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SAINT-JACUT-DE-LA-MER

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La commune de Saint-Jacut-de-la-Mer (bzh.gif (80 octets) Sant-Yagu-an-Enez) fait partie du canton de Ploubalay. Saint-Jacut-de-la-Mer dépend de l'arrondissement de Dinan, du département des Côtes d'Armor (Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de SAINT-JACUT-DE-LA-MER

Saint-Jacut-de-la-Mer vient de saint Jacut, frère, semble-t-il, de saint Guénolé.

Saint-Jacut-de-la-Mer est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Ploubalay. D'après la Vie latine de Saint-Jacut (compilée au XIème siècle), le moine gallois Doac bâtit, au VIème siècle, un ermitage sur lequel la légende veut que les jumeaux Jacut et Guézénec, frères aînés de saint Guénolé, établissent l'abbaye de Landoac (noté Landoal en 1574, Landoual en 1590). 

Saint-Jacut-de-la-Mer tire son origine de l’abbaye de Saint-Jacut, fondée au Vème siècle, dès la première immigration bretonne. En 1024, l'abbé Hinguethen restaure le monastère. L'abbaye demeure florissante jusqu'au XVIème siècle. Elle va posséder jusqu'à quatorze prieurés, dont deux en Angleterre et quelques vingt-deux cures à sa nomination. Une bulle papale, promulguée à Rome par Innocent III en 1163 atteste de 27 prieurés. Par la suite, à travers d'autres textes nous en retrouvons plus de 35 disséminés entre la Rance et la rivière de Morlaix dans plusieurs évêchés, plus des droits, rentes ou terres et maisons dans 20 autres paroisses, au total ce sont 55 paroisses liées à Saint-Jacut (en comparaison Landévennec fait état de biens dans 22 paroisses, Le Relec dans 23 paroisses). 

Saint-Malo (Saint-Malo, Dinan, Langrolay, Pleurtuit, Trémereuc, Plumaudan, Saint-Maudez, Saint-Enogat, Lancieux, Ploubalay, Trégon, Créhen, Corseul, Mohon, La Trinité Porhoët) ; 

Dol (Plouer, Miniac-en-Légué) ; 

Saint-Brieuc (Saint-Cast, Saint-Germain-de-la-Mer, Pléboul, Plancoët, Saint-Potan, Pluduno, Saint-Lormel, Pléhérel, Hénansal, Hénanbihan, Erquy, Jugon, La Malhour et Plestan, Saint-Carreuc, Saint-Jacut-du-Méné, Saint-Gilles-du-Méné, Plumieux, Morieux, Hillion, Langueux) ; 

Tréguier (Pontrieux, Ploëzal, Plouëc, Saint-Clet, Lézardrieux, Buhulien, Ploubezre, Lannion, Penvenan, Plestin-les-Grèves, Lanmeur, Plougasnou, Locquenvel, Plésidy, Belle-Isle-en-Terre, Plougonver, Saint-Fiacre) ; 

Saint-Pol-de-Léon (Locquénolé, Pleyber Christ) ; 

Quimper (Bothoa) ;

Cambridge - évêché d'Ely (Iselhans, Linton). 

- Iselhans : l'église Sainte-Marguerite située à 25 km au N.E. de Cambridge est un ancien prieuré-cure dépendant de l'abbaye de Saint-Jacut, confisqué en 1449 par Henry VI d'Angleterre. Ce prieuré vaut en 1449, 23 livres et 8 s par an. 

- Linton : l'église de Sainte-Marguerite, située à 15 km au S.E. de Cambridge est un ancien prieuré-cure dépendant de l'abbaye de Saint-Jacut, donné par un seigneur breton compagnon de Guillaume le Conquérant. Confisqué en 1449 par Henry VI d'Angleterre. Ce prieuré vaut en 1449, 23 livres et 8 s de rente. Ce prieuré est cité dans une bulle papale de 1163. En 1337, frère Guillaume Bomon est envoyé par l'abbé Eudon de Saint-Jacut. 

