de Nicolas Hamelin, tous prêtres, ainsi que celles de Pierre Viaud, de Françoise Savin, de la veuve Bazile, de Gabrielle de Goulaine, ....). Les chapelles citées par l'abbé Radigeois sont : la chapelle Notre-Dame de Bonne-Garde, la chapelle de La Civelière, la chapelle de La Haute-Roberdière aux de Beauchamp, la chapelle des Harengs aux Chancerel, la chapelle du Moulin-Neuf, la chapelle de La Savanière, ... En 1788, plusieurs familles de Saint-Sébastien-sur-Loire paient plus de 100 livres d'impôt : les Lyrot de La Patouillère et Lyrot de La Civelière, Forget de Lisle, Mérot de La Gibraie, de Lisle de La Nicolière, Monti de La Jaunaie.

Note 2 : Quel serait donc le Patron primitif de la paroisse d'Aignes ? Peut-être saint Martin de Vertou. Voici notre supposition, insuffisamment appuyée peut-être, mais en tout cas discutable. Saint Martin de Vertou était diacre, quand il reçut de saint Félix, évêque de Nantes, la mission d'évangéliser tout le pays compris entre Goulaine et le lac de Grand-Lieu (Histoire ecclésiastiques, Bréviaire nantais). La petite bourgade d'Aignes aurait-elle conservé le souvenir de ce bienfait, et pris pour patron saint Martin ? Nos pères en agissaient souvent ainsi. De plus, quand ils adoptaient un nouveau patron, ils n'expulsaient pas pour cela le premier ; mais, celui-ci devenait le second titulaire. Or, nous avons gardé le souvenir de deux statues en bois doré, qui, dans notre enfance, étaient placées de chaque côté du maître-autel, dans la vieille église. L'une représentait un guerrier romain, saint Sébastien ; l'autre un diacre. Toutes les deux portaient dans leurs mains un reliquaire de forme ovale, rempli de reliques. L'état désespéré de dégradation, dans lequel elles étaient tombées, les fit juger indignes d'une restauration ; et, quand le maître-autel fut transporté dans la nouvelle église, ces statues disparurent. Mais, quel était ce diacre, mis à une place d'honneur, au même rang que saint Sébastien ? N'y aurait-il pas là un souvenir traditionnel de l'apostolat de saint Martin et de son ancien patronage sur l'église d'Aignes ? C'est une simple question que nous posons. Il est donc impossible, quant à présent, du moins, de donner, avec certitude, les origines de la paroisse d'Aignes. Nos longues recherches, sur son histoire, ne nous permettent pas davantage d'établir une suite désirable, dans les faits qui la concernent, jusqu'à l'époque où les manuscrits se succèdent plus nombreux et plus explicites. Longtemps nous avons hésité à publier cette monographie, à cause des lacunes dont nous venons de parler. Mais, parce qu'il manque beaucoup de renseignements, fallait-il laisser dans l'oubli ceux qui existent ? C'est ce que n'ont pas pensé plusieurs érudits dont nous avons suivi les encourageants conseils. Nous nous bornerons donc à collationner sous quelques rubriques générales les notes que nous avons pu recueillir dans les registres paroissiaux, les archives de l'évêché, les procès-verbaux de la mairie de Nantes, les archives départementales, où se trouvent les plus précieuses indications. Nous n'avons pas cru devoir laisser entièrement de côté l'historien Travers, dont beaucoup médisent, pas toujours à tort. Il est vrai, mais dont la compilation n'en est pas moins d'une grande richesse. Plus d'un y a puisé sans s'en flatter. Nous serons plus franc, et, pour les faits proprement dit, nous les citerons sans respect humain [Note : L'historien Travers ayant écrit jusqu'en 1750, il y a des faits cités par lui et non retrouvés dans les manuscrits qui ont pu disparaître en partie pendant les troubles révolutionnaires]. Sanctuaires du diocèse sous le vocable de saint Sébastien. On nous saura gré, avant d'entrer de plain-pied dans notre sujet, de rappeler ici les divers sanctuaires du diocèse de Nantes, qui sont sous le vocable de saint Sébastien (Voir Etat du diocèse de Nantes en 1790, par l'abbé Grégoire) : 1° BELLIGNE, chapelle rurale de la Péraudière bâtie en 1659, dédiée aux saints Sébastien, René, Géneviève. 2° A CHATEAUBRIANT, la Chapelle-au-Duc, dédiée à saint Sébastien et fondée par François II, duc de Bretagne en 1684. 3° AU GRAND-AVERNE, une chapelle rurale dédiée à saint Sébastien, où se dit une messe dominicale. 4° A DONGES, la chapelle rurale de Saint-Michel, où l'on honore aussi saint Sébastien. 5° A GUENROUET, la chapelle rurale de Saint-Sébastien du Bollet, rebâtie au XIXème siècle. 6° A PIRIAC, la chapelle rurale de Saint-Sébastien, sur la côte. 7° A SAINT-NAZAIRE, la chapelle priorale de Saint-Sébastien (abbé A. R. - 1898).

Note 3 : Topographie. Entre l'embouchure de la Sèvre nantaise et les marais de Basse-Goulaine est situé un vaste plateau de 20 à 80 mètres d'altitude. Ce plateau bien ensoleillé n'est légèrement creusé que par deux petits ruisseaux. L'un appelé le Douet qui donne son nom à un gros village de huit cents âmes, naît en Vertou, et va se perdre dans la grande Loire, sous une humble voûte bâtie par l'administration civile, près de la cale, au bas de la Grénerais. L'autre, plus minuscule encore, comme semblerait vouloir l'indiquer son nom, la Douettée qui donne aussi son nom à un petit village, n'a pas de source bien saisissable, suit la infime direction parallèle, à environ deux kilomètres de distance et va former, dans la propriété du Genétais, un réservoir, d'où il s'échappe sournoisement, dans le cours d'eau qui amène à la Loire les eaux des marais de Basse-Goulaine (Propriété patrimoniale des Mérot du Barré). Nous ne parlons pas du ruisseau de la Patouillère qui forme la limite extrême de la paroisse. Limites anciennes de Saint-Sébastien. Les limites anciennes de la paroisse de Saint-Sébastien sont en grande partie des limites naturelles. Les voici exactement : 1° Au nord, la Loire, bras de la Madeleine. Les îles-prairies sises entre ce bras et celui de Pirmil, ont été adjugées à Saint-Sébastien, à une époque où elles étaient presque complètement désertes. 2° A l'ouest : la Sèvre Nantaise jusqu'aux quatre chemins. La traverse de croix, de la Sèvre à la route de Clisson, séparait Saint-Sébastien de Vertou ; puis la route de Clisson. 3° Au midi ; cette traverse susmentionnée non loin de l'usine Tertrais, puis, plus loin, à gauche la paroisse de Basse-Goulaine. 4° A l'est : la paroisse de Basse-Goulaine, limitée par le ruisseau de la Patouillère qui coule près du château des Grésilières [Note : Le château des Grésilières appartenait au ministre Billault. Il y reçut l'empereur, de passage à Nantes, à l'occasion des inondations de la Loire. Cet ancien ministre y mourut, en villégiature, de mort subite]. Limites actuelles. A l'époque du Concordat, la chapelle du Prieuré de Pirmil, devenant le centre de la nouvelle paroisse de Saint-Jacques, les limites de la paroisse de Saint-Sébastien durent être modifiées. Du bras de Loire de la Madeleine, à celui de Pirmil, le territoire échut à la paroisse de Saint-Jacques. An nord, le bras de Loire de Pirmil englobant l'île Héron, l'île Pinette et l'île Forget, devint la limite de Saint-Sébastien, jusqu'au chemin de la fonderie sur la côte. En montant ce chemin jusqu'au carrefour qui se trouve entre la Haute et la Basse-Robertière, on a à gauche, Saint-Sébastien et à droite, Saint-Jacques. De ce carrefour en revenant vers Nantes jusqu'au trivium de la Haute-Martellière, on laisse encore à droite Saint-Jacques, et, à gauche Saint-Sébastien. De ce trivium, en passant sur le petit pont du Douet, à la Basse-Martellière jusqu'au trivium suivant : même disposition des deux paroisses. A partir de ce dernier trivium, les limites se poursuivent vers le sud, serrant Saint-Sébastien à gauche, Saint-Jacques à droite jusqu'au carrefour où le Douet laisse son humiliant fossé de route, sous un ponceau-viaduc qui s'est fait longtemps désirer, et va courir dans un gracieux vallon jusqu'à son embouchure. Là, les limites se redressent vers l'ouest par le chemin qui conduit à la route de Clisson, ayant encore Saint-Jacques à droite et Saint-Sébastien à gauche. Ici, la route de Clisson sépare la paroisse de Saint-Sébastien de celle de Vertou à droite, du nord au sud, jusqu'à la rencontre de Basse-Goulaine où reviennent les limites anciennes. Population de Saint-Sébastien. La population de Saint-Sébastien est, pensons-nous, d'origine poitevine. Le Poitou, pendant de longs siècles eut pour limites naturelles au nord le fleuve de la Loire. Sans doute, il y eut des concessions faites aux Bretons, sur le territoire poitevin, au IXème siècle Mais certaines agglomérations homogènes conservèrent leur caractère originel et original. Telle fut, croyons-nous, la paroisse de Saint-Sébastien qui dut précéder les invasions bretonnes. Cette population a bien la ténacité du Poitou, son amour du sol natal et de ses coutumes, son esprit peu liant avec les étrangers, son opiniâtreté au travail. Sans doute, ces qualités se rencontrent chez les Bretons ; mais est-ce une raison pour faire traverser la Loire aux ancêtres des paroissiens d'Aignes à une époque où les communications d'une rive à l'autre étaient si difficiles ? Pour tout concilier au point de vue du caractère, disons fièrement qu'à l'envi des Venètes, le pays des Mauges, eut la gloire de gêner considérablement la marche du conquérant des Gaules qui, dans un moment de dépit, les appelle : mala gens (mauvaise race) d'où, leur nom, disent les étymologistes. Quoi qu'il en soit, la population de Saint-Sébastien est, avant tout, laborieuse. Les travaux des champs en occupent un grand nombre. La culture maraîchère y est à l'ordre du jour, à cause de l'écoulement facile et régulier dont elle est assurée, sur le marché de Nantes. Aussi, chaque matin, voit-on, bien avant l'aube, les robustes maraîchers porter à la grande ville, souvent sur leur tête solide, la cueillette du verger ou du jardin potager. Quelques vignes bien soignées et d'une bonne qualité estompent çà et là le territoire. Aux Ouches, les vignes Caillé sont les plus remarquables. Sur le bord de la Loire est établi un clan de pécheurs. Ils entravent, sans cesse et avec succès, le fleuve, de leurs innombrables engins. Plus près de la ville, bon nombre vont travailler dans les ateliers et les usines de Nantes, afin de grossir les recettes de la maison. Les commerçants en porcs s'y sont multipliés depuis quelques années : c'est surtout au bourg et dans les hauts champs qu'ils sont plus nombreux. Ce peuple est intelligent pour les affaires, loyal dans les transactions, infatigable dans la poursuite du gain. Toujours fidèle à la foi de ses pères, il devient enthousiaste, dans les grandes circonstances, et ne recule pas devant les démonstrations et les sacrifices. Légèrement gouailleur (qu'on nous pardonne le mot), il ne manque pas de sel gaulois, et chez lui, les sobriquets, seigneuries, comme ils les appellent, sont prodigués, sans frais et sans garanties. Au fond, il est fier, indépendant, et veut être traité comme les gens de la ville. Petites misères qui s'expliquent par la fréquence des rapports avec Nantes et la conscience qu'ils ont de leurs bonnes qualités (abbé A. R. - 1898).

