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RUNAN

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La commune de Runan (pucenoire.gif (870 octets) Runan) fait partie du canton de Pontrieux. Runan dépend de l'arrondissement de Guingamp, du département des Côtes d'Armor (Trégor / Goëlo - Bretagne). 

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ETYMOLOGIE et HISTOIRE de RUNAN

Runan vient du breton « run ar gan » (colline d’argent)ou de "run" (tertre) et d'un nom d'homme "Adgan" que l'on rencontre au IXème siècle (chartes de l'abbaye de Redon). Ce territoire abritait primitivement un sanctuaire païen, consacré au dieu Belenos ou Teutates.

Runan est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Plouëc et tire son origine d’une chapelle, auprès de laquelle des foires sont créées par lettres ducales des 2 juin 1414, 19 mai 1421 et 28 mars 1436 (lettres de Jean V, n° 1171, 1495, 2218).

Vue générale de la ville de Runan (Bretagne).

Le territoire appartient d'abord aux Templiers. Runan (Runargant) est en effet mentionné comme aumônerie parmi les possessions des Templiers, dans une charte en 1182 (Anciens évêchés, VI, 137) : " Si nuperrime et noviter acta vix ad memoriam revocare valemus diu preterita nisi scripto firmentur in thesauro memorie tenere non possumus, ideoque previdit antiqua morum sollercia et instituit annotari quicquid imposterum vellet reservari, quorum mores et vestigia ego C. dux Britannie et comes Richemundie sequens, tam presentibus quam futuris notum fieri volo quatenus quicquid domni Templarii in omni ducatu meo possidunt liberum et quietum me concessisse ab omnibus costumis et redditibus ad me et ad meos successores pertinentibus. Hec sunt que suscribuntur libera et quieta ut cartula presens demonstrat : Languivurt et elemosina de Castello Pauli, Lerachoou, Guerncadiou, Pontaul, Coetrevar, Runargant, ..... "].

Ce territoire devient, en 1312, la propriété des chevaliers de Rhodes et dépend alors de la commanderie du Palacret. La chapelle Notre-Dame de Runazhan (dédiée à Notre-Dame de Bon-Secours) devient une « église trève » de la paroisse de Plouëc dès 1439. Elle appartient à cette époque, aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (fief du Palacret, en Saint-Laurent). Une léproserie existe au XVème siècle. 

Runan est jusqu’à la fin de l'Ancien Régime, une succursale de celle de Plouëc, et dépendait de l'évêché de Tréguier, de la subdélégation de Pontrieux et du siège royal de Lannion. Durant la Révolution, la paroisse de Runan dépendait du doyenné de PontrieuxRunan est réuni à Ploëzal le 1er avril 1973 (arrêté préfectoral du 2 mars 1973), puis érigée en commune distincte le 1 septembre 1986 (arrêté préfectoral du 18 juin 1986).

On rencontre les appellations suivantes : Runargant (en 1182), Runargan (en 1414, en 1421), Runazhan (en 1439), Runargan (en 1444), Runazgan (en 1465), Runargan (en 1572).

Ville de Runan (Bretagne)

Note 1 : la commune de Runan est formée des villages : Kermaçonet, Kerhuon, Kermapellou-Bras, Kersavet, Kerballec-Bras, Lech-an-Bras, Berlaz-Bras, Lezléan, Kergomard, le Penity, etc...