Une église paroissiale Notre-Dame-de-Landoac (ou Landouac ou Landouar) est édifiée par les moines de l'abbaye Saint-Jacut. Son premier recteur est nommé en 1464. Sous l'Ancien Régime, la paroisse Notre-Dame de Landouart, à Saint-Jacut de l'Isle, appartient au diocèse de Dol. L'ancienne paroisse de Saint-Jacut-de-la-Mer dépendait de la subdélégation et du ressort de Dinan. La cure était présentée par l'abbé de Saint-Jacut. Saint-Jacut-de-la-Mer élit sa première municipalité au début de 1790. Celle-ci englobe aussi l'île des Ebihens (noté l'île Bihon en 1409 (Mor., Pr. II, 828)). Le nom devient l'Isle-Jacut ou Port-Jacut pendant la Terreur, de l'an II à l'an IV environ. 

On rencontre les appellations suivantes : S. Jacobus (en 1009-1019), Monasterium S. Jacobi (en 1024-1034), S. Jacobus (en 1092), monasterium S. Jacuti (vers 1092), S. Jacotus (en 1118, en 1132, en 1159), Monasterium S. Jaguti de Insula Maris (en 1163), monasterium Landoac (au XIIème siècle, en 1191-1212), S. Jacutus (vers 1330), Sainct Jagu de l'Isle (en 1352, en 1499), Sainct Jagu (en 1513). Un nouveau nom, Saint-Jacut-de-la-Mer, apparaît dès le 6 novembre 1856 et devient officiel par l'arrêté préfectoral du 25 janvier 1873.

Note 1 : En 1647, l'abbaye de Saint-Jacut passe aux Bénédictins de la congrégation de Saint-Maur. En 1699 est bénie la chapelle de l'Ange-Gardien, construite sur l'île des Ebihens. Dom Guy-Alexis Lobineau, né à Rennes en 1667, auteur d'une Histoire de Bretagne, est mort à l'abbaye de Saint-Jacut le 3 juin 1727. Le 3 juin 1828 est érigée une stèle et une croix à la mémoire de dom Lobineau.

Note 2 : la commune de Saint-Jacut-de-la-Mer est formée des villages : Lisle ou L'Isle, Bas-Biord, Petits-Hotieux, Gicquet, Ville-ès-Maçons, la Pépinais, Ville-ès-Chouins, les Bourgs-Neufs, Ville-Neuve, etc ... Cette commune ne contenait en 1780, au dire d'Ogée, que la paroisse et l'Abbaye, avec un moulin à vent, sans aucun village.

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PATRIMOINE de SAINT-JACUT-DE-LA-MER

l'église Notre-Dame (1931-1932), oeuvre de l'architecte Joseph Tassin. L'église actuelle remplace celle de l'abbaye depuis longtemps détruite. C'est l'abbé Jules Gourio qui décide d'édifier une nouvelle église. La première pierre de l'église est posée le 22 mars 1931. L'église est bénie le 31 juillet 1932. Le vitrail de saint Guénolé du transept nord (1932) est l'oeuvre du maître verrier Rault. Dans une chapelle latérale, on trouve un vitrail représentant l'arrivée de saint Jacut avec sa famille, dont Guénolé. L'église abrite dans le transept sud un ex-voto (1940-1945), oeuvre du peintre R. Pytbon ;

la croix du Sillon (XVIème siècle), située dans la Grande-Rue. Il s'agit, semble-t-il, d'un don des moines de Dinan à ceux de l'abbaye de Saint-Jacut ;

la croix des cimetières neufs (1807), située Place de la Marine. Elle rappelle les seize marins victimes du naufrage de La Clarisse en 1807 ;

la croix du Havre ou croix des Marins (1821), située sur la plage du Châtelet et offerte par les marins pêcheurs de l'époque. Elle est bénie le 15 août 1821 ;

la croix de calvaire (1840), située sur le parvis de l'église Notre-Dame. Elle a été édifiée à l'initiative de Jean Dagorne (attesté par une inscription) ;