Note 4 : liste non exhaustive des maires de la commune de Saint-Sébastien-sur-Loire : Nicolas Viaud (secondé par Bertineau et Ollive), Herbert-Pradelan (ayant pour adjoints Debrenne), Touchy André (1825-1830), Fleurus Petitpierre (1830-1859), Pouré (1860-1865), Mérot du Barbé, Armand Duez, Charron François, Madame Verbe (1945-1947), Piveteau (1947-1953), Verbe, ....

Note 5 : liste non exhaustive des recteurs de la paroisse de Saint-Sébastien-sur-Loire : Jean-Baptiste Blanchet (1803-1829), François Legal (1829-1854), Verhoeven (1854-1864), François Picaud, Auguste Radigeois (1879-1885), Pierre Lesage, .... 

Note 6 : Instruction publique à Saint-Sébastien-sur-Loire. — Marie Van den Busche, par testament du 15 janvier 1751, légua le tiers de ses biens aux recteurs et aux paroissiens de Saint-Sébastien, à la charge d'entretenir une école gratuite de filles. L'acceptation est du 3 octobre 1763. Il fut convenu que les parents de la fondatrice seraient priés de désigner un trésorier et une maîtresse. Les fonds montant à 7.200 livres furent placés entre les mains des religieux de l'abbaye de Saint-Gildas, qui, le 3 février 1779, souscrivirent un constitut de 288 livres au nom de la « nouvelle école de charité » (Minutes du notaire Fresnel, 1779 - Etude de M. Guiton, à Nantes). Cet établissement n'était pas cependant très récent, car il est question ailleurs, dans les liquidations de créances des corporations, d'une autre rente de 24 livres 15 sous pour laquelle un titre nouveau fut passé le 29 décembre 1769, au profit de la même école, devant maître Rendu, notaire à Paris. Dans les délibérations du district, ces écoles sont nommées les petites écoles de charité du faubourg de Biesse, ce qui ferait croire qu'elles étaient sur le territoire de la ville de Nantes (Registre des arrêtés de 1791, vol. 1, f° 61 – Archives départementales, Q). On ne peut pas confondre celles-ci avec la maison que les Soeurs de la Sagesse fondèrent, rue Dosdane au faubourg de Pirmil, en 1773. Cette dernière est parfaitement distincte de la précédente (Inventaires de titres et de mobilier des communautés de femmes, 1792 – Archives départementales, Q). (L. Maître).

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PATRIMOINE de SAINT-SEBASTIEN-SUR-LOIRE

l'église Saint-Sébastien (1868-1876), édifiée à l'initiative du recteur Vervhoeven ou Verhoeven sur les plans des architectes Faucheur et Boismain. La reconstruction est décidée sous le Second Empire, moyennant 110.000 francs. A signaler que parmi les souscriptions recueillies en 1866, on trouve 10.000 francs (don de Donatien Angebault), 5.000 francs de Edouard Mérot du Barré, 5.000 francs de Mlle. Audat, et 3.000 francs de Mme Caillé. Cette église, de style néo-gothique à trois nefs, remplace une ancienne église qui elle-même avait remplacé un sanctuaire primitif et qui avait été endommagée par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Une nouvelle église, dédiée à saint Jean, est édifiée dans les années 1960. A noter que le transfert du cimetière eut lieu en 1850 ;  

Nota 1 : L'ancienne église de Saint-Sébastien était de style gothique (XVème siècle). Son chœur se terminait par un chevet plat, specimen caractéristique d'un grand effet ; on y remarquait autrefois de magnifiques vitraux. Le clocher qui fut rebâti ou remis à neuf, après l'incendie de 1726, n'avait rien d'artistique, mais le portique (XVIème siècle), sur lequel il s'élevait, était du meilleur goût. Il a subsisté jusqu'à la construction de la nouvelle église. On y voyait une pieta en pierre blanche, qui, à l'instigation de M. le curé, fut proposée au musée archéologique de Nantes, par la fabrique de l'église de Saint-Sébastien, à la condition expresse qu'on spécifiât la provenance du don. Elle y figure encore aujourd'hui, mais on a oublié de remplir la condition. Une statue de sainte Anne (XVIème siècle) eut, sous ce double rapport, la même destinée que la précédente. La nef de l'église était un grand vaisseau, avec tirants de chêne, pour supporter la toiture. Un lambris fait de simples planches formait la voûte. M. le curé Legal, vers le milieu de ce siècle, eut la pensée de l'orner de peintures à l'huile, sur fond bleu. La beauté de l'édifice y gagna quelque peu, mais la commodité y perdit beaucoup ; car, tous les dimanches pendant les offices, l'humidité s'y condensait et une pluie peu agréable tombait sur les fidèles assemblés. Autour de l'église régnait le cimetière paroissial. Aujourd'hui, il est à quelques centaines de mètres du bourg dans un terrain mouillé qui ne permet guère aux corps de disparaître entièrement, dans le délai accordé par la loi. Les morts sont moins bien traités qu'autrefois ; trop souvent, on profane leurs ossements, à peine consumés, pour faire place aux nouveaux arrivants ; et ils n'ont plus les prières de leurs parents et de leurs amie, au sortir de l'église. L'hygiène, disent les savants, a considérablement gagné, à cet éloignement des morts ( !). Nous n'en sommes pas convaincu (abbé A. R. - 1898).

Nota 2 : On sentait le besoin de remplacer, par une nouvelle construction, l'église ancienne devenue insuffisante pour la population. M. le curé Verhoeven, de douce et pieuse mémoire, y songea sérieusement et efficacement. Sur son initiative M. Faucheur, à qui l'on doit plusieurs églises d'une belle architecture religieuse, fut chargé d'en tracer le plan. Ce plan ne put être exécuté par Monsieur Verhoeven qui disait en souriant : « Je fais comme le roi David, je réunis les fonds ; après moi, viendra un Salomon qui édifiera ». Le Salomon parut. Ce fut M. l'abbé Picaud dont le souvenir vit encore à Saint-Sébastien. Il confia à M. Boismain le soin de réviser et de modifier le plan de M. Faucheur. C'est dire que la nouvelle église allait être un petit chef-d'oeuvre. Elle l'est en effet. Ceux de nos collègues archéologues qui ne l'ont point encore visitée, peuvent y faire une excursion fort intéressante au point de vue de l'art. C'est un monument de style gothique à trois nefs sous une seule toiture, avec un spacieux transept terminé par de gracieuses rosaces. Les colonnes de la grande nef forment une perspective harmonieuse qui aboutit à un choeur ample et de belle venue. Le clocher, d'une hardiesse simple et correcte, fait le plus grand honneur à l'artiste qui l'a dessiné. Aujourd'hui un carillon sonore anime la tour et porte au loin l'écho des joies et des tristesses de la vie chrétienne. A quand un maître-autel digne du reste de l'édifice ? Le corps du vénéré M. Picaud repose au bas du choeur, sous les dalles du sanctuaire, avec le titre de fondateur de la nouvelle église. On ne saurait trop louer le généreux entrain avec lequel les paroissiens secondèrent le stèle de l'infatigable et heureux curé-bâtisseur. Non seulement les habitants de la paroisse, mais encore ceux de la ville qui, chaque année y passent la belle saison, contribuèrent sans se lasser, à l'achèvement de cette église. Qu'ils soient contents et fiers de leur œuvre ! Ils ont bien mérité de Dieu et des hommes ! (abbé A. R. - 1898).