Note 2 : deux grands procès illustrèrent particulièrement les fabriciens de Runan : le premier fut soutenu contre une dame d'Acigné au sujet des foires de Runan ; le second tendait à obliger Monseigneur l'évêque de Tréguier à donner à la trêve de Runan un prêtre résidant. Voici, en substance, l'histoire du premier de ces différends. Les droits de place, tous les profits et autres émoluments, selon la teneur des chartes, étaient, jusqu'en 1665, perçus, sans nulle opposition, par la fabrique de l'église. A cette époque un certain M. Picout de Montfort, se disant sous-fermier des droits et des coutumes ordinaires qui se prélevaient tant dans la ville de Pontrieux que sur les foires de Ploëzal et de Runan appartenant au seigneur comte de Grand-Bois lorsqu'elles échéaient au jour de lundy, avait fait assigner en la juridiction de Châteaulin, Laurens Le Goas, alors fabricien de Runan, pour s'y entendre condamné à restituer à lui, Picout de Montfort, la somme de vingt-deux livres dix sols, soit la moitié des quarante-cinq livres provenant des coutumes de la foire des Saints-Innocents derniers qui se tenaient au bourg de Runan. Les fabriciens opposèrent à cette sommation une fin de non recevoir appuyée sur les droits à eux conférés par les ducs et par le roi, droits reconnus à la juridiction du comte de Goello dont relevait alors la paroisse de Runan. Apparition de Mme d'Acigné elle-même, flanquée d'un sien cousin ou neveu, l'abbé d'Acigné, dont le rôle en cette affaire n'est pas clairement défini et munie d'une ordonnance de la Chambre des requestes de Sa Majesté le roi : autre réponse dilatoire des fabriciens Le Goas et Ollivier Henry, soutenant que les seules coutumes appartenant à Mme d'Acigné consistaient dans le péage du pont de Pontrieux. Les deux parties s'acharnèrent jusqu'à épuiser toutes les juridictions ; Mme d'Acigné finit pourtant par remporter cette maigre victoire de se voir adjuger — mais combien plus tard —la moitié des recettes dont elle réclamait la totalité. Ce ne furent pas les seuls démêlés juridiques que les fabriciens de Runan eurent avec la famille d'Acigné. En 1773, un descendant de cette maison, Messire Charles-Honorat Marie, chef de nom et d'armes, seigneur marquis de Coëtrieux, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, maréchal des camps et armées du roi, seigneur propriétaire des terres, fiefs et seigneuries de Lestrézec, Trogoff, Pontrieux, Frinaudour, Quemper-Guézennec, Kerguilli, Rostrenen, Carnabas, Bois-Geffroy, Bois Filly et autres, demeurant en son château de Carnabas en la paroisse de Plouisy, somma les fabriciens de Runan de satisfaire, envers lui, dans quinzaine, à tous les droits et devoirs seigneuriaux et féodaux, à peine de saisie féodale et dépens réservés. Trois ans plus tard il procède contre le général et les fabriciens de la paroisse au sujet de la liquidation de certaines rentes et du rachat de quelques autres. Notons aussi les différends de la fabrique avec Messire André-Marie-Louis de Gourdan, seigneur de Brelidy et de Locmaria en Ploumagoar, 1770. Quant au différend survenu entre l'évêque de Tréguier et les fabriciens de Runan, nous allons, avant que d'en dire brièvement les péripéties et l'issue, en indiquer les origines. Un manuscrit daté de 1575 dit que Odet de Bretaigne, comte de Vertus et de Goello, baron de Bretaigne, seigneur d'Avaugour, présenta à cette époque un prêtre pour la cure tréviale de Runan. Cette présentation a-t-elle dans la suite été faite par tels autres seigneurs appartenant à d'autres juridictions, ou est-elle peu à peu tombée dans le domaine de la fabrique, agissant au nom du général de la paroisse ? Nous ne saurions rien assurer à ce sujet. Quoi qu'il eu soit, les rares archives de l'église nous fournissent un curieux document, la requeste adressée en l'année 1778 au parlement de Bretagne dans le but de faire intervenir son autorité dans le conflit en question :  Voici les éléments de cet acte : la trêve de Runan, en la paroisse de Plouëc, trêve redevable de la dîme féodale à l'ordre de Malte et de la dîme ecclésiastique au Chapitre de Tréguier, a constamment jusqu'à ce jour, été desservie par un curé et par un prêtre. Elle est aujourd'hui impourvue, l'évêque de Tréguier ayant, il y a un mois environ, 24 novembre 1777, retiré les prêtres qui la desservaient. Le général de la paroisse somme le recteur de Plouëc, pasteur immédiat, de s'expliquer sur cette mesure ; celui-ci proteste la sommation. Une seconde requête au vicaire général de Tréguier est aussi infructueuse. Les fabriciens insistent ; on leur répond qu'à cause de la pénurie de prêtres, le recteur de Plouëc devait par lui-même et par ses vicaires pourvoir au ministère sacré à Runan. Il est vrai que, dans l'intervalle, un prêtre de Plouëc s'était présenté pour dire la messe et renouveler les saintes espèces ; il trouva porte close. Le général fit remarquer que ce prêtre, au lieu de se présenter le dimanche, arrivait le lundi matin. Un autre prêtre, M. Le Brigand, retiré à Ploumagoar, ayant bien voulu chanter la messe le dimanche précédent, fut interdit par ordre de l'évêque. En telles occurrences les treffiens de Runan s'adressent à la haute autorité du parlement pour qu'il lui plaise : « ordonner au sieur recteur de Plouëc et même à Monsieur l'évêque de Tréguier de pourvoir l'église de Runan d'un vicaire desservant pour célébrer la sainte messe les jours de dimanche et fête, administrer aux habitants sains et malades les secours spirituels, et y faire toutes les fonctions ordinaires dans les trêves comme il a toujours été pratiqué de temps immémorial ». Présentée au Parlement, cette supplique fut, sur les réquisitions du célèbre Caradeuc de la Chalotais, alors procureur général du roi, communiquée à l'évêque de Tréguier « pour ses réponses ensemble sur mes conclusions être ordonné ce qu'il sera vu appartenir ». L'évêque de Tréguier ne s'empressa point de répondre. Les treffiens de Runan prirent son silence pour un aveu et adressèrent au Parlement une requête nouvelle tendant à ce que fussent définitivement adjugées leurs « fins et conclusions » et à ce que fut le révérend évêque condamné aux dépens. A quoi par l'organe du procureur général, il fut répondu que les suppliants devaient se pourvoir. Au moins ce pourvoi fut-il accueilli, car la trêve fut provisoirement administrée (Note : M. Le Goas, nommé recteur de Lande Baeron fut remplacé après deux mois de vacances par M. Le Calvez. Durant l'intérim M. Perrin recteur, Tallou vicaire, et Lavallot, prêtre, font le service de la trêve) et moins d'un an après, Jean-Baptiste-Joseph Luberzac, évêque de Tréguier, désigna comme desservant de Runan, sous le titre de chapelain de Keranguen, messire Guillaume Moignet, 20 janvier 1779. Voici en quels termes s'exprime au sujet de cette chapellenie la lettre épiscopale : « Une chapelenie, dite de Keranguen, située dans la paroisse de Plouëc, et accoutumée d'être desservie à Runan, à la charge d'une messe hebdomadaire chaque jour de dimanche, sur l'autel de la sainte Vierge, se trouvant vacante et dont la présentation et nomination ou le droit de présenter ou de nommer est reconnu nous appartenir à raison de notre dignité épiscopale, par la négligence des présentateurs qui l'ont laissé vaquer depuis la mort de messire Claude Bernard, dernier possesseur d'icelle etc., etc.. ». Nous avons quelques raisons de penser que la cause de ce conflit entre les fabriciens et l'évêque de Tréguier fut la jalousie de M. Perrin, recteur de Plouëc et supérieur de la trêve. Il voulut sans doute en centraliser ainsi à son profit tous les bénéfices spirituels et temporels, avec d'ailleurs l'assentiment de l'évêché. Le 5 février 1781, messire Moignet était par lettres du vicaire général de Tréguier autorisé à se faire seconder par tels autres ecclésiastiques dans le ministère sacré, en attendant la venue prochaine d'un desservant adjoint titulaire. De ceci, nous présumons que la trêve était à cette époque, selon le jugement de l'autorité diocésaine, tantôt pourvue d'un vicaire, tantôt impourvue. Les desservants de Runan. — De 1778 à 1790 nous voyons les registres de la chapelle signés par MM. Cabec, Le Prieur, Souvestre ; en 1790 ce dernier devint recteur de Ploëzal, et fut remplacé à Runan par M. Louis Berthou dont nous rencontrons la signature jusqu'à 1793. En cette année, M. Berthou paraît encore comme témoin dans un mariage ; les anciens registres paroissiaux sont devenus ceux de l'état-civil. Nous ne savons rien de ce qui concerne le clergé de Runan durant la période révolutionnaire. Cependant, M. Dafniet, recteur de Plouëc en 1790, vint à son retour de l'exil se fixer à Runan. Obligé de se retirer à nouveau, il laissa dans la paroisse son ancien vicaire, M. Rannou, qui y mourut. Desservie ensuite par différents prêtres auxiliaires, la trêve de Runan devint paroisse et commune en 1825 (abbé Louis Monnier).