l'ancienne abbaye de Saint-Jacut, aujourd'hui disparue. L'abbaye de Saint-Jacut, de l'ordre de Saint-Benoît, est fondée, vers l'an 440, par Grallon, roi de Bretagne, et a pour premier abbé Jacob ou Jacut, frère de saint Wingalois, premier abbé de Landévennec, et fils de Fracan, parent de Conan-Mériadec. Saint Hingueten est le second abbé de Saint-Jacut que l'on connaisse. Il meurt en 1040. Sur l'emplacement qu'elle occupait, si l'on en croit Déric, s'élevait, longtemps auparavant, un temple consacré à la terre, et c'est de cette circonstance que viendrait le nom de Landouar qui signifie bien réellement "temple de la terre". Quoi qu'il en soit, en 1418, Alain IX, vicomte de Rohan, donne cent écus d'or à Guillaume, abbé de Saint-Jacut, pour la célébration d'un anniversaire dans l'église de son abbaye. Le 17 février 1424, le même abbé s'engage à faire tous les ans un service solennel pour le duc de Bretagne Jean V, en considération de ce qu'il avait déchargé ses vassaux de quelques subsides. En 1461, Bertrand de Broons est élu abbé de Saint-Jacut. A sa mort, François II fait défense aux moines de procéder à l'élection de son successeur, sans son agrément. En 1616, Pierre de Combourg, élu abbé de Saint-Jacut, veut introduire les Bénédictins anglais dans son abbaye, mais le parlement s'y oppose. En 1646, un arrêt du parlement ordonne l'introduction de la congrégation de Saint-Maur dans l'abbaye de Saint-Jacut. L'année suivante, les bénédictins de Saint-Maur font rebâtir à neuf tous les édifices, et entourent leur vaste enclos d'une levée de terre, destinée tout à la fois à servir de promenade aux moines et à préserver les récoltes contre les vents de mer. Les abbés de Saint-Jacut n'étaient pas toujours dans les ordres, aussi voyons-nous Hercule de Francheville, successeur de son frère Pierre, obtenir l'abbaye en commende, et se démettre ensuite pour se marier. Le dernier abbé de Saint-Jacut est Philippe d'Andrezel, qui émigre en 1792, rentre en France en 1803, et devient inspecteur d'université en 1809. Le 23 juin 1727, Dom Lobineau termine da glorieuse carrière à Saint-Jacut. L'abbaye de Saint-Jacut est pillée plusieurs fois, par les Normands, les Saxons et les Anglais (le 9 septembre 1758). La maison conventuelle de Saint-Jacut mesurait 90 mètres de longueur. L'église, placée à l'Est, avait 35 mètres sur 23. C'était un édifice, en forme de croix latine, abritant sous ses voûtes les dépouilles mortelles de plusieurs hommes célèbres. Mais la révolution de 1793 a détruit et dispersé tout cela. L'abbaye est achetée en 1875 par les Soeurs de l'Immaculée Conception et une nouvelle abbaye s'installe alors sur le site exact de l'ancienne ;

la tour des Ebihens (1697), située sur l'île des Ebihens et édifiée entre 1695 et 1697 par Siméon Garangeau sur les plans de Vauban. La tradition rapporte que cette tour a été élevée avec l'argent provenant de la vente d'un lot de maquereaux que chaque bateau donnait à son retour de la pêche. Elle renferme plusieurs chambres, des cachots voûtés, etc... ;

la villa des Fresches (1870), située rue des Fresches. Il s'agit de la villa de l'académicien Jean Richepin (1849-1926) ;

la villa du Plessix (1890), située rue des Ecluses. Le peintre Edouard Vuillard (1868-1941) y a séjourné en 1909, en compagnie de Tristan Bernard et d'autres artistes ;

le moulin à vent de la Ville-Manuel, de St Jacut ;

A signaler aussi :

le menhir de la pointe du Chevet (époque néolithique) ;

l'habitat de l'île des Ebihens (âge du fer) ;

l'habitat de la Grosse Roche (âge du bronze) ;

la digue des moines (XIVème siècle), située sur la Presqu'île ;

le pigeonnier de l'abbaye (XVème siècle) ;

un corps de garde (XVIIIème siècle) ;

le port du Châtelet (1849-1851). La jetée est construite au XVIIIème siècle et le parapet est édifié entre 1854 et 1859 ;

la stèle aux marins (XIXème siècle), située au cimetière et élevée à la mémoire des pêcheurs du bateau "la Joséphine", naufragés en 1881 ;

la stèle de Dom Lobineau (1886), située au cimetière. Dom Lobineau (1667-1727) est l'auteur de l'Histoire de la Bretagne (1703) et de la Vie des Saints en Bretagne

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ANCIENNE NOBLESSE de SAINT-JACUT-DE-LA-MER

Dans la liste des feudataires (teneurs de fief) des évêchés de Saint-Malo et Dol en 1480, on ne comptabilise la présence d'aucun noble de Saint-Jacut.

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