Nota 3 : Suite chronologique des faits concernant l'histoire générale de la Paroisse de Saint-Sébastien d'Aignes (aujourd'hui Saint-Sébastien-sur-Loire). Nous donnons ici quelques dates relevées un peu partout, qui ne trouveraient pas place sous l'un des titres de cette notice historique, en les faisant suivre de sobres explications selon le besoin. — 1499, 28 mars : L'église de Saint-Sébastien après avoir été réparée par Thomas James, évêque de Dol, fut consacrée par lui. Est-ce à cette époque qu'il faut rattacher la construction de la belle fenêtre du choeur ? C'est ce que nous ne pouvons établir. — Au XVIème siècle le curé de Saint-Sébastien nommait et présentait le diacre de l'église cathédrale (Registre paroissial). Nous ne savons comment il avait acquis ce droit, ni comment il l'a perdu. C'était peut-être une prérogative du doyenné rural de Clisson, dont on voit les recteurs de Saint-Sébastien, en possession, jusqu'au Concordat. — 1538, 8 juillet : On mentionne la visite épiscopale faite par les grands vicaires Olivier Richard, docteur en droit et Pierre d'Acigné, chanoine et trésorier de l'église de Nantes (Registre paroissial). — 1622, 14 mai : Relation d'un pèlerinage accompli au mont Saint-Michel, par plusieurs paroissiens de Saint-Sébastien, et indiquant leurs étapes (Registre paroissial). — 1655, 9 décembre : Translation de reliques : « Je, Jacques Ticier, recteur de Saint-Sébastien, ay été processionnellement, dans l'église du Prieuré de Sainte-Radegonde, paroisse du Loroux, par permission de Mgr l'Evêque de Nantes, quérir les reliques de Saint Sébastien, du consentement de Madame l'Abbesse de Saint-Sulpice et de Madame Grihouville, Prieure dudit Prieuré, inclinante à notre prière et requête » (Registre paroissial). — 1662, mars : Ordonnance épiscopale qui enjoint de garder désormais la fête de saint Joseph, comme un jour de chômage et de solennité (Registre paroissial). On le voit, Léon XIII, en élevant, de nos jours, là fête de Saint-Joseph, au degré de 1ère classe, n'a fait que lui restituer un honneur qu'avait fait disparaître le fâcheux mais nécessaire Concordat... Remarquons que, pour ne pas susciter de difficulté, le Pape n'a pas rétabli l'obligation des offices pour ce jour ; c'est ainsi que l'impiété a rayé bien des jours de fêtes : quiescere faciamus omnes dies festos Dei a terra (Registre paroissial) : « forçons la terre à passer sous silence les jours consacrés à Dieu ». C'est sa devise. — 1662, 30 juin : Sépulture de l'abbé Antoine Hennequin, prêtre du diocèse de Paris, chanoine de Troyes, doyen de Mortagne, curé de Saint-Germain-des-Noyers, fils de Louis Hennequin et d'Antoinette de Mauroy, lequel fut inhumé dans le choeur de l'église, après avoir reçu le Saint Viatique dans la paroisse de Saint-Nicolas de Nantes, et l'extême-onction dans celle de Saint-Sébastien, Texier étant recteur (Registre paroissial). — 1684 : Visite pastorale dont la relation fort précise et très circonstanciée se trouve au registre des procès-verbaux des visites pastorales (Registre des procès-verbaux, dép. G. 52). Nous en résumons une partie, et nous en citons textuellement quelques lignes, afin de donner une idée de la minutieuse exactitude qui présidait à ces visites, et aussi, de la forme des procès-verbaux officiels de cette époque. Le jeudi 4 mars 1684, Antoine Binet Grand Archidiacre de Nantes se rendit à Saint-Sébastien pour y faire sa visite. Il dîna à la cure et fut reçu à l'église par Messire Jean Bourdais, doyen rural du climat (canton) de Clisson. L'archidiacre trouva dans le tabernacle une custode pour porter le Saint Viatique aux malades ; elle n'était point dorée à l'intérieur. On lui présenta quatre calices avec leurs patènes : le plus grand était doré en dedans. M. Binet s'étant informé s'il y avait des reliques dans l'église, on lui présenta un reliquaire d'argent fait en forme de bras traversé de plusieurs flèches. Sur ce reliquaire à l'extrémité, étaient inscrits ces mots : « des deniers de la paroisse de Saint-Sébastien en 1655 ». Au milieu de ce bras se trouvait un verre qui laissait apercevoir des ossements. L'archidiacre demanda si ces reliques étaient autorisées, et de quel saint elles étaient. Il lui fut répondu qu'on n'avait demandé aucune autorisation pour elles, mais qu'elles avaient été apportées processionnellement, et en grande solennité du prieuré de Sainte-Radegonde du Loroux, que la prieure assurait qu'elles étaient sûrement des reliques de Saint Sébastien, et que depuis ce temps, on les avait toujours honorées comme telles, dans la paroisse. La visite des fonts baptismaux fit découvrir que les boîtes aux saintes-huiles n'étaient pas en bon état. Le grand archidiacre ordonne de s'en procurer d'autres .... Abrégeons et citons textuellement : « Visitant l'église et les autels avons veue (sic) qu'elle était consacrée et les autels aussy ; que les deux qui sont à côté du grand n'ont point de dais dessus et que la dédicace s'en fait le 24 mars jour et fête de saint Eustache ; qu'elle est presque toute carrelée, et la place haulte, et ... (illisible), et avons été informé que l'audience (sic) de la juridiction des Sesmaisons se tient dans le chapitreau de la ditte église, qui est dans le cimmetière (sic). Visitant la sacristie, avons veu (sic) 4 calices (2 etc. cité ci-dessus), avons pareillement veu qu'il n'y avait point de tableau dans l'église, où sont exprimées les fondations d'icelle » (Procès verbaux des visites pastorales - Archives départementales, G.52). — 1726 : L'église est reconstruite en partie après un violent incendie (Etat du diocèse de Nantes en 1790, abbé Grégoire). L'ouvrier chargé de placer le coq sur le nouveau clocher en poivrière, arrivé à la croix, cria à son patron resté au bas de la tour : « où est le trou pour y mettre le coq ? » « Ah ! s'écria le patron, mon homme est perdu ! » et à l'instant même l'ouvrier cédant au vertige s'abattit sur la place de l'église (Récit d'un vieillard de la paroisse). — 1740, 11 juin : Pendant une mission qui dura un mois, on se rendit processionnellement pour bénir deux croix ; l'une à Pirmil qui fut appelée la croix de Bon-Port, l'autre sur la grève, via-à-vis la rue de la Croix-Blanche, elle fut appelée la Croix de Victoire (Registre paroissiale). Le 13juin, on bénit une troisième croix au Portereau-des-Landes. qui fut appelée la croix de la paix (Registre paroissiale). La croix de Bon-Port a disparu, mais les deux autres subsistent encore. La plantation de la croix de Bon-Port, prouve qu'en 1740, la juridiction du curé de Saint-Sébastien sur Pirmil, existait encore de plein droit. — Nous citons entièrement et textuellement un inventaire sommaire du Recteur Biard qui expose la situation de la paroisse de Saint-Sébastien en 1790, au double point de vue de la juridiction et des ressources de la cure, le tout assaisonné d'une saveur naïve qui a son charme. « Je soussigné déclare ne posséder aucun héritage ni domaine autre que la maison presbytérale avec son jardin circuit de murs, contenant le tout, par fonds, environ douze boisselées de terre, mesure nantaise, et que pour cette raison de ma cure, j'ai droit de prendre et de percevoir les dixmes dans me paroisse, à raison de treize : qui est divisée en deux cantons qu'on appelle le canton de Pirmil qui s'étend jusqu'au Douet. Le recteur n'y prend aucune dixme. Dans celui des champs, le recteur partage la dixme des grains avec le prieur de Pirmil, dont il afferme la moitié aux bénédictins, à raison de 400 livres et y jouit seul des dixmes de vin et de lin, dans le canton des champs. La dixme de lin était affermée autrefois il y a quelques années, 40 écus, et ne vaut pas actuellement davantage. Celle de vin se monte à 7 à 8 barriques, estimé la barrique 12 livres sauf les frais pour le faire recueillir et les décimes qui se montent à 45 livres environ, étant obligé d'ailleurs de payer et nourrir un vicaire pour servir une partie de la paroisse, en l'église paroissiale, et un autre à Pirmil en l'église Saint-Jacques, pour administrer les sacrements aux habitants du faubourg des rues de Vertais, de Dos-d'âne et autres lieux adjacents, où il ne perçoit ni messes ni dixmes, abandonnant tous les émoluments de ce canton audit vicaire de Pirmil, et au surplus obligé d'avoir deux domestiques, savoir : un garçon jardinier et une domestique, et un cheval pour les sacrements. (sic). Laquelle déclaration, le recteur de Saint-Sébastien a affirmée véritable. Fait et arrêté à Saint-Sébastien, le 24 janvier 1790. Signé : Biard, doyen, recteur ». Au bas de la déclaration est écrit : publié et affiché à Saint-Sébastien, le 24 janvier 1790. Signé : Gergaud, vicaire. Le bon recteur Biard survécut peu à cette déclaration, nous lisons au registre paroissial des sépultures : « Le 10 mai 1790 : sépulture de Louis-Auguste-César Biard, doyen recteur de la paroisse, âgé de 57 ans, natif d'Amiens ». Les spoliateurs des biens de l'église prenaient leurs précautions et dressaient leurs batteries. Quatre ans après, le vol était consommé par la vente du presbytère et de son jardin. On lit sur la liste des acquéreurs des biens nationaux (Archives départementales) : « Le 18 fructidor an IV, vente de la cure, maison presbytérale à ...... pour la somme de 10.342 fr. ».