Ville de Runan (Bretagne)

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PATRIMOINE de RUNAN

l'église Notre-Dame de Runan ou Notre-Dame de Miséricorde (XIV-XVème siècle), fondée par les moines du Palacret (dont la Commanderie était située à Saint-Laurent). Surnommée Runargant, elle était jadis (aux XIIème et XIIIème siècles) connue comme l'un des nombreux biens des templiers de Bretagne. Les chevaliers de Rhodes avaient reconstruit dès 1312 ce haut lieu de pèlerinage. L'édifice a bénéficié à la fin du XIVème siècle, et durant la première moitié du XVème siècle, des largesses des ducs Jean IV et Jean V. On retrouve d'ailleurs sur l'édifice les armes de Jean V. Anne de Bretagne, le roi Henri III participent à sa dotation. Charles de Blois la visite à plusieurs reprises, ainsi que Saint-Yves. L'église comprend une nef à cinq travées qui se termine par un choeur à chevet plat. La construction commence au XIVème siècle, par le transept, et se poursuit au début du XVème siècle par le choeur puis le flanc sud de l'édifice et son porche. L'enclos est construit au XVème siècle. Le porche sud, bâti en 1438 par le commandeur de Keramborgne, présente l'Annonciation et la Déploration du Christ. La chapelle du midi est terminée en 1438. Le clocher date de 1822. Le côté nord est reconstruit en 1895. L'aile nord est munie de deux enfeus romans et vouée à Notre-Dame de l'Agonie. La façade méridionale porte douze écussons d'anciens commandeurs. Les gargouilles de la façade septentrionale de l'église et du clocher porche à l'Ouest datent de 1421-1423. La chaire à prêcher date de 1728 et comporte huit panneaux en bas relief représentant les évangélistes. Les fonts baptismaux datent du XVIème siècle. Le lambris et les sablières, oeuvre du sculpteur Le Merer, datent du milieu du XVIème siècle. La maîtresse-vitre, oeuvre de l'atelier de Tréguier, date de 1423 : elle est composée de six panneaux où figurent les blasons des différents donateurs, et on remarque aussi plusieurs armoiries d'anciens commandeurs de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. L'ancien retable en pierre massif du maître-autel date de 1423 : il comporte cinq bas-reliefs représentant plusieurs scènes religieuses : l'Annonciation, l'Adoration des mages, la Crucifixion, la Mise au Tombeau et le Couronnement de la Vierge. Placé initialement sur le maître-autel, il est remplacé de nos jours par un retable en bois, oeuvre des Frères de Liffer de Kereven (sculpteurs de Paimpol) et se trouve actuellement près des fonts baptismaux. Les retables latéraux datent de 1720 et sont l'oeuvre des sculpteurs Yves Corlay père et fils. Le Christ en croix date du XIVème siècle. Elle contient les gisants (datés du XVème siècle) d'Henry Du Parc, seigneur de La Roche Jagu, et de Catherine de Kersaliou, son épouse. " Dans l’église tréviale de Runan, éloignée du bourg de Plouëc d'une demie-lieue, dans la vitre qui éclaire l'autel se trouvant du côté de l'épître du maître-autel, on remarquait les armes des seigneurs du Parc en alliance " (A. B.) ;