Nota 4 : Le pèlerinage à Saint-Sébastien-lèz-Nantes est fort ancien. On ne peut préciser la date de son origine ; mais, il paraît probable qu'il commença à l'occasion de la peste qui sévit à la fin du XIVème siècle. « Dès l'an 680 saint Sébastien sauva Rome de la peste ; c'est à cet événement, dit Baillet, qu'il faut rapporter la grande confiance que les peuples ont toujours eue depuis, à l'intercession de Saint Sébastien, contre la peste » (Paul Diacre : Histoire des Lombards). Le pèlerinage à Saint-Sébastien-lèz-Nantes était si renommé en France, que, Rabelais (Contes de Rabelais, 1495-1653) n'a pu s'empêcher d'en faire mémoire, dans ses contes plus drôles qu'édifiants. C'était contre le fléau de la peste qu'on allait implorer la protection du soldat martyr. On entendait alors par peste toute épidémie devenue meurtrière. Aujourd'hui cette dénomination peste a fait place à des appellations savantes et diverses, mais au fond, il y a toujours pestis : A peste, fame et bello, libera nos, Domine !. Seigneur, délivrez-nous de la peste, de la famine et de la guerre ! (Litanies des Rogations). Laissons maintenant la parole aux chroniqueurs, en citant les documents épars que nous avons pu trouver sur cette antique dévotion. Pèlerinages de la ville de Nantes. — 1500 : La peste qui désola la ville de Nantes, porta les habitants à faire un vœu à Saint-Sébastien. On ordonna une procession, à laquelle on porta une bougie de 200 brasses qui faisait le tour de la ville par la longueur et pesait 24 livres 1/4 ; on l'appelait à cause de cela la ceinture de ville. La communauté de la ville (c'était ainsi qu'on nommait le conseil municipal d'alors) s'obligea, par vœu, à aller tous les ans, le 20 janvier, jour de la fête du saint, à l'église de Saint-Sébastien d'Aignes où elle recevrait la sainte Eucharistie (Archives de la ville). Cette dévotion se fit pendant cent cinquante ans. Toutes les paroisses de la ville et de la campagne avaient la plus grande dévotion à Saint Sébastien. Elles y allaient processionnellement ; elles y portaient des cierges. La paroisse de Saint-Nicolas en donnait un de 80 livres. Il servait toute l'année : et, l'on prenait ce qui restait de l'ancien. Cette cérémonie était brillante. Un nombreux clergé y assistait. En 1537 et 1538 on mentionne le nombre de 24 et 28 prêtres. Le Chapitre de la Cathédrale y assistait, accompagné du Clergé séculier et des Religieux de la ville. Le cierge était placé sur une gabare à laquelle il servait de mât. — 1514 : Les comptes de la paroisse de Saint-Nicolas contiennent cette note : « item, deux cierges pour Saint-Sébastien avec un plateau d'estain, et un petit tableau attaché à un desdits cierges, auquel est en peinture, (sic) l'image de saint Sébastien ». — De 1517 à 1520 : La grande Maîtrise de France étant venue à Nantes, se rendit faire son pèlerinage à Saint-Sébastien. Le miseur de la ville Jehan Richerot marque deux poinçons de vin pour son usage, et 24 livres 4 sous, pour les hommes qui allèrent le chercher en chaland, à la paroisse de Saint-Sébastien. — En 1563 la paroisse de Saint-Nicolas ne fut pas une des moins affligées de la maladie contagieuse. Elle eut recours à Dieu, par l'intercession de Saint Sébastien, sans négliger les autres remèdes. Elle fit une procession à Saint-Sébastien, trois lundis de suite. Elle y envoya un cierge de 8 livres et, en bougies, le tour de l'église (Travers, II, 392). Aujourd'hui des savants prétendent que l'homme seul, sans le secours d'en haut, et confiant aux lumières de la science, peut se garantir des épidémies. Nos pères pensaient également qu'il ne doit pas négliger les moyens naturels, providentiels eux aussi pour se protéger contre les fléaux ; mais, de plus, (et, en cela, ils avaient une science plus parfaite que nos savants), ils croyaient que Dieu restait le maître de la vie des hommes, et que, de sa volonté, dépend l'efficacité des remèdes que sa bonté a toujours placés à côté des maux ; c'est ce qu'Ambroise Paré exprimait admirablement quand il disait : « je l'ai pansé... Dieu l'a guéri ». — 1596 : Le 25 janvier, la Loire déborda tellement que les eaux montaient à 23 pieds. La procession ne put aller à Saint-Sébastien et s'arrêta à Saint-Jacques. Le 20 août suivant, on fait une seconde procession à Saint-Sébastien, parce que la contagion continuait ses ravages. — 1601 : La saint Marc arrive le mercredi de Pâques, jour où l'on faisait la procession à l'église de Saint-Sébastien. A cause de cette occurrence la procession et le jeûne de saint Marc furent transférés au lundi de la Quasimodo (Registre du chapitre de la cathédrale). Il est à constater, d'après ce fait, que la procession de la ville, ayant à sa tête le Chapitre de la Cathédrale et tout le Clergé, était pour nos Pères, une obligation religieuse d'une extrême importance, que rien ne permettait de supprimer même temporairement. — 1612 : Quand la ville fit bâtir la chapelle du Sanitat, elle n'oublia point d'y mettre, à côté de le statue de saint Roch, celle de Saint Sébastien (D'après Travers, III, 175). — 1636, 15 septembre : Le registre de la ville porte un voeu de cent écus fait par la ville (en la personne des officiers municipaux) à Saint Sébastien pour réédifier l'autel de Saint-Sébastien, en reconnaissance de la cessation du fléau ; mais l'emploi des fonds n'eut lieu qu'en 1643 (D'après Travers, III, 294). Il est à croire que cette somme ne servit qu'à une restauration et que la reconstruction ne fut entreprise qu'en 1726. — 1652 : Une note dit que le corps de la ville allait à jeun à Saint-Sébastien, depuis quelques années : il y eut, paraît-il, une interruption de quelques années dans les pèlerinages, depuis l'an 1500. — 1653, 20 janvier : Pèlerinage, le 20 janvier jour de la fête « pour obtenir la continuation de la sainte grâce qu'il plût à la divine bonté de préserver la dite ville et les faubourgs, de maladie contagieuse, ainsi qu'il l'a fait, depuis le dit voeu » (1500). — 1659 le 20 janvier : Nantes fit présent à Saint-Sébastien d'un ornement de satin vert, doublé de taffetas incarnadin, garni de galons et de dentelles d'or et d'argent (D'après Travers, III, 368). Le tout coûte 828 livres, consistant en une chasuble, deux dalmatiques, étoles, manipules, voile, bourse et pale. — 1721, le 28 janvier : A la procession traditionnelle, « la symphonie de la ville était composée de violons, basses et hautbois, et jouant des airs composés pour cette cérémonie, à la diligence de M. le Maire, par le sieur Picot, organiste de la Cathédrale. A l'évangile, M. le Maire, en qualité de Chevalier de Saint Lazare, a tiré l'épée et l'a tenue nue à la main, pendant l'évangile ...... Au sortir de l'église, les officiers municipaux firent des aumônes dans la cour du presbytère, et furent déjeuner à la maison de Mlle Hubert ; après quoi, ils s'en revinrent avec allégresse en Notre-Seigneur. On dîna à l'Hôtel-de-Ville » (Archives départementales, F. J. Verger, n° 3, Cérémonial de Nantes). — 1726, 15 avril : Nantes arrêta de procéder à l'adjudication de l'ouvrage, pour la réparation de l'autel de Saint Sébastien, dans l'église paroissiale de ce nom ; autel, qu'elle s'était obligée de réparer par le voeu solennel de 1636 et qui avait été approuvé par le règlement du conseil du Roi, l'an 1681. En conséquence, la première pierre pour cette restauration fut posée an nom de la ville de Nantes, par M. de Beaulieu-Beloteau, sous-maire, le 17 mai 1726 et l'on mit dans les fondations, plusieurs jetons de bronze aux armes de Nantes et de M. Mellier, maire de Nantes. Voici du reste l'inscription gravée sur la première pierre de l'autel, au-dessous des armes de la ville et du maire : « L'an 1726, au mois de mai, la première pierre de cet autel dédié à Saint Sébastien, a été posée, de la part de MM. Mellier maire, de Beaulieu-Beloteau, Boutin, Lory, Souchay, Pontdari et Bretineau, magistrat, échevins, et de la Blanche-Cottineau, procureur syndic de la ville et communauté de Nantes, qui fait rétablir cet autel de ses deniers » (Travers, III, 374). Nous avons vu parmi des débris antiques de l'église une pierre où on lisait cette inscription latine : Deo cognito ... « Au Dieu connu ». Cette allusion chrétienne à l'inscription payenne qui inspira à saint Paul, son beau discours à l'Aréopage Deo ignoto, ... « au Dieu inconnu », serait-elle un vestige trouvé dans l'ancien autel que remplaça celui dont nous venons de raconter l'inauguration ? — 1761-1762 : Délibération de la communauté (conseil municipal) concernant les frais d'un voyage de dévotion des membres de la communauté de ville pour l'accomplissement d'un voeu à faire à Saint-Sébastien. Il était d'usage que les marguilliers de Sainte-Croix de Nantes, assistassent à la procession de Saint-Sébastien. Ils en indiquent le jour à Messieurs les prêtres de choeur pour le publier le dimanche suivant. Les chevaliers du papegault figuraient aussi, chaque année. Pèlerinages des Paroisses du Diocèse : Ce n'était pas seulement la ville qui accomplissait des voyages à Saint-Sébastien d'Aignes : les paroisses du Diocèse, en grand nombre, s'y transportaient, à des époques fixées d'avance. Ou n'attend pas de nous, l'énumération monotone et fastidieuse par des répétitions inévitables, de toutes les paroisses qui y prirent part. Ce serait d'ailleurs, faire une digression étrangère à notre sujet, que de donner ici une monographie complète de ces pèlerinages. Nous en signalerons seulement quelques-uns qui serviront d'indication suffisante pour que le lecteur puisse entrevoir le reste. Vers 1580, la paroisse d'Avessac et de nombreuses paroisses du pays de la Mée font un pèlerinage à Saint-Sébastien d'Aignes, pour le remercier d'avoir arrêté la peste qui les désolait ! (Registre paroissiale d'Avessac). Il y a peu d'années (au milieu du XIXème siècle), la paroisse de Saint-Gildas-des-Bois accomplissait régulièrement son pèlerinage à Saint-Sébastien. Les vieillards parlent encore des trente bannières qu'ils voyaient défiler majestueusement, le long de la côte, aux beaux jours du pèlerinage. Un certain nombre de paroisses, avaient fait construire dans leur église un autel dédié à Saint-Sébastien. Pour montrer, combien dans les paroisses de la campagne, on tenait à cette manifestation séculaire, nous citons in extenso, une pièce remarquable, où respirent la foi de nos aïeux et leur fidélité aux bons usages d'autrefois. « L'année 1791, à la sacristie de Saffré (diocèse de Nantes), le conseil de Fabrique assemblé, Achille-Jehan-Marie Pineau, procureur de la commune, engage à tenir à l'usage de la procession à Saint-Sébastien. Voici en quels termes il s'exprime : Messieurs, je suis instruit que Messieurs nos prêtres ne se disposent pas, à l'ordinaire, à mener cette année la procession à Saint-Sébastien. Je n'entrerai point dans les motifs qui causent leur terreur, parce que je vous observerai seulement que le temps est des plus propices, que les travaux de la campagne sont presque en souffrance, en attendant le temps d'ensemencer les blés noirs ; que par conséquent il serait imprudent de différer cette procession, que les bons citoyens désirent, et qui est établie surtout pour garantir la paroisse des épidémies et autres fléaux publics, instant surtout, dans cette occurrence, de prier et faire des voeux pour détourner les calamités de sur cette commune. En conséquence, je requiers que Messieurs nos prêtres soient de nouveau priés de faire publier aux vêpres, qu'ils conduiront la procession, à son ordinaire, samedi prochain ; faute de quoi, le secrétaire-greffier publiera que les marguilliers se précautionneront d'un prêtre, pour lever la procession de Saint-Sébastien, à la chapelle de la Madelaine, samedi prochain, environ les 5 heures du matin ». La municipalité, délibérant sur la requête du Procureur de la commune et y faisant droit, a arrêté que le secrétaire-greffier priera Messieurs nos prêtres, de conduire, comme à l'ordinaire, samedi prochain, la procession à Saint-Sébastien, et que, sur leur refus d'en faire la publication aux vêpres de ce jour, il publiera lui-même, à l'issue des vêpres, que la procession se fera comme à l'ordinaire, samedi prochain, par un prêtre de Nantes, les marguilliers en préviendront, et que pour cet effet, il sera délivré aux marguilliers en charge, une expédition du présent arrêté sous les seings des soussignants qui ont signé sur le registre : Le RAY, maire ; Gilles-Mary URVOY ; J. LEBASTARD. PINEAU Procureur de la commune. Certifié que le présent extrait est conforme. Au registre, relevé : Martin Brousse secrétaire-greffier à Saffré. Pèlerinages des Paroisses étrangères au Diocèse : Le témoignage de Rabelais, dans son conte de Gargantua prouve que les étrangers fréquentaient en grand nombre le pèlerinage de Saint-Sébastien d'Aignes. Il en parle comme d'une chose connue de tous, ainsi qu'on parlerait aujourd'hui d'un train de plaisir organisé pour une exposition, ou pour une fête nationale. Nous n'entrerons donc sur ce point dans aucun détail, nous nous contenterons de citer une curieuse brochure, imprimée à Lyon, chez Louis Perrin en 1876. Est-ce un vieux manuscrit édité récemment, est-ce une réédition ? rien ne l'indique. Nous n'en produisons que le titre et les dernières lignes, attendu que tout le reste, (7 pages) ne traite que des miracles de l'ancien testament. Nous laissons aux connaisseurs le soin d'en déterminer l'époque. Ils le pourront sans doute, à l'aide de la citation. Voici le titre : (orthographe respectée) : « Comment les habitants de la Rochelle et de Saint-Jean-d'Angely, sont tourmentez et meurdris de serpens ; et autres bestes venimeuses et pour en estre guaris se sont vouez à Monsieur Saint Sébastien, près de Nantes en Bretaigne ». Voici dans les dernières lignes, l'unique allusion au récit qu'annonce le titre : « Que donc, les habitants de la Rochelle et de Saint-Jean-d'Angely recognoissent leur faulte .... (nous abrégeons)... comme à la vérité, on dit que plusieurs d'entre eux, ont faict, lesquels ont eu recours à lui et à sa miséricorde se vouants et recommandants aux prières et intercessions de Monsieur Saint Sébastien en Bretaigne, tellement qu'ils y vont en si grand nombre, qu'ils n'est pas possible de l'estimer ».

Nota 5 : Une confrérie, en l'honneur de Saint Sébastien fut établie très anciennement ; elle a subsisté jusqu'à la fin du XIXème siècle. Mode de recrutement — Usages : On nomme chaque année deux prévôts, sur les indications de Monsieur le Curé, après une entente, entre Monsieur le Curé et le prévôt-chef qui reste en charge, autant qu'il le veut. Ce sont ces trois hommes, le prévôt-chef et ses deux prévôts adjoints, choisis, dans les meilleures familles de la paroisse, qui, avec un dévouement digne d'éloges, s'occupent du recrutement des nouveaux membres de la Confrérie et de la conservation des anciens. Voici comment ils procèdent. Plusieurs mois à l'avance, ils se réunissent entre eux et, délibèrent, discutent à fond tout ce qui concerne la fabrication, au plus bas prix possible et dans les meilleures conditions d'assaisonnement culinaire, de succulents gâteaux appelés fouaces, que l'on bénit solennellement en l'église de Saint-Sébastien, au jour de sa fête le 20 janvier. Le prévot-chef et les deux prévots de l'année, ordinairement jeunes et alertes, déposent ces gâteaux dans un grand panier d'osier, véhicule traditionnel de l'oeuvre. Ne redoutant aucune fatigue, ils les portent et les distribuent partout où ils peuvent, dans la paroisse et même dans la ville de Nantes. Le prévôt-chef exhibe un registre où chaque acquéreur du gâteau inscrit son nom, avec la somme qu'il destine à l'église. Toutes ces petites sommes réunies forment un modeste revenu qui facilite à la Fabrique l'acquittement de ses dettes, toujours grandes, car les ressources diminuent et les charges augmentent : damnum emergens, lucrum cessans ; mais devenues très-lourdes par la construction de la nouvelle église. En 1683, est consigné (Archives départementales, Procès-verbaux des visites pastorales) l'usage qui est encore suivi, de prier pour les associés de la Confrérie. A cette époque « les ressources consistent en 10 sous que chaque confrère paie pour y entrer et en 10 autres sous qu'on paie pour chaque confrère mort, et 2 sous par an ». Assemblée générale des Prévôts et Marguilliers : Ordinairement, c'est parmi les prévôts de la Confrérie, qu'on choisit les marguilliers de la paroisse. Ces deux corps respectables des marguilliers et des prévôts se trouvent donc alliés par là-même, et une cordiale fraternité en unit tous les membres. Chaque année un service solennel est célébré dans l'église paroissiale pour tous les marguilliers et prévôts décédés depuis la fondation de l'oeuvre. Tous les survivants se font un devoir d'y assister en habits de fête, et leur tenue irréprochable témoigne de leur foi et de leur religion. A la suite de cette imposante cérémonie se donne un grand banquet champêtre, dans un lieu choisi par les marguilliers et prévôts en charge. Ce sont les femmes des marguilliers et prévôts qui s'occupent de tous les détails de ce dîner patriarchal. Tout s'y passe au mieux du monde avec un entrain et une gaîté de bon aloi ; c'est une assemblée joyeuse de quelques centaines d'hommes, heureux de se retrouver ensemble, et de causer de leur passé, de leurs affaires. La journée s'écoule en des entretiens agréables, en des jeux innocents pleins de saillies et de plaisanteries, qui révèlent la bonne entente et la bonne harmonie de tous les cœurs. Au soir, un nouveau repas termine la réunion, vrai champ de mai, où les intérêts spirituels de la Paroisse ne sont point oubliés. Puissent ces usages touchants durer toujours ! N'est-ce pas là, la société chrétienne, telle que Dieu la veut ? (A. R.).

Nota 6 : Les Chapellenies. On appelait ainsi des bénéfices affectés à l'acquittement des frais de certaines cérémonies du culte célébrées selon les Intentions du Fondateur. La chapellenie comprenait ordinairement plusieurs petites rentes prises, ça et là, sur des biens désignés dans la fondation, fonciers ou immeubles. Le légat était une petite rente de moindre importance, destinée à la même fin, et prélevée sur un seul bien, foncier ou immeuble. La paroisse de Saint-Sébastien possédait un certain nombre de chapellenies et légats. Nous en donnerons la liste, autant que possible, avec le nom du fondateur et la date de la fondation (Archives départementales). Chapellenie de la Guibertie, fondée par messire Macé Guibert, le 24 novembre 1543 ; chapellenie de Notre-Dame de Vie, par Anne Bonnin, de Vertais, en 1591 ; chapellenie de Jean Papin, 1er ou 12 février 1623 ; chapellenie de Laurence Blot, 1er avril 1628 ; chapellenie de la Civelière par Escuyer Sébastien Viau, le 30 mai 1629 ; chapellenie de Julienne Meneux, le 5 août 1630 ; chapellenie de Marie Nicollon, le 30 août 1631 ; chapellenie des Barais (cité dans l'aveu des Sesmaisons de Portechaises), en 1634 ; chapellenie de Dupui ou de la Beniguère (cité dans l'aveu des Sesmaisons de Portechaises), en 1634 ; chapellenie de Martin Langlois sieur du Clos-Rivière, le 26 novembre 1659 ; chapellenie de Jacques-Vincent recteur de Saint-Sébastien, le 12 février 1608 ou 1668 ; chapellenie de la Jaunais, par Pierre Lebarbier, le 22 février 1676 ; chapellenie de Pierre Tixier, recteur de Saint-Sébastien, vers la même époque ; chapellenie de Julien Minée, le 18 juin 1684 ; chapellenie de Courmeningo ou Rameningo de fondation ducale (cité dans l'aveu des Sesmaisons), en 1684 ; chapellenie de la Corgnétie, fondée probablement par un Corgniet ; chapellenie du Coin fondée par Guérin ; chapellenie du Verger fondée par le prêtre Jean Verger ; chapellenie de la Madeleine, (sans autre indication) ; chapellenie de Catherine Trochu, veuve de Sébastien Meneux, vers 1700 ; chapellenie de la Patouillère, fondée par Imbert ; chapellenie des Guillonneaux, vers 1700 ; chapellenie de la Confrérie de Notre-Dame de Vie, le 30 avril 1709 ; chapellenie du Pigeon blanc, légat par Madeleine Bureau femme Denis Blot, (probablement renouvelée) ; chapellenie de Thébaud, légat ; chapellenie de la Savarière, desservie ès la chapelle de la maison de la Civellière ; chapellenie du Pré fondée par .... de Carquefou ; chapellenie de Toussaint (A. R.).

la chapelle du moulin, dédiée à sainte Madeleine et bénie le 26 août 1747, puis le 9 avril 1764 après de nouveaux travaux. Propriété de Pierre Hauteville de Sarrebourse, puis de la famille Chancerelle ;

le calvaire (XVIIIème siècle), situé au n° 2 rue des Coucous ;  