Note 3 : Quelques fragments d'une très ancienne légende rimée, recueillis sur les lèvres d'une vieille femme, sont le seul document que nous possédions sur l'établissement de la foi dans ce pays. Sur l'éminence où se trouve actuellement bâtie l'église de Runan, dit le Guerz, s'élevait jadis un chêne consacré au culte de Teutatès. C'était un arbre robuste, immense ; ses racines plongées profondément dans le sol s'agrippaient aux sépulcres des ancêtres, rangés sous son ombre ; autour du tronc, pour l'affermir encore, l'on avait amassé des blocs de granit. Non loin de là, sous un petit bouquet d'aubépine fleuri, un prêtre du vrai Dieu plaça une statuette de la Vierge tenant sur ses genoux l'enfant divin. Dès lors le géant périclita ; ses feuilles peu à peu se flétrirent, ses ramures se desséchèrent : bientôt, avec un grand bruit, il s'écroula. Le peuple reconnut la puissance de la mère de Dieu il lui bâtit un temple à l'endroit même où se dressait le signe de l'idolâtrie. La légende encore nous a conservé le souvenir de bien d'autres miracles accomplis par Notre-Dame de Runan. Nous allons en rappeler brièvement quelques-uns,. vieux déjà de quelque trois cents ans : Un vieillard da village de Coat-an-Hir en Ploüec, situé non loin de la fontaine de Notre-Dame de Runan, fut frappé de paralysie ; des amis le transportèrent dans la chapelle de la Vierge ; il y entendit dévotement la messe, et, dès le sortir de l'église, se remit à marcher allègrement. Une jeune fille de dix-huit ans sortait chargée d'un lourd fardeau du moulin de Brélidy ; son pied vint à glisser en passant sur la chaussée du bief et elle tomba dans le torrent qui se précipitait sous les grandes roues du moulin. Or, soudain, le torrent cessa de mugir, les grandes roues de tourner ; le meunier, effaré, se jette hors du moulin et il entend une voix disant du fond du gouffre : « Je suis sauvée ». C'est la Vierge de Runan qui a arrêté les tournants ». Et la jeune porteuse de farine sortit de l'eau incontinent. Une autre tradition remarquable qui remonte probablement au dix-septième siècle : L'un des prêtres qui desservaient alors la trêve de Runan faisait le pèlerinage de Rome. Il s'était embarqué à Marseille et naviguait depuis deux jours heureusement lorsque, en vue des côtes d'Italie, le vaisseau fut assailli par une affreuse tempête. Les passagers désespérèrent de leur salut ; le prêtre pèlerin se vit, selon l'expression de la légende, entre les deux eaux. En cette occurrence extrême, il appela à son aide la Dame céleste qu'il servait. Sa prière fut entendue ; à l'instant même un grand calme régna sur les eaux, et le navire, libéré de tout péril, reprit sa course vers Civitta-Vecchia. — Un ex-voto placé dans l'église de Runan garda longtemps le souvenir de ce miracle. Ce ne sont point les seuls faits miraculeux acquis à la gloire de la Vierge de Runan ; bien d'autres prodiges sont restés le secret des âmes en faveur desquelles ils s'accomplirent. Et la légende n'attribue-t-elle pas encore à la pieuse reconnaissance des princes bretons la fondation des nombreuses foires de Runan ? Les foires se tenaient au jour de la fête de chacun des douze apôtres, le jour de la saint Laurent, à la Mi-Carême, la veille du grand pardon de juillet, et le samedi suivant. La grande fête patronale avait lieu le dernier dimanche de juillet ; d'autres pardons se célébraient le premier dimanche d'octobre, le vingt-sept décembre, le vingt-cinq mars, le lundi de la Quasimodo et le dimanche de la Pentecôte. Toutes les recettes effectuées en ces jours de fêtes solennelles, comme tous les droits de place recueillis les jours de foire étaient, selon entente entre les princes séculiers, et les évêques de Tréguier et de Saint-Brieuc, attribués à l'entretien de l'Eglise. Mais il n'y eut pas que les grands qui attestèrent leur reconnaissance à Notre-Dame de Runan ; vers elle, dès une époque éloignée, les libéralités affluaient. Tels documents que nous possédons l'affirment. De temps immémorial existaient à Runan des fondations de messes et services exigées autant par les paroissiens que par de dévots serviteurs de Marie. Les titres de ces fondations se trouvèrent être vers 1558 ou périmés ou perdus. Le Général de la paroisse consulté, introduisit auprès de la cour de Châteaulin (Juridiction de Châteaulin-Pontrieux qui s'étendait sur une grande partie du pays de Tréguier) qui l'approuva, une demande en continuation desdites messes « aux jours de dimanches, fêtes et foires ». De nouvelles pièces furent à ce sujet dressées, qui reçurent la sanction de monseigneur Jehan des Ursins, évêque de Tréguier. Dès lors, les dotations persistèrent, qui avaient enrichi, à l'origine, le trésor de l'église ; le corps politique ou Général de Runan était alors composé de : Guillaume Hervé, Yves Le Goas, Jehan Hangal, Charles et Yves Le Corre, Yvon Le Picard, François Le Goas, Jehan Raoul, Allain Théliby, Jehan Kermarec, Nicolas Le Bollozec, Jehan Théliby, Jehan Le Bellec, Jehan Le Berre, Merrien, Henry, Nédelec, Le Bouil, etc., etc. Les chapelains de la trêve étaient messires Hervé Le Goas, Jehan de Kernéchriou et François Rolland. Les principaux fondateurs que nous rencontrons vers cette époque sont Guillaume Le Goff et noble hommme Guy Quentric. 

Note 4 : Testaments. — Ces dispositions du Général de la paroisse engagèrent à tester de plus en plus en faveur de Notre-Dame. Nous citerons quelques-uns de ces legs : Jacques Carcan et Magdeleine Menguy, sa femme, donnent en 1639, à l'église de la benoîte Marie, à charge d'une messe à perpétuité pour le repos de leur âme, le champ de Leuranguer, en Plouëc. Françoise Le Caer, épouse de Jacques Le Bolloch, étant à ses derniers moments, en présence de messire Etienne Le Goas curé de la trêve de Runan, et de nombreux témoins : « Déclare et ordonne bailler à perpétuité aux prêtres et chapelains de laditte église, un boisseau de froment de rente à charge de deux services, par an, sur sa tombe, le 1er ou 3ème dimanche de juillet, et le 2ème ou 3ème jour d'avril, et pour ce, elle hypothèque la moitié des acquits par elle faits et acquittés, en faveur de la fabrique de Runan ; Outre, baille au gouverneur du luminaire de laditte église, un quart gros blé, une fois payé ; Item au gouverneur du Rosaire ; item au gouverneur du luminaire de monseigneur saint Pierre de Plouëc, item au gouverneur de monseigneur saint Jorand, 1648 ». En 1656, une nommée Marguerite Garric a légué à perpétuité, au gouverneur du luminaire de Runan, soixante sols tournois de rente, « à la charge de faire faire un service pour laditte testatrice par chacun an, au jour des Trépassés : sçavoir, audit luminaire vingt sols, et quarante sols aux prêtres dudit Runan. Attesté par exploit fait en 1658 par Olivier Loutrage gouverneur dudit luminaire, contre François Le Picard deffendeur ; deux deffauts ayant été obtenus par ledit gouverneur du luminaire de l'église tréviale de Runan, en la cour de Châteaulin-Pontrieux, le premier en date du 6ème jour d'août 1658. le second au 5ème de novembre : signé : De Beaumanoir pour le greffe et en la signification : Le Louet, sergent ». Nous voyons, à cette époque, figurer pour le service de la trêve de Runan, outre le curé ou vicaire délégué du recteur de Plouëc — ad universalitatem causarum, — plusieurs abbés, chapelains, ou desservants. Ces derniers étaient généralement des enfants de famille de la paroisse, ordonnés sans doute, au titre patrimonial. Leur principale fonction consistait à acquitter les messes et services de fondations ; ils venaient également en aide au curé vicaire et occupaient la charge de directeurs des confréries établies en la chapelle. Confréries. — Les confréries étaient celles du Saint-Rosaire et du Saint-Sacrement dont l'ancienneté et le renom sont attestés par les donations faites en leur faveur aux gouverneurs des diverses chapelles intérieures de l'église, chapelles où étaient justement établis les sièges de ces confréries. Monseigneur de la Romagère a revu et confirmé tous les privilèges dont les Souverains Pontifes gratifièrent jadis ces pieuses institutions. Le 3 juin 1716, Clément XI, par un bref donné en ce jour à Rome, accorde des indulgences plénières à perpétuité à toutes les personnes qui feront partie de la confrérie de Notre-Dame des Agonisants érigée par le même Souverain Pontife dans l'église de Runan. Un grand nombre de fidèles s'était fait inscrire sur les registres de cette confrérie. Aujourd'hui encore un témoignage nous reste de la dévotion extrême que montrait à Notre-Dame de l'Agonie toute la contrée environnante ; c'est l'usage qui subsiste de faire tinter à Runan, une cloche funèbre lorsque, dans le voisinage, une âme s'apprête à franchir le passage redoutable de l'éternité.