Nota 7 : Nous croirions commettre un acte de négligence, en ne parlant pas des croix nombreuses qui s'élèvent sur le sol de Saint-Sébastien. Ce n'est pas au moment, où une stupide impiété les voudrait abattre, que nous garderons le silence à leur endroit. C'est notre drapeau à nous chrétiens, c'est à nous de le défendre et de l'honorer. La Croix du Bourg est un beau monolithe de granit, surmonté d'un croisillon soutenant, de chaque côté du christ, une statue de la sainte Vierge et de saint Jean l'évangéliste. Plantée au milieu du bourg, au sommet d'un escalier à pans coupés, elle produit un heureux effet et est digne du crayon d'un habile paysagiste. Elle doit remonter au XVIème siècle. C'est la reine des croix de la paroisse. Près de la cure, au haut du chemin dit de la Croix Blanche qui conduit à la Loire, est la Croix Blanche dont le nom a peut-être eu quelque signification oubliée. Elle est de granit, petite et accolée contre une maison particulière, qui sans doute lui a disputé la place, pour avoir le coin du chemin. A la Taponnière, petit village près du cimetière, est une vieille croix de granit. Au jour des Rogations, elle est gracieusement ornée et l'on y chante un cantique. Tout près, dans un emplacement choisi, s'élève un grand calvaire. C'est le 1er novembre 1882, qu'il fut inauguré très solennellement par les RR. PP. capucins de Nantes, appelés par M. le curé, pour y prêcher une mission des plus fructueuses qui dura trois semaines. Parlons maintenant des trois croix soeurs plantées dans la même semaine, en temps de missions (Juin 1740, Voir le Registre paroissiale) ; ce sont : la croix de la grève nommée la Croix de Victoire, elle domine les flots et les îles de la Loire ; la croix de Pirmil, maintenant disparue, appelée la Croix de Bon-Port ; la croix du Portereau-des-Landes, appelée la Croix de la Paix, elle existe toujours et est fort bien entretenue par ce village très chrétien. Avant de revenir vers la ville, signalons la croix, plantée dans la vigne de M. Caillé, entre la Savarière et la Grésilière. Elle est d'un grand aspect, soigneusement entourée d'un buisson de fusains, entretenue dans un état parfait de propreté, de décence, qui fait honneur au propriétaire bien connu d'ailleurs par ses bonnes oeuvres. Du pied de ce calvaire, on jouit d'un coup d'oeil enchanteur sur le panorama de la Loire. La Croix de la Métairie, au milieu d'un carrefour, est une croix de granit (XVIème siècle) aux belles proportions, élevée au centre d'un escalier de pierres. On la décore avec goût en plusieurs circonstances de l'année, on y chante de pieux cantiques, et souvent, les braves habitants de la Métairie y sont venus de leur propre initiative, demander et obtenir la pluie ou le beau temps. La Croix du Douet, domine tout le village. Elle est conservée et restaurée avec soin par ceux qu'elle abrite de sa protection. Quand le temps lui a prodigué les outrages, une bonne famille se met à la tête du mouvement ; une souscription est organisée et bientôt la croix redevient jeune et belle (A. R., 1898) ;

le manoir de La Savarière (XVIème siècle), situé au boulevard des Pas-Enchantés. On y trouvait au XVIIème siècle une chapelle privée. Propriété successive des familles Savary, Du Boisguéhéneuc, Viau et Louis de Monty en 1774 ;

la maison de La Malabry (XV-XVIème siècle), située boulevard des Pas-Enchantés. Il s'agit, semble-t-il, d'une ancienne maladrerie. Elle possède une vieille tour ;

le manoir de la Grande-Jaunaie ou Grande-Jaunais (1656), situé rue de La Jaunaie ;

le manoir de La Tullaye (vers le XVIIIème siècle), situé boulevard des Pas-Enchantés. Pierre Jacques Etienne Cambronne (1770-1842), natif de Saint-Sébastien-sur-Loire, a vécu dans cette maison. Fils de Pierre-Charles Cambronne (négociant) et de dame Françoise Druon son épouse. Blessé à Waterloo et emmené à Londres, Pierre-Jacques est soigné et sauvé par madame Sword, née Marie Osburn. Rentré en France, Cambronne reprend du service et Louis XVIII l'envoie comme maréchal de camp à Lille, puis lui accorde la croix de Saint-Louis. A noter que la famille de Cambronne est originaire du Nord de la France, et vient s'établir à Nantes vers 1750 exerçant le négoce des tissus ;

le manoir de La Gibraye ou Gibraie ou Gibrais (XVIIIème siècle), situé boulevard des Pas-Enchantés et œuvre de l'architecte Ceineray. Le domaine appartient à André de La Tullaye en 1588, puis à Jean Imbert en 1688, Hervé de Lyrot en 1774. Ce manoir est édifié pour Jean Baptiste Mérot (conseiller au Parlement de Bretagne). Propriété de la famille Mérot en 1738. Ce manoir possédait jadis une chapelle privée ;

le manoir de la Baugerie (XVIIIème siècle), situé boulevard des Pas-Enchantés. Ce manoir devient la propriété de Jacques Etienne Cambronne après son mariage en 1820 avec Marie Osburn. Jacques Etienne Cambronne s'éteint à Nantes,  3 rue Jean-Jacques Rousseau, le 29 janvier 1842 (inhumé dans la partie ancienne du cimetière de Miséricorde). Madame Cambronne meurt en 1854 (inhumée au cimetière de Miséricorde, dans la partie réservée aux protestants) ;

le cimetière du Clos-sur-L'eau (XVIIIème siècle). Il comporte 17 sépultures en demi-cercle dont celle de Ferdinand Favre (ancien maire et sénateur de Nantes) et Fleurus Petitpierre (maire de Saint-Sébastien-sur-Loire au milieu du XIXème siècle et pendant 28 ans) ;

l'obélisque (XVIIème siècle), situé rue de La Lourveau et rue des Orchèves. Il s'agit d'une construction édifiée par Jean Imbert, seigneur de La Patouillère ;

8 moulins dont six à Portechaise et deux à La Bitonetterie dont un moulin à vent du XVIII-XIXème siècle ;

A signaler aussi :

l'ancienne chapelle Notre-Dame de Bonne-Garde. « Notre-Dame de Bonne-Garde sise proche de la susdite église succursale (Saint Jacques) en le grand chemin, près la carrière du bourg de Pirmil... Il a été déclaré qu'elle a été bâtie en l'an 1657, (sin) par les soins de soeur Marie appelée de Bonne-Garde, et des Coquin ses parents, des charités et et aumônes de diverses personnes et entr'autres de feu seigneur maréchal de Meilleraye et du consentement du sieur Bazin, lors prieur de Pirmil ». (Archives départementales, Procès verbaux des visites pastorales, G. 52). Le procès-verbal constate qu'elle est en bon état, que le grand autel est très propre et bien paré. Au-dessus de l'autel est une petite statue en argent de Notre-Dame, et, devant, deux lampes d'argent. Un second autel était adossé au mur, à droite, en entrant. Il était dédié à la Sainte Trinité, et centre de la confrérie du même nom. Les ornements montrés par la soeur Marie sont en bon état. Deux beaux calices servent au Saint-Sacrifice : un grand et un petit ciboire, un beau soleil et un encensoir avec sa navette ont été remis par la soeur Marie, entre les mains de Madame Gravely. Ils ne servaient plus depuis l'ordonnance épiscopale qui interdisait d'exposer le Saint-Sacrement dans les chapelles particulières, et la crainte qu'ils fussent volés, les avait fait déposer en lieu sûr. L'évêque prie la soeur Marie de continuer de s'occuper de la chapelle. Comme tous les biens d'église, la chapelle de Bonne-Garde fut vendue au profit du trésor (révolutionnaire) le 23 fructidor, an IV, pour la somme de 916 livres. Monsieur l'abbé Durand, curé de Saint-Jacques, dont la pieuse mémoire n'est pas éteinte, entreprit de la rebâtir. Ce fut l'architecte Bourgerel qui en fit le plan. La façade n'en est point banale, le clocheton est élégant et gracieux. Mais comment n'a-t-on pas encore trouvé le moyen de motiver par de jolies statues les culs-de-lampe et baldaquins de pierre qui ornent la porte ? L'entretien de la chapelle est toujours confié à des dames pieuses, et les fleurs naturelles ou artificielles l'embaument et la décorent en toutes saisons. Nous voudrions les citer toutes ces dévouées servantes de Marie, et ce serait justice, mais si leurs noms sont ignorés de l'histoire, ils sont écrits en lettres d'or sur le livre de vie (A. R., 1898) ;

l'ancienne chapelle du père Montfort. Quand le Père Montfort établit vers 1714, à Saint-Jacques, une communauté de ses soeurs, pour y tenir une école et une pharmacie gratuite, il fit bâtir à leur usage, une chapelle que l'on peut voir dans les dépendances de M. Simonneau, rue Dos-d'Ane. Cet ancien industriel intelligent et chrétien se fait un plaisir de la montrer aux visiteurs. Les soeurs grises demeurèrent dans leur chapelle jusqu'en 1793, 28 mars. Le 9 juin 1791, elles refusèrent de faire le serment qu'on leur demandait. Le 15 actobre 1792, des agents du district de Nantes font l'inventaire du mobilier de l'établissement. En janvier 1793, 50 hommes armés viennent faire la fouille chez elles. Enfin le 28 mars 1793 on les expulsa indignement. « On requit des ânes, on y plaça les saintes dlles., (je ne dirai pas dans quel costume) en les contraignant de tenir en mains, la queue de l'animal ; et, au milieu des huées d'une populace effrénée, on les força de parcourir toute la rue Dos-d'Ane et la rue Saint-Jacques, jusqu'à la place » (Déposition orale d'un témoin). Voici les noms des soeurs de Pirmil au moment de leur expulsion. Marguerite Esther Pérault (de Brest), en religion, sœur Esther, supérieure locale, âgée de 38 ans. Marie Guihéneuf, en religion soeur Saint Fidèle, 33 ans. Louise-Joséphine Bruyon, en religion, soeur Saint Florent, 21 ans. Françoise-Adélaide Bazin, en religion sœur Saint Adrien, 23 ans. Mathurine-Nicolas Marchand, en religion... (?) 23 ans. Après la Révolution, les soeurs s'établirent dans un nouveau local, situé dans le chemin de Vertou, aujourd'hui, rue Frère-Louis. Mais le terrain sur lequel elles avaient construit, était un ancien cimetière ; de là, des chicanes administratives. A la mort de la religieuse titulaire en 1894, les lois combinées : des droits de l'Etat sur les anciens cimetières, de la laïcisation, de l'enseignement, de la persécution légale et obligatoire, les contraignirent d'évacuer leur nouvelle demeure et de se transporter vis-à-vis, de l'autre côté de la rue, dans en enclos, réservé prudemment par curé Nouël, pour parer à certaines éventualités d'ordre administratif qu'il prévoyait (A. R., 1898) ; 

l'ancienne chapelle de Toussaint. Nous  n'en dirons ici que peu de chose, priant le lecteur de se rapporter à l'article sur l'aumônerie de Toussaint. Nous ferons observer seulement, que d'après le relevé des inscriptions tombales, il devait y avoir deus autels secondaires : un dédié à saint Yves, et l'autre à saint Claude, puis le grand autel dédié à Notre-Dame de Toussaint ;