Note 5 : Gestion des commandeurs de Malte : En même temps que généreux seigneurs de son église et du fief qui l'entoure, les commandeurs de la Feuillée et du Palacret furent les plus fervents zélateurs du culte de Notre-Dame. Il appert de différents actes que nous avons pu recueillir combien ils apportèrent à leur gestion de soin et de désintéressement — le gouvernement n'était point sans difficultés. Ainsi, voyons-nous, en 1696, messire René de Saint-Ostangé, commandeur de Malte, mettre en avant devant la cour du Palacret ses privilèges contre Guillaume Hervé et Pierre Durand, fabriciens de l'église tréviale de Runan. Il s'agissait, en l'espèce, de la vente faite au prône de la grand'messe, par lesdits fabriciens, de certains chênes tombés « par impétuosité de vent, en l'issue du bourg de Runan », et que ledit seigneur prétendait lui appartenir, avec, d'ailleurs, tout le bourg situé dans son fief. Distinction faite de propriété et de jouissance, il fut conclu que la fabrique, en possession de ce dernier privilège, tenu des chevaliers maîtres de Malte, possédait en outre le droit de vendre les arbres tombés « par impétuosité du vent », en vertu de transactions passées entre les trêviens et les précédents seigneurs commandeurs, en payant de chef-vente, comme ils le font pour raison desdits arbres, vingt-quatre sols monnoyés. Fait au manoir du Palacret sous le signe dudit seigneur et de messire Isaac Noblet et de maître Le Cazre, sieur de Merléan, pour lesdites fabriques ce vingt-et-unième jour d'avril 1676, après midi : Le chevalier de Saint-Ostange (Note : Armes « D'azur au chevron d'argent, accompagné de 3 merlettes de même ») Isaac Noblet, Le Cazre, Yves Godert notaire et Voumoulin autre notaire, et vers lui demeure le registre ainsi signé : Voumoulin, notaire. En 1637, 0llivier Loutrage comparaît devant les notaires fondés de pouvoir du commandeur, pour présenter un aveu (Note : Voici un spécimen d'aveu : « Le huitième jour d'avril 1529, avec pouvoir express ès prêtres et treffiens de l'église et chapelle de Runan ou Runargan, offre et fait foi et hommage à messire Pierre Le Nevet, chevalier, seigneur commandeur de la Feuillée et du Palacret, à cause des héritages mentionnés et déclarés ci contre, à sçavoir : une maison, et son jardin, avec cave, la cohue, le bois, l'église, etc., etc, ») dans le sens du procès précité. Cet « aveu » fait au prône même de la grand'messe par Philippe Le Cazre, prêtre curé, et par l'un des chapelains desservants, fut accepté par le général de la paroisse. Plus tard, les chevaliers de Malte se présentèrent eux-mêmes pour la visite de leurs fiefs, ainsi que l'atteste le document suivant : « On fait à sçavoir au général des habitants de la trêve de Runan de la part de Le Bailly de Sesmaisons (Note : Armes de Sesmaisons : De gueules à trois tours de maisons d'or), commandeur du Palacret et annexes, qu'il se rendra en cette église de Runan, mardy prochain, dix-huitième du présent mois de mars, pour faire la visite de laditte église, ainsi que de sa fabrique, des ornements, du Trésor, des archives, et pour examiner et régler les comptes des marguilliers, à ce que personne n'en prétende cause d'ignorance et que lesdits marguilliers et tous autres qu'il appartiendra, ayant à s'y trouver. Fait à Guingamp ce 15 mars 1704. Signé : De Tréguibé ». C'est au sujet de cette visite que s'éleva, entre le commandeur et Mgr Jégou de Kerlivio, évêque de Tréguier, une contestation qui fut portée devant le roi Louis XIV. Le prince donna raison aux chevaliers de Malte en déclarant que tout le droit de l'évêque consistait à donner la confirmation à Runan et à décerner ses pouvoirs au curé de la trêve (Note : la réconciliation ne tarda point. Nous voyons, quelques années après, le vicaire général de Tréguier ordonner quelques restaurations à l'église qui furent aussitôt exécutées).

Note 6 : Ordonnance du Commandeur Tambonneau, 1727. — Nous reproduisons intégralement cette pièce, non seulement parce qu'elle précise plus que toute autre le rôle administratif des commandeurs, mais aussi parce qu'elle est un document précieux pour l'histoire archéologique de la chapelle. « Nous, frère Victor Tambonneau, chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de La Feuillée, Palacret, Pont-Melvez, et autres membres en dépendants, en conséquence, de  notre ordonnance du huit juin dernier, rendu en notre cours de visite faite en l'église treffiale de Runan, ledit jour procédant à l'apurement des anciens reliquats de comptes, tant de la fabrice de ladite église, que des confréries y établies, après avoir vu les  comptes de laditte fabrice, sçavoir : celui fourny en 1699 par Charles Ernault et Jean-Olivier-Henry, en 1702 par Jean Derriennic le Vieil et Bertrand Le Pennec. En 1703 par Jean Le Layec et Laurens Le Bouil, en 1704 par Yves Nicolas et Pierre Durand, et ainsy jusqu'à la présente année. Vu aussy les comptes-rendus pour la confrérie du Rosaire : en 1720 par Marc Derriennic ; en 1723 et 1726 par Charles Nicolas ; — ceux pour la confrérie du luminaire par Pierre Le Feschant en 1720 et en 1726 par Claude Loutrage ; — ceux de la confrérie du Saint-Sacrement rendus en 1721 par Yves Le Louet, en 1723 par Laurent Le Goas, en 1726 par Jean Le Maillart ; — ceux de la  confrérie des agonisants, en 1720 par Yves Loutrage, en 1723 par  François Le Goas, en 1726 par Yves Louet. Vu pareillement l'appurement des comptes, avec les quittances au soutien des payements, faite la déduction des reliquats portés par iceux ; les délibérations faites en ladite église les 25 février et 11 mars 1725, 13 mars 1726, portant les dépôts faits aux archives de ladite église par partie des débiteurs desdits reliquats, de la somme de huit cent nonante livres quinze sols quatre deniers en argent sonnant, et d'autres obligations à la concurrence de cinq cent vingt et une livres cinq sols sept deniers : — les trois délégations faites par autres délibérations du corps politique de ladite église, dont la dernière est du vingt-neuvième de juillet 1727 pour le paiement de la somme de mille cinq cents livres au sieur Sahié pour la dorure de quatre autels, et pour les autres réparations faites pour les lambris et le pavé de l'église, le marchepied et le ballustre du grand autel, nous avons trouvé que tous les débiteurs desdits comptes sont quittes au moyen des payements qu'ils ont faits, tant en déposant leur argent aux archives de ladite église que pour les réparations ; en conséquence des délégations ci-dessus spécifiées, dans lesquelles délégations, les particuliers qui  avaient déposé des actes obligatoires auxdites archives pour sûreté de leur dû, étant compris, et les ayant acquittés suivant les quittances qui nous ont été représentées, nous les avons jugés quittes et ordonné que lesdits actes leur seront rendus comme quittes. A l'exception néanmoins de Laurens Le Bouil, fabrique de ladite église en 1715, qui doit vingt-quatre livres douze sols encore de reste ; Toussaint Le Beaudour, fabrique en 1726, la somme de nonante deux livres, seize sols, onze deniers, et Jean Le Maillart, gouverneur en 1726 de la confrérie du sacre, la somme de dix-neuf livres, neuf sols, quatre deniers, lesquelles sommes nous leur avons ordonné de payer dans quinzaine pour tous délais, faute de quoi, ils seront signifiés à la requête de notre procureur fiscal, pour y estre condamnés à leurs frais, et pour éviter à l'avenir les abus qui s'étaient glissés parmi les fabriques et gouverneurs de confréries de demeurer saisis de leurs reliquats de comptes, ce qui a causé une perte et un préjudice considérable à l'église. Nous avons ordonné que les gouverneurs à présent en charge et ceux qui leur succéderont payeront et déposeront aux archives les reliquats de leurs comptes, quinzaine après la clôture d'iceux, à peine de tous dépens, dommages et intérêts, et sur leur deffaut de le faire, ordonné aux gouverneurs en charge d'en donner avis à notre procureur fiscal, afin de faire des suittes vers eux, pour les y faire condamner à peine de répondre en propre et privé nom des reliquats des comptes. Nous avons pareillement enjoint au sieur Recteur (Note : Le Drio, recteur de Plouëc, et Cavalan, curé de Runan) et aux gouverneurs, tant de la fabrice que des confréries, de déposer aux archives les comptes ci-devant articulés pour la conservation des droits de l'église, et à l'égard des particuliers qui ont refusé de communiquer leurs comptes, ils seront poursuivis en justice à cet effet, et réputtés débiteurs ; après lequel appurement fait, ayant considéré qu'il ne reste plus de fonds dans l'église provenant des anciens reliquats des comptes, que ceux de huit cent nonante livres, quinze sols, quatre deniers déposés aux archives, et les trois sommes dues par les débiteurs ci-dessus, faisant ensemble celle de cent trente-six livres, huit sols, trois deniers, avec les sommes dues par Yves Le Merrer et Laurens Le Bouil, derniers fabriques de Runan, qui ne sont pas suffisantes pour entreprendre présentement la construction d'une sacristie neuve, et nous ayant été représenté qu'il est nécessaire d'avoir un panneau pour garnir le grand autel, et une chaire à prédicateur, nous avons ordonné que par l'advis du sieur recteur et des treffiens, et de notre procureur fiscal, il sera fait marché aux conditions les plus avantageuses avec un sculpteur pour lesdites chaire et encastellure ; après quoi nous avons réservé de statuer ce qu'il appartiendra pour l'entreprise de la sacristie neuve ; et afin que la présente ordonnance servant de règlement pour les comptes à venir, et de décharge pour ceux qui nous ont été représentés soit notoire à tout le monde, nous avons ordonné qu'elle sera publiée au prône de la grand-messe, et ensuite enregistrée sur le livre des délibérations pour y avoir recours en cas de besoin. Fait de notre ordonnance, sous notre seing et celui de notre adjoint, ce jour sixième de novembre mil sept cent vingt-sept. Le chevalier Tambonneau, commandeur du Palacret Ch. Bonnoir, adjoint ». Il appert donc du texte de cette ordonnance que la chaire actuelle date du commencement du XVIIIème siècle ; à la même époque remontait ce panneau qui, jusqu'en 1860, masqua déplorablement la maîtresse vitre. Mais il n'est de mal qui ne serve à quelque bien, et sans doute est-ce à cette bizarre restauration que nous devons d'avoir conservé la verrière qui fait la gloire de notre église ; cette « encastellure » (Note : le panneau a été transporté dans l'église de Hengoat dont le mobilier est d'un style à peu près analogue) aussi bien que l'enduit de plâtre dont on la revêtit à l'extérieur, la gardèrent en effet des déprédations des « patriotes » en 1793.