l'ancienne chapelle des Récollets. Nous n'avons rien de précis sur la chapelle des Récollets. Les archives du couvent ont disparu dans la tourmente révolutionnaire, et les religieux récollets, interrogés par nous, n'ont pu que nous exprimer le regret de n'avoir rien trouvé qui la concernât ;

l'ancienne chapelle de la Haute-Robertiere. Elle est située dans la partie de la propriété appelée la Haute-Robertière, par opposition à la seconde partie de cette ancienne propriété, située de l'autre côté de la route, et qui descend à la Loire. Elle date du commencement du XIXème siècle, c'est dire qu'elle est d'un style peu caractérisé. Elle sert à la troisième station de la procession des Rogations. Ce jour-là, les gracieux propriétaires, la famille de Beauchamp, proches parents de monsieur Dupont, le saint homme de Tours, font les honneurs de leur maison, avec une courtoisie pleine d'amitié qui prend sa source dans un grand esprit de foi. Mentionnons ici, pour ne pas l'omettre la gentilhommière de la Basse-Robertière ;

l'ancienne chapelle de la propriété des Harengs. Elle fut bâtie par monsieur Chancerelle, nom bien porté, que certains étymologistes, disait-il lui-même, en plaisantant, écrivent : Chanceréelle. Cet excellent chrétien, souche d'une famille des plus honorables de Nantes, avait apporté de Douarnenez, et conservé dans sa maison, la foi vive et agissante de la Bretagne. Aussi, crut-il acquitter un devoir de reconnaissance. quand il vit que Dieu bénissait ses entreprises commerciales, en élevant à la gloire de Marie ce sanctuaire domestique. M. le chanoine Lepré, supérieur de la Psallette, fut envoyé, par Monseigneur Jaquemet, à la propriété des Harengs pour y étudier sur place la situation et le plan de la nouvelle chapelle. M. Chancerelle avait lui-même sollicité cette intervention, et se félicita de voir ses intentions si bien accueillies et si bien réalisées. Là se fait la station de la procession de saint Marc ;

l'ancienne chapelle de la Jaunais. Cette chapelle est un peu éloignée de la maison d'habitation. Elle est très ancienne et fut témoin de plusieurs alliances illustres. C'est à quelque distance de cette chapelle dans la direction du bourg que fut signé le traité de paix qui mit fin à la guerre de Vendée. En 1898, la famille Carreau [Note : M. Carreau avait pris pour marque de sa maison : la carte du roi de carreau. Ce sont les armes parlantes du négociant. Son gendre Amieux prit pour devise : toujours à mieux] dépositaire de ces souvenirs religieux et patriotiques, entretient avec soin la chapelle, et chaque année, au deuxième jour des Rogations, assiste fidèlement à la cérémonie de la station ;

l'ancienne chapelle de la Gibrais. Elle est, en 1898, comme toute la propriété dans un état peu satisfaisant d'entretien et de propreté. C'est dommage, car ses belles proportions mériteraient une restauration. On y fait une station à la procession de l'Assomption de la Sainte Vierge ;

l'ancienne chapelle du Moulin-Neuf. Elle est située dans la propriété du Moulin-Neuf, entre le bourg et le village de la Grande Métairie. La propriété de l'honorable famille Lefeuvre, qui est contiguë, a dû autrefois être d'un seul tenant avec le Moulin-Neuf. Une belle avenue de grands arbres semble l'indiquer. La chapelle sert de lieu de sépulture à la famille de la Vergne. Des plaques commémoratives en recouvrent les murailles. L'intérieur a été complètement restauré vers 1885 ;

l'ancienne chapelle de la Savarière. La chapelle des Ouches de la Savarière, bâtie par madame veuve Dallère ; sous l'invocation de Saint Charles Borromée, fut bénite en présence de Mme. Dallère femme Cambronne (Voir Registre paroissiale), le 17 décembre 1781. Isolée de la maison d'habitation, abritée sous de grands arbres, elle est construite sur un terrain bas qui court à la Loire, non loin de la nouvelle route de Saint-Sébastien à la levée de Saint-Julien. C'est là que le premier jour des Rogations la procession s'arrête pour entendre la Sainte Messe ; 

l'ancienne Grotte du Douet. Le village du Douet possède un monument que nous ne pouvons oublier. C'est une élégante grotte qui a presque les proportions d'une petite chapelle. Elle fut érigée en 1856 par une famille pleine de foi et de piété. Depuis cette époque, chaque année le dimanche le plus proche du 8 septembre, fête de la Nativité de la Sainte Vierge, une procession solennelle sort de l'église paroissiale et se rend à ce sanctuaire, pour remercier la Sainte Vierge de la protection qu'elle daigna accorder au village du Douet, en arrêtant le fléau des morts subites qui avait jeté l'effroi, au sein de cette population. Vers 1898, la famille Lemoine garde avec une affection filiale ce monument dédié à Notre-Dame de Toutes-Graces ;

l'ancien manoir de la Patouillère. Propriété successive des familles de Kermainguy, Jean Imbert, Lyrot du Châtelier (à partir de 1700) ;
l'ancienne île de Beaulieu, siége d'une baronnie. Napoléon Ier l'érigea en baronnie au bénéfice de M. Marion, officier du génie ;
l'ancienne fonderie de La Closille, propriété de la famille Dacosta. La famille Dacosta (alliée aux Vaz de Mello, Mendez, Rodrigues, ..) vint à Nantes en 1604. En 1720, Jean Jacques d'Acosta est l'époux de demoiselle Even, descendant de par sa mère de la famille Cottineau de La Cassemichère. En 1765, René-Julien d'Acosta épouse Urbane Asselin. L'usine de La Closille est vendue en 1828 à la famille Blount. Le domaine de La Closille appartient ensuite successivement aux familles Dubochet, Chevalier-Labarthe et aux frères Saint-Gabriel ;
l'ancien manoir de la Civelière. Propriété successive des familles Viau, Le Loup, de Monti ;
l'ancien manoir nommé "Folie" du Clos-sur-l'Eau ou La Galopinière ou Singe Doré (XVIIIème siècle), aujourd'hui disparu et oeuvre de l'architecte Rousseau. Propriété successive des Bloyet de Clisson, Favre, Petitpierre et Terrien de La Haye ; 
l'ancien domaine de Portechèze ou Portechaise. Propriété des familles de Sesmaisons et de Trévelec ;

Ville de Saint-Sébastien-sur-Loire  Souvenirs de Saint-Sébastien-sur-Loire

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ANCIENNE NOBLESSE de SAINT-SEBASTIEN-SUR-LOIRE

Pirmil : Nous trouvons la seigneurie de Pirmil, entre les mains d'Herbert de Pirmil en 1170 (Inst. et Géographie de la Loire-Inférieure, par Orieux et Vincent, T. 1, page 384), et de Gautier de Pirmil en 1205 (Voir De Cornulier Pirmil). Les autres seigneurs de Pirmil nous sont inconnus jusqu'en 1400 ou 1409 où Jean de Blouan, premier prieur de Pirmil, commandataire, semble ressusciter à son profit le titre de seigneur. Est-ce précisément à cette époque que les Prieurs furent regardés comme les seigneurs de Pirmil ?

Portechaise : Ce nom ne parait pas d'une étymologie facile [Note : On a lancé sur ce point plusieurs hypothèses plus ou moins plausibles]. Dans une charte du roi Louis VII en 1141, nous lisons : portus carchedrarum ; était-ce une faute du copiste du Roi ? Plus tard, les manuscrits nous donnent portus cathedrarum, d'où la traduction française selon les époques : port-de-chaires, porte-cherres, porte-chaires, porte-chèze (Archives départementales). Quoi qu'il en soit, il n'y a guère apparence de port vers cet endroit, surtout s'il s'agit du haut village, ainsi nommé. Mais, il y avait les hautes et les basses portechaises ; or, ce dernier lieu était sans doute, ce que nous nommons aujourd'hui le Petit-Rocher. Y aurait-il eu là, un port ? Si l'on entend par port, un endroit où la disposition naturelle du rivage, a été aménagée pour recevoir aisément des bateaux, non ; car la côte rocheuse est demeurée intacte, du moins, cela semble ainsi. Mais, si l'on veut appeler port un point de la rive, où les bateaux, pour une raison qui nous reste inconnue, avaient l'habitude de stationner, sur, une faible profondeur d'eau, nous ne serions pas éloignés de croire qu'il y avait là un port. Quant aux chaises, nous n'avons jamais pu nous expliquer ce qu'elles viennent faire là. 

Juridiction des Sesmaisons à Portechaise : La famille des Sesmaisons est une des plus anciennes de Nantes. Elle garde comme une tradition de ses ancêtres, la persuasion qu'elle descend de la même souche que nos glorieux martyrs les Enfants-Nantais saint Donatien et Rogatien. C'est pour perpétuer ce souvenir qu'il y a toujours dans cette famille, un membre appelé Donatien. Leurs possessions dans Saint-Sébastien lèz-Nantes « est de tout temps immémoriale » est-il dit, dans les aveux de 1634 (Aveu des Sesmaisons, archives départementales, série B). Leur juridiction était, de toute probabilité, ce qu'on appelle une juridiction en l'air, c'est-à-dire qu'ils ne possédaient pas de maison seigneuriale, et rendaient la justice sous le chapitreau de l'église de Saint-Sébastien (Aveu des Sesmaisons, archives départementales, série B). Ils avaient droit de haute, moyenne et basse justice. Les criminels condamnés par leurs arrêts étaient exécutés près du Mortier-Ruelle, (aujourd'hui appelé Morteruelle) « et communs de Jouellin, ou antiennement estait le lieu patibulaire desdits Juiroux de Sesmaisons ès-Portechaises » (Aveu des Sesmaisons, archives départementales, série B). La juridiction de Portechaise embrassait la plus grande partie de la paroisse de Saint-Sébastien, y compris le bourg. Voici d'après l'intéressant ouvrage de M. de Cornulier (Voir Dictionnaire des terres seigneuriales du comté nantais, Cornulier), les différents titulaires de la juridiction de Portechaise : ? de Sesmaisons, en 1189 ; Jean de Sesmaisons, en 1471 ; Christophe de Sesmaisons, en 1541-1563 ; Bonaventure de la Muce, en 1577 ; Claude de Sesmaisons en 1664 ; Gabriel de Trevellec, en 1673 ; René de Sesmaisons, en 1680.