La sacristie dont il est fait mention dans la même pièce ne sera pas construite dans le cours du XVIIIème siècle. La nécessité de son édification est pourtant rappelée dans une nouvelle ordonnance de 1775 ainsi conçue : « Eglise de Runan. — Ordonnances : 1° Sera refaite la couverture en plomb des fonts baptismaux. 2° Sera redoré le Saint-Ciboire. 3° Seront remises à qui il appartient, et conformément aux règlements, les trois clefs du coffre-fort. 4° Seront fournies trois chasubles complètes propres et décentes. 5° Sera battye une sacristie selon le plan qu'on a fait faire. 6° Seront rendus par devant les juges de la Commanderie les comptes qui ne nous ont point été rendus ; et seront prises sur les fonds de l'église, les sommes nécessaires aux réparations ordonnées. Et la présente ordonnance sera exécutée le plus promptement possible, selon la forme et teneur. A. Guingamp, ce huit octobre 1775. Le chevalier de Cornulier, commandeur de la Rochevilledieu. Pour Monsieur le commandeur : Pontois ». Et plus bas on lit : « Deffendons de plus de payer des décimes si ladite église en est imposée comme l'étant par un abus contraire aux privilèges de l'ordre. Le chevalier de Cornulier, commandeur de la Roche-Villedieu, contrôlé à Pontrieux le 16 avril 1777. Bernard ». Les divers documents suffiront, je l'espère, à caractériser le personnage joué par les commandeurs dans l'histoire de la chapelle de Runan ; ils serviront à prouver également avec quelle sollicitude et quel zèle, comme nous l'avons dit plus haut, ils s'en acquittèrent (abbé Louis Monnier).

Ville de Runan (Bretagne)

Voir aussi   Ville de Runan (Bretagne) " Description de l'église Notre-Dame de Runan "

Voir aussi   Ville de Runan (Bretagne) " Description de la verrière de l'église Notre-Dame de Runan "

l'ossuaire de la chapelle Notre-Dame de Runan (1552) est édifié par Rolland Morvan comme le stipule l'inscription "Ce fust fet 1552 Morvan Rollant". On y trouve les armes des seigneurs de Lestrézec : celles de la famille Kernech'riou ou Kernec'hriou ;

la chapelle Saint-Vincent Ferrier (XVème siècle), aujourd'hui détruite. Edifice rectangulaire du XVème siècle dont le pignon ouest avait été refait au XVIIIème siècle. C'était une fondation des seigneurs de Lestrezec.  Elle abritait jadis les statues de saint Vincent Ferrier, de la sainte Vierge, de sainte Marguerite et de saint Bieuzy. Les personnes atteintes de la fièvre s'y rendaient pour leur guérison. Les matériaux ont été utilisés dans le manoir de Kergoroniou en Prat. Le tympan de la porte représentait le saint patron entre deux angelots portant les armes des Kernech'riou. ou Chrech'riou en alliance avec un écusson fruste ; dans le chevet s'ouvrait une fenêtre à ogive flamboyante complètement obstruée ;

le calvaire (XVème siècle) qui servait de chaire ;

la croix de la clôture du cimetière (XVIIème siècle) ;

le château de Lestrézec (XVI-XVIIème siècle), construit par la famille Kernech'riou. Propriété d'Hervé de Kernech'riou en 1535, puis de la famille d'Acigné ;

Runan (Bretagne) : ruines du château de Lestrézec..

l'ancien château de Kerbellec, aujourd'hui détruit. Propriété au XVIème siècle de la famille de Kerbellec qui fit don à l'église de Runan, alors chapelle Notre-Dame de Plouëc, de riches tentures brodées. L'édifice passa ensuite dans la famille Pierre Per ; 

le manoir de Kerigomar ou de Kergouac’h (XVIIème siècle) ;

les maisons de Kerigomar (XVIIIème siècle) et de Kersavet (XVIIème siècle) ;

la ferme de Lech-Bars (1772) ;

le moulin à eau de Cadoré.

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ANCIENNE NOBLESSE de RUNAN

La juridiction de la seigneurie de Lestrézec-Trogoff s'exerçait en 1766 à Pontrieux. Propriété d'Hervé de Knechriou (ou Kernech'riou) en 1535, puis de la famille d'Acigné, seigneur de Karnavalet (ou Carnavalet), en 1675.

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Saint-Brieuc en 1480 et de Tréguier en 1481, on ne comptabilise la présence d'aucun noble de Runan. Runan dépendait autrefois de la paroisse de Plouëc.

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