La Jaunais : La juridiction de cette maison s'étendait, en partie, sur la paroisse de Saint-Sébastien, en partie, sur celle de Basse-Goulaine. S'il y a existé une habitation seigneuriale, elle doit avoir été modeste, car celle qui s'y voit aujourd'hui, construite ou complètement modifiée, au commencement du XIXème siècle, fut revêtue d'une certaine apparence de grandeur, que pour honorer le fait historique qui eut lieu, aux environs de la chapelle. En voici la relation empruntée à l'historien des guerres de la Vendée (Voir Crétineau-Joly, la Vendée militaire, T. II, p. 296). « Au jour fixé pour l'ouverture de la conférence, Charette est à la Jaunais, avec son état-major, avec ses guides et sa cavalerie ; mais il ne rencontra au rendez-vous, que le conventionnel Menuau arrivant de Saumur. Les dix autres ont eu peur de se trouver à force égale, en face des royalistes ; ils n'ont pas osé quitter Nantes. Le général s'approche de Menuau dont la confiance le touche ; et après deux heures d'entretien : " maintenant, lui dit-il en souriant, partez pour Nantes, et prouvez à vos collègues que je ne vous ai pas mangé ". Menuau leur fit des reproches, et, le 15 février 1795, ils se décidèrent à se rendre à la Jaunais, avec une formidable escorte. C'était un singulier spectacle que celui offert par l'élite des deux armées. Le luxe des habits, des chevaux et des équipages brillait, sans contredit, du côté de la Révolution ; mais la Vendée, avec sa chétive cavalerie, avec ses hommes pauvrement vêtus, et leurs cocardes de papier blanc, en affichait un autre : celui de la victoire. Charette entre sous la tente, où déjà ont pris place les Réprésentants et les généraux républicains ; il portait son écharpe blanche, un panache de même couleur flottait sur sa tête. " Messieurs, dit-il, m'appeler-vous ici, pour la paix ou pour un armistice ? Je désire l'une, dans l'intérêt commun ; je ne conseillerai jamais à la Vendée d'accepter l'autre. Nous venons, dirent à la fois, le général Canclaux et le conventionnel Delaunay, réunir des Français, qui n'auraient jamais dû être divisés ". La conférence commença ... ». Les conventionnels acceptèrent les conditions imposées par Charette. Ce qu'il y a à remarquer, dans cet acte de pacification, c'est que la liberté de la religion et du culte extérieur en fut la base. Qu'on ne l'oublie pas, la Vendée avait toujours combattu surtout pour son Dieu et sa foi, le Roi et la politique ne venaient qu'après. Le 28 février suivant, Charette entrait triomphalement à Nantes ; c'était, aux yeux de tous, la consécration de la paix ... Erreur ! ... des clauses secrètes acceptées par les républicains à la Jaunais, et concernant le rétablissement de la Royauté, ne furent point observées ...... Les hostilités recommencèrent, et grâce aux manoeuvres des Anglais, qui avaient grand intérêt à ne point voir la France gouvernée par un roi, le sort des armes se tourna contre l'armée catholique. Le général Travot eut la triste gloire de capturer Charette, ce qu'il fit du reste avec beaucoup de courtoisie ; et, après une exhibition humiliante pour Charette et peu digne des vainqueurs du jour, le héros fut fusillé sur la place Viarmes, le 29 mars 1796 (Voir Crétineau-Joly, la Vendée militaire). Longtemps on put voir sur cette place, une porte de jardin en bois, vis-à-vis de laquelle le héros vendéen tomba. Quand la famille de Charette fut expropriée de ce terrain qu'elle avait acquis, comme un pieux souvenir, elle exigea de la ville de Nantes, comme condition de vente, qu'une marque extérieure quelconque fut placée, à l'endroit de l'exécution. L'édilité nantaise qui semble-t-il, tenait à faire disparaître tout vestige de ce fait historique, par la percée de la rue d'Auvours, tracée en biais, on ne voit pas pourquoi, on ne trouva rien de mieux, pour satisfaire à cette demande, qu'une plaque d'égout qui se voit en 1898, sur la lisière de la place Viarmes, dans l'axe de la rue d'Auvours. De la tombe d'Arthur, ils feraient une borne (Brizeux, Elégie de la Bretagne). Aussi, le représentant de la famille de Charette, indigné de tant de mépris, refusa-t-il d'accepter le montant de la somme reconnue comme prix de la vente. Par le fait, les conditions du contrat n'étant pas observées, la vente était nulle. La municipalité nantaise ne pourrait-elle pas, ne devrait-elle pas rayer des pages de son histoire, cette petite infamie, en réparant une injustice flagrante. Serait-il difficile, si l'esprit de parti ne peut concéder plus, d'inscrire sur cette banale et froide fonte, ces simples mots : « Ici tomba Charette le 29 mars 1796 ». La politique n'a rien à voir ici ; c'est de l'exécution d'un simple contrat de vente, qu'il s'agit (A. R., 1898). Claude de Monti de Rezé acquit la Jaunais, en 1714.

Beaulieu : L'île de Beaulieu ne s'attendait guère à devenir le siège d'une baronnie ; c'est pourtant ce qui lui arriva sous le premier empire. Napoléon Ier l'érigea en baronnie au bénéfice de M. Marion, officier du génie. Cette île justifie du reste son nom. Placée en amont du pont de Pirmil, sur la plus grande artère du fleuve, elle jouit d'un soleil sans ombre, est fécondée par les inondations périodiques de la Loire et produit de riches récoltes fourragères vers 1898. Elle est maintenant de la paroisse de la Madeleine.

La Gibrais. — Juridiction. Cette propriété, la plus belle de Saint-Sébastien est située sur la côte. En 1898, l'entrée est commandée par une grille en fer forgé d'un beau travail. Des pavillons décorent les deux extrémités des murailles, reliées par un berceau de verdure, dans le style de Lenôtre. Tout le parc et les jardins ont été dessinés par le même crayon du grand paysagiste français. La maison de maître est remarquable. C'est presque un château grandiosement assis au milieu de vertes pelouses ; Ceineray notre illustre compatriote en a été l'architecte. André de la Tullaye avocat-général aux Comptes, la possédait en 1588 : Jean Imbert en 1688 ; Hervé Lyrot, en 1774. En 1898, elle est aux mains de Mme Mérot du Barré, insigne bienfaitrice de la Paroisse. Elle en a la jouissance durant sa vie, et la propriété retournera aux Mérot du Barré. Cette famille Mérot possède déjà le Genetais, un peu au-delà du Bourg. Le neveu de Mme Mérot, mort en bon chrétien, à un âge fort avancé, fut maire de la commune pendant de longues années.

La Savarière, terre et juridiction : Le village qui lui doit son nom, s'étend sur la vallée de la Loire, aux confins de Basse-Goulaine dont les eaux lui servent de limite. Quand le fleuve déborde, le village est bientôt submergé. Une belle gentilhommière du XVIème y appartenait à la famille Fournier. En 1898, près du village s'élève une maison de grand aspect, bâtie à l'italienne ; de la terrasse, on embrasse toute la vue de la Loire. Elle appartient à M. Normand commissaire priseur. La Savarière fut à Jean Savary, en 1400 ; à Gilette Barbe, en 1445 ; à Gilles Le Bel, en 1460 ; à François Le Bel, en 1464 ; à Olivier de Corval, en 1541 ; à Olivier du Bois-Guéhenneuc, en 1560 ; à Pierre de Besné, sieur de la Haie-de-Besné, en 1579 ; à Louis du Boisguehenneuc, en 1592 ; à Pierre Richerot, en 1612 ; à Sébastien Viau, en 1639 ; à Viau en 1682 ; à Claude-Louis de Monti, en  1774 (Voir De Cornulier).

La Patoullière. — Terre et juridiction : Elle était comprise, entre le ruisseau qui sépare Saint-Sébastien de Basse-Goulaine, le chemin de Pirmil à Haute-Goulaine et le chemin du Porterau à la Savarière. La Patouillère a appartenu à François de Kermainguy, alloué de Nantes, en 1537 ; à Hervé François de Kermainguy, en 1543 ; à Jean Imbert, en 1688 ; à François Lyrot, sieur du Chastellier, conseiller au Présidial de Nantes, en 1708 ; à Kervé Lyrot, en 1774 (Voir De Cornulier).

Le Chesne-Cottereau. — Terre et juridiction : Cette juridiction s'étendait sur le territoire de Vertou, mais elle avait de telles affinités avec Saint-Sébastien qu'on ne peut la passer sous silence. Le village de la Louée, un peu au-delà du Lion d'or, en était le siège. Elle est très ancienne, et compte des noms de familles propriétaires en Saint-Sébastien, comme on va le voir.  Elle a été possédée par Pierre Fourrier, en 1429 ; François de Viesque, en 1440 ; Médard de Viesque, en 1473 ; Roland de Viesque, en 1478 ; Médard de Viesque, en 1480-1502 ; François de Kermainguy, en 1540 ; Pierre Richerot, écuyer, en 1612 ; Sébastien Viau, en 1639 ; René Richerot, en 1654 ; Sébastien Viau, en 1681 ; Pierre Labbé, en 1682 ; Joachim de Monti, en 1751 ; Claude-Louis de Monti, en 1774 (Voir De Cornulier).

La Civellière. — Terre et Juridiction : Elle longeait la Sèvre, depuis la Gilarderie, qui dès 1400, était « le fonds et le domaine de la Civellière » (Registre des Procès-verbaux des visites pastorales, Archives départementales) et descendait jusque vers l'embouchure de la rivière ; bornée au nord-ouest par la juridiction de Pirmil, et à l'est par Portechaise et la Jaunais. Vers 1898, l'allée de la Civellière qui court à angle droit, de la route de Clisson au chemin de Vertou, est un reste de sa grandeur passée. Voici ses possesseurs successifs : Sébastien Viau en 1639-1681 ; Anne Viau, femme de Louis Le Lou, sieur de la Biliais, en 1723 ; Anne Louis Le Lou, femme de Joachim de Monti, en 1743 ; Claude Louis de Monti, en 1774-1777 (Voir De Cornulier).

(à compléter)